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14 mars 2022 1 14 /03 /mars /2022 20:20

 

 

Auguste Lacaussade (1815-1897) poète français

Saint-Nazaire, avril 1840

Poèmes et Paysages, 1897

 

Aux Hirondelles

 

De l’aile effleurant mon visage,

Volez, doux oiseaux de passage,

Volez sans peur tout près de moi !

Avec amour je vous salue ;

Descendez du haut de la nue,

Volez, et n’ayez nul effroi !

 

Des mois d’or aux heures légères,

Venez, rapides messagères,

Venez, mes sœurs, je vous attends !

Comme vous je hais la froidure,

Comme vous j’aime la verdure,

Comme vous j’aime le printemps !

 

Vous qui des pays de l’aurore

Nous arrivez tièdes encore,

Dites, les froids vont donc finir !

Ah ! contez-nous de jeunes choses,

Parlez-nous de nids et de roses,

Parlez-nous d’un doux avenir !

 

Parlez-moi de soleil et d’ondes,

D’épis flottants, de plaines blondes,

De jours dorés, d’horizons verts ;

De la terre enfin réveillée,

Qui se mourait froide et mouillée

Sous le dais brumeux des hivers.

 

L’hiver, c’est le deuil de la terre !

Les arbres n’ont plus leur mystère ;

Oiseaux et bardes sont sans toits ;

Une bise à l’aile glacée

A nos fronts tarit la pensée,

Tarit la sève au front des bois.

 

Le ciel est gris, l’eau sans murmure,

Et tout se meurt ; sur la nature

S’étend le linceul des frimas.

Heureux, alors, sur d’autres plages,

Ceux qui vont chercher les feuillages

Et les beaux jours des beaux climats !

 

O très heureuses hirondelles !

Si comme vous j’avais des ailes,

J’irais me baigner d’air vermeil ;

Et, loin de moi laissant les ombres,

Je fuirais toujours les cieux sombres

Pour toujours suivre le soleil !

 

 

Auguste Lacaussade (1815-1897) - poète - Aux Hirondelles
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14 mars 2022 1 14 /03 /mars /2022 20:18

 

 

Charles-Nérée Beauchemin (1850-1931)  écrivain et médecin québécois.

Les floraisons matutinales

 


Perce-neige

 

Radieuses apothéoses

Du soleil d’or et du ciel bleu,

Fraîche gloire des printemps roses,

Pourquoi donc durez-vous si peu ?

 

Pourquoi donc êtes-vous si brèves,

Aubes de l’enfance ? Beaux jours,

Si pleins d’aromes et de sèves,

Pourquoi donc êtes-vous si courts ?

 

Jeunesse, où sont-elles allées

Les hirondelles de jadis ?

Où sont les ailes envolées

De tes merveilleux paradis ?

 

Et vous, poétiques chimères,

Que dore un rayon d’idéal,

Blondes idylles éphémères,

N’auriez-vous qu’un seul floréal ?

 

Ô fleurs, vous n’êtes pas finies !

Les plus tristes de nos saisons

Auront encor des harmonies

Et des regains de floraisons.

 

La mortelle saison du givre

N’a pas tué toutes nos fleurs :

Nous pourrons encore revivre

Le passé, dans des jours meilleurs.
 

Charles-Nérée Beauchemin (1850-1931) - écrivain et médecin québécois - Perce-neige
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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 20:42

 

 

Zhāng Jì, poète chinois du VIII° siècle.

 

 

Je m'ancre pour la nuit au Pont des Erables

 


Au moment où la lune se couche, les corbeaux crient et l'air se rafraîchit.

Eclairé par les lampes des pêcheurs, mélancolique, je somnole sous les érables.

Je suis subitement réveillé par la cloche du Temple de la Montagne Glacée,

Qui annonce à minuit l'arrivée d'un bateau de passagers.

Zhāng Jì, - poète chinois du VIII° siècle. - Je m'ancre pour la nuit au Pont des Erables
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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 20:35

 

 

Paul Bergèse, poète et enseignant, est un auteur contemporain pour la jeunesse.

 


L’érable…

 

L'érable m'a offert

deux feuilles de printemps

pour rafraîchir l'été

et trois feuilles d'été

pour réchauffer l'automne.

Il m'a offert aussi

quatre feuilles d'automne

de vert, d'or et de roux

pour colorer l'hiver,

l'hiver

qui se dévoue

et prépare un printemps

qui permettra à l'arbre

de me donner deux feuilles

pour rafraîchir l'été.

