Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 21:02


Rafael Alberti (1902-1955) poète et dramaturge espagnol 

A Federico Garcia Lorca

Poète de Grenade.

 

 

Cette nuit où le vent et son stylet  

 

poignardent le cadavre de l’été,

j’ai vu, dans ma chambre, se dessiner

ton visage brun au profil gitan.

 

La vega fleurie. Les fleuves, alfanges

rougies par le sang virginal des fleurs.

auriers-roses. Chaumines et prairies.

 

 Et dans la sierra, quarante voleurs.

 

Tu t’es réveillé sous un olivier,

avec près de toi la fleur des comptines.

Ton âme de terre et brise, captive…

 

Lors abandonnant, très doux, ses autels,

l’ange des chansons est venu brûler

devant toi une anémone votive.

 Rafael Alberti (1902-1955) - Poète et dramaturge espagnol - Cette nuit où le vent et son stylet  
Partager cet article
Repost0
13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 21:01


 

Rafael Alberti (1902-1955) poète et dramaturge espagnol 

 


Les retours de l'Ange de l'Ombre


Parfois, mon amour, je suis ton ange de l'ombre.

Je sors de je ne sais quelles réparations,

fulminant, entre mes dents

une épée aux tranchants amers, une triste

épée que vous connaissez bien, mon pauvre amour.

Ce sont les meilleurs noms des fureurs, les heures

du réveil impitoyable, le

milieu des larmes élevées

du chagrin le plus injuste et le plus doux.

Je sais, mon amour, où ces tenèbres

viennent à moi, t'enveloppant, me serrant

jusqu'à ce qu'elles se trouvent sur tes épaules

et les plient, défaites comme un fleuve.

Que veux-tu, si parfois, mon amour, c'est comme ça que je suis,

quand dans le passé indélébile des pierres, aveugle,

je m'arrache et me bats pour les briser,

te voir libre et seul dans ma lumière?

Toujours vaincu, toujours anéanti,

je reviens au calme, à l'amour, au

bonheur serein , jusqu'à ce moment shadow

où je redescends dans month before

pour relever à nouveau ton ange de l'ombre.
 

 Rafael Alberti (1902-1955) - poète et dramaturge espagnol -  Les retours de l'Ange de l'Ombre
Partager cet article
Repost0
13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 21:00

 

Rafael Alberti  (1902-1955) poète et dramaturge espagnol 

 

Le Bon Ange


Une année, déjà endormi,

quelqu’un d’inattendu

s’arrêta à ma fenêtre.

Lève-toi ! Et mes yeux

virent des épées et des plumes.

Derrière moi monts et mers,

nuages, becs et ailes,

les crépuscules, les aubes.

Regarde-la là-bas ! Son rêve,

suspendu au néant.

Oh désir, marbre fixe,

fixe lumière, fixes eaux

mobiles de mon âme !

Quelqu’un dit : Lève-toi !

Et me voilà dans ta demeure.

 


(Trad:Colo)

El Ángel Bueno”


Un año, ya dormido,

alguien que no esperaba

se paró en mi ventana.

¡Levántate! Y mis ojos

vieron plumas y espadas.

Atrás montes y mares,

nubes, picos y alas,

los ocasos, las albas.

‹¡Mírala ahí! Su sueño,

pendiente de la nada.

¡Oh anhelo, fijo mármol,

fija luz, fijas aguas

movibles de mi alma !

Alguien dijo: ¡Levántate !

Y me encontré en tu estancia.
 

 

Rafael Alberti  (1902-1955) - poète et dramaturge espagnol - Le Bon Ange
Partager cet article
Repost0
13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 20:59

 

Rafael Alberti  (1902-1955) poète et dramaturge espagnol 

recueil "Sur les anges " 

 

Nostalgie des archanges !

J'étais...

Regardez-moi.

 

Habillé comme ici-bas,

mes ailes, on ne les voit plus.

Nul ne sait comment je fus.

On ne me reconnaît pas

 

Dans les rues, qui se souvient ?
 

Rafael Alberti  (1902-1955) - poète et dramaturge espagnol - Nostalgie des archanges !
Partager cet article
Repost0
13 décembre 2021 1 13 /12 /décembre /2021 20:58

 

Homero Aridjis (1940) poète Mexicain

 

L'Ange du soleil couchant (extraits)


Il marchait dans la forêt perturbée,

entendait le parfum des plantes effacées,

touchait le chant des oiseaux disparus,

voyait les branches de végétations mortes,

car dans sa mémoire chaque temps était présent,

des visions se détachaient par ses yeux.

