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28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 21:54

 

 

Marie Férnande Coronel en religion sœur Marie de Jesus de Agreda (1602-1665) religieuse et  mystique espagnole.

À partir de 1620, elle a vécu une série de visions extatiques du Saint-Esprit, de la passion du Christ, de la Pentecôte, de l'Enfant-Jésus et de la Reine des anges. 

Choisie comme abbesse en 1627, elle a reçu des apparitions de la Sainte Vierge la même année, qui l'a chargée de la mission d'écrire l'histoire de sa vie.

Son œuvre principale est La Cité mystique. 

Sa cause en béatification fut introduite en 1671 et elle fut déclarée vénérable huit années plus tard.

 

 

L'Adoration des Mages

Récit extrait de la Vie Divine de la Vierge Marie, 


..."La circoncision étant faite, saint Joseph exposa à la Vierge mère les incommodités de ce lieu. Elle avait une grande affection pour cette grotte humble et pauvre, comme miroir de toutes les saintes vertus et elle savait par la révélation de Dieu que les saints rois mages devaient y venir adorer son fils.

Néanmoins elle ne découvrit pas son désir de rester en ce lieu, ni l'arrivée prochaine des trois mages, elle se montra docile à faire tout ce que commanderait son époux. Le saint eut voulu que sa très-pure épouse fit connaître plus clairement sa volonté, il se mit en prière et l'archange saint Michel lui découvrit que c'était la volonté de Dieu qu'ils attendissent en ce lieu l'arrivée des mages qui depuis dix jours s'étaient mis en voyage et étaient déjà peu éloignés.

A cet avis les saints époux résolurent d'attendre en ce lieu. Ils le nettoyèrent de nouveau et le mirent le mieux qu'il était possible à l'abri des rigueurs de la saison.

La sainte Vierge se servit souvent du suprême pouvoir qu'elle avait sur les créatures, et commanda aux vents, à la pluie et au froid de ne pas faire souffrir leur créateur et de tourner toutes leurs rigueurs contre elle seule.

II arriva plusieurs fois que le divin enfant était réchauffé dans les bras de sa mère sans ressentir les incommodités du vent et du froid, tandis que sa mère en éprouvait toutes les rigueurs. Sa manière de le nourrir était de l'allaiter trois fois le jour, et son lait ne se corrompit jamais, comme il arrive souvent pour les autres mères.

Elle l'allaitait toujours avec un grand respect et une grande vénération, elle lui demandait humblement la permission de s'asseoir lorsqu'elle y était obligée, et elle restait à genoux la plus grande partie du temps qu'elle tenait le Saint enfant dans ses bras. Elle lui baisait respectueusement les pieds et pour le baiser au visage elle lui en demandait la permission, l'enfant Jésus répondait aux affectueuses caresses de sa mère par un air agréable, tantôt il s'inclinait sur son sein, tantôt il embrassait amoureusement son cou de ses tendres bras, à la manière des autres enfants à l'égard de leur mère.

 

Au milieu de ces douces occupations, arrivèrent les trois mages, qui avaient connu par les anges et par l'étoile la naissance du Sauveur. Ils gouvernaient trois états voisins l'un d l'autre, mais très peu étendus. Ils se connaissaient entre eux et ils s'étaient entretenus plusieurs fois de tout ce qui regardait le gouvernement, la justice et les vertus morales.

Ils partirent en même temps de leurs états, sans rien savoir les un des autres et chacun prépara l'or, l'encens et la myrrhe conduit par l'esprit de Dieu dans le choix de ces dons mystérieux. L'ange qui avait annoncé le mystère aux mages, avait en même temps formé une étoile, et l'avait placée à une telle distance et hauteur qu'elle put être aperçue de tous les trois, quoiqu'ils fussent à des endroits différents. En suivant chacun ce guide, ils se trouvèrent ensemble et s'étant communiqués leur révélation, ils poursuivirent le voyage avec leurs serviteurs et leurs chameaux.

L'étoile était dans la région de l'air, et sa lumière était différente de celle du soleil et des autres étoiles. La nuit elle éclairait de ses rayons comme une torche ardente et le jour elle se distinguait de la clarté du soleil par une activité extraordinaire.

