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13 avril 2021 2 13 /04 /avril /2021 10:44

 

 

Théophile Gautier (1811-1872) poète, romancier et critique d'art français.

Recueil : "Poésies nouvelles et inédites"

 

 

La Tulipe

 

Moi, je suis la tulipe, une fleur de Hollande ;

Et telle est ma beauté, que l’avare Flamand

Paye un de mes oignons plus cher qu’un diamant,

Si mes fonds sont bien purs, si je suis droite et grande.

 

Mon air est féodal, et, comme une Yolande

Dans sa jupe à longs plis étoffée amplement,

Je porte des blasons peints sur mon vêtement,

Gueules fascé d’argent, or avec pourpre en bande.

 

Le jardinier divin a filé de ses doigts

Les rayons du soleil et la pourpre des rois

Pour me faire une robe à trame douce et fine.

Nulle fleur du jardin n’égale ma splendeur,

Mais la nature, hélas ! n’a pas versé d’odeur

Dans mon calice fait comme un vase de Chine.

Théophile Gautier (1811-1872) - poète, romancier - La Tulipe
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10 avril 2021 6 10 /04 /avril /2021 13:45

 

 

Jacques-François-Marie Vieilh de Boisjolin, (1760-1841) poète et administrateur français. ...

 

Origine de la tulipe

 

Mais quelle fleur plus fière, au milieu de ses soeurs,

Oppose à leurs parfum l'éclat de ses couleurs ?

Mon oeil a reconnu, la tulipe inodore,

Jadis nymphe des champs et compagne de Flore.

Protée était son père, et la fable autrefois

Consacra son malheur, qu'ose chanter ma voix.

 

A cette heure douteuse, où l'ombre, plus tardive

Suit du jour qui s'éteint la clarté fugitive,

La nymphe, loin de Flore, hélas ! loin pour jamais,

Des champs et de son  coeur  goûtant l'heureuse paix,

Sous l'odorant feuillage où chantait Philomèle

Savourait du repos la douceur infidèle.

Zéphire l'aperçoit, et, d'un souffle enflammé,

Caresse des attraits dont son oeil est charmé.

La fille de Protée, à cette douce haleine,

Entrouvre avec lenteur sa paupière incertaine,

Et ne voit pas encor dans son enchantement

Que ce bruit de Zéphire est la voix d'un amant.

Mais bientôt, à l'aspect du jeune époux de Flore :

"Déesse, à tes bienfaits si j'ai des droits encore,

"Dit-elle, contre un dieu qui trompe tes amours;

"J'implore ta vengeance, ou du moins ton secours."

 

Tout-à-coup, ô prodige ! une forme étrangère

La dérobe aux transports d'un désir adultère.

Son beau corps, dont Zéphyr presse en vain les appâts,

En tige souple et frêle échappe de ses bras ;

Ses cheveux qui tombaient en boucles agitées,

S'élevant sur son front  en feuilles veloutées,

L'entourent d'un calice : un doux balancement

Semble prouver encor qu'elle craint son amant.

Le dieu veut, en parfums, respirer son haleine ;

Ce baume de l'amour adoucirait sa peine :

Prive la fleur d'un charme, et l'homme d'un plaisir ; 

Mais la nymphe héritant du secret de son père,

De cet art protecteur se fait un art de plaire ;

Et trompant le regard par la variété,

De changeantes couleurs enrichit sa beauté.

Je vois errer Zéphyr : mais il ne cherche qu'elle,

Et s'il paraît volage, il n'est plus infidèle.

Lowell Blair Nesbitt

Lowell Blair Nesbitt

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10 avril 2021 6 10 /04 /avril /2021 13:44

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


d'un anonyme

Guirlande de Julie

 

 

La tulipe

 

Curieux Enfants d'espérance,

Belle troupe de mes Amants,

Ne vivez plus dans l'ignorance

Du sujet de mes changements.

Je cherche à me rendre embellie

D'un si grand nombre de couleurs

Qu'il ne faille que de mes fleurs

d'un anonyme - Guirlande de Julie - poète - la tulipe
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9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 13:42

 

Omar Khayam (1048-1131) est un poète et savant persan. 
traduction d'Armand Robin (1958)

traduction française est d'Armand Robin.

 

La tulipe et la rose

 

"La jolie, à la rose on la compare ;

Ma jolie, à la tulipe je la compare ;

A la tulipe plutôt qu'à la rose pourquoi je la compare ?

C'est que ma jolie aux autres jolies jamais je ne la compare."

 

"Ils disent tous : "C'est une rose, ma jolie !"

Je dis : "Elle est tulipe, ma jolie !

"La rose est belle, la tulipe est belle et jolie ;

"Pour une belle avoir cœur dans la beauté, c'est être jolie !"


"Le bijou de mon individualisme, contre aucun argent je ne le donnerai ;

Mes souffrances individuelles, contre aucun baume je ne les donnerai ;

La poussière sous ta porte, ô ma jolie, contre l'empire de Djan je ne la donnerai.

Un seul de tes cheveux, contre la terre, contre la mer, je ne le donnerai."

 

"Si nous obtenons rien qu'une miche de bon pain,

Puis un jarret de mouton, puis deux mesures de vin,

Et si, ô jolie, nous sommes tous deux en un coin de pré,

Nous avons obtenu ce qu'aucun Sultan n'obtient."

 

"Tout homme qui eut une affection, une amitié, dans son cœur,

Qu'il soit de ceux qui prient ou de ceux qui jamais en public ne prient,

Tout homme dont le nom a été inscrit sur le livre de l'affection,

Est libéré de l'Enfer, n'a plus besoin du Paradis."

 

"Le cœur est une lampe dont la lumière vient d'une jolie !

S'il y trouve de quoi mourir, il y trouve aussi sa vie !

Avec une lampe à huile, puis un papillon de nuit

On devrait éclairer le cœur de qui aime une jolie !"

 

"Je bois du vin et mes adversaires, de tout côté, disent :

"Pas de vin ! le vin, c'est l'ennemi de ton destin !"

Maintenant je sais que le vin, par Allah ! est l'ennemi de mon destin,

Je boirai, c'est légitime, le sang de l'ennemi de mon destin !"

 

"Toi dont la joue a les frémissements de la tulipe,

Dont le doux visage a pris leurs mouvements aux visages des filles de Chine,

Pitié ! ton regard fait à l'instant chanceler

Le roi, le fou, la tour, la reine, au jeu d'échecs de mon cœur !"

​​​​​​​

"Si tu le veux, tiens-moi par ton absence en tribulation ;

Ou, si tu le veux, tiens-moi par ton union en jubilation ;

Je ne demande ni le premier ni le second traitement ;

Que ton coeur me tienne selon ses prescriptions !"

 

"Bien des gens, après nous, du Monde auront leur part ;

De nous nulle part de souvenir plus tard ;

Rien manquait sur terre avant notre arrivée ;

Tout restera de même après notre départ."

Illustration rose et tulipe 1829

Illustration rose et tulipe 1829

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9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 12:46

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


De : M. Arnauld de Corbeville 


Il emprunta le pinceau de Flore pour donner le plus vif coloris et les tons les plus fins à la fleur qu'il cueillit; sa Tulipe, superbe d'éclat, reste l'emblème du plus parfait amour sous la forme la plus élégante.

 

 

La tulipe

 

Je  suis le plus brillant ouvrage

Dont le pinceau de Flore embellit les étés,

Et sur les autres Fleurs j'ai le même avantage

Qu'a le feu de tes yeux sur les autres clartés.