...

 Les ancêtres venaient à sa rencontre :

"Qu'as-tu fait des animaux? Pourquoi salir les flots?

L'air a changé. Où sont partis les oiseaux?"

"L'année fut sans printemps, et sera sans hiver.

Le soleil, comme un oeil sans paupières,

fixe furieusement la terre."

 

Lui, figé sur la colline du Couchant,

vêtu de jaune, les ailes resplendissantes,

ne trouvait pas de mots pour répondre;

il leur montrait simplement de la main

 

les bribes bleues, les lambeaux verts

du paysage de son enfance lacérée
 

Homero Aridjis (1940) - poète Mexicain - L'Ange du soleil couchant (extraits)
Partager cet article
Repost0
12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 18:50

 

Louis Janmot (1814-1892) peintre et poète français

Poèmes de l'âme

I-V Naissance et enfance de l'âme


 

V - Souvenir du ciel

 

Lorsqu'arrive le soir, l'enfant lassé repose près du lit maternel sa tête blonde et rose ;

Et les songes, amis du paisible berceau, d'un monde merveilleux écartent le rideaux.

Dans une vaste plaine, au bord d'un fleuve,

Il rêve qu'il marche tout joyeux, ramassant sur la grève coquille et diamant, dont le prisme changeant

Luit dans le sable d'or en clairs reflets d'argent ; pendant que le soleil, qui sur les eaux décline,

Jette un dernier regard à la ville voisine, que les vitres en flamme et les toits, empourprés

D'une étrange splendeur, brillent transfigurés.

Tout à coup il entend comme un battement d'ailes, il écoute, il regarde : ô surprises nouvelles!

Des anges radieux aux doux yeux, au front pur, passent en se jouant dans le limpide azur.

Quel sourire divin sur leur bouche divine,sous leurs cheveux flottants quand leur beau col s'incline,

Sur le front d'un enfant qui, pour être embrassé, leur sourit à son tour entre leurs bras bercé !

Ainsi la rose en fleurs sur le bouton se penche, quand, au vent du matin, la verdoyante branche

Qui porte avec orgueil le couple gracieux, se balance légère en les berçant tous deux.

Des chants d'une harmonie inconnue à la terre, s'élèvent dans les airs, voilés, pleins de mystères.

Comme ces bruits confus que la brise parfois murmure en soupirant à l'ombre des grands bois.

Les célestes accents se croisent, se confondent et s'appellent entr'eux ;

des harpes leur répondent comme des lis semés sur la pourpre des rois, les belles notes d'or brillent entre les voix.

Lorsqu'apparaît dans le ciel d'un bleu sombre l'astre aux rayons d'argent, des étoiles sans nombre

Le chœur brillant l'entoure, et leur vive lueur scintille à ses côtés, sans ternir sa blancheur.

L'enfant seul délaissé, d'une oreille ravie écoute, puis soupire, et d'un œil plein d'envie Il regarde, il implore, en leur tendant les bras,

Les groupes bienheureux qui ne l'entendent pas ; qui, tels que des oiseaux, tantôt rasent la terre,

Dans l'ombre disparus, tantôt à la lumière émergeant tout à coup, reparaissent au loin,

S'entr'ouvrant dans la nue un splendide chemin que ne peut-il, comme eux emporté dans l'espace,

Atteindre dans son vol le nuage qui passe, le mettre sous ses pieds comme un échelon d'or,

Et de là vers les cieux reprendre son essor ! Mais plus grands sont les vœux, plus les efforts stériles.

De ses yeux abaissés sur ses pieds immobiles, des pleurs de désespoir commençaient à couler,

Quand d'une voix connue, il s'entend appeler : « Que de tes pleurs amers la source soit tarie ;

Vois-tu l'enfant Jésus et la Vierge Marie? Ils te consoleront.

En s'approchant de nous comme ils semblent sourire !.. à genoux, à genoux ! »

A peine ont-ils fléchi que, grâce inespérée ! Comme d'un corps mortel une âme délivrée.

Fleuve, grève, sous ses pieds semblent fuir, et, d'un vol qui s'accroît au gré de son désir, il monte vers le ciel...

mais, hélas ! même en rêve, le bonheur s'entrevoit et jamais ne s'achève des êtres lumineux la vision s'enfuit,

Et l'enfant reste seul dans la profonde nuit.