Lorsque les rois furent réunis, elle se rapprocha d'eux et s'abaissa, d plusieurs degrés, de sorte qu'elle leur donnait une plus grande consolation.

Arrivés à Jérusalem, il arriva tout ce que rapportent les évangélistes. Sortis de la ville ils se dirigèrent vers Bethléem, et arrivés en ce lieu, l'étoile diminua sa grandeur et entra dans la sainte grotte où elle se plaça sur la tête du saint enfant.

Lorsque les saints rois entrèrent, la sainte Vierge tenait l'enfant Jésus dans ses bras avec une modestie et une beauté incomparable. il y avait une certaine splendeur sur son visage, mais la lumière qui paraissait sur le divin visage de Jésus était beaucoup plus éclatante et ses rayons éclairaient cette humble grotte.

Les saints rois saisis d'admiration se prosternèrent à terre et adorèrent avec une foi vive l'enfant; dans cette adoration ils reçurent de grandes lumières sur la personne de Jésus-Christ, sur la divine mère et sur les saints anges qui les assistaient.

Ils se relevèrent et félicitèrent la sainte mère de son bonheur, ils lui témoignèrent leur vénération en fléchissant le genou devant elle et ils lui demandèrent humblement la main à baiser selon la coutume de leur pays, mais la prudente reine retira modestement la sienne et leur donna à baiser celle du saint enfant.

Ils félicitèrent à plusieurs reprises tantôt la sainte Vierge, tantôt saint Joseph qui fut toujours présent, et qui eut leurs congratulations d'avoir été choisi pour époux de la Vierge mère de Dieu, enfin ils demandèrent la permission d'aller à Bethléem chercher un logement.

Ils louèrent une maison et ils s'entretinrent tous trois ensemble avec une abondance de larmes de tout ce qu'ils avaient vu. ils envoyèrent ensuite leurs serviteurs à la sainte grotte pour apporter des présents afin de soulager la pauvreté des époux; c'étaient des choses apportées de leurs pays jointes à d'autres achetées à Bethléem.

La sainte Vierge accepta de ces dons autant qu'il était nécessaire pour venir en aide à quelques pauvres, qui attirés par sa bonté et sa bienveillance, venaient souvent la visiter dans la grotte. Le jour suivant, les mages allèrent de nouveau à la grotte offrir les présents mystérieux qu'ils avaient préparés par l'inspiration de Dieu et qui furent ceux dont parle l'évangéliste, l'or, l'encens et la myrrhe. Ils se prosternèrent de nouveau à terre et adorèrent humblement l'enfant. ils s'entretinrent ensuite longtemps, avec la divine mère et la consultèrent sur plusieurs des mystères de la foi et la manière de gouverner leurs états.

La sainte Vierge reçut les dons mystérieux offerts à Jésus qui témoigna par un air agréable qu'il les recevait avec complaisance; et il leur donna sa bénédiction. Ils présentèrent ensuite à la, Vierge mère des pierres précieuses, à l'usage de leurs pays, mais l'amante de la pauvreté les refusa avec de douces manières; elle fut satisfaite de leur affection et de leur générosité, et leur donna à son. tour quelques linges dont le divin enfant avait été enveloppé. Avec ces linges qui exhalaient un doux parfum, les saints rois opérèrent plusieurs miracles dans leurs pays. Ils offrirent de faire construire une maison plus commode pour l'habiter et de la pourvoir de tout ce qu'elle désirerait et pour elle-même et pour son fils, mais l'humble Vierge ne voulut rien accepter.

Les bons rois jouissaient d'un si doux et si agréable plaisir en entendant les discours de la sainte Vierge et les sages réponses qu'elle faisait à leurs demandes, qu'ils, ne pouvaient se résoudre à partir, il fut nécessaire qu'un ange du Seigneur les prévint de se retirer dans leur pays. Ils sortirent enfin de la sainte grotte, après avoir reçu la bénédiction de Jésus, de Marie et de saint Joseph. Dans la nuit, un ange les avertit de prendre un autre chemin pour, retourner dans leur patrie, et l'étoile les guida dans leur voyage. Ces rois étaient de la Perse, de l'Arabie et de Saba, pays de l'orient de la Palestine.

