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10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 00:55

 

Mythologie


Le lys
 

 

Rien n'est plus doux aussi que de s'en revenir  

Comme après de longs ans d'absence, 

 Que de s'en revenir, par le chemin du souvenir 

Fleuri de lys d'innocence, au jardin de l'Enfance.


Le jardin d'antan - Emile Nelligan
 

Pati Bannister (1929-2013) Enfant et lys d'innocence

Pati Bannister (1929-2013) Enfant et lys d'innocence

 

 

Le lys (lis) est une plante herbacée de la famille des Liliacées, appartenant au genre Lilium qui compte une centaine d’espèces différentes. 


On le trouve à l’état naturel aux quatre coins du monde : Europe, Asie, Inde, Japon ainsi qu’aux Etats-Unis et dans le sud du Canada. 


On le croise habituellement dans les milieux forestiers, souvent montagneux, ou plus rarement dans les prairies. Quelques espèces poussent dans les zones marécageuses. Une seule espèce vit en épiphyte (il se sert d'une autre plante comme support).


Il est présent dans les zones tempérées de l'hémisphère nord.
De nombreuses variétés hybrides sont cultivées et ornent les jardins du monde entier.

 

Ses grandes fleurs généreuses et imposantes, à six pétales (trois pétales et trois sépales identiques), souvent parfumées. L'incroyable variété de ses coloris, blanc (lys de la Madone), orange, rouge, jaune, rose, orangé, aux motifs tachetés, mouchetés ou panachés… fait le bonheur des fleuristes, jardiniers et amateurs. Majestueux et élégant, le lys fait partie des fleurs coupées les plus appréciées, pour les bouquet et les créations florales..  
Au jardin, le lys produit une floraison estivale et se met au repos en hiver. 
Cependant,  grâce aux techniques de culture, les fleuristes composent avec du lys tout au long de l’année. 

 

 

Le Lys blanc (Lilium candidum) :


Ce lys appelé lys de la Madone ou lys de la Saint-Jean,  produit de grandes et nombreuses fleurs très parfumées, blanches, à anthères jaunes en début d'été. Il supporte le calcaire sans problème.


La plupart des espèces de lys perdent leurs feuilles pendant la saison froide, mais Lilium candidum garde une rosette de petites feuilles à sa base pendant la plupart de l'année. Les bulbes sont des organes de réserve, ils n'ont pas de couche protectrice. Les fleurs apparaissent à l'extrémité d'une unique tige verticale.


Ce lys est connu depuis fort longtemps. il est un symbole de pureté et de chasteté. 


Son nom botanique (Lilium candidum) lui a été donné en 1753 par le naturaliste Carl von Linné à partir de candidum, en latin 'blanc brillant".


 

 

 

Le lys martagon (lilium martagon) :


est une espèce spontanée et protégée. Il produit des fleurs en grappes pendantes, rouge violacé et pointées de carmin à l'intérieur.


C'est l'une des plus belles plantes de nos prairies et montagnes françaises, une vivace du jardin très appréciée pour sa robustesse (elle peut vivre plus de 50 ans).

Sa pollinisation est impressionnante. Comme ses fleurs regardent vers le bas et n'offrent aucun espace aux insectes pour se poser, elle ne peut être pollinisée que par des insectes à longue trompe et capables de voler sur place. Les papillons,  les Sphinx par exemple, puisent le nectar au fond des corolles à l'aide de leur longue trompe. Ces papillons ne sont toutefois actifs qu'au crépuscule et la nuit. C'est ce qui explique que le lys martagon ne dégage pas de senteur attirante le jour. Quand les autres fleurs ferment leurs calices, le lys martagon s'ouvre et attire les papillons aux longues trompes par son parfum suave et capiteux.


Il est également surnommer Petit lys du calvaire, Lis de Sainte-Catherine, Racine d'Or, ou Chapeau de Turc pour les anglo-saxons. 


Les bulbes du lys martagon peuvent atteindre jusqu'à huit centimètres de diamètre et ils sont formés de nombreuses écailles jaune or. 


 

 

 

Le lys des Pyrénées (Lilium pyrenaicum)


est une espèce remarquable , protégée, et particulièrement attrayante des Pyrénées. Il s’épanouit dans des milieux variés, mais apprécie avant tout les ambiances fraiches, ouvertes, offertes par les couloirs d’avalanche.


Sa taille est élevée et peut dépasser 1 mètre. Les grandes fleurs jaune vif ponctuées de taches brunes  sont regroupées au sommet de la tige en une grappe courte. Le périanthe contient 6 tépales fortement courbés. Les anthères sont longues d'environ 10 mm, elles contiennent du pollen d'une couleur orange clair, les étamines sont d'une couleur verte. Les nectaires sont sombres.


L'espèce Lilium pyrenaicum a été décrite par le botaniste français Antoine Gouan en 1773

 

 

Le lys royal (lilium regale) :


Ce lys blanc pur à coeur jaune, rose à l’extérieur, élégant, d'un parfum puissant, presque enivrant,  peut atteindre 180 cm. Il est originaire de la province du Sichuan, en Chine.


Sa floraison est estivale. Ce lys est l'une des plus belles et des plus vigoureuses plantes bulbeuses.


Il se cultive en pleine terre ou en pot, ne nécessitant que peu de soins.


 

En Chine, le lys est très demandé pour les mariages parce que son nom sonne comme le commencement d’une phrase souhaitant au couple une heureuse union pour un siècle. 


Toujours en Chine, les amis et membres de la famille offrent également la fleur aux personnes ayant récemment perdu un proche car selon la croyance elle aiderait à soulager les maux de cœur. 


De nos jours encore, on utilise également le lys comme plante médicinale et comme denrée alimentaire, notamment en Asie. C'est le lys martagon (Lilium martagon) qui s'est le plus répandu. On le trouve aujourd'hui de la Chine à la Russie et jusque dans la péninsule ibérique. Ce n'est qu'au XX° siècle que les lys ont acquis une importance industrielle comme plantes cultivées et comme fleurs coupées.
 

 

 

Le lys à longue fleur (Lilium longiflorum) :


aussi appelé lys de Pâques ou lys Saint-Joseph, est une espèce ornementale aux grandes fleurs blanches, en forme de trompette, regroupées par deux ou trois au bout d’une tige. Il exhale un parfum céleste.


 

 

Le Lys du Japon (lilium spéciosum):


Il est originaire d' Asie orientale, du sud du Japon et du sud de la Chine , où il peut être trouvé à des altitudes de 600 à 900 mètres. On l'appelle parfois le lis japonais. 


Il est à l'origine de certains lys hybrides des fleuristes. Les fleurs sont de couleur blanche à rose et fortement parfumées. Il fleurit en fin d'été dans les régions tempérées du nord.  


 

 

Lys tigre (lilium tigrinum ou lilium lancifolium) :


est une espèce botanique présente en Chine, au Japon, et en Corée. Il est largement distribué en Asie parce qu’il est cultivé depuis des siècles pour la consommation de ses bulbes.

 

Ce lys a une tige d'un mètre portant jusqu'à 20 fleurs pendantes, rouge orangé taché de pourpre noir. Il fleurit en juillet et août.


Ce lys est sans doute l’espèce la plus courante cultivé dans les jardins. Vigoureux, gai, et florifère, il est aisé à cultiver.


 

 

Le Lys bulbifère (Lilium bulbiferum var. bulbiferum) : 


Ce lys à fleurs rouge feu et pourvu de bulbilles parmi les feuilles supérieures, est indigène des montagnes de l'Est de l'Allemagne et de République tchèque, des Alpes orientales, des Carpates occidentales et des Balkans.


Il est fécondé par des papillons diurnes qui se posent sur l'un des pétales pour opérer. A la base de ces pétales se trouve ce qu'on appelle un nectaire. C'est là que le papillon introduit sa trompe pour parvenir jusqu'au nectar.


le lys rouge prévient des amours interdites. L'évangile rappelle qu'observer le lis des champs conduit à la grâce divine, il est droit sur sa tige et son parfum mêlé de miel et de poivre subsiste lorsqu'il est coupé.


 

 

Le lys orangé (Lilium bulbiferum var. croceum) 


à fleurs orangées, est indigène du massif du Jura, des Alpes occidentales, du versant espagnol des Pyrénées, des Apennins et de Corse.


On peut également lui donner les noms vernaculaires de lys safrané, lys orangé, lys faux safran, lys éclatant. 


Dans la vallée grisonne du Poschiavo, le lys est appelé «Flur da San Giuan» (fleur de la Saint-Jean) parce qu'elle est jetée dans les feux de la Saint-Jean le 24 juin pour se protéger des intempéries.


 

 

Le Lys de Pompone (Lilium pomponium) :


Le lys turban ou lys de Pompone, (Giglio a Fiocco en Italie) est une plante vivace à bulbes , de 25 et 70 cm. On le retrouve en France et en Italie, sur des sols calcaires, des pelouses sèches et rocailleuses.


L’espèce Lilium pomponium a été décrite par Carl von Linné en 1753.


 


 

De nombreuses variétés de lys asiatiques sont utilisées dans la nourriture, le plus souvent en récoltant les bulbes et en les utilisant à la place des pommes de terre ou des châtaignes d’eau.

 

D’autres lys sont récoltés pour un usage médical. La médecine chinoise traditionnelle utilise différentes variétés de lys qui produiraient un effet refroidissant et apaisant dans le corps.


 

 

Le lys des prairies (Lilium philadelphicum L. var. andinum) :


ou lys rouge orangé ou lys rouge de l'Ouest  est une espèce de lys originaire d'Amérique du Nord.


C'est l'emblème floral choisi en 1941 par la province de la Saskatchewan, au Canada (il figure d'ailleurs sur le drapeau de la province).


 

 

Le lys bosniaque (Lilium bosniacum) :
lys doré appartenant au genre Lilium endémique dans les montagnes des Balkans.


est l'emblème des habitants de Bosnie. Il figurait sur l'ancien drapeau national de Bosnie-Herzégovine de 1992 à 1998.
Issu des armes du roi bosniaque Stefan Tvrtko Ierde Bosnie (an 1353).

Bosnie Herzegovine(1992-1998)


En meuble héraldique la fleur de lys est l'emblème de Florence
 

Le lys de Florence (il Giglio en italien) est le blason depuis le XI° siècle, à base de fleur de lys de gueules (rouge en héraldique) sur écu à champ argent (blanc en héraldique), de la ville de Florence (Firenze en italien, Florentia, la Ville de la fleur en latin), chef-lieu de la Toscane en Italie. L'emblème n'est donc pas un lys mais en réalité un iris horticole. En effet, les iris étaient abondants le long de la rivière Lys, ces iris sont parfois appelés "fleur de Lys".


