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13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 21:45

 

 

Mythologie des arbres

Le Bouleau - (Betula)
 


 

 

Les bouleaux font partie de la famille des bétulacées et du genre Betula, ou Arbre de la sagesse (employé par les chamans sibériens), Arbre de la lumière, Sceptre des maîtres d’école (les maîtres d’écoles utilisaient les baguettes de bouleau destinées aux élèves récalcitrants), Bouleau commun, Arbre néphrétique (en raison de ses vertus diurétiques), et Biole.

 


Les bouleaux poussent en général sur les terres pauvres et souvent siliceuses, jusqu'à 2 000 m d'altitude, ainsi que dans les régions arctiques. Les bouleaux sont des plantes pionnières qui constituent souvent la première formation arborée lors de la reconquête ou de la colonisation de landes par la forêt. Ils apprécient les sols plutôt acides et humides. Les bouleaux forment des futaies appelées boulaies ou boulinières ou encore des bétulaies.

 


L'été, ces deux bouleaux qui se font vis-à-vis,

Avec ce délicat et mystique feuillage

D'un vert si vaporeux sur un si fin branchage,

Ont l'air extasié devant les yeux ravis.


 


 

 

Silhouette familière, le bouleau est très connu pour son écorce blanche, lisse et brillante, sa couleur blanche est due à la bétuline, son principal constituant. Cet arbre peut atteindre 20 à 30 m de hauteur et jusqu'à 60 cm de diamètre à la base. Les racines des bouleaux sont peu profondes. Le bouleau est considéré comme un bel arbre d'ornement et ses caractéristiques lui permettent de s'adapter à tous les types de jardin. 

 

Son port gracieux, le mouvement de ses branches souples et ses chatons duveteux d’un vert léger, ses petites feuilles colorées de teintes vert clair au printemps et jaune à l’automne. Le port du branchage est souvent dressé et relativement aéré, filtrant la lumière en été sans la bloquer. 


 

 

Ses inflorescences sont des chatons allongés de 10 cm de longueur, dressés puis pendants pour les mâles et de 3 cm dressés pour les femelles. Ses fruits sont des samares groupées en chatons. 


 

En climat tempéré, les bouleaux vivent moins longtemps (30-40 ans), mais plus au nord (Suède, Finlande, Russie, etc.) ils peuvent vivre jusqu’à 100 ans et plus.
 

 

 

Il existe quatre espèces de bouleaux en Europe, 


Deux arbres largement répandus :


Betula pendula, le bouleau verruqueux, 

 

On le trouve dans presque toute l’Europe, mais rare dans le sud ; arbre à croissance rapide (12 m en 20 ans) pouvant atteindre 25 m de hauteur ;

 

Ses rameaux retombants glabres, pourvus de verrues résinifères ; ses feuilles triangulaires doublement dentées, glabres. Le bouleau verruqueux a une écorce blanche, lisse et brillante avec quelques taches noires, souvent accompagnées de crevasses.

 

C'est une espèce pionnière sur sol riche ou calcaire, parfois très sec (dunes).


 

 

 

Betula pubescens, le bouleau pubescent, 

 

Similaire au Bouleau verruqueux mais qui s’en distingue notamment par sa taille plus modérée, sa préférence pour les sols plus humides et la teinte plus terne de son écorce. Il pousse dans les forêts humides et dans les tourbières. C'est un arbre au port élancé pyramidal, d'une élégance légère.

 

Sa hauteur en général est de 10 à 15 m, parfois 20 m. Ses rameaux lisses et pubescents. Son lumineux feuillage vert est porté sur des pétioles duveteux.

 

Le bouleau pubescent a une écorce d’un blanc plus mat, parfois rosé, avec souvent des bandes ou des lignes horizontales grisâtres, mais sans taches noires ni crevasses. En automne, il se pare d’un jaune d’or chaleureux. 

 

 

 

 

et deux arbrisseaux des régions arctiques : 


Betula nana, le bouleau nain, 

 

Ce bouleau nain à port souvent prostré, très compact, sphérique, ne dépassant pas 1m,  à minuscules feuilles rondes et dentées, doté d'un très beau feuillage doré de l'été à l'automne.

 

Ce petit arbuste solaire est une aubaine pour les petits jardins, les sols peu profonds, mais aussi pour l'ornement des terrasses et des balcons. Très rustique, il préfère un sol frais en permanence, et une exposition ensoleillée.
 

On le trouve en Europe arctique jusqu’en Russie centrale, relique glaciaire en Europe moyenne depuis la France (Margeride et Jura) jusque dans l’est des Carpates. Espèce caractéristique de la zone des arbrisseaux des montagnes du nord de l’Europe.


 

 

 

Bouleau peu élevé, Betula humilis L.


Le bouleau peu élevé de 50 cm à 2 m, à rameaux pubescents glanduleux ; aux feuilles ovales dentées. Elles se colorent en jaune en automne.

 

C'est un arbre filiforme au tronc flexible et majestueux à écorce blanche, lisse et brillante très caractéristique. Ce bouleau peu élevé est un beau spécimen d'ornement.

 

Il croît dans les forêts marécageuses. Il provient de l'Europe centrale, Pologne, l'Europe de l'Est, Sibérie occidentale, la Sibérie et Mongolie.1

Betula humilis - b. gliwa

 

 

 

Quelques espèces d’autres régions


Bouleau jaune, Betula alleghaniensis Britton 

 

Ce grand arbre, pouvant atteindre 30 m et 60 cm de diamètre, est indigène au nord-est de l'Amérique du Nord. C'est le plus grand des bouleaux de l'est du Canada et notamment une importante source de bois d'œuvre. Il peut vivre jusqu'à 150 ans, parfois plus.


Il est l'arbre emblématique du Québec depuis 1993. 


C'est un  arbre au tronc droit long à couleur de miel ou brun clair, à branches fortes à faible défilement.  Les rameaux et l’écorce ont une odeur aromatique. Au printemps, les fleurs mâles et femelles se trouvent sur des chatons séparés sur la même plante. Les chatons mâles sont généralement plus longs que les chatons femelles.

 

 

 


 

 

 

 

Bouleau flexible, Betula lenta L. 

 

C'est un arbre endémique de l'est de l'Amérique du Nord, où il croît dans les sols fertiles des régions montagneuses. 


Il atteint naturellement environ 25 m de haut, mais reste souvent plus petit lorsqu'il est cultivé. Les jeunes plants possèdent une couronne colonnaire. Lorsque les branches s'inclinent davantage, sa couronne s'élargit et devient plus dense. 


L'écorce plus ancienne vire au brun foncé, mais ne s'exfolie pas. Les rameaux et les feuilles sont utilisés en cosmétique sous la forme d'huile essentielle. La jeune écorce est brun rougeâtre. Les feuilles sont oblongues, ovoïdes et d'un vert satiné. Le revers est, quant à lui, jaune verdâtre. Le contour du limbe est bordé de dents doubles profondes.


Les rameaux et l’écorce ont une odeur aromatique. Cet arbre se distingue par sa très belle coloration automnale jaune d'or


 


 

Bouleau noir, Betula nigra L.

 

Le bouleau noir est un grand arbre originaire des États-Unis, rustique et robuste, à cime ovoïde souvent à plusieurs troncs, supportant jusqu’à -20 °C. Sa large canopée en font un excellent arbre d’ombrage. Ce bouleau peut s’élever jusqu’à 30 m.


C'est une espèce décorative par son écorce brun foncé, rugueuse, qui s’exfolie en lamelles papyracées. Ce bouleau de rivière pousse naturellement le long des berges, ils peuvent également bien s’adapter aux paysages domestiques.


Les feuilles, alternes, vertes et brillantes, quelque peu triangulaires et disposées en alternance. Il produit des chatons bruns et verts en avril et mai, appréciés par les oiseaux.


 

 

 

Bouleau à papier, Betula papyrifera Marshall


Le Bouleau à papier communément appelé Bouleau blanc ou Bouleau à canot au Québec, est une variété de bouleaux dont l'écorce se détache facilement en bandes. Il pousse en Amérique du Nord.

 

C'est l'un des composants majeurs de la forêt mixte du Nord des États-Unis ainsi que du Canada et en Russie. Son tronc est sinueux et sa cime ovale et étroite. L'écorce blanche souvent à plages rosées se détache en larges bandes, d'où son nom. À croissance rapide, ce bouleau peut atteindre 30, voire 40 m.

 

Il fait également partie des quelques essences feuillues qui côtoient les résineux de la forêt boréale. Il atteint rarement une centaine d'années.

 

Étant la variété décrite par Marshell en tant qu'espèce, elle est souvent confondue avec l'espèce Betula papyrifera qui comprend pourtant deux variétés distinctes.

 

Ses graines sont appréciées par de nombreux oiseaux, dont le Pic mineur, la Sittelle à poitrine blanche et la Mésange à tête noire


Dhatier - Écorce de bouleau blanc, Bas St-Laurent, Québec 

 


 

Bouleau de l'Himalaya, Betula utilis 

 

Le Bouleau de l'Himalaya est une espèce de bouleau originaire de l'Himalaya, où il pousse à des altitudes allant jusqu'à 4 500 m. Dans son habitat naturel, Betula utilis tend à former des forêts, où il se présente sous forme d'arbuste ou d'arbre atteignant jusqu'à 20 m de hauteur.

 

Les feuilles sont ovales, légèrement velues, avec des bords dentelés. La floraison a lieu de mai à juillet. Les fruits mûrissent en septembre-octobre.

 

Il a dès sa jeunesse une écorce très blanche sans taches noires ni crevasses, mince à texture de papier très brillante. Elle a été utilisée dans l'Antiquité pour écrire notamment les textes sacrés sanskrits. Elle est encore utilisée comme papier pour l'écriture des mantras sacrés, avec l'écorce placée dans une amulette et portée comme protection. 

 

Le bois est très dur et dense mais très fragile. Le bois de cœur est rose ou beige rougeâtre.

 

Des variétés sélectionnées sont utilisées pour l'aménagement paysager à travers le monde.

 

 

 

 

Etymologie

 


L'ancien français boulel, diminutif de boul, bououl  (boulaie : bois, forêt où le bouleau domine). 


Le terme boul est issu du latin vulgaire betullus ( latin classique betulla) d'origine probablement celtique (gaulois), betuo, betu-, dont est issu le nom brittonique du même arbre : 

Breton : bezv ; gallois : bedw ; vieil irlandais : beithe ; catalan et occitan :  beç/bès "bouleau" ; gascon  : bedoth, bedora ; espagnol  : dul "bouleau" ; Anglais : Birch ; Allemand : Birke ; Italien : Bettula ; Néerlandais : Berk ; Tcheque : Břízy.


Le nom local du bouleau est également à l'origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves, comme en tchèque (březen) et en ukrainien (березень); il s'agirait d'une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque.

La toponymie et l'anthroponymie du sud de la France compte de nombreux Besse, Bessières "plantation de bouleaux", Bèze, voire Besant, qui signifient tous  "bois de bouleaux, boulaie".


 

 

 

Mythologie romaine

 


Les verges de bouleau ont été utilisées pour la flagellation et la "purification" des condamnés ; elles entouraient la hache symbolique des licteurs romains.


 

 

 

Mythologie Europe orientale 

(Biélorussie, la Russie et l'Ukraine). 

 


En Russie, le bouleau est considéré comme l'arbre national et est fêté chaque année pendant la Semaine Verte de début juin.

 

Pour les chamans sibériens des plaines, le bouleau est l’arbre cosmique, l’axe du monde. 

 

Pour les Bouriates (population mongole), les bouleaux abritent l'âme des ancêtres, et lors de la cérémonie d'initiation du chaman, 9 bouleaux sont coupés. Le plus grand est fiché en terre dans la yourte, et est nommé "Gardien de la porte", car c'est lui qui ouvre au chaman l'entrée du ciel. Le chaman intronisé doit faire 9 entailles au sommet de chaque bouleau.

Les Bouriates chantent : 
"Au centre de la terre il y a une montagne de fer. Sur cette montagne de fer, il y a un bouleau blanc à sept branches. Ses branches traversent les sept étages du ciel et ses racines les sept profondeurs. A ses pieds coule une source d’eau fraîche".  

(Montelle Salagon 2002)



 

 

 

Mythologie celtique

 


Le bouleau est le premier arbre du calendrier celtique ; il symbolise la sagesse. 


Dans l'ogham des celtes, le bouleau est le premier arbre de cet alphabet secret des Druides. Chaque arbre représente une lettre. Beth, le Bouleau est placé dans le calendrier du 24 décembre jusqu’au 20 janvier.

 

 

 

Mythologie germanique,

 


le bouleau "betula" était dédié à Donar-Thor, le plus puissant des dieux guerriers. Symbolisant la force, la valeur, l'agilité et la victoire, il utilise la foudre et apaise ou excite les tempêtes. Ses pouvoirs sont ainsi liés au ciel. 

Thor, illustration de Johannes Gehrts (1901).

 


 

 

Mythologie scandinave, 

 


Les premiers humains ne sont pas descendus des arbres, mais ils furent créés à partir de branches d'arbres. 


Dans la mythologie scandinave, le bouleau est consacré à Frigg ou Freya, épouse et égale du dieu Odin.  


Le premier homme fut ainsi créé d'une branche de frêne, la première femme d'une branche de bouleau.


 


 

 

Mythologie slave 

 


Le bouleau est un des attributs de Kupalo, la déesse du printemps et des moissons.

 

Androgyne, l’arbre se voit tantôt associée à la “femme blanche” qui habite les grands bois tantôt au Lieschii, le gardien des forêts. Pour s’attirer leurs bonnes grâces, tout chasseur devra déposer une offrande de pain et de sel sur une souche et s’acquitter de prières qui leur sont associées.

 

Les paysannes s’en vont couper les jeunes rameaux de bouleau et confectionner les banny venik, ces bouquets de menus branchages avec lesquels on se purifie en se fustigeant au sortir des bains russes traditionnels. Ces verges vivifiantes rejoignent la symbolique du renouveau liée aux balais avec lesquels on chassait les esprits de l’année écoulée en nettoyant les maisons, les étables et les rues des bourgs aux fêtes du Nouvel An.

 

 

 

Mythologie amérindienne  

 

 
Les Amérindiens considéraient le bouleau comme un arbre sacré et utilisaient son écorce pour fabriquer des canots et des parchemins.


 


 

Il y a 200 000 ans

 

Le brai ou goudron de bouleau était largement utilisé comme adhésif dès le Paléolithique moyen jusqu'au début du Mésolithique. Les Néandertaliens produisaient du brai par distillation sèche de l'écorce de bouleau .

 

 

 

10000 ans av. J.C. - 3000 ans av. J.C.

 


L'écorce de bouleau est un amadou (matière spongieuse provenant d'un champignon),  efficace et qui brûle bien, connu depuis le Néolithique.

 

Sur les sites mésolithiques de Star Carr, Royaume-Uni, néolithique d'Altscherbitz, Saxe, Allemagne, de la poix de bouleau a également été retrouvée, portant des traces de morsure de dent humaines, sans qu'il n'ait pu toutefois être déterminé à quelle fin (technique ou dentaire).

 

- L'écorce de bouleau est un amadou efficace et qui brûle bien, connu depuis le Néolithique.

 

- Le rhytidome (écorce au sens strict) de bouleau, tressé en lanières, était utilisé à la campagne pour fabriquer des chaussures appelées lapti chaussures traditionnelles russes. Elles sont portées depuis la préhistoire. Des moules en bois servant à leur fabrication ont été retrouvés lors de fouilles sur des sites néolithiques. On trouvait les laptis principalement chez les habitants des forêts du nord de l’Europe. Elles étaient portées par les plus pauvres chez les peuples finnois, baltes et slaves orientaux. Elles étaient facile à fabriquer mais d’une durée de vie courte.
Les laptis ont été portés en Russie jusque dans les années 1930. Aujourd’hui elles sont vendues comme souvenir ou accompagnent des démonstrations en costume traditionnel.


