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13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 21:45

 

 

Mythologie des arbres

Le Bouleau - (Betula)
 


 

 

Les bouleaux font partie de la famille des bétulacées et du genre Betula, ou Arbre de la sagesse (employé par les chamans sibériens), Arbre de la lumière, Sceptre des maîtres d’école (les maîtres d’écoles utilisaient les baguettes de bouleau destinées aux élèves récalcitrants), Bouleau commun, Arbre néphrétique (en raison de ses vertus diurétiques), et Biole.

 


Les bouleaux poussent en général sur les terres pauvres et souvent siliceuses, jusqu'à 2 000 m d'altitude, ainsi que dans les régions arctiques. Les bouleaux sont des plantes pionnières qui constituent souvent la première formation arborée lors de la reconquête ou de la colonisation de landes par la forêt. Ils apprécient les sols plutôt acides et humides. Les bouleaux forment des futaies appelées boulaies ou boulinières ou encore des bétulaies.

 


L'été, ces deux bouleaux qui se font vis-à-vis,

Avec ce délicat et mystique feuillage

D'un vert si vaporeux sur un si fin branchage,

Ont l'air extasié devant les yeux ravis.


 


 

 

Silhouette familière, le bouleau est très connu pour son écorce blanche, lisse et brillante, sa couleur blanche est due à la bétuline, son principal constituant. Cet arbre peut atteindre 20 à 30 m de hauteur et jusqu'à 60 cm de diamètre à la base. Les racines des bouleaux sont peu profondes. Le bouleau est considéré comme un bel arbre d'ornement et ses caractéristiques lui permettent de s'adapter à tous les types de jardin. 

 

Son port gracieux, le mouvement de ses branches souples et ses chatons duveteux d’un vert léger, ses petites feuilles colorées de teintes vert clair au printemps et jaune à l’automne. Le port du branchage est souvent dressé et relativement aéré, filtrant la lumière en été sans la bloquer. 


 

 

Ses inflorescences sont des chatons allongés de 10 cm de longueur, dressés puis pendants pour les mâles et de 3 cm dressés pour les femelles. Ses fruits sont des samares groupées en chatons. 


 

En climat tempéré, les bouleaux vivent moins longtemps (30-40 ans), mais plus au nord (Suède, Finlande, Russie, etc.) ils peuvent vivre jusqu’à 100 ans et plus.
 

 

 

Il existe quatre espèces de bouleaux en Europe, 


Deux arbres largement répandus :


Betula pendula, le bouleau verruqueux, 

 

On le trouve dans presque toute l’Europe, mais rare dans le sud ; arbre à croissance rapide (12 m en 20 ans) pouvant atteindre 25 m de hauteur ;

 

Ses rameaux retombants glabres, pourvus de verrues résinifères ; ses feuilles triangulaires doublement dentées, glabres. Le bouleau verruqueux a une écorce blanche, lisse et brillante avec quelques taches noires, souvent accompagnées de crevasses.

 

C'est une espèce pionnière sur sol riche ou calcaire, parfois très sec (dunes).


 

 

 

Betula pubescens, le bouleau pubescent, 

 

Similaire au Bouleau verruqueux mais qui s’en distingue notamment par sa taille plus modérée, sa préférence pour les sols plus humides et la teinte plus terne de son écorce. Il pousse dans les forêts humides et dans les tourbières. C'est un arbre au port élancé pyramidal, d'une élégance légère.

 

Sa hauteur en général est de 10 à 15 m, parfois 20 m. Ses rameaux lisses et pubescents. Son lumineux feuillage vert est porté sur des pétioles duveteux.

 

Le bouleau pubescent a une écorce d’un blanc plus mat, parfois rosé, avec souvent des bandes ou des lignes horizontales grisâtres, mais sans taches noires ni crevasses. En automne, il se pare d’un jaune d’or chaleureux. 

 

 

 

 

et deux arbrisseaux des régions arctiques : 


Betula nana, le bouleau nain, 

 

Ce bouleau nain à port souvent prostré, très compact, sphérique, ne dépassant pas 1m,  à minuscules feuilles rondes et dentées, doté d'un très beau feuillage doré de l'été à l'automne.

 

Ce petit arbuste solaire est une aubaine pour les petits jardins, les sols peu profonds, mais aussi pour l'ornement des terrasses et des balcons. Très rustique, il préfère un sol frais en permanence, et une exposition ensoleillée.
 

On le trouve en Europe arctique jusqu’en Russie centrale, relique glaciaire en Europe moyenne depuis la France (Margeride et Jura) jusque dans l’est des Carpates. Espèce caractéristique de la zone des arbrisseaux des montagnes du nord de l’Europe.


 

 

 

Bouleau peu élevé, Betula humilis L.


Le bouleau peu élevé de 50 cm à 2 m, à rameaux pubescents glanduleux ; aux feuilles ovales dentées. Elles se colorent en jaune en automne.

 

C'est un arbre filiforme au tronc flexible et majestueux à écorce blanche, lisse et brillante très caractéristique. Ce bouleau peu élevé est un beau spécimen d'ornement.

 

Il croît dans les forêts marécageuses. Il provient de l'Europe centrale, Pologne, l'Europe de l'Est, Sibérie occidentale, la Sibérie et Mongolie.1

Betula humilis - b. gliwa

 

 

 

Quelques espèces d’autres régions


Bouleau jaune, Betula alleghaniensis Britton 

 

Ce grand arbre, pouvant atteindre 30 m et 60 cm de diamètre, est indigène au nord-est de l'Amérique du Nord. C'est le plus grand des bouleaux de l'est du Canada et notamment une importante source de bois d'œuvre. Il peut vivre jusqu'à 150 ans, parfois plus.


Il est l'arbre emblématique du Québec depuis 1993. 


C'est un  arbre au tronc droit long à couleur de miel ou brun clair, à branches fortes à faible défilement.  Les rameaux et l’écorce ont une odeur aromatique. Au printemps, les fleurs mâles et femelles se trouvent sur des chatons séparés sur la même plante. Les chatons mâles sont généralement plus longs que les chatons femelles.

 

 

 


 

 

 

 

Bouleau flexible, Betula lenta L. 

 

C'est un arbre endémique de l'est de l'Amérique du Nord, où il croît dans les sols fertiles des régions montagneuses. 


Il atteint naturellement environ 25 m de haut, mais reste souvent plus petit lorsqu'il est cultivé. Les jeunes plants possèdent une couronne colonnaire. Lorsque les branches s'inclinent davantage, sa couronne s'élargit et devient plus dense. 


L'écorce plus ancienne vire au brun foncé, mais ne s'exfolie pas. Les rameaux et les feuilles sont utilisés en cosmétique sous la forme d'huile essentielle. La jeune écorce est brun rougeâtre. Les feuilles sont oblongues, ovoïdes et d'un vert satiné. Le revers est, quant à lui, jaune verdâtre. Le contour du limbe est bordé de dents doubles profondes.


