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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 20:12

 

Extrait de passage en Arabie (Marco Del Bucchia éditore)

2012

(traduit de l’italien par Sabine Huynh)

 

L'abricotier


Il m’est arrivé de dire que l’abricotier était ma maison

je préférais le bruit de ses feuilles

au silence qui résonnait contre les vieux murs.

Quand l’automne me bouclait à l’intérieur

je fixais l’arbre comme l’on fixe un rivage

au bout d’un voyage en mer

ou le soleil depuis un lieu dévasté par la pluie.

 

Maintenant que l’arbre est mort, suis-je sans demeure ?

J’aurais dû élire un chêne, un châtaignier sauvage

mais mortels ils le sont aussi, j’en ai bien peur.

Quoi qu’il en soit, un abricotier se tenait devant la maison.

 

Il m’est arrivé de dire que l’abricotier était ma maison

à présent dans ces pièces

remplies de bon sens, vides de sens

je me surprends à errer.

Marco Del Bucchia éditore - Extrait de passage en Arabie - L'abricotier
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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 20:11

 

 

Vette de Fonclare (1937) écrivaine spécialisée dans la littérature jeunesse et poétesse française

 

 2009

L'abricotier

 

Une explosion de fruits sur notre abricotier !

Une énorme récolte, et des fruits si serrés

Que l’arbre vu de loin forme une boule orange !

Une exquise saveur pour celui qui en mange !

 

C’est la première fois qu’il est si prolifique

Car les autres moissons furent plutôt mythiques :

Un abricot par ci, un abricot par là !

Le moins qu’on puisse dire est qu’on s’en souviendra …

 

Mais nous venons d’apprendre une affreuse nouvelle :

C’est que l’âme de l’arbre s’enfuit à tire d’ailes,

Et que dès l’an prochain nous allons le pleurer.

En s’auto-sacrifiant le bel abricotier

 

Veut assurer sa suite : ces acliaines d’or

Sont un ultime don un an avant sa mort,

Son tout dernier cadeau après l’apothéose.

Les gros fruits orangés sont tavelés de rose…

Vette de Fonclare (1937) - écrivaine - L'abricotier
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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 20:07

 

 

 

Mythologie des arbres

L'abricotier - Prunus armeniaca

Abricotier d'Arménie - Amygdalus armeniaca - 

 


 

L'abricot est un fruit à noyau du genre Prunus originaire des montagnes de l'Iran oriental, du Turkestan et du nord-ouest de l'Inde où il se trouve encore.


Originaire d'Asie Centrale, il est adapté aux climats chauds, notamment au climat méditerranéen. Il peut cependant résister à des températures très basses en hiver (jusqu'à -25°C, voire -30°C pour certaines variétés. La récolte d'abricots y sera cependant plus aléatoire, car l'arbre en période de floraison est très sensible aux gelées printanières. 


Des abricotiers sauvages poussent dans la chaîne de montagnes des Tian shan, d'Asie centrale et dans diverses régions de Chine  ainsi qu'en Corée et au Japon.

 

...En marche vers le nord, 

A la vue de fleurs d'abricotiers

Soie de glace taillée découpée, 

De délicates pliures en maintes épaisseurs,

Une légère touche de fard rouge appliquée,

C'est un nouveau style de beautés poudrées,

Elégantes et parfumées 

qui se répandent en vapeurs parfumées"... 


Sòng Huī Zōng - Zhào Jí (1082-1135) 
"Le pavillon du Mont des Hirondelles"


 


 

 

L'abricotier  (Prunus armeniaca) arbre de petite taille au port naturellement étalé, raffiné du printemps à l'automne, caresse le verger par sa floraison précoce. Il s'épanouit dans une terre bien drainée et ensoleillée. Ses fleurs laissent la place aux fruits à noyaux.


C'est un arbre de petite taille au port naturellement étalé, dépassant rarement 6 mètres de hauteur, et appartenant à la famille des Rosacées. Sa durée de vie est en général de 40 à 45 ans, et on peut espérer récolter des abricots 3 ou 4 années après la plantation. Cet arbre fruitier peut atteindre jusqu’à  5-6 mètres de hauteur environ,  mais il existe également des variétés naines.


Il a tendance à avoir une forte végétation. Le tronc est à écorce craquante brun-noir. Le port peut aller d'une position érigée à une forme retombante presque pleureuse. Il a une croissance sympodiale. Il est multiplié par greffage. Enfin il est caractérisé par une floraison précoce ; ce qui le rend sensible aux gels de printemps.


 

 

 

Des fleurs blanches ou rose pâle décoratives, et autofertiles apparaissent avant les feuilles à la mi-mars, avec 5 sépales et 5 pétales, 25 étamines. Le pistil est unicarpellé à ovaire infère non adhérent, contenant 2 ovules.


L'abricotier peut donc féconder ses fleurs avec son propre pollen.


 

 

Les feuilles luisantes, caduques, arrondies, alternes, portées par de longs pétioles.  ont un limbe de forme elliptique cordiforme, pourvu de stipules, à bord crénelé denté. 


 

Suite à cette belle floraison, un fruit ovale jaune orangé, orange (plus ou moins intense) et rouge-orangé, à l’épiderme duveteux et velouté, se développe à partir de l'ovaire et mûrit de la fin juin à la mi-août. Sucrés et légèrement acidulés, les abricots sont déclinés à travers une trentaine de variétés en France. 


 

Le noyau, non adhérent à la chair, contient une amande douce ou amère selon le cas.


 

La maturation débute une semaine avant la récolte. Le fruit cesse d'accumuler des réserves et commence à les utiliser comme source d'énergie. La durée de cette période varie en fonction des variétés et des conditions climatiques.


 

Les bourgeons floraux sont situés à côté ou à la place des bourgeons végétatifs, ils ne contiennent en général qu'une seule  fleur. Ils entrent en dormance progressivement au cours de l'été. Si les températures hivernales sont trop basses les pièces florales sont nécrosées et il y aura déficience de fructification.


 

 

 

Pollinisation


La majorité des variétés traditionnelles est autofertile, ce qui ne rend pas la présence d'abeilles indispensable. Mais actuellement, de nombreuses variétés d'origine américaine autostériles sont introduites dans les vergers français et nécessitent la présence d'une variété pollinisatrice adéquate (compatibilité et époque de floraison).


 

 

 

Aujourd'hui, la France est reconnue pour ses variétés qualitatives qui s'adaptent bien au climat, notamment au climat méditerranéen. Pouvant résister à des températures très basses en période hivernale (-25°C pour certaines variétés), on le retrouve volontiers dans des régions situées au nord de la Loire avec une récolte cependant plus aléatoire sur des variétés à floraison tardive.

 

 

Dans les régions où le climat est plutôt défavorable, on veillera à choisir une variété à floraison tardive.

 

On peut classer les nombreuses variétés d'abricotier selon plusieurs critères : la pollinisation, la précocité de la floraison, la précocité de la récolte...

 

Variétés autofertiles :

- "Bergeron"

- "Luizet"

- "Précoce de Saumur" 

- "Rouge du Roussillon"

 

Variétés peu ou pas autofertiles : 

- "Lambertin", 

 

 

Variétés à floraison précoce : 

- "'Précoce de Saumur" 


C'est un abricotiers précoces ! Les fruits se récoltent dès fin juin et pendant le mois de juillet. Il est rustique.  Il doit toutefois ll’installer à un emplacement ensoleillé et protégé des vents du Nord et d’Est pour préserver sa floraison hâtive des gelées tardives (les fleurs sont détruites à -2°C).  Il donne des fruits ovales orange clair ponctués de rouge . Ils sont savoureux, juteux et fondants. 


et aussi 

- "Muscat"

- "Pêche de Nancy"

 

 

 

Variétés à floraison tardive ou semi tardive 

- "Rouge du Roussillon"

Cet abricotier est à réserver aux climats doux, comme le sud de la France, malgré sa floraison semi-tardive, en mars-avril.  Il fournit à partir de mi-juillet, de beaux fruits orange clair piquetés de rouge, appréciés pour leur arôme unique, très prononcé. Leur chair est fondante, sucrée et parfumée mais plus adaptés aux  confitures, compotes ou les tartes aux fruits. Ils tiennent mieux à la cuisson.

 

- "Bergeron"

Apprécié pour ses gros fruits de bon calibre, une chair ferme, et acidulée.  Rustique, il est  bien adapté aux régions plus froides et aux variations de températures qui sévissent souvent en fin d’hiver. Sa floraison semi-précoce, en mars-avril, lui permet d’éviter les fortes gelées de fin d’hiver. Sa production est régulière et vigoureuse. La récolte survient à partir de mi-juillet et jusqu’à mi-août.


et aussi

- "De Hollande",

- "Fleurit tard", 

- "Gros rouge",

- "Poman rosé" 

- "Roman", 

- "Orangé de Provence",

 

 

 

Variétés à maturité précoce (juin-juillet) :
 

- "Luizet"

Variété vigoureuse, productive et rustique. Avec sa floraison qui survient en mars-avril, et sa résistance à des basses températures, cette variété est bien adaptée aux régions froides. Il fournit en juillet des abricots de gros calibres, jaune-orangé, ponctuée de rouge violacé,  une chair ferme et assez juteuse et sucrée. Délicieux frais, ils sont également adaptés à la pâtisserie ou à de savoureuses confitures maison car le dénoyautage est facile.

 

 

- "Lambertin", 


Arbre à floraison et maturité précoce en février. Ses fruits orangés teintés de rouge côté soleil, de bonne qualité gustative, à la chair légèrement farineuse. Maturité début juillet, l'’acidité de la peau se révèle à la cuisson et à la centrifugation, peut être congelé. Petit noyau rond qui se détache bien de la chair, amande amère.


et aussi :

- "Bulida", 

- "Early Blush"

- "Orangered"

- "Orangé de Provence"

- "De Boulbon".


 

Les dates de floraison et de récolte varient bien sûr en fonction des régions 

Il peut être planté en plein vent. Dans le nord de la France, il accepte cependant la culture en espalier.


 

 

L'abricotier du Japon, mume, ume ou umé 

(Prunus mume (Sieb.) Sieb. et Zucc.)

 


est un arbuste à fruits à noyau du genre Prunus, rattaché à la famille des Rosaceae.

Il appartient avec l'abricotier P. armeniaca et les autres abricotiers du monde, au sous-genre Prunus section Armeniaca du genre Prunus.


Son aire d'origine se situe dans les régions centrales du sud de la Chine (Sichuan et Yunnan) et sa culture s'est répandue dans tout l'Extrême-Orient. Il est profondément associé à l'art et la littérature des grandes civilisations de ces régions.


L'espèce a été introduite au Japon avec le bouddhisme au viie - viiie siècle. 
Prunus mume est un arbre à cime arrondie, à écorce d'un gris plus ou moins verdâtre.


Les fleurs à corolle blanche ou rose, éclosent tôt au printemps, en mars-avril, parfois dès janvier. Les fleurs sont solitaires ou par deux. Il existe des variétés à fleurs doubles recherchées pour leur aspect ornemental. Les fleurs exhalent un parfum pénétrant.


Ses feuilles alternes, caduques, aux bords finement dentés, apparaissent peu de temps après la chute des pétales. Le pétiole porte en général des nectaires.


Les fruits sont des drupes globuleuses de petite taille à noyau adhérent. Ils sont marqués, comme les abricots, d'un sillon allant du pédoncule à la pointe. Ils arrivent à maturité entre fin mai et fin juillet. Ils gardent une couleur verdâtre panachée de jaune, et sont assez acides et très peu sucrés, mais exhalent un parfum agréable.


 

 

 

Etymologie 

Abricotier

 


D’abricot avec le suffixe -ier,


Abricot est un singulier exemple de la propagation et de l’altération des mots ; c’est par l’intermédiaire de l’arabe qu’un mot latin est revenu dans les langues romanes.


Latin "praecoquum" : fruit précoce, mais aussi aperire (ouvrir)

Grec "abros" : délicat, tendre

Bysantin "berikokkon ou berikkokion" 

Arabe  "praikokion " transcrit en "al-barquq"

 

Bescherelle, dans son Dictionnaire de la langue française, le faisait venir du 

- celtique "abred" :  précoce


A l'origine du mot abricot

- Portugais : albricoque

- Espagnol : albaricoque

- Catalan : albercoc

- Provençal : aubercot, aubricot, ambricot, albricot

- Italien : albicócco, albercocca, albicocca

- Français : aubercot, arbricot, abricot


Académie française - Bonheur et surprises de la langue - 2018


 


 

 

Dans les Grandes Antilles, le terme abricot désigne le fruit d'un arbre appelé Abricotier des Antilles Mammea americana L. de la famille des Clusiacées.


 

 

 

Tradition et mythe de la Chine ancienne 

Autel de l'Abricotier, au temple de Confucius

 

 

Le plus grand et le plus ancien temple confucéen se trouve à Qufu, la ville natale de Confucius, petite ville avec environ six cent mille habitants. Elle est située dans la partie ouest de Shandong.

 
Il est fondé en 479 av. J.-C., soit un an après la mort de Confucius, sur l'ordre du duc Ai de l'État des Lu qui souhaite que la demeure du maître devienne un lieu de dévotion, un temple où des sacrifices seront rendus en son honneur. Le temple est agrandi à plusieurs reprises durant 2 000 ans, jusqu'à atteindre sa grande dimension actuelle...


Le développement des temples de Confucius par l'État est une conséquence de sa progressive élévation au rang de "saint".


Le temple est composé de 9 cours entourées de 466 salles et pavillons. Le temple est protégé par une muraille d'enceinte, renforcé aux quatre angles de bastions. A l'intérieur du temple, on trouve partout des pins et cyprès centenaires, le Pavillon Kuiwen, le pavillon des stèles avec inscriptions calligraphiées par des empereurs, des grandes salles et

l'autel de l'Abricotier


Tout au long de sa vie, Confucius n’était "jamais fatigué d’apprendre et jamais las d’enseigner aux autres " ; même si le célèbre abricotier, où la légende raconte que Confucius enseignait chaque jour ses leçons à ses 72 disciples, n’est plus là, un bel autel fermé est là pour commémorer l’endroit.

Durant les années qui suivent la construction du temple de Qufu, les esprits de Confucius et de ses disciples ont été représentés sur des fresques murales et des statues en terre cuite et en bois. 

 

 

 

V° siècle av. J.C.


L'abricotier est cultivé en Chine depuis 2000 ans

 

 

 

 

III° siècle av. J.C.

 


220-280 av.J-C.


Tous les composants de l’abricotier sont très largement utilisés dans la médecine traditionnelle chinoise depuis la période des trois royaumes (220-280 av.J-C).

 

 


 

I° siècle av. J.C.

 


L'introduction de la culture de l'abricotier au Proche Orient s'est faite à travers l'Iran et l'Arménie, aux alentours du I° siècle avant notre ère.


Les Grecs puis les Romains ne prirent connaissance de l'abricotier qu'à cette époque qu'on trouve des mentions de ce fruit dans des textes.

 

 

Marcus Gavius Apicius (v. 25 av. J.-C.-37 apr. J.-C.) figure de la haute société romaine  amateur de plaisirs (notamment les plaisirs de la table)
"De re coquinaria" Livre IV"...


 (L'Art culinaire, le premier livre de recettes connu)


..."Minutal ex praecoquis: adicies in caccabum oleum, liquamen, vinum, concides cepam ascaloniam aridam, spatulam porcinam coctam tessellatim concides. his omnibus coctis teres piper, cuminum, mentam siccam, anethum, suffundis mel, liquamen, passum, acetum modice, ius de suo sibi, temperabis, praecoqua enucleata mittis, facies ut ferveant, donec percoquantur. tractam confringes, ex ea obligas. piper aspargis et infere... , 

 

Ajoute dans une cocotte de l'huile, du garum, du vin, émince de l'oignon sec d'Ascalon, coupe en petits dés la palette de porc cuite. Après avoir fait cuire tout cela, tu  piles du poivre, du cumin, de la menthe sèche, de l'aneth, verse dessus du miel, du garum, du vin paillé, un peu de vinaigre, et du jus de la cuisson, tu mélanges bien.Ajoute des abricots dénoyautés et fais les bouillir jusqu'à complète cuisson. Tu lieras avec de la pâte émiettée, tu saupoudres de poivre et tu sers.

 

 


Pedanius Dioscoride (entre les années 20 et 40 ap. J.-C. - vers 90 ap. J.-C., médecin, pharmacologue et botaniste grec mentionne l'abricot  sous le nom de "Mailon armeniacon" "pomme d'Arménie". Il dit que les latins l'appelaient "Praikokion"

L'origine arménienne était indiquée par le nom grec, mais ce nom pouvait signifier seulement que l'espèce était cultivée en Arménie.


