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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 20:28

 

 

Pierre Petitclair (1813 - 1860) écrivain québécois. Il a écrit plusieurs pièces de théâtre.

Anthologie de la poésie québécoise

du XIX° siècle (1790-1890)

par John Hare - Cahiers du Québec / Hurtubise HMH, 1979

 

 

L'érable


 

Parti du nord, l'hiver, en frissonnant,

Déroule aux champs son froid manteau de neige !

L'arbuste meurt, et le hêtre se fend.

Seul au désert, comme un roi sur son siège,

Un arbre encore ose lever son front.

Par les frimas couronné d'un glaçon ;

Cristal immense, où brillent scintillantes

D'or et de feux mille aigrettes flottantes,

Flambeau de glace, étincelant la nuit,

Pour diriger le chasseur qui le suit :

Du Canada c'est l'érable chérie,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

Mais quand zéphyr amollit les sillons,

Que le printemps reparaît dans la plaine,

Le charme cesse ; ils tombent ces glaçons,

Comme des bals la parure mondaine

Dont la beauté s'orne tous les hivers.

L'arbre grisâtre échauffé par les airs,

Verse des pleurs de sa souche entr'ouverte,

Comme un rocher suinte une écume verte ;

Mais douces pleurs, nectar délicieux,

C'est un breuvage, un mets digne des dieux ;

Du Canada, c'est l'érable chérie,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

L'été s'avance avec ses verts tapis ;

Et libre enfin du bourgeon qui la couvre,

En festins verts sur chaque rameau gris,

Comme un trident une feuille s'entr'ouvre ;

L'arbre s'ombrage, épaissit ses rameaux,

Fait pour l'amour des voûtes, des berceaux.

Sur le chasseur, l'émigré qui voyage,

Le paysan, il étend son feuillage,

Dôme serré qui brave tour à tour

Les vents d'orage et les rayons du jour :

Du Canada, c'est l'érable chérie,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

L'automne enfin sur l'aile d'Aquilon,

Comme un nuage emporte la feuillée,

Et verse à flots sur l'humide vallon,

Brume, torrent, froid, brouillard et gelée.

L'érable aussi dépouille son orgueil,

Et des forêts sait partager le deuil ;

Mais en mourant, sa feuille, belle encore,

Des feux d'Iris et du fard de l'aurore,

Tombe et frémit, en quittant son rameau,

Comme le vent siffle aux mâts d'un vaisseau :

Du Canada, c'est l'érable chéri,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

Pierre Petitclair (1813-1860) - écrivain québécois -  L'érable
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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 20:23

 

 

Mythologie des arbres


L'érable

 

 

L'érable est un arbre du genre Acer, de la famille des Sapindacées selon la classification APG III. La plupart des érables peuvent atteindre entre 10 et 45 m de hauteur, ont des feuilles caduques, mais une minorité en Asie du Sud et dans le bassin méditerranéen sont sempervirentes.


L’érable est un arbre au port majestueux. Très répandu en France, il pousse dans les régions du Centre, du Nord et de l’Est. Il tolère de manque de luminosité, et plutôt tolérant quant à la nature du sol. En forêt, il côtoie Chênes, Hêtres, Ormes et Tilleuls. 

 

L'érable vit ! chante en son vol

Tout le choeur des forêts en fête :

L'érable, de la souche au faîte

Frémit au chant du rossignol.


Nérée Beauchemin (1850-1931) Poète  
Recueil : Patrie intime (1928).


 


 

 

Le faisceau des racines de l'érable est typiquement dense et fibreux. Quelques espèces, dont Acer cappadocicum, drageonnent régulièrement.


Leur feuillage toujours caduc ; presque toujours à lobes palmés,  se pare de belles couleurs éclatantes orange, rouge en automne. Parfois des stries blanches, grises ou rouge marquent son tronc. L'esthétisme est également mis en valeur l'hiver, avec son écorce qui se détache par plaques ou en lambeaux et qui s’enroulent sur eux-mêmes.


Leurs petites fleurs aux couleurs jaunes, orangées, rouges ou vertes attirent les abeilles qui les pollinisent. Elles s'épanouissent à la fin de l'hiver ou au cours du printemps, puis laissent la place aux fruits secs à deux ailes.


 

 

Les disamares (double samare), caractéristique que l'on observe chez tous les érables, formant une hélice prompte à s'envoler,  la graine peut ainsi, grâce au vent, être transportée sur des distances considérables. 
Les samares matures sont une source alimentaire, décortiquées et consommées par rongeurs et passereaux granivores.


 

 

Autres noms de l'érable : Agrelle ; Alezabre ; Argélabre ; Arroube ; Auzeraule ; Bois-biche ; Bois chaud ; Bois de bique ; Bois de coq ; Bois de merde ; Bois de poule ; Coquêne ; Orjol ; Orme jaune ; Ouzraoul.

 

Une acéraie, érablaie ou érablière est un peuplement forestier dominé par les érables.


 

 

La famille des érables est très vaste. :

 

- des montagnes d'Europe, dès le Tertiaire (63 M d'années) :

. Érable plane, Acer platanoïdes

. Érable sycomore ou Érable Faux Platane, Acer pseudoplatanus

. Érable champêtre, Acer campestre, assez fréquent à la campagne, mais souvent malade.

 

- du pourtour méditerranéen :

. Érable à feuilles d'obier ou Érable duret ou ayard, Acer opalus. 

. Érable de Montpellier, Acer monspessulanum, qui supporte néanmoins le froid.

 

- D'Amérique et du Canada :

. Erable rouge (Acer Rubrum)

. Erable à sucre (Acer saccharum) qui donne le sirop d’érable dont les feuilles virent au rouge vif, à l'automne,

. Erable à feuilles composées.

. Erable noir

. Erable argenté

. Erable à grandes feuilles

. Erable à épis

. Erable de Pennsylvanie

. Erable nain

. Erable circiné

 

- des espèces asiatiques, notamment japonaises, 
dont les feuilles ont plus de 5 lobes et qui sont moins hauts. 

 

Petite affiche présentant 12 variétés d'érable que l'on peut retrouver au Canada. 

La forme des feuilles et des samares permettent une identification facile du type d'érable. 


 

 

 

Il existe une centaine d’espèces à travers le monde, 

 

 

Érable de Crète -  Acer sempervirens

Acer creticum, Acer orientale 


C'est une espèce d'arbre, proche de l'Acer monspessulanum, Originaire du Liban, de Crète, de Grèce et de l’ouest de la Turquie, Acer sempervirens se distingue de tous ses congénères. Il est le seul érable à ne pas perdre ses feuilles en hiver.  Comme beaucoup de plantes persistantes, il supporte bien la sécheresse.


Cette caractéristique, étonnante chez un érable en fait un arbre rare et difficile à trouver en culture ou dans les ouvrages de plantes. Mais si c'est cette rareté qui en fait son intérêt principal, il n'en reste pas moins un très mignon petit arbre, à ramure dense de forme ovoïde, ne dépassant pas 7m de haut et aux feuilles très jolies, élégantes, vert sombre aux bords ondulés. 


L'écorce est grise ou légèrement brune. Les jeunes pousses sont cuivrées, très esthétiques. 


Les fleurs de l'érable de Crête, plutôt insignifiantes, jaune verdâtre, donneront naissance à des samares de la même tailles, aux ailes peu écartées. 


 

 

 

Parmi les espèces d'érables les plus ornementales :

 

Erable champêtre - Acer campestre 

L'acer campestre 

 


L'Acer campestre, plus connu sous le nom d'érable champêtre, pousse spontanément en Europe, excepté le nord, et au Magreb. Très rustique (-25° à -30°C), on peut le croiser jusqu'à 1 000 m d'altitude, dans les bois et en lisière de forêts. Suivant sa situation géographique, il deviendra un arbre ou gardera un port arbustif. 

 

De taille moyenne, doté d'un port arrondi et dense, le feuillage vert légèrement satiné de cet érable, caduc, est composé de feuilles de petite taille. On le remarque en automne, lorsque son feuillage prend des tons d'or, de cuivre et de bronze.  

 

Les érables champêtres poussent assez lentement et saccommodent de presque tous les sols et de toutes les situations. On retrouve souvent son port dense et arrondi dans les haies. Haut de 12 m, environ.Les sujets les plus âgés peuvent dépasser 25 mètres de hauteur. Avec le temps, cette essence qui peut vivre bien plus d'un siècle peut former plusieurs troncs enchevêtrés, portant chacun un houppier dense. 

 

On observe souvent une sève laiteuse suintant des feuilles chez cette espèce. Sa floraison très discrète a lieu au printemps, en même temps que naissent les feuilles. Les petites fleurs sont verdâtres groupées en corymbes. Se forment ensuite des fruits ailés souvent rougeâtres, les samares. Les ailes de ce fruit sont opposées, parfaitement alignées.

 

L'érable champêtre forme le bois le plus dur que l'on puisse trouver chez ce genre. Son écorce est de couleur gris pâle et fissurée. Les rameaux des jeunes sujets montrent souvent une écorce liégeuse côtelée.


 

 

 

L'Érable de Montpellier - Acer monspessulanum L. 

 


L'érable de Montpellier, appartient à la section Monspessulanum de la classification des érables, originaire des rivages . Il est parfois appelé Azerou ou Agast, Violonier (provençal).

 

C'est généralement un arbre à l'écorce foncée et à la ramure dense. Le houppier, très ramifié, est généralement dressé mais s'arrondit avec l'âge. De croissance lente à moyenne, il peut atteindre et parfois dépasser 15 m dans des conditions favorables et peut vivre jusqu'à 150 ans. Peu exigeant et rustique, il supporte très bien les sols calcaires et arides. 

 

Ses feuilles opposées, caduques, à 3 lobes entiers, vert foncé sont petites et possèdent un long pétiole. En automne, elles prennent des teintes rouges ou d'or brillant qui le rendent très spectaculaire. 

 

Il fleurit en avril ou mai, avant ou pendant la feuillaison. Les fleurs sont groupées en corymbes glabres, retombants et terminaux, de couleur jaune-verdâtre, soit mâles, soit femelles. Les fleurs femelles ont un pétiole plus court et généralement plus épais que celui des fleurs mâles.

 

Les fruits sont des disamares, pendantes, à ailes pratiquement parallèles, parfois partiellement chevauchantes.

 

A. monspessulanum (et le similaire A. campestre ) est apprécié par les amateurs de bonsaï. Les petites feuilles et la petite taille de l'érable répondent bien aux techniques visant à encourager la réduction et la ramification des feuilles. 


 


 

Erable à peau de serpent - Acer davidii  

 


Originaire de Chine, L'Acer Davidii ou Acer laxiflorum ningpoense, également appelé également appelé érable du Père David, encore Érable jaspé, fait partie des érables dits à peau de serpent, en raison de la beauté de leur écorce verte rayée de blanc, décorative lisse et jaspée, qui évoque la peau de ces reptiles par leurs coloris et leurs motifs. C'est un arbre de mi-ombre, de sols non calcaires et frais. 

 

Avec son écorce originale et bien visible en hiver, son port élégant, de 12 m de haut, sa couronne arrondie à étalée est soutenue par des branches minces et fragiles, légèrement retombantes. Le tronc, simple ou multiple, est court, ramifié près de la base.

 

Cette variété porte des grappes rouges pendantes décoratives, et des feuilles vert foncé à revers plus clair, au jaune orange flamboyant en automne. 

 

La variété "Sélection" offre une écorce vert-rouge marbrée de blanc.


 

 

 

Erable du Fleuve Amour - Acer ginnala 

 


L'érable du fleuve Amour est un petit arbre aux branches minces et arquées, au port étalé, une espèce à utiliser en haie ou en isolé dans les jardins de taille modeste. Il est très résistant, bien adapté au milieu urbain et supporte bien la taille.

 

Les disamares sont rose rouge et les fleurs blanc crème et parfumées sont disposées en grappes dressées, suivies de fruits ailés rose vif. 

 

Son feuillage vert prend une magnifique couleur jaune orangé puis rouge écarlate en l'automne. 

 

De croissance rapide, Acer ginnala est rustique (-15°),   de culture facile à condition d'être installé dans un sol frais, riche et bien drainé. Il apprécie les expositions ensoleillées, mi-ombre.


 


 

 

Érable à feuilles de frêne - Acer negundo

 


L'Erable negundo est une espèce d’une dizaine de mètres de hauteur est originaire de l’est de l'Amérique du Nord. On l'appelle aussi Érable à giguère, peut-être par déformation du nom "érable argilière" qu'utilisaient les Français de l'Illinois, en 1814. Il est appelé parfois , Érable américain ou Érable à feuilles composées. Cette essence a été introduite sur d'autres continents en tant qu'arbre d'ornement pour les parcs et jardins. 

 

C'est un arbre très rustique (-15°), à croissance rapide, supporte l'exposition au soleil, à port étalé, à feuilles vertes caduques, avec des grappes de minuscules fleurs jaune verdâtre non parfumée à la fin du printemps. Il a la particularité de produire des bourgeons et des feuilles jusqu'aux premières gelées. Son bois est cassant, rendant les travaux d'élagage parfois dangereux.

 

L'Acer negundo "Flamingo" est un érable à port étalé et à croissance rapide. Très rustique. Ses feuilles sont marginées de crème et de rose à l'extrémité des pousses au printemps. Très ornemental, c'est un arbre d'environ 7 mètres de haut, aux feuilles panachées, vert brillant, marginées de blanc et de rose au printemps. Le plus : il supporte les terrains calcaires.


 

 

 

Érable cannelle - Acer griseum  

 


L'Acer griseum est un érable très original, originaire de Chine, pouvant atteindre 10 m de hauteur, appelé aussi "Erable à écorce de papier" ou "Erable cannelle", est rustique jusqu'à -30°C.

 

Il est reconnaissable à son étonnante écorce brun cannelle, qui s'exfolie en vieillissant. De plus il agrémente les jardins en automne grace à ses feuilles qui se teintent de jaune orangé. voire rouge écarlate, mais c'est en hiver qu'elle est la plus remarquée.  

                    
De culture facile, de croissance lente, il pousse dans tout sol frais, fertile, bien travaillé et bien drainé, en situation mi-ombragée. Son port est étalé, avec des branches minces et fragiles. Les feuilles caduques, opposées, sont vert clair puis orangé et rouge en automne. En juin, une floraison jaune en grappes pendantes sont suivies de samares velues d'avril à mai,  laisse place à des fruits ailés. 


 

 

 

L’érable sycomore  - Acer pseudoplatanus

 


L'érable sycomore est une espèce d'arbres de grande taille  fréquent en Europe. On l'appelle parfois faux platane, grand érable, ou érable de montagne, plus rarement érable blanc.

 

Il s'agit d'un arbre à croissance rapide les premières années, et qui rejette facilement de souche quand il est coupé. L'érable sycomore est un grand arbre à tige élancée, pouvant atteindre 35 à 40 m de haut et un diamètre de 3,5 m . Sa durée de vie peut atteindre les 500 ans.

 

L’écorce est d’abord lisse et gris jaunâtre, puis gris rougeâtre et de plus en plus foncée sur les arbres âgés où elle se détache en s’écaillant en larges plaques.

 

Les feuilles, opposées, caduques,  palmées, à long pétiole (légèrement cordiforme à la base), glabres et vert sombre à la face supérieure, vert glauque portant des poils sur les nervures à la face inférieure.

 

Il ne fleurit que vers 20 à 25 ans. Les fleurs de couleur vert jaune, groupées en panicules tombantes, apparaissent avec les feuilles, à la différence de celles de l'érable plane dont les fleurs groupées en corymbes dressés apparaissent avant les feuilles. Les fruits sont des disamares dont les ailes sont écartées.

 

L'Acer pseudoplatanus "'Brilliantissimum",  l'érable crevette, se distingue des autres érables sycomores par sa petite taille (3 à 5 m) et la couleur rose saumoné de ses feuilles au printemps. Il apprécie la mi-ombre.


 

 

 

L'Érable plane -Acer platanoides L.  

 


L'Érable plane est un arbre de grande taille, fréquent dans les régions collinéennes et montagneuses d'Europe. Il est parfois appelé Érable de Norvège, Iseron, Plane, Main-découpée, Plaine ou Faux Sycomore.

 

Son nom lui vient de la forte ressemblance des feuilles avec celles du platane.

 

C'est un grand arbre à tige élancée, de croissance très rapide pendant les premières années, rejette facilement. Il peut atteindre 20 m à 30 m de haut et une circonférence d'environ 8 à 9 m. Le diamètre de son tronc peut atteindre 1 m. Il peut vivre jusquà 200 ans. Il atteint ses plus belles proportions dans les forêts de feuillus où les chênes, tilleuls et ormes sont dominants.

 

L'écorce est brune, et présente de nombreuses crevasses peu marquées. Les fleurs vert jaune, groupées en corymbes dressés, apparaissent avant les feuilles.

 

En général, l'érable plane commence à fleurir à l'âge de 15-20 ans. Les feuilles, opposées, caduques, palmées , glabres, vertes et luisantes, à long pétiole. Elles prennent une très belle teinte jaune à l'automne.

 

Les fruits sont des disamares à ailes horizontales larges très écartées.

 

Cette espèce est répandue dans presque toute l'Europe, ainsi qu'en Asie dans la région du Caucase, en Iran et en Afghanistan. On le rencontre jusqu'à une altitude de 1 500 m en France. Il a été introduit entre autres en Amérique du Nord, où il est considéré comme invasif et nuisible. 

 

C'est une essence de demi-ombre. Il apprécie un climat assez humide, avec des tendances continentales ou montagnardes.  

 

Il est cultivé comme arbre d'ornement et beaucoup planté comme arbre d'alignement.

 

 

 

Erable du Japon  - Acer palmatum 

 


L'érable du Japon, est un petit arbre qui vient de l'Est de l'Asie. Sa cime étalée et arrondie, ample et gracieuse, ses branches parfois tortueuses, procure une ombre légère et laisse magnifiquement filtrer les rayons du soleil dans sa frondaison. 

 

C'est un très joli arbuste qui séduit par ses couleurs chatoyantes.  Au fil des saisons, il évoluera, du vert bronze ou tendre au pourpre sombre, à l'écarlate ou à l'orange vif. Une même branche peut porter des feuilles palmées ou ciselées en lanières et qui prennent d'extraordinaires et changeantes couleurs. 

 

Des fleurs rougeâtres sans grand intérêt apparaissent en avril avant des fruits rouges ailés, en septembre.

 

Le choix des variétés est vaste. Leur port peut être érigé ou retombant ce qui leur confère une multitude d'utilisations différentes. Beaucoup de variétés ont une couleur automnale remarquable, certains ont même une couleur de bois rouge corail pendant l'hiver, brun olive au printemps, vert en été et rouge brillant à l'automne.

 


 

 

L’Érable argenté - Acer saccharinum, 

 


L'érable argenté, érable de Virginie ou Plaine blanche (Canada),  dont l'espérance de vie est comprise entre 100 et 150 ans. Il peut atteindre de 20 à 30 m de haut. 

