3 juin 2023 6 03 /06 /juin /2023 18:50

 

 

 

 

Mythologie des arbres


Le magnolia 

 

 

Le magnolia, magnolier ou laurier tulipier forme un genre de plante à fleurs, de la famille des Magnoliacées, essentiellement des arbres et arbustes, des régions tempérées chaudes.

Les autres noms du magnolia : Bois-cachiman ; Bois-pin ; Laurier-tulipier ; Magnole.  Magnolia est un grand genre d'environ 210 à 340 espèces de plantes à fleurs dans la sous-famille des Magnolioideae de la famille des Magnoliaceae .

 

Les magnolias sont originaires d'Extrême-Orient (Japon, Chine), d'Asie centrale (Himalaya), d'Amérique du Nord (Sud des États-Unis), et d'Amérique centrale. Ils ont été largement acclimatés en Europe. 


Les arbres de Magnolia peuvent vivre jusqu’à un siècle et se plaisent plutôt dans des sols frais, humifères.


Ce sont des arbres ou arbustes, à feuilles généralement grandes, alternes, ovales ou elliptiques, caduques ou persistantes, généralement coriaces.


 

La floraison apparaît généralement après quinze à trente ans, en avril, mai, juin . 

Les fleurs solitaires, sont grandes, très décoratives, souvent dressées, généralement en forme de coupe, de couleur claire, blanc rosé, jaune clair. Les étamines, très nombreuses sont lamellaires. 

Le parfum du magnolia présente une grande fraîcheur citronnée, avec un léger accent de poire et de rose, teintée de notes vertes. Puis une facette florale solaire douce aux accents vanillés.

O corolle embaumée et blanche

Que l'air balance avec amour

Charme et vis... ne fut-ce qu'un jour

Un jour qui soit ton beau dimanche

A une fleur de magnolia  (1864) - Adolphine Bonnet



 

Les fruits, arilles, en forme de cône sont composés d'un ensemble de follicules (fruit sec dérivé d'un seul carpelle) et contiennent des graines à tégument rouge.


 

 

Le Feuillage.

Semi-persistant ou semi-caduc : La plante conserve une partie de son feuillage toute l'année.

Caduc : La plante perd ses feuilles à l'automne.

 

 

 

Il existe deux grands types de magnolias :

Ceux aux feuilles caduques fleurissant au printemps, juste avant l'apparition des feuilles.
Ceux au feuillage persistant. Les fleurs de ce dernier forment de grandes inflorescences en forme de tulipe de 25 cm de diamètre qui apparaissent en fin de printemps ou au début de l'été.

 


Magnolias à feuillage persistant 

 

Les magnolias persistants (parfois surnommé "laurier-tulipier") se distinguent des magnolias caducs non seulement par leur belles feuilles vernissées qui restent en place en toute saison mais également par leurs élégantes et imposantes fleurs blanc pur à blanc-crème délicatement parfumées, qui ne s'épanouissent pas au printemps mais en été.

Le tronc est généralement unique et le houppier souvent conique, plus ou moins large selon les variétés, mais parfois arrondi

La Période de floraison débute en général à la mi-juin pour atteindre son apogée en juillet et continuer decrescendo jusqu’à la fin août.

 


Magnolia à grandes fleurs (Magnolia grandiflora), 


est un grand arbre originaire de l’est de l’Asie et de l'Est de l'Amérique du Nord à la rusticité variable selon les variétés (-15 à -25°C). Il peut atteindre parfois les 18 m de haut pour 10 m de large, avec un port compact, ample et conique, mais, selon les variétés, elle peut dépasser 25 m. Il s'agit des plus anciennes plantes à fleurs. La croissance de cette espèce de magnolia est lente. 


Cet arbre fleurit tout l'été, et  le feuillage est persistant. Le Magnolia grandiflora est connu sous diverses appellations : magnolia d'été, magnolia à grandes fleurs, magnolia de Louisiane ou, encore, Laurier Tulipier.



Le feuillage est décoratif. Persistantes, les feuilles vertes et luisantes sont coriaces, larges, avec des poils roux en dessous.


Les premières fleurs apparaissent de juillet à septembre. D'abord, viennent les gros boutons floraux coniques et de couleur vert blanchâtre ; ils sont recouverts de bractées caduques pubescentes. Puis les boutons s'ouvrent pour que s'épanouissent les grandes fleurs parfumées, solitaires, à l'extrémité des branches. Les pétales blancs réunis en coupe, comme chez une tulipe, sont mis en valeur par le feuillage vert sombre. La vie d'une fleur de magnolia d'été n'est pas longue, mais, l'ouverture des boutons s'étale durant les trois mois d'été. Et lorsque les magnifiques fleurs fanent, les fruits, coniques, sont recouverts d'écailles vert rosâtre déhiscentes, laissant apparaître des graines rouges.

 

 

 

Magnolia persistant du Yunnan, Michelia du Yunnan


Magnolia denudata ou michelia persistant du Yunnan,  originaire du sud-ouest de la Chine, peut être cultivé dans diverses régions de France, pour peu qu'il soit abrité des vents glacés. 


Michelia yunnnaensis a dernièrement été requalifié en Magnolia dianica, c'est un petit arbre persistant appartenant à la famille des Magnoliacées.  Les michelias sont des magnolias subtropicaux à tropicaux, bien que reclassés parmi le genre Magnolia, ils sont encore souvent mieux connus sous le terme Michelia.  


Il forme un tronc court portant un houppier large en éventail, aéré. Sa stature dépasse rarement les 4,50 m. Il est de croissance assez lente et atteint 3 m de hauteur à 8-10 ans.


Ses feuilles sont persistantes, sans pétiole, au limbe épais et lustré, de forme oblongue.

 

Les rameaux et les bourgeons sont feutrés de bruns. Les fleurs sont nombreuses, naissant en fin d’hiver, à l’aisselle des feuilles. Les gros bourgeons floraux épais, long et duveteux sont remarquables dès l’automne. Les fleurs s’ouvrent en 5 tépales, blancs, cireux et fermes, fécondées par de petits coléoptères. Elles produisent une grappe de fruits ronds soudés, qui libèrent chacun une graine entourée de pulpe rouge.

 

Les michelias sont caractérisés par leur intense parfum floral, parfois utilisé en parfumerie, il dégage un effluve citronné.



 

 

 

Magnolia figo, arbuste de banane, 


Magnolia de porto, Magnolia fuscata  ou Michelia figo originaire de Chine, est un petit arbre subtropical à feuilles persistantes, de la famille des Magnoliacées. Il pousse très lentement et mûrit en un grand arbre compact à feuilles persistantes.

 

Sa tige principale se divise rapidement en tronc multiple portant des branches bien ramifiées. Il forme un dôme relativement régulier atteignant avec le temps 3 à 4 m de hauteur.

 

Initialement décrit par le missionnaire et naturaliste portugais João de Loureiro sous le nom de Liriodendron figo, il a été reclassé sous le nom de Michelia figo par le botaniste allemand Curt Polycarp Joachim Sprengel . En 2006, une analyse cladistique du genre Michelia a révélé qu'ils appartenaient au genre Magnolia , le nom étant maintenant Magnolia figo.


Sa silhouette naturellement élégante s’utilise en massif, en isolé, dans une haie libre. Les boutons floraux, sont recouverts de poils, lui conférant une texture proche de celle du velours. Les feuilles sont coriaces, vert foncé brillant .  


Ses fleurs odorantes, qui sont blanc crème et parfois jaunes, violettes arrondies, ou violet clair, sont fortement parfumées, caractérisée par son parfum puissant et suave, intermédiaire entre le l’odeur du chewing-gum et de la banane.


Fécondée, la fleur se transforme en fruit irrégulier qui s’ouvre à maturité sur de grosses graines, enrobée de pulpe orangée.


 

 

 

Magnolia champaca, Michelia champaca, 


champak ou champac  est un arbre est un arbre de grande taille de 15 m, au port pyramidal pouvant faire jusqu'à 50 m de hauteur, à feuilles persistantes, originaire de l’Asie du Sud, Asie du Sud-Est et de certaines régions la Chine du sud. On le plante pour son bois, ses fleurs. Il est aussi utilisé ornement ou comme arbre d’ombrage.


Son tronc est droit et à l’écorce lisse, de couleur gris clair. Son bois parfait au grain serré et au très beau poli est utilisé en ébénisterie et comme matériau de construction. Il dégage une odeur d’amande lorsqu’on le travaille.

 

Le magnolia champaca est surtout réputé pour ses fleurs très odorantes, blanches ou jaunes qui en font une des plantes les plus utilisées en parfumerie. Elles sont essentiellement utilisées pour le culte, pour fabriquer des guirlandes, et flottant dans des bols d’eau, pour parfumer la pièce. 


En Thaïlande, quelques hybrides ont été obtenues par croisement avec d’autres espèces.

 
 


 

 

Magnolias à feuillage caduc

 


Venus de Chine, du Népal ou du Japon, les magnolias à feuilles caducs, fleurissent, quant à eux, au printemp .
Ces arbustes d’un entretien facile, se plaisent en pleine terre comme en pot, ils ne craignent ni les maladies, ni les parasites, ni la pollution, non plus que le froid, la neige ou les giboulées...

 

 

Le Magnolia hypoleuca,


Hypoleuca vient du grec upo, "presque" et leucon, "pâle, de couleur blanche", en référence au dessous de ses feuilles blanc argenté.


Cet arbuste fait partie de la section Rhytidospermum. Il met longtemps à fleurir (il faut parfois attendre 15 ans pour les plants issus de greffage et plus pour ceux issus de semis).


En culture le Magnolia hypoleuca dépasse rarement 10 m de hauteur après de très nombreuses années. Dans la nature, les bois en zones montagneuses, il devient beaucoup plus grand puisqu'il atteint 30 m. Peu ramifié, généralement muni d'un seul tronc, il est malgré tout assez touffu et bien équilibré ; son port est pyramidal à colonnaire. L'écorce lisse de cet arbre évolue du brun clair au gris avec l'âge.


L'une des caractéristiques de ce magnolia est la taille de ses feuilles, très grosses. Obovales, elles sont munies d'une courte pointe à leur sommet. Leur revers est argenté lorsqu'elles sont jeunes alors que l'avers est lisse et vert moyen à vert foncé. Les feuilles sont disposées en verticilles, juste sous les fleurs.


La floraison a lieu de mai à juillet, selon le climat, sous forme de fleurs blanc-crème nuancé de rose, vraiment splendides, dégagent un parfum agréable et très puissant qui rend cette espèce facilement reconnaissable. La base des étamines est d'un rouge vif à cramoisi, remarquable.
Les fruits rouges sont cylindriques, et abritent des graines pendantes, rouges également.


 

 

 

Le magnolia liliiflora, magnolia à fleurs de lys

 
est un arbuste originaire des provinces chinoises du Sichuan et de Yunnan. C'est l’une des plus petites espèces, arbuste rustique qui appartient à la famille des Magnoliaceae. Il supporte des températures avoisinant les -20 °C. 


Il est bien adapté aux petits jardins, parce qu'il présente un très lent développement et sa hauteur à l'âge adulte n'excède guère 3 m.


Au début du printemps, avant que les feuilles ne s’ouvrent, cet arbuste arbore une floraison spectaculaire de fleurs légèrement parfumées, de couleur pourpre ou rose, en forme de lys. Elles s'épanouissent dès le mois d'avril et jusqu'à la fin du mois de juillet.


Après la floraison, des feuilles elliptiques vert foncé apparaissent. Cette espèce est un parent du magnolia soucoupe.
Son feuillage caduc se compose de feuilles ovales, d'un vert franc au-dessus et bien plus pâle au-dessous.


 

 

 

Magnolia macrophylla, magnolia à grandes feuilles, 


C'est un arbre rustique - 28° C,originaire du Sud-est des États-Unis, Mexique, de 10 à 18 mètres de haut, à l'écorce gris-jaune et au port étalé. 


De mai à juillet, il produit de grosses fleurs parfumées couleur blanc-crème avec la base des pétales violets à rouge.


Les feuilles, caduques, apparaissent en même temps que les fleurs, à l'extrémité des rameaux. Elles sont de couleur vert clair et pubescentes au revers. De forme oblongue, elles atteignent des dimensions spectaculaires. À l'automne, elles deviennent jaune d'or.


Comme la plupart des magnolias, c’est normalement un arbre à feuilles caduques, bien qu’il puisse être légèrement à feuilles persistantes dans les zones plus chaudes. 


 

 

 

Magnolia tripetala, magnolia parasol ou parapluie


est un arbre rustique de 6 à 10 mètres de haut, au port conique étalé et à l'écorce grise. Son ampleur étant assez limitée, il garni élégamment des jardins de toutes tailles. Il est parfait planté en isolé. 
 


De mai à juin, il produit des fleurs blanc-crème légèrement érigées puis largement ouvertes, dégageant un léger parfum plutôt désagréable. 


Mais la floraison reste toutefois relativement discrète sous le luxuriant feuillage qui ne peut passer inaperçu. 


Les feuilles, caduques, oblongues à lancéolées, qui se développent en verticilles à l'extrémité des rameaux, sont de grande taille. De couleur vert lumineux sur le dessus et légèrement grisé au-dessous, elle deviennent cuivrées en automne. Son feuillage étonnant, lui donne un air exotique


Le fruit est de couleur pourpre.


 

 

 

Magnolia stellata,- magnolia étoilé, 

 

Originaire du Japon, le Magnolia stellata est l’espèce la plus précoce et le plus florifère du genre Magnolia, et résiste à -25°C,  à l'abri des vents dominants. Il possède un port buissonnant puis étalé avec le temps, 


Elégant et raffiné, cet arbuste ne paraît jamais banal. Il est très intéressant pour les petits jardins car il se développe lentement et il ne dépasse pas les 3mètres de hauteur. Par sa petite taille et sa croissance lente, le Magnolia stellata est idéal en pot sur une terrasse.

 

C'est le plus florifère de tous les magnolias. Son éblouissante pluie d'étoiles d'un blanc pur  célébre la venue du printemps. L'explosion soudaine de ses fleurs blanches est un spectacle d'une beauté sans pareille. Les corolles charnues, magnifiques étoiles à la texture cireuse, apparaissent avant les feuilles sur les branches dénudées. Elles auront une excellente tenue si le climat se montre clément. 


Leur parfum assez léger et subtil avec ses notes vanillées et citronnées capte l'odorat.


A l'automne, le feuillage doré offre une belle lumière. 


Une grêle ou un coup de gel peut malheureusement  les fleurs si fragiles !

 

 

 

Magnolia soulangeana, Magnolia de Soulange


Le magnolia de Soulange est un hybride crée vers 1820, issu de Magnolia denudata et Magniolia liliflora. 


C'est un bel arbre dressé, un peu plus haut que large. Avec le temps il mesurera de 6 à 8 m de haut pour 4 à 5 m de large. Un tronc unique porte une belle ramure, bien équilibrée. Les feuilles vertes et luisantes sont entières, à la base contractée et au bout arrondi, brièvement acuminées. Très rustique (jusqu’à -20° C), il reste indispensable de protéger les jeunes sujets durant l’hiver les premières années. 


Il est représenté aujourd’hui par de nombreuses variétés. De culture facile il se décline en blanc, en rose, ou presque rouge. C’est un arbre de taille modérée, montrant fidèlement une floraison abondante et remarquable. Il est utilisé en arbre isolé, au milieu de la pelouse, ou d’une cour.


Dès la fin de l’hiver, avant même l’apparition de feuilles, de grandes fleurs en coupe, parfumées, éclosent de bourgeons protégés par des bractées velues. Chaque extrémité de rameaux porte de grosses fleurs. 


Ces fleurs coriaces sont faites pour être fécondées par les coléoptères.


 


 

 

Magnolia acuminata, magnolia acuminé      

   
Originaire des Régions appalachiennes des États-Unis, sud de l’Ontario, arbre à cornichons, avec une silhouette conique, il peut atteindre une hauteur de 25 mètres. Son port est dressé puis s'étale en vieillissant. Les grandes feuilles pointues sont vert vif sur le dessus.

 
Rustique,  vigoureux, c’est le plus résistant au froid des magnolias, mais bien qu’il ait les grandes feuilles et le grand port des magnolias classiques du sud, les fleurs verdâtres en forme de tulipe sont beaucoup moins voyantes. 


Le  mois de floraison est juin - juillet 


Ses fruits qui suivent les fleurs passent du vert au rouge à mesure qu’ils mûrissent. Ce magnolia peut être un bon arbre d’ombrage ou un arbre spécimen pour les climats plus froids, à condition que vous soyez prêt à tolérer le désordre qui accompagne les grandes feuilles.

 

Son bois fin est utilisé en ébénisterie et en marqueterie. Des tribus indiennes utilisaient son écorce à des fins médicinales.


 

 

 

Le magnolia kobus, magnolia de kobé 

 

Originaire d'Asie, Chine, Japon, le magnolia de Kobé ou magnolia japonais, est un grand arbuste vigoureux à croissance rapide qui offre, dès la fin de l'hiver, une magnifique floraison printanière très décorative. Variété hâtive, c'est un des premiers magnolias à fleurir...,une profusion de petites fleurs qui s'ouvrent en étoiles, délicatement parfumées, en coupe, blanches, parfois légèrement rose, les étamines sont jaunes. C'est l'une des rares espèces à tolérer le calcaire !


Rustique - 20° C, d'une hauteur de 8 à 15 m, possède un port pyramidal et ramifié. Il peut atteindre 22 mètres avec de très vieux arbres. L'écorce lisse, grise, rameaux brun rouge foncé.


Des fleurs blanches teintées de rose apparaissent avant l’ouverture des feuilles, grandes feuilles vert sombre, souvent plissées. Il est le plus souvent planté comme arbre spécimen lorsque des fleurs précoces sont souhaitées. Cette espèce a tendance à former des troncs multiples, mais en la taillant pour qu’elle n’ait qu’une seule flèche centrale, on lui donne une forme d’arbre plus traditionnelle.


Le Magnolia "Kobus" et le magnolia "Stella" produisent le magnolia "Loebner".

