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24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 23:48

 

 

Mythologie des arbres


L'Olivier 

 

 

L'olivier fait partie de la famille des oléacées (genre olea) 
latin Olea - anglais Olive-tree - allemand Olivenbaum - néerlandais
 Olijfboom     -italien Ulivo - espagnol Olivo.

Oléa signifie olivier ou olive ; il signifie aussi poétiquement : bâton d’olivier ou branche d’olivier.


"...Le murmure d'un verger d'oliviers a quelque chose 

de très intime, d’immensément vieux. C'est trop beau

pour que j'ose le peindre ou puisse le concevoir..."

Vincent van Gogh (1853-1890) peintre et dessinateur néerlandais.

 


L’olivier (Olea europaea L. subsp. europaea var. europaea) est un arbre fruitier au tronc irrégulier et noueux,  très rameux, au bois dur et dense, à l'écorce brune crevassée, il peut atteindre 15 à 20 mètres de hauteur. On lui prête une longévité atteignant plusieurs millénaires. On dit qu'il est immortel.

Cependant, sous l'action d'animaux de pâture, ou dans des zones extrêmement ventées, ou exposées aux embruns, il conserve une forme buissonnante, de défense, et maintient la forme d'une boule compacte et impénétrable, lui donnant l'aspect d'un buisson épineux. 


Dans la plupart des modes de culture, la variété est domestiquée depuis plusieurs millénaires et cultivée principalement dans les régions de climat méditerranéen.  Ils sont maintenus à une hauteur de trois à sept mètres afin de faciliter leur entretien et la récolte des fruits.

 

L'olivier ne produit naturellement qu'une année sur deux en l'absence de taille, et la production s'installe lentement, progressivement, mais durablement : entre 1 et 7 ans, c'est la période d'installation improductive, dont la durée peut doubler en cas de sécheresse ; jusqu'à 35 ans, l'arbre se développe et connaît une augmentation progressive de la production ; entre 35 ans et 150 ans, l'olivier atteint sa pleine maturité et sa production optimale. Au-delà de 150 ans, il vieillit et ses rendements deviennent aléatoires.


 

 


Le feuillage est persistant, vert foncé, luisantes en dessus, blanchâtres en dessous,  d'un vert clair argenté avec une nervure médiane saillante sur la face inférieure. Les feuilles sont opposées, ovales allongées, portées par un court pétiole, coriaces, entières, enroulées sur les bords. 


Elles vivent en moyenne trois ans puis jaunissent et tombent, principalement en été. En cas de sécheresse, les feuilles sont capables de perdre jusqu'à 60 % de leur eau, de réduire fortement la photosynthèse et de fermer les stomates permettant les échanges gazeux pour réduire les pertes en eau par évapotranspiration, permettant ainsi la survie de l'arbre au détriment de la production fructi-florale.


C'est grâce à sa feuille que l'olivier peut survivre en milieu aride. Quand il pleut, les cellules foliaires s'allongent pour emmagasiner l'eau. Et, en cas de sécheresse, les feuilles se rétractent et bloquent l'activité de photosynthèse au détriment des fruits.


 

 

Les fleurs sont blanches avec un calice, deux étamines, une corolle à quatre pétales ovales, et un ovaire de forme arrondie qui porte un style assez épais et terminé par un stigmate. Cet ovaire contient deux ovules (un seul se développera). Les fleurs sont regroupées en petites grappes de dix à vingt, poussant à l'aisselle des feuilles au début du printemps sur les rameaux âgés de deux ans.


La plupart des oliviers sont auto-fertiles, c'est-à-dire que leur propre pollen peut féconder leurs propres ovaires. La fécondation se fait principalement par l'action du vent et la période de fertilité ne dure qu'une petite semaine par année. S'il ne pleut pas trop durant cette période, 5 à 10 % des fleurs produiront des fruits pour une bonne production.

 

 

Le fruit de l'olivier :

il s'agit d'une drupe, à peau lisse, à mésocarpe charnu riche en matière grasse, renfermant un noyau ligneux, qui contient une graine. Sa forme ovoïde est typique. Sa couleur, d'abord verte, vire au noir à maturité complète chez la plupart des variétés. La maturité est atteinte entre octobre et décembre dans l'hémisphère nord.

 

 

Les olives  deviennent comestibles après préparation. Pour dispenser leurs fruits, les arbres cultivés réclament des soins constants.

 

 

L'olivier méditerranéen,

Olea europaea L. subsp. europaea (Bassin Méditerranéen), est encore subdivisé en deux variétés,

. subsp. europaea var. europaea pour l'olivier domestique,

et

. subsp. europaea var. sylvestris (Mill.) Lehr pour l'oléastre, ou olivier sauvage. 
Cette subdivision est cependant discutable, divers travaux ont pu montrer l'absence de frontière entre les populations sauvages et les formes cultivées, aussi bien sur le plan génotypique que phénotypique. Cependant, des travaux récents, publiés fin 2012, ont abouti à mettre en évidence, clairement, la différence entre l'Oléastre et l'Olivier cultivé. 

Les travaux ont porté sur l'analyse anatomique fine comparée de charbons de bois archéologiques et de bois d'olivier cultivé carbonisés. La filiation de l'Olivier cultivé (Olea europaea europaea europaea) est claire : il descend de l'Oléastre (Olea europaea europaea silvestris).

1897 Franz Eugen Köhler, Medizinal-Pflanzen de Köhler

 

 

Il existe cinq autres sous-espèces d’Olea europaea :

. Olea europaea subsp. cerasiformis (Madère ; sous-espèce tetraploïde),

. Olea europaea subsp. cuspidata (Afrique du Sud jusqu'au Sud de l'Égypte, et du Sud de l'Arabie jusqu'en Chine),

. Olea europaea subsp. guanchica (îles Canaries),

. Olea europaea subsp. laperrinei (Massifs montagneux du Sahara : Hoggar (Algérie), Aïr (Niger), et Jebel Marra (Soudan)),

. Olea europaea subsp. maroccana (Haut Atlas (Maroc) ; sous-espèce hexaploïde).
 

 

Les plus vieux oliviers dans le monde

 

 

. Agés de 4000 ans pour certains et jusqu'à 6000 ans pour d'autres, les 16 oliviers de Bchaalé figurent parmi les rares arbres les plus vieux au monde.
Miraculeusement préservés et nichés à 1300m d'altitude, aux confins de la région de Batroun (Liban-nord), à 83 kms de Beyrouth, ils sont signalés par un panneau officiel du Ministère du Tourisme libanais. Leur datation officielle remonte à 1999 mais reste approximative.

"Sur le soir, la colombe revint vers Noé, et voilà qu'elle avait au bec un rameau frais d'olivier. Noé sut alors que le niveau des eaux avaient baissé." (Genèse, 8.11). La légende qui entoure les oliviers de Bchaalé veut qu'ils soient ceux de la Bible.

 Plantés à intervalles réguliers, attestant du geste de l'homme depuis des temps immémoriaux, ces oliviers séculiers de type Olea europaneae seraient les plus anciens mais également les plus hauts du monde. Une position exceptionnelle leur ayant permis d'affronter les pires déluges.

 


. Olivier d'Açores, Grèce
L'ancien Olivier des Açores, juste à l'extérieur de Kavousi, est un joyau de + 3,250 ans. ! Le diamètre maximum du tronc à la base est de 7,1 mètres et la circonférence est de 22,1 mètres. La Couronne de l'arbre a un diamètre maximum de 8,5 mètres et une circonférence de 34,5 mètres.

 

 


. L’olivier de Voúves  est un olivier dans le village d’Áno Voúves dans la municipalité de Kolymvári dans la région de La Canée, Crète en Grèce. Probablement l'un des plus vieux oliviers du monde, il produit encore des olives aujourd'hui.
L'âge exact de l'arbre ne peut pas être déterminé. L'utilisation de radioisotopes n'est pas possible, car son bois de cœur a été perdu au cours des siècles tandis que l'analyse des cernes de l'arbre par des scientifiques de l'Université de Crète ont estimé qu'il avait 4 000 ans.

 

. Al-bak-boom, Israël
L'arbre d'Al-bak dans le village d'Al-Walaja (district de Bethléem, Israël) est estimé à 4000 ans. Le tronc a une circonférence de 25 mètres. C'est incroyable. Dans les villes de Deir Hanna et Arraba vous trouverez également des oliviers de 3 000 ans. Tous les arbres produisent encore des olives.

 

 

. Un olivier situé à Santu Baltolu di Carana dans l'île italienne de Sardaigne, et nommé avec respect "s'ozzastru" ("l'oléastre" en langue sarde, Olea europaea L. var. sylvestris) par les habitants de la région, est réputé être vieux d'au moins trois millénaires selon différentes études.

 

. Il existe au Sud-Liban un arbre vieux de 2 700 ans dans le village de Chaqra dénommé l'arbre des Perses. 

 

. L'âge d'un olivier crétois a pu être estimé à plus de 2 000 ans. 

 

. Plusieurs oliviers du Jardin de Gethsémani à Jérusalem, dont le nom provient des mots hébreux gat shemanim signifiant "pressoir à huile", sont réputés dater de l'époque de Jésus. 

 

. À Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes), un vénérable olivier millénaire âgé de plus de 2 000 ans affiche un impressionnant vingt mètres de tour de tronc avec de multiples rejets. 


 

. Sur l'île de Brijuni (Brioni), dans la province d'Istrie en Croatie, un olivier donne toujours régulièrement des fruits malgré son âge d'environ 1 600 ans. 

 

. Pline l'Ancien parla d'un olivier sacré en Grèce dont l'âge était de plus de 1 600 ans.

 

 

 

 

 

Le premier pays oléicole mondial est l'Espagne. On ne sait pas précisément à quand y remonte la culture de l’olivier, mais on admet généralement qu’elle y fut introduite par les Phéniciens lors de leur colonisation de la Méditerranée occidentale il y a environ 3 000 ans, et qu’elle fut ensuite développée par les Romains.

Les Espagnols ont introduit l'olivier dans leurs anciennes colonies des Amériques et certains pays ont une production plus ou moins importante, comme l'Argentine, le Mexique, le Pérou , le Chili et les États-Unis (Californie). L'oléiculture commence à se développer aussi en Australie et en Afrique du Sud. Ces régions possèdent en effet un climat méditerranéen sur leurs façades maritimes méridionales.

C’est grâce aux grecs que les oliviers sont arrivés en Sicile, puis dans les environs de Marseille. Ce sont les Gaulois qui ont commencé à cultiver les oliveraies par les techniques du bouturage et par un système de champs en terrasses.


 

 

 

Mythologie grecque

 


Dans la mythologie grecque, Cécrops est le fondateur mythique d'Athènes, premier roi légendaire d'Attique. Sous son règne, eut lieu la dispute d'Athéna et de Poséidon sur l'Aréopage, la possession de l'attique. Ils le choisirent comme arbitre.


Poséidon frappa l'acropole d'Athènes de son trident, en fit jaillir une source d'eau salée et offrit à Cécrops un magnifique étalon noir capable de faire gagner toutes les batailles. 


Athéna riposta et gratta sa lance et fit naître de la terre brûlée par le soleil, près du lac salé, un arbre immortel permettant de nourrir et de soigner les hommes : l’olivier. 


Cécrops jugea le présent de la déesse bien plus utile pour son peuple, et c'est elle qui devint la protectrice d'Athènes. 


L'olivier que la déesse Athéna fit sortir de terre, est le symbole d'Athènes et représente la force et la victoire, la sagesse et la fidélité, la fécondité, la force,  l'immortalité et l'espérance, la richesse et l'abondance. 


Les Oliviers, Arbres sacrés, appelés dans ce cas "Moria" (donnés en partage par les dieux ou le destin), furent conjointement protégés par Zeus et Athéna.


 


 

Mythologie romaine

 


Consacré à la Déesse grecque Athéna, l'Olivier l'était également au Dieu romain Jupiter. Neptune et Minerve, se disputant la possession de l'Attique se présentent devant l'assemblée des Dieux. 


Ces derniers décident de confier la région à celui qui offrira le don le plus précieux. 


Neptune, le dieu de la mer frappa un rocher avec son trident et fit jaillir une source pendant que la déesse fit naître un Olivier. 


Minerve remporta la victoire et cet arbre lui fut consacré.

 

Ovide - Les Métamorphoses
La tapisserie de Minerve (6, 70-102)

Minerve représente au centre de son ouvrage la contestation célèbre qui opposa, à propos de la dénomination d'Athènes, la déesse Pallas (Athéna-Minerve) à Neptune. Minerve met en scène un tribunal de douze dieux entourant un Jupiter majestueux, qui préside le procès : d'un côté, Neptune fait jaillir avec son trident de l'eau du rocher de Cécrops ; de l'autre, Minerve se représente tout armée et faisant sortir de terre un plant d'olivier, tandis qu'une Victoire ponctue la scène. (6, 70-82)

 

"Pallas représente le rocher de Mars sur la citadelle de Cécrops,

et le vieux litige qui présida à la dénomination du lieu.

Deux groupes de six dieux autour de Jupiter, sur de hauts sièges,

sont assis, pleins d'une auguste gravité ; chaque dieu est identifiable

à son apparence : la représentation de Jupiter est celle d'un roi.

Pallas montre le dieu de la mer debout, frappant de son long trident

les durs rochers et faisant jaillir, du milieu de l'entaille dans la pierre,

de l'eau de mer : c'est son titre à revendiquer son droit sur la ville.

Quant à elle, elle se donne un bouclier et une pique à la pointe acérée,

elle se couvre la tête d'un casque et se protège la poitrine de l'égide ;

elle représente la terre frappée de la pointe de sa lance

et produisant un plant du pâle olivier, avec ses baies.

 

Les dieux sont admiratifs, et une Victoire complète la scène.

Toutefois, pour que la rivale qui lui dispute sa gloire comprenne

par des exemples quel prix espérer de son audace insensée,

la déesse ajoute, en quatre endroits, quatre scènes de compétitions,

brillantes par leurs coloris, mais distinctes par des personnages réduits.

Dans un angle figurent Rhodope de Thrace et Hémus,

aujourd'hui montagnes glacées, autrefois êtres mortels,

qui s'étaient attribué les noms des dieux les plus grands.

Un second angle traite du misérable destin de la mère Pygmée :

Junon, après l'avoir vaincue lors d'une compétition, ordonna

qu'elle devienne une grue et fasse la guerre à son propre peuple.

Pallas représenta aussi Antigoné qui avait osé rivaliser jadis

avec l'épouse du grand Jupiter, et que la reine Junon

 transforma en oiseau ; ni Ilion ni son père

Laomédon ne l'empêchèrent, devenue une blanche cigogne

couverte de plumes, de s'applaudir elle-même, en claquant du bec.

Le seul angle restant est consacré à Cinyras, privé de ses enfants :

étendu sur la pierre, en train d'embrasser les degrés d'un temple,

constitués des membres de ses filles,  il semble pleurer.

Pallas borde l'ensemble de rameaux d'olivier, symbole de paix ;

elle s'en tient là et termine son oeuvre par l'arbre qui lui est consacré.
 

Dispute de Minerve et de Neptune au sujet d'Athènes d'après Noël Halle


 

 


Mythologie gréco-romaine

 

Homère poète grec - 3000 ans av. J. C.

 

l'Iliade (la guerre de Troie)

 

Héraclès (Hercule en latin) fils de Zeus et d'une mortelle : Alcmène, princesse de Mycènes et descendante de Persée (fils de Zeus), demi-dieu est presque toujours représenté avec son principal attribut : la massue.

Cette arme est une pièce de bois étroite à l’extrémité qui sert de poignée et lourde et évasée à l’autre extrémité, pour frapper. Elle est assez souvent représentée plus ou moins hérissée de noeuds et du départ des branches coupées.

Hercule aurait confectionné sa massue, son arme la plus puissante, taillée dans une grosse branche d’olivier sauvage, dont le bois est lourd et serré.


C'est au cours du premier d'entre eux, la chasse du lion de Némée, qu'il acquiert ses principaux attributs : la massue taillée dans le tronc d'un olivier sauvage et la léonté, la peau de lion.

L’olivier, symbole de puissance et de force. 

Relief Heracles cour Carree Louvre

 

 

Selon Homère poète grec, 

 

l'Odyssée, (Ulysse) 

 

le pieu avec lequel Ulysse crève l'œil du cyclope Polyphème est taillé dans un olivier, symbole de sagesse et de force. 

Confronté au Cyclope lors de son retour vers Ithaque, Ulysse se saisit d’un pieu de bois d’olivier pour crever l'oeil de son redoutable ennemi.

Ulysse aveugle Polyphème, vers 1551, Pellegrino Tibaldi, Bologne, Palazzo Poggi

 

 

Selon Homère poète grec,

 l'Odyssée (Pénélope)

l’olivier, est le symbole de patience et de fidélité. Dans sa longue attente du retour de son époux, Pénélope ne permettra à aucun de ses nombreux prétendants de partager son lit nuptial, taillé dans l’olivier. 

Avec ses ruses, et le drap funéraire de Laërte, son chef-d’œuvre d’artisan, permettent à Pénélope de reculer, jour après jour, l’échéance consentie de mariage avec l’un d’entre eux lorsque le tissage du suaire de Laërte, père d’Ulysse, sera terminé. Tissant la journée, défaisant la nuit… elle parvient à accomplir sa promesse de fidélité.


Mais Pénélope dort dans les moments les plus graves de sa vie ; et elle rêve. Elle vit enveloppée dans l’ombre, dans la douceur, dans le mœlleux, la quiétude et l’incertitude de l’inconscient.

Robert Smirke peintre - Jean-Marie Delattre graveur - Athéna apparaît en songe à Pénélope

 

 

 

 Odyssée, chant V, traduction Victor Bérard


..."Tout compté, le meilleur était d'aller au bois qui dominait le fleuve. Au sommet de la crête, il alla se glisser sous la double cépée d'un olivier greffé et d'un olivier franc qui, nés du même tronc, ne laissaient pénétrer ni les vents les plus forts ni les brumes humides ; jamais la pluie ne les perçait, de part en part, tant leurs branches serrées les mêlaient l'un à l'autre"...

 

 

Homère l'Odyssée, 

livre XXIII, l'avant-dernier de l'Odyssée. traduction Victor Bérard

Malgré les dires d'Euryclée, Pénélope ne veut pas encore croire que c'est bien Ulysse, son époux, qui est revenu après 20 ans d'absence. Elle le teste alors en évoquant leur lit. Ulysse passe brillamment l'épreuve en décrivant avec force détails le lit conjugal, qu'il a fabriqué autrefois de ses mains (car Ulysse est également un peu bricoleur). Pénélope, convaincue de l'identité d'Ulysse, tombe alors dans ses bras. 

La plus sage des femmes, Pénélope, reprit :

Pénélope. — Non ! malheureux ! je n'ai ni mépris ni dédain ; je reprends tout mon calme et reconnais en toi celui qui, loin d'Ithaque, partit un jour sur son navire aux longues rames... Obéis, Euryclée ! et va dans notre chambre aux solides murailles nous préparer le lit que ses mains avaient fait ; dresse les bois du cadre et mets-y le coucher, les feutres, les toisons, avec les draps moirés !

C'était là sa façon d'éprouver son époux. Mais Ulysse indigné méconnut le dessein de sa fidèle épouse :

Ulysse. — O femme, as-tu bien dit ce mot qui me torture ?... Qui donc a déplacé mon lit ? le plus habile n'aurait pas réussi sans le secours d'un dieu qui, rien qu'à le vouloir, l'aurait changé de place. Mais il n'est homme en vie, fût-il plein de jeunesse, qui l'eût roulé sans peine. La façon de ce lit, c'était mon grand secret ! C'est moi seul, qui l'avais fabriqué sans un aide. Au milieu de l'enceinte, un rejet d'olivier éployait son feuillage ; il était vigoureux et son gros fût avait l'épaisseur d'un pilier : je construisis, autour, en blocs appareillés, les murs de notre chambre ; je la couvris d'un toit et, quand je l'eus munie d'une porte aux panneaux de bois plein, sans fissure, c'est alors seulement que, de cet olivier coupant la frondaison, je donnai tous mes soins à équarrir le fût jusques à la racine, puis, l'ayant bien poli et dressé au cordeau, je le pris pour montant où cheviller le reste; à ce premier montant, j'appuyai tout le lit dont j'achevai le cadre ; quand je l'eus incrusté d'or, d'argent et d'ivoire, j'y tendis des courroies d'un cuir rouge éclatant... Voilà notre secret !... la preuve te suffît ?... Je voudrais donc savoir, femme, si notre lit est toujours en sa place ou si, pour le tirer ailleurs, on a coupé le tronc de l'olivier.

Il disait : Pénélope sentait se dérober ses genoux et son cœur ; elle avait reconnu les signes évidents que lui donnait Ulysse ; pleurant et s'élançant vers lui et lui jetant les bras autour du cou et le baisant au front, son Ulysse, elle dit :

Pénélope. — Ulysse, excuse-moi !... toujours je t'ai connu le plus sage des hommes ! Nous comblant de chagrins, les dieux n'ont pas voulu nous laisser l'un à l'autre à jouir du bel âge et parvenir ensemble au seuil de la vieillesse !... Mais aujourd'hui, pardonne et sois sans amertume si, du premier abord, je ne t'ai pas fêté ! Dans le fond de mon cœur, veillait toujours la crainte qu'un homme ne me vînt abuser par ses contes ; il est tant de méchants qui ne songent qu'aux ruses ! Ah ! la fille de Zeus, Hélène l'Argienne, n'eût pas donné son lit à l'homme de là-bas, si elle eût soupçonné que les fils d'Achaïe, comme d'autres Arès, s'en iraient la reprendre, la rendre à son foyer, au pays de ses pères ; mais un dieu la poussa vers cette œuvre de honte ! son cœur auparavant n'avait pas résolu cette faute maudite, qui fut, pour nous aussi, cause de tant de maux ! Mais tu m'as convaincue ! la preuve est sans réplique ! tel est bien notre lit ! en dehors de nous deux, il n'est à le connaître que la seule Aktoris, celle des chambrières, que, pour venir ici, mon père me donna. C'est elle qui gardait l'entrée de notre chambre aux épaisses murailles... Tu vois : mon cœur se rend, quelque cruel qu'il soit !

Mais Ulysse, à ces mots, pris d'un plus vif besoin de sangloter, pleurait.

Il tenait dans ses bras la femme de son cœur, sa fidèle compagne !

 

 

 

Homère - L'Odyssée XXIII - traduction de Leconte de Lisle (1867)


..."- Malheureuse ! Parmi toutes les autres femmes, les Dieux qui ont des demeures Olympiennes t'ont donné un coeur dur. Aucune autre femme ne resterait aussi longtemps loin d'un mari qui, après avoir tant souffert, revient, dans la vingtième année, sur la terre de la patrie. Allons, nourrice, étends mon lit, afin que je dorme, car, assurément, cette femme a un coeur de fer dans sa poitrine !

Et la prudente Pènélopéia lui répondit :

- Malheureux ! je ne te glorifie ni ne te méprise mais je ne te reconnais point encore, me souvenant trop de ce que tu étais quand tu partis d'Ithakè sur ta nef aux longs avirons. Va, Eurykléia, étends, hors de la chambre nuptiale, le lit compact qu'Odysseus a construit lui-même, et jette sur le lit dressé des tapis, des peaux et des couvertures splendides.

Elle parla ainsi, éprouvant son mari ; mais Odysseus, irrité, dit à sa femme douée de prudence :

- O femme ! quelle triste parole as-tu dite ? Qui donc a transporté mon lit ? Aucun homme vivant, même plein de jeunesse, n'a pu, à moins qu'un Dieu lui soit venu en aide, le transporter, et même le mouvoir aisément. Et le travail de ce lit est un signe certain, car je l'ai fait moi-même, sans aucun autre. Il y avait, dans l'enclos de la cour, un olivier au large feuillage, verdoyant et plus épais qu'une colonne. Tout autour, je bâtis ma chambre nuptiale avec de lourdes pierres ; je mis un toit par-dessus, et je la fermai de portes solides et compactes. Puis je coupai les rameaux feuillus et pendants de l'olivier, et je tranchai au-dessus des racines le tronc de l'olivier, et je le polis soigneusement avec l'airain, et m'aidant du cordeau. Et l'ayant troué avec une tarière, j'en fis la base du lit que je construisis au-dessus et que j'ornai d'or, d'argent et d'ivoire, et je tendis au fond la peau pourprée et splendide d'un boeuf. Je te donne ce signe certain ; mais je ne sais, ô femme, si mon lit est toujours au même endroit, ou si quelqu'un l'a transporté, après avoir tranché le tronc de l'olivier, au-dessus des racines"...

