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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 20:23

 

 

Mythologie des arbres


L'érable

 

 

L'érable est un arbre du genre Acer, de la famille des Sapindacées selon la classification APG III. La plupart des érables peuvent atteindre entre 10 et 45 m de hauteur, ont des feuilles caduques, mais une minorité en Asie du Sud et dans le bassin méditerranéen sont sempervirentes.


L’érable est un arbre au port majestueux. Très répandu en France, il pousse dans les régions du Centre, du Nord et de l’Est. Il tolère de manque de luminosité, et plutôt tolérant quant à la nature du sol. En forêt, il côtoie Chênes, Hêtres, Ormes et Tilleuls. 

 

L'érable vit ! chante en son vol

Tout le choeur des forêts en fête :

L'érable, de la souche au faîte

Frémit au chant du rossignol.


Nérée Beauchemin (1850-1931) Poète  
Recueil : Patrie intime (1928).


 


 

 

Le faisceau des racines de l'érable est typiquement dense et fibreux. Quelques espèces, dont Acer cappadocicum, drageonnent régulièrement.


Leur feuillage toujours caduc ; presque toujours à lobes palmés,  se pare de belles couleurs éclatantes orange, rouge en automne. Parfois des stries blanches, grises ou rouge marquent son tronc. L'esthétisme est également mis en valeur l'hiver, avec son écorce qui se détache par plaques ou en lambeaux et qui s’enroulent sur eux-mêmes.


Leurs petites fleurs aux couleurs jaunes, orangées, rouges ou vertes attirent les abeilles qui les pollinisent. Elles s'épanouissent à la fin de l'hiver ou au cours du printemps, puis laissent la place aux fruits secs à deux ailes.


 

 

Les disamares (double samare), caractéristique que l'on observe chez tous les érables, formant une hélice prompte à s'envoler,  la graine peut ainsi, grâce au vent, être transportée sur des distances considérables. 
Les samares matures sont une source alimentaire, décortiquées et consommées par rongeurs et passereaux granivores.


 

 

Autres noms de l'érable : Agrelle ; Alezabre ; Argélabre ; Arroube ; Auzeraule ; Bois-biche ; Bois chaud ; Bois de bique ; Bois de coq ; Bois de merde ; Bois de poule ; Coquêne ; Orjol ; Orme jaune ; Ouzraoul.

 

Une acéraie, érablaie ou érablière est un peuplement forestier dominé par les érables.


 

 

La famille des érables est très vaste. :

 

- des montagnes d'Europe, dès le Tertiaire (63 M d'années) :

. Érable plane, Acer platanoïdes

. Érable sycomore ou Érable Faux Platane, Acer pseudoplatanus

. Érable champêtre, Acer campestre, assez fréquent à la campagne, mais souvent malade.

 

- du pourtour méditerranéen :

. Érable à feuilles d'obier ou Érable duret ou ayard, Acer opalus. 

. Érable de Montpellier, Acer monspessulanum, qui supporte néanmoins le froid.

 

- D'Amérique et du Canada :

. Erable rouge (Acer Rubrum)

. Erable à sucre (Acer saccharum) qui donne le sirop d’érable dont les feuilles virent au rouge vif, à l'automne,

. Erable à feuilles composées.

. Erable noir

. Erable argenté

. Erable à grandes feuilles

. Erable à épis

. Erable de Pennsylvanie

. Erable nain

. Erable circiné

 

- des espèces asiatiques, notamment japonaises, 
dont les feuilles ont plus de 5 lobes et qui sont moins hauts. 

 

Petite affiche présentant 12 variétés d'érable que l'on peut retrouver au Canada. 

La forme des feuilles et des samares permettent une identification facile du type d'érable. 


 

 

 

Il existe une centaine d’espèces à travers le monde, 

 

 

Érable de Crète -  Acer sempervirens

Acer creticum, Acer orientale 


C'est une espèce d'arbre, proche de l'Acer monspessulanum, Originaire du Liban, de Crète, de Grèce et de l’ouest de la Turquie, Acer sempervirens se distingue de tous ses congénères. Il est le seul érable à ne pas perdre ses feuilles en hiver.  Comme beaucoup de plantes persistantes, il supporte bien la sécheresse.


Cette caractéristique, étonnante chez un érable en fait un arbre rare et difficile à trouver en culture ou dans les ouvrages de plantes. Mais si c'est cette rareté qui en fait son intérêt principal, il n'en reste pas moins un très mignon petit arbre, à ramure dense de forme ovoïde, ne dépassant pas 7m de haut et aux feuilles très jolies, élégantes, vert sombre aux bords ondulés. 


L'écorce est grise ou légèrement brune. Les jeunes pousses sont cuivrées, très esthétiques. 


Les fleurs de l'érable de Crête, plutôt insignifiantes, jaune verdâtre, donneront naissance à des samares de la même tailles, aux ailes peu écartées. 


 

 

 

Parmi les espèces d'érables les plus ornementales :

 

Erable champêtre - Acer campestre 

L'acer campestre 

 


L'Acer campestre, plus connu sous le nom d'érable champêtre, pousse spontanément en Europe, excepté le nord, et au Magreb. Très rustique (-25° à -30°C), on peut le croiser jusqu'à 1 000 m d'altitude, dans les bois et en lisière de forêts. Suivant sa situation géographique, il deviendra un arbre ou gardera un port arbustif. 

 

De taille moyenne, doté d'un port arrondi et dense, le feuillage vert légèrement satiné de cet érable, caduc, est composé de feuilles de petite taille. On le remarque en automne, lorsque son feuillage prend des tons d'or, de cuivre et de bronze.  

 

Les érables champêtres poussent assez lentement et saccommodent de presque tous les sols et de toutes les situations. On retrouve souvent son port dense et arrondi dans les haies. Haut de 12 m, environ.Les sujets les plus âgés peuvent dépasser 25 mètres de hauteur. Avec le temps, cette essence qui peut vivre bien plus d'un siècle peut former plusieurs troncs enchevêtrés, portant chacun un houppier dense. 

 

On observe souvent une sève laiteuse suintant des feuilles chez cette espèce. Sa floraison très discrète a lieu au printemps, en même temps que naissent les feuilles. Les petites fleurs sont verdâtres groupées en corymbes. Se forment ensuite des fruits ailés souvent rougeâtres, les samares. Les ailes de ce fruit sont opposées, parfaitement alignées.

 

L'érable champêtre forme le bois le plus dur que l'on puisse trouver chez ce genre. Son écorce est de couleur gris pâle et fissurée. Les rameaux des jeunes sujets montrent souvent une écorce liégeuse côtelée.


 

 

 

L'Érable de Montpellier - Acer monspessulanum L. 

 


L'érable de Montpellier, appartient à la section Monspessulanum de la classification des érables, originaire des rivages . Il est parfois appelé Azerou ou Agast, Violonier (provençal).

 

C'est généralement un arbre à l'écorce foncée et à la ramure dense. Le houppier, très ramifié, est généralement dressé mais s'arrondit avec l'âge. De croissance lente à moyenne, il peut atteindre et parfois dépasser 15 m dans des conditions favorables et peut vivre jusqu'à 150 ans. Peu exigeant et rustique, il supporte très bien les sols calcaires et arides. 

 

Ses feuilles opposées, caduques, à 3 lobes entiers, vert foncé sont petites et possèdent un long pétiole. En automne, elles prennent des teintes rouges ou d'or brillant qui le rendent très spectaculaire. 

 

Il fleurit en avril ou mai, avant ou pendant la feuillaison. Les fleurs sont groupées en corymbes glabres, retombants et terminaux, de couleur jaune-verdâtre, soit mâles, soit femelles. Les fleurs femelles ont un pétiole plus court et généralement plus épais que celui des fleurs mâles.

 

Les fruits sont des disamares, pendantes, à ailes pratiquement parallèles, parfois partiellement chevauchantes.

 

A. monspessulanum (et le similaire A. campestre ) est apprécié par les amateurs de bonsaï. Les petites feuilles et la petite taille de l'érable répondent bien aux techniques visant à encourager la réduction et la ramification des feuilles. 


 


 

Erable à peau de serpent - Acer davidii  

 


Originaire de Chine, L'Acer Davidii ou Acer laxiflorum ningpoense, également appelé également appelé érable du Père David, encore Érable jaspé, fait partie des érables dits à peau de serpent, en raison de la beauté de leur écorce verte rayée de blanc, décorative lisse et jaspée, qui évoque la peau de ces reptiles par leurs coloris et leurs motifs. C'est un arbre de mi-ombre, de sols non calcaires et frais. 

 

Avec son écorce originale et bien visible en hiver, son port élégant, de 12 m de haut, sa couronne arrondie à étalée est soutenue par des branches minces et fragiles, légèrement retombantes. Le tronc, simple ou multiple, est court, ramifié près de la base.

 

Cette variété porte des grappes rouges pendantes décoratives, et des feuilles vert foncé à revers plus clair, au jaune orange flamboyant en automne. 