 

    
 

 

3300 av. J.-C. - Env. 3200 av. J.-C.

 


Ötzi homme momifié naturellement (congelé et déshydraté) découvert en 1991 à 3 210 mètres d'altitude, dans le glacier du Hauslabjoch non loin des Dolomites italiennes. Il était enseveli sous une couche de glace et son existence a été révélée par la fonte importante du glacier cet été là. 

 


Dans la poche de la ceinture d'Ötzi et à ses côtés se trouvaient une hache à lame de cuivre pur poli (tenue par un lacet de cuir et "collée" au manche en bois d'if avec du brai de bouleau), une dague dans un fourreau en tissu d'ortie et quelques champignons (dont des polypores du bouleau enfilés sur une lanière de cuir, probablement à usage médicinal. Il avait également deux récipients cylindriques en écorce de bouleau. 


 

 

 

I° siècle 

 

 

Les documents sur écorce de bouleau sont des documents écrits sur la couche interne de l'écorce de bouleau qui était couramment utilisée comme support d'écriture dans certaines régions avant la production en masse de papier.


Les plus anciens documents datés sont des textes bouddhistes gandhariens (comprenant les plus anciens manuscrits bouddhistes connus) du I° siècle qui ont probablement été écrits par des membres de l'école Dharmaguptaka (une des dix-huit écoles anciennes du bouddhisme) en Afghanistan. Rédigés en gandhari en utilisant l'alphabet kharoshthi, ils ont produit les versions les plus anciennes connues de textes bouddhiques importants tels que le Dhammapada (un des textes du Tipitaka, le canon bouddhique pāli).

 


 

 

 

II° siècle au VIII° siècle


 

L'utilisation de l'écorce de bouleau comme papier est mentionnée par Sushruta, chirurgien (III° siècle) 

 

 

Entre le II° et le VIII° siècle

Dans les siècles qui suivent, plusieurs auteurs sanscrits tels que Kâlidâsa, poète et dramaturge écrivant en sanskrit. Réputé pieux adorateur de Shiva, ses écrits s'inspirent largement de la mythologie et de la philosophie hindoues ; ils mentionnent l'utilisation de l'écorce de bouleau de l'Hymalaya pour les manuscrits. Elle est utilisée aujourd'hui encore en Inde et au Népal pour écrire des mantras sacrés.

Une grande collection de rouleaux d'écorce de bouleau a été découverte en Afghanistan vers l'an 2000, peut-être dans les grottes de Bamiyan. Il s'agit de près de 3 000 fragments en sanskrit dans l'écriture brahmi et datant d'une période allant du IIe au VIII° siècle de notre ère.

 

 

VI° siècle


L'utilisation de l'écorce de bouleau comme papier est mentionnée par Varahamihira mathématicien, astronome et astrologue indien (v. 505-587).


 

 

 

XI° au XV° siècle

 


De nombreux textes ont aussi été découverts en Russie, essentiellement à Novgorod. Ce sont généralement des lettres qui datent du XI° au xve siècle avant la généralisation du papier et qui sont des témoins de la vie courante.


Lettre de Jisnomir à Mikoula, XI°- XII° siècle

 

 

Dessin et devoir d'écolier d'Onfim (vers 1260, Novgorod).


 

 

 

Au Moyen-âge la sève de bouleau est la boisson des apothicaires pour dissoudre les calculs rénaux.

 

Au Moyen Age, on dit que ses branches étaient utilisées pour flageller les condamnés, afin de chasser les mauvais esprits.

 

Au 12° siècle, Hildegarde de Bingen (1098 -1179), moniale bénédictine, Docteure de l’Église,  abbesse, mystique, visionnaire, illustratrice, cite la sève de bouleau  comme remède pour soulager les ulcères.

 

 

 

XIV° au XVI° siècle

 

 

Au 14° siècle, Conrad de Megenberg (1309-1374) enseignant et écrivain allemand,  mentionne "l’eau de bouleau" pour ses propriétés médicinales sur la vessie et les reins.


Beresta Lettre sur écorce de bouleau du XIV° siècle

 

 

En Allemagne, on buvait la sève de bouleau comme une boisson rafraîchissante.

 

Au 15° siècle, on utilise la sève pour réduire les œdèmes.


         
En 1565, Pierandrea Mattioli (ou Matthiole 1501-1577), médecin et botaniste italien, synthétise les propriétés du bouleau, lui attribue des propriétés drainantes et le surnomme "l’arbre néphrétique". Il explique dans son ouvrage que "Si on perce le tronc du bouleau avec une tarière, il en sort une grande quantité d'eau, laquelle a grande propriété et vertu à rompre la pierre tant aux reins qu'en la vessie, si l'on continue d'en user. Si on s'en lave la bouche, elle guérit les ulcères qui sont dedans."


 

L'écorce de bouleau de l'Himalaya est utilisée depuis des siècles dans le nord de l'Inde, en particulier au Cachemire où il est dit que tous les livres étaient écrits sur du bouleau jusqu'au XVI° siècle.

 Pietro Andrea Mattiol par Moretto de Brescia

 

 

 

XVII° siècle - XVIII° siècle

 


1663
Retranscription de 1663 du Rupavatara de Dharmakirti, un traité de grammaire


 

 

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé pendant la Première République puis l'Empire jusqu'en 1806. Il commence le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792).


Dans le calendrier républicain, le Bouleau était le nom attribué au 7e jour du mois de germinal (21/22 mars – 19/20 avril)


 Le Soleil entre au signe du Bélier. 

C'est l'époque de l'équinoxe du printemps

Tout végète & s'anime au retour du Zéphir 

Et l'Âge le plus pur apprend des Tourterelles

Qu'il est doux de s'unir & de s'aimer comme elles.


 

 

 

XIV° siècle

 

 

1800 

Pierre-François Percy (1754-1825), médecin français, chirurgien en chef des armées de Napoléon parvenait à guérir les maladies de peau par l’utilisation de la sève de bouleau. Il s’en servait également pour les cas de rhumatisme, de goutte, de problèmes de vessie et d’autres maladies chroniques.

Il déclare :

"Dans tout le Nord de l’Europe, à commencer par nos départements du Rhin jusqu’aux confins de la Russie la plus septentrionale, l’eau de bouleau est l’espoir, le bonheur et la panacée des habitants riches et pauvres, grands et petits, seigneurs et serfs. C’est un remède précieux dans les affections rhumatismales dans les reliquats de goutte, dans les embarras de la vessie et dans une foule de maux ".

 

 

 

1820

Reproduction de la représentation d'une chanson ojibwé illustrée sur une écorce de bouleau vers 1820.

les Ojibwés du Canada se sont servis de l'écorce de bouleau pour représenter leur histoire  sur des rouleaux scripturaux: ce sont les rouleaux Wiigwaasabak. Ils sont réputés pour leurs canoës à membrure de bouleau.

 

 

 

1825

Betula utilis a été décrit et nommé par le botaniste David Don dans son livre "Prodromus Florae Nepalensis" (1825), à partir d'échantillons recueillis par Nathaniel Wallich au Népal en 1820. 


Betula jacquemontii (Spach), d'abord décrit et nommé comme espèce en 1841, est considéré maintenant comme une variété de Betula utilis et dénommé Betula utilis var. jacquemontii.


 


 

Amable Tastu (1798-1885) Poète français 

Recueil : Poésies (1826).


Les saisons du Nord


...Et cette heure rapide où le soleil repose,

Clisse avec le murmure et les parfums de rose

Des bouleaux agités par la brise des mers...

 

 

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète français

 

A la Forêt de Fontainebleau


...Ô forêt adorée encor, Fontainebleau !

Dis-moi, le gardes-tu sur le tronc d'un bouleau,

Ce nom que j'appelais mon espoir et mes forces,

Et que j'avais gravé partout dans tes écorces ?...

 

 

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète français

Recueil : Odelettes (1856).

 

À Raoul Lebarbier.


C'est sous le bouleau,

Dont les feuilles sombres

Découpent dans l'eau

De légères ombres,

Et lorsqu'un éclair

Montre leurs visages,

On sent courir l'air

Dans ces paysages !


 


 

 

1859

Victor Hugo

La Légende des siècles (1859) 

..."Mais, vieux, on tremble ainsi qu'à l'hiver le bouleau. - Je suis veuf, je suis seul, et sur moi le soir tombe, - Et je courbe, ô mon Dieu! mon âme vers la tombe, - Comme un boeuf ayant soif penche son front vers l'eau"...
 

 

 

Ivan Sergueïevitch Tourgueniev (1818-1883 à Bougival) écrivain, romancier, nouvelliste et dramaturge russe grégorien). 

 

Premier Amour (1860) 


...J'étais absorbé dans la contemplation d'un pivert bariolé 

qui gravissait le tronc mince d'un bouleau 

et jetait des coups d'oeil inquiets, à droite puis à gauche, 

comme un contrebassiste derrière son instrument...

 

 

 

1868

Charles Dollfus (1893-1981) aéronaute et historien français, ancien conservateur du Musée de l'aéronautique 

De la Nature humaine (1868) 

..."Le bouleau est féminin, le chêne est viril. Il y a quelqu'un de plus intrigant que l'intrigant; c'est l'intrigante"...

 

 

Albert Mérat (1840-1909) Poète français 

Recueil : Le Parnasse contemporain, II (1869-1871).


Dessous de bois


...Les bouleaux, à leur feuillage blanc

Prenant la brise, en font un murmure tremblant

Que le buisson répète au brin d'herbe qui rampe...

 

 

1873-1877.

Illustrations de la obra :

Les merveilles de l'industrie ou, Description des principales industries modernes /

par Louis Figuier (1819-1894). - Paris : Furné, Jouvet, (1873-1877). - Tome II

"Appareil pour l'extraction de l'huile de bouleau".




 

 

 

1878

Ivan Ivanovitch Chichkine (1832-1898) peintre et graveur russe.

La Boulaie

 


 

1871  

Alexeï Kondratievitch Savrassov  (1830–1897) 

Les freux sont de retour

Moscou dans les collections de la galerie Tretiakov 

 

 

 

1879 

Arkhip Ivanovitch Kouïndji, (1841-1910) peintre paysagiste ukrainien d'origine grecque-pontine.

Petit bois de bouleaux, 

 


 

1885

Betula pendula Roth, syn. Betula verrucosa Ehrh.

Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagne


 

 

 

 

Maurice Rollinat (1846-1903) Poète français  

Recueil : Paysages et paysans (1899).

 


Le vieux chaland

 

...Un jour que je pêchais dans sa rivière fraîche,

Assis contre un bouleau qui brandillait au vent,

Le vieux meunier Marchois par le discours suivant

Sut me distraire de la pêche :...

 

 


 

Maurice Rollinat (1846-1903) Poète français  

Recueil : Paysages et paysans (1899).


Journée de printemps


Sonnet.

...Sur le murmure qui se ouate

Le rossignol file un solo :

L'écorce blanche du bouleau

Met du mystique dans l'air moite...

 

 


 

Maurice Rollinat (1846-1903) Poète français  

Recueil : Paysages et paysans (1899).

 

Les deux bouleaux

Sonnet.


L'été, ces deux bouleaux qui se font vis-à-vis,

Avec ce délicat et mystique feuillage

D'un vert si vaporeux sur un si fin branchage,

Ont l'air extasié devant les yeux ravis.

 

Ceints d'un lierre imitant un grand serpent inerte,

Pommés sur leurs troncs droits, tout lamés d'argent blanc,

Ils charment ce pacage où leur froufrou tremblant

Traîne le bercement de sa musique verte.

 

Mais, vient l'hiver qui rend par ses déluges froids

La figure du ciel, des rochers et des bois,

Aussi lugubre que la nôtre ;

 

Morfondus, noirs, alors les bouleaux désolés

Sont deux grands spectres nus, hideux, échevelés,

Pleurant l'un en face de l'autre.


 


 

 

Charles Guérin (1873-1907) Poète  

Recueil : Joies grises (1894).

 

Mélodie païenne

 

...Venez ce soir, m'amie, à la vesprée ;

Pendant qu'au bourg on danse la bourrée,

Vous passerez par la porte du clos,

Et je vous attendrai sous les bouleaux,

Près de la source au soleil empourprée....

 

 

 

En 1896, "le Journal des connaissances utiles" indique dans un article du mois de mars que ...


..."les salières suspendues sous le manteau de nos cheminées de cuisine sont en bois de bouleau. Son écorce sert à tanner le cuir et à lui donner une belle couleur jaune... "

Parmi d'autres usages, son bois est utilisé dans la fabrication de balais, de verges, de sabots tandis que la sève, voire l'écorce, servent de matière première, par exemple au charron pour fabriquer une poix graisseuse mais stable appliquée sur les jantes des moyens de transport et de traction.


 

 

 

Le médecin français Henri Leclerc (1870-1955) dans son ouvrage :

"Précis de phytothérapie.Essai de Thérapeutique par les plantes françaises" préconise :

...Les préparations à base de bouleau pour lutter contre la cellulite  lorsque que celle-ci est due à un excédent d’acide urique et de cholestérol...

 

 

 
Paul Fournier (1853-1935) historien du droit français, 

recommande des préparations d'eau de bouleau pour résoudre les difficultés urinaires.

 

 


Le Docteur Stephen Pierre Artault de Vevey (1862-1938) 

a utilisé l’action diurétique du bouleau pour compléter le traitement de l’azotémie (rétention de l’urée dans le sang) et de divers symptômes : maux de tête, névralgies, vertiges…
 

 

 

 

XX° siècle

 

 

1901

Arkhip Ivanovitch Kouïndji, (1841-1910) peintre paysagiste ukrainien d'origine grecque-pontine.

Bosquet de bouleaux, 

 

 

 

 

Robert Lee Frost (1874-1963) poète américain.

 

Bouleaux

 

Quand je vois des bouleaux se pencher à gauche et à droite

à travers les lignes d'arbres plus sombres et droits,

j'aime penser qu'un garçon les a balancés. 

Mais se balancer ne les plie pas pour rester.

Les tempêtes de verglas font cela.

Souvent, vous devez les avoir vus

chargés de glace un matin d'hiver ensoleillé

Après une pluie. Ils cliquent sur eux-mêmes au

fur et à mesure que la brise monte et deviennent multicolores

Au fur et à mesure que le mélange craque et fend leur émail.

Bientôt la chaleur du soleil leur fait jeter des coquilles de cristal

Fracassant et avalant sur la croûte de neige

De tels tas de verre brisé à balayer

On pourrait penser que le dôme intérieur du ciel est tombé.

Ils sont traînés vers la fougère flétrie par la charge,

Et ils semblent ne pas se briser; mais une fois qu'ils sont courbés

si bas pendant longtemps, ils ne se redressent jamais :

vous pouvez voir leurs troncs se cambrer dans les bois

Des années après, traînant leurs feuilles sur le sol,

comme des filles sur les mains et les genoux qui jettent leurs cheveux

devant eux au-dessus de leurs têtes pour sécher au soleil.

Mais j'allais dire quand la vérité a fait irruption

Avec tout ce qu'elle a fait sur la tempête de verglas,

je préférerais qu'un garçon les plie

Pendant qu'il sortait et allait chercher les vaches -

Un garçon trop loin de ville pour apprendre le baseball,

dont le seul jeu était ce qu'il se trouvait,

été ou hiver, et pouvait jouer seul.

