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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 17:43

 

 

Suite à l'assassinat du commandant allemand de Nantes, le 20 octobre, en plein centre de Nantes, le 22 octobre 1941, en début d'après-midi, les gardes allemands assistés d'un lieutenant français procèdent à l'appel des 48 prisonniers, otages dans les baraques du camp de Choisel-Châteaubriant.


Les futures victimes ont 30 minutes pour écrire une dernière lettre à leurs proches. Après quoi, ils montent dans les camions qui vont les transporter à la carrière de la Sablière, à deux kilomètres du camp.


Ils refusent de se faire bander les yeux. Face au peloton d'exécution, 9 poteaux. Les victimes meurent en chantant la Marseillaise. Parmi elles, Guy Môquet (17 ans).


René Guy Cadou rejoignait alors en vélo l’école du village où il enseignait. En chemin, il les croise et fige ce souvenir terrible dans un poème qui fera partie de son recueil "Pleine Poitrine".

 

René-Guy Cadou, (1920-1951) poète français
"Pleine poitrine"  1946

 

Les Fusillés de Châteaubriant 

 

Ils sont appuyés contre le ciel

Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel

Avec toute la vie derrière eux

Ils sont pleins d’étonnement pour leur épaule

Qui est un monument d’amour

Ils n’ont pas de recommandations à se faire

Parce qu’ils ne se quitteront jamais plus

L’un d’eux pense à un petit village

Où il allait à l’école

Un autre est assis à sa table

Et ses amis tiennent ses mains

Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent

Ils sont bien au-dessus de ces hommes

Qui les regardent mourir

Il y a entre eux la différence du martyre

Parce que le vent est passé là ils chantent

Et leur seul regret est que ceux

Qui vont les tuer n’entendent pas

Le bruit énorme des paroles

Ils sont exacts au rendez-vous

Ils sont même en avance sur les autres

Pourtant ils disent qu’ils ne sont pas des apôtres

Et que tout est simple

Et que la mort surtout est une chose simple

Puisque toute liberté se survit.

 

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2 mai 2020 6 02 /05 /mai /2020 14:03

 

Mythologie

 

La pivoine

.
 

Elégante, gracieuse, raffinée, fleur emblématique, la pivoine est la reine du jardin et des parcs. Pendant sa floraison, elle attire tous les regards, en offrant ses opulentes fleurs rondes, aux teintes délicates, délicieusement parfumées.


La pivoine se décline soit en vivaces herbacées formant une touffe (pivoine herbacée dite pivoine de Chine), soit en arbustes ou sous-arbrisseaux (pivoine arbustive). 


Un peu capricieuse, la pivoine peut mettre 2 à 5 ans avant de fleurir. Elle est rustique, avec une grande longévité : plus elle vieillira et plus elle fleurira ! 


C'est une vivace, de la famille des Paéoniacées originaire de diverses régions de l’Europe à l’Extrême-Orient, notamment de Chine, où elles sont associées à la ville de Luoyang, ainsi que de l’ouest des États-Unis.


Sa floraison odorante, dure environ 15 jours, de mai à juillet et se décline en une multitude de nuances, blanches, roses, rouges, jaunes, pourpres. Certaines espèces sont très précoces, d'autres tardives. 


La plantation de ces pivoines s'effectue de septembre à mai, avec une préférence pour l'automne. 


La pivoine apprécie un sol profond, riche, bien drainé, plutôt humifère. Une exposition ensoleillée sans soleil brûlant lui convient, bien qu'elle tolère un endroit exposition légèrement ombragé. Elle doit être abritée des courants d’air et des vents froids desséchants. La terre doit être poreuse pour éviter l'eau stagnante. 


Attention, si la pivoine se plait, ne la déplacez plus car elle boudera...
 

Mythologie des fleurs - la pivoine


La Pivoine herbacée 


Pivoine de Chine (Paeonia lactiflora) 


les tiges sont dressées, avec plusieurs fleurs odorantes. Les Feuilles sont divisées, vert foncé en touffe étalée. Plusieurs fleurs odorantes par tige. Il existe de nombreuses variétés. Elle atteint  50 à 120 cm.
La Pivoine de Chine (Paeonia lactiflora) est une espèce de plantes herbacées vivaces de la famille des Paeoniaceae, originaire d'Asie centrale et orientale (de l'Est du Tibet en passant par le Nord de la Chine jusqu'à l'Est de la Sibérie).

 

- Albert Crousse,  à fleurs doubles, rose tendre teinté de crème, parfumées.

pivoine Albert Crousse


- Festiva Maxima, à fleurs blanches maculées de carmin et parfumées.

pivoine Festiva Maxima


- Kimo Kimo, à fleurs simples, rouge carmin lavé de grenat.

pivoine kimo kimo


- Monsieur Jules Elie, à grosses fleurs rose argenté, parfumées.

Mr Jules Elie


- Sarah Bernhardt, à fleurs doubles, rose tendre, parfumées.

pivoine Sarah Bernhardt

 

- Néon, (japonaise) à fleurs semi-double, rose foncé lumineux 

pivoine japonaise Néon

 

Pivoine des jardins (Paeonia officinalis )


Les tiges sont dressées avec des fleurs solitaires (une par tige). Les feuilles sont divisées, vert foncé, volumineuses. Elle atteint 50 à 80 cm.


- Mollis, à fleurs simples, rose vif.

pivoine mollis (paeonia officinalis)

 


- Rosea Plena, à fleurs doubles, rose vif.

pivoine rosea plena (paeonia officinalis)

 


- Rubra Plena, à fleurs doubles, rouge intense.

pivoine rubra plena (paeonia officinalis)


 

La pivoine mâle ou pivoine coralline (Paeonia mascula) 


est une vivace de la famille des Paeoniaceae, répandue de la France, de l'Italie et de l'Algérie jusqu'à la Russie.

L'histoire des dénominations de cette espèce est assez compliquée.

Au 1° siècle, le médecin grec Dioscoride donna la description de deux pivoines qu'il appela mâle et femelle, correspondant aux actuelles Paeonia mascula et Paeonia officinalis. À l'origine de la nomenclature moderne, Linné unifia toutes les pivoines connues de lui sous le nom de Paeonia officinalis avec deux variétés, feminea et mascula, cette dernière étant l'espèce considérée ici.
Les tiges dressées avec des fleurs solitaires, du rose au rouge, avec des étamines longues, pollinisées par les insectes. Les feuilles vertes foncées. La floraison se fait en une semaine, entre avril et juin.
 

pivoine mâle (Paeonia mascula)

 

La pivoine Tenuifolia (Paeonia Tenuifolia) 


vivace, mesurant de 30 à 60 centimètres de hauteur. Son feuillage est touffu composé de nombreux folioles et lobes fins et allongés. Les fleurs semblent flotter sur les touffes de feuillages. Elles sont d'un rouge cramoisi intense, iridescent et très lumineux, avec de nombreuses étamines jaunes au centre.


Elle est très caractéristique de la steppe où elle peut parfois couvrir de vastes espaces. De toutes les espèces de pivoines, elle est l'une de celles qui fleurissent le plus tôt au printemps.


Elle habite essentiellement la steppe  en Ukraine, en Crimée, sud-est de la Russie d'Europe, et nord-ouest du Kazakhstan, dans les Balkans, en Roumanie, Bulgarie et ex-Yougoslavie, mais aussi dans le Caucase.

pivoine tenuifolia (paeonia tenuifolia)

 


Pivoine en arbre (Paeonia suffruticosa)


est originaire de Chine et plus précisément de l'Himalaya. C'est un petit arbuste au port arqué, à la croissance lente.

Elle a des branches ramifiées, peu nombreuses. Les fleurs sont solitaires très volumineuses. Son feuillage est découpé, vert clair. Sa croissance est lente, elle atteint 1 à 1,50 m. 

 

- Godaishu, à grandes fleurs blanches semi-doubles.

pivoine en arbres Godaishu (paeonia suffruticosa)


 

- Reine Élisabeth, à fleurs doubles, 

Pivoine Reine Elisabeth 

 


- Golden Vanities, à grandes fleurs simples jaunes, légèrement parfumées.

pivoine en arbre Golden Vanities

 

 

Les pivoines x Itoh ou pivoines intersectionnelles (Paeonia x Itoh) 


sont des hybrides entre pivoines arbustives et pivoines herbacées florifères, issues d'un croisement réalisé au Japon par Toichi Itoh en 1948, environ 90 cm. 


- Julia Rose, ses fleurs se succèdent sur une plus longue période que les autres variétés herbacées. En juin, ses fleurs semi-doubles sont bien ouvertes sur le cœur d'étamines. Sa Corolle en boutons rouges s'ouvrant en blanc et rose sur des étamines jaunes.
 

pivoine itoh -julia rose

 

Variétés de pivoines conseillées pour avoir de belles fleurs.


De nombreux cultivars de pivoines arbustives ont été développés parmi lesquelles citons : Paeonia suffruticosa "Banksii" fleurs rouge pourpré avec du blanc sur la pointe, 


Paeonia suffruticosa "Godaishu", aux fleurs blanches semi-doubles chiffonnées et étamines jaune, 


Paeonia suffruticosa "Kamata-nishiki" aux fleurs doubles mauve-rougeâtre, 


Paeonia suffruticosa "Reine Elisabeth" à fleurs semi-doubles rose saumoné avec ondulation du bord des pétales...

 

La pivoine tient longtemps en bouquet, mais il faut la cueillir quand elle est au stade du bouton ouvert et la mettre immédiatement dans l’eau.

 

 

 

Etymologie : Paiōnia passe au latin impérial sous la forme paeonia. 
qui a donné l’ancien fançais "pyoine" issu du grec "payoni " féminin substantivé de l’adjectif "paionios" qui signifie relatif à Paeôn, propre à guérir. 


De "Paeôn" littéralement le guérisseur, le secourable.


et du latin "paeān" (un hymne , en particulier un hymne de victoire,  à Apollon ou un autre dieu ), du grec "paiā́n ", un chant ou une chanson, en particulier un hymne d'action de grâces ou de victoire, à Apollon.


Les anciens Grecs dénommaient aussi la pivoine paiônia


L’association entre le nom de la fleur et celui du dieu s’explique par le fait que la pivoine était utilisée chez les Grecs pour ses propriétés médicinales, surtout pour les maladies dites propres aux femmes (menstruations, fausses couches, etc.).


Chez les Grecs archaïques, Péan, Péon (en grec Paiếôn ou Paiốn) est d'abord un dieu guérisseur associé à un chant, puisqu'il est mentionné dans les tablettes en linéaire B* de Cnossos en Crète. 


*Le linéaire B apparaît en Crète à Cnossos aux environs de 1375 av. J.-C. Il y a été découvert, avec le linéaire A, en 1900 par Sir Arthur Evans. C'est un syllabaire utilisé pour l'écriture du mycénien, une forme archaïque du grec ancien. Il se compose d'environ 87 signes. Les nombres sont décimaux, les poids et mesures sont d'inspiration babylonienne. Le linéaire B est complètement oublié dès le début du premier millénaire avant J.C. ; il sera par la suite remplacé par l'alphabet grec, avec lequel il n'a aucun lien.
Paeôn était un dieu grec, disciple d’Asklépios dieu de la médecine. Il exerçait la fonction de médecin des dieux et avait été chargé par la déesse Léto, la mère du dieu Apollon, de lui apporter la racine d’une plante magique qui poussait au pied du Mont Olympe. qui fut nommée paéonia.


Il soigna et guérit Hadès et Arès de leurs blessures de guerre. Le mot devient ensuite une épiclèse d'Apollon et d'Asclépios, avant de désigner un chant d'action de grâces en l'honneur du dieu.

Tablette inscrite en linéaire B, XIII° siècle av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes

La pivoine  faisait partie de la famille des Renonculacées juqu'en 1950 où elle se distingua en créant sa propre famille, "Paéoniacée", 


On la surnomme aussi "herbes du Mallet", "herbes Sainte-Rose", "Rose de pentecôte", "pivoine femelle", "Pione" et "Péone". 


On la qualifie aussi d’herbe de Saint-Valentin : les médecins de l’Antiquité la recommandaient contre l’épilepsie, on invoquait ce saint, pour la guérison de cette maladie. Les scientifiques d’aujourd’hui ont bien identifié un composé anticonvulsivant dans la racine de pivoine, mais elle n’est plus utilisée dans cette indication.

pivoine officinale

 

 

La pivoine était aussi appelée  : "Rose de Notre-Dame" 

L'esprit des fleurs - (mythes, légendes & croyances)
De Hélène Dubois-Aubin - 2002

....fleur sans épine, aux teintes flamboyantes se vit rebaptisée "rose de Notre-Dame" en l'honneur de la Vierge à qui elle fut consacrée..... 


et sans doute parce que le mois de mai était traditionnellement le "mois de Marie " .

 


la "Rose sans épines" rend justice à sa beauté et à son absence d'épines .


 

 

Pivoine (s.m.)  

est aussi attribué à un oiseau granivore nommé "La pyrrhule vulgaire", plus connu sous le nom de bouvreuil. C'est dû à sa gorges rougeâtre comme la pivoine et le chant fort agréable. 

 

 

Il y a environ 3000 ans, la Chine commença à cultiver la pivoine comme plante médicinale pour traiter diverses affections, comme la paresse hépatique ou les faiblesses du sang. 


La première mention du terme sháoyào se trouve dans le Shijing, le Livre des Odes, composé du XI° et V° siècle avant J.C.. Il fut longtemps utilisé comme un générique de pivoine, aussi bien herbacée qu'arbustive.

le Shijing

 

Homère (poète) de la fin du VIII°  av. J.-C. -


a écrit  dans

L'Iliade V - trad. Leconte de Lisle (1866)


- le chant V de l’Iliade, 


Arès, Mars* 
Hadès, Pluton*
Hercule, Héraclès*
Zeus, Jupiter*
*chez les romains 

 

Et dès que le fléau des hommes, Arès, eut aperçu le divin Diomèdès, il laissa le grand Périphas étendu dans la poussière, là où, l'ayant tué, il lui avait arraché l'âme, et il marcha droit à l'habile cavalier Diomèdès. 


Et quand ils se furent rapprochés l'un de l'autre, Arès, le premier, lança sa pique d'airain par-dessus le joug et les rênes des chevaux, voulant arracher l'âme du Tydéide ; mais la divine Athènè aux yeux clairs, saisissant le trait d'une main, le détouma du char, afin de le rendre inutile. Puis, Diomèdès hardi au combat lança impétueusement sa pique d'airain, et Pallas Athènè la dirigea dans le bas ventre, sous le ceinturon.


Et le Dieu fut blessé, et la pique, ramenée en arrière, déchira sa belle peau, et le féroce Arès poussa un cri aussi fort que la clameur de dix mille guerriers se ruant dans la mêlée. ......


......Arès apparut au brave Tydéide Diomèdès, tandis qu'il traversait le vaste Ouranos, au milieu des nuages. Et il parvint à la demeure des Dieux, dans le haut Olympos. Et il s'assit auprès de Zeus Kroniôn, gémissant dans son coeur ; et, lui montrant le sang immortel qui coulait de sa blessure, il lui dit en paroles ailées :


- Père Zeus, ne t'indigneras-tu point de voir ces violences ? ......


......Et Zeus qui amasse les nuées, le regardant d'un oeil sombre, lui répondit :


- Cesse de te plaindre à moi, Dieu changeant ! Je te hais le plus entre tous les Olympiens, car tu n'aimes que la discorde, la guerre et le combat, et tu as l'esprit intraitable de ta mère, Hèrè, que mes paroles répriment à peine. C'est son exemple qui cause tes maux. Mais je ne permettrai pas que tu souffres plus longtemps, car tu es mon fils, .......


.....Il parla ainsi et ordonna à Paièôn de le guérir, et celui-ci le guérit en arrosant sa blessure de doux remèdes liquides, car il n'était point mortel. 


Aussi vite le lait blanc s'épaissit quand on l'agite, aussi vite le furieux Arès fut guéri. Hèbè le baigna et le revêtit de beaux vêtements, et il s'assit, fier de cet honneur, auprès de Zeus Kroniôn. Et l'Argienne Hèrè et la Protectrice Athènè rentrèrent dans la demeure du grand Zeus, après avoir chassé le cruel Arès de la mêlée guerrière.

Le combat de Mars contre Minerve par Jean-Louis David

 

Dioné mère d'Aphrodite, raconte à cette dernière (blessée par Diomède) comment Héraclès blesse Hadès d'une flèche à l'entrée des Enfers et "le laisse au milieu des morts" ; Hadès blessé par Héraclès doit monter dans l'Olympe pour se faire soigner par Péan. 


"Péan sur lui répandit des poudres calmantes, et il put le guérir, parce qu'il n'était pas né mortel."

 

(Les commentateurs antiques ont fourni plusieurs explications à ce passage curieux : l'épisode peut prendre place lors de la descente aux Enfers du héros pour capturer Cerbère.) 


La poudre de racines de ses plantes fut nommée "paeonia"

Hercule arrache le chien Cerbère de l'enfer

 

 

Il est dit aussi :

Léto, déesse de la fertilité  la mère d'Apollon, avait chargé Paeon disciple d'Asclépius, dieu de la Médecine,  de lui apporter, à des fins thérapeutique,  la racine d'une plante magique qui poussait au Mont Olympe. Cette racine était réputée pour soulager la souffrance des femmes lors de l'accouchement.


Lorsque  Asclépius apprit que Paeon avait trouvé cette racine, il devint jaloux et voulut le tuer. Léto supplia Zeus, d'intervenir afin de sauver Paeon de la colère de son Maître. Et Zeus intervnt en transformant Paeon en pivoine !

peonia officinalis 1871


 

Au chant I, les Achéens sont contraints d'apaiser la colère d'Apollon en chantant un péan (ou en chantant Péan : le texte grec ne permet pas de décider) afin que le fléau qui ravage leur camp cesse.


L'expression "fils de Péan" est ensuite employé pour désigner les médecins. Ainsi dans l’Odyssée (IV, 231-232),

quand Hélène de Troie évoque l'Égypte :


"Tous les hommes y sont, plus que partout ailleurs au monde,
D'habiles médecins, car ils ont du sang de Péan"


Péan cesse d'être associé spécifiquement au champ de bataille, comme c'est le cas dans l'Iliade et dans les premières occurrences du nom sur des tablettes en linéaire B de Cnossos (où il est associé à la fois à la guérison guerrière et au chant de victoire des hommes).


Le nom devient ensuite une épiclèse du dieu Apollon, dans son rôle de guérisseur.
Homère  le poète rend hommage à la science médicinale des Égyptiens, qu'il qualifie de "fils de Péan".

Hélène, Vénus et Pâris par Angelica Kauffmann

 

XIe au Ve siècle avant JC


A l’époque des Sui (581-618) le terme de sháoyào a été fermement attaché à la pivoine herbacée, et celui de mǔdān à la pivoine arbustive.


La pivoine herbacée appelée en chinois sháoyào (Paeonia lactiflora), a été cultivée avant tout comme plante médicinale. le second caractère yào désigne par lui-même un médicament. Sa racine, pelée puis découpée en tranches, est connue en tant que substance médicale sous le nom de Radix Paeonia Alba pinyin : báisháoyào.

 


La pivoine arbustive mǔdān,(Paeonia suffruticosa) est surtout appréciée comme ornementale.


 

 

460-470 av. J.C.


Depuis l'antiquité les grecs utilisaient la pivoine herbacée comme plante médicinale. Elle fut prescrite comme remède aux femmes par Hippocrate (460-370 av. J.-C.) qui la prescrivait comme remède pour soulager les douleurs et maux qui touchent les femmes :


"De la nature des femmes t VII, trad. Littré"


il est écrit :


"Remède qui attire les règles et qui les fixe. Ayez trois ou quatre graines de pivoine, noires ou rouges : pilez-les dans du vin et faites boire." ou "Prenez du peucedanum (peucedanum officinale), du panaces (echinophora tenuifolia), de la racine de pivoine, et faites prendre dans le vin. Ceci expulse l'embryon mort et les secondines." 

Hippocrate refusant les présents d'Artaxerxès - Anne-Louis Girodet  (1767–1824)

 

371-288 av. JC


La pivoine est à cette époque une plante magique, avec une cueillette rituelle
Histoire des plantes, IX, 8, 6.


Théophraste  écrit : 

"Cette plante, que l'on appelle aussi γλυκυσίδη / glukusidê, doit être arrachée la nuit ; si on l'arrache de jour, et que l'on est vu par un pivert en train de cueillir le fruit, on risque de perdre les yeux, et si on coupe la racine, on risque la procidence de l'anus"

 

 

 

129-V.201
Galien (en grec Galīnós / Galênós ; en latin : Claudius Galenus 129 -V.201) médecin grec qui exerça à Pergame et à Rome où il soigna plusieurs empereurs et d'autres  médecins grecs utilisaient également la pivoine dans leurs pharmacopées.

 

 

 

1° siècle
Pline l’Ancien (en latin Gaius Plinius Secundus - 23- 79 ap. JC, est un écrivain et naturaliste romain, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).


Histoire Naturelle, livre XXV, 29 il est écrit :
"La prescription de "l'arracher la nuit, parce que, si le pivert s'en aperçoit, il attaque les yeux pour la défendre" Pline l'Ancien l'écrivit également . Ceci témoigne simplement de l'alliance entre deux êtres animés, la pivoine et le pivert.

"Histoire Naturelle" de Pline l'Ancien (manuscrit du milieu du xiie siècle, coll. de l'Abbaye de Saint-Vincent du Mans, France)

 

 

Guy  Ducourthial  -  Flore magique et astrologie de l'Antiquité


"Botanique, magie, astrologie et médecine se trouvaient intimement liées dans l’Antiquité, et s’associaient même, aux premiers siècles de notre ère, dans un système cohérent, bien que fort éloigné de nos conceptions scientifiques."


"Les divinités, astres, pierres, animaux, plantes, parties du corps étaient reliés entre eux. La pivoine était reliée à la Lune, elle croissait et diminuait selon les phases lunaires. Elle avait la vertu de soigner les fièvres cycliques, les éruptions cutanées, et de hâter la cicatrisation des plaies"....
 

 

I° siècle

 


Pedanius Dioscoride (grec  Pedanios Dioskoridês - 20 et 40 ap. J.-C., -v. 90 ap. J.-C. C'est un médecin, pharmacologue et botaniste grec dont l'œuvre a été une source de connaissances majeures.

 

Il décrivit deux pivoines qu'il appela mâle et femelle, correspondant aux actuelles Paeonia mascula et P. officinalis. 


..."La pivoine / glykysidé ...,certains appellent sa racine paionia, d'autres aglaophotis . Sa tige est d'un pied et demi et se divise en plusieurs branches. La pivoine mâle a des feuilles semblables à celles du noyer mais celles de la femelle sont découpées comme celles du maceron de Crète (Smyrnium perfoliatum). Elle porte à l'extrémité des tiges des gousses ressemblant aux amandes qui, lorsqu'elles s'ouvrent, révèlent de 5 à 6 petites graines rouges comme ceux des grenades - noires au milieu et tirant sur le rouge.

La racine de la pivoine mâle est de la grosseur d'un doigt et de la longueur d'un pan et astringente au goût. La racine de la femelle a 7 à 8 bulbes attachés ensemble comme l'asphodèle ".

Pivoine officinale - fruit - illustration botanique

 

 

Mythologie chinoise 


Bai Mudan - Pivoine Blanche


Bai Mudan romanisé sous le nom de Pai Mu-tan, est un personnage de la mythologie chinoise. Elle est décrite comme la plus belle courtisane de la ville de Luoyang et une réincarnation de la fée pivoine.


Sa réputation de séductrice fait de Pivoine blanche, aka Bai Mudan, une figure déifiée  qui tente les hommes, ou plus précisément les ascètes.
 

 

 

1° siècle 


La pivoine mudan a été renseignée comme plante médicinale dans le premier traité de materia medica chinois, le Shén nóng běn cǎo jīng, compilé au début de notre ère. Le texte ne décrit pas les plantes, mais donne des indications :


"Mudan (Cortex radicis moutan), la pivoine est amère et froide. Elle traite principalement le froid et le chaud, les attaques, les spasmes, la tétanie, l'épilepsie de mauvais qi. Elle élimine les épaississements, les stases sanguines dans l'estomac et l'intestin, calme les cinq viscères, et guérit les abcès et les blessures. Elle s'appelle aussi Lujiu ou Gushu. Elle croît dans les montagnes et les vallées."
 

 

 

605-618

 

Adulée pour sa beauté tout autant que pour ses vertus médicinales, elle est encore cultivée pour extraire l'écorce des racines qui rentre dans la composition de certains médicaments.

La substance active est la paeoniflorine qui est analgésique, anti-inflammatoire, antispasmodique et sédative. En phytotérapie, elle est traitée en infusion ou en décoction. 


 
En Chine l'empereur Sui Yangdi (Yang-ti 569-618) plaçait la pivoine arbustive sous protectorat impérial. Elle était vénérée comme fleur nationale, et certaines variétés étaient vendues 100 onces d'or (environ 3 kg) la plante, un prix qui ferait rêver les pépiniéristes actuels!

 

Des motifs de pivoines ornent les objets d'art, vases, assiettes, lingerie... 

 

 

Wu Zetian (624-705), fut la seule impératrice régnante de toute l'histoire de Chine. Elle fonda sa propre dynastie, la dynastie Zhou, deuxième du nom dont elle fut , sous le nom d'empereur saint et suprême, de 690 à 705, la seule Monarque.


Dans le roman "Les fleurs dans un miroir" de Li Ju Chen, l'action se déroulant sous le règne de Wu Zetian, emprunte quelques éléments historiques. Wu Zetian commande aux fleurs. Exemple de mélange historico-fantastique :  l'impératrice ordonne à cent fleurs de s'épanouir par une nuit d'hiver vers l'an 700. Seules les pivoines restèrent sourdes à son appel, ce qui leur valut d'être bannies de Chang'an pour Luoyang, la capitale secondaire, dont elles sont devenues l'emblème.

 


 

Au Japon, la pivoine fut importée vers 700.  


A cette période, alors qu'elle n'était utilisée auparavant que pour ses propriétés médicinales, commence à être appréciée et travaillée  pour sa valeur ornementale.


Quand elles débarquent au Japon, en 730, doubles, charnues, échevelées, les Japonais les modifient. Grâce à de multiples croisements, ils en font des fleurs plus simples, comme épurées, zen en un mot. Eux aussi en décorent abondamment porcelaines et poteries. Jusqu'au XVIIIe siècle, tout ce qui concerne la pivoine arbustive vient de Chine ou du Japon. 

 

 

 

Wang Wei (701-761) poète, peintre, musicien chinois de la période Tang. 

 

Les Pivoines rouges.


Un vert délicat reposant et tranquille ;

Une robe rouge entre rose et cramoisi.

Son coeur affligé est sur le point de se rompre ;

L’éclat du printemps peut-il en tenir compte ?

 


 

Li Bai  (701-762), est l'un des plus grands poètes chinois de la dynastie Tang.

 

Ces trois poèmes sont une Ode à Yang Guifei* et aux pivoines

 

Ce jour là est le premier jour de la floraison des pivoines. 

 

"Les nuages sa parure, son visage une fleur

Le vent printanier caresse la balustrade, la fleur s'imprègne de rosée

Ne pas la rencontrer sur le mont de jade?

La retrouver sur la terrasse de jade sous la Lune".


 
"De la belle fleur rouge la rosée concentre le parfum.

Nuages et Pluie, la nymphe de Wu shan, en vain nous brise le coeur

Dans le palais des Han à qui la comparer?

A la ravissante Fey yen dans sa parure nouvelle".

 

"Fleur précieuse et beauté fatale toutes deux se réjouissent

L'Empereur souriant les contemple,

L'infinie mélancolie dans le vent printanier se dissipe,

Lorsqu'au Pavillon de Santal elle s'appuie à la balustrade au nord".

 

 *La belle Yang Yuhuan (719-756), connue généralement sous le surnom de Yang Kuei fei était la concubine favorite de l'empereur Xuanzong des Tang, qui régna de 712 à 756. Bien qu'elle ait été une concubine de haut rang, elle ne s'est jamais mêlée de politique (contrairement à Wu Zetian). Elle est l'une des quatre beautés de la Chine antique. Elle a vécu sous la dynastie Tang, 

Yang Guifei

 

Yuan Zhen (779-831) prosateur, poète et homme politique de la dynastie Tang.
 

"Au palais où s'arrête l'empereur en voyage

Dans le jardin silencieux du vieux palais de l'empereur,

Les pivoines bien que d'un rouge éclatant sont esseulées,

Tandis que les dames de la Cour aux longs cheveux blancs,

Désoeuvrées débattent de l'empereur Xuanzong."

 

Le début du règne de Xuanzong (712 à 756) est la période la plus faste de la dynastie Tang sur le plan des arts et des lettres. Xuanzong est lui-même peintre et poète, comme ses contemporains Li Bai (701-762) et Du Fu (712-770). 

 

-

 

An 960-1279

 

En Chine, la  pivoine herbacée, appelée en chinois sháoyào, a  été cultivée avant tout comme plante médicinale. Le second caractère yào en est venu à désigner par lui-même un médicament. 


La pivoine herbacée sháoyào n’a commencé à être appréciée pour ses fleurs qu’à l'arrivée de la Dynastie Song (960-1279).

 

Elle est reconnue pour ses qualités esthétiques et son incroyable parfum.

 

Elle se décline alors en peinture, porcelaine, poteries et orne les palais impériaux. 


Elle est alors nommée reine des fleurs.

Grès chinois Bol, grès gris à couverte céladon, décor découpé à motifs de pivoines. Chine du Nord, Shaanxi, Yaozhou, dynastie des Song du Nord, XI° XII° siècle

 

 

Su Tung-po (1037-1101) fut le lettré le plus en vue de son époque, grand poète, peintre et calligraphe, haut mandarin, gouverneur efficace et apprécié, 

 

"Admirant les Pivoines au Temple de la Félicité" :

"Le vieil homme une Fleur épinglée dans ses cheveux n'en conçoit aucune honte

C'est plutôt la Fleur qui doit être embarrassée sur la tête d'un vieillard

Ivre au retour on doit me soutenir les passants doivent rire

Sur dix li les rideaux de perles sont à moitié écartés".

 

 

 

Originaire de Chine, la pivoine apparaît en Europe au Moyen Age.

Elle est citée dans les listes de plantes médicinales d’Hildegarde von Bingen (1098-1179), mystique et religieuse bénédictine allemande. 

 Hildegard von Bingen dictant ses visions en présence de son secrétaire, le moine Volmar. , © Getty / Heritage Images

 

 

Wang Lü ou Wang Li peintre chinois  (1332-1383) - Dynastie Qing

art chinois

 

Pivoine et pies   

 

 

 

XIV° siècle
               

Marco Polo (1254-1324) marchand vénitien.  Il a 17 ans, lorsqu'il entreprend un voyage long de 24 ans avec son père et son oncle à travers la Russie et l'Asie et jusqu'à la Chine. 


Son livre des merveilles du monde inspire les grandes découvertes.
Marco Polo fut le premier artisan de la connaissance de l’Extrême-Orient en Europe. 


Lorsqu'il évoquait les fleurs de pivoines, il les qualifiait :


" de roses grosses comme des choux".

 

 

XIV° siècle


L’appellation française moderne de la fleur, qui apparait à la fin du XIVe siècle, provient de la variante vulgaire paevonia.


Elle remplace les anciennes appellations peone, pyoine, etc. (sans v), plus conformes à la forme latine standard. Le nom scientifique de la pivoine, paeonie, et son correspondant anglais, peony, proviennent d’ailleurs de cette dernière forme.
 

 

Au Moyen Age, les monastères et les couvents cultivaient "LA PIVOINE par excellence pour soigner leurs fidèles !

Cette pivoine officinale "P. Rubra Plena", mérite bien l'expression "Rouge comme une pivoine".P. rubra plena ( pour soigner leurs fidèles;

 

 

 

Moyen âge

 

Curiosités historiques et littéraires De Eugène Muller - p. 278

 

Pourquoi la pivoine rouge est surnommée Rose de Pentecôte.?


Le jour de la Pentecôte, lors de l'office solennel de cette grande fête chrétienne, on avait autrefois coutume de faire tomber de la voûte des églises, les larges pétales rouges de la pivoine, pour rappeler les langues de feu qui, selon le texte de l'Evangile, s'arrêtèrent sur les apôtres pour leur communiquer le Saint-Esprit. 

 

 

En langue allemande la pivoine s'appelle Pfingstrose : la rose de Pentecôte.

Mythologie des fleurs - la pivoine



XV° siècle


Enluminures à la pivoine


Livre d'heures à l'usage de Rome  Bening, Simon (V.1483-1561).

Enlumineur : 1510-1525

 

 

XVI° siècle


Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne est un livre d'heures, commandé par la reine Anne de Bretagne à l'enlumineur Jean Bourdichon, dans les premières années du XVI°  siècle. 


Il est conservé au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France à la cote Ms lat. 9474.


Grandes heures d'Anne de Bretagne - Folio 245 - Pivoine.

Grandes heures d'Anne de Bretagne - Folio 245 - Pivoine.

 

 

 

En France, au Moyen Age, les bracelets de graines de pivoine permettaient de se protéger des mauvais esprits, des maladies et des tempêtes.

 

 

Au XVIe siècle, 


Dans l’herbier du botaniste Rembert Dodoens (1517-1585 à Leyde), botaniste et médecin malinois, on retrouve une représentation fidèle de la pivoine. 


On sait qu’elle avait une place de choix dans le jardin botanique de Leyde.


En 1587, la jeune université de Leyde demande au maire du bourg la permission d’établir un jardin botanique derrière le bâtiment de l’Académie, pour que les étudiants de médecine puissent bénéficier de réelles plantes. La permission fut obtenue en 1590, grâce au professeur français reconnu de botanique Charles de L'Écluse, arrivé à Leyde en 1593. Les connaissances, la réputation et les contacts internationaux de Clausius lui permirent de mettre en place une très grande collection de plantes. Il insista également auprès de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales (Vereenigde Oostindische Compagnie, VOC) pour collecter des plantes vivantes et des spécimens séchés dans les territoires explorés par les marins et aventuriers. Le jardin original mis en place par Clausius était petit (quelques dizaines de mètres carrés), mais contenait plus de 1 000 espèces végétales différentes.
 

Rembert Dodoens Lithograph Simonau & Torvey 1850

 

 

 

1612


Emanuel Sweerts (1552-1612) est un homme d'affaires néerlandais du XVII° sièclel. Il a contribué à lancer le commerce et la mode de la tulipe dans les Provinces-Unies près d'un quart de siècle avant l'épisode de la tulipomanie, mais il est surtout célèbre pour ses catalogues de fleurs, toujours recherchés aujourd'hui par les amateurs de gravures botaniques anciennes.


Pl 64 
Gravure Fleurs Pivoines sanguine et blanchâtre 1612 

 Gravure Fleurs Pivoines sanguine et blanchâtre 1612 par Sweert Pl 64 Botanique

 

Tang Xianzu (1550 -1616), est un dramaturge chinois de l'époque Ming.

 

Le Pavillon aux pivoines, ou Mudan ting

 

est une pièce de Tang Xianzu datant de 1598, en cinquante-cinq scènes, appartenant au genre chuanqi.


