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30 novembre 2021 2 30 /11 /novembre /2021 14:22


Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) Poétesse française   

Recueil : Pauvres fleurs (1839).

 


L'ange gardien

 

Oui, vous avez un ange ; un jeune ange qui pleure ;

Il pleure, car il aime... et vous ne pleurez pas ;

Il s'en plaint doucement dans le ciel, puis dans l'heure,

Quand elle sonne triste à ralentir vos pas.

Voyez comme il vous donne et couve sous son aile

Des mots harmonieux tièdes d'âme et d'encens :

Et, quand vous les prenez dans sa main fraternelle,

Comme ils forment aux yeux de célestes accents.

 

Nous avons tous notre ange, et je tiens de ma mère,

Qu'on ne marche pas seul dans une voie amère.

Le rayon de soleil qui passe et vient vous voir,

L'haleine de vos fleurs que vous buvez le soir ;

Un pauvre qui bénit votre obole furtive,

Dont la prière à Dieu s'achève moins plaintive ;

La fraîche voix d'enfant qui vous jette : Bonjour !

Comptez que c'est votre ange et votre ange d'amour !

 

D'autres fois, je croyais qu'on nous coupait les ailes,

Pour nous faire oublier le chemin des oiseaux.

Puis, qu'elles renaissaient plus vives et plus belles,

Quand nous avions marché longtemps, quand les roseaux

Ne se relevaient plus près des dormantes eaux :

Nous remontions alors raconter nos voyages

Aux frères parcourant leurs villes de nuages ;

Et las de cette terre où tombent toutes fleurs,

Nous chantions au soleil avec des voix sans pleurs !

Rêves d'enfant pensif et bercé de prières,

Dont quelque doux cantique assoupit les paupières ;

Indigent, mais comblé de biens mystérieux,

Au foyer calme et nu qu'ornait le buis pieux !

 

À présent je suis femme à la terre exilée,

Descendue à l'école où vous brûlez vos jours ;

Toujours en pénitence ou d'un livre accablée,

N'apprenant rien du monde et l'épelant toujours !

 

Ce livre, c'est ma vie et ses mobiles pages

Où le cyprès serpente à chaque ligne. Eh quoi !

N'avez-vous pas des pleurs à cacher comme moi,

Sous l'album périssable et lourd de trop d'images ?

 

Dans ces jours embaumés respirés par le cœur,

N'avez-vous pas aussi vu tomber bien des roses ?

N'aviez-vous pas choisi parmi ces frêles choses,

Un intime trésor qui s'appela : Malheur !

 

Mais je crois ! mais quelque ange à l'aveugle écolière,

Ouvre parfois son aile et sa pitié de feu :

Il me laisse à genoux ; mais il desserre un peu

L'anneau qui loin de lui me retient prisonnière !
 

Angelo Custode - ange gardien

Angelo Custode - ange gardien

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30 novembre 2021 2 30 /11 /novembre /2021 14:21

 

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) Poétesse française   

Recueil : Romances (1830).

 


L'ange et le rameau


Que ce rameau béni protège ta demeure !

L'ange du souvenir me l'a donné pour toi :

Toi qui n'aimes pas que l'on pleure,

Sois heureux, plus heureux que moi !

 

Écoute : À ce rameau j'attache une espérance :

L'ange qui me conduit sait mon cœur comme toi ;

S'il a bien compris ma souffrance,

Sois heureux, plus heureux que moi !

 

J'ai respiré l'encens de ce vieux sanctuaire,

Et je m'y suis assise, et j'ai prié pour toi ;

Je n'ai dit que cette prière :

Sois heureux, plus heureux que moi !

 

Pour passer près de toi j'ai fait un long voyage ;

Mais l'ange me rappelle et veut m'ôter à toi.

Adieu... Donne-moi du courage :

Sois heureux, plus heureux que moi !
 

