15 avril 2023 6 15 /04 /avril /2023 17:21

 

 

 

Mythologie des arbres


Le saule - Salix

 

 

Le saule (Salix) est un genre d'arbres, d'arbustes, d'arbrisseaux de la famille des Salicacées (Salicaceae). 


Il comprend 360 espèces environ, réparties à travers le monde, principalement dans les zones fraîches et humides des régions tempérées et froides de l'hémisphère nord et plus de 70 espèces d'arbres, arbustes et d'arbrisseaux caducs en Europe ! 


On rencontre des saules, au port en boule, étalé, pleureur ou érigé, des feuillages vert vif, gris velouté ou roses, des rameaux tordus ou de couleur rouge, des espèces qui fleurissent avant l'apparition des feuilles. 


Ils ont en commun leurs fleurs en chatons, mâles et femelles sur des pieds différents, leur préférence pour les sols frais à humides et légers et les expositions ensoleillées, leur croissance rapide, leur rusticité et leurs qualités esthétiques.


Seul, un pauvre arbre triste à la pâle verdure,

Le saule qu'il rêvait, au vent du soir, murmure

Sur son ombre éplorée un tendre et long regret.


 

 

 

Saule pleureur, saule blanc, saule tortueux, saule marsault ou saule crevette, la grande famille des saules peut entrer dans la plupart des jardins. 


Les rameaux de 2-3 ans ont une écorce riche en salicyline. L'écorce de saule est douée d'un réel pouvoir antithermique et antinévralgique, auxquels s'ajoutent des effets toniques et astringents.

 

 

 

Les feuilles sont caduques, alternes, ovales ou lancéolées.


 

 

Les fleurs sont réunies en chatons dressés, mâles ou femelles, portés par des pieds différents (plantes dioïques). Chaque fleur est portée par un nectaire, qui correspond au périanthe, et protégée par une bractée ciliée.
La fleur mâle, minuscule, comporte deux à cinq étamines.


La fleur femelle ne comprend qu'un seul ovaire, uniloculaire mais à deux carpelles. Les fleurs femelles fécondées forment des capsules à deux valves, qui libèrent des graines cotonneuses. Les saules peuvent être anémochores (pollinisés par le vent) ou entomochores (pollinisés par les insectes).


 

 

Les nombreux hybrides rendent souvent la détermination difficile.


La plupart des saules se couvrent à l'automne d'une cire blanche qui les protège pendant l'hiver. Comme toutes les cires, celle-ci est hydrophobe, c'est-à-dire qu'elle ne laisse pas passer l'eau. Cette propriété protège l'arbre de la déshydratation pendant l'hiver mais rend aussi la respiration plus difficile. Pour résoudre ce problème, l'arbre est équipé de lenticelles.

 

 

 

Les espèces et variétés de saules

 


Salix alba - Saule blanc, (saule tétard)

Le Saule commun, Saule argenté, Osier blanc, ou Saule Vivier, également appelé aubier ou tétard (Salix alba L.), est un arbre de la famille des Salicacées. Cet arbre commun dans les régions tempérées est souvent cultivé en forme de "têtard" pour la production d'osier.


Salix alba fait partie des plus grands saules (25 m de haut). Son tronc est court et ses branches dressées. Il développe des rameaux brun jaunâtre souples. Avec le temps, son écorce de couleur gris brunâtre se crevasse. Les bourgeons du saule blanc sont appliqués directement contre les rameaux de l’arbre. Ses feuilles sont caduques, alternes, joliment dentées . Sur la partie supérieure, elles sont vert grisâtre. Sur la partie inférieure, elles sont de couleur gris argenté.
 

Sa floraison nectarifère s'étale d'avril à mai. Un espace isolé près d'un cours d'eau est idéal pour cet arbre au puissant système racinaire, mais il peut également se développer sur des terrains modérément secs.


 

 

 

Salix matsudana (babylonica) Tortuosa - Saule de Pékin tortueux  


Le saule de Pékin, originaire de Chine, saule tortueux de la famille de Salicacées est un arbre très décoratif, à planter isolé, dans un grand jardin.
cet arbre pouvant atteindre les 10m de hauteur, pour 6 m de large, montre une silhouette gracieuse aux branches sinueuses, au port élancé.  Il est de croissance rapide, mais sa durée de vie est courte, autour d’une vingtaine d’années.


Son houppier est ovale, plus haut que large et assez lâche. La couronne est symétrique. Souvent, l’arbre se divise rapidement en plusieurs troncs d’allure tortueuse. Les branches se ramifient en de nombreuses branches sinueuses qui s’allongent gracieusement en spirale, ce qui lui donne une architecture très esthétique. La variété "Aurea" montre une écorce jeune de couleur jaune et luisante, remarquable sous les rayons du soleil.


Les feuilles caduques, lancéolées, légèrement dentées, recourbées, vert olive, sont d'une grande originalité au jardin. Il aime un sol léger, riche, frais à humide, de préférence non calcaire, en situation ensoleillée ou mi-ombragée. Il est très esthétique en hiver. En mars, il produit également des chatons blanc grisé.

 

Le bois est cassant, il n’est pas rare qu’un vent violent abatte quelques branches. 


 

 

 

Salix viminalis - saule des vanniers

 
Le Salix viminalis, appelé aussi vime ou osier vert , osier des vanniers est un arbuste très souple de 5 à 10 mètres de haut que l'on rencontre souvent taillé en têtard afin d'utiliser les rameaux jaunâtres ou rougeâtres, à l'écorce jaune orangé en hiver.

 

Il s'adapte à tous les sols sous exposition ensoleillée. Il peut être utilisé en isolé, massif, au bord d'un cours d'eau. Sa durée de vie : 30 ans
D'autres variétés de saule sont également utilisées en vannerie, comme le saule pourpre ou le saule blanc.


Les feuilles, dont le bord tend à s'enrouler, sont longues et étroites, vert franc au dessus et couvertes de poils argentés au dessous, les chatons apparaissent avant elles, en avril. Il existe des pieds mâles et femelles ; on les distingue par la floraison en chatons qui a lieu en avril-mai. 


Cette espèce produit de l'osier. Elle fait partie des espèces les plus utilisées pour la vannerie avec le saule pourpre (Salix purpurea), le saule à trois étamines (Salix triandra) et le saule blanc -ou commun- (Salix alba).


 

 

 

Salix udensis sachalinensis "golden sunshine"- Saule de Sakhaline Golden Sunshine


Le saule de sakhaline, saule doré est un arbuste au port buissonnant de 4 m de haut pour 3 m de large, aux feuilles lancéolées jaune d'or, et aux rameaux dorés,  prend des tons vert-jaune en automne et supporte bien le soleil. 


Ce saule souple et délicat est très décoratif, grâce à sa silhouette champêtre, à l’image de sa floraison printanière sous forme de chatons avant ses feuilles lancéolées dorées comme les blés.


Il se cultive facilement et requiert très peu d’entretien en raison de sa résistance aux maladies. Il est capable d’affronter les écarts de température les plus extrêmes, froids vifs et chaleur ardentes, à condition d’être planté au soleil, dans un sol riche régulièrement amendé, impérativement frais voire très humide (à proximité d’un plan d’eau par exemple) et d’être taillé court à la fin de chaque hiver (février-mars).


 Cet arbrisseau d'origine japonaise s'apparente au saule des vanniers. Très beau en sujet isolé mais peut être également installé dans une haie. 


 

 

 

Salix caprea Pendula - Saule marsault pleureur


Le salix caprea "Kilmarnock",  saule Marsault est une adorable forme horticole de saule, appartenant à la famille des Salicacées.


C'est un petit arbre de croissance rapide, de 2 à 3 m de haut pour 1,5 m de large aux longs rameaux souples, rouge brun et duveteux dans leur jeunesse, pouvant retomber jusqu'au sol. Au printemps, les boutons floraux en gros chatons argentés puis jaunes pâle, très décoratifs, portés en abondance par le bois encore nu.


Son feuillage allongé sur 8 à 10 cm et légèrement denté, est vert foncé, avec un revers vert clair. Il devient jaune en automne.  Le tronc est lisse et gris noirâtre, ponctué de crevasses en losange.
Facile à réussir, il résiste au froid Jusqu'à -20°C et accepte tout type de sol, même sec ou humide, pas trop calcaire. Son exposition doit être d’ensoleillée à mi- ombre, à l’abri des vents violents, sachant que ses jolie chatons chatoient merveilleusement dans les rayons du soleil. 


Il convient parfaitement aux petits jardins et sera parfait sur une pelouse, près d'un talus ou en massif. 


La forme "Pendula" fut découverte au 19ème siècle et fut propagée par Thomas Lang de Kilmarnock. 


 

 

 

Salix integra "Hakuro-Nishiki" - Saule crevette 


Cette variété de saule, très décorative, obtenue par les japonais à partir d’une espèce d’origine orientale est devenue un classique.


Le saule crevette, a un port arrondi de 1m à 2.50 m, aux nombreuses et fines tiges souples. 


Son fin feuillage lumineux, panaché de rose et de vert tendre au printemps se teinte de blanc et de vert moyen en été. Ses petites feuilles alternes sont allongées, courtement pétiolées, denses sur les branches. Ses jeunes pousses teintées de rose lui ont valu son nom de Saule crevette. Cet arbuste caduc et rustique prend un joli port en boule avec le temps. Au printemps, il produit, en plus, des petits chatons vert-jaune.  

 

Les fleurs, qui débourrent peu de temps avant les feuilles, forment de minuscule épis rouge-rosé. L’écorce des tiges matures est rouge sombre.


Il est attractif pour son feuillage aussi bien que pour sa forme.Il se cultive sans difficulté dans toute bonne terre de jardin. Le saule crevette a besoin d'un sol profond, lourd, riche, et bien humide, avec une exposition pas trop chaude ni trop ensoleillée, plutôt à mi-ombre.


 

 

 

Salix purpurea - saule pourpre


L'Osier pourpre, l’Osier rouge ou le Saule pourpre est un petit saule d'une hauteur de 1 à 2 m pouvant exceptionnellement pousser jusqu'à 6 m. Il appartient à la famille des Salicacées, et tire son nom de la couleur de ses fleurs, fréquemment pourpres, qui apparaissent au début du printemps. Avec un port touffu, souvent en boule, Salix purpurea est le seul représentant français du genre Salix dont les feuilles (et bourgeons) paraissent opposées ou subopposées. 


Cet arbrisseau est d'une longévité faible. C'est une espèce dioïque, avec une floraison de mars à avril, avant la feuillaison. Salix purpurea est pollinisé par les insectes, et ses graines sont dispersées par le vent. 


C'est une espèce pionnière. Le limbe de ses feuilles est finement denticulé. Ses rameaux grêles, souples, glabres, brillants, opposés et pourpre foncé. Ses bourgeons sont lisses et luisants. Chatons unisexués à bractées noires et rouges et velues. Ses fleurs mâles ont leurs anthères rouges.


