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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 01:02
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.


La Pleureuse
Cendres et Poussières
 
Elle vend aux passants ses larmes mercenaires,
Comme d’autres l’encens et l’odeur des baisers.
L’amour ne brûle plus dans ses yeux apaisés
Et sa robe a le pli rigide des suaires.
 
Son deuil impartial, à l’heure des sommeils,
Gémit sur les Anciens aux paupières blêmies
Et sur le blanc repos des vierges endormies,
Avec la même angoisse et des gestes pareils.
 
Le vent des nuits d’hiver se lamente comme elle,
Pleurant sur les pervers et les purs tour à tour,
Car elle les confond dans un unique amour
Et verse à leur néant la douleur fraternelle.
 
Les jours n’apportent plus, dans leurs reflets mouvants,
Qu’un instant de parfum, de beauté, d’allégresse,
À son âme qu’un râle inexorable oppresse,
Lasse de la souffrance ardente des vivants.
 
Vers le soir, quand décroît l’odeur des ancolies
Et quand la luciole illumine les prés,
Elle s’étend parmi les morts qu’elle a pleurés,
Parmi les rois sanglants et les vierges pâlies.
 
Sous les pieux cyprès, tels des flambeaux éteints,
Elle vient partager leur couche désirable.
Et l’ombre sans regrets des sépulcres l’accable
De sanglots oubliés et de désirs atteints.
 
Elle y vient prolonger son rêve solitaire.
Ivre de vénustés et de vagues chaleurs,
Elle sent, le visage enfiévré par les fleurs,
D’anciennes voluptés sommeiller dans la terre.
 
 
 
Illustration mcp La pleureuse

Illustration mcp La pleureuse

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 00:14
"Les chats"

"magazine des félins"
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 14:54
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.

Feuilles sur l’eau
Évocations, 

L’onde porte le poids des feuilles en détresse.
Elles flottent au fil du courant… L’air est doux…
Allons à la dérive… Errons, ô ma Maîtresse,
Languissamment, au gré du fleuve ardent et roux.

Le fleuve ensanglanté des feuilles en détresse
Nous entraîne… Les cieux ont le regret du jour
Dans leurs mauves éteints… Errons, ô ma Maîtresse,
Tristes d’avoir perdu le désir de l’amour.

L’onde entraîne, parmi les feuilles en détresse,
Nos rêves sans audace et nos pâles soupirs…
Oublions le déclin de l’heure, ô ma Maîtresse,
Et rallumons en nous les fervents souvenirs.

Illustration mcp
Les feuilles sur l'eau
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 02:35
"Les chats"


Le British Shorthair
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britsh shorthair2
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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 01:52
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.


Légende du saule
Brumes de fjords

Les premiers souffles du printemps s’attiédissaient.

Les forêts étaient lourdes de la vie intarissable des plantes et du rut des animaux.

Les Nymphes violées s’évanouissaient de leurs amoureuses blessures et les Hamadryades elles-mêmes, dans leurs temples d’écorce et de feuillages, n’étaient plus à l’abri de l’attaque des Faunes.

Lasse de l’universel accouplement, infiniment lasse de contempler la brutalité des étreintes, la plus jeune parmi les Hamadryades avait élu comme retraite un arbre aux feuilles presque blanches et mélancoliquement tombantes qui prolongeaient sur le fleuve leurs reflets d’argent.

Assoiffée de la limpidité, de l’innocence de l’eau, elle se pencha avidement vers la clarté mouvante et sonore des ondes. Et elle supplia les Divinités du Fleuve de lui accorder la fraîcheur du repos et l’oubli des caresses.

Comme elle s’inclinait, elle crut apercevoir une chevelure aux blondeurs pâles flottant à la surface de l’eau avec des fluidités d’algues.

Et, se rapprochant davantage de cet éclair humide, elle crut voir des yeux, d’un bleu subtil comme le bleu des flots, un regard mobile et fuyant comme le flux et le reflux de la rivière elle-même…
Divinement et terriblement éblouie, elle vit la Naïade lui sourire d’un sourire qui semblait attirer et promettre, et elle eut le pressentiment des mortelles amours…

Revenue à la conscience d’elle-même, elle chercha de nouveau, mais en vain, l’illusion mystérieuse de ce visage.

Le songe avait disparu.

Un frémissement de l’eau marquait seul la place où tremblait l’ondoyant sourire limpide.

Elle s’inclina davantage, toujours plus éprise de cette ombre de Naïade, de ce rêve de beauté fugitive et d’amour incertain.

Ses cheveux, d’un vert argenté, trempèrent dans le fleuve et se mêlèrent aux roseaux et aux iris blancs.

Un frisson d’épouvante et de désir fit tressaillir jusqu’aux racines de l’être son long corps flexible et frêle…

Elle attendit… — Par un clair de lune d’hiver, elle crut avoir retrouvé la chevelure pâle, lumineusement répandue, mais ce n’était qu’un étincellement de l’eau frissonnante d’étoiles… Alors, elle désespéra…

Les nénuphars, ces lys étranges des lacs et des rivières, jaillis du sommeil de l’onde, chastes et froids comme elle, les nénuphars semblaient les fronts noyés des vierges amoureuses qui, jadis, avaient cherché l’oubli dans la profondeur du lit fluvial.