Dans le Pavillon aux pivoines, le rêve, opposé à la raison et aux conventions familiales ou sociales, acquiert une puissance supérieure. C'est ce qui a fait son succès auprès du public lettré au cours des siècles suivants.


La pièce raconte l'histoire d'amour de Du Liniang et Liu Mengmei, au cours des derniers jours de la dynastie des Song du Sud, dans les années 1270. Un beau jour de printemps, Du Liniang, la fille de 16 ans du haut fonctionnaire Du Bao, se promène dans le jardin où elle s'endort. Dans son rêve, elle rencontre le jeune savant Liu Mengmei. Une belle histoire d'amour fleurit rapidement dans son imagination. Du Liniang devient obsédée par sa liaison imaginaire, dépérit et se laisse emporter par le chagrin d'amour............ 

 

 

1600
 

.....Les  pivoines en arbre, "Paeonia suffruticosa" et "Paeonia suffruticosa var spontanea" deviennent particulièrement populaires à la période Edo* ou période Tokugawa pendant laquelle une grande diversité de fleurs (formes et couleurs) sont obtenues. Les pivoines à fleurs jaunes proviennent de croisements avec Paeonia lutea. La majorité des cultivars ont été produits en Chine et au Japon, quelques uns aux Etats unis et en France. Deux cultivars, à fleurs jaunes, ‘L’Espérance’ et ‘Alice Harding’ sont d’origine française. Au Japon la zone principale de production est située dans l’île de Daikonjima dans la préfecture de Shimane.

 

N. Dorion d’après I. Miyajima In Horticulture in Japan 2006

 

*L'époque d'Edo ou période Tokugawa , Tokugawa  est la subdivision traditionnelle de l'histoire du Japon qui commence vers 1600, avec la prise de pouvoir de Tokugawa Ieyasu lors de la bataille de Sekigahara

Paeonia suffruticosa (à l'origine Paeonia Moutan Sims) par Abraham Jacobus Wendel , 1868

 

 

1608


"Le Jardin du Roy Tres Chrestien Henry IV

de VALLET, Pierre (ca 1575-1657)".


Gravure pivoine 

 

 

 

Dès 1644 - dynastie des Qing 


Les parfums ne sont donc pas uniquement destinés à souligner un statut social, ils servent aussi à assurer santé et bien-être. Ces prescriptions correspondent à un idéal de corps sain d’où émane une fragrance agréable.



Dynastie des Qing, entre l’an 1644 et 1911


Recette de poudre pour parfumer les cheveux (Xiang fa fen)
 

"Les matières premières utilisées sont le magnolia liliflora, le bois de santal, le réglisse, l’écorce de racines de pivoine, le clou de girofle, l’huile résineuse de liquidambar orientalis…"

 

 

 

XVII° siècle 


Kaidan Botan Dōrō - La Lanterne pivoine 


Elle est parfois connue sous le titre Kaidan Botan Dōrō , Contes de la lanterne pivoine à partir de la version kabuki de l'histoire, titre couramment utilisé en traduction.


La Lanterne pivoine est une histoire de fantôme japonais (kaidan), à la fois terrible et romantique ; C'est l'un des plus célèbres kaidan du Japon. L'intrigue implique de la nécrophilie et les conséquences qu'entraîne le fait d'aimer un fantôme.


Botan Dōrō entre dans la psyché japonaise au XVII° siècle via la traduction d'un livre d'histoires de fantômes chinois intitulé Jiandeng Xinhua (" Nouveaux Contes sous la lumière de la lampe") de Qu You. Ce recueil est didactique par nature et contient des leçons de morales bouddhistes sur le karma.

La lanterne pivoine - Botan Dōrō - Warwick Goble (1862-1943) illustrateur
 

 

 

XVII° siècle

 

Yun Shouping aussi connu sous le nom de Nantian (1633-1690), artiste-peintre, poète et calligraphe chinois du début de la dynastie Qing.



Pivoines, rouleau vertical, encre et couleurs sur soie - Yun Shouping, Freer Gallery of Art. Washington, District of Columbia.


 

 

Pivoines, 1672. Encre et couleurs légères sur papier, feuille d'un album réalisé avec Wang Hui, - Yun Shouping, Musée national du Palais, Taibei.

 

 

 

XVII° siècle

 

haïku sur les pivoines

 

Matsuo Bashō  (Le Bananier), est un poète japonais du XVII ° siècle

 

Du cœur de la pivoine

l'abeille sort

avec quel regret
 

Koson (1877 - 1945) pivoine et abeille

 

1751

 

Venel - L’Encyclopédie, 1re éd.- 1751
 (Tome 12, p. 666-667)


Il est écrit :
 

 

....."La pivoine commune femelle, pæonia communis vel fæmina, C. B. P. 323. I. R. H. 274. ne differe de la pivoine-mâle que par ses feuilles, qui sont plus grandes & plus larges, & par ses semences qui sont plus petites.

La pivoine passe pour bienfaisante dans les affections des nerfs, & les maladies hystériques. On en tire dans les boutiques une eau simple, une eau composée, & un syrop simple ou composé de ces fleurs."
 


"La pivoine tient le premier rang parmi les plantes anti-épileptiques, anti-spasmodiques, céphaliques, nervines : c’est un des plus anciens remedes de la Médecine. Homere rapporte dans le cinquieme livre de son odyssée, qu’on croyoit qu’elle avoit été nommée pæonia du nom de Pæon, ancien médecin qui employa cette plante pour guérir Pluton d’une blessure que lui avoit fait Hercule.


 Tous les Pharmacologistes postérieurs à Galien ne manquent pas de rapporter une fameuse experience de cet auteur, qui assure que cette racine étant portée en amulette par un enfant sujet à l’épilepsie, préservoit cet enfant des accès de ce mal, d’une maniere si remarquable que l’amulette étant tombée par hazard, l’enfant fut saisi sur le champ de mouvemens convulsifs qui ne se dissiperent qu’en remettant l’amulette à sa place ; qu’il réitéra cette expérience à dessein avec le même succès, & qu’enfin ayant suspendu au col de cet enfant un plus grand morceau de racine fraîche, l’ayant convenablement renouvelée, &c. l’enfant avoit été radicalement guéri. Montanus, Fernel & quelques autres auteurs graves prétendent avoir répété l’expérience de Galien avec le même succès, & quelques autres à qui cette expérience n’a pas réussi, ont mieux aimé imaginer des raisons de ces succès contraires, que de se refuser à l’autorité de Galien, & parmi ces raisons on en trouve de fort bizarres, par exemple, celle de Gaspar Hoffman qui soupçonne que la vertu de la racine qu’employa Galien, ne lui étoit pas propre ou naturelle, mais qu’elle l’avoit acquise par enchantement, par l’opération du diable. D’un autre côté, Sylvius plus philosophe, & par conséquent plus digne d’en être cru que tous ces auteurs, assure qu’il a très-souvent fait prendre la racine & les semences de pivoine, sans en avoir observé des effets bien merveilleux."
 

La racine de pivoine entre pourtant dans la plûpart des compositions tant officinales que magistrales que l’on emploie le plus communément contre l’épilepsie, la paralysie, les vertiges, les tremblemens des membres, l’incube, la manie, &c. On donne la racine en poudre depuis un gros jusqu’à deux, & en décoction, à la dose de demi-once lorsqu’elle est seche, & de deux onces lorsqu’elle est fraîche. Les semences peuvent s’ordonner dans les décoctions à la dose de deux gros jusqu’à demi-once. On peut les faire prendre aussi entieres & mondées de leur écorce jusqu’au nombre de vingt ou trente ; mais on donne rarement ces substances seules ; on les prescrit plus communément dans les bouillons, les tisanes & les poudres composées.

 

On fait avec les fleurs de la pivoine femelle une conserve qui est peu usitée, & une eau distillée qui n’est bonne à rien.

 

La racine de la pivoine mâle entre dans l’eau générale, l’eau épileptique, le sirop d’armoise & les tablettes appelées des racines de pivoine. La racine & la semence dans la poudre de guttete & la poudre anti-spasmodique."


 

 

 

1783

Louis XVI
Flora Parisiensis ou Description et figures des plantes qui croissent aux environs de Paris.

 


suivant les démonstrations de botanique qui se font au Jardin du Roy.

Par M. Bulliard.

Ouvrage orné de plus de 600. figures coloriées d'après nature. 

 

 

En 1787,

 

l'Europe découvre les vertus médicinales de la pivoine  par l'intermédiaire de missionnaires.


La première description scientifique fut faite en 1776, par un botaniste allemand professeur à Saint-Pétersbourg, Peter Pallas (1741-1811), qui sur la base d’une pivoine aux fleurs blanches découverte dans la province du lac Baïkal, en Russie, décrivit cette espèce sous le nom de Paeonia lactiflora.

 

Mais quelque douze ans plus tard, en 1788, semblant avoir oublié sa première dénomination, il décrivit un autre spécimen sous le nom de Paeonia albiflora.

 

Durant plus d’un siècle, cette dernière appellation s’imposa mais quand l’erreur fut découverte la première dénomination fut rétablie, conformément aux conventions de la nomenclature botanique. Pourtant les horticulteurs et les pépiniéristes eurent beaucoup de mal à accepter ce changement et continuèrent encore à utiliser l’ancien terme.

 


 

Au début du XVIIIe siècle,

 

la Compagnie des Indes, parmi d'autres trésors, introduit la pivoine de Chine en Europe. 


Quelques années plus tard, l'empereur de Chine offre des spécimens de privoines d'une rare beauté à Joséphine  de Beauharnais, épouse en seconde noce de Bonaparte. 


Le jardin et les fleurs  étaient la grande passion de Joséphine. Séduite, elle en fit la gloire du parc de la Malmaison. 

Pierre Joseph Redouté....Pivoine de la Chine, Peonia (1827)

 

Elle confie la description des plantes et leur publication au botaniste Ventenat membre de l'Institut avec l'aide de Pierre-Joseph Redouté chargé de peindre les fleurs il publie sous le patronnage de Joséphine le célèbre "Jardin de La Malmaison" tiré à deux cents exemplaires et dont les cent vingt planches reproduisent les plus belles plantes des serres.

Pierre Joseph Redouté....Pivoine d

 

 

Haikus sur les pivoines


Katô Gyôdai (1732-1792) écrivain japonais


Soir sur la fleur

de la pivoine blanche

qui étreint la lune

 

 

Buson Yosa (1716-1783) (Village Rustique), est un poète et un artiste-peintre japonais


Pivoine qui fâne

l'un sur l'autre se déposent

deux, trois pétales

Edouard Manet
 

 

 

1793-1806

 

Calendrier républicain


Le mois de prairial était le neuvième mois du calendrier républicain français.
Il correspondait, à quelques jours près (selon l'année), à la période allant du 20 mai au 18 juin du calendrier grégorien.


Il tirait son nom "de la fécondité riante et de la récolte des prairies de mai en juin", selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d'Églantine, au nom de la "commission chargée de la confection du calendrier".


L'ère républicaine s'étant achevée le 1er janvier 1806, il n'a jamais existé, dans l'usage légal, de mois de prairial an XIV.


Le 29° jour (17 juin) du mois de prairial (20 mai - 18 juin), est dénommé:


"jour de la pivoine"
 

"Le Soleil correspond au Signe des Gémeaux 

Ma faulx n'a fait tomber les foins de la Prairie 

Que pour nourrir l'hiver les utiles troupeaux 

De même j'aurai soin des carressans oiseaux 

Que ton brulant amour fait éclore à la vie"

 

 

 

XIX° siècle


On associait au XIX° siècle, la pivoine à la pudeur et à la honte. 
Certainement parce-que dans la mythologie, les nymphes cachaient leur nudité par des fleurs de pivoine pour se cacher des regards indiscrets. Cette nudité, comme celles d'autres divinités est traditionnellement un de ces spectacles qui aveuglent le regard et la raison des hommes. 

"rouge de honte - rouge comme une pivoine"

 

Valentina Valevskaya  l'arôme des pivoines rouges

Valentina Valevskaya l'arôme des pivoines rouges

 

 

Kiyonaga Torii (1752-1815)


artiste de l'estampe japonaise (gravure sur bois), de l'école Torii.


Femmes admirant des pivoines en fleurs

Femmes admirant des pivoines en fleurs Kiyonaga Torii (1752-1815)
 

 

 

Hokusai Katsushika (1760-1849) artiste japonais


Estampes japonaises - 


Canari et pivoines

Hokusai Katsushika (1760-1849)

 

 

Utagawa Hiroshige (1797-1858) dessinateur, graveur et peintre japonais. 
 

estampe japonaise


pivoines et oiseau

 Impression japonaise Estampe Hiroshige, « Pivoines et oiseau »


 

XIX° siècle


Elle fut introduite en Angleterre au début du XIX° siècle sous forme de cultivars chinois à partir desquels les pépiniéristes français puis américains tirèrent de nombreuses autres variétés horticoles, répandues actuellement partout dans les jardins des régions tempérées.


Il faut attendre 1840 pour que les horticulteurs européens la multiplient, arbustive ou herbacée. 

 

 

Les pivoines en peinture 


Jean Frédéric Bazille (1841-1870) peintre


Femme africaine et  les pivoines 

Femme africaine avec pivoines de Jean Frédéric Bazille

 

 

Pivoines par les peintres

 

Henri Fantin-Latour (1836-1904) 

 

Pivoines

Henri Fantin-Latour Vase de Pivoines (Vase_of_Peonies),1881

 

 

Pivoines par les peintres


William Merritt Chase (1849-1916) peintre américain 


Jeune Fille aux Fleurs de pivoines

Pivoines de William Merritt Chase 1897
 

 

 

Pivoines par les peintres


Alfred Agache (1843-1915),


Jeune Fille aux Fleurs de pivoines

Alfred Agache (1843-1915), Jeune Fille aux Fleurs.

 

1896


Cheu King (Shi jing). Traduit par Séraphin Couvreur (1835-1919). Première édition : Ho kien Fou, Imprimerie de la Mission Catholique, 1896. Le Livre des Vers, un des cinq King, ou classiques chinois. Recueil de 305 poèmes, chantés dans les fêtes :

On peut lire :


"Alors les hommes et les femmes se livrent à des jeux, et s'offrent des pivoines "


"La pivoine est appelée li ts'ao, la plante de la séparation, parce que les anciens avaient coutume de l'offrir au moment des adieux."

Pivoine et papillon par Xiaoju

 

Charles Le Goffic (1863-1932) poète  

Recueil : Impressions et souvenirs (1922)

 


L'affût

.....

Et tout à coup, tandis qu'une étoile clignote,

Puis deux, puis trois, puis des centaines, des milliers,

Voici qu'éclaboussant de pourpre les halliers

Jaillit sur l'horizon la lune solognotte.

Dans l'air glacé du soir elle monte sans bruit

Au-dessus des champs d'orge et des carrés d'avoine,

Si rouge qu'on dirait une énorme pivoine

Magiquement éclose au jardin de la Nuit.

.......

 

 

 

XIX° siècle


Les premiers hybrideurs modernes de pivoine herbacée furent des Français travaillant dans des villages proches de Paris et à Nancy.


Nicolas Lémon qui avait une pépinière à Belleville (à l’époque près de Paris) fut le premier Européen à produire et vendre des cultivars à partir de semis. Il est le créateur du cultivar "Edulis Superba" (1824), resté très populaire jusqu’à aujourd’hui auprès des jardiniers.

Edulis Superba

 

Modeste Guérin qui travaillait à Charonne réussit le premier cultivar de pivoine ayant une touche de jaune. Un autre grand péoniste du XIXe est Félix Crousse, de Nancy, créateur de "Monsieur Jules-Elie"

(1888) aux fleurs rose tendre, énormes et parfumées, toujours très demandé. 


 

 

 

 

XIX - XX° siècle

 

Huang Shanshou (1855-1919) artiste peintre chinois - Période dynastie Qing

 

art chinois

pivoines

 

 

 

Curiosités historiques et littéraires (Éd.1897)


Eugène Muller (Auteur) ed.1897 écrivait :

 

...."Chez les anciens, la pivoine était réputée comme possédant des propriétés merveilleuses. Les poètes ont supposé qu'elle devait son nom (en latin péonia, du grec paiôniaes, propre à guérir) à Péon, médecin fameux, qui employa cette plante pour guérir Mars blessé par Diomède, et Pluton blessé par Hercule.

 

Galien fait le plus grand éloge de cette plante, au point de vue purement médicinal ; et l'imagination, égarée par le christianisme , attribuait à l'emploi de la pivoine des effets miraculeux. Avec elle, disait-on, il était possible de conjurer les tempêtes, de dissiper les enchantements, de chasser l'esprit malin ! .... 


Elle était surtout souveraine pour toutes les maladies nerveuses, pour les convulsions, la paralysie, l'épilepsie. A vrai dire, cette plante devait être cueillie dans des conditions particulières à certaines heures de la nuit en évitant d'être aperçu par le pivert etc. Déchue de toutes ces qualités extraordinaires, la pivoine, absolument inusitée en médecine, n'est aujourd'hui qu'une des plus belles fleurs de nos jardins." ....

 

 

XX° siècle

 

A Nancy encore, Émile Lemoine fut le premier à croiser deux pivoines herbacées d’origine différentes : 


Paeonia lactiflora de Chine et P. wittmannania du Caucase. Deux de ces cultivars 
"Le Printemps" et
"Mai fleuri" (1905) sont encore disponibles.
 

Victor Lemoine (1823-1911) réalisent des croisements d'espèces botaniques et obtient des hybrides plus sophistiqués et robustes dont la variété la plus connue de nos jours est "Paeonia Lactiflora", aussi appelée Pivoine de Chine.

Paeonia-lactiflora

 

 

Jeu de cartes traditionnel japonais Hanafuda, 


Hanafuda traduit littéralement par Jeu des Fleurs, est un jeu de cartes traditionnelles japonaises. Ces cartes sont très répandues et populaires au Japon, en Corée où elles sont appelées Hwa-t'u et également à Hawaï où le jeu est nommé Sakura ou Higobana. 


Un jeu de cartes hanafuda comporte habituellement 48 cartes florales divisées en 12 séries de 4 cartes, chaque série représentant une "fleur " spécifique et un mois de l'année ou lune (le caractère japonais possède les deux significations, toutes deux plausibles selon le point de vue adopté).
Des pivoines (Botan - Paeonia suffriticosa) sont représentées sur la série des 4 cartes du mois de Juin. 

Hanafuda

 

 

XIX° siècle

 

Les pivoines en peinture

 

Edouard Manet (1832-1883


"Le vase aux pivoines" 
 

Edouard Manet (1832-1883   "Le vase aux pivoines" 

Edouard Manet (1832-1883 "Le vase aux pivoines" 

 

 

XIX° - XX° siècle

 

Auguste Renoir (1841-1919)

 

Les pivoines

Mythologie des fleurs - la pivoine

 

 

Pivoines en peinture

 

Viktor Schramm (1865-1929)

 

femme et pivoines

Viktor Schramm (1865-1929) femme et pivoines

 

 

En 1903,

 

la dynastie des Qing a déclaré la pivoine comme fleur nationale.

Cixi, ou Tseu-Hi, ou Ts'eu-hi (1835- 1908) Impératrice douairière de Chine de la dynastie Qing qui exerça la réalité du pouvoir en Chine pendant 47 ans de 1861 à sa mort.

Impératrice Cixi - Dynastie Qing

 

 

Guillaume Apollinaire (1880-1918) poète

 


La Pivoine

 

 Pétales de pivoine

Trois pétales de pivoine

 

Rouges comme une pivoine

Et ces pétales me font rêver

 

Ces pétales ce sont

Trois belles petites dames

 

A peau soyeuse et qui rougissent

De honte

D'être avec des petits soldats

 

Elle se promènent dans le bois

Et causent avec les sansonnets

Qui leur font cent sonnets

 

 

XIX° siècle

 

En Europe, la pivoine est un motif très exploité au début du XXème siècle dans les arts nouveau 

 

 

Art Nouveau 

Daum (ex Compagnie française du cristal Daum) est une cristallerie fondée en 1878 à Nancy, en Lorraine, en France par Jean Daum. Les ateliers Daum ont formé quelques-uns des grands noms de l'Art nouveau : Jacques Grüber, Henri Bergé, Almaric Walter, les frères Schneider y font leurs débuts…
Cameo Verre Bol Daum Nancy Pivoines Art Nouveau glass

Cameo Verre Bol Daum Nancy Pivoines Art Nouveau glass

 


Art nouveau 

Hermès Paris, anciennement Hermès International ou simplement Hermès, est une société française œuvrant dans la conception, la fabrication et la vente de produits de luxe, notamment dans les domaines de la maroquinerie, du prêt-à-porter, de la parfumerie, de l'horlogerie, de la maison, de l'art de vivre et des arts de la table. Fondée à Paris en 1837 par Thierry Hermès, l'entreprise Hermès, à l'origine une manufacture de harnais et de selles, appartient encore de nos jours majoritairement à ses héritiers.


Hermes Paris - Service Pivoines 35 pièces - porcelaine de Limoges - XX° siècle

HERMES Paris Service Pivoines 35 pièces - porcelaine de Limoges - XX° siècle

 

 

Art nouveau

William Morris (1834 -1896) est un fabricant, designer textile, imprimeur, écrivain, poète, conférencier, peintre, dessinateur et architecte britannique, célèbre à la fois pour ses œuvres littéraires, son engagement politique libertaire, son travail d'édition et ses créations dans le domaine des arts décoratifs, en tant que membre de la Confrérie préraphaélite, qui comptent parmi les sources du mouvement Arts & Crafts qui eut, dans ce domaine, l'une des influences les plus importantes en Grande-Bretagne au XX° siècle.

 

Papier William Morris 


 

Art nouveau


Henri Privat-Livemont (1861-1936), peintre et affichiste belge
Les pivoines 

Henri Privat-Livemont (1861-1936), peintre et affichiste belge - Les pivoines 

 

1928 

 

Dorvault - L'officine ou Répertoire de pharmacie


assure que les racines de pivoine guérissent l'hydropisie, l'épilepsie, les convulsions et l'hystérie !  Aujourd'hui encore, en Chine, d'importantes cultures de pivoines sont destinées à la production de médicaments, fabriqués à partir de l'écorce des racines. 
 

 

 

Lao She (1899-1966) écrivain,

Le Pousse-pousse 

 

"Un homme est façonné par ses expériences. Il est inutile d'espérer voir une pivoine pousser dans un désert."

 

 

 

XX° siècle

 

Pearl Buck (1892-1973) romancière 


Pivoine (Peony) est un roman historique publié en 1948


...."– Te voilà, Pivoine, dit-il en se caressant la barbe. Tu es bien jolie mon enfant."........


L'histoire, 


Au milieu du XIX° siècle, au nord de la Chine, Pivoine, est une jeune esclave, aussi belle que sage, achetée enfant par la famille Ezra pour tenir compagnie à leur fils David, 19 ans. Les Ezra sont de riches commerçants juifs installés en Chine depuis plusieurs générations. Mais Ezra Père est de mère chinoise, tandis que sa femme Naomi est une juive ardente, dévorée par le désir de voir son peuple observer la Thora, rester un et espérer sans relâche le retour vers la Terre promise. Ils logent Leah, fille du rabbin, promise à David selon une promesse échangée par leurs mères à la naissance.
Chaque année, une caravane de chameaux approvisionne le comptoir d'Ezra.

 

Le caravanier dit qu'en Europe, les juifs sont massacrés. David apprend que les juifs sont haïs, car ils se sont déclarés « élus » de Dieu (Jehovah). Leah n'arrive pas à se faire aimer de David. Elle le blesse et se suicide. David épouse Kueilan. Après l'avoir vue, les impératrices de Chine veulent acheter Pivoine, mais elle et David refusent. Pivoine se fait nonne. Kueilan rappelle Pivoine, car son ainé se meurt ; elle le guérit. Un chrétien achète les deux dernières pierres de la synagogue. Pivoine lui demande de les mettre dans un pavillon pour qu'Israel vive toujours parmi les Chinois.

 

 

 

Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1954)femme de lettres française, 
a écrit dans 
"Pour un herbier"  - 1948
"La pivoine sent la pivoine, c'est à dire le hanneton. Par le truchement d'une fétidité délicate, elle a le privilège de nous mettre en rapport avec le véritable printemps, porteur d'odeurs suspectes dont la somme est propre à nous enchanter..."
 

 

Paul Claudel, né le 6 août 1868 à Villeneuve-sur-Fère (Aisne), et mort le 23 février 1955 à Paris, est un dramaturge, poète, essayiste et diplomate français, membre de l'Académie française. 


Dans son recueil "Cent phrases pour éventails" 


"La pivoine est cette rougeur en nous qui précède la pensée"  

 Hans Zatzka

 

 

Qi Baishi ou Qi Huang, (1864-1957) artiste peintre chinois. 

 

Art nouveau
 

Prospérité et longévité  Qi Baishi

Prospérité et longévité

 

 

Sidonie-Gabrielle Colette, dite Colette (1873-1954)femme de lettres française, 


a écrit dans 
"Pour un herbier"  - 1948


"La pivoine sent la pivoine, c'est à dire le hanneton. Par le truchement d'une fétidité délicate, elle a le privilège de nous mettre en rapport avec le véritable printemps, porteur d'odeurs suspectes dont la somme est propre à nous enchanter..."

Charles Courtney Curran (1861-1942) Pivoines

 

 

 

Corrado Govoni (1884-1965) écrivain et poète italien.
a écrit :

"Pivoines , roses exagérées..." 

Vladimir Volegov (1957)

 

Robert Desnos (1900-1945) poète


Recueil : "Chantefleurs"


La Pivoine

 

Marchande de pivoines

Au faubourg Saint-Antoine,

Chausse tes gros sabots,

Couleur d’orange et de pivoine,

Et viens sur mon bateau,

Pivoine, pivoine,

Pêcher dans l’eau

Joyeux matelots.

Victor-Gabriel Gilbert, fleuriste derrière l'église de la Madeleine

 

1950


haute couture Violette Cornille 1950


sac pivoine


 

 

Lisa See (1955) est l'auteur de cinq romans dont La Mort Scarabée (Calmann-Lérry, 1998), nommé aux Edgar Awards, et de On Gold Mountain, mémoires unanimement salués par la critique. Elle vit à Los Angeles. 
Le Pavillon des Pivoines est son deuxième roman chez Flammarion.

 

Le pavillon des pivoines


Pour la jeune Pivoine, recluse dans les appartements des femmes et promise à un mari qu'elle n'a jamais rencontré, la vie est monotone. Aussi, lorsque dans les jardins de la famille Chen, parmi les senteurs de gingembre, de thé vert et de jasmin, une troupe de théâtre vient jouer son opéra favori, Pivoine supplie ses parents de la laisser assister au spectacle. Sa mère, réticente par souci des convenances, est rassurée par son époux : les femmes regarderont l'opéra derrière un paravent. Mais durant la représentation, la jeune fille s'éprend d'un homme élégant aux cheveux de jais. Commence alors l'inoubliable récit du destin de Pivoine et de ses amours contrariées. Le nouveau roman de Lisa See nous plonge, dans la Chine du XVIIe siècle, après la chute de la dynastie Ming et la prise du pouvoir par les Mandchous. C'est à un long voyage dans les affres de la passion - et ses conséquences jusque dans l'au-delà - que nous convie Le Pavillon des Pivoines : un roman d'amour fou, imprégné du mystère des traditions chinoises.


 

 

 

Jane Eastoe est journaliste et auteure depuis plus de 30 ans.


Elle a travaillé dans la presse de mode, passant en revue les collections internationales et interviewant des designers de Galliano à Gaultier. Avec une jeune famille et à la recherche d'une vie plus épanouissante, elle a déménagé de Londres dans la campagne du Kent en développant son intérêt pour les plantes, les fleurs, les herbes, les fruits et la recherche de nourriture sauvage. Depuis, elle partage son temps entre l'écriture d'ouvrages pratiques et de beaux livres sur la nature et la campagne, la découverte du monde rural qui l'entoure, sa vie de famille.


son livre "peonies" (Pivoines)


célèbre la palette délicate, la beauté somptueuse et le doux parfum de l'une des fleurs préférées du monde. 
Délicieusement illustré de photographies spécialement commandées, ce magnifique compagnon vous montre à quel point il est facile de cultiver ces fleurs abondantes et de remplir votre maison de fleurs coupées spectaculaires. Peonies a été sélectionné comme l'un des meilleurs livres de jardinage du Sunday Times en 2018. 240 pages, Pavillon, 2018


 

 

Michèle Corti (1944-2009) poète


Les pivoines


Elle avait une robe où fleurissait, candide

La pivoine en bouquets, et je riais alors

De la voir si jolie. Ma main étreint le vide

Aujourd’hui, et mes yeux la cherchent au-dehors

 

Mais ils ne trouvent plus sa démarche légère

Qui faisait s’envoler les papillons soyeux

Dans l’azur délicat d’un matin de lumière

Où s’épanouissait son beau rire joyeux.

 

La pivoine languit au jardin délaissé

Et ses pétales lourds s’effeuillent sur la terre

Rien ne saura guérir mon âme solitaire…

 

Quand je pense à ce jour où elle m’a laissé,

Je revois le rosier où brillait la cétoine

Et, au jardin d’été, la splendeur des pivoines.

 

Marcek

Albert Lynch (1851-1912) femmes  et pivoines

 

 

Alain Hannecart (1955) poète

 

La pivoine

 

Sur une branche de mai un rossignol chantait

Le rossignol chantait le printemps embaumait

Il arrivait de chine, où les femmes sont des fleurs,

Son chant ensorceleur ravissait tous les cœurs

 

Une jeune fille en fleur possède un cœur d’enfant

Rempli de sentiments tout prêt à fondre en pleurs

Comme la fleur en bouton elle est prête à s’ouvrir

Au premier Apollon qui réchauffe son cœur

 

Charmée par la voix d’or du gentil rossignol

Une fille amoureuse fit don de sa pudeur

Encore toute éblouit sa peur évanouie

La fleur épanouie révéla sa splendeur

Vladimir Volegov (1957)
 

 

 

Amélie Nothomb (1966) romancière belge d'expression française.
Dans la Métaphysique des tubes :

 

..."Pourquoi les dieux seraient-ils immortels ? En quoi l'immortalité rendrait-elle divin ? La pivoine est-elle moins sublime du fait qu'elle va faner ?.".....

Nature morte avec pivoine et livre - Lyudmila Fomina
 

 

 

Poème de Jean- Claude Junillon 

Extraits de carnets de notes - In "La boucle de ton nom"»

(Editions ST Germain des prés)

Source du poème : laruchedesarts.com

 

La pivoine


S’il me faut, dans un bouquet, en extraire une fleur

Celle entre toutes qui m’apparaît différente,

Je choisis sans hésiter la pivoine charmante,

Pour la chair de sa robe et sa simple douceur.

Bouton déjà, elle offre à l’oeil une promesse,

Pétales larges et bien formés

Qui se recouvrent en de mutuelles caresses,

Et qui, sur elle, invitent ta main à se refermer.

Atteignant la maturité, elle laisse l’Aquilon

Jouer avec ses charmes. Tel tendre Cupidon.

Et ses robes multiples, autour d’elle en anneau éclatée

Sont une couronne de mariée tout à l’amour dédiée.

Du coeur de ce temple d’amour alangui,

S’évaporent des effluves rares, des parfums discrets,

Ou se mêlent fraîcheur et nostalgie,

Triomphe d’une éphèmère jeunesse teinté de regrets

Plus tard, à la saison passée,

Le rude vent à son tour s’emparera d’elle,

Si bien que quelques pétales par lui arrachés

Marqueront à ses pieds la première défaite de la belle.

Puis arrive le signe marquant l’emprise du temps,

Ce signe qui, sur tous, inexorablement

Règne en inflexible couperet,

Mais que chacun sur soi en module les effets.

Au contraire de la rose et de sa lente agonie,

Rose qui lutte, se rétracte, sur elle se rabougrit,

Pour ne devenir qu’une momie desséchée,

Squelette habillé de lambeaux de peau à peine colorés,

La pivoine s’abandonne, et se laisse prendre sans protester

Elle ne combat ni la loi, ni le hasard,

Qui de chaque destinée en contrôlent la durée.

Pour une dernière fois, elle choisit de s’offrir au regard,

Dans le calme d’une chair tout encore imprégnée de beauté.

Dans un mouvement gracieux, elle se penche,

Et déverse à ses pieds la moisson de sa corolle blanche,

Point d’orgue apaisant d’une vie qui se perd

Dans l’apothéose d’une dernière célébration de chair.

Souvent deux pétales restent attachés

Au sommet de la tige courbée.

Deux larmes, deux papillons blancs,

Qui peu après, se poseront doucement

Sur cette couche nuptiale pour amants séparés.

Sergueï Toutounov - Pivoines

 

 

2019


Une pivoine de Chongqing (sud-ouest de la Chine) a récemment remporté le premier prix dans la catégorie des plantes en pot lors de l'Exposition internationale d'horticulture de Beijing.

Le concours international de fleurs comporte sept sections de compétition. Le concours de pivoines et de pivoines herbacées chinoises est le premier concours de fleurs qui se déroulera jusqu'au 20 mai. Les six autres manifestations se termineront le 7 octobre, date de la clôture de l’exposition.

 

La pivoine primée « Peaceful Red » fleurit dans le comté de Dianjiang, riche de plus de 2 000 ans d'histoire dans la culture de la pivoine. C'est l'une des principales bases chinoises de plantation et de transformation de pivoines.

 

En Chine, la pivoine est en général très appréciée de la population, avec ses grandes fleurs et sa variété de couleurs. Dans la littérature et la tradition chinoises, la pivoine représente aussi la richesse, la prospérité et le prestige.


 

 

 

Les pivoines en musique

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=bba4hjuzTxQ
Pivoine - Paul Roman
https://www.youtube.com/watch?v=aSIaFyGi42Q

 

Langage des fleurs et signification


En Chine, la pivoine est riche en symbolique. Beauté féminine et de l'amour, elle est aussi l'emblème de l'abondance et de la réussite sociale.

 

La pivoine est la fleur du douzième anniversaire de mariage.

 

  La fleur de pivoine peut être de couleurs différentes. La signification que porte chacune des couleurs varie légèrement selon la teinte et la nuance.


Dans des teintes pastel : romantisme. 

 

Un blanc immaculé : Romantisme plus chic.

Vladimir Volegov (1957)

 

Rouge : symbole de passion, de sensualité. 


Rose ou fuchsia : pour un amour plus tempéré, mais tout aussi intense.


Corail ou jaune : signifie que votre cœur palpite pour votre bien-aimée.

 

Deux couleurs : séduction sensuelle 

 

 

 

 Cependant, les fleurs de pivoine ont quelques couleurs qui ont des significations bien définies :


Rose : la plus romantique des couleurs, pour les bouquets de mariage et les arrangements de table.

Blanc ou rose très pâle : c'est symbole d'un amour pudique, de nostalgie.

Charles Courtney Curran - Pivoines

 

Rouge foncé : Honneur et Respect. Elle symbolise aussi la richesse et la prospérité .
 

un bouquet multicolore : signifie la joie, 

Jeanne Kogay pivoines

 

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 23:57

Mythologie


Le Muguet de mai 

Le premier mai
 

 

....Et toutes les fleurs des poètes

Jamais n’embaumeraient ton coeur,

Mieux que les blanches cassolettes

Que balance un muguet en fleur !....