Le saule pourpre décoratif en bois nu en hiver, porte un agréable feuillage bleuté en été. C’est arbuste de haie taillée ou libre très peu exigeant, utilisé pour le maintient de la terre ou végétalisation d’une zone humide. Il est favorable à la biodiversité. Il  est bien connu en France, l’osier rouge se rencontre au bord des cours d’eau sur les chemins ou à la lisière des bois, le plus souvent en groupement arbustif bas. C’est aussi une espèce pionnière.

 

 

 

Le Saule fragile ou Saule rouge (Salix fragilis) 


Le Saule fragile est un arbre de la famille des Salicaceae, de 5 à 15 m de haut, à couronne arrondie généralement formée de quelques branches lourdes. Les jeunes rameaux sont marron jaunâtres, parfois un peu rouges.

 

Ils poussent en angle assez ouvert sur les branches plus matures. Velus au départ, ils deviennent rapidement glabres. Il doit son nom à la fragilité de ses rameaux. Ce n’est toutefois pas le seul dont les rameaux sont cassants, cet attribut n’est donc pas déterminant.


C'est un arbre à croissance rapide, dont le tronc peut atteindre 1 m de diamètre, mais qui développe souvent des multi-troncs, avec une couronne irrégulière souvent inclinée. L'écorce est sombre, grise-brunâtre, crevassée sur les vieux sujets. Il croît rapidement. Ses feuilles vert foncé brillant sont sans poils et d'un vert pâle en dessous. La marge des feuilles présente une bordure légèrement crantée. Elles sont légèrement velues au début du printemps mais deviennent vite glabres. 


D'avril à mai a lieu la floraison, qui donne des épis de fleurs vert clair, en forme de gobelet,  se teintent de brun clair lorsqu’ils produisent des fruits. Elles forment ensuite des chatons, caractéristiques des saules.


Le saule fragile s'installe préférentiellement en bordure de cours d'eau et en plein soleil. Il peut servir à la plantation à la stabilisation des berges. De plus, les jeunes pousses sont très souples, il peut donc être utilisé pour la vannerie.


 

 

 

Le saule à deux couleurs, Salix bicolor, 

est une espèce de saule de montagne, de la famille des Salicaceae.

Salix bicolor atteint 3 m de haut. La plante prend la forme d'un large buisson mais peut aussi ressembler à un arbre multi-branches de 4 mètres de haut. Les branches sont glabres, brun-rouge ou de couleur noisette.

 

Les feuilles sont vert-jaune, glabres, elliptiques ou lancéolées, à l'apex pointu, sombres sur le dessus, blanches dessous.

 

Les chatons apparaissent au début du printemps, avant les feuilles. Comme tous les saules, cette espèce est dioïque, les fleurs s'épanouissant de mai à juin.


 

 

 

Étymologie


Saule (du françique salha, vers 1215, saule marsault, osier)
apparenté à :

- L’allemand Salweide, 

- L’anglais sallow, 

- Le danois selje. 

- Héritier du germanique salχaz 

- Le français saule,


Le germanique salχaz et  l'anglais willow sont issus de la même racine indo-européenne wel signifiant " rouler, tourner", allusion à la flexibilité du bois et l'utilisation des pousses et des branches pour tisser des paniers, fabriquer des clôtures.

Le latin salix, accusatif salĭcem, est en revanche à l'origine des formes d'ancien français saus et sausse (conservés dans certains dialectes) et de saussaie (qui vient de salicetu) endroit planté de saules. 


Une rangée régulière de saules est dénommée une saulée.


Une saulaie est un endroit où poussent des saules, tout comme une saussaie, terme vieilli et régional.


 

 

 

 

Mythologie Egyptienne

 

L’arbre sacré d’Héliopolis 

A Dendérah, quand le roi accomplit devant le roi Hathor les rites de l'érection du saule, arbre ayant un rôle mythique dès l'ancien Empire... il dit à la déesse en apportant une tige  à trois branches feuillues :

"Voici le saule, je dresse devant toi ces rameaux, puis il ajoute :

"Je t'élève le saule à tes narines, le premier mois de l'été : que ta face en rayonne"


Les scientifiques de la campagne d'Égypte devant le temple de Dendérah , 1819 par François-Martin Testard.- Musée Champolion


 

 

 

Mythologie greco-romaine


Itea (saule chez les grecs anciens) est le nom de la nourrice de Zeus qui surveillait son berceau suspendu à cet arbre magique.


Héra, déesse du foyer vit sous le saule de Chio jusqu’au jour de ses noces, elle y retourne chaque fois qu’elle a besoin de s’isoler.


Le saule est également associé à Artémis (Diane) 

Guillaume Seignac - Diane


 


 

 

 

Mythologie celtique

 


Le saule est un arbre du début du printemps, à l'époque où la pluie gonfle les rivières.

du 1° Mars au 10 Mars

 


Arbre aquatique, féminin, le "saule des rivières" est gouverné par la lune et est ainsi naturellement associé avec les cérémonies féminines d'Imbolc.

 

l'alphabet oghamique

ᚄ Saille 

Sail / saule 

 

Dans la mythologie celte, le saule est associé à la création des deux Œufs écarlates du serpent de mer qui contenaient le Soleil et la Terre. Le Saule a caché ces œufs dans ses branches jusqu'à ce qu'ils éclosent et apportent la vie terrestre. Si par ses feuilles qui descendent jusqu'à la terre, le Saule pleureur est lié à la mort et à la nostalgie, il est aussi symbole d'immortalité. 


 

La déesse blanche

Les silex trouvés dans les tombes étaient tailllés en forme de feuilles de saule. Le saule (helice en grec) donna son nom à l'Hélicon, le séjour des neuf muses, prêtresses et orgiaques de la Déesse Lune.

Le saule lui est consacré pour de nombreuses raisons ; c'est l'arbre qui affectionne le plus l'eau, or la déesse de la Lune passe généralement pour la dispensatrice de la rosée et de l'humidité ; ses feuilles et son tronc, sources de l'acide salicylique, sont souverains contre les crampes rhumatismales que l'on pensait autrefois être causées par le pouvoir des sorcières. Le premier oiseau orgique de la déesse est le torcol, migrateur printanier qui niche toujours dans les saules.

Le liknos ou tamis utilisé pour vanner le blé, était fait en saule. 
C'est à bord de ces grands tamis, que les sorcières du nord Berwick allaient sur la mer au cours de leurs sabbats

Les mythes celtes - Robert Graves - 1948


 


 

Le saule dans la religion

 

Religion juive et samaritaine


Célébration "Souccot"

Souccot signifie "cabane" ou "hutte" et fait référence aux abris dans lesquels les juifs ont cherché refuge après avoir fui l’Égypte avec Moïse lors de l’exode. 

Les familles juives célèbrent généralement l’occasion en construisant une structure qui ressemble à une hutte ou une cabane, où elles passeront la semaine. 

On utilise spécifiquement quatre plantes : le citron, une branche de palme, une branche de myrte et une branche de saule. Cette combinaison de végétaux, connue sous le nom des "Quatre espèces", fait partie intégrante du Souccot car elle est mentionnée dans la Torah. 


Juifs apportant leurs quatre espèces à la synagogue (carte de vœux de 1900)

 

 

 

Le saule dans la Religion chrétienne

 


La Bible raconte que "les Hébreux captifs pleuraient leur patrie perdue sous les saules au bord de l'Euphrate". 

 

Psaumes 137:2

"Sur les bords des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion.
Aux saules de la contrée nous avions suspendu nos harpes..."

 

Lévithique 23:40

"Le premier jour, vous prendrez de beaux fruits, des branches de palmiers, des rameaux d'arbres touffus et des saules de rivière, et vous vous réjouirez devant l'Eternel, votre Dieu, pendant 7 jours..."


Esaie 44:4

"Ils pousseront au milieu de l'herbe comme les saules près des cours d'eau..."


Ezechiel 15:7

"C'est pourquoi ils rassemblent ce qui leur reste et transportent leurs biens de l’autre côté du torrent des saules..."


Ezechiel 17:5

"Il prit un plant du pays et le plaça dans un terrain fertile. Il le mit près d'une eau abondante et le planta comme un saule..."


Ézéchiel 17:4-6

"Il arracha le plus élevé de ses rameaux, l'emporta dans un pays de commerce, et le déposa dans une ville de marchands. Et il prit un rejeton du pays, et le plaça dans un sol fertile; il le mit près d'une eau abondante, et le planta comme un saule. Ce rejeton poussa, et devint un cep de vigne étendu, mais de peu d'élévation; ses rameaux étaient tournés vers l'aigle, et ses racines étaient sous lui; il devint un cep de vigne, donna des jets, et produisit des branches..."

 

Job 40:22

"Les lotus le couvrent de leur ombre, Les saules du torrent l'environnent..."

 

 

 

Le Dimanche des Rameaux est une fête liée à des rites préchrétiens, enrichis par des éléments de la religion chrétienne. Il marque en fait le début de la Semaine sainte, qui prépare la grande fête de Pâques.

Tout le monde connait la signification chrétienne de cette fête : le moment où Jésus est reçu avec des branches d'olivier, qui chez nous sont représentées par le saule.

Cet arbre est présent dans les textes les plus anciens, et aussi dans des textes bibliques. C'est aussi un symbole de la régénération, car c'est un arbre qui jette son fruit, son fruit n'apparaît pas. C'est pour cela que le saule a été souvent vu comme un élément négatif et a été remplacé par d'autres éléments végétaux. Mais peu à peu, les gens ont retrouvé ce symbole fort, parce que le saule est facile à planter. Il est donc redevenu un symbole de la "régénération".

 

Pâques Orthodoxes

L'épisode biblique de l'entrée de Jésus à Jérusalem est marqué par les fidèles le dimanche avant les Pâques orthodoxes. Ce jour-là, les gens des communautés traditionnelles apportent à l'église des rameaux de saule qui seront bénis durant la messe.

 

 

Tradition chrétienne en Ukraine

 


..."Une histoire qui commence avec le baptême, selon le rite orthodoxe grec, en 988, du prince de Kiev, Vladimir le Grand, canonisé deux siècles plus tard. Cette date marque le début de la christianisation de la "Rus’ de Kiev". Vladimir édifie de nombreuses églises, les premières en pierre du monde slave, dans lesquelles sont notamment vénérées des icônes de la Dormition de la Vierge. Son fils, Jaroslav le Sage, proclame la Vierge reine du peuple ukrainien en 1037, ce qui fait de lui le premier souverain occidental à consacrer son peuple à Marie.

 

La Vierge ne fut pas insensible à cette profonde dévotion de l’Ukraine à son égard. En témoignent ses apparitions, survenues à plusieurs reprises. La plus connue remonte au XVIIe, à Grouchiv, en Galicie, à l’ouest du pays. Un saule y fut planté en souvenir. Un siècle plus tard, une source jaillit au pied de l’arbre et provoqua des guérisons miraculeuses. En 1806, Stepan Chapowskyj peignit une icône de la Vierge et les villageois la fixèrent sur l’arbre. Ce dernier devint un lieu de pèlerinage.  En 1856, la Vierge est vénérée pour avoir stopper une épidémie de choléra. Le 26 avril 1987, elle serait de nouveau apparue au même endroit à une fillette de 11 ans, Maria Kizyne"...
 