 

L'écorce est gris argenté et son bois est tendre. Le système de racines est peu profond et fibreux. Il s'étend en largeur beaucoup plus qu'en profondeur. La croissance est rapide. 

 

Le feuillage est caduc, avec des feuilles découpées, vertes au-dessus et argentées en dessous, jaunes ou orangées en automne, un pétiole vert ou rose. Les rameaux sont légèrement retombants. Les fleurs jaune verdâtre apparaissent à la fin de l'hiver ou au tout début du printemps.

 

Les fruits sont des disamares ailées mûres dès le mois de mai/juin.  Elles servent souvent de premières nourritures printanières aux animaux de la forêt. L'arbre commence à produire des fruits à partir de 10 ans.

 

L'érable argenté, tout comme l'érable à sucre et l'érable rouge, peut être entaillé pour produire du sirop d'érable, de teinte plus claire que celui des deux autres espèces, par contre, son eau est la moins sucrée.

 

L’arbre est originaire de l’Est de l'Amérique du Nord. Il est fréquent dans les parcs car il supporte bien la pollution atmosphérique des villes.

 

Il pousse à l'état sauvage dans les vallées humides et le long des cours d'eau. L'érable argenté apprécie un sol humide, plutôt argileux, et évite le calcaire. Il tolère les inondations temporaires, fréquentes dans son environnement naturel, en zone inondable près des grands cours d'eau de plaine. Il apprécie le soleil, ou la mi-ombre. Il est rustique, s'adapte très bien à presque toutes les conditions de sol et beaucoup mieux aux conditions urbaine que l'érable rouge et l'érable à sucre et résiste jusqu'à -35°. 

 

L’arbre a été introduit en Europe en 1725. Parmi les érables américains, il est l'un de ceux qu'on rencontre le plus fréquemment en Europe, avec l'érable negundo, pour l'ornement des espaces verts ou planté en alignements dans les rues des villes. La plupart des spécimens appartiennent à la forme laciniatum, au feuillage clair très découpé. La forme sauvage se rencontre souvent dans les parcs anciens mais est rarement planté de nos jours.


 

 

 

L’Érable à sucre - Acer saccharum

 


L'érable à sucre ou Érable franc  est une espèce d'arbres nord-américains de la famille des sapindacées, qui peut vivre jusqu'à 250 ans. L'arbre est reconnaissable par son feuillage jaune, orangé et rouge en automne et est très apprécié pour son eau qui coule au printemps et qui sert à faire le sirop d'érable.

 

L'érable à sucre est un arbre pouvant atteindre 35 m de hauteur, et exceptionnellement jusqu'à 45 mètres.

 

Les feuilles caduques  ont 5 lobes palmés, les lobes inférieurs sont relativement petits, tandis que les supérieurs sont plus grands et profondément entaillés. Les couleurs d'automne apparaissant lors de l'été indien sont souvent spectaculaires, allant du jaune vif à l'orange fluorescent et au rouge orangé. Les feuilles et les bourgeons sont pointus et bruns. L'eau d'érable est très bonne, mais le sirop d'érable qui est fait avec cette eau est encore meilleur.

 

Les fleurs sont en corymbes jaune-vert et sans pétales; la floraison a lieu au début du printemps. Le fruit est une samare dont les ailes portent deux graines globuleuses tombant de l'arbre en automne.

 

L'érable à sucre est facilement identifiable par sa sève claire dans le pétiole, ses bourgeons sont bruns. Sur les arbres âgés, l'écorce est exfoliée. Le revers de la feuille est mat,  les lobes de la feuille d'érable à sucre ont une forme rectangulaire.

 

On le retrouve principalement en Amérique du Nord et surtout au Québec vers la côte Est, et dans une vaste partie du nord-est des États-Unis. Dans sa région d'origine, l'espèce a une croissance rapide (10 mètres en 20 ans).

 

L'érable à sucre a besoin d'un sol riche, profond et assez frais. Il est très rustique et peut être planté jusqu'à 1 000 m d'altitude. C'est une essence d'ombre qui dépérit souvent à l'âge adulte si planté au plein soleil et qui supporte mal la pollution des villes.

 

La culture de l'érable dans le but d'en faire du sirop d'érable s'appelle de l'acériculture. Il a été introduit en Europe, mais pas en grand nombre, et les spécimens y sont généralement de moindre taille. En France, on le rencontre notamment dans la région du Limousin.

 

L'usage principal de cette espèce reste la production de sirop d'érable. Durant l'été, l'érable à sucre fabrique des sucres. Au début de l'automne, ces sucres sont transformés en amidon dans les racines pour y passer l'hiver. Durant l'hiver, l'eau gèle et la sève ne circule presque pas. Au printemps, l'amidon dans les racines est transformé en sucre . Cette transformation attire l'eau du sol. Les cycles quotidiens de gel et dégel pompent, dans le tronc, cette eau sucrée appelée "eau d'érable".

 

L'eau d'érable n'est pas de la sève. Celle-ci, nettement plus chargée en minéraux et molécules organiques complexes, ne remonte par les racines que lorsque le métabolisme de l'arbre est relancé. L'arrivée de la sève et de son goût amer marque la fin de la récolte d'eau d'érable. Donc, on ne récolte pas la sève mais l'eau d'érable. 

 

En été, l’arbre produit des feuilles qui transforment la sève brute en sève élaborée. Celle-ci fait croître les racines de l’arbre qui produisent encore plus de sève brute. Ce cycle permet à l’arbre de se développer. C’est pendant cette période que l’érable produit des fruits, appelés samares.

 

En automne, l’érable relâche les samares. Puis en octobre, l’absence de sève brute dans les feuilles de l’arbre les fait rougir puis tomber.

 

Afin de produire le sirop d'érable, les arbres ne sont mis en production qu'après environ 40 ans de croissance. C’est au printemps que l’on récolte l’eau d’érable par des trous forés dans le tronc. 


 

 

 

Pollinisation

 


La pollinisation des fleurs, un bouquet de micro-fleurs vertes, jaunes, orangées ou rouges selon les espèces, s'effectue par le vent, mais elle peut aussi être opérée par des insectes. 

 

Elles fournissent aux insectes du pollen et du nectar dès la sortie de l'hiver, avant l'arrivée des feuilles. Les bourgeons nourrissent également de nombreux oiseaux.

 



 

 

 

Étymologie 

 


Le nom érable apparaît au milieu du 13ème siècle. Il vient du vieux latin "acerarbot", où "acer" d'origine indo-européenne signifiant "pointu, dur". 

 

 

Erable s'est dit en latin classique Acer, aceris

Pour éviter tout confusion avec l'adjectif acer, acris, acri = aigu, âcre, vif, on a ajouté le nom arbor. 

On a en bas-latin "acer arbor" pour désigner l'érable.

Acer arbor est devenu "acerabulus" (acer et du gaulois abalo "pomme")

un peu plus tard acerabulus, qui, accentué sur le second a, devient "acerable", "Arblay", "Araule", "Azérable",  "arable", "esrable",  érable.

 

 

 

Mythologie grecque

 

 

Phobos, fils d'Arès et d'Aphrodite, frère de Déimos, dieu de la peur panique et de l’épouvante représente la crainte.

 

Il accompagne son frère et son père sur les champs de bataille. Il harcelait les troupes de guerriers antiques, où il inspirait la peur de mourir aux soldats du camp adverse. Ces derniers refusaient alors le combat. Ainsi, le mot phóbos (signifiant "peur" en grec ancien) a donné le mot "phobie" en français. 

 

Phobos est souvent représenté dans l’art avec un visage effrayant aux yeux exorbités et à la bouche grande ouverte et grimaçante. Cette figure inquiétante, font naître la crainte chez celui qui la regarde comme si le dieu exerçait encore aujourd’hui son pouvoir.

 

L’érable était considéré comme la marque de Phobos, à cause de la couleur rouge sang de ses feuilles durant l’automne. 

Phobos (mosaïque du IV° siècle apr. J.-C., Halicarnasse). British Museum


 

 

 

Mythologie celtique

 

Calendrier celtique :

11 au 20 avril et 14 au 23 octobre - Érable

Périodes liées à la feuillaison et à la chute des feuilles.

 

Dans l'astrologie celtique, l'érable représente la résistance, et une personne débordant d'imagination et d'originalité, timide et réservé, ...

 

"Pour les druides, une bonne étoile veillait sur la destinée de leurs protégés car l'érable était le messager des dieux. Ceux-ci parlaient aux hommes dans le souffle du vent agitant les hautes branches de l'arbre. Ils utilisaient sa sève comme breuvage destiné à calmer les esprits impulsifs et violents. On assurait que cette potion, mélangée avec d'autres sucs végétaux, avait également la capacité d'apaiser les inflammations de toutes sortes. 

 

Dans la forêt de Brocéliande, c'est un érable immense qui dominait la fontaine de Barenton dans laquelle Merlin l'Enchanteur venait puiser des gobelets d'eau pure."


 

 

 

Légende du sirop d'érable

 


Les Micmacs 

(peuple autochtone de la côte nord-est d'Amérique). 

 

Une vieille femme Micmac alla un jour de printemps recueillir la sève d’érable. Comme elle trouvait qu'elle était meilleure chaude, elle se mit à la faire chauffer sur le feu, à l’intérieur de son tipi.

Après toute cette récolte, la vieille dame fatiguée s’endormit. C'est lorsqu'elle se réveilla beaucoup plus tard qu'elle trouva dans son pot un sirop clair et sucré.

 


Les Algonquins

(peuple autochtone ayant historiquement occupé certaines parties de l'ouest du Québec et de l'Ontario, avec pour centre la rivière des Outaouais et ses affluents).

Un Algonquin enleva son tomahawk d’un érable qu’il avait planté le jour d’avant. La sève se mit alors à couler. Sa femme, voyant cela, décida d’y goûter et trouva cela très bon.

Elle décida de s’en servir pour faire cuire la viande. Son homme apprécia vraiment le goût de celle-ci et décida d’appeler ce met "sinzibuckwud" qui signifie  "tiré des arbres".

 


La légende des Fendilles, ou légende iroquoise

 

Par un beau matin froid et piquant, il y a fort longtemps, un chef Iroquois du nom de Woksis sortit de sa hutte. Puisqu’il devait aller à la chasse, il retira son tomahawk (hache) de l’érable dans lequel il l’avait plantée la veille au soir. Le tomahawk avait fait une profonde fente dans l’arbre mais Woksis n’y fit pas attention. Il partit chasser. Un récipient en écorce de bouleau était posé au pied de l’érable. Goutte à goutte, la sève qui ressemblait à de l’eau s’écoula de l’entaille faite dans le tronc de l’érable et remplit le récipient.

Le lendemain, la femme de Woksis remarqua que le récipient était plein. Pensant que la sève incolore était de l’eau, elle s’en servit pour faire un ragoût de gibier. Le soir venu, au souper, Woksis sourit et dit à sa femme: "Ce ragoût est délicieux. Il a un goût sucré". N’y comprenant rien, la femme trempa son doigt dans le ragoût qui avait mijoté tout l’après-midi. Woksis avait raison: le ragoût était sucré. On venait de découvrir les fendilles sucrées qui nous donnent le bon sirop d’érable.

 

 

- 65 millions d'années /  - 2,58 millions d'années 

 


Des fossiles retrouvés en Asie ont été datés du Paléocène et en Amérique du Nord datés de l’Éocène d’ailleurs en 1976.

 

Le spécialiste des érables Piet de Jong a estimé l’origine des érables au début du Tertiaire au Sud-Est de la Chine ; la diversification des sections se serait généralement achevée vers la fin de l’Éocène. 

 

Au Japon, des érables fossiles vieux de 6 millions d'années ont été trouvés dans la ville de Yuzawa dans la préfecture d'Akita. 

 

En Europe, les érables des montagnes étaient présents sur terre avant les grandes glaciations.
 

Période du miocène -

Feuilles fossiles d'Acer trilobatum (Sapindaceae, Miocène)

gisement d'Öhningen, Allemagne, 

Muséum National d'Histoire Naturelle de Karlsruhe, en Allemagne.

Auteur    H. Zell


 


 

 

VII° siècle av. J.C.

 


Homère (VII° siècle av. J.C.) poète grec  


Iliade - Cheval de Troie


Après dix ans de siège Ulysse imagine alors une ruse pour investir la cité : faire entrer dans Troie un gigantesque cheval de bois d'érable champêtre (acer campestre),  dans lequel les Grecs en armes prennent discrètement place.  L'architecte charpentier Épéios se charge de la construction.


Les Troyens, voyant le champ de bataille déserté, croient avoir gagné la guerre. Pensant que le cheval est une offrande, ils le font entrer à l'intérieur de leurs murs. À la nuit tombée, les Grecs, jaillissant des flancs de bois du cheval et s'emparent définitivement de la cité...


Henri-Paul Motte - Le Cheval de Troie

 


 

 

I° siècle av. J.C.

 

 

Virgile (né vers 70 av. J.-C.-19 av. J.-C.) poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l'empereur Auguste.

Énéide - Livre III

Chute de Troie - Mission d'Enée

Cheval et Grecs dans Troie 

Récit d'Énée. 
2, 110

..."Souvent les Danaens ont voulu s'enfuir, abandonner Troie

et s'éloigner, épuisés qu'ils étaient par cette guerre sans fin.

Ah ! Que ne l'ont-ils fait ! Souvent l'âpre tempête marine

les a retenus, et l'Auster les a effrayés au moment du départ.

En particulier, quand déjà se dressait ce cheval en planches d'érable,

des nuages grondèrent dans toute l'immensité du ciel"....
 

 

 


Properce (Sextus Propertius) poète latin  (47 av. J.-C.-v.16/15 av. J.-C.)

Chapitre IV. L’élégie de Vertumne : l’œuvre trompeuse

..."Jusqu’à Numa, j’étais un simple tronc d’érable, rapidement taillé à coups de serpe, dieu pauvre dans une ville que j’aimais. Mais puisse la terre des Osques t’être légère et ne pas meurtrir tes mains d’artiste, Mamurius, toi qui cisela mes traits dans le bronze et sut si habilement couler ma statue pour lui faire remplir tant de rôles. Unique est l’œuvre, mais nombreux sont les hommages qu’elle reçoit. (59-64)"...

Vertumne et Pomone   Début du XVIe siècle – Francesco Melzi


 


 

I° siècle

 


Pline l’Ancien (23 apr. J.-C-79) écrivain et naturaliste romain du ier siècle, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).

Histoire naturelle 


Livre Seize

..."XXVI. (XV.)  L'érable (acer pseudoplatanus, L. ), a peu près de la même grosseur, vient immédiatement après le citre (XVIII, 29), pour l'élégance et le fini des ouvrages. On en distingue plusieurs espèces. Le blanc (acer pseudoplatanus, L. ), qui est d'une blancheur admirable, est appelé gaulois dans l'Italie transpadane, et il vient au delà des Alpes. L'autre espèce a des taches marbrées; dans toute sa beauté, il est dénomme d'après sa ressemblance avec la queue du paon; le meilleur est en Istrie et en Rhétie. L'érable de qualité inférieure se nomme crassi venium. Les Grecs les distinguent par l'habitat : l'érable de plaine étant blanc, ou marbré (ils le nomment glinus) (acer creticum), l'érable de montagne étant marbré, plus dur; et dans cette espèce même le mâle est plus marbré et s'emploie dans des ouvrages plus élégants. La trolsième espèce, d'après les Grecs, est le zygia (acer compestre, L. ), bois rougeâtre, facile à fendre, a écorce livide et raboteuse; d'autres auteurs aiment mieux en faire une espèce indé pendante de l'érable, et le nomment en latin carpinus (charme, carpinus netulus, L.)

 

XXVII. 

(XVI.) 1 

Ce qu'il y a de plus beau dans l'érable, c'est le bruscum, et surtout le molluscum. Ce sont deux tubérosités de cet arbre; le bruscum a des veines plus contournées; celles du molluscum sont repandues d'une manière plus simple : et si le molluscum était assez gros pour faire des tables, on le préférerait indubitablement au citre.

 

(XIII, 29) :

au lieu qu'à part les couvertures des tablettes et le plaqué des lits, on ne le voit que rarement employé. On fait aussi avec le bruscum des tables noirâtres. On trouve dans l'aune (talnus lutinosa, L) une tubérosité aussi inférieure aux précédentes que l'aune lui-même est inférieur à l'érable. L'érable mâle fleurit le premier. On préfère aussi les érables venus dans des lieux secs aux érables venus dans des lieux humides; il en est de même pour le frêne. Il y a encore au delà des Alpes un arbre dont le bois est très semblable a celui de l'érable blanc; on le nomme staphylodendron (staphylea ponnata, L. ); il porte des gousses, et dans ces gousses des noyaux, qui ont le goût de l'aveline"....


 


 

VIII° siècle

 


Vers 760


Au Japon, les mots "momiji" et "kaede" sont synonymes avec érables. 


Le mot kaede est dérivé du kaerude dans le "Manyoshu" (Recueil de dix mille feuilles) première anthologie de poèmes japonais datée des environs de 760.
Ce mot s’inspirerait de la similitude entre la forme de la feuille et la patte d’une grenouille. Le mot japonais pour grenouille est kaeru. Le momiji serait la forme dérivée du mot momizu..


Dans le Japon ancien momizu signifiait changer de couleur, c'est-à-dire, tourner au rouge ou au jaune. Ils auraient été appelés momiji parce qu'ils étaient représentatifs des arbres qui changent de couleur en automne.


 


 

Zhāng Jì, poète chinois du VIII° siècle.

 

 

Je m'ancre pour la nuit au Pont des Erables

 


Au moment où la lune se couche, les corbeaux crient et l'air se rafraîchit.

Eclairé par les lampes des pêcheurs, mélancolique, je somnole sous les érables.

Je suis subitement réveillé par la cloche du Temple de la Montagne Glacée,

Qui annonce à minuit l'arrivée d'un bateau de passagers.


 

 

 

XIV° siècle

 


En Europe durant le Moyen-âge, le bois était utilisé lors de rituels pour chasser le "mauvais esprit".

 

Première moitié du XIV° siècle

Décor de feuilles d'érable, vitrail église des franciscains de Colmar.


 

 

 

1557


Lors d’un de ses voyages au Canada, que Jacques Cartier coupe un arbre d’où, à son étonnement, s’écoule une sève au goût sucré. Les Premières Nations lui apprennent alors que cet arbre magique s’appelle "couton". Aujourd’hui, nous le connaissons sous un autre nom :


"érable à sucre"


Il est le premier Européen à avoir écrit sur l’érable à sucre et l’eau d’érable.

Arrivée de Jacques Cartier à Quebec, 1535

 

 

 

XVIII° siècle

 


1700

Depuis toujours ou presque, les Amérindiens avaient donc appris à recueillir la sève d’érable et à la transformer en sirop.


C’est seulement dans les années 1700 que les Québécois ont su tirer profit de cette grande découverte.


 

 

Acer L.