Charles Frémine (1841-1906)


 

 

Oh du muguet !........Chut.!.......Ecoute la douce musique de ses blancs  grelots ..........


L'authentique muguet, cette petite vivace qui se multiplie dans les sous-bois essentiellement grâce à son rhizome traçant, appelé "griffe" (portion de rhizome pourvue d’un grand nombre de racines et qui porte un bourgeon vivant),  est emblématique du mois de mai, des régions tempérées, préférant la mi-ombre et la fraîcheur, mais vraiment peu difficile sur le sol, le climat et l'exposition. 


Chaque brin de muguet est pourvu de deux grandes feuilles vertes allongées, en cornet à la base. Les fleurs forment des grappes de clochettes blanches à six dents très odorantes, toutes disposées du même côté de la hampe. 


 

 

En forêt, là où sa présence est naturelle, le muguet serait (avec la pervenche) un bon bioindicateur d'ancienneté et de la naturalité de la forêt. Le Muguet fleurit au printemps.

Ces fleurs, à l'odeur suave et puissante à la fois, laisseront place, à partir de juillet, à des petites baies rouges. Ces petits fruits arrondis sont fortement toxiques, et ne doivent donc pas être ingérés (attention donc à ne pas les laisser à portée des enfants) mieux vaut couper les fleurs fanées. 

 


Selon la classification classique, il fait partie de la famille des Liliaceae. On le plante en automne, sa floraison est d'avril à mai et  sa hauteur de  15 à 30 cm.


Fleur très populaire, le muguet est le symbole de la Fête du 1er Mai, c'est un porte-bonheur associé à la chance et à la joie des beaux jours retrouvés. Plante de légendes, le muguet embaume les jardins, il s'entend bien avec la petite pervenche et les coeurs de marie. Il peut constituer de belles potées fleuries et il a toute sa place dans les jardinières composées. 

Anna Homchik (1976) muguet
 

 

Quelques variétés de muguet conseillées pour avoir de jolies fleurs : 


Le muguet "nantais" dont les clochettes sont plus grandes et plus nombreuses 

muguet blanc nantais
 

 

Le muguet "rosea" aux clochettes blanches ou rosées

Le muguet "rosea" aux clochettes blanches ou rosées

 

le muguet "albostriata" a des feuilles rayées de blanc cassées dans sa longueur

le muguet "albostriata" a des feuilles rayées de blanc

 

Le muguet  "Flore pleno" offre des fleurs doubles.

Le muguet  "Flore pleno" offre des fleurs doubles.

 

Outre son nom de Muguet de mai, citons :


Muguet des bois (également nom vernaculaire de l'aspérule odorante), clochette des bois, lys ou (Lis) de mai, lys ou (Lis) des vallées. 


Certains noms donnent de la majesté à la plante. En anglais lily of the valley (lys de la vallée), ou en allemand maiglöckchen (cloches de mai), grillet, grelot, larmes de Marie, amourette ou encore gazon de Parnasse. 


Échelle de Jacob ou échelle du paradis, nom donné par les moines qui voyaient dans l'étagement de ses clochettes les marches d'un escalier et avaient la coutume d'orner l'autel de muguets.
 

Le songe de Jacob - l'échelle - Ludovico Cardi,  1559–1613

Le songe de Jacob - l'échelle - Ludovico Cardi, 1559–1613

 

Le muguet  héraldique


Appenwihr
(Haut-Rhin, Alsace)

France
 

Appenwihr
(Haut-Rhin, Alsace)

 

Marcenat
(Allier, Auvergne)

France
 

Marcenat
(Allier, Auvergne)

 

 

Martillac
(Gironde, Aquitaine)

France

Martillac (Gironde, Aquitaine)

 

Saint-Sébastien-sur-Loire
(Loire-Atlantique, Pays de la Loire)

France 
 

Saint-Sébastien-sur-Loire (Loire-Atlantique, Pays de la Loire)

 

Boppelsen 
canton de Zurich

Suisse

Boppelsen canton de Zurich Suisse

 

 

Veselovsky SP 
Fédération de Russie

 

Veselovsky SP Fédération de Russie


Weilar 

Thuringe 

Allemagne 


Weilar Thuringe Allemagne 


Le muguet emblème national


Depuis 1982, le muguet est la fleur nationale de la Finlande.
 

Finlande -  pièce de 10 Penniä - Deux brins de muguet - 1991, collection de Finlande

 

Etymologie du muguet de mai ou lis des vallées (Convallaria majalis), 


Le nom scientifique du genre Convallaria vient du latin convallis, "vallée encaissée", et du grec leirion, "lis", signifiant littéralement lis des vallées. Majalis est dérivé de Maia, déesse romaine de la fertilité et du printemps ; elle fait partie des divinités primitives de Rome (les di indigetes). Le nom de Maia est lié à celui du mois de mai ; l'un et l'autre nom se réfèrent à la croissance des végétaux (latin maius  "plus grand").


D'après Macrobe (Saturnales 1, 18-19), qui se réfère à Cincius (auteur de Fastes), le mois de mai doit son nom à Maia, épouse du dieu du feu Vulcain. Cette tradition peut être liée au sacrifice offert à Maia, aux calendes de mai, par les flamines de Vulcain. 


"Maia" personnifie et favorise l'accroissement des choses vivantes, en particulier le développement des végétaux (la poussée de la sève). Les Romains païens l'ont parfois assimilée à Bona Dea, la "Bonne déesse", la considérant comme la forme de cette déesse qu'on adore au mois de mai. 


On prétend aussi que le premier empereur romain, Romulus, lui aurait donné ce nom en l’honneur des sénateurs appelés  "Majores" dédiant ainsi ce mois au Anciens.

Maïa

 

Etymologie du muguet

 

Successivement appelé mugade, puis mugate, muguette et enfin muguet, il évoque l'odeur entêtante de la noix muscade.


Le nom de muguet, dérivé du latin muscus "musc", fait allusion à son parfum suave et légèrement musqué.


Quant à son nom vernaculaire, connu dans les textes depuis 1200 sous la forme mugue ou musguet, c'est un dérivé de musc, sans doute une altération de muscade, en raison du parfum de la fleur ressemblant à celui de la noix de muscade appelée au xive siècle "noix de muguette".


 

 

Mythologie grecque


Apollon (Phébus à Rome du grec phoibos, brillant), est le dieu des arts. Du fait de sa beauté , il est considéré comme le dieu de la beauté masculine.
En tant que dieu des arts, il est souvent accompagné par les neuf muses, représentant chacune un art  :


Clio : la muse de l'histoire, Thalia : la muse de la comédie, Melpomène : la muse de la tragédie, Euterpe : la muse de la musique, Calliope : la muse de la poésie épique, pieds nus un tapis doux et parfumé sur lequel marcher, Terpsichore : la muse du chant choral et de la danse,  Erato : la muse de la poésie lyrique et du chant nuptial, Polymnie : la muse de la rhétorique, Uranie : la danse de l'astronomie et l'astrologie, 


Afin que ses neuf muses, ne s'abiment pas les pieds en gravissant le mont Parnasse, Apollon aurait donné vie au muguet afin d'en tapisser le sol ; d'où son nom poétique de "gazon du Parnasse". 

 

Le muguet a chez les grecs, la réputation d'être une fleur divine.
 

Apollon et les neuf Muses -Vos Marten (1532–1603)

 

L'arrivée du printemps est fêté en Grèce depuis l'antiquité. Le mot grec Maia (mère d'Hermès) signifie mère nourricière, d'où est issu le mois de mai.


Ces fêtes antiques portaient le nom de Anthestéries (anthos - fleur) et commémoraient celui qui pouvait traverser l'obscurité de l'hiver. Les fleurs représentant la beauté, la puissance et la gloire, le bonheur et la santé. 


La tradition veut que chaque famille fasse une gerbe ou une couronne de fleurs fraiches qui symbolise l'arrivée d'une nouvelle période...


Cette tradition perdure toujours en Grèce: des couronnes de fleurs sont suspendues à l'entrée des maisons.
 

rites anthestéries

 

Dans la Rome Antique, c’est Flora, la déesse de toutes les fleurs, dont les roses et le muguet ; qu’on célébrait lors du festival du printemps. Le muguet en faisait partie.

Sebastiano Mazzolino allégorie du printemps

 


Les jeux floraux (en latin : ludi florales), également appelés Floralies ou Floralia, étaient des fêtes célébrées dans la Rome antique du 27 avril au 2 mai, instituées en 173 en l'honneur de la déesse Flore, déesse, d’origine sabine, des fleurs, des jardins et du printemps. Ils furent ensuite introduits dans tout l'Empire, au fur et à mesure des conquêtes, et fort appréciés des peuples conquis en raison de leur caractère licencieux. L'apogée de ces fêtes avait lieu le premier mai.

Floralies

 

Charles Godfrey Leland (1824 -1903) a étudié à l'université de Princeton ainsi qu'en Europe. Il a travaillé en journalisme, a beaucoup voyagé et s'est intéressé au folklore et à la linguistique folklorique. Il a publié des articles et des livres sur les langages et traditions folkloriques américains et européens.


Selon lui, la déesse mère nordique du printemps printemps, Ostara apparaît à la venue des beaux jours, elle aurait été associée au muguet.


Astara, c'est le sabbat de l'équinoxe de printemps. Il marque le réveil de la grande Déesse qui fertilise la terre en vue de faire renaître la nature et pousser les animaux à la reproduction. Ostara est propice à la purification et au renouvellement sous toutes ses formes.

 

C'est le moment idéal pour les rituels de prospérité et de croissance ainsi que pour commencer un nouveau projet. Ostara vient du nom Eostre déesse lunaire de la fertilité, On l'appelle aussi Pâques, jour d'Eostre, Alban Eilir(nom druidique) et fête des arbres.

Ostara - Eostre

 

Dans la mythologie romaine, on raconte qu'une fois, la déesse Diane Chasseresse est entrée  dans une forêt inconnue où vivaient les faunes. En voyant sa beauté, ils la poursuivirent. Elle s'enfuit et courut tellement longtemps et vite, que son corps fut couvert de gouttelettes de sueur parfumée qui tombaient au sol en se transformant en fleurs magiques, les lys de la vallée.

Diane chasseresse - Avant 1631 - Orazio Gentileschi (1563-1639)


Pour les Celtes, il s'agit de la fête de Beltaine, le passage de la saison sombre à la saison claire, de l'hiver au printemps en quelque sorte, qui signifie la reprise des activités, le retour dans les champs et le début des expéditions guerrières. De grands bûchers sont allumés pendant que les druides récitent des incantations. 


Selon les versions, le peuple se réunissait autour d'un arbre pour danser et chasser les esprits malfaisants, conférant ainsi au muguet, des vertus de porte-bonheur. Sa floraison signifiait le retour du printemps et de l’abondance de la nature. Son parfum, dit-on séduisait les Dieux.


Le muguet était un porte bonheur qui s'offrait lors des mariages.
 

fêtes de Beltaine

fêtes de Beltaine

 

Les cloches du muguet servent de lanternes aux elfes, petit peuple forestier. 

Mythologie des fleurs - le muguet de mai - premier mai

 

Mythologie celtique


La fée du muguet est gracieuse et fragile, auréolée d’une douce lumière.

 

La chanson de la fée du muguet

Les fées douces, font calmer votre chant :

Pouvez vous entendre mon sonner de cloches blanc,

Sonner comme de lointain ?

Qui peut m’indiquer ce qu’elles indiquent ?

 

Petit dehors-jaillir neigeux de cloches

De la tige et de sonner doucement –

Les dire d’un pays où

Tout est bon et juste ?

Belles, belles choses pour L !

Lilas, lavande aussi bien ;

Et, plus doux que rimant le dit,

Cloches du muguet.

 

Cicely Mary Barker (illustratrice)
 

Fée du Muguet  Cicely Mary Barker

Fée du Muguet Cicely Mary Barker

 

La légende  du muguet


L’histoire commence dans une famille qui vivait dans un petit village.


Même s’ils étaient pauvres, l’amour profond qui réunissait la mère, le père et leur petite fille les rendait heureux.


La fille jouait et chantait dès l’aube jusqu’au soir. Mais un accident affreux mit fin à ce bonheur en tuant ses parents. La petite resta seule au monde.


Un matin, la Reine des Fleurs qui surveillait leur merveilleux jardin, fut étonnée de la voir solitaire et accablée de tristesse, en cueillant les fleurs qu’elle avait tant soignées.


Marchant sur ses pas, elle la vit s’arrêter face au tombeau de ses parents, le couvrant de fleurs et de chaudes larmes.


La Reine envoya vers elle un parfum qui la fit s’endormir sur place.
Puis, elle parut dans son rêve en lui disant : “ Grâce à ta gentillesse envers la Nature et parce que tes parents te manquent tant, je vais te transformer en fleur, au printemps, pour rester avec eux. ”


Se réveillant, la petite se souvint du rêve et elle en fut très contente. Elle alla à la maison, attendant avec impatience l’arrivée du printemps.


En effet, au mois de mars, tout le village constata sa disparition.
Et les gens ne furent pas moins étonnés de voir sur le tombeau de ses parents une petite fleur unique au monde.


Les petites floraisons étaient blanches et ressemblaient à des larmes d’enfant. De plus, elle était enveloppée de deux grandes feuilles vertes.


Seule la Reine des Fleurs savait qu’elles étaient les deux parents de la fille qui la protégeaient, en l’embrassant de part et d’autre.


C’est ainsi qu’une nouvelle fleur parut au monde. Elle fut appelée le muguet.


auteur anonyme
 

Mythologie des fleurs - le muguet de mai - premier mai

 

Le muguet a des pouvoirs magiques :


On dit que respirer fréquemment le parfum du muguet favorise l'imaginaire, la création artistique, donne confiance, fortifie la mémoire, la persévérance, et aiguise l'intellect et la pensée. Mais attention à ne pas en abuser !!!


On dit aussi que le muguet a le pouvoir de réjouir les coeurs et de chasser les mauvais esprits..........
 

 

 

Symbole de douceur et de félicité, le muguet fleurit également dans la tradition chrétienne comme l'emblème du renouveau et de la vie. 


Plusieurs légendes sont liées au muguet.
 

 

Marie pleurait son fils Jésus, mort sur la Croix. Les larmes versées, tombèrent au pied de la Croix, et se transformèrent en jolies petites fleurs à clochettes blanches, ressemblant étrangement au "lis de la vallée", symbole de rédemption , pureté et de bonheur retrouvé.


Le lis de la vallée ou muguet est aussi appelé les larmes de Marie.
 

 

 

Selon un autre  mythe, les petites clochettes de muguet  bordaient le chemin conduisant à au Paradis  et entouraient la porte, tintant  au passage d’une âme pure.


 

On dit aussi que les larmes versées par Ève en quittant le paradis, seraient à l'origine de la création du muguet.

 

 

L'esprit des fleurs - Hélène Dubois-Aubin - Mythes, légendes et croyances.


Le muguet de Léonard - le dragon


.....De nos jours, on prête encore au muguet un pouvoir porte-bonheur, pouvoir hérité de Saint-Léonard dont il est issu. Ce héros de la chrétienté a triomphé du bien sur le mal, en nous laissant ce bien joli "lis des vallées".


....En l'an cinq cent de notre ère, la Gaule réunifié après les nombreuses invasion barbares devenait Chrétienne sous l'influence de Clovis. Il se trouvait parmi ses proches un homme bon appelé Léonard, qui répandait les bienfaits autour de lui.


Chaque jour, Léonard parcourait les terres riches et les bois épais de la province. C'était une région prospère ; dont les champs fournissaient d'abondantes récoltes. Rien ne manquait aux habitants de la cité florissante. 


Mais un horrible dragon vint s'installer non loin des murailles de la ville. Son corps énorme comme la nuit, cachait les rayons du soleil. Jaloux du bonheur des hommes, il annonça ses intentions :


"Désormais ce royaume m'appartient et vous serez mes serviteurs. Les vastes plaines feront une couche parfaite pour mon repos, et les gras des animaux sauront calmer ma faim"..........


La foule se lamentait sur le sort misérable que leur réservait le dragon, et se réunit. Le Saint Ermite qui assistait à cette réunion, se dressa soudain devant la foule :


"Par ma foi, j'irai combattre ce dragon, et l'on verra qui de nous deux en sortira vainqueur !..."


Sur ces paroles, il s'arma de son épée et du feu de ses prières et partit affronter le dragon. Une lutte impitoyable s'engagea. Les coups portés sur la peau couverte d'épaisses écailles n'affaiblirent pas le dragon dont la gueule, grande ouverte, cracha un terrible venin. Aveuglé par ce jet acide, le vaillant Léonard ne put résister plus longtemps au monstre furieux, qui l'entraînait vers les ténèbres. Ceux qui avait assisté à la lutte restaient pétrifiés par la peur et le désespoir.

 

Léonard, que l'on croyait perdu à jamais, émergea soudain à l'autre bout de l'horizon en brandissant la dépouille du monstre qu'il n'avait jamais cessé de combattre.

 

Alors que le ciel s'embrasait de nouveau d'une lumière pourpre, le sang pur et clair du Saint victorieux s'écoulait doucement sur l'herbe fraîche du matin. Les perles vermeilles échappées des plaies du valeureux combattant, se transformaient peu à peu en grappes serrées,semblables à de belles groseilles. De ces grelots écarlates, renaissent encore aujourd'hui les fleurs du muguet qui accompagnent le joli mois de mai et annoncent toujours le retour du bonheur.
 

 

 

Coutume au Moyen âge, 


Le mois de Mai devint le mois des "accordailles ", maintenant appelées fiançailles.


Le prétendant accrochait un bouquet de muguet à la porte ou à la fenêtre de sa bien aimée.
 

 

 

XIV° siècle

 

Henri Suso ou bienheureux Henri est un religieux prêtre dominicain catholique connu pour avoir répandu la mystique rhénane de Maître Eckhart avec Jean Tauler. Il a été proclamé bienheureux de l'Église catholique en 1831.


Il aimait à s'appeler le Serviteur de la Sagesse éternelle, et son Horloge de la Sagesse est le livre le plus lu en Allemagne au XV° siècle et au XVI° siècle, devant l'Imitation de Jésus-Christ.


Au 14ème siècle, mai étant le mois de fleurs, le bienheureux  dominicain Henri Suso répandit l’habitude de tresser des couronnes pour les offrir à la Vierge, le 1er  mai, le jour où l'on fêtait le printemps !


Cette belle tradition se poursuit aujourd’hui avec le brin de muguet.

Illustration de l'Exemplar ou La vie du Bienheureux Suso - 1300

 

XV° siècle


Enluminures "Riches Heures du duc de Berry" fête du printemps et du premier de mai en l'honneur d'un couple

 


Les Très Riches Heures du duc de Berry est un livre d'heures commandé par le duc Jean Ier de Berry et actuellement conservé au musée Condé à Chantilly (France).

 
Il est commandé par le duc de Berry aux frères Paul, Jean et Herman de Limbourg vers 1410-1411. Inachevé à la mort des trois peintres et de leur commanditaire en 1416, le manuscrit est probablement complété, dans certaines miniatures du calendrier, par un peintre anonyme dans les années 1440. Certains historiens de l'art y voient la main de Barthélemy d'Eyck. En 1485-1486, il est achevé dans son état actuel par le peintre Jean Colombe pour le compte du duc de Savoie. Acquis par le duc d'Aumale en 1856, il est toujours conservé dans son château de Chantilly, dont il ne peut sortir, en raison des conditions du legs du duc.

 

"Riches Heures du duc de Berry" fête du printemps et du premier de mai

 

Au XV° siècle

 

La signification du muguet dans la peinture :


Son nom français vient de musc, substance parfumée. Fleur naturellement associée à Marie à cause de sa blancheur et de la suavité de son parfum (cf. Le Cantique des Cantiques : "Je suis le narcisse de Sharon, le lys des vallées". Cette fleur est également associée à l’idée d’humilité (sa corolle est tournée vers le bas). Vivace de nos sous-bois, elle annonce le printemps. 
 

 

Du Maître Rhénan anonyme - les jardins du paradis 1410 - le muguet en bas centre gauche

Maître Rhénan anonyme - les jardins du paradis 1410

Maître Rhénan anonyme - les jardins du paradis 1410

Maître Rhénan anonyme - les jardins du paradis 1410 détail

Maître Rhénan anonyme - les jardins du paradis 1410 détail

 

XVI° siècle


1473-1543


Nicolas Copernic est un astronome polonais, également chanoine, médecin et mathématicien, né le 19 février 1473 à Thorn, Prusse royale (royaume de Pologne) et mort le 24 mai 1543 à Frauenburg (également en Prusse royale, royaume de Pologne, aujourd'hui Frombork)


De nombreux livres anciens consacrés à Nikolai Copernic contiennent son portrait, où il est représenté avec un bouquet de délicats lis de la vallée entre ses mains. 

Ecole Allemande - Copernic  au brin de muguet
 

 

 

L’image des lis de la vallée s’explique par le fait que Copernic était mieux connu de ses contemporains non pas comme astronome, mais comme grand spécialiste du droit, des mathématiques et du bon docteur. Et le muguet était alors l'un des symboles de l'art.

Tobias Stimmer. Nicolas Copernic. 1574

 

XVI° siècle

 

Le muguet en peinture 

 

Albrecht Dürer (1471-1528) Madone au brin de muguet

Albrecht Dürer (1471-1528) Madone au brin de muguet

 

La tradition consistant à offrir du muguet, le premier mai, semble remonter à l'époque de Charles IX (1550-1574). 

 

1°  version

En 1560, Charles IX et sa mère Catherine de Médicis visitent le Dauphiné où le chevalier Louis de Girard de Maisonforte offre au jeune roi un brin de muguet cueilli dans son jardin à Saint-Paul-Trois-Châteaux.
 Le roi, charmé, reprend cette pratique d'offrir chaque printemps un brin de muguet à chacune des dames de la cour en disant "Qu'il en soit fait ainsi chaque année". La coutume s’étendant rapidement à travers tout le pays. 

 

2° version

En 1560, Catherine de Médicis charge le chevalier de Saint-Paul-Trois-Châteaux, ville du département de la Drôme, d’une mission secrète auprès des Borghèse, ce dernier revient de chez cette riche famille italienne et, en guise de réussite de sa mission, offre au roi à la cour de Fontainebleau un bouquet de muguet trouvé dans les bois.

 

3° version

En 1564, Catherine de Médicis, partie en Provence réconcilier catholiques et protestants avant l’Édit de Nantes, fait halte en Tricastin. Passant la nuit à Saint-Paul chez le chevalier de Girard de Maisonforte , celui-ci lui offre une magnifique brassée de muguet de son jardin. De retour vers le château de Fontainebleau, elle remet intact le bouquet au roi Charles IX. Malgré son jeune âge, sa majesté n’a que 14 ans, il fait sur le champ une distribution généreuse des brins de muguet aux galantes de sa cour et décide "qu’il en sera ainsi" chaque 1 er mai.

 

4° version

En 1566, soit deux ans plus tard que “l’histoire officielle”. Louis de Girard de Maisonforte est mandaté par Catherine de Médicis pour une mission de bons offices en Italie. Sur le chemin du retour plutôt que d’aller rendre compte au roi, il fait le crochet par Saint-Paul-Trois-Châteaux. Craignant d’arriver les mains vides à la cour, il cueille un bouquet de muguet qui lui aussi supportera miraculeusement le voyage jusqu’à Fontainebleau. Devant le roi le chevalier aura ces mots : “Sire, que ce muguet tricastin vous porte bonheur”. À cet instant, le roi partage brins et clochettes blanches avec les dames de la cour et donne le top départ à une tradition séculaire.

 

5° version

Comme pour conserver une part de mystère à cette histoire, certains prétendent qu’en réalité tout se noua à Saint-Paul même. La Reine-mère Catherine de Médicis revenait de Provence où elle était allée chez son astrologue Nostradamus, c’est lors d’une pause en Tricastin qu’on lui offrit du muguet qu’elle s’empressa de remettre au roi. Charles IX le distribua à la cantonade et du haut de son autorité royale ordonna que le même geste soit répliqué chaque 1°mai… 
 

 

C'est donc entre 1560 et 1566 que remonte la tradition d'offrir du muguet au premier mai, mais nul ne sait vraiment comment Charles IX s'est procuré cette brassée de muguet, toujours est-il que c'est de lui que viendrait la coutume d'offrir un brin de muguet le premier mai.


Depuis et dans toute l’Europe, le muguet est un porte-blonheur, symbole de renouveau, de pureté et de joie. 

Charles IX

 

 

XVI° siècle


C'est en parfumerie que le muguet est surtout connu, même s'il y est rarement utilisé sous sa forme naturelle. Dès le XVI° siècle, le muguet était un parfum apprécié, notamment des hommes.


On appelait d'ailleurs les jeunes courtisans "les muguets"  qui muguètent (qui courtisent les dames)

bal cour Valois - XVI° siecle


 

Le muguet, est employé au XVIe siècle, en Allemagne (ainsi que le relate Matthioli, 1554), 


..."contre les palpitations et pour "fortifier le cœur ", le muguet reste utilisable en cardiologie, au voisinage de la digitale et du strophantus africain. Le mode d'administration et la posologie appellent la plus grande attention en raison de la toxicité du produit."..... 
 


 

Philippe Néri (Filippo Neri), (1515 -1595), fondateur de la congrégation de l'Oratoire, est une figure très importante de la Réforme catholique entreprise avec le concile de Trente.


Au début du mois de mai, il exhortait les familles à manifester leur affection pour Marie,  au moyen des fleurs, si abondantes en ce mois.


Béatifié le 11 mai 1615 par le pape Paul V et canonisé le 12 mars 1622 par le pape Grégoire XV, son caractère enjoué lui valut le surnom de "Saint de la joie ". Dans la liturgie catholique, il est commémoré le 26 mai.
 

 

 

XVII° siècle


Mademoiselle de Blois portant un brin de muguet".


Tableau de Pierre Mignart  (1612-1695)
 

Mademoiselle de Blois - Pierre Mignard

Mademoiselle de Blois - Pierre Mignard

 

18° siècle


En 1724, La dévotion à la Vierge Marie se généralise, grâce au collège des Jésuites de Rome et à la publication par le père Jacolet s.j. du livret "Mensis Marianus" – "le mois de Marie".


Appelé mois de Marie, le mois de mai est le plus ancien et le plus connu des mois consacrés, officiellement depuis cette date. 
 

Mois de Marie

Mois de Marie

 

 

Le Muguet est appelé au VIII° siècle "Lys de la vallée", en référence à son nom savant lilium convallium (lis des vallées) donné par les apothicaires. C'est ce qui permet à Linné de lui donner en 1753 son nom binomial latin Convallaria majalis (littéralement convallaire de mai). Il indique que la plante pousse en mai dans les vallées. Sa dénomination lys des vallées se retrouve également dans son nom anglais "lily of the valley".


 

 


Calendrier républicain


Le mois de floréal était le huitième mois du calendrier républicain français.
Il correspondait, à quelques jours près (selon l'année), à la période allant du 20 avril au 19 mai du calendrier grégorien.


Il tirait son nom "de l'épanouissement des fleurs d'avril en mai", selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d'Églantine, au nom de la "commission chargée de la confection du calendrier".


Il fut aboli le 1er janvier 1806 (11 nivôse an XIV) par Napoléon Ier.
Dans le calendrier républicain français, 


le 7° jour (26 avril) du mois de Floréal (20 avril - 30 avril), est officiellement dénommé


"jour du Muguet"


Le Soleil entre au signe du Taureau 
Sitôt que Flore en sa magnificence, 
Promet dans ses présents des trésors aux humains 
On aime à voir la candeur l'innocence 
Que la Jeune Beauté couronne de ses mains

 

Floréal


 

Puis cette date fut choisie au 18ème siècle pour être la date du renouvellement des baux ou des contrats de travail. 


La tradition de pouvoir vendre le muguet sur la voie publique remontant à Claude-François de Payan, lui aussi natif de Saint-Paul-Trois-Châteaux, ami de Robespierre.

 
En France, la vente du muguet par les particuliers et les associations non munis d'une autorisation et sur la voie publique est officiellement tolérée le 1er mai  en respectant toutefois les autres obligations légales (il s'agit par exemple de muguet du jardin ou des bois et non pas de muguet acheté, sinon ce serait de la revente). 

 

 

 

XIX° siècle 

 

Le muguet en peinture


Franz Xaver Winterhalter  (1805-1873) - premier mai 1851


Cette image représente l'offre par le duc de Wellington d'un cadeau à la reine Victoria, au prince Albert et au prince Arthur, dans une scène qui ressemble à l'Adoration des mages. 


Le tableau a été commandé par la reine Victoria pour commémorer le 1 mai 1851, qui a eu une triple signification : 


il a été le premier anniversaire du prince Arthur, le quatre-vingt deuxième anniversaire du parrain du prince, le duc de Wellington, et le jour de l'ouverture de l'exposition universelle. 


Le prince Arthur tient vers le bas le muguet de mai, un cadeau traditionnel du 1er mai qui apporterait le bonheur. Le Crystal Palace est visible en arrière-plan.
 

Franz Xaver Winterhalter  (1805–1873) - premier mai 1851

 

XVI° siècle


Le muguet en peinture - 


Marx Reichlich (1460-1520)

muguet en peinture - Marx Reichlich (1460-1520)

 

18° siècle

 

Le muguet et la peinture

 

Claude Hoin (1750-1817) - Allegorie du printemps

Claude Hoin (1750-1817) - Allegorie du printemps

 

 

Frank Bernard Dicksee (1853-1928) femme au brin de muguet

Frank Bernard Dicksee (1853-1928) femme au brin de muguet

 

 

Frank Bernard Dicksee (1853-1928) Titania

Frank Bernard Dicksee (1853-1928) Titania

 

Autrefois, des bals étaient organisés pour le premier mai. Il avait lieu en journée, sans les parents, les jeunes filles et les jeunes gens s'y retrouvaient, arborant chacun, un brin de muguet à la boutonnière, ou au corsage !.


On offrait du muguet à tous ceux que l'on aimait, famille et amis. 


L'usage voulait plus particulièrement que le jeune homme offre du muguet à son amoureuse, 


Comme présage de bonheur, on fleurissait de muguet la maison d'un  bébé. 
 

 

 

XIX° siècle

Blanche-Neige

conte des frères Grimm - 1812


.......Le chasseur laissa Blanche-Neige seule dans la forêt. Elle errait dans les bois lorsqu'elle accrocha accidentellement son collier, les perles en se dispersant, se transformèrent en fleurs parfumées., du muguet.
 

 

1875

 

Péjorativement, un muguet est un homme qui se parfume (autrefois à l'essence de muguet)et qui se pare avec soin pour plaire aux femmes.


mugueter  signifie courtiser, faire le galant et est attesté dès le XVIe siècle. Dès 1587, il s’emploie au sens de convoiter. 


Oeuvres de Molière - Tome II -1875 -l'école des maris


Sganarelle
....
Ne voudriez-vous point, dis-je, sur ces matières,
De vos jeunes muguets* m'inspirer les manières ?


*Il parait venir d'un parfum longtemps à la mode, l'essence de muguet
....

 

 

Hauteroche - le Cocher supposé, sc. 3


....Dis-moi un peu, quel est ce muguet qui se rencontre à toutes les promenades que fait ma nièce ? Louis Reybaud - Mémoires de Jérôme Paturot, I, 2...


....Mon père, dit-elle au président, j'éprouve le besoin de répondre à ce muguet ; je demande la parole...
 

 

 

XIX° siècle

 

Robe de mariée 1887

 

 

XIX° siècle

 

L’idée du Premier Mai est d’origine américaine. En octobre 1884, Le Labour, Union Syndicale réunie à Chicago, décide de placer à l’ordre du jour la conquête de la journée de huit heures. Dans ce but, elle fixe une journée nationale de grève au 1er mai 1886.

Le Congrès suivant, réuni en décembre 1885, à Washington, confirme cette décision. Il ajoute que la réduction du temps de travail serait soumise à la signature des employeurs ; la grève ne serait déclarée que dans les usines dont les patrons n’accepteraient pas les huit heures.

premier mai - 1886 à Haymarket
 

En France, dès 1890, les manifestants du 1er mai ont pris l’habitude de défiler en portant à la boutonnière un triangle rouge. Celui-ci symbolise la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs. Le triangle est quelques années plus tard remplacé par la fleur d’églantine. 

 

Cette tradition se perd jusqu'au 1er mai 1895 qui voit le chansonnier Félix Mayol (1872-1941)  débarque à Paris, gare Saint-Lazare, et se voir offrir un bouquet de muguet par son amie parisienne Jenny Cook. Une anecdote publiée dans ses mémoires rapporte que, faute de trouver un camélia, les hommes élégants portant à l'époque une fleur au revers de leur redingote, il prit un brin de muguet le soir de sa première sur la scène du Concert parisien. La première étant un triomphe, il conserve ce muguet qui devient son emblème et relance peut-être cette coutume.

 

Au 19ème siècle, cette date était une journée annuelle de grève pour obtenir la journée de huit heures de travail avant de devenir la journée internationale des travailleurs.
 

Félix Mayol


 

Si la musique joua un rôle important dans la légende du muguet, la mode ne fut pas en reste. 


En 1900, les grands couturiers parisiens offrent, à l'occasion d'une grande fête, à chaque femme un brin de muguet. Une idée charmante pour les couturières qui choisiront dès lors, d'en donner chaque année à leurs clientes.
 

En 1907, à Paris, le brin muguet, symbole du printemps en Île-de-France, est porté à la boutonnière.


Ce n'est qu'au début du XX° siècle qu'il sera associé à la Fête du travail, qui date elle-même de 1889.

 

En fait, sous Pétain, la fête des Travailleurs devient la fête du Travail et l'Églantine rouge (Rosa canina ou Rosa rubiginosa), associée à la gauche, est remplacée par le Muguet.
 

Le 23 avril 1919, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant, à titre exceptionnel, une journée chômée.

 

C'est en 1921 que le Rugby Club Toulonnais adopte ses couleurs et son emblème : "De rouge et noir orné de muguet"… ceci en hommage au chanteur à succès toulonnais Félix Mayol, "bienfaiteur" du RCT, qui portait toujours un brin de muguet au revers de sa jaquette.

 

Le muguet est aussi le symbole du Rugby club toulonnais depuis 1921, en l'honneur à Félix Mayol.
 

 

 

La vente du muguet dans les rues de Nantes commença peu après 1932, avec l'instauration de la fête du lait de mai par Aimé Delrue. 


En France, la vente du muguet par les particuliers et les associations non munis d'une autorisation et sur la voie publique est officiellement tolérée le 1er mai 1935 en respectant toutefois les autres obligations légales (il s'agit par exemple de muguet du jardin ou des bois et non pas de muguet acheté, sinon ce serait de la revente). 

 

Le 1er mai 1936, le muguet est associé pour la première fois à la Fête du Travail.


Les manifestations du 1er mai 1936 prennent une résonance particulière car elles surviennent deux jours avant le deuxième tour des élections législatives qui vont consacrer la victoire du Front populaire et porter à la tête du gouvernement français le leader socialiste Léon Blum.
 

 

 

Le muguet ne deviendra que très tardivement le symbole de la fête du Travail sous le gouvernement de Vichy. Le 24 avril 1941, plus précisément, lorsque le maréchal Pétain imposera le 1er mai comme "la Fête du Travail et de la Concorde sociale". Exit l'églantine rouge, emblème de la journée internationale des travailleurs. Désormais, les Français fêteront le muguet !

