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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 21:13

 

 

Mythologie grecque

 

La jacinthe

 

 

 

La jacinthe est très décorative et parfumée, avec des fleurs cireuses qui s'ouvrent en étoiles, petites clochettes simples ou doubles se répartissant régulièrement tout autour de la tige et dégageant un parfum enivrant.

 

C'est une palette unique de couleurs et de teintes pastel, bleu, violet, blanc, carmin, rose, abricot, et jaune,  qui dessinent la forme étoilée de ses pétalesElle peut porter jusqu'à quarante fleurs, sur une épaisse tige simple entourée de feuilles rubanées, à nervures parallèles vert clair.

 


..."La jacinthe est la fleur la plus douce... 

Que les vagues dans l'air d'été "... 


Emily Brontë (1818 - 1848) poétesse et romancière britannique,
extrait du poème "The Bluebell"
 


 

 

 

 

La jacinthe est une plante à bulbe, appartenant au genre Hyacinthus et à la famille des Hyacinthacées (autrefois classées dans la grande famille des Liliacées). La jacinthe est originaire des régions méditerranéennes notamment la Turquie, du Moyen-Orient et d’Asie centrale.


Le nom vient de la mythologie grecque : Hyacinthe fut tué accidentellement par le dieu Apollon, celui-ci transforma alors les gouttes de sang en fleurs (jacinthes).


La fleur "jacinthe" s'est trouvée sous les formes iacinthe (1549), jacynthe, jacinte, jacinthe (1694), jacinthe, jacynthe (1718), jacinthe, jacinte (1762), jacinthe (1835). 


La jacinthe appartient  à la famille des Hyacinthacées. 


Ce sont des plantes monoïques à fécondation entomophile.


Simples à cultiver, les jacinthes sont  très jolies dans le jardin.  A partir de janvier, les pots de bulbes prêts à fleurir, peuvent être placés sur un balcon ou une terrasse.


La floraison, intervient au cours du printemps. Les bulbes peuvent être forcés en serre (traitement thermique des bulbes) de telle sorte que la floraison intervient alors pour les fêtes de Noël. 


 

 

 

Famille des Pontederiaceae


La jacinthe d'eau - camalote - (Eichhornia crassipes) 


Grande Plante aquatique des rivières, canaux et lacs des régions tropicales, originaire d'Amérique du Sud certainement de la cuvette amazonienne et des grands lacs et marais de la région du Pantanal dans l'ouest du Brésil.  
 

La jacinthe d'eau (Eichhornia crassipes) aux belles fleurs pourpres à violettes, a été transportée depuis plus d’un siècle sur toute la planète pour son intérêt horticole dans les bassins extérieurs. 
Cette dispersion volontaire a fait de cette espèce l’une des plus envahissantes au monde, causant des dégradations de la diversité biologique et des dommages aux usages dans les très nombreux milieux aquatiques colonisés.


 

 

 

Famille des Asparagacées 

 

Jacinthe des bois (Hyacinthoides non-scripta) -  scille - scilla - Jacinthe sauvage - Endymion nutans  

...La jacinthe des bois était autrefois nommée Endymion,

Dans la mythologie grecque, Séléné, la déesse de la Lune, tomba éperdument amoureuse d'Endymion fils d'Ethlios, premier souverain d'Elide. Séléné obtient pour lui qu'il conserve sa beauté dans un sommeil éternel dans une grotte du mont Latmos en Carie...

Par ses fleurs à l’allure pendante à l’extrémité d’une hampe florale elle-même mollement penchée vers le sol, la jacinthe des bois peut donner l’impression d’être endormie !

et du latin nutans : penché.


Les scilles (Scilla) ou jacinthes des bois sont des fleurs printanières de sous-bois où elle forme de vastes tapis colorés et odorants au printemps, qui se composent d'une hampe florale portant des fleurs bleu violet en forme de clochettes dentelées rappelant une étoile, du plus bel effet. Autour de cette hampe florale s'organisent des feuilles longues, fines et lisses au port retombant, qui sont semi-persistantes.

 

 

 

Jacinthe "romaine"  (Bellevalia romana) - jacinthe albulus - jacinthe romanus


Elle peut soit désigner une forme de  "parisienne" à fleur blanche naturalisée dans le sud de la France, soit une plante différente : Bellevalia romana (syn. Hyacinthus romanus). D'origine méditerranéenne elle est plus petite et porte des fleurs blanches. Elle est moins résistante au froid.


 

 

 

La jacinthe "de Pallas" - Hyacinthella 


Hyacinthella est un genre de plantes à fleurs bulbeuses, originaire de l'Europe de l'est et du sud-est jusqu'au nord de l' Iran , atteignant aussi loin au sud que la Palestine . La Turquie est le principal pays dans lequel se trouvent des espèces. 


Les espèces de Hyacinthella poussent à partir de bulbes dont les tuniques portent souvent des cristaux blancs poudreux, deux ou trois feuilles basales. Les inflorescences sont constituées de courtes  grappes, de fleurs tubulaires, chacune avec six lobes courts, dans des couleurs allant du bleu pâle au violet foncé. Elles poussent dans des habitats rocheux, comme les coteaux chauds et secs en été.


 

 

 

La scille lis-jacinthe -  jacinthe des Pyrénées - Tractema lilio-hyacinthus (L.) Speta (Syn. : Scilla lilio-hyacinthus L.), 


C'est une petite plante herbacée printanière à fleurs bleu violacé. L'épithète spécifique évoque la ressemblance de ses feuilles avec celles des jacinthes et de son bulbe avec celui des lys.


 

 

 

Le muscari  - jacinthe à grappes - jacinthe raisin

 

C'est une plante ornementale rustique originaire de la Turquie et du Caucase, de la famille des Asparagacées : elle supporte les grands froids. 

Au stade de plantule, les muscaris ne présentent qu'un seul cotylédon, ce qui le classe parmi les Monocotylédones. 

Cette plante à bulbe vivace est caractérisée par des fleurs bleues en forme de clochette, sur des tiges nues, des feuilles caduques, d'une couleur vert vif, partent de la base de la plante, formant une touffe érigée. La floraison se produit de mars à mai et dégage un parfum légèrement musqué, d'où le nom de muscari.

La Jacinthe à grappes a la capacité de se multiplier et de s'étendre toute seule grâce aux fleurs fanées tombantes. Les fleurs de Jacinthe à grappes cueillies peuvent ornementer des bouquets frais.

Le muscari est l'une des quatre plantes retrouvées dans la tombe d'un individu néandertalien, à Shanidar, un site archéologique en Irak.

 


 

 

 

Espèces et variétés de jacinthes


Les nombreuses variétés de jacinthes, hybrides pour la plupart, que l’on trouve couramment sont toutes issues de Hyacinthus orientalis.

 


Jacinthe "de Hollande"  - Grande jacinthe -  Hyacinthus orientalis; 


La Jacinthe d'Orient communément appelée simplement "jacinthe" (Hyacinthus orientalis L.) est une plante bulbeuse le plus couramment cultivée pour ses fleurs parfumées et colorées.


Au début du XX° siècle il y eut des bulbes de très petit calibre produisant une tige florale moins dense vendue sous le nom de "cynthella". Cette présentation n'est plus produite.


 

 

 

Jacinthe "parisienne" - jacinthe provincialis.


Nom ancien Hyacinthus provincialis Jord, maintenant admis comme synonyme du nom principal. Elle fleurissent plus tôt que les "hollandaises" et produisent plusieurs tiges florales par bulbe.


Les fleurs sont moins nombreuses sur une tige et peuvent être blanches, bleues ou roses, parfois doubles. Les pétales sont plus étroits que la jacinthe "de Hollande" et sont plus incurvés. En culture en pleine terre, elle se multiplie facilement pouvant former un petit tapis au fil des ans.


 

 

 

Jacinthe "multiflore" - jacinthe fairy - jacinthe festival 


Depuis quelques années sont commercialisées des jacinthes dites "multiflores"  le plus souvent bleues, roses et blanches.  Ce sont en fait des bulbes de variétés classiques. 


Produite dans les années 1940 par George van Veld par croisement entre "parisienne" et "hollandaise", elles fleurissent plus tôt que les "hollandaises" et produisent naturellement plusieurs tiges florales par bulbe avec des fleurs ressemblant aux "hollandaises" mais disposées de façon moins serrée sur la hampe et au parfum plus prononcé. En pleine terre, elle se multiplie facilement. 


 

 

 

Cultivars

 

Depuis les débuts de la sélection plusieurs milliers de cultivars ont été créés dont la plupart n'existent plus. .
On peut citer parmi les plus courants :

 

Cultivar «Delft Blue»


Violet
violet très foncé presque noir : Kronos, Amethyst, Dr Lieber, Lord Balfour, Marie, Mauve Queen

 

Bleu
bleu-violet et bleu ciel à l’intérieur : Perle brillante
bleu foncé : Indigo King, King of the Blues
bleu porcelaine : Delft Bleu, Grand Maître
bleu ciel : Bismarck, Myosotis
bleu bordé de blanc : Sky Jacket

 

Jaune
jaune d'or : Prins Hendrik, Yellow Hammer
jaune clair : City of Haarlem

 

Orange
saumonée : Gipsy Queen
orange, rose, saumon en mélange : Oranje Boven

 

Rouge
rouge vif : La Victoire
rouge rose : Jan Bos
rouge écarlate : Tubergen’s Scarlet
rouge bordeaux : Woodstock

 

Blanc
Arendse, Arentine, Carnegie, Edelweiss
ivoire : L'Innocence

 

Rose
rose vif : 'Marconi', 'Pink Pearl'
rose clair : 'Anne-Marie', 'Kronprinses', 'Lady Derby', 'La Victoire', 'Queen of the Pinks'

 

Fleurs doubles
bleues : Crystal Palace', 'General Köhler'
blanches : 'Ben Nevis', 'Madame Sophie'
rose franc : 'Pink Royal',
rose vif : 'Hollyhock' (très odorante),
rose pastel : 'Rose De Naples'

 

Les fleurs des jacinthes sont comestibles, mais ses bulbes sont toxiques

Penhars Infos Quimper - champ de jacinthes La Torche - Bretagne

 

 

Intérêt apicole 


Par sa floraison bien souvent abondante, et même si elle ne produit que des quantités modérées de pollen et de nectar, la jacinthe des bois n’est pas négligeable.

Il est vrai qu'elle produit peu de nectar ni de pollen, mais elle est très prisée par les abeilles, surtout les colonies en pleine reprise d'activité. Elles trouvent dans la fleur de la jacinthe des bois, une source de nourriture intéressante.


 

 

 

Mythologie grecque

 

Ovide (43 av. J.-C.-17 ou 18 ap. J.-C.) poète latin de l'Empire romai

Les Métamorphoses. livre X

(Trad. et notes de A.-M. Boxus et J. Poucet, Bruxelles, 2008)

 

Hyacinthe (10, 162-219)

 

Un jour, les deux jeunes gens décident de se mesurer au lancement du disque. Apollon démontra son talent et sa force en lançant un disque qui retomba sur le sol, rebondit et alla frapper mortellement Hyacinthe au visage. Malgré tous ses efforts et en dépit de son art de guérisseur, Apollon ne put le sauver. (10, 175-195)

Inconsolable, Apollon se considère responsable de la mort de son bien-aimé et, pour perpétuer sa mémoire, il annonce sa métamorphose en une fleur, ajoutant que cette fleur sera liée aussi à un autre personnage, un héros très vaillant. Aussitôt du sang d'Hyacinthe répandu sur le sol jaillit une fleur pourpre, ressemblant à un lis et portant sur ses pétales les lettres AI AI en souvenir des gémissements du dieu, lettres jugées comme funèbres. La Laconie, fière de son héros, perpétue ces souvenirs par une fête annuelle, les Hyacinthies. (10, 196-219).

 


Toi aussi, fils d'Amyclas, Phébus t'aurait installé dans l'éther,

si les destins sévères lui avaient donné le temps de t'y placer.

Dans la limite possible pourtant, tu es éternel ; chaque année,

 Le printemps chasse l'hiver, et le Bélier, les Poissons pluvieux,

chaque fois aussi, toi, tu apparais et fleuris dans le vert gazon.

Mon père t'a aimé plus que tous les autres, et Delphes,

centre du monde, fut alors privée de son dieu protecteur

quand il hantait l'Eurotas et Sparte, la ville sans remparts.

Il n'honore plus sa cithare ni ses flèches ; oubliant qui il est,

il ne refuse pas de porter tes filets, de tenir tes chiens,

Il entretient sa flamme, habitué à ta présence constante.

 

Déjà Titan avait presque atteint le milieu de sa course,

 entre crépuscule et aube, à distance égale du matin et du soir.

Ils enlèvent leurs vêtements et tout luisants de l'huile qui les enduit,

ils s'apprêtent à se mesurer au lancement d'un large disque.

Phébus, après l'avoir d'abord balancé, envoya dans les airs

le disque qui par son poids déchira les nuages sur son passage.

Après un long moment, le lourd objet retomba sur la terre ferme,

démontrant tout à la fois le talent et les forces du dieu.

Aussitôt, étourdiment, poussé par l'ardeur du jeu,

le fils du Ténare se précipite pour ramasser le disque.

Mais celui-ci rebondit sur la terre durcie qui te l'envoya

en plein visage, Hyacinthe. Le dieu, devenu aussi pâle

que l'enfant lui-même, recueille ses membres défaillants.

Tantôt il veut te ranimer, tantôt il éponge la cruelle blessure,

tantôt, à l'aide d'herbes, il cherche à retenir ta vie qui fuit.

Son art n'est d'aucun secours ; la blessure était incurable.

De même que, si quelqu'un brisait dans un jardin bien irrigué,

des plants de giroflées, de pavots ou de lis hérissés de fauves étamines,

leurs fleurs soudain fanées laisseraient retomber une tête flétrie

et, incapables de se soutenir, se tourneraient vers la terre ;

ainsi son visage mourant s'est affaissé, et privé de vigueur,

son cou même est trop lourd et retombe sur son épaule.

 

“ Tu succombes, fils d'Oebalus, frustré de ta première jeunesse ”,

dit Phébus, “ et je vois ta blessure, qui m'est un reproche.

Tu me rappelles ma douleur et mon crime ; ton trépas doit porter

une inscription de ma main ; c'est moi le responsable de ta mort.

 Pourtant, quelle est ma faute ? Peut-on en effet taxer de faute

le fait d'avoir joué, peut-on appeler faute le fait d'avoir aimé ?

Ah ! Que je voudrais rendre l'âme avec toi, comme je le mérite !

Puisque la loi du destin me l'interdit, tu seras présent en moi

éternellement, et ton nom sera sur mes lèvres fidèles à ta mémoire.

 Ma lyre, sous mes doigts, et mes chants retentiront pour toi

 et, fleur nouvelle marquée d'une inscription, tu symboliseras mes plaintes.

Viendra aussi un temps où le plus vaillant des héros

aura son nom sur les mêmes pétales et s'ajoutera à cette fleur. ”

Tandis qu' Apollon à la bouche véridique tient ces propos,

 Voici que le sang, qui avait taché l'herbe en s'écoulant sur le sol,

cessa d'être du sang et, plus brillante que la pourpre tyrienne,

une fleur éclôt, qui par sa forme ressemblerait aux lis,

si elle n'était pas pourpre et si les lis n'étaient pas argentés.

Phébus – il est en effet l'auteur de cet honneur – ne s'en tint pas là

 il grava ses propres plaintes sur les pétales, et les lettres AI AI

se lisent sur la fleur, inscription considérée comme un signe de deuil.

Et Sparte n'a pas honte d'avoir vu naître Hyacinthe,

encore honoré en notre siècle : chaque année, selon un rite ancestral,

des processions solennelles doivent célébrer les Hyacinthies.

 

Nicolas-René Jollain (1732-1804) Hyacinthe channgé en fleurs (1769)

 

 

 

 

 

Selon  d'autres versions


mythologie grecque,

 

Maurus Servius Honoratus, dit Servius, grammairien païen de la fin du IV° siècle, réputé parmi ses contemporains comme l'homme le plus instruit de sa génération en Italie ;


Zéphyr est le fils d'Astréos (ou d'Éole, le maître des Vents) et d'Éos (l'Aurore). Il est souvent mentionné en compagnie de son frère Borée, le vent du nord. C'est la personnification du vent de l'ouest ou du nord-ouest. Son équivalent romain est Favonius.

 

...Hyacinthe est un jeune homme d'une grande beauté, aimé d'Apollon et de Zéphyr. Il trouve la mort car Zéphyr était jaloux qu'Apollon fût aussi amoureux, alors il dévia le disque d'Apollon qui frappa Hyacinthe à la tempe, ce qui le tua. De son sang naît une fleur qui porte son nom. 

 

René Jallain Hyacinthe et Apollon

 

 

 

Borée littéralement "vent du nord", est le fils d'Éos (l'Aurore) et d'Astréos (le maître des vents), et le frère de Zéphyr. Il est la personnification du vent du nord, l'un des quatre vents directionnels.

 


...D'une beauté exceptionnelle, Hyacinthe est aimé d'Apollon et de Borée. Alors qu'Apollon lui apprend à lancer le disque, Borée, jaloux le dévie. Hyacinthe frappé à la tempe par le disque, meurt. De son sang naissent des fleurs qu'on appelle, d'après le nom du jeune homme, des jacinthes. Les pétales de la fleur portent le mot ΑΙ, cri de lamentation d'Apollon

 

Benjamin West (1738-1820) Mort de Hyacinthe

 

 

 

Pseudo-Apollodore - Bibliotheca - II° siècle


Bibliothèque d'Apollodore, est une compilation de mythes grecs, composée aux alentours du II° siècle. L'auteur, qui est inconnu, est communément appelé Apollodore ou Pseudo-Apollodore.


Dans la mythologie grecque,

 

Hyacinthe était un très beau prince spartiate et amoureux du dieu Apollon . La jacinthe était également admirée par le dieu du vent d'ouest Zephyrus , le dieu du vent du nord Boreas et aussi par un homme mortel nommé  l'aède thrace Thamyris . Mais Hyacinthe a choisi Apollon. Avec lui, il a visité toutes les terres sacrées d'Apollon dans le char tiré par des cygnes. Apollon lui a enseigné  l'utilisation de l'arc, de la musique et de la lyre, l'art de la prophétie et les exercices dans le gymnase. 


Un jour, Apollon lui apprenait le jeu du quoit . Ils ont décidé d'organiser une compétition amicale en se relayant pour lancer le disque. Apollon lança le premier, avec une telle force que le disque fendit les nuages ​​dans le ciel. Hyacinthe voulant impressionner Apollon,  courut derrière lui pour attraper le disque et l'impressionner. Mais lorsque le disque a touché le sol, il a rebondi, frappant la tête de Hyacinthe et le blessant mortellement. 


Alternativement, Zephyr est tenu responsable de la mort de Hyacinthe; jaloux que Hyacinthe préférait le radieux Apollon, Zephyr fit sauter le quoit d'Apollon bruyamment pour tuer Hyacinthe.


Le visage d'Apollon pâlit alors qu'il tenait son amant mourant dans ses bras. Il a utilisé toutes ses compétences médicinales, et a même essayé de donner de l' ambroisie pour guérir la blessure de Hyacinthe, mais en vain, car il ne pouvait guérir une blessure infligée par le Destin . 


Lorsque Hyacinthe mourut, Apollon a pleuré, se blâmant. Il souhaitait devenir mortel et rejoindre son amant dans la mort. Cependant, comme cela n'était pas possible, Apollon promit qu'il se souviendrait toujours de Hyacinthe dans ses chansons et la musique de sa lyre . 


Du sang répandu de Hyacinthe, il a créé une fleur, la jacinthe , et sur ses pétales inscrit les mots de désespoir, "AI AI" - "hélas". Elle était considérée par les Grecs comme la plus belle de toutes les fleurs. 

 

La Bibliotheca a déclaré que Thamyris, qui montrait des sentiments romantiques envers Hyacinthe, était le premier homme à avoir aimé un autre homme.

 

 Hyacinthe et Apollon - Ecole Italienne XVII°

 

 

 

 

1600-1100 av. J.C. -  Grèce mycénienne - 


Jacinthe (grec ancien :  Huákinthos ) est un héros divin et un amant d' Apollon de la mythologie grecque.