Ange tenant un Rameau d'olivier - Hans Memling - Musée du Louvre

Ange tenant un Rameau d'olivier - Hans Memling - Musée du Louvre

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29 novembre 2021 1 29 /11 /novembre /2021 23:00


 

Théophile Gautier (1811-1872) Poète, romancier et critique d'art


Recueil : Élégies (1830).

 

Élégie VII.


Cher ange, vous êtes belle


Cher ange, vous êtes belle

A faire rêver d'amour,

Pour une seule étincelle

De votre vive prunelle,

Le poète tout un jour.

 

Air naïf de jeune fille,

Front uni, veines d'azur,

Douce haleine-de vanille,

Bouche rosée où scintille

Sur l'ivoire un rire pur ;

 

Pied svelte et cambré, main blanche,

Soyeuses boucles de jais,

Col de cygne qui se penche,

Flexible comme la branche

Qu'au soir caresse un vent frais ;

 

Vous avez, sur ma parole,

Tout ce qu'il faut pour charmer ;

Mais votre âme est si frivole,

Mais votre tête est si folle

Que l'on n'ose vous aimer.

 

 Giselle - Carlotta Grisi - 1841 Opéra de Paris


 

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29 novembre 2021 1 29 /11 /novembre /2021 23:00

 

Albert Samain (1858-1900) poète symboliste français.

Recueil : Au jardin de l'infante (1893).

Sonnet.


 

Soirs (II)

 

Le Séraphin des soirs passe le long des fleurs...

La Dame-aux-Songes chante à l'orgue de l'église ;

Et le ciel, où la fin du jour se subtilise,

Prolonge une agonie exquise de couleurs.

 

Le Séraphin des soirs passe le long des cœurs...

Les vierges au balcon boivent l'amour des brises ;

Et sur les fleurs et sur les vierges indécises

Il neige lentement d'adorables pâleurs.

 

Toute rose au jardin s'incline, lente et lasse,

Et l'âme de Schumann errante par l'espace

Semble dire une peine impossible à guérir...

 

Quelque part une enfant très douce doit mourir...

Ô mon âme, mets un signet au livre d'heures,

L'Ange va recueillir le rêve que tu pleures.


 

Albert Samain (1858-1900) - poète symboliste français - Soirs (II)
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29 novembre 2021 1 29 /11 /novembre /2021 00:19


Sophie d'Arbouville (1810-1850) Poète et nouvelliste française.

Recueil : Poésies et nouvelles (1840).

 


Une voix du ciel


Je suis l'astre des nuits. Je brille, pâle et blanche,

Sur la feuille qui tremble au sommet d'une branche,

Sur le ruisseau qui dort, sur les lacs, bien plus beaux

Quand mes voiles d'argent s'étendent sur leurs eaux.

Mes rayons vont chercher les fleurs que je préfère,

Et font monter au ciel les parfums de la terre ;

Je donne la rosée au rameau desséché,

Que l'ardeur du soleil a, sur le sol, penché.

Sitôt que je parais, tout se tait et repose,

L'homme quitte les champs, et l'abeille la rose :

Plus de bruit dans les airs, plus de chant dans les bois ;

Devant mon doux regard nul n'élève sa voix,

De la terre ou du ciel aucun son ne s'élance,

J'arrive avec la nuit, et je règne en silence !

Je cache mes rayons quand le cri des hiboux

Vient troubler mon repos et mon calme si doux.

 

Je suis l'astre des nuits ; je brille, pâle et blanche,

Sur le cœur attristé, sur le front qui se penche,

Sur tout ce qui gémit, sur tout ce qui se plaint,

Sur tous les yeux en pleurs qu'aucun sommeil n'atteint.

 

Quelques heureux, parfois, me donnent un sourire,

S'aiment, et devant moi trouvent doux de le dire ;

J'écoute avec bonheur leurs longs serments d'amour,

Je leur promets tout bas de n'en rien dire au jour.

Mais les plus beaux rayons de mon blanc diadème

Sont pour vous qui souffrez !... C'est vous surtout que j'aime

Donnez-moi vos soupirs et donnez-moi vos pleurs ;

Laissez-moi deviner vos secrètes douleurs,

Le rêve inachevé qui n'a point de parole,

Que nul ne sut jamais et que nul ne console !