 

 

Légende chrétienne du saule

 

Judas

"Quelques heures après la Dernière Cène, Judas trahissait Jésus par un baiser en échange de trente pièces d’argent. Voyant Jésus capturé et torturé, il regrettait sa trahison et jetait l’argent souillé de sang. Le remords rongeait son cœur et il fut affligé par les conséquences de son acte. La seule solution lui semblait être de disparaître de cette terre.


Tenant une solide  corde en main, il grimpat dans le premier arbre qu’il rencontra. C’était un saule. Judas attachait la corde à la branche la plus haute et sautait …. L’arbre gémit sous ce poids, mais ne voulait pas coopérer à la fin de ce traître. Le saule s’inclinait profondément et Judas se retrouvait à nouveau les deux pieds par terre. Depuis lors, cet arbre est appelé « saule pleureur » l’arbre qui pleure la mort de Jésus."
 

 

 

Le saule pleureur replie ses branches vers la terre depuis qu'il a servi à cacher la Vierge et l’enfant Jésus dans leur fuite en Égypte. (cf. Palmier)

 


Dans une autre légende, ce saule pleure depuis le jour que les verges ont frappé Jésus. 


 


 

 

Mythologie chinoise

 

Dans certaines régions, on plaçait lors de la Fête des Morts des branches de saule sous le toit pour prévoir la météo. En effet, un vieux proverbe dit que "la branche de saule verte annonce la pluie tandis que la branche de saule sèche prévoit le beau temps."


Le saule a une vitalité si puissante qu'une branche de saule peut vivre là où elle est plantée.


La cité des Saules, le Mou-yang-tchen, en Chine, est le lieu même de l’immortalité.


A Lhassa, au Tibet, le sanctuaire principal est au milieu d’une plantation de Saules.

 

Cet arbre est l’Arbre de Vie ou l’Arbre central. On sait que Lao Tseu méditait à l’ombre de son feuillage où il fonda le Taoïsme et y rencontra Confucius, au Ve siècle av. J.C.


 

 

 

Mythologie bouddhiste


Le Saule du samuraï

 

Les bouddhistes Japonais placent une âme dans certains arbres; notamment dans les saules pleureurs. Cette âme aurait de mystérieux pouvoirs pour le mal comme pour le bien.

 

La légende


Le samouraï Matsudeira possède, dans son jardin, un saule pleureur magnifique aux feuilles argentées.

 

Voici qu'un jour, sans aucune raison apparente, sa femme tombe gravement malade et meurt. Peu de temps après, son fils se casse la jambe. Matsudeira se demande si le saule n'est pas à l'origine de ces accidents. Plutôt que de l'abattre, il le propose à son voisin, Inabata, qui accepte immédiatement.

 

Un matin, ce dernier a la surprise de voir une femme d'une merveilleuse beauté appuyée contre le tronc du saule.

 

Inabata est veuf et sans enfant. Il propose à la ravissante créature de le suivre en sa modeste demeure. Quelque temps après, conquis, il lui demande sa main. L'année suivante naît un délicieux petit garçon qu'on nomme Yanagi, le saule. La famille vit dans le bonheur pendant cinq ans.

 

Voici qu'un des piliers soutenant le temple de Sanjusangendo s'effondre. Le daimyo consulte les prêtres. Ces derniers lui expliquent qu'il faudrait faire la réparation à l'aide du tronc provenant d'un saule. Il faut un grand et large saule pour tenir le temple. On lui signale que dans le jardin de son vassal Inabata, pousse un tel arbre. Il décide d'abattre le végétal et de le faire transporter au temple.

 

En apprenant cela, Inabata va trouver sa femme pour lui raconter son souci. Alors celle-ci lui dit: "J'ai un aveu à vous faire mon cher ami. Vous ne m'avez jamais demandé comment je suis venue à vous...Je suis l'âme du saule. Quand vous m'avez accueillie chez vous, j'ai ressenti une immense gratitude envers vous. Nous nous sommes mariés. Nous avons eu un enfant. Maintenant je sais qu'il me faut mourir car vous ne pouvez pas désobéir à votre Seigneur...Adieu". La femme avance vers l'arbre et disparait dans le feuillage.

 

Les bûcherons arrivent; abattent l'arbre sans prêter attention aux supplications du malheureux Inabata. Maintenant, le saule gît sur le sol. Il ne reste plus qu'à le transporter. On tente de le soulever sans succès. L'arbre résiste comme soudé au sol. Les bûcherons vont chercher du renfort; rien à faire,. L'arbre ne bouge pas. Trois cents hommes sont appelés à la rescousse. Le saule ne bouge toujours pas d'un centimètre.

 

Alors le petit Yanagi s'approche à son tour du saule, en caresse les feuilles argentées et lui murmure simplement: "Viens". Il saisit une branche. Tiré par la main minuscule, l'arbre cède à la douce prière et suit l'enfant jusqu'à la cour du temple.

 

Bibliographie
Contes et légendes du Japon, F. Challaye, Collection des contes et légendes de tous les pays, Fernand Nathan 1963


 

 

 

Le saule dans les tribus amérindiennes

 


Les Blackfoot racontent que, voici bien longtemps, Napi, le Vieil Homme, parcourait seul ce pays.

A cette époque, il n'y avait rien, pas même une pierre. Trouvant que ce monde était un endroit glacial, Napi créa l'épine dorsale du monde (les Montagnes Rocheuses), les rivières, les peupliers et les bosquets de saules, le bison, l'aigle, le loup, le castor et l'ours ainsi que tous les autres animaux à quatre pattes. 


 


 

 

IVe et IIIe millénaires av. J.-C. 

 


Le premier texte connu sur la médecine par les plantes est gravé sur une tablette d'argile, rédigé par les Sumériens en caractères cunéiformes 3000 ans av. J.-C.; ils utilisaient des plantes telles le saule en décoctions filtrées.
 


 

VIII° siècle av. J.-C. 

 


Homère (VIII° siècle av. J.C.) poète grec


Odyssée, X, 504-514 : chant XI -  la Nekyia

Après avoir indiqué à Ulysse le meilleur chemin et les vents favorables qu'il faut suivre, Circé ajoute :


..."Déploie les voiles et laisse faire le souffle de Borée.

Quand ton navire aura franchi l’Océan,

tu trouveras, sur un promontoire,

dans les bois sacrés de Perséphone,

plantés de saules et de peupliers noirs, 

les eaux du Pyriphlégéthon et du Cocyte

se jettent dans l'Achéron,

et tombent d'un rocher avec fracas..."

 

Alessandro Allori (1535-1607) - Odyssée Circé et Ulysse

 


 

 

V° - IV° siècle av. J.C.

 


Hippocrate (vers 460 avant J.-C. -377 av. J.-C.)  médecin grec du siècle de Périclès, philosophe, considéré traditionnellement comme le "père de la médecine".

avait déjà observé que l’utilisation d’écorce et de feuilles de saule permettait de soulager les douleurs lors maux de tête ou de fièvre. Il conseillait aux femmes de mâcher ses feuilles pour lutter contre les douleurs de l’accouchement. 
 

 

 

I° siècle av. J.C.

 

Virgile (70 av. J.-C.-19 av. J.-C.) poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l'empereur Auguste.

Les Bucoliques, III, 65


..."La bergère Galatée s'enfuit vers les saules, mais veut auparavant se faire voir"...
 


 

I° siècle

 

Ovide ( 43 av. J.-C.-17 ou 18 ap. J.-C.) poète latin qui vécut durant la période de la naissance de l'Empire romain. 


Livre X - Orphée et Eurydice

Vers 86 à 105

..."Et l’érable aux couleurs variées et avec eux les saules qui croissent au bord des rivières et le lotus aquatique,..." 

 

Dans la mythologie grecque, Aréthuse est une nymphe du cortège d'Artémis. Étant la fille de Nérée, elle est aussi une Néréide.

(Métamorphoses d'Ovide - V, 585

 

La fontaine d'Aréthuse


Un jour, je m'en souviens,

Je revenais de la forêt de Stymphale, 

Accablée du poids des chaleurs,

Que rendaient plus pesant 

Les travaux pénibles de la chasse;

Je trouve un ruisseau dont l'onde, 

Qui paraît immobile, erre lentement sans murmure, 

Et permettait à l'oeil de compter les cailloux

Que couvre son limpide cristal.

Son cours est presque insensible; 

Et de vieux saules, de hauts peupliers,

Qu'entretient sa fraîcheur, l'abritent de leur ombre.

Je m'approche de ses bords. 

Je mets un pied dans l'onde ;

J'y descends ensuite jusqu'aux genoux. 

Je détache enfin mes vêtements légers ;

Je les suspends sur un saule courbé,

Et je me plonge dans les flots. 

Mais tandis que de mes mains je frappe l'onde,

Et l'agite, et la divise dans mes jeux,

Je ne sais quel murmure 

Semble sortir du fond des eaux :

Je frémis, et, dans mon effroi,

Je m'élance sur le bord le plus prochain.

Abraham Bloteling Alphée et Arethuse


 

 

 

Pedanius Dioscoride (20 et 40 ap. J.-C.- vers 90 ap. J.-C) médecin, pharmacologue et botaniste grec. Son œuvre a été une source de connaissances majeures en matière de remèdes.

..."Le saule a des vertus astringentes, cicatrisantes et antalgiques. Usant tant des semences, de l’écorce que de la sève, il emploie le saule pour certaines affections cutanées (cals, poireaux), en cas d’hémoptysie et de douleurs auriculaires." 

 

 

Pline l’Ancien (23 apr. J.-C.-79) écrivain et naturaliste romain, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).
 

Histoire naturelle - XXIV, 58

Traitant des remèdes fournis par les arbres sauvages.

"...ses feuilles pilées et prises en boisson, modèrent les excès amoureux et en usage répétés les éteignent complètement..."

 



 

 

 

II° siècle

 


Pausanias (115-180), dit le Périégète voyageur de l'Antiquité. Il est l'auteur d'une Description de la Grèce ou Périégèse


parle 

X

...d'un bois consacré à Proserpine, planté de peupliers au sombre feuillage {popidus nigra) et de saules....

...Le Thrace Orphée, mystérieux voyageur dans la région funéraire, région infernale, était représenté une branche de saule à la main....
 

3.16.7 
Lygodesma patronyme d'Artémis dont la statue avait été retrouvée par les frères Astrabacus et Alopecus sous un buisson de saule, dont elle était encadrée de telle manière 

 

LIVRE VII.

Achaïe
"... vers le fleuve Imbrasus, et sous un saule qu'on voit encore maintenant dans l'enceinte de son temple ; ils croient que ce temple est extrêmement ancien, ..."


D'après Galien (II° s.), peu de médicaments avaient autant d'usages que la sève de saule. 
 

 

 

VI° siècle - X° siècle

 


Le Livre de barde Taliesin - recueil de poèmes manuscrits du X° siècle,

Kat Godeu, ou Combat des Arbrisseaux

...Les saules et les sorbiers

Tardivement, vinrent dans les rangs...
 

