2 mai 2024 4 02 /05 /mai /2024 13:24

Carte Bonne Fête Zoé - 2 mai

 

Bonne Fête Zoé - 2 mai

Bonne Fête Zoé - 2 mai

Partager cet article
Repost0
2 mai 2024 4 02 /05 /mai /2024 13:23

Carte Bonne Fête Philippe - 3 mai

 

Bonne Fête Philippe - 3 mai

Bonne Fête Philippe - 3 mai

Partager cet article
Repost0
1 mai 2024 3 01 /05 /mai /2024 22:42

Carte Bonne Fête Boris - 2 mai

 

Bonne Fête Boris - 2 mai

Bonne Fête Boris - 2 mai

Partager cet article
Repost0
1 mai 2024 3 01 /05 /mai /2024 22:30

 

 

Anna de Noailles (1876-1933) poétesse et romancière française d'origines roumaine et grecque

 


L'innocence

 


Si tu veux nous ferons notre maison si belle

Que nous y resterons les étés et l'hiver !

Nous verrons alentour fluer l'eau qui dégèle,

Et les arbres jaunis y redevenir verts.

 

Les jours harmonieux et les saisons heureuses

Passeront sur le bord lumineux du chemin,

Comme de beaux enfants dont les bandes rieuses

S'enlacent en jouant et se tiennent les mains.

 

Un rosier montera devant notre fenêtre

Pour baptiser le jour de rosée et d'odeur ;

Les dociles troupeaux, qu'un enfant mène paître,

Répandront sur les champs leur paisible candeur.

 

Le frivole soleil et la lune pensive

Qui s'enroulent au tronc lisse des peupliers

Refléteront en nous leur âme lasse ou vive

Selon les clairs midis et les soirs familiers.

 

Nous ferons notre coeur si simple et si crédule

Que les esprits charmants des contes d'autrefois

Reviendront habiter dans les vieilles pendules

Avec des airs secrets, affairés et courtois.

 

Pendant les soirs d'hiver, pour mieux sentir la flamme,

Nous tâcherons d'avoir un peu froid tous les deux,

Et de grandes clartés nous danseront dans l'âme

A la lueur du bois qui semblera joyeux.

 

Émus de la douceur que le printemps apporte,

Nous ferons en avril des rêves plus troublants.

- Et l'Amour sagement jouera sur notre porte

Et comptera les jours avec des cailloux blancs...
 

Anna de Noailles (1876-1933) - poétesse et romancière française - L'innocence
Partager cet article
Repost0
30 avril 2024 2 30 /04 /avril /2024 23:21

 

 

Albert Samain (1858-1900) poète symboliste français

 

 

Les quatre saisons

Forêts


Vastes Forêts, Forêts magnifiques et fortes,

Quel infaillible instinct nous ramène toujours

Vers vos vieux troncs drapés de mousses de velours

Et vos étroits sentiers feutrés de feuilles mortes ?

 

Le murmure éternel de vos larges rameaux

Réveille encore en nous, comme une voix profonde,

L’émoi divin de l’homme aux premiers jours du monde,

Dans l’ivresse du ciel, de la terre, et des eaux.

 

Grands bois, vous nous rendez à la Sainte Nature.

Et notre coeur retrouve, à votre âme exalté,

Avec le jeune amour l’antique liberté,

Grands bois grisants et forts comme une chevelure !

 

Vos chênes orgueilleux sont plus durs que le fer ;

Dans vos halliers profonds nul soleil ne rayonne ;

L’horreur des lieux sacrés au loin vous environne,

Et vous vous lamentez aussi haut que la mer !

 

Quand le vent frais de l’aube aux feuillages circule,

Vous frémissez aux cris de mille oiseaux joyeux ;

Et rien n’est plus superbe et plus religieux

Que votre grand silence, au fond du crépuscule...

 

Autrefois vous étiez habités par les dieux ;

Vos étangs miroitaient de seins nus et d’épaules,

Et le Faune amoureux, qui guettait dans les saules,

Sous son front bestial sentait flamber ses yeux.

