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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 21:32

Jean François Victor Aicard (1848-1921) est un poète, romancier et dramaturge français.


Recueil : Les Poèmes de Provence (1874)

 


La moustouire


« Holà, voisin ! ma vigne est mûre ; qu'on se prête :

Aidez-nous, et demain, notre vendange faite,

Nous irons vous aider de même à notre tour. »

 

C'est pourquoi le coteau, dès la pointe du jour,

Est plein d'éclats de rire et de chansons alertes ;

Cachés jusqu'à mi-corps parmi les vignes vertes,

En groupes espacés, on voit les paysans

Se courber pour cueillir la grappe aux grains luisants.

Les filles, qu'on lutine, ont la réplique franche ;

Leur court jupon rayé, gros de plis sur la hanche,

Montre la fermeté de leur jambe, et vos yeux

Sont brillants de plaisir, ô travailleurs joyeux.

 

La serpe va et vient. Parfois l'un d'eux se dresse,

Appelle, et dans sa main, prétexte à la paresse,

On admire un moment, lourde et pareille à l'or,

Une grappe où le pampre en festons tremble encore,

Fruit rare et mieux venu qui se garde ou se mange.

 

Tout courbés sous le poids des mannes de vendange,

Les porteurs, leur coussin à l'épaule, là-bas,

Gagnent avec lenteur, car voici qu'ils sont las,

La cuve où des enfants dansent, les jambes nues,

Sur le flot de raisins épanché des cornues.

 

La serpe va et vient. L'année est bonne : on rit.

Le soleil fait le vin, qui fait content l'esprit :

Merci, soleil ! On chante, on s'appelle, on babille.

 

Cependant derrière elle une oublieuse fille

Laisse un beau grappillon que, sous le pampre vert,

Un galant aux aguets a bientôt découvert.

« La moustouire ! » dit-il, car la fille est jolie :

Il doit, ayant coupé la grappe qu'elle oublie,

L'en barbouiller d'abord pour l'embrasser après.

Déjà la fille court, mais il la suit de près,

La saisit par la robe et la belle s'arrête ;

Dans ses bras repliés elle a caché sa tête.

Il la prend par la taille; elle veut de sa main

Ouvrir les doigts pressants du garçon, mais en vain.

 

Son beau corps prisonnier se tord, se glisse et ploie,

Et le jeune homme ardent qui palpite de joie

Attire près du sien le visage charmant,

Et, changeant en plaisir le juste châtiment,

Laissant à ses pieds choir la grappe redoutée,

N'inflige qu'à demi la peine méritée.

Ô vendange ! Ô baisers ! sur son visage pur

S'il avait fait jaillir le jus du raisin mûr,

Vraiment la belle enfant ne serait pas plus rose !

 

La serpe va et vient. On chante, on rit, on cause...

« On ne m'y prendra plus », dit la belle en rêvant,

Mais n'importe, elle t'aime, ô jeune homme, et souvent,

Troublée au souvenir des baisers de ta bouche,

Elle oublie à dessein des grappes à la souche.
 

Jules Bastien-Lepage (1848-1884) vendangeuse

Jules Bastien-Lepage (1848-1884) vendangeuse

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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 23:55

François-Marie Robert-Dutertre (1815-1898) est un écrivain, homme politique libre-penseur français.


Recueil : Les loisirs lyriques (1866)

 

 


Le vin

 


Jeunes et vieux, si vous êtes moroses

J'ai le secret de rendre la gaité ;

Si vous voulez voir refleurir les roses

De votre teint, signe de la santé,

Mieux qu'un docteur aux savantes formules

Qui vous prescrit tisanes et pilules,

Par la vertu de ma rouge liqueur

Je rends la vie et réchauffe le cœur.

 

Depuis juillet jusqu'au mois de septembre

Le dieu du jour qui féconda ma fleur

Versa sur moi la pourpre, l'or et l'ambre

Pour me vêtir d'une riche couleur.

Le vendangeur m'arracha de la treille,

Et maintenant, captif en la bouteille,

Je suis tout prêt à couler sous vos doigts.

Et moi l'esclave ici vous ferai rois.

 

Au blond Phœbus j'ai dérobé sa flamme

Lorsqu'il dorait les pampres des coteaux ;

D'attraits nouveaux j'embellis toute femme

Sous l'humble toit comme aux riches châteaux.

Fut-elle, hélas ! à l'âge ou l'on est laide,

Magicien je viens vite à son aide,

Et merveilleux prestidigitateur

Je la fais voir sous un prisme enchanteur.

 

Improvisant ma tribune aux harangues,

Sur toute table où brille mon reflet,

En liberté j'ai bientôt mis les langues

Et couronné les fronts d'un feu follet.

