15 avril 2023 6 15 /04 /avril /2023 16:25

 

 

Sylvain Adeline, dit Syrano (1979)  auteur-compositeur-interprète, vidéaste, graphiste et illustrateur français 

Source : Musixmatch

2015


 

Et les saules pleurent


Je me souviens de tout. Du hêtre et de l'avoir,

Des marrons, des châtaignes, des premières coupures de rasoir

Et des tisanes au tilleul le soir qui embaumaient nos chambres

Quand maman contait l'histoire. C'est vrai cela n'est plus que cendre

Mais l'incendie n'a rien ôté à la chaleur des longs dimanches

Passés à chat perché ou cochon pendu dans les branches

Du grand cerisier. A l'ombre de sa silhouette voûtée

On guérissait les brûlures indiennes par un goûter.

J'en ai connu des canicules et des gelées terre à terre.

Il a fallu plus d'une fois faire preuve de caractère

Et s'endurcir dans la rigueur loin du confort des serres

Sans obscurcir le lendemain pour voir plus clair hier.

Le corps frêne et l'esprit peuplier

Mais je me rappelle de tout. Les étés dans notre abris côtier

Lorsque montait la sève. Et je me résigne

A ces instants figés dans l'ambre, la résine.

Maintenant que mes vieux os craquent comme les bûches crépitent

Dans l'âtre brûlant où ils brasillent comme des pépites

Juste le temps de faire une connerie, je me souviens les conifères,

Un gosse moulant ses mains dans le plâtre pour la fête des mères

Ou enfilant, maladroit, des nouilles en collier.

En y pensant je me promène encore à l'orée des bois.

J'ai gardé ces empreintes dans mon coeur écolier

Et j'emprunte toujours les allées bordées de lilas.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui bourgeonnent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui mûrissent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.

Je me souviens de tout. De la moindre bourrasque,

De chacune des tempêtes qui a balayé mes basques

Et ma parure dont les restes sous le vent

En se soulevant pestent sur la façon dont jadis ils apparurent.

Je me souviens du temps ou j'étais beau et fort,

Où mon corps fourbu ne rechignait pas encore à l'effort

Où je faisais voler ces jupes comme des feuilles qui se balancent

En effaçant nos airs timides quand elle m'accordait une danse.

Deux éclats d'émeraudes posés sur des pommettes écarlates.

J'accompagnais ma dame dans quelque valse délicate.

Je n ai jamais plié. Toujours droit, le torse fier

Si ce n'est enchanté par les courbes de ma douce sorcière.

Puis nous avons regardé grandir paisiblement

Les deux jeunes pousses qu'on avait planté en s'aimant.

On les a protégé densément. Peut-être trop.

Une façon de s'excuser d'avoir au pied les chaines du bouleau.

Naturellement, elles sont parties puiser en d'autres sols

La force d'élever d'autres pousses au milieu des herbes folles

Apprenant des anciens que le ciel se touche

Pour apprendre aux petits quelles sont leurs racines et leurs souches.

Et d'au revoir en adieux la vie a soufflé nos seize ans,

Plissé notre écorce écorchée par les saisons

Mais dans ma vieille peau elle étouffit, devait se sentir à l'étroit.

Bon sang, qu'il a fait chaud pendant l'été 2003.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui bourgeonnent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui mûrissent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui bourgeonnent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui mûrissent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.

 

Sylvain Adeline, dit Syrano (1979)  auteur-compositeur-interprète, illustrateur français - Et les saules pleurent
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