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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 19:09

 

 

François Coppée (1842 - 1908) poète, dramaturge et romancier français.
Il fut le poète populaire et sentimental de Paris et de ses faubourgs

 

 

Il a neigé la veille et, tout le jour, il gèle

 

Il a neigé la veille et, tout le jour, il gèle.

Le toit, les ornements de fer et la margelle

Du puits, le haut des murs, les balcons, le vieux banc,

Sont comme ouatés, et, dans le jardin, tout est blanc.

Le grésil a figé la nature, et les branches

Sur un doux ciel perlé dressent leurs gerbes blanches.

Mais regardez. Voici le coucher de soleil.

À l'occident plus clair court un sillon vermeil.

Sa soudaine lueur féerique nous arrose,

Et les arbres d'hiver semblent de corail rose.
 

François Coppée (1842 - 1908) - poète, dramaturge et romancier français - Il a neigé la veille et, tout le jour, il gèle
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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 19:08

 

 

Charles Baudelaire (1821-1867) poète français.

 


La cloche fêlée


Il est amer et doux, pendant les nuits d'hiver,

D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume,

Les souvenirs lointains lentement s'élever

Au bruit des carillons qui chantent dans la brume,

 

Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux

Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante,

Jette fidèlement son cri religieux,

Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente !

 

Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis

Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits,

Il arrive souvent que sa voix affaiblie

 

Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie

Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts,

Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts.
 

Charles Baudelaire (1821-1867) - poète français - La cloche fêlée
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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 19:07

 

 

Charles Baudelaire (1821-1867) poète français.




Ciel brouillé

 

On dirait ton regard d'une vapeur couvert ;

Ton oeil mystérieux (est-il bleu, gris ou vert ?)

Alternativement tendre, rêveur, cruel,

Réfléchit l'indolence et la pâleur du ciel.

 

Tu rappelles ces jours blancs, tièdes et voilés,

Qui font se fondre en pleurs les coeurs ensorcelés,

Quand, agités d'un mal inconnu qui les tord,

Les nerfs trop éveillés raillent l'esprit qui dort.

 

Tu ressembles parfois à ces beaux horizons

Qu'allument les soleils des brumeuses saisons...

Comme tu resplendis, paysage mouillé

Qu'enflamment les rayons tombant d'un ciel brouillé !

 

Ô femme dangereuse, ô séduisants climats !

Adorerai-je aussi ta neige et vos frimas,

Et saurai-je tirer de l'implacable hiver

Des plaisirs plus aigus que la glace et le fer ?

 

Alain Devaux ciel brouillé

Alain Devaux ciel brouillé

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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 19:06

 

 

Théodore de Banville (1823-1891)  poète, dramaturge et critique dramatique français.

Célèbre pour les Odes funambulesques et Les Exilés, il est surnommé  "le poète du bonheur"


 

L'Hiver


Au bois de Boulogne, l'Hiver,

La terre a son manteau de neige.

Mille Iris, qui tendent leur piège,

Y passent comme un vif éclair.

 

Toutes, sous le ciel gris et clair,

Nous chantent le même solfège ;

Au bois de Boulogne, l'Hiver,

La terre a son manteau de neige.

 

Toutes les blancheurs de la chair

Y passent, radieux cortège ;

Les Antiopes de Corrège

S'habillent de martre et de vair

Au bois de Boulogne, l'Hiver.
 

Emile Antoine Guillier (1849-1883) 1879

Emile Antoine Guillier (1849-1883) 1879

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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 19:06

 

 

Arthur Rimbaud  (1854-1891) poète

Son œuvre poétique est caractérisée par une prodigieuse densité thématique et stylistique, faisant de lui une des figures majeures de la littérature française.

 

 

Les étrennes des orphelins


I

La chambre est pleine d'ombre ; on entend vaguement

De deux enfants le triste et doux chuchotement.

Leur front se penche, encore alourdi par le rêve,

Sous le long rideau blanc qui tremble et se soulève...

- Au dehors les oiseaux se rapprochent frileux ;

Leur aile s'engourdit sous le ton gris des cieux ;

Et la nouvelle Année, à la suite brumeuse,

Laissant traîner les plis de sa robe neigeuse,

Sourit avec des pleurs, et chante en grelottant...

 

II

Or les petits enfants, sous le rideau flottant,

Parlent bas comme on fait dans une nuit obscure.