 

La variété "Sélection" offre une écorce vert-rouge marbrée de blanc.


 

 

 

Erable du Fleuve Amour - Acer ginnala 

 


L'érable du fleuve Amour est un petit arbre aux branches minces et arquées, au port étalé, une espèce à utiliser en haie ou en isolé dans les jardins de taille modeste. Il est très résistant, bien adapté au milieu urbain et supporte bien la taille.

 

Les disamares sont rose rouge et les fleurs blanc crème et parfumées sont disposées en grappes dressées, suivies de fruits ailés rose vif. 

 

Son feuillage vert prend une magnifique couleur jaune orangé puis rouge écarlate en l'automne. 

 

De croissance rapide, Acer ginnala est rustique (-15°),   de culture facile à condition d'être installé dans un sol frais, riche et bien drainé. Il apprécie les expositions ensoleillées, mi-ombre.


 


 

 

Érable à feuilles de frêne - Acer negundo

 


L'Erable negundo est une espèce d’une dizaine de mètres de hauteur est originaire de l’est de l'Amérique du Nord. On l'appelle aussi Érable à giguère, peut-être par déformation du nom "érable argilière" qu'utilisaient les Français de l'Illinois, en 1814. Il est appelé parfois , Érable américain ou Érable à feuilles composées. Cette essence a été introduite sur d'autres continents en tant qu'arbre d'ornement pour les parcs et jardins. 

 

C'est un arbre très rustique (-15°), à croissance rapide, supporte l'exposition au soleil, à port étalé, à feuilles vertes caduques, avec des grappes de minuscules fleurs jaune verdâtre non parfumée à la fin du printemps. Il a la particularité de produire des bourgeons et des feuilles jusqu'aux premières gelées. Son bois est cassant, rendant les travaux d'élagage parfois dangereux.

 

L'Acer negundo "Flamingo" est un érable à port étalé et à croissance rapide. Très rustique. Ses feuilles sont marginées de crème et de rose à l'extrémité des pousses au printemps. Très ornemental, c'est un arbre d'environ 7 mètres de haut, aux feuilles panachées, vert brillant, marginées de blanc et de rose au printemps. Le plus : il supporte les terrains calcaires.


 

 

 

Érable cannelle - Acer griseum  

 


L'Acer griseum est un érable très original, originaire de Chine, pouvant atteindre 10 m de hauteur, appelé aussi "Erable à écorce de papier" ou "Erable cannelle", est rustique jusqu'à -30°C.

 

Il est reconnaissable à son étonnante écorce brun cannelle, qui s'exfolie en vieillissant. De plus il agrémente les jardins en automne grace à ses feuilles qui se teintent de jaune orangé. voire rouge écarlate, mais c'est en hiver qu'elle est la plus remarquée.  

                    
De culture facile, de croissance lente, il pousse dans tout sol frais, fertile, bien travaillé et bien drainé, en situation mi-ombragée. Son port est étalé, avec des branches minces et fragiles. Les feuilles caduques, opposées, sont vert clair puis orangé et rouge en automne. En juin, une floraison jaune en grappes pendantes sont suivies de samares velues d'avril à mai,  laisse place à des fruits ailés. 


 

 

 

L’érable sycomore  - Acer pseudoplatanus

 


L'érable sycomore est une espèce d'arbres de grande taille  fréquent en Europe. On l'appelle parfois faux platane, grand érable, ou érable de montagne, plus rarement érable blanc.

 

Il s'agit d'un arbre à croissance rapide les premières années, et qui rejette facilement de souche quand il est coupé. L'érable sycomore est un grand arbre à tige élancée, pouvant atteindre 35 à 40 m de haut et un diamètre de 3,5 m . Sa durée de vie peut atteindre les 500 ans.

 

L’écorce est d’abord lisse et gris jaunâtre, puis gris rougeâtre et de plus en plus foncée sur les arbres âgés où elle se détache en s’écaillant en larges plaques.

 

Les feuilles, opposées, caduques,  palmées, à long pétiole (légèrement cordiforme à la base), glabres et vert sombre à la face supérieure, vert glauque portant des poils sur les nervures à la face inférieure.

 

Il ne fleurit que vers 20 à 25 ans. Les fleurs de couleur vert jaune, groupées en panicules tombantes, apparaissent avec les feuilles, à la différence de celles de l'érable plane dont les fleurs groupées en corymbes dressés apparaissent avant les feuilles. Les fruits sont des disamares dont les ailes sont écartées.

 

L'Acer pseudoplatanus "'Brilliantissimum",  l'érable crevette, se distingue des autres érables sycomores par sa petite taille (3 à 5 m) et la couleur rose saumoné de ses feuilles au printemps. Il apprécie la mi-ombre.


 

 

 

L'Érable plane -Acer platanoides L.  

 


L'Érable plane est un arbre de grande taille, fréquent dans les régions collinéennes et montagneuses d'Europe. Il est parfois appelé Érable de Norvège, Iseron, Plane, Main-découpée, Plaine ou Faux Sycomore.

 

Son nom lui vient de la forte ressemblance des feuilles avec celles du platane.

 

C'est un grand arbre à tige élancée, de croissance très rapide pendant les premières années, rejette facilement. Il peut atteindre 20 m à 30 m de haut et une circonférence d'environ 8 à 9 m. Le diamètre de son tronc peut atteindre 1 m. Il peut vivre jusquà 200 ans. Il atteint ses plus belles proportions dans les forêts de feuillus où les chênes, tilleuls et ormes sont dominants.

 

L'écorce est brune, et présente de nombreuses crevasses peu marquées. Les fleurs vert jaune, groupées en corymbes dressés, apparaissent avant les feuilles.

 

En général, l'érable plane commence à fleurir à l'âge de 15-20 ans. Les feuilles, opposées, caduques, palmées , glabres, vertes et luisantes, à long pétiole. Elles prennent une très belle teinte jaune à l'automne.

 

Les fruits sont des disamares à ailes horizontales larges très écartées.

 

Cette espèce est répandue dans presque toute l'Europe, ainsi qu'en Asie dans la région du Caucase, en Iran et en Afghanistan. On le rencontre jusqu'à une altitude de 1 500 m en France. Il a été introduit entre autres en Amérique du Nord, où il est considéré comme invasif et nuisible. 

 

C'est une essence de demi-ombre. Il apprécie un climat assez humide, avec des tendances continentales ou montagnardes.  

 

Il est cultivé comme arbre d'ornement et beaucoup planté comme arbre d'alignement.

 

 

 

Erable du Japon  - Acer palmatum 

 


L'érable du Japon, est un petit arbre qui vient de l'Est de l'Asie. Sa cime étalée et arrondie, ample et gracieuse, ses branches parfois tortueuses, procure une ombre légère et laisse magnifiquement filtrer les rayons du soleil dans sa frondaison. 

 

C'est un très joli arbuste qui séduit par ses couleurs chatoyantes.  Au fil des saisons, il évoluera, du vert bronze ou tendre au pourpre sombre, à l'écarlate ou à l'orange vif. Une même branche peut porter des feuilles palmées ou ciselées en lanières et qui prennent d'extraordinaires et changeantes couleurs. 

 

Des fleurs rougeâtres sans grand intérêt apparaissent en avril avant des fruits rouges ailés, en septembre.

 

Le choix des variétés est vaste. Leur port peut être érigé ou retombant ce qui leur confère une multitude d'utilisations différentes. Beaucoup de variétés ont une couleur automnale remarquable, certains ont même une couleur de bois rouge corail pendant l'hiver, brun olive au printemps, vert en été et rouge brillant à l'automne.

 


 

 

L’Érable argenté - Acer saccharinum, 

 


L'érable argenté, érable de Virginie ou Plaine blanche (Canada),  dont l'espérance de vie est comprise entre 100 et 150 ans. Il peut atteindre de 20 à 30 m de haut. 

 

L'écorce est gris argenté et son bois est tendre. Le système de racines est peu profond et fibreux. Il s'étend en largeur beaucoup plus qu'en profondeur. La croissance est rapide. 

 

Le feuillage est caduc, avec des feuilles découpées, vertes au-dessus et argentées en dessous, jaunes ou orangées en automne, un pétiole vert ou rose. Les rameaux sont légèrement retombants. Les fleurs jaune verdâtre apparaissent à la fin de l'hiver ou au tout début du printemps.

 

Les fruits sont des disamares ailées mûres dès le mois de mai/juin.  Elles servent souvent de premières nourritures printanières aux animaux de la forêt. L'arbre commence à produire des fruits à partir de 10 ans.

 

L'érable argenté, tout comme l'érable à sucre et l'érable rouge, peut être entaillé pour produire du sirop d'érable, de teinte plus claire que celui des deux autres espèces, par contre, son eau est la moins sucrée.

 

L’arbre est originaire de l’Est de l'Amérique du Nord. Il est fréquent dans les parcs car il supporte bien la pollution atmosphérique des villes.

