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18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 19:15

 

 

Mythologie des arbres

 

Le sapin

 

Le Sapin genre  "Abies" est un conifère à feuillage persistant, famille des Pinacées, et de la sous-famille des Abietoideae.  (Cèdre, Épicéa, Mélèze, Pin, Tsuga), genre Abies, qui comprend environ 50 espèces de sapins. 

 


Les Cèdres et les Tsugas sont parmi leurs plus proches parents.

La classification des espèces à l'intérieur du genre est classiquement basée sur la morphologie des cônes femelles. 


À l’état naturel, c’est un grand arbre monoïque au port élancé et conique. 
Résistant bien aux maladies, le sapin ne demande que très peu d’entretien une fois planté. Son feuillage persistant, de coloration variable selon les espèces, en fait un élément important de décoration en toutes saisons.

 

Je voudrais, comme le sapin,

Me voiler d'un feuillage austère,

Et, cherchant en haut mon chemin,

Laisser mon ombre seule à terre

Sous le sapin.


Henri Durand (1818-1842) Poète 
Recueil : Poésies complètes (1858) - Sous le sapin.


 

 

 

Le sapin est originaire des régions tempérées de l'hémisphère nord. Il est reconnaissable au mode de fixation des aiguilles sur la tige, ainsi qu'à ses cônes grands et dressés, de forme conique et solitaires, axillaires aux rameaux et répartis sur la partie haute du sommet. Ils apparaissent sur les rameaux âgés d’un an et arrivent à maturité en une saison. Ils ont tendance à s’aplatir sur les arbres les plus vieux.

 
 

 

Son tronc unique bien cylindrique est rectiligne. Ses branches régulièrement insérées en verticilles sont étagées du pied au sommet.


 

Le sapin porte deux sortes de fleurs, les mâles petites et jaunes regroupées vers la base des jeunes rameaux et les femelles, moins nombreuses, d’abord vertes (ou selon les variétés pourpres ou violettes) puis marron regroupées en forme de cônes (ou de cylindres) dressés à l’extrémité de rameaux courts, d’une dizaine de centimètres (et jusqu’à 30 cm) qui libéreront les graines à maturité.


Les graines triangulaires sont ailées avec un sac de résine à la jonction entre l’aile et la graine, ce qui favorise leurs dispersions par le vent lorsque le cône se désagrège sur l’arbre, notamment à maturité dû à l’assèchement, seul l’axe principal appelé rachis reste en place sur le rameau formant une pointe. Les écailles peuvent être réniformes ou cunéiformes avec une base pédicellée et portent une bractée saillante et lobée. Les graines sont protégées par une membrane.


 

L’écorce est fine et douce chez les jeunes individus et va en vieillissant créer des sillons et s’effriter en écailles. Elle peut éventuellement créer une protection contre le feu. 


Outre leurs tailles diverses, les sapins se distinguent par la couleur de leur feuillage, la forme et la couleur de leurs cônes et enfin leur port qui peut être pyramidal, conique et étalé ou en boule pour les variétés naines.

 

C’est un arbre mellifère car les pucerons produisent sur ses aiguilles un miellat dont les abeilles sont friandes.


 

Une forêt où le sapin domine est une sapinière. 

Le sapin commun originaire des montagnes d’Europe est souvent planté pour son bois ou comme arbre d’ornement. Il est répandu entre 400 et 1 900 m d’altitude environ dans des sols frais et humides sur les versants nord et ouest dans l’étage montagnard.


Le sapin a une croissance lente les 10 premières années qui s’accélère ensuite. Il vit longtemps (2 à 3 siècles) et certaines variétés dépassent les 30 m de haut. Mais il existe aussi des cultivars nains ne dépassant pas 0,80 m de hauteur. Il a depuis toujours été employé par l’homme.


Outre son emploi décoratif au jardin, isolé ou planté en haies majestueuses, le sapin, rustique et résistant, est utilisé comme espèce de reboisement. Son bois blanc est employé en menuiserie et en construction. Il sert également à la production de pâte à papier.

 

 

Étymologie 

 


Le mot "sapin" remonte plus précisément au bas-latin sappīnus (Varron r. r. I 6, 4; Pline 16, 61),  dérivé  de sapa "sève" et du latin "pīnus".


Le mot sapa est d'origine indo-européenne et signifie "dégouliner".  Pinus "Pectiné" précise que ses aiguilles sont disposées en peigne de part et d'autre des rameaux.

Sapin :

En gallois : sybwydd

 

Sapin blanc". 

En celtique insulaire : sibnit 

 

Certains noms de personnes de l'antiquité :

Sapalo, Sapauidus, Sapaudus, Sappolus, etc. 


En toponymie :

la Savoie, dont le nom procède de Sapaudia. 

 

"Sapin" désignait jadis aussi le matériau, le bois, avant de prendre le sens du genre latin abies, mot continué d'ailleurs par l'occitan avet, abet et l'italien abete.

Un sapay ou une sapaie est l'ancien terme pour nommer à la fois une sapinière, terme attesté pour la première fois en 1632, 

Une sapinière est donc une forêt où le sapin domine.

 

 

 

Espèces natives  ou introduites en Europe

 


Abies alba (Mill., 1759) et Abies pectinata (Mill., 1759)

Sapin blanc , sapin commun, sapin pectiné, sapin des Vosges 

 

est un conifère de la famille des Pinacées. Il est localement appelé Sapin de Normandie ou Sapin de l'Aigle, Sapin de croix, Sapin des Vosges, Sapin noir, Sapin à feuilles d’if, ainsi que Vuargne, Ouargne ou Warne, Sap, Avet ou Aveth, Ghjàllicu, et plus rarement Sapin argenté.

 

C'est une essence importante pour la foresterie en Europe.

 

Le sapin pectiné est l'arbre européen le plus haut, il peut en effet atteindre 60 à 80 mètres de hauteur.

 

Il vit jusqu'à 500 ans et le diamètre de son tronc atteint 2 mètres. La cime est d’abord conique, pointue puis ovoïde, et enfin tabulaire (étalée). Le tronc est droit, les branches horizontales.

 

Il est présent dans les milieux froids et humides, il supporte le froid jusqu'à -23°, à des altitudes comprises entre 400 et 1500 m d'altitude. 

 

L'écorce est lisse gris argenté, d'où son nom de sapin blanc. Au fil des ans, le tronc se crevasse et devient noir d'où son autre nom de sapin noir.

 

Les feuilles sont des aiguilles persistantes (elles ne tombent pas en hiver), non piquantes de longueur variable, disposées sur 2 rangs. 

 

La floraison a lieu de mai à juin. Les cônes sont dressés sur les rameaux de la cime et sur les branches. 

 

Le Sapin commun est souvent associé aux hêtres dans les étages montagnards inférieurs et moyen et à l'épicéa dans l'étage montagnard supérieur.

 

Celui-ci est cultivé pour ses qualités en menuiserie et en ébénisterie (meubles, lambris, parquets...).

 

 

Abies amabilis 

Sapin gracieux 

 

D'autres noms communs peuvent le désigner, tels que sapin amabilis, sapin argenté, sapin rouge ou sapin des Cascades.


Le sapin gracieux est un conifère de la famille des Pinacées, originaire de la côte ouest de l'Amérique du Nord, qui atteint une grande taille, entre 24 et 46 métres, et vit plusieurs centaines d'années. Le spécimen le plus vieux, connu à ce jour, a l'âge vénérable  de 725 ans.


Originaire de la côte ouest de l'Amérique du nord, cette espèce est très peu plantée en France.

 

Le plus grand Abies amabilis actuel connu mesure près de 72 m et se situe dans la forêt nationale Olympique, État de Washington, mais certains auteurs pensent que cette espèce peut atteindre 75 m de hauteur. Le port est pyramidal chez les jeunes individus, la cime devient tabulaire avec l'âge.

 

C'est une espèce qui grandit lentement et en fait donc un sujet idéal pour la culture bonsaï.

 

Le sapin gracieux est facile de culture mais il est exigeant en eau.

 


 


Abies balsamea - Abies Canasensis

var. phanerolepis Fernald (1909) - identique 

Sapin baumier - sapin du Canada


Le sapin baumier est une espèce de sapins de la famille des Pinaceae, originaire d'Amérique du Nord, a été introduite sur d’autres continents. Il atteint 15 à 20 mètres de hauteur et le tronc plus de 60 centimètres de diamètre, de forme globalement pyramidale, à feuillage persistant,  d'une durée de vie de 70 à 150 ans.


C'est dans le nord des Etats-Unis mais principalement au Canada qu'on le rencontre.


Le Sapin baumier est une espèce monoïque qui fleurit en mai-juin.


Les cônes de 5 à 10 centimètres se dressent verticalement sur les rameaux. Ils mûrissent en automne et perdent leurs écailles, seul le rachis persiste jusqu'à l'été suivant.


Il y joue un rôle écologique important : comme brise-vent il crée des microclimats favorables à la faune, tout comme ses graines alimentent les oiseaux et son feuillage les élans.


Ses aiguilles vertes sont odorantes, plates, avec deux raies blanches en dessous, et non piquantes, son écorce  grise et lisse sur les sujets jeunes, présente des vésicules contenant de la résine que l'on récolte pour fabriquer le "baume du Canada".


Les aiguilles sont parfois infusées pour en faire une tisane.


Ce conifère a besoin d'un bon ensoleillement pour prospérer ; 
C'est dans la province canadienne du Québec que le sapin baumier atteint sa latitude la plus septentrionale. 


Le bois est utilisé pour la fabrication de papier et de bois de charpente. Les sapins baumiers servent aussi d'arbres de Noël, les aiguilles tiennent mieux que celles des épicéas.


 



Abies cephalonica -

Sapin de Céphalonie ou sapin de Grèce 

 

 

Le Sapin de Céphalonie est un conifère qui appartient à la famille des Pinacées. Originaire de Grèce, ce sapin à croissance lente pourra atteindre une hauteur allant jusqu'à 30 mètres, dans son aire d'origine.

 

C'est un sapin monoïque à port pyramidal à longues branches horizontales, Son écorce d’abord lisse et brun-orangé puis grise à fissures noires, Les aiguilles sont droites, vert brillant, pointues, disposées en spirale ou en brosse relevée sur le rameau, 2 bandes blanches sur la face inférieure des aiguilles. Les bourgeons sont pointus, violacés, non résineux.

 

Les cônes mâles ovoïdes, de 1 à 2 cm, sont rougeâtres puis jaune. Les cônes femelles de 10 à 15 cm de long, résineux sont brun rougeâtre à maturité.

 

Sa  pollinisation est anémogame.

 

Il s'agit de l'un des sapins les plus résistants à la sécheresse, il tolère des températures jusqu’à 41°C . Cependant, il craint les gelées tardives, et les grands froids hivernaux.

 

Cette espèce est endémique de Grèce où elle a une très large répartition. On la trouve dans les régions d'Épire, de Macédoine-Centrale (Mont Olympe et Mont Athos), du Péloponnèse, Sterea Ellas, sur les îles Ioniennes (Céphalonie). Elle pousse entre 400 et 1800 m d'altitude, on la trouve très rarement au-dessus de 2 000 m.

 

Son Âge d’exploitabilité entre 110 et 150 ans. Il est utilisé en construction (charpente, toiture), menuiserie et ébénisterie, caisserie, bois de chauffage, sapin de Noël.

 
 


Abies concolor

Sapin du Colorado


est un arbre de la famille des Pinacées qui pousse entre 1000 et 3000 mètres d'altitude, notamment dans les Montagnes Rocheuses (Arizona jusqu'à l'Utah en passant par le plateau du Colorado), d'où il est originaire.