Son culte à Amyclae au sud-ouest de Sparte date de l'époque mycénienne. Un temenos ou sanctuaire a grandi autour de ce qui était censé être son tumulus funéraire, situé à l'époque classique aux pieds de la statue d'Apollon. Les mythes littéraires servent à le relier aux cultes locaux et à l'identifier à Apollon.

 

A cinq kilomètres au sud de Sparte, sur la colline d'Agia Kyriaki Amyclae , se trouve le sanctuaire d'Apollon Amyklaios ou le Sanctuaire d'Apollon et Hyacinth.

L’archéologue Christos Tsountas, a fait les premières fouilles du sanctuaire  en 1889/90. À Amykles Hyacinthe, le Dieu crétois-mycénien de la végétation a été adoré. Le temple d'Apollon et Hyacinthe est devenu un lieu de culte important pour les Spartiates.

 

Vue aérienne sanctuaire Apollon - Amyclae 

 

 

 

VIII° siècle av. J.C.

 


Hésiode poète grec du VIII° siècle av. J.-C.
Catalogue des femmes (en latin : Catalogus feminarum) est un poème épique partiellement perdu de la Grèce antique.


Dans le fragment 171  
restitué par Reinhold Merkelbach et Martin L. West,

Le mythe de Hyacinthe serait la plus ancienne expression littéraire connue.

 

Apollon, Hyacinthe et Amour

Gravure de Marc-Antoine Raimondi 1506 Bibliothèque nationale de France

 

 

 

 

VIIe siècle av. J.-C

 

 

Hyacinthe est un héros laconien dont le tombeau et le culte étaient situés à Amyclées près de Sparte. 

Les Hyacinthies, fête qui lui était dédiée à Amyclées, sont attestées à Cnossos et à Tylissos ainsi que dans beaucoup de cités doriennes.
 

 

 

 

V- IV° siècle avant J.C.

 


Les Hyacinthies sont des festivités religieuses spartiates, organisées à Amyclées tous les ans, en mai-juin.
Elles se tiennent en l'honneur d'Hyacinthe,

 

 

Xénophon (v. 430 av. J.C. - v. 355 av. J.C.), historien, philosophe et chef militaire de la Grèce antique, dans "Les Helléniques" (IV, 5, 11), rapporte que les Spartiates interrompent leurs campagnes pour pouvoir retourner en Laconie y participer. 

 

 

Selon Thucydide (v. 460 av. J.C. - v. 400 av. J.C.) homme politique, stratège et historien athénien, auteur de La Guerre du Péloponnèse, récit d'un conflit athéno-spartiate qui se déroula entre 431 av. J.-C. et 404 av. J.-C., écrit que lors de la paix de Nicias, Athènes, pour montrer à Sparte sa bonne volonté, promet d'assister aux Hyacinthies.

 

 

 

Euripide (vers 480 - 406 avant J.-C. ) un des trois grands tragiques de l'Athènes classique, avec Eschyle et Sophocle. 

 

Hélène, tragédie grecque :


est le plus ancien texte connu à rapporter le mythe de Hyacinthe.


..."Peut-être trouveras-tu sur les rives du fleuve les prêtresses des Leucippides ; peut-être, devant le temple de Pallas, te mêleras-tu aux danses sacrées auxquelles tu es depuis longtemps étrangère, pour célébrer les fêtes nocturnes d'Hyacinte, qui fut atteint d'un disque lancé par la main d'Apollon."...

 

 


Selon Paléphatos ou en latin Palaephatus (Palaíphatos) auteur grec du IV° 
La mort de Hyacinthe et la naissance d'une fleur du même nom n'est attestée qu'à la fin Ve siècle av. J.-C. : sa plus ancienne mention connue se trouve dans "Les Histoires incroyables." 

 

Selon  Maurus Servius Honoratus, dit Servius, fin  du IV° siècle, grammairien païen
... Alors qu'Apollon lui apprend à lancer le disque, Borée, jaloux le dévie. Hyacinthe frappé à la tempe par le disque, meurt. De son sang naissent des fleurs.....



 

 

 

II° siècle av. J.C.

 


Pseudo-Apollodore, parfois nommé Apollodore le Mythographe,(II° s) nom donné à l'auteur de la Bibliothèque, anciennement attribué à Apollodore d'Athènes, offre une version différente de Hyacinthe : l'aède thrace Thamyris s'éprend de Hyacinthe, donnant ainsi naissance à la pédérastie. La version apollodorienne rejoint ensuite la version commune : Hyacinthe est aimé d'Apollon et tué accidentellement par lui, au cours d'un jeu de disque.

 

 

Pausanias dit le Périégète (v. 115-v.180),  géographe et voyageur de l'Antiquité, auteur d'une Description de la Grèce ou Périégèse. 
écrit que lors des Hyacinthies, les spartiates concluent un jour une trêve dans les campagnes guerrières.

 

 

 

I° siècle av. J.C.

 

 

Terme d'antiquité :

 

Hyacinthe est aussi une pierre précieuse rouge à brun


On dit aussi hyacinthe pour l'Étoffe couleur de cette pierre.

 

de Isaac Louis Lemaistre de SACY dans Bible, Exode, XXV, 4

..."De l'hyacinthe, de la pourpre, de l'écarlate teinte deux fois"...

 

de Isaac Louis Lemaistre de SACY dans ib. Nomb. IV, 11

..."Ils envelopperont aussi l'autel d'or d'un drap d'hyacinthe, ils étendront par-dessus une couverture de peaux violettes"...
 

 

 

 

Virgile, en latin Publius Vergilius Maro (70 av. J.-C. - 19 av. J.-C.),  poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l'empereur Auguste.


- Dans son ouvrage "les Géorgiques "


Chant IV, v. 180 sq., traduction de M. Rat, 1932)...


...“les abeilles butinent, de çà de là, sur le daphné (= laurier) et le safran rougeâtre et le tilleul onctueux, et les sombres hyacinthes.” ...

 

 


- Dans son ouvrage "Les Dyonisiaques"

 

Les pétales ouvragés de la fleur qui poussa à l’endroit de sa mort symbolisent les lamentations d’Apollon :

"à profusion, sur les savants pétales chers à Phébus (Apollon), chatoient les lettres végétales des jacinthes plaintives".

 

 

Chez Ovide (43 av. J.-C.-17 ou 18 ap. J.-C.) poète latin de l'Empire romain. 


Les Métamorphoses. livre X

Hyacinthe et Apollon

Le disque rebondit sur un rocher avant le frapper Hyacinthe à la tête. 


 

 

 

I° siècle

 


Pline l’Ancien (en latin Gaius Plinius Secundus 23 - 79 apr. J.-C.) écrivain et naturaliste romain du I° siècle, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).

Histoire Naturelle, Livre 21, chapitre XCVII, 1, 

traduction par É. Littré, 1848-50)

 

La jacinthe est un attribut du Printemps. Elle figure, en effet, parmi les fleurs qui annoncent cette saison.


...“L’hyacinthe croît surtout dans la Gaule, où elle est employée pour une teinture écarlate. La racine est bulbeuse, et fort connue des marchands d’esclaves : appliquée avec du vin doux, elle arrête la marche et retarde les signes de la puberté. Elle guérit les tranchées et les piqûres d’araignées ; elle est diurétique. On en donne la graine … dans les blessures faites par les serpents et les scorpions, et dans l’ictère.”... 


 

 

 

II° siècle

 


Hyacinthe était un saint martyr chrétien, chambellan (cubiculaire) de l'Empereur Trajan.

Hyacinthe fut emprisonné à Césarée de Cappadoce. En 120, après de nombreux supplices, il se laissa mourir de faim en refusant de manger de la viande qui avait été bénie à des fins d'offrande aux dieux païens.


 

 

 

III°  siècle

 


Chez Commodien, (III° siècle) poète latin chrétien, potentiellement le premier

Hyacinthe et Apollon
Le disque glisse des mains d'Apollon qui ne peut le retenir. 

 

 

 


IV° siècle 

 

 

Copies des originaux grecs datant du IV siècle ap.J.-C.
Musée archéologique de Naples


La muse Clio reprocha à Aphrodite sa passion sans mesure pour Adonis ; la déesse de l'amour mécontente la punit en faisant naître dans son cœur un amour irrésistible pour le roi de Macédoine Piéros. Clio, de cet amour eut un enfant, Hyacinthos dont le destin fut très triste :


...Hyacinthos fut un beau jeune homme apprécié par les dieux de l'Olympe ; un jour il fut blessé mortellement par le palet d'Apollon au cours d'un jeu ; ce n'était pas la faute d'Apollon, mais une mauvaise action intentionnelle de de Zéphyr qui était très jaloux d'Apollon parce que ce dernier témoignait beaucoup d'affection pour Hyacinthos ; alors lors du jeu, il détourna par son souffle le trajet du palet d'Apollon pour frapper Hyacinthos au front et le tuer. Pour ne pas oublier le souvenir d'Hyacinthos, Apollon changea son sang qui a coulé sur la terre en fleur pourpre, c'est l’hyacinthe dont la corolle prend la forme de Y (l'initiale de hyacinthos)...

 

Alexandre Kisselov - La mort de Hyacinthe - musée national de Varsovie

 

 

 

XI° - XII° siècle

 

 

Jacinthe :

Le mot apparaît en français en 1080 sous la forme "jacunce,"

puis il est "jargunce" au XIIe s. 
 

 

 

 

 

XIII° siècle


Poème persan, 13e siècle

 

Jacinthes

 

Et si pour toute richesse,

Il ne te reste que deux pains,

Vends-en un, et avec ces quelques deniers

Offre-toi des jacinthes pour nourrir ton âme.

 

Pierre Joseph Redouté Jacinthe d'Orient varieté rose Hyacinthus orientalis


 

 

 

XV° siècle

 


Les Mille-et-une Nuits, recueil anonyme de contes populaires d'origine persane, indienne et arabe.

traduction Mardrus.


« ... hyacinthe, droite sur sa tige et toute seule, non pas celle des jardins, mais hyacinthe mère des lys, celle d'un blanc pur, la délicate, l'odorante, la fragile, la candide hyacinthe qui disait au cygne sortant de l'eau : "Je suis plus blanche que toi !"... 
 

 

 

 

 

XVI° siècle

 

 

Jacinthes des bois

Clochettes - Simbalaria (Agraphis nutans Link. = jacinthe des bois) 

Grandes Heures d'Anne de Bretagne, 

BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°22v


 

 


Le mot tel qu'il apparaît ainsi est une variante semi-savante d'une jacinthe plus ancienne. Il s'agit d'une réfection étymologique de la Renaissance sous la forme hiacinte en 1523.
Les graphies sont fort variées et changeantes : iacinthe (1549), 

 


Jacques Daléchamps (1513-1588) consacre un chapitre à la jacinthe, ou hyacinthe dans son Historia generalis plantarum (1586), traduite par Jean Des Moulins. Dès cette époque, on retrouve plusieurs variétés de jacinthes en France, sauvages ou cultivées

 


 

 

 

Dans Apoc. IX, 17, Nouv. Test. éd. Lefebvre d'Etaples, Paris, 1525

Hyacinthe - Hist. XVIe s. Ajoutez :


..."Et ainsi je veis les chevaulx en vision ; et ceulx qui estoient assis sur eulx, avoient des haulbergeons de feu et de hiacinte et de souffre"...


 

 

La Jacinthe est arrivée de Turquie en Europe au XVIe siècle. En Orient, elle a été représentée sur les miniatures persanes, sur la faïence, ainsi que sur les tissus turcs.

 

 

2ème moitié du XVIe siècle (vers 1575-1580)

Pichet aux fleurettes et jacinthes à tiges ondulantes

Céramique (pâte siliceuse), décor peint sur engobe sous glaçure transparente

Lieu de provenance : Iznik (Asie Mineure et Europe orientale - Turquie)


 

 

 

Dans "Les Eclogves et mascarades" de Pierre de Ronsard  (1524-1585)


..."De laict puisse couler les ondes de mon Loire,

      Ses bords soient pour jamais d'hyacinthes semez"...
 

 

 

Olivier de Serres (1539-1619) agronome français,

Dans le "Théâtre d’Agriculture et mesnage des champs",


..."conseille d'avoir un cabinet médical contenant de la thériaque, des confections d'Alkermès, de hyacinthe, de l'eau-de-vie, de l'eau céleste, de l'eau impériale, de la rhubarbe, du séné, de l'agaric, et du sirop rosat"...


 

 

 

Théophile de Viau (1590-1626) poète et dramaturge français

Ode

 

La solitude


..."Cupidon, d'une douce flamme

Ouvrant la nuit de ce vallon,

Mit devant les yeux d'Apollon

Le garçon qu'il avait dans l'âme.

 

À l'ombrage de ce bois sombre

Hyacinthe se retira,

Et depuis le Soleil jura

Qu'il serait ennemi de l'ombre.

 

Tout auprès le jaloux Borée

Pressé d'un amoureux tourment,

Fut la mort de ce jeune amant

Encore par lui soupirée"...


 

 

 

XVII° siècle

 


Philostrate de Lemnos,

Tableaux de platte

peinture des deux Philostrates sophistes grecs et les Statues de Callistrate…, Paris, 1615, p. 197.

 

 

 

 

Daniel Rabel (1578-1637) peintre, graveur, miniaturiste, décorateur et botaniste français.

Recueil de fleurs et d'insectes dessinés et peints sur vélin : 

peinture, 1624.

 

 

 

 

1641

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de Pierre Corneille (1606-1684) dramaturge et poète


pour la Guirlande de Julie, offerte par M. de Montausier à sa future, Julie d’Angenne. Dans l’édition de la Guirlande de Julie publiée par M. Livet, d’après le manuscrit de 1641 (Précieux et Précieuses, p. 393-432), 


Madrigal.

 


De Charles d’Angennes (1577-1652) - Marquis de Rambouillet.

 

L'hyacinthe


Je n'ai plus de regret à ces armes fameuses

Dont l'injuste refus précipita mon sort ;

Si je n'ai possédé ces marques glorieuses,

Un destin plus heureux m'accompagne à la mort;

Le sang que j'ai versé d'une illustre folie

A fait naître une Fleur qui couronne Julie.


 

 

 

 

1641

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de Pierre Corneille (1606-1684) dramaturge et poète


pour la Guirlande de Julie, offerte par M. de Montausier à sa future, Julie d’Angenne. Dans l’édition de la Guirlande de Julie publiée par M. Livet, d’après le manuscrit de 1641 (Précieux et Précieuses, p. 393-432), 

 

De M. le marquis De Montausier (1610-1690),

 

Madrigal.

 

 

L'Hyacinthe

 

Depuis mon changement, 

tout l'univers remarque

Que d'un triste et muet discours

Je me plains qu'en mes plus beaux jours

J'ai ressenti la rigueur de la Parque;

Mais je cesse de murmurer;

Car l'extrême plaisir que j'ai de te parer

Efface maintenant la plainte

Que mes feuilles portaient empreinte.


Les Parques (du latin : Parcae, provenant du mot parco, "épargner") sont, dans la religion romaine ou la mythologie romaine, les divinités maîtresses de la destinée humaine, de la naissance à la mort. Elles sont généralement représentées comme des fileuses mesurant la vie des personnes et tranchant le destin.

 

 

 

1641

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de Pierre Corneille (1606-1684) dramaturge et poète


pour la Guirlande de Julie, offerte par M. de Montausier à sa future, Julie d’Angenne. Dans l’édition de la Guirlande de Julie publiée par M. Livet, d’après le manuscrit de 1641 (Précieux et Précieuses, p. 393-432), 

 

 

De Pierre Corneille (1606-1684)


Madrigal.

 

 

L'hyacinthe

 

D'un éternel bonheur ma disgrace est suivie ;

Je n'ai plus rien en moi qui marque mon ennui,

Autrefois un Soleil me fit perdre la vie;

Mais un autre Soleil me la rend aujourd'hui.


 


 

Jean-Baptiste Monnoyer (Lille, 1636-Londres, 1699) 

peintre français

et le motif de la guirlande


 

 

 

Richelet en 1680 a tenté de réserver la graphie jacinthe à la fleur seulement, hiacinthe désignant à la fois la fleur et la pierre.


hyacinthe, hyacinte  (1694), fleur et pierre.
 

 

 

 

XVIII° siècle

 

 

De communes et simples (un fleuron à six feuilles), elles sont devenues, sous la main des jardiniers-fleuristes, belles et doubles (un fleuron à dix ou douze feuilles). 


Sous Louis XIV (1638-1715) les jacinthes "bleu turquin", "brumales" ou printanières"provenaient du jardin du Roi à Toulon, à Toulon, ou étaient achetées auprès de marchands parisiens. 


En 1688, la veuve Dubuisson, une jardinière hollandaise, a fourni pour le Jardin du Roi à Trianon 10901 oignons de "jacinthes très rares" à un prix élevé. Plus tard, Louis XV ne se fournissait qu’auprès de la maison Voorhelm à Harlem en Hollande. 
 

 

 

 

Johann Wilhelm Weinmann (1683-1741) Apothicaire et botaniste allemand

1737-1745.

"Phytanthoza-iconographia, sive Conspectus aliquot millium tam indigenarum quam exoticarum"

Ratisbonne, Lenz et Neubauer,

Un des plus vastes et célèbres herbiers jamais publiés, le premier dont les planches aient été traitées avec succès à la mezzotinte en couleurs.

 

ouvrage, donnant une "représentation de quelques milliers d'arbres, arbrisseaux, herbes, fleurs, fruits et champignons, crus dans les quatre parties du monde.


Il confia la rédaction de la partie scientifique, en latin et en allemand, à Johann Georg Nicolas puis Ludwig Michael Dieterichs et à Ambrosius Carl Bieler.


Pour l'illustration, il s'adressa à trois graveurs d'Augsbourg, Seutter, Ridinger et Haid, afin de reproduire fidèlement les peintures du célèbre botaniste et artiste Georg Dionysius Ehret qui venait de travailler pour Carl von Linné et Georg Clifford

 

Johann Wilhelm Weinmann (1683-1741)

 

 

 

Pour la fleur on écrit :
hyacinthe, hyacynthe (1718),  hyacinthe (1740), 

L'Académie reprend cette opposition en 1762 avec jacinthe (en vedette principale) ou hiacinthe comme fleur et hyacinthe comme pierre. (1762),

 


 

La jacinthe la plus commune est la jacinthe d'Orient, Hyacinthus orientalis, décrite par Carl von Linné en 1753. Très parfumée, ses fleurs peuvent être simples ou doubles, et, selon les variétés cultivées, de différents coloris : violet, bleu, jaune, orange, rouge, rose ou blanc…
 

 

Jean Paul Père d'Ardenne. 
"Traité sur la connoissance et la culture des jacintes. Avignon, Chambeau, 1759."


 

 

 

Giovanni Battista Tiepolo (1696-1770)  

peintre rococo et graveur italien

La mort de Hyacinthe

 

 

 

Giovanni Battista Tiepolo (1696-1770)  

peintre rococo et graveur italien

La mort de Hyacinthe - détail jacinthes

 

 

Jean-Étienne Liotard (1702-1789)

peintre, dessinateur, pastelliste et graveur genevois.

Femme à la jacinthe


 

 

 

 

Grâce à ces nouvelles variétés, la jacinthe devint alors la plante d’ornement la plus en vogue : au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, à l’instar de la tulipe, elle fit ainsi l’objet d’intenses spéculations, et ses bulbes se vendirent à des prix exorbitants ! 


C'est en Hollande que la production s'intensifie et se diversifie à partir du XVIIIe siècle, un engouement qui sera surnommé "jacinthomanie".

 

 

Cet engouement fut principalement initié par Madame de Pompadour, maîtresse du roi Louis XV, qui souhaitait embellir les jardins de Versailles avec des jacinthes hollandaises que l’élite française ne tarda pas de lui jalouser.

 

François Boucher, La Marquise de Pompadour (1756), Munich, Alte Pinakothek.


 

 

 

Maximilien-Henri de Saint-Simon (1720-1799) 

Des Jacinthes, de leur anatomie, reproduction et culture, 

Amsterdam 1768 

Quand Mme de Pompadour, souhaita embellir les jardins de Versailles, elle choisit la jacinthe hollandaise qui devint ainsi la plante d'ornement la plus demandée par l'aristocratie qui en fit le symbole du luxe.


