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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 22:12

 

Charles Cros (1842-1888) - poète

Recueil : Le coffret de santal (1873)

 


Avenir

Sonnet.


Les coquelicots noirs et les bleuets fanés

Dans le foin capiteux qui réjouit l'étable,

La lettre jaunie où mon aïeul respectable

À mon aïeule fit des serments surannés,

 

La tabatière où mon grand-oncle a mis le nez,

Le trictrac incrusté sur la petite table

Me ravissent. Ainsi dans un temps supputable

Mes vers vous raviront, vous qui n'êtes pas nés.

 

Or, je suis très vivant. Le vent qui vient m'envoie

Une odeur d'aubépine en fleur et de lilas,

Le bruit de mes baisers couvre le bruit des glas.

 

Ô lecteurs à venir, qui vivez dans la joie

Des seize ans, des lilas et des premiers baisers,

Vos amours font jouir mes os décomposés.


 

Lilas - Nadia Strelkina

Lilas - Nadia Strelkina

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 22:08

 

René-François Sully Prudhomme (1839-1907) - poète
Recueil : Stances et poèmes (1865)

 


Ici-bas

 

Ici-bas tous les lilas meurent

,Tous les chants des oiseaux sont courts ;

Je rêve aux étés qui demeurent

Toujours...

 

Ici-bas les lèvres effleurent

Sans rien laisser de leur velours ;

Je rêve aux baisers qui demeurent

Toujours...

 

Ici-bas tous les hommes pleurent

Leurs amitiés ou leurs amours ;

Je rêve aux couples qui demeurent

Toujours...
 

Lilas, temps gris de Claude Monet  (1872)

Lilas, temps gris de Claude Monet (1872)

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 21:59

 

 

Évariste de Parny (1753-1814) - poète
Recueil : Poésies érotiques (1778)

 

 

 

Au gazon foulé par Éléonore

 

Trône de fleurs, lit de verdure,

Gazon planté par les amours,

Recevez l'onde fraîche et pure

Que ma main vous doit tous les jours.

Couronnez-vous d'herbes nouvelles ;

Croissez, gazon voluptueux.

Qu'à midi, Zéphyre amoureux

Vous porte le frais sur ses ailes.

Que ces lilas entrelacés

Dont la fleur s'arrondit en voûte,

Sur vous mollement renversés,

Laissent échapper goutte à goutte

Les pleurs que l'aurore a versés.

Sous les appas de ma maîtresse

Ployez toujours avec souplesse,

Mais sur le champ relevez-vous ;

De notre amoureux badinage

Ne gardez point le témoignage ;

Vous me feriez trop de jaloux.

 

Lilas - 1901 par Edmund Blair Leighton

Lilas - 1901 par Edmund Blair Leighton

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 21:41
 
 
 
Mythologie des fleurs
 
La Campanule


 

Les Campanules sont des plantes herbacées vivaces ou bisannuelles de la famille des Campanulacées qui poussent à l'état sauvage en Europe et en Amérique du Nord.  


Le mot campanule apparu à la fin du 17ème siècle dérive d’un vieux mot médiéval, genre campanula (du latin campana) "Petite Cloche" qui désignait déjà la plante au 8ème siècle. Il y a même une légende italienne qui prétend que les fleurs des campanules auraient inspiré à un religieux la forme des cloches qui n’existaient pas au début de l’époque chrétienne.

 
Leurs fleurs "bleues, violettes ou blanches" sont hermaphrodites. 

 

 

L'abeille qui plongeait dans cette campanule,

Mes doigts agilement sur elle ont clos la fleur

Entends, si ton oreille approche sa cellule,

L'insecte bourdonner sur un ton querelleur.

 

Charles Guérin (1873-1907)

Recueil : Le semeur de cendres (1901).


 

 

 

La campanule séduit par sa généreuse floraison en clochette souvent bleu-mauve !


Elle offre des fleurs très délicates, en clochettes ou étoilées.

 

Les différentes espèces ont des formes très variées : elles peuvent être retombantes, tapissantes, ou érigées.

 

Le calice présente cinq dents, le plus souvent assez étroites. La corolle, en cloche, s'ouvre en cinq lobes, avec Cinq étamines, et Ovaire infère. Les fleurs sont généralement rassemblées en épis ou grappes dressés à l'extrémité des tiges, mais elles peuvent aussi être solitaires. Le fruit est une capsule à nombreuses graines. Leur large dispersion dans le monde montre qu'il s'agit d'un genre hémérochore. La Campanule regroupe un très grand nombre d'espèces que l'on retrouve principalement en zones tempérées.


Pour les botanistes, il n’y a pas "la" campanule, mais "des" campanules, des genres différents plus ou moins proches (Campanulastrum, Adenophora, Platycodon, Codonopsis, …) ; et encore, même au sein du genre Campanula, il existe une diversité de formes de fleur qui va au delà de la clochette populaire.


Dans la nature, on les trouve dans les fissures de rochers et les éboulis de haute montagne, dans les landes, les prairies et les bois des plaines. Leurs fleurs prennent des formes très diverses : en tubes, en clochettes, en étoiles, voire en coupes plus ou moins ouvertes. Leur hauteur varie de quelques centimètres à 2 m.


Les naines sont idéales pour la rocaille, les murets fleuris ou les talus ensoleillés. Les plus grandes font merveilles dans les massifs ou se naturalisent dans une prairie de fleurs sauvages ou un jardin de sous-bois. Elles sont intéressantes pour leur longue floraison estivale et leur facilité de culture.

 

 

 

 

Les campanules et les abeilles

 

 

Les Campanules sont, notamment, visitées par des petites abeilles solitaires. Elles y prélèvent nectar et pollen indispensables au développement de leurs larves, et parfois utilisée par elles comme abreuvoir, ses pétales en "vrai calice" collectent facilement l'eau de pluie. L'observation de ces fleurs est donc un bon moyen pour identifier ces pollinisateurs.


 

 

 

La Campanule à feuilles de pêcher (Campanula persicifolia),

Campanule de Perse ou Bâton de Jacob 

 


Est une plante herbacée de la famille des Campanulacées. La couleur des fleurs est bleu violacé clair à blanc.


Cette plante herbacée vivace est glabre, luisante et possède une robuste tige droite jusqu'en haut qui porte une grappe de deux à six grandes fleurs bleu clair largement ouvertes et inclinées vers le haut à corolle bleue en cloche à cinq lobes peu profonds, contenant un pistil à trois stigmates. 


Ses fleurs aussi souvent blanches que bleues forment des coupes ouvertes. Les feuilles de Campanula persicifolia, d'un vert soutenu luisant, sont assez coriaces et oblongues à très allongées. Elles forment des rosettes denses d'où émergent au printemps les tiges florales. Ces rosettes se désépaississent généralement lorsque la tige florale se développe.


Elle est présente dans les bois montagneux de presque toute la France.


Habitat : endroits ensoleillés, buissons, forêts claires et sur sols secs. Pousse dans tous les sols neutre à calcaire


Floraison : de mai à août, 
Dans un massif fleuri elles sont des reines, belles et faciles à entretenir. 

 

La Plante entière (Feuille, fleur), est comestible. 

Elle a des propriétés adoucissante et émolliente.

 

Elle se nomme en anglais Paper Bellflower, Peach-leaved Bellflower ou Willow Bellflower.


 

 

 

La Campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia) 


est une plante herbacée vivace de la famille des Campanulacées. L'épithète spécifique rotundifolia évoque les feuilles basales arrondies.

 

Ses fleurs sont bleu pâle ou foncé, penchées. Sa tige est grêle et rarement droite, elle s’enroule autour des autres plantes poussant à proximité. Elle possède de petites feuilles linéaires le long de sa tige et des feuilles rondes à sa base.

 

Habitat : Prairies, orées de champs, rocailles, bords de routes.

 

Elle fait une excellente plante vivace de jardin. Fiable et peu exigeante, très tolérante, elle vit en pot, auge, rocaille, talus, même si le sol pauvre.


Elle s’installe volontiers dans les sols pauvres pour se couvrir de fleurs de juin jusqu’aux gelées.

 

En Angleterre, "bluebell"  réfère à la jacinthe sauvage ;

mais en Écosse, "bluebell" est le mot donné à la campanule à feuilles rondes, qui s'appelle "harebell" en Angleterre.


 


 

La Campanule à feuilles de Cochléaire (Campanula cochleariifolia),

campanule à feuilles de Cranson,

Campanule fluette ou Campanule à feuilles de Raifort, 

 


est une plantes herbacée vivace de la famille des campanulacées.


Elle a été considérée par certains botanistes comme formant une sous-espèce ou une variété de Campanula cespitosa ou de Campanula rotundifolia. Cette confusion taxonomique entraîne donc la présence pour cette espèce d'environ 130 synonymes taxonomiques.

 

Cette plante tapissante, s'étale en grandes plaques par des rhizomes traçants et ramifiés et offre en été, portées par des tiges grêles et souples, des fleurs simples, bleu pâle, qui penchent gracieusement vers le sol, un feuillage, vert foncé, avec des feuilles basilaires cordiformes.


Habitat : Elle est originaire des Alpes où elle croît dans les éboulis calcaires. 


Elle remplira rapidement les fissures, les vieux murs et les murets. Elle conviennent parfaitement à un jardin sauvage. 


La floraison a lieu de juin à août. 


 


 

La Campanule barbue (Campanula barbata)

 

 
est une plante herbacée vivace du genre Campanula et de la famille des Campanulaceae.

 

Cette campanule vivace est facilement identifiable grâce aux longs poils soyeux et raides des corolles en cloche, un peu ventrues d'un bleu pâle, rarement blanches, inclinées, pendantes, en courte grappe unilatérale. Les sépales velus sont séparés par des appendices rabattus vers la base de la fleur. Les feuilles allongées forment presque toutes une rosette basale. 

 

Habitat : Cette fleur pousse dans les prairies, les rocailles et les forêts des hautes montagnes. On la rencontre dans les Alpes, c'est une vraie montagnarde. 


Floraison : de Juin à Août

 

 

 

La campanule étalée (Campanula patula) 

 


est une plante herbacée de la famille des Campanulacées.


C'est une plante vivace ou bisannuelle, moyenne à grande, aux tiges anguleuses, elle est rude au toucher.

 

Ses feuilles sont oblongues, les supérieures sont plus étroites et sessiles. Elle a des fleurs bleu-violet, en panicule lâche, le pédoncule portant une petite bractée en son milieu ; les sépales sont linéaires.


Habitat : Cette campanule des sous-bois et des haies se rencontre sur sols siliceux. Elle se reconnaît très facilement à ses fleurs nombreuses dont la corolle possède des lobes pointus et très étalés.


De nombreuses espèces sont natives des montagnes de l’Europe centrale et du sud, ainsi que de la région méditerranéenne. Ce sont généralement des plantes vivaces qui contiennent du latex.


Floraison : de Mai à Août

 

 

 

La Campanule fausse raiponce (Campanula rapunculoides) 

 


est une plante herbacée vivace de la famille des Campanulacées.

À ne pas confondre avec le genre Phyteuma (les Raiponces) qui comprend des espèces bien différentes, quoique relevant de la même famille des Campanulacées.


Cette robuste et charmante plante vivace d'un bleu violacé dont toutes les fleurs pendent du même côté, mellifère et comestible est une espèce à cultiver dans les zones de jardin naturel, capable de s’imposer parmi d’autres plantes sauvages. Son feuillage est persistant. 


Floraison : juin à septembre


 

 

 

La Campanule raiponce (Campanula rapunculus),

bâton de Saint-Jacques, Raiponce cultivée, rave sauvage

 


est une plante herbacée bisannuelle de la famille des Campanulacées. À ne pas confondre avec le genre Phyteuma (les raiponces) qui comprend des espèces bien différentes, quoique relevant de la même famille des Campanulacées.


C'est une plante dressée, velue, non ramifiée, aux feuilles inférieures pétiolées, ovales, légèrement dentées, aux feuilles supérieures sessiles, étroites et lancéolées. L'inflorescence est une grappe lâche généralement non ramifiée, de fleurs bleu-pâle en cloches, et regardent de tous les côtés.


Plante très charnue , tendre et d'une saveur douce, elle se mangeait en salade pour ces fleurs et ces feuilles , et l'on travaille ses racines comme le raifort.

 

On la semait en juin ou juillet , dans un mélange de terre fine et de sable , et on pouvait la récolter en automne et même en hiver.

 


Elle était souvent utilisée au jardin autrefois, décorative, tolérante et facile à cultiver, mais aussi comestible : c’est un légume ancien.
Habitat : bois, les prés et les lieux secs.


Floraison : Juin à Août

 

Du 17° au 19° siècle, on mangeait la fleur  raiponce (campanula rapunculus) crue en salade , puis l'on consommait ces tiges et ces feuilles crues ou blanchies elles aussi en salade ou cuites comme la chicorée et enfin ces racines étaient râpées ou blanchies comme le raifort et utilisées comme assaisonnement ou en salade .

 

Usage : 
Médecine : la campanule raiponce soignait les maux de gorge et problèmes digestifs. Grâce à sa propriété antiseptique, elle était aussi un remède dans la digestion, surtout après des repas copieux, les gingivites et les conjonctivites.

 

 

Cheveux d’évêque ou encore pieds de sauterelle étaient ces surnoms en France 

 
 

 

 

La Campanule des Alpes (Campanula alpestris) 

 


Est une petite plante herbacée vivace de 3 à 10 cm, à souche rampante-stolonifère, de la famille des Campanulacées. Elle pousse dans les  Alpes occidentales (endémique du Dauphiné, de la Savoie et du Piémont).


Les grandes fleurs sont bleues (longues de 3 à 4 cm), en forme de clochette (5 pétales soudés), le plus souvent solitaires et penchées. Le calice calice poilu, muni de 5 appendices d'un tiers plus courts que le tube, à lobes ovales-lancéolés, égalant le tiers de la corolle. Tiges très courtes, simples, très feuillées à la base.  Les feuilles très rapprochées, oblongues-lancéolées ou obovales, entières ou ondulées, pubescentes. Feuilles en rosette portent des poils rudes.

 
Habitat : pelouses caillouteuses, les éboulis, entre les rochers, sol calcaire.


Floraison : juillet - août


 

 

 

La Campanule carillon (Campanula medium), campanule des jardins 

 


Peu exigeante et pleinement rustique, c'est une espèce de campanule à grandes fleurs plus bisannuelle que vivace, une très belle fleur des champs portée par une tige solide, à la floraison spectaculaire, en forme de grande cloche simple, d'un bleu-violacé candide, originaire des régions méridionales d'Europe (endémique de France et Italie).


Des traditions populaires ont par ailleurs rebaptisé certaines fleurs en référence à Sainte Vierge ou à la Trinité. Parmi les noms vernaculaires que les paysans d’autrefois leur ont attribués, on trouve notamment la Violette de Marie, autre nom de la Campanule carillon (Campanula Medium).


Habitat : s'installe facilement au jardin, même dans les sous-bois et les coteaux pierreux. C'est une plante idéale pour les zones ombragées, un peu sauvages et les jardins sans jardiniers.


Floraison : fin de printemps - début d'été.


Ses fleurs tiennent longtemps dans les bouquets.


 

 

 

La Campanule à fleurs en tête (Campanula cervicaria), 

Campanule cervicaire, campanule hérissée

 


La campanule cervicaire est une plante à la durée de vie limitée puisqu’elle ne vit généralement pas plus de deux ans. C'est une espèce héliophile ou de mi-ombre. Elle croît dans n'importe quel type de sol de légèrement acide à basique, riche ou pauvre, elle supporte même les terres lourdes.
 


Les fleurs sont pollinisées par les abeilles et les syrphes. L’autopollinisation est également possible, mais dans ce cas le nombre de graines produites est nettement plus réduit.


Cette grande plante est l’une de nos plus belles campanules. Elle est généralement facile à reconnaître grâce à son inflorescence, constituée d’une dense ombelle bleu clair et parfois blanche en forme de cloche. Elle se distingue par la forme des fleurs disposées en grappes denses formant un racème, terminant la tige à bord anguleux, à poils rugueux. Feuillage persistant l'hiver en rosette basse.


Fruit : Capsule conique et arrondie, très étroite, à nervures marquées, poilue, penchée, s’ouvrant à sa base.



L’espèce est peut-être arrivée il y a longtemps en Finlande. Elle pousse généralement dans des lieux que les hommes ont nettoyés. Comme de nombreuses anciennes espèces de culture de brûlis, la campanule cervicaire décline fortement parallèlement à la disparition de ses habitats traditionnels.


Habitat : Lisières de forêts, prairies de coteaux, les haies et les prairies d’Europe centrale.

 
Floraison : fin juin à début septembre


 

 

 

La Campanule des murets (Campanula poscharskyana -

Campanula muralis), campanule des murs, campanule des murailles. 

 

C’est une belle plante vivace, ultra-rustique, de la famille des Campanulacées, robuste formant une touffe tapissante. Ses feuilles sont irrégulièrement dentées, en forme de coeur, d'un joli vert moyen persistant. Sa floraison s'étend de juillet à septembre, sous forme de panicules dressée ou étalées peu ramifiées composées de fleurs tubulées ou en entonnoir de 1 à 2 cm de long, bleu,mauve, violet, blanc. 


Elle est native des Montagnes de Croatie, Serbie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine et des montagnes calcaires d'Italie et du bassin méditerranée.


Habitat : Cette plante se développe à mi-ombre ou soleil non brûlant, à l'abri des vents froids, dans une bonne terre de jardin, ordinaire et bien drainée, pouvant être calcaire.


Floraison : fin Juin et juillet, refleurit plus discrètement jusqu’en septembre

 

L'espèce a été décrite en 1830 par Alphonse Pyrame de Candolle, à la suite des travaux de Franz von Portenschlag-Ledermayer (1772-1822). L'épithète spécifique muralis signifie "qui pousse sur les murs ".


 

 

 

La campanule étoilée (Campanula garganica) 

 


Est une plante de la famille des Campanulacées, oginaire du sud de l'Italie et de la Grèce.


Cette petite campanule à tiges rampantes est une petite vivace semi-persistante à persistante. Ses clochettes évasées en étoile bleu lavande à mauve clair s'élèvent d'un tapis de petites feuilles vert clair codéiformes et dentées en une floraison estivale prolongée. 


Cette petite vivace, encore rare dans nos jardins, a le charme et la robustesse des plantes sauvages.


Elle est originaire des montagnes du sud de l'Italie et de Grèce, mais son aire de répartition s'étend jusqu'en France. 


Habitat : elle fait merveille entre les pierres d'un mur, entre les dalles, ou en rocaille.


Floraison :  juin - juillet.

 
 

 

 

La campanule des Carpates (Carpathes) (Campanula carpatica),

 


Est une plante herbacée, vivace ou bisannuelle, du genre Campanula et de la famille des Campanulacées.


La campanule des Carpates, fait partie des plantes vivaces incontournables ; cette campanule forme des coussinets denses, est probablement celle qui fleurit le plus longuement. Les fleurs  d'une couleur bleue, blanche ou rose, facile à contenter, facile à faire fleurir, facile à semer, tout en étant très jolie, compacte, et à longue floraison.


Elle développe un groupe de longues tiges plus ou moins rampantes, portant des feuilles alternes longuement pétiolées, au limbe triangulaire de quelques centimètres, bordé de petites dents pointues. Même hors floraison ce feuillage serré est intéressant. Campanula carpatica est cependant caduque et perds son feuillage en hiver, sauf si l’hiver est doux.


Elle est originaire de l’Europe centrale, notamment des Carpates ; cette origine lui permet une grande rusticité. La campanule des Carpates est considérée comme la plante vivace pour débutants.

 
Habitat : elle tolère n’importe quel sol drainant tant qu’il n’y a pas d’excès de chaleur et de sécheresse.