Les rameaux et l’écorce ont une odeur aromatique. Cet arbre se distingue par sa très belle coloration automnale jaune d'or


 


 

Bouleau noir, Betula nigra L.

 

Le bouleau noir est un grand arbre originaire des États-Unis, rustique et robuste, à cime ovoïde souvent à plusieurs troncs, supportant jusqu’à -20 °C. Sa large canopée en font un excellent arbre d’ombrage. Ce bouleau peut s’élever jusqu’à 30 m.


C'est une espèce décorative par son écorce brun foncé, rugueuse, qui s’exfolie en lamelles papyracées. Ce bouleau de rivière pousse naturellement le long des berges, ils peuvent également bien s’adapter aux paysages domestiques.


Les feuilles, alternes, vertes et brillantes, quelque peu triangulaires et disposées en alternance. Il produit des chatons bruns et verts en avril et mai, appréciés par les oiseaux.


 

 

 

Bouleau à papier, Betula papyrifera Marshall


Le Bouleau à papier communément appelé Bouleau blanc ou Bouleau à canot au Québec, est une variété de bouleaux dont l'écorce se détache facilement en bandes. Il pousse en Amérique du Nord.

 

C'est l'un des composants majeurs de la forêt mixte du Nord des États-Unis ainsi que du Canada et en Russie. Son tronc est sinueux et sa cime ovale et étroite. L'écorce blanche souvent à plages rosées se détache en larges bandes, d'où son nom. À croissance rapide, ce bouleau peut atteindre 30, voire 40 m.

 

Il fait également partie des quelques essences feuillues qui côtoient les résineux de la forêt boréale. Il atteint rarement une centaine d'années.

 

Étant la variété décrite par Marshell en tant qu'espèce, elle est souvent confondue avec l'espèce Betula papyrifera qui comprend pourtant deux variétés distinctes.

 

Ses graines sont appréciées par de nombreux oiseaux, dont le Pic mineur, la Sittelle à poitrine blanche et la Mésange à tête noire


Dhatier - Écorce de bouleau blanc, Bas St-Laurent, Québec 

 


 

Bouleau de l'Himalaya, Betula utilis 

 

Le Bouleau de l'Himalaya est une espèce de bouleau originaire de l'Himalaya, où il pousse à des altitudes allant jusqu'à 4 500 m. Dans son habitat naturel, Betula utilis tend à former des forêts, où il se présente sous forme d'arbuste ou d'arbre atteignant jusqu'à 20 m de hauteur.

 

Les feuilles sont ovales, légèrement velues, avec des bords dentelés. La floraison a lieu de mai à juillet. Les fruits mûrissent en septembre-octobre.

 

Il a dès sa jeunesse une écorce très blanche sans taches noires ni crevasses, mince à texture de papier très brillante. Elle a été utilisée dans l'Antiquité pour écrire notamment les textes sacrés sanskrits. Elle est encore utilisée comme papier pour l'écriture des mantras sacrés, avec l'écorce placée dans une amulette et portée comme protection. 

 

Le bois est très dur et dense mais très fragile. Le bois de cœur est rose ou beige rougeâtre.

 

Des variétés sélectionnées sont utilisées pour l'aménagement paysager à travers le monde.

 

 

 

 

Etymologie

 


L'ancien français boulel, diminutif de boul, bououl  (boulaie : bois, forêt où le bouleau domine). 


Le terme boul est issu du latin vulgaire betullus ( latin classique betulla) d'origine probablement celtique (gaulois), betuo, betu-, dont est issu le nom brittonique du même arbre : 

Breton : bezv ; gallois : bedw ; vieil irlandais : beithe ; catalan et occitan :  beç/bès "bouleau" ; gascon  : bedoth, bedora ; espagnol  : dul "bouleau" ; Anglais : Birch ; Allemand : Birke ; Italien : Bettula ; Néerlandais : Berk ; Tcheque : Břízy.


Le nom local du bouleau est également à l'origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen) et en ukrainien (березень); il s'agirait d'une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque.

La toponymie et l'anthroponymie du sud de la France compte de nombreux Besse, Bessières "plantation de bouleaux", Bèze, voire Besant, qui signifient tous  "bois de bouleaux, boulaie".


 

 

 

Mythologie romaine

 


Les verges de bouleau ont été utilisées pour la flagellation et la "purification" des condamnés ; elles entouraient la hache symbolique des licteurs romains.


 

 

 

Mythologie Europe orientale 

(Biélorussie, la Russie et l'Ukraine). 

 


En Russie, le bouleau est considéré comme l'arbre national et est fêté chaque année pendant la Semaine Verte de début juin.

 

Pour les chamans sibériens des plaines, le bouleau est l’arbre cosmique, l’axe du monde. 

 

Pour les Bouriates (population mongole), les bouleaux abritent l'âme des ancêtres, et lors de la cérémonie d'initiation du chaman, 9 bouleaux sont coupés. Le plus grand est fiché en terre dans la yourte, et est nommé "Gardien de la porte", car c'est lui qui ouvre au chaman l'entrée du ciel. Le chaman intronisé doit faire 9 entailles au sommet de chaque bouleau.

Les Bouriates chantent : 
"Au centre de la terre il y a une montagne de fer. Sur cette montagne de fer, il y a un bouleau blanc à sept branches. Ses branches traversent les sept étages du ciel et ses racines les sept profondeurs. A ses pieds coule une source d’eau fraîche".  

(Montelle Salagon 2002)



 

 

 

Mythologie celtique

 


Le bouleau est le premier arbre du calendrier celtique ; il symbolise la sagesse. 


Dans l'ogham des celtes, le bouleau est le premier arbre de cet alphabet secret des Druides. Chaque arbre représente une lettre. Beth, le Bouleau est placé dans le calendrier du 24 décembre jusqu’au 20 janvier.

 

 

 

Mythologie germanique,

 


le bouleau "betula" était dédié à Donar-Thor, le plus puissant des dieux guerriers. Symbolisant la force, la valeur, l'agilité et la victoire, il utilise la foudre et apaise ou excite les tempêtes. Ses pouvoirs sont ainsi liés au ciel. 

Thor, illustration de Johannes Gehrts (1901).

 


 

 

Mythologie scandinave, 

 


Les premiers humains ne sont pas descendus des arbres, mais ils furent créés à partir de branches d'arbres. 


Dans la mythologie scandinave, le bouleau est consacré à Frigg ou Freya, épouse et égale du dieu Odin.  


Le premier homme fut ainsi créé d'une branche de frêne, la première femme d'une branche de bouleau.


 


 

 

Mythologie slave 

 


Le bouleau est un des attributs de Kupalo, la déesse du printemps et des moissons.