Installé dans les environs d'Utrecht, le marquis Maximilien-Henri de Saint-Simon publia au plus fort de l'engouement un traité complet assorti d'un remarquable catalogue des 2000 variétés connues en 1767. 

 

 

 

Pierre-Joseph Buc'hoz, (1731-1807) 
avocat, médecin, et compilateur du XVII° siècle. Il est surtout connu pour ses nombreuses publications dans le domaine de la botanique

 

Paris, 1781.

Collection coloriée des plus belles variétés de jacinthes qu'on montre aux curieux dans les jardins fleuristes d'Harlem, et faisant suite aux Etrennes de Flore

 


 

La jacinthe bleue, 

Franciscus Primus - par Jan Augustini, 1762


 

 

André Chénier  (1762-1794) poète et journaliste français 


Oeuvres poètiques


...Et le sang d’Adonis, et la blanche Hyacinthe

Dont la feuille, respire une amoureuse plainte ;...

 

 

 

André Chénier  (1762-1794) poète et journaliste français 


...Ses blonds cheveux flottants par lui furent pressés

D'hyacinthe et de myrte en couronne tressés :

" Car ta voix, lui dit-il, est douce à mon oreille,

" Autant que le cytise à la mielleuse abeille. "...
 

 

 

James Peale (1749-1831) peintre américain

Mary Mitchell  - 1795 - miniature médaillon


 

 

 

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris.


Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris.
Floreal : (20/21 avril – 19/20 mai)

Le Soleil entre au signe du Taureau 


"Sitôt que FLORE en sa magnificence, 

Promet dans Ses présens des trésors aux Humains ;

On aime à voir la candeur,  l'innocence,

Que la Jeune Beauté couronne de Ses mains."

 

La Jacinthe était le nom attribué au 9e jour du mois de floréal.
 

 


 

 

XIX° siècle

 

 

Alfred de Vigny (1797-1863) écrivain, romancier, dramaturge et poète 

Le bal


Dansez et couronnez de fleurs vos fronts d'albâtre ;

Liez au blanc muguet l'hyacinthe bleuâtre,

Et que vos pas moelleux, délices d'un amant,

Sur le chêne poli glissent légèrement ;

 


Louis Valtat (1869-1952) muguet et jacinthe


 

 

 

Elements of the science of botany,. London,

Printed by T. Bensley for J. Murray. 1812

Hyacinthus non scriptus


 


 

 

Alphonse Karr (1808-1890) romancier et journaliste français

Sous les tilleuls 

 

...un homme qui rejette au loin une idée qui le gêne.

- ouf ! Dit Müller,qui était revenu et qui, sans que je m'en aperçusse, avait repris son occupation, vous avez failli mettre le pied sur une jacinthe qu'il n'aurait pas été en votre pouvoir de remplacer :

c'est la jacinthe bleue polyanthe.

Outre celle-ci, je n'en connais que deux autres, l'une à Amsterdam, chez l'ami dont je vous ai parlé, et l'autre chez un fleuriste français à Chinon, en Touraine. Si vous saviez que de soins me coûte cette jacinthe ! Si vous me voyiez placer l'oignon juste à un demi-pied en terre, mettre dessous de la terre maigre pour l'empêcher de pourrir, et de la terre grasse dessus pour lui donner de la nourriture !...


 

 

 

Charles Baudelaire (1821-1867) poète français

Les fleurs du mal 1857

l'Invitation au voyage :

 

..."Les soleils couchants

Revêtent les champs

Les canaux, la ville entière

D'hyacinthe et d'or ;

Le monde s'endort

Dans une chaude lumière"...

 

George Hitchcock (1850-1913) un champ de jacinthes


 


 

Louis Legendre (1851-1908) Auteur dramatique, Adaptateur, Poète

Ce que disent les fleurs :

poésies, L. Baschet, Paris, 1891.

 


Jacinthe
 

Vous avez de l'esprit, Madame,

Mais vous haïssez l'épigramme ;

Et nulle part en aucun temps

Devant les mines amusées,

Les baguettes de vos fusées

Ne tombent sur les assistants.

 

C'est là, certe, un mérite rare,

Que de vos mots dont on s'empare,

Pas un n'écorche le prochain.

Il n'est que votre bouche rose

Pour défendre le petit Chose

Ou pour vanter le grand Machin. 


aquarelle de Firmin Bouisset


 

 

 

Nicolas Ponce  (1746–1831)

Ecrivain d’art, dessinateur, graveur et éditeur de vignettes et d’estampes français.
 

Apollon et Hyacinthe


Hyacinthe jouant avec Apollon, meurt d'un coup de palet que le vent détourna.


 

 

 

Joseph Célestin Redouté (1759-1851) était un maître de l'aquarelle botanique

Jacinthe d'Orient varieté rose: Hyacinthus orientalis

Impression d'art encadrée par Pierre Joseph Célestin Redouté


 

 

 

Sully Prudhomme (1839-1907), poète français, premier lauréat du prix Nobel de littérature en 1901.


 

 La jacinthe  

    

Dans un antique vase en Grèce découvert,

D'une tombe exhumé, fait d'une argile pure

Et dont le col est svelte, exquise la courbure,

Trempe cette jacinthe, emblème aux yeux offert.

 

Un essor y tressaille, et le bulbe entr'ouvert

Déchire le satin de sa fine pelure ;

La racine s'épand comme une chevelure,

Et la sève a déjà doré le bourgeon vert.

 

L'eau du ciel et la grave élégance du vase

L'assistent pour éclore et dresser son extase,

Elle leur doit sa fleur et son haut piédestal.

 

Du poète inspiré la fortune est la même :

Un deuil sublime, né hors du limon natal,

L'exalte, et dans les pleurs germe et croît son poème .
 

 

 

 

Emily Brontë (1818 - 1848) poétesse et romancière britannique,

extrait du poème "The Bluebell" 


..."La jacinthes est la fleur la plus douce... 

Que les vagues dans l'air d'été :.... 

Ses fleurs ont le pouvoir le plus puissant.... 

Pour apaiser le soin de mon esprit."... 

 

Lawrence Alma-Tadema (1836-1912) jacinthes

 

 


Charles Marie Leconte de Lisle (1818-1894) poète français
 

 

La source


Une eau vive étincelle en la forêt muette,

Dérobée aux ardeurs du jour ;

Et le roseau s'y ploie, et fleurissent autour

L'hyacinthe et la violette.

 

 

 


Charles Marie Leconte de Lisle (1818-1894) poète français


Klytie


..."Klytie a d'hyacinthe orné ses tempes roses,

Et sa robe est nouée à son genou charmant ;

Elle effleura en courant l'herbe molle et les roses ;

Et le cruel Eros se rit de mon tourment !"...

 

 

 

Charles Marie Leconte de Lisle (1818-1894) poète français


Fultus hyacintho    (jacinthes)


...Il paît jusques à l'heure où, du Zénith brûlant,

Midi plane, immobile, et lui chauffe le flanc.

Alors des saules verts l'ombre discrète et douce

Lui fait un large lit d'hyacinthe et de mousse,

Et, couché comme un Dieu près du fleuve endormi,

Pacifique, il rumine, et clôt l'oeil à demi.

 

Paul Purday - Bois Bluebell, jacinthes des bois


 

 

 

Album van Eeden : Flore de Haarlem - 1872

Hyacinthe

 

 

 

Album van Eeden : Flore de Haarlem - 1872

Hyacinthe

 

 

 

Album van Eeden : Flore de Haarlem - 1872

Hyacinthe

 

 

 

Gustave Caillebotte, (1848-1894) 

peintre français, collectionneur, mécène et organisateur des expositions impressionnistes 

Massif de jacinthes, jardin du Petit Gennevilliers -

 

 

 

 

Stéphane Mallarmé (1842-1898)  poète français, également enseignant, traducteur et critique d'art

 

Les fleurs


L'hyacinthe, le myrte à l'adorable éclair

Et, pareille à la chair de la femme, la rose

Cruelle, Hérodiade en fleur du jardin clair,

Celle qu'un sang farouche et radieux arrose !

 

 

 

Remy de Gourmont (1858-1915) écrivain français, à la fois romancier, journaliste et critique d'art, proche des symbolistes.


La forêt blonde

...Anémones, nombrils ! Pommeroles, aréoles !

Mûres, grains de beauté ! Jacinthes, azur des veines !

Je suis le corps tout plein d'amour d'une amoureuse....

 

 

 

 
Remy de Gourmont (1858-1915) écrivain français, à la fois romancier, journaliste et critique d'art, proche des symbolistes.


Oraison mauvaise


..."Que tes seins soient bénis, car ils sont sacrilèges !

Ils se sont mis tout nus, comme un printanier florilège,

Fleuri pour la caresse et la moisson des lèvres et des mains,

Fleurs du bord de la route, bonnes à toutes les mains,

Et l'hyacinthe qui rêve là, avec un air triste de roi,

C'est le dernier amour de Jésus sur la croix...

 


 

 

Renée Vivien (1877-1909) surnommée "Sapho 1900", poétesse britannique de langue française aux multiples appartenances littéraires, 


 


Évoque les péplos ondoyant dans le soir,

Les lueurs blondes et rousses des chevelures,

La coupe d'or et les colliers et le miroir,

Et la fleur d'hyacinthe et les faibles murmures,

Évoque la clarté des belles chevelures

Et les légers péplos qui passaient, dans le soir,

 

 

 

Renée Vivien (1877-1909) surnommée "Sapho 1900", poétesse britannique de langue française aux multiples appartenances littéraires, 

 

 

Cendres et Poussières


Le Sang des Fleurs 

 

"Ainsi que, sur les montagnes, les pâtres

foulent aux pieds l’hyacinthe, et la fleur

s’empourpre sur la terre."

Psappha

 

Le soir s’attriste encor de ses clartés éteintes.

Des rêves ont troublé l’air pâle et languissant,

Et, chantant leurs amours, les pâtres, en passant,

Écrasent lourdement les frêles hyacinthes.

 

L’herbe est pourpre et semblable à des champs de combats,

Sous le rouge d’un ciel aux tons de cornalines,

Et le sang de la fleur assombrit les collines.

Le soleil pitoyable agonise là-bas.

 

Sans goûter pleinement la paix de la campagne,

Je songe avec ferveur, et mon coeur inquiet

Porte le léger deuil et le léger regret

De la muette mort des fleurs sur la montagne. 

 

 

 

George Hitchcock (1850-1913) Peintre Hollandais

vaincu dans un champ de jacinthes

 

 

 

George Hitchcock (1850-1913) Peintre Hollandais

Un champ de jacinthes

 

 

 

George Hitchcock (1850-1913) Peintre Hollandais

Matin de printemps - Un champ de jacinthes

 

 

 

George Hitchcock (1850-1913) Peintre Hollandais

Un champ de jacinthes

 

 

 

Philippe Rousseau (1816-1887)  peintre français


Nature morte avec oignon de jacinthes 1850


 

 

 

Marcelle Chasteau-Tinayre (1870-1948)

Pseudonyme : Charles Marcel, Gilbert Doré

autrice, conférencière et journaliste française 

 

La rebelle

..."Le printemps vint, ciels gris et bleus, nuages d’argent, pluies tièdes, le printemps humide et vert, échappé des bois, qui sent la jacinthe et le narcisse."...

 

 

Marcelle Chasteau-Tinayre (1870-1948)
autrice, conférencière et journaliste française 

La Vie amoureuse de Madame de Pompadour

..."Un soir, à souper, Mme de Pompadour disperse à ses pieds un bouquet de jacinthes blanches. Le lendemain, tout Versailles, tout Paris, répètent un quatrain terrible :

Par vos façons nobles et franches,

Iris, vous enchantez les cœurs,

Sous nos pas, vous semez des fleurs,

Mais ce ne sont que des fleurs blanches…"

 

 


Marcelle Chasteau-Tinayre (1870-1948)
autrice, conférencière et journaliste française 

La Rançon (1894)

 
...Jacqueline, à genoux, cueillait les jacinthes dont elle remplissait sa capeline, profonde comme un panier...

 

..."Elles étaient fanées, les fraîches jacinthes, mais l’été, brûlant les vigoureux feuillages, dorait les croupes des coteaux nuancés comme un fond de vieille tapisserie."...

 

 

 


Marcelle Chasteau-Tinayre (1870-1948)
autrice, conférencière et journaliste française 

 

La jacinthe


La jacinthe sauvage

Eclose au bois joli,

Ressemble, sous l'ombrage,

Aux yeux de mon ami.

 

Au bois joli, naguère,

Nous vînmes tous les deux

Qui ne nous parlions guère

Que du coeur et des yeux.

 

Paraît une clairière :

"Asseyons-nous ici." -

Ah ! pensais-je, ah ! ma mère,

Si vous saviez ceci !

 

Je me tais. Il soupire :

" La belle, par pitié,

" Ne sauriez-vous me dire

" Un seul mot d'amitié ? "

 

Je soupire. Il se penche :

" Belle, dit-il encor,

" Quand donc à ta main blanche

" Auras-tu l'anneau d'or , "

 

Mon âme s'effarouche...

Hélas ! en ce moment

Sa bouche sur ma bouche

Parla plus clairement.

 

Un an bientôt se passe ;

L'amour lui passe aussi.

Je reviens triste et lasse,

Je reviens seule ici.

 

Mon amoureuse plainte

Redouble quand je vois

Refleurir la jacinthe,

La jacinthe des bois.

 

Nous n'irons plus ensemble,

Jamais, au bois charmant...

La jacinthe ressemble

Aux yeux de mon amant

 

James Herbert Snell - Parmi les jacinthes

 

 

 

Au XIXe siècle, des jacinthes sont proposées dans les catalogues des horticulteurs français, mais il n'est pas rare qu'elles soient directement importées de Hollande. 

C'est le cas de la collection de jacinthes proposée par MM. Vilmorin, Andrieux et Cie lors de l'exposition universelle d'horticulture de 1855. 

Unique collection de jacinthes de cette exposition, elle était composée de cent-quarante-cinq variétés à fleurs simples ou doubles présentées en tiges florales ou hampes coupées.
 

 

 

XX° siècle

 

 

Frans Mortelmans (1865-1936) - peintre belge

jacinthes 


 

 

 

Alexej Georgewitsch Von Jawlensky (1864-1941) - peintre russe

jacinthes

 

Alexej Georgewitsch Von Jawlensky (1864-1941) - peintre russe

jacinthes

 

Alexej Georgewitsch Von Jawlensky (1864-1941) - peintre russe

jacinthes

 

 

 

Marcel Proust (1871-1922) écrivain français,

Du côté de chez Swann, 

" Un amour de Swann"


..."qu'une chevelure, par l’enroulement lisse et les becs aigus de ses boucles, ou dans la superposition du triple et fleurissant diadème de ses tresses, a l’air à la fois d’un paquet d’algues, d’une nichée de colombes, d’un bandeau de jacinthes et d’une torsade de serpents."...
 

 

 

Robert Desnos (1900-1945) poète français au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie un mois après la libération par l'Armée rouge.

Chantefables et Chantefleurs, 1952.


 

La jacinthe

 

Toutes les lampes sont éteintes. 

Comment voulez-vous que je voie 

Combien vous me montrez de doigts ? 

Dans la nuit fleurit la jacinthe, 

Il fait froid, Les lampes sont éteintes, 

Prenez la jacinthe.

 

Maria Baliassova - jacinthes

 
 

 

 

1946

Jacinthe : 

Roman de Pierre Luccin (1909-2001)

frontispice de Ch. Valenscak


..."Le matin, les passants, sont contents de lancer : Adieu, Jacinthe ! Ce nom de fleur surtout quand il est prononcé avec l'accent :  "Jaceintheu, tu viens ? Jaceintheu, j'ai un cerf-volant neuf ! chantent les drôles. Ou c'est à une partie de barres qu'ils l'invitent. 
Tout ce vacarme, parce que la petite réfugiée avait transporté dans sa brouette, outre son chat, sa tante, et d'autres débris de bonheur, quelques oignons de ces fleurs roses, bleues,  bleu porcelaine, qui dans les régions du nord, égaient, avec tant de charme, les fenêtres."...


 


 

Beatrice Emma Parsons (1870-1955)

jacinthes des bois

 

 

Beatrice Emma Parsons (1870-1955)

jacinthes des bois

 

 

 

Louise de Vilmorin (1902-1969) femme de lettres française, 

recueil : Solitude, ô mon éléphant, 1972

 

La jacinthe

 

Bleue et raide en son parfum

Fleurit mes regrets défunts

Et mes plaintes.

 

Je ne porterai plus les bijoux du hasard,

Diadème imprudent, bague mésalliée,

Mais, don de ton accueil, l’iris de ton regard

Et, pavois du repos au jour de mon départ,

Une jacinthe bleue à ma gorge liée.


 

 

Maurice Ambroise Ehlinger (1896-1981) peintre

jacinthes


 

 

 

Cicely Mary Barker (1895-1973)

illustratrice britannique connue pour ses illustrations de fées et de fleurs.

The bluebell fairy - la fée acinthe

 

 

 

Anastasia Ortenzio (1949)

Conteuse, spécialiste des contes des Balkans

Née en Elle conte des mythes et légendes de tous les pays, depuis 15 ans, dans les musées, bibliothèques, centres culturels, théâtres...

 

 

La jacinthe


La jacinthe se dresse

Droite comme un bâton

Qui sent fort le bonbon

Elle est un sucre d’orge

Piqué de mille fleurs

Qui plait au rouge-gorge

Et aux papillons joueurs


 

 

 

Terry Harrison  (1951-2017) peintre anglais

jacinthes des bois 

 


 

XXI° siècle

 


Rami Fon Verg, illustrateur russe

la mort de Hyacinthe


 


 

Vertus médicinales

 


La jacinthe des bois présente l'avantage de synthétiser un grand nombre de composés biochimiques susceptibles d'avoir des vertus médicinales : protéger contre les insectes, lutter contre le cancer et le VIH...


En médecine traditionnelle, le bulbe de la jacinthe des bois peut-être utilisée en homéopathie sous le nom d'Agraphis nutans en prévention des maladies O.R.L hivernales. C'est une espèce protégée dans plusieurs régions de France.

 

 

 

La jacinthe en cuisine

 

Les fleurs de jacinthes sont comestibles crues ou cuites.

Crues ou cristallisées, c’est comme cela qu’elles sont bonnes et croquantes.

Il est possible de les faire cristalliser au sucre et il y a quelques siècles, elle était très prisée ainsi sous le nom de "confit de jacinthes de Constantinople".

 

Dimitri-Sinyavsky - jacinthes

 


 

 

 

La jacinthe dans le langage des fleurs

 

 

A partir du XVIe siècle,

la jacinthe est la fleur de la prudence, et le symbole de la miséricorde de la Vierge.

 

 

Au XVIIIe siècle son engouement symbolise le luxe. 

 

 

Les jacinthes expriment la joie d’aimer, la fidélité, la délicatesse et la joie de vivre et s’offrent pour toutes les occasions.

 

 


Jacinthe rose : symbole d'amitié, ou d'amour familial
Elle s'offre à une amie ou à une maman. C'est la fleur idéale à offrir à l'occasion d'une invitation à un diner.

 


 

Jacinthe rouge : symbole d’amour. 
Elle s'offre comme preuve d'amour, ou pour déclarer sa passion et sa flamme.

 

 

 

Jacinthe bleue : symbole d’espoir. 
Elle s'offre pour faire passer un message fort, celui de l’espoir. Elle peut peut également s’offrir à une personne en difficulté qui ne peut espérer qu’une amélioration de sa situation.

 

 

 

Jacinthe blanche : symbolise  la joie d’aimer. 
Il s’agit d'un amour plus particulier, la joie d’aimer. Elle s'offre pour une relation nouvelle qui procure ce sentiment puissant qu’est l’amour. Comme dans le cas d’une relation confirmée pour montrer un amour éternel.

 

 

 

Jacinthe jaune : symbolise le bonheur de partager son amour. 
Proche de la signification de la couleur blanche, c’est davantage le partage que l’on veut souligner lors qu’on offre une jacinthe jaune. Ainsi, cette fleur peut s’offrir lorsqu’on souhaite marquer l’importance que revêt un amour partagé de manière égale entre deux personnes.