Floraison : fin du printemps, fin été


 


 

 

La campanule à larges feuilles (Campanula latifolia) 

 


Est une plante herbacée vivace appartenant à la famille des Campanulacées. Cette campanule est indigène de France, elle est présente ponctuellement dans nos différents massifs montagnards, croissant en zone boisée ou lisière forestière. Elle est protégée, car assez rare. Elle s’étend vers le nord de l’Europe et le centre de l’Europe, jusqu’au Caucase.


La plante entière est couverte de poils. Elle déploie plusieurs hautes tiges florales robustes et feuillées, parfois ramifiées, et atteint parfois jusqu’à 1,50 m de hauteur. Le feuillage est  persistant.


Les fleurs sont grandes. Leurs corolles d’abord étroitement tubulaires s’ouvrent en étoile et se divisent en 5 lobes pointus. Elles ont une tendance à se tenir dressées en début de floraison. Elles sont généralement soit d’un bleu profond, soit blanc pur.


Cette plante indigène montagnarde assez rare était une plante traditionnelle des jardins de curé, et les jardins de nos grand-mères, se transmettant de génération en génération, améliorée par une lente sélection, pour presque disparaître avec la mode des pelouses et le désintérêt pour les jardins de cottage. En climat frais et arrosé, la campanule à larges feuilles est une plante sage et fidèle, une plante d’ombre claire qui nécessite peu de soins, et dont la haute floraison apporte relief et structure.

 

Habitat : tolérante à toute sorte de sols, graveleux à lourds. Elle préfère cependant qu’ils soient fertiles et qu’ils ne se dessèchent pas trop en été. Elle se cultive aisément et sans entretien dans tout jardin en climat frais et arrosé. C’est une excellente plante d’ombre. Elle est extrêmement rustique, résistante au gel jusqu’à -34 °C.

 

Floraison : printemps, été, abondamment visitées par les insectes. Rabattre les tiges défleuries en juillet permet d’obtenir une nouvelle floraison fin aout/septembre.

 

Comme nombre de campanules, Campanula latifolia est comestible. Feuilles et fleurs peuvent agrémenter une salade. Les jeunes tiges printanières sont parfois cuites en légumes.

 

Les chiens aussi peuvent apprécier de les mâchonner et en prendre l’habitude : c’est sans conséquence.


 


 

La Campanule en thyrse (Campanula thyrsoides) 

 


Est une plante herbacée des Alpes, du Jura et des Balkans.
 

C'est une plante curieuse par son coloris et sa forme inhabituelle chez les campanules, bisannuelle,ou vivace monocarpique à racine charnue, d'une hauteur de 10 à 70 cm aux fleurs jaunes pâles en épi dense ou en thyrse. Sa forme et sa couleur inhabituelle chez les campanules ne laisse place à aucune confusion. La tige est simple, épaisse, hérissée.

 

Floraison : généralement de juillet à août, mais parfois dès juin.

 

Habitat : Pelouses alpines calcaires à l'étage alpin ou subalpin, généralement de 1500 à 2600 mètres d'altitude, mais parfois dès 1000 mètres.

 

En France, cette espèce est protégée en région Franche-Comté


 

 

 

La Campanule à belles fleurs ou Campanule des Corbières

(Campanula speciosa) 

 


Est une plante herbacée vivace, hermaphrodite, plus ou moins velue-hispide, de la famille des Campanulacées.


Cette espèce peu commune pousse dans les éboulis, les rocailles et les falaises, de préférence calcaires, des Cévennes, des Causses, de Corbières et des Pyrénées centrales et orientales, altitude 1100 - 1800 mètres.


La tige anguleuse portes des feuilles serrées, allongées et ondulées sur les bords.

Les grandes fleurs bleu violacé, à lobes peu profonds, bordés d’une courte frange de poils, forment une inflorescence dense occupant généralement une bonne partie de la tige. Elles possèdent trois stigmates et et le calice présente des appendices rebroussés entre les sépales. 

 

Fruit : capsule à 3 loges s’ouvrant par 3 pores.


Habitat : Éboulis et rochers des montagnes calcaires - 


Floraison : mai- juillet 


Protégée en région Aquitaine et Midi-Pyrénées


 

 

 

La campanule du Mont Cenis  (Campanula cenisia), 


 
Cette petite campanule naine, peu commune,  est une petite plante vivace rhizomateuse qui croît dans l'ouest des Alpes (du Dauphiné au Tyrol), haute de 2 à 6 cm, elle forme des plaques dans les éboulis rocheux et les rocailles, à haute altitude (entre 2 000 et 3 000 mètres).

 

La souche rampante émet de nombreuses rosettes de feuilles ovales, un peu charnues, ciliées à la base. Les fleurs solitaires sont bleu lilas pâle possèdent une corolle est profondément fendue en lobes étalés.

 

Habitat et  Usages : fissure, auge, jardin alpin, éboulis, couvre-sol, auge, 


Floraison : juillet à septembre


C'est une fleur comestible

 

 

 

La Campanule agglomérée  (Campanula glomerata),

Campanule à fleurs agglomérées,  Ganteline, 

 


Est une plante herbacée vivace de la famille des Campanulacées, originaire du sud de l'Europe et de la Turquie. En France, elle est présente dans les Alpes, le jura, les Vosges, les Pyrénées et dans l'ouest (sauf en Bretagne). On la rencontre particulièrement dans les zones boisées et humides.


Haute jusqu'à une soixantaine de centimètres, elle développe des tiges grêles mais coriaces, rougeâtres et velues. La plante commence par former une rosette de feuilles plus ou moins allongées et arrondies portées par de longs pétioles. Toutes présentent un contour dentelé et une nervation pennée.


Elle porte des têtes denses et arrondies assez grosses Les fleurs sont organisées en denses grappes dressées en bouquet terminal au-dessus du feuillage.  Elles se déclinent en bleu lavande à violet foncé, ou en blanc.
Végétation vigoureuse, très rustique. 


Fruit : Capsule inclinée nettement nervurée, environ 5 mm de long, déhiscente à la base.


Habitat : Taillis, coteaux de prairie, bords de chemin, pâturages secs, riches forêts mixtes.


Floraison : mai à septembre. Elle se ressème toute seule. 


La rare, mais semblable C. cervicaria diffère par ses pétioles à larges ailes et les lobes de son calice à extrémité arrondie. En outre, la campanule agglomérée est légèrement duveteuse, tandis que les poils de C. cervicaria sont épais.


 

 

 

La campanule de Scheuchzer  (Campanula scheuchzeri Vill. 1779),

 

 
Est une plante herbacée vivace appartenant à la famille des Campanulacées.
Cette campanule  haute de 10 à 80 cm.

 
Elle est proche de C.rotundifolia 1753, mais plus adaptée aux conditions des hautes altitudes. Avant la floraison, ses boutons floraux sont pendants, ce qui permet la différentiation avec la campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia), espèce très proche.


Ses feuilles sont longues et fines. Sa tige est assez courte. Les fleurs sont souvent uniques. Cette fleur bleu violacé en forme de clochette est grande, souvent solitaire. 

 

Habitat : pousse sur les terrains pauvres et secs de l’étage alpin jusqu’à                 3400 mètres.

           Régions montagneuses - pâturages, pelouses, rocailles.


Floraison : de Mai à Octobre


 

 

 

Campanule de Corée (Campanule takesimana) 

 

est une plante herbacée, de la Famille des Campanulacées, originaire d'Extrême Orient et d'Asie.

Les fleurs de cette campanule sont en forme de très longues clochettes tubulaires, d'un rose liliacé satiné, ou blanc découvrant à peine une gorge pourpre tachetée de brun-violet.

Cette remarquable vivace coréenne de taille moyenne forme avec le temps de larges touffes de rosettes basales d'où émergent en fin de printemps et en été des tiges florales feuillues, graciles et arquées, feuilles vertes dentées. 

 

Elle apprécie une exposition ensoleillée, mi-ombre. 


Cette plante rustique résiste toutefois à des températures au-delà de -15°C. 


Habitat : en Rocaille, en Bac, en Pot, en Jardinière, en Bordure


Floraison : fin de printemps, été


Les hampes florales de la Campanule de Corée sont fragiles et doivent être protégées du vent.


 

 

 

Campanule isophylla (Campanula isophylla)

"Étoile de Bethléem", "Etoile, du marin"  

 


Cette campanule  vivace, annuelle ou bisannuelle  de la famille Campanula, est composée de feuilles ovales, cordiformes, elle produit de jolies fleurs étoilées bleues ou blanches. 


Originaire du sud de l'Italie, cette campanule n'est pas rustique.  Son feuillage persistant, sa hauteur de 20 cm maximum, son port retombant sur plusieurs dizaines de centimètres et sa floraison lui confèrent les qualités pour la culture en suspension dans un coin lumineux et ventilé. Elle est souvent utilisée comme plante tapissante ou retombante.


Habitat : dans un substrat plutôt calcaire mélangé à une bonne terre de jardin car elle redoute l'excès d'humidité.


Floraison : optimum de juin à octobre


Elle fleurit en blanc (la plus robuste) ou en bleu tout au long de l'été à condition de retirer les parties fanées. Souvent proposée en panier suspendu, cette campanule se palisse facilement sur un petit arceau. Certaines sont de bonnes plantes de rocaille, , les plates-bandes ...


Elles sont cultivées pour leurs fleurs à cinq pétales souvent en forme de cloche.


Elle préfère  le soleil ou la mi-ombre.


Pour être cultivée en intérieur, la campanule isophylla a besoin d’une période de repos hivernal lors de laquelle elle est placée dans une pièce fraîche et très peu arrosée.


 



 

Campanule fragilis (Campanula fragilis), "étoile de Marie"
 

 

Est une plante vivace herbacée, de la famille des campanulacées, originaire d'Europe (Italie).


Elle est très voisine de C. isophylla. Il existe une certaine confusion entre ces deux cultivars, pas très loin de se prendre pour des jumeaux. Leur culture est d'ailleurs sensiblement la même. Elle peut être rustique en sol bien drainé.


Feuillage vert persistant, feuilles cordiformes, crénelées, sur un long pédoncules. Fleurs bleues en étoile sur des Etoile du marin, ou de Marie dans le langage populaire, jalousement gardée, souvent convoitée par les voisines, elle a accompagné les immigrants italiens dans toute l'Europe, et demeure très populaire. 


En Provence, autour de Saint-Maximin, elle accompagnait la procession de Marie-Madeleine, les pots sortis bien en vue sur la fenêtre à cette occasion. Localement appelée "la Madeleine". 


Bien que résistante au froid elle reste surtout utilisée en pot. Délicate en culture, sensible à l'humidité sur le feuillage au moment de la floraison, elle appréciera un arrosage au pied ou dans la soucoupe. En hiver, la tenir sur une fenêtre bien contre la maison, presque au sec. Elle peut résister à -12° à -16°


Habitat : rocaille mi-ombre


Floraison : mi-juillet à septembre

 

 

 

Campanule pyramidale (Campanula pyramidalis)

 


Cette plante se comporte plus en bisannuelle qu'en vivace, sa rusticité est moyenne.


L'élégante campanule pyramidale, mesure 1 à 2 m. Ses feuilles cordiformes forment des touffes à la base et elle produit des tiges droites raides, fortes, verticales qu'il est nécessaire de tuteurer sous peine de la voir s'effondrer au premier coup de vent.

 
Une très haute campanule produisant des grappes de fleurs pouvant atteindre 3 mètres de haut, de couleur bleu violacé pâle, en large coupe étoilée, ou blanches, qui s'ouvrent dans un roulement ininterrompu.

 

Elle s'installe en sol calcaire bien drainé car elle craint l'humidité. Ces campanules forment de très belles potées à rentrer à l'abri en hiver.


Habitat : Elle se plait également en terrain maigre et graveleux, au pied d'un mur par exemple, dans les parties plus ou moins abritées par les avancées des toits. Massif, Bordures et allées.


Floraison : de mai à septembre. 

 

On peut en faire de jolis bouquets.



 


 

Campanule zoysii (Campanula zoysii),  "Bâton de Maréchal"

 


Est une vivace de la famille des campanulacées. Cette alpine violette est rare, et très convoitée. Elle est de culture délicate. Il lui faut une exposition chaude et ensoleillée.


Petite campanule aux fleurs en grelots, C'est une petite plante assez poilue, aux tiges ramifiées, aux feuilles alternes oblongues légèrement gaufrées, aux fleurs mesurant environ 2 cm, à corolles en étoile, groupées en panicules lâches, aux sépales dentés. Le fruit est une capsule.


Elle est endémique des Alpes du sud-est et pousse dans les fissures de parois rocheuses calcaires. Dans le monde, elle est principalement présente en Slovénie, mais déborde également un peu en Italie (Udine) et dans le Sud de l'Autriche (Carinthie), dans les Hautes Alpes.


Habitat : rochers calcaires secs etr ensoleillés d'altitude, 1400 à 2500 mètres.


Floraison : de Juillet à Septembre

 

Elle se distingue du Miroir de Vénus hybride (Legousia hybrida) par ses fleurs plus grandes.


 

 

 

La campanule à fleurs laiteuses, (Campanula lactiflora) 

 


C’est une plante vivace appartenant à la famille des Campanulacées, originaire du Caucase, de Turquie et d’Iran. La campanule à fleurs laiteuses, est extraordinairement généreuse, typique des jardins anglais. Elle se naturalise et se ressème volontiers, remplissant les massifs en créant de merveilleuses scènes. 

 

Elle produit des tiges dressées et ramifiées. Ses feuilles sont triangulaires dentées, sans pétiole, d’un vert profond et lustré : elles créent un feuillage vigoureux et rafraîchissant. Les inflorescences se développent en position apicale, en plusieurs panicules imposantes. Toute la plante semble groupée en grappes denses explosant en une montagne de fleurs fleurs rose tendre, lavande au cœur clair ou blanche.

 

Elle est ornementale, mellifère, et accueillent de nombreux pollinisateurs. 


Elle est rustique, vigoureuse et capable de se frayer une place dans un espace sauvage. 


Elle est adaptée au climat tempéré et froid -28° où les nuits restent chaudes trop souvent (température supérieure à 22°C). C'est le genre de plante qui se débrouille toute seule.


Elle est facile à cultiver et à réussir.


Habitat : massifs,  soleil à mi-ombre, sol riche et humifère. 


Floraison : s’épanouit de juin à juillet, puis lorsque la plante est rabattue remonte d’août à octobre.


Autofertiles, des fruits en capsules suivent les fleurs et libèrent de fines graines.


C'est une plante comestible

 

 

 

La campanule à grandes fleurs, (Platycodon grandiflorus),

Campanula glauca, Platycodon glaucus, le Platycodon,

 

 
Est une plante herbacée vivace, de la famille des campanulacées, originaire d'Extrême-Orient (Sibérie, péninsule coréenne, Japon, Chine du Nord). C'est la seule espèce actuellement décrite du genre Platycodon. 


Elle est  cultivée depuis longtemps dans les jardins, et se décline en nombreuses variétés horticoles dont certaines sont très anciennes. C’est une intéressante plante de massif dense et florifère, tiges rigides, hautes et habillées de feuilles entières allongées, opposées, voire verticillée, au beau feuillage dense, d’un joli  vert bleuté.

 

Les fleurs individuelles de texture épaisse, sont en forme d’étoile, bleu mauve. Les variétés plus compactes sont utilisées en jardinière. La campanule à grandes fleurs est rustique -35°C.


Il existe aujourd’hui des cultivars aux fleurs roses, blanches, doubles, blanches joliment éclaboussées de bleu .


Habitat : massifs, en bac ou en jardinière, Platycodon grandiflorus demande des arrosages très réguliers. Exposition soleil à mi-ombre, sol argileux, légèrement acide à neutre.


Floraison : juillet à septembre

 

Les fleurs sont visitées par les insectes et produisent de petites graines noires et rondes.


Cette plante est le symbole des villes japonaises d'Ichinomiya et d'Isehara.


 

 

 

La campanule des canaries (Canarina canariensis), 

 


Est une plante de la famille des campanuilacées. Cette jolie cousine de nos habituelles Campanules,  nous arrive des Canaries où elle hante les ravins ombragés et pas trop secs en hiver. Pour atteindre 2 ou 3 mètres de hauteur tout en se ramifiant, elle aime se hisser sur les arbrisseaux environnants. 


C'est ainsi qu'il faut cultiver Canarina canariensis, la seule campanule aux fleurs en grandes clochettes, orangées veinées de brun rouge. Ses élégantes feuilles découpées d’un beau vert  fait ressortir ses nervures violettes. 


Dans le Sud, cette plante originale demande peu de soins : elle suit le rythme des saisons avec la particularité d'égayer le jardin de sa splendide floraison en hiver (jusquà -9°C.).


Elle ne supporte pas les fortes chaleurs, et se mettra en dormance pour supporter les grosses chaleurs. Un mi-ombre leur est donc favorable et un arrêt des arrosages l’été pendant que cette demoiselle se repose.


Habitat : massifs, haies basses ou vérandas, 


Floraison : fin d’hiver, début de printemps 


 

 

 

Campanule gantelée (Campanula trachelium L.),

Gant de Notre-Dame, Campanule à feuilles d'ortie

 

 

C'est une campanule vivace, qui se remarque par une haute tige robuste, anguleuse et hispide en bordure des bois et des lisières.

 

Les fleurs en clochette bleue sont en grappes feuillées multiflores, avec une bractée à la base, l’ensemble a un toucher rude. Les feuilles grandes, ovales triangulaires, en cœur à la base, pétiolées, fortement dentées, poilues, scabres.

 
Le calice et les pétales sont hérissés de longs poils. Les poils ne sont pas urticants. Elle atteint 1,50 m. 


La plus proche de cette espèce est Campanula latifolia, mais le calice et la capsule du fruit sont glabres chez latifolia et velus chez trachelium.


Habitat : sous-bois, lisières, chemins forestiers, sols frais et riches ; dans toute la France.


Floraison : Juin à septembre.


Elle est médicinale.


 

 

 

La campanule Miroir-de-Vénus (Legousia speculum-veneris),

Speculaire miroir, Mirette, Gant de Notre-Dame ou Gantelée.

 


Ses autres appellations sont Campanula speculum L., Legousia arvensis Durande, Specularia speculum veneris (L.) De Candolle, Prismatocarpus speculum L'Héritier. En Allemagne Gemeiner Frauenspiegel, en Espagne espejo de venus, en Italie specchio di venere comune et en Angleterre large Venus's-looking-glass.


Elle se distingue du "Miroir de Vénus hybride" (Legousia hybrida) par ses fleurs plus grandes.


Le genre Legousia a été dédié au botaniste Bénigne Le Gouz de Gerland, qui fonda en 1773 le Jardin Botanique de la ville de Dijon.


C'est une plante herbacée annuelle de la famille des Campanulacées.


C'est une petite plante assez poilue, aux tiges ramifiées, aux feuilles alternes oblongues légèrement gaufrées d'un vert franc, aux fleurs à corolles en étoile d'un bleu-violet à violet brillant, coeur de la corolle blanc, groupées en panicules lâches, aux sépales dentés. 


Le fruit est une capsule.


Cette fleur pousse le long des chemins. 


Habitat : champs cultivés, friches, parfois bord de chemins et terrains vagues.


Floraison : mai à juillet


Le miroir de Vénus est utilisée en salade.

 

 

 

 

On appellerait la campanule Legousia speculum-veneris "Miroir de Vénus" car en son centre se trouve un disque brillant dont la déesse Vénus se servait comme d’un miroir pour vérifier l’éclat de sa beauté lorsqu’elle allait retrouver Adonis, son amant, en cachette de son mari Héphaïstos et de sa rivale Perséphone.


La campanule "miroir de vénus" est le symbole de la coquetterie.

 

Jacopo de Barbari - Vénus (c.1470)

 

 

 

Mythologie celtique, 

 


la Campanule est une des fleurs favorite des elfes et des fées,  aux pouvoirs les plus grands, qui s'en servaient comme de petites cloches annonciatrices d'enchantements.

