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17 juin 2021 4 17 /06 /juin /2021 21:10
 
 
 
Mythologie des fleurs
 
Le coquelicot - le pavot
 
 
 

 

Flamboyant aux pétales de soie, ondulant au gré du vent....le coquelicot est une fleur éphémère de l'été, formant de grandes nappes rouge écarlate,  imposant sa légèreté et ses vives couleurs sur tous les terrains, des champs de blé mûr jusqu'à l'orée des villes.

Fleur sauvage aux nombreuses vertus, le coquelicot cache bien des secrets…


Et sous le corsage blanc, Là où battait son coeur,

Le soleil, gentiment, Faisait vivre une fleur :

Comme un petit coquelicot, mon âme !

Comme un petit coquelicot.


Raymond Asso (1901-1968) parolier français - chanson de Mouloudji

 


Papaver est un genre de plantes de la famille des Papaveraceae, originaire des régions tempérées et froides d'Eurasie, d'Afrique et d'Amérique du Nord, qui comprend une cinquantaine d'espèces acceptées. 

Ce genre comprend notamment  :

- le coquelicot (Papaver rhoeas) 

- le pavot à opium (Papaver somniferum). 

- le pavot de Californie (genre Eschscholzia) 

- le pavot bleu de l'Himalaya (genre Meconopsis).
 

Christian  Jequel


 


 

 

Le Coquelicot (Papaver rhoeas) 

 


est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Papaveraceae, originaire d'Eurasie.


Le nom scientifique du genre Papaver est issu d'une racine indo-européenne "papa" signifiant "bouillie", car il était courant de cuire ainsi les graines de pavot. 


L'épithète rhoeas vient du grec ῥοιάς / rhoiás, "écoulement" (étymologie qu'on retrouve dans le terme "rhume"), allusion au latex coulant lorsque la tige est blessée.


C'est une plante herbacée annuelle, rarement bisannuelle, 


Très abondante dans les terrains fraîchement remués à partir du printemps, elle se distingue par la couleur rouge de ses fleurs et par le fait qu'elle forme souvent de grands tapis colorés visibles de très loin. Elle appartient au groupe des plantes dites messicoles car elle est associée à l'agriculture depuis des temps très anciens, grâce à son cycle biologique adapté aux cultures de céréales, la floraison et la mise à graines intervenant avant la moisson.


 

Très commune dans différents pays d'Europe, elle a beaucoup régressé du fait de l'emploi généralisé des herbicides et de l'amélioration de la propreté des semences de céréales.


D'abord écrit coquelicoq (1545), son nom vernaculaire est une variante de l'ancien français coquerico ou cocorico, désignant le cri du coq par onomatopée : il s'agit d'une métaphore entre la couleur rouge de la fleur et celle de la crête du coq.

La métaphore avec la crête du coq serait une particularité de la langue française, qui l'associe aussi au Rhinanthe crête de coq ou Rhinanthe velu (Rhinanthus alectorolophus) plante herbacée annuelle de la famille des Orobanchacées.


La plante porte plusieurs noms vernaculaires en français : coquelicot, pavot-coq, pavot des champs, pavot sauvage, poinceau, ponceau.

 

Les anglophones l'appellent : 
. corn poppy ou field poppy, soit "céréalier" ou des champs. 

 

Plusieurs noms sont employés en Allemagne : 
. Klatschmohn (pavot ou pavot éclatant), mais aussi Feldmohn (pavot des champs). 

 

Au pays Bas :
. klaproos 
et dans son dialecte Hollandais :
. kollenbloem (bloem = fleur, kol = sorcière). 

 

En Italie, la fleur s'appelle :
. rosolaccio (dérivé de rosa = rose) ou papavero (pavot). 

 

En Espagne, le coquelicot est : 
. une amapola 
ou, dans certaines régions, 
. un ababol, emprunts au latin papaver par l'intermédiaire de l'arabe.

 

 

Le système racinaire est formé d'une racine pivotante et de racines fines et superficielles.


Les tiges sont dressées, généralement non ramifiées, hérissée de poils, pouvant atteindre 60 cm de haut. Lorsqu'on la coupe, la tige laisse échapper un latex blanc, comme les autres pavots.


Les cotylédons sont longs, minces, linéaires et prostrés, feuilles primordiales constitutives de la graine. Les feuilles, généralement alternes, présentent un limbe lancéolé, aux formes variables (lobé, denté, découpé en lobes étroits) chez la plante adulte.

 

Les premières feuilles  sont ovales, acuminées, entières, pétiolées, glabres. Les feuilles qui apparaissent ensuite sont découpées, oblongues-lancéolées, pennées, formant d'abord une rosette. Les feuilles supérieures sont généralement tripartites, sessiles.

 

Les fleurs, solitaires, grandes, simples, sont portées par de longs pédoncules velus. Elles comptent deux sépales libres, en forme de coupe, qui tombent dès l'éclosion de la fleur, et quatre pétales papyracés, le plus généralement rouge vif, mais parfois roses ou blancs, souvent tachés de noir à la base, qui sont froissés dans le bouton avant l'éclosion et qui se recouvrent peu.

 

Les boutons floraux sont penchés vers le bas avant la floraison.

 

Les étamines, nombreuses, ont des anthères introrses noir bleuté, portées par de minces filaments noirs.

 

L'ovaire, supère, uniloculaire résulte de la fusion d'un nombre variable de carpelles (8 à 15) et est divisé par des cloisons incomplètes (qui ne se rejoignent pas au centre) qui portent les ovules anatropes extrêmement nombreux.

 

Les stigmates (qui reçoivent le pollen) sont réunis en un disque situé au-dessus de l'ovaire présentant des rayons.

 

Les fruits sont des capsules, sphériques, presque obovales, contenant une grande quantité de graines minuscules, facilement disséminables par le vent. Ces capsules sèches, à déhiscence poricide, s'ouvrent vers le sommet par une série de valvules (pores) situées immédiatement sous le disque stigmatique et par lesquelles s'échappent les graines lorsque les capsules sont secouées par le vent.

 

Les graines réniformes sont ridées en réseau à leur surface. De couleur brun sombre, elles renferment un petit embryon droit inclus dans un albumen oléagineux. Un seul plant peut produire 20 000 graines, voire 50 000 graines. 

 

Il existe de nombreux cultivars de Papaver rhoeas, ou coquelicots horticoles, cultivés pour leur floraison décorative.

 

Risques de confusion
Sont très proches du coquelicot et souvent confondues avec lui deux espèces de pavots, 


- Papaver dubium, ou pavot douteux, aux fleurs plus claires, aux étamines jaunes et aux capsules glabres allongées, 


- Papaver hybridum (pavot hybride), dont les pétales sont foncés et surtout les capsules sont ovales, globuleuses et deux fois plus longues que larges, à poils raides jaunes et denses pour certains, étalés et arqués pour d'autres (les taches noires à la base des pétales ne sont pas caractéristiques du pavot hybride). 


- Papaver argemone (Pavot argémone), de petite taille et dont les pétales ne se chevauchent pas.

Au stade plantule, le coquelicot peut être confondu avec la capselle bourse-à-pasteur (Capsella bursa pastoris). Il faut attendre l'apparition de la quatrième feuille, montrant une incision caractéristique, pour les différencier.
 

 

 

Les pavots

 


Les pavots sont des plantes herbacées, aux feuilles pennées ou bipennée et aux grandes fleurs souvent solitaires, souvent très colorées, généralement à quatre pétales. 


Les étamines sont nombreuses. Le pistil comprend un ovaire uniloculaire ovoïde, portant à son sommet des stigmates disposés comme les rayons d'un cercle. 


Le fruit est une capsule à déhiscence porricide. Ces plantes produisent un latex blanc. 


Les pavots contiennent presque tous des alcaloïdes qui peuvent être toxiques, avoir des propriétés somnifères, sédatives ou analgésiques, voire être utilisés comme produits stupéfiants.

 

 

Le pavot somnifère ou pavot à opium (Papaver somniferum),

"pavot des jardins", 


est une espèce de plante herbacée annuelle de la famille des Papaveraceae originaire d'Europe méridionale et d'Afrique du Nord. Connue pour ses propriétés psychotropes sédatives, elle est aussi cultivée à des fins ornementales ou alimentaires.



Les pavots à opium sont des plantes de jardin populaires et attrayantes, dont les fleurs varient considérablement en couleur, en taille et en forme. Une petite quantité de culture domestique dans les jardins privés n'est généralement pas soumise à des contrôles légaux. 


Les capsules de graines peuvent être séchées et utilisées pour les décorations, mais elles contiennent également de la morphine, de la codéine et d'autres alcaloïdes. Ces gousses peuvent être bouillies dans de l'eau pour produire un thé amer qui induit une intoxication de longue durée (voir thé au pavot). Si on les laisse mûrir, les gousses de pavot (paille de pavot ) peuvent être écrasées et utilisées pour produire de plus faibles quantités de morphinanes. 


Chez les coquelicots soumis à une mutagenèse et à une sélection à grande échelle, les chercheurs ont pu utiliser de la paille de pavot pour obtenir de grandes quantités d' oripavine. 


Toutes les variétés de Papaver somniferum contiennent des alcaloïdes opiacés dont les plus connus sont la codéine et la morphine. Cette dernière, outre la production à but thérapeutique pour ses effets analgésiques, fait l'objet d'un trafic illicite essentiellement destiné à sa transformation en un opiacé synthétique : l'héroïne.

 

Les graines de pavot, largement utilisées dans l'alimentation,et sont une garniture commune et savoureuse pour les pains et les gâteaux. Elles  ne contiennent qu'une très faible quantité d'alcaloïdes. Il en va de même de l'huile qu'elles produisent : l'huile d'œillette.

 

Le pavot à opium est également largement cultivé pour le fleurissement des jardins et des espaces verts.


De nombreux cultivars ornementaux existent de nos jours (paeoniflorum dit "à fleur de pivoine" par ex.). On distinguait cependant deux variétés de pavot somnifère :

 

 

- Papaver somniferum var. album -

le pavot blanc ou pavot à opium. Fleurs à corolles blanches et à fruit déhiscent contenant des graines d’un blanc jaunâtre. C'est plus spécifiquement de cette variété que l'on extrait le latex afin de confectionner l'opium.
L'opium (ou larmes de pavot , nom scientifique: Lachryma papaveris ) est du latex séché obtenu à partir des capsules de graines du pavot à opium.

 

 

- Papaver somniferum var. nigrum -

le pavot noir, œillette ou encore pavot bleu, cultivé pour ses graines. Fleurs à corolles d’un rouge violacé et à fruit déhiscent (dont les capsules présentent, sur le bord du plateau stigmatique, des pores, s'ouvrant lorsque le fruit se dessèche, et par lesquels les graines sont libérées) contenant des graines gris-bleu-ardoisé.


 

 

 

Le Pavot de Californie ou Pavot d'Amérique

(Eschscholzia californica Cham.) 

 


est une plante herbacée de la famille des Papaveraceae couramment cultivée dans les jardins d'ornement. C'est une plante originaire de la Californie et du Sud-Ouest des États-Unis où elle couvre de vastes étendues à proximité des forêts de séquoïas. Grâce à la californidine et à la protopine (isoquinoléines aux propriétés somnifères) qu'il contient ainsi qu'à son absence d'accoutumance, le pavot de Californie est utilisé comme une alternative douce aux somnifères de type barbiturique, benzodiazépine et antihistaminique H1 de première génération. En France, sa commercialisation à usage médical ne peut se faire qu'en pharmacie ; il peut toutefois être cultivé librement par les particuliers.


Outre son aire d'origine sur la façade pacifique des États-Unis, on la retrouve dans tout le Canada méridional. Le pavot de Californie s'acclimate en effet très facilement, on le trouve aussi bien au Chili que dans le sud ou l'ouest de la France ; elle peut devenir envahissante.


De culture facile, cette annuelle se ressème spontanément dans le jardin. La plante n'est pas rustique au gel mais ses graines le sont.


Le pavot de Californie aime le plein soleil ; il prospère dans un sol pauvre, léger et bien drainé.


Le genre botanique Eschscholzia, auquel appartient le pavot de Californie, a été désigné en 1820 en l'honneur de Johann Friedrich von Eschscholtz, médecin, botaniste et naturaliste germano-balte par le poète et botaniste franco-allemand Adelbert von Chamisso qui participa avec lui à la première expédition autour du monde (1815) dirigée par Otto von Kotzebue.

 

Les Amérindiens l'utilisaient traditionnellement pour soigner les maux de tête ou de dents et pour aider à l'endormissement des enfants.
Aujourd'hui, elle est essentiellement utilisée pour les effets hypnotiques des alcaloïdes qu'elle contient ainsi que comme plante d'ornement.