J'ai pour les cœurs brisés, ainsi que pour les fleurs,

Une fraîche rosée endormant les douleurs.

Écoutez-moi ce soir, vous saurez un mystère

Ignoré jusqu'ici du reste de la terre,

Secret que je révèle à ceux de mes élus,

Qui m'ont le plus aimée et qui rêvent le plus.

 

Je vous dirai pourquoi je brille, pâle et blanche,

Sur le cœur attristé, sur le front qui se penche,

Sur tout ce qui gémit, sur tout ce qui se plaint,

Sur tous les yeux en pleurs qu'aucun sommeil n'atteint.

 

Votre vie, ici-bas, est un triste voyage,

Dont le ciel, où je suis, est le port, le rivage ;

Elle a bien des écueils, la route où vous passez...

Et vous n'arrivez pas sans vous être blessés !

Vous n'abordez pas tous sur la céleste plage,

Ceux qui se sont souillés demeurent à l'écart ;

Coupables et souffrants, dans une morne attente,

Ils s'arrêtent au seuil du séjour où l'on chante.

Un ange, dont les pleurs voilent le doux regard,

Leur barre le chemin et murmure : "Plus tard !"

— Parmi ces exilés traînant au loin leur chaîne,

Parmi les longs sanglots de ces âmes en peine,

Errantes loin de Dieu, du soleil et du jour,

Moi, je prends en pitié les coupables d'amour.

J'appelle auprès de moi ces Âmes de la terre,

Qu'un Dieu juste éloigna du séjour de lumière,

Parce qu'en sa présence elles gardaient encor

Un souvenir d'amour, au delà de leur mort.

Je leur donne ma nuit, mes rayons, mes étoiles,

Je donne à leur exil l'abri de mes longs voiles,

Et les larmes, le soir, qui coulent de leurs yeux,

Semblent à vos regards des étoiles des cieux ;

Ce ne sont que des pleurs... des pleurs d'âmes souffrantes,

Qui, la nuit, dans l'espace avec moi sont errantes.

 

Vous, encor sur la terre où s'agitent vos cœurs,

Levez les yeux vers moi ! j'ai près de moi vos sœurs.

Oh ! veillez bien sur vous... et priez bien pour elles !

Entendez-vous leurs pleurs ? car si mes nuits sont belles,

Pourtant Dieu n'est pas là ! le seul repos, c'est Lui...

Il fait jour près de Dieu, — je ne suis que la nuit !

 

Je vous ai dit pourquoi je brille pâle et blanche

Sur le cœur attristé, sur le front qui se penche,

Sur tout ce qui gémit, sur tout ce qui se plaint,

Sur tous les yeux en pleurs qu'aucun sommeil n'atteint.
 

 Sophie d'Arbouville (1810-1850) - Poète et nouvelliste française - Une voix du ciel
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29 novembre 2021 1 29 /11 /novembre /2021 00:19

 

Sophie d'Arbouville (1810-1850) Poète et nouvelliste française.

Extrait de:  Poésies et nouvelles (1840)

 

 

L'Ange de la poésie et la jeune femme

 

L'ANGE DE LA POESIE

Éveille-toi, ma sœur, je passe près de toi !

De mon sceptre divin tu vas subir la loi ;

Sur toi, du feu sacré tombent les étincelles,

Je caresse ton front de l'azur de mes ailes.

À tes doigts incertains, j'offre ma lyre d'or,

Que ton âme s'éveille et prenne son essor !...

 

Le printemps n'a qu'un jour, tout passe ou tout s'altère ;

Hâte-toi de cueillir les roses de la terre,

Et chantant les parfums dont s'enivrent tes sens,

Offre tes vers au ciel comme on offre l'encens !

Chante, ma jeune sœur, chante ta belle aurore,

Et révèle ton nom au monde qui l'ignore.

 

LA JEUNE FEMME.

Grâce !.. éloigne de moi ton souffle inspirateur !