 

 

 

Jacinthe orange : symbolise la joie
La jacinthe orange a une signification forte et plaisante, elle évoque la joie mais aussi l’équilibre entre les sentiments et l’esprit. Elle est la marque de sincérité et d’amitié solide. On offre des jacinthes orange à un ami sincère afin de lui souhaiter du bonheur et de transmettre joie et gaieté.


 

 

Jacinthe violette : symbolise la tristesse
Elle s'offre pour les occasions spirituelle, signifier du chagrin. C'est une fleur qui dit également: "Je suis désolé, veuillez me pardonner"

 

 

 

Editions Gründ, 

Les plus belles légendes de fleurs

Vatislav Stovicek 

L'ouvrage est conçu comme une réunion de fleurs qui se racontent les unes après les autres leur histoire ;

la Jacinthe raconte la sienne dans un conte venu d'Iran et intitulé

 

"Les fleurs d'or" :

    Mon ancienne patrie est le pays des contes des Mille et Une Nuits, dit le prince Jacinthe, faisant tinter les clochettes de ses fleurs en une gracieuse révérence. C'est moi que le noble poète Hafiz chantait, lorsqu'au cours des nuits merveilleuses, la lune se lovait dans les boucles des jeunes filles. Aujourd'hui, cependant, je suis connu dans le monde entier. Lors de mes pérégrinations, j'ai entendu mainte belle légende. Je vais vous en conter une et serais comblé si elle vous plaisait ! Écoutez plutôt :

    Il était une fois des époux qui n'avaient qu'un fils. Depuis sa plus tendre enfance, le garçon montrait beaucoup de vivacité et de sagesse, si bien que son père ne fut pas surpris le jour où il lui demanda : "Père, je suis assez grand maintenant pour vous aider en gagnant ma vie. Laissez-moi apprendre le métier d'orfèvre. je voudrais créer en or les plus belles fleurs."


    Un jour, un nomade bédouin entra dans l'atelier, un panier rempli de magnifiques jacinthes rouges à la main. Le vieil homme ne se fit pas prier. Il conduisit son fils dans l'atelier de son ami orfèvre et le confia aux bons soins de celui-ci. Vif et habile, l'élève dépassa bientôt son maître, réalisant les plus beaux bijoux et parures. Les plus remarquables étaient, cependant, ses fleurs d'or qui parvenaient à étonner jusqu'au souverain de ce pays. Le maître orfèvre ne tarissait pas d'éloges au sujet de son apprenti.


    "Je ne connais pas ces fleurs étranges. Elles sont merveilleuses ! soupira le jeune homme, enchanté. Permets-moi de m'en inspirer pour réaliser un joyau d'or pur."


    Le Bédouin sourit : "C'est inutile, mon fils ! Jette ces fleurs vivantes dans le feu et tu verras ce que nul n'a encore jamais vu avant toi."


    Le jeune homme biaisa, réticent à l'idée de détruire cette splendeur, mais l'étranger tint bon. A sa grande surprise, les jacinthes se transformèrent dans les flammes en fleurs éclatantes de l'or rouge le plus rare. Le jeune homme n'en crut pas ses yeux. 


    "Révèle-moi ton secret, honorable vieillard. D'où te vient ce bouquet enchanté ? supplia-t-il.


    - Cela, tu ne le devinerais jamais, mon garçon, répondit le Bédouin. Mais puisque c'est toi, je te dirai toute la vérité. Au milieu d'un désert sans fin, se dresse vers le ciel une très haute montagne. A son sommet, s'étend un vaste jardin plein de fleurs merveilleuses. Les anciens prétendent que ce jardin appartient aux filles du roi des djinns. A l'ombre de la végétation fleurie se dresse, dit-on, un palais de rosée et d'arc-en-ciel. Hélas ! Aucun mortel ne peut pénétrer plus loin que les premiers parterres de jacinthes. SI tu le souhaites, je te conduirai vers cette montagne. Seul, tu n'en trouverais jamais le chemin."


    Le jeune homme accepta avec joie la proposition du Bédouin. Le lendemain matin, il enfourcha son âne et suivit son guide dans le désert. Ils durent marcher longtemps. Le jeune homme commençait à croire que le vieux Bédouin s'était égaré et regrettait de s'être laissé entraîner dans cette entreprise aventureuse. Soudain, une montagne escarpée s'éleva devant eux. Les parois étaient lisses comme du verre, des aigles blancs planaient en cercles tout autour.


    "Nous sommes arrivés, fit le vieillard. Lorsque tu sera parvenu au sommet, déterre une brassée de jacinthes magiques et jette-la en bas. Nous partagerons plus tard notre butin. Il te faudra te dépêcher pour que les filles du roi des djinns ne te surprennent pas."


    Le jeune homme devint triste.


    "Hélas, grand-père ! Je ne parviendrai jamais jusqu'au sommet. La roche est glissante comme si elle était de glace. 


    - Ne crains rien, mon garçon. J'ai pris la précaution d'apporter une peau de chameau. Je vais te coudre à l'intérieur et les aigles blancs t'emporteront au-dessus des nuages."


    Il arriva ce que le vieillard avait dit. Lorsque les aigles se posèrent avec leur proie au sommet de la montagne, le jeune homme fendit la peau de chameau d'un coup de couteau, et les rapaces, effrayés, s'envolèrent. Des milliers de fleurs brillaient autour de lui. Le jeune orfèvre, cependant, ne perdit pas de temps à les contempler. Il  déterra prestement une brassée de jacinthes rouges et les jeta en bas, aux pieds du vieillard.


"Comment vais-je faire pour descendre ? appela-t-il, pris d'angoisse. Un rire diabolique lui parvint en guise de réponse.


    - Pauvre fou ! ricana le vieillard. Nul n'est jamais revenu du sommet de cette montagne. Je te remercie pour les fleurs magiques, stupide garçon, et te souhaite une mort rapide."


    Sur ces paroles, le traître Bédouin entreprit le voyage du retour. Le jeune homme frissonna de terreur. Il venait seulement de remarquer que des crânes et des ossements humains, blanchis par le soleil, jonchaient le sol parmi les parterres fleuris. En sanglotant, il se mit à courir sans but précis, voulant à tout prix quitter cet endroit effrayant. Soudain, une voix plaintive l'arrêta dans sa fuite éperdue.


    "Viens à mon secours, si tu as bon cœur ! " appela un aiglon blanc dont l'aile était prise dans les branches épineuses. 


    Le jeune orfèvre accourut aussitôt pour le délivrer. Soudain, deux énormes oiseaux blancs s'abattirent sur lui pour l'emporter dans leurs serres au-dessus des nuages. Le malheureux s'évanouit de peur et de désespoir. Lorsque enfin il revint à lui, il crut rêver. Il se trouvait dans un magnifique palais d'arc-en-ciel, allongé sur des coussins parfumés.


    Sept jeunes beautés dansaient autour de lui en lui souriant.


    "Qui êtes-vous ? Où suis-je ? fit le jeune homme dans un soupir.


    - Nous sommes les filles du roi des djinns, répondit la plus belle d'entre elles. Et tu te trouves dans notre palais enchanté où jamais un mortel n'a pu pénétrer. Nos fidèles aigles blancs t'ont déposé ici parce que tu as délivré leur petit. Reconnaissants, ils t'ont sauvé la vie."


    Puis, les jeunes filles se mirent toutes à parler en même temps, à l'interroger pour savoir ce qu'il faisait dans leur jardin magique. Sans rien leur dissimuler, l'orfèvre leur raconta comment le rusé vieillard s'était joué de lui.


 

 

 

Fête de Norouz

 

En Iran, les préparations de Norouz (fête traditionnelle des peuples iraniens qui célèbrent le nouvel an du calendrier persan, premier jour du printemps) commencent pendant Esfand, le dernier mois d'hiver dans le calendrier persan.


La fête est célébrée par certaines communautés le 21 mars et par d'autres le jour de l'équinoxe vernal, dont la date varie entre le 20 et le 22 mars.
En français, Norouz est également appelé Nouvel An iranien ou Nouvel An persan. Le Norouz est inscrit à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France en 2019.


Les Iraniens, les Afghans et d'autres groupes commencent à se préparer en faisant un grand  nettoyage de printemps dans leurs maisons, s'achètent de nouveaux vêtements pour la nouvelle année et achètent des fleurs "la jacinthe véritable et la tulipe sont particulièrement populaires".

 

 

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:54

 

 

Marcelle Chasteau-Tinayre (1870-1948)
autrice, conférencière et journaliste française 

 

 

La jacinthe


La jacinthe sauvage

Eclose au bois joli,

Ressemble, sous l'ombrage,

Aux yeux de mon ami.

 

Au bois joli, naguère,

Nous vînmes tous les deux

Qui ne nous parlions guère

Que du coeur et des yeux.

 

Paraît une clairière :

"Asseyons-nous ici." -

Ah ! pensais-je, ah ! ma mère,

Si vous saviez ceci !

 

Je me tais. Il soupire :

" La belle, par pitié,

" Ne sauriez-vous me dire

" Un seul mot d'amitié ? "

 

Je soupire. Il se penche :

" Belle, dit-il encor,

" Quand donc à ta main blanche

" Auras-tu l'anneau d'or , "

 

Mon âme s'effarouche...

Hélas ! en ce moment

Sa bouche sur ma bouche

Parla plus clairement.

 

Un an bientôt se passe ;

L'amour lui passe aussi.

Je reviens triste et lasse,

Je reviens seule ici.

 

Mon amoureuse plainte

Redouble quand je vois

Refleurir la jacinthe,

La jacinthe des bois.

 

Nous n'irons plus ensemble,

Jamais, au bois charmant...

La jacinthe ressemble

Aux yeux de mon amant

James Herbert Snell - Parmi les jacinthes

James Herbert Snell - Parmi les jacinthes

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:52

 

 

Robert Desnos (1900-1945) poète français au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie un mois après la libération par l'Armée rouge.

Chantefables et Chantefleurs, 1952.


 

La jacinthe

 

Toutes les lampes sont éteintes. 

Comment voulez-vous que je voie 

Combien vous me montrez de doigts ? 

Dans la nuit fleurit la jacinthe, 

Il fait froid, Les lampes sont éteintes, 

Prenez la jacinthe.

 

 

Maria Baliassova - jacinthes

Maria Baliassova - jacinthes

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:50

Renée Vivien (1877-1909) surnommée "Sapho 1900", poétesse britannique de langue française aux multiples appartenances littéraires, 

 

Cendres et Poussières


Le Sang des Fleurs 

 

"Ainsi que, sur les montagnes, les pâtres

foulent aux pieds l’hyacinthe, et la fleur

s’empourpre sur la terre."

Psappha

 

Le soir s’attriste encor de ses clartés éteintes.

Des rêves ont troublé l’air pâle et languissant,

Et, chantant leurs amours, les pâtres, en passant,

Écrasent lourdement les frêles hyacinthes.

 

L’herbe est pourpre et semblable à des champs de combats,

Sous le rouge d’un ciel aux tons de cornalines,

Et le sang de la fleur assombrit les collines.

Le soleil pitoyable agonise là-bas.

 

Sans goûter pleinement la paix de la campagne,

Je songe avec ferveur, et mon coeur inquiet

Porte le léger deuil et le léger regret

De la muette mort des fleurs sur la montagne. 

 

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:44

 

 

 

1641

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 


Pour la Guirlande de Julie, offerte par M. de Montausier à sa future, Julie d’Angenne. Dans l’édition de la Guirlande de Julie publiée par M. Livet, d’après le manuscrit de 1641 (Précieux et Précieuses, p. 393-432), 

 

de Pierre Corneille (1606-1684) dramaturge et poète


Madrigal.

 

 

L'hyacinthe

 

D'un éternel bonheur ma disgrace est suivie ;

Je n'ai plus rien en moi qui marque mon ennui,

Autrefois un Soleil me fit perdre la vie;

Mais un autre Soleil me la rend aujourd'hui.

 

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:39

 

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


pour la Guirlande de Julie, offerte par M. de Montausier à sa future, Julie d’Angenne. Dans l’édition de la Guirlande de Julie publiée par M. Livet, d’après le manuscrit de 1641 (Précieux et Précieuses, p. 393-432), 

 

De M. le marquis De Montausier

 

Madrigal.

 

 

L'Hyacinthe

 

Depuis mon changement, 

tout l'univers remarque

Que d'un triste et muet discours

Je me plains qu'en mes plus beaux jours

J'ai ressenti la rigueur de la Parque;

Mais je cesse de murmurer;

Car l'extrême plaisir que j'ai de te parer

Efface maintenant la plainte

Que mes feuilles portaient empreinte.

 De M. le marquis De Montausier (1610-1690) - militaire et poète - L'Hyacinthe
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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:37

 

 

Louis Legendre (1851-1908) Auteur dramatique, Adaptateur, Poète

Ce que disent les fleurs :

poésies, L. Baschet, Paris, 1891.

 


Jacinthe
 

Vous avez de l'esprit, Madame,

Mais vous haïssez l'épigramme ;

Et nulle part en aucun temps

Devant les mines amusées,

Les baguettes de vos fusées

Ne tombent sur les assistants.

 

C'est là, certes, un mérite rare,

Que de vos mots dont on s'empare,

Pas un n'écorche le prochain.

Il n'est que votre bouche rose

Pour défendre le petit Chose

Ou pour vanter le grand Machin. 

aquarelle de Firmin Bouisset

aquarelle de Firmin Bouisset

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:35

 


Poème persan, 13e siècle

 

Jacinthes

 

Et si pour toute richesse,

Il ne te reste que deux pains,

Vends-en un, et avec ces quelques deniers

Offre-toi des jacinthes pour nourrir ton âme.

Pierre Joseph Redouté Jacinthe d'Orient varieté rose Hyacinthus orientalis

Pierre Joseph Redouté Jacinthe d'Orient varieté rose Hyacinthus orientalis

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:34

 

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


pour la Guirlande de Julie, offerte par M. de Montausier à sa future, Julie d’Angenne. Dans l’édition de la Guirlande de Julie publiée par M. Livet, d’après le manuscrit de 1641 (Précieux et Précieuses, p. 393-432), 


Madrigal.

 


De M. le Marquis de Rambouillet (Charles d’Angennes (1577-1652), capitaine des gardes

 

 

L'hyacinthe


Je n'ai plus de regret à ces armes fameuses

Dont l'injuste refus précipita mon sort ;

Si je n'ai possédé ces marques glorieuses,

Un destin plus heureux m'accompagne à la mort;

Le sang que j'ai versé d'une illustre folie

A fait naître une Fleur qui couronne Julie.

 

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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 23:43

 

Mythologie grecque


La tulipe

 

 

 

Les tulipes sont des plantes vivaces bulbeuses à tiges longues, dures et solitaires, parfois tendues vers le haut.


Les feuilles sont assez peu nombreuses. Elles sont alternes, entières, à nervures peu profondes, charnues.


Les fleurs ont un périanthe constitué de trois pétales et trois sépales, ayant souvent la même couleur que les pétales. Elles comptent six étamines.
Le fruit est une capsule tripartite contenant de nombreuses graines.

 


"...Moi, je suis la tulipe, une fleur de Hollande ;

Et telle est ma beauté, que l’avare Flamand

*Paye un de mes oignons plus cher qu’un diamant,

Si mes fonds sont bien purs, si je suis droite et grande..."


Théophile Gautier
Recueil : "Poésies nouvelles et inédites"

 


 

tulipe

tulipe


 

Les tulipes forment un genre (Tulipa) de plantes à bulbes appartenant à la famille des Liliacées, qui compte une centaine d'espèces originaires des régions tempérées chaudes de l'Ancien monde.

 

En général, les étymologistes pensent que tulipe est issu du mot persan "delband" pour turban, où au turc tülbent, signifiant “turban”. Comme la coiffe orientale, la fleur peut arborer une multitude de formes et de couleurs.   

 

Pourtant, cela viendrait plutôt d’une mauvaise traduction que d’un lien réel, en effet les persans aimaient porter des tulipes dans leurs turbans et les écrits de l’empire ottoman sur cette fleur ont été traduits en turc, en latin et en français avant d’arriver au nom que nous utilisons aujourd’hui. 

 

 
 

Le genre Tulipa comprend une centaine d’espèces distribuées en Europe, de l’Asie occidentale à l’Asie centrale et en Afrique du Nord. Ce genre est représenté aussi par des milliers de cultivars et hybrides, 


Au début du XIXème siècle,  Tulipa,  s’est diversifié jusqu’à compter plusieurs milliers de variétés. Chaque tulipe se différencie par l’apparence de ses fleurs, feuilles et bulbes mais aussi par sa date de floraison. Les plus hâtives fleurissent dès mars tandis que les tulipes tardives dévoilent leurs couleurs en mai.


125 espèces et plus de 5600 variétés, de quoi satisfaire tout le monde. Elles sont regroupées en 15 familles :

 

 

Espèces et variétés de Tulipa

 

 

 

 1. Simple hâtive

Parmi les premières à fleurir chaque année et aussi les moins hautes, elles offrent une excellente résistance au vent

 


 

2. Double hâtive

Les Tulipes Doubles Hâtives Classiques sont très précoces et révèlent une longue durée de floraison. De plus, ces tulipes possèdent le charme de fleurir longtemps et produisent de grandes fleurs doubles, elles sont portées par des tiges relativement solides.

 

 

 

 

3. Triomphe à la tenue élégante, fleurs simples

La fleur de cette tulipe majestueuse à corolle étroite se dresse au sommet d'une tige épaisse et solide au-dessus des feuilles largement lancéolées vertes et caduques. Elle fleurit au milieu de la saison des tulipes, en avril, au cœur du printemps.

 

 

 

4. Hybrides de Darwin aux grandes fleurs simples

La Tulipe Darwin Hybride est réputée pour ses fleurs imposantes à grosses et son délicat parfum vanillé. Sa floraison généreuse dure du milieu à la fin du printemps. C'est une tulipe de mi-saison.

 

 

 

5. Simple tardive

Ces tulipes fleurissent à une saison où les fleurs sont rares, ce qui fait leur succès. Les fleurs sont très longues et très grandes.

 


 

6. Fleur de Lys aux pétales effilées

Ce sont des Tulipes différentes, à fleurs graciles aux pétales recourbés souvent effilés, aux tiges  minces et pas très robustes, ce qui les expose à des dégâts sous l'effet du vent. Quelques-unes de ces fleurs sont également d'excellentes fleurs coupées.

 

 

 

7. Frangées aux pétales dentelées

Avec leurs fleurs ébouriffées, frangées, et dentelées, ces variétés de tulipes donnent beaucoup de style et d’originalité aux massifs printaniers de jardins.

 

 

 

8. Viridiflora aux pétales verdâtres

Ces étonnantes tulipe viridiflora sont peu connues et pourtant...Leurs principales caractéristiques sont  de fleurir tard en saison, et de présenter des fleurs invariablement striées ou flammées de vert. Leurs tiges solides, et les fleurs restent belles durant trois semaines, ce qui fait d'elles des fleurs coupées exceptionnelles.


Elles sont fidèles et reviennent pendant plusieurs années, 

 

 

 

9. Rembrandt aux fleurs flammées

Les pétales flammés aux couleurs éclatantes donnent l’impression d’avoir été peints à la main. Ces tulipes ont été ainsi nommées en l'honneur de Rembrandt van Rijn (1606-1669), l'un des plus célèbres peintres hollandais de tous les temps. Elles enchanteront les jardins et combleront de bouquets "longue durée".

 

 

 

10. Perroquet aux grosses fleurs étonnantes

Cette tulipe perroquet, avec son "plumage ébouriffé" attire tous les regards et mettra de la couleur dans le jardin. Elle offre de grosses fleurs chatoyantes,


Cette variété aux tiges courtes mais solides bénéficie d'une bonne tenue face aux intempéries. Tout simplement étonnante, elle mérite une place de choix dans un massif ou dans un joli pot sur la terrasse. Elle permet de composer des bouquets voluptueux et fantastiques, à la manière des maîtres flamands.

 


 

 

11. Doubles tardives

Les tulipes doubles tardives sont parmi les variétés de tulipes à sortir en dernier au cours de la saison avec leur belles doubles fleurs.

Des tulipes colorées et fraîches, parfaites pour donner du tonus à un bouquet de fleurs et laisser prolonger le printemps !