Puis l'esprit part comme un feu d'artifice,

Et jamais tant, sous le morne édifice

Où l'Institut du goût dicte les lois,

On n'entendit si fins propos gaulois.
 

Pierre Auguste Renoir (1841-1919) - le déjeuner des canotiers 1880-1881

Pierre Auguste Renoir (1841-1919) - le déjeuner des canotiers 1880-1881

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 20:05

Théodore Faullain de Banville(1823-1891) est un poète, dramaturge et critique dramatique français.

 

Recueil : Recueil : Odelettes (1856)

 

 

La Vendangeuse

 

Toi dont les cheveux doux et longs

Se déroulent en onde fière,

Comme les flots de ta rivière,

Ô belle fille de Châlons !

Penche ta tête parfumée,

Que je puisse, ô ma bien-aimée !

Voir baigné par ces cheveux blonds

Ton riant profil de camée.

 

Ô fille d'un climat divin !

Tu naquis plus blanche qu'un cygne

Et ton grand-père dans sa vigne

Mouilla ta lèvre avec du vin !

Aussi, lorsque la primevère

Triomphe du climat sévère,

Loin du monde vulgaire et vain,

Vers les cieux tu lèves ton verre.

 

Toute à l'instant qu'il faut saisir,

Tu mords, et d'une ardeur pareille,

Aux raisins gonflés de la treille

Comme à la grappe du plaisir !

Et sur ta poitrine, où se noie

Une lumière ivre de joie,

Mûrissent les fruits du Désir

Comme une vendange qui ploie.

 

En tes veines, de toutes parts,

Bourguignonne aux tresses dorées,

Le sang des Bacchantes sacrées

Bouillonne dans ton sang épars,

Et tu tiens tes idolâtries

De ces guerrières des féeries

Qui conduisaient les léopards

Avec des guirlandes fleuries !

 

Il fut ton aïeul, cet amant

De la chanson ivre et sauvage,

Menant sur son char de feuillage,

Par l'Attique, un troupeau charmant !

C'est pourquoi, danseuse étourdie,

Tu fais d'une main si hardie

Carillonner joyeusement

Les grelots de la Comédie !

 

Ô vendangeuse ! tu souris,

Embrassons-nous jusqu'à l'ivresse !

Buvons encore, ô ma maîtresse !

Déroule tes cheveux chéris

Sur ces raisins ! car, ô merveilles !

Tes tresses blondes sont pareilles

Au soleil qui les a mûris,

Et ta bouche aux grappes vermeilles.
 

Pierre-Auguste Renoir (1841–1919)  Les Vendangeuses

Pierre-Auguste Renoir (1841–1919) Les Vendangeuses

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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 23:09

Théodore Faullain de Banville(1823-1891) est un poète, dramaturge et critique dramatique français.

Recueil : Les Stalactites (1846)

 


Chanson à boire

 

De ce vieux vin que je révère

Cherchez un flacon dans ce coin.

Çà, qu'on le débouche avec soin,

Et qu'on emplisse mon grand verre.

 

Chantons Io Paean !

 

Le Léthé des soucis moroses

Sous son beau cristal est enclos,

Et dans son cœur je veux à flots

Boire du soleil et des roses.

 

La treille a ployé tout le long des murs,

Allez, vendangeurs, les raisins sont mûrs !

 

Jusqu'en la moindre gouttelette,

La fraîche haleine de ce vin

Exhale un parfum plus divin

Qu'une touffe de violette,

 

Chantons Io Paean !

 

Et, dessus la lèvre endormie

Des pâles et tristes songeurs,

Met de plus ardentes rougeurs

Que n'en a le sein de ma mie.

 

La treille a ployé tout le long des murs,

Allez, vendangeurs, les raisins sont mûrs !

 

A mes yeux, en nappes fleuries

Dansantes sous le ciel en feu,

L'air se teint de rose et de bleu

Comme au théâtre des féeries ;

 

Chantons Io Paean !

 

Je vois un cortège fantasque,

Suivi de cors et de hautbois,

Tourbillonner, et joindre aux voix

La flûte et les tambours de basque !

 

La treille a ployé tout le long des murs,

Allez, vendangeurs, les raisins sont mûrs !

 

C'est Galatée ou Vénus même

Qui, dans l'éclat du flot profond,

Se joue et me sourit au fond

De mon grand verre de Bohême.

 

Chantons Io Paean !

 

Cette autre Cypris, plus galante,

Naît du nectar si bien chanté,

Et laisse voir sa nudité

Sous une pourpre étincelante.

 

La treille a ployé tout le long des murs,

Allez, vendangeurs, les raisins sont mûrs !

 

Plus d'amante froide ou traîtresse,

Plus de poëtes envieux !