Ce nom fut donné en 1719 par Tournefort et reconnu par Carl von Linné en 1735 et confirmé en 1753.

 


 

Herbier du XVIII° siècle.

Acer tomentosus

Ancien herbier du grand séminaire

Originaire de Virginie, répandu dans les jardins, connu aussi sous les noms de : érable rouge, érable de Charles Wager. 

 


 

 

 

Kitagawa Utamaro (v. 1753-1806) peintre japonais


Courtisane au kimono décoré de feuilles d'érables avec recueil de poèmes à ses pieds


 

 

 

1793

 

Calendrier républicain


Le calendrier républicain  est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé pendant la Première République puis l'Empire jusqu'en 1806. Il commence le 1° vendémiaire an I (22 septembre 1792), déclaré premier jour de l'"ère des Français", mais n'entre en vigueur que le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793).


Dans le calendrier républicain, l'Érable était le nom attribué au 21° jour du mois de frimaire.


22 novembre : Le Soleil répond au Sagittaire

 

Pouvons nous de l'hiver sous nos climats heureux

Redouter les rigueurs lorsque la chasseresse 

Dans les bois effeuillés affrontant les frimas

Décoche sur un Daim ses traits avec adresse


 


 

Utagawa Hiroshige (1797-1858) dessinateur, graveur et peintre japonais


série Cent vues d'Edo, 

 

nº 091, partie 3: automne.

À l'intérieur du sanctuaire Akiba à Ukeji

La planche met en valeur les feuilles d’érable aux couleurs orange et ocre reflétées par l'eau. 

 

 

 

nº 094, partie 3: automne.

Les érables à Mama, le sanctuaire Tekona et le pont de Tsugihashi 

L’image est encadrée par les troncs de deux érables dont les branches s'entrelacent et dont la couleur automnale des feuilles présente une teinte à la fois rougeâtre et noirâtre 


 

 

 

Charles-Hubert Millevoie (1782-1816) écrivain français

 


La tendresse maternelle


..."Elle lui forme un lit de fleurs et de feuillage,

De l'érable docile agite le rameau...

Et ne s'aperçoit pas qu'elle berce un tombeau !


 

 

 

1848


Utagawa Kunisada (1786-1865), connu également sous le nom Utagawa Toyokuni III
peintre d'ukiyo-e les plus populaires du XIX° siècle


Jeune beauté sous les érables en automne

 

 


Art nouveau

19° siècle

Vase Montjoye - François Théodore Legras 

Vase verre à fond givré vert amande et travaillé à l'acide, avec des feuilles d'érable en relief.


 

 

 

Sir Charles Wager (1666-1743), officier de marine britannique est une figure marquante et son nom a été donné à un arbre et à des lieux géographiques :

 

- l'arbre est un érable (Acer tomentosum), qui figure sous le nom de "Sir Charles Wager's maple" (car "c'est cet amiral qui l'a fait venir en Angleterre"), ou d'"Érable à fleurs" dans les livres de botanique de l'époque. Selon le "Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle appliquée aux Arts…," (société de naturalistes et d'agriculteurs, imprimerie de Crapelet, Paris 1803 — Histoire des arbres forestiers par F.A. Michaux, 1810), il ne s'agit pas d'une sous-variété, et cet arbre s'individualise par le duvet cotonneux qui recouvre l'extrémité de ses rameaux, ses ovaires glabres, ses capsules globuleuses, et surtout par ses grandes grappes de fleurs écarlates "dont les plus jeunes branches sont si bien garnies, qu'à une petite distance l'arbre en parait tout couvert".

 

Les chimistes de l'époque  se sont intéressés à l'érable de Wager : il figure (avec l'olivier de Bohème, le cornouiller mâle, le sumac de Virginie, le marronnier d'Inde) dans les compositions de produits astringents utilisés pour le tannage des peaux. 

 

 

Pierre Petitclair (1813 - 1860) écrivain québécois. Il a écrit plusieurs pièces de théâtre.

Anthologie de la poésie québécoise

du XIX° siècle (1790-1890)

par John Hare - Cahiers du Québec / Hurtubise HMH, 1979

 

 

L'érable


 

Parti du nord, l'hiver, en frissonnant,

Déroule aux champs son froid manteau de neige !

L'arbuste meurt, et le hêtre se fend.

Seul au désert, comme un roi sur son siège,

Un arbre encore ose lever son front.

Par les frimas couronné d'un glaçon ;

Cristal immense, où brillent scintillantes

D'or et de feux mille aigrettes flottantes,

Flambeau de glace, étincelant la nuit,

Pour diriger le chasseur qui le suit :

Du Canada c'est l'érable chérie,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

Mais quand zéphyr amollit les sillons,

Que le printemps reparaît dans la plaine,

Le charme cesse ; ils tombent ces glaçons,

Comme des bals la parure mondaine

Dont la beauté s'orne tous les hivers.

L'arbre grisâtre échauffé par les airs,

Verse des pleurs de sa souche entr'ouverte,

Comme un rocher suinte une écume verte ;

Mais douces pleurs, nectar délicieux,

C'est un breuvage, un mets digne des dieux ;

Du Canada, c'est l'érable chérie,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

L'été s'avance avec ses verts tapis ;

Et libre enfin du bourgeon qui la couvre,

En festins verts sur chaque rameau gris,

Comme un trident une feuille s'entr'ouvre ;

L'arbre s'ombrage, épaissit ses rameaux,

Fait pour l'amour des voûtes, des berceaux.

Sur le chasseur, l'émigré qui voyage,

Le paysan, il étend son feuillage,

Dôme serré qui brave tour à tour

Les vents d'orage et les rayons du jour :

Du Canada, c'est l'érable chérie,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

L'automne enfin sur l'aile d'Aquilon,

Comme un nuage emporte la feuillée,

Et verse à flots sur l'humide vallon,

Brume, torrent, froid, brouillard et gelée.

L'érable aussi dépouille son orgueil,

Et des forêts sait partager le deuil ;

Mais en mourant, sa feuille, belle encore,

Des feux d'Iris et du fard de l'aurore,

Tombe et frémit, en quittant son rameau,

Comme le vent siffle aux mâts d'un vaisseau :

Du Canada, c'est l'érable chéri,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français

 


À Vianden


..."Il songe. Il s'est assis rêveur sous un érable.

Entend-il murmurer la forêt vénérable ?"...
 

 

 

1839


Alexandre Dumas Père (1802-1870),  écrivain français 


Othon l’archer, 

..."Othon sortit aussitôt de l’église, (…), acheta un arc du meilleur bois d’érable qu’il put trouver, choisit une trousse garnie de ses douze flèches"...

 

 

1867


Acer Palmatum v.14 (1867) 


- L'Illustration horticole - Biodiversity Heritage Library


 

 

 

William Chapman (1850-1917) journaliste, poète et traducteur canadien.


..."Le véritable poète ne peut rien produire (…) sans que ses écrits portent un vague reflet de souffrance ; tel l’érable de la forêt canadienne, qui ne peut donner sa sève délicieuse sans une blessure au flanc"...
 

 

 

1882

 

Le comte Angelo De Gubernatis (1840-1913) écrivain, poète, linguiste, philologue et orientaliste italien. 


Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 
(C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


"Érable" (acer) —

Cet arbre est l’objet d’un culte spécial en Allemagne. Autrefois, en Alsace, on attribuait à la chauve-souris la propriété de faire avorter les œufs de cigogne ; dès qu’elle les avait touchés, ils étaient frappés de stérilité. Pour s’en préserver, la cigogne plaçait dans son nid quelques rameaux d’érable, et la seule puissance de cet arbre redouté en interdisait l’entrée au vespertilio. On plaçait aussi des branches d’érable au-dessus de l’entrée des maisons que l’on voulait soustraire aux visites de la chauve-souris"...
 

 

 

1889


Les Japonais ont fait évoluer leurs propres cartes vers une thématique plus culturelle : les fleurs. Le plus connu des cartiers de hanafuda est Nintendo. La célèbre marque (qui est plus connue maintenant pour ses jeux vidéo) a en effet été créée en 1889 afin de commercialiser les cartes de hanafuda 


Le Hanafuda

- 花札, traduit comme le "Jeu des fleurs" - est un jeu de cartes traditionnelles japonais. Il se compose de 48 cartes réparties en 12 mois du calendrier japonais. Chaque mois comporte un thème floral et des symboles que propose la nature japonaise à travers les saisons d'une année.


 

 

 

XX° siècle

 

 

Albert Lozeau (1878-1924) poète canadien-français.

 

 

Érable rouge

 


Dans le vent qui les tord les érables se plaignent,

Et j'en sais un, là-bas, dont tous les rameaux saignent !

 

Il est dans la montagne, auprès d'un chêne vieux,

Sur le bord d'un chemin sombre et silencieux.

 

L'écarlate s'épand et le rubis s'écoule

De sa large ramure au bruit frais d'eau qui coule.

 

Il n'est qu'une blessure où, magnifiquement,

Le rayon qui pénètre allume un flamboiement !

 

Le bel arbre ! On dirait que sa cime qui bouge

A trempé dans les feux mourants du soleil rouge !

 

Sur le feuillage d'or au sol brun s'amassant,

Par instant, il échappe une feuille de sang.

 

Et quand le soir éteint l'éclat de chaque chose,

L'ombre qui l'enveloppe en devient toute rose !

 

La lune bleue et blanche au lointain émergeant,

Dans la nuit vaste et pure y verse une eau d'argent.

 

Et c'est une splendeur claire que rien n'égale,

Sous le soleil penchant ou la nuit automnale !


 

 

 

Tokuriki Tomikichirō (1902-2000) artiste et peintre japonais, 

gravure sur bois

Rochers et érables rouges devant le temple situé dans la forêt.

 


 

 

Lionel Groulx (1878-1967) Historien, prêtre-éducateur et intellectuel 

Les Rapaillages, Montréal, éditions Le Devoir, 1916, p. 9-11.  

 


 

La leçon des érables

 


   Hier que dans les bois et les bruyères roses,

   Me promenant rêveur et mâchonnant des vers, 

   J'écoutais le réveil et la chanson des choses,

   Voici ce que m'ont dit les grands érables verts : 

 

   "Si notre front là-haut si fièrement s'étale ;

   "Si la sève robuste a fait nos bras si forts,

   "C'est que buvant le suc de la terre natale,

   "Nous plongeons dans l'humus des grands érables morts. 

 

   "Si nos rameaux font voir de hautaines verdures,

   "C'est pour perpétuer, au siècle où tout s'éteint,

   "La gloire des géants aux fières chevelures

  "Qui verdirent pour nous depuis l'âge lointain.

 

   "Dans nos feuilles, parfois, une brise commence,

   "Dolente, le refrain des vieux airs disparus.

   "Écoutez : elle chante et l'âme et la romance

   "Des aïeux survivants en nos feuillages drus. 

 

   "Tantôt, l'air solennel des graves mélopées  

   "Incline, avec le vent, notre haut parasol ;

   "Un orgue ébranle en nous le son des épopées ;

   "Nous respirons vers Dieu la prière du sol ! 

 

   "Prier, chanter avec la brise aérienne

   "Et l'âme du terroir et l'âme des aïeux ; 

   "Et puis, se souvenir afin qu'on se souvienne,

  "Voilà par quels devoirs l'on grandit jusqu'aux cieux !"

 

                 ***        

       

   Ainsi, dans la forêt, près des bruyères roses,

   M'ont parlé l'autre jour les grands érables verts.

   Et, songeur, j'ai connu le prix des nobles choses

   Qui font les peuples grands, plus grands que leurs revers. 

 

   Ils gardent l'avenir ceux qui gardent l'histoire,

   Ceux dont la souvenance est sans mauvais remords,

   Et qui, près des tombeaux où sommeille la gloire,

   À l'âme des vivants, mêlent l'âme des morts. 

 

   Ils le gardent surtout ceux dont les lèvres fières

   Ont gardé les refrains du parler maternel : 

   Épopée ou romance où l'âme de nos pères

   Vient prier et vibrer d'un accent éternel. 

 

   Gardons toujours les mots qui font aimer et croire,

   Dont la syllabe pleine a plus qu'une rumeur.

   Tout noble mot de France est fait d'un peu d'histoire,

   Et chaque mot qui part est une âme qui meurt !

 

   En parlant bien sa langue on garde bien son âme.

   Et nous te parlerons, ô verbe des aïeux,

   Aussi longtemps qu'au pôle une immortelle flamme

   Allumera le soir ses immuables feux ; 

 

   Que montera des blés la mâle villanelle,

   Que mugira le bronze en nos clochers ouverts,

   Et que se dressera dans la brise éternelle

   Le panache hautain des grands érables verts ! 


 


 

 

Nérée Beauchemin (1850-1931) Poète, écrivain et médecin québécois.

Recueil : Patrie intime (1928).

 


L'érable

 


L'érable au torse dur et fort,

Ébrèche le fer qui l'assaille,

Et, malgré mainte et mainte entaille,

Résiste aux plus grands coups du Nord.

 

L'hiver, dont le cours s'éternise,

De givre et de neige a tissé

Le linceul de l'arbre glacé.

L'érable est mort ! hurle la bise.

 

L'érable est mort ! clame au soleil

Le chêne orgueilleux qui s'élance.

L'érable prépare en silence

Le triomphe de son réveil.

 

Sous le velours âpre des mousses

La blessure ancienne a guéri,

Et la sève d'un tronc meurtri

Éclate en glorieuses pousses.

 

Des profondeurs d'un riche fond,

L'arbre pousse ; il semble qu'il veuille

Magnifier, de feuille en feuille,

Le miracle d'un coeur fécond.

 

Il n'a fallu qu'une heure chaude

Pour que soudain, l'on vît fleurir,

Sur les bourgeons, lents à s'ouvrir,

La pourpre, l'or et l'émeraude.

 

L'érable vit ! chante en son vol

Tout le choeur des forêts en fête :

L'érable, de la souche au faîte

Frémit au chant du rossignol.

 

Contre la bise et l'avalanche,

Le roi majestueux des bois

A pris, et reprendra cent fois,

Sa victorieuse revanche.

 

L'érable symbolise bien

La surnaturelle endurance

De cette âpre race de France

Qui pousse en plein sol canadien :

 

Robuste et féconde nourrice

Dont le flanc, tant de fois blessé,

Des rudes coups d'un fier passé

Porte l'illustre cicatrice.
 

Mythologie des arbres - L'érable


 

 

1929


Alain Gerbault,(1893-1941) navigateur et écrivain français


À la poursuite du soleil; tome 1 : 

De New-York à Tahiti, 

..."J’écris ces lignes dans la cabine du Firecrest. Le teck et le bois d’érable brillent"... 
 

 

1931

Lucien Rainier (Joseph Melançon - 1877-1956) poète québécois, membre de l'École littéraire de Montréal.


Montréal, Éditions du Devoir, 1931.

Avec ma vie,

Juin 1908.


Sur la mort de Louis Fréchette


                                    I

 

Un érable est tombé... Dans le clair paysage

de la patrie, il dessinait un grand contour ;

son ombre enveloppait la terre avec amour ;

des oiseaux merveilleux chantaient dans son feuillage.

 

Et, vers l’appel divin du soleil, chaque jour,

montait plus haut sa fière cime, quand l’orage,

d’un formidable choc, a soudain clos son âge...

Ceux-là qui l’ont perdu le pleurent sans retour.

 

Un érable est tombé... La débordante sève

n’alimentera plus, au prochain avenir,

sa verte frondaison de pensée ou de rêve...

 

Mais tu lui resteras fidèle, ô Souvenir !

Écoutez : sur le monde, un vent de gloire emporte

l’écho mélodieux de sa ramure morte !...


                                    II


Poète ! si ton corps dans l’ombre disparaît,

ton poème à jamais resplendit sur l’histoire !

Cette patrie en deuil, qu’illumine ta gloire,

pare ton souvenir d’un immortel regret.

 

Tu chantas sa beauté : fleuve, plaine ou forêt ;

son passé de défaite auguste ou de victoire ;

et ta voix, dont résonne encor notre mémoire,

puisait dans un cœur franc l’éclat d’un verbe vrai.

 

Sois béni, pour ton œuvre abondante et vivace !...

Quand ils diront ton nom, les hommes de ma race

seront de gratitude et d’orgueil envahis ;

 

et les enfants liront tes vers, dans les écoles,

pour apprendre, aux leçons de tes nobles paroles,

à vénérer leur Dieu, leur langue et leur pays !...



André Masson (1896-1987) L'Erable sous l'orage - 1943/1944

 


 

1945, 


Gabrielle Roy (1909-1983) romancière franco-manitobaine. 


Bonheur d'occasion,

 ... "Les érables, saignant à plaies ouvertes, c'était le son de mille gouttes jointes une à une qui tombaient. Rose-Anna (...) voyait la sève blonde dans les bassins, (...) le goût du sirop était sur ses lèvres, la senteur sucrée dans ses narines et toute la rumeur de la forêt dans son souvenir"... 
 

 

 

1940


La Flore Illustrée "Flore illustrée du Japon" de Tomitarō Makino (1862-1957) botaniste japonais.

(ou Makino shin Nihon shokubutsu zukan),

décrit 26 espèces d’érables dont une seule est importée de Chine. Les Arbres du Japon en recense un plus grand nombre mais en incluant les variétés et cultivars de Acer palmatum. 
 


 

 

James Sacré (1939) poète français, 

Recueil: Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles 

Editions: Le Castor Astral & Le Noroît

 


Tous les arbres couleurs 

 

Tous les arbres couleurs les érables surtout

un jour d’automne pourtant gris

que dedans c’est comme on pourrait pleurer

parce que la solitude et rien

çа fait quand même ces feuillages

des sortes de verreries comme à la fois simples

et curieusement compliquées

on les aurait disposées

dans les buissons sur le pré dehors

dedans c’est comme on pourrait sourire

la solitude en couleurs quand même rien.


 


 

Guy Rancourt (1948) poète et philosophe québécois

 

 

Le temps des sucres

 

Quand j'attends

Le temps où la sève coule dans nos claires rivières

Quand j'attends

Le temps où le printemps nous réchauffe et revivifie

 

Regarde et écoute le sang de nos érables

Goutte à goutte plongeant ding dong ding dong

Dans ces bassins d'eau sucrée

Où tant de gens adorent se tremper les lèvres

 

Quand j'attends

Le temps où la sève coule dans nos claires rivières

Quand j'attends

Le temps où l'érablière frissonne et pétille

 

Arrête-toi et écoute

Les murmures des seaux et chaudières

Arrête-toi et regarde

La fumée enivrante des grands récipients de sirop

 

Quand j'attends

Le temps où le concert des érables enchante nos oreilles

Quand j'attends

Le temps où le festin des sucreries réjouit nos palais

 

Arrête-toi et hume

Les mille parfums de ces vases fumants

Arrête-toi et bois

Le nectar sucré de nos érables

 

Le soleil surplombe nos têtes

Le printemps sonne le réveil et dégel

C'est la belle saison

Le temps des sucres est arrivé

Richard T Pranke Le temps des sucres

4f Richard T Pranke Le temps des sucres


 

15 décembre 1964


Une feuille d'érable pour le Canada


Le 15 décembre 1964, le Premier ministre libéral du Canada, Leaster B. Pearson, propose au Parlement d'adopter un drapeau unifolié à la feuille d'érable pour remplacer la "Red Ensign" de la marine britannique assortie de l'écu des armoiries du Canada (lions anglais, lion écossais, harpe d'Irlande, lys de France et feuilles d'érable canadiennes).