Un par un, il a maîtrisé les arbres de son père

En les chevauchant encore et encore

jusqu'à ce qu'il leur enlève la raideur,

et qu'il ne lui en restât pas un seul mais resté mou,

il n'en restait pas un à vaincre. Il a appris tout ce qu'il y avait

pour savoir comment ne pas se lancer trop tôt

Et ainsi ne pas emporter l'arbre au sol.

Il a toujours gardé son équilibre

Jusqu'aux branches supérieures, grimpant avec précaution

Avec les mêmes douleurs que vous utilisez pour remplir une tasse

Jusqu'au bord, et même au-dessus du bord.

Puis il se jeta vers l'extérieur, les pieds en premier, avec un

coup de pied dans les airs vers le sol.

Ainsi étais-je une fois moi-même un échangiste de bouleaux.

Et donc je rêve de redevenir.

C'est quand je suis las des considérations

Et la vie ressemble trop à un bois sans chemin

Où votre visage brûle et chatouille avec les toiles d'araignée

Brisé dessus, et un œil pleure

D'une brindille qui l'a fouetté.

J'aimerais m'éloigner de la terre un moment

Et puis y revenir et recommencer.

Qu'aucun destin ne me comprenne volontairement

Et n'accorde à moitié ce que je souhaite et ne m'arrache

pas pour ne pas revenir. La Terre est le bon endroit pour l'amour :

je ne sais pas où elle va probablement mieux.

Je voudrais grimper sur un bouleau ~ 

Et grimper des branches noires sur un tronc blanc comme neige 

Vers le ciel, jusqu'à ce que l'arbre n'en puisse plus supporter,

Mais a plongé son sommet et m'a redescendu.

Ce serait bien d'aller et de revenir.

On pourrait faire pire que d'être un échangiste de bouleaux.


 

 

 

Cécile Sauvage (1883-1927) Poètesse française 

Recueil : Le vallon (1913).


 

Petites violettes blanches

 

Voyez comme l'ombre mouvante

Qui tombe du bouleau pleureur

Fait une délicate mante

De dentelle autour de mon cœur.
 

 

 

Constant Burniaux (1892-1975), écrivain et poète belge.

 

 Le bouleau 

 

Tous les vents -

Des plus terribles au plus doux,

De la tempête au zéphir -

lui racontent leurs histoires

et toutes ses feuilles - 

Toutes, jusqu'à celle qui tremble à la cime,

La dernière -

Frissonnent et répètent,

S'agitent et racontent en chœur. 

 

Puis le bouleau se redresse :

Il a tout oublié.

Mais d'autres vents viennent,

D'autres vents passent

Et les jours, et les semaines, et les saisons.

Le bouleau, lui, ne retient pas grand-chose

Des soupirs du printemps,

Des lamentos de l'automne.

Étrange bouleau.

On lui raconte tout

Et il ne sait presque rien.

 

Un jour, ses feuilles s'envolent.

Elles vont confier à la terre

Mille et mille petits secrets bien mal compris,

Et qui pourrissent ensemble, 

Au pied du bouleau,

Du bouleau qui monte vers le ciel,

Où vit l'éternel oubli,

L'oubli fatal qui se nuance et se colore,

Et recommence et s'ennuie encore,

Et se confie finalement aux nuages,

Qui font toujours le même voyage. 


 

 

Constant Burniaux (1892-1975), écrivain et poète belge.

1922-1963 - Le Cherche-Midi

 


Le bouleau


 Tous les vents —

des plus terribles aux plus doux,

de la tempête au zéphir —

lui racontent leurs histoires

et toutes ses feuilles —

toutes, jusqu'à celle qui tremble à la cime,

la dernière —

frissonnent et répètent,

s'agitent et racontent en chœur.

 

Puis le bouleau se redresse :

il a tout oublié.

Mais d'autres vents viennent,

d'autres vents passent

et les jours, et les semaines, et les saisons.

Le bouleau, lui, ne retient pas grand-chose

des soupirs du printemps,

des lamentos de l'automne.

Étrange bouleau.

On lui raconte tout

et il ne sait presque rien.

 

 Un jour, ses feuilles s'envolent.

Elles vont confier à la terre

mille et mille petits secrets bien mal compris,

et qui pourrissent ensemble,

au pied du bouleau,

du bouleau qui monte vers le ciel,

où vit l'éternel oubli,

l'oubli fatal qui se nuance et se colore,

et recommence et s'ennuie encore,

et se confie finalement aux nuages,

qui font toujours le même voyage.


 


 

 

1925

Serge Essénine (1895-1925) poète russe 

 

L'homme noir


...Dans un suaire blanc, la plaine disparaît

Sous la lune, enneigé, mon pays paraît blême,

Et les bouleaux en pleurs regrettent les forêts ;

Qui donc est mort ici ? 

Peut-être est-ce moi-même... 
 

 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 


Le bouleau


Chaque nuit, le bouleau

Au fond de mon jardin

Devient un long bateau

Qui descend ou l'Escaut

Ou la Meuse ou le Rhin.

Il court à l'Océan

Qu'il traverse en jouant

Avec les albatros,

Salue Valparaiso,

Crie bonjour à Tokyo

Et sourit à Formose.

Puis, dans le matin rose

Ayant longé le Pôle,

Des rades et des môles,

Lentement redevient

Bouleau de mon jardin.


 


 

 

Maurice Carême (1899-1978) poète et écrivain belge de langue française.

 


Les bouleaux


Se profilant, tous blancs de tronc,

Sur le bleu doux de l'horizon,

Six bouleaux sont plantés en rond.

 

Le premier croît au bord de l'eau

Et tendu vers les matelots,

Regarde passer les bateaux.

 

Le deuxième, à l'orée d'un champ,

Les branches basses rêvant,

Se laisse bercer par le vent.

 

Le troisième, rempli d'oiseaux,

Chante comme un immense nid

Dans l'air bourdonnant de midi.

 

Le quatrième abrite un mort.

Depuis le jour de l'accident,

Jamais, jamais on ne l'entend.

 

Se profilant, tous blancs de tronc,

Sur le bleu doux de l'horizon,

Six bouleaux sont plantés en rond.

Quand des bouleaux si différents

Vivent heureux sous le soleil,

Pourquoi nous veut-on tous pareils,

Nous autres, les enfants ?


 


 

 

Le Docteur Jean Valnet (1920-1995)

dans son livre "La Phytothérapie"  –  Se soigner par les plantes"

indique que la sève de bouleau agit sur la lithiase urinaire et les coliques néphrétiques.

 

 

 

1989


Jacques Brosse (1922-2008) naturaliste, historien des religions et philosophe français. 


Mythologie des arbres, Plon, 1989 


..."Pourquoi le bouleau joue-t-il un tel rôle, plutôt que le sapin, par exemple, souvent considéré par les peuples du Nord de l'Asie comme l'Arbre cosmique ? Il est en effet loin d'avoir sa haute taille, Betula verrucosa Ehrh. ne dépasse pas 25 mètres, Betula pubescens est un peu plus petit, 15-20 mètres. Si leur croissance est rapide, ils ne vivent pas plus d'une centaine d'années, alors que le sapin peut atteindre au moins 700 ans. Seulement, outre sa légèreté, son élégance, la beauté de son écorce d'un blanc argenté, de plus en plus pur vers la cime, le bouleau possède des qualités que lui reconnaissent toutes les traditions. C'est essentiellement un arbre de lumière."...

 


 

 

 

XXI° siècle

 

 

 

Sylvain Tesson (1972) écrivain voyageur français

Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011

"...Bouleau, je te confie un message : va dire au ciel que je le salue..."

 

 


Rébecca Terniak - auteur et poète suisse

 


Bouleau au doux Amour et Vénus dédié

 

Ô toi, arbre entre tous, joli,

Si délicat, fin et gracile

Tout à Vénus dédié,

Je te contemple émerveillée,

De jour comme et de nuit,

Dans ta grâce immobile.

Tu irradies amour et beauté

Et ton feuillage aérien et fin

Fait de mille tendres cœurs petits

Exhale une douce et mobile clarté

Et verse en nous un chant serein.

Je m’extasie du tendre blanc éclat

De ton écorce au toucher délicat.

A travers toi,

J’entrevois

Vaste, tout un pays

Dans sa mystérieuse poésie,

Reprenant le flambeau de l’Esprit.

Tout jeune encore dans ses possibilités

Mais riche d’éveil pour un lointain

Cultivant le Beau et le Bien.

La Russie au cœur gonflé

D’amour et fraternité

Où dévotion sincère s’épanouit

Pour le Saint des Saint,

Où tous les germes d’avenir

Seront prêts

A éclater

Pour le Devenir

De notre mère Terre.

Et préparer le Temps béni

 Où notre planète bannira la guerre.

Arbre adolescent sacré

Que de bienfaisante bonté

Tu détiens et promets !

Dans tes racines profondes

Sont inscrits de lointains nouveaux mondes,

Où il fera bon vivre et chanter,

 Où chaque humain sera entouré et soigné,

Où l’Art à l’Amour Universel sera consacré.


 

 

 

Proverbe sur le bouleau 

 

- Si le bouleau verdit avant l'aulne alors l'été sera sec, si c'est l'aulne qui devance le bouleau alors la saison sera humide.

 

 

 

Signification du bouleau


- Arbre du renouveau, du retour de la vie, symbole de pureté, de douceur et de délicatesse. 


- Il symbolise toutes les formes de rapprochement avec le ciel.  

Dans le langage floral il signifie "Bienveillance vis à vis de soi et des autres".

 

 

 

Mythes et légendes

 


- Le bouleau était l’un des sept arbres sacrés du bosquet des druides, symbole de connaissance parfois appelé "arbre de la Sagesse"


- Les Amérindiens considéraient le bouleau comme un arbre sacré et utilisaient son écorce pour fabriquer des canots et des parchemins.


- Les chamans de la Sibérie vantaient les vertus thérapeutiques de cet arbre des régions froides et tempérées. Ils n'hésitaient pas à monter dans ses branches pour mieux entrer en contact avec les Dieux de l'autre monde. 


- Le bouleau était utilisé pour apaiser les agités et les aliénés que l’on fouettait avec ses branches. 


- On flagellait les condamnés du Moyen Âge avec ses branches. C’est aussi dans l’espoir de chasser ce qui est néfaste, 


- Les exorcistes l’utilisaient en décoction, car ils assuraient qu’il faisait s’enfuir les démons.


- On surnommait le bouleau “Sceptre des maîtres d’école”, parce qu’avec son bois on fabriquait les baguettes servant à punir les cancres.


- Méditer sous cet arbre permet de mieux accepter sa vie, d’assumer les changements, de se réconcilier avec ce que l’on est, d’adoucir ses pensées.


- Certains peuples voient dans la simplicité de sa prestance le signe de la sérénité, l’acceptation des changements, la paix intérieure.


- Le nom local du bouleau est également à l'origine du nom du mois de mars dans plusieurs langues slaves ; il s'agirait d'une évocation de la sève qui commence à circuler à cette époque.


- En Lettonie le mois d’avril est propice à la récolte de la sève de bouleau, on "saigne" l'arbre pendant la montée de sa sève, selon une tradition ancestrale, c’est l’une des occupations préférées des Lettons et la loi autorise chaque habitant à récupérer le jus de bouleau. “Chaque individu est autorisé à faire un seul trou dans un arbre, même dans les forêts publiques, à condition que le diamètre de l’arbre soit supérieur à 40 centimètres”. Les Lettons estiment que c’est la rudesse de leurs hivers qui produit un jus particulièrement sucré. 


- Les peuples du Nord consommaient la sève fermentée du bouleau. De cette eau de bouleau on fait une liqueur en Suède, un vin en Estonie, un mousseux en Angleterre. 


- En Savoie on dit d’un homme ivre qu’il est dans les bouleaux .


- Le bouleau est un symbole nationaliste norvégien, 


- Le bouleau, protecteur des jeunes filles et des orphelins.


- Les berceaux en bouleau protègeraient les enfants

 

 

Utilisation

 

- Le bouleau est également un arbre décoratif utilisé dans les parcs et jardins. Il est souvent planté par groupe de trois (cépée de bouleaux).


- Le bois du bouleau jaune est utilisé en menuiserie (au Canada sous le nom de merisier et sous le nom de merisier rouge pour le bouleau flexible).


- Le bouleau brûle vite sans que sa flamme soit trop chaude et il laisse très peu de cendres. Apprécié des boulangers, c'était le bois de boulange. Des fagots étaient également utilisés pour faire chauffer l'huile de friture, le cuisinier atteignait ainsi rapidement une température suffisante. 


- On en fait aussi des berceaux de nouveaux nés


- L'écorce blanche du bouleau à papier, le mâchecoui, était très utilisée par les amérindiens pour la fabrication des canoës d'écorce, d'ustensiles de cuisine, pour recouvrir leurs abris.

 

 

 

Alimentaire


- En Amérique du Nord, de l'Est du Canada à l'Alaska, à partir de la sève brute du bouleau blanc est produit de l'eau de bouleau, de la bière (Birch beer), du vin, de l'eau-de-vie, du vinaigre et du sirop de bouleau (un sirop édulcorant similaire au sirop d'érable).


- Le sirop de bouleau est un sirop obtenu à partir de la sève du bouleau (Betula) de la même manière que le sirop d'érable.


- La sève du bouleau contenant moins de sucres (de 0,5 à 2 % de glucide) que celle de l'érable, l'évaporation est plus longue et le rendement économique inférieur. L'odeur du sirop de bouleau est particulière, s'apparentant à celle du caramel avec une touche d'épice.

 

 

 

Vertus médicinales


- Le bouleau est reconnu comme antiseptique, dépuratif, cholérétique, cicatrisant, diurétique. 


- La médecine des plantes utilise ses feuilles, bourgeons et son écorce que l’on distille pour en extraire une huile essentielle. 


- La sève, les feuilles et l'écorce ont des vertus diurétiques et sont également utilisées dans le traitement des affections cutanées.


- On utilise les bourgeons ou l'écorce sèche en décoction et les feuilles en infusion comme dépuratif. La sève de bouleau appelée eau de bouleau est également utilisée dans de nombreux pays.


- On utilise la feuille de bouleau en poudre pour faciliter les fonctions d'élimination rénale et digestive. 

 

- Il est encore cité pour combattre les oedèmes, la goutte et l’arthritisme, l’hypertension aussi bien que la cellulite et l’obésité, les éruptions cutanées et l’artériosclérose.


- Au Moyen Âge on utilisait le bouleau pour soigner les plaies, les ulcères et les calculs rénaux. Propice aux reins et à la vessie. 


- On lui prête de nombreuses autres vertus thérapeutiques, d’autant qu’il vit en symbiose avec l’amanite muscaria ou amanite tue-mouches, champignon "magique" que l’on appelait aussi "la nourriture des Dieux" et avec lequel les chamans se droguaient.


 

 

 

Le bouleau en Cosmétique


La sève de bouleau est utilisée dans les cosmétiques, utilisée depuis très longtemps par les peuples nordiques, slaves et asiatiques. Les produits les plus connus sont les lotions capillaires.
 

 

 

Contes russes

“Vassilissa la très belle”, 


Un vieil homme et sa femme vivaient avec leur fille Vassilissa. Un jour, la vieille femme tomba malade et, avant de mourir, donna à sa fille âgée de huit ans une petite poupée en lui disant que si elle avait besoin d’aide, elle devrait la nourrir et lui demander conseil. De plus elle ne devrait sous aucun prétexte la montrer à quelqu’un.