Mais dans l'éclat qui m'environne,

Et qui de cent couleurs reléve mes beautés,

La gloire que le Ciel me donne,

D'être ide si doux appâts,

Que, bien que de ma mort ma gloire soit suivie,

Pour mourir d'un si beau trépas,

J'aime mieux la mort que la vie.

M. Arnauld de Corbeville - poète  - guirlande de Julie -  La tulipe
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9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 12:44

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 

de : Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690),

La guirlande Julie

Madrigal

 

 

La tulipe nommée flamboyante

 

Permettez-moi, belle Julie,

De mêler mes vives couleurs

A celles de ces rares fleurs,

Dont votre tête est embellie :

Je porte le nom glorieux

Qu'on doit donner à vos beaux yeux.

13a “La Tulipe nommée flamboyante”, planche du manuscrit de La Guirlande de Julie, v.1641, parchemin, folio 50r ©Paris, BnF

13a “La Tulipe nommée flamboyante”, planche du manuscrit de La Guirlande de Julie, v.1641, parchemin, folio 50r ©Paris, BnF

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9 avril 2021 5 09 /04 /avril /2021 12:43

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.

 

Antoine Godeau, Eveque de Grasse Et de Vence, un Des Premiers Membres de L'Academie Francaise (1605-1672).


Il trouva pour sa Tulipe une forme fraîche et idyllique; il donna à son vers l'élégance et le tour agréable de la pastorale, et le madrigal du Nain de la princesse Julie est si honnêtement troussé et d'une physionomie si colorée que l'on s'étonne, en le regrettant, que M. de Vence ait presque exclusivement consacré son talent à rimer des psaumes et à versifier des méditations chrétiennes et des églogues sacrées.


Guirlande de Julie

Madrigal

 


La tulipe

 

Je fus un berger autrefois

Qui poussé d'une belle audace,

Alla cueillir dessus Parnasse

Des lauriers plus fameux que les lauriers des rois .

Ce généreux désir d'une éternelle gloire

Ne m'empêcha pas de servir,

Avec les filles de Mémoire,

Les mortelles beautés qui me surent ravir

Mais mon âme fut si volage,

A tant d'objets divers elle rendit hommage,

Et les bergères si souvent,

En me reprochant leurs caresses,

Se plaignirent que mes promesses

Se perdaient parmi l'air sur les ailes du vent,

Qu'amour vint d'une main puissante

Me transformer en cette fleur,

Qui, comme j'eus l'âme inconstante,

est inconstante en sa couleur. 

Miracle de nos jours, si mes yeux t'eussent vue

Avec tous ces appâts n'eut point été léger;

Mais mon sort me console, et pour ma gloire ordonne,

Depuis que j'ai l'honneur d'embellir ta Couronne

Que mes vives couleurs ne pourront plus changer.

Antoine Godeau, Eveque de Grasse Et de Vence - (1605-1672) - poète - guirlande de Julie - la tulipe
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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 13:21

 

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier (1610-1690), est un gentilhomme et militaire français du XVII°  siècle. Le duc de Montausier a courtisé une jeune femme appelée Julie d'Angennes, qui était fière et refusait le mariage. 


Avec d’autres poètes de l’Hôtel de Rambouillet, il a composé un livret de compliments à sa Julie, sous la forme d’un bouquet de fleurs (poétiques). Chaque fleur est un prétexte à un compliment hyperbolique et spirituel.


de Pierre Corneille (1606-1684) dramaturge et poète


pour la Guirlande de Julie, offerte par M. de Montausier à sa future, Julie d’Angenne. Dans l’édition de la Guirlande de Julie publiée par M. Livet, d’après le manuscrit de 1641 (Précieux et Précieuses, p. 393-432), 


Madrigal.

 


La Tulipe au soleil

 

Bel astre à qui je dois mon être et ma beauté,

Ajoute l’immortalité

À l’éclat nompareil dont je suis embellie ;

Empêche que le temps n’efface mes couleurs :

Pour trône donne-moi le beau front de Julie ;

Et si cet heureux sort à ma gloire s’allie,

Je serai la reine des fleurs.

ierre Corneille (1606-1684) - dramaturge et poète  - Guirlande de Julie - la tulipe au soleil
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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 00:44

 

 

Mythologie 

 

La pâquerette, Bellis perennis

 

 

La pâquerette (Bellis perennis) est une plante herbacée vivace, tapissante formant une rosette, originaire d'Europe et de Turquie, qui pousse spontanément dans nos régions sur les pelouses, les prairies, les chemins et les zones d'herbe rase.


 

Dès le printemps, les fleurs solitaires s'épanouissent, formant des capitules solitaires ; le réceptacle conique, bordé d'une collerette de petites feuilles vertes sombres, l'involucre, est couvert de fleurs sessiles de deux types : les unes pétaloïdes, blanc rosé, disposées sur le pourtour, les autres, simulant des étamines, de couleur jaune, au centre. Les fruits sont des akènes. 


 

Comme certaines autres fleurs, la pâquerette a la particularité de se fermer la nuit ou bien pendant les averses, voire un peu avant, ce qui permet dans les campagnes de prédire la pluie légèrement à l'avance ; elle s'ouvre le matin pour s'épanouir au soleil.  

 

C'est une excellente compagne pour les autres plantes.

 

La pâquerette porte plusieurs noms : 
petite marguerite, pâquerette des prés, fleur de Pâques, petite consyre, fleur de tous les mois, Tro-heol (littéralement tournesol) en Bretagne.

 

 

pâquerettes

pâquerettes

 


La Pâquerette d’automne (Bellis sylvestris)

qui pousse en région méditerranéenne ; elle est un peu plus grande et plus robuste que Bellis perennis, et on distingue trois nervures sur la feuille.


 

 

 La Pâquerette d’automne (Bellis sylvestris)

La Pâquerette d’automne (Bellis sylvestris)

 

 

La Pâquerette annuelle (Bellis annua),

sur les sols acides ou salés du pourtour méditerranéen. Ses feuilles sont plus molles et charnues, rappelant les plantes "grasses".

 La Pâquerette annuelle (Bellis annua),

La Pâquerette annuelle (Bellis annua),

 

La Pâquerette pappuleuse (Bellis pappulosa)

qui ressemble à Bellis sylvestris.  Les fruits de cette espèce sont munis d’un pappus, une sorte de duvet qui disperse les graines, comme les aigrettes du pissenlit et des chardons ; mais il est beaucoup plus discret.

Elle n'existe en France que dans de rares stations en Charente et en Charente-Maritime.

C'est une espèce protégée en Poitou-Charentes et qui fait partie de la liste rouge nationale (UICN/MNHN, 1995)
 

pâquerette pappulosa

pâquerette pappulosa

 

Fausse pâquerette (Bellium bellidioides),
 

On la trouve en Corse uniquement, appelée aussi pâquerette à feuilles spatulées. Ses feuilles sont nombreuses, petites, épaisses et très spatulées. Les fleurs ligulées sont blanches avec une bande rouge dessous. Cette espèce aussi produit des fruits à pappus.

Bellium bellidioides

Bellium bellidioides

 

 

La forme sauvage de Bellis Perennis a donné naissance à de nombreux cultivars, le plus souvent à fleurs doubles blanches, roses, rouge carminé foncé, qui sont cultivés comme des bisannuelles dans les massifs printaniers. 

 

Pâquerette "super enorma rose-ball" :

Fleurs doubles d’un joli rose clair, variété d’exception pour potées et jardinières.