Pline l’Ancien (23 apr. J.-C. - 79) écrivain et naturaliste romain, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée "Histoire naturelle" (vers 77) fait une allusion rapide à une variété portant le nom de praecocium (précoce).


Rozier, Cours complet d'Agriculture, tome I, planche 3 : Abricot précoce

 


 

 

VIII° siècle

 


Il fut introduit en Espagne par les Maures après 714.

 

 

 

X° siècle

 


Abū ʿĪsā Muḥammad ibn Hārūn al-Warrāq, (889- 994), érudit arabe
propose une recette de poulet aux abricots (décrits comme jaunes et acides) appelée mishmishiyya. (livre de cuisine de 1226)


 

 

 


XV° - XVI° siècle

 


Son introduction en France se serait faite par deux voies :


- En provenance de Catalogne par le Roussillon. On ne sait pas à quelle époque mais probablement avant le XV° siècle.L’abricot redécouvre l’Europe chrétienne à partir de l’Andalousie arabe : al-barqûq devient albaricoque en espagnol, albercoc en catalan.

- En provenance d'Italie par la vallée de la Loire. Le roi René d'Anjou (1409-1480) qui hérita du royaume de Naples en 1435 ramena d'Italie ce fruitier dans sa région natale, où il prit le nom d'"abricotier" vers 1560 ;

 


 


 

 

Miniature, manuscrit Aja’ib al-makhluqat ("Wonders Of Creation"),

Zakariyya ibn Muhammad al-Qazwini, 

abricotier (Mishmish).


 

 
 

 

Plusieurs manuscrits contiennent des représentations de la cueillette de l'abricot

Tacuinum Sanitatis, du médecin Arabe Ibn Butlân, 

Mala Persica potius quam Armeniaca / Abricotier - Tacuinum sanitatis, Ibn Butlân, manuscrit enluminé, Latin 9333 f°6v, 1400-1501


 

 

 

Tacuinum Sanitatis in Medicina, 

du médecin arabe Ibn Butlan,

Récolte des abricots, Codex de Vienne, 

manuscrit d'Italie du Nord, fin XIVe s., folio 9v,

Osterreichische Nationalbibliothek.


 

 


 

Ambroise Paré (1509 ou 1510-1590 chirurgien et anatomiste français.
Livre XIX, 20.

..."Nous voyons du noyau d'abricot venir un abricotier et non le pommier, parce que nature garde toujours son genre et espece"... 

 

 

 

Pierre de Ronsard (1524-1585) poète français


..."J'ai l'esprit tout ennuyé

Achète des abricots,

Des pompons, des artichauts,

Des fraises et de la crème

C'est en été ce que j'aime"...,

 


 

Guillaume de Salluste Du Bartas (1544-1590) Diplomate et poète, Du Bartas est un calviniste convaincu.


La terre se couvre de fleurs et de fruits

Ja le pesché velu, jà l'orenge doré,

Le friand abricot, et le coing decoré

D'un blanchastre duvet, portent sur leur escorce,

Escrite du grand Dieu la pourvoyante force.

 

 

 

1560 - 1624

La dénomination en latin scientifique de armeniaca a été utilisée la première fois par le naturaliste suisse Gaspard Bauhin (1560-1624) (dans Pinax theatri botanici).

 


 

1575 - 1589

La forme, le velouté de sa peau, les courbes du fruit et sa couleur jaune orangé parfois teintée de rouge ont contribué à faire de l’abricot un symbole sensuel.

Au point qu’à la Cour de France, où rébus et bons mots étaient très en vogue à la Renaissance, la Reine Louise de Lorraine, épouse d’Henri III, finit par faire interdire l’emploi du mot, tant celui-ci était employé dans des expressions triviales.


 

 

 

XVII° siècle

 

 

Charles Sorel (v.1602-1674), romancier et écrivain français 

Le Berger extravagant - Livre 5, page 206)

…"il faudroit qu’une nymphe abricotière mangeast des serises, et une nymphe serisée des abricots, afin qu’elles s’aydassent mutuellement sans pécher contre nature, et sans dévorer leurs propres membres"

 


 

1686
Il sera plus tard, dès la Renaissance, introduit en France. À Versailles, le jardinier de Louis XIV plante des abricotiers dont le fruit est très apprécié. 

L’été (la récolte des fruits et irrigation). Détail de la gravure représentant les quatre saisons
et placée en tête de la sixième partie d’Instruction pour les jardins fruitiers
et potagers (Tome 2) de Jean-Baptiste de La Quintinie publié en 1690


 

 

Le surnom d'œuf de soleil de l'abricot nous vient de Jean Chardin, dit le "Chevalier Chardin" (1643-1713) voyageur et un écrivain français dans son Voyage en Perse et aux Indes orientales.


 

 

Olivier de Serres (1539 – 1619) agronome et maître confiturier

En 1600 paraît un ouvrage intitulé "Théâtre de l’agriculture et mesnage des champs".  

Il consacre plusieurs chapitres aux confitures : "Au sucre, plusieurs et divers fruits des arbres et du parterre du jardin se confisent très bien, et de même se conservent fort longtemps en bonté et beauté." Il passe en revue les différentes manières de préparer les fruits dont les abricots.

 

 

 

Nicolas de Bonnefons: un valet passionné de confitures

Valet de chambre du Roi – en l’occurrence Louis XIV Nicolas de Bonnefons œuvre aussi en tant qu’agronome.

En 1651, il publie "Le jardinier français"

avec des recettes de confitures et de gelées. dont l'abricot

En revanche l’abricot est cultivé dans le monde arabe, jusque dans al-Andalus. Les Arabes l’ont-ils découvert via les Romains ou via les Grecs ? Ils l’appellent en effet al-barqûq (tiré de praecoquus ou praikokon) ou mishmish


 

 

 

 

XVIII° siècle

 

 


Il faut attendre le XVIII° siècle, pour voir l'abricotier se développer à plus grande échelle.

 

 

 

Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

1re édition (1751)

ABRICOTIER, s. m. arbre à fleur en rose, dont le pistil devient un fruit à noyau. La fleur est composée de plusieurs feuilles disposées en rose : le pistil sort du calyce, & devient un fruit charnu presque rond, applati sur les côtés & sillonné dans sa longueur ; ce fruit renferme un noyau osseux & applati, dans lequel il y a une semence.

 

 

 

1753.

La croyance en une origine arménienne fut entérinée par Carl von Linné qui baptisa l'espèce Prunus armeniaca (1753). 

 

 

 

André Marie de Chénier, dit André Chénier (1762-1794) poète et journaliste français 

- Les bucoliques

...Vois le jeune abricot, sous les yeux d'un beau ciel, 

arrondir son fruit doux et blond comme le miel....


 

 

 

 

Diderot et D’Alembert

Ouvrage majeur du XVIIIe siècle, 

l’"Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers" fut éditée de 1751 à 1772 sous la direction de Denis Diderot et Jean Le Rond d’Alembert. 

Encyclopédie, 1758


"Prenez des abricots verds ; remplissez un chauderon d'eau à demi ; jettez-y des cendres de bois neuf ou gravelées ; faites faire à cette lessive sept ou huit bouillons ; mettez-y vos abricots ; remuez-les avec l'écumoire. Quand vous vous appercevrez qu'ils quitteront le noyau, mettez-les dans de l'eau froide, maniez-les, nettoyez & passez dans d'autre eau claire. Faites bouillir de l'eau dans une poele ; jettez-y vos abricots que vous tirerez de l'eau claire. Quand ils seront cuits, vous ferez fondre dans une poele une quantité de sucre clarifié, proportionnée à celle des abricots : cependant vous laisserez égoutter vos abricots entre des serviettes ; vous les tirerez de-là pour les jetter dans le sucre ; vous les y laisserez bouillir doucement ; bientôt ils verdiront : alors poussez le bouillon ; remuez, écumez, laissez refroidir, & serrez."
 

 

 

Abbé  François Rozier (1734-1793) botaniste et agronome français.
parle de l'abricot


..."Le fruit est doux, agréable, un peu aromatique ; la chair du fruit nourrissante, béchique, indigeste ; l’amande rafraîchissante, émulsive ; la gomme de l’écorce incrassante, adoucissante. L’amande fournit une huile qui peut s’employer dans les mêmes cas que celle d’amande douce"...

 

 

 

Gravure sur bois extraite de l'ouvrage 

Henri Louis Duhamel du Monceau (1700-1782), physicien, botaniste et agronome français.

"Traité des arbres et arbustes qui se cultivent en France en pleine terre",
Paris, Guérin et Delatour, 1755.

Abricots


 

 

 

XIX° siècle

 


 

1803

Edme Mentelle & Conrad Malte-Brun,

Géographie mathématique, physique & politique de toutes les parties du monde, vol. 16, 1803, p. 272

..."La plupart des montagnes de Valachie sont garnies de bois composés de poiriers, de cerisiers, d’abricotiers et autres arbres fruitiers qui donnent aux forêts l'aspect d'immenses vergers"..

 

 


Alexandre Dumas (1802-1870) est un écrivain français 

Grand Dictionnaire de Cuisine 
 l’ "Entremets Flan d’abricots à la Metternich", 

"L’abricot … est un des éléments le plus usuellement et le plus agréablement employés dans la confection des entremets sucrés, ainsi que pour nos desserts de l’automne et de l’arrière-saison. Au moyen de cet excellent fruit on parfume délicieusement des sorbets, des glaces ; on fait d’excellents gâteaux, des beignets, des tourtes, des flans, des crèmes, des compotes et des conserves," …. 
 

 

 


1848

Louise Bernier, Les Histoires de la vieille tante Christine, Belin-Leprieur et Morizot, Paris, 1848.

"Les Pensionnaires et les abricots", 

..."L'élève est bien vite au haut de l'échelle, elle cueille , et jette les abricotsqui sont ramassés. Aussitôt, on dépouille le malheureux arbres de ses plus beaux fruits : seulement, comme je l'ai dit, on en laisse quelques-uns çà et là, et il ne fallait pas avoir de bons yeux pour s'apercevoir de la cueillet abondante qui venait d'être faite"...

Gravure extraite de "Les Pensionnaires et les abricots", 

 

 


1838 - 1886  

L'abricot en Valais  

...Il y a maintenant 120 ans, un émigré français a planté en Valais le premier abricotier. Entre la révolution française et la guerre du Sonderbund, la Suisse vécut une période troublée. Le sang coula, hélas ! à plusieurs reprises, sur son sol. Entre la jeune et la vieille Suisse, de véritables batailles s'engagèrent, dans la haute vallée du Rhône.

Pendant que beaucoup de valaisans guerroyaient, un homme planta dans la vallée le premier abricotier ; il s'appelait Gabriel Luizet. C'était un émigré français. Quels ennuis l'avaient chassé de son pays ? Nous ne le savons. Venu en Valais pour y trouver la paix, il y rencontra la guerre en ce printemps 1838. Luizet s'élève un peu au-dessus de la plaine, sur le coteau de Saxon. Il confie à ce sol qu'il ne connait pas encore, un novau d'abricot. Le germe pousse. L'arbre grandit. Cinq ans plus tard, un fruit merveilleux mûrit, promesse d'innombrables autres fruits.


D'où venait ce noyau originel ? Ses plus lointains ancêtres devaient être chinois, depuis le Turkestan jusqu'à la Mandchourie. Confiais par les qualités de ce fruit, des voyageurs l'introduisirent en Arménie ; d'où son nom "Prunus Armeniaca". Il s'y plut, comme il allait se plaire en Valais, car se sont deux vallées assez nemblables, chaudes, venteuses sur les pentes et si sèches qu'elles doivent être irriguées. 


Les Romains à leur tour s'emballèrent pour l'abricot et lui donnèrent à conquérir l'Italie. Mais ils l'appelèrent "Malus praecox" =  pommier précoce, parce que la floraison est chaque printemps menacée par le gel. (Rien n'a changé sous les bises du Nord en avril).


Les migrations, ces grands brassages des peuples, ouvrirent à l'abricot, par les Maures, les portes de l'Espagne et de la France. De France, il allait donc entrer en Suisse le plus simplement du monde et se trouver chez lui dans ce jardin rhodanien.


Au dire de vieux valaisans, ce seraient les soldats-mercenaires qui auraient apporté les premiers noyaux d'abricots, avec lesquels ils obtinrent les premiers sauvageons d'abricotier.


Après la légende et l'article qui précèdent, nous arrivons dans le domaine de la certitude concernant l'introduction en Valais des abricotiers greffés de diverses variétés.


En 1886, encore un Français, Joseph Sablier originaire de Rive de Gier, région proche de Lyon, achetait au lieu dit "Les Iles du Fonds",  terres de Saxon, les portions bourgeoisiales de Dame Anne-Marie Volluz  veuve d'Etienne, selon cadastre de Saxon. L'acquéreur y établit un jardin-fruitier et y construisit sa maison. Il importa de la région lyonnaise toutes les variétés cultivées à cette époque :

"Luizet", fruit de bonne grandeur, parfumé, savoureux, doré, lavé de rouge à l'insolation, assez ferme, supportant bien le transport. Reste la variété la plus cultivée en Valais ; 


par Marguerite Chappot-Jeanneret selon "Le Confédéré" du 6 août 1958, le journal français "Expres" a publié cet article sur l'abricot du Valais. 

 

 

1866


Victor Hugo (1802-1885), poète français

Les Travailleurs de la mer, 1866, p. 123.

...Et Gilliatt avait entendu cette Parisienne raconter en ces termes ses malheurs : "je suis très ennuyée, je viens de recevoir des gouttes de pluie sur mon chapeau, il est abricot, et c'est une couleur qui ne pardonne pas"...

 

 

1873

Émile Zola (1840-1902) écrivain et journaliste français

Le Ventre de Paris, 1873, p. 823.

C'était elle, c'étaient ses bras, c'était son cou, qui donnaient à ses fruits cette vie amoureuse, cette tiédeur satinée de femme. Sur le banc de vente, à côté, une vieille marchande, une ivrognesse affreuse, n'étalait que des pommes ridées, des poires pendantes comme des seins vides, des abricots cadavéreux, d'un jaune infâme de sorcière. Mais, elle, faisait de son étalage une grande volupté nue. 

 

 

 

1875

Jules Trousset est un encyclopédiste, historien et géographe français,

Grande Encyclopédie illustrée d’économie domestique et rurale, grande cuisine, cuisine bourgeoise, petite cuisine des ménages, 

Paris, Arthème Fayard, éditeur 1875, 2 vol. 

Crème aux abricots

 "Faites cuire douze abricots avec 125 grammes de beau sucre, passez-les au tamis et laissez-les refroidir. Ajoutez ensuite un petit verre de ratafia des quatre fruits ou de ratafia de noyau, délayez-y huit jaunes d'œufs, passez ce mélange à l'étamine, afin qu'il n'y reste rien des germes, ajoutez-y le sucre nécessaire et faites cuire au bain-marie dans la même jatte, ou dans le moule, ou dans les petits pots que vous désirez servir sur table, en conduisant votre opération comme celle des autres crèmes analogues. On peut remplacer le ratafia par un demi-verre de vin blanc ; mais il ne faut pas que ce soit un vin trop savoureux ou trop parfumé, parce qu'il aurait l'inconvénient de masquer le goût du fruit."

Mythologie des arbres - L'abricotier - Prunus armeniaca

 

 

1876

Du Breuil,

Culture des arbres et arbrisseaux à fruits de table,1876, 

...L'abricotier est l'objet de cultures assez étendues ... en Auvergne, aux environs de Paris ... Les fruits de cet arbre sont consommés à l'état frais, mais ils le sont plus encore sous forme de marmelades et de pâtes.... 

 

 

 

1885


D'après De Candolle (Origine 1882), ce serait le botaniste Joseph Decaisne (1807-1882) qui serait le premier à avoir soupçonné l'origine chinoise de l'arbre. Il avait reçu des échantillons du Dr Bretschneider d'abricots sauvages "des montagnes de Pékin" :

..."Le fruit est petit... sa chair est jaune rougeâtre, d'une saveur acide, mais mangeable et d'abricots cultivés aux environs de Pékin, deux fois plus gros et semblables à nos abricots"....

 

 


1899


Remy de Gourmont (1858 -1915) écrivain français, à la fois romancier, journaliste et critique d'art, proche des symbolistes.

Esthétique de la langue française1899, p. 141.

... Le t pour le c dur se trouve en latin : quinque, quintus, ce qui correspond à la déformation française; taberna et caverna; torquere, tortura, l'italien busto a donné, buste et busc. En français on peut noter tabatière pour tabaquière, peut-être abricotier pour abricoquier... 