Francesco Primaticcio - Ulysse and Penelope


 

 

 

Dans la mythologie grecque,

Eiréné ou Irène est l'une des trois (ou cinq) Heures et incarne la Paix.
La branche d'olivier était l'un des attributs de la déesse grecque Eirènè ("Paix") et son équivalente romaine Pax


Hésiode  poète grec du VIII° siècle av. J.-C.

Eirene déesse de la paix - Jacques Dumont paix 1749 


 

 

 

L'origine de l'olivier,  issue d’une punition divine :

 

Ovide,(Publius Ovidius Naso 43 av. J.-C. - 17 ou 18 ap. J.-C.) poète latin qui vécut durant la période qui vit la naissance de l'Empire romain.

 

"...Le petit-fils d’Oenus avait achevé son récit, Vénulus quitte le royaume du Calydonien, le golfe des Peucétiens et les champs des Messapiens. Là il voit un antre, obscurci par un rideau d’arbres et tout frissonnant de roseaux légers ; Pan, le dieu à demi-bouc, l’habite aujourd’hui, mais il fut un temps où les nymphes l’habitèrent.


Certain pasteur d’Apulie leur inspira un effroi qui leur fit fuir ce pays, sous l’empire d’une peur soudaine ; bientôt, quand la raison leur revint, n’ayant plus que dédain pour l’homme qui les poursuivait, elles se mirent à danser, leurs pieds se mouvant en cadence.


Le pasteur se moque d’elles et, les imitant avec des sauts de paysan, il les accabla par surcroît de mots obscènes mêlés de grossières  invectives. Il ne ferma la bouche que lorsque son gosier disparut dans l’écorce ; car il est désormais un arbre, et le suc qui en découle est révélateur de son caractère :

c’est l’olivier sauvage, dont les baies amères figurent la verdeur de sa langue ; l’âpreté de ses propos a passé en elles..."

 

Le berger Apulas transformé en olivier - 1750 - Collin de Vermont, Hyacinthe - École de France

 

 

 

Légende de l'olivier


 

Le 1er septembre 672, aux funérailles du roi Réceswinthe,on remarque particulièrement Wamba, un noble d'un âge avancé qui versait des larmes sincères.


Le roi ne laissant aucun fils, les Goths décidèrent d'en élirent un nouveau, cherchant les meilleurs et les plus dignes. C'est dans la ville de Guimarães, au sud-ouest de Braga sur la Costa Verde du Portugal (le coin nord-ouest du pays) que venaient les électeurs - les grands nobles, les évêques et les généraux - et ici ils débattaient de qui devait être roi. . . .


Saint Léon, déclarant qu'il avait reçu une direction divine, a chargé les électeurs de rechercher un cultivateur nommé Wamba. Les éclaireurs ont donc été dispersés dans tout le pays jusqu'à ce que, enfin, Wamba soit retrouvé en train de labourer l'un de ses champs. 


"Laissez votre charrue dans le sillon", lui disaient-ils; 
un travail plus noble vous attend. Vous avez été élu roi d'Hispanie." 

"Il n'y a pas de travail plus noble", répondit Wamba. 
Cherchez ailleurs votre monarque. Je préfère régner sur mes champs."


Les hérauts étonnés ne savaient que penser de cela. Pour eux, l'homme qui ne veut pas être roi doit être un saint - ou un idiot. Ils raisonnaient, suppliaient, imploraient, jusqu'à ce que Wamba, soucieux de s'en débarrasser, dise :


"J'accepterai la couronne quand la verge sèche dans ma main redeviendra verte - et pas avant".

 

Après l'avoir enfoncée dans le sol, tous furent étonnés de la voir soudainement devenir une plante verte avec des feuilles poussant sur le dessus. Le ciel avait tranché la question. Alors Wamba "est allé avec les hérauts au congrès électoral".


Une fois sur place, cependant, il essaya à nouveau de refuser le trône. À cela, l'un des chefs wisigoths tira son épée et menaça de décapiter Wamba s'il n'acceptait pas la couronne. Wamba a cédé et a consenti.


Wamba n'a jamais retiré le bâton  et par la suite, on dit qu'il est devenu un olivier.


Bien que l'arbre ait maintenant disparu, le site est marqué soit par le monastère de Nossa Senhora da Oliveira (Notre-Dame de l'olivier), soit par la place de la ville Largo da Oliveira, chacun nommé d'après l'arbre légendaire.

 
Nossa-Senhora da Oliveira (Notre-Dame de l’Olivier), à Guimaraens. — Dessin de Catenacci d’après une photographie de M. Seabra.

 

 

 

L'olivier dans la religion

 

 


Chez les Hébreux elle donnait puissance et autorité aux grands prêtres, aux juges et aux rois.

Baptêmes, sacres des rois, ordination des prêtres, extrême onction des mourants….toujours avec l’huile d’olive. 

 

L'olivier  s’appuie sur une sacralité et une relation entre le divin et le profane. L’olivier et l’huile de ses fruits sont perçus comme des vecteurs de transcendance, des éléments intercesseurs entre Dieu et les hommes. 


Dans le judaïsme et le christianisme, l'huile d'olive est utilisée pour les onctions sacramentelles et l’olivier symbolise la paix, la réconciliation, la bénédiction et le sacrifice ; l'huile utilisée durant les rites du judaïsme doit avoir obligatoirement été pressée à la main. 

 

Les civilisations de la Méditerranée avaient fait de l’huile, tirée de la drupe c’est-à-dire du fruit de l’olivier, une substance sacrée. Le saint chrême est un mélange d’huile d’olive pure, de baume et d’épices, décrit ainsi dans la Bible : 


..."Yahvé parla à Moïse et lui dit: procure toi des parfums de choix, la myrrhe vierge (résine odorante tirée d’un arbre d’Arabie), la cinnamone odoriférante et le roseau odoriférant…, la casse… et l’huile d’olive…, ce sera un saint chrême". Dans la religion chrétienne, le saint chrême sert à l’administration des saints sacrements. D’ailleurs, le Messie est nommé Maschiach Oint, en hébreu"... 


Cette huile sert à l’onction des rois mais aussi des malades, sur les petites urnes en argent contenant l’huile du sacrement on peut lire "O.I.", olea infirmatur, ou huile des malades.

 

 

La Bible

 

Genèse VIII, 6-12

..."Puis il lâcha d’auprès de lui la colombe, pour voir si les eaux avaient diminué de la surface du sol. La colombe ne trouva pas d’endroit où reposer la plante de son pied et elle revint vers lui dans l’arche, car les eaux étaient sur la surface de toute la terre. Il étendit sa main, la prit et la ramena vers lui dans l’arche.

II attendit encore sept autres jours et recommença à lâcher la colombe hors de l’arche. La colombe vint à lui, au temps du soir, et voici qu’en sa bouche il y avait une feuille d’olivier toute fraîche. Alors Noé sut que les eaux avaient diminué de dessus la terre. II attendit encore sept autres jours et lâcha la colombe, mais elle ne revint plus vers lui"...

 

 

 

Genèse chapitre 28-18

Jacob enduisit d’huile d’olive la pierre de Bethel après sa vision de l’échelle céleste
" Jacob se leva de bon matin, il prit la pierre qu’il avait mise sous sa tête, il la dressa pour en faire une stèle, et sur le sommet il versa de l’huile".


Le rêve de Jacob et l’onction de la pierre de Béthel- Bibliothèque nationale de France, ms. Lat. 10525, f. 13v).


 

 

Jérémie chapitre 11 verset 16

..."Olivier verdoyant, remarquable par la beauté de son fruit, Tel est le nom que t'avait donné l'Eternel; Au bruit d'un grand fracas, il l'embrase par le feu, Et ses rameaux sont brisés.

L'Eternel des armées, qui t'a planté, Appelle sur toi le malheur, A cause de la méchanceté de la maison d'Israël et de la maison de Juda, Qui ont agi pour m'irriter, en offrant de l'encens à Baal"...

 

 

Jérémie - Romains 11:17-24

Mais si quelques-unes des branches ont été retranchées, et si toi, qui étais un olivier sauvage, tu as été enté à leur place, et rendu participant de la racine et de la graisse de l'olivier,

 

Jérémie - Apocalypse 11:4

Ce sont les deux oliviers et les deux chandeliers qui se tiennent devant le Seigneur de la terre.

 

Jérémie Psaume 52:8

..."Et moi, je suis dans la maison de Dieu comme un olivier verdoyant, Je me confie dans la bonté de Dieu, éternellement et à jamais"...

 

Deutéronome 28:40

Tu auras des oliviers dans toute l'étendue de ton pays; et tu ne t'oindras pas d'huile, car tes olives tomberont.

 

Job 8:16
Dans toute sa vigueur, en plein soleil, Il étend ses rameaux sur son jardin,


 

Dans le nouveau Testament,


chapitre 11 de la lettre de Paul aux Romains 

L'image d'un olivier est utilisée pour illustrer les rapports entre l'Église et Israël. 


Le peuple de Dieu y est représenté comme un olivier dont certaines branches ont été coupées et où des branches d'un autre arbre ont été greffées, ces dernières symbolisant les non-juifs rattachés au peuple de Dieu par la foi en Jésus-Christ.

 

 

Osée chapitre 14 verset 16….

"il poussera des racines, ses rameaux s’étendront et il aura la magnificence de l’olivier"

 

Exode. 27, 20-21 ; Lévitique. 2, 1-17). 

Chez les hébreux, l'huile d'olives concassées, pure, est une image des dons et des grâces de l'Esprit, que tous les croyants reçoivent de Christ, l'Olivier parfait, sans Lequel notre lumière ne peut luire devant les hommes. 

Elle éclaire et purifie les lieux sacrés et constitue le combustible employé pour le grand chandelier à sept branches (menorah) et les luminaires présents dans le Tabernacle, puis le Temple de Jérusalem.

Brûlée dans des lampes, l’huile d’olive procure une clarté lumineuse avec une grande flamme et peu de fumée ; aussi fut-elle longtemps perçue comme le symbole de la présence divine (la shekhina dans la tradition juive). 

Les synagogues situées dans les pays méditerranéens ont perpétué cette pratique jusqu'à l'arrivé de l'ampoule électrique, avec une lampe constamment allumée (ner tamid en hébreu) et remplie régulièrement d’huile d’olive par des préposés aux luminaires. 

Les sacrificateurs devaient allumer ces lampes et s'en occuper. C'est le travail des serviteurs de Dieu, devant prêcher et répandre les Écritures, telles des lampes illuminant l'église, comme à l'époque était la tâche du tabernacle dans le désert. Dieu soit loué, cette Lumière n'est pas limitée au seul tabernacle et au peuple Juif, mais elle éclaire aussi les "gentils" jusqu'aux extrémités de la terre, pour leur salut !

Le chandelier juif à huit + une (neuf) branches porte les bougies qui sont allumées au cours des huit nuits successives pour célébrer la victoire de Mathatias contre le tyran Antiochus IV, gouverneur syrien de la Judée en l’an 168 av. J.-C. 

Chaque année, en décembre, les juifs remercient Dieu en allumant chaque jour une lampe d’un chandelier à huit + une branches :

la neuvième bougie appelée shamash permet d’allumer les autres, une par jour en partant de la droite vers la gauche, ce chandelier est placé devant une fenêtre. 

L'huile d'olives alimente les lampes du shabbat et des fêtes rituelles comme Hanoukka, la fête des Lumières. 

Quand les hébreux entrent dans le temple de Jérusalem détruit pour célébrer Dieu, il ne reste presque plus d’huile pour les lampes, miraculeusement l’huile est renouvelée les huit jours suivants. 

 

 

Dans le Coran, l'olivier est un arbre béni, symbole de l'homme universel, et l'huile d'olive est source de lumière divine pour guider les hommes et en raison de la pureté de son huile, l’axe du monde, et associé au figuier il est l’arbre sacré du paradis.

 

Sourate 24, 35.

l’huile d’olive est évoquée dans le Coran comme :

..."l’huile d’un arbre béni, un olivier qui n’est d’Orient, ni d’Occident"...

 

sourate XXII-35. 

Le Coran nous montre une huile d’olive

..."si limpide qu’elle éclairerait, même si nul feu ne la touchait"...


Allah oppose la lumière aux ténèbres de l’incrédulité :

..."Dieu est la lumière des cieux et de la terre ! Sa lumière est comparable à une niche où se trouve une lampe. La lampe est dans un verre ; le verre est semblable à une étoile brillante. Cette lampe est allumée à un arbre béni : l’olivier qui ne provient ni de l’Orient ni de l’Occident et dont l’huile est près d’éclairer sans que le feu la touche. Lumière sur lumière ! "... 

Selon certains ahadith (communication orale du prophète de l'islam Mahomet) rapportés par Sayyid Al-Ansari, Abdullah bin Umar et Abu Huraira dans les compilations de At-Tirmidhi et de Ibn Majah, Mahomet aurait dit : 

..."Consommez de l’huile d’olive et frottez-vous-en le visage, car elle provient d’un arbre béni."...


 

 

 

Mont des Oliviers

lieu est important pour les trois religions abrahamiques.


Le mont des Oliviers est une colline à l'est de Jérusalem ; il englobe en fait les deux collines situées immédiatement au nord de celle-ci. Le lieu est important pour les trois religions abrahamiques.

 


Christianisme

Le mont des Oliviers est un lieu récurrent de la prédication de Jésus rapportée par le Nouveau Testament. C'est en particulier le lieu de l'Ascension (cf. Ac 1,9-12).

Outre le cimetière, la colline est couverte de nombreux monuments chrétiens :

la basilique de Gethsémani, l'église Dominus flevit, chapelle latine en forme de larme et dont le retable consiste en une baie vitrée donnant sur un panorama sur l'esplanade du Temple et le dôme du Rocher ; autour de cette chapelle, d'autres églises, y compris une église orthodoxe aux clochers ornés de bulbes dans le plus pur style russe, construite in extremis par l'Empire russe avant la révolution de 1917, l'église Sainte-Marie-Madeleine ; le monastère orthodoxe de l'Ascension s'étend sur une surface de 5,4 hectares. Il est dominé par un campanile de 64 mètres de hauteur ; plus au nord, le Carmel du Pater, où la prière chrétienne du Notre Père est présentée en mosaïques le long d'un cloître, en diverses langues.

 Nicodi le christ au jardin des oliviers

 

 

Judaïsme


Selon la tradition juive, le Mashia'h (Messie), qui amènera la résurrection des morts, passera en premier lieu par le mont des Oliviers avant d'entrer dans Jérusalem (cf. Za 14, 4). Ce sont donc les personnes enterrées en ce lieu qui seront les premières ressuscitées.

Cette prophétie est notamment mentionnée par Flavius Josèphe (Antiquités juives, 20, 169), lorsqu'il évoque un Égyptien venu à Jérusalem et se prétendant prophète.


 

Islam

Des mosquées sont également présentes, entre autres sur le lieu où les chrétiens vénèrent la mémoire de l'Ascension de Jésus, avec l'église de l'Ascension

Mosquee El Aqsa (Dome du rocher) Palestine - Mohamed Aib - 2018

 




10000 av. J.C.

 


L'expansion de l'olivier est liée au climat méditerranéen, apparu progressivement depuis environ 10 000 ans avant notre ère, s'installant d'abord en Méditerranée orientale, pour s'étendre ensuite, durant plusieurs millénaires, à l'ouest et au nord du bassin méditerranéen. 


Les fossiles et  les pollens nous montrent un olivier sauvage épineux aux petits fruits peu riches en huile. 


Des études biologiques réalisées par Gabriel Camps en 1970 montrent que l'olivier sauvage existait au Sahara environ 11 000 ans avant notre ère.


Les dernières analyses des pollens de différents arbres à feuillages caducs et dominants semblent montrer que ce changement climatique s'est développé environ 8 000 ans avant notre ère, au sud-est de l'Espagne, remontant lentement vers le nord.


 


 

4000 av. J.C. - 3200 av. J.C.

 


Selon les archéologues, la domestication de l'olivier aurait eu lieu environ entre 3800 et 3200 av. J.-C., soit il y a six millénaires. 


Des études archéo-biologiques et l'étude génétique des populations d'oléastres et des variétés d'oliviers montrent que la domestication s'est produite indépendamment dans plusieurs régions du bassin méditerranéen, et s'est très probablement réalisée sur une longue période.


Des recherches archéologiques montrent que l'on extrayait déjà l'huile dès le IVe millénaire av. J.-C. au Liban et à Chypre, ainsi qu'en Crète vers 3500 avant notre ère. 

 

L’olivier le plus vieux du monde, 3 000 ans environ, se trouverait dans le village de Voúves dans l’ouest de la Crète
 

 


 

3000 av. J.‑C. 

 

 

Les jeunes mariées portaient des couronnes d'olivier qui étaient aussi portées par les vainqueurs des Jeux olympiques antiques.

 

L’olivier, symbole de victoire. Les athlètes victorieux des jeux olympiques d’Athènes recevaient  une couronne de  rameaux d’oliviers et des jarres d’huile d’olive. 


La couronne d’olivier des Jeux Olympiques modernes a été remplacée par une médaille. Cependant, les Jeux Olympiques d’été à Athènes l’ont réintroduite en 2004. Les 5 513 couronnes  accordées aux vainqueurs ont été offertes par un sponsor et réalisées à partir de branches venues de Crète.


 

 

 

2700 av. J.C. - 1700 av. J.-C., 

 

 

la technique s'améliora et les premiers "pressoirs à arbre" simples apparurent à Ougarit (actuellement Ras Shamra en Syrie). L'olivier a été importé en Égypte depuis la Syrie sous la IXe dynastie (-2160 à -2040).

Les Hittites s'en procuraient sur la côte de l'Asie Mineure, alors que les pharaons d'Égypte et les rois de Mésopotamie en achetaient en Syrie.

Dans les palais minoéens de Crète, l'huile était entreposée, en grande quantité, dans des vases appelés pithoi, et dans les palais mycéniens de la Grèce continentale, on a retrouvé de nombreuses jarres à huile et des tablettes écrites en linéaire B mentionnant l'idéogramme de l'huile (élaion). 


C'est à ce moment-là que la déesse Isis, reine mythique et femme d'Osiris est considérée comme la gardienne de la culture de l'olivier. Elle y enseigne notamment l'art de cultiver l'olive et d'en extraire l'huile, les bienfaits et les vertus de son huile utilisée pour leurs rituels de purification.. Ce commerce était très contrôlé, car l'huile était fortement liée au pouvoir économique et religieux.

Le culte d'Isis apparaît à la fin de l'Ancien Empire aux alentours du XXIV° siècle avant notre ère.


La Déesse-Arbre présente ses offrandes à Sennedjem et son épouse, tombe de Sennedjem

(TT 1), XIXe dynastie.

 

 

 

Puis vers 1700 av. J.-C., la technique s'améliora et les premiers "pressoirs à arbre" simples apparurent à Ougarit (actuellement Ras Shamra en Syrie). 

 

 

 

1353-1323 av.


"Akhenaton Serrant à la main une branche d'olivier"

Nouvel Empire, Période Amarnienne

Dans ce fragment, il ne reste que la main gauche magnifiquement sculptée d'Akhenaton, tenant une branche d'olivier lourdement chargée qui semble être caressée par les mains des rayons du soleil. Toute la scène aurait montré le roi debout directement sous le disque solaire, face à ce qui semble être l'olivier dont il a peut-être coupé la branche. Les branches supérieures de l'arbre sont à droite le long du bord inférieur du bloc. Le texte en haut à droite a été intentionnellement détruit, ne laissant que quelques traces des hiéroglyphes.

Ce relief est actuellement prêté à long terme au Ägyptisches Museum und Papyrussammlung de Berlin en échange de deux têtes en plâtre qui ont été excavées à Amarna. Ces têtes sont exposées dans la galerie Amarna du Musée (galerie 17, art égyptien).


 

 

 

V - 1200 av. J.C.


Après une récession due à la disparition de plusieurs États orientaux, l'expansion démographique de l'âge du fer en Méditerranée entraîna la création de nombreuses colonies par les Phéniciens en Afrique du Nord (Carthage) et au sud de l'Espagne, ainsi que par les Grecs en Asie Mineure, dans les îles de la mer Égée, en Sicile et dans le sud de l'Italie et de la France (Marseille, Corse). 

Ils y importèrent leur culture de l'olivier et développèrent son commerce.

 

Ramassage des olives tombées. Mosaïque de la Chebba. Tunisie (Musée National du Bardo).

Document présenté par JP. Brun au Collège de France• Crédits  Musée National du Bardo Collège de France


 

 

 

1186 av J.C. - 1154 av. J.C.

 


Ramsès III est le dernier grand souverain du Nouvel Empire. Pendant son règne, qui dure un peu plus de trente ans, le souverain ne cesse pas de lutter contre la corruption qui gangrène le pays ; il doit également repousser les peuples de la mer, des envahisseurs coalisés.


Ramsès III offrit une plantation d’oliviers au dieu Râ pour que les huiles puissent toujours "garder vivantes les lampes de son sanctuaire" . Les trois religions du Livre lui accordent également une grande place dans les textes et dans les rituels.


Les Egyptiens se servaient de l'huile d'olive lors des rites mortuaires et des couronnes ou des colliers confectionnés avec des feuilles d'olivier ont été retrouvés dans des tombes de pharaons.

colliers feuilles olivier - pharaon

 


 

VI° siècle av. J.C.

 

 

​Thalès de Milet, appelé communément Thalès (625-620 av. J.C.- 548-545 av. J.C.), le célèbre astronome et mathématicien, est devenu puissant en créant un monopole sur l'huile d'olive, en utilisant ce que nous appelons maintenant en économie les "contrats à terme" et les "options".

Sur la base de ses connaissances en astronomie, il pouvait prédire à quel moment les olives seraient abondantes au cours d'une année donnée et acheter l'accès à tous les pressoirs à olives pour ces périodes. Détenant le monopole, il louait les presses dégageant un profit énorme.

 


520 av. J.C.

amphore peinte par Antiménès 

Récolte d'olives


 

 

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Selon Pline l'Ancien, l'olivier était absent de l'Italie sous le règne de Tarquin l'Ancien (-616 à -579). 

 

Les Grecs appellent l’huile d’olive "l’or liquide". Les olives procurent un complément végétal alimentaire aux multiples bienfaits et l’huile une matière grasse essentielle dans l’Antiquité méditerranéenne.

Très rapidement, l’exportation d’huile apporte richesse. Commerce qui exporte aussi des hommes, leurs cultures, leurs savoir-faire : des comptoirs (et une colonisation) s’installent sur le pourtour méditerranéen, Crétois, Phéniciens, Grecs, puis Romains.

On parle de la civilisation de l’olivier. Les Phocéens plantèrent les premiers oliviers sur notre sol à Marseille vers 600 ans avant notre ère, avec un essor plutôt vers le IVème siècle avant notre ère.


Au VI° siècle av. J.-C. le magistrat et sage grec Solon promulgua des lois autorisant les Athéniens à faire le commerce de l'huile d'olive.

Solon 

 

 

 

V° siècle av. J.C. 

 

 


A partir du V° siècle av. J.C., aux Jeux Panhelléniques, il n’y a qu’un seul vainqueur et son prix consiste en une couronne de feuillage.

Sur chacun de ces sites, les couronnes sont fabriquées avec des feuillages différents :


- À Olympie, c’est une couronne d’olivier sauvage
 

 

Pindare (en 518 av. J.-C.- 438 av. J.-C.), poète lyrique grec.

Odes et fragments

Olympique III

Pour Théron d'Agrigente,

Vainqueur à la course des chevaux,pour les Théoxénies

 

Héraclès,

Le juge intègre des Hellènes, cet Étolien,

Qui posa au-dessus de ses prunelles,

Sur son front,

 

 

Strophe 1

Des Tyndarides hospitaliers, je désire la faveur,

Et celle d'Hélène finement bouclée,

Pour célébrer la glorieuse Agrigente : tel est mon vœu !

