16 mai 2024 4 16 /05 /mai /2024 22:24

Carte Bonne Fête Pascal  - 17 mai

 

Bonne Fête Pascal  - 17 mai

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Bonne Fête Pascale  - 17 mai

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16 mai 2024 4 16 /05 /mai /2024 20:40

 

 

Elisa Mercœur (1809-1835) une poétesse française.

(Mai 1827)



La gloire et l'indigence

Ode

 

Le mérite élancé du sein de l’indigence

Sait prendre vers la gloire un vol plus courageux.

Le Brun

Je n’ai donc plus que toi, lyre, ma seule amie ;

Des sons, des chants encor, tes hymnes, sont ma vie.

Ta voix, l’écho de l’âme, est une voix du ciel :

J’oublie en t’écoutant le poids de ma misère ;

Je souffre moins alors, et, dans la coupe amère,

Ma bouche croit trouver quelques gouttes de miel.

 

D’un feu près de s’éteindre, ah ! ranimons la flamme !

De mes jours au déclin, que la parque réclame,

Entre ses doigts tremblants va se rompre le fil.

Celui qui chante et cède à son instinct suprême,

Qui n’a vécu jamais qu’au-delà de lui-même,

Doit léguer sa mémoire à ses frères d exil.

 

Dieu nous jette au hasard un moment sur la terre,

Et l’existence à l’homme est pesante ou légère ;

Ce qui lui semble un âge est à peine un seul jour.

L’un tombe au premier pas, quand un autre s’élève ;

Libres ou dans les fers, nous poursuivons un rêve

D’ambition, de gloire, ou d’ivresse, ou d’amour.

 

Et le mien (que les cieux prolongent ce délire !)

Est d’enchaîner la gloire au magique sourire ;

Et je poursuis encor mon songe inachevé.

Mais un vent m’a brisé comme un roseau fragile :

Ainsi le voyageur qui cherchait un asile,

Le soir, sur le chemin, dort sans l’avoir trouve.

 

Aussi, pourquoi ce rêve ? Ici-bas le poète,

Chaque jour repoussé par la pitié muette,

N’a jamais que de loin contemplé le bonheur ;

Et de gloire et d’oubli s’abreuvant tout ensemble,

Sans le trouver cherchant quelqu’un qui lui ressemble,

N’a pas un sein ami pour appuyer son cœur.

 

Ah ! qu’importe l’asile où repose ma tête !

Qu’importe que je rampe, ou je touche le faîte.

De la mort quand l’airain dit l’instant solennel,

Hélas ! soit un peu plus, soit un peu moins d’espace,

On a pour sommeiller toujours assez de place :

Qu’importe où vont dormir les restes d’un mortel !

 

Sans espoir d’un regret je m’éteindrai peut-être !

On osera gémir quand j’aurai cessé d’être :

Une larme s’accorde à qui laisse de l’or….

J’ai déployé ma voile au souffle de la bise :

Eh ! que faire aujourd’hui quand le prisme se brise ?

Maintenant près de moi que regarder encor ?

 

Voir le monde encenser, renverser une idole ;

Pour prix de ses accents mendier une obole ;

Passer comme dans l’ombre, et sans être entendu ;

Voir lancer l’anathème à tout homme qui pense ;

Et, sur son front empreint du sceau de l’indigence,

Voir un glaive toujours s’agiter suspendu !…

 

Que ce glaive, s’il faut, m’épargne ou me déchire !

Mais que jamais, captif, je n’attache ma lyre

Au char de la faveur emporté loin de moi.

Quelque soit le destin, je le souffre et le brave !

Avec des chaînes d’or en est-on moins esclave ?

Anatgème plutôt à qui n’ose être soil !

 

J’ai vu les dieux du jour qu’adore le vulgaire,

Traînant comme un fardeau leur puissance éphémère,

Flétris par les soupçons, frères de la grandeur,

Ou lassés de poursuivre un frivole mensonge,

Désenchantés, pleurant au réveil de leur songe,

Demander ce que c’est qu’on appelle bonheur.

 

Mais qui laisse à ses fils quelque nom sans mémoire

Peut aussi demander ce que c’est que la gloire :

C’est l’oubli du présent, l’attrait du souvenir ;

C’est un aspect des cieux que réfléchit notre âme ;

C’est dans le sein des nuits une magique flamme ;

C’est un regard divin lancé dans l’avenir.

 

Inutile sans doute aux yeux de l’ignorance,

Laissez-moi cette gloire ; elle est mon existence.