 

Après la mort de sa femme, le vieil homme se remaria avec une veuve qui avait deux filles croyant qu’elle ferait une épouse et une mère de famille avisée. Mais toutes trois devinrent très rapidement jalouses de Vassilissa qui était très belle. 

 

Un jour que le vieil homme était parti au marché,  sa marâtre et ses deux méchantes sœurs envoyèrent,  à la tombée de la nuit, Vassilissa chez Baba Yaga la sorcière, chercher des éclats de bouleau pour chauffer et éclairer leur maison. Au cœur de la forêt, elle offre son ruban de soie rouge au bouleau et le noue aux branches protectrices de ce gardien du foyer. Celui-ci bénit la jeune fille et rassemble ses feuilles, masquant le chemin de sa fuite. De même, les brandons de bouleau rapportés par Vassilissa illuminent-ils si vivement la cheminée que la marâtre et ses filles ne peuvent en supporter l’éclat et se consument.

 

 

Légende sibérienne nanaï,

 
C’est au cœur de l’aubier clair d’un bouleau, arbre de résurrection,  que Mambou, l’orphelin sculpte le visage des guerriers morts,  quand son clan se voit décimé par les Chinois. 


Après avoir été jeté dans le lit du fleuve Amour chacun des masques revient à la vie sous forme d’un guerrier invincible qui venge le village anéanti. 
Puis, redevenus de simples troncs, ils servent à la fabrication d’un radeau sur lequel Mambou descend le fleuve à la recherche d’un nouveau clan.


 

 

 

Conte du Québec

adapté d'un conte Ojiboué

 

 

Le grand pin et le bouleau

 


Il y a bien longtemps, avant que les hommes n'arrivent dans le pays, les arbres étaient capables de parler. Le bruissement de leurs feuilles était leur langage calme et reposant. Lorsqu'ils agitaient leurs branches en tous sens dans le vent violent, leurs paroles étaient des discours pleins de courage ou remplis de peur.


La forêt était peuplée d'une multitude d'arbres de toutes sortes. L'érable laissait couler sa sève sucrée pour les oiseaux assoiffés. Un grand nombre d'oiseaux nichaient dans ses branches. Les merles venaient déposer leurs petits œufs bleus dans des nids bien installés. L'érable les protégeait du vent et de la pluie, toujours prêt à rendre service. Il était respecté aux alentours.


Pas bien loin de lui, un orme élevait ses longues branches vers le ciel. L'orme aimait le soleil et chacune de ses branches s'élançaient vers ses rayons. Les orioles, des oiseaux ressemblant aux rouges gorge mais en plus petit construisaient leurs nids balançoires dans sa ramure sachant qu'ils se trouvaient à l'abri dans les hauteurs.


Plus loin encore, le thuya offrait durant l'hiver l'hébergement à des familles entières d'oiseaux. Lorsque le froid faisait rage, le thuya refermait ses épaisses branches sur eux et les gardait bien au chaud. Les oiseaux étaient si confortablement installés qu'ils mettaient du temps, le printemps venu, à quitter leurs logis dans le thuya.


Le bouleau se tenait à peu de distance. Il était mince et élégant et son écorce douce et blanche le distinguait des autres. Ses bras souples et gracieux s'agitaient à la moindre brise. Au printemps, ses feuilles vert tendre étaient si fines qu'elles laissaient passer la lumière du soleil au travers.


Quand les hommes arrivèrent dans ces lieux, ils se servirent de l'écorce du bouleau pour fabriquer des canots, des maisons et même les récipients dans lesquels ils cuisaient leurs aliments.


Mais il arriva un jour que le bouleau, à cause de sa beauté, se mit à mépriser tout le monde.


Le grand pin était le roi de la forêt. C'est à lui que chaque arbre devait faire un salut en courbant la tête un peu comme on manifeste son obéissance au roi. Et ce roi était le plus grand, le plus majestueux, le plus droit de tous les arbres de la forêt. En plus de sa taille, sa magnifique vêture vert foncé assurait son autorité.


Un jour d'été, la forêt resplendissait des parfums et des couleurs de milliers de fleurs et un éclatant tapis de mousse recouvrait les coins ombragés du sol. Une quantité d'oiseaux, des gros, des petits, des bleus, des gris, des jaunes et des rouges, n'arrêtaient pas de chanter. Les arbres bougeaient doucement et agitaient leurs feuilles qui étaient des rires et des gais murmures de contentement. L'érable remarqua que le bouleau ne participait pas à cette réjouissance collective.


- Es-tu malade, bouleau ? demanda le gentil érable.


- Pas du tout, répondit le bouleau en agitant ses branches de façon brusque. Je ne me suis jamais si bien senti. Mais pourquoi donc devrais-je me joindre à vous qui êtes si ordinaires ?


L'érable, surpris de cette réponse, se dit que le roi grand pin ne serait pas content d'entendre de telles paroles. Car la première tâche de Grand Pin était de faire respecter l'harmonie parmi ses sujets.

- Tais-toi ! dirent les arbres au bouleau. Si le grand pin t'entend...


Tous les arbres étaient très solidaires les uns des autres comme le sont les frères et les sœurs qui s'entraident. Seul, le bouleau refusait l'amitié de ses compagnons. Il se mit à agiter ses branches avec mépris et déclara :

- Je me fiche bien du roi. Je suis le plus beau de tous les arbres de la forêt et dorénavant je refuserai de courber la tête pour le saluer !
Le grand pin, qui s'était assoupi, s'éveilla tout d'un coup en entendant son nom. Il secoua ses fines aiguilles pour les remettre en place et s'étira, s'étira en redressant son long corps.

- Bouleau, que viens-tu de dire ? lança-t-il.


Tous les arbres se mirent à trembler car ils se doutaient bien que la colère grondait dans le cœur du grand pin. Mais le bouleau ne semblait nullement craindre sa colère. Il étala ses branches avec dédain, les agita dans un sens et dans l'autre et dit d'un ton hautain :

- Je ne vais plus vous saluer, grand pin. Je suis le plus bel arbre de la forêt, plus beau que tous les autres, plus beau même que vous !


Le grand pin se fâcha. Ses bras se mirent à s'agiter bruyamment. Et tous les arbres attendirent dans le plus grand silence la suite des événements.

- Bouleau, lança le roi pin, tu es devenu vaniteux ! Je vais t'apprendre une leçon que tu n'oublieras jamais.


Le grand pin se pencha en direction du bouleau et frappa sa tendre écorce de toutes ses forces. Ses aiguilles lacérèrent la douce peau blanche du bouleau.


Enfin, il dit :

- Que tous apprennent par toi, bouleau, que l'orgueil et la vanité sont mauvais.


Depuis ce jour, l'écorce de Bouleau est marquée de fines cicatrices noires. C'est le prix qu'il dut payer pour sa vanité. Tous les membres de sa famille, sans exception, ont gardé, marquée dans leur peau, la trace de la colère du roi grand pin.


 

 

 

Pour en savoir plus

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10 mai 2022 2 10 /05 /mai /2022 00:18

 

 

Mythologie des arbres


L'oranger - Citrus sinensis 

 


L’oranger  - (Citrus sinensis (L.) Osbeck, 1765), est un arbre fruitier de la famille des Rutacées.  Il est originaire de Originaire de l’Asie (Chine, Vietnam, Inde). 

 

Vers gravés sur un oranger

Oranger, dont la voûte épaisse

Servit à cacher nos amours,

Reçois et conserve toujours

Ces vers, enfants de ma tendresse ;

Evariste de Parny (1753-1814)


L’oranger doux, Citrus sinensis, est le fruit le plus cultivé au monde ! Ce représentant des agrumes est réputé pour le parfum enchanteur de sa floraison, la saveur douce et acidulée de ses fruits d’une belle couleur vive au cœur de l’hiver.


Sa silhouette ronde au port harmonieux peut atteindre 10 mètres de haut, avec des rameaux plus ou moins épineux et des feuilles de 4 à 10 cm de long. Il aime les sols riches et bien drainé. Il peut être planté en terre ou en pot et nécessite une bonne exposition au soleil. Sensible au froid, il doit être protégé dès les premières fraîcheurs. 


Cultivé dans les régions chaudes, cet hybride ancien est probablement un croisement entre le pamplemousse et la mandarine. Ses fruits sucrés et comestibles sont les oranges.


Comme tous les agrumes, l'oranger possède un feuillage persistant, luisant qui lorsqu'on le frotte répand des essences d'agrumes. Ses feuilles vert profond sont légèrement ailées.


Les premières floraisons débutent vers l'âge de 7 ans. Sa période de floraison extrêmement odorante s’étend d’avril à juillet et la récolte s‘effectue de Novembre à Mars. Ses fleurs blanches sont très parfumées.
Le fruit du Citrus sinensis est appelé orange douce . Il varie en forme et en couleur selon les variétés. Il en est de même pour la pulpe plus ou moins acide, et dont la couleur varie de l’orange au rouge. Importante source de vitamine C, il est  le fruit d’hiver par excellence, une et le deuxième fruit le plus consommé, en France, après la pomme.


L'oranger comprend plus de 900 espèces réparties en 160 genres. L’ensemble des agrumes (citron, pamplemousse, orange, bergamote etc.) font partie de cette famille.


 

 

 

Principales variétés d’oranger 

 


Citrus sinensis se répartit en trois grands groupes.

 

Les oranges Navels


Parfumées et juteuses, dotées de peu de pépins, elles se destinent de préférence en dessert à une consommation crue et simple.


Ces oranges blondes à chair doivent leur nom à la petite excroissance sur la partie supérieure de l'orange, qui peut faire penser à un "nombril"– “Navel” en anglais. Un petit embryon de fruit se forme à l'intérieur de l'orange


Les orangers Navels, très populaires, se déclinent en cinq variétés, mesurant entre 3 et 4 m à maturité. Leur floraison printanière blanche mais également leur feuillage épais vert foncé de forme ovale dégagent un parfum délicat.

 

La récolte s'effectue en novembre-décembre. Les oranges n'ont pas besoin d'être entièrement de couleur orange pour être savoureuses. Elles se conservent très bien sur l'arbre, même une fois arrivées à maturité.
 


Ces agrumes ne résistent pas à des températures en dessous de -5°C, leur culture en pleine terre est à réserver aux régions les plus chaudes et aux situations les plus ensoleillées. 


Ailleurs, ils seront cultivés en pot et hiverner. Les oranges Navels dites oranges de table se déclinent en cinq variétés, toutes dotées d’un ombilic.


 


 

 

Les oranges blondes à jus

 

Elles ne possèdent ni ombilic ni pépins. Très riches en jus, elles sont souvent consommées pressées

Grâce à leur saveur parfumée, elles peuvent se consommer en fruit à croquer, mais sont  appréciées pour leur belle propension à produire un jus généreux et très goûteux.

 

Citrus sinensis "Salustiana" 

offre en plus une floraison exceptionnellement parfumée, des fruits légèrement aplatis à peau fine et à pulpe très juteuse, douce et sucrée de novembre à avril dans les régions chaudes, de janvier à mars partout ailleurs.

 

Citrus sinensis "Valentia Late". 

est l’un des plus rustiques mais également des plus productifs. Fruitier à croissance rapide, de 5 ou 6 m de haut à maturité, sa belle silhouette se couvre, d’avril à juillet, d’un grand nombre de fruits sans pépins, à peau assez fine et extrêmement juteux. Ces oranges sont les plus vendues au monde.


 

 

 

Les oranges sanguines


Elles doivent leur nom à l’exceptionnelle couleur rouge de leur pulpe, rustiques, elles peuvent résister  à -7°C sur de courtes périodes.


Les quatre orangers les plus connus de cette catégorie sont :

 


Citrus sinensis "Tarocco", 

Cette ancienne variété est sans doute une des meilleures variétés d'oranges sanguines, très juteuse et parfumée, avec un très bon équilibre sucre-acidité, une pulpe très rouge, et très peu de pépins. cet oranger est le plus cultivé. Il est celui qui propose la période de consommation la plus courte, deux ou trois mois seulement, entre décembre et février.

Cet arbuste de petite taille, assez épineux, est très vigoureux. Sa Floraison printanière est très parfumée. Agrume un peu épineux, de petite taille mais vigoureux avec une rusticité intéressante : -7°C.
 

 

Citrus sinensis "Moro", 

Cet oranger à une floraison trés odorante. Les fruits se récoltent au cœur de l’hiver, de décembre à février.

Cet arbre au beau port arrondi qui atteint 6 m de hauteur à maturité pour environ 4 m d’envergure. Son fruit tres sanguin, est intensément coloré avec une peau et une pulpe tirant sur le violet. Cette orange se consomme en fruit frais et jus.

 

Citrus sinensis "Sanguinello" 

Plus tardif, à floraison trés parfumée, cet oranger propose une récolte de février à avril.

Cet agrume non épineux très vigoureux donne un fruit dont la pulpe orange se veine de rouge sang, un fruit sucré, qui se consomme en fruit frais, jus et cuisinesucré qui donnera un jus doux et très parfumé.

 

Citrus sinensis "Maltaise demi-sanguine"

Cet oranger forme un petit arbre au port harmonieux et de croissance rapide pouvant atteindre de grande taille en pleine terre. La floraison, au printemps, est très parfumée.

Sa peau et sa pulpe sont cependant teintées de reflets rouge sang à maturité. C’est une orange qui a la réputation d’être l’orange douce la meilleure du monde, très juteuse, idéale comme orange à jus. Douce et sucrée avec une légère ponte d’acidité.

Un fruit ovale, une peau épaisse d’un bel orange vif.

 


 

Le bigaradier, oranger amer, oranger de Séville 


(Citrus aurantium L., 1753) 

 

C’est un petit arbuste de 5 à 10 mètres de la famille des rutacées (agrumes), qui aime le soleil et les sols fertiles et bien humides. 


La variété la plus répandue en Occident (C. aurantium var. bigaradia Hook. f.) est originaire du sud de l’Himalaya où Joseph Hooker signale des arbres sauvages .


C'est à l'origine un hybride entre le pamplemoussier Citrus maxima et le mandarinier Citrus reticulata.


Arbre magique de la parfumerie : Fleur, feuille, branche et fruit procurent chacun à leur manière de multiples odeurs et nuances comme autant de couleurs sur leur arbre.


Ses rameaux, et feuilles en fuseau, persistantes et luisantes, contiennent des composés parfumés exploités pour leur vertus olfactives.


Ses fleurs sont en revanche plus grandes que celles de l’oranger doux, et diffusent un parfum bien plus intense, on en tire l'essence de néroli et l'eau de fleur d'oranger. 


Son petit fruit, la bigarade ou orange amère, peu juteux, amer, acide et rempli de pépins, est surtout le zeste qui présente un intérêt aromatique et gustatif


C'est également un porte-greffe pour d'autres agrumes et un arbre décoratif.


 

 

 

Mythologie greco-romaine

 


Dans les douze travaux d’Hercule (Héraclès), le onzième consiste à rapporter les fruits d’un pommier d’or dans les jardins des Hespérides situé sur les pentes du Mont Atlas, aux confins du monde à l’ouest, là où le soleil se couche (les grecs situaient ce jardin au Portugal, qui était alors la partie de la terre connue la plus à l’ouest). Contrairement à ce que son nom indique, les fruits du pommier d’or n’étaient pas des pommes en or mais des certainement des oranges, surnommées ainsi à cause de leur couleur.