Au vainqueur olympique,

Théron, j'ai dressé l'hymne, à ses coursiers aussi,

À l'élan prodigieux ! Or la Muse était

À mes côtés, lorsque j'inventai une harmonie nouvelle,

Unissant la cadence dorienne à la voix,


 

Antistrophe 1

Splendeur des fêtes. Puisque se dressent

Sur la chevelure les couronnes,

Je me dois d'acquitter une dette sacrée :

La lyre subtile,

Le son des flûtes, et l'ordre des vers,

Au fils d'Onésidamos doivent se mêler, comme il sied ;

Et toi, Pise, déclare aussi, toi par qui,

Divinement, sont inspirées aux hommes les Odes,


 

Épode 1

Oui, parle de celui qui obéit aux premiers ordres d'Héraclès,

Le juge intègre des Hellènes, cet Étolien,

Qui posa au-dessus de ses prunelles,

Sur son front,

Le verdoyant feuillage d'olivier, que, jadis,

Des sources obscures

De l'Ister ramena le fils d'Amphitryon,

Cette mémoire des joutes olympiques,

 

 Strophe 2

Après avoir si bien convaincu les Hyperboréens,

Serviteurs d'Apollon, par l'éclat de sa parole.

Bienveillant, il désirait pour l'agréable

Bosquet de Zeus une plante ombrageante

Pour les hommes, afin de couronner leurs exploits.

Et déjà, alors que les autels au Père

Déjà étaient dédiés, et que le char doré

Du soir avait embrasé sa prunelle, la Lune,

 

Antistrophe 2

Les arbitres des joutes,

De même que les quinquennales,

Étaient par lui fondés sur les saintes falaises de l'Alphée ;

Mais les arbres charmants n'étaient guère abondants

Dans les vallées du Cronion, la terre de Pélops :

Tout était pauvre, et l'endroit lui apparut

Écrasé par les feux ardents du soleil.

Alors, son cœur le poussa à se rendre dans le pays

 

Épode 2

Istrien ; là, Léto, dresseuse de chevaux,

L'accueillit, lui qui revenait des régions d'Arcadie

Aux coteaux sinueux,

Jeté dans cette aventure

Par Eurysthée, contraint aussi par le Père céleste,

Afin de ramener la biche aux cornes d'or,

Que jadis Taigétê

Avait donnée à Orthosie, offrande sacrée.

 

 
Strophe 3

Dans sa poursuite, il découvrit une contrée

Épargnée par les souffles du Nord

Au froid mugissement ; devant ces arbres, il fut fasciné !

Un désir ardent le poussa

À les planter le long de l'espace douze fois borné de tours,

Où courent les chevaux. Et, aujourd'hui, à la fête,

Tout de mansuétude, il vient,

Accompagné des Jumeaux, enfants de la svelte Léda.

 

 
Antistrophe 3

Car il leur a ordonné, à son départ pour l'Olympe,

De régir ces jeux sublimes

Pour la vaillance des hommes et le maniement du char

Si vif. Et moi, je veux de tout mon cœur

Affirmer, qu'aux Euménides

Et à Théron, la gloire est échue, grâce aux cavaliers

De Tyndare, car aux plus opulents des hommes,

Ils furent hospitaliers, leur donnant des festins,

 

 
Épode 3

Ayant préservé une piété digne des Meilleurs.

Si le premier bien est l'eau, si

L'or est le plus pur,

Aujourd'hui, à l'apogée

De ses exploits, Théron vient d'atteindre

L'extrémité des Colonnes

D'Héraclès. Leur au-delà est aux sages interdit,

Comme aux impies. Mais je n'irai pas plus loin : sinon, je serai fou !
 

 

 

Pindare (en 518 av. J.-C.- 438 av. J.-C.), poète lyrique grec.
Pindare aux rameaux d'olivier

 


Sophocle (495 av. J.C. - 406 av. J.C.), est l'un des trois grands dramaturges grecs :


Oedipe à Colone - l'olivier
..." Il est un plant dont je ne sache pas q'un pareil ait surgi jamais, ni sur le sol d'Asie, ni sur celui de la grande dorienne de Pélops, un  plant  indomptable, qui renaît de lui-même un plant qui est l'effroi des armes ennemies, et qui croît en ces lieux mieux que partout ailleurs, l'olivier au feuillage brillant, le nourricier de nos enfants, l'arbre que personne, ni jeune, ni vieux, ne peut brutalement détruire ou saccager. Le regard vigilant de Zeus "Morios" ne le quitte pas, et pas davantage celui d'Athéna "Glaucôpis". ...   


Œdipe à Colone, paysage historique par François-Xavier Fabre, 1808.
Musée Fabre de Montpellier


 

 

500 av. J.C.


Satyres et ménades cueillant des olives, représentés sur un olpè attique à figures noires (Capoue, vers 500 av. J.-C.).

Musée du Louvre


 

 


Art étrusque 

Danseur et musiciens au milieu des oliviers

 

 

Tétradrachme, vers 450 av. J.-C. 

Pièce de monnaie athénienne antique


représentant la déesse Athéna avec ses emblèmes de la chouette et du rameau d'olivier.

 

 

 

 

IV° siècle av. J.C.

 


Alexandre le Grand conquit la Méditerranée orientale ainsi que l'Empire perse, et le commerce de l'huile d'olive se développa encore plus.

 

En 400 avant J.C., 

Dans les jardins de l’Académie, Platon (428 / 427 av. J.-C. - 348 / 347 av. J.-C.)  enseignait la philosophie à ses disciples à l’ombre d’un olivier.

 

 

 

II° - I° siècle av. J.C.

 


116 av. J.C. - 27 av. J.C.

Selon Varron, Cécrops demanda aux habitants et aux habitantes d'Athènes de choisir leur protecteur. Les hommes choisirent Poséidon tandis que les femmes choisirent Athéna, et, plus nombreuses d'une voix, firent pencher la balance en sa faveur.

 
(Marcus Terentius Varron 116 av.J.C.-27 av.J.C. ) écrivain, savant et magistrat romain de condition équestre, (Ses écrits, dont l'essentiel ne nous est pas parvenu, apportent quelques éclairages sur l'étymologie des mots latins et l'organisation des connaissances à Rome à la fin de la République).

 

 

 

Première moitié du IIe siècle av. J.-C.

Tétradrachme en argent d'Athènes, 

Chouette sur une amphore, entourée de rameaux d'olivier. 


 


 

I° siècle

 

 

 

Virgile (70 av. J.-C - 19 av. J.-C)  poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l'empereur Auguste.


Énéide - Livre XI


..."L'audacieux Pallas  interdit d'interrompre les rites sacrés

et, saisissant son javelot, il vole vers eux et, du haut d'un tertre

de loin, il dit : "Jeunes gens, quelle raison vous pousse

à explorer des routes inconnues ? Où allez-vous ? De quelle  race,

de quelle patrie êtes-vous? Apportez-vous la paix ou la guerre ?"

Alors du haut de sa pouppe, le vénérable Énée, de la main

tend  un rameau d'olivier en gage de paix, et dit :

"tu vois  des Troyens, et des armes ennemies des Latins ;

ils nous ont repoussés, nous des fugitifs, en une guerre insolente.

 

..."Alors le fils d'Anchise choisit dans ses rangs cent ambassadeurs

et leur ordonne de se rendre au palais vénérable du roi,

tous voilés des rameaux de Pallas, de lui offrir des présents

et de lui demander d'accorder la paix aux Troyens"...

 

Et déjà des ambassadeurs latins arrivaient de leur ville ;

voilés de rameaux d'olivier, ils demandaient une faveur :

qu'Énée leur rende les corps dispersés par les armes dans les plaines,

qu'il leur permette de les recouvrir d'un tertre de terre ;..."

 

 

 


Plutarque (vers 46  - vers 125) philosophe, biographe, moraliste et penseur majeur de la Rome antique.

..."Sans cesse, l'olivier remplace les feuilles qui tombent par de nouvelles ; il demeure comme la cité, éternellement vivant"... 

 

 

Face à la demande croissante d'huile pour l'alimentation, l'éclairage, les soins, ou les pratiques sportives et religieuses, on développa de nouvelles méthodes de production et on rédigea des manuels techniques,  :

Pline l’Ancien (23 apr. J.-C. - 79) écrivain et naturaliste romain du ier siècle, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).

Livre XVII

Il explique pourquoi l'olivier s'éternise

..."On fait pousser le rejeton qui mérite le plus d'être adopté, et de cette manière l'ancien arbre revit dans le niuveau. Toutes les fois qu'on en a besoin, on applique le procédé ; de façon que les mêmes plantations d'oliviers durent des siècles"...

 

 


 
Lucius Iunius Moderatus Columella dit Columelle agronome romain de la première moitié du I°  siècle,

Dans le Livre des Arbres,  treizième livre du De re rustica de Columelle, l’oliveraie occupe le dix-neuvième chapitre.

L’arbre fait aussi l’objet d’un développement propre dans le chapitre sur la greffe en compagnie du figuier.

Il écrit :

..."il convient de rappeler cet ancien proverbe : Qui laboure ses oliviers, les prie de donner du fruit; qui les fume, le demande; qui les taille, l'exige. Il suffit cependant de le faire tous les huit ans pour ne pas trop couper de branches à fruit. Il arrive quelquefois que les oliviers, quoiqu'ayant une belle apparence, ne produisent pas de fruits :il convient alors de les percer avec la tarière gauloise et d'enfoncer dans le trou une cheville verte d'olivier sauvage : ainsi, par cette sorte d'alliance qui le féconde, l'arbre devient plus fertile"... 

L'économie rurale de Columelle, Panckoucke, 1845 


 

 

 

Appien d'Alexandrie (95 - 161 ap.J.) historien grec de l'époque romaine
décrit l'utilisation par les ennemis de Scipion Émilien,  de branches d'olivier comme geste de paix dans la guerre de Numance et par Hasdrubal le Boétharque de Carthage. 


Mais dans le monde romain, c'est le plus souvent le laurier qui est utilisé, (cf.Tite-Live, Histoire Romaine, livres XXXIV, 55; XXXVI, 37, ect17...)
 

 

 

III° siècle

 

Pour les romains, il y avait un lien fort entre guerre et paix, et Mars, le dieu de la guerre, avait sous l'épiclèse Mars Pacifer, le rôle de celui qui apporte la paix, comme le montrent des pièces de l'Empire romain où il est représenté tenant un rameau d'olivier, cette ambivalence trouvant son origine dans la promotion par Auguste du culte de Mars Ultor (Mars vengeur des assassins de César), qui est en quelque sorte l'aspect noir de la "paix augustéenne".


Sur l'avers d'une pièce de monnaie apparaît l'empereur romain Émilien, alors qu'au revers le dieu romain Mars Pacifer porte une branche d'olivier et un bouclier.


Émilien  empereur romain de juin à septembre/octobre 253,

 

 

 

 

V° siècle

 

 

Palladius, (Rutilius Taurus Aemilianus Palladius, aussi connu comme Palladius Rutilius Taurus Aemilianus et communément appelé simplement Palladius - V° siècle de l’ère chrétienne, auteur d'un traité sur l'agriculture, l’un des Anciens les plus loquaces à ce propos. 

Un magnifique poème sur la greffe, dédié à son ami Pasiphilus, clôt l’Opus agriculturae. Il mériterait à lui seul une étude exhaustive en raison du foisonnement et de la luxuriance des greffes mises en scène : imaginaire et réalité s’y mêlent. Palladius y recommande de greffer l’oléastre sur l’olivier cultivé en ces termes, très emphatiques :


"Robora Palladii decorant silvestria rami

Nobilitat partus bacca superba feros.

Fecundat sterilis pingues oleaster olivas,

Et quae non novit munera ferre docet"

 

 

Les rameaux de l’arbre de Pallas embellissent les chênes des forêts, 

et la superbe olive ennoblit des fruits sauvageons. L’olivier sauvage, 

tout stérile qu’il est, féconde, celui dont nous recueillons les olives 

grasses,et lui apprend à porter des fruits qu’il ne sait produire.

 

 (trad. synthèse trad. M. Nisard, M. Cabaret-Dupaty et A. Durand).


 

 

 

VI° siècle

 


Saint Romanos le Mélode (?-v. 560), compositeur d’hymnes

Hymne de Noé, str. 11s (trad. SC 99, p.117s rev.)

 

"… Tel fut l’effet de la colère de Dieu, parce que les humains avaient persévéré dans leur endurcissement et ne s’étaient pas empressés de lui crier avec foi : "Sauve tous les hommes de la colère, par l’amour que tu nous gardes, rédempteur de l’univers"…


Ensuite le chœur des anges, voyant détruits les hommes charnels, s’écria : « Maintenant, que les justes possèdent toute l’étendue de la terre ! » Car le Créateur aime voir ceux qu’il a faits à son image (Gn 1,26) ; c’est pourquoi il met à part ses saints pour les sauver. Noé…lâche la colombe et elle revient vers le soir avec un rameau d’olivier dans le bec, qui annonçait symboliquement la miséricorde de Dieu. Alors Noé sort de l’arche, comme de sa tombe, selon l’ordre qu’il avait reçu…, non comme jadis Adam, qui avait mangé d’un arbre qui donne la mort, car Noé avait produit un fruit de pénitence en disant : « Sauve tous les hommes de la colère, par l’amour que tu nous gardes, rédempteur de l’univers"...


 

 

 

IX° siècle au XI° siècle

 


La chute de l'Empire romain, l'extension du christianisme, puis des civilisations islamiques entraînèrent un changement des modes de consommation, des zones de production et des circuits commerciaux. 

Génois et Vénitiens profitèrent des croisades pour développer un commerce actif et très fructueux avec l'Orient et donner une impulsion à l'oléiculture pour répondre aux nouveaux besoins créés par la fabrication du savon (apparu au IX° siècle) et l'apprêtage du textile.

 


 


 

X° siècle 

 

Aux abords du pont du Gard, on trouve trois oliviers millénaires, dont l'un a été planté en l'an 938, en Espagne, puis ramené et transplanté près du pont du Gard en 1988. En 2007, il continuait à donner des fruits. Les deux autres oliviers en sont à peu près contemporains.


 

 

 

XIV° siècle

 

 

1303 - 1306


Giotto di Bondone ou Ambrogiotto di Bondone, dit Giotto,(1266/1267-1337)  peintre, sculpteur et architecte florentin du Trecento

Entrée à Jérusalem
Les disciples de Jésus agitent des rameaux en signe de paix.


 

 

Simone Martini  (1284–1344) peintre

Peinture triptyque

Gabriel tient dans sa main un rameau d'olivier, symbole traditionnel de paix, tout en montrant la colombe du Saint-Esprit avec l'autre.

Vierge Marie - Ansanus et Jérémie


 

 

XIV° siècle

Huile d'olive (Oleum Oliue)

Du Tacuinum de Paris

Description
Nature : chaud et humide. Optimal : le bon mois. Utilisation : Il fait grossir et est facilement digestible. Dangers : Il affaiblit le mécanisme de la digestion.
Neutralisation des dangers : Mélanger avec des comestibles.

Le Tacuinum sanitatis (également appelé Taccuinum sanitatis) est un manuel médiéval sur la santé, basé sur le Taqwīm al-Ṣiḥḥa تقويم الصحة (Tableaux de santé), un traité médical arabe écrit par Ibn Butlân vers 1050. La deuxième série, entamée à la fin du XIV° siècle est constituée de versions simplifiées du texte, augmentées de nombreuses illustrations, une pour chaque sujet traité.


 

 

Tacuinum Sanitatis, XVe siècle

La cueillette des olives

Paris, BnF, Département des manuscrits, Latin 9333 fol. 13v


 

 

 

Pierre de Crescent est considéré  comme  un des premiers agronomes médiévaux. 

Le Liber ruralium commodorum, le Livre des profits champêtres, a été rédigé au début du XIV° siècle mais il repose sur l’expérience accumulée de son auteur durant le dernier tiers du XIII° siècle.


L’unique chapitre consacré à l’olivier sur les douze livres que compte l’ouvrage se situe au Livre V. Il renferme deux passages qui intéressent directement la problématique développée ici. Voici le premier : 


Cahiers d’Histoire des Techniques n°6. Plantes cultivées, plantes exploitées : cultures, techniques, discours.

Etudes offertes à G. Comet, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2007, p. 47-62.


..."Si sterilis est olea, Gallica terebra perforabis ; tunc duos frugiferae arboris ab australis parte ramos ejusdem magnitudinis tolles et stricte in foramen utrumque conjicies vel lapidem vel pini vel quercus palos et absciso eo, quod superabit luto paleato curabis occulere. Si sine fruge luxuriant, oleastri palum radicibus ejus infige ; quodsi fructus arbor laeta non affert, terebretur Gallica tenebra usque ad medullam impresso foramine, cui oleastri informis talea vehementer artetur et ablaqueatae arbori amurca infusa vel vetus infundatur urina ; quas tamen durante malitia inserre oportebit "...

 

..."Si l’Olivier est stérile, tu le perforeras à la tarière gauloise ; alors tu couperas deux rameaux d’un bel arbre producteur de fruits du côté du soleil couchant et, dans le trou, tu réuniras ensemble en les serrant, ces  deux rameaux, une pierre ou bien deux coins de pin ou de chêne, puis tu les couperas et tu enduiras de boue le tout et tu auras soin de recouvrir avec de la paille. Et si les oliviers prospèrent sans porter de fruit, fiche dans les racines un pieu d’Oléastre. Et si l’arbre bien portant ne porte pas de fruit, il faut le percer à la tarière gauloise jusqu’à la moelle par un trou très profond, dans lequel tu feras rentrer fermement une bouture d’Oléastre informe et, une fois l’arbre déchaussé, tu y répandras une couche d’amurque et l’arroseras de vieille urine ; et, si le mal persiste, il importe d’effectuer une greffe"...

(trad. A. Durand).

 

 

XVI° siècle

 

 


La croissance de l'huile d'olive est favorisée par François Ier (1494-1547) qui l’exempte de la dîme en 1535 ce qui permet son extension jusqu’à Valence et Sisteron.
 

 

 


À partir du XVI° siècle s'ouvrit une ère d'expansion continue, qui va conduire l'olivier à son extension territoriale maximale, sous l'influence de la demande croissante, d'une société occidentale de plus en plus industrialisée, pour les savonneries, le textile et la mécanique.

 
Avec la découverte du Nouveau Monde, les Espagnols introduisirent l'olivier dans leurs anciennes colonies des Amériques, comme l'Argentine, le Mexique, le Pérou (en 1560), le Chili et la Californie.

 

Mexique

Tzintzuntzan

Planté au 16ème Siècle par l’évêque Don Vasco de Quiroga, cet olivier fait partie d’un parc constitué de très vieux arbres.

Plus d’une cinquantaine de très vieux oliviers mais aussi des frênes, des cèdres, des pins tous aussi magnifiques les uns que les autres.


 

 

 

Joachim Du Bellay (1522-1560) - poète 


Tout effrayé de ce monstre nocturne


..."Dessous ses pieds une louve allaitait

Deux enfançons : sa main dextre portait

L'arbre de paix, l'autre la palme forte :

Son chef était couronné de laurier.

Adonc lui chut la palme et l'olivier,

Et du laurier la branche devint morte"...

 

Charles de la Fosse - Romulus et Remus - 1700


 

 

16e siècle. (première moitié)

Manuscrit  : Auteur de l'ouvrage Olivier de Beaufort, 

Paris, Bibl. Mazarine, 3899 - Folio/page f. 091v

Olivier et devise

Notice MAZARINE (C. Courtois), 2006

Un olivier et sur une pancarte la devise : "OLIM OLEAE SUAE OLIVINAM OLEA" 

Il s'agit, sans doute, de la devise d'Olivier de Beaufort, 


 

 

1584

"Les vrais pourtraits et vies des hommes illustres grecz, latins et payens"

André Thevet(1516-1590)

Éditeur Paris : Par la vefue I. Kervert et Guillaume Chaudière...

Horace.-rameau d'olivier


 

 

 

1722

Bernard Picart

Iconographie bannière de l'inquisition d'Espagne - Inquisition du Portugal
avec rameau d'olivier

 

 

 

1729


François Lemoyne ou Le Moine, (1688-1737), artiste peintre français, nommé premier peintre du Roi en 1736. 

Louis XV donnant la paix à l’Europe. 1729. 

Salon de la Paix. Château de Versailles


Dans cette composition monumentale s’intitulant également Louis XV offrant ses deux filles en témoignage de paix à l’Europe, le souverain est représenté au centre de la composition, âgé de dix neuf ans. Vêtu d’une armure, et en appui sur son pied gauche, il tend un rameau d’olivier à une jeune femme (l’allégorie de l’Europe) et reçoit ses deux filles jumelles, Louise-Elizabeth et Anne- Henriette, des mains de la Fécondité et de la Piété. Dans le fond, la Discorde s’efforce vainement de rouvrir les portes du temple de Janus. Comme le rappelle Hans-Martin Kaulbach, Louis XV dans cette composition allégorique, s’inscrit dans la lignée des grands empereurs romains, de par les références à la mythologie :

..."Il remet à l’Europe la branche d’olivier de la paix. D’autres motifs allégoriques de bénédiction de la Paix lui sont associés : par exemple la figure de l’homme vaincu. En arrière-plan Minerve et Mercure ferment la porte du temple de Janus, permettant ainsi la durabilité de la Paix. Louis XV endosse donc le rôle de l’Empereur romain Auguste, qui se vantait d’avoir fermé la porte du temple de Janus, glorifiant ainsi un nouvel âge d’or."

 
(Hans-Martin Kaulbach, "Die Idee von Europa in den Allegorien des Friedens" dans Le Cheminement de l’idée européenne dans les idéologies de la paix et de la guerre. Actes du colloque international de Besançon. 1991. Page 463).


 

 

 

 

Pierre Fulcrand de Rosset (1708-1788) poète français

au chant III 

poème sur l’agriculture :

 

"Tel dans l’Occitanie et les champs de Provence

L’Olivier toujours vert aime à prendre naissance ;

De ces bords dans la Grèce Hercule revenu,

Y porta le premier son feuillage inconnu." 

 

 

 

En 1792, 

Charles Thomson, grand lecteur de Virgile, a mis un rameau d'olivier dans la serre de l'aigle du Grand sceau des États-Unis afin, dit-il, de symboliser "la puissance de la paix".


 

 

 

XIX° siècle

 

 

 

Jeton du XIXe s. / IIIe République


Orient de Paris, les Trinosophes de Bercy et les Admirateurs de Noé, s.d. Paris


Jeton maçonnique, 

Arche de Noé en forme de temple voguant à droite ; à l’exergue VÉRITÉ en alphabet maçonnique.


 

 

 

En 1840, à l'apogée de son développement, l'oléiculture française est estimée à près de vingt-six millions d'arbres. 

 


au XIX° siècle, l'olivier connut son extension maximale. 

En 1894 

Riondet affirme dans un article :

"La cueillette des olives est un grand travail, qui donne de l’occupation aux femmes et aux enfants pendant une partie de l’hiver, je l’ai vu se prolonger quelques fois pendant cinq ou six mois, depuis le mois d’octobre jusqu’au mois de mars".

Les registres d’appel dans les écoles montrent effectivement des absences répétées des enfants pendant cette période.


 


 

XX° siècle

 

 

26 mars 1919

 

Sir John Bernard Partridge (1861-1945) illustrateur anglais. portraitiste extraordinaire à la reine Victoria .
Pendant quelques années il était bien connu comme acteur sous le nom de Bernard Gould.


Surpondéré. le président Wilson. :

"Voici votre rameau d'olivier. Maintenant, occupez-vous."  Colombe de paix. "Bien sûr que je veux plaire à tout le monde, mais n'est-ce pas un peu épais ?"


 

 

 

 


Bien que la superficie des oliveraies ait diminué, les gains de productivité dans la culture des oliviers et l'extraction de l'huile ont conduit au quintuplement de la production mondiale d'huile d'olive entre 1903 et 1998.

 

 

Sous le nom de Fulcanelli parurent : 

Le Mystère des cathédrales en 1926, et Les Demeures philosophales en 1930.