 

 

Chu Manh Trinh (1862-1905) célèbre érudit de la dynastie Nguyen, l'auteur de l'article nostalgique Ham Tu quan.

..."En gazouillant dans la forêt d'abricotier, 

les oiseaux font offrandes de fruits"...


 

 

 

1899

Pal (1855-1942). Illustrateur

Imp. Paul Dupont (Paris)

Abricotine, délicieuse liqueur P. Garnier. Enghien-les-Bains, 

lithographie  Affiche

Bibliothèque nationale de France, 

 

 
 

1899

Pal (1855-1942). Illustrateur

Imp. Paul Dupont (Paris)

Abricotine, délicieuse liqueur P. Garnier. Enghien-les-Bains, 

lithographie  Affiche

Bibliothèque nationale de France, 

 

 

 

XX° siècle

 

 

1900

Tamagno

affiche Produits d'Auvergne

fruits confits et pâte d'abricot

 

 

 

Romain Rolland (1866-1944) écrivain français, lauréat du prix Nobel de littérature de 1915.

Jean-Christophe,- La Nouvelle journée, 1912, p. 1444.

..."Des maisons multicolores, abricot, citron, cédrat, qui luisent parmi les oliviers, fruits merveilleux, dans le feuillage ... La vision italienne est une sensualité; les yeux jouissent des couleurs, comme la langue d'un fruit juteux et parfumé"...

 

 

 

Sabine Sicaud (1913-1928) poètesse française

Printemps

..."Je m'étire, j'étends mes bras au bon soleil

Pour qu'il les dore comme avant, qu'ils soient pareils

Aux premiers abricots dans les feuilles de juin"...

 

 

 

1905

Art nouveau

Eugène Grasset (1845-1917) graveur, affichiste, décorateur et architecte français d'origine suisse, représentatif de l'art nouveau.

Abricotine liqueur  P. Garnier


 

 

 

1910

J.-L. Goffart et J. R. Guillot, 

Abricot Docteur Mascle, revue horticole  Hortalia, 


 

 

 

Pierre Benoit (1886-1962) écrivain français, membre de l'Académie française, 

L'Atlantide, 1919, p. 136

..."Et surtout, dans les grands plats vermeils ou dans les jarres d'osier, des fruits, des masses de fruits, figues, dattes, pistaches, jujubes, grenades, abricots, énormes grappes de raisin, plus longues que celles qui firent ployer les épaules des fourriers hébreux dans le pays de Chanaan, lourdes pastèques ouvertes en deux, à la chair humide et rose, avec leurs régimes de grains noirs"...

 

 

 

Sidonie Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1954) femme de lettres française, 

Printemps passé - La maison de Claudine

Dans le verger, de raides baguettes d'abricotier, sacrifiées, brûleront, une heure encore, leur petite flamme de fleur avant de mourir, et les abeilles n'en laisseront rien perdre... 

 

 

 

Paul Claudel (1868-1955) dramaturge, poète, essayiste et diplomate français, membre de l'Académie française.

Le Poète regarde la croix, 1938, p. 239.

..."Voici tous les fruits du verger et la profusion de la corbeille, toutes ces variétés de délices, tout ce qui est né pour fondre, la poire et la pomme dans notre bouche qui réalisent toutes les promesses de la chair, la pêche, l'abricot, la prune profonde, le grapillon aigrelet de la groseille, les raisins bleus et blancs" ...

 

 


Paul Charles Jules Robert (1910-1980) lexicographe et éditeur français. 

Société du Nouveau Littré, Paris, 1965

Abricot, n. m. (du portug. Albricoque, d’après l’arabe al-barqoûq, le fruit précoce, du lat. praecox ou praecoquus). Fruit de l’abricotier, (drupe) qui se consomme frais, cuit, en compote, confiture, gelée, marmelade, pâte, ou séché par déshydratation, huiles, essences.


 

 

 

Hassan Amdouni (1955) enseignant et écrivain belgo-tunisien, docteur en histoire et civilisation de l'université Paris-Sorbonne,

corrigé et remanié 

Sources extraites du livre "La Médecine Du Prophète


  Muhammad Salla-llah allahi wa salam" par JALAL AD-DIN AS-SUYUTI revue,


... L'abricot est froid humide. Il pourrit rapidement.   L'eau où on le laisse macérer étanche bien la soif. Il va mieux à l'estomac que la  pêche. (La pêche, en Orient, est un fruit très médiocre ; l'   abricot est de beaucoup meilleur. L'abricot hamawi est d'un parfum très fin   et très délicat).  On l'adjoint aux préparations par digestion....


 

 

 

Francis Ponge (1899-1988) écrivain et poète français

Gallimard, 1971.

"L'abricot" in Pièces,"  


    ..."La couleur abricot, qui d'abord nous contacte, après s'être massée en abondance heureuse et bouclée dans la forme du fruit, s'y trouve par miracle en tout point de la pulpe aussi fort que la saveur soutenue"...


 

 

 

XXI° siècle

 

 

 

Pierre Perret, La belle fermière,

Chansons éroticoquines (2002)


...Quant un moribond l'appelait

Narguant la mort à son chevet

Elle la collait comme un défi

La bouche édentée de l'ancêtre

A son abricot en folie

Et le papi était guéri

L'abricotier et le pêcher...
 

 

 

Christiane Beerlandt, auteure 

Symbolique des aliments, la corne d'abondance 

Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014

    ..."L'Abricot est très gentil et très doux avec lui-même. Il écoute ses sentiments ; il se sait joyeusement ému et attendri par la Vie, par le fait même de son Être, et aussi par son corps physique, dans cette vie. Les émotions ne sont nullement bloquées et peuvent couler librement. Il donne libre cours à l'eau et aux liquides, ainsi qu'à la Vie même. Il n'a pas peur de ses sentiments et il n'a pas peur non plus qu'un autre voie ses sentiments. Il nage dans la luxuriance de sa féminité. L'Abricot est sensible ; il a de l'empathie et partage les sentiments des autres. Il est plein d'amour et écoute tout le temps la voix de son coeur. Il ferait tout pour autrui, de grand coeur, mais en même temps il s'oublie un peu. Il est préoccupé émotionnellement par le bonheur et le malheur des autres. Tout va très bien pourvu qu'il épanche tout ce que son foie a capté"....


 

 

 

Thierry Delahaye - auteur

Collection Le nom de l'arbre

le 23/04/2007

... L'abricotier aux fleurs blanches, dont le nom arabe signifie "le précoce", nous donne les premiers fruits de l'été. Le pêcher aux délicates fleurs roses le suit de près avec ses innombrables variétés de brugnons, pavies, nectarines et pêches vraies.


C'est un grand périple qui a conduit le pêcher et l'abricotier de Chine dont ils sont originaires, jusqu'à nos jardins et nos vergers.

En Extrême-Orient, le pêcher est symbole d'immortalité et son fruit apporte, disait-on, "mille printemps". On prétend aussi que c'est l'abricot, et non la pomme, qui aurait causé la perte d'Adam et Eve au jardin d'Eden : des légendes, mais qui disent bien l'attrait de ces fruits qui cachent, sous leur robe aux couleurs de feu, un arôme, une saveur et une douceur incomparables....


 


 

Vette de Fonclare (1937) écrivaine spécialisée dans la littérature jeunesse et poétesse française

 

 2009

L'abricotier

 

Une explosion de fruits sur notre abricotier !

Une énorme récolte, et des fruits si serrés

Que l’arbre vu de loin forme une boule orange !

Une exquise saveur pour celui qui en mange !

 

C’est la première fois qu’il est si prolifique

Car les autres moissons furent plutôt mythiques :

Un abricot par ci, un abricot par là !

Le moins qu’on puisse dire est qu’on s’en souviendra …

 

Mais nous venons d’apprendre une affreuse nouvelle :

C’est que l’âme de l’arbre s’enfuit à tire d’ailes,

Et que dès l’an prochain nous allons le pleurer.

En s’auto-sacrifiant le bel abricotier

 

Veut assurer sa suite : ces acliaines d’or

Sont un ultime don un an avant sa mort,

Son tout dernier cadeau après l’apothéose.

Les gros fruits orangés sont tavelés de rose…


 

 

 

Extrait de passage en Arabie (Marco Del Bucchia éditore)

2012

(traduit de l’italien par Sabine Huynh)

 

L'abricotier


Il m’est arrivé de dire que l’abricotier était ma maison

je préférais le bruit de ses feuilles

au silence qui résonnait contre les vieux murs.

Quand l’automne me bouclait à l’intérieur

je fixais l’arbre comme l’on fixe un rivage

au bout d’un voyage en mer

ou le soleil depuis un lieu dévasté par la pluie.

 

Maintenant que l’arbre est mort, suis-je sans demeure ?

J’aurais dû élire un chêne, un châtaignier sauvage

mais mortels ils le sont aussi, j’en ai bien peur.

Quoi qu’il en soit, un abricotier se tenait devant la maison.

 

Il m’est arrivé de dire que l’abricotier était ma maison

à présent dans ces pièces

remplies de bon sens, vides de sens

je me surprends à errer.


 


 

Dylan Pereira - poète  


Noyau d'abricot 


Le noyau à l'abri

De l'abricot,

 

L'abricot à l'abri

De l'abricotier,

 

Le noyau à l'abri

De l'abricot à l'abri

De l'abricotier,

 

Le noyau n'est pas mûr

Pour faire de la confiture.


 

 

 

Sympatique - Oasis des artistes  

20/3/2015 

 

Fleurs d'abricot


Se couvrent tes branches de cette blancheur

Graciles , mobiles au moindre vent si doux

Brins si fins, ornés en grappes de ces fleurs

Exposées à la sensation d’un œil si jaloux.

 

Abricot, du temps présent j’attends ce futur

fleurs que j’admire , beau fruits que je cueille

hâte de me satisfaire, ce temps est allures

des fois t’es orné autres ,oui sans feuilles.

 

je vis en tes frondaisons ;nouées de sèves

entre ta senteur ,ta peau charnue juteuse

et ta chaire veloutée , de ta couleur je rêve

et du jaune au rouge vire ma nuit douteuse.

 

je ne sais si savourer tes taches de rousseurs

ou lentement s’enivrer mort en ta senteur

je dors entre ce suc de ton fruit et tes fleurs

bel arbre de l’abondance j’attends tes heures.


 

 

 

Jacques Viallebesset (1949) écrivain et poète français,

Extrait :  Ce qui est épars".

 

A Marie et géraud


Les abricots du coeur


La roue des saisons moissonne les hommes

Dans un temps immobile où les collines

Toscanent dans la rondeur moelleuse des jours

 

Quand le père est parti les arbres ont versé

Des larmes de sève d’où éclosent les fleurs

La vie roule sans fin les galets du temps

 

Les abricots du cœur au verger d’amour

Sont des soleils confits dans la bouche du temps

Qui disent paix et joie aux amis de plein vent

 

Racines qui s’enfoncent dans le sol millénaire

Tous les arbres renaissent de leurs blessures

Seuls les fruits du bonheur transcendent la mort.


 


 

Utilisation

 

- L’abricotier est cultivé essentiellement pour son fruit.

- Il est quelquefois utilisé pour son bois (lequel est traditionnellement employé dans la fabrication d'instruments de musique tels que le duduk ou le blul).

- C’est aussi un arbre d’ornement pour sa floraison printanière.

 

 

Alimentaire


- Le fruit est consommé frais mais sa saison est brève et sa conservation très courte.

- Il est aussi transformé (en pâtisserie, confiture, compote, conserve, fruits au sirop) 

 

 

- Il peut être sèché.

Pour assaisonner les sauces, on fait recours au hermès. Le hermès algérien n'est autre que l'abricot sec. Très sec. 

 

- L'amande du noyau est consommée dans certains pays.

- De son noyau, on tire des liqueurs comme le Noyau de Poissy ou l’amaretto.

 

 

Médecine traditionnelle


- L'huile d'amande du noyau d'abricot lutte efficacement contre les bourdonnements d'oreilles, quelque gouttes à l'intérieur du conduit auditifs vous soulageront.

 

 

Cosmétique


- L'huile d'amande du noyau d'abricot est tonifiante, nourrissante, hydratante, assouplissante, revitalisante, régénérante, adoucissante, illumine le teint

- Protège légèrement des rayons solaires

- Peut être utilisée comme soin démaquillant

- Huile de base pour les massages


 

 

 

Mythes et légendes de l'abricot

 


- Dans la mythologie grecque, l'abricot comme certains autres fruits et fleurs étaient  liés à la sexualité et dédiés à Vénus.

- Il existe d'innombrables recettes de charmes, de philtres, utilisant la pulpe ou l'essence d'abricot pour susciter la passion amoureuse. 

- Selon une croyance très répandue en Espagne, l'abricot a le pouvoir d'éveiller la passion et le désir charnel. 

- En Andalousie, les femmes qui ont mis des feuilles et des fleurs d'abricotier sous leurs jupes deviennent irrésistibles.


 

 

 

Contes et légendes

 

La “ mère Misère ”

D’après un conte espagnol


Il était une fois une vieille femme, toujours de noir vêtue, qui vivait si pauvrement que tout le monde l’appelait "la Mère Misère". Elle habitait dans une maisonnette à moitié en ruine, et n’avait pour tout bien qu’un petit banc de bois, quelques planches pour dormir dans un coin et une petite marmite cabossée, elle aussi noircie par les ans. Mais cette marmite allait rarement au feu car la Mère Misère n’avait guère de quoi se nourrir.

 

Cependant, à côté de sa masure, se trouvait un abricotier. Cet arbre lui donnait de beaux fruits, dorés et succulents et, en retour, elle lui accordait ses soins attentionnés, lui apportant chaque jour un peu d’eau à son pied, au moment où il fallait.

 

La Mère Misère restait digne et ne se plaignait jamais, sauf d’une chose : des galopins des environs venaient souvent piller son abricotier, s’installant sur ses branches pour déguster plus à leur aise les fruits de l’arbre. Vieille comme elle l’était, et de peu de forces, elle ne pouvait se défaire de ces garnements qui ricanaient quand elle les menaçait.

 

Un soir, un homme s’arrêta devant sa porte. Fatigué par une longue journée de marche, il demanda à la Mère Misère de lui accorder l’hospitalité pour la nuit. Elle accepta de bon cœur, et lui fit partager son très frugal dîner. Le lendemain matin, au moment du départ, le voyageur lui dit :

–  Mère Misère, tu m’as accueilli généreusement et je veux t’en remercier. Sache que j’ai le pouvoir d’exaucer des vœux. Fais donc un vœu, mais un seul, et il sera exaucé.  

La Mère Misère répondit :

– Eh bien, je souhaite qu’à partir de maintenant, quiconque grimpera dans mon abricotier y restera collé et n’en pourra plus redescendre sans mon autorisation.

– Il en sera ainsi, Mère Misère. Adieu ! dit le voyageur en s’en allant. Et il s’évanouit à ses yeux.  


A peu de temps de là, la bande des galopins s’en revint et, selon leur habitude, ils grimpèrent sur l’arbre pour profiter de ses fruits. Mais, lorsqu’ils voulurent en redescendre, impossible. Ils se trouvaient collés aux branches sans pouvoir s’en détacher. Ils eurent beau crier, appeler la Mère Misère à leur secours, rien n’y fit. Elle demeura inflexible. Alors, les parents vinrent la supplier à leur tour de libérer leurs enfants. La Mère Misère le leur refusa tout net. Et les garçons restèrent ainsi prisonniers dans l’arbre, pendant plusieurs jours.

 

Lorsque la Mère Misère eut estimé que la punition avait assez marqué leurs esprits, elle prononça les mots qui les autorisaient à quitter l’abricotier mais non sans avoir reçu la promesse solennelle de leur part qu’ils ne recommenceraient plus à piller son arbre.


Un jour, la Mort s’en vint. Elle aborda la Mère Misère et elle lui dit :

– Mère Misère, ton tour est venu de me suivre. Prépare-toi à faire le grand voyage.

 

La vieille s’attendait à cette arrivée et répondit à la Mort :

–  Mort, je vais m’apprêter, accorde moi juste le temps qu’il faut ; je n’en aurai pas pour longtemps, puis j’irai avec toi. Pendant ce temps, si tu veux, monte dans l’abricotier et goûte quelques-uns de ses fruits.

 

La Mort fit comme la Mère Misère le lui avait proposé. Mais lorsqu’elle essaya de descendre de l’arbre, impossible, elle resta collée à ses branches. Elle demanda à la Mère Misère de la faire sortir de là, mais elle s’y refusa.

