11 mars 2023 6 11 /03 /mars /2023 19:00

 

 

Paul Verlaine (1844-1896) écrivain et poète français 

 

L'heure exquise

 

La lune blanche

Luit dans les bois ;

De chaque branche

Part une voix

Sous la ramée ...

 

Ô bien-aimée.

 

L'étang reflète,

Profond miroir,

La silhouette

Du saule noir

Où le vent pleure ...

 

Rêvons, c'est l'heure.

 

Un vaste et tendre

Apaisement

Semble descendre

Du firmament

Que l'astre irise ...

 

C'est l'heure exquise.

Paul Verlaine (1844-1896) - écrivain et poète français - L'heure exquise
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11 mars 2023 6 11 /03 /mars /2023 18:33

 

 

Jean de La Fontaine (1621-1695) poète français 

 

L'enfant et le maître d'école

 

Dans ce récit je prétends faire voir

D'un certain Sot la remontrance vaine.

Un jeune Enfant dans l'eau se laissa choir,

En badinant sur les bords de la Seine.

Le Ciel permit qu'un saule se trouva

Dont le branchage, après Dieu, le sauva.

S'étant pris, dis-je, aux branches de ce saule,

Par cet endroit passe un Maître d'école ;

L'enfant lui crie : Au secours, je péris.

Le Magister, se tournant à ses cris,

D'un ton fort grave à contretemps s'avise

De le tancer : Ah  le petit Babouin !

Voyez, dit-il, où l'a mis sa sottise !

Et puis, prenez de tels fripons le soin.

Que les parents sont malheureux, qu'il faille

Toujours veiller à semblable canaille !

Qu'ils ont de maux ! et que je plains leur sort !

Ayant tout dit, il mit l'Enfant à bord.

Je blâme ici plus de gens qu'on ne pense.

Tout babillard, tout censeur, tout pédant,

Se peut connaître au discours que j'avance :

Chacun des trois fait un peuple fort grand ;

Le Créateur en a béni l'engeance.

En toute affaire ils ne font que songer

Aux moyens d'exercer leur langue.

Hé mon ami, tire-moi de danger ;

Tu feras après ta harangue.

  L'enfant et le maître d'école Gravure de Pierre-Étienne Moitte d'après Jean-Baptiste Oudry, édition Desaint & Saillant, 1755-1759

 L'enfant et le maître d'école Gravure de Pierre-Étienne Moitte d'après Jean-Baptiste Oudry, édition Desaint & Saillant, 1755-1759

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11 mars 2023 6 11 /03 /mars /2023 16:56

 

 

Rosemonde Gérard (1866-1953) poétesse française,

Recueil : "Les Pipeaux"


 

Le saule pleureur


Saule ! Frisson du paysage !

Obéissance au vent du soir !

Rêve penché sur un miroir !

Cheveux qui se croient du feuillage…

 

Faiblesse qu’un ciel encourage,

Et dont un ciel reprend l’espoir !

Cœur plein d’oiseaux sans le savoir !

Destin qui dépend d’un orage…

 

Ne serais-tu, Saule pleureur,

Avec cette forme de pleur

Et ce front de mélancolie,

 

Qu’un portrait à peine ébauché

De notre visage penché

Sur la rivière de la vie ?

 Rosemonde Gérard (1866-1953) - poétesse française - Le saule pleureur
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10 mars 2023 5 10 /03 /mars /2023 21:57

 

 

Arsène Houssaye (1815-1896) Poète et homme de lettres français

Recueil : La symphonie des vingt ans (1867).

 


Saules pleureurs

Chanson.

 

Elle passe comme le vent,

Ma jeunesse douce et sauvage !

Ma joie est d'y penser souvent :

Elle passe comme le vent,

Mon cœur la poursuit en rêvant,

Quand je suis seul sur le rivage.

Elle passe comme le vent

Avec l'amour qui la ravage.

 

Elle fuit, la belle saison,

Avec la coupe de l'ivresse.

Adieu, printemps ! adieu, chanson !

Elle fuit, la belle saison.

Je n'irai plus vers l'horizon

Chercher la muse ou la maîtresse !

Elle fuit, la belle saison :

Adieu donc, adieu, charmeresse.

 

Que de larmes ! que de regrets !

Toi dont mon âme fut ravie

Déjà si loin, — encor si près !

Que de larmes ! que de regrets !