 

 

XI° siècle

 


Au Moyen-Âge, Hildegarde de Bingen (vers 1098-1147) abbesse de l’abbaye de Rupertsberg. 

Le livre des subtilités des créatures divines :

..." Le saule est froid ; il est image des vices, parce qu’il semble beau ; il n’est pas très utile pour les hommes, si ce n’est qu’il les accompagne dans certaines choses extérieures et il ne vaut rien pour les médicaments, car son fruit et sa sève sont amers et ne valent rien pour l’homme ; si celui-ci en mangeait, il ferait naître et augmenter en lui la mélancolie, mettrait en lui de l’amertume et y diminuerait la santé et la joie..." 


 

 

 

XIV° siècle

 


Guillaume de Machaut (1300-1377) compositeur et écrivain français 

..."Mais se s'amie l'appelast, Li nices tantost s'en alast, Le dos li tournast et l'espaule, Et s'en alast penre [prendre] à la saule, Pour li monstrer come il valoit Et comment contre-mont saloit"...
 

 

 

XV° siècle


Miniature moyen âge

215v - Français 236

boccace, de casibus (trad. laurent de premierfait)

exécution des templiers - Philippe le Bel et saule


 

 


Alain Chartier (ou Charretier, en latin Alanus Auriga vers 1385/90-1430 ) 1430?), poète, diplomate, orateur et écrivain politique français. 

Dans La belle Dame sans mercy , l'acteur se réfugie derrière une treille de saule


..."Si m'assis derrière une treille

Drue de fueilles a merveille,

Entrelacée de saulx vers"...
 

 

 

XVI° siècle

 

 

1508

Enluminure

Parchemin par Jean Bourdichon vers 1508.

Grandes heures Anne de Bretagne

Saule blanc


 

 

 

1539

Hieronymus Bock (1498-1554) pasteur et botaniste allemand 

Ouvrage Kräutterbuch

publié dans sa première édition à Strasbourg en 1539.

Figure 2 : première illustration connue du saule marsault, 


 


 

Leonhart Fuchs,

De Historia stirpium, 1542.


 

 

 

Cesare Ripa (v. 1555-1622) érudit italien auteur de l'Iconologie (Iconologia overo Descrittione dell'Imagini universali), livre d'emblèmes extrêmement célèbre en son temps.

- La stérilité présumée du saule inspire la représentation de la figure allégorique de la Disette. Elle est décrite comme une femme émaciée, mal vêtue, debout à côté d'une vache maigre et tenant, de la main droite une branche de saule et dans la main gauche, une pierre ponce, toutes deux considérées comme stériles. 

Il explique :
"la stérilité est la raison principale de la disette".


 

 

 

Olivier de Serres (1539-1619) agronome français, 


"Le saule ou saulx : les diversités des saules se remarquent à la couleur, aucuns estans blancs, les autres tendans sur le rouge et tané, en leurs feuilles"
 

 

 

1557

Rembert Dodoens (1517-1585) botaniste et un médecin malinois. 

Histoire des plantes

"...Les feuilles vertes pilées bien menues et appliquées autour des parties honteuses ôtent l'appétit au jeu d'amour..."
 

 

 

1586

Jacques Daléchamps (1513-1588) est un des plus célèbres, à la fois botaniste, médecin et philologue.

l'Historia generalis plantarum. 

..."Les feuilles pilées et prises en breuvage refroidissent ceux qui sont trop échauffés en cas d’amour et même qui continuerait d’en prendre, elles rendraient la personne tout à fait inhabile à ce métier"...(on allait même jusqu’à assurer qu’un emploi du saule au long cours était susceptible de mener à la stérilité).

 

 

XVII° siècle

 

 

William Shakespeare (1565-1616)est un dramaturge, poète et acteur anglais. 

Hamlet, IV, 7, - v. 1600

 

Ophélie

 

    La reine  

...Au-dessus du ruisseau penche un saule, il reflète

dans la vitre des eaux ses feuilles d’argent

Et elle les tressait en d’étranges guirlandes

Avec l’ortie, avec le bouton d’or,

Avec la marguerite et la longue fleur pourpre

Que les hardis bergers nomment d’un nom obscène

Mais que la chaste vierge appelle doigt des morts.

Oh, voulut-elle alors aux branches qui pendaient

Grimper pour attacher sa couronne florale ?

Un des rameaux, perfide, se rompit

Et elle et ses trophées agrestes sont tombés

Dans le ruisseau en pleurs. Sa robe s’étendit

Et telle une sirène un moment la soutint,

Tandis qu’elle chantait des bribes de vieux airs,

Comme insensible à sa détresse

Ou comme un être fait pour cette vie de l’eau.

Mais que pouvait durer ce moment ? Alourdis

Par ce qu’ils avaient bu, ses vêtements

Prirent au chant mélodieux l’infortunée,

Ils l’ont donnée à sa fangeuse mort....


Alexandre Cabanel - Ophelie

 

 

 

1690


Akiyama Shirobei Yoshitoki, un médecin japonais de Nagasaki  alla étudier la médecine chinoise et devint un expert de l’Art Souple des Saisies du Maître Ka Ku Tei, forme de combats à mains nues inspirée des moines Shaolins.


A son retour au Japon vers 1690, Il se retira pour méditer. Observant la nature, l'hiver arrivant, la neige s'accumulait sur un magnifique cerisier, et sous le poids de la neige, les branches ployaient et craquaient.


Puis, il eut le regard attiré par un saule, tout frêle, ses branches étaient si souples qu’elles ployaient, et naturellement revenaient à leur place. …


Akiyama fonda une école qu’il appela le "Yōshin-ryū "  l’école du cœur de saule. Il fut le premier à utiliser le terme de jujutsu (technique de la souplesse).


 

 

 

Jean de La Fontaine (1621-1695) poète français 

 

L'enfant et le maître d'école

 

Dans ce récit je prétends faire voir

D'un certain Sot la remontrance vaine.

Un jeune Enfant dans l'eau se laissa choir,

En badinant sur les bords de la Seine.

Le Ciel permit qu'un saule se trouva

Dont le branchage, après Dieu, le sauva.

S'étant pris, dis-je, aux branches de ce saule,

Par cet endroit passe un Maître d'école ;

L'enfant lui crie : Au secours, je péris.

Le Magister, se tournant à ses cris,

D'un ton fort grave à contretemps s'avise

De le tancer : Ah  le petit Babouin !

Voyez, dit-il, où l'a mis sa sottise !

Et puis, prenez de tels fripons le soin.

Que les parents sont malheureux, qu'il faille

Toujours veiller à semblable canaille !

Qu'ils ont de maux ! et que je plains leur sort !

Ayant tout dit, il mit l'Enfant à bord.

Je blâme ici plus de gens qu'on ne pense.

Tout babillard, tout censeur, tout pédant,

Se peut connaître au discours que j'avance :

Chacun des trois fait un peuple fort grand ;

Le Créateur en a béni l'engeance.

En toute affaire ils ne font que songer

Aux moyens d'exercer leur langue.

Hé mon ami, tire-moi de danger ;

Tu feras après ta harangue.


 L'enfant et le maître d'école Gravure de Pierre-Étienne Moitte d'après Jean-Baptiste Oudry, édition Desaint & Saillant, 1755-1759

 

 

 

XVIII° siècle

 

 


Jean-Antoine Morand (1727-1794) artiste, ingénieur, architecte, urbaniste et promoteur. 

Lors des grands travaux dans le quartier des Brotteaux au XVIIIe siècle, a fait planté des saules et des peupliers. 

Projet d’un plan général de la Ville et de son agrandissement par Jean-Antoine Morand – 1764 – AML 3s115

 

 

 

Edward Stone (1702–1768), recteur de l'église anglicane de son vivant, est connu pour avoir été le premier scientifique à documenter les vertus médicinales de l'écorce de saule.

Pour lui l'écorce de saule lui rappelle le quinquina au même goût amer dû à sa richesse en tanins (15 %). Il lui donne une indication supplémentaire contre les rhumatismes en recourant à la théorie des signatures. 

 

 

Comte de La Pérouse (1741-1788) officier de marine et un explorateur français.

...les aborigènes Aïnous utilisaient les fils de l'écorce de saule pour tisser des toiles... 


 

 

 

1796

Tela-Botanica.org : 

Mandel-Weide, Salix triandra subsp. Triandra , syn. Salix amygdalina L.

Extrait du livre Deutschlands Flora in Abbildungen 

Auteur    Johann Georg Sturm (Peintre : Jacob Sturm)

Salix triandra


 


 

 

Comte Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811) officier de marine explorateur et écrivain français.

 Supplément au Voyage - Tome II

..."Les rois seuls (de Taïti) peuvent planter devant leurs maisons l'arbre que nous nommons le saule pleureur,"... 
 

 

 

Jacques Delille (1738-1813) poète et traducteur français. 

L'homme des champs - 1800

..."Les lieux chers aux vivants sont aussi chers aux morts ; Qui vous empêchera de placer sur ces bords, Près d'un ruisseau plaintif, sous un saule qui pleure, D'un ami regretté la dernière demeure ?"... 

 

 

 

François-René, vicomte de Chateaubriand (1768-1848) écrivain français, 

Sur L'art Du Dessin Dans Les Paysages

..."Les chênes à la longue vie, aux écorces rudes… inspirent, sous leur ombre, des sentiments d'une tout autre nature que ces saules au feuillage léger, qui vivent peu et qui ont la fraîcheur des ondes où ils puisent leur séve,"... 
 


 

 

Johann Zorn (1739-1799) pharmacien et un botaniste allemand

Botanologia medica 

...Le saule pleureur (salix babylonica), consacré à la déesse Juno, et spécialement à la Juno Fluonia, est le meilleur moyen pour arrêter toute hémorragie, et pour empêcher une fausse couche...
 

 

 

Anonyme, graveur - Après 1790

Estampe - eau forte - saule pleureur

Musée Carnavalet, Histoire de Paris


 

 

Anonyme, graveur - Après 1790

Estampe - eau forte - saule pleureur

Musée Carnavalet, Histoire de Paris

 

 

 

Anonyme, graveur - Après 1790

Estampe - eau forte - saule pleureur

Musée Carnavalet, Histoire de Paris

 

 

 

Anonyme, graveur - Après 1790

Estampe - eau forte - saule pleureur

Musée Carnavalet, Histoire de Paris

 

 

 

XIX° siècle

 


d’après le botaniste Duhamel Du Monceau (1700-1782), physicien, botaniste et agronome français, qui cède lui aussi à la tentation de faire du saule pleureur (Salix babylonica) un symbole par excellence du deuil et des élégies.


..."Son port retombant offre l’image d’un être accablé de douleur dont la tête penchée sur une urne sépulcrale la recouvre d’une longue chevelure éparse et négligée"...

 

 

Henri-Louis Duhamel Du Monceau (1700-1782)

Traité des arbres et arbustes que l’on cultive en France, 1804-1809.

Salix Babylonica.