Paul Bergèse - poète et enseignant - L’érable…
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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 20:34

 

 

Guy Rancourt (1948) poète et philosophe québécois

 

 

Le temps des sucres

 

Quand j'attends

Le temps où la sève coule dans nos claires rivières

Quand j'attends

Le temps où le printemps nous réchauffe et revivifie

 

Regarde et écoute le sang de nos érables

Goutte à goutte plongeant ding dong ding dong

Dans ces bassins d'eau sucrée

Où tant de gens adorent se tremper les lèvres

 

Quand j'attends

Le temps où la sève coule dans nos claires rivières

Quand j'attends

Le temps où l'érablière frissonne et pétille

 

Arrête-toi et écoute

Les murmures des seaux et chaudières

Arrête-toi et regarde

La fumée enivrante des grands récipients de sirop

 

Quand j'attends

Le temps où le concert des érables enchante nos oreilles

Quand j'attends

Le temps où le festin des sucreries réjouit nos palais

 

Arrête-toi et hume

Les mille parfums de ces vases fumants

Arrête-toi et bois

Le nectar sucré de nos érables

 

Le soleil surplombe nos têtes

Le printemps sonne le réveil et dégel

C'est la belle saison

Le temps des sucres est arrivé

Guy Rancourt (1948) - poète et philosophe québécois - Le temps des sucres
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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 20:34

 

 

James Sacré (1939) poète français, 

Recueil: Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles 

Editions: Le Castor Astral & Le Noroît

 


Tous les arbres couleurs 

 

Tous les arbres couleurs les érables surtout

un jour d’automne pourtant gris

que dedans c’est comme on pourrait pleurer

parce que la solitude et rien

çа fait quand même ces feuillages

des sortes de verreries comme à la fois simples

et curieusement compliquées

on les aurait disposées

dans les buissons sur le pré dehors

dedans c’est comme on pourrait sourire

la solitude en couleurs quand même rien.

James Sacré (1939) - poète français - Tous les arbres couleurs  
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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 20:33

 

 

Lionel Groulx (1878-1967) Historien, prêtre-éducateur et intellectuel 

Les Rapaillages, Montréal, éditions Le Devoir, 1916, p. 9-11.  

 


 

La leçon des érables

 


   Hier que dans les bois et les bruyères roses,

   Me promenant rêveur et mâchonnant des vers, 

   J'écoutais le réveil et la chanson des choses,

   Voici ce que m'ont dit les grands érables verts : 

 

   "Si notre front là-haut si fièrement s'étale ;

   "Si la sève robuste a fait nos bras si forts,

   "C'est que buvant le suc de la terre natale,

   "Nous plongeons dans l'humus des grands érables morts. 

 

   "Si nos rameaux font voir de hautaines verdures,

   "C'est pour perpétuer, au siècle où tout s'éteint,

   "La gloire des géants aux fières chevelures

  "Qui verdirent pour nous depuis l'âge lointain.

 

   "Dans nos feuilles, parfois, une brise commence,

   "Dolente, le refrain des vieux airs disparus.

   "Écoutez : elle chante et l'âme et la romance

   "Des aïeux survivants en nos feuillages drus. 

 

   "Tantôt, l'air solennel des graves mélopées  

   "Incline, avec le vent, notre haut parasol ;

   "Un orgue ébranle en nous le son des épopées ;

   "Nous respirons vers Dieu la prière du sol ! 

 

   "Prier, chanter avec la brise aérienne

   "Et l'âme du terroir et l'âme des aïeux ; 

   "Et puis, se souvenir afin qu'on se souvienne,

  "Voilà par quels devoirs l'on grandit jusqu'aux cieux !"

 

                 ***        

       

   Ainsi, dans la forêt, près des bruyères roses,

   M'ont parlé l'autre jour les grands érables verts.

   Et, songeur, j'ai connu le prix des nobles choses

   Qui font les peuples grands, plus grands que leurs revers. 

 

   Ils gardent l'avenir ceux qui gardent l'histoire,

   Ceux dont la souvenance est sans mauvais remords,

   Et qui, près des tombeaux où sommeille la gloire,

   À l'âme des vivants, mêlent l'âme des morts. 

 

   Ils le gardent surtout ceux dont les lèvres fières

   Ont gardé les refrains du parler maternel : 

   Épopée ou romance où l'âme de nos pères

   Vient prier et vibrer d'un accent éternel. 

 

   Gardons toujours les mots qui font aimer et croire,

   Dont la syllabe pleine a plus qu'une rumeur.

   Tout noble mot de France est fait d'un peu d'histoire,

   Et chaque mot qui part est une âme qui meurt !

 

   En parlant bien sa langue on garde bien son âme.

   Et nous te parlerons, ô verbe des aïeux,

   Aussi longtemps qu'au pôle une immortelle flamme

   Allumera le soir ses immuables feux ; 

 

   Que montera des blés la mâle villanelle,

   Que mugira le bronze en nos clochers ouverts,

   Et que se dressera dans la brise éternelle

   Le panache hautain des grands érables verts ! 

Lionel Groulx (1878-1967) - Historien, prêtre-éducateur et intellectuel - La leçon des érables
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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 20:32

 

 

Albert Lozeau (1878-1924) poète canadien-français.

 

 

Érable rouge

 


Dans le vent qui les tord les érables se plaignent,

Et j'en sais un, là-bas, dont tous les rameaux saignent !