 

La Mort eut beau se démener et tempêter, et menacer, et supplier, rien n’y fit. La Mère Misère ne la libéra point. Alors, la Mort demeura dans l’arbre longtemps, très longtemps. Les jours, et les mois, et les années passèrent. La Mort était toujours captive dans l’abricotier de la Mère Misère. De la sorte, plus aucun être vivant ne mourrait : il ne trépassait plus ni un humain, ni un âne, ni un moineau, ni même une mouche. Rien. La Terre se peuplait de plus en plus d’êtres accablés de vieillesse et de maladies, de gens désespérés et aussi d’animaux nuisibles de toutes espèces, insectes et autres…

 

Alors, la Mère Misère dit un jour à la Mort :

– Mort, je consens à te permettre de sortir de l’arbre mais à une condition.

– J’accepte d’avance ta condition, Mère Misère, dis-moi cette condition.

– Ma condition est que tu ne te saisisses jamais de moi. Que tu me laisses aller mon existence sans t’en mêler. Promets-tu ?

– Je te le promets, Mère Misère.

 

La Mère Misère prononça alors les mots qui délivraient la Mort. Et la Mort s’en retourna dans le monde. Depuis ce temps-là, effectivement, la Mort a tenu sa promesse et Mère Misère continue d’être de ce monde.

 

 

 

Conte chinois 


Xing Chan et la fée abricot

 


Il était une fois, au bord du Lac de l'Ouest, un village où habitait une jeune fille, habile et intelligente, qui s'appelait Xing Chan, Mademoiselle Abricot. 

 

Un jour, au début de l'été, Xing Chan, qui avait alors sept ou huit ans, faisait paître ses buffles dans un pré à l'entrée du village. Non loin, dans les vergers, les abricotiers étaient chargés de fruits rouges et jaunes dont le parfum embaumait.

 

Soudain, un abricot, le plus gros et le plus rouge , tomba sur le sol, juste aux pieds de Xing Chan qui le ramassa et allait le porter à sa bouche quand une voix claire se fit entendre:


- Petite fille, petite fille, ne me mordez pas, laissez-moi aller.

 

Muette, Xing Chan regardait autour d'elle, personne. Qui pouvait bien lui parler? Stupéfaite, elle laissa tomber l'abricot par terre. Miracle! L'abricot roula et soudain se transforma en une jolie femme. C'était la Fée Abricot!

 

La Fée tira de ses cheveux une épingle d'or et la mit dans les mains de Xing Chan en souriant:


- Ma fille, vous êtes travailleuse, aimable; alors gardez cette épingle. A l'avenir, si vous vous trouvez dans l'embarras, vous n'aurez qu'à frapper trois fois avec cette épingle et appeler par trois fois "Fée Abricot", je viendrai immédiatement me mettre à votre service. Puis, la Fée, reprenant la forme d'un abricot tout rouge, s'envola jusque sur l'arbre.

 

Xing Chan grandit et on lui donna pour époux le neuvième fils de la famille Song. Au début du mariage, le nouveau couple vivait en bonne intelligence et témoignait de l'affection aux parents.

 

En principe, les membres de la famille Song étaient de braves gens; seulement, ils étaient trop nombreux et ne s'entendaient pas très bien. L'un voulait faire quelque chose, l'autre une autre, l'un préférait les mets sucrés, l'autre les mets salés.

 

Le brave homme de père était incapable de faire obéir ses neuf fils adultes; la mère était très bonne, mais elle ne pouvait pas non plus faire admettre ses idées à ses enfants.


Voyant ses beaux-parents accablés de soucis, Xing Chan leur proposait souvent des idées, celles-ci étaient toujours bonnes et justes. Si sa belle-mère oubliait de faire quelque chose, elle le faisait pour elle, et bien. C'est ainsi que ses beaux-parents s'habituèrent à adopter ses idées.

 


Trouvant que leurs beaux-parents préféraient Xing Chan, ses belles-soeurs commencèrent à murmurer et méditèrent de lui jouer des tours. 

 

Un jour, c'était le tour de Xing Chan à préparer la nourriture. Elle mit à bouillir une marmite de riz et une marmite de fromage de soja; sa belle-soeur aînée l'appela alors d'un signe de la main à la porte de la cuisine, pour lui demander de l'aider à tailler des empeignes de souliers.

 

Dès qu'elle fut partie, la seconde belle-soeur entra, mit des bûches dans le feu et des poignées de sel dans le fromage de soja. Quand Xing Chan revint, le riz et le fromage sentaient le roussi. Après réflexion, elle comprit que c'était ses deux belles-soeurs qui s'étaient jouées d'elle! Sans un mot, elle mit pas mal d'eau dans le riz, et un peu de fécule et d'eau dans le fromage de soja.

 

A l'heure de déjeuner, les hommes revinrent des champs, les enfants se précipitèrent pour mettre la table, disposer les bancs. Les huit belles-soeurs, debout à côté, se lançaient des clins d'oeil, le sourire au lèvres, en pensant à ce qui allait se passer pour le riz et le fromage roussis.

 

Cependant, Xing Chan apporta en souriant la nourriture de la cuisine et dit:

- Il fait chaud, j'ai préparé la bouillie de riz grillé pour vous rafraîchir, et comme vous avez mangé trop souvent du fromage de soja, cette fois-ci, j'ai fait la bouillie de fromage de soja pour vous changer un peu.


Beau-père, belle-mère, frère aîné, frère cadet, neveux, nièces..., tous les membres de la famille mangèrent avec appétit en complimentant Xing Chan sur sa cuisine. Les deux marmites furent bientôt vides.

 

Après cette affaire, les belles-soeurs furent convaincues des mérites de Xing Chan; comme elle témoignait beaucoup de respect à ses beaux-parents, une grande sollicitude pour son mari, et qu'elle se montrait aimable et juste avec tous les autres, on la choisit pour diriger la famille, afin de soulager de cette charge ses beaux-parents trop âgés...

 

Devenue maîtresse de la maison, elle n'imposait jamais ses ordres, mais toujours modeste, discutait avec ses beaux-frères et ses belles-soeurs pour prendre les décisions. Elle s'entendait à bien distribuer le travail des champs ou celui du ménage. 


 
Les neuf beaux-frères travaillaient au champ et ne s'occupaient de rien à la maison; là, les belles-soeurs se chargeaient du tissage, de la couture et de la préparation des repas. Les adolescents devaient soigner les bêtes de trait, faucher l'herbe, couper du bois à brûler et ramasser le fumier. La belle-mère s'occupait des enfants et le beau-père était chargé spécialement d'aller au marché pour les ventes et les achats.

 

Ainsi, la famille avait de quoi manger et se vêtir et la vie s'améliorait de plus en plus; on put même reconstruire la maison. Xing Chan se montrait la même pour tous; elle ne favorisait personne.

 

Dès qu'elle eut pris en charge la maison, l'entente régna dans la famille: Les vieux aimaient les jeunes, qui les respectaient; pas de querelles entre les frères et les belles-soeurs, même les enfants devinrent très sages.


Xing Chan aimait aider ses voisins, quand ces derniers manquaient de riz ou de bois, sans souffler mot, elle leur en prêtait tout naturellement. Les voisins l'avaient donc en grande estime, et ils la donnaient en exemple à leurs filles ou leurs belles-filles.

 

La bonne réputation de Xing Chan se répandit de bouche en bouche et parvint même jusqu'aux oreilles de l'Empereur. Celui-ci ne pouvant croire qu'il existait une fille si intelligente, envoya un émissaire pour la mettre à l'épreuve. L'émissaire présenta à Xing Chan une amande en lui demandant de la partager entre tous les membres de sa famille. Comment allait-elle s'en tirer ?

 

A la lecture de l'ordonnance impériale, la famille fut frappée de stupeur, mais Xing Chan, sans perdre son sang-froid, prit l'amande de la main de l'émissaire et dit:


- Vous vous êtes donné beaucoup de peine, monseigneur ! Allez-vous reposer, je vous prie, dans la salle à manger, et vous verrez comment la famille va se partager votre amande.

 

Aussitôt, Xing Chan construisit un âtre en briques sur lequel elle installa une grande marmite remplie d'eau. Quand l'eau se mit à bouillir, elle y jeta l'amande puis un peu de sucre. De cette façon, elle put distribuer à chaque membre de la famille un bol de thé à l'amande !

 

A cette vue, l'émissaire hocha la tête avec admiration. Il retourna rapidement auprès de l'Empereur et fit son rapport:


- Xing Chan n'est pas seulement intelligente et habile, mais aussi belle comme une fée !


L'Empereur, vivement intéressé, ordonna alors à son émissaire d'aller enlever cette beauté avec trois milles gardes pour l'amener à la cour. Arrivés au bord du Lac de l'Ouest, les hommes d'armes entourèrent la maison de grand-père Song. 


 
L'émissaire impérial entra et lut l'ordonnance de son maître à la famille. Hommes, femmes et enfants, tremblants de peur, commencèrent à crier et à pleurer; les plus jeunes s'accrochaient aux vêtements de Xing Chan; les hommes se disputaient avec l'envoyé impérial : toute la famille était dans le trouble et la confusion.


Xing Chan fit éloigner ses parents et dit:


- Attendez un instant au dehors, s'il vous plaît ! Je vais préparer mes bagages et je vous suivrai.


Une fois entrée dans sa chambre, elle retira l'épingle de ses cheveux et frappa trois fois sur la table en s'écriant :


- Fée Abricot, en ce moment, j'ai des difficultés, pouvez-vous m'aider !

Aussitôt la Fée fit son apparition et lui répondit:

- Je connais vos ennuis ; je vais vous faire déménager et vous installer au fond du Lac de l'Ouest; là vous pourrez vivre tranquillement !

Xing Chan acquiesça. D'un coup de sa manche légère, la Fée déchaîna un tourbillon de vent qui emporta les gens de la famille, la maison, les moutons, les vaches, les instruments agricoles au fond du lac.


Le vent impétueux emporta aussi l'émissaire et les gardes impériaux et les dispersèrent çà et là. Les voisins stupéfaits se précipitèrent au bord du Lac de l'Ouest; ils aperçurent encore une cheminée se dressant sur l'eau qui bientôt s'y enfonça tandis que revenaient le calme et la tranquillité. Quant à la famille de Xing Chan, elle arriva saine et sauve au fond du lac.

 

La famille avait laissé un bon souvenir à ses voisins, et ceux-ci brûlaient de savoir si elle vivait oui ou non dans le lac. Un jour, l'un d'entre eux eut l'idée d'appeler Xing Chan pour lui emprunter une charrue. Miracle ! Au bout d'un petit moment, une charrue apparut sur l'eau.

 

A partir de ce jour, quand quelqu'un avait besoin de quelque chose, il allait le demander à Xing Chan. Lorsque des voyageurs, venus d'une autre province, arrivaient, recrus de fatigue, il leur suffisait de demander à Xing Chan pour avoir bientôt des chaises, des bancs et des tables à leur disposition. 

 

On bénéficia de ce privilège des années durant. Malheureusement, un homme cupide emprunta un jour quatre bancs à Xing Chan, les emporta chez lui et ne les rendit plus. Xing Chan, fut-elle fâchée ? En tout cas, elle ne prêta plus ses affaires aux gens, qui, peu à peu, cessèrent de lui demander son aide.

 

Pourtant, à la saison des abricots, on raconte encore à Hangzhou, combien mademoiselle Abricot était habile, bonne et généreuse.

 

 

 

Vincent Van Gogh (1853 - 1890) peintre et dessinateur néerlandais. 

"Verger aux abricots en fleurs" 

 

 

 

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779), 

Le bocal d'abricots, 1758, 

Art Gallery of Ontario, Toronto, Canada.

 

Mythologie des arbres - L'abricotier - Prunus armeniaca
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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 22:05

 

 

Mythologie des arbres


Le Frêne élevé - Fraxinus excelsior 

 


Autres noms du frêne :
Grand frêne, frêne à feuilles aiguës, quinquina d'Europe, langue d'oiseau.

 

Le Frêne élevé ou Frêne commun, (Fraxinus excelsior ), est un grand arbre familier et majestueux de nos forêts tempérées appartient à la famille des Oléacées. Il est originaire d’Europe. Il est présent jusqu’à 1 500 m d’altitude.


C'est une essence qui aime la lumière, les sols frais et humides, les situations ensoleillées, supporte les embruns et les vents violents, mais des gelées tardives peuvent endommager son feuillage ou compromettre sa floraison.
 

Frêne hautain, forestier et champêtre

L'arbre premier de tant d'arbres divers,

L'arbre immortel au renom de mes vers,

L'arbre aux serpents toujours odieux maître ;

Jean Vauquelin de la Fresnaye (1535-1607)

 

 

 

Vigoureux et de croissance rapide, il peut atteindre 40 mètres de haut à l’âge adulte et vivre 250 ans. On reconnaît le frêne à ses gros bourgeons noirs. C’est un arbre élancé au houppier en forme de voûte aérée.

  
Il croit de 10m en 20 ans en moyenne. Ses racines s'étendent beaucoup et sont très voraces.


Cet arbre est notamment reconnaissable à son large tronc dont l'écorce est lisse, gris verdâtre ou jaunâtre, d'abord lisse qui, en vieillissant prend une teinte plus sombre gris brun, qui se fissure peu à peu, faisant apparaître des crevasses verticales. 


Le frêne est très utilisé comme essence de reboisement à utiliser dans les meilleurs sols, riches, profonds et frais, les fonds de vallon notamment ; il prospère bien en peuplement mélangé, en compagnie du merisier, de l'érable sycomore ou de l'érable plane.


 


 

 

A partir de bourgeons noirs caractéristiques facilement observables en hiver, apparaissent les feuilles. 


 

Puis les fleurs

 

 

De longues feuilles lancéolées vert foncé aux bords finement dentés apparaissent assez tardivement, en mai, arrivent après les fleurs et persistent jusqu'en début d'hiver, devenant jaunes à l'automne.

Elles comptent un nombre impair de folioles vert foncé au bord dentelé au sommet pointu et au dessous plus clair. Selon les espèces, elles sont plus ou moins larges et lancéolées. On les dit pennées car disposées de part et d’autre de la tige de façon symétrique, directement rattachées au rameau. Elles font un bon fourrage pour le bétail. 

 


 

Des panicules de fleurs vert-jaune apparaissent en avril-mai avant les feuilles. Elle donnent des grappes de fruits oblongs et aplatis, les samares simples, localement surnommées "langues d'oiseau " qui persistent longtemps sur l’arbre. 

Les fruits sont des samares, soit des fruits secs comportant une seule graine ainsi qu’une excroissance en forme d’aile qui favorise leur dissémination par le vent. Les fruits mûrissent en grappes allongées.

 

Il existe des frênes mâles, des frênes femelles et des frênes hermaphrodites. 

La pollinisation de cette espèce se fait grâce au vent, tout comme la dispersion des graines.




La frênaie est une forêt de frênes ou riche en frênes.


 

 

 

On connaît une soixantaine d’espèces de frênes vivant essentiellement dans les forêts tempérées. 

 

Principales espèces de frênes


Le frêne commun - Frexinus excelsior "Hessei" 

frêne à une feuille ou frêne à feuilles simples, 

est un cultivar de l'espèce Fraxinus excelsior originaire d' Europe et d'Asie occidental .

Il est connu pour être vigoureux, sans pépins et résistant aux ravageurs. Il est largement cultivé comme arbre d'ombrage , ayant un feuillage brillant et vert foncé. Port horizontal  - 

 

 

Le frêne commun - Frexinus excelsior "Jaspidea" 

Arbre de taille moyenne possédant une couronne conique. Ses rameaux sont jaunes et striés de vert dans le sens de la longueur. Ses bourgeons de couleur noire offrent un contraste important.

Ses feuilles imparipennées sont jaune verdâtre lors de la feuillaison et virent ensuite au vert clair. En automne, son feuillage devient d'un jaune d'or magnifique, couleur qu'il conservera longtemps.

La floraison de cet arbre est discrète et il produit de nombreuses samares disposées en fascicules denses. Le cultivar "Jaspidea" s'utilise en plantation le long des voies rapides, dans les jardins publics et en alignement dans les rues, ainsi que comme arbre de parc. Cet arbre préfère les sols humides et nutritifs. 

 

 

Le Frêne monophylle - Fraxinus excelsior Diversifolia, 

est un cultivar. Grand arbre à couronne pyramidale régulière et à branches érigées, Découvert en Angleterre en 1789. Tronc droit et se poursuivant jusqu'à la cime. 

La Couleur d'automne est parfois jaune, mais au feuillage tombant généralement encore vert.