 

Il pousse à l'état sauvage dans les vallées humides et le long des cours d'eau. L'érable argenté apprécie un sol humide, plutôt argileux, et évite le calcaire. Il tolère les inondations temporaires, fréquentes dans son environnement naturel, en zone inondable près des grands cours d'eau de plaine. Il apprécie le soleil, ou la mi-ombre. Il est rustique, s'adapte très bien à presque toutes les conditions de sol et beaucoup mieux aux conditions urbaine que l'érable rouge et l'érable à sucre et résiste jusqu'à -35°. 

 

L’arbre a été introduit en Europe en 1725. Parmi les érables américains, il est l'un de ceux qu'on rencontre le plus fréquemment en Europe, avec l'érable negundo, pour l'ornement des espaces verts ou planté en alignements dans les rues des villes. La plupart des spécimens appartiennent à la forme laciniatum, au feuillage clair très découpé. La forme sauvage se rencontre souvent dans les parcs anciens mais est rarement planté de nos jours.


 

 

 

L’Érable à sucre - Acer saccharum

 


L'érable à sucre ou Érable franc  est une espèce d'arbres nord-américains de la famille des sapindacées, qui peut vivre jusqu'à 250 ans. L'arbre est reconnaissable par son feuillage jaune, orangé et rouge en automne et est très apprécié pour son eau qui coule au printemps et qui sert à faire le sirop d'érable.

 

L'érable à sucre est un arbre pouvant atteindre 35 m de hauteur, et exceptionnellement jusqu'à 45 mètres.

 

Les feuilles caduques  ont 5 lobes palmés, les lobes inférieurs sont relativement petits, tandis que les supérieurs sont plus grands et profondément entaillés. Les couleurs d'automne apparaissant lors de l'été indien sont souvent spectaculaires, allant du jaune vif à l'orange fluorescent et au rouge orangé. Les feuilles et les bourgeons sont pointus et bruns. L'eau d'érable est très bonne, mais le sirop d'érable qui est fait avec cette eau est encore meilleur.

 

Les fleurs sont en corymbes jaune-vert et sans pétales; la floraison a lieu au début du printemps. Le fruit est une samare dont les ailes portent deux graines globuleuses tombant de l'arbre en automne.

 

L'érable à sucre est facilement identifiable par sa sève claire dans le pétiole, ses bourgeons sont bruns. Sur les arbres âgés, l'écorce est exfoliée. Le revers de la feuille est mat,  les lobes de la feuille d'érable à sucre ont une forme rectangulaire.

 

On le retrouve principalement en Amérique du Nord et surtout au Québec vers la côte Est, et dans une vaste partie du nord-est des États-Unis. Dans sa région d'origine, l'espèce a une croissance rapide (10 mètres en 20 ans).

 

L'érable à sucre a besoin d'un sol riche, profond et assez frais. Il est très rustique et peut être planté jusqu'à 1 000 m d'altitude. C'est une essence d'ombre qui dépérit souvent à l'âge adulte si planté au plein soleil et qui supporte mal la pollution des villes.

 

La culture de l'érable dans le but d'en faire du sirop d'érable s'appelle de l'acériculture. Il a été introduit en Europe, mais pas en grand nombre, et les spécimens y sont généralement de moindre taille. En France, on le rencontre notamment dans la région du Limousin.

 

L'usage principal de cette espèce reste la production de sirop d'érable. Durant l'été, l'érable à sucre fabrique des sucres. Au début de l'automne, ces sucres sont transformés en amidon dans les racines pour y passer l'hiver. Durant l'hiver, l'eau gèle et la sève ne circule presque pas. Au printemps, l'amidon dans les racines est transformé en sucre . Cette transformation attire l'eau du sol. Les cycles quotidiens de gel et dégel pompent, dans le tronc, cette eau sucrée appelée "eau d'érable".

 

L'eau d'érable n'est pas de la sève. Celle-ci, nettement plus chargée en minéraux et molécules organiques complexes, ne remonte par les racines que lorsque le métabolisme de l'arbre est relancé. L'arrivée de la sève et de son goût amer marque la fin de la récolte d'eau d'érable. Donc, on ne récolte pas la sève mais l'eau d'érable. 

 

En été, l’arbre produit des feuilles qui transforment la sève brute en sève élaborée. Celle-ci fait croître les racines de l’arbre qui produisent encore plus de sève brute. Ce cycle permet à l’arbre de se développer. C’est pendant cette période que l’érable produit des fruits, appelés samares.

 

En automne, l’érable relâche les samares. Puis en octobre, l’absence de sève brute dans les feuilles de l’arbre les fait rougir puis tomber.

 

Afin de produire le sirop d'érable, les arbres ne sont mis en production qu'après environ 40 ans de croissance. C’est au printemps que l’on récolte l’eau d’érable par des trous forés dans le tronc. 


 

 

 

Pollinisation

 


La pollinisation des fleurs, un bouquet de micro-fleurs vertes, jaunes, orangées ou rouges selon les espèces, s'effectue par le vent, mais elle peut aussi être opérée par des insectes. 

 

Elles fournissent aux insectes du pollen et du nectar dès la sortie de l'hiver, avant l'arrivée des feuilles. Les bourgeons nourrissent également de nombreux oiseaux.

 



 

 

 

Étymologie 

 


Le nom érable apparaît au milieu du 13ème siècle. Il vient du vieux latin "acerarbot", où "acer" d'origine indo-européenne signifiant "pointu, dur". 

 

 

Erable s'est dit en latin classique Acer, aceris

Pour éviter tout confusion avec l'adjectif acer, acris, acri = aigu, âcre, vif, on a ajouté le nom arbor. 

On a en bas-latin "acer arbor" pour désigner l'érable.

Acer arbor est devenu "acerabulus" (acer et du gaulois abalo "pomme")

un peu plus tard acerabulus, qui, accentué sur le second a, devient "acerable", "Arblay", "Araule", "Azérable",  "arable", "esrable",  érable.

 

 

 

Mythologie grecque

 

 

Phobos, fils d'Arès et d'Aphrodite, frère de Déimos, dieu de la peur panique et de l’épouvante représente la crainte.

 

Il accompagne son frère et son père sur les champs de bataille. Il harcelait les troupes de guerriers antiques, où il inspirait la peur de mourir aux soldats du camp adverse. Ces derniers refusaient alors le combat. Ainsi, le mot phóbos (signifiant "peur" en grec ancien) a donné le mot "phobie" en français. 

 

Phobos est souvent représenté dans l’art avec un visage effrayant aux yeux exorbités et à la bouche grande ouverte et grimaçante. Cette figure inquiétante, font naître la crainte chez celui qui la regarde comme si le dieu exerçait encore aujourd’hui son pouvoir.

 

L’érable était considéré comme la marque de Phobos, à cause de la couleur rouge sang de ses feuilles durant l’automne. 

Phobos (mosaïque du IV° siècle apr. J.-C., Halicarnasse). British Museum


 

 

 

Mythologie celtique

 

Calendrier celtique :

11 au 20 avril et 14 au 23 octobre - Érable

Périodes liées à la feuillaison et à la chute des feuilles.

 

Dans l'astrologie celtique, l'érable représente la résistance, et une personne débordant d'imagination et d'originalité, timide et réservé, ...

 

"Pour les druides, une bonne étoile veillait sur la destinée de leurs protégés car l'érable était le messager des dieux. Ceux-ci parlaient aux hommes dans le souffle du vent agitant les hautes branches de l'arbre. Ils utilisaient sa sève comme breuvage destiné à calmer les esprits impulsifs et violents. On assurait que cette potion, mélangée avec d'autres sucs végétaux, avait également la capacité d'apaiser les inflammations de toutes sortes. 

 

Dans la forêt de Brocéliande, c'est un érable immense qui dominait la fontaine de Barenton dans laquelle Merlin l'Enchanteur venait puiser des gobelets d'eau pure."


 

 

 

Légende du sirop d'érable

 


Les Micmacs 

(peuple autochtone de la côte nord-est d'Amérique). 

 

Une vieille femme Micmac alla un jour de printemps recueillir la sève d’érable. Comme elle trouvait qu'elle était meilleure chaude, elle se mit à la faire chauffer sur le feu, à l’intérieur de son tipi.

Après toute cette récolte, la vieille dame fatiguée s’endormit. C'est lorsqu'elle se réveilla beaucoup plus tard qu'elle trouva dans son pot un sirop clair et sucré.

 


Les Algonquins

(peuple autochtone ayant historiquement occupé certaines parties de l'ouest du Québec et de l'Ontario, avec pour centre la rivière des Outaouais et ses affluents).

Un Algonquin enleva son tomahawk d’un érable qu’il avait planté le jour d’avant. La sève se mit alors à couler. Sa femme, voyant cela, décida d’y goûter et trouva cela très bon.

Elle décida de s’en servir pour faire cuire la viande. Son homme apprécia vraiment le goût de celle-ci et décida d’appeler ce met "sinzibuckwud" qui signifie  "tiré des arbres".