 

Comme les autres espèces de la famille des pavots, l'eschscholzia renferme des alcaloïdes, tant dans ses racines que dans ses parties aériennne. Certains de ses alcaloïdes lui sont spécifiques : eschscholzine et californidine, tandis que d'autres sont communs à d'autres membres des papaveraceae : fumarine, sanguinarine, norargémonine, etc.


Elle contient également d'autres composés : caroténoïdes, flavonoïdes, phytostérols, linamarine, etc.

 

Ses propriétés sont hypnotiques, sédatives et anxiolytiques. Son usage recherché : traitement de l'insomnie, de la déprime, des migraines, des névralgies, voire du psoriasis et de certaines maladies de peau.
Contrairement au pavot somnifère, l'usage de la plante ne provoque ni accoutumance ni dépendance. Son usage est toutefois déconseillé chez la femme enceinte à cause de la présence de certains alcaloïdes (eschscholzine, californidine).


 


 

Le pavot bleu de l'Himalaya, pavot bleu du Tibet,

coquelicot bleu de l'Himalaya

(Meconopsis betonicifolia, aussi Meconopsis baileyi, tibétain :

Utpal Ngonpo) 

 


est une plante vivace rustique de la famille des Papavéracées, en rosette et hampe florale.


Elle a été décrite la première fois par en 1886 par Pierre Jean Marie Delavay. En 1912 (ou 1913), un spécimen fut collecté par Frederick Markham Bailey. Il s'agit d'une plante de la médecine tibétaine traditionnelle risquant de disparaître en raison d'une commercialisation trop importante.

 

Elle pousse à mi-ombre ou au soleil si le sol est maintenu humide et fleurit en été.


Originaire des gorges du Yarlung Tsangpo, dans le sud-est du Tibet, le pavot bleu pousse à une altitude de 3120 à 4000 mètres.


Cette vivace est très capricieuse, elle peut devenir envahissante autant que disparaître du jour au lendemain si les conditions ne lui plaisent pas. Elle est appréciée par les escargots et limaces ... et sujette au mildiou.


Cette fleur est l'emblème des Jardins de Métis en Gaspésie au Québec.


La floraison au Québec s’étale approximativement sur un mois, de la fin juin jusqu’à la fin juillet. Elle atteint généralement son apogée les deux premières semaines de juillet.


 

 

 

Mythologie grecque

 


Dans l'œuvre d'Ovide. 

Morphée est Messager des dieux, et le plus apte de sa fratrie à prendre une apparence humaine.


il apparaît généralement dans le sommeil des rois comme un humain sous forme de fantasme. 


Morphée (dérive du mot "morphe" qui signifie "forme") est une divinité des rêves prophétiques. Il est, selon certains théologiens antiques, le fils d'Hypnos dieu du Sommeil et de Nyx déesse de la Nuit, et selon d'autres, la principale divinité des mille Oneiroi engendrés par Nyx seule. Il a pour vocation d'endormir les mortels.


 

Il est souvent représenté par un jeune homme tenant un miroir à une main et des pavots soporifiques de l’autre, avec des ailes de papillon battant rapidement et silencieusement, qui lui permettent de voler. 


Pour se présenter aux mortels, il se transforme en être de chair (d'où son nom signifiant forme), et parvient à les endormir, puis à s’introduire dans leurs rêves pour leur annoncer bon ou mauvais présage et les influencer dans leurs décisions, permettant  l'espace d'un instant de sortir des machinations des dieux.

Morphée - Soni Alcorn-Hender

 

Les principaux symboles et attributs de Déméter sont empruntés au règne végétal dont elle est la souveraine. Les céréales sont sa propriété particulière; le plus souvent on lui donne des épis, qu'elle porte à la main ou dont elle est couronnée.

 

Antoine Watteau (1684-1721) Céres (Démeter)


 

Déméter (Cérès), déesse protectrice de l’agriculture et des moissons, avait eu de Zeus une fille, Perséphone (Proserpine des Romains). Après son enlèvement par Hadès. Personne n'ayant rien vu, Déméter parcourut alors toute la terre pendant neuf jours et neuf nuits pour rechercher de sa fille unique avant de déclarer : "La Terre sera affamée tant que je n'aurai pas retrouvé ma fille".

 

Bas relief Demeter (Cérès) et ses attributs graines de pavots et blé

 

Hélios, le Soleil, décida alors de révéler à Déméter qu'Hadès a enlevé sa fille. La déesse ira jusqu'aux Enfers afin d'aller la chercher, mais Hadès refusera de la rendre. (Selon d'autres versions, elle l'apprit enfin de la nymphe Aréthuse).

 

Las de voir la déesse de l'agriculture rechercher sa fille, Morphée décida de lui donner un bouquet de coquelicots. Pour soulager sa souffrance,  elle utilisa l'opium et but des infusions de coquelicots, pour  partir au pays des songes.

 

 Evelyn de Morgan (1855-1919), Déméter cherchant Perséphone, 1906.

 


 

 

5000 avant JC - 3400 av J.C.

 


La région méditerranéenne contient les premières preuves archéologiques de l'utilisation humaine; les graines les plus anciennes connues remontent à l' âge néolithique avec des objectifs tels que la nourriture, les anesthésiques et les rituels. 


La première culture connue du pavot à opium était en Mésopotamie par les Sumériens. Des comprimés trouvés à Nippur, un centre spirituel sumérien au sud de Bagdad , décrivaient la collecte de jus de pavot le matin et son utilisation dans la production d'opium.

 

Photographie des fouilles américaines à Nippur à la fin du XIX° siècle : au premier plan des constructions d'époque parthe ; en arrière-plan les ruines de la ziggurat.

 

 

Des tablettes Sumériennes, en argile, datant d’environ 3000 ans avant EC, décrivent le Pavot somnifère comme “la plante de la joie” – “Hul Gil”. Un fragment de poterie, (datant de 2400-2250 avant EC) présente un personnage – sans doute Nisaba, la fille d’Enki et la déesse des grains et des fermentations – avec des dattes à la main et des capsules de pavots croissants de ses épaules.

 

 

 

4200 avant J.C. 

 


Au moins 17 découvertes de Papaver somniferum provenant d' établissements néolithiques ont été signalées dans toute la Suisse, l'Allemagne et l'Espagne, y compris le placement d'un grand nombre de capsules de graines de pavot sur un site funéraire (la Cueva de los Murciélagos , ou "Bat Cave", en Espagne.), qui a été datée au carbone 14 
 

 

 

3400 - 2250 av. J.C.

 

 

La première culture connue du pavot à opium était en Mésopotamie par les Sumériens. Des comprimés trouvés à Nippur, un centre spirituel sumérien au sud de Bagdad , décrivaient la collecte de jus de pavot le matin et son utilisation dans la production d'opium.

 

Des tablettes Sumériennes, en argile, datant d’environ 3000 ans avant EC, décrivent le Pavot somnifère comme “la plante de la joie” – “Hul Gil”. Un fragment de poterie, (datant de 2400-2250 avant EC) présente un personnage – sans doute Nisaba, la fille d’Enki et la déesse des grains et des fermentations – avec des dates à la main et des capsules de pavots croissant de ses épaules.

 

Fragment de vase en chlorite représentant la déesse Nisaba

(Pergamon Museum, Berlin, vers 2430 av. J-C)

Par Wolfgang Sauber — , CC BY-SA 3.0, 

 

 

 

3000 à 2001 av. J.-C.,

 

 

Les maladies gastriques étaient répandues en Mésopotamie, et font l’objet de beaucoup de passages dans les textes de traitements : flatulences, constipation, fuites de sang, etc. Le rôle de la vésicule biliaire dans le déclenchement de la jaunisse (amurriqānu) semble avoir été compris. D’autres textes mentionnent des problèmes rénaux (calculs), et urinaires ; le médicament pouvait alors être administré jusque dans l’urètre par le biais d’un tube en bronze, comme dans ce cas concernant une affection de la vessie ou de l'urètre :

..."Écrase des graines de pavot dans de la bière et fais-la boire au malade. Broie un peu de myrrhe, mélange-la avec de l'huile et insuffle-la dans son urètre avec un tube de bronze. Donne au malade des anémones écrasées dans une décoction d'algues"...

 

 

1550 av J.C. - 1300 av.J.C.

 


Pendant le règne d’Amenhotep 1er, la pharmacopée dans l'Égypte antique était pratiquée par des médecins propharmaciens mettant en œuvre des traitements codifiés et renouvelables indiqués dans les papyrus médicaux, au nombre desquels le papyrus Ebers, l'un des plus anciens traités médicaux, qui comprend 876 formules magiques et recettes médicinales – impliquant environ 500 plantes médicinales.  

 

Des médications employées par les praticiens de l’époque sont issues des "produits de la nature".


Leurs compositions pouvaient correspondre à des préoccupations magiques et religieuses. Certaines pouvaient être toxiques et à manipuler avec précautions ; on pourra ainsi trouver du pavot,  du chanvre et de la mandragore.


La culture du pavot et la production d’opium se répandent en Perse, en Inde puis en Chine. 


Il était commercialisé depuis l'Égypte par les Phéniciens et les Minoens vers des destinations autour de la mer Méditerranée , notamment la Grèce, Carthage et l'Europe. 


Il était mentionné dans ce papyrus l'efficacité  des graines de coquelicot pour faciliter l’endormissement des enfants.


L'utilisation de l'opium était généralement réservée aux prêtres, aux magiciens et aux guerriers, son invention est attribuée à Thot et il aurait été donné par Isis à Ra comme traitement d'un mal de tête. 


Les Egyptiens, parsemaient les tombeaux des pétales de coquelicot pour adoucir le sommeil des morts. 


Une figure de la "déesse minoenne des stupéfiants", portant une couronne de trois coquelicots à opium, a été récupéré du sanctuaire de Gazi, en Crète, avec un simple appareil à fumer. 

 


 

 

Vers 1100 av.J.-C.,

 


L'opium était cultivé à Chypre, où des couteaux de qualité chirurgicale étaient utilisés pour marquer les cosses de pavot, et l'opium était cultivé, commercialisé et fumé. 
 

 

 

VIII° siècle av JC :

 


La Théogonie d'Hésiode poète grec mentionne le suc des capsules de pavot.

La Théogonie œuvre écrite en hexamètres dactyliques. Elle joue un rôle fondateur dans l’élaboration de la mythologie grecque. Le terme "théogonie " vient du nom theós qui signifie "dieu" et du verbe gennáō qui signifie "engendrer". Il s'agit donc d'un récit de l'origine des dieux.


 

 

 

vers 800 avant J-C -740 avant J-C

 


Homère, poète grec auteur de l’Iliade et de l’Odyssée, mentionne le pavot à opium, et parle :

 

"d’une substance qui calme toute colère et fait oublier toute douleur"

 

lorsqu’il décrit le Népenthès, une boisson sensée faire oublier tous les chagrins, désignant la boisson que Pâris donna à boire à Hélène après son enlèvement pour lui faire oublier son pays natal.

 

Les femmes de la ville égyptienne de Thèbes passaient pour détenir le secret de sa composition.


 

 

 

685-627 avant J.C. 

 

 

Les Assyriens, désignaient le pavot "namtilla",  signifiant "plante de vie". Ils en nommaient le jus “arat-pa-pal”. Dans les vestiges archéologiques des tablettes du temple du roi Assyrien, Assurbanipal, le Pavot somnifère est mentionné 42 fois.

 

"La vertu dormitive" du pavot aurait été connue des Assyriens. 
Un bas relief assyrien du palais nord-ouest d'Assurnazirpal à Nimrud, de l'époque de Tiglath-Pilser 
nous montre un génie ailé tenant tenant un bouquet de têtes de pavot,

 

 

Assurbanipal

 

 


460 avant J.-C. -377 av. J.-C. 

 


Hippocrate de Cos  médecin grec du siècle de Périclès, mais aussi philosophe, considéré traditionnellement comme le "père de la médecine".


-mentionne l'opium comme remède pour calmer les douleurs les plus variées.


 

 

480-323 av. J.-C
 

Dans la Grèce antique


Des preuves indiquent que l'opium était consommé de plusieurs manières, notamment par inhalation de vapeurs, de suppositoires, de cataplasmes médicaux et en association avec la pruche pour le suicide. 

 

 

 

356 av. J.-C - 323 av. J.-C

 

Lors de ses conquêtes, Alexandre le Grand (356 av. J.-C. - 323 av. J.-C.) roi de Macédoine utilise l'opium pour combattre ses migraines et emporte la plante miracle avec ses troupes jusqu'en Asie centrale, puis en Inde.