 

Le Jardin des Hespérides


Le jardin des Hespérides, situé à la limite occidentale du monde, est un jardin d’immortalité réservé aux Dieux. Au cœur du jardin, un arbre fabuleux donne des pommes d’or. Gaia (la Terre) en offrit à Héra lors de ses noces avec Zeus car ces fruits étaient porteurs d’immortalité et de fécondité. Le jardin est gardé par les Hespérides, filles d’Atlas et de Pléioné. Ces nymphes sont le plus souvent au nombre de trois (Aeglé, Érythie et Hespérie) parfois quatre ou cinq dans certaines légendes. Aidées par un dragon à cent têtes, Ladon, elles interdisent quiconque de pénétrer les lieux.


Dérober des pommes d'or au jardin des Hespérides est le onzième des douze Travaux d'Héraclès (Hercule). Après mille péripéties, Héraclès trouve enfin le jardin. Il réussit à convaincre le titan Atlas, qui soutenait toute la voûte céleste sur ses épaules, de le remplacer pendant qu’il irait chercher les fruits.


Atlas, étant le père des Hespérides, n’eut aucun mal à cueillir les pommes d’or, mais, trop heureux de se voir débarrassé de sa lourde tâche, il revint dire à Héraclès qu’il les rapporterait lui-même à Eurysthée.


Héraclès dut encore ruser, proposant à Atlas de le soulager quelques instant pour qu’il puisse mieux se positionner. Évidemment, dès qu'Atlas eut repris son fardeau, Héraclès s’enfuit avec les pommes d’or. On raconte que par la suite, Athéna fit rapporter les fruits aux Hespérides.

 

 

Zeus (Jupiter) offre des fleurs d’oranger à son épouse Héra (Junon), protectrice des femmes et la déesse du mariage, gardienne de la fécondité du couple et des femmes en couches

 

 

 

 

L'orange et la fleur d'oranger dans la religion

 


Symbolisant la pureté́ et la chasteté́ dans le monde chrétien, la fleur d’oranger est l’attribut de Marie. L’orange, quant à elle, est un symbole de rédemption.


Dans la culture arabe, l’eau de fleurs d’oranger accompagne tous les rituels familiaux.


 

 

 

2200 av. J.C. - 500 av. J.C.  

 


Les agrumes sont cités dans le traité de géographie Yu Gong (Xia Shu, 2200 av. J.-C) consacré à la dynastie Xia.

Dès ces temps reculés les agrumes sont cultivés et admirés, Ju You (mandarines et pomelo) désignent des fruits offerts en hommage à l'empereur.

 

 

Le plus ancien document historique, dans lequel il soit fait mention de l'orange, est chinois; c'est le Shu-King, recueil de documents (discours, conseils, décrets, etc.) concernant la politique et l’administration des souverains de l’Antiquité chinoise, depuis Yao, et Shun (IIIe millénaire av. J.-C.?) jusqu’à la fin des Zhou occidentaux (règne du Duc Mu de Qin, environ - 627). Ces documents auraient été rédigés par les équipes de greffiers et secrétaires que les rois entretenaient.
 

On y parle des kü (oranges) et des yu (pamplemousses) cultivés alors dans les provinces connues aujourd'hui sous les noms de Chekiang, Anhui et Kiang-si.

 

 

 


 

 

 

 

340 - 278 av. J.-C

 


Le poème Jú sòng

attribué à Qu Yuan (340-278 av. J.-C.) glorifie les qualités de l'agrume 


Traduction française Marie Bizais (2008) 

 

Éloge de l'oranger (mandarinier selon certains)

 

..."Feuilles vertes, pour la joie, aux blanches fleurs mêlées,

Branches lourdes, fines épines, fruits ronds en paume roulant,

Jaune et vert confondus formant motifs brillants,

Teinte pure, blanc dedans : au bon lettré semblant !

Profusion, élégance d’une beauté sans tache"… 


 

 

 

II° siècle av. J.C.

 

L’oranger est mentionné dans des textes datant du II ème siècle av. J.-C.


Dans des tombes de la dynastie Han (200 av. J.-C.) dans le Hunan et le Hubei, des récipients funéraires contiennent des graines d'agrumes.


Dès cette époque les 4 espèces d'agrumes cultivés sont nommées distinctement: "yòu" le pomelo, "gān" la mandarine, "jú" l'orange douce et "chéng" la bigarade.
 

 

 

IIIe siècle - X° siècle

 


La bigaradier aurait été acclimaté en Mésopotamie "à l'époque romaine tardive". 


Il a ensuite été transporté par les Arabes depuis l'Inde au début du X° siècle. Les Arabes l'introduisent en Syrie en 943. 

D'après le baron Silvestre de Sacy (1758-1838) linguiste, philologue et orientaliste-arabisant français.


Zahar désigne la fleur d'oranger. Le mot renvoie à "brillant", "lumineux".

Ainsi la favorite du calife Abd al-Rahman III, al-Zahra, "la lumineuse", évoque la blancheur de la fleur d'oranger. C'est pour elle qu'il bâtit au X° siècle sa cité califale à Cordoue.


 


 

 

XI° siècle

 


La culture est mentionnée en Sicile en 1002, il est présent en Al-Andalus au XI° siècle, successivement à Malaga, dans la Vega de Grenade, puis la province de Castellón. La plupart des agronomes arabes andalous le mentionnent et décrivent parfaitement sa culture.

 

C’est à partir du XIe siècle que l'oranger amer gagne le reste de l’Europe, et la Sicile, introduit par les croisés.

 


Pendant les croisades la mode de porter des fleurs d'oranger a été amenée de l'est vers l'ouest et elle s'est transmise en Espagne, en France puis en Angleterre.


 

 

 

XII° siècle

 


Selon  Ibn al-Awam, agronome andalou qui a vécu au XII° siècle à Séville, auteur d'un traité d'agronomie, le Livre de l'Agriculture.


..."Le bigaradier oranger amer est cultivé comme plante décorative parfumée (la cour de la grande mosquée de Cordoue en est plantée, la bigarade est aussi appelée cordobesa, pour son intérêt pharmaceutique (liniment obtenu par macération du zeste dans l'huile d'olive), cosmétique (désodorisant corporel) et pour son huile essentielle qui "fortifie les articulations"... 

 

 

 

Su Shi (1037-1101)  homme politique (mandarin) de la dynastie des Song du Nord (960-1127). 


"Le lotus épuisé replie sa corolle, 

les branches du chrysanthème se poudrent de givre,

 mais souviens-toi mon amie 

que cette saison est la plus douce de l’année,

la période des oranges jaunes et des mandarines vertes". 

 


Eventail de la dynastie Song

d'après le poème de Su Shi mandarine verte et orange jaune par Zhao Lingrang


 


 

XIII° siècle

 

 

Le livre de cuisine de "l'Anonyme Andalou", (manuscrito anonimo) donne une recette de pâte d'orange (1/4 de zeste d'orange "rouge" désamérisés à l'eau froide, 3/4 de miel) dont il énumère les profits.

 
- Digestion, diurétique, et "elle fait du bien aux narines froides" -  ; le texte confirme qu'il existait divers cultivars de bigaradier.

Makamat de Hariri Abou Mohammad alQasim


 

 

 

XV° siècle

 

 

D’origine extrême-orientale, Citrus sinensis, l’Oranger, est parvenu en Europe au 15° siècle grâce aux navigateurs portugais qui ramenèrent les premiers spécimens du Sri-Lanka et de Chine. Il conquit très vite les terres méditerranéennes. 

A la fin du XV° siècle, la Vierge d’Andrea Mantegna est entourée par les orangers. 

 

Madonna Trivulzio, Andrea Mantegna, 1497


 


 

XVI° siècle

 


Les Espagnols introduisent l'oranger amer en Floride espagnole d'où il se répand dans le nouveau monde. Elle est présente au Mexique en 1568, au Brésil en 1587.

 

 


XVII° siècle

 

 

François Maynard (1582-1646) poète français, membre de l'Académie française.


La belle vieille


..."L'âme pleine d'amour et de mélancolie

Et couché sur des fleurs et sous des orangers,

J'ai montré ma blessure aux deux mers d'Italie

Et fait dire ton nom aux échos étrangers"...

 

 


Pierre Corneille (1606-1684) Poète français 

Recueil : Poésies diverses.

Madrigal.

 

La fleur d'orange

 

Du palais d'émeraude où la riche nature

M'a fait naître et régner avecque majesté,

Je viens pour adorer la divine beauté

Dont le soleil n'est rien qu'une faible peinture.

Si je n'ai point l'éclat ni les vives couleurs

Qui font l'orgueil des autres fleurs,

Par mes odeurs je suis plus accomplie,

Et par ma pureté plus digne de Julie.

Je ne suis point sujette au fragile destin

De ces belles infortunées,

Qui meurent dès qu'elles sont nées,

Et de qui les appas ne durent qu'un matin ;

Mon sort est plus heureux, et le ciel favorable

Conserve ma fraîcheur et la rend plus durable.

Ainsi, charmant objet, rare présent des cieux,

Pour mériter l'honneur de plaire à vos beaux yeux,

J'ai la pompe de ma naissance,

Je suis en bonne odeur en tout temps, en tous lieux ;

Mes beautés ont de la constance,

Et ma pure blancheur marque mon innocence.

J'ose donc me vanter, en vous offrant mes vœux,

De vous faire moi seule une riche couronne,

Bien plus digne de vos cheveux

Que les plus belles fleurs que Zéphire vous donne :

Mais, si vous m'accusez de trop d'ambition,

Et d'aspirer plus haut que je ne devrais faire,

Condamnez ma présomption,

Et me traitez en téméraire ;

Punissez, j'y consens, mon superbe dessein

Par une sévère défense

De m'élever plus haut que jusqu'à votre sein ;

Et ma punition sera ma récompense.

 

Charles Edward Perugini Jeune fille lisant, 1878

 


 

Jean de La Fontaine (1621-1695) poète français

Les Amours de Psyché -

 

Éloge de l'Oranger

 


Sommes-nous, dit-il, en Provence ?

Quel amas d'arbres toujours verts

Triomphe ici de l'inclémence

Des aquilons et des hivers ?

 

Jasmins dont un air doux s'exhale,

Fleurs que les vents n'ont pu ternir,

Aminte en blancheur vous égale,

Et vous m'en faites souvenir.

 

Orangers, arbres que j'adore,

Que vos parfums me semblent doux !

Est-il dans l'empire de Flore

Rien d'agréable comme vous ?

 

Vos fruits aux écorces solides

Sont un véritable trésor ;

Et le jardin des Hespérides

N'avait point d'autres pommes d'or.

 

Lorsque votre automne s'avance,

On voit encor votre printemps ;

L'espoir avec la jouissance

Logent chez vous en même temps.

 

Vos fleurs ont embaumé tout l'air que je respire :

Toujours un aimable zéphyre

Autour de vous se va jouant.

Vous êtes nains ; mais tel arbre géant,

Qui déclare au soleil la guerre,

Ne vous vaut pas,

Bien qu'il couvre un arpent de terre

Avec ses bras.


 


 

 

A la fin du XVIIe siècle, cette princesse diplomate contemporaine de Louis XIV, qui vécut à la cour d’Espagne, Anne-Marie Orsini, née de La Trémoille, épouse de  Flavio Orsini, prince de Nerola et duc de Bracciano;


En effet, elle utilisait l’essence de l’oranger pour parfumer ses gants et l’eau de son bain, et propagea la mode et l'usage de l'essence de bigaradier (ou oranger amer), Elle baptisa ce parfum essence de "Néroli", en hommage à la terre de Nerola, près de Rome.

Marie Anne de La Trémoille, duchesse de Bracciano, attribué à Nicolas de Largillière

 


 

Louis XIV, aimait à jouir de l’odeur délicate diffusée par les fleurs d’oranger au printemps. Il  fit aménager une Orangerie au château de Versailles dès 1663 par Louis Le Vau. 


Vingt ans plus tard, Jules Hardouin-Mansart double la taille de l’édifice pour lui donner son aspect actuel, orienté plein sud pour favoriser l’acclimatation des orangers, amateurs de chaleur. Leur très grande luminosité et leur température relativement douce en hiver en faisaient un parfait endroit de conservation pour ces petits arbres.


Les royaumes d’Italie, d’Espagne et du Portugal participèrent à l’enrichissement de la collection royale, et il devint même un temps de bon ton pour les courtisans de faire cadeau de jeunes orangers au roi.

 

L'Orangerie du château de Versailles par Étienne Allegrain Collections du château de Versailles.


 


 

 

Selon l'historien de l'alimentation Ivan Day, l'une des premières recettes connues pour une marmelade d'oranges (proche de ce qu'on appelle aujourd'hui la confiture) vient du livre de recettes d'Eliza Cholmondeley vers 1677.


 


 

1698

Claude Jordan (1659-1737) imprimeur, libraire et journaliste français.

Voyages Historiques de L'Europe : 

Qui comprend tout ce qu'il y a de plus curieux en Espagne et en Portugal, Vol. 2. La Haye, Etienne Foulque. 1698.


..."J'ay déjà remarqué que le Portugal produit quantité de Citrons et d'Oranges douces, mais je n'ay pas dit que l'origine de ces fruits que nous appelons en France Orange de Portugal, vient de la Chine, aussi les Hollandais et les Allemands les appellent Cina Appel, c'est-a-dire Pommes de la Chine, il n'y a pas encore quarante ans que les Portugais apportèrent de ce Pays là, la première greffe de ces fruits qui a tellement multiplié qu'on voit aujourd'hui de Forêts entières de ces arbres en Portugal"...

 

 

XVIII° siècle

 

 

1715
 

Louis Liger (1658-1717) agronome français.


Dictionnaire pratique du Bon Ménager de campagne et de ville, Paris 
chez Pierre Ribou, 1715 vol.2 


..."L’Oranger a un avantage particulier sur les autres arbres à fruits, & qui est que la nature lui a prescrit deux tems en une année pour donner des fleurs, au lieu que les premiers n'en produisent qu'une seule fois. — ..."


 

XVIII° siècle

 


Cardinal de Bernis (1715-1794) Poète, diplomate, ministre, prélat


Sur l'amour de la patrie


..." Trésor du laboureur, ornement du berger,

L'olive sous mes yeux s'unit à l'oranger"...

 

 


Evariste de Parny (1753-1814) chevalier puis vicomte de Parny, poète français 

 


Vers gravés sur un oranger


Oranger, dont la voûte épaisse

Servit à cacher nos amours,

Reçois et conserve toujours

Ces vers, enfants de ma tendresse ;

Et dis à ceux qu'un doux loisir

Amènera dans ce bocage,

Que si l'on mourait de plaisir,

Je serais mort sous ton ombrage.

 

Berthe Morisot - Villa à l'orange

 

 

 

En 1763, l'Amérique exporte des bigarades vers le Royaume-Uni, où une tentative de culture a commencé en 1595, dans le Surrey, détruite par le froid en 1739. 

 

 

Au XVIIIe, Jean Siméon Chardin (1699–1779) peint une plantureuse brioche, forcement parfumée à l’eau de fleur d’oranger, qui porte à son sommet un rameau fleuri, planté comme un drapeau.

La brioche, Jean Siméon Chardin, 1763


 


 

XIX° siècle

 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) poète, romancier, dramaturge français,

1827, Vingt-hutième méditation


 

À une fleur séchée dans un album

 

Il m’en souvient, c’était aux plages

Où m’attire un ciel du midi,

Ciel sans souillure et sans orages,

Où j’aspirais sous les feuillages

Les parfums d’un air attiédi.

 

Une mer qu’aucun bord n’arrête

S’étendait bleue à l’horizon ;

L’oranger, cet arbre de fête,

Neigeait par moments sur ma tête ;

Des odeurs montaient du gazon.

 

Tu croissais près d’une colonne

D’un temple écrasé par le temps ;

Tu lui faisais une couronne,

Tu parais son tronc monotone

Avec tes chapiteaux flottants ;

 

Fleur qui décores la ruine

Sans un regard pour t’admirer !