L'abis concolor a été introduit en Europe en 1872. Ce sapin en forme de cône, à aiguilles non parfumées de couleur vert-gris, arrangées régulièrement autour des pousses. Ses cônes cylindriques, fortement résinifères, sont verts, jaunes, ou violet pâle, brun en mûrissant.


Il atteint une taille comprise entre 30 et 40 mètres. Son branchage est bien fourni jusqu'à environ 40 ans et ensuite il se rarifie. 


Il apprécie les endroits abrités et moyennement ensoleillés. Rustique il peut résister jusqu'à  -15°.


On le cultive surtout dans les parcs à titre ornemental mais il est également planté pour son bois dans les régions sèches.


 


Abies fraseri

Sapin de Fraser


est une espèce de conifères de la famille des Pinacées.


Il s'agit d'un arbre sempervirent, un conifère pouvant atteindre de 9 à 25 m de hauteur, avec un diamètre moyen au niveau du tronc de 30 cm. Il présente un houppier étroit et des racines peu profondes.


Ce sapin est originaire des Appalaches, au sud-est des États-Unis. Il pousse dans des zones, élevées en altitude, du centre et du sud des Appalaches. On le trouve en Virginie, dans le Tennessee et en Caroline du Nord.

 
Il peut atteindre près de 9 à 15 m de hauteur et 6 à 7,5 m de largeur. Sa croissance est lente. Sa forme est pyramidale et ses branches sont horizontales. Ses aiguilles droites, sont de couleur  Vert, Gris, argent. L’écorce lisse, mince, gris-brun avec des ampoules de résine. La couronne est conique, avec des branches droites horizontales ou avec un angle de 40 ° vers le haut du tronc, elle est dense lorsque l’arbre est jeune.

 

Il s'agit d'une espèce relictuelle de la dernière période glaciaire, qui ne pousse plus que sur 7 à 10 crêtes montagneuses situées au-dessus de 1500 m d'altitude.

 

Le sapin de Fraser a un rôle dans la rétention des sols peu profonds qui couvrent les pentes escarpées et humides sur lesquelles il pousse. Il est souvent utilisé comme plante ornementale dans les grands parcs.

 


Cette espèce a été décrite scientifiquement pour la première fois en 1813 sous le nom Pinus fraseri par le botaniste germano-américain Frederick Traugott Pursh dans le 2e volume de son ouvrage Flora Americae Septentrionalis. Le botaniste et explorateur français Jean-Louis Marie Poiret a placé cette espèce dans le genre Abies dès 1810, dans le supplément tome 5 de l'Encyclopédie méthodique (Botanique) commencé par Jean-Baptiste de Lamarck.

Son nom d’espèce est un hommage au botaniste britannique John Fraser.
Il peut être cultivé et utilisé pour son bois ; il est également apprécié comme sapin de Noël, en raison de son puissant parfum citronné, de sa forme, de ces branches robustes capables de supporter de lourdes décorations, et sa capacité à conserver ses aiguilles longtemps après la coupe. Les aiguilles froissées dégagent une forte odeur de résine.


 


Abies grandis - sapin géant

Sapin de Vancouver - Sapin de l’Orégon


Le Sapin de Vancouver ou Sapin géant est une espèce de la famille des Pinaceae. C'est un sapin originaire d'Amérique du Nord (Oregon, Washington et Colombie-Britannique). Celui-ci a été introduit en Europe en 1831,  où il est l'une des essences forestières exotiques les plus importantes, surtout à proximité de l'Atlantique.


Cet arbre peut atteindre 50 à 55 m en France, et jusqu'à 80 m sur son territoire origine. Sa longévité peut atteindre 200 à 300 ans. 


Son écorce est lisse, brillante, elle est vert olive avec de nombreuses vésicules de résine, puis devient craquelée en plaques carrées avec l'âge.


Ses aiguilles longues, droites, non piquantes, vert foncé, brillantes, alternant deux longueurs différentes et possédant deux raies blanches et disposées en peigne sur les rameaux. Elles dégagent un parfum d'agrumes quand on les frotte. Le bourgeon est gris violacé et résineux. Ses cônes sont dressés.


Cette essence a besoin d’une humidité atmosphérique élevée. On le trouve souvent près des rivières. Il craint la sécheresse estivale. Il résiste moyennement bien au vent, et relativement bien aux froids hivernaux. On le trouve jusqu'à 1600-1800 mètres d'altitude.


La grande force du Sapin de Vancouver est sa croissance rapide. 


C'est un excellent bois blanc pour l’industrie.  Il y a une production importante en France pour la menuiserie, la charpente, l'emballage, le coffrage ou la papeterie. Il est facile à travailler.


 

Abies homolepis

Sapin du Japon - sapin de Nikko 


Est une espèce de la famille des Pinaceae. Il est originaire des zones caractérisées par de fortes précipitations estivales; sur les versants humides et ombragés des montagnes du japon.

 

C'est un grand sapin à couronne pyramidale régulière conservant sa forme même en prenant de l'âge, branchu jusqu'à la base si l'espace est suffisant. Il a une croissance modérée. Il atteint entre 20 et 30 mètres, et  6 à 10m de largeur.

 

Rustique, il résiste bien aux gelées et croît sur des terrains bien arrosés et drainés, jusqu'à plus de 2000m. Il est sensible à la forte chaleur et aux atmosphères sèches . C'est le "sapin des atmosphères urbaines" (Schütt, Lang, Schuck).


Il est élancé avec un houppier dense et régulier dans sa jeunesse, où il forme alors un cône parfait.  Les jeunes rameaux sont profondément ridés, brun jaune clair; la vieille écorce est grise et écailleuse.


Ses aiguilles sont rigides, nettement dressées vers le haut, serrées, de vert frais à revers blanc argenté. A maturité, il porte des cônes de grande taille, cylindriques, vert violacé puis bruns.


Sa valeur esthétique majestueuse en fait un des arbres nationaux du Japon. Il peut atteindre plus de 40m de haut et s'est exporté de façon heureuse dans les parcs et jardins aux mêmes latitudes.

Abies homolepis, montagnes Ohdaiga-hara, Honshu, Japon. Septembre 2013. Tom Christian.


 


Abies lasiocarpa

Sapin subalpin -sapin des Rocheuses 


est une espèce de sapin de la famille des Pinaceae. 

 

Il se compose des sapins subalpins ou sapins des Rocheuses. Ils sont originaires de l'Alaska, et des régions situées entre les états de Washington et de l'Oregon et les Rocheuses. s'étend sur l'ouest de l'Amérique du Nord. 


On le trouve à des altitudes comprises entre 300 et 900 m au nord et entre 2 400 et 3 650 m au sud de sa zone d'expansion. On le retrouve fréquemment au niveau de la limite des arbres.


Le sapin est d'une taille de 18 à 27 mètres mais peut atteindre parfois les 40 à 50 mètres avec un tronc de 1 mètre de diamètre. Leur rusticité leur permet de supporter les températures froides à - 46°C et chaude à 30° C.


L'écorce des jeunes sapins est lisse et grisâtre et devient rugueuse et fissurée sur les vieux arbres. Les aiguilles sont de couleur verte mais avec deux lignes de stomates bleues/blanches au-dessous.


Les cônes orientés vers le haut sont de couleur brun-noirâtre avec une pubescence jaune-brune. Le cône se décompose au début de l'automne pour libérer ses semences.


Dans les jardins, les sapins sont plus petits, mais plus larges. Ils pourront atteindre près de 4,5 à 6 m de largeur dans les régions du nord-ouest. Dans les jardins de Californie, ils poussent très lentement. Leurs aiguilles sont bleu-vert.


Variétés

Il existe trois sortes de sapins subalpins :

- Abies lasiocarpa var. lasiocarpa - Le sapin subalpin côtier dans les régions proches de l'océan Pacifique.

- Abies lasiocarpa var. arizonica (Merriam) Lemmon - Le sapin subalpin Corkbark en Arizona et au Nouveau-Mexique.

Le sapin subalpin des Rocheuses dans les Rocheuses est généralement reconnu comme une espèce à part, Abies bifolia.

Son bois est utilisé en construction et en papeterie. On l'utilise aussi pour en faire des sapins de Noël.

 

Abies lasiocarpa,cônes de graines. Russian Peak, Californie, septembre 2007. Jeff Bisbee.

 

 

 

Abies nordmanniana

Sapin de Nordmann - sapin du Caucase - sapin de Crimée, 


est un sapin de la famille des Pinacées. Cette espèce est originaire des régions tempérées d'Asie occidentale : région du Caucase, Arménie, ainsi qu'au sud et au nord de la mer Noire : Turquie, Crimée.


Il s'agit d'une espèce sciaphile.


Il a été introduit en Europe au milieu du XIX° siècle, par Alexander von Nordmann botaniste suédophone finlandais. 


Il croît dans des forêts de montagne à des altitudes comprises entre 1 000 et 2 000 mètres, sous un climat de type continental relativement humide. Il supporte les sols calcaires, ainsi que la sécheresse.


C'est un grand sapin, au tronc droit et aux branches basses très étalées, pouvant atteindre plus de 60 mètres de haut à l'état naturel. Le diamètre du tronc peut atteindre 2 mètres. 


En culture, il ne dépasse généralement pas les 30 mètres de haut. Sa croissance est très lente. Son écorce est gris brun et lisse. Elle se ride sur les arbres âgés.


C'est une espèce très proche du sapin pectiné (Abies alba), dont elle ne diffère que par quelques caractères secondaires :

- deux bandes claires de stomates sur leur face inférieure, sont un peu plus longues 


La forme arrondie des rameaux due à la disposition des aiguilles,


Les cônes cylindriques sont de couleur brun-rougeâtre, , mais sont plus arrondis. Comme ceux du sapin pectiné, ils sont érigés et se désintègrent à maturité sur l'arbre en libérant les graines ailées, celles-ci étant également un peu plus grosses.


Arbre d'ornement apprécié dans les parcs publics et les grands jardins pour son port plus décoratif que celui du sapin pectiné.


Cette espèce est très utilisée de nos jours en Europe pour la production de sapins de Noël. Le sapin de Nordmann, bien que moins odorant que l'éoicéa, garde longtemps ses aiguilles dans la chaleur des logements, et  sont moins piquantes. 


Son bois blanc, relativement noueux, est utilisé dans le domaine de la construction ainsi que pour la production de pâte à papier.


 



Abies x borisii-regis

Sapin de Bulgarie -sapin du roi Boris - sapin de Macédoine 


est une espèce de la famille des Pinacées. Il est surtout présent dans les montagnes des Balkans. Il est distribué en Albanie, au Nord Grèce, en Macédoine et  au sud de la Bulgarie, de 700 à 1800 m d'altitude.


Ce sapin rustique, atteint au maximum 40 m de hauteur et possède un tronc droit, d’une circonférence de 150 cm. Ses branches principales forment une couronne conique qui a tendance à s’aplatir lorsque l’individu prend de l’âge.

Les branches secondaires sont généralement plus souples et élancées, sauf pour les branches qui portent les cônes, ces dernières étant plus fermes et trapues. 


L’écorce des jeunes arbres est lisse et de couleur grisâtre, alors que celle des individus plus âgés devient rugueuse de couleur brunâtre. 


Les aiguilles sont quant à elles disposées en spirales et insérées sur les rameaux en deux rangées bien distinctes. Les bourgeons sont ovoïdes, bruns et sont persistants (ils restent pendant plusieurs années).


Les cônes femelles ovoïdes ou cylindriques coniques, dressés, et pédonculés vert pourpre pâle, à écailles et bractées saillantes, plus ou moins pendantes ; en groupe près du sommet de l'arbre.