 

Alexandre le Grand - Giulio Romano (Vers 1537-1538)

 

 

 

 

I° siècle
Entre 50 et 70 après JC, 

 


Dioscoride écrivit un livre en cinq volumes plus souvent connu en Europe occidentale sous son titre latin De Materia Medica ("Sur le matériel médical"), qui devint le précurseur de toutes les pharmacopées modernes. 


L'opium est mentionné dans les textes médicaux.

 
Materia Medica est resté en service (il a été modifié et amélioré dans les versions arabe) du 1er au 16e siècle, il y est décrit l' opium et le large éventail de ses utilisations répandues dans le monde antique.  

 

L'opium devient un médicament courant, apprécié des empereurs à Rome.


 

 

 

II° - III° siècle

 


Aelius Galien ou Claudius Galien (129-200/216 Galen ou Galien de Pergame) était un grec médecin , chirurgien et philosophe dans l' Empire romain.


invente la thériaque, un antidote contre les poisons à base de jus de pavot. Il avait déjà loué les vertus thérapeutiques de l'opium pour soulager la douleur.


-S'inspirant du contrepoison de Mithridate VI, le médecin Andromaque dressa la recette en vers élégiaques d'un mélange de plus de cinquante drogues, plantes et autres ingrédients dont le castoréum, l'opium, la vipère et la scille. Pline l'Ancien, dans son Histoire naturelle (livre XXIX, VIII, 8), fustige déjà la multiplicité des ingrédients de la thériaque qu'il considérait comme une "vaine ostentation de science, et un charlatanisme monstrueux ". 


 

 

VIII° siècle 

 

Rhazès (Abu Bakr Mohammad Ibn Zakariya al-Razi, Razi 865-925) savant pluridisciplinaire iranien, a fait d'importantes contributions à la médecine, à l'alchimie et à la philosophie.


Il a maintenu un laboratoire et l'école à Bagdad, et a été un étudiant et critique de Galien ; il a fait usage de l'opium en anesthésie et a recommandé son utilisation pour le traitement de la mélancolie dans Fi ma-la-yahdara al-tabib, "En l'absence d'un médecin", un manuel médical à domicile destiné aux citoyens ordinaires pour l'auto-traitement si un le médecin n’était pas disponible.

 

 

 

IX° siècle

 

Avicenne (Ebn-e Sinâ 980-1037),  philosophe et médecin médiéval persan.
prépare la thériaque de Galien pour soigner toux et diarrhées.

Il a décrit l'opium comme le plus puissant des stupéfiants, en comparaison avec la mandragore et d'autres herbes très efficaces, dans "The Canon of Medicine ".

Le texte énumère les effets médicinaux de l'opium, tels que l'analgésie, l'hypnose, les effets antitussifs, les effets gastro-intestinaux, les effets cognitifs, la dépression respiratoire, les troubles neuromusculaires et la dysfonction sexuelle. 


Il fait également référence au potentiel de l'opium en tant que poison, et décrit plusieurs méthodes d'administration et des recommandations pour les doses du médicament. Ce texte classique a été traduit en latin en 1175 et plus tard dans de nombreuses autres langues.

 

 

 

X° et XI° siècle

 

 

v. 940 -1013  

 

Abu Al-Qasim,  connu en Occident sous le nom Abulcasis ou Albucasis, (v. 940-1013) est l'un des plus grands chirurgiens du monde musulman et un des pères de la chirurgie moderne, grand maître de la chirurgie hispano-arabe en Espagne, s'est appuyé sur l'opium et la mandragore comme anesthésiques chirurgicaux et a écrit un traité, al-Tasrif , qui a influencé la pensée médicale jusqu'au XVIe siècle. 


 

 

Les manuscrits des travaux de Pseudo-Apuleius (V° s) des X° et XI° siècles font référence à l'utilisation du pavot sauvage Papaver agreste ou Papaver rhoeas (identifié comme P. silvaticum ) au lieu de P. somniferum pour induire le sommeil et soulager la douleur


 

 

 

XI° et XIII° siècle

 


De leur voyage en Orient, les Croisés rapportèrent le pavot (Papaver somniferum) en Europe médiévale.

 

Papaver somniferum 
Original book source : Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé  ''Flore d'Allemagne, Autriche et Suisse " 1885  Kurt Stueber


 

 

 

XIV° siècle

 

 

1325


Paolo Veneziano  (1300-1365) un des peintres vénitiens les plus influents du XIV° siècle et aussi le seul peintre de ce siècle qui peut être considéré comme le peintre officiel de la République.

Madone au coquelicot (Madona of the Poppy)



 

 


Serafeddin Sabuncuglou (Şerafeddin Sabuncuoğlu 1385-1468) médecin et chirurgien ottoman notamment connu pour son encyclopédie chirurgicale "La Chirurgie Impériale".


Il a utilisé l'opium dans l'Empire ottoman pour traiter les migraines, la sciatique et d'autres maux douloureux. 


L'opium aurait été utilisé à des fins récréatives à partir du 14ème siècle dans les sociétés musulmanes. 


 

 

 

 

XV° siècle

 


La première description claire de l'utilisation de l'opium comme drogue récréative en Chine est venue de Xu Boling, qui a écrit en 1483 que l'opium était :


"principalement utilisé pour aider la masculinité, renforcer le sperme et retrouver de la vigueur", et qu'il "valorise l'art des alchimistes. , le sexe et les dames de la cour ". 


Il a également décrit une expédition envoyée par l'empereur Chenghua (Zhū Jiànshēn - Chénghuà - Chúndì - Xiànzōng - 1447-1487) de la dynastie Ming pour se procurer de l'opium à un prix "égal à celui de l'or" à Hainan , Fujian, Zhejiang , Sichuan et Shaanxi , où il est proche des terres occidentales de Xiyu . 

 

 

 

XVI° siècle

 


Raphaël (Raffaello Sanzio aussi nommé Raffaello Santi, Raffaello da Urbino, Raffaello Sanzio da Urbino - 1483-1520) peintre et architecte italien.

Date 1505-1506

La Madone à la prairie ou Madone du Belvédère - peinture religieuse. 

Le tableau est actuellement exposé à la Kunsthistorisches Museum de Vienne. 

 

 

Raphaël (1483-1520) peintre et architecte italien.

Date 1505-1506

Détail coquelicots de "La Madone à la prairie" ou "Madone du Belvédère"

 


 

Les Portugais développent la production locale de l'opium dans la région de Malwa, au nord-ouest de l'Inde.

 

Dans l'empire ottoman, l'opium est couramment fumé dans un narguilé, mélangé au chanvre et au tabac, ou mangé par les amateurs du produit (thériakis).

 

L'utilisation par Paracelse (V.1493-1541), né Théophraste von Hohenheim médecin suisse, alchimiste , théologien laïc et philosophe de la Renaissance allemande, de retour de ses pérégrinations en Arabie avec une épée célèbre, dans le arçon dont il a gardé "Pierres de Immortalité "composée d'opium thebaicum, de jus d'agrumes et de "q uintessence d'or " de laudanum (teinture d'opium) a été présenté à la médecine occidentale en 1527. 


Le nom "Paracelse" était un pseudonyme lui signifiant l'égal ou le meilleur d' Aulus Cornelius Celsus , dont le texte, qui décrivait l'utilisation de l'opium ou d'une préparation similaire, avait été récemment traduit et réintroduit dans l'Europe médiévale. 


Le Canon of Medicine, le manuel médical standard que Paracelse a brûlé dans un feu de joie public trois semaines après avoir été nommé professeur à l' Université de Bâle, a également décrit l'utilisation de l'opium, bien que de nombreuses traductions latines soient de mauvaise qualité. 


Au cours de sa vie, Paracelse a été considéré comme un aventurier qui a défié les théories et les motivations mercenaires de la médecine contemporaine avec des thérapies chimiques dangereuses, mais ses thérapies ont marqué un tournant dans la médecine occidentale. 

 

Paracelse Le Louvre copie du portrait perdu par Quentin Metsys


 

 

 

Catherine Fradonnet, dite Catherine Des Roches (1542-1587) écrivaine féministe de la Renaissance.

 


Antithèse du somme et de la mort

 

...Ainsi soit pour jamais le silence sacré

Fidèle avant-coureur de ta douce présence ;

Ainsi l'ombreuse nuit révère ta puissance,

Ainsi les beaux pavots fleurissent à ton gré...

 

Stéphane Epis (1973) 

 

 

 

En 1573,

Un visiteur vénitien de l'Empire ottoman a observé que de nombreux habitants turcs de Constantinople buvaient régulièrement une "certaine eau noire à base d'opium" qui les faisait se sentir bien, mais à laquelle ils devenaient tellement dépendants,

"s'ils essayaient de aller sans, ils mourront rapidement". 


En le buvant, les derviches ont prétendu que les médicaments leur ont donné des aperçus visionnaires du bonheur futur. En effet, l'Empire ottoman a fourni l'opium à l'Occident bien avant la Chine et l'Inde. 

 

Rituel des derviches tourneurs, Konya (Turquie), école ottomane, XVIIe siècle


 

 

 

Pontus de Tyard, seigneur de Bissy (1521-1601) , prélat, écrivain et poète français, membre du cercle littéraire de la Pléiade.

 

Père du doux repos, Sommeil, père du Songe

 

..."Viens, Sommeil désiré, m'environner la tête

Car, d'un voeu non menteur, un bouquet je t'apprête

De ta chère morelle et de ton cher pavot"...


 

 

 

Horae ad usum Romanum, dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne 

Jean Bourdichon (1457-1521). Enlumineur

papavere rubeum - 


 

 

 

Horae ad usum Romanum, dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne 

Bourdichon, Jean (1457 ?-1521). Enlumineur

Papaver album - pavot

Bibliothèque Nationale, ms. Latin 9474, f. 52v.

 

 

XVII°siècle

 

 

Dans les années 1660, le médecin anglais Thomas Sydenham, le célèbre "père de la médecine anglaise" ou "anglais Hippocrate", à qui on attribue la citation  :


"Parmi les remèdes auxquels il a plu à Dieu tout-puissant donne à l'homme pour soulager ses souffrances, aucune n'est aussi universelle et aussi efficace que l'opium." 


élabore le laudanum en diluant l'opium dans du vin de Malaga, en lui ajoutant des épices. 

 

Formule du Laudanum de Sydenham, in codex medicamentarius 1884 - pharmacie galénique :

- opium officinal divisé : 200 g ;
- safran incisé : 100 g ;
- cannelle de Ceylan concassée : 15 g ;
- girofles concassés : 15 g ;
- vin de grenache : 1 600 g.
Faire macérer, en vase clos, pendant 15 jours, en agitant de temps en temps. Passer, exprimer fortement, filtrer.
Ces quantités donnent environ 1 500 g de produit ; la densité du liquide peut varier de 1050 à 1070.

 

 

Le laudanum était recommandé pour la douleur, l'insomnie et la diarrhée :

Cromwell et Charles II en font un large usage.

 

 

 

Les Hollandais intensifient la production de l'opium du Bengale et développent son commerce vers les Philippines, Formose et le sud de la Chine.


 

Jean de La Fontaine (1621-1695) poète français de grande renommée, principalement pour ses Fables 

 


Le Songe de Vaux - Éloge du Sommeil


..."Je le trouvai dormant sur un lit de pavots ;

Les Songes l'entouraient sans troubler son repos"...


 

 

 

XVII° siècle

 


Les apothicaires chimistes du XVII° siècle, comme Joseph du Chesne, Jean Béguin ou Angelo Sala avaient l'habitude de nommer indifféremment Laudanum ou Nepenthes, une préparation à base d'opium. 

 

L'alchimiste, par David Teniers le Jeune (1610-1690).

 

 

Marc-Antoine Girard de Saint-Amant (1594-1661) poète français, auteur de poèmes burlesques, satiriques ou lyriques.

Il a fait partie de la toute neuve Académie française.

 


La solitude


..."Le sommeil aux pesants sourcils,

Enchanté d'un morne silence,

Y dort, bien loin de tous soucis,

Dans les bras de la Nonchalance,

Lâchement couché sur le dos

Dessus des gerbes de pavots"...


 


 

 

XVIII°siècle

 

 

1715 

Les Britanniques prennent le monopole des échanges commerciaux avec la Chine.

 


1728 

L'utilisation de l'opium comme remède miracle se reflétait dans la formulation du mithridatium décrite dans le Chambers Cyclopedia (Dictionnaire universel anglais en 2 volumes illustrés, la Cyclopaedia ou Dictionnaire universel des arts et des sciences), qui incluait l'opium véritable dans le mélange.

 

 

1729

Une tentative d'interdiction de l'opium à grande échelle a commencé en 1729, lorsque Qing Yongzheng, (1678-1735) empereur mandchou de Chine impériale sous la dynastie Qing (1722-1735), dérangé par le madak (mélange d' opium et de tabac utilisé comme drogue récréative) qui se fumait à la cour et assumant le rôle du gouvernement de défendre les vertus confucéennes, a officiellement interdit la vente d'opium, promulguant le premier édit interdisant le commerce de l'opium en Chine, sauf pour une petite quantité à des fins médicinales.