 

 

Il existe une centaine d'espèces de lys et d'innombrables variétés. Le lys comptent parmi les fleurs les plus anciennes, puisque leur origine remonte à près de 12 millions d'années. Les premières espèces seraient apparues dans l'Himalaya, mais d'autres espèces se sont peu à peu établies sur tous les continents de l'hémisphère nord.


Toutes les fleurs de lys émergent d’un bulbe, et c’est une des rares plantes à floraison flamboyante à pouvoir supporter la vie en intérieur aussi bien que la culture en extérieur. Les lys anciens produisent des graines, qui donnent des fleurs magnifiques.  
 

 

Lilum candidum était déjà cultivé par les Assyriens et les égyptiens. Une tablette sumérienne datant de 5000 ans mentionne déjà ce lis.

 

Le lys blanc ou lys de la Madone (Lilium candidum) est une fleur au parfum épicé, qui fait partie des plus anciennes plantes ornementales cultivées, puisqu'il est déjà apparu en culture au milieu du troisième millénaire avant J.-C. 


Mentionné pour la première fois dans des textes égyptiens datant de 2500 avant J.-C., 

 

Réunion des Deux-Terres
La pensée égyptienne accorde une grande place au concept de la dualité. Toute réalité s'exprime comme l'union de deux modalités contraires mais appairées. Dans le mythe osirien, Horus et Seth sont les "Deux Combattants" ou les "Deux Compagnons" . La monarchie pharaonique est elle aussi imaginée comme une institution duelle dans laquelle la Haute et Basse-Égypte sont unifiées. En tant que symbole politique de l'unité égyptienne, le pharaon est le "Maître des Deux-Terres" (neb-taouy) car il est avant tout le personnage dans lequel se manifeste l'union politique des deux parties du pays. 


Cette unité des Deux Terres est fréquemment évoquée par la scène dite du Séma-taouy ou "Réunion des Deux-terres". Ce motif décoratif figure fréquemment sur les deux flancs latéraux du trône royal. La plante du Sud, le lys blanc et celle du Nord, le papyrus, sont vigoureusement nouées ensemble par Horus et Seth ou par deux Hâpy (esprit de l'inondation) autour du hiéroglyphe de la trachée artère (séma), un idéogramme qui évoque les notions d'unité et de réunification. 

Par deux Hâpy. Trône de Ramsès II, XIXe dynastie, Louxor.

 

La civilisation minoenne est une civilisation antique qui s'est développée sur les îles de Crète, de Santorin et probablement sur une grande partie de la mer Égée, au sud de la Grèce de 2700 à 1200 av. J.-C.


C'est le plus important des palais minoens crétois depuis sa découverte en 1878. Associé à la légende du palais du roi Minos, le site, occupé depuis 7000 av. J.-C., fut la capitale de la Crète lors de la période minoenne.Les ruines de Cnossos ont été découvertes en 1878 par un antiquaire crétois, Minos Kalokairinos.

 

Le prince aux fleurs de lys
La fresque intitulée le Prince aux fleurs de lys a été découverte en 1901 par l’archéologue anglais Arthur Evans (1851-1941) dans l’aile sud-ouest du palais de Cnossos en Crête. Elle date de l’âge du bronze récent (1600-1050) et appartient à la civilisation minoenne. Cette peinture mesure un peu plus de 2m de haut. Elle est conservée aujourd’hui au musée d’Héraklion.

 

 

On trouve également des reproductions de lys sur des vases de Santorin (1500 avant J.-C.)

Sur le site d'Akrotiri - 1500 ans avant JC - (Musée Préhistoire de Thira Santorin) on a retrouvé des lys sur un fragment de fresque


 

 

Dans la Grèce antique, on couronnait les mariées de lys dans l'espoir qu'elles aient de nombreux enfants. 

                                                                    

Chez les Grecs, le lys est associé à la déesse Héra (Junon chez les romains), symbole de la maternité.

 
D’après la mythologie, Zeus,(Jupiter chez les romains) l’époux d’Héra, eut avec une mortelle un fils : Héraclès. (Hercule chez les romains). Pour que ce dernier devienne comme son père immortel,

Zeus le fit allaiter par Héra. En allaitant le petit Héraclès  un peu de lait divin gicla sur la voûte céleste, créant la Voie Lactée et quelques gouttes tombèrent sur la terre donnant naissance aux premiers lys blancs.

Aphrodite,(Vénus chez les romains) déesse de l’amour, fut si jalouse de la beauté et la pureté du lys qu’elle y ajouta un imposant pistil jaune à connotation sexuelle…

Héra allaitant Héraclès, le lait gicle et forme la voie lactée. Zeus à gauche, voit son plan se réaliser. - Pierre Paul Rubens

 

Le nom botanique Lilium martagon associe le lys à Mars, le dieu de la guerre, car on disait que les bulbes apportaient la victoire à celui qui les portait sur lui pendant le combat. 


Il fut planté dans beaucoup de jardins comme plante ornementale et fit naître de nombreuses superstitions.

 

Le lys pourpre ou martagon dont une capsule oblongue contient les graines, dont les alchimistes tentèrent d'utiliser les bulbes de sa racine qui croyait-on pouvait transformer le métal commun en oOr..........


On pensait autrefois que les bulbes du lys martagon "racines d'or" avaient des pouvoirs magiques : 
on le suspendait au cou des petits enfants qui font leurs dents. 
Quant à la fleur, elle pouvait ouvrir les serrures, dénouer les liens, et était
un charme d'amour, 


Les fleurs de ce lys étaient suspendues pour se prémunir contre les maladies, et chasser les démons. 


Sans oublier qu'on en donnait à manger aux vaches parce qu'on croyait que le beurre aurait ensuite une très belle couleur jaune.


Les pétales servaient à fabriquer une peinture de couleur rouge orangé, et on en produisait également un élixir de beauté réputé efficace contre les taches de rousseur.
 

 
On le nomme Lys turban, ses pétales recourbés font penser à cette forme de turban dont le sultan Mehmed Ier (1413-1421) lança la mode. 

ou petit lys du calvaire, ou lys de Sainte Catherine, ou racine d'or, ou encore couronne impériale, c'est un lys aux fleurs pourpres qui pousse à l'état sauvage dans les prairies et les bois de montagne.


 

 

 

Le lys apparaît très tôt dans la Bible comme évocation traditionnelle du peuple d'Israël. Ainsi, dans le Cantique des cantiques 2.1 : Je suis un narcisse de Saron, un lis des vallées, chochanat ha-'amaqim. Le terme désignant le lys, chochana, a donné le prénom Suzanne.

 

Ancien Testament


1 Rois, VII, 19 : "Les chapiteaux qui étaient sur le sommet des colonnes, dans le portique, figuraient des lys et avaient quatre coudées."


2 Chroniques, IV, 5 : "Son épaisseur était d'un palme ; et son bord, semblable au bord d'une coupe, était façonné en fleur de lys. Elle pouvait contenir trois mille baths."


Cantique des Cantiques, II, 1-2 : "Je suis un narcisse de Saron, un lys des vallées. Comme un lys au milieu des épines, telle est mon amie parmi les jeunes filles." Note 2


Cantique des Cantiques, IV, 5 : "Tes deux seins sont comme deux faons, comme les jumeaux d'une gazelle, qui paissent au milieu des lys."


Cantique des Cantiques, VI, 2-3 : "Mon bien-aimé est descendu à son jardin, au parterre d'aromates, pour faire paître son troupeau dans les jardins, et pour cueillir des lys. Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi ; il fait paître son troupeau parmi les lys."


Osée, XIV, 5 : "Je serai comme la rosée pour Israël, Il fleurira comme le lys, et il poussera des racines comme le Liban."

 


 

Nouveau Testament


Évangile selon Saint Matthieu, VI, 28-29 : "Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lys des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux."


Évangile selon Saint Luc, XII, 27 : "Considérez comment croissent les lys : ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux."
 

 

 

 

I° siècle

 

Ovide, en latin Publius Ovidius Naso, ( 43 av. J.-C. -17 ou 18 ap. J.-C. poète latin qui vécut durant la période qui vit la naissance de l'Empire romain. Ses œuvres les plus connues sont L'Art d'aimer et les Métamorphoses.


"Si quelqu'un dans un jardin bien arrosé brise la violette, le pavot 

Et le lys hérissé de langues jaunes, 

Les fleurs fanées laissent soudain tomber leur tête flétrie, 

Ne se tiennent plus et regardent, de leur cime, la terre."


 

 

 

II° siècle avant J.C.


On trouve la trace de la fleur de lys sur la monnaie gauloise
Drachme au style languedocien à la fleur de lys


Revers

Croix bouletée au centre, cantonnée d'une fleur de lys stylisée surmontée d'un bâtonnet bouleté aux deux bouts au 1er canton ; lunule aux 2ème et 3ème cantons ; lunule surmontée d'un point au 4ème canton.


 

 

 

II° siècle


Les Romains, en grands amateurs de parfums, considèrent eux aussi le lys comme une fleur aussi noble que la rose, ils étaient séduits par son parfum suave, , c'est pourquoi ils remplissaient les coussins et les couvertures de pétales de lys. 

 

Sous l'Empire romain, la fleur de lys avec ses six pétales était gravée sur les tombeaux juifs des catacombes et sa stylisation a abouti à l'étoile à six branches.


Vers 132, les troupes romaines détruisirent les villages de Judée le dépeuplement de la Judée autour de la "Ville sainte". Cet événement contribue à la construction du mythe du Juif errant.

 

Les Juifs s’exilèrent hors de la Palestine, et c'est ainsi que le lys apparut en Europe.

 

Shoshanim (fleurs de lys)


Pour les Hébreux, le lys est l’emblème des tribus d’Israël,

Le mot "shoshanim" est souvent traduit par "rose" mais il signifie en fait "lys", aussi bien en hébreu ancien qu'en hébreu moderne. La rose, qui ne poussait pas en Israël à l'époque biblique, se dit "vered" en hébreu moderne. Le lys, originaire du Moyen-Orient, était la fleur préférée du roi Salomon.

 
(Cantique des Cantiques / Shir HaShirim 6:3)

"Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi, lui le berger parmi les fleurs de lys."


On retrouve des gravures de fleurs de lys sur de nombreux vestiges archéologiques (colonnes, tombeaux, etc.)


Le lys est d'ailleurs à l'origine du symbole de l'étoile de David. Vu de haut la fleur en a la forme.


Le mot Shoshanah  vient de shesh  (six) car cette fleur comporte 6 pétales et 6 étamines (Ben Ezra) 
 

Mythologie des fleurs - Le lys
Mythologie des fleurs - Le lys

 

 

III° siècle

 

Selon Origène père de l'exégèse biblique, théologien de la période patristique, (v. 185- v. 253), l'un des Pères de l'Église, le lis des vallées  (cantique des cantiques, II, 1) symbolisait l'arbre de vie planté dans le paradis

Bestiaire des alchimistes -Henri de la Croix-Haute

Arbre de vie aux oiseaux sculpté dans du poirier et polychrome, par le sculpteur sur bois Philippe Péneaud

 

 

VI° siècle

Sous Clovis (466-511), roi des Francs et premier roi de France, c’est la fleur de lis (ou d’iris)qui devient le symbole de la monarchie française en rapport avec la Vierge Marie, protectrice des Rois. 