 


La légende des Fendilles, ou légende iroquoise

 

Par un beau matin froid et piquant, il y a fort longtemps, un chef Iroquois du nom de Woksis sortit de sa hutte. Puisqu’il devait aller à la chasse, il retira son tomahawk (hache) de l’érable dans lequel il l’avait plantée la veille au soir. Le tomahawk avait fait une profonde fente dans l’arbre mais Woksis n’y fit pas attention. Il partit chasser. Un récipient en écorce de bouleau était posé au pied de l’érable. Goutte à goutte, la sève qui ressemblait à de l’eau s’écoula de l’entaille faite dans le tronc de l’érable et remplit le récipient.

Le lendemain, la femme de Woksis remarqua que le récipient était plein. Pensant que la sève incolore était de l’eau, elle s’en servit pour faire un ragoût de gibier. Le soir venu, au souper, Woksis sourit et dit à sa femme: "Ce ragoût est délicieux. Il a un goût sucré". N’y comprenant rien, la femme trempa son doigt dans le ragoût qui avait mijoté tout l’après-midi. Woksis avait raison: le ragoût était sucré. On venait de découvrir les fendilles sucrées qui nous donnent le bon sirop d’érable.

 

 

- 65 millions d'années /  - 2,58 millions d'années 

 


Des fossiles retrouvés en Asie ont été datés du Paléocène et en Amérique du Nord datés de l’Éocène d’ailleurs en 1976.

 

Le spécialiste des érables Piet de Jong a estimé l’origine des érables au début du Tertiaire au Sud-Est de la Chine ; la diversification des sections se serait généralement achevée vers la fin de l’Éocène. 

 

Au Japon, des érables fossiles vieux de 6 millions d'années ont été trouvés dans la ville de Yuzawa dans la préfecture d'Akita. 

 

En Europe, les érables des montagnes étaient présents sur terre avant les grandes glaciations.
 

Période du miocène -

Feuilles fossiles d'Acer trilobatum (Sapindaceae, Miocène)

gisement d'Öhningen, Allemagne, 

Muséum National d'Histoire Naturelle de Karlsruhe, en Allemagne.

Auteur    H. Zell


 


 

 

VII° siècle av. J.C.

 


Homère (VII° siècle av. J.C.) poète grec  


Iliade - Cheval de Troie


Après dix ans de siège Ulysse imagine alors une ruse pour investir la cité : faire entrer dans Troie un gigantesque cheval de bois d'érable champêtre (acer campestre),  dans lequel les Grecs en armes prennent discrètement place.  L'architecte charpentier Épéios se charge de la construction.


Les Troyens, voyant le champ de bataille déserté, croient avoir gagné la guerre. Pensant que le cheval est une offrande, ils le font entrer à l'intérieur de leurs murs. À la nuit tombée, les Grecs, jaillissant des flancs de bois du cheval et s'emparent définitivement de la cité...


Henri-Paul Motte - Le Cheval de Troie

 


 

 

I° siècle av. J.C.

 

 

Virgile (né vers 70 av. J.-C.-19 av. J.-C.) poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l'empereur Auguste.

Énéide - Livre III

Chute de Troie - Mission d'Enée

Cheval et Grecs dans Troie 

Récit d'Énée. 
2, 110

..."Souvent les Danaens ont voulu s'enfuir, abandonner Troie

et s'éloigner, épuisés qu'ils étaient par cette guerre sans fin.

Ah ! Que ne l'ont-ils fait ! Souvent l'âpre tempête marine

les a retenus, et l'Auster les a effrayés au moment du départ.

En particulier, quand déjà se dressait ce cheval en planches d'érable,

des nuages grondèrent dans toute l'immensité du ciel"....
 

 

 


Properce (Sextus Propertius) poète latin  (47 av. J.-C.-v.16/15 av. J.-C.)

Chapitre IV. L’élégie de Vertumne : l’œuvre trompeuse

..."Jusqu’à Numa, j’étais un simple tronc d’érable, rapidement taillé à coups de serpe, dieu pauvre dans une ville que j’aimais. Mais puisse la terre des Osques t’être légère et ne pas meurtrir tes mains d’artiste, Mamurius, toi qui cisela mes traits dans le bronze et sut si habilement couler ma statue pour lui faire remplir tant de rôles. Unique est l’œuvre, mais nombreux sont les hommages qu’elle reçoit. (59-64)"...

Vertumne et Pomone   Début du XVIe siècle – Francesco Melzi


 


 

I° siècle

 


Pline l’Ancien (23 apr. J.-C-79) écrivain et naturaliste romain du ier siècle, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).

Histoire naturelle 


Livre Seize

..."XXVI. (XV.)  L'érable (acer pseudoplatanus, L. ), a peu près de la même grosseur, vient immédiatement après le citre (XVIII, 29), pour l'élégance et le fini des ouvrages. On en distingue plusieurs espèces. Le blanc (acer pseudoplatanus, L. ), qui est d'une blancheur admirable, est appelé gaulois dans l'Italie transpadane, et il vient au delà des Alpes. L'autre espèce a des taches marbrées; dans toute sa beauté, il est dénomme d'après sa ressemblance avec la queue du paon; le meilleur est en Istrie et en Rhétie. L'érable de qualité inférieure se nomme crassi venium. Les Grecs les distinguent par l'habitat : l'érable de plaine étant blanc, ou marbré (ils le nomment glinus) (acer creticum), l'érable de montagne étant marbré, plus dur; et dans cette espèce même le mâle est plus marbré et s'emploie dans des ouvrages plus élégants. La trolsième espèce, d'après les Grecs, est le zygia (acer compestre, L. ), bois rougeâtre, facile à fendre, a écorce livide et raboteuse; d'autres auteurs aiment mieux en faire une espèce indé pendante de l'érable, et le nomment en latin carpinus (charme, carpinus netulus, L.)

 

XXVII. 

(XVI.) 1 

Ce qu'il y a de plus beau dans l'érable, c'est le bruscum, et surtout le molluscum. Ce sont deux tubérosités de cet arbre; le bruscum a des veines plus contournées; celles du molluscum sont repandues d'une manière plus simple : et si le molluscum était assez gros pour faire des tables, on le préférerait indubitablement au citre.

 

(XIII, 29) :

au lieu qu'à part les couvertures des tablettes et le plaqué des lits, on ne le voit que rarement employé. On fait aussi avec le bruscum des tables noirâtres. On trouve dans l'aune (talnus lutinosa, L) une tubérosité aussi inférieure aux précédentes que l'aune lui-même est inférieur à l'érable. L'érable mâle fleurit le premier. On préfère aussi les érables venus dans des lieux secs aux érables venus dans des lieux humides; il en est de même pour le frêne. Il y a encore au delà des Alpes un arbre dont le bois est très semblable a celui de l'érable blanc; on le nomme staphylodendron (staphylea ponnata, L. ); il porte des gousses, et dans ces gousses des noyaux, qui ont le goût de l'aveline"....


 


 

VIII° siècle

 


Vers 760


Au Japon, les mots "momiji" et "kaede" sont synonymes avec érables. 


Le mot kaede est dérivé du kaerude dans le "Manyoshu" (Recueil de dix mille feuilles) première anthologie de poèmes japonais datée des environs de 760.
Ce mot s’inspirerait de la similitude entre la forme de la feuille et la patte d’une grenouille. Le mot japonais pour grenouille est kaeru. Le momiji serait la forme dérivée du mot momizu..


Dans le Japon ancien momizu signifiait changer de couleur, c'est-à-dire, tourner au rouge ou au jaune. Ils auraient été appelés momiji parce qu'ils étaient représentatifs des arbres qui changent de couleur en automne.


 


 

Zhāng Jì, poète chinois du VIII° siècle.

 

 

Je m'ancre pour la nuit au Pont des Erables

 


Au moment où la lune se couche, les corbeaux crient et l'air se rafraîchit.

Eclairé par les lampes des pêcheurs, mélancolique, je somnole sous les érables.

Je suis subitement réveillé par la cloche du Temple de la Montagne Glacée,

Qui annonce à minuit l'arrivée d'un bateau de passagers.


 

 

 

XIV° siècle

 


En Europe durant le Moyen-âge, le bois était utilisé lors de rituels pour chasser le "mauvais esprit".

 

Première moitié du XIV° siècle

Décor de feuilles d'érable, vitrail église des franciscains de Colmar.


 

 

 

1557


Lors d’un de ses voyages au Canada, que Jacques Cartier coupe un arbre d’où, à son étonnement, s’écoule une sève au goût sucré. Les Premières Nations lui apprennent alors que cet arbre magique s’appelle "couton". Aujourd’hui, nous le connaissons sous un autre nom :


"érable à sucre"


Il est le premier Européen à avoir écrit sur l’érable à sucre et l’eau d’érable.