Plante de mi-ombre, utilisé en solitaire,  tient à l'ombre au stade juvénile, un peu amateur de chaleur, jeunes sujets sensibles aux gels tardifs, tient au vent, très forte capacité de bourgeonnement, dessèchement de la cime en cas de baisse de la teneur en eau du sol, atteint environ jusqu'à 200 ans d'âge

 

 

 

Frêne pleureur (Fraxinus pendula) 

Il ne dépasse pas 3 à 4m de haut. Ses branches retombent avec grâce près du sol formant de larges arcs lui confèrent un magnifique port pleureur.

Arbre à croissance rapide qui est souvent utilisé comme arbre de pavillon d'été. L'écorce de couleur gris brun est régulièrement et peu profondément cannelée. Ses feuilles composées de couleur vert foncé sont imparipennées. Lors de la feuillaison, les feuilles sont vert brun et deviennent jaunes en automne. 

Le cultivar "Pendula" ne produit ni fleurs, ni fruits. Il est utilisé comme arbre de parc, en isolé, dans les jardins et les jardins publics. Cet arbre préfère les sols nutritifs et humides. 

 

 

 

Frêne à fleurs - Fraxinus ornus 

encore appelé orne, ornier, frêne à manne ou orne à manne, est un arbre d'une hauteur de 20 à 30 mètres, qui ne se rencontre que dans le sud de l'Europe. 

Très proche du frêne commun, il possède cependant une vigueur moindre (6 à 10m) et offre une floraison blanche très élégante et parfumées au printemps. Il supporte bien les sols secs.

 

 

Frêne à feuilles étroites - Fraxinus angustifolia, 

frêne du Midi ou Frêne oxyphylle, (bords de Méditerranée), frêne d’origine méditerranéenne dont le feuillage très fin devient jaune d’or en automne. 

arbre pouvant atteindre une hauteur de 20 à 30 m avec un tronc d'un diamètre allant jusqu'à 1,5 m.

On le rencontrée sur les berges des cours d’eau, ou  pionnière forestière.

 

 

Frêne rouge - Frexinus pennsylvanica

Arbre de grande taille dont la couronne arrondie a tendance à s'étaler. Son tronc présente une fourche. L'écorce est gris brun et devient ensuite cannelée, tandis que les jeunes rameaux sont minces et de couleur brun clair.

Ses feuilles imparipennées foncé. Le revers des feuilles  de couleur plus claire est recouvert d'une pubescence grisâtre.

A la venue de l'automne, son feuillage vire au jaune. Floraison discrète en avril sous la forme de panicules latérales pubescentes. Les fleurs jaune verdâtre sont suivies de l'apparition de samares.

Le F. pennsylvanica est utilisé comme arbre de parc, en alignement dans les rues et avenues. Il se développe tant dans les sols temporairement inondés que dans les sols riches en nutriments, secs n'enserrant pas son pied. Très bonne résistance au vent.

 

 

Frêne blanc - Fraxinus americana 


L’arbre est originaire de l’Est des États-Unis. Il apprécie les terrains humides à proximité des cours d’eau. L’arbre bourgeonne plus tard que le frêne commun ce qui fait qu’il résiste mieux au gel. Plus l’arbre devient âgé et plus celui-ci appréciera un ensoleillement important. Il a été introduit en Europe en 1724. 

Le frêne d’Amérique atteint une taille de 30 mètres. Le tronc est garni d’une écorce grise cannelée sur la longueur. Les feuilles, longues sont imparipennées, blanchâtres en partie inférieure...prenant une intense coloration rouge en automne. Les fleurs sont dépourvues de pétales. Arbre dioïque, les fleurs mâles et femelles s’ouvrent sur des pieds distincts.

frêne blanc

 


 

Frêne des montagnes - Sorbus aucuparia  

Mountain ash tree


communément appelé rowan et sorbier, 

est une espèce d'arbre ou d'arbuste à feuilles caduques vert moyen avec un bord dentelé qui devient rouge riche en automne, de la famille des rosacées. C'est une espèce très variable et les botanistes ont utilisé différentes définitions de l'espèce pour inclure ou exclure les arbres indigènes de certaines régions; une définition récente inclut les arbres originaires de la majeure partie de l'Europe et de certaines parties de l'Asie, ainsi que de l'Afrique du Nord.


La gamme s'étend de Madère , des îles britanniques et de l'Islande à la Russie et au nord de la Chine. 

 

Un joli petit arbre indigène, Sorbus Aucuparia a un tronc élancé avec une écorce lisse, une couronne lâche et arrondie,

D'avril à juin, Mountain Ash ou Rowan comme on l'appelle souvent s'épanouit avec des fleurs blanches, appréciées des abeilles, suivies de grappes de baies rouge orangé, qui mûrissent d'août à octobre, appréciées des oiseaux. Les frênes de montagne poussent bien dans les sites difficiles. 

La plante est peu exigeante et résistante au gel et colonise les endroits perturbés et inaccessibles en tant qu'espèce pionnière éphémère .


Les fruits et le feuillage de Sorbus aucuparia ont été utilisés par les humains dans la création de plats et de boissons, comme médecine populaire et comme fourrage pour le bétail. Son bois dur et flexible est traditionnellement utilisé pour le travail du bois. Il est planté pour fortifier le sol dans les régions montagneuses ou comme arbre d'ornement et compte plusieurs cultivars .

 


 

 

Étymologie


du grec phraxis, "haie", ou du latin fraxinus, signifiant "foudre", car isolé, il attirerait la foudre.

D’autres origines lui confèreraient la traduction de "fraxinus" en   "séparation", allusion à la simplicité avec laquelle on peut fendre son bois.

Ancien français fresne, fraisne ;

Moyen français frêne, fresne ; 

Anglais : Ash tree ; Allemand : Esche ; Breton : Onn ; Néerlandais : Es ; Norvégien : Ask ; Espagnol : Fresno ; Italien : Frassino ; Occitan : Fraisse ; Portugais : Freixo.

 

Le nom du frêne est à l'origine de nombreux patronymes :

Fresnay, Frenoy, Fresnoy, Dufrêne etc..


et toponymes : 

Fresnes, Fresnay, Fresney, Fresnoy,  En France par exemple, il est possible de trouver des villes portant les noms de Source du Frêne Sacré, Tertre-du-Frêne, ou encore Saint-Martin-du-Frêne. Fresnes-sous-Coucy etc..

Fresnes-sous-Coucy, à l'ombre des frênes

 

 


Mythologie grecque


Dans la mythologie grecque, les Méliades, Mélies ou encore nymphes méliennes (melía, " frêne") sont les nymphes des frênes. 

 

Selon Hésiode,

Les Nymphes Méliades sont les plus anciennes et naissent dans le tumulte de la première génération des dieux. 
Gaia (la Terre ou l'Univers) est apparu du sein du Chaos. Elle a généré quelques dieux puis Ouranos (le Ciel) qu'elle épouse. Découle alors la génération des Titans, 

Les méliades furent engendrées par Gaïa (la Terre), fécondée par les gouttes de sang tombées au sol quand Cronos a coupé les parties génitales d'Ouranos (le Ciel).

 

Les Nymphes Méliades sont les protectrices des Frênes. Elles protégeaient aussi les jeunes enfants, qui non souhaités, étaient suspendus aux Frênes et abandonnés. On les invoquait aussi pour la protection des troupeaux.

 

Elles ont élevé Zeus (avec les Curètes) après que sa mère, Rhéa, sur les conseils de Gaïa, l'eut placé en Crète pour le cacher de son père, Cronos, jusqu'à ce qu'il soit assez fort pour le détrôner. 

 

Plus tard, quand Zeus s'est essayé à donner naissance à l'homme, c'est du frêne que sont nés une sorte d'humains particulièrement violents qui ont passé leur temps à se battre entre eux et à se détruire.

 

Dans une autre version

L'ancienneté de leur naissance remonterait, aux guerres sanglantes entre tribus, et les Frênes permettaient de tailler de longues lances droites et effilées qui versaient le sang ennemi. D'autant que l'ennemi pouvait adorer le dieu du Ciel tandis que les attaquants déifiaient la déesse Terre-Mère. 

       

 

- Les Nymphes des Frênes étaient réputées pour être aussi l'arbre de la pensée.


- Pour les Grecs, le frêne marqué par son affinité avec l’élément eau, était sacré pour  Poséidon, fils de Cronos et de Rhéa, dieu de la mer et des séismes, 


- Dans l'Iliade d'Homère, le javelot d'Achille était en frêne.


- Ovide, dans les Métamorphoses, le nomme "arbre aux javelots"

Ouranos et Gaïa sur une mosaïque de la villa romaine de Sassoferrato. (glyptothèque de Munich).

 

 


 

Mythologie celte

 

- Chez les Celtes, troisième arbre de l'alphabet druidique, correspondant à la lettre Nion, le frêne incarne la volonté inébranlable. Intransigeant, dur, inflexible, vif, impulsif, exigeant, le frêne aide à ne pas perdre la volonté d’y arriver, tout en gardant une totale liberté, ils l’associaient à l’enchantement. 


- Il symbolise la renaissance, la fécondité aquatique, et fut de tout temps considéré comme "l'arbre du monde", reliant le haut et le bas, porteur de vie, de durée et de sagesse. 

- Il représente la puissance de l'eau et la rapidité des chevaux (telle la marée montante) 

- Il donne le pouvoir aux druides qui confectionnent leur baguette dans ses ramures. 

- C'est l'arbre qui non seulement libère, mais aussi celui qui élève les pensées, les sentiments et qui purifie l'esprit. Il a la réputation d'amollir les cristallisations qu'elles soient du corps (rhumatismes), ou psychiques.

 

- Le glyphe pour le Frêne est "Je suis un vent sur les eaux profondes."


- Le frêne était sacré pour Gwydion, le célèbre Druide,un fils de dieu comptant plusieurs exploits.

 
- Les natifs du frêne construisent leur propre monde intérieur pétri de songes, de rêves et de romantisme.


Les moines chrétiens marquèrent leur victoire sur la religion druidique en brûlant un peu partout les frênes sacrés des villages en Irlande, Bretagne et Cornouaille. 

 

 

 

Mythologie nordique

Germains et Scandinaves, 

 

Dans la mythologie scandinave, l'axe et support du monde est un frêne géant nommé Yggdrasil. Le culte scandinave dédiait cet arbre à Odin, roi des cieux, et lui accordait des pouvoirs surnaturels.

 

Yggdrasil, 


Son nom signifie le "destrier du Redoutable", ygg – le redoutable représente ici Odin, le "père de tous les dieux", celui de la guerre.


C'est Yggdrasil, l'arbre fondateur, la charpente de l'univers. Il est relié à la voûte céleste par sa couronne, à la terre par son tronc, et au monde souterrain par ses racines, d'où il puise la Sagesse...


Yggdrasil est représenté comme un immense  Frêne avec trois racines reliant trois mondes différents (Ásgard, Midgard et Niflheim). 

. La première racine provient de la source de Hvergelmir, située en Niflheim. Un dragon, Nídhögg, garde jalousement cette source et ronge la racine.

. La deuxième naît dans la fontaine de Mímir, située en Jötunheim. Cette fontaine est censée contenir la source de toute sagesse. Elle est gardée par un géant et abrite la tête du dieu Mímir qui détient les secrets de l'univers. 

. Enfin, la troisième racine provient du puits d'Urd, en Asgard, lequel puits est gardé par trois Nornes, de vieilles sorcières très sages et craintes par les dieux, car tissant la destinée, à laquelle même les dieux sont soumis.

 

Yggdrasil est aussi l'hôte d'autres personnages : 

. Un aigle est perché dans ses branches et Vedrfölnir un faucon, est perché entre ses yeux. 

. La chèvre, Heidrun, vit près du sommet de l'Arbre, et se nourrit de ses feuilles. 

. Les quatre cerfs Dain, Duneyr, Durathror et Dvalin courent dans ses branches et se nourrissent également de son feuillage. 

. Un cinquième cerf, Eikthyrnir, broute aussi les rameaux et de ses cornes ruisselle l’eau qui tombe dans Hvergelmir. 

. Un écureuil, Ratatosk, court sans cesse dans l'Arbre, ne cessant de semer la discorde entre Nídhögg et Vidofnir. 

. Le dragon Moin s'ingénie à détruire l'Arbre.

 

Le frêne sacré, axe de l'univers, prit racine dans le corps d'Ymir et monta jusqu'au ciel après la création de Midgard (notre monde) à la périphérie de la terre par les Ases (les dieux principaux).

C'est en restant pendu à une branche d'Yggdrasil, percé d'une lance, durant neuf jours et neuf nuits qu'Odin découvrit le sens des runes.


 

 

 

Mythologie nordique

L'Askafroa "femme du frêne"

 

L’Askafroa (en suédois "femme du frêne ", Askefrue en danois ou Eschenfrau en allemand, est une créature mythologique scandinave ou germanique, similaire aux hamadryades grecques. 


Gardienne du frêne, l'Askafroa était vue comme une créature malicieuse et obscure qui pouvait être dangereuse. Pour s'attirer ses faveurs, il fallait lui offrir un sacrifice le jour du mercredi des Cendres.


L'universitaire suédois Hyltén-Cavallius consigna la croyance en une créature féminine vivant dans un frêne, dans le "Hundred de Ljunit".


..." Les anciens avaient l'habitude d'offrir un sacrifice à l'Askafroa le matin du mercredi des Cendres. Avant le lever du soleil, ils versaient de l'eau sur les racines du frêne en disant : "Nu offrar jag, så gör du oss ingen skada", c'est-à-dire : "Je t'offre aujourd'hui ce sacrifice pour que tu ne nous fasses pas de mal", et  croyaient que si quelqu'un cassait une branche ou une brindille, il tomberait malade"....


 

 

 

Spiritualité du frêne chez les lakotas (sioux)

 


Les Lakotas sont une tribu autochtone américaine du groupe ethnique sioux. Ils forment eux-mêmes un groupe de sept tribus.

Les Lakotas vivent dans le Dakota du Nord et le Dakota du Sud (États-Unis) et aussi au Canada. 
 

Les Lakota ont élu "le Frêne" pour représenter tous les arbres de la création ainsi que l’homme en son individualité en façonnant le tuyau de la Pipe Sacrée dans son bois.

C’est lorsqu’il est jeune et bien droit qu’il est choisi, de préférence par temps orageux, "avant le premier coup de tonnerre. L’arbre sentant la foudre, retient sa sève sans ses racines ; ainsi le bois ne fendra pas".

 


La Pipe Sacrée (Chanunpa)

Pour les Lakota , le frêne bois tendre, facile à forer  est utilisé le tuyau du calumet.

Black Elk speaks - Publié pour la première fois en 1932, le livre coécrit par John G. Neihardt et Black Elk,


Selon Wallace Black Elk (1863-1950) en français Wapiti noir, né le 1er décembre 1863 et mort le 19 août 1950 (à 86 ans), est un homme-médecine, et un chef spirituel de la tribu des Indiens Lakotas (Sioux). Il fut un petit cousin du célèbre chef indien Crazy Horse, Voilà comment il construisit sa première chanunpa, alors qu’il n’était encore qu’un enfant.


..."C’est le long d’un ruisseau qu’ils ont trouvés ( lui et son grand-père) le frêne qu’il cherchait pour y tailler le tuyau de sa chanunpa. Aprés l’avoir découvert, il a attendu un an avant de couper le tronc pour l’évider"...


 

 

 

5000 ans av JC


. On a découvert des outils agricoles néolithiques  avec un manche de frêne.


 


 

VIII° siècle av. J.C.

 

Hésiode poète grec qui aurait vécu à la fin du VIII° ou au début du VII° siècle, 


écrit sa Théogonie ainsi que Les Travaux et les Jours au VIII° siècle av. J.C. et c’est dans ces œuvres que sont faites les premières mentions du frêne 


Théogonie 10

v. 187 

..."Les Nymphes des frênes sont nées des gouttes du sang répandu par Ouranos lors de sa mutilation par Cronos"... 

 

Les Travaux et les Jours, 

v. 143-145.

..."Elles sont les mères de la race humaine, faisant ainsi des hommes
les descendants directs des arbres, et plus particulièrement du frêne "...


 


 

 

Homère (fin du VIII siècle av. J.C. aède (poète) 

L'’Iliade et l’Odyssée du poète

relate la Guerre de Troie et l’errance d’Ulysse.

L’armement d’Achille, héros de l’Iliade, révèle l’importance de l’utilisation du bois de frêne dans la conception des lances grecques. "Frêne du Pélion", arme meurtrière d'Hector. 
 