Galerie haute du château de Dampierre-sur-Boutonne.

La colombe (alba) portant en son bec un rameau végétal, désigne selon l’emblématique alchimique le  "volatile" – l’opération alchimique  de la "voie humide" destinée à produire, comme le règne végétal (le rameau), une fructifi­cation : solve et coagula, la dissolution et la coagulation.

"Représentée en plein vol, une colombe tient en son bec un rameau d'olivier. Ce sujet est distingué par l'inscription:


.SI.TE.FATA.VOCANT. Si les destins t'y appellent."


Fulcanelli rapproche cet emblème de la description du Déluge universel dans la Bible, au livre de la Genèse. Noé, ayant donné l'essor à la colombe de son arche, celle-ci revint le soir en rapportant une branche verte d'olivier.

"C'est là le signe par excellence de la véritable voie et de la marche régulière des opérations. Car le travail de l'OEuvre étant un abrégé et une réduction de la Création, toutes les circonstances de l' ouvrage divin doivent se trouver en petit dans celui de l'alchimiste."

Et de conseiller au débutant d'attendre prudemment la manifestation de la couleur verte, symptôme du dessèchement de la terre, de l'absorption des eaux et de la végétation du nouveau corps formé:

"Ainsi, frère, si le ciel daigne bénir ton labeur et, selon la parole de l'Adepte, si te fata vocant, tu obtiendras d'abord le rameau d olivier, symbole de paix et d'union des éléments, puis la blanche colombe qui te l'aura apporté.

Alors seulement tu pourras être certain de posséder cette lumière admirable, don de l'Esprit-Saint, que Jésus envoya, au cinquantième jour, sur ses apôtres bien-aimés."


 

 


Jean Giono (1895-1970) écrivain français.

Poème de l’olive   (1930)

dans Revue Bifur n°8 juin 1931)

Bibliothèque de la Pléiade  Ed Gallimard Récits et essais p.5-14

 

Ce temps des olives. Je ne connais rien de plus épique.

De la branche d’acier gris jusqu’à la jarre d’argile, l’olive coule entre cent mains, dévale avec des bonds de torrents, entasse sa lourde eau noire dans les greniers, et les vieilles poutres gémissent sous son poids dans la nuit. Sur les bords de ce grand fleuve de fruits qui ruissellent dans les villages, tout notre monde assemblé chante.(…)


Si l’air est âpre c’est tant pis. Ça c’est le temps de la cueillette, le temps où l’on trait l’arbre comme on ferait pour traire une chèvre, la main à poignées sur la branche, le pouce en l’air, et puis, cette pression descendante. Mais, au lieu de lait, c’est l’olive qui coule.(…)


Tout d’un coup, une porte claque, un jet de vapeur, un ruissellement de lumière. Là-bas, au fond, des hommes nus tout luisants, de grandes vis luisantes aussi qui descendent du plafond et s’enfoncent dans la terre, des hommes nus cramponnés à des barres comme des désespérés et qui tirent avec tout l’arc de leurs reins. Un grand chant grave, chaud et poisseux leur souffle son haleine de lion, et les voilà comme des hirondelles éparpillées, toutes en cris.

 

C’est le temps du pressoir, le temps où, autour du pressoir, la dure peine écrase l’homme sous ses chaînes. (…)


Là-haut, dans le grenier, le maître, avec une grande pelle de bois remue le tas des olives. Il annonce : "Elles sont prêtes." Une bonne odeur de campagne et d’arbre et de terre coule le long des escaliers. Et, par le trou de la serrure, le froid fait passer une longue tringle de gel qui vient piquer le dos de la main, là, jusque sur le rebord de l’assiette de soupe.


L’homme s’est arrêté au seuil, et a dit : "Salut" puis il est resté là. (…) "Ah, il dit, elles sont prêtes alors?

 

— L’homme les a bien remuées, mais vous verrez, montez à peine."

 

Il a retroussé ses manches ; il a plongé son bras nu dans le tas d’olives, jusqu’au fond, comme s’il voulait accou­cher une vache. Il est là, presque vautré sur le tas d’olives, à tâter là-bas, au fond, la moiteur, la chaleur, tout un tas de choses qui sont comme du vent, pas de prise facile, et qu’il faut connaître d’instinct en chien de chasse.

 

"Ça va, elles sont prêtes ; on viendra les chercher. (…)"


 

 

 

Vogue 1933


Madame Chiesa, Mrs Crosby, la Marquise de Jaucourt et Miss Peabody sur l'olivier de Platon.

 

 

 

 

Jean Cocteau (1889-1963) poète, peintre, dessinateur, dramaturge et cinéaste français.


..."Les cheveux gris, quand jeunesse les porte, font doux les yeux et le teint éclatant ; je trouve un plaisir de la même sorte à vous voir, beaux oliviers du printemps. La mer de sa fraîche et lente salive imprégna le sol du rivage grec, pour que votre fruit ambigu, l’olive, contienne Vénus et Cybèle avec. Tout de votre adolescence chenue me plaît, moi qui suis le soleil d’hiver, et qui, comme vous, sur la rose nue, penche un jeune front de cendres couvert"..

Jean-Marc Janiaczyk - peintre

 


 

Pablo Neruda  (1904-1973), poète et homme politique chilien .

 

Ode à l’huile d’olive

Près de la murmurante céréale,

des vagues du vent dans les avoines

 

 

L’olivier

 

de volume argenté,

sévère dans sa lignée,

dans son coeur terrestre emballé

les graciles

olives

polies

par les doigts

qui ont fait

une colombe

et le coquillage:

verts,

innombrables,

de pures

merveilles

de la nature,

dans les oliveraies

sèches

seuls

le ciel bleu avec des cigales

et de la terre dure

existent

ici

le prodige,

la capsule

parfaite

de l’olive

remplissant

les feuilles avec ses constellations:

plus tard

les pots,

le miracle,

l’huile.

 

J’aime

la patrie de l’huile,

les oliveraies

de Chacabuco, au Chili,

dans les matinées

les plumes de platine

forestières

contre les cordillères

froissées

en Anacapri, là-haut,

dans la lumière tyrrhénienne,

la disparition des oliviers,

sur la carte de l’Europe,

l’Espagne,

un panier noir d’olives

saupoudré de fleurs d’oranger

comme un courant d’air marin.

 

Huile d’olive,

perdue et suprême

condition de la casserole,

pédestal de perdrix,

clé céleste de la mayonnaise,

douce et savoureuse

sur les laitues

et surnaturel dans l’enfer

des capucettes archiépiscopales.

Huile, dans nos paroles, dans

notre corps,

avec

une profonde

et puissante douceur

tu chantes;

en langue castillane:

il y a des sillabes d’huile,

il y a des mots

utiles et odorants

comme ta matière parfumée.

Il y a non seulement le vin qui chante,

mais également l’huile,

qui vit en nous avec sa lumière brillante

et entre les biens de la terre

réserve,

chère huile,

ta paix inépuisable, ton essence verte,

ton trésor rempli

qui diminue

depuis les sources de l’olivier.

 

 

 

 

Mouloud Mammeri (1938-1989)

"Culture savante, culture vécue" 

Édité par l'association culturelle et scientifique "TALA" en 1991.

extrait de lettre en réponse de Mouloud Mammeri à son ami Jean Pélégri qui lui demandait quel était son arbre préféré (sujet de son roman en 1956 et de son film en 1962)


L'olivier

..."L'arbre de mon climat à moi c'est l'olivier ; il est fraternel et, à notre exacte image. Il ne fuse pas d'un élan vers le ciel comme vos arbres gavés d'eau. Il est noueux, rugueux, il est rude. Il oppose une écorce fissurée mais dense, aux caprices d'un ciel qui passe, en quelques jours, des gelées d'un hiver furieux, aux canicules sans tendresse. A ce prix, il a traversé les siècles.

Certains vieux troncs, comme les pierres des chemins, comme les galets de la rivière, dont ils ont la dureté, sont aussi immémoriaux et impavides aux épisodes de l'histoire ; ils ont vu naître, vivre et mourir nos pères et les pères de nos pères. A certains, on donne des noms comme à des amis familiers ou à la femme aimée (tous les arbres chez nous sont au féminin) parce qu'ils sont tissés à nos jours, à nos joies, comme la trame des burnous qui couvrent nos corps. Quand l'ennemi veut nous atteindre, c'est à eux, tu le sais Jean, qu'il s'en prend d'abord. Parce qu'il pressent qu'en eux une part de notre cœur gît et...saigne sous les coups. 

L'olivier, comme nous, aime les joies profondes, celles qui vont par delà la surface des faux-semblants et des bonheurs d'apparat. Comme nous, il répugne à la facilité. Contre toute logique, c'est en hiver qu'il porte ses fruits quand la froidure condamne à la mort tous les autres arbres. C'est alors que les hommes s'arment et les femmes se parent pour aller célébrer avec lui les noces rudes de la cueillette. Il pleut souvent, il neige, quelquefois il gèle. Pour aller jusqu'à lui, il faut traverser la rivière et la rivière en hiver se gonfle. Elle emporte les pierres, les arbres et quelquefois les traverseurs. Mais qu'importe ! Cela ne nous a jamais arrêtés ; c'est le prix qu'il faut payer pour être de la fête.

Le souvenir que je garde de ces noces avec les oliviers de l'autre côté de la rivière -  mère ou marâtre selon les heures - ne s'effacera de ma mémoire qu'avec les jours de ma vie"...


 

 

 

L’huile d’olive métropolitaine est concurrencée par les huiles moins chères de l’Empire colonial : l'huile d’olive de Tunisie, et huile d'arachide.

Le gel de 1956 tue six millions des onze millions de pieds d’oliviers, et l’oliveraie continue sa chute jusqu’en 1995 avec seulement deux à trois millions de pieds récoltés (sur six millions de pieds).

Par tradition la présence de l'olivier correspond en climatologie au climat de type méditerranéen. Dans cette zone, toutes les variétés sont cultivables, pour toutes les utilisations : huile, olives vertes ou noires.


les différentes variétés d'olives les plus cultivées en France : 

- Aglandau (ou Verdale de Carpentras, 

- Berruguette, 

- Cailletier, Cayon, Grossane, Olivière, Picholine, Salonenque (ou Plant de Salon), Tanche, Bouteillan.

 

Les principales régions de production sont la région Provence-Alpes-Côte d'Azur , la région Auvergne-Rhône-Alpes et la Corse.

 

 

 

1993


Cl. Geoffroy : The Olive The Devise.

Tiré de Jean-Marc Chatelain. Livre

d’emblèmes et de devise (1993)


 


 

XXI° siècle

 

 

12/01/2006

Alain Hanquez poète 

 

L'olivier

 

Dans l’éclat vernissé des poussières

Et des sentes de pierres,

Dans l’ocre aridité de la terre ancestrale,

Quand le sol asséché se convulse à forer

Les sources des racines,

S’élance aux aplats de lumière

La fourberie tenace de la sève

 

Olivier maculé du suint lourd des troupeaux

Et des laines graisseuses,

Olivier vitriolant l’arrogance de l’ordre,

Olivier scarifié des affres de bouture,

Ton indifférence séculaire s’émonde

D’un tremblé d’aube lente

D’une ligneuse effervescence de torsades et de branches

Qui émascule l’arpentage de tes plants

Dans le noueux de tes plaies divergentes

 

Le temps d’avant le temps s’avilit

De tes ultimes fleuraisons

Pour l’émergence frugifère du retour des saisons.

Rameau de la colombe sur l’Arche de Noé

Tu fructifias l’alliance de l’homme et du pardon.

 

Des soutes phéniciennes aux rives de la Crète

Du val de la Bekka aux plaines almoravides

Et de Kalamata aux confins de l’Attique,

Tu conquiers les pays de la mer du milieu

Et l’huile de ton fruit dans l’ombre des amphores

S’insinue au mortier des cryptes Pharaoniques

 

Des dieux archaïques tu fus la joute jalouse

Quand la fourche du tronc, de Pallas le don,

Supplanta le trident du vain Poséidon.

Et de l’Unique

Tu recueillis l’angoisse sans sommeil

Comme le basilic le sang du Golgotha

 

Les terrasses conquises aux pentes des maquis

Par la sueur et l’effort des hommes de patience

Ont cerné l’oléastre aux rebelles frissons

Pour l’ardeur de la meule et le secret des lampes

 

Arbre tutélaire de notre vain passage

Tu prolonges le geste de t’avoir semé

Au-delà de nos morts pour la magnificence


 

 

 

10 octobre 2018

Christian Deschamps 


Pristina, mille ans d'un olivier

"En 200 avant J.-C., la famille du jeune Gaius Laelius est expulsée de sa terre à la suite des ravages de la guerre contre Hannibal. Gaius ne voit qu’une solution pour retrouver l’honneur de sa famille : s’enrôler dans l’armée romaine, récolter la gloire et qui sait ? gagner de quoi racheter les terres de ses ancêtres. Car le domaine de Pristina est un havre de paix au milieu duquel trône un olivier, symbole de la protection des dieux et témoin immuable du temps qui passe, que les descendants de Gaius devront préserver.

Seront-ils à la hauteur de cette tâche ? S’engageant à tour de rôle dans la légion pour défendre leur domaine, les membres de la famille Pristina s’illustrent dans les plus grandes batailles et bouleversements politiques qui firent la grandeur de la République romaine… puis son déclin.

Véritable passionné de la Rome Antique, Christian Deschamps nous offre ici un roman présentant la société romaine, principalement la situation des paysans abandonnant leurs propriétés et leurs champs pour remplir leurs devoirs militaires. Ces plébéiens ruraux se retrouvent soumis aux lois édictées par le Sénat constitué de nobles citadins. Oubliés de la République, ils sont dans l’obligation de suivre la carrière militaire et doivent ainsi quitter leurs terres qui tombent aux mains des grands propriétaires terriens. À travers plusieurs générations de Pristini, on assiste aux dernières campagnes glorieuses de la République et à la naissance de la gloire d’un certain Jules César."

 

 

 

Rite de la franc maçonnerie 

Le rituel de Franc-maçonnerie fait référence à l'olivier 

Le rituel de la compagnonne. 
Lors de l'ouverture de la loge, le vénérable lit l'instruction du premier degré une branche d'olivier à la main gauche.



Tablier d'Officier National - Grande Tenue -

Décors de Loge Maçonnique. Décors de la Grande Loge Nationale Française. Tabliers GLNF de Haute Qualité par Franc-macon Collection


 


Armoirie colombe et olivier 

81305 - Vabre

Chef-lieu de canton (Tarn)

D'or à la dague haute d'argent garnie de gueules, à la colombe essorante, contournée d'argent, tenant dans son bec un rameau d'olivier de sinople et brochant sur la dague; au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or.
 

 

En Chine une légende raconte que l'Olivier serait un antidote de certains poisons et venins, 


Au Japon, il symbolise l'amabilité et le triomphe. ...

 

Sur le drapeau de l’ONU, la couronne de rameaux d’olivier entourant le monde symbolise la paix universelle.


 

L’habit vert des membres immortels de l'Académie française doit son nom aux broderies vertes qui le décorent et qui représentent un motif de branche d’olivier. 


 

Ce motif ornait aussi naguère la pièce de monnaie française de un franc 1915

 


2020 France - Nouveau Franc (or - gold)

 

100 lires italiennes 1967


 

 

 

Usages de l'olivier


- LE BOIS, 

très dense, est très prisé des tourneurs. De nos jours son usage est limité aux productions artistiques et aux "souvenirs pour touristes".

 


- PHARMACOLOGIE :

 Les propriétés toniques, dépuratives, astringentes et fébrifuges de l'Olivier sont connues depuis fort longtemps. L'action hypotensive de ses feuilles est une découverte récente du docteur Mazet en 1938.

 

- ALIMENTATION

L'huile d'olive vierge est obtenue par pression à froid. Ses qualités alimentaires sont incomparables. Riche en vitamines, très nourrissante, facilement digestible, elle est adoucissante et vermifuge. Elle jouerait un rôle très positif dans l'espérance de vie des hommes. Les onctions et massages à l'huile d'olive tinrent un rôle majeur dans les pratiques anciennes d'hygiène corporelle.
 

 


 

Langage de l'olivier 

 


 Un symbole de paix, sagesse, force, victoire, fécondité, purification. 


- L’olivier, porteur de nombreux fruits, traduit l’union et la fécondité. 
 Il s’offre  pour un mariage, une naissance, ou des fiançailles.


- L’olivier est également un symbole de réconciliation. 
Il s’offre aussi bien dans un cadre intime après une dispute, qu’en société après un conflit.


- L’olivier a l’avantage de pouvoir être offert toute l’année, à un homme aussi bien qu’à une femme, que votre destinataire vive en ville ou à la campagne.


- Très populaire, il servira également des causes moins solennelles : un anniversaire, des remerciements ou simplement pour le plaisir.


-  Il s'offre généralement en l'agrémentant d’un cadeau 

 

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24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 23:48

 

Pablo Neruda  (1904-1973), poète et homme politique chilien .

 

Ode à l’huile d’olive

Près de la murmurante céréale,

des vagues du vent dans les avoines

 

 

L’olivier

 

de volume argenté,

sévère dans sa lignée,

dans son coeur terrestre emballé

les graciles

olives

polies

par les doigts

qui ont fait

une colombe

et le coquillage:

verts,

innombrables,

de pures

merveilles

de la nature,

dans les oliveraies

sèches

seuls

le ciel bleu avec des cigales

et de la terre dure

existent

ici

le prodige,

la capsule

parfaite

de l’olive

remplissant

les feuilles avec ses constellations:

plus tard

les pots,

le miracle,

l’huile.

 

J’aime

la patrie de l’huile,

les oliveraies

de Chacabuco, au Chili,

dans les matinées

les plumes de platine

forestières

contre les cordillères

froissées

en Anacapri, là-haut,

dans la lumière tyrrhénienne,

la disparition des oliviers,

sur la carte de l’Europe,

l’Espagne,

un panier noir d’olives

saupoudré de fleurs d’oranger

comme un courant d’air marin.

 

Huile d’olive,

perdue et suprême

condition de la casserole,

pédestal de perdrix,

clé céleste de la mayonnaise,

douce et savoureuse

sur les laitues

et surnaturel dans l’enfer

des capucettes archiépiscopales.

Huile, dans nos paroles, dans

notre corps,

avec

une profonde

et puissante douceur

tu chantes;

en langue castillane:

il y a des sillabes d’huile,

il y a des mots

utiles et odorants

comme ta matière parfumée.

Il y a non seulement le vin qui chante,

mais également l’huile,

qui vit en nous avec sa lumière brillante

et entre les biens de la terre

réserve,

chère huile,

ta paix inépuisable, ton essence verte,

ton trésor rempli

qui diminue

depuis les sources de l’olivier.

Pablo Neruda  (1904-1973), poète et homme politique chilien - Ode à l’huile d’olive - l'olivier
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24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 23:47

 

Pindare (en 518 av. J.-C.- 438 av. J.-C., poète lyrique grec.

Odes et fragments

Olympique III

Pour Théron d'Agrigente,

Vainqueur à la course des chevaux,pour les Théoxénies

 

Héraclès,

Le juge intègre des Hellènes, cet Étolien,

Qui posa au-dessus de ses prunelles,

Sur son front,

 

 

Strophe 1

Des Tyndarides hospitaliers, je désire la faveur,

Et celle d'Hélène finement bouclée,

Pour célébrer la glorieuse Agrigente : tel est mon vœu !

Au vainqueur olympique,

Théron, j'ai dressé l'hymne, à ses coursiers aussi,

À l'élan prodigieux ! Or la Muse était

À mes côtés, lorsque j'inventai une harmonie nouvelle,

Unissant la cadence dorienne à la voix,


 

Antistrophe 1

Splendeur des fêtes. Puisque se dressent

Sur la chevelure les couronnes,

Je me dois d'acquitter une dette sacrée :

La lyre subtile,

Le son des flûtes, et l'ordre des vers,

Au fils d'Onésidamos doivent se mêler, comme il sied ;

Et toi, Pise, déclare aussi, toi par qui,

Divinement, sont inspirées aux hommes les Odes,


 

Épode 1

Oui, parle de celui qui obéit aux premiers ordres d'Héraclès,

Le juge intègre des Hellènes, cet Étolien,

Qui posa au-dessus de ses prunelles,

Sur son front,

Le verdoyant feuillage d'olivier, que, jadis,

Des sources obscures

De l'Ister ramena le fils d'Amphitryon,

Cette mémoire des joutes olympiques,

 

 Strophe 2

Après avoir si bien convaincu les Hyperboréens,

Serviteurs d'Apollon, par l'éclat de sa parole.

Bienveillant, il désirait pour l'agréable

Bosquet de Zeus une plante ombrageante

Pour les hommes, afin de couronner leurs exploits.

Et déjà, alors que les autels au Père

Déjà étaient dédiés, et que le char doré

Du soir avait embrasé sa prunelle, la Lune,

 

Antistrophe 2

Les arbitres des joutes,

De même que les quinquennales,

Étaient par lui fondés sur les saintes falaises de l'Alphée ;

Mais les arbres charmants n'étaient guère abondants

Dans les vallées du Cronion, la terre de Pélops :

Tout était pauvre, et l'endroit lui apparut

Écrasé par les feux ardents du soleil.

Alors, son cœur le poussa à se rendre dans le pays

 

Épode 2

Istrien ; là, Léto, dresseuse de chevaux,

L'accueillit, lui qui revenait des régions d'Arcadie

Aux coteaux sinueux,

Jeté dans cette aventure

Par Eurysthée, contraint aussi par le Père céleste,

Afin de ramener la biche aux cornes d'or,

Que jadis Taigétê

Avait donnée à Orthosie, offrande sacrée.

 

 
Strophe 3

Dans sa poursuite, il découvrit une contrée

Épargnée par les souffles du Nord

Au froid mugissement ; devant ces arbres, il fut fasciné !

Un désir ardent le poussa

À les planter le long de l'espace douze fois borné de tours,

Où courent les chevaux. Et, aujourd'hui, à la fête,

Tout de mansuétude, il vient,

Accompagné des Jumeaux, enfants de la svelte Léda.

 

 
Antistrophe 3

Car il leur a ordonné, à son départ pour l'Olympe,

De régir ces jeux sublimes

Pour la vaillance des hommes et le maniement du char

Si vif. Et moi, je veux de tout mon cœur

Affirmer, qu'aux Euménides

Et à Théron, la gloire est échue, grâce aux cavaliers

De Tyndare, car aux plus opulents des hommes,

Ils furent hospitaliers, leur donnant des festins,

 

 
Épode 3

Ayant préservé une piété digne des Meilleurs.

Si le premier bien est l'eau, si

L'or est le plus pur,

Aujourd'hui, à l'apogée

De ses exploits, Théron vient d'atteindre

L'extrémité des Colonnes

D'Héraclès. Leur au-delà est aux sages interdit,

Comme aux impies. Mais je n'irai pas plus loin : sinon, je serai fou !

Pindare (en 518 av. J.-C.- 438 av. J.-C.), poète lyrique grec. - Épode 1
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24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 23:46

 

12/01/2006

Alain Hanquez poète 

 

L'olivier

 

Dans l’éclat vernissé des poussières

Et des sentes de pierres,

Dans l’ocre aridité de la terre ancestrale,

Quand le sol asséché se convulse à forer

Les sources des racines,

S’élance aux aplats de lumière

La fourberie tenace de la sève

 

Olivier maculé du suint lourd des troupeaux

Et des laines graisseuses,

Olivier vitriolant l’arrogance de l’ordre,

Olivier scarifié des affres de bouture,

Ton indifférence séculaire s’émonde

D’un tremblé d’aube lente

D’une ligneuse effervescence de torsades et de branches

Qui émascule l’arpentage de tes plants

Dans le noueux de tes plaies divergentes

 

Le temps d’avant le temps s’avilit

De tes ultimes fleuraisons

Pour l’émergence frugifère du retour des saisons.

Rameau de la colombe sur l’Arche de Noé

Tu fructifias l’alliance de l’homme et du pardon.

 

Des soutes phéniciennes aux rives de la Crète

Du val de la Bekka aux plaines almoravides

Et de Kalamata aux confins de l’Attique,

Tu conquiers les pays de la mer du milieu

Et l’huile de ton fruit dans l’ombre des amphores

S’insinue au mortier des cryptes Pharaoniques

 

Des dieux archaïques tu fus la joute jalouse

Quand la fourche du tronc, de Pallas le don,

Supplanta le trident du vain Poséidon.