 
Les cônes mâles sont latéraux et possèdent des petites écailles pourpres. Ils ont cependant une couleur plutôt jaune-verdâtre.


Les graines sont en forme de coin et possèdent de petites ailes.
Il est souvent utilisé comme sapin de Noël et son bois peut être employé pour la construction ou la fabrication de matériaux.


 


Abies pinsapo

Sapin d'Andalousie - sapin d’Espagne 


Le sapin d'Espagne est une espèce de la famille des Pinacées originaire d'Espagne. C'est un conifère résineux, originaire de moyennes à hautes montagnes d’Espagne et du Maroc. C’est un arbre qui atteint une taille importante, mais de croissance lente, ce qui explique qu’on le rencontre facilement dans les jardins.


Il a été introduit en France en 1839.


Ces aiguilles sont aplaties, mais plutôt moins aplaties que chez la plupart des sapins. Elles sont bleutées lignées de blanc sur les 2 faces, imbriquées les unes dans les autres le long des rameaux. 


Son écorce grise, lisse quand il est jeune, devient crevassées avec l’âge.
Il est de forme conique régulière durant sa jeunesse, mais devient cylindrique avec une cime tabulaire à maturité. 


Le sapin d’Espagne met généralement plus d’une vingtaine d’année avant de produire des cônes. Mais un individu greffé peut fleurir bien plus rapidement.


Il peut atteindre une trentaine de mètres dans ses montagnes, mais sera plus modeste en culture hors de son milieu naturel. Il peut former plusieurs flèches et porte des branches serrées. Les aiguilles courtes, rigides sont moins aplaties que chez la plupart des sapins, avec de fines bandes blanc bleuté sur les deux faces. Les rayons sont en écouvillon, les bourgeons très résineux. 


Les extrémités des branches du bas forment de minuscules cônes pourpres : les fleurs mâles qui produisent le pollen. Les cônes femelles sont grands, étroits, bien dressés et bruns à maturité et produits plutôt vers le faîte de l'arbre.


La fécondation est assurée par le vent.


Les organes reproducteurs sont de petits cônes apparaissant au printemps. Les cônes mâles ont une couleur pourprée et apparaissent au bout des branches basses.

 
La Chaleur et la sécheresse ne le dérangent pas, mais en revanche ce sapin est fragile à la pollution. Bien qu’il soit d’origines méridionales, Abies pinsapo supporte les gelées jusqu’à -25 C, mais à cette température, les cicatrices du gel peuvent marquer son écorce.


Le sapin d’Espagne se décline dans divers variétés horticoles souvent de plus petit développement et très décoratives, de la forme d’arbre pleureur, à la flèche étroite comme la variété fastigiée, ou encore des cultivars nains, qui apporte de belles formes compactes et géométriques.

 

Son bois distillé produit un goudron végétal.


 

Abies procera

Sapin noble -  sapin de l’Oregon 


est une espèce de sapin de la famille des Pinacées, originaire du nord-ouest de l'Amérique du Nord. C'est un grand sapin au feuillage persistant mesurant généralement de 40 à 70 m de hauteur et 2 m de diamètre, avec une couronne conique étroite. 


Originaire des montagnes de l’Oregon et de Washington, ce sapin bleu est très rustique, ce qui ne l’empêche pas de supporter aussi la sécheresse.


Le sapin bleu, très rustique, est originaire des montagnes de la chaîne des Cascades et des chaînes côtières du Pacifique entre l'extrême nord-ouest de la Californie et l'ouest de l'Oregon et de l'État de Washington, aux États-Unis. C'est un arbre d'altitude, poussant généralement de 300 à 1500 m d'altitude.


Avec sa forme conique, son écorce lisse gris argenté, avec des boules de résine, devenant rouge-brun, rugueuse et fissurée sur les vieux arbres.  


Ses branches bien étagées lorsqu’il est jeune, le sapin noble, comme on l’appelle également, se caractérise surtout par ses aiguilles persistantes gris-vert à bleu-gris vif, rayées très finement de gris au revers, sur 2 rangs, aplaties sur les rameaux et légèrement inclinées vers le bas. Elles sont disposées en spirale sur la tige, mais légèrement tordues pour être au-dessus de la tige. 


Les cônes sont dressés, avec les écailles pourpres presque complètement cachées par les longues bractées jaune-vert ; bruns à maturité, ils se désintégrent pour libérer leurs graines ailées à l'automne.


Le bois de l'arbre est utilisé en construction et en papeterie. On l'utilise aussi pour en faire des sapins de Noël.


Il fait partie des sapins vendus pour devenir des arbres de Noël dans nos intérieurs en décembre.


 


Abies sibirica

Sapin de Sibérie 

 

est une espèce de conifère à feuillage persistant, originaire de la Taïga, soit de la Mongolie, de la Chine, de l'Oural et surtout, de la Sibérie, dans certaines zones montagneuses de la Mongolie et le Heilongjiang au nord de la Chine.


C'est l'espèce de sapin la plus répandue en Russie. Il apprécie l'ombre et il est extrêmement résistant au froid à des températures atteignant -50 °C. dans ces régions. Il pousse essentiellement dans les régions montagneuses et boréales, entre 1900 et 2400 m d'altitude. 


Le sapin de Sibérie atteint 30 à 35 m de hauteur, avec un tronc cylindrique, des branches horizontales démarrant presque au sol et une couronne conique, ce qui lui donne une allure légèrement pyramidale. Le sapin de Sibérie est peu résineux. Il croît lentement au début et dépasse rarement deux cents ans d'âge, car il est exposé aux maladies fongiques. 


Son écorce glabre varie du vert de gris au brun-grisé avec des traces légères de résine typiques des sapins. 


Ses feuilles sont des aiguilles aromatiques, douces, aplaties, de couleur vert-clair sur la face supérieure et avec deux bandes blanches à grises sur la face inférieure.


Il fleurit au mois de mai avec des inflorescences jaunâtres, et ses fruits sont des cônes ou pignes de forme cylindrique, qui brunissent à l'automne avec la maturité. Ces cônes contiennent plusieurs graines en forme de lance.

 
L'huile essentielle que l'on extrait des aiguilles sont utilisées en aromathérapie reconnue pour ses propriétés : spasmolytique - anti–infectieuse des voies respiratoires - décontractante, anti-inflammatoire - apaisante, relaxante - légèrement sédative. 


Son arôme balsamique agrémente eaux de toilette, confiseries et tabacs. 


Son bois doux et léger est exploité pour la pâte à papier, le contreplaqué, la fabrication de mâts, de canots, etc., la fabrication de traverses et de meubles.


 

 

 

Les espèces :

 

Espèces et variétés de sapins :


Comprenant 50 espèces environ de grandes tailles, répandues dans l’hémisphère nord, le sapin compte également de très nombreux cultivars pour les espèces A. concolor, A. alba, A.procera, A. nordmannia, A. koréana... plus adaptés par leur taille réduite à la culture en jardin.

Outre leurs tailles diverses, les sapins se distinguent par la couleur de leur feuillage, la forme et la couleur de leurs cônes et enfin leur port qui peut être pyramidal, conique et étalé ou en boule pour les variétés naines.
 

 

- les Sapins méditerranéens

localisés en Algérie, en Sicile, en Turquie, en Espagne et en Grèce ne résistent pas au grand froid, mais s'adaptent en altitude. 

Abies numidica - Sapin de Numidie -  Sapin d'Algérie - Line


 

- les Sapins d'Asie, 

sont rarement plantés en France.

Abies koreana - sapin de Corée - Lestat (Jan Mehlich)


 


- les Sapins américains, 

dont le sapin de Vancouver et le sapin noble, sont les plus hauts (40-80 m).


 

- Le sapin de Douglas 

n'est pas du genre des sapins, mais des Pseudotsugas.

 

 

Picea abies (L.) H.Karst.

Epicéa - sapin rouge

 

Pesse, Pin pleureur, Sapin à poix, Sapinette

- Du latin pix : poix (poisseux),

- et abies pour sa ressemblance avec le sapin.

Traditionnel sapin de Noël, c'est l'Essence forestière principale, conifère le plus répandu en Europe, une des essence les plus utilisées pour le reboisement et l'exploitation.

Son Bois apte à toutes sortes d’emploi, résine utilisée pour la préparation de l’essence de térébenthine, écorce aux propriétés antiseptique, balsamique, expectorant, sédatif, antiphlogistique et antibiotique.

 

 

Les sapins de Noel


Le plus parfumé :

Picea excelsa ou Epicea

Reconnaissable à sa forme conique, il est doté d’aiguilles fines et dures de couleur vert foncé. Parfait pour recréer la magie de Noel grâce à son parfum puissant qui compensera sa perte d’aiguilles.  Installez le une dizaine de jours avant les fêtes seulement pour profiter de son odeur intense.

 

 

Le plus beau :

abies nobilis ou Sapin noble


Sa jolie couleur verte bleuté et son écorce gris argenté apportent une touche des plus esthétiques. Ses aiguilles sont douces et tiennent longtemps sur l’arbre, elles dégagent de surcroit une odeur de résine fort agréable.  Son port pyramidal et ses branches rigides seront idéales pour supporter de nombreuses décorations.

 

Les alternatives :

abies fraseri ou Sapin de Fraser, picea omorika ou Sapin de Serbie

Abies fraseri possède une forme conique et un parfum légèrement citronné. Ses branches robustes et fournies, ses aiguilles restant longtemps en place, il est tout à fait adapté à la période de Noel.

 

Picea Omorika

possède des reflets argentés qui le mettent en valeur. Ses branches courtes se redressent à leur extrémité : parfait pour y accrocher de nombreuses décorations d’autant que son feuillage est dense. Sa forme conique est idéale pour les emplacements restreints. C’est celui qui supportera le mieux d’être replanté.

 

 

 

Mythologie grecque, 

 

 

Le sapin argenté et Le sapin blanc était sacré pour Artémis (Diane), déesse de la lune protectrice des naissances.


Les végétaux attribués à Artémis sont la myrte, le sapin blanc, l'amarante, le cyprès, le cèdre, le noisetier, le saule, la marguerite, l'armoise commune, le palmier dattier et le noyer.

 

denier frappé par Publius Accoleius Lariscolus en septembre-décembre 43 avant J.-C., représentant Diana Nemorensis 


 

Cénée - '(Caénis, Caéenus (kaineus)

Caénis (Kaineus), originaire de Gyrtone en  Thessalie, fille du roi lapithe nomméé le plus souvent Élatos, le Sapin ou Koronos, un jour qu'elle se promenait sur le rivage de la mer, est violée par Poséidon, qui pour prix de son plaisir lui accorde un vœu. Caénis fait alors le souhait de devenir un homme.  Caenis (Kaineus) devint homme, et à cette faveur, le dieu en joignit une autre, le privilège d'être invulnérable.. 


Après avoir tué plusieurs ennemis, sans jamais être blessé, il fut frappé par de vers rameaux de sapin, enseveli sous un amas de troncs d'épicéas que ses ennemis lui jetèrent dessus, Kaineus fendit le sol d'un coup de pied et disparut sous terre.

 
On vit tout d'un coup sortir de dessous les arbres un oiseau couvert de plumes jaunes ; il s'envola ; c'était Caénis (Kaineus)  que Poséidon avait ainsi métamorphosé.

Cénée et les Centaures. Gravure de Bauer pour les Métamorphoses d'Ovide, livre XII, 470-535.


 

 


Penthée,

Penthée, fils d’Échion (l’un des Spartes), et d’Agavé (fille de Cadmos), est roi de Thèbes.