Ne presse pas ainsi ta lyre sur mon cœur !

Dans mon humble foyer, laisse-moi le silence ;

La femme qui rougit a besoin d'ignorance.

Le laurier du poète exige trop d'effort...

J'aime le voile épais dont s'obscurcit mon sort.

Mes jours doivent glisser sur l'océan du monde,

Sans que leur cours léger laisse un sillon sur l'onde ;

Ma voix ne doit chanter que dans le sein des bois,

Sans que l'écho répète un seul son de ma voix.

 

L'ANGE DE POÉSIE.

Je t'appelle, ma sœur, la résistance est vaine.

Des fleurs de ma couronne, avec art je t'enchaîne :

Tu te débats en vain sous leurs flexibles nœuds.

D'un souffle dévorant j'agite tes cheveux,

Je caresse ton front de ma brûlante haleine !

 

Mon cœur bat sur ton cœur, ma main saisit la tienne ;

Je t'ouvre le saint temple où chantent les élus...

Le pacte est consommé, je ne te quitte plus !

Dans les vallons lointains suivant ta rêverie,

Je prêterai ma voix aux fleurs de la prairie ;

Elles murmureront : "Chante, chante la fleur

Qui ne vit qu'un seul jour pour vivre sans douleur."

Tu m'entendras encor dans la brise incertaine

Qui dirige la barque en sa course lointaine ;

Son souffle redira : "Chante le ciel serein ;

Qu'il garde son azur, le salut du marin !"

J'animerai l'oiseau caché sous le feuillage,

Et le flot écumant qui se brise au rivage ;

L'encens remplira l'air que tu respireras...

Et soumise à mes lois, ma sœur, tu chanteras !

 

LA JEUNE FEMME.

J'écouterai ta voix, ta divine harmonie,

Et tes rêves d'amour, de gloire et de génie ;

Mon âme frémira comme à l'aspect des cieux...

Des larmes de bonheur brilleront dans mes yeux.

Mais de ce saint délire, ignoré de la terre,

Laisse-moi dans mon cœur conserver le mystère ;

 

Sous tes longs voiles blancs, cache mon jeune front ;

C'est à toi seul, ami, que mon âme répond !

Et si, dans mon transport, m'échappe une parole,

Ne la redis qu'au Dieu qui comprend et console.

Le talent se soumet au monde, à ses décrets,

Mais un cœur attristé lui cache ses secrets ;

 

Qu'aurait-il à donner à la foule légère,

Qui veut qu'avec esprit on souffre pour lui plaire ?

Ma faible lyre a peur de l'éclat et du bruit,

Et comme Philomèle, elle chante la nuit.

Adieu donc ! laisse-moi ma douce rêverie,

Reprends ton vol léger vers ta belle patrie !

 

L'ange reste près d'elle, il sourit à ses pleurs,

Et resserre les nœuds de ses chaînes de fleurs ;

Arrachant une plume à son aile azurée,

Il la met dans la main qui s'était retirée.

En vain elle résiste, il triomphe... il sourit...

Laissant couler ses pleurs, la jeune femme écrit.
 

Alfred de Curzon (1820-1895)

Alfred de Curzon (1820-1895)

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26 novembre 2021 5 26 /11 /novembre /2021 14:51

 

Antoine-Étienne Fontaney (1803-1837) Poète, écrivain, journaliste et poète romantique français.

Recueil : Ballades, mélodies et poésies diverses (1829).


 

Un ange

 

Dans toutes les douleurs humaines

Toujours avec nous de moitié,

Quel instinct secret vers nos peines

Guide ainsi ta tendre pitié ?

 

Dès ce jeune âge où l'existence

Comprend à peine le malheur,

D'où te vient cette expérience

De toutes les vertus du cœur ?

 

N'es-tu qu'une simple mortelle ?

N'as-tu rien en toi de divin ?

Partout où l'on souffre on t'appelle,

Et qui jamais t'appelle en vain ?