 


 

 

12. Hybrides de Kaufmanniana fleurs multicolores

Cette tulipe s’ouvre complètement sous les rayons du soleil et offre alors cette forme de fleur dite "en nénuphar ", typique de Tulipa kaufmanniana. La couleur de la forme botanique est assez variable, mais 2 coloris dominent, la forme rouge au cœur crème et la forme jaune pâle. Un parterre de tulipes de kaufmann botaniques offre un tapis charmant et précoce de fleurs étoilées basses, largement épanouies.

 


 

 

13. Hybrides de Fosteriana aux feuilles tachetées

Les tulipes fosteriana ne sont pas très exigeantes. Cette tulipe a la particularité d'être très résistante aux intempéries. C'est une tulipe précoce aux grandes fleurs. Elle préfère le soleil, à l'abri des vents forts et fleurit dès la fin du mois de mars.

 

 

 

 

14. Hybrides de Greigii bicolore et feuilles veinées

Cette variété de tulipe dégage un doux parfum et attire le regard. Elle fleurit en avril. C'est une tulipe basse aux feuilles vertes striées et souvent marbrées de pourpre. Cette tulipe botanique peut rester en terre plusieurs années sans nécessiter de soins importants.

 

 

 

 

15. Divers dont les botaniques


      Pluriflore produit de 3 à 5 fleurs


Cette catégorie de tulipes impressionnent toujours du fait que ses fleurs s’épanouissent complètement au soleil et se referment quand il se cache.

 

 

     

 

Tulipe sauvage

Tulipe Sylvestris, tulipe des bois

La tulipe sauvage, se distingue par  ses fleurs inclinées fines et gracieuses. Cette tulipe botanique, surprenante, originale et précoce, sera capable de se naturaliser au jardin. C’est l’une des 10 tulipes indigènes de France.

 

 

 

 

Les tulipes sont très peu mellifères. Le nectar est inaccessibles aux abeilles, car caché entre les loges de l'ovaire, placé au fond des longs tubes de la corolle, que seuls les papillons peuvent atteindre.

Lily van Bienen - tulipe et papillon

 

 

 

 

Mythologie grecque

 

 

Dans la mythologie grecque, Tulipe, fille du Dieu marin Protée était convoitée par Vertumne, le dieu de l'automne.

 

Ce dieu aux attributs du jardinier avait peu de succès auprès de Tulipe qui restait indifférente à ses avances.

 

Pour la surprendre, Vertumne, qui avait le don de se transformer, se changea en chasseur et piégea la belle Tulipe dans les bois.

 

Prise dans une haie d’épineux, elle implora Diane, déesse de la chasse et soeur d'Apollon de la sauver.

 

Diane la métamorphosa en une fine fleur élégante, distinguée qui se plante en automne, mais ne voyant le jour qu’au printemps. Ainsi Vertumne tend-il ses bras vers sa bien-aimée à l’automne en ouvrant la terre, et au printemps en accueillant pour quelques jours cet amour lumineux et insaisissable.

 

Guillaume Seignac - Diane la chasseresse


 

 

 

Mythologie Persane

 

 

Farhad et Shirin

 

Un humble tailleur de pierre, Farhad, aimait la princesse Shirin et voulait gagner son cœur. Quand elle en entendit  parler, elle n'en fit aucun cas, et ne voulut même pas le voir, que voudrait-elle d'un humble artisan ?

 

Farhad alla donc dans les collines avec sa flûte et joua de la musique à la gloire de la princesse Shirin. Il jeûnait alors qu'il se languissait de son amour, et bientôt les villageois entendirent parler de lui. En le voyant ils ressentirent pour lui de la pitié, alors ils conspirèrent pour que les deux personnages se rencontrent.

 

La princesse Shirin fut conduite dans la montagne par sa courtisane et quand elle vit Farhad et entendit sa musique, elle en tomba immédiatement amoureuse.

 

Quand son père, le Shah apprit que sa fille unique aimait le tailleur de pierre, simple artisan, il fut très mécontent, et fut catégorique, leur union serait interdite. Il savait que s'il lui disait non, il risquait de la perdre, alors il conçut un plan machiavélique.

 

Il décréta que Farhad, devait accomplir une tâche, une tâche qu'aucun homme ne pouvait accomplir. Une tâche que tous les héros fuiraient, et ce n'est que s'il était capable de le faire qu'il pourrait avoir le moindre espoir d'être avec sa princesse bien-aimée.

 

Il donna la mission à Shirin de se rendre dans la montagne, demander à Farhad d'apporter de l'eau à la ville depuis une source lointaine en creusant un tunnel d'eau  à travers les collines  rocheuses. Il chargea un pied de biche, sa pelle et se dirigea vers la montagne.

 

De l'aube à la nuit, il  travailla sans relâche pendant des années,  à la construction du canal, et il progressait  réellement. Pour le voir, la princesse lui rendait visite, en secret, tombant de plus en plus profondément amoureuse. 

 

La nouvelle parvint au Shah que la tâche de Farhad se terminait. Il fallait trouver une façon de ne pas voir son plan échouer. Le Shah demanda conseil à ses vizirs rusés. Il complotèrent ensemble, et envoyèrent une sorcière, afin de transmettre à Farhad le message que Shirin était morte, espérant qu'avec le cœur brisé, il abandonnerait et s'en irait.

 

Farhad réticent à la croire, fut finalement convaincu. Puis, inconsolable, et tombant dans la déraison, il jette son pied de biche en l'air, qui lui frappe la tête en tombant et son sang coula dans le canal.

 

Lorsque la nouvelle parvint à la princesse Shirin, elle courut dans les montagnes pour voir si c'était vrai. En voyant son amoureux mort, accablée de chagrin elle mit fin à ses jours à son tour. 

 

Là où ils gisaient ensemble, leur sang écarlate, se répandait et chaque goutte formait une tulipe rouge, assurant que leur amour survivrait pour toujours.


 

 

 

XI° - XII° siècle

 

 


La tulipe provient des immenses territoires d’Asie. Les premières ont été cueillies dans les chaînes montagneuses du nord de l’Himalaya, les vallées des monts du Tien-Shan, aux confins de la Chine, du Tibet, de la Russie et de l’Afghanistan.


C’est dans ces régions pourtant inhospitalières, très difficiles d’accès, le Pamir,  "toit du monde"  et le Tien-Shan "montagnes célestes" qui formaient l’échine de l’Asie, que  curieusement,  après la fonte des neiges, à l'arrivée du printemps, les petites tulipes sauvages rouge et orange, peignaient les pentes rocailleuses et ensoleillées des montagnes.
 

Plusieurs tribus vagabondes, séduites,  rapportèrent les bulbes dans la plaine. Ils vouèrent un véritable culte aux tulipes dont la plupart étaient rouges comme le sang. 

 

Pour des nomades qui sortaient d’un hiver rigoureux  dans un environnement hostile, ces tulipes sauvages, rouges, jaunes, orangées, symbole de la régénération de la nature, de vie et de fertilité étaient, annonciatrices du printemps et des jours meilleurs.

 

On ignore à quel moment commença le culte de ces fleurs sauvages, mais on sait que, vers 1050, les tulipes étaient déjà vénérées en Perse ; elles poussaient dans les jardins de l’ancienne capitale, Ispahan, ainsi qu’à Bagdad. La tulipe fut cultivée dès le XI° siècle au Moyen-Orient, en Iran, Afghanistan et Kazakhstan.

 

Les nomades introduisirent la fleur en Turquie,  cultivée pour la première fois par les Turcs, dès 1055 après JC. 

 

Les tulipes sont citées dans des poèmes les plus célèbres d’Omar Khayyâm comme métaphore de la beauté féminine parfaite. 

 

 

Omar Khayyam (1040-1125), mathématicien, rendait hommage à la femme aimée, en écrivant des Quatrains sur la tulipe. 

 

..."Si sur le verre de vin je fais des économies

J’achèterai quelque part un espace d’herbe

Avec partout parmi les herbes des tulipes superbes

Des tulipes jolies comme ma jolie."...
 

 

 

Omar Khayam (1048-1131) est un poète et savant persan. 


..."Bois, car tu dormiras bien longtemps sous la rose,

Sans femme, sans ami, sans confident… Je n’ose

Te confier encor ce terrible secret:

La tulipe fanée à jamais reste close"...

 

 

 

Omar Khayam (1048-1131) est un mathématicien, astronome, poète et savant persan. 
traduction d'Armand Robin (1958)

traduction française est d'Armand Robin.

 

 

La tulipe et la rose

 

"La jolie, à la rose on la compare ;

Ma jolie, à la tulipe je la compare ;

A la tulipe plutôt qu'à la rose pourquoi je la compare ?

C'est que ma jolie aux autres jolies jamais je ne la compare."

 

"Ils disent tous : "C'est une rose, ma jolie !"

Je dis : "Elle est tulipe, ma jolie !

"La rose est belle, la tulipe est belle et jolie ;

"Pour une belle avoir cœur dans la beauté, c'est être jolie !"

 

"Le bijou de mon individualisme, contre aucun argent je ne le donnerai ;

Mes souffrances individuelles, contre aucun baume je ne les donnerai ;

La poussière sous ta porte, ô ma jolie, contre l'empire de Djan je ne la donnerai.

Un seul de tes cheveux, contre la terre, contre la mer, je ne le donnerai."

 

"Si nous obtenons rien qu'une miche de bon pain,

Puis un jarret de mouton, puis deux mesures de vin,

Et si, ô jolie, nous sommes tous deux en un coin de pré,

Nous avons obtenu ce qu'aucun Sultan n'obtient."

 

"Tout homme qui eut une affection, une amitié, dans son cœur,

Qu'il soit de ceux qui prient ou de ceux qui jamais en public ne prient,

Tout homme dont le nom a été inscrit sur le livre de l'affection,

Est libéré de l'Enfer, n'a plus besoin du Paradis."

 

"Le cœur est une lampe dont la lumière vient d'une jolie !

S'il y trouve de quoi mourir, il y trouve aussi sa vie !

Avec une lampe à huile, puis un papillon de nuit

On devrait éclairer le cœur de qui aime une jolie !"

 

"Je bois du vin et mes adversaires, de tout côté, disent :

"Pas de vin ! le vin, c'est l'ennemi de ton destin !"

Maintenant je sais que le vin, par Allah ! est l'ennemi de mon destin,

Je boirai, c'est légitime, le sang de l'ennemi de mon destin !"

 

"Toi dont la joue a les frémissements de la tulipe,

Dont le doux visage a pris leurs mouvements aux visages des filles de Chine,

Pitié ! ton regard fait à l'instant chanceler

Le roi, le fou, la tour, la reine, au jeu d'échecs de mon cœur !"

 

"Si tu le veux, tiens-moi par ton absence en tribulation ;

Ou, si tu le veux, tiens-moi par ton union en jubilation ;

Je ne demande ni le premier ni le second traitement ;

Que ton coeur me tienne selon ses prescriptions !"

 

"Bien des gens, après nous, du Monde auront leur part ;

De nous nulle part de souvenir plus tard ;

Rien manquait sur terre avant notre arrivée ;

Tout restera de même après notre départ."

 

Illustration rose et tulipe 1829

 

 

 

 

XIII° - XIV° siècle

 

 

Vers 1250, Saadi décrit son jardin idéal :

..."le murmure d’un frais ruisseau,

le chant d’un oiseau, l’abondance des fruits mûrs,

des tulipes multicolores et des roses odorantes

se combinent pour créer un paradis terrestre." ...

 

 

 

Hafez (ou Hafiz v1325-v1390) "Shirazi" auteur du "Divan", 
recueil de nombreux ‘ghazels’ (sonnets).

extrait

..."Que m’importent les tulipes et les roses,

puisque par la pitié du Ciel,

j’ai, pour moi seul, tout le jardin."...

 

 

 

Sultan Osman Ier (v. 1258 v.1326)


La plus illustre dynastie, celle d’Osman de Sogout, réputée pour  sa soif de conquêtes et son comportement tyrannique, ne reniait pas pour autant son amour indéfectible des tulipes.  Ils les cultivaient dans leurs jardins et les considéraient comme sacrées.

"Une légende turque expliquait pourquoi les jardins leur étaient si précieux. Hassan Effendi, un saint derviche, prêchait, on lui demanda si l’on pouvait être certain qu’un musulman allât au ciel après sa mort. Quand Hassan eut fini son sermon, il demanda s’il y avait des jardiniers présents ; un auditeur se leva et le derviche pointa le doigt vers lui en déclarant : celui-là ira au ciel. "

 

 

 

 

XIII° - XIV° siècle

 

 

Vers 1250, Saadi décrit son jardin idéal :

 

..."le murmure d’un frais ruisseau,

le chant d’un oiseau, l’abondance des fruits mûrs,

des tulipes multicolores et des roses odorantes

se combinent pour créer un paradis terrestre." ...

 

 

 

Hafez (ou Hafiz v1325-v1390) " Shirazi "auteur du "Divan", 
recueil de nombreux ‘ghazels’ (sonnets).

extrait

 

..."Que m’importent les tulipes et les roses,

puisque par la pitié du Ciel,

j’ai, pour moi seul, tout le jardin."...

 

 

 

Sultan Osman Ier (v. 1258 v.1326)


La plus illustre dynastie, celle d’Osman de Sogout, réputée pour  sa soif de conquêtes et son comportement tyrannique, ne reniait pas pour autant son amour indéfectible des tulipes.  Ils les cultivaient dans leurs jardins et les considéraient comme sacrées.

"Une légende turque expliquait pourquoi les jardins leur étaient si précieux. Hassan Effendi, un saint derviche, prêchait, on lui demanda si l’on pouvait être certain qu’un musulman allât au ciel après sa mort. Quand Hassan eut fini son sermon, il demanda s’il y avait des jardiniers présents ; un auditeur se leva et le derviche pointa le doigt vers lui en déclarant : celui-là ira au ciel. "

 

 

Dans certaines chroniques persanes datant du XIVe siècle, les turbans jaunes et rouges des soldats lors d'une grande bataille furent comparés à un immense champs de tulipes.

 

 

 

 

XV° siècle

 

 

En 1453, immédiatement après la prise de Constantinople, naquit un important mouvement artistique. Influencé par les productions chinoises arrivant par la route de la soie, un art de la céramique se développa à Iznik (l’ancienne Nicée). La tulipe, l’oeillet, la jacinthe et l’églantine y sont brillamment figurées.

 

 

Découvertes par le turc Soliman le Magnifique (1466-1566), ce goût pour l’abondance des fleurs ne s’est pas tari. Dans l’ensemble de son empire qui s’étalait des portes de Vienne au golfe Persique et du détroit de Gibraltar à la mer Caspienne, entre toutes les fleurs, la tulipe jouit d’un capital affectif et religieux incomparable. Il les fît cultivées et vénérées à Constantinople.
 

La tulipe se confond avec la fleur de Dieu puisque les lettres qui composent son nom en turc, lale, sont les mêmes que celles qui forment le nom divin.

 

Le règne du sultan Soliman coïncide aussi avec la production des premiers hybrides afin de multiplier les variétés.  Avec des petites tulipes sauvages aux fleurs ouvertes et étoilées, des jardiniers turcs produisirent des tulipes longues et minces,  avec des pétales en forme de poignards.

 

Soliman le Magnifique sur sa monture, 1549, par le peintre hollandais Hans Eworth (1515-1573).

 

 

 

 

Mesihi (1470-1512), poète ottoman.

 

 

..."Les roses et les tulipes 

ressemblent aux joues fraîches et vermeilles des jolies filles, 

aux oreilles desquelles pendent des pierres précieuses 

de couleurs variées, comme les gouttes de rosée. 

Ne te trompe pas en croyant que ces charmes puissent durer longtemps.

Sois joyeux ! sois rempli d'allégresse ! 

car la saison du printemps est courte : elle ne durera pas.

 

Les tulipes, les roses et les anémones

Se montrent dans le jardin,

La pluie et les rayons du soleil, comme des lancettes aiguës,

Teignent les couches de couleur sang.

Sois joyeux : sois rempli d'allégresse !

Car la saison du printemps est courte : elle ne durera pas !"...

 

Anca Bulgaru - vase tulipes et roses

 

 

 

 

Dans la vie ottomane, la popularité et la prévalence des tulipes ont augmenté de façon spectaculaire.  Au XVI°  siècle, le sultan Selim II (1524-1574) fils de soliman, se passionne pour la tulipe, il compte jusqu'à mille jardiniers pour entretenir ses jardins et notamment ceux du Palais de Félicité avec des tulipes à profusion. Il ordonna à un intendant situé en Syrie de lui expédier 50000 bulbes de tulipes sauvages pour les jardins impériaux, et fait planter quelques 300 000 bulbes de tulipes dans la 4ème cour du Palais Topkapi, que l’on appelle aujourd’hui le Jardin des Tulipes.

Ces importations somptueuses ont eu lieu à la fin de ce qui pourrait être considéré comme la première "manie de la tulipe"

 

 

 

 

Empire Ottoman, Turquie, Iznik, XVIe siècle. (1540-1580)

 

La céramique d’Iznik fait partie des traditions et de l’artisanat de la Turquie. La céramique d’Iznik est apparue au XVème siècle dans la ville d’Iznik en Turquie, actuellement appelée Nicée.

La céramique d’Iznik est particulièrement réputée pour ses décors et ses couleurs. Le succès de cette céramique sera croissant jusqu’à la fin du XVIème siècle. 


plat d'Iznik, - 1540-1550  British Museum -fleurs et tulipes

 

 

 

Plat aux deux tulipes et aux tiges de jacinthes

Plat rond, tabak, en céramique siliceuse, à décor peint en polychromie sous glaçure incolore.

Au centre, une composition de tiges de jacinthes encadrant deux larges tulipes élancées aux pétales éffilés.

 

 

 

Carreau aux fleurons trilobés et tulipes

Iznik - art ottoman - 1570

Carreau de revêtement, décoré en bleu, vert et engobe rouge sur fond blanc d'une succession de fleurons surmontés de tulipes légèrement inclinées.

 

Carreau aux fleurons trilobés et tulipes  Iznik - art ottoman - 1570


 

 

Carreau aux tulipes.

Empire Ottoman, Turquie, Iznik, XVIe siècle.

Photo Boisgirard et Associés

 

 

 

Caftan à manches longues à motifs feuilles et fleurs de saz. 

Milieu du XVIème siècle Topkapı 

Palace Museum, Istanbul, Turkey

Photographe Hadiye Cangökçe, 

 

 

 

 

Le naturaliste et apothicaire Pierre Belon (1517-1564) séjourna au Levant et en Turquie et fit l’éloge des jardins turcs. Constantinople était alors la ville la plus riche du monde et Soliman 1er le Magnifique (1494-1566), faisait pratiquer un jardinage intensif dans sa résidence d’été à Andrinople.


Il publia en 1553 un ouvrage dans lequel il décrivit la tulipe, appelée "lil rouge", avec une grande précision. Il ramena des bulbes en Europe, 

 

 

Constantinople, 1554,

Augier Ghislain de Busbecq  (Angerius Ghislenius Busbequius 1522-1592) ambassadeur d’Autriche fut envoyé en mission au nom de l'empereur Ferdinand Ier, à la cour du sultan de Constantinople Soliman le Magnifique. Il envoiya à Vienne quelques bulbes et quelques graines de tulipes découverts en Turquie, à trois de ses amis.

L'un des trois était Carol Clusius, Charles de Lécluse , grand botaniste français né à Arras, qui planta les bulbes.

 


 

En 1559, le médecin, naturaliste et encyclopédiste  Conrad Gesner (1516-1565) auteur d’un ouvrage d’histoire naturelle, écrit : 

..."En avril 1559, j’ai vu cette plante qui avait poussé d’une graine venue selon les uns de Byzance, selon les autres de Cappadoce. Elle produisait une seule belle fleur rouge, aussi grande qu’un lys rouge, comportant huit pétales, dont quatre à l’extérieur et autant à l’intérieur. Elle dégageait un parfum très doux et subtil, qui disparut rapidement"...


 

La tulipe prit le nom de tulipa gesneriana.

Elle est issue d'une hybridation complexe et ancienne (du XVI° siècle), entre plusieurs espèces sauvages apparentées, dont la principale est Tulipa suaveolens, mais aussi probablement T. armena et T. agenensis, et peut être T. hungarica et T. kaufmanniana.