Successeur de Cadmos sur le trône de Thèbes, il s’oppose à l’introduction du culte dionysiaque dans son royaume. Alors qu’il est caché en haut d'un sapin du mont Cithéron pour épier la bacchanale, il est découvert et précipité du fâite sur la terrei mis en pièces par les ménades, à la tête desquelles figure sa propre mère Agavé et ses deux tantes, Ino et Autonoé. 


Les Baccantes
Euripide ( v.  480 av. J.-C. - 406 av. J.C. ) Grand tragique de l'Athènes classique, 

Penthée Thèbes Bacchantes - Léonard Gaultier Gravure XVIIe


 

 

 

Mythologie greco Romaine

 


Dès l'antiquité romaine, lors des fêtes Saturnales, célébrations d'origine agricole en hommage au dieu Saturne (Cronos dans la mythologie grecque), père de Jupiter, on décorait sa maison avec des branches de conifères, et verdure persistante. 


Une fête qui durait une semaine, du 17 au 24 décembre, autour du solstice d'hiver, et pendant laquelle la hiérarchie maître/escale était suspendue, aucune guerre ne pouvait être déclarée et aucun condamné exécuté. Pendant sept jours, les tribunaux et écoles étaient fermés, et on s'offrait des cadeaux symboliques tout en savourant de délicieux repas sur de grandes tablées, sans distinction de "classes sociales".
 

 

 

Mythologie celtique, 


 

Dans l’astrologie celtique, Le sapin signifie "le mystérieux". 

Les Celtes avaient pour habitude d’associer chaque mois lunaire à un arbre. L’épicéa, symbole de l’enfantement, aurait été choisi pour le mois de décembre.

Pour eux, cette période correspondait à la renaissance du Soleil. 


 

 

 

Mythologie nordique 


Fête de Yule


Lors des festivités de Yule, il était alors d’usage de choisir un Epicéa majestueux dans la forêt et de le décorer de chandelles, de fruits, de fleurs et de blé en présents au Soleil Nouveau Né.


Une étoile de paille était placée en haut du sapin, symbolisant l’étoile polaire, boussole pour retrouver son chemin.


C’est le dieu ase Heimdall qui venait, dans la nuit, visiter chaque foyer, et déposait des cadeaux  au pied du sapin à ceux avaient été sages pendant l’année, 


 

 

 

Les arbres verts (à feuillage persistant)
dont le sapin  dans la religion  

 

Pour certaines religions comme le christianisme, certains versets bibliques parlent de l'idolâtrie du peuple hébreux qui avait tendance à imiter les cultures "païennes" étrangères aux coutumes Hébraïques et qui adoraient d'autres dieux, finissaient eux aussi par adorer ces autres dieux ou idoles.

 

On trouve des passages bibliques faisant références aux arbres verts, ces arbres au feuillage persistant qui étaient utilisés pour les rites aux dieux, quelles soient de prospérité, de fertilité ou autre. Ces offrandes ou sacrifices permettaient d'invoquer et d'obtenir la faveur des dieux invoqués


Extraits bibliques :  

 

- Livre de Deutéronome 12.2

 "Vous détruirez tous les lieux où les nations que vous allez chasser servent leurs dieux, sur les hautes montagnes, sur les collines, et sous tout arbre vert."

 

- Livre de Deutéronome 16:21

"Tu ne fixeras aucune idole de bois à côté de l'autel que tu élèveras à l'Éternel, ton Dieu."

 

- Livre des 2 Rois 16.4 

"Il offrait des sacrifices et des parfums sur les hauts lieux, sur les collines et sous tout arbre vert.

 

- Livre de Chroniques 2.4

"Il offrait des sacrifices et des parfums sur les hauts lieux, sur les collines et sous tout arbre vert."

 

- Livre de Jérémie 2.20 

"Tu as dès longtemps brisé ton joug, Rompu tes liens, Et tu as dit: Je ne veux plus être dans la servitude! Mais sur toute colline élevée Et sous tout arbre vert Tu t'es courbée comme une prostituée."

 

 

- Livre Ezechiel 6:13 

"Et vous saurez que je suis l'Éternel, Quand leurs morts seront au milieu de leurs idoles, Autour de leurs autels, Sur toute colline élevée, sur tous les sommets des montagnes, Sous tout arbre vert, sous tout chêne touffu, Là où ils offraient des parfums d'une agréable odeur A toutes leurs idoles."

 

- Livre de Jérémie 3:6 

"L'Éternel me dit, au temps du roi Josias : As-tu vu ce qu'a fait l'infidèle Israël ? Elle est allée sur toute montagne élevée et sous tout arbre vert, et là elle s'est prostituée."

 

- Livre de Jeremie 10:2-6
"Ainsi parle l’Eternel : n’imitez pas la voie des nations… Car les coutumes des peuples ne sont que vanité, on coupe le bois dans la forêt; la main de l’ouvrier le travaille avec la hache; on l’embellit avec de l’argent et de l’or, on le fixe avec des clous et des marteaux, pour qu’il ne branle pas."

 

 

 

Mythe du sapin dans la religion chrétienne

 

Saint Colomban

On raconte que Saint Colomban de Luxeuil (540-615), moine irlandais ayant beaucoup voyagé en Gaule, un soir de Noël, il aurait emmené quelques religieux du monastère de Luxeuil, fondé par lui au pied des Vosges en 590, au sommet d’une montagne.

Là se trouvait un très vieux sapin, objet d’un culte païen. 

Chez les Celtes, l’épicéa était en effet considéré comme "l’arbre de l’enfantement". Colomban et ses compagnons auraient alors accroché leurs lanternes aux branches de l’arbre, de manière à dessiner une croix lumineuse. 

 

 

Saint Boniface 

 

A la fin du VII° siècle, aux environs de Geismar, un Moine évangélisateur Allemand , Saint Boniface (né en 680), voulant convaincre les druides germains, prononce un sermon sur la Nativité  , que le chêne n’était pas un arbre sacré, comme les rites païens les ont conduits à croire. Il le prouva en abattant un arbre de chêne bien droit.

 
"En tombant, le grand chêne écrasa tout ce qui se trouvait sur son passage, chaque arbuste,  à l’exception d’un jeune sapin.

Saint Boniface qualifia cette survie surprenante de miracle, et déclara dans sa même prédication : 

... Désormais, nous appellerons cet arbre, l’arbre de l’Enfant Jésus...
Depuis, on plante en Allemagne de jeunes sapins pour célébrer la naissance du Christ."


De nombreux documents attesteraient le fait que les sapins qui étaient à l’extérieur ainsi que ceux qui étaient portés dans les maisons étaient décorés avec dévouement et zèle religieux au XVIe siècle dans le but de commémorer l’événement miraculeux de Saint- Boniface en Allemagne. 

 


 

Un officier suédois, blessé près de Lützen et ensuite soigné, aurait remercié en célébrant une fête de Noël. Pour cela, il aurait dressé un arbre décoré avec des luminaires – comme il était de coutume dans son pays d’origine. 

 

Martin Luther (1483-1546)


Au XVIe siècle, il était coutume que les enfants reçoivent des cadeaux le 6 décembre. Dans la plupart des cas, il s’agissait de petites friandises, de pommes ou de noix. Celui qui apportait les cadeaux ce jour-là était Saint Nicolas. 

Martin Luther réformateur protestant, aurait alors offert un sapin à ses enfants le jour de la veille de Noël pour qu’ils se souviennent des merveilles de Dieu. Il fut le premier à mettre des lumières sur un arbre de Noël en apposant des bougies allumées sur ses branches pour imiter un scintillement d’étoiles dans une forêt de sapins.

Luther voyait le culte de saint Nicolas comme une chose infantile, il a introduit un autre personnage dans la distribution des cadeaux. Dans un de ses discours de table transmis, il aurait demandé à sa fille Magdalena : Petite Lena, qu’est-ce que le Christ saint va t’offrir ?

Avec l’importance grandissante de l’Enfant Jésus, la plupart des cadeaux ont été offerts à Noël et plus à la Saint-Nicolas.

Il y a des œuvres d’art qui montrent Luther en famille pour Noël. Un conifère orné de bougies y est représenté. 

 

Martin Luther (1483-1546) avec sa femme Katharina, et ses enfants à Wittenberg pour Noël 1536 
Gravure allemande XIX° siècle


 

 

Décorations


Vers 1520, on décorait les arbres avec des confiseries, des pommes et même des petits gâteaux (oublies) et on plaçait déjà, à cette époque, une étoile au sommet pour rappeler celle de Bethléem. 

 

Le Christbaum qui signifie “l’arbre du Christ” était une tradition bien ancrée qui s’était établie de façon permanente et s’est propagée dans d’autres parties de l’Europe occidentale dans les années 1700. 

 

Hans Christian Andersen (1805-1875) poète et auteur danois .

 

Conte 
 

Le sapin


L'histoire parle d'un sapin si impatient de grandir, si anxieux pour découvrir de plus grandes choses, qu'il n'apprécie l'instant présent. Le conte a été publié pour la première fois le 21 décembre 1844 avec La Reine des neiges, dans Nouveaux Contes, premier tome, deuxième collection, à Copenhague, au Danemark, par C. A. Reitzel. Un érudit (le biographe d'Andersen Jackie Wullschlager) indique que Le Sapin a été le premier des contes de fées d'Andersen à exprimer un profond pessimisme.

 

Résumé
Dans les bois se dresse un petit sapin. Il est pressé de grandir et très embarrassé lorsqu'un lièvre saute sur lui, acte qui souligne sa petite taille. Les femmes l'appellent le bébé de la forêt et encore une fois, il est gêné et frustré. Une cigogne lui raconte avoir vu de vieux arbres être abattus puis utilisés comme mâts de navire. Comme le petit arbre les envie ! A l'automne, les arbres voisins sont abattus et les moineaux racontent au petit sapin les avoir vu décorer les maisons.

Un jour, alors qu'il était encore dans sa jeunesse, le sapin est coupé pour Noël. Il est acheté, transporté dans une maison, décoré et, la veille de Noël, illuminé de bougies, de pommes colorées, de jouets et de paniers de bonbons. Une étoile d'or surmonte l'arbre. Les enfants entrent et pillent l'arbre de ses bonbons et de ses cadeaux, puis écoutent un petit homme raconter l'histoire de 'Klumpe-Dumpe' qui est tombé en bas, et pourtant a été élevé aux grands honneurs, et a obtenu la main de la princesse.

Le lendemain, le sapin s'attend à ce que les festivités reprennent, mais des serviteurs descendent l'arbre et le portent dans le grenier. L'arbre est seul et déçu, mais les souris se rassemblent pour entendre l'arbre réciter l'histoire de Klumpe-Dumpe. Les rats arrivent et, lorsqu'ils déprécient l'histoire simple, les souris partent et ne reviennent pas. Au printemps, le sapin - maintenant flétri et décoloré - est transporté dans la cour. Un garçon marche sur l'arbre et prend l'étoile de sa branche la plus haute. Le sapin est ensuite coupé en morceaux et brûlé.

 

 

 

La légende du Sapin

 

Hermann Joseph Troxler, Thierry Chapeau. 
éditions du Bastberg, 1996


Autrefois, tous les arbres de la forêt conservaient leurs feuilles à l'approche de l'hiver. Aujourd'hui, seul le sapin reste vert à la mauvaise saison.

Aux alentours de Noël, un petit oiseau ne put s'envoler vers les pays chauds, car son aile était brisée. Comment allait-il résister à la rigueur de l'hiver ?

Tremblant de froid, il s'abrite dans le feuillage d'un gros chêne.