Dans ce noble désir de l’immortalité,

La rouille du repos n’a point rongé mes armes ;

Et, soldat attentif au moindre cri d’alarmes,

J’ai frappé l’ennemi, j’ai vaincu…. j’ai chanté !

 

Du mortel indigent coupable de génie,

C’est, hélas ! au tombeau que le crime s’expie ;

La pierre du cercueil est son premier autel.

Il existe, on l’insulte ; il expire, on le pleure ;

Il commence de vivre à cette dernière heure….

Sous la main du trépas il devient immortel.


 

Elisa Mercœur (1809-1835) -poétesse française. - La gloire et l'indigence
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16 mai 2024 4 16 /05 /mai /2024 20:39

 

 

 

Élisa Mercœur (1809-1835) une poétesse française.

(Février 1826)

 

 

Le chant du barde écossais


Sous les efforts du temps si le héros succombe.

Le Barde par ses chants le ravit à la tombe.

Le torrent qui grondait est resté suspendu ;

La neige blanchit la bruyère,

Et du rocher, lentement descendu,

Un fantôme s’égare au vallon solitaire.

 

La brise de minuit balance les rameaux

Du vieux chêne au tremblant feuillage ;

Tout est silencieux ; et l’ombre d’un héros

Paraît au sein de son nuage.

 

Les Bardes ont chanté les exploits du vieux temps :

Sous leurs doigts ont frémi les harpes fantastiques ;

À leurs accords mélancoliques

Les esprits ont mêlé de lugubres accents.

 

Qui vient de s’égarer sur tes cordes légères ?

Harpe, depuis long-temps tu ne résonnais plus :

Qui te rend tous les sons que je croyais perdus ?

Serait-ce le toucher des ombres de mes pères ?

 

Où sont-ils les beaux jours où mes chants belliqueux

Doublaient la noble ardeur des guerriers invincibles,

Descendant au tombeau pleins de gloire et terribles,

Fiers d’immortaliser le nom de leurs aïeux !

 

Il est fini leur exil sur la terre ;

Leurs corps n’enferment plus leurs esprits radieux :

C’était une vapeur et subtile et légère,

Que le vent de la mort chassa jusques aux cieux.

 

Las ! il n’est plus l’effroi des Scandinaves ;

Le noir sapin succombe au souffle des hivers :

Ils sont tombés les chefs des braves,

Et sous la mousse épaisse ils dorment aux déserts.

 

Lorsque vous reviendrez des collines sauvages,

Chasseurs, ne foulez pas cet humide gazon ;

Quelquefois, au milieu de transparents nuages

Les ombres des guerriers planent dans ce vallon.

 

Ils n’iront plus s’asseoir aux fêtes étrangères,

Dans ces lieux où leurs nobles cœurs

S’enivraient du souris des belles qui, naguères,

Enchantaient le repos de nos triomphateurs.

 

Ils ont fui pour jamais ; et la beauté plaintive

Cache au milieu des pleurs son timide regard :

C’est la fille du ciel, à la lueur craintive,

Que dérobe un épais brouillard.

 

Le fantôme d’un chef, à l’armure pesante,

Au loin se traîne avec effort ;

Il avance, il s’arrête, et, d’une main sanglante,

Il montre avec fierté sa blessure de mort.

 

Quelle est cette vapeur qui traverse la plaine ?

C’est l’ombre d’une vierge ; et son sein palpitant

Soulève encor son léger vêtement :

Il semble captiver une suave haleine.

 

Le nuage a perdu son élégant contour :

Il s’éloigne, il fuit, il s’efface,

Comme un faible monceau de glace

Disparaît aux regards du jour.

 

Vous tomberez, palais aux bases chancelantes :

Le temps vous couvrira de son voile de deuil ;

Mais les fils de Fingal, en flammes jaillissantes,

Dissiperont la nuit de leur cercueil.

 

Oui, les guerriers que le trépas dévore

Laissent un souvenir qu’entourent des regrets,

Et les héros vivent encore

Dans les chants du Barde écossais.

Élisa Mercœur (1809-1835) - poétesse française - Le chant du barde écossais
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16 mai 2024 4 16 /05 /mai /2024 20:38

 

 

Élisa Mercœur (1809-1835) une poétesse française.

(1827)

 

Le sublime

Ode

 

Le berceau du génie est le berceau d’Alcide ;

Il s’éveille assiégé de serpents odieux ;

Il s’élance, il triomphe, il prend un dieu pour guide.

Et le destin soumis l’appelle au rang des dieux.

