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18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 19:15

 

 

Mythologie des arbres

 

Le sapin

 

Le Sapin genre  "Abies" est un conifère à feuillage persistant, famille des Pinacées, et de la sous-famille des Abietoideae.  (Cèdre, Épicéa, Mélèze, Pin, Tsuga), genre Abies, qui comprend environ 50 espèces de sapins. 

 


Les Cèdres et les Tsugas sont parmi leurs plus proches parents.

La classification des espèces à l'intérieur du genre est classiquement basée sur la morphologie des cônes femelles. 


À l’état naturel, c’est un grand arbre monoïque au port élancé et conique. 
Résistant bien aux maladies, le sapin ne demande que très peu d’entretien une fois planté. Son feuillage persistant, de coloration variable selon les espèces, en fait un élément important de décoration en toutes saisons.

 

Je voudrais, comme le sapin,

Me voiler d'un feuillage austère,

Et, cherchant en haut mon chemin,

Laisser mon ombre seule à terre

Sous le sapin.


Henri Durand (1818-1842) Poète 
Recueil : Poésies complètes (1858) - Sous le sapin.


 

 

 

Le sapin est originaire des régions tempérées de l'hémisphère nord. Il est reconnaissable au mode de fixation des aiguilles sur la tige, ainsi qu'à ses cônes grands et dressés, de forme conique et solitaires, axillaires aux rameaux et répartis sur la partie haute du sommet. Ils apparaissent sur les rameaux âgés d’un an et arrivent à maturité en une saison. Ils ont tendance à s’aplatir sur les arbres les plus vieux.

 
 

 

Son tronc unique bien cylindrique est rectiligne. Ses branches régulièrement insérées en verticilles sont étagées du pied au sommet.


 

Le sapin porte deux sortes de fleurs, les mâles petites et jaunes regroupées vers la base des jeunes rameaux et les femelles, moins nombreuses, d’abord vertes (ou selon les variétés pourpres ou violettes) puis marron regroupées en forme de cônes (ou de cylindres) dressés à l’extrémité de rameaux courts, d’une dizaine de centimètres (et jusqu’à 30 cm) qui libéreront les graines à maturité.


Les graines triangulaires sont ailées avec un sac de résine à la jonction entre l’aile et la graine, ce qui favorise leurs dispersions par le vent lorsque le cône se désagrège sur l’arbre, notamment à maturité dû à l’assèchement, seul l’axe principal appelé rachis reste en place sur le rameau formant une pointe. Les écailles peuvent être réniformes ou cunéiformes avec une base pédicellée et portent une bractée saillante et lobée. Les graines sont protégées par une membrane.


 

L’écorce est fine et douce chez les jeunes individus et va en vieillissant créer des sillons et s’effriter en écailles. Elle peut éventuellement créer une protection contre le feu. 


Outre leurs tailles diverses, les sapins se distinguent par la couleur de leur feuillage, la forme et la couleur de leurs cônes et enfin leur port qui peut être pyramidal, conique et étalé ou en boule pour les variétés naines.

 

C’est un arbre mellifère car les pucerons produisent sur ses aiguilles un miellat dont les abeilles sont friandes.


 

Une forêt où le sapin domine est une sapinière. 

Le sapin commun originaire des montagnes d’Europe est souvent planté pour son bois ou comme arbre d’ornement. Il est répandu entre 400 et 1 900 m d’altitude environ dans des sols frais et humides sur les versants nord et ouest dans l’étage montagnard.


Le sapin a une croissance lente les 10 premières années qui s’accélère ensuite. Il vit longtemps (2 à 3 siècles) et certaines variétés dépassent les 30 m de haut. Mais il existe aussi des cultivars nains ne dépassant pas 0,80 m de hauteur. Il a depuis toujours été employé par l’homme.


Outre son emploi décoratif au jardin, isolé ou planté en haies majestueuses, le sapin, rustique et résistant, est utilisé comme espèce de reboisement. Son bois blanc est employé en menuiserie et en construction. Il sert également à la production de pâte à papier.

 

 

Étymologie 

 


Le mot "sapin" remonte plus précisément au bas-latin sappīnus (Varron r. r. I 6, 4; Pline 16, 61),  dérivé  de sapa "sève" et du latin "pīnus".


Le mot sapa est d'origine indo-européenne et signifie "dégouliner".  Pinus "Pectiné" précise que ses aiguilles sont disposées en peigne de part et d'autre des rameaux.

Sapin :

En gallois : sybwydd

 

Sapin blanc". 

En celtique insulaire : sibnit 

 

Certains noms de personnes de l'antiquité :

Sapalo, Sapauidus, Sapaudus, Sappolus, etc. 


En toponymie :

la Savoie, dont le nom procède de Sapaudia. 

 

"Sapin" désignait jadis aussi le matériau, le bois, avant de prendre le sens du genre latin abies, mot continué d'ailleurs par l'occitan avet, abet et l'italien abete.

Un sapay ou une sapaie est l'ancien terme pour nommer à la fois une sapinière, terme attesté pour la première fois en 1632, 

Une sapinière est donc une forêt où le sapin domine.

 

 

 

Espèces natives  ou introduites en Europe

 


Abies alba (Mill., 1759) et Abies pectinata (Mill., 1759)

Sapin blanc , sapin commun, sapin pectiné, sapin des Vosges 

 

est un conifère de la famille des Pinacées. Il est localement appelé Sapin de Normandie ou Sapin de l'Aigle, Sapin de croix, Sapin des Vosges, Sapin noir, Sapin à feuilles d’if, ainsi que Vuargne, Ouargne ou Warne, Sap, Avet ou Aveth, Ghjàllicu, et plus rarement Sapin argenté.

 

C'est une essence importante pour la foresterie en Europe.

 

Le sapin pectiné est l'arbre européen le plus haut, il peut en effet atteindre 60 à 80 mètres de hauteur.

 

Il vit jusqu'à 500 ans et le diamètre de son tronc atteint 2 mètres. La cime est d’abord conique, pointue puis ovoïde, et enfin tabulaire (étalée). Le tronc est droit, les branches horizontales.

 

Il est présent dans les milieux froids et humides, il supporte le froid jusqu'à -23°, à des altitudes comprises entre 400 et 1500 m d'altitude. 

 

L'écorce est lisse gris argenté, d'où son nom de sapin blanc. Au fil des ans, le tronc se crevasse et devient noir d'où son autre nom de sapin noir.

 

Les feuilles sont des aiguilles persistantes (elles ne tombent pas en hiver), non piquantes de longueur variable, disposées sur 2 rangs. 

 

La floraison a lieu de mai à juin. Les cônes sont dressés sur les rameaux de la cime et sur les branches. 

 

Le Sapin commun est souvent associé aux hêtres dans les étages montagnards inférieurs et moyen et à l'épicéa dans l'étage montagnard supérieur.

 

Celui-ci est cultivé pour ses qualités en menuiserie et en ébénisterie (meubles, lambris, parquets...).

 

 

Abies amabilis 

Sapin gracieux 

 

D'autres noms communs peuvent le désigner, tels que sapin amabilis, sapin argenté, sapin rouge ou sapin des Cascades.


Le sapin gracieux est un conifère de la famille des Pinacées, originaire de la côte ouest de l'Amérique du Nord, qui atteint une grande taille, entre 24 et 46 métres, et vit plusieurs centaines d'années. Le spécimen le plus vieux, connu à ce jour, a l'âge vénérable  de 725 ans.


Originaire de la côte ouest de l'Amérique du nord, cette espèce est très peu plantée en France.

 

Le plus grand Abies amabilis actuel connu mesure près de 72 m et se situe dans la forêt nationale Olympique, État de Washington, mais certains auteurs pensent que cette espèce peut atteindre 75 m de hauteur. Le port est pyramidal chez les jeunes individus, la cime devient tabulaire avec l'âge.

 

C'est une espèce qui grandit lentement et en fait donc un sujet idéal pour la culture bonsaï.

 

Le sapin gracieux est facile de culture mais il est exigeant en eau.

 


 


Abies balsamea - Abies Canasensis

var. phanerolepis Fernald (1909) - identique 

Sapin baumier - sapin du Canada


Le sapin baumier est une espèce de sapins de la famille des Pinaceae, originaire d'Amérique du Nord, a été introduite sur d’autres continents. Il atteint 15 à 20 mètres de hauteur et le tronc plus de 60 centimètres de diamètre, de forme globalement pyramidale, à feuillage persistant,  d'une durée de vie de 70 à 150 ans.


C'est dans le nord des Etats-Unis mais principalement au Canada qu'on le rencontre.


Le Sapin baumier est une espèce monoïque qui fleurit en mai-juin.


Les cônes de 5 à 10 centimètres se dressent verticalement sur les rameaux. Ils mûrissent en automne et perdent leurs écailles, seul le rachis persiste jusqu'à l'été suivant.


Il y joue un rôle écologique important : comme brise-vent il crée des microclimats favorables à la faune, tout comme ses graines alimentent les oiseaux et son feuillage les élans.


Ses aiguilles vertes sont odorantes, plates, avec deux raies blanches en dessous, et non piquantes, son écorce  grise et lisse sur les sujets jeunes, présente des vésicules contenant de la résine que l'on récolte pour fabriquer le "baume du Canada".


Les aiguilles sont parfois infusées pour en faire une tisane.


Ce conifère a besoin d'un bon ensoleillement pour prospérer ; 
C'est dans la province canadienne du Québec que le sapin baumier atteint sa latitude la plus septentrionale. 


Le bois est utilisé pour la fabrication de papier et de bois de charpente. Les sapins baumiers servent aussi d'arbres de Noël, les aiguilles tiennent mieux que celles des épicéas.


 



Abies cephalonica -

Sapin de Céphalonie ou sapin de Grèce 

 

 

Le Sapin de Céphalonie est un conifère qui appartient à la famille des Pinacées. Originaire de Grèce, ce sapin à croissance lente pourra atteindre une hauteur allant jusqu'à 30 mètres, dans son aire d'origine.

 

C'est un sapin monoïque à port pyramidal à longues branches horizontales, Son écorce d’abord lisse et brun-orangé puis grise à fissures noires, Les aiguilles sont droites, vert brillant, pointues, disposées en spirale ou en brosse relevée sur le rameau, 2 bandes blanches sur la face inférieure des aiguilles. Les bourgeons sont pointus, violacés, non résineux.

 

Les cônes mâles ovoïdes, de 1 à 2 cm, sont rougeâtres puis jaune. Les cônes femelles de 10 à 15 cm de long, résineux sont brun rougeâtre à maturité.

 

Sa  pollinisation est anémogame.

 

Il s'agit de l'un des sapins les plus résistants à la sécheresse, il tolère des températures jusqu’à 41°C . Cependant, il craint les gelées tardives, et les grands froids hivernaux.

 

Cette espèce est endémique de Grèce où elle a une très large répartition. On la trouve dans les régions d'Épire, de Macédoine-Centrale (Mont Olympe et Mont Athos), du Péloponnèse, Sterea Ellas, sur les îles Ioniennes (Céphalonie). Elle pousse entre 400 et 1800 m d'altitude, on la trouve très rarement au-dessus de 2 000 m.

 

Son Âge d’exploitabilité entre 110 et 150 ans. Il est utilisé en construction (charpente, toiture), menuiserie et ébénisterie, caisserie, bois de chauffage, sapin de Noël.

 
 


Abies concolor

Sapin du Colorado


est un arbre de la famille des Pinacées qui pousse entre 1000 et 3000 mètres d'altitude, notamment dans les Montagnes Rocheuses (Arizona jusqu'à l'Utah en passant par le plateau du Colorado), d'où il est originaire.

L'abis concolor a été introduit en Europe en 1872. Ce sapin en forme de cône, à aiguilles non parfumées de couleur vert-gris, arrangées régulièrement autour des pousses. Ses cônes cylindriques, fortement résinifères, sont verts, jaunes, ou violet pâle, brun en mûrissant.


Il atteint une taille comprise entre 30 et 40 mètres. Son branchage est bien fourni jusqu'à environ 40 ans et ensuite il se rarifie. 


Il apprécie les endroits abrités et moyennement ensoleillés. Rustique il peut résister jusqu'à  -15°.


On le cultive surtout dans les parcs à titre ornemental mais il est également planté pour son bois dans les régions sèches.


 


Abies fraseri

Sapin de Fraser


est une espèce de conifères de la famille des Pinacées.


Il s'agit d'un arbre sempervirent, un conifère pouvant atteindre de 9 à 25 m de hauteur, avec un diamètre moyen au niveau du tronc de 30 cm. Il présente un houppier étroit et des racines peu profondes.


Ce sapin est originaire des Appalaches, au sud-est des États-Unis. Il pousse dans des zones, élevées en altitude, du centre et du sud des Appalaches. On le trouve en Virginie, dans le Tennessee et en Caroline du Nord.

 
Il peut atteindre près de 9 à 15 m de hauteur et 6 à 7,5 m de largeur. Sa croissance est lente. Sa forme est pyramidale et ses branches sont horizontales. Ses aiguilles droites, sont de couleur  Vert, Gris, argent. L’écorce lisse, mince, gris-brun avec des ampoules de résine. La couronne est conique, avec des branches droites horizontales ou avec un angle de 40 ° vers le haut du tronc, elle est dense lorsque l’arbre est jeune.

 

Il s'agit d'une espèce relictuelle de la dernière période glaciaire, qui ne pousse plus que sur 7 à 10 crêtes montagneuses situées au-dessus de 1500 m d'altitude.

 

Le sapin de Fraser a un rôle dans la rétention des sols peu profonds qui couvrent les pentes escarpées et humides sur lesquelles il pousse. Il est souvent utilisé comme plante ornementale dans les grands parcs.

 


Cette espèce a été décrite scientifiquement pour la première fois en 1813 sous le nom Pinus fraseri par le botaniste germano-américain Frederick Traugott Pursh dans le 2e volume de son ouvrage Flora Americae Septentrionalis. Le botaniste et explorateur français Jean-Louis Marie Poiret a placé cette espèce dans le genre Abies dès 1810, dans le supplément tome 5 de l'Encyclopédie méthodique (Botanique) commencé par Jean-Baptiste de Lamarck.

Son nom d’espèce est un hommage au botaniste britannique John Fraser.
Il peut être cultivé et utilisé pour son bois ; il est également apprécié comme sapin de Noël, en raison de son puissant parfum citronné, de sa forme, de ces branches robustes capables de supporter de lourdes décorations, et sa capacité à conserver ses aiguilles longtemps après la coupe. Les aiguilles froissées dégagent une forte odeur de résine.


 


Abies grandis - sapin géant

Sapin de Vancouver - Sapin de l’Orégon


Le Sapin de Vancouver ou Sapin géant est une espèce de la famille des Pinaceae. C'est un sapin originaire d'Amérique du Nord (Oregon, Washington et Colombie-Britannique). Celui-ci a été introduit en Europe en 1831,  où il est l'une des essences forestières exotiques les plus importantes, surtout à proximité de l'Atlantique.


Cet arbre peut atteindre 50 à 55 m en France, et jusqu'à 80 m sur son territoire origine. Sa longévité peut atteindre 200 à 300 ans. 


Son écorce est lisse, brillante, elle est vert olive avec de nombreuses vésicules de résine, puis devient craquelée en plaques carrées avec l'âge.


Ses aiguilles longues, droites, non piquantes, vert foncé, brillantes, alternant deux longueurs différentes et possédant deux raies blanches et disposées en peigne sur les rameaux. Elles dégagent un parfum d'agrumes quand on les frotte. Le bourgeon est gris violacé et résineux. Ses cônes sont dressés.


Cette essence a besoin d’une humidité atmosphérique élevée. On le trouve souvent près des rivières. Il craint la sécheresse estivale. Il résiste moyennement bien au vent, et relativement bien aux froids hivernaux. On le trouve jusqu'à 1600-1800 mètres d'altitude.


La grande force du Sapin de Vancouver est sa croissance rapide. 


C'est un excellent bois blanc pour l’industrie.  Il y a une production importante en France pour la menuiserie, la charpente, l'emballage, le coffrage ou la papeterie. Il est facile à travailler.


 

Abies homolepis

Sapin du Japon - sapin de Nikko 


Est une espèce de la famille des Pinaceae. Il est originaire des zones caractérisées par de fortes précipitations estivales; sur les versants humides et ombragés des montagnes du japon.

 

C'est un grand sapin à couronne pyramidale régulière conservant sa forme même en prenant de l'âge, branchu jusqu'à la base si l'espace est suffisant. Il a une croissance modérée. Il atteint entre 20 et 30 mètres, et  6 à 10m de largeur.

 

Rustique, il résiste bien aux gelées et croît sur des terrains bien arrosés et drainés, jusqu'à plus de 2000m. Il est sensible à la forte chaleur et aux atmosphères sèches . C'est le "sapin des atmosphères urbaines" (Schütt, Lang, Schuck).


Il est élancé avec un houppier dense et régulier dans sa jeunesse, où il forme alors un cône parfait.  Les jeunes rameaux sont profondément ridés, brun jaune clair; la vieille écorce est grise et écailleuse.


Ses aiguilles sont rigides, nettement dressées vers le haut, serrées, de vert frais à revers blanc argenté. A maturité, il porte des cônes de grande taille, cylindriques, vert violacé puis bruns.


Sa valeur esthétique majestueuse en fait un des arbres nationaux du Japon. Il peut atteindre plus de 40m de haut et s'est exporté de façon heureuse dans les parcs et jardins aux mêmes latitudes.

Abies homolepis, montagnes Ohdaiga-hara, Honshu, Japon. Septembre 2013. Tom Christian.


 


Abies lasiocarpa

Sapin subalpin -sapin des Rocheuses 


est une espèce de sapin de la famille des Pinaceae. 

 

Il se compose des sapins subalpins ou sapins des Rocheuses. Ils sont originaires de l'Alaska, et des régions situées entre les états de Washington et de l'Oregon et les Rocheuses. s'étend sur l'ouest de l'Amérique du Nord. 


On le trouve à des altitudes comprises entre 300 et 900 m au nord et entre 2 400 et 3 650 m au sud de sa zone d'expansion. On le retrouve fréquemment au niveau de la limite des arbres.


Le sapin est d'une taille de 18 à 27 mètres mais peut atteindre parfois les 40 à 50 mètres avec un tronc de 1 mètre de diamètre. Leur rusticité leur permet de supporter les températures froides à - 46°C et chaude à 30° C.


L'écorce des jeunes sapins est lisse et grisâtre et devient rugueuse et fissurée sur les vieux arbres. Les aiguilles sont de couleur verte mais avec deux lignes de stomates bleues/blanches au-dessous.


Les cônes orientés vers le haut sont de couleur brun-noirâtre avec une pubescence jaune-brune. Le cône se décompose au début de l'automne pour libérer ses semences.


Dans les jardins, les sapins sont plus petits, mais plus larges. Ils pourront atteindre près de 4,5 à 6 m de largeur dans les régions du nord-ouest. Dans les jardins de Californie, ils poussent très lentement. Leurs aiguilles sont bleu-vert.


Variétés

Il existe trois sortes de sapins subalpins :

- Abies lasiocarpa var. lasiocarpa - Le sapin subalpin côtier dans les régions proches de l'océan Pacifique.

- Abies lasiocarpa var. arizonica (Merriam) Lemmon - Le sapin subalpin Corkbark en Arizona et au Nouveau-Mexique.

Le sapin subalpin des Rocheuses dans les Rocheuses est généralement reconnu comme une espèce à part, Abies bifolia.

Son bois est utilisé en construction et en papeterie. On l'utilise aussi pour en faire des sapins de Noël.

 

Abies lasiocarpa,cônes de graines. Russian Peak, Californie, septembre 2007. Jeff Bisbee.

 

 

 

Abies nordmanniana

Sapin de Nordmann - sapin du Caucase - sapin de Crimée, 


est un sapin de la famille des Pinacées. Cette espèce est originaire des régions tempérées d'Asie occidentale : région du Caucase, Arménie, ainsi qu'au sud et au nord de la mer Noire : Turquie, Crimée.


Il s'agit d'une espèce sciaphile.


Il a été introduit en Europe au milieu du XIX° siècle, par Alexander von Nordmann botaniste suédophone finlandais. 


Il croît dans des forêts de montagne à des altitudes comprises entre 1 000 et 2 000 mètres, sous un climat de type continental relativement humide. Il supporte les sols calcaires, ainsi que la sécheresse.


C'est un grand sapin, au tronc droit et aux branches basses très étalées, pouvant atteindre plus de 60 mètres de haut à l'état naturel. Le diamètre du tronc peut atteindre 2 mètres. 


En culture, il ne dépasse généralement pas les 30 mètres de haut. Sa croissance est très lente. Son écorce est gris brun et lisse. Elle se ride sur les arbres âgés.


C'est une espèce très proche du sapin pectiné (Abies alba), dont elle ne diffère que par quelques caractères secondaires :

- deux bandes claires de stomates sur leur face inférieure, sont un peu plus longues 


La forme arrondie des rameaux due à la disposition des aiguilles,


Les cônes cylindriques sont de couleur brun-rougeâtre, , mais sont plus arrondis. Comme ceux du sapin pectiné, ils sont érigés et se désintègrent à maturité sur l'arbre en libérant les graines ailées, celles-ci étant également un peu plus grosses.


Arbre d'ornement apprécié dans les parcs publics et les grands jardins pour son port plus décoratif que celui du sapin pectiné.


Cette espèce est très utilisée de nos jours en Europe pour la production de sapins de Noël. Le sapin de Nordmann, bien que moins odorant que l'éoicéa, garde longtemps ses aiguilles dans la chaleur des logements, et  sont moins piquantes. 


Son bois blanc, relativement noueux, est utilisé dans le domaine de la construction ainsi que pour la production de pâte à papier.


 



Abies x borisii-regis

Sapin de Bulgarie -sapin du roi Boris - sapin de Macédoine 


est une espèce de la famille des Pinacées. Il est surtout présent dans les montagnes des Balkans. Il est distribué en Albanie, au Nord Grèce, en Macédoine et  au sud de la Bulgarie, de 700 à 1800 m d'altitude.


Ce sapin rustique, atteint au maximum 40 m de hauteur et possède un tronc droit, d’une circonférence de 150 cm. Ses branches principales forment une couronne conique qui a tendance à s’aplatir lorsque l’individu prend de l’âge.

Les branches secondaires sont généralement plus souples et élancées, sauf pour les branches qui portent les cônes, ces dernières étant plus fermes et trapues. 


L’écorce des jeunes arbres est lisse et de couleur grisâtre, alors que celle des individus plus âgés devient rugueuse de couleur brunâtre. 


Les aiguilles sont quant à elles disposées en spirales et insérées sur les rameaux en deux rangées bien distinctes. Les bourgeons sont ovoïdes, bruns et sont persistants (ils restent pendant plusieurs années).


Les cônes femelles ovoïdes ou cylindriques coniques, dressés, et pédonculés vert pourpre pâle, à écailles et bractées saillantes, plus ou moins pendantes ; en groupe près du sommet de l'arbre.

 
Les cônes mâles sont latéraux et possèdent des petites écailles pourpres. Ils ont cependant une couleur plutôt jaune-verdâtre.


Les graines sont en forme de coin et possèdent de petites ailes.
Il est souvent utilisé comme sapin de Noël et son bois peut être employé pour la construction ou la fabrication de matériaux.


 


Abies pinsapo

Sapin d'Andalousie - sapin d’Espagne 


Le sapin d'Espagne est une espèce de la famille des Pinacées originaire d'Espagne. C'est un conifère résineux, originaire de moyennes à hautes montagnes d’Espagne et du Maroc. C’est un arbre qui atteint une taille importante, mais de croissance lente, ce qui explique qu’on le rencontre facilement dans les jardins.


Il a été introduit en France en 1839.


Ces aiguilles sont aplaties, mais plutôt moins aplaties que chez la plupart des sapins. Elles sont bleutées lignées de blanc sur les 2 faces, imbriquées les unes dans les autres le long des rameaux. 


Son écorce grise, lisse quand il est jeune, devient crevassées avec l’âge.
Il est de forme conique régulière durant sa jeunesse, mais devient cylindrique avec une cime tabulaire à maturité. 


Le sapin d’Espagne met généralement plus d’une vingtaine d’année avant de produire des cônes. Mais un individu greffé peut fleurir bien plus rapidement.


Il peut atteindre une trentaine de mètres dans ses montagnes, mais sera plus modeste en culture hors de son milieu naturel. Il peut former plusieurs flèches et porte des branches serrées. Les aiguilles courtes, rigides sont moins aplaties que chez la plupart des sapins, avec de fines bandes blanc bleuté sur les deux faces. Les rayons sont en écouvillon, les bourgeons très résineux. 


Les extrémités des branches du bas forment de minuscules cônes pourpres : les fleurs mâles qui produisent le pollen. Les cônes femelles sont grands, étroits, bien dressés et bruns à maturité et produits plutôt vers le faîte de l'arbre.


La fécondation est assurée par le vent.


Les organes reproducteurs sont de petits cônes apparaissant au printemps. Les cônes mâles ont une couleur pourprée et apparaissent au bout des branches basses.

 
La Chaleur et la sécheresse ne le dérangent pas, mais en revanche ce sapin est fragile à la pollution. Bien qu’il soit d’origines méridionales, Abies pinsapo supporte les gelées jusqu’à -25 C, mais à cette température, les cicatrices du gel peuvent marquer son écorce.


Le sapin d’Espagne se décline dans divers variétés horticoles souvent de plus petit développement et très décoratives, de la forme d’arbre pleureur, à la flèche étroite comme la variété fastigiée, ou encore des cultivars nains, qui apporte de belles formes compactes et géométriques.

 

Son bois distillé produit un goudron végétal.


 

Abies procera

Sapin noble -  sapin de l’Oregon 


est une espèce de sapin de la famille des Pinacées, originaire du nord-ouest de l'Amérique du Nord. C'est un grand sapin au feuillage persistant mesurant généralement de 40 à 70 m de hauteur et 2 m de diamètre, avec une couronne conique étroite. 


Originaire des montagnes de l’Oregon et de Washington, ce sapin bleu est très rustique, ce qui ne l’empêche pas de supporter aussi la sécheresse.


Le sapin bleu, très rustique, est originaire des montagnes de la chaîne des Cascades et des chaînes côtières du Pacifique entre l'extrême nord-ouest de la Californie et l'ouest de l'Oregon et de l'État de Washington, aux États-Unis. C'est un arbre d'altitude, poussant généralement de 300 à 1500 m d'altitude.


Avec sa forme conique, son écorce lisse gris argenté, avec des boules de résine, devenant rouge-brun, rugueuse et fissurée sur les vieux arbres.  


Ses branches bien étagées lorsqu’il est jeune, le sapin noble, comme on l’appelle également, se caractérise surtout par ses aiguilles persistantes gris-vert à bleu-gris vif, rayées très finement de gris au revers, sur 2 rangs, aplaties sur les rameaux et légèrement inclinées vers le bas. Elles sont disposées en spirale sur la tige, mais légèrement tordues pour être au-dessus de la tige. 


Les cônes sont dressés, avec les écailles pourpres presque complètement cachées par les longues bractées jaune-vert ; bruns à maturité, ils se désintégrent pour libérer leurs graines ailées à l'automne.


Le bois de l'arbre est utilisé en construction et en papeterie. On l'utilise aussi pour en faire des sapins de Noël.


Il fait partie des sapins vendus pour devenir des arbres de Noël dans nos intérieurs en décembre.


 


Abies sibirica

Sapin de Sibérie 

 

est une espèce de conifère à feuillage persistant, originaire de la Taïga, soit de la Mongolie, de la Chine, de l'Oural et surtout, de la Sibérie, dans certaines zones montagneuses de la Mongolie et le Heilongjiang au nord de la Chine.


C'est l'espèce de sapin la plus répandue en Russie. Il apprécie l'ombre et il est extrêmement résistant au froid à des températures atteignant -50 °C. dans ces régions. Il pousse essentiellement dans les régions montagneuses et boréales, entre 1900 et 2400 m d'altitude. 


Le sapin de Sibérie atteint 30 à 35 m de hauteur, avec un tronc cylindrique, des branches horizontales démarrant presque au sol et une couronne conique, ce qui lui donne une allure légèrement pyramidale. Le sapin de Sibérie est peu résineux. Il croît lentement au début et dépasse rarement deux cents ans d'âge, car il est exposé aux maladies fongiques. 


Son écorce glabre varie du vert de gris au brun-grisé avec des traces légères de résine typiques des sapins. 


Ses feuilles sont des aiguilles aromatiques, douces, aplaties, de couleur vert-clair sur la face supérieure et avec deux bandes blanches à grises sur la face inférieure.


Il fleurit au mois de mai avec des inflorescences jaunâtres, et ses fruits sont des cônes ou pignes de forme cylindrique, qui brunissent à l'automne avec la maturité. Ces cônes contiennent plusieurs graines en forme de lance.

 
L'huile essentielle que l'on extrait des aiguilles sont utilisées en aromathérapie reconnue pour ses propriétés : spasmolytique - anti–infectieuse des voies respiratoires - décontractante, anti-inflammatoire - apaisante, relaxante - légèrement sédative. 


Son arôme balsamique agrémente eaux de toilette, confiseries et tabacs. 


Son bois doux et léger est exploité pour la pâte à papier, le contreplaqué, la fabrication de mâts, de canots, etc., la fabrication de traverses et de meubles.


 

 

 

Les espèces :

 

Espèces et variétés de sapins :


Comprenant 50 espèces environ de grandes tailles, répandues dans l’hémisphère nord, le sapin compte également de très nombreux cultivars pour les espèces A. concolor, A. alba, A.procera, A. nordmannia, A. koréana... plus adaptés par leur taille réduite à la culture en jardin.

Outre leurs tailles diverses, les sapins se distinguent par la couleur de leur feuillage, la forme et la couleur de leurs cônes et enfin leur port qui peut être pyramidal, conique et étalé ou en boule pour les variétés naines.
 

 

- les Sapins méditerranéens

localisés en Algérie, en Sicile, en Turquie, en Espagne et en Grèce ne résistent pas au grand froid, mais s'adaptent en altitude. 

Abies numidica - Sapin de Numidie -  Sapin d'Algérie - Line


 

- les Sapins d'Asie, 

sont rarement plantés en France.

Abies koreana - sapin de Corée - Lestat (Jan Mehlich)


 


- les Sapins américains, 

dont le sapin de Vancouver et le sapin noble, sont les plus hauts (40-80 m).


 

- Le sapin de Douglas 

n'est pas du genre des sapins, mais des Pseudotsugas.

 

 

Picea abies (L.) H.Karst.

Epicéa - sapin rouge

 

Pesse, Pin pleureur, Sapin à poix, Sapinette

- Du latin pix : poix (poisseux),

- et abies pour sa ressemblance avec le sapin.

Traditionnel sapin de Noël, c'est l'Essence forestière principale, conifère le plus répandu en Europe, une des essence les plus utilisées pour le reboisement et l'exploitation.

Son Bois apte à toutes sortes d’emploi, résine utilisée pour la préparation de l’essence de térébenthine, écorce aux propriétés antiseptique, balsamique, expectorant, sédatif, antiphlogistique et antibiotique.

 

 

Les sapins de Noel


Le plus parfumé :

Picea excelsa ou Epicea

Reconnaissable à sa forme conique, il est doté d’aiguilles fines et dures de couleur vert foncé. Parfait pour recréer la magie de Noel grâce à son parfum puissant qui compensera sa perte d’aiguilles.  Installez le une dizaine de jours avant les fêtes seulement pour profiter de son odeur intense.

 

 

Le plus beau :

abies nobilis ou Sapin noble


Sa jolie couleur verte bleuté et son écorce gris argenté apportent une touche des plus esthétiques. Ses aiguilles sont douces et tiennent longtemps sur l’arbre, elles dégagent de surcroit une odeur de résine fort agréable.  Son port pyramidal et ses branches rigides seront idéales pour supporter de nombreuses décorations.

 

Les alternatives :

abies fraseri ou Sapin de Fraser, picea omorika ou Sapin de Serbie

Abies fraseri possède une forme conique et un parfum légèrement citronné. Ses branches robustes et fournies, ses aiguilles restant longtemps en place, il est tout à fait adapté à la période de Noel.

 

Picea Omorika

possède des reflets argentés qui le mettent en valeur. Ses branches courtes se redressent à leur extrémité : parfait pour y accrocher de nombreuses décorations d’autant que son feuillage est dense. Sa forme conique est idéale pour les emplacements restreints. C’est celui qui supportera le mieux d’être replanté.

 

 

 

Mythologie grecque, 

 

 

Le sapin argenté et Le sapin blanc était sacré pour Artémis (Diane), déesse de la lune protectrice des naissances.


Les végétaux attribués à Artémis sont la myrte, le sapin blanc, l'amarante, le cyprès, le cèdre, le noisetier, le saule, la marguerite, l'armoise commune, le palmier dattier et le noyer.

 

denier frappé par Publius Accoleius Lariscolus en septembre-décembre 43 avant J.-C., représentant Diana Nemorensis 


 

Cénée - '(Caénis, Caéenus (kaineus)

Caénis (Kaineus), originaire de Gyrtone en  Thessalie, fille du roi lapithe nomméé le plus souvent Élatos, le Sapin ou Koronos, un jour qu'elle se promenait sur le rivage de la mer, est violée par Poséidon, qui pour prix de son plaisir lui accorde un vœu. Caénis fait alors le souhait de devenir un homme.  Caenis (Kaineus) devint homme, et à cette faveur, le dieu en joignit une autre, le privilège d'être invulnérable.. 


Après avoir tué plusieurs ennemis, sans jamais être blessé, il fut frappé par de vers rameaux de sapin, enseveli sous un amas de troncs d'épicéas que ses ennemis lui jetèrent dessus, Kaineus fendit le sol d'un coup de pied et disparut sous terre.

 
On vit tout d'un coup sortir de dessous les arbres un oiseau couvert de plumes jaunes ; il s'envola ; c'était Caénis (Kaineus)  que Poséidon avait ainsi métamorphosé.

Cénée et les Centaures. Gravure de Bauer pour les Métamorphoses d'Ovide, livre XII, 470-535.


 

 


Penthée,

Penthée, fils d’Échion (l’un des Spartes), et d’Agavé (fille de Cadmos), est roi de Thèbes.


Successeur de Cadmos sur le trône de Thèbes, il s’oppose à l’introduction du culte dionysiaque dans son royaume. Alors qu’il est caché en haut d'un sapin du mont Cithéron pour épier la bacchanale, il est découvert et précipité du fâite sur la terrei mis en pièces par les ménades, à la tête desquelles figure sa propre mère Agavé et ses deux tantes, Ino et Autonoé. 


Les Baccantes
Euripide ( v.  480 av. J.-C. - 406 av. J.C. ) Grand tragique de l'Athènes classique, 

Penthée Thèbes Bacchantes - Léonard Gaultier Gravure XVIIe


 

 

 

Mythologie greco Romaine

 


Dès l'antiquité romaine, lors des fêtes Saturnales, célébrations d'origine agricole en hommage au dieu Saturne (Cronos dans la mythologie grecque), père de Jupiter, on décorait sa maison avec des branches de conifères, et verdure persistante. 


Une fête qui durait une semaine, du 17 au 24 décembre, autour du solstice d'hiver, et pendant laquelle la hiérarchie maître/escale était suspendue, aucune guerre ne pouvait être déclarée et aucun condamné exécuté. Pendant sept jours, les tribunaux et écoles étaient fermés, et on s'offrait des cadeaux symboliques tout en savourant de délicieux repas sur de grandes tablées, sans distinction de "classes sociales".
 

 

 

Mythologie celtique, 


 

Dans l’astrologie celtique, Le sapin signifie "le mystérieux". 

Les Celtes avaient pour habitude d’associer chaque mois lunaire à un arbre. L’épicéa, symbole de l’enfantement, aurait été choisi pour le mois de décembre.

Pour eux, cette période correspondait à la renaissance du Soleil. 


 

 

 

Mythologie nordique 


Fête de Yule


Lors des festivités de Yule, il était alors d’usage de choisir un Epicéa majestueux dans la forêt et de le décorer de chandelles, de fruits, de fleurs et de blé en présents au Soleil Nouveau Né.


Une étoile de paille était placée en haut du sapin, symbolisant l’étoile polaire, boussole pour retrouver son chemin.


C’est le dieu ase Heimdall qui venait, dans la nuit, visiter chaque foyer, et déposait des cadeaux  au pied du sapin à ceux avaient été sages pendant l’année, 


 

 

 

Les arbres verts (à feuillage persistant)
dont le sapin  dans la religion  

 

Pour certaines religions comme le christianisme, certains versets bibliques parlent de l'idolâtrie du peuple hébreux qui avait tendance à imiter les cultures "païennes" étrangères aux coutumes Hébraïques et qui adoraient d'autres dieux, finissaient eux aussi par adorer ces autres dieux ou idoles.

 

On trouve des passages bibliques faisant références aux arbres verts, ces arbres au feuillage persistant qui étaient utilisés pour les rites aux dieux, quelles soient de prospérité, de fertilité ou autre. Ces offrandes ou sacrifices permettaient d'invoquer et d'obtenir la faveur des dieux invoqués


Extraits bibliques :  

 

- Livre de Deutéronome 12.2

 "Vous détruirez tous les lieux où les nations que vous allez chasser servent leurs dieux, sur les hautes montagnes, sur les collines, et sous tout arbre vert."

 

- Livre de Deutéronome 16:21

"Tu ne fixeras aucune idole de bois à côté de l'autel que tu élèveras à l'Éternel, ton Dieu."