Achille vainqueur d'Hector - Pierre Paul Rubens (1577-1640)


 

 

 

V° siècle av. J.C.  -  IV° siècle av. J.C.


Hippocrate (460 avant J.-C.-377 av. J.-C.) médecin grec du siècle de Périclès, mais aussi philosophe, considéré traditionnellement comme le "père de la médecine".

reconnaissait les vertus médicinales du frêne et en prescrivait lui-même à ses patients. 


 

 

 

I° siècle

 


Au I° siècle av. J.C. la Hasta est une arme de jet. Elle était utilisée comme lance légère par les légionnaires romains, réservée aux soldats les plus expérimentés, les triaires (les triarii).  

               
La hasta se compose de trois parties : la tête fabriquée en bronze ou en fer dont la longueur ne dépasse pas un empan ; la hampe (le manche) très mince en bois de frêne (léger et flexible) longue d'environ 0,90 m. 

triaire avec arme d'Hast en bois de frêne


 

 

 

Ovide, (43 av. J.-C. - 17 ou 18 ap. J.-C,) poète latin qui vécut durant la période qui vit la naissance de l'Empire romain.


Les Métamorphoses 

 

Au neuvième vers du livre 5 

Phinée, fils de Danaé, brandit un javelot de frêne à la pointe de bronze . 

 

Huitièmevers du livre 10 

"le frêne dont le bois sert à faire des lances". 


vers 122 du livre 12, 

Alors qu’Achille combat Cygnus, fils de Neptune, le coup mortel est décrit ainsi : 

 "A ces mots il lance son arme contre Cygnus ; le frêne ne s’égare pas". 

Antonio Tempesta. 114. Cycnus luttant contre Achille.

 


 

 

Pline l’Ancien (23 apr. J.-C. -  79), écrivain et naturaliste romain, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée 


Histoire naturelle (vers 77). - livre 16

..."XXIV. (XIII.) C'est en effet pour le bois que la nature a produit les autres arbres, et le frêne (fraxinus excelsior, DC.) surtout en fournit en abondance. 

C'est un arbre é!evé et rond; la feuille en est pinnée : il a eté.rendu très célèbre par les éloges d'Homère et par la lance d'Achille (Il. XX, 277). 

Le bois en est employé dans plusieurs ouvrages, Le frêne qui croît sur le mont Ida en Troade ressemble tellement au cèdre, que, l'écorce étant enlevée, il trompe les acheteurs. Les Grecs en ont distingué deux espèces : l'une longue et sans noeuds, l'autre courte, plus dure, plus foncée, à feuilles de laurier. Les Macédoniens donnent le nom de bumella à un frêne très grand, et dont le bois est très flexible. D'autres ont divisé les espèces d'après la considération de l'habitat, le frêne de plaine ayant le bols madré, celui de montagne l'ayant serré. Les auteurs grecs disent que les feuilles de cet arbre sont mortelles aux bêtes de somme, et inoffensives pour les ruminants.

En Italie elles ne font aucun mal, même aux bêtes de somme ; loin de la, dans les morsures des serpents rien n'est plus utile que de les appliquer sur les plaies, après avoir bu du suc exprimé de ces feuilles. Telle en est la vertu, que les serpents ne se mettent pas sous l'ombre que cet arbre projette, même le matin ou le soir, alors qu'elle est la plus longue, et que même ils s'en tiennent fort loin. Si on renferme (nous en avons fait l'expérience) un serpent entre un cercle de feuillage de frêne et un brasier, le reptile ira se jeter plutôt dans le brasier que dans le frêne. Par une merveilleuse bonté, la nature a placé la floraison du frêne avant la sortie des serpents, et la chute des feuilles de cet arbre après leur retraite dans leurs trous"...

 

..."Telle est leur vertu qu’un serpent ne passe pas sous leur

ombre, même le matin ou le soir, lorsqu’elle est la plus longue,

et même se tient loin de l’arbre. Notre expérience nous permet

de dire que, si l’on enferme un serpent auprès d’un feu dans

un cercle de feuillages de frêne, il se jette pour s’enfuir dans

les flammes plutôt que dans le frêne. Par une merveilleuse

bonté de la nature, le frêne fleurit avant la sortie des

serpents et ne perd ses feuilles qu’après leur retraite"...


 


 

 

XI° siècle

 


Attribuée à Turold 

(la dernière ligne du manuscrit dit : Ci falt la geste que Turoldus declinet)


Poème épique - La Chanson de Roland 

vers. 720 : laisse 5642 : 

"et qu’entre ses poings il tenait sa lance de frêne". 
Cette vision survient lors d’un rêve de l’Empereur Charlemagne qui s’annonce comme un présage fatidique de la mort de Roland ainsi que de la trahison de Ganelon.  

vers 2537 : laisse 185, 

"Brûlent les lances de frêne et de pommier". 
Il s’agit encore ici d’un songe de Charlemagne,


 

 

 

XII° siècle

 

Hildegarde de Bingen (1098-1179) moniale bénédictine mystique, illustratrice, a aussi développé des compétences en phytothérapie et diététique.


Hildegarde de Bingen préconisait la feuille de frêne pour "purger le corps de son eau". 


 

 

 

Marie de France (fl. 1160-1210) poétesse de la "Renaissance du XII° siècle", la première femme de lettres en Occident à écrire en langue vulgaire. Elle appartient à la seconde génération des auteurs qui ont inventé l'amour courtois.


Le Fresne, parfois orthographié Le Fraisne, et traduit en français moderne par Le Frêne, est un lai breton.  C'est le troisième du recueil des Lais de Marie de France. Il est composé de 518 octosyllabes.

 

Le frêne


..."L'histoire se déroule en Bretagne, où se trouvent deux seigneurs

voisins amis. La femme de l'un des deux accouche de jumeaux.

L'épouse de l'autre, décrite comme perfide, déclare que cela

n'a pu arriver qu'en raison d'un adultère, ce qui entraîne le

nouveau père de famille à prendre sa femme en soupçon et à la

maltraiter. Mais, par la suite, c'est la femme perfide qui accouche

de deux enfants. Honteuse, elle abandonne une de ses deux

filles. Une suivante va placer le bébé, accompagné d'un gros

anneau, dans un frêne, près d'un couvent. Le portier de

l'abbaye découvre l'enfant et l'apporte au couvent, où les

personnages comprennent, par l'anneau et les fins habits, que

le nourrisson est de haute naissance. L'abbesse décide d'éduquer

l'enfant et de l’appeler Frêne, en référence à l'endroit où elle

a été trouvée. Le Frêne devient une demoiselle courtoise dont la

beauté est connue dans toute la Bretagne. Un chevalier nommé

Goron tombe sous son charme, et séjourne à plusieurs reprises

dans le couvent pour lui parler. Elle part avec lui et vit longtemps

à ses côtés, sans qu'ils soient mariés. Les vassaux de Goron lui

reprochent cette situation et lui enjoignent d'épouser une femme

noble. Ils lui proposent une jeune fille du voisinage nommée Coudrier.

Goron consent à l'épouser. Le jour des noces, Coudrier arrive

accompagnée de sa mère. Frêne assure le service comme servante,

sans montrer extérieurement de peine. Elle prépare le lit pour la

nuit de noces, et y dispose l'étoffe qu'elle avait reçue lors de son

abandon. La mère de la future épouse, voyant cette étoffe, lui

demande d'où elle vient. Après que Frêne eut raconté son histoire,

la mère comprend qu’elle est sa fille. Elle avoue la vérité à son mari

sur sa grossesse. Il est ensuite convenu que Frêne épouse Goron"...


Le frêne et le coudrier avaient un grand prestige dans les sociétés celtiques, ce qui peut constituer une source symbolique pour le poème. "Ce frêne présente les caractéristiques symboliques d'un arbre sacré ; c'en est un véritable, les quatre branches correspondent aux quatre points cardinaux".


 

 

 

Béroul poète anglo-normand du XII° siècle, 

Le roman de Béroul, composé entre 1150 et 1190, 

la plus ancienne des versions de Tristan et Iseut 


.Au vers. 3478 

Les chevaliers sont prêts à rendre jugement par le truchement de leur lance de frêne.

 

 

Au moyen age, on plantait des frênes près des châteaux forts pour assurer l’approvisionnement en lances et javelots. 

 

 

XIII° siècle

 

1179-1241


L'Edda de Snorri ou plus simplement l'Edda, également connue sous les noms d’Edda en prose et de Jeune Edda, est un texte littéraire en vieil islandais rédigé à partir de 1220 par Snorri Sturluson. Si l’Edda se veut d’abord un manuel de poésie scandinave traditionnelle (la poésie scaldique), c’est aussi et surtout une présentation complète et organisée de la mythologie nordique, qui en fait l’un des chefs-d’œuvre de la littérature médiévale (et plus spécifiquement de la littérature norroise) et un classique de la littérature islandaise.


manuscrit regroupant un ensemble de poèmes, compilation que l’on doit à Snorri Sturluson (1179-1241). 


Ces textes résument les traditions nordiques qui, transmises oralement jusque là, menaçaient de s’égarer et de se perdre. L’Edda renvoie donc à des traditions bien antérieures au Moyen-Âge de Sturluson.

 

Yggdrasil, extrait :

 

..."Je connais neuf mondes, neuf domaines couverts par l’arbre du monde.

Cet arbre sagement édifié qui plonge jusqu’au sein de la terre…

Je sais qu’il existe un frêne qu’on appelle Yggdrasil.

La cime de l’arbre est baignée dans de blanches vapeurs d’eau,

De là découlent des gouttes de rosée qui tombent dans la vallée.

Il se dresse éternellement vert au-dessus de la fontaine d’Urd"...

 


Le Hávamál 
Ce poème du monde paysan qui préserve les mythes de l'Edda poétique et la dimension épique de l'aventure humaine est attribué au dieu de la poésie Odin.

Et c'est au prix d'un autre sacrifice que le dieu obtint le secret des runes : Blessé par sa propre lance Gungnir, Odin se pend à Yggdrasil, le frêne axial du monde, durant neuf nuits, sans boire ni manger.


C'est en tout cas ce que révèle le Rúnatal ("Dénombrement des runes"), un des poèmes qui compose le Hávamál (les "Dits du Trés-Haut") :

 

Il est dit, aux stances 138 et 139 du Havamal.
Ecritures que nous transmettent lesdits de Odin, le Très Haut


Yggdrasil, extrait 

 

Le secret des runes

 

"Je sais que je pendis

À l'arbre battu des vents Neuf nuit pleines,

Navré d'une lance

Et donné à Odin,

Moi-même à moi-même donné,

-À cet arbre

Dont nul ne sait


D'où proviennent les racines.

Point de pain ne me remirent

Ni de corne;

Je scrutai en dessous,

Je ramassai les runes,

Hurlant, les ramassai,

De là, retombai."


 

 

 

XVII° siècle

 

François Tristan L'Hermite (1601-1655) gentilhomme et écrivain français. 

 

..."Le promenoir des deux amants


Sur ce frêne deux tourterelles

S'entretiennent de leurs tourments,

Et font les doux appointements

De leurs amoureuses querelles"...


 

XVIII° siècle

 


Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (1732-1799) écrivain, dramaturge, musicien et homme d'affaires français.

Romance de Chérubin (Le Mariage de Figaro)


Troisième couplet

 

..."Sentais mes pleurs couler,

Prêt à me désoler ;

Je gravais sur un frêne,

(Que mon coeur, mon coeur a de peine !)

Sa lettre dans la mienne ;

Le roi vint à passer"...
 


 

Sainte Marie de l'Incarnation, religieuse ursuline française, enseignant sous le frêne des Ursulines.

Ce frêne était bien enraciné en 1639.

C’est sous ce frêne, dans la cour du couvent des Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier à Québec, que Marie de l’Incarnation enseignait aux jeunes Amérindiennes qu’elle appelait les délices de son cœur.

Elle s’était adaptée à leurs cultures en apprenant 4 langues autochtones, et en enseignant à l’extérieur.

Cet arbre fut brisé par une tempête, il y a déjà plus d’une centaine d’années. En mémoire de ce symbole, un frêne fut planté dans la cour lors du 350e anniversaire de l’arrivée de nos fondatrices à Québec, et un autre, lors du 375e.

Stadaconé est un village iroquoien qui était situé sur l'emplacement de l'actuelle ville de Québec 

Marie de l’Incarnation enseignant sous un frêne. Claude Bettinger (1942-1998).

Vitrail coloré Verre, métal 1987

 

 

 

XIX° siècle

 

 

1809


François-René, vicomte de Chateaubriand (1768-1848) écrivain, mémorialiste et homme politique français.

Les martyrs, ou, Le triomphe de la religion chrétienne, Volume 1


..."L'odeur des graisses d'ours mêlées de cendres de frêne dont ils frottent leurs cheveux,"... 


 

 

Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) poète, dramaturge, écrivain et homme politique québécois.

Stadaconé est un village iroquoien qui était situé sur l'emplacement de l'actuelle ville de Québec.  


Le Frêne des Ursulines

 

Il semblait à nos yeux un pilier des vieux âges,

Ce vieux tronc qui brava tant de vents en courroux.

Il avait sur nos bords vu les Pâles-Visages

 

Remplacer les grands guerriers roux.

 

Aigrette énorme au front du vaste promontoire,

Colosse chevelu dans le roc cramponné,

Il avait vu passer bien des jours sans histoire

Au sommet de Stadaconé.

 

Son ombre avait couvert bien des bivouacs sauvages,

Abrité bien longtemps des hordes aux flancs nus,

Tandis que le grand fleuve à ses mornes rivages

Jetait ses sanglots inconnus.

 

Il savait des secrets que nul œil ne devine ;

Quand, un jour, face à face, il vit ― aspect troublant ―

Sur le même rocher surgir la croix divine

À côté d’un long drapeau blanc.

 

Et puis, de siècle en siècle et d’années en années,

L’arbre antique vécut ― flux et reflux du sort ―

La légende sublime où notre destinée

A pris son incroyable essor.

 

Il vit tous nos héros ; il vit toutes nos gloires ;

Il vit nos fiers travaux et nos saints dévoûments ;

Il vit notre abandon, nos stériles victoires,

Avec leurs sombres dénoûments ;

 

Et, sur ses derniers jours, dans ses décrépitudes,

Comme une harpe où tremble un vieux lambeaux d’accord,

 

On croyait voir, au vent des vieilles solitudes,

Ses rameaux frissonner encor.

 

Et lorsque le géant quatre fois centenaire

Courba sa tête où tant de soleils avaient lui,

Ce fut triste ; on comprit que c’était toute une ère

Qui disparaissait avec lui.

 

O frêne ! ô grand témoin des choses envolées !

On a sacré, depuis, le sol où tu tombas ;

Et sur ta place vide, en bruyantes mêlées,

Des enfants prennent leurs ébats.

 

Oui, des enfants, des jeux, des rires, des fronts roses,

À l’endroit même d’où, colosse aux flancs rugueux,

 

Tu vis se dérouler, en tes ennuis moroses,

La noble histoire des aïeux !

 

Des cris de joie, après le vol des oriflammes,

Le clairon, les obus et le tambour battant !…

Si comme l’être humain les arbres ont des âmes,

Ô grand mort n’es-tu pas content ?

 

Pour moi, quand, de l’antique enclos des ursulines,

Pour la première fois, tout ému, j’entendis

Monter ces voix d’enfants, fraîches et cristallines

Comme un écho du paradis,

 

Soudain, sous les arceaux dépouillés du vieux frêne,

 

Longue chaîne héroïque évoquée à la fois,

Il me sembla revoir passer l’ombre sereine

Des saintes femmes d’autrefois !

 

De nos martyrs chrétiens immortelles rivales,

De dévoûments obscurs grands cœurs fanatisés,

Que la France d’alors jetait sans intervalles

Sur ces bords incivilisés !

 

Dames de haut parages ou filles des chaumières,

Qui laissaient tout, famille, amis, brillants partis,

Pour venir apporter les divines lumières

Aux petits d’entre les petits !

 

Et je rêvai longtemps ; car jamais, ô vieil arbre,

À nul fronton superbe, au seuil de nul tombeau,

 

Je n’ai rien vu, fouillé dans le bronze ou le marbre,

De plus touchant et de plus beau,

 

Que celle qui porta le nom de La Peltrie,

Sainte veuve, enseignant, sous tes ombrages frais,

Avec le nom de Dieu le grand mot de Patrie

Aux petits enfants des forêts


 

 

 

Jules Barbey d'Aurevilly (1808-1889), écrivain français, romancier, nouvelliste, essayiste, poète, critique littéraire, journaliste, 


Memoranda, Journal intime 2 1856, p. 75

"Ma race est forte", me disait-il hier, − et je le crois. Ces gens de Fresney ne sont pas des frênes, mais des chênes plutôt! "...
 

