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29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 21:58

Edmond Flegenheimer, dit Edmond Fleg, né le 26 novembre 1874 à Genève et mort le 15 octobre 1963 à Paris, est un écrivain, philosophe, romancier, essayiste et homme de théâtre suisse et français.

 

 
à la gloire du raisin...

 

De la vigne au loin plantée,
Sous l'or de ses grains géants
Ceux de Caleb l'ont portée,
La grappe de Canaan;
Les lévites l'ont vantée
Dans le tabernacle errant,
Et Myriam l'a chantée
Jusqu'aux sables de Pharan.
Grappe, grappe qui poussa
Au pays de Mamré,
Où Abraham avec Sarah
Vit trois anges marcher;
Grappe, grappe qui poussa

 

Au pays de Moré,
Où, sur le Saint Moria
Isaac fut délivré;
Grappe, grappe qui poussa
Au pays de Bethel,
Où, la nuit, Jacob trouva
Le marchepied du ciel;
Grappe, grappe qu'ils ont prise
A la Terre promise
Ta lumière fait sécher
La pomme du péché !

la grappe de Canaan

la grappe de Canaan

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29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 21:45

Sabine Sicaud, née le 23 février 1913 à Villeneuve-sur-Lot et morte le 12 juillet 1928 dans la même commune, est une poétesse française.

(Sabine Sicaud, Poèmes d’enfant, Poitiers, Cahiers de France, 1926)

 

 

La graine de raisin oubliée

 

Adieu, paniers! Les vendanges sont faites!
Qu’attends-tu, graine que je sais, doux grain vivant
Qui s’obstine, grain tendre?... C’est le temps!
Comme les castagnettes,
Claquent les feuilles sèches dans le vent.

 

Sur les coteaux, la vigne a chanté jusqu’au bout
Sur chanson rouge. Et, par toutes les routes,
Les chars s’en sont allés, comme ivres. Toutes,
Toutes les grappes ont saigné toutes leurs gouttes.

 

Qu’attends-tu, graine défiant l’Automne roux?

 

À voix basse chante le moût,
À voix haute le vigneron,
À voix lointaine et sans entrain, la grive…

 

- « Où faut-il maintenant qu’on vive?
Où faut-il? dit la grive. Ô raisins blonds,
Ô raisins noirs, ô raisins bleus! »

 

- « Clic, clac! – chantent les feuilles sèches –
La campagne couleur pêche,
De miel et de framboise est déjà morte un peu.

 

Elle sera morte demain pour de longs jours… »
Te voilà cependant jeune et vivante,
Seule au cœur de la treille en loques, dans l’attente
D’on ne sait quoi d’heureux, graine de frais velours!

 

Graine de saphir moite à reflet de rubis,
Graine mûrie après les autres, retenue
Par une vrille folle entre deux branches nues,
Qu’attends-tu? Vois, le vent déchire les habits
Du somptueux platane. Tu subis,
Tu subiras le vent, tu subiras la pluie,
Le gel… « Qu’importent l’heure enfuie,
L’heure à venir, dis-tu, je vis… »

 

Et tu veux vivre,
Vivre, même boule de givre,
Même chair molle, avec des rides coulissant
Ta petite figure de négresse?
(Car tu deviendras vieille et noire; je pressens
Déjà ces choses tristes : la vieillesse,
Le ratatinement, l’ennui…) survivre là,
Dehors, parmi l’hiver aux longues plaintes,
Même séchée en raisin de Corinthe,
Même noyée en éponge, cela
Tu le veux donc?... soit. L’homme et l’oiseau l’oublièrent.

 

Mais ne songes-tu pas à tant de grains, tes frères,
Tes frères dont le sang rouge ou doré s’en va
Par les grands chemins de la terre,
Vers les ports, les villes en feu, les bourgs, là-bas,
Là-bas, en tonneaux lourds ou flacons rares?
Tes frères, que sais-tu de leur vie, au-delà
De ton étroit verger?