Une polémique persiste toujours : la fameuse “fleur de lys”, insigne royal français, représenterait en réalité un iris ! 


Certains auteurs comme Charles Bruneau y voient plutôt une représentation stylisée de l'iris des marais.


La légende attribue ce choix à Clovis. 
Lors de la bataille de Vouillé en 507, les armées de Clovis sont repoussées dans les marécages de la Vienne par les Wisigoths d'Alaric II. Une biche au son de l'armée traverse alors la Vienne en crue au niveau d'un gué environné de grands iris jaunes dont les rhizomes contribuent à la stabilisation les berges et vasières des cours d'eau, indiquant ainsi que ce passage au sol stable pouvait être franchi par les armées franques qui vont pouvoir battre les Wisigoths. Cette fleur, symbole  de la victoire de Clovis, est dès lors adoptée par le roi des Francs, qui changea l’emblème de la grenouille en fleur de Lys (qui serait en réalité une fleur d'iris) 

Clovis recevant les fleurs de lys

 

VII° siècle



Bède, dit le Vénérable (673-735) moine et lettré anglo-saxon 


a comparé la Vierge Marie à un lis blanc, les pétales blancs symbolisant son corps virginal pur et les anthères dorées l'éclat de son âme.

Gustav Pope (1831–1910) Vierge et lys



 

 

IX° siècle


La fleur de lys est apparue pour la première fois sur le sceptre de Charles-le-Chauve (823-877), petit-fils de Charlemagne, roi de Francie occidentale (742-814) et empereur d’Occident (800). La Royauté française aurait donc choisi cet emblème sous forme d'aigrette trifide, l'un des plus anciens au monde. au même titre que d’autres familles régnantes européennes avaient choisi l’aigle, le lion ou le léopard.


Ce symbole fut utilisé par les souverains carolingiens puis par leurs successeurs, empereurs ottoniens et rois capétiens. 

Georges Rouget (1783-1869) - Charles III, dit le simple, roi de France en 896 (879-929)

 

 

XI° - XVI° siècle

 

Jusqu'au Moyen-Age, les chrétiens associèrent le lys au paganisme, mais furent ensuite subjugués par sa beauté. 


C’est lorsque les Croisés introduisent le lys en Europe que la fleur va prendre place dans le culte de la Vierge Marie. Un vers du Cantique des Cantiques , "tel est le lys entre les chardons, telle est ma bien-aimée entre les jeunes femmes " inspire alors l’Eglise catholique médiévale qui voit dans le lys un attribut de la Vierge Marie. De nombreux saints et autres patriarches furent soudain représentés avec des lys, comme signe de leur vertu.

 

L'annonciation

Le lys


Le lys préside en général à la scène d’Annonciation. Il est la plupart du temps placé dans un vase ou dans la main gauche de l’Archange Gabriel, dont il devient ainsi l’attribut. Il arrive qu’en hommage Gabriel l’offre à Marie. S’il n’est pas tenu par l’Ange, le lys (lilium candidum) est alors souvent placé dans un vase posé à terre, soit entre l’Archange et Marie, soit aux pieds de celle-ci, déporté sur le côté, ou situé dans un recoin ou quelque niche, soit installé sur un élément du mobilier.

Sa blancheur et ses fleurs insexuées, sans étamines (Réau, 1957, tome 2, p.183), en font le symbole de la pureté, de la virginité, de l’innocence. Il représente l’inviolabilité et la chasteté de Marie, appelée Inviolabile Castitatis Lilium par saint Bernard. Car Marie purissima, immaculée, tel un lys, a surgi "au milieu des champs d’épines " (lilium inter spinas, Cant 2,2). 
Dans les laudes des XIIIe et XIVe siècles, à la suite de saint Bernard, Marie est proclamée Lilium castitatis : dans le Laudario di Cortona (3, 35), l’Ange Gabriel parle ainsi à Marie : "Tu incignerai e più che giglio pura sirai…" ; les Laudes de Virgine Maria de Bonvesin da la Riva appellent Marie "blanchissimo lilio" ; Jacopo da Todi (Laude 17, 3-8) crie à la Vierge : "O fior de castetate, odorifero giglio !" (oh fleur de chasteté, lys odoriférant).

Lorsque la tige en est particulièrement dressée, raidie tel un sceptre, le lys peut être identifié à la verge fleurie de saint Joseph, signe par lequel l’élu, le futur époux de la Vierge, appelé à être le père nourricier de Jésus, fut désigné publiquement et miraculeusement. 
 

La fleur est également conviée aux communions et aux noces catholiques, en tant que symbole de l’amour chaste et de la pureté. Le lys devint la fleur de la Vierge ou fleur de la Madone, ce qui explique aussi son nom vernaculaire de "Lis de la Madone". 

Archange Gabriel

 

XII° siècle

 

Saint-Bernard (1090-1154) a décrit Notre-Dame comme "la violette de l'humilité, le lis de la chasteté, la rose de la pureté".

 

 

XII° - XIII°  siècle


C'est sous le règne de Louis VII, que l'expression "fleur de lis" apparut et que les fleurs de lis d'or sur champ d'azur devinrent les armes de France et l'emblème spécifique des rois de France. 


Ce motif floral devient le symbole de la souveraineté dès le XIIe siècle : à l’instar de la Vierge Marie, le Roi est lui aussi "l’élu" de Dieu. Les 3 pétales représentés sont l’évocation de la Sainte Trinité (le Père, le Fils et le Saint-Esprit).

 
La fleur de lys (lis) est une fleur mythique d'origine gauloise. Elle proviendrait en réalité pour certains de l'iris ( lis en néerlandais), pour d'autres du glaïeul et pour d'autres encore, ce symbole considéré comme une fleur (un meuble) héraldique n'a pas de réalité botanique. Cette marque d'origine gauloise s'est répandue dans le reste de l'Occident à partir du haut Moyen Âge, elle fut l'emblème de la royauté en France, d'abord 


avec le roi Louis VII  (dit "le Jeune" puis "le Pieux ", 1120-1180) roi des Francs de 1137 à 1180, sous l'influence de Bernard de Clairvaux : d'azur semé de fleurs de lys d'or

Louis VII et l'empereur Conrad III lors de la deuxième croisade. Enluminure du XIV° siècle, Bibliothèque nationale de France.
 

 

XIII° siècle


Pierre-Barthélemy Gheusi donne à la fleur de lys une origine plus guerrière que botanique : ce serait un embout de javelot gaulois ou l'Angon des Francs avec pointe et crochets

 

(voir l'analogie de forme avec ce sceptre fleurdelisé du blason de Trieste et qui serait la lance de Saint Serge selon Ottfried Neubecker, Le Grand Livre de l'héraldique.

 

Trieste : Blason français ancien : "De gueules à la hallebarde de saint Serge d'argent" ; timbré d'une couronne murale d'or. La première preuve de l'utilisation de la lance ou hallebarde de saint Serge dans les armoiries de Trieste remonte au XIIIe siècle. Elle est appelée ainsi en raison de saint Serge qui appartenait à la XVe Légion Appolinaris en tant qu' officier romain et qui fut cantonné à Trieste au IVe siècle. C' est ici qu' il se convertit au christianisme. Selon la tradition, lorsqu' il fut appelé à la Cour pour comparaître devant l' Empereur Maximin, les autres officiers et soldats chrétiens qui craignaient pour sa vie lui demandèrent un signe s' il venait à rejoindre "le Royaume des Cieux". Et c'est ainsi, toujours selon les récits anciens que, lorsqu' il fut décapité en Syrie en 303, une hallebarde apparut dans le ciel de Trieste au même moment. Ses compagnons comprirent alors qu' un nouveau "Témoin de la Foi" pouvait prier pour eux...


Depuis le Moyen-Age on vénère une lance, dite "lance de saint Serge", dans la cathédrale de Trieste.  L'arme d'acier est actuellement conservée dans le trésor de la cathédrale de San Giusto et est considérée comme imperméable à la rouille. Ce type d'arme est appelée plus précisément "épieu à la frioulane", une arme de hast typique utilisée dans la région au XIVe siècle. 

 

Sa forme particulière a fait qu'on l'a souvent confondue avec une fleur de lys, par ignorance de sa symbolique,  et d'ailleurs pendant la longue période où la ville était autrichienne on l'a dessinée comme une fleur de lys au bout d'un sceptre de couleur or, issant de la pointe de l'écu.  

 


source :  http://it.wikipedia.org/wiki/
 

 

 

XIII° siècle


Le double denier tournois à fleurs de lys, appelé communément double tournois, est une ancienne monnaie d'une valeur de deux deniers tournois émise par les rois de France à partir de la fin du XIII° siècle. Elle s'insérait dans le système tournois : six doubles tournois formaient un sou tournois. Vingt sous tournois formaient une livre tournois.


 

 

XVIII° siècle


Le lys figure sur le sceau de Philippe II dit Auguste (1165 -1223), squi iégeant, tient à la dextre un lis symbole de la royauté. Son manteau lors de la cérémonie du Sacre en était constellé (on dit semé quand il existe de nombreuses fleurs sur le champ de l'écu = de France ancien). Il réduit ce nombre illimité de lys au nombre symbolique de trois et se servit de cet étendard pendant la troisième croisade vers Jérusalem.

 

phillipvs dei gratia francorvm rex (" Philippe, par la grâce de Dieu roi des Francs").


Sceau de Philippe Auguste : on note la fleur de lys dans la main droite (moulage, 75 mm de diamètre, Paris, Archives nationales (France).


 

 

 

XIII° siècle


Saint Dominique de Guzman, Prêtre et Fondateur de l'Ordre des Frères Prêcheurs, les Dominicains (1170-1221)


Saint Dominique est souvent représenté muni d'une croix, d'un lys, d'un livre et d'un globe terrestre. Une étoile lui pare le front tandis qu'un chien noir et blanc portant une torche enflammée dans sa gueule l'accompagne.

Gaspar de Crayer - Saint Dominique de Guzman -  (1655)

 

Saint Dominique de Guzman

 

XIV° siècle


Un poème inédit de Guillaume de Digulleville : Le Roman de la Fleur de lis
Arthur Piaget Romania  - Année 1936  247  pp. 317-358

Guillaume de Digulleville ou Deguileville (Digulleville v. 1295-ap.1358) est un moine et poète français du Moyen Âge.


Le Roman de la Fleur de lys (1338) (titre alternatif : Dit de la fleur de lis)
Le roumant de la fleur de lis (ms. A, expl.); Le dist de la fleur de lys (ms. B, inc.); Le roman de la fleur de lis; Le dit de la fleur de lis (éd. Duval)
Date:    1338

 

vers octosyllabiques à rimes plates


.....