La feuille d'érable se réfère à l'arbre mythique du pays, dont la sève a nourri les habitants au printemps et continue de les régaler. En 1834 déjà, la Société Saint-Jean-Baptiste l'avait adopté pour emblème.
Il est officiellement adopté par la Chambre des Communes d'Ottawa le 15 février 1965.


 

 

 

1989


Le Livre des Fleurs

(Librairie philosophique J. Vrin, 1989),

Georges Ohsawa (Nyoiti Sakurazawa) 


    ..."Chaque fête populaire est en même temps une fête de fleur. (...) Au mois d'octobre c'est la fête des érables rouges que l'on va contempler en bandes jusque dans les montagnes des environs de Tokio et dont on ne se lasse pas d'admirer le contraste avec le vert sombre des sapins et le bleu du ciel toujours foncé à cette saison. Le soir on en dispose partout des branches dans des vases et on ressort la nuit pour la fête de la lune qui tombe le 16 du même moi"... 


 

 

 

Kato Teruhide (1936-2015) peintre japonais

automne au temple Kiyomizu

 

 

 

1989

20 dollars canadien 

Elizabeth II Feuille d'érable


 

 

 

XXI° siècle

 

 

Didier Colin, 

Larousse Livre, 2000

Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes 

 


    ..."C'est un arbre très populaire chez nos amis canadiens, dont ils choisirent la feuille (mapleleuf) pour emblème de leur pays, et dont le sirop, qu'ils confectionnent à partir de sa sève chauffée et brassée, est devenu un produit national.


Bien sûr, les abeilles savaient bien avant les hommes la saveur de la sève de l'érable et la délicatesse de ses fleurs. Depuis toujours, elles les butinent avec volupté, fournissant alors un miel d'érable délectable et riche en sucre. mais déjà, au temps jadis, en Chine, l'érable était associé à la notion d'honneur, le nom désignant cet arbre présentant une homophonie avec le verbe chinois qui signifie "conférer un honneur".


Symbole de longévité et de vigueur en Amérique du Nord comme dans tous les pays anglo-saxons, l'érable était aussi réputé pour chasser les démons et les mauvais esprits nocturnes. Ainsi, on en plaçait devant la porte de sa maison ou au pied de son lit, comme la cigogne qui joint de nombreuses brindilles d'érables à son nid, dans le but de chasser les chauve-souris friandes de leurs œufs."...
 

 

 

Paul Bergèse, poète et enseignant, est un auteur contemporain pour la jeunesse.

 


L’érable…

 

L'érable m'a offert

deux feuilles de printemps

pour rafraîchir l'été

et trois feuilles d'été

pour réchauffer l'automne.

Il m'a offert aussi

quatre feuilles d'automne

de vert, d'or et de roux

pour colorer l'hiver,

l'hiver

qui se dévoue

et prépare un printemps

qui permettra à l'arbre

de me donner deux feuilles

pour rafraîchir l'été.


 

 

 

Mythes et légendes de l'érable

 


- La feuille d'érable figure sur le drapeau du Canada sous la forme d'une figure stylisée à onze pointes. 

 

- regonfle les esprits lassés des multiples épreuves de l'existence.

 

- Au Japon, on apprécie particulièrement l'érable du Japon et, chaque automne, les Japonais vont admirer leurs couleurs flamboyantes pendant la période qu'ils appellent "momijigari" ("admirer les érables"). 

Période Heian, déjeuner sous les momiji

 

 

 

 

Signification de l'érable

 

 

- Au Japon, l’érable est associé aux souvenirs importants.

 

- symbole des 58 ans de mariage en France

 

- Symbolique : Indépendance et liberté.

 

- L’érable est associé à une personne riche en imagination, timide et réservée. 

 

- Les fleurs d'érable désignent la réserve et le sens de l'observation.

 

 

 

Utilisations de l'érable 

 


L’érable est très utile aux êtres humains pour sa sève et son bois ; les animaux se nourrissent de son écorce, de ses bourgeons ou encore de ses rameaux et fruits.

 

 

Usage 

 


- En aménagement : 

En fonction de la forme et de la taille des espèces, les érables peuvent être plantés comme arbre d'alignement, dans les parcs, s'utiliser en haie brise-vent ou libre, en massifs, en sujet isolé ou même en pot, ou encore en niwaki ou en bonsaï.

 

- Bois de chauffe, car il fournit beaucoup de chaleur et brûle lentement. 

 

- Emballage de certains fromages (feuille).

 

- Des espèces fournissant du bois d'œuvre et d'autres enfin utilisées comme arbres d'ornement pour la forme particulièrement découpée de leurs feuilles ou pour la coloration de leur feuillage en automne. 

 

- Le bois clair et à grains fins de l'Érable plane et le bois plus dur de l'Érable sycomore sont  recherchés en sculpture, en ébénisterie, en tournerie (manches d'outils), en menuiserie, pour les parquets, les jouets.

 

- Il est très utilisé pour les instruments de musique

Les éclisses et le manche du violon sont traditionnellement fabriqués en érable sycomore, lui donnant une grande partie de ses qualités acoustiques.

Les luthiers ont retenu l'érable pour la particularité de son bois ondé, où l'alternance de lignes claires et sombres donnant un effet esthétique très particulier et un fini légèrement onduleux au toucher. 

Gibson Les Paul ( Deutsche Museum )


 

 

 

Alimentaire

 

. En Amérique du Nord, les érables sont utilisés pour la production du sirop d’érable et de tous les produits qui en découlent comme le sucre, les bonbons ou le beurre d’érable. 

 

. Les jeunes feuilles se consomment dans les salades mêlées.                                                  

. Les Amérindiens consommaient les jeunes pousses au printemps ainsi que les samares qui avaient spontanément germé.

 

. Les jeunes feuilles tendres de toutes les espèces d'érable se mangent également, crues ou cuites.

 

. Les Micmacs fabriquaient du thé avec l'écorce de l'érable de Pennsylvanie et confectionnaient une boisson avec les rameaux et l'écorce de l'érable à sucre.

 

. Les Iroquois faisaient sécher l'écorce de l'érable rouge et de l'érable argenté, puis ils la broyaient pour en faire une sorte de farine à pain.
 

 

Vertus médicinales

 

. L'érable est connu pour soutenir les traitements contre l'asthénie, les affections pulmonaires, les rhumatismes, et pour redonner du tonus aux convalescents, car son énergie est puissante et dynamique. 

 

. Le sirop d'érable est un excellent reconstituant.

 

. Les Amérindiens utilisaient les raclures des racines bouillies de l'érable à épis pour en couvrir les plaies et les abcès ou pour soulager les maux d'yeux.

 

. On a aussi employé la décoction de l'écorce de diverses espèces d'érable pour les mêmes indications.

 

 

 

Origine du sirop d’érable

 


La découverte du sirop d’érable s’est passée bien avant l’arrivée de Jacques-Cartier, venu d’Europe pour coloniser l’Amérique.


À l'époque, les tribus amérindiennes de l’est du Canada savaient déjà comment recueillir la sève et la transformer en sirop.


Deux versions de l’histoire nous racontent comment s’est passé la découverte de la sève d’érable par les Amérindiens.


Plusieurs racontent que ce sont les chiens des Amérindiens qui ont mis la puce à l’oreille de leur maîtres. Une branche d’érable se serait cassée et les chiens se seraient bousculés pour lécher la sève qui coulait de l’arbre. En les observant, les Amérindiens eurent aussi l’idée d’y goûter.


La deuxième version, celle qu’on entend le plus souvent, raconte qu’un écureuil qui courait dans un arbre cassa soudainement une branche. Un Amérindien observant la scène vit que l’écureuil se mit ensuite à lécher la sève de l’arbre. L’Amérindien décida alors d’en faire autant et ô surprise…un arbre qui pleure du sucre !

 

 

 Recettes à l'érable

 


L'érable peut agrémenter n'importe quelle recette, de l'entrée jusqu'au dessert. Trouvez la recette parfaite pour toutes les occasions !
 

 

 

Conte hongrois de l’Érable

 

 

Un roi avait trois filles. La plus jeune des trois était blonde, d’une beauté et d’une bonté incomparables.  Un jeune pâtre faisait paisser son troupeau sur la prairie du château et jouait tous les soirs de la flûte, et la jeune princesse l’écoutait. 

 

Une nuit, le roi, la princesse et le pâtre eurent un mauvais songe : le roi vit en songe que sa couronne avait perdu ses diamants ; la jeune princesse qu’elle avait visité le tombeau de sa mère et qu’elle n’en était point revenue ; le pâtre que deux bêtes fauves avaient dévoré le plus bel agneau de son troupeau.

 

Après ce songe, le roi appela ses trois filles et leur annonça que la première des trois qui reviendrait à lui avec un panier de fraises serait sa fille bien-aimée qui hériterait de lui sa couronne et ses sept royaumes. Les trois filles s’en allèrent de suite à la recherche des fraises, et se rendirent à une colline verdoyante. L’aînée des trois filles jeta ce cri : 

"Panier, remplis-toi, pour que je puisse recevoir la couronne de mon père".

 

Le panier resta vide. La seconde fille, à son tour, reprit : 

"Panier, remplis-toi pour que je puisse recevoir les sept royaumes de mon père". 

 

Le panier resta vide. Après que les deux sœurs aux cheveux noirs eurent ainsi parlé, la cadette aux cheveux blonds dit avec tendresse : 

 

"Panier, remplis-toi, pour que je puisse devenir la fille bien-aimée de mon père". 

 

A l’instant même, son panier se remplit de fraises. A cette vue, les deux sœurs envieuses, craignant de perdre la couronne royale et l’héritage paternel, ôtèrent la vie à leur sœur cadette, et, l’ayant ensevelie sous un vieil érable, brisèrent le panier en se partageant entre elles les fraises.

 

Revenues chez leur père, elles lui annoncèrent que leur sœur, s’étant trop avancée dans la forêt, avait été dévorée par une bête fauve. Le père, à cette nouvelle, se couvrit la tête de cendres et cria : 

"Malheur ! J’ai perdu le diamant le plus précieux de ma couronne".

 

Le pâtre, à l’approche de la nouvelle lune, essaya de mettre la flûte à sa bouche pour en tirer des sons ; mais la flûte devint muette. En effet, pourquoi la flûte jouerait-elle encore, puisque la jeune princesse n’est plus là pour l’écouter ? puisque la bête fauve a dévoré le plus bel agneau de son troupeau ?

 

Sur la pente de la colline verdoyante, du tronc du vieil érable, à l’arrivée de la troisième nuit, on vit sortir une nouvelle pousse, à l’endroit même où la jeune princesse avait été ensevelie. En passant par là, le pâtre vit la nouvelle pousse de l’érable et eut grande envie de s’en faire une nouvelle flûte. Dès qu’il eut approché cette flûte de ses lèvre, la flûte enchantée chanta ainsi : 

"Joue, joue, mon cher ; autrefois, j’étais la fille d’un roi ; maintenant, je suis une pousse d’érable ; une flûte faite avec une pousse d’érable".

 

Le pâtre apporta alors sa flûte au roi. Le roi, à son tour, l’approcha de ses lèvres, et la flûte reprit : 

"Joue, joue, mon père ; autrefois, j’étais la fille d’un roi ; maintenant, je suis une pousse d’érable, une flûte faite avec une pousse d’érable". 

 

Les deux sœurs méchantes approchèrent, elles aussi, de leurs lèvres, la flûte magique, et l’instrument chanta ainsi : 

"Joue, joue, mon meurtrier ; autrefois, j’étais la fille d’un roi ; maintenant, je suis une pousse d’érable, une flûte faite avec une pousse d’érable." 

 

Alors le roi, maudit les deux filles, et les chassa très loin du château.

 

 

Légendes canadiennes 

Conte huron-wendat.

Texte : Martine Latulippe

 


Les érables rouges

 


Autrefois, le Grand Esprit veillait à ce que toutes ses créatures vivent dans un monde heureux. Nul ne connaissait la faim, la soif ou le froid. Tous vivaient en paix. Ce bonheur dura des lunes et des lunes… Jusqu’à ce qu’un jour, l’une des bêtes, Rat musqué, fasse une étrange proposition. Rat musqué suggéra d’organiser un concours pour voir quel oiseau volait le plus vite et quel animal de la forêt courait le plus rapidement. Les autres bêtes acceptèrent, voyant là une occasion de s’amuser. Les oiseaux commencèrent. Chacun d’eux s’envola vers le ciel, sous les yeux attentifs de Faucon, qu’on avait nommé juge. Sans grande surprise, Aigle remporta la victoire. Vint ensuite le tour des autres animaux.

 

Plusieurs prirent place sur la ligne de départ : Cerf, Caribou, Loup, Lièvre, Élan et bien d’autres. Ours tenait le rôle du juge. Le signal du départ fut donné. Tous s’élancèrent dans le sentier traversant la forêt. À la surprise générale, cette fois, le gagnant de la course fut… Lièvre! Ce que les autres concurrents ne savaient pas, c’est que Lièvre gagna grâce à une ruse que Renard lui avait conseillée… Grand joueur de tours s’il en est un, Renard avait suggéré aux autres lièvres de se placer partout le long du parcours.

 

Les lièvres se relayèrent tout au long de la course, et quand Cerf apparut au bout du sentier, s’approchant de la ligne d’arrivée, le dernier lièvre surgit sur le chemin et traversa la ligne d’arrivée en quelques bonds, pas même essoufflé.

 

Ours, qui n’avait pas une très bonne vue, ne remarqua pas que le lièvre vainqueur n’était pas celui qui avait pris place parmi les coureurs au départ. Il déclara donc Lièvre grand gagnant du concours! Ce qui avait commencé comme un simple jeu n’était à présent plus drôle du tout… Les esprits s’échauffèrent rapidement. Les animaux de la forêt protestaient, critiquaient. Cerf était vraiment furieux. Il s’éloigna du groupe sans tenter de dissimuler sa colère. Ours, mécontent de l’attitude de son compagnon, voulut le rattraper et lui demander de s’expliquer. Mais, dans un brusque élan de rage, Cerf fonça sur lui, tête baissée.

 

Il frappa Ours de ses bois. Ours subit plusieurs blessures qui se mirent à saigner abondamment. Si Loup n’était pas intervenu, Ours serait peut-être mort, ce jour-là… Pourchassé par Loup, Cerf s’enfuit rapidement dans la forêt. Mais le sang d’Ours s’était répandu sur ses bois, et tout au long de sa fuite, le sang s’éparpilla sur les feuilles des érables environnants, qui prirent une teinte rouge vif. C’est depuis ce jour que Cerf perd ses bois quand les arbres perdent leurs feuilles. Il se retrouve sans défense devant Loup, puni d’avoir fait couler le sang sur la Terre. C’est aussi depuis ce jour que les érables rougissent chaque automne avant que leurs feuilles tombent. Le Grand Esprit rappelle aux animaux et aux hommes la paix perdue.


 

 

 

Pour en savoir plus

 

 

Société "La Feuille d’Érable" recycle tous les déchets de bureau


Pionnière dans le recyclage des papiers de bureau en 1983, elle est aujourd’hui une belle entreprise de la filière du Recyclage et de la Récupération. Elle collecte, trie et recycle les papiers de bureau, les ampoules, les piles, les plastiques, les gobelets, les biodéchets,..,  et les cartons produits par les collectivités, les entreprises, les administrations, les commerces, les établissements scolaires sur le territoire breton.


https://www.feuille-erable.fr/
 

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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 14:21

 

 

Mythologie des arbres


Le peuplier

 

 

 

Le peuplier est un genre d'arbre des régions tempérées et froides de l'hémisphère nord. Les peupliers (Populus) font partie de la famille des Salicacées  (Salicaceae).

 

Ce sont souvent des arbres de haute taille, au port élancé dont la croissance est rapide. Il possède une silhouette de forme colonnaire ou pyramidale caractéristique, et porte des branches dès la base. il devient le premier arbre transgénique en 1986. Il peut vivre 400 ans et atteindre jusqu’à 40 mètres de haut. 


 

Les grands peupliers longent le ruisseau ;

Et vont, d’un air grave,

Reverdis à neuf par le renouveau

Qui fait l’air suave.

 

 

Rosemonde Gérard (1866-1953) - Recueil : "Les Pipeaux" - Les peupliers

Pierre Eugene Montezin (1874-1946)


 

 

Les peupliers se rencontrent rarement en forêt dense, mais plutôt près des rives d'un cours d'eau, aux abords des zones humides, voire temporairement inondés.  Ils sont appréciés des castors. Ils recèpent ou drageonnent facilement quand ils ont été coupés.


Sa taille imposante le destine surtout aux grands jardins. Il est recommandé de le planter assez  loin de toute construction car ses puissantes racines sont très développées en surface pouvant déformer le terrain autour. 


 

 

Son tronc très long et rectiligne et son écorce gris pale lisse chez le jeune arbre, et de plus en plus crevassée alors que l'arbre vieillit. Le bois est blanc, léger, tendre, assez résistant, adhérent et peu fissile.


 

 

Les fleurs groupées en chatons mâles avec étamines rougeâtres et femelles plus rigides, apparaissent avant les feuilles. 

peuplier populus canadensis


 

 

Les fruits en capsule sont entourés par un fin duvet cotonneux qui peut être très allergisant.


 

 

Ses feuilles vert foncé lustré, simples, alternes, cordiformes ou triangulaires ou ovales, caduques, acuminées, à long pétiole se colorent souvent au printemps et prennent une belle teinte dorée en automne.

Du fait de leur long pétiole, elles ont une façon caractéristique de bouger sous l'effet du vent provoquant des variations de coloration (et particulièrement chez le tremble). 


 

 

Son système racinaire est traçant et contribue à la dissémination par drageonnage à partir de racines superficielles. Il est souvent superficiel, et peut détruire des murs, soulever les enrobés bitumés et coloniser des tuyaux d'égouts. Certaines espèces (peuplier tremble) peuvent pousser sur des sols sableux pauvres et supportent relativement bien les embruns marins.
 

 

 

Dans le passé, la régénération des peupliers (peupliers blancs, baumiers, noirs, trembles, etc.) était probablement principalement conditionnée par :

 

- Le travail des castors (autrefois présent dans tout l'hémisphère nord) 

- Les incendies (dans les régions plus sèches) ;

- Les perturbations induites par l'activité et la divagation des cours d’eau (érosions, alluvionnements, inondations…)

- Les perturbations induites par les migrations de grands mammifères (mammouths notamment) qui cassaient et enterraient des branches en favorisant le bouturage.