 

°

 

Au 19° siècle, des chimistes réussissent à identifier le principe actif thérapeutique du saule blanc et trouvent les mêmes substances dans la plante la Reine des prés. 

 

 

Pierre-Joseph Leroux (1795-1870) était un pharmacien travaillant à Vitry-le-François.

Il isola en 1829 la salicine à partir de l’écorce de saule, près avoir fait bouillir de la poudre d'écorce de saule blanc dans de l'eau, concentre sa préparation. Il en résulte des cristaux solubles qu'il baptise salicyline (du latin salix). 

La salicine avait déjà été isolée en 1825 par deux pharmaciens italiens vivant dans la région de Vérone, Francesco Fontana et Bartolomeo Rigatelli, mais ni l'un ni l'autre n'avait obtenu de produit pur. C'est pour cette raison que l'on a attribué à Leroux l'isolement de la salicine.


 

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique 

Œuvres complètes - III

 

Comédie dans les feuilles

 

Au fond du parc qui se délabre,

Vieux, désert, mais encor charmant

Quand la lune, obscur candélabre,

S’allume en son écroulement,


 
Un moineau-franc, que rien ne gêne,

A son grenier, tout grand ouvert,

Au cinquième étage d’un chêne

Qu’avril vient de repeindre en vert.

 

Un saule pleureur se hasarde

À gémir sur le doux gazon,

À quelques pas de la mansarde

Où ricane ce polisson.

 

Ce saule ruisselant se penche ;

Un petit lac est à ses pieds,

Où tous ses rameaux, branche à branche,

Sont correctement copiés.

 

Tout en visitant sa coquine

Dans le nid par l’aube doré,

L’oiseau rit du saule, et taquine

Ce bon vieux lakiste éploré.


 

 

 

Alfred de Musset  (1810-1857) poète, dramaturge et écrivain français de la période romantique,

Premières Poésies (1829-1835), 

 

Le saule


(extrait)

...

Pâle étoile du soir, messagère lointaine,

Dont le front sort brillant des voiles du couchant,

De ton palais d'azur, au sein du firmament,

Que regardes-tu dans la plaine ?

 

La tempête s'éloigne, et les vents sont calmés.

La forêt, qui frémit, pleure sur la bruyère ;

Le phalène doré, dans sa course légère,

Traverse les prés embaumés.

 

Que cherches-tu sur la terre endormie ?

Mais déjà vers les monts je te vois t'abaisser ;

Tu fuis, en souriant, mélancolique amie,

Et ton tremblant regard est près de s'effacer.

 

Étoile qui descends vers la verte colline,

Triste larme d'argent du manteau de la Nuit,

Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine,

Tandis que pas à pas son long troupeau le suit, -

 

Étoile, où t'en vas-tu, dans cette nuit immense ?

Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?

Où t'en vas-tu si belle, à l'heure du silence,

Tomber comme une perle au sein profond des eaux ?

 

Ah ! si tu dois mourir, bel astre, et si ta tête

Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux,

Avant de nous quitter, un seul instant arrête ; -

Étoile de l'amour, ne descends pas des cieux !

...

Glisse au sein de la nuit, beau brick de l’Espérance !

Terre d’Écosse, adieu ! Glisse, fils des forêts !

— Que l’on tienne les yeux, que l’on veille de près

Sur ce jeune homme en deuil, qui seul, dans le silence,

De la poupe, en chantant, se penche sur les flots.

Ses yeux sont égarés. Deux fois les matelots

L’ont reçu dans leurs bras, prêt à perdre la vie.

Et cependant il chante, et l’oreille est ravie

Des sons mystérieux qu’il mêle au bruit des vents.

"Le saule… — au pied du saule…"  il parle comme en rêve :

 'Barbara ! — Barbara !' Sa voix baisse, s’élève,

Et des flots tour à tour suit les doux mouvements.

"Enfants, veillez sur lui ! — la force l’abandonne !

Sa voix tombe et s’éteint — pourtant il chante encor.

Quel peut être le mal qui cause ainsi sa mort ?

Couchez-le sur un lit, enfants, la mer est dure !

— Enseigne, répondit la voix des matelots,

Son manteau recouvrait une large blessure,

D’où son sang goutte à goutte est tombé dans les flots. "

 

 

 

Alfred de Musset  (1810-1857) poète, dramaturge et écrivain français de la période romantique,

 

Epitaphe célèbre d'Alfred de Musset au Père Lachaise


"Mes chers amis, quand je mourrai,

Plantez un saule au cimetière

J'aime son feuillage éploré ;

La pâleur m'en est douce et chère

Et son ombre sera légère

A la terre où je dormirai !"


1871 César Daly  (1811–1894) - De Musset


 

 

 

Louise-Victorine Choquet, dite Louise-Victorine Ackermann (1813-1890) poétesse française.


A Alfred de Musset


"Un poète est parti ; sur sa tombe fermée

Pas un chant, pas un mot dans cette langue aimée

Dont la douceur divine ici-bas l'enivrait.

Seul, un pauvre arbre triste à la pâle verdure,

Le saule qu'il rêvait, au vent du soir, murmure

Sur son ombre éplorée un tendre et long regret."

 

 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) poète, romancier, dramaturge français

 


Le saule

(extrait)


Pâle étoile du soir, messagère lointaine,

Dont le front sort brillant des voiles du couchant,

De ton palais d’azur, au sein du firmament,

Que regardes-tu dans la plaine ?

 

La tempête s’éloigne, et les vents sont calmés.

La forêt, qui frémit, pleure sur la bruyère ;

Le phalène doré, dans sa course légère,

Traverse les prés embaumés.

 

Que cherches-tu sur la terre endormie ?

Mais déjà vers les monts je te vois t’abaisser ;

Tu fuis, en souriant, mélancolique amie,

Et ton tremblant regard est près de s’effacer.

 

Étoile qui descends vers la verte colline,

Triste larme d’argent du manteau de la Nuit,

Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine,

Tandis que pas à pas son long troupeau le suit, –

 

Étoile, où t’en vas-tu, dans cette nuit immense ?

Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?

Où t’en vas-tu si belle, à l’heure du silence,

Tomber comme une perle au sein profond des eaux ?

 

Ah ! si tu dois mourir, bel astre, et si ta tête

Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux,

Avant de nous quitter, un seul instant arrête ; –

Étoile de l’amour, ne descends pas des cieux !


 

 

 

Hans Christian Andersen (1805-1875) romancier, dramaturge, conteur et poète danois, 

Conte - Sous le saule

Johanne et Knud habitaient non loin de la ville de Kjöge, où l'on trouvait beaucoup de jardins qui s'étendaient jusqu'à la rivière. Il n'y avait pas grand-chose d'autre, mais c'était charmant en été ! C'est sous le saule d'un de ces jardins que Johanne et Knud passaient la plus grande partie de leur temps et c'était là une belle amitié.


 

 

 

Petrus Borel (1809-1859) poète, traducteur et écrivain français.

Isolement

...C'est aux champs, vers le soir, groupée en sa mantille,

Un Verther à la main sous le saule pleureur...

 

 


Théophile Gautier (1811-1872) poète, romancier et critique d'art français.

Albertus, I

...- Vous reconnaissez-vous ? - Tenez, voilà le saule,

De ses cheveux blafards inondant son épaule...

 

 


Théodore de Banville (1823-1891) poète, dramaturge et critique dramatique français.

Mascarades

...

Que, sensitive humaine,

Desdémone promène

Sous le saule pleureur

Sa triste erreur !

...

 

 

Les Tourterelles
...

Tandis que sur son col et sur son dos charmant

Couraient à l’abandon ses tresses envolées,

Que faisais-tu, perdu sous les longues saulées,

Que faisais-tu, perdu sous les longues saulées.
...

 

​​​​

 

 

1825

Les saules du tombeau de Napoléon

François Carlo Antommarchi (1780-1789) médecin français personnel de Napoléon à Longwood, avait profité de son séjour forcé dans l’île de Sainte-Hélène pour en étudier la flore. Dans son ouvrage publié en 1825, il donna un exposé des espèces existantes du temps de Napoléon.

Dans la catégorie des saules, ou Salix comme nom de l'espèce, on trouve le Salix Babylonica, dit Saule du Levant. Il le décrivit ainsi : 

..."Cet arbre est très facile à reconnaître à ses rameaux longs, grêles, flexibles et pendans (sic), qui lui font donner le nom de saule pleureur. Assez commun. Deux autres espèces encore indéterminées..."

Plusieurs saules pleureurs issus de boutures prises de Sainte-Hélène ont été recensés depuis le 19° siècle.
- Les saules Wellington
- Le saule Arnott
- Le saule Washington
- Les saules de Nouvelle-Zélande

Cheveu de Napoléon et feuille de saule de son tombeau à Ste-Hélène

 

 

 

 

1845

Honoré de Balzac, (1799-1850) écrivain français.


Les Paysans,

première partie, chapitre premier)

 

...Les odeurs forestières, senteurs adorées 

par les âmes friandes de poésie à qui plaisent 

les mousses les plus innocentes, 

les cryptogames les plus vénéneux, 

les terres mouillées, les saules, les baumes, 

le serpolet, les eaux vertes d’une mare, 

l’étoile arrondie des nénuphars jaunes ; 

toutes ces vigoureuses fécondations 

se livrent à vos narines en vous livrant 

toute une pensée, leur âme peut-être. — ...

 

 

 

George Sand (1804-1876) romancière, dramaturge, 


Le Péché de Monsieur Antoine - 1845 - t. 1, 1845, p. 55


..."L'îlot était couvert d'une épaisse saulée qui ne leur permettait pas de voir à dix pas autour d'eux"...
 

 

 

En 1853, un chimiste alsacien nommé Charles Frédéric Gerhardt réussit, à partir de la salicyline, à synthétiser l'acide acétylsalicylique qui est commercialisé en 1899 sous le nom d'aspirine. 

 

 

Paul Verlaine (1844-1896) écrivain et poète français 

 

L'heure exquise

 

La lune blanche

Luit dans les bois ;

De chaque branche

Part une voix

Sous la ramée ...

 

Ô bien-aimée.

 

L'étang reflète,

Profond miroir,

La silhouette

Du saule noir

Où le vent pleure ...

 

Rêvons, c'est l'heure.

 

Un vaste et tendre

Apaisement

Semble descendre

Du firmament

Que l'astre irise ...

 

C'est l'heure exquise.


 

 

 

Léon Dierx (1838-1912) poète parnassien et peintre français.


L'amour en fraude

...Il redonnait, à chaque bond,

L'onde aux ruisseaux, des fleurs aux rives,

Des alouettes et des grives

Au saule creux et moribond...

 


L'oeil

...Les filles des eaux, en essaims pensifs,

Sous les saules blancs en rond sont assises,

Formes indécises...
 



 

George Sand  (1804-1876) romancière, dramaturge française

 

Le Diable aux champs (1869), 


Eugène -

 Mais halte ! Amenez le canot ! Nous voici arrivés. 

 

Maurice -

Non, c’était plus bas. 

 

Eugène -

Non, non ; voilà le vieux saule, et je tiens à finir mon étude.