 

Dans une forêt semée de campanules magiques, lieu où agissent les charmes des elfes, celui ou celle qui entendait leur tintement voyait un de ses vœux s'accomplir ou au contraire entendait le glas de ses propres funérailles sans savoir ce qui serait finalement réalisé. 


Pour les Écossais, la campanule est la "cloche des morts" car "qui entend tinter la campanule entend le glas de ses funérailles".

 

Cicely Mary Barker fée campanule


 


 

I° siècle

 

 

Platycodon (jiegeng Jie Geng 桔梗) a été référencé pour la première fois dans l'ancien livre chinois Shennong Bencao Jing , ca. 100 après JC.   Il a été brièvement décrit comme suit :


- Jiegeng : Amère, non toxique, traitant principalement les douleurs thoraciques comme si elles étaient poignardées par un couteau, la plénitude abdominale, les grondements intestinaux continus et la peur : palpitations (les troubles physiques et mentaux causés par la peur).   Il pousse dans les montagnes et les vallées.

 

 

 

 

III° siècle

 

 


La racine de Platycodon a été fréquemment utilisée dans la pratique de la médecine chinoise depuis cette première description et a été incluse dans les premiers guides de formule Shanghan Lun et Jingui Yaolue (ca.220 après JC), principalement pour le traitement d'abcès.

 

 

 

V° siècle

 

 

Evêque Saint Paulin de Nole (353-431)

 

La région était réputée dès l'Antiquité par la qualité de l'airain de ses cloches. La légende populaire en fera alors le fondateur des cloches d'église occidentales modernes.

La tradition veut que ce soit saint Paulin de Nole (353-431) de la ville de Nole en Campanie (région d'Italie méridionale) dont il fut évêque, qui donna son nom aux cloches (campana). Il en conserve l'attribut.

Dans les couvents, on distinguait 5 sortes de cloches : celle du réfectoire (squilla), du cloître (cymbalum), et surtout celles du clocher (campana), et du chœur (nola).


La forme de la campanule étant en forme de clochette, les chrétiens lui donnèrent le doux nom de "campanule"

 


Dessin Sanguine et rehauts de craie blanche 
Saint Paulin de Nole (Bordeaux 353 - Nole en Italie 431)

La symbolique du dessin : "La cloche" 


 

 

 

X° siècle

 


Platycodon est toujours utilisé dans les formules pour traiter les gonflements cutanés, tels que les abcès, et est également utilisé pour le traitement des abcès intestinaux (utilisés par voie orale ou par lavement) et des abcès pulmonaires.  

 

Dans le traitement des troubles intestinaux, il est couramment utilisé dans la prescription appelée Shenling Baizhu San (formule Ginseng et Atractylodes), développée pendant la dynastie Song (environ 1000 après JC) pour traiter la diarrhée; la formule a été adoptée pour soulager de nombreux troubles inflammatoires des intestins.  

 

Enfin, on dit que le platycodon apaise un mal de gorge ou soulage l'enrouement.  


Bensky D et Gamble A, Phytothérapie chinoise: Materia Medica , 1993 rév. éd., Eastland Press, Seattle, WA.

Dong ZL et Yu SF, étude moderne et application de Materia Medica , 1990 China Ocean Press, Pékin.

Haung BS et Wang YX (compilateurs), Mille formules et mille herbes de médecine traditionnelle chinoise , 1993 Heilongjiang Education Press, Harbin.


 

 

 

XV° siècle

 

 

En Anjou, le roi René (1409-1480)  dit le 'Bon Roi René" homme d'une grande culture, fin lettré ,fait mention de la plante dans un poème décrivant un repas rustique intitulé

Les amours du bergier et de la bergeronne :


..."du sel et aussi des noisetes, et foison sauvages pommetes, des responses et des herbetes"...

 

 

 

Eloy d’Amerval (1455-1508) chantre, compositeur et poète qui décrit dans 


La grande diablerie 


..."les peines qui attendent les gourmands au séjour des réprouvés ; il leur déclare que : serfueil n’y aura, ne cresson, ne lettue aussi, ne responce "...

 

 


La salade de raiponce était un mets recherché au XV° siècle et Rabelais , classe le Raiponce (campanula rapunculus) comme un mets usité à l'époque.


 

 

 

XVI° siècle

 


1503

Eclairage des Grandes Heures Anne de Bretagne, montrant le nom latin Mella au-dessus et l'ancien nom français Responces au-dessous.

À droite, une deuxième version de l'illumination dans un livre d'heures de 1515, clairement tirée de l'original.

 

 

 

La Campanule raiponce (Campanula rapunculus), était cultivée comme légume autrefois pour ses racines charnues et ses jeunes pousses.

 

Dès le XVI° siècle elle est "améliorée" par rapport à la souche "sauvage" et plantée dans tous les potagers pour une consommation de feuilles en salade et de racines, un peu fades et gélatineuses après cuisson. Elle est progressivement supplantée par l'épinard au XVII° siècle. 

 

Rampion (Campanula rapunculus LINN.)

 

 

 

Horae ad usum Romanum,

dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne 

Jean Bourdichon (1457-1521). Enlumineur
 

Bertonique - Betonica (Campanula medium L. = campanule carillon) -

BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°79v


 


 

Pierre de Ronsard (1524-1585) poète français 

 


..."je cueilleray, compagne de la mousse, 

la responsette à la racine douce

Et le bouton des nouveaux groiseilliers"... 

 

 

XVII° siècle

 


Jean Eudes, (1601-1680) prêtre français oratorien, 

aquarelliste français qui signait ses œuvres JEUDES, dans : 

A. Guillaumin, "Les Fleurs de Jardins", tome I, 

Fleurs de Printemps, Paul Lechevalier, 1929.

 

Les campanules (genre Campanula du latin "petite cloche") 

campanula Medium L.

 

 

 

1694 

 

Campanule

 

(Tournefort, Elemens de botanique, 3epart., section VII, genre I Campanula, p. 90). Empr. au lat. médiév. campanula proprement "petite cloche", terme de botanique aux VIII°-IX° siècle. (Fragm. mul. I, 15 ds Mittellat. W. s.v., 129, 16); l'italien campanula est déjà mentionné en 1600 par Olivier de Serres, Théâtre d'Agriculture, VI, 10 ds Hug. 

 

En 1694, Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708), botaniste français, publie son premier ouvrage, Éléments de botanique ou méthode pour connaître les plantes. 


L’esprit clair et précis qui préside à la rédaction de l’ouvrage, ainsi que la qualité des illustrations de Claude Aubriet, futur peintre du roi, a considérablement contribué au succès de la classification. Le botaniste précise dans son avertissement :


 "La méthode suivie est fondée sur la structure des fleurs et des fruits. On ne saurait s’en écarter sans se jeter dans d’étranges embarras…" 

 

Campanula Cretica, saxatilis, bellidis folio, magno flore, I R Herb 3, Anonyme.

Collection du MNHN-Paris - Direction des bibliothèques et de la documentation

 


 

Le Raiponce (Campanula rapunculus) ,

 

Salade d'automne et d'hiver était très en vogue en raison de sa racine charnue et comestible, au délicat et léger arôme de noisette, légèrement sucrée, ne laissa pas indifférentes les tables princières : 


Dans l’œuvre de François Pierre de la Varenne (1618-1678), Le cuisinier français publié en 1651. La Varenne, cuisinier du marquis d’Uxelles, faisait figurer la raiponce dans les repas d’apparat. 


 

 

XVIII° siècle

 

 

Louis de Châtillon  (1639–1734) peintre sur émail et à gouache et un graveur sur cuivre français.

Eau-forte

Campanula arvensis

Doucette

(synonyme : Legousia speculum-veneris)
 


 

 

 

Le terme de campanule, apparu dans le langage en 1704 et admis à l’Académie en 1762,

est l’adaptation française de l’italien médiéval, campanula, diminutif de campana "cloche"

 

 

1785


La Campanule à feuilles de Cochléaire (Campanula cochleariifolia), Campanule à feuilles de Cranson, Campanule fluette ou Campanule à feuilles de Raifort.


L'espèce a été décrite en premier en 1785 par le botaniste français Jean-Baptiste de Lamarck (Jean-Baptiste Pierre Antoine de Monet, chevalier de La Marck, dit Jean-Baptiste de Lamarck 1744-1829, Paris). D'abord botaniste, il se consacre ensuite à la zoologie des insectes et de vers. 


De nombreux auteurs lui ont attribué de nombreuses variétés et sous-espèces qui ne sont pas reconnues aujourd'hui. 

 

 

 

Johann Jakob Römer ou Joanne Jacobo Roemer (1763-1819) naturaliste suisse
Il dirige le jardin botanique de Zurich.  Avec Paul Usteri (1768-1831),

il fait paraître le "Magazin für die Botanik (de 1787 à 1790)", Usteri continuera, seul, par les "Annalen der Botanik" (de 1791 à 1800).

Römer fait paraître également "Genera insectorum Linnaei" et "Fabricii iconibus illustrata a Joanne Jacobo Roemer" en 1789. Il participe à la rédaction de la seizième édition de "Systema Vegetabilium".

 

1801
campanula Mollis Flora Europaea inchoata (Pl. 49)

 

 

 

Katsushika Hokusai (1760-1849)

peintre, dessinateur et graveur spécialiste de l’ukiyo-e, ainsi qu'auteur d'écrits populaires japonais surtout connu sous le nom de Hokusai ou son surnom de   "Vieux Fou de dessin".


campanules et libellule

 

 

 

XIX° siècle

 

Heinrich Gottlieb Ludwig Reichenbach (1793-1879) botaniste et un zoologiste allemand

Reichenbach, H.G.L., Iconographia botanica seu plantae criticae (1823-1832)
Iconogr. Bot. Pl. Crit.

campanula crenata - Campanula rapunculoides L. - Campanule fausse-raiponce

 

 

 

 

Heinrich Gottlieb Ludwig Reichenbach (1793-1879) botaniste et un zoologiste allemand

Reichenbach, H.G.L., Iconographia botanica seu plantae criticae (1823-1832)
Iconogr. Bot. Pl. Crit.

campanula glomerata

 

 

 

Heinrich Gottlieb Ludwig Reichenbach (1793-1879) botaniste et un zoologiste allemand

Reichenbach, H.G.L., Iconographia botanica seu plantae criticae (1823-1832)
Iconogr. Bot. Pl. Crit.

178 campanula dasyanta - 179 campanula cenisia - 18 Waldsteiniana R.S.


  


 

Pierre-Joseph Redouté  (1759-1840),  peintre, graveur, éditeur et enseignant belge.


Célèbre pour ses aquarelles de fleurs, et plus particulièrement des roses, il est surnommé "le Raphaël des fleurs".

campanule clochette

 

 

Pierre-Joseph Redouté  (1759-1840),  peintre, graveur, éditeur et enseignant belge.

Campanula tomentosa

 

 

 

Emily Jane Brontë (1818-1848) poétesse et romancière britannique, 

 

La campanule

 

La campanule est la fleur la plus suave

Ondoyant dans l’air de l’été

Ses clochettes ont le suprême pouvoir

D’apaiser le souci de mon âme

 

Il y a dans la pourpre bruyère un charme

Trop violemment, tristement cher

La violette a une haleine parfumée

Mais le parfum ne peut égayer

 

***

 

The blue bell is the sweetest flower

That waves in summer air

Its blossoms have the mightiest power

To soothe my spirit’s care

 

There is a spell in purple heath

Too wildly, sadly dear

The violet has a fragrant breath

But fragrance will not cheer

 

 

 

 

Paul Parfait (1841-1881) Journaliste, Romancier, Secrétaire d'Alexandre Dumas père. 


La vie à la campagne (1861-67)


Menus Propos


..."Tant de fiel entre-t-il dans l'âme des plantes ? - Quelques-unes du moins sont susceptibles d'une amitié, qui n'a rien à envier  aux plus beaux exemples que l'antiquité nous a laissés.


- Un horticulteur, qui possédait dans son jardin de nombreux pieds du mouron délicat et aussi de la campanule à feuille de lierre (la violette de mariée des amoureux), s'aperçut que ces deux fleurs mettaient une étrange persistance à pousser côte à côte. Désireux d'approfondir le secret de cette liaison, il imagina de séparer le mouron de la plante son amie en arrachant impitoyablement un certain nombre de pieds de cette dernière espèce. Savez-vous alors ce qui arriva? C'est que, du moment où les campanules eurent disparu, les tendres fleurs du mouron, près de s'épanouir, avortèrent tristement, le vert de ses feuilles pâlit, toute la plante devint languissante  et finit par se dessécher.


A la vérité, l'expérience contraire, à savoir : le mouron délicat arraché aux campanules ses amies, ne donna qu'un résultat négatif, c'est-à-dire que les campanules ne s'en portèrent pas plus mal. Mais qu'est-ce que cela prouve, sinon que le mouron a plus de coeur que la campanule ?"...

 

 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) poète, romancier, dramaturge français,

Les Confidences


Chez l’auteur, 1863 (Œuvres complètes tome 29, p. 57-85).


..."Les troupeaux réunis, on s'achemine vers la vraie montagne. Nous laissons loin derrière nous cette première gorge alpestre, où nous avions passé la matinée.

Les châtaigniers disparaissent, de petites broussailles leur succèdent ; les pentes deviennent plus rudes ; de hautes fougères les tapissent ; çà et là, les grosses campanules bleues et les digitales pourprées les drapent de leurs fleurs. Bientôt tout cela disparaît encore. Il n'y a plus que de la mousse et des pierres roulantes sur les flancs des montagnes."...

 

 

 

Émile Zola (1840-1902) écrivain et journaliste français, considéré comme le chef de file du naturalisme, c'est l'un des romanciers français les plus populaires, les plus publiés, traduits et commentés dans le monde entier.

 


1875, 

Cinquième volume de la série Les Rougon-Macquart.

La Faute de l'Abbé Mouret


..."Des campanules couraient, lançant leurs cloches bleues à toute volée, jusqu'au haut de grands asphodèles, dont la tige d'or leur servait de clocher."...

 

 

 


 

 

 

Anne Isabella, Lady Ritchie, née Thackeray (1837 -1919), écrivaine anglaise.

Miss Thackeray


La Campanule

Revue des Deux Mondes, 3e période, tome 56, 1883 (p. 167-196).


...L’une des mains de Joanna était, en effet, convulsivement fermée sur une touffe d’herbes écrasées.

dit Mme Hofer en desserrant avec précaution les doigts encore glacés; une petite fleur violette.

— La campanule de Moretti, fit observer le docteur; elle a dû la saisir en tombant. Cette plante ne pousse que bien haut sur le rocher.

Un silence profond s’établit qui fut rompu par les sanglots de Nata:

— Ma chérie! ma pauvre chérie!.. Cette fleur violette... Oh! signora, vous souvenez-vous ?....

...Au dessert, le comte nous dit qu’il avait rempli depuis peu les dernières feuilles d’un herbier fort intéressant et que son ouvrage sur les campanules de montagne était terminé. Il n’avait pas trouvé moins de soixante espèces de cette fleur charmante, dont quarante dans les Alpes.

— Et toutes mes pensées étaient naturellement concentrées sur cette besogne, ajouta-t-il avec un regard singulier. Mon livre m’a coûté beaucoup de temps et de peine....

 

Anne Thackeray Ritchie, Albumen Print from Collodion negative, May 1870

 

 

 

Antoine Eugène Genoud dit l’abbé de Genoude (1792-1849) séminariste, professeur de droit au lycée Bonaparte et élu Député de la Haute-Garonne.

 

1842


La divinité de Jésus-Christ - Volume 1


..."Je revois la Grande-Chartreuse, la prairie qui l'entoure, la chapelle de Saint-Bruno, en jetant les yeux sur ces campanules blanches que j'ai cueillies à la porte du couvent."... 

Entrée du monastère de la Grande Chartreuse

 

 

 

 

Otto Wilhelm Thomé  (1840–1925)  botaniste allemand qui fut également célèbre en tant qu'illustrateur en publiant son ouvrage illustré :

 
Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz in Wort und Bild für Schule und Haus (Flore d'Allemagne, d'Autriche et de Suisse en texte et en image pour l'école et la maison) 


1885


Familia Campanulaceae 

Illustration campanula Legousia speculum-veneris et Lobelia dortmanna

 

 

 

Otto Wilhelm Thomé  (1840–1925)  botaniste allemand qui fut également célèbre en tant qu'illustrateur en publiant son ouvrage illustré :

 
Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz in Wort und Bild für Schule und Haus (Flore d'Allemagne, d'Autriche et de Suisse en texte et en image pour l'école et la maison) 


1885


Familia Campanulaceae 

Illustration Campanula patula

 

 

 

Paul Verlaine (1844-1896) poète français

Pantoum négligé

 


Trois petits pâtés, ma chemise brûle.

 

...Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule,

On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux.

Vivent le muguet et la campanule !

Dodo, l'enfant do, chantez, doux fuseaux.

 

Que n'émigrons-nous vers les Palaiseaux !

Trois petits pâtés, un point et virgule;

On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux.

Vivent le muguet et la campanule !...
 

 

 

 

19° siècle

Une boîte vintage d'allumettes écossaises Bluebell 
fabriquées par Bryant et May Ltd à Glasgow

Scottish Blue Bell Matches A

 

 

 

Revue Horticole

Fleur Campanule de Sibérie Décoration Lithographie XIXe

 

 

 

Emile Gallé (1846-1904) le Maître-Verrier exceptionnel de l'Art Nouveau


Emile Gallé était un poète, un savant, un industriel, un humaniste, mais surtout un génie. Toute sa vie, il l’a consacra à comprendre et créer à travers la matière : la céramique, le bois et le verre.


"Campanules"


Vase Gallé en verre double de forme balustre à piédouche circulaire et col épaulé et ourlé.


Décor gravé en réserve brillante de feuilles et de fleurs de campanules de couleur violet-mauve et bleu nuancés sur un fond jaune et blanc-gris nuancé.

 


 

Emile Gallé 


"Campanules"

Vase Gallé cylindrique à base aplatie. Epreuve de tirage industriel réalisée en verre doublé sur fond vert nuancé jaune. Décor de campanules gravé en camée à l'acide. Signé.


 

 

 

1881  


Ecole Allemande German School

Campanule de Zois (Campanula Zoysii)

Cultures

Lithographie couleur  ( colour lithograph)

 

 

 

Anna de Noailles (1876-1933) poétesse et romancière française d'origine roumaine 


 

Les saisons et l'amour


Le gazon soleilleux est plein

De campanules violettes,

Le jour las et brûlé halette

Et pend aux ailes des moulins.

 


 

 


Anna de Noailles (1876-1933) poétesse et romancière française d'origine roumaine.

 
1876 


Anna de Noailles viendra rendre visite à Pupetières à sa belle-sœur  Elisabeth de Noailles qui avait épousé le marquis Wilfrid de Virieu.


Dans le Vallon de Pupetières elle marchera dans les pas de Lamartine, 100 ans après.


Elle y trouvera l’inspiration de ce beau moment de poésie.

 

Les Eblouissements.

 

...

Le Vallon de Lamartine

 

...Petites cloches insensées,

Ô campanules renversées,

Fleurs au pistil mélodieux,

Il n’est plus de cieux et de dieux.

Vous n’êtes qu’une blanche cendre

Qui sur la terre va descendre,

Vous n’êtes dans mon cœur d’été

Qu’un peu plus d’âpre volupté,

Qu’une plus profonde antienne

Dans mon âme dionysienne,

Qu’un choc de cymbales d’argent.

Sur mon désir brusque et changeant.

Et buvant vos ondes sonores

Je m’enivre d’amour encore...

...

 

 

 

Albert Samain (1858-1900) - poète français

 

Invitation


...Le lac est vert, le lac est bleu ;

Voici tinter le couvre-feu.