Louis Janmot (1814-1892) Souvenir du ciel, musée des beaux-arts de Lyon

Louis Janmot (1814-1892) Souvenir du ciel, musée des beaux-arts de Lyon

Partager cet article
Repost0
12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 18:49

 

Louis Janmot (1814-1892) peintre et poète français

Poèmes de l'âme

I-V Naissance et enfance de l'âme

 

 

I - Génération Divine

 

A l'instant qu'a choisi la sagesse infinie

Le néant vaincu cède et fait place à la vie :

De l'abime entr'ouvert, sombre et silencieux,

Une âme humaine monte à la clarté des cieux ;

Et le Dieu créateur, d'une ineffable ivresse,

A tressailli lui-même, et sur son cœur il presse

Comme un père l'enfant que son souffle a formé,

Et qui s'est senti vivre en se sentant aimé.

Salut, nouveau venu, qu'élève au rang de l'être

Le triple don d'aimer, de vouloir, de connaître!

Que votre voix se joigne aux célestes concerts ;

Elle manquait pour Dieu dans l'immense univers !

Contemplez, abrité sous l'ombre de ses ailes,

Du Bien, du Beau, du Vrai les sources éternelles ;

Car l'Idéal, pour vous un moment dévoilé,

Bientôt va s'obscurcir ; il faut, pauvre exilé,

Il faut, quittant le ciel, que votre ange vous mène

Par ce chemin où doit passer toute âme humaine ;

Libre de mériter, à l'heure du retour,

Un arrêt sans appel de colère ou d'amour.

Quels destins vous fera l'épreuve de la terre?

Nul n'en sait rien, sinon que l'épreuve est austère,

Que le bonheur pour l'homme est un fruit défendu,

S'il ne veut pas pleurer le ciel deux fois perdu.

Louis Janmot (1814-1892) Génération Divine, musée des beaux-arts de Lyon

Louis Janmot (1814-1892) Génération Divine, musée des beaux-arts de Lyon

Partager cet article
Repost0
12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 18:47

 

Louis Janmot (1814-1892) peintre et poète français

Les poèmes des âmes

I-V Naissance et enfance de l'âme

 


Le passage des âmes,



De l'Ange gardien la mission commence,

Dieu lui donne, il emporte en ses bras, endormi

Celui dont il sera le conseil et l'ami ;

Dans l'espace il s’élance.

Plus rapide en son vol que l'ouragan fougueux

Qui soulève les mers et tourmente les nues, plane hardiment, les ailes

tendues,

Sur l’océan des cieux.

Il voit croître et s'enfuir par centaines de milles,

Planètes et soleils aux disques enflammés.

Que sur les îlots de l'air le Seigneur a semés

Comme d'immenses îles.

On dirait, à les voir, de rapides coursiers

Tout prêts à s'égarer dans les champs sans limite,

S'ils n'étaient, d'un bras fort, retenus dans l'orbite

Des célestes sentiers.

Astres qui gravitez, malgré l'ombre et le vide,

Vous devez moins que nous vous tromper de chemin,

Troupeau sans liberté, pouvez-vous fuir la main

Du pasteur qui vous guide?

L'esprit a salué leurs anges protecteurs,

Et ceux qui, comme lui, garderont sous leur aile

L'âme humaine, fardeau plus lourd et plus rebelle,

Et qui semblent rêveurs.

D'autres vont recueillant pleurs et cris de détresse

Que d'iniques pouvoirs bravent insolemment ;

Braveront-ils aussi du juge tout-puissant

La force vengeresse ?

Voici le défilé, pâle et silencieux,

Des âmes que la mort de la terre délivre ;

De l'immense inconnu le redoutable livre 

S'entr'ouvre sous leurs yeux.

Tremblantes, elles vont où leur ange les mènent

Les poussent quelquefois, vers le seul Tribunal

Qui sait juste la part et du bien et du mal

Qu enferme une âme humaine.

Sans erreur, sans appel, il va dicter leur sort

Elles semblent déjà le pressentir d'avance

A ce vol inégal comme leur espérance,

Au sortir de la mort.

Ainsi sous le ciel gris, dès que l'hiver arrive,

De nos champs désertés pour des climats meilleurs.

Nous voyons émigrer des oiseaux voyageurs

La troupe fugitive.

Quel est donc ce géant et ce vautour cruel

Qui lui ronge le cœur ?

En vain il le dépèce Sans cesse dévoré, le cœur renaît sans cesse

Pour souffrir immortel.