 

- Livre des 2 Rois 16.4 

"Il offrait des sacrifices et des parfums sur les hauts lieux, sur les collines et sous tout arbre vert.

 

- Livre de Chroniques 2.4

"Il offrait des sacrifices et des parfums sur les hauts lieux, sur les collines et sous tout arbre vert."

 

- Livre de Jérémie 2.20 

"Tu as dès longtemps brisé ton joug, Rompu tes liens, Et tu as dit: Je ne veux plus être dans la servitude! Mais sur toute colline élevée Et sous tout arbre vert Tu t'es courbée comme une prostituée."

 

 

- Livre Ezechiel 6:13 

"Et vous saurez que je suis l'Éternel, Quand leurs morts seront au milieu de leurs idoles, Autour de leurs autels, Sur toute colline élevée, sur tous les sommets des montagnes, Sous tout arbre vert, sous tout chêne touffu, Là où ils offraient des parfums d'une agréable odeur A toutes leurs idoles."

 

- Livre de Jérémie 3:6 

"L'Éternel me dit, au temps du roi Josias : As-tu vu ce qu'a fait l'infidèle Israël ? Elle est allée sur toute montagne élevée et sous tout arbre vert, et là elle s'est prostituée."

 

- Livre de Jeremie 10:2-6
"Ainsi parle l’Eternel : n’imitez pas la voie des nations… Car les coutumes des peuples ne sont que vanité, on coupe le bois dans la forêt; la main de l’ouvrier le travaille avec la hache; on l’embellit avec de l’argent et de l’or, on le fixe avec des clous et des marteaux, pour qu’il ne branle pas."

 

 

 

Mythe du sapin dans la religion chrétienne

 

Saint Colomban

On raconte que Saint Colomban de Luxeuil (540-615), moine irlandais ayant beaucoup voyagé en Gaule, un soir de Noël, il aurait emmené quelques religieux du monastère de Luxeuil, fondé par lui au pied des Vosges en 590, au sommet d’une montagne.

Là se trouvait un très vieux sapin, objet d’un culte païen. 

Chez les Celtes, l’épicéa était en effet considéré comme "l’arbre de l’enfantement". Colomban et ses compagnons auraient alors accroché leurs lanternes aux branches de l’arbre, de manière à dessiner une croix lumineuse. 

 

 

Saint Boniface 

 

A la fin du VII° siècle, aux environs de Geismar, un Moine évangélisateur Allemand , Saint Boniface (né en 680), voulant convaincre les druides germains, prononce un sermon sur la Nativité  , que le chêne n’était pas un arbre sacré, comme les rites païens les ont conduits à croire. Il le prouva en abattant un arbre de chêne bien droit.

 
"En tombant, le grand chêne écrasa tout ce qui se trouvait sur son passage, chaque arbuste,  à l’exception d’un jeune sapin.

Saint Boniface qualifia cette survie surprenante de miracle, et déclara dans sa même prédication : 

... Désormais, nous appellerons cet arbre, l’arbre de l’Enfant Jésus...
Depuis, on plante en Allemagne de jeunes sapins pour célébrer la naissance du Christ."


De nombreux documents attesteraient le fait que les sapins qui étaient à l’extérieur ainsi que ceux qui étaient portés dans les maisons étaient décorés avec dévouement et zèle religieux au XVIe siècle dans le but de commémorer l’événement miraculeux de Saint- Boniface en Allemagne. 

 


 

Un officier suédois, blessé près de Lützen et ensuite soigné, aurait remercié en célébrant une fête de Noël. Pour cela, il aurait dressé un arbre décoré avec des luminaires – comme il était de coutume dans son pays d’origine. 

 

Martin Luther (1483-1546)


Au XVIe siècle, il était coutume que les enfants reçoivent des cadeaux le 6 décembre. Dans la plupart des cas, il s’agissait de petites friandises, de pommes ou de noix. Celui qui apportait les cadeaux ce jour-là était Saint Nicolas. 

Martin Luther réformateur protestant, aurait alors offert un sapin à ses enfants le jour de la veille de Noël pour qu’ils se souviennent des merveilles de Dieu. Il fut le premier à mettre des lumières sur un arbre de Noël en apposant des bougies allumées sur ses branches pour imiter un scintillement d’étoiles dans une forêt de sapins.

Luther voyait le culte de saint Nicolas comme une chose infantile, il a introduit un autre personnage dans la distribution des cadeaux. Dans un de ses discours de table transmis, il aurait demandé à sa fille Magdalena : Petite Lena, qu’est-ce que le Christ saint va t’offrir ?

Avec l’importance grandissante de l’Enfant Jésus, la plupart des cadeaux ont été offerts à Noël et plus à la Saint-Nicolas.

Il y a des œuvres d’art qui montrent Luther en famille pour Noël. Un conifère orné de bougies y est représenté. 

 

Martin Luther (1483-1546) avec sa femme Katharina, et ses enfants à Wittenberg pour Noël 1536 
Gravure allemande XIX° siècle


 

 

Décorations


Vers 1520, on décorait les arbres avec des confiseries, des pommes et même des petits gâteaux (oublies) et on plaçait déjà, à cette époque, une étoile au sommet pour rappeler celle de Bethléem. 

 

Le Christbaum qui signifie “l’arbre du Christ” était une tradition bien ancrée qui s’était établie de façon permanente et s’est propagée dans d’autres parties de l’Europe occidentale dans les années 1700. 

 

Hans Christian Andersen (1805-1875) poète et auteur danois .

 

Conte 
 

Le sapin


L'histoire parle d'un sapin si impatient de grandir, si anxieux pour découvrir de plus grandes choses, qu'il n'apprécie l'instant présent. Le conte a été publié pour la première fois le 21 décembre 1844 avec La Reine des neiges, dans Nouveaux Contes, premier tome, deuxième collection, à Copenhague, au Danemark, par C. A. Reitzel. Un érudit (le biographe d'Andersen Jackie Wullschlager) indique que Le Sapin a été le premier des contes de fées d'Andersen à exprimer un profond pessimisme.

 

Résumé
Dans les bois se dresse un petit sapin. Il est pressé de grandir et très embarrassé lorsqu'un lièvre saute sur lui, acte qui souligne sa petite taille. Les femmes l'appellent le bébé de la forêt et encore une fois, il est gêné et frustré. Une cigogne lui raconte avoir vu de vieux arbres être abattus puis utilisés comme mâts de navire. Comme le petit arbre les envie ! A l'automne, les arbres voisins sont abattus et les moineaux racontent au petit sapin les avoir vu décorer les maisons.

Un jour, alors qu'il était encore dans sa jeunesse, le sapin est coupé pour Noël. Il est acheté, transporté dans une maison, décoré et, la veille de Noël, illuminé de bougies, de pommes colorées, de jouets et de paniers de bonbons. Une étoile d'or surmonte l'arbre. Les enfants entrent et pillent l'arbre de ses bonbons et de ses cadeaux, puis écoutent un petit homme raconter l'histoire de 'Klumpe-Dumpe' qui est tombé en bas, et pourtant a été élevé aux grands honneurs, et a obtenu la main de la princesse.

Le lendemain, le sapin s'attend à ce que les festivités reprennent, mais des serviteurs descendent l'arbre et le portent dans le grenier. L'arbre est seul et déçu, mais les souris se rassemblent pour entendre l'arbre réciter l'histoire de Klumpe-Dumpe. Les rats arrivent et, lorsqu'ils déprécient l'histoire simple, les souris partent et ne reviennent pas. Au printemps, le sapin - maintenant flétri et décoloré - est transporté dans la cour. Un garçon marche sur l'arbre et prend l'étoile de sa branche la plus haute. Le sapin est ensuite coupé en morceaux et brûlé.

 

 

 

La légende du Sapin

 

Hermann Joseph Troxler, Thierry Chapeau. 
éditions du Bastberg, 1996


Autrefois, tous les arbres de la forêt conservaient leurs feuilles à l'approche de l'hiver. Aujourd'hui, seul le sapin reste vert à la mauvaise saison.

Aux alentours de Noël, un petit oiseau ne put s'envoler vers les pays chauds, car son aile était brisée. Comment allait-il résister à la rigueur de l'hiver ?

Tremblant de froid, il s'abrite dans le feuillage d'un gros chêne.

Le chêne refuse de l'accueillir :

"Va-t-en, tu vas manger tous mes glands" dit-il.

Malgré la neige, il quitte le gros arbre pour se réfugier dans les branches du hêtre touffu.

"Ne reste pas là, tu vas picorer mes faines" dit-il.

Le petit oiseau terrifié s'échappe pour se cacher dans un bouleau qui le chasse sans tarder :

"Je ne veux pas de toi, tu vas salir mes branches".

Repoussé par tous les arbres, le petit oiseau se couche dans la neige pour mourir.

Il voit soudain à quelques pas de là un sapin qui lui fait signe. Les ailes engourdies par le froid, il se traîne vers le sapin.

"Ici, tu ne crains rien, je te protègerai" lui dit-il.

La veille de Noël, un vent terrible souffla sur la forêt.

Tous les arbres perdirent leurs feuilles sous la force du vent. Seul le sapin conserva son feuillage, car il avait accueilli le petit oiseau malade.

Voilà pourquoi le sapin est aujourd'hui l'arbre de Noël, généreux et protecteur, autour duquel nous nous réunissons.

 

 

 

Il y a 49 millions d'années

 

Les strates fossilifères de la Formation ont été datées par radiométrie , pour donner une estimation de l' Yprésien , le stade intermédiaire de l'Éocène inférieur, il y a environ 49,4  millions d'années ,qui a été révisé à une estimation d'âge la plus ancienne. d'il y a 51,2 millions d'années, basé sur les données isotopiques du zircon détritique publiées en 2021. 


Formation de Klondike Mountain (formation géologique de l' Éocène inférieur "Yprésien" ) , à l'ouest de Curlew, Washington, USA.

Collection du Centre d'interprétation Stonerose 

Eocène, 49 millions d'années, "site sans nom", 

Le plus vieux sapin véritable décrit

Feuillage "d' Abies milleri" 

Une section de brindille de 3 cm de haut avec des aiguilles et montrant des cicatrices d'aiguilles circulaires distinctes.


 Abies milleri - fossile - brindille de 3 cm - Eocène - Kevmin  

 

 

Formation de Klondike Mountain, Republic, Ferry County, Washington, USA, 

Collection du centre d'interprétation Stonerose

Eocène, Yprésien, 49 millions d'années. 

Une graine d'aile d' Abies milleri de 2,4 cm de long .


 Abies milleri - fossile graine aile de 2,4 cm -  Eocène - Kevmin 


 

 

 

XX° siècle av. J.C. - XIII° siècle av. J. -C 

 


A l’époque pré-chrétienne en Egypte, les arbres à feuilles persistantes étaient abattus, choisis pour leur vertu à rester frais et vert à travers les quatre saisons, symbolisant l’immortalité et donc la fertilité, montés et décorés avec des offrandes de nourriture et de précieux cadeaux à leurs dieux païens. Le dieu Rê (Râ) était également fortement associé au jour de l'an.


Les prêtres égyptiens enseignant que les arbres à feuilles persistantes sont nés de la tombe de leur dieu Osiris qui a été ressuscité par l’énergie d’un arbre à feuilles persistantes après avoir été tué par un autre dieu.
 

 


A cette époque, on parlait déjà d’un arbre (L’épicéa, arbre de l’enfantement), le jour du 24 décembre, puisqu’on considérait ce jour comme la renaissance du soleil. 

Les celtes avaient adopté un calendrier basé sur les cycles lunaires. À chaque mois lunaire était associé un arbre, l’épicéa fut celui du 24 décembre.

Pour le rite païen du solstice d’hiver, un arbre symbole de vie était décoré avec des fruits, des fleurs et du blé.


 


 

I° siècle av.  J.C. 

 

Dans l’empire romain, la date du 25 décembre – qui correspondait alors au solstice – marquait la fête de la divinité solaire Sol Invictus. Elle était elle-même précédée de la semaine des Saturnales, célébrant Saturne, dieu de l’agriculture pendant laquelle il était d’usage de… s’échanger des cadeaux.

Les Romains outre le houx, le lierre, décoraient aussi pour l’occasion leurs maisons avec des branches de conifères. 
 

 

 

V° - VI° siècle

 

 

On raconte qu'en 590,  Saint Colomban de Luxeuil (540-615), moine irlandais, accompagné de ses compagnons, arrivé au sommet d'une montagne, auraient alors accroché leurs lanternes aux branches d'un grand sapin, de manière à dessiner une croix lumineuse. 

 

 

 

VII° siècle

 

A la fin du VII° siècle, aux environs de Geismar, un Moine évangélisateur Allemand , Saint Boniface de Mayence (vers 675 -754), voulant convaincre les druides germains, prononce un sermon sur la Nativité, que le chêne n’était pas un arbre sacré, comme les rites païens les ont conduits à croire. Il le prouva en abattant un arbre de chêne bien droit. Un petit sapin ne fut pas écrasé, et Saint Boniface déclara que ce serait "l'arbre de Jésus christ".

 

 

 

XV° siècle XVI° siècle

 

La ville de Riga, capitale de la Lettonie, revendique officiellement, la paternité du premier sapin de Noël. Il aurait été installé en 1510, par une guilde de marchands. D’abord destiné à être brûlé pour le solstice, il aurait finalement été préservé, décoré et érigé sur la place du marché de la ville pour célébrer Noël. Aujourd’hui encore, une dalle de pierre en signale l’emplacement.

 

 


Plus vraisemblablement, on peut dater l’apparition de la tradition du sapin de Noël au XVe siècle, dans les pays germaniques. 


Dès le XV° siècle, dans l’Occident médiéval, il était fréquent de jouer sur le parvis des églises, de scènes de la Bible, dont le récit du jardin d’Éden, notamment à l’occasion des grandes fêtes liturgiques. "Devant la difficulté de trouver un pommier avec ses fruits en plein décembre, on choisit alors un sapin". 
Les premières parures furent d’abord comestibles avec des pommes rouges, rappelant les fruits défendus de l’arbre du jardin d’Éden, puis des noix ou de "oublies" petits gateaux minces et de forme ronde, préparés à partir de farine et d'eau, de lait ou de vin blanc, d'œuf, de sucre ou parfois de miel, (destinés à rappeler l'hostie. On trouvait également des petits personnages, des poupées de chiffon et des rubans ou des papiers colorés... 


Les artisans lyonnais ont commencer à cette époque à réaliser des lamettas (clinquant, franges de métal étroites, minces et scintillantes). 


La toute première mention écrite de cette coutume remonte à 1521, dans un livre de comptes de la ville de Sélestat (Bas-Rhin), appartenant à l’époque au Saint-Empire romain germanique. 


Ce registre indique cette dépense :

"Quatre schillings aux gardes forestiers pour surveiller les mais à partir de la Saint Thomas". On payait donc les garde-forestiers pour empêcher l’abattage sauvage des "mais" (de l’alémanique meyen, "arbres festifs"). 
Quant à Saint Thomas, il se fêtait alors le 21 décembre. Pour la ville, l’interprétation ne fait aucun doute : "si la ville de Sélestat doit ainsi protéger sa forêt en prévoyant une telle dépense, il est à supposer que le fait de décorer un arbre à cette époque de l’année était relativement courant et faisait partie des coutumes". 

 


 

Christofle de Beaujeu (né en 1550) poète français de la fin du XVI° siècle

 

Je ne suis plus celui qui sous l'ombre plaisante

Je ne suis plus celui qui sous l'ombre plaisante

D'un beau rang de sapins, tout seul se promenait,

Un luth dessous son bras, qui doucement sonnait,

Me délivrant d'ennui, et de douleur cuisante :

Mais je suis bien celui qui non tant se contente

A plaidasser ici, heureux qui ne connaît

Procureurs ni procès, ains qui tout libre voit

Aux champs, à force d'yeux, tout ce qui se présente.

 

Ô que j'étais'heureux, exempt de toutes peines,

Etant dessus les bords de ces vives fontaines,

Ou à l'ombre plaisant d'un sapin tout nouveau !

 

Et puis comme lassé d'être voisin des nues,

Je venais contempler un cent de filles nues

Qui se baignaient au lac, jusqu'aux tétins en l'eau.

Paul Cezanne - les trois baigneuses

 

 

Siméon-Guillaume de La Roque (1551-1611) poète baroque français.


Complainte


...Je me plais au travail que sans cesse j'endure,

Avec ces hauts sapins mon désir se mesure

Et s'accroît tous les jours...
 


 

L'étoile n'apparaitra quant à elle qu'en 1560, signe distinctif des célébrations protestantes, pour faire la différence avec les célébrations catholiques. Un symbole correspondant à l'étoile de Bethléem, étoile ayant guidé les Rois Mages jusqu'au Christ. 
 

 

 

Pour sauver les forêts de la destruction complète de religieux fanatiques chrétiens, un décret a été émis par Ammerschwihr, en Alsace en 1561, qui proclame que :


"nul ne peut avoir pour Noël plus d’un arbuste". 


Les premiers comptes rendus des décorations de sapins de Noël décrivent des roses découpées dans du papier de couleur, des pommes, des gaufres, des cadeaux et du sucre.

 

 

XVII° siècle

 


Au début du XVIIe siècle, ces deux traditions semblent s’être confondues, 


Au cours du XVIIème apparaissent les premiers sapins illuminés, éclairés de bougies ou chandelles, souvent au nombre de douze, une pour chaque mois de l'année. 


On utilisait des coquilles de noix remplies d’huile à la surface desquelles des mèches flottaient ou des chandelles souples nouées autour des branches.

La plus ancienne mention de l’arbre de Noël comme sapin entier se trouve dans une description des usages de la ville de Strasbourg, en 1605. On y lit le passage suivant :

"Pour Noël, il est d’usage, à Strasbourg, d’élever des sapins dans les maisons ; on y attache des roses en papier de diverses couleurs, des pommes, des hosties coloriées, du sucre, etc."

Un autre témoignage de l’existence du sapin décoré pour Noël se retrouve dans l’Essence du Catéchisme que publia en 1642-1646 le pasteur protestant Dannhauer, de Strasbourg.

Il constate que depuis quelque temps, en Alsace, on suspend, à la Noël, pour la récréation des enfants, des bonbons et des jouets aux branches d’un sapin. Il déclare qu’il ignore d’où cet usage, qu’il blâme fortement, a pu tirer son origine.
 

 

 

 

XVIII° siècle

 

 

C’est en 1738 que Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, roi de France, aurait installé un sapin de noël dans le château de Versailles.

 

On trouva par la suite de plus en plus d’arbres de Noël particulièrement en Alsace-Lorraine, où existait déjà la tradition du sapin.
 

 


André Chénier (1762-1794) poète et journaliste français

 

Hercule

 

Il brise tes forêts : ta cime épaisse et sombre

En un bûcher immense amoncelle sans nombre

Les sapins résineux que son bras a ployés.
 

 

 


En 1765, Goethe se trouvant à Leipsig, chez un ami, exprime la surprise que lui cause le spectacle d’un arbre de Noël qu’il voyait pour la première fois.


Au XVIII° siècle, la coutume strasbourgeoise se répandit dans toute l’Allemagne, et de là, gagna les contrées du Nord : la Pologne, la Russie, le Danemark, la Suède et la Norvège. En Scandinavie, une touchante coutume se rattache à celle de l’arbre de Noël : c’est le "repas des oiseaux".

L’arbre de Noël est planté dans la neige, devant la porte du logis, et on le saupoudre de grain. Aussitôt les oiseaux se précipitent dans les branches du sapin symbolique et s’en donne à cœur joie de picorer. C’est pour elle, en cette rude saison, une rare bonne fortune... 

 

 

 

XIX° siècle

 

1821


Le sapin de Noël et ses décorations habituelles ont été très probablement introduits en Amérique en 1821 par les Allemands de Pennsylvanie. 


Ce fait est affirmé dans un journal ayant appartenu à Matthew Zahm de Lancaster, en Pennsylvanie dans son article qui est daté du 20 Décembre 1821 où il parle de l’arbre de Noël et de ses nombreuses décorations. 
Jusqu’à présent, il s’agit de la première mention écrite associée à des sapins de Noël qui ait jamais été trouvé en Amérique.

 

 

Tome 1. Par F.s André-Michaux,... Bessa, del. Gabriel sc.. 

François-André (1770-1855). Auteur du texte
...Histoire des arbres forestiers de l'Amérique septentrionale, considérés principalement sous les rapports de leur usage dans les arts et de leur introduction dans le commerce, ainsi que d'après les avantages qu'ils peuvent offrir aux gouvernements en Europe et aux personnes qui veulent former de grandes plantations... 

 

 

1824

chant de Noël d'origine allemande - O Tannenbaum, o Tannenbaum - Traduction de la version de 1824 -  Ô sapin, ô sapin

 

 

Ô sapin, ô sapin

 

Ô sapin, ô sapin

Comme tes feuilles sont fidèles !

Tu ne verdis pas seulement en été

Mais aussi en hiver quand il neige

Ô sapin, ô sapin

Comme tes feuilles sont vertes !

 

Ô sapin, ô sapin

Tu sais beaucoup me plaire !

Que de fois, à Noël,

Un arbre comme toi m'a réjoui !

Ô sapin, ô sapin

Tu sais beaucoup me plaire !

 

Ô sapin, ô sapin

Ton habit veut m'enseigner quelque chose

Espoir et stabilité

Il donne tout le temps courage et force

Ô sapin, ô sapin

Ton habit veut m'enseigner quelque chose

 

 

 

Histoire des arbres forestiers

François-André Michaux (1770-1855).

Abis canadensis 


 

 

Amable Tastu (1798-1885)   femme de lettres française, poétesse et librettiste.

Recueil : Poésies (1826).


 

Les saisons du Nord

 

Connaissez-vous ces bords qu'arrose la Baltique,

Et dont les souvenirs, aimés du Barde antique,

Ont réveillé la harpe amante des torrents ?

Connaissez-vous ces champs qu'un long hiver assiège,

L'orgueil des noirs sapins que respecte la neige,

Ces rocs couverts de mousse et ces lacs transparents ?
 

 

 

L’arbre de Noël fait son apparition à Paris, en 1837, grâce à la duchesse d’Orléans Hélène de Mecklembourg, duchesse d’Orléans. Mais ce fut un échec, les parisiens y voyant des habitudes protestantes. 

 

 

Le sapin Nordmann a été introduit en Europe au milieu du XIX° siècle. C'est Alexander von Nordmann botaniste suédophone finlandais, sujet de l'Empire russe, qui découvrit cet arbre dans le Caucase (dans l'actuelle Géorgie) alors qu'il enseignait l'histoire naturelle à Odessa, aujourd'hui en Ukraine. Il en fit parvenir les premières graines en 1838.


 

 

1844

C'est au XIX° siècle que la tradition, dans sa forme actuelle, a réellement franchi les frontières du monde germanique et gagné l’ensemble de l’Europe par le biais de l’aristocratie. 


En Angleterre,  le prince Albert de Saxe-Cobourg Gotha, né en Allemagne, mari de la reine Victoria, a importé la tradition du sapin de Noël  en 1844. 
Des illustrations de journaux de l’époque représentent ainsi la famille royale devant un arbre de Noël richement décoré. On y aperçoit notamment de très nombreuses bougies. Héritières des lumières du solstice.

Illustration datant de décembre 1848, représente la reine Victoria, le prince Albert et leurs enfants admirant un sapin de Noël

 

 

Pierre Baour-Lormian (1770-1854)  poète et écrivain français, membre de l’Académie française.


Hymne au soleil


Sous les coups réunis de l'âge et des autans

Tombe du haut sapin la tête échevelée ;

 

 

Alfred de Vigny (1797-1863) écrivain, romancier, dramaturge et poète français.

La mort du loup


Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,

Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,

Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,

Nous avons aperçu les grands ongles marqués

Par les loups voyageurs que nous avions traqués.

 

 


Alfred de Musset (1810-1857) Poète, dramaturge et écrivain français de la période romantique, 


Souvenir


Les voilà, ces sapins à la sombre verdure,

Cette gorge profonde aux nonchalants détours,

Ces sauvages amis, dont l'antique murmure

A bercé mes beaux jours.
 

 

 

1856

 

"O Tannenbaum"- traduction Laurent Delcasso (1797-1887), recteur de l’académie de Strasbourg - Mon beau sapin 

Mon beau sapin est un chant de Noël d'origine allemande. Son titre original est : O Tannenbaum. La version la plus célèbre est basée sur une musique traditionnelle et un texte de 1824 composé en allemand par Ernst Anschütz, organiste et professeur à Leipzig, Royaume de Prusse. La première version connue des paroles date de 1550, une autre version a été composée en 1615 par Melchior Franck. 


Cette chanson a été traduite dans de nombreuses langues. 


Elle a été publiée en 1856 à Strasbourg dans un recueil de chants populaires allemands librement traduits pour le public scolaire français. Les paroles sont de Laurent Delcasso (1797-1887), recteur de l’académie de Strasbourg. Elles sont accompagnées d’une partition de la mélodie arrangée pour deux voix par Pierre Gross (1823-1867), maître adjoint à l’école normale de Strasbourg.


Le Sapin

 

Mon beau sapin, roi des forêts,

Que j’aime ta verdure !

Quand par l’hiver bois et guérets

Sont dépouillés de leurs attraits,

Mon beau sapin, roi des forêts,

Tu gardes ta parure.

 

Toi que Noël Planta chez nous,

Au saint anniversaire,

Joli sapin, comme ils sont doux

Et tes bonbons et tes joujoux,

Toi que Noël planta chez nous

Par les mains de ma mère.

 

Mon beau sapin, tes verts sommets,

Et leur fidèle ombrage,

De la foi qui ne ment jamais,

De la constance et de la paix,

Mon beau sapin, tes verts sommets,

M'offrent la douce image.
 

La fête de Noël. Illustration extraite de Beaux jours et fêtes des petits enfants,

 

 

Louise Ackermann (1813-1890) poétesse française.

Recueil : Contes et poésies (1863).


In memoriam (I)

 

Hélas ! avec l'amour ont disparu ses charmes ;

Et sous ces grands sapins, au bord des lacs brumeux,

Je verrais se lever comme un fantôme en larmes

L'ombre des jours heureux.
 

 

 

Cette tradition se généralisera en fait après la guerre de 1870 dans tout le pays grâce aux immigrés d’Alsace-Lorraine qui firent largement connaître la tradition de l’arbre de Noël aux Français.


Mais ce sont les Alsaciens qui, en émigrant en France après la guerre de 1870, en ont véritablement répandu l’usage dans les foyers français.

 

 

Gravure du XIXe siècle

Noël dans la famille de Luther 


 

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français,


Nous


Pas plus que le sapin ne cesse d'être vert,

Pas plus que le soleil ne renonce au solstice,

Nous n'oublions l'honneur, le droit et la justice ;

 

Henri Durand (1818-1842) Poète vaudois de langue 

Recueil : Poésies complètes (1858).

 


Sous le sapin.


Quand je m'assieds sous le sapin,

Grave et seul dans ma rêverie,

J'oublierais là soir et matin

Tout, jusqu'aux fleurs de la prairie,

Sous le sapin.

 

J'écoute aux branches du sapin

Le souffle des airs, à toute heure

Murmurant une hymne sans fin,

Harpe des bois qui chante et pleure

Sous le sapin.

 

Je vois le ciel sous le sapin

A travers le sombre feuillage

Sur lequel l'hiver passe en vain,

Et je songe aux hivers de l'âge

Sous le sapin.

 

Lors je me dis, sous le sapin :

Les fleurs de l'herbe sont bien belles,

Mais durent à peine un matin ;

Cherchons les beautés éternelles

Sous le sapin.

 

Je voudrais, comme le sapin,

Me voiler d'un feuillage austère,

Et, cherchant en haut mon chemin,

Laisser mon ombre seule à terre

Sous le sapin

 

Car on m'a dit, sous le sapin,

Toute notre gloire mortelle

Pour l'âme est un rêve trop vain

Et doit dormir un jour sans elle

Sous le sapin.

 

Toi donc qui viens sous le sapin,

Regarde-moi sans trop sourire !

Et donne-moi ta douce main ;

Je n'ai plus qu'un mot à te dire

Sous le sapin.

 

Crois-moi, crois-moi, sous le sapin !

Tu sais combien mon âme t'aime ;

Mais notre amour, qu'il soit divin

Et qu'il s'appuie au tronc suprême

Sous le sapin.
 

 



 

 

Charles Dickens (1812- 1870) considéré comme le plus grand romancier de l'époque victorienne. Dès ses premiers écrits, il est devenu immensément célèbre, sa popularité ne cessant de croître au fil de ses publications.


..."Cet arbre, planté au milieu d’une large table ronde et s’élevant au-dessus de la tête des enfants, est magnifiquement illuminé par une multitude de petites bougies et tout garni d’objets étincelants.

Il y a des poupées aux joues roses qui se cachent derrière les feuilles vertes, il y a des montres, de vraies montres, ou du moins avec des aiguilles mobiles, de ces montres qu’on peut remonter continuellement ; il y a de petites tables vernies, de petites armoires et autres meubles en miniature qui semblent préparés pour le nouveau ménage d’une fée ; il y a de petits hommes à face réjouie, beaucoup plus agréables à voir que bien des hommes réels - car si vous leur ôtiez la tête, vous les trouveriez pleins de dragées.

- Il y a des violons et des tambours, des livres, des boîtes à ouvrage, des boîtes de bonbons... toutes sortes de boîtes ; il y a des toutous, des sabots, des toupies, des étuis à aiguilles, des essuie-plumes et des imitations de pommes, de poires et de noix, contenant des surprises. Bref, comme le disait tout bas devant moi un charmant enfant à un autre charmant enfant, son meilleur ami : Il y avait de tout et plus encore ! ..."


 

 

 

1872

Johan Georg Otto von Rosen (1843-1923)  peintre suédois

Le marché de Noël 


 

 

 

François Coppée (1842-1908) Poète français  

Recueil : Les Humbles (1872).

 

Le sapin de Noël

 

Joujoux d'Allemagne.

L'odeur de ces joujoux mal taillés et mal peints

M'a permis de courir tes déserts de sapins,

Et j'ai connu ton ombre immense, ô forêt Noire !

 

 


Paul Verlaine (1844-1896) écrivain et poète français 

Recueil : Amour (1888).


Bournemouth


Le long bois de sapins se tord jusqu'au rivage,

L'étroit bois de sapins, de lauriers et de pins,

Avec la ville autour déguisée en village :

Chalets éparpillés rouges dans le feuillage

Et les blanches villas des stations de bains.

 

 

 

François Coppée (1842-1908) Poète français  

Souvenir du Danemark

 

A la princesse D.....

 

C'est un parc scandinave, aux sapins toujours verts,

Où le vent automnal courbe les fleurs d'hivers

Dans les vases de marbre ancien sur la terrasse ;

 

 

 

 

Stéphane Mallarmé (1842-1898) poète français, également enseignant, traducteur et critique d'art

Recueil : Poèmes de jeunesse.


Soleil d'hiver

Son aiguillette, sans bouffette,

Triste, pend aux sapins givrés,

Et la neige qui tombe est faite

De tous ses cartels déchirés !

 

 

Anatole France (1844-1924) écrivain français, 

Recueil : Les poèmes dorés (1873).

 


Les sapins

 

On entend l'Océan heurter les promontoires ;

De lunaires clartés blêmissent le ravin

Où l'homme perdu, seul, épars, se cherche en vain ;

Le vent du nord, sonnant dans les frondaisons noires,

Sur les choses sans forme épand l'effroi divin.

 

Paisibles habitants aux lentes destinées,

Les grands sapins, pleins d'ombre et d'agrestes senteurs,

De leurs sommets aigus couronnent les hauteurs ;

Leurs branches, sans fléchir, vers le gouffre inclinées,

Tristes, semblent porter d'iniques pesanteurs.

 

Ils n'ont point de ramure aux nids hospitalière,

Ils ne sont pas fleuris d'oiseaux et de soleil,

Ils ne sentent jamais rire le jour vermeil ;

Et, peuple enveloppé dans la nuit familière,

Sur la terre autour d'eux pèse un muet sommeil.

 

La vie, unique bien et part de toute chose,

Divine volupté des êtres, don des fleurs,

Seule source de joie et trésor de douleurs,

Sous leur rigide écorce est cependant enclose

Et répand dans leur corps ses secrètes chaleurs.

 

Ils vivent. Dans la brume et la neige et le givre,

Sous l'assaut coutumier des orageux hivers,

Leurs veines sourdement animent leurs bras verts,

Et suscitent en eux cette gloire de vivre

Dont le charme puissant exalte l'univers.

 

Pour la fraîcheur du sol d'où leur pied blanc s'élève,

Pour les vents glacials, dont les tourbillons sourds

Font à peine bouger leurs bras épais et lourds,

Et pour l'air, leur pâture, avec la vive sève,

Coulent dans tout leur sein d'insensibles amours.

 

En souvenir de l'âge où leurs aïeux antiques,

D'un givre séculaire étreints rigidement,

Respiraient les frimas, seuls, sur l'escarpement

Des glaciers où roulaient des îlots granitiques,

L'hiver les réjouit dans l'engourdissement.

 

Mais quand l'air tiédira leurs ténèbres profondes,

Ils ne sentiront pas leur être ranimé

Multiplier sa vie au doux soleil de mai,

En de divines fleurs d'elles-mêmes fécondes,

Portant chacune un fruit dans son sein parfumé.

 

Leurs flancs s'épuiseront à former pour les brises

Ces nuages perdus et de nouveaux encor,

En qui s'envoleront leurs esprits, blond trésor,

Afin qu'en la forêt quelques grappes éprises

Tressaillent sous un grain de la poussière d'or.

 

Ce fut jadis ainsi que la fleur maternelle

Les conçut au frisson d'un vent mystérieux ;

C'est ainsi qu'à leur tour, pères laborieux,

Ils livrent largement à la brise infidèle

La vie, immortel don des antiques aïeux.

 

Car l'ancêtre premier dont ils ont reçu l'être

Prit sur la terre avare, en des âges lointains,

Une rude nature et de mornes destins ;

Et les sapins, encor semblables à l'ancêtre,

Éternisent en eux les vieux mondes éteints.

 


 

Jean Aicard (1848-1921) poète

Recueil : Les jeunes croyances (1867).


Solidarité.


..."Là, dans les rochers gris, immuable comme eux,

S'élève le sapin rêveur auprès du chêne ;"...

 


 

1870-1871

Otto Günther-Naumburg (1856-1941) peintre et professeur d'université allemand 

L'arbre de Noël allemand dans les temples de la renommée à Versailles, guerre franco-prussienne, 1870-1871


 

 


1877

H.J. Overbeek

Illustration danse autour de l'arbre de Noël 

 

 


Georges Dubosc (journaliste français 1854-1927) 

Dans le Journal de Rouen du 25 décembre 1897, écrivait : 

..."Devant les yeux émerveillés des touts petits, le verdoyant sapin, illuminé de mille petites lumières tremblotantes, se dresse tout chargé de jouets et de cadeaux qui, pendant des heures, mettent du bonheur dans les âmes de tout ce monde enfantin.

A ces joujoux d’un jour, on joint quelquefois une large distribution de bons vêtements chauds et de hardes neuves : tricots qui recouvrent les petits membres grelottants, mitaines qui préservent des engelures, foulards où s’enfouissent les petits nez rougis par la bise, bonnes galoches qui sonnent sur le pavé au moment des glissades. Et comme il n’est point de belles fêtes sans chanson, on chante quelques-uns de ces jolis noëls naïfs, sur des airs qui ont traversé les siècles et qui n’en sont pas moins une bonne et égayante musique"...

Joyeux Noël, Viggo Johansen, 1891


 

 

 

Jean Lorrain (1855-1906) écrivain français

 

Mélusine

..."La splendeur de sa gorge éblouit le regard

Et l'émail de ses dents a des clartés divines ;

Mais Mélusine est folle et fait dans les ravines

Paître au pied des sapins la biche et le brocart"...

 

 

Albert Samain (1858-1900) poète symboliste français.


Forêts

..."Tous ceux que visita la Douleur solennelle,

Et que n’émeuvent plus les soirs ni les matins,

Rêvent de s’enfoncer au coeur des vieux sapins,

Et de coucher leur vie à leur ombre éternelle"...

 

 

Albert Samain (1858-1900) poète symboliste français.


Les monts

..."Ils semblent redresser leur antique stature,

Ravis de voir flotter comme une chevelure

Leurs grandes forêts de sapins"...

 

 


Charles Guérin (1873-1907) Poète français 

Recueil : Le cœur solitaire (1896).


Chansons, chansons, chansons.

..."Et qu'on ne laisse auprès de moi

Que mon fidèle vieux chagrin,

Un rameau de sapin des bois

Et des branches de romarin"...


 

 

 

XX° siècle

 


1900

Illustration A. Schwartz 

Un moment critique à bicyclette  - étrennes de Noël 


 

 

 

Anna de Noailles (1876-1933) poétesse et une romancière française d'origine roumaine,


 

L'hiver


C'est l'hiver sans parfum ni chants...

Dans le pré, les brins de verdure

Percent de leurs jets fléchissants

La neige étincelante et dure.

 

Quelques buissons gardent encor

Des feuilles jaunes et cassantes

Que le vent âpre et rude mord

Comme font les chèvres grimpantes.

 

Et les arbres silencieux

Que toute cette neige isole

Ont cessé de se faire entre eux

Leurs confidences bénévoles...

 

- Bois feuillus qui, pendant l'été,

Au chaud des feuilles cotonneuses

Avez connu les voluptés

Et les cris des huppes chanteuses,

 

Vous qui, dans la douce saison,

Respiriez la senteur des gommes,

Vous frissonnez à l'horizon

Avec des gestes qu'ont les hommes.