Quel trognon de saule, hein ? Avec deux lapins rongeant les rejets

de ses grosses racines, une corbeille par terre, peut-être un marmot

barbotant dans la flaque d’eau, ou un canard majestueux…

peut-être un dindon mélancolique perché sur cette branche…

Voilà un Flamand. 

 

Maurice -

Attachons bien le bateau, le courant est rapide.

Allons, je vais dessiner aussi ton arbre,

ça me servira pour asseoir une Colombine sous l’ombrage,

un Arlequin à ses pieds lui offrant des fleurs,

et Pierrot caché derrière le saule,

montrant sa tête blanche à travers les branches…

Il est tout à fait Watteau, cet arbre-là ! 


Damien -

Moi, je graverai tous les deux, si ça en vaut la peine,

mais, en attendant, je vais grimper sur le saule pour chercher

des chrysalides dans la poussière de son bois moisi.

Diable ! il ne tient à rien, c’est de l’amadou !


Maurice -

N’y monte pas, ne le casse pas avant que nous l’ayons dessiné.

Tiens ! il craque déjà ! 


Damien -

Eh bien, je vous laisse ! Donne-moi le filet,

je vais attraper des arginnis,

car j’en vois là-bas qui ont l’air de se moquer de nous. 

 

 

 

François Coppée (1842-1908) poète, dramaturge et romancier français.

 

Ritournelle

...Et nous choisirons les routes tentantes,

Sous les saules gris et près des roseaux,...

 

 

Arthur Rimbaud (1854-1891) poète français,

 

Ophélie

...Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,

Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux...

 

Michel et Christine

...Dans les saules, dans la vieille cour d'honneur,

L'orage d'abord jette ses larges gouttes...

 

 

Mémoire

...Les robes vertes et déteintes des fillettes

font les saules, d'où sautent les oiseaux sans brides...

 


 

 

Arsène Houssaye (1815-1896) Poète et homme de lettres français

Recueil : La symphonie des vingt ans (1867).

 


Saules pleureurs

Chanson.

 

Elle passe comme le vent,

Ma jeunesse douce et sauvage !

Ma joie est d'y penser souvent :

Elle passe comme le vent,

Mon cœur la poursuit en rêvant,

Quand je suis seul sur le rivage.

Elle passe comme le vent

Avec l'amour qui la ravage.

 

Elle fuit, la belle saison,

Avec la coupe de l'ivresse.

Adieu, printemps ! adieu, chanson !

Elle fuit, la belle saison.

Je n'irai plus vers l'horizon

Chercher la muse ou la maîtresse !

Elle fuit, la belle saison :

Adieu donc, adieu, charmeresse.

 

Que de larmes ! que de regrets !

Toi dont mon âme fut ravie

Déjà si loin, — encor si près !

Que de larmes ! que de regrets !

Mes mains ont planté le cyprès

Sur les chimères de ma vie :

Que de larmes ! que de regrets !

Adieu, mon cœur ! adieu, ma mie !


 

 

 

Charles Deulin (1827-1877), romancier, journaliste et critique dramatique français.

"Les Trentes-Six Rencontres de Jean du Gogué", 

in Cambrinus et autres Contes, XIXe siècle (1874)

..."Mais voilà-t-il pas que le saule, qui était creux et pourri dans le cœur, craque sous son poids et se brise avec un fracas épouvantable ! —..."
 

 

 

1874

Anonyme

Traduction par J.-H. Rosny et Hong-Tjyong-Ou.

E. Dentu, 1892 éditeur et libraire français

Printemps parfumé

"...les branches des saules trempaient dans l’eau comme pour y pêcher, les papillons allaient de fleur en fleur, et I-Toreng, qui regardait ces choses, appela son domestique..."

..."Puis je vis des saules et leurs fleurs cotonneuses faisaient chaud au cœur des petits oiseaux qui chantaient sur l’arbre ; — ..."

..."Il s’examina une dernière fois dans le miroir et, satisfait, marcha vers la montagne où il passa quelque temps, comme il avait dit, à cueillir des fleurs, à chasser des papillons, et à dépouiller des branches de saule de leurs feuilles qu’il éparpillait ensuite sur l’eau, pour faire venir les poissons..." 

"...Sa taille mince et souple s’inclinait comme le saule au vent..."

"...La vie est comme un fleuve qui s’écoule, et c’est pourquoi la vue de l’eau suscite ma mélancolie ; mais le salut des saules que le vent incline me console..."


 

 

 

1885

Source du livre original :

Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé 

Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagne

Illustration Salix bicolor

 

 

 

1885

Source du livre original : 

Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé 

Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagne

Illustration Salix breviserrata

 

 

 

1885

Source du livre original : 

Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé 

Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagne

Illustration Salix hastata

 

 

 

1885

Source du livre original :

Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé 

Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagne

Illustration Salix triandra


 

 

 

19° siècle

Saule cendré (Salix Cinerea) 

Feuilles & Fleurs - 1808 - 1841


 

 

 

XX° siècle

 

 

D'après le missionnaire anglican John Bachelor (1855-1944) évangélisa le peuple aïnou dans l'île d'Hokkaidō au Japon

"the Ainu use what they call a kike-usk-bashui, a moustache lifter having shavings attached to it. They are made of willow" 

...Pendant qu'ils boivent lors d'une cérémonie, les hommes relèvent leur moustache avec un instrument en bois de saule...

 

 

 

Rosemonde Gérard (1866-1953) poétesse française,

Recueil : "Les Pipeaux"


 

Le saule pleureur


Saule ! Frisson du paysage !

Obéissance au vent du soir !

Rêve penché sur un miroir !

Cheveux qui se croient du feuillage…

 

Faiblesse qu’un ciel encourage,

Et dont un ciel reprend l’espoir !

Cœur plein d’oiseaux sans le savoir !

Destin qui dépend d’un orage…

 

Ne serais-tu, Saule pleureur,

Avec cette forme de pleur

Et ce front de mélancolie,

 

Qu’un portrait à peine ébauché

De notre visage penché

Sur la rivière de la vie ?


 

 

 

Illustration de Salix viminalis 

Bilder ur Nordens Flora de C.A.M. Lindman, 1901-1905

 

 

 

Émile  Verhaeren (1855-1916) poète belge

La guirlande des dunes

1909


 

Un saule

 


Ce saule-là


Est-il tordu, troué, souffrant et vieux !

Sont-ils crevés et bossués les yeux

Que font les noeuds dans son écorce !

Est-il frappé dans sa vigueur et dans sa force !

Est-il misère, est-il ruine,

Avec tous les couteaux du vent dans sa poitrine,

Et, néanmoins, planté au bord

De son fossé d’eau verte et de fleurs d’or ;

A travers l’ombre et à travers la mort,

Au fond du soir, mord-il la vie, encor !

 

Un soir de foudre et de fracas,

Son tronc craqua

Soudainement, de haut en bas.

 

Depuis, l’un de ses flancs

Est sec, stérile et blanc ;

Mais l’autre est demeuré gonflé de sève.

Des fleurs, parmi ses crevasses, se lèvent,

Les lichens nains le festonnent d’argent ;

L’arbre est tenace et dur : son feuillage bougeant

Luit au toucher furtif des brises tatillonnes.

L’automne et ses mousses le vermillonnent ;

Son front velu, comme un front de taureau,

Bute, contre les chocs de la tempête ;

Et dans les trous profonds de son vieux corps d’athlète,

Se cache un nid de passereaux.

 

 

Matin et soir, même la nuit,

À toute heure je suis allé vers lui ;

Il domine les champs qui l'environnent,

Les sablons gris et les pâles marais ;

Mon rêve, avec un tas de rameaux frais

Et jaillissants, l'exalte et le couronne.

Je l'ai vu maigre et nu, pendant l'hiver,

Poteau de froid, planté sur des routes de neige ;

Je l'ai vu clair et vif, au seuil du printemps vert,

Quand la jeunesse immortelle l'assiège,

Quand des bouquets d'oiseaux fusent vers le soleil ;

Je l'ai vu lourd et harassé, dans la lumière,

Les jours d'été, à l'heure où les grands blés vermeils,

Autour des jardins secs et des closes chaumières,

S'enflent, de loin en loin, comme des torses d'or ;

J'ai admiré sa vie en lutte avec sa mort,

Et je l'entends, ce soir de pluie et de ténèbres,

Crisper ses pieds au sol et bander ses vertèbres

Et défier l'orage, et résister encor.

Si vous voulez savoir où son sort se décide,

C'est tout au loin, là-bas, entre Furne et Coxyde,

Dans un petit chemin de sable clair,

Près des dunes, d'où l'on peut voir dans l'air,

Les batailles perpétuées

Des vents et des nuées

Bondir de l'horizon et saccager la mer.

 

 

 

Émile Chénin "Moselly" (1870-1918) romancier

Terres Lorraines (prix Goncourt 1907)

..."Une eau inquiétante par sa profondeur infinie, se perdant dans les tournants brumeux, sous des saules penchés et de grands roseaux aux panaches soyeux"... 
 

 

 

Raymond Radiguet (1903-1923) écrivain français.

 


Saule pleureur

 

Il perd ses plumes perd ses larmes

 

Comme un coeur se vide de larmes

L'arrosoir a perdu ses plumes

 

Éventail au soleil fané

Loterie des mois des années

Dans l'allée le sable s'enroue

Où mon chagrin fera la roue

 

Jardin faut-il que tu t'en ailles

Et l'été de cet éventail

Secondé par mon petit doigt

Qui chatouille un bouton de rose

Effronté sans pourtant qu'il ose

Trop presser son éclosion

 

Après s'être bien amusée

La rose rentre en son cocon

La rose revêt sa chemise

Et tout est à recommencer

 

Et les outils dans la remise

Ensemblejardin se lamentent

L'arrosoir voudrait sur l'amante

Verser des larmes mais la bêche

N'a pas retrouvé cette espiègle

Qui se cache sous l'herbe sèche


 


 

1908

Kenneth Grahame - romancier écossais

Le Vent dans les saules 

(titre original : The Wind in the Willows) 

roman publié en 1908 . En France, le roman est paru pour la première fois en 1935.
Classique de la littérature britannique pour enfant, et l'un des principaux représentants de la fantasy animalière. Ce roman se singularise par son mélange de mysticisme, d'aventure, de moralité et de camaraderie, et il est célèbre pour son évocation de la nature de la vallée de la Tamise.


 

 

 

1917

Pierre Loti (1850-1923) écrivain et officier de marine français

Vertige 

..."Dans la façon dont les modistes vous obligent à placer les vôtres [vos plumets], ceux-ci piqués au bout d'un petit bâton, ceux-là tout de travers sur l'oreille, ou bien en saule pleureur sur la nuque, il y a certainement un léger grain de névrose ou même de folie "...
 

 

 

1924

Carte postale

Voyage du devoir en Acadie

Grand-Pré 

Les saules d'Evangéline
Selon la légende, les saules marquent la présence de villages d'Acadiens déportés.


 

 

 

1928

Maurice Constantin-Weyer (1881-1964)  écrivain français. 