Illustration et extrait de Tulipa gesneriana

 

 

 

 

Vers 1560-1562, elle fait son apparition en Europe lors de l’arrivée dans le port d’Anvers d’un bateau en provenance d’Istanbul, à un moment crucial de la situation aux Pays-Bas, où la rébellion couvait. A Bruxelles, puis Paris vers 1566.

 

L'Édition du "Kruydtboeck  Plantin, 1581" de Mathias de Lobel (1538-1616) en cite déjà 47 variétés. 

 

 

 

 

 

La toute première tulipe de Hollande aurait vu le jour aux Hortus Botanicus de l’université de Leyde (Pays-Bas) par le botaniste flamand Charles de l'Écluse (Carolus Clusius) (1526-1609) son créateur,  qui venait d’y être nommé professeur,  où elle fit sensation (même si elle devait déjà y être présente du fait des nombreux échanges commerciaux avec l'actuelle Turquie où la coutume voulait qu'on offre des bulbes en cadeau). 

 

Le "vrai roi des fleurs" comme on le surnomme régulièrement est un pionnier.

 

La splendeur de ses jardins et de ses collections donne un large écho à la tulipe. On vient de partout admirer les spécimens de ces plantes  exceptionnelles.

Charles de l'Écluse (Carolus Clusius 1526-1609)

 

 

 

Charles de l'Écluse décrit dans son Traité sur les tulipes comment Busbecq lui confie à Vienne en 1573 un stock de graines afin d’en tenter la culture. Des soins répétés et patients (sept ans sont en effet nécessaires pour obtenir une tulipe à partir des graines) sont finalement couronnés de succès : Clusius sera l’un des premiers à en suivre minutieusement l’évolution et à en donner un compte-rendu dans son ouvrage.

 

C’est en 1590 que le commerce de la tulipe a connu son véritable essor, marqué par l’intervention du botaniste néerlandais Carolus Clusius à l'Université de Leiden, révélant que les conditions météorologiques hollandaises convenaient bien à la culture de la fleur exotique.

 


 

 

En 1593 le Kruydtboeck, bible de la biodiversité écrit :



..."De l’Écluse fait planter dans ce jardin botanique une série de bulbes de tulipes qu’il a fait venir de Bruxelles, tulipes observées pour la première fois à Andrinople, en Turquie par Ogier de Busbecq (qui signe Busbecquius), ambassadeur de l’Empereur Ferdinand Ier auprès du sultan ottoman Soliman le Magnifique que de l’Écluse cite dans un ouvrage paru en 1583, dans lequel il décrit plusieurs variétés de tulipes.

Ces bulbes sont suffisamment résistants pour survivre aux rigueurs du climat néerlandais. Les premières tulipes ne sont mentionnées que par des botanistes ou des amateurs de plantes rares et de curiosités. Mais la vogue des tulipes se répand du sud des Pays-Bas vers le nord, et l’engouement devient tel qu’assez rapidement des voleurs s’introduisent dans le Jardin botanique de Leyde pour dérober des bulbes."...

 

Cet engouement pour la fleur se retrouve dans la peinture néerlandaise et flamande de l’époque.

 

Jan Brueghel l'Ancien Jan Brueghel l'Ancien (1568-1625),

peintre baroque flamand 

 

Jan Brueghel  - Vase tulipes et fleurs - Rijksmuseum Twenthe

 

 

 

La tulipe a fait son apparition dans la seconde partie du XVIe siècle dans les ouvrages spécialisés, sous forme de planches botaniques savantes.

 

 

Tulipe et poire  1590.

Illustrées par

Joris Hoefnagel (connu aussi sous le nom de Georg Hufnagel 1542-1601)

enlumineur flamand

 

 

 

 

Des tulipes, accompagnées d'une mouche ichneumon,

illustrées par Joris Hoefnagel (1542-1601),

enlumineur flamand, 


dans l'ouvrage Mira Calligraphiae Monumenta, paru en 1590.

 

 

 

 

Olivier de Serres  seigneur du Pradel (1539-1619) agronome français, et auteur d'un vaste traité,

 

"le Théâtre d’Agriculture et mesnage des champs"

publié le 1°,juillet 1600,  

dont il promeut de nouvelles cultures comme la tulipe. Il  écrit dans une langue française déliée, 


..."nous avons dit au commencement Tulipan , comme les Turcs"...

 

 

 


Jacques de Gheyn le jeune  (vers 1565-1629) 


Allégorie de la Vanité avec  vase et tulipe -1603

 

 

 

XVII° siècle

 

 

Michiel Jansz. Van Mierevelt  (1566–1641) peintre du siècle d'or hollandais.

Double Portrait d'un mari et femme avec tulipe, 

ampoule et coquillages 

huile sur panneau peinture de 1609


 

 

 

Ecole hollandaise  

17e siècle

Portrait d'une femme avec tulipe 

peintre anonyme du sud des Pays Bas


 

 

 


Jean Théodore de Bry (1561-1623) graveur, et éditeur 


(Florilegium novum, Oppenheim) p7


Tulipa Flore Vario, 1611



 

 

 

1611

Les Quatre Philosophes est une peinture de Pierre Paul Rubens (1577-1640) peintre brabançon de l'école baroque flamande, réalisée vers 1611-1612, actuellement conservée dans la galerie Palatine du Palais Pitti à Florence en Italie.


De gauche à droite, il montre Philippus Rubens (frère du peintre), Justus Lipsius, Jan Woverius et un élève non identifié ou un ami des trois autres. En arrière-plan, un buste de Sénèque orné de tulipes est visible.


Les Quatre Philosophes est une peinture de Pierre Paul Rubens (1577-1640)

 

 

 

Basilius Besler (1561-1629), apothicaire, médecin, botaniste et éditeur allemand


Hortus Eystettensis, Nuremberg 1613.


Ouvrage illustré de botanique sur papier.


Tulipes

 

 

 

Basilius Besler (1561-1629), apothicaire, médecin, botaniste et éditeur allemand


Hortus Eystettensis, Nuremberg 1613.


Ouvrage illustré de botanique sur papier.


Tulipes

 


 

 

Crispin de Passe le Jeune (v.1565-1637)


Dessinateur et graveur au burin,  il a illustré un certain nombre d'ouvrages dont l'Hortus floridus, remarquable recueil de planches de fleurs très recherché par les amateurs de jardins.
 

Tulipes - 1614-1615

 

 

 

Lors de son voyage en Turquie, George Sandys (1577-1644) voyageur, traducteur, colonisateur, auteur religieux et poète anglais, constatait :


..."On ne peut pas sortir dans la rue sans que des derviches ou des janissaires ne vous offrent des tulipes et des bagatelles"...

 


La tulipomanie (Tulpenmanie en néerlandais, Tulip mania en anglais),

est le nom donné au soudain engouement pour les tulipes dans le nord des Provinces-Unies (Pays Bas actuels).


Le début du XVII° siècle voit se développer un engouement extraordinaire pour l’horticulture et le jardinage dans le nord de l’Europe. Les premiers bulbes font leur apparition sur le marché.

L’époque se passionne pour la création d’hybrides et de nouvelles variétés, créant une demande pour les livres illustrés de gravures, livres destinés aux amateurs et aux professionnels de l’horticulture.

 

 

"Le Jardin du Roy Tres Chrestien Henry IV" de Pierre Vallet,

brodeur ordinaire du Roy"

paru en 1608. 

Jean Robin (1550-1629). Auteur du texte



 


 

 

La fleur devenant bientôt un article de luxe convoité et un signe de richesse, de nombreuses variétés voient le jour. Ces bulbes rares et précieux produisent des tulipes "cassées", des fleurs aux pétales marbrés de couleurs vives, dues, on le sait aujourd’hui, au virus de la panachure de la tulipe, sorte de virus de la mosaïque de la tulipe (TBV, Tulip breaking virus) phytovirus du genre Potyvirus (famille des Potyviridae).

Ce virus à distribution cosmopolite, dont la transmission est assurée par des pucerons, est présent dans toutes les régions tempérées où la tulipe est cultivée. C'est l'une des cinq espèces de virus de la famille des Potyviridae qui provoque la panachure des couleurs des fleurs de tulipes. Ces virus infectent des plantes appartenant à seulement deux genres de la famille des Liliaceae : les tulipes (Tulipa) et les lys (Lilium).qui avait provoqué des stries dramatiques de deux couleurs distinctes sur ses pétales.

 

 

Le Néerlandais Emanuel Sweerts (1552-1612) est un homme d'affaires néerlandais, pionnier de la vente d’oignons de tulipe sur la foire annuelle de Francfort puis d’Amsterdam, publie un des premiers catalogues, "le Florilegium", imprimé en 1612 

 


 

 

Roemer Visscher (1547-1620)  négociant hollandais prospère et un auteur d'épigrammes populaire du Siècle d'or néerlandais.


Livre d'emblèmes, les "Sinnepoppen" 1614 

La tulipe

le phénomène spéculatif, apparaissait dans ses écrits 
"Een dwaes en zijn gelt zijn haest ghescheijden"
("L’imbécile et son argent seront bientôt séparés")


 

 

 

 

Anonyme, 

La vente des oignons de tulipe, XVII° siècle.

Huile sur bois.

Musée des beaux-arts de Rennes.


 

 

 

 

Balthasar van der Ast (1593 ou 1594-1657)

peintre néerlandais de natures mortes.

bouquet de tulipes


 

 

 


Christoffel van den Berghe (1590-1645) 

peintre hollandais d'origine flamande. 

Il est connu pour ses peintures de paysages et de natures mortes.

Bouquet de tulipes et fleurs (vers 1617) 

Philadelphia Museum of Art , 1617

 

 

 

 

 

Abraham Bosschaert (né v. 1612-1635) peintre néerlandais,
Il peint des tableaux de bouquet, en y ajoutant la figuration de lépidoptères

Il représente également des variétés de tulipes de plus en plus précieuses et recherchées.

 

 

 

Jean Robin (1550-1629), puis son fils Vespasien Robin (1579-1662), soignent pour la plus grande gloire du roi de France, les plus belles plantes à l’emplacement de l’actuel jardin des Tuileries. 


Dans sa réédition de 1623 Vallet introduit des planches consacrées aux tulipes, marquant ainsi leur succès dans la capitale française.

Jardin des tuileries XVII°

 

 

 

Le commerce des plantes se développa dans toute l'Europe, et les marchands publièrent des catalogues de vente, comme le firent René Morin avec le"Catalogus plantarum horti Renati Morini, en 1621" , et Jean-Baptiste Dru avec  son "Catalogue des plantes tant des tulipes que des autres fleurs qui sont à présent au jardin du sieur Jean-Baptiste Dru, Herboriste du Roy, "

 


En 1634, la demande venue de France favorise la hausse des prix et des spéculateurs se positionnent sur le marché. Le prix des bulbes explose : + 5 900 % entre 1634 et 1637 !

 

La tulipe fait même son apparition dans le Jardin d’Eden, en première page d'une réédition d’un manuel anglais de jardinage. Dans cette édition de 1635, la tulipe est à la verticale de l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

 

Catalogue Brandemandus - conservé au Norton Simon Museum (Los Angeles).

Artiste inconnu, néerlandais

Deux tulipes 

vers 1635

Aquarelle et lavis gris (dessin) et plume et encre brune (inscriptions) sur papier vergé; irrégulier

Chaque fleur est identifiée par son nom, qui, suivant la convention hollandaise pré-linnéenne, peut faire référence à sa couleur, sa beauté et son cultivateur.

Les deux tulipes "Admirael Secretaris" et "Secretaris" sont d'une variété similaire rouge et blanche. La désignation supplémentaire "admirael" suggère que la fleur à gauche, avec ses pétales plus longs et sa courbe douce, est plus exceptionnelle que la fleur à droite.



 

 

 

Cette multiplication du nombre de catalogues suit la montée de la côte des tulipes qui permet d’amortir le coût des catalogues. 

 

Le plus célèbre est celui du pépiniériste P. Cos de Haarlem, catalogue manuscrit de pépinière de tulipes et un petit nombre d'autres fleurs, paru en 1637, l’année de la crise. En plus des images, le poids et le prix de chaque ampoule est donnée.

 

 

 

A l’hiver 1637 les bulbes changent jusqu’à 10 fois de propriétaire sur la même journée et le prix d’un seul oignon de la variété la plus chère, la Semper Augustus, atteint le prix record de 6 700 florins soit la valeur de deux maisons, huit fois celui d’un veau, quinze fois le salaire annuel d’un artisan ! 

 

Avec des flammes rouge sang striées de couleurs vives sur un fond blanc, la couleur affichée comme des flammes le long du centre et des touches de la même couleur au bord des pétales, Semper Augustus était, par tous les comptes, une tulipe remarquable et célèbre à l'époque pour sa beauté et sa rareté. Et parce que c'était coûteux, et parce que c'était rare, c'était convoité. 

 

Variété Semper augustus, dessin du XVIIe siècle.

 

 

 

 

Livre Brandemandus - livre de tulipes du XVIIe siècle 
 

conservé au Norton Simon Museum (Los Angeles).

Artiste inconnu, néerlandais

Deux tulipes Semper Augustus

vers 1635

Aquarelle et lavis gris (dessin) et plume et encre brune (inscriptions) sur papier vergé; irrégulier

 

"La beauté même de Semper Augustus est la raison pour laquelle elle n'existe plus." 

En effet ses marques vives étaient causées par un virus cassant la tulipe qui affaiblissait le bulbe, retardait la plante et rendait la propagation de plus en plus difficile.

C'est pour restreindre ce virus que les bulbes infectés ont tendance à ne plus être vendus dans le commerce, bien que les cultivars panachés puissent toujours être appréciés pour une fraction de leur coût d'origine. 


 

 

 

 

 

 

Une tulipe, connue sous le nom de "Vice-roi",

dans un catalogue néerlandais de 1637.

Le prix indiqué est de 3 000 à 4 200 florins.

 

 

 

 

Hendrick Gerritsz Pot (1580-1657) peintre néerlandais 

Le triomphe de Flore dans le char de la Fortune, vers 1640.

Allégorie de la Tulip Mania
1637/1638

 

 

 

 

Jan Brueghel le Jeune (1601-1678) peintre baroque flamand 

Une Satire de la Tulipomanie, ca 1640

 (Frans Hals Museum, Haarlem).

 

 

 

 

En 1641


Le Père Leroy Allard compose en 1641 un catalogue des espèces introduites récemment en Europe, sous le titre de "La Sainteté de vie tirée de la considération des plantes"

Encouragé par les Jésuites et le cardinal italien Borromeo, Leroy Allard peut affirmer que de toutes les fleurs alors à la mode

..."la tulipe embrase l’âme du désir d’être embellie d’une grande variété de vertus"...
 

 

 

 

 

Jean de La Bruyère (1645-1696) écrivain, moraliste français.


Les Caractères 


..."Le fleuriste a un jardin dans un faubourg, il y court au lever du soleil, et il en revient à son coucher ; vous le voyez planté, et qui a pris racine au milieu de ses tulipes et devant la solitaire."...

 

 

 

Louis XIV , dit "le Grand" ou "le Roi-Soleil" (1638-1715)

Sous le règne de Louis XIV, la Tulipe était la fleur officielle de la cour, à Versailles.

 

L’attrait pour la tulipe, adoptée à la cour royale de France par les dames, a joué un rôle moteur dans sa culture.

 

 

Jean Ducayer (XVII° siècle)

Portrait de femme aux cheveux ornés de tulipes


 

 


 

1641

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de Pierre Corneille (1606-1684) dramaturge et poète


pour la Guirlande de Julie, offerte par M. de Montausier à sa future, Julie d’Angenne. Dans l’édition de la Guirlande de Julie publiée par M. Livet, d’après le manuscrit de 1641 (Précieux et Précieuses, p. 393-432), 


Madrigal.

 


La Tulipe au soleil

 

Bel astre à qui je dois mon être et ma beauté,

Ajoute l’immortalité

À l’éclat nompareil dont je suis embellie ;

Empêche que le temps n’efface mes couleurs :

Pour trône donne-moi le beau front de Julie ;

Et si cet heureux sort à ma gloire s’allie,

Je serai la reine des fleurs.


 

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 

Antoine Godeau, Eveque de Grasse Et de Vence, un Des Premiers Membres de L'Academie Francaise (1605-1672).


Il trouva pour sa Tulipe une forme fraîche et idyllique; il donna à son vers l'élégance et le tour agréable de la pastorale, et le madrigal du Nain de la princesse Julie est si honnêtement troussé et d'une physionomie si colorée que l'on s'étonne, en le regrettant, que M. de Vence ait presque exclusivement consacré son talent à rimer des psaumes et à versifier des méditations chrétiennes et des églogues sacrées.


Guirlande de Julie

Madrigal

 


La tulipe

 

Je fus un berger autrefois

Qui poussé d'une belle audace,

Alla cueillir dessus Parnasse

Des lauriers plus fameux que les lauriers des rois .

Ce généreux désir d'une éternelle gloire

Ne m'empêcha pas de servir,

Avec les filles de Mémoire,

Les mortelles beautés qui me surent ravir

Mais mon âme fut si volage,

A tant d'objets divers elle rendit hommage,

Et les bergères si souvent,

En me reprochant leurs caresses,

Se plaignirent que mes promesses

Se perdaient parmi l'air sur les ailes du vent,

Qu'amour vint d'une main puissante

Me transformer en cette fleur,

Qui, comme j'eus l'âme inconstante,

est inconstante en sa couleur. 

Miracle de nos jours, si mes yeux t'eussent vue

Avec tous ces appâts n'eut point été léger;

Mais mon sort me console, et pour ma gloire ordonne,

Depuis que j'ai l'honneur d'embellir ta Couronne

Que mes vives couleurs ne pourront plus changer.


 

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 

de : Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690),

La guirlande Julie

Madrigal

 

 

La tulipe nommée flamboyante

 

Permettez-moi, belle Julie,

De mêler mes vives couleurs

A celles de ces rares fleurs,

Dont votre tête est embellie :

Je porte le nom glorieux

Qu'on doit donner à vos beaux yeux.

 

“La Tulipe nommée flamboyante”, planche du manuscrit de La Guirlande de Julie, v.1641, parchemin, folio 50r ©Paris, BnF

 

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


De : M. Arnauld de Corbeville 


Il emprunta le pinceau de Flore pour donner le plus vif coloris et les tons les plus fins à la fleur qu'il cueillit; sa Tulipe, superbe d'éclat, reste l'emblème du plus parfait amour sous la forme la plus élégante.

 

 

La tulipe

 

Je  suis le plus brillant ouvrage

Dont le pinceau de Flore embellit les étés,

Et sur les autres Fleurs j'ai le même avantage

Qu'a le feu de tes yeux sur les autres clartés.

Mais dans l'éclat qui m'environne,

Et qui de cent couleurs reléve mes beautés,

La gloire que le Ciel me donne,

D'être ide si doux appâts,

Que, bien que de ma mort ma gloire soit suivie,

Pour mourir d'un si beau trépas,

J'aime mieux la mort que la vie.
 

 

 

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


d'un anonyme

Guirlande de Julie

 

 

La tulipe

 

Curieux Enfants d'espérance,

Belle troupe de mes Amants,

Ne vivez plus dans l'ignorance

Du sujet de mes changements.

Je cherche à me rendre embellie

D'un si grand nombre de couleurs

Qu'il ne faille que de mes fleurs


 

 

 

Gilles Ménage (1613-1692) grammairien, historien et écrivain français.
Pour parler de la tulipe qui nous vint autrefois de Turquie, selon sa remarque
dans "les origines de la langue française" il dit :


..."Après Vossius et Stapel, que cette fleur a pris son nom de la ressemblance qu'elle a avec le Turban des Turcs, appelé en Turquie "Tulipan" (tiliband, de dul-bend, turban, mot persan)"... 

 sultan Selim II

 

 

 

1654


Le nombre de variétés et le goût pour la tulipe s'accroissent qu'elle fait l’objet de publications spécifiques, tel le

"Floriste français" de Charles de La Chesnée Monstereul,

publié en 1654 à Caen, le premier repéré.