 

 paquerette super enorma rose-ball

paquerette super enorma rose-ball

 

Pâquerette "Habanera" :


Plante compacte et érigée, à grosses fleurs doubles à pétales effilés, de longue durée, rouges, roses, blanches ou blanches à pointes rouges.
 

Pâquerette "Habanera"

Pâquerette "Habanera"

 

Pâquerette "pomponnette"


Feuilles vert foncé, disposées en rosette. Nombreuses fleurs doubles, en pompons très réguliers, blanches, rouges ou roses.
 

paquerette pomponette

paquerette pomponette

 

 

Pâquerette "Robella" :


La nouvelle variété Robella teinte rose saumoné est unique dans la gamme des pâquerettes. Plus grande et plus belle, elle apporte beaucoup de charme aux compositions en balconnières et aux pieds des massifs près des bulbes printannières. clair, de longue durée.
 

pâquerette robella

pâquerette robella

 

Pâquerettes "Erigeron Karvinskianus" ou "Pâquerette des murailles" :

pouvant se développer dans très peu de terre, et qui fleurit continuellement d'avril/mai à novembre à exposition ensoleillée. Ses fleurs sont blanc-rosé à coeur jaune.
Autres noms :  vergerette, marguerite naine...

 

pâquerettes des murailles - erigeron karvinskianus

pâquerettes des murailles - erigeron karvinskianus

 

 

Les abeilles raffolent des pâquerettes, riches en pollen et nectar.

Outre, les abeilles, les pâquerettes nourrissent toutes sortes de pollinisateurs bourdons, syr­phes, papillons, coléoptères…) dès la fin de l’hiver et parfois jusqu’à très tard dans la saison.

Il faut les laisser pousser dans les jardins.

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

 

Plusieurs théories se proposent d’expliquer l’origine son nom scientifique "bellis"

 

 

soit :

 

- du latin bellus voulant dire beau, gracieux

 

ou

 

- du latin "bello" voulant dire "guerre" faisant référence au fait qu’elle pousse fréquemment sur les champs de batailles et à sa capacité à traiter les ecchymoses et les blessures profondes

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

ou

 

- du celte "Belenos" dieu associé au soleil (Le Brillant, brûlant, resplendissant, éclatant). C'est un dieu lumineux et solaire, il était honoré le 1er mai, lors de la fête de Beltaine ou "Beltene" en Irlande, c'est-à-dire "les feux de Bélénos" ; celle-ci marque une rupture dans l'année, le passage de la saison sombre à la saison claire, lumineuse, symbole de la jeunesse, du renouveau, et par extension, du printemps.

 

 

Légendes celtes


 

Dans les légendes celtes, la Pâquerette est une plante capable d’arrêter la croissance. La fée Milka en aurait donné en cachette à un prince pour qu’il reste à tout jamais enfant.
 

Cicely Mary Barker

Cicely Mary Barker

 

 

Ossian (signifiant petit faon en irlandais), barde écossais du III° siècle, fils de Fingal et Sadhbh, et père d'Oscar serait l’auteur d’une série de poèmes "gaéliques" traduits et publiés en anglais entre 1760 et 1763 par le poète James Macpherson, qui eurent un énorme retentissement dans toute l'Europe.


Une des  légendes celtiques d'Ossian, donnent à la pâquerette une autre origine :


...A côté du tombeau de Fingal, Malvina, pleure  son bienaimé Oscar tué au combat ainsi que son jeune fils, elle est réconfortée par les filles du roi Morven, qui racontent avoir vu l’enfant verser sur les champs une fraîche récolte de fleurs, parmi lesquelles s’en élevait un disque d’or, entouré de rayons d’argent, surmonté d’une teinte délicate de pourpre....


"Sèche tes larmes, ô Malvina," criaient les jeunes filles, "la fleur de ton sein a donné une nouvelle fleur dans les collines de Cromla." 

 

C’est de cette légende que naît l’idée selon laquelle les esprits des enfants morts en couche dispersent des pâquerettes sur la terre pour consoler leurs parents affligés. 

Johann Peter Krafft (1780–1856), Ossian et Malvina, 1810, huile sur toile, collection privée.

Johann Peter Krafft (1780–1856), Ossian et Malvina, 1810, huile sur toile, collection privée.

 


Fleurs sacrées pour nos ancêtres celtiques, les pâquerettes se transforment dans les mains des enfants en tresses et en couronnes. 
 

William Bouguereau (1825-1905) fillette, tressant une couronne de pâquerettes

William Bouguereau (1825-1905) fillette, tressant une couronne de pâquerettes

 

 

Mythologie romaine

 

 

Selon la légende, Belidès la dryade (nymphe des prairies et des pâturages) une petite-fille de Danaus, dansait dans les bois avec son amant Ephigeus,  et attirait l'attention indésirable de Vertumnus , le dieu des saisons, des jardins, des fruits et des vergers.

 

Vertumnus, la remarqua et en tomba amoureux. Il se mit à la poursuivre, et, pour échapper à son étreinte, et protéger son amant Ephigeus, elle se transforma en pâquerette. 
 

 

Giuseppe Arcimboldo en 1590, représentant l'empereur Rodolphe II déguisé en Vertumne. ..

Giuseppe Arcimboldo en 1590, représentant l'empereur Rodolphe II déguisé en Vertumne. ..

 

 

Mythologie chrétienne

 

 

La pâquerette est la fleur de l'innocence, Les chrétiens en ont fait une référence à la vierge Marie, ce qui a donné différentes légendes : 

 

 

Eugène Rolland, Flore populaire ou histoire naturelle des plantes dans leurs rapports avec la linguistique et le folklore, G. P. Maisonneuve et Larose, 1967, p. 91.
 


.."La pâquerette est née des larmes versées par Sainte-Madeleine quand elle ne trouva pas Jésus dans son tombeau au jour de sa résurrection."...

 

 


 Revue d. tr. p., 1904, p. 220. Bourgogne, 


..." A la naissance de Jésus tout le monde lui fit de riches cadeaux. Un petit pâtre pauvre n'eut à lui offrir qu'une pâquerette toute blanche. L'enfant Jésus baisa la fleur du bout des lèvres et c'est depuis ce temps que le cœur de la pâquerette est jaunen d'or et le bord des pétales maqué de rose à l'endroit du baiser"...
 

 

 

- c. p. M. G. Lalanne. Beaumont (Tarn-et-G.)


..."A l'origine les pâquerettes étaient complètement blanches. Un jour l'enfant Jésus se piqua avec une épine. Pour le consoler sa mère lui cueillit une pâquerette. Une goutte de sang coula sur la corolle et c'est depuis cette époque que les pétales de cette fleur sont teintés de rose."...


 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 
 

Mythologie nordique

 

Selon une légende nordique, les arbres noyés dans la brume épaisse des forêts souffraient de ne pas voir le ciel bleu.

 

Pour les prévenir de l’arrivée du printemps, Baldur, dieu de la lumière, la beauté, la jeunesse et l'amour, faisait apparaître à leurs pieds une toute petite fleur en forme d’œil, une pâquerette.

Martine Tulet - Paquerettes

Martine Tulet - Paquerettes

 


Fleurs sacrées pour nos ancêtres celtiques, les pâquerettes se transforment dans les mains des enfants en tresses et en couronnes. 
 

William Bouguereau (1825-1905) fillette, tressant une couronne de pâquerettes

William Bouguereau (1825-1905) fillette, tressant une couronne de pâquerettes

 

 

Freyja est une déesse majeure dans la mythologie germanique et nordique, où de nombreux contes l’impliquent ou la représentent.