 

Christian Dior en fait sa fleur fétiche et l’emblème de sa Maison de couture. Sa collection 1954 "Ligne Muguet" lui est dédiée. Chaque mannequin en porte un brin lors des défilés.

robe muguet Christian Dior 1954


Le muguet, en soliflore, a fait la célébrité du parfum Diorissimo, créé en 1956 par Edmond Roudnitska.
 

 


 

XX° siècle


Ouvrage : Et maintenant une histoire II, Les fêtes civiles 
May d'Alençon, née Madeleine-Eugénie Lécole (Paris 7e, 14 février 1898 - Rouen, 16 septembre 1968, est un auteur français.


Premier Mai


Il faisait un temps affreux, ce soir-là, dans la vallée d’Alpenrose. Dès la nuit venue, le vent était tombé des montagnes environnantes, s’abattant avec des rafales de pluie et de grêle sur les bâtiments du couvent.


Par bonheur, ceux-ci étaient solides, bâtis de bon granit de la montagne ; ils avaient vu bien d’autres tempêtes mais les hurlements du vent dans les couloirs, les sifflements dans les cheminées, le fracas d’une ardoise ou d’une branche qui s’écrasait, étaient vraiment impressionnants.


Et l’on pensait au voyageur perdu dans la montagne, au berger attardé, au pauvre sans logis.


"Que Dieu les conduise jusqu’à la porte du couvent, murmura le bon frère hôtelier qui, un imposant trousseau de clés à la main, revenait de la tournée qu’il faisait chaque soir dans le monastère. Que Dieu les conduise ici : ils trouveront chaleur, bon gîte et réconfort.


"Quel temps ! quel temps ! dit-il encore, est-ce un temps de mars ? L’hiver ne veut point laisser la place…"


Et il s’attrista en pensant à son jardin — car frère Bonaventure était jardinier en même temps qu’hôtelier du couvent. La semaine passée, encouragé par un rayon printanier, il avait sorti de leur abri d’hiver des fleurs, des plants que cette tempête était en train d’anéantir. Quel malheur ! Quel malheur ! Il en avait beaucoup de peine car, grâce à ses soins et à ses capacités, les jardins du monastère étaient magnifiques ; on venait de loin pour les admirer....

 

***

Soudain, un violent coup de cloche à la porterie le fit sursauter, l’arrachant à ses regrets.


"Quoi ? Serait-ce un voyageur ? "


Il se hâta de toute la vitesse de ses vieilles jambes et, tout apitoyé à l’avance, il ouvrit la lourde porte avec des mots de compassion et de bienvenue.


"Entrez, entrez, qui que vous soyez ; vous êtes envoyé de Dieu, venez vous chauffer et vous réconforter."


Celui qui était là en avait bien besoin : trempé, grelottant dans des vêtements usés, il semblait à bout de forces. Il se laissa conduire près d’un grand feu, fit honneur aux mets chauds que le bon frère Bonaventure lui servait en causant amicalement avec lui, puis s’endormit, épuisé de fatigue, dans le lit confortable qui lui fut offert.


Le lendemain matin, le frère hôtelier fut bien surpris de trouver son voyageur levé, dispos, et qui, le bâton à la main et la besace au côté, se préparait à partir.


"Quoi, déjà ? Vous ne restez pas quelques jours ici ?" 


L’inconnu expliqua qu’il avait un long voyage à faire et qu’il voulait profiter du beau temps.


"Du beau temps, mais oui ! La tempête s’est calmée à l’aube, le ciel est bleu et le soleil luit ; le mois de mars réserve des surprises : cette éclaircie est peut-être passagère, je veux en profiter.


— Visitez au moins notre monastère, fit le bon frère désolé de voir son hôte si pressé ; hier, il faisait nuit, et vous n’avez rien vu."


Le voyageur bien volontiers suivit son hôte à travers les salles et la chapelle, au long des cloîtres : le monastère était très beau ; les moines eux-mêmes ajoutaient chaque année quelque sculpture ou quelque statue. Puis nos deux compagnons visitèrent le jardin. Hélas ! que de dégâts la tempête n’avait-elle pas causés : plants arrachés, feuilles naissantes déchiquetées ! Le frère Bonaventure ne se lassait pas de gémir.


"Le printemps réparera tout cela, fit l’étranger croyez-moi, et je veux vous faire présent d’une fleur qui ne fleurit certainement pas ici : je ne l’ai vue qu’en des régions fort éloignées. Vous m’avez si bien reçu, si bien réconforté, que je suis heureux de vous faire plaisir."


Ce disant, l’étranger tira de sa besace quelques racines de peu d’apparence, et en fit présent au moine.


Celui-ci, dès le départ de son hôte, les planta en bonne place dans son jardin.


****

Et voici que, quelques semaines après, sortirent de terre de petits cornets verts qui étaient des feuilles roulées. Juste pour le mois de mai, celles-ci s’ouvrirent, laissant s’échapper des grappes de délicieuses clochettes d’un blanc si pur, d’un parfum si pénétrant, que frère Bonaventure alerta toute la communauté afin qu’elle vienne admirer cette merveille. Tous s’extasièrent à l’envi.


"Ces fleurs sont un don de Dieu et de la Vierge pour récompenser l’hospitalité ! Ce sont des fleurs bénies, les fleurs du mois de Marie, les "lis de la vallée".


Les "lis de la vallée", comme on les appelait, firent l’admiration des gens du pays qui se pressèrent en foule pour les contempler. Et la renommée des jolies fleurs s’étendit beaucoup plus loin encore, jusqu’aux provinces éloignées.


****

Le bon frère Bonaventure était devenu encore plus fier de son jardin. Les lis, bien soignés, prospéraient chaque année ; le plant s’agrandissait, devenait magnifique, et le frère jardinier pouvait maintenant donner une petite grappe de jolies clochettes à chaque visiteur.


Durant tout le mois de mai, c’est un défilé de pèlerins qui sonnent à la porte du couvent. Tout affairé et tout content, frère Bonaventure se multiplie pour bien accueillir tout ce monde ; il n’a plus le temps de rien faire d’autre, à peine le temps de prier, et il se sent fier, plus fier qu’un grand inventeur ou qu’un grand général. Et le temps passa.


Mais frère Bonaventure, s’il était un bon jardinier et un excellent hôtelier, était surtout un saint homme. Un beau jour, tandis qu’il méditait sur l’humilité, il courba la tête et se frappa la poitrine :


"Quoi, moi qui suis le dernier de tous, je sens en moi orgueil et vanité à cause du lis de la vallée que je suis le seul à posséder. Jour et nuit, je ne pense plus qu’à la beauté de cette fleur. Que faire ? Tout saccager ? Je n’en ai pas le droit, car le lis chante les louanges du mois de Marie. O bonne Vierge, éclairez-moi. "


Jusqu’au soir, le pauvre frère resta triste et pensif.


C’était un beau soir d’avril, avec une telle douceur dans l’air que tout : gens, bêtes et plantes, semblaient vivre et respirer avec béatitude. Le soleil s’était couché, mais une lune ronde et lumineuse l’avait remplacé et éclairait le cloître et le jardin comme au crépuscule.


Quelle est cette ombre qui se glisse furtivement au jardin, un outil à la main, un sac sur l’épaule ? Ce n’est pas l’heure du travail, les religieux sont retirés chacun dans leur cellule. Ne reconnaissez-vous pas le dos voûté, la barbe blanche du frère Bonaventure ?

Que va-t-il donc faire à cette heure ?
Parmi toutes ses plantes qu’il connaît si bien, notre travailleur nocturne n’a pas grand mal à trouver le plant des lis de la vallée. Ils ne sont pas encore fleuris, mais les feuilles roulées sont prêtes à découvrir les jolies grappes blanches et odorantes. On croirait déjà respirer leur doux parfum. Frère Bonaventure enfonce la bêche, déterre soigneusement avec ses racines tout le plant, sans regret, sans hésitation. Le grand sac est plein, ouf ! le voilà sur l’épaule. Et, plus voûté encore, sans laisser la bêche, frère Bonaventure sort par la petite porte du couvent.


Le voilà dans la campagne. Vite, vite, il gagne le bois. Comme il est beau sous la lune ! Les feuilles nouvelles s’agitent avec un frémissement de soie, des parfums d’arbres en fleurs flottent dans l’air. Mais le frère ne s’attarde pas. Il cherche, ici et là, les plus jolies clairières, les banquettes moussues des chemins, les pentes bien exposées et, quand le terrain lui semble propice, il enfonce la bêche et plante une touffe des précieux lis de la vallée.


A l’aube, le moine revint las, essoufflé, mais heureux.


"Je ne serai pas le seul à posséder les fleurs de Marie. Elles seront à tous, je resterai l’humble jardinier."


En effet, au bout de peu de temps, une ravissante floraison de clochettes odorantes couvrit le sol de la forêt, célébrant le mois de mai et la beauté du renouveau. Il y en a partout, partout, même dans nos régions, de ces jolis lis de la vallée qu’on appelle aussi muguet de mai.
 

 

François-Marie Robert-Dutertre (1815-1898) poète

Recueil : Les loisirs lyriques (1866)


Le mois de mai


........

Sous les amoureuses baleines

Des zéphirs qui rident les flots,

Le muguet au bord des fontaines

Agite ses petits grelots ;

Et pour que, plus belle, elle éclate,

La main d'un sylphe printanier

Viens, dans son corset écarlate,

Lacer la fleur du grenadier.

.........
 

 

 

Amédée Pommier (1804-1877) poète

Recueil : Les sonnets sur le Salon de 1851 (1860).

 


Le déjeuner champêtre

.......

Beautés à falbalas aimant à se repaître

Des propos doucereux de ces charmants muguets

Dont on croit sur la toile entendre les caquets,

Wattier rend tout cela non moins bien que le maître.

......

Scène de repas champêtre Jean-Antoine Watteau  (1684-1721)


 

Charles Guérin (1873-1907) poète

Recueil : Joies grises (1894)

 

Mélodie païenne

Venez ce soir, m'amie, à la vesprée ;

Pendant qu'au bourg on danse la bourrée,

Vous passerez par la porte du clos,

Et je vous attendrai sous les bouleaux,

Près de la source au soleil empourprée.

 

Dans la forêt de muguets diaprée,

Par nos pas surprise fuira l'Orée,

Et nos voix feront vibrer les échos.

Venez ce soir,

 

Et je vous dirai, ô mie adorée,

Mon amour à vos lèvres murmurée,

Eclose en baisers sur vos yeux mi-clos ;

 

Et dans votre gorge aux clairs et blancs flots

Si vous voulez que ma main égarée...

Venez ce soir.
 

Femme au muguet - Horace Günter (1868-1946)

 

Théophile Gautier (1811-1872) poète

Recueil : La comédie de la mort (1838).

 

Villanelle rythmique


Quand viendra la saison nouvelle,

Quand auront disparu les froids,

Tous les deux, nous irons, ma belle,

Pour cueillir le muguet au bois ;

Sous nos pieds égrenant les perles

Que l'on voit au matin trembler,

Nous irons écouter les merles

Siffler.

...........
 

 


 

Théophile Gautier (1811-1872)

Recueil : Émaux et Camées (1852)

 


Premier sourire du printemps


........

Sur le cresson de la fontaine

Où le cerf boit, l'oreille au guet,

De sa main cachée il égrène

Les grelots d'argent du muguet.

.........

 

Paul Verlaine (1844-1896) poète

Recueil : Jadis et naguère (1884)

 

Pantoum négligé

 

Trois petits pâtés, ma chemise brûle.

Monsieur le Curé n'aime pas les os.

Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule,

Que n'émigrons-nous vers les Palaiseaux !

 

Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule,

On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux.

Vivent le muguet et la campanule !

Dodo, l'enfant do, chantez, doux fuseaux.

 

Que n'émigrons-nous vers les Palaiseaux !

Trois petits pâtés, un point et virgule ;

On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux.

Vivent le muguet et la campanule !

 

Trois petits pâtés, un point et virgule ;

Dodo, l'enfant do, chantez, doux fuseaux.

La libellule erre emmi* les roseaux.

Monsieur le Curé, ma chemise brûle !


*emmi : au milieu de

voir les explications de ce poème sur le site suivant :

http://www.umr7023.cnrs.fr/sites/sfl/IMG/pdf/2010_pantoum_neglige_TAP.pdf

 

 

Charles Frémine (1841-1906) poète


 

Un brin de muguet

 

Tu veux des vers ? Quel goût étrange !

Mais pour me demander des vers,

N’as-tu pas mis, mon petit ange,

Ton bonnet un peu de travers ?

 

Crois-tu donc un vers sans cheville

Moins rare qu’un denier romain,

Et que la Muse est une fille

Que l’on a toujours sous la main ?

 

Non, Marie ! – Elle te ressemble ;

Elle a son logis familier,

Mais nous ne montons pas ensemble

Tous les soirs le même escalier.

 

Et bien ! puisqu’elle est en voyage

Et qu’en vain j’ai l’oreille au guet,

A défaut de son bavardage,

Accepte ce brin de muguet.

 

Prends cette fleur que j’ai choisie ;

Sur ton sein qu’elle aille mourir ;

C’est la plus fraîche poésie

Que je puisse aujourd’hui t’offrir.

 

Et toutes les fleurs des poètes

Jamais n’embaumeraient ton coeur,

Mieux que les blanches cassolettes

Que balance un muguet en fleur !

 

 


 

Charles Le Goffic (1863-1932) poète 

Recueil : Le bois dormant (1900)

 

Chanson Paimpolaise

 

Les marins ont dit aux oiseaux de mer :

Nous allons bientôt partir pour l'Islande,

Quand le vent du Nord sera moins amer

Et quand le printemps fleurira la lande.

Et les bons oiseaux leur ont répondu :

"Voici les muguets et les violettes.

Les vents sont plus doux ; la brume a fondu :

Partez, ô marins, sur vos goélettes."

.......


 

Maurice Carême (1899-1978) poète


Le muguet

 

Cloches naïves du muguet,

Carillonnez ! car voici Mai !

 

Sous une averse de lumière,

Les arbres chantent au verger,

Et les graines du potager

Sortent en riant de la terre.

 

Carillonnez ! car voici Mai !

Cloches naïves du muguet !

 

Les yeux brillants, l'âme légère,

Les fillettes s'en vont au bois

Rejoindre les fées qui, déjà,

Dansent en rond sur la bruyère.

 

Carillonnez ! car voici Mai !

Cloches naïves du muguet !


 


 

Robert Desnos (1900-1945) poète français, 

 

Un bouquet de muguet

Un bouquet de muguet,

Deux bouquets de muguet,

Au guet ! Au guet !

Mes amis, il m'en souviendrait,

Chaque printemps au premier mai

Trois bouquets de muguet,

Gai ! Gai !

Au premier mai,

Franc bouquet de muguet.

 

 

Le muguet et la publicité vintage

 

Muguet Coty Eric années 1940


 

Muguet Coty Eric 1945


 

Muguet Coty Eric 1948


 

Coty Muguet Des Bois Parfumé (1950)


 

Publicité "au Muguet"


 

Muguet étiquette Jouffroy - fromage


 

Muguet étiquette Garnaud - Fromage
 

 

 

Le muguet et les timbres porte bonheur


 

timbres poste


timbres poste


timbres poste


 

 

Le muguet en chanson

 

Francis Lemarque - le temps du muguet

… comme un vieil ami retrouvé
… le temps du muguet ne dure jamais
plus longtemps que le mois de mai
quand tous ses bouquets déjà se sont fanés...

 

 

Jean-Jacques Debout - "Le muguet est en clochettes"

 

Yves Montand - Joli mai 

 

 

Pierre Destailles - Tout ça parc' qu'au Bois de Chaville

 

Sans oublier cette comptine d'enfance


À la ronde du muguet

Sans rire et sans parler

Le premier qui rira ira au piquet
 

 

 

Le 1er mai, on offre traditionnellement du muguet "porte-bonheur" car il fleurit aux alentours de cette date. Cette tradition est très présente, entre autres, en France, en Suisse, en Belgique et en Andorre. 



Dans le langage des fleurs,

 

le muguet signifie "retour du bonheur "

On l'offre

comme porte-bonheur.
- Lorsqu’on veut marquer la joie du retour du bonheur dans sa vie, 

- Lorsqu’on veut souhaiter à la personne à qui on l’offre de retrouver le bonheur au plus vite.

- Pour une réconciliation, afin de retrouver le bonheur d’être ensemble, pour une relation amicale comme une relation amoureuse.


Pour le 13eme anniversaire de mariage on fête les noces de muguet. (le chiffre 13 et le muguet porte bonheur)

Audrey Hepburn - muguet

 


Si de plus, on trouve un brin de muguet à treize clochettes, , c'est l'apogée du bonheur ! 
 

 

Mythologie des fleurs - le muguet de mai - premier mai
Mythologie des fleurs - le muguet de mai - premier mai
Mythologie des fleurs - le muguet de mai - premier mai
Mythologie des fleurs - le muguet de mai - premier mai
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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 00:13

 

Mythologie 


La rose
 

......

Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,

En sa belle jeunesse, en sa première fleur,

Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,

Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose ;

......

Pierre de Ronsard (1524 – 1585)
 

Mythologie des fleurs - La rose

 

La rose



C'est la fleur des rosiers, arbustes du genre Rosa et de la famille des Rosaceae. La rose des jardins se caractérise avant tout par la multiplication de ses pétales imbriqués qui lui donne sa forme caractéristique.


La rose est l’une des plantes les plus cultivées au monde et elle occupe la première place dans le marché des fleurs. Mais on oublie souvent que les rosiers sont aussi des plantes sauvages (le plus connu en Europe est l’églantier) aux fleurs simples à cinq pétales, qui sont devenus à la mode, pour leur aspect plus naturel, depuis quelques décennies sous le nom de "roses botaniques".


Les rosiers cultivés sont le résultat de plusieurs millénaires de transformations d’abord empiriques, puis dès la fin du XVIII° siècle, méthodiques, en particulier par l’hybridation. Les variétés sont innombrables, on estime à plus de 3 000 le nombre de cultivars disponibles actuellement dans le monde. 

 

Appréciée pour sa beauté et sa senteur, elle est célébrée depuis l’Antiquité par de nombreux poètes et écrivains ainsi que des peintres pour ses couleurs et pour son parfum. Ses couleurs vont du blanc pur au pourpre foncé en passant par le jaune et toutes les nuances intermédiaires. 


Elle est présente dans presque tous les jardins et dans de nombreux bouquets. Elle est devenue la "reine des fleurs" dans le monde occidental.


 

panier de roses - William Hammer

panier de roses - William Hammer

 

Roses sauvages


Fleur odoriférante qui croît sur un arbuste épineux et dont la sorte la plus courante est d'un rouge très pâle.


Les rosiers sauvages sont de plus en plus introduits dans les jardins pour leur beauté désuète, leur cynorhodons colorés et leur vigueur. Ces rosiers sont à l'origine de la plupart des cultivars crées dans le monde de la rose.


Cette plante buissonnante pousse à l'état naturel et spontané dans la nature. Il en existe un centaine d'espèces. Ces buissons vigoureux font tous partie du genre Rosa. Ce genre est découpé en 4 sous-genres : les Hulthemia, les Hesperos, les Platyrhodon, et les Eurosa. Ce dernier sous-genre comprend la majorité des rosiers sauvages que nous cultivons dans nos jardins.
Les fleurs de ces rosiers sauvages sont simples et ne présentent pour la plupart que 5 pétales étalés en corolle autour des étamines.
Les plus connus :


- Rosa gallica 

est cultivé depuis l'Antiquité, il fait partie des espèces protégées car il est devenu rare dans la nature. Il présente des fleurs rose vif au parfum enivrant et un feuillage vert intense. Il est l'ancêtre de toutes les roses anciennes et de celles ayant un vrai parfum de rose.
 

rosa gallica

rosa gallica

 

- Rosa canina - églantier

est l'espèce la plus répandue en Europe. Ce rosier vigoureux aux fleurs parfumées sont simples et blanches, elles entourent des étamines jaune d'or. Il est plus connu sous l'appellation "d'Eglantier". L' églantine est l'ancêtre de la rose. On l'appelle "le rosier des chiens " traduction de rosa canina (latin botanique) : un nom qui vient d'une recette contre la rage, à base de racines de ce rosier sauvage. il est utilisé depuis le 19ème siècle au moins, dans la multiplication par greffe.
 

rosa canina

rosa canina

 

- Rosa chinensis - roses du Bengale

vient de Chine comme son nom l'indique. Il porte des bouquets de fleurs simples ou doubles du printemps jusqu'aux premières gelées.


Cette espèce est largement cultivée en Chine comme plante ornementale ; de nombreux cultivars ont été sélectionnés pour leurs fleurs de couleurs variées, aux nombreux pétales (fleurs semi-doubles, doubles ou pleines).


L'espèce a joué également un rôle important dans la création de nombreuses roses de jardins modernes, dont les roses hybrides de thé et est à l'origine des variétés dites "remontantes", c'est-à-dire à floraison continue, ou refleurissant en été.


Les fleurs et les fruits sont employés dans la médecine traditionnelle chinoise 

 


 

 

 

 

rosa chinensis

rosa chinensis

 

- Rosa rugosa 

aussi originaire d'Orient. Très résistant, forme un arbuste épineux portant de grandes fleurs couvrant une palette allant du blanc au rouge.

 

 

- Rosa foetida 

a apporté la couleur jaune dans le royaume des hybrides actuels. Il est originaire d'Asie Occidentale. Ses tiges sont arquées et le feuillage vert pâle.



 

rosa faetida

rosa faetida


- Rosa moschata 

porte des bouquets de fleurs blanches qui dégagent un parfum musqué. Le feuillage est vert pourpré. Il peut atteindre la taille de 3 mètres en tous sens.

 

- Rosa multiflora 

est grimpant, il est à l'origine de nombreux rosiers polyanthas et de variétés modernes à fleurs groupées. Il porte de petites fleurs blanches au parfum fruité se teintant de rose en vieillissant.

 


- Rosa hugonis 

Originaire de Corée et de Chine est arbustif. Ses tiges vert rougeâtre portent des feuilles vert/gris et des fleurs jaunes.

 

 

- Rosa pimpinellifolia 

doit son nom à son feuillage qui rappelle celui de la pimprenelle. Il est épineux et drageonnant. Le feuillage est vert foncé et les fleurs blanc crème. Les fruits sont noirs pourprés, très ornementaux.

 


- Rosa wichuraiana

est un rosier vigoureux, grimpant au feuillage brillant vert foncé éclairé par une abondance de fleurs blanches en bouquets au parfum de clou de girofle. Il est à l'origine de nombreux rosiers sarmenteux.


 

rosa wichuraiana

rosa wichuraiana

 

Les roses des jardins


Rose double,

Rose panachée,

Rose blanche, également appelée Rose Alba, connue depuis de nombreux siècles. Fortement appréciée au temps des gréco-romains.

Rose jaune,

Rose mousseuse,

Rose pompon

Rose veloutée, Rose rouge

- Ce grand rosier arbuste, au port évasé, charme par le parfum capiteux de ses grosses fleurs d'un rose foncé ou rouge, sa floraison commence par de jolis boutons ronds se dévoilant de la mi printemps aux gelées.


- Les plus connues, les  magnifiques roses de Papa Meilland Meicesar (1963) qui se parent d’un riche coloris rouge pourpre cramoisi sombre et velouté, aux délicats reflets irisés noirs et bleutés. D’une élégance parfaite, et que dire du parfum profond aux notes citronnées et florales qui émane de ces roses ? Plongez votre nez dans la fleur et vous comprendrez…  Grâce à leur longue tige, ces roses sont idéales en bouquets.
 

rosier papa Meilland Meicesar

rosier papa Meilland Meicesar


Rose des quatre saisons

- Ce rosier offre de très grosses fleurs d’environ 100 pétales résistantes à la pluie, avec un feuillage très robuste. Ce rosier peut s'utiliser en massif, il fleurit de Juin à Octobre.  

 

 

Les roses de Damas

- Roses anciennes, réputées depuis l'antiquité pour leur parfum envoûtant et plébiscitées par les parfumeurs ; les rosiers de Damas ont de nombreuses qualités qui méritent d'être rappelées.

Le rosier de Damas est un rosier ancien, hybride naturel qui serait arrivé en France, par les Sarrasins ou rapporté des croisades de Damas. Toujours spontané en Syrie, il fut le sujet de multiples hybridations au début du XIX siècle. Malheureusement, les rosiers de Damas furent rapidement supplantés par les rosiers remontants et il n'en reste que peu de variétés aujourd'hui, utilisées pour la fabrication de l'essence et l'eau de rose, notamment dans le sud du Maroc : les rosiers de Damas sont en effet des rosiers très parfumés.


Au 17e siècle, la culture s’étend notamment en Bulgarie, dans la région de Kazanlik, alors sous domination de l’Empire Ottoman. Le pays devient le premier producteur de rose de damas. À la fin du 19e siècle, les plantes et techniques bulgares sont rapatriées en Anatolie dans les régions du Burdur et d’Isparta, faisant de la Turquie le deuxième producteur de parfum de rose de damas.

Les pratiques et l'artisanat associés à la rose damascène à Al-Mrah sont inscrits sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité depuis décembre 2019


 

Mythologie des fleurs - La rose

 

Rose thé

- Les "Rosiers Thé", ou Rosiers à odeur de thé, sont des hybrides de rosiers issus de croisements effectués par des rosiéristes.

Abbaye de Cluny, Abracadabra, Aphrodite, Arlequin, , André Le Nôtre, Arthur Rimbaud, Belle du Seigneur, Black Baccarat, Blue Moon, Brocéliande, Candlelight, Feeling, Intrigue, Kalinka, Perle, Claude Monet, Comtesse de Ségur, Froufroutante Jackie, King Arthur, Nostalgie, Novalis, Sissi, Thérèse de Lisieux, Victor Hugo ...etc.........
 

rose thé

rose thé

 

Roses les plus parfumées

 

Rose "Rosa Gallica Officinalis"
Au sein des Galliques, Rosa gallica 'officinalis', autrefois cultivée à Provins pour son parfum exceptionnel, a le pouvoir de garder une fragrance même séchée. Elle est la quintessence de cette note que certains qualifient aussi de senteur de pot-pourri. La beauté des coloris nuancés de leurs fleurs associée à leur parfum, véritable plaisir des sens et mémoire des souvenirs olfactifs reliés à l’enfance, les rendent incontournables en juin.

 

Rose "Quatre Saison Damas"
Chez les Damas qui sont les roses anciennes descendant des roses rapportées de Terre Sainte par les Croisés, la rose 'Quatre Saison Damas', aux fleurs doubles (plus de 10 pétales) de couleur rose tendre, exhale un parfum extraordinaire, qualifié de note florale. Elle fleurit en bouquet et nous offre le bonheur de refleurir tout au long de la saison.

 

Rose "Semi-plena"
Parmi les Albas, une très ancienne famille qui remonte à l’Antiquité, 'Semi-plena' est aussi précieuse pour son parfum que pour son élégante simplicité. Ses bouquets de fleurs presque simples de couleur blanche sont illuminés par des étamines d’or. Elle a le pouvoir de fleurir à la mi-ombre : elle est donc très utile dans un jardin, d’autant que ses cynorrhodons (les baies qui succèdent aux fleurs) flamboient à l’automne.

 

Rose "Rosa x centifolia"
'Rosa x centifolia' était utilisée pour la production d’huile essentielle et d’absolu. Elle est encore cultivée dans les champs de l’arrière-pays grassois. Cette rose chou de couleur rose doux aux mille pétales est une variété historique peinte dans de nombreuses nature-morte du XVIIIe siècle.

 


Rose "Roseraie de l'Hay"
Née au XIXe siècle, 'Roseraie de l'Hay' un hybride de Rugosa (Cochet 1912) se distingue par son parfum de miel et de girofle. Les fleurs semi doubles à la texture veloutée évoluent du carmin au fuchsia. Sa facilité de culture et sa résistance aux maladies la rendent très désirable.

 

Rose "Stanwell Perpetual"'
C'est un hybride de Spinossima de couleur rose chair, une des premières à fleurir dès le début mai. Elle nous offre le bonheur de changer de parfum à chaque heure du jour. C’est sans doute pour cela qu’elle était la préférée de la célèbre jardinière anglaise Gertrud Jekill, même si son port lâche et dégingandé la rend complexe à mettre en scène.

 

Rose "Château du Rivau"
La rose "Château du Rivau", créée par André Eve en 2003,  est une vigoureuse liane blanche au cœur d'étamines d'or, sent bon la pomme verte.

 

Rose "The Pilgrim"
Les roses anglaises obtenues par le grand rosiériste David Austin sont vraiment fascinantes, à la fois par leur perfection de formes, de couleur et leurs parfums d’autant qu’elles refleurissent sans discontinuer jusqu’à Noël au Château du Rivau ! Leurs notes sont tellement fruitées qu’elles peuvent sentir la salade de fruit, quelquefois aromatisées de citronnelle ou de notes musquées (les senteurs émises par le cerf musqué), très prisées de certains amateurs, ou encore de myrrhe qui se rapproche de l'anis.

 

Rose "Scepterd' Isle"
C'est une ravissante anglaise, double en forme de coupe et de couleur rose nacrée. Elle distille dans l’air ce fameux parfum de myrrhe tout en charmant par la perfection de sa fleur et sa résistance aux maladies.

 

Que de fragrances et que d'ivresse procurées par ces belles. La saison est trop courte pour les apprécier toutes. Mais le souvenir d'un parfum de roses est aussi intense que la beauté de leurs fleurs.
 

Rose "Scepterd' Isle"

Rose "Scepterd' Isle"

 

Rose héraldique


- La rose est l’un des "meubles" utilisés en héraldique et sans doute la fleur la plus représentée en ce domaine après la fleur de lys.


Le dessin stylisé est inspiré de l’églantine à cinq pétales régulièrement étalés arrondis, entre lesquels apparaissent les pointes des sépales, avec au centre un bouton, souvent de couleur différente, la tige est absente. Dans certains cas on représente une rose tigée et feuillée, plus réaliste, elle est dite "au naturel". La rose héraldique apparaît notamment sur le blason de nombreuses communes de France.

Rose au naturel, rose héraldique, Vatteville-la-Rue (Seine-Maritime), Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), Rosel (Calvados)

Mythologie des fleurs - La rose
Mythologie des fleurs - La rose
Mythologie des fleurs - La rose
Mythologie des fleurs - La rose
Mythologie des fleurs - La rose

 

La Rose blanche

 

- (en allemand Die Weiße Rose) est le nom d'un groupe de résistants allemands, fondé en juin 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, et composé de quelques étudiants et de leurs proches. Ce nom aurait été choisi par Hans Scholl en référence à la romance de Clemens Brentano (Les Romances du Rosaire, 1852), ou au roman de B. Traven La Rose blanche (1929). Ce groupe a été arrêté en février 1943 par la Gestapo et ses membres ont été exécutés.

 


La Rose blanche 

 

- L’ordre de la Rose blanche de Finlande est l’un des trois ordres honorifiques finlandais. Cette distinction récompense les mérites militaires et civils.
L’ordre est établi par Carl Gustaf Emil Mannerheim, alors qu’il est régent, le 28 janvier 1919. Le nom de "rose blanche" provient des neuf roses d’argent apparaissant sur les armoiries de la Finlande. La décoration originale est dessinée par Akseli Gallen-Kallela ; le collier est alors composé de neuf svatiskas et de neuf roses blanches1.

En 1963, le collier est modifié par Gustaf von Numers sur demande du président Urho Kekkonen, qui remplace les motifs de svatiskas par des croix fourchées.

 

 

La Rose rouge,

 

Adopté au congrès d’Épinay en 1971, dans une graphie stylisée, le logo "le poing et la rose" marque l’entrée des socialistes français dans l’ère de la communication politique, et enrichit leur univers symbolique d’une rose à pétales rouges, feuilles vert pâle, avec à sa droite les initiales PS en gras et rouge, et, formant une sorte de socle, l’expression "Social-Écologie". 

 

 

La Rose d'or 


est un ornement béni par le pape, destiné à honorer des souverains ou des sanctuaires catholiques. Comme son nom l'indique, il représente une rose, un bouquet de roses ou un petit rosier en or massif. Il était attribué à un souverain fidèle chaque année par le pape le quatrième dimanche de Carême.


La rose d'or apparaît dès le début du Moyen Âge. La première mention attestée est une bulle de 1049, dans laquelle Léon IX exempte le couvent de Sainte-Croix de Woffenheim (Alsace) à condition que l'abbesse envoie annuellement une rose d'or au Saint-Siège. La chronique de Saint-Martin de Tours mentionne le plus ancien don connu d'une rose d'or par le pape : don d'Urbain II au comte Foulque IV d'Anjou, en 1096. Dès le bas Moyen Âge, le don d'une rose d'or pour honorer un souverain supplante le don des clefs de Pierre, institué au VIII° siècle.n

Rose d'or de Minucchio da Siena (1330), Musée national du Moyen Âge

Rose d'or de Minucchio da Siena (1330), Musée national du Moyen Âge

 

La rose -  emblème national

 

- La rose est la fleur nationale de plusieurs pays : 
Angleterre (rose Tudor), Bulgarie, États-Unis, Finlande (rose blanche), Irak, Maldives, Roumanie.

 

 

La rose emblème officiel par plusieurs États des États-Unis : 

 

- Géorgie (Rosa laevigata), Iowa (Rosa arkansana), New York, Dakota du Nord (Rosa blanda ou arkansana), Oklahoma.

 

 

La rose à Venise  -  Italie

 

- Le 25 mars, jour de la saint Marc, la tradition veut qu'un boccolo (bouton) de rose soit offert aux dames.

 

 

La rose à Grasse - France


- Avec la rose de Damas, la rose Centifolia ou rose de mai, est l’une des rares roses utilisées en parfumerie. Elle serait originaire du Caucase oriental et aurait transité par la Perse avant d’arriver en Europe à la fin du XVIe siècle. La récolte a lieu en mai et début juin. La rose de mai possède une odeur riche et sucrée, profondément rosée et très tenace. La note rosée est l’une des notes les plus utilisées en parfumerie. 

 

La rose des sables

 

Issu du grec “selenitis” signifiant Pierre de Lune, car on y voir l’éclat de la lune
Groupe d’appartenance : Évaporite, Gypse blanc fibreux
Elle peut apporter un sommeil réparateur à quiconque la posera près de son lit. Cette pierre est réputée pour apporter la stabilité émotionnelle et ainsi renforcer la confiance et l’estime de soi.

 

 

La rose des vents


Une rose des vents est une figure indiquant les points cardinaux : nord, sud, est, ouest et les orientations intermédiaires, jusqu’à 32 directions. En fait, les roses initiales n’indiquaient pas quatre directions mais huit directions.
 

rose des vents figurant sur une carte marine de Jorge de Aguiar datée de 1492

 

 

 

La rose et son histoire

au fil du temps
 

 

........La première espèce de rose est probablement apparue après le Crétacé (145 Ma - 66 Ma). Les plus vieux fossiles ont été trouvés en 1936 en Alaska et sont datés de moins de 60 Ma. Il s’agit de folioles de quelques centimètres de long. Beaucoup d’autres fossiles de feuilles plus récents ont été trouvés en Amérique du Nord et en Europe. Les fossiles de fleurs sont plus rares. Il semble que la diversification des espèces de roses commence réellement à 30 Ma........