L'interdiction punissait les vendeurs et les détenteurs de fumerie d'opium, mais pas les utilisateurs de la drogue. 

 

 

1757

La victoire de Plassey (bataille traditionnellement considérée comme le point de départ de la domination britannique en Inde) assure aux Anglais, à l'initiative de l'East India Company, la domination du Bengale, jadis sous la coupe de l'Empire moghol, et le contrôle des terres à opium autour de Bénarès, Patna et Agra.

 

La victoire par Robert Clive lors de la bataille de Plassey

 

 

1775

Warren Hastings, gouverneur du Bengale, homme politique britannique, est le premier gouverneur général de l'Inde britannique. Dirigeant de l'East India Compagny,il obtient de Londres le monopole de la compagnie sur le contrôle, l'achat et la livraison à Calcutta de la récolte d'opium et s'efforce de conquérir le marché chinois.

 

Paul Desforges-Maillard (1699-1772) poète français


 

Le tabac


Tes charmants tourbillons dans la tête échauffée,

Font glisser l'appât du repos ;

Et volant après toi, le docile Morphée

Sème tes traces de pavots.

 

 

 

Robert Burns (1759-1796) poète écossais 
illustré par le peintre Alexander Goudie (1933-2004)


 

Tam O'Shanter.


 Les plaisirs, comme les coquelicots dans les prés,

Se fanent si vous les cueillez;

Ou comme un blanc flocon qui tombe dans un ru

Blanc un instant, puis pour toujours fondu

ou le chatoiement boréal merveilleux

Qui fuit dés qu’on y veut poser les yeux

Ou comme la forme gracieuse de l’arc-en-ciel 

évanescente dans l’orage

 

 

Tam O'Shanter.

 

But pleasures are like poppies spread,    

ou seize the flower, its bloom is shed

Or like the snow falls in the river,

a moment white – then melts for ever;    

or like the borealis race,

that flit ere you van point their place;

Or like the rainbow’s lovely form   

Evanishing amid the storm –   

 

Alexander Goudie (1933-2004)

 


 


 

XVIII° siècle

 

 

Novalis, (Georg Philipp Friedrich von Hardenberg, 1772-1801) poète, romancier, philosophe, juriste, géologue, minéralogiste et ingénieur des Mines allemand. 


Hymnes à la Nuit. Traduction de Paul Morisse.


..."O Sommeil sacré ! Ne comble pas trop rarement de bonheur, en sa tâche terrestre, celui-là qui est voué à la Nuit ! Seuls les fous te méconnaissent et ne savent de tout sommeil que l’ombre que, par compassion, tu jettes sur nous en ce crépuscule de la Nuit véritable. Ils ne te sentent pas dans le flot doré des grappes, dans l’huile magique de l’amandier, non plus que dans le suc brun du pavot. Ils ignorent que c’est toi qui planes autour du sein de la tendre vierge et que par toi le giron devient un ciel" ...


Dominique Martigne - Sommeil – Acrylique sur bois

 

 

 

André Marie de Chénier, dit André Chénier (1762-1794)  poète et journaliste français.

 

 
Le jeune malade


..."– Tiens, mon unique enfant, mon fils, prends ce breuvage ;

Sa chaleur te rendra ta force et ton courage.

La mauve, le dictame ont, avec les pavots,

Mêlé leurs sucs puissants qui donnent le repos ;

Sur le vase bouillant, attendrie à mes larmes,

Une Thessalienne a composé des charmes.

Ton corps débile a vu trois retours du soleil

Sans connaître Cérès, ni tes yeux le sommeil"...

 

Ary Scheffer - le Jeune Bacchus malade 1593 -

Photo (C) RMN-Grand Palais (musée Magnin) / Stéphane Maréchalle


 

 

 

Nicolas de Largillierre  (1656-1746) peintre français. 

Allégorie de l'été, 

chateau royal de Blois

 


 

Évariste Désiré de Forges, chevalier puis vicomte de Parny (1753-1814) poète français 

 

Le Songe

 

..."Le sommeil a touché ses yeux ;

Sous des pavots délicieux

Ils se ferment, et son coeur veille"...


 

 

 

Au XVIIIe siècle, l'opium s'est avéré être un bon remède contre les troubles nerveux. En raison de ses propriétés sédatives et tranquillisantes, il était utilisé pour calmer l'esprit des personnes atteintes de psychose, aider les personnes considérées comme folles et également pour aider à traiter les patients souffrant d'insomnie. 

 

1799 :

La législation anti-opium est renforcée par les autorités chinoises : les marchands de Canton ont l'interdiction d'acheter l'opium et de recevoir des navires qui le transportent.
 

 

 


 

Attribué à Antoine Vestier (1740-1824) peintre français

Portrait de femme au perroquet et à la couronne de coquelicot


 

 

 

 

XIX° siècle

 


1804 :

 

- Armand Seguin, médecin de l'armée napoléonienne, isole la morphine. Un chimiste de Hanovre la baptise du nom de « Morphium » en hommage au dieu des Songes.

- Le médecin écossais Alexander Wood procède à la première injection d'acétate de morphine.

 

 

1808 :

 

Les importations chinoises d'opium sont de l'ordre de 200 tonnes.
 

 

 

1816


 

Kubla Khan 


est un poème de Samuel Taylor Coleridge (1772-1834), qui évoque l'empereur mongol Kubilaï Khan, fondateur vers 1280 de la dynastie chinoise des Yuan et son palais d'été de Shangdu, ville à laquelle Coleridge donne le nom devenu célèbre de "Xanadu".


Coleridge affirme avoir écrit le poème à l'automne de 1797, publié en 1816 sous l'intitulé Kubla Khan. Il affirme que le poème lui avait été inspiré par un rêve généré par l'opium, ce qui est suggéré par le sous-titre, Vision dans un rêve (or A Vision in a Dream : A Fragment), et que la composition en avait été interrompue par un "visiteur venu de Porlock" (a person from Porlock). Une note apposée par Coleridge sur un manuscrit précise qu'il a commencé à utiliser l'opium en 1791 après avoir développé une jaunisse et un rhumatisme articulaire aigu , et est devenu un toxicomane à part entière après une grave crise de la maladie en 1801, nécessitant 80 à 100 gouttes de laudanum par jour. 


Effectivement, aux yeux de certains, les images éclatantes du poème proviennent d'une hallucination éveillée, sans doute induite par l'opium. 


De nombreuses sources textuelles et illustrées montrent également que la culture du pavot et la consommation d'opium étaient répandues en Iran safavide et en Inde moghole . 

Kubla Khan By Dugald Walker


 

 

 

 

1817


"La morphine" doit son nom à Morphée et sa découverte à Friedrich Wilhelm Sertürner. C'est en 1817, que la morphine fut découverte simultanément en 1804 par Armand Seguin et Bernard Courtois, ainsi que par Charles Derosne, mais c’est à Friedrich Wilhelm Adam Sertürner (1783-1841) pharmacien allemand publia le premier sur la découverte de la morphine, bien qu'il n'en soit pas le découvreur.

 

C'est par l'expérimentation et l'observation des effets de décoctions et d'extraits d'opium sur son chien que Sertürner, (dans ses travaux publiés en 1805-1806 et 1817) que le pharmacien Allemand après avoir vu que la substance cristallisée isolée  identifia un alcaloïde " alcali végétal" dérivé de l'opium, aux vertus soporifique et analgésique.

 

Ce premier alcaloïde connu, Sertürner le nomme aussitôt morphium (morphine) car ses effets rappellent le dieu des songes de la Grèce antique, Morphée. 


Friedrich Wilhelm Adam Sertürner

 

 

1820 :

 

Les rapides clippers (voiliers de commerce rapides) des "country traders" (commerçants du pays) transportent désormais la drogue de Calcutta jusqu'à Canton, seul port ouvert aux étrangers.

 

 

1821

 

Thomas de Quincey écrit :

"Confessions d’un mangeur d’opium anglais"


Récit autobiographique écrit à propos du laudanum (mélange d’alcool et d’opium) et de son influence sur sa vie. D’abord publié de façon anonyme entre septembre et octobre 1821 dans le London Magazine, les Confessions seront éditées en 1822, puis ré-éditées en 1856 après que de Quincey y eut apporté des modifications.


En 1821, quand paraissent les Confessions d'un mangeur d'opium, De Quincey est âgé de trente-six ans et sa réputation d'homme de lettres n'est plus à faire. Il consomme de l'opium depuis quinze ans ; père de plusieurs enfants, il est très lourdement endetté.


Ecrites en quelques semaines dans un appartement londonien où il se dissimule pour échapper à ses créanciers, les Confessions sont d'abord pour lui un moyen de s'assurer un succès de librairie. Elles resteront le plus grand texte qu'il ait jamais écrit, l'un des plus touchants, plongée introspective sans équivalent dans la littérature de son époque.
 

 

 

 


 

 

1838 

 Les importations chinoises d'opium passent à près de 3 200 tonnes.

 

Theophile Gautier - poète, romancier et critique d'art français.

La Pipe d'Opium

Un homme trouve un jour son ami assis sur un divan, en train d'aspirer la fumée jaune d'un étrange appareil. Une odeur de parfum oriental se dégage dans toute la pièce. Sans rien dire, l'homme s'y essaye à son tour. Au bout de quelques inspirations, il ressent un étourdissement pareil à une légère ivresse.
Le soir, après avoir passé la journée avec son ami, l'homme est en proie à une agitation nerveuse causé par l'opium. Lorsqu'il trouve enfin le sommeil, il sombre dans un rêve fantasmagorique.

 

 

1839-1842 

L'empereur de Chine envoie à Canton son commissaire Lin Tsê-Hsu pour mettre fin au "scandaleux" commerce des marchands d'opium.


Première "guerre de l'opium".

 

Signature du traité de Nankin qui contraint la Chine à ouvrir cinq ports aux navires britanniques et à céder Hong-Kong.

 

La signature et le scellement du traité de Nankin.
Peint par le capitaine John Platt, Bengal Volunteers. Gravé par John Burnet.
Anne SK Brown Collection Militaire


 

 

 

 

1845-1850

 

La loi du 19 juillet 1845 constitue la première législation sur les stupéfiants en France : elle assimile l'opium à un poison, la range comme la morphine dans la liste des substances vénéneuses et renforce son contrôle à la vente.

 

Les exportations indiennes vers la Chine atteignent 3 300 tonnes et l'opium est vendu à bas prix pour gagner une clientèle populaire.

 

La morphine se démocratise avec l'invention de la seringue hypodermique.
 

 

 

Utagawa Hiroshige (1797-1858) aussi appelé Ando Hiroshige dessinateur, graveur et peintre japonais.

pavot et moineau japonais


 

 

 

 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) poète, romancier, dramaturge français,

 

 

Consolation

 

..."Que le deuil de mon âme était lugubre et sombre !

Que de nuits sans pavots, que de jours sans soleil !

Que de fois j'ai compté les pas du temps dans l'ombre, 

Quand les heures passaient sans mener le sommeil !"...
 

 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) poète, romancier, dramaturge français,

(Quarantième méditation) - 1847

 

 

Les Pavots

 

Lorsque vient le soir de la vie,

Le printemps attriste le cœur :

De sa corbeille épanouie

Il s’exhale un parfum moqueur.

De toutes ces fleurs qu’il étale,

Dont l’amour ouvre le pétale,

Dont les prés éblouissent l’œil,

Hélas ! il suffit que l’on cueille

De quoi parfumer d’une feuille

L’oreiller du lit d’un cercueil.

Cueillez-moi ce pavot sauvage

Qui croît à l’ombre de ces blés :

On dit qu’il en coule un breuvage

Qui ferme les yeux accablés.

J’ai trop veillé ; mon âme est lasse

De ces rêves qu’un rêve chasse.

Que me veux-tu, printemps vermeil ?

Loin de moi ces lis et ces roses !

Que faut-il aux paupières closes ?

La fleur qui garde le sommeil !

 

 

 

1856-1858 

 

La deuxième guerre de l'opium est déclenchée par les Français et les Britanniques pour forcer plus encore les portes du marché chinois.

 

 

 

1858 

 

Le traité de T'ien-Tsin ouvre onze nouveaux ports au commerce occidental et autorise officiellement l'importation de l'opium en Chine, dont la consommation devient un problème de santé publique.

 

Le terme "stupéfiant" apparaît en France dans l'Encyclopédie du XIXe siècle.
 

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français. Il est considéré comme l'un des plus importants écrivains de la langue française. 