Elle est considérée comme une déesse de l'amour, de la beauté, de la terre et de la fertilité. Freyja est belle, parfois rousse ou blonde, et on l'invoque pour être heureux en amour, mais aussi lors des accouchements. On la sollicite de même pour obtenir de bonnes saisons.


Dans le jardin enchanté de Freya, la Pâquerette fleurit sans cesse, empêchée seulement par la nuit et le mauvais temps. 
 

Freyja parée du Brisingamen de J. Penrose (v. 1890)

Freyja parée du Brisingamen de J. Penrose (v. 1890)

 

 

580 av. J.C.

 


La porte d’Ishtar est l’aboutissement de la voie processionnelle au nord de la ville intérieure de Babylone. Son nom cérémoniel est Ištar-sakipat-tebiša, ce qui peut être traduit par  "Ishtar est victorieuse de ses ennemis"  ou "Ishtar renverse ses assaillants".


La porte est reconstruite sous le règne de Nabuchodonosor II (604-562 av. J.-C.),


Lion et pâquerettes en bas-relief sur la porte d'Ishtar de Babylone (580 av. J.C.) au musée de Pergame dans Berlin
 

Lion et pâquerettes en bas-relief sur la porte d'Ishtar au musée de Pergame dans Berlin

Lion et pâquerettes en bas-relief sur la porte d'Ishtar au musée de Pergame dans Berlin

 

I°  siècle
 

 

Pline l'Ancien (23 -79 ap. J.C.), écrivain et naturaliste romain


On trouve l'une des premières mentions du nom de "bellis", dans son "Naturalis historia" publiée vers 77 il, écrit :
 

"bellis pousse dans les prairies ; il a une fleur blanche ou rosée"
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

XII° siècle

 

 

L’école de médecine de Salerne (ou Schola Medica Salernitana) première école de médecine fondée en Europe au Moyen Âge (vers le IX° siècle), mais encore l'une des plus importantes (apogée au XI° siècle et XII° siècle).

 


La pâquerette est utilisée par Matthaeus Platearius, médecin de l'école de médecine de Salerne, à qui est attribuée la rédaction au XII° siècle d'un ouvrage en latin sur les plantes médicinales intitulé Liber de simplici medicina, ou Circa Instans, traduit par la suite en français sous le titre de Livre des simples médecines. 
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

XV° siècle

 

 


Maître du Haut Rhin. Le Jardin de Paradis (v. 1410-20)

 

 

On reconnaît les principales fleurs qui vont servir d'attributs aux scènes liturgiques et à leurs personnages les plus importants.  

 


Les personnages baignent dans un jardin luxuriant, éloigné de toute réalité. La flore n'est cependant pas le produit de l'imagination du peintre. "Les fleurs dessinées sont celles qui fleurissaient dans les jardins médiévaux : 

 

- Pâquerettes, violettes, muguet tapissent le sol herbeux des Vierges d'Humilité, invention de la seconde moitié du XIVème siècle d'inspiration franciscaine qui connaît au XVème une grande popularité. La Vierge à l'Enfant n'est plus sur un trône monumental, en Maesta, elle est simplement assise sur le sol, souvent pieds-nus, enveloppée d'un manteau qui laisse deviner une mise modeste.


Ce thème se retrouve identique dans toute l'Europe.

 


"Le Jardin de Paradis (Paradiesgärtlein) est un des chefs-d'œuvre du Gothique international. Son auteur n'étant pas identifié, les historiens utilisent l'expression Maître du Haut Rhin ou encore Maître du Jardin de Paradis de Francfort pour nommer cet artiste. Après bien des débats entre spécialistes, il est en effet acquis aujourd'hui que ce peintre exerçait son activité dans le Haut Rhin et plus précisément dans la région de Strasbourg."

 


 

Maître du Haut Rhin. Le Jardin de Paradis (v. 1410-20)

Maître du Haut Rhin. Le Jardin de Paradis (v. 1410-20)

 

Maître du Haut Rhin.


détail Le Jardin de Paradis (v. 1410-20)

on peut y voir les pâquerettes 
 

détail Le Jardin de Paradis (v. 1410-20) - Maître du Haut Rhin. - on peut y voir les pâquerettes

détail Le Jardin de Paradis (v. 1410-20) - Maître du Haut Rhin. - on peut y voir les pâquerettes

 

 

Giovanni Boccati (1420- après 1480) peintre italien de style gothique, 


"La Madonne aux Anges musiciens" - vers 1455

Au pied de la Vierge et Jésus,  l'oeil se perd dans les détails de cet orchestre divin où des angelots aussi blonds que leurs aînés récoltent des pâquerettes et des bleuets.
 

Giovanni di Pier Matteo Boccati, 1420-1480

Giovanni di Pier Matteo Boccati, 1420-1480

 

 

Giovanni Boccati (1420- après 1480) peintre italien de style gothique, 

 

détail de "La Madonne aux Anges musiciens" - vers 1455

angelot récoltant des pâquerettes.
 

détail Madone aux angelots musiciens - Giovanni Boccati (1420- ap 1480) angelot récoltant des paquerettes

détail Madone aux angelots musiciens - Giovanni Boccati (1420- ap 1480) angelot récoltant des paquerettes

 

 

Giovanni Boccati (1420- après 1480) peintre italien de style gothique, 

 

détail de "La Madonne aux Anges musiciens" - vers 1455

angelot récoltant des pâquerettes et des bleuets.

détail Madone aux angelots musiciens - Giovanni Boccati (1420- ap 1480) angelot récoltant des paquerettes

détail Madone aux angelots musiciens - Giovanni Boccati (1420- ap 1480) angelot récoltant des paquerettes

 

Au Moyen Âge, où les divinités et les forces surnaturelles avaient leur plante attitrée, la Pâquerette revenait à Sainte Marguerite, patronne des paysans, ou des classes modestes. 


Vers 1480
Heures
Calendrier illustré.

enluminure  pâquerette

Style du Maître de Jacques de Besançon.


 

Vers 1480 Heures Calendrier illustré.  Style du Maître de Jacques de Besançon.  enluminure

Vers 1480 Heures Calendrier illustré. Style du Maître de Jacques de Besançon. enluminure

 

 

Vers 1480
Heures
Calendrier illustré.

Style du Maître de Jacques de Besançon.

détail - enluminure : Pâquerettes

Vers 1480 Heures Calendrier illustré.  Style du Maître de Jacques de Besançon.  enluminure : Pâquerettes

Vers 1480 Heures Calendrier illustré. Style du Maître de Jacques de Besançon. enluminure : Pâquerettes

 

 

XVI° siècle

 

(Daisy) Margarites - Consolida minor (Bellis perennis L.)  = pâquerette, petite marguerite à fleurs blanches


Extrait des Grandes Heures d’Anne de Bretagne, 


par l’enlumineur Bourdichon, vers 1503.
 

Consolida minor (Bellis perennis L. = pâquerette, petite marguerite à fleurs blanches Extrait des Grandes Heures d’Anne de Bretagne, par l’enlumineur Bourdichon, vers 1503.

Consolida minor (Bellis perennis L. = pâquerette, petite marguerite à fleurs blanches Extrait des Grandes Heures d’Anne de Bretagne, par l’enlumineur Bourdichon, vers 1503.

 

 

Consolida minor (Bellis perennis L. = pâquerette, petite marguerite à fleurs blanches

Extrait des Grandes Heures d’Anne de Bretagne,

par l’enlumineur Bourdichon, vers 1503. 