Les iris blancs avaient la mélancolie des délaissés… Tout pleurait la tristesse et l’abandon… 

Dans un élan de passion et de prière, l’Hamadryade jeta un dernier appel vers les remous nocturnes…

« Ô Forme éclose du frémissement des ondes, ô Toi qui incarnes en ton corps ondoyant toutes les grâces du fleuve, ô Beauté qui glisses entre les bras, qui fuis les étreintes, qui échappes aux baisers, ne reviendras-tu jamais m’accabler et me ravir de ton charme à demi révélé ? »

Nul souffle ne frôla le sommeil des flots, et l’Hamadryade amie du Saule comprit que l’attente de l’amour est vaine comme le sourire de l’eau qui lui fit entrevoir l’image perfide d’une Naïade.

Mais, possédant la vie immortelle de toutes les Divinités de l’impérissable Hellas, elle ne put oublier sa douleur… Elle est l’Affligée, elle est l’Inconsolable et pleure éternellement dans les fleuves ses longues larmes vertes.

Joséphine Wall (1947)
Hamadryade
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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 01:28
 
 
"Les chats"

Le rex du devon
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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 00:23
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.


Sonnet
Études et Préludes

O forme que les mains ne sauraient retenir !
Comme au ciel l’élusif arc-en-ciel s’évapore,
Ton sourire, en fuyant, laisse plus vide encore
Le cœur endolori d’un trop doux souvenir.

Ton caprice lassé, comment le rajeunir,
Afin qu’il refleurisse aux fraîcheurs d’une aurore ?
Quels mots te murmurer, quelles fleurs faire éclore
Pour enchanter l’ennui de l’éternel loisir ?

De quels baisers charmer la langueur de ton âme,
Afin qu’exaspéré d’extase, pleure et pâme
Ton être suppliant, avide et contenté ?

De quels rythmes d’amour, de quel fervent poème
Honorer dignement Celle dont la beauté
Porte au front le Désir ainsi qu’un diadème ?

Illustration mcp
O forme que les mains ne sauraient retenir
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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 22:10
 
 
"Les chats"


Le siamois
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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 23:01
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.


Les deux Amours
Brumes de fjords


I
Un pâtre errait sur la route qui côtoie les abîmes…
La brume estompait les montagnes et les solitudes buvaient le crépuscule,
Lorsqu’il vit s’avancer la Forme de son Rêve.
Son visage pâlissait à travers les voiles,
Elle avait le sourire des mortes amoureuses. 
Et l’Ombre lui dit : «  Me suivras-tu au royaume des Ombres ?
« Tu règneras à mon côté sur un peuple éternellement beau. »
La brume estompait les montagnes et les solitudes buvaient le crépuscule.
Au fond du soir, souriaient les visages lointains des Ombres.
Mais le pâtre répondit à la Forme de son Rêve :
« J’épouse demain ma fiancée.
« Ses yeux sont troubles comme les glaciers.
« Pour toi, je n’ai pu entrevoir la couleur de tes yeux.
« Ses lèvres ont la fraîcheur sauvage des roses dans les vallées.
« Je n’ai pu entrevoir le mystère de tes lèvres.
« Et sa chair virginale est pareille aux neiges attiédies du printemps.
« Je n’ai pu entrevoir l’inconnu de ta chair.
« J’épouse demain ma fiancée… »
La brume estompait les montagnes et les solitudes buvaient le crépuscule.

II
Il a repris le chemin qui côtoie les abîmes.
Il n’a pu oublier la Forme de son Rêve.
Les caresses de l’épouse lui laissaient une saveur grossière…
Il a repris le chemin qui côtoie les abîmes…
Et l’Ombre amoureuse l’attendait dans le soir ;
Elle lui dit : « Ô toi qui ne sais choisir,
« Ô toi qui hésites éternellement,
« Me suivras-tu sans crainte dans le royaume du songe ? »
Et le pâtre répondit à la Forme de son Rêve :
« Je n’ose abandonner à tout jamais la terre des vivants,
Je ne puis abandonner à tout jamais l’Épouse,
Mais, à l’heure du soir, je descendrai avec toi dans le royaume des Ombres,
Et, pendant une heure, je t’aimerai. »

III
Égaré dans la brume et trompé par le crépuscule, un vivant s’est épris d’un fantôme.
À l’heure du soir, le pâtre descendit avec l’Amoureuse mystique dans le royaume des Ombres,
Où les roses même ont d’étranges pâleurs, où les oi­seaux ne chantent plus, où les lèvres n’ont point de bai­sers,
Mais où les reflets, plus beaux que les couleurs, et les échos, plus doux que les sons, ne heurtent jamais la pa­resse du Rêve.
Égaré dans la brume et trompé par le crépuscule, un vivant s’est épris d’un fantôme.
Pendant une heure, il fut Roi dans le royaume des Ombres. 
Le trône de cristal incrusté d’émeraudes illuminait la salle du festin.
Sur le sol, autour des murs d’ivoire, parmi les coupes et les aiguières, des fleurs de neige étaient répandues.
Auprès de la Forme voilée, le pâtre songeait avec mé­lancolie que les vins du festin royal n’accordaient point l’ivresse,
Et que les lèvres des Ombres amoureuses ignoraient les baisers.
Il se souvenait des étreintes de l’épouse,
Étant de ceux qui ne savent point choisir, de ceux qui hésitent éternellement.
La brume estompait les montagnes et les solitudes buvaient le crépuscule


Pier Francesco Mola (1612-1666) 
Diane et le pâtre Endymion
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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 21:57
 
 
"Les chats"

Le ragdoll
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