Le chêne refuse de l'accueillir :

"Va-t-en, tu vas manger tous mes glands" dit-il.

Malgré la neige, il quitte le gros arbre pour se réfugier dans les branches du hêtre touffu.

"Ne reste pas là, tu vas picorer mes faines" dit-il.

Le petit oiseau terrifié s'échappe pour se cacher dans un bouleau qui le chasse sans tarder :

"Je ne veux pas de toi, tu vas salir mes branches".

Repoussé par tous les arbres, le petit oiseau se couche dans la neige pour mourir.

Il voit soudain à quelques pas de là un sapin qui lui fait signe. Les ailes engourdies par le froid, il se traîne vers le sapin.

"Ici, tu ne crains rien, je te protègerai" lui dit-il.

La veille de Noël, un vent terrible souffla sur la forêt.

Tous les arbres perdirent leurs feuilles sous la force du vent. Seul le sapin conserva son feuillage, car il avait accueilli le petit oiseau malade.

Voilà pourquoi le sapin est aujourd'hui l'arbre de Noël, généreux et protecteur, autour duquel nous nous réunissons.

 

 

 

Il y a 49 millions d'années

 

Les strates fossilifères de la Formation ont été datées par radiométrie , pour donner une estimation de l' Yprésien , le stade intermédiaire de l'Éocène inférieur, il y a environ 49,4  millions d'années ,qui a été révisé à une estimation d'âge la plus ancienne. d'il y a 51,2 millions d'années, basé sur les données isotopiques du zircon détritique publiées en 2021. 


Formation de Klondike Mountain (formation géologique de l' Éocène inférieur "Yprésien" ) , à l'ouest de Curlew, Washington, USA.

Collection du Centre d'interprétation Stonerose 

Eocène, 49 millions d'années, "site sans nom", 

Le plus vieux sapin véritable décrit

Feuillage "d' Abies milleri" 

Une section de brindille de 3 cm de haut avec des aiguilles et montrant des cicatrices d'aiguilles circulaires distinctes.


 Abies milleri - fossile - brindille de 3 cm - Eocène - Kevmin  

 

 

Formation de Klondike Mountain, Republic, Ferry County, Washington, USA, 

Collection du centre d'interprétation Stonerose

Eocène, Yprésien, 49 millions d'années. 

Une graine d'aile d' Abies milleri de 2,4 cm de long .


 Abies milleri - fossile graine aile de 2,4 cm -  Eocène - Kevmin 


 

 

 

XX° siècle av. J.C. - XIII° siècle av. J. -C 

 


A l’époque pré-chrétienne en Egypte, les arbres à feuilles persistantes étaient abattus, choisis pour leur vertu à rester frais et vert à travers les quatre saisons, symbolisant l’immortalité et donc la fertilité, montés et décorés avec des offrandes de nourriture et de précieux cadeaux à leurs dieux païens. Le dieu Rê (Râ) était également fortement associé au jour de l'an.


Les prêtres égyptiens enseignant que les arbres à feuilles persistantes sont nés de la tombe de leur dieu Osiris qui a été ressuscité par l’énergie d’un arbre à feuilles persistantes après avoir été tué par un autre dieu.
 

 


A cette époque, on parlait déjà d’un arbre (L’épicéa, arbre de l’enfantement), le jour du 24 décembre, puisqu’on considérait ce jour comme la renaissance du soleil. 

Les celtes avaient adopté un calendrier basé sur les cycles lunaires. À chaque mois lunaire était associé un arbre, l’épicéa fut celui du 24 décembre.

Pour le rite païen du solstice d’hiver, un arbre symbole de vie était décoré avec des fruits, des fleurs et du blé.


 


 

I° siècle av.  J.C. 

 

Dans l’empire romain, la date du 25 décembre – qui correspondait alors au solstice – marquait la fête de la divinité solaire Sol Invictus. Elle était elle-même précédée de la semaine des Saturnales, célébrant Saturne, dieu de l’agriculture pendant laquelle il était d’usage de… s’échanger des cadeaux.

Les Romains outre le houx, le lierre, décoraient aussi pour l’occasion leurs maisons avec des branches de conifères. 
 

 

 

V° - VI° siècle

 

 

On raconte qu'en 590,  Saint Colomban de Luxeuil (540-615), moine irlandais, accompagné de ses compagnons, arrivé au sommet d'une montagne, auraient alors accroché leurs lanternes aux branches d'un grand sapin, de manière à dessiner une croix lumineuse. 

 

 

 

VII° siècle

 

A la fin du VII° siècle, aux environs de Geismar, un Moine évangélisateur Allemand , Saint Boniface de Mayence (vers 675 -754), voulant convaincre les druides germains, prononce un sermon sur la Nativité, que le chêne n’était pas un arbre sacré, comme les rites païens les ont conduits à croire. Il le prouva en abattant un arbre de chêne bien droit. Un petit sapin ne fut pas écrasé, et Saint Boniface déclara que ce serait "l'arbre de Jésus christ".

 

 

 

XV° siècle XVI° siècle

 

La ville de Riga, capitale de la Lettonie, revendique officiellement, la paternité du premier sapin de Noël. Il aurait été installé en 1510, par une guilde de marchands. D’abord destiné à être brûlé pour le solstice, il aurait finalement été préservé, décoré et érigé sur la place du marché de la ville pour célébrer Noël. Aujourd’hui encore, une dalle de pierre en signale l’emplacement.

 

 


Plus vraisemblablement, on peut dater l’apparition de la tradition du sapin de Noël au XVe siècle, dans les pays germaniques. 


Dès le XV° siècle, dans l’Occident médiéval, il était fréquent de jouer sur le parvis des églises, de scènes de la Bible, dont le récit du jardin d’Éden, notamment à l’occasion des grandes fêtes liturgiques. "Devant la difficulté de trouver un pommier avec ses fruits en plein décembre, on choisit alors un sapin". 
Les premières parures furent d’abord comestibles avec des pommes rouges, rappelant les fruits défendus de l’arbre du jardin d’Éden, puis des noix ou de "oublies" petits gateaux minces et de forme ronde, préparés à partir de farine et d'eau, de lait ou de vin blanc, d'œuf, de sucre ou parfois de miel, (destinés à rappeler l'hostie. On trouvait également des petits personnages, des poupées de chiffon et des rubans ou des papiers colorés... 


Les artisans lyonnais ont commencer à cette époque à réaliser des lamettas (clinquant, franges de métal étroites, minces et scintillantes). 


La toute première mention écrite de cette coutume remonte à 1521, dans un livre de comptes de la ville de Sélestat (Bas-Rhin), appartenant à l’époque au Saint-Empire romain germanique. 


Ce registre indique cette dépense :

"Quatre schillings aux gardes forestiers pour surveiller les mais à partir de la Saint Thomas". On payait donc les garde-forestiers pour empêcher l’abattage sauvage des "mais" (de l’alémanique meyen, "arbres festifs"). 
Quant à Saint Thomas, il se fêtait alors le 21 décembre. Pour la ville, l’interprétation ne fait aucun doute : "si la ville de Sélestat doit ainsi protéger sa forêt en prévoyant une telle dépense, il est à supposer que le fait de décorer un arbre à cette époque de l’année était relativement courant et faisait partie des coutumes". 

 


 

Christofle de Beaujeu (né en 1550) poète français de la fin du XVI° siècle

 

Je ne suis plus celui qui sous l'ombre plaisante

Je ne suis plus celui qui sous l'ombre plaisante

D'un beau rang de sapins, tout seul se promenait,

Un luth dessous son bras, qui doucement sonnait,

Me délivrant d'ennui, et de douleur cuisante :

Mais je suis bien celui qui non tant se contente

A plaidasser ici, heureux qui ne connaît

Procureurs ni procès, ains qui tout libre voit

Aux champs, à force d'yeux, tout ce qui se présente.

 

Ô que j'étais'heureux, exempt de toutes peines,

Etant dessus les bords de ces vives fontaines,

Ou à l'ombre plaisant d'un sapin tout nouveau !

 

Et puis comme lassé d'être voisin des nues,

Je venais contempler un cent de filles nues

Qui se baignaient au lac, jusqu'aux tétins en l'eau.

Paul Cezanne - les trois baigneuses

 

 

Siméon-Guillaume de La Roque (1551-1611) poète baroque français.


Complainte


...Je me plais au travail que sans cesse j'endure,

Avec ces hauts sapins mon désir se mesure

Et s'accroît tous les jours...
 


 

L'étoile n'apparaitra quant à elle qu'en 1560, signe distinctif des célébrations protestantes, pour faire la différence avec les célébrations catholiques. Un symbole correspondant à l'étoile de Bethléem, étoile ayant guidé les Rois Mages jusqu'au Christ. 
 

 

 

Pour sauver les forêts de la destruction complète de religieux fanatiques chrétiens, un décret a été émis par Ammerschwihr, en Alsace en 1561, qui proclame que :


"nul ne peut avoir pour Noël plus d’un arbuste". 


Les premiers comptes rendus des décorations de sapins de Noël décrivent des roses découpées dans du papier de couleur, des pommes, des gaufres, des cadeaux et du sucre.

 

 

XVII° siècle

 


Au début du XVIIe siècle, ces deux traditions semblent s’être confondues, 


Au cours du XVIIème apparaissent les premiers sapins illuminés, éclairés de bougies ou chandelles, souvent au nombre de douze, une pour chaque mois de l'année. 


On utilisait des coquilles de noix remplies d’huile à la surface desquelles des mèches flottaient ou des chandelles souples nouées autour des branches.

La plus ancienne mention de l’arbre de Noël comme sapin entier se trouve dans une description des usages de la ville de Strasbourg, en 1605. On y lit le passage suivant :

"Pour Noël, il est d’usage, à Strasbourg, d’élever des sapins dans les maisons ; on y attache des roses en papier de diverses couleurs, des pommes, des hosties coloriées, du sucre, etc."

Un autre témoignage de l’existence du sapin décoré pour Noël se retrouve dans l’Essence du Catéchisme que publia en 1642-1646 le pasteur protestant Dannhauer, de Strasbourg.

Il constate que depuis quelque temps, en Alsace, on suspend, à la Noël, pour la récréation des enfants, des bonbons et des jouets aux branches d’un sapin. Il déclare qu’il ignore d’où cet usage, qu’il blâme fortement, a pu tirer son origine.
 

 

 

 

XVIII° siècle

 

 

C’est en 1738 que Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, roi de France, aurait installé un sapin de noël dans le château de Versailles.

 

On trouva par la suite de plus en plus d’arbres de Noël particulièrement en Alsace-Lorraine, où existait déjà la tradition du sapin.
 

 


André Chénier (1762-1794) poète et journaliste français

 

Hercule

 

Il brise tes forêts : ta cime épaisse et sombre

En un bûcher immense amoncelle sans nombre

Les sapins résineux que son bras a ployés.
 

 

 


En 1765, Goethe se trouvant à Leipsig, chez un ami, exprime la surprise que lui cause le spectacle d’un arbre de Noël qu’il voyait pour la première fois.


Au XVIII° siècle, la coutume strasbourgeoise se répandit dans toute l’Allemagne, et de là, gagna les contrées du Nord : la Pologne, la Russie, le Danemark, la Suède et la Norvège. En Scandinavie, une touchante coutume se rattache à celle de l’arbre de Noël : c’est le "repas des oiseaux".

L’arbre de Noël est planté dans la neige, devant la porte du logis, et on le saupoudre de grain. Aussitôt les oiseaux se précipitent dans les branches du sapin symbolique et s’en donne à cœur joie de picorer. C’est pour elle, en cette rude saison, une rare bonne fortune... 