 

Vins brûlants ou mousseux, vins musqués, vins légers,
Vins qui sentent la rose et la mûre, et se parent
Des noms chantants de vieux pays… dis-moi,
Que sais-tu d’eux? - « Rien. Leur destin les mène.
Je vis; je ne suis qu’une graine…
J’attends, où tu me vois,
De tomber toute seule et de germer peut-être.
Le sillon me fera comme un nid, sous le toit
Du vieux cep grelottant, un nid où peut renaître
Une tige sauvage et libre… Je veux être
Encore jeune vigne aux beaux jours qui viendront! »

 

À pleine voix chante le vigneron,
À voix lointaine et plaintive, la grive…

 

grive et raisin

grive et raisin

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29 septembre 2019 7 29 /09 /septembre /2019 21:36

Jean de La Fontaine, né le 8 juillet 1621 à Château-Thierry et mort le 13 avril 1695 à Paris, est un poète français de grande renommée, principalement pour ses Fables et dans une moindre mesure pour ses contes. On lui doit également des poèmes divers, des pièces de théâtre et des livrets d'opéra qui confirment son ambition de moraliste.

 

 

Le Renard et les Raisins


Certain Renard Gascon, d'autres disent Normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d'une treille
Des Raisins mûrs apparemment,
Et couverts d'une peau vermeille.
Le galand en eût fait volontiers un repas ;
Mais comme il n'y pouvait atteindre :
"Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. "
Fit-il pas mieux que de se plaindre ?

 

Félix Lorioux (1872-1964) le renard et les raisins

Félix Lorioux (1872-1964) le renard et les raisins

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 23:51

Pauline Mary Tarn, alias Renée Vivien, est née le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée  "Sapho 1900 ", est une poétesse britannique de langue française aux multiples appartenances littéraires, relevant à la fois du Parnasse, du Symbolisme, du Préraphaélisme, et du romantisme tardif qu'est le Naturisme à la Belle Époque. Demeurée l'une des grandes icônes du génie féminin à travers les siècles, son œuvre fait constamment l'objet de nouvelles recherches.

 


Bacchante triste

 

Le jour ne perce plus de flèches arrogantes
Les bois émerveillés de la beauté des nuits,
Et c'est l'heure troublée où dansent les Bacchantes
Parmi l'accablement des rythmes alanguis.

 

Leurs cheveux emmêlés pleurent le sang des vignes,
Leurs pieds vifs sont légers comme l'aile des vents,
Et la rose des chairs, la souplesse des lignes
Ont peuplé la forêt de sourires mouvants.

 

La plus jeune a des chants qui rappellent le râle :
Sa gorge d'amoureuse est lourde de sanglots.
Elle n'est point pareille aux autres, - elle est pâle ;
Son front a l'amertume et l'orage des flots.

 

Le vin où le soleil des vendanges persiste
Ne lui ramène plus le génëreux oubli ;
Elle est ivre à demi, mais son ivresse est triste,
Et les feuillages noirs ceignent son front pâli.

 

Tout en elle est lassé des fausses allégresses.
Et le pressentiment des froids et durs matins
Vient corrompre la flamme et le miel des caresses.
Elle songe, parmi les roses des festins.

 

Celle-là se souvient des baisers qu'on oublie...
Elle n'apprendra pas le désir sans douleurs,
Celle qui voit toujours avec mélancolie
Au fond des soirs d'orgie agoniser les fleurs.

 

Charles-Joseph Natoire  (1700–1777)  - Bacchanale

Charles-Joseph Natoire (1700–1777) - Bacchanale

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 23:16

Pierre Martin Victor Richard de Laprade, né à Montbrison le 13 janvier 1812 et mort à Lyon le 13 décembre 1883, est un poète, homme de lettres et homme politique français.

 

 

Les vendanges

 

Hier on cueillait à l’arbre une dernière pêche,
Et ce matin voici, dans l’aube épaisse et fraîche,
L’automne qui blanchit sur les coteaux voisins.
Un fin givre a ridé la pourpre des raisins.
Là-bas voyez-vous poindre, au bout de la montée,
Les ceps aux feuilles d’or dans la brume argentée ?
L’horizon s’éclaircit en de vagues rougeurs,
Et le soleil levant conduit les vendangeurs.