Sonnez l'heure aux ondins, petites campanules....

 

 

François Coppée (1842-1908) - poète français


Recueil : Les mois (1878).

 

Mois d'août.

 

..."Par les branches désordonnées

Le coin d'étang est abrité,

Et là poussent en liberté

Campanules et graminées."...


 

 

 

XX° siècle

 

 

Marie Dauguet (1860-1942) est une poète française.


Extrait du poème "Printemps "

source : "Anthologie des poètes français contemporains"

 B. Walch, Paris Ch. Delagrave Éditeur, 1906



 

Campanule

 

...


Je suis le vent qui roule, et je m’entends bruire  

Parmi le vol agile et bleu des libellules ;

Au visage des eaux, j’ai vu mes yeux reluire

Et mon sang a teinté les roses campanules,

 

Pendant que de la sève en moi se coagule.

Je parle avec l’écho et vogue à l’unisson

Des traînantes rumeurs que le bois dissimule,

Et je m’épanouis aux primes floraisons.

 

 

 

Sigismund Christian Hubert Goetze (britannique, 1866 – 1939)

Portrait de Guyon Philipson - 

Harebells (Les campanules)


 

 

 

Raymond Roussel (1877-1933) écrivain, dramaturge et poète français.


Roman 1913


Locus solus 


... "Promenant tour à tour les deux légers objets à travers les cônes de lumière créés, aux sons des Campanules d’Écosse, par un émeraud vivant, Canterel, à l’aide de sa loupe, vit que, doué d’une transparence particulière dont jouissaient d’ailleurs maints autres corps déjà essayés, l’hémisphère supérieur ne troublait en rien la figure, aussi insoucieusement immuable qu’un rais de soleil où l’on agite une lame de verre"... 


 

 

 

1922

Henri Pourrat (1887 -1959) écrivain français.


Gaspard des montagnes 


Là-bas, (...), se levaient les monts du Forez que le temps faisait d'un bleu de campanule ou d'un bleu d'aconit. 


 

 

 

1938


Roger Toulouse (1918-1994) peintre et sculpteur français, également poète et illustrateur.
jardin du peintre


campanules

 


 

1938


Roger Toulouse (1918-1994) peintre et sculpteur français, également poète et illustrateur.
jardin du peintre

 

le bouquet Hémérocalles et campanules

 

 

 

En 1946 


La Campanule raiponce (Campanula rapunculus), était encore au catalogue Vilmorin-Andrieux. Les feuilles étaient utilisées en salade et les racines étaient soit râpées crues en salade, soit cuites à l'eau.
 

 

 

 

Louis Aragon (1897-1982) - poète français

Recueil : Le Roman inachevé (1956).


L'Etrangère

extrait : 


..."Celle-ci parla vite vite

De l'odeur des magnolias,

Sa robe tomba tout de suite

Quand ma hâte la délia.

En ce temps-là, j'étais crédule

Un mot m'était promission,

Et je prenais les campanules

Pour des fleurs de la passion."...

 

 

 

Cicely Mary Barker (1895-1973), illustratrice britannique connue pour ses illustrations de fées et de fleurs.

 


La fée de la cloche de Canterbury

 

Des cloches qui sonnent d'anciennes tours -

Canterbury Bells -

Donnez leur nom aux fleurs d'été -

Canterbury Bells!

Les fées des fleurs, en jouant,

savent-elles ce que disent ces grandes cloches ?

Fée, dans ton chapeau violet,

petite fée, dis-nous ça !

 

"Je ne sais rien de cloches dans les tours -

Canterbury Bells !

Les miennes sont des fleurs roses ou violettes -

Canterbury Bells !

Quand je les fais tous balancer,

Quelque chose aussi, disent mes cloches ;

Tu ne les entends pas - ding-dong-ding -

appeler les fées à chanter ?

 


 

Françoise-Elisabeth Lallemand (1951)

Artiste peintre aquarelliste 

Prairie de campanules et de linnées boréales.

 


 

The Ames Brothers - My Bonnie Lassie (1953).


(Written by Roy C. Bennett - Sid Tepper - Marion Mc Clurg)

From The Scottish Tune "Scotland The Brave"

 

  ..."Dans mon coeur les tambours battent,

  et j’entends les cornemuses rugir,

  Ma jolie bien-aimée arrive de par delà la mer.

  Elle apporte mon coeur avec elle,

  J’entends les clochettes des campanules carillonner,

  Bientôt nous convolerons dans les Highlands,

  Ma bien-aimée et moi."...
 


 

Illustrations fleurs animées - 

Judy Mastrangelo (1944) 

campanule


 

 

 

Scott Douglas Cunningham (1956-1993) auteur américain

1985


Encyclopédie des plantes magiques, éditions AdA, 2009.

- Encyclopedia of Magical Herbs (ISBN 0-875-42122-9)

Utilisation magique


A propos des vertus de la campanule gantelée

... Un, bouquet de campanules gantelées en pleine floraison, porté au bout d'un long bâton autorisait celui qui le tenait à assommer, égorger ses voisins,à se déclarer l'ennemi de tout venant...

 

Cette déclaration de guerre était codifiée : il fallait que les tiges de la campanule soie,nt, tressées, et les rameaux devaient avoir toutes leurs feuilles ; il ne devait pas y avoir plus de six fleurs par tige. On brandissait ce bouquet en vociférant un flot d'injures aux personnes que l'on voulait attaquer...C'était à qui se signalerait sous le drapeau de la campanules, par les massacres les plus féroces.


... Cette cruelle destination firent proscrire la plante... Il fallut attendre la renaissance pour que enfin réhabilitée, elle fasse sa réapparition comme plante d'ornement, dédouanée sous le sobriquet "de gants de Notre Dame".
Si vous parvenez à retourner un doigt de campanule sans le déchirer, ni l'abîmer, vous obtiendrez très vraisemblablement les faveurs de celui ou de celle que vos aimez.

 

Si vous attendez une grosse entrée d'argent, et qu'elle tarde, à cause de divers obstacles, cueillez une campanule gantelée au lever du soleil en récitant : "campanule, campanule, fais de moi, avant la nuit l'égal d'un roi." Et placez aussitôt la grappe florale entière dans votre chaussure. Attendez-vous à ce que beaucoup de "choses" se passent, avant le coucher du soleil...


Quiconque porte une campanule sur soi est contraint de dire la vérité sur tout.


Au Tyrol, lorsqu'un enfant est soupçonné de ne pas dire la vérité, on lui bourre les poches de campanules ; le gamin se trouble, fond vite en larmes et avoue son mensonge.


 

 

 

Yves Paccalet (1945), 

L'Odeur du soleil dans l'herbe

(Éditions Robert Laffont S. A., 1992) 

 

10 juillet
(Fontaine-la-Verte)
..."J'aiguise mes regards sur les corolles des campanules étalées. Rien n'est minutieux comme ces vasques délicates cinq fois dentées, où plusieurs violets se fondent.  Le soleil les amalgame parfois dans son four à photons. A d'autres moments, les pétales acquièrent une étonnante épaisseur : on y voit gonfler des nervures, battre des flux de sève.

  L'esprit et la chair, Krishna ou Jésus sont des campanules."...


 

 

 

Paru en 1992, 


Louis Pouliquen


Le temps des campanules


Ce premier livre de Louis Pouliquen est le récit d'une enfance au pays des enclos, dans un milieu rural traditionnel encore empreint d'une réelle poésie, celle des chemins creux, des fêtes de village, de la solidarité générationnelle, d'un quotidien rythmé par les saisons. 


..." Comme au jour du pardon, après le déjeuner, les parents font le tour des lieux avec les invités. Ils retrouvent les chaumes après les moissons, les mêmes arbres, les mêmes chemins familiers, les mêmes maisons et jusqu'à l'horizon les mêmes clochers. Dans ce monde qu'ils ont quitté, rien n'a bougé et cette pérennité me paraît dans l'ordre des choses et me convient. Mais la guerre a bouleversé ce décor d'éternité. Avec elle ont pris fin le temps des campanules et mon rêve d'enfant."...

 

 

 

Anne Cotterill (1933-2010)

Campanules


 

 

 

XXI° siècle

 

 

par Ray78 - les poetes.net

 

Les campanules.

 

Les campanules 

Se balancent au vent

Flexibles élégantes et légères

Sur de hautes tiges

Fines comme des traits de  plume.

 


Elles sont arrivées du ciel 

Et se sont installées 

Par surprise dans le jardin 

Comme les cloches venant de Rome. 

 


Campanules clochettes muettes 

Qui chantent en dansant 

La grâce est leur langage 

La délicatesse leur apanage.

 


Ah la quiétude des campanules 

Raffinées et coquettes

Fragiles et discrètes 

Dans leurs adorables cupules.  

 


Tes corolles dessinées 

D’une main de maitre 

Font la beauté naître 

Dans la nature innée.

 


Campanule 

Découverte au jardin

En plein mois de mai

Chaque printemps

je t’attendrai désormais

Nonobstant le temps

De mon cœur badin.

 


Les campanules 

Se balancent au vent

Flexibles élégantes et légères

Sur de hautes tiges

Fines comme des traits de  plume.

 

 

 

2008


Daniel Arsand, Des amants, 


..."Voici une pie grièche et voici un loriot, voilà la campanule et voilà la bourrache. —"...

 

 

2014

Christian Bobin (1951)

 
Recueil: La grande vie (2014)
Editions: Folio

..."Le bleu des clochettes des campanules
m’a mis K.O."...

 

 

 


2015


Belinda Bauer, Cadavre 19, 


traduit de l’anglais par Christine Rimoldy, 10/18, 2015, page 101.)


..."Si l’homme ressemble un peu à mon père, la femme n’est pas ma mère — ça, c’est sûr, bien qu’elle se comporte comme telle quand elle vient me voir tous les jours : elle me caresse la main, m’embrasse les cheveux, me masse les pieds en suivant les instructions du physiothérapeute, et dispose des campanules et des anémones dans une cruche qu’elle a apportée ici. —"...


 

 

 

The bluebell killer 

est le deuxième des mystères de l'inspecteur-détective Jack Dawes

de Frances Lloyd.  (2019)


 

 

 

Les Bluebell Girls

deuxième livre de la série Lake Summers (2020)

par Barbara Josselsohn 


Trois générations. Un été qui va tout changer.


 

 

 

 

Langage de la campanule

 

Symbole du désir de plaire, la campanule sonne l'arrivée de la belle saison.
 "Je suis patiente " dit-elle, "mon amour est fidèle, vivons en harmonie... "

 

La campanule (floraison au printemps)

 

est le symbole d’une déclaration d’amour mais suivant sa couleur elle peut aussi être un symbole d’amitié.

Le nombre de fleurs reflète la mesure ou la démesure de vos avances.

Enfin, offrez une seule campanule à une femme — et discrètement — : 
elle comprendra que vous désirez la voir avant la tombée du jour.


 

 

La campanule bleue : 

est le symbole des sentiments d’amitié, un signe d’attachement et de gratitude.


"Merci d'être là pour moi"

"Je serai toujours là pour toi" 

"Votre présence me réconforte"

 

 

 

La campanule rose :

symbolise la joie et le bonheur


"je ferai de mon mieux pour te rendre heureux"

"Tu es ma joie et mon bonheur"


 

 


La campanule rouge  :

fleur des obstinés amoureux (après un refus)

 

"je me permets d'insister malgré votre refus."

 

 

 

Une campanule bleu-violet  :

symbolise la douleur 


"pourquoi me faire souffrir ?".

 

 

 

Une campanule blanche

symbolise la fragilité, la tendresse, la douceur 


"je pense à vous avec tendresse"


 

 

Folklore


La tradition veut que si l’on arrive à tourner une campanule à l’envers sans l’endommager ou la briser, on réussira à gagner le cœur de la personne qu’on aime.

.
Une légende affirme que quiconque porte une fleur de campanule sur lui ne peut s’empêcher de dire la vérité.

 

 

 

Parc et jardins

 

Tentokuin, le temple des fleurs


Un jardin unique


Ce jardin a été aménagé à la fin du XVIè siècle, durant la période Momoyama. Il tient une place tellement importante, que le Tentokuin est souvent surnommé "Le temple des fleurs" ! Dans ce petit jardin, nul graviers, mais de la mousse qui couvre le sol et quelques pierres rondes disposées ça et là. Des arbres (pins et feuillus) ferment la perspective aux deux extrémités.


À la belle saison, de délicates fleurs violettes et blanches, en forme de cloches - des campanules - éclosent parmi la mousse, faisant naitre un parterre coloré dans tout le jardin. Les visiteurs viennent nombreux pour photographier ces fleurs si particulières et caractéristiques du lieu. 


Une des fenêtres du temple est elle-même en forme de cloche et incarne la photo emblématique du temple. Derrière elle, une lanterne de pierre complète la perspective, ainsi qu'un érable rouge durant l'automne. Les meilleurs périodes pour visiter le temple sont l'automne, pour voir les érables, mais aussi le début de l'été, pour être sûr d'y admirer la floraison des campanules. Durant ces périodes, le temple organise d'ailleurs des admissions spéciales comprenant un déjeuner végétarien.


 

 

 

Timbres poste 

campanule

 

 

Timbre campanule persicifolia - Islande - 2015

 

 

Timbre campanule chamissonis - Japon

 

 

Timbre campanule persicifolia - Moldavie - 2009

 

 

Timbre campanule persicifolia - Roumanie 1967

 

 

Timbre  campanule cochléarifolia- Principauté Andorre - 2000

 

 

Timbre campanule macrorhiza- Monaco - 2018

 

 

Timbre campanule - Finlande - 1998


 

 

 

Contes et légendes

 

Editions Gründ,

Dans la collection de contes et légendes du monde entier, 

volume consacré exclusivement aux fleurs qui s'intitule en français Les plus belles légendes de fleurs (1992 tant pour l'édition originale que pour l'édition française).

Le texte original est de Vratislav Stovicek et l'adaptation française de Dagmar Doppia.

L'ouvrage est conçu comme une réunion de fleurs qui se racontent les unes après les autres leur histoire ; la Campanule raconte ainsi la sienne dans un conte estonien intitulé :

 

 

"La Clochette du chat" :

 

    Des amoureux se blottissaient tendrement l'un contre l'autre dans un vase de cristal taillé. Le jeune homme élancé agitait sa clochette d'un bleu éclatant, la jeune fille lui donnait gaiement la réplique avec son grelot blanc. Ils discutaient à qui mieux mieux en s'amusant au jeu des devinettes.

"Je donne ma langue au chat", se rendit la belle.     

"Quelle est la réponse ?"

"Le bal des souris dans une vieille lèche-frite", répondit le jeune homme, et il continua l'histoire, sans se faire prier :

 

    Toute l'élite de la société des souris s'y était donné rendez-vous ce jour-là. On n'avait encore jamais vu une fête pareille. Aujourd'hui encore toutes les souris en parlent, vous n'avez qu'à le leur demander. De jeunes souriceaux élégants en veste de velours, des demoiselles à la fourrure plus douce que celle de l'hermine, des rats bien nourris, aux moustaches hérissées, tout ce beau monde mangeait, buvait, festoyait, dansait et s'amusait jusqu'à ce que leurs queues en tremblassent. En plein milieu de la fête surgit le chat aux pattes de velours. Il se prépara à bondir, s'éclairant de ses yeux verts, et hop ! il attrapa une souris dans ses griffes. Les autres s'égaillèrent comme ne nuée de moineaux, se glissant dans le moindre petit trou à leur portée.

 

    Elles se tinrent coites, tremblant de peur et gémissant doucement mais, bientôt, leurs ventres les rappelèrent à l'ordre. Le mâle le plus ancien convoqua une assemblée des souris dans une galerie souterraine.

 

    "Personne n'ose mettre le nez dehors", dit le vieux rusé. "Si nous n'arrivons pas à tromper le chat, nous finirons dans son ventre ou nous mourrons de faim. Réfléchissez pour trouver une solution."

 

    Un bon conseil vaut de l'or. Les souris réfléchirent, cherchèrent des idées, mais sans résultat. Une grand-mère prit alors la parole.

 

    "Ça y est, j'ai trouvé, mes enfants ! Nous allons réunir toutes nos richesses, que nous remettrons au fondeur de cloches pour qu'il nous fabrique une clochette. Nous l'accrocherons au cou du chat et, chaque fois qu'il voudra s'approcher de nous en rampant, la clochette nous préviendra, si bien que nous pourrons nous sauver à temps. Ainsi, nous aurons raison du chat aux pattes de velours !"

 

    Toutes les souris en liesse se mirent au travail. Elles attelèrent douze paires de petites souris blanches à une vieille cuillère qu'elles chargèrent de tous leurs trésors : un morceau de fromage, un grain d'avoine, une vieille semelle, une bougie en graisse de bœuf, un croûton de pain et toutes sortes de bonnes choses encore. Et, fouette, cocher ! L'attelage emprunta les galeries les plus secrètes pour se rendre chez le fondeur de cloches. Celui-ci resta bouche bée devant ces "richesses", mais il ne renvoya pas les petites souris. Il fit fondre le métal, tout en attisant son feu, et tout en attisant son feu, il coula le métal dans le moule, et voilà ! La clochette était splendide. Elle tintinnabulait comme un grelot. "De quelle couleur la voulez-vous ? " s'enquit le fondeur. Les souris optèrent pour le bleu, trouvant qu'il irait à merveille au chat noir. Le fondeur trempa la clochette qui vira au bleu. Les petites souris purent reprendre le chemin du retour, le cœur léger.

 

    "Nous sommes sauvées !" se félicitèrent-elles, une fois réunies. "Le chat ne pourra plus nous surprendre. Il ne nous reste plus qu'à lui suspendre la clochette autour du cou."

 

    Et c'est là que le bât blessait ! Personne ne voulait affronter le matou. Les souris se regardaient, interdites. Bien malin qui trouverait une solution ! La vieille grand-mère s'y hasarda quand même :

 

    "Chargeons-en le plus courageux d'entre nous ! "

 

    "Quelle idée ! " se défendit celui qui, pourtant, faisait toujours montre de sa bravoure. "J'ai peur de ma propre queue. Que le plus fort d'entre nous y aille ! "

 

    "Qui dit que je suis le plus fort ? " s'indigna l'hercule de foire. "je n'arrive même pas à tordre un poil de souris. Ma propre femme me donne une correction quand bon lui chante. Envoyons le plus malin d'entre nous ! "

 

    "Pas question ! " protesta le futé en cause. "Je n'ai pas inventé la poudre, vous savez. Il m'arrive de confondre ma patte gauche et ma patte droite, et de ne pas reconnaître le fromage du lard. Mais le plus bête d'entre nous pourrait faire l'affaire ! "

 

    Aucune des souris n'était bête au point d'affronter le matou Patte-de-Velours. En fin de compte, elles se dispersèrent dan le monde entier, oubliant la belle clochette dans une clairière. Un jour, une petite fée l'y trouva. Elle l'accrocha sur une tige de fleur nue et la fit carillonner gaiement avant de continuer à vaquer à ses occupations.

 

    "Et maintenant, vous savez comment la campanule fit son apparition parmi les fleurs des champs", conclut le jeune homme.

Il s'inclina, en carillonnant doucement. Driling, driling, driling ! fit la clochette."

 

 

 

Raiponce (en allemand : Rapunzel)

est un conte populaire allemand qui figure parmi ceux recueillis par les frères Grimm dans le premier volume de Contes de l'enfance et du foyer (Kinder- und Hausmärchen, 1812, no KHM 12).
 

 

 

Campanule Raiponce

 

Il était une fois un mari et sa femme qui avaient depuis longtemps désiré avoir un enfant, quand enfin la femme fut dans l'espérance et pensa que le Bon Dieu avait bien voulu accomplir son vœu le plus cher. Sur le derrière de leur maison, ils avaient une petite fenêtre qui donnait sur un magnifique jardin où poussaient les plantes et les fleurs les plus belles ; mais il était entouré d'un haut mur, et nul n'osait s'aventurer à l'intérieur parce qu'il appartenait à une sorcière douée d'un grand pouvoir et que tout le monde craignait.