 

Il est dans la montagne, auprès d'un chêne vieux,

Sur le bord d'un chemin sombre et silencieux.

 

L'écarlate s'épand et le rubis s'écoule

De sa large ramure au bruit frais d'eau qui coule.

 

Il n'est qu'une blessure où, magnifiquement,

Le rayon qui pénètre allume un flamboiement !

 

Le bel arbre ! On dirait que sa cime qui bouge

A trempé dans les feux mourants du soleil rouge !

 

Sur le feuillage d'or au sol brun s'amassant,

Par instant, il échappe une feuille de sang.

 

Et quand le soir éteint l'éclat de chaque chose,

L'ombre qui l'enveloppe en devient toute rose !

 

La lune bleue et blanche au lointain émergeant,

Dans la nuit vaste et pure y verse une eau d'argent.

 

Et c'est une splendeur claire que rien n'égale,

Sous le soleil penchant ou la nuit automnale !

Albert Lozeau (1878-1924) - poète canadien-français - Érable rouge
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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 20:31

 

 

Lucien Rainier (Joseph Melançon - 1877-1956) poète québécois, membre de l'École littéraire de Montréal.


Montréal, Éditions du Devoir, 1931.

Avec ma vie,

Juin 1908.


 

Sur la mort de Louis Fréchette


                                    I

 

Un érable est tombé... Dans le clair paysage

de la patrie, il dessinait un grand contour ;

son ombre enveloppait la terre avec amour ;

des oiseaux merveilleux chantaient dans son feuillage.

 

Et, vers l’appel divin du soleil, chaque jour,

montait plus haut sa fière cime, quand l’orage,

d’un formidable choc, a soudain clos son âge...

Ceux-là qui l’ont perdu le pleurent sans retour.

 

Un érable est tombé... La débordante sève

n’alimentera plus, au prochain avenir,

sa verte frondaison de pensée ou de rêve...

 

Mais tu lui resteras fidèle, ô Souvenir !

Écoutez : sur le monde, un vent de gloire emporte

l’écho mélodieux de sa ramure morte !...


                                    II


Poète ! si ton corps dans l’ombre disparaît,

ton poème à jamais resplendit sur l’histoire !

Cette patrie en deuil, qu’illumine ta gloire,

pare ton souvenir d’un immortel regret.

 

Tu chantas sa beauté : fleuve, plaine ou forêt ;

son passé de défaite auguste ou de victoire ;

et ta voix, dont résonne encor notre mémoire,

puisait dans un cœur franc l’éclat d’un verbe vrai.

 

Sois béni, pour ton œuvre abondante et vivace !...

Quand ils diront ton nom, les hommes de ma race

seront de gratitude et d’orgueil envahis ;

 

et les enfants liront tes vers, dans les écoles,

pour apprendre, aux leçons de tes nobles paroles,

à vénérer leur Dieu, leur langue et leur pays !...

 

 


 

André Masson (1896-1987) L'Erable sous l'orage - 1943/1944

André Masson (1896-1987) L'Erable sous l'orage - 1943/1944

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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 20:30

 

 

Nérée Beauchemin (1850-1931) Poète, écrivain et médecin québécois.

Recueil : Patrie intime (1928).

 


L'érable

 


L'érable au torse dur et fort,

Ébrèche le fer qui l'assaille,

Et, malgré mainte et mainte entaille,

Résiste aux plus grands coups du Nord.

 

L'hiver, dont le cours s'éternise,

De givre et de neige a tissé

Le linceul de l'arbre glacé.

L'érable est mort ! hurle la bise.

 

L'érable est mort ! clame au soleil

Le chêne orgueilleux qui s'élance.

L'érable prépare en silence

Le triomphe de son réveil.

 

Sous le velours âpre des mousses

La blessure ancienne a guéri,

Et la sève d'un tronc meurtri

Éclate en glorieuses pousses.

 

Des profondeurs d'un riche fond,

L'arbre pousse ; il semble qu'il veuille

Magnifier, de feuille en feuille,

Le miracle d'un coeur fécond.

 

Il n'a fallu qu'une heure chaude

Pour que soudain, l'on vît fleurir,

Sur les bourgeons, lents à s'ouvrir,

La pourpre, l'or et l'émeraude.

 

L'érable vit ! chante en son vol

Tout le choeur des forêts en fête :

L'érable, de la souche au faîte

Frémit au chant du rossignol.

 

Contre la bise et l'avalanche,

Le roi majestueux des bois

A pris, et reprendra cent fois,

Sa victorieuse revanche.

 

L'érable symbolise bien

La surnaturelle endurance

De cette âpre race de France

Qui pousse en plein sol canadien :

 

Robuste et féconde nourrice

Dont le flanc, tant de fois blessé,

Des rudes coups d'un fier passé

Porte l'illustre cicatrice.

Nérée Beauchemin (1850-1931) - Poète, écrivain et médecin québécois - L'érable
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