Les Misérables 


..."Le rouge, les rouges ! répliqua Bahorel. Drôle de peur, bourgeois. Quant à moi, je ne tremble point devant un coquelicot, le petit chaperon rouge ne m’inspire aucune épouvante. Bourgeois, croyez-moi, laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes"...

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français. 

Recueil : Les chansons des rues et des bois (1865).

Jour de fête aux environs de Paris

 

...L'air brûlant fait, sous ses haleines

Sans murmures et sans échos,

Luire en la fournaise des plaines

La braise des coquelicots"...

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français. 
Rois, chap. XI, v. 2.
Lazzara
Et cette femme était fort belle.


..."Comme elle court ! voyez : - par les poudreux sentiers,

Par les gazons tout pleins de touffes d'églantiers,

Par les blés où le pavot brille,

Par les chemins perdus, par les chemins frayés,

Par les monts, par les bois, par les plaines, voyez

Comme elle court, la jeune fille !"...


coquelicots de Robert Vonnoh, 1890

 

 

 

Charles Marie René Leconte de Lisle,

dit simplement Leconte de Lisle (1818-1894) poète 


 

Les plaintes du cyclope

 

..."Si je savais nager, du moins ! Au sein des flots

J'irais t'offrir des lys et de rouges pavots"...
 

 

 

Charles Baudelaire (1821-1867) poète français.


Les Paradis artificiels est un essai paru en 1860, où le poète traite de la relation entre les drogues (opium et haschisch) et la création poétique. Baudelaire met cependant en question l'intimité du lien qui pourrait exister entre les drogues et le poète, le poète véritable n'ayant pas besoin de drogues pour trouver l'inspiration.

 

La seconde partie de l'oeuvre est un commentaire du livre Confessions d'un mangeur d'opium anglais de Thomas de Quincey paru en 1821. Pour l'écriture de cette partie, Baudelaire oscille entre passages traduits, commentaires littéraires, philosophiques et biographiques. À la suite de Quincey, il décrit plusieurs visions provoquées par l'opium, dont une qui met en scène le spectre de Brocken.


 

 

 

1870

 

Vers 1870, François Etienne Desserey, un confiseur de Nemours installé rue de Paris, eut l’idée d’utiliser les pétales éclatants du coquelicot pour la confection des bonbons. Il s’agit d’abord de pastilles contre la toux, la fleur étant réputée pour ses vertus apaisantes. 


Le coquelicot est un bonbon de sucre cuit, plat et rectangulaire, aux angles coupés, de couleur rouge, à base de coquelicots cueillis dans la région de Nemours. Voici la composition de ce bonbon typiquement à l’ancienne : 

sucre,

- sirop de glucose,

- arôme de coquelicot,

- acidifiant et colorant.


Plusieurs autres confiseurs perpétueront la tradition, avant qu’elle ne s’éteigne dans l’Entre-deux-guerres. 


En 1996, la chocolaterie Des Lis a repris cette friandise d’antan et l’a modernisée dans sa méthode de fabrication.

Les agriculteurs du canton autorisent la cueillette des coquelicots sur leurs terres en jachère. De mai à début juillet, uniquement en milieu de matinée (pour éviter la rosée et la chaleur), jusqu’à 350 kilos de cette fleur légère sont récoltés manuellement chaque année. Les coquelicots sont ensuite transformés en arôme naturel.


Aujourd’hui, vendu au détail ou en boîtes métalliques, le coquelicot de Nemours est un souvenir original à emporter de la cité gâtinaise qui s’est décidément fait une spécialité de la fragile et éphémère fleur rouge, puisqu’on y vend aussi de la guimauve au coquelicot, des chocolats au coquelicot, du vinaigre de vin blanc au coquelicot, du sirop au coquelicot et une liqueur, la crème de coquelicot.


Ses graines sont employées en boulangerie pour la confection de pains aromatisés.


Le coquelicot est devenu fleuron gastronomique et emblème de la ville de Nemours, en Seine-et-Marne. 

 

 

 

Le coquelicot figure également dans le refrain d'une vieille chanson

"J'ai descendu dans mon jardin" 


Chansons et rondes enfantines,

Texte établi par Jean-Baptiste Weckerlin, Garnier, 1870
 
compositeur, musicologue, historiographe de la chanson populaire et bibliothécaire français (1821-1910)

Pseudonyme : Marc Giroflée

1870

 

J’ai descendu dans mon jardin 


J’ai descendu dans mon jardin (bis)

Pour y cueillir du romarin.

Gentil coq’licot, Mesdames.

Gentil coq’licot nouveau.

 

Pour y cueillir du romarin (bis)

J’n’en avais pas cueilli trois brins :

Gentil coq’licot, etc.

 

J’n’en avais pas cueilli trois brins, (bis)

Qu’un rossignol vint sur ma main :

Gentil coq’licot, etc.

 

Qu’un rossignol vint sur ma main, (bis)

Il me dit trois mots en latin :

Gentil coq’licot, etc.

 

Il me dit trois mots en latin, (bis)

Que les hommes ne valent rien :

Gentil coq’licot, etc.

 

Que les hommes ne valent rien, (bis)

Et les garçons encor bien moins :

Gentil coq’licot, etc.

 

Et les garçons encor bien moins, (bis)

Des dames il ne me dit rien :

Gentil coq’licot, etc.

 

Des dames il ne me dit rien, (bis)

Mais des d’moiselles beaucoup de bien :

Gentil coq’licot, etc.
 

 

 

1874


Le Sommeil et son demi-frère la Mort

est une peinture à l'huile sur toile réalisée par le peintre préraphaélite John William Waterhouse.


Il s'agit de sa première exposition à la Royal Academy, peint d'après le portrait de deux de ses jeunes frères morts de la tuberculose.


Le tableau fait référence aux dieux grecs Hypnos (le Sommeil) et Thanatos (la Mort) qui, dans la mythologie grecque, étaient frères jumeaux. En dépit de leurs postures similaires, le personnage du premier plan est plongé dans la lumière, alors que son frère est dans l'obscurité ; le premier représente donc le sommeil, le second la mort. La personnification du sommeil serre des coquelicots dans sa main.

 

Ils sont associés à Hypnos et Thanatos en raison de leurs traits hypnagogiques qui peuvent mener à la mort en cas de surexposition à cet état entre le vie et la mort. Hypnos avait en effet comme attribut le pavot et était représenté sur des sarcophages en jeune homme assoupi.


Les positions allongées des personnages rappellent d'anciennes tombes ou sarcophages, comme la tombe d'Adonis et le sarcophage d'Endymion. Waterhouse a passé beaucoup de temps aux musées de South Kensington (aujourd'hui The Victoria and Albert Museum) et au British Museum, et connaissait la statuaire grecque et romaine, grâce à ses propres recherches et à ses études à la Royal Academy. En effet, Waterhouse faisait référence à la "Roman Endymion Sleeping On St Latmos" dans son élaboration des personnages. 


La position du corps allongé et le croisement des jambes du Sommeil rappellent les traits d'Endymion.

 

Malgré le titre sombre, les personnages pourraient être considérés comme des musiciens ou des fêtards faisant la sieste après une danse ou une fête. L'utilisation du rideau, du balcon et l'inclusion de deux instruments anciens (l'aulos et la lyre) indiquent la performance. Les instruments, bien qu'associés aux mythes et festivals grecs et romains, ont très peu à voir avec l'allégorie du sommeil et de la mort.


 

 

 

Tristan Corbière (1845-1875) poète français, proche du symbolisme, figure du "poète maudit".


A une rose


Chaque jour palpite à la colle

De la corolle

Un papillon-coquelicot,

Pur calicot,
 

 

 

 

1877


Dante Gabriel Rossetti  (1828–1882) et Ford Madox Marron  (1821-1893) :

Sainte Béatrix (Beata Béatrix)


La jeune femme est représentée assise et à mi-corps au moment de la suspension entre la vie et la mort. Un oiseau laisse tomber son coquelicot rouge entre ses mains ouvertes. En arrière-plan, Dante regarde la figure de l'Amour. Le cadre comporte quatre médaillons incisés, un de chaque côté.

Personnes représentées : Béatrice Portinari 

Musée et galerie d'art de Birmingham  

L' une des nombreuses versions de ce sujet, cette peinture était inachevée au moment de la mort de Rossetti et l'arrière-plan a été complété par Ford Madox Brown. La peinture est une expression personnelle de l'amour de Rossetti pour sa défunte épouse, Elizabeth Siddal, vue à travers les écrits de Dante (le sujet est tiré de 'La Vita Nuova'). Dans cette version, les coquelicots sont rouges, peut-être une référence explicite au laudanum dérivé de l'opium.

 

 

 

1878

Planche chromolithographique en couleur de "Familiar Wild Flowers" 

Coquelicot commun. 

par F. Edward Hulme. Publié en 1878 par Cassell, Petter & Galpin.

 

 

 

1882

 

La France instaure en Cochinchine une Régie de l'opium.

 

 

En 1886, 


Le père Jean-Marie Delavay, né aux Gets en Haute-Savoie le 28 décembre 1834 et mort en Chine le 31 décembre 1895, est un prêtre missionnaire des Missions étrangères de Paris, botaniste et grand collecteur de nouvelles espèces de plantes en Chine.


Il rassembla une des collections botaniques les plus importantes de la fin du XIX° siècle, dans une région limitée du Yunnan pour le compte du Muséum national d'histoire naturelle.


Les longues marches vers le plateau tibétain l'amenèrent à découvrir des pavots d'un bleu lumineux, "le pavot de l'Hymalaya", mais la plante fut peut-être découverte avant lui et peut-être décrits avant lui sous le nom de Meconopsis napaulensis.


 


 

Frédéric Zuber-Bühler, dit Fritz Zuber-Bühler (1822-1896) peintre académique suisse.

Jeune fille au bouquet de fleurs des champs.


 

 

 

1888

Les exportations d'opium des marchands anglo-indiens vers la Chine atteignent 5 507 tonnes, contre une production chinoise de 13 300 tonnes, soit 85 % des besoins intérieurs : au début du XXe siècle, le nombre de fumeurs chinois réguliers est estimé à 20 millions de personnes.

 

 

1890

Les laboratoires Bayer mettent au point un dérivé de la morphine, commercialisé à partir de 1898 sous le nom d'héroïne.

 

 

1895

Claude Monet, né sous le nom d'Oscar-Claude Monet (1840-1926) peintre français et l’un des fondateurs de l'impressionnisme.

champ de coquelicots à Giverny - 


 

 

1897

Paul Doumer étend la Régie à l'ensemble de la colonie et la charge de l'achat du produit brut, du monopole du raffinage et de la vente de l'opium.

 

 

1898

Les Etats-Unis prennent le contrôle des Philippines où l'opiomanie fait des ravages.

 

 

François Coppée (1842-1908) poète, dramaturge et romancier français.


..."Vous êtes dans le vrai, canotiers, calicots

Vous êtes dans le vrai, canotiers, calicots !

Pour voir des boutons d'or et des coquelicots"...

 

CHOE peintre-graveur coquelicots et bouton d'or


 


 

Albert Mérat (1840-1909) poète français.

A Sully Prudhomme.

 

Les fleurs de paris

 

Les seringas et les oeillets,

Points rouges, blancs et violets,

Fleurs en boutons et fleurs écloses,

Les bluets comme dans les blés,

Et les coquelicots mêlés

Aux résédas parmi les roses...
 

 

 

Renée Vivien (1877-1909) surnommée "Sapho 1900", poétesse britannique de langue française aux multiples appartenances littéraires, relevant à la fois du Parnasse, du Symbolisme, du Préraphaélisme, et du romantisme tardif qu'est le Naturisme à la Belle Époque. 

 


    
Pavot noir

 

Fleur des mauvais jardins au vénéneux sommeil,

Les servantes de l’Ombre et les Magiciennes,

Dont les nocturnes yeux redoutent le soleil,

Respirent âprement tes langueurs léthéennes.

 

Fleur des mauvais jardins au vénéneux sommeil.

 

Tu te fanes parmi les âcres chevelures,

Et tu connais le rêve ardent des fronts maudits

Que jamais n’effleura, dans un bruit de ramures,

Le souffle des matins et des simples midis :

 

Tu te fanes parmi les âcres chevelures.

 

Tu t’effeuilles auprès des femmes sans désir

Dont les prunelles sont froidement endormies,

Dont le coeur ennuyé dédaigne de choisir,

Et dont l’âme est pareille à l’âme des momies :

 

Tu t’effeuilles auprès des femmes sans désir.

 

Ennui de l’aconit et de la belladone

Dans le soir où la voix des vieilles trahisons

Fait traîner, à l’égal d’un refrain monotone,

La fadeur et la fragilité des poisons !