- Un jour donc que la femme se tenait à cette fenêtre et admirait le jardin en dessous, elle vit un parterre planté de superbes campanules raiponces avec des rosettes de feuilles si vertes et si luisantes, si fraîches et si appétissantes, que l'eau lui en vint à la bouche et qu'elle rêva d'en manger une bonne salade. Cette envie qu'elle en avait ne faisait que croître et grandir de jour en jour ; mais comme elle savait aussi qu'elle ne pourrait pas en avoir, elle tomba en mélancolie et commença à dépérir, maigrissant et pâlissant toujours plus. En la voyant si fatiguée, son mari s'inquiéta et lui demanda : Mais que t'arrive-t-il donc, ma chère femme ?


- Ah ! Lui répondit-elle, je vais mourir si je ne peux pas manger des Raiponces du jardin de derrière chez nous ! Le mari aimait fort sa femme et pensa plutôt que de la laisser mourir, je lui apporterai de ces raiponces, quoi qu'il puisse m'en coûter !" Le jour même, après le crépuscule, il escalada le mur du jardin de la sorcière, y prit en toute hâte, une pleine main de raiponces qu'il rapporta à son épouse. La femme s'en prépara immédiatement une salade, qu'elle mangea avec une grande avidité. Mais c'était si bon et cela lui avait tellement plu que le lendemain, au lieu que son envie fut satisfaite, elle avait triplé.


- Et pour la calmer, il fallut absolument que son mari retournât encore une fois dans le jardin. Au crépuscule, donc, il fit comme la veille, mais quand il sauta du mur dans le jardin, il se figea d'effroi, car la sorcière était devant lui ! Quelle audace de t'introduire dans mon jardin comme un voleur, lui dit-elle avec un regard furibond, et de venir me voler mes Raiponces ! Tu vas voir ce qu'il va t'en coûter !


- Oh ! Supplia-t-il, ne voulez-vous pas user de clémence et préférer miséricorde à justice ? Si je l'ai fait, si je me suis décidé à faire, c'est que j'étais forcé : ma femme a vu vos raiponces par notre petite fenêtre, et elle a été prise d'une telle envie d'en manger qu'elle serait morte si elle n'en avait pas eu. La sorcière fit taire sa fureur et lui dit : "Si c'est comme tu le prétends, je veux bien te permettre d'emporter autant de campanules raiponces que tu voudras, mais à une condition : c'est que tu me donnes l'enfant que ta femme va mettre au monde. Tout ira bien pour lui et j'en prendrai soin comme une mère." Le mari, dans sa terreur, accepta tout sans discuter. Et quelques semaines plus tard, quand sa femme accoucha, la sorcière arriva aussitôt, donna à l'enfant le nom de raiponce et l'emporta avec elle.

 

- Raiponce était une fillette, et la plus belle qui fut sous le soleil.

 

Raiponce grandit et devient une fille d'une très grande beauté, dont les longs cheveux dorés et blonds sont réunis en deux tresses.

 

 

Lorsque Raiponce atteint l'âge de douze ans, la sorcière l'enferme au sommet d'une haute tour, qui n'a ni escalier ni porte, rien qu'une petite fenêtre. Lorsque la sorcière veut entrer, elle dit à Raiponce : "Raiponce, Raiponce, lance-moi ta longue chevelure". Raiponce défait alors ses nattes, les déroule à travers la fenêtre et les laisse tomber le long du mur, pour que la sorcière puisse grimper en s'y suspendant.

 

Un jour, un prince qui passe par là entend Raiponce chanter et est envoûté par le son de sa voix. Ne pouvant pénétrer dans la tour, il s'en approche cependant chaque jour pour l'écouter.

 

Voyant un jour, caché, comment la sorcière parvient à entrer dans la tour, il décide de tenter sa chance la nuit. Lorsqu'il entre enfin dans la tour, Raiponce est effrayée par l'apparition de cet inconnu, mais le prince parvient à la rassurer et lui dit qu'il est amoureux d'elle. Confiante en son amour et prête à quitter cet endroit, elle décide de partir avec lui. Elle lui demande alors d'apporter de la soie, comptant s'en servir pour pouvoir elle aussi descendre au pied de la tour.

 

Mais un jour, Raiponce parle accidentellement à la sorcière des visites du prince. Furieuse, la sorcière la punit en lui coupant les cheveux et en l'abandonnant dans une solitude désertique. Elle attache ensuite les cheveux coupés à la fenêtre pour tromper le prince lorsqu'il appellera Raiponce. Lorsque ce dernier escalade la tour, la sorcière lui annonce qu'il ne reverra jamais la jeune fille, puis sectionne la corde de cheveux. Le prince dégringole dans un buisson de ronces et y perd la vue. Il se met à errer aveugle pendant des années, pleurant sa bien-aimée. Il finit par arriver là où se trouvait Raiponce et leurs jumeaux.

 

Il reconnaît sa voix et s'approche d'elle. Raiponce le reconnaît aussi et vient pleurer, suspendue à son cou. Ses larmes coulent dans les yeux du prince qui recouvre aussitôt la vue. Le prince amène Raiponce dans son royaume et ils y vivent heureux, avec leurs enfants.

 

Rapunzel par Alix Berenzy


 


 


 

Chanson de Tino Rossi - Auteur Bruno Cherubini

 


..."Apercevant les campanules,

Grimpant le long d'un mur tout blanc,

Pietro vient d'arrêter sa mule,

Seul il avance tout tremblant :

Chi va piano, piano, piano, piano,"...
 


 

 

Ancienne chanson populaire


 

Les Mulets :

 

Grimpant sans peur

Vers la montagne aride,

Mulets et muletiers

Frappent le sol des sentiers.

 

Petites campanules

Qui tintez au cou des mules,

Partout vous portez la vie et la gaîté.

 

Vaillants mulets

Qui balancez la tête,

Que vos grands yeux sont doux

Quand vous passez près de nous.

 

Petites campanules

Qui tintez au cou des mules,

Partout vous portez la vie et la gaîté.

 

Longtemps j'entends

Ce carillon qui passe,

Et puis dans le lointain,

Ce chant s'apaise et s'éteint.

 

Petites campanules

Qui tintez au cou des mules,

Partout vous portez la vie et la gaîté.

 

Dujardin Karel (1622/1626-1678), aquafortiste - le mulet aux clochettes

 

 
 
Hervé CRISTIANI - Campanules
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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 19:57

 

Charles Guérin (1873-1907) - poète français


Recueil : Le semeur de cendres (1901).

 


L'abeille qui plongeait et la campanule

 

L'abeille qui plongeait dans cette campanule,

Mes doigts agilement sur elle ont clos la fleur

Entends, si ton oreille approche sa cellule,

L'insecte bourdonner sur un ton querelleur.

 

Ce n'est là qu'une image encore, ma bien-aimée :

Dans ton cœur où j'entrais un jour, le croyant sûr,

Mon âme, ivre d'un miel divin, chante enfermée,

Pareille à ta captive ailée, urne d'azur !

 Charles Guérin (1873-1907) - poète français -  L'abeille qui plongeait et la campanule
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1 mai 2021 6 01 /05 /mai /2021 23:08

 

 

Emily Jane Brontë (1818-1848) poétesse et romancière britannique, 

 

 

La campanule

 

La campanule est la fleur la plus suave

Ondoyant dans l’air de l’été

Ses clochettes ont le suprême pouvoir

D’apaiser le souci de mon âme

 

Il y a dans la pourpre bruyère un charme

Trop violemment, tristement cher

La violette a une haleine parfumée

Mais le parfum ne peut égayer

 

***

 

The blue bell is the sweetest flower

That waves in summer air

Its blossoms have the mightiest power

To soothe my spirit’s care

 

There is a spell in purple heath

Too wildly, sadly dear

The violet has a fragrant breath

But fragrance will not cheer

Emily Jane Brontë (1818-1848) - poétesse et romancière britannique - La campanule 
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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 21:56

Anastasia Ortenzio (1949)

Conteuse, spécialiste des contes des Balkans

Née en Elle conte des mythes et légendes de tous les pays, depuis 15 ans, dans les musées, bibliothèques, centres culturels, théâtres...

 

 

La jacinthe


La jacinthe se dresse

Droite comme un bâton

Qui sent fort le bonbon

Elle est un sucre d’orge

Piqué de mille fleurs

Qui plait au rouge-gorge

Et aux papillons joueurs

 

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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 21:13

 

 

Mythologie grecque

 

La jacinthe

 

 

 

La jacinthe est très décorative et parfumée, avec des fleurs cireuses qui s'ouvrent en étoiles, petites clochettes simples ou doubles se répartissant régulièrement tout autour de la tige et dégageant un parfum enivrant.

 

C'est une palette unique de couleurs et de teintes pastel, bleu, violet, blanc, carmin, rose, abricot, et jaune,  qui dessinent la forme étoilée de ses pétalesElle peut porter jusqu'à quarante fleurs, sur une épaisse tige simple entourée de feuilles rubanées, à nervures parallèles vert clair.

 


..."La jacinthe est la fleur la plus douce... 

Que les vagues dans l'air d'été "... 


Emily Brontë (1818 - 1848) poétesse et romancière britannique,
extrait du poème "The Bluebell"
 


 

 

 

 

La jacinthe est une plante à bulbe, appartenant au genre Hyacinthus et à la famille des Hyacinthacées (autrefois classées dans la grande famille des Liliacées). La jacinthe est originaire des régions méditerranéennes notamment la Turquie, du Moyen-Orient et d’Asie centrale.


Le nom vient de la mythologie grecque : Hyacinthe fut tué accidentellement par le dieu Apollon, celui-ci transforma alors les gouttes de sang en fleurs (jacinthes).


La fleur "jacinthe" s'est trouvée sous les formes iacinthe (1549), jacynthe, jacinte, jacinthe (1694), jacinthe, jacynthe (1718), jacinthe, jacinte (1762), jacinthe (1835). 


La jacinthe appartient  à la famille des Hyacinthacées. 


Ce sont des plantes monoïques à fécondation entomophile.


Simples à cultiver, les jacinthes sont  très jolies dans le jardin.  A partir de janvier, les pots de bulbes prêts à fleurir, peuvent être placés sur un balcon ou une terrasse.


La floraison, intervient au cours du printemps. Les bulbes peuvent être forcés en serre (traitement thermique des bulbes) de telle sorte que la floraison intervient alors pour les fêtes de Noël. 


 

 

 

Famille des Pontederiaceae


La jacinthe d'eau - camalote - (Eichhornia crassipes) 


Grande Plante aquatique des rivières, canaux et lacs des régions tropicales, originaire d'Amérique du Sud certainement de la cuvette amazonienne et des grands lacs et marais de la région du Pantanal dans l'ouest du Brésil.  
 

La jacinthe d'eau (Eichhornia crassipes) aux belles fleurs pourpres à violettes, a été transportée depuis plus d’un siècle sur toute la planète pour son intérêt horticole dans les bassins extérieurs. 
Cette dispersion volontaire a fait de cette espèce l’une des plus envahissantes au monde, causant des dégradations de la diversité biologique et des dommages aux usages dans les très nombreux milieux aquatiques colonisés.


 

 

 

Famille des Asparagacées 

 

Jacinthe des bois (Hyacinthoides non-scripta) -  scille - scilla - Jacinthe sauvage - Endymion nutans  

...La jacinthe des bois était autrefois nommée Endymion,

Dans la mythologie grecque, Séléné, la déesse de la Lune, tomba éperdument amoureuse d'Endymion fils d'Ethlios, premier souverain d'Elide. Séléné obtient pour lui qu'il conserve sa beauté dans un sommeil éternel dans une grotte du mont Latmos en Carie...

Par ses fleurs à l’allure pendante à l’extrémité d’une hampe florale elle-même mollement penchée vers le sol, la jacinthe des bois peut donner l’impression d’être endormie !

et du latin nutans : penché.


Les scilles (Scilla) ou jacinthes des bois sont des fleurs printanières de sous-bois où elle forme de vastes tapis colorés et odorants au printemps, qui se composent d'une hampe florale portant des fleurs bleu violet en forme de clochettes dentelées rappelant une étoile, du plus bel effet. Autour de cette hampe florale s'organisent des feuilles longues, fines et lisses au port retombant, qui sont semi-persistantes.

 

 

 

Jacinthe "romaine"  (Bellevalia romana) - jacinthe albulus - jacinthe romanus


Elle peut soit désigner une forme de  "parisienne" à fleur blanche naturalisée dans le sud de la France, soit une plante différente : Bellevalia romana (syn. Hyacinthus romanus). D'origine méditerranéenne elle est plus petite et porte des fleurs blanches. Elle est moins résistante au froid.


 

 

 

La jacinthe "de Pallas" - Hyacinthella 


Hyacinthella est un genre de plantes à fleurs bulbeuses, originaire de l'Europe de l'est et du sud-est jusqu'au nord de l' Iran , atteignant aussi loin au sud que la Palestine . La Turquie est le principal pays dans lequel se trouvent des espèces. 


Les espèces de Hyacinthella poussent à partir de bulbes dont les tuniques portent souvent des cristaux blancs poudreux, deux ou trois feuilles basales. Les inflorescences sont constituées de courtes  grappes, de fleurs tubulaires, chacune avec six lobes courts, dans des couleurs allant du bleu pâle au violet foncé. Elles poussent dans des habitats rocheux, comme les coteaux chauds et secs en été.


 

 

 

La scille lis-jacinthe -  jacinthe des Pyrénées - Tractema lilio-hyacinthus (L.) Speta (Syn. : Scilla lilio-hyacinthus L.), 


C'est une petite plante herbacée printanière à fleurs bleu violacé. L'épithète spécifique évoque la ressemblance de ses feuilles avec celles des jacinthes et de son bulbe avec celui des lys.


 

 

 

Le muscari  - jacinthe à grappes - jacinthe raisin

 

C'est une plante ornementale rustique originaire de la Turquie et du Caucase, de la famille des Asparagacées : elle supporte les grands froids. 

Au stade de plantule, les muscaris ne présentent qu'un seul cotylédon, ce qui le classe parmi les Monocotylédones. 

Cette plante à bulbe vivace est caractérisée par des fleurs bleues en forme de clochette, sur des tiges nues, des feuilles caduques, d'une couleur vert vif, partent de la base de la plante, formant une touffe érigée. La floraison se produit de mars à mai et dégage un parfum légèrement musqué, d'où le nom de muscari.

La Jacinthe à grappes a la capacité de se multiplier et de s'étendre toute seule grâce aux fleurs fanées tombantes. Les fleurs de Jacinthe à grappes cueillies peuvent ornementer des bouquets frais.

Le muscari est l'une des quatre plantes retrouvées dans la tombe d'un individu néandertalien, à Shanidar, un site archéologique en Irak.

 


 

 

 

Espèces et variétés de jacinthes


Les nombreuses variétés de jacinthes, hybrides pour la plupart, que l’on trouve couramment sont toutes issues de Hyacinthus orientalis.

 


Jacinthe "de Hollande"  - Grande jacinthe -  Hyacinthus orientalis; 


La Jacinthe d'Orient communément appelée simplement "jacinthe" (Hyacinthus orientalis L.) est une plante bulbeuse le plus couramment cultivée pour ses fleurs parfumées et colorées.


Au début du XX° siècle il y eut des bulbes de très petit calibre produisant une tige florale moins dense vendue sous le nom de "cynthella". Cette présentation n'est plus produite.


 

 

 

Jacinthe "parisienne" - jacinthe provincialis.


Nom ancien Hyacinthus provincialis Jord, maintenant admis comme synonyme du nom principal. Elle fleurissent plus tôt que les "hollandaises" et produisent plusieurs tiges florales par bulbe.


Les fleurs sont moins nombreuses sur une tige et peuvent être blanches, bleues ou roses, parfois doubles. Les pétales sont plus étroits que la jacinthe "de Hollande" et sont plus incurvés. En culture en pleine terre, elle se multiplie facilement pouvant former un petit tapis au fil des ans.


 

 

 

Jacinthe "multiflore" - jacinthe fairy - jacinthe festival 


Depuis quelques années sont commercialisées des jacinthes dites "multiflores"  le plus souvent bleues, roses et blanches.  Ce sont en fait des bulbes de variétés classiques. 


Produite dans les années 1940 par George van Veld par croisement entre "parisienne" et "hollandaise", elles fleurissent plus tôt que les "hollandaises" et produisent naturellement plusieurs tiges florales par bulbe avec des fleurs ressemblant aux "hollandaises" mais disposées de façon moins serrée sur la hampe et au parfum plus prononcé. En pleine terre, elle se multiplie facilement. 


 

 

 

Cultivars

 

Depuis les débuts de la sélection plusieurs milliers de cultivars ont été créés dont la plupart n'existent plus. .
On peut citer parmi les plus courants :

 

Cultivar «Delft Blue»


Violet
violet très foncé presque noir : Kronos, Amethyst, Dr Lieber, Lord Balfour, Marie, Mauve Queen

 

Bleu
bleu-violet et bleu ciel à l’intérieur : Perle brillante
bleu foncé : Indigo King, King of the Blues
bleu porcelaine : Delft Bleu, Grand Maître
bleu ciel : Bismarck, Myosotis
bleu bordé de blanc : Sky Jacket

 

Jaune
jaune d'or : Prins Hendrik, Yellow Hammer
jaune clair : City of Haarlem

 

Orange
saumonée : Gipsy Queen
orange, rose, saumon en mélange : Oranje Boven

 

Rouge
rouge vif : La Victoire
rouge rose : Jan Bos
rouge écarlate : Tubergen’s Scarlet
rouge bordeaux : Woodstock

 

Blanc
Arendse, Arentine, Carnegie, Edelweiss
ivoire : L'Innocence

 

Rose
rose vif : 'Marconi', 'Pink Pearl'
rose clair : 'Anne-Marie', 'Kronprinses', 'Lady Derby', 'La Victoire', 'Queen of the Pinks'

 

Fleurs doubles
bleues : Crystal Palace', 'General Köhler'
blanches : 'Ben Nevis', 'Madame Sophie'
rose franc : 'Pink Royal',
rose vif : 'Hollyhock' (très odorante),
rose pastel : 'Rose De Naples'

 

Les fleurs des jacinthes sont comestibles, mais ses bulbes sont toxiques

Penhars Infos Quimper - champ de jacinthes La Torche - Bretagne

 

 

Intérêt apicole 


Par sa floraison bien souvent abondante, et même si elle ne produit que des quantités modérées de pollen et de nectar, la jacinthe des bois n’est pas négligeable.

Il est vrai qu'elle produit peu de nectar ni de pollen, mais elle est très prisée par les abeilles, surtout les colonies en pleine reprise d'activité. Elles trouvent dans la fleur de la jacinthe des bois, une source de nourriture intéressante.


 

 

 

Mythologie grecque

 

Ovide (43 av. J.-C.-17 ou 18 ap. J.-C.) poète latin de l'Empire romai

Les Métamorphoses. livre X

(Trad. et notes de A.-M. Boxus et J. Poucet, Bruxelles, 2008)

 

Hyacinthe (10, 162-219)

 

Un jour, les deux jeunes gens décident de se mesurer au lancement du disque. Apollon démontra son talent et sa force en lançant un disque qui retomba sur le sol, rebondit et alla frapper mortellement Hyacinthe au visage. Malgré tous ses efforts et en dépit de son art de guérisseur, Apollon ne put le sauver. (10, 175-195)

Inconsolable, Apollon se considère responsable de la mort de son bien-aimé et, pour perpétuer sa mémoire, il annonce sa métamorphose en une fleur, ajoutant que cette fleur sera liée aussi à un autre personnage, un héros très vaillant. Aussitôt du sang d'Hyacinthe répandu sur le sol jaillit une fleur pourpre, ressemblant à un lis et portant sur ses pétales les lettres AI AI en souvenir des gémissements du dieu, lettres jugées comme funèbres. La Laconie, fière de son héros, perpétue ces souvenirs par une fête annuelle, les Hyacinthies. (10, 196-219).