 

Avec des cris joyeux ils entrent dans la vigne ;
Chacun, dans le sillon que le maître désigne,
Serpe en main, sous l’arbuste a posé son panier.
Honte à qui reste en route et finit le dernier !
Les rires, les clameurs stimulent sa paresse.
Aussi, comme chacun dans sa gaîté se presse !
Presqu’au milieu du champ, déjà brille, là-bas,
Plus d’un rouge corset entre les échalas.

 

Voici qu’un lièvre part ; on a vu ses oreilles.
La grive au cri perçant fuit et rase les treilles.
Malgré les rires fous, les chants à pleine voix,
Tout panier s’est déjà vidé plus d’une fois,
Et bien des chars, ployant sous l’heureuse vendange,
Escortés des enfants, sont partis pour la grange.

 

Au pas lent des taureaux, les voilà revenus,
Rapportant tout l’essaim des marmots aux pieds nus.
On descend, et la troupe à grand bruit s’éparpille,
Va des chars aux paniers, revient, saute et grappille,
Près des ceps oubliés se livre des combats.
Qu’il est doux de les voir, si vifs dans leurs ébats,
Préludant par des pleurs à de folies risées,
Tout empourprés du jus des grappes écrasées

 

Edouard DEBAT-PONSAN (1847 - 1913) vendanges

Edouard DEBAT-PONSAN (1847 - 1913) vendanges

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 23:01

Alphonse de Lamartine, de son nom complet Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869 est un poète, romancier, dramaturge français, ainsi qu'une personnalité politique qui participa à la Révolution de février 1848 et proclama la Deuxième République. Il est l'une des grandes figures du romantisme en France.

 

 

La vigne et la maison

 

Ecoute le cri des vendanges
Qui monte du pressoir voisin ;
Vois les sentiers rocheux des granges
Rougis par le sang du raisin.
 
Regarde au pied du toit qui croule :
Voilà, près du figuier séché,
Le cep vivace qui s’enroule
A l’angle du mur ébréché.

Autrefois, ses pampres sans nombre
S’entrelaçaient autour du puits ;
Père et mère goûtaient son ombre ;
Enfants, oiseaux, rongeaient ses fruits.
 
Il grimpait jusqu’à la fenêtre ;
Il s’arrondissait en arceau ;
Il semble encor nous reconnaître
Comme un chien gardien d’un berceau,

Sur cette mousse des allées
Où rougit son pampre vermeil,
Un bouquet de feuilles gelées
Nous abrite encor du soleil.

 

Moissey - Jura - le vin blanc

Moissey - Jura - le vin blanc

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 22:01

extrait de l'almanach du Beaujolais 

 

A la gloire du Beaujolais nouveau

Les fruits mûrs tomberont coupés d'un geste agile
Dans les jarlots de bois bien propres au terroir
Les grains s'écraseront sous le choc du pressoir
Et le sang jaillira dans les cuves d'argile
 
Le jus fermentant dans l'ombre du tonneau
Dans son déchaînement bouillonnera de rage
Dansera, bondira, mènera grand tapage
Forgeant dans ses clameurs,
l'âme du vin nouveau
 
Il a tous les reflets d'une naissante aurore
Le discret velouté des trèfles incarnats
Le rire du soleil l'irise de grenats
Quand dans le verre il roule en un glouglou sonore.

Il est toute allégresse, il est toute fraîcheur
La pivoine, l'iris, et la rose mourante
La pêche, l'abricot, la groseille odorante
Se fondent pour créer sa typique saveur.
 
Il se rit des flacons habillés de poussière
Des sommeils prolongés dans la nuit d'un caveau
C'est un vin jeune et franc, gardant, tel un joyau
La sève des sarments et les sucs de la terre.

 

affiche Beaujolais nouveau

affiche Beaujolais nouveau

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 00:49

Louis Jacques Napoléon Bertrand, dit Aloysius Bertrand est un poète, dramaturge et journaliste français, né le 20 avril 1807 à Ceva (Piémont), mort le 29 avril 1841, à l'hôpital Necker de Paris.