Arrivée de Jacques Cartier à Quebec, 1535

 

 

 

XVIII° siècle

 


1700

Depuis toujours ou presque, les Amérindiens avaient donc appris à recueillir la sève d’érable et à la transformer en sirop.


C’est seulement dans les années 1700 que les Québécois ont su tirer profit de cette grande découverte.


 

 

Acer L.

Ce nom fut donné en 1719 par Tournefort et reconnu par Carl von Linné en 1735 et confirmé en 1753.

 


 

Herbier du XVIII° siècle.

Acer tomentosus

Ancien herbier du grand séminaire

Originaire de Virginie, répandu dans les jardins, connu aussi sous les noms de : érable rouge, érable de Charles Wager. 

 


 

 

 

Kitagawa Utamaro (v. 1753-1806) peintre japonais


Courtisane au kimono décoré de feuilles d'érables avec recueil de poèmes à ses pieds


 

 

 

1793

 

Calendrier républicain


Le calendrier républicain  est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé pendant la Première République puis l'Empire jusqu'en 1806. Il commence le 1° vendémiaire an I (22 septembre 1792), déclaré premier jour de l'"ère des Français", mais n'entre en vigueur que le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793).


Dans le calendrier républicain, l'Érable était le nom attribué au 21° jour du mois de frimaire.


22 novembre : Le Soleil répond au Sagittaire

 

Pouvons nous de l'hiver sous nos climats heureux

Redouter les rigueurs lorsque la chasseresse 

Dans les bois effeuillés affrontant les frimas

Décoche sur un Daim ses traits avec adresse


 


 

Utagawa Hiroshige (1797-1858) dessinateur, graveur et peintre japonais


série Cent vues d'Edo, 

 

nº 091, partie 3: automne.

À l'intérieur du sanctuaire Akiba à Ukeji

La planche met en valeur les feuilles d’érable aux couleurs orange et ocre reflétées par l'eau. 

 

 

 

nº 094, partie 3: automne.

Les érables à Mama, le sanctuaire Tekona et le pont de Tsugihashi 

L’image est encadrée par les troncs de deux érables dont les branches s'entrelacent et dont la couleur automnale des feuilles présente une teinte à la fois rougeâtre et noirâtre 


 

 

 

Charles-Hubert Millevoie (1782-1816) écrivain français

 


La tendresse maternelle


..."Elle lui forme un lit de fleurs et de feuillage,

De l'érable docile agite le rameau...

Et ne s'aperçoit pas qu'elle berce un tombeau !


 

 

 

1848


Utagawa Kunisada (1786-1865), connu également sous le nom Utagawa Toyokuni III
peintre d'ukiyo-e les plus populaires du XIX° siècle


Jeune beauté sous les érables en automne

 

 


Art nouveau

19° siècle

Vase Montjoye - François Théodore Legras 

Vase verre à fond givré vert amande et travaillé à l'acide, avec des feuilles d'érable en relief.


 

 

 

Sir Charles Wager (1666-1743), officier de marine britannique est une figure marquante et son nom a été donné à un arbre et à des lieux géographiques :

 

- l'arbre est un érable (Acer tomentosum), qui figure sous le nom de "Sir Charles Wager's maple" (car "c'est cet amiral qui l'a fait venir en Angleterre"), ou d'"Érable à fleurs" dans les livres de botanique de l'époque. Selon le "Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle appliquée aux Arts…," (société de naturalistes et d'agriculteurs, imprimerie de Crapelet, Paris 1803 — Histoire des arbres forestiers par F.A. Michaux, 1810), il ne s'agit pas d'une sous-variété, et cet arbre s'individualise par le duvet cotonneux qui recouvre l'extrémité de ses rameaux, ses ovaires glabres, ses capsules globuleuses, et surtout par ses grandes grappes de fleurs écarlates "dont les plus jeunes branches sont si bien garnies, qu'à une petite distance l'arbre en parait tout couvert".

 

Les chimistes de l'époque  se sont intéressés à l'érable de Wager : il figure (avec l'olivier de Bohème, le cornouiller mâle, le sumac de Virginie, le marronnier d'Inde) dans les compositions de produits astringents utilisés pour le tannage des peaux. 

 

 

Pierre Petitclair (1813 - 1860) écrivain québécois. Il a écrit plusieurs pièces de théâtre.

Anthologie de la poésie québécoise

du XIX° siècle (1790-1890)

par John Hare - Cahiers du Québec / Hurtubise HMH, 1979

 

 

L'érable


 

Parti du nord, l'hiver, en frissonnant,

Déroule aux champs son froid manteau de neige !

L'arbuste meurt, et le hêtre se fend.

Seul au désert, comme un roi sur son siège,

Un arbre encore ose lever son front.

Par les frimas couronné d'un glaçon ;

Cristal immense, où brillent scintillantes

D'or et de feux mille aigrettes flottantes,

Flambeau de glace, étincelant la nuit,

Pour diriger le chasseur qui le suit :

Du Canada c'est l'érable chérie,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

Mais quand zéphyr amollit les sillons,

Que le printemps reparaît dans la plaine,

Le charme cesse ; ils tombent ces glaçons,

Comme des bals la parure mondaine

Dont la beauté s'orne tous les hivers.

L'arbre grisâtre échauffé par les airs,

Verse des pleurs de sa souche entr'ouverte,

Comme un rocher suinte une écume verte ;

Mais douces pleurs, nectar délicieux,

C'est un breuvage, un mets digne des dieux ;

Du Canada, c'est l'érable chérie,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

L'été s'avance avec ses verts tapis ;

Et libre enfin du bourgeon qui la couvre,

En festins verts sur chaque rameau gris,

Comme un trident une feuille s'entr'ouvre ;

L'arbre s'ombrage, épaissit ses rameaux,

Fait pour l'amour des voûtes, des berceaux.

Sur le chasseur, l'émigré qui voyage,

Le paysan, il étend son feuillage,

Dôme serré qui brave tour à tour

Les vents d'orage et les rayons du jour :

Du Canada, c'est l'érable chérie,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

L'automne enfin sur l'aile d'Aquilon,

Comme un nuage emporte la feuillée,

Et verse à flots sur l'humide vallon,

Brume, torrent, froid, brouillard et gelée.

L'érable aussi dépouille son orgueil,

Et des forêts sait partager le deuil ;

Mais en mourant, sa feuille, belle encore,

Des feux d'Iris et du fard de l'aurore,

Tombe et frémit, en quittant son rameau,

Comme le vent siffle aux mâts d'un vaisseau :

Du Canada, c'est l'érable chéri,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français

 


À Vianden


..."Il songe. Il s'est assis rêveur sous un érable.

Entend-il murmurer la forêt vénérable ?"...
 

 

 

1839


Alexandre Dumas Père (1802-1870),  écrivain français 


Othon l’archer, 

..."Othon sortit aussitôt de l’église, (…), acheta un arc du meilleur bois d’érable qu’il put trouver, choisit une trousse garnie de ses douze flèches"...

 

 

1867


Acer Palmatum v.14 (1867) 


- L'Illustration horticole - Biodiversity Heritage Library


 

 

 

William Chapman (1850-1917) journaliste, poète et traducteur canadien.


..."Le véritable poète ne peut rien produire (…) sans que ses écrits portent un vague reflet de souffrance ; tel l’érable de la forêt canadienne, qui ne peut donner sa sève délicieuse sans une blessure au flanc"...
 

 

 

1882

 

Le comte Angelo De Gubernatis (1840-1913) écrivain, poète, linguiste, philologue et orientaliste italien. 


Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 
(C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


"Érable" (acer) —

Cet arbre est l’objet d’un culte spécial en Allemagne. Autrefois, en Alsace, on attribuait à la chauve-souris la propriété de faire avorter les œufs de cigogne ; dès qu’elle les avait touchés, ils étaient frappés de stérilité. Pour s’en préserver, la cigogne plaçait dans son nid quelques rameaux d’érable, et la seule puissance de cet arbre redouté en interdisait l’entrée au vespertilio. On plaçait aussi des branches d’érable au-dessus de l’entrée des maisons que l’on voulait soustraire aux visites de la chauve-souris"...
 

 

 

1889


Les Japonais ont fait évoluer leurs propres cartes vers une thématique plus culturelle : les fleurs. Le plus connu des cartiers de hanafuda est Nintendo. La célèbre marque (qui est plus connue maintenant pour ses jeux vidéo) a en effet été créée en 1889 afin de commercialiser les cartes de hanafuda 


Le Hanafuda

- 花札, traduit comme le "Jeu des fleurs" - est un jeu de cartes traditionnelles japonais. Il se compose de 48 cartes réparties en 12 mois du calendrier japonais. Chaque mois comporte un thème floral et des symboles que propose la nature japonaise à travers les saisons d'une année.


 

 

 

XX° siècle

 

 

Albert Lozeau (1878-1924) poète canadien-français.

 

 

Érable rouge

 


Dans le vent qui les tord les érables se plaignent,

Et j'en sais un, là-bas, dont tous les rameaux saignent !