Charles Nodier

Toi qui, t’enveloppant des ombres de la terre,

N’as suivi qu’un sentier frayé par le vulgaire,

Le temps jamais pour toi s’arrêta-t-il d’un pas ?

Laisses-tu dans le monde une immortelle trace ?

Non ! ta légère empreinte…. une haleine l’efface,

Et rien ne reste où tu passas.

 

Dans les âges futurs toi qui vivrais, peut-être,

Laisseras-tu la tombe enfermer tout ton être ?

N’oseras-tu penser ? Faut-il qu’un joug de fer,

Appesanti sur toi, rétrécisse ton âme ?

Vois cet éclair brillant, son invincible flamme,

Libre, jaillit au sein de l’air.

 

En imprimant tes pas loin des routes tracées,

Dans un immense espace égare tes pensées ;

Le laurier croît encore, et ton siècle t’attend.

Combats contre l’oubli, que ta gloire le brave ;

Un seul mot quelquefois rend l’avenir esclave,

Mais un mot sublime et brûlant.

 

Invente ! immortalise un moment d’existence ;

Effeuille les pavots que jette l’ignorance ;

Des regards de ton âme embrasse l’univers.

Vole au sommet sacré t’abreuver d’harmonie :

Chacun de ces instants ravis à ton génie

Est tout un âge que tu perds.

 

Quoi ! la vie est si courte, et de ses jours, qu’il pleure,

L’homme au gouffre des ans n’ose arracher une heure !

Son cœur d’un long espoir n’a-t-il donc plus besoin ?

Ah ! condamne le temps à reployer ses ailes ;

Que le burin, traçant les pages immortelles,

Y grave pour toi : "Rien plus loi !"

 

Mais ne va pas, suivant un guide qui t’égare,

Pour un céleste essor prendre le vol d’Icare,

Et laisser un vain nom retomber ici-bas.

D’une lyre hardie obtiens un chant sublime,

Que d’Orphée, écoutant ce chant qui la ranime,

L’ombre s’éveille sur tes pas.

 

D’un seul mot, t’ai-je dit, la rapide puissance

Charme, captive, entraîne, et quelquefois dispense

Aux amants de la gloire une immortalité.

C’est l’éclair s’échappant du caillou qui s’enflamme ;

Enfin, c’est le sublime, ou c’est un son de l’âme

Que le génie a répété.

 

En cédant à l’effort d’un magique délire,

Le sublime jamais ne peignit un sourire :

Il faut à ses crayons de plus mâles beautés.

Au bruit inspirateur de la voix des orages,

Pour le poète ému par ces accords sauvages,

L’effroi même a des voluptés.

 

Il s’élève plus près de la haute demeure,

Aux accents de son luth qu’un vent du ciel effleure

Il aime à reculer vers les siècles lointains.

La rose pâlirait en couronnant sa tête ;

La flûte du berger sous ses doigts est muette,

Mais la harpe a des sons divins.

 

Il chante, et ne craint pas le rire d’un Zoïle.

L’aigle échappe au venin que jette le reptile :

Rien n’empoisonne l’air que l’on respire aux cieux.

De sa lyre, en mourant, un soupir le console,

Et ce chant du trépas comme une âme s’envole

Au séjour que cherchaient ses yeux.

 

Ainsi la mort obtient sous sa main égarée

Des sons nobles et purs d’une harpe sacrée :

De l’oiseau de Léda l’harmonie est l’adieu,

Et le voile mortel qui recouvrait Alcide

Se consume, brûlé par la flamme rapide,

Quand du bûcher s’élance un dieu.

 

Dédaignant la faveur, cette idole éphémère

Pour laquelle un moment fume un encens vulgaire,

Il prélude loin d’elle à ses libres accents ;

Il dégage ses mains des chaînes de la terre :

Autrefois le malheur, en pesant sur Homère,

Étouffa-t-il ses nobles chants ?

 

Mais par mille pinceaux la nature est tracée.

Ah ! les temps sont à Dieu, le monde à la pensée !

Quand les yeux de Milton n’avaient plus de regards,

Au fond du souvenir moissonnant des images,

Il pensait, il chantait, en éclairant les âges

D’un rayon de l’astre des arts.

 

Rends au luth détendu sa musique céleste :

De ta courte journée une heure au moins te reste ;

Une heure ! c’est assez pour vaincre l’avenir ;

C’est au brillant séjour que ton hymne s’élance :

Le poète au tombeau retrouve l’existence ;

Qui laisse un nom peut-il mourir ?

