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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 01:10
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.



Rêve intermittent d’une nuit triste

Ô champs paternels hérissés de charmilles
Où glissent le soir des flots de jeunes filles !
 
Ô frais pâturage où de limpides eaux
Font bondir la chèvre et chanter les roseaux !
 
Ô terre natale ! à votre nom que j’aime,
Mon âme s’en va toute hors d’elle-même ;
 
Mon âme se prend à chanter sans effort ;
À pleurer aussi, tant mon amour est fort !
 
J’ai vécu d’aimer, j’ai donc vécu de larmes ;
Et voilà pourquoi mes pleurs eurent leurs charmes ;
 
Voilà, mon pays, n’en ayant pu mourir,
Pourquoi j’aime encore au risque de souffrir ;
 
Voilà, mon berceau, ma colline enchantée
Dont j’ai tant foulé la robe veloutée,
 
Pourquoi je m’envole à vos bleus horizons,
Rasant les flots d’or des pliantes moissons.
 
La vache mugit sur votre pente douce,
Tant elle a d’herbage et d’odorante mousse,
 
Et comme au repos appelant le passant,
Le suit d’un regard humide et caressant.
 
Jamais les bergers pour leurs brebis errantes
N’ont trouvé tant d’eau qu’à vos sources courantes.
 
J’y rampai débile en mes plus jeunes mois,
Et je devins rose au souffle de vos bois.
 
Les bruns laboureurs m’asseyaient dans la plaine
Où les blés nouveaux nourrissaient mon haleine.
 
Albertine aussi, sœur des blancs papillons,
Poursuivait les fleurs dans les mêmes sillons ;
 
Car la liberté toute riante et mûre
Est là, comme aux cieux, sans glaive, sans armure,
 
Sans peur, sans audace et sans austérité,
Disant : « Aimez-moi, je suis la liberté !
 
« Je suis le pardon qui dissout la colère,
Et je donne à l’homme une voix juste et claire.
 
« Je suis le grand souffle exhalé sur la croix
Où j’ai dit : « Mon père ! on m’immole, et je crois ! »
 
« Le bourreau m’étreint : je l’aime ! et l’aime encore,
Car il est mon frère, ô père que j’adore !
 
« Mon frère aveuglé qui s’est jeté sur moi,
Et que mon amour ramènera vers toi ! »
 
Ô patrie absente ! ô fécondes campagnes,
Où vinrent s’asseoir les ferventes Espagnes !
 
Antiques noyers, vrais maîtres de ces lieux,
Qui versez tant d’ombre où dorment nos aïeux !
 
Échos tout vibrants de la voix de mon père
Qui chantaient pour tous : « Espère ! espère ! espère ! »
 
Ce chant apporté par des soldats pieux
Ardents à planter tant de croix sous nos cieux,
 
Tant de hauts clochers remplis d’airain sonore
Dont les carillons les rappellent encore :
 
Je vous enverrai ma vive et blonde enfant
Qui rit quand elle a ses longs cheveux au vent.
 
Parmi les enfants nés à votre mamelle,
Vous n’en avez pas qui soit si charmant qu’elle !
 
Un vieillard a dit en regardant ses yeux :
« Il faut que sa mère ait vu ce rêve aux cieux ! »
 
En la soulevant par ses blanches aisselles
J’ai cru bien souvent que j’y sentais des ailes !
 
Ce fruit de mon âme, à cultiver si doux,
S’il faut le céder, ce ne sera qu’à vous !
 
Du lait qui vous vient d’une source divine
Gonflez le cœur pur de cette frêle ondine.
 
Le lait jaillissant d’un sol vierge et fleuri
Lui paiera le mien qui fut triste et tari.
 
Pour voiler son front qu’une flamme environne
Ouvrez vos bluets en signe de couronne :
 
Des pieds si petits n’écrasent pas les fleurs,
Et son innocence a toutes leurs couleurs.
 
Un soir, près de l’eau, des femmes l’ont bénie,
Et mon cœur profond soupira d’harmonie.
 
Dans ce cœur penché vers son jeune avenir
Votre nom tinta, prophète souvenir,
 
Et j’ai répondu de ma voix toute pleine
Au souffle embaumé de votre errante haleine.
 
Vers vos nids chanteurs laissez-la donc aller :
L’enfant sait déjà qu’ils naissent pour voler.
 
Déjà son esprit, prenant goût au silence,
Monte où sans appui l’alouette s’élance,
 
Et s’isole et nage au fond du lac d’azur
Et puis redescend le gosier plein d’air pur.
 
Que de l’oiseau gris l’hymne haute et pieuse
Rende à tout jamais son âme harmonieuse ;
 
Que vos ruisseaux clairs, dont les bruits m’ont parlé,
Humectent sa voix d’un long rythme perlé !
 