 

 

 

Simon Lang

Une tulipe Pokal


En argent massif doré. Avec la partie supérieure de la coupe tulipe reposant sur une tige moulée de manière naturaliste émettant des capitules et des vrilles. La base évasée avec une décoration stylisée en fonte de fleurs.
Avec les lettres en hébreu 'Aleph Shin Aleph

Nuremberg. Vers 1660.


 

 

 

 

Philippe de Champaigne (1602-1674)

peintre, graveur classique français d'origine brabançonne.

Vanité et tulipe

Philippe de Champaigne (1602-1674)


 

 

 

Au 17ème siècle,


La tulipe était une fleur très exclusive et chère et au moyen des vases, les gens riches pouvaient faire voir à quel point ils étaient prospères. Le vase à tulipes était un symbole de statut. 


L'apogée de ces vases à tulipes spéciaux avec becs a suivie vers la fin du 17ème siècle. Les vases avec becs ont été mis sur le marché dans toutes les tailles et toutes les conceptions, et étaient particulièrement demandés


Vase à tulipes Monumental c1695 Pyramidal Lavish Delft

Tulipières par De Witte Ster 

 

 

 

1689

 

Plusieurs amateurs mettent en oeuvre les procédés les plus extravagants pour tenter d’en infléchir le cours du virus.

A l’image de nombreux autres expérimentateurs, J. Boyceau de la Baraudière s’est forgé son opinion sur la méthode la plus efficace pour obtenir les panachages les plus recherchés.

Dans la réédition de son Traité du jardinage de 1689, il ajoute donc un "Traité des tulipes et de la manière de les faire panacher" qui est parcouru avec grande attention par les amateurs.

Portrait de Jacques Boyceau "Traité du jardinage" - Gallica


 

 

 

XVIII° siècle

 

 

L’Ère des Tulipes ou Période des Tulipes (21 juillet 1718 - 28 septembre 1730 -  turc : Lâle Devri) est une période de l'histoire ottomane qui débute avec le traité de Passarowitz et s'achève avec la rébellion de Patrona Halil. Relativement pacifique, cette période a vu le début de l'occidentalisation de l'Empire ottoman.

Cultiver cet emblème culturellement était devenu une pratique célébrée. La période des tulipes a illustré les conflits générés par les prémices de la culture de consommation et était un symbole matériel commun. 


Durant cette période, la haute société ottomane a acquis un immense goût pour les tulipes, qui étaient utilisées en diverses occasions. Elles symbolisaient la noblesse et les privilèges.

 

Abdulcelil Levni (fin du XVII° siècle-1732), devient le plus important peintre miniaturiste de l'empire Ottoman et est nommé peintre de cour sous les sultans Mustafa II et Ahmed III. Personnalité notoire de l'ère des tulipes, il meurt à Istanbul.


Jeune ottoman tenant une tulipe - Miniature  par Abdulcelil Levni.  



 

 

 

Abdulcelil Levni (fin du XVII° siècle-1732), peintre miniaturiste de l'empire Ottoman 


Jeune ottoman tenant une tulipe - Miniature  par Abdulcelil Levni.  

 

 

 

 

Pendant "l'ère des tulipes" de 1718 à 1730, le jardinier ottoman, considérait la tulipe  comme la plus sainte et la plus précieuse des fleurs, et seuls la rose, le narcisse, l'œillet et la jacinthe étaient dignes d'être plantés à côté. Le jardin est au cœur de la vision du paradis. Les musulmans pieux traitaient les fleurs presque comme des reliques sacrées et portaient souvent des fleurs dans leurs turbans.

 
L'amour du sultan Ahmed III (1673-1736) de l'Empire ottoman,  à l’exemple de son gendre, le grand vizir de l'Empire ottoman (1718-1730) Nevşehirli Damat Ibrahim Pacha (1666-1730) pour les tulipes était si grand qu'il organisait des célébrations extravagantes dans les jardins de Topkapi, illuminés  avec bougies,  musique,  et danseuses chaque nuit où les tulipes étaient en fleurs. 


Ces célébrations étaient si exagérées qu'elles ont été l'un des facteurs qui ont conduit à son renversement en 1730. 


Le grand amiral Mustafa Pasa était le fils adoptif du grand vizir. Il reste célèbre pour avoir créé 44 variétés de tulipes

 

 Jean Baptiste Vanmour  (1671–1737) - sultan Ahmed III

 

 

 

Jean-Antoine Roucher, (1745-1794) poète français.


Les mois, 1779


 

..."Pour couronner enfin les richesses qu'étale

Des jardins renaissants la pompe végétale,

La tulipe s'élève. Un port majestueux,

Un éclat qui du jour reproduit tous les feux,

Dans les murs byzantins méritent qu'on l'adore,

Et lui font pardonner son calice inodore"...

 

Robert John Thornton (1768-1837) vers1800 - Tulipes panachées

 

 

 

XIX° siècle

 


Histoire des tulipes


 Charles Malo,   (1790-1871). Auteur du texte

ornée de 12 planches dessinées par P. Bessa

 


...."A Lille, un amateur donna, pour, un oignon de tulipe, une brasserie, qui porte encore aujourd'hui le nom de "Brasserie de la tulipe"....

 

.... Nonobstant le goût des Hollandais; pour les tulipes, il est une nation qui s'en montre encore plus curieuse, c'est la nation Turque. Tous les ans, au mois, d'avril, on célèbre chez le Grand-Seigneur, avec grande solennité, la fête des tulipes : elle est donnée par les, sultanes. Ce jour-là, le sérail et les jardins sont illuminés et remplis de tulipes posées en amphithéâtres sur des gradins.
 En Perse, la tulipe est, par sa couleur  l"emblème des parfaits amants. Quand un,jeune homme présente une tulipe à sa maîtresse, il veut lui donner à entendre qu'il a, comme, cette fleur, le visage en feu et le coeur en charbon."....


 

 

 

Histoire des tulipes


 Charles Malo,   (1790-1871). Auteur du texte

ornée de 12 planches dessinées par P. Bessa

Tulipe Duc de Toll, Tulipe de Lécluse, tulipe double des forêts

 

 

 

Histoire des tulipes


 Charles Malo,   (1790-1871). Auteur du texte

ornée de 12 planches dessinées par P. Bessa


Tulipe De Cels, Tulipe Oeil de Soleil, tulipe des forêts


 

 

 

Jacques-François-Marie Vieilh de Boisjolin, (1760-1841) poète et administrateur français. ...

 

Origine de la tulipe

 

Mais quelle fleur plus fière, au milieu de ses soeurs,

Oppose à leurs parfum l'éclat de ses couleurs ?

Mon oeil a reconnu, la tulipe inodore,

Jadis nymphe des champs et compagne de Flore.

Protée était son père, et la fable autrefois

Consacra son malheur, qu'ose chanter ma voix.

 

A cette heure douteuse, où l'ombre, plus tardive

Suit du jour qui s'éteint la clarté fugitive,

La nymphe, loin de Flore, hélas ! loin pour jamais,

Des champs et de son  coeur  goûtant l'heureuse paix,

Sous l'odorant feuillage où chantait Philomèle

Savourait du repos la douceur infidèle.

Zéphire l'aperçoit, et, d'un souffle enflammé,

Caresse des attraits dont son oeil est charmé.

La fille de Protée, à cette douce haleine,

Entrouvre avec lenteur sa paupière incertaine,

Et ne voit pas encor dans son enchantement

Que ce bruit de Zéphire est la voix d'un amant.

Mais bientôt, à l'aspect du jeune époux de Flore :

"Déesse, à tes bienfaits si j'ai des droits encore,

"Dit-elle, contre un dieu qui trompe tes amours;

"J'implore ta vengeance, ou du moins ton secours."

 

Tout-à-coup, ô prodige ! une forme étrangère

La dérobe aux transports d'un désir adultère.

Son beau corps, dont Zéphyr presse en vain les appâts,

En tige souple et frêle échappe de ses bras ;

Ses cheveux qui tombaient en boucles agitées,

S'élevant sur son front  en feuilles veloutées,

L'entourent d'un calice : un doux balancement

Semble prouver encor qu'elle craint son amant.

Le dieu veut, en parfums, respirer son haleine ;

Ce baume de l'amour adoucirait sa peine :

Prive la fleur d'un charme, et l'homme d'un plaisir ; 

Mais la nymphe héritant du secret de son père,

De cet art protecteur se fait un art de plaire ;

Et trompant le regard par la variété,

De changeantes couleurs enrichit sa beauté.

Je vois errer Zéphyr : mais il ne cherche qu'elle,

Et s'il paraît volage, il n'est plus infidèle.


Lowell Blair Nesbitt

 

 

 

Grandville, ou Jean-Jacques Grandville, pseudonyme de Jean Ignace Isidore Gérard, (1803-1847)

caricaturiste, illustrateur et lithographe français.


Illustration


La tulipe


 

 

 

Louis Aimé Martin (1782-1847), élève et ami de Bernardin de Saint-Pierre. 


"Le Langage des Fleurs" 


Il le publia en 1819, pour la première fois, sous le pseudonyme de Charlotte de Latour.


 

Tulipe
 

Déclaration d'amour


..."Sur les rives du Bosphore, la tulipe est l'emblème de l'inconstance ; mais elle est aussi celui du plus violent amour. Telle que la nature la fait croître aux champs de Byzance, avec ses pétales de feu et son coeur brûlé, elle va dire malgré les grilles et les verroux, à la beauté captive, qu'un amant soupire pour elle ;  et que, si elle daigne se montrer un moment, sa vue mettra son visage en feu et son coeur en charbon. Ainsi, un jeune homme naïf, sortant des mains de la nature, présente un hommage sans fard : bientôt, façonné par le monde, comme la tulipe par les mains du jardinier, il sera plus aimable, plus enjoué, il saura plaire, il aura cessé d'aimer.


La tulipe, sous le nom de tulipan ou de turban, coiffe le front superbe de ces Turcs barbares, qui adorent sa fleur et font porter des fers à la beauté. Idolâtres de sa tige élégante, et du beau vase qui la couronne, ils ne peuvent se lasser d'admirer des panaches d'or, d'argent, de pourpre, de lilas, de violet, de rouge foncé, de rose tendre, de jaune, de brune, de blanc, et de tant d'autres nuances, qui se jouent, se marient, se rejoignent, se séparent sur ses riches pétales sans jamais s'y confondre.


Dès les premiers jours du printemps, on célèbre, dans le sérail du grand-seigneur, la fête des tulipes. On dresse des échafauds, on prépare de longues galeries, on y place des gradins en amphithéâtre, on les recouvre des plus riches tapis, et bientôt ils sont chargés d'un nombre infini de vases de cristal,couronnés des plus belles tulipes du monde. Le soir venu, tout s'illumine ; les bougies répandent les odeurs les plus exquises, des lampions de couleurs brillent de tous les côtés comme des guirlandes d'opales, d'émeraudes, de saphirs, de diamants et de rubis ; une quantité prodigieuse d'oiseaux renfermés dans des cages d'or, tous éveillés par ce spectacle, confondent leur ramage avec les mélodieux accords des instruments que touchent d'invisibles musiciens ; une pluie d'eau de rose rafraîchit les airs : les portes s'ouvrent, et les jeunes odalisques viennent mêler l'éclat de leurs charmes et de leur parure à celui de cette fête enchantée [...]"

Festival de la tulipe Istanbul

 


 

Madame Victorine Maugirard

Les Fleurs -  rêve  allégorique

Puisé dans l'ouvrage de P. Rapin - Traduction de  M. Gazon Dourxigné


1844


..."S'il faut en croire la renommée, cette fleur l'ornement des jardins, était une jeune fille de Dalmatie, dont la mère était  nymphe d'une rivière d'Italie, nommée la Brente, et dont Protée était le père.

Elle tenait de son père  l'art de plaire sous telle forme  qu'elle parût ; qu'elle eut le plus riche et le plus superbe vêtement, de quelque couleur qu'il fût, soit qu'elle en imposât par une cruauté affectée, soit au contraire qu'elle fût douce, enjouée, riante, elle plaisait.

Vertumne, après avoir parcouru ce vaste globe, côtoyait les confins de l'Illyrie, et se préparait à séduire la nymphe par ces paroles chatouilleuses et agréables qui sont toujours dans la bouche des amants délicats : l'objet de son amour était près de sa mère ; Vertumne approche, elle s'enfuit, elle vole et déconcerte les galants projets de son amant.

Mais la belle avait un goût tout particulier pour la variété des couleurs, et Vertumne est de mille couleurs ; chaque instant de sa vie est une métamorphose nouvelle ; il s'efforçait de plaire à la nymphe, en flattant ses goûts, en respectant ses caprices ; vains efforts ! Trop convaincu qu'il formait d'inutiles voeux, qu'il perdait ses soins, ses ruses, ses caresses ingénieuses, le Dieu, que sa flamme rendait toujours plus téméraire, déclara bientôt à la nymphe et sa divinité et son amour ; il allait s'expliquer encore mieux : Dieux de la patrie, s'écria-t-elle, soyez les protecteurs de la chasteté qu'on outrage ! 

Et l'objet des voeux de Vertumne n'est plus qu'une fleur ; cette longue tresse de  cheveux blonds qui captivaient les coeurs, ces bandelettes heureuses qui ceignaient la tête plus charmante, tous ces agréments précieux ne sont plus que des feuilles ; la taille la plus fine devient une tige élégante et fière : la fleur qui la couronne oppose son calice au ciel qui lui sourit ; elle déploie toutes les couleurs dont se peint la nature ; sa tête oblongue en est décorée. Cette nymphe toute métamorphosée qu'elle est, conserve encore son goût pour la diversité des couleurs..."
 

 


 

Le mythe de la tulipe noire

 

 

La mythique tulipe d’un noir parfait est le rêve de tous les horticulteurs, mais aussi la muse des écrivains.

 

Alexandre Dumas (1802-1870 dit aussi Alexandre Dumas père)

écrivain français 


publie en 1850 un roman intitulé La tulipe noire


Son personnage principal, Cornélius Van Baerle, réussit ce qu’aucun botaniste n’a été capable de faire : créer une tulipe d’un noir d’ébène. Mais, accusé injustement de complot, il est emprisonné et sa fabuleuse découverte dérobée par son voisin. Les vrais coupables démasqués, Cornélius échappe à la mort in extremis.


...."Boxtel (...) ne s'occupa que de ce qui se passait chez van Baerle, il respira par la tige de ses tulipes, se désaltéra par l'eau qu'on leur jetait, et se rassasia de la terre molle et fine que saupoudrait le voisin sur ses oignons chéris....."
 

Un roman d'Alexandre Dumas, La Tulipe noire (1850), a pour sujet un concours dans la ville de Haarlem Pays-Bas, visant à produire une tulipe véritablement noire.
 

 

 


Pierre Étienne Rémillieux (1811-1856)  peintre français 

Un bouquet de tulipes panachées, jacinthes bleues, chèvrefeuille

Pierre Étienne Rémillieux (1811-1856)
 

 

 

Théophile Gautier (1811-1872) poète, romancier et critique d'art français.

Recueil : "Poésies nouvelles et inédites"

 

 

La Tulipe

 

Moi, je suis la tulipe, une fleur de Hollande ;

Et telle est ma beauté, que l’avare Flamand

Paye un de mes oignons plus cher qu’un diamant,

Si mes fonds sont bien purs, si je suis droite et grande.

 

Mon air est féodal, et, comme une Yolande

Dans sa jupe à longs plis étoffée amplement,

Je porte des blasons peints sur mon vêtement,

Gueules fascé d’argent, or avec pourpre en bande.

 

Le jardinier divin a filé de ses doigts

Les rayons du soleil et la pourpre des rois

Pour me faire une robe à trame douce et fine.

Nulle fleur du jardin n’égale ma splendeur,

Mais la nature, hélas ! n’a pas versé d’odeur

Dans mon calice fait comme un vase de Chine.


 

 

 

 

Charles Baudelaire (1821-1867) poète français

L’invitation au voyage

recueil :  Le Spleen de Paris 


..."Qu’ils cherchent, qu’ils cherchent encore, qu’ils reculent sans cesse les limites de leur bonheur, ces alchimistes de l’horticulture ! Qu’ils proposent des prix de soixante et de cent mille florins pour qui résoudra leurs ambitieux problèmes ! Moi, j’ai trouvé ma tulipe noire et mon dahlia bleu ! Fleur incomparable, tulipe retrouvée, allégorique dahlia, c’est là, n’est-ce pas, dans ce beau pays si calme et si rêveur, qu’il faudrait aller vivre et fleurir ? Ne serais-tu pas encadrée dans ton analogie, et ne pourrais-tu pas te mirer, pour parler comme les mystiques, dans ta propre correspondance ?"... 


 

 

 

1882
 


Jean-Léon Gérôme (1824-1904)  peintre et sculpteur français, membre de l'Académie des beaux-arts. 


Le Duel à la tulipe (dit aussi Folie tulipière) est une peinture à l'huile sur toile réalisée par le . Elle représente un champ de tulipes avec des hommes en armes. Il est inspiré de la  "tulipomanie" du XVII° siècle aux Pays-Bas. 


Elle est conservée au Walters Art Museum de Baltimore (Maryland) aux États-Unis.


 

 

 

Claude Monet  (1840–1926) peintre français et l’un des fondateurs de l'impressionnisme.


Champs de tulipes en Hollande

Musée d'Orsay

 

Champ de tulipes à Sassenheim  - 1886


 

 

Vincent Van Gogh  (1853–1890)


Champ de tulipes en Hollande

La National Gallery of Art 


 

 

 

Gustave Flaubert (1821-1880) écrivain françai

 

Citation

Il est doux de songer que je servirai un jour à faire croître des tulipes.

 

 

 

 

Anna de Noailles, née Anna Elisabeth Bassaraba de Brancovan, (1876-1933) poétesse et romancière française d'origine roumaine.

exprime son souhait de se rendre,dans les jardins de Chiraz 


..."L’éperdu rossignol, d’avril jusqu’en septembre

Exerce un flexible gosier ;

La tulipe fleurit, l’air a l’odeur de l’ambre,

La brise évente le rosier."...

 

 

 

Berthe Morisot (1841-1895) artiste peintre française, cofondatrice et doyenne du mouvement d'avant-garde que fut l'impressionnisme.


Jeune paysanne parmi les tulipes

 

Berthe Morisot (1841-1895)

 

 

1885

Cette illustration particulière de la tulipe est tirée du livre de fleurs allemand 


"Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz" 
Thomé, Otto Wilhelm

Tulipa Sylvestris - 1885


 


 

1898


Affiche de belles tulipes rouges vintage,

graines et bulbes publicitaires


 

 

 

François Coppée (1842-1908), poète, dramaturge et romancier français.

 

 

À une tulipe

 

Ô rare fleur, ô fleur de luxe et de décor,

Sur ta tige toujours dressée et triomphante,

Le Velasquez eût mis à la main d’une infante

Ton calice lamé d’argent, de pourpre et d’or.

 

Mais, détestant l’amour que ta splendeur enfante,

Maîtresse esclave, ainsi que la veuve d’Hector,

Sous la loupe d’un vieux, inutile trésor,

Tu t’alanguis dans une atmosphère étouffante.

 

Tu penses à tes sœurs des grands parcs, et tu peux

Regretter le gazon des boulingrins pompeux,

La fraîcheur du jet d’eau, l’ombrage du platane ;

 

Car tu n’as pour amant qu’un bourgeois de Harlem,

Et dans la serre chaude, ainsi qu’en un harem,

S’exhalent sans parfum tes ennuis de sultane.

 

 

 

XX° siècle 

 

Gaston Gérard (1859-19?)

 

Peintre de sujets mythologiques, scènes de genres, paysages animés, compositions décoratives, aquarelliste, peintre à la gouache, graveur et illustrateur. 


Tulipes 1900 Estampe Art-nouveau

 

 

 

Auguste Renoir  (1841–1919)

l'un des plus célèbres peintres français.


Bouquet de tulipes - 1905 - 1910

Auguste Renoir  (1841–1919)


 

 

 

Robert Delaunay  (1885–1941)


L'homme à la tulipe (Portrait de Jean Metzinger) 1906


 

 

 

Georges Lawrence Bulleid (1858-1933), peintre victorien. 

art nouveau

Jeune fille tenant des tulipes.