Je cueillis ta blanche étamine,

Et j’emportai sur ma poitrine

Tes parfums pour les respirer.

 

Aujourd’hui, ciel, temple et rivage,

Tout a disparu sans retour :

Ton parfum est dans le nuage,

Et je trouve, en tournant la page,

La trace morte d’un beau jour !


 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) poète, romancier, dramaturge français,


Ischia


..."Vois ! la mousse a pour nous tapissé la vallée,

Le pampre s'y recourbe en replis tortueux,

Et l'haleine de l'onde, à l'oranger mêlée,

De ses fleurs qu'elle effeuille embaume mes cheveux"...

 

 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) poète, romancier, dramaturge français,


Tristesse
 

Ramenez-moi, disais-je, au fortuné rivage

Où Naples réfléchit dans une mer d'azur

Ses palais, ses coteaux, ses astres sans nuage,

Où l'oranger fleurit sous un ciel toujours pur.

Que tardez-vous? Partons! Je veux revoir encore

Le Vésuve enflammé sortant du sein des eaux;

Je veux de ses hauteurs voir se lever l'aurore;

Je veux, guidant les pas de celle que j'adore,

Redescendre, en rêvant, de ces riants coteaux;

Suis-moi dans les détours de ce golfe tranquille;

Retournons sur ces bords à nos pas si connus,

Aux jardins de Cinthie, au tombeau de Virgile,

Près des débris épars du temple de Vénus :

Là, sous les orangers, sous la vigne fleurie,

Dont le pampre flexible au myrte se marie,

Et tresse sur ta tête une voûte de fleurs,

Au doux bruit de la vague ou du vent qui murmure,

Seuls avec notre amour, seuls avec la nature,

La vie et la lumière auront plus de douceurs...

...


...


 

 

J.J. Grandville (1803-1847)  caricaturiste, illustrateur et lithographe français.


 

Fleur d’oranger

 

Tes compagnes, ô jeune fille! ont cherché ce matin

dans la campagne humide de rosée une fleur

pour former ta parure virginale.

Tu vas nous quitter pour suivre celui que tu aimes,

tu ne partageras plus nos danses et nos jeux.

Accepte cette fleur d’oranger, c’est son doux parfum

qui nous a conduites vers elle.

Nous nous sommes approchées de l’arbre,

et la fleur d’oranger nous a dit :

 

Vous cherchez un bouquet pour orner le sein d’une fiancée.

Cueillez-moi.

Je suis blanche comme elle, douce comme elle;

semblable à la chasteté, mon parfum dure longtemps encore

après qu’on m’a cueillie.

Fleur des fiancées, lui avons-nous demandé,

pourquoi portes-tu des fruits sur ta branche?

Elle nous a répondu.

Je suis l’emblème de la mariée: amante encore,

elle est mère; la femme vit auprès de ses enfants,

la fleur à côté du fruit.

 

Alors nous l’avons cueillie.

Partage cette branche d’oranger, jeune fille,

mets-en la moitié dans tes cheveux,

l’autre moitié sur ton sein.

C’est le dernier don de tes chères compagnes.

Ce soir nous te conduirons à l’église, et ta mère en t’embrassant

fermera derrière toi la porte de la maison de l’époux.

Conserve notre guirlande et notre bouquet, jeune fille,

conserve-les bien, et puisses-tu, quand la fleur d’oranger sera fanée,

ne pas regretter le temps où tu étais blanche comme elle.

 

 

 

Leconte de Lisle (1818-1894) poète français

 


Les roses d'Ispahan

 

Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse,

Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l'oranger

Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce,

O blanche Leïlah ! que ton souffle léger.

 

Ta lèvre est de corail, et ton rire léger

Sonne mieux que l'eau vive et d'une voix plus douce,

Mieux que le vent joyeux qui berce l'oranger,

Mieux quel'oiseau qui chante au bord du nid de mousse.

 

Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse,

La brise qui se joue autour de l'oranger

Et l'eau vive qui flue avec sa plainte douce

Ont un charme plus sûr que ton amour léger !

 

O Leïlah ! depuis que de leur vol léger

Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce,

Il n'est plus de parfum dans le pâle oranger,

Ni de céleste arome aux roses dans leur mousse.

 

L'oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse,

Ne chante plus parmi la rose et l'oranger ;

L'eau vive des jardins n'a plus de chanson douce,

L'aube ne dore plus le ciel pur et léger.

 

Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger,

Revienne vers mon coeur d'une aile prompte et douce,

Et qu'il parfume encor les fleurs de l'oranger,

Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse !
 

 

 

 

Contes des mille et une nuits

Contes traduits par Galland, en 1838 

Histoire de Cogia Hassan Alhabbal, 

..." Nous entrâmes ensuite dans le jardin, où ce qui leur plut davantage fut une forêt d’orangers et de citronniers de toute sorte d’espèces, chargés de fruits et de fleurs dont l’air était embaumé, plantés par allées à distance égale et arrosés par une rigole perpétuelle, d’arbre en arbre, d’une eau vive détournée de la rivière"...

 

 

C'est véritablement la reine Victoria qui a instauré définitivement cette tradition puisqu'elle en a elle-même portées pour son mariage en 1840 dans sa couronne et a développé l'usage des fleurs dans toutes les différentes parties du mariage.


toutes les mariées du 19ème siècle en portent  sur leur tenue de mariage. 


 

 

 

Guy de Maupassant (1850-1893) écrivain et journaliste littéraire 

 

Madame Baptiste - 1882)

..."Songez donc que cette jeune personne n’avait plus rien à apprendre, rien ; qu’elle n’avait plus droit à la symbolique fleur d’oranger ; qu’elle avait pénétré, presque avant de savoir lire, le redoutable mystère que les mères laissent à peine deviner, en tremblant, le soir seulement du mariage"...

 

 

Le Vengeur - 1883

..."Il la tenait maintenant sous lui, la giflant de toute sa force et criant : “Tiens, tiens, tiens, voilà, voilà, gueuse, catin ! catin ! ” Puis quand il fut essoufflé, à bout d’énergie, il se leva, et se dirigea vers la commode pour se préparer un verre d’eau sucrée à la fleur d’oranger car il se sentait brisé à défaillir. Et elle pleurait au fond du lit, poussant de gros sanglots, sentant tout son bonheur fini, par sa faute"...
 

 

Idylle - 1884

 ..." c’était vers la fin de mai et des odeurs délicieuses voltigeaient, pénétraient dans les wagons… Les orangers et les citronniers en fleurs, exhalant dans le ciel tranquille leurs parfums sucrés, si doux, si forts, si troublants, les mêlaient au souffle des roses poussées partout"...
 

 


Extrait de Bel Ami - 1885

 ..."Toute l’assistance se retourna avec un long frou-frou de jupes et un remuement de chaises. Et la jeune femme apparut, au bras de son père dans la vive lumière du portail. Elle avait toujours l’air d’un joujou, d’un délicieux joujou blanc coiffé de fleurs d’oranger ...

 


Extrait de Contes divers - En voyage

..."J’ai voulu, cette année, respirer de la fleur d’oranger et je suis parti pour le Midi, à l’heure où tout le monde en revient. J’ai franchi Monaco, la ville des pèlerins, rivale de la Mecque et de Jérusalem, sans laisser d’or dans la poche d’autrui; et j’ai gravi la haute montagne sous un plafond de citronniers, d’orangers et d’oliviers"... 


 

 

Gustave Caillebotte  (1848–1894) peintre

Les orangers - 1878


 

 

 

 

Paul Verlaine (1874) écrivain et poète français


Green, 


..."Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches

Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous"... 

 

 

Anna de Noailles (1876-1933) poétesse et une romancière française


Le jardin et la maison


..."La paisible maison respire au jour qui baisse

Les petits orangers fleurissant dans leurs caisses"...

 

 

Anatole France (1844-1924) écrivain français


Le captif


...."Il est, non loin des tièdes syrtes

Où bleuit la mer en repos,

Un bois d'orangers et de myrtes

Dont n'approchent point les troupeaux"....

 

 

 

1884

Joris-Karl Huysmans (1848-1907) écrivain et critique d'art français.


À rebours - roman 


Jean des Esseintes, un antihéros maladif, esthète et excentrique, et constitue une sorte de catalogue de ses goûts et dégoûts.


Il expérimente la composition de parfums sophistiqués dans l’idée de pousser dans ses limites l’art des odeurs. Mêlant pour cela des effluves charnels à des fragrances virginales, il utilise l’oranger dans l’élaboration de beautés olfactives hybrides et empreintes d’artificialité minutieuse :


..."Les expressions, les procédés lui échappaient ; il tâtonna ; en somme, dans la fragrance de cette fleur, l’oranger domine : il tenta de plusieurs combinaisons et il finit par atteindre le ton juste, en joignant à l’oranger de la tubéreuse et de la rose qu’il lia par une goutte de vanille"...


..."puis dans ce pré́, il introduisit une précise fusion de tubéreuse, de fleur d’oranger et d’amande, et aussitôt d’artificiels lilas naquirent,"...


 

 

 

 

XX° siècle

 

 

Étiquette d’eau de fleur d’Oranger de Lubin,

début XXe (Source Beautyscenario)


 

 

 

 

 
Robert Desnos (1900-1945) poète français


Recueil : "Chantefleurs"

 

La Fleur d’oranger

 

Fleur d’orage et fleur d’oranger,

J’ai peur de la nuit, j’ai peur du danger.

Fleur d’oranger et fleur d’orage,

J’ai peur de la nuit et du mariage.

Fleur d’orage et fleur d’oranger,

Fleur d’orage.


 


 

 

Jacques Prévert (1900-1977) poète français.

 


Alicante


Une orange sur la table

Ta robe sur le tapis

Et toi dans mon lit

Doux présent du présent

Fraîcheur de la nuit

Chaleur de ma vie.

 

Nature morte à l'orange - Pierre Van Bey


 

 

 

1940


Out-el-Kouloub,

"Zariffa", dans Trois Contes de l’Amour et de la Mort, 


..."Zariffa et ses compagnes dépouillaient les orangers de leurs fruits vermeils, que les hommes alignaient dans des caissettes de bois. —?..."
 


 

1944

 

Aragon (1897-1982) poète, romancier et journaliste français

Aurélien  (1944),

..."Lorsque Edmond Barbentane emmène Rose Melrose à Cordoue, l’odeur de la fleur d’oranger participe à l’instauration d’une atmosphère romantique et dépaysante : « Vers le soir, d’une douceur mexicaine, ça sentait si bon les orangers, tout était si romantique avec ces jardins invisibles"... 

 

 

1958

 

Jean Rogissart (1894-1961) écrivain français 

Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris

..."Mon Dieu, mon Dieu ! Quand on vient des pays où fleurit l’oranger, où trillent les cigales saoulées de soleil, comment se plaire ici ? —... "
 


 

 

 

1998

François David - poète

Zéro sur Zorro - Editions Motus 1998


L’orange


Dans orange

Il y a or

Or il n’y a pas d’or

Dans l’orange

C’est orange une orange

L’or est dans la bouche

Qui la mange.

Dans orange il y a ange

Pourtant il n’y a pas d’ailes à ses feuilles

Sinon elle quitterait la branche

Pour goûter les autres couleurs

Dans les airs.

Dans orange

Il y a un ange qui dort

Repu

D’avoir bu tout le jus.

 

 

 

Signification de la fleur d'oranger

 

 

La Fleur d’Oranger, dégage un délicat parfum évocateur d’orient. 

 

- Légèrement parfumée elle symbolise la pureté et la chasteté, la fertilité  et la beauté

Autrefois, elle servait à composer les couronnes des jeunes mariées. 

"Je vous serai fidèle"

"Je ne pécherai pas" 


- Les fruits de l'oranger, qui mûrissent entre les fleurs représentent l’espoir d’une descendance.


 

 

 

Utilisation de la fleur d'oranger et de l'orange

 


Alimentaire

 

 

En cuisine, 

L’eau de fleur d’oranger est un ingrédient indispensable dans un bon nombre de recettes traditionnelles de pâtisserie et desserts.

Elle aromatise abondamment les pâtisseries orientales.

 

En confiserie

Le goût de la guimauve est tout simplement l’accord entre la vanille et la fleur d’oranger. On l’utilise aussi comme arôme principal de certains bonbons.



 


Utilisation corporelle et cosmétique 


 

L’hydrolat 

En aromathérapie et en massages, l’essence de Néroli est reconnue pour son effet apaisant sur le système nerveux.

En cosmétique elle est réputée avoir des vertus revitalisantes pour la peau. L'’eau de fleurs d’oranger est régénérante. Appliquée sur le visage, elle redonne au teint de la lumière et de l’éclat, c’est aussi un tonique doux qui apaise et rafraichit la peau. 

On lui reconnaît également des propriétés bactéricide, fongicide et même insecticide ! 

Grâce à sa faculté à diminuer l’anxiété ainsi que de soulager les maux de ventre, l’eau de fleur d’oranger aiderait à l’endormissement des nourrissons. Cette eau est calmante et favorise le sommeil. Elle détend, apaise et serait même aphrodisiaque.

 


 

Parfumerie

 

Les parfums hespéridés, tout comme les premières "Eaux de Cologne", sont caractérisés par leur fraîcheur et leur légèreté.


L’orange fait partie de la famille des hespéridés (bergamote, le citron, la mandarine et le pamplemousse, ainsi que les produits de l’oranger (fleur d’oranger, petit grain, néroli). 

Le néroli

s’est retrouvé très vite au cœur des premières compositions parfumées au croisement d’eaux médicinales, purifiantes et rafraîchissantes, qui deviendront les Eaux de Cologne. 

 

L'absolue 

Si l’on applique aux fleurs une extraction à l’hexane, un solvant volatil, on obtient cette fois une concrète, qui est ensuite transformée en absolue de fleur d’oranger par lavage à l’alcool pour éliminer les matières cireuses inodores. Plus sombre et capiteuse que le néroli, l’absolue est moins concentrée en note fraîches, et davantage en notes florales et animales.

 

Jeunes rameaux et petitgrain

Au mois de juillet, les orangers sont taillés et le feuillage fraîchement coupé est utilisé pour produire de l’essence de petitgrain. Ce nom "petitgrain" aurait pour origine le fait que les jeunes rameaux utilisés sont généralement garnis de fruits immatures dont la forme ressemble à de petits grains. Les plus grands producteurs d’essence de petitgrain sont les Paraguay, l’Italie et le Maroc. 
 


Aujourd’hui les principaux pays producteurs  sont le Brésil et la Floride. 


L’odeur de l’huile essentielle d’orange dégage des notes fraîches, sucrées et acidulées. C’est une note volatile, utilisée en note de tête qui ne reste que quelques minutes sur la peau. Si elle est très présente dans les parfums floraux, elle accompagne également les compositions orientales ou boisées.

 

L’huile essentielle d’orange est obtenue par expression à froid du zeste.

Cette technique, qui, comme sont nom l’indique, ne requiert pas chauffage, permet d’obtenir une odeur fidèle à l’odeur originelle. C’est une technique simple qui consiste à broyer les zestes dans une machine pour en extraire l’huile essentielle.

 


fleurs d'oranger

On l'utilise souvent en note de tête dans les eaux de toilette. 


- Classique de Jean-Paul Gaultier

- La vie est belle de Lancôme  

- Aura de Thierry Mugler 

- Gabrielle de Chanel 

- Ysatis de Givenchy 

- La fille de l’air de Courrèges 

- Mi Fa de Réminiscence

- Bouquet de la mariée de Guerlain .