Le genre Populus est divisé en six sections :

- La section Turanga  

 

- La section Populus :

  . la sous-section Albidae (peupliers blancs) : le peuplier blanc (Populus alba      L.).

  . la sous-section Trepidae (trembles) 

  . la sous-section Tomentosae 

 

- La section Aegiros (peupliers noirs) 

 

- La section Tacamahaca (peupliers baumiers) 

 

- La section Leucoides

 

- La section Abaso :

  représentée par la seule espèce Populus mexicana Wesm. ex DC., 1868 .

 

 

 

Les espèces naturelles ont été utilisées pour créer des cultivars depuis le XVIII° siècle. Certains hybrides se sont fixés à l'état sauvage. On trouve les principales espèces de peupliers. 

 

Le genre Populus englobe 35 espèces des régions tempérées et froides de l'hémisphère nord. Il comprend aussi de nombreux hybrides naturels ou artificiels, parmi lesquelles :

 

Populus nigra - le peuplier noir (Asie et Europe) :


Le peuplier noir et sa variété le peuplier d'Italie (Populus nigra italica), de 20 à 30 mètres, d'une silhouette élancée remarquable, avec des branches toutes redressées à la verticale, ce qui lui donne une silhouette en forme de fuseau. 


C'est l'espèce de peuplier la plus connue en France, et un des arbres d'Europe qui grandit le plus vite. Il vit moins de 200 ans en général, mais peut devenir énorme .

 

Les peupliers noirs "sauvages" ont un aspect très différent (beaucoup plus tortueux) mais leur écorce sombre et épaisse, profondément crevassée, et leurs feuilles un peu en forme de cœur pointu montrent bien qu'il s'agit de la même espèce.


 

 

 

Populus alba L. - le peuplier blanc, 


aussi appelé, Abèle, Peuplier à feuille d'érable, Peuplier argenté, Blanc de Hollande, Aube, Ypréau ou Piboule, 

 

Le peuplier blanc de Hollande  un port ample, étalé ou pyramidal,  très raffiné de 20 à 30 mètres de hauteur. 

 

L'écorce de ce peuplier est blanche ou claire, lisse ou peu crevassée, contrairement à celle du peuplier noir (sauf à la base du tronc chez les vieux arbres). Le tronc est en général droit, les branches moins tordues.

 

Les feuilles caduques, ont une forme différente, plus épaisses vert sombre dessus, au revers duveteux avec des reflets argentés ;  avec sa belle coloration à l'automne. Leur pétiole a une section transversale arrondie.

 

Cette espèce vit en Europe centrale et méridionale, mais aussi en Asie occidentale et centrale et en Afrique du Nord. On trouve cette espèce dans presque toute la France métropolitaine, y compris en Corse.

 

Même si le peuplier blanc préfère le bord de rivières ou les lieux humides, il supporte les milieux modérément secs. Il présente aussi une certaine tolérance envers les embruns marins. 


 


 

 

Populus balsamifera L. - Le Peuplier baumier 

 


"baumier" en raison de la résine qui dégouline sur les rameaux et les feuilles au printemps.


Il est aussi appelé liard, peuplier noir, baumier du Canada et peuplier de Gilead. Très semblable au peuplier de l'Ouest avec lequel il s'hybride quand leur aires se chevauchent.

 


C'est une espèce de la famille des Salicaceae, pouvant atteindre 30 m en 40 ans, à couronne relativement étroite, traversée jusqu'à la cime par un tronc droit, et à branches redressées et régulières, à croissance très rapide au stade juvénile.

 

Son écorce est gris foncé. Des rameaux minces vert olive, au feuillage légèrement dentelé caduque, alterne, ovoïde , acuminé, long, vert foncé et glabre dessus et légèrement velu au revers. Débourrement très précoce et couleur d'automne jaune.

 


Les fleurs sont constituées de grappes de graines entourées d'un duvet blanchâtre.

 


C'est une espèce des régions boréales de l'Amérique du Nord. Il se distribue de l'Alaska à Terre-Neuve-et-Labrador ; dans les forêts des prairies humides, les vallées humides, les dépressions, le bord des cours d'eau et des lacs, sur les bancs de sable, sur les pentes peu abruptes.

 


Peuplier balsamifera est appelé "Peuplier baumier", tout comme Populus trichocarpa.


Le peuplier baumier (Populus trichocarpa) aux jeunes feuilles dégageant une odeur balsamique avant de se muer en une belle parure dorée en automne


 

 

 

Populus deltoides -  Peuplier deltoïde 

 


ou peuplier à feuille deltoïde, peuplier de Virginie (Europe) ou encore Peuplier noir d'Amérique (Europe).

 

Il est originaire d'Amérique du Nord, de la famille des Salicaceae dont les feuilles sont triangulaires (comme un delta majuscule) d'où son nom vernaculaire de Peuplier à feuille deltoïde.

 

 
C'est le plus grand des peupliers, ayant la croissance la plus rapide, originaire des régions septentrionales tempérées. Il atteint facilement 100 cm de diamètre lorsque les conditions de croissance sont favorables. 

 

Son tronc blanc ou gris, son écorce est lisse, mais avec le temps se craquèle et devient ridée. 

 

Ses feuilles caduques vert foncé, lisses et un peu dentelées, volètent gracieusement dans le vent. 

 

Les chatons mâles et femelles apparaissent sur des arbres séparés à la fin de l'hiver ou au printemps, avant les feuilles.

 

Le nom "cottonwood" provient des graines blanches et moelleuses produites par les chatons femelles. Les bourgeons et les feuilles déployées sont souvent aromatiques. 

 

De part son système racinaire envahissant, éviter de faire pousser à moins de 30 mètres d'un bâtiment. 

 

 

 

Populus simonii - le peuplier de Simon,

 


C'est une espèce d’arbres de la famille des Salicaceae. C'est un arbre d’une vingtaine de mètres et qui peut atteindre 50 cm de diamètre, il couvre une partie importante de la Chine centrale et septentrionale ainsi que la Corée. Il occupe les montagnes, plaines, dépôts alluviaux et vallées, du niveau de la mer à 3.000 m.

 

Populus simonii appartient au genre Populus, comprenant environ 40 espèces répartis parmi les arbustes et les arbres des régions tempérées et froides du nord.

 

La culture de Populus simonii remonte à plus de 2000 ans. Après 1949, les plantations de Populus simonii ont connu un important développement dans le nord de la province de Shanxi, en Mongolie-Intérieure, dans le Jilin et l’ouest du Liaoning.

 

Les forêts de Populus simonii sont habituellement des forêts secondaires, les exploitations et les déboisements irraisonnés n’ayant laissé que peu de peuplements "naturels ". Espèce depuis longtemps introduite en Europe occidentale en 1862, où il suscita quelques espérances en montagne. 

 

Son écorce lisse et la coloration de son feuillage, ainsi que sa petite taille justifient son utilisation en arboriculture ornementale. Il est particulièrement prisé dans le nord de l'Europe où on le connaît également sous le nom de Populus przewalskii.Ses rameaux souples lui donnent un aspect pleureur. 

 


Sa floraison en chatons pendants est en Mars et Avril. Ses feuilles sont caduques ovales elliptiques vert jaune.

 

Les boisements en Populus simonii sont très nombreux notamment dans la région des Trois Nords où celui-ci est abondamment utilisé pour la fixation des dunes.


 


 

Peuplier tremble - Populus tremula L.

 


Le Tremble, Tremble d'Europe est une espèce d'arbre du genre Populus de la famille des Salicaceae. De taille moyenne, c'est la seule variété de peuplier forestier, il est répandu dans l'ensemble de l'Eurasie.

 

Tremula (tremble) doit son nom au fait que ses feuilles s'agitent au moindre souffle de vent. 

 

C'est un arbre robuste, au port étalé à croissance vigoureuse, de taille moyenne, de 20 à 30 m de haut, très résistant au froid et qui s'élève haut en montagne (jusqu'à 2000 mètres et plus, à la limite de la forêt). C'est l'un des feuillus capable de pousser le plus au Nord, au-delà même du Cercle polaire. C'est un des tout premiers arbres à s'installer dans les espaces vides, on dit que c’est un arbre "pionnier".
 

 

L'Écorce lisse, parsemée de lenticelles en losange, se crevasse avec l'âge. Son bois blanc crème, très homogène, est de bonne résistance mécanique. 

 

Les feuilles sont petites, glabres, alternes, arrondies, crénelées, cordées et acuminées, à couleur variable (rouge bronze, puis vert foncé, enfin jaune en automne), à pétiole allongé et aplati, très souple. Elles sont très sensibles au vent et s'agitent au moindre souffle. Cela est dû à ses pétioles aplatis et flexibles. Ce nom est aussi utilisé au Québec pour désigner une espèce du même genre, le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides).

 

Les fleurs sont groupées en chatons pendants mâles (gris argentés à rouges) et femelles (verts) sur des pieds séparés (espèce dioïque). La pollinisation se fait par le vent mais comme les autres peupliers, l'espèce se propage le plus souvent par les rejets poussant sur les racines. 

 

On trouve des nectaires extrafloraux à la base des pétioles.

 

Le fruit est une capsule glabre avec des graines blanches et duveteuses. 

 

Le système racinaire est traçant.


 


 

 

Peuplier Tremble pleureur - Populus tremula pendula

 


Petit arbre pleureur de 5 à 6 mètres, développe des branches longues et pendantes, de longs chatons gris et pourpres. Ses feuilles tremblent à la moindre brise.


Ce peuplier pleureur, produit des feuilles d'abord rouge bronze, puis vert foncé, enfin jaune en automne qui tremble et bruisse à la moindre brise. Très résistant aux parasites.

 

 

 

Peuplier du Yunnan - Populus yunnannensis  

 


Le peuplier de Yunnan, également connu sous le nom de peuplier chinois.

 
Très bel arbre ornemental, à croissance rapide,  à feuilles caduques qui atteint une hauteur de 25 mètres. Ses feuilles sont vertes des deux côtés.


Originaire du Sud de la Chine, c'est le plus méridional des Peupliers Baumiers et il reste très longtemps en végétation à l'automne : il est alors susceptible d'être endommagé par les gelées. Il est très résistant à la sécheresse.

peuplier yunnan - Krzysztof Ziarnek, Kenraiz


 


 

 

Peuplier grisard - Populus canescens, 

 

 

Le peuplier grisard est un hybride naturel du Populus tremula (tremble) et du populus alba (peuplier blanc). Il présente des similitudes avec  l'une et l'autre des deux espèces et, ce qui est rare pour un hybride, il produit des graines fertiles. 

 

Ce grand arbre à croissance rapide posséde une couronne aérée et fermée ainsi qu'un tronc tortueux. Sa dimension à l'âge adulte peut atteindre 30 à 40 mètres. Son port est colonnaire puis étalé.

 

Son écorce est vert grisâtre clair, voire parfois presque blanc, et présente des striures horizontales noires. 

 

Ses feuilles trigones à ovoïdes sont vert foncé et luisantes, sont recouvertes d'un tomentum gris sur le revers et sont grossièrement dentées et lobées sur le contour du limbe. Son nom vient du d'ailleurs du feutre grisâtre que présente la face inférieure de ses feuilles lorsqu'elles sont jeunes.

 

Le Populus x canescens convient bien aux plantations paysagères et en isolé dans les parcs et les plantations périphériques. Bien qu'il préfère les sols humides et riches en nutriments, il croît également dans les sols plus secs et moins riches. Il ne supporte ni les sols tourbeux, ni les sols acides. Résiste bien au vent (marin).


 


 

 

Peuplier de Chine - Populus lasiocarpa

 


ou peuplier à fruits velus. Le nom de l'espèce, lasiocarpa, signifie " aux fruits duveteux". C'est un arbre de la famille des salicacées. On le trouve au centre et à l'ouest de la Chine.

 

Ce peuplier plus petit,  peut mesurer 14 mètres de haut. La croissance de cet arbre est lente et il forme une couronne ovoïde à ovoïde étalée. 

 

Ses jeunes rameaux sont jaune-marron, veloutés et anguleux, tandis que son écorce présente une magnifique couleur grise à brun clair qui s'exfolie par la suite, par petites plaques. Les branches sont brun jaunâtre et épaisses.

 

C'est l'un des rares peupliers à avoir des chatons mâles et femelles sur un même arbre. Il appartient aux peupliers à grandes feuilles remarquables ovoïdes à cordiformes sont vertes et possèdent une nervure médiane et un pétiole rouges. La face supérieure est de couleur vert vif avec des nervures et des pétioles rouges bien visibles, tandis que le revers est de couleur plus claire. À la venue de l'automne, elles se colorent d’un jaune doré. 

 

La floraison de cet arbre est constituée tant de chatons mâles que de chatons femelles. Il est utilisé dans des endroits abrités. Cet arbre est un merveilleux atout dans les parcs, les ceintures de verdure ou les jardins plus imposants. 

 

L'espèce préfère pousser sur des sols légèrement humides et pas trop riches, bien que des sols légèrement plus humides soient également tolérés. Il est très exigeant sur la nature du sol et est extrêmement sensible au vent. 


 


 

 

Peuplier de Berlin - Populus berolinensis 

 


Le Peuplier de Berlin, est un arbre d'ornement hybride de la famille des Salicacées, d'une hauteur de 20-25 m, à croissance rapide. Ce grand arbre à large couronne colonnaire, traversée par le tronc jusqu'à la cime, et à forts rameaux et branches redressés. 

 

Ses rameaux anguleux, gris jaune puis plus foncés. Les bourgeons verdâtres et collants, pointus, obliques et à fort parfum balsamique. Sa floraison au mois de mars, avec des chatons rouges et odorants, apparaissent avant le feuillage.

 

Les feuilles sont  caduques, alternes, ovoïdes et longuement acuminées, à pétiole arrondi, vert frais dessus et vert blanchâtre au revers, deviennent jaunâtre en automne. Les racines plates sont plates. 

 

Cet arbre très rustique, tient en atmosphère enfumée ou urbaine, avec une tendance à drageonner, d'une durée de vie (d'environ 80 ans), son bois plutôt cassant. Sans exigence, il se plaît même sur les sols les plus mauvais, par contre, il ne supporte pas les inondations régu­lières. D'autre part, il supporte bien les périodes de sécheresse.


 


 

 

Étymologie

 

Probablement issu du latin populus (peuple) - populi

Pouplier, poplier,

dérivé avec le suffixe -ier de l’ancien français pople ("peuple"),

du latin pōpŭlus ("peuple"), du fait de la plantation de nombreux peupliers par les Romains dans les lieux publics.


 


 

 

Mythologie grecque

 

L'Océanide Leucé transformée en peuplier


Hadès, dieu grec des Enfers séjourne dans un château situé au centre de la terre, là où la lumière ne pénètre jamais. Les ombres planent autour de cet endroit maudit dépourvu de vies. Seuls les cyprès, symboles du deuil, poussent ici. Pour se déplacer dans son royaume, le dieu discret use de son casque d’invisibilité forgé par les Cyclopes. Il possède également une fourche pour exprimer son pouvoir.

 

Moins volage que ses frères, Hadès entame tout de même une liaison avec la plus belle des nymphes et la fille du Titan Océanos, l’océanide Leucé (en grec, Λευκή / blanc ou peuplier blanc) qu’il capture.

 

Leucé était une nymphe qui fut aimée d'Hadès. Il tomba amoureux d'elle et l'emmena aux Enfers, mais elle était une divinité mortelle. Elle a vieilli et est morte de façon naturelle. 

 

Pour la garder toujours près de lui, transforma son corps en un peuplier blanc argenté qu'il plaça sur le bord de l’Achéron, le fleuve des Enfers. Elle demeure depuis, dans l'Autre Monde, sur la rive du fleuve "Mémoire". 

Gustave Doré  (1832–1883) Océanides (Naïades de la mer) v.1860 

 


 

 

Héraclès et la couronne rameaux de peupliers

 


Lors de son onzième travail qui consiste à combattre Cerbère, le chien tricéphale gardien des Enfers, Héraclès découvre le peuplier au bord de l’Achéron. 

 

Héraclès ramène alors du séjour des morts un rameau de peuplier, qu’il tresse et dont il se fait une couronne.

 

Les feuilles extérieures de cette couronne demeurèrent noires, car le noir est la couleur de la fumée de l'enfer, mais les feuilles qui touchaient le front d’Hercule pâlirent au contact de sa sueur, et devinrent argentées. 

 

Ovide - Les Métamorphoses - livre 9

Capture de Cerbère par Héraclès, par Hans Sebald Beham, 1545.

 

 

 

Phaéton et les Héliades

 

 

Le jour où Phaéton apprend que son père est le Soleil, il court jusqu’à lui et lui demande de conduire son char durant une journée. 

 

Hélios essaie de le dissuader car personne n’est capable de guider les chevaux divins hormis lui. Ce garçon imprudent réussit à obtenir de son père la permission de conduire son char, le char du soleil. 

 

Phaéton, arrivé en hauteur, effrayé par l'altitude et, par les animaux du zodiaque qui le menacent, sent la peur et l’angoisse l’envahir. Incapable de tenir les rênes, il les lâche,  perd le contrôle de l'équipage, et provoque l’affolement des chevaux ailés qui descendent à une allure vertigineuse vers la Terre, et commence à mettre le feu à la Terre épouvantée.

 

Gaïa, presse Zeus d’intervenir, qui pour éviter une catastrophe universelle est contraint de le foudroyer. Il tombe dans la fleuve Éridan - actuellement le Pô -, où les naïades enterrent ses restes. 


Ses sœurs, les Héliades, ("enfants du soleil"), filles d'Hélios et de Clymène, retrouvent son tombeau et lui rendent les honneurs funèbres. Elles  se montrèrent folles de chagrin. Elles pleurent tant et si longtemps qu'elles s'enracinent, se couvrent d'écorce, de feuilles et de branches, se métamorphosant en peupliers noirs près de l’Eridan, bordant le Pô.

Leur mère qui tente d'intervenir ne peut que leur arracher du sang.

"Arrête, mère, je t'en prie, c'est notre corps que tu déchires en cet arbre [...].

De leur écorce coulent des larmes et des branches nouvelles ruissellent des gouttes d'ambre qui durcissent au soleil. Recueillies par le fleuve limpide, elles serviront de parure aux femmes romaines."  
 

Ovide - Les Métamorphoses - Les "Héliades", II, V. 333-366

Santi di Tito  (1536–1603) Métamorphose des Héliades


 

 

 

La métamorphose des Héliades en peuplier dans l'art

 


Tapisserie :

histoire de Phaéton, la tombe de Phaéton et la métamorphose des Héliades
Ecouen, musée national de la Renaissance

Détail de la tapisserie avec la métamorphose des Héliades :

Photo (C) RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d’Ecouen) / Gérard Blot


 


 

La mort de Phaéton et la transformation des Héliades, ses sœurs

Brebiette Pierre (1598-1650) – conservé au Musée du Louvre

Dessin de présentation pour servir de modèle au graveur.