 

 

 

Magnolia salicifolia (Magnolia à feuille de saule)


Arbuste de forme conique, ses fins rameaux et ses feuilles dégagent une odeur anisée lorsqu'on la froisse. Rustique - 28°C, il atteint en général une hauteur de 9 m.


D'avril à mai, apparaissent des fleurs en étoiles, parfumées, blanc pur. Les feuilles étroitement ovales, assez allongées et sont vert clair dessus, et  ressemblent un peu à celles d’un saule,  elles sont plus larges mais pas aussi larges que la feuille de magnolia habituelle.


Ses feuilles, son écorce et mon bois sont agréablement parfumés avec une odeur de citron.

La couleur automnale est d’un agréable jaune doré.


 

 

 

Magnolia officinalis, magnolia officinal

 
Originaire de Chine, c'est une espèce d'arbres de la famille des Magnoliacées présente en Chine, dans les vallées et montagnes chinoises de 300 à 1500 m d'altitude. 


Magnolia officinalis est impressionnant, de 8 à 10m de hauteur, pouvant atteindre 20 m  pour les vieux arbres. Il a une croissance rapide et fait partie des plus belles espèces. Il s'agit d'un petit arbre robuste et de port élégant.


Son écorce est brune à gris cendré, épaisse et ridée, mais ne se fissure pas avec l'âge. Elle devient écailleuse à la base du tronc sur les sujets âgés. Les jeunes rameaux sont pubescents. 


Ses feuilles, caduques, sont immenses à deux lobes joliment groupées au bout des rameaux.

 

La base des étamines est teintée de rouge. 


Ses fleurs blanc-crème  exhalent un parfum prononcé et agréable, fruité, et s'ouvrent de mai à juin. 


Elles laissent place à des fruits rouges-rosés, rassemblés en cones assez décoratifs. Ils contiennent des graines rouges également. Avant de tomber, le feuillage prend de belles teintes brunes à brique.


En Chine, il y est fort apprécié pour ses propriétés médicinales.


 

 

 

Feuilles persistantes ou caduc selon le climat

 


Magnolia virginiana (Magnolia de Virginie)


Arbre aux castors, magnolia des marais ou magnolia des lauriers, originaire de l'Est des Etats- Unis est rustique -28° C, d'une hauteur de 8 à 10 m.


Dans les endroits plus frais, le magnolia virginiana est généralement une plante arbustive à feuilles caduques avec plusieurs tiges, tandis que dans les zones plus chaudes, il a tendance à être un arbre dressé qui reste à feuilles persistantes. 


C’est une excellente plante pour les endroits marécageux ou les sols argileux. 


Il offre une très longue floraison, de juin à septembre, sous forme de fleurs semi-doubles, en coupes globuleuses de couleur blanc-crème, de petite taille pour le genre, exhalent un merveilleux parfum citronné, et ses fruits rouge vif sont décoratifs. 


Les feuilles oblongues vertes brillantes ont un revers argenté.


 

 


 

Pollinisation du magnolia

 


Les magnolias ne fabriquent pas de nectar. Elles produisent bien un liquide, mais trop peu sucré pour attirer des insectes. Ils sont attirés par ses fleurs lumineuses à l’odeur agréable. Ils trouvent refuge la nuit alors que la fleur, refermée, leur sert d’abri.

Au centre de la fleur, le magnolia dispose d'étamines roses ou jaunes en spirale au bas d’une tige qui s’allonge au cours de la floraison. Ces étamines sont les organes mâles fabriquant le pollen.

Au sommet de cette tige, des excroissances femelles qui s’appellent des carpelles.

Les carpelles du magnolia s’accommodent assez bien de la présence des coléoptères. En se promenant un peu partout dans la fleur, ces insectes y déposent le pollen à la surface des carpelles, fécondant involontairement leur hôte.


 

 

 

Etymologie du magnolia

 

1703

Le mot magnolia Apparaît en latin scientifique 

par le Père Charles Plumier (1646-1704) en l'honneur du botaniste français Pierre Magnol (1638-1715).
Nova plantarum americanarum genera, p. 38 ; 

 

1731

repris par :

Mark Catesby 

Histoire naturelle de la Caroline, la Floride, & les sisles Bahama, (1731, 1, p. 39), 

 

 

1732

Johann Jacob Dillenius 

Hortus Elthamensis (1732, p. 207, pl. 168).


 

 

 

Mythologie Bouddhiste

 


Maitreya, le futur bouddha, atteindra l’illumination sous un champak.


Maitreya (mot sanskrit signifiant amical, bienveillant) est un Mahābodhisattva qui serait le prochain Bouddha à venir lorsque le Dharma, l’enseignement du Bouddha Shakyamuni aura disparu.


La croyance en l’avènement de Maitreya est partagée par les courants theravāda et mahāyāna du bouddhisme.


 


 

 

Il y a 100 millions d’années. 

 

Magnolia est un genre ancien. Apparaissant avant l'évolution des abeilles , les fleurs sont supposées avoir évolué pour encourager la pollinisation par les coléoptères . Pour éviter les dommages causés par les coléoptères pollinisateurs, les carpelles des fleurs de Magnolia sont extrêmement résistantes. 


Selon l’association "San Francisco Botanical Garden Society", des restes fossiles montrent des spécimens appartenant à la famille des Magnoliaceae. 

 

 


il y a plus de 65 millions d'années,

 

les premières magnoliacées fleurissaient au Groenland, à l'époque où cette terre était encore verdoyante.
 

 

 

 

Il y a 20 millions d'années



Des spécimens fossilisés de M. acuminata ont été trouvés datant d'il y a 20 millions d'années,  


Un autre aspect de Magnolia considéré comme représentant un état ancestral est que le bouton floral est enfermé dans une bractée plutôt qu'en sépales ; les parties du périanthe sont indifférenciées et appelées tépales plutôt que sépales et pétales distincts . 

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Vers 3300 av. J.-C - VI° siècle

 


Les magnolias étaient si précieux et coûteux que, dans l'Antiquité, seuls les empereurs chinois pouvaient en posséder. À cette époque, seul un membre de la famille impériale était autorisé à cultiver ou à posséder des magnolias.

 

Lorsqu'il souhaitait remercier quelqu'un pour un grand service, il offrait un magnolia qui montrait alors sa reconnaissance.

 

 

 

VII° - X° siècle

 

8 juin 618 – 1er juin 907

Magnolia denudata et Magnolia liliiflora ont été plantés depuis plus de mille ans dans les temples par les moines bouddhistes et dispersés dans toute l’Asie.


Magnolia denudata appelé Magnolia Yulan, est cultivé depuis la Dynastie Tang.

 

 

 

Wang Wei (701-761) poète, peintre, et musicien chinois de la période Tang. 

 

 

Le talus aux magnolias


Au bout des branches, fleurs de magnolias,

Dans la montagne ouvrent leurs rouges corolles;

– Un logis, près du torrent, calme et vide –

Pêle-mêle, les unes éclosent, d’autres tombent.

 

 

 

XVII° siècle

 


Les Chinois commencèrent à appeler les magnolias par leur nom longtemps avant l’ère 1600. Ce que les taxonomistes et les botanistes appellent Magnolia officialis depuis les années 1600, les Chinois l’appelaient "houpo".

 

1672

Fleurs de magnolias et de cerisier ornemental,

Yun Shouping, (1633-1690) peintre et poète chinois

1672, dynastie Qing.

Encre et couleurs sur papier, feuille d'un album réalisé avec Wang Hui

Palace Museum, Beijing.


 

 

 

1688


John Banister (1650-1692) botaniste, entomologiste britannique envoyé par l’Évêque Compton à Fulham en Grande-Bretagne comme père missionnaire en Virginie (USA). 


Il fait parvenir de nombreux spécimens de plantes dont un des premiers Magnolia au Jardin de la Société des Apothicaires (petit jardin sur les bords de la Tamise, appelé désormais le Chelsea Physic Garden. C’était un Magnolia glauca nommé à l’époque Magnolia virginiana

 

 

 

XVIII° siècle


 

1703

La première description de cet arbre est réalisée en 1703 par le père Charles Plumier (1646-1706), grand voyageur, naturaliste et botaniste mandaté par Louis XIV en tant que botaniste du Roi. 

Lors d’une expédition en Louisiane. Il lui donne le nom de Magnolia en hommage à Pierre Magnol (1638-1715) qui dirigeait le jardin des plantes de Montpellier à l’époque. 

 

 


1711

Il faut attendre 1711 pour que le premier exemplaire vivant de magnolia arrive en Europe. Débarqué au port breton de Paimboeuf, il est ensuite acheminé par la route à Nantes. 


René Darquistade propriétaire du navire et maire de Nantes, en fit mettre un échantillon en serre. aurait essayé de l’acclimater sur sa propriété en le cultivant en serre. Las d'attendre une hypothétique floraison de cet arbuste qu'on appelait à l'époque "laurier tulipier", celui-ci ordonna à son jardinier de le détruire. L'épouse de son jardinier, amoureuse des plantes nouvelles, récupéra l'arbuste et le planta en pleine terre derrière les dépendances du château, à l'abri des vents froids, où il s’est épanouit. 

Quelques années plus tard, le magnolia offrit ses premières fleurs blanc crème délicatement parfumées, qui attirèrent les botanistes.

 

 

 

1734


Mark Catesby (1683-1749) naturaliste et graveur britannique.
Reproduction d'une planche d'histoire naturelle tirée de l'"Histoire naturelle de la Caroline, la Floride & les Isles Bahama" (1734) 

Magnolia parasol 


 

 

Mark Catesby (1683-1749) naturaliste et graveur britannique.
Reproduction d'une planche d'histoire naturelle tirée de l'"Histoire naturelle de la Caroline, la Floride & les Isles Bahama" (1734) 

Magnolia


 

 

 

1735

Carl Linnaeus , qui connaissait les genres de Plumier , adopta le nom de genre Magnolia en 1735 dans sa première édition de Systema Naturae , sans description, mais avec une référence aux travaux de Plumier. 

 

 

1737

Rolland-Michel Barrin, comte de La Galissonnière (1693-1756) un officier de marine, administrateur colonial  et gouverneur intérimaire de la Nouvelle-France de 1747 à 1749,  rentrant d’une mission au Canada avec son navire le "Héros", introduit et acclimate dans sa propriété bretonne une sorte de Magnolia grandiflora que lui avait offert un chef indien. 


Ce cultivar nommé "Galissoniensis" est un des plus commercialisé à l’heure actuelle car plus vigoureux que "Maillardiensis".

 

 

 

1732

Johann Jacob Dillenius (1684-1747) botaniste britannique d'origine allemande .

Magnolia Laurifolia

 


 

 

1737

Georg Dionysius Ehret (1708-1770) illustrateur botanique

Dessin Planche botanique

Magnolia à grandes fleurs (Magnolia grandiflora L.)

altissima lauro-cerassi folio, flore ingenti candido
appelé tulipier à feuilles de laurier ou laurier de Caroline. 


 

 

 

1743

Georg Dionysius Ehret (1708-1770) illustrateur botanique

Dessin aquarelle

"Plantae selectae" de Christoph Jakob Trew (1695-1769) médecin et un botaniste allemand, 

 

Magnolia à grandes fleurs (Magnolia grandiflora L.)

altissima lauro-cerassi

 

 

 

Georg Dionysius Ehret (1708-1770) illustrateur botanique

Dessin de planche botanique

"Plantae selectae" de Christoph Jakob Trew (1695-1769) médecin et un botaniste allemand, 

magnolia grandiflora détail


 

 

 

Georg Dionysius Ehret (1708-1770) illustrateur botanique

dessin de planche botanique

"Plantae selectae" de Christoph Jakob Trew (1695-1769) médecin et un botaniste allemand,

Magnolia Maximo Flore

 

 

 

 

Georg Dionysius Ehret (1708-1770) illustrateur botanique

dessin de planche botanique

"Plantae selectae" de Christoph Jakob Trew (1695-1769) médecin et un botaniste allemand, 

Le Magnolia parasol (Magnolia tripetala), 


 

 

 

Georg Dionysius Ehret (1708-1770) illustrateur botanique

Dessin de planche botanique

"Plantae selectae" de Christoph Jakob Trew (1695-1769) médecin et un botaniste allemand, 

magnolia tripetala - Magnolia parasol - le fruit


 

 

 

Georg Dionysius Ehret (1708-1770) illustrateur botanique

Dessin de planche botanique

"Plantae selectae" de Christoph Jakob Trew (1695-1769) médecin et un botaniste allemand, 

magnolia glauca


 

 

 

1753

Linné a retenu le nom de genre Magnolia dans le Species Plantarum (1753, 1, p. 535), 

En 1753, il reprend le Magnolia de Plumier dans la première édition de "Species Plantarum" . Il y décrit un genre monotypique , la seule espèce étant Magnolia virginiana . 
 

 

 

1764

Le magnolia de Nantes (de 1711) replanté en pleine terre et à bonne exposition près d’un pigeonnier, de magnifiques fleurs délicatement parfumées apparurent très vite, suscitant l’admiration de tous et permettant, l’identification de l’espèce par l’apothicaire François Bonamy.

Ce magnolia, appelé aussi "lauriertulipier", était si fameux, qu’il fit  l’objet d’une protection particulière durant la Révolution.

Il est officiellement baptisé Magnolia grandiflora. 
 

 

 

En 1780,

le premier magnolia asiatique introduit en Europe est le :

Magnolia denudata.

 

 

 

Karl August Senff (1770-1838) peintre, graveur et professeur germano-balte.

Magnolia grandiflora


 

 

 

Jules Michelet (1798-1874) historien français.

..."Le magnolia, non chétif comme on le voit à Paris, mais splendide, magnifique et à l'état de grand arbre, parfumait tou mon jardin de ses énormes fleurs blanches"....
 


 

 

En 1794,

Carl Peter Thunberg (1743-1828) naturaliste suédois

a collecté et décrit Magnolia obovata du Japon et à peu près au même moment, Magnolia kobus a également été collecté pour la première fois. 

 

 


Louis-Narcisse Baudry des Lozières (1751-1841) militaire et polygraphe français 

Voyage à la Louisiane et sur le continent de l'Amérique

..."le magnolia acuminata, le nyssa aquatica, etc..., dont les feuilles séchées et réduites enpoudre fournissent une espèce de gombeau aromatique"...


..."Parmi les arbres, on distingue surout l'élégant palmier, le superbe magnolia, qui font honneur à la nature par leur magnificence et leur dignité,"...
 

 

 

Henri Louis Duhamel du Monceau (1700-1782), physicien, botaniste et agronome français.

arboretum 1784,


..."le Magnolia de Virginie, Magnolia virginiana L. à floraison estivale, fut le premier Magnolia introduit en Europe (en 1688) avant d’être éclipsé par le Magnolia grandiflora ;  ses feuilles caduques ou persistantes selon les variétés, sont de petite taille, blanc-bleuâtre au revers ; ses fleurs sont plus petites mais "d’une odeur très suave"; et son écorce aromatique est  très appréciée des castors car en fait il vit à l’état naturel dans des zones de marais!"...


..."Originaire de l’Est et du Sud-Est de Etats-Unis, il possède de très grandes feuilles caduques au contraire du Magnolia grandiflora, ses feuilles sont "étalées et ramassées toutes ensemble au sommet des rameaux" et prennent de belles couleurs cuivrées en Automne  ; il est séduisant car les fleurs blanches aux pétales étroits "neuf à douze pétales, les uns pendants, les autres redressés" qui arrivent en Mai-Juin, sont dites d’une odeur plutôt désagréable"....

 

 

À la fin du XVIIIe siècle, les botanistes et les chasseurs de plantes explorant l'Asie ont commencé à nommer et à décrire les espèces de magnolia de Chine et du Japon. 

Les premières espèces asiatiques décrites par les botanistes occidentaux étaient :

Magnolia denudata , Magnolia liliiflora , Magnolia coco et Magnolia figo . 
 


 

 

XIX° siècle

 


1801

François-René, vicomte de Chateaubriand (1768-1848) écrivain, mémorialiste et homme politique français.

roman Atala (1801) 

..."Souvent égarées d’arbre en arbre, ces lianes traversent des bras de rivières, sur lesquels elles jettent des ponts de fleurs. Du sein de ces massifs, le magnolia élève son cône immobile ; surmonté de ses larges roses blanches, il domine toute la forêt, et n’a d’autre rival que le palmier, qui balance légèrement auprès de lui ses éventails de verdure"...
 

 



1812

Pierre Joseph Redouté (1759-1840)

Henry Louis Duhamel du Monceau, botanical 

Planche botanique  - Traité des Arbres et Arbustes que l'on cultive en France

Magnolia (Magnolia discolour), magnolier bicolore


 


 

 

Pierre Joseph Redouté (1759-1840)

Henry Louis Duhamel du Monceau, botanical 

Planche botanique  - Traité des Arbres et Arbustes que l'on cultive en France

MAGNOLIA Soulangiana

Gravure à l'aquarelle.
 

 

 

 

Pierre Joseph Redouté (1759-1840)

Henry Louis Duhamel du Monceau, botanical 

Planche botanique  - Traité des Arbres et Arbustes que l'on cultive en France

Magnolia Yulan


 

 

Pierre Joseph Redouté (1759-1840)

Musée des châteaux de Versailles et de Trianon

Magnolia Yulan


 

 

 

Pierre Joseph Redouté (1759-1840) illustrateur

A la demande de Joséphine de Beauharnais
Etienne-Pierre Ventenat traduisit Jussieu en français.

Il fit paraître cette description des plantes de la Malmaison, illustré par Redouté

Magnolia / Jardin de La Malmaison (Ventenat, Redouté)

 

 

 

Pierre Joseph Redouté (1759-1840) illustrateur

Collection des vélins du Muséum national d'histoire naturelle - 

portefeuille 46 - Plantes

Magnolia pumila


 

 

 

1816


Le pépiniériste Bruneau père s’illustra dans la multiplication intensive de l’espèce de magnolia.

Le jardin des Plantes de Nantes possède encore l’une de ces marcottes, plantée en 1816 par le directeur Hectot. 