Consolida minor (Bellis perennis L. = pâquerette, petite marguerite à fleurs blanches Extrait des Grandes Heures d’Anne de Bretagne, par l’enlumineur Bourdichon, vers 1503.

Consolida minor (Bellis perennis L. = pâquerette, petite marguerite à fleurs blanches Extrait des Grandes Heures d’Anne de Bretagne, par l’enlumineur Bourdichon, vers 1503.

 

 

Lettrine "F" aux pâquerettes : (1500-1600) 


Illustration, tome 3, f. 333


Antiphonaire, à l'usage des Frères Mineurs de Nancy (XVIe siècle)


Détail extrait d'un manuscrit (Antiphonaire, BmN, Ms 437)
 

Lettrine F aux pâquerettes 1500-1600 Détail extrait d'un manuscrit (Antiphonaire, BmN, Ms 437)

Lettrine F aux pâquerettes 1500-1600 Détail extrait d'un manuscrit (Antiphonaire, BmN, Ms 437)

 

 

 

L’herboriste bavarois Leonardt  Fuchs(1501-1566), médecin et botaniste dans son oeuvre  


- signale que la pâquerette est utilisée lors des  croisades pour traiter les blessures et la goutte.


- fait  un commentaire de la matière médicale  Grecque  de Dioscoride (3/4 du 1° Siècle av. J.C.) traduit en latin puis  traduit  plus tardivement au 16° siècle en français.

 

 

Le Français Pierre André Mathiole, médecin senois, en 1574 réinterprête Dioscoride et cite la paquerette dans "scrofule, fracture du crâne, plaies pénétrantes du thorax, paralysie, inflammation de la bouche et organes génitaux".
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

La pâquerette est cultivée en Angleterre dès 1581

Son nom anglais de daisy provient de l'anglo-saxon daeges eage (day’s eye, littéralement  "œil du jour"), allusion à la fleur qui s'ouvre le matin et se ferme complètement le soir.
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

 

XVII° siècle

 

 

On retrouve la pâquerette en Hollande, Belgique, Allemagne puis en France au début du XVIIe siècle. 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 


Jean-Baptiste Thiers (1636-1703) ecclésiastique et théologien français.


Traité des superstitions - 1697, I, 382.


"Pour guérir la fièvre il faut manger la première pasquerette que l'on trouve."
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

XVIII°siècle

 

Le nom scientifique de la pâquerette actuellement accepté "Bellis perennis" a été proposé par Carl von Linné (1707-1778) biologiste et écrivain suédois, considéré comme le père de moderne de la classification scientifique des organismes vivants, dans la publication :

"espèces plantarum" 1753.

"espèces plantarum" 1753.

"espèces plantarum" 1753.


 

Dans le calendrier républicain français, le 24e jour du mois de ventôse, officiellement dénommé jour de la Pâquerette, correspondait à quelques jours près (selon l'année) à la période allant du 19/21 février au 20/21 mars du calendrier grégorien.


Le mois de ventôse était le sixième mois du calendrier républicain français.


Il tirait son nom « des giboulées qui ont lieu, et du vent qui vient sécher la terre de février en mars», selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d'Églantine, au nom de la "commission chargée de la confection du calendrier".

 

"La Nymphe du Rivage aux Poissons fait la guerre.

Dans ce mois où les Vents déchainés pare les eaux,

Les font rentrer au Fleuve et rendent à la Terre,

La prairie où les Fleurs ramènent les Oiseaux."  
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

XIX° siècle

 

 

En français "pâquerette" viendrait de Pâques car c’est aux environs de cette fête religieuse que la floraison de la pâquerette est la plus abondante, la coutume était de faire une omelette à Pâques avec les fleurs de la plante. 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

 "Pâquerette, pâquerette, Qui rêves près du sentier, Je te le souhaite."


Cette charmante coutume d'effeuiller la pâquerette, était considérée par les jeunes filles au siècle dernier, comme la destinée, et évaluaient au dernier pétale le sentiment de leur amoureux. 
 

Emile Vernon - femme et pâquerettes

Emile Vernon - femme et pâquerettes

 

1831

 

Bellis perennis

Le Trésor de la Langue Française (Dictionnaires) indique que le terme vient de Pâques, parce que c’est la date du début de sa floraison, via l’adjectif du moyen français pasqueret qui se rapporte à cette fête.

gravure fleur - pâquerette - bellenis perennis

gravure fleur - pâquerette - bellenis perennis

 


François Noël (1756-1841) humaniste 


donne dans son Dictionnaire étymologique, critique, historique, et anecdotique de la langue française tome 2, 1839, p. 533, une autre origine, reprise par Émile Littré qui réfute la précédente ainsi :

 

"Mais ce ne peut être la cause du nom de la plante, puisqu’elle fleurit à peu près toute l’année." Il indique en forme originelle l’ancien français pasquierette qui vient de pasquier ("pâquis, pâturage"), avec le suffixe -ette. La fleur serait ainsi nommée parce qu’elle parsème nos prairies.
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

Jean François Bonaventure Fleury (1816-1894), écrivain régionaliste, littérateur et pédagogue français.


Il est professeur et rédacteur au Journal de Cherbourg entre 1837 et 1841. À cette époque, il entre à la Société nationale académique de Cherbourg et publie un guide touristique sur Cherbourg, avec Hippolyte Vallée, et un ouvrage recensant des Traditions populaires des environs de Cherbourg.

Il écrit :


"Les enfants font un jeu avec la pâquerette. Ils tordent la tige de cette plante, puis tenant la fleur dans la main fermée, ils se frappent la poitrine, en disant : Mea culpa, tourne, pâquette. Si la fleur ne tourne pas, c'est un mauvais présage." 
 

William Bouguereau (1825-1905) fillette, tressant une couronne de pâquerettes

William Bouguereau (1825-1905) fillette, tressant une couronne de pâquerettes

 

 

1821


Au début de février 1821, John Keats (1795-1821), poète britannique considéré comme un romantique de la deuxième génération,  déclare :


"Les pâquerettes poussent sur moi" (the daisies are growing over me) 


et donne ses instructions.

 

Le 23 vers seize heures, il murmure : 


"Severn – relève-moi – je – je meurs – je vais mourir en douceur ; n'aie pas peur – sois fort, remercie Dieu qu'elle soit là " ;

à onze heures, le bouillonnement du mucus ralentit, et Keats sombre dans la mort, si doucement que Joseph Severn (1793-1879 peintre anglais et l’ami du poète), qui le tient dans ses bras, le croit toujours endormi.


Charles Cowden Clarke fait semer des pâquerettes sur la tombe, ce que John Keats, assure-t-il, aurait apprécié. 
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

-  Honoré de Balzac, La Recherche de l’Absolu (1834).


"Je préfère une pâquerette sur laquelle tout le monde passe (…) à ces belles tulipes pleines d’or, de pourpre, de saphirs, d’émeraudes qui représentent une vie fastueuse, de même que la pâquerette représente une vie douce et patriarcale (…)."
 

 

- Alphonse Karr, 


Une Poignée de vérités. Mélanges philosophiques. (1858)


..."Les bonheurs que je me rappelle je ne les ai pas poursuivis ni cherchés au loin, ils ont poussé et fleuri sous mes pieds, comme les pâquerettes de mon gazon. Rien n’arrive dans la vie ni comme on le craint ni comme on l’espère."...
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

Théophile Gautier (1811-1872), poète, romancier et critique d'art français.

 

Premier sourire de printemps
 

..."Pour les petites pâquerettes,

Sournoisement lorsque tout dort,

II repasse des collerettes

Et cisèle des boutons-d’or."...