Dessin préparatoire pour les illustrations des "Tableaux des Vices et des Vertus",

livre publié en 1655 par Marolles sous le titre "Temple des Muses"

 


 

 

Le Temple des Muses,

dessiné  et gravé par Bernard Picart le Romain  (1673-1733). Graveur

Antoine de Labarre de Beaumarchais, (16..-1757?). Auteur du texte

Éditeur : A Amsterdam, // Chez Zacharie Chatelain // MDCCXXXIII


 

 

 

 

Tenture Les Métamorphoses d’Ovide

D’après Battista DOSSI – La chute de Phaéton

Tissée pour le duc Hercule II d’Este,

dans l’atelier de Hans Karcher à Ferrare, en 1545


 

 

 

Les Héliades changées en arbre,


Hypnerotomachie, ou Discours du songe de Poliphile,

déduisant comme amour le combat à l'occasion de Polia
trad. de langage italien en français par Jean Martin et Jacques Gohorry ; 

décoré de dessins de Mantegna,

gravés sur bois par Jean Cousin et Jean Goujon ;

publ. par Bertrand Guégan, d'après l'édition Kerver Colonna, Francesco (1433?-1527).


 

 

 

 

Giovanni Antonio Bazzi, dit Le Sodoma (1477-1549)peintre italien de la haute Renaissance.


Les Héliades étaient inconsolables et le pleuraient jour et nuit, jusqu’à finalement se métamorphoser en peupliers… Cignus, qui était le jeune amant de Phaéton, était désespéré lui aussi, et fut transformé en cygne.

Chute de Phaéton avec la métamorphose des Héliades


 

 

 

Robert de Baudous (V.1575-V.1659)

d'après Hendrick Goltzius,

après 1655

Les soeurs de Phaéton changées en arbre, et Cygnus en cygne, gravure,

 


 

Entourage de Francisque Millet (1642-1679), 

Paysage avec les soeurs de Phaéton transformées en peupliers

autour de sa tombe,


 

 

 

 

Jaspar Isaac (Isac ou Isacsz -V.1585-1654) graveur et un marchand d'estampes français d'origine flamande

Phaéton et les Héliades - 

Les Métamorphoses d’Ovide, Paris, Veuve l’Angelier, 1617
 

 

 

 

Les Hespérides

 


Filles d'Atlas et d'Hespéris, les nymphes du couchant résident dans le jardin abritant les pommes d'or. Lorsque Héraclès les dérobent elle sont transformées en arbres. Hespéra devint un peuplier, Erythée un orme et Eglé fut changée en Saule. 

 

Hespéra devint un peuplier, Erythée un orme, Eglé le tronc sacré d’un saule 


Ovide (Argonautiques, IV, 1423-1428).

Albert Herter - Jardin des Hespérides


 

 

 

Hécate déesse de l'Ombre et de Morts

 

 

Les peupliers noirs (Populus nigra) symbole d'Hécate, lui étaient dédiés et on ne la conjurait que par des incantations, des philtres d'amour ou de mort. 

 

En épousant Hadès, dieu des Enfers, Hécate accède au rang de reine du monde souterrain. Elle laissera sa place à Perséphone, déesse de la germination. 

 

Hécate présente deux aspects opposés : déesse protectrice liée aux cultes de la fertilité, accordant richesse matérielle et spirituelle, honneurs et sagesse, conductrice des âmes, mais aussi déesse de l'ombre et des morts.

 

Théogonie d'Hésiode.

 


 

 

Diopatra,  naïade du mont Othrys 

 


Diopatra était une naïade du mont Othrys et l'une des Spercheides . Elle était la fille du dieu du fleuve Spercheus et de la naïade Deino . 

 

Cerambus, reconnu comme le plus grand chanteur de son temps, raconta, lorsque le dieu Poséidon tomba amoureux de Diopatra, le dieu transforma ses sœurs en peupliers afin de ravir la jeune fille, mais a restauré leur forme d'origine après avoir satisfait ses désirs. 

 

Les nymphes méprisées, ont transformé Cerambus en un coléoptère rongeur de bois Cerambyx. Peu de temps après, il y eut une gelée soudaine et les ruisseaux gelèrent, le froid prédit vint enfin, et son bétail périt ainsi que les arbres et les sentiers.

 

Le nom de Diopatra signifie "famille divine" qui vient de dion et patra.


Antoninus Liberalis , Métamorphoses XXII

Naïade par Paul Chabas

 

 

 

Hymne à Demeter



Érysichthon, fils du roi de Thessalie Triopas, prit une vingtaine d'hommes avec lui et alla à la plaine du Dotion, au pied du mont Ossa.

 

Là se trouvait un bosquet planté par les Pélasges consacré à Déméter. Au centre se trouvait un peuplier qu'affectionnaient particulièrement les nymphes et qui dominait les environs.

 

Érysichton ordonne à ses hommes d'abattre cet arbre. Déméter ordonne alors à sa prêtresse Nicippé d'aller raisonner le prince qui la repousse. Il finit par abattre l'arbre.

 

Déméter furieuse, l'affecte alors d'une faim insatiable. Triopas chassa ce coûteux fils de chez lui et Érysichthon passa le reste de sa vie à mendier et fouiller les ordures.


Callimaque - Les Hymnes

Le Bûcheron et l’Hamadryade - Émile Bin (1870).

 

 

 

Oracle  Peupliers

 

 

A Pagae sur le golfe de Corinthe, existait un "peuplier noir oracle" situé dans un sanctuaire dédié à la Héra, déesse du mariage et de la fécondité.

 

 

 

Mythologie celtique

 


Pour les druides, le peuplier symbolisait le vieil âge de l'homme en raison de ses feuilles blanches. L'arbre abritait les dieux, incarnait les plus nobles passions et les meilleures vertus.

 

L’alphabet celtique ancien est composé de 20 lettres Ogham, chacune assignée à un arbre particulier et ayant une signification symbolique particulière. 

 

Le peuplier est assigné à l’Ogham pour "E", Edad/edhadh (Peuplier/tremble)
et représente la victoire, la transformation et la vision. C’est l’arbre tremblant, murmurant, parlant, tout à la fois le vent, le souffle, la respiration, la parole, la communication, le mouvement.

 

Dans le calendrier celtique, point de solstice, mais des équinoxes : celui du printemps pour le peuplier blanc et celui d’automne pour le peuplier noir.


 

 

 

Le peuplier dans la religion Chrétienne

 

La Bible 

Genèse 30


37 - Et Jacob prit des branches fraiches de peuplier blanc, de coudrier, et d'erable, et y pela des raies blanches, mettant à nu le blanc qui etait aux branches.


38 - Puis il plaça les branches, qu'il avait pelées, dans les auges, dans les abreuvoirs, sous les yeux des brebis qui venaient boire, pour qu'elles entrassent en chaleur en venant boire.…
 

 


 

Peuplier héraldique

 


Ce meuble se blasonne comme les autres arbres, mais on donne le nom de panelle à ses feuilles lorsqu'il faut indiquer qu'elles sont d'un émail particulier.


d'après l'Alphabet et figures de tous les termes du blason
L.-A. Duhoux d'Argicourt — Paris, 1899


 

Un Peuplier :
. de sinople symboliserait la liberté.
. sur champ d'argent symboliserait une disposition douce.
. sur champ de gueules symboliserait un amour vrai et honnête.
. sur une terrasse de sinople symboliserait un goût pour la vertu.

d'après le Manuel héraldique ou "Clef de l'art du blason" 
par L. Foulques-Delanos, Limoges, oct. 1816

 

 


Blason - ville de Barjouville(Eure-et-Loir) - France

D'or à la bande d'azur chargée de trois oies d'argent, accompagnée en chef de deux coquilles du même, rangées en bande, celle du chef brochant sur l'autre, et, en pointe de trois peupliers de sinople rangés en bande.


 

Il y a 140 millions d’années.

 


les paléobotanistes s’accordent à donner au peuplier une place très ancienne, au sein des angiospermes. Certaines empreintes de feuilles appartenant à cette famille d’arbres ont été retrouvées au Groenland. 

 

 

Il ya 50 millions d'années

 

Face et contre-face de feuille fossile,

Populus Wilmattae (peuplier),

Eocène (50 millions d'années), USA (Wyoming, Green River),

 

 

 

Entre 2750 et 2550 ans av. J.C.

 


Dans des tombes sumériennes ont été retrouvés des couronnes et colliers de feuilles de peuplier. 

 

Cimetière royal d'Ur, artefact


Une couronne de feuilles de peuplier en or, lapis-lazuli et cornaline, a été trouvée avec le corps d'une gardienne accroupie au pied de la bière de la reine Puabi, la Dame d'Ur

 

 

 

VIII° siècle av. J.C.

 


Homère (fin du VIII°  siècle av. J.-C. ) surnommé "le Poète" par les Anciens. 


Iliade


Chant IV


..."Simoïsius s'avançait pour combattre, lorsqu'Ajax lui enfonce sa lance dans la poitrine au-dessus de la mamelle droite : la pointe d'airain ressort derrière l'épaule, et le héros roule dans la poussière.

- Comme le peuplier uni, qui, né sur les bords verdoyants d'un vaste marais, laisse croître à son sommet de nombreux rameaux, et qui, après avoir été coupé par le fer étincelant d'un ouvrier habile pour former les roues d'un char magnifique, gît étendu et désséché sur les rives d'un fleuve : ainsi Simoïsius, fils d'Anthémion, est abattu et dépouillé par Ajax issu de Jupiter"...
 

 


 
 

IV° - III° siècle av. J.C.

 


Théophraste (V. 371 av. J.C.-288 av. J.C.) philosophe de la Grèce antique, botaniste et naturaliste, polygraphe ou encore alchimiste, distinguait trois sortes de peupliers aux propriétés identiques.

 
Livre I 


- le peuplier blanc fait partie, avec le tilleul et l'orme, des arbres dont les feuilles se retournent "après le solstice d'été et on reconnaît à ce signe que le solstice est passé". Elles présentent alors au soleil leur face intérieure, blanchâtre, tandis que la face supérieure est verte, et l'arbre semble changer de teinte. 


- X.

Les feuilles des autres arbres sont (dans chaque essence) semblables entre elles ; cependant celles du peuplier blanc et du ricin sont dissemblables et de configuration variée ; les nouvelles sont arrondies et les anciennes anguleuses, 
 

 

 

I° siècle  av. J.C.

 


Ovide (43 av. J.-C.- 17 ou 18 ap. J.-C.) poète latin 

Les Héroïdes


Œnone à Pâris


..."Il est, je m’en souviens, un peuplier planté sur la rive du fleuve. Tu y gravas des mots qui rappellent notre amour. Peuplier, vis longtemps, toi qui, planté sur le bord du rivage, portes ces mots sur ton écorce ridée : "Quand Pâris pourra respirer loin d’Œnone, l’eau du Xanthe, changeant son cours, remontera vers sa source." Xanthe, remonte maintenant vers elle Ondes, retournez sur vous-mêmes, Pâris peut vivre et avoir abandonné Œnone"...

Reyer Jacobsz. van Blommendael - Paris and Oenone 

 

 

 

Diodore de Sicile (1° av. J.C.) historien grec auteur de la Bibliothèque historique, une monumentale histoire universelle.


..."chez les barbares les plus sauvages, la passion cède à la sagesse et Arès respecte les Muses"... 
 

 

 

I° siècle

 


Dioscoride (20 ap. J.C.-v.40 ap. J.C.),  médecin, pharmacologue et botaniste grec dont l'œuvre a été une source de connaissances majeures en matière de remèdes. Il est l'auteur du traité " À propos de la matière médicale", plus connue sous le nom latin de "De materia medica".


..."faisait macérer des feuilles de peuplier dans du vinaigre afin de venir à bout des douleurs de la goutte et utilisait sa résine contre les catarrhes gastro-intestinaux"....

 

 

 

Pline l’Ancien (23 apr. J.-C.-79 ap. J.C.), écrivain et naturaliste romain, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée "Histoire naturelle" (vers 77).


- "Le peuplier noir possède de grandes vertus. Sa semence, infusée dans le vinaigre, est bonne contre l’épilepsie. Cette espèce fournit un peu de résine qui est employée pour les emplâtres". 


- Quant au peuplier blanc, "on accordait (à ses rameaux) les vertus de prévenir les écorchures et les inflammations diverses, occasionnées pendant la marche par le frottement sur les parties sensibles". 

"Histoire Naturelle" de Pline l'Ancien (manuscrit du milieu du xiie siècle, coll. de l'Abbaye de Saint-Vincent du Mans, France).

 

 

 

II° siècle

 

Galien (129 et mort v. 201), médecin grec de l'Antiquité qui exerça à Pergame et à Rome où il soigna plusieurs empereurs

signale "l’emploi des bourgeons de peuplier". 
 


 

 

XIV° siècle

 


Au Moyen Âge, au peuplier furent associés les souvenirs, la nostalgie, les regrets et les remords, les sentiments coupables, le sacrifice et l'expiation.

 

Paul Serusier- L'Incantation ou Le Bois Sacré (1914) musée des beaux-arts de Quimper.

 


 

Manfredus de Monte Imperiali,

Liber de herbis et plantis, XIVe siècle.

Populus Tremola - tremble

Dans ce manuscrit du Liber de herbis et plantis (ou Tractatus de herbis), Le peuplier y est loué pour les propriétés médicales de sa résine ou de ses feuilles, employées notamment pour lutter contre la goutte ou les douleurs auriculaires.


 

 

 

XV° siècle

 

Konrad Witz (1400-1445)  peintre suisse

La pêche miraculeuse, 1444

Première représentation de paysage réaliste dans l'art. Ici le Léman bordé de peupliers

 

 

 

XVI° siècle

 

 

Au début du XVI ème siècle, il a été fait état d’une pommade confectionnée à base de résine de bourgeons de peuplier destinée aux maux de tête, à la somnolence et à la perte de la parole.

 

 


1503


Raphaël (1483-1520) peintre

"La Crucifixion Mond ou Gavari" - 1503

Peinture religieuse  - National Gallery de Londres

Dans l'iconographie chrétienne le peuplier renvoie à la passion du Christ.


 

 

1538

Thibault Lespeigney (1496-1550) apothicaire-poète 

Promptuaire des médecines simples

..."les bourgeons de peuplier ont fait la gloire du célèbre "onguent populéum" 
Cette onguent calmant était jadis employé, en particulier contre les hémorroïdes"....

 


 

XVI° siècle

 


Olivier de Serres (1539-1619) agronome français, auteur d'un vaste traité, 
"le Théâtre d’Agriculture et mesnage des champs", - 800.


..."En trois especes est distingué le peuplier : populus alba, nigra et libica : en françois appellés aubeau, peuplier et tremble… tous lesquels arbres montent hautement, plus toutesfois l'aubeau et le tremble que ni le peuplier ni le saule,"... 


 

 

 

XVII° siècle

 


Vincenzo Cartari,  graveur

décrit :

..."le peuplier est considéré comme un arbre infernal parce qu'il croît sur les rives de l'Achéron"...
 

 

 

XVIII° siècle

 

 


1749

Le Peuplier d'Italie (peuplier noir) a été introduit en Italie puis en France. Le général Bonaparte apprécia cet arbre, lors de ses campagnes d'Italie, et en fit planter dans l'Est de la France et sur les rives de l'antique canal de Briare.


 

 


Duhamel Du Monceau, Henri-Louis (1700-1782).


Traité des arbres et arbustes que l'on cultive en France. Tome 2 / 


Nouvelle édition, augmentée de plus de moitié pour le nombre des espèces, distribuée d'après un ordre plus méthodique, suivant l'état actuel de la Botanique et de l'Agriculture ; avec des figures, d'après les dessins de
Pierre Joseph Redouté,... Tome second (-quatrième). 

Peuplier faux tremble


 

 

 

Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788) naturaliste, mathématicien, biologiste, cosmologiste, philosophe et écrivain français.


Il a classé le peuplier noir dans les "sédatifs de la douleur musculaire".
 

 

 

En 1795, 


Antoine Baumé, dont la recette est connue, indiquait :

"l'onguent calmant" de bourgeons de peuplier comme sédatif, anti-inflammatoire et antihémorroïdaire.
 

 

 

Madame de Staël (1766-1817) romancière, épistolière et philosophe genevoise et française

Corinne ou l'Italie - XV, 7.


..."Le peuplier, cet arbre régulier comme l'architecture"...,
 

 

 

1797


La Décade philosophique littéraire et politique

Par une société des gens de lettres

Sur le bois du peuplier d'Italie


- 8° Le bois des vieux peupliers, pris au pied des arbres, est excellent pour faire des sabots ; il ne peut pas y en avoir de plus légers : ce n'est pas aujourd'hui qu'on lui connaît cette propriété ; car je trouve dans les Eléments de Mythologie, page 264, "qu'on descendait dans l'antre de Trophonius, vêtu d'une tunique de lin, la tête ceinte de bandelettes, ayant aux pieds des sabots fait avec du Peuplier" (ce qui remonte à la plus haute antiquité.) -
 

 

 

1792


Calendrier républicain


Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé pendant la Première République puis l'Empire jusqu'en 1806. Il commence le 1° vendémiaire an I (22 septembre 1792), 


Le Peuplier était le nom attribué au 9e jour du mois de pluviôse. soit 21 - 22janvier

 

Le Soleil est au signe du Verseau

 

Sous un léger tissu s'achemine au Boccage 

La Nymphe au doux Nectar apportant son trousseau 

Bravant Pluie et Hiver, brulante en ce bel âge

Des feux qui vont l'unir à son cher Pastoureau


 


 

 

XIX° siècle

 

 

1814

Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814) écrivain et botaniste français

Harmonies de la nature 1815, p.101

..."Les peupliers d'Italie ne sont autre chose, suivant l'ingénieux Ovide, que les soeurs de Phaéton"...


Alfred Victor de Vigny (1797-1863) écrivain, romancier, dramaturge et poète français.
La neige (1820)


 

Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires,

Des histoires du temps passé,

Quand les branches d'arbres sont noires,

Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé !

Quand seul dans un ciel pâle un peuplier s'élance,

Quand sous le manteau blanc qui vient de le cacher

L'immobile corbeau sur l'arbre se balance,

Comme la girouette au bout du long clocher !

....


 

 

 

 

Honoré de Balzac (1799-1850) écrivain français. Romancier, dramaturge, critique littéraire, critique d'art, essayiste, journaliste et imprimeur, 


Eugénie Grandet (1834), 


    "- Venez, Cruchot ? dit Grandet au notaire. Vous êtes de mes amis, je vais vous démontrer comme quoi c'est une bêtise de planter des peupliers dans de bonnes terres...

    - Vous comptez donc pour rien les soixante mille francs que vous avez palpés pour ceux qui étaient dans vos prairies de la Loire, dit maître Cruchot en ouvrant des yeux hébétés. Avez-vous eu du bonheur ?... Couper vos arbres au moment où l'on manquait de bois blanc à Nantes, et les vendre trente francs !"