 

La Nymphe grasse et rousse ondoyait aux clairières

Où l’herbe était foulée aux pieds lourds des Silvains,

Et, dans le vent nocturne, au long des noirs ravins,

Le Centaure au galop faisait rouler des pierres.

 

Votre âme est pleine encor des songes anciens ;

Et la flûte de Pan, dans les campagnes veuves,

Les beaux soirs où la lune argente l’eau des fleuves,

Fait tressaillir encor vos grands chênes païens.

 

Les Muses, d’un doigt pur soulevant leurs longs voiles

À l’heure où le silence emplit le bois sacré,

Pensives, se tournaient vers le croissant doré,

Et regardaient la mer soupirer aux étoiles...

*
**

Nobles Forêts, Forêts d’automne aux feuilles d’or,

Avec ce soleil rouge au fond des avenues,

Et ce grand air d’adieu qui flotte aux branches nues

Vers l’étang solitaire, où meurt le son du cor.

 

Forêts d’avril : chansons des pinsons et des merles ;

Frissons d’ailes, frissons de feuilles, souffle pur ;

Lumière d’argent clair, d’émeraude et d’azur ;

Avril ! ... Pluie et soleil sur la forêt en perles ! ...

 

Ô vertes profondeurs, pleines d’enchantements,

Bancs de mousse, rochers, sources, bruyères roses,

Avec votre mystère, et vos retraites closes,

Comme vous répondez à l’âme des amants !

 

Dans le creux de sa main l’amante a mis des mûres ;

Sa robe est claire encore au sentier déjà noir ;

De légères vapeurs montent dans l’air du soir,

Et la forêt s’endort dans les derniers murmures.

 

La hutte au toit noirci se dresse par endroits ;

Un cerf, tendant son cou, brame au bord de la mare

Et le rêve éternel de notre coeur s’égare

Vers la maison d’amour cachée au fond des bois.

 

Ô calme ! ... Tremblement des étoiles lointaines ! ...

Sur la nappe s’écroule une coupe de fruits ;

Et l’amante tressaille au silence des nuits,

Sentant sur ses bras nus la fraîcheur des fontaines...

 

*
**

Forêts d’amour, Forêts de tristesse et de deuil,

Comme vous endormez nos secrètes blessures,

Comme vous éventez de vos lentes ramures

Nos coeurs toujours brûlants de souffrance ou d’orgueil.

 

Tous ceux qu’un signe au front marque pour être rois,

Pâles s’en vont errer sous vos sombres portiques,

Et, frissonnant au bruit des rameaux prophétiques,

Écoutent dans la nuit parler de grandes voix.

 

Tous ceux que visita la Douleur solennelle,

Et que n’émeuvent plus les soirs ni les matins,

Rêvent de s’enfoncer au coeur des vieux sapins,

Et de coucher leur vie à leur ombre éternelle.

 

Salut à vous, grands bois à la cime sonore,

Vous où, la nuit, s’atteste une divinité,

Vous qu’un frisson parcourt sous le ciel argenté,

En entendant hennir les chevaux de l’Aurore.

 

Salut à vous, grands bois profonds et gémissants,

Fils très bons et très doux et très beaux de la Terre,

Vous par qui le vieux coeur humain se régénère,

Ivre de croire encore à ses instincts puissants :

 

Hêtres, charmes, bouleaux, vieux troncs couverts d’écailles,

Piliers géants tordant des hydres à vos pieds,

Vous qui tentez la foudre avec vos fronts altiers,

Chênes de cinq cents ans tout labourés d’entailles,

 

Vivez toujours puissants et toujours rajeunis ;

Déployez vos rameaux, accroissez votre écorce

Et versez-nous la paix, la sagesse et la force,

Grands ancêtres par qui les hommes sont bénis.