 

 

Alfred Victor de Vigny (1797-1863) écrivain, romancier, dramaturge et poète français.

Mémoires inédites 1863, p. 10 :

..." Les frênes vieux de cinq siècles laissent pendre leurs branches tordues et leurs feuilles allongées (...). Leurs vieilles têtes sont chargées de panaches arrondis"...
 

 

XX° siècle

 

Émile Verhaeren (1855-1916) poète belge flamand, d'expression française.

 


Vieille ferme à la Toussaint

 

..."La ferme aux longs murs blancs, sous les grands arbres jaunes,

Regarde, avec les yeux de ses carreaux éteints,

Tomber très lentement, en ce jour de Toussaint,

Les feuillages fanés des frênes et des aunes"...
 


 

Jules Leclercq (1848-1928) Explorateur et écrivain, auteur de récits de voyages et géographe belge.


La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, 

Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 69


..."La capitale du nord n'a pas le moindre monument, mais elle se glorifie de posséder un arbre, le seul qu'il y ait en Islande; c'est un frêne d'environ cinq mètres de haut, ombrageant la façade d'une maison tournée vers le fjord. Les indigènes en sont extrêmement fiers et le montrent comme la grande curiosité du pays"... — 

 


L’Islande ne possédant pas de conifères indigènes, il était de tradition d’utiliser un "Mountain Ash Trees" un frêne des montagnes.


 

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français, 

 


Chanson de grand-père

 

..."Dansez, les petites reines,

Toutes en rond.

Les amoureux sous les frênes

S'embrasseront"...

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français, 

 

Tristesse d'Olympio

Les champs n'étaient point noirs, les cieux n'étaient pas mornes.

 

..."Il voulut tout revoir, l'étang près de la source,

La masure où l'aumône avait vidé leur bourse,

Le vieux frêne plié,

Les retraites d'amour au fond des bois perdues,

L'arbre où dans les baisers leurs âmes confondues

Avaient tout oublié !"...


 

 

 

Charles-Marie Leconte De Lisle (1818-1894) poète français,


Les étoiles mortelles


..."Un soir d'été, dans l'air harmonieux et doux,

Dorait les épaisses ramures ;

Et vous alliez, les doigts rougis du sang des mûres,

Le long des frênes et des houx"...

 

 

José-Maria de Heredia (1842-1905) homme de lettres d'origine cubaine. Né sujet espagnol, il a été naturalisé français en 1893.


Le cocher


Étranger, celui qui, debout au timon d'or,

Maîtrise d'une main par leur quadruple rêne

Ses chevaux noirs et tient de l'autre un fouet de frêne,

Guide un quadrige mieux que le héros Castor.

 

 

Paul Verlaine (1844-1896)  écrivain et poète français


Malines


..."Comme les arbres des féeries,

Des frênes, vagues frondaisons,

Êchelonnent mille horizons

A ce Sahara de prairies,

Trèfle, luzerne et blancs gazons"...

 

 

Jean Moréas (1856-1910) poète symboliste grec d'expression française.


L'eau qui jaillit ...


..."L'eau qui jaillit de ce double rocher

Remplit ce long bassin d'une onde trépillante ;

Les frênes, les ormeaux, où viennent se percher

Linottes et serins, Lui font une voûte ondoyante"..

Le Fréchou pays aux Frênes

 


 

 

XX° siècle

 

 

Jacques Chardonne (1884-1968), écrivain français.

Attachements - 1943, p. 195.

..." Il y a, au bord de l'eau, un groupe de frênes. Légèrement contournés, comme un peu dansants, les branches graciles et griffues, le feuillage découpé en petites palmes, ils ont je ne sais quoi d'exotique"... 

 

 

Sidonie Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1954) femme de lettres française, comédienne, actrice et journaliste. 

Belles saisons, Nudité, 1943, p. 129

..."Une grande jarre méridionale qui contenait, pétillante et renouvelée, la boisson inoffensive nommée "freinette"....

 

 


Jean Rogissart (1894-1961) écrivain français 

Passantes d’Octobre,

Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)

..."Quand il se dresse face à quelque «vieille écorce», chêne, frêne, ou hêtre, plus large qu’une huche, lorsque d’un simple regard, il le cube de la souche au houpier, tant de solives pour le tronc, tant de stères pour les branches … Arsène André éprouve une virile volupté"... 

 

 

Paul Vialar (1898-1996) écrivain français.

Homme de chasse, 1961, p. 68.

..."Il buvait du cidre et de la frenette aux repas"... 


 

 

 

Jean-Baptiste Manhès (1926-2018) poète et conteur français

années 1980

 


Le frêne

 

Des chênes et peupliers on a chanté la voix,

Sous l’ombre de l’ormeau jadis jugeait un roi,

Le poète a décrit du sapin la crinière,

Mais le frêne des prés est laissé en arrière.

Au milieu de la haie dressé droit comme un i,

S’il n‘est majestueux, le frêne est bien joli,

Soit en alignement le long des chemins creux

Ou seul droit vers le ciel au coin du pré herbeux.

L’été son habit vert abrite les oiseaux ;

Sous la mousse du pied larves et vermisseaux

Régalent leurs becs fins, un vrai festin de roi.

Quand s’égrène midi au communal beffroi,

A la saison des foins, le faucheur en sueur

A sa branche suspend son outil de labeur,

Ses forces réparées par un frugal repas,

Sous son ombrage frais il se reposera.

Si après l’été chaud est rare le regain,

Ses branches émondées apaiseront la faim

Du troupeau de Salers qui sans cesse rumine

Sous les yeux du berger qui, au couteau, dessine

Dans sa branche tombée un serpent enroulé ;

Quelle fierté pour lui de l’avoir ciselé!

Pendant le long hiver, le paysan bricoleur,

Dans son tronc débité, met ses dons en valeur,

Pour créer un outil campagnard et costaud :

Soit un manche de faux ou rustique râteau.

Et même autrefois ignorant hickory,

C’est dans son pied trempé qu’on fit les premiers skis.

Depuis la nuit des temps, pour remplir son carquois,

Le malin Cupidon utilise son bois.

Comme rien ne se perd, du sol déracinée,

La souche, pour Noël, est dans la cheminée,

Réchauffant la maison et les sabots de bois

Que l’enfant au réveil videra avec joie.

Sur pied ou abattu, le frêne méconnu

Aux paysans auvergnats des services a rendus.


 

 

 

Seamus Heaney (1939- 2013) poète anglophone très apprécié dans le monde anglo-saxon, pour une poésie mêlant l'évocation sensuelle de la nature
Seeing Things, Faber & Faber, 1991.

 

 

Le frêne

 

Jamais plus il ne se lèvera, mais il se tient prêt.

Éclaboussé par le matin, comme un miroir,

Il regarde à travers la large fenêtre, songeur,

Sans se soucier du temps clair ou nuageux.

 

Point de vue de haut sur tout le pays.

Premiers livreurs de lait, première fumée, troupeau, arbres

Saturés d’humidité au-dessus des haies détrempées —

Tout cela est pour lui, il est comme une sentinelle

 

Oubliée et incapable de se rappeler

Le pourquoi, les raisons de sa station surélevée,

S’étant réveillé soulagé, quoique dans la même position,

Mais délivré de toute contrainte, comme une déferlante.

 

Peu à peu, sa tête s’éclaircit avec la lumière, et sa main inutile

Tâtonne désespérément jusqu’à pouvoir agripper

Le membre fantôme d’un frêne, sur lequel il pourra s’appuyer.

Parvenu à cette prise, il peut maintenant tenir en place

 

Ou manier sa canne comme un rameau d’argent, et venir

Marcher de nouveau parmi nous : tel un docte juge.

J’aurais pu tirer de la haie un bien meilleur bonhomme !

Sans doute Dieu se remémorant Adam a-t-il dit la même chose.


 

 

XXI° siècle


Michel Cosem  - Philippe Davaine - Auteurs - Le frêne
Paru en mars 2004
Arbres de grand vent


Le frêne


 
Frêne guetteur

Frais et jeune

Plein d’idées

Mais silencieux.

Pourquoi es-tu venu

Là où il ne fallait pas,

Pourquoi ne réponds-tu pas

Aux questions essentielles

Pourquoi lorsque je t’appelle

Malgré ton courage

Regardes-tu au loin ?

Frêne guetteur


 

 

 21/08/2020


Perrine Mane - Directrice de recherche CNRS - Responsable du Groupe d'Archéologie Médiévale


..."Les tonneaux sont toujours cerclés avec des cerceaux de bois, le fer n’apparaissant que postérieurement. D'après les sources écrites, ce bois proviendrait des pousses de châtaignier ou de coudrier pour la futaille ordinaire, du chêne, de l’orme ou du charme pour les grosses pièces, ou encore du noisetier, de l'érable, du frêne... 


À propos du frêne, l’agronome bolonais Crescenzi précise au début du XIVe siècle,  
" Il est très bon à faire cerceaulx à tonneaux et à tynnes et aultres vaisseaux "... 

Tonnelier, vitrail de Saint Julien l’Hospitalier, Notre-Dame de Chartres, exécuté durant la première moitié du XIIIe siècle


 

 

 

Frênes remarquables

 


L'île Coton - Drain (Maine-et-Loire)


Le frêne, vieux de près de deux siècles, présente des mensurations impressionnantes : 6 mètres de circonférence pour 18 mètres de hauteur.
Ce frêne est la combinaison de deux arbres - un frêne commun et un frêne oxyphylle - qui ont fini par se souder. Il est également appelé frêne têtard en raison de sa protubérance en haut du tronc ayant la forme d'une larve de batracien.

Le tronc est creux et largement ouvert d’un côté 

vénérable frene ile coton - Gilles Montavon

 

 

 

la ferme des Préaux - Fleuriel (Allier)


C'est un frêne taillé en trogne d’un âge certain, avec une silhouette magnifique ! 

On dirait deux arbres jumeaux mais il ne s’agit en fait, probablement, à l’origine que d’un seul arbre "séparé" au fil du temps en deux unités accolée, avec deux troncs massifs, puissants surmontés chacun d’un gros bourrelet d’où partent les bouquets de branches maitresses verticales. 

Sa silhouette indique qu'il a été décapité à l’origine à cette hauteur et ensuite taillé régulièrement au niveau du bourrelet. 

Tout le cœur est décomposé, creux et rempli d’un terreau de bois. Sans le traitement en trogne, cet arbre serait mort depuis bien longtemps.

photo zoom nature


 

 

Vence (Alpes-Maritimes)


Le majestueux frêne, se dresse aux abords des remparts de la vieille ville et qui a même donné son nom à la place sur laquelle il se situe.

La légende locale raconte que le roi François 1er l’aurait planté de ses mains en 1538 alors qu’il était dans la région avec sa cour et sur l’invitation du Pape Paul III, afin de signer avec l’empereur Charles Quint la trêve de Nice, pour mettre fin à la huitième guerre d’Italie.


ce frêne, âgé donc d’environ 483 ans, et mesurant une vingtaine de mètres de hauteur, très haut mais très creux, a failli être abattu. Ce trésor emblématique du patrimoine naturel de Vence est surveillé de près.

Photo France Bleue

 

 

Frêne par les peintres

 

 

Chaïm Soutine (1894-1943) -  

Grand frêne de Vence 

il disait : "Cet arbre, c’est comme une cathédrale".

 


 

Sophie Lafeuillade -

Peintre en décors - le frêne

 


John Constable (1776 - 1837) -

étude de frêne - (MeisterDrucke-16159)


 

1883

Emmanuel Lansyer (1835-1893)

Peintre paysagiste et aquafortiste français.

Vue des frênes du lavoir de Plomanac’h au soleil couchant, 


 

 

Illustration 1838-40. frene

Gravure ancienne 

David Dietrich, : Forstflora

Frêne élevé - Fraxinus excelsior - gemeine esche


 

 

Illustration 1891

A. Mascelf

Atlas des plantes de France

Frêne élevé - Fraxinus Excelsior

 

 


Illustration 1897

Franz Eugen Köhler, Köhler's Medizinal-Pflanzen

Fraxinus ornus - frêne à fleurs


 


 

Langage du frêne

 

Le frêne est un arbre à forte valeur symbolique.

 

- Il représente la longévité, la force, la renaissance et l’apaisement. 

Toujours vert, il était le symbole de la pérennité de la vie, que rien ne pouvait détruire.

 

- Le frêne a pour langage la grandeur.

Cela vient du fait qu'il peut atteindre trente mètres et s'impodrt dans son environnement. 

 

- Signifiant la grandeur, il figure très souvent  dans les armoiries et les blasons. 

 

 

Tinchebray-Bocage ( Orne,- France)

Écartelé : au 1er de vair plain, au 2e à deux marteaux de carrier d'or, affrontés, les manches en barre et en bande, encadrant un bloc de granit d'argent, au 3e de gueules à deux navettes d' ou, les fuseaux de sable, passés en sautoir et à la bobine de fil d'argent brochant, au 4e d'argent à la feuille de frêne de sinople posé en pal.

 

 

Le Chefresne (Manche, France)

Parti : au premier d'argent au frêne de sinople, au second d'azur à la croix huguenote d'or ; le tout sommé d'un chef de gueules chargé d'un léopard d'or armé et lampassé d'azur. (création : Jean-François Binon, adoptée par délibération du conseil municipal du 30 juin 2006)

 

 

Fresnes (Val-de-Marne)

D'azur au frêne terrassé d'or, à l'agneau d'argent passant et brochant sur le fût de l'arbre.

 

 

Fresne-Léguillon (Oise, France)

D'argent au frêne de sinople ; au chef d'azur chargé de trois molettes à cinq rais du champ.

 

 

Saint-Rémy-en-Comté (Haute-Saône, France) 

Parti d'azur et de gueules au frêne d'or à deux branches brochant sur la partition, accosté à dextre d'un heaume d'argent et d'or, et à senestre d'une rose d'argent boutonnée et pointée d'or, surmonté et brochant sur la partition d'un cœur d'argent à la fasce d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or. L'écu est timbré d'une couronne à deux tours d'or, aux pierres d'azur, chacune des tours chargée d'une croix de Saint-André de gueules, entourée d'un rang de perles d'argent.

 

 

Fresnay-sur-Sarthe (Sarthe, France

Parti: au 1er d'or au frêne arraché de sinople, au 2e d'azur semé de fleurs de lis d'or, au lion du même brochant.


 

 

 

 

Mythes et légendes

 

- On attribuait au frêne d'autres vertus : d'aider les impuissants. 
"qui ne peut doit parler au frêne", "le frêne est la providence des impuissants".


- Un petit morceau de bois de frêne, cousu dans les vêtements, doit accélérer la cicatrisation des plaies ouvertes – cette croyance est probablement due au fort de tannin dans son écorce.


- Les pêcheurs prêtaient au bois de frêne des pouvoirs magiques. Ils étaient persuadés que, utilisé pour la fabrication des avirons et de l'ossature d'une barque, il protégeait de la noyade.


- Chez les Romains il représentait le symbole du bonheur conjugal, 


- chez les Ecossais, un rameau de frêne accroché au-dessus du lit passait pour mettre les époux à l'abri des disputes. 


- En Écosse, on donnait aux nouveau-nés une cuillère à café de frêne. La famille fraxinus sécrète une manne ros calabrina pectorale, adoucissante, purgative qu'on prenait en tisane, en sirop, en pastilles, et qu'on recueillait en incisant l'arbre, de juin à juillet.


- En Europe du Nord, le Frêne est le symbole de la fécondité, 


- dans le Sud de la France, c'est l'arbre de la sagesse et du bonheur


- En Wallonie, c'est l'arbre de l'hospitalité.


- Autrefois on attribuait à son bois, râpé sur les morsures de serpents, le pouvoir de les guérir. 
 


 


 

Dictons et proverbes

 

- "Regardez bien la pousse des arbres

Si le chêne est vert avant le frêne

Vous serez secs jusqu'à l'automne

Si le frêne est vert avant le chêne

Tout l'été sera mouillé"

 

-  "Qui ne peut doit parler au frêne"

 

 -"Le frêne fait la braye d’acier et une marne de sparme"

 

 Dicton danois 


- "Frêne avant chêne, été pluvieux

Chêne avant frêne, été radieux"


 


 

Utilisations et propriétés du frêne

 

- A la fois souple et résistant, le bois du frêne a été utilisé depuis la préhistoire.