 


Toi aussi, fils d'Amyclas, Phébus t'aurait installé dans l'éther,

si les destins sévères lui avaient donné le temps de t'y placer.

Dans la limite possible pourtant, tu es éternel ; chaque année,

 Le printemps chasse l'hiver, et le Bélier, les Poissons pluvieux,

chaque fois aussi, toi, tu apparais et fleuris dans le vert gazon.

Mon père t'a aimé plus que tous les autres, et Delphes,

centre du monde, fut alors privée de son dieu protecteur

quand il hantait l'Eurotas et Sparte, la ville sans remparts.

Il n'honore plus sa cithare ni ses flèches ; oubliant qui il est,

il ne refuse pas de porter tes filets, de tenir tes chiens,

Il entretient sa flamme, habitué à ta présence constante.

 

Déjà Titan avait presque atteint le milieu de sa course,

 entre crépuscule et aube, à distance égale du matin et du soir.

Ils enlèvent leurs vêtements et tout luisants de l'huile qui les enduit,

ils s'apprêtent à se mesurer au lancement d'un large disque.

Phébus, après l'avoir d'abord balancé, envoya dans les airs

le disque qui par son poids déchira les nuages sur son passage.

Après un long moment, le lourd objet retomba sur la terre ferme,

démontrant tout à la fois le talent et les forces du dieu.

Aussitôt, étourdiment, poussé par l'ardeur du jeu,

le fils du Ténare se précipite pour ramasser le disque.

Mais celui-ci rebondit sur la terre durcie qui te l'envoya

en plein visage, Hyacinthe. Le dieu, devenu aussi pâle

que l'enfant lui-même, recueille ses membres défaillants.

Tantôt il veut te ranimer, tantôt il éponge la cruelle blessure,

tantôt, à l'aide d'herbes, il cherche à retenir ta vie qui fuit.

Son art n'est d'aucun secours ; la blessure était incurable.

De même que, si quelqu'un brisait dans un jardin bien irrigué,

des plants de giroflées, de pavots ou de lis hérissés de fauves étamines,

leurs fleurs soudain fanées laisseraient retomber une tête flétrie

et, incapables de se soutenir, se tourneraient vers la terre ;

ainsi son visage mourant s'est affaissé, et privé de vigueur,

son cou même est trop lourd et retombe sur son épaule.

 

“ Tu succombes, fils d'Oebalus, frustré de ta première jeunesse ”,

dit Phébus, “ et je vois ta blessure, qui m'est un reproche.

Tu me rappelles ma douleur et mon crime ; ton trépas doit porter

une inscription de ma main ; c'est moi le responsable de ta mort.

 Pourtant, quelle est ma faute ? Peut-on en effet taxer de faute

le fait d'avoir joué, peut-on appeler faute le fait d'avoir aimé ?

Ah ! Que je voudrais rendre l'âme avec toi, comme je le mérite !

Puisque la loi du destin me l'interdit, tu seras présent en moi

éternellement, et ton nom sera sur mes lèvres fidèles à ta mémoire.

 Ma lyre, sous mes doigts, et mes chants retentiront pour toi

 et, fleur nouvelle marquée d'une inscription, tu symboliseras mes plaintes.

Viendra aussi un temps où le plus vaillant des héros

aura son nom sur les mêmes pétales et s'ajoutera à cette fleur. ”

Tandis qu' Apollon à la bouche véridique tient ces propos,

 Voici que le sang, qui avait taché l'herbe en s'écoulant sur le sol,

cessa d'être du sang et, plus brillante que la pourpre tyrienne,

une fleur éclôt, qui par sa forme ressemblerait aux lis,

si elle n'était pas pourpre et si les lis n'étaient pas argentés.

Phébus – il est en effet l'auteur de cet honneur – ne s'en tint pas là

 il grava ses propres plaintes sur les pétales, et les lettres AI AI

se lisent sur la fleur, inscription considérée comme un signe de deuil.

Et Sparte n'a pas honte d'avoir vu naître Hyacinthe,

encore honoré en notre siècle : chaque année, selon un rite ancestral,

des processions solennelles doivent célébrer les Hyacinthies.

 

Nicolas-René Jollain (1732-1804) Hyacinthe channgé en fleurs (1769)

 

 

 

 

 

Selon  d'autres versions


mythologie grecque,

 

Maurus Servius Honoratus, dit Servius, grammairien païen de la fin du IV° siècle, réputé parmi ses contemporains comme l'homme le plus instruit de sa génération en Italie ;


Zéphyr est le fils d'Astréos (ou d'Éole, le maître des Vents) et d'Éos (l'Aurore). Il est souvent mentionné en compagnie de son frère Borée, le vent du nord. C'est la personnification du vent de l'ouest ou du nord-ouest. Son équivalent romain est Favonius.

 

...Hyacinthe est un jeune homme d'une grande beauté, aimé d'Apollon et de Zéphyr. Il trouve la mort car Zéphyr était jaloux qu'Apollon fût aussi amoureux, alors il dévia le disque d'Apollon qui frappa Hyacinthe à la tempe, ce qui le tua. De son sang naît une fleur qui porte son nom. 

 

René Jallain Hyacinthe et Apollon

 

 

 

Borée littéralement "vent du nord", est le fils d'Éos (l'Aurore) et d'Astréos (le maître des vents), et le frère de Zéphyr. Il est la personnification du vent du nord, l'un des quatre vents directionnels.

 


...D'une beauté exceptionnelle, Hyacinthe est aimé d'Apollon et de Borée. Alors qu'Apollon lui apprend à lancer le disque, Borée, jaloux le dévie. Hyacinthe frappé à la tempe par le disque, meurt. De son sang naissent des fleurs qu'on appelle, d'après le nom du jeune homme, des jacinthes. Les pétales de la fleur portent le mot ΑΙ, cri de lamentation d'Apollon

 

Benjamin West (1738-1820) Mort de Hyacinthe

 

 

 

Pseudo-Apollodore - Bibliotheca - II° siècle


Bibliothèque d'Apollodore, est une compilation de mythes grecs, composée aux alentours du II° siècle. L'auteur, qui est inconnu, est communément appelé Apollodore ou Pseudo-Apollodore.


Dans la mythologie grecque,

 

Hyacinthe était un très beau prince spartiate et amoureux du dieu Apollon . La jacinthe était également admirée par le dieu du vent d'ouest Zephyrus , le dieu du vent du nord Boreas et aussi par un homme mortel nommé  l'aède thrace Thamyris . Mais Hyacinthe a choisi Apollon. Avec lui, il a visité toutes les terres sacrées d'Apollon dans le char tiré par des cygnes. Apollon lui a enseigné  l'utilisation de l'arc, de la musique et de la lyre, l'art de la prophétie et les exercices dans le gymnase. 


Un jour, Apollon lui apprenait le jeu du quoit . Ils ont décidé d'organiser une compétition amicale en se relayant pour lancer le disque. Apollon lança le premier, avec une telle force que le disque fendit les nuages ​​dans le ciel. Hyacinthe voulant impressionner Apollon,  courut derrière lui pour attraper le disque et l'impressionner. Mais lorsque le disque a touché le sol, il a rebondi, frappant la tête de Hyacinthe et le blessant mortellement. 


Alternativement, Zephyr est tenu responsable de la mort de Hyacinthe; jaloux que Hyacinthe préférait le radieux Apollon, Zephyr fit sauter le quoit d'Apollon bruyamment pour tuer Hyacinthe.


Le visage d'Apollon pâlit alors qu'il tenait son amant mourant dans ses bras. Il a utilisé toutes ses compétences médicinales, et a même essayé de donner de l' ambroisie pour guérir la blessure de Hyacinthe, mais en vain, car il ne pouvait guérir une blessure infligée par le Destin . 


Lorsque Hyacinthe mourut, Apollon a pleuré, se blâmant. Il souhaitait devenir mortel et rejoindre son amant dans la mort. Cependant, comme cela n'était pas possible, Apollon promit qu'il se souviendrait toujours de Hyacinthe dans ses chansons et la musique de sa lyre . 


Du sang répandu de Hyacinthe, il a créé une fleur, la jacinthe , et sur ses pétales inscrit les mots de désespoir, "AI AI" - "hélas". Elle était considérée par les Grecs comme la plus belle de toutes les fleurs. 

 

La Bibliotheca a déclaré que Thamyris, qui montrait des sentiments romantiques envers Hyacinthe, était le premier homme à avoir aimé un autre homme.

 

 Hyacinthe et Apollon - Ecole Italienne XVII°

 

 

 

 

1600-1100 av. J.C. -  Grèce mycénienne - 


Jacinthe (grec ancien :  Huákinthos ) est un héros divin et un amant d' Apollon de la mythologie grecque.

Son culte à Amyclae au sud-ouest de Sparte date de l'époque mycénienne. Un temenos ou sanctuaire a grandi autour de ce qui était censé être son tumulus funéraire, situé à l'époque classique aux pieds de la statue d'Apollon. Les mythes littéraires servent à le relier aux cultes locaux et à l'identifier à Apollon.

 

A cinq kilomètres au sud de Sparte, sur la colline d'Agia Kyriaki Amyclae , se trouve le sanctuaire d'Apollon Amyklaios ou le Sanctuaire d'Apollon et Hyacinth.

L’archéologue Christos Tsountas, a fait les premières fouilles du sanctuaire  en 1889/90. À Amykles Hyacinthe, le Dieu crétois-mycénien de la végétation a été adoré. Le temple d'Apollon et Hyacinthe est devenu un lieu de culte important pour les Spartiates.

 

Vue aérienne sanctuaire Apollon - Amyclae 

 

 

 

VIII° siècle av. J.C.

 


Hésiode poète grec du VIII° siècle av. J.-C.
Catalogue des femmes (en latin : Catalogus feminarum) est un poème épique partiellement perdu de la Grèce antique.


Dans le fragment 171  
restitué par Reinhold Merkelbach et Martin L. West,

Le mythe de Hyacinthe serait la plus ancienne expression littéraire connue.

 

Apollon, Hyacinthe et Amour

Gravure de Marc-Antoine Raimondi 1506 Bibliothèque nationale de France

 

 

 

 

VIIe siècle av. J.-C

 

 

Hyacinthe est un héros laconien dont le tombeau et le culte étaient situés à Amyclées près de Sparte. 

Les Hyacinthies, fête qui lui était dédiée à Amyclées, sont attestées à Cnossos et à Tylissos ainsi que dans beaucoup de cités doriennes.
 

 

 

 

V- IV° siècle avant J.C.

 


Les Hyacinthies sont des festivités religieuses spartiates, organisées à Amyclées tous les ans, en mai-juin.
Elles se tiennent en l'honneur d'Hyacinthe,

 

 

Xénophon (v. 430 av. J.C. - v. 355 av. J.C.), historien, philosophe et chef militaire de la Grèce antique, dans "Les Helléniques" (IV, 5, 11), rapporte que les Spartiates interrompent leurs campagnes pour pouvoir retourner en Laconie y participer. 

 

 

Selon Thucydide (v. 460 av. J.C. - v. 400 av. J.C.) homme politique, stratège et historien athénien, auteur de La Guerre du Péloponnèse, récit d'un conflit athéno-spartiate qui se déroula entre 431 av. J.-C. et 404 av. J.-C., écrit que lors de la paix de Nicias, Athènes, pour montrer à Sparte sa bonne volonté, promet d'assister aux Hyacinthies.

 

 

 

Euripide (vers 480 - 406 avant J.-C. ) un des trois grands tragiques de l'Athènes classique, avec Eschyle et Sophocle. 

 

Hélène, tragédie grecque :


est le plus ancien texte connu à rapporter le mythe de Hyacinthe.


..."Peut-être trouveras-tu sur les rives du fleuve les prêtresses des Leucippides ; peut-être, devant le temple de Pallas, te mêleras-tu aux danses sacrées auxquelles tu es depuis longtemps étrangère, pour célébrer les fêtes nocturnes d'Hyacinte, qui fut atteint d'un disque lancé par la main d'Apollon."...

 

 


Selon Paléphatos ou en latin Palaephatus (Palaíphatos) auteur grec du IV° 
La mort de Hyacinthe et la naissance d'une fleur du même nom n'est attestée qu'à la fin Ve siècle av. J.-C. : sa plus ancienne mention connue se trouve dans "Les Histoires incroyables." 

 

Selon  Maurus Servius Honoratus, dit Servius, fin  du IV° siècle, grammairien païen
... Alors qu'Apollon lui apprend à lancer le disque, Borée, jaloux le dévie. Hyacinthe frappé à la tempe par le disque, meurt. De son sang naissent des fleurs.....



 

 

 

II° siècle av. J.C.

 


Pseudo-Apollodore, parfois nommé Apollodore le Mythographe,(II° s) nom donné à l'auteur de la Bibliothèque, anciennement attribué à Apollodore d'Athènes, offre une version différente de Hyacinthe : l'aède thrace Thamyris s'éprend de Hyacinthe, donnant ainsi naissance à la pédérastie. La version apollodorienne rejoint ensuite la version commune : Hyacinthe est aimé d'Apollon et tué accidentellement par lui, au cours d'un jeu de disque.

 

 

Pausanias dit le Périégète (v. 115-v.180),  géographe et voyageur de l'Antiquité, auteur d'une Description de la Grèce ou Périégèse. 
écrit que lors des Hyacinthies, les spartiates concluent un jour une trêve dans les campagnes guerrières.

 

 

 

I° siècle av. J.C.

 

 

Terme d'antiquité :

 

Hyacinthe est aussi une pierre précieuse rouge à brun


On dit aussi hyacinthe pour l'Étoffe couleur de cette pierre.

 

de Isaac Louis Lemaistre de SACY dans Bible, Exode, XXV, 4

..."De l'hyacinthe, de la pourpre, de l'écarlate teinte deux fois"...

 

de Isaac Louis Lemaistre de SACY dans ib. Nomb. IV, 11

..."Ils envelopperont aussi l'autel d'or d'un drap d'hyacinthe, ils étendront par-dessus une couverture de peaux violettes"...
 

 

 

 

Virgile, en latin Publius Vergilius Maro (70 av. J.-C. - 19 av. J.-C.),  poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l'empereur Auguste.


- Dans son ouvrage "les Géorgiques "


Chant IV, v. 180 sq., traduction de M. Rat, 1932)...


...“les abeilles butinent, de çà de là, sur le daphné (= laurier) et le safran rougeâtre et le tilleul onctueux, et les sombres hyacinthes.” ...

 

 


- Dans son ouvrage "Les Dyonisiaques"

 

Les pétales ouvragés de la fleur qui poussa à l’endroit de sa mort symbolisent les lamentations d’Apollon :

"à profusion, sur les savants pétales chers à Phébus (Apollon), chatoient les lettres végétales des jacinthes plaintives".

 

 

Chez Ovide (43 av. J.-C.-17 ou 18 ap. J.-C.) poète latin de l'Empire romain. 


Les Métamorphoses. livre X

Hyacinthe et Apollon

Le disque rebondit sur un rocher avant le frapper Hyacinthe à la tête. 


 

 

 

I° siècle

 


Pline l’Ancien (en latin Gaius Plinius Secundus 23 - 79 apr. J.-C.) écrivain et naturaliste romain du I° siècle, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).

Histoire Naturelle, Livre 21, chapitre XCVII, 1, 

traduction par É. Littré, 1848-50)

 

La jacinthe est un attribut du Printemps. Elle figure, en effet, parmi les fleurs qui annoncent cette saison.


...“L’hyacinthe croît surtout dans la Gaule, où elle est employée pour une teinture écarlate. La racine est bulbeuse, et fort connue des marchands d’esclaves : appliquée avec du vin doux, elle arrête la marche et retarde les signes de la puberté. Elle guérit les tranchées et les piqûres d’araignées ; elle est diurétique. On en donne la graine … dans les blessures faites par les serpents et les scorpions, et dans l’ictère.”... 


 

 

 

II° siècle

 


Hyacinthe était un saint martyr chrétien, chambellan (cubiculaire) de l'Empereur Trajan.

Hyacinthe fut emprisonné à Césarée de Cappadoce. En 120, après de nombreux supplices, il se laissa mourir de faim en refusant de manger de la viande qui avait été bénie à des fins d'offrande aux dieux païens.


 

 

 

III°  siècle

 


Chez Commodien, (III° siècle) poète latin chrétien, potentiellement le premier

Hyacinthe et Apollon
Le disque glisse des mains d'Apollon qui ne peut le retenir. 

 

 

 


IV° siècle 

 

 

Copies des originaux grecs datant du IV siècle ap.J.-C.
Musée archéologique de Naples


La muse Clio reprocha à Aphrodite sa passion sans mesure pour Adonis ; la déesse de l'amour mécontente la punit en faisant naître dans son cœur un amour irrésistible pour le roi de Macédoine Piéros. Clio, de cet amour eut un enfant, Hyacinthos dont le destin fut très triste :


...Hyacinthos fut un beau jeune homme apprécié par les dieux de l'Olympe ; un jour il fut blessé mortellement par le palet d'Apollon au cours d'un jeu ; ce n'était pas la faute d'Apollon, mais une mauvaise action intentionnelle de de Zéphyr qui était très jaloux d'Apollon parce que ce dernier témoignait beaucoup d'affection pour Hyacinthos ; alors lors du jeu, il détourna par son souffle le trajet du palet d'Apollon pour frapper Hyacinthos au front et le tuer. Pour ne pas oublier le souvenir d'Hyacinthos, Apollon changea son sang qui a coulé sur la terre en fleur pourpre, c'est l’hyacinthe dont la corolle prend la forme de Y (l'initiale de hyacinthos)...

 

Alexandre Kisselov - La mort de Hyacinthe - musée national de Varsovie

 

 

 

XI° - XII° siècle

 

 

Jacinthe :

Le mot apparaît en français en 1080 sous la forme "jacunce,"

puis il est "jargunce" au XIIe s. 
 

 

 

 

 

XIII° siècle


Poème persan, 13e siècle

 

Jacinthes

 

Et si pour toute richesse,

Il ne te reste que deux pains,

Vends-en un, et avec ces quelques deniers

Offre-toi des jacinthes pour nourrir ton âme.

 

Pierre Joseph Redouté Jacinthe d'Orient varieté rose Hyacinthus orientalis


 

 

 

XV° siècle

 


Les Mille-et-une Nuits, recueil anonyme de contes populaires d'origine persane, indienne et arabe.

traduction Mardrus.


« ... hyacinthe, droite sur sa tige et toute seule, non pas celle des jardins, mais hyacinthe mère des lys, celle d'un blanc pur, la délicate, l'odorante, la fragile, la candide hyacinthe qui disait au cygne sortant de l'eau : "Je suis plus blanche que toi !"... 
 

 

 

 

 

XVI° siècle

 

 

Jacinthes des bois

Clochettes - Simbalaria (Agraphis nutans Link. = jacinthe des bois) 

Grandes Heures d'Anne de Bretagne, 

BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°22v


 

 


Le mot tel qu'il apparaît ainsi est une variante semi-savante d'une jacinthe plus ancienne. Il s'agit d'une réfection étymologique de la Renaissance sous la forme hiacinte en 1523.
Les graphies sont fort variées et changeantes : iacinthe (1549), 

 


Jacques Daléchamps (1513-1588) consacre un chapitre à la jacinthe, ou hyacinthe dans son Historia generalis plantarum (1586), traduite par Jean Des Moulins. Dès cette époque, on retrouve plusieurs variétés de jacinthes en France, sauvages ou cultivées

 


 

 

 

Dans Apoc. IX, 17, Nouv. Test. éd. Lefebvre d'Etaples, Paris, 1525

Hyacinthe - Hist. XVIe s. Ajoutez :


..."Et ainsi je veis les chevaulx en vision ; et ceulx qui estoient assis sur eulx, avoient des haulbergeons de feu et de hiacinte et de souffre"...