 

Vous êtes las, vous êtes nus,

Plus rien dans l'air ne vous protège,

Et vos coeurs tendres ou chenus

Se désespèrent sur la neige.

 

- Et près de vous, frère orgueilleux,

Le sapin où le soleil brille

Balance les fruits écailleux

Qui luisent entre ses aiguilles...


 

 

Guillaume Apollinaire (1880-1918), poète et écrivain français, critique et théoricien d'art. 

Rhénanes, Alcools, 1913

 

Les Sapins

 

Les sapins en bonnets pointus
De longues robes revêtus

Comme des astrologues

Saluent leurs frères abattus

Les bateaux qui sur le Rhin voguent

 

Dans les sept arts endoctrinés

Par les vieux sapins leurs aînés

Qui sont de grands poètes

Ils se savent prédestinés

À briller plus que des planètes

 

À briller doucement changés

En étoiles et enneigés

Aux Noëls bienheureuses

Fêtes des sapins ensongés

Aux longues branches langoureuses

 

Les sapins beaux musiciens

Chantent des noëls anciens

Au vent des soirs d’automne

Ou bien graves magiciens

Incantent le ciel quand il tonne

 

Des rangées de blancs chérubins

Remplacent l’hiver les sapins

Et balancent leurs ailes

L’été ce sont de grands rabbins

Ou bien de vieilles demoiselles

 

Sapins médecins divaguants

Ils vont offrant leurs bons onguents

Quand la montagne accouche

De temps en temps sous l’ouragan

Un vieux sapin geint et se couche


 

 

 

Ion Talos (1934) Anthropologue

Université Babeș-Bolyai

Petit dictionnaire de mythologie populaire roumaine

Sapin (Bradul).


Arbre sacré et merveilleux, il dissimula la Vierge Marie et Jésus aux yeux de leurs poursuivants et fut donc béni : il serait toujours vert et sa cime aurait la forme d'une croix. Son caractère sacré ressort bien de la confession qui lui est  faite, parce que le berceau de Jésus y fut suspendu et parce que les pâtres font jaillir le Feu vivant en frottant deux morceaux de son bois (Feu et Fumée).


Le sapin est utilisé pour différentes pratiques magiques et religieuses. Lorsqu'on construit une maison, on plante un sapin ou une branche à proximité,  afin d'apporter aux habitants bonheur et joie. 


Dans les rites calendaires tel celui des Gars de Brasov (Junii brasovenï), les acteurs rapportent de la forêt des sapins dont ils ornent les marioles de la ville ainsi que les portails des maisons des édiles. 


Le sapin revêt une grande importance dans les rites nuptiaux, et funéraires. Le soir du charivari a lieu la "Danse du Sapin" à la ferme du fiancé, ronde autour d'un sapin décoré. Le jour des noces, les gars portent l'arbre chez la promise où, après d'autres cérémonies, une nouvelle ronde a lieu ou l'arbre est aspergé d'eau. Les participants à la noce, les étendards, les animaux et la localité sont ornés de branches de sapin. 

 


Quand un ou une célibataire décède, sept ou neuf gars gagnent la forêt à pied ou à cheval et cherchent le "Sapin du Mort". Lorsqu'ils croient l'avoir trouvé, il s'agenouillent et récitent le Notre Père. Chacun lui donne un seul coup de hache et l'arbre doit donc tomber après sept ou neuf coups. On l'emporte alors à la maison du défunt. En chemin, on rencontre des filles qui chantent le "chant du Sapin" (cântecul bradului) et décorent l'arbre comme pour un fête joyeuse. On porte le mort et le sapin au cimetière et on le plante sur la tombe où il représente la fiancée (ou le fiancé) du disparu (ou de la défunte). Cette cérémonie remplace les noces.


Le "chant du Sapin", probablement très ancien, présente un dialogue entre les chanteuses et l'arbre évoquant le triste sort de ce dernier qui doit échanger la montagne contre une plaine bourbeuse. 
 

 

 

 

 

Jean-Louis Vanham (1937)  Poète, critique littéraire, conteur pour enfants

 


Trois petits sapins


Trois petits sapins

Se donnaient la main

Car c’était Noël

De la terre au ciel.

 

Prirent le chemin

Menant au village

Jusqu’à l’étalage

D’un grand magasin.

 

Là, ils se couvrirent

De tout ce qui brille :

Boules et bougies,

Guirlandes pour luire,

 

Et s’en retournèrent

La main dans la main

Par le beau chemin

De l’étoile claire

 

Jusqu’à la forêt

Où minuit sonnait,

Car c’était Noël

De la terre au ciel.


 


 

Marcel Rieder (1862-1942) peintre français

Décoration de l’arbre de noël

 

 

 

Paris - Librairie agricole de la maison rustique (1829-1974)

Revue horticole.. 

Abies Nordmanniana


 

 

 

Dominique Dimey, née en 1957 à Issoudun, est une auteure-compositrice-interprète Française.

 

 

C’est la grève des sapins,

 


C’est la grève des sapins,

Des aiguilles, des pommes de pin

Ils veulent tous être palmiers,

Cerisiers et bananiers.

 

Les sapins sont fatigués

A la fin de chaque année.

Toutes ces guirlandes à porter

Ca leur donne le dos courbé.

 

Les sapins sont enrhumés

De vivre près des cheminées.

Sans air pur, sans horizon

Enfermés dans des maisons.

 

Les sapins en ont assez

De faire de l’ombre l’été

Sans être remerciés,

Et l’hiver d’être coupés.

 

Les sapins ont déclaré

Que pour la nouvelle année,

Ils se mettront en congé,

La forêt sera fermée.

 

Les sapins s’en vont au vert,

Les sapins quittent l’hiver,

Pour aller se faire bronzer,

Au chaud sous les cocotiers!


 

 

 

Delia Suiogan (1966) Professeur d'université


sur la vraie signification du sapin dans la tradition roumaine ancienne. 

(Trad. Valentina Beleavski)


écrit :


..."Le sapin est un des doubles végétaux de l'être humain dans la culture roumaine. Il fait l'objet de nombreux rituels. Le fait qu'il est connu de nos jours uniquement en tant que sapin de Noël prouve que la culture roumaine a perdu de nombreux rites anciens. D'où l'importance de déchiffrer les sens anciens des symboles de notre culture. C'est à peine au 17e siècle que le sapin de Noël apparaît dans la culture roumaine, donc très tard. Certaines communautés traditionnelles roumaines ne l'acceptent toujours pas. Ce qui est une bonne chose à mon avis. Dans la tradition roumaine ancienne, le sapin a une toute autre signification. Il est même interdit d'apporter le sapin à l'intérieur de la maison. C'était un mauvais signe que d'apporter le sapin coupé prématurément dans son habitation"...


Le sapin accompagnait les gens tout le long de leur vie, étant un élément clé de tous les moments de transition :


..." le baptême, les noces et les funérailles. Delia Suigan nous en dit davantage : «Le sapin, en tant que double végétal de l'être humain, est utilisé dès la naissance d'une personne jusqu'à sa mort. Par exemple, lors de la cérémonie du baptême, au moment où un enfant recevait son nom on lui désignait un sapin. La manière dont le sapin poussait illustrait le développement de l'enfant. D'où le parallélisme entre l'univers humain et celui végétal. Le sapin fait aussi partie du rituel des noces. On coupait le sommet du même sapin qui avait été offert à l'enfant, pour que le jeune homme qui se mariait l'utilise en tant que drapeau de noces. Le sapin devenait ainsi le témoin du nouveau contexte social et culturel dans lequel l'homme se retrouvait une fois marié. Le sommet du sapin était attaché à l'extérieur de la maison, où il restait jusqu'au moment où il tombait tout seul. De nombreux symboles l'accompagnaient, dont celui d'une famille qui devenait un tout et qui ne se séparait plus jamais. Enfin, au moment des funérailles, on coupait le tronc du même sapin pour le transformer en lance, un autre symbole funéraire. Il devenait ainsi l'échelle par laquelle l'âme allait remonter vers le ciel"....  


Dans de nombreux ouvrages, le sapin est associé à un axis mundi, une liaison permanente entre le Ciel et la Terre que les communautés traditionnelles tentaient de préserver. Cet arbre éternel devient ainsi un des éléments dont les symboles sont presque inconnus de la société moderne, mais dont les valeurs spirituelles sont très anciennes et très profondes


 

 

 

 

La route des sapins

 

Une route de 42 km de Champagnole à Levier au travers de la forêt jurassienne, jalonnée de 21 sites touristiques permettant de découvrir son histoire, sa faune, sa flore, sa particularité, son exploitation, ses balades, ses belvédères, ses aires de jeux...


La route des Sapins relie Levier au sud de Pontarlier dans le Doubs à Champagnole dans le Jura et permet de pénétrer au cœur des plus belles forêts de résineux de la Franche-Comté.

 

La Forêt de la Joux, une des plus belles sapinières d’Europe.
 

 

 

La Forêt de la Joux - Jura

 

La forêt de la Joux est une forêt des départements du Jura et du Doubs située sur le rebord du second plateau du Jura, à une altitude comprise entre 634 et 995 mètres. La majeure partie du massif relève du Domaine. Elle est prolongée au sud par la forêt de la Fresse et au nord par la forêt de Levier.

Elle est considérée comme l’une des plus belles sapinières de France. Certains de ses plus grands sapins atteignent près de 50 mètres de hauteur. Les sapins y représentent environ 70 % des individus, devant les épicéas (environ 20 %) et les hêtres (10 %).

Une tradition veut que certains sapins exceptionnels soient élus président. Depuis 1897, quatre sapins ont obtenu ce titre. L'actuel, de plus de deux ans, désigné en 1964, atteint la taille actuelle de 45 mètres, son diamètre étant de 1,20 mètre.

 

 

Pointe-Sapin

est un village du comté de Kent, à l'est du Nouveau-Brunswick, au Canada.


Le village fut nommé Pointe-au-Grand-Sapin par ses fondateurs, vraisemblablement d'après la présence de sapins. Le nom prit ensuite la forme Pointe-aux-Sapins avant de prendre la forme actuelle1. La localité a aussi porté le nom de Sapin Cape en anglais.


 

 

 

Un sapin argenté (Abies Alba) remarquable

dans la région de Sibiu, dans le centre de la Roumanie, 

L'arbre est appelé "le gardien de Cibin" et serait âgé d'environ 500 ans. Selon sa légende, il aurait aidé un berger à retrouver ses moutons perdus.


Légende roumaine

un berger qui avait 10 moutons aurait abrité ses animaux sous un sapin un jour de tempête.

Il s'est endormi et, au réveil, il a constaté que les moutons étaient partis. Il a prié pour retrouver les animaux perdus et, après s'être endormi, a rêvé que le sapin était devenu très haut et épais.

Son rêve s'est réalisé et à son réveil il a grimpé à l'arbre d'où il a pu localiser ses moutons.

Le sapin multiséculaire, sentinelle de Cibin (500 ans). (Photo : Paul Bordaș)

 

 

 

Langage des arbres

 


- Le sapin exprime l'espoir dans l'adversité et une élévation spirituelle ou sociale,

- L'épicéa symbolise la durée, le temps qui passe.

- Le sapin est le symbole de la période des fêtes de Noël et fin d’année

 

 

 

Mythes, rites et traditions du sapin

 

- En Allemagne, il était sensé favoriser la fécondité pour les jeunes mariés ou la prospérité des troupeaux.

- On retrouve des témoignages de ce symbole de prospérité en Silésie et dans les Sudètes.

- En Roumanie, on plante un sapin ou une branche à proximité,  afin d'apporter aux habitants bonheur et joie. Le sapin revêt une grande importance dans les rites nuptiaux, et funéraires. 

- En Angleterre, par contre, il avait plutôt des connotations funestes. Il était réputé pour empêcher un mort de revenir dans sa maison ou signifiait encore l’annonce de la fin prochaine du propriétaire d’un sapin frappé par la foudre.

- C’est pour les cadeaux de Noël des enfants qu’il est le plus universellement connu et utilisé.


 

 

 

Utilisation du sapin


- Le bois de sapin est dense, peu résineux, et utilisé en menuiserie, papeterie et charpente.

- C'est de la résine du sapin que l'on extrait la térébenthine.

 

 

Utilisations alimentaires

 

les jeunes pousses ont une saveur acidulée rappelant le citron: elles sont parfois amères. On peut les grignoter telles quelles ou les ajouter aux salades ; elles peuvent aromatiser divers aliments, le poisson en particulier.

 

 

Le Miel de Sapin :

son utilisation et ses bienfaits


Le miel de sapin est un miel rare, il est très réputé chez les amateurs de par son goût unique et sa rareté. Il arrive même que ce miel soit en pénurie pendant plusieurs années consécutives, ce qui le rend encore plus attractif.

 

Ce miel est unique et ne provient pas du nectar des fleurs comme les autres miels mais des aiguilles du sapin. C’est ce que l’on appelle le miellat, produit principalement par les pucerons et les cochenilles. Les abeilles butinent ces ressources riches en sucres pour le transformer en bon miel.

 

Il faut savoir que pour mériter l’appellation "miel de sapin" la concentration de miellat doit approcher les 80% !


Le miel de Sapin est principalement produit dans les Vosges, comme celui de Secrets de Miel, mais également dans le Jura, l’Alsace et le Massif Central. Il est d’une teinte foncée mais sa couleur peut varier selon le terroir de production.

 

 

Vertus médicinales du sapin
 

- L’huile essentielle des aiguilles du sapin pectiné (Abies alba), l’essence la plus répandue dans les Vosges, est expectorante, antitussive, antibactérienne. Indiquée en période de froid et de fêtes, elle est utile dans les bronchites, la sinusite, les rhumes et toute infection de l’appareil ORL et d’un usage agréable en inhalation en raison de ses effluves balsamiques.  Précieuse aussi est sa capacité à redonner un coup de fouet à un organisme en panne d’énergie en stimulant les glandes surrénales. Pour cet usage, quelques gouttes pures en massage sous la plante des pieds le matin permettent d’affronter une journée énergique.

- Les bourgeons de sapin sont également utilisés en phytothérapie sous forme de tisane, ou dans des sirops pour leurs propriétés sur les voies aériennes. 


- La gomme de sapin baumier  est une oléorésine utilisée en optique et en pharmacie sous le nom de "baume du Canada"

Il pourrait également être l'annedda, l'arbre de vie qui sauva l'équipage de Jacques Cartier d'une épidémie de scorbut.

 

 

 

Ethnobotanique amérindienne


Les Amérindiens l'utilisent :

 

à des fins médicinales diverses.

- La gomme pour les démangeaisons légères et comme onguent antiseptique.

- La gomme en cataplasme sur les fractures, les plaies ouvertes et les blessures, les piqûres d'insectes, les furoncles,les infections, les brûlures, les rhumes,

- Les aiguilles pour faire un thé laxatif et pour faire des cataplasmes. Les racines pour les maladies cardiaques.

- La sève comme remède contre le rhume et toux, les troubles pulmonaires.

- infusion de l'écorce et parfois du bois pour la toux.

- infusion de l'écorce, parfois mélangée à de l'écorce d'épinette et de mélèze, pour soigner la gonorrhée. 

les bourgeons, les cônes et l'écorce interne pour la diarrhée, utilisent utilisent les cônes pour les coliques

- les bourgeons comme laxatif.

- La gomme fondue sur des pierres chaudes est utilisée en inhalation, et les émanations pour soigner les maux de tête.

- Le baume liquide provenant des cloques d'écorce est utilisé pour les yeux douloureux.

- L'écorce est également utilisée pour faire une boisson

 

 

A des fins utilitaires

 

- Les feuilles, les aiguilles et le bois sont fourrés pour faire des oreillers. La croyance veut  que l'arôme empêche d'attraper un rhume. 

- Les rameaux sont utilisés comme tapis pour le sol des tentes, pour fabriquer des abris en broussailles et le bois sert à la fabrication des pagaies.

- Les aiguilles sont utilisées pour la literie, les racines comme fil, et  la poix pour imperméabiliser les coutures des canoës.

- Ils font bouillir la résine deux fois et l'ajoutent au suif ou à la graisse pour faire une poix de canoë.

- Le bois de sapin est utilisé comme combustible.

 

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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 23:39

 

 

Mythologie des arbres

 

Le houx


 


Le houx (Ilex aquifolium L., 1753)

est un petit arbre, à feuillage persistant de la famille des Aquifoliacées, 
C'est une espèce de sous-bois, du genre Ilex, assez commune en Europe jusqu'à 1 500 m d'altitude.

Il a une croissance relativement lente, guère plus de 15 à 20 cm par an.

Selon les variétés, la hauteur adulte varie de 1,20 m à plus de 20 m !

300 ans, c’est la durée de vie couramment atteinte par le houx.

En raison de ses formes, et de leurs couleurs très variées, les houx sont de beaux arbustes d’ornement. D’une très grande rusticité, ils réussissent dans toutes les régions et acceptent la plupart des sols, même s'ils préfèrent une légère acidité. 

Les rameaux sont couverts de fruits rouge vif,  d'un feuillage persistant avec des feuilles piquantes.


"En décembre, dans les forêts brumeuses,

le houx seul s'est paré pour la renaissance

du soleil à l'équinoxe le plus pâle.

Ferme dans sa cotte plus verte et plus solide,

qui tranche sur la foule triste des arbres en haillons,

riche de ses pendeloques vermeilles,

il attend, roi mage des grands bois, se lever l'étoile de Noël." 

 

Pierre Lieutaghi (1939) écrivain et ethnobotaniste français.


 


 

Roi de l’hiver, le houx tire de son feuillage persistant, le symbole de son immortalité.

Si le vert de ses feuilles et le rouge de ses fruits le prédestinent à la parure des fêtes de Noël, il est aussi méconnu pour de nombreux attraits comme la très grande qualité de son bois ou de ses vertus thérapeutiques.

 

Le houx est intéressant au jardin tout au long de l'année. Persistant, résistant, il supporte le froid, les embruns et la pollution. Portant des fruits de différentes couleurs selon les espèces, vert sombre ou panaché, baies rouges, oranges ou jaunes.

Les petites baies à l’automne qui resteront sur l’arbuste tout au long de l’hiver et feront le bonheur des oiseaux, des merles notamment.

Merlette dans une haie de houx © Getty - middelveld


Le houx est une plante dioïque, il faut donc un pied mâle et un pied femelle pour obtenir les fameuses baies ornementales rouges, oranges, jaunes, blanches ou noires qui apparaissent en automne sur les plantes femelles uniquement. Il existe toutefois quelques variétés autofertiles. 

 

Le houx aime pousser dans les sous-bois ou à l'ombre d'un mur. Il atteint plusieurs mètres de haut et est un excellent refuge pour les oiseaux qui y construisent leurs nids à l'abri de leurs prédateurs, qui osent rarement se confronter à ses piquants. Le houx apporte la chance aux maisons scandinaves qui le plantent en leur jardin.

 

Cette essence est dite d'ombre et qualifiée de "dryades" par les forestiers.
 


Les baies rouges sont portées par les pieds femelles qui ont besoin de la présence d’un pied mâle pour être fécondées.

 

La dispersion de son pollen par le vent (anémochorie) ou les insectes (entomochorie), les fleurs mâles leur offrant pollen et nectar contrairement aux fleurs femelles qui ne produisent que du nectar.
 


Les baies du houx sont en revanche toxiques pour l’homme.

 

Le houx original et décoratif, est recherché au moment de Noël. C'est d'ailleurs la plante la plus souvent représentée pour illustrer les fêtes de fin d'année. 

C’est cette particularité qui en fait un arbuste très décoratif durant l’hiver.

 


 

La floraison a lieu en mai-juin. 

 

Les fleurs mâles petites à 4-5 pétales portent 4-5 étamines soudées à la base de la corolle, alternes avec les pétales et un pistillode (pistil stérile). Les petites fleurs femelles blanches ou un peu rosées, petites, pédonculées. La pollinisation est entomophile.


Les baies sont portées par les pieds femelles qui ont besoin de la présence d’un pied mâle pour être fécondées. Ce sont de petites drupes sphériques vertes, puis jaunes et en fin rouges à maturité.

 

Ils contiennent des noyaux jaunâtres contenant chacun une graine lignifiée triangulaire. 

 

Bien que toxiques pour l’homme, ces baies qui persistent jusqu’en mars sont consommées par certains oiseaux frugivores (merles, grives notamment).

 

Le houx s’adapte à beaucoup de terrains tout en préférant les sols acides, humides et bien drainés. Toutefois, il peut être parasité par une minuscule mouche Phytomyza illicis dont la larve s’abrite et se nourrit de ses feuilles. 

 

En vieillissant le houx Vénérable devient inoffensif. Il cesse de fabriquer des piquants autour de ses feuilles, et peut devenir un arbre imposant,:

comme le gros houx du cloître de Tronchet (Ille-et-Vilaine)

Un tour de tronc égal à 2,09 m

environ 11 m de hauteur, 

Certaines feuilles du bas ne présentaient pas de piquants ou du moins de manière beaucoup moins prononcée.

Son âge estimé 140 à 180 ans.

Houx du cloître de Tronchet (Ille-et-Vilaine)


 

 


Il existe des plants mâles et des plants femelles, mais il faut au moins un plant mâle et six à huit plants femelles pour produire les baies.

 

Outre le fait d’être les seuls à porter les baies, les plants femelles se reconnaissent très facilement grâce à leurs feuilles plus arrondies et moins piquantes et leurs fleurs qui présentent un renflement vert au centre. 

 

Attention aux confusions ! Le houx est souvent confondu avec le fragon épineux, souvent appelé petit houx.

 

Le Fragon petit-houx ou Fragon faux-houx (Ruscus aculeatus) est un sous-arbrisseau sempervirent dioïques de la famille des Asparagaceae (ou des Liliaceae, selon la classification classique) poussant dans l'aire méditerranéenne-atlantique.

 

1885 - Otto Wilhelm Thomé,(1840-1925), botaniste allemand , illustrateur - Ruscus aculeatus - Fragon faux-houx 

 

 

 

Ilex aquifolium - Houx commun


Le houx commun (Ilex aquifolium) est l'espèce la plus connue, c'est celui qui peuple nos bois et nos forêts.

 

Il a de tout temps été appécié pour son feuillage vert foncé luisant, persistant à bords piquants et ondulés. Un arbuste de mi-ombre vraiment peu exigeant, mais un sol frais et fertile favorise, comme c'est souvent le cas pour les houx, une croissance plus vigoureuse. 

 

En hiver, il s’orne pour le plus grand plaisir de tous, de fruits en forme de petites boules rouges luisantes : ces fruits sont des baies qui murissent en septembre et persistent tout l’hiver. Entre mai et juin, le houx produit de minuscules fleurs blanches, très convoitées par tous les pollinisateurs du jardin.

Il est fréquemment associé avec le hêtre à un délicieux champignon automnal, le pied-de-mouton (Hydnum repandum), 

 

Le genre Ilex (famille des Aquifoliacées) comprend quelque 400 espèces! 


 

 

Ilex aquifolium "J.C. van Tol" - Houx sans épines Van Tol

 

est un arbuste au feuillage persistant avec la particularité de n’avoir pratiquement aucun piquant sur ses feuilles. Le houx J.C Van Tol est auto fertile et fructifie généreusement, de gros fruits rouges de septembre à mars, ceux-ci viennent décorant nos jardins en y apportant une touche de couleur durant la période hivernale.

 

L’arbuste préfère un emplacement mi-ombre dans un sol riche en humus plutôt humide, sans être pour autant exigent, sa croissance est plutôt lente, mais il atteindra 5 à 6 m de hauteur après plusieurs années s’il n’est pas taillé.


 

 

Les baies du houx ne sont pas toujours rouges ! 

 

Ilex aquifolium "Amber" - Houx sans épines Amber

arbre à feuillage persistant avec des feuilles vert foncé brillantes à bords lisses ou épineux, de petites fleurs blanches (mâles et femelles généralement sur des plantes séparées) et, sur les plantes femelles, des baies couleur mandarine voyantes en automne.


 

 

Ilex aquifolium "Bacciflava" - Houx commun à baies jaunes 

Arbuste de grande taille. Le port est pyramidal et compact. La floraison aux mois de mai et juin donne des fruits très nombreux de couleur jaune. Le feuillage est persistant, ondulé et particulièrement piquant.


 


 

Ilex aquifolium "Argentea Marginata"  - Houx commun panaché 

est un arbuste ou arbrisseau dioïque, au port conique, atteignant 6 m de hauteur pour une largeur de 2,50 m. Feuillage persistant, vert bordé de blanc à reflets argentés. Feuilles largement ovées, rigides et très épineuses. Les jeunes feuilles et les nouvelles pousses sont pourpres. Fleurs blanches, d'avril à juin. Fruits rouge corail de septembre à mars, en grand nombre sur les plantes femelles. Pousse dans un sol normal, pas ou très peu calcaire. Exposition à mi-ombre ou au soleil.Taille de formation à la sortie de l'hiver. On le plante en isolé, en massif, en haie libre ou taillée.

 

 

Ilex aquifolium "Argentea Marginata Pendula" - Houx Anglais

présente un port pleureur très intéressant en sujet isolé, d'autant que son feuillage marginé de crème prend des teintes rosées lorsqu'il est jeune. Autre atout : il porte de beaux fruits rouges en automne et hiver.

Pas très vigoureux, il se développe progressivement en un grand arbuste ramifié ou éventuellement en un petit arbre arrondi aux branches arquées. C'est un houx femelle qui produira des grappes de baies rouge vif en automne s'il est pollinisé par un mâle à proximité.

Le plus approprié pour une position en plein soleil ou à l'ombre légère et tachetée avec un abri contre les vents forts.

 

 

Ilex aquifolium "Ferox argentea" - Houx hérisson

Houx hérisson, est un sujet mâle au feuillage vert brillant marginé de jaune pâle et couvert d'épines. Très ornemental, il devra tout de même être réservé à un emplacement du jardin éloigné des accès et des jeux des enfants car il est très piquant. Vous pouvez constituer des haies défensives très efficaces avec cette variété.

D’un très bel effet ornemental, il est préférable de ne pas le mettre dans un endroit de passage.

 

 

Ilex aquifolium 'Pyramidalis Fructu Luteo" - Houx Pyramidalis

Semblable au houx pyramidal, ce grand arbuste ou arbre à feuilles persistantes a un port buissonnant dense, avec des feuilles vertes brillantes. Utile comme abri ou comme haie. Idéal dans un sol bien drainé, au soleil ou à mi-ombre. Son feuillage dépourvu de piquants se pare de nombreuses baies jaunes en automne, et tout l'hiver.

 

 

Ilex x altaclerensis - Houx de Highclere

est une variété hybride issu du houx commun et du Houx de Madère : il est rustique, superbe, vigoureux et de belle stature.

Le houx de Highclere, sous ses différentes variétés, forme un arbre petit à moyen, de santé solide et toujours de très belle prestance formant un arbre au tronc gris pouvant atteindre 20 m de hauteur.

Les feuilles ne sont pas munies de piquant, elles sont tout juste parfois dentelées.

Très vigoureux ce houx tolère la pollution, les embruns et s'avère un sujet idéal pour constituer des haies brise-vent ou brise-vue. 

 


Ilex Crenata - Houx crénelé

appelé communément houx crénelé ou encore houx japonais est un arbuste d'ornement au feuillage persistant, de la famille des Aquifoliacées. Ce houx non piquant ressemble à un buis. Il est utilisé en haie, massif, pour l'art topiaire notamment sous la forme de taille dite "en nuages" et en bonsaï...

Il est originaire d'Extrême Orient et utilisé au Japon depuis des siècles. Il est considéré comme un arbre typique des jardins traditionnels japonais. C'est un arbuste vigoureux, qui aime les hivers froids et les étés relativement doux.

Cet arbuste à la floraison rose vif et au feuillage caduc peut tout de même atteindre 5 mètres de hauteur pour 3 mètres d'étalement.


 

Ilex glabra - Houx glabre

est une espèce moins commune mais intéressante pour son beau feuillage vert lustré ne comportant pas d'épine.

Le revers des feuilles est souvent tacheté de brun, de gros fruits sphériques noirs ou blancs ornent cet arbuste dont la taille peut atteindre 3 mètres en tous sens. Il sera parfait en fond de massif pour constituer un écrin aux autres plantes, et peut mettre être envisagé en haies car son feuillage est persistant tout l'hiver.


 

Ilex fargesii - Houx de Farges

est un arbuste persistant au port érigé avec des feuilles ovales-lancéolées. Il fleurit en mai-juin et ses fruits sont rouges.

C'est un arbuste originaire du centre de la Chine (Gansu, Hubei, Hunan, Shaanxi, Sichuan) où on le trouve dans les forêts, sur les pentes des montagnes de 1500 à 3000 m d'altitude. Si dans la nature il peut atteindre 4 à 8 m de haut et former un petit arbre, en culture il formera un buisson d'environ 3 à 5 m de haut. Jeunes rameaux verts, striés longitudinalement, devenant bruns ensuite. Toutes les parties sont glabres. Bourgeons terminaux étroitement coniques à apex aigu.

 

 

Ilex x meserveae - Houx de Meserve "Blue Maid"

est un arbuste vigoureux au feuillage très dense et persistant. Il produit des fruits rouges et lustrés en été.

Cette espèce horticole très rustique se plaira dans tous les jardins. Elle se décline en de nombreux cultivars comportant tous la mention 'Blue' en référence au feuillage très légèrement bleuté.

"Blue Stallion" présente des feuilles rougissant en hiver, c'est en outre un arbuste mâle, bon pollinisateur de "Blue Maid" ou "Blue Princess".

 

 

Ilex opaca - Houx américain

Cette espèce est native du centre et de l'Est des États-Unis, du Massachusetts au Texas et de la Floride au Missouri. C'est le plus connu sous le nom de "Houx d'Amérique".

C'est un arbre à feuillage persistant au port conique très ornemental dans les parcs et jardins. Son feuillage vert brillant, et ses rameaux ornés de baies bien rouges servent de décor de Noël en Amérique du Nord. 

 

 

Ilex purpurea - Ilex chinensis - Kashi Holly - Houx oriental - Houx violet

Feuilllus à feuilles persistantes, lisières de forêts sur les pentes des montagnes à des altitudes de 500 à 1 000 mètres en Chine.

C'est l'une des 50 herbes fondamentales utilisées dans la médecine traditionnelle chinoise , où il a le nom Dongqing. 

 

 

Ilex verticillata - Houx verticillé

originaire du Nord-Est de l'Amérique, concurrence le houx commun. Il  se couvre de baies rouge écarlate plus nombreuses et plus attrayantes, durant l'hiver. Son feuillage étant caduc dès les premiers frimas, seules les baies ornent l'arbuste créant un contraste très graphique avec le paysage enneigé. 
La variété 'Winter Red' est d'ailleurs très recherchée car les baies persistent jusqu'au printemps suivant.


 

Ilex Paraguariensis - Yerba Maté, Maté, Thé des Jésuites, thé des Indien, Herbe de Saint-Barthélémys.

 

Originaire d'Amérique du sud Arbre ou arbuste dioïque à l'écorce lisse, gris cendré, au feuillage persistant, épais, dur, vert foncé, brillant au revers plus clair, grandes feuilles simples, ovales, à bord denté ou crénelé, mais sans épines, court pétiole légèrement rougeâtre, avec des grappes de minuscules fleurs blanc verdâdre, a fruits d'un rouge violacé ou noir.

Sa hauteur varie de 4 à 20 m à l'état sauvage. En jardin, en buisson de 3 à 6 m.

Sa boisson était déjà utilisée par les Guaranis avant l'arrivée des conquistadors, et ce furent les Jésuites qui en répandirent l'usage.


 

 

Houx royal de Tasmanie - Lomatia tasmanica

 

“Le plus vieil arbre que l'on ait identifié serait le houx royal de Tasmanie (immense île située au Sud-Est de l'Australie), de l'essence "Lomatia tasmanica" qui a plus de 43.000 ans.

Sa graine initiale aurait germé au Pléistocène, au moment de la coexistence entre Neandertal et l'homme moderne. Le premier arbre sorti de la graine est mort depuis longtemps, mais la plante, elle, ne meurt pas, plusieurs centaines de troncs se succèdent sur 1 200 mètres”, 
expliquait en 2008 Francis Hallé 


Cette plante à feuilles vert brillant et à fleurs rose-rouge ne produit ni fruit ni graine, peut vivre 300 ans, et se reproduit donc uniquement par multiplication végétative, c'est-à-dire par bouturage ou marcottage naturel.

 


 

Etymologie du houx

 

Houx :


Les origines du mot houx remontent au début du 13ème siècle sous la forme hos ou hous dérivé du bas-Francique hulis ; dérivés eux-mêmes de l’ancien germanique hulis ou huls et du moyen Néerlandais huls. Au milieu du 13ème siècle, ce même mot a donné hulseie devenu ensuite houssé, puis houssaie ou houssière, lieu planté de houx.


La racine se retrouve dans l'anglais holly, qui désigne cet arbre date du milieu du 15° siècle et remonte au milieu du 12° sous la forme holin, de l’ancien anglais holen issu de l’ancien germanique hulin ; la même origine nordique ancienne ressort en Néerlandais (hulst) ou en danois (hylver). 


Il est apparenté au celtique et  gaélique sous plusieurs formes : cuilenn, celyn ou cuilionn, cuillean et au breton kelenn, dérivés d’une racine kel signifiant piquer, probablement tiré du proto-indo-européen kulisos désignant une plante épineuse.

Des noms de lieux-dits comme la Houssaye (Normandie) dérivent de ces mots.

 

 

Ilex quifolium

L'attribut "aquifolium", emprunté par Carl von Linné à Pline, signifie littéralement "à feuille épineuse" (de folium, feuille et acus, aiguille), tandis que le nom "Ilex", qui désignait en latin l'yeuse, chêne vert, a été choisi pour la ressemblance des feuilles et l'aspect persistant. 

Acrifolium (de acer et folium) qui désignait déjà en latin le houx ; terme rencontré chez Caton sous la forme acrufolius pour qualifier des outils agricoles.

 

Le houx En gaulois : "celeno" 

En Occitan : "grefuèlh" 

En Breton : "kelen" 

En Catalan : "agrifoli", "arbre de visc" ;

En Espagnol : "acebo" 

En Hollandais : "gewone hulst"

En Italien : "Agrifolia" 

En Allemand : "gemeine stechpalme", "gewôhnliche stechpalme" ; "hulsdorn"

En Anglais : "holly", "holly tree", "holm"

holly, qui sonne comme holy, qui signifie sacré.
D'où l’expression "holy day" (jour saint, sacré), qui sera plus tard transformée en "holiday" (vacances, jour férié) !

Le houx est aussi surnommé Agrelon ; Agrilou ; Ailes de chauve-souris ; Angril ; Angrivô ; Aréoulé ; Bois à la glu ; Bois franc ; Cache-minottes ; Cache-pottes ; Cour, Crouza, Écouda, Égouriou, Epine du Christ, Épine de rat ; Gargal ; Glorieu ; Grand Housson ; Grand houx ; Grand Pardon ; Gréboul ; Gréou ; Grifeuil ; Grifol, ; Haix ; Hoise ; Houk ; Houlh ; Hour ; housson ; houx d’Europe ; Houx du diable ; Husse ; Houssar ; Hussa ; Jaruss ; Lussô ; Laurier piquant ; Mesplier sauvage ;  Oulette ; Ouyou ; Pinfou ; Pique-rat ; Rou ; Verte Huce ; Vis ; Visc ; 

 
 
Le houx,  a donné les noms communs

- houssaie "lieu planté de houx"

- houssine "baguette de houx"

- houssoir "balai de houx"


d'où les expressions houssiner : battre avec une houssine, houspigner : peigner avec un houssoir transformées plus tard en houspiller : maltraiter, tourmenter.
 

 

Des noms de lieux en France

 

Dans la moitié de la France, Nord de la ligne Nantes-Vosges

. Houx - Eure et Loire (Hussum 1247)

. Le Housseau - Mayenne

 

du picard dialectal Houssin : branche de houx

. Houchain - Pas de Calais


dérivé du catalan grévol, et langue d'oc agrèu, grèul, (aquifolium : houx)

. Gréolières - Alpes Maritimes

 

de l'Occitan grifoul (Agrifolium : houx)

. Aigrefeuille - Haute-Garonne

. Greiffeil - Aude

 

du franco- provençal égruèle (houx),

. francisé en Aigrefeuille commune de Bâgé-La-Ville

 

de acrifolium, acrifolius, occitan du Massif Central orfeuil, féminin arföla : houx
. Arfeuil - commune de Tarnac Corrèze

 

Holly by Elizabeth Blackwell from Herbarium Blackwellianum emendatum et auctum, 1754. also known as A Curious Herbal ”

Holly by Elizabeth Blackwell from Herbarium Blackwellianum emendatum et auctum, 1754. also known as A Curious Herbal ”


 

La mythologie celtique

 

 

Le roi houx et le roi chêne


Le Combat entre le Roi Houx et le Roi Chêne symbolise l'affrontement entre la saison froide (la période hivernale) et la saison chaude (la période estivale).


Les Celtes divisent l'année en deux périodes, deux saisons, une saison claire et une saison sombre, marquant ainsi la roue du temps. Les deux frères s'affrontent pour déterminer qui aura le droit de régner le plus longtemps. Le combat entre les deux se déroule au moment de Yule (fête du solstice d'hiver occidentale pré-chrétienne, que certaines personnes attribueraient à une sorte de proto-noël chez certains peuples germaniques),  lorsque le Roi Chêne coupe la tête du Roi Houx et prend sa place sur le trône jusqu’à la mi saison.