 

Ennui de l’aconit et de la belladone !

 

 

 

Edvard Munch (1863-1944)  peintre et graveur expressionniste norvégien

"Femme aux coquelicots", 

peint à Ekely près d'Oslo


 

 

 

Georges Van Nuffel (XIX°) - peintre belge

 - Tête de femme au coquelicot


 

 

Art nouveau


Alfons Mucha (Alphonse ou Alphons Mucha 1860-1939) affichiste, illustrateur, graphiste, peintre, et professeur d'art tchécoslovaque, fer-de-lance du style Art nouveau.

La Femme aux Coquelicots , 1898.

(The Woman with Poppies, 1898.)


 

 

 

Gustav Klimt (1862-1918) peintre symboliste autrichien, et l'un des membres les plus en vue du mouvement Art nouveau et de la Sécession de Vienne.


Peintre de figures, sujets allégoriques, nus, portraits, paysages, il est aussi dessinateur, décorateur, peintre de cartons de tapisseries et de mosaïques, céramiste et lithographe.

 

Champ de coquelicots

 

 

 

Mary Stevenson Cassatt, dite Mary Cassatt (1844-1926) 

peintre et graveuse américaine.

Champ de coquelicots


 

 

 

Charles Cros (1842-1888), poète et inventeur français.

 

Avenir


..."Les coquelicots noirs et les bleuets fanés

Dans le foin capiteux qui réjouit l'étable,

La lettre jaunie où mon aïeul respectable

A mon aïeule fit des serments surannés"...

 

Emile Vernon

 

 

 

Grandville, ou Jean-Jacques Grandville (1803-1847) caricaturiste, illustrateur et lithographe français.

 

 

Bleuet et Coquelicot

 

- vEncore une journée de bonheur qui vient de s’écouler

ma chère Bleuette.

- Et qui recommencera demain, ma chère Coquelicot.

- Regrettes-tu ton ancienne forme ?

- Non.

- Ni moi, non plus.

- Nous avons bien fait de choisir ce modeste village

pour y vivre tranquillement.

Le bonheur n’est qu’aux champs.

- Avec Lucas qui est si bon.

- Et avec Blaise, qui joue si bien de la musette.

- Rien n’est doux au monde comme d’être femme.

- Pour être heureuse, il faut avoir un coeur.

Puis les deux jeunes filles se mettaient devant leur miroir.

- Ne suis-je pas plus jolie que lorsque j’étais simple bleuet ?

demandait l’une.

- Qui ne me préférerait à tous les coquelicots de la terre ?

répondait l’autre.

 

Voilà ce que la bergère Brune et la bergère Blonde

se disaient chaque soir, après quoi elles s’embrassaient,

et s’endormaient jusqu’aux premiers roucoulements de leurs tourterelles.

 

 

Grandville, ou Jean-Jacques Grandville (1803-1847) caricaturiste, illustrateur et lithographe français.

 

 

Pavot

 

Autrefois j’étais la fleur du sommeil ;

mais le sommeil ne suffit plus à l’homme pour oublier ses maux.

L’homme ne veut plus dormir, il faut qu’il rêve.

J’étais l’oubli, je suis devenue l’illusion.

Il m’a frappée au coeur, et il a bu le sang qui coulait de ma blessure.

 

Hélas! pour moi depuis ce jour, plus de tranquillité,

plus de bonheur, plus de joie !

Dès que ma tige s’élève un peu au-dessus de la terre,

le fer s’approche de moi, on me perce le sein,

d’où s’échappe la liqueur qui donne les visions,

ces longues ivresses de la tête et du coeur.

 

Dès que l’homme m’a approché de ses lèvres,

son âme prend des ailes; elle quitte la terre.

Elle retourne vers le passé ou s’élève vers l’avenir.

Elle plane sur le souvenir ou sur l’espérance.

Quel génie malfaisant a révélé à l’homme l’existence

du philtre renfermé dans mon sein;

de ce philtre qui est la cause funeste de ma mort?

 

Mais pourquoi me plaindre ?

Je suis semblable au poète :

les hommes lui doivent leurs plus douces jouissances,

leurs plus charmantes illusions, et il est leur première victime.

 

 

 

Vincent van Gogh (1853-1890) peintre et dessinateur néerlandais.

Son œuvre pleine de naturalisme, inspirée par l'impressionnisme et le pointillisme, annonce le fauvisme et l'expressionnisme.

Champ aux coquelicots

 


 

Paul Émile Vernon (1872-1920) peintre français.

L'été dans la campagne - coquelicots et marguerites


 

 

 

Gaston Couté (1880-1911) poète libertaire et chansonnier français

 


Chanson de Messidor


Dame ! en ton geste noble et lent

Cueille un coquelicot sanglant

Pour l'épingler sur ta poitrine.

Il est moins rouge que mon coeur

Quand ton rictus aigre et moqueur

Le met en doute ou le chagrine...

 


 

 

 

Le laudanum est devenu la base de nombreux médicaments brevetés populaires du 19ème siècle. 


L'abus d'opium aux États-Unis a commencé à la fin du 19e siècle et était largement associé aux immigrants chinois. Pendant ce temps, l'utilisation de l'opium était peu stigmatisée; la drogue a été utilisée librement jusqu'en 1882 lorsqu'une loi a été adoptée pour limiter le tabagisme de l'opium à des tanières spécifiques. 

 

 

 

1898

 


Synthétisée pour la première fois à partir de la morphine en 1874 par C.R. Alder Wright travaillant au St Mary's Hospital de Londres, l’héroïne, diamorphine ou diacétylmorphine, est une drogue (substance psychotrope) utilisée pour ses puissants effets antidouleur et euphorisants. Mais son potentiel n'est pas reconnu. C'est une opiacée semi-synthétique obtenu par acétylation de la morphine, le principal alcaloïde issu du pavot à opium.


Elle est utilisée à des fins médicales comme analgésique, mais surtout de manière illégale dans des cadres d'utilisations récréatives. La tolérance à l'héroïne est importante, et son usage chronique est susceptible d'entraîner une très forte dépendance physique (syndrome de sevrage).


Elle est de nouveau synthétisée en 1898 par Heinrich Dreser (ou par Felix Hoffmann qui travaille pour Dreser), un chimiste allemand de l'entreprise pharmaceutique Bayer qui l’exploitera comme médicament pour différentes affections respiratoires dont la tuberculose. 


Bayer dépose le nom "Heroin", du terme allemand heroisch ("héroïque") parce qu’on pensait qu’elle permettrait de soigner l’addiction à la morphine sans induire d’accoutumance, très répandue à l’époque notamment depuis que l'usage s'en était produit chez les soldats de la guerre de Sécession ou lors de la guerre de 1870. Ironie du sort, car la morphine elle-même avait été préconisée comme substitut à l'opium. 


L'héroïne est une substance contrôlée au niveau international. Elle figure sur les tableaux I et IV de la Convention unique sur les stupéfiants.
 

 


 

Marcel Proust (1871-1922) écrivain français, dont l'œuvre principale est la suite romanesque intitulée À la recherche du temps perdu, publiée de 1913 à 1927.

1895

Jean Santeuil

..."Mais, çà et là, au revers des talus, dans les champs, tout à coup un coquelicot né de la chaleur de l'été, hôte de ses herbes touffues et de son ombre lumineuse, dressait sur le cordon de sa mince tige verte sa fleur éclatante st simple comme un seul vaste pétale rouge."...


 

 

 

Jules Renard (1864-1910) écrivain et auteur dramatique français.

dans ses Histoires naturelles (1874), ne présente pas uniquement des animaux familiers mais décrit également quelques végétaux :

Les coquelicots 


    ..."Ils éclatent dans le blé, comme une armée de petits soldats ; mais d’un bien plus beau rouge, ils sont inoffensifs. Leur épée, c’est un épi. 

    C’est le vent qui les fait courir, et chaque coquelicot s’attarde, quand il veut, au bord du sillon, avec le bleuet, sa payse"... 


 

 

Alfred Philippe Arthur Roll, (1846-1919)  peintre et sculpteur naturaliste français.

La Dame Aux Coquelicots, 

Mme Marie Porcher, Première femme de l'artiste


 

 

 

Odilon Redon (1840-1916)

peintre rattaché au mouvement symboliste et coloriste de la fin du 19e siècle. Son art explore les aspects de la pensée, l'aspect sombre et ésotérique de l'âme humaine, empreinte des mécanismes du rêve. 

Coquelicots
Collection privée

 

 


Odilon Redon (1840-1916)

peintre rattaché au mouvement symboliste 

1898

fille aux coquelicots



 

 

 

Paul Philippoteaux (1846-1923) peintre

Cérès, allégorie de l'Été

 

 

 

XX° siècle

 

 

Art nouveau


1903


Jean-Eugène Buland (1852-1926)  peintre français.

jeune Fille Au Coquelicot

 

 

 

Gaston Charles Guillaume Darbour (1869-1964)

Artiste peintre, dessinateur, graveur et illustrateur français, lié au style Art nouveau.


Lithographie originale

Jeune fille aux coquelicots

 

 

 

1906

 

Un édit impérial interdit la consommation de l'opium en Chine.

 

 

1907

 

L'affaire Ullmo aboutit en 1908 à la restriction du commerce de l'opium en France.


Jeune officier de marine, Charles Ullmo s'était emparé des codes confidentiels des signaux de la Royale et avait tenté de monnayer son forfait en menaçant de livrer ces informations à l'Allemagne. Arrêté et poursuivi pour tentative de trahison, ce fumeur d'opium fonda sa défense sur l'altération de sa personnalité par la drogue. Le retentissement considérable de cette affaire contribua à développer l'idée que l'usage de la "toufiane" par les officiers de marine constituait un problème de défense nationale.


 

 

 

1908 

 

Le décret du 1er octobre complète la loi de 1845 et permet de poursuivre les individus soupçonnés de détention ou de préparation d'opiacés.

 

 

 

 

1909 

 

Les grandes puissances européennes et les pays d'Asie et d'Amérique concernés par le problème de l'opium se réunissent à Shanghai : les pays prohibitionnistes (Chine, Etats-Unis...) s'opposent aux pays producteurs et aux métropoles coloniales (France, Angleterre...)

 

 

Odilon Redon (1840-1916)

peintre rattaché au mouvement symboliste et coloriste de la fin du 19e siècle. 

1910

coquelicots bleus

 

 

 

1911-1912

 

Une convention est votée à la conférence de La Haye pour contrôler la production, le commerce et l'usage de l'opium, de la morphine et de la cocaïne.

 

 

1914

 

Les gains de la Régie en Indochine représentent plus du quart du budget de la colonie.

 

 

 

John Alexander McCrae (Canada 1872-1918) est un médecin militaire canadien. Il est connu comme l'auteur du poème Au champ d'honneur (In Flanders Fields), poème de guerre écrit pendant la Première Guerre mondiale. Rédigé à l'occasion des funérailles d'un ami de l'auteur, le lieutenant Alexis Helmer, tombé lors de la deuxième bataille d'Ypres en Belgique, les circonstances de sa composition font l'objet de plusieurs hypothèses.

 

Publié le 8 décembre 1915 dans le magazine britannique Punch, la popularité du poème ne cesse de croître à mesure de l'avancement du conflit. Rapidement traduit dans plusieurs langues, il est aussi largement utilisé dans le cadre de la propagande de guerre. L'image des coquelicots qu'il évoque est ainsi mise à profit lors d'opérations de levée de fonds telles que les émissions d'obligations de guerre. Cette image est aussi devenue l'emblème de la Campagne du Coquelicot, campagne annuelle d'appel aux dons menée en Grande-Bretagne et dans certains pays du Commonwealth, en soutien aux familles des soldats morts ou blessés au combat.

 

La popularité du poème se confirme après guerre, aussi bien au Canada que dans d'autres pays, où il est notamment utilisé lors des commémorations du jour du Souvenir, sous des formes diverses.
 

 

Au champ d'honneur

 


Dans les champs de Flandre, les coquelicots fleurissent

Entre les croix qui, une rangée après l'autre,

Marquent notre place ; et dans le ciel,

Les alouettes, chantant valeureusement encore, sillonnent,

À peine audibles parmi les canons qui tonnent.

 

Nous, les Morts, il y a quelques jours encore,

Nous vivions, goûtions l'aurore, contemplions les couchers de soleil,

Nous aimions et étions aimés ; aujourd'hui, nous voici gisant

Dans les champs de Flandre.

 

Reprenez notre combat contre l'ennemi :

Nos bras meurtris vous tendent le flambeau,

À vous toujours de le porter bien haut.

Si vous nous laissez tomber, nous qui mourons,

Nous ne trouverons pas le repos, bien que les coquelicots fleurissent

Dans les champs de Flandre.
 