 

Androgyne, l’arbre se voit tantôt associée à la “femme blanche” qui habite les grands bois tantôt au Lieschii, le gardien des forêts. Pour s’attirer leurs bonnes grâces, tout chasseur devra déposer une offrande de pain et de sel sur une souche et s’acquitter de prières qui leur sont associées.

 

Les paysannes s’en vont couper les jeunes rameaux de bouleau et confectionner les banny venik, ces bouquets de menus branchages avec lesquels on se purifie en se fustigeant au sortir des bains russes traditionnels. Ces verges vivifiantes rejoignent la symbolique du renouveau liée aux balais avec lesquels on chassait les esprits de l’année écoulée en nettoyant les maisons, les étables et les rues des bourgs aux fêtes du Nouvel An.

 

 

 

Mythologie amérindienne  

 

 
Les Amérindiens considéraient le bouleau comme un arbre sacré et utilisaient son écorce pour fabriquer des canots et des parchemins.


 


 

Il y a 200 000 ans

 

Le brai ou goudron de bouleau était largement utilisé comme adhésif dès le Paléolithique moyen jusqu'au début du Mésolithique. Les Néandertaliens produisaient du brai par distillation sèche de l'écorce de bouleau .

 

 

 

10000 ans av. J.C. - 3000 ans av. J.C.

 


L'écorce de bouleau est un amadou (matière spongieuse provenant d'un champignon),  efficace et qui brûle bien, connu depuis le Néolithique.

 

Sur les sites mésolithiques de Star Carr, Royaume-Uni, néolithique d'Altscherbitz, Saxe, Allemagne, de la poix de bouleau a également été retrouvée, portant des traces de morsure de dent humaines, sans qu'il n'ait pu toutefois être déterminé à quelle fin (technique ou dentaire).

 

- L'écorce de bouleau est un amadou efficace et qui brûle bien, connu depuis le Néolithique.

 

- Le rhytidome (écorce au sens strict) de bouleau, tressé en lanières, était utilisé à la campagne pour fabriquer des chaussures appelées lapti chaussures traditionnelles russes. Elles sont portées depuis la préhistoire. Des moules en bois servant à leur fabrication ont été retrouvés lors de fouilles sur des sites néolithiques. On trouvait les laptis principalement chez les habitants des forêts du nord de l’Europe. Elles étaient portées par les plus pauvres chez les peuples finnois, baltes et slaves orientaux. Elles étaient facile à fabriquer mais d’une durée de vie courte.
Les laptis ont été portés en Russie jusque dans les années 1930. Aujourd’hui elles sont vendues comme souvenir ou accompagnent des démonstrations en costume traditionnel.


 

    
 

 

3300 av. J.-C. - Env. 3200 av. J.-C.

 


Ötzi homme momifié naturellement (congelé et déshydraté) découvert en 1991 à 3 210 mètres d'altitude, dans le glacier du Hauslabjoch non loin des Dolomites italiennes. Il était enseveli sous une couche de glace et son existence a été révélée par la fonte importante du glacier cet été là. 

 


Dans la poche de la ceinture d'Ötzi et à ses côtés se trouvaient une hache à lame de cuivre pur poli (tenue par un lacet de cuir et "collée" au manche en bois d'if avec du brai de bouleau), une dague dans un fourreau en tissu d'ortie et quelques champignons (dont des polypores du bouleau enfilés sur une lanière de cuir, probablement à usage médicinal. Il avait également deux récipients cylindriques en écorce de bouleau. 


 

 

 

I° siècle 

 

 

Les documents sur écorce de bouleau sont des documents écrits sur la couche interne de l'écorce de bouleau qui était couramment utilisée comme support d'écriture dans certaines régions avant la production en masse de papier.


Les plus anciens documents datés sont des textes bouddhistes gandhariens (comprenant les plus anciens manuscrits bouddhistes connus) du I° siècle qui ont probablement été écrits par des membres de l'école Dharmaguptaka (une des dix-huit écoles anciennes du bouddhisme) en Afghanistan. Rédigés en gandhari en utilisant l'alphabet kharoshthi, ils ont produit les versions les plus anciennes connues de textes bouddhiques importants tels que le Dhammapada (un des textes du Tipitaka, le canon bouddhique pāli).

 


 

 

 

II° siècle au VIII° siècle


 

L'utilisation de l'écorce de bouleau comme papier est mentionnée par Sushruta, chirurgien (III° siècle) 

 

 

Entre le II° et le VIII° siècle

Dans les siècles qui suivent, plusieurs auteurs sanscrits tels que Kâlidâsa, poète et dramaturge écrivant en sanskrit. Réputé pieux adorateur de Shiva, ses écrits s'inspirent largement de la mythologie et de la philosophie hindoues ; ils mentionnent l'utilisation de l'écorce de bouleau de l'Hymalaya pour les manuscrits. Elle est utilisée aujourd'hui encore en Inde et au Népal pour écrire des mantras sacrés.

Une grande collection de rouleaux d'écorce de bouleau a été découverte en Afghanistan vers l'an 2000, peut-être dans les grottes de Bamiyan. Il s'agit de près de 3 000 fragments en sanskrit dans l'écriture brahmi et datant d'une période allant du IIe au VIII° siècle de notre ère.

 

 

VI° siècle


L'utilisation de l'écorce de bouleau comme papier est mentionnée par Varahamihira mathématicien, astronome et astrologue indien (v. 505-587).


 

 

 

XI° au XV° siècle

 


De nombreux textes ont aussi été découverts en Russie, essentiellement à Novgorod. Ce sont généralement des lettres qui datent du XI° au xve siècle avant la généralisation du papier et qui sont des témoins de la vie courante.


Lettre de Jisnomir à Mikoula, XI°- XII° siècle

 

 

Dessin et devoir d'écolier d'Onfim (vers 1260, Novgorod).


 

 

 

Au Moyen-âge la sève de bouleau est la boisson des apothicaires pour dissoudre les calculs rénaux.

 

Au Moyen Age, on dit que ses branches étaient utilisées pour flageller les condamnés, afin de chasser les mauvais esprits.

 

Au 12° siècle, Hildegarde de Bingen (1098 -1179), moniale bénédictine, Docteure de l’Église,  abbesse, mystique, visionnaire, illustratrice, cite la sève de bouleau  comme remède pour soulager les ulcères.

 

 

 

XIV° au XVI° siècle

 

 

Au 14° siècle, Conrad de Megenberg (1309-1374) enseignant et écrivain allemand,  mentionne "l’eau de bouleau" pour ses propriétés médicinales sur la vessie et les reins.


Beresta Lettre sur écorce de bouleau du XIV° siècle

 

 

En Allemagne, on buvait la sève de bouleau comme une boisson rafraîchissante.