 

 

L'aubépine fleurit


..."L’aubépine fleurit ; les frêles pâquerettes,

Pour fêter le printemps, ont mis leurs collerettes ;"...
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

Antonio Spinelli (1822-18..) - poète


Ce que disent les fleurs - 1864

 

 

 Légende  de la Pâquerette

 

 

 Guidés par une étoile, à Bethléem, un jour

Des mages d’Orient, inspirés par des anges,

Aux genoux d’un enfant enveloppé de langes,

Vinrent se prosterner, le cœur rempli d’Amour.


 
Des bergers, qui paissaient leurs troupeaux à l’entour,

Entendant, dans les airs, des murmures étranges

"Echos des chants sacrés des célestes phalanges"

Dans l’étable en ruine entrèrent à leur tour.


 
Les trois Mages avaient, l’Ecriture les nomme,

De l’encens pour le Dieu, de la myrrhe pour l’homme,

Et, symbole divin, des trésors pour le Roi.

 

Les pâtres, pour présents, portaient des Pâquerettes,

Qui venaient d’entr’ouvrir leurs blanches collerettes.

Mais ils avaient au cœur l’Amour avec la foi.


 
Aux pieds du nouveau-né, l’un des Mages s’empresse

De brûler son encens aux suaves senteurs ;

Le Roi Gaspard répand la myrrhe avec largesse ;

Melchior fait briller l’or aux fauves lueurs.

 

 Les bergers, à genoux, voyaient avec tristesse

Cette adoration, et l’œil mouillé de pleurs :

"Ces Rois" se disaient-ils vont, avec leur richesse

"Nous faire oublier, nous, qui n’avons que des fleurs !"

 

Comme s’il eût compris cette pensée amère,

L’enfant pousse du pied une superbe aiguière,

Prends une fleur des champs, la baise, et puis s’endort.

 

C’est depuis ce jour-là, que l’humble Pâquerette,

Autrefois toute blanche, a, sur sa gorgerette,

Une Auréole rose et l’étamine d’Or
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

Conte d'Andersen - La Pâquerette 


LA PÂQUERETTE.

 


Écoutez bien cette petite histoire ?

 

À la campagne, près de la grande route, était située une gentille maisonnette que vous avez sans doute remarquée vous-même. Sur le devant se trouve un petit jardin avec des fleurs et une palissade verte ; non loin de là, sur le bord du fossé, au milieu de l’herbe épaisse, fleurissait une petite pâquerette. Grâce au soleil qui la chauffait de ses rayons aussi bien que les grandes et riches fleurs du jardin, elle s’épanouissait d’heure en heure. Un beau matin, entièrement ouverte, avec ses petites feuilles blanches et brillantes, elle ressemblait à un soleil en miniature entouré de ses rayons.

 

Qu’on l’aperçût dans l’herbe et qu’on la regardât comme une pauvre fleur insignifiante, elle s’en inquiétait peu. Elle était contente, aspirait avec délices la chaleur du soleil, et écoutait le chant de l’alouette qui s’élevait dans les airs.

 

Ainsi, la petite pâquerette était heureuse comme par un jour de fête, et cependant c’était un lundi. Pendant que les enfants, assis sur les bancs de l’école, apprenaient leurs leçons, elle, assise sur sa tige verte, apprenait par la beauté de la nature la bonté de Dieu, et il lui semblait que tout ce qu’elle ressentait en silence, la petite alouette l’exprimait parfaitement par ses chansons joyeuses. Aussi regarda-t-elle avec une sorte de respect l’heureux oiseau qui chantait et volait, mais elle n’éprouva aucun regret de ne pouvoir en faire autant.

 

"Je vois et j’entends, pensa-t-elle ; le soleil me réchauffe et le vent m’embrasse. Oh ! j’aurais tort de me plaindre."

 

En dedans de la palissade se trouvaient une quantité de fleurs roides et distinguées ; moins elles avaient de parfum, plus elles se redressaient. Les pivoines se gonflaient pour paraître plus grosses que les roses : mais ce n’est pas la grosseur qui fait la rose. Les tulipes brillaient par la beauté de leurs couleurs et se pavanaient avec prétention ; elles ne daignaient pas jeter un regard sur la petite pâquerette, tandis que la pauvrette les admirait en disant : "Comme elles sont riches et belles ! Sans doute le superbe oiseau va les visiter. Dieu merci, je pourrai assister à ce beau spectacle."

 

Et au même instant, l’alouette dirigea son vol, non pas vers les pivoines et les tulipes, mais vers le gazon, auprès de la pauvre pâquerette, qui, effrayée de joie, ne savait plus que penser.

 

Le petit oiseau se mit à sautiller autour d’elle en chantant : "Comme l’herbe est moelleuse ! Oh ! la charmante petite fleur au cœur d’or et à la robe d’argent !"

 

On ne peut se faire une idée du bonheur de la petite fleur. L’oiseau l’embrassa de son bec, chanta encore devant elle, puis il remonta dans l’azur du ciel. Pendant plus d’un quart d’heure, la pâquerette ne put se remettre de son émotion. À moitié honteuse, mais ravie au fond du cœur, elle regarda les autres fleurs dans le jardin. Témoins de l’honneur qu’on lui avait rendu, elles devaient bien comprendre sa joie ; mais les tulipes se tenaient encore plus roides qu’auparavant ; leur figure rouge et pointue exprimait leur dépit. Les pivoines avaient la tête toute gonflée. Quelle chance pour la pauvre pâquerette qu’elles ne pussent parler ! Elles lui auraient dit bien des choses désagréables. La petite fleur s’en aperçut et s’attrista de leur mauvaise humeur.

 

Quelques moments après, une jeune fille armée d’un grand couteau affilé et brillant entra dans le jardin, s’approcha des tulipes et les coupa l’une après l’autre.

 

— Quel malheur ! dit la petite pâquerette en soupirant ; voilà qui est affreux ; c’en est fait d’elles.

 

Et pendant que la jeune fille emportait les tulipes, la pâquerette se réjouissait de n’être qu’une pauvre petite fleur dans l’herbe. Appréciant la bonté de Dieu, et pleine de reconnaissance, elle referma ses feuilles au déclin du jour, s’endormit et rêva toute la nuit au soleil et au petit oiseau.
Le lendemain matin, lorsque la pâquerette eut rouvert ses feuilles à l’air et à la lumière, elle reconnut la voix de l’oiseau, mais son chant était tout triste. La pauvre alouette avait de bonnes raisons pour s’affliger : on l’avait prise et enfermée dans une cage suspendue à une croisée ouverte. Elle chantait le bonheur de la liberté, la beauté des champs verdoyants et ses anciens voyages à travers les airs.

 

La petite pâquerette aurait bien voulu lui venir en aide : mais comment faire ? C’était chose difficile. La compassion qu’elle éprouvait pour le pauvre oiseau captif lui fit tout à fait oublier les beautés qui l’entouraient, la douce chaleur du soleil et la blancheur éclatante de ses propres feuilles.

 

Bientôt deux petits garçons entrèrent dans le jardin ; le plus grand portait à la main un couteau long et affilé comme celui de la jeune fille qui avait coupé les tulipes. Ils se dirigèrent vers la pâquerette, qui ne pouvait comprendre ce qu’ils voulaient.

 

— Ici nous pouvons enlever un beau morceau de gazon pour l’alouette, dit l’un des garçons, et il commença à tailler un carré profond autour de la petite fleur.