 

 

In Flanders fields


In Flanders fields the poppies grownote

Between the crosses row on row,

That mark our place; and in the sky

The larks, still bravely singing, fly

Scarce heard amid the guns below.

 

We are the Dead. Short days ago

We lived, felt dawn, saw sunset glow,

Loved and were loved and now we lie

In Flanders fields.

 

Take up our quarrel with the foe:

To you from failing hands we throw

The torch; be yours to hold it high.

If ye break faith with us who die

We shall not sleep, though poppies grow

In Flanders fields.


 

 

 

11 Novembre


Le jour du Souvenir (Veterans Day, Remembrance Day ou Poppy Day), aussi connu comme jour de l'Armistice, est une journée de commémoration annuelle observée en Europe et dans les pays du Commonwealth pour commémorer les sacrifices de la Première Guerre mondiale ainsi que d'autres guerres. Cette journée a lieu le 11 novembre pour rappeler la signature de l'Armistice de 1918 mettant fin à la Première Guerre mondiale. 


Le coquelicot a été associé, au souvenir des combattants, et tout spécialement des soldats tombés lors de la Première Guerre mondiale, à l'instar du bleuet pour les combattants français. 


Cette allégorie du coquelicot découle d'un poème, écrit le 3 mai 1915 par le lieutenant-colonel John McCrae, un médecin du Corps de santé royal canadien qui fut témoin de la terrible seconde bataille d'Ypres. Il s'intitule In Flanders Fields (Dans les champs de Flandres). En fait, les coquelicots fleurissaient sur le bord des tranchées et sur les tombes des soldats, et leur couleur rouge était un symbole approprié pour le bain de sang de la guerre de tranchées. 


En 1918, Moina Michael, universitaire membre de la YWCA, découvre ce poème et promeut l'usage des coquelicots comme symbole de mémoire. Cette pratique est adoptée par l'American Legion en 1920 lors d'un congrès auquel participe Anna E. Guerin, membre du YMCA en France, qui propose de vendre, à l'occasion de l'anniversaire de l'Armistice, des coquelicots en tissus faits à la main, afin de recueillir de l'argent pour les orphelins de guerre. 


En 1921, une délégation de veuves françaises rend visite au maréchal britannique Douglas Haig, fondateur de la Royal British Legion, et le convainc de vendre ces coquelicots pour amasser des fonds pour les anciens combattants blessés et au chômage. 
Dès 1922, les divers pays qui ont adopté ce symbole entreprennent de fabriquer les coquelicots en papier chez eux. La tradition se poursuit depuis de vendre ces fleurs le jour du Souvenir.

 

 

 

1920 

 

- Les seigneurs de la guerre encouragent la reprise de la production et du trafic de l'opium en Chine.

 

 

1922


Tous les Etats signataires appliquent désormais la convention de La Haye de 1912, à l'exception de l'Allemagne qui est l'un des premiers producteurs mondiaux de cocaïne et d'héroïne.

 

 

Opium ! est une chanson composée en 1931 par Guy d'Abzac et Charlys et chantée par Marcel's, un chanteur de café concert.


Lors de la guerre d’Indochine, le chant fut adopté par les soldats des troupes de marine évoquant ici la nostalgie de la métropole. Puis il fut repris par Jacques Dutronc et Bambou en 1987, Casse-pipe en 1996, Louis (chanteur) et Virginie Ledoyen en 2006 puis dans une version très sensuelle en 2013 par Anouk Aïata avec Amos Mâh à la guitare, et en 2017 par Laurent Bruschini accompagné d'un ensemble de cordes avec piano.


 

Opium, poison de rêve

Fumée qui monte au ciel,

C'est toi qui nous élève

Au paradis artificiel.

Je vois le doux visage

Les yeux de mon aimée,

Parfois j'ai son image

Dans un nuage de fumée.

 

Dans le port de Saïgon

il est une jonque chinoise

Mystérieuse et sournoise

Dont nul ne connaît le nom.

Et le soir dans l'entrepont,

Quand la nuit se fait complice

Les Européens se glissent

Cherchant des coussins profonds.

 

Et le soir au port falot

Les lanternes qui se voilent

Semblent de petites étoiles

Qui scintillent tour à tour.

Et parfois dans leur extase

Au gré de la fumée grise,

Le fumeur se représente

Ses plus beaux rêves d'amour.

 

Puisqu'on dit que le bonheur

N'existe pas sur la terre,

Puisse l'aile de nos chimères

Un jour nous porter ailleurs

Au paradis enchanteur

Plein de merveilleux mensonges

Où dans l'ivresse de mes songes

J'ai laissé prendre mon coeur.

 

Paradis Artificiel de Martial Raysse


 

 

 

Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944)

Le petit prince 1943

..."Elle choisissait avec soin ses couleurs. Elle s’habillait lentement, elle ajustait un à un ses pétales. Elle ne voulait pas sortir toute fripée comme les coquelicots"...


 

 

 

Robert Desnos (1900-1945) poète surréaliste et résistant français

Recueil : "Chantefleurs"

 

Le Coquelicot

 

Le champ de blé met sa cocarde

Coquelicot.

Voici l’été, le temps me tarde

De voir l’arc-en-ciel refleurir.

L’orage fuit, il va mourir,

Nous irons te cueillir bientôt,

Coquelicot.

 

 

 

Robert Desnos (1900-1945) poète surréaliste et résistant français


La dame pavot nouvelle épousée

a demandé à son mari

Quelle est l'année ?

Quel est le mois ?

Quelle est la semaine ?

Quel est le jour ?

Quelle est l'heure ?

Et son mari a répondu

— Nous sommes en l'an 40

Nous sommes au mois de Juillobre

Semaine des quatre jeudis

Jour de gloire

Midi sonné

Belle année, agréable mois,

Charmante semaine, jour merveilleux

Heure délicieuse
 


 

 

 

 

 

 

Albert Camus (1913-1960) écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, essayiste et nouvelliste français. 


Carnets III, mars 1951-décembre 1959 - 


..."C'est la saison rouge. Cerises et coquelicots"...


 

 

 

Jean Giono (1895-1970) écrivain français.


La chasse au bonheur

..."y a autant de réalités que d'individus: c'est une vérité de La Palice. Je passe à côté d'un champ de blé. Il y a le champ de blé du paysan qui l'a semé, qui escompte la récolte, pense à tout ce qu'il pourra payer avec l'argent que rapportera le blé; il y a le champ de blé près duquel je passe et qui me donne des idées de cuirasse d'or (par exemple et pour aller plus vite), d'autant que je suis en promenade avec un petit Arioste dans ma poche, et je serais plutôt tenté d'admirer dans ce champ de blé le magnifique vert des chardons et le beau rouge des coquelicots que j'interprète comme le travail de Cellini et du sang vermeil, alors que le vrai paysan s'en désespère et suppute combien ces chardons secs seront désagréable au battage"...


 

 

 

Cicely Mary Barker (1895-1973) illustratrice britannique connue pour ses illustrations de fées et de fleurs. 

 

La Fée des Coquelicots

 

Le blé trop vert croît et grandit

Et dans le ciel chante l'alouette,

En robe de rouge organdi,

Sans me lasser, je me tiens prête.

 

Le blé jaune est mûr à présent,

En gerbes il faut le moissonner ;

Pour chasser les oiseaux des champs,

J'entends un jeune enfant crier.

 

Maintenant, la moisson est faite,

Le champ de blé est nu et vide ;

Mais, moi, je me tiens toujours prête,

Dans ma robe rouge splendide.


 

 

 

Jorge Carrera Andrade (1903-1978) écrivain et diplomate équatorien.

La clé du Feu. 


..."Les soleils vous patinent vite,

beaux visages à la peau cuite, secs et ridés comme les murs. 

Race brûlée à profils durs, tu es ma race, tu es celle du Feu. 

Et j’ai la clé du feu naturel, pacifique. Et leurs serrures. 

Clé des grenades, de l’amour, des coquelicots, 

Du rubis primordial et du piment cosmique, 

Clé magique qui chauffe ma main, clé solaire. 

Et je la tends à l’humanité sans frontières, 

A qui la veut".

 

Carmen Garcia


 


 

 

René Char (1907-1988) poète et résistant français.

Fureur et mystère (1948)

Edition gallimard, coll. poesie, 1962  feuillets d'hypnos (1943-1944) 


..."J'envie cet enfant qui se penche sur l'écriture du soleil, puis s'enfuit vers l'école, balayant de son coquelicot pensums et récompenses"...

 

    Peinturepassionmj


 

 

 

Roman Kacew, dit Romain Gary (1914-1980) 
diplomate et écrivain français, de langues française et anglaise.

 

Il signa plusieurs romans sous le nom d'emprunt d'Émile Ajar, tout en masquant son identité réelle : il est ainsi le seul romancier à avoir pu recevoir le prix Goncourt à deux reprises, le second prix étant attribué à un roman écrit sous ce pseudonyme.


À différentes époques de sa vie, il a également été aviateur, militaire, résistant (fait compagnon de la Libération), scénariste et réalisateur.


Gros-câlin 


..."J'aime les coquelicots à cause du nom qu'ils portent, co-que-li-cots. C'est gai et il y a même la dedans des rires d'enfants heureux"...

 

 

 

Kiyokata Kaburagi (1878-1972) peintre japonais 

Femme aux Coquelicots

 

 

 

Eugène Guillevic (1907-1997) poète français. Il ne signa jamais ses nombreux recueils que de son seul nom, Guillevic.

Quotidiennes - poèmes, novembre 1994 – décembre 1996, Éditions Gallimard, 2002.

Ce recueil rassemble cent trente poèmes pour la plupart inédits de Guillevic, écrits entre novembre 1994 et décembre 1996. 

 

 

Coquelicot,

 

Quand je pense

Que je te parle

Et que tu l'ignores,

Que j'envie ta fierté, ton assurance,

Ton absence d'hésitation,

Ta certitude d'avoir gagné,

De continuer à rayonner,

J'ai de la peine à sentir

Qu'on ne communique pas

Avec ce que l'on aime, ou admire

Et je me sens seul,

Étranger à moi-même.

Tu ne le sauras pas,

Mais continue

À m'éblouir.

 

 

 

Paroles de Charles Trenet (1913-2001) auteur-compositeur-interprète français.-


Musique de Charles Trenet et Albert Lasry

1948 - Raoul Breton

 

Coquelicot

 

Coqu’licot, coqu’licot,

Fleur des champs, coeur sauvage

Coeur en fleur du bel âge,

Coeur des champs, pas méchant.

Coqu’licot dans les blés,

Au soleil de la vie,

Rougissante et ravie,

Ta p’tite âme me plaît.

Parfois, tout comm’ moi,

Tu suis les rails d’un train,

D’un train qui n’pass’ plus

Merveilleux ch’min plein d’entrain

Le chemin des beaux jours,

Du ciel bleu, des vacances,

Des poèmes, des romances.

Coqu’licot d’amour.


Je m’souviens de Margot,

Je m’souviens de Jeannette,

Coqu’licots ou bleuettes

Je m’souviens mêm’très bien

De Suzon, de Mado.

Blondinettes ou brunettes,

Et j’entends dans ma tête

L’écho d’nos bécots.

Chacune fut exquise,

(J’leur ai conté fleurette)

Chacune fut éprise

De ma petite chansonnette.

Coqu’licots des faubourgs,

Des banlieues ou des villes,

Qui choisir entr’ cent mille

Coqu’licots d’amour.


Coqu’licot, coqu’licot.

Fleur des champs, coeur sauvage,

Coeur en fleur du bel âge,

Coeur des champs, pas méchant,

Troubadour des talus,

Vagabond des prairies,

Liberté de la vie,

Coqu’licot élu.

Bien mieux qu’un’ fleur snob,

Qu’une orchidée, "ma chère !"

Chérie! sur ta robe

N’est-c’ pas, c’est lui qu’tu préfères ?

Coqu’licot des beaux jours,

Du soleil, des vacances,

Coeur ardent de la France,

Coqu’licot d’amour.

 

Emile Vernon


 


 

 

Mouloudji (1922-1994), chanteur, auteur-compositeur-interprète, peintre et acteur français.


chanson, écrite par Raymond Asso (1901-1968),  comme unp'tit coquelicot.


Jacques Canetti, agent artistique et patron du cabaret Les Trois Baudets, mène Mouloudji au succès dans la chanson. Il lui fait enregistrer Comme un p'tit coquelicot qui obtient le Grand Prix du disque 1953 et le prix Charles-Cros en 1952 et 1953.