 

 

 

XIX° siècle

 

1821


Le sapin de Noël et ses décorations habituelles ont été très probablement introduits en Amérique en 1821 par les Allemands de Pennsylvanie. 


Ce fait est affirmé dans un journal ayant appartenu à Matthew Zahm de Lancaster, en Pennsylvanie dans son article qui est daté du 20 Décembre 1821 où il parle de l’arbre de Noël et de ses nombreuses décorations. 
Jusqu’à présent, il s’agit de la première mention écrite associée à des sapins de Noël qui ait jamais été trouvé en Amérique.

 

 

Tome 1. Par F.s André-Michaux,... Bessa, del. Gabriel sc.. 

François-André (1770-1855). Auteur du texte
...Histoire des arbres forestiers de l'Amérique septentrionale, considérés principalement sous les rapports de leur usage dans les arts et de leur introduction dans le commerce, ainsi que d'après les avantages qu'ils peuvent offrir aux gouvernements en Europe et aux personnes qui veulent former de grandes plantations... 

 

 

1824

chant de Noël d'origine allemande - O Tannenbaum, o Tannenbaum - Traduction de la version de 1824 -  Ô sapin, ô sapin

 

 

Ô sapin, ô sapin

 

Ô sapin, ô sapin

Comme tes feuilles sont fidèles !

Tu ne verdis pas seulement en été

Mais aussi en hiver quand il neige

Ô sapin, ô sapin

Comme tes feuilles sont vertes !

 

Ô sapin, ô sapin

Tu sais beaucoup me plaire !

Que de fois, à Noël,

Un arbre comme toi m'a réjoui !

Ô sapin, ô sapin

Tu sais beaucoup me plaire !

 

Ô sapin, ô sapin

Ton habit veut m'enseigner quelque chose

Espoir et stabilité

Il donne tout le temps courage et force

Ô sapin, ô sapin

Ton habit veut m'enseigner quelque chose

 

 

 

Histoire des arbres forestiers

François-André Michaux (1770-1855).

Abis canadensis 


 

 

Amable Tastu (1798-1885)   femme de lettres française, poétesse et librettiste.

Recueil : Poésies (1826).


 

Les saisons du Nord

 

Connaissez-vous ces bords qu'arrose la Baltique,

Et dont les souvenirs, aimés du Barde antique,

Ont réveillé la harpe amante des torrents ?

Connaissez-vous ces champs qu'un long hiver assiège,

L'orgueil des noirs sapins que respecte la neige,

Ces rocs couverts de mousse et ces lacs transparents ?
 

 

 

L’arbre de Noël fait son apparition à Paris, en 1837, grâce à la duchesse d’Orléans Hélène de Mecklembourg, duchesse d’Orléans. Mais ce fut un échec, les parisiens y voyant des habitudes protestantes. 

 

 

Le sapin Nordmann a été introduit en Europe au milieu du XIX° siècle. C'est Alexander von Nordmann botaniste suédophone finlandais, sujet de l'Empire russe, qui découvrit cet arbre dans le Caucase (dans l'actuelle Géorgie) alors qu'il enseignait l'histoire naturelle à Odessa, aujourd'hui en Ukraine. Il en fit parvenir les premières graines en 1838.


 

 

1844

C'est au XIX° siècle que la tradition, dans sa forme actuelle, a réellement franchi les frontières du monde germanique et gagné l’ensemble de l’Europe par le biais de l’aristocratie. 


En Angleterre,  le prince Albert de Saxe-Cobourg Gotha, né en Allemagne, mari de la reine Victoria, a importé la tradition du sapin de Noël  en 1844. 
Des illustrations de journaux de l’époque représentent ainsi la famille royale devant un arbre de Noël richement décoré. On y aperçoit notamment de très nombreuses bougies. Héritières des lumières du solstice.

Illustration datant de décembre 1848, représente la reine Victoria, le prince Albert et leurs enfants admirant un sapin de Noël

 

 

Pierre Baour-Lormian (1770-1854)  poète et écrivain français, membre de l’Académie française.


Hymne au soleil


Sous les coups réunis de l'âge et des autans

Tombe du haut sapin la tête échevelée ;

 

 

Alfred de Vigny (1797-1863) écrivain, romancier, dramaturge et poète français.

La mort du loup


Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,

Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,

Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,

Nous avons aperçu les grands ongles marqués

Par les loups voyageurs que nous avions traqués.

 

 


Alfred de Musset (1810-1857) Poète, dramaturge et écrivain français de la période romantique, 


Souvenir


Les voilà, ces sapins à la sombre verdure,

Cette gorge profonde aux nonchalants détours,

Ces sauvages amis, dont l'antique murmure

A bercé mes beaux jours.
 

 

 

1856

 

"O Tannenbaum"- traduction Laurent Delcasso (1797-1887), recteur de l’académie de Strasbourg - Mon beau sapin 

Mon beau sapin est un chant de Noël d'origine allemande. Son titre original est : O Tannenbaum. La version la plus célèbre est basée sur une musique traditionnelle et un texte de 1824 composé en allemand par Ernst Anschütz, organiste et professeur à Leipzig, Royaume de Prusse. La première version connue des paroles date de 1550, une autre version a été composée en 1615 par Melchior Franck. 


Cette chanson a été traduite dans de nombreuses langues. 


Elle a été publiée en 1856 à Strasbourg dans un recueil de chants populaires allemands librement traduits pour le public scolaire français. Les paroles sont de Laurent Delcasso (1797-1887), recteur de l’académie de Strasbourg. Elles sont accompagnées d’une partition de la mélodie arrangée pour deux voix par Pierre Gross (1823-1867), maître adjoint à l’école normale de Strasbourg.


Le Sapin

 

Mon beau sapin, roi des forêts,

Que j’aime ta verdure !

Quand par l’hiver bois et guérets

Sont dépouillés de leurs attraits,

Mon beau sapin, roi des forêts,

Tu gardes ta parure.

 

Toi que Noël Planta chez nous,

Au saint anniversaire,

Joli sapin, comme ils sont doux

Et tes bonbons et tes joujoux,

Toi que Noël planta chez nous

Par les mains de ma mère.

 

Mon beau sapin, tes verts sommets,

Et leur fidèle ombrage,

De la foi qui ne ment jamais,

De la constance et de la paix,

Mon beau sapin, tes verts sommets,

M'offrent la douce image.
 

La fête de Noël. Illustration extraite de Beaux jours et fêtes des petits enfants,

 

 

Louise Ackermann (1813-1890) poétesse française.

Recueil : Contes et poésies (1863).


In memoriam (I)

 

Hélas ! avec l'amour ont disparu ses charmes ;

Et sous ces grands sapins, au bord des lacs brumeux,

Je verrais se lever comme un fantôme en larmes

L'ombre des jours heureux.
 

 

 

Cette tradition se généralisera en fait après la guerre de 1870 dans tout le pays grâce aux immigrés d’Alsace-Lorraine qui firent largement connaître la tradition de l’arbre de Noël aux Français.


Mais ce sont les Alsaciens qui, en émigrant en France après la guerre de 1870, en ont véritablement répandu l’usage dans les foyers français.

 

 

Gravure du XIXe siècle

Noël dans la famille de Luther 


 

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français,


Nous


Pas plus que le sapin ne cesse d'être vert,

Pas plus que le soleil ne renonce au solstice,

Nous n'oublions l'honneur, le droit et la justice ;

 

Henri Durand (1818-1842) Poète vaudois de langue 

Recueil : Poésies complètes (1858).

 


Sous le sapin.


Quand je m'assieds sous le sapin,

Grave et seul dans ma rêverie,

J'oublierais là soir et matin

Tout, jusqu'aux fleurs de la prairie,

Sous le sapin.

 

J'écoute aux branches du sapin

Le souffle des airs, à toute heure

Murmurant une hymne sans fin,

Harpe des bois qui chante et pleure

Sous le sapin.

 

Je vois le ciel sous le sapin

A travers le sombre feuillage

Sur lequel l'hiver passe en vain,

Et je songe aux hivers de l'âge

Sous le sapin.

 

Lors je me dis, sous le sapin :

Les fleurs de l'herbe sont bien belles,

Mais durent à peine un matin ;

Cherchons les beautés éternelles

Sous le sapin.

 

Je voudrais, comme le sapin,

Me voiler d'un feuillage austère,

Et, cherchant en haut mon chemin,

Laisser mon ombre seule à terre

Sous le sapin

 

Car on m'a dit, sous le sapin,

Toute notre gloire mortelle

Pour l'âme est un rêve trop vain

Et doit dormir un jour sans elle

Sous le sapin.

 

Toi donc qui viens sous le sapin,

Regarde-moi sans trop sourire !

Et donne-moi ta douce main ;

Je n'ai plus qu'un mot à te dire

Sous le sapin.

 

Crois-moi, crois-moi, sous le sapin !

Tu sais combien mon âme t'aime ;

Mais notre amour, qu'il soit divin

Et qu'il s'appuie au tronc suprême

Sous le sapin.
 

 



 

 

Charles Dickens (1812- 1870) considéré comme le plus grand romancier de l'époque victorienne. Dès ses premiers écrits, il est devenu immensément célèbre, sa popularité ne cessant de croître au fil de ses publications.


..."Cet arbre, planté au milieu d’une large table ronde et s’élevant au-dessus de la tête des enfants, est magnifiquement illuminé par une multitude de petites bougies et tout garni d’objets étincelants.

Il y a des poupées aux joues roses qui se cachent derrière les feuilles vertes, il y a des montres, de vraies montres, ou du moins avec des aiguilles mobiles, de ces montres qu’on peut remonter continuellement ; il y a de petites tables vernies, de petites armoires et autres meubles en miniature qui semblent préparés pour le nouveau ménage d’une fée ; il y a de petits hommes à face réjouie, beaucoup plus agréables à voir que bien des hommes réels - car si vous leur ôtiez la tête, vous les trouveriez pleins de dragées.

- Il y a des violons et des tambours, des livres, des boîtes à ouvrage, des boîtes de bonbons... toutes sortes de boîtes ; il y a des toutous, des sabots, des toupies, des étuis à aiguilles, des essuie-plumes et des imitations de pommes, de poires et de noix, contenant des surprises. Bref, comme le disait tout bas devant moi un charmant enfant à un autre charmant enfant, son meilleur ami : Il y avait de tout et plus encore ! ..."


 

 

 

1872

Johan Georg Otto von Rosen (1843-1923)  peintre suédois

Le marché de Noël 


 

 

 

François Coppée (1842-1908) Poète français  

Recueil : Les Humbles (1872).

 

Le sapin de Noël

 

Joujoux d'Allemagne.

L'odeur de ces joujoux mal taillés et mal peints

M'a permis de courir tes déserts de sapins,

Et j'ai connu ton ombre immense, ô forêt Noire !

 

 


Paul Verlaine (1844-1896) écrivain et poète français 

Recueil : Amour (1888).


Bournemouth


Le long bois de sapins se tord jusqu'au rivage,

L'étroit bois de sapins, de lauriers et de pins,

Avec la ville autour déguisée en village :

Chalets éparpillés rouges dans le feuillage

Et les blanches villas des stations de bains.

 

 

 

François Coppée (1842-1908) Poète français  

Souvenir du Danemark

 

A la princesse D.....

 

C'est un parc scandinave, aux sapins toujours verts,

Où le vent automnal courbe les fleurs d'hivers

Dans les vases de marbre ancien sur la terrasse ;

 

 

 

 

Stéphane Mallarmé (1842-1898) poète français, également enseignant, traducteur et critique d'art

Recueil : Poèmes de jeunesse.


