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27 juillet 2022 3 27 /07 /juillet /2022 22:10

 

 

André Gide (1869-1951) écrivain français, il obtient le prix Nobel de littérature en 1947.

 


Les Nourritures terrestres.


.
— Chante à présent la figue, Sémiane,

Parce que ses amours sont cachées.

 

Je chante la figue, dit-elle,

Dont les belles amours sont cachées.

Sa floraison est repliée.

Figue ! Chambre close où se célèbrent des noces ;

Aucun parfum ne les conte au dehors.

Comme rien ne s’en évapore,

Tout le parfum devient succulence et saveur.

Fleur sans beauté ; fruit de délices ;

Fruit qui n’est que sa fleur mûrie…

 

J’ai chanté la figue, dit-elle,

Chante à présent toutes les fleurs…

André Gide (1869-1951) - écrivain français - Les Nourritures terrestres.
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23 juillet 2022 6 23 /07 /juillet /2022 23:07

 

 

Louis Aragon (1897-1982) poète, romancier et journaliste français


 

Le figuier


La maison n’était qu’un nœud de ténèbres

Reviens veux-tu bien nos pas recroiser

A-t-elle toujours ses volets funèbres

L’escalier de pierre aux marches brisées

 

Dis tu t’en souviens de l’enclos de murs

Où les lys avaient follement fleuri

La ronce y poussait dont saignaient les mûres

Nous rêvions alors y chercher abri

 

J’y revois toujours ta robe légère

Repassons le seuil en vain condamné

Retrouver ici l’odeur passagère

Qui remonte à nous du fond des années

 

Je trace ton nom sur le figuier mâle

Qui a ce parfum des corps entr’aimés

Ton nom va grandir dans l’écorce pâle

Avec l’arbre et l’ombre au jardin fermé

 

Peu à peu perdant la forme des lettres

Qu’il s’écarte donc comme font les plaies

Illisible alors au passant peut-être

Ce cri de soleil dont je t’appelais

 

Les mots que l’on dit sur les lèvres meurent

Le sens qu’ils portaient s’éteint lentement

Il faut apprécier que rien n’en demeure

Les baisers sont seuls partis les amants

 

Je ne t’ai donné qu’un chant périssable

Comme était ce cœur pourtant qui battit

Ah mon triste amour mon château de sable

Les baisers sont seuls les amants partis

Louis Aragon (1897-1982) - poète, romancier et journaliste français - Le figuier
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23 juillet 2022 6 23 /07 /juillet /2022 22:36

 


Robert de Montesquiou-Fezensac (1855-1921) homme de lettres français, poète, dandy et critique d'art et de littérature.

Revue des Deux Mondes, 4e période, tome 121, 1894 (p. 162-166).

 


Le Figuier

 

Ce figuier était plus de deux fois centenaire ;

Sa branche se tordait comme un nombreux serpent ;

Sous sa voûte on errait comme en un cloître on erre,

Et cet arbre était fier d’ombrager un arpent.

 

C’était toujours la nuit sous ses rameaux en arches.

Aussi les amoureux s’y donnaient rendez-vous ;

Car les enfans toujours plaisent aux patriarches,

Et les vieux sages sont amis des jeunes fous.

 

Vrai ! ses tiges vivaient parasites ou franches,

Et leur fourmillement noir bruissait toujours ;

Mais le tronc reposait rassasié de branches

Ainsi que Job était rassasié de jours.

 

Ses surgeons pullulaient sous le vert de sa robe ;

Mais la sève sans cesse émanait du vieux cœur ;

Ainsi Dieu sur un doigt levé maintient le globe

Et rien qu’en y pensant assure sa vigueur.

 

En vain des ans nouveaux s’épuisaient les clepsydres ;

Plus vieux, l’arbre, au rebours de l’homme, était plus beau ;

Ses têtes renaissaient comme celles des hydres,

Et sa racine allait réveiller le tombeau.

 

Or il roula si bien ses anneaux de couleuvre,

Or il couvrit la plaine entière d’un tel poids,

Que le Seigneur le vit, s’admira dans son œuvre,

Et dit à l’arbre vert qui paraissait un bois :

 

"Arbre, je veux pour toi faire une chose encore,

Car tu mis à profit et ton temps et ton suc ;

De quel honneur nouveau veux-tu qu’on te décore,

Ô toi qui sus vieillir sans devenir caduc ?"

 

"Veux-tu plus de rameaux, ou veux-tu plus de feuilles ?

Veux-tu que plus d’oiseaux t’emplissent de leur bruit ?

Je voudrai ce que tu voudras, quoi que tu veuilles…"

— Et l’arbre murmura : "Produire encore un fruit !"

 Robert de Montesquiou-Fezensac (1855-1921) - homme de lettres français, poète -   Le Figuier
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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 22:37

 

 

Rébecca Terniak - auteur et poète suisse

 


Bouleau au doux Amour et Vénus dédié

 

Ô toi, arbre entre tous, joli,

Si délicat, fin et gracile

Tout à Vénus dédié,

Je te contemple émerveillée,

De jour comme et de nuit,

Dans ta grâce immobile.