Mes mains ont planté le cyprès

Sur les chimères de ma vie :

Que de larmes ! que de regrets !

Adieu, mon cœur ! adieu, ma mie !

Arsène Houssaye (1815-1896) - Poète et homme de lettres français - Saules pleureurs - Chanson.
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9 mars 2023 4 09 /03 /mars /2023 17:10

 

 

George Sand  (1804-1876) romancière, dramaturge française

 

Le Diable aux champs (1869), 


Eugène -

 Mais halte ! Amenez le canot ! Nous voici arrivés. 

 

Maurice -

Non, c’était plus bas. 

 

Eugène -

Non, non ; voilà le vieux saule, et je tiens à finir mon étude.

Quel trognon de saule, hein ? Avec deux lapins rongeant les rejets

de ses grosses racines, une corbeille par terre, peut-être un marmot

barbotant dans la flaque d’eau, ou un canard majestueux…

peut-être un dindon mélancolique perché sur cette branche…

Voilà un Flamand. 

 

Maurice -

Attachons bien le bateau, le courant est rapide.

Allons, je vais dessiner aussi ton arbre,

ça me servira pour asseoir une Colombine sous l’ombrage,

un Arlequin à ses pieds lui offrant des fleurs,

et Pierrot caché derrière le saule,

montrant sa tête blanche à travers les branches…

Il est tout à fait Watteau, cet arbre-là ! 


Damien -

Moi, je graverai tous les deux, si ça en vaut la peine,

mais, en attendant, je vais grimper sur le saule pour chercher

des chrysalides dans la poussière de son bois moisi.

Diable ! il ne tient à rien, c’est de l’amadou !


Maurice -

N’y monte pas, ne le casse pas avant que nous l’ayons dessiné.

Tiens ! il craque déjà ! 


Damien -

Eh bien, je vous laisse ! Donne-moi le filet,

je vais attraper des arginnis,

car j’en vois là-bas qui ont l’air de se moquer de nous. 

George Sand  (1804-1876) - romancière, dramaturge française - Le Diable aux champs
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8 mars 2023 3 08 /03 /mars /2023 22:21

 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) poète, romancier, dramaturge français

 


Le saule

(extrait)


Pâle étoile du soir, messagère lointaine,

Dont le front sort brillant des voiles du couchant,

De ton palais d’azur, au sein du firmament,

Que regardes-tu dans la plaine ?

 

La tempête s’éloigne, et les vents sont calmés.

La forêt, qui frémit, pleure sur la bruyère ;

Le phalène doré, dans sa course légère,

Traverse les prés embaumés.

 

Que cherches-tu sur la terre endormie ?

Mais déjà vers les monts je te vois t’abaisser ;

Tu fuis, en souriant, mélancolique amie,

Et ton tremblant regard est près de s’effacer.

 

Étoile qui descends vers la verte colline,

Triste larme d’argent du manteau de la Nuit,

Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine,

Tandis que pas à pas son long troupeau le suit, –

 

Étoile, où t’en vas-tu, dans cette nuit immense ?

Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?

Où t’en vas-tu si belle, à l’heure du silence,

Tomber comme une perle au sein profond des eaux ?

 

Ah ! si tu dois mourir, bel astre, et si ta tête

Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux,

Avant de nous quitter, un seul instant arrête ; –

Étoile de l’amour, ne descends pas des cieux !

 Alphonse de Lamartine (1790-1869) - poète, romancier, dramaturge français - Le saule (extrait)
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3 mars 2023 5 03 /03 /mars /2023 21:46

Louise-Victorine Choquet, dite Louise-Victorine Ackermann (1813-1890) poétesse française.


 

A Alfred de Musset


"Un poète est parti ; sur sa tombe fermée

Pas un chant, pas un mot dans cette langue aimée

Dont la douceur divine ici-bas l'enivrait.

Seul, un pauvre arbre triste à la pâle verdure,

Le saule qu'il rêvait, au vent du soir, murmure

Sur son ombre éplorée un tendre et long regret."

Louise-Victorine Ackermann (1813-1890) - poétesse française -  A Alfred de Musset
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3 mars 2023 5 03 /03 /mars /2023 21:33

 

 

Alfred de Musset  (1810-1857) poète, dramaturge et écrivain français de la période romantique,

 

Epitaphe célèbre d'Alfred de Musset au Père Lachaise


"Mes chers amis, quand je mourrai,

Plantez un saule au cimetière

J'aime son feuillage éploré ;

La pâleur m'en est douce et chère

Et son ombre sera légère

A la terre où je dormirai !"