Soleil d'hiver

Son aiguillette, sans bouffette,

Triste, pend aux sapins givrés,

Et la neige qui tombe est faite

De tous ses cartels déchirés !

 

 

Anatole France (1844-1924) écrivain français, 

Recueil : Les poèmes dorés (1873).

 


Les sapins

 

On entend l'Océan heurter les promontoires ;

De lunaires clartés blêmissent le ravin

Où l'homme perdu, seul, épars, se cherche en vain ;

Le vent du nord, sonnant dans les frondaisons noires,

Sur les choses sans forme épand l'effroi divin.

 

Paisibles habitants aux lentes destinées,

Les grands sapins, pleins d'ombre et d'agrestes senteurs,

De leurs sommets aigus couronnent les hauteurs ;

Leurs branches, sans fléchir, vers le gouffre inclinées,

Tristes, semblent porter d'iniques pesanteurs.

 

Ils n'ont point de ramure aux nids hospitalière,

Ils ne sont pas fleuris d'oiseaux et de soleil,

Ils ne sentent jamais rire le jour vermeil ;

Et, peuple enveloppé dans la nuit familière,

Sur la terre autour d'eux pèse un muet sommeil.

 

La vie, unique bien et part de toute chose,

Divine volupté des êtres, don des fleurs,

Seule source de joie et trésor de douleurs,

Sous leur rigide écorce est cependant enclose

Et répand dans leur corps ses secrètes chaleurs.

 

Ils vivent. Dans la brume et la neige et le givre,

Sous l'assaut coutumier des orageux hivers,

Leurs veines sourdement animent leurs bras verts,

Et suscitent en eux cette gloire de vivre

Dont le charme puissant exalte l'univers.

 

Pour la fraîcheur du sol d'où leur pied blanc s'élève,

Pour les vents glacials, dont les tourbillons sourds

Font à peine bouger leurs bras épais et lourds,

Et pour l'air, leur pâture, avec la vive sève,

Coulent dans tout leur sein d'insensibles amours.

 

En souvenir de l'âge où leurs aïeux antiques,

D'un givre séculaire étreints rigidement,

Respiraient les frimas, seuls, sur l'escarpement

Des glaciers où roulaient des îlots granitiques,

L'hiver les réjouit dans l'engourdissement.

 

Mais quand l'air tiédira leurs ténèbres profondes,

Ils ne sentiront pas leur être ranimé

Multiplier sa vie au doux soleil de mai,

En de divines fleurs d'elles-mêmes fécondes,

Portant chacune un fruit dans son sein parfumé.

 

Leurs flancs s'épuiseront à former pour les brises

Ces nuages perdus et de nouveaux encor,

En qui s'envoleront leurs esprits, blond trésor,

Afin qu'en la forêt quelques grappes éprises

Tressaillent sous un grain de la poussière d'or.

 

Ce fut jadis ainsi que la fleur maternelle

Les conçut au frisson d'un vent mystérieux ;

C'est ainsi qu'à leur tour, pères laborieux,

Ils livrent largement à la brise infidèle

La vie, immortel don des antiques aïeux.

 

Car l'ancêtre premier dont ils ont reçu l'être

Prit sur la terre avare, en des âges lointains,

Une rude nature et de mornes destins ;

Et les sapins, encor semblables à l'ancêtre,

Éternisent en eux les vieux mondes éteints.

 


 

Jean Aicard (1848-1921) poète

Recueil : Les jeunes croyances (1867).


Solidarité.


..."Là, dans les rochers gris, immuable comme eux,

S'élève le sapin rêveur auprès du chêne ;"...

 


 

1870-1871

Otto Günther-Naumburg (1856-1941) peintre et professeur d'université allemand 

L'arbre de Noël allemand dans les temples de la renommée à Versailles, guerre franco-prussienne, 1870-1871


 

 


1877

H.J. Overbeek

Illustration danse autour de l'arbre de Noël 

 

 


Georges Dubosc (journaliste français 1854-1927) 

Dans le Journal de Rouen du 25 décembre 1897, écrivait : 

..."Devant les yeux émerveillés des touts petits, le verdoyant sapin, illuminé de mille petites lumières tremblotantes, se dresse tout chargé de jouets et de cadeaux qui, pendant des heures, mettent du bonheur dans les âmes de tout ce monde enfantin.

A ces joujoux d’un jour, on joint quelquefois une large distribution de bons vêtements chauds et de hardes neuves : tricots qui recouvrent les petits membres grelottants, mitaines qui préservent des engelures, foulards où s’enfouissent les petits nez rougis par la bise, bonnes galoches qui sonnent sur le pavé au moment des glissades. Et comme il n’est point de belles fêtes sans chanson, on chante quelques-uns de ces jolis noëls naïfs, sur des airs qui ont traversé les siècles et qui n’en sont pas moins une bonne et égayante musique"...

Joyeux Noël, Viggo Johansen, 1891


 

 

 

Jean Lorrain (1855-1906) écrivain français

 

Mélusine

..."La splendeur de sa gorge éblouit le regard

Et l'émail de ses dents a des clartés divines ;

Mais Mélusine est folle et fait dans les ravines

Paître au pied des sapins la biche et le brocart"...

 

 

Albert Samain (1858-1900) poète symboliste français.


Forêts

..."Tous ceux que visita la Douleur solennelle,

Et que n’émeuvent plus les soirs ni les matins,

Rêvent de s’enfoncer au coeur des vieux sapins,

Et de coucher leur vie à leur ombre éternelle"...

 

 

Albert Samain (1858-1900) poète symboliste français.


Les monts

..."Ils semblent redresser leur antique stature,

Ravis de voir flotter comme une chevelure

Leurs grandes forêts de sapins"...

 

 


Charles Guérin (1873-1907) Poète français 

Recueil : Le cœur solitaire (1896).


Chansons, chansons, chansons.

..."Et qu'on ne laisse auprès de moi

Que mon fidèle vieux chagrin,

Un rameau de sapin des bois

Et des branches de romarin"...


 

 

 

XX° siècle

 


1900

Illustration A. Schwartz 

Un moment critique à bicyclette  - étrennes de Noël 


 

 

 

Anna de Noailles (1876-1933) poétesse et une romancière française d'origine roumaine,


 

L'hiver


C'est l'hiver sans parfum ni chants...

Dans le pré, les brins de verdure

Percent de leurs jets fléchissants

La neige étincelante et dure.

 

Quelques buissons gardent encor

Des feuilles jaunes et cassantes

Que le vent âpre et rude mord

Comme font les chèvres grimpantes.

 

Et les arbres silencieux

Que toute cette neige isole

Ont cessé de se faire entre eux

Leurs confidences bénévoles...

 

- Bois feuillus qui, pendant l'été,

Au chaud des feuilles cotonneuses

Avez connu les voluptés

Et les cris des huppes chanteuses,

 

Vous qui, dans la douce saison,

Respiriez la senteur des gommes,

Vous frissonnez à l'horizon

Avec des gestes qu'ont les hommes.

 

Vous êtes las, vous êtes nus,

Plus rien dans l'air ne vous protège,

Et vos coeurs tendres ou chenus

Se désespèrent sur la neige.

 

- Et près de vous, frère orgueilleux,

Le sapin où le soleil brille

Balance les fruits écailleux

Qui luisent entre ses aiguilles...


 

 

Guillaume Apollinaire (1880-1918), poète et écrivain français, critique et théoricien d'art. 

Rhénanes, Alcools, 1913

 

Les Sapins

 

Les sapins en bonnets pointus
De longues robes revêtus

Comme des astrologues

Saluent leurs frères abattus

Les bateaux qui sur le Rhin voguent

 

Dans les sept arts endoctrinés

Par les vieux sapins leurs aînés

Qui sont de grands poètes

Ils se savent prédestinés

À briller plus que des planètes

 

À briller doucement changés

En étoiles et enneigés

Aux Noëls bienheureuses

Fêtes des sapins ensongés

Aux longues branches langoureuses

 

Les sapins beaux musiciens

Chantent des noëls anciens

Au vent des soirs d’automne

Ou bien graves magiciens

Incantent le ciel quand il tonne

 

Des rangées de blancs chérubins

Remplacent l’hiver les sapins

Et balancent leurs ailes

L’été ce sont de grands rabbins

Ou bien de vieilles demoiselles

 

Sapins médecins divaguants

Ils vont offrant leurs bons onguents

Quand la montagne accouche

De temps en temps sous l’ouragan

Un vieux sapin geint et se couche


 

 

 

Ion Talos (1934) Anthropologue

Université Babeș-Bolyai

Petit dictionnaire de mythologie populaire roumaine

Sapin (Bradul).


Arbre sacré et merveilleux, il dissimula la Vierge Marie et Jésus aux yeux de leurs poursuivants et fut donc béni : il serait toujours vert et sa cime aurait la forme d'une croix. Son caractère sacré ressort bien de la confession qui lui est  faite, parce que le berceau de Jésus y fut suspendu et parce que les pâtres font jaillir le Feu vivant en frottant deux morceaux de son bois (Feu et Fumée).


Le sapin est utilisé pour différentes pratiques magiques et religieuses. Lorsqu'on construit une maison, on plante un sapin ou une branche à proximité,  afin d'apporter aux habitants bonheur et joie. 


Dans les rites calendaires tel celui des Gars de Brasov (Junii brasovenï), les acteurs rapportent de la forêt des sapins dont ils ornent les marioles de la ville ainsi que les portails des maisons des édiles. 


Le sapin revêt une grande importance dans les rites nuptiaux, et funéraires. Le soir du charivari a lieu la "Danse du Sapin" à la ferme du fiancé, ronde autour d'un sapin décoré. Le jour des noces, les gars portent l'arbre chez la promise où, après d'autres cérémonies, une nouvelle ronde a lieu ou l'arbre est aspergé d'eau. Les participants à la noce, les étendards, les animaux et la localité sont ornés de branches de sapin. 

 


Quand un ou une célibataire décède, sept ou neuf gars gagnent la forêt à pied ou à cheval et cherchent le "Sapin du Mort". Lorsqu'ils croient l'avoir trouvé, il s'agenouillent et récitent le Notre Père. Chacun lui donne un seul coup de hache et l'arbre doit donc tomber après sept ou neuf coups. On l'emporte alors à la maison du défunt. En chemin, on rencontre des filles qui chantent le "chant du Sapin" (cântecul bradului) et décorent l'arbre comme pour un fête joyeuse. On porte le mort et le sapin au cimetière et on le plante sur la tombe où il représente la fiancée (ou le fiancé) du disparu (ou de la défunte). Cette cérémonie remplace les noces.


Le "chant du Sapin", probablement très ancien, présente un dialogue entre les chanteuses et l'arbre évoquant le triste sort de ce dernier qui doit échanger la montagne contre une plaine bourbeuse. 
 

 

 

 

 

Jean-Louis Vanham (1937)  Poète, critique littéraire, conteur pour enfants

 


Trois petits sapins


Trois petits sapins

Se donnaient la main

Car c’était Noël

De la terre au ciel.

 

Prirent le chemin

Menant au village

Jusqu’à l’étalage

D’un grand magasin.

 

Là, ils se couvrirent

De tout ce qui brille :

Boules et bougies,

Guirlandes pour luire,

 

Et s’en retournèrent

La main dans la main

Par le beau chemin

De l’étoile claire

 

Jusqu’à la forêt

Où minuit sonnait,

Car c’était Noël

De la terre au ciel.


 


 

Marcel Rieder (1862-1942) peintre français

Décoration de l’arbre de noël

 

 

 

Paris - Librairie agricole de la maison rustique (1829-1974)

Revue horticole.. 