A rois et chevaliers et ros,

et aus estas menus et gros,

une vision vuel nuncier

qui, en dormant, m'avint l'autrier…

......

Et s'il y a rien messeant,

rien mal a point ou desplaisant,

cela soit reputé a songe,

car poy en sont ou n'ait menchonge.

Cy fine le Roumant de la Fleur de lis.

..........


 

 

 

 

XIV° siècle


Eysteinn Ásgrímsson (c. 1310 - 1360) était un poète islandais qui a écrit Lilja , la plus célèbre et selon la plupart des lecteurs la meilleure parmi la poésie religieuse en Islande au Moyen Âge.


Le lys : Poème marial islandais


Résumé :
Tempête au monastère ! Une dispute dégénère en rixe et l'un des moines rebelles roue de coups son supérieur... Scandale, jugement, mise aux fers des responsables. Un peu plus tard, l'un des coupables se repent et livre un magnifique poème de 800 vers à la gloire de la Vierge Marie... La scène se passe en Islande, pendant le Moyen Age. Si Le Lys, histoire de la chute et du salut, est resté très populaire, même sous le luthéranisme, c'est que, sous les braises ardentes de la foi d'Eystenn, souffle l'Esprit qui purifie les passions pour les fondre au creuset de l'amour divin. Un texte étonnamment proche de nous qui puise sa source dans l'universalité des douleurs et des rédemptions.


 

 

 

XIVe siècle.


moyen-âge 

 

Guillaume de Machaut (Machault) (1290–1377) poète 


Rondeau, 


Blanche comme Lys,


"Blanche com lys, plus que rose vermeille,

Resplendissant com rubis d’Oriant,

En remirant vo biauté non pareille,

Blanche com lys, plus que rose vermeille,

Suy si ravis que mes cuers toudis veille 

Afin que serve à loy de fin amant,

Blanche com lys, plus que rose vermeille,

Resplendissant com rubis d’Oriant."

Elisabeth Sonrel
 

 

 

XIV° siècle

 

Il est courant au moyen âge de trouver le lys dans les peintures et les enluminures de l'Annonciation. Entre l'ange Gabriel et la jeune Vierge en prière se trouve le vase avec le lys. Dans de nombreuses scènes de l'Annonciation peintes à la Renaissance, l'archange Gabriel tient un lys.

 

Les Très Belles Heures de Notre-Dame est un manuscrit que commande le duc Jean Ier de Berry en 1389 et dont la réalisation est sans doute interrompue vers 1409.

 

 

 

XIV° siècle


Catherine Benincasa, en religion Catherine de Sienne (1347-1380) 
tertiaire dominicaine mystique, qui a exercé une grande influence sur l'Église catholique. Elle est déclarée sainte et docteur de l'Église.
Les peintres représentent Catherine tenant un lys dans ses mains, symbole de sa virginité, ou des écrits


Catherine de Sienne 
Andrea Vanni, v. 1400 Basilique San Domenico

 

 

L'Extase de sainte Catherine de Sienne, 
Agostino Carracci, 1570, Galerie Borghèse, Rome.

 

 

Ste Catherine de Sienne protectrice de la confrérie Saint-Michel 
Sano di Pietro, xve siècle Brooklyn Museum


 

Sainte Catherine de Sienne protectrice de la confrérie Saint-Michel 

Sano di Pietro, XV° siècle

 

 

XV° siècle

 

En avril 1429, Sous une bannière blanche arborant la fleur de lys, Jeanne d’Arc partit pour sauver le trône de France. 

 

Armoiries de Jeanne d'Arc telles qu'elles figurent sur le vidimus de l'acte de concession dans un traité manuscrit sur les monnaies (vers 1550) - essai de mise en couleur sur le blason ci-dessous


 

 

 

XV° siècle

 

Les armes du roi Charles VI (1368-1422) , "d'azur à 3 fleurs de lys d'or".
Elle est aussi le symbole monarchique (sceptres) à la même époque dans l'espace occupé par des descendants des peuples germaniques du Saint-Empire romain germanique.

 


La fleur de lys ornera les blasons royaux, l’orfèvrerie ou encore les sculptures, devenant ainsi jusqu’à la Révolution l’emblème même de la France.

 


 

XV° siècle 

 

Miniature enluminée de Jean Fouquet. (grande chroniques de France Couronnement de Philippe Auguste dans un décor fleurdélysé en présence des regalia (couronne, main de justice, épée sceptre, vêtements du sacre).


Le couronnement de Philippe Auguste eut lieu dans la cathédrale de Reims, le Ier novembre 1179 en présence du duc de Normandie, fils du roi Henri II d'Angleterre.

 

 

 

 

 

XV° siècle


Horae ad usum Romanum,

dites Très petites heures d’Anne de Bretagne
Source: gallica.bnf.fr


Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits. NAL 3120, fol. 54r.


 

 

 

XV° siècle


Enluminure

parchemin 108 feuillets - latin


"Benedicti Aretini de belo (sic) a christianis contra barbaros gesto pro Christi sepulchro ac Judea recuperandis liberé"


Source: gallica.bnf.fr


Bibliothèque nationale de France. Bibliothèque de l’Arsenal. Ms-670 réserve, fol. 1r.

 

 

 

XV° siècle


Enluminure


Philippe Le Bon


Moralités et opuscules ascétiques. Source: gallica.bnf.fr


Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 12441, fol. 44r.
 

 

 

XV° siècle


Les Belles Heures du duc de Berry sont un livre d'heures commandé par Jean de Berry actuellement conservé au Metropolitan Museum of Art de New York, au sein de la collection des Cloîtres, sous la cote Acc.no.54.1.1. Les enluminures ont été peintes par les Frères de Limbourg entre 1405 et 1408 ou 1409.


L'Annonciation, en tête de l'office des morts, f.30r
(contient les armes du duc de Berry)


 

 

XV° siècle


Lorenzo Monaco (1370-1424) moine, peintre et enlumineur italien de la fin du XIV° et du début du XV° siècle


L’Annonciation, vers 1420-1424,(détail)
Collection Alana, Newark, DE, États-Unis



 


 

 

XV° siècle


Fra Filippo Lippi, dit Fra Filippo del Carmine, (1406-1469) peintre florentin de la Première Renaissance.


L'annonciation, détrempe réalisée en 1435 - (National Gallery of Art - Washington, United States)

 

 

L'Annonciation avec deux donateurs agenouillés réalisée en 1440
Elle se trouve  à Rome - Italie. 
Il est conservé dans la Galerie nationale d'art ancien, au Palazzo Barberini, à Rome.

 

 

L'Annonciation, aussi connue sous le nom d'Annonciation Murate, est une peinture de la Renaissance italienne, réalisée autour de 1443-1450. 
Elle se trouve à l'Alte Pinakothek de Munich, en Allemagne.

 

 

L'Annonciation (ou Annonciation Doria) est réalisée et achevée vers 1445-1450. 
Elle se trouve Galerie Doria Pamphilj, à Rome.

 

 

L'annonciation réalisée en 1445. 
Elle se trouve à l'Eglise San Lorenzo, Florence 

 


Annonciation (version de Corsham Court), est réalisée en 1466
 Évangile de Luc I, 26-38 (Bible de Jérusalem, p. 1760)


 

 

XV° siècle


Martin Schongauer (1470-1475) 
peintre et graveur allemand de la fin du Moyen Âge. Graveur (sur bois et sur cuivre) le plus illustre de son temps, sa renommée s'étend jusqu'en Italie (Michel-Ange l'admirait) et aux Pays-Bas. Albrecht Dürer veut devenir son disciple,


Retable de Jean d'Orlier  Musée Unterlinden, Colmar


 

 

 

XV° siècle


Rogier de le Pasture dit Rogier van der Weyden (1399/1400-1464) 

peintre appartenant au mouvement des primitifs flamands

 

Le lys et l'épée - Le Jugement dernier 

-fleurs de lys, symbole de la Pureté d'ordre divine de la Vierge Marie
-l'épée, symbole de justice divine

 

est un retable sous la forme d'un polyptyque en quinze panneaux du appartenant au mouvement des Primitifs flamands, peint entre 1443 et 1452 pour l'Hôtel-Dieu de Beaune sur commande de son fondateur le chancelier de l'État bourguignon Nicolas Rolin. Représentation du thème chrétien du Jour du jugement, 


Retable ouvert avec le Christ,  juge suprême au sommet, l'archange saint Michel pèsant les âmes à ses pieds, entouré de quatre anges buccinateurs, et du tribunal céleste composé de la vierge Marie, de Jean le Baptiste et des saints et des douze Apôtres indifférentiers, de l'humanité en bas, le Paradis à gauche et l'Enfer à droite.


Le Christ sur le globe terrestre, et des inscriptions en latin.
À l'intérieur, la représentation du Jour du jugement, si elle fait appel à la tradition iconographique de ce thème chrétien populaire à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, laisse une grande place à l'imagination de son auteur, ce qui en fait l'originalité. Au centre, le Juge suprême, assis sur un arc-en-ciel, surveille saint Michel rendant son jugement (avec immédiatement de part et d'autre la Vierge et saint Jean le Baptiste). Saints et apôtres indifférenciés (sans leurs attributs respectifs), sont posés sur des nuages et forment une cour céleste. À terre, les morts se relèvent et saint Michel pèse leurs bonnes et mauvaises actions. Jésus bénit de sa main droite (près des fleurs de lys, symbole de la Pureté divine de la Vierge Marie) les justes et de sa main gauche (près de l'épée, symbole de justice divine) maudit les damnés. Les uns sont précipités dans le feu éternel (à droite), tandis que les autres sont accueillis par un ange à la porte des cieux (à gauche). L'absence de démons exerçant une contrainte physique sur les pécheurs, la force de la conscience se suffisant à elle-même, fait de cette œuvre un cas unique dans les représentations du Jugement dernier.

 

 

 

Rogier de le Pasture dit Rogier van der Weyden (1399/1400-1464) 

Le lys et l'épée - Le Jugement dernier - détail

 

 

 

XV° siècle

 

Hans Memling (1435-1494) 

peintre allemand de style primitif flamand


Le lys et l'épée - le jugement dernier


Le panneau central


Hans Memling a repris en partie, pour le panneau central du triptyque, la composition du Jugement dernier de Van der Weyden.


Le Christ est représenté en majesté, de face, ses pieds reposant sur un globe, transposition chrétienne de l’imagerie impériale romaine depuis Constantin. De sa bouche sortent une épée et un lys, qui symbolisent la justice et la miséricorde. Il trône sur un arc-en-ciel, symbole de réconciliation entre Dieu et l’humanité. Il est entouré des douze apôtres, et de Marie et saint Jean-Baptiste, qui intercèdent en faveur des humains. Au-dessus d’eux des anges portent les instruments de la passion.