Après le départ des saints rois il s'éleva un doute entre la sainte Vierge et saint Joseph pour la distribution des présents reçus des mages, la sainte Vierge désirait que saint Joseph les distribuât à son gré et saint Joseph voulait qu'elle en disposât. Enfin ils convinrent ensemble d'en offrir au temple une partie qui fut la myrrhe et l'encens avec une partie de l'or, de donner l'autre partie au prêtre qui avait circoncis l'enfant afin qu'il servît pour lui et pour la synagogue; de distribuer la troisième au pauvres, ce qui fut ainsi fait.

Il y avait à une petite distance de la grotte une pauvre maison qu'habitait une femme pauvre aussi, mais pleine de piété; ayant vu les incommodités que souffraient les saints hôtes dans la grotte, elle alla les trouver et leur offrit sa petite maison, misérable sans doute, mais au moins préférable à la grotte. Elle parla avec tant de bonté et de charité que la sainte Vierge après en avoir conféré avec saint Joseph se détermina à accepter cette aimable invitation.

Ils quittèrent donc la sainte grotte et allèrent à la pauvre maison qui était située auprès des murs de Bethléem. Tous les anges les accompagnèrent sous la forme humaine et merveilleusement resplendissants, ce qu'ils firent toutes les fois que les saints époux allèrent de leur habitation visiter la sainte grotte. Dieu y mit un ange avec une épée à la main pour la garder, afin qu'aucun animal n'y entrât et cet ange continue encore aujourd'hui à protéger ce saint lieu"...

Sœur Marie de Jesus de Agreda (1602-1665) religieuse et  mystique espagnole. - L'Adoration des Mages  - Récit extrait de la Vie Divine de la Vierge Marie
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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 23:39


 

 

Nancy Byrd Turner (1880-1971)  poétesse , éditrice et conférencière américaine. 

 


Epiphanie

 

1.

Tous les bergers

Devaient rêver,

Sous le beau ciel étoilé,

Quand les anges,

chœurs étranges,

Sont venus les réveiller.

Et tout brillant,

Tout résonnait,

Tout annonce :

Jésus est né !

On entend encore chanter !

 

2.

Vois la clarté,

Là-haut si près

De l'étoile de Noël,

Le voyage

Des rois mages

Etait dirigé du ciel.

Elle luisait,

Pour eux brillant,

Et désormais

Peut-être nous guider !

Notre étoile de Noël !
 

Nancy Byrd Turner (1880-1971) - poétesse, éditrice et conférencière américaine - Epiphanie
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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 23:38


 

 

Max Jacob (1876-1944) poète moderniste et romancier mais aussi un peintre français.


Rois mages deviendront prêtres 

 

"Gardez l'or pour faire des calices l'encens pour brûler à l'autel un enfant comme moi pour aider à l'office car l'ange des enfants officie dans le ciel.

 

Rois qui savez écrire et lire prenez la sandale de corde !
J'accepte vos présents de myrrhe mais entrer prêtre dans mes ordres vaut mieux que dire l'avenir.

 

Au nom du Sang que j'apporte sur terre ô Saint-Esprit, colombe de mon père, soufriez vos dons sacrés de votre petit bec baptisez ces rois mages en passant sur leur tête car je n'ai pas encore de baptistère.

 

Mère Marie, Joseph, père adoptif, ma crèche est la première église mettez-moi donc sur ma chemise ma robe blanche en manière de surplis."

Max Jacob (1876-1944) poète moderniste  -  Rois mages deviendront prêtres 
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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 23:38

 

 

Edmond Rostand (1868-1918), écrivain et pète français

 


Les Rois Mages


Ils perdirent l'étoile, un soir ; pourquoi perd-on

L'étoile ? Pour l'avoir parfois trop regardée,

Les deux rois blancs, étant des savants de Chaldée,

Tracèrent sur le sol des cercles au bâton.