Avant de gagner sa couche de fougère,
Laissez-la courir, curieuse et légère,
 
Au bois où la lune épanche ses lueurs
Dans l’arbre qui tremble inondé de ses pleurs,
 
Afin qu’en dormant sous vos images vertes
Ses grâces d’enfant en soient toutes couvertes.
 
Des rideaux mouvants la chaste profondeur
Maintiendra l’air pur alentour de son cœur,
 
Et, s’il n’est plus là, pour jouer avec elle,
De jeune Albertine à sa trace fidèle,
 
Vis-à-vis les fleurs qu’un rien fait tressaillir
Elle ira danser, sans jamais les cueillir,
 
Croyant que les fleurs ont aussi leurs familles
Et savent pleurer comme les jeunes filles.
 
Sans piquer son front, vos abeilles là-bas
L’instruiront, rêveuse, à mesurer ses pas ;
 
Car l’insecte armé d’une sourde cymbale
Donne à la pensée une césure égale.
 
Ainsi s’en ira, calme et libre et content,
Ce filet d’eau vive au bonheur qui l’attend ;
 
Et d’un chêne creux la Madone oubliée
La regardera dans l’herbe agenouillée.
 
Quand je la berçais, doux poids de mes genoux,
Mon chant, mes baisers, tout lui parlait de vous ;
 
Ô champs paternels, hérissés de charmilles
Où glissent le soir des flots de jeunes filles.
 
Que ma fille monte à vos flancs ronds et verts,
Et soyez béni, doux point de l’Univers !

Création mcp
Rêve
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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 01:00

"Femmes et Fleurs"
 par les grands peintres (75)

Peintures féériques de Joséphine Wall (1947) (2)


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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 00:02
Pour le thème du mois de septembre
de la communauté "douce France"

"Les Festivités"

"Bal et soirée"
par les grands peintres (9)

Edgar Degas (1834-1917)
Le café concert
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Edgar Degas (1834-1917)
Le café concert
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Edgar Degas (1834-1917)
Le bal
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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 01:15
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

 
est une poétesse française.

 
 
L’Inconstance
Elégies

 


        Inconstance, affreux sentiment,
        Je t’implorais, je te déteste.
Si d’un nouvel amour tu me fais un tourment,
N’est-ce pas ajouter au tourment qui me reste ?
    Pour me venger d’un cruel abandon,
Offre un autre secours à ma fierté confuse ;
Tu flattes mon orgueil, tu séduis ma raison ;
Mais mon cœur est plus tendre, il échappe à ta ruse.
Oui, prête à m’engager en de nouveaux liens,
Je tremble d’être heureuse, et je verse des larmes ;
Oui, je sens que mes pleurs avaient pour moi des charmes,
        Et que mes maux étaient mes biens.


Si tu veux m’égarer dans l’amour que j’inspire,
Si tu ne veux changer ton ivresse en remords,
Arrache donc mon âme à ses premiers transports,
À ce tourment aimé que rien ne peut décrire.
Me sera-t-il payé, même par le bonheur ?
Pour le goûter jamais mon âme est trop sensible ;
Je la donne au plaisir; une pente invincible
        La ramène vers la douleur.
        Comme un rêve mélancolique,
        Le souvenir de mes amours
        Trouble mes nuits, voile mes jours.
    II est éteint ce feu, ce charme unique,
Éteint par toi, cruelle. En vain à mes genoux
Tu promets d’enchaîner un amant plus aimable,
    Ce cœur blessé, dont l’amour est jaloux ,
Donne encore un regret, un soupir au coupable.


        Qu’il m’était cher ! que je l’aimais !
Que par un doux empire il m’avait asservie !
    Ah ! Je devais l’aimer toute ma vie,
            Ou ne le voir jamais !
        Que méchamment il m’a trompée !
Se peut-il que son âme en fût préoccupée,
        Quand je donnais à son bonheur
        Tous les battements de mon cœur !
Dieu ! comment se peut-il qu’une bouche si tendre
Par un charme imposteur égare la vertu ?
Si ce n’est dans l’amour, où pouvait-il le prendre,
    Quand il disait : « Je t’aime ; m’aimes-tu ? »


Ô fatale inconstance ! ô tourment de mon âme !
Qu’as-tu fait de la sienne, et qu’as-tu fait de moi ?
Non, ce n’est pas l’Amour, ce n’est pas lui, c’est toi
Qui de nos jours heureux as désuni la flamme.
Je ne pouvais le croire : un triste étonnement
Au cœur le plus sensible ôtait le sentiment.
Mes pleurs se desséchaient à leur source brûlante,
Mon sang ne coulait plus ; j’étais pâle, mourante;
Mes yeux désenchantés repoussaient l’avenir :
Tout semblait m’échapper, tout, jusqu’au souvenir.