Dans ce grand verre de vin vieux

Pleure une immortelle maîtresse,

 

Chantons Io Paean !

 

Et, comme un ballet magnifique,

Je vois, dans le flacon vermeil,

Couleur de lune et de soleil,

Des rhythmes danser en musique !

 

La treille a ployé tout le long des murs,

Allez, vendangeurs, les raisins sont mûrs !

Henri Vincenot 1912-1985) vendanges en Bourgogne

Henri Vincenot 1912-1985) vendanges en Bourgogne

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22 septembre 2020 2 22 /09 /septembre /2020 23:58

Paul Verlaine (1844-1896) est un poète et écrivain français

Recueil : Jadis et naguère (1884)

 

Vendanges

 

Les choses qui chantent dans la tête

Alors que la mémoire est absente,

Écoutez ! c'est notre sang qui chante...

Ô musique lointaine et discrète !

 

Écoutez ! c'est notre sang qui pleure

Alors que notre âme s'est enfuie,

D'une voix jusqu'alors inouïe

Et qui va se taire tout à l'heure.

 

Frère du sang de la vigne rose,

Frère du vin de la veine noire,

Ô vin, ô sang, c'est l'apothéose !

 

Chantez, pleurez ! Chassez la mémoire

Et chassez l'âme, et jusqu'aux ténèbres

Magnétisez nos pauvres vertèbres.


 

Leon Augustin Lhermitte - la vendange a Mont-Saint-Pere

Leon Augustin Lhermitte - la vendange a Mont-Saint-Pere

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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 22:28

Marc-Antoine Girard, sieur de Saint-Amant, est un poète français, né dans la banlieue de Rouen en septembre 1594 et mort à Paris en décembre 1661. Il est l'auteur de poèmes burlesques, satiriques ou lyriques. Il a fait partie de la toute neuve Académie française.

 

 

La débauche


(extrait)

Bacchus ! qui vois notre débauche,
Par ton saint portrait que j'ébauche
En m'enluminant le museau
De ce trait que je bois sans eau ;
Par ta couronne de lierre,
Par la splendeur de ce grand verre,
Par ton thyrse tant redouté,
Par ton éternelle santé,
Par l'honneur de tes belles fêtes,
Par tes innombrables conquêtes,
Par les coups non donnés, mais bus,
Par tes glorieux attributs,
Par les hurlements des Ménades,
Par le haut goût des carbonnades,
Par tes couleurs blanc et clairet,
Par le plus fameux cabaret,
Par le doux chant de tes orgies,
Par l'éclat des trognes rougies,
Par table ouverte à tout venant,
Par les fins mors de ta cabale,
Par le tambour et la cymbale,
Par tes cloches qui sont des pots,
Par tes soupirs qui sont des rots,
Par tes hauts et sacrés mystères,
Par tes furieuses panthères,
Par ce lieu si frais et si doux,
Par ton bouc, paillard comme nous,
Par ta grosse garce Ariane,
Par le vieillard monté sur l'âne,
Par les satyres, tes cousins,
Par la fleur des plus beaux raisins,
Par ces bisques si renommées,
Par ces langues de boeuf fumées,
Par ce tabac, ton seul encens,
Par tous les plaisirs innocents,
Par ce jambon couvert d'épice,
Par ce long pendant de saucisse,
Par la majesté de ce broc,
Par masse, tope, cric et croc,
Par cette olive que je mange,
Par ce gai passeport d'orange,
Par ce vieux fromage pourri,
Bref par Gillot, ton favori,
Reçois-nous dans l'heureuse troupe,
Des francs chevaliers de la coupe,
Et, pour te montrer tout divin,
Ne la laisse jamais sans vin.

 

Cornelis de Vos Le triomphe de Bacchus

Cornelis de Vos Le triomphe de Bacchus

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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 22:17

José-Maria de Heredia, né le 22 novembre 1842 et mort le 3 octobre 1905, est un homme de lettres d'origine cubaine : né sujet espagnol, il a été naturalisé français en 1893. Son œuvre poétique a fait de lui l'un des maîtres du mouvement parnassien. Il est l'auteur d'un seul recueil, Les Trophées, publié en 1893 et comprenant cent-dix-huit sonnets qui retracent l'histoire du monde, comme Les Conquérants, ou dépeignent des moments privilégiés, comme Le Récif de corail ; ainsi que quatre poèmes plus longs.

 

 

Bacchanale

 

Une brusque clameur épouvante le Gange.
Les tigres ont rompu leurs jougs et, miaulants,
Ils bondissent, et sous leurs bonds et leurs élans
Les Bacchantes en fuite écrasent la vendange.

 

Et le pampre que l'ongle ou la morsure effrange
Rougit d'un noir raisin les gorges et les flancs
Où près des reins rayés luisent des ventres blancs
De léopards roulés dans la pourpre et la fange.