 

Il est dans la montagne, auprès d'un chêne vieux,

Sur le bord d'un chemin sombre et silencieux.

 

L'écarlate s'épand et le rubis s'écoule

De sa large ramure au bruit frais d'eau qui coule.

 

Il n'est qu'une blessure où, magnifiquement,

Le rayon qui pénètre allume un flamboiement !

 

Le bel arbre ! On dirait que sa cime qui bouge

A trempé dans les feux mourants du soleil rouge !

 

Sur le feuillage d'or au sol brun s'amassant,

Par instant, il échappe une feuille de sang.

 

Et quand le soir éteint l'éclat de chaque chose,

L'ombre qui l'enveloppe en devient toute rose !

 

La lune bleue et blanche au lointain émergeant,

Dans la nuit vaste et pure y verse une eau d'argent.

 

Et c'est une splendeur claire que rien n'égale,

Sous le soleil penchant ou la nuit automnale !


 

 

 

Tokuriki Tomikichirō (1902-2000) artiste et peintre japonais, 

gravure sur bois

Rochers et érables rouges devant le temple situé dans la forêt.

 


 

 

Lionel Groulx (1878-1967) Historien, prêtre-éducateur et intellectuel 

Les Rapaillages, Montréal, éditions Le Devoir, 1916, p. 9-11.  

 


 

La leçon des érables

 


   Hier que dans les bois et les bruyères roses,

   Me promenant rêveur et mâchonnant des vers, 

   J'écoutais le réveil et la chanson des choses,

   Voici ce que m'ont dit les grands érables verts : 

 

   "Si notre front là-haut si fièrement s'étale ;

   "Si la sève robuste a fait nos bras si forts,

   "C'est que buvant le suc de la terre natale,

   "Nous plongeons dans l'humus des grands érables morts. 

 

   "Si nos rameaux font voir de hautaines verdures,

   "C'est pour perpétuer, au siècle où tout s'éteint,

   "La gloire des géants aux fières chevelures

  "Qui verdirent pour nous depuis l'âge lointain.

 

   "Dans nos feuilles, parfois, une brise commence,

   "Dolente, le refrain des vieux airs disparus.

   "Écoutez : elle chante et l'âme et la romance

   "Des aïeux survivants en nos feuillages drus. 

 

   "Tantôt, l'air solennel des graves mélopées  

   "Incline, avec le vent, notre haut parasol ;

   "Un orgue ébranle en nous le son des épopées ;

   "Nous respirons vers Dieu la prière du sol ! 

 

   "Prier, chanter avec la brise aérienne

   "Et l'âme du terroir et l'âme des aïeux ; 

   "Et puis, se souvenir afin qu'on se souvienne,

  "Voilà par quels devoirs l'on grandit jusqu'aux cieux !"

 

                 ***        

       

   Ainsi, dans la forêt, près des bruyères roses,

   M'ont parlé l'autre jour les grands érables verts.

   Et, songeur, j'ai connu le prix des nobles choses

   Qui font les peuples grands, plus grands que leurs revers. 

 

   Ils gardent l'avenir ceux qui gardent l'histoire,

   Ceux dont la souvenance est sans mauvais remords,

   Et qui, près des tombeaux où sommeille la gloire,

   À l'âme des vivants, mêlent l'âme des morts. 

 

   Ils le gardent surtout ceux dont les lèvres fières

   Ont gardé les refrains du parler maternel : 

   Épopée ou romance où l'âme de nos pères

   Vient prier et vibrer d'un accent éternel. 

 

   Gardons toujours les mots qui font aimer et croire,

   Dont la syllabe pleine a plus qu'une rumeur.

   Tout noble mot de France est fait d'un peu d'histoire,

   Et chaque mot qui part est une âme qui meurt !

 

   En parlant bien sa langue on garde bien son âme.

   Et nous te parlerons, ô verbe des aïeux,

   Aussi longtemps qu'au pôle une immortelle flamme

   Allumera le soir ses immuables feux ; 

 

   Que montera des blés la mâle villanelle,

   Que mugira le bronze en nos clochers ouverts,

   Et que se dressera dans la brise éternelle

   Le panache hautain des grands érables verts ! 


 


 

 

Nérée Beauchemin (1850-1931) Poète, écrivain et médecin québécois.

Recueil : Patrie intime (1928).

 


L'érable

 


L'érable au torse dur et fort,

Ébrèche le fer qui l'assaille,

Et, malgré mainte et mainte entaille,

Résiste aux plus grands coups du Nord.

 

L'hiver, dont le cours s'éternise,

De givre et de neige a tissé

Le linceul de l'arbre glacé.

L'érable est mort ! hurle la bise.

 

L'érable est mort ! clame au soleil

Le chêne orgueilleux qui s'élance.

L'érable prépare en silence

Le triomphe de son réveil.

 

Sous le velours âpre des mousses

La blessure ancienne a guéri,

Et la sève d'un tronc meurtri

Éclate en glorieuses pousses.

 

Des profondeurs d'un riche fond,

L'arbre pousse ; il semble qu'il veuille

Magnifier, de feuille en feuille,

Le miracle d'un coeur fécond.

 

Il n'a fallu qu'une heure chaude

Pour que soudain, l'on vît fleurir,

Sur les bourgeons, lents à s'ouvrir,

La pourpre, l'or et l'émeraude.

 

L'érable vit ! chante en son vol

Tout le choeur des forêts en fête :

L'érable, de la souche au faîte

Frémit au chant du rossignol.

 

Contre la bise et l'avalanche,

Le roi majestueux des bois

A pris, et reprendra cent fois,

Sa victorieuse revanche.

 

L'érable symbolise bien

La surnaturelle endurance

De cette âpre race de France

Qui pousse en plein sol canadien :

 

Robuste et féconde nourrice

Dont le flanc, tant de fois blessé,

Des rudes coups d'un fier passé

Porte l'illustre cicatrice.
 

Mythologie des arbres - L'érable


 

 

1929


Alain Gerbault,(1893-1941) navigateur et écrivain français


À la poursuite du soleil; tome 1 : 

De New-York à Tahiti, 

..."J’écris ces lignes dans la cabine du Firecrest. Le teck et le bois d’érable brillent"... 
 

 

1931

Lucien Rainier (Joseph Melançon - 1877-1956) poète québécois, membre de l'École littéraire de Montréal.


Montréal, Éditions du Devoir, 1931.

Avec ma vie,

Juin 1908.


Sur la mort de Louis Fréchette


                                    I

 

Un érable est tombé... Dans le clair paysage

de la patrie, il dessinait un grand contour ;

son ombre enveloppait la terre avec amour ;

des oiseaux merveilleux chantaient dans son feuillage.

 

Et, vers l’appel divin du soleil, chaque jour,

montait plus haut sa fière cime, quand l’orage,

d’un formidable choc, a soudain clos son âge...

Ceux-là qui l’ont perdu le pleurent sans retour.

 

Un érable est tombé... La débordante sève

n’alimentera plus, au prochain avenir,

sa verte frondaison de pensée ou de rêve...

 

Mais tu lui resteras fidèle, ô Souvenir !

Écoutez : sur le monde, un vent de gloire emporte

l’écho mélodieux de sa ramure morte !...


                                    II


Poète ! si ton corps dans l’ombre disparaît,

ton poème à jamais resplendit sur l’histoire !

Cette patrie en deuil, qu’illumine ta gloire,

pare ton souvenir d’un immortel regret.

 

Tu chantas sa beauté : fleuve, plaine ou forêt ;

son passé de défaite auguste ou de victoire ;

et ta voix, dont résonne encor notre mémoire,

puisait dans un cœur franc l’éclat d’un verbe vrai.

 

Sois béni, pour ton œuvre abondante et vivace !...

Quand ils diront ton nom, les hommes de ma race

seront de gratitude et d’orgueil envahis ;

 

et les enfants liront tes vers, dans les écoles,

pour apprendre, aux leçons de tes nobles paroles,

à vénérer leur Dieu, leur langue et leur pays !...



André Masson (1896-1987) L'Erable sous l'orage - 1943/1944

 


 

1945, 


Gabrielle Roy (1909-1983) romancière franco-manitobaine. 


Bonheur d'occasion,

 ... "Les érables, saignant à plaies ouvertes, c'était le son de mille gouttes jointes une à une qui tombaient. Rose-Anna (...) voyait la sève blonde dans les bassins, (...) le goût du sirop était sur ses lèvres, la senteur sucrée dans ses narines et toute la rumeur de la forêt dans son souvenir"... 
 

 

 

1940


La Flore Illustrée "Flore illustrée du Japon" de Tomitarō Makino (1862-1957) botaniste japonais.

(ou Makino shin Nihon shokubutsu zukan),

décrit 26 espèces d’érables dont une seule est importée de Chine. Les Arbres du Japon en recense un plus grand nombre mais en incluant les variétés et cultivars de Acer palmatum. 
 