Et de l’Unique

Tu recueillis l’angoisse sans sommeil

Comme le basilic le sang du Golgotha

 

Les terrasses conquises aux pentes des maquis

Par la sueur et l’effort des hommes de patience

Ont cerné l’oléastre aux rebelles frissons

Pour l’ardeur de la meule et le secret des lampes

 

Arbre tutélaire de notre vain passage

Tu prolonges le geste de t’avoir semé

Au-delà de nos morts pour la magnificence

Alain Hanquez - poète - l'olivier
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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 22:51

 

Mythologie des fleurs


Tournesol (Helianthus),

la fleur soleil

 

 

Le genre Helianthus, couramment appelé les hélianthes ou soleils est un genre originaire des Amériques. Ils font partie des Astéracées. 

 

Nous adorons le lys que nous voyons grandir

Et les hauts tournesols plus clairs que le Nadir

- Cercles environnés de pétales de flammes - 

Brûlant à travers leur ardeur, nos âmes.


Émile Verhaeren (1855-1916), Les Heures d'après-midi.

 

Paul Jones (1921-1997)


 

 


Le tournesol, hélianthus Annuus,

roi des hélianthes 


Originaire d’Amérique du Nord, le tournesol  est une grande plante annuelle très originale, cultivée à partir de graines chaque année, semées en pleine terre directement quand la terre se réchauffe ou plus tôt, hâtées en godet, puis transplantées en place lorsqu’il ne gèle plus. 


Le nom latin du tournesol, Hélianthe ou Soleil (Helianthus annuus), vient des mots grecs Hélios signifiant "soleil" et Anthos "fleur", ainsi que du mot latin annuus pour "annuel".

 
D’ordinaire, le tournesol peut atteindre deux mètres, mais certains spécimens géants s’élèvent deux fois plus haut. La racine principale est pivotante. Ses feuilles sont vertes et rugueuses, simples et cordiformes (en forme de coeur) alternées, sauf à la base où elles sont parfois opposées.

 

Ornant une tige raide très forte, cette fleur géante,  son cœur brun auréolé de pétales jaune d’or et formé de minuscules fleurs tubulées, fascine et attire depuis très longtemps partout à travers le monde, illuminant les champs dans nos campagnes durant l'été. On la surnomme "soleil".

 


Ce qu'on appelle communément "fleur de tournesol" n'est pas une fleur, mais un pseudanthe : les capitules, réceptacles floraux charnus, qui ont tendance à se renverser après la floraison, peuvent atteindre 30 cm de largeur. Ils sont entourés d'un involucre à bractées ovales avec un sommet pointu.


Il existe d'autres noms ou expressions vernaculaires pour le désigner : 
grand-soleil, soleil des jardins, soleil commun, graine à perroquet, hélianthe…
cette fleur s'oriente vers la lumière du soleil pour le suivre toute la journée, et la nuit, elle se repositionne en direction de l’est. Nous appelons ce phénomène l’héliotropisme.

 

C'est une plante qui qui fleurit de juillet à octobre.


Les fleurs centrales en tube, hermaphrodites, sont jaune pâle ou rouge foncé chez les variétés anthocyanées. 


Les fruits sont des akènes surmontés par deux écailles en arête. 



 

Le tournesol emmagasine de l’auxine, une hormone végétale qui régule la croissance. L’auxine, plus concentrée du côté non exposé à la lumière, entraîne la torsion de la tige vers le soleil. Par contre, une fois en pleine floraison, les tournesols cessent d’être héliotropiques et se maintiennent, en général, face à l’est.

 

La disposition des fleurs centrales (ou fleurons), ou des graines, sur le réceptacle dessine des spirales répondant aux règles de la phyllotaxie et tournant soit dans le sens des aiguilles d'une montre, soit en sens inverse. 
Une fleur de tournesol est constituée de deux groupes de spirales. 

 


D'après les chercheurs l'apparition des spirales est basée sur l'angle d'or égal à 360°/(1+phi)=137,5°. La croissance de la plante forme deux séries de spirales tournant en sens contraire.


L'existence de deux types de spirales est déjà étonnant, mais le plus frappant est le nombre de spirales de chaque type : 21  directes et 34 indirectes. Or 21 et 34 sont deux termes consécutifs de la célèbre suite de Leonardo Fibonacci mathématicien italien (v.1170-v.1250) qui a joué un rôle important dans la renaissance des mathématiques anciennes et y a apporté une contribution significative.

 

 

Mais ce n’est pas seulement une splendide fleur. Le tournesol est en effet cultivé pour l’huile que l’on extrait de ses graines. Il fournit en Europe, une des principales sources d’huiles alimentaires.


 

 

Outre la couleur jaune habituelle du tournesol, vous pouvez également opter pour l’orange, le marron, la couleur crème et le rouge foncé. La forme offre également quelques variations : grandes ou petites fleurs, rangée simple de pétales ou couronnes multiples. 

 

 

Si des hélianthes sont cultivés comme plante ornementale pour leurs fleurs, certains sont particulièrement appréciables pour leur feuillage, notamment :


 

Helianthus Salicifolia, Helianthus salicifolius 


est un soleil vivace cultivé davantage pour son port en fontaine que pour ses fleurs automnales. C’est une merveille pour les amateurs de feuillages originaux et qui ne sont pas rebutés par les plantes géantes.

Ses feuilles sont longues, fines et retombantes, denses sur la tige, si bien qu’elles semblent sourcer de terre au printemps puis forment de douces colonnes dansantes, vert frais. Ses capitules jaunes à cœur sombre, simples, mais élégants culminent à plus de 2 m. Cette espèce n’a pas une croissance agressive.



 

 

Helianthus Argophyllus


Le tournesol à feuilles argentées. Haut de 150 cm, il est caractérisé par feuillage feutré de blanc ; ses soleils jaunes au cœur noir ou parfois de variétés plus colorées sont joliment mis en valeur sur son feuillage gris.


 


 

Helianthus Petiolaris 


est un soleil annuel ressemblant au tournesol.


communément appelée tournesol des prairies ou moindre tournesol. Le naturaliste et botaniste Thomas Nuttall a été le premier à décrire le tournesol des Prairies en 1821.

Le mot petiolaris en latin signifie "avoir un pétiole". 

 


 



 

Helianthus Deserticola, le tournesol du désert, 


est une espèce végétale annuelle originaire de l' Arizona , du Nevada et de l' Utah, atteignant 40 centimètres de hauteur avec d'abondants points de résine sur le feuillage. Les feuilles mesurent jusqu'à 5 centimètres de long. Les capitules contiennent environ 7 à 13 fleurs à rayons et plus de 25 fleurs à disques . Il pousse dans des endroits secs et ensoleillés à des altitudes de 400 à 1 500 m. 


C'est une espèce fille des espèces Helianthus annuus et Helianthus petiolaris. 


 

 

 

Helianthus Debilis,




Helianthus debilis est originaire d'Amérique du Nord, en passant par l'Amérique centrale, et jusqu'au Chili au sud. Elle est adaptée à des types d'habitat côtier et peut-même pousser directement sur les plages. Il tolère les lieux modérément salins mais pas une quantité excessive de brouillard salin et d'inondation.

Il supporte très bien les sécheresses. Il n'a aucune difficulté à se développer dans les sols pauvres en nutriments. Il pousse facilement dans le sable, dans les limons ainsi que dans les sols alcalins et acides. Cette espèce est très utile car elle permet d'empêcher l'érosion des dunes de sable. Cette espèce a été introduite et s'est naturalisée dans d'autres pays et sur d'autres continents.


 

 

Hélianthes ou soleils vivaces


Les hélianthes vivaces fleurissent le plus souvent tardivement dans la saison. Leur haute stature en fait des plantes de fond de massifs. La plupart ont besoin d’un sol riche et un peu frais, mais drainant, ainsi qu’une exposition ensoleillée. Ils sont plantés ou divisés au printemps. Les grands hélianthes vivaces sont aussi utiles pour réaliser très rapidement un écran avec le voisinage, là où il n’y a pas possibilité de mettre une haie arbustive.

 


Les plus anciens  :


Helianthus Laetiflorus, hélianthe raide,

soleil vivace, Topinambour à fleurs joyeuses

 

(Helianthus x laetiflorus Pers., 1807, Helianthus x rigidus sensu Rydb. non (Cass.) Desf., 1829, Helianthus x scaberrimus Britton & A.Br., Helianthus x scaberrimus Elliott, 1823, Helianthus x subrhomboideus Rydb., 1900)

 

Plante de la famille des Astéracées. Cette espèce est considérée par beaucoup d'auteurs comme un hybride entre H. pauciflorus et H. tuberosus, deux espèces originaires d'Amérique du Nord.

Cet hybride horticole à fleurs jaunes qui ressemble à un petit tournesol. Elle se naturalise dans les friches humides où il peut former de gros massifs. La tige est rameuse dans le haut avec des feuilles opposées, lancéolées, hispides, dentées, à pétiole court et ailé, alternes. Les capitules ont de longs fleurons ligulées jaunes pointus ou bidentées. Les fleurons tubuleux sont bruns et l'involucre est en forme de cupule.


La floraison est plutôt automnale (à partir d’août jusqu’aux  gelées) et ne passe pas inaperçue. Envahissante et colonisante, elle peut étouffer les petites plantes vivaces à proximité.


 



 

 

Helianthus Atrorubens 

 

Les fleurs présentent des fleurons rayonnants jaunes d'or, rouges ou parfois plus sombres alors que le disque central peut être jaune, brun ou pourpre.

Période de floraison : août, septembre, octobre.


Vivace impressionnante et vigoureuses, à racines rampantes ou tubéreuses, à tiges pourprées érigées et longues feuilles simples, vertes, poilues. La floraison, constitue un véritable bonheur visuel, les inflorescences en capitules terminaux sont jaune d'or avec un disque central brun pourpré. Véritable plante à rhizome, de fond de plate-bande, produisant en automne une abondance de fleurs parfaites en bouquet. 


Couper les hampes florales fanées pour prolonger les floraisons. Rabattre la touffe sèche dès qu'elle n'est plus décorative et pailler avec un compost humifère.

 


 

Helianthus Giganteus, tournesol géant

 

est généralement développé comme un annuel, il  peut culminer jusqu'à 2,50 m selon les variétés. Il est solide et vigoureux. Si vous recherchez le plus grand et le plus gros tournesol, vous l'avez trouvé ! 


Les Helianthus vivaces sont de hautes plantes aux fleurs colossales du jaune soufre au jaune d'or, aux larges pétales, avec de plus petites fleurs brunes qui en composent le centre. Elles sont soutenues sur des pieds vigoureux avec de grandes feuilles raides, velues, et quelque peu collantes. 


Les plants fleurissent à partir de Juillet jusqu’en Septembre. Ces tournesols sont audacieux, beaux et faciles à cultiver. Le tournesol géant est employé commercialement pour l'huile de cuisine et la margarine, et même comme pétrole de voiture.


Le Helianthus Giganteus préfère un endroit ensoleillé dans un sol bien-draine, et il est très tolérant de la sécheresse et des sols pauvres. Si les plants sont plantés à l’ombre partielle, le jalonnement peut être nécessaire pour les soutenir, ou les plants peuvent être pincés à la plantation pour favoriser l'embranchement.


 

 

 

 

Helianthus Pumilus, tournesol de brousse

 

est un tournesol nain puisqu’il n’excède jamais le mètre en hauteur, il se limite le plus souvent entre 30 et 50 cm. Très rustique, ce tournesol florifère plus large que haut est de plus une espèce de terrain caillouteux et sec.

C'est une plante vivace, avec les tiges dressées, hispides ou strigeuses. Les feuilles caulinaires sont vert cendré, généralement à 3 nervures partant de la base. Les fleurs sont jaunes ; anthères brun foncé à noir, appendices foncés. Cypsèles à poils clairsemés.

Floraison fin d'été 


 

 

Helianthus verticillatus, tournesol verticillé,


est une plante rare que l'on ne trouve que dans quelques endroits du sud des États-Unis. Cette plante a été décrite en 1892 par Samuel Bain, à partir de collections obtenues dans le comté de Chester, TN. Elle a été classé parmi les espèces en voie de disparition en 2014 lorsque le US Fish and Wildlife Service a publié une règle finale le protégeant en vertu de la loi sur les espèces en voie de disparition . Les principales menaces sont la foresterie industrielle et les plantations de pins en Alabama, en Géorgie et au Tennessee. Ils atteignent 1,8 m à 4 m et se trouvent principalement dans les forêts, à côté des ruisseaux et des zones humides ressemblant à des prairies. 


L'espèce n'a été capturée à nouveau qu'en 1993, lorsqu'elle a été découverte dans le comté de Floyd, en Géorgie. Dans le Tennessee, les plantes sauvages ne se trouvent désormais que dans le comté de Madison ; d'autres populations ont très probablement disparu en raison de la perte d'habitat.


Elle produit des fleurs jaunes d'or de la fin août ou du début septembre à la mi-octobre ou jusqu'aux gelées. Ce tournesol est largement pollinisé par les insectes.

 

 

Quelques hélianthes cultivés en tant que légumes :

Certains hélianthes vivaces produisent des organes de réserves souterrains, des tubercules qui peuvent être consommés.

 

 

Helianthus strumosus, hélianthe scrofuleux,

hélianthi, ou le salsifis d’Amérique

 

ou est une plante vivace rhizomateuse appartenant à la famille des Astéracées. Il est originaire d’Amérique du Nord où il croît en marge forestière. Très proche du topinambour (Helianthus tuberosus), avec lequel il est capable de s’hybrider naturellement, le salsifis d’Amérique est bien moins connu, mais revient au goût du jour parmi les légumes originaux à redécouvrir.

Helianthus strumosus, bien qu’assez variable, est caractérisée par ses hautes tiges rigides, non ramifiées et légèrement pruinées. Ses feuilles qui ressemblent à celles du topinambour sont ovales, à base conique, pointues, avec des dents irrégulières peu profondes. Le limbe est souvent de texture rugueuse.

Les inflorescences de l’hélianthe scrofuleux se développent à partir de l’aisselle des feuilles supérieures entre août et septembre. 
Une tige produit de 3 à 15 marguerites jaunes, jolies et gaies, au cœur jaune entouré de 8 à 20 larges ligules jaune vif. Ces marguerites jaunes tiennent assez bien en fleurs coupées. Elles sont attractives pour les insectes, mais produisent rarement des graines en Europe.

Cette plante vivace développe des organes de réserve sous forme de tubercules allongés, les fameux salsifis d’Amérique.

 

 

Helianthus tuberosus, hélianthe tubéreux,

Topinambour commun,  artichaut de Jérusalem,

truffe du Canada ou soleil vivace,

 

Le topinambour commun produit des tubercules au gout d’artichaut, il fait partie des fameux légumes anciens que des restaurateurs de renom ont remis au goût du jour.


C'est une plante qui appartient à la même famille que celle du tournesol. Elle est cependant vivace grâce à ses tubercules, qui se consomment en salade ou cuits, comme les pommes de terre. Selon la variété, les tubercules bosselés sont plutôt ronds (topinambour  "Patate") ou allongés ("opinambour 'Fuseau"), à la peau blanc crème (topinambour "Sakhalinski blanc") ou rose violacée (topinambour "Violet de Rennes").
Les tiges, épaisses, rigides et poilues, peuvent atteindre 3 mètres de haut. Ramifiées sur la partie haute, elles portent de larges feuilles ovales à lancéolées, rugueuses et pubescentes.


Les fleurs n'apparaissent qu'à la fin de l'été. Ce sont de beaux capitules jaunes, de taille moyenne, réunis en grappes lâches.


La récolte du topinambour se fait à partir de novembre jusqu'à la fin du mois de mars, au fur et à mesure des besoins, car, une fois sorti de terre, il ne se conserve pas longtemps.


Le genre Helianthus comprend une cinquantaine d'espèces, toutes originaires d'Amérique du Nord, dont le topinambour (Helianthus tuberosus L.).

 

 

Helianthus maximiliana, hélianthe de Maximilien 


est un peu similaire au topinambour, mais avec un rendement de tubercule moindre. Il est parfois aussi cultivé comme plante ornementale. Il supporte les sols très compacts. Une variété appelée ‘Prairie Gold’ est sélectionnée pour ses graines oléagineuses et son adaptation en sol non travaillé, pour la permaculture.


Certaines espèces sont vivaces mais en général, le tournesol est annuel car sa rusticité est faible. Le tournesol est cultivé pour ses graines, que l’on peut déguster natures, grillées ou salées. Les graines sont également  riche en huile alimentaire de qualité qu’elles fournissent, l'une des trois sources principales d'huile alimentaire en Europe.


 

 

 

Apiculture

 

 

Le tournesol est une plante mellifère riche en pollen et en nectar, qui sert aux abeilles pour concocter du miel de tournesol !

 

Particulièrement attirantes pour les insectes pollinisateurs : les mouches, les abeilles et bourdons, les syrphes et les papillons. Largement fécondées, les fleurs des hélianthes produisent ensuite des graines comestibles, riches en huiles qui sont une source de nourriture importante pour les oiseaux et les petits mammifères. Les hélianthes sont donc un ajout très favorable à la biodiversité du jardin.

 

Une fois mûre, au bout de trois mois environ, la plante se prépare à s'épanouir et se fige alors, tournée vers l'est. Des chercheurs ont modifié la position des pots où poussaient des tournesols, les orientant délibérément vers l'ouest ; ils ont alors constaté que moins d'insectes venaient alors les polliniser. A l'inverse, lorsqu'elles sont orientées vers l'est, elles sont beaucoup plus activement visitées par les insectes, en en accueillant cinq fois plus, chauffant plus tôt aux heures matinales et fraiches.
 


Un cœur de tournesol mesure de 5 à 50 centimètres de diamètre, et produit entre 100 et 8 000 graines.

 

Un champ de tournesol est un paradis pour les abeilles ; le rendement d’un hectare peut être de 25 à 50 kilos de miel. Une fois la récolte achevée, il reste les tiges, qui contiennent de 43 à 48 % de cellulose ; elles sont utiles entre autres pour fabriquer du papier. Tous les résidus de la plante peuvent servir de fourrage ou d’engrais.


 

 

 

Mythologie grecque

 

Ovide, Publius Ovidius Naso (43 av. J.-C.- 18 ap. J.-C.),  poète latin qui vécut durant la période qui vit la naissance de l'Empire romain. 
les Métamorphoses.



Le tournesol, Clytie et Hélios 

 


"La nymphe aquatique Clytie était la maîtresse du dieu du soleil Hélios (Apollon).

Bien que Clytie soit d’une remarquable beauté, Hélios (Apollon) ne répond pas à son amour, il est tombé amoureux de Leucothoé (la soeur de clytie). Folle de jalousie, Clytie la dénonce au père de la jeune fille, Orchamos, roi de Babylone. Pris de rage, il décide de l’enterrer vivante.

Hélios (Apollon) essaye en vain de sauver sa bien-aimée et lui rendit hommage en versant sur sa sépulture une sorte de manne parfumée d'où naquit l'encens.

Attristé et trahi, il refuse de tomber dans les bras de Clytie. Désespérée par la portée de son acte, Clytie passa ses jours et ses nuits sur un rocher, et se laisse dépérir.  

Mourant de chagrin, lentement, son corps s’enracine et se métamorphose en tournesol en tournant fixement chaque matin son regard vers le char d'Hélios (Apollon) son dieu soleil qui ne voulut jamais la revoir."

 

Clytie par Michael Van Zeyl

 
 

 

 

Légendes

 

 

Histoire de la fleur de tournesol

 

On raconte que la fleur Tournesol n’était pas satisfaite de sa taille : 

- "Je ne veux pas rester petite. Je veux devenir aussi grande qu’un arbre et je vais me mettre enquête de quelqu’un qui m’aidera."

Vénus et les étoiles ayant refusé de l’aider, elle demande à la Lune. Elle commence alors à pousser si haut que le Soleil s’en aperçoit. Il fait rassembler tous les "enfants-fleurs" de tournesol et les dispose en spirales dans des corbeilles.

Lorsque les fleurs éclosent, seules celles à l’extérieur y parviennent, créant ainsi de magnifiques fleurs.

Elle est ainsi devenu la plus grande fleur. Cependant, il y a un problème : elle s’occupait tellement de pousser sur sa tige qu’elle en a oublié ses racines : 

- "elles sont si courtes et peu résistantes !"

Le Soleil lui dit : 

- "À partir de maintenant, vous me regarderez, afin de bien voir et bien entendre tout ce que je vous indiquerai ! ".

C’est pourquoi le tournesol suit le soleil toute la journée… selon la légende.


* source : «Von Planzen und Tieren, Steinen und Sternen  » Mellinger Verlag – Stuttgart 1974.


 

 

Légende roumaine 

 

La lune le soleil et le tournesol


Suite à une guerre entre la Lune et le Soleil. La fille du Soleil, Hélianthe, d’une beauté remarquable, décida de combattre la Lune et en sortit victorieuse. 


Furieuse de sa défaite, la Lune lança un sortilège à Hélianthe et lui dit :

- "que tu sois à jamais une plante, que "le tournesol" devienne ton nom et lorsqu'il fera soleil que tu regardes toujours vers ton père ! "


Ainsi, la jeune fille se transforma, ses cheveux blonds devinrent des fleurs jaunes et ses yeux noirs des graines. 


Aujourd’hui encore, le sortilège n’est pas rompu : Hélianthe, métamorphosée en fleur, regarde toujours en direction de son père, le Soleil.


 

 

 

7000 à 2600 ans av. J.C.


Chez les peuples primitifs, le soleil source de la lumière et de la vie, aussi fut-il élevé au rang des dieux par un grand nombre de peuples.

 

Comme le tournesol ressemble à un petit soleil, synonyme de soleil, de lumière, de vie, de fécondité, de santé et de sagesse. il était considéré comme le symbole des dieux du soleil en Amérique, sa patrie d'origine.


Tout dans la plante était utilisé lors de leurs cérémonies religieuses.


Des tournesols en bois sculpté, des tribus amérindiennes ont été découverts en Arizona sur des sites archéologiques.


Le tournesol est originaire d’Amérique latine où il est cultivé par les Mexicains depuis plus de 7000 ans. Les Aztèques cultivaient déjà la fleur de tournesol qui était considérée comme sacrée. 


On dit que les indigènes de l’Empire Inca vénéraient un tournesol géant, et que les prêtresses incas portaient de grands disques de tournesol faits d’or sur leurs vêtements. 

 

On a trouvé des représentations de tournesol dans les temples de la cordillère des Andes, et les Indiens d'Amérique avaient l'habitude de placer des bols de graines de tournesol sur les tombes de leurs morts. 


La fleur était un symbole du Soleil chez les Incas du Pérou ; lorsque l'empereur était porté sur son trône d'or, les nobles guerriers qui marchaient près de lui tenaient à la main un Tournesol fait du même métal.
il est cultivé au Mexique par les Aztèques qui le considèrent comme sacré. 


Le tournesol est utilisé depuis longtemps par les peuples d’Amérique pour ses propriétés nutritives, médicinales, tinctoriales. Si la forme sauvage existe depuis plusieurs millénaires, l’archéologie suggère que la culture et l’amélioration du tournesol remonteraient à environ 4.100 av. J.-C. Des vestiges de graines de tournesol ont été découvertes (en 2001) à San Andres, un site archéologique dans la région de Tabasco au Mexique.
Ces graines semblent être de 1200 ans plus vieilles que celles retrouvées sur la côte est des USA.

Elles ont été datées à 4100 ans avant Jésus-Christ.


Selon de récentes recherches, le tournesol aurait été domestiqué dans le centre-est des Etats-Unis. D'un tournesol sauvage, essentiellement poly-flore et ramifié, les Amérindiens sélectionnent une plante ayant un seul capitule qui porte des graines plus grosses. 
 

On extrayait du pollen et des pétales un pigment permettant de réaliser des peintures rituelles et lors de cérémonies à caractère solaire, les prêtresses arboraient des colliers faits de pétales de tournesol.