Il fut nommé M. grandiflora "Maillardiensis" (nom de la propriété de Darquistade)
 

 

 

1820

L'hybride Magnolia ×soulangeana a été créé en 1820 par le botaniste français Étienne Soulange-Bodin (1774-1846), officier de cavalerie de l'armée napoléonienne à la retraite dans son château de Fromont près de Paris. 


Cet hybride est un croisement de Magnolia denudata et Magnolia liliiflora. Souvent le nom est écrit Magnolia ×soulangiana, mais ce nom n'est pas reconnu (Art 60.11 de CINB).


Depuis la France, l'hybride est rapidement entré en culture en Angleterre et d'autres parties de l'Europe, ainsi qu'en Amérique du Nord. Depuis lors, les sélectionneurs de plantes dans de nombreux pays ont continué à développer ce magnolia, et plus d'une centaine de cultivars sont maintenant connus.


 

 

 

1820

Curtis's Botanical Magazine 47 : t. 2164. 1820.

Magnolia thompsoniana , comme Magnolia glauca var. majeur

Gravure botanique ancienne originale coloriée à la main

Illustration botanique par Sydenham Teat Edwards et/ou John Curtis


 

 

 

William Makepeace Thackeray (1811-1863) romancier britanique 

La Foire aux Vanités : 

..."Joe Sedley était splendide. Sur sa jaquette verte s'étalait une fine faveur nuptiale ainsi qu'un grand magnolia blanc épanoui"...
 

 

 

Katsushika Hokusai (1760-1849) peintre, dessinateur et graveur japonais du XVIII° siècle, 

Moineau de Java  - Le magnolia


 

 

 

Céleste de Chateaubriand (1774-1847), écrivaine

Souvenirs de Mme de Chateaubriand, p.44.

..."L'impératrice Joséphine...nous fit présent de plusieurs arbustes et surtout d'un magnolia à fleurs pourpres, le seul qu'il y eût alors en France après celui qui lui restait à la Malmaison"... 
 


 

 

1855


Sir Joseph Dalton Hooker (1817-1911) botaniste et explorateur britannique du XIXe siècle.

Cathcart, John Fergusson (1802-1851)

Illustrations de plantes himalayennes p.35. 

Magnolia hodgsonii (syn. Talauma hodgsonii ).

Légende originale : "Branche fleurie de Talauma Hodgsoni"

 


 

 

 

Kōno Bairei (1844-1895) peintre japonais, illustrateur de livres et professeur d'art

Moineau de Java - Le magnolia


 

 

 

 

 

1864


Adolphine Bonnet (Mme E. Barutel) - auteur, poètesse 

Le chant de l'âme publié en 1864

 

A une fleur de magnolia

 

O corolle embaumée et blanche

Que l'air balance avec amour

Charme et vis... ne fut-ce qu'un jour

Un jour qui soit ton beau dimanche

 

Sois le sourire d'alentour,

Sois l'âme en fête de la branche,

La coupe où l'abeille se penche,

L'urne où l'eau du ciel fait séjour,

 

Je sais bien que ta soeur aînée,

Déjà languissante et fanée,

Perd son arôme et sa couleur ...

 

Oui sans doute, son heure passe,

Mais elle a parfumé l'espace,

Elle a fait son devoir de fleur. 


 

 

 

 

Georges Rodenbach (1855-1898) poète symboliste et un romancier belge 

extrait du poème "Mysticisme" 

 


Magnolia


Je rêve tout ce qu’il y a magnolia-fleur

De plus délicat autour d’elle,

Des blancheurs de magnolia

Et des hymens de tourterelle.

 

Car son âme au parfum troublant,

Sa grande âme que je devine

Est aussi comme un bouquet blanc

Fleuri dans la serre divine.


 

 

 


Eugène Sue (1804-1857) écrivain français

Les Mystères de Paris, 1843)

..." Ici des bananiers énormes atteignent presque les vitres de la voûte, et mêlent leurs larges palmes d’un vert lustré aux feuilles lancéolées des grands magnoliers"...

 

 

Victor Louis Amédée Pommier (1803-1877) homme de lettres et poète français.

Paris, 1866, p. 304).

..."Tout ce qu'a créé le bon Dieu, Depuis les magnoliers superbes Jusqu'aux palmiers à longues gerbes"..., 
 

 

 

1874

Illustrations de la flore forestière du nord-ouest et du centre de l'Inde, 

Dietrich Brandis, botaniste et administrateur forestier germano-britannique,

Fleurs et graines de Magnolia champaca - Michelia champaca 


 

 

 

Alphonse Daudet (1840-1897) écrivain et auteur dramatique français.

Rois en exil, 1879, p. 305.

..."Nul bruit qu'un égouttement d'eau (...) le trille perdu d'un rossignol (...). Cela errait avec de pénétrantes effluves de magnolias, de roses, de citronnelle après la pluie"...
 

 

 

Aubrey Vincent Beardsley (1872-1898) illustrateur et auteur anglais. 

Art nouveau 

Dessin floral montrant un magnolia étirant ses branches et ses fleurs vers le ciel alors que ses racines et ses radicelles portent des cœurs pointant vers le bas. 

Décoration de page de titre pour Yellow and White , 

Recueil de nouvelles de W. Carlton Dowe.

 
 

 

 

1890

Peinture de Martin Johnson Heade (1819-1904) peintre américain

Exposée depuis 1996 à la National Gallery of Art de Washington D.C.1.

Magnolias géants sur un tissu de velours bleu 
(Giant Magnolias on a Blue Velvet Cloth en anglais) 

 

 

 

J.B.Louis Pierre (1833-1905). Auteur 

Flore forestiere de la Cochinchine (1890-1891)

Baillon - ex Pierre

Magnolia champaca


 

 

 

1891

Imao Keinen (1845-1924)  peintre et dessinateur japonais de la fin du XIX° et du début du XX° siècle,

Perroquet blanc et magnolia

Séries : les oiseaux des quatre saisons

Editeur Nishimura Sozaemon 

 

 

 

1897

Maurice Pillard Verneuil (1869-1942) artiste et décorateur français du mouvement Art nouveau. 

Il s'est inspiré de l'art japonais et de la nature

Cacatoës et magnolia, bordure. Souris blanches. (1897)


 

 

 

François-Théodore Legras (1839-1916) maître verrier français.

Art Nouveau 

Ancien vase LEGRAS, décor émaillé, fleurs de magnolia, 


 


 

 

Chine, dynastie Qing, XIX° siècle. 

Suite de deux peintures carrées à l'encre et polychromie sur soie, 

L'une représentant un magnolia et des pivoines, l'autre représentant un vase empli de pivoines et magnolia.


 

 

 

1897

Georges Courteline (1858-1929) romancier et dramaturge français

Boubouroche, L'Art de culotter une pipe, 1897, p. 284

..."La fleur du magnolia dont se flétrit la blancheur de porcelaine au plus léger attouchement"... 
 

 

 

XX° siècle

 


Nature morte rustique du début du 20° siècle à l'huile

- branche de magnolia en fleur, avec d'autres fleurs et une paire de pommes jaunes 
 

 

 

 

Émile Gallé (1846-1904) industriel, maître verrier, ébéniste et céramiste français.

Art nouveau à décor 

Table guéridon  

Pied losangique en Palissandre très épuré, plateau en Palissandre et marqueterie à décor japonisant de magnolia.


 

 

 

Émile Gallé (1846-1904) industriel, maître verrier, ébéniste et céramiste français.

Art Nouveau 

Lustre Vasque Aux Magnolias,  Verre multicouches gravé à l'acide

 

 

 

Louis Majorelle (1859-1926) et Antonin Daum (1864-1930), 

Art nouveau

Créé pour l’exposition de l’école de Nancy en 1903, le modèle de flambeaux "Magnolia" est l’une des plus belles réussites de la collaboration entre Louis Majorelle et la maison Daum.

Provenant d’un hôtel particulier de Reims, cette paire de lampes en forme de flambeaux présente un piétement en bronze doré et patiné en forme de branches et de bourgeons de magnolia, supportant trois tulipes en verre. 


 

 

 

Illustration vintage

Impression magnolias


 

 

 

Louis Prang (1824-1909) lithographe, imprimeur et éditeur américain, 

Magnolias


 


 

 

Maurice Barrès (1862-1923) écrivain et homme politique français 

Revue des Deux Mondes, 5e période, tome 31, 1906 (p. 5-34).

Un Voyage à Sparte

..."Cette Hélène enfermée dans sa gaine d’Asie, c’est la fleur du magnolia, close encore et qui doit, à l’aube prochaine, en s’épanouissant, transfigurer son tulipier. Mais cette rude Hélène du musée contient mieux que les couleurs et les parfums d’un merveilleux arbre de roses"... 
 

 

 

1908

"Magnolias et Iris"

Art nouveau 

Ce vitrail Favrile*, intitulé "Magnolias et Iris", a été réalisé par l'artiste décorateur américain Louis Comfort Tiffany vers 1908.

Iris sous un magnolia en fleurs, horizon de montagnes en arrière-plan. Une rivière "Rivière de la Vie", descend les montagnes jusqu'au premier plan.

Cette fenêtre a été créée comme un mémorial pour la famille Frank. Il a été installé à l'origine dans un mausolée d'un cimetière de Brooklyn et y est resté jusqu'en 1981. Entre 1900 et 1910, Tiffany a reçu un grand nombre de commandes pour de telles pièces. 

*Favrile est un verre d'art irisé qui a été développé par Tiffany (breveté en 1894, fabriqué pour la première fois en 1896) qui transmet richement la lumière et la couleur. Le secret est que la couleur n'est pas seulement à la surface du verre, mais également incrustée dans le verre. Tiffany a utilisé ce type de verre dans ses célèbres vitraux et faisait partie de la raison pour laquelle ses fenêtres étaient si lumineuses et richement colorées. 

 

 

 

 

Vers 1912

Tiffany Studios,

"Magnolias"

Art nouveau 

Vitrail Favrile, réalisé par l'artiste décorateur américain Louis Comfort Tiffany

 

 

 

 

Ohara Koson (1877-1945) est un artiste japonais 

Gravure sur bois, giclée, estampe, 

"magnolia et pie à ailes noires"

 

 

 

Zhou Qianqiu (1910-2006) peintre chinois

Encre de Chine 20e siècle - magnolia

Musée Cernuschi, musée des Arts de l’Asie de la Ville de Paris


 

 

 

1920

Elizabeth Eaton Burton  (1869-1937) artiste et designer américaine dont le travail caractérisait le style Arts and Crafts

Gravure sur bois en couleur 

Magnolias

 

 

 

Marcel Proust (1871-1922) écrivain français,

A l’ombre des jeunes filles en fleurs

Une inconnue dans le train : 

..."Je ne pouvais détacher mes yeux de sa chair de magnolia, de ses yeux noirs, de la construction admirable et haute de ses formes"... 
 

 

 

1922

Colette (1873-1954) femme de lettres, actrice et journaliste française

"Le Veilleur", dans La Maison de Claudine

 ..."Une lune chaude d’août, grandissante, balançait mollement l’ombre du magnolia sur le parquet et le lit blanc répandait une lumière bleue"...
 

 

 

v. 1923

Art vintage 

aquarelle de fleur de Magnolia : Magnolia Virginiana) et Magnolia Grandiflora


 

 

 

Agatha Christie (1890-1976) femme de lettres britannique, auteur 

Fleur de magnolia (Magnolia Blossom) 

Nouvelle policière initialement publiée en mars 1926 

Revue The Royal Magazine au Royaume-Uni, 

Agatha Christie Hour Season 1, - Episode 6 - Magnolia Blossom


 

 

 

1923

Francis Jammes (1868-1938) poète et romancier français.

"Les caprices du poète" ( mémoires) 1923, p. 30

..."Toujours elle m'est apparue comme l'Atala des anciennes gravures, et d'autant plus en cet après-midi de juillet, qu'elle avait disposé, sur ses cheveux relevés en casque, l'une de ces roses de magnolier que Chateaubriand a chantées"... 


 

 

Margaret Mitchell (1900-1949) écrivaine américaine

Début du XX° siècle. 

Roman 

Autant en emporte le vent (titre original en anglais Gone with the Wind) 

 ..."Les geais moqueurs continuent à se disputer la possession du magnolier sous sa fenêtre"... 
 

 

 

1939

Abel Meeropol enseignant juif d’origine russe, vivant dans le Bronx 

Dans la chanson de 1939 " Strange Fruit ", par Billie Holiday 

Tirée d'un poème écrit et publié en 1937 par Abel Meetopol ; réquisitoire artistique contre le racisme aux États-Unis et plus particulièrement contre les lynchages que subissent les Afro-Américains, pour condamner la pratique du lynchage , la fleur de magnolia était associée au sud des États-Unis , où de nombreux lynchages ont eu lieu. :


...Scène pastorale du sud galant

Les yeux exorbités et la bouche tordue

Parfum de magnolias, doux et frais ,

Puis l'odeur soudaine de chair brûlée...
 


 

 

Zhāng Shūqí (1900-1957) peintre chinois du Zhejiang, réputé pour peindre des fleurs et des oiseaux. 

Magnolia blanc


 

 

 

Yu Fei'an (1912-2000) peintre chinois

Deux oiseaux verts sur un magnolia

"En 1947 pendant le mois supplémentaire de l’année Dinghai, je séjournais au Wanyangyun xuan. Devant le Leshou tang il y avait un magnolia xinyi en pleine floraison. Alors, je me suis souvenu de mon ami le sieur Lin qui, dans son jardin sur les bords de la Hu, avait un magnolia xinyi composé de deux troncs pour une souche unis comme un seul arbre, et ce sans greffe. C’était une chose extraordinaire. Alors j’ai réalisé cette peinture, pour consigner ce fait hors du commun. 

 

 

 

Pablo Neruda (1904-1973) poète, écrivain, diplomate, homme politique et penseur chilien.

 


Ode au magnolia


...

Une fleur de magnolia

pure

ronde comme un cercle

de neige

monta jusqu’à ma fenêtre,

me réconciliant avec la beauté.

Entre ses feuilles lisses

– ocre et vert –

fermée,

elle était parfaite

comme un oeuf

céleste,

ouverte

elle était la pierre

de la lune,

Aphrodite embaumée,

planète de platine.

Ses grands pétales me rappelèrent

les draps

de la première lune

amoureuse,

et son pistil

érigé

était tour nuptiale

des abeilles.

 

Ô blancheur

entre

toutes les blancheurs,

fleur immaculée,

amour resplendissant,

odeur de neige blanche

et de citrons,

secrète secrétaire

de l’aurore,

coupole

des cygnes,

rayonnante apparition !

 

Comment

te chanter sans

toucher

ta peau très pure,

t’aimer

seulement

aux pieds

de ta beauté,

et t’emporter

dormante

dans l’arbre de mon âme,

resplendissante, ouverte,

aveuglante,

sur la forêt obscure

des songes !


 

 

 

Louis Aragon (1897-1982) poète, romancier et journaliste français

 

 

Absent de paris

 

Souviens-toi La senteur des magnolias blancs

Te parlait le langage amoureux des Tropiques

Dans le chemin de la Photographie-Hippique

Le soir se faisait tendre à la Croix-Catelan

 

Ce n'est qu'un lieu de valse où l'été s'abandonne

Mais qu'une ombrelle donne à l'ombre ses bras nus

C'est assez d'un soupir ouvert sur l'inconnu

Et la Madone noire un autre chant fredonne

 

Dans la chaleur tombée avec le jour défunt

Les bouches ont toujours un air de la blessure

Leur morsure a le goût de sang des pommes sures

Un songe de la mort tourne au cœur des partums

 

Il meurt d'avoir vanté ces parfums qu'il apporte

Celui dont le fantôme erre au fond de la nuit

Et Philippe-le-Bel regarde avec ennui

Arnauld de Catelan tué par son escorte

 

Comme elle va pleurer Madame de Savoie

Odorant messager qui venait de Provence

J'avais tremblé pour toi comme si par avance

Je savais que jamais je n'entendrais ta voix

 

On disait qu'elle était si belle et déchirante

Qu'une fois qu'on l'avait par malheur entendue

On en oubliait Dieu le temps et l'étendue

Les reines l'écoutaient aux rois indifférentes

 

Beaux assassins vous avez fait là du joli

Fallait-il qu'un de vous de lui-même vous vende

Qui lut au bal danser ruisselant de lavande

Et laissa dans son lit l'odeur du néroli

 

Ignorant aujourd'hui N'était cette croix blanche

Qui saurait maintenant où ce poète gît

Que le roi fut ému que l'herbe fut rougie

Et le doux rossignol mis entre quatre planches

 

Ce n'est pas qu'un chanteur que Paris oublia

Les drames plus récents l'embaument d'autre essence 

Ces morts-là voyez-vous ressemblent aux naissances

Et parfument la nuit d'autres magnolias


 

 

 

Nisaburo Ito (1910 – 1988) 

Gravure sur bois japonaise

Magnolia


 

 

 

Julien Green (1900-1998) écrivain américain de langue française, le premier étranger membre de l'Académie française.

Moïra, 1950, 

..."De sa place, Joseph voyait le long chemin pavé de brique rose qui menait à l’entrée principale de l’Université et, plus près de lui, un grand magnolia dont les feuilles noires se découpaient avec force sur un ciel d’un bleu éclatant"...

 

 

Dolly Parton (1946) - auteure et interprète américaine - 

Dolly Parton - Porter Wagoner · 
Beneath The Sweet Magnolia Tree

Chanson


 

Sous le doux magnolia

 

Sous le doux magnolia

Un soupçon d'automne était dans l'air

L'herbe devenait une douce nuance de brun

Les pétales tombaient des fleurs fanées

Et leurs feuilles flottaient.

 

 Là sous le doux magnolia

Dans les bras l'un de l'autre nous restons cachés

Nos besoins se sont renforcés, nos cœurs se sont rapprochés

Les vents d'automne soufflaient et le magnolia se balançait.

 

 Refrain :

Sous le doux magnolia

Nous avons trouvé l'amour, nous savions que c'était pour toujours

Nous avons créé de doux souvenirs d'amour

Sous le doux magnolia.