Ils firent des calculs, grattèrent leur menton,

Mais l'étoile avait fui, comme fuit une idée.

Et ces hommes dont l'âme eût soif d'être guidée

Pleurèrent, en dressant des tentes de coton.

Mais le pauvre Roi noir, méprisé des deux autres,

Se dit "Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres,

Il faut donner quand même à boire aux animaux."

Et, tandis qu'il tenait son seau d'eau par son anse,

Dans l'humble rond de ciel où buvaient les chameaux

Il vit l'étoile d'or, qui dansait en silence.

Edmond Rostand (1868-1918) - écrivain et pète français - Les Rois Mages
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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 23:37

 

 


La Marche des rois ou La marche des Rois mages ou encore, en provençal, La Marcho di Rèi chant provencal Alphonse Daudet - Bizet (1872)

- est un chant de Noël populaire d’origine provençale célébrant l’Épiphanie et les Rois mages. Sa reprise par Georges Bizet pour son Arlésienne en a popularisé le thème.

La Marche des Rois est un des thèmes de l’ouverture de l’Arlésienne (1872), musique de scène composée par Georges Bizet pour un drame à sujet provençal d’Alphonse Daudet.

 

 

La marche des rois

 

De bon matin,

J'ai rencontré le train

De trois grands Rois qui allaient en voyage,

De bon matin,

J'ai rencontré le train

De trois grands Rois dessus le grand chemin.


 
Venaient d'abord les gardes du corps,

Des gens armés avec trente petits pages,

Venaient d'abord les gardes du corps

Des gens armés dessus leur juste au corps.


 
Puis sur un char,

Doré de toute part,

On voit trois rois modestes comme d'anges

Puis sur un char,

Doré de toute part

Trois rois debout parmi les étendards.


 
L'étoile luit

Et les Rois conduit,

Par longs chemins,

Devant une pauvre étable,

L'étoile luit

Et les Rois conduit,

Par longs chemins devant l'humble réduit.


 
Au fils de Dieu

Qui naquit en ce lieu

Ils viennent tous présenter leurs hommages,

Au fils de Dieu

Qui naquit en ce lieu

Ils viennent tous présenter leurs doux voeux.


 
De beaux présents,

Or, myrrhe et encens

Ils vont offrir au maître tant admirable

De beaux présent,

Or, myrrhe et encens

Ils vont offrir au bienheureux enfant.

 

La Marcho di Rèi -chant provencal Alphonse Daudet - Bizet (1872) - La marche des rois
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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 23:37

 

 

Jens Johannes Joergensen (1866-1956) écrivain danois, célèbre pour ses biographies de saints catholiques.

Edition du Seuil, 1961, p.63-67

 


Le quatrième Roi Mage 

 

Les sages de l'Orient apportèrent l'or, l'encens et la myrrhe pure. Une vieille légende raconte que lorsqu'ils déposèrent leurs trésors, l'enfant ne voulut pas sourire. Marie était très honorée par l'encens, qui brûlait comme elle l'avait vu brûler dans le temple de Jérusalem, et, les yeux pleins de larmes, elle cacha la myrrhe dans son sein. Mais l'enfant ne tendit pas ses petites mains vers l'or éclatant ; la fumée fit tousser ses petits poumons ; il se détourna de la myrrhe et embrassa les larmes dans les yeux de sa mère.


Les trois saints rois se relevèrent et prirent congé, avec le sentiment de gens qui n'ont pas été appréciés selon leur mérite. Mais quand la tête et le cou de leurs dromadaires eurent disparu derrière les montagnes, quand le dernier tintement de leur harnais eut expiré sur la route de Jérusalem, alors parut le quatrième roi. Il apportait de Perse trois perles précieuses. Mais il arrivait trop tard, les autres rois étaient partis. Il arrivait trop tard… et les mains vides… il n'avait plus de perles !


Il ouvrit lentement les portes de l'étable sainte où se trouvaient le Fils de Dieu, la Mère de Dieu et le père nourricier de Dieu. Le jour tombait, l'étable devenait sombre ; une légère odeur d'encens flottait encore… Joseph retournait la paille de la crèche pour la nuit, l'Enfant Jésus était sur les genoux de sa mère. Elle le berçait doucement.