 

En dessous, Saint Michel pèse les âmes des morts. Il a revêtu son armure. C’est le chef la milice céleste, à la tête de laquelle il a triomphé des anges rebelles. Sur un des plateaux de sa balance, un élu, sur l’autre un malheureux, qui, déjà, est tiré par les cheveux vers l’Enfer. À ses pieds des morts sortent de leur tombe, encore enveloppés de leur linceul.

 

 

Ecole allemande -

jugement dernier du 15ème siècle avec le lis et l'épée,


 

 

XV° siècle

 

Monnaie ancienne en Or 


Charles VIII (1483-1498)

 

"couronne Karolvs : Dei : Gra : Francorvm : Rex, Ecu de France"
 Ecu d'Or au soleil  - Ecu de France couronne, croix fleurdelisé


 

 

 

XVI° siècle


Le lys bulbifère (Lilium bulbiferum var. bulbiferum) 


En Suisse, on croyait que lorsque la fleur se trouvait dans la maison, elle attirait les éclairs lors d'un orage. On glissait les bulbilles croissant à l'aisselle des feuilles, pour les mettre sous les poules en train de couver afin de favoriser l'incubation. 


Si, d'autre part, on portait sur soi les bulbilles, on remportait du succès auprès du sexe opposé. Les bulbes du lys bulbifère donnaient un bon substitut au café.


 


 

XVI° siècle


Enluminure


Grandes Heures d'Anne de Bretagne, BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°27r


Lys blanc - Lilium (Lilium candidum L. = lys commun) // Roses roges - Rosa rubea (Rosa gallica L. = roses de Provins) 


 

 

XV° - XVI° siècle


Alessandro di Mariano di Vanni Filipepi, dit Sandro Botticelli (1445-1510), peintre italien  Il est l'un des peintres les plus importants de la Renaissance italienne et de l'histoire de l'art.

 

la vierge à la grenade

Botticelli - la Vierge à la grenade

 

Marie avec l'enfant et les anges chanteurs

Botticelli - Marie avec l'enfant et les anges chanteurs

 

Madone à la Grenade

Botticelli - Madone à la grenade

 


Madone à la Grenade détail

Botticelli - Madone à la grenade - détail

 

Annonciation 1481

Botticelli - Annonciation 1481

 

Annonciation 1485

Botticelli Annonciation 1485

 

Botticelli Annonciation 1489/ 90

Botticelli Annonciation 1489/ 90

 

 

L'Annonciation de l'église San Barnaba de Florence (en italien Annunciazione della chiesa fiorentina di San Barnaba) 
de 1490 et conservée à la Kelvingrove Art Gallery and Museum de Glasgow.

Botticelli  - Annonciation 1490

 

XVI° siècle


Hans Holbein l'Ancien  (1465–1524) peintre allemand des XV° et XVI° siècles,


Autel de Kaisheimer: Verkündigung Mariens - L'annonciation - v. 1502
Collections de peintures de l'État bavarois

 

 

 

XVI° siècle


Le collier du Saint-Esprit, institué en 1578 par le roi Henri III était formé de fleurs de lys et des monogrammes du roi et de la reine.

 
 

 

XVI° siècle


Le pape Paul III crée en 1546 l'Ordre du Lys.

.........."Les Etats romains ont eu et ont encore plusieurs ordres fondés par les papes. Tel fut l'ordre du Lys fondé en 1546 par le pape Paul III. Il n'y avait d'abord que quarante chevaliers chargés de défendre les Etats du Pape contre ses ennemis ; ils donnaient à leur souverain un cadeau de cinquante mille écus, mais chacun jouissait d'une rente de trois mille écus hypothéquée sur l'Etat.

Ils portaient sur la poitrine une médaille d'or à l'image de Notre-Dame-Du-Chesne d'un côté, et de l'autre ayant un lis bleu d'azur sur un fond d'or avec l'exergue : Pauli III, pontificis maximi munus. Paul IV confirma cet ordre et lui donna le premier rang parmi les autres, en 1556 ; il porta le nombre des chevaliers à 350. Ils soutiennent le dais sous lequel marche le Souverain- Pontife".............


Manuel de l'art héraldique - 1840 - page 111


 

 

XVI° siècle


enluminure
Fleurdelysé


Joannis Ferrault , in utroque jure Licentiati, Consiliarii Regis, fisci ac reipublicae Cenomanensis Procuratoris, de altis praecipuisque liliorum ac serenissimae coronae juribus libellus, Ludovico XII. nuncupatus


Source: gallica.bnf.fr

Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Latin 4777, fol. 2v.


 

 

XVI° siècle


Jean Gossart, ou Jan Gossaert, dit Mabuse (1478-1532) est un artiste romaniste de style maniériste de l'École d'Anvers. Il  est l'un des premiers artistes du Nord à voyager en Italie, en 1508 avec le duc de Bourgogne. Il introduit à son retour en Flandres l'esprit et les formes de la Renaissance italienne.


Vierge au voile - 16e siècle
Cette Vierge à l'enfant est marquée par l'alliance entre tradition flamande et tradition italienne. 

Douai, Musée de la Chartreuse


 

 

XVII° siècle


Bernardo Strozzi  (1581–1644) peintre baroque italien, de l'école génoise. 


- L'annonciation  - 1644
Musée des Beaux-Arts de Budapest

 

 

 

XVI° siècle


Guido Reni (1575-1642) peintre italien de l'époque baroque


Annonciation 1621  - 
Première version du tableau coservé à la pinacothèque de Fano (Italie)

 

 

Annonciation version 2 1629  - 

est un tableau exécuté en 1629 sur une commande de Marie de Médicis. Il est aujourd'hui conservé au Musée du Louvre.  

 

 

 

XVII° siècle


Claude François, plus connu sous son nom en religion de "Frère Luc" (1614-1685 frère franciscain récollet (en latin : Ordo Fratrum Minorum Recollectorum) ordre mendiant de droit pontifical issu d'une réforme de l'ordre franciscain.
et artiste peintre français.

 

Sainte Famille à la Huronne, vers 1670-1671,


 


 

XVII° siècle


Jacques Stella (1596-1657)
Peintre d'histoire, essentiellement de sujets religieux, et graveur à l'eau-forte, il est honoré d'un brevet de "peintre ordinaire du roi" en 1635

 

Sainte famille au lys et au berceau, 1637


 

 

XVII° siècle


 

Francisco Meneses Osorio (1630-1705) peintre espagnol

Saint Joseph et Jésus et lys -  1684 
Museo de Bellas Artes de Sevilla


 

 

XVII° siècle


Philippe de Champaigne (1602-1674)
peintre et graveur classique français d'origine brabançonne.

 

L’Annonciation  - Californie c.1644.

Ce tableau est l'une des nombreuses oeuvres de l'époque exécutés à Paris pour la petite chapelle privée de la reine Anne d'Autriche (1601-1666), l'épouse veuve de Louis XIII.


 

 

XVII° siècle


Josefa de Obidos (1630-1684)


peintre portugaise d'origine espagnole . Son nom de naissance était Josefa de Ayala Figueira , mais elle a signé son travail comme, "Josefa em Óbidos" ou "Josefa de Ayalla".

Annonciation - 1676
(Musée National de Arte Antiga, Lisbonne)
Josefa de Obidos (1630-1684)


 

Joseph et l'enfant - 1670



 

 

XVII° siècle


Pietro Berrettini, dit Pierre de Cortone (1597-1669)
peintre et un architecte italien du baroque commençant.

La Vierge et l'Enfant avec sainte Martine - Vers 1643 (?)
Musée du Louvre


Le sujet a été plusieurs fois peint par Pierre de Cortone qui vouait une dévotion particulière à sainte Martine : très impressionné par la découverte de son corps en 1634, il fut l'architecte de l'église des Saints-Luc-et-Martine de Rome et alla jusqu'à léguer ses biens à la sainte.


 

 

XVII° siècle


Giovanni Odazzi (1663-1731) graveur et peintre italien baroque du XVII° siècle et du début du XVIII° siècle qui a été actif principalement dans sa ville natale et dans le Latium.


- L'annonciation


 

 

 

XVII° siècle

 

Du Bestiaire des Alchimistes De Henri la Croix-Haute

 

Le lys


Symbole des trois principes alchimiques (action, résistance, mouvement)
Sa blancheur figurait dans l'obtention de la pierre au blanc (fig. XIV du Solidanius).

Il est présent sur la planche III du mutus Liber dans un vase que tient une jeune femme et en embout du sceptre du Jupiter chevant l'aigle et présidant aux opérations.


Le Mutus Liber, ou Livre muet est un ouvrage de philosophie hermétique paru à La Rochelle en 1677. Il figure parmi les recueils majeurs d’alchimie de son époque. Des travaux récents s’attachent à l’étudier dans sa réalité historique.


.........."Le Lys blanc, mercuriel, volatil est un mercure purifié par le feu. On le représente donc par un croissant de lune dont les pointes sont dirigées vers le haut conjoint à une croix en dessous (symbole du feu, de la cuisson)"...........
 
Le lys est couplé avec la rose rouge et issu du même tronc dans "Azoth" (1624) de Basile Valentin, il signifie l'oeuvre antérieure au blanc. 
La Philosophia Reformata de Johann Daniel Mylius (c. 1583-1642) présente (fig. VII) le soleil en Apollon portant une branche à trois roses et la lune en Diane arborant trois fleurs de lys.

 

Parmi les fresques du monastère de Cimiez l'une offre au regard trois lys fleurissant sur du fumier, symboles de l'oeuvre au blanc.


Le lys à cinq pétales correspond à la quintessence.

 

Les alchimistes considéraient le lys comme une plante lunaire avec des qualités féminines, 

 

La médecine médiévale en Europe utilisait les racines écrasées du lys blanc pour réduire les tumeurs, guérir les ulcères cutanés et apaiser les tendons douloureux. 

 

 

 

XVII° siècle


Carlo Dolci (1616-1686) peintre italien 
La Vierge au lys.

Date    1642


1825 : légué au Musée Fabre, Montpellier, par François-Xavier Fabre 


 


 

 

XVII° siècle

 

Tristan L'Hermite (1601-1655), est un gentilhomme et écrivain français.
La Comédie des fleurs, ou le Sujet de la Comédie des fleurs, est un poème publié dans le recueil des Vers héroïques, en 1648. Repris dans des anthologies depuis le XVII°  siècle,


La Comédie des fleurs est composée de onze stances en sizains :

 

Un Lys reconnu pour un Prince

Arrive dans une Province :

Mais, comme un prince de son sang,

Il est beau sur toute autre chose

Et vient vêtu de satin blanc

Pour faire l'amour à la Rose.

 

Pour dire quelle est sa noblesse

À cette charmante maîtresse

Qui s'habille de vermillon,

Le Lys, avec des présents d'ambre,

Délègue un jeune papillon,

Son gentilhomme de la chambre.