 

 Au fil des années, nous vivons nos vies

Le temps et le lieu ont commencé pour nous

Là sous le doux magnolia

Ce long petit automne où nous sommes tombés amoureux.

 

Refrain :

Sous le doux magnolia

Nous avons trouvé l'amour, nous savions que c'était pour toujours

Nous avons créé de doux souvenirs d'amour

Sous le doux magnolia.

 

Nous avons fait l'amour dans de doux souvenirs

Sous le doux magnolia...

 

 

 

Beneath The Sweet Magnolia Tree

(original)


A hint of autumn was in the air

Grass was turning a soft shade of brown

Petals was falling from withering flowers

And their leaves were flowing around.

There beneath the sweet magnolia

In each others arm we lay hidden away

Our needs grew stronger, our hearts grew closer

Autumn winds blew and the magnolia swayed.

 

Chorus:

Beneath the sweet magnolia tree

We’ve found love we knew it was for keeps

We made lovein' sweet memories

Beneath the sweet magnolia tree.

 

Through the years we live our lives over

The time and place has started for us

There beneath the sweet magnolia

That long little autumn when we fell in love.

 

Chorus:

Beneath the sweet mognolia tree

We’ve found love we knew it was for keeps

We made lovein' sweet memories

Beneath the sweet magnolia tree.

 

We made love in sweet memories

Beneath the sweet magnolia tree…


 

 

 

1977  

Étienne Roda-Gil (1941-2004) auteur et dialoguiste français.

Claude François / Étienne Roda-Gil / Jean Bourtayre

chanson de Claude François, 

 

Magnolias for Ever.

 

Your girl is crying in the night

Is she wrong or is she right?

Je ne peux plus rien y faire

Your girl is shining in the night

Burning burning burning bright

Je ne sais plus comment faire

Dites-lui que je suis comme elle

Que j'aime toujours les chansons

Qui parlent d'amour et d'hirondelles

De chagrin, de vent, et de frissons

Dites-lui que je pense à elle

Quand on me parle de magnolias

Quand j'entends ces musiques nouvelles

Qui résonnent comme des bruits de combats

Your girl is crying in the night

Is she wrong, or is she right?

Non, je ne sais plus comment faire

Elle est si forte qu'elle se brise

Elle était fière elle est soumise

Comme un amour qui lâche prise

Qui casse et ne plie pas

Tu lui ressembles

Quand elle tremble

Et dans ta voix

J'entends parfois

Un peu sa voix

Elle te ressemble

Quand elle tremble

Quand elle pleure

Là dans le cœur

Des arbres en fleurs

Dites-lui que j'ai peur pour elle

Dans les sous-sols quand il fait noir

Quand j'entends ces musiques nouvelles

Où s'en vient crier le désespoir

Dites-lui que je pense à elle

Dans un grand champ de magnolias

Et que si toutes les fleurs sont belles

Je me brûle souvent souvent les doigts

Des magnolias par centaines

Des magnolias comme autrefois

Je ne sais plus comment faire

Les magnolias sont toujours là

Elle ressemble à toutes les filles

Quand elles aiment comme ça

Qu'elles soient méchantes ou timides

Pauvres violettes ou magnolias

Elle aime les grands ciels humides

Et les déserts où il fait froid

Parfois elle pleure quand j'arrive

Et elle rit quand elle s'en va

Si tu t'en vas dans la tempête

Si tu t'en vas tu la verras

Dites-lui que je suis comme elle

Que j'aime toujours les chansons

Qui parlent d'amour et d'hirondelles

De chagrin, de vent, et de frissons


 

 

 

Juliette Dumas Tilquin (1954) - auteure et poète
 

 

Magnolia
   
       
Regarde-le sans rougir

Il est là pour te séduire,

Un cadeau pour toi.

 

Quand, bien avant de verdir,

Monte en lui comme un désir,

Il gonfle son bois.

 

Tous ses rameaux nus se percent,

Un flot de bourgeons se dressent,

 En boutons de soie.

 

Puis s'ouvrent sous la poussée

Gorgées de sève rosée

Mille fleurs de joie.


 

 

 

1989

Film Steel Magnolias est basé sur une pièce de 1987, Steel Magnolias , de Robert Harling.

Steel Magnolias est une pièce de théâtre de 1987, de Robert Harling. C’est un huis-clos dans le salon de beauté de Truvy Jones.

Les uniques personnages sont six femmes, tous les autres n'apparaissent que dans leurs conversations. Dans cette petite communauté de Louisiane, les six femmes ressemblent à des fleurs délicates de magnolia mais ce sont en réalité des fleurs faites d'acier qui ne se rompent pas face aux adversités de la vie.

La pièce a été adaptée au cinéma en 1989 avec une distribution exceptionnelle : Sally Field, Dolly Parton, Shirley MacLaine, Daryl Hannah, Olympia Dukakis et Julia Roberts. Cette dernière a reçu le Golden Globe du meilleur second rôle féminin pour ce film.


 

 

 

Alain Hannecart (1955) - poète

 

 

Le magnolia


Les fleurs fragiles et pâles comme des porcelaines

Ont la forme de tasses où l’on verse le thé

Elles ont passé l’hiver sous un manteau de laine

Qu’elles rejettent aujourd’hui pour sortir en beauté


 


 

 

Alice Caron Lambert, Jacques Denarnaud, 

La Cuisine des fleurs : 

les recettes d'Alice, ACR, 1996, page 65

"Chaque magnolia possède un parfum assez fort et une saveur particulière qui se révèle dans le sirop de sucre...
 

 

 

Pierre Perret (1934) auteur interprète

Le Lit
...
 Ton souffle a la tiédeur des fleurs de magnolias,

 Ta langue est un cheval qui ne t'écoute pas....
 

 

 

2009

Salvatore Adamo (1943) auteur-compositeur-interprète italo-belge. 

Chanson 

 

Les Collines de Rabiah

 

J'ai la mémoire qui chante

Quand, dans Beyrouth, je me revois

La démarche insouciante

J'étais personne et j'étais roi

J'ai la mémoire qui danse

Sur les collines de Rabiah


Quand le soleil, en transparence

Dessine mille magnolias, mille magnolias

Beyrouth alors était un rêve

J'en cueillais ma petite part

La paix ne s'appelait pas trêve

La guerre était pour bien plus tard


Au coeur des magnolias

Sur les collines de Rabiah

Au coeur des magnolias

Sur les collines de Rabiah


J'ai la mémoire qui pleure

Quand, sur l'écran, je te revois

En images qui écoeurent

Pauvre Liban, j'ai mal pour toi

J'ai la mémoire qui saigne

Du sang versé par tes enfants

Et tes soleils soudain s'éteignent

Et plus personne ne comprend, personne ne comprend

Que l'on massacre l'innocence

Comme Damour ou Chatila

Qu'on vienne d'Amérique ou de France

Mourir au nom de quel Allah

Que pour se partager tes ruines

Au plus sanglant, reste le mieux

Et c'est la paix qu'on assassine

Qu'on écartèle entre tes dieux


Au coeur des magnolias

Sur les collines de Rabiah

Au coeur des magnolias

Sur les collines de Rabiah


 

 

 

2010

Corinne Langlois et Roland Jancel, 

Magnolia 

l'arbre fleur venu du nouveau monde, 


"Ce livre album est la première monographie consacrée à cet arbre d'ornement, au port magnifique, aux grandes fleurs odoriférantes et aux feuilles vernissées. Le lecteur y retrouvera l'histoire rocambolesque de l'arrivée du magnolia et de son implantation en Europe, la description de ses différentes variétés - il en existe des dizaines, à feuilles caduques ou persistantes -, des indications sur ses modes de culture ou même des idées de promenades à l'ombre de ses hautes statures pyramidales. Dessins et aquarelles anciennes, croquis, photographies originales, forment l'iconographie de cet ouvrage unique".


 

 

 

En 2011, a été célébré à Nantes les trois cents ans de l'arrivée du magnolia dans le port de Nantes, en provenance du Nouveau Monde !, devenu un des symboles de la ville.
 

 

 

2014

Isabelle Wlodarczyk (1974) écrivaine

Geneviève de Gaulle : l'odeur de magnolia

Geneviève de Gaulle observe avec mépris les drapeaux nazis qui flottent sur Rennes. La France a capitulé. Geneviève a tout juste vingt ans. Ce jour-là, elle décide de devenir résistante. 

L'odeur de magnolia la suit depuis son enfance. Symbole de mort lorsqu'elle a perdu sa maman, cette odeur va devenir pour elle le symbole du retour à la vie.


 

 

 

2016

Ginette Malouin, artiste-peintre, poète

 

 

Fleurs de Magnolia ou Ode au printemps

 

Ces fleurs, délicates messagères du printemps

Comme d’éphémères papillons roses et blancs

Illuminent ma cour l’espace de quelque temps.

Elles pointent vers le ciel offrant  

Un contraste dans le bleu parfait du firmament.

Déjà ses pétales virevoltent dans l’air,  évanescents

Comme des amours éphémères lentement

Sur un air de  Vivaldi, elles vont valsant   

Et se déposent au sol délicatement…


 

 

 

2016

Irina Sztukowski.

Enfants jouant dans le jardin 

Illustration du livre Bernard Goes To Music School, écrit par Connie Du


 


 

 

2016

Brian Fallon (1980) de The Gaslight Anthem  auteur-compositeur-interprète-musicien américain. 

"Honey Magnolia" 

premier album solo intitulé Painkillers sorti en mars 2016.
 

 

 

 

Magnolias remarquables

 

 

Zhejiang - Chine

Magnolias de + de 500 ans


 

 

Le magnolia  de l’Ecole d’Ingénieurs de Purpan, réputé à Toulouse, serait le plus vieux d'Europe.

Il fut planté par les belles-sœurs de la comtesse du Barry, favorite du roi Louis XV vers 1784. 

 

 

le Magnolia de l’Abbaye de Trois-Fontaines - Place du Château - Marne

obtient le Label "Arbre remarquable de France".

 

 

Sculptures 

 


Sarah Maloney (1965) artiste contemporaine qui utilise plusieurs techniques, dont la sculpture, l'art textile et la peinture

First Flowers 2014

Fleur de magnolia en bronze et acier


 


 

 

Hung Nguyên créateur d'œuvres d'art en verre 

Fleur de magnolia gracieuse créée avec une touche magistrale en verre borosilicate travaillé à la lampe

 
 

Aiden Dale Art
Sculpture métallique magnolia
 

Mythologie des arbres - Le magnolia

 

 

Babette Bloch

Sculpture en acier inoxydable

Magnolia

 

 

Le Magnolia et le Parfum


Quelques parfumeurs

 


Estée Lauder : Beautiful magnolia

Un jus délicat et floral magnifiant la fleur de magnolia avec légèreté et caractère. Se compose de deux catégories de Magnolia : la première capture la beauté du Magnolia fraîchement éclos dans la rosée du matin et s'associe au Magnolia de Chine. 


 

 

Fragonard : Magnolia

Magnolia évoque la fleur somptueuse au cœur d’un été ensoleillé. Son sillage est une ode à la lumière, à l’émerveillement et à la tendresse caressante du vent et aux jardins les plus parfumés.



 

Fueguia : Agua Magnoliana

Au cœur de la forêt amazonienne, pousse un arbre géant appelé Magnolia Fragantissima. Considéré comme le gardien des tropiques, ses fleurs inspirent le parfum Agua Magnolia de Fueguia 1833 avec ses notes de magnolia, de bois de santal et de jasmin, créant un bouquet floral et une concoction profondément exotique.

 



Kenzo : ciel magnolia

Doux comme la soie d’un kimono, le vent laisse s’échapper l’odeur du magnolia musqué.


 

 

Lancôme : Magnolia rosae

Magnolia Rosae de Lancôme est un mélange doux et éclatant d'essence de magnolia et d'une absolue de rose reposant sur une délicate signature de musc blanc.


 


Lanvin - Les fleurs de Lanvin - sunny magnolia

Sunny Magnolia  de  Lanvin  est un parfum Floral fruité pour femme. Ceci est un nouveau parfum. Sunny Magnolia  a été lancé en 2021. Le nez derrière ce parfum est Pierre-Constantin Guéros.


 


 

 

Symboles floraux

 


• Magnolia grandiflora pour : 

 

- Ville de Hefei, Chine, province d'Anhui

- Ville de Changzhou, Chine, province du Jiangsu

- Ville de Nantong, Chine, province du Jiangsu

- Ville de Shashi, Chine, province du Hubei

- Etats Unis, L’état du Mississipi et de Louisiane depuis 1900.

 

 

• Magnolia denudata pour :

- La Ville de Shanghai, Chine

 

 

. La fleur de magnolia odorante, "magnolia de Siebold" (Magnolia sieboldii)

fleur nationale de la Corée du Nord.


 


 

 

Langage du magnolia

 


Message : Mon amitié et mon amour sont éternels.


Les fleurs de magnolia sont le plus souvent offertes par les hommes aux femmes.

 


Les différentes symboliques du magnolia :

- Sa force, sa ténacité et sa résistance font du magnolia un emblème de puissance

- Il symbolise aussi le renouveau 

- Le magnolia représente aussi la dignité, le respect et la fidélité. Offrir un bouquet de magnolias est un témoignage de sentiments profonds.

- Le magnolia symbolise le Yin, symbole de la philosophie chinoise représentant notamment la beauté et la féminité parfaite.

 

- La symbolique des fleurs du magnolia varie aussi en fonction de leur couleur. 

. Les fleurs pourpres ou rouges, emblème d’amour pérenne et de loyauté.

. Les fleurs violetyes sont associées à la royauté, 

. Les fleurs roses représentent les amis, les amours et la féminité.

. Les fleurs jaunes signifient le soleil et le rayonnement.

. Les fleurs blanches sont le langage de la pureté, et dignité


Par ses différentes symboliques, le magnolia est une fleur que l’on peut offrir  :

. Pour témoigner son profond respect à une personne qu’on aime, 

. Pour faire une demande en mariage

. Pour faire un cadeau d’anniversaire, gage de joie et de considération.


 


 

 

Principales caractéristiques botaniques de la fleur de magnolia

 


- Les fleurs et l’écorce de magnolia ont été utilisées depuis des siècles dans la médecine traditionnelle chinoise. 


De nos jours, on peut trouver les fleurs et l’écorce de magnolia en comprimés, en poudres, dans des tisanes et des teintures. 
les fleurs de magnolia aideraient à lutter contre :

Les problèmes pulmonaires

La congestion de la poitrine

Les écoulements nasaux

Les crampes menstruelles

Le relâchement musculaire

Les troubles digestifs tels que les flatulences et la constipation


En Russie, les herboristes préparent souvent l’écorce de l’arbre de magnolia en la faisant tremper dans la vodka. 


 

 

 

Pour en savoir plus

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15 avril 2023 6 15 /04 /avril /2023 17:21

 

 

 

Mythologie des arbres


Le saule - Salix

 

 

Le saule (Salix) est un genre d'arbres, d'arbustes, d'arbrisseaux de la famille des Salicacées (Salicaceae). 


Il comprend 360 espèces environ, réparties à travers le monde, principalement dans les zones fraîches et humides des régions tempérées et froides de l'hémisphère nord et plus de 70 espèces d'arbres, arbustes et d'arbrisseaux caducs en Europe ! 


On rencontre des saules, au port en boule, étalé, pleureur ou érigé, des feuillages vert vif, gris velouté ou roses, des rameaux tordus ou de couleur rouge, des espèces qui fleurissent avant l'apparition des feuilles. 


Ils ont en commun leurs fleurs en chatons, mâles et femelles sur des pieds différents, leur préférence pour les sols frais à humides et légers et les expositions ensoleillées, leur croissance rapide, leur rusticité et leurs qualités esthétiques.


Seul, un pauvre arbre triste à la pâle verdure,

Le saule qu'il rêvait, au vent du soir, murmure

Sur son ombre éplorée un tendre et long regret.


 

 

 

Saule pleureur, saule blanc, saule tortueux, saule marsault ou saule crevette, la grande famille des saules peut entrer dans la plupart des jardins. 


Les rameaux de 2-3 ans ont une écorce riche en salicyline. L'écorce de saule est douée d'un réel pouvoir antithermique et antinévralgique, auxquels s'ajoutent des effets toniques et astringents.

 

 

 

Les feuilles sont caduques, alternes, ovales ou lancéolées.


 

 

Les fleurs sont réunies en chatons dressés, mâles ou femelles, portés par des pieds différents (plantes dioïques). Chaque fleur est portée par un nectaire, qui correspond au périanthe, et protégée par une bractée ciliée.
La fleur mâle, minuscule, comporte deux à cinq étamines.


La fleur femelle ne comprend qu'un seul ovaire, uniloculaire mais à deux carpelles. Les fleurs femelles fécondées forment des capsules à deux valves, qui libèrent des graines cotonneuses. Les saules peuvent être anémochores (pollinisés par le vent) ou entomochores (pollinisés par les insectes).


 

 

Les nombreux hybrides rendent souvent la détermination difficile.


La plupart des saules se couvrent à l'automne d'une cire blanche qui les protège pendant l'hiver. Comme toutes les cires, celle-ci est hydrophobe, c'est-à-dire qu'elle ne laisse pas passer l'eau. Cette propriété protège l'arbre de la déshydratation pendant l'hiver mais rend aussi la respiration plus difficile. Pour résoudre ce problème, l'arbre est équipé de lenticelles.

 

 

 

Les espèces et variétés de saules

 


Salix alba - Saule blanc, (saule tétard)

Le Saule commun, Saule argenté, Osier blanc, ou Saule Vivier, également appelé aubier ou tétard (Salix alba L.), est un arbre de la famille des Salicacées. Cet arbre commun dans les régions tempérées est souvent cultivé en forme de "têtard" pour la production d'osier.


Salix alba fait partie des plus grands saules (25 m de haut). Son tronc est court et ses branches dressées. Il développe des rameaux brun jaunâtre souples. Avec le temps, son écorce de couleur gris brunâtre se crevasse. Les bourgeons du saule blanc sont appliqués directement contre les rameaux de l’arbre. Ses feuilles sont caduques, alternes, joliment dentées . Sur la partie supérieure, elles sont vert grisâtre. Sur la partie inférieure, elles sont de couleur gris argenté.
 