 

 

Les chercheurs de l'Université de Cincinnati et de l'Université de l'Etat de Floride ont montré que le tournesol était domestiqué au Mexique 4000 ans avant ce qui avait été précédemment estimé.

 

Mexique
Il existe aujourd'hui des preuves solides que deux événements similaires ont eu lieu à des milliers d'années et des centaines de kilomètres de distance...


Lentz et ses collègues ont rassemblés des données archéologiques, linguistiques, ethnographiques et ethnohistoriques prouvant que le tournesol était entré dans la culture mexicaine 2600 avant JC; sa culture était très répandue au Mexique et s'étendait jusqu'au Salvador. Enfin, il était bien connu des Aztèques, et est toujours utilisé, aujourd'hui, par les cultures traditionnelles d'Amérique centrale.

 

Mais, l'inconnue réside dans le fait qu'on ne sait pas si les cultures du tournesol Mexicain et d'Amérique du Nord sont liées.

 

Il est assez difficile de déterminer exactement l’origine de l’usage du tournesol chez les Amérindiens dans la mesure où ses graines sont beaucoup plus fragiles que les graines de maïs qui, une fois séchées, peuvent se conserver pendant des millénaires. Cependant, les chercheurs ont découvert des graines éparses de tournesol dans les sites archéologiques de l’Amérique du Nord et de l' Amérique du Centre, plus précisément dans des tombes au Mexique.

 

En fait, les graines de tournesol (akène) ont été retrouvées au Mexique dans des situations où la conservation était particulièrement bonne.
L'utilisation de la spectrométrie de masse par accélérateur a permis de dater des graines à plus de 2600 avant JC.


Enfin, les stratégies de recherche archéologique dans de nombreux domaines de la Méso-Amérique se sont concentrées davantage sur l'architecture monumentale que sur l'évolution agricole.

​​​​​​​

Les Otomi, l'un des groupes indigènes mexicains interrogés, utilise le nom "dä nukhä", qui se traduit par "grande fleur qui ressemble au dieu-soleil", une référence au culte solaire pré-colombien. Le tournesol est encore couramment utilisé comme ornement dans leurs églises.

 




VIII° - XIII° siècle

 


Il semble que les Hopis soient venus vers VIII°  siècle,  du sud pour s'installer dans l'actuel Arizona.

 

Entre 700 et 1100, ils ont construit ou emménagé dans les pueblos de Mesa Verde, Chaco Canyon, Aztec, Wupatki, Betakin et Keel Seek où l'on trouve leurs signes de clans sur des murs.

 

Pendant les grandes sécheresses de 1276 à 1299, la plupart de ces pueblos ont été désertés. C'est durant la même période que les villages sur les trois mesas ont été fondés.


Les Indiens "Hopi" séchaient les fibres des tiges de tournesols afin de confectionner des cordes, des tressages pour faire de la vannerie. Également ils extrayaient une teinture d’une variété de tournesol sauvage aux graines violettes (les akènes ou fruits) qu'ils broyaient dans de l’eau.


La fleur bouillie donnait une teinture jaune avec laquelle ils teignaient tout aussi bien les tissus que leur corps pour leurs rituels.


 

 

 

XIII° - XVI° siècle

 


Mexique (V. 1200 apr. J.-C. - 1521 apr. J.-C.)

 

Les Aztèques, ou Mexicas (du nom de leur capitale, Mexico-Tenochtitlan), étaient un peuple amérindien du groupe nahua, ( de langue nahuatl).


Le tournesol était un symbole et une métaphore de la guerre, une offrande au dieu de la guerre Huitzilopochtli, et était représenté sur les boucliers de plusieurs divinités importantes... 


D'après L’archéobotaniste David Lentz de l'université de Cincinnati (Ohio) :


"Lorsqu'on les interroge sur les tournesols, les personnes de la culture Nahuas au Mexique, les descendants des Aztèques, nous ont donné un indice pour faciliter l'interprétation de textes historiques", "le Nahuas moderne utilise deux mots pour le tournesol : 


"chimalxochitl", qui signifie  "bouclier fleur" ou


"chimalacatl", qui signifie "bouclier roseau", qui est également une référence à sa tige creuse et large.

 

Ces termes nous ont conduit à des tournesols en références à la liste des chroniques au début du 16° siècle, de la société aztèque, (le Codex de Florence, écrit par Fray Bernardino de Sahagun). 

 

Tournesol (Codex de Florence livre 9) avec tampon préhispanique avec motif floral de Texcoco

 

 

Son association avec le soleil, le dieu de la guerre et la pièce le bouclier, le tournesol figure clairement dans les conceptions de bouclier de plusieurs divinités mexicaines éminentes, dont Huitzilopochtli.


Dans le Codex de Florence, le tournesol est décrit dans le cadre d'une offre au dieu Soleil ", Huitzilopochtli."

 

Le travail de Fray Bernardino de Sahagún (1499-1590) constitue l’une des sources historiques les plus renommées de l’ancien Mexique.  Son travail contient le Codex Florentine, un manuscrit divisé en deux colonnes de textes en Náhuatl et en espagnol.


 

               Huitzilopochtli représenté dans le codex Telleriano-Remensis.

 

 

Le tournesol (girasol ou mirasol) a longtemps été utilisé au Mexique comme fleur ornementale et , a été cultivée dans les champs, a été consommée par la population locale, (les graines consommées fraîches ou broyées et mélangées à la bouillie traditionnelle -comme une boisson connue sous le nom d'atole ), en tant que médicament  pour apaiser la poitrine, traiter les brûlures ou les piqûres

on la trouve

dans les herbes médicinales compilées en 1615 par Francisco Hernández, médecin de la cour du roi Felipe II d'Espagne)


Le tournesol était associé au culte solaire et à la guerre, et en tant que symbole sacré.


Illustrations de tournesol dans l'herbe médicinale de F. Hernández, Livre 1


 


Le Codex florentin encyclopédique de Sahagún, comprend les mêmes noms, mais  il donne également un aperçu de l'utilisation rituelle et du symbolisme du tournesol, parmi la noblesse mexicaine et les marchands qui jouaient un rôle vital dans l'approvisionnement de l'élite de Tenochtitlan en produits de luxe de tout l'empire aztèque désireuse d'afficher ses richesses.

 

Ils organisaient de somptueux banquets, les jours favorables du calendrier aztèque. Ces fêtes opulentes, étaient en partie destinées à "reconnaître " et à honorer les pauvres et les personnes âgées de leur communauté. 


 

Ils étaient aussi l'occasion de cimenter des liens entre les marchands (qui devaient souvent se frayer un chemin à travers des territoires étrangers hostiles) et les guerriers de haut rang, qui étaient toujours invités, ainsi que les membres de la noblesse.... 

Fleurs comme cadeaux de banquet (tournesol au centre), Codex florentin encyclopédique de Sahagún Livre 9

 

 

Quatre ingrédients étaient proposés aux invités lors des banquets des marchands : 


"les fleurs, le tabac, la nourriture, le chocolat" (boisson rituellement mousseuse à la fin du festin). Le Codex précise le rôle de chacun d'eux à tour de rôle, en commençant par le tabac...

Tube de tabac et tournesol: cadeaux pour les nobles avec les associations militaires... Codex florentin encyclopédique de Sahagún Livre 9

,
 

L'hôte du banquet, accompagné de chanteurs et de tambours, effectuait une offrande rituelle à la pyramide de Huitzilopochtli, où il déposait "des fleurs de tournesols",  des colliers et des guirlandes de fleurs. 

Offrandes de tournesols et autres fleurs et tubes de tabac à Huitzilopochtli ; Codex florentin encyclopédique de Sahagún Livre 9

 

 

Il n'y avait pas que les marchands aztèques qui arboraient des tournesols. Les dirigeants et les nobles exhibaient des tournesols ornés de bijoux, confirmant peut-être leur allégeance à Huitzilopochtli et au Soleil. 


Netzahualpilli, souverain de Tetzcoco, est représenté dans le Codex Ixtlixochitl tenant un bourgeon de tournesol jaune et rouge et un tournesol ouvert dans chaque main.

 
Pour ce grand poète-roi (comme son père Netzahualcóyotl), les fleurs de toutes sortes, omniprésentes dans les chansons et les poèmes nahua, étaient belles non seulement comme ornements physiques mais aussi comme métaphores.

 
Le tournesol (" fleur-bouclier "), est l'une des rares espèces de fleurs à être spécifiquement nommée dans la poésie náhuatl.

 Netzahualpilli, Codex Ixtlixochitl feuille 108r

 

 

Des restes de graines de tournesol ont été découverts dans des offrandes sur le site principal aztèque du Templo Mayor à Mexico. 


 

Motifs soleil


- Fleurs préhispaniques : verticilles de fuseau en céramique de Xaltocan (cité-État précolombienne située sur une ile du lac Texcoco dans la vallée de Mexico. la ville était à l'origine occupée par les Otomis mais à la suite d'une guerre au XIV° siècle le site est occupé par les Aztèques). ;

- Sculpture en pierre mexicaine 

 

 

 

XVI° siècle

 

Ayant traversé l’Atlantique avec les conquistadors espagnols en 1510, cette plante s’est répandue rapidement  dans toute l’Europe occidentale.  Au début, le tournesol a eu une fonction purement décorative dans les jardins, aussi bien privés que botaniques. 

 

Il est fort possible que les Espagnols n'aient d'abord pas été conscients du puissant symbolisme de la fleur lorsqu'elle leur a été offerte en gage d'alliance militaire par les "Tlaxcaltecans" lors de la campagne épuisante de deux ans contre les Aztèques.  Dans les années qui ont suivi la Conquête, les autorités espagnoles ont peut-être supprimé le tournesol pour éviter de réveiller ses connotations religieuses et militaires. Ce serait en effet un témoignage de son pouvoir profondément symbolique dans la culture des Mexicains...


Les chercheurs soulignent que le tournesol, associé au culte solaire et à la guerre, au Mexique, a pu conduire à sa suppression après la conquête espagnole.


Le chercheur David Lentz. :


"Le tournesol passait pour être un puissant aphrodisiaque, ce qui pourrait avoir également contribué à ce qu'il soit interdit par les prêtres Espagnols", 

 


La conquête de Tenochtitlán - Mexique.

Représentant la chute de Tenochtitlan en 1521 , lors de la conquête espagnole de l'empire aztèque .

Peinture seconde moitié du XVIIe siècle

Collection Jay I. Kislak; Division des livres rares et des collections spéciales (26.2).


 

 

 

Lorsque Francisco Pizarro (1475-1541) conquistador espagnol. Il conquit l'Empire inca et fut aussi gouverneur de l'actuel Pérou (Nueva Castilla).

Il est connu pour avoir emprisonné et condamné à mort en 1533 l'empereur inca Atahualpa après la bataille de Cajamarca.

En 1532, il s'est battu au Pérou, et trouva le tournesol géant, vénéré par les Indiens de l'empire Inca, image sacrée de leur dieu Soleil.  

Les prêtresses incas, les vierges du soleil, portaient des disques de  grands tournesols  d'or sur leurs vêtements.

 

 

 

Le tournesol aurait été introduit en France sous François Ier (1494-1547) et poussait déjà dans les jardins du roi, comme plante ornementale. 

 

 

 

XVII° siècle

 


1632-1633

Anton Van Dyck (1599-1641), 

Autoportrait avec un tournesol, 1632-1633. 

Collection particulière.

Installé à Londres au début des années 1630, l'artiste flamand devint Premier Peintre du roi Charles Ier d'Angleterre auquel il offrit son profond dévouement, symbolisé par la fleur de tournesol aux pétales d'or.

 

 

1633

Anton Van Dyck (1599-1641), 

Étude pour le portrait de Sir Kenelm Digby (1603-1665), philosophe anglais


 

 

 

Le codex Gottorfer (Gottorfer Codex en allemand ou gottorpske kodeks en danois) est un ouvrage de botanique en quatre volumes commandée par Frédéric III de Holstein-Gottorp entre 1649 et 1659 pour représenter le large assortiment de plantes qui poussaient dans les jardins ducaux au Château de Gottorf ("Gottorp") dans le duché de Schleswig.


Les 365 pages illustrées de l'ouvrage représentent 1 180 plantes peintes à la gouache sur du parchemin de veau par le peintre de Hambourg, Hans Simon Holtzbecker ( v. 1649-1671)


Helianthus annuus 


Tournesols 


 

 

 

 

XVIIème siècle.

 


Samuel de Champlain (v.1567 et 1574-1635), colonisateur, navigateur, cartographe, soldat, explorateur, géographe, commandant et auteur de récits de voyage français. Il fonde la ville de Québec le 3 juillet 1608.


Il a introduit en France le topinambour Helianthus tuberosus qui vient des Amériques. 

 

Fleurs de topinambours -1880 – de Claude Monet.

 

 

1670

Pierre Mignard (1612-1695),

La marquise Athénaïs de Montespan (1640-1707), 1670.

Portrait de Madame de Montespan (1641-1707), Maîtresse du roi Louis XIV 

Madame de Montespan était la maîtresse de Louis XIV depuis 1667. A cet égard, elle fut souvent représentée par Pierre Mignard, Premier Peintre du roi. L'élégant bouquet de fleurs de tournesol évoque ici les faveurs royales dont elle bénéficiait et le rayonnement de sa beauté sur les charmes de la Cour.

Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

 

 

 


Charles de La Fosse (1636-1716),

Clytie changée en tournesol, 1688.

Versailles, musée national du Château et de Trianon.

 

 

 

De retour des Pays-Bas en 1698, le tsar russe Pierre le Grand a rapporté chez lui des graines de tournesol, et des pommes de terre.. 

Le tsar prévoyait que les Russes pourraient faire bon usage de ces derniers, mais les gens résistèrent dans un premier temps.

 

 

 

XVIII° siècle 

 

 

Durant les monarchies, le tournesol était le symbole de la puissance, de la richesse, de la soumission, de la fidélité.

 

Ainsi, par exemple, au zénith de son pouvoir le roi Louis XIV faisait frapper des jetons à l'effigie du soleil et du tournesol. 

 

Louis XIV, Flandre, États de Lille de 1713, Jeton, Signé TB, 
Le Soleil éclairant un pied d'hélianthe ou tournesol, placé à droite

 

 

 

Auteur anonyme - 

1° quart - XVIII° siècle

Portrait de Madame de Montespan (1641-1707), Maîtresse du roi Louis XIV 

Commandé par le maréchal de Tessé pour le château de Vernie

Le Mans, Musée de Tesse - 1794


 

 

 

John Miller ou Johann Sebastian Mueller (1715-1790)

illustrateur et un naturaliste anglais d'origine allemande


Il illustre de très nombreux ouvrages de sciences naturelles, principalement de botanique.

Il réalise les planches de "Illustratio systematis sexualis Linnaei"  (Illustration du système sexuel de Linné)en 1777.


J.S., Borckhausen, M.B., Illustratio  systematis sexualis Linnaei (German) ], t. 68 (1770-1777) [J. Miller] Find classic sunflower seeds and dozens of new sunflowers (Trouvez des graines de tournesol classiques et des dizaines de nouveaux tournesols).


 


 

Johann Paul Friedrich Richter (1763-1825), mieux connu sous le pseudonyme de Jean Paul écrivain allemand.

Pensées extraites de tous les ouvrages de Jean-Paul. 


"Un ami est à-la-fois le soleil et le tournesol, il attire et il suit"

 

 

 

Dans le calendrier républicain, le Tournesol était le nom attribué au 19e jour du mois de vendémiaire, premier mois du calendrier républicain français.

Il correspondait à quelques jours près (selon l'année) à la période allant du 22 septembre au 21 octobre du calendrier grégorien.


Il tirait son nom "des vendanges qui ont lieu de septembre en octobre", selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d'Églantine, au nom de la "commission chargée de la confection du calendrier ".


 

 

XIX° siècle

 

 

 

Alexandre Soumet (1788-1845) poète et dramaturge français

 

Le ciel

 

..."Et la terre complice abandonne sans voiles

Son firmament de fleurs au firmament d'étoiles ;

Excepté les faveurs du tournesol vermeil,

Dont l'amour dédaigneux ne répond qu'au soleil". (...)


 

 


A partir de 1830, c'est en Russie que la production commerciale du tournesol a commencé. Quelques années plus tard, la région de Voronej produisait des milliers de tonnes d’huile de tournesol. 


Les Russes l'utilisaient car il ne figurait pas sur la liste des corps gras interdits par l'Église orthodoxe, lors du carême. 


La culture s’est vite propagée dans les pays voisins d’alors : la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie, l’Ukraine et la Yougoslavie.


Jusqu’au début du XIX° siècle pratiquement,  tout le reste de l’Europe a ignoré l’existence de cette huile. 


Ce sont des immigrants russes qui, à la fin du XIX° siècle, ont réintroduit le tournesol en Amérique du Nord. En effet, les premiers colons du Nouveau Continent n’avaient pas adopté la culture du tournesol que pratiquaient les Indiens. 


 

 

 

Eduard Mörike (1804-1875) écrivain romantique wurtembergeois.

..."Ainsi qu’un tournesol, mon âme est tout ouverte, impatiente, écartelée d’amour et d’espérance"...


 

 

1878

Angelo de Gubernatis

Mythologie des Plantes ou Les légendes du règne végétal
Tome I


..."Les Grecs aussi ont fait entrer leur Helios dans le nom de plusieurs plantes. Clytia aimait Hélios sans espoir ; les dieux, la voyant se tourner continuellement vers Helios, la changèrent en une fleur qui se tourne toujours vers le soleil450 : c’est l’Helianthemum roseum de Decandolle. J. B. Porta, (1535-1625)écrivain italien, polymathe, fasciné par le merveilleux,  dans ses "Phytognonomica", d’après les anciens, nous parle de l’hélianthe ou heliocallis comme d’une herbe qui donne la beauté aux rois persans451, mais sans pouvoir l’identifier"...


 

 

 

1880

Claude Monet  (1840-1926) peintre français et l’un des fondateurs de l'impressionnisme.

Jardin de Monet à Vétheuil (1880)

 


 

1881

Claude Monet (1840-1926), peintre français et l’un des fondateurs de l'impressionnisme

Monet a toujours aimé être à l’extérieur et partout où il vivait, il plantait des fleurs. Il justifiait son jardinage obsessionnel par le fait que les fleurs lui donnaient un sujet à peindre. Il aimait particulièrement les tournesols. 

Bouquet de soleils


 

 

Claude Monet (1840-1926), peintre français et l’un des fondateurs de l'impressionnisme

Portrait de Suzanne Hoschede aux Tournesols


 


 

Mary Cassatt (1844-1926) peintre et graveuse américaine.

Enfant et sa mère portant un  tournesol sur sa robe


 

 

 

Les Tournesols de Vincent Van Gogh (1853-1890) peintre néerlandais

 

1887

Les Tournesols est le nom attribué à deux séries de peintures réalisées par Vincent van Gogh. La première est exécutée lors de son séjour à Paris en 1887, 

Au départ, Van Gogh conçoit cette série en vue de décorer son atelier qu'il s'apprête à partager avec Paul Gauguin. 

"Dans l'espoir de vivre dans un atelier à nous avec Gauguin je voudrais faire une décoration pour l'atelier. Rien que des grands Tournesols. [...]

Enfin si j'exécute ce plan il y aura une douzaine de panneaux. Le tout sera une symphonie en bleu et jaune donc. J'y travaille tous ces matins à partir du lever du soleil. Car les fleurs se fanent vite et il s'agit de faire l'ensemble d'un trait". 

 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Deux tournesols coupés

Paris, août/septembre 1887

Musée Van Gogh - Amsterdam


 

Vincent Van Gogh  (1853-1890

Tournesols - 1887

Musée métropolitain d'art New York

 

 

    
Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Deux tournesols coupés

Paris, août/septembre 1887

Musée des Beaux-Arts de Berne 

 

 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Quatre tournesols flétris

Paris, août/septembre 1887

Musée Kröller-Müller  Otterlo

 

 


Les tournesols évoquent la formidable créativité de Van Gogh qui loua, en 1888, en Arles, une petite maison dont la façade était peinte en jaune.

 

La seconde série comprend quatre toiles, elle représente des bouquets de tournesols dans des vases. 


Dans une lettre à son frère datée d'août 1888, il évoque un détail de ce séjour parisien qui lui inspire la série des Tournesols : 


..."A côté de ton magasin, dans le restaurant, tu sais bien qu’il y a une si belle décoration de fleurs là, je me rappelle toujours le grand tournesol dans la vitrine."

Il s'agit d'un restaurant appartenant à la chaîne Duval qui, en 1900, portera le nom "Le Soleil", d'après une photographie de l'époque. Il est situé à côté de la galerie Boussod et Valadon, anciennement Goupil & Cie, qui emploie Theo comme directeur de succursale, au 21 boulevard Montmartre"...

 

"Je suis en train de peindre avec l'entrain d'un Marseillais mangeant la bouillabaisse ce qui ne t'étonnera pas lorsqu'il s'agit de peindre des grands Tournesols". 

— Vincent van Gogh, Correspondance Générale : Tome III, Gallimard, Paris, 1990

    
 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Vase aux trois tournesols

août 1888 

Collection privée États Unis


 

 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Vase aux six tournesols

1888

Détruit par un incendie en 1945 (bombardement de guerre : on pense que la lourde charpente en bois l'a empêché d'être secouru à temps).

Image redécouverte par Martin Bailey en 2012 dans un portfolio de quatre estampes publiées à Shirakaba , Tokyo 1921, trouvées dans les archives du Mushakoji Saneatsu Memorial Museum. 


 

 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Vase aux douze tournesols

août 1888

Nouvelle Pinacothèque  Munich

 

 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Vase avec quinze Tournesols

1889 

Musée Van Gogh  Pays-Bas

 

 

 

Van Gogh peindra cependant, fin janvier, une copie de chacun des originaux de la chambre de Gauguin en vue d'un échange avec lui, des "répétitions absolument équivalentes et pareilles". Il l'écrit à Theo dans sa lettre du 28 janvier 1889. 

..."Dans l'espoir de vivre dans un atelier à nous avec Gauguin je voudrais faire une décoration pour l'atelier. Rien que des grands Tournesols. [...] Enfin si j'exécute ce plan il y aura une douzaine de panneaux. Le tout sera une symphonie en bleu et jaune donc. J'y travaille tous ces matins à partir du lever du soleil. Car les fleurs se fanent vite et il s'agit de faire l'ensemble d'un trait"..

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Vase aux douze tournesols

1888/1889 

Musée d'art de Philadelphie, États-Unis.


 

 

Vincent Van Gogh  (1853-1890) 

Vase avec quatorze tournesols

1888

galerie nationale  Londres


 

Lettre de Vincent van Gogh à Arnold Koning, 22 janvier 1889

 "Mais évidemment, j’ai peint de nombreuses autres études ou peintures pendant tout ce temps. Entre autres cet été, deux fleurs avec rien que des tournesols dans un pot en terre cuite jaune. Peint avec les trois jaunes de chrome, l'ocre jaune et le vert "Véronèse" et rien d'autre. "



En 1891, l'écrivain Octave Mirbeau achète le premier bouquet arlésien au père Tanguy, le fournisseur de peinture de Vincent van Gogh, pour 300 francs.


Julien François Tanguy, dit le père Tanguy, est un marchand de couleurs, né à Plédran en Bretagne, le 28 juin 1825 et mort à Paris, le 6 février 1894. Sa boutique, 14, rue Clauzel à Paris, fut un lieu essentiel du développement de l'impressionnisme, le père Tanguy comptant parmi les premiers collectionneurs et marchands de tableaux des peintres impressionnistes.
 

 

 

1888

Paul Gauguin (1848-1903) peintre postimpressionniste français

Van Gogh peignant les tournesols

Musée Van Gogh Amsterdam

 

 

1890

Paul Gauguin (1848-1903) peintre postimpressionniste français

femme au tournesols 

 

 

Paul Gauguin (1848-1903) peintre postimpressionniste français

Femme des Caraïbes, ou Femme nue avec des tournesols

 

 

Octobre 1898


Dans une lettre de Gauguin à son ami, le sculpteur Daniel de Monfreid, il lui demande des graines et des oignons de fleurs pour embellir son petit jardin, et combien les tournesols l'enchantèrent et le captivèrent.