    Eugénie écoutait sans savoir qu'elle touchait au moment le plus solennel de sa vie, et que le notaire allait faire prononcer sur elle un arrêt paternel et souverain. Grandet était arrivé aux magnifiques prairies qu'il possédait au bord de la Loire, et où trente ouvriers s'occupaient à déblayer, combler, niveler les emplacements autrefois pris par les peupliers.

    "Maître Cruchot, voyez ce qu'un peuplier prend de terres, dit-il au notaire, Jean, cria-t-il à un ouvrier, me... me... mesure avec ta toise dans tou... tou... tous les sens ?

    - Quatre fois huit pieds, répondit l'ouvrier après avoir fini.

    - Trente-deux pieds de perte, dit Grandet à Cruchot. J'avais sur cette ligne trois cents peupliers, pas vrai ? Or... trois ce... ce.... ce... cent fois trente-d... eux pie... pieds me man... man... man... mangeaient cinq... inq cents de foin ; ajoutez deux fois autant sur les côtés, quinze cents ; les rangées du milieu autant. Alors, mé... mé... mettons mille bottes de foin.

    - Eh ! bien, dit Cruchot pour aider son ami, mille bottes de ce foin-là valent environ six cents francs.

    - Di... di... dites dou... ou... ouze cents à cause des trois à quatre cents francs de regain. Eh ! bien, ca... ca... ca... calculez ce que que que dou... ouze cents francs par an pen... pendant quarante ans do... donnent a... a... avec les in.. in... intérêts com... com... composés que que que vous ous saaavez.

    - Va pour soixante mille francs, dit le notaire.
    - Je le veux bien ! ça ne ne ne fera que que que soixante mille francs. Eh ! bien, reprit le vigneron sans bégayer, deux mille peupliers de quarante ans ne me donneraient pas cinquante mille francs. Il y a perte. J'ai trouvé ça, moi, dit Grandet en se dressant sur ses ergots. Jean, reprit-il, tu combleras les trous, excepté du côté de la Loire, où tu planteras les peupliers que j'ai achetés. En les mettant dans la rivière, ils se nourriront aux frais du gouvernement, ajouta-t-il en se tournant vers Cruchot et imprimant à la loupe de son nez un léger mouvement qui valait le plus ironique des sourires.

    - Cela est clair : les peupliers ne doivent se planter que sur les terres maigres, dit Cruchot stupéfait par les calculs de Grandet."


 

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français, 


Notre-Dame de Paris - 


...Jeune fille, le sapin n'est pas beau, 

N'est pas beau comme le peuplier, 

Mais il garde son feuillage l'hiver.

Hélas ! à quoi bon dire cela ? 

Ce qui n'est pas beau a tort d'être ; 

La beauté n'aime que la beauté, 

Avril tourne le dos à janvier...

 

 

Victor Hugo (1802-1885) 

 

Printemps - 


...Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire, 

Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis ! 

Les peupliers, au bord des fleuves endormis, 

Se courbent mollement comme de grandes palmes ;... 

 

Claude Monet - peupliers au printemps

 



 


 

 

Aloysius Bertrand (1807-1841) poète français, inventeur du poème en prose

Jean des Tilles

..."Mais alors des corbeaux qui se balançaient

à la verte flèche des peupliers, 

croassèrent dans le ciel moite et pluvieux"...

 


 

Gérard de Nerval (1808-1855) écrivain  et poète français

 

Le relais

..."Un ruisseau qui murmure entre les peupliers, -

Et la route et le bruit sont bien vite oubliés !"...

 

 

1848

Les arbres de la liberté

 

 

 

1850

l'abbé Joseph-Simon Méthivier. 

Mémoires d'outre-tombe d'un peuplier mort au service de la République (2e édition) 

Chapitre XIII

..."Comment, en réfléchissant, j'ai découvert, tout peuplier que je suis, qu'il y a en France deux sortes de guerre : la guerre par les CANONS, et la guerre par les FAUSSES IDÉES"...

La première est un jeu pour les Français ; mais la dernière est sérieuse, car elle ne laisse pas pierre sur pierre dans l'édifice social.

 

La Plantation d'un arbre de la Liberté par Jean-Baptiste Lesueur


 


 

 

Charles-Marie Leconte de Lisle (1818-1894) poète français

Phidylé

..."L'herbe est molle au soleil sous les frais peupliers,

Aux pentes des sources moussues"...

 

 

 

Hector Malot (1830-1907) romancier français.

Sans famille (tome 1).

..."Nous allions, et, penché sur le bordage, je regardais les peupliers qui, les racines dans l'herbe fraîche, se dressaient fièrement, agitant dans l'air tranquille du matin leurs feuilles toujours émues; leur longue file alignée selon la rive formait un épais rideau vert qui arrêtait les rayons obliques du soleil, et ne laissait venir à nous qu'une douce lumière tamisée par le branchage"...

 

 

 

Paul Verlaine (1844-1896) poète français


L'heure du berger


..."Les fleurs des eaux referment leurs corolles ;

Des peupliers profilent aux lointains,

Droits et serrés, leur spectres incertains ;

Vers les buissons errent les lucioles ;"...


 

 

 

Anna de Noailles (1876-1933) poétesse et romancière française


L'innocence

..."Le frivole soleil et la lune pensive
Qui s'enroulent au tronc lisse des peupliers
Refléteront en nous leur âme lasse ou vive
Selon les clairs midis et les soirs familiers"...

 

 


 

1881

Paul Verlaine (1844-1896) écrivain et poète français 

OEuvres complètes, 

tome 1, Sagesse, 1881, p.275.

..."Cheminons vers la ville au long de la rivière, Sous les frais peupliers, dans la fine lumière"... 
 


 

Charles Le Goffic (1863-1932) Poète français


Recueil : Amour breton (1889).


Les peupliers de Keranroux.


Le soir a tendu de sa brume

Les peupliers de Keranroux.

La première étoile s'allume :

Viens-t'en voir les peupliers roux.

 

Fouettés des vents, battus des grêles,

Et toujours sveltes cependant,

Ils lèvent leurs colonnes grêles

Sur le fond gris de l'occident.

 

Et, dans ces brumes vespérales,

Les longs et minces peupliers

Font rêver à des cathédrales

Qui n'auraient plus que leurs piliers.

 

Vincent van Gogh (1853 - 1890). 1885


 

 

 

Amédée Masclef (1858-1916) Abbé et botaniste français surtout connu pour son ouvrage en trois volumes de 400 planches.

"Atlas des plantes de France" publié à Paris en 1891 et réédité en 1893.

 

Atlas des plantes de France. 1891 

Peuplier tremble

 

 

Peuplier noir

 

 

 

1891

 

Sous les peupliers : souvenir du 6 septembre 1891 : 

valse : pour piano / par Edgard A. Arachtingi,... ; 

illustré pa H. Viollet Arachtingi, Edgard A. Compositeurs

 

 

 

Camille Soubise (1833-1901) / F. Doria  - auteur -

 

 

La Chanson Des Peupliers


Le soir descend sur la colline,

La lune monte dans les cieux

Et les bois fleuris d'aubépine

Sont pleins de bruits harmonieux !

Quelle est cette voix qui soupire

Dans la brume, au déclin du jour ?

On dirait une immense lyre,

Préludant à des chants d'amour !

 

Le vent souffle, dans les ramures,

Dans les genêts, dans les sentiers

Entendez-vous ces doux murmures ?

C'est la chanson des peupliers !

 

Voici le chœur errant des brises,

À leurs accords il vient s'unir,

 

 

 

XX° siècle

 

 

 

1905

Colette (1873-1954) femme de lettres française, également mime, comédienne, actrice et journaliste.

Dialogues de bêtes - 1905, p.121

..."La voix continue du peuplier, ce mât feuillu de monnaies rondes"...

 

 

 

1912

Anatole France (1844-1924) écrivain français, et critique littéraire.

Les Dieux ont soif, 1912, p.167.

..."Sur une cour, où s'élevait un arbre de la liberté, un peuplier, dont les feuilles agitées rendaient un perpétuel murmure, la chapelle (...) présentait son pignon nu"... 

 

 

 

1914 - 1935

Gaston Bonnier, botaniste français.

Flore complète illustrée en couleurs, de France, Suisse et Belgique (comprenant la plupart des plantes d'Europe), tome 10, Paris, E. Orlhac, 1914-1935.

Peuplier noir (2548), peuplier blanc (2549) et peuplier tremble (2550). 

 

 

 

1915

Joris-Karl Huysmans (1848-1907) écrivain et critique d'art français

La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915

..."Ce jardin était silencieux, avec ses allées tombales, ses peupliers étêtés, ses gazons piétinés, à moitié morts"...
 

 

 

Rosemonde Gérard (1866-1953) poétesse française


Recueil : "Les Pipeaux"

 


Les peupliers


Les grands peupliers longent le ruisseau ;

Et vont, d’un air grave,

Reverdis à neuf par le renouveau

Qui fait l’air suave.

 

Un par un, faisant un tremblant rideau

Au torrent qui bavent,

Les grands peupliers longent le ruisseau,

Et vont, d’un air grave.

 

Fiers de tout ce qui se passe là-haut,

Et qu’eux seuls ils savent,

Hochant sur le ciel leur léger plumeau,

Avec des airs graves…

 

Les grands peupliers longent le ruisseau.

 

Ruisseau aux grands peupliers par Henry Moret


 

 

 

Charles-Louis Gatin (1877-1916) botaniste français 

Les arbres, arbustes et arbrisseaux forestiers, Paris, 1932.

 

 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 


Les hauts peupliers

 

Mon père aimait les chênes ;

Ma mère les sorbiers,

Moi, j’aimais les fontaines

Et les hauts peupliers.

 

De ma chambre d’enfant,

Je les voyais jouer

Comme des lévriers

Avec le chat du vent.

 

Leurs jeux, dans le soleil,

Jetaient sur mon cahier

Des ombres mordorées

Et des morceaux de ciel.

 

 Ce qu’ils devenaient calmes

Lorsque tombait le soir !

Sur leurs branches étales,

Ils prenaient des étoiles.

 

Et tout en les berçant,

Me berçais si longtemps

Qu’à mon tour, en rêvant,

Je me voyais, jouant,

Etoile dans le vent.

 

Claude Monet champ et peupliers

 


 

 

Pierre Menanteau (1895-1992) poète français.

 

Peuplier


Peuplier, peuplier,

Arbre si bien lié

Au moindre vent qui passe,

C'est toi, qui, le premier,

Pressentis dans l'espace

Un souffle, on ne sait quoi

Qui devance le froid.

 

Peuplier, peuplier,

Torche d'inquiétude

Erigée en l'été

Que ton feuillage élude,

Ne me crois pas lié

Au froid de ton aubier.

 

Peuplier, peuplier,

Sous mon humaine écorce

J'ai mon chaud, j'ai mon froid

Soumis à d'autres lois

Que celles qui te forcent,

O toi, si bien lié.

 

Alfred Sisley - peupliers


 

 

 

Edmond Rostand (1868-1918) écrivain, dramaturge, poète et essayiste français.

publié dans Le Figaro, le 10 mai 1917 :

 

 (...)

C’est l’heure où l’on sort de son trou

La bouche amère et le cœur mou.

Pour souffrir ce qu’on a souffert,

On remet son chapeau de fer.

Des hommes passent, lourds, pliés,

Et la route est sans peupliers.
 

 

 

Bertolt Brecht (1898-1956) dramaturge, metteur en scène, écrivain et poète allemand.


Traduction Michel Cadot


Le peuplier de la Karlsplatz

 

Un peuplier se dresse sur la Karlsplatz

A Berlin, au milieu du désert.

Les gens qui passent sur la place

Regardent avec plaisir son feuillage vert.

 

Pendant l’hiver de quarante-six

On avait froid et le bois était rare

Bien des arbres furent jetés bas

Et ce fut leur dernière année de vie.

 

Mais le peuplier de la Karlsplatz

Nous montre encore son feuillage vert :

Merci aux habitants de la place

Qui pour nous le conservèrent !
 

 

 

 

Octavio Paz (1914-1998) poète, essayiste et diplomate mexicain,

 


Quatre peupliers

 

Comme derrière elle-même va cette ligne

qui se poursuit dans les limites horizontales

et dans l’occident toujours fugitif

où elle se cherche se dissipe

 

– comme cette même ligne

par le regard levée

change toutes ses lettres

en une colonne diaphane

résolue en une non touchée

ni entendue ni vue mais pensée

fleur de voyelles et de consonnes

– comme cette ligne qui n’en finit pas de s’écrire

et avant de se consumer se redresse

sans cesser de s’écouler mais vers le haut :

les quatre peupliers.

 

Aspirés

par la hauteur vide et là en bas,

dans une flaque faite ciel, dupliquée,

les quatre sont un seul peuplier

et ils n’en sont aucun.

 

Derrière, frondaisons en flammes

qui s’éteignent – le soir à la dérive –

d’autres peupliers déjà haillons spectraux

interminablement ondulent

interminablement immobiles.

 

Le jaune glisse vers le rose,

la nuit dans le violet s’insinue.

 

Entre le ciel et l’eau

il y a une frange bleue et verte :

soleil et plantes aquatiques,

calligraphie ardente

écrite par le vent.

 

C’est un reflet suspendu dans un autre.

 

Passages : palpitations de l’instant.

Le monde perd corps,

il est une apparition, il est quatre peupliers,

quatre mélodies mauves.

 

De fragiles branches grimpent par les troncs.

Elles sont un peu de lumière avec un peu de vent.

 

Va-et-vient immobile. Avec les yeux

je les entends murmurer des paroles d’air.

 

Le silence s’en va avec le fleuve,

revient avec le ciel.

 

Réel est ce que je vois :

quatre peupliers sans poids

plantés sur un vertige.

 

Une fixité qui se précipite

vers le bas, vers le haut,

vers l’eau du ciel dormante

en un svelte effort sans dénouement

pendant que le monde lève l’ancre vers l’obscur.

 

Pulsation de clartés dernières :

quinze minutes assiégées

que Claude Monet voit d’une barque.

 

Dans l’eau s’abîme le ciel,

en elle-même l’eau fait naufrage,

le peuplier est un coup de feu bleu :

ce monde n’est pas solide.

 

Entre être et ne pas être titube l’herbe,

les éléments s’allègent,

les contours s’estompent,

moires, reflets, réverbérations,

scintillement de formes et présences,

brume d’images, éclipses,

nous sommes ce que je vois : miroitements.

 

Claude Monet - quatre peupliers

 

 

 

Léo Ferré (1916-1993) auteur-compositeur-interprète, pianiste et poète franco-monégasque.


Benoit misere 


..."Je n'existe que pour mieux m'extasier devant tout ce que j'invente : 

quand je vois un peuplier, c'est moi qui le fais, à l'instant même, 

et il meurt dès que je meurs à lui"...

 

 

Edmond Vandercammen (1901-1980) peintre et poète belge d'expression française.

 

Le peuplier

 

Le temps est-il ce peuplier

Que j’interroge à ma fenêtre ?

Comme moi, il a ses saisons,

Les songes renaissant

D’une mémoire paysanne,

Mais sa durée est compromise

Par les tempêtes enivrées

Que lui réservent les automnes.

 

 À quelle altitude céleste

Portera-t-il le poids de ses années ?

A mon réveil je le salue :

Il me répond

Par une danse dans le vent.

 

 Je lui propose un long voyage

Dans la campagne des ancêtres :

Il me répond par le gémissement

De ses racines fatiguées.

 


 

 

Roger-André Halique (1938) poète français 

 


Les peupliers


Ecoute dans le matin

Ces arbres qui te parlent !

Ils te disent que le temps passe

Comme les nuages au dessus d’eux

 

Regarde les papillons d’argent

Qui frémissent dans leurs branches !

Ils butinent le soleil

Pour donner du miel à tes yeux

 

Sens-tu ce vent qui te porte ?

S’il est facteur de pollens et de pleurs

C’est en confidence qu’ il te souffle

Que l'Amour est éternel.


 

 

 

La Cathédrale verte

De Groene Kathedraal


1968


Inspiration Cathédrale Notre-Dame de Reims


La Cathédrale verte (en néerlandais : De Groene Kathedraal) est une plantation artistique de peupliers d'Italie (Populus nigra italica) située près d'Almere, aux Pays-Bas et conçue par l'artiste Marinus Boezem qui imite la taille et la forme de la Cathédrale Notre-Dame de Reims. La cathédrale verte mesure 150 m de long et 75 m de large, et les peupliers matures mesurent environ 30 m de haut.


Ce projet de land art a été installé en avril 1987 sur un terrain de polder ; 178 arbres ont été plantés sur une butte, à un demi-mètre au-dessus de la zone environnante. Au cours des années suivantes, certains arbres ont été remplacés en raison des dommages causés par les cerfs et de la pierre a été posée dans le sol pour faire écho aux nervures transversales et aux poutres de soutien de la cathédrale.


Tout juste à proximité, une clairière a été aussi crée plus tard qui reprend exactement l'empreinte de la cathédrale.


 

 

 

René Char (1907-1988) poète et résistant français.


Le Nu perdu, 1971.

 

Effacement du peuplier

 

L’ouragan dégarnit les bois.

J’endors, moi, la foudre aux yeux tendres.

Laissez le grand vent où je tremble

S’unir à la terre où je crois.

 

Son souffle affile ma vigie.

Qu’il est trouble le creux du leurre

De la source aux couches salies !

 

Une clé sera ma demeure,

Feinte d’un feu que le cœur certifie ;

Et l’air qui la tint dans ses serres.


 

 

 

1976

Jacques Prévert, 

éditions Gallimard, 1976, p. 69 

..."Deux amoureux humains - deux rescapés - s'approchèrent d'un peuplier - sur son cœur ils gravèrent - leurs cœurs et leurs noms enlacés - et furent épargnés"...

 

 

Miguel Delibes Setién (1920-2010) écrivain espagnol.

Vieilles histoires de castille 

..."Le village demeure, et il reste quelque chose de chacun, accroché aux collines, aux peupliers et aux champs de blé"...

 

 

1996

Nathalie Tordjman (1956), écrivaine et journaliste

Le Peuplier, Le Nom de l’arbre, Actes Sud, 1996, page 47


..."Arbre d’alignement dressé dans la campagne, le peuplier sert de repère aux voyageurs. Arbre de plantation hors des forêts, il profite à ceux qui vendent son bois. Libre, il colonise les bords des ruisseaux et des fleuves en compagnie de son proche parent, le saule"...
 

 

 

XXI° siècle

 

 

Nâzım Hikmet Ran (1901-1963) poète turc, puis citoyen polonais

(Poésie du Monde – Seghers 2003)


 

Le peuplier

 

L’arbre, on l’admire toute la nuit

Dans l’eau, c’est un cyprès d’argent

Pour Nédime, poète d’Istanbul.

 

Essénine de Riazan

Aime les mariées en blanc

Bouleaux tristes et mélancoliques.

 

Un peuplier frissonne en moi

Où que je sois j’entends sa voix

Depuis que je suis en exil.

 

Comme chaque arbre le peuplier

Se tient debout sa vie durant

Guettant sans répit des choses.