(octobre 1896)  
 

Albert Samain (1858-1900) - poète symboliste français - Les quatre saisons
Partager cet article
Repost0
30 avril 2024 2 30 /04 /avril /2024 22:08

 

 

José-Maria de Heredia (1842-1905) homme de lettres d'origine cubaine (alors encore colonie espagnole à cette époque). Né sujet espagnol, il a été naturalisé français en 1893


 

Hortorum Deus (IV)

Mihi corolla picta vere ponitur.

(La corolle est vraiment prête pour moi)

 

Catulle

Entre donc. Mes piliers sont fraîchement crépis,

Et sous ma treille neuve où le soleil se glisse

L'ombre est plus douce. L'air embaume la mélisse.

Avril jonche la terre en fleur d'un frais tapis.

 

Les saisons tour à tour me parent : blonds épis,

Raisins mûrs, verte olive ou printanier calice ;

Et le lait du matin caille encor sur l'éclisse,

Que la chèvre me tend la mamelle et le pis.

 

Le maître de ce clos m'honore. J'en suis digne.

Jamais grive ou larron ne marauda sa vigne

Et nul n'est mieux gardé de tout le Champ Romain.

 

Les fils sont beaux, la femme est vertueuse, et l'homme,

Chaque soir de marché, fait tinter dans sa main

Les deniers d'argent clair qu'il rapporte de Rome.
 

José-Maria de Heredia (1842-1905) - homme de lettres espagnol et français - Hortorum Deus (IV) Mihi corolla picta vere ponitur.
Partager cet article
Repost0
30 avril 2024 2 30 /04 /avril /2024 21:38

 

 

Guillaume Anfrie (1639-1720), abbé de Chaulieu, poète libertin français.

 

A Madame la marquise de Lassay

de Fontenay, le premier Jour de Mai 1705

 

Loin de la foule et du bruit,

Je suis dans mon château, comme vous dans le vôtre :

Car ne se peut prendre pour autre

Que pour château, votre réduit ;

Et croiriez une baliverne,

Si, sur la foi d'une lanterne

Qui par l'ordre d'Argenson luit,

Vous pensiez qu'être aux Incurables,

Entre gens un peu raisonnables,

Ce soit demeurer à Paris.

Entre nous autres beaux esprits

Qu'il faut bien que dans nos écrits,

Toujours la justesse accompagne,

Vous demeurez à la campagne ;

Et pour moi, maintenant j'y suis.

C'est là que, plus touché d'un ruisseau qui murmure,

Que de tous ces vains ornements

Fils de l'art et de l'imposture,

Je me fais des amusemens

De tout ce qu'à mes yeux présente la nature.

Quel plaisir de la voir rajeunir chaque jour !

Elle rit dans nos prés, verdit dans nos boccages,

Fleurit dans nos jardins et dans les doux ramages

Des oiseaux de nos bois elle parle d'amour.

Hélas ! pourquoi faut-il, par une loi trop dure,

Que la jeunesse des saisons,

Qui rend la verte chevelure

A nos arbres, à nos buissons,

Ne puisse ranimer notre machine usée ;

Rendre à mon sang glacé son ancienne chaleur,

A mon corps, à mes sens leur premiere vigueur,

Et d'esprits tout nouveaux réchauffer ma pensée ;

Surtout, rendre à mon coeur ces tendres sentimens,

Ces transports, ces fureurs, ces précieuses larmes,

Qui de nos jours font l'unique printems,

Et dont mon coeur usé ne connoît plus les charmes ?

Alors vous me verriez cent fois à vos genoux

Vous redire combien vous me semblez aimable ;

Vous jurer que le ciel me fit exprès pour vous ;

Que mon attachement seroit tendre et durable ;

Que dans l'imagination

Quelque chose de simpathique

Prépare entre nous l'union

Par où l'amour au coeur souvent se communique ;

Enfin, sans vous chercher cent autres agrémens,

Que vous avez tous les talens

Que je sens qu'il faut pour me plaire.

Ainsi je parlerois dans ces bienheureux tems ;

Mais je dois maintenant me taire.
 