Tout autour, envieux de cette horrible proie,

Rôde un cercle hideux, groupe de noirs esprits ;

Dans leurs yeux sans rayons et sur leurs fronts proscrits

Passe un éclair de joie.

Esprit du mal, mystère où nul n'a vu le jour,

Que vous a donc: fait l'homme? lui suffit de naître ;

Vous êtes son tourment, son partage peut-être,

Son ennemi toujours.

L'ange poursuit encore, et la sombre atmosphère

S'emplit d'un bruit croissant de plaintives clameurs.

C'est le globe maudit, c'est le séjour des pleurs.

L'ange a touché la terre.
 

Louis Janmot (1814-1892) peintre et poète français - Le passage des âmes, musée des beaux-art de Lyon

Louis Janmot (1814-1892) peintre et poète français - Le passage des âmes, musée des beaux-art de Lyon

Partager cet article
Repost0
12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 18:42

 

Louis Janmot (1814-1892) peintre et poète français

Les poèmes de l'âme

L'âme, L'ange et la mère


III -  L'Ange et la mère


Que la paix du Seigneur repose. Sur cette mère et son trésor,

Et que sur leur paupière close, elle verse des songes d'or !

Enfant, dormez, pour vous je prie, et dois veiller avec amour,

Afin qu'au terme de la vie, vous bénissiez ce premier jour.

Hélas ! Combien de fois l'aurore qui brille à l'orient vermeil,

Doit-elle se lever encore, avant votre dernier réveil !

Combien de fois les taches sombres, qui naissent d'un limon impur,

Terniront-elles de leurs ombres ce lac aujourd'hui tout azur.

Loin des sentiers de la patrie, l'homme, voyageur égaré,

Cherche en vain la source infinie dont il fut ailleurs enivré.

Oubliant la patrie absente, suit le nuage trompeur

Où sous une forme enivrante, voit le rêve de son cœur.

Mais bientôt l'idéale image, du ciel imparfait souvenir,

S'évanouit comme un nuage, dans la main qui croit le saisir.

L'âme d'un trait mortel blessée, ne peut plus reprendre son vol.

Pauvre oiseau, qui, l'aile cassée, se traîne sanglant sur le sol.

Vous seul savez, mon Dieu, quels dangers, que d'alarmes

Menacent votre enfant et, si j'ose trembler,

Pardonnez-moi, vous seul pouvez compter les larmes

Qui de ses yeux doivent couler.

Pitié pour lui, Seigneur, et pour ce cœur de mère

Plein d'un amour si saint, et si fort et si doux !

Cet amour n'est-il pas lui-même une prière,

La plus éloquente pour vous ?

Mais votre juste main a pesé la mesure

Des douleurs qu'ici-bas tout homme doit porter ;

Pour accomplir la loi de sa noble nature,

Il faut souffrir pour mériter.

Des ombres du présent tout l'avenir s'éclaire,

Ce n'est point un vrai mal, le mal qui peut finir

Car vous êtes. Seigneur, bien moins juge que père ;

Si vous frappez c'est pour bénir ;

Pour que l'homme vous cherche, en vous seul qu'il espère,

Et, qu'aimant et soumis, il vous rende son cœur,

Trop longtemps égaré, sur cette triste terre,

A la poursuite du bonheur.
 

Louis Janmot (1814-1892) peintre et poète français   L'ange et la mère, musée des beaux-arts de Lyon

Louis Janmot (1814-1892) peintre et poète français L'ange et la mère, musée des beaux-arts de Lyon

Partager cet article
Repost0
12 décembre 2021 7 12 /12 /décembre /2021 17:51

 

Maurice Carême - (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 


Les anges musiciens


Sur les fils de la pluie,

Les anges du jeudi

Jouent longtemps de la harpe.

Et sous leurs doigts, Mozart

Tinte, délicieux,

En gouttes de joie bleue

Car c’est toujours Mozart

Que reprennent sans fin

Les anges musiciens

Qui, au long du jeudi,

Font chanter sur la harpe

La douceur de la pluie.
 

Maurice Carême - (1899-1978) - poète et écrivain belge - Les anges musiciens
Partager cet article
Repost0

 

 

 

*

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Recherche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Catégories

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chêne de la Forêt de Chaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Village de Busy - Doubs

 

 

 

 

 

 

 

Evans - Jura - l'étang

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cascade de la Billaude

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes Blogs Amis À Visiter

Fontaine du vigneron - Salins les Bains