Lentement, en hésitant, le roi de Perse s'avança puis il se jeta aux pieds de l'Enfant et de sa mère. Lentement, en hésitant, il commença à parler.


"Seigneur, dit-il, j'avais une offrande pour toi, trois perles précieuses, grosses comme un œuf de pigeon, trois vraies perles de la Mer Persique. Je ne les ai plus."

Je suis venu à part des trois autres rois. Ils marchaient devant moi sur leurs dromadaires ; je suis resté en arrière dans une hôtellerie sur le bord du chemin. J'eus tort... Quand j'entrais dans la salle des voyageurs, j'aperçus un vieillard tremblant de fièvre, étendu sur le banc du poêle. Nul ne savait qui il était. Sa bourse était vide ; il n'avait pas d'argent pour payer le médecin et les soins qui lui étaient nécessaires. Seigneur, pardonne-moi, j'ai pris une perle de ma ceinture et l'ai donnée à l'aubergiste, pour qu'il lui procurât un médecin et lui assurât les soins et, s'il mourait, une tombe en terre bénie.

Le lendemain je repartis. Je poussais mon âne autant que possible pour rejoindre les trois autres rois. Soudain j'entendis des cris venant d'un fourré. Je sautai de ma monture et trouvai des soldats qui s'étaient emparés d'une jeune femme et s'apprêtaient à lui faire violence. Ils étaient trop nombreux, je ne pouvais songer à me battre avec eux. Oh ! Seigneur pardonne-moi encore une fois, je mis la main à la ceinture, pris ma seconde perle et achetai sa délivrance. A présent il ne me restait plus qu'une perle, mais au moins je voulais te l'apporter, Seigneur !

Il était plus de midi. Avant le soir je pouvais être à Bethléem à tes pieds. Alors je vis une petite ville à laquelle les soldats d'Hérode avaient mis le feu. Je m'approchai et trouvai les soldats d'Hérode tuant tous les garçons de deux ans et au-dessous. Près d'une maison en feu, un grand soldat balançait un petit enfant nu qu'il tenait par une jambe. L'enfant criait et se débattait. Le soldat disait : " Maintenant, je le lâche et il va tomber dans le feu. Il fera un bon rôti de cochon. " La mère poussa un cri perçant. Seigneur, pardonne-moi ! Je pris ma dernière perle et la donnai au soldat pour qu'il rendît l'enfant à sa mère. Seigneur, c'est pourquoi me voilà les mains vides. Pardonne-moi, pardonne. "


Le silence régna dans l'étable quand le roi eut achevé sa confession. Pendant un instant il resta le front appuyé contre le sol ; enfin il osa lever les yeux. Joseph avait fini de retourner la paille et s'était approché. Marie regardait son fils qui était contre son sein. Dormait-il ? Non.

L'Enfant-Jésus ne dormait pas. Lentement, il se tourna vers le roi de Perse. Son visage rayonnait ; il étendit ses deux petites mains vers les mains vides. Et l'Enfant-Jésus sourit.

Jens Johannes Joergensen (1866-1956) - écrivain danois, - Le quatrième Roi Mage" 
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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 23:37

 

 

Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, YE-896
Provenance :  Bibliothèque nationale de France

 

 

Les Rois Mages

Souvenir du 1° Octobre 1862

Paris - Le Troisième Jour de Janvier 1863

 


A vous pour qui je passerais  La nuit à chercher votre étoile,  Espérant y trouver vos traits  Que le sommeil, hélas ! me voile ,  Touchants attraits !

 


I.

Le monde était en deuil; le Fils de la promesse  N'avait point vu le jour, et dans l'obscurité,  Le regard vers le ciel, l'homme cherchait sans cesse L'Homme-Dieu qui devait sauver l'humanité.


Les temps étaient venus ! — Des quatre points du monde,  Quatre rois, dans la nuit, virent l'étoile aux cieux;  Et, bravant les déserts, les montagnes et l'onde, I Ils suivirent l'étoile apparue à leurs yeux.