        Mais il revient, rien ne l’efface ;
La douleur en fuyant laisse encore une trace.
Si tu m’as vue un jour me troubler à ta voix,
C’est que tu l’imitais, cet accent que j’adore.
        Oui, cet accent me trouble encore,
Et mon cœur fut créé pour n’aimer qu’une fois.


Création mcp
Inconstance

 

 

Inconstance

Inconstance

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 01:11

"Femmes et Fleurs"
 par les grands peintres (74)

Peintures féériques de Joséphine Wall (1947) (1)

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 01:10
Pour le thème du mois de septembre
de la communauté "douce France"

"Les Festivités"

"Bal et soirée"
par les grands peintres (8)




Jean Béraud (1849-1935)
Bal Mabille
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Jean Béraud (1849-1935)
Soirée mondaine
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Jean Béraud (1849-1935)
Une soirée
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Jean Béraud (1849-1935)
Soirée élégante
Beraud-Elegant-Soiree.JPG
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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 00:44

 

Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.



Le Soir
Romances


Seule avec toi dans ce bocage sombre ?
Qu'y ferions-nous ? à peine on peut s'y voir.
Nous sommes bien ! Peux-tu désirer l'ombre ?
Pour se perdre des yeux c'est bien assez du soir !
Auprès de toi j'adore la lumière,
Et quand tes doux regards ne brillent plus sur moi,
Dès que la nuit a voilé ta chaumière,
Je me retrouve, en fermant ma paupière,
             Seule avec toi.

Sûr d'être aimé, quel voeu te trouble encore ?
Si près du mien, que désire ton coeur ?
Sans me parler ta tristesse m'implore :
Ce qu'on voit dans tes yeux n'est donc pas le bonheur ?
Quel vague objet tourmente ton envie ?
N'as-tu pas mon serment dans ton sein renfermé ?
Qui te rendra ta douce paix ravie ?
Dis ! Quel bonheur peut manquer à ta vie,
             Sûr d'être aimé ?

Ne parle pas ! Je ne veux pas entendre :
Je crains tes yeux, ton silence, ta voix.
N'augmente pas une frayeur si tendre ;
Hélas ! Je ne sais plus m'enfuir comme autrefois,
Je sens mon âme à la tienne attachée,
J'entends battre ton cœur qui m'appelle tout bas :
Heureuse, triste, et sur ton sein penchée,
Ah ! Si tu veux m'y retenir cachée,
             Ne parle pas !

Création mcp
Le soirhttp://img1.picmix.com/output/pic/original/4/1/8/7/2667814_25aae.jpg

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 00:41

"Femmes et Fleurs"
 par les grands peintres (73)

Ferdinand Georg Waldmüller (1793-1865)
Jeune fille dans une robe blanche devannt un paysage viennois
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Ferdinand Georg Waldmüller (1793-1865)
Une damme en robe blanche
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Ferdinand Georg Waldmüller (1793-1865)
Jeune fille
waldmueller maedchen

Ferdinand Georg Waldmüller (1793-1865)
Une femme et fleurs dans les cheveux
Waldmuller-couronne-de-fleurs.Jpeg

Ferdinand Georg Waldmüller (1793-1865)
Jeune femme et fleurs
Waldmuller-Ferdinand-Georg--1793-1865-.jpg

Ferdinand Georg Waldmüller (1793-1865)
La lettre
Waldmuller_La-lettre.jpg
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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 00:40
Pour le thème du mois de septembre
de la communauté "douce France"

"Les Festivités"

"La fête de village"
par les grands peintres (7)

 Gillis Van Tilborch (1625-1678)
Fête villageoise
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Lucas Van Valckenborch (1535-1597)  
Scène de kermesse
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Hans Van Wechlen (1530-1570)
Grande kermesse de Saint-Georges
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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 02:26
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.


« Il fait nuit »
Elégie

Il fait nuit : le vent souffle et passe dans ma lyre ;
Ma lyre tristement s’éveille auprès de moi :
On dirait qu’elle pleure un tourment, un délire ;
On dirait qu’elle essaie à se plaindre de toi ;
De toi, qu’elle appelait pour m’aider à t’attendre,
Qui la rendis si vraie, et par malheur si tendre !
Car tu ne peux ravir à ses accords touchants
Ton nom, toujours ton nom, qui courait dans mes chants.
Elle ne le dit plus, ce nom doux et sonore,
Elle ne le dit plus, elle le pleure encore !
Combien elle a frémi, combien elle a chanté,
Sous les prompts battements de mon cœur agité,
Alors que, dans l’orgueil des amantes aimées,
Je confiais mon âme aux cordes animées !
Je croyais que les cieux ne donnaient tant d’amour
Que pour en pénétrer une autre âme à son tour !

Ah ! j’aurais dû mourir, doucement endormie
Dans cette erreur charmante où j’étais ton amie.
Devrait-on s’éveiller de ces rêves confus,
Pour y penser toujours, et pour n’y croire plus ?

Création mcp
Ma lyre
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