 

Au 15° siècle, on utilise la sève pour réduire les œdèmes.


         
En 1565, Pierandrea Mattioli (ou Matthiole 1501-1577), médecin et botaniste italien, synthétise les propriétés du bouleau, lui attribue des propriétés drainantes et le surnomme "l’arbre néphrétique". Il explique dans son ouvrage que "Si on perce le tronc du bouleau avec une tarière, il en sort une grande quantité d'eau, laquelle a grande propriété et vertu à rompre la pierre tant aux reins qu'en la vessie, si l'on continue d'en user. Si on s'en lave la bouche, elle guérit les ulcères qui sont dedans."


 

L'écorce de bouleau de l'Himalaya est utilisée depuis des siècles dans le nord de l'Inde, en particulier au Cachemire où il est dit que tous les livres étaient écrits sur du bouleau jusqu'au XVI° siècle.

 Pietro Andrea Mattiol par Moretto de Brescia

 

 

 

XVII° siècle - XVIII° siècle

 


1663
Retranscription de 1663 du Rupavatara de Dharmakirti, un traité de grammaire


 

 

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé pendant la Première République puis l'Empire jusqu'en 1806. Il commence le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792).


Dans le calendrier républicain, le Bouleau était le nom attribué au 7e jour du mois de germinal (21/22 mars – 19/20 avril)


 Le Soleil entre au signe du Bélier. 

C'est l'époque de l'équinoxe du printemps

Tout végète & s'anime au retour du Zéphir 

Et l'Âge le plus pur apprend des Tourterelles

Qu'il est doux de s'unir & de s'aimer comme elles.


 

 

 

XIV° siècle

 

 

1800 

Pierre-François Percy (1754-1825), médecin français, chirurgien en chef des armées de Napoléon parvenait à guérir les maladies de peau par l’utilisation de la sève de bouleau. Il s’en servait également pour les cas de rhumatisme, de goutte, de problèmes de vessie et d’autres maladies chroniques.

Il déclare :

"Dans tout le Nord de l’Europe, à commencer par nos départements du Rhin jusqu’aux confins de la Russie la plus septentrionale, l’eau de bouleau est l’espoir, le bonheur et la panacée des habitants riches et pauvres, grands et petits, seigneurs et serfs. C’est un remède précieux dans les affections rhumatismales dans les reliquats de goutte, dans les embarras de la vessie et dans une foule de maux ".

 

 

 

1820

Reproduction de la représentation d'une chanson ojibwé illustrée sur une écorce de bouleau vers 1820.

les Ojibwés du Canada se sont servis de l'écorce de bouleau pour représenter leur histoire  sur des rouleaux scripturaux: ce sont les rouleaux Wiigwaasabak. Ils sont réputés pour leurs canoës à membrure de bouleau.

 

 

 

1825

Betula utilis a été décrit et nommé par le botaniste David Don dans son livre "Prodromus Florae Nepalensis" (1825), à partir d'échantillons recueillis par Nathaniel Wallich au Népal en 1820. 


Betula jacquemontii (Spach), d'abord décrit et nommé comme espèce en 1841, est considéré maintenant comme une variété de Betula utilis et dénommé Betula utilis var. jacquemontii.


 


 

Amable Tastu (1798-1885) Poète français 

Recueil : Poésies (1826).


Les saisons du Nord


...Et cette heure rapide où le soleil repose,

Clisse avec le murmure et les parfums de rose

Des bouleaux agités par la brise des mers...

 

 

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète français

 

A la Forêt de Fontainebleau


...Ô forêt adorée encor, Fontainebleau !

Dis-moi, le gardes-tu sur le tronc d'un bouleau,

Ce nom que j'appelais mon espoir et mes forces,

Et que j'avais gravé partout dans tes écorces ?...

 

 

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète français

Recueil : Odelettes (1856).

 

À Raoul Lebarbier.


C'est sous le bouleau,

Dont les feuilles sombres

Découpent dans l'eau

De légères ombres,

Et lorsqu'un éclair

Montre leurs visages,

On sent courir l'air

Dans ces paysages !


 


 

 

1859

Victor Hugo

La Légende des siècles (1859) 

..."Mais, vieux, on tremble ainsi qu'à l'hiver le bouleau. - Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe, - Et je courbe, ô mon Dieu! mon âme vers la tombe, - Comme un boeuf ayant soif penche son front vers l'eau"...
 

 

 

Ivan Sergueïevitch Tourgueniev (1818-1883 à Bougival) écrivain, romancier, nouvelliste et dramaturge russe grégorien). 

 

Premier Amour (1860) 


...J'étais absorbé dans la contemplation d'un pivert bariolé 

qui gravissait le tronc mince d'un bouleau 

et jetait des coups d'oeil inquiets, à droite puis à gauche, 

comme un contrebassiste derrière son instrument...

 

 

 

1868

Charles Dollfus (1893-1981) aéronaute et historien français, ancien conservateur du Musée de l'aéronautique 

De la Nature humaine (1868) 

..."Le bouleau est féminin, le chêne est viril. Il y a quelqu'un de plus intrigant que l'intrigant; c'est l'intrigante"...

 

 

Albert Mérat (1840-1909) Poète français 

Recueil : Le Parnasse contemporain, II (1869-1871).


Dessous de bois


...Les bouleaux, à leur feuillage blanc

Prenant la brise, en font un murmure tremblant

Que le buisson répète au brin d'herbe qui rampe...

 

 

1873-1877.

Illustrations de la obra :

Les merveilles de l'industrie ou, Description des principales industries modernes /

par Louis Figuier (1819-1894). - Paris : Furné, Jouvet, (1873-1877). - Tome II

"Appareil pour l'extraction de l'huile de bouleau".




 

 

 

1878

Ivan Ivanovitch Chichkine (1832-1898) peintre et graveur russe.

La Boulaie

 


 

1871  

Alexeï Kondratievitch Savrassov  (1830–1897) 

Les freux sont de retour

Moscou dans les collections de la galerie Tretiakov 

 

 

 

1879 

Arkhip Ivanovitch Kouïndji, (1841-1910) peintre paysagiste ukrainien d'origine grecque-pontine.

Petit bois de bouleaux, 

 


 

1885

Betula pendula Roth, syn. Betula verrucosa Ehrh.

Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagne


 

 

 

 

Maurice Rollinat (1846-1903) Poète français  

Recueil : Paysages et paysans (1899).

 


Le vieux chaland

 

...Un jour que je pêchais dans sa rivière fraîche,

Assis contre un bouleau qui brandillait au vent,

Le vieux meunier Marchois par le discours suivant

Sut me distraire de la pêche :...

 

 


 

Maurice Rollinat (1846-1903) Poète français  

Recueil : Paysages et paysans (1899).


Journée de printemps


Sonnet.