 

Ensuite, le Prince s'avance

Pour lui faire sa révérence ;

Ils se troublent à leur aspect,

Le sang leur descend et leur monte ;

L'un pâlit de trop de respect,

L'autre rougit d'honnête honte.


 

 

XVII° - XVIII° siècle


Pavillon royal, arboré en présence du roi (1638-1790)

 

 

Les pavillons de la marine


qui ont flotté au mât des bâtiments ont une longue histoire. Certains sont conservés à l’Ecole navale.

 

L’affirmation d’un pavillon de la marine royale

Le cardinal de Richelieu (1585-1642)  introduisit l’usage du pavillon blanc, emblème particulier de l’autorité supérieure et décida que dorénavant tous les vaisseaux de guerre porteraient ce pavillon. En 1643, le pavillon de la marine de guerre était blanc, orné de l’écu royal, de colliers de différents ordres, des fleurs de lys et de deux anges vêtus de bleu et de rouge. Arboré au grand mât, il devenait la marque de commandement et à la poupe il signifiait la nationalité du navire qui le portait.

 

 

L’exception des galères

Dans la flotte du Levant ou Méditerranée, la marque de commandement n’était plus blanche, mais rouge et tous les étendards, girouettes et flammes des galères devaient être rouges, ornés des armoiries royales et fleurdelisés.

 

 

Afin de distinguer la marine de guerre de la marine du commerce, Louis XIV initia une ordonnance le 9 octobre 1661. Elle attribua à la marine de commerce un pavillon de poupe bleu à "croix blanche transversante" avec l’écu de sa majesté sur le tout.
Mais la marine marchande visait à s’attribuer le pavillon blanc des vaisseaux de guerre, estimant en tirer plus de prestige. Louis XIV s’opposa fermement à cette prétention.


 

Mais ce dernier lui concéda en 1689, quand il rendit sa grande ordonnance, un pavillon bleu avec croix blanche plus large et les colliers des ordres autour de l’écu royal, privé de ses deux anges vêtus de bleu et de rouge, qui ne pouvaient figurer que sur le pavillon de la marine de guerre.

 

 

XVIII° siècle


François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778), est un écrivain et philosophe 


La pucelle d'Orléans. Chant I. - 


Vous m'ordonnez de célébrer des saints : Ma voix est faible, et même un peu profane. Il faut pourtant vous chanter cette Jeanne Qui fit, dit-on, des prodiges divins. Elle affermit, de ses pucelles mains, Des fleurs de lys la tige gallicane, Sauva son roi de la rage anglicane, Et le fit oindre au maître-autel de Reims.


 

 

XVIII° siècle


Clemente de Torres est le nom de scène de Clemente de Torvisco y Escobar (1662-1730), peintre baroque espagnol d' origine génoise.


St Joseph avec l'Enfant Christ


 

 

 

XVIII° siècle


Jean-François Bérangier (1711-1801) peintre
Saint Joseph au lys


 

 

XVIII° siècle


Alexis-Simon Belle (1674 -1734)  peintre français, spécialisé dans le portrait de cour.


Marie Leszczynska (1703-1768) est une aristocrate polonaise, fille du roi de Pologne, reine de France par son mariage avec Louis XV en 1725.


 

 

 

XIX° siècle


La décoration du Lys a été créée en 1814 en faveur de la garde nationale de Paris.

"Créé par Ordonnance de MONSIEUR, comte d'Artois, Lieutenant Général du Royaume, le 26 avril 1814, pour récompenser la Garde nationale de Paris des services qu'elle a rendus par son courage (défense de Paris) ainsi que le 30 mars dans la sécurité de la ville de Paris, et aussi pour son service auprès du roi et de la famille royale en leur servant de garde provisoire... La Garde Nationale, dans cette période troublée pendant laquelle les autorités ont disparu, a été la seule force de police utile et omniprésente. 

 

INSIGNE :  

 

Pour la Garde Nationale de Paris, voici les modèles officiels : 

. celui de l'Ordonnance du 26 avril 1814 consiste en une simple fleur de lys, en argent suspendue à un ruban blanc. 

 

. puis "la fleur de lys" surmontée d'une couronne royale, le tout en argent, est suspendue sur la poitrine par un ruban blanc moiré avec rosette du même ruban ; dit "l'ordre du jour du 9 mai 1814". 

 

 

XIX° siècle


Honoré de Balzac, (1799-1850) écrivain français. Romancier, dramaturge, critique littéraire, critique d'art, essayiste, journaliste et imprimeur


Le lys dans la vallée

 

XIX° siècle


Oscar Wilde  (1854-1900) écrivain, romancier, dramaturge et poète irlandais 


Le Portrait de Dorian Gray - Chapitre II - Oscar Wilde

....."Vous n’avez que peu d’années à vivre réellement, parfaitement, pleinement ; votre beauté s’évanouira avec votre jeunesse, et vous découvrirez tout à coup qu’il n’est plus de triomphes pour vous et qu’il vous faudra vivre désormais sur ces menus triomphes que la mémoire du passé rendra plus amers que des défaites. Chaque mois vécu vous approche de quelque chose de terrible. Le temps est jaloux de vous, et guerroie contre vos lys et vos roses."............
 

 

XIX° siècle


Paul Gauguin (1848-1903) peintre postimpressionniste.
parmi les lys - 1889

 

 

XIX° siècle


Benjamin Constant (1845-1902)  peintre et graveur français


Eglise Saint-Martin - Villers sur Mer


 

 
 
XIX° siècle

Henryk Hektor Siemiradzki (1843-1902) 
peintre polonais basé à Rome , surtout connu pour son art académique monumental

Jeanne d'Arc à genoux devant un Ange
 


 

XIX° siècle


William Bouguereau  (1825–1905) peintre français représentatif de la peinture académique


La Vierge au lys


 

 

XIX° siècle

 

Mary Louise Fairchild (1858 -1946) 
peintre américaine, portraitiste et paysagiste.


Roses et lys (1897)
Musée des beaux-arts de Rouen

 

 

 

XIX° siècle


Dante Gabriel Rossetti (1828-1882) 

L'annonciation


 


 

XIX° siècle

 

Arthur Hacker (1858-1919), peintre anglais

L'annonciation - 1892


 

 

XIX° siècle


Poète : Charles Guérin (1873-1907)

Recueil : Le cœur solitaire (1896).

 

Dans ton décor naïf tu m'apparais.


....

Ta mansarde fleurie ouvre sur l'Orient ;

Prompte à quitter ton lit de vierge, tu vois naître

L'aube qui te regarde à son tour en riant

Arroser, ô Jenny, les lys de ta fenêtre.

....

 


 

 

XIX° siècle

 

Charles Guérin (1873-1907) poète
Recueil : Le sang des crépuscules (1895).

 

Le vent est doux comme une main de femme

 

Le vent est doux comme une main de femme,

Le vent du soir qui coule dans mes doigts ;

L'oiseau bleu s'envole et voile sa voix,

Les lys royaux s'effeuillent dans mon âme ;

 

Au clavecin s'alanguissent les gammes,

Le soleil est triste et les cœurs sont froids ;

Le vent est doux comme une main de femme,

Le vent du soir qui coule dans mes doigts.

 

Je suis cet enfant que nul ne réclame,

Qu'une dame pâle aimait autrefois ;

Laissez le soleil mourir sur les toits,

Dormir la mer plus calme, lame à lame...

Le vent est doux comme une main de femme.

Les lys blancs George Hitchcock, entre 1880 et 1913
 

 

XIX° siècle

 

Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1869) poète
Recueil : Pensées d'août (1837).

À Madame Récamier.
(Sur un portrait de Gérard.)

 

Une jeune femme au bain

.....

Simple, et pour tout brillant, dans l'oubli d'elle-même,

À part ce blanc de lys et ces contours neigeux,

N'ayant de diamant, d'or et de diadème,

Que cette épingle en flèche attachant ses cheveux ;

.....
 

 

XIX° siècle

 

Stéphane Mallarmé (1842-1898) poète


Recueil : Poésies (1899)


Le Savetier

 

.....

Hors de la poix rien à faire,

Le lys naît blanc, comme odeur

Simplement je le préfère

À ce bon raccommodeur.

....

 

 

 

XIX° siècle

Victor Hugo (1802-1885) poète


Recueil : Les châtiments (1853)


 

Le manteau impérial


.....

Chastes buveuses de rosée,

Qui, pareilles à l'épousée,

Visitez le lys du coteau,

Ô sœurs des corolles vermeilles,

Filles de la lumière, abeilles,

Envolez-vous de ce manteau !

.....


 

 

XIX° siècle

 

Victor Hugo (1802-1885) poète


Recueil : Les quatre vents de l'esprit (1881)

Le 22 novembre 1854.


Littérature

 

......

Notre adoration, notre autel, notre Louvre,

C'est la vertu qui saigne ou le matin qui s'ouvre ;

Les grands levers auxquels nous ne manquons jamais,

C'est Vénus des monts noirs blanchissant les sommets ;

C'est le lys fleurissant, chaste, charmant, sévère ;

C'est Jésus se dressant, pâle, sur le calvaire.

......

Carl Heinrich Bloch résurrection

 

 

 

XIX° siècle

 

Victor Hugo (1802-1885) poète

Recueil : Les chansons des rues et des bois (1865).

 

L'église (I)

 

.....

Seul sous une pierre, un cloporte

Songeait, comme Jean à Pathmos ;

Un lys s'ouvrait près de la porte

Et tenait les fonts baptismaux.

.....


 

 

XIX° siècle

 

Victor Hugo (1802-1885) poète

Recueil : Les chansons des rues et des bois (1865).

 

La nature est pleine d'amour


.....

Ta grâce est un rayon charmant ;

Ta jeunesse, enfantine encore,

Éclaire le bleu firmament,

Et renvoie au ciel de l'aurore.

 

De sa ressemblance avec toi

Le lys pur sourit dans sa gloire ;

Ton âme est une urne de foi

Où la colombe voudrait boire.

......

Frederick William Burton - Innocence
 

 

XIX° siècle

 

Victor Hugo (1802-1885) poète

Recueil : Les chansons des rues et des bois (1865).

 

Les trop heureux


.......

Ce bonheur rend les fleurs jalouses

Et les grands chênes envieux,

Et fait qu'au milieu des pelouses

Le lys trouve le rosier vieux ;

......

Alisa Kazakova 
 

 


 

XIX° siècle

 

Victor Hugo (1802-1885)

Recueil : Les voix intérieures (1837)

 

Soirée en mer

 

......

Sur votre plus belle rose,

Sur votre lys le plus beau,

Savez-vous ce qui se pose ?

C'est l'oubli pour toute chose,

Pour tout homme le tombeau !

......