- Infusion de fleur d’oranger de Prada


 

 

 

Pour en savoir plus

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9 avril 2022 6 09 /04 /avril /2022 14:32

 

 

Mythologie des arbres

 

Le cerisier

 

 

Le terme cerisier est un nom vernaculaire générique qui désigne en français plusieurs espèces d'arbres du genre Prunus de la famille des Rosaceae. 


Ce sont soit des arbres fruitiers donnant des cerises, soit des arbres ornementaux originaires d'Asie Orientale (Chine, Japon) plantés uniquement pour leurs fleurs et dont les fruits sont insignifiants.


Ce très bel arbre offre dès le mois d'avril une floraison généreuse de petites fleurs blanches ou roses, réunies par deux ou en bouquets. Elles apparaissent avant le feuillage et sont annonciatrices de délicieuses cerises pour les espèces fruitières.

 


..."J'aimerai toujours le temps des cerises :

C'est de ce temps-là que je garde au cœur

Une plaie ouverte,

Et Dame Fortune, en m'étant offerte,

Ne pourra jamais fermer ma douleur.

J'aimerai toujours le temps des cerises

Et le souvenir que je garde au cœur"...
 

 

 

 

Dans la classification botanique, les cerisiers font partie d'une famille assez vaste, rassemblés dans le sous-genre Cerasus,


- Les cerisiers vrais (section Cerasus, ou Eucerasus) 39 espèces comme :

.  Prunus avium (le merisier) 

. Prunus cerasus (le griottier),

. Prunus serrulata le cerisier du Japon

 

- Les lauriers-cerises (section Laurocerasus) 29 espèces comme : 

.  Prunus padus le cerisier à grappes,

. Prunus serotina le cerisier tardif
 


 

Les cerisiers à fruits sont cultivés depuis la plus haute Antiquité, en Europe (Grèce, Empire romain), en Asie Mineure (Anatolie, Caucase) et un peu en Chine pour Prunus pseudocerasus.

 

. Cerisier acide, Cerisier aigre, Griottier, Cerisier vrai, Prunier cerisier 

Prunus cerasus L., 1753 - Prunus cerasus var. acida (Ehrh.) Willd., 1796

C'est un petit arbre fruitier du genre Prunus, famille des Rosaceae. Il est cultivé pour ses fruits, les griottes.


A l'état sauvage, c'est un arbrisseau très drageonnant, formant des buissons dans les haies et sur les talus1. Ses branches plus faibles que celles du merisier, sont étalées ou pendantes.


Les fleurs blanches, groupées en ombelles, apparaissent au début de la feuillaison. À la différence des cerisiers doux, elles sont autogames. La floraison a lieu en avril-mai.


Le fruit est  de couleur rouge vif à noire et brillante, très juteux, de saveur acidulée convenant pour les confitures et les conserves à l'eau de vie.

 

 

. Cerisier des bois - Cerisier sauvage - Cerisier des oiseaux  

Prunus avium (L.) L., 1755

C'est un arbre originaire d'Europe, d'Asie de l'ouest et d'Afrique du nord appartenant au genre Prunus de la famille des Rosaceae. 


Avec le cerisier acide, c'est l'une des deux espèces de cerisiers sauvages à l'origine des variétés actuellement cultivées. Sa forme domestiquée est connue sous le nom générique de cerisier doux.

 

 

. Cerisier de Corée  

Prunus japonica Thunb., 1784

arbre ornemental de la famille des Rosaceae.

 

 

. Cerisier à grappes - Cerisier putiet - arbre muguet, bois puant 

Prunus padus L., 1753

ou Merisier à grappes, parfois nommé amaruvier, bois-puant, putier, putiet, putet ou pétafouère.

 
C'est un arbuste ou arbre de la famille des Rosaceae, dont le bois a parfois une odeur d'amande amère après cassure. 


Ses feuilles alternes, ovales pontues , dentées. Ses fleurs sont en longues grappes pendantes, parfois dressées, blanches, très odorantes.  Ses fruits sont petits, rouge foncé puis noires à maturité, brillantes, de chair aigre et astringente, jus rouge et le noyau est volumineux. Néanmoins leur macération dans l'alcool donne une liqueur encore produite dans les Alpes. 
Ce Prunus est d'ailleurs plus proche des lauriers-cerises (Prunus laurocerasus).

 

 

 

. Cerisier du Japon -  cerisier à fleurs japonais - Cerisier des collines -

 Prunus serrulata Lindl., 1830

C'est une espèce de cerisier originaire d'Asie (Japon, Corée, Chine) qui appartient à la famille des Rosaceae.


Il est largement utilisé comme arbre d'ornement pour sa splendide floraison printanière et son feuillage coloré en automne. 


En français, il est appelé Cerisier du Japon, Cerisier des collines, Cerisier à fleurs japonais ou Cerisier oriental. Sa floraison marque le retour du printemps.

 

 

. Cerisier noir - Cerisier tardif - Cerisier d'automne (au Canada) - 

Prunus serotina Ehrh., 1788

Espèce d'arbre originaire de l'Est du continent Nord-Américain. Il est parfois confondu avec Prunus padus.


Le cerisier tardif est un arbre pouvant atteindre une hauteur de 35 m  Son écorce est gris foncé et se fissure avec l'âge.


Les feuilles sont caduques, coriaces et munies d'une fine dentelure dirigée vers l’avant, de couleur vert foncé luisante et lisse sur la face supérieure, tandis que leur face inférieure est plus claire et est pubescente le long de la nervure principale.

 

En automne, elles deviennent jaunes avant de tomber.
Les fleurs sont blanches et réunies en grappes. Le fruit est de couleur rouge foncé à noir et comestible.

 

 

. Cerisier prostré - 

Prunus prostrata Labill., 1791

cerasus prorata espèce du genre Prunus, comprend environ 198 à 491 espèces et appartient à la famille des Rosacées, à feuilles caduques, simples et alternes. Elles sont ovales et petiolées à bord serreté.
En avril et mai Prunus prostrata présente des fleurs à cinq pétales, de couleur violette-rose pâle, qui ensuite forment des fruits de couleur rouge.

 

 

 

. Cerisier de Sainte Lucie - Cerisier de Mahaleb 

Bois de Sainte-Lucie, Prunus mahaleb ou Faux merisier arbuste de la famille des Rosaceae et du genre Prunus. Il est assez commun dans toute l'Europe occidentale, autour de la Méditerranée au Maroc et au Moyen-Orient et en Asie centrale. 

Il pousse dans les fourrés arbustifs, les bois clairs ou les garrigues, de préférence sur les sols calcaires. Parmi ses noms vulgaires, on rencontre également quénot, canot, canonier, boutiga, Moussis (en Saintonge), amarel et prunier odorant. Il est appelé "negreput" en occitan.

Prunus mahaleb L., 1753

 

 

. Cerisier de Virginie  

Prunus virginiana L., 1753

C'est un arbrisseau ou un petit arbre de la famille des Rosaceae. Il est utilisé comme arbuste ornemental.


Les fruits sont  rouges regroupées en grappes, d'où le nom courant de "cerisier à grappes". La cerise à grappe est légèrement amère, souvent consommé avec du sel afin d'en diminuer l'effet astringent. Il peut être liquéfié ou macéré; fermenté et produire un nectar bio sans égaler toutefois une vraie culture.


 


 

Cerisiers à fruits de table


Les différentes espèces de cerisiers donnent des fruits plus ou moins acides, gros ou sucrés.


Deux espèces botaniques, Prunus avium et Prunus cerasus, sont à l'origine de la plupart des espèces et variétés cultivées pour leurs fruits :

 

Prunus avium (L.) L., 


le cerisier des oiseaux, merisier, à l'origine des variétés de cerises douces, croissant à l'état sauvage en Europe (dont la France), dans le Caucase et en Turquie, Iran, Afghanistan.


Ses fruits, nettement plus petits que des cerises cultivées, servent à préparer une eau-de-vie connue sous le nom de kirsch dans l'est de la France. 

 

Variétés de Prunus avium


La plupart des cultivars sont auto-incompatibles et réclament une pollinisation croisée pour être productifs.

 

Gros fruits à la chair ferme, sucrés, les Bigarreaux : 

Burlat, Cœur de pigeon ou gros Cœurlet, Esperen, Summit


 

 

 

Variété à chair blanche :


Napoléon, Rainier, Van, Stark Hardy Giant, Reverchon, Hedelfingen,

 

 

Chair tendre, molle, légèrement acidulée, les Guigniers :

 

Guigne de mai ou précoce de la Marche, Noire à gros fruits, Noire de Montreux, Précoce de Rivers, Rouge des Vosges


 


 

Prunus cerasus L., 


Le griottier est une espèce tétraploïde (2n=32), à l'origine des variétés de cerises acides. Il serait originaire de la région de la mer Caspienne et de l'Asie Mineure et d'Europe. 

 

Variétés de Prunus cerasus


Ce sont des arbres plus petits que les variétés de P. avium, donnant des fruits rouges brillants. Ils sont en général auto-compatibles et s'hybrident entre eux.


fruits à jus clair :


Cerisier de Montmorency, Belle de Bavay, Belle Magnifique

 

 

Fruits acides, à jus coloré :


Griotte de Champagne,  Griotte du Nord


 

 

 

De nombreuses variétés ont été développées à partir de ces deux espèces et sont cultivées pour leurs fruits. Une troisième classe de cerisiers cultivés est issue d'un hybride :

 


Prunus xgondouinii, 


Le cerisier intermédiaire, issu de P. avium et P. cerasus a donné des variétés à fruits. Le nom le plus utilisé est "Prunus × gondouinii Rehd". C'est une espèce allotétraploïde (AAAF) qui a donné de nombreux cultivars (Cerise Impératrice Eugénie, Gros guin noir de Gironde, Maynard) divisés en fonction du fruit :


à jus coloré : cerises anglaises (duke cherries)


à jus clair : cerises royales


 


 

Prunus pseudocerasus, (yingtao) 

Le cerisier chinois, 


Il  est cultivé pour ses fruits dans l'est et le nord de la Chine, depuis des siècles. Il donne des cerises acidulées.

L’Amérique du Nord a donné le cerisier de Virginie (Prunus virginiana) qui est largement utilisé comme porte-greffe. Il existe de par le monde d'autres espèces donnant des fruits comestibles qui sont consommés localement.


 

 

 

Cerisiers ornementaux


Au Japon, le cerisier est surtout planté pour ses qualités ornementales. Son nom est sakura (ou zakura), et sa floraison est guettée dans de nombreuses régions.

Les cerisiers du docteur Nagai Takashi sont célèbres à Nagasaki.


 

 

 

Pollinisation du cerisier


La pollinisation des cerisiers se complique de leur appartenance à des espèces différentes. Les cerises douces, bigarreaux et guignes, et les cerises anglaises sont autostériles : la fécondation croisée s’impose.

 

Parmi les cerises acides, on trouve beaucoup de variétés autofertiles. La pollinisation des cerises acides par les cerises douces est possible et recommandable.

 

Pollinisation des cerisiers doux : 

pour chaque variété à polliniser, on choisira 2 ou 3 variétés pollinisatrices.


 

 

 

Etymologie du mot cerise

 


Du Latin médiévial ceresarius (VIII° siècle), dans  "Capitulare de Villis" 


En français :

.Le mot "cerise" vient du latin cerĕsia, du bas latin ceresium emprunté au grec κεράσιον "cerise" lui-même dérivé de κέρασος (ou κερασός) "cerisier", d'après la ville grecque antique de Kerasos. Suffixe "ier" pour cerisier.

 

Au moyen âge : Cérasus "cerisier"


L'appellation cerisier aigre est justifiée, car le terme griotte vient de l'occitan agriòta, griòta "griotte" dérivé précisément de agre "aigre".

 


En turc

. La cerise est désignée par "kiraz" qui vient du nom antique de la ville kerasous. 

 


En grec

. Les Grecs le nommaient kerasion, d’après la ville aujourd’hui appelée Giresun ou Cerasonte.

 


En italien  

. Ciliegia rappelle le nom de la région de Cilicie, en Asie Mineure. 

 


En anglais 

. Cherry issu du normand cherise, 

 


En vieil anglais 

. cirse 

 


En espagnol 

. cereza, 

 


En allemand 

. Kirsche, 

 


Cerisier est aussi un nom de famille, et  aussi nom de hameaux et de lieux-dits, assez frequent surtout nord, centre et ouest .
 

Cerasus vulgaris d'après Masclef, 1891.

 

 

L’étymologie du mot sakura a une certaine origine liée à la vie de tous les jours. Il proviendrait de :


- Sa-Kura, où Sa est le kami "le dieu" des rizières et Kura signifie le siège. 


Ainsi, quand le dieu des rizières descend avec l’eau des montagnes sur la terre au début de l’année, lors de la floraison des cerisiers, il annonce la future bonne récolte de riz à venir.

Célébrer les cerisiers en fleurs reviendrait à faire des offrandes au dieu qui habite les arbres au printemps pour obtenir l’abondance dans les champs.


 

 

 

Mythologie japonaise 


Dans l’ouvrage We Japanese publié en 1934,

Légende à l’origine du mot sakura, terme générique qui désigne à la fois les fleurs, les fruits du cerisier, ainsi que les arbres eux-mêmes.

 

La légende de la princesse et de la fleur de cerisier

 

La princesse Konohana Sakuya Hime (arbre-fleurs-florissante-princesse), tombée du ciel dans les fleurs d’un cerisier où, allongée dans un  nuage rose, elle trouva son nom, qui signifiait la floraison et la croissance.


Le prince Ninigi no Mikoto, le petit-fils céleste de la déesse du soleil Amaterasu, fut envoyé sur la Terre pour la gouverner. Il arriva sur la montagne Takachiho no Mine ("la cime aux mille épis") dans le pays de Himuka ("tourné vers le soleil"), au pied de laquelle il rencontra une charmante princesse qui se promenait sur la plage.


- "Qui es-tu ?" demanda le prince.

 

La jeune fille répondit:

- ""Je suis la fille d’Ôyamatsumi no Kami. Mon nom est Konohana Sakuya Hime et j’ai une sœur aînée qui s’appelle Inagawa".

Le prince voulut donc épouser la belle et jeune princesse. Mais son père, Ôyamatsumi no Kami, accepta seulement d’accorder la main de sa fille aînée, la princesse Inagawa (dont le nom signifiait une "vie longue comme celle d’un rocher").


Le prince choisit la cadette et renvoya Inagawa qui était d’une grande laideur. Mais lorsque Konohana Sakuya Hime déclara attendre un enfant après une seule nuit, la méfiance s’empara du prince et il renia le futur enfant.


La princesse soupçonnée déclara alors :

- "Je veux bien traverser les flammes et, si j’en sors indemne, c’est que l’enfant est le tien".


La princesse fit aménager un uzumuro, sorte de pièce sans porte, s’y enferma et mit elle même le feu. Elle en sortit indemne et lavée de tout soupçon. Mais la vie de ses descendants et de tous les hommes sur Terre, serait éternellement à l’image de celle des fleurs, belle mais courte.


Elle mit au monde trois princes dont le cadet, Hoori no Mikoto, fut le grand-père de l’empereur Jimmu Tennô, premier souverain de la maison impériale japonaise. Elle fut enterrée au sommet du mont Fuji, où elle est vénérée dans le temple Shinto Asama jinja, pour être aussi proche que possible du ciel dont elle était tombée…


 

 

 

Dans une autre légende :


Ōyamatumi, le dieu des montagnes a deux filles. Sakuya la déesse de la floraison, son symbôle est la fleur de cerisier, Iwanaga la déesse des rochers, d'une grande laideur.