- Le parfum des roses - Publications de l’Université de Saint-Étienne - 2018 Jean-Claude Caissard et Sylvie Baudino -

 

 


L'an 2000 avant J.C.


La "Fresque à l’oiseau bleu" découverte en 1900 dans les vestiges du palais de Cnossos en Crète, construit vers l’an 2000 avant Jésus-Christ, représente des rosiers fleuris.

C’est la première représentation connue de roses peintes. On ne sait s’il s’agit de roses sauvages ou cultivées, ni à quelle espèce les attribuer, d’autant plus que la fresque a été restaurée et toutes les roses repeintes avec six pétales de couleur jaune. Une seule, à cinq pétales rose doré, au centre orange, semble être originale. Le botaniste C.C. Hurst l’avait identifiée à Rosa ×richardii, la rose sainte d’Abyssinie.

Fresque à l'oiseau bleu - Cnossos
 


 

 

1500 avant J.C. 

 

Le papyrus d'Ebers (ou papyrus de Thèbes)


Actuellement conservé à la bibliothèque de l’université de Leipzig, ce traité médical, datant de 1500 avant J.C. et réalisé sous le règne d’Amenhotep 1er, est un des plus longs de l’Antiquité égyptienne, avec plus de 20 mètres de longueur pour une largeur d’environ 30 centimètres et un total de 877 paragraphes. De nombreuses maladies y sont décrites et ce dans plusieurs branches de la médecine (ophtalmologie, gastro-entérologie, gynécologie…), ainsi que les remèdes correspondants.

 

plantes médicales de l'Egypte antique  ;
La révélation du papyrus Ebers donna une idée de la variété de la pharmacopée égyptienne ; ce papyrus indiquait à lui seul, la composition de 900 remèdes.


Certains collyres ayant laissé des traces dans les flacons, on a pu les analyser. La plupart sont à base de végétaux, dont la rose, le safran, etc.........

papyrus Ebers

 

Mythologie grecque


Aurore et les roses


Aurore est la fille de Titan et de la terre, ou selon Hésiode, de Théia et d'Hyspérion, soeur du soleil et de la Lune. Cette déesse ouvrait les porte du jour après avoir attelé les chevaux au char du soleil, elle le précédait sur le sien. De son union avec Astraeos, le Vent du crépuscule,  naquirent l’Étoile du matin (Eosphoros/Lucifer), les Vents du Nord, de l’Ouest et du Sud, et les Astres.


Un jour pourtant, elle a une coupable aventure avec Mars. Cela rend jalouse la belle Vénus ce qui déchaîne son courroux. Aurore se voit donc condamnée à aimer perpétuellement les mortels et à avoir de multiples enfants de ces fugitives liaisons…


Homère lui donne deux chevaux et la dépeint :
"avec un grand voile sombre jeté en arrière, ouvrant de ses doigts de rose la barrière du jour elle montait sur son char tiré par des chevaux ailés : Phaéton et Lampos puis elle accompagnait le soleil sous le nom d’Héméra jusqu’au soir pour ensuite prendre le nom d’Hespéra. Elle terminait sa course dans l’Océan occidental"

 

Apollon et Aurora - Gérard de Lairesse

Apollon et Aurora - Gérard de Lairesse

 

D'autres poètes la représente, sous les traits d'une jeune nymphe couronnée de fleurs, montée sur un char tiré le jour par Pégase ; de la main gauche elle tient un flambeau et elle lance des roses avec sa main droite.

 

 

La mythologie greco-romaine 


attribue la naissance de la rose à Chloris (Flore), nymphe  des îles Fortunées (aujourd'hui Canaries). Son nom est un dérivé de chlorophylle.


Aphrodite - Chloris -  Arès - (mythologie grecque)
Bacchus - Flore - Mars - (mythologie romaine)

 

Rose blanche

 

Zéphyr  l'aima, la ravit et en fit son épouse, la conservant dans l'éclat de la jeunesse et lui donnant l'empire des fleurs. Leur hymen se célébra au mois de mai et les poètes, en décrivant les saisons, n'oublient pas de donner une place à ces deux époux dans le cortège du Printemps. On prête au couple un fils, Carpos..

 

Zéphyr et Flore - Jacopo Amigoni  (1682-1752)

Zéphyr et Flore - Jacopo Amigoni (1682-1752)


Chloris (Flore) était particulièrement adorée chez les Sabins qui transportèrent ce culte à Rome, où elle était célébrée lors des Jeux floraux. qui la fit jaillir du corps sans vie d'une nymphe.

 

Les autres divinités se penchèrent alors sur son berceau. Ainsi, Aphrodite (Vénus), déesse de l'amour, lui donna la beauté, tandis que Dyonisos (Bacchus), dieu du vin, y déposa du nectar, d'où la fleur tire son parfum. Puis les trois Grâces lui ajoutèrent le charme, l'éclat et la joie. Enfin Apollon la couronna reine des fleurs.
 

 

Vénus, Bacchus et les Trois Grâces - Noël Nicolas Coypel (1690-1734)

Vénus, Bacchus et les Trois Grâces - Noël Nicolas Coypel (1690-1734)

 

Rose rouge 


Aphrodite (Vénus) était follement éprise d'Adonis. A tel point "qu'elle ne se montre plus au ciel. Au ciel elle préfère Adonis". Un jour, voulant porter secours à son amant blesser par Arès (Mars), dieu de la guerre, qui voulait se débarrasser de celui-ci, elle s'écorche sur les épines d'un rosier blanc. Ses gouttes de sang colorèrent les roses blanches en rouge.


Dans une autre version Adonis, attaqué par un sanglier au cours d’une partie de chasse, est blessé mortellement. En essayant de lui porter secours Vénus se fait piquer par les ronces d’un rosier. Son sang coule alors sur les roses. C’est ainsi que naquit la rose rouge. 

 

On retrouve dans l'opposition des deux couleurs, les deux aspects de l'amour qu'incarne Aphrodite (Vénus). Le blanc symbolise la pureté, l'innocence et la sagesse divine, tandis que le sang est lié l'énergie vitale de la fécondité et de la maternité, ainsi qu'au désir et au plaisir .

 

Pour les romains la rose aurait été blanche, mais rougie accidentellement quand Cupidon renversa son verre de vin sur elle.


Depuis lors, elle est devenue la fleur de l’amour, de la beauté et de la passion. 

 

Vénus et Adonis - Pietro Liberi (1605-1687) -  Vénus et Adonis - Annibale Carracci  (1560-1609)
Vénus et Adonis - Pietro Liberi (1605-1687) -  Vénus et Adonis - Annibale Carracci  (1560-1609)

Vénus et Adonis - Pietro Liberi (1605-1687) - Vénus et Adonis - Annibale Carracci (1560-1609)

 

Hésiode poète grec - (env. IXe siècle av. J.-C.) 


......"Lorsque Orion et Sirius seront parvenus jusqu'au milieu du ciel, et que l'Aurore aux doigts de rose comtemplera Arclure, O Perse : cueille tous les raisins et apporte-les dans ta demeure; ".....
 

Aurore - Jean-Honoré Fragonard  (1732–1806)

Aurore - Jean-Honoré Fragonard (1732–1806)

 

Archiloque, Archilochus, de Paros lyrique grec (742 av. J.-C.),


..."Elle marchait tenant un rameau de myrte et une belle rose, et sa chevelure ombrageait ses épaules et son dos."...... 

 

Louise E. Vigee Le Brun, Eudocia Ivanovna Galitzine as Flora 1799

 

Sapphô (V.620-591 av. J.C.) poètesse 

 

Odes et Fragments sur la rose 


...."Si Zeus voulait donner une reine aux fleurs, la rose régnerait sur toutes."


....."Va et adieu, et souviens-toi de moi, car tu sais de quels soins nous t’avons poursuivie. Mais moi, sinon, je veux te rappeler.... aussi les beaux jours du passé : les couronnes, souvent, de violettes et de roses ensemble, de crocus, dont tu ornais ton front, près de moi,et les guirlandes odorantes, leurs fleurs entrelacées, que tu jetais autour de ta gorge fragile.",


...."Ô mon Atthis, dans la lointaine Sardes est partie Anactoria, qui fut aimée de nous. Mais sa pensée souvent ici revient, Comme jadis quand nous vivions ensemble et qu’elle t’adorait ainsi qu’une déesse apparue ici-bas, et ton chant plus que tout la charmait. Maintenant parmi les femmes lydiennes elle resplendit comme, une fois le soleil couché, la lune aux doigts de rose éclipsant tous les astres. Sa lumière se verse sur la mer salée, sur les prés aussi aux maintes fleurs. La rosée alors en gouttes de beauté est éparse, s’épanouissent alors les roses et le délicat cerfeuil et le mélilot parfumé."....
 

 

 

Sapphô (V.620-591 av. J.C.) poètesse 

Cités par Athénée, XII, 554b,
Démétrios, 162 et Hermogène.


Vision


Jʼai vu, cueillant des fleurs 

Un être fort charmant,

Au visage rieur,

Chantant plus doucement

Quʼune harpe, le corps

Bien plus doré que lʼor…

Plus blanche que le lait

Et que lʼeau plus fluide,

Elle est plus inspirée

Que la lyre limpide ;

Elle est plus intrépide

Que les mâles chevaux,

Plus belle quʼune rose,

Plus douce quʼun manteau,

Plus rare que la chose

La plus précieuse, lʼor…
 

 Idylle de printemps - George Henry Boughton (1834-1905)

Idylle de printemps - George Henry Boughton (1834-1905)

 

Homère - poète (VI° av. J.-C.)

 

Iliade

.....Cependant les animaux voraces respectaient le corps de ce prince : la fille de Jupiter, Vénus, attentive jour et nuit à les en écarter, l'oignit d'une huile céleste, parfum de rose et d'ambroisie, pour qu'il ne reçu aucun dommage quand il serait traîné par le char du héros ; et Apollon fit descendre du ciel jusque dans la plaine un nuage azuré qui couvrait tout l'espace occupé par le cadavre ;...."

 

Odyssée - Livre I, 478- 482. Traduction par Eugène Lasserre

« Quand le soleil se coucha et que les ténèbres survinrent, les Achéens s’étendirent près des amarres du vaisseau ; et quand parut, fille de la brume, l’aurore aux doigts de rose, ils gagnèrent la haute mer pour rejoindre le vaste camp achéen. » .
 

Eos - Evelyn De Morgan  (1855–1919)

Eos - Evelyn De Morgan (1855–1919)


Anacréon de Téos (vers -550-v -464 av. J.C.), poète lyrique grec

 

Odes, V 

"Les roses sont la volupté des dieux mêmes."

 

Odes, LI

"La rose est le souffle pur des dieux, la rose est la joie des mortels, l'ornement des Grâces, la fleur chérie de Vénus dans la saison délicieuse des amours."

Les Trois Grâces - Rubens

 

 

IV° siècle avant Jésus-Christ .

 

Les pièces de monnaie en argent portant une rose gravée sont les plus anciennes trouvées à Rhodes et datent d'environ 316 et 305 avant Jésus-Christ . Le nom de cette île serait celui de la nymphe Rhodé, épouse d’Hélios,


Sur le revers, une Rose sur sa tige avec un bouton à droite; une lettre grecque (epsilon) entre le bouton et la rose. 

Tétradrachme d'argent de Rhodes

Tétradrachme d'argent de Rhodes


Mythologie grecque

 

Sub rosa (secret)


Il semble probable que la connotation de secret liée à la rose ait son origine dans la mythologie grecque.

Aphrodite donne une rose à son fils Éros, Dieu de l'amour, qui, à son tour, donne la fleur à Harpocrate, dieu du silence (forme grecque du dieu égyptien ‘Heru-pa-khered’) pour que les écarts extraconjugaux de sa mère (et des dieux en général) ne soient pas dévoilés. La représentation traditionnelle du dieu égyptien - un adolescent nu, portant un doigt sur les lèvres fermées - a conduit à en faire le dieu du silence. L’association des trois, Aphrodite (Vénus), la rose et le dieu du silence ont donné à la rose cette symbolique.

Harpocrate

 

Théophraste ( v 371 av. J.-C.- v 288 av.J.C) - philosophe, botaniste, naturaliste et alchimiste grec


La culture de la rose dans son ouvrage "Des odeurs et Histoire des plantes", 

Livre I, il parle du rosier comme d'un sous-arbrisseau.

Livre II, il écrit qu'elles se reproduisent par fragments de tige ; 

Livre IV, compare ses boutons à ceux des grenades ; 

Livre VI il le définit comme sous-arbrisseau et "plante buissonnante"  et lie le parfum des roses à leur terroir.
 

 

323 av. J.-C. -30 av. J.-C.


Comme à Délos, à Pompéi, et à Rome, cet atelier de parfumeur de Paestum, n'était pas isolé. Des sondages effectués dans les boutiques mitoyennes ont découvert des dépotoirs de flacons datés de l’époque hellénistique.


Il semble donc qu’un marché aux parfums existât dans l’angle nord-ouest de la place dès les origines de la colonie et probablement jusqu’au IVe siècle de notre ère. Parmi les diverses préparations possibles, celle du rhodinon (parfum à la rose) assurée car le territoire Paestum était à ce point couvert de roses au printemps que c’en était devenu un lieu commun poétique, une référence obligée dès qu’on évoquait la cité. L’agglomération était entourée de champs dont les rosiers étaient réputés fleurir deux fois l’an. 

 

Le vocabulaire employé (rosaria : champs de roses) et l’insistance sur la productivité de ces roses qu’on cueille deux fois l’an se réfèrent à des cultures de plein champ et non à des ornements de jardins. De telles roseraies ne s’expliquent que si leur production débouche sur un artisanat susceptible de générer des profits : la confection de guirlandes et surtout la fabrication des huiles à la rose, ce rhodinon (parfumà la rose) qui était une spécialité réputée de la Campanie romaine. Mais comme "les roseraies odorantes de Paestum, destinées à vivre, s’effondraient brûlées sous le souffle du Notus matinal" (Properce), la production des parfums s’est effondrée à la fin de l’Antiquité et les parfumeries de Paestum ont fermé leurs portes, certainement du fait d’une baisse notable de la demande causée par la dépopulation et l'appauvrissement du niveau de vie.
 

céramique Paestane

céramique Paestane

 

Ovide (43 av. J.-C.-v 17 ou 18 ap. J.-C.) poète latin


Les Métamorphoses, Gallimard, collection Folio, 1992, p. 76 et 429.


"Voici que du côté de l'Orient qui s'éclaire, la vigilante Aurore a ouvert sa porte empourprée et son atrium tout plein de la couleur des roses."


"Ayant perdu son fils Memnon, Aurore, cette bonne mère, verse des larmes et couvre toute la terre de rosée."


 

Les métamorphoses - VII, 706

 

dans le discours de Céphale 

"Durant le second mois après la célébration de notre union, tandis que je tendais mes filets pour capturer des cerfs encornés, un beau matin, du haut de l'Hymette toujours en fleurs, l'Aurore vermeille, après avoir chassé les ténèbres, m'aperçut et m'enleva, malgré moi. Laissez-moi dire la vérité sans offenser la déesse : qu'elle mérite d'attirer les regards, avec son visage de rose, qu'elle règne sur les confins du jour et de la nuit, qu'elle s'abreuve du nectar de la rosée, soit. Mais moi, j'aimais Procris"

 

 

les Métamorphoses III, 15, 708, Asclepios

 

......Puis il choisit de longer Rométhium, Caulon et Narycie,
triomphe du détroit sicule du Pélore, gagne les demeures
du royaume du fils d'Hippotès, les mines de Témèse,
puis Leucosia et la tiède Paestum aux belles roseraies.

 

 

les Pontiques II, 4, 28,

 

.......le parfum du souci l'emportera sur celui de la rose de Paestum, 
 

roses de Paestum

roses de Paestum

 

Mythologie celtique

 

La fée du rosier est gracieuse et fragile, auréolée d’une douce lumière.

Dans la mythologie celtique, le Petit Peuple des fées apprécie tout particulièrement les rosiers thé.

On dit qu'il danse, dans la mi-ombre, autour des soies et des velours épanouis. On dit aussi que les fées brodeuses se réunissent autour des rosiers thé, les nuits de pleine lune, et qu'elles confectionnent des talismans de dentelle, des petites aumônières, des mouchoirs parfumés qu'elles déposent sur les rebords de fenêtres pour offrir de la chance aux jeunes femmes récemment mariées.

les fées du rosier

les fées du rosier

 

Mythologie celtique

 

Cicely Mary Barker (1895-1973) illustratrice et poète britannique 

 

Toi, la plus raffinée, la plus belle des fleurs,

Toi dont l’aspect parfait n’a d’égal que l’odeur ;

Les mots insuffisants, rose chère à mon coeur,

Ne parviendront jamais à peindre ta beauté,

Tes délicieux boutons qui s’ouvrent en révélant

Des pétales soyeux du plus neigeux des blancs,

Ou du plus doux des roses, ou d’un rouge de sang,

Ton parfum envoûtant. Quelle félicité

D’être la fée des roses au plus chaud de l’été !

 

 

Cicely Mary Barker (1895-1973) illustratrice britannique 

extrait "The Flower Fairies".

...." Comme elle nous paraît jeune, la petite fée de la rose ! Elle a un mignon petit nez et des cheveux blonds. Ils sont courts et légèrement bouclés. Il est impossible de voir la couleur de ses yeux car elle ne nous regarde pas . Elle n'a d'yeux que pour sa fleur ! Elle a deux petites ailes rose pâle.
 La fée de la rose porte une courte robe rose clair, confectionnée avec des pétales de roses. C'est une robe sans manches. La jolie petite fée ne porte pas de chaussures. Elle marche toujours pieds nus.


 La fée de la rose est perchée sur une branche de son rosier. Elle tient amoureusement la tige d'une rose, comme si c'était un trésor. Elle penche tendrement son visage vers la fleur.

 La fée de la rose est la plus discrète des fées de l'été. Elle est d'une extrême gentillesse et très douce.

 Au coucher du soleil, elle adore danser sur la pointe des pieds autour de ses fleurs. Elle entretient des liens d'amitié avec les abeilles. Elle leur montre souvent le chemin vers les fleurs les plus succulentes. Elle reste près d'elles pour les protéger lorsqu'elles butinent...."

 

 

fée des roses - Cicely Mary Barker

fée des roses - Cicely Mary Barker

 

I° siècle av. J.-C.

 

La rose, entre dans la composition de nombreux parfums et son odeur s'élève vers le Ciel, dont peut-être celui de Marie-Madeleine lorsqu'elle oint Jésus d'un "nard précieux". Dans un ouvrage du XIX° siècle, on peut lire :


 ....."Cette céleste Rose a une propriété merveilleuse, c'est qu'elle est multiple et variée dans son odeur, comme l'était au goût de chaque Israélite la manne du désert : elle répand odeur du cinnamome et du baume, elle exhale les parfums de la myrrhe, elle remplit les lieux où elle fleurit des vapeurs du styrax, de l'onyx et de la goutte d'encens qui a coulé d'elle-même, et ses parfums sont un baume pur et sans mélange...."

(Ecclésiatique, XXIV).....

Le Tintoret (Jacopo Robusti, dit) 1538–1594- banquet chez Simon - Marie -Madeleine

Le Tintoret (Jacopo Robusti, dit) 1538–1594- banquet chez Simon - Marie -Madeleine

 

41 av. J.-C.


Rencontre de Marc Antoine et Cléopâtre


......Prévenu de son arrivée, Antoine l’attend dans le port, lequel, un peu en retrait à l’époque, est accessible par un petit fleuve côtier.

Bientôt une nef géante le remonte avec une majestueuse lenteur. Sa poupe d’or ensoleille les voiles pourpres qui emplissent le ciel, et ses rames d’argent caressent l’eau au rythme d’un orchestre de flûtes, de syrinx et de cithares.

Les plus belles servantes, telles des Néréides, colonisent les cordages et semblent exhaler les puissants parfums brûlés sur le navire. Enfin, au centre de cet écrin flottant, en évidence sur le pont, un dais brodé d’or abrite Cléopâtre vêtue en Aphrodite. Autour d’elle, de petits enfants, pareils à des amours, agitent des éventails. Quand la galère accoste, le triumvir fait prier à dîner l’enchanteresse.

Mais celle-ci a la seconde partie de son numéro à lui présenter, aussi lui suggère-t-elle de monter à bord pour y passer la soirée. La reine a préparé un festin somptueux, dans une ambiance "son et lumière " agrémentée de fragrances et propre à dérider les diplomates les plus sévères. C’est d’ailleurs la partie  "lumière" qui émerveille Antoine, car  – luxe rare dans l’Antiquité –  il y en a partout dans le palace des mers......

 
Après un bain au lait d'anesse et à la rose, la première nuit d'amour entre Cléopâtre et Marc Antoine se serait déroulée sur un lit de pétales de roses de quarante-cinq centimètres d’épaisseur .

 

La rencontre d'Antoine et Cléopâtre - Sir Lawrence Alma-Tadema - 1885

La rencontre d'Antoine et Cléopâtre - Sir Lawrence Alma-Tadema - 1885


 

Properce (Sextus Propertius) (47 av. J.-C. -v 16/15 av. J.-C.) poète latin 
dans ses Elégies IV, 4, 69, 


......"Les rosiers de Paestum, au souffle du Notus, sont, en un seul matin, de roses dépourvus"

 

 


Virgile (Publius Vergilius Maro) - (v. 70 av. J.-C.- 19 av. J.-C.) poète latin

Les Géorgiques IV, 


.........Moi-même, si je n’étais presque à la fin de ma course orageuse, et si, pliant ma voile, je n’avais hâte de tourner ma proue vers la terre, peut-être dirais-je ici l’art de cultiver et d’embellir les fertiles jardins ; (4, 120) je chanterais les rosiers de Pestum qui fleurissent deux fois l’an ; 

 

 

 

Pline l’Ancien (Gaius Plinius Secundus) - (23 apr. J.-C- 79), écrivain et naturaliste romain du ier siècle, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).

Livre  XXI  - Histoire  Naturelle,

 
écrit que  les  espèces  les plus  célèbres  en  son  temps  sont  la  rose de Préneste  (Est  de  Rome),  et  la  rose  de Campanie (Paestum -Sud de l'Italie). Viennent ensuite les roses de Milet, de Trachine, et  la  rose  du Mont-Pangée  (Grèce),  la  rose  d'Alabanda  (Turquie).  La  rose  de Cyrène (en actuelle Lybie) quant à elle est la plus odorante

roses de Paestum

roses de Paestum

 

Le parfum s'est installé à Rome après l'annexion de la grèce. Son utilisation frôle la démesure. Les philosophes tels que Sénèque ou Pline l’Ancien décrient cette déraison.

 

Lors des banquets, des milliers de pétales de roses sont déversés tout au long de la soirée par d’ingénieux dispositifs incorporés aux plafonds. Le prix des fleurs, épices et aromates dépasse parfois celui de l’or. L’invention des vases en verre soufflé a optimisé la conservation des parfums et facilité leur transport rendant leur commerce très lucratif.

 

Au quartier des parfumeurs, près de la Via Sacra (voie sacrée) se pressent les riches Romaines à l’affût des dernières nouvelles de l’Empire.: 

Mythologie des fleurs - La rose

 

Sub rosa (secret)

 

Des roses sur les plafonds et les murs de salles de banquet étaient fréquentes.

 

C’était un rappel que les choses dites sub vino (sous l'influence du vin) devaient rester sub rosa (secret - vient de la mythologie grecque - L’association d'Aphrodite (Vénus), la rose et le dieu du silence ont donné à la rose cette symbolique de secret.).

amour-menacant - Sevres

amour-menacant - Sevres

 

I° siècle

 

L'empereur Néron (37-68) 


On raconte qu'il fit ruisseler des roses des plafonds, lors de certaines de ses orgies.


Il s'invitait à souper chez ses amis. Il en coûta même à l'un d'eux quatre millions de sesterces, pour un festin avec diadèmes, et plus encore à un autre pour un banquet avec roses.
 

Les repas de Néron

Les repas de Néron

 

I - II° siècle

 

Val Martial (M. Valerius Martialis) poète latin (v. 40, - 103°s.)


Epigrammes - tome III - 31

Sur les jardins de Marcella, sa femme


..........Ces bois, ces fontaines, ces berceaux qu'ombrage une vigne élancée, ce ruisseau d'une eau vive et courante, ces prés, ces parterres de rosiers qui ne le cèdent point à la double récolte de Poestum.......

Jardin de rose - Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912)

Jardin de rose - Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912)


II-IIIe siècle


Achille Tatius dans Le roman de Leucippé et Clitophon
(Traduction par J-P Garnaud)  : 


"Si Zeus avait voulu donner aux fleurs une reine, c’est la rose qui règnerait sur les fleurs. Elle est la parure de la terre, la gloire des plantes ; elle est l’œil des fleurs, la rougeur de la prairie : c’est la beauté dans tout son éclat elle respire l’amour, elle est messagère d’Aphrodite ; elle est fière de ses pétales odorants, s’enorgueillit de ses feuilles frémissantes, sa feuille rit au Zéphyr."

 

 

III° siècle
 

Héliogabale ou Élagabal (Varius Avitus Bassianus) (v. 203- 222 ) empereur romain sous le nom de Marcus Aurelius Antoninus.


 Il parsemait de roses les salles à manger, les lits et les portiques, et se promenait sur les fleurs de toute sorte, lis, violettes, jacinthes et narcisses. Jamais il ne prit un bain sans y verser de parfums exquis ou du safran.........


Extrait de Vie d’Héliogabale - Traduction M. Laass d’Aguen (1847).

Heliogabale -Sir Lawrence Alma-tadema

 

IIIe siècle


A Rome, au début du IIIe siècle de notre ère, un Grec d'Egypte, Athénée de Naucratis, mettant en scène les conversations de banqueteurs savants, propose à toutes les élites de l'Empire romain, devenu "mondial", une synthèse ludique de huit siècles de culture gréco-romaine. 


- Livre XII
Sur le lit du soleil


......Mimnerme dit que le soleil traverse (au couchant) à l'orient, endormi dans un lit d'or, présent de Vulcain, qui l'a fait pour cet usage. Voici comment il s'exprime :


"Chaque jour, la fatigue est le partage du soleil : il n'est de repos ni pour lui ni pour ses coursiers, depuis l'instant où l'Aurore aux doigts de rose quitte l'Océan, pour monter au ciel..".....

Aurore - Pierre Amédée Brouillet

Aurore - Pierre Amédée Brouillet

 

IV° siècle

 

Sainte Dorothée (Don de Dieu) est une vierge martyre pendant la persécution de Dioclétien, le 6 février 311, à Césarée en Cappadoce. 


Dorothée fut arrêtée par ordre d’Apricius, gouverneur de cette province, parce qu’elle confessait le nom de Jésus-Christ, et on la livra à deux sœurs, nommées Crysta et Callista, qui avaient abandonné la foi, afin qu’elles la fissent changer de résolution.

Mais ce fut elle au contraire qui fit revenir les deux sœurs à leur ancienne foi ; c’est pourquoi elles furent jetées dans une chaudière, où elles périrent par le feu. Le gouverneur fit étendre Dorothée sur le chevalet ; mais il n’en obtint que ces paroles : « Jamais, dans toute ma vie, je n’ai goûté un bonheur pareil à celui que j’éprouve en ce moment. » Il ordonna donc de brûler des torches ardentes, les flancs de la vierge avec puis de la frapper longtemps au visage, enfin de lui trancher la tête.


Comme on la menait au supplice, elle dit ces paroles : "Recevez mes actions de grâces, ô ami des âmes, qui avez daigné m’appeler aux délices de votre Paradis." Un certain Théophile, officier du gouverneur, l’entendit, et se moquant de la vierge : Eh bien ! dit-il, épouse du Christ, envoie-moi du jardin de ton époux des pommes ou des roses. Et Dorothée lui répondit : "Je le ferai certainement". Avant de recevoir le coup de la mort, ayant obtenu la permission de prier quelques instants, un enfant de la plus grande beauté apparut tout à coup devant elle, portant dans un linge trois pommes et trois roses. La sainte lui dit : "Portez, je vous prie, ceci à Théophile." Elle eut ensuite la tête tranchée, et elle alla se réunir au Christ.


Au moment même où Théophile racontait, en se jouant, à ses compagnons la promesse que Dorothée lui avait faite, voici que l’enfant se présente devant lui portant dans le linge trois pommes des plus belles, et trois roses des plus vermeilles, et lui dit : "Selon ta demande, la très sainte vierge Dorothée t’envoie ceci du jardin de son époux." Comme on était au mois de février, et que la gelée sévissait sur toute la nature, Théophile fut saisi d’étonnement, et, en recevant ce qu’on lui présentait, il s’écria : "Le Christ est vraiment Dieu." Cette profession publique de la foi chrétienne l’exposait à un cruel martyre, et il le souffrit courageusement.
 

St. Dorothée - Edward Reginald-Frampton

St. Dorothée - Edward Reginald-Frampton

 

IV° siècle


Le poète Sédulius, écrivain distingué du IV° siècle, dans le 2° livre de son chant pascal  :


"Comme une tendre rose s'élève, au milieu des épines aiguës,

 n'ayant rien en elle-même qui blesse, et devient supérieure à sa mère ;

 ainsi sainte Marie en naissant de la souche d'Ève a expié, 

Vierge nouvelle, le crime de la Vierge antique".
 

 

 

VI° siècle 

 

La rose, le rosier et la couronne de roses sont des symboles du paradis chez les premiers chrétiens. Dans Les actes de sainte Perpétue, "les martyrs sont reçus dans le verger céleste sous un rosier... se nourrissant à satiété de parfums inénarrables".

L'évêque de Poitiers Venance Fortunat (Venantius Honorius Clementianus Fortunatus - 530- 609)  poète chrétien du VI° siècle écrit dans son poème Le Jardin de la reine Ultrogothe : 


"Ici l'éclatant printemps fait pousser un gazon verdoyant et répand les parfums des roses du paradis..."

 

Les couvents cultivent des roses, le roi Childebert Ier possède une roseraie (des roses de Paradis d’après l’évêque Fortunat) dans son domaine vers Saint-Germain-des-Prés. 

Mythologie des fleurs - La rose

 

XII° siècle

 

A la veille des croisades, Albert le Grand note comme rosiers cultivés :

Rosa rubiginosa, Rosa canina, Rosa arvensis et Rosa alba.

 

 

IX° siècle

 

Au Moyen-Âge, la culture de la rose est recommandée par Charlemagne (V742/747 ou 748-814)


C’est la rose d’origine méditerranéenne, Rosa gallica, qui se trouve sans doute derrière la plupart des indications rosa. Elle est aussi l’ancêtre des autres roses ornementales (Rosa Damascena, Rosa centifolia,…), dont certaines variétés auraient été rapportées d’Orient par les Croisés mais se répandirent tardivement en Europe. La rose est une plante très importante du jardin médiéval.
 

rosa gallica

rosa gallica

 

XIe siècle


La légende de Castille de Tolède


Casilda de Tolède ou Castille de Tolède ou Casilde de Tolède (1050-1075) a vécu en Espagne au XIe siècle. Elle est considérée comme une sainte par l'Église catholique.


Castille était une jeune musulmane, fille de Abu al-Hasan Yahya al-Ma'mun dit Al-Ménon II, l'émir de Tolède, alors capitale religieuse de l'Espagne islamique. L'enfant était connue par sa sollicitude envers les chrétiens emprisonnés qu'elle allait souvent visiter à l'insu de son père. Elle est la sœur de Hissem Hiaya Aldirbil qui succéda à Al-Ménon II en 1077.


La tradition raconte qu'un jour qu'elle allait leur apporter du pain, son père Al-Ménon II la surprit et la réprimanda, elle ouvrit alors son tablier qui ne contenait plus du pain, mais des roses blanches et vermeil : on parla du miracle de Sainte Castille.


Plus tard, Castille tomba malade, d'un mal que les médecins du temps ne parvenaient pas à guérir. Ses amis chrétiens la conduisirent à la fontaine San Vincenzo à Briviesca, où elle fut miraculeusement guérie, la tradition indique que Castille se convertit alors au christianisme, probablement vers 1075.


Elle vécut dès lors en ermite, près de la fontaine miraculeuse. Elle mourut centenaire, toujours dans son ermitage, où de nombreux miracles se produisaient.


Castille fut inhumée dans l'église de San Vincenzo, ses reliques ayant été transférées ultérieurement dans un nouveau sanctuaire.
 

Francisco de Zurbarán (1598–1664) Saint Casilda

Francisco de Zurbarán (1598–1664) Saint Casilda

 

XI° siècle


Rose mystique


Rose mystique (en latin : rosa mystica), est un des nombreux vocables sus lesquels la Vierge Marie est invoquée dans les Litanies de Lorette, une prière populaire dans l'Église catholique. Ce vocable a son origine dans les écrits des Pères de l'Église des premiers siècles du christianisme.


La rose, blanche, rose ou rouge, par sa couleur symbolise le Mystère de l'Incarnation ; Rosa sine spina, Rose sans épines, expression employée par saint Bernard puis par des poètes et des musiciens, comme Flos florum, fleur entre les fleurs, avait un sens théologique précis qui, après des siècles, aboutit au dogme catholique de l'Immaculée Conception.

 
Flos Florum, elle seule selon le dogme de l'Assomption est au Ciel avec son Corps mystique, ou glorieux, Fleur mystique parmi les fleurs du Paradis. Flos Carmeli, Fleur du Carmel évoque les liens de la Vierge Marie avec la Mystique : Rose de Saron, rose du Carmel, les fiançailles, les Noces de Dieu avec l'Église et la Vierge Marie.

 

l'usage courant de ce nom de Fleur (Flos) ou de Rose (Rosa) pour la vénérer est en réalité bien plus ancien et remonte au moins au XI° siècle, si ce n'est bien avant, puisque 


Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux, (1090-1153) Saint-Bernard moine bourguignon, réformateur de la vie religieuse catholique écrit : 


...."Il est dit de Marie, dans les saintes Écritures, qu'elle fut le jardin fermé de Dieu (hortus conclusus). C'est dans ce jardin, dit -il, que le Seigneur planta toutes les fleurs qui ornent l'Église, et entre autres, la violette de l'humilité, le lis de la pureté, et la rose de la charité. La rose est vermeille ; c'est pour cela que "Marie est appelée rose, à cause de l'ardente charité dont son cœur fut toujours enflammé envers Dieu et envers nous; car la couleur vermeille, ou de feu, indique l'amour ou la charité"..... 

 
"Fleur des fleurs, Rose mystique,

Rose de Saron, Rose sans épines,

Rose de Jéricho, Jardin clos"

 

"Peuples,  venez cueillir des roses dans ces mystères, pour tresser des guirlandes en l’honneur de la Mère du bel amour!" 

(Liturgie des Heures, Hymne)

 



Adam de Saint-Victor, poète et musicien (1146) compare la Vierge


"Myrte de tempérance,

une rose de patience,

le nard odorant"

 

 

Mythologie des fleurs - La rose

 

Saint Bernard a aussi fait de la rose l'image du Christ dans sa passion dans une de ses homélies:


....."Contemplez, cette divine rose, où la passion et l'amour se disputent pour lui donner son vif éclat et sa couleur pourprée. Celle-ci lui vient sans nul doute des plaies du Sauveur.......