Un homme se penche sur son passé, 1928, réédition Nelson, page 161

..."Les bourgeons des saules avaient éclaté en projetant sur les branches rousses la poudre vert amande du feuillage naissant. — "

 

 

1928

Alexandre Arnoux  (1884-1973) romancier et un dramaturge français, membre de l’académie Goncourt (1947).

Les gentilshommes de Ceinture

..."Le vent lâche et oisif contournait les obstacles, ne s'escrimait que sur un prospectus sans défense, une branche molle de saule pleureur, d'avance vaincu"...
 

 

 

1930

Robert Desnos (1900-1945) poète surréaliste et résistant français

Corps et Biens (Éditions Gallimard, 1930).

 

Sous les saules 

 

L’étrange oiseau dans la cage aux flammes 

Je déclare que je suis le bûcheron de la forêt d’acier 

que les martes et les loutres sont des jamais connues 

l’étrange oiseau qui tord ses ailes

et s’illumine

 

Un feu de bengale inattendu a charmé ta parole 

Quand je te quitte il rougit mes épaules et l’amour 

Le quart d’heure vineux mieux vêtu qu’un décor lointain étire  

ses bras débiles et fait craquer ses doigts d’albâtre 

À la date voulue tout arrivera en transparence 

plus fameux que la volière où les plumes se dispersent 

 

Un arbre célèbre se dresse au-dessus du monde avec des pendus  

en ses racines profondes vers la terre 

c’est ce jour que je choisis 


Un flamboyant poignard a tué l’étrange oiseau dans la cage de

flamme et la forêt d’acier vibre en sourdine illuminée par le feu  

des mortes giroflées 

Dans le taillis je t’ai cachée

dans le taillis qui se proclame roi des plaines.


 

 

 

1933

Henri Gaussen (1891-1981)botaniste et biogéographe français.

Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, 

..."Le long des rivières se développe une végétation de Cannes de Provence qui s’encombre de Saules et de Peupliers jusqu’à donner des bois de ces arbres qui sont un autre climax. — 

 

 

Paul Valéry (1871-1945) écrivain, poète et philosophe français 

Corona et Coronilla, 1938-1945.

 

            Le Saule

 

Tremble, Tombe légère… Un souffle t’aime, Saule,

 

Qui fait sur toi frémir le songe d’une épaule…

Brise ?… ou mon seul soupir si simple et si soudain

 

Que j’exhale d’amour pour ce flottant jardin.

Sur ses fleurs, mon regard trompe le mal d’attendre

 

Le pas, la voix, la main, et puis, tout l’être tendre,

Cette Toi tout à moi que je sens devenir,

A qui l’heure qui meurt peut tout à coup m’unir

Et qui vient !… Je le sens…

 

Ma bouche enfin t’accueille !

L’approche met dans l’âme un tremblement de feuille

Et mes yeux, quoique pleins de feuillage et de jour,

Te voient derrière moi, toute rose d’amour…

 

Tremble, Tombe légère ! Un souffle t’aime, Saule…

Mais je n’ai plus besoin de songer d’une épaule, 

Et ce souffle n’est plus le souffle d’un seul cœur…   

 

Le temps vaincu succombe, et le baiser vainqueur

 

De l’absence sans nom dont un nom me délivre,    

Boit dans l’ombre à longs traits le feu qui nous fait vivre !


 

 

 

Paul Valéry (1871-1945) écrivain, poète et philosophe français 

Corona et Coronilla, 1938-1945.

"L'Adieu aux vers"

..."Le saule est mort. Il avait deviné, lui. Il n’a pas voulu voir ce qui se verra dans la fenêtre… Pauvre saule, pauvre frisson de tendresse et de poésie que nous partagions avec toi, le soir tombait"...  
 


 

 

Cicely Mary Barker (1895-1973) illustratrice britannique connue pour ses illustrations de fées et de fleurs. 

 


Fée du saule


Au bord du paisible ruisseau ou du bassin ombragé

je trempe mes feuilles dans l'eau fraîche.

 

Au-dessus de l'eau je me penche toute la journée,

Où jouent les épinoches et les vairons.

 

Je danse, je danse, quand la brise souffle,

Et plonge mes orteils dans le ruisseau en contrebas.


 

 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 

Marie


...Être si simple, être si pauvre

Qu'on serait près de vous, Marie,

Dans une cuisine bleuie

Par l'ombre en prière d'un saule;...

 

 

 Le goûter


...Dans l'or fondant des primevères,

Le vent joue avec un chevreau ;

Et le jour passe sous les saules,... 
 

 

 

Fred Vargas (1957) écrivaine française

(Éditions Viviane Hamy, 1999), 


 

L'Homme à l'envers 


"Assis dans l'herbe au bord du Rhône, à l'écart 

d'une petite route qui longeait la berge, dans une sorte de 

clairière à l'horizon bouché par des haies de saules, 

Adamsberg plongeait dans la rivière une longue branche 

et luttait du bout de cette branche contre le courant. 

(...) 


Camille le repéra après presque une heure de marche, 

dans une clairière étroite et silencieuse, isolée au milieu des saules. 

Elle s'arrêta à une vingtaine de pas, Adamsberg s'était assis 

tout au bord de la berge, les pieds touchant l'eau. 

Il ne faisait rien, selon toute apparence, mais pour Adamsberg,

être assis dehors constituait une occupation en soi.  

(...)


Cette branche de saule, peut-être, dit-il en effleurant 

la baguette de bois placée entre eux deux. 

Et moi, de temps à autre.

- Bien, dit Camille en soupirant. Je vis avec lui.

- On comprend mieux comme ça, dit Adamsberg.

Il se leva, ramassa la branche de saule 

et fit quelques pas dans la clairière."


 

 

 

XXI° siècle

 

 

Vivre la Tradition celtique au fil des saisons

(édition originale 2001, trad. 2014), Mara Freeman
 

..."Le saule est un arbre du début du printemps, à l'époque où la pluie gonfle les rivières. En Écosse, il était l'un des neuf bois sacrés utilisés pour allumer les feux de Beltaine. Arbre aquatique, féminin, le "saule des rivières" est gouverné par la lune et est ainsi naturellement associé avec les cérémonies féminines d'Imbolc"...

 

 

2001

René Verville (1931-2021) nouvelliste

Le Saule de Grand-Pré. 

Roman Inspiré de la déportation des Acadiens de Grand-Pré


 

 

 

2001

Shan Sa (1972) écrivaine, peintre, poète et calligraphe française d'origine chinoise.

Roman - Les quatre vies du saule

En Chine, le saule pleureur symbolise la mort et la renaissance. Faut-il croire qu'une branche de saule puisse devenir une femme condamnée à poursuivre l'amour de siècle en siècle ?

En quatre périodes qui sont autant de Chine différentes, Shan Sa conte l'épopée de ces âmes errantes...

 

 

 

La phytothérapie : Santé par les plantes, Cachan, Selection Reader's Digest,

2007

Selon le phytothérapeute Paul Goetz, les chatons de saule contiennent des traces de substance œstrogènique.

 

 

Sylvain Adeline, dit Syrano (1979)  auteur-compositeur-interprète, vidéaste, graphiste et illustrateur français 

Source : Musixmatch

2015


 

Et les saules pleurent


Je me souviens de tout. Du hêtre et de l'avoir,

Des marrons, des châtaignes, des premières coupures de rasoir

Et des tisanes au tilleul le soir qui embaumaient nos chambres

Quand maman contait l'histoire. C'est vrai cela n'est plus que cendre

Mais l'incendie n'a rien ôté à la chaleur des longs dimanches

Passés à chat perché ou cochon pendu dans les branches

Du grand cerisier. A l'ombre de sa silhouette voûtée

On guérissait les brûlures indiennes par un goûter.

J'en ai connu des canicules et des gelées terre à terre.

Il a fallu plus d'une fois faire preuve de caractère

Et s'endurcir dans la rigueur loin du confort des serres

Sans obscurcir le lendemain pour voir plus clair hier.

Le corps frêne et l'esprit peuplier

Mais je me rappelle de tout. Les étés dans notre abris côtier

Lorsque montait la sève. Et je me résigne

A ces instants figés dans l'ambre, la résine.

Maintenant que mes vieux os craquent comme les bûches crépitent

Dans l'âtre brûlant où ils brasillent comme des pépites

Juste le temps de faire une connerie, je me souviens les conifères,

Un gosse moulant ses mains dans le plâtre pour la fête des mères

Ou enfilant, maladroit, des nouilles en collier.

En y pensant je me promène encore à l'orée des bois.

J'ai gardé ces empreintes dans mon coeur écolier

Et j'emprunte toujours les allées bordées de lilas.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui bourgeonnent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui mûrissent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.

Je me souviens de tout. De la moindre bourrasque,

De chacune des tempêtes qui a balayé mes basques

Et ma parure dont les restes sous le vent

En se soulevant pestent sur la façon dont jadis ils apparurent.

Je me souviens du temps ou j'étais beau et fort,

Où mon corps fourbu ne rechignait pas encore à l'effort

Où je faisais voler ces jupes comme des feuilles qui se balancent

En effaçant nos airs timides quand elle m'accordait une danse.

Deux éclats d'émeraudes posés sur des pommettes écarlates.

J'accompagnais ma dame dans quelque valse délicate.

Je n ai jamais plié. Toujours droit, le torse fier

Si ce n'est enchanté par les courbes de ma douce sorcière.

Puis nous avons regardé grandir paisiblement

Les deux jeunes pousses qu'on avait planté en s'aimant.

On les a protégé densément. Peut-être trop.

Une façon de s'excuser d'avoir au pied les chaines du bouleau.

Naturellement, elles sont parties puiser en d'autres sols

La force d'élever d'autres pousses au milieu des herbes folles

Apprenant des anciens que le ciel se touche

Pour apprendre aux petits quelles sont leurs racines et leurs souches.

Et d'au revoir en adieux la vie a soufflé nos seize ans,

Plissé notre écorce écorchée par les saisons

Mais dans ma vieille peau elle étouffit, devait se sentir à l'étroit.

Bon sang, qu'il a fait chaud pendant l'été 2003.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui bourgeonnent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui mûrissent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui bourgeonnent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui mûrissent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.


 

 

 

2012

Le Saule pleureur de bonne humeur

David Foenkinos

Illustrateur : Soledad Bravi

...Elle s'appelle Shai Lin, elle a 8 ans, elle aime les arbres, surtout les saules pleureurs, tristes et puissants.

Quand sa famille doit déménager, elle n'a qu'une demande : qu'il y ait un saule pleureur dans le jardin. Après des jours de recherches, la famille trouve enfin une maison à louer avec l'arbre tant désiré...

Mais voilà, ce saule-là ne pleure pas ! Depuis qu'il est un tout petit arbre, il se sent différent : il voit la vie comme quelque chose de merveilleux et il est toujours de bonne humeur...