 

Vous qui deviez parer le chantre de Clorinde,

Lauriers aoniens, douces palmes du Pinde,

L’amant de Léonor n’a donc pu vous cueillir !

Le Tasse à ses destins un jour trop tôt succombe ;

Mais vos nobles rameaux, déposés sur sa tombe,

Fleurissent pour son souvenir.

 

L’oubli, c’est le néant ; la gloire est l’autre vie ;

L’éternité sans borne appartient au génie :

Le monde est un écho des purs accents des cieux.

Sur la mer du passé le poète surnage ;

Chaque flot qui se brise et le pousse au rivage

Exhale un son mélodieux.

 

Ennemi des tyrans, du crime qui s’élève,

Il combat, il triomphe, et sa lyre est son glaive.

Libre comme la voix qu’empruntent les remords,

Cette lyre sans cesse auprès du cœur résonne,

Et l’homme, sous le chaume, ou sous le dais du trône,

Entend ses suprêmes accords.

 

Sublime, chant sacré, note pure et magique ;

Son divin, que jadis rendait la harpe antique ;

Accent toujours nouveau compris de l’univers !

Viens t’exhaler encor d’une céleste lyre :

Le poète t’attend, viens, pendant qu’il délire

Immortaliser ses concerts.

 

Qu’il n’existe que lui qu’on oppose à lui-même.

Qu’il se dise, écoutant sonner l’heure suprême :

"Ma mémoire est ma vie, et je ne mourrai pas" !

 "Mon souffle loin de moi chassa l’humble poussière";

"J’ai vécu pour chanter, et je laisse à la terre

La place où j’ai marqué mes pas."


 

Élisa Mercœur (1809-1835) - poétesse française- Le sublime, ode
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16 mai 2024 4 16 /05 /mai /2024 20:37

 

 

Pétrus Borel dit "le lycanthrope" (1809-1859) poète, traducteur et écrivain français

 


Prologue

À Léon Clopet, architecte.

 

"Voici, je m'en vais faire une chose nouvelle

qui viendra en avant ; et les bêtes des champs,

les dragons et les chats-huants me glorifieront."

La Bible.

 


Quand ton Petrus ou ton Pierre

N'avait pas même une pierre

Pour se poser, l'oeil tari,

Un clou sur un mur avare

Pour suspendre sa guitare, -

Tu me donnas un abri.

 

Tu me dis : - Viens, mon rhapsode,

Viens chez moi finir ton ode ;

Car ton ciel n'est pas d'azur,

Ainsi que le ciel d'Homère,

Ou du provençal trouvère ;

L'air est froid, le sol est dur.

 

Paris n'a point de bocage,

Viens donc, je t'ouvre ma cage,

Où, pauvre, gaiement je vis ;

Viens, l'amitié nous rassemble,

Nous partagerons, ensemble,

Quelques grains de chenevis. -

 

Tout bas, mon âme honteuse

Bénissait ta voix flatteuse

Qui caressait son malheur ;

Car toi seul, au sort austère

Qui m'accablait solitaire,

Léon, tu donnas un pleur.

 

Quoi ! ma franchise te blesse ?

Voudrais-tu que, par faiblesse,

On voilât sa pauvreté ?

Non, non, nouveau Malfilâtre,

Je veux, au siècle parâtre,

Étaler ma nudité !

 

Je le veux, afin qu'on sache

Que je ne suis point un lâche,

Car j'ai deux parts de douleur

À ce banquet de la terre ;

Car, bien jeune, la misère

N'a pu briser ma verdeur.

 

Je le veux, afin qu'on sache

Que je n'ai que ma moustache,

Ma chanson et puis mon coeur,

Qui se rit de la détresse ;

Et que mon âme maîtresse

Contre tout surgit vainqueur.

 

Je le veux, afin qu'on sache,

Que, sans toge et sans rondache,

Ni chancelier, ni baron,

Je ne suis point gentilhomme,

Ni commis à maigre somme

Parodiant lord Byron.

 

À la cour, dans ses orgies,

Je n'ai point fait d'élégies,

Point d'hymne à la déité ;

Sur le flanc d'une duchesse,

Barbotant dans la richesse

De lai sur ma pauvreté.
 

Vue sur les toits de paris, Vincent van Gogh.

Vue sur les toits de paris, Vincent van Gogh.

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16 mai 2024 4 16 /05 /mai /2024 20:34

 

 

Gérard de Nerval (1808-1855) écrivain et un poète français
Fantaisie est un poème (quatre quatrains en décasyllabes)

Recueil Odelettes. 