Ils apportaient l'encens, l'ambre, l'or et la myrrhe,  Dons les plus précieux de leur royal trésor.  Pour le Messie, heureux, ils quittaient leur empire,  Et leurs cœurs entraînés eussent fait plus encor.


Et plus ils avançaient, plus l'air chantait l'ivresse;  Plus leurs pleurs d'autrefois s'essuyaient en marchant,  Plus leur âme s'ouvrait à la chaste allégresse;  L'amour chantait en eux comme un Noël touchant.


Au bourg de Bethléem, l'étoile enfin s'arrête!...  Sur la crèche elle jette un éclat merveilleux;  De la rédemption l'oeuvre sublime est prête;  L'enfant est né! Jésus resplendit devant eux !


Ils se sont prosternés dans leur amour immense;  L'étoile se confond avec le feu divin;  Ils offrent leurs présents, et leur tendresse encense  Celui-là que jamais on ne supplie en vain !

 


II.

Vous en souviendrait-il ? — Aux jours de l'espérance,  Quand l'étoile, à mon ciel, brillait dans sa splendeur,  Du mage j'avais pris le rôle en ma croyance, Et vous étiez l'enfant promis par le Seigneur !


Avant que de vous voir, Stella, la nuit obscure  Entourait mon esprit, enveloppait mon cœur,  Et quand à mes regards, étoile douce et pure,  Je vous vis rayonner, oh! ce fut le bonheur !


Un nuage en passant vint me voiler vos charmes;  Tout pour moi devint sombre, hélas! vous avez fui.  La douleur.en mon âme a jeté bien des larmes; L'étoile se cachait, à peine elle avait lui !...


Hier j'étais-heureux, aujourd'hui je suis triste,  Chêne altier, je bravais le souffle de l'amour;  Je restais droit et fort, car le calme résiste. Aujourd'hui l'aquilon me renverse à son tour.


Hier j'allais riant au travers de la vie,  Je n'avais point pâli sous l'éclair de vos yeux;  Je vous vis, et mon âme aussitôt fut ravie.  L'amour vint à ma porte, hôte mystérieux.


J'ai marché, cependant, j'ai suivi les rois mages;  Derrière eux, je me jette en tremblant à vos pieds;  Stella, j'apporte aussi l'encens de mes hommages. Je n'attends qu'un regard..., mes genoux sont pliés.


Si d'un mot échappé l'imprudente hardiesse  A pu vous offenser, je fus à vos genoux;  Et mes chants chaque jour, inondés de tendresse,  Ont dû de vos beaux yeux apaiser le courroux.


Je vous aime, Stella, c'est pourquoi l'espérance,  Malgré tous mes tourments, reste au fond de mon cœur,  Car l'amour, c'est l'espoir, c'est la ressouvenance  Des jours où près de vous je rêvais le bonheur.


Tous ces chers souvenirs, gravés dans ma mémoire,  Me parlent de mon ange et charment ma douleur.  Oh! je ne puis douter, — l'amour seul ferait croire ! Stella n'a pas juré mon éternel malheur.


Vous saurez pardonner ; —Dieu lui-même pardonne!  Dieu, qui sur votre front a mis son sceau divin,  Dieu, qui vous a créée et noble et douce et bonne, Dieu, qui dans votre amour a placé mon destin !


Dieu, qui de mes douleurs a sondé les abîmes,  Dieu, qui sait que pour vous mon coeur est l'encensoir,  Dieu, qui sait pénétrer mes sentiments intimes, Dieu, qui mit tant de feu dans votre grand oeil noir !

Adoration des Mages. Tableau de Georges Trubert. Fin du XVe siècle.

Adoration des Mages. Tableau de Georges Trubert. Fin du XVe siècle.

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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 23:36

 

 

Octave-Émile-Louis Dupré de La Roussière (1851-1933) - poète - . 
Musique de A. Metzner Metzner, Arthur (18..-1914). Compositeur
chant de Noël. 