Tu irradies amour et beauté

Et ton feuillage aérien et fin

Fait de mille tendres cœurs petits

Exhale une douce et mobile clarté

Et verse en nous un chant serein.

Je m’extasie du tendre blanc éclat

De ton écorce au toucher délicat.

A travers toi,

J’entrevois

Vaste, tout un pays

Dans sa mystérieuse poésie,

Reprenant le flambeau de l’Esprit.

Tout jeune encore dans ses possibilités

Mais riche d’éveil pour un lointain

Cultivant le Beau et le Bien.

La Russie au cœur gonflé

D’amour et fraternité

Où dévotion sincère s’épanouit

Pour le Saint des Saint,

Où tous les germes d’avenir

Seront prêts

A éclater

Pour le Devenir

De notre mère Terre.

Et préparer le Temps béni

 Où notre planète bannira la guerre.

Rébecca Terniak - auteur et poète suisse - Bouleau au doux Amour et Vénus dédié
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7 juin 2022 2 07 /06 /juin /2022 00:05

 

 

Constant Burniaux (1892-1975), écrivain et poète belge.

1922-1963 - Le Cherche-Midi

 


Le bouleau


 Tous les vents —

des plus terribles aux plus doux,

de la tempête au zéphir —

lui racontent leurs histoires

et toutes ses feuilles —

toutes, jusqu'à celle qui tremble à la cime,

la dernière —

frissonnent et répètent,

s'agitent et racontent en chœur.

 

Puis le bouleau se redresse :

il a tout oublié.

Mais d'autres vents viennent,

d'autres vents passent

et les jours, et les semaines, et les saisons.

Le bouleau, lui, ne retient pas grand-chose

des soupirs du printemps,

des lamentos de l'automne.

Étrange bouleau.

On lui raconte tout

et il ne sait presque rien.

 

 Un jour, ses feuilles s'envolent.

Elles vont confier à la terre

mille et mille petits secrets bien mal compris,

et qui pourrissent ensemble,

au pied du bouleau,

du bouleau qui monte vers le ciel,

où vit l'éternel oubli,

l'oubli fatal qui se nuance et se colore,

et recommence et s'ennuie encore,

et se confie finalement aux nuages,

qui font toujours le même voyage.

Constant Burniaux (1892-1975) - écrivain et poète belge - Le bouleau
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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 22:25

 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 


Les bouleaux


Se profilant, tous blancs de tronc,

Sur le bleu doux de l'horizon,

Six bouleaux sont plantés en rond.

 

Le premier croît au bord de l'eau

Et tendu vers les matelots,

Regarde passer les bateaux.

 

Le deuxième, à l'orée d'un champ,

Les branches basses rêvant,

Se laisse bercer par le vent.

 

Le troisième, rempli d'oiseaux,

Chante comme un immense nid

Dans l'air bourdonnant de midi.

 

Le quatrième abrite un mort.

Depuis le jour de l'accident,

Jamais, jamais on ne l'entend.

 

Se profilant, tous blancs de tronc,

Sur le bleu doux de l'horizon,

Six bouleaux sont plantés en rond.

Quand des bouleaux si différents

Vivent heureux sous le soleil,

Pourquoi nous veut-on tous pareils,

Nous autres, les enfants ?

Maurice Carême (1899-1978) - poète et écrivain belge de langue française - Les bouleaux
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6 juin 2022 1 06 /06 /juin /2022 22:21

 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 


Le bouleau


Chaque nuit, le bouleau

Au fond de mon jardin

Devient un long bateau

Qui descend ou l'Escaut

Ou la Meuse ou le Rhin.

Il court à l'Océan

Qu'il traverse en jouant

Avec les albatros,

Salue Valparaiso,

Crie bonjour à Tokyo

Et sourit à Formose.

Puis, dans le matin rose

Ayant longé le Pôle,

Des rades et des môles,

Lentement redevient

Bouleau de mon jardin.

Maurice Carême (1899-1978) - poète et écrivain belge de langue française - Le bouleau
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3 juin 2022 5 03 /06 /juin /2022 22:43

 

 

 

Constant Burniaux (1892-1975), écrivain et poète belge.

 

 Le bouleau 

 

Tous les vents -

Des plus terribles au plus doux,

De la tempête au zéphir -

lui racontent leurs histoires

et toutes ses feuilles - 

Toutes, jusqu'à celle qui tremble à la cime,

La dernière -

Frissonnent et répètent,

S'agitent et racontent en chœur. 

 

Puis le bouleau se redresse :

Il a tout oublié.

Mais d'autres vents viennent,

D'autres vents passent

Et les jours, et les semaines, et les saisons.

Le bouleau, lui, ne retient pas grand-chose

Des soupirs du printemps,

Des lamentos de l'automne.

Étrange bouleau.

On lui raconte tout

Et il ne sait presque rien.

 

Un jour, ses feuilles s'envolent.