Ils écoutent, pensifs, comme un lointain murmure...

Ils tressaillent souvent à la claire voix d'or

Du timbre matinal, qui frappe et frappe encor

Son refrain métallique en son globe de verre...

- Puis, la chambre est glacée... on voit traîner à terre,

Épars autour des lits, des vêtements de deuil

L'âpre bise d'hiver qui se lamente au seuil

Souffle dans le logis son haleine morose !

On sent, dans tout cela, qu'il manque quelque chose...

- Il n'est donc point de mère à ces petits enfants,

De mère au frais sourire, aux regards triomphants ?

Elle a donc oublié, le soir, seule et penchée,

D'exciter une flamme à la cendre arrachée,

D'amonceler sur eux la laine et l'édredon

Avant de les quitter en leur criant : pardon.

Elle n'a point prévu la froideur matinale,

Ni bien fermé le seuil à la bise hivernale ?...

- Le rêve maternel, c'est le tiède tapis,

C'est le nid cotonneux où les enfants tapis,

Comme de beaux oiseaux que balancent les branches,

Dorment leur doux sommeil plein de visions blanches !...

- Et là, - c'est comme un nid sans plumes, sans chaleur,

Où les petits ont froid, ne dorment pas, ont peur ;

Un nid que doit avoir glacé la bise amère...

 

III

Votre coeur l'a compris : - ces enfants sont sans mère.

Plus de mère au logis ! - et le père est bien loin !...

- Une vieille servante, alors, en a pris soin.

Les petits sont tout seuls en la maison glacée ;

Orphelins de quatre ans, voilà qu'en leur pensée

S'éveille, par degrés, un souvenir riant...

C'est comme un chapelet qu'on égrène en priant :

- Ah ! quel beau matin, que ce matin des étrennes !

Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes

Dans quelque songe étrange où l'on voyait joujoux,

Bonbons habillés d'or, étincelants bijoux,

Tourbillonner, danser une danse sonore,

Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !

On s'éveillait matin, on se levait joyeux,

La lèvre affriandée, en se frottant les yeux...

On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,

Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,

Et les petits pieds nus effleurant le plancher,

Aux portes des parents tout doucement toucher...

On entrait !... Puis alors les souhaits... en chemise,

Les baisers répétés, et la gaîté permise !

 

IV

Ah ! c'était si charmant, ces mots dits tant de fois !

- Mais comme il est changé, le logis d'autrefois :

Un grand feu pétillait, clair, dans la cheminée,

Toute la vieille chambre était illuminée ;

Et les reflets vermeils, sortis du grand foyer,

Sur les meubles vernis aimaient à tournoyer...

- L'armoire était sans clefs !... sans clefs, la grande armoire !

On regardait souvent sa porte brune et noire...

Sans clefs !... c'était étrange !... on rêvait bien des fois

Aux mystères dormant entre ses flancs de bois,

Et l'on croyait ouïr, au fond de la serrure

Béante, un bruit lointain, vague et joyeux murmure...

- La chambre des parents est bien vide, aujourd'hui

Aucun reflet vermeil sous la porte n'a lui ;

Il n'est point de parents, de foyer, de clefs prises :

Partant, point de baisers, point de douces surprises !

Oh ! que le jour de l'an sera triste pour eux !

- Et, tout pensifs, tandis que de leurs grands yeux bleus,

Silencieusement tombe une larme amère,

Ils murmurent : " Quand donc reviendra notre mère ? "

 

V

Maintenant, les petits sommeillent tristement :

Vous diriez, à les voir, qu'ils pleurent en dormant,

Tant leurs yeux sont gonflés et leur souffle pénible !

Les tout petits enfants ont le coeur si sensible !

- Mais l'ange des berceaux vient essuyer leurs yeux,

Et dans ce lourd sommeil met un rêve joyeux,

Un rêve si joyeux, que leur lèvre mi-close,

Souriante, semblait murmurer quelque chose...

- Ils rêvent que, penchés sur leur petit bras rond,

Doux geste du réveil, ils avancent le front,

Et leur vague regard tout autour d'eux se pose...

Ils se croient endormis dans un paradis rose...

Au foyer plein d'éclairs chante gaîment le feu...

Par la fenêtre on voit là-bas un beau ciel bleu ;

La nature s'éveille et de rayons s'enivre...