 

— Arrache la fleur ! dit l’autre.
À ces mots, la pâquerette trembla d’effroi. Être arrachée, c’était perdre la vie ; et jamais elle n’avait tant béni l’existence qu’en ce moment où elle espérait entrer avec le gazon dans la cage de l’alouette prisonnière.

 

— Non, laissons-la, répondit le plus grand ; elle est très bien placée.
Elle fut donc épargnée et entra dans la cage de l’alouette.

 

Le pauvre oiseau, se plaignant amèrement de sa captivité, frappait de ses ailes le fil de fer de la cage. La petite pâquerette ne pouvait, malgré tout son désir, lui faire entendre une parole de consolation.

 

Ainsi se passa la matinée.

 

— Il n’y a plus d’eau ici, s’écria le prisonnier ; tout le monde est sorti sans me laisser une goutte d’eau. Mon gosier est sec et brûlant, j’ai une fièvre terrible, j’étouffe ! Hélas ! il faut donc que je meure, loin du soleil brillant, loin de la fraîche verdure et de toutes les magnificences de la création !
Puis il enfonça son bec dans le gazon humide pour se rafraîchir un peu. Son regard tomba sur la petite pâquerette ; il lui fit un signe de tête amical, et dit en l’embrassant : Toi aussi, pauvre petite fleur, tu périras ici ! En échange du monde que j’avais à ma disposition, l’on m’a donné quelques brins d’herbe et toi seule pour société. Chaque brin d’herbe doit être pour moi un arbre ; chacune de tes feuilles blanches, une fleur odoriférante. Ah ! tu me rappelles tout ce que j’ai perdu !


— Si je pouvais le consoler ? , pensait la pâquerette, incapable de faire un mouvement. Cependant le parfum qu’elle exhalait devint plus fort qu’à l’ordinaire ; l’oiseau s’en aperçut, et quoiqu’il languît d’une soif dévorante qui lui faisait arracher tous les brins d’herbe l’un après l’autre, il eut bien garde de toucher à la fleur.

 

Le soir arriva ; personne n’était encore là pour apporter une goutte d’eau à la malheureuse alouette. Alors elle étendit ses belles ailes en les secouant convulsivement, et fit entendre une petite chanson mélancolique. Sa petite tête s’inclina vers la fleur, et son cœur brisé de désir et de douleur cessa de battre. À ce triste spectacle, la petite pâquerette ne put, comme la veille, refermer ses feuilles pour dormir ; malade de tristesse, elle se pencha vers la terre.

 

Les petits garçons ne revinrent que le lendemain. À la vue de l’oiseau mort, ils versèrent des larmes et lui creusèrent une fosse. Le corps, enfermé dans une jolie boîte rouge, fut enterré royalement, et sur la tombe recouverte ils semèrent des feuilles de roses.

 

Pauvre oiseau ! pendant qu’il vivait et chantait, on l’avait oublié dans sa cage et laissé mourir de misère ; après sa mort, on le pleurait et on lui prodiguait des honneurs.

 

Le gazon et la pâquerette furent jetés dans la poussière sur la grande route ; personne ne pensa à celle qui avait si tendrement aimé le petit oiseau.

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

1873


Magazine de l'université de Dublin, 1873.
James Mason - The Folk-Lore of Britisch Plants 

 

Dans le nord de l'Angleterre, les paysans jugent de l'avancée de l'année à l'apparition de notre fleur, disant que :


"le printemps n'est arrivé que lorsque vous avez mis le pied sur douze pâquerettes."
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

Jules Coste  (1828-1883), Auteur et compositeur opérettes

Pâquerettes et soucis : poésies intimes

 

 

Aux pâquerettes


Quoiqu'aux arbres voisins ricanent les chouettes,

Que les boeufs alourdis fourragent les prés verts,

Et qu'un brouillard de mort envahisse les airs,

Reste d'un doux printemps, fleurissez, Pâquerettes !

 

Fleurissez ! - Puis, s'il faut, au gré des destinées,

Qu'au sein d'êtres chéris l'oubli vous prenne un jour,

Qu'on vous ensevelisse auprès de leur amour,

Dans le même cercueil, ô pauvres fleurs fanées !  
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

Walter Crane (1845-1915) est un artiste majeur anglais. Il fut également théoricien et écrivain, 


Image extraite de 
"'Flora's Feast, a Fairy's Festival of Flowers, in full color, Penned & Pictured , published by Cassel & Co. Ltd. London-Paris Melbourne, 1889-1892."

 

Walter Crane (1845-1915)

Walter Crane (1845-1915)

 

 

Émile Zola (1840-1902) écrivain et journaliste français


Le Rêve 


.."le pré semblait s’être fleuri soudain de nappes neigeuses de pâquerettes"...
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

Jules Camus (1847-1917) scientifique français
Philologue, professeur à l'École militaire de Modène. - Botaniste


Dans le tableau
des Plantes figurées dans les Heures d'Anne de Bretagne
P. 158. Paqueretes. — Consolida minor. — Bellis perennis L. Petite marguerite, pâquerette cultivée. (Fleurs doubles entièrement blanches.)

 

Ancien français, Récept., p. 10.
"A home qui est navrez, pour savoir se il garira ou non, prenez menue consode, si la triblez bien et destrampez de vin blanc, si li donnez à boire ; se il vomist, il mourra et se y retient, il vivra." 

 

gravure de paquerette bellis perennis

gravure de paquerette bellis perennis

 

 

XX° siècle

 

 

1910


Poésie et musique de Tristan Regual


Beau page

*
Légende de la paquerette

 


..."Beau Page moult aimait sa reine Paquerette

Tant jolie que fleurette, Que gentil moi de mai

Eclot en la prairie, Que fleurette gentille."...
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 


 C'est après la Grande Guerre, que le coquelicot, le bleuet et la pâquerette deviennent des fleurs commémoratives. Alors que les Britanniques ont adopté le coquelicot comme fleur de mémoire, les Français ont adopté le bleuet comme symbole de souvenir et de solidarité, et les Belges ont choisi la pâquerette en raison de sa couleur blanche, évocatrice de la paix.


Ce n'est que dans les années 1930 que la pâquerette a été officiellement adoptée par les Belges : sous l'égide de la Princesse Jean de Mérode, née Princesse de la Beauffremont Courteny, la "Fédération Interalliée des anciens combattants (FIDAC) " crée en effet alors le fonds de "La Pâquerette de l'Ancien Combattant de l'Yser". Ce Fonds a vendu des pâquerettes pour venir en aide aux anciens combattants.

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis


 

 

 

Philéas Lebesgue, (1869-1958) écrivain français à la fois poète, romancier, essayiste, traducteur et critique littéraire au Mercure de France.

 

 

"Pâquerette"

 

Pâquerette, pâquerette,

Il y a des gouttes d’eau

Sur ta collerette

Et tu plies un peu le dos…
 

Pâquerette, pâquerette,

Le beau soleil printanier

Viendra-t-il les essuyer ? 

 Pâquerette, pâquerette,

Qui souris près du sentier,

Je te le souhaite… 
 

 Pâquerette, pâquerette,

Il y a sur ton cœur d’or

Un frelon en fête ;

Tant il est ivre qu’il dort !

 

Pâquerette, pâquerette,

L’aile du vent printanier

Va-t-elle le balayer ? 

 Pâquerette, pâquerette,

Qui rêves près du sentier,

Je te le souhaite.
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

Cicely Mary Barker, née le 28 juin 1895 et morte le 16 février 1973, est une illustratrice britannique connue pour ses illustrations de fées et de fleurs. 