 

 

James Sacré (1939) poète français, 

Recueil: Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles 

Editions: Le Castor Astral & Le Noroît

 


Tous les arbres couleurs 

 

Tous les arbres couleurs les érables surtout

un jour d’automne pourtant gris

que dedans c’est comme on pourrait pleurer

parce que la solitude et rien

çа fait quand même ces feuillages

des sortes de verreries comme à la fois simples

et curieusement compliquées

on les aurait disposées

dans les buissons sur le pré dehors

dedans c’est comme on pourrait sourire

la solitude en couleurs quand même rien.


 


 

Guy Rancourt (1948) poète et philosophe québécois

 

 

Le temps des sucres

 

Quand j'attends

Le temps où la sève coule dans nos claires rivières

Quand j'attends

Le temps où le printemps nous réchauffe et revivifie

 

Regarde et écoute le sang de nos érables

Goutte à goutte plongeant ding dong ding dong

Dans ces bassins d'eau sucrée

Où tant de gens adorent se tremper les lèvres

 

Quand j'attends

Le temps où la sève coule dans nos claires rivières

Quand j'attends

Le temps où l'érablière frissonne et pétille

 

Arrête-toi et écoute

Les murmures des seaux et chaudières

Arrête-toi et regarde

La fumée enivrante des grands récipients de sirop

 

Quand j'attends

Le temps où le concert des érables enchante nos oreilles

Quand j'attends

Le temps où le festin des sucreries réjouit nos palais

 

Arrête-toi et hume

Les mille parfums de ces vases fumants

Arrête-toi et bois

Le nectar sucré de nos érables

 

Le soleil surplombe nos têtes

Le printemps sonne le réveil et dégel

C'est la belle saison

Le temps des sucres est arrivé

Richard T Pranke Le temps des sucres

4f Richard T Pranke Le temps des sucres


 

15 décembre 1964


Une feuille d'érable pour le Canada


Le 15 décembre 1964, le Premier ministre libéral du Canada, Leaster B. Pearson, propose au Parlement d'adopter un drapeau unifolié à la feuille d'érable pour remplacer la "Red Ensign" de la marine britannique assortie de l'écu des armoiries du Canada (lions anglais, lion écossais, harpe d'Irlande, lys de France et feuilles d'érable canadiennes).


La feuille d'érable se réfère à l'arbre mythique du pays, dont la sève a nourri les habitants au printemps et continue de les régaler. En 1834 déjà, la Société Saint-Jean-Baptiste l'avait adopté pour emblème.
Il est officiellement adopté par la Chambre des Communes d'Ottawa le 15 février 1965.


 

 

 

1989


Le Livre des Fleurs

(Librairie philosophique J. Vrin, 1989),

Georges Ohsawa (Nyoiti Sakurazawa) 


    ..."Chaque fête populaire est en même temps une fête de fleur. (...) Au mois d'octobre c'est la fête des érables rouges que l'on va contempler en bandes jusque dans les montagnes des environs de Tokio et dont on ne se lasse pas d'admirer le contraste avec le vert sombre des sapins et le bleu du ciel toujours foncé à cette saison. Le soir on en dispose partout des branches dans des vases et on ressort la nuit pour la fête de la lune qui tombe le 16 du même moi"... 


 

 

 

Kato Teruhide (1936-2015) peintre japonais

automne au temple Kiyomizu

 

 

 

1989

20 dollars canadien 

Elizabeth II Feuille d'érable


 

 

 

XXI° siècle

 

 

Didier Colin, 

Larousse Livre, 2000

Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes 

 


    ..."C'est un arbre très populaire chez nos amis canadiens, dont ils choisirent la feuille (mapleleuf) pour emblème de leur pays, et dont le sirop, qu'ils confectionnent à partir de sa sève chauffée et brassée, est devenu un produit national.


Bien sûr, les abeilles savaient bien avant les hommes la saveur de la sève de l'érable et la délicatesse de ses fleurs. Depuis toujours, elles les butinent avec volupté, fournissant alors un miel d'érable délectable et riche en sucre. mais déjà, au temps jadis, en Chine, l'érable était associé à la notion d'honneur, le nom désignant cet arbre présentant une homophonie avec le verbe chinois qui signifie "conférer un honneur".


Symbole de longévité et de vigueur en Amérique du Nord comme dans tous les pays anglo-saxons, l'érable était aussi réputé pour chasser les démons et les mauvais esprits nocturnes. Ainsi, on en plaçait devant la porte de sa maison ou au pied de son lit, comme la cigogne qui joint de nombreuses brindilles d'érables à son nid, dans le but de chasser les chauve-souris friandes de leurs œufs."...
 

 

 

Paul Bergèse, poète et enseignant, est un auteur contemporain pour la jeunesse.

 


L’érable…

 

L'érable m'a offert

deux feuilles de printemps

pour rafraîchir l'été

et trois feuilles d'été

pour réchauffer l'automne.

Il m'a offert aussi

quatre feuilles d'automne

de vert, d'or et de roux

pour colorer l'hiver,

l'hiver

qui se dévoue

et prépare un printemps

qui permettra à l'arbre

de me donner deux feuilles

pour rafraîchir l'été.


 

 

 

Mythes et légendes de l'érable

 


- La feuille d'érable figure sur le drapeau du Canada sous la forme d'une figure stylisée à onze pointes. 

 

- regonfle les esprits lassés des multiples épreuves de l'existence.

 

- Au Japon, on apprécie particulièrement l'érable du Japon et, chaque automne, les Japonais vont admirer leurs couleurs flamboyantes pendant la période qu'ils appellent "momijigari" ("admirer les érables"). 

Période Heian, déjeuner sous les momiji

 

 

 

 

Signification de l'érable

 

 

- Au Japon, l’érable est associé aux souvenirs importants.

 

- symbole des 58 ans de mariage en France

 

- Symbolique : Indépendance et liberté.

 

- L’érable est associé à une personne riche en imagination, timide et réservée. 

 

- Les fleurs d'érable désignent la réserve et le sens de l'observation.

 

 

 

Utilisations de l'érable 

 


L’érable est très utile aux êtres humains pour sa sève et son bois ; les animaux se nourrissent de son écorce, de ses bourgeons ou encore de ses rameaux et fruits.

 

 

Usage 

 


- En aménagement : 

En fonction de la forme et de la taille des espèces, les érables peuvent être plantés comme arbre d'alignement, dans les parcs, s'utiliser en haie brise-vent ou libre, en massifs, en sujet isolé ou même en pot, ou encore en niwaki ou en bonsaï.

 

- Bois de chauffe, car il fournit beaucoup de chaleur et brûle lentement. 

 

- Emballage de certains fromages (feuille).

 

- Des espèces fournissant du bois d'œuvre et d'autres enfin utilisées comme arbres d'ornement pour la forme particulièrement découpée de leurs feuilles ou pour la coloration de leur feuillage en automne. 

 

- Le bois clair et à grains fins de l'Érable plane et le bois plus dur de l'Érable sycomore sont  recherchés en sculpture, en ébénisterie, en tournerie (manches d'outils), en menuiserie, pour les parquets, les jouets.

 

- Il est très utilisé pour les instruments de musique

Les éclisses et le manche du violon sont traditionnellement fabriqués en érable sycomore, lui donnant une grande partie de ses qualités acoustiques.

Les luthiers ont retenu l'érable pour la particularité de son bois ondé, où l'alternance de lignes claires et sombres donnant un effet esthétique très particulier et un fini légèrement onduleux au toucher. 

Gibson Les Paul ( Deutsche Museum )


 

 

 

Alimentaire

 

. En Amérique du Nord, les érables sont utilisés pour la production du sirop d’érable et de tous les produits qui en découlent comme le sucre, les bonbons ou le beurre d’érable. 

 

. Les jeunes feuilles se consomment dans les salades mêlées.                                                  

. Les Amérindiens consommaient les jeunes pousses au printemps ainsi que les samares qui avaient spontanément germé.

 

. Les jeunes feuilles tendres de toutes les espèces d'érable se mangent également, crues ou cuites.

 

. Les Micmacs fabriquaient du thé avec l'écorce de l'érable de Pennsylvanie et confectionnaient une boisson avec les rameaux et l'écorce de l'érable à sucre.

 

. Les Iroquois faisaient sécher l'écorce de l'érable rouge et de l'érable argenté, puis ils la broyaient pour en faire une sorte de farine à pain.
 

 

Vertus médicinales

 

. L'érable est connu pour soutenir les traitements contre l'asthénie, les affections pulmonaires, les rhumatismes, et pour redonner du tonus aux convalescents, car son énergie est puissante et dynamique. 

 

. Le sirop d'érable est un excellent reconstituant.

 

. Les Amérindiens utilisaient les raclures des racines bouillies de l'érable à épis pour en couvrir les plaies et les abcès ou pour soulager les maux d'yeux.

 

. On a aussi employé la décoction de l'écorce de diverses espèces d'érable pour les mêmes indications.