Le Roi Chêne, (la vie, un arbre renaissant avec son feuillage à l’arrivée du printemps) le jumeau lumineux, règne de Yule à Litha. Il représente l'expansion et la croissance. Son arbre, le chêne, symbolise la force et la longévité, son fruit, le gland, est évidemment phallique, et ses racines s'étendent aussi loin sous terre que s'élèvent ses branches, montrant ainsi qu'il règne à la fois sur le Ciel, la Terre, et le Monde Souterrain.


Le Roi Houx, le jumeau sombre, règne de Litha à Yule. Il représente la retraite et le repos. Son arbre, le Houx, a un feuillage persistant et ses baies rouge vif resplendissent quand tout le reste est sans fruit, symbole que le Roi Houx est le Gardien de la Vie pendant le repos de son frère.


Le Roi Houx serait armé d'une masse en houx justement, qui ferait aussi office de sceptre lors de son règne hivernal. Il aurait à la place des cheveux des feuilles de houx qui orneraient sa tête.


Au solstice d’hiver, les couronnes de houx commémoraient la défaite du Roi Houx. Car face au Roi Chêne incarnant la lumière, le Roi Houx ne pouvait que s’incliner, reconnaissant le triomphe de la lumière sur l’obscurité, de la vie de la mort.


Il serait aussi la personnification sombre de la roue Wiccan de l'année. Il est également vu par certains néopaïens comme un précurseur du Père Noël.


Il existe cependant des variantes à cette histoire de combat. En effet, il est parfois question de clémence envers son adversaire, qui, à la suite de sa défaite, patienterait jusqu'à la mi saison suivante pour regagner sa place sur le trône. Il peut être aussi question de célébrer la lumière qui prend le dessus sur l'obscurité par le combat de deux frères à chaque fin de saison.


Il peut également être question d'une affiliation au Dieu Cornu sous l'aspect de dieu solaire. 


En effet, Le Roi Houx et le Roi Chêne pourraient également être comparés au cycle solaire qui se lève avec la nouvelle saison et qui se couche avec la fin de l'autre saison.

 

 

On pensait que les fées qui vivaient dans le buisson de houx entraient à l’intérieur des maisons pendant les mois d’hiver pour prendre une pause du froid et des conditions difficiles.

Les branches du houx offraient de très bonnes cachettes pour les fées, les elfes et les esprits de la forêt qui y trouvaient refuge pendant la saison froide.

Le houx était une plante sacrée.

Cicely Mary Barker

 

 

En Pays de Galles, chaque 1° mai, la fête de Beltaine ou de la Lumière prétend que chaque année, le chevalier solaire du Chêne combat le chevalier lunaire du Houx.

Depuis l’époque celte, l’issue de ce combat est connue : le chevalier du Houx est vainqueur, mais épargne celui du Chêne, mais généreux, épargne son rival en échange de la couronne !…

 


 

Les druides et le houx

 


Chez les Gaulois notamment. Les druides vénéraient particulièrement cet arbre qui figurait en bonne place parmi les sept arbres sacrés de leur bosquet. Il était l’arbre de Taranis, dieu de la foudre, le 8e arbre de l’alphabet druidique. 


Chez les Celtes, le mois du houx correspondait à la période du 8 juillet au 4 août.


Il continuait d’exercer son influence les mois suivants, les druides avaient remarqué que le houx s’accroche souvent au chêne, qu’ils vénéraient par-dessus tout…

 

Les druides coupaient les branches piquantes pour en faire des bâtons de vie.


Les croyances gauloises disaient que blesser l'arbre causerait de graves problèmes aux villages voisins. Les druides croyaient puiser dans cette énergie pour accroître la leur.
 

Pour les couper correctement sur les arbres, un goutte de sang était essentielle, mais du vin rouge était censé convenir tout aussi bien. Les baies rouges incarnaient l’énergie féminine, les baies du gui symbolisaient la semence masculine. Unies dans le rituel accompli durant le solstice d’hiver, ces deux plantes devinrent "des parentes mythiques" et jouèrent le rôle vital de garantir la vie renouvelée au printemps.
 

Le houx était planté à proximité des maisons afin de protéger des maléfices, des intrusions négatives et des esprits malveillants.
 

Ce qui fascinait les druides, c’est à la fois que le houx est un poison et un remède.

Le calendrier celtique 

 


La source majeure qui nous renseigne sur le calendrier celtique est le calendrier de Coligny, qui date de l'époque gallo-romaine.

Les Druides mirent au point un calendrier lunaire annuel, constitué de treize lunes ou périodes lunaires et de cinq nuits

Les cinq nuits correspondent au premier jour de l'Année, pour la première, et les quatre suivantes ponctuent les solstices d'hiver et d'été et les équinoxes de printemps et d'automne.

A chaque lune fut attribuée à un arbre.


huitième lune - 


Lune d'yeuse ou du houx - 8 Juillet au 4 Août -L'Indépendance - 


Plante épineuse tenue pour diabolique, sauf en Hiver, quand les rameaux couvert de fruits rouges se chargent d'écarter les maléfiques de la maison.

 

 

 

Mythologie gaélique

 

 

Dans le folklore gaélique, Holly (houx) était le seigneur des bois pendant les mois où la lumière déclinait et était le rival de Oak (chêne) pour les faveurs de la dame des bois, Birch (bouleau), qui changeait son allégeance d'Oak (chêne) à Holly (houx) au milieu de l'été chaque année, puis revenait au solstice d'hiver.

Wendy Andrew La Reine du solstice d'hiver

 

 

La huitième lettre de l'alphabet gaélique est le houx. Il représente T comme houx était Tinne en vieux gaélique. Son nom gaélique moderne est cuileann.

 


 

Mythologie nordique 

 

Les Runes: écriture sacrée en Terre du Milieu

De Julie Conton

 

..."Le houx était dédié au dieu lumineux et protecteur Heimdall, le gardien vigilant du pont arc-en-ciel reliant le monde des humains, Midgard, au monde des dieux, Asgard. 


Heindall  veillait sur l'espace sacré des cérémonies. Puisqu’il garantissait la porosité entre ces deux mondes, sa présence suffisait à insuffler le sacré et, lors des célébrations funèbres, assurait la passage de l’âme défunte du monde des humains au monde des défunts.


Pour cette raison, les peuples germains et scandinaves plaçaient dans les espaces sacrés des bouquets ou des buissons de houx. Ces buissons de houx figuraient la présence de Heimdall et invoquaient la fonction protectrice du dieu. Installer des couronnes ou des bouquets de houx aux portes et dans les espaces sacrés revenait donc à placer symboliquement le dieu Heimdall en gardien de ces espaces. Il protégeait le monde humain – symbolisé par la maison – de l’extérieur qui se transformait l’hiver en un monde sombre, hostile et terrifiant, terrain de jeu des puissances maléfiques.


La forme circulaire de la couronne de houx n’est pas anodine... On reconnaît dans ce cercle le symbole du cycle des saisons, un symbole de recommencement, de renaissance et par conséquent une forme rassurante. Elle lie étroitement la récurrence de la mort du Roi Houx et la renaissance favorisée par le dieu Heimdall, intercesseur entre la vie et la mort"...

 

 

Des tribus germaniques fêtaient les esprits des bois en hiver en décorant leurs maisons de rameaux de houx.




 

 

 

Mythologie  romaine

 


C’était des rameaux de houx que les Romains utilisaient pendant les Saturnales (en latin Saturnalia) qui célébraient le dieu Saturne …ces festivités coïncidaient avec la fin des activités agricoles proche du solstice d'hiver, entre le 17 et 24 décembre, accompagnées de grandes réjouissances populaires.

 

Pendant ces festivités, les Romains s'offraient mutuellement des couronnes de houx, ou un arrangement floral en forme de guirlande ou d'une couronne. 

 

Il était aussi de coutume de décorer les maisons, les autels, les statues de Saturne avec des branches de cette plante, de s'orner soi-même ou de remercier les personnes chères par des compositions florales de verdure et de fleurs comportant un message. 


Durant cette période, les barrières sociales disparaissaient, on organisait des repas, on échangeait des cadeaux, on offrait des figurines aux enfants.

Antoine Callet (1741-1823) - Les Saturnales


 

 

 

Le houx et la religion chrétienne

 

HOUX : il fait référence au buisson ardent, à la couronne d’épine.

Selon l'Évangile de saint Marc, le roi Hérode chercha à massacrer les enfants mâles de moins de deux ans, pour être sûr d'éliminer celui que les textes prophétiques annonçaient comme le Messie roi des juifs. 


Marie, Joseph et l’enfant furent contraints de quitter la bourgade de Bethléem en Galilée pour fuir en Égypte. Des miracles jalonnant leur chemin. Sous une escorte de lions, de loups et de léopards, la famille pu avancer sans danger. Pour les nourrir et les désaltérer le palmier se baissa leur offrant ses fruits, de ses racines jaillit une source. La famille pu avancer sans danger.

Lorsque les soldats d'Hérode s'approchèrent dangereusement, un buisson de houx se dresse, et dans un élan miraculeux, s’élance et enveloppe la Sainte Famille, d’un mur de feuillage épineux, pour les cacher, et ainsi les sauver.

Anthonis van Dyck la fuite en Egypte

 
 

 

Les premiers chrétiens

Une légende raconte que la croix était en bois de houx, parce que parmi tous les arbres, seul le houx se laissa sacrifier.

 

 

la couronne de houx

Pour ne pas éveiller les soupçons et les persécutions, les premiers chrétiens, adoptèrent la tradition des couronnes, et le houx perdit ainsi son caractère païen pour devenir un symbole chrétien typique de la saison de Noël, les feuilles pointues de la couronne représentent les épines,  la forme des feuilles rappelle celle des flammes, symbole de l’amour ardent de Dieu pour son peuple, leur couleur  verte représente la vie éternelle,  et les fruits rouges, les gouttes de sang de Jésus.


 



 

La couronne de houx de l'Avent et ses 4 bougies qu'on allume une à une les 4 dimanche de décembre, en préparation de l'avènement du Christ, nous rappellent les liens entre Noël et Pâques.


Pour que l'année à venir soit profitable, il faut faire rentrer du houx à la maison à Noël.

 

 

 

Tradition et mythe suédois


Sainte Lucie (13 décembre)

 


Selon la tradition, la nuit du 13 décembre était la plus longue de l’hiver; une nuit où tous les êtres maléfiques de la croyance populaire étaient très actifs, les animaux avaient alors la possibilité de parler, et les puissances surnaturelles étaient en mouvement. 

Pour illuminer la longue nuit, repousser  et se protéger des esprits malins, les Suédois désignait la Sainte-Lucie comme la porteuse de la lumière. La population veillait et allumait de nombreuses bougies afin d’éloigner les Ombres. 

La fille incarnant Sainte Lucie marchait d’une ferme à l’autre avec son cortège.

 

Aujourd'hui encore, En Suède, tous les ans durant la période de l'avent, on célèbre encore la Sainte Lucie (13 décembre) à l'occasion de laquelle des jeunes filles déambulent dans les rues de Stockholm coiffées d'une couronne de houx ornée de bougies allumées.


 

 

 

Tradition nordique

 

Fête de Yule (21 décembre)


Symboles : Bûche de Chêne, Houx, Gui, Roue Solaire.


Cette fête est aussi appelée le "Solstice d'Hiver", car elle est fêtée lors de la nuit la plus longue de l'hiver, le 21 Décembre. Ensuite, les jours se rallongent à nouveau, c'est pourquoi les Wiccans célèbrent le retour du Soleil, symbole d'espoir et de fécondité.


Yule est une fête du solstice d'hiver occidentale pré-chrétienne, reprise par les Chrétiens, au cours du IVe Siècle, incarnant la naissance du Christ, le 25 décembre.


Yule a été associée aux fêtes de Noël dans les pays nordiques depuis la christianisation des peuples germaniques et balto-finnois.

Brightstone - Yule

 


Mythe

La fête s'observe en commémorant la mort du Holly King (Roi de houx) qui meurt tué par son successeur le Oak King (Roi de chêne). Ce sont tous deux des dieux-arbres.

Il existait la couronne horizontale, d'origine scandinave ou germanique, qui portait quatre bougies. Chaque dimanche il était coutume d'allumer une nouvelle bougie, ce qui symbolisait la renaissance de la lumière. Le plus souvent rouge, la couleur des bougies variait cependant selon les régions.

Yule Shona Mac-Donald


 

 

 

Les portes des maisons étaient décorées de couronnes de houx et de lierre (ivy) au cours des Saturnales, culte romain de Bacchus.


Les deux plantes sont utilisées pendant Yule. 


Elles sont immortalisées dans la chanson "The Holly and The Ivy".

 

Chanson de Noël

 

Le houx et le lierre
 


(Anglais)



The holly and the ivy,

When they are both full grown,

Of all the trees that are in the wood,

The holly bears the crown.

 

(Chorus)

Oh, the rising of the sun

And the running of the deer,

The playing of the merry organ,

Sweet singing in the choir.

The holly bears a blossom

As white as lily flower,

And Mary bore sweet Jesus Christ

To be our sweet savior.

 

(Chorus)

The holly bears a berry

As red as any blood,

And Mary bore sweet Jesus Christ

To do poor sinners good.

 

(Chorus)

The holly bears a prickle

As sharp as any thorn,

And Mary bore sweet Jesus Christ

On Christmas Day in the morn.

 

(Chorus)

The holly bears a bark

As bitter as any gall,

And Mary bore sweet Jesus Christ

For to redeem us all.

 

(Chorus)

The holly and the ivy,

Now both are full well-grown,

Of all the trees that are in the wood,

The holly bears the crown.

 

 

(Français)

 

(Chorus)

Le houx et le lierre,

Quand tous deux ont totalement grandi,

De tous les arbres du bois,

Le houx détient la couronne.

 

Refrain

Oh, le lever du soleil

Et la course du cerf,

Le jouer de l'orgue joyeux,

Chantant doux dans le chœur.

Le houx porte une fleur,

Aussi blanche que le lys,

Et Marie a enfanté le doux Jésus-Christ

Pour qu'il soit notre doux sauveur.

 

(Refrain)

Le houx porte une baie

Aussi rouge que le sang,

Et Marie a enfanté le doux Jésus-Christ

Pour faire du bien aux pauvres pécheurs.

 

(Refrain)

Le houx porte un piquant

Aussi pointu que toute épine,

Et Marie a enfanté le doux Jésus-Christ

Au matin du jour de Noël.

 

(Refrain)

Le houx a une écorce

Aussi amère que toute bile,

Et Marie a enfanté le doux Jésus-Christ

Pour qu'il nous rachète tous.

 

(Refrain)

Le houx et le lierre,

Maintenant ont tous deux totalement grandi,

De tous les arbres du bois,

Le houx détient la couronne.

 

(Refrain)


 

 

 

Tradition amérindienne

 


Comme les anciens Européens,  certains Amérindiens de l'est de l'Amérique du Nord croyaient que les feuilles épineuses du houx repoussait les mauvais esprits, les sorcières et les foudres du ciel. C'est pour cette raison qu'il plantaient du houx près de leurs habitations. 

 

Ils avaient découvert une méthode de séchage des baies qui en préservait toute la brillance et la rondeur. Elles servaient à la décoration des vêtements et des cheveux ainsi que de monnaie d'échange avec d'autres peuplades où le houx ne poussait pas à l'état naturel. 


Des rameaux de houx peints sur des objets ou brodés sur des vêtements étaient signe de chance. Pour les guerriers amérindiens, la plante entière avait force de symbole : la rigidité de son bois représentait leur résistance, les épines leur férocité, et la couleur persistante des feuilles, leur courage face à l'ennemi.


 


 

v. 1350 av. J.-C. – IV° siècle av. J.C.

 


Le houx était en Europe un des sept arbres principaux du nemeton celte
(mot gaulois désignant le sanctuaire, le lieu spécifique dans lequel les Celtes pratiquaient leur culte, sous la direction des druides). 

En gaélique, le nemeton se dit nemed, terme qui signifie "sacré".


Pour les druides, le houx était associé aux jours décroissants, à l’obscurité, mais aussi au renouveau de l’année suivante :  le houx prenait graduellement du pouvoir chaque automne, jusqu’à ce qu’il fasse régner l’hiver sur le monde, puis au solstice d’hiver, le chêne, prenait sa place et ramenait l’été. 
Sa présence protégeait des sorts de magie noire, d’empoisonnements, de la foudre et des mauvais esprits, et était perçue comme signe de chance et de bonne fortune : on baignait les nouveaux nés dans une infusion de houx ; on en accrochait des branches au-dessus de la porte et des fenêtres, ainsi seuls les gens bienveillants pouvaient pénétrer dans les maisons. On considérait aussi tout lieu rassemblant un houx, un chêne et un conifère comme habité par un esprit bienfaisant de la forêt.

 

Pour les Gaulois, les baies rouges du houx possédaient le pouvoir d’attirer les femmes et représentaient le principe féminin de la vie tandis que les fruits blancs du gui, qui apparaissent à la même période, en symbolisaient la semence masculine : on les associait en fin d’année dans des rites de fertilité et de réconciliation. 
 

 


 

IV° siècle avant J.C.

 


Théophraste,(v. 371 av. J.C.-288 a. J.C.) philosophe de la Grèce antique  parle d’une yeuse sauvage (prinos agria) qui, peut-être, désigne le houx.


 

I° siècle après J.C.


Pline l’Ancien (23 -79 Caius Plinius Secundus), écrivain et naturaliste romain auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).Il y mentionne que le houx et toutes les espèces de Ilex ont des feuilles piquantes. 


Aquifolia était le nom donné au houx par Pline l'Ancien, déformation d'un mot ayant pour origine l'adjectif latin acer, acris, acre signifiant pointu, perçant et apparemment redevenu à la mode du temps de Macrobe.

 


Dans histoires naturelles chapitre 15


..."L'agrifolium, pilé avec du sel, est un bon topique pour la goutte. Les fruits sont bons pour faciliter l'écoulement périodique, pour la colique, la dysenterie, et les maladies causées par la bile. Pris dans du vin, il resserrent le ventre. La racine, cuite et appliquée, fait sortir les corps étranger engagés dans les chairs. Elle est encore excellente pour les luxations et les tumeurs.

 

XXIV -116

..."L'arbre aquifolia planté près d’une maison, le houx protégeait contre la magie maléfique. Pythagore écrit que le pouvoir de leurs fleurs change l’eau en glace. Il dit également que lorsqu’un bâton de ce bois est lancé contre une bête sans suffisamment de force, il se rapprochera de lui-même jusqu’à l’animal, à une coudée environ, par sa propre magie, puisqu’un grand pouvoir réside dans cet arbre"...


 

 

 

II° siècle  - V° siècle


Lors de la christianisation de la Gaule, le houx a d’abord été vu comme un arbre païen associé au solstice d’hiver, Tertullien (Quintus Septimius Florens Tertullien v.155-v. 220) premier auteur chrétien à produire un vaste corpus de littérature chrétienne latine, interdit et bannit la pratique du  houx, comme coutume païenne.


Les autorités de l’église étaient impuissantes face à la popularité persistante des rituels du houx, et réinterprétèrent finalement la pratique en termes chrétiens.


Ils attribuèrent  à cet arbre :

- une évocation de la présence de Dieu porteur de lumière dans le buisson ardent apparu à Moïse ou dans le cœur de Marie. 

- "Selon la légende, chaque palmier qui accueillit le Sauveur Jésus lorsqu’il entra à Jérusalem, reçut des épines comme souvenir de l’épreuve à laquelle le Christ fut soumis". (Schöpf 1986, 146). 


Les feuilles piquantes du houx devinrent un symbole chrétien de la couronne d’épines et ses baies rouges devinrent le sang du Christ".

 

Après avoir proclamé le gui comme définitivement païen, le houx eut définitivement une place populaire en l’associant à Noël, avec la légende du buisson de houx qui sauva la Sainte Famille fuyant la Galilée, en l'enveloppant pour la cacher des soldats du roi Hérode qui avait décidé de massacrer tous les nouveau-nés depuis qu’il avait pris connaissance de la prophétie de la naissance du roi des Juifs. Marie le bénit, et depuis il reste toujours vert.


Les Chrétiens médiévaux associèrent le bois de houx à la croix du Christ, les piquants de ses feuilles à la couronne d’épines de la Passion, et même la couleur de ses fruits au sang versé pendant la crucifixion. Dans certaines légendes, les fruits du houx étaient blancs avant que le sang du Christ les colore de rouge.
 


 


 

 

VI° siècle - XIV° siècle.

 


Dans l’Europe médiévale, le houx était symbole de bonheur. 

On devait planter cet arbuste devant la maison pour la protéger contre les tonnerres et les éclairs, et les feuilles et les baies se chargeraient d’éloigner la sorcellerie et les mauvais esprits…

Les jeunes filles  tiraient un présage en comptant les piquants des feuilles de houx récoltées de nuit en silence. Le comptage des piquants accompagné de la comptine « fille, femme, veuve, religieuse », répétée en boucle, désignait leur destin supposé…

Durant le Moyen-Âge, du fait de sa réputation protectrice, le houx est souvent apparu sur les blasons en héraldique.


"Le Ménagier de Paris" , II, 5.

livre manuscrit d'économie domestique et culinaire. 

Il est attribué à un bourgeois parisien, qui l'aurait écrit à l'intention de sa jeune épouse afin de lui faire connaitre la façon de tenir sa maison et de faire la cuisine. 

Il a été publié pour la première fois par le baron Jérôme Pichon en 1846 pour la Société des bibliophiles français.


..."Pour faire glus il convient peler le houx quant il est en sa seve",...  (pour faire de la glu il convient de peler le houx quand il est en sève)


..."Pour desroussir le vin blanc, preigne plain pennier de feuilles de houx et gecte dedens la queue par le bondonnail"...  (poour déroussir le vin blanc, prend un plain panier de feuilles de houx, et jette dedans la queue...)
 


 

XIII° siècle

 


En 1250,

Le village de Houx  (Eure-et-Loir) se nomme Hussum et son seigneur Simon est le premier vassal des seigneurs d’Épernon.

Ses armoiries sont un bouclier divisé en quatre et rempli de six feuilles de houx. La domination des terres change de mains, passant de la famille de Cintray ou bien encore au Seigneur de Hanches.

Le blason reste en mémoire.


 


 

XV° siècle


Horae ad usum Romanum, dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne 

Jean Bourdichon (1457 ?-1521) Enlumineur

Le houx - agrifolium


 

 

 

 

XVI° siècle

 

Les missionnaires découvrent dans la zone centrale d'Amérique du sud, les Guaranis (groupe de populations amérindiennes des régions amazoniennes du Brésil, d'Argentine, de Bolivie, de l'Uruguay et du Paraguay), sont connus pour être les premiers à avoir cultivé le houx (Ilex paraguariensis).

 

Les Jésuites sous le charme du maté décident alors d’initier dans la région la culture du houx du Paraguay.

 

Ainsi, l'usage et la culturese répandent dans le reste de l'Amérique du Sud, aussi loin qu'en Équateur,  lorsque le biologiste Aimé Bonpland après avoir réussi à comprendre la germination.

 

C'est pourtant une espèce menacée à l'état sauvage, notamment à cause de la déforestation.


 

 

 

XVII° siècle

 


Marc-Antoine Girard, sieur de Saint-Amant (1594-1661) poète français, auteur de poèmes burlesques, satiriques ou lyriques.


Le Soleil Levant

 

..."Le chevreuil solitaire et doux,

Voyant sa clarté pure

Briller sur les feuilles des houx

Et dorer leur verdure,

Sans nulle crainte de veneur,

Tâche à lui faire quelque honneur"...

 


1653

Histoire generale des plantes contenant 18 livres 

Jacques Dalechamps · 1653


..."Et Theophraste dic : Dessauuages ceux qui gardent tousiours leurs tucilles l'reusé le Houx , & c.où Gaza a fort bien interpreté le mot dyeia pour le Houx"...


(Et Théophraste dit : Des sauvages ceux qui gardent toujours leurs feuilles l'yeuse, le houx et ou Gaza a fort bien interprété le mot dyeia pour le hou)


 



1694


Joseph Pitton de Tournefort (1656-1708)  botaniste français.


"Elemens de botanique, ou Methode pour connoître les plantes",

Aquifolium Houx, (Planche 37) 


 


 

XIX° siècle

 


1826/32

Le Roman du Renart - 

Dominique Martin Méon (1748-1829) bibliophile et philologue français 


C’est la Branche de Renart com il fu Empereres.


..."Quant iloques vint un vilain 

Qu tint un baston en sa main 

Qui ert [était] grant e gros et de hous,"... 
 

 

 

Emily Jane Brontë (1818 -1848) poétesse et romancière 

 


L’amour et l'amitié

 

L’amour à la sauvage églantine est pareil

Et l’amitié pareille au houx.

Si le houx reste obscur quand fleurit l’aubépine,

Lequel fleurit plus constamment?

 

La sauvage églantine est suave au printemps;

L’été, ses fleurs embaument l’air.

Attendez toutefois que revienne l’hiver,

Qui dira l’églantine belle?

 

Dédaigne l’églantine et sa vaine couronne,

Fais du houx luisant ta parure

Afin, lorsque Décembre aura flétri ton front,

Qu’il y respecte sa verdure.

 

***

Love and Friendship

 

Love is like the wild rose-briar,

Friendship like the holly-tree —

The holly is dark when the rose-briar blooms

But which will bloom most constantly?

 

The wild rose-briar is sweet in spring,

Its summer blossoms scents the air;

Yet wait till winter comes again

And who will call the briar fair?

 

Then scorn the silly rose-wreath now

And deck thee with the holly’s sheen,

That when December blights thy brow

He still may leave thy garland green.


 

 

Théophile Gautier  (1811-1872) poète, romancier et critique d'art français.

 


Me voilà revenu de ce voyage sombre

 

..."Ne croissez pas ici ! Cherchez une autre terre,

Frais amours du printemps ; pour ce jardin austère

Votre éclat est trop vif ;

Le houx vous blesserait de ses pointes aiguës,

Et vous boiriez dans l'air le poison des ciguës,

L'odeur âcre de l'if"...
 

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français. 


 

Les oiseaux


..."Comme ils s'en allaient tous, furieux, maugréant,

Criant, et regardant de travers le géant,

Un houx noir qui songeait près d'une tombe, un sage,

M'arrêta brusquement par la manche au passage,

Et me dit : - Ces oiseaux sont dans leur fonction.

Laisse-les. Nous avons besoin de ce rayon"...

 

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français. 


 

Demain dès l’aube…


 ..."Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en feu"...

 



 

 

 

Frédéric Soutras (1814-1884) poète pyrénéen. 

En 1864, il est un des fondateurs de la Société Ramond.

recueil "Ls Pyrénéennes ; rêves, pensées et paysages" 

Pièce a été mise en musique par M. F. Soubies. 

Août 1852.

 


Mon vieux bâton de houx

 

Dans une gorge où le vertige

Plane au bout d’un mont escarpé,

Où l’écume en flocons voltige,

Par un pâtre tu fus coupé ;

Rejeton d’une mâle tige,

Tu grandis parmi les cailloux,

Mon vieux bâton de houx.

 

Souvent, m’a dit le jeune pâtre,

Tu dirigeas ses pas errants,

Le soir, quand un voile grisâtre

Cachait l’abîme ou les torrents ;

Souvent aussi tu vins combattre

Avec les chiens contre les loups,

Mon vieux bâton de houx.

 

Je m’épris de ta rude écorce,

Du ferme tissu de ton bois,

Des grands noeuds qui disaient ta force,

Du sang qui disait tes exploits ;

Et du berger, qu’un rien amorce,

Je t’achetai pour quelques sous,

Mon vieux bâton de houx.

 

Le riche fier de sa cassette,

Pour t’avoir, ô mon seul trésor,

Viendrait en vain dans ma retraite,

Viendrait m’offrir ton pesant d’or ;

S’il insistait, gare à sa tête ! …

On ne guérit pas de tes coups,

Mon vieux bâton de houx.

 

Depuis quinze ans, toujours ensemble,

Fiers et confiants, nous allons

De la cascade où le roc tremble

A la neige des hauts vallons ;

Et l’amitié qui nous rassemble

Brave l’effort du temps jaloux,

Mon vieux bâton de houx.

 

Combien de fois, dans la tempête,

Solide et fort comme l’acier,

Tu m’as soutenu sur la crête

Ou sur les pentes du glacier,

Quand le sang sifflait dans ma tête,

Quand se dérobaient mes genoux,

Mon vieux bâton de houx !

 

Que de fois, le long des ravins,

Au bas des sentiers hasardeux,

En nous écorchant aux épines,

Nous avons roulé tous les deux !

Mais, l’oeil plein des choses divines,

Je m’écriais : relevons-nous,

Mon vieux bâton de houx !

 

Puis, quand le soir, avant la lune,

Nous ramenait dans les hameaux,

Pour contempler la vierge brune

Assise au pied des grands ormeaux,

Moi qui pourtant n’en aime qu’une,

Je m’arrêtais… instants bien doux,

Mon vieux bâton de houx !

 

Ainsi, défiant les abîmes,

Joyeux ou grave pèlerin,

J’ai visité les grandes cimes,

D’où le ciel luit comme un écrin ;

Et revenant des lieux sublimes,

Je disais : les hommes sont fous,

Mon vieux bâton de houx.

 

Maintenant, plus d’une blessure

Marque ma chair, marque ton bois ;

Le schiste aigu de sa morsure

Nous atteignit plus d’une fois ;

Mais nous avons la fibre dure,

Et vite se ferment nos trous,

Mon vieux bâton de houx.

 

Allons encor ! – tant qu’une haleine

S’exhalera de mes poumons,

Allons des brumes de la plaine

Aux lumineux sentiers des monts ;

Là haut, où l’aigle a son domaine,

Courons aux divins rendez-vous,

Mon vieux bâton de houx.

 

Enfin, de ses rides glacées,

Lorsque le temps m’aura flêtri,

Compagnon de mes odyssées,

Dans le repos du même abri,

Evoquant nos gloires passées,

Je te dirai : souvenons-nous,

Mon vieux bâton de houx !

 

Rosalie Bonheur, dite Rosa Bonheur (1822-1899 ) peintre et sculptrice française, 

 

 

 

Pierre Dupont (1821-1870) chansonnier, poète et goguettier français

 

Les boeufs

 

..."J'ai deux grands boeufs dans mon étable,

Deux grands boeufs blancs marqués de roux ;

La charrue est en bois d'érable,

L'aiguillon en branche de houx.

C'est par leur soin qu'on voit la plaine

Verte l'hiver, jaune l'été ;

Ils gagnent dans une semaine

Plus d'argent qu'ils n'en ont coûté"...
 

 

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète, dramaturge et critique dramatique français.


Ballade sur les hôtes mystérieux de la forêt

Il chante encor, l'essaim railleur des fées,

Bien protégé par l'épine et le houx

Que le zéphyr caresse par bouffées.

Norman Rockwell

 

 

Charles Zacharie Landelle (1812-1908) peintre de genre et portraitiste français.


"Le houx qui s'y frotte s'y pique"


 


 

Fritz Ludvig von Dardel (1817-1901)

Chroniqueur, illustrateur et dessinateur de bandes dessinées suédois . 

Procession de Lucia en Suède, 1848, Fritz von Dardel.


 

 

 

1856

Adolphe de Chesnel (marquis 1791-1862) polygraphe, historien et encyclopédiste français.

Dictionnaire des superstitions, erreurs, préjugés, et traditions populaires, où sont exposées les croyances des temps anciens et modernes, publié par Jacques Paul Migne 


..."A Noël, dans le pays de Galles en Angleterre, chaque homme conduit sa femme sous un bouquet de houx suspendu au plafond, et lui souhaite une bonne année. Quelques-uns disent qu'une idée superstitieuse se rattache à cette coutume ; mais les gens malicieux prétendent qu'il n'y faut voir simplement qu'une figure poétique par laquelle le mari donne avis à sa femme que si elle ne se montre pas suffisamment soumise pendant le cours de l'an qui commence, elle doit s'attendre à une correction"...

 

 

1869

Dictionnaire des sciences naturelles : 

Par plusieurs professeurs du Jardin du roi et des principales Écoles de Paris (1816-1845) 

Planches, Botanique : Végétaux Dicotylédons, 192-313 - livre

Planche Botanique Gravure Originale Flore Plantes Médicinales

Houx Ilex Drupe Baie Plantain Cuscute Alchemille Mâcre Chataigne d'eau 


 

 

 

Émile Littré (1801-1881) médecin, lexicographe, philosophe et homme politique français, Dictionnaire de la langue française, communément appelé "le Littré "

houx

(hoû) s. m.


1°   Arbre toujours vert dont les feuilles sont luisantes et armées de piquants.
   Houx panaché, espèce de houx dont la feuille est tachetée de jaune.

   Il se dit aussi d'une canne de houx. Vous avez là un joli houx.

   Terme de botanique. Genre houx, ilex, type de la famille des ilicinées, où l'on distingue : 1° le houx commun (ilex aquifolium, LINNÉ) ; 2° le houx maté, dit aussi herbe ou thé du Paraguay, des jésuites, de saint Barthélemy, petit arbre glabre (ilex paraguayensis, LAMBERT){{}}; les feuilles en sont employées en quantité considérable, dans l'Amérique méridionale,

 

2°   Houx-frelon, dit aussi petit houx, housson, fragon piquant (ruscus aculeatus, L.), famille des liliacées asparagées, arbrisseau à rameaux aplatis simulant des feuilles toujours vertes et piquantes et dont les racines passent pour diurétiques et apéritives (voy. frelon).


 


 

1885

Otto Wilhelm Thomé,(1840-1925), botaniste allemand , illustrateur 
ouvrage illustré Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz in Wort und Bild für Schule und Haus

 (Flore d'Allemagne, d'Autriche et de Suisse en texte et en image pour l'école et la maison) première édition en quatre tomes avec 571 planches illustrées à Gera en 1885. 

Le houx - Ilex aquifolium


 

 

 

Charles Marie René Leconte de Lisle (1818-1894) poète français, 

 


Symphonie


..."O chevrier ! ce bois est cher aux Piérides.

Point de houx épineux ni de ronces arides ;

A travers l'hyacinthe et le souchet épais

Une source sacrée y germe et coule en paix"...
 

 

 

Charles Frémine (1841-1906), poète de la Normandie, qui a fourni nombre de poèmes aux instituteurs du XXème siècle pour meubler la mémoire des enfants.

 

Coupez le gui ! Coupez le houx !

 


Feuillage vert, feuillage roux ;

perles rouges et perles blanches...

 

Coupez le gui ! Coupez le houx !

Feuillage vert, feuillage roux ;

 

Mariez leurs branches !

Perles rouges et perles blanches.

 

Coupez le gui ! Coupez le houx !

C'est la Noël ! Fleurissez-vous.*

 

Courez à la forêt prochaine,

Courez à l'enclos des fermiers ;

 

Coupez le gui sur le grand chêne,

Coupez le gui sur les pommiers !

 

Chassez les grives et les merles,

Chassez la mésange au dos bleu

 

Du gui dont les fleurs sont des perles,

Du houx dont les fleurs sont du feu.


 

 

 

Louis-Xavier de Ricard (1843-1911) un poète, écrivain et journaliste français


 

La guarrigue

 

..."Puisse ma libre vie être comme la lande

Où sous l'ampleur du ciel ardent d'un soleil roux,

Les fourrés de kermès et les buissons de houx

Croissent en des senteurs de thym et de lavande"...
 

 

 

Rémy de Gourmont (1858-1915) écrivain français, romancier, journaliste et critique d'art, proche des symbolistes.

 

 

Le houx


 
Simone, le soleil rit sur les feuilles de houx :

Avril est revenu pour jouer avec nous.

 

Il porte des corbeilles de fleurs sur ses épaules,

Il les donne aux épines, aux marronniers, aux saules ;

 

Il les sème une à une parmi l'herbe des prés,

Sur le bord des ruisseaux, des mares et des fossés ;

 

Il garde les jonquilles pour l'eau, et les pervenches

Pour les bois, aux endroits où s'allongent les branches ;

 

Il jette les violettes à l'ombre, sous les ronces

Où son pied nu, sans peur, les cache et les enfonce ;

 

A toutes les prairies il donne des pâquerettes

Et des primevères qui ont un collier de clochettes ;

 

Il laisse les muguets tomber dans les forêts

Avec les anémones, le long des sentiers frais ;

 

Il plante des iris sur le toit des maisons,

Et dans notre jardin, Simone, où il fait bon,

 

Il répandra des ancolies et des pensées,

Des jacinthes et la bonne odeur des giroflées.


 


 

Anatole Le Braz (1859-1926) professeur de lettres, écrivain et folkloriste français de langue bretonne, 

 

Soir de Bretagne


..."D'un geste bucolique, il porte en main la gaule

Dont le houx encor vert s'achève en aiguillon ;

Il dégage en marchant une odeur de sillon,

L'âpre et saine senteur de la terre éventrée"...
 

 

Francis Jammes (1868-1938) poète, romancier, dramaturge et critique français. 


..."J'aime l'âne si doux

marchant le long des houx.

Il a peur des abeilles

et bouge ses oreilles"...
 

 

Anna de Noailles (1876-1933) poétesse et une romancière française d'origine roumaine


 

Les paysages

 

..."Le charme désolé du paysage roux

Soupire un air connu des vieilles épinettes ;

La grive se déchire aux dards tranchants des houx

Et le corail pâlit aux épines-vinettes...

Le charme désolé du paysage roux !"...