Tout va basculer Lorsque Ninigi, le petit-fils de la grande déesse Amaterasu descendit sur terre et fit la rencontre de Sakuya.


Sakuya et Ninigi se rencontrent par hasard et le coup de foudre est réciproque. Ōyamatumi, le père des deux filles lui proposa d'épouser la soeur de Sakuya, Iwanaga. Mais Ninigi refusa, sachant qu'Iwanaga était d'une grande laideur.


Donc Ōyamatumi accepta de donner la main de Sakuya à Ninigi. Iwanaga ne voit pas d’un bon œil sa sœur demandée en mariage par le splendide jeune homme. Comme Ninigi est accepté par le père des deux sœurs malgré les objections d’Iwanaga, elle devient horriblement jalouse envers sa soeur et lance une terrible malédiction à sakuya :

"tout ce que fera sa sœur sera aussi éphémère qu’une fleur de cerisier tandis que tout ce qui vient de Ninigi sera éternellement solide"

Peu de temps après le mariage, Sakuya tombe enceinte le lendemain des noces et Iwanaga la soeur jalouse, parvient à semer le doute dans l’esprit de Ninigi en lui faisant croire qu'il serait possible qu'elle soit enceinte d'une autre personne.


Le doute de Ninigi grandit, si bien que Sakuya décide de partir sur le mont Fuji pour accoucher dans une cabane où elle mettra le feu.


Là-bas elle donne naissance à trois garçons beaux et forts, qui survivront à l’incendie de la cabane où elle s’est réfugiée et qui la détruit.


La malédiction précise que tout ce qui vient de Ninigi est éternellement solide et le fait que les enfants ont survécus prouve que sakuya ne l'avait point tromper.


Enfin, Ninigi comprendra ses torts en retrouvant les bébés mais malheureusement Sakuya mourut dans l'incendie ainsi la vie de sakuya fut aussi éphémère qu'une fleur de cerisier.


 

 

 

La religion chrétienne et la cerise

 


La couleur rouge de la cerise évoque le sang versé par le Christ sur la Croix. 

Les cerises sont très présentes dans les représentations de la Cène". 

 

Joannes Andreas (1424-1449). Bocioletto, église San Lorenzo (détail)


 

 

 

4000 à 750 av. J.-C. 

 


L'homme récoltait les fruits de cerasus avium - prunus avium (merisier).

Des noyaux de cette espèce ont été trouvés dans les vestiges des Cités Lacustres de Suisse et de Lombardie

 

prunus avium - vintage 1960


 

 

 

IV° siècle av. J.C.

 


Théophraste (371 av. J.C.-288 av. J.C.) philosophe antique. Élève d’Aristote, il fut le premier scholarque du Lycée, de 322 à sa mort ; botaniste et naturaliste, polygraphe ou encore alchimiste.


Traité des plantes

 

..."Le cerisier est un arbre d'une espèce particulière, il vient même fort grand, et s'élève quelquefois jusqu'à la hauteur de vingt-quatre coudées ; sa feuille semblable à celle du nèflier, mais elle est dure et plus épaisse.. Il a l'écorce analogue à celle du tilleur, la fleur blanche comme celle du néflier et du poirier. Cette fleur est composée de plusieurs pétales;, qui ont l'odeur de la cire ; le fruit rouge, de la forme du diospyre, et de la grandeur d'une fève ; mais le noyau du diospyre est fort dur, au lieu que celui de la cerise fait peu de résistance"...

 

 

 

II° siècle av. J.C.

 


Le médecin Diphilius Siphimus mentionne

..."kerasia" (nom qu'il donne au merisier) est riche en jus et utilisé avec succès contre les maladies intestinales, et que ses fruits sont plus sains que les noirs ;

il mentionne "également deux variétés en culture :

"merise rouge et "merise de Milet"
 

 

 

 

Dioscoride (40 ap. J.C.-90 ap. J.C.)  médecin grec, 


Les six livres de "Pedacion Dioscoride d’Anazarbe, de la matiere medicale"


cerisier


..."Les cerises mangées fraiches sont utiles à lâcher le ventre, et sèchées le restreignent .
La gomme de l'arbre bue en vin mêlé avec eau aide à la toux ancienne, fait bonne couleur, aiguise la vue, et provoque l'appétit. Prise enbreuvage dans du vin vaut au mal de la pierre"...
Cerisier aspre / Petit cerisier / Siliqua "...

François, carouges - Les Commentaires sur les six livres de Pedacius Dioscoride...trad. du latin par Antoine du Pinet

Auguste Boulard Père (1852-1927) l'enfant aux cerises


 

 

 

I° siècle ap. J.C.

 

 

Pline, encyclopédiste romain du I° siècle,

..."Vers 70 av. J.C. le général Romain Licinius Lucullus a rapporté à Rome des greffons de la "perle rouge", suite à sa victoire dans la ville de Cerasonte, ville du Pont (en Turquie) d’où l’arbre tire son nom latin cérasus.

Il décrit déjà 10 variétés de cerisier et de merisier en subdivisant ces deniers en deux groupes : fruits à chair ferme et croquante et fruit à chair molle"...


 


 

VIII°  au XIII° siècle

 


Le capitulaire De Villis, ou plus exactement le Capitulare de Villis vel curtis imperii (ou imperialibus) est un acte législatif datant de la fin du VIII° ou du début du IX° siècle, mentionne :

l’existence du "Ceresarios" dans les vergers des biens impériaux.


 

 

Hanami : une coutume ancienne

 

La tradition de la fête des cerisiers débute  au VIII° siècle. La floraison des cerisiers correspondait alors à la période de plantation du riz. Les paysans déposaient des offrandes aux pieds des arbres en priant pour que les récoltes soient bonnes.


C'est ensuite la cour impériale de Kyoto qui reprend la tradition et y ajoutant la dégustation de saké et de mets raffinés. Enfin, la tradition est ensuite suivie par les samouraïs et par le peuple.

Chiyoda Ooku - Hanami


 

 

 

XIV°  siècle

 

 

période médiévale - Bas Moyen Âge

Miniatures Et Enluminures - 1370-1400

Tacuinum sanitatis folio 11 verso

Anonyme italien

Récolte des cerises douces

 

 

 

XV° siècle

 


Tacuinum Sanitatis, XVe siècle    

La cueillette des cerises 

Paris, BnF, Département des manuscrits, Latin 9333 fol. 8v


 

 

 

Tacuinum Sanitatis, XVe siècle    

La cueillette des cerises 

Ceresa acetosa 

 

 

 

Vers 1440

Tractatus de herbis : Londres, British Library, Ms. Sloane 4016, f. 30. 

Cueillette des cerises. 


 

 

 

1445


Ansano di Pietro di Mencio dit Sano di Pietro (1405/1406-1481) peintre italien et enlumineur de l'école siennoise 

La vierge à la cerise (1445),

L'’enfant Jésus tient à la main quelques cerises.


 

 

 

Domenico Ghirlandaio  (1448-1494)

Ghirlandaio, dernière cène de saint Marc, détail

Basilique Saint-Marc (Florence)


 

 

 

Le Titien  (Vers 1488/1490-1576) peintre et graveur italien 

Madone aux cerises


 

 

1491

La subdivision  pomologique en "bigarreaux" et "guignes" a été faite dans l'ouvrage "herbarius"  paru en 1491

 


 

 

XVI° siècle

 


1500

Disciple de Maître de Francfort (belge, 1460-1533)

Vierge à l'Enfant aux cerises 

 

 


1503-1508

Horae ad usum Romanum, dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne

Jean Bourdichon (1457-1521). Enlumineur

Serires - Cerasium (Cerasus vulgaris G. G. = cerises, griottes) ,

BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°85r


 

 


 

Giampietrino (1508-1549) peintre italien de la Renaissance

La vierge à l'enfant aux cerises 

 

 

 


1570    

 

Federico Barocci (1535-1612) 

Repos pendant la fuite en Égypte

 

 


16° siècle - Noyau de cerise aux 185 portraits

Cadeau offert en 1589 par Christoph von Loss (1545-1609) à Christian Ier (1560-1591), électeur de Saxe.

émail sur ronde-bosse d'or noyau or (métal) sculpté
Allemagne, Dresde, Staatliche Kunstsammlungen, Grünes Gewölbe

 

 


 

 

La famille Morelot, de Fontenoy-le-Château (Vosges) rapporte de ses voyages des plants de cerisiers, à l’origine de la production d'eau de cerise de tout le secteur. 

 

Les cerisiers de Fontenoy sont les ancêtres de ceux de Fougerolles. Trois Morelot seront anoblis, eux aussi. À Jean sont octroyées en 1585 des armes parlantes portant un "cerisier de sinople fruité de gueules".


Le kirsch est employé en médecine (Médecin des pauvres, 1650) sous le nom d'Esprit de cerise.



 

 

 

Ecole Flamande 16°siècle. -

Madone aux cerises


 

 

 

XVII° siècle

 


L’école de médecine de Salerne, (Schola Medica Salernitana), situé sur la zone côtière du Mezzogiorno en Italie, première école de médecine fondée en Europe au Moyen Âge, vers le IX° siècle, et l'une des plus importantes. Elle atteint son apogée au XI° siècle et XII° siècle.


au XVII° siècle elle vante la cerise en ces termes :


..."Cerise, aimable fruit, quels bien tu nous procures !

Tu flattes notre goût, tu rends nos humeurs pures

Tu fais dans notre corps couler un sang nouveau,

Et pour les calculeux, tu donnes ton noyau"...

Abbey Ryan

 


 

Matsuo Bashō, plus connu sous son seul prénom de plume Bashō, poète japonais du XVIIe siècle (début de l'époque d'Edo).


“Entre nos deux vies

il y a la durée de vie

d'une fleur de cerisier”


 

 

 

XVIII° siècle

 


C’est à Louis XV (1710-1774), qui aimait beaucoup ce fruit, que l’on doit l’optimisation et la culture intensive du cerisier moderne.


 

Au XVIII° siècle, Lamoignon de Malesherbes expérimenta l'adaptation du Bois de Sainte-Lucie aux différents sols de son parc de Malesherbes. 
Il nota dans sa correspondance : 


"Le mahaleb ou arbre de Sainte-Lucie, qui est un padus, est certainement celui de tous les arbres que j'ai plantés qui vient le mieux dans les mauvais terrains, de tout genre, soit sablonneux, soit crayeux. Dans la bonne terre de mon jardin, il s'élève presque aussi haut qu'un aulne et avec du soin, il s'élève droit. Cependant son naturel est d'être buisson". 


seconde moitié du XVIII ème siècle le médecin suisse Samuel Auguste Tissot conseille pour la première fois une recette désormais célèbre : 
l’infusion de "queues" de cerises.


 


 

1755


Henri Louis Duhamel du Monceau (1700 -1782), physicien, botaniste et agronome français.

Traité des arbres et arbustes qui se cultivent en France en pleine terre. T. 2 (Éd.1755) :


..."Le grand Cerisier à fruit doux et noir qui lève dans les forêts sans qu'il soit besoin de le semer, est un fort bel arbre on dit qu'il se trouve aussi dans les bois du Mississipi (Amérique) On s'en sert pour multiplier, par la greffe, le Merisier à fleur double, et le Cerisier cultivé à fleur double"... 

Planche grosse cerise rouge pâle


 


 

Jeanne-Élisabeth Chaudet (1767-1832) peintre française.

Petite fille mangeant des cerises


 

 

 

Motoori Norinaga (1730-1801), érudit japonais, à la fois médecin, poète et philosophe de formation classique.


..."Si quelqu'un désire connaître l'essence de l'esprit japonais, qu'il imagine la floraison du cerisier odorant au petit matin…"

 

Shikishima no

Yamato gokoro wo

Hito towaba

Asahi ni niou

Yama-zakura-bana


 

 

 

Angelo de Gubernatis (1840-1913),  écrivain, poète, linguiste, philologue et orientaliste italien.

Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 

(C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


le cerisier semble être considéré le plus souvent comme un arbre sinistre. 


Les anciens Lithuaniens croyaient que le démon Kirnis était le gardien du cerisier. Les démons allemands et danois se cachent souvent dans les vieux cerisiers, et causent du dommage à ceux qui en approchent. C’est par 81 copeaux de bois de cerisier que les Slaves tâchent de deviner si on est délivré des vers, ou des blanches gens (biale ludzie) ; on les jette sur l’eau : s’ils surnagent, les vers n’y sont pas ; s’ils enfoncent, c’est une preuve infaillible, dit-on, que les vers existent. Les copeaux semblent donc symboliser ici les vers, êtres diaboliques qui se cachent dans le corps humain.

 

Théodosius Marcellus Burdigalensis, au IVe  siècle, donnait cette recette contre la hernie (ramex) : "Si puero ramex descenderit, cerasum novellam radicibus suis stantem mediam findito, ita ut per plagam puer trajici possit, ac rursus arbusculum conjunge et fimo bubulo aliisque fomentis obline, quo facilius in se quae scissa sunt coeant ; quanto autem celerius arbusculum coaluerit et cicatricem duxerit, tanto citius ramex pueri sanabitur." 

 

Les Albanais brûlent des branches de cerisier la nuit du 23 au 24 décembre, la nuit du 1er et la nuit du 6 janvier, c’est-à-dire dans les trois nuits consacrées au nouveau soleil, et on garde les cendres de ces branches pour en féconder la vigne. On dirait que, par cet acte, ils brûlent les démons cachés dans l’arbre qui empêchaient la végétation.

 

Dans le Nivernais, les amoureux placent une branche de cerisier ou de pêcher devant la porte de leurs belles la nuit qui précède le 1er mai ; ailleurs, on suspend des branches de cerisier à la maison des femmes impudiques.

 

Les proverbes allemands, français et de la haute Italie conseillent au peuple de ne pas manger les cerises avec les riches, parce qu’ils choisissent les plus mûres, ou font pis encore : mangent la partie charnue et jettent à leurs convives le noyau ou la queue. Dans une énigme populaire, que l’on entend à Ponte-Lagoscuro, près de Ferrare, les cerises sont représentées comme des chevaliers :


Alto, allo bel panier ; Sento mita cavalier Con la testa insanghenà ; Mi ghel digh, nessun el sa.


En haut, en haut, un beau panier ; 

on y voit cent mille chevaliers, 

dont la tête est ensanglantée ; 

je vous le dis personne ne le sait.
 

 

 

 

Anna de Noailles (1876-1933) poétesse et une romancière française d'origine roumaine,


La jeunesse

..."Vous habitez le tronc fécond des cerisiers

Qui reposent sur l'air leurs pesantes ramures,

Votre coeur est léger comme un panier d'osier

Plein de pétales vifs, de tiges et de mûres"...
 

 

 

XIX° siècle

 

Alfred de Musset (1810-1857) poète, dramaturge et écrivain français de la période romantique.


 
Les cerises

 

Un jour, tandis que Jésus et Saint Pierre cheminaient de par le monde, ils se sentirent bien fatigués. Il faisait une chaleur terrible mais en cours de route ils ne trouvèrent pas la moindre âme charitable pour leur donner un verre d'eau, pas le plus petit ruisseau pour leur procurer un filet d'eau. Cheminant cahin-caha, Jésus, qui marchait devant, vit sur le sol un fer à cheval ; il se retourna vers son disciple et lui dit :

– Pierre, ramasse ce fer à cheval et garde-le.


Mais Saint Pierre, qui était d'une humeur de chien, lui répondit :

– Ce morceau de fer ne vaut pas la peine de se baisser. Laissons-le là, Seigneur.


Jésus, comme d'habitude, ne fit aucun commentaire ; il se contenta de se baisser, de ramasser le fer et