 

 

Comme un p'tit coquelicot 

 

Le myosotis, et puis la rose

Ce sont des fleurs qui disent que'qu' chose

Mais pour aimer les coquelicots

Et n'aimer qu'ça, faut être un idiot

T'as p't-être raison, seulement voilà

Quand j't'aurai dit, tu comprendras

La première fois que je l'ai vue

Elle dormait, à moitié nue

Dans la lumière de l'été

Au beau milieu d'un champ de blé

Et sous le corsage blanc

À là où battait son cœur

Le Soleil, gentiment

Faisait vivre une fleur

Comme un petit coquelicot, mon âme

Comme un petit coquelicot

C'est très curieux comme tes yeux brillent

En te rappelant la jolie fille

Ils brillent si fort qu'c'est un peu trop

Pour expliquer les coquelicots

T'as p't-être raison, seulement voilà

Quand je l'ai prise dans mes bras

Elle m'a donné son beau sourire

Et puis après, sans rien nous dire

Dans la lumière de l'été

On s'est aimés, on s'est aimés

Et j'ai tant appuyé

Mes lèvres sur son cœur

Qu'à la place du baiser

Y avait comme une fleur

Comme un petit coquelicot, mon âme

Comme un petit coquelicot

Ça n'est rien d'autre qu'une aventure

Ta petite histoire, et je te jure

Elle ne mérite pas un sanglot

Ni cette passion des coquelicots

Attends la fin, tu comprendras

Un autre l'aimait, qu'elle, elle n'aimait pas

Et le lendemain, quand je l'ai revue

Elle dormait à moitié nue

Dans la lumière de l'été

Au beau milieu du champ de blé

Mais sous le corsage blanc

Juste où battait son cœur

Y avait trois gouttes de sang

Qui faisaient comme une fleur

Comme un petit coquelicot, mon âme

Un tout petit coquelicot

 

Vincent's Romero Redondo 1956


 

 

 

1955

 

La France, avec la décolonisation, met enfin un terme à la Régie de l'opium.

 

 

Germaine Beaumont de son vrai nom Germaine Battendier (1890-1983), journaliste et romancière française. Elle est la première femme à obtenir le Prix Renaudot.


Si je devais.. - 


..."La mort d'un ballon rouge ressemble à la naissance d'un coquelicot"...


 

 

 

Gregory Frank Harris (1953), peintre réaliste

Les coquelicots

 


 

Valérie Mazeau (1967) auteur

Joli coeur - 

Je suis un coeur coquelicot, délicat, gourmand de poésie, gorgé d’un jus de tendresse. Je m’épanouis parmi les framboises qui se mirent aux perles de rosée, les cerises écoutant les rêves aux oreilles des enfants, les fraises sauvages blotties dans les bois dormants.

 

Élie Lascaux (1888-1968) Cerises et coquelicots


 

 

 

1967


Joan Miró (1893-1983) peintre, sculpteur, graveur et céramiste catalan. Il est l'un des principaux représentants du mouvement surréaliste.


L'aile d'alouette, encerclée de bleu doré, rejoint le cœur du coquelicot endormi sur une prairie parée de diamants


 


 

1989

 

Le retrait des soviétiques de l'Afghanistan, puis l'installation d'un gouvernement islamique à Kaboul, favorisent l'envol de la production d'opium.
 

 

 

Sergueï Toutounov (1958) peintre russe

Vase aux coquelicots


 

 

 

Yves Paccalet (1945) écrivain, philosophe, journaliste et naturaliste français
dans son  "Journal de nature"

L'Odeur du soleil dans l'herbe 
(Éditions Robert Laffont S. A., 1992) il évoque le coquelicot :

2 juin
(Fontaine-la-Verte)


    Les blés verts ont la scarlatine. Ils présentent des éruptions de coquelicots écarlates : pétales de papier chiffon ; charbons au cœur ; étamine de vieil argent : ovaires en capsules Apollo.

    Un pavot rose s'est glissé, comme une erreur de programmation génétique, dans la population rouge. La vie a horreur de varier, mais ne cesse de sécréter la différence.


 

 

 

XXI° siècle

 


2004


Anna Gavalda (1970) écrivain


Ensemble c'est tout -


..."Et puis qu'est ce que ça veut dire heureuse ? C'est le nouveau mot à la mode, ça... Heureuse ! Heureuse ! Si tu crois qu'on est sur cette terre pour batifoler et cueillir des coquelicots, tu es bien naïve ma fille"...

 

 

 

En 2000, 


La maison Kenzo utilise l'image du coquelicot pour la promotion de son nouveau parfum, 


"Flower by Kezo" Poppy bouqueté
 C'est le designer Serge Mansau qui réalise le flacon du millénaire.


"Flower By Kenzo" devait absolument être le parfum du renouveau pour la célèbre marque Kenzo. En effet, c’est à l’aube de l’an 2000 que ce dernier vit le jour et il était alors impensable pour la maison Kenzo de ne pas marquer les esprits en ce début de millénaire.  


Flower connu un démarrage foudroyant. Personne ou presque n’a pu résister à la curiosité de découvrir un parfum sur le thème du coquelicot, une fleur pourtant sans odeur. 


Flower est un parfum désarmant. Il est hautement poétique, presque abstrait et conceptuel. Cette création d’Alberto Morillas marque notamment le retour des notes poudrées en parfumerie.


 

 

 

2004  2006


Anna Gavalda (1970) écrivain


Ensemble c'est tout -


..."Et puis qu'est ce que ça veut dire heureuse ? C'est le nouveau mot à la mode, ça... Heureuse ! Heureuse ! Si tu crois qu'on est sur cette terre pour batifoler et cueillir des coquelicots, tu es bien naïve ma fille"...

 

 

2006

 

 

Yves Jamait (1963) chanteur, auteur-compositeur, interprète français

 


Le coquelicot

 

Le coquelicot de ta bouche

Effleure le grain de ma peau

Dès que son pétale le touche

Comme des mots

Comme des mots éclos de ta bouche

Colorant le grain de ma peau

Ce sont tes baisers qui font mouche

Rouge la peau

 

Un soleil impudique de lumière éclabousse

La soie de cette robe que du doigt je retrousse

Mes mains qui papillonnent sur ton ventre composent

Cette même harmonie que ton souffle transpose

L'envie de croquer dans la chair de ce fruit là me tente

 

Mais tes yeux malicieux me regardent et m'invitent à l'attente, pourtant

 

Le coquelicot de ta bouche

Effleure le grain de ma peau

Dès que son pétale le touche

Comme des mots

Comme des mots éclos de ta bouche

Colorant le grain de ma peau

Ce sont tes baisers qui font mouche

Rouge la peau

 

Mais tu oscilles entre pudibonde et gourgandine

Retirant cette étoffe qui voilait ma rétine

Je balbutie un peu avant de fermer les yeux

Invité au voyage bien au-delà de six cieux

Puis tu poses ton doigt sur mes lèvres et m'incites à me taire

 

Et je sens tes cheveux sur mon ventre et je me laisse faire

 

Le coquelicot de ta bouche

Effleure le grain de ma peau

Dès que son pétale le touche

Comme des mots

Comme des mots éclos de ta bouche

Colorant le grain de ma peau

Ce sont tes baisers qui font mouche

Rouge la peau

 

S'il n'y a plus de mots sur le bout de nos langues

Que le verbe nous manque, l'amour en est plus beau

Le coquelicot de ta bouche

Effleure le grain de ma peau

 

Dès que son pétale le touche

Comme des mots

Comme des mots éclos de ta bouche

Colorant le grain de ma peau

Ce sont tes baisers qui font mouche

Rouge la peau


 

 

 

En 2010, David Cameron, alors Premier ministre britannique, rencontrait le président Hu Jintao, en arborant à sa boutonnière un coquelicot. Une fleur traditionnelle dans les pays du Commonwealth... mais pas pour les Chinois.

Cette dernière faillit d'ailleurs causer un couac diplomatique. Les habitants de l'empire du milieu voyant en elle, leur défaite contre la dynastie Qing, durant les guerres de l'opium au XIXe siècle.

 

 

 

En 2014,

 

Une œuvre d'art monumentale composée de 888 246 coquelicots en céramique est mise en place dans le fossé de la Tour de Londres, dans le cadre de la commémoration du centenaire de la participation de la Grande-Bretagne à la Première guerre mondiale.


 

 

 

2014

 

Le Pavot bleu

Par Maryse Gilbert

Thème : Jeunesse / Ado

Date de publication : 18/12/2014

 

Ce livre ose dévoiler la naissance des deux premières fées sur le toit du monde, au pays du pavot bleu.


..."Si un jour vos pas vous conduisent en direction du vieux moulin et que la brume vous laisse entrer dans ce petit paradis, vous y trouverez un bel endroit magique entretenu par la visite ponctuelle d'Aurore qui ne sait que chanter et rire aux éclats avec ses grandes amies les fées.
Le pavot bleu a proliféré en un champ de ciel descendu sur la terre, car le chant du soleil opère toujours ses enchantements. La luminescence de la lune y répand chaque soir une ivresse peu commune. Les étoiles brodent encore leurs dentelles scintillantes pour parer les berceaux des bébés-fées." …


 

 

 

Annie Rivière 

artiste peintre

Champ de coquelicots 

 

 

 

2019

Michel Vezinet (1957)

Peintre

La plaine aux coquelicots

 

 

 

Pavot - coquelicot en cuisine

 


Récolte:
Les fleurs et graines se récoltent de juin à août.

 

Conservation:
Les graines peuvent se conserver dans un endroit bien sec.

 


Les pétales peuvent être séchés dans un endroit aéré et à l’abri de la lumière et conservés une année dans un bocal teinté ou un sachet en papier bien fermé.

Les feuilles et les pétales se mangent sans problème. Ces dernières sont d'ailleurs très souvent transformées en sirop, servant également de base pour le confit de coquelicot.


Ses graines sont également consommées au même titre que les graines de pavot, on les trouve très fréquemment dans des pâtisseries, pains et gâteaux.


Comme tous les pavots il possède des effets narcotiques provenant des alcaloïdes qu’il contient. On utilise ses pétales séchés pour élaborer des tisanes. Sous forme de sirop, pour lutter contre la toux, irritations de la gorge ; du fait de ses petites quantités de morphine, il constitue un calmant,  peut "aider à l'endormissement et apaiser les anxiétés". 


 

 

Dans le langage des fleurs, 

 


le coquelicot symbolise :


- "l'ardeur fragile"

- "la beauté"

- "la consolation"

- "la vie"

- "la plénitude

- "le bonheur"

 

 

 et signifie  :


- "Aimons-nous au plus tôt"

 

Une fois cueillis, les coquelicots se fanent très vite… Voici une petite astuce pour profiter plus longtemps de ces jolies fleurs : dès la cueillette si possible, brûlez vivement l’extrémité coupée de la tige, de manière à faire coaguler le suc.

 

Le coquelicot s’offre pour les 8 ans de mariage.

 

Cousin du pavot 'oriental,  il ne détient pas les substances dangereuses, le joli et gentil coquelicot soigne et apaise ! 
 

Sergueï Toutounov


 


Emblème de la vie, du réconfort après la mort, le coquelicot dit "poppy" en anglais, "papavero" en italien et "amapola" en espagnol peut également désigner : 

 

- "un œil poché par un coup" en argot

 


- "une personne qui, par la couleur de ses vêtements, rappelle le coquelicot;

 

Kees van Dongen le coquelicot

 

 

- "petit bonbon rouge".


 

 

 

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes

(Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :

 

On raconte que jadis, Dieu, pour punir le coquelicot de la fierté que lui inspirait sa beauté, permit au diable de porter la main sur cette fleur ? Le démon y a laissé son empreinte pour l'éternité : ce sont les taches noires que l'on voit fréquemment au fond de la corolle du coquelicot.


- Les Anciens croyaient d'ailleurs que la présence de coquelicots dans un champ était indispensable à la prospérité du maïs.

- Un petit sachet de graines de coquelicot glissé sous l'oreiller favorise le sommeil et promet des rêves agréables. 

- Quelques graines dans un morceau de tissu blanc provoquent gaieté et bonne humeur, 

- Pour savoir si l'on est aimé, on fait claquer un pétale de coquelicot dans ses mains : l'intensité du bruit indique celle du sentiment. 

- Le tonnerre éclate lorsqu'on ramasse des coquelicots, disent les Anglais et les Belges. Toutefois, placé dans la charpente sous le toit, un coquelicot protège de la foudre.


- En Roumanie, celui qui se couche près de la plante s'endort. 

 

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commentaires

B

Une merveilles ces coquelicots surtout quand on voit des champs complets. Amitié, JC
Répondre
M

Comme un ptit coquelicot mon âme...un joli coquelicot.


 


Une de mes fleurs préférées. L'année dernière était une année à coquelicot...nous verrons dans quelques mois si la prairie s'enflamme...


Bonne nuit Marie. Faites de jolis rêves.
Répondre

 

 

 

 

 

 

 

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