 

 

 

2015

Frédérique Elbaz  

Le Rire du Saule Pleureur

...C'est affreux, je suis malheureux, je suis si malheureux, tellement malheureux... Cela ne pouvait être que le saule pleureur gémissant sur son sort comme à son habitude. Le chat et l'enfant tombèrent d'accord pour lui rendre visite avec l'espoir de le consoler enfin de sa grande tristesse...

 
 

 

 

2020

Arnaud Riou 

L’Oracle du peuple végétal (Guy Trédaniel Éditeur, 2020)

...Dans la tradition celtique, sept arbres sacrés se retrouvent pour former ensemble le Bosquet des Druides Ils se réunissent et forment un cathédrale végétale à travers laquelle chacun peut exprimer au mieux son énergie. Ces arbres au nombre de sept sont le Bouleau, l'Aulne, le Saule, le Chêne, le Houx, le Noisetier et le Pommier.

Lorsque dans la forêt, ils sont réunis en cercle, ils tiennent conseil et constituent le " bosquet druidique", lieu sacré, magique. Ce cercle végétal devient alors place d'initiation puissante, où les druides apprennent puis enseignent les secrets du monde de l'invisible. Le Bosquet des druides se positionne souvent près d'une source, d'une rivière ou d'une zone tellurique importante où toutes les connaissances cachées des arbres deviennent claires et accessibles aux initiés qui savent où se placer...
 

 

 

Symboles du saule

 


Le Saule symbolise la vie et l'immortalité, la Pureté et la Grace.

C'est un arbre hommage assimilé au deuil et à la renaissance, la mélancolie, 
C'est aussi l'emblème de bravoure, de liberté et d'humanité.

Planter un saule en arbre "hommage" permet de préserver le souvenir d’un être cher. cet arbre représentera la fidélité et le sentiment éternel.


 

 
 

 

Mythes et traditions du saule

 


- Dans la mythologie orientale, le saule est symbole d'immortalité.

- Une gerbe de branches de saule était utilisée  chez les scythes,  le saule permettait de lire l'avenir et plus précisément, le moment de leur mort en jetant une croix en brindilles de saule dans une source sacrée. Si la croix flottait, la mort surviendrait dans les prochains mois.

- Les branches de saule étaient utilisées dans plusieurs rituels grec.

- En Extrême Orient il est un symbole de mort... mais aussi de renaissance ! Car ses rameaux repoussent toujours quand on les coupe et qu'on les replante. 

- En Cantabrie, cueillir des branches de saule au lever du soleil du solstice d'été porterait chance.

- Chez les Germains, le "salix" saule était symbole de mort. Des sorcières habiteraient dans la cime des saules. On faisait alors des flûtes en bois de saule pour chasser le diable. (contes de Grimm).

- Les Enarei (une classe différente) utilisaient plutôt des morceaux d'écorce de tilleul.

- Chez les incas, la Saramama, déesse du maïs, était associée au saule.

- En Écosse, il était l'un des neuf bois sacrés utilisés pour allumer les feux de Beltaine. 

- En religion vaudou, on noue les branches de saules pour bloquer une personne.

- Une croix faite avec deux rameaux de Saule, que l'on jetait dans l'eau d'une source sacrée, permettait de connaître l'imminence ou non de sa mort. Une croix flottante annonçait une mort certaine dans les mois suivants. Celle-ci était cependant éloignée si la croix coulait ; plus éloignée encore si elle atteignait rapidement le fond de l'eau. 

- En Chine, on décore, au solstice d'été, les portes des maisons avec des feuilles de saule. 

- Chez les Pomos, le dieu Coyote créa des humains (avec des griffes) à partir de branches de saule et de cornouiller.

- Chez les Indiens de la Prairie, le saule est un arbre sacré, le symbole du renouveau cyclique : Le rameau que l’Oiseau apporta était une branche de saule, et elle était en feuilles. 

- Yang yu-Gwaneum (coréen Guanyin déesse Bodhisattva Avalokiteshvara "seigneur qui observe depuis le haut" associée à la compassion),  est représentée avec une branche de saule souvent dans la main droite, parfois dans le vase, symbole de guérison et de réalisation des vœux, fréquemment dans l’histoire coréenne. Utilisé pour arroser l'eau divine. Willow se plie sans se casser. Influencé par les rites tantriques où les branches de saule étaient utilisées pour offrir des rituels aux formes ésotériques de Guanyin.

- Au Tibet c'est l'Arbre central. 

- Chez les Ouigours le saule est l'arbre axial

- Au Japon dans le jeu de cartes traditionnel japonais Hanafuda, des branches de saule sont représentées sur la série des 4 cartes du mois de novembre (décembre dans la version coréenne). 

Novembre, le Saule (Yanagi)
Cette série de cartes met en scène le personnage du "Poète", qui n'est autre qu'Ono no Tôfu, le fondateur de la calligraphie japonaise, qu'il libéra des règles chinoises. Le Saule fait ainsi figure d'habileté et de sagesse. On raconte que cet homme, qui avait échoué six fois à un concours de lettrés, vit à l'occasion d'une promenade une grenouille tentant d'attraper une mouche sur la branche d'un saule; elle s'y essaya six fois sans succès, avant d'atteindre son but la septième fois, ce qui redonna du cœur au poète qui retenta le concours et le remporta. En ceci, la carte du Poète fait symbole de l'opiniâtreté récompensée.

 

 

 

Utilisation du saule

 

- Les saules sont cultivés principalement pour l'ornement, notamment le saule pleureur, de loin le plus connu dans les parcs et jardins.


- Certaines espèces fournissent du bois, apprécié notamment pour la fabrication de manches d'outils, de perches, et des rameaux flexibles utilisés en vannerie (osier).

Particulièrement droites et solides, Salix calodendron, Salix cinerea, Salix caprea, Salix viminalis et leurs mélanges sont utilisées pour la fabrication des fusains d'artistes.

 

 - Le saule est également l’un des neuf bois sacrés. Il est un bois généreux pour le sourcier.


- Avant l'invention de l'auxine de synthèse, on se servait de l'eau de saule pour faciliter le bouturage de tous types de plantes.


- La salicine peut aussi être utilisée pour tanner le cuir.


- Le saule qui accepte très bien la taille en tétard fut beaucoup utilisé comme bois énergie, aujourd'hui le bois issu de ce type de taille encore très répandu est essentiellement broyé et utilisé pour pailler jardins et potagers.



 

 

 

Pharmacologie du saule

 


- Les feuilles et l'écorce de saule sont connues depuis l'Antiquité pour ses vertus curatives. 

 

- Les propriétés médicinales des feuilles et des chatons sont utilisés en usage externe (antispasmodique, sédatif nerveux, anaphrodisiaque).


- Les feuilles des saules, riches en vitamine C, sont comestibles, mais elles ne sont pas d'un goût agréable. Les jeunes pousses du saule blanc peuvent être ajoutées crues aux salades, ou cuites en légumes. Celles des autres espèces sont trop amères pour pouvoir être consommées. 

 

Propriétés médicinales du saule blanc


Utilisation interne

- Soulage la douleur : fièvre, maux de tête, cystite, règles douloureuses, bursite, tendinite.
- Agit comme antirhumatismal :arthrite, rhumatismes dorsaux et articulaires (hanches et genoux).
- Agit comme astringent : traitement des hémorragies internes.
Protège des troubles du sommeil : insomnie, bouffées de chaleur, sueurs nocturnes.

 

Utilisation externe

Soigne la peau : plaies, ulcères, cors, verrues.



 


 

 

Le saule par les peintres


 

Jean-Baptiste Camille Corot (1796–1875) peintre, dessinateur, graveur imprimeur et lithographe français

1796 

Le repos sous les saules.

 

 

Jean-Baptiste Camille Corot (1796–1875) peintre, dessinateur, graveur imprimeur et lithographe français

Les saules de Marissel

 

 

Jean-Baptiste Camille Corot (1796–1875) peintre, dessinateur, graveur imprimeur et lithographe français

La pêche en barque auprès des saules


 

 

 

Jean-Baptiste Coste (1746-1819) peintre français.

Jacques Marchand (1769-1845) Graveur

Estampe Saule pleureur 

Éditeur  :  chez J. Marchand (A Paris)


 

 

 

Charles François Daubigny (1817-1878) peintre français

Sanguine

Paysage à la rivière bordée de saules


 

 

 

1852

A. Gardien (18..-18..)  Dessinateur

Cimetière de Montivilliers. 

Seine-Inférieure. 

(Vue de la croix gothique et saule) 1852.


 


 

1856

Utagawa Hiroshige  (1797–1858) 

série Cent vues célèbres d'Edo ,

Non. 045, partie 2 : L'été. 

Yatsumi no hashi signifie " vue des huit ponts", car il est possible de voir huit ponts se succéder le long de la rivière depuis le point de vue adopté dans l’œuvre (le pont Ichikoku). De nouveau, l’artiste occupe le premier plan avec des branches pendantes de saule tandis que, dans le coin inférieur gauche de la composition, apparaît une planche du pont. En plan moyen, le cours d’eau est traversé d’embarcations qui paraissent venir de ponts perdus dans le lointain. Les bâtiments du fond sont le palais du shogun derrière lequel se dresse l'imposante majesté du mont Fuji. Le ciel est en gradation des couleurs habituelles du peintre du bleu sombre au rouge, traversé par le vol de deux oiseaux.

 

 

 

Estampe japonaise

Femme et saule

 


 

 

19° siècle

Aquarelle chinoise 

Aquarelle Peinture encadrée d’un oiseau 

Peinture de moelle chinoise de la fin de la dynastie Qing


 

 

 

Gustave Doré (1832-1883) illustrateur, caricaturiste, peintre, lithographe et sculpteur français.

illustration de la fable de Jean de La Fontaine

L'enfant et le maître d'école


 


 

Gustave Caillebotte (1848-1894) peintre français,

Saule en bord de riviere 

 

 

 

Claude Monet (1840-1926) peintre français .

Saule Pleureur, Giverny 1918

 

 

Claude Monet (1840-1926) peintre français .

Saule Pleureur, Giverny 1920-1922, 

Coll. privée


 

Claude Monet (1840-1926) peintre français .

Le saule pleureur et l'étang de nénuphars 


 

 

 

1883

Vincent van Gogh (1853 - 1890), 

Esquisse dans la lettre 252 de Pollard Willow

 

 

1884

Vincent Van Gogh (1853 - 1890)

Paysage avec des saules

 

 

1884

Vincent Van Gogh (1853 - 1890)

saule étété

 

 

Vincent Van Gogh (1853 - 1890)

1885

Le Saule, 

 


 

1888    

Vincent van Gogh (1853-1890) peintre et dessinateur néerlandais. 

Les saules


 

 

 

1911

Jacques Anthony Louis Beltrand (1874-1977) graveur français

Le Saule - Nu au bord de l'eau -  

"Revue de l'Art ancien et moderne" - 

Gravure

 

 

 

1927

Robert Polack

Le Saule

Illustration originale


 

 

 

Conte japonais sur le saule

 

Le saule vert


 

 

La femme saule

 

L’histoire de "Saule Vert"
 (L’histoire d’Aoyagi)

 

 

Dame saule

 

 

Pour en savoir plus sur le saule

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