Le frêne est une espèce menacée, du fait du réchauffement climatique, le frêne est attaqué par diverses maladies

 


Usages


- Le bois du frêne est blanc, légèrement rosé et nacré, très tenace, résistant mais souple et élastique, et facile à travailler. Il est utilisé en menuiserie et ébénisterie, pour la fabrication des manches d'outil en bois, des arcs ; mais il est également très prisé dans la fabrication de nombreux instruments de musique.

Bois est également utilisé pour la fabrication des cercles à fromage, pouvant prendre une forme arrondie et la garder même après plusieurs utilisations car il est très "nerveux". 

Dans la vie courante, on en faisait aussi des barreaux d'échelle, des gouvernails, des rames, des raquettes de sport, des cannes et des batons de hocquey et les anciens skis.


- Très bon bois de feu, il se fend aisément. Il était utilisé autrefois pour le charronnage.


- tannerie et teinturerie : conservation des peaux,  tons verts pour la laine (écorce des jeunes rameaux)


- Le Frêne peut être planté en alignement de rue, mais peut être un arbre d'ornement, avec de nombreuses variétés, à feuillage panaché, à rameaux jaunes, à port pleureur ou fastigié, naine…


- D’une grande longévité, la reproduction par marcottage permet d’obtenir un frêne élevé en bonsaï.
 

 


 

Alimentaire


- alimentation animale : fourrage 

C'était aussi un arbre de haie ou d'ombre près des points d'eau, il suffisait souvent d'abattre des branches pour que les animaux se servent. Les caprins, les ovins, les équidés et les bovins en sont très friands (feuillage très appétant). C'est aussi le cas des cervidés qui occasionnent aux jeunes plants forestiers de fréquents abroutissements.
- Lors des étés secs, les paysans récoltent le feuillage pour nourrir les ruminants. 


- alimentation humaine :

Fruits verts confits en guise de câpres ou de cornichons et boisson. La fleur fraîche de l'ornus , additionnée de levure, produisait, après fermentation, une boisson rafraîchissante et antirhumatismale. 

 


Médecine


Une revue de synthèse de 2007, a classé le frêne parmi les plantes médicinales aux propriétés diurétiques les plus prometteuses. Ses propriétés anti-inflammatoires ont également été confirmées scientifiquement.

 

Il est utilisé traditionnellement contre l’hypertension dans le sud-est marocain, sous forme de poudre de racine séchée bouillie quelques minutes dans l’eau.


- plante anti-rhumatismale, diurétique, analgésique, tonique, fébrifuge, astringente (feuille, écorce, fruit). 


- De l'écorce, on extrayait le "quinquina d'Europe", qui est fébrifuge. Des propriétés anti-inflammatoires. Le mannitol et les sels de potassium présents dans les feuilles sont responsables de l'activité diurétique qui stimule les fonctions d’élimination de l'organisme. Il est aussi utilisé comme protecteur tissulaire des articulations. Il permet ainsi de freiner leur vieillissement.

Ses propriétés fébrifuges (lutte contre la fièvre) sont efficaces dans le traitement du paludisme.


 

 

- Les feuilles séchées s’utilisent en infusion, d’abord pour leurs propriétés antalgiques et anti-inflammatoires. 

On recommande les infusions dans le traitement des douleurs articulaires, arthrose, arthrite ou rhumatismes. Les feuilles ont des propriétés diurétiques favorisant le "nettoyage" des articulations par le drainage de l’acide urique. 

Les feuilles favorisent l’élimination du cholestérol et luttent contre les calculs rénaux, les jambes lourdes, le gonflement des membres. 

Etant un coupe-faim naturel, et pour toutes les raisons précitées, le frêne est un très bon allié pour perdre du poids. 

Le miellat que produisent les feuilles en saison chaude a des vertus anti-inflammatoires, antalgiques et antioxydantes. 


 

On fabrique dans certaines régions (Nord de la France, Belgique, Normandie), une boisson faiblement alcoolisée fermentée rafraîchissante, et pétillante appelée frênette (ou encore freinette, frenette, fresnée ou frênée), à partir de feuilles de frêne et d'autres ingrédients.

Les feuilles étaient séchées puis mises en tisane. On ajoutait sucre et levure de boulanger. On laissait le tout quelque temps en barrique, puis on le mettait en bouteille


 



 

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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 22:05

 

Jean-Baptiste Manhès (1926-2018) poète et conteur français

années 1980

 


Le frêne

 

Des chênes et peupliers on a chanté la voix,

Sous l’ombre de l’ormeau jadis jugeait un roi,

Le poète a décrit du sapin la crinière,

Mais le frêne des prés est laissé en arrière.

Au milieu de la haie dressé droit comme un i,

S’il n‘est majestueux, le frêne est bien joli,

Soit en alignement le long des chemins creux

Ou seul droit vers le ciel au coin du pré herbeux.

L’été son habit vert abrite les oiseaux ;

Sous la mousse du pied larves et vermisseaux

Régalent leurs becs fins, un vrai festin de roi.

Quand s’égrène midi au communal beffroi,

A la saison des foins, le faucheur en sueur

A sa branche suspend son outil de labeur,

Ses forces réparées par un frugal repas,

Sous son ombrage frais il se reposera.

Si après l’été chaud est rare le regain,

Ses branches émondées apaiseront la faim

Du troupeau de Salers qui sans cesse rumine

Sous les yeux du berger qui, au couteau, dessine

Dans sa branche tombée un serpent enroulé ;

Quelle fierté pour lui de l’avoir ciselé!

Pendant le long hiver, le paysan bricoleur,

Dans son tronc débité, met ses dons en valeur,

Pour créer un outil campagnard et costaud :

Soit un manche de faux ou rustique râteau.

Et même autrefois ignorant hickory,

C’est dans son pied trempé qu’on fit les premiers skis.

Depuis la nuit des temps, pour remplir son carquois,

Le malin Cupidon utilise son bois.

Comme rien ne se perd, du sol déracinée,

La souche, pour Noël, est dans la cheminée,

Réchauffant la maison et les sabots de bois

Que l’enfant au réveil videra avec joie.

Sur pied ou abattu, le frêne méconnu

Aux paysans auvergnats des services a rendus.

Jean-Baptiste Manhès (1926-2018) - poète et conteur français - Le frêne
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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 22:04

 

 

Michel Cosem  - Philippe Davaine - Auteurs - Le frêne
Paru en mars 2004
Arbres de grand vent


Le frêne


 
Frêne guetteur

Frais et jeune

Plein d’idées

Mais silencieux.

Pourquoi es-tu venu

Là où il ne fallait pas,

Pourquoi ne réponds-tu pas

Aux questions essentielles

Pourquoi lorsque je t’appelle

Malgré ton courage

Regardes-tu au loin ?

Frêne guetteur

Michel Cosem / Philippe Davaine - Auteurs - Le frêne
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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 22:03

 

Seamus Heaney (1939- 2013) poète anglophone très apprécié dans le monde anglo-saxon, pour une poésie mêlant l'évocation sensuelle de la nature
Seeing Things, Faber & Faber, 1991.

 

 

Le frêne

 

Jamais plus il ne se lèvera, mais il se tient prêt.

Éclaboussé par le matin, comme un miroir,

Il regarde à travers la large fenêtre, songeur,

Sans se soucier du temps clair ou nuageux.

 

Point de vue de haut sur tout le pays.

Premiers livreurs de lait, première fumée, troupeau, arbres

Saturés d’humidité au-dessus des haies détrempées —

Tout cela est pour lui, il est comme une sentinelle

 

Oubliée et incapable de se rappeler

Le pourquoi, les raisons de sa station surélevée,

S’étant réveillé soulagé, quoique dans la même position,

Mais délivré de toute contrainte, comme une déferlante.

 

Peu à peu, sa tête s’éclaircit avec la lumière, et sa main inutile

Tâtonne désespérément jusqu’à pouvoir agripper

Le membre fantôme d’un frêne, sur lequel il pourra s’appuyer.

Parvenu à cette prise, il peut maintenant tenir en place

 

Ou manier sa canne comme un rameau d’argent, et venir

Marcher de nouveau parmi nous : tel un docte juge.

J’aurais pu tirer de la haie un bien meilleur bonhomme !

Sans doute Dieu se remémorant Adam a-t-il dit la même chose.

Seamus Heaney (1939- 2013) - poète anglophone -  Le frêne
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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 22:02

 

 

Louis-Honoré Fréchette (1839-1908) poète, dramaturge, écrivain et homme politique québécois.

Stadaconé est un village iroquoien qui était situé sur l'emplacement de l'actuelle ville de Québec.  


Le Frêne des Ursulines

 

Il semblait à nos yeux un pilier des vieux âges,

Ce vieux tronc qui brava tant de vents en courroux.

Il avait sur nos bords vu les Pâles-Visages

 

Remplacer les grands guerriers roux.

 

Aigrette énorme au front du vaste promontoire,

Colosse chevelu dans le roc cramponné,

Il avait vu passer bien des jours sans histoire

Au sommet de Stadaconé.

 

Son ombre avait couvert bien des bivouacs sauvages,

Abrité bien longtemps des hordes aux flancs nus,

Tandis que le grand fleuve à ses mornes rivages

Jetait ses sanglots inconnus.

 

Il savait des secrets que nul œil ne devine ;

Quand, un jour, face à face, il vit ― aspect troublant ―

Sur le même rocher surgir la croix divine

À côté d’un long drapeau blanc.

 

Et puis, de siècle en siècle et d’années en années,

L’arbre antique vécut ― flux et reflux du sort ―

La légende sublime où notre destinée

A pris son incroyable essor.

 

Il vit tous nos héros ; il vit toutes nos gloires ;

Il vit nos fiers travaux et nos saints dévoûments ;

Il vit notre abandon, nos stériles victoires,

Avec leurs sombres dénoûments ;

 

Et, sur ses derniers jours, dans ses décrépitudes,

Comme une harpe où tremble un vieux lambeaux d’accord,

 

On croyait voir, au vent des vieilles solitudes,

Ses rameaux frissonner encor.

 

Et lorsque le géant quatre fois centenaire

Courba sa tête où tant de soleils avaient lui,

Ce fut triste ; on comprit que c’était toute une ère

Qui disparaissait avec lui.

 

O frêne ! ô grand témoin des choses envolées !

On a sacré, depuis, le sol où tu tombas ;

Et sur ta place vide, en bruyantes mêlées,

Des enfants prennent leurs ébats.

 

Oui, des enfants, des jeux, des rires, des fronts roses,

À l’endroit même d’où, colosse aux flancs rugueux,

 

Tu vis se dérouler, en tes ennuis moroses,

La noble histoire des aïeux !

 

Des cris de joie, après le vol des oriflammes,

Le clairon, les obus et le tambour battant !…

Si comme l’être humain les arbres ont des âmes,

Ô grand mort n’es-tu pas content ?

 

Pour moi, quand, de l’antique enclos des ursulines,

Pour la première fois, tout ému, j’entendis

Monter ces voix d’enfants, fraîches et cristallines

Comme un écho du paradis,

 

Soudain, sous les arceaux dépouillés du vieux frêne,

 

Longue chaîne héroïque évoquée à la fois,

Il me sembla revoir passer l’ombre sereine

Des saintes femmes d’autrefois !

 

De nos martyrs chrétiens immortelles rivales,

De dévoûments obscurs grands cœurs fanatisés,

Que la France d’alors jetait sans intervalles

Sur ces bords incivilisés !

 

Dames de haut parages ou filles des chaumières,

Qui laissaient tout, famille, amis, brillants partis,

Pour venir apporter les divines lumières

Aux petits d’entre les petits !

 

Et je rêvai longtemps ; car jamais, ô vieil arbre,

À nul fronton superbe, au seuil de nul tombeau,

 

Je n’ai rien vu, fouillé dans le bronze ou le marbre,

De plus touchant et de plus beau,

 

Que celle qui porta le nom de La Peltrie,

Sainte veuve, enseignant, sous tes ombrages frais,

Avec le nom de Dieu le grand mot de Patrie

Aux petits enfants des forêts

Marie de l’Incarnation enseignant sous le frêne des Ursulines

Marie de l’Incarnation enseignant sous le frêne des Ursulines

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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 22:02

 

 

Jean Vauquelin de la Fresnaye (1535-1607) poète français

 


Frêne hautain, forestier et champêtre...

 

Frêne hautain, forestier et champêtre

L'arbre premier de tant d'arbres divers,

L'arbre immortel au renom de mes vers,

L'arbre aux serpents toujours odieux maître ;

 

Le coudre rompt, mais tu te fais connaître

Propre à la guerre et jamais de travers

De toi tortu les monts ne sont couverts,

Ains haut et droit toujours as voulu naître ;

 

Je fais mes dards, pour tous mes arcs, de toi,

Les forestiers en font de même moi,

Et Panarèthe en fait les siens encore :

 

Phébus aussi en patronne ses traits,

Sa chaste soeur son carquois en décore,

Ainsi au bois as tous noms satisfaits.

Jean Vauquelin de la Fresnaye (1535-1607) - poète français - Frêne hautain, forestier et champêtre...
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7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 22:01

 


L'Edda de Snorri (1179-1241) ou plus simplement l'Edda, également connue sous les noms d’Edda en prose et de Jeune Edda, est un texte littéraire en vieil islandais rédigé à partir de 1220 par Snorri Sturluson. Si l’Edda se veut d’abord un manuel de poésie scandinave traditionnelle (la poésie scaldique), c’est aussi et surtout une présentation complète et organisée de la mythologie nordique, qui en fait l’un des chefs-d’œuvre de la littérature médiévale (et plus spécifiquement de la littérature norroise) et un classique de la littérature islandaise.


manuscrit regroupant un ensemble de poèmes, compilation que l’on doit à Snorri Sturluson (1179-1241). 


Ces textes résument les traditions nordiques qui, transmises oralement jusque là, menaçaient de s’égarer et de se perdre. L’Edda renvoie donc à des traditions bien antérieures au Moyen-Âge de Sturluson.

 

Yggdrasil, extrait :

 

..."Je connais neuf mondes, neuf domaines couverts par l’arbre du monde.

Cet arbre sagement édifié qui plonge jusqu’au sein de la terre…

 

Kormt et Orrnt et les deux Kerlaugar

Thor doit les passer à gué, chaque jour

Quand il s'en va juger près du frêne Yggdrasil.

Car Asbru brûle, tout entier enflammé,

Et bouillonnent les eaux sacrées.

 

D'origine fort diverse,

j'estime que sont les Nornes:

Elles ne possèdent pas le même lignage.

Certaines sont de la race des Ases,

Certaines sont de la race des Elfes,

Certaines sont filles de Dvalin.

 

Le frêne Yggdrasil subit des épreuves

Plus grandes que ne le savent les hommes.

D 'en haut un cerf le broute, sur le côté,

il pourrit, et d'en bas Nidhogg le ronge.

 

Il est dit également ceci : 

Plus de serpents se trouvent sous le frêne Yggdrasil

Que ne peut se l'imaginer un vieil insensé:

Goin et Moin - Ce sont les fils de Grafvitnir -,

Grabak et Grafvollud, Ofnir et Svafnir,

Je sais que toujours de l'arbre

Ils rongeront les rameaux. 

 

Je sais qu'il est un frêne appelé Yggdrasil,

Arbre altier, sacré, de blanche boue aspergé.

De là viennent les gouttes de rosée 

Qui tombent dans les vallées.

Toujours vert, il se dresse

Au-dessus de la source d'Urd. 
... 

 

 


Le Hávamál 
Ce poème du monde paysan qui préserve les mythes de l'Edda poétique et la dimension épique de l'aventure humaine est attribué au dieu de la poésie Odin.

Et c'est au prix d'un autre sacrifice que le dieu obtint le secret des runes : Blessé par sa propre lance Gungnir, Odin se pend à Yggdrasil, le frêne axial du monde, durant neuf nuits, sans boire ni manger.


C'est en tout cas ce que révèle le Rúnatal ("Dénombrement des runes"), un des poèmes qui compose le Hávamál (les "Dits du Trés-Haut") :

 

Il est dit, aux stances 138 et 139 du Havamal.
Ecritures que nous transmettent lesdits de Odin, le Très Haut


Yggdrasil, extrait 

 

Le secret des runes

 

"Je sais que je pendis

À l'arbre battu des vents Neuf nuit pleines,

Navré d'une lance

Et donné à Odin,

Moi-même à moi-même donné,

-À cet arbre

Dont nul ne sait


D'où proviennent les racines.

Point de pain ne me remirent

Ni de corne;

Je scrutai en dessous,

Je ramassai les runes,

Hurlant, les ramassai,

De là, retombai."

 L'Edda de Snorri (1179-1241) - texte littéraire islandais - Yggdrasil /Le frêne / Le secret des runes
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