 

 

La Jacinthe est arrivée de Turquie en Europe au XVIe siècle. En Orient, elle a été représentée sur les miniatures persanes, sur la faïence, ainsi que sur les tissus turcs.

 

 

2ème moitié du XVIe siècle (vers 1575-1580)

Pichet aux fleurettes et jacinthes à tiges ondulantes

Céramique (pâte siliceuse), décor peint sur engobe sous glaçure transparente

Lieu de provenance : Iznik (Asie Mineure et Europe orientale - Turquie)


 

 

 

Dans "Les Eclogves et mascarades" de Pierre de Ronsard  (1524-1585)


..."De laict puisse couler les ondes de mon Loire,

      Ses bords soient pour jamais d'hyacinthes semez"...
 

 

 

Olivier de Serres (1539-1619) agronome français,

Dans le "Théâtre d’Agriculture et mesnage des champs",


..."conseille d'avoir un cabinet médical contenant de la thériaque, des confections d'Alkermès, de hyacinthe, de l'eau-de-vie, de l'eau céleste, de l'eau impériale, de la rhubarbe, du séné, de l'agaric, et du sirop rosat"...


 

 

 

Théophile de Viau (1590-1626) poète et dramaturge français

Ode

 

La solitude


..."Cupidon, d'une douce flamme

Ouvrant la nuit de ce vallon,

Mit devant les yeux d'Apollon

Le garçon qu'il avait dans l'âme.

 

À l'ombrage de ce bois sombre

Hyacinthe se retira,

Et depuis le Soleil jura

Qu'il serait ennemi de l'ombre.

 

Tout auprès le jaloux Borée

Pressé d'un amoureux tourment,

Fut la mort de ce jeune amant

Encore par lui soupirée"...


 

 

 

XVII° siècle

 


Philostrate de Lemnos,

Tableaux de platte

peinture des deux Philostrates sophistes grecs et les Statues de Callistrate…, Paris, 1615, p. 197.

 

 

 

 

Daniel Rabel (1578-1637) peintre, graveur, miniaturiste, décorateur et botaniste français.

Recueil de fleurs et d'insectes dessinés et peints sur vélin : 

peinture, 1624.

 

 

 

 

1641

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de Pierre Corneille (1606-1684) dramaturge et poète


pour la Guirlande de Julie, offerte par M. de Montausier à sa future, Julie d’Angenne. Dans l’édition de la Guirlande de Julie publiée par M. Livet, d’après le manuscrit de 1641 (Précieux et Précieuses, p. 393-432), 


Madrigal.

 


De Charles d’Angennes (1577-1652) - Marquis de Rambouillet.

 

L'hyacinthe


Je n'ai plus de regret à ces armes fameuses

Dont l'injuste refus précipita mon sort ;

Si je n'ai possédé ces marques glorieuses,

Un destin plus heureux m'accompagne à la mort;

Le sang que j'ai versé d'une illustre folie

A fait naître une Fleur qui couronne Julie.


 

 

 

 

1641

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de Pierre Corneille (1606-1684) dramaturge et poète


pour la Guirlande de Julie, offerte par M. de Montausier à sa future, Julie d’Angenne. Dans l’édition de la Guirlande de Julie publiée par M. Livet, d’après le manuscrit de 1641 (Précieux et Précieuses, p. 393-432), 

 

De M. le marquis De Montausier (1610-1690),

 

Madrigal.

 

 

L'Hyacinthe

 

Depuis mon changement, 

tout l'univers remarque

Que d'un triste et muet discours

Je me plains qu'en mes plus beaux jours

J'ai ressenti la rigueur de la Parque;

Mais je cesse de murmurer;

Car l'extrême plaisir que j'ai de te parer

Efface maintenant la plainte

Que mes feuilles portaient empreinte.


Les Parques (du latin : Parcae, provenant du mot parco, "épargner") sont, dans la religion romaine ou la mythologie romaine, les divinités maîtresses de la destinée humaine, de la naissance à la mort. Elles sont généralement représentées comme des fileuses mesurant la vie des personnes et tranchant le destin.

 

 

 

1641

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de Pierre Corneille (1606-1684) dramaturge et poète


pour la Guirlande de Julie, offerte par M. de Montausier à sa future, Julie d’Angenne. Dans l’édition de la Guirlande de Julie publiée par M. Livet, d’après le manuscrit de 1641 (Précieux et Précieuses, p. 393-432), 

 

 

De Pierre Corneille (1606-1684)


Madrigal.

 

 

L'hyacinthe

 

D'un éternel bonheur ma disgrace est suivie ;

Je n'ai plus rien en moi qui marque mon ennui,

Autrefois un Soleil me fit perdre la vie;

Mais un autre Soleil me la rend aujourd'hui.


 


 

Jean-Baptiste Monnoyer (Lille, 1636-Londres, 1699) 

peintre français

et le motif de la guirlande


 

 

 

Richelet en 1680 a tenté de réserver la graphie jacinthe à la fleur seulement, hiacinthe désignant à la fois la fleur et la pierre.


hyacinthe, hyacinte  (1694), fleur et pierre.
 

 

 

 

XVIII° siècle

 

 

De communes et simples (un fleuron à six feuilles), elles sont devenues, sous la main des jardiniers-fleuristes, belles et doubles (un fleuron à dix ou douze feuilles). 


Sous Louis XIV (1638-1715) les jacinthes "bleu turquin", "brumales" ou printanières"provenaient du jardin du Roi à Toulon, à Toulon, ou étaient achetées auprès de marchands parisiens. 


En 1688, la veuve Dubuisson, une jardinière hollandaise, a fourni pour le Jardin du Roi à Trianon 10901 oignons de "jacinthes très rares" à un prix élevé. Plus tard, Louis XV ne se fournissait qu’auprès de la maison Voorhelm à Harlem en Hollande. 
 

 

 

 

Johann Wilhelm Weinmann (1683-1741) Apothicaire et botaniste allemand

1737-1745.

"Phytanthoza-iconographia, sive Conspectus aliquot millium tam indigenarum quam exoticarum"

Ratisbonne, Lenz et Neubauer,

Un des plus vastes et célèbres herbiers jamais publiés, le premier dont les planches aient été traitées avec succès à la mezzotinte en couleurs.

 

ouvrage, donnant une "représentation de quelques milliers d'arbres, arbrisseaux, herbes, fleurs, fruits et champignons, crus dans les quatre parties du monde.


Il confia la rédaction de la partie scientifique, en latin et en allemand, à Johann Georg Nicolas puis Ludwig Michael Dieterichs et à Ambrosius Carl Bieler.


Pour l'illustration, il s'adressa à trois graveurs d'Augsbourg, Seutter, Ridinger et Haid, afin de reproduire fidèlement les peintures du célèbre botaniste et artiste Georg Dionysius Ehret qui venait de travailler pour Carl von Linné et Georg Clifford

 

Johann Wilhelm Weinmann (1683-1741)

 

 

 

Pour la fleur on écrit :
hyacinthe, hyacynthe (1718),  hyacinthe (1740), 

L'Académie reprend cette opposition en 1762 avec jacinthe (en vedette principale) ou hiacinthe comme fleur et hyacinthe comme pierre. (1762),

 


 

La jacinthe la plus commune est la jacinthe d'Orient, Hyacinthus orientalis, décrite par Carl von Linné en 1753. Très parfumée, ses fleurs peuvent être simples ou doubles, et, selon les variétés cultivées, de différents coloris : violet, bleu, jaune, orange, rouge, rose ou blanc…
 

 

Jean Paul Père d'Ardenne. 
"Traité sur la connoissance et la culture des jacintes. Avignon, Chambeau, 1759."


 

 

 

Giovanni Battista Tiepolo (1696-1770)  

peintre rococo et graveur italien

La mort de Hyacinthe

 

 

 

Giovanni Battista Tiepolo (1696-1770)  

peintre rococo et graveur italien

La mort de Hyacinthe - détail jacinthes

 

 

Jean-Étienne Liotard (1702-1789)

peintre, dessinateur, pastelliste et graveur genevois.

Femme à la jacinthe


 

 

 

 

Grâce à ces nouvelles variétés, la jacinthe devint alors la plante d’ornement la plus en vogue : au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, à l’instar de la tulipe, elle fit ainsi l’objet d’intenses spéculations, et ses bulbes se vendirent à des prix exorbitants ! 


C'est en Hollande que la production s'intensifie et se diversifie à partir du XVIIIe siècle, un engouement qui sera surnommé "jacinthomanie".

 

 

Cet engouement fut principalement initié par Madame de Pompadour, maîtresse du roi Louis XV, qui souhaitait embellir les jardins de Versailles avec des jacinthes hollandaises que l’élite française ne tarda pas de lui jalouser.

 

François Boucher, La Marquise de Pompadour (1756), Munich, Alte Pinakothek.


 

 

 

Maximilien-Henri de Saint-Simon (1720-1799) 

Des Jacinthes, de leur anatomie, reproduction et culture, 

Amsterdam 1768 

Quand Mme de Pompadour, souhaita embellir les jardins de Versailles, elle choisit la jacinthe hollandaise qui devint ainsi la plante d'ornement la plus demandée par l'aristocratie qui en fit le symbole du luxe.


Installé dans les environs d'Utrecht, le marquis Maximilien-Henri de Saint-Simon publia au plus fort de l'engouement un traité complet assorti d'un remarquable catalogue des 2000 variétés connues en 1767. 

 

 

 

Pierre-Joseph Buc'hoz, (1731-1807) 
avocat, médecin, et compilateur du XVII° siècle. Il est surtout connu pour ses nombreuses publications dans le domaine de la botanique

 

Paris, 1781.

Collection coloriée des plus belles variétés de jacinthes qu'on montre aux curieux dans les jardins fleuristes d'Harlem, et faisant suite aux Etrennes de Flore

 


 

La jacinthe bleue, 

Franciscus Primus - par Jan Augustini, 1762


 

 

André Chénier  (1762-1794) poète et journaliste français 


Oeuvres poètiques


...Et le sang d’Adonis, et la blanche Hyacinthe

Dont la feuille, respire une amoureuse plainte ;...

 

 

 

André Chénier  (1762-1794) poète et journaliste français 


...Ses blonds cheveux flottants par lui furent pressés

D'hyacinthe et de myrte en couronne tressés :

" Car ta voix, lui dit-il, est douce à mon oreille,

" Autant que le cytise à la mielleuse abeille. "...
 

 

 

James Peale (1749-1831) peintre américain

Mary Mitchell  - 1795 - miniature médaillon


 

 

 

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris.


Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris.
Floreal : (20/21 avril – 19/20 mai)

Le Soleil entre au signe du Taureau 


"Sitôt que FLORE en sa magnificence, 

Promet dans Ses présens des trésors aux Humains ;

On aime à voir la candeur,  l'innocence,

Que la Jeune Beauté couronne de Ses mains."

 

La Jacinthe était le nom attribué au 9e jour du mois de floréal.
 

 


 

 

XIX° siècle

 

 

Alfred de Vigny (1797-1863) écrivain, romancier, dramaturge et poète 

Le bal


Dansez et couronnez de fleurs vos fronts d'albâtre ;

Liez au blanc muguet l'hyacinthe bleuâtre,

Et que vos pas moelleux, délices d'un amant,

Sur le chêne poli glissent légèrement ;

 


Louis Valtat (1869-1952) muguet et jacinthe


 

 

 

Elements of the science of botany,. London,

Printed by T. Bensley for J. Murray. 1812

Hyacinthus non scriptus


 


 

 

Alphonse Karr (1808-1890) romancier et journaliste français

Sous les tilleuls 

 

...un homme qui rejette au loin une idée qui le gêne.

- ouf ! Dit Müller,qui était revenu et qui, sans que je m'en aperçusse, avait repris son occupation, vous avez failli mettre le pied sur une jacinthe qu'il n'aurait pas été en votre pouvoir de remplacer :

c'est la jacinthe bleue polyanthe.

Outre celle-ci, je n'en connais que deux autres, l'une à Amsterdam, chez l'ami dont je vous ai parlé, et l'autre chez un fleuriste français à Chinon, en Touraine. Si vous saviez que de soins me coûte cette jacinthe ! Si vous me voyiez placer l'oignon juste à un demi-pied en terre, mettre dessous de la terre maigre pour l'empêcher de pourrir, et de la terre grasse dessus pour lui donner de la nourriture !...


 

 

 

Charles Baudelaire (1821-1867) poète français

Les fleurs du mal 1857

l'Invitation au voyage :

 

..."Les soleils couchants

Revêtent les champs

Les canaux, la ville entière

D'hyacinthe et d'or ;

Le monde s'endort

Dans une chaude lumière"...

 

George Hitchcock (1850-1913) un champ de jacinthes


 


 

Louis Legendre (1851-1908) Auteur dramatique, Adaptateur, Poète

Ce que disent les fleurs :

poésies, L. Baschet, Paris, 1891.

 


Jacinthe
 

Vous avez de l'esprit, Madame,

Mais vous haïssez l'épigramme ;

Et nulle part en aucun temps

Devant les mines amusées,

Les baguettes de vos fusées

Ne tombent sur les assistants.

 

C'est là, certe, un mérite rare,

Que de vos mots dont on s'empare,

Pas un n'écorche le prochain.

Il n'est que votre bouche rose

Pour défendre le petit Chose

Ou pour vanter le grand Machin. 


aquarelle de Firmin Bouisset


 

 

 

Nicolas Ponce  (1746–1831)

Ecrivain d’art, dessinateur, graveur et éditeur de vignettes et d’estampes français.
 

Apollon et Hyacinthe


Hyacinthe jouant avec Apollon, meurt d'un coup de palet que le vent détourna.


 

 

 

Joseph Célestin Redouté (1759-1851) était un maître de l'aquarelle botanique

Jacinthe d'Orient varieté rose: Hyacinthus orientalis

Impression d'art encadrée par Pierre Joseph Célestin Redouté


 

 

 

Sully Prudhomme (1839-1907), poète français, premier lauréat du prix Nobel de littérature en 1901.


 

 La jacinthe  

    

Dans un antique vase en Grèce découvert,

D'une tombe exhumé, fait d'une argile pure

Et dont le col est svelte, exquise la courbure,

Trempe cette jacinthe, emblème aux yeux offert.

 

Un essor y tressaille, et le bulbe entr'ouvert

Déchire le satin de sa fine pelure ;

La racine s'épand comme une chevelure,

Et la sève a déjà doré le bourgeon vert.

 

L'eau du ciel et la grave élégance du vase

L'assistent pour éclore et dresser son extase,

Elle leur doit sa fleur et son haut piédestal.

 

Du poète inspiré la fortune est la même :

Un deuil sublime, né hors du limon natal,

L'exalte, et dans les pleurs germe et croît son poème .
 

 

 

 

Emily Brontë (1818 - 1848) poétesse et romancière britannique,

extrait du poème "The Bluebell" 


..."La jacinthes est la fleur la plus douce... 

Que les vagues dans l'air d'été :.... 

Ses fleurs ont le pouvoir le plus puissant.... 

Pour apaiser le soin de mon esprit."... 

 

Lawrence Alma-Tadema (1836-1912) jacinthes

 

 


Charles Marie Leconte de Lisle (1818-1894) poète français
 

 

La source


Une eau vive étincelle en la forêt muette,

Dérobée aux ardeurs du jour ;

Et le roseau s'y ploie, et fleurissent autour

L'hyacinthe et la violette.

 

 

 


Charles Marie Leconte de Lisle (1818-1894) poète français


Klytie


..."Klytie a d'hyacinthe orné ses tempes roses,

Et sa robe est nouée à son genou charmant ;

Elle effleura en courant l'herbe molle et les roses ;

Et le cruel Eros se rit de mon tourment !"...

 

 

 

Charles Marie Leconte de Lisle (1818-1894) poète français


Fultus hyacintho    (jacinthes)


...Il paît jusques à l'heure où, du Zénith brûlant,

Midi plane, immobile, et lui chauffe le flanc.

Alors des saules verts l'ombre discrète et douce

Lui fait un large lit d'hyacinthe et de mousse,

Et, couché comme un Dieu près du fleuve endormi,

Pacifique, il rumine, et clôt l'oeil à demi.

 

Paul Purday - Bois Bluebell, jacinthes des bois


 

 

 

Album van Eeden : Flore de Haarlem - 1872

Hyacinthe

 

 

 

Album van Eeden : Flore de Haarlem - 1872

Hyacinthe

 

 

 

Album van Eeden : Flore de Haarlem - 1872

Hyacinthe

 

 

 

Gustave Caillebotte, (1848-1894) 

peintre français, collectionneur, mécène et organisateur des expositions impressionnistes 

Massif de jacinthes, jardin du Petit Gennevilliers -

 

 

 

 

Stéphane Mallarmé (1842-1898)  poète français, également enseignant, traducteur et critique d'art

 

Les fleurs


L'hyacinthe, le myrte à l'adorable éclair

Et, pareille à la chair de la femme, la rose

Cruelle, Hérodiade en fleur du jardin clair,

Celle qu'un sang farouche et radieux arrose !

 

 

 

Remy de Gourmont (1858-1915) écrivain français, à la fois romancier, journaliste et critique d'art, proche des symbolistes.


La forêt blonde

...Anémones, nombrils ! Pommeroles, aréoles !

Mûres, grains de beauté ! Jacinthes, azur des veines !

Je suis le corps tout plein d'amour d'une amoureuse....

 

 

 

 
Remy de Gourmont (1858-1915) écrivain français, à la fois romancier, journaliste et critique d'art, proche des symbolistes.


Oraison mauvaise


..."Que tes seins soient bénis, car ils sont sacrilèges !

Ils se sont mis tout nus, comme un printanier florilège,

Fleuri pour la caresse et la moisson des lèvres et des mains,

Fleurs du bord de la route, bonnes à toutes les mains,

Et l'hyacinthe qui rêve là, avec un air triste de roi,

C'est le dernier amour de Jésus sur la croix...

 


 

 

Renée Vivien (1877-1909) surnommée "Sapho 1900", poétesse britannique de langue française aux multiples appartenances littéraires, 


 


Évoque les péplos ondoyant dans le soir,

Les lueurs blondes et rousses des chevelures,

La coupe d'or et les colliers et le miroir,

Et la fleur d'hyacinthe et les faibles murmures,

Évoque la clarté des belles chevelures

Et les légers péplos qui passaient, dans le soir,

 

 

 

Renée Vivien (1877-1909) surnommée "Sapho 1900", poétesse britannique de langue française aux multiples appartenances littéraires, 

 

 

Cendres et Poussières


Le Sang des Fleurs 

 

"Ainsi que, sur les montagnes, les pâtres

foulent aux pieds l’hyacinthe, et la fleur

s’empourpre sur la terre."

Psappha

 

Le soir s’attriste encor de ses clartés éteintes.

Des rêves ont troublé l’air pâle et languissant,

Et, chantant leurs amours, les pâtres, en passant,

Écrasent lourdement les frêles hyacinthes.

 

L’herbe est pourpre et semblable à des champs de combats,

Sous le rouge d’un ciel aux tons de cornalines,

Et le sang de la fleur assombrit les collines.

Le soleil pitoyable agonise là-bas.

 

Sans goûter pleinement la paix de la campagne,

Je songe avec ferveur, et mon coeur inquiet

Porte le léger deuil et le léger regret

De la muette mort des fleurs sur la montagne. 