Considéré comme l'inventeur du poème en prose, il est notamment l'auteur d'une œuvre posthume passée à la postérité, Gaspard de la nuit (1842).

 


Les Vendanges

Quand le raisin est mûr, par un ciel clair et doux,
Dès l'aube, à mi-coteau, rit une foule étrange
C'est qu'alors dans la vigne, et non plus dans la grange,
Maîtres et serviteurs, joyeux, s'assemblent tous.

A votre huis, clos encor, je heurte.

Dormez-vous ?
Le matin vous éveille, élevant sa voix d'ange
Mon compère, chacun, en ce temps-ci, vendange.
Nous avons une vigne eh bien !

Vendangeons-nous ?
Mon livre est cette vigne, où, présent de l'automne,
La grappe d'or attend, pour couler dans la tonne,
Que le pressoir noueux crie enfin avec bruit.

J'invite mes voisins, convoqués sans trompettes,
A s'armer promptement de paniers, de serpettes.
Qu'ils tournent le feuillet  sous le pampre est le fruit.

 

Daniel Ridgway Knight - les vendanges

Daniel Ridgway Knight - les vendanges

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 00:37

Théodore Faullain de Banville, né le 14 mars 1823 à Moulins (Allier) et mort le 13 mars 1891 à Paris 6e arrondissement, est un poète, dramaturge et critique dramatique français.

Célèbre pour les Odes funambulesques et Les Exilés, il est surnommé "le poète du bonheur".
Les Cariatides (1842)

À Auguste Vitu

 

Le Pressoir

Sans doute elles vivaient, ces grappes mutilées
Qu’une aveugle machine a sans pitié foulées !
Ne souffraient-elles pas lorsque le dur pressoir
A déchiré leur chair du matin jusqu’au soir,
Et lorsque de leur sein, meurtri de flétrissures,
Leur pauvre âme a coulé par ces mille blessures ?
Les ceps luxuriants et le raisin vermeil
Des coteaux, ces beaux fruits que baisait le soleil,
Sur le sol à présent gisent, cadavre infâme
D’où se sont retirés le sourire et la flamme !
Sainte vigne, qu’importe ! à la clarté des cieux
Nous nous enivrerons de ton sang précieux !
Que le cœur du poète et la grappe qu’on souille
Ne soient plus qu’une triste et honteuse dépouille,
Qu’importe, si pour tous, au bruit d’un chant divin,
Ruisselle éblouissant le flot sacré du vin !

 

carte ancienne "au pressoir"

carte ancienne "au pressoir"

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27 septembre 2019 5 27 /09 /septembre /2019 00:10

Alphonse Daudet, né le 13 mai 1840 à Nîmes et mort le 16 décembre 1897 à Paris, est un écrivain et auteur dramatique français.
Recueil : "Les Amoureuses"

 

Trois jours de vendanges

Je l’ai rencontrée un jour de vendange,
La jupe troussée et le pied mignon ;
Point de guimpe jaune et point de chignon :
L’air d’une bacchante et les yeux d’un ange.

Suspendue au bras d’un doux compagnon,
Je l’ai rencontrée aux champs d’Avignon,
Un jour de vendange.
* * *
Je l’ai rencontrée un jour de vendange.
La plaine était morne et le ciel brûlant ;
Elle marchait seule et d’un pas tremblant,
Son regard brillait d’une flamme étrange.

Je frissonne encore en me rappelant
Comme je te vis, cher fantôme blanc,
Un jour de vendange.
* * *
Je l’ai rencontrée un jour de vendange,
Et j’en rêve encore presque tous les jours.
Le cercueil était couvert en velours,
Le drap noir avait une double frange.

Les sœurs d’Avignon pleuraient tout autour…
La vigne avait trop de raisins ; l’amour
A fait la vendange.

 

Leopold schmutzler (1864-1941) vendanges

Leopold schmutzler (1864-1941) vendanges

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