 1871 César Daly  (1811–1894) - De Musset

1871 César Daly  (1811–1894) - De Musset

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3 mars 2023 5 03 /03 /mars /2023 17:17

 

 

Alfred de Musset  (1810-1857) poète, dramaturge et écrivain français de la période romantique,

Premières Poésies (1829-1835), 

 

Le saule


(extrait)

...

Pâle étoile du soir, messagère lointaine,

Dont le front sort brillant des voiles du couchant,

De ton palais d'azur, au sein du firmament,

Que regardes-tu dans la plaine ?

 

La tempête s'éloigne, et les vents sont calmés.

La forêt, qui frémit, pleure sur la bruyère ;

Le phalène doré, dans sa course légère,

Traverse les prés embaumés.

 

Que cherches-tu sur la terre endormie ?

Mais déjà vers les monts je te vois t'abaisser ;

Tu fuis, en souriant, mélancolique amie,

Et ton tremblant regard est près de s'effacer.

 

Étoile qui descends vers la verte colline,

Triste larme d'argent du manteau de la Nuit,

Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine,

Tandis que pas à pas son long troupeau le suit, -

 

Étoile, où t'en vas-tu, dans cette nuit immense ?

Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?

Où t'en vas-tu si belle, à l'heure du silence,

Tomber comme une perle au sein profond des eaux ?

 

Ah ! si tu dois mourir, bel astre, et si ta tête

Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux,

Avant de nous quitter, un seul instant arrête ; -

Étoile de l'amour, ne descends pas des cieux !

...

Glisse au sein de la nuit, beau brick de l’Espérance !

Terre d’Écosse, adieu ! Glisse, fils des forêts !

— Que l’on tienne les yeux, que l’on veille de près

Sur ce jeune homme en deuil, qui seul, dans le silence,

De la poupe, en chantant, se penche sur les flots.

Ses yeux sont égarés. Deux fois les matelots

L’ont reçu dans leurs bras, prêt à perdre la vie.

Et cependant il chante, et l’oreille est ravie

Des sons mystérieux qu’il mêle au bruit des vents.

"Le saule… — au pied du saule…"  il parle comme en rêve :

 'Barbara ! — Barbara !' Sa voix baisse, s’élève,

Et des flots tour à tour suit les doux mouvements.

"Enfants, veillez sur lui ! — la force l’abandonne !

Sa voix tombe et s’éteint — pourtant il chante encor.

Quel peut être le mal qui cause ainsi sa mort ?

Couchez-le sur un lit, enfants, la mer est dure !

— Enseigne, répondit la voix des matelots,

Son manteau recouvrait une large blessure,

D’où son sang goutte à goutte est tombé dans les flots. "

Alfred de Musset  (1810-1857) - poète, dramaturge et écrivain français - Le saule (extrait)
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26 février 2023 7 26 /02 /février /2023 18:29

 

 

William Shakespeare (1565-1616)est un dramaturge, poète et acteur anglais. 

Hamlet, IV, 7, 

Ophélie

 

    La reine  

...Au-dessus du ruisseau penche un saule, il reflète

dans la vitre des eaux ses feuilles d’argent

Et elle les tressait en d’étranges guirlandes

Avec l’ortie, avec le bouton d’or,

Avec la marguerite et la longue fleur pourpre

Que les hardis bergers nomment d’un nom obscène

Mais que la chaste vierge appelle doigt des morts.

Oh, voulut-elle alors aux branches qui pendaient

Grimper pour attacher sa couronne florale ?

Un des rameaux, perfide, se rompit

Et elle et ses trophées agrestes sont tombés

Dans le ruisseau en pleurs. Sa robe s’étendit

Et telle une sirène un moment la soutint,

Tandis qu’elle chantait des bribes de vieux airs,

Comme insensible à sa détresse

Ou comme un être fait pour cette vie de l’eau.

Mais que pouvait durer ce moment ? Alourdis

Par ce qu’ils avaient bu, ses vêtements

Prirent au chant mélodieux l’infortunée,

Ils l’ont donnée à sa fangeuse mort....

Alexandre Cabanel - Ophelie

Alexandre Cabanel - Ophelie

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