Jeanne Amen - Les lys de la mer

 

XIX° siècle

 

Victor Hugo (1802-1885) poète 

Recueil : Les contemplations (1856).

Juillet 1833.

 


Je lisais. Que lisais-je ?


......

Toute l'immensité, sombre, bleue, étoilée,

Traverse l'humble fleur, du penseur contemplée ;

On voit les champs, mais c'est de Dieu qu'on s'éblouit.

Le lys que tu comprends en toi s'épanouit ;

Les roses que tu lis s'ajoutent à ton âme.

Les fleurs chastes, d'où sort une invisible flamme,

Sont les conseils que Dieu sème sur le chemin ;

C'est l'âme qui les doit cueillir, et non la main.

.......

James Doyle Penrose - Beauté innocente
 

 

XIX° siècle


Victor Hugo (1802-1885) poète

Recueil : L'art d'être grand-père (1877).

 

Laetitia rerum

 

.......

Le bourdon, aux excès enclin,

Entre en chiffonnant sa chemise ;

Un oeillet est un verre plein,

Un lys est une nappe mise.

.......
 

 

 

XIX° siècle


François Coppée (1842-1908) poète

Recueil : Poèmes divers (1869).

 

Le Lys.


Hors du coffret de laque aux clous d'argent, parmi

Les fleurs du tapis jaune aux nuances calmées,

Le riche et lourd collier, qu'agrafent deux camées,

Ruisselle et se répand sur la table à demi.

 

Un oblique rayon l'atteint. L'or a frémi.

L'étincelle s'attache aux perles parsemées,

Et midi darde moins de flèches enflammées

Sur le dos somptueux d'un reptile endormi.

 

Cette splendeur rayonne et fait pâlir des bagues

Éparses où l'onyx a mis ses reflets vagues

Et le froid diamant sa claire goutte d'eau ;

 

Et, comme dédaigneux du contraste et du groupe,

Plus loin, et sous la pourpre ombreuse du rideau,

Noble et pur, un grand lys se meurt dans une coupe.


 


 

XIX° siècle

 

François Coppée (1842-1908) poète

Recueil : L'exilée (1877).

 


Pitié des choses.

 

La douleur aiguise les sens,

— Hélas ! ma mignonne est partie ! —

Et dans la nature je sens

Une secrète sympathie.

 

Je sens que les nids querelleurs

Par égard pour moi se contraignent,

Que je fais de la peine aux fleurs

Et que les étoiles me plaignent.

 

La fauvette semble en effet

De son chant joyeux avoir honte,

Le lys sait le mal qu'il me fait

Et l'étoile aussi s'en rend compte.

 

En eux j'entends, respire et vois

La chère absente, et je regrette

Ses yeux, son haleine et sa voix

Qui sont astres, lys et fauvette.
 

 

 

XIX° siècle


Germain Nouveau (1851-1920) poète

Recueil : La doctrine de l'amour (1881).


Cantique à la Reine


......

Douce Vierge Marie, humble mère de Dieu

Que tout le ciel contemple,

Vous qui fûtes un lys debout dans l'encens bleu

Sur les marches du temple ;

......


 

 

XIX° siècle

 

Arthur Rimbaud (1854 - 1891)- poète

Poésies

 


Ce qu'on dit au poète à propos des fleurs

 

Ainsi, toujours, vers l'azur noir

Où tremble la mer des topazes,

Fonctionneront dans ton soir

Les Lys, ces clystères d'extases !

 

À notre époque de sagous,

Quand les Plantes sont travailleuses,

Le Lys boira les bleus dégoûts

Dans tes Proses religieuses !

 

- Le lys de monsieur de Kerdrel,

Le Sonnet de mil huit cent trente,

Le Lys qu'on donne au Ménestrel

Avec l'oeillet et l'amarante !

 

Des lys ! Des lys ! On n'en voit pas !

Et dans ton Vers, tel que les manches

Des Pécheresses aux doux pas,

Toujours frissonnent ces fleurs blanches !

.......

Harry George Theaker (1873-1954),

 

 

XIX° - XX° siècle

 

Renée Vivien (1877-1909) surnommée "Sapho 1900", est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque. 


Recueil : "La Vénus des aveugles"

 

La Madone aux Lys


J’ai bu, tel un poison, vos souffles éplorés,

Vos sanglots de parfums, lys fauves, lys tigrés !

 

Dédiez au matin votre rose sourire,

Lys du Japon, éclos aux pays de porphyre.

 

Ténèbres, répandez vos torpeurs d’opiums,

Vos sommeils de tombeaux sur les chastes arums.

 

Lys purs qui fleurissez les mystiques images,

Sanctifiez les pelouses et feuillages.

 

Lys de Jérusalem, lys noirs où la nuit dort,

Exhalez froidement vos souvenirs de mort.

 

Vastes lys des autels où l’orgue tonne et prie,

Brûlez dans la clarté des cierges de Marie.

 

Sollicitez l’avril, ses pipeaux et ses voix,

O muguets, lys de la vallée et des grands bois.

 

O lys d’eau, nymphéas des amantes maudites,

Anémones, lys roux des champs israélites,

 

Soyez la floraison des douleurs de jadis

Pour la vierge aux yeux faux que j’appelai mon Lys.

Alfons Mucha (1860-1939) La Madone aux Lys
 

 

XIX° siècle

 

John Frederick Lewis (1805 -1876) peintre orientaliste anglais.


- Dans les jardins du Bey - 1865
Collection Musée Harris  

 

- Lilium Auratum


 

 

XIX° siècle

 

André Lemoyne (1822-1907) poète

Recueil : Chansons des nids et des berceaux (1896).

À Madame Fernand Barthe.

 

Nocturne

 


LA CÉTOINE-EMERAUDE.

 

Quand la lune apparaît, silencieuse amie,

Dans le cœur embaumé d'une rose endormie

Je me blottis sans crainte et jusqu'au lendemain.

 

 

LE CRIOCÈRE.

 

Moi, c'est dans un grand lys à corolle d'ivoire

Que, le soir, je commence à perdre la mémoire

En repliant mes deux élytres de carmin.

Et toi, la coccinelle, où se trouve ton gîte ?

 

 

LA COCCINELLE.

 

Je tiens si peu de place !... une feuille m'abrite.

Sous ma chape à sept points, je m'endors n'importe où.

 

 

LE POÈTE.

 

Petits joyaux d'amour, que le ciel vous préserve

D'un sournois emplumé, vieil oiseau de Minerve,

Qui voit clair dans la nuit en sortant de son trou.

 

 


XIX° siècle

 

André Lemoyne (1822-1907) poète 

Recueil : Chansons des nids et des berceaux (1896).

À madame Ernest Courbet.

 

Propos aériens

 


LE PAPILLON.

 

Où t'endors-tu, le soir, pauvre petite abeille,

Butineuse des fleurs, qui t'en vas picorant

Dès la pointe du jour, quand l'aube se réveille,

Jusqu'au dernier rayon du soleil expirant ?

 

 

L'ABEILLE.

 

Sans trop hâter mon vol, c'est à moins d'un quart d'heure

Dans le creux d'un vieux chêne, à ma ruche des bois,

Juste au pied du grand arbre où, tous les ans, demeure

Un couple de ramiers dans son nid d'autrefois.

 

 

LE PAPILLON.

 

Pour tes gâteaux de miel rapidement tu voles...

Je te vois disparaître au bord des grands lys blancs,

Roulée à corps perdu dans le fond des corolles

Qui doivent t'enivrer de leurs parfums troublants ;

 

Mais j'admire toujours l'active travailleuse,

Dont le travail est pur, dont le travail est saint,

Faite pour accomplir sa tâche merveilleuse,

Dont s'honore à bon droit la reine de l'essaim.

 

 

L'ABEILLE.

 

Toi qui pars en zigzag comme un éclat de foudre,

Pourquoi donc ce caprice ?

 

 

LE PAPILLON.

 

Afin que dans son vol

Un bec d'oiseau jaseur ne puisse nous découdre.

Je ris d'un martinet passant au ras du sol.

Que faites- vous l'hiver ?

 

 

L'ABEILLE.

 

En grappes léthargiques,

Sans oreilles, sans yeux, sans entendre, sans voir,

Longuement nous rêvons de belles fleurs magiques

Dans la ruche bien close où dès lors tout est noir.

 

 

LE PAPILLON.

 

Nous, dans la saison froide et sombre de l'année,

Nous n'aimons pas à voir nos grands lys se flétrir ;

Notre vie est bien courte, hélas ! mais fortunée.

Quand sont mortes les fleurs, nous préférons mourir.


 

 

XIX° siècle

 

Anatole France (1844-1924) écrivain français, considéré comme l’un des plus grands de l'époque de la Troisième République, dont il a également été un des plus importants critiques littéraires.
 

Le Lys rouge
Calmann-Lévy, 1894 (p. 1-411).


................Sur la couverture de toile paille brillait ce titre en or : Yseult la Blonde, par Vivian Bell. C’était un recueil de vers français composés par une Anglaise et imprimés à Londres. Elle l’ouvrit et lut au hasard :

 

Quand la cloche, faisant comme qui chante et prie,
Dit dans le ciel ému : « Je vous salue, Marie, »
La vierge, en visitant les pommiers du verger,
Frissonne d’avoir vu venir le messager
Qui lui présente un lys rouge et tel qu’on désire
Mourir de son parfum sitôt qu’on le respire.

 

La vierge au jardin clos, dans la douceur du soir,
Sent l’âme lui monter aux lèvres, et croit voir
Couler sa vie ainsi qu’un ruisseau qui s’épanche
En limpide filet de sa poitrine blanche.

 

Elle lisait, indifférente, distraite, attendant ses visites et songeant moins à la poésie qu’à la poétesse,........................

 

 

XIX° siècle

 

Charles Cros (1842-1888) poète

Recueil : Le collier de griffes (posthume, 1908).

 

Rêve

 

Oh ! la fleur de lys !

La noble fleur blanche,

La fleur qui se penche

Sur nos fronts pâlis !

 

Son parfum suave

Plus doux que le miel

Raconte le ciel,

Console l'esclave.

 

Son luxe éclatant

Dans la saison douce

Pousse, pousse, pousse.

Qui nous orne autant ?

 

La rose est coquette ;

Le glaïeul sanglant

Mais le lys est blanc

Pour la grande fête.

 

Oh ! le temps des rois,

Des grands capitaines,

Des phrases hautaines

Aux étrangers froids !

 

Le printemps s'apprête ;

Les lys vont fleurir.

Oh ! ne pas mourir

Avant cette fête.


 

 

XIX° siècle

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète

Recueil : Les Cariatides (1842)

 

La nuit de printemps.

 

.....

Sur son trône, le bon Dieu,

Devant qui le lys foisonne,

Comme un seigneur de haut lieu

Que sa grandeur emprisonne,

.....
 

 

 

XIX° siècle

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète

Recueil : Les Cariatides (1842).