Le titre fait référence à la fois à la puissance de l'imaginaire mais aussi à une forme musicale libre. 

 


Fantaisie 


Il est un air pour qui je donnerais

Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,

Un air très-vieux, languissant et funèbre,

Qui pour moi seul a des charmes secrets.

 

Or, chaque fois que je viens à l'entendre,

De deux cents ans mon âme rajeunit :

C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre

Un coteau vert, que le couchant jaunit,

 

Puis un château de brique à coins de pierre,

Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,

Ceint de grands parcs, avec une rivière

Baignant ses pieds, qui coule entre des fleurs ;

 

Puis une dame, à sa haute fenêtre,

Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,

Que dans une autre existence peut-être,

J'ai déjà vue… et dont je me souviens !
 

Jan Vermeer van Delft - La liseuse à la fenêtre (ca. 1657-59)

Jan Vermeer van Delft - La liseuse à la fenêtre (ca. 1657-59)

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16 mai 2024 4 16 /05 /mai /2024 20:33

 

 

Gérard de Nerval (1808-1855) écrivain et un poète français

Les Chimères 

 

El Desdichado
 

Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,

Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :

Ma seule étoile est morte, – et mon luth constellé

Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

 

Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,

Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,

La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,

Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

 

Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?

Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;

J’ai rêvé dans la grotte où nage la syrène…

 

Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :

Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée

Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.
 

Alexandre Seon les Lamentations d'Orphée (1896) via mythologica.fr

Alexandre Seon les Lamentations d'Orphée (1896) via mythologica.fr

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16 mai 2024 4 16 /05 /mai /2024 20:32

 


Auguste Barbier (1805-1882) poète, nouvelliste, mémorialiste, librettiste, critique d'art et traducteur français

Iambes et Poèmes,

 

 

Allegri


 
Si dans mon cœur chrétien l’antique foi s’altère,

L’art reste encor debout, comme un marbre pieux

Que le soleil, tombé de la voûte des cieux,

Colore dans la nuit d’un reflet solitaire.

 

Ainsi, vieil Allegri, musicien austère,

Compositeur sacré des temps religieux,

Ton archet bien souvent me ramène aux saints lieux,

Adorer les pieds morts du sauveur de la terre.

 


Alors mon âme vaine et sans dévotion,

Mon âme par degrés prend de l’émotion,

Et monte avec tes chants au séjour des archanges :

 

Et mystique poète, au fond des cieux brûlants,

J’entends les bienheureux dans leurs vêtements blancs,

Chanter sur des luths d’or les divines louanges.

Gregorio Allegri

Gregorio Allegri

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16 mai 2024 4 16 /05 /mai /2024 20:31

 

 

Auguste Barbier (1805-1882) poète, nouvelliste, mémorialiste, librettiste, critique d'art et traducteur français 

 


Cimarosa


 
Chantre mélodieux né sous le plus beau ciel,

Au nom doux et fleuri comme une lyre antique,

Léger napolitain, dont la folle musique

A frotté, tout enfant, les deux lèvres de miel,

 

Ô bon Cimarosa ! Nul poëte immortel,

Nul peintre, comme toi, dans sa verve comique,

N’égaya des humains la face léthargique

D’un rayon de gaîté plus franc et naturel.

 


Et pourtant tu gardas à travers ton délire,

Sous les grelots du fou, sous le masque du rire,

Un cœur toujours sensible et plein de dignité ;

 

Oui, ton âme fut belle, ainsi que ton génie ;

lle ne faillit point devant la tyrannie,

Et chanta dans les fers l’hymne de liberté.

Portrait de Domenico Cimarosa (1749-1801) - Francesco Saverio Candido

Portrait de Domenico Cimarosa (1749-1801) - Francesco Saverio Candido

 

 

Dans Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand évoque :
(Livre VII, chapitre 6)
un cantabile de Cimarosa joué au piano, "à quatre pas de la hutte d'un Iroquois", dans une hôtellerie rustique lors de son voyage au Pays des Onondagas, près de la rivière Genesee, dans le Nouveau-Monde 

 

Dans sa vie de Rossini, Stendhal écrit : 
"En 1801, Cimarosa mourut des suites des traitements barbares que lui avait infligés la Reine Caroline."

 

Épitaphe désirée par Stendhal :
"Ci-gît Errico Beyle, milanais, a vécu, écrit, aimé. 
Cette âme adorait Cimarosa, Mozart, Shakespeare."

 

Georges Perec dans Je me souviens, 
"Je me souviens que le premier microsillon que j'ai écouté était le concerto pour hautbois et orchestre de Cimarosa.".

 

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