 

 

L'Etoile des rois mages

 

Le vent gémit, la route est sombre

Entre tous un astre au ciel un astre lui

Quelles sont ces voix qui dans l'ombre

Se font entendre dans la nuit ?

Ce sont les bergers de la plaine

Les Mages qui disent entre eux

En suivant la clarté lointaine

Qui les guident du haut des cieux :

 

Etoile des rois Mages 

Dont l'éclat est si doux

En notre humain voyage

Vers Jésus,  conduis nous....

 

C'est que dans une étable austère

Un enfant, un tout petit enfant est né

Devant qui les grands de la terre

Vont courber leur front couronné

La nouvelle s'est répandue

Le monde attendait un sauveur

Et vers lui la foule éperdue

Accourt avec ferveur

 

Etoile des rois Mages 

Dont l'éclat est si doux

En notre humain voyage

Vers Jésus,  conduis nous....

 

Depuis cette nuit merveilleuse

Tous les ans, resplendit l'autel 

Et l'âme du monde joyeuse

Chante Noël, Noël, Noël !

Tout coeur qui adore et prie

En rendant grâce à l'Eternel

Pour le guider en cette vie  

Implore en ce jour solennel

 

Etoile des rois Mages 

Dont l'éclat est si doux

En notre humain voyage

Vers Jésus,  conduis nous....
 

Octave-Émile-Louis Dupré de La Roussière (1851-1933) - poète - L'Etoile des rois mages, 
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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 23:31

 

 

Paul Verlaine (1844-1896) poète

Recueil : Liturgies intimes (1892).

 


Rois
 

La myrrhe, l'or et l'encens

Sont des présents moins aimables

Que de plus humbles présents

Offerts aux Yeux adorables

Qui souriront plutôt mieux

A de simples vœux pieux.

 

Le voyage des Rois Mages

Certes agrée au Seigneur.

Il accepte ces hommages

Et les tient en haut honneur ;

Mais d'un pécheur qui s'amende

Pour lui la gloire est plus grande.

 

Dans ce sublime concours

D'adorations premières,

Jésus goûtera toujours

Davantage les prières

Des misérables et leur

Garde un royaume meilleur.

 

Les anges et les archanges

Qui réveillent les bergers,

Voix d'espoir et de louanges

Aux hommes encouragés,

Priment dans l'azur sans voile

La miraculeuse étoile...

Riches, pauvres, faisons-nous

Néant devant toi, le Maître,

De Ton saint nom seuls jaloux :

Tu sauras bien reconnaître

Et magnifier les tiens,

Riches, pauvres, tous chrétiens.
 

Icone - Nativite - Epiphanie - Alain-Chenal

Icone - Nativite - Epiphanie - Alain-Chenal

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27 décembre 2021 1 27 /12 /décembre /2021 23:30

 

 

José-Maria de Heredia (1842-1905) homme de lettres d'origine cubaine. Né sujet espagnol, il a été naturalisé français en 1893. Son œuvre poétique a fait de lui l'un des maîtres du mouvement parnassien. 

 


Épiphanie

 

Donc, Balthazar, Melchior et Gaspar, les Rois Mages,

Chargés de nefs d'argent, de vermeil et d'émaux

Et suivis d'un très long cortège de chameaux,

S'avancent, tels qu'ils sont dans les vieilles images.

 

De l'Orient lointain, ils portent leurs hommages

Aux pieds du fils de Dieu, né pour guérir les maux

Que souffrent ici-bas l'homme et les animaux ;

Un page noir soutient leurs robes à ramages.

 

Sur le seuil de l'étable où veille saint Joseph,

Ils ôtent humblement la couronne du chef

Pour saluer l'Enfant qui rit et les admire.

 

C'est ainsi qu'autrefois, sous Augustus Caesar,

Sont venus, présentant l'or, l'encens et la myrrhe,

Les Rois Mages Gaspar, Melchior et Balthazar.
 

Adoration des Mages - Vers 1220, Codex Bruchsal 1, Bl. 11r, Karlsruhe

Adoration des Mages - Vers 1220, Codex Bruchsal 1, Bl. 11r, Karlsruhe

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