 

A nos larmes, dans nos prières,

Nous sentons tes pleurs se mêler ;

Et, plus que nous, de nos misères

C'est toi qu'il faudrait consoler !

 

Que ta bienfaisance est aimable,

Et que de grâce a ta bonté !

Tu voudrais rendre inépuisable

Le trésor de ta charité.

 

Le Ciel devait te le permettre ;

Mais quand tous tes heureux sont faits,

Si tu n'as plus même à promettre,

Tes refus sont d'autres bienfaits.
 

Nancy Noel - ange

Nancy Noel - ange

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25 novembre 2021 4 25 /11 /novembre /2021 22:33

 

 

Maurice Rollinat (1846-1903), poète, musicien et interprète français.

Recueil : Les névroses (1883).

Sonnet.

 

L'ange pâle


À la longue, je suis devenu bien morose :

Mon rêve s'est éteint, mon rire s'est usé.

Amour et Gloire ont fui comme un parfum de rose ;

Rien ne fascine plus mon cœur désabusé.

 

Il me reste pourtant un ange de chlorose,

Enfant pâle qui veille et cherche à m'apaiser ;

Sorte de lys humain que la tristesse arrose

Et qui suspend son âme aux ailes du baiser.

 

Religieux fantôme aux charmes narcotiques !

Un fluide câlin sort de ses doigts mystiques ;

Le rythme de son pas est plein de nonchaloir.

 

La pitié de son geste émeut ma solitude ;

À toute heure, sa voix infiltreuse d'espoir

Chuchote un mot tranquille à mon inquiétude.

Maurice Rollinat (1846-1903) - poète, musicien français - L'ange pâle
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25 novembre 2021 4 25 /11 /novembre /2021 22:32

 

Maurice Rollinat (1846-1903), poète, musicien et interprète français.

Recueil : Les névroses (1883) 

Sonnet.

 

 

L'ange gardien


Archange féminin dont le bel œil, sans trêve,

Miroite en s'embrumant comme un soleil navré,

Apaise le chagrin de mon cœur enfiévré,

Reine de la douceur, du silence et du rêve.

 

Inspire-moi l'effort qui fait qu'on se relève,

Enseigne le courage à mon corps éploré,

Sauve-moi de l'ennui qui me rend effaré,

Et fourbis mon espoir rouillé comme un vieux glaive.

 

Rallume à ta gaîté mon pauvre rire éteint ;

Use en moi le vieil homme, et puis, soir et matin,

Laisse-moi t'adorer comme il convient aux anges !

 

Laisse-moi t'adorer loin du monde moqueur,

Au bercement plaintif de tes regards étranges,

Zéphyrs bleus charriant les parfums de ton cœur !
 

Maurice Rollinat (1846-1903) -  poète, musicien français - L'ange gardien
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25 novembre 2021 4 25 /11 /novembre /2021 22:32

 

René-François Sully Prudhomme (1839-1907) poète français, premier lauréat du prix Nobel de littérature en 1901. 

Recueil : Les solitudes (1869).

 

Le réveil


Si tu m'appartenais (faisons ce rêve étrange !),

Je voudrais avant toi m'éveiller le matin

Pour m'accouder longtemps près de ton sommeil d'ange,

Egal et murmurant comme un ruisseau lointain.

 

J'irais à pas discrets cueillir de l'églantine,

Et, patient, rempli d'un silence joyeux,

J'entr'ouvrirais tes mains, qui gardent ta poitrine,

Pour y glisser mes fleurs en te baisant les yeux.

 

Et tes yeux étonnés reconnaîtraient la terre

Dans les choses où Dieu mit le plus de douceur,

Puis tourneraient vers moi leur naissante lumière,

Tout pleins de mon offrande et tout pleins de ton cœur.

 

Oh ! Comprends ce qu'il souffre et sens bien comme il aime,

Celui qui poserait, au lever du soleil,

Un bouquet, invisible encor, sur ton sein même,

Pour placer ton bonheur plus près de ton réveil !
 

Tamara de Lempicka emme endormie

Tamara de Lempicka emme endormie

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