La terre, demi-nue, heureuse de revivre,

A des frissons de joie aux baisers du soleil...

Et dans le vieux logis tout est tiède et vermeil

Les sombres vêtements ne jonchent plus la terre,

La bise sous le seuil a fini par se taire ...

On dirait qu'une fée a passé dans cela ! ...

- Les enfants, tout joyeux, ont jeté deux cris... Là,

Près du lit maternel, sous un beau rayon rose,

Là, sur le grand tapis, resplendit quelque chose...

Ce sont des médaillons argentés, noirs et blancs,

De la nacre et du jais aux reflets scintillants ;

Des petits cadres noirs, des couronnes de verre,

Ayant trois mots gravés en or : " A NOTRE MÈRE ! "

Aleksander Kotsis Mere est morte -1867

Aleksander Kotsis Mere est morte -1867

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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 19:05

 

 

Arthur Rimbaud  (1854-1891) poète

Son œuvre poétique est caractérisée par une prodigieuse densité thématique et stylistique, faisant de lui une des figures majeures de la littérature française.

 


Rêvé pour l'hiver

 


L'hiver, nous irons dans un petit wagon rose

Avec des coussins bleus.

Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose

Dans chaque coin moelleux.

 

Tu fermeras l'oeil, pour ne point voir, par la glace,

Grimacer les ombres des soirs,

Ces monstruosités hargneuses, populace

De démons noirs et de loups noirs.

 

Puis tu te sentiras la joue égratignée...

Un petit baiser, comme une folle araignée,

Te courra par le cou...

 

Et tu me diras : " Cherche ! " en inclinant la tête,

- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête

- Qui voyage beaucoup...

Arthur Rimbaud  (1854-1891) - poète - Rêvé pour l'hiver
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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 19:04

 

 

Arthur Rimbaud  (1854-1891) poète

Son œuvre poétique est caractérisée par une prodigieuse densité thématique et stylistique, faisant de lui une des figures majeures de la littérature française.



Les effarés

 

Noirs dans la neige et dans la brume,

Au grand soupirail qui s'allume,

Leurs culs en rond,

 

A genoux, cinq petits, - misère ! -

Regardent le Boulanger faire

Le lourd pain blond.

 

Ils voient le fort bras blanc qui tourne

La pâte grise et qui l'enfourne

Dans un trou clair.

 

Ils écoutent le bon pain cuire.

Le Boulanger au gras sourire

Grogne un vieil air.

 

Ils sont blottis, pas un ne bouge,

Au souffle du soupirail rouge

Chaud comme un sein.

 

Quand pour quelque médianoche,

Façonné comme une brioche

On sort le pain,

 

Quand, sous les poutres enfumées,

Chantent les croûtes parfumées

Et les grillons,

 

Que ce trou chaud souffle la vie,

Ils ont leur âme si ravie

Sous leurs haillons,

 

Ils se ressentent si bien vivre,

Les pauvres Jésus pleins de givre,

Qu'ils sont là tous,

 

Collant leurs petits museaux roses

Au treillage, grognant des choses

Entre les trous,

 

Tout bêtes, faisant leurs prières

Et repliés vers ces lumières

Du ciel rouvert,

 

Si fort qu'ils crèvent leur culotte

Et que leur chemise tremblote

Au vent d'hiver.
 

Arthur Rimbaud  (1854-1891) - poète - Les effarés
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31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 20:19

Epiphanie - 


Les rois mages illustrés

l’Adoration des Mages -

Tableau de Georges Trubert - Fin du XVe siècle

l’Adoration des Mages -  ​​​​​​​Tableau de Georges Trubert - Fin du XVe siècle

l’Adoration des Mages - ​​​​​​​Tableau de Georges Trubert - Fin du XVe siècle

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31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 20:19

 

 

Epiphanie - 


Les rois mages illustrés

l’Adoration des Mages -

Burne-Jones - musée d’Orsay,1887

l’Adoration des Mages -  Burne-Jones - musée d’Orsay,1887

l’Adoration des Mages - Burne-Jones - musée d’Orsay,1887

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31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 20:18

 

 

Epiphanie - 


Les rois mages illustrés

Adoration des mages - vitraux

 Les rois mages illustrés  Adoration des mages - vitraux

Les rois mages illustrés Adoration des mages - vitraux

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