Elles vont confier à la terre

Mille et mille petits secrets bien mal compris,

Et qui pourrissent ensemble, 

Au pied du bouleau,

Du bouleau qui monte vers le ciel,

Où vit l'éternel oubli,

L'oubli fatal qui se nuance et se colore,

Et recommence et s'ennuie encore,

Et se confie finalement aux nuages,

Qui font toujours le même voyage. 

  Constant Burniaux (1892-1975) - écrivain et poète belge - Le bouleau 
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3 juin 2022 5 03 /06 /juin /2022 21:43

 

 

 

Robert Lee Frost (1874-1963) poète américain.

 

Bouleaux

 

Quand je vois des bouleaux se pencher à gauche et à droite

à travers les lignes d'arbres plus sombres et droits,

j'aime penser qu'un garçon les a balancés. 

Mais se balancer ne les plie pas pour rester.

Les tempêtes de verglas font cela.

Souvent, vous devez les avoir vus

chargés de glace un matin d'hiver ensoleillé

Après une pluie. Ils cliquent sur eux-mêmes au

fur et à mesure que la brise monte et deviennent multicolores

Au fur et à mesure que le mélange craque et fend leur émail.

Bientôt la chaleur du soleil leur fait jeter des coquilles de cristal

Fracassant et avalant sur la croûte de neige

De tels tas de verre brisé à balayer

On pourrait penser que le dôme intérieur du ciel est tombé.

Ils sont traînés vers la fougère flétrie par la charge,

Et ils semblent ne pas se briser; mais une fois qu'ils sont courbés

si bas pendant longtemps, ils ne se redressent jamais :

vous pouvez voir leurs troncs se cambrer dans les bois

Des années après, traînant leurs feuilles sur le sol,

comme des filles sur les mains et les genoux qui jettent leurs cheveux

devant eux au-dessus de leurs têtes pour sécher au soleil.

Mais j'allais dire quand la vérité a fait irruption

Avec tout ce qu'elle a fait sur la tempête de verglas,

je préférerais qu'un garçon les plie

Pendant qu'il sortait et allait chercher les vaches -

Un garçon trop loin de ville pour apprendre le baseball,

dont le seul jeu était ce qu'il se trouvait,

été ou hiver, et pouvait jouer seul.

Un par un, il a maîtrisé les arbres de son père

En les chevauchant encore et encore

jusqu'à ce qu'il leur enlève la raideur,

et qu'il ne lui en restât pas un seul mais resté mou,

il n'en restait pas un à vaincre. Il a appris tout ce qu'il y avait

pour savoir comment ne pas se lancer trop tôt

Et ainsi ne pas emporter l'arbre au sol.

Il a toujours gardé son équilibre

Jusqu'aux branches supérieures, grimpant avec précaution

Avec les mêmes douleurs que vous utilisez pour remplir une tasse

Jusqu'au bord, et même au-dessus du bord.

Puis il se jeta vers l'extérieur, les pieds en premier, avec un

coup de pied dans les airs vers le sol.

Ainsi étais-je une fois moi-même un échangiste de bouleaux.

Et donc je rêve de redevenir.

C'est quand je suis las des considérations

Et la vie ressemble trop à un bois sans chemin

Où votre visage brûle et chatouille avec les toiles d'araignée

Brisé dessus, et un œil pleure

D'une brindille qui l'a fouetté.

J'aimerais m'éloigner de la terre un moment

Et puis y revenir et recommencer.

Qu'aucun destin ne me comprenne volontairement

Et n'accorde à moitié ce que je souhaite et ne m'arrache

pas pour ne pas revenir. La Terre est le bon endroit pour l'amour :

je ne sais pas où elle va probablement mieux.

Je voudrais grimper sur un bouleau ~ 

Et grimper des branches noires sur un tronc blanc comme neige 

Vers le ciel, jusqu'à ce que l'arbre n'en puisse plus supporter,

Mais a plongé son sommet et m'a redescendu.

Ce serait bien d'aller et de revenir.

On pourrait faire pire que d'être un échangiste de bouleaux.

Robert Lee Frost (1874-1963) - poète américain - Bouleaux
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2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 23:37

 

 

Maurice Rollinat (1846-1903) Poète français  

Recueil : Paysages et paysans (1899).

 

Les deux bouleaux

Sonnet.


L'été, ces deux bouleaux qui se font vis-à-vis,

Avec ce délicat et mystique feuillage

D'un vert si vaporeux sur un si fin branchage,

Ont l'air extasié devant les yeux ravis.

 

Ceints d'un lierre imitant un grand serpent inerte,

Pommés sur leurs troncs droits, tout lamés d'argent blanc,

Ils charment ce pacage où leur froufrou tremblant

Traîne le bercement de sa musique verte.

 

Mais, vient l'hiver qui rend par ses déluges froids

La figure du ciel, des rochers et des bois,

Aussi lugubre que la nôtre ;

 

Morfondus, noirs, alors les bouleaux désolés

Sont deux grands spectres nus, hideux, échevelés,

Pleurant l'un en face de l'autre.

Maurice Rollinat (1846-1903) - Poète français - Les deux bouleaux
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