...Sur le murmure qui se ouate

Le rossignol file un solo :

L'écorce blanche du bouleau

Met du mystique dans l'air moite...

 

 


 

Maurice Rollinat (1846-1903) Poète français  

Recueil : Paysages et paysans (1899).

 

Les deux bouleaux

Sonnet.


L'été, ces deux bouleaux qui se font vis-à-vis,

Avec ce délicat et mystique feuillage

D'un vert si vaporeux sur un si fin branchage,

Ont l'air extasié devant les yeux ravis.

 

Ceints d'un lierre imitant un grand serpent inerte,

Pommés sur leurs troncs droits, tout lamés d'argent blanc,

Ils charment ce pacage où leur froufrou tremblant

Traîne le bercement de sa musique verte.

 

Mais, vient l'hiver qui rend par ses déluges froids

La figure du ciel, des rochers et des bois,

Aussi lugubre que la nôtre ;

 

Morfondus, noirs, alors les bouleaux désolés

Sont deux grands spectres nus, hideux, échevelés,

Pleurant l'un en face de l'autre.


 


 

 

Charles Guérin (1873-1907) Poète  

Recueil : Joies grises (1894).

 

Mélodie païenne

 

...Venez ce soir, m'amie, à la vesprée ;

Pendant qu'au bourg on danse la bourrée,

Vous passerez par la porte du clos,

Et je vous attendrai sous les bouleaux,

Près de la source au soleil empourprée....

 

 

 

En 1896, "le Journal des connaissances utiles" indique dans un article du mois de mars que ...


..."les salières suspendues sous le manteau de nos cheminées de cuisine sont en bois de bouleau. Son écorce sert à tanner le cuir et à lui donner une belle couleur jaune... "

Parmi d'autres usages, son bois est utilisé dans la fabrication de balais, de verges, de sabots tandis que la sève, voire l'écorce, servent de matière première, par exemple au charron pour fabriquer une poix graisseuse mais stable appliquée sur les jantes des moyens de transport et de traction.


 

 

 

Le médecin français Henri Leclerc (1870-1955) dans son ouvrage :

"Précis de phytothérapie.Essai de Thérapeutique par les plantes françaises" préconise :

...Les préparations à base de bouleau pour lutter contre la cellulite  lorsque que celle-ci est due à un excédent d’acide urique et de cholestérol...

 

 

 
Paul Fournier (1853-1935) historien du droit français, 

recommande des préparations d'eau de bouleau pour résoudre les difficultés urinaires.

 

 


Le Docteur Stephen Pierre Artault de Vevey (1862-1938) 

a utilisé l’action diurétique du bouleau pour compléter le traitement de l’azotémie (rétention de l’urée dans le sang) et de divers symptômes : maux de tête, névralgies, vertiges…
 

 

 

 

XX° siècle

 

 

1901

Arkhip Ivanovitch Kouïndji, (1841-1910) peintre paysagiste ukrainien d'origine grecque-pontine.

Bosquet de bouleaux, 

 

 

 

 

Robert Lee Frost (1874-1963) poète américain.

 

Bouleaux

 

Quand je vois des bouleaux se pencher à gauche et à droite

à travers les lignes d'arbres plus sombres et droits,

j'aime penser qu'un garçon les a balancés. 

Mais se balancer ne les plie pas pour rester.

Les tempêtes de verglas font cela.

Souvent, vous devez les avoir vus

chargés de glace un matin d'hiver ensoleillé

Après une pluie. Ils cliquent sur eux-mêmes au

fur et à mesure que la brise monte et deviennent multicolores

Au fur et à mesure que le mélange craque et fend leur émail.

Bientôt la chaleur du soleil leur fait jeter des coquilles de cristal

Fracassant et avalant sur la croûte de neige

De tels tas de verre brisé à balayer

On pourrait penser que le dôme intérieur du ciel est tombé.

Ils sont traînés vers la fougère flétrie par la charge,

Et ils semblent ne pas se briser; mais une fois qu'ils sont courbés

si bas pendant longtemps, ils ne se redressent jamais :

vous pouvez voir leurs troncs se cambrer dans les bois

Des années après, traînant leurs feuilles sur le sol,

comme des filles sur les mains et les genoux qui jettent leurs cheveux

devant eux au-dessus de leurs têtes pour sécher au soleil.

Mais j'allais dire quand la vérité a fait irruption

Avec tout ce qu'elle a fait sur la tempête de verglas,

je préférerais qu'un garçon les plie

Pendant qu'il sortait et allait chercher les vaches -

Un garçon trop loin de ville pour apprendre le baseball,

dont le seul jeu était ce qu'il se trouvait,

été ou hiver, et pouvait jouer seul.

Un par un, il a maîtrisé les arbres de son père

En les chevauchant encore et encore

jusqu'à ce qu'il leur enlève la raideur,

et qu'il ne lui en restât pas un seul mais resté mou,

il n'en restait pas un à vaincre. Il a appris tout ce qu'il y avait

pour savoir comment ne pas se lancer trop tôt

Et ainsi ne pas emporter l'arbre au sol.

Il a toujours gardé son équilibre

Jusqu'aux branches supérieures, grimpant avec précaution

Avec les mêmes douleurs que vous utilisez pour remplir une tasse

Jusqu'au bord, et même au-dessus du bord.

Puis il se jeta vers l'extérieur, les pieds en premier, avec un

coup de pied dans les airs vers le sol.

Ainsi étais-je une fois moi-même un échangiste de bouleaux.

Et donc je rêve de redevenir.

C'est quand je suis las des considérations

Et la vie ressemble trop à un bois sans chemin

Où votre visage brûle et chatouille avec les toiles d'araignée

Brisé dessus, et un œil pleure

D'une brindille qui l'a fouetté.

J'aimerais m'éloigner de la terre un moment

Et puis y revenir et recommencer.

Qu'aucun destin ne me comprenne volontairement

Et n'accorde à moitié ce que je souhaite et ne m'arrache

pas pour ne pas revenir. La Terre est le bon endroit pour l'amour :

je ne sais pas où elle va probablement mieux.

Je voudrais grimper sur un bouleau ~ 

Et grimper des branches noires sur un tronc blanc comme neige 

Vers le ciel, jusqu'à ce que l'arbre n'en puisse plus supporter,

Mais a plongé son sommet et m'a redescendu.

Ce serait bien d'aller et de revenir.

On pourrait faire pire que d'être un échangiste de bouleaux.


 

 

 

Cécile Sauvage (1883-1927) Poètesse française 

Recueil : Le vallon (1913).


 

Petites violettes blanches

 

Voyez comme l'ombre mouvante

Qui tombe du bouleau pleureur

Fait une délicate mante

De dentelle autour de mon cœur.
 

 

 

Constant Burniaux (1892-1975), écrivain et poète belge.