 

 

 

1899

Art nouveau

Jane Atché dite Jal (1872-1937) artiste peintre, affichiste et illustratrice française

Bibliothèque nationale de France

le Houx : panneaux décoratifs


 

 

 

XX° siècle

 


1900

Art nouveau

Grand Médaillon Art nouveau en argent

décor de houx recto-verso.

 


 

1900

Époque art nouveau, 

François-Théodore Legras (1839-1916).maître verrier français

Vases Art Nouveau en verre émaillé décor de houx.




 

1900

Art Nouveau

"Lustre branches de houx, 5 lumières, vers 1900"

Lustre "branches de houx" 

5 branches en bronze donc 5 lumières.

Le feuillage est peint d'origine en vert très foncé, les boules de houx sont de petites perles rouges.


 

 

 

1902

Paul Kauffmann, 

Paul Adolphe Kauffmann dit aussi Peka (1849-1940) illustrateur français.
Il signait "P. Kauffmann" ou "P.K.".

Planche en couleur - carte 

Le marché aux houx des Rameaux (Alsace),



 

 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 

Le roi rit dans les houx 


Le roi rit dans les houx,

Hou-hou !

C’est là qu’il joue aux cartes

En mangeant de la tarte

Et buvant du vin doux,

Hou-hou !

 

Mais la reine le voit,

Ha-ha !

Et brise sa couronne

Avec une anémone.

On est roi ou pas roi,

Ha-ha !

 

C’est un oiseau jaloux,

Cou-cou !

Qui a conté l’affaire

À la forêt entière

Et la redit partout,

Cou-cou !

Roi houx - Anne Stokes


 

 

Paul Morand (1888-1976) écrivain, diplomate et académicien français. 

 


..." L'amour est comme l'églantine sauvage, L'amitié est comme le houx, Le houx est sombre lorsque l'églantine est en fleur, Mais lequel fleurit avec le plus de constance ?...

 

 Fermé la nuit, Gallimard

..."C'est comme dans le mariage : d'abord sous le gui, ensuite sur le houx"... 
 

 

Robert Ranke Graves (1895-1985) poète et romancier britannique.

Dans son ouvrage Les Mythes celtes : La Déesse Blanche, 

Robert Graves évoque certains mythes contenant le Roi Houx et son frère le Roi Chêne. Ces mythes sont des variantes où il est question du Chevalier Chêne et du Chevalier Houx, se battant chaque 1er mai jusqu'au jugement dernier.


 

 

 

Alain Hannecart (1955) poète français


 

Le houx


..."Mon feuillage toujours vert me donne de la prestance

En vérité je pique un peu , j’ai l’air de me défendre,

Quand je veux m’exprimer mes larmes me devancent.

Je symbolise la vie qui renaît de ces cendres"...


 

 

 

Jean-Baptiste Evette (1964) écrivain français, Romancier, auteur de théâtre de rue, traducteur de l'anglais

 

La question houx

 

Certes, il reste vert

en hiver

ilex aquifolium

et cela nous rassure

peut-être encore

sur le retour

des beaux jours

 

Mais une fois décrochées

les décorations de Noël

une fois passées les festivités

et les pâtisseries

que reste-il du houx ?

un cri dans la forêt

qppel ou avertissement

de bête nocturne

 

Entre en scène le coriace

chevalier vert

cuirassé de pointes

en sa jeunesse

 

Dans sa vieillesse

ermite solitaire

sans épines

méditatif

 

Comme d’autres sentinelles

sempervirentes

le houx s’est retiré

de la compétition vers le haut

pour plus de lumière

 

Il reste là, il attend

et quand l’automne

dépouille de leurs feuilles

ses rivaux

il profite sans frissonner

du soleil d’hiver

 

Un cousin sud-américain

produit le maté

boisson reconstituante

mais n’essayez pas

le thé du houx d’ici

Laissez les baies rouges

portées par les pieds femelles

aux merles et aux grives

 

Nocturne, hivernal

il serait l’arbre

du dieu Saturne

 

En tout cas son bois

à la fois souple et dur

fait d’excellents bâtons

de belles cannes

pour cogner

housser ou houspiller

 

Les jeunes filles, paraît-il

se piquaient les doigts

sur chacune des épines

en les comptant

pour savoir si elles seraient

filles, femmes, veuves ou nonnes

 

Mieux encore selon Pline le Vieux,

planté dans votre cour

il protègera la maison

des maléfices


 

 

 

Simone de Beauvoir (1908-1986) philosophe, romancière, mémorialiste et essayiste française.


Mémoires d'une jeune fille rangée

..."J'apprenais que le rouge du houx est plus rouge que celui du laurier -cerise ou du sorbier"... 


 

 

 

1986


Arlette Cousture (1948) écrivaine canadienne, québécoise.

..."Le temps des fêtes arriva, coincé entre les tempêtes et la tristesse des patients [...]. Chaque étage, chaque service de l'hôpital avait beau être décoré d'une crèche et de feuilles de houx, les patients étaient plus fiévreux, moins en forme "...


 


1986

J'ai Lu, 1988


Louis Whitley Strieber (1945) auteur américain d'horreur et de science-fiction

Dans le roman "Cat Magic" , le "roi houx" joue un grand rôle dans le chapitre 14 ("La folle poursuite")
 

 

 

XXI° siècle

 

2000

Nicole Parrot, Ecrivain et journaliste, auteur


"Le Langage des fleurs (Éditions Flammarion, 2000) : 


    ..."Les petites  billes rouge vif accrochées en grappes, parmi le feuillage rigide et brillant comme de la laque, peuvent prendre place aux côtés des fleurs les plus raffinées. Et parlent tout aussi bien. Sans doute parce que ses feuilles se terminent en pointes acérées, le houx dit : "protégeons-nous", "protégeons l'avenir" et même "défendons-nous". Il s'écrie aussi "longue vie !". Vous pouvez le croire, il connaît la question, son buisson peut atteindre trois cents ans. Mais il recommande : "traitez-moi avec égards" et prévient : "je peux piquer". Il ne s'en prive pas. 


    Attentionné et prudent, il met en garde les fantaisistes qui auraient la curieuse idée de croquer ses baies : "Ne me mangez pas, je suis toxique".
    Naturellement, comme chacun sait, son apparition chez les fleuristes et sur les étals des marchés salue les fêtes de la Saint-Sylvestre et clame : "Joyeux Noël et bonne année !"


    Voici cinq siècles qu'il règne sur cette époque bénie. En offrir, geste curieusement peu fréquent, c'est offrir ses vœux, mais c'est aussi ne pas hésiter à se montrer non-conformistes et un brin hardi."...


 

 

 

2001


Dans la saga Harry Potter, la baguette de Harry est en bois de houx.


1997 - 2007


Joanne Rowling  (1965) nom de plume  J. K. Rowling et Robert Galbraith romancière et scénariste britannique. 


Harry Potter est une série littéraire de low fantasy 


- Dans la saga Harry Potter, la baguette de Harry est en "bois de houx". 

Garrick Ollivander fabricant de baguettes. 
Tous les élèves de Poudlard vont chez lui pour acheter leur baguette. En 1996, il est enlevé par Voldemort qui désire en savoir plus sur la science des baguettes magiques. Il est finalement libéré par Harry Potter, Ron Weasley et Dobby.

 

- Au sujet de l'affinité entre une baguette et son maître

Garrick Ollivander :
..."Chaque baguette, dès le moment où elle trouve son propriétaire idéal, commencera à apprendre des choses de son partenaire humain tout en lui apportant son propre enseignement.

Le houx est l'un des bois de baguette les plus rares. Considéré traditionnellement comme doté d'un pouvoir protecteur, il convient particulièrement à ceux qui ont besoin d'aide pour surmonter une tendance à la colère ou à l'impétuosité. En même temps, les baguettes de houx choisissent souvent des sorciers engagés dans des quêtes périlleuses et souvent spirituelles. Le houx est l'un de ces bois dont les performances varient d'une manière spectaculaire en fonction du cœur de la baguette. Ce bois a la fâcheuse réputation de n'être guère compatible avec la plume de phénix car sa volatilité s'oppose étrangement au détachement du phénix. Au cas peu probable où une telle association trouverait son propriétaire idéal, rien ni personne ne pourrait se mettre en travers de leur chemin"...

 


 

2011


Suzanne Guerrot (Auteur)

"Et le vent dans les houx"
L'endroit l'envoûtait. Il y avait dans ce lieu une séduction que l'homme ne s'expliquait pas. Il n'y était jamais venu, et il n'y avait devant ses yeux rien qui justifiât un tel attrait. Un chemin creux tapissé de lierre, un immense houx vert et quelques noisetiers sur un mur de pierres couvertes de mousse, tout cela était assez ordinaire pour le campagnard qu'il était.
Petit à petit, la perception du charme du lieu fit place à une indéfinissable sensation d'angoisse mêlée de plénitude.


 

 

 

2013


Eric Pier Sperandio (1954), auteur 

Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations 
(Éditions Québec-Livres, 2013), 


le Houx (Ilex aquifolium) : 

    "Le houx est une plante que l'on associe à la fête de Noël. C'est un petit conifère dont plusieurs variétés existent en Europe et en Amérique du Nord. La plus connue est un arbrisseau dont les feuilles vertes et luisantes ainsi que les petits fruits rouges servent de décoration aux fêtes de Noël et du Nouvel An.


 


 

2019


Richard Ely (1974), écrivain et ethnobotaniste belge

Petit Grimoire : Plantes sorcières, Les Sortilèges (Éditions « Au bord des continents... », mars 2019, sélection de textes extraits de Secrets des plantes sorcières) 


le Houx :
..".Le houx, arbuste au feuillage persistant de la famille des Aquifoliacées, se reconnaît facilement. il porte des feuilles coriaces, ondulées, au bord parfois lisse, souvent épineux, d'un vert sombre et brillant. Des fleurs petites et blanches, groupées à l'aisselle des feuilles, composées de quatre pétales et quatre sépales, quatre étamines ou quatre stigmates selon que l'arbuste est mâle ou femelle. Les fruits sont des drupes d'un rouge prononcé, toxiques, demeurant sur la plante en hiver"...

 

 

 

Langage - signification du houx


Symbole de :


. la chance et de la bonne fortune.

 

. de vie éternelle et de sage prévoyance 

 

. Pour que l'année à venir soit profitable, il faut faire rentrer du houx à la maison à Noël.

. Dans l’héraldique, la feuille de houx symbolise la "vérité".

 

.  Cet arbre aux feuilles toujours vertes représente partout l’espoir et la vie nouvelle, la lumière. il protège de la négativité. 

  "Au bout de la nuit qui n’en finit pas, le soleil qui reviendra". 


. Il est de bon ton d'envoyer des présents garnis de houx, à ses proches en signe de bienveillance.

 


 

Mythes, superstitions et tradition du houx

 


- Pour les Grecs, le houx était symbole de la prévoyance.

- Chez les romains, le houx était porté en couronne par les jeunes mariés en guise de bon présage et de félicitations. 

- Dans le rituel celtique du houx accompli la nuit précédant le solstice d’hiver, les branches de houx étaient récoltées et installées dans la maison comme protection contre la sorcellerie, la foudre, et la mort. 

- Les Druides croyaient que le soleil ne quittait jamais les plants de Houx.

- Les Druides pensaient que le houx protégeait contre les mauvais esprits, ils en portaient dans les cheveux et dans la barbe. Il ornait souvent les bâtons des druides, et était offert aux hommes et aux femmes des villages afin de leur porter bonheur.

- Associé aux dieux de l’orage, le houx apparaissait comme une protection magique contre la foudre et contre le mal en général (maléfices, esprits négatifs, impôts, etc). Cette vertu protectrice lui valut dès lors une place d’honneur à la porte des habitations.

- Dans un Ancien rite Hogmanay (nom que les écossais donnent au réveillon du Nouvel An, le 31 décembre),  les garçons se frappaient avec du houx en croyant qu'ils vivraient un an pour chaque goutte de sang versée.

- La persistance des feuilles vertes du houx durant le froid glacial, était un signe de bienvenue pour les bons esprits de la forêt ou les voyageurs perdus dans le froid. 

- La tradition voulait que l'on baigne les nouveau-nés dans une infusion de houx, ce qui les protège contre tout péril.  

- Au moyen âge, le houx était symbole de bonheur. 

- Au moyen âge, on plantait le houx devant la maison pour la protéger contre les tonnerres et les éclairs. Il était utilisé en magie comme protection contre les cauchemars, les incubes et autres démons, ainsi que pour se protéger de la foudre. On croyait que les feuilles épineuses et les baies du houx repoussait les mauvais esprits, entre autres les sorcières et les foudres du ciel. 

- Selon les croyances populaires, les sorcières avaient besoin des baies rouges du houx pour créer les orages. Les baies étaient un ingrédient important des "onguents et encens des sorcières". (Weustenfeld 1996, 111).

- Plante protectrice au grand pouvoir, faire entrer le houx dans une demeure est permettre aux esprits de la forêt d'y pénétrer à leur tour. C'est une plante magique que toute sorcière ne peut ignorer.

- Au Moyen Âge, on croyait que si on lançait du houx sur des bêtes sauvages, celles-ci s'étendaient à vos pieds et vous laissaient tranquille.  

-  En Angleterre on croyait que le houx pouvait influer sur la bonne entente du ménage. Pour cela,  il fallait deux sortes de houx : avec piquants et sans. Le houx à piquants symbolise le mari, le houx à bords lisses, la femme. Afin que les rapports entres les conjoints soient équilibrés, les gerbes de houx contenants les deux sortes de feuilles doivent entrer dans la maison ensemble. Autrement l'un des deux, mari ou femme, dominera la maison.

- Selon les traditions botaniques, un buisson de houx, plante de protection, cultivé sur votre propriété vous protégerait contre la foudre.

- Accrocher du houx dans les maisons est une tradition qui perdure encore, cela signifierait le soleil renaissant, la chance.

- Le houx apporte la chance aux maisons scandinaves qui le plantent en leur jardin.

- Accrocher du houx dans les maisons est une tradition qui perdure encore, cela signifierait le soleil renaissant, la chance.

- Planté autour de la maison, le houx protège des attaques de magie noire.  


 

 

Utilisation du houx

 

- Autrefois  on employait les rameaux de cet arbuste pour ramoner les cheminées,les ramoneurs furent appelés des houlseurs... 

- Et pour faire des balais. En cas de besoin on pouvait "houspiller" les importuns.

- Pendant longtemps, des bouquets de houx servant à ramoner les cheminées, 

- Autrefois, son bois dur mais élastique l'avait fait choisir dans les campagnes pour réaliser des cannes, des manches d'outils (masses et maillets),  des aiguillons (long bâton muni d'une pointe de métal, pour piquer les bœufs).

- Le tronc du houx est composé d’un bois blanc grisâtre, lourd, dense et dur, au grain fin, son cœur prend une couleur noirâtre, qui s’étend à mesure que l’arbre grossit. Il a souvent été également utilisé pour les pièces des jeux d'échecs ou par des maquettistes pour le mobilier.

- Ce bois reste très utilisé en sculpture, lutherie et marqueterie : poli, il a la couleur de l’ivoire et teint en noir celle de l’ébène. 

- Avec du hêtre et du noisetier, le houx servait à créer des haies infranchissables pour le bétail tout en étant mellifères. 

- On préparait également une glu, en pilant la seconde écorce du houx, la verte, celle que l'on découvre après avoir pelé l'écorce externe liégeuse.

- Les branchages de houx avec leurs baies rouges sont largement utilisés en décoration au moment des fêtes de Noël. 

- L'utilisation du houx est aussi utilisé pour la décoration de l'autel des messes de minuit. De là, on prit l'habitude de l'accrocher en couronne sur la porte.


 


 

Vertus thérapeutiques du houx


- Le houx est considéré comme une plante protectrice en phytothérapie,  comme antirhumatismal. 

- Ses baies sont toxiques pour l’Homme, mais l’écorce et les feuilles de houx séchées, riches en ilicine alcaloïde (proche de la quinine), sont avant tout fébrifuges et souveraines contre les inflammations bronchopulmonaires  ; les fièvres, les rhumes, les bronchites et les toux spasmodiques. 

- Une décoction de feuilles et d'écorce a souvent été jugée plus efficace que la quinine contre les fièvres intermittentes, elles ont aussi été utilisées pour les rhumatismes. Les baies constituent un purgatif violent, surtout utilisé pour le bétail.

- Le Houx est également indiqué pour les problèmes de la sphère gastro-intestinale.

 

- Plusieurs espèces, comme l'Ilex chinensis, sont utilisées en médecine traditionnelle chinoise.

- Le thé du Paraguay (Ilex paraguariensis), aussi connu sous les noms de maté ou yerbamaté, est un stimulant nerveux, musculaire et cérébral qui a été utilisé pendant la Première Guerre mondiale par les armées britannique, française et allemande.

 


 

La célébrité du houx


- La baguette de Harry Potter (saga)


- Le plus célèbre objet en "bois de houx" est sans doute la canne de marche de Goethe conservée au musée de la maison Goethe avec le Musée National Goethe de Weimar. 


- Le célèbre quartier cinématographique de Los Angeles, Hollywood, signifie "Bois de houx".


- Houx, commune française située dans le département d'Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire.
Le nom de la commune est mentionné avec la graphie Hous en 1235 et sous la forme latinisée Hussum en 1247. Il s'agit probablement du nom du houx, terme d'origine francique. Le singulier [?] s'explique peut-être par la présence d'un arbre remarquable.

 

 

 

Le houx par les peintres

 

Joseph-Désiré Court (1797 -1865) 

Peintre français.

"La sortie du bal"

 

 

Edward Duncan (1803-1882) 

Aquarelliste britannique 

La charrette à houx (lithographie couleur)

 

 

Eloise Harriet Stannard (1829-1915)

Peintre britannique pour ses natures mortes.

"Nature morte aux pommes, noisettes et houx - 1898"


 

George Goodwin Kilburne (1839-1924) 

Peintre de genre anglais

"La charrette de houx" 

 

 

Alice Bailly (1872-1938)

Peintre et graveuse suisse, 

"La branche de Houx"

 

 

Léon Gustave Levasseur (XIX° - XX° s.)

Peintre Français

"Bouquet de houx - 1916"


 

Franck Innocent (1912-1983) 

Peintre français

"Nature morte au pot de houx"


 

Anne Cotterill  (1933-2010)

Peintre britannique

Le bouquet de houx dans un vase bleu

 

 

Anne Cotterill  (1933-2010)

Peintre britannique

Le bouquet de houx dans un pot en étain

 

 

Anne Cotterill  (1933-2010)

Peintre britannique

La branche de houx

 

 

Lisa Alderson

Peintre Britannique

"Oiseau et le houx"


 

​​​​​​​

Solstice d'hiver - Fête de Yule

et le houx

 

Christopher Bell 

Solstice hiver - yule

 

 

Margaret Ellis 

Artiste professionnel et professeur d'art. 

"Le roi houx" - "The Holly King"

 

 

Wendy Andrew 

Solstice hiver -  roi houx

 

 

Wendy Andrew 

Solstice hiver -  roi houx

 

 

Wendy Andrew 

Solstice hiver -  Dame des Bois

 

 

Wendy Andrew 

Solstice hiver -  Dame des Bois

 

 

The Quirky celts

Yule - Solstice hiver

 

 

Brigstone 

Solstice Hiver - Yule

 

 

Yule -

Solstice hiver - Dame des Bois

 

 

Yule -

Solstice hiver -roi houx

 

 

Illustration Yule 

Solstice hiver

 

 

Illustration Yule 

Solstice hiver

 

 


 

Le houx en héraldique 

 

 

Quelques armoiries


Héraldique houx - Houssay (Loir-et-Cher)

 

 

Héraldique houx - La Gresle (Loire).

 

 

Héraldique houx - Saint-Martin-du-Vivier (Seine-Maritime)

 

 

Héraldique houx Hilsprich (Moselle)


 

 

 

Le houx en philatélie

 

 

 

 

 

Carte vintage houx "Joyeux Noël"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carte Vintage houx "Bonne Année"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 20:36

 

 

Mythologie des arbres


Le chêne

 


Arbre de nos forêts, à feuilles caduques, dont le fruit est le gland, réputé par sa haute taille, sa longévité et la qualité du bois qu'il fournit.

 

François Tristan L'Hermite (1601-1655)


Le promenoir des deux amants

 

Ce vieux chêne a des marques saintes ;

Sans doute qui le couperait

Le sang chaud en découlerait

Et l'arbre pousserait des plaintes

 


 

 

Considéré comme le roi des arbres, le chêne symbolise la puissance : il est grand, imposant, élégant et le plus majestueux de nos forêts de l'hémisphère nord, mais sa croissance est lente.

C'est le plus bel arbre des forêts d'Europe.


 

Ses feuilles alternes, entières, lobées ou dentées, selon les espèces, se dotent de superbes couleurs automnales. 


 

L'écorce a un aspect fissuré. Lisse et claire chez l'arbre jeune, elle devient foncé chez l'adulte et se creuse de profonds sillons longitudinaux. Grise chez le chêne pédonculé, marron chez le chêne rouvre ou sessile et le chêne chevelu.


 

 

Les fruits (ou akène) sont les glands, bruns, ovoïdes, mesurant de 1 à 3 cm, et retenus à la base par une cupule écailleuse. Si les glands sont très appréciés des animaux de la forêt comme les sangliers, les chevreuils et les écureuils, ils peuvent être également consommés dans l'alimentation humaine après extraction des tanins toxiques, amers et astringents.


 


En effet, très robuste le tronc d’un très vieux chêne peut atteindre 2 mètres de diamètre. Pour son incroyable pérennité et sa longévité, certaines traditions appellent à la plantation d’un chêne pour les petits enfants et même arrières petits enfants.

 

 

Le chêne est un arbre ornemental imposant qui doit être isolé dans un jardin, de préférence.

Il est également très prisé par les ébénistes.

 

 

 

 

 

Chêne est le nom vernaculaire de nombreuses espèces d'arbres et d'arbustes appartenant au genre Quercus, (du celte "kaerquez", "bel arbre") et à certains genres apparentés de la famille des fagacées, notamment Cyclobalanopsis et Lithocarpus.


Ce genre, présent dans tout l'hémisphère nord et dont l'aire de répartition s'étend depuis les froides latitudes jusqu'aux zones tropicales de l'Asie et de l'Amérique, comprend à la fois des espèces à feuilles caduques et d'autres à feuilles persistantes :

- les chênes caducifoliés dont le feuillage tombe en automne, parfois au printemps (chêne rouge, chêne chevelu, chêne pubescent, chêne tauzin et chêne rouvre) ; Ils sont généralement plus grands. Leurs feuilles sont crénelées.

 

- les chênes sclérophylles dont les feuilles sont persistantes : arbres poussant surtout sur les rivages méditerranéens (chêne vert, chêne kermès et chêne-liège) ainsi qu'en zones subtropicales et tropicales en Amérique et en Asie. Le bord de leur feuille est lisse ou avec des dents épineuses.

 

 

Les chênes sont des arbres qui exigent beaucoup de lumière.


 


 

Le mot chêne (d'abord chasne en ancien français, v. 1100) est issu du gaulois cassanos, par l'intermédiaire d'une forme gallo-romane Cassanu (cassinus d'origine gauloise ou prégauloise). Ce mot, attesté par le bas latin cassinus et le latin médiéval casnus (886), est à l'origine de l'ancien français chasne, chaisne, chesne ainsi que les variantes dialectales caisne, quesne, etc...


En italien : Quercia, en espagnol : Roble, en anglais : Oak , en allemand : Eiche , en Néerlandais : Eik.    


L'étymologie indo-européenne dreu-, deru-, doru- (solide, ferme comme un arbre) se retrouvent dans le sens de chêne, l'arbre par excellence, dans différentes langues : 

le breton derv, le gallois derw, le gaélique dair, le celte Duir qui signifient tous "chêne". 

Le grec druas, dérivé de cette étymologie, a donné les termes de dryades, 
 

Si on le laisse vivre, le chêne dépasse facilement les 500 ans, et jusqu'à plus de 1000 ans, exceptionnellement. De nombreux arbres remarquables pour leur taille et ancienneté étaient (ou sont encore) des chênes, autrefois dits "cassanos" par les Gaulois.

chêne millénaire Riec sur Belon -  route de Moëlan


 


 

Origines


Les chênes se développent dans les régions tempérées à subtropicales de l’hémisphère Nord.

Les plateaux du Mexique et de l’Amérique Centrale regroupent une grande diversité d’espèces.

En Europe, lors de la dernière glaciation, à la fin du pléistocène, les chênes se sont réfugiés dans la péninsule ibérique, l’Italie et le sud des Balkans.

 
On doit leur réintroduction en France grâce aux geais des chênes ( Garrulus glandarius). 

7000 ans plus tard, l’hybridation interspécifique leur a permis à nouveau de coloniser l’Europe entière.


 


 

Il y a plus de 650 espèces de chênes mais les plus connus sont :


- le chêne blanc,  (Quercus alba), 

est une espèce de chêne mesurant en général une trentaine de mètres, le plus grand connu atteint les 44 mètres de hauteur. Certains spécimens vivent plus de 500 ans. On le trouve principalement en Amérique du Nord dans un climat continental humide. 


 


- le chêne pubescent (Quercus pubescens)

est une espèce d'arbres à feuillage caduc des régions tempérées de l'hémisphère nord, appartenant à la famille des Fagaceae. Son nom vient du latin pubescens : à poils courts et mous (face inférieure des feuilles et jeunes rameaux). C'est une adaptation de l'arbre à la sécheresse. Il est parfois appelé chêne blanc, chêne blanc de Provence et plus rarement chêne noir. (à ne pas confondre avec le chêne blanc d'Amérique, Quercus Alba).

 


- le chêne vert, yeuse, faux houx (Quercus ilex),

est un arbre à feuilles persistantes, entières ou dentées selon l'humidité atmosphérique, luisantes, ressemblant à celles du houx, vert foncé dessus et gris blanchâtre dessous. Les glands du Chêne vert sont allongés à cupule grise. Sa rusticité moyenne le destine plus aux régions méditerranéennes. Cet arbre, particulièrement longévif, peut vivre plus de 1 000 ans. De croissance assez lente, il résiste aux embrums et trouve facilement sa place en bord de mer.


 

- le chêne bicolore (Quercus bicolor), 

est un feuillu de taille moyenne à grande, originaire du nord-est des États-Unis et du Sud-Est du Canada. C’est un arbre parfait pour faire de l’ombrage, il résiste à un sol inondé et on peut manger ses glands sucrés. Il a une croissance rapide pour un chêne et atteint généralement 22 mètres de hauteur ; le plus grand chêne décelé a atteint 29 mètres. Les plus jeunes spécimens ont une forme pyramidale étroite et développent ensuite une large couronne dense et légèrement pendante. Ces arbres peuvent vivre jusqu’à 350 ans dans des conditions idéales.



 

- le chêne liège, Corcier, Surier ou Suve (Quercus suber), 

est un arbre à feuilles persistantes du genre Quercus (le Chêne), famille des Fagacées (anciennement Cupulifères). Il est exploité pour son écorce qui fournit le liège. 

Le nom spécifique suber est le nom du Chêne-liège, ou du liège, en latin.

Une forêt de chênes-liège s'appelle une suberaie.

Cet arbre, qui peut vivre 150 à 200 ans, voire 800 ans et atteindre 20 à 25 m de haut (le plus grand ayant atteint 43 m), ne dépasse généralement pas 12 à 15 m. Il présente un tempérament strictement calcifuge et requiert des températures moyennes annuelles douces (de 12 à 19 °C).



- le chêne à gros fruits (Quercus macrocarpa), 

est une espèce d'arbres d'Amérique du Nord présente aux États-Unis et au Canada. Il a été décrit pour la première fois par le botaniste André Michaux dans son Histoire des chênes de l'Amérique septentrionale (1801). Malgré son nom, ce n’est pas l’espèce qui produit les plus gros fruits dans le genre Quercus.

Cet arbre majestueux atteint en moyenne 20 mètres de hauteur et de largeur. Son tronc atteindra, pour sa part, un diamètre d’environ 60 centimètres. Ainsi, à maturité, cet arbre impressionne par son aspect imposant. En jeunesse, son port est pyramidal, mais, en vieillissant, il devient ovoïde, globulaire et irrégulier. 


 

- le chêne rouge d'Amérique (Quercus rubra), 

est un arbre appartenant à la section des chênes rouges (Lobatae) du genre Quercus de la famille des Fagacées. Il s'agit de l'arbre symbole de l'État du New Jersey et de l’Île-du-Prince-Édouard.

L’espèce est sans doute apparue il y a 7 millions d'années, mais les plus anciennes traces certaines datent d'il y a 7,5 millions d'années.

C'est un arbre caduc monoïque à croissance rapide d'une hauteur moyenne de 20 à 30 m, et dont les meilleurs sujets peuvent atteindre 50 m. Il a une longévité d’environ 200 ans voir 500 ans dans des conditions optimales.

Le tronc est lisse et gris argenté jusqu’à 20-30 ans puis se fissure, les rameaux sont bruns rougeâtres. Ses grandes feuilles atteignent de 12 à 22 cm en moyenne1, se distinguant de celles des chênes caducs européens par leurs 4 à 5 lobes anguleux à extrémité plus ou moins épineuse. En automne, les feuilles virent au rouge, et se maintiennent sur l'arbre une bonne partie de l'hiver (marcescence).
Il fleurit au printemps (avril-mai) sur les jeunes rameaux de l'année. 



 

- le Chêne chevelu, Chêne lombard ou Chêne cerris (Quercus cerris), 

est une espèce d'arbres monoïques de la famille des Fagacées originaire du sud de l'Europe et d'Asie Mineure. Il est parfois appelé Chêne de Bourgogne, Chêne de Turquie ou Doucier.

C'est un grand arbre à feuilles caduques mesurant de 25 à 40 m de hauteur avec un tronc pouvant mesurer jusqu'à 2 m de diamètre. Sa longévité est de 150 à 200 ans.

L'écorce est gris foncé et profondément creusée laissant apparaître une couleur rose saumonée au fond des crevasses.

C'est l'espèce type de la section Cerris de la classification des chênes. Il doit son nom au fait que la cupule de son gland est pourvue de trichomes assimilés à des cheveux.


 

- le Chêne rouvre ou Chêne sessile (Quercus petraea (Matt.) Liebl., 1784), parfois appelé Chêne à trochets, Chêne des pierriers, Chêne mâle ou Chêne noir 

est une espèce d'arbres des forêts des régions tempérées de l'hémisphère nord de la famille des Fagacées. On le connaît sous différentes appellations : drille, drillar, durelin.

C'est un grand arbre de 25 à 40 mètres de haut, à feuillage caduc. En isolé, il peut avoir une envergure imposante, et un tronc qui atteint ou dépasse les 5 m de circonférence.

Il a une longévité maximale de plus de 600 ans, parfois jusque 1 000 ans. Il fructifie à partir de l'âge de 60 ans. C'est une espèce monoïque pollinisée par les insectes. La floraison et la libération du pollen ont lieu généralement à la mi-mai en France. Les graines (glands) sont dispersées par les animaux. C'est une espèce postpionnière.



- le chêne pédonculé (Quercus robur L., 1753) 

est parfois appelé chêne blanc, chêne femelle, gravelin, chêne à grappe ou châgne. Son nom latin Quercus robur signifie "chêne robuste".

Espèce d'arbres à feuillage caduc originaire des régions tempérées d'Europe, appartenant à la famille des Fagacées. Son fruit est porté par un long pédoncule. Chêne de nos forêts d'Europe, majestueux et imposant, ses feuilles, vert foncé, plus ou moins profondément lobées, sont aisément reconnaissables. Ce bel arbre a besoin de place, il ne peut s'envisager que dans un parc ou un très grand jardin. Le chêne pédonculé produit des glands très appréciés des animaux. Majestueux. Il est intéressant pour son feuillage prenant de belles couleurs automnales, sa fructification et sa longévité légendaire. 

C'est un grand arbre de 25 à 35 mètres de haut qui peut dépasser pour certains sujets les 40 mètres. En isolé, il peut atteindre des dimensions imposantes, avec un tronc dépassant les 5 m de circonférence. Sa longévité atteint facilement 500 ans, mais des arbres ayant de 700 à 1 200 ans peuvent exister.


 

- le Chêne des Pyrénées, chêne tauzin (Quercus pyrenaica), 

appelé simplement tauzin (Gascogne), ou encore chêne brosse (Anjou), ou chêne noir (Landes de Gascogne), est une espèce d'arbre monoïque à feuillage caduc de la famille des fagacées.

Il se reconnaît à ses feuilles très découpées, au débourrement tardif, et abondamment duveteuses sur les deux faces.

Le chêne tauzin est un arbre de 5 à 20 mètres de haut de forme irrégulière se ramifiant dès la base mais finissant par perdre ses branches les plus basses. Son écorce est lisse de couleur vert grisé puis gris sombre d'où son surnom de chêne noir,



 

- le chêne des garrigues, Chêne kermès ou Chêne de Palestine (Quercus coccifera) 

Il a également pour noms communs Chêne à cochenille, Chêne-garrigue, Garric.

est une espèce d'arbustes à feuilles persistantes de la famille des Fagacées et de la sous-famille des Fagoideae, spontané dans les terrains pierreux calcaires de la région méditerranéenne, en particulier dans la garrigue.

 

 

 

Étymologie et Histoire du mot chêne. 

 


- Fin XI°s. judéo-fr. chasne, chaisne, chesne (Raschi Blondh., § 199 et 607); 

- 1160 chasne (Enéas, éd. J.-J. Salverda de Grave, 1921); 

- v. 1170 chaidne (Rois, éd. E. R. Curtius, p. 18); 

- 1177-88 chaisne, chesne (Chr. de Troyes, Perceval, éd. W. Roach, 6528-6529);

- v. 1225 désigne le bois tiré de cet arbre chainne (G. de Coinci, éd. V. F. Koenig, I Mir. 11, 1466); 

- 1600 chesne-vert (O. de Serres, 794 et 795 ds Littré).


 L'ancien français chasne est issu de "cassanus" attesté sous la forme casnus (866 ds Nierm.; v. aussi Du Cange t. 2, p. 203c) prob. d'origine gauloise (REW3, no1740) ou pré-gauloise (v. FEW t. 2, p. 461b).

D'après Ascoli dans "Archivio glottologico italiano" (t. 11, pp. 425-427) cassanus serait le représentant gaulois. du gr. κ α ́ σ τ α ν ο ς (châtaigne), v. aussi Hubschmid fasc. 2, p. 104.

Les formes chaisne, chesne sont plus prob. issues d'un croisement avec fraisne, frêne (v. G. Tuaillon cf. bbg.) que d'un type caxinu (Fouché, p. 816; v. aussi Cor., s.v. quejigo); chêne-vert est composé de chêne et de vert.

 

Le nom de chêne renvoie  à quatre étymons différents :

L'indo-européen dreu-, perkʷus et heyǵ-, et le gaulois cassanos.

dreu-, deru-, doru- (avec le sens polysémique de solide, ferme comme un arbre) se retrouvent dans le sens de chêne, l'arbre dans différentes langues : 

- le breton derv, le gallois derw, le gaélique dair, qui signifient tous chêne. 

Les langues slaves connaissent des formes comme le russe, le tchèque dub et le polonais dąb. 
 

Le grec druas, a donné les termes de dryades, de dendrochronologie et de philodendron. Le derby est peut-être issu de cette racine.


La racine dreu- est à l'origine du pré-germanique dréu̯om qui a donné l'anglais tree, "arbre".


L'étymologie du mot "druide" (latin druidæ, protoceltique dru-wid-s) est souvent reliée à cette racine indo-européenne.

Si les spécialistes s'accordent pour reconnaître dans le second terme de ce composé la racine weid- (savoir, voir), le premier terme est souvent interprété comme le préfixe intensif indo-européen dru- (δρῦς, durs, forts comme le chêne), d'où la traduction courante : "les très savants". Cette explication a été critiquée, notamment par le linguiste Émile Benveniste.


 

 

 

 

Culte du chêne

 


Dans nos pays, où toute trace de la forêt feuillue originelle est effacée, la rêverie seule peut s’aventurer sous les chênes des temps anciens...


...Prodigieuse auprès de la nôtre, la longévité des grands chênes en fait des familiers du temps...


...Plus vieux que la mémoire, ce sont les témoins vivants du passé mythique, à ' la condition presque immortelle, respectés par le temps et contemporains de l’origine du monde "... 


...Les chênes sont aussi parmi les plus grands arbres de nos climats. Aucun feuillu ne s’aventure aussi haut dans le domaine des dieux et des oiseaux. Privilège qui leur est lourdement compté les jours de fureur céleste : bien plus que les autres essences, le chêne est foudroyé ... Cette vulnérabilité particulière, qui ne pouvait échapper à l’homme ancien, associait d’emblée le chêne et l’éclair... Chez les Germains, les chênes sacrés étaient des arbres marqués de leur sceau.


Mais ce feu qui frappe l’arbre est d’une étrange nature, quasi double : son éclat, où le ciel semble se fendre, ouvre le passage aux pluies les plus généreuses, sinon les plus dévastatrices. Et le chêne majeur des bois sacrés s’élève au voisinage d’une source, en un lieu où se relient les éléments, où se résolvent les contraires. Ses esprits compagnons, les dryades, nymphes des forêts, et les hamadryades qui vivent dans le chêne même et meurent avec lui, sont de nature féminine. ..Car l’arbre déjà désigné par le dieu tonnant est aussi, par ses fruits, l’image du sexe mâle : balanos ou glans, les mots grec et latin, de même étymologie, qui désignent le gland, s’appliquent aussi à celui de l’homme... 