D'après son ouvrage intitulé "The Flower Fairie"

 

La Magie du Printemps

 

Oubliant sa vieillesse

Le monde chaque année

Sent que la vie renaît

Quand les bourgeons paraissent

 

Oubliant sa vieillesse

Quand vient la pâquerette

Le grand monde est en fête

Et chasse sa tristesse

 

Oubliant sa vieillesse

Quand le printemps surgit

Le monde rajeunit

Et les fées sont en liesse

Cicély Mary Barker  fée pâquerette

Cicély Mary Barker fée pâquerette

 


1999


de Antoon Krings - Gallimard jeunesse


Lorette la pâquerette


...Il arrive que les petites filles, qui naissent d’habitude dans les roses, voient parfois le jour dans d’autres fleurs. Et personne ne vient les y chercher. C’est ainsi que Lorette naît un jour chez une modeste pâquerette. Ayant à cœur de l’élever, la petite fleur lui apprend l’élégance des belles du jardin et leur langage fleuri ; si bien que Lorette devient la plus gracieuse des pâquerettes. Elle s’aperçoit vite que de rester immobile des journées entières sur un pied est une chose très ennuyeuse. Elle met le parterre en émoi. Même les abeilles sont troublées…

 Lorette la pâquerette

Lorette la pâquerette

 

France Wagner (1943) peintre expressionniste

 

Jeune fille aux pâquerettes


 

9b France Wagner jeune fille aux pâquerettes

9b France Wagner jeune fille aux pâquerettes



Donald James Zolan (1937 - 2009)


Il est considéré comme le peintre des enfants. Il sait capturer les moments magiques de l'enfance.


Enfants et pâquerettes

 Donald Zolan enfants et pâquerettes

Donald Zolan enfants et pâquerettes

 

 

Jérémy Brion 
Photographe rêveur

 

Fée pâquerette
 

la fee paquerette - Jeremie Brion

la fee paquerette - Jeremie Brion


 

 Les pâquerettes ont donné naissance à quelques expressions

 

 

- "Au ras des pâquerettes" 


signifie physiquement très bas, la pâquerette étant une petite fleur. Mais très vite, un sens figuré voit le jour. La langue française a tendance à se servir des métaphores. D'un niveau peu élevé, terre-à-terre dans son sens propre. Désolant, minable dans son sens figuré.


Le XVIe commence à évoquer cette expression "ras terre avec les pâquerettes" puis elle est reprise au XVIIIe avec "à ras de terre avec les pâquerettes". Petit à petit, "de terre avec" est supprimé. L'image de la pâquerette est conservée pour son caractère médiocre, banal.

 

 

- "Aller aux pâquerettes"


Autrefois les terrains de foot n'étaient pas très bien tondus, notamment les cages de buts car elles n'étaient pas démontables.  Dès le printemps le gazon s'ornait de pâquerettes. Le gardien qui encaissait un but était "envoyé aux pâquerettes" quand il devait aller récupérer le ballon après chaque but encaissé.


L'expression "aller aux pâquerettes" s'est introduite dans le langage populaire pour illustrer quelqu'un venant de subir un échec .
La même expression veut aussi dire quitter la route  par accident, se retrouver sur le bas-côté ou dans un champ, où poussent les pâquerettes.

 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

 Propriétés médicinales de la pâquerette

 

Ignorée par les thérapeutes de l'Antiquité, il fallut attendre la Renaissance pour découvrir, les vertus de la paquerette. À cette époque, elle très connue en médecine traditionnelle pour faire transpirer, comme diurétique, dépuratif et expectorant. 


Au XVIII° siècle, en Allemagne, une ordonnance de 1793 considére la paquerette comme abortive et dicte sa destruction car on croyait qu'elle était abortive. (Les plantes dites abortives comptent, parmi leurs composés, certains principes actifs qui peuvent favoriser le début des contractions, déclenchant ainsi un avortement, surtout au cours des premiers mois de grossesse.


Au début du XIXe siècle, le docteur Joseph Roques, auteur d'ouvrages de phytothérapie, prescrit la pâquerette contre les constipations opiniâtres. Quelques années plus tard, le docteur Cazin, qui recommande aussi le suc de pâquerette contre les engorgements abdominaux, confirme ses bienfaits sur les intestins paresseux lorsqu'elle est consommée en salade.

 

Par voie orale, elle lutte contre la toux et la bronchite, adoucit la laryngite. Son action diurétique est mise à profit lors d'oedèmes et de douleurs rhumatismales.

 

En usage externe, on l'utilisera pour lutter contre les affections de la peau et les furoncles. Apaisante, la pâquerette est surtout l'amie des personnes stressées.


En cosmétique, la macération de fleurs de pâquerette dans l'huile a la réputation de raffermir les peaux relachées.


La pâquerette contient des saponines aux effets expectorants: voies respiratoires, fonction digestive. 


Le thé de pâquerette, pris trois fois par jour entre les repas, réussirait très bien, parait-il, aux enfants maigres.
 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

La pâquerette en cuisine

 


Au lieu d’être coupée par les tondeuses à gazon, la petite pâquerette devrait plutôt être cueillie. Elle a tant à nous donner.

 


- en farce ou au vinaigre


À l'exception de la racine, toute la pâquerette est utilisée côté cuisine. C’est une petite plante riche en calcium. Légèrement aromatique et croquante, la jeune feuille de pâquerette est délicieuse mêlée à une salade composée de printemps. 


Seule et crue, elle a un petit goût âcre qui peut irriter la gorge. Celui-ci disparaît à la cuisson. La fleur est aussi comestible et très décorative. 
Cuites, les pâquerettes, ajoutées à d'autres légumes pour des soupes, terrines, purées, participeront aussi à l'élaboration des farces (pour les cannellonis ou les lasagnes végétariennes). 


Les boutons seront conservés au vinaigre en guise de condiment.

 


- boisson
Les fleurs entrent dans la préparation d'une boisson fermentée. Il est possible d’en faire une infusion ou thé  : il suffit de mettre des fleurs de pâquerette dans un bol en verre rempli d’eau, d’exposer le tout au soleil pendant 3 à 4 heures, puis de filtrer. Il ne reste plus qu’à boire sans tarder cette synergie d’énergies subtiles concentrées. 

 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis

 

 

Langage de la pâquerette

 

Symbole d'amour et d'affection de joie d'aimer et de tendresse absolue, d'innoncence, la pâquerette parle toujours d'amour :


- je t'aime, un peu, passionnément, à la folie ou pas du tout
C'est le bouquet préféré des enfants.

 

La pâquerette blanche "fidélité"
- Je te serai fidèle

 

La pâquerette rose "amour tendre"
 - Tendresse et amour

 

Mythologie des fleurs - la pâquerette (petite marguerite) Bellis perennis
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28 mars 2021 7 28 /03 /mars /2021 18:10


 

Jules Coste  (1828-1883), Auteur et compositeur opérettes

Pâquerettes et soucis : poésies intimes

 

 

Aux pâquerettes


Quoiqu'aux arbres voisins ricanent les chouettes,

Que les boeufs alourdis fourragent les prés verts,

Et qu'un brouillard de mort envahisse les airs,

Reste d'un doux printemps, fleurissez, Pâquerettes !

 

Fleurissez ! - Puis, s'il faut, au gré des destinées,

Qu'au sein d'êtres chéris l'oubli vous prenne un jour,

Qu'on vous ensevelisse auprès de leur amour,

Dans le même cercueil, ô pauvres fleurs fanées !  

 Jules Coste  (1828-1883) - Auteur et compositeur  -  Aux pâquerettes
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