Comme durant une nuit froide la rose demeure fermée et s'entr'ouvre le matin aux premiers rayons du soleil, ainsi cette délicieuse fleur qui est Jésus-Christ a paru se refermer comme par le froid de la nuit, depuis le péché du premier homme, et lorsqu'est venue la plénitude des temps, elle s'est épanouie soudain au soleil de l'amour.

Autant de plaies sur le corps du Sauveur, autant de roses ? Regardez ses pieds et ses mains, n'y voyez-vous pas des roses ? mais contemplez surtout la plaie de son coeur entr'ouvert ! Ici c'est plus encore la couleur de la rose, à cause de l'eau qui coule avec le sang, quand la lance a percé son côté !..."
 

Jesus sur la Croix

Jesus sur la Croix

 

XII° siècle

 

La rose est la fleur préférée des poètes persans. Elle suscite de nombreuses métaphores l'assimilant au vin, pour sa couleur et son parfum qui rappellent l'ivresse. La coupe de vin est comme une rose sans épines. D'autres vers la lient au rossignol; les amours de la fleur et de l'oiseau symbolisent la quête de l'union mystique impliquent le sacrifice de soi.

 


Omar Khayyam (1048-1131) mathématicien (il a écrit entre autres le traité sur les difficultés des définitions d'Euclide), astronome (il fut l'un des huit astronomes à travailler à la réforme du calendrier musulman de 1074) et poète persan. 


Ses quatrains aux images souvent difficiles à décrypter, mettent en jeu le vin, le jardin et les roses. 


Sa tombe à Nishapur est entourée de rosiers dont deux boutures ont été plantées sur la tombe du poète anglais Edward Fitzgerald qui l'a traduit en anglais, publié en 1859 et ainsi fait connaître en Europe.


.....

Je tombais de sommeil et la sagesse me dit :

Jamais dans le sommeil la rose du bonheur n'a fleuri pour personne...

La saison des roses et du vin et des compagnons ivres !

Sois heureux un instant, cet instant c'est ta vie

.....

 

.....

Vois, la brise a déchiré la robe de la rose,

De la rose dont le rossignol s'était enamouré ;

Faut-il pleurer sur elle, faut-il pleurer sur nous ?

La mort viendra nous effeuiller et d'autres roses refleuriront."

.....

Edmond Dulac

 

.....

Tu vis donc se fermer, plein d’adorables choses,

Ce livre, ta jeunesse, et se mourir les roses

Du jardin, d’où l’oiseau d’hier s’est envolé...

— Où, pourquoi, qui le sait? Où s’en est-il allé?

.....

 

.....

Sois jaloux en voyant la rose qui s’effeuille;

Elle sourit et dit à celui qui la cueille

Déchirant le cordon de ma ceinture, enfin,

Je répands mes trésors d’amour sur le jardin!

.....

 

.....

 Plus rouge, plus ardente et plus fière est la rose

Qui fleurit à la place où quelque Émir repose,

Ainsi que la jacinthe en la mousse des bois,

Pâle, sort d’une tête adorable autrefois,

.....

 

.....

Voici le printemps clair où les lys vont renaître,

Où, comme ravivé du souffle de Jésus,

Le rosier va fleurir, et le ciel au-dessus

Verser des pleurs d’amour, en pensant à son Maître

.....

 

 

XII° siècle


en 1187, lorsque Saladin (1138-1193) reprend Jérusalem aux Croisés, il fait purifier la mosquée d’Omar par de l’eau de rose amenée par une caravane de 500 chameaux !
 

Mosquée d'Omar - David Robert

Mosquée d'Omar - David Robert

 

XII° siècle

 

Les chrétiens effeuillent pour Marie "Le Rosaire", lui offrant la récitation des 150 Ave Maria comme autant de roses. 


Des auteurs, comme Huysmans et Myriam Harry apportent l'origine suivante :

le prince musulman Malek al-'Adel Seïfed-Dîn, frère de Saladin, qui devait épouser la soeur de Richard Coeur de Lion, "tombait en défaillance dès qu'il respirait une rose, et cela précisément dans le pays des roses et le royaume de l'immortelle essence des roses. Ayant vainement essayé, sans succès, tous les remèdes, il alla, lui aussi faire le pèlerinage à "Notre-Dame de Saïdnâya".

Elle le guérit miraculeusement, et, revenu à Damas, ce fanatique musulman lui fit hommage d'une "rose d'or" et d'escarboucles si merveilleusement travaillées par les maître-orfèvres damascènes, que la rose, par un mystérieux agencement, distillait des parfums d'une telle suavité que tout le désert de Syrie en fut parfumé". 

Icone syrienne Notre Dame de Saidnaya

Icone syrienne Notre Dame de Saidnaya

 

XIII° siècle


Au Moyen Âge


L’art du vitrail avec les rosaces, ouverture circulaire ornée de vitraux dans les églises, roses sublimées par la foi et l’habileté des maîtres verriers.
rose nord - rose sud

 

8f Notre Dame - vitraux - rose nord - Notre Dame - vitraux - rose sud
8f Notre Dame - vitraux - rose nord - Notre Dame - vitraux - rose sud

8f Notre Dame - vitraux - rose nord - Notre Dame - vitraux - rose sud

 

Coutumes du moyen âge

 

A Thann en alsace, c'était la coutume qu'au premier jour de mai une petite fille, la rose de mai, toute couverte de fleurs et de rubans, parcourût les rues azvec une amie chargée de recueillir dans une corbeille des dons, pour la fête du printemps, tandis que leurs compagnes chantaient :


Rose de mai, tourne-toi trois fois, fais toi voir et revoir ! Rose de mai, viens dans la verte forêt ! Réjouissons-nous, mais nous ramène au milieu des roses.
 

 

Chanson populaire sur la chasteté perdue

En revenant des noces
J'étais bien fatiguée !
Au bord d'une fontaine
Je m'y suis reposée.
Sur la plus haute branche
le rossignol chantait ;
chant" rossignol chante,
Toi qui as le coeur gai.

Car moi je ne l'ai guère,
Mon amant m'a quittée ;
Pour un bouton de rose
Que trop tôt j'ai donné.
Je voudrais que la rose
Soit encore au rosier
Et que mon ami Pierre

 


XIII° siècle

 

Saadi (Mucharrif al-Dïn Sadi), (v 1210-1291 ou 1292), poète et conteur persan

La rose représente le prophète de l'islam Mahomet dans la littérature musulmane.


Il est l'auteur du Golestan  "Jardin de roses" 

Ce livre est composé de contes moraux, sociaux et de maximes, dont certains, sont encore utilisés par de nombreuses confréries dans l'enseignement du soufisme. Il distribue ses biens aux pauvres et se retire dans un ermitage. Il contient des maximes de sagesse. Cela signifie que chez les musulmans la rose est un symbole de la sagesse, de mystique au sens poétique du terme.


Poète et soufi, il commence à rédiger le gulistan, joyau de la mystique soufi médiévale et somme philosophique écrite en vers et en prose poétique, en 1278. Saadi fut révéré comme un prédicateur de l'ordre mystique de la rose. Parmi toutes les allégories de ce recueil, destinées à dévoiler la nature profonde des êtres et des choses, et ainsi à amener à un éveil spirituel et percevoir la réalité de l'existence, une excellente illustration des enseignements portés par les métaphores de jardins et de roses se trouve dans ce passage :


"Un soufi était plongé dans une profonde méditation sur l'être divin ; au sortir de sa rêverie, ses compagnons lui demandèrent quels dons miraculeux il avait rapportés du jardin de la contemplation où il s'était transporté : j'avais l'intention de cueillir pour vous des roses plein ma robe, mais quand je me suis trouvé devant le rosier, le parfum des roses m'a enivré à tel point que je n'ai pu faire un geste."

Le jardin des roses - Paul Zenker

Le jardin des roses - Paul Zenker

 

XIII° siècle. 


Peire de Corbian (ou Corbiac) troubadour  écrit sur la Vierge :


"Rose sans épine,  sur toutes fleurs odorante"

"L'églantier que Moïse trouva verdoyant au milieu des flammes ardentes…"

 

 

 

Saint Bonaventure (1217/1218 ou 1221-1274 - Giovanni da Fidanza)

Théologien, archevêque, cardinal, Docteur de l'Église, a écrit :


...."Rose pure, rose d'innocence, rose nouvelle et sans épine, rose épanouie et féconde, rose devenue pour nous un bienfait de Dieu, vous avez été établie Reine des cieux ; il n'est personne qui puisse jamais vous être comparé; vous êtes le salut du coupable, vous êtes le soutien de toutes nos entreprises".

 

Stefan Lochner Vierge au Rosier, vers 1430.

Stefan Lochner Vierge au Rosier, vers 1430.

 

XIII° siècle


Au Moyen-Âge, lors des croisades, les chevaliers français se rendirent en Syrie et ramenèrent des roses

 


Rose gallica officinalis

 

La légende veut que vers 1240, de retour de croisade, Thibaut IV, comte de Champagne et roi de Navarre, aurait introduit en France en la rapportant dans son heaume,  une rose d'une excellente qualité dont il aurait fait d'importantes plantations aux environs immédiats de Provins. (ce qui a été contesté et est peu probable...., car cette rose était commune en Europe.) 


Les roseraies de Provins devinrent bientôt célèbres et l'utilisation de la rose fut extrêmement fréquente en médecine, dans les cérémonies religieuses et profanes.


Provins devint ensuite la capitale de la rose française et la ville fait fortune au 13e siècle, répandant la rose partout en France et en Occident. La rose emblématique de la ville est Rosa gallica officinalis, surnommée la "rose des apothicaires". À cette époque, la rose entrait déjà dans la préparation d’onguents et de remèdes pour la peau.

Rose de Provins - Rosa Gallica Gérard Van Spaendonck

 

Les chinois se mirent à confirent les boutons de rose
Le moyen Orient inventa les délicats rahat-Loukoums à la rose.

Sirop rosat, sucre rosat, miel rosat étaient très utilisés au Moyen Âge pour soigner les maux de tête et les lourdeurs d’estomac. 
Et l’eau de rose s’utilisait en onguent et en collyre. Jusqu’au XVIII° siècle on a  utilisé les collyres à l’eau de rose. Et aussi le sirop à la rose, les compresses de pétales de roses, les décoctions de roses rouges, le vinaigre de roses en cas de migraines, le miel de rose pour les maux de gorge et les aphtes.

 

 

 

on peut toutefois attribuer à Thibaut IV l'introduction de la rose de Damas.


La rose par excellence ; recherchée en Orient pour la finesse de son parfum ; c'est la rose cultivée par les Romains à Paestum et chantée par Virgile ; c'est le "Biferique rosaria Paesti"  des Georgiques (livre IV). C'est la rose qui, cultivée, à côté du rosier de Provins, a valu par ses mariages avec cette plante et d'autres espèces, beaucoup de ces belles variétés du genre Rosa, dont nous admirons aujourd'hui les superbes corolles.


Plus ancienne fleur connue de l’humanité, la rose viendrait de Perse. Les archéologues disent qu’elle s’est développée dans deux bassins : la Perse, où le médecin Avicenne aurait mis au point la première huile essentielle de rose, et la Chine.


La Perse étendant petit à petit son empire jusqu’à Damas, la culture de la rose s’y répand et y prospère.

 


 

rose de Damas

rose de Damas

 

XIII° siècle 

 

Le miracle des roses


Élisabeth de Hongrie (1207-1231) souveraine de Thuringe


Louis de Thuringe épouse Élisabeth, à laquelle il était lié aussi bien par une alliance diplomatique qu’un amour sincère. Ceux qui devinrent respectivement bienheureux et sainte s’élevèrent l’un l’autre dans la foi : la femme offrait à son mari un exemple de dévotion et de charité, le mari protégeait et soutenait sa femme dans ses œuvres de générosité. Car l’abnégation de la princesse avait de quoi surpendre et faisait jaser autour d’elle.


Comme elle donnait à boire et à manger aux pauvres, vendant ses parures et le blé du château pour subvenir à leurs besoins, les conseillers du roi l’alertèrent sur ces excessives prodigualités : "Tant qu’elle ne vend pas le château, j’en suis content !", répondit-il, en réalité admiratif de la générosité de sa femme. Il aurait même été témoin d’un miracle en présence d’Élisabeth : alors que celle-ci marchait sur la route avec son tablier rempli de pain pour les pauvres, le roi croisa sa route et lui demanda ce qu’elle portait. En ouvrant son tablier, les pains ne s’étaient non pas multipliés mais changés en de magnifiques roses, symbole de charité.


On trouve des récits similaires dans la vie de la petite-nièce de la landgravine, Élisabeth de Portugal, et en France chez Roseline de Villeneuve, etc....
 

Sainte Elizabeth de Hongrie

Sainte Elizabeth de Hongrie

 

XIII° siècle


La rose en littérature


Le Roman de la Rose est l'une des œuvres les plus célèbres du Moyen Âge. Écrit par Guillaume de Lorris (vers 1230), continué par Jean de Meung (entre 1275 et 1280), poème allégorique consacré à la rose symbole de perfection qui décrit la tentative d'un amoureux  (le poète) de s’emparer de la femme aimée, représentée par une rose.


...En se promenant dans cet jardin magique, où les fleurs ont une odeur exquise en toute saison, le héros rencontre des couples d'amants qui chantent et dansent. Il voit refléter dans la Fontaine de Narcisse un bouton de rose et en tombe amoureux. Dotée d'attraits humains, la rose constitue l'image sublimée de la femme, celle qu'il choisit parmi toutes les fleurs. Le héros est contrarié dans sa quête ardue de cueillir la rose.....
 

le roman de la rose

le roman de la rose

 

XIV° siècle

 

Les rosiers et les roses dans les enluminures du moyen âge

 

Le Codex Manesse, aussi appelé Manessische Handschrift (« manuscrit Manesse »), Große Heidelberger Liederhandschrift (" grand manuscrit de poésie lyrique de Heidelberg ") et parfois aussi Pariser Handschrift (" manuscrit de Paris ") est un manuscrit de poésie lyrique enluminé ayant la forme d'un codex. Il est le plus grand et somptueux des recueils du Minnesang allemand.
Le codex a été compilé et illustré vers 1310, avec des compléments jusqu'en 1340, probablement à la demande de la famille Manesse, patriciens de Zurich.

Le Codex Manesse - Altstetten - l'amant et l'aimée

 

 

XIII - XIV° siècle

 

Dante Alighieri (dit "Dante") (1265-1321) poète, écrivain, penseur et homme politique


le Poète fait allusion à Marie Rose Mystique, dans quelques vers du "Paradis" de la Divine Comédie :

 

"Pourquoi mon visage t'enamoure-t-il ainsi,

que tu ne te tournes pas vers le beau jardin

qui sous les rayons du Christ s'emplit de fleurs ?

Là est la Rose dans laquelle le Verbe divin se fit chair,

et là sont les lis dont le parfum indique le bon chemin" . 



 

Tancredi Scarpelli - (1866–1937) - Illustration pour Dante Divine Comedie

Tancredi Scarpelli - (1866–1937) - Illustration pour Dante Divine Comedie

 

XIV° siècle


Hâfez de Chiraz, Le Divân,  traduction du persan par Charles-Henri de Fouchécour, Verdier


Haafiz (Hafez, hafiz- V. 1325-1389 ou 1390) poète, philosophe et mystique persan


La rose, le rossignol et le poète au jardin (Ghazal 456)

 

De grand matin je m'en fus au jardin cueillir une rose.

Soudain me vint à l'oreille la voix d'un rossignol.

 

Le pauvre comme moi était pris d'amour pour une rose

et par son cri de détresse jetait le tumulte au parterre.

 

Je tournais en ce parterre et ce jardin ; d'instant en instant

je songeais à cette rose et à ce rossignol.

 

La rose était devenue compagne de la beauté, le rossignol l'intime de l'amour

en lui nulle altération, en l'autre nulle variation.

 

Quand la voix du rossignol eut mis sa trace en mon coeur,

je changeai au point que nulle patience ne me resta.

 

En ce jardin tant de rose s'apanouissent, mais

personne n'a cueilli une rose sans le fléau de l'épine.

 

Hâfez, du monde en sa rotation n'espère l'apaisement :

il a mille défauts et n'a pas une faveur !

 

 

XIV° siècle

Recherches sur la découverte de l'Essence de Rose
Par L. Langlès membre de l'institut National, conservateur des Manuscrits Orientaux etc.. - 1804


"Comme les rossignols , nous reposons sur les roses"


Haafiz (Hafez, hafiz) poète, philosophe et mystique persan (V 1325-1389 ou 1390)

.....Les amours du rossignol et de la rose ont enflammé la verve des poètes Arabes, Turcs, et persans. Le nom de celui qui les a plus harmonieusement chantées, doit se présenter à l'esprit ; et ses vers, dignes du Poète de Téos, viennent naturellement se placer sous la plume qui essaie de tracer une bien faible portion de l'intéressante histoire de la reine des fleurs.....


.....Eau de rose, simplement le produit des roses distillées avec de l'eau, d'après un procédé très connu des parfumeurs Orientaux et Européens : c'est la même préparation préliminaire et indispensable pour obtenir l'essence ; car après avoir distillé ainsi une certaine quantité de roses, telle que celle qu'indique mon savant ami feu le colonel de Polier, membre de la société de Calcutta, dans le tome Ier des Recherches asiatiques, n° XVI, on laisse cette eau de rose exposée à la fraîcheur de la nuit, et le lendemain on trouve une très petite quantité de a'ther (essence) congelée sur la surface de l'eau de rose. On conçoit aisément que la quantité d'essence dépend de la qualité des roses ; celles de Chyrâz, du Kermän et du Kachmyr, sont très renommées.....


 

Rose et rossignol sur la reliure - diwan d'Hafez (Iran, 1842).

Rose et rossignol sur la reliure - diwan d'Hafez (Iran, 1842).

 

XIV°siècle


Le rosaire


La dévotion du rosaire était déjà en usage chez les Cisterciens depuis le XII° siècle et s'est développée au XIII° siècle sous l'influence des dominicains. Il n'existe sous sa forme actuelle qu'à partir du XIV° siècle. C'est pourquoi de nombreux tableaux de la Vierge du Rosaire présentent celle-ci offrant une rose ou un chapelet à saint Dominique, le fondateur de l'ordre.

 
Le rosaire est un exercice de piété catholique qui consiste à dire quatre chapelets d'oraisons. Consacré à la Vierge Marie, Mère de Jésus-Christ, il tire son nom du latin ecclésiastique rosarium qui désigne la guirlande de roses dont les représentations de la Vierge sont couronnées.


Le "chapel" était la couronne de roses qui se plaçait sur la tête des statues de la Vierge dans le culte populaire. Les Dominicaines de Colmar sont ainsi comparées à des roses épanouies dans un jardin. Dans les Cantigas de Santa Maria un chevalier tresse des guirlandes de roses, et chaque rose qui lui manque est remplacée par un Ave Maria.

 

Manuscrit anglais sur le Rosaire, Getty Museum, Vita Christi

Manuscrit anglais sur le Rosaire, Getty Museum, Vita Christi

 

XIV° siècle

 

Le "chapel" était la couronne de roses qui se plaçait sur la tête des statues de la Vierge dans le culte populaire. Les Dominicaines de Colmar sont ainsi comparées à des roses épanouies dans un jardin. Dans les Cantigas de Santa Maria un chevalier tresse des guirlandes de roses, et chaque rose qui lui manque est remplacée par un Ave Maria.

 

Roses de La Vierge Marie 

La fleur devient symbole de pureté lorsqu'il s'agit de Marie, la  "rose sans épines". Le rosaire, ainsi que la rosace des cathédrales, sont aussi des éléments où les représentations de la fleur renvoient à Marie, comme d'ailleurs toute utilisation de la rose dans un contexte chrétien peut être considérée comme une référence indirecte à la Vierge.


Dans la prière du rosaire : 

C’est un ensemble de prières successives dédiées à Marie, interrompues à intervalles réguliers par une prière à Dieu le Père (Notre Père). Chaque série est consacré à la méditation d’un passage d’Evangile dans lequel Marie joue un rôle central. Cette prière répétitive est datée du XIIIe siècle 


 

Reine du Très Saint Rosaire

Reine du Très Saint Rosaire

 

XIV° siècle


La baillée des roses


(d’après un article paru en 1839)
Selon Pierre Jean-Baptiste Legrand d’Aussy, (1737-1800), historien français, cette coutume date du XIV° siècle


(Le titre de duc et pair est l'une des dignités les plus élevées dans la noblesse, juste après les princes du sang, qui sont eux des descendants directs du sang royal et qui sont considérés comme pairs nés de France),  


Présentation des roses (Cérémonie de) au parlement de Paris


Le duc d’Alençon, fils de Henri II, se soumit à cette coutume. En 1586, le roi de Navarre, depuis roi de France, rendit également cet hommage, mais il fut le dernier. Les troubles de la Ligue ayant interrompu les fonctions du parlement et obligé de le transférer à Tours, on ne songea plus à la cérémonie des roses et elle s’abolit.


Les ducs et pairs qui avaient leur pairie dans le ressort du parlement de Paris, devaient trois fois par an présenter, en grande cérémonie, une corbeille de roses aux membres de cette cour de justice.


Cette présentation, qu’on appelait le bail ou la baillée des roses, était d’une grande importance. Le droit de roses se rendait par les pairs, en avril, mai et juin.  Le pair qui devait à son tour présider cette solennité, faisait joncher d’herbes odoriférantes, de fleurs, et surtout de roses, toutes les chambres du parlement. Il réunissait avant l’audience à un déjeuner splendide les présidents, les conseillers et officiers de la Cour ; il se rendait ensuite dans chaque chambre, faisant porter devant lui, au son des harpes et des flageolets, un grand bassin d’argent, plein de bouquets de roses artificielles et de couronnes composées.


Cérémonie des roses


des mêmes fleurs et ornées d’armoiries. Le pair qui faisait la baillée des roses était reçu dans la grand’ chambre, assistait à la messe avec le parlement entier et ordonnait ensuite aux musiciens d’aller faire de la musique chez les présidents avant leur dîner.


Les registres manuscrits du parlement de Paris renferment le procès verbal d’une discussion de préséance entre les ducs de Vendôme, de Guise, de Nevers et de Montpensier, relativement à la présentation des roses du 9 juin 1553. Nous y remarquons le passage suivant :


"Boucherat pour le duc de Guise a dit, que vérité étoit que l’on n’avoit point entendu présenter aujourd’huy les roses dudit seigneur duc, pour faire entreprise sur le tour et ordre du duc de Vendôme ; mais étoit advenu qu’il y avoit assez long-temps que l’on avoit commandé à la rosière de dresser et accoustrer les chapeaux de roses et bouquets de roses que l’on entendoit présenter à la Cour de la part dudit sieur de Guise comme pair de France, ce qu’elle avoit faict ; et pensoit-on que ledit seigneur duc de Vendôme deust plustôt faire présenter les siennes, et pour l’avertissement qui a été fait par la rosière, que les roses qu’elle avoit préparées et accoustrées pour ledit seigneur duc de Guise se gastoient, on avoit advisé de les présenter cejourd’huy, ne devoit toutesfois cela être trouvé étrange ; car à ce qu’il a appris, il se trouvera que deux pairs en mesme jour et mesme heure ont fait présenter leurs roses au regard de l’ordre de la présentation. Quant aux autres pairs, hormis le seigneur duc de Vendôme, s’ils entendoient être preferez au seigneur duc de Guise pour la présentation de leurs roses, demandoit jour pour y venir répondre".


Le parlement avait un faiseur de roses, appelé le Rosier de la cour, et les pairs achetaient de lui celles dont ils faisaient leurs présents. On présentait au parlement de Paris des roses et des couronnes de roses, et à celui de Toulouse, des boutons de rose et des chapeaux de roses. 


On présentait au parlement de Paris des roses et des couronnes de roses, et à celui de Toulouse des bouquets de roses et des chapeaux de roses.


"Coutumes, Mythes et Traditions des Provinces de France"
 

tapisserie la baillée des roses

 

XV° siècle


La rose mystique


Martin Schongauer (1450-1491) peintre et graveur allemand 


Collégiale Saint-Martin de Colmar 
Dans le nimbe d’or de la Vierge, un texte fait parler une rose : 


"Me carpes genito tu quoque o Sanctissima Virgo" : 
"Tu iras, toi aussi, me cueillir (pour ton fils), ô très Sainte Vierge" - 
Antienne de la Fête du Saint-Rosaire 


"Les filles de Sion l'ont vue comme un rosier couvert de fleurs, et ils l'ont proclamée bienheureuse."


Schongauer place sa Vierge à l’Enfant sur un banc de jardin adossé à un treillage supportant un rosier grimpant. La rose est un symbole fréquemment utilisé dans les écrits chrétiens pour évoquer la Vierge. Toute une littérature s’est développée au cours de l’histoire sur ce thème, avec l’ambition d’illustrer le dogme de l’Immaculée Conception. Celui-ci postule que la Vierge n’est pas affectée par le péché originel qui pèse sur l’humanité du fait de la désobéissance d’Adam et Ève, qualifiée de Chute.

Ainsi saint Ambroise écrit :
"Avant que l'Homme ne chute, la Rose était née, sans l'Épine"
Schongauer peint avec une extrême minutie le rosier grimpant sur son treillage en bois : feuilles, fleurs rouges, boutons de rose et branches du rosier. Les roses rouges ne correspondent pas, par leur format, à la plupart des roses actuelles mais se rapprochent des rosa rugosa que nous connaissons aujourd’hui. Une seule rose blanche a été placée à gauche de la tête de la Vierge. Les couleurs peuvent sans doute être associées à une symbolique religieuse dans les esprits les plus raffinés du 15e siècle (rouge : souffrance future du Christ ; blanc : pureté, virginité).

 

La Vierge de la fête du rosaire ou Célébration du Rosaire est une peinture d'Albrecht Dürer, datant de 1506, aujourd'hui exposée à la Galerie nationale à Prague dont c'est l'un des chefs d'œuvre les plus précieux.

 

La Vierge au buisson de roses, copie (1473)

La Vierge au buisson de roses, copie (1473)

 

La Vierge au buisson de roses, copie (1473) - détail

La Vierge au buisson de roses, copie (1473) - détail

La Vierge au buisson de roses, copie (1473) - détail

 

XV° siècle


Vierge au jardinet
Souabe ou Rhin supérieur, fin XVe siècle -  Strasbourg, musée de l'Œuvre Notre-Dame

 

Vierge au jardinet - Souabe ou Rhin supérieur, fin XVe siècle. Strasbourg, musée de l'Œuvre Notre-Dame

Vierge au jardinet - Souabe ou Rhin supérieur, fin XVe siècle. Strasbourg, musée de l'Œuvre Notre-Dame

 

XV° siècle 

 

La guerre des deux roses


Henri VII avait pour père Edmond Tudor de la famille des Tudors de Penmynydd (en), et pour mère Margaret Beaufort de la Maison de Lancastre.

 

Lorsqu'il s'empara de la couronne d'Angleterre après avoir battu Richard III, il entraîna la fin de la guerre des Deux-Roses (1455 - 1485), entre la maison de Lancastre dont l'emblème était la rose rouge de Lancastre, et la maison d'York dont l'emblème était la rose blanche d'York.


Après son mariage avec Élisabeth d'York, Henri VII Tudor créa l'emblème de la rose Tudor rouge à cœur blanc et plus tard fut créé le rosier York et Lancaster panaché rose et blanc.
 

Enluminure rose - Tudor et York - Londres

Enluminure rose - Tudor et York - Londres

 

XVI° siècle

 

Enluminures de roses

Les grandes heures d'Anne de Bretagne - Jean Bourdichon
Roses blanches et rouges (c. 1503-1508)

Les grandes heures d'Anne de Bretagne - Jean Bourdichon  (c. 1503-1508)

 

 

XVI° siècle


Juan Diego Cuauhtlatoatzin  (Diego ou saint Juean Diego - 1474-1548) est le premier chrétien Amérindien déclaré saint par l'Église catholique.

 
Alors qu'il se rend à pied à Mexico, le 9 décembre 1531, une vision de la Vierge Marie lui serait apparue sur la colline de Tepeyac, et lui aurait parlé en langue nahuatl. La Vierge lui aurait alors demandé de faire construire une église en ce lieu, et pour cela, d'aller voir l'évêque de la ville.

 

Juan Diego va voir l'évêque espagnol, Juan de Zumárraga, pour lui transmettre la requête, mais celui-ci ne le croit pas, et lui demande un signe probant de la demande mariale.

 

Le 12 décembre, la Vierge Marie apparaît alors une nouvelle fois à Juan Diego et, pour répondre à la demande de l'évêque, elle invite l'Indien à aller cueillir des roses sur la colline (alors que l'on était en plein hiver). Juan Diego trouve les roses et les présente à l'évêque. Lorsque les fleurs tombent de la tunique, une icône de la Vierge reste imprimée sur le tissu. L'évêque est alors convaincu de l'authenticité de la démarche de l'Amérindien.

 


Une première chapelle est édifiée, au pied de cette colline pour accueillir la précieuse relique (l'image de Notre-Dame de Guadalupe restée imprimée sur la tilma de Juan Diego). Juan Diego s'installe sur place dans un ermitage et accueille les pèlerins indigènes, favorisant le mouvement de conversions religieuses au catholicisme, encouragé par les missionnaires espagnols.
 

 Juan Diego -  Vierge de Guadalupe

Juan Diego - Vierge de Guadalupe

 

XVI° siècle

 

La Vierge de la fête du rosaire ou Célébration du Rosaire est une peinture d'Albrecht Dürer, datant de 1506, aujourd'hui exposée à la Galerie nationale à Prague dont c'est l'un des chefs d'œuvre les plus précieux.

La Vierge de la fête du rosaire par Dürer (Galerie nationale de Prague)

La Vierge de la fête du rosaire par Dürer (Galerie nationale de Prague)

 

XVI° siècle


C’est à Hampton Court qu’Henri VIII donnera ses lettres de noblesses au parfum en rénovant la tour du Bain et, comble de l’extravagance, en y faisant installer des robinets d’où coulait une eau pure puisée à la source Rosamund mais c’est bien Elisabeth I (1533-1558) que l’on garde dans les mémoires comme l’instigatrice d’une cour parfumée. 


La Reine fit installer des parfumeurs vénitiens à sa cour qui se trouva vite remplie de la fragrance de parfums à la rose, des pommes d’ambres etc.
On découvre sur les portraits de la fin de son règne, sa robe couverte de roses, peut-être est-ce en référence à la rose des Tudor !

 

Élisabeth Ire, le portrait dit Phénix , vers 1575 - Nicolas Hillier

Élisabeth Ire, le portrait dit Phénix , vers 1575 - Nicolas Hillier

 

XVI° siècle


Dans "The Parlement of Roses to Julia" de Robert Herrick : 
"Réunis en parlement tous ces seigneurs proclamèrent la rose reine des fleurs".

 

 

XVI° siècle


Pierre de Ronsard (1524 – 1585) - poète
  Sur la mort de Marie, 1578

 

Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose

 

Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,

En sa belle jeunesse, en sa première fleur,

Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,

Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose ;

 

La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,

Embaumant les jardins et les arbres d’odeur ;

Mais, battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur,

Languissante elle meurt feuille à feuille déclose.

 

Ainsi en ta première et jeune nouveauté,

Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beauté,

La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.

 

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,

Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,

Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.
 

Marie de Clèves

Marie de Clèves

 

Pierre de Ronsard (1524 – 1585) - poète

Amours de Cassandre

 

Prends cette rose


Prends cette rose, aimable comme toi

Qui sers de rose aux roses les plus belles,

Qui sert de fleur aux fleurs les plus nouvelles,

Dont la senteur me ravit tout de moi.

 

Prends cette rose, et ensemble reçois

Dedans ton sein mon cœur qui n’a point d’ailes,

Il est constant, et cent plaies cruelles

N’ont empêché qu’il ne gardât sa foi.

 

La rose et moi différons d’une chose

Un soleil voit naître et mourir la rose,

Mille soleils ont vu naître m’amour.

 

Ah ! je voudrais que telle amour éclose

Dedans mon cœur qui jamais ne repose,

Comme une fleur, ne m’eût duré qu’un jour.

 

 

Pierre de Ronsard (1524 – 1585) - poète

A Cassandre

 

Mignonne, allons voir si la rose

 

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avoit desclose

Sa robe de pourpre au Soleil,

A point perdu ceste vesprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,

Mignonne, elle a dessus la place

Las ! las ses beautez laissé cheoir !

Ô vrayment marastre Nature,

Puis qu'une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que vostre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez vostre jeunesse :

Comme à ceste fleur la vieillesse

Fera ternir vostre beauté.


 

Cassandre Salviati -

Cassandre Salviati -

 

XVII° siècle

 

William Shakespeare (1564-1616) dramaturge, poète et acteur anglais 
Oeuvre complètes de Shakespeare - traduction de M. Guisot 


Poèmes et sonnets - LIV


......O combien la beauté semble plus belle sous les ornements précieux qu'y ajoute la fidélité ! La rose est charmante, mais nous la trouvons plus charmante encore à cause de ce doux parfum qui réside dans son sein.

Les églantines ont des nuances aussi vives que les pétales parfumées de roses, elles sont entourées des mêmes épines et elles se balancent aussi voluptueusement quant le souffle de l'été entr'ouvre leurs boutons, mais leur beauté est toute leur valeur, elles meurent sans qu'on les ait recherchées, elles se fanent sans avoir inspiré de tendresse, elles meurent pour elles-mêmes.

Il n'en est pas ainsi des roses parfumées ; leur suave mort engendre des parfums délicieux ; de même pour vous, aimable et beau jeune homme, quand tous les charmes se flétriront, on distillera votre fidélité dans les vers.......

 

 


William Shakespeare (1564-1616)


“What’s in a name?

That which we call a rose,

By any other name would smell as sweet.”

 

"Qu’y a-t-il dans un nom?

Ce que nous appelons rose,

Par n’importe quel autre nom sentirait aussi bon."
 

Rose - Romeo et Juliette

Rose - Romeo et Juliette

 

XVII° siècle


icône de Simon Ouchakov  (1626–1686) 
représentant Marie sur une rose rouge, croissant comme un rosier au-dessus de la ville de Moscou 

 

XVII° icône de Simon Ouchakov  (1626–1686)  Marie sur une rose rouge,

XVII° icône de Simon Ouchakov (1626–1686) Marie sur une rose rouge,

 

XVII° siècle


Jean de la Taille (1533-1611) - poète


Le blason de la rose

 

Aux uns plaît l'azur d'une fleur

Aux autres une autre couleur :

L'un du lis, de la violette,

L'autre blasonne de l'œillet

Les beautés ou d'autre fleurette

L'odeur ou le teint vermeillet :

A moi sur toute fleur déclose

Plaît l'odeur de la belle rose.

 

J'aime à chanter de cette fleur

Le teint vermeil et la valeur,

Dont Vénus se pare et l'aurore,

De cette fleur qui a le nom

D'une que j'aime et que j'honore,

Et dont l'honneur ne sent moins bon :

J'aime sur toute fleur déclose

A chanter l'honneur de la rose.

 

La rose est des fleurs tout l'honneur,

Qui en grâce et divine odeur

Toutes les belles fleurs surpasse,

Et qui ne doit au soir flétrir

Comme une autre fleur qui se passe,

Mais en honneur toujours fleurir :

J'aime sur toute fleur déclose

A chanter l'honneur de la rose.