 

 

 

Jessie Willcox Smith (1863-1935) illustratrice américaine

Les tulipes


 

 

 

1920  


Alfons Mucha (1860-1939) affichiste, illustrateur, graphiste, peintre, et professeur d'art tchécoslovaque


art nouveau

Fille aux tulipes


 

 

 

1929

 

Jules Eudes, (1856 -1938)  aquarelliste français. Il signait ses œuvres JEUDES.


Illustration livre du botaniste André Guillaumin (dans l’Encyclopédie pratique du naturaliste


Les Fleurs de Jardins, volume I :

Les Fleurs de Printemps, Paul Lechevalier, 1929.

tulipe gesneriana - tulipe de Gesner

 

 

 

 

Marie Laurencin (1883-1956) artiste-peintre figurative française, mais aussi graveuse et illustratrice

femme aux tulipes - 1936


 

 

 

 

Cicely Mary Barker (1895-1973) illustratrice britannique connue pour ses illustrations de fées et de fleurs.

 

 

La Fée des tulipes

 

Nos tiges sont très droites et hautes,

Nos couleurs claires et lumineuses;

Trop de teintes pour les nommer toutes :

rouge, jaune, rose ou blanc.

 

Et certaines sont éclaboussées, et certaines, peut-être,

aussi foncées que n'importe quelle prune.

Des champs de tulipes à travers la mer

En Angleterre nous sommes venues.

 

Nous étions la fierté d'un pays pacifique,

et la Hollande est son nom.

Maintenant, dans vos jardins, nous demeurons -

Et n'êtes-vous pas content que nous soyons venues ?

 

Cicely Mary Barker (1895-1973)

 


 

 

film sorti en 1949.

Cinq tulipes rouges est un film français de Jean Stelli

Un meurtrier supprime cinq coureurs sur le Tour de France 1948 et signe ses crimes d'une tulipe rouge. Une journaliste (Colonelle) et un inspecteur de police (Ricoul) mènent l'enquête pour arrêter l'assassin à l'arrivée du Tour, au Parc des Princes.


 


 

1952


La tulipe est également associée à un personnage facétieux, Fanfan la Tulipe, incarné au cinéma par Gérard Philipe, en 1952, dans le film de Christian-Jaque, et par Vincent Perez, en 2003, dans un film réalisé par Gérard Krawczyk.


Le jeune Fanfan s'engage dans l'armée pour échapper à un mariage forcé. Après de picaresques aventures, il sauve des griffes de bandits de grand chemin la marquise de Pompadour et reçoit pour récompense une broche en forme de tulipe...


 

 

Henri Matisse (1869-1954) peintre, dessinateur, graveur et sculpteur français.


Femme aux tulipes 


 

 

 

Ron van Dongen est un photographe néerlandais né en 1961 à Judibana (Venezuela). Il est connu pour ses photographies de fleurs.

Editeur : Citadelles Et Mazenod

Présentation la tulipe une anthologie 

Une anthologie qui doit beaucoup à cette enfance passée à vivre au rythme de la tulipe. 


 

 

 

En 1964, 


on assiste à la traque du justicier masqué surnommé La Tulipe Noire dans un film de cape et d’épée éponyme réalisé par Christian-Jaque. 


La Tulipe noire est un film franco-italo-espagnol de cape et d'épée réalisé par Christian-Jaque, sorti en salles en 1964, avec Alain Delon et Virna Lisi.


À la veille de la Révolution française, dans le Roussillon, le chef de la police La Mouche traque la Tulipe noire, un justicier masqué, sans parvenir à l'arrêter. Il arrive cependant à le balafrer sur une joue, obligeant la Tulipe noire (qui se révèle être Guillaume de Saint-Preux) à demander à son frère cadet Julien de le remplacer.

 

 

 

Pablo Picasso (1881-1973) peintre, dessinateur, sculpteur et graveur espagnol 

femme aux tulipes


 

 

 

Bernard Buffet (1928-1999) peintre français expressionniste,

Tulipes Jaunes et Rouges

 

 

 

François David (1950), écrivain

Extrait de son livre "petits poèmes de l’amour"

 

 

La tulipe

 

Un chat était amoureux fou

D’une tulipe.

Il tournait

 Tout le jour

Tout autour

De son vase.

Il respirait son bon parfum

Il lui miaulait la sérénade.

Mais la fleur restait indifférente

Au beau chant d’amour

Du matou.

 Comme il ne sortait plus,

Comme il ne mangeait plus,

Comme il ne buvait plus de lait,

Les amis du chat supplièrent la tulipe ;

Faites-lui un signe

Ne désespérez pas notre minou.

 

 La fleur avait bon cœur ;

Pour réjouir le chat,

Elle ouvrit ses pétales

Et fit entendre un doux "ronron"

Depuis ce jour, il existe une tulipe

D’une espèce nouvelle et très rare ;

La tulipe qui ronronne.

 

Diane Hoeptner Tuxedo et Tulipes

 

 

 

XXI° siècle

 

 

De Mike Dash , né à Londres en 1963  écrivain, historien et chercheur gallois.


La tulipomania :

L'histoire d'une fleur qui valait plus cher qu'un Rembrandt Broché – 22 mars 2000.


..."En 1636, en plein âge d'or hollandais, un bulbe de tulipe s'est échangé à Amsterdam pour un prix trois fois supérieur à celui de La Ronde de nuit de Rembrandt ! Comment une telle folie spéculative s'est-elle emparée d'un peuple réputé si raisonnable ? Pourquoi cette "tulipomania" ?"...


 

 

 

 

2001 - 


Anna Pavord (1940)

La tulipe


Correspondante de jardinage pour The Independent et auteure de plusieurs livres sur les plantes et le jardinage.

Elle est rédactrice en chef adjointe du magazine Gardens Illustrated, 
la tulipe


 

 

 

Olivier Bleys (1970) écrivain français.

Semper Augustus. 2007

L’action du roman se situe en pleine tulipomanie où des fortunes se font et se défont en quelques heures sur ce marché volatil où un seul bulbe de Semper Augustus
 – une tulipe légendaire à l’éclat sans pareil – vaut autant qu’un palais.


 

 

 

2008


L’éditeur anglais JKLM Games

a publié le jeu de société Tulipmania inspiré de cet épisode historique.


 

 

 

 

2010

 

Le virus des tulipes
par Daniëlle Hermans , David Mackay (traducteur)

 

Un premier mystère captivant qui se déroule dans le Londres contemporain avec des racines dans la Hollande du 17ème siècle et le mystérieux commerce des tulipes
 
En 1636 Alkmaar, Hollande, le corps brutalement abattu de Wouter Winckel est retrouvé dans le bar de son auberge, une brochure antireligieuse fourrée dans sa bouche. Winckel était un marchand de tulipes respecté et possédait la plus belle collection de tulipes de la République-Unie des Pays-Bas, y compris l'ampoule la plus convoitée et la plus chère de toutes, la Semper Augustus. Mais pourquoi a-t-il dû mourir et qui le voulait mort ?


En 2007 à Londres, l'histoire semble se répéter. Le Néerlandais Frank Schoeller est retrouvé chez lui par son neveu, Alec. Gravement blessé, il tient un livre du XVIIe siècle sur les tulipes, faisant apparemment référence à la raison de sa mort quelques instants plus tard. Avec l'aide de son ami Damien Vanlint, un antiquaire d'Amsterdam, Alec tente de résoudre le mystère, mais se rend vite compte que sa propre vie et celle de son ami sont désormais en danger.


 

 


2013

L'histoire en bande dessinée "bulbe fiction !" du Super Picsou Géant numéro 178 traite de la tulipomanie au XVII° siècle

 

 


2017

Le film indépendant Tulip Fever 


Tulip Fever est un film dramatique romantique américano-britannique réalisé par Justin Chadwick, sorti en 2017. Il s’agit de l’adaptation du roman britannique Le Peintre des vanités (Tulip Fever) de Deborah Moggach (1999).
Dans les Pays-Bas du XVII° siècle durant la tulipomanie, un jeune artiste Jan Van Loos, tombe amoureux d'une femme mariée Sophia, tandis qu'on lui commande un portrait du mari de celle-ci.


Il s’agit d’une histoire d’amour impossible assez classique sur fond de "tulipomanie" à Amsterdam dans les années 1636-1637. Le principal mérite de Tulip Fever est d’ailleurs de mettre en scène cet engouement soudain des Hollandais pour le commerce des bulbes de tulipes. Les fleurs, et notamment les variétés les plus rares, sont alors tellement prisées que le prix d’un bulbe peut atteindre jusqu’à dix fois le salaire annuel d’un artisan. De jeunes gens modestes rêvant d’une vie meilleure se mettent à investir dans les tulipes… avant de déchanter lorsque la bulle éclate en 1637, causant la ruine de nombre d’entre eux.
 


Les bulbes de tulipes,

Un rappel des conséquences d'une prise de risque excessive, resteront à jamais le symbole des fluctuations spéculatives du marché boursier mondial dans l’histoire de l’économie. 
 

 

 

Langage de la tulipe

 

 

La tulipe est la fleur du 11e anniversaire de mariage. La légende raconte que le centre noir velouté de la tulipe représente le cœur d’un amoureux obscurci par la chaleur de la passion. 


Un bouquet de tulipes représente l'élégance et la grâce.


 


 

La tulipe symbolise d’une manière générale l’amour, mais avec des nuances qui varient selon sa couleur.

 

La tulipe rouge : 

Amour parfait, sincère et passionné et intense. 
On offre un bouquet de tulipes rouges pour faire une véritable déclaration d’amour ou demande en mariage, envoyant un message enflammé qui mêle sensualité et plaisir.

 

 

 

La tulipe blanche  : 

amour extrême, sincère et idéaliste, sage et intense. purs sentiments. 
On l’offre à l’être aimé pour n’importe quelle occasion. 
Elle exprime un sentiment pur.

 

 

 

La tulipe couleur orange :

Amour enthousiaste et indestructible ou amitié sincère et solide.

 

 

 

 

La tulipe jaune :

Longtemps considérée comme une déclaration d’amour sans espoir, exprimant aussi la peur d'un amour impossible, elle transmet aujourd’hui un message de joie ensoleillée.


 

 

 

La tulipe rose :  

Délicate et douce, elle symbolise les prémices de l'amour, innocent et fragile. Une façon originale et très romantique de célébrer l'amour.

 Plus la couleur est foncée, plus elle reflète un amour puissant.  On peut la marier, en bouquet avec des tulipes blanches pour avouer ses sentiments.


 

 

 

La tulipe violette : 

sont liées à un fort sentiment d’abondance et de noblesse. Synonyme de prospérité, elle est souvent utilisée lors de mariages printaniers afin de souhaiter le meilleur au couple.


 

 

 

La tulipe à la couleur panachée ou mélangée :

traduisent deux significations : l’admiration ou la séduction. Si vous choisissez d'offrir un bouquet aux couleurs panachées ou mélangées, vous pourrez traduire l'admiration, la folie amoureuse et une envie d'aimer sans aucune retenue.


 

 

 

La tulipe pourpre :

Incarne la royauté.


 

 

 

La tulipe  noire : 

symbolise l’amour éternel, un amour qui se vit dans la souffrance. Un amour intense et infini. Elle est rare,  c'est donc une énorme preuve d'amour. C'est aussi un bouquet du deuil, que l'on peut déposer sur la tombe de l'être aimé que l'on a perdu à jamais. Il signifie que la mort n'est pas une séparation. On peut l'offrir à la suite d'une rupture.


 

 

 

Langage des fleurs - la tulipe

carte vintage

 

 

 

Conseils pour profiter des tulipes plus longtemps.

 


Recouper toute partie blanchie de la tige pour permettre à la fleur de mieux absorber l’eau. Mettre ensuite immédiatement les fleurs dans un vase rempli d’eau claire, aucune feuille ne doit tremper dans l'eau.


Tous les deux jours, recouper légèrement la tige d’1 ou 2 centimètres, et compléter régulièrement le niveau d’eau. Le secret de longévité d’une tulipe, c’est toujours beaucoup d’eau fraîche.


Éviter un soleil direct. Les tulipes aiment la lumière, mais sans excès. Éviter également de l’exposer trop près d’une source de chaleur ou dans un courant d’air.

 

 

Contes sur la tulipe

 

La fée des Tulipes

Un conte folklorique anglais tiré de "Good Stories for Great Holidays"


"Il était une fois une bonne vieille qui vivait dans une petite maison. Elle avait dans son jardin un litde belles tulipes rayées.

Une nuit, elle fut réveillé par de doux chants et des rires de bébés. Elle regarda par la fenêtre. Les sons semblaient venir du lit de tulipes, mais elle ne pouvait rien voir.

Le lendemain matin, elle marcha au milieu de ses fleurs, mais il n'y avait aucun signe de quoi quece soit s'étant passé la veille.

La nuit suivante, elle fut de nouveau réveillée par les chants très doux et les rires de bébé. Elle se leva et se glissa doucement dans son jardin. La lune brillait sur le lit de tulipes, et les fleurs se balançaient. La vieille femme les examina de près et vit, debout sur chaque tulipe, une petite maman-fée qui chantonnait et faisait tourner la fleur comme un berceau, tandis que dans chaque corolle de tulipe il y avait un petit bébé fée qui riait et jouait.

La bonne vieille regagna tranquillement à sa maison, et depuis ce temps elle n'a jamais pris une tulipe, ni elle ne permit à ses voisins de toucher les fleurs.

Les tulipes devinrent chaque jour de couleur plus lumineuse et de taille plus grande, et elles donnèrent un délicieux parfum comme celle des roses. Elles commencèrent aussi à fleurir toute l'année. Et chaque nuit, les mamans-fées caressaient leur bébé et les berçaient pour les faire dormir dans les coupes de fleurs.

Le jour vint où la bonne vieille mourut, et le lit de tulipe fut arraché par des gens qui ne connaissaient pas les fées, et le persil fut planté là où il y avait les fleurs. Mais le persil flétri, et il  arriva de même à toutes les autres plantes dans le jardin, et à partir de ce moment, rien y poussa.

Mais la tombe de la bonne vieille embelli, parce que les fées chantèrent dessus, et l'entretinrent -  sur la tombe et tout autour poussèrent des tulipes, des narcisses et des violettes, et d'autres belles fleurs du printemps.


Traduction et adaptation Monique Tedeschi pour Chant des Fées

 

Judy Mastrangelo - tulipes

 

 

 

Hans Christian Andersen (1805-1875)  romancier, dramaturge, conteur et poète danois, célèbre pour ses nouvelles et ses "contes de fées".

 

Conte

 

La petite Poucette 


Une femme désirait beaucoup avoir un petit enfant ; mais, ne sachant comment y parvenir, elle alla trouver une vieille sorcière et lui dit : « Je voudrais avoir un petit enfant ; dis-moi ce qu’il faut faire pour cela.

 

— Ce n’est pas bien difficile, répondit la sorcière ; voici un grain d’orge qui n’est pas de la nature de celle qui croît dans les champs du paysan ou que mangent les poules. Mets-le dans un pot de fleurs, et tu verras.

 

— Merci, » dit la femme, en donnant douze sous à la sorcière. Puis elle rentra chez elle et planta le grain d’orge.

 

Bientôt elle vit sortir de la terre une grande belle fleur ressemblant à une tulipe, mais encore en bouton.

 

« Quelle jolie fleur ! » dit la femme en déposant un baiser sur ces feuilles rouges et jaunes ; et au même instant la fleur s’ouvrit avec un grand bruit. On voyait maintenant que c’était une vraie tulipe ; mais dans l’intérieur, sur le fond vert, était assise une toute petite fille, fine et charmante, haute d’un pouce tout au plus. Aussi on l’appela la petite Poucette.

 

Poucette -Jewel Crown

 

 

 

"L'étoile, la tulipe et l'abeille"

inspiré d'un conte Russe

 


Il était une fois, dans un pays lointain, un jeune garçon doté d'une bonne étoile. Quoi que cet enfant fasse, il avait toujours de la chance et tout lui réussissait.


Mais la sorcière Baba Yaga, qui vivait dans une sombre forêt, était terriblement jalouse.


Un jour, elle utilisa son miroir magique, et découvrit l'étoile du jeune garçon, cachée au cœur d'une pierre, dans la forêt profonde. Elle s'y rendit et la déroba.


Aussitôt, le jeune garçon eut malheurs sur malheurs: Il devint pauvre, il eut faim, il fut chassé de chez lui.


Il erra de par le monde, jusqu'à ce qu'il arrive à l'orée d'une clairière, dans la forêt profonde. Il vit un champ de tulipes et derrière, une maison solitaire, faite d'os et montée sur des pattes de poules gigantesques.


Il s'approcha. Comme il passait devant le champ, il vit une tulipe jaune et brillante. Il voulut la cueillir mais quand il approcha ses doigts de la tige, la tulipe s'exclama "laisse-moi la vie et je t'aiderais!". Le jeune garçon alors l'épargna.


-comment peux-tu m'aider? lui demanda-t-il.


-Prends garde à l'habitante de cette maison, répondit la tulipe. C'est celle de Baba Yaga, la sorcière. Fais tout ce qu'elle te dit, mais surtout, ne lui donne pas ton cœur !"


Le jeune garçon frappa à la porte. Baba Yaga le fit rentrer. Elle lui dit:
"Mets-toi à l'aise, mon jeune ami, donne moi ta veste froissée que je la repasse, puis je te donnerais mon bon miel à manger !"


Il lui donna sa veste à repasser et Baba Yaga la jeta au feu. Elle lui dit:
"Mets-toi à l'aise, mon jeune ami, donne moi tes souliers crottés que je les nettoie, puis je te donnerais mon bon miel à manger !"


Il lui donna ses souliers à nettoyer et Baba Yaga les jeta dans le tas de fumier. Elle lui dit:


"Mets-toi à l'aise, mon jeune ami, donne moi ton cœur malheureux que je l'embrasse, puis je te donnerais mon bon miel à manger !"


Alors, le jeune garçon poussa Baba Yaga par la fenêtre et elle tomba dans le champ de tulipe, avec un grand cri de rage. Aussitôt, les tulipes éclatèrent avec un "pop" et de chacune, il sortit une abeille. Toute la ruche bourdonna autour de Baba Yaga et la piqua cruellement, si bien qu'elle s'enfuit dans la forêt en criant. Personne ne la revit jamais.


Alors, les abeilles se transformèrent toutes en étoiles. Le jeune garçon retrouva son étoile jaune et brillante et il rentra chez lui. Pour plus de sûreté, il décida désormais de garder son étoile toujours avec lui et il la rangea dans son cœur.


Par la suite, il vécut heureux et eut toujours de la chance.

 

 

Parc floral

 

Jardin de Keukenhof - Pays Bas

Dès le mois de mars, on peut admirer des champs multicolores de tulipes à perte de vue. Situé dans la commune de Lisse, en province de Hollande-Méridionale, à moins d’une heure d’Amsterdam, vous pouvez visiter le plus grand parc floral au monde et notamment des parterres sublimes de tulipes : il s’agit du jardin de Keukenhof. De nombreux, et célèbres, festivals rendent également hommage à cette fleur (Noordoostpolder) . La plus grande vente aux enchères de tulipes a lieu à Aalsmeer


Travel poster, Keukenhof, National Flower Show, Spring 1951 - Lisse, Holland 


 

 

 

Journée de la tulipe

 


Journée nationale des tulipes


La saison des Tulipes aux Pays-Bas commence par la célébration spectaculaire de la Journée nationale des Tulipes sur la place du Dam à Amsterdam le troisième samedi de janvier. Les tulipes viennent du nord de la Hollande et sont considérés comme les meilleurs de leur genre. 

Affiche pour le festival des tulipes aux pays- Bas


 

 

 

 

Le parc de tulipes de renommée mondiale aux Pays-Bas est maintenant en ligne pour des visites virtuelles.

"Parce que vous ne pouvez pas visiter Keukenhof en ce moment, on a décidé d'amener Keukenhof chez vous",

a déclaré le directeur du parc. Vous trouverez d'autres vidéos sur leur chaîne YouTube. De quoi vous exploser votre jauge de couleur pour la journée.

 

 

 

Fête de la tulipe, - Morges - Suisse

Manifestation traditionnelle qui se déroule chaque année

 
 

 

 

Festival annuel de la Tulipe à Istanbul - Turquie

 

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