 

 Le bouleau 

 

Tous les vents -

Des plus terribles au plus doux,

De la tempête au zéphir -

lui racontent leurs histoires

et toutes ses feuilles - 

Toutes, jusqu'à celle qui tremble à la cime,

La dernière -

Frissonnent et répètent,

S'agitent et racontent en chœur. 

 

Puis le bouleau se redresse :

Il a tout oublié.

Mais d'autres vents viennent,

D'autres vents passent

Et les jours, et les semaines, et les saisons.

Le bouleau, lui, ne retient pas grand-chose

Des soupirs du printemps,

Des lamentos de l'automne.

Étrange bouleau.

On lui raconte tout

Et il ne sait presque rien.

 

Un jour, ses feuilles s'envolent.

Elles vont confier à la terre

Mille et mille petits secrets bien mal compris,

Et qui pourrissent ensemble, 

Au pied du bouleau,

Du bouleau qui monte vers le ciel,

Où vit l'éternel oubli,

L'oubli fatal qui se nuance et se colore,

Et recommence et s'ennuie encore,

Et se confie finalement aux nuages,

Qui font toujours le même voyage. 


 

 

Constant Burniaux (1892-1975), écrivain et poète belge.

1922-1963 - Le Cherche-Midi

 


Le bouleau


 Tous les vents —

des plus terribles aux plus doux,

de la tempête au zéphir —

lui racontent leurs histoires

et toutes ses feuilles —

toutes, jusqu'à celle qui tremble à la cime,

la dernière —

frissonnent et répètent,

s'agitent et racontent en chœur.

 

Puis le bouleau se redresse :

il a tout oublié.

Mais d'autres vents viennent,

d'autres vents passent

et les jours, et les semaines, et les saisons.

Le bouleau, lui, ne retient pas grand-chose

des soupirs du printemps,

des lamentos de l'automne.

Étrange bouleau.

On lui raconte tout

et il ne sait presque rien.

 

 Un jour, ses feuilles s'envolent.

Elles vont confier à la terre

mille et mille petits secrets bien mal compris,

et qui pourrissent ensemble,

au pied du bouleau,

du bouleau qui monte vers le ciel,

où vit l'éternel oubli,

l'oubli fatal qui se nuance et se colore,

et recommence et s'ennuie encore,

et se confie finalement aux nuages,

qui font toujours le même voyage.


 


 

 

1925

Serge Essénine (1895-1925) poète russe 

 

L'homme noir


...Dans un suaire blanc, la plaine disparaît

Sous la lune, enneigé, mon pays paraît blême,

Et les bouleaux en pleurs regrettent les forêts ;

Qui donc est mort ici ? 

Peut-être est-ce moi-même... 
 

 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 


Le bouleau


Chaque nuit, le bouleau

Au fond de mon jardin

Devient un long bateau

Qui descend ou l'Escaut

Ou la Meuse ou le Rhin.

Il court à l'Océan

Qu'il traverse en jouant

Avec les albatros,

Salue Valparaiso,

Crie bonjour à Tokyo

Et sourit à Formose.

Puis, dans le matin rose

Ayant longé le Pôle,

Des rades et des môles,

Lentement redevient

Bouleau de mon jardin.


 


 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 


Les bouleaux


Se profilant, tous blancs de tronc,

Sur le bleu doux de l'horizon,

Six bouleaux sont plantés en rond.

 

Le premier croît au bord de l'eau

Et tendu vers les matelots,

Regarde passer les bateaux.

 

Le deuxième, à l'orée d'un champ,

Les branches basses rêvant,

Se laisse bercer par le vent.

 

Le troisième, rempli d'oiseaux,

Chante comme un immense nid

Dans l'air bourdonnant de midi.

 

Le quatrième abrite un mort.

Depuis le jour de l'accident,

Jamais, jamais on ne l'entend.

 

Se profilant, tous blancs de tronc,

Sur le bleu doux de l'horizon,

Six bouleaux sont plantés en rond.

Quand des bouleaux si différents

Vivent heureux sous le soleil,

Pourquoi nous veut-on tous pareils,

Nous autres, les enfants ?


 


 

 

Le Docteur Jean Valnet (1920-1995)

dans son livre "La Phytothérapie"  –  Se soigner par les plantes"

indique que la sève de bouleau agit sur la lithiase urinaire et les coliques néphrétiques.

 

 

 

1989


Jacques Brosse (1922-2008) naturaliste, historien des religions et philosophe français. 


Mythologie des arbres, Plon, 1989 


..."Pourquoi le bouleau joue-t-il un tel rôle, plutôt que le sapin, par exemple, souvent considéré par les peuples du Nord de l'Asie comme l'Arbre cosmique ? Il est en effet loin d'avoir sa haute taille, Betula verrucosa Ehrh. ne dépasse pas 25 mètres, Betula pubescens est un peu plus petit, 15-20 mètres. Si leur croissance est rapide, ils ne vivent pas plus d'une centaine d'années, alors que le sapin peut atteindre au moins 700 ans. Seulement, outre sa légèreté, son élégance, la beauté de son écorce d'un blanc argenté, de plus en plus pur vers la cime, le bouleau possède des qualités que lui reconnaissent toutes les traditions. C'est essentiellement un arbre de lumière."...

 


 

 

 

XXI° siècle

 

 

 

Sylvain Tesson (1972) écrivain voyageur français

Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011

"...Bouleau, je te confie un message : va dire au ciel que je le salue..."

 

 


Rébecca Terniak - auteur et poète suisse

 


Bouleau au doux Amour et Vénus dédié

 

Ô toi, arbre entre tous, joli,

Si délicat, fin et gracile

Tout à Vénus dédié,

Je te contemple émerveillée,

De jour comme et de nuit,

Dans ta grâce immobile.

Tu irradies amour et beauté

Et ton feuillage aérien et fin

Fait de mille tendres cœurs petits

Exhale une douce et mobile clarté

Et verse en nous un chant serein.

Je m’extasie du tendre blanc éclat

De ton écorce au toucher délicat.

A travers toi,

J’entrevois

Vaste, tout un pays

Dans sa mystérieuse poésie,

Reprenant le flambeau de l’Esprit.

Tout jeune encore dans ses possibilités

Mais riche d’éveil pour un lointain

Cultivant le Beau et le Bien.

La Russie au cœur gonflé

D’amour et fraternité

Où dévotion sincère s’épanouit

Pour le Saint des Saint,

Où tous les germes d’avenir

Seront prêts

A éclater

Pour le Devenir

De notre mère Terre.

Et préparer le Temps béni

 Où notre planète bannira la guerre.

Arbre adolescent sacré

Que de bienfaisante bonté

Tu détiens et promets !

Dans tes racines profondes

Sont inscrits de lointains nouveaux mondes,

Où il fera bon vivre et chanter,

 Où chaque humain sera entouré et soigné,

Où l’Art à l’Amour Universel sera consacré.