 

Nostalgie.


......

Près des saules courbés poursuivre Amaryllis

Au jeune sein d'albâtre,

Voir les nymphes emplir leurs corbeilles de lys

Pour Alexis le pâtre ;

......

 

 

 

XIX° siècle

 

Théodore de Banville (1823-1891)

Recueil : Les Cariatides (1842).

À Madame Élisabeth-Zélie de Banville.

 

À ma Mère.

 

Ô ma mère, ce sont nos mères

Dont les sourires triomphants

Bercent nos premières chimères

Dans nos premiers berceaux d'enfants.

 

Donc reçois, comme une promesse,

Ce livre où coulent de mes vers

Tous les espoirs de ma jeunesse,

Comme l'eau des lys entr'ouverts !

 

Reçois ce livre, qui peut-être

Sera muet pour l'avenir,

Mais où tu verras apparaître

Le vague et lointain souvenir

 

De mon enfance dépensée

Dans un rêve triste ou moqueur,

Fou, car il contient ma pensée,

Chaste, car il contient mon cœur.

Dora Hitz (1856-1924), L'Enfant du Soleil.
 

XIX° siècle

 

Théodore  de Banville (1823 -1891) poète, dramaturge et critique

Recueil : "Sonnailles et Clochettes"

7 juillet 1888.
 

Le Lys

 

Étouffons le chagrin cuisant

Et les peines qui nous meurtrissent:

Portons haut nos coeurs, à présent

Que les orgueilleux lys fleurissent!

 

Coupe sereine, ô chaste lys

Où le regard du soleil entre!

Corps délicieux de Cypris!

Blancheur superbe de son ventre!

 

Le beau lys, pour son coup d’essai,

Efface le cygne et l’ivoire;

Il est mieux vêtu que d’Orsay

Et que Salomon dans sa gloire.

 

Il règne, avec ses pistils d’or

Dans sa magnifique structure:

Pourtant, il ne s’est pas encor

Occupé d’une filature.

 

Splendide en son riche attirail,

Tu le sais, rayon qui le baises,

Il n’exécute aucun travail,

Pas même celui des trapèzes.

 

Noble épouvantail des méchants

Dont l’âme est toujours mercantile,

Le lys que ravissent les chants,

Ignore la prose inutile.

 

Pareil au marbre que Scyllis

Taillait d’un ciseau grandiose,

Il se contente d’être lys

Et ne sait pas faire autre chose.

Paul de La Boulaye (1849-1926)

 

XX° siècle

 

Harry George Theaker (1873-1954),

- la chanson d'amour

 

 

 

XX° siècle


Etienne Azambre (1859-1933) peintre français, 
"Le peintre des Anges"

Vierge au lys

 


Vierge et l'enfant aux lys


 

 

XX° siècle


Mary Bell Eastlake (1864-1951) peintre canadienne particulièrement connue pour ses portraits d'enfants, 


Bonheur 1892


 

 

 

XX° siècle

 

Art nouveau


Anna Elizabeth Klumpke (1856-1942) artiste peintre américaine.

Un jeune lys (1909), 
musée des beaux-arts de San Francisco.

 

 

 

XX° siècle


Art nouveau

Elisabeth Sonrel (1874-1953)- Artiste Peintre Française

Vierge au lys

 

 

 

XX° siècle


Art nouveau

Gottlieb Theodor von Kempf-Hartenkampf (1871 -1964) - peintre 

Les lys 

 

 

XX° siècle


Art nouveau

Marie Spartali Stillman.  (1844-1927) 
Les lys

 

 

XX° siècle

 

Art nouveau

Marie Spartali Stillman.  (1844-1927) 
Béatrice - roses et lys - 1898

 

 

XX° siècle

 

Art nouveau

Walter Krane -

Les lys

 


 

 

XX° siècle


Paul-Jean Toulet (1867 -1920) écrivain et poète français, célèbre pour ses Contrerimes, une forme poétique qu'il a créée.

 

Monsieur du Paur, homme public est son premier roman
Il est paru en 1898 chez H. Simonis Empis. Une version corrigée et augmentée parut en 1920 chez Émile-Paul.


....."C'est si agréable de comparer les femmes aux fleurs. Une d'elles qui se dévêt au crépuscule, sous les yeux de son ami, tandis qu'à travers les volets tinte l'Angélus d'un soir de province ; elle se hâte, et, de cogner aux meubles ses genoux, parfois s'écrie ; elle effeuille son linge de-ci de-là ; elle jonche le parquet de pétales. On dirait un lys dispersé"......
 

 

XX° siècle

 

René-Guy Cadou (1920-1951) - poète, 

L’intégrale de la poésie de René-Guy Cadou a été publiée par Seghers en 1978 sous le titre Poésie la vie entière,

Hélène ou le Règne végétal, Paris, Seghers, 1952
L’odeur des lys, la liberté des feuilles, le temps mesuré

 

L’odeur des lys

 

Pourquoi n’allez-vous pas à Paris ?

 

— Pourquoi n’allez-vous pas à Paris ?

— Mais l’odeur des lys ! Mais l’odeur des lys !

 

— Les rives de la Seine ont aussi leurs fleuristes

— Mais pas assez tristes oh ! pas assez tristes !

 

Je suis malade du vert des feuilles et des chevaux

Des servantes bousculées dans les remises du château

 

— Mais les rues de Paris ont aussi leurs servantes

— Que le diable tente ! que le diable tente !

 

Mais moi seul dans la grande nuit mouillée

L’odeur des lys et la campagne agenouillée

 

Cette amère montée du sol qui m’environne

Le désespoir et le bonheur de ne plaire à personne

 

— Tu périras d’oubli et dévoré d’orgueil

 — Oui mais l’odeur des lys la liberté des feuilles !


 

 

 

XX° siècle


Lucie Félix-Faure - femme de lettres française (1866-1913)

 

Les lis

 

En souvenir des champs où l’on bâtit Florence,

Champs parfumés de lis au souffle du printemps,

En souvenir du mai joyeux et des huit ans

De Béatrice aux yeux de céleste espérance.

 

En souvenir du lis de l’antique blason

Que, dans Florence, la discorde a fait vermeil,

Dante, j’incline enfin sur le profond sommeil

De ton poème ardent ces fleurs de la saison.

 

A l’ombre des grands lis dormira ton poème :

Des lis à pleines mains ! Ces mots par toi redits,

Hommage aux habitans du lointain Paradis,

Evoquent la Toscane et les accens que j’aime.

 

J’imprime à ces feuillets un long frémissement,

Egrenant tes beaux vers qu’au passage on peut lire,

Ici, là, dénoués en arpège de lyre ;

Et le silence est plein de leur enchantement.


 

 

 

XX° siècle

 

Nérée Beauchemin (1850-1931) poète


Les lys

 

La terre, qui les fait survivre, s’est fleurie

De ces grands lys de neige, au cœur tout rutilant,

Dont la fleur fait songer à la fleur d’armoirie,

Qui fleurdelisait d’or l’azur du drapeau blanc.

 

Les tiges en poussant semblent s’être tendues,

Comme en un même jet de sève et de fierté,

Et, vers le ciel, vers Dieu, montent à fleurs perdues,

Et nulle floraison n’égale leur beauté.

 

On les verra toujours monter en telle gloire,

Comme pour protester et redire à jamais,

Aux siècles du soleil, aux siècles de l’histoire,

Que le sol qui les porte est encore français.


 

 

XX° siècle

L'écrivain britannique John Beverley Nichols (1898-1983) poète, journaliste, 


était absolument enthousiasmé par le lys royal. Il était tellement fasciné par cette fleur qu'il acheta la maison de campagne délabrée devant laquelle elles poussaient.


Il dit :  
"Leur beauté est tout simplement enivrante. Dès l'instant où je les ai vues, j'ai signé en pensée le contrat pour acheter la maison. La taille du bâtiment, les frais de réparation, sans parler des frais d'entretien - tous ces détails ennuyeux me semblèrent sans importance. Il fallait que je possède ces lys."


 

 

XX° siècle

 

Ernest Henry Wilson dit "le Chinois" (1876-1930), généralement connu sous le simple nom de E. H. Wilson, est un botaniste britannique qui introduisit un très grand nombre d’espèces de plantes d’Asie en Occident.

 

Il a découvert le lys à l'état sauvage dans une région montagneuse inaccessible de la Chine occidentale. Revenu sur le site durant l'été 1910, il y fit déterrer plus de 6 000 bulbes par les membres de son expédition. 


Victime d'un éboulement et gravement blessé, il resta allongé au bord du ravin avec sa jambe écrasée, avant d'être secouru lui-même, il fit d'abord transporter en lieu sûr sa collecte botanique.


 

 

 

XX° siècle

 

La France fut faite à coups d'épée. La fleur de lys, symbole d'unité nationale, n'est que l'image d'un javelot à trois lances.
Charles de Gaulle (1890-1970), La France et son armée (1938)


 

 

XX° siècle


Émile Nelligan (1879-1941) poète québécois influencé par le mouvement symboliste ainsi que par les grands romantiques. 


Le jardin d'antan - 

....."Rien n'est plus doux aussi que de s'en revenir - Comme après de longs ans d'absence, - Que de s'en revenir - Par le chemin du souvenir - Fleuri de lys d'innocence - Au jardin de l'Enfance".......

 


 

La symbolique du lys 

 

Le lys avec sa force, sa beauté, son élégance , symbolise la royauté, la renaissance et la pureté. 

 

- la royauté et une allure majestueuse

- la maternité et la fertilité

- la pureté et la beauté de la jeunesse

- la passion et le dynamisme

- le renouveau et la renaissance


 

 

Le lys dans le langage des fleurs


Blanc : innocence et amour pur, noblesse des sentiments.

 


Rouge : passion

 
 

Rose : affection et tendresse

 


Jaune : amitié et enthousiasme 


 

Orange : désir. 


 

 

Le lys permet d’ajouter beaucoup d’élégance à chaque message qu’il transmet. Il est idéal pour faire plaisir, et prend naturellement place dans les compositions florales de cérémonie. 

Sandra Kuck  - La lettre

 

Le lys est réputé depuis toujours comme un excellent antiseptique, insecticide ou encore anti-rides. Ces propriétés sont dues à la présence d’acide borique dans les pétales et le bulbe.


Le lys a donné naissance à plusieurs prénoms : Liliane, Lilian, Lili… Leur fête a lieu le 27 juillet.

 


Le pollen présent sur les étamines du lys est très salissant, et particulièrement  sur les vêtements d’où il est difficile de le faire partir… Il faut donc retirer les étamines.


Il ne faut surtout pas mettre de l'eau sur les taches, mais tapoter avec un papier collant ou du scotch.

  Michael Garmarsh
 

Henri Fantin-Latour - lys 1866

Henri Fantin-Latour - lys 1866

John Singer Sargent

John Singer Sargent

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