 

Il guette tout au long des routes

Les villages d’Anatolie

Durant l’été chaud et roussi.

 

Il m’a guetté moi aussi

Et il criait dans la nuit

Face aux grilles de la prison.

 

Témoin de nos déchéances

Témoin de notre malchance

Témoin de nos espoirs.

 

Témoin aussi de nos misères

Et du travail de la terre,

Ah ! Sacré peuplier va.

 

Mais chanter les peupliers,

Se contenter de les aimer

A quoi bon, mon cher pays !

 

Penché sur la terre noire

Essuyant mon front en sueur

Je n’ai pu planter un seul peuplier. 


 

 

 

 

2010

Brigitte Broc (Auteur) 

La demeure du peuplier

Poèmes

 


 

2010

Michel Bussi (1965)

Nymphéas noirs (Éditions Presses de la Cité, 2010), 


..."Ce matin d'ailleurs, dehors, le bruit des tronçonneuses était infernal. J'ai appris ça il y a peu de temps. Ils ont décidé, à ce qu'il paraît, de scier quatorze hectares de peupliers.

Oui, abattre des peupliers ! Ici, à Giverny ! D'après ce qu' j'ai compris, ces peupliers ont été plantés au début des années 1980, des petits arbrisseaux de rien du tout à l'époque, sans doute pour rendre le paysage plus impressionniste encore. Sauf que, depuis, des spécialistes, d'autres sûrement, ont expliqué que ces peupliers n'existaient pas du temps de Monet, que le paysage de la prairie qu'admirait le peintre à la fenêtre de sa maison était ouvert, et que plus les peupliers poussent, plus leur ombre recouvre le jardin, l'étang, les nénuphars... Et moins l'arrière-plan des tableaux de Monet devient reconnaissable à l'horizon par les touristes. Donc, c'est apparemment décidé, après avoir planté les peupliers, maintenant, on les coupe ! Pourquoi pas après tout, si ça les amuse. Il y a des Givernois qui gueulent, d'autres qui applaudissent. Moi, je vais vous dire, aujourd'hui, je m'en fous"...
 

 

 

2011

Philippe Conter

Déjà l'automne chez les peupliers


 

 

 

Mythes et légendes

 


- Autrefois, le peuplier etait lié aux Enfers, la douleur et au sacrifice, ainsi qu'aux larmes.

 
- Le peuplier noir est aussi un arbre fécond lié aux rites conjugaux. 


- si une jeune fille glisse sous son oreiller trois feuilles de peuplier, elle rêvera de son fiancé.


- Autrefois, dans la campagne de Bologne, à la naissance d’une fille, on plantait, si on le pouvait, jusqu’à mille peupliers ; et on en prenait grand soin jusqu’au mariage de la jeune fille ; alors on les coupait, et le prix de la vente était la dot de la mariée. 


- En Sicile, ce peuplier, qu’on appelait sainte poutre, était coupé à la veille de la Saint-Jean. Il symbolisait alors la plus grande ascension solaire et la chute qui la suit. 


- le peuplier est l'arbre de cérémonie amérindienne de la danse du Soleil.


- Méditer sous un peuplier, aide à oublier les choses futiles, pour accéder à votre paix intérieure.

 

 

 

Signification du peuplier

 


C'est l'arbre de la mélancolie, du souvenir des êtres disparus...

Le peuplier est aussi toujours porteur d'espoir et promesse de régénérescence.


- Symbole de liberté, arbre du peuple, un peuplier (d'où son nom tiré du latin Populus), préféré au chêne depuis la révolution française est planté en place publique dans de nombreuses communes de France.

Peuplier noir : le courage

Peuplier blanc : le temps, le courage d'entreprendre et la patience.

 


 

Utilisation du peuplier

 


La France est aujourd’hui le premier exportateur européen de bois de peuplier et le deuxième mondial.

 


Usage

 


- Les cultures en alignements

Les plantations en alignements sont largement pratiquées à travers le monde. 


- Le peuplier est largement utilisé comme brise-vent (Populus nigra var. ‘Italica’), dans la lutte contre l'ensablement, comme arbre de bord de route ou canal), pour l'ombrage ou pour leurs qualités ornementales.


- C'est un bois blanc tendre et léger  est facile à coller, à teindre, à peindre, à clouer et à agrafer, mais il se scie et se ponce difficilement.


- Les belles billes servent au déroulage. On en fait des panneaux (lattes, contreplaqués), boîtes à fromage, emballages légers et  bourriches. On l'utilise pour la fabrication de petits meubles. La qualité inférieure sert généralement pour la fabrication de palettes, de cagettes ou de pâtes à papier.


-  Au siècle dernier, dans les régions de production, il servait de bois de charpente; léger et résistant, on l'utilisait comme volige, chevron ou poutre en tronc entier.


- Les peupliers sont cultivés de façon industrielle par des "populiculteurs" dans des zones dédiées dites peupleraies ou ramiers en région toulousaine.


- Le peuplier fait partie des plantes pouvant absorber et dégrader le trichloroéthylène (TCE), un polluant fréquent des nappes dans les régions industrielles et urbaines.

 

 

 

Vertus médicinales 

 

- Son écorce comme celle du saule a été utilisée pour combattre la fièvre.

 
- L'emploi de ses feuilles, bourgeons ou jeunes rameaux, pour leurs propriétés diurétiques et antirhumatismaux. 


- En usage externe, on l'utilisait dans des pommades cicatrisantes. Sous forme de poudre de charbon de bois, il est toujours employé pour lutter contre l'aérophagie.


- Les bourgeons parfumés et résineux du peuplier baumier sont largement utilisés pour fabriquer des pommades apaisantes, appliquées sur les plaies ouvertes, blessures et infections. Le peuplier baumier contient de la salicine, un analgésique


- Les amérindiens utilisaient sa résine contre les maladies de peau.

 

 

 

Peupliers remarquables

 

 

Peuplier d'Italie - populus italica


un spécimen dans la commune de Charmes-sur-l'Herbasse (Drôme) mesure 9,65 m de circonférence, 

 

 


peupliers de Caroline - Populus x canadensis, 


Au Parc Lafontaine, quelques spécimens mesurent plus de 2 m de diamètre. 


 

 

Pando, âgé de 80.000 ans

Pando serait le plus grand et le plus vieil organisme végétal au monde.

Pando (qui, en latin, signifie "je m'étends") est le nom donné à une immense colonie clonale de peupliers faux-trembles (Populus tremuloides), située à l'ouest des États-Unis dans l'Utah,aux États-Unis, cette forêt de 43 hectares se compose de 47.000 arbres génétiquement identiques et reliés à un seul et même système racinaire. 


 

 

 

 

 

Les peupliers dans l'art

 

 

André Brasilier (1929-2021) peintre français,

Les peupliers bleus , 1929-2021


 


Max Beckmann (1884-1950) peintre et dessinateur allemand

Paysage avec peupliers


 

 

Salvador Dalì (1904-1989) peintre, sculpteur, graveur

Madrid architecture et peupliers


 

 

Henri Joseph Harpignies (1839-1916) peintre

Peupliers


 

 

Utagawa Hiroshige  (1797-1858) dessinateur, graveur et peintre japonais.

estampe 13, 

douzième station des Cinquante-trois Stations du Tōkaidō, 1833-34.  

Numazu-juku


 

 

Katsushika Hokusaï  (1760-1849) peintre, dessinateur et graveur 

Hodogoya sur la route du Tokaido, 

trente-sixième des Trente-six vues du mont Fuji, vers 1830.


 

 

Paul Klee (1879-1940) peintre allemand 

Paysage avec peupliers


 

 

Gustav Klimt (1862-1918) peintre symboliste autrichien

Le grand peuplier

 

 

Gustav Klimt (1862-1918) peintre symboliste autrichien

Orage approchant (Le Grand Peuplier II)

 

 

 

1891 

Gustave Loiseau peintre postimpressionniste français.

Les peupliers

 

 

Gerhard Marcks (1889-1981)

Peuplier isolé


 

 

Henri Martin peintre post-impressionniste français.

Les peupliers, 1934 

Musée d’art moderne de la ville de Paris

 

 

 

Claude Monet  (1840-1926) peintre français

Sous les peupliers, effet de soleil, 1887,

Staatsgalerie Stuttgart.

 

 

 

Claude Monet  (1840-1926) peintre français

De l'été à l'automne 1891

"Les Peupliers" série de vingt-trois tableaux impressionnistes 

 

Peupliers près de Giverny, temps couvert

Moa Museum Art


 

Rangée de peupliers en automne 

Collection privée

 

 

Peupliers au bord de l'Epte, automne    

collection privée

 

 

Les Peupliers, effet blanc et jaune 

Philadelphia Museum of Art  

 

 

Les Peupliers au bord de l'Epte  

Tate Modern Londres

 

 

Effet de vent, série des peupliers

Musée d'Orsay - Paris

 

 

Les Trois Arbres, temps gris

collection privée


 

 

Les Trois Arbres, printemps

Dallas Museum of Art24

 

 

Les Trois Arbres, été

The National Museum of Western Art Tokyo

 

 

Trois Peupliers, effet d'automne

collection privée

 

 

Les Peupliers, trois arbres roses, automne

Philadelphia Museum of Art

    

 

Les Trois arbres, automne 

collection privée

 

 

Les Quatre peupliers

Metropolitan Museum of Art

 

 

Peupliers sur l'Epte    

National Gallery of Scotland

 

 

Peupliers au bord de l'Epte, vue du marais    

collection privée

 

 

Peupliers, vus du marais    

Fitzwilliam Museum


 

 

Pierre Eugène Montézin (1874-1946) peintre post-impressionniste français

Ruisseau bordé de peupliers


 

 

Francis Picabia (1879-1953) peintre, dessinateur et écrivain français,

Les Peupliers, Moret-sur-Loing

 

 

 

 

Egon Schiele  (1890-1918) peintre et dessinateur autrichien rattaché au mouvement expressionniste.

La querelle du peuplier Soleil d’automne par (1912) Leopold Museum, Vienne


 


Paul Sérusier  (1864-1927) peintre postimpressionniste français,

Paysage d'automne aux trois peupliers - 

 

 

Alfred Sisley (1839-1899) artiste peintre et graveur anglais, 

Ligne de Peupliers à Moret sur Loing

 

 

L'allée des peupliers au bord du Loing (1892)

collection particulière. 


 

 

Vincent van Gogh (1853-1890) peintre et dessinateur néerlandais.

Allées de peupliers en automne, Nuenen 1884

musée Van Gogh d'Amsterdam

 

 

 

Vincent van Gogh (1853-1890) peintre et dessinateur néerlandais.

Verger en fleurs avec peupliers


 

 

Pierre-Eugène Vibert (1875-1937) artiste peintre, dessinateur, illustrateur et graveur suisse 

Les peupliers - 1904


 

 

Einar Wegener (Lily Elbe) artiste peintre

Peuplier sur Hobro


 

 

 

Pour en savoir plus : 


. Jean-Marie Pelt - Les Langages secrets de la nature (Éditions Fayard, 1996), 


. Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842


. Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982), 


. Jean Gadant, auteur de l'article intitulé "Les arbres du souvenir et de la Liberté." (Revue Forestière Française, 1989) 


. Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes ( (Hachette Livre, 2000) 


. Annie Pazzogna, auteure de Totem, Animaux, arbres et pierres, mes frères, Enseignement des Indiens des Plaines, (Le Mercure Dauphinois, 2008, 2012, 2015),


. Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),

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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 14:00

 

 

Camille Soubise (1833-1901) / F. Doria, auteur -

 

 

La Chanson Des Peupliers

 


Le soir descend sur la colline,

La lune monte dans les cieux

Et les bois fleuris d'aubépine

Sont pleins de bruits harmonieux !

Quelle est cette voix qui soupire

Dans la brume, au déclin du jour ?

On dirait une immense lyre,

Préludant à des chants d'amour !

 

Le vent souffle, dans les ramures,

Dans les genêts, dans les sentiers

Entendez-vous ces doux murmures ?

C'est la chanson des peupliers !

 

Voici le chœur errant des brises,

À leurs accords il vient s'unir,

Camille Soubise (1833-1901) / F. Doria,  - auteur - La Chanson Des Peupliers
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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 13:15

 

 

 

Edmond Vandercammen (1901-1980) peintre et poète belge d'expression française.

 

 

 

Le peuplier

 

 

Le temps est-il ce peuplier

Que j’interroge à ma fenêtre ?

Comme moi, il a ses saisons,

Les songes renaissant

D’une mémoire paysanne,

Mais sa durée est compromise

Par les tempêtes enivrées

Que lui réservent les automnes.

 

 

 À quelle altitude céleste

Portera-t-il le poids de ses années ?

A mon réveil je le salue :

Il me répond

Par une danse dans le vent.

 

 

 Je lui propose un long voyage

Dans la campagne des ancêtres :

Il me répond par le gémissement

De ses racines fatiguées.
 

 
Edmond Vandercammen (1901-1980) - peintre et poète belge d'expression française - Le peuplier
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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 13:10

 

 

Nâzım Hikmet Ran (1901-1963) poète turc, puis citoyen polonais

(Poésie du Monde – Seghers 2003)


 

Le peuplier

 

L’arbre, on l’admire toute la nuit

Dans l’eau, c’est un cyprès d’argent

Pour Nédime, poète d’Istanbul.

 

Essénine de Riazan

Aime les mariées en blanc

Bouleaux tristes et mélancoliques.

 

Un peuplier frissonne en moi

Où que je sois j’entends sa voix

Depuis que je suis en exil.

 

Comme chaque arbre le peuplier

Se tient debout sa vie durant

Guettant sans répit des choses.

 

Il guette tout au long des routes

Les villages d’Anatolie

Durant l’été chaud et roussi.

 

Il m’a guetté moi aussi

Et il criait dans la nuit

Face aux grilles de la prison.

 

Témoin de nos déchéances

Témoin de notre malchance

Témoin de nos espoirs.

 

Témoin aussi de nos misères

Et du travail de la terre,

Ah ! Sacré peuplier va.

 

Mais chanter les peupliers,

Se contenter de les aimer

A quoi bon, mon cher pays !

 

Penché sur la terre noire

Essuyant mon front en sueur

Je n’ai pu planter un seul peuplier. 

Nâzım Hikmet Ran (1901-1963) - poète turc, puis citoyen polonais - Le peuplier
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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 13:10

 

 

René Char (1907-1988) poète et résistant français.


Le Nu perdu, 1971.

 

Effacement du peuplier

 

L’ouragan dégarnit les bois.

J’endors, moi, la foudre aux yeux tendres.

Laissez le grand vent où je tremble

S’unir à la terre où je crois.

 

Son souffle affile ma vigie.

Qu’il est trouble le creux du leurre

De la source aux couches salies !

 

Une clé sera ma demeure,

Feinte d’un feu que le cœur certifie ;

Et l’air qui la tint dans ses serres.

René Char (1907-1988) - poète et résistant français - Effacement du peuplier
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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 13:10

 

 

Octavio Paz (1914-1998) poète, essayiste et diplomate mexicain,

 


Quatre peupliers

 

Comme derrière elle-même va cette ligne

qui se poursuit dans les limites horizontales

et dans l’occident toujours fugitif

où elle se cherche se dissipe

 

– comme cette même ligne

par le regard levée

change toutes ses lettres

en une colonne diaphane

résolue en une non touchée

ni entendue ni vue mais pensée

fleur de voyelles et de consonnes

– comme cette ligne qui n’en finit pas de s’écrire

et avant de se consumer se redresse

sans cesser de s’écouler mais vers le haut :

les quatre peupliers.

 

Aspirés

par la hauteur vide et là en bas,

dans une flaque faite ciel, dupliquée,

les quatre sont un seul peuplier

et ils n’en sont aucun.

 

Derrière, frondaisons en flammes

qui s’éteignent – le soir à la dérive –

d’autres peupliers déjà haillons spectraux

interminablement ondulent

interminablement immobiles.

 

Le jaune glisse vers le rose,

la nuit dans le violet s’insinue.

 

Entre le ciel et l’eau

il y a une frange bleue et verte :

soleil et plantes aquatiques,

calligraphie ardente

écrite par le vent.

 

C’est un reflet suspendu dans un autre.

 

Passages : palpitations de l’instant.

Le monde perd corps,

il est une apparition, il est quatre peupliers,

quatre mélodies mauves.

 

De fragiles branches grimpent par les troncs.

Elles sont un peu de lumière avec un peu de vent.

 

Va-et-vient immobile. Avec les yeux

je les entends murmurer des paroles d’air.

 

Le silence s’en va avec le fleuve,

revient avec le ciel.

 

Réel est ce que je vois :

quatre peupliers sans poids

plantés sur un vertige.

 

Une fixité qui se précipite

vers le bas, vers le haut,

vers l’eau du ciel dormante

en un svelte effort sans dénouement

pendant que le monde lève l’ancre vers l’obscur.

 

Pulsation de clartés dernières :

quinze minutes assiégées

que Claude Monet voit d’une barque.

 

Dans l’eau s’abîme le ciel,

en elle-même l’eau fait naufrage,

le peuplier est un coup de feu bleu :

ce monde n’est pas solide.

 

Entre être et ne pas être titube l’herbe,

les éléments s’allègent,

les contours s’estompent,

moires, reflets, réverbérations,

scintillement de formes et présences,

brume d’images, éclipses,

nous sommes ce que je vois : miroitements.

Claude Monet - les peupliers 1891

Claude Monet - les peupliers 1891

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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 13:09

Bertolt Brecht (1898-1956) dramaturge, metteur en scène, écrivain et poète allemand.


Traduction Michel Cadot 


Le peuplier de la Karlsplatz

 

Un peuplier se dresse sur la Karlsplatz

A Berlin, au milieu du désert.

Les gens qui passent sur la place

Regardent avec plaisir son feuillage vert.

 

Pendant l’hiver de quarante-six

On avait froid et le bois était rare

Bien des arbres furent jetés bas

Et ce fut leur dernière année de vie.

 

Mais le peuplier de la Karlsplatz

Nous montre encore son feuillage vert :

Merci aux habitants de la place

Qui pour nous le conservèrent !

Bertolt Brecht (1898-1956) - écrivain et poète allemand -  Le peuplier de la Karlsplatz
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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 13:08

 

 

Pierre Menanteau (1895-1992) poète français.

 

Peuplier


Peuplier, peuplier,

Arbre si bien lié

Au moindre vent qui passe,

C'est toi, qui, le premier,

Pressentis dans l'espace

Un souffle, on ne sait quoi

Qui devance le froid.

 

Peuplier, peuplier,

Torche d'inquiétude

Erigée en l'été

Que ton feuillage élude,

Ne me crois pas lié

Au froid de ton aubier.

 

Peuplier, peuplier,

Sous mon humaine écorce

J'ai mon chaud, j'ai mon froid

Soumis à d'autres lois

Que celles qui te forcent,

O toi, si bien lié.

Alfred Sisley - peupliers

Alfred Sisley - peupliers

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