L’oracle le plus ancien du monde grec, Dodone en Epire, était associé à un chêne. Le dieu parlait dans un bruissement de feuilles, que trois officiantes interprétaient. Une colombe noire venue d’Egypte, dit la légende, s’était posée dans les branches de l’arbre sacré. "Parlant avec une voix humaine (elle aurait déclaré) qu’il fallait établir en cet endroit un oracle de Zeus" – tandis qu’un oiseau-sœur se rendait en Lybie, initiant un oracle d’Ammon. Hérodote, qui conte l’histoire dans son habituelle distance critique à l’égard des fables, attribue à des prêtresses égyptiennes, capturées et vendues comme esclaves en des temps reculés, l’instauration du culte prophétique ; d’autant plus, dit-il, que "les règles de l’art divinatoire appliquées à Thèbes en Egypte et à Dodone se trouvent fort ressemblantes". Le hâle et les cheveux noirs de ces femmes, leur langage étranger " semblable au ramage des oiseaux", auraient fondé la légende des colombes. 


À Dodone, le culte à un Zeus prophétique s’était substitué à celui d’une divinité féminine, Dioné (plus tard latinisée en Diane), déesse du chêne et de ses colombes, pour les uns avatar de Rhéa, mère de Zeus et déesse du chêne, pour d’autres épouse ou fille du dieu. L’important, ici, est de rappeler l’antériorité des figures féminines du chêne sur l’image mâle qui reste associée à "l’arbre de Jupiter" : c’est vraisemblablement une déesse-mère qui habite la forêt originelle ; son arbre d’élection, qui reste cependant du genre féminin dans la langue grecque (drus), lui a été dérobé par le dieu mâle tard venu. L’Artémis pure et sanguinaire en perpétuera tardivement la virginité et la sauvagerie natives. Elle parraine le meurtre annuel du 'roi-chêne" des plus anciens cultes de la végétation, éphémère époux de la déesse, dont le sang et les membres iront féconder la terre cultivée gagnée sur la défaite des arbres. La mauvaise fée, la sorcière mangeuse d’enfants, femmes de la forêt, sont de sa lignée...


...On s’adresse à Cérès, déesse des moissons, par l’intermédiaire d’un chêne


...Certains récits mythiques semblent révéler, d’ailleurs, un profond espace de culpabilité entre l’arbre et la terre cultivée, évoquant peut-être aussi, en manière de parabole, les effets de la déforestation sur ce qu’on nommera un jour les équilibres écologiques. Ainsi de l’histoire d’Erysichthon, fils de Triopas, roi de Thessalie, telle que la raconte Ovide : "assez fou pour mépriser la puissance des dieux", il a "profané un temple de Cérès, une hache à la main" et "porté un fer sacrilège sur […] un chêne immense, au tronc séculaire, entouré de bandelettes, de tablettes commémoratives et de guirlandes, témoignages de vœux satisfaits". Sous les premiers coups de hache, l’arbre pousse un gémissement et son écorce saigne ; l’un des assistants, qui retient le bras destructeur, est décapité ; l’arbre immense finit par s’effondrer à la consternation des dryades qui vont demander à Cérès le châtiment du criminel. La déesse décide "qu’elle déchirera son corps en le livrant aux tourments de la faim" ; ...


...Le chêne, dont on sait qu’il est l’élément essentiel de l’alsos grec comme du lucus latin, est également présent dès les origines de la tradition judéo-chrétienne. Abraham fait étape "au lieu saint de Sichem (Naplouse), au chêne de Moré ". Plus tard, YHWH ("Yahvé") choisit de lui apparaître "au chêne de Mambré" (Hébron). C’est sous "le chêne qui est près de Sichem que Jacob enfouit "tous les dieux étrangers" de sa famille avant de monter à Béthel , l’ancienne Luz, où Debora, la nourrice de Rebecca, mourut et fut ensevelie "au-dessous de Bethel, sous le chêne"...

 
...Les mises à mort de chênes sacrés n’auront lieu que bien plus tard. Aussi, "sous le chêne qui est dans le sanctuaire de Yahvé", toujours à Sichem, Josué pourra-t-il dresser une stèle en témoignage du pacte de Dieu et d’Israël, accepté par le peuple... 


Au VIIIe siècle avant J.C., s’indignant aux crimes d’Israël, Osée dénonce une dévotion aux arbres où l’aspect divinatoire, évoqué sur le mode de la dérision, rappelle cependant la fonction du chêne oraculaire : "Mon peuple consulte son morceau de bois et c’est son bâton qui le renseigne […] ; ils sacrifient sur le sommet des montagnes, ils brûlent leurs offrandes sur les collines, sous le chêne, le peuplier, le térébinthe ; on est si bien sous leurs ombrages ! "...


Ézéchiel annonce leur châtiment : "Vous saurez que je suis YHWH quand leurs cadavres, percés de coups, seront là parmi leurs idoles, tout autour de leurs autels, sur toute colline élevée […], sous tout arbre verdoyant, sous tout chêne touffu, là où ils offrent un parfum d’apaisement à toutes leurs divinités"...


Au temps d’Eusèbe de Césarée (IIIe-IVe siècles) et de Saint Basile (IVe siècle), on venait en pèlerinage à un chêne de Mambré, supposé témoin de la Genèse. Au XIVe siècle, John Mandeville, voyageur anglais, dit avoir vu sur le Mont Mambré les restes d’un vieux chêne contemporain d’Abraham, desséché à la mort du Christ. Et c’est bien cet événement-là qui, en Occident, décide de la fin de l’arbre intercesseur comme confident des saisons païennes : il a une fois pour toutes légué son pouvoir et ses alliances à la Croix, cet arbre du sacrifice qui deviendra le repère absolu d’une renaissance libérée des cycles.

 

Dans les mythes et les cultes des peuples non-méditerranéens, Germains en particulier, le chêne tient une place tout aussi importante, et s’y retrouve souvent associé à un dieu tonnant, double boréal de Zeus, dont le Thor germanique est la forme la plus connue. Le bois sacré des Germains et des peuples nordiques, comme sans doute celui des Latins, est un vestige probable de la forêt primaire. Là, le chêne "est la présence du dieu sans être ce dieu lui-même, comme l’indique clairement l’adoration plus particulière qu’avaient les Germains pour les chênes foudroyés et qui en portaient la marque. Si le tonnerre est le langage de Zeus, l’arbre brisé est le témoignage permanent de cette parole fugace." Au point qu’on vénère comme pilier cosmique et axe du monde un tronc de chêne ainsi désigné par les puissances célestes, arbre mort taillé en colonne ou en pyramide. En 772, Charlemagne abattit cet Irmensul des Saxons  –  


...À l’apogée du Moyen Âge, en Europe occidentale, même si la dévotion ouverte à des divinités associées à la forêt semble révolue, il subsiste, outre un fonds de croyances populaires très vivace, des recours insidieux à l’image du chêne à l’intérieur même des églises gothiques. En Angleterre, feuilles et glands sont souvent représentés sur les croisées d’ogives, les chapiteaux, ou en d’autres lieux peu accessibles aux regards.


Dans les pays de tradition celtique, des saints Colman, Colomban, Ronan et quelques autres, n’hésitèrent pas à bâtir leur hutte sous les vieux chênes consacrés par les rituels druidiques, prouvant par là que leur dieu, non seulement ne craignait pas la concurrence des divinités du haut feuillage (ou du sous-sol), mais saurait bien les réduire au silence – ne serait-ce qu’en s’en faisant des alliés. Fût-ce après la mort du propagateur de la nouvelle foi : Ronan (Ve ou VIe siècle), vénéré en Armorique, conduisit lui-même, défunt, un chariot tiré par quatre bœufs "au centre de la forêt, où étaient les plus grands chênes […]. On comprit ; on enterra le saint et on bâtit son église en ce lieu." ...


Colomban, lui, de son vivant (VIIe siècle), habitait sous un chêne. L’arbre était si redouté que, lorsqu’un orage l’abattit après la mort du saint, personne n’osa porter la main sur sa dépouille, sauf un tanneur peu scrupuleux qui, avec l’écorce, traita un cuir dont il se fit des souliers. Mal lui en prit car, les ayant chaussés, il fut envahi par la lèpre...

 
Tous ces apôtres de la foi s’appliquèrent à démontrer que les divinités alliées aux arbres n’étaient autres que des démons – ce qui revenait, en rompant les alliances, à "déciviliser" le monde végétal... 


Cela prit du temps. Les vieux chênes qui avaient survécu furent christianisés. On ficha des croix sur les arbres ; mais ce furent surtout des images de la Madone qui remplacèrent les divinités sylvestres dans le creux des vieux troncs ou à même l’écorce, le chêne retrouvant ainsi, tout naturellement, sa probable alliance originelle avec la Grande Déesse. Souvent, quand il ne s’agissait pas d’apparition entraînant un culte, on "trouvait" une statue cachée dans les branches. Il arrivait aussi que, les années passant, une figure fixée au tronc se fasse recouvrir, et à la longue absorber entièrement par le bois, préparant la découverte future, lors d’un abattage, d’une vierge miraculeuse...

 
Tout comme la Grande Mère des anciennes forêts, ou la Cérès latine, Marie punissait ceux qui attentaient à ses arbres ou dérobaient ses images votives. Mais aussi, à la façon de ses aïeules païennes, elle savait mettre en garde le bûcheron sacrilège : les arbres consacrés saignaient quand on les frappait de la hache, ou bien leur bois tranché montrait l’image de la croix...


Aussi, un peu partout en Europe, la mémoire du chêne a-t-elle traversé les siècles et perdure-t-elle de nos jours. S’il est peu probable qu’on cueille encore des feuilles sur les sujets frappés par la foudre, pour les garder sur soi en talismans protecteurs et gagner en "force", certains continuent d’aller dans les bois pour étreindre un grand chêne, ou s’appuyer à son tronc un long moment, afin que la vigueur et le calme de l’arbre les pénètre et les conforte... 

Chêne à vierge - forêt de chaux- Jura


 

 

 

Le chêne dans la Bible 

 


Josué 24-26

...Josué écrivit ces choses dans le livre de la loi de Dieu. Il prit une grande pierre, qu'il dressa là sous le chêne qui était dans le lieu consacré à l'Éternel...

 

 

 

Définition de "'Allown" - Chêne, grand arbre 

Définition de "Basan" - Région située à l'Est du lac de Tibériade appelée aujourd'hui Haoûran ou Hauran

 



Versets

 


Genèse 35 : 8 

Débora, nourrice de Rebecca, mourut; et elle fut enterrée au-dessous de Béthel, sous le chêne ('Allown) auquel on a donné le nom de chêne des pleurs.


Esaïe 2 : 13  

...Contre tous les cèdres du Liban, hauts et élevés, Et contre tous les chênes ('Allown) de Basan;...


Esaïe 6 : 13

...Et s'il y reste encore un dixième des habitants, Ils seront à leur tour anéantis. Mais, comme le térébinthe et le chêne ('Allown) Conservent leur tronc quand ils sont abattus, Une sainte postérité renaîtra de ce peuple...


Esaïe 44 : 14  

...Il se coupe des cèdres, Il prend des rouvres et des chênes ('Allown), Et fait un choix parmi les arbres de la forêt; Il plante des pins, Et la pluie les fait croître...


Ezéchiel 27 : 6  

...Ils ont fabriqué tes rames avec des chênes ('Allown) de Basan, Et tes bancs avec de l'ivoire travaillé dans du buis, Et apporté des îles de Kittim...


Osée 4 : 13

...Ils sacrifient sur le sommet des montagnes, Ils brûlent de l'encens sur les collines, Sous les chênes ('Allown), les peupliers, les térébinthes, Dont l'ombrage est agréable. C'est pourquoi vos filles se prostituent, Et vos belles-filles sont adultères...


Amos 2 : 9

...Et pourtant j'ai détruit devant eux les Amoréens, Dont la hauteur égalait celle des cèdres, Et la force celle des chênes ('Allown); J'ai détruit leurs fruits en haut, Et leurs racines en bas...


Zacharie 11 : 2

...Gémis, cyprès, car le cèdre est tombé, Ceux qui s'élevaient sont détruits ! Gémissez, chênes ('Allown) de Basan, Car la forêt inaccessible est renversée !...

 

 

 

La Bible


Abraham aux chênes de Mambré


Genèse 18, 1-16

Yahvé lui apparut au Chêne de Mambré, tandis qu’il était assis à l’entrée de la tente, au plus chaud du jour. Ayant levé les yeux, voilà qu’il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui ; dès qu’il les vit, il courut de l’entrée de la Tente à leur rencontre et se prosterna à terre .

Il dit : 
"Monseigneur, je t’en prie, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, veuille ne pas passer près de ton serviteur sans t’arrêter. Qu’on apporte un peu d’eau, vous vous laverez les pieds et vous vous étendrez sous l’arbre. Que j’aille chercher un morceau de pain et vous vous réconforterez le cœur avant d’aller plus loin ; c’est bien pour cela que vous êtes passés près de votre serviteur !"


Ils répondirent : 
"Fais donc comme tu as dit."


Abraham se hâta vers la tente auprès de Sara et dit : 
"Prends vite trois boisseaux de farine, de fleur de farine, pétris et fais des galettes."


Puis Abraham courut au troupeau et prit un veau tendre et bon ; il le donna au serviteur qui se hâta de le préparer. Il prit du caillé, du lait, le veau qu’il avait apprêté et plaça le tout devant eux ; il se tenait debout près d’eux, sous l’arbre, et ils mangèrent.


Ils lui demandèrent : 
"Où est Sara, ta femme ?"


Il répondit : 
"Elle est dans la tente."


L’hôte dit : 
"Je reviendrai vers toi l’an prochain ; alors, ta femme Sara aura un fils."
Sara écoutait, à l’entrée de la tente, qui se trouvait derrière lui. Or Abraham et Sara étaient vieux, avancés en âge, et Sara avait cessé d’avoir ce qu’ont les femmes. Donc, Sara rit en elle-même, se disant : 
"Maintenant que je suis usée, je connaîtrais le plaisir ! Et mon mari qui est un vieillard !" 


Mais Yahvé dit à Abraham : 
"Pourquoi Sara a-t-elle ri, se disant : Vraiment, vais-je encore enfanter, alors que je suis devenue vieille ?" Y a-t-il rien de trop merveilleux pour Yahvé ? À la même saison l’an prochain, je reviendrai chez toi et Sara aura un fils. "


Sara démentit : "Je n’ai pas ri, dit-elle, car elle avait peur", 


mais il répliqua : "Si, tu as ri."


S’étant levés, les hommes partirent de là et arrivèrent en vue de Sodome. Abraham marchait avec eux pour les reconduire.

 

 

Notre Dame du Chêne


Sanctuaire Marial - Vion (72)
 

À Notre-Dame du Chêne, la Vierge Marie n'a pas parlé... elle est restée silencieuse. 
Faisant écho au silence de Marie à la basilique, il y a le silence de Jésus au Saint-Sépulcre. La basilique et la réplique du Saint-Sépulcre se répondent à Notre-Dame du Chêne, explicitant le mystère le plus caché de Marie, son silence et sa compassion. Une riche histoire glorieuse, mais aussi un lieu prophétique pour aujourd'hui et demain...


Nous sommes en 1494, sur les terres de la province d'Anjou, à un peu moins d'une lieue du village de Vion. Sur la lande se dresse un vieux chêne qui attire l'attention des bergers et des paysans de la région : de nuit, ils voient des feux brillants comme des étoiles en couronner la cime ; le jour, l'arbre est animé par le joyeux manège de colombes, qui voltigent autour de son feuillage, sans jamais s'en éloigner ; et malgré leurs efforts, ils ne peuvent ni les attraper, ni les chasser.

Ils se mettent donc à prier autour de cet arbre, qui semble posséder des pouvoirs étonnants …

James Buret, le curé de Vion, accourt, alerté par la rumeur publique. Il est chargé du salut des âmes de ses ouailles, et leurs pieuses manifestations de piété envers ce chêne ressemblent à s'y méprendre à un retour à l'ancien culte païen qui existait du temps des druides !Il interroge les uns et les autres et, poussé par l'Esprit Saint, décide de placer dans le tronc même du chêne une petite statuette de la Vierge Marie, afin de détourner les villageois d'un éventuel « faux culte ».

La Sainte Vierge ne tarde pas à faire connaître que c'est bien elle qui a inspiré le geste de l'abbé Buret.

En effet, un jeune homme, qui a dérobé un bouquet déposé près de la statuette, est aussitôt pris de forts torticolis. Interrogé par ses parents sur les circonstances de l'apparition de ce mal, il avoue son forfait. Il va remettre en place le bouquet volé, et le mal disparaît aussitôt.


En 1515, un infirme originaire de Juigné se dirigeait difficilement vers la sainte image de la Vierge Marie. Son offrande, les trois cierges, qu'il tenait à la main, s'allumèrent tout à coup d'eux-mêmes. A cet instant, le malade recouvra sa santé. A la même époque, d'autres guérisons ont été constatées.

La tradition nous dit que, plus d'une fois, la statuette aurait été transportée dans l'église paroissiale de Vion, mais que toujours, dès le lendemain, elle serait revenue d'elle-même sur le chêne où James Buret l'avait placée.Un très modeste oratoire ne tarde pas alors à s'élever autour de l'arbre. L'affluence des fidèles devient de jour en jour plus considérable et les prodiges se multiplient.

Connu au départ sous le nom de« Chêne de la Jarriaye »,l'oratoire commence à porter le nom de NotreDame du Chêne dans les premières années du XVlème siècle.

1515 : Une première chapelle est érigée L'oratoire primitif devient trop petit pour accueillir tous les pèlerins.

En 1515, un concordat est donc conclu entre le curé de Vion et la fabrique* de cette paroisse pour construire une Chapelle. Le pèlerinage va alors prendre de plus en plus d'ampleur.

*La fabrique désigne les personnes (prêtres et laïcs) impliquées (les fabriciens ou marguilliers) chargées de l'administration des finances affectées à la construction et l'entretien d'une église ou d'une chapelle ; on dit aussi le« conseil de fabrique».

1617 – Un appel de Dieu à la vocation Elisabeth de Quatrebarbes vient dans la chapelle chercher la lumière sur sa vie. Elle perçoit clairement qu'elle doit entrer au Carmel. C'est pourquoi le peintre a représenté Thérèse d'Avila derrière elle.

Nous sommes en 1617, et Thérèse est morte en 1582. Devenue mère Elisabeth de la Trinité, Elisabeth deviendra en 1626 la seconde prieure du jeune Carmel de Beaune, en Bourgogne.

En 1595, une femme qui ramassait du bois a la vision (ou l'apparition) de Notre-Dame du Chêne au-dessus du toit de la chapelle, qui tombe en ruine.Marie est là ! Elle ne dit rien … Mais sa présence fait comprendre clairement que cette chapelle est sa maison. Elle veut qu'on vienne y prier avec elle, qu'on la répare et qu'on en prenne soin.

En 1621, une femme décide de demander de l'aide à Marie pour l'enfant difforme dont elle est la nourrice.Chaque jour, pendant six semaines entières, elle vient prier Notre-Dame de guérir ce petit de ses infirmités.

Elle obtient finalement la guérison de l'enfant. Bel exemple de foi, de charité et de persévérance ! …

Marie, une fois de plus, montre sa compassion pour les peines des hommes

La chapelle tombe en ruines … Sur la lande, les enfants qui gardent les troupeaux viennent s'y abriter quand le temps se fait mauvais.Le Marquis de Sablé, de passage sur ses terrres, interroge les enfants, qui le renseignent sur la présence de Marie dans la chapelle : elle veille sur leurs troupeaux, expliquent-ils !

Il se décide, avec d'autres personnes de haut rang, à verser les sommes nécessaires à la restauration et à l'entretien de Notre-Dame du Chêne.

Pendant la Révolution Française est décrétée la vente des biens nationaux. Les églises, désignées comme telles, sont visées par cette loi, et sont rachetées par des citoyens pour servir à d'autres usages, voire pour être démolies.Un couvreur de la région, le citoyen Lefèvre, achète la chapelle avec pour objectif sa démolition.

Mais bien mal lui en prend ! A peine a-t-il commencé à enlever les premières tuiles du toit qu'il tombe de celui-ci et se fracasse sur le sol. Sans trop de mal semble-t-il, puisqu'il témoigne ensuite qu'une force surnaturelle l'a poussé!

1857
au milieu du XIXe siècle, il attire environ 60 000 pèlerins par an.
Don Guéranger, abbé de la célèbre abbaye voisine de Solesmes, y préside une réunion de Conférences de Saint-Vincent de Paul. La Vierge Marie y est honorée, aimée et, par elle, l'adoration et un culte sont rendus à Dieu. 

1869, 
Mgr Charles Fillion, évêque du Mans, envisage de construire une nouvelle église à la place de la petite chapelle. Elle est terminée en 1872 et devient basilique en 1894.  

1896, 
pour célébrer le 800e anniversaire de la première croisade prêchée dans cette région par le pape français Urbain II, des pèlerins de la région décident de partir en pèlerinage à Jérusalem. Dans un chêne, ils taillent une grande croix qui fera le trajet par mer jusqu’à la Ville Sainte et qu’ils porteront sur la Via Dolorosa ("Chemin de la souffrance " : rue de la vieille ville de Jérusalem emprunté par Jésus avant sa crucifixion) le long des ruelles qui montent au Golgotha (ou "Mont Calvaire"), lieu de la crucifixion de Jésus). Sur place, ils sont impressionnés par les lieux saints qu’ils traversent, tout particulièrement par le Saint-Sépulcre et la basilique de la Résurrection dans laquelle il est enchâssé. C’est ainsi que naît l’idée de reproduire ce monument à Notre-Dame du Chêne. La première pierre est posée alors que la croix se trouve encore à Jérusalem. À son retour des lieux saints, la croix est implantée près de l'édicule, et un calvaire, constitué de statues « grandeur nature », l’entoure bientôt. 
Aujourd'hui
Notre-Dame du Chêne est devenu le lieu de pèlerinage le plus important du  diocèse du Mans, avec environ 70 000 visiteurs par an.


 

 

 

Mythologie grecque

 

Histoire du roi fou -

Erysichtnon et  Démeter (Cérès)


Il était une fois un roi insensé et arrogant. Il s'appelait Erysichthon. Il avait une fille qui l'aimait malgré sa bêtise. À maintes reprises, elle l'avait sauvé de sa propre folie. Mais un matin, avant qu'elle ne comprenne ce qu'il avait en tête, il ordonna à ses serviteurs d'aller chercher ses partisans dans la ville. Il avait besoin de bois pour se construire une nouvelle salle de fête. Il les a tous emmenés, sa fille aussi, dans un bosquet d'arbres consacré à la déesse Déméter, (Déméter de la couronne de blé, des cheveux luxuriants, que nous devons remercier pour chaque bouche pleine, pour chaque ventre bombé, Déméter la déesse d'abondance, la mère du grain).

 

Au centre du bosquet, il y avait un vieux chêne très ancien.

"Abattez-le." 

Ses serviteurs se regardèrent horrifiés. L'énorme chêne était couvert de couronnes votives, symbole de chaque prière que Déméter avait accordée, et les hommes ont donc refusé de l'abattre. Mais il donna son ordre haut et clair.

La fille : "Père, c'est de la folie. Si vous coupez cet arbre, la déesse vous en punira."


Juste mon point. Il n'y a pas de dieux, pas de déesses. Il n'y a que nous. Et vous êtes tous des imbéciles qui tremblent devant les ombres. Je prouverai que chaque prière est de l'air gaspillé.

"Hacher. Ce. Vers le bas."

Il a attrapé une hache. Il la balança derrière lui. Tous ceux qui osaient regarder alors virent l'arbre trembler de ses racines jusqu'au bout de ses feuilles. Lorsque la lame frappa l'écorce, du sang noir s'échappa de la blessure qu'il avait faite et il y eut un cri strident :

"Je suis la nymphe qui vit dans cet arbre. Coupez-le et vous me massacrez. Si je meurs par ta main, je jure que la vengeance tombera sur toi aussi lourde qu'un chêne qui tombe."

Le roi rit. Il continua de couper jusqu'à ce que, avec un gémissement terrible, l'arbre s'écrase au sol. Et le roi le fit ramener ses sujets dans son palais par ses serviteurs. Il organisa un festin ce soir-là. Il bourrait sa bouche, il bourrait sa bouche, il bourrait sa bouche jusqu'à ce que son ventre se gonfle. Cette nuit-là, les nymphes du bosquet pleurèrent autour de la souche d'arbre. Puis l'une d'elle s'est envolée vers le mont Olympe, la demeure des immortels.

 

Déméter accéda à sa demande. Pour chaque pouvoir, il doit y avoir son contraire. S'il y a une déesse de l'abondance quelque part, il doit y avoir une déesse du manque. Bien sûr, les deux ne peuvent jamais se rencontrer.

Déméter dit : 'Nymphe, prends mon char tiré par des dragons. Roulez trois jours et trois nuits à travers le ciel vers le nord jusqu'à ce que vous voyiez en dessous de vous un endroit sans feuilles, sans vie et stérile. Là, vous la verrez, l'esprit de la Faim. Dites-lui de posséder cet Erysichthon. Dites-lui que le roi Erysichthon lui appartient maintenant."

 

La nymphe monta sur le char à travers le ciel jusqu'à ce qu'elle vit au-dessous d'elle un terrain vague où même l'air gémissait. Elle a vu la faim à la fois. La faim était sur ses mains et ses genoux, grattant la terre craquelée et aride, découvrant une racine d'arbre qu'elle broyait entre ses dents. Le visage de Hunger (la faim) est un crâne bleu-gris. Ses mâchoires claquent comme si elle était un chat regardant un oiseau hors de portée. Ses articulations semblent enflées à côté de ses membres grêles. Sa peau est si fine qu'on peut voir des veines, des tripes trembler à l'intérieur. La nymphe a su le danger quand elle l'a vu. Elle a crié ses instructions à une distance sécuritaire. Elle secoua les rênes du char, s'éleva dans le ciel. Mais même ainsi, elle sentit une crampe au ventre.

 

Cette nuit-là, la faim a volé dans le ciel. Elle se rendit au palais du roi Erysichthon. Elle se glissa par une fenêtre ouverte. Il dormait profondément dans son lit sur le dos, ronflant, la bouche ouverte. Elle pressa ses lèvres fines contre les siennes et souffla un torrent de famine dans sa bouche ouverte. Puis elle disparut, comme la fumée aspirée par une cheminée, loin du pays d'abondance pour retourner au royaume du manque. Le roi pendant qu'il dormait rêva qu'il était assis à une table en train de manger un repas qui n'avait aucun goût.


Le lendemain matin, il fut réveillé par une douleur lancinante au ventre. Il s'assit et découvrit que ses mâchoires avaient leur propre vie. Elles claquèrent l'une contre l'autre comme s'il était un chat fixant un oiseau hors de portée. Il demanda à manger. Il mangeait et mangeait mais cette faim était comme le feu : plus il la nourrissait, plus elle devenait forte. Il a demandé plus de nourriture dans de plus grands bols entassés plus haut. Mais cela ne servait à rien : c'était comme s'il jetait des miettes dans un gouffre. Assez de nourriture pour nourrir sa famille, assez de nourriture pour nourrir son palais, assez de nourriture pour nourrir sa ville, assez de nourriture pour nourrir sa nation qu'il entassa dans sa bouche ouverte. Il n'a arrêté de mâcher que pour demander "Plus de nourriture ! Plus de nourriture!"

Sa fille est devenue désespérée. Elle avait peur… la vendrait-il pour de l'argent ? Il était sûrement capable, il n'était plus lui-même ; possédé par la faim et l'avidité. Elle devait sauver son père et elle-même. Elle a crié à l'aide. Elle a crié alors qu'il était sur le point de la vendre en esclavage.


La déesse Déméter l'a sauvée. Elle a sauvé la fille de l'esclavage en lui donnant le pouvoir de changer de forme ; elle a reçu les outils de transformation. Mais elle ne pouvait pas quitter la maison de son père. La fille ne pouvait pas quitter le royaume de son père. Elle a laissé le père utiliser ses dons. Le père a abusé de ses pouvoirs de métamorphose pour escroquer les gens sur le marché en leur vendant des illusions. Encore et encore, car la fille pouvait changer de forme en continu. Il a dévoré toutes ses richesses et celles de son entourage. Mais encore, ce n'était pas assez. Finalement, de plus en plus désespéré, Erysichthon se dévora.

Ovide - Métamorphoses, Livre VIII

Récit du mythe - version éditée du matériel pédagogique de l'Université de Princeton



 

 

 

Mythologie grecque

 

Philémon et Baucis.

 

Dans une région montagneuse de la Phrygie, il y avait jadis deux arbres que les paysans se montraient du doigt, car l’un était un chêne, l’autre un tilleul et cependant ils n’avaient qu’un seul tronc, transformation accordée par les Dieux à Philémon et Baucis.


.... Ils étaient maintenant parvenus à un âge très avancé, et soudain, comme ils échangeaient leurs souvenirs, chacun s’aperçut que l’autre se couvrait de feuilles. Puis une écorce les entoura. Ils n’eurent que le temps de s’écrier tendrement : “Adieu, cher compagnon” ; les mots avaient à peine passé leurs lèvres qu’ils étaient transformés en arbres. Mais ils étaient toujours ensemble ; le chêne et le tilleul n’avaient qu’un seul tronc....


Ovide (Publius Ovidius Naso 43 av. J.-C.- 17 ou 18 ap. J.-C.) poète latin 
Les métamorphoses 


Janus Genelli - La tranformation Philemon und Baucis - (1801)


 

 

 

Mythologie grecque, 

 

Les symboles de Zeus sont le chêne et l'éclair.

 

Le chêne est un arbre spirituel, on peut l’estimer comme un esprit très puissant en soi. Il est bien souvent hôte de Dryades, hamadryades et autres créatures mystiques comme les Gnomes en ses racines.


Les dryades sont les nymphes qui vivent en harmonie dans les bois de chênes (dryos veut dire chêne en grec). 
Les hamadryades sont des nymphes qui vivent sous l'écorce d'un chêne.

 

 

 

 

Mythologie grecque, 

 


la Toison d'or 


La Toison d'Or, symbole solaire, toison de Chrysomallos, bélier pourvu de grandes ailes, animal merveilleux envoyé par les dieux à deux enfants, Phrixos et Hellé, qui l'enfourchent pour échapper à leur belle-mère Ino.


Arrivé en Colchide, Phrixos sacrifie le bélier en l'honneur de Zeus et fait cadeau de la toison au roi Éétès, qui la suspend à un chêne et la fait garder par un dragon et des hommes armés. 


La quête de la toison d'or forme l'enjeu du mythe des Argonautes menés par Jason.


Pélias ordonne à son neveu Jason de ravir la Toison d'or. Médée trahit son père Éétès et aide Jason et les Argonautes à s'en emparer. 


 


L’Argo a transporté les Argonautes à la recherche de la Toison d'or. Athéna présida à sa construction.

Elle apprit à Tiphys à attacher les voiles au mât, car il était le timonier et aurait besoin d'une connaissance absolue du fonctionnement du navire. 

L'Argo contenait dans sa proue un morceau de bois de chêne magique  du bois sacré de l'oracle de Dodone , qui pouvait parler et rendre des prophéties

Lorenzo Costa (vers 1500-1530), L'Argo

 

 

Mythologie grecque

 

Les dryades


Dans la mythologie grecque, les Dryades sont décrites comme des nymphes protectrices des forêts, divinités mineures liées aux arbres en général, et plus particulièrement aux chênes. 


Elles sont souvent présentées comme de très belles jeunes femmes, des créatures timides, qui n'aiment pas trop se dévoiler incarnant la force végétale des forêts dans lesquelles elles errent en toute liberté. 


Elles sont fortes, robustes,  fraîches et légères, dansant autour des arbres qu'elles protègent.

 
Les Dryades comme les autres nymphes ne sont pas immortelles, mais gratifiées par les dieux d'une longue vie. La plus célèbre d'entre elle est Eurydice, la femme d'Orphée.


Les Dryades pouvaient errer en liberté et survivre aux arbres placés sous leur protection.


Elles sont souvent représentées avec une couronne de feuilles de chêne et formant des chœurs de danse autour d’un arbre. 
Leur nom vient du grec drus (chêne) et c’est la raison pour laquelle on les associe généralement à cet arbre majestueux, symbole de force et de longévité, 

La dryade Eurydice attribué à Antoinette Béfort


 

 

 

Mythologie greco-romaine


Dans la mythologie grecque, Rhéa, ou Rhéia est une Titanide, fille d'Ouranos (le Ciel) et de Gaïa (la Terre), sœur et femme du Titan Cronos, et mère des dieux et déesses Hestia, Déméter, Héra, Hadès, Poséidon et Zeus.


Dans la mythologie romaine, Rhéa est assimilée à Cybèle, surnommée l'aïeule des dieux, la "Grande Déesse phrygienne", la "Grande Mère" (Magna Mater) ou la "Mère des dieux". Celle-ci fait l'objet d'un culte orgiastique, avec mutilations rituelles, qui s'est répandu d'Asie Mineure jusqu'à Rome, où elle est officiellement accueillie sous sa forme de "Pierre Noire".


On représentait Cybèle sous les traits et avec la prestance d'une femme robuste. Elle portait une couronne de chêne, arbre qui avait nourri les premiers hommes. 


Ionie - Smyrne - Tétradrachme (190-133 av. J.-C.)
AVERS : Tête tourelée de Cybèle 
REVERS : monogramme dans une couronne de chêne.


 

 

 

Mythologie celtique,

 
 

Les Celtes révéraient Esus dans les chênes, la divinité suprême.

 
Un culte qui s'est perpétué en France jusqu'aux douzième et treizième siècles. (Grégoire).


Le chêne, par son tronc, par son feuillage touffu et par son propre symbolisme,  est considéré l'emblème de l'hospitalité et l'équivalent d'un temple par les Celtes. Le chêne est l’arbre des portes, permettant le passage entre différents mondes.

 

C’est l’arbre des oracles, l’arbre sacré de nombreuses traditions, l’arbre des portes, permettant le passage entre différents mondes.

 

Les druides, dont le nom se traduit par "homme de chêne", ont droit à la fois à la sagesse et à la force. 


Arbre jupitérien il est relié au pouvoir de la foudre. C’est l’arbre le plus sacré des Druides autour duquel s’effectuent rituels et cérémonies. C’est bien souvent d’ailleurs autour des plus vieux et illustres de ces arbres que s’organisaient les sanctuaires.

Ses fruits, les glands sont considérés comme étant aussi sacrés, symbole de la force latente, en puissance, de l’arbre.

Pour les druides le gui sur un chêne marquait l’arbre comme particulièrement sacré ; et la rareté de ce fait – car le gui ne croît pas sur les chênes en général – devait augmenter le caractère sacré et mystérieux de l’arbre. 

Druide - Andrei Chichkine

 


 

Mythologie Nordique

 

Le Géant Skymir


Skrymir est le Géant rencontré par Loki et Thor accompagnés de leurs serviteurs Thialfi et Roskva alors qu'ils traversaient une forêt à pied car un des boucs boitait.


Dans cette grande forêt aux arbres immenses, l'obscurité tomba rapidement et dans les ténèbres ils cherchèrent un abri pour passer la nuit ; ils découvrirent ce qui ressemblait à une vaste demeure où ils pourraient dormir. La porte d'entrée de la maison était aussi large que la maison elle-même. Mais ils étaient à l'abri du froid et ils s'endormirent jusqu'à ce que le sol tremble et les réveille. Effrayés, Thor et ses compagnons quittèrent leur refuge et trouvèrent en sortant une autre pièce plus étroite où ils se sentirent plus en sécurité, bien que tout au long de la nuit des sifflements et des grondements se fissent entendre et Thor préféra monter la garde.


A l'aube Thor, armé de son marteau, sortit du refuge et découvrit qu'ils avaient dormi dans un immense gant, puis dans le pouce du gant, et un Géant dormait et ronflait à proximité. Thor revêtit alors sa ceinture magique Megingiord, ce qui accroît immédiatement sa force, et s'apprêtait à frapper le géant mais, celui-ci se réveilla alors Thor préféra lui demander son nom. Le géant qui s'appelait Skrymir lui demanda qui avait pu avoir la force de déplacer son gant.


Les Ases se firent connaitre et le géant décida de les accompagner mettant même sur son dos le grand et lourd sac de victuailles. Ils marchèrent ensemble pendant toute une journée puis, en le soir venu, ils s'arrêtent sous un grand chêne où Skrymir s'étend pour dormir.


Malgré sa force, Thor ne peut ouvrir le sac à provisions et, en colère, il frappe violemment la tête de Skrymir avec son marteau, Mjöllnir. Le géant se réveilla et demanda simplement si une feuille du chêne était tombée sur sa tête. Thor le rassura et il se rendormit.


Au milieu de la nuit, Thor frappa à nouveau Skrymir avec son marteau qui s'enfonça profondément dans la tête du géant qui se réveilla et demanda cette fois si un gland du chêne lui était tombé dessus. Thor le tranquillisa et Skrymir se rendormit à nouveau.


Un peu avant le jour, Thor frappa une nouvelle fois de toutes ses forces le géant sur la tempe. Le marteau s'enfonça alors jusqu'au manche. Skrymir se redressa, il se gratta la tête et demanda s’il y avait des oiseaux dans cet arbre car il avait l'impression que des feuilles ou des brindilles lui étaient tombées sur le crane.


Le jour s’était levé et Skrymir préconisa aux voyageurs de reprendre la route car il y avait encore loin pour atteindre la forteresse d’Utgard.

"Je sais leur dit-il que vous êtes étonnés de voir combien je suis grand, mais à Utgard, il y a des hommes encore plus grands que moi. Oubliez votre arrogance car le seigneur du lieu, Útgarða-Loki, ne tolérera pas les vantardises de petits hommes comme vous et les habitants du Jotunheim ne supportent pas les gens arrogants. Le mieux serait de retourner d’où vous venez, et je vous le recommande. Mais si vous continuez vers l'est, vous arriverez bientôt à Utgard. Pour ma part je dois poursuivre vers les montagnes du nord."

Louis Huard - Skrymir géant et Thor


 

 

Mythologies lituanienne et lettonne, 

 


Perkūnas ou Pērkons est le dieu de la foudre, du tonnerre et de l'orage, des montagnes, du chêne et du ciel. Il combat les esprits nuisibles et est également un protecteur de la moralité qui persécute les injustices.


Perkūnas est représenté comme une divinité puissante à laquelle le Soleil, la Lune et tous les astres célestes doivent obéir. C'est une sorte de justicier suprême dont la colère est à craindre, car il peut abattre et scinder en deux un "chêne d'or" lorsqu'il se fâche.


Les chênes sont toujours considérés comme un arbre spécial.

Mikalojus Konstantinas Ciurlionis - Perkunas (Thor) - 1909


 

 

 

Il y a  56 miilions à 6 millions d'années

 


Les chênes se sont vite diversifiés pour aboutir dès l'Éocène aux deux sous-groupes de chênes actuels : Cerris et Quercus. Si l'extension du sous-genre Cerris est aujourd'hui exclusivement eurasiatique et nord-africaine, un fossile de gland datant de 48 Ma en Orégon prouve qu'il a aussi peuplé l’Amérique avant d'y disparaitre. La diversification des chênes s'est accélérée avec le début du refroidissement, qui a débuté il y a environ 52 Ma et a poussé les chênes à se déplacer vers le sud et ainsi à se différencier entre Amériques et Eurasie.

 

Le plus ancien fossile non équivoque de chêne (du pollen retrouvé près de Salzbourg) remonte à 56 millions d'années. Des restes fossiles de feuilles remontant à l’Oligocène, il y a environ 35 millions d’années, ressemblant fortement aux espèces actuelles, indiquent que de nouvelles espèces sont apparues à l’occasion de changements climatiques entre −34 et −23 millions d’années, la diversification infragénérique (les 8 sections) sont déjà établies au début de l'Oligocène.


Des fossiles datant de 6 millions d'années en été retrouvés en Ardèche

Quercus cerris (Miocène, Saint-Bauzile, Ardèche)



 

 

 

3000 ans avant J.C.

 


Les peuples primitifs d’Europe vivaient dans les bois de chênes, se servaient de branches de chêne pour alimenter leurs feux, de bois de chêne pour construire leurs maisons, leurs routes, leurs pirogues. Les glands formaient la nourriture de leurs porcs et, en partie, de la leur. Le chêne jouât un rôle important fût investi d’un caractère sacré.


Chez les Celtes de la Gaule, les druides n’estimaient rien de plus sacré que le gui ou le chêne sur lequel il poussait ; ils choisissaient des bosquets de chênes pour y célébrer leur service solennel, et n’accomplissaient aucun de leurs rites sans feuilles de chêne. 

druide - Andrei Chichkine

 

 

 

2000 av. J.C.

 

Dodone est un sanctuaire oraculaire dédié à Zeus et à la Déesse-Mère, révérée sous le nom de Dioné Naïa (la forme féminine du nom Zeus), en relation avec un chêne sacré.


Les prêtres et les prêtresses du bosquet sacré interprétaient le bruissement des feuilles de chêne sous le vent.

 


C’est le plus vieil oracle grec,

d'après Hérodote, remontant peut-être au IIe millénaire av. J.-C., 

Hérodote raconte livre II, § 52 - 54 à 58) 

"Les prêtresses des Dodonéens rapportent :


« deux colombes noires, s'étant envolées de Thèbes en Egypte, s'en allèrent l'une en Libye, l'autre à Dodone. Cette dernière, se posant sur un chêne, se mit à parler d'une voix humaine et à dire qu'il fallait fonder en ce lieu un oracle de Zeus ; les gens de Dodone pensèrent qu'ils recevaient là un ordre émanant des dieux et sur cet avis fondèrent l'oracle »

Ils racontent aussi que la colombe qui s’envola en Libye commanda aux Libyens d’établir l’oracle d’Ammon, qui est aussi un oracle de Jupiter. Voilà ce que me dirent les prêtresses des Dodonéens, dont la plus âgée s’appelait Preuménia ; celle d’après, Timarété ; et la plus jeune, Nicandra. Leur récit était confirmé par le témoignage du reste des Dodonéens, ministres du temple".


Philostrate Dodone


 

 

 

VIII° siècle av. J.C.

 

Hésiode (VIII° av. J.C.) poète grec 

Théogonie 

..." Mais à quoi bon tous ces mots autour 
du chêne ou du rocher ?"...

 

Pseudo-Hésiode :

Le Bouclier d'Héraclès 

..."Et (Kycnos) s’écroula, comme s’écroule un chêne ou une roche abrupte frappée par la foudre fumante de Zeus "...
 


Homère (VIII° siècle av. J.C.) aède (poète) surnommé "le Poète" par les Anciens. Les deux premières œuvres de la littérature occidentale l’Iliade et l’Odyssée lui sont attribuées.

 

Dans l’Odyssée, 


Ulysse se rend à Dodone pour consulter l’oracle sur les moyens de retourner à Ithaque (Chant XIV, 327 ; chant XIX, 296-298) :

"Celui-ci me dit qu’Ulysse s’en était allé à Dodone pour écouter, dans la haute chevelure du chêne divin, les conseils de Zeus sur la manière de  revenir au gras pays d’Ithaque, dont il était depuis longtemps, déjà éloigné."


Ce sont donc les Selles qui, maintenant un contact rituel permanent avec la terre, interprétaient la parole de Zeus. Celle-ci leur parvenait de plusieurs manières : le bruissement des feuilles du Chêne sacré, le bruit causé par un ou plusieurs chaudrons de bronze (selon les époques, voir infra), et peut-être aussi le vol de colombes, si on interprète ainsi l'étymologie des péléiades (femmes sacrées de Zeus et de la Déesse-Mère).

Athéna révélant Ithaque à Ulysse, par Giuseppe Bottani (1717-1784).

 


 

 

Homère, aède grec

L'odyssée 


Ulysse


...Soudain, d’un coup de baguette, elle les métamorphose en cochons...


...Inquiet de ne pas voir revenir les éclaireurs, Ulysse s’enfonce à son tour dans l’île. Il s’approche du palais quand surgit devant lui un jeune homme portant une baguette d’or. C’est Hermès, le dieu rusé :

"Ne sais-tu pas qu’ici règne Circé la magicienne ? Pour garder les hommes auprès d’elle, elle les transforme en bêtes. Elle a changé tes compagnons en cochons et te changera à ton tour ! Moi seul peux te sauver. Prends cette herbe de vie qui te protègera contre les sortilèges de Circé.

Ulysse avale le contrepoison puis se rend au palais de la magicienne.

L’air de rien, il boit le breuvage que Circé lui sert dans une coupe d’or. Mais quand elle le frappe de sa baguette, au lieu de se transformer en cochon, Ulysse tire son épée et bondit sur la magicienne comme pour la tuer. Aussitôt, elle comprend :


- C’est donc toi Ulysse, celui dont Hermès m’avait annoncé la venue, toi dont il m’avait dit que tu résisterais à mes enchantements ... Reste dans mon palais et nous vivrons d’amour !

- Circé, comment oses-tu me parler d’amour alors que tu as changé mes compagnons en cochons !

Délivre-les d’abord et jure de ne plus faire usage de tes maléfices !

Circé jure par le serment des dieux. Puis, elle entraîne Ulysse dans la porcherie où il découvre avec stupeur ses compagnons : transformés en cochons, ils mangent des glands.

Circé enduit le corps de chacun d’une pommade magique : aussitôt, les cochons redeviennent des hommes.

Edmond Dulac - Circé et Ulysse (1910)

 

 

Homère (VIII° siècle av. J.C.) aède (poète) 

 

l’Odyssée (XIX, 163),

 
..."Dis-moi ta race et ta patrie,
car tu n’es pas sorti du chêne légendaire ou de quelque rocher"...

 

Au chant XXII de l’Iliade,

on voit Hector se demander s’il affrontera ou non Achille :

..."Non, non, ce n’est pas l’heure de remonter au chêne et au rocher, et de deviser tendrement comme jeune homme et jeune fille — comme jeune homme et jeune fille tendrement devisent ensemble."... 

 

La guerre de Troie

Agénor put détourner l’attaque des Grecs et faire preuve d’une force héroïque grâce à l’encouragement d’Apollon qui lui apparût adossé à un chêne dans les gorges de l’Ida 

 


Iliade, XXI, 544-549

Hymnes homériques, 256-268

"Hymne à Aphrodite", 

..."Sitôt qu’il verra la lumière du soleil, ce fils aura pour nourrices des nymphes montagnardes à l’ample poitrine, celles qui habitent cette grande et divine montagne. Ces déesses, on ne les compte ni parmi les mortels ni parmi les êtres mortels, ni parmi les immortels : elles vivent longtemps goûtent à l’aliment divin et dansent gracieusement au chœur des Immortels. C’est à elles que les Silènes et le vigilant Argeiphontès s’unissent amoureusement au fond des grottes charmantes. En même temps qu’elles, il naît sur la terre nourricière d’hommes, des pins, des chênes à la haute tête, de beaux arbres qui grandissent sur les hautes montagnes : ils se dressent, immenses, et on les appelle les bois sacrés des Immortels"...
 


 


 

VI° siècle av. J.C.

 


Le temple de Jupiter Très Bon et Très Grand


dédié à la triade capitoline, ensemble de trois divinités formé par Jupiter, Junon et Minerve.  ('temple de Jupiter" ou "temple de Jupiter Capitolin")


Selon la tradition, le site avait été choisi parce qu'il était occupé par un chêne considéré comme sacré.


D'après Plutarque, Romulus avait en effet fait abattre un chêne, mais dans le but d'en faire un présentoir digne des spolia opima qu'il souhaite déposer dessus...


Ce sanctuaire du dieu souverain du panthéon romain intimement lié aux rituels de victoires à la guerre, les triomphes. La tradition de commémorer les victoires militaires sur le Capitole remonte selon la tradition littéraire à Romulus, qui y aurait fondé le temple de Jupiter Férétréen afin d'abriter les dépouilles opimes (spolia opima) prises sur Acron, roi de Caenina, et dédiées à Jupiter. 


Sa fondation semble dater du dernier quart du VIe siècle av J.-C., par le roi Tarquin l’Ancien. Les travaux se poursuivirent avec le roi Tarquin le Superbe, mais le temple fut semble t-il inauguré le 13 septembre 509 avant J.-C. par Marcus Horatius Pulvillus, un des premiers consuls républicains de Rome. Le temple fut presque totalement détruit par un incendie en 83 avant notre ère et avec lui les Livres sibyllins qui y étaient conservés.


Des cérémonies se déroulaient devant le temple, ainsi que les assemblées solennelles du Sénat. 


 

 

 

V° siècle av. J.C.

 

 

Eschyle (vers 525 av. J.-C.,-456 av. J.-C) le plus ancien des trois grands tragiques grecs.

Prométhée enchaîné, 830, 835

..."Et au haut du plateau de Dodone, où sont l’oracle et le siège de Zeus Thesprote et l’incroyable prodige des chênes parlants qui, clairement et sans énigme saluèrent en toi celle qui devait être l’illustre épouse de Zeus"...

 

 

Sophocle (495 av. J.C.-406 av. J.C.) un des trois grands dramaturges grecs 

"Trachiniennes", 1195-1199

..."Tu couperas une masse de bois prise dans la chênaie aux racines profondes"... 

 

 

Hérodote ( vers 480 av. J.C. - vers 425 av. J.C. ) historien et géographe grec. Il rapporte une tradition sur l’oracle de Dodone, qu'il avait déjà entendue à Thèbes en Égypte :

"Les prêtresses des Dodonéens rapportent qu’il s’envola de Thèbes en Égypte deux colombes noires ; que l’une alla en Libye, et l’autre chez eux ; que celle-ci, s’étant perchée sur un chêne, articula d’une voix humaine que les destins voulaient qu’on établît en cet endroit un oracle de Zeus ; que les Dodonéens, regardant cela comme un ordre des dieux, l’exécutèrent ensuite.

Ils racontent aussi que la colombe qui s’envola en Libye commanda aux Libyens d’établir l’oracle d'Ammon, qui est aussi un oracle de Jupiter. Voilà ce que me dirent les prêtresses des Dodonéens, dont la plus âgée s'appelait Preuménia ; celle d'après, Timarété ; et la plus jeune, Nicandra. Leur récit était confirmé par le témoignage du reste des Dodonéens, ministres du temple."

Noël Coypel (1628-1707) Hercule offrant un sacrifice à Jupiter

 


 

Socrate (vers 470/469 av. J.C. - 399 av. J.C.) philosophe grec

..."C’est que, selon le mot d’Homère, moi non plus je ne suis pas né d’un chêne ou d’un rocher, mais d’êtres humains"...

 

dans la République il demande à Glaucon :

..."Penses-tu que les régimes politiques sortent d’un chêne ou d’un rocher ?"...
 


 

IV° siècle av. J.C. - I° siècle av. J.C.

 


Ménandre (IV° siècle av. J.C.) auteur comique grec, disciple du philosophe Théophraste. 

Monostiques
"Quand le chêne est tombé, chacun se fait bûcheron."




Les consuls Domitius et Dolabella ayant établi un concours pour les poètes, le feuillage du chêne servit à tresser les couronnes décernées au capitole à ceux qui avaient mérité le prix.

 

 

La couronne civique (en latin : corona civica)

est une distinction accordée, dans l'Antiquité romaine, à celui qui a sauvé la vie d'un citoyen romain en tuant son agresseur. Elle se compose de feuilles de chêne.


Plusieurs empereurs romains, parmi lesquels Publius Aelius Hadrianus, dit Hadrien, (76-138) empereur romain, et Auguste, (Caius Octavius  63 av. J.-C. - 14 apr. J.-C) empereur romain sont représentés coiffés de la couronne civique. 


Dans la hiérarchie des récompenses militaires, elle occupe le deuxième rang, le premier étant dévolu à la couronne obsidionale.


Lucius Domitius Ahenobarbus (né en 98 av. J.-C., m. en 48 av. J.-C. à Pharsale) était un homme politique romain de la fin de la République.


Publius Cornelius Dolabella homme politique romain (III° siècle av. J.-C., consul en 283 av. J.-C.)


Auguste couronné de feuilles de chêne. Marbre, I° siècle ap. J.-C. - Musée du Louvre

 

 

 

Théocrite (v. 310 av. J.C. -v. 250 av. J.-C.), est un poète grec, auteur de mimes, d'idylles pastorales et de contes épiques.

"Thyrsis", Idylles, 105-107


..."Va-t-en où le bouvier, dit-on avec Cypris, sur l’Ida près d’Anchise où sont souchet et chênes, abeilles bourdonnent bellement près des ruches"...
 

 

Théophraste (v. 371 av. J.-C. - v. 288 av. J.-C.) philosophe de la Grèce antique,  botaniste et naturaliste, polygraphe ou encore alchimiste.

Recherche sur les plantes, 5, 7, 2

..."Alors que les autres parties sont faites de ces bois (le sapin, le pin noir et le cèdre) la quille est sur la trière en chêne pour qu’elle résiste aux halages. Sur les chalands elle est en pin mais on place dessous une doublure de chêne quand il s’agit de navires qu’on hale"...
 

 

Cnæus Gellius historien romain du II° siècle av. J.-C., auteur d'Annales retraçant l'histoire de Rome depuis les origines jusqu'à son époque, proposa au sénat d'en donner une à Cicéron, qui, en dévoilant la conjuration de Catilina, avait sauvé, non seulement un citoyen, mais la patrie...

 

 

Callimaque (vers 305 av. J.-C.- vers 240 av. J.-C.) poète grec,

"Hymne à Délos"

Hymnes, IV, 79-86


.."Ebranlé du coup, la nymphe du sol Mélia, quitta le chœur de ses compagnes, la pâleur envahit ses joues, quand elle vit trembler les arbres, chevelure de l’Hélicon, angoissée pour le chêne dont les jours sont les siens. Muses, ô mes déesses dites-le : est-ce véridique que les chênes soient nés au même jour que les nymphes ? Les nymphes sont en joie, quand l’eau du ciel fait grandir les chênes"...


 

Gaius Lucilius dit Lucilius (180 ou 148 av. J.-C.-102 ou 101 av. J.-C.) poète latin fondateur de la satire.

(XI, 253) :

..."Pour sûr tu sors du chêne légendaire ou du rocher,
toi qui danses comme un portrait vivant de Niobé"...

 

 

Pseudo-Apollodore, (II° siècle av. J.-C.).

La bibliothèque, I, 9, 16, 110J

..."Jason fit appel à Argos, fils de Phrixos, et celui-ci sur les instructions d’Athéna, construisit un navire à cinquante rames qui fut appelé Argo, du nom de son constructeur. A la proue, Athéna ajusta une pièce douée de parole, venant du chêne de Dodone"...
 

 


Zonas de Sardes (I° siècle av. J.C.)  poète grec 

(IX, 312), 

..."Garde-toi de couper la mère des glands, garde-t’en bien ; … tiens ta hache loin des chênes, car les ancêtres nous ont dit que les chênes sont nos premières mères"...
 

 

 

Cicéron (106 av. J.-C.- 43 av. J.-C. homme d'État romain, avocat,  philosophe, rhéteur et écrivain latin.

 

Des lois, I, 1, 1

..."Mais le bois sacré et le chêne des gens d’Arpinum ; je les reconnais pour les avoir vus tant de fois dans Marius. Si le chêne subsiste, c’est sûrement celui-ci car il est bien ancien"...


Des lois, I, 1, 2

..."Et il y a en bien des endroits beaucoup d’autres choses qui, grâce à la tradition, subsistent plus longtemps que leur nature ne leur aurait permis de durer. Ainsi le fameux chêne "couvert de glands" d’où jadis pris son vol le fauve messager de Jupiter à l’aspect merveilleux admettons que ce soit encore celui que voici. Mais quand les saisons et l’âge l’auront achevé, il y aura quand même en cet endroit un chêne que l’on appellera le chêne de Marius"...
 

 

Plutarque (vers 46- vers 125) philosophe, biographe, moraliste et penseur majeur de la Rome antique.

"Vie de Coriolan", 3, 4, 214f

..."En outre le chêne est, parmi les arbres sauvages, le plus fertile et parmi les arbres cultivés, le plus vigoureux. Enfin les hommes ont tiré du chêne des glands pour se nourrir et, pour boire, de l’hydromel ; cet arbre leur a permis aussi d’attraper pour les manger la plupart des oiseaux, en leur fournissant comme instrument de chasse la glu"... 
 



 

Horace (en latin Quintus Horatius Flaccus 65 av. J.C. - 8 av. J.C.)  poète latin 

Odes, I, III, 9-10

Au vaisseau qui portait Virgile

Cette ode se compose du vers glyçonique et de l'asclépiade.

..."Il avait autour du coeur une cuirasse de chêne et un triple airain, celui qui, le premier, confia aux flots irrités une barque fragile, et ne craignit point le vent impétueux d'Afrique, luttant contre l'Aquilon, ni les funestes Hyades, ni la rage du Notus, le maître le plus puissant de l'Adriatique, dont il soulève ou calme à son gré les ondes"... 

 

Ovide (Publius Ovidius Naso, 43 av. J.-C.-17 ou 18 ap. J.-C.), poète latin.


extraits des chants X et XI des Métamorphoses 

 

l'histoire d'Orphée

Une colline s’élevait, et sur cette colline, le sol, mollement aplani, nourrissait une herbe verte et touffue : mais l’ombre manquait en ces lieux. Sitôt que, se reposant à cette place, le chantre fils des immortels toucha les cordes sonores, l’ombre y vint d’elle-même. Soudain parurent et l’arbre de Chaonie , et les Héliades du bocage, et le chêne au feuillage superbe, et le gracieux tilleul, et le hêtre, et le laurier virginal. 
On vit paraître en même temps le coudrier fragile et le frêne guerrier, et le sapin sans nœuds, et l’yeuse courbée sous le poids de ses glands, et le platane ami de la joie, et l’érable aux nuances variées, et le saule des fleuves, et le lotus des eaux, et le buis toujours vert, et les bruyères timides, et les myrtes à deux couleurs, et le tinus aux baies d’azur.


- L’arbre de Chaonie : variété de chêne.
- chantre : Orphée

Savery Roelandt (1576-1639) - Paysage avec Orphée charmant les animaux

 

 

 

Virgile (70 av. J.-C. - 19 av. J.-C),  poète latin contemporain 


Les cent derniers vers de la Quatrième Géorgique,

placent dans la bouche du devin Protée le récit de la descente aux Enfers d’Orphée ; dans une perspective élégiaque, la douleur du héros est fréquemment mise en exergue :

Septem illum totos perhibent ex ordine mensis

rupe sub aeria deserti ad Strymonis undam

fleuisse et gelidis haec euoluisse sub antris

mulcentem tigris et agentem carmine quercus.

 

"Pendant sept mois entiers, dit-on, 

au pied d’une roche aérienne, sur les bords du Strymon désert, 

il pleura et raconta ses malheurs au fond des antres glacés, 

charmant les tigres et entraînant les chênes avec son chant."

 

 

Livre II : Les arbres et la vigne

Géorgiques - 2,9-37

...Les arbres naissent spontanément ou se reproduisent de diverses manières, que les cultivateurs doivent apprendre...


Mais d'autres naissent d'une semence qui s'est posée à terre, comme les hauts châtaigniers, comme le rouvre, géant des forêts, qui offre ses frondaisons à Jupiter, et comme les chênes qui, au dire des Grecs, rendent des oracles....

 


Préceptes généraux d’arboriculture -  2,47-258

Amélioration des espèces par procédés appropriés, et en particulier par la greffe - 2,47-82


...C'est de surgeons que naissent les durs coudriers, et le frêne énorme, et l'arbre ombreux dont Hercule se tressa une couronne, et le chêne à glands du Père Chaonien;... 

 

Martin van den Bogaert dit Martin Desjardins (1637-1694) sculpteur français d'origine néerlandaise.
Hercule couronné par la Gloire - Marbre, 1671, - Louvre
(Couronne de feuilles de chêne)



 

 

 

I° siècle ap. J.C.

 

 

Strabon (v. 60 av. J.C. - 20 ap. J.-C. , géographe et historien grec 

Géographie, VII, 7, 10, 1-5

..."D’après Ephore, la fondation de cet oracle remonte aux Pélasges les plus anciens, des peuples qui aient été, dit-on, les maîtres de la Grèce. Le poète s’exprime ainsi :

"Zeus tout puissant, dieu de Dodone et des Pélasges" 

et Hésiode : 
"Il s’en vint à Dodone auprès du chêne antique, demeure sacré des Pélasges"...

 


Pline l’Ancien (en latin Caius Plinius Secundus  23 apr. J.-C.-79 ap. J.C.), écrivain et naturaliste romain du ier siècle, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).


L'Histoire naturelle (Historia Naturalis), 


livre 16


...Dans les mêmes régions septentrionales, la forêt Hercynienne, aux chênes énormes, respectés par le temps et contemporains de l'origine du monde, est, par cette condition presque immortelle, la plus surprenante des merveilles. Sans parler de singularités qu'on ne croirait pas, il est certain que la rencontre des racines qui vont au-devant les unes des autres soulève des collines, ou, si la terre ne les accompagne pas, elles s'élèvent jusqu'aux branches, rivalisent à qui montera le plus haut, et forment des arcades assez larges pour laisser passer des escadrons. (III.) Ces arbres sont particulièrement de l'espèce du chêne à gland, qui est le plus honoré chez les Romains.

 

III. (IV.)

C'est le chêne qui fournit les couronnes civiques, la plus illustre décoration du courage militaire, et depuis longtemps l'emblème de la clémence impériale, alors que, au milieu de l'impiété des guerres civiles, on a commencé à regarder comme une belle action de ne pas tuer un citoyen...

 
...Auguste donna la couronne rostrale a Agrippa ; lui reçut du genre humain la couronne civique.

 

V. 
...La couronne civique fut d'abord faite avec l'yeuse, puis on préféra employer l'esculus consacré à Jupiter, et parfois le quercus (quercus robur, L.); enfin on a employé indifféremment le chêne qui se rencontrait, à la condition toutefois que la branche portât de beaux glands.

...On fit, à ce sujet, des lois étroites, hautaines, et rendant notre couronne civique comparable à cette couronne suprême de la Grèce qui est donnée en présence de Jupiter même, et pour laquelle la ville natale du vainqueur, pleine d'allégresse, fait une trouée à ses murailles... Quand on a reçu cette couronne, on peut la porter constamment.

...Siccius Dentatus reçut quatorze couronnes civiques, comme nous l'ayons rapporté en son lieu (VII, 29) ; Manlius Capitolinus, six (VII, 29), et dans ce nombre une pour avoir sauvé son général Servilius...

 

VI. (V.) 
Il est certain que de nos jours encore les glands sont une richesse pour plusieurs nations, même en temps de paix. Les céréales venant à manquer, on sèche les glands, on les moud, et on en pétrit la farine en forme de pain. Aujourd'hui même, en Espagne, le gland (quercus ballota, L.) figure au second service. II est plus doux cuit sous la cendre. D'après la loi des Doute Tables on est autorisé à recueillir le gland qui est tombé sur le fonds d'autrui. Les chênes comptent de nombreuses espèce. Ils diffèrent par le fruit, la localité, le sexe, le goût... 

Quelques-uns sont sauvages, d'autres ont des fruits plus doux, et viennent dans les lieux cultivés. Les chênes des montagnes diffèrent de ceux des plaines; les mâles diffèrent des femelles; et le goût y introduit de nouvelles différences. Les glands les plus doux sont ceux du hêtre : d'après le récit de Cornélius Alexander. Ils suffirent pour soutenir les assiégés dans la ville de Chios. Les espèces ne peuvent se distinguer par les noms, qui varient suivant les localités. Nous voyons en tous lieux le rouvre (quercus sessiliflora, Smith) et le quercus (quercus robur, L.). Il n'en est pas de même pour l'esculus (quercus esculus, L). La quatrième espèce, que l'on nomme cerrus (quercus cerris, L.) est même ignorée de la plus grande partie de l'Italie. Nous les distinguerons donc par leurs caractères naturels, et, quand il le faudra, même par leurs noms grecs.

 

VIII. 
Le gland proprement dit vient sur le rouvre, sur le quercus, I'esculus, le cerrus, l'yeuse (quercus ilex, L.), le liège (quercus suber, L.). Il est renfermé dans une cupule rugueuse, embrassant le fruit plus ou moins, suivant les espèces. Les feuilles, excepté celles de l'yeuse, sont pesantes, charnues, longues, découpées sur les bords, et au moment ou elles tombent elles ne sont pas jaunes comme celles du hêtre; elles sont plus courtes ou plus longues, suivant les variétés des espèces. Il y a deux espèces d'yeuses (quecus ilex, L.) : l'une d'elles, qui existe en Italie, ne diffère pas beaucoup de l'olivier par la feuille; quelques Grecs la nomment smilax; les provinces la nomment aquifolia. Le gland de ces deux espèces d'yeuses est plus court et plus grêle que celui des autres chênes; Homère le nomme acylos (Odyssée, X, 223), et par ce nom il le distingue du gland.

On prétend que les yeuses mâles ne portent pas de fruits. Le gland le meilleur et le plus gros vient sur le quercus ; celui de l'esculus occupe le second rang; celui du rouvre est petit ; celui du cernus est d'un vilain aspect, et la cupule en est hérissée comme la châtaigne. Parmi les glands du quercus, celui du quercus femelle est plus mou et plus tendre, celui du quecus mâle est plus compacte. On estime surtout le gland du quercus dit latifolia, à cause de ses larges feuilles. Les glands différent entre eux par leur grosseur et par la finesse de l'enveloppe; ils différent encore parce que les uns ont en dessous une peau raboteuse et couleur de rouille, tandis que les autres offrent immédiatement une chair blanche.
On estime aussi le gland dont les deux extrémités, suivant la longueur, ont la dureté de la pierre. Le gland qui présente cette particularité dans l'écorce est meilleur que celui qui la présente dans la chair. Ces deux variétés ne se trouvent que sur le chêne mâle. En outre, les uns sont ovales, les autres ronds ; d'autres ont une forme plus aiguë. La couleur diffère aussi, foncée ou claire; on préfère cette dernière. Les bouts sont amers, le milieu doux. La brièveté ou la longueur des pédicules est encore une différence.
Quant aux arbres eux-mêmes, celui qui porte les glands les plus gros se nomme hemeris (quercus pubescens) ; (IV.) il est petit, à touffe arrondie, et souvent excavé dans l'aisselle des branches. Le quercus a un bois plus fort et moins attaquable ; il est touffu aussi, mais il s'élève plus haut, et le tronc en est plus gros. Toutefois, le plus élevé est l'aegilops (quercus aegilops, L.), ami des lieux incultes. Le plus élevé ensuite est le chêne à larges feuilles (quercus sessiliflora, Sibth.), mais le bois en est moins utile pour les constructions et pour faire le charbon; travaillé, il est sujet à se gâter; aussi l'emploie-t-on sans le charpenter... 

 Le plus mauvais pour la carbonisation et pour la charpente est le chêne dit haliplaeos (quercus suber, L.), qui a l'écorce la plus épaisse et le tronc le plus gros, mais dont le bois est presque toujours creux et spongieux. C'est la seule espèce de chêne qui pourrisse même sur pied. De plus, il est souvent frappé par la foudre, bien qu'il n'atteigne pas à une très grande hauteur: aussi n'est-il pas permis d'en employer le bois pour les sacrifices. Il porte rarement des glands, et quand il en a, ces glands sont amers. Aucun animal n'y touche, excepté les cochons, et encore n'en veulent-ils que quand ils n 'ont rien autre à manger. Ce qui fait encore qu'on l'exclut des actes religieux, c'est qu'il s'éteint pendant le sacrifice. La faîne donne de la gaieté au cochon, rend sa chair cuisante, légère et bonne à l'estomac; le gland de l'yeuse rend le porc efflanqué, luisant, chétif et lourd. Le gland du quercus le rend gras; c'est aussi le plus pesant et le plus doux des glands. D'après Nigidius, le second rang appartient au gland du cerrus; aucun gland ne rend la chair plus ferme, mals elle est dure. Cet auteur dit que le gland de l'yeuse fait mal aux cochons, à moins qu'on ne le donne en petites quantités à la fois; qu'il tombe le dernier, que la chair devient fongueuse par le gland de l'esculus, du rouvre et du liège.

 

IX.
Tous les arbres glandifères produisent aussi la noix de galle.... Celle du chêne à large feuille y ressemble, mais elle est plus lisse et beaucoup moins estimée ; cet arbre porte aussi une noix de galle noire. Il y a, en effet, deux espèces de noix de galle (XXIV, 5); la noire est la meilleure pour la teinture. (VII.) La noix de galle naît le soleil quittant le signe des Gémaux; toujours elle sort tout entière en une seule nuit.

La noix de galle blanche croît aussi en un jour : sl la chaleur la surprend, elle se desséche aussitôt, et n'arrive pas à ses dimensions régulières, qui sont celles d'une fève. La noix de galle noire reste plus longtemps verte, et croît au point d'atteindre parfois la grosseur d'une pomme. Celle de la Commagène est la meilleure ; la plus mauvaise est celle du rouvre ; on la reconnaît à des trous qui laissent passer la lumière.

 

X. 
Le rouvre, outre le gland, donne encore plusieurs autres produits : les deux espèces de noix de galle, et une production qui ressemble à une mûre, si ce n'est qu'elle est sèche et dure : la plupart du temps elle a l'aspect d'une tête de taureau ; elle renferme un fruit semblable au noyau de l'olive. Il naît encore sur le rouvre de petites boules ressemblant assez à des noix, et contenant à l'intérieur des flocons mous, propres à être employés dans les lampes ; car ils brûlent même sans huile, comme la galle noire. Il porte aussi une autre petite boule, chevelue, sans aucun orage, mais qui cependant au printemps et un suc mielleux.

Dans les aisselles des branches on trouve de petites boules non pédiculées, mais sessiles, ayant le point d'attache blanc, du reste bigarrées de noir; dans le milieu, elles ont une couleur écarlate ; l'intérieur est vide, et a un goût amer. Quelquefois le rouvre produit aussi des pierres ponces, de petites boules formées par des feuilles roulées, et, sur une feuille rougeâtre, des noyaux aqueux, blanchâtres, transparents, tant qu'ils sont mous, dans lesquels il se forme des insectes ; ils mûrissent à la façon des noix de galle.

 

XI. (VIII.)
Le rouvre porte aussi le cachrys: on donne ce nom à une petite boule employée en médecine à cause de ses propriétés caustiques. ...; il survit à la duite des feuilles, et dure tout l'hiver. Il contient un noyau semblable aux pignons ; ce noyau croît pendant l'hiver ; au printemps, la boule tout entière s'ouvre ; elle tombe quand les feuilles ont commencé à croître. Telle est la multiplicité des produits que les rouvres donnent en outre des glands.

...Les rouvres produisent aussi le gui, et, au dire d'Hésiode (Op., 230), un miel. Il est certain que les rosées célestes, tombant, comme nous l'avons dit (XI, 12 ), du haut du ciel, se déposent de préférence sur les feuilles de cet arbre. Il est certain encore que le rouvre, bûlé, donne une cendre nitreuse.

 

XII. 
L'yeuse (quercus coccifera) défie toutes ces productions par la seule écarlate. C'est un grain semblant d'abord une gale de l'arbre, qui est la petite yeuse aquifolia (XVI, 8) ; on le nomme cuscullum. En Espagne, les pauvres acquittent une moitié du tribut avec cette denrée. Nous avons, à propos de la pourpre (IX, 62), indiqué le moyen de l'employer avec le plus de succès. II vient aussi dans la Galatie, l'Afrique, la Pisidie, la Cilicie; le plus mauvais est celui de Sardaigne.

 

XIII. 
Le liège est un arbre très petit; le gland en est très mauvais et très peu abondant; l'écorce seule est de produit; elle est très épaisse; enlevée, elle revient; on en a vu même des planches de dix pieds. On l'emploie surtout pour les câbles des ancres des navires, pour les filets des pêcheurs, et pour fermer les vases; en outre, elle entre dans la chaussure d'hiver des femmes. Les Grecs nomment assez plaisamment ce végétal l'arbre de l'écorce. Quelques-uns le nomment yeuse femelle; et dans les pays où l'yeuse ne vient pas on y substitue le liège, surtout pour la charpenterie, par exemple aux environs d'Élis et de Lacédémone. On ne le trouve pas dans toute l'Italie; on ne le trouve pas du tout dans la Gaule.

 

 

 

Pline l'Ancien (23 apr. J.-C.- 79), écrivain et naturaliste romain, lui, nous a transmis dans son Histoire naturelle la description d'un rite religieux druidique :


livre 16 


Histoire naturelle, 


..."Je ne dois pas passer sous silence une coutume singulière usitée dans les Gaules ; les druides (c’est ainsi qu’ils appellent leurs prêtres) n’ont rien de plus sacré que le gui, et l’arbre sur lequel il croît, surtout si c’est un chêne. Ils choisissent, pour leur habitation, des forêts de chêne et ne font aucun sacrifice, sans avoir des feuilles de cet arbre. C’est ce qui fait qu’on les appelle druides d’un mot grec qui signifie chêne. Toutes les fois qu’il naît quelque chose sur cet arbre, ils le regardent comme envoyé du ciel et comme une marque qu’il est choisi par Dieu même. Or, il est assez rare de trouver du gui sur le chêne. Ainsi, quand ils en trouvent ils le cueillent avec de grandes cérémonies religieuses et le tout se fait le sixième de la lune ; car c’est cet astre qui règle le commencement de leurs mois et de leurs années ; il règle aussi leur siècle de 30 ans" ...


..."Ce qui les détermine à agir ainsi, c’est qu’alors la lune est assez forte, sans être dans le premier quartier ; ils appellent le gui dans leur langue le remède à tout. Pour cette cérémonie, ils préparent le sacrifice et le festin sous l’arbre même ; ensuite ils y conduisent deux taureaux blancs qui sont accouplés pour la première fois ; le prêtre, revêtu d’une robe blanche, monte sur l’arbre et coupe le gui avec une faucille d’or ; on le reçoit dans une nappe blanche. Ils terminent le sacrifice en adressant des prières à Dieu, pour qu’il sanctifie le don qu’il vient de leur faire, et le rende utile à ceux auxquels ils en donneront. Ils pensent qu’en le faisant prendre en breuvage à un animal stérile ils le rendent fécond, et que c’est un remède spécifique contre toute sorte de poisons : tant sont superstitieuses les religions de plusieurs peuples"...

 

 

 

37-38 ap. J.C.

Sesterce de Caligula avec la couronne de feuilles de chêne et glands

et l'inscription "Ob Cives servatos"

Caligula (12-41 Caius Julius Caesar Augustus Germanicus) troisième empereur romain.

 

 

 

Lucain (39-65 en latin Marcus Annaeus Lucanus), poète latin dont la seule œuvre conservée, La Pharsale, est une épopée sur la guerre civile ayant opposé Jules César à Pompée entre 49 et 48 av. J.-C.


La Pharsale, livre I, 

sur Pompée
traduction par Marmontel :

Tel, au milieu d’une fertile campagne, un chêne superbe, chargé des dépouilles des peuples et des trophées des guerriers. 

Il ne tient à la terre que par de faibles racines ; son poids seul l’y attache encore. 

Il n’étend plus dans les airs que des branches dépouillées, c’est de son bois, 
non de son feuillage, qu’il couvre les lieux d’alentour. 

Mais quoiqu’il chancelle, prêt à tomber sous le premier effort des vents, 
quoiqu’il s’élève autour de lui des forêts d’arbres robustes, 
c’est lui seul qu’on révère. 

 

Pharsale III, 399-452

La Guerre civile, 
Traduction de : A. Bourgery, 1926, Paris, Les Belles Lettres

Il y avait un bois sacré, qui, depuis un âge très reculé, n'avait jamais été profané, il entourait de ses rameaux entrelacés un air ténébreux et des ombres glacées, impénétrables au soleil. Il n'est point occupé par les Pans, habitants des campagnes, les Sylvains maîtres des forêts ou les Nymphes, mais par des sanctuaires de dieux aux rites barbares; des autels sont dressés sur des tertres sinistres et tous les arbres sont purifiés par le sang humain. S'il faut en croire l'antiquité admiratrice des êtres célestes, les oiseaux craignent de se percher sur les branches de ce bois et les bêtes sauvages de coucher dans les repaires; le vent ne s'abat pas sur les futaies, ni la foudre qui jaillit des sombres nuages. Ces arbres qui ne présentent leur feuillage à aucune brise inspirent une horreur toute particulière.

Une eau abondante tombe des noires fontaines; les mornes statues de dieux sont sans art et se dressent, informes, sur des troncs coupés. La moisissure même et la pâleur qui apparaît sur les arbres pourris frappent de stupeur; ce que l'on craint ainsi, ce ne sont pas les divinités dont une tradition sacrée a vulgarisé les traits; tant ajoute aux terreurs de ne pas connaître les dieux qu'on doit redouter! Déjà la renommée rapportait que les tremblements de terre faisaient mugir le fond des cavernes, que des ifs courbés se redressaient, que les bois, sans brûler, brillaient de la lueur des incendies, que des dragons, enlaçant les troncs, rampaient çà et là. Les peuples n'en approchent pas pour rendre leur culte sur place, ils l'ont cédé aux dieux. Que Phébus soit au milieu de sa course ou qu'une nuit sombre occupe le ciel, le prêtre lui-même en redoute l'accès et craint de surprendre le maître de ce bois.

Cette forêt, César ordonne d'y porter le fer et de l'abattre. Car, voisine des travaux et intacte de la guerre précédente, elle se tenait très épaisse au milieu des monts dénudés. Mais les mains tremblèrent aux plus braves; vaincus par la majesté redoutable du lieu, ils craignaient, s'ils frappaient les troncs sacrés, que les haches ne revinssent sur leurs propres membres. Quand César vit les cohortes paralysées et clouées sur place, il osa le premier saisir une hache, la brandir et fendre du fer un chêne perdu dans les nues, puis il déclara, quand le tranchant se fut enfoncé dans le tronc violé: " Maintenant, pour que personne de vous n'hésite à renverser la forêt, croyez que c'est moi qui ai fait un sacrilège. " Alors toute la troupe obéit aux ordres, non qu'elle eût banni la crainte et recouvré la tranquillité, mais elle avait mis en balance la colère des dieux et celle de César.

Les ormes tombent, on abat le fût noueux de l'yeuse et le cyprès qui atteste des deuils non plébéiens. Alors pour la première fois, ils dépouillèrent leur chevelure et sans feuillage, ils laissèrent pénétrer le jour; malgré la poussée, les troncs se soutinrent dans leur chute. Les peuples gaulois gémirent à cette vue, mais les guerriers assiégés exultent. Qui pourrait pense, en effet, qu'on offense les dieux impunément? Mais la fortune sauve plus d'un coupable et les dieux ne savent s'irriter que contre les malheureux. Quand il y eut assez de bois coupé, on l'emporte sur des chariots trouvés dans les champs et les laboureurs, voyant les boeufs enlevés à la charrue recourbée, pleurèrent l'année perdue par l'abandon du sol.


 

 

 

Pline montre aussi l’omniprésence du feuillage de chêne dans les rites gaulois. Elle trouve une attestation remarquable dans le décor de l’autel des Trois Gaules (relevé ci-contre), édifice bâti au Confluent, sur le site de Lyon, vers 15-12 av. J.-C., alors que l’empereur Auguste se chargeait d’organiser l’administration et la défense des provinces gauloises, conquises par son père adoptif César une génération plus tôt.

L’autel, construit à l’instigation des aristocrates de toute la Gaule,

 

 

Pseudo-Sénèque (4 av. J.-C. - 1 apr. J.-C., -65 apr. J.-C.), philosophe de l'école stoïcienne, dramaturge et  homme d'État romain du I° siècle. 

Hercule sur l’Oeta, 1472-1475

..."C’est bien, c’en est fait, mes destins se déploient ; ce jour est mon dernier jour ; le chêne, voix du destin, m’avait déjà assigné ce sort ainsi que le bois du Parnasse ébranlant de ses mugissements le temple de Cirrha"...
 


 


Flavius Josèphe (Yossef ben Matityahou HaCohen -37/38-vers 100), historiographe romain juif d'origine judéenne .


Il relate qu’Abraham vivait près du chêne d’Ogygès, un endroit proche de la ville des Hébronites (dans la mythologie grecque, Ogygès est le premier roi de Béotie et d’Attique, et le fondateur de Thèbes. Les Béotiens voyaient en lui le créateur de l’humanité. Les auteurs anciens plaçaient sous son règne un déluge antérieur au Déluge du Deucalion).


Antiquités Judaïques, Chapitre X, 4.)

Hébron (AJ 1, 186-197, à propos de Gen. 18, 1), 

..." Abram habitait près du chêne appelé Ogygès, – c’est un endroit de la Chananée, non loin de la ville des Hébroniens -. 
Affligé de la stérilité de sa femme, il supplie Dieu de lui accorder la naissance d’un enfant mâle. Dieu l’engage à se rassurer ; c’est pour son bonheur en toute chose qu’il lui a fait quitter la Mésopotamie et, de plus, des enfants lui viendront. Sarra, sur l’ordre de Dieu, lui donne alors pour concubine une de ses servantes, nommée Agar(é), de race égyptienne, afin qu’il en ait des enfants. Devenue enceinte, cette servante osa prendre des airs d’insolence envers Sarra, faisant la reine parce que le pouvoir devait être attribué au rejeton qui naîtrait d’elle. 

Abram l’ayant remise à Sarra pour la châtier, elle résolut de s’enfuir, incapable d’endurer ses humiliations et pria Dieu de la prendre en pitié. Tandis qu’elle va à travers le désert, un envoyé divin vient à sa rencontre, l’exhorte à retourner chez ses maîtres sa condition sera meilleure, Si elle fait preuve de sagesse, car présentement, c’était son ingratitude et sa présomption à l’égard de sa maîtresse qui l’avaient conduite à ces malheurs. 

Si elle désobéissait à Dieu en poursuivant son chemin, elle périrait ; mais si elle rebroussait chemin, elle deviendrait mère d’un enfant, futur roi de ce pays. Ces raisons la convainquent, elle rentre chez ses maîtres, et obtient son pardon ; elle met au monde, peu après, Ismaël(os) : ce nom peut se rendre exaucé par Dieu, à cause de la faveur avec laquelle Dieu avait écouté sa prière."...

Tableau ancien d'Hébron

 

 

V° siècle

 

Proclus (Proclus de Lycie) ou Proclos (412-485) surnommé "le Diadoque", philosophe néoplatonicien 


Commentaire au Timée, 37 e – 38 a. 


Géants et Typhon,

...La Terre, irritée du malheur des Titans, eut d’Uranus les Géants, d’une force et d’une taille au-dessus de tout ce qu’on peut imaginer. Leur vue était effrayante ; ils avaient de longues barbes et de longs cheveux, les jambes couvertes d’écaillés de serpent ; ils demeuraient, suivant les uns, dans les campagnes de Phlégre, et, suivant d’autres, à Pallène. Ils lançaient contre le Ciel des rochers et des chênes enflammés...
 

 

 

Palladas (fin du IV° siècle et le début du V° siècle ap. J.-C.)  poète grec antique


Epigrammes de l’Anthologie palatine 

 (X, 55) :

..."Si tu te vantes de ne pas obéir aux ordres de ta femme, tu dis des sottises ;
car tu ne sors pas d’un chêne ou d’une pierre, comme on dit"...


 

VIII° siècle 

 

723 ou 724.

Chêne de Thor


Selon Willibald d'Eichstätt, (parfois francisé en Guillebaud), moine anglo-saxon (v. 700- v.787).

Premier évêque d'Eichstätt, en Bavière, l’abattage de l’arbre, ordonné par Boniface, se produit lors du VIII° siècle, dans un endroit connu sous le nom de Gaesmere, localisé en Hesse. 

Selon l'hagiographie chrétienne, au VIII° siècle, le missionnaire Boniface de Mayence (né en Angleterre) s'est rendu en ce qui est aujourd'hui l'Allemagne. Frustré par les convertis qui continuaient selon les rites païens à offrir des sacrifices devant un chêne géant, appelé chêne de Donar (ou chêne de Thor), il prit sa hache et abattit l'arbre monstrueux d'un  seul coup puissant. Lorsque l(arbre tomba, un magnifique sapin jaillit de son centre.

Le bois du chêne aurait ensuite été utilisé pour construire une église sur le site dédié à saint Pierre.

Le chêne de Thor, également appelé chêne de Donar ou encore chêne de Jupiter, est un arbre sacré, vénéré par les peuples germaniques des Chattes, installés autour de ce qui est aujourd’hui la région de Hesse, en Allemagne. 

 

 

XII° siècle


Dans les Annales d'Ulster, 

(chroniques de l'histoire médiévale irlandaise couvrant la période allant de 431  à 1540) .

 
Il est dit :
la mort des chênes en 1146 et 1178 fut un grand malheur. 

 

 

 

1164

Simon Stock est né dans le Kent vers 1164. 

Peu de choses sont connues sur le début de sa vie. 

La légende veut que son nom "Stock", qui signifie "tronc d'arbre", découle du fait que, dès l'âge de douze ans, il ait vécu comme un ermite dans le tronc d'un chêne creux. D'après certaines sources, son nom d'origine serait Jean Stock (Simon Stock étant son nouveau nom pris lors de son entrée dans l'ordre).

D'après une tradition, il aurait été un prédicateur itinérant jusqu'à son entrée au Carmel.

Il a été un des premiers Généraux de l'ordre, et il est resté l'un des plus célèbres. Sa grande notoriété vient d'une vision qu'il aurait eue de la Vierge Marie lui remettant le scapulaire. Vénéré comme bienheureux, il est fêté le 16 mai ou localement le 17 juillet.

Johann Ulrich Loth  (1599–1662) Apparition de Marie

 

 

XIII° siècle 

 

​​​​​​​
 

Bestiaire médiéval du moyen âge

Des paysans conduisant les porcs à la glandée, 

Bibliothèque Nationale de France


 

 

 

XIV° siècle

 


1305

Saint Louis rendant la justice sous son chêne à Vincennes


Mémoires de Jean, sire de Joinville, ou Histoire et chronique du très chrétien roi Saint-Louis.


La célèbre scène est due au noble champenois Jean de Joinville, compagnon de croisade de Louis IX, à qui la reine de France demanda en 1305 d'écrire des Mémoires chargés d'évoquer le souvenir du roi saint. 


Il rapporte ceci :

"...Maintes fois, il lui arriva, en été, d’aller s’asseoir au bois de Vincennes après avoir entendu la messe ; il s’adossait à un chêne et nous faisait asseoir autour de lui ; et tous ceux qui avaient un différend venaient lui parler sans qu’aucun huissier, ni personne y mît obstacle. Et alors il leur demandait de sa propre bouche : 

- " y a-t-il ici quelqu’un qui ait un litige ?"


Ceux qui avaient un litige se levaient, et alors il disait : 

- "Taisez-vous tous, et on vous expédiera l’un après l’autre. "
Il appelait alors Monseigneur Perron de Fontain eet Monseigneur Geoffroi de Vilette et disait à l’un d’eux : 

- "Réglez-moi cette affaire."
Et quand il voyait quelque chose à corriger dans les paroles de ceux qui parlaient pour lui, ou dans les paroles de ceux qui parlaient pour autrui, il les corrigeait lui-même de sa bouche.


Je le vis quelquefois, en été, venir pour expédier ses gens, dans le jardin de Paris, vêtu d’une cotte de camelot, d’un surcot, de tiretaine sans manches, un manteau de soie noire autour du cou, très bien peigné, sans coiffe  un chapeau de paon blanc sur la tête. Il faisait étendre des tapis pour nous asseoir autour de lui ; et tous les gens qui avaient affaire par-devant lui l’entouraient, debout ; alors il les faisait expédier, de la manière que je viens de vous dire pour le bois de Vincennes.

Saint Louis rendant la justice (sous un chêne) - Église Saint-Corneille-les-Essarts-le-Roi


 

 

Livre de Taliesin


Cad Goddeu ou le combat des arbres

est un poème gallois médiéval conservé dans le manuscrit du XIVe siècle connu sous le nom de Livre de Taliesin. 


Le poème fait référence à une histoire traditionnelle dans laquelle le légendaire enchanteur Gwydion anime les arbres de la forêt pour combattre comme son armée. 


Le poème est particulièrement remarquable pour son symbolisme frappant et énigmatique .


...Le chêne est rapide :

devant lui tremblent le ciel et la terre.

C’est un vaillant portier devant l’ennemi.

Son nom est un soutien.

...

Le sommet du chêne nous a ensorcelés

par l’incantation de Maelderw

riant le long du rocher...

Oracle par Maxine Miller


 

 

 

Bestiaire
Glandée pour porcs. .(1310-1320)

Psaultier de la Reine Marie (Isabelle de France) 

Royal MS 2 B VII 81v Calendrier Novembre 

 

 

 

Bibliothèque nationale de France, París

illustration du Tacuinum sanitatis

f. 25v, Truffes

Cueillette de la truffe noire au XIVe siècle, sous les chênes


 


 

XV° - XVI° siècle

 

 

Les Très Riches Heures du duc de Berry 

livre d'heures commandé par le duc Jean Ier de Berry 

Jean Colombe vers 1430-vers 1493) 

peintre miniature français et enlumineur de manuscrits. 

Musée Condé

 


 

Le Livre des simples médecines 

Texte en français transmis par plus de 25 manuscrits enluminés médiévaux 


Livre des simples médecines.

Chêne à galles et gallitricum. BnF, Français 19081, f.95.


 

Livre des simples médecines.

Chêne à galles. BnF, Français 9137, f.162.


 

Livre des simples médecines.

Chêne à galles. BnF, Nouvelle Acquisition Français 6593, f.107.

 

 

John Lyly (Lilly ou Lylie) (v. 1553-1606) écrivain et dramaturge anglais, devenu favori de la Cour. 

..."C'est par petit coups répétés qu'on renverse les chênes les plus grands"...

 


1581

Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) poète français.

Les Mimes, enseignements et proverbes (1581)


..."Si d'un vent elle entend quelque sifflante haleine,

Par le feuillage épais des chênes se ployant,

Qu'il lui semble écouter les soupirs de ma peine"...

 

 

Jean-Antoine de Baïf (1532-1589) poète français.

... " D’un petit gland sourd naît un grand chêne'...

 


1586

Pierre de Ronsard (1524-1585) poète français 

Sonnets pour Hélène, Pièces posthumes 

..."Vous, chênes, héritiers du silence des bois,- Entendez les soupirs de ma dernière voix"...

Claude Monet - Forêt de Fontainebleau


 


 

XVII° siècle

 


1613


La statuette de Notre-Dame honorée à Gray aurait été taillée en 1613 dans un morceau du fameux chêne de Montaigu, dans le Brabant.

Lors de l'abattage de ce chêne, auquel avait été suspendue une statuette miraculeuse de la Vierge, nombreux furent ceux qui cherchèrent à obtenir un morceau de ce bois. Parmi eux, une habitante de Salins-les-Bains, Jeanne Bonnet, parvint à se procurer une parcelle du chêne grâce à l'entremise d'un membre de la cour des Archiducs, à Bruxelles.

De retour dans la Comté, après un premier épisode miraculeux (le morceau de bois, jeté dans le feu par les hôtes d'une auberge dans laquelle Jeanne Bonnet avait fait une halte sur le chemin du retour, ne fut pas altéré par les flammes), elle demanda au sculpteur Jean Brange (de Saint-Claude ou de Salins-les-Bains, selon les sources : un Claude Brange, imagier, est signalé à Saint-Claude en 1655) de tailler dans ce morceau de bois une réplique de la Vierge de Montaigu. La statuette fut bénie le 4 avril par l'archevêque de Besançon, Mgr Ferdinand de Rye, puis offerte à Rose de Beauffremont, épouse du gouverneur de Gray Jérôme d'Achey.

Après avoir été exposée dans leur chapelle privée, la statuette fut donnée en 1616 au gardien du couvent des Capucins de Gray, Gabriel d'Apremont, qui fit alors construire une chapelle en son honneur (1617). Les premiers miracles survinrent en 1620.

 

Miracles :

Les premiers miracles ont eu lieu alors que la statuette était déposée à la chapelle des Capucins de Gray.

Le premier miracle, survenu le 17 février 1620, concerne le fils d'un soldat en garnison à Gray, Mathieu Voisin, guéri devant la table de communion où était déposée la statuette. Un mois plus tard, Jeanne Girard retrouva la parole qu'elle avait perdue dans un accident.

La veille de la Saint-Barthélemy 1622, la statuette, portée sur le lieu d'un incendie rue du pont de Saône à Gray, fit cesser le sinistre.

En 1689, une religieuse Ursuline, soeur Pierrette Beatrix Hugon, aurait été guérie de manière spectaculaire, après contact avec la statuette. L'archevêque de Besançon dressa un procès verbal de ce miracle, institua une procession générale le 5 septembre suivant et fit apposer une plaque commémorant le miracle à l'entrée de la chapelle.

En 1634, le témoignage d'un Jésuite, le R. P. Poiré, dans son ouvrage « La triple couronne de la Sainte-Vierge » rapporte qu'il y avait déjà plus de deux mille cinq cents miracles consignés (cf. Villerey, Essai historique...., p. 33).

De nombreux miracles ont été enregistrés également pour le XVIIIe siècle. On conserve encore actuellement dans la basilique Notre-Dame de Gray six volumes reliés renfermant les procès-verbaux de plus de deux mille miracles enregistrés entre 1620 et 1789.

 

 

1668

Jean de La Fontaine (1621-1695) poète français de grande renommée, principalement pour ses Fables et dans une moindre mesure pour ses contes. 


 

Le chêne et le roseau

 

Le Chêne un jour dit au Roseau :

Vous avez bien sujet d'accuser la Nature ;

Un Roitelet pour vous est un pesant fardeau.

Le moindre vent qui d'aventure

Fait rider la face de l'eau,

Vous oblige à baisser la tête :

Cependant que mon front, au Caucase pareil,

Non content d'arrêter les rayons du Soleil,

Brave l'effort de la tempête.

Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphir.

Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage

Dont je couvre le voisinage,

Vous n'auriez pas tant à souffrir :

Je vous défendrais de l'orage ;

Mais vous naissez le plus souvent

Sur les humides bords des Royaumes du vent.

La nature envers vous me semble bien injuste.

— Votre compassion, lui répondit l'Arbuste,

Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.

Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.

Je plie, et ne romps pas. Vous avez jusqu'ici

Contre leurs coups épouvantables

Résisté sans courber le dos ;

Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots

Du bout de l'horizon accourt avec furie

Le plus terrible des enfants

Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs.

L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.

Le vent redouble ses efforts,

Et fait si bien qu'il déracine

Celui de qui la tête au Ciel était voisine,

Et dont les pieds touchaient à l'Empire des Morts.

Georges Fraipont (1873-1912) le chêne et le roseau

 

 

Jean de La Fontaine (1621 -1695) - poète français

Fables de La Fontaine

Sujet tiré des Métamorphoses d’Ovide.

À Monseigneur le duc de Vendôme


Philémon Et Baucis

 

..."Le corps n’est tantôt plus que feuillage et que bois.

D’étonnement la Troupe, ainsi qu’eux perd la voix ;

Même instant, même sort à leur fin les entraîne ;

Baucis devient Tilleul, Philémon devient Chêne"...


 

 

 

XVII° siècle

 


1613


La statuette de Notre-Dame honorée à Gray aurait été taillée en 1613 dans un morceau du fameux chêne de Montaigu, dans le Brabant.

Lors de l'abattage de ce chêne, auquel avait été suspendue une statuette miraculeuse de la Vierge, nombreux furent ceux qui cherchèrent à obtenir un morceau de ce bois. Parmi eux, une habitante de Salins-les-Bains, Jeanne Bonnet, parvint à se procurer une parcelle du chêne grâce à l'entremise d'un membre de la cour des Archiducs, à Bruxelles.

De retour dans la Comté, après un premier épisode miraculeux (le morceau de bois, jeté dans le feu par les hôtes d'une auberge dans laquelle Jeanne Bonnet avait fait une halte sur le chemin du retour, ne fut pas altéré par les flammes), elle demanda au sculpteur Jean Brange (de Saint-Claude ou de Salins-les-Bains, selon les sources : un Claude Brange, imagier, est signalé à Saint-Claude en 1655) de tailler dans ce morceau de bois une réplique de la Vierge de Montaigu. La statuette fut bénie le 4 avril par l'archevêque de Besançon, Mgr Ferdinand de Rye, puis offerte à Rose de Beauffremont, épouse du gouverneur de Gray Jérôme d'Achey. Après avoir été exposée dans leur chapelle privée, la statuette fut donnée en 1616 au gardien du couvent des Capucins de Gray, Gabriel d'Apremont, qui fit alors construire une chapelle en son honneur (1617). Les premiers miracles survinrent en 1620.

 

Miracles :

Les premiers miracles ont eu lieu alors que la statuette était déposée à la chapelle des Capucins de Gray. Le premier miracle, survenu le 17 février 1620, concerne le fils d'un soldat en garnison à Gray, Mathieu Voisin, guéri devant la table de communion où était déposée la statuette. Un mois plus tard, Jeanne Girard retrouva la parole qu'elle avait perdue dans un accident. La veille de la Saint-Barthélemy 1622, la statuette, portée sur le lieu d'un incendie rue du pont de Saône à Gray, fit cesser le sinistre. En 1689, une religieuse Ursuline, soeur Pierrette Beatrix Hugon, aurait été guérie de manière spectaculaire, après contact avec la statuette. L'archevêque de Besançon dressa un procès verbal de ce miracle, institua une procession générale le 5 septembre suivant et fit apposer une plaque commémorant le miracle à l'entrée de la chapelle. En 1634, le témoignage d'un Jésuite, le R. P. Poiré, dans son ouvrage « La triple couronne de la Sainte-Vierge » rapporte qu'il y avait déjà plus de deux mille cinq cents miracles consignés (cf. Villerey, Essai historique...., p. 33). De nombreux miracles ont été enregistrés également pour le XVIIIe siècle. On conserve encore actuellement dans la basilique Notre-Dame de Gray six volumes reliés renfermant les procès-verbaux de plus de deux mille miracles enregistrés entre 1620 et 1789.

 

 

 

Philippe de Buyster (1595-1688) sculpteur flamand naturalisé français

Statue Nymphe tenant une couronne de chêne

1664-1666

Statue représentant une femme posant sur la jambe gauche. Elle a la tête baissée vers l’épaule gauche et ceinte d’une couronne de fleurs. Elle est vêtue d’une ample draperie, attachée par une ceinture sous la poitrine et une autre sur la taille, laissant son épaule gauche, ses avant-bras et l’extrémité de ses pieds découverts. Elle tient de la main droite, dont le bras est fléchi, une couronne et, de la gauche, dont le bras est baissé, un pan de sa draperie.


 

Louis Lerambert (1620-1670) peintre sculpteur français

Statue Hamadryade ou danseuse

1664-1665

Statue représentant une femme couronnée de feuilles de chêne et vêtue, à l’exception des jambes, d’une partie des cuisses et des bras. Elle pose sur la jambe gauche, qui est appuyée contre un tronc de chêne, et la jambe droite fléchie. Son corps et sa tête sont penchés vers l’avant, dans l’action de danser. Elle est chaussée de sandales hautes faites en chêne et tient dans ses mains des pans de son vêtement, maintenu à la taille par une branche de chêne.


 


 

XVIII° siècle

 


1727

 

André Dacier (1651 - 1722) est un homme de lettres français, philologue et traducteur du tournant des XVII° et XVIII° siècles.


Monsieur Dacier, garde des livres du cabinet du roi

Oeuvres d'Horace


Tome premier

..."Monsieur Le Fèvre a fort bien vû que par robu, Horace entend un chêne, et qu'il fait allusion à cette superstition des Anciens, qui croyoient que les premiers hommes étoient nez de chênes, ou plûtôt des Nymphes qui se nourrissoient avec eux, et que de là on appeloit Melies. Nous avons sur cela un passage de Callimaque, dont je me contenterai de donner la traduction ; Dites-moi Muses, mes Déesses, s'il est vrai que les chênes soient nez avec les Nymphes. Car nous voyons que les Nymphes se réjouissent, lorsque la pluye fait fleurir les chênes, et qu'au contraire elles s'affligent lorsqu'ils n'ont plus de feuilles"...

Edouard Manet nymphe des bois

 

 

 

1727

Martin, Jacques (1684-1751) 

Par R. P. Dominicain religieux bénédictin de la congrégation de S. Maur. 

Ouvrage enrichi de figures en taille-douce. Tome premier 

La religion des Gaulois, tirée des plus pures sources de l'antiquité. Tome 1 
César associe ou partage Esus et Jupiter :


..."Les premières traces qu'on trouve de cette association ou partage, sont les bas reliefs de la Cathédrale de Paris : on y voit d'abord Jupiter et Esus l'un de l'autre ; peut-être les aurait-on fait "synthrones", si l'espace l'avait permis.

La dédicace est bien faite à Jupiter,  mais la cérémonie du Gui de chêne, qui avait toujours appartenu à Esus et dont il est fait mention dans la face, qui a pour inscription "Senani veilo", fait voir non seulement que les gaulois ne l'en excluaient pas  ; mais encore que ce n'était qu'à la faveur d'Esus, que Jupiter recevait tant d'honneur. 

Aussi trouve t'on dans Maxime de Tyr, qui ne vivait qu'environ cent ans après Tibère, Esus déjà transformé en Jupiter, et honoré des gaulois dans un grand Chêne. L'auteur de la vie de Saint Boniface Archevêque de Mayance, confirme ce que dit Maxime de Tyr ; car il remarque que le meilleur avis, que purent donner au Saint Martyr, ceux qui souhaitaient de bonne foi, la conversion des peuples, auxquels il annonçait l'évangile, fut de lui conseiller de faire couper un chêne d'une grandeur énorme, où l'on se rendait de toutes parts pour faire voeux et offrir des sacrifices à Jupiter : ce qui faisait qualifier cet arbre de CHENE-JOVIS, ou de Chêne de Jovis, Robur-Jovis.

Saint Hyacinthe de l'Ordre de Saint Dominique, en le  servant du même moyen, mit fin à une semblable superstition, qui se pratiquait encore en son temps dans les pays de sa mission.

Saint Boniface abat un arbre de superstition servant d'idole aux Goths de Hesse le chêne de Thor (ou du Tonnerre)


 


 

Antoine Rivaroli, dit de Rivarol, ou simplement Rivarol (1753-1801) écrivain, journaliste, essayiste et pamphlétaire disciple de Voltaire. 


..."Un homme devient grand, et tout à coup beaucoup de gens se font lierre, parce qu'il s'est fait chêne"...
 

 

1792


Le chêne : Floréal 21 avril 

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé pendant la Première République puis l'Empire jusqu'en 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris. Il commence le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792), lendemain de la proclamation de l'abolition de la monarchie et de la naissance de la République, déclaré premier jour de l'" ère des Français", mais n'entre en vigueur que le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793).


Floréal

(20/21 avril – 19/20 mai)

21 avril - Le Soleil entre au signe du Taureau


Sitôt que FLORE en sa magnificence, 
Promet dans Ses présens des trésors aux Humains 
On aime à voir la candeur l'innocence
Que la Jeune Beauté couronne de Ses mains


 


 

XIX° siècle


 

1825


Stéphanie Félicité du Crest  comtesse de Genlis, marquise de Sillery (1746-1830) romancière, dramaturge, mémorialiste et pédagogue française.


Mémoires

..."Lorsque le temps dessèche un chêne, on dit qu'il se couronne ; quand il commence à décolorer une rose, on dit qu'elle est flétrie"...

 

 

 

Jules Pierre Théophile Gautier (1811-1872) poète, romancier et critique d'art français.


..."Peu avant sa mort, on lui dit : Mon cher Maître, vous êtes solide comme un chêne. Il répondit : Pour le tronc, ça va ; c'est le gland qui m'inquiète !"...
 

 

Alfred Victor de Vigny (1797-1863) écrivain, romancier, dramaturge et poète français.


La dryade

 

Idylle dans le goût de Théocrite


...
Vois-tu ce vieux tronc d’arbre aux immenses racines ?

Jadis il s’anima de paroles divines ;

Mais par les noirs hivers le chêne fut vaincu.


...

 

Bathylle.

 

Dryade du vieux chêne, écoute mes aveux !

Les vierges, le matin, dénouant leurs cheveux,

Quand du brûlant amour la saison est prochaine,

T’adorent ; je t’adore, ô dryade du chêne !
...

Ici, je vis rouler la coupe aux flancs d’argile ;

Le chêne ému tremblait, la flûte de Bathylle

Brilla d’un feu divin ; la dryade un moment,

Joyeuse, fit entendre un long frémissement,

Doux comme les échos dont la voix incertaine

Murmure la chanson d’une flûte lointaine.

...


 

 

 

Victor de Laprade (1812-1883) poète français 

 


A un grand arbre

 


L'esprit calme des dieux habite dans les plantes.

Heureux est le grand arbre aux feuillages épais ;

Dans son corps large et sain la sève coule en paix,

Mais le sang se consume en nos veines brûlantes.

 

A la croupe du mont tu sièges comme un roi ;

Sur ce trône abrité, je t'aime et je t'envie ;

Je voudrais échanger ton être avec ma vie,

Et me dresser tranquille et sage comme toi.

 

Le vent n'effleure pas le sol où tu m'accueilles ;

L'orage y descendrait sans pouvoir t'ébranler ;

Sur tes plus hauts rameaux, que seuls on voit trembler,

Comme une eau lente, à peine il fait gémir tes feuilles.

 

L'aube, un instant, les touche avec son doigt vermeil ;

Sur tes obscurs réseaux semant sa lueur blanche,

La lune aux pieds d'argent descend de branche en branche,

Et midi baigne en plein ton front dans le soleil.

 

L'éternelle Cybèle embrasse tes pieds fermes ;

Les secrets de son sein, tu les sens, tu les vois ;

Au commun réservoir en silence tu bois,

Enlacé dans ces flancs où dorment tous les germes.

 

Salut, toi qu'en naissant l'homme aurait adoré !

Notre âge, qui se rue aux luttes convulsives,

Te voyant immobile, a douté que tu vives,

Et ne reconnaît plus en toi d'hôte sacré,

 

Ah ! moi, je sens qu'une âme est là sous ton écorce :

Tu n'as pas nos transports et nos désirs de feu,

Mais tu rêves, profond et serein comme un dieu ;

Ton immobilité repose sur ta force.

 

Salut ! Un charme agit et s'échange entre nous.

Arbre, je suis peu fier de l'humaine nature ;

Un esprit revêtu d'écorce et de verdure

Me semble aussi puissant que le nôtre et plus doux.

 

Verse à flots sur mon front ton ombre qui m'apaise ;

Puisse mon sang dormir et mon corps s'affaisser ;

Que j'existe un moment sans vouloir ni penser :

La volonté me trouble, et la raison me pèse.

 

Je souffre du désir, orage intérieur ;

Mais tu ne connais, toi, ni l'espoir, ni le doute,

Et tu n'as su jamais ce que le plaisir coûte ;

Tu ne l'achètes pas au prix de la douleur.

 

Quand un beau jour commence et quand le mal fait trêve,

Les promesses du ciel ne valent pas l'oubli ;

Dieu même ne peut rien sur le temps accompli ;

Nul songe n'est si doux qu'un long sommeil sans rêve.

 

Le chêne a le repos, l'homme a la liberté...

Que ne puis-je en ce lieu prendre avec toi racines !

Obéir, sans penser, à des forces divines,

C'est être dieu soi-même, et c'est ta volupté.

 

Verse, ah ! verse dans moi tes fraîcheurs printanières,

Les bruits mélodieux des essaims et des nids,

Et le frissonnement des songes infinis ;

Pour ta sérénité je t'aime entre nos frères.

 

Si j'avais, comme toi, tout un mont pour soutien,

Si mes deux pieds trempaient dans la source des choses,

Si l'Aurore humectait mes cheveux de ses roses.

Si mon coeur recélait toute la paix du tien ;

 

Si j'étais un grand chêne avec ta sève pure,

Pour tous, ainsi que toi, bon, riche, hospitalier,

J'abriterais l'abeille et l'oiseau familier

Qui, sur ton front touffu, répandent le murmure ;

 

Mes feuilles verseraient l'oubli sacré du mal ;

Le sommeil, à mes pieds, monterait de la mousse ;

Et là viendraient tous ceux que la cité repousse

Ecouter ce silence où parle l'idéal.

 

Nourri par la nature, au destin résignée,

Des esprits qu'elle aspire et qui la font rêver,

Sans trembler devant lui, comme sans le braver,

Du bûcheron divin j'attendrais la cognée.

Rousseau - Le grand chêne, vers 1840, Victoria and Albert Museum.

 

 

Victor de Laprade (1812-1883) poète français



La mort d'un chêne


I

Quand l'homme te frappa de sa lâche cognée,

Ô roi qu'hier le mont portait avec orgueil,

Mon âme, au premier coup, retentit indignée,

Et dans la forêt sainte il se fit un grand deuil.

 

Un murmure éclata sous ses ombres paisibles ;

J'entendis des sanglots et des bruits menaçants ;

Je vis errer des bois les hôtes invisibles,

Pour te défendre, hélas ! contre l'homme impuissants.

 

Tout un peuple effrayé partit de ton feuillage,

Et mille oiseaux chanteurs, troublés dans leurs amours,

Planèrent sur ton front comme un pâle nuage,

Perçant de cris aigus tes gémissements sourds.

 

Le flot triste hésita dans l'urne des fontaines ;

Le haut du mont trembla sous les pins chancelants,

Et l'aquilon roula dans les gorges lointaines

L'écho des grands soupirs arrachés à tes flancs.

 

Ta chute laboura, comme un coup de tonnerre,

Un arpent tout entier sur le sol paternel ;

Et quand son sein meurtri reçut ton corps, la terre

Eut un rugissement terrible et solennel :

 

Car Cybèle t'aimait, toi l'aîné de ses chênes,

Comme un premier enfant que sa mère a nourri ;

Du plus pur de sa sève elle abreuvait tes veines,

Et son front se levait pour te faire un abri.

 

Elle entoura tes pieds d'un long tapis de mousse,

Où toujours en avril elle faisait germer

Pervenche et violette à l'odeur fraîche et douce,

Pour qu'on choisît ton ombre et qu'on y vînt aimer.

 

Toi, sur elle épanchant cette ombre et tes murmures,

Oh ! tu lui payais bien ton tribut filial !

Et chaque automne à flots versait tes feuilles mûres,

Comme un manteau d'hiver, sur le coteau natal.

 

La terre s'enivrait de ta large harmonie ;

Pour parler dans la brise, elle a créé les bois :

Quand elle veut gémir d'une plainte infinie,

Des chênes et des pins elle emprunte la voix.

 

Cybèle t'amenait une immense famille ;

Chaque branche portait son nid ou son essaim :

Abeille, oiseaux, reptile, insecte qui fourmille,

Tous avaient la pâture et l'abri dans ton sein.

 

Ta chute a dispersé tout ce peuple sonore ;

Mille êtres avec toi tombent anéantis ;

À ta place, dans l'air, seuls voltigent encore

Quelques pauvres oiseaux qui cherchent leurs petits.

 

Tes rameaux ont broyé des troncs déjà robustes ;

Autour de toi la mort a fauché largement.

Tu gis sur un monceau de chênes et d'arbustes ;

J'ai vu tes verts cheveux pâlir en un moment.

 

Et ton éternité pourtant me semblait sûre !

a terre te gardait des jours multipliés...

La sève afflue encor par l'horrible blessure

Qui dessécha le tronc séparé de ses pieds.

 

Oh ! ne prodigue plus la sève à ces racines,

Ne verse pas ton sang sur ce fils expiré,

Mère ! garde-le tout pour les plantes voisines :

Le chêne ne boit plus ce breuvage sacré.

 

Dis adieu, pauvre chêne, au printemps qui t'enivre :

Hier, il t'a paré de feuillages nouveaux ;

Tu ne sentiras plus ce bonheur de revivre :

Adieu, les nids d'amour qui peuplaient tes rameaux !

 

Adieu, les noirs essaims bourdonnant sur tes branches,

Le frisson de la feuille aux caresses du vent,