Sa floraison nectarifère s'étale d'avril à mai. Un espace isolé près d'un cours d'eau est idéal pour cet arbre au puissant système racinaire, mais il peut également se développer sur des terrains modérément secs.


 

 

 

Salix matsudana (babylonica) Tortuosa - Saule de Pékin tortueux  


Le saule de Pékin, originaire de Chine, saule tortueux de la famille de Salicacées est un arbre très décoratif, à planter isolé, dans un grand jardin.
cet arbre pouvant atteindre les 10m de hauteur, pour 6 m de large, montre une silhouette gracieuse aux branches sinueuses, au port élancé.  Il est de croissance rapide, mais sa durée de vie est courte, autour d’une vingtaine d’années.


Son houppier est ovale, plus haut que large et assez lâche. La couronne est symétrique. Souvent, l’arbre se divise rapidement en plusieurs troncs d’allure tortueuse. Les branches se ramifient en de nombreuses branches sinueuses qui s’allongent gracieusement en spirale, ce qui lui donne une architecture très esthétique. La variété "Aurea" montre une écorce jeune de couleur jaune et luisante, remarquable sous les rayons du soleil.


Les feuilles caduques, lancéolées, légèrement dentées, recourbées, vert olive, sont d'une grande originalité au jardin. Il aime un sol léger, riche, frais à humide, de préférence non calcaire, en situation ensoleillée ou mi-ombragée. Il est très esthétique en hiver. En mars, il produit également des chatons blanc grisé.

 

Le bois est cassant, il n’est pas rare qu’un vent violent abatte quelques branches. 


 

 

 

Salix viminalis - saule des vanniers

 
Le Salix viminalis, appelé aussi vime ou osier vert , osier des vanniers est un arbuste très souple de 5 à 10 mètres de haut que l'on rencontre souvent taillé en têtard afin d'utiliser les rameaux jaunâtres ou rougeâtres, à l'écorce jaune orangé en hiver.

 

Il s'adapte à tous les sols sous exposition ensoleillée. Il peut être utilisé en isolé, massif, au bord d'un cours d'eau. Sa durée de vie : 30 ans
D'autres variétés de saule sont également utilisées en vannerie, comme le saule pourpre ou le saule blanc.


Les feuilles, dont le bord tend à s'enrouler, sont longues et étroites, vert franc au dessus et couvertes de poils argentés au dessous, les chatons apparaissent avant elles, en avril. Il existe des pieds mâles et femelles ; on les distingue par la floraison en chatons qui a lieu en avril-mai. 


Cette espèce produit de l'osier. Elle fait partie des espèces les plus utilisées pour la vannerie avec le saule pourpre (Salix purpurea), le saule à trois étamines (Salix triandra) et le saule blanc -ou commun- (Salix alba).


 

 

 

Salix udensis sachalinensis "golden sunshine"- Saule de Sakhaline Golden Sunshine


Le saule de sakhaline, saule doré est un arbuste au port buissonnant de 4 m de haut pour 3 m de large, aux feuilles lancéolées jaune d'or, et aux rameaux dorés,  prend des tons vert-jaune en automne et supporte bien le soleil. 


Ce saule souple et délicat est très décoratif, grâce à sa silhouette champêtre, à l’image de sa floraison printanière sous forme de chatons avant ses feuilles lancéolées dorées comme les blés.


Il se cultive facilement et requiert très peu d’entretien en raison de sa résistance aux maladies. Il est capable d’affronter les écarts de température les plus extrêmes, froids vifs et chaleur ardentes, à condition d’être planté au soleil, dans un sol riche régulièrement amendé, impérativement frais voire très humide (à proximité d’un plan d’eau par exemple) et d’être taillé court à la fin de chaque hiver (février-mars).


 Cet arbrisseau d'origine japonaise s'apparente au saule des vanniers. Très beau en sujet isolé mais peut être également installé dans une haie. 


 

 

 

Salix caprea Pendula - Saule marsault pleureur


Le salix caprea "Kilmarnock",  saule Marsault est une adorable forme horticole de saule, appartenant à la famille des Salicacées.


C'est un petit arbre de croissance rapide, de 2 à 3 m de haut pour 1,5 m de large aux longs rameaux souples, rouge brun et duveteux dans leur jeunesse, pouvant retomber jusqu'au sol. Au printemps, les boutons floraux en gros chatons argentés puis jaunes pâle, très décoratifs, portés en abondance par le bois encore nu.


Son feuillage allongé sur 8 à 10 cm et légèrement denté, est vert foncé, avec un revers vert clair. Il devient jaune en automne.  Le tronc est lisse et gris noirâtre, ponctué de crevasses en losange.
Facile à réussir, il résiste au froid Jusqu'à -20°C et accepte tout type de sol, même sec ou humide, pas trop calcaire. Son exposition doit être d’ensoleillée à mi- ombre, à l’abri des vents violents, sachant que ses jolie chatons chatoient merveilleusement dans les rayons du soleil. 


Il convient parfaitement aux petits jardins et sera parfait sur une pelouse, près d'un talus ou en massif. 


La forme "Pendula" fut découverte au 19ème siècle et fut propagée par Thomas Lang de Kilmarnock. 


 

 

 

Salix integra "Hakuro-Nishiki" - Saule crevette 


Cette variété de saule, très décorative, obtenue par les japonais à partir d’une espèce d’origine orientale est devenue un classique.


Le saule crevette, a un port arrondi de 1m à 2.50 m, aux nombreuses et fines tiges souples. 


Son fin feuillage lumineux, panaché de rose et de vert tendre au printemps se teinte de blanc et de vert moyen en été. Ses petites feuilles alternes sont allongées, courtement pétiolées, denses sur les branches. Ses jeunes pousses teintées de rose lui ont valu son nom de Saule crevette. Cet arbuste caduc et rustique prend un joli port en boule avec le temps. Au printemps, il produit, en plus, des petits chatons vert-jaune.  

 

Les fleurs, qui débourrent peu de temps avant les feuilles, forment de minuscule épis rouge-rosé. L’écorce des tiges matures est rouge sombre.


Il est attractif pour son feuillage aussi bien que pour sa forme.Il se cultive sans difficulté dans toute bonne terre de jardin. Le saule crevette a besoin d'un sol profond, lourd, riche, et bien humide, avec une exposition pas trop chaude ni trop ensoleillée, plutôt à mi-ombre.


 

 

 

Salix purpurea - saule pourpre


L'Osier pourpre, l’Osier rouge ou le Saule pourpre est un petit saule d'une hauteur de 1 à 2 m pouvant exceptionnellement pousser jusqu'à 6 m. Il appartient à la famille des Salicacées, et tire son nom de la couleur de ses fleurs, fréquemment pourpres, qui apparaissent au début du printemps. Avec un port touffu, souvent en boule, Salix purpurea est le seul représentant français du genre Salix dont les feuilles (et bourgeons) paraissent opposées ou subopposées. 


Cet arbrisseau est d'une longévité faible. C'est une espèce dioïque, avec une floraison de mars à avril, avant la feuillaison. Salix purpurea est pollinisé par les insectes, et ses graines sont dispersées par le vent. 


C'est une espèce pionnière. Le limbe de ses feuilles est finement denticulé. Ses rameaux grêles, souples, glabres, brillants, opposés et pourpre foncé. Ses bourgeons sont lisses et luisants. Chatons unisexués à bractées noires et rouges et velues. Ses fleurs mâles ont leurs anthères rouges.


Le saule pourpre décoratif en bois nu en hiver, porte un agréable feuillage bleuté en été. C’est arbuste de haie taillée ou libre très peu exigeant, utilisé pour le maintient de la terre ou végétalisation d’une zone humide. Il est favorable à la biodiversité. Il  est bien connu en France, l’osier rouge se rencontre au bord des cours d’eau sur les chemins ou à la lisière des bois, le plus souvent en groupement arbustif bas. C’est aussi une espèce pionnière.

 

 

 

Le Saule fragile ou Saule rouge (Salix fragilis) 


Le Saule fragile est un arbre de la famille des Salicaceae, de 5 à 15 m de haut, à couronne arrondie généralement formée de quelques branches lourdes. Les jeunes rameaux sont marron jaunâtres, parfois un peu rouges.

 

Ils poussent en angle assez ouvert sur les branches plus matures. Velus au départ, ils deviennent rapidement glabres. Il doit son nom à la fragilité de ses rameaux. Ce n’est toutefois pas le seul dont les rameaux sont cassants, cet attribut n’est donc pas déterminant.


C'est un arbre à croissance rapide, dont le tronc peut atteindre 1 m de diamètre, mais qui développe souvent des multi-troncs, avec une couronne irrégulière souvent inclinée. L'écorce est sombre, grise-brunâtre, crevassée sur les vieux sujets. Il croît rapidement. Ses feuilles vert foncé brillant sont sans poils et d'un vert pâle en dessous. La marge des feuilles présente une bordure légèrement crantée. Elles sont légèrement velues au début du printemps mais deviennent vite glabres. 


D'avril à mai a lieu la floraison, qui donne des épis de fleurs vert clair, en forme de gobelet,  se teintent de brun clair lorsqu’ils produisent des fruits. Elles forment ensuite des chatons, caractéristiques des saules.


Le saule fragile s'installe préférentiellement en bordure de cours d'eau et en plein soleil. Il peut servir à la plantation à la stabilisation des berges. De plus, les jeunes pousses sont très souples, il peut donc être utilisé pour la vannerie.


 

 

 

Le saule à deux couleurs, Salix bicolor, 

est une espèce de saule de montagne, de la famille des Salicaceae.

Salix bicolor atteint 3 m de haut. La plante prend la forme d'un large buisson mais peut aussi ressembler à un arbre multi-branches de 4 mètres de haut. Les branches sont glabres, brun-rouge ou de couleur noisette.

 

Les feuilles sont vert-jaune, glabres, elliptiques ou lancéolées, à l'apex pointu, sombres sur le dessus, blanches dessous.

 

Les chatons apparaissent au début du printemps, avant les feuilles. Comme tous les saules, cette espèce est dioïque, les fleurs s'épanouissant de mai à juin.


 

 

 

Étymologie


Saule (du françique salha, vers 1215, saule marsault, osier)
apparenté à :

- L’allemand Salweide, 

- L’anglais sallow, 

- Le danois selje. 

- Héritier du germanique salχaz 

- Le français saule,


Le germanique salχaz et  l'anglais willow sont issus de la même racine indo-européenne wel signifiant " rouler, tourner", allusion à la flexibilité du bois et l'utilisation des pousses et des branches pour tisser des paniers, fabriquer des clôtures.

Le latin salix, accusatif salĭcem, est en revanche à l'origine des formes d'ancien français saus et sausse (conservés dans certains dialectes) et de saussaie (qui vient de salicetu) endroit planté de saules. 


Une rangée régulière de saules est dénommée une saulée.


Une saulaie est un endroit où poussent des saules, tout comme une saussaie, terme vieilli et régional.


 

 

 

 

Mythologie Egyptienne

 

L’arbre sacré d’Héliopolis 

A Dendérah, quand le roi accomplit devant le roi Hathor les rites de l'érection du saule, arbre ayant un rôle mythique dès l'ancien Empire... il dit à la déesse en apportant une tige  à trois branches feuillues :

"Voici le saule, je dresse devant toi ces rameaux, puis il ajoute :

"Je t'élève le saule à tes narines, le premier mois de l'été : que ta face en rayonne"


Les scientifiques de la campagne d'Égypte devant le temple de Dendérah , 1819 par François-Martin Testard.- Musée Champolion


 

 

 

Mythologie greco-romaine


Itea (saule chez les grecs anciens) est le nom de la nourrice de Zeus qui surveillait son berceau suspendu à cet arbre magique.


Héra, déesse du foyer vit sous le saule de Chio jusqu’au jour de ses noces, elle y retourne chaque fois qu’elle a besoin de s’isoler.


Le saule est également associé à Artémis (Diane) 

Guillaume Seignac - Diane


 


 

 

 

Mythologie celtique

 


Le saule est un arbre du début du printemps, à l'époque où la pluie gonfle les rivières.

du 1° Mars au 10 Mars

 


Arbre aquatique, féminin, le "saule des rivières" est gouverné par la lune et est ainsi naturellement associé avec les cérémonies féminines d'Imbolc.

 

l'alphabet oghamique

ᚄ Saille 

Sail / saule 

 

Dans la mythologie celte, le saule est associé à la création des deux Œufs écarlates du serpent de mer qui contenaient le Soleil et la Terre. Le Saule a caché ces œufs dans ses branches jusqu'à ce qu'ils éclosent et apportent la vie terrestre. Si par ses feuilles qui descendent jusqu'à la terre, le Saule pleureur est lié à la mort et à la nostalgie, il est aussi symbole d'immortalité. 


 

La déesse blanche

Les silex trouvés dans les tombes étaient tailllés en forme de feuilles de saule. Le saule (helice en grec) donna son nom à l'Hélicon, le séjour des neuf muses, prêtresses et orgiaques de la Déesse Lune.

Le saule lui est consacré pour de nombreuses raisons ; c'est l'arbre qui affectionne le plus l'eau, or la déesse de la Lune passe généralement pour la dispensatrice de la rosée et de l'humidité ; ses feuilles et son tronc, sources de l'acide salicylique, sont souverains contre les crampes rhumatismales que l'on pensait autrefois être causées par le pouvoir des sorcières. Le premier oiseau orgique de la déesse est le torcol, migrateur printanier qui niche toujours dans les saules.

Le liknos ou tamis utilisé pour vanner le blé, était fait en saule. 
C'est à bord de ces grands tamis, que les sorcières du nord Berwick allaient sur la mer au cours de leurs sabbats

Les mythes celtes - Robert Graves - 1948


 


 

Le saule dans la religion

 

Religion juive et samaritaine


Célébration "Souccot"

Souccot signifie "cabane" ou "hutte" et fait référence aux abris dans lesquels les juifs ont cherché refuge après avoir fui l’Égypte avec Moïse lors de l’exode. 

Les familles juives célèbrent généralement l’occasion en construisant une structure qui ressemble à une hutte ou une cabane, où elles passeront la semaine. 

On utilise spécifiquement quatre plantes : le citron, une branche de palme, une branche de myrte et une branche de saule. Cette combinaison de végétaux, connue sous le nom des "Quatre espèces", fait partie intégrante du Souccot car elle est mentionnée dans la Torah. 


Juifs apportant leurs quatre espèces à la synagogue (carte de vœux de 1900)

 

 

 

Le saule dans la Religion chrétienne

 


La Bible raconte que "les Hébreux captifs pleuraient leur patrie perdue sous les saules au bord de l'Euphrate". 

 

Psaumes 137:2

"Sur les bords des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion.
Aux saules de la contrée nous avions suspendu nos harpes..."

 

Lévithique 23:40

"Le premier jour, vous prendrez de beaux fruits, des branches de palmiers, des rameaux d'arbres touffus et des saules de rivière, et vous vous réjouirez devant l'Eternel, votre Dieu, pendant 7 jours..."


Esaie 44:4

"Ils pousseront au milieu de l'herbe comme les saules près des cours d'eau..."


Ezechiel 15:7

"C'est pourquoi ils rassemblent ce qui leur reste et transportent leurs biens de l’autre côté du torrent des saules..."


Ezechiel 17:5

"Il prit un plant du pays et le plaça dans un terrain fertile. Il le mit près d'une eau abondante et le planta comme un saule..."


Ézéchiel 17:4-6

"Il arracha le plus élevé de ses rameaux, l'emporta dans un pays de commerce, et le déposa dans une ville de marchands. Et il prit un rejeton du pays, et le plaça dans un sol fertile; il le mit près d'une eau abondante, et le planta comme un saule. Ce rejeton poussa, et devint un cep de vigne étendu, mais de peu d'élévation; ses rameaux étaient tournés vers l'aigle, et ses racines étaient sous lui; il devint un cep de vigne, donna des jets, et produisit des branches..."

 

Job 40:22

"Les lotus le couvrent de leur ombre, Les saules du torrent l'environnent..."

 

 

 

Le Dimanche des Rameaux est une fête liée à des rites préchrétiens, enrichis par des éléments de la religion chrétienne. Il marque en fait le début de la Semaine sainte, qui prépare la grande fête de Pâques.

Tout le monde connait la signification chrétienne de cette fête : le moment où Jésus est reçu avec des branches d'olivier, qui chez nous sont représentées par le saule.

Cet arbre est présent dans les textes les plus anciens, et aussi dans des textes bibliques. C'est aussi un symbole de la régénération, car c'est un arbre qui jette son fruit, son fruit n'apparaît pas. C'est pour cela que le saule a été souvent vu comme un élément négatif et a été remplacé par d'autres éléments végétaux. Mais peu à peu, les gens ont retrouvé ce symbole fort, parce que le saule est facile à planter. Il est donc redevenu un symbole de la "régénération".

 

Pâques Orthodoxes

L'épisode biblique de l'entrée de Jésus à Jérusalem est marqué par les fidèles le dimanche avant les Pâques orthodoxes. Ce jour-là, les gens des communautés traditionnelles apportent à l'église des rameaux de saule qui seront bénis durant la messe.

 

 

Tradition chrétienne en Ukraine

 


..."Une histoire qui commence avec le baptême, selon le rite orthodoxe grec, en 988, du prince de Kiev, Vladimir le Grand, canonisé deux siècles plus tard. Cette date marque le début de la christianisation de la "Rus’ de Kiev". Vladimir édifie de nombreuses églises, les premières en pierre du monde slave, dans lesquelles sont notamment vénérées des icônes de la Dormition de la Vierge. Son fils, Jaroslav le Sage, proclame la Vierge reine du peuple ukrainien en 1037, ce qui fait de lui le premier souverain occidental à consacrer son peuple à Marie.