 

 

 

Proverbe sur le bouleau 

 

- Si le bouleau verdit avant l'aulne alors l'été sera sec, si c'est l'aulne qui devance le bouleau alors la saison sera humide.

 

 

 

Signification du bouleau


- Arbre du renouveau, du retour de la vie, symbole de pureté, de douceur et de délicatesse. 


- Il symbolise toutes les formes de rapprochement avec le ciel.  

Dans le langage floral il signifie "Bienveillance vis à vis de soi et des autres".

 

 

 

Mythes et légendes

 


- Le bouleau était l’un des sept arbres sacrés du bosquet des druides, symbole de connaissance parfois appelé "arbre de la Sagesse"


- Les Amérindiens considéraient le bouleau comme un arbre sacré et utilisaient son écorce pour fabriquer des canots et des parchemins.


- Les chamans de la Sibérie vantaient les vertus thérapeutiques de cet arbre des régions froides et tempérées. Ils n'hésitaient pas à monter dans ses branches pour mieux entrer en contact avec les Dieux de l'autre monde. 


- Le bouleau était utilisé pour apaiser les agités et les aliénés que l’on fouettait avec ses branches. 


- On flagellait les condamnés du Moyen Âge avec ses branches. C’est aussi dans l’espoir de chasser ce qui est néfaste, 


- Les exorcistes l’utilisaient en décoction, car ils assuraient qu’il faisait s’enfuir les démons.


- On surnommait le bouleau “Sceptre des maîtres d’école”, parce qu’avec son bois on fabriquait les baguettes servant à punir les cancres.


- Méditer sous cet arbre permet de mieux accepter sa vie, d’assumer les changements, de se réconcilier avec ce que l’on est, d’adoucir ses pensées.


- Certains peuples voient dans la simplicité de sa prestance le signe de la sérénité, l’acceptation des changements, la paix intérieure.


- Le nom local du bouleau est également à l'origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves ; il s'agirait d'une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque.


- En Lettonie le mois d’avril est propice à la récolte de la sève de bouleau, on "saigne" l'arbre pendant la montée de sa sève, selon une tradition ancestrale, c’est l’une des occupations préférées des Lettons et la loi autorise chaque habitant à récupérer le jus de bouleau. “Chaque individu est autorisé à faire un seul trou dans un arbre, même dans les forêts publiques, à condition que le diamètre de l’arbre soit supérieur à 40 centimètres”. Les Lettons estiment que c’est la rudesse de leurs hivers qui produit un jus particulièrement sucré. 


- Les peuples du Nord consommaient la sève fermentée du bouleau. De cette eau de bouleau on fait une liqueur en Suède, un vin en Estonie, un mousseux en Angleterre. 


- En Savoie on dit d’un homme ivre qu’il est dans les bouleaux .


- Le bouleau est un symbole nationaliste norvégien, 


- Le bouleau, protecteur des jeunes filles et des orphelins.


- Les berceaux en bouleau protègeraient les enfants

 

 

Utilisation

 

- Le bouleau est également un arbre décoratif utilisé dans les parcs et jardins. Il est souvent planté par groupe de trois (cépée de bouleaux).


- Le bois du bouleau jaune est utilisé en menuiserie (au Canada sous le nom de merisier et sous le nom de merisier rouge pour le bouleau flexible).


- Le bouleau brûle vite sans que sa flamme soit trop chaude et il laisse très peu de cendres. Apprécié des boulangers, c'était le bois de boulange. Des fagots étaient également utilisés pour faire chauffer l'huile de friture, le cuisinier atteignait ainsi rapidement une température suffisante. 


- On en fait aussi des berceaux de nouveaux nés


- L'écorce blanche du bouleau à papier, le mâchecoui, était très utilisée par les amérindiens pour la fabrication des canoës d'écorce, d'ustensiles de cuisine, pour recouvrir leurs abris.

 

 

 

Alimentaire


- En Amérique du Nord, de l'Est du Canada à l'Alaska, à partir de la sève brute du bouleau blanc est produit de l'eau de bouleau, de la bière (Birch beer), du vin, de l'eau-de-vie, du vinaigre et du sirop de bouleau (un sirop édulcorant similaire au sirop d'érable).


- Le sirop de bouleau est un sirop obtenu à partir de la sève du bouleau (Betula) de la même manière que le sirop d'érable.


- La sève du bouleau contenant moins de sucres (de 0,5 à 2 % de glucide) que celle de l'érable, l'évaporation est plus longue et le rendement économique inférieur. L'odeur du sirop de bouleau est particulière, s'apparentant à celle du caramel avec une touche d'épice.

 

 

 

Vertus médicinales


- Le bouleau est reconnu comme antiseptique, dépuratif, cholérétique, cicatrisant, diurétique. 


- La médecine des plantes utilise ses feuilles, bourgeons et son écorce que l’on distille pour en extraire une huile essentielle. 


- La sève, les feuilles et l'écorce ont des vertus diurétiques et sont également utilisées dans le traitement des affections cutanées.


- On utilise les bourgeons ou l'écorce sèche en décoction et les feuilles en infusion comme dépuratif. La sève de bouleau appelée eau de bouleau est également utilisée dans de nombreux pays.


- On utilise la feuille de bouleau en poudre pour faciliter les fonctions d'élimination rénale et digestive. 

 

- Il est encore cité pour combattre les oedèmes, la goutte et l’arthritisme, l’hypertension aussi bien que la cellulite et l’obésité, les éruptions cutanées et l’artériosclérose.


- Au Moyen Âge on utilisait le bouleau pour soigner les plaies, les ulcères et les calculs rénaux. Propice aux reins et à la vessie. 


- On lui prête de nombreuses autres vertus thérapeutiques, d’autant qu’il vit en symbiose avec l’amanite muscaria ou amanite tue-mouches, champignon "magique" que l’on appelait aussi "la nourriture des Dieux" et avec lequel les chamans se droguaient.


 

 

 

Le bouleau en Cosmétique


La sève de bouleau est utilisée dans les cosmétiques, utilisée depuis très longtemps par les peuples nordiques, slaves et asiatiques. Les produits les plus connus sont les lotions capillaires.
 

 

 

Contes russes

“Vassilissa la très belle”, 


Un vieil homme et sa femme vivaient avec leur fille Vassilissa. Un jour, la vieille femme tomba malade et, avant de mourir, donna à sa fille âgée de huit ans une petite poupée en lui disant que si elle avait besoin d’aide, elle devrait la nourrir et lui demander conseil. De plus elle ne devrait sous aucun prétexte la montrer à quelqu’un.

 

Après la mort de sa femme, le vieil homme se remaria avec une veuve qui avait deux filles croyant qu’elle ferait une épouse et une mère de famille avisée. Mais toutes trois devinrent très rapidement jalouses de Vassilissa qui était très belle. 