Tahiti 1901

Paul Gauguin (1848-1903) peintre postimpressionniste français

Tournesols sur un fauteuil, 1901 

Galerie Kahnweiler. collection S. Chtchoukine. 

Entré à l’Ermitage en 1931.

 

 


Paul Gauguin (1848-1903) peintre postimpressionniste français

nature morte "espoir" - tournesols 

Musée des beaux-arts du Canada 


 

 

 

1891

Imao Keinen (1845-1923) peintre japonais

Les oiseaux des 4 saisons

oiseau et tournesol

Editeur :  Nishimura


 


 

1897

Helianthus argophyllus

Tournesol à feuilles argent

illustration de 1897.


 

 

 

Oscar Wilde (1854-1900)

écrivain, romancier, dramaturge et poète irlandais 

portait régulièrement un jeune tournesol à la boutonnière.

 


George Frederick Keller (1846-1883) 

dessinateur actif en Californie, connu comme le principal illustrateur du magazine satirique de San Francisco The Wasp

La Guêpe , 31 mars 1882

Caricature illustrant la visite d'Oscar Wilde en 1882 à San Francisco.

 


 

Remy de Gourmont (1858-1915) écrivain français, à la fois romancier, journaliste et critique d'art, proche des symbolistes.


Hiéroglyphes


..."Ô pourpiers de mon frère, pourpiers d'or, fleur d'Anhour,

Mon corps en joie frissonne quand tu m'as fait l'amour,

Puis je m'endors paisible au pied des tournesols"...

 

Jörg Langhans l'homme tournesol

 

 


 

1893

Evelyn de Morgan (1855-1919), 

artiste anglaise préraphaélite, 

Clytie, 1893.


 

 

 

Louis Welden Hawkins (1849-1910), 

peintre symboliste. 

Clytie, date inconnue.


 


 

Paul-Jean Toulet (1867-1920) écrivain et poète français, célèbre pour ses Contrerimes, une forme poétique qu'il a créée. 

- dixains 

 


Non, ce taxi, quelle charrette


" - Non, ce taxi, quelle charrette.

C'est sous les toits, votre entresol ?

Je t'aime... Oui c'est un tournesol...

Si tu savais comme il me traite :

Des claques voilà mes cadeaux !

Je croyais n'être jamais prête.

... Ça ? C'est moi. Laissez les rideaux. "

" - Le coeur vous est bien en dentelle. "

" - Mais il faut une heure " dit-elle

" Rien qu’à me lacer dans le dos. "


 

 

 

Paul-Pierre Roux, dit Saint-Pol-Roux  (1861-1940)

poète symboliste français.

Les Reposoirs de la procession

Édition du Mercure de France, 1893 (Tome premier, p. 87-96).

La religion du tournesol

 

À Antoine de la Rochefoucauld.

 

Soleil, roi de l’Obole !
(Paroles de Magnus.)

 

Tout à virer d’après le soleil qu’ancillairement il admirait, jamais ce Tournesol, fervent comme un coup d’encensoir figé en l’air, n’avait daigné m’apercevoir, malgré ma cour de chaque heure et de chaque sorte.

Oeil du Gange en accordailles avec le nombril du Firmament, la fleur guèbre ne voulait se distraire de son absolue contemplation.

L’indifférence de cet héliotrope me rendit jaloux de l’astre.

Naine au début tant que superficielle fille de ma vanité, cette jalousie, foncière dès qu’adoptée par ma raison, prit désormais une envergure énorme.

Mes moindres appétits de rival convergèrent vers ce mystérieux pétale à conquérir : un regard de la fleur.

Pour une telle victoire je mis au vent, l’un après l’autre, tous les moyens de stratégie possibles.

...


Vêtu d’étoffes somptueuses, comme taillées dans un songe de poète pauvre, une grappe adamantine à chaque oreille, les phalanges corselées de bagues, pontife de l’idée sous la tiare ou prince de la matière sous le diadème, j’allai promener autour de la fleur ma braverie de guêpe humaine.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Longtemps je m’appliquai à parfaire ma force ainsi que ma beauté, conjuguant la course, le bain, les poids, luttant avec la corne ou la crinière ou le chef-d’œuvre ; une fois très fort et très beau je vins, un essaim de vierges pâmées à mes flancs, produire à l’œil incorruptible de l’inexorable idole le verger de ma forme.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Jugeant nécessaire de joindre à l’argument du corps celui de l’âme, je lavai dans mes vagues de repentir le corbeau prisonnier en ma personne puis on me vit parader devant la spéculative avec un roucoulement de colombe aux lèvres.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Traversé de la baroque hypothèse que cet œil pouvait n’être qu’une extraordinaire oreille de curiosité, je m’environnai de harpes, de violes, de buccins, et, comme au mitan d’un harmonieux brasier, je m’avançai saluer d’une strophe divine l’inflexible.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Sa rude margelle en guise de pupitre, je m’abreuvai si bien à tous les seaux jaillis de la Science que les pygmalions copièrent ma renommée et que les édiles votèrent d’épaisses semelles de granit à mes statues sollicitées par les forums.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Espérant décisif le moyen de patrie, je fondis sur la multitude étrangère, saccageai ses lois, brisai ses symboles, brûlai ses bibliothèques, pour finalement m’asseoir sur le trône du roi vaincu dont la langue coutumière de l’ambroisie léchait mes orteils d’apothéose.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Si la fleur était simplement quelque étrange malsaine ? complotai-je un jour d’exaspérée lassitude, — et vite d’assassiner une très vieille femme en train d’éplucher des carottes.

Le Tournesol ne me regarda mie.

Découragé, rageusement j’imaginais des combinaisons, inutiles d’avance, — lorsque passèrent sur la route trois Mendiants…

Évangélique, je m’avance.

— Je suis la Semaille.

Dit le premier aux membres de terre et cheveux de fumier.

Je baisai ses cicatrices, desquelles soudainement vagit un avril d’arc-en-ciel.

— Je suis le Chagrin.

Dit le second drapé de feuilles mortes.

Je l’enchantai d’espoir, à telles enseignes que sa bouche verdâtre s’ouvrit en grenade et montra des grains de rire.

— Je suis la Vieillesse.

Dit le troisième couleur de givre et de faiblesse.

Je jetai mon manteau sur ses épaules, lui cueillis un sceptre de houx dans la lande et lui remis les fruits jolis de ma besace avec le sang rose de ma gourde, si bien qu’il partit la jambe gaillarde et les pommettes riches.

Alors, me prenant sans doute pour le soleil, le Tournesol tourna vers moi son admiration, — et dans cet œil je m’aperçus tout en lumière et tout en gloire.


 

 

1895

Friedrich Fehr (1862-1927) peintre allemand.

La fille au tournesol


 

 

 

1896-1897

Hélianthus Argophyllus

tournesol à feuilles d'argent

Fleurs préférées de jardin et de serre /.

Londres et New York :Frederick Warne & co.,1896-97..

Biodiversitélibrary.org/page/36443731


 


 

George Dunlop Leslie (1835-1921)  peintre de genre, auteur et illustrateur britannique.

Les tournesols

 

 

 

1899 Alexandre de Riquer (1856-1920)

lithographie 

Quatrième exposition du "cercle artistique de Sant Lluch"
(Quarta exposicio del Circol de Sant Lluch)

Editeur : Lit. Utrillo & Rialp S.C., Barcelona

buste jeune femme avec fleur tournesol ; feuille ; trèfle


 

 

 

1899


Immeuble Art Nouveau signé Georges Malo.


A Vincennes, on peut admirer un  bâtiment Art Nouveau,  construit en 1899, par Georges Malo. 


En caressant la façade du regard, on découvre des tournesols, des feuilles de chardon et des arbres de vie.


Le tournesol déploie ses longues tiges et ses pétales charnus sur les balcons 

 

 

 

XX° siècle

 

 

Art nouveau 1900

Eugene Grasset (1845-1917) graveur, affichiste, décorateur et architecte français d'origine suisse, représentatif de l'art nouveau.-

La Grande Dame - lithographie originale


 

 

 

 

Art nouveau 1900
Henry Lambert (ca 1836-1909)
panneau décoratif aquarellé en couleur, de tournesols

 

 

Art nouveau 1900
Henry Lambert (ca 1836-1909)
panneau décoratif aquarellé en couleur, de tournesols


 

 

 

 

V. 1900

Louis Fuchs

artiste de la fin du XIX° siècle.
 

Décoration Art nouveau

Paon Tournesol - Lithographie 


 


 

1900

vintage

the century - femme et tournesol


 

 

 

1902

Carl Larsson (1853-1919), peintre, illustrateur et dessinateur suédois. 

Dix-huit ans, 1902.

Dans la main de cette jeune fille vêtue de blanc, un brin rêveuse à l'orée de ses dix-huit ans, le tournesol devient un emblème de la fertilité de la terre. 

 

 

1903 

Carl Larsson (1853-1919), peintre, illustrateur et dessinateur suédois.


La leçon avec les tournesols ou la première leçon, 1903.

 

 

 

 

1903 

Carl Larsson (1853-1919), peintre, illustrateur et dessinateur suédois.

Jeu de cache-cache.

Fleur des champs, le tournesol est associé chez Larsson aux joies et aux souvenirs d'enfance. Il représente également la jeunesse du soleil.

 

 

 

1907

vintage

fille, chien et tournesols
 

 

 

 

1907


Pieter Cornelis Mondriaan, appelé Piet Mondrian (1872-1944), 

peintre néerlandais reconnu comme l'un des pionniers de l’abstraction.

Nature morte avec le tournesol, 1907.


 

 

 

Pieter Cornelis Mondriaan, appelé Piet Mondrian (1872-1944), 

peintre néerlandais reconnu comme l'un des pionniers de l’abstraction.

Tournesol mourant

 

 

 

1911

Egon Schiele (1890-1910), peintre et dessinateur autrichien rattaché au mouvement expressionniste.

Tournesols expressionnistes, 1911.

Vienne, Belvédère.

 

 

 

1905-1906

Gustav Klimt (1862-1918) peintre symboliste autrichien, et l'un des membres les plus en vue du mouvement Art nouveau et de la Sécession de Vienne.

Jardin aux tournesols (1905-06)
Exposition à Vienne, Palais du Belvédère

 

 

 

1907

Gustav Klimt (1862-1918) peintre symboliste autrichien, et l'un des membres les plus en vue du mouvement Art nouveau et de la Sécession de Vienne.

tournesols 

 

 

 

1908

Tournesol 

Gravure sur bois antique Japonais imprimé, Ito Jakuchu, 

Editeur Unsodo Année 1908


 

 

 

1917

Isaac Lazarus Israels (1865-1934), peintre néerlandais associé à l'Impressionnisme, 

Femme devant les tournesols de Van Gogh, 


 

 

 

Robert Desnos  (1900-1945) poète surréaliste et résistant français

Recueil : chantefleurs

 


Le Soleil 


Soleil en terre, tournesol, 

Dis-moi qu’as-tu fait de la lune ? 

Elle est au ciel, moi sur le sol, 

Mais nous avons même fortune 

Comme des fous au cabanon.

 

Liisa-corbiere - champs de tournesol



 

 

Francis Combes

Poésie d'utilité publique

Journal poétique de Francis Combes

 


La compagnie des tournesols

 

Plantés au beau milieu du champ de bataille.

Ils sont rayonnants.

Armée de tournesols en leur midi.

Innombrables, fiers et lumineux dans la clarté du jour

Ils portent sur la terre les armes du soleil

En rangs serrés, bataillons de la jeunesse ardente

à qui tout est promesse

Ils ont pour eux l’espérance, la justice, l’avenir et le droit

Ils se lèvent dans la plaine et déferlent des collines

Ils se tiennent debout, droits et magnifiques

Ils décrètent leur clarté victorieuse sur la nuit

et sur l’obscurité caverneuse du passé

Leur œil unique fixe le centre de l’été

Puis vient la fin de la saison

Ils ont bu du regard tant de soleil

que leur rétine en est brûlée,

leur œil immense a noirci,

leur cœur est lourd

et, quand le jour décline, ils courbent la tête,

disposés à donner le meilleur d’eux-mêmes,

mûrs pour la moisson,

prêts pour le passage de témoin

au sommet de la colline.


 

 

 

1920

Edward Steichen (1879-1973), photographe, peintre et lithographe américain. 

Le Tournesol, 1920. National Gallery of Art, Washington.


 

 

Ernst Ludwig Kirchner (1880-1938) peintre expressionniste allemand

- Tête de femme devant les tournesols - (MeisterDrucke-30538)


 

 

 

Vladimir Vladimirovitch Nabokov (1899-1977) américain d'origine russe, écrivain, romancier, nouvelliste, poète, mais aussi traducteur et critique littéraire,  considéré comme l'un des auteurs les plus importants de la littérature du XX° siècle.

Véra Nabokov (1901-1991) épouse, dactylographe, éditrice, inspiratrice et parfois traductrice, voire garde du corps de l'écrivain Vladimir Nabokov. 



“Lettres à Véra” : le grand amour de Nabokov


26 juillet 1923, Solliès-Pont, Var


..."Oui, j'ai besoin de toi, mon conte de fées. Car tu es la seule personne avec laquelle je puisse parler - de la nuance d'un nuage, du chant d'une pensée, la seule à qui je peux dire qu'aujourd'hui, en partant travailler, j'ai regardé en face un grand tournesol et il m'a souri de toutes ses graines. Il y a un minuscule restaurant russe dans le quartier le plus sale de Marseille. C'est là que je prenais mes repas avec des marins russes et personne ne savait qui j'étais ni d'où je venais et je m'étonnais moi-même d'avoir porté autrefois une cravate et des chaussettes fines. Les mouches tournaient au-dessus des taches de borchtch et de vin, de la rue parvenaient la fraîcheur aigrelette et la rumeur du port nocturne. Et tout en écoutant et en regardant, je pensais que je savais Ronsard par cœur et connaissais les noms des os du crâne, des bactéries, de la sève des plantes... A bientôt, mon étrange joie, ma tendre nuit"...

 

 

 

André Breton (1896-1966)  poète et écrivain français, principal animateur et théoricien du surréalisme.

André Breton fonde la revue "Littérature" dont le premier numéro paraît en février 1919.

"Tournesol " est un poème extrait du recueil de poésies Clair de Terre publié en 1923.


Comme des héliotropes, les mots que leur poids tourne au sol se tournent pourtant vers le soleil, où ils brûlent de partir en fumée, évaporés, sublimés, transformés en idées fumeuses qui, pour leur part, rêvent de se fixer au sol, de s’enraciner à la tourbe des mots. C’est ce que semble dire "Tournesol " de Breton
 


 

Tournesol

 


La voyageuse qui traverse les Halles à la tombée de l'été 

Marchait sur la pointe des pieds 

Le désespoir roulait au ciel ses grands arums si beaux 

Et dans le sac à main il y avait mon rêve ce flacon de sels 

Que seule a respiré la marraine de Dieu 

Les torpeurs se déployaient comme la buée 

Au Chien qui fume 

Où venaient d'entrer le pour et le contre 

La jeune femme ne pouvait être vue d'eux que mal et de biais 

Avais-je affaire à l'ambassadrice du salpêtre 

Ou de la courbe blanche sur fond noir que nous appelons pensée 

Les lampions prenaient feu lentement dans les marronniers 

La dame sans ombre s'agenouilla sur le Pont-au-Change 

Rue Git-le-Cœur les timbres n'étaient plus les mêmes 

Les promesses de nuits étaient enfin tenues 

Les pigeons voyageurs les baisers de secours 

Se joignaient aux seins de la belle inconnue 

Dardés sous le crêpe des significations parfaites 

Une ferme prospérait en plein Paris 

Et ses fenêtres donnaient sur la voie lactée 

Mais personne ne l'habitait encore à cause des survenants 

Des survenants qu'on sait plus dévoués que les revenants 

Les uns comme cette femme ont l'air de nager 

Et dans l'amour il entre un peu de leur substance 

Elle les intériorise 

Je ne suis le jouet d'aucune puissance sensorielle 

Et pourtant le grillon qui chantait dans les cheveux de cendres 

Un soir près de la statue d'Etienne Marcel 

M'a jeté un coup d’œil d'intelligence 

André Breton a-t-il dit passe 


 

 

 

Eugenio Montale (1896-1981) poète italien. 
Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1975.

- Os de seiche (Ossi di seppia, 1925) 
- Poèmes choisis: (1916-1980) 
-  Traduit de l’italien par Patrice Dyerval Angelini 

 

 

Apporte-moi le tournesol…

 

Apporte-moi le tournesol, que je le transplante

Dans mon terrain brûlé par l’air salin ;

Et qu’il montre tout le jour aux miroirs bleus

Du ciel, l’anxiété de son visage jaune pâle.

 

Les choses obscures tendent à la clarté,

Les corps s’épuisent en flux

De teintes : elles en musique. S’effacer

est donc le destin suprême.

 

Apporte-moi la plante qui nous mène

Là où surgissent de blondes transparences

Et s’évapore la vie telle une essence ;

Apporte-moi le tournesol affolé de lumière.

 

***

 

Portami il girasole ch’io lo trapianti

nel mio terreno bruciato dal salino,

e mostri tutto il giorno agli azzurri specchianti

del cielo l’ansietà del suo volto giallino.

 

Tendono alla chiarità le cose oscure,

si esauriscono i corpi in un fluire

di tinte: queste in musiche. Svanire

è dunque la ventura delle venture.

 

Portami tu la pianta che conduce

dove sorgono bionde trasparenze

e vapora la vita quale essenza;

portami il girasole impazzito di luce.

 

***

 

Bring me the sunflower, let me plant it

in my field parched by the salt sea wind,

and let it show the blue reflecting sky

the yearning of its yellow face all day.

 

Dark things tend to brightness,

bodies fade out in a flood of colors,

colors in music. So disappearing is

the destiny of destinies.

 

Bring me the plant that leads the way

to where blond transparencies

rise, and life as essence turns to haze;

bring me the sunflower crazed with light.


 

 

1928

Emil Nolde (1867-1956), 

Ciel bleu et tournesols 1928, 

collection particulière

 

 


Man Ray (Emmanuel Radnitsky - 1890)  peintre, photographe et réalisateur de cinéma américain 

Acteur du dadaïsme à New York, puis du surréalisme à Paris, Man Ray a perfectionné la technique du photogramme de Christian Schad et inventé, aux côtés de la photographe Lee Miller, le procédé dit de solarisation.

hélianthe (tournesol)1934 

 

 

 

 

1937

Tournesols avec amarante


 

 

 

René Char (1907-1988) poète et résistant français.

 

A la Sante du Serpent


..."Celui qui se fie au tournesol

ne méditera pas dans la maison.

Toutes les pensées de l’amour

deviendront ses pensées"...


 

 

 

René Guy Cadou (1920-1951) poète français. Il a publié de 1936 à 1951.

 

Les Amis d’enfance

 

Sainte-Reine-de-Bretagne

En Brière où je suis né

A se souvenir on gagne

Du bonheur pour des années !

 

Est-ce toi qui me consoles

Lente odeur des soirs de juin

Le foin mûr des tournesols

Le chant d’un oiseau lointain ?

 

C’est la pluie ancienne et molle

Qui descend sur le jardin

Et ma mère en robe blanche

Un bouquet dans chaque main.


 

 

 

Jean Joubert (1928-2015) poète et romancier français. 

 

Pierre changeante

Lorsque tu entres, c’est un tournesol.

Bouge un peu : c’est une figue

puis une roue,

un paon,

une maison fermée la nuit,

une maison ouverte à l’aube,

un corps ensoleillé.

Quand tu atteins le mur du Nord,

c’est un tigre.


 

 

 

Affiche russe originale des années 1940 - 

Agriculture de tournesol


 

 

 

1946

Emil Nolde (1867-1956), 

PetitsTournesols

Donation Dr. Friedrich

 

 


 

Fernando Pessoa (1888-1935) écrivain, critique, polémiste et poète portugais trilingue.

Le Gardeur de troupeaux 

..."Si je ne la vois pas, je l’imagine et je suis fort comme les arbres hauts. Mais si je la vois je tremble, et je ne sais de quoi se compose ce que j’éprouve en son absence. Je suis tout entier une force qui m’abandonne. Toute la réalité me regarde ainsi qu’un tournesol dont le cœur serait son visage"...


 

 

Dora Maar (Henriette Théodora Markovitch, dit) (1907-1997)

Paul Éluard (1895-1952) poète français.

Paul Eluard au tournesol

été 1936 - été 1937


 

 

 

Diego Rivera (1886-1957) peintre mexicain. 

1941

tournesols

 

 

 

Diego Rivera (1886-1957) peintre mexicain. 

1943

tournesols

 

 

Diego Rivera (1886-1957) peintre mexicain. 

1946

nu aux tournesols

 

 

 

Diego Rivera (1886-1957) peintre mexicain. 

femme et tournesols

 

 

 

Diego Rivera (1886-1957) peintre mexicain. 

Le sang de la révolution ary martyrs fertilisant la terre -

1927 tournesols

 

 

 

Janos Kmetty (1889-1975) 

tournesols

 

 

Janos Kmetty (1889-1975) 

tournesols et fruits


 


 

Jacques Prévert (1900-1977)  poète français.

 


Tournesol 

 

Tous les jours de la semaine

En hiver en automne

Dans le ciel de Paris

Les cheminées d'usines ne fument que du gris

Mais le printemps qui s'amène, une fleur sur l'oreille

Au bras une jolie fille

 

Tournesol, Tournesol

C'est le nom de la fleur

Le surnom de la fille

Elle n'a pas de grand nom, pas de nom de famille

Et danse aux coins des rues

A Belleville à Séville 

 


Tournesol Tournesol Tournesol

Valse des coins des rues

 

Et les beaux jours sont venus

La belle vie avec eux

Le génie de la Bastille fume une gitane bleue

Dans le ciel amoureux

Dans le ciel de Séville, dans le ciel de Belleville

Et même de n'importe où

 

Tournesol Tournesol

C'est le nom de la fleur

Le surnom de la fille. 
 

 


 

Adolf Doerner (1892-1964) peintre allemand

Tournesols


 

 

 

Jimmy Wright (1944) peintre américain

Tournesols


 

Jimmy Wright (1944) peintre américain

Tournesols


 

 

 

1959

Jean Rostand (1894-1977), écrivain, moraliste, biologiste, historien des sciences et académicien français.


- Carnet d'un biologiste 


"Quand l'idéal se déplace, il faut bien qu'on s'oriente différemment. Le tournesol reste fidèle au soleil"

 

.
 

 

 

1949-1976


En Chine, de la prise du pouvoir en 1949 jusqu'en 1976, le régime communiste chinois s'est identifié "à un seul homme, à un seul visage reproduit à des milliards d'exemplaires sur tous les supports imaginables ". Certains portraits de Mao connaîtront une diffusion de plus d'un milliard de copies.


Le tournesol devint l'un des symboles forts de la propagande maoïste. Mao se présentait comme le soleil dominant son peuple devenu un immense champ de tournesols tourné vers lui.


 

 

 

1968


Thérèse de Saint-Phalle (1930) journaliste et femme de lettres française.

Le Tournesol est un roman paru en 1968 aux éditions Gallimard.

..."Pauline, étudiante en droit, devient l'épouse de son professeur, Charles Sommerly. Elle bifurque vers la médecine et devient psychanalyste. Elle habite avec son mari dans le petit logement parisien de sa belle mère, trop âgée pour rester seule, ou dont son mari n'a pas réussi à s'éloigner. Son mari, un soir, ne rentre pas à l'heure attendue. Elle le soupçonne d'une liaison... 

Elle se rend à un colloque sur la douleur, à Bruxelles, où elle rencontre un inconnu dans la rue, qui lui offre, de manière impromptue, un bouquet de tournesol"...


 

 

 

René Char (1907-1988) - poète et résistant français

 

Complainte du lézard amoureux

 

N'égraine pas le tournesol,

Tes cyprès auraient de la peine,

Chardonneret, reprends ton vol

Et reviens à ton nid de laine.

 

Tu n'es pas un caillou du ciel

Pour que le vent te tienne quitte.

Oiseau rural ; l'arc-en-ciel

S'unifie dans la marguerite.

 

L'homme fusille, cache-toi ;

Le tournesol est son complice.