 

Elle ne défend à aucun

Ni sa vue ni son parfum,

Mais si de façon indiscrète

On la voulait prendre ou toucher,

C'est lors que sa pointure aigrette

Montre qu'on n'en doit approcher :

J'aime sur toute fleur déclose

A chanter l'honneur de la rose.
 

Jules Frederic Ballavoine (1855-1901)

Jules Frederic Ballavoine (1855-1901)

 

XVII° siècle 

La Légende de
Claudine de Montjoie (1571 - 1612)


Au XVI ème siècle vivait dans le château de Montjoie (Doubs)  le seigneur Jean de Thuillières réputé pour son avarice et son absence de coeur, avait une fille Claudine qui était tout l'opposé de son père. 


Elle ne supportait pas de voir le peuple souffrir. Elle distribuait aux pauvres tout l'argent dont elle pouvait disposer. Elle distribuait également les restes de nourriture qu'elle trouvait dans les cuisines. Tout cela déplaisait à son père qui lui reprochait ses dépenses pour les pauvres gens.


Un jour, qu'elle emportait des morceaux de pain cachés dans son tablier, elle rencontra son père en quittant le chateau qui lui dit : "Claudine que caches-tu dans ton tablier ?  Elle ouvrit son tablier, ce ne fut pas du pain qui tomba mais une brassée de roses. Le seigneur ramassa une rose en disant : "Je garderai cette fleur toute ma vie, Claudine, à partir de ce jour, tu n'auras plus à craindre ma colère lorsque tu aideras les pauvres gens."

 

Le lendemain, il saisit la rose, cachée dans un vase, une rose superbe dont le parfum envoûta l’assistance, et il dit : .
 
"Cette rose a été prise par le seigneur avare dans le tablier de sa fille où il croyait trouver ce qu’elle destinait aux pauvres ! Dieu avait changé le pain en rose ! le père reconnut un miracle."

 

Le seigneur de Montjoie, transformé encouragea sa fille à poursuivre ses bonnes oeuvres. C'est ainsi que l'on parla du miracle des roses ou du miracle de Sainte-Claudine.

Le baron répandit depuis ce jour sa bonté et Montjoie fut bien dénommé.

 

Quand Claudine mourut, jeune hélas, elle fut portée dans la chapelle du château.
 

Soixante dix ans après la mort de Claudine, on découvrit dans le caveau familial, le corps de Claudine de Montjoie en parfait état de conservation. A Montjoie fut fondé en 1320 une chapelle. Elle fut détruite en 1635 en même temps que le château. Le comte de Montjoie-Vaufrey la fit rebâtir en 1736.

 

Dans la chapelle on peut voir le corps de Claudine de Montjoie placé dans une loge vitrée. Claudine de Montjoie fut vénérée durant sa vie et après sa mort. On venait de loin pour implorer sa bonté. Mais le culte rendu à Claudine de Montjoie ne fut jamais reconnu officiellement par l'église catholique.

 

 

Corps momifié, naturellement, de Claudine de Montjoie. Dans la chapelle de Montjoie-le-Château. Doubs

Corps momifié, naturellement, de Claudine de Montjoie. Dans la chapelle de Montjoie-le-Château. Doubs

 

XVII° siècle

 

En Orient
Une broderie de roses Persan Yellow du XVII° siècle a été retrouvée à Ispahan. Et les roses n’ont jamais cessé d’être un motif décoratif des tapisseries, broderies et tissages au Moyen-Orient comme en Europe.

 

Elle est également omniprésente comme motif décoratif dans les tapisseries et les porcelaines

 

On retrouve la rose dans les natures mortes des peintres flamands et hollandais du XVIIe siècle, avec de somptueuses compositions florales. 

 

Jan Philip Van Thielen (1618-1667) 
guirlande de fleurs encadrant un cartouche représentant la résurrection

 

Ambrosius Bosschaert l'Ancien (1573 -1621)
nature morte avec roses dans un vase - 1619

 

Jan van Kessel (1626-1679) 
Vanité (vers 1665-1670)

 

 

Jan Philip Van Thielen (1618-1667)  guirlande de fleurs encadrant un cartouche représentant la résurrection -Ambrosius Bosschaert l'Ancien (1573 -1621) nature morte avec roses dans un vase - 1619-  Jan van Kessel (1626-1679)  Vanité (vers 1665-1670)
Jan Philip Van Thielen (1618-1667)  guirlande de fleurs encadrant un cartouche représentant la résurrection -Ambrosius Bosschaert l'Ancien (1573 -1621) nature morte avec roses dans un vase - 1619-  Jan van Kessel (1626-1679)  Vanité (vers 1665-1670)
Jan Philip Van Thielen (1618-1667)  guirlande de fleurs encadrant un cartouche représentant la résurrection -Ambrosius Bosschaert l'Ancien (1573 -1621) nature morte avec roses dans un vase - 1619-  Jan van Kessel (1626-1679)  Vanité (vers 1665-1670)

Jan Philip Van Thielen (1618-1667)  guirlande de fleurs encadrant un cartouche représentant la résurrection -Ambrosius Bosschaert l'Ancien (1573 -1621) nature morte avec roses dans un vase - 1619- Jan van Kessel (1626-1679)  Vanité (vers 1665-1670)


Martial de Brives (1600-1653), capucin, 
Paraphrase des Litanies de la Vierge Marie, 

 

Rosa Mystica, Orá.


Fleur dont jamais l'éclat ne passe,

Deux miracle, aymable Thresor

Mystérieuse Rose d'or

L' Honneur du Printemps de la Grâce:

Rose qui semez d'ornement,

Au parterre du Firmament

Où toutes les fleurs sont diurnes;

Sainte Rose souvenez-vous

Que la Rose aymant les espinés,

Vous oblige à avoir de l'amitié pour nous.

rose mystique

rose mystique

 

Pierre Corneille (1606-1684) - poète
le passage rapide du temps 

 

A la Marquise

 

Marquise, si mon visage

A quelques traits un peu vieux,

Souvenez-vous qu'à mon âge

Vous ne vaudrez guère mieux.

 

Le temps aux plus belles choses

Se plaît à faire un affront,

Et saura faner vos roses

Comme il a ridé mon front.
 

François Boucher - Madame de Pompadour

François Boucher - Madame de Pompadour

 

XVII° siècle


François de Malherbe (1555-1628) - poète

Recueil : Poésies livre II.
Consolation à Monsieur du Périer 
stances sur la mort de sa fille,


.....

Je sais de quels appas son enfance était pleine,

Et n'ai pas entrepris,

Injurieux ami, de soulager ta peine

Avecque son mépris.

 

Mais elle était du monde, où les plus belles choses

Ont le pire destin ;

Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,

L'espace d'un matin.
.....
 

Mythologie des fleurs - La rose

 

XVII° siècle

 

1616

Les Rose-Croix, 


Au début du XVII° siècle paraissent en Allemagne les manifestes de la fraternité de la Rose-Croix. 


La Rose-Croix y est présentée comme un ordre secret qui aurait été fondé au xve siècle par un personnage mythique, Christian Rosenkreutz. Relevant de l'hermétisme chrétien, du néoplatonisme et de paracelsisme, ils en appellent aux savants et aux gouvernants de l'Europe, proposant de leur révéler leur mystérieuse sagesse.


Ils sont vraisemblablement l'œuvre d'un groupe de jeunes théologiens, médecins et philosophes de l'université luthérienne de Tübingen, autour de Johann Valentin Andreae (1586-1654). Ils eurent un retentissement considérable à l'époque, suscitant enthousiasmes et controverses dans toute l'Europe.


Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz 
L'action se situe en 1459. C'est un texte allégorique, poétique et satirique dans la tradition des grands textes alchimiques, qui narre à la première personne l'expérience de Christian Rosenkreutz, personnage fictif, durant sept journées.


..."Les arcanes s'avilissent quand ils sont révélés ; et, profanés, ils perdent leur grâce. Ne jette donc pas de marguerites aux pourceaux, et ne fais point à un âne une litière de roses"


indiquant qu'il s'agit d’une œuvre codée, ésotérique. D'une grande qualité littéraire, il se prête à de nombreuses interprétations.


On y relève particulièrement des aspects alchimiques, théologiques, allégoriques, psychologiques, spiritualistes, numérologiques, hermétistes qui révèlent des connaissances précises d'alchimie chrétienne, de magie, de mathématiques et un intérêt pour la mécanique et la pansophie.

 

 

À partir du XVIII° siècle, en marge et au sein de la franc-maçonnerie, puis dans les milieux occultistes du XIX° siècle jusqu'à aujourd'hui, de nombreux mouvements se sont réclamés de l'ordre de la Rose-Croix ou se sont référés à une "tradition rosicrucienne".

 

XVII° Siècle


La distillation et la popularité de l'eau de rose


Née à Kandahar,  Mihr un-Nisâ,(1577-1645) (Soleil parmi les femmes) a grandi dans l'empire moghol. Mariée à Ali Quli, qui s'est battu  et est mort pour le prince Salim (le futur Jahangir), il reçoit le titre de Sher Afghan pour sa bravoure. Après la mort de Sher Afghan, la jeune veuve et sa fille Ladli ont été amenées à Agra, préposée à Salima Sultana Begum, l'épouse d'Akbar et la belle-mère de Jahangir.


En 1605, après la mort d'Akbar, Jahângîr ou Djahanguir (possesseur du monde en persan), de son vrai nom Salîm, Nûr ud-Din Muhammad - (Fatehpur-Sikri, 1569-1627) devient le quatrième empereur moghol de l'Inde.


Dans le harem moghol, Mihr un-Nisâ façonnait des brocarts, des tissus et des soies aux couleurs vives pour les dames du harem. Ses créations étaient très recherchées et définissaient souvent les tendances de la mode. En 1611, Jahângîr  la rencontre à Meena Bazar - une foire du nouvel an et tombe amoureux d'elle. Ils se mariént la même année.


La princesse Mihr un-Nisâ devient Nour-Djihân (Nûr Jahân, Lumière du palais     titre qu'il lui donne)) inspira à Jahângîr une violente passion.....
Elle a également reçu le titre de Badshah Begum. Elle devient la femme la plus puissante de l'empire moghol. Elle composait parfois des poèmes persans sous le nom de plume de Makhfí , ou le caché, 


Noùr-Djihân Beygum avait un goût raffiné et ne négligea aucun moyen de captiver le monarque, elle fit beaucoup d'innovations,

-"l'essence d'eau de rose", qu'elle nomma d'abord essence de Djihânguyr, ainsi que quelques autres parfums d'un moindre prix dont elle procura la jouissance aux hommes peu favorisés de la fortune, sont de son invention et de celle de sa mère Asmat Begum, qui avait découvert l'a'thar ou l'essence de roses, mais le mérite de la distiller et de la populariser lui revient.


..........Ce fut dans une fête donnée par cette femme ambitieuse, adroite et magnifique, à son illustre époux, que l'essence de rose fut découverte. Les amusements et les jouissances de toute espèce furent prodigués à cette occasion. La princesse poussa le luxe et la recherche jusqu'à faire circuler dans les jardins un petit canal rempli d'eau de rose..


Tandis que l'empereur se promenait avec elle sur le bord de ce canal, ils aperçurent une espèce de mousse qui s'était formée sur l'eau, et qui nageait à la surface. On attendit, pour la retirer, qu'elle fut arrivée au bord, et l'on reconnut alors que c'était une substance des roses que le soleil avait recuite, et pour ainsi dire, rassemblée en masse. Tout le sérail s'accord à reconnaître cette substance huileuse pour le parfum le plus délicat que l'on connût dans l'Inde. Dans la suite, l'art tâcha d'imiter ce qui avait été d'abord le produit du hasard et de la nature"......


 (histoire générale du Moghol, tome Ier, pag. 326 et 327  - 2° édition
 

Nur Jahan de Kandahar

Nur Jahan de Kandahar

 

XVI° - XVII° - XVIII°  XIX°- siècle

 

La rose médicinale


Avec les roses de Provins, on faisait de nombreux produits utilisés comme remèdes. La recette est donnée par deux médecins, Charles Estienne et Jean Liebault en 1583. Elle consistait à distiller de l'eau de roses de Provins avec des roses blanches dans des récipients de verre et non de plomb afin de garder l'odeur et la saveur des fleurs.


L'infusion, aussi appelé sirop de roses, avait la réputation de guérir certains maux de ventre, et d'être utile aux fièvres tierces, à la jaunisse, à désopiler le foie et à la palpitation du cœur.


L'onglet des pétales, en décoction, était utilisé dans le but d'arrêter toutes sortes de flux. Les provinois en faisaient un médicament connu sous le nom de conserve liquide et une conserve sèche, plus fantaisiste que médicinale. On vendit longtemps roses sèches et conserves aux grandes foires de Champagne et de Brie d'où elles passaient dans tout le royaume de France, à l'étranger jusqu'en Orient.


Intérêt auprès de célébrités
On fabriquait également des sachets et des coussins de roses sèches qu'on offrait, dès 1310, aux personnes importantes qui passaient à Provins.

C'est ainsi que Charles VII, Jeanne d'Arc, François Ier, Henri II, Catherine de Médicis les reçurent comme présents.


Louis XIV, lors de ses quatre passages, eut droit aux roses et aux conserves de Provins et lors de sa dernière visite, en 1681, on lui remit 24 livres de conserves de roses.


En 1725, la princesse Marie Leszczyńska eut droit aux mêmes présent.


Napoléon Ier, selon une anecdote locale, reçut en plus des bonbons à la rose. La jeune fille qui les lui présenta, lui aurait dit : Toi que la fortune comble de tous ses dons Enfant gâté de la victoire, Amuse-toi, ici, de ces quelques bonbons Pour te délasser de la gloire.


Le 21 septembre 1828, Charles X, fut reçu par la ville de Provins, et douze jeunes filles lui remirent également des conserves de roses.


Dès la fin du XVIII° siècle, des roses rouges de toutes provenances usurpaient la rose de Provins en pharmacie et en parfumerie, ce qui finit par concurrencer et par ruiner le commerce de la vraie rose provinoise tombée en état de langueur peu avant la Révolution.


Les roses utilisées au début du XIX° siècle par les parfumeurs parisiens étaient des roses de Damas cultivées à Puteaux, plus proche de la capitale que Provins, pour l'approvisionnement en fleurs fraîches.

Mythologie des fleurs - La rose

 

XVIII°siècle


De Montpellier à la Cour de France


Jean-Louis Fargeon Aîné, célèbre au début du XVIIIème siècle, fondateur de la Maison Oriza fournisseur de Louis XV et de sa Cour Parfumée et illustre parfumeur de la Reine Marie-Antoinette connue et reconnue pour ses goûts raffinés et son addiction aux parfums naturels de fleurs : rose, jasmin, iris, violette, œillet..


la Reine aimait les fleurs à la folie, rose, jonquille, lilas, violette, lys…Fargeon confectionna une eau, une poudre et une pommade "A la Reine"…Marie-Antoinette préférait les eaux simples comme "les Eaux Spiritueuses de Roses et des pots pourris aux Mille Fleurs…Pour s’endormir, Fargeon lui composait L’Eau d’Ange…

 

 

XVIII° siècle

 

La nomenclature du calendrier républicain fut promulguée par décret du 4 frimaire an II (24 novembre 1793).Il fut aboli le 1er janvier 1806 (11 nivôse an XIV) par Napoléon Ier.


Dans le calendrier républicain français, 
le 1° jour (20 avril) du mois de Floréal (20 avril – 19 mai), est officiellement dénommé :

"jour de la rose".

 

Le Soleil entre au signe du Taureau 
Sitôt que Flore en sa magnificence, 
Promet dans ses présents des trésors aux humains 
On aime à voir la candeur l'innocence 
Que la Jeune Beauté couronne de ses mains

 

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris. Il entre en vigueur le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793), mais débute le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792), jour de proclamation de la République, déclaré premier jour de l' "ère des Français".

Floréal commence le 21 avril


 

XIX° siècle

 
conte court de l’écrivain danois Hans Christian Andersen, paru en 1841, traduit du danois par David Soldi (1819-1884).


Une rose de la tombe d'Homère 
Le récit


Dans tous les chants d'Orient on parle de l'amour du rossignol pour la rose. Dans les nuits silencieuses, le troubadour ailé chante sa sérénade à la fleur suave.


Non loin de Smyrne, sous les hauts platanes, là où le marchand pousse ses chameaux chargés de marchandises qui lèvent fièrement leurs longs cous et foulent maladroitement la terre sacrée, j'ai vu une haie de rosiers en fleurs. Des pigeons sauvages volaient entre les branches des hauts arbres et leurs ailes scintillaient dans les rayons de soleil comme si elles étaient nacrées.


Une rose de la haie vivante était la plus belle de toutes, et c'est à elle que le rossignol chanta sa douleur. Mais la rose se tut, pas une seule goutte de rosée en guise de larme de compassion ne glissa sur ses pétales, elle se pencha seulement sur quelques grandes pierres.


- Ci-gît le plus grand chanteur de ce monde, dit la rose. Au-dessus de sa tombe je veux répandre mon parfum, et sur sa tombe je veux étaler mes pétales quand la tempête me les arrachera. Le chanteur de l'Iliade est devenu poussière de cette terre où je suis née. Moi, rose de la tombe d'Homère, suis trop sacrée pour fleurir pour n'importe quel pauvre rossignol.
Et le rossignol chanta à en mourir.


Le chamelier arriva avec ses chameaux chargés et ses esclaves noirs. Son jeune fils trouva l'oiseau mort et enterra le petit chanteur dans la tombe du grand Homère ; et la rose frissonna dans le vent. Le soir, la rose s'épanouit comme jamais et elle rêva que c'était un beau jour ensoleillé. Puis un groupe de Francs, en pèlerinage à la tombe d'Homère, s'approcha. Il y avait parmi eux un chanteur du nord, du pays du brouillard et des aurores boréales. Il cueillit la rose, l'inséra dans son livre et l'emporta ainsi sur un autre continent, dans son pays lointain. La rose fana de chagrin et demeura aplatie dans le livre. Lorsque le chanteur revint chez lui, il ouvrit le livre et dit : Voici une rose de la tombe d'Homère.


Tel fut le rêve de la petite rose lorsqu'elle s'éveilla et tressaillit de froid. Des gouttes de rosée tombèrent de ses pétales et, lorsque le soleil se leva, elle s'épanouit comme jamais auparavant. Les journées torrides étaient là, puisqu'elle était dans son Asie natale. Soudain, des pas résonnèrent, les Francs étrangers qu'elle avait vus dans son rêve arrivaient, et parmi eux le poète du nord. Il cueillit la rose, l'embrassa et l'emporta avec lui dans son pays du brouillard et des aurores boréales.


Telle une momie la fleur morte repose désormais dans son Iliade et comme dans un rêve elle entend le poète dire lorsqu'il ouvre le livre : Voici une rose de la tombe d'Homère.


 

 

XIX° siècle
 

Oscar Wilde écrivain (1854-1900), romancier, dramaturge et poète irlandais 


Le Rossignol et la Rose


........Quand la lune brilla dans les cieux, le Rossignol vola jusqu'au Rosier et appliqua sa poitrine tout contre l'épine. Toute la nuit, il chanta, la poitrine contre l'épine, et la froide Lune de cristal se pencha pour l'écouter. Toute la nuit il chanta, l'épine s'enfonçait de plus en plus dans sa poitrine, et le sang qui lui donnait la vie s'échappait de son corps.


Il chanta, tout d'abord, la naissance de l'amour dans le coeur d'un garçon et d'une fillette. Et sur la plus haute branche du Rosier fleurit une rose magnifique, pétale après pétale, chanson après chanson. Elle eut d'abord la pâleur d'un brouillard s'élevant au-dessus du fleuve - celle des pieds du Matin, puis la couleur argentée des ailes de l'Aube. Ombre d'une rose en un miroir d'argent, ombre d'une rose en une nappe d'eau, telle était la rose qui fleurissait sur la plus haute branche de l'Arbrisseau.


Mais l'Arbrisseau cria au Rossignol d'appuyer plus fort contre l'épine. "Appuie plus fort, petit Rossignol, s'écriait l'Arbrisseau, ou le Jour paraîtra avant que la rose ne soit achevée."


Et le Rossignol appuya plus fort co

ntre l'épine, et son chant se fit plus sonore, car il chantait la naissance de la passion dans l'âme d'un homme et d'une jeune fille.


Une délicate nuance de rose gagna les pétales de la rose; on eût dit le visage rougissant de l'époux quand il baise les lèvres de l'épouse. Mais l'épine n'avait pas encore atteint son coeur, si bien que le coeur de la rose restait blanc car seul le sang d'un coeur de Rossignol peut rougir un coeur de rose.


Et le Rossignol appuya plus fort contre l'épine. L'épine lui toucha le coeur, et une douleur aiguë le traversa soudain. Amère, amère fut cette douleur, et son chant se fit plus insensé, car il chantait l'Amour qui trouve sa perfection dans la Mort, de l'Amour qui ne meurt pas dans la tombe.
La magnifique rose devint écarlate, autant que celle du ciel d'Orient. Écarlate était la ceinture de pétales, écarlate le coeur qui semblait un rubis.
Mais la voix du Rossignol s'affaiblissait, ses petites ailes commencèrent à battre et un voile lui couvrit les yeux. Son chant se fit de plus en plus faible et il sentit quelque chose l'étouffer.


C'est alors qu'il exhala une dernière bouffée de musique. La Lune blanche l'entendit, en oublia l'aube et s'attarda dans le ciel. La Rose rouge qui l'entendit trembla, tout entière en extase, et dans l'air frai du matin ouvrit ses pétales. Écho l'emporta jusque dans sa caverne pourprine, sur les collines, et elle réveilla de leurs rêves les pâtres endormis. Elle flotta parmi les roseaux du fleuve, et ils portèrent son message jusqu'à la mer.


"Regarde, regarde! s'écrira l'Arbrisseau, la rose est achevée ce matin" ; mais le Rossignol ne répondit rien car il gisait mort parmi les hautes herbes, le coeur percé d'une épine.


...
La fille du Professeur était assise sous le proche. Elle dévidait de la soie bleue. Son peti chien était allongé à ses pieds.


"Vous avez dit que vous danseriez avec moi si je vous apportais une rose rouge, s'écria l'Étudiant. Voici la rose la plus rouge qui existe au monde. Ce soir vous la porterez tout près de votre coeur, et pendant que nous danserons elle vous dira combien je vous aime."


Mais la jeune fille fronça les sourcils.


"Je crains qu'elle n'aille pas avec ma robe, répondit-elle; d'ailleurs, le neveu du Chambellan m'a envoyé de vrais bijoux, et tout le monde sait que les bijoux coûtent plus cher que les fleurs."


"Eh bien, par ma foi, vous êtes bien ingrate», dit l'étudiant en fureur. Et il jeta la rose dans la rue où elle tomba dans le caniveau. Une charrette lui roula dessus."


...
La présente nouvelle d'Oscar Wilde (1854-2000) a pour sujet l'ingratitude et l'indifférence des humains - ici une jeune fille et un jeune homme - à l'égard d'un amour qui va jusqu'à la mort. L'acte sacrificiel* pour le bien-être et le salut d'autrui semble ignoré et méconnu.....

 

Mythologie des fleurs - La rose

 

XIX° siècle 

 

Art nouveau

Vitraux Koening Lafitte Nancy à Décors De Rose Et D Une Vue D Un Village Vosgien
 

Vitraux Art Nouveau Koening Lafitte Nancy à Décors De Rose Et D Une Vue D Un Village Vosgie

Vitraux Art Nouveau Koening Lafitte Nancy à Décors De Rose Et D Une Vue D Un Village Vosgie


 

XIX° siècle 

 

Dans La Belle au bois dormant, conte de Charles Perrault repris plus tard par Jacob et Wilhelm Grimm, la princesse endormie, qui se nomme Dornröschen (Rose-épine) dans le conte allemand, est protégée par un mur d’églantiers.

 

 

 


Emile Zola (1840-1902) écrivain et journaliste  

Les Rougon-Macquart

........."Claude s’était pendu à la grande échelle, en face de son œuvre manquée. Il avait simplement pris une des cordes qui tenaient le châssis au mur, et il était monté sur la plate-forme en attacher le bout à la traverse de chêne, clouée par lui un jour, afin de consolider les montants. Puis, de là-haut, il avait sauté dans le vide. En chemise, les pieds nus, atroce avec sa langue noire et ses yeux sanglants sortis des orbites, il pendait là, grandi affreusement dans sa raideur immobile, la face tournée vers le tableau, tout près de la Femme au sexe fleuri d’une rose mystique, comme s’il lui eût soufflé son âme à son dernier râle, et qu’il l’eût regardée encore, de ses prunelles fixes.............


La faute de l'Abbé Mouret

.....Elle était la Rose mystique, une grande fleur éclose au paradis, faite des Anges entourant leur Reine, si pure, si odorante, qu’il la respirait du bas de son indignité avec un gonflement de joie dont ses côtes craquaient. Elle se changeait en Maison d’or, en Tour de David, en Tour d’ivoire, d’une richesse inappréciable, d’une pureté jalousée des cygnes, d’une taille haute, forte, ronde, à laquelle il aurait voulu faire de ses bras tendus une ceinture de soumission. Elle se tenait debout à l’horizon, elle était la Porte du ciel, qu’il entrevoyait derrière ses épaules, lorsqu’un souffle de vent écartait les plis de son voile......

 

XIX° siècle

François-Marie Robert-Dutertre (1815-1898) poète
Recueil : Les loisirs lyriques (1866).


Le vin.


Jeunes et vieux, si vous êtes moroses

J'ai le secret de rendre la gaité ;

Si vous voulez voir refleurir les roses

De votre teint, signe de la santé,

Mieux qu'un docteur aux savantes formules

Qui vous prescrit tisanes et pilules,

Par la vertu de ma rouge liqueur

Je rends la vie et réchauffe le cœur.

.........
 

 

 

 

XIX° siècle


Théophile Gautier (1811-1872) poète romancier
Émaux et Camées, publié en 1852


La rose thé

 

La plus délicate des roses

Est, à coup sûr, la rose-thé.

 

Son bouton aux feuilles mi-closes

De carmin à peine est teinté.

 

On dirait une rose blanche

Qu'aurait fait rougir de pudeur,

 

En la lutinant sur la branche,

Un papillon trop plein d'ardeur.

 

Son tissu rose et diaphane

De la chair a le velouté ;

 

Auprès, tout incarnat se fane

Ou prend de la vulgarité.

 

Comme un teint aristocratique

Noircit les fronts bruns de soleil,

De ses soeurs elle rend rustique

Le coloris chaud et vermeil.

 

Mais, si votre main qui s'en joue,

A quelque bal, pour son parfum,

La rapproche de votre joue,

Son frais éclat devient commun.

 

Il n'est pas de rose assez tendre

Sur la palette du printemps,

Madame, pour oser prétendre

Lutter contre vos dix-sept ans.

 

La peau vaut mieux que le pétale,

Et le sang pur d'un noble coeur

Qui sur la jeunesse s'étale,

De toutes les roses est vainqueur !
 

Konstantin Razumov

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français, 

La Légende des siècles, Hetzel, 1859, première série (p. 113-123).

 

La rose de l’infante

 

Elle est toute petite ; une duègne la garde.

Elle tient à la main une rose et regarde.

Quoi ? que regarde-t-elle ? Elle ne sait pas. L’eau ;

Un bassin qu’assombrit le pin et le bouleau ;

Ce qu’elle a devant elle ; un cygne aux ailes blanches,

Le bercement des flots sous la chanson des branches,

........................

Cependant, sur le bord du bassin, en silence,

L’infante tient toujours sa rose gravement,

Et, doux ange aux yeux bleus, la baise par moment.

Soudain un souffle d’air, une de ces haleines

Que le soir frémissant jette à travers les plaines,

Tumultueux zéphyr effleurant l’horizon,

Trouble l’eau, fait frémir les joncs, met un frisson

Dans les lointains massifs de myrte et d’asphodèle,

Vient jusqu’au bel enfant tranquille, et, d’un coup d’aile,

Rapide, et secouant même l’arbre voisin,

Effeuille brusquement la fleur dans le bassin ;

Et l’infante n’a plus dans la main qu'une épine ;

Elle se penche, et voit sur l’eau cette ruine ;

Elle ne comprend pas ; qu’est-ce donc ? Elle a peur ;

Et la voilà qui cherche au ciel avec stupeur

Cette brise qui n’a pas craint de lui déplaire.

Que faire ? Le bassin semble plein de colère ;

Lui, si clair tout à l’heure, il est noir maintenant ;

Il a des vagues ; c’est une mer bouillonnant ;

Toute la pauvre rose est éparse sur l’onde ;

Ses cent feuilles, que noie et roule l’eau profonde,

Tournoyant, naufrageant, s’en vont de tous côtés

Sur mille petits flots par la brise irrités ;

On croit voir dans un gouffre une flotte qui sombre.

" — Madame, dit la duègne avec sa face d’ombre

À la petite fille étonnée et rêvant,

Tout sur terre appartient aux princes, hors le vent."
 

la rose de l'infante - Escholier, Claude (Paris, 02–12–1910), peintre

la rose de l'infante - Escholier, Claude (Paris, 02–12–1910), peintre

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)
(Poésies inédites)


 Les Roses de Saadi


J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;

Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes

Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.

 

Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées

Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées. 

Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;

 

La vague en a paru rouge et comme enflammée. 

Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...

Respires-en sur moi l'odorant souvenir.


 

Mythologie des fleurs - La rose

 

XIX° siècle


Jules Renard (1864-1910)

"Imaginez l’émerveillement de l’Homme s’il voyait
aujourd’hui la première rose! Il ne saurait quel
nom extraordinaire lui donner. "

 

 

Charles Leconte de Lisle (1818-1894) poète 


Ah ! de sa tige d’or quand cette Fleur du ciel

Tomba pour embaumer les vallons d’Israël,

Que les vents étaient doux qui passaient dans les nues !

Tu vis naître, ô Saron, des roses inconnues !
 

 

 

Leconte de Lisle  (1818-1894) poète

(Poèmes tragiques)

 

Les roses d'Ispahan

 

Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse, 

Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l'oranger 

Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce, 

O blanche Leïlah ! que ton souffle léger.

 

Ta lèvre est de corail, et ton rire léger 

Sonne mieux que l'eau vive et d'une voix plus douce, 

Mieux que le vent joyeux qui berce l'oranger, 

Mieux que l'oiseau qui chante au bord du nid de mousse.

 

Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse,

La brise qui se joue autour de l'oranger

Et l'eau vive qui flue avec sa plainte douce

Ont un charme plus sûr que ton amour léger !

 

O Leïlah ! depuis que de leur vol léger 

Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce,

 Il n'est plus de parfum dans le pâle oranger, 

Ni de céleste arome aux roses dans leur mousse.

 

L'oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse, 

Ne chante plus parmi la rose et l'oranger ; 

L'eau vive des jardins n'a plus de chanson douce, 

L'aube ne dore plus le ciel pur et léger.

 

Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger,

Revienne vers mon coeur d'une aile prompte et douce,

Et qu'il parfume encor les fleurs de l'oranger,

Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse !

Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953) Les Roses d'Ispahan

Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953) Les Roses d'Ispahan

 

XIX° siècle


Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) romancier, dramaturge, poète,
"Heidenröslein"  - La petite rose a été écrit en tant que poème 


Il a été publié pour la première fois en 1799. Franz Schubert a mis le poème en musique en 1815.

 
Deux autres compositeurs allemands l'ont aussi mis en musique : Carl Friedrich Zelter et Heinrich Werner.


Heidenröslein (allemand)

Chanson traditionnelle
Sah ein Knab' ein Röslein stehn,
Röslein auf der Heiden,
War so jung und morgenschön,
Lief er schnell, es nah zu sehn,
Sah's mit vielen Freuden.
Röslein Röslein Röslein rot,
Röslein auf der Heiden.

Knabe sprach; Ich breche dich,
Röslein auf der Heiden!
Röslein sprach; Ich stece dich,
Dass du ewig denkst an mich,
Und ich will's nicht leiden.
Röslein Röslein Röslein rot,
Röslein auf der Heiden.

Und der wilde Knabe brach
's Röslein auf der Heiden;
Röslein wehrte sich und stach,
Half ihm doch kein Weh und Ach,
Musst es eben leiden.
Röslein Röslein Röslein rot,
Röslein auf der Heiden.

 

Petite rose de la lande

Un garçon vit une petite rose dressée,
Petite rose de la lande,
Elle était si jeune et belle comme le matin.
Il courut vite pour la voir de près,
Il la vit avec grand plaisir,
Petite rose, petite rose, petite rose rouge,
Petite rose de la lande.

Le garçon dit : "Je te cueillerai,
Petite rose de la lande."
La petite rose dit : "Je te piquerai,
Pour que tu penses toujours à moi,
Et je n'en souffrirai pas."
Petite rose, petite rose, petite rose rouge,
Petite rose de la lande.

Et le garçon indiscipliné cueillit
La petite rose de la lande ;
La petite rose se défendit et piqua,
Mais douleur et lamentation n'aidèrent en rien,
Il dut le supporter.
Petite rose, petite rose, petite rose rouge,
Petite rose de la lande.

 

Goethe Heidenröslein - Petite Rose

Goethe Heidenröslein - Petite Rose

François Coppée (1842-1908) - poète
Recueil : Les mois (1878).

 

Mois de septembre.

Après ces cinq longs mois que j'ai passés loin d'elle,

J'interroge mon cœur ; il est resté fidèle.

En Mai, dans la jeunesse exquise du printemps,

J'ai souffert en songeant à ses beaux dix-sept ans.

........

 

 

Recueil : Les Humbles (1872)


Petits bourgeois.


.......

Voyez : Le toit pointu porte une girouette,

Les roses sentent bon dans leurs carrés de buis

Et l'ornement de fer fait bien sur le vieux puits.

Près du seuil dont les trois degrés forment terrasse,

Un paisible chien noir, qui n'est guère de race,

Au soleil de midi, dort, couché sur le flanc.

.....

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète
Recueil : Odelettes (1856).


À Odette


......

Dites aux bosquets de rosiers :

Je veux que vous me le disiez

Comment vos fleurs s'épanouissent,

Et parmi de calmes amours

Je veux que ma vie et mes jours

Ainsi que vos roses fleurissent !


.....

Tous écouteront votre vœu !

Vous parliez encore au bon Dieu

Hier dans les célestes féeries,

Et vous devez encor savoir

En quels mots se parlent au soir

Un ange et des roses fleuries.

Emile Vernon le parfum des roses

 

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète
Recueil : Odelettes (1856)

 

À Adolphe Gaïffe.


Jeune homme sans mélancolie,

Blond comme un soleil d'Italie,

Garde bien ta belle folie.

......

"Cherchez les effets et les causes,"

Nous disent les rêveurs moroses.

Des mots ! des mots ! cueillons les roses.
 

 

 

Henri Durand (1818-1842) poète
Recueil : Poésies complètes (1858).


Chant de printemps


......

Plus que l'haleine surprise

De la brise

Dans les longs plis du rideau,

J'aime entre les fleurs écloses

Et les roses,

Voir briller ton œil si beau :

 

XIX° siècle

Édouard Turquety (1807-1867)
Poésies religieuses, 1858 (p. 20-24).