 

La Vierge ne fut pas insensible à cette profonde dévotion de l’Ukraine à son égard. En témoignent ses apparitions, survenues à plusieurs reprises. La plus connue remonte au XVIIe, à Grouchiv, en Galicie, à l’ouest du pays. Un saule y fut planté en souvenir. Un siècle plus tard, une source jaillit au pied de l’arbre et provoqua des guérisons miraculeuses. En 1806, Stepan Chapowskyj peignit une icône de la Vierge et les villageois la fixèrent sur l’arbre. Ce dernier devint un lieu de pèlerinage.  En 1856, la Vierge est vénérée pour avoir stopper une épidémie de choléra. Le 26 avril 1987, elle serait de nouveau apparue au même endroit à une fillette de 11 ans, Maria Kizyne"...
 

 

 

Légende chrétienne du saule

 

Judas

"Quelques heures après la Dernière Cène, Judas trahissait Jésus par un baiser en échange de trente pièces d’argent. Voyant Jésus capturé et torturé, il regrettait sa trahison et jetait l’argent souillé de sang. Le remords rongeait son cœur et il fut affligé par les conséquences de son acte. La seule solution lui semblait être de disparaître de cette terre.


Tenant une solide  corde en main, il grimpat dans le premier arbre qu’il rencontra. C’était un saule. Judas attachait la corde à la branche la plus haute et sautait …. L’arbre gémit sous ce poids, mais ne voulait pas coopérer à la fin de ce traître. Le saule s’inclinait profondément et Judas se retrouvait à nouveau les deux pieds par terre. Depuis lors, cet arbre est appelé « saule pleureur » l’arbre qui pleure la mort de Jésus."
 

 

 

Le saule pleureur replie ses branches vers la terre depuis qu'il a servi à cacher la Vierge et l’enfant Jésus dans leur fuite en Égypte. (cf. Palmier)

 


Dans une autre légende, ce saule pleure depuis le jour que les verges ont frappé Jésus. 


 


 

 

Mythologie chinoise

 

Dans certaines régions, on plaçait lors de la Fête des Morts des branches de saule sous le toit pour prévoir la météo. En effet, un vieux proverbe dit que "la branche de saule verte annonce la pluie tandis que la branche de saule sèche prévoit le beau temps."


Le saule a une vitalité si puissante qu'une branche de saule peut vivre là où elle est plantée.


La cité des Saules, le Mou-yang-tchen, en Chine, est le lieu même de l’immortalité.


A Lhassa, au Tibet, le sanctuaire principal est au milieu d’une plantation de Saules.

 

Cet arbre est l’Arbre de Vie ou l’Arbre central. On sait que Lao Tseu méditait à l’ombre de son feuillage où il fonda le Taoïsme et y rencontra Confucius, au Ve siècle av. J.C.


 

 

 

Mythologie bouddhiste


Le Saule du samuraï

 

Les bouddhistes Japonais placent une âme dans certains arbres; notamment dans les saules pleureurs. Cette âme aurait de mystérieux pouvoirs pour le mal comme pour le bien.

 

La légende


Le samouraï Matsudeira possède, dans son jardin, un saule pleureur magnifique aux feuilles argentées.

 

Voici qu'un jour, sans aucune raison apparente, sa femme tombe gravement malade et meurt. Peu de temps après, son fils se casse la jambe. Matsudeira se demande si le saule n'est pas à l'origine de ces accidents. Plutôt que de l'abattre, il le propose à son voisin, Inabata, qui accepte immédiatement.

 

Un matin, ce dernier a la surprise de voir une femme d'une merveilleuse beauté appuyée contre le tronc du saule.

 

Inabata est veuf et sans enfant. Il propose à la ravissante créature de le suivre en sa modeste demeure. Quelque temps après, conquis, il lui demande sa main. L'année suivante naît un délicieux petit garçon qu'on nomme Yanagi, le saule. La famille vit dans le bonheur pendant cinq ans.

 

Voici qu'un des piliers soutenant le temple de Sanjusangendo s'effondre. Le daimyo consulte les prêtres. Ces derniers lui expliquent qu'il faudrait faire la réparation à l'aide du tronc provenant d'un saule. Il faut un grand et large saule pour tenir le temple. On lui signale que dans le jardin de son vassal Inabata, pousse un tel arbre. Il décide d'abattre le végétal et de le faire transporter au temple.

 

En apprenant cela, Inabata va trouver sa femme pour lui raconter son souci. Alors celle-ci lui dit: "J'ai un aveu à vous faire mon cher ami. Vous ne m'avez jamais demandé comment je suis venue à vous...Je suis l'âme du saule. Quand vous m'avez accueillie chez vous, j'ai ressenti une immense gratitude envers vous. Nous nous sommes mariés. Nous avons eu un enfant. Maintenant je sais qu'il me faut mourir car vous ne pouvez pas désobéir à votre Seigneur...Adieu". La femme avance vers l'arbre et disparait dans le feuillage.

 

Les bûcherons arrivent; abattent l'arbre sans prêter attention aux supplications du malheureux Inabata. Maintenant, le saule gît sur le sol. Il ne reste plus qu'à le transporter. On tente de le soulever sans succès. L'arbre résiste comme soudé au sol. Les bûcherons vont chercher du renfort; rien à faire,. L'arbre ne bouge pas. Trois cents hommes sont appelés à la rescousse. Le saule ne bouge toujours pas d'un centimètre.

 

Alors le petit Yanagi s'approche à son tour du saule, en caresse les feuilles argentées et lui murmure simplement: "Viens". Il saisit une branche. Tiré par la main minuscule, l'arbre cède à la douce prière et suit l'enfant jusqu'à la cour du temple.

 

Bibliographie
Contes et légendes du Japon, F. Challaye, Collection des contes et légendes de tous les pays, Fernand Nathan 1963


 

 

 

Le saule dans les tribus amérindiennes

 


Les Blackfoot racontent que, voici bien longtemps, Napi, le Vieil Homme, parcourait seul ce pays.

A cette époque, il n'y avait rien, pas même une pierre. Trouvant que ce monde était un endroit glacial, Napi créa l'épine dorsale du monde (les Montagnes Rocheuses), les rivières, les peupliers et les bosquets de saules, le bison, l'aigle, le loup, le castor et l'ours ainsi que tous les autres animaux à quatre pattes. 


 


 

 

IVe et IIIe millénaires av. J.-C. 

 


Le premier texte connu sur la médecine par les plantes est gravé sur une tablette d'argile, rédigé par les Sumériens en caractères cunéiformes 3000 ans av. J.-C.; ils utilisaient des plantes telles le saule en décoctions filtrées.
 


 

VIII° siècle av. J.-C. 

 


Homère (VIII° siècle av. J.C.) poète grec


Odyssée, X, 504-514 : chant XI -  la Nekyia

Après avoir indiqué à Ulysse le meilleur chemin et les vents favorables qu'il faut suivre, Circé ajoute :


..."Déploie les voiles et laisse faire le souffle de Borée.

Quand ton navire aura franchi l’Océan,

tu trouveras, sur un promontoire,

dans les bois sacrés de Perséphone,

plantés de saules et de peupliers noirs, 

les eaux du Pyriphlégéthon et du Cocyte

se jettent dans l'Achéron,

et tombent d'un rocher avec fracas..."

 

Alessandro Allori (1535-1607) - Odyssée Circé et Ulysse

 


 

 

V° - IV° siècle av. J.C.

 


Hippocrate (vers 460 avant J.-C. -377 av. J.-C.)  médecin grec du siècle de Périclès, philosophe, considéré traditionnellement comme le "père de la médecine".

avait déjà observé que l’utilisation d’écorce et de feuilles de saule permettait de soulager les douleurs lors maux de tête ou de fièvre. Il conseillait aux femmes de mâcher ses feuilles pour lutter contre les douleurs de l’accouchement. 
 

 

 

I° siècle av. J.C.

 

Virgile (70 av. J.-C.-19 av. J.-C.) poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l'empereur Auguste.

Les Bucoliques, III, 65


..."La bergère Galatée s'enfuit vers les saules, mais veut auparavant se faire voir"...
 


 

I° siècle

 

Ovide ( 43 av. J.-C.-17 ou 18 ap. J.-C.) poète latin qui vécut durant la période de la naissance de l'Empire romain. 


Livre X - Orphée et Eurydice

Vers 86 à 105

..."Et l’érable aux couleurs variées et avec eux les saules qui croissent au bord des rivières et le lotus aquatique,..." 

 

Dans la mythologie grecque, Aréthuse est une nymphe du cortège d'Artémis. Étant la fille de Nérée, elle est aussi une Néréide.

(Métamorphoses d'Ovide - V, 585

 

La fontaine d'Aréthuse


Un jour, je m'en souviens,

Je revenais de la forêt de Stymphale, 

Accablée du poids des chaleurs,

Que rendaient plus pesant 

Les travaux pénibles de la chasse;

Je trouve un ruisseau dont l'onde, 

Qui paraît immobile, erre lentement sans murmure, 

Et permettait à l'oeil de compter les cailloux

Que couvre son limpide cristal.

Son cours est presque insensible; 

Et de vieux saules, de hauts peupliers,

Qu'entretient sa fraîcheur, l'abritent de leur ombre.

Je m'approche de ses bords. 

Je mets un pied dans l'onde ;

J'y descends ensuite jusqu'aux genoux. 

Je détache enfin mes vêtements légers ;

Je les suspends sur un saule courbé,

Et je me plonge dans les flots. 

Mais tandis que de mes mains je frappe l'onde,

Et l'agite, et la divise dans mes jeux,

Je ne sais quel murmure 

Semble sortir du fond des eaux :

Je frémis, et, dans mon effroi,

Je m'élance sur le bord le plus prochain.

Abraham Bloteling Alphée et Arethuse


 

 

 

Pedanius Dioscoride (20 et 40 ap. J.-C.- vers 90 ap. J.-C) médecin, pharmacologue et botaniste grec. Son œuvre a été une source de connaissances majeures en matière de remèdes.

..."Le saule a des vertus astringentes, cicatrisantes et antalgiques. Usant tant des semences, de l’écorce que de la sève, il emploie le saule pour certaines affections cutanées (cals, poireaux), en cas d’hémoptysie et de douleurs auriculaires." 

 

 

Pline l’Ancien (23 apr. J.-C.-79) écrivain et naturaliste romain, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).
 

Histoire naturelle - XXIV, 58

Traitant des remèdes fournis par les arbres sauvages.

"...ses feuilles pilées et prises en boisson, modèrent les excès amoureux et en usage répétés les éteignent complètement..."

 



 

 

 

II° siècle

 


Pausanias (115-180), dit le Périégète voyageur de l'Antiquité. Il est l'auteur d'une Description de la Grèce ou Périégèse


parle 

X

...d'un bois consacré à Proserpine, planté de peupliers au sombre feuillage {popidus nigra) et de saules....

...Le Thrace Orphée, mystérieux voyageur dans la région funéraire, région infernale, était représenté une branche de saule à la main....
 

3.16.7 
Lygodesma patronyme d'Artémis dont la statue avait été retrouvée par les frères Astrabacus et Alopecus sous un buisson de saule, dont elle était encadrée de telle manière 

 

LIVRE VII.

Achaïe
"... vers le fleuve Imbrasus, et sous un saule qu'on voit encore maintenant dans l'enceinte de son temple ; ils croient que ce temple est extrêmement ancien, ..."


D'après Galien (II° s.), peu de médicaments avaient autant d'usages que la sève de saule. 
 

 

 

VI° siècle - X° siècle

 


Le Livre de barde Taliesin - recueil de poèmes manuscrits du X° siècle,

Kat Godeu, ou Combat des Arbrisseaux

...Les saules et les sorbiers

Tardivement, vinrent dans les rangs...
 

 

 

XI° siècle

 


Au Moyen-Âge, Hildegarde de Bingen (vers 1098-1147) abbesse de l’abbaye de Rupertsberg. 

Le livre des subtilités des créatures divines :

..." Le saule est froid ; il est image des vices, parce qu’il semble beau ; il n’est pas très utile pour les hommes, si ce n’est qu’il les accompagne dans certaines choses extérieures et il ne vaut rien pour les médicaments, car son fruit et sa sève sont amers et ne valent rien pour l’homme ; si celui-ci en mangeait, il ferait naître et augmenter en lui la mélancolie, mettrait en lui de l’amertume et y diminuerait la santé et la joie..." 


 

 

 

XIV° siècle

 


Guillaume de Machaut (1300-1377) compositeur et écrivain français 

..."Mais se s'amie l'appelast, Li nices tantost s'en alast, Le dos li tournast et l'espaule, Et s'en alast penre [prendre] à la saule, Pour li monstrer come il valoit Et comment contre-mont saloit"...
 

 

 

XV° siècle


Miniature moyen âge

215v - Français 236

boccace, de casibus (trad. laurent de premierfait)

exécution des templiers - Philippe le Bel et saule


 

 


Alain Chartier (ou Charretier, en latin Alanus Auriga vers 1385/90-1430 ) 1430?), poète, diplomate, orateur et écrivain politique français. 

Dans La belle Dame sans mercy , l'acteur se réfugie derrière une treille de saule


..."Si m'assis derrière une treille

Drue de fueilles a merveille,

Entrelacée de saulx vers"...
 

 

 

XVI° siècle

 

 

1508

Enluminure

Parchemin par Jean Bourdichon vers 1508.

Grandes heures Anne de Bretagne

Saule blanc


 

 

 

1539

Hieronymus Bock (1498-1554) pasteur et botaniste allemand 

Ouvrage Kräutterbuch

publié dans sa première édition à Strasbourg en 1539.

Figure 2 : première illustration connue du saule marsault, 


 


 

Leonhart Fuchs,

De Historia stirpium, 1542.


 

 

 

Cesare Ripa (v. 1555-1622) érudit italien auteur de l'Iconologie (Iconologia overo Descrittione dell'Imagini universali), livre d'emblèmes extrêmement célèbre en son temps.

- La stérilité présumée du saule inspire la représentation de la figure allégorique de la Disette. Elle est décrite comme une femme émaciée, mal vêtue, debout à côté d'une vache maigre et tenant, de la main droite une branche de saule et dans la main gauche, une pierre ponce, toutes deux considérées comme stériles. 

Il explique :
"la stérilité est la raison principale de la disette".


 

 

 

Olivier de Serres (1539-1619) agronome français, 


"Le saule ou saulx : les diversités des saules se remarquent à la couleur, aucuns estans blancs, les autres tendans sur le rouge et tané, en leurs feuilles"
 

 

 

1557

Rembert Dodoens (1517-1585) botaniste et un médecin malinois. 

Histoire des plantes

"...Les feuilles vertes pilées bien menues et appliquées autour des parties honteuses ôtent l'appétit au jeu d'amour..."
 

 

 

1586

Jacques Daléchamps (1513-1588) est un des plus célèbres, à la fois botaniste, médecin et philologue.

l'Historia generalis plantarum. 

..."Les feuilles pilées et prises en breuvage refroidissent ceux qui sont trop échauffés en cas d’amour et même qui continuerait d’en prendre, elles rendraient la personne tout à fait inhabile à ce métier"...(on allait même jusqu’à assurer qu’un emploi du saule au long cours était susceptible de mener à la stérilité).

 

 

XVII° siècle

 

 

William Shakespeare (1565-1616)est un dramaturge, poète et acteur anglais. 

Hamlet, IV, 7, - v. 1600

 

Ophélie

 

    La reine  

...Au-dessus du ruisseau penche un saule, il reflète

dans la vitre des eaux ses feuilles d’argent

Et elle les tressait en d’étranges guirlandes

Avec l’ortie, avec le bouton d’or,

Avec la marguerite et la longue fleur pourpre

Que les hardis bergers nomment d’un nom obscène

Mais que la chaste vierge appelle doigt des morts.

Oh, voulut-elle alors aux branches qui pendaient

Grimper pour attacher sa couronne florale ?

Un des rameaux, perfide, se rompit

Et elle et ses trophées agrestes sont tombés

Dans le ruisseau en pleurs. Sa robe s’étendit

Et telle une sirène un moment la soutint,

Tandis qu’elle chantait des bribes de vieux airs,

Comme insensible à sa détresse

Ou comme un être fait pour cette vie de l’eau.

Mais que pouvait durer ce moment ? Alourdis

Par ce qu’ils avaient bu, ses vêtements

Prirent au chant mélodieux l’infortunée,

Ils l’ont donnée à sa fangeuse mort....


Alexandre Cabanel - Ophelie

 

 

 

1690


Akiyama Shirobei Yoshitoki, un médecin japonais de Nagasaki  alla étudier la médecine chinoise et devint un expert de l’Art Souple des Saisies du Maître Ka Ku Tei, forme de combats à mains nues inspirée des moines Shaolins.


A son retour au Japon vers 1690, Il se retira pour méditer. Observant la nature, l'hiver arrivant, la neige s'accumulait sur un magnifique cerisier, et sous le poids de la neige, les branches ployaient et craquaient.


Puis, il eut le regard attiré par un saule, tout frêle, ses branches étaient si souples qu’elles ployaient, et naturellement revenaient à leur place. …


Akiyama fonda une école qu’il appela le "Yōshin-ryū "  l’école du cœur de saule. Il fut le premier à utiliser le terme de jujutsu (technique de la souplesse).


 

 

 

Jean de La Fontaine (1621-1695) poète français 

 

L'enfant et le maître d'école

 

Dans ce récit je prétends faire voir

D'un certain Sot la remontrance vaine.

Un jeune Enfant dans l'eau se laissa choir,

En badinant sur les bords de la Seine.

Le Ciel permit qu'un saule se trouva

Dont le branchage, après Dieu, le sauva.

S'étant pris, dis-je, aux branches de ce saule,

Par cet endroit passe un Maître d'école ;

L'enfant lui crie : Au secours, je péris.

Le Magister, se tournant à ses cris,

D'un ton fort grave à contretemps s'avise

De le tancer : Ah  le petit Babouin !

Voyez, dit-il, où l'a mis sa sottise !

Et puis, prenez de tels fripons le soin.

Que les parents sont malheureux, qu'il faille

Toujours veiller à semblable canaille !

Qu'ils ont de maux ! et que je plains leur sort !

Ayant tout dit, il mit l'Enfant à bord.

Je blâme ici plus de gens qu'on ne pense.

Tout babillard, tout censeur, tout pédant,

Se peut connaître au discours que j'avance :

Chacun des trois fait un peuple fort grand ;

Le Créateur en a béni l'engeance.