Abies Nordmanniana


 

 

 

Dominique Dimey, née en 1957 à Issoudun, est une auteure-compositrice-interprète Française.

 

 

C’est la grève des sapins,

 


C’est la grève des sapins,

Des aiguilles, des pommes de pin

Ils veulent tous être palmiers,

Cerisiers et bananiers.

 

Les sapins sont fatigués

A la fin de chaque année.

Toutes ces guirlandes à porter

Ca leur donne le dos courbé.

 

Les sapins sont enrhumés

De vivre près des cheminées.

Sans air pur, sans horizon

Enfermés dans des maisons.

 

Les sapins en ont assez

De faire de l’ombre l’été

Sans être remerciés,

Et l’hiver d’être coupés.

 

Les sapins ont déclaré

Que pour la nouvelle année,

Ils se mettront en congé,

La forêt sera fermée.

 

Les sapins s’en vont au vert,

Les sapins quittent l’hiver,

Pour aller se faire bronzer,

Au chaud sous les cocotiers!


 

 

 

Delia Suiogan (1966) Professeur d'université


sur la vraie signification du sapin dans la tradition roumaine ancienne. 

(Trad. Valentina Beleavski)


écrit :


..."Le sapin est un des doubles végétaux de l'être humain dans la culture roumaine. Il fait l'objet de nombreux rituels. Le fait qu'il est connu de nos jours uniquement en tant que sapin de Noël prouve que la culture roumaine a perdu de nombreux rites anciens. D'où l'importance de déchiffrer les sens anciens des symboles de notre culture. C'est à peine au 17e siècle que le sapin de Noël apparaît dans la culture roumaine, donc très tard. Certaines communautés traditionnelles roumaines ne l'acceptent toujours pas. Ce qui est une bonne chose à mon avis. Dans la tradition roumaine ancienne, le sapin a une toute autre signification. Il est même interdit d'apporter le sapin à l'intérieur de la maison. C'était un mauvais signe que d'apporter le sapin coupé prématurément dans son habitation"...


Le sapin accompagnait les gens tout le long de leur vie, étant un élément clé de tous les moments de transition :


..." le baptême, les noces et les funérailles. Delia Suigan nous en dit davantage : «Le sapin, en tant que double végétal de l'être humain, est utilisé dès la naissance d'une personne jusqu'à sa mort. Par exemple, lors de la cérémonie du baptême, au moment où un enfant recevait son nom on lui désignait un sapin. La manière dont le sapin poussait illustrait le développement de l'enfant. D'où le parallélisme entre l'univers humain et celui végétal. Le sapin fait aussi partie du rituel des noces. On coupait le sommet du même sapin qui avait été offert à l'enfant, pour que le jeune homme qui se mariait l'utilise en tant que drapeau de noces. Le sapin devenait ainsi le témoin du nouveau contexte social et culturel dans lequel l'homme se retrouvait une fois marié. Le sommet du sapin était attaché à l'extérieur de la maison, où il restait jusqu'au moment où il tombait tout seul. De nombreux symboles l'accompagnaient, dont celui d'une famille qui devenait un tout et qui ne se séparait plus jamais. Enfin, au moment des funérailles, on coupait le tronc du même sapin pour le transformer en lance, un autre symbole funéraire. Il devenait ainsi l'échelle par laquelle l'âme allait remonter vers le ciel"....  


Dans de nombreux ouvrages, le sapin est associé à un axis mundi, une liaison permanente entre le Ciel et la Terre que les communautés traditionnelles tentaient de préserver. Cet arbre éternel devient ainsi un des éléments dont les symboles sont presque inconnus de la société moderne, mais dont les valeurs spirituelles sont très anciennes et très profondes


 

 

 

 

La route des sapins

 

Une route de 42 km de Champagnole à Levier au travers de la forêt jurassienne, jalonnée de 21 sites touristiques permettant de découvrir son histoire, sa faune, sa flore, sa particularité, son exploitation, ses balades, ses belvédères, ses aires de jeux...


La route des Sapins relie Levier au sud de Pontarlier dans le Doubs à Champagnole dans le Jura et permet de pénétrer au cœur des plus belles forêts de résineux de la Franche-Comté.

 

La Forêt de la Joux, une des plus belles sapinières d’Europe.
 

 

 

La Forêt de la Joux - Jura

 

La forêt de la Joux est une forêt des départements du Jura et du Doubs située sur le rebord du second plateau du Jura, à une altitude comprise entre 634 et 995 mètres. La majeure partie du massif relève du Domaine. Elle est prolongée au sud par la forêt de la Fresse et au nord par la forêt de Levier.

Elle est considérée comme l’une des plus belles sapinières de France. Certains de ses plus grands sapins atteignent près de 50 mètres de hauteur. Les sapins y représentent environ 70 % des individus, devant les épicéas (environ 20 %) et les hêtres (10 %).

Une tradition veut que certains sapins exceptionnels soient élus président. Depuis 1897, quatre sapins ont obtenu ce titre. L'actuel, de plus de deux ans, désigné en 1964, atteint la taille actuelle de 45 mètres, son diamètre étant de 1,20 mètre.

 

 

Pointe-Sapin

est un village du comté de Kent, à l'est du Nouveau-Brunswick, au Canada.


Le village fut nommé Pointe-au-Grand-Sapin par ses fondateurs, vraisemblablement d'après la présence de sapins. Le nom prit ensuite la forme Pointe-aux-Sapins avant de prendre la forme actuelle1. La localité a aussi porté le nom de Sapin Cape en anglais.


 

 

 

Un sapin argenté (Abies Alba) remarquable

dans la région de Sibiu, dans le centre de la Roumanie, 

L'arbre est appelé "le gardien de Cibin" et serait âgé d'environ 500 ans. Selon sa légende, il aurait aidé un berger à retrouver ses moutons perdus.


Légende roumaine

un berger qui avait 10 moutons aurait abrité ses animaux sous un sapin un jour de tempête.

Il s'est endormi et, au réveil, il a constaté que les moutons étaient partis. Il a prié pour retrouver les animaux perdus et, après s'être endormi, a rêvé que le sapin était devenu très haut et épais.

Son rêve s'est réalisé et à son réveil il a grimpé à l'arbre d'où il a pu localiser ses moutons.

Le sapin multiséculaire, sentinelle de Cibin (500 ans). (Photo : Paul Bordaș)

 

 

 

Langage des arbres

 


- Le sapin exprime l'espoir dans l'adversité et une élévation spirituelle ou sociale,

- L'épicéa symbolise la durée, le temps qui passe.

- Le sapin est le symbole de la période des fêtes de Noël et fin d’année

 

 

 

Mythes, rites et traditions du sapin

 

- En Allemagne, il était sensé favoriser la fécondité pour les jeunes mariés ou la prospérité des troupeaux.

- On retrouve des témoignages de ce symbole de prospérité en Silésie et dans les Sudètes.

- En Roumanie, on plante un sapin ou une branche à proximité,  afin d'apporter aux habitants bonheur et joie. Le sapin revêt une grande importance dans les rites nuptiaux, et funéraires. 

- En Angleterre, par contre, il avait plutôt des connotations funestes. Il était réputé pour empêcher un mort de revenir dans sa maison ou signifiait encore l’annonce de la fin prochaine du propriétaire d’un sapin frappé par la foudre.

- C’est pour les cadeaux de Noël des enfants qu’il est le plus universellement connu et utilisé.


 

 

 

Utilisation du sapin


- Le bois de sapin est dense, peu résineux, et utilisé en menuiserie, papeterie et charpente.

- C'est de la résine du sapin que l'on extrait la térébenthine.

 

 

Utilisations alimentaires

 

les jeunes pousses ont une saveur acidulée rappelant le citron: elles sont parfois amères. On peut les grignoter telles quelles ou les ajouter aux salades ; elles peuvent aromatiser divers aliments, le poisson en particulier.

 

 

Le Miel de Sapin :

son utilisation et ses bienfaits


Le miel de sapin est un miel rare, il est très réputé chez les amateurs de par son goût unique et sa rareté. Il arrive même que ce miel soit en pénurie pendant plusieurs années consécutives, ce qui le rend encore plus attractif.

 

Ce miel est unique et ne provient pas du nectar des fleurs comme les autres miels mais des aiguilles du sapin. C’est ce que l’on appelle le miellat, produit principalement par les pucerons et les cochenilles. Les abeilles butinent ces ressources riches en sucres pour le transformer en bon miel.

 

Il faut savoir que pour mériter l’appellation "miel de sapin" la concentration de miellat doit approcher les 80% !


Le miel de Sapin est principalement produit dans les Vosges, comme celui de Secrets de Miel, mais également dans le Jura, l’Alsace et le Massif Central. Il est d’une teinte foncée mais sa couleur peut varier selon le terroir de production.

 

 

Vertus médicinales du sapin
 

- L’huile essentielle des aiguilles du sapin pectiné (Abies alba), l’essence la plus répandue dans les Vosges, est expectorante, antitussive, antibactérienne. Indiquée en période de froid et de fêtes, elle est utile dans les bronchites, la sinusite, les rhumes et toute infection de l’appareil ORL et d’un usage agréable en inhalation en raison de ses effluves balsamiques.  Précieuse aussi est sa capacité à redonner un coup de fouet à un organisme en panne d’énergie en stimulant les glandes surrénales. Pour cet usage, quelques gouttes pures en massage sous la plante des pieds le matin permettent d’affronter une journée énergique.

- Les bourgeons de sapin sont également utilisés en phytothérapie sous forme de tisane, ou dans des sirops pour leurs propriétés sur les voies aériennes. 


- La gomme de sapin baumier  est une oléorésine utilisée en optique et en pharmacie sous le nom de "baume du Canada"

Il pourrait également être l'annedda, l'arbre de vie qui sauva l'équipage de Jacques Cartier d'une épidémie de scorbut.

 

 

 

Ethnobotanique amérindienne


Les Amérindiens l'utilisent :

 

à des fins médicinales diverses.

- La gomme pour les démangeaisons légères et comme onguent antiseptique.

- La gomme en cataplasme sur les fractures, les plaies ouvertes et les blessures, les piqûres d'insectes, les furoncles,les infections, les brûlures, les rhumes,

- Les aiguilles pour faire un thé laxatif et pour faire des cataplasmes. Les racines pour les maladies cardiaques.

- La sève comme remède contre le rhume et toux, les troubles pulmonaires.

- infusion de l'écorce et parfois du bois pour la toux.

- infusion de l'écorce, parfois mélangée à de l'écorce d'épinette et de mélèze, pour soigner la gonorrhée. 

les bourgeons, les cônes et l'écorce interne pour la diarrhée, utilisent utilisent les cônes pour les coliques

- les bourgeons comme laxatif.

- La gomme fondue sur des pierres chaudes est utilisée en inhalation, et les émanations pour soigner les maux de tête.

- Le baume liquide provenant des cloques d'écorce est utilisé pour les yeux douloureux.

- L'écorce est également utilisée pour faire une boisson

 

 

A des fins utilitaires

 

- Les feuilles, les aiguilles et le bois sont fourrés pour faire des oreillers. La croyance veut  que l'arôme empêche d'attraper un rhume. 

- Les rameaux sont utilisés comme tapis pour le sol des tentes, pour fabriquer des abris en broussailles et le bois sert à la fabrication des pagaies.

- Les aiguilles sont utilisées pour la literie, les racines comme fil, et  la poix pour imperméabiliser les coutures des canoës.

- Ils font bouillir la résine deux fois et l'ajoutent au suif ou à la graisse pour faire une poix de canoë.

- Le bois de sapin est utilisé comme combustible.

 

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