 

Sur les corps convulsifs les fauves éblouis,
Avec des grondements que prolonge un long râle,
Flairent un sang plus rouge à travers l'or du hâle ;

 

Mais le Dieu, s'enivrant à ces jeux inouïs,
Par le thyrse et les cris les exaspère et mêle
Au mâle rugissant la hurlante femelle.

 

Titien Bacchus et Ariane

Titien Bacchus et Ariane

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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 22:12

 

Gaston Couté, né à Beaugency dans le Loiret le 23 septembre 1880, mort à Paris-10e le 28 juin 1911, est un poète libertaire et chansonnier français. 

 

 

Sur le pressoir

 

Sous les étoiles de septembre
Notre cour a l'air d'une chambre
Et le pressoir d'un lit ancien ;
Grisé par l'odeur des vendanges
Je suis pris d'un désir
Né du souvenir des païens.

 

Couchons ce soir
Tous les deux, sur le pressoir !
Dis, faisons cette folie ?...
Couchons ce soir
Tous les deux sur le pressoir,
Margot, Margot, ma jolie !

 

Parmi les grappes qui s'étalent
Comme une jonchée de pétales,
Ô ma bacchante ! roulons-nous.
J'aurai l'étreinte rude et franche
Et les tressauts de ta chair blanche
Ecraseront les raisins doux.

 

Sous les baisers et les morsures,
Nos bouches et les grappes mûres
Mêleront leur sang généreux ;
Et le vin nouveau de l'Automne
Ruissellera jusqu'en la tonne,
D'autant plus qu'on s'aimera mieux !

 

Au petit jour, dans la cour close,
Nous boirons la part de vin rose
Oeuvrée de nuit par notre amour ;
Et, dans ce cas, tu peux m'en croire,
Nous aurons pleine tonne à boire
Lorsque viendra le petit jour.

 

 

 

Epoque 18ème Attribué à José Camaron Y Borona les vendanges

Epoque 18ème Attribué à José Camaron Y Borona les vendanges

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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 21:33

Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 dans le 11e arrondissement de Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libérée par l'Armée rouge.


 

Vendanges prochaines

 

Je vous salue, vendanges prochaines, odorantes, sanglantes, enivrantes vendanges de l'automne prochain
Je vous salue, pressoirs gémissants, tonneaux sonores, bondes, caves, je vous salue
Je vous salue bouteilles, bouchons et verres
Je vous salue buveurs des années futures
Buveurs qui boirez goulûment
Buveurs qui boirez savamment

 


Le vin qui s'élabore dans les raisins verts de ce merveilleux printemps
Je le boirai ce vin avec de gais compagnons
Avec toi
Jean-Louis
Barrault pour qui nul vin n'existe hormis le bourgogne
Avec toi vieux
Carp, aisément séduit par les crus d'Algérie
Avec vous
Fraenkel qui ne détestez pas le bordeaux
Avec toi
Youki, qui apprécies le
Champagne
Je boirai ce vin de la
Vendange prochaine
Jusqu'à ce que, dans aucune cave, il n'en reste une goutte, même oubliée au fond d'un flacon
J'en boirai confiant en la vie aimant la vie de tout mon cœur
Incapable de cesser de l'aimer
Même si comme une femme
Elle me trompe ou m'abandonne.

 

illustration art de vivre - le vin

illustration art de vivre - le vin

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29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 22:05

Charles Dobzynski (né en 8 avril 1929 à Varsovie en Pologne et mort le 26 septembre 2014 à Vincennes (Val-de-Marne) est un écrivain et poète français.

Pour la paix. Les plus beaux poèmes

Editions Messidor / Temps actuel, 1983

 

 

Mais si…

 

Et si dans les raisins
l’automne ne venait
plus
ni la lumière
dans la dernière goutte
du soleil
ni dans les yeux
ce qui mûrit et renaît ?

 

Si plus une bouche
pour éclairer
plus un regard
pour défricher
n’échappait à la cendre ?


 
Rien que le noir
comme une foudre
qui n’en finirait pas
de calciner ce qu’elle touche
la tache de la terre
bourdonnante
de mouches radioactives ?

 

Mais si tous les corps un par un
toutes les bouches
 tous les yeux
formaient un mur de leur lumière
seule la mort au pied du mur 
serait délébile
et nul feu noir nulle éponge de cendre
n’effaceraient mémoire de la vie
au tableau de l’arbre et du blé   
et dans la grappe du soleil
de goutte en goutte
poindrait l’éclair  
de l’automne comme un baiser.

 

Giorgio Lucchesi (1855-1941) un panier de grappe de raisin

Giorgio Lucchesi (1855-1941) un panier de grappe de raisin

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