 

Un jour que le vieil homme était parti au marché,  sa marâtre et ses deux méchantes sœurs envoyèrent,  à la tombée de la nuit, Vassilissa chez Baba Yaga la sorcière, chercher des éclats de bouleau pour chauffer et éclairer leur maison. Au cœur de la forêt, elle offre son ruban de soie rouge au bouleau et le noue aux branches protectrices de ce gardien du foyer. Celui-ci bénit la jeune fille et rassemble ses feuilles, masquant le chemin de sa fuite. De même, les brandons de bouleau rapportés par Vassilissa illuminent-ils si vivement la cheminée que la marâtre et ses filles ne peuvent en supporter l’éclat et se consument.

 

 

Légende sibérienne nanaï,

 
C’est au cœur de l’aubier clair d’un bouleau, arbre de résurrection,  que Mambou, l’orphelin sculpte le visage des guerriers morts,  quand son clan se voit décimé par les Chinois. 


Après avoir été jeté dans le lit du fleuve Amour chacun des masques revient à la vie sous forme d’un guerrier invincible qui venge le village anéanti. 
Puis, redevenus de simples troncs, ils servent à la fabrication d’un radeau sur lequel Mambou descend le fleuve à la recherche d’un nouveau clan.


 

 

 

Conte du Québec

adapté d'un conte Ojiboué

 

 

Le grand pin et le bouleau

 


Il y a bien longtemps, avant que les hommes n'arrivent dans le pays, les arbres étaient capables de parler. Le bruissement de leurs feuilles était leur langage calme et reposant. Lorsqu'ils agitaient leurs branches en tous sens dans le vent violent, leurs paroles étaient des discours pleins de courage ou remplis de peur.


La forêt était peuplée d'une multitude d'arbres de toutes sortes. L'érable laissait couler sa sève sucrée pour les oiseaux assoiffés. Un grand nombre d'oiseaux nichaient dans ses branches. Les merles venaient déposer leurs petits œufs bleus dans des nids bien installés. L'érable les protégeait du vent et de la pluie, toujours prêt à rendre service. Il était respecté aux alentours.


Pas bien loin de lui, un orme élevait ses longues branches vers le ciel. L'orme aimait le soleil et chacune de ses branches s'élançaient vers ses rayons. Les orioles, des oiseaux ressemblant aux rouges gorge mais en plus petit construisaient leurs nids balançoires dans sa ramure sachant qu'ils se trouvaient à l'abri dans les hauteurs.


Plus loin encore, le thuya offrait durant l'hiver l'hébergement à des familles entières d'oiseaux. Lorsque le froid faisait rage, le thuya refermait ses épaisses branches sur eux et les gardait bien au chaud. Les oiseaux étaient si confortablement installés qu'ils mettaient du temps, le printemps venu, à quitter leurs logis dans le thuya.


Le bouleau se tenait à peu de distance. Il était mince et élégant et son écorce douce et blanche le distinguait des autres. Ses bras souples et gracieux s'agitaient à la moindre brise. Au printemps, ses feuilles vert tendre étaient si fines qu'elles laissaient passer la lumière du soleil au travers.


Quand les hommes arrivèrent dans ces lieux, ils se servirent de l'écorce du bouleau pour fabriquer des canots, des maisons et même les récipients dans lesquels ils cuisaient leurs aliments.


Mais il arriva un jour que le bouleau, à cause de sa beauté, se mit à mépriser tout le monde.


Le grand pin était le roi de la forêt. C'est à lui que chaque arbre devait faire un salut en courbant la tête un peu comme on manifeste son obéissance au roi. Et ce roi était le plus grand, le plus majestueux, le plus droit de tous les arbres de la forêt. En plus de sa taille, sa magnifique vêture vert foncé assurait son autorité.


Un jour d'été, la forêt resplendissait des parfums et des couleurs de milliers de fleurs et un éclatant tapis de mousse recouvrait les coins ombragés du sol. Une quantité d'oiseaux, des gros, des petits, des bleus, des gris, des jaunes et des rouges, n'arrêtaient pas de chanter. Les arbres bougeaient doucement et agitaient leurs feuilles qui étaient des rires et des gais murmures de contentement. L'érable remarqua que le bouleau ne participait pas à cette réjouissance collective.


- Es-tu malade, bouleau ? demanda le gentil érable.


- Pas du tout, répondit le bouleau en agitant ses branches de façon brusque. Je ne me suis jamais si bien senti. Mais pourquoi donc devrais-je me joindre à vous qui êtes si ordinaires ?


L'érable, surpris de cette réponse, se dit que le roi grand pin ne serait pas content d'entendre de telles paroles. Car la première tâche de Grand Pin était de faire respecter l'harmonie parmi ses sujets.

- Tais-toi ! dirent les arbres au bouleau. Si le grand pin t'entend...


Tous les arbres étaient très solidaires les uns des autres comme le sont les frères et les sœurs qui s'entraident. Seul, le bouleau refusait l'amitié de ses compagnons. Il se mit à agiter ses branches avec mépris et déclara :

- Je me fiche bien du roi. Je suis le plus beau de tous les arbres de la forêt et dorénavant je refuserai de courber la tête pour le saluer !
Le grand pin, qui s'était assoupi, s'éveilla tout d'un coup en entendant son nom. Il secoua ses fines aiguilles pour les remettre en place et s'étira, s'étira en redressant son long corps.

- Bouleau, que viens-tu de dire ? lança-t-il.


Tous les arbres se mirent à trembler car ils se doutaient bien que la colère grondait dans le cœur du grand pin. Mais le bouleau ne semblait nullement craindre sa colère. Il étala ses branches avec dédain, les agita dans un sens et dans l'autre et dit d'un ton hautain :

- Je ne vais plus vous saluer, grand pin. Je suis le plus bel arbre de la forêt, plus beau que tous les autres, plus beau même que vous !


Le grand pin se fâcha. Ses bras se mirent à s'agiter bruyamment. Et tous les arbres attendirent dans le plus grand silence la suite des événements.

- Bouleau, lança le roi pin, tu es devenu vaniteux ! Je vais t'apprendre une leçon que tu n'oublieras jamais.


Le grand pin se pencha en direction du bouleau et frappa sa tendre écorce de toutes ses forces. Ses aiguilles lacérèrent la douce peau blanche du bouleau.


Enfin, il dit :

- Que tous apprennent par toi, bouleau, que l'orgueil et la vanité sont mauvais.


Depuis ce jour, l'écorce de Bouleau est marquée de fines cicatrices noires. C'est le prix qu'il dut payer pour sa vanité. Tous les membres de sa famille, sans exception, ont gardé, marquée dans leur peau, la trace de la colère du roi grand pin.


 

 

 

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