Guillaume Anfrie (1639-1720) - abbé de Chaulieu, poète libertin français - A Madame la marquise de Lassay
Partager cet article
Repost0
30 avril 2024 2 30 /04 /avril /2024 20:40


 

 

Robert Desnos (1900-1945) poète surréaliste et résistant français

 


Quatre saisons


Elle naît au déclin de l'automne

Elle vit en rêve tout un hiver

Elle s'éveille en sursaut au printemps

Elle aime, elle aime en plein été

Elle sème des souvenirs en automne

Elle oublie ses souvenirs en hiver

Elle chante la vie au printemps

Elle se tait, elle se tait en été

 

Elle parle à travers l'automne

Elle écoute une voix en hiver

Elle va vers la vie au printemps

Elle nie, elle nie la mort en été

On la perd de vue en automne

On l'oublie, on l'oublie en hiver

 

Quelqu'un se souvient d'elle un jour de printemps

 

Son nom naufrage pour jamais au cœur de l'été

 

Automne, hiver, printemps, été Être être et avoir été
 

Robert Desnos (1900-1945) - poète surréaliste et résistant français - Quatre saisons
Partager cet article
Repost0
30 avril 2024 2 30 /04 /avril /2024 20:17


 

 

Hữu Ngọc (1918-2010), chercheur et écrivain vietnamien.
(Octobre 1996)

 

Les saisons 

 

Printemps


Les jeunes rayons du soleil réchauffent

l’homme et enivrent les cieux.

Paysage printanier où l’air tiède

enveloppe palais et monuments.

Au travers les rideaux,

les loriots font la navette dans les saules.

Autour de la véranda, les papillons voltigent sur les fleurs.

Et sur le seuil de la maison, la lumière du jour s’allonge.

Un soupçon de sueur tout parfumé de poudre

vient humecter la robe verte.

L’enfant, ignorant la tristesse printanière,

S’appuie à la rampe d’ivoire et sourit.

 

 

Été


Le vent souffle éparpillant les fleurs rouges des grenadiers.

Une belle femme, au jardin,

se balance nonchalamment dans un hamac.

Le loriot sur sa branche regrette 

le printemps qui, trop vite, s’écoule.

Un couple d’hirondelles violettes

a la nostalgie du paysage enfui.

S’arrêtant de coudre, muette et les sourcils baissés,

Elle appuie un instant sur les tentures de soie

sa tête lasse, se laissant aller à son rêve,

Mais quelqu’un s’approchant, écarte le rideau

et l’arrache au sommeil,

Hélas ! son âme ne peut plus le rejoindre à Liêu Tây.

 

 

Automne

 

Les effluves de l’automne imprègnent l’espace,

le ciel est serein, l’air est pur,

Une oie solitaire venant de loin, annonce l’arrivée du brouillard.

Les lotus se fanent sur leurs longues tiges,

leur parfum s’éteint dans les bassins de Jade.

À la troisième veille les feuilles de bouleau

jonchent les eaux froides du fleuve Ngô.

La luciole voltige autour des balustrades bleues.

La veste en tissu mince ne peut plus

protéger du froid pénétrant. 

La flûte qui se tait au loin me fait rêver.

Où donc trouver le phénix qui m’emportera

au Pays des Immortels ?

 

 

Hiver


J’allume le brûle-parfums, petit vase d’argent,

Un verre d’alcool réchauffe l’air matinal.

Le froid de la neige pénètre le mince rideau,

Le vent secoue le givre sur l’eau froide.

La belle jeune femme s’isole parmi les tentures brodées,

Derrière les fenêtres calfeutrées de papier.

Mais, pour faire revenir en secret le printemps,

Sur un abricotier, un bourgeon parfumé,

s’ouvre dans la montagne.
 

Hữu Ngọc (1918-2010) - chercheur et écrivain vietnamien - Les quatre saisons.
Partager cet article
Repost0
30 avril 2024 2 30 /04 /avril /2024 18:48
Partager cet article
Repost0

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recherche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Catégories

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Evans - Jura

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes Blogs Amis À Visiter