Seules les herbes sont pour toi,

Les herbes des champs qui se plissent.

 

Le serpent ne te connaît pas.

Et la sauterelle est bougonne ;

La taupe, elle, n'y voit pas ;

Le papillon ne hait personne.

Il est midi, chardonneret

 

Attarde-toi, va, sans danger :

L'homme est rentré dans sa famille !

 

L'écho de ce pays est sûr.

J'observe, je suis bon prophète ;

Je vois tout de mon petit mur,

Même tituber la chouette.

 

Qui, mieux qu'un lézard amoureux,

Peut dire les secrets terrestres ?

Ô léger gentil roi des cieux.

Que n'as-tu ton nid dans ma pierre!

 

 

 

1967


Bernard Buffet (1928-1999), peintre français expressionniste

Tournesols et melon, 1967.


 


 

1968

Salvador Dalí (1904-1989) peintre, sculpteur, graveur, scénariste et écrivain catalan de nationalité espagnole. 

Flordali (Flora Dalinae) 1968 

Helianthus Solifer (Soleil, Sun, Sunflower) 

Tournesol


 

 

 

1970 

Jozé Peternelj-Mausar (1927-2013) peintre slovène

20ème siècle

Tournesols

 

 

 

1970

 

le tournesol était également un symbole du mouvement hippie, développement, liberté et ouverture, dans les années 1970.



 

 

 

1970

Maison Jansen 

Lampadaire Grand Tournesol Vintage 5 Fleurs


 

 

 

Années 1970 

La margarine Fruit d'Or.


 

 

 

1970 - 1980

La piscine Tournesol de Bernard Schoeller 


architecte français, né le 4 novembre 1929 à Vieux-Condé et mort le 5 avril 2020 à Bry-sur-Marne, connu pour l’invention des piscines Tournesol.


La piscine Tournesol est un modèle de piscine issu d'un programme national de construction de piscines de type industriel, qui a entraîné la construction de 183 piscines de ce type en France à la fin des années 1970 et au début des années 1980.


 

 

 

1987

Régis de Bouvier de Cachard (1929)

cap d'or (tournesol)


 

 

 

1988, Paris.

 
Naomi Campbell s'avance sur le podium dans un tailleur composé d'une jupe de crêpe de soie et d'une veste brodée de tournesols, hommage du couturier Yves Saint Laurent à la créativité de Vincent van Gogh. 


De cette collection printemps-été 1988 où le créateur français célèbre les grands maîtres, il dira :

"Mon propos n’a pas été de me mesurer aux maîtres, tout au plus de les approcher et de tirer des leçons de leur génie".


Peu de temps avant, l'un des tableaux du peintre hollandais Nature morte : Vase avec Quinze Tournesols est proposé chez Christies à Londres et devient l'œuvre la plus chère jamais vendue jusqu'alors. 


Une rarissime veste haute couture créée par Yves Saint Laurent en hommage aux Tournesols de Van Gogh s’est vendue mercredi 382.000 euros lors d’une vente aux enchères de la maison Christie's. C’est un record mondial pour une pièce du célèbre couturier.


Naomi Campbell, défilé Yves  Saint Laurent printemps-été 1988


 

 

 

Alush Shima (1942 ) peintre albanais Coloriste Fauviste Symboliste

Il a été directeur de la National Gallery of Arts de 1994 à 1998. Il est largement considéré comme l'un des meilleurs peintres contemporains.

Bouquet de tournesols


 

 

 

Sandra Kuck (1947) artiste peintre américaine

Ange et tournesol

 


 

Les tournesols de Jérusalem

Évelyne Dress (1947) actrice, écrivaine, réalisatrice et productrice 


..."1897. Ana Gizerman a vingt ans lorsqu'elle rencontre pour la première fois Lucien Dupuis. Convaincus d'être les deux moitiés d'une seule et même âme, ils se marient en dépit de leurs différences sociales et religieuses : Ana est la fille d'un violoniste juif mondialement connu ;
Lucien, le fils d'un riche négociant en vin bordelais, catholique. Le couple mène alors une vie insouciante dans le tourbillon du Tout-Paris littéraire et artistique. Mais ce
bonheur, pimenté d'une troublante connivence érotique, est brutalement remis en question Ana est atteinte d'une méningite, à l'époque incurable. Condamnée par la science, elle se rend à Lourdes. Lucien jure de renoncer à leur existence de luxure si la Vierge sauve Ana. Un serment qui va les entraîner, pris dans une aventure spirituelle et amoureuse, aux portes de Jérusalem..."


 

 

 

1999

Guillaume Cornelis van Beverloo (1922 -2010) peintre, graveur, sculpteur et céramiste néerlandais. 

lithographie

femme au tournesol

 


 

Jean Ferrat (1930-2010)

écrit en 1991 une chanson, "Les Tournesols", pleine de colère et d’écœurement face aux sommes indécentes circulant sur le marché de l'art, sachant que nombre d'artistes ont vécu dans la misère.

Alors que l'un des "Tournesols" a été adjugé à 39,9 millions de dollars chez Christie's en 1987 – une somme exceptionnelle sur le marché de l'art à l'époque –, cette série de tableaux n'a jamais fait la fortune de l'artiste. De son vivant, Vincent van Gogh n'a en effet vendu qu'une seule œuvre : "La Vigne rouge".

 

 

Les tournesols

 

Mon prince noir et famélique, ma pauvre graine de clodo

Toi qui vécus fantomatique en peignant tes vieux godillots

Toi qui allais la dalle en pente, toi qu'on jetait dans le ruisseau

Qui grelottais dans ta soupente en inventant un art nouveau.

T'étais zéro au Top cinquante, t'étais pas branché comme il faut

Avec ta gueule hallucinante pour attirer les capitaux.

 

Mais dans un coffre climatisé au pays du Soleil-Levant

Tes tournesols à l'air penché dorment dans leur prison d'argent

Leurs têtes à jamais figées ne verront plus les soirs d'errance

Le soleil fauve se coucher sur la campagne de Provence.

 

Tu allais ainsi dans la vie comme un chien dans un jeu de quilles

La bourgeoisie de pacotille te faisait le coup du mépris

Et tu plongeais dans les ténèbres, et tu noyais dans les bistrots

L'absinthe à tes pensées funèbres, comme la lame d'un couteau

Tu valais rien au hit-parade, ni à la une des journaux

Toi qui vécus dans la panade sans vendre un seul de tes tableaux.

 

Mais dans un coffre climatisé au pays du Soleil-Levant

Tes tournesols à l'air penché dorment dans leur prison d'argent

Leurs têtes à jamais figées ne verront plus les soirs d'errance

Le soleil fauve se coucher sur la campagne de Provence.

 

Dans ta palette frémissante de soufre pâle et d'infini

Ta peinture comme un défi lance une plainte flamboyante

Dans ce monde aux valeurs croulantes

Vincent, ma fleur, mon bel oiseau

Te voilà donc Eldorado de la bourgeoisie triomphante

Te voilà star du Top cinquante, te voilà branché comme il faut.

C'est dans ta gueule hallucinante qu'ils ont placé leurs capitaux.

 

Mais dans un coffre climatisé au pays du Soleil-Levant

Tes tournesols à l'air penché dorment dans leur prison d'argent

Leurs têtes à jamais figées ne verront plus les soirs d'errance

Le soleil fauve se coucher sur la campagne de Provence.


Source : LyricFind

 

 

 

Lange Marshall (1957) peintre impressioniste américaine

Vase de tournesols


 

 

 

Patrick Salducci (1958) Artiste peintre

femme dans un champ de tournesols

 

 

Yuriy Demiyanov (1964) peintre contemporain russe

Tournesols

 


 

 

 

Marco Cadioli (1960) artiste italien

Tournesol

 

 

 

Sylvain Tremblay (1966) peintre canadien. 

A l'oreille de Van Gogh


 

 

Heather Gwen Martin (1977) peintre canadienne

Bouquet de tournesols

 

 

XXI° siècle

 

Laurie Snow Hein

Artiste de Floride

fillette aux tournesols


 

 

 

 

2006


Farfadet - poète 

 

Le tournesol

 


Têtes penchées sur tiges vertes,

Pour saluer l’astre de l’Eté,

Se prosternent, fort alertes,

Des milliards de couronnes dorées…


 
Un déluge de lumières

Déferle sur nos campagnes,

Repoussant jusqu’aux lisières,

L’ombre boisée qui l’accompagne.


 
Si, soudain, le ciel s’assombrit,

Eux, présentant leur face réjouie,

A l’orage poussant aux abris,

Font, qu’à son tour, la terre éblouit...


 
En rangs serrés, s’alignent ces Rois,

Monarques dépourvus de trônes…

Et se répandent en champs de Joie,

Sur terre, ces fébriles Jaunes…

 
 
Magique culture en vogue

Qui illumine tous nos sols ;

Comme du pinceau de Van Gogh,

Vient le charme des Tournesols.


 

 

 

Rachel Mcnaughton - Peintre anglaise

Tournesols

 

 

Katie Scott - illustratrice

Tournesol


 

 


En 2010, l'artiste chinois dissident Ai Weiwei a réalisé une installation sensorielle composée d'un parterre géant de graines de tournesol en porcelaine, dans l'immense hall de La Tate Modern de Londres.

Les visiteurs ont marché sur 100 millions de graines et au bout de deux jours, en raison d'une poussière jugée potentiellement dangereuse, l'installation a dû être fermée.

Là n'est pas le plus important. A travers l'exposition de ces graines, l'artiste a souhaité rappeler que les peuples sont trop souvent écrasés par leurs dirigeants et que la liberté d'expression est un bien commun non négociable.


 

 

 

24/09/2010

Sciences et Avenir.fr 

Un fossile de fleurs (de 47,5 millions d'années) apparenté aux astéracées a été découvert au sud de l'Argentine, dans des roches de Patagonie. Ce fossile représente le plus vieux cousin du tournesol ! 


La découverte du fossile patagonien confirmerait donc cette lointaine origine australe. Bien que plusieurs caractéristiques rapprochent les fleurs du fossile de la famille du tournesol, les chercheurs précisent qu'elles sont très différentes des astéracées actuelles.
 

 

2011

Rita Fetisov

fille et tournesols


 


 

Iris Scott

Helios 

Tournesol


 

 

 

2015


programme "Fukushima Sunflowers Foster Parent Project"

L'accident nucléaire de Fukushima, aussi appelé catastrophe nucléaire de Fukushima, est un accident industriel majeur survenu au Japon après le tsunami du 11 mars 2011.

Au Japon, le  programme "Fukushima Sunflowers Foster Parent Project"consiste à planter de nombreux tournesols dans les régions touchées par la catastrophe car, d'après différentes études, le tournesol (himawari) peut absorber, en un laps de temps relativement court, d'importantes quantités de radioactivité.


 

 

 

 

2016

Julie Bovée Art

Une fée des fleurs livre un tournesol arc-en-ciel, accueillant tout le monde pour profiter de sa beauté. 


 

 

Yongsung Kim peintre coréen

Il a passé sa jeunesse dans la belle campagne coréenne.

Le thème principal et l'objectif de ses peintures, images, art et images sont principalement Jésus-Christ et le christianisme. 

Le christianisme faisait du tournesol le symbole de la vitalité.

 

Graine de joie


 


 

Chris McMorrow - Artiste peintre irlandais

champ de tournesols


 

 

 

Brenda Peake 

Peintre impressionniste moderne américaine

 

 

Brenda Peake 

Peintre impressionniste moderne américaine


 

 

 

Carla Carson artiste américaine, peintre, écrivain, illustratrice et poète

L'ange et le tournesol en été



 


 

2021

Scot Howden Art

Fée tournesol


 

 

 

2021

Lisa Elley

De Vincent, avec amour (2021)

tournesols


 

 

 

Propriétés magiques du tournesol  

 

 
Le tournesol "Grand Soleil" est une plante très bénéfique : 


- En avoir dans son jardin attire la chance.

 

- Le jus des tiges donne la sagesse, 

 

- Si on hypnotise un sujet en brandissant une tige de cette plante il dira toute la vérité. Si on l'interroge sur un vol, il décrira les malandrins.

 

- En Haute-Provence, un collier de graines de tournesol enfilées par une veuve le jour des Morts protège des maladies infantiles.

 

- En Espagne, s'ils sont au nombre de onze, les tournesols éloignent les insectes qui s'attaquent aux melons.

 

- Les graines de Grand Soleil favorisent la fécondation d'une femme souffrant de stérilité et, dans certaines régions d'Europe centrale, particulièrement en Hongrie, et en Tchécoslovaquie, promettent un garçon à celle qui, en début de grossesse, en dépose sur le rebord de sa fenêtre.

 

- Dans le nord de l'Italie notamment, les fumigations de la plante sont censées purifier la chambre d'un enfant malade.

 

- On en faisait manger aux enfants belges pour qu'ils aient une belle voix et une bonne vue.

 

- Selon une croyance américaine, si l'on grave un vœu sur le cœur d'une fleur de tournesol sur pied et si, lorsqu'elle se fane à l'automne, on peut toujours y distinguer les mots que l'on y a écrits, cela signifie que le vœu se réalisera avant la fin de l'année.

 

- En chine la plante est une "nourriture d'immortalité".

 

- En Colombie britannique, les Indiens Thomsons attribuent, semble-t-il, au tournesol « le pouvoir qu' a le soleil de grimper par-dessus le sommet des montagnes et celui de se lever de bonne heure le matin ». - Avant d'en manger les premières racines de la saison, il faut leur adresser cette prière, au risque de devenir paresseux : "Je t'avertis que j'ai l'intention de te manger. Puisses-tu toujours m'aider à bien monter, afin que j'atteigne toujours les sommets des montagnes, que je ne sois jamais maladroit ! Je te demande ceci, Racine du Tournesol. Tu es la plus puissante de toutes dans les mystères". 


 

 

 

Propriétés curatives


Les tournesols distillent la joie. Si vous avez la sensation que votre vie est difficile, entourez-vous de quelques tournesols bienfaisants. Vous sentirez immédiatement votre humeur et votre énergie se transformer.

L'huile de tournesol est considérée comme de l'or végétal. Ses vertus sont nombreuses. Gorgée d'acide gras linoléique (Oméga 6), elle agit comme un régulateur du système endocrinien, renforce le système immunitaire et favorise la croissance des cellules. 

 

On attribue des vertus détoxifiantes à huile.de tournesol. Celle-ci est également utilisée pour masser les articulations douloureuses. Les graines seraient bonnes pour lutter contre la fièvre, les catarrhes bronchiques et la coqueluche.

Le tournesol est :

- Riche en phosphore (Vit.E)

- Riche en manganèse

- Riche en cuivre
 

 

 

 

Utilisation du tournesol


Seulement deux espèces sont cultivées à des fins agricoles : 


- Helianthus annuus, utilisée principalement pour la production d’huile 

- Helianthus tuberosus, mieux connue sous le nom de topinambour. Les tubercules de topinambour, qui ressemblent à la pomme de terre, servent à l’alimentation animale ainsi qu’à la production de sucre et d’alcool.


. L'huile de tournesol est utilisée pour purifier la bouche en profondeur et se débarrasser des toxines pouvant altérer la santé des dents et nuire à l'équilibre de l'organisme.


. Des substances actives issues de la tige entrent dans la composition de certains produits cosmétiques.


. L’huile de tournesol entre aussi dans la composition de shampoings, de baumes pour les lèvres, de crèmes pour les mains, de lotions corporelles et de soins pour bébé.

 
. La technique indienne du "oil pulling" . Suivant des principes ayurvédiques, elle consiste à faire un bain de bouche à l'huile, chaque matin à jeun.


. Elle est également utilisée comme biocarburant, et même dans la fabrication d’huile à moteur industriel. 


. Les graines de tournesol sont également données en pitance aux oiseaux et aux petits animaux.


 

 

 

Le tournesol en cuisine

 


L'huile de tournesol est pour les pays nordiques et la Russie (grande consommatrice) l'équivalent de l'huile d'olive dans le monde méditerranéen.


Actuellement, on cultive le tournesol surtout pour son huile d’excellente qualité utilisée en cuisine, en assaisonnement et dans la margarine. 


Les graines de tournesol ont une grande valeur nutritive, avec une teneur de 18 à 22 % en protéines et autres nutriments.

 

Les nombreux amateurs de graines de tournesol les grignotent légèrement grillées et salées. 


Quand elles sont moulues, elles donnent une farine pâtissière. 

 

Quant aux graines, délicieuses, elles sont consommées séchées, grillées ou encore germées. Au XVIIe siècle, on les torréfiait pour les utiliser comme substitut du café et du chocolat. Riches en sels minéraux (manganèse, cuivre, phosphore, zinc...), elles sont réputées fluidifier la circulation du sang.


 

 

 

 Langage du tournesol

 

Dans le langage des fleurs, le tournesol est une fleur joyeuse dont les pétales jaunes rappellent la clarté des rayons du soleil. 

 Offrir un tournesol dans un bouquet signifie : 

 

- l'amour pour la personne que l'on aime


"Tu m'éblouis !"», 

"Je t'offre mon cœur !",

"Tu es mon soleil !".

"tu éclaires ma vie

"je n'ai d'yeux que pour toi"


 

- le dévouement, l'extrême générosité du cœur, l'admiration sans réserve, la reconnaissance et le respect envers un parent, un  mentor ou un ami très cher.


"Je te voue une admiration sans réserve" 

"Je te serai éternellement reconnaissant"


.

Vous pouvez offrir la fleur seule, un bouquet de tournesol, ou dans une belle composition florale.

Le tournesol peut par exemple être offert par des élèves à un professeur pour lui témoigner l’admiration que lui porte ses étudiants. 


Surtout, n’hésitez pas à offrir un beau bouquet de tournesol à ceux que vous admirez et à ceux que vous aimez pour illuminer leur intérieur et leur montrer qu’eux aussi illuminent votre vie.


C'est également la Fleur du troisième anniversaire de mariage 


 


Quelques conseils

pour faire durer les tournesols dans le vase le plus longtemps possible:

 

Les tournesols du jardin doivent être coupés tôt le matin les jours sans pluie. Choisissez des fleurs qui ne sont que légèrement, mais pas complètement ouvertes.

Après la coupe, enlevez les feuilles jusqu'aux 1 ou 2 premiers rangs sur place pour réduire l'évaporation des grandes feuilles.

Remplissez un seau d'eau chaude et gardez les extrémités des tiges pendant quelques minutes à une profondeur d'environ 10 cm. L'air qui a pénétré dans les tiges s'échappera et l'absorption d'eau sera améliorée.

Choisissez un vase suffisamment haut et stable et mettez les tournesols dans de l'eau fraîche à tiède. Les tiges doivent être mises dans l'eau jusqu'à environ la moitié.

Trouvez un endroit frais et lorsque vous choisissez un lieu, évitez l'exposition à la lumière directe du soleil.

Coupez les tiges tous les deux jours, changez l'eau du vase chaque jour.

Elen Gardzey

 

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27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 21:09

 

 

René Char (1907-1988) - poète et résistant français

 

Complainte du lézard amoureux

 

N'égraine pas le tournesol,

Tes cyprès auraient de la peine,

Chardonneret, reprends ton vol

Et reviens à ton nid de laine.

 

Tu n'es pas un caillou du ciel

Pour que le vent te tienne quitte.

Oiseau rural ; l'arc-en-ciel

S'unifie dans la marguerite.

 

L'homme fusille, cache-toi ;

Le tournesol est son complice.

Seules les herbes sont pour toi,

Les herbes des champs qui se plissent.

 

Le serpent ne te connaît pas.

Et la sauterelle est bougonne ;

La taupe, elle, n'y voit pas ;

Le papillon ne hait personne.

Il est midi, chardonneret

 

Attarde-toi, va, sans danger :

L'homme est rentré dans sa famille !

 

L'écho de ce pays est sûr.

J'observe, je suis bon prophète ;

Je vois tout de mon petit mur,

Même tituber la chouette.

 

Qui, mieux qu'un lézard amoureux,

Peut dire les secrets terrestres ?

Ô léger gentil roi des cieux.

Que n'as-tu ton nid dans ma pierre!

 René Char (1907-1988) - poète et résistant français - Complainte du lézard amoureux
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27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 21:08

 

Robert Desnos  (1900-1945) poète surréaliste et résistant français

Recueil : chantefleurs

 


Le Soleil 


Soleil en terre, tournesol, 

Dis-moi qu’as-tu fait de la lune ? 

Elle est au ciel, moi sur le sol, 

Mais nous avons même fortune 

Comme des fous au cabanon.

 

Liisa-corbiere - champs de tournesol

Liisa Corbiere  champs de tournesols

Liisa Corbiere champs de tournesols

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27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 21:07

 

 

Paul-Jean Toulet (1867-1920) écrivain et poète français, célèbre pour ses Contrerimes, une forme poétique qu'il a créée. 

- dixains 

 


Non, ce taxi, quelle charrette


" - Non, ce taxi, quelle charrette.

C'est sous les toits, votre entresol ?

Je t'aime... Oui c'est un tournesol...

Si tu savais comme il me traite :

Des claques voilà mes cadeaux !

Je croyais n'être jamais prête.

... Ça ? C'est moi. Laissez les rideaux. "

" - Le coeur vous est bien en dentelle. "

" - Mais il faut une heure " dit-elle

" Rien qu’à me lacer dans le dos. "

 Paul-Jean Toulet (1867-1920) - écrivain et poète français - Non, ce taxi, quelle charrette
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27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 21:06

 

Eugenio Montale (1896-1981) poète italien. 
Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1975.
- Os de seiche (Ossi di seppia, 1925) 
- Poèmes choisis: (1916-1980) 
-  Traduit de l’italien par Patrice Dyerval Angelini 

 

 

Apporte-moi le tournesol…

 

Apporte-moi le tournesol, que je le transplante

Dans mon terrain brûlé par l’air salin ;

Et qu’il montre tout le jour aux miroirs bleus

Du ciel, l’anxiété de son visage jaune pâle.

 

Les choses obscures tendent à la clarté,

Les corps s’épuisent en flux

De teintes : elles en musique. S’effacer

est donc le destin suprême.

 

Apporte-moi la plante qui nous mène

Là où surgissent de blondes transparences

Et s’évapore la vie telle une essence ;

Apporte-moi le tournesol affolé de lumière.

 

***

 

Portami il girasole ch’io lo trapianti

nel mio terreno bruciato dal salino,

e mostri tutto il giorno agli azzurri specchianti

del cielo l’ansietà del suo volto giallino.

 

Tendono alla chiarità le cose oscure,

si esauriscono i corpi in un fluire

di tinte: queste in musiche. Svanire

è dunque la ventura delle venture.

 

Portami tu la pianta che conduce

dove sorgono bionde trasparenze

e vapora la vita quale essenza;

portami il girasole impazzito di luce.

 

***

 

Bring me the sunflower, let me plant it

in my field parched by the salt sea wind,

and let it show the blue reflecting sky

the yearning of its yellow face all day.

 

Dark things tend to brightness,

bodies fade out in a flood of colors,

colors in music. So disappearing is

the destiny of destinies.

 

Bring me the plant that leads the way

to where blond transparencies

rise, and life as essence turns to haze;

bring me the sunflower crazed with light.

Eugenio Montale (1896-1981) - poète italien -  Apporte-moi le tournesol…
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27 août 2021 5 27 /08 /août /2021 21:06

 

 

Jacques Prévert (1900-1977)  poète français.

 


Tournesol 

 

Tous les jours de la semaine

En hiver en automne

Dans le ciel de Paris

Les cheminées d'usines ne fument que du gris

Mais le printemps qui s'amène, une fleur sur l'oreille

Au bras une jolie fille

 

Tournesol, Tournesol

C'est le nom de la fleur

Le surnom de la fille

Elle n'a pas de grand nom, pas de nom de famille

Et danse aux coins des rues

A Belleville à Séville 

 


Tournesol Tournesol Tournesol

Valse des coins des rues

 

Et les beaux jours sont venus

La belle vie avec eux

Le génie de la Bastille fume une gitane bleue

Dans le ciel amoureux

Dans le ciel de Séville, dans le ciel de Belleville

Et même de n'importe où

 

Tournesol Tournesol

C'est le nom de la fleur

Le surnom de la fille. 

Jacques Prévert (1900-1977)  poète français. - Tournesol 
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