 

 


Rosa Mystica

 

Ô jeune rose épanouie

Près du tabernacle immortel,

Vierge pure, tendre Marie,

Douce fleur des jardins du ciel ;

Ô toi qui sais parfumer l’âme

Mieux que la myrrhe et le cinname

Et l’encens même du saint lieu ;

Ô toi dont la grâce est l’empire,

Toi qui ramènes d’un sourire

Le pardon aux lèvres de Dieu :

 

 

1907-1926

Sainte- Thérèse de Lisieux 
Marie-Françoise Thérèse Martin, en religion sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, également connue sous les appellations sainte Thérèse de Lisieux, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus ou encore la petite Thérèse, est une religieuse carmélite française née à Alençon dans l'Orne en France le 2 janvier 1873 et morte à l'âge de 24 ans à Lisieux en France le 30 septembre 1897.


Une pluie de roses

La Pluie de Roses est une collection de récits de miracles unique en son genre. Publiée entre 1907 et 1926, en 10 volumes dont 7 chronologiques, 2 thématiques et un florilège, elle présente plus de 3200 témoignages de grâces et de guérisons obtenues par l'intercession de sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus, avant sa canonisation.


" Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre "
" Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses "

Sainte Thérèse de Lisieux

 

 

 

XX° siècle


Charles Le Goffic (1863-1932) poète
Recueil : Le bois dormant (1900).

 

Pour évoquer les jours défunts

Il m'a suffi de quelques roses :

J'ai respiré dans leurs parfums

Tes lèvres closes.

.......

Albert Tibule Furcy de Lavault (1847-1915)

 

 

XX° siècle


La rose en littérature


le roman d’Umberto Eco, le Nom de la rose (Il nome della rosa), enquête policière médiévale se déroulant en Italie.

 
Le roman a été adapté ensuite au cinéma (1986).Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud (1986) 

 

 

Les roses en chansons

 

- Les rose blanches - Berthe Silva

- Les roses de Picardie - Tino Rossi

- Mon amie la Rose - Françoise Hardy

- Roses rouges pour un ange blond

- Une rose pour Sandra - Jimmy Frey

- Roses blanches de Corfou - Nana Mouscouri

Quand les roses - Salavatore Adamo 1964

- L'important c'est la rose - Gilbert Bécaud

- La colline des roses - Indochine

- Les anges - les roses - la pluie - Claude François

- Le rosier de Thérèse de Lisieux

 

La rose dans les expressions et locutions françaises


- Voir la vie en rose : "quand il me prend dans ses bras,- optimisme

- Être frais comme une rose : avoir un joli teint, l’air reposé

- Être sur les roses  : être dans une situation fâcheuse

- Envoyer quelqu'un sur les roses : Repousser brutalement en paroles.

- Ne pas sentir la rose  : sentir mauvais

- Découvrir le pot aux roses : découvrir la vérité

- Cueillir la rose :  avait un sens galant désignant la perte de virginité               
- Pot aux roses  :  Secret, mystère, réalité bien cachée.

- Etre couché sur un lit de roses : Être heureux, être dans l’abondance.

- Un roman à l'eau de rose : connotation péjorative, histoire d'amour mièvre

- Il n'y a pas de rose sans épines / il n'est pas de rose sans épine / nulle rose sans épines :

Toute belle chose a des défauts, rien n’est parfait, il n’y a pas de plaisir sans peine, pas de joie sans quelque chagrin, aucun plaisir n'est absolu

- La rosière (jeune fille vierge et méritante 

- Le bouton de rose (anatomie)

- Messageries roses, téléphone rose (messagerie érotique)

 

 

La rose dans le langage des fleurs


- la rose rouge est la fleur des amoureux, elle symbolise l’amour, la passion 
- la rose bleue, évoque le mystère ou l'atteinte de l'impossible. On croit       qu'elle est capable d'apporter la jeunesse à celui qui la détient ou de         réaliser ses vœux.
- la rose blanche  est symbole de pureté, d’innocence, de virginité, mais        aussi de bonté, de générosité et de franchise, ou de paix
- la rose rose est le symbole suprême de l’amour, de la joie 
- La rose orange symbolise le désir 
- la rose jaune peut être le symbole de tristesse ou de nostalgie, mais peut     être joyeux pour une personne jeune !

Auguste Renoir - vase roses

 

En plus de sa couleur, la quantité exprime une symbolique. Pour un nombre de roses inférieur à 10, il est de coutume d’offrir des roses par nombre impair surtout à des fins esthétiques. Au-delà et suivant le nombre, le bouquet de roses peut porter un message particulier :

  1 rose permet de dévoiler son amour en toute simplicité ;
  2 roses permettent de se faire pardonner ;
 12 roses permettent de remercier sa bien-aimée, demande de mariage ;
 24 roses pour être galant ;
 36 roses pour déclarer son amour (bouquets de fiançailles)
101 roses peuvent s’offrir pour exprimer la passion et l’amour sans retenue.


Pour un bouquet de fiançailles, il est d’usage et raffiné de sélectionner des roses ayant les têtes légèrement courbées.
les noces de rose symbolisent les 17 ans de mariage dans le folklore français.

 

Anne Gillard - Nature morte aux roses 

Federico Andreotti

Federico Andreotti

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 23:39
 
Mythologie
 
L'iris
 

 

"Près des étangs où la libellule voltige,
Où, dans les soirs d'été, vient se baigner l'oiseau,
On aperçoit l'Iris, qui tremble sur sa tige
Et semble un papillon posé sur un roseau..."

 

Charles Rouvin (19°) -  poète - "La poésie des fleurs" 1890 - L’iris
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

L'iris, "petite plante vivace, à rhizomes ou à bulbes de la famille des Iridacées. à feuilles en lames de sabre que l'on cultive pour ses grandes fleurs ornementales et odorantes".

  
"Iris" du latin iris, iridis emprunté au grec Iris, Iridos, messagère des dieux, personnification de l'arc-en-ciel. Le terme a d'ailleurs longtemps été employé pour désigner l'arc-en-ciel. On le trouve associé à la fleur à partir du XIII° siècle, en raison de la coloration de ses pétales, aux reflets irisés.


En espagnol arc-en-ciel se dit arco, iris. 
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

En arc-en-ciel aux nuances infinies, ou blanc pur, en teintes douces ou flamboyantes, ces fleurs apportent vivacité et brillance aux jardins.


Les iris n'aiment pas avoir les pieds mouillés. Si vous le repérez dans un endroit au bord de l'eau, alors vous saurez que l'eau y est peu profonde.


La famille des iris regroupe 300 espèces botaniques. Généralement divisées en rhizomateuses et bulbeuses. 


On trouve souvent dans les jardins des Iris hybrides horticoles appelés à tort Iris germaniques.


- Le plus prestigieux des iris à rhizome est l'iris des jardins ou Iris germanica.
 Avec ses feuilles persistantes en forme de glaive, ses fleurs bleu-mauve, il est le plus répandu.

 
Grâce au travail des pépiniéristes, créateurs, on décline de nouvelles variétés par hybridation, en centaines de formes généreuses, et nuances délicates, de l'orange au rose pâle, du jaune au rouille, du pourpre au presque noir.

Ils font partie des plantes les plus anciennement cultivées, indissociables des jardins médiévaux et des jardins de curé.


- Rhizomateux également, une espèce naine (20 cm de hauteur), parfaite pour les bordures, 
 

Iris germanica

Iris germanica

 

- L'iris des marais (celui de Clovis), qui aime vivre les pieds dans l'eau. 

Iris des marais

Iris des marais

 

- Les iris bulbeux à petites fleurs, faciles à cultiver, sont surtout présentés en bouquets. 

Iris bulbeux de Hollande

Iris bulbeux de Hollande

 

- Les iris barbus, eux, déploient toute une gamme de fragrances. Elles varient d’une plante à l’autre, embaumant les jardins,  pour parfois sentir le chocolat, l’anis, la vanille, ou la poudre de riz, le fruit de la Passion ou encore la fleur d'oranger. 

iris barbu

iris barbu

 

 

La période de plantation se situe de juillet à octobre, pour une floraison d'avril à mai de l'année suivante. 


Les iris de jardin ne sont pas très gourmands et se contentent d'un sol sec et calcaire. Ils réclament peu d'eau, mais beaucoup de soleil. 
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

En revanche, les iris des marais aiment les terres humides, voire inondées. 

Mythologie des fleurs - L"iris


L'iris nigrican est la fleur nationale de la Jordanie et est une espèce en voie de disparition.


C'est une plante à fleurs de la famille des Iridacées. Les fleurs sont violet noirâtre avec des feuilles recourbées. Il a besoin d'un ensoleillement direct et d'un drainage intense.  
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Les iris sont connus et présents dans les jardins depuis l'Antiquité,  mais, jusqu'au XIX° siècle, on ne cultivait que des espèces botaniques naturelles.


La sélection horticole des iris de jardin ne s'est développée qu'à partir du début du XIX° siècle en France.

C'est Marie Guillaume de Bure (1781-1842), un amateur d'horticulture , qui créa vers 1820 les premiers cultivars, dont "Buriensis", qui fut la première variété d'iris de jardin vendue dans le commerce.

Les années suivantes, de Bure créa des centaines d'autres variétés rapidement suivi par Henri-Antoine Jacques, le jardinier en chef du roi Louis-Philippe Ier, qui lui-même entraîna Jean-Nicolas Lémon, un pépiniériste de Belleville, à se spécialiser dans la sélection des iris, qui pour le remercier, créera en 1840 le cultivar Jacquesiana en son honneur.
 

L'iris de jardin Mme Chereau (1844) création Jean-Nicolas Lémon

L'iris de jardin Mme Chereau (1844) création Jean-Nicolas Lémon


Au début du XX° siècle, Henry de Vilmorin et son fils Philippe de Vilmorin développèrent encore la création horticole d'iris en France grâce à l'utilisation de variétés d'iris asiatiques (iris mesopotamica et iris amas ramené de Amasra en Turquie par Sir Michael Foster en 1885). En 1904, Vilmorin crée ainsi les premiers iris de jardin triploïdes (Isoline) et tétraploïdes (Tamerlan et Oriflamme), plus grands et à plus grosses fleurs que les précédents qui étaient diploïdes.


À partir de 1920, après la mort d'Henry et Philippe de Vilmorin, c'est la famille Cayeux qui reprit le flambeau de la création d'iris en France.
 

L'iris de jardin Tamerlan création Vilmorin

L'iris de jardin Tamerlan création Vilmorin

 

Depuis des millénaires, on rencontre l'iris autour du bassin méditerranéen, terre de ses origines.

 

En 1950 av. Jésus-Christ, Thoutmosis, pharaon d'Égypte, de -1458 /- 1457 à - 1425  av. Jésus-Christ,  rapporte des plantes de la guerre en Syrie. Satisfait de ses découvertes botaniques, il fit représenter ces fleurs, dont un iris, sur les murs de l'un des temples de Karnak. 


 

Bas relief de karnak fleurs

Bas relief de karnak fleurs

 

Dans La Théogonie, œuvre du poète grec Hésiode (VIII° siècle av. J.-C.) écrite en hexamètres dactyliques, récit de l'origine des dieux, Iris est mentionnée trois frois, 

 

Dans la mythologie grecque, Iris, fille de Thaumas et de l'Océanide Électre, sœur des Harpies et d'Arcé, était la messagère des dieux, et principalement d'Héra (Junon).

 

Dans l’Iliade d'Homère, elle est la messagère de tous les dieux éternels. Elle est toujours assise auprès du trône d'Héra , prête à exécuter ses ordres.

 

Lorsque Héra revenait des Enfers dans l'Olympe, c'est Iris qui la purifiait avec des parfums. Héra avait pour elle une affection sans limites, parce qu'elle ne lui apportait jamais de mauvaises nouvelles.


On la représente sous la figure d'une gracieuse jeune fille, avec des ailes brillantes de toutes les couleurs réunies. Les poètes prétendaient que l'arc-en-ciel était la trace du pied d'Iris descendant rapidement de l'Olympe vers la terre pour porter un message ; on la représente le plus souvent avec un arc-en-ciel. C'est pourquoi les Grecs, qui croyaient que l'arc-en-ciel était l'écharpe de la déesse Iris, messagère entre les dieux et les hommes, ont donné à cette fleur le nom de la divinité.


Iris a un autre rôle très important. Au moment de leur mort, elle coupe le cheveu qui relie encore les humains à la vie. Elle conduit ainsi leur âme vers l'au-delà. C'est pourquoi elle figure la liaison entre le ciel et la terre, entre les Dieux et les hommes.
 

Iris - Arthur Rackham 1920

Iris - Arthur Rackham 1920


Dans l’Iliade (Le texte a probablement été composé entre -850 et -750 av J.C.), Homère utilise les épithètes homériques :


L'Iliade XV - trad. Leconte de Lisle (1866)


......Et  Héra frappa du fouet les chevaux rapides, et les portes de l'Ouranos s'ouvrirent d'elles-mêmes en criant, gardées par les Heures qui sont chargées d'ouvrir le Grand Ouranos  et l'Olympe, ou de les fermer avec un nuage épais. Et ce fut par là que les déesses poussèrent les chevaux obéissant à l'aiguillon. Et le père Zeus, les ayant vues de l'Ida, fut saisi d'une grande colère, et il envoya la messagère Iris aux ailes d'Or :


- va hâte-toi, légère Iris ! Fais-les reculer, et qu'elles ne se présentent point devant moi, car ceci serait dangereux pour elles. Je le dis, et ma parole s'accomplira :.....


.....Si tu as dit la vérité dans ton coeur, va dans l'assemblée des Dieux, appelle Iris et l'illustre archer Apollôn, afin que l'une aille, vers l'armée des Akhaiens cuirassés, dire au roi Poseidaôn qu'il se retire de la mêlée, et qu'il rentre dans ses demeures ; .....


.....- Va ! rapide Iris, parle au Roi Poseidaôn, et sois une messagère fidèle. Dis-lui qu'il se retire de la mêlée, et qu'il reste, soit dans l'assemblée des Dieux, soit dans la mer divine. Mais s'il n'obéissait pas à mes ordres et s'il les méprisait, qu'il délibère et réfléchisse dans son esprit. .....


.....Et la rapide Iris aux pieds aériens lui répondit : - Poseidaôn aux cheveux bleus, me faut-il rapporter à Zeus cette parole dure et hautaine ? Ne changeras-tu point ? L'esprit des sages n'est point inflexible, et tu sais que les Erinnyes suivent les aînés.


Et Poseidaôn qui ébranle la terre lui répondit :


- Déesse Iris, tu as bien parlé. Il est bon qu'un messager possède la prudence ; mais une amère douleur emplit mon esprit et mon coeur, quand Zeus veut, par des paroles violentes, réduire son égal en honneurs et en droits. Je céderai, quoique indigné ;.....


.....Ayant ainsi parlé, la noble déesse prit un voile bleu, le  plus sombre de tous et se hâta de partir. Et la rapide Iris aux pieds aériens allait devant..... 


.....Iris aux pieds légers descend vers les vaisseaux, 
Plus prompte que la neige, allors qu'en leurs assauts 
sur la cime des monts déchirant les nuages, 
les aquilons fougueux ont blanchi les rivages.....


...........Iris aux pieds rapides vient, à travers le dos de la vaste mer, porter un message, toutes les fois qu'une contestation, une querelle s'est élevée entre les Immortels. Alors, si l'un des habitants de l'Olympe trahit la vérité, Zeus envoie Iris, vers cette région lointaine, chercher, pour le grand serment des dieux, dans un vase d'or, la fameuse eau glacée qui tombe d'un rocher haut et escarpé. (Hésiode, Théogonie (v. 780-787)


.....Il parla ainsi, et la messagère Iris aux pieds tourbillonnants partit.....

Iris et Jupiter (Zeus) - Michel Corneille Le Jeune

Iris et Jupiter (Zeus) - Michel Corneille Le Jeune

 

Dans Les Oiseaux d'Aristophane, ouvrage, représenté aux Lénéennes en 414 av. J.-C., joyeuse utopie politico-religieuse ; elle parodie l'origine du monde selon la secte des orphiques. Iris est la messagère égarée des dieux à Coucou-Ville-les Nuées.

 

Le poète Alcée de Mytilène, poète grec de l'époque archaïque né vers l’an 630 av. J.-C.fait d'Iris, l'épouse du vent Zephyr et la mère d'Éros, le dieu de l'Amour.

Iris par Anthony Frederick Sandys

Iris par Anthony Frederick Sandys


Virgile -  L’Énéide (fin du I° siècle av. J.-C.) livre IV
Le roman D'Énée et de Didon - 4, 695
Bibliotheca Classica Selecta


.....Alors Junon la toute-puissante prend en pitié cette longue souffrance et cette mort pénible : depuis l'Olympe elle dépêche  la déesse Iris, pour qu'elle délivre de ses liens son âme en lutte et son corps enchaîné.


En effet, la mort de Didon n'était pas due au destin ni méritée ; la malheureuse partait avant le terme, sous l'effet d'une folie soudaine ; pour cette raison Proserpine n'avait pas encore arraché le cheveu de sa blonde chevelure, et n'avait pas voué sa tête à l'Orcus stygien.


Iris donc, avec ses ailes d'or, tout humides de rosée, trainant à travers le ciel,  mille couleurs variées face au soleil, s'envole, descend et s'arrête au chevet de Didon.

"Sur l'ordre de Dis je lui porte moi-même ce cheveu sacré et je te détache de ton corps". Ainsi dit-elle et de la main droite elle coupe le cheveu : en un instant la chaleur de  Didon s'est dissipée et sa vie s'en est allée dans le vent......

Thomas Blanchet - Iris coupe le cheveu fatal à Didon - 1655

Thomas Blanchet - Iris coupe le cheveu fatal à Didon - 1655

 

En Grande-Grèce, on plantait des Iris sur les tombeaux en hommage à Iris, qui était chargée, entre autres tâches, de couper les cheveux des femmes au moment de leur mort, puis de les guider jusqu'à leur séjour final.

Sir Lawrence Alma-Tadema Iris dans les ruines - 1904

Sir Lawrence Alma-Tadema Iris dans les ruines - 1904

 

Les rhizomes de l'iris  dégagent un principe odorant essentiel, connu depuis l'Antiquité, 


Dans : Transmettre les savoirs dans les mondes héllénistique et romain
Frédéric Le Blay (dir.)


Il est écrit :


Théophraste d’Erésos (372-288 av. J.-C.) le père de la botanique et l’auteur du livre "De Odoribus" (Des odeurs), nous fait connaitre un art particulier sur l'artisanat secret des parfumeurs.


.....Le parfum à l’iris est incontournable dans la parfumerie antique, et des exemples retenus par Théophraste. 


Les espèces utilisées par la parfumerie (Iris germanica L. var. florentina et Iris pallida Lam.) sont naturalisées dans toutes les régions méditerranéennes, mais vraisemblablement originaires des bords de la Mer Noire ou de Macédoine. D’après Théophraste, La meilleure qualité provient d’Illyrie et des régions bordant l’Adriatique.....


Si l’iris est très en faveur dans la parfumerie antique, il le doit à son rhizome. Frais, le rhizome ne sent rien, chacun ne s’en douterait pas...Pour en arriver là,  il faut attendre deux à trois ans pour que la drogue soit utilisable en parfumerie, après séchage.....


Théophraste recommandait l'iris pour calmer la colère et les humeurs violentes 


et Pline l’Ancien (23-79) préconisait l’usage de la poudre d’iris pour parfumer le vin.
 

Parfumeuse de la Rome antique. Rome, Villa Farnèse Ier s. avant J.C.

Parfumeuse de la Rome antique. Rome, Villa Farnèse Ier s. avant J.C.

 

Le jus extrait des tiges, des feuilles et des rhizomes broyés servait encore à purifier les autels sous Dioclétien empereur romain (244-312). 


L'Iris faisait partie des quelques fleurs que les vestales avaient le droit de cueillir. 
 

Antoine François Callet - Deux Vestales préparant un sacrifice

Antoine François Callet - Deux Vestales préparant un sacrifice

 

Les Romains utilisaient la racine de divers iris pour aromatiser le “defrutum” (jus de raisin concentré).


Dans L’encyclopédie des herbes magique de Scott Douglas Cunningham (1956-1993) - Adapté de l'américain par Michel Echelberger 

il est écrit : 


.....Pour les Romains, les "trois flèches" de la fleur d'iris symbolisaient la fidélité, la sagesse et la vaillance. Pendant la courte floraison de cette belle plante élancée, vers la mi-mai en climat méditerranéen, de grandes guirlandes d'iris bleus et blancs ornaient les temples de Junon ; lorsque les fleurs étaient fanées, les prêtresses les vendaient à prix d'or au nom de la déesse...... 
 

William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) Iris

William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) Iris

 

D'après les anciennes légendes celtiques, des trésors se lovent sous les rhizomes des iris des marais, les lieux marécageux étant associés aux mondes magiques et aux initiations druidiques.

Alfons Maria Mucha (1860-1939), Fée de l'Iris

Alfons Maria Mucha (1860-1939), Fée de l'Iris

les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique,
Elles sont dotées de pouvoirs magiques
La fée Iris


Guillaume Apollinaire (1880-1910) poète


Au jardin des cyprès je filais en rêvant,

Suivant longtemps des yeux les flocons que le vent

Prenait à ma quenouille, ou bien par les allées

Jusqu’au bassin mourant que pleurent les saulaies

Je marchais à pas lents, m’arrêtant aux jasmins,

Me grisant du parfum des lys, tendant les mains

Vers les iris fées gardés par les grenouilles.

Et pour moi les cyprès n’étaient que des quenouilles,

Et mon jardin, un monde où je vivais exprès

Pour y filer un jour les éternels cyprès.

Fée iris - CMB

Fée iris - CMB

 

Sous Clovis (466-511), roi des Francs et premier roi de France, c’est la fleur d’iris qui devient le symbole de la monarchie française en rapport avec la Vierge Marie, protectrice des Rois. 

La légende attribue ce choix à Clovis. 


Lors de la bataille de Vouillé en 507, les armées de Clovis sont repoussées dans les marécages de la Vienne par les Wisigoths d'Alaric II. Une biche au son de l'armée traverse alors la Vienne en crue au niveau d'un gué environné de grands iris jaunes dont les rhizomes contribuent à la stabilisation les berges et vasières des cours d'eau, indiquant ainsi que ce passage au sol stable pouvait être franchi par les armées franques qui vont pouvoir battre les Wisigoths. Cette fleur, symbole de la victoire de Clovis, est dès lors adoptée par le roi des Francs, qui changea l’emblème de la grenouille en fleur de Lys (qui serait une fleur d'iris) 


La fleur de lis serait apparue pour la première fois sur le sceptre de Charles-le-Chauve (823-877), petit-fils de Charlemagne, roi de Francie occidentale (742-814) et empereur d’Occident (800). La Royauté française aurait donc choisi cet emblème sous forme d'aigrette trifide, l'un des plus anciens au monde. au même titre que d’autres familles régnantes européennes avaient choisi l’aigle, le lion ou le léopard.
 

Clovis recevant la fleur de lys. XVe siècle

Clovis recevant la fleur de lys. XVe siècle

 

L'abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179) disait


"l'iris est sec et chaud, toute sa force vient de ses rhizomes et sa force verte monte dans ses feuilles"


L'eau d'iris a de puissantes vertus astringentes, préconisées, pour les troubles cutanés. 
 

iris nostra hortensis

iris nostra hortensis

 

L'iris pallida s'épanouit, entre Sienne et Florence, dans les merveilleux paysages de Toscane, gorgés d'or solaire et de parfums capiteux.


Emblème de Florence
Le lys de Florence  (en réalité un iris)


Florence, la cité de Flore, célébrait autrefois la fleur de lis, figure emblématique de la puissance de la ville et de sa dévotion à la déesse du Printemps. 


Le lys de Florence (il Giglio en italien) est le blason depuis le XI° siècle, à base de fleur de lis de gueules (rouge en héraldique) sur écu à champ argent (blanc en héraldique), de la ville de Florence (Firenze en italien, Florentia, la Ville de la fleur en latin), chef-lieu de la Toscane en Italie. L'emblème n'est donc pas un lys mais en réalité un iris horticole. 


En effet, les iris étant abondants le long de la Lys en Belgique, il est parfois appelé fleur de "Lys".


Dans : Cf le chant XVI de la Divine Comédie de Dante (1265-1321) :
....."Suite au conflit qui opposa les Guelfes aux Gibelins, (deux factions médiévales qui s'opposèrent militairement, politiquement et culturellement dans l'Italie des XII° et XIII° siècles).  les Guelfes victorieux choisirent d'adopter les armes de leurs ennemis mais en intervertissant les couleurs initiales. Le lis, autrefois blanc sur champ rouge, devint rouge sur champ blanc."..... 

 

emblème de Florence

emblème de Florence

 

Cosmétiques


On cultive industriellement l’iris de Florence depuis le XIIIe siècle. Il est utilisé dans la fabrication des cosmétiques. 


Le célèbre iris de Florence (Iris germanica florentina) a des fleurs blanches ou veinées de bleu pâle en avril-mai. Il est originaire des régions méditerranéennes orientales, notamment la Turquie. Il est présent en Italie, mais n’en est pas originaire. En France, on ne le trouve qu’en Corse, où c’est une plante protégée.


Son rhizome, qui contient 50% d’amidon, a un fort parfum de violette une fois séché ; il est très prisé en parfumerie.

 
On fabrique à la pharmacie de Santa Maria Novella (ouverte au public depuis 1612 et instaurée par le grand duc de Toscane, "L’Officina Profumo Farmaceutica di Santa Maria Novella"), une Eau d'Iris, (Aqua Flor). 

 

pharmacie de Santa Maria Novella ouverte au public depuis 1612

pharmacie de Santa Maria Novella ouverte au public depuis 1612

 

On raconte aussi que la fleur de lys serait un ancien symbole d'une tribu franque des Francs, originaire des Flandres, où l'iris jaune poussait en abondance sur les rives de la Lys. 


Le Seigneur d'Armentières en fit le motif de son blason. Lors de l'annexion de son fief par le Roi de France Louis VII (1120-1180) il décida à son tour de l'ajouter à son propre blason. Ainsi naquit la "fleur de Lys de France" (qui n'est pas un lys, mais probablement un iris)
 

armoirie Armentières Carte postale signée Robert Louis.

armoirie Armentières Carte postale signée Robert Louis.

 

Au XIIe siècle, l'iris désignait 


- une variété de quartz qui présente les couleurs de l'arc-en-ciel. 

- un insecte des régions chaudes, voisin des mantes religieuses 

- un minéral 

- la membrane arrondie située au centre de la partie antérieure de l'œil 
Regardez les pétales d'un iris à la lumière.  Leur texture est changeante, scintillante, "irisée".  Autre analogie avec l'arc-en-ciel, l'iris a désigné assez tôt la membrane colorée et brillante de l'oeil, et l'irisation, la faculté de disperser la lumière en rayons colorés.

- et même... une couleur. Un vert pâle, légèrement bleuté, 


L'iris fait son entrée en botanique au XIIIe siècle, 
 

Les Heures de Spinola enluminé en Flandre vers 1510-1520

Les Heures de Spinola enluminé en Flandre vers 1510-1520

 

l'iris représente la force du Printemps et la magie féconde de Flore et de Vénus.


Autrefois, on appelait "lis" toutes les plantes herbacées à grandes fleurs. De là, sans doute, la confusion entre ces deux plantes.


Symbole de la pureté et de l'innocence de la Vierge Marie (en compagnie du lis, autre cause de confusion), chez les chrétiens. 


Communément considéré comme une des fleurs associées à la Vierge Marie. Il symbolise la Trinité et remplace parfois le lys dans les représentations de l’Annonciation. La confusion viendrait peut-être aussi de son étymologie.

 

En allemand, iris se dit "schwertlilie", lys en épée (la forme de ses feuilles évoquant l’épée qui transperce le cœur de la Vierge Marie). 
 

Livre d'heures, utilisation de Rome (les «heures Sforza»)1490-1521

Livre d'heures, utilisation de Rome (les «heures Sforza»)1490-1521

 

En allemand, iris se dit "schwertlilie", lys en épée (la forme de ses feuilles évoquant l’épée qui transperce le cœur de la Vierge Marie). 

Dans les anciens ouvrages d’herboristerie, l’iris est appelé "gladiolus"

 enluminure vierge moyen âge - Vat. Lat. 3769, fol. 145v

enluminure vierge moyen âge - Vat. Lat. 3769, fol. 145v

 

On peut voir l'iris dans les enluminures du moyen âge (XV° siècle)


Les enlumineurs fabriquaient avec le suc des corolles de l’iris mélangé à de l’alun une sorte d'encre verte.


Dans les grandes heures d'Anne de Bretagne, on l'appelle Flambe, Iris pseudacorus, l'iris des marais, iris faux acore ou iris jaune ou encore flambe d'eau ou glaies en Saintonge - c'est une plante herbacée vivace, de marais ou bord de l'eau, de la famille des Iridacées.


Il ne faut pas la confondre avec le Lys. En effet, l'iris étant abondant le long de la Lys, il est parfois appelé fleur de Lys. En néerlandais, il s’appelle d’ailleurs "Gele lis", c'est-à-dire Lys jaune.


Dans le Berry, l'expression 'flambe de four" désigne l'iris à fleurs bleues, fréquemment planté sur le toit des anciens fours dans un but protecteur."
 

Flambe - Yris (Iris germanica L. = iris violet) -- Grandes Heures d'Anne de Bretagne, BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°25v

Flambe - Yris (Iris germanica L. = iris violet) -- Grandes Heures d'Anne de Bretagne, BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°25v

 

Au XVe siècle, les primitifs flamands, Hubert et Jan Van Eyck, Van der Weyden, Hugo Van der Goes... associent l'iris et le lis dans des bouquets stylisés et symboliques. 


Hugo Van der Goes (vers 1440-1482) - retable Montfort v1470


Marie assise, avec  l'Enfant sur ses genoux, sujet de l'adoration des trois rois mages Gaspard, Melchior et Balthazar. Joseph, à côté de Marie
en bas à gauche les iris.

 

Hugo Van der Goes (vers 1440-1482) - retable Montfort v1470

Hugo Van der Goes (vers 1440-1482) - retable Montfort v1470

Detail :

Derrière les plis en bas à gauche on aperçoit de magnifiques iris

iris détail retable Montfort-v-1470  Hugo Van der Goes

iris détail retable Montfort-v-1470 Hugo Van der Goes

 

La reine Catherine de Médicis (1519-1589) choisit son propre emblème : l'écharpe d'Iris (l'arc-en-ciel).


il semble que la mode de l'iris comme parfum ait été lancée par catherine de médicis, au XVII° siècle, on l'utilisait en poudre pour les cheveux

 
Obtenue à partir du rhizome pilé et tamisé, propriété due à l’irone (Principe odorant du rhizome de l’iris utilisé en parfumerie), cette poudre imprimait sur les cheveux, la peau et les vêtements une délicieuse odeur de violette. On l'emploie toujours comme fixateur de parfum.


La poudre d'iris parfumait le linge de maison mais aussi les gants de cuir, les ceintures, les aumônières, les bijoux et les habits précieux. 
 

Catherine de Médicis

Catherine de Médicis

 

Lorsque Catherine de Médicis vient en France épouser le futur roi Henri II, elle amène d’Italie son parfumeur René Le Florentin. Il installe une boutique sur le Pont au Change et devient célèbre pour ses parfums … et ses poisons. Il ouvre la voie à de nombreux parfumeurs italiens qui s’installent à Paris, notamment sous l’impulsion de Marie de Médicis.


La mode des produits parfumés se répand. Les peaux les plus fines de Sicile, de Sardaigne ou d’Espagne, sont tannées et parfumées, très en vogue au XVIe siècle.
 

Le pont au Change loti de maisons, en 1577

Le pont au Change loti de maisons, en 1577

 

Jean de La Fontaine (1621-1695) - poète
met à l’honneur l’écharpe d’Iris :


Phébus et Borée (Fables, VI, 3)


.....Il pleut, le soleil luit, et l’écharpe d’Iris

Rend ceux qui sortent avertis

Qu’en ces mois le manteau leur est fort nécessaire.....
 

Phébus et Borée - Iris

Phébus et Borée - Iris

 

Le Taj Mahal

est considéré comme un joyau de l'architecture moghole, un style qui combine des éléments architecturaux des architectures islamique, iranienne, ottomane et indienne.


L'iris a été gravé à plusieurs reprises en haut-relief sur le marbre du mausolée et sur le grés rouge de la mosquée. Point un peu original, c'est une plante qui est représentée dans sa totalité, pas sous la forme d'une simple fleur. De plus comme les panneaux qui l'ont sont à l'intérieur du mausolée, elles ont été protégé des intempéries et sont, encore de nos jours, parfaitement conservées.


Le Taj Mahal (la couronne du palais) est situé à Agra, au bord de la rivière Yamuna, dans l'État de l'Uttar Pradesh, en Inde. C'est un mausolée de marbre blanc construit par l'empereur moghol musulman Shâh Jahân en mémoire de son épouse Arjumand Bânu Begam, aussi connue sous le nom de Mumtaz Mahal, qui signifie en persan "la lumière du palais". Elle meurt le 17 juin 1631 en donnant naissance à leur quatorzième enfant alors qu'elle accompagnait son mari pendant une campagne militaire. La construction du mausolée commence en 1631 et est achevée dans sa plus grande partie en 1648. Son époux, mort le 31 janvier 1666, est inhumé auprès d'elle.

Décoration iris - Taj Mahal - Inde

Décoration iris - Taj Mahal - Inde

 

Pierre de Marbeuf (1596-1645) poète baroque français du XVIIe siècle.


Iris et les sept paons 

...... 

Elle va vers Éphèse afin que les Zéphyrs

Fassent voler ses Paons. Iris les appela,

Puis à son char pompeux elle les accoupla.
......

 

 Iris et les sept paons  Iris et les sept paons - XV° siècle - Bibliothèque du Vatican

Iris et les sept paons Iris et les sept paons - XV° siècle - Bibliothèque du Vatican

 

Pierre de Marbeuf (1596-1645) poète baroque 

 

L'Iris


 Les rayons du soleil se dardent sur l'enflure 

D'un nuage opposé qui, rosoyant d'humeur, 

Nous fera bientôt voir de l'Iris la voûture, 

Peignant notre horizon de sa cambre lueur.

 

 Ah ! la voici déjà, sa céleste présence 

En bigarrant le ciel enfante divers ronds

 Et découvre au soleil l'émail de sa naissance, 

Qu'il a formé dardant sur elle ses rayons.

 

 Elle fait d'un demi-rond seulement la ceinture 

Dérobant la moitié de ce cercle à nos yeux, 

Mélangeant ses couleurs de diverse peinture, 

D'azur, de pourpre et d'or elle émaille les cieux.

 

Tel est le col doré des chastes colombelles, 

Variant ses couleurs opposite au soleil ; 

Mais encor de l'Iris les couleurs sont plus belles 

Que l'émail colombin qui délecte notre oeil.

 

Allons donc à couvert, car cette messagère

De la reine des eaux vient pour nous annoncer 

Que tantôt la moiteur de son arc circulaire 

S'épurant de ses pleurs viendra nous arroser.


 
Le soleil à la nue oppose son visage 

De ce bel arc-en-ciel pour former le voutis,

Jésus est le soleil, le monde le nuage, 

La grâce le rayon, et la Vierge l'Iris.