 

 

 

Origine du sirop d’érable

 


La découverte du sirop d’érable s’est passée bien avant l’arrivée de Jacques-Cartier, venu d’Europe pour coloniser l’Amérique.


À l'époque, les tribus amérindiennes de l’est du Canada savaient déjà comment recueillir la sève et la transformer en sirop.


Deux versions de l’histoire nous racontent comment s’est passé la découverte de la sève d’érable par les Amérindiens.


Plusieurs racontent que ce sont les chiens des Amérindiens qui ont mis la puce à l’oreille de leur maîtres. Une branche d’érable se serait cassée et les chiens se seraient bousculés pour lécher la sève qui coulait de l’arbre. En les observant, les Amérindiens eurent aussi l’idée d’y goûter.


La deuxième version, celle qu’on entend le plus souvent, raconte qu’un écureuil qui courait dans un arbre cassa soudainement une branche. Un Amérindien observant la scène vit que l’écureuil se mit ensuite à lécher la sève de l’arbre. L’Amérindien décida alors d’en faire autant et ô surprise…un arbre qui pleure du sucre !

 

 

 Recettes à l'érable

 


L'érable peut agrémenter n'importe quelle recette, de l'entrée jusqu'au dessert. Trouvez la recette parfaite pour toutes les occasions !
 

 

 

Conte hongrois de l’Érable

 

 

Un roi avait trois filles. La plus jeune des trois était blonde, d’une beauté et d’une bonté incomparables.  Un jeune pâtre faisait paisser son troupeau sur la prairie du château et jouait tous les soirs de la flûte, et la jeune princesse l’écoutait. 

 

Une nuit, le roi, la princesse et le pâtre eurent un mauvais songe : le roi vit en songe que sa couronne avait perdu ses diamants ; la jeune princesse qu’elle avait visité le tombeau de sa mère et qu’elle n’en était point revenue ; le pâtre que deux bêtes fauves avaient dévoré le plus bel agneau de son troupeau.

 

Après ce songe, le roi appela ses trois filles et leur annonça que la première des trois qui reviendrait à lui avec un panier de fraises serait sa fille bien-aimée qui hériterait de lui sa couronne et ses sept royaumes. Les trois filles s’en allèrent de suite à la recherche des fraises, et se rendirent à une colline verdoyante. L’aînée des trois filles jeta ce cri : 

"Panier, remplis-toi, pour que je puisse recevoir la couronne de mon père".

 

Le panier resta vide. La seconde fille, à son tour, reprit : 

"Panier, remplis-toi pour que je puisse recevoir les sept royaumes de mon père". 

 

Le panier resta vide. Après que les deux sœurs aux cheveux noirs eurent ainsi parlé, la cadette aux cheveux blonds dit avec tendresse : 

 

"Panier, remplis-toi, pour que je puisse devenir la fille bien-aimée de mon père". 

 

A l’instant même, son panier se remplit de fraises. A cette vue, les deux sœurs envieuses, craignant de perdre la couronne royale et l’héritage paternel, ôtèrent la vie à leur sœur cadette, et, l’ayant ensevelie sous un vieil érable, brisèrent le panier en se partageant entre elles les fraises.

 

Revenues chez leur père, elles lui annoncèrent que leur sœur, s’étant trop avancée dans la forêt, avait été dévorée par une bête fauve. Le père, à cette nouvelle, se couvrit la tête de cendres et cria : 

"Malheur ! J’ai perdu le diamant le plus précieux de ma couronne".

 

Le pâtre, à l’approche de la nouvelle lune, essaya de mettre la flûte à sa bouche pour en tirer des sons ; mais la flûte devint muette. En effet, pourquoi la flûte jouerait-elle encore, puisque la jeune princesse n’est plus là pour l’écouter ? puisque la bête fauve a dévoré le plus bel agneau de son troupeau ?

 

Sur la pente de la colline verdoyante, du tronc du vieil érable, à l’arrivée de la troisième nuit, on vit sortir une nouvelle pousse, à l’endroit même où la jeune princesse avait été ensevelie. En passant par là, le pâtre vit la nouvelle pousse de l’érable et eut grande envie de s’en faire une nouvelle flûte. Dès qu’il eut approché cette flûte de ses lèvre, la flûte enchantée chanta ainsi : 

"Joue, joue, mon cher ; autrefois, j’étais la fille d’un roi ; maintenant, je suis une pousse d’érable ; une flûte faite avec une pousse d’érable".

 

Le pâtre apporta alors sa flûte au roi. Le roi, à son tour, l’approcha de ses lèvres, et la flûte reprit : 

"Joue, joue, mon père ; autrefois, j’étais la fille d’un roi ; maintenant, je suis une pousse d’érable, une flûte faite avec une pousse d’érable". 

 

Les deux sœurs méchantes approchèrent, elles aussi, de leurs lèvres, la flûte magique, et l’instrument chanta ainsi : 

"Joue, joue, mon meurtrier ; autrefois, j’étais la fille d’un roi ; maintenant, je suis une pousse d’érable, une flûte faite avec une pousse d’érable." 

 

Alors le roi, maudit les deux filles, et les chassa très loin du château.

 

 

Légendes canadiennes 

Conte huron-wendat.

Texte : Martine Latulippe

 


Les érables rouges

 


Autrefois, le Grand Esprit veillait à ce que toutes ses créatures vivent dans un monde heureux. Nul ne connaissait la faim, la soif ou le froid. Tous vivaient en paix. Ce bonheur dura des lunes et des lunes… Jusqu’à ce qu’un jour, l’une des bêtes, Rat musqué, fasse une étrange proposition. Rat musqué suggéra d’organiser un concours pour voir quel oiseau volait le plus vite et quel animal de la forêt courait le plus rapidement. Les autres bêtes acceptèrent, voyant là une occasion de s’amuser. Les oiseaux commencèrent. Chacun d’eux s’envola vers le ciel, sous les yeux attentifs de Faucon, qu’on avait nommé juge. Sans grande surprise, Aigle remporta la victoire. Vint ensuite le tour des autres animaux.

 

Plusieurs prirent place sur la ligne de départ : Cerf, Caribou, Loup, Lièvre, Élan et bien d’autres. Ours tenait le rôle du juge. Le signal du départ fut donné. Tous s’élancèrent dans le sentier traversant la forêt. À la surprise générale, cette fois, le gagnant de la course fut… Lièvre! Ce que les autres concurrents ne savaient pas, c’est que Lièvre gagna grâce à une ruse que Renard lui avait conseillée… Grand joueur de tours s’il en est un, Renard avait suggéré aux autres lièvres de se placer partout le long du parcours.

 

Les lièvres se relayèrent tout au long de la course, et quand Cerf apparut au bout du sentier, s’approchant de la ligne d’arrivée, le dernier lièvre surgit sur le chemin et traversa la ligne d’arrivée en quelques bonds, pas même essoufflé.

 

Ours, qui n’avait pas une très bonne vue, ne remarqua pas que le lièvre vainqueur n’était pas celui qui avait pris place parmi les coureurs au départ. Il déclara donc Lièvre grand gagnant du concours! Ce qui avait commencé comme un simple jeu n’était à présent plus drôle du tout… Les esprits s’échauffèrent rapidement. Les animaux de la forêt protestaient, critiquaient. Cerf était vraiment furieux. Il s’éloigna du groupe sans tenter de dissimuler sa colère. Ours, mécontent de l’attitude de son compagnon, voulut le rattraper et lui demander de s’expliquer. Mais, dans un brusque élan de rage, Cerf fonça sur lui, tête baissée.

 

Il frappa Ours de ses bois. Ours subit plusieurs blessures qui se mirent à saigner abondamment. Si Loup n’était pas intervenu, Ours serait peut-être mort, ce jour-là… Pourchassé par Loup, Cerf s’enfuit rapidement dans la forêt. Mais le sang d’Ours s’était répandu sur ses bois, et tout au long de sa fuite, le sang s’éparpilla sur les feuilles des érables environnants, qui prirent une teinte rouge vif. C’est depuis ce jour que Cerf perd ses bois quand les arbres perdent leurs feuilles. Il se retrouve sans défense devant Loup, puni d’avoir fait couler le sang sur la Terre. C’est aussi depuis ce jour que les érables rougissent chaque automne avant que leurs feuilles tombent. Le Grand Esprit rappelle aux animaux et aux hommes la paix perdue.


 

 

 

Pour en savoir plus

 

 

Société "La Feuille d’Érable" recycle tous les déchets de bureau


Pionnière dans le recyclage des papiers de bureau en 1983, elle est aujourd’hui une belle entreprise de la filière du Recyclage et de la Récupération. Elle collecte, trie et recycle les papiers de bureau, les ampoules, les piles, les plastiques, les gobelets, les biodéchets,..,  et les cartons produits par les collectivités, les entreprises, les administrations, les commerces, les établissements scolaires sur le territoire breton.


https://www.feuille-erable.fr/
 

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