 

 

 

George Hitchcock (1850-1913) Peintre Hollandais

vaincu dans un champ de jacinthes

 

 

 

George Hitchcock (1850-1913) Peintre Hollandais

Un champ de jacinthes

 

 

 

George Hitchcock (1850-1913) Peintre Hollandais

Matin de printemps - Un champ de jacinthes

 

 

 

George Hitchcock (1850-1913) Peintre Hollandais

Un champ de jacinthes

 

 

 

Philippe Rousseau (1816-1887)  peintre français


Nature morte avec oignon de jacinthes 1850


 

 

 

Marcelle Chasteau-Tinayre (1870-1948)

Pseudonyme : Charles Marcel, Gilbert Doré

autrice, conférencière et journaliste française 

 

La rebelle

..."Le printemps vint, ciels gris et bleus, nuages d’argent, pluies tièdes, le printemps humide et vert, échappé des bois, qui sent la jacinthe et le narcisse."...

 

 

Marcelle Chasteau-Tinayre (1870-1948)
autrice, conférencière et journaliste française 

La Vie amoureuse de Madame de Pompadour

..."Un soir, à souper, Mme de Pompadour disperse à ses pieds un bouquet de jacinthes blanches. Le lendemain, tout Versailles, tout Paris, répètent un quatrain terrible :

Par vos façons nobles et franches,

Iris, vous enchantez les cœurs,

Sous nos pas, vous semez des fleurs,

Mais ce ne sont que des fleurs blanches…"

 

 


Marcelle Chasteau-Tinayre (1870-1948)
autrice, conférencière et journaliste française 

La Rançon (1894)

 
...Jacqueline, à genoux, cueillait les jacinthes dont elle remplissait sa capeline, profonde comme un panier...

 

..."Elles étaient fanées, les fraîches jacinthes, mais l’été, brûlant les vigoureux feuillages, dorait les croupes des coteaux nuancés comme un fond de vieille tapisserie."...

 

 

 


Marcelle Chasteau-Tinayre (1870-1948)
autrice, conférencière et journaliste française 

 

La jacinthe


La jacinthe sauvage

Eclose au bois joli,

Ressemble, sous l'ombrage,

Aux yeux de mon ami.

 

Au bois joli, naguère,

Nous vînmes tous les deux

Qui ne nous parlions guère

Que du coeur et des yeux.

 

Paraît une clairière :

"Asseyons-nous ici." -

Ah ! pensais-je, ah ! ma mère,

Si vous saviez ceci !

 

Je me tais. Il soupire :

" La belle, par pitié,

" Ne sauriez-vous me dire

" Un seul mot d'amitié ? "

 

Je soupire. Il se penche :

" Belle, dit-il encor,

" Quand donc à ta main blanche

" Auras-tu l'anneau d'or , "

 

Mon âme s'effarouche...

Hélas ! en ce moment

Sa bouche sur ma bouche

Parla plus clairement.

 

Un an bientôt se passe ;

L'amour lui passe aussi.

Je reviens triste et lasse,

Je reviens seule ici.

 

Mon amoureuse plainte

Redouble quand je vois

Refleurir la jacinthe,

La jacinthe des bois.

 

Nous n'irons plus ensemble,

Jamais, au bois charmant...

La jacinthe ressemble

Aux yeux de mon amant

 

James Herbert Snell - Parmi les jacinthes

 

 

 

Au XIXe siècle, des jacinthes sont proposées dans les catalogues des horticulteurs français, mais il n'est pas rare qu'elles soient directement importées de Hollande. 

C'est le cas de la collection de jacinthes proposée par MM. Vilmorin, Andrieux et Cie lors de l'exposition universelle d'horticulture de 1855. 

Unique collection de jacinthes de cette exposition, elle était composée de cent-quarante-cinq variétés à fleurs simples ou doubles présentées en tiges florales ou hampes coupées.
 

 

 

XX° siècle

 

 

Frans Mortelmans (1865-1936) - peintre belge

jacinthes 


 

 

 

Alexej Georgewitsch Von Jawlensky (1864-1941) - peintre russe

jacinthes

 

Alexej Georgewitsch Von Jawlensky (1864-1941) - peintre russe

jacinthes

 

Alexej Georgewitsch Von Jawlensky (1864-1941) - peintre russe

jacinthes

 

 

 

Marcel Proust (1871-1922) écrivain français,

Du côté de chez Swann, 

" Un amour de Swann"


..."qu'une chevelure, par l’enroulement lisse et les becs aigus de ses boucles, ou dans la superposition du triple et fleurissant diadème de ses tresses, a l’air à la fois d’un paquet d’algues, d’une nichée de colombes, d’un bandeau de jacinthes et d’une torsade de serpents."...
 

 

 

Robert Desnos (1900-1945) poète français au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie un mois après la libération par l'Armée rouge.

Chantefables et Chantefleurs, 1952.


 

La jacinthe

 

Toutes les lampes sont éteintes. 

Comment voulez-vous que je voie 

Combien vous me montrez de doigts ? 

Dans la nuit fleurit la jacinthe, 

Il fait froid, Les lampes sont éteintes, 

Prenez la jacinthe.

 

Maria Baliassova - jacinthes

 
 

 

 

1946

Jacinthe : 

Roman de Pierre Luccin (1909-2001)

frontispice de Ch. Valenscak


..."Le matin, les passants, sont contents de lancer : Adieu, Jacinthe ! Ce nom de fleur surtout quand il est prononcé avec l'accent :  "Jaceintheu, tu viens ? Jaceintheu, j'ai un cerf-volant neuf ! chantent les drôles. Ou c'est à une partie de barres qu'ils l'invitent. 
Tout ce vacarme, parce que la petite réfugiée avait transporté dans sa brouette, outre son chat, sa tante, et d'autres débris de bonheur, quelques oignons de ces fleurs roses, bleues,  bleu porcelaine, qui dans les régions du nord, égaient, avec tant de charme, les fenêtres."...


 


 

Beatrice Emma Parsons (1870-1955)

jacinthes des bois

 

 

Beatrice Emma Parsons (1870-1955)

jacinthes des bois

 

 

 

Louise de Vilmorin (1902-1969) femme de lettres française, 

recueil : Solitude, ô mon éléphant, 1972

 

La jacinthe

 

Bleue et raide en son parfum

Fleurit mes regrets défunts

Et mes plaintes.

 

Je ne porterai plus les bijoux du hasard,

Diadème imprudent, bague mésalliée,

Mais, don de ton accueil, l’iris de ton regard

Et, pavois du repos au jour de mon départ,

Une jacinthe bleue à ma gorge liée.


 

 

Maurice Ambroise Ehlinger (1896-1981) peintre

jacinthes


 

 

 

Cicely Mary Barker (1895-1973)

illustratrice britannique connue pour ses illustrations de fées et de fleurs.

The bluebell fairy - la fée acinthe

 

 

 

Anastasia Ortenzio (1949)

Conteuse, spécialiste des contes des Balkans

Née en Elle conte des mythes et légendes de tous les pays, depuis 15 ans, dans les musées, bibliothèques, centres culturels, théâtres...

 

 

La jacinthe


La jacinthe se dresse

Droite comme un bâton

Qui sent fort le bonbon

Elle est un sucre d’orge

Piqué de mille fleurs

Qui plait au rouge-gorge

Et aux papillons joueurs


 

 

 

Terry Harrison  (1951-2017) peintre anglais

jacinthes des bois 

 


 

XXI° siècle

 


Rami Fon Verg, illustrateur russe

la mort de Hyacinthe


 


 

Vertus médicinales

 


La jacinthe des bois présente l'avantage de synthétiser un grand nombre de composés biochimiques susceptibles d'avoir des vertus médicinales : protéger contre les insectes, lutter contre le cancer et le VIH...


En médecine traditionnelle, le bulbe de la jacinthe des bois peut-être utilisée en homéopathie sous le nom d'Agraphis nutans en prévention des maladies O.R.L hivernales. C'est une espèce protégée dans plusieurs régions de France.

 

 

 

La jacinthe en cuisine

 

Les fleurs de jacinthes sont comestibles crues ou cuites.

Crues ou cristallisées, c’est comme cela qu’elles sont bonnes et croquantes.

Il est possible de les faire cristalliser au sucre et il y a quelques siècles, elle était très prisée ainsi sous le nom de "confit de jacinthes de Constantinople".

 

Dimitri-Sinyavsky - jacinthes

 


 

 

 

La jacinthe dans le langage des fleurs

 

 

A partir du XVIe siècle,

la jacinthe est la fleur de la prudence, et le symbole de la miséricorde de la Vierge.

 

 

Au XVIIIe siècle son engouement symbolise le luxe. 

 

 

Les jacinthes expriment la joie d’aimer, la fidélité, la délicatesse et la joie de vivre et s’offrent pour toutes les occasions.

 

 


Jacinthe rose : symbole d'amitié, ou d'amour familial
Elle s'offre à une amie ou à une maman. C'est la fleur idéale à offrir à l'occasion d'une invitation à un diner.

 


 

Jacinthe rouge : symbole d’amour. 
Elle s'offre comme preuve d'amour, ou pour déclarer sa passion et sa flamme.

 

 

 

Jacinthe bleue : symbole d’espoir. 
Elle s'offre pour faire passer un message fort, celui de l’espoir. Elle peut peut également s’offrir à une personne en difficulté qui ne peut espérer qu’une amélioration de sa situation.

 

 

 

Jacinthe blanche : symbolise  la joie d’aimer. 
Il s’agit d'un amour plus particulier, la joie d’aimer. Elle s'offre pour une relation nouvelle qui procure ce sentiment puissant qu’est l’amour. Comme dans le cas d’une relation confirmée pour montrer un amour éternel.

 

 

 

Jacinthe jaune : symbolise le bonheur de partager son amour. 
Proche de la signification de la couleur blanche, c’est davantage le partage que l’on veut souligner lors qu’on offre une jacinthe jaune. Ainsi, cette fleur peut s’offrir lorsqu’on souhaite marquer l’importance que revêt un amour partagé de manière égale entre deux personnes.

 

 

 

Jacinthe orange : symbolise la joie
La jacinthe orange a une signification forte et plaisante, elle évoque la joie mais aussi l’équilibre entre les sentiments et l’esprit. Elle est la marque de sincérité et d’amitié solide. On offre des jacinthes orange à un ami sincère afin de lui souhaiter du bonheur et de transmettre joie et gaieté.


 

 

Jacinthe violette : symbolise la tristesse
Elle s'offre pour les occasions spirituelle, signifier du chagrin. C'est une fleur qui dit également: "Je suis désolé, veuillez me pardonner"

 

 

 

Editions Gründ, 

Les plus belles légendes de fleurs

Vatislav Stovicek 

L'ouvrage est conçu comme une réunion de fleurs qui se racontent les unes après les autres leur histoire ;

la Jacinthe raconte la sienne dans un conte venu d'Iran et intitulé

 

"Les fleurs d'or" :

    Mon ancienne patrie est le pays des contes des Mille et Une Nuits, dit le prince Jacinthe, faisant tinter les clochettes de ses fleurs en une gracieuse révérence. C'est moi que le noble poète Hafiz chantait, lorsqu'au cours des nuits merveilleuses, la lune se lovait dans les boucles des jeunes filles. Aujourd'hui, cependant, je suis connu dans le monde entier. Lors de mes pérégrinations, j'ai entendu mainte belle légende. Je vais vous en conter une et serais comblé si elle vous plaisait ! Écoutez plutôt :

    Il était une fois des époux qui n'avaient qu'un fils. Depuis sa plus tendre enfance, le garçon montrait beaucoup de vivacité et de sagesse, si bien que son père ne fut pas surpris le jour où il lui demanda : "Père, je suis assez grand maintenant pour vous aider en gagnant ma vie. Laissez-moi apprendre le métier d'orfèvre. je voudrais créer en or les plus belles fleurs."


    Un jour, un nomade bédouin entra dans l'atelier, un panier rempli de magnifiques jacinthes rouges à la main. Le vieil homme ne se fit pas prier. Il conduisit son fils dans l'atelier de son ami orfèvre et le confia aux bons soins de celui-ci. Vif et habile, l'élève dépassa bientôt son maître, réalisant les plus beaux bijoux et parures. Les plus remarquables étaient, cependant, ses fleurs d'or qui parvenaient à étonner jusqu'au souverain de ce pays. Le maître orfèvre ne tarissait pas d'éloges au sujet de son apprenti.


    "Je ne connais pas ces fleurs étranges. Elles sont merveilleuses ! soupira le jeune homme, enchanté. Permets-moi de m'en inspirer pour réaliser un joyau d'or pur."


    Le Bédouin sourit : "C'est inutile, mon fils ! Jette ces fleurs vivantes dans le feu et tu verras ce que nul n'a encore jamais vu avant toi."


    Le jeune homme biaisa, réticent à l'idée de détruire cette splendeur, mais l'étranger tint bon. A sa grande surprise, les jacinthes se transformèrent dans les flammes en fleurs éclatantes de l'or rouge le plus rare. Le jeune homme n'en crut pas ses yeux. 


    "Révèle-moi ton secret, honorable vieillard. D'où te vient ce bouquet enchanté ? supplia-t-il.


    - Cela, tu ne le devinerais jamais, mon garçon, répondit le Bédouin. Mais puisque c'est toi, je te dirai toute la vérité. Au milieu d'un désert sans fin, se dresse vers le ciel une très haute montagne. A son sommet, s'étend un vaste jardin plein de fleurs merveilleuses. Les anciens prétendent que ce jardin appartient aux filles du roi des djinns. A l'ombre de la végétation fleurie se dresse, dit-on, un palais de rosée et d'arc-en-ciel. Hélas ! Aucun mortel ne peut pénétrer plus loin que les premiers parterres de jacinthes. SI tu le souhaites, je te conduirai vers cette montagne. Seul, tu n'en trouverais jamais le chemin."


    Le jeune homme accepta avec joie la proposition du Bédouin. Le lendemain matin, il enfourcha son âne et suivit son guide dans le désert. Ils durent marcher longtemps. Le jeune homme commençait à croire que le vieux Bédouin s'était égaré et regrettait de s'être laissé entraîner dans cette entreprise aventureuse. Soudain, une montagne escarpée s'éleva devant eux. Les parois étaient lisses comme du verre, des aigles blancs planaient en cercles tout autour.


    "Nous sommes arrivés, fit le vieillard. Lorsque tu sera parvenu au sommet, déterre une brassée de jacinthes magiques et jette-la en bas. Nous partagerons plus tard notre butin. Il te faudra te dépêcher pour que les filles du roi des djinns ne te surprennent pas."


    Le jeune homme devint triste.


    "Hélas, grand-père ! Je ne parviendrai jamais jusqu'au sommet. La roche est glissante comme si elle était de glace. 


    - Ne crains rien, mon garçon. J'ai pris la précaution d'apporter une peau de chameau. Je vais te coudre à l'intérieur et les aigles blancs t'emporteront au-dessus des nuages."


    Il arriva ce que le vieillard avait dit. Lorsque les aigles se posèrent avec leur proie au sommet de la montagne, le jeune homme fendit la peau de chameau d'un coup de couteau, et les rapaces, effrayés, s'envolèrent. Des milliers de fleurs brillaient autour de lui. Le jeune orfèvre, cependant, ne perdit pas de temps à les contempler. Il  déterra prestement une brassée de jacinthes rouges et les jeta en bas, aux pieds du vieillard.


"Comment vais-je faire pour descendre ? appela-t-il, pris d'angoisse. Un rire diabolique lui parvint en guise de réponse.


    - Pauvre fou ! ricana le vieillard. Nul n'est jamais revenu du sommet de cette montagne. Je te remercie pour les fleurs magiques, stupide garçon, et te souhaite une mort rapide."


    Sur ces paroles, le traître Bédouin entreprit le voyage du retour. Le jeune homme frissonna de terreur. Il venait seulement de remarquer que des crânes et des ossements humains, blanchis par le soleil, jonchaient le sol parmi les parterres fleuris. En sanglotant, il se mit à courir sans but précis, voulant à tout prix quitter cet endroit effrayant. Soudain, une voix plaintive l'arrêta dans sa fuite éperdue.


    "Viens à mon secours, si tu as bon cœur ! " appela un aiglon blanc dont l'aile était prise dans les branches épineuses. 


    Le jeune orfèvre accourut aussitôt pour le délivrer. Soudain, deux énormes oiseaux blancs s'abattirent sur lui pour l'emporter dans leurs serres au-dessus des nuages. Le malheureux s'évanouit de peur et de désespoir. Lorsque enfin il revint à lui, il crut rêver. Il se trouvait dans un magnifique palais d'arc-en-ciel, allongé sur des coussins parfumés.


    Sept jeunes beautés dansaient autour de lui en lui souriant.


    "Qui êtes-vous ? Où suis-je ? fit le jeune homme dans un soupir.


    - Nous sommes les filles du roi des djinns, répondit la plus belle d'entre elles. Et tu te trouves dans notre palais enchanté où jamais un mortel n'a pu pénétrer. Nos fidèles aigles blancs t'ont déposé ici parce que tu as délivré leur petit. Reconnaissants, ils t'ont sauvé la vie."


    Puis, les jeunes filles se mirent toutes à parler en même temps, à l'interroger pour savoir ce qu'il faisait dans leur jardin magique. Sans rien leur dissimuler, l'orfèvre leur raconta comment le rusé vieillard s'était joué de lui.


 

 

 

Fête de Norouz

 

En Iran, les préparations de Norouz (fête traditionnelle des peuples iraniens qui célèbrent le nouvel an du calendrier persan, premier jour du printemps) commencent pendant Esfand, le dernier mois d'hiver dans le calendrier persan.


La fête est célébrée par certaines communautés le 21 mars et par d'autres le jour de l'équinoxe vernal, dont la date varie entre le 20 et le 22 mars.
En français, Norouz est également appelé Nouvel An iranien ou Nouvel An persan. Le Norouz est inscrit à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France en 2019.


Les Iraniens, les Afghans et d'autres groupes commencent à se préparer en faisant un grand  nettoyage de printemps dans leurs maisons, s'achètent de nouveaux vêtements pour la nouvelle année et achètent des fleurs "la jacinthe véritable et la tulipe sont particulièrement populaires".

 

 

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:54

 

 

Marcelle Chasteau-Tinayre (1870-1948)
autrice, conférencière et journaliste française 

 

 

La jacinthe


La jacinthe sauvage

Eclose au bois joli,

Ressemble, sous l'ombrage,

Aux yeux de mon ami.

 

Au bois joli, naguère,

Nous vînmes tous les deux

Qui ne nous parlions guère

Que du coeur et des yeux.

 

Paraît une clairière :

"Asseyons-nous ici." -

Ah ! pensais-je, ah ! ma mère,

Si vous saviez ceci !

 

Je me tais. Il soupire :

" La belle, par pitié,

" Ne sauriez-vous me dire

" Un seul mot d'amitié ? "

 

Je soupire. Il se penche :

" Belle, dit-il encor,

" Quand donc à ta main blanche

" Auras-tu l'anneau d'or , "

 

Mon âme s'effarouche...

Hélas ! en ce moment

Sa bouche sur ma bouche

Parla plus clairement.

 

Un an bientôt se passe ;

L'amour lui passe aussi.

Je reviens triste et lasse,

Je reviens seule ici.

 

Mon amoureuse plainte

Redouble quand je vois

Refleurir la jacinthe,

La jacinthe des bois.

 

Nous n'irons plus ensemble,

Jamais, au bois charmant...

La jacinthe ressemble

Aux yeux de mon amant

James Herbert Snell - Parmi les jacinthes

James Herbert Snell - Parmi les jacinthes

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 17:52

 

 

Robert Desnos (1900-1945) poète français au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie un mois après la libération par l'Armée rouge.

Chantefables et Chantefleurs, 1952.


 

La jacinthe

 

Toutes les lampes sont éteintes. 

Comment voulez-vous que je voie 

Combien vous me montrez de doigts ? 

Dans la nuit fleurit la jacinthe, 

Il fait froid, Les lampes sont éteintes, 

Prenez la jacinthe.

 

 

Maria Baliassova - jacinthes

Maria Baliassova - jacinthes

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