En toute affaire ils ne font que songer

Aux moyens d'exercer leur langue.

Hé mon ami, tire-moi de danger ;

Tu feras après ta harangue.


 L'enfant et le maître d'école Gravure de Pierre-Étienne Moitte d'après Jean-Baptiste Oudry, édition Desaint & Saillant, 1755-1759

 

 

 

XVIII° siècle

 

 


Jean-Antoine Morand (1727-1794) artiste, ingénieur, architecte, urbaniste et promoteur. 

Lors des grands travaux dans le quartier des Brotteaux au XVIIIe siècle, a fait planté des saules et des peupliers. 

Projet d’un plan général de la Ville et de son agrandissement par Jean-Antoine Morand – 1764 – AML 3s115

 

 

 

Edward Stone (1702–1768), recteur de l'église anglicane de son vivant, est connu pour avoir été le premier scientifique à documenter les vertus médicinales de l'écorce de saule.

Pour lui l'écorce de saule lui rappelle le quinquina au même goût amer dû à sa richesse en tanins (15 %). Il lui donne une indication supplémentaire contre les rhumatismes en recourant à la théorie des signatures. 

 

 

Comte de La Pérouse (1741-1788) officier de marine et un explorateur français.

...les aborigènes Aïnous utilisaient les fils de l'écorce de saule pour tisser des toiles... 


 

 

 

1796

Tela-Botanica.org : 

Mandel-Weide, Salix triandra subsp. Triandra , syn. Salix amygdalina L.

Extrait du livre Deutschlands Flora in Abbildungen 

Auteur    Johann Georg Sturm (Peintre : Jacob Sturm)

Salix triandra


 


 

 

Comte Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811) officier de marine explorateur et écrivain français.

 Supplément au Voyage - Tome II

..."Les rois seuls (de Taïti) peuvent planter devant leurs maisons l'arbre que nous nommons le saule pleureur,"... 
 

 

 

Jacques Delille (1738-1813) poète et traducteur français. 

L'homme des champs - 1800

..."Les lieux chers aux vivants sont aussi chers aux morts ; Qui vous empêchera de placer sur ces bords, Près d'un ruisseau plaintif, sous un saule qui pleure, D'un ami regretté la dernière demeure ?"... 

 

 

 

François-René, vicomte de Chateaubriand (1768-1848) écrivain français, 

Sur L'art Du Dessin Dans Les Paysages

..."Les chênes à la longue vie, aux écorces rudes… inspirent, sous leur ombre, des sentiments d'une tout autre nature que ces saules au feuillage léger, qui vivent peu et qui ont la fraîcheur des ondes où ils puisent leur séve,"... 
 


 

 

Johann Zorn (1739-1799) pharmacien et un botaniste allemand

Botanologia medica 

...Le saule pleureur (salix babylonica), consacré à la déesse Juno, et spécialement à la Juno Fluonia, est le meilleur moyen pour arrêter toute hémorragie, et pour empêcher une fausse couche...
 

 

 

Anonyme, graveur - Après 1790

Estampe - eau forte - saule pleureur

Musée Carnavalet, Histoire de Paris


 

 

Anonyme, graveur - Après 1790

Estampe - eau forte - saule pleureur

Musée Carnavalet, Histoire de Paris

 

 

 

Anonyme, graveur - Après 1790

Estampe - eau forte - saule pleureur

Musée Carnavalet, Histoire de Paris

 

 

 

Anonyme, graveur - Après 1790

Estampe - eau forte - saule pleureur

Musée Carnavalet, Histoire de Paris

 

 

 

XIX° siècle

 


d’après le botaniste Duhamel Du Monceau (1700-1782), physicien, botaniste et agronome français, qui cède lui aussi à la tentation de faire du saule pleureur (Salix babylonica) un symbole par excellence du deuil et des élégies.


..."Son port retombant offre l’image d’un être accablé de douleur dont la tête penchée sur une urne sépulcrale la recouvre d’une longue chevelure éparse et négligée"...

 

 

Henri-Louis Duhamel Du Monceau (1700-1782)

Traité des arbres et arbustes que l’on cultive en France, 1804-1809.

Salix Babylonica.

 

°

 

Au 19° siècle, des chimistes réussissent à identifier le principe actif thérapeutique du saule blanc et trouvent les mêmes substances dans la plante la Reine des prés. 

 

 

Pierre-Joseph Leroux (1795-1870) était un pharmacien travaillant à Vitry-le-François.

Il isola en 1829 la salicine à partir de l’écorce de saule, près avoir fait bouillir de la poudre d'écorce de saule blanc dans de l'eau, concentre sa préparation. Il en résulte des cristaux solubles qu'il baptise salicyline (du latin salix). 

La salicine avait déjà été isolée en 1825 par deux pharmaciens italiens vivant dans la région de Vérone, Francesco Fontana et Bartolomeo Rigatelli, mais ni l'un ni l'autre n'avait obtenu de produit pur. C'est pour cette raison que l'on a attribué à Leroux l'isolement de la salicine.


 

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique 

Œuvres complètes - III

 

Comédie dans les feuilles

 

Au fond du parc qui se délabre,

Vieux, désert, mais encor charmant

Quand la lune, obscur candélabre,

S’allume en son écroulement,


 
Un moineau-franc, que rien ne gêne,

A son grenier, tout grand ouvert,

Au cinquième étage d’un chêne

Qu’avril vient de repeindre en vert.

 

Un saule pleureur se hasarde

À gémir sur le doux gazon,

À quelques pas de la mansarde

Où ricane ce polisson.

 

Ce saule ruisselant se penche ;

Un petit lac est à ses pieds,

Où tous ses rameaux, branche à branche,

Sont correctement copiés.

 

Tout en visitant sa coquine

Dans le nid par l’aube doré,

L’oiseau rit du saule, et taquine

Ce bon vieux lakiste éploré.


 

 

 

Alfred de Musset  (1810-1857) poète, dramaturge et écrivain français de la période romantique,

Premières Poésies (1829-1835), 

 

Le saule


(extrait)

...

Pâle étoile du soir, messagère lointaine,

Dont le front sort brillant des voiles du couchant,

De ton palais d'azur, au sein du firmament,

Que regardes-tu dans la plaine ?

 

La tempête s'éloigne, et les vents sont calmés.

La forêt, qui frémit, pleure sur la bruyère ;

Le phalène doré, dans sa course légère,

Traverse les prés embaumés.

 

Que cherches-tu sur la terre endormie ?

Mais déjà vers les monts je te vois t'abaisser ;

Tu fuis, en souriant, mélancolique amie,

Et ton tremblant regard est près de s'effacer.

 

Étoile qui descends vers la verte colline,

Triste larme d'argent du manteau de la Nuit,

Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine,

Tandis que pas à pas son long troupeau le suit, -

 

Étoile, où t'en vas-tu, dans cette nuit immense ?

Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?

Où t'en vas-tu si belle, à l'heure du silence,

Tomber comme une perle au sein profond des eaux ?

 

Ah ! si tu dois mourir, bel astre, et si ta tête

Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux,

Avant de nous quitter, un seul instant arrête ; -

Étoile de l'amour, ne descends pas des cieux !

...

Glisse au sein de la nuit, beau brick de l’Espérance !

Terre d’Écosse, adieu ! Glisse, fils des forêts !

— Que l’on tienne les yeux, que l’on veille de près

Sur ce jeune homme en deuil, qui seul, dans le silence,

De la poupe, en chantant, se penche sur les flots.

Ses yeux sont égarés. Deux fois les matelots

L’ont reçu dans leurs bras, prêt à perdre la vie.

Et cependant il chante, et l’oreille est ravie

Des sons mystérieux qu’il mêle au bruit des vents.

"Le saule… — au pied du saule…"  il parle comme en rêve :

 'Barbara ! — Barbara !' Sa voix baisse, s’élève,

Et des flots tour à tour suit les doux mouvements.

"Enfants, veillez sur lui ! — la force l’abandonne !

Sa voix tombe et s’éteint — pourtant il chante encor.

Quel peut être le mal qui cause ainsi sa mort ?

Couchez-le sur un lit, enfants, la mer est dure !

— Enseigne, répondit la voix des matelots,

Son manteau recouvrait une large blessure,

D’où son sang goutte à goutte est tombé dans les flots. "

 

 

 

Alfred de Musset  (1810-1857) poète, dramaturge et écrivain français de la période romantique,

 

Epitaphe célèbre d'Alfred de Musset au Père Lachaise


"Mes chers amis, quand je mourrai,

Plantez un saule au cimetière

J'aime son feuillage éploré ;

La pâleur m'en est douce et chère

Et son ombre sera légère

A la terre où je dormirai !"


1871 César Daly  (1811–1894) - De Musset


 

 

 

Louise-Victorine Choquet, dite Louise-Victorine Ackermann (1813-1890) poétesse française.


A Alfred de Musset


"Un poète est parti ; sur sa tombe fermée

Pas un chant, pas un mot dans cette langue aimée

Dont la douceur divine ici-bas l'enivrait.

Seul, un pauvre arbre triste à la pâle verdure,

Le saule qu'il rêvait, au vent du soir, murmure

Sur son ombre éplorée un tendre et long regret."

 

 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) poète, romancier, dramaturge français

 


Le saule

(extrait)


Pâle étoile du soir, messagère lointaine,

Dont le front sort brillant des voiles du couchant,

De ton palais d’azur, au sein du firmament,

Que regardes-tu dans la plaine ?

 

La tempête s’éloigne, et les vents sont calmés.

La forêt, qui frémit, pleure sur la bruyère ;

Le phalène doré, dans sa course légère,

Traverse les prés embaumés.

 

Que cherches-tu sur la terre endormie ?

Mais déjà vers les monts je te vois t’abaisser ;

Tu fuis, en souriant, mélancolique amie,

Et ton tremblant regard est près de s’effacer.

 

Étoile qui descends vers la verte colline,

Triste larme d’argent du manteau de la Nuit,

Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine,

Tandis que pas à pas son long troupeau le suit, –

 

Étoile, où t’en vas-tu, dans cette nuit immense ?

Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?

Où t’en vas-tu si belle, à l’heure du silence,

Tomber comme une perle au sein profond des eaux ?

 

Ah ! si tu dois mourir, bel astre, et si ta tête

Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux,

Avant de nous quitter, un seul instant arrête ; –

Étoile de l’amour, ne descends pas des cieux !


 

 

 

Hans Christian Andersen (1805-1875) romancier, dramaturge, conteur et poète danois, 

Conte - Sous le saule

Johanne et Knud habitaient non loin de la ville de Kjöge, où l'on trouvait beaucoup de jardins qui s'étendaient jusqu'à la rivière. Il n'y avait pas grand-chose d'autre, mais c'était charmant en été ! C'est sous le saule d'un de ces jardins que Johanne et Knud passaient la plus grande partie de leur temps et c'était là une belle amitié.


 

 

 

Petrus Borel (1809-1859) poète, traducteur et écrivain français.

Isolement

...C'est aux champs, vers le soir, groupée en sa mantille,

Un Verther à la main sous le saule pleureur...

 

 


Théophile Gautier (1811-1872) poète, romancier et critique d'art français.

Albertus, I

...- Vous reconnaissez-vous ? - Tenez, voilà le saule,

De ses cheveux blafards inondant son épaule...

 

 


Théodore de Banville (1823-1891) poète, dramaturge et critique dramatique français.

Mascarades

...

Que, sensitive humaine,

Desdémone promène

Sous le saule pleureur

Sa triste erreur !

...

 

 

Les Tourterelles
...

Tandis que sur son col et sur son dos charmant

Couraient à l’abandon ses tresses envolées,

Que faisais-tu, perdu sous les longues saulées,

Que faisais-tu, perdu sous les longues saulées.
...

 

​​​​

 

 

1825

Les saules du tombeau de Napoléon

François Carlo Antommarchi (1780-1789) médecin français personnel de Napoléon à Longwood, avait profité de son séjour forcé dans l’île de Sainte-Hélène pour en étudier la flore. Dans son ouvrage publié en 1825, il donna un exposé des espèces existantes du temps de Napoléon.

Dans la catégorie des saules, ou Salix comme nom de l'espèce, on trouve le Salix Babylonica, dit Saule du Levant. Il le décrivit ainsi : 

..."Cet arbre est très facile à reconnaître à ses rameaux longs, grêles, flexibles et pendans (sic), qui lui font donner le nom de saule pleureur. Assez commun. Deux autres espèces encore indéterminées..."

Plusieurs saules pleureurs issus de boutures prises de Sainte-Hélène ont été recensés depuis le 19° siècle.
- Les saules Wellington
- Le saule Arnott
- Le saule Washington
- Les saules de Nouvelle-Zélande

Cheveu de Napoléon et feuille de saule de son tombeau à Ste-Hélène

 

 

 

 

1845

Honoré de Balzac, (1799-1850) écrivain français.


Les Paysans,

première partie, chapitre premier)

 

...Les odeurs forestières, senteurs adorées 

par les âmes friandes de poésie à qui plaisent 

les mousses les plus innocentes, 

les cryptogames les plus vénéneux, 

les terres mouillées, les saules, les baumes, 

le serpolet, les eaux vertes d’une mare, 

l’étoile arrondie des nénuphars jaunes ; 

toutes ces vigoureuses fécondations 

se livrent à vos narines en vous livrant 

toute une pensée, leur âme peut-être. — ...

 

 

 

George Sand (1804-1876) romancière, dramaturge, 


Le Péché de Monsieur Antoine - 1845 - t. 1, 1845, p. 55


..."L'îlot était couvert d'une épaisse saulée qui ne leur permettait pas de voir à dix pas autour d'eux"...
 

 

 

En 1853, un chimiste alsacien nommé Charles Frédéric Gerhardt réussit, à partir de la salicyline, à synthétiser l'acide acétylsalicylique qui est commercialisé en 1899 sous le nom d'aspirine. 

 

 

Paul Verlaine (1844-1896) écrivain et poète français 

 

L'heure exquise

 

La lune blanche

Luit dans les bois ;

De chaque branche

Part une voix

Sous la ramée ...

 

Ô bien-aimée.

 

L'étang reflète,

Profond miroir,

La silhouette

Du saule noir

Où le vent pleure ...

 

Rêvons, c'est l'heure.

 

Un vaste et tendre

Apaisement

Semble descendre

Du firmament

Que l'astre irise ...

 

C'est l'heure exquise.


 

 

 

Léon Dierx (1838-1912) poète parnassien et peintre français.


L'amour en fraude

...Il redonnait, à chaque bond,

L'onde aux ruisseaux, des fleurs aux rives,

Des alouettes et des grives

Au saule creux et moribond...

 


L'oeil

...Les filles des eaux, en essaims pensifs,

Sous les saules blancs en rond sont assises,

Formes indécises...
 



 

George Sand  (1804-1876) romancière, dramaturge française

 

Le Diable aux champs (1869), 


Eugène -

 Mais halte ! Amenez le canot ! Nous voici arrivés. 

 

Maurice -

Non, c’était plus bas. 

 

Eugène -

Non, non ; voilà le vieux saule, et je tiens à finir mon étude.

Quel trognon de saule, hein ? Avec deux lapins rongeant les rejets

de ses grosses racines, une corbeille par terre, peut-être un marmot

barbotant dans la flaque d’eau, ou un canard majestueux…

peut-être un dindon mélancolique perché sur cette branche…

Voilà un Flamand. 

 

Maurice -

Attachons bien le bateau, le courant est rapide.

Allons, je vais dessiner aussi ton arbre,

ça me servira pour asseoir une Colombine sous l’ombrage,

un Arlequin à ses pieds lui offrant des fleurs,

et Pierrot caché derrière le saule,

montrant sa tête blanche à travers les branches…

Il est tout à fait Watteau, cet arbre-là ! 


Damien -

Moi, je graverai tous les deux, si ça en vaut la peine,

mais, en attendant, je vais grimper sur le saule pour chercher

des chrysalides dans la poussière de son bois moisi.

Diable ! il ne tient à rien, c’est de l’amadou !


Maurice -

N’y monte pas, ne le casse pas avant que nous l’ayons dessiné.

Tiens ! il craque déjà ! 


Damien -

Eh bien, je vous laisse ! Donne-moi le filet,

je vais attraper des arginnis,

car j’en vois là-bas qui ont l’air de se moquer de nous. 

 

 

 

François Coppée (1842-1908) poète, dramaturge et romancier français.

 

Ritournelle

...Et nous choisirons les routes tentantes,

Sous les saules gris et près des roseaux,...

 

 

Arthur Rimbaud (1854-1891) poète français,

 

Ophélie

...Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,

Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux...

 

Michel et Christine

...Dans les saules, dans la vieille cour d'honneur,

L'orage d'abord jette ses larges gouttes...

 

 

Mémoire

...Les robes vertes et déteintes des fillettes

font les saules, d'où sautent les oiseaux sans brides...

 


 

 

Arsène Houssaye (1815-1896) Poète et homme de lettres français

Recueil : La symphonie des vingt ans (1867).

 


Saules pleureurs

Chanson.

 

Elle passe comme le vent,

Ma jeunesse douce et sauvage !

Ma joie est d'y penser souvent :

Elle passe comme le vent,

Mon cœur la poursuit en rêvant,

Quand je suis seul sur le rivage.

Elle passe comme le vent

Avec l'amour qui la ravage.

 

Elle fuit, la belle saison,

Avec la coupe de l'ivresse.

Adieu, printemps ! adieu, chanson !

Elle fuit, la belle saison.

Je n'irai plus vers l'horizon

Chercher la muse ou la maîtresse !

Elle fuit, la belle saison :

Adieu donc, adieu, charmeresse.

 

Que de larmes ! que de regrets !

Toi dont mon âme fut ravie

Déjà si loin, — encor si près !

Que de larmes ! que de regrets !

Mes mains ont planté le cyprès

Sur les chimères de ma vie :

Que de larmes ! que de regrets !

Adieu, mon cœur ! adieu, ma mie !


 

 

 

Charles Deulin (1827-1877), romancier, journaliste et critique dramatique français.

"Les Trentes-Six Rencontres de Jean du Gogué", 

in Cambrinus et autres Contes, XIXe siècle (1874)

..."Mais voilà-t-il pas que le saule, qui était creux et pourri dans le cœur, craque sous son poids et se brise avec un fracas épouvantable ! —..."
 

 

 

1874

Anonyme

Traduction par J.-H. Rosny et Hong-Tjyong-Ou.

E. Dentu, 1892 éditeur et libraire français

Printemps parfumé

"...les branches des saules trempaient dans l’eau comme pour y pêcher, les papillons allaient de fleur en fleur, et I-Toreng, qui regardait ces choses, appela son domestique..."

..."Puis je vis des saules et leurs fleurs cotonneuses faisaient chaud au cœur des petits oiseaux qui chantaient sur l’arbre ; — ..."

..."Il s’examina une dernière fois dans le miroir et, satisfait, marcha vers la montagne où il passa quelque temps, comme il avait dit, à cueillir des fleurs, à chasser des papillons, et à dépouiller des branches de saule de leurs feuilles qu’il éparpillait ensuite sur l’eau, pour faire venir les poissons..." 

"...Sa taille mince et souple s’inclinait comme le saule au vent..."

"...La vie est comme un fleuve qui s’écoule, et c’est pourquoi la vue de l’eau suscite ma mélancolie ; mais le salut des saules que le vent incline me console..."


 

 

 

1885

Source du livre original :

Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé 

Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagne

Illustration Salix bicolor

 

 

 

1885

Source du livre original : 

Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé 

Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagne

Illustration Salix breviserrata

 

 

 

1885

Source du livre original : 

Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé 

Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagne

Illustration Salix hastata

 

 

 

1885

Source du livre original :

Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé 

Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagne

Illustration Salix triandra


 

 

 

19° siècle

Saule cendré (Salix Cinerea) 

Feuilles & Fleurs - 1808 - 1841


 

 

 

XX° siècle

 

 

D'après le missionnaire anglican John Bachelor (1855-1944) évangélisa le peuple aïnou dans l'île d'Hokkaidō au Japon

"the Ainu use what they call a kike-usk-bashui, a moustache lifter having shavings attached to it. They are made of willow" 

...Pendant qu'ils boivent lors d'une cérémonie, les hommes relèvent leur moustache avec un instrument en bois de saule...

 

 

 

Rosemonde Gérard (1866-1953) poétesse française,

Recueil : "Les Pipeaux"


 

Le saule pleureur


Saule ! Frisson du paysage !

Obéissance au vent du soir !

Rêve penché sur un miroir !

Cheveux qui se croient du feuillage…

 

Faiblesse qu’un ciel encourage,

Et dont un ciel reprend l’espoir !

Cœur plein d’oiseaux sans le savoir !

Destin qui dépend d’un orage…

 

Ne serais-tu, Saule pleureur,

Avec cette forme de pleur

Et ce front de mélancolie,

 

Qu’un portrait à peine ébauché

De notre visage penché

Sur la rivière de la vie ?


 

 

 

Illustration de Salix viminalis 

Bilder ur Nordens Flora de C.A.M. Lindman, 1901-1905

 

 

 

Émile  Verhaeren (1855-1916) poète belge

La guirlande des dunes

1909


 

Un saule

 


Ce saule-là


Est-il tordu, troué, souffrant et vieux !

Sont-ils crevés et bossués les yeux

Que font les noeuds dans son écorce !

Est-il frappé dans sa vigueur et dans sa force !

Est-il misère, est-il ruine,

Avec tous les couteaux du vent dans sa poitrine,

Et, néanmoins, planté au bord

De son fossé d’eau verte et de fleurs d’or ;

A travers l’ombre et à travers la mort,

Au fond du soir, mord-il la vie, encor !

 

Un soir de foudre et de fracas,

Son tronc craqua

Soudainement, de haut en bas.

 

Depuis, l’un de ses flancs

Est sec, stérile et blanc ;

Mais l’autre est demeuré gonflé de sève.

Des fleurs, parmi ses crevasses, se lèvent,

Les lichens nains le festonnent d’argent ;

L’arbre est tenace et dur : son feuillage bougeant

Luit au toucher furtif des brises tatillonnes.

L’automne et ses mousses le vermillonnent ;

Son front velu, comme un front de taureau,

Bute, contre les chocs de la tempête ;

Et dans les trous profonds de son vieux corps d’athlète,

Se cache un nid de passereaux.

 

 

Matin et soir, même la nuit,

À toute heure je suis allé vers lui ;

Il domine les champs qui l'environnent,

Les sablons gris et les pâles marais ;

Mon rêve, avec un tas de rameaux frais

Et jaillissants, l'exalte et le couronne.

Je l'ai vu maigre et nu, pendant l'hiver,

Poteau de froid, planté sur des routes de neige ;

Je l'ai vu clair et vif, au seuil du printemps vert,

Quand la jeunesse immortelle l'assiège,

Quand des bouquets d'oiseaux fusent vers le soleil ;

Je l'ai vu lourd et harassé, dans la lumière,

Les jours d'été, à l'heure où les grands blés vermeils,

Autour des jardins secs et des closes chaumières,

S'enflent, de loin en loin, comme des torses d'or ;

J'ai admiré sa vie en lutte avec sa mort,

Et je l'entends, ce soir de pluie et de ténèbres,

Crisper ses pieds au sol et bander ses vertèbres

Et défier l'orage, et résister encor.

Si vous voulez savoir où son sort se décide,

C'est tout au loin, là-bas, entre Furne et Coxyde,

Dans un petit chemin de sable clair,

Près des dunes, d'où l'on peut voir dans l'air,

Les batailles perpétuées

Des vents et des nuées

Bondir de l'horizon et saccager la mer.

 

 

 

Émile Chénin "Moselly" (1870-1918) romancier

Terres Lorraines (prix Goncourt 1907)

..."Une eau inquiétante par sa profondeur infinie, se perdant dans les tournants brumeux, sous des saules penchés et de grands roseaux aux panaches soyeux"... 
 

 

 

Raymond Radiguet (1903-1923) écrivain français.

 


Saule pleureur

 

Il perd ses plumes perd ses larmes

 

Comme un coeur se vide de larmes

L'arrosoir a perdu ses plumes

 

Éventail au soleil fané

Loterie des mois des années

Dans l'allée le sable s'enroue

Où mon chagrin fera la roue

 

Jardin faut-il que tu t'en ailles

Et l'été de cet éventail

Secondé par mon petit doigt

Qui chatouille un bouton de rose

Effronté sans pourtant qu'il ose

Trop presser son éclosion

 

Après s'être bien amusée

La rose rentre en son cocon

La rose revêt sa chemise

Et tout est à recommencer

 

Et les outils dans la remise

Ensemblejardin se lamentent

L'arrosoir voudrait sur l'amante

Verser des larmes mais la bêche

N'a pas retrouvé cette espiègle

Qui se cache sous l'herbe sèche


 


 

1908

Kenneth Grahame - romancier écossais

Le Vent dans les saules 

(titre original : The Wind in the Willows) 

roman publié en 1908 . En France, le roman est paru pour la première fois en 1935.
Classique de la littérature britannique pour enfant, et l'un des principaux représentants de la fantasy animalière. Ce roman se singularise par son mélange de mysticisme, d'aventure, de moralité et de camaraderie, et il est célèbre pour son évocation de la nature de la vallée de la Tamise.


 

 

 

1917

Pierre Loti (1850-1923) écrivain et officier de marine français

Vertige 

..."Dans la façon dont les modistes vous obligent à placer les vôtres [vos plumets], ceux-ci piqués au bout d'un petit bâton, ceux-là tout de travers sur l'oreille, ou bien en saule pleureur sur la nuque, il y a certainement un léger grain de névrose ou même de folie "...
 

 

 

1924

Carte postale

Voyage du devoir en Acadie

Grand-Pré 

Les saules d'Evangéline
Selon la légende, les saules marquent la présence de villages d'Acadiens déportés.


 

 

 

1928

Maurice Constantin-Weyer (1881-1964)  écrivain français. 

Un homme se penche sur son passé, 1928, réédition Nelson, page 161

..."Les bourgeons des saules avaient éclaté en projetant sur les branches rousses la poudre vert amande du feuillage naissant. — "

 

 

1928

Alexandre Arnoux  (1884-1973) romancier et un dramaturge français, membre de l’académie Goncourt (1947).

Les gentilshommes de Ceinture

..."Le vent lâche et oisif contournait les obstacles, ne s'escrimait que sur un prospectus sans défense, une branche molle de saule pleureur, d'avance vaincu"...
 

 

 

1930

Robert Desnos (1900-1945) poète surréaliste et résistant français

Corps et Biens (Éditions Gallimard, 1930).

 

Sous les saules 

 

L’étrange oiseau dans la cage aux flammes 

Je déclare que je suis le bûcheron de la forêt d’acier 

que les martes et les loutres sont des jamais connues 

l’étrange oiseau qui tord ses ailes

et s’illumine

 

Un feu de bengale inattendu a charmé ta parole 

Quand je te quitte il rougit mes épaules et l’amour 

Le quart d’heure vineux mieux vêtu qu’un décor lointain étire  

ses bras débiles et fait craquer ses doigts d’albâtre 

À la date voulue tout arrivera en transparence 

plus fameux que la volière où les plumes se dispersent 

 

Un arbre célèbre se dresse au-dessus du monde avec des pendus  

en ses racines profondes vers la terre 

c’est ce jour que je choisis 


Un flamboyant poignard a tué l’étrange oiseau dans la cage de

flamme et la forêt d’acier vibre en sourdine illuminée par le feu  

des mortes giroflées 

Dans le taillis je t’ai cachée

dans le taillis qui se proclame roi des plaines.


 

 

 

1933

Henri Gaussen (1891-1981)botaniste et biogéographe français.

Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, 

..."Le long des rivières se développe une végétation de Cannes de Provence qui s’encombre de Saules et de Peupliers jusqu’à donner des bois de ces arbres qui sont un autre climax. — 

 

 

Paul Valéry (1871-1945) écrivain, poète et philosophe français 

Corona et Coronilla, 1938-1945.

 

            Le Saule

 

Tremble, Tombe légère… Un souffle t’aime, Saule,

 

Qui fait sur toi frémir le songe d’une épaule…

Brise ?… ou mon seul soupir si simple et si soudain

 

Que j’exhale d’amour pour ce flottant jardin.

Sur ses fleurs, mon regard trompe le mal d’attendre

 

Le pas, la voix, la main, et puis, tout l’être tendre,

Cette Toi tout à moi que je sens devenir,

A qui l’heure qui meurt peut tout à coup m’unir

Et qui vient !… Je le sens…

 

Ma bouche enfin t’accueille !

L’approche met dans l’âme un tremblement de feuille

Et mes yeux, quoique pleins de feuillage et de jour,

Te voient derrière moi, toute rose d’amour…

 

Tremble, Tombe légère ! Un souffle t’aime, Saule…

Mais je n’ai plus besoin de songer d’une épaule, 

Et ce souffle n’est plus le souffle d’un seul cœur…   

 

Le temps vaincu succombe, et le baiser vainqueur

 

De l’absence sans nom dont un nom me délivre,    

Boit dans l’ombre à longs traits le feu qui nous fait vivre !


 

 

 

Paul Valéry (1871-1945) écrivain, poète et philosophe français 

Corona et Coronilla, 1938-1945.

"L'Adieu aux vers"

..."Le saule est mort. Il avait deviné, lui. Il n’a pas voulu voir ce qui se verra dans la fenêtre… Pauvre saule, pauvre frisson de tendresse et de poésie que nous partagions avec toi, le soir tombait"...  
 


 

 

Cicely Mary Barker (1895-1973) illustratrice britannique connue pour ses illustrations de fées et de fleurs. 

 


Fée du saule


Au bord du paisible ruisseau ou du bassin ombragé

je trempe mes feuilles dans l'eau fraîche.

 

Au-dessus de l'eau je me penche toute la journée,

Où jouent les épinoches et les vairons.

 

Je danse, je danse, quand la brise souffle,

Et plonge mes orteils dans le ruisseau en contrebas.


 

 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 

Marie


...Être si simple, être si pauvre

Qu'on serait près de vous, Marie,

Dans une cuisine bleuie

Par l'ombre en prière d'un saule;...

 

 

 Le goûter


...Dans l'or fondant des primevères,

Le vent joue avec un chevreau ;

Et le jour passe sous les saules,... 
 

 

 

Fred Vargas (1957) écrivaine française

(Éditions Viviane Hamy, 1999), 


 

L'Homme à l'envers 


"Assis dans l'herbe au bord du Rhône, à l'écart 

d'une petite route qui longeait la berge, dans une sorte de 

clairière à l'horizon bouché par des haies de saules, 

Adamsberg plongeait dans la rivière une longue branche 

et luttait du bout de cette branche contre le courant. 

(...) 


Camille le repéra après presque une heure de marche, 

dans une clairière étroite et silencieuse, isolée au milieu des saules. 

Elle s'arrêta à une vingtaine de pas, Adamsberg s'était assis 

tout au bord de la berge, les pieds touchant l'eau. 

Il ne faisait rien, selon toute apparence, mais pour Adamsberg,

être assis dehors constituait une occupation en soi.  

(...)


Cette branche de saule, peut-être, dit-il en effleurant 

la baguette de bois placée entre eux deux. 

Et moi, de temps à autre.

- Bien, dit Camille en soupirant. Je vis avec lui.

- On comprend mieux comme ça, dit Adamsberg.

Il se leva, ramassa la branche de saule 

et fit quelques pas dans la clairière."


 

 

 

XXI° siècle

 

 

Vivre la Tradition celtique au fil des saisons

(édition originale 2001, trad. 2014), Mara Freeman
 

..."Le saule est un arbre du début du printemps, à l'époque où la pluie gonfle les rivières. En Écosse, il était l'un des neuf bois sacrés utilisés pour allumer les feux de Beltaine. Arbre aquatique, féminin, le "saule des rivières" est gouverné par la lune et est ainsi naturellement associé avec les cérémonies féminines d'Imbolc"...

 

 

2001

René Verville (1931-2021) nouvelliste

Le Saule de Grand-Pré. 

Roman Inspiré de la déportation des Acadiens de Grand-Pré


 

 

 

2001

Shan Sa (1972) écrivaine, peintre, poète et calligraphe française d'origine chinoise.

Roman - Les quatre vies du saule

En Chine, le saule pleureur symbolise la mort et la renaissance. Faut-il croire qu'une branche de saule puisse devenir une femme condamnée à poursuivre l'amour de siècle en siècle ?

En quatre périodes qui sont autant de Chine différentes, Shan Sa conte l'épopée de ces âmes errantes...

 

 

 

La phytothérapie : Santé par les plantes, Cachan, Selection Reader's Digest,

2007

Selon le phytothérapeute Paul Goetz, les chatons de saule contiennent des traces de substance œstrogènique.

 

 

Sylvain Adeline, dit Syrano (1979)  auteur-compositeur-interprète, vidéaste, graphiste et illustrateur français 

Source : Musixmatch

2015


 

Et les saules pleurent


Je me souviens de tout. Du hêtre et de l'avoir,

Des marrons, des châtaignes, des premières coupures de rasoir

Et des tisanes au tilleul le soir qui embaumaient nos chambres

Quand maman contait l'histoire. C'est vrai cela n'est plus que cendre

Mais l'incendie n'a rien ôté à la chaleur des longs dimanches

Passés à chat perché ou cochon pendu dans les branches

Du grand cerisier. A l'ombre de sa silhouette voûtée

On guérissait les brûlures indiennes par un goûter.

J'en ai connu des canicules et des gelées terre à terre.

Il a fallu plus d'une fois faire preuve de caractère

Et s'endurcir dans la rigueur loin du confort des serres

Sans obscurcir le lendemain pour voir plus clair hier.

Le corps frêne et l'esprit peuplier

Mais je me rappelle de tout. Les étés dans notre abris côtier

Lorsque montait la sève. Et je me résigne

A ces instants figés dans l'ambre, la résine.

Maintenant que mes vieux os craquent comme les bûches crépitent

Dans l'âtre brûlant où ils brasillent comme des pépites

Juste le temps de faire une connerie, je me souviens les conifères,

Un gosse moulant ses mains dans le plâtre pour la fête des mères

Ou enfilant, maladroit, des nouilles en collier.

En y pensant je me promène encore à l'orée des bois.

J'ai gardé ces empreintes dans mon coeur écolier

Et j'emprunte toujours les allées bordées de lilas.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui bourgeonnent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.

Et les saules pleurent sur les charmes de ma jeunesse

Les années qui mûrissent et l'allégresse en fleur.

Comme tout est sourd. Comme tout est sordide

Quand la mémoire implore la fin qui nous effleure.

Je me souviens de tout. De la moindre bourrasque,

De chacune des tempêtes qui a balayé mes basques

Et ma parure dont les restes sous le vent

En se soulevant pestent sur la façon dont jadis ils apparurent.

Je me souviens du temps ou j'étais beau et fort,

Où mon corps fourbu ne rechignait pas encore à l'effort

Où je faisais voler ces jupes comme des feuilles qui se balancent

En effaçant nos airs timides quand elle m'accordait une danse.

Deux éclats d'émeraudes posés sur des pommettes écarlates.

J'accompagnais ma dame dans quelque valse délicate.

Je n ai jamais plié. Toujours droit, le torse fier

Si ce n'est enchanté par les courbes de ma douce sorcière.

Puis nous avons regardé grandir paisiblement

Les deux jeunes pousses qu'on avait planté en s'aimant.

On les a protégé densément. Peut-être trop.

Une façon de s'excuser d'avoir au pied les chaines du bouleau.

Naturellement, elles sont parties puiser en d'autres sols

La force d'élever d'autres pousses au milieu des herbes folles

Apprenant des anciens que le ciel se touche

Pour apprendre aux petits quelles sont leurs racines et leurs souches.

Et d'au revoir en adieux la vie a soufflé nos seize ans,

Plissé notre écorce écorchée par les saisons

Mais dans ma vieille peau elle étouffit, devait se sentir à l'étroit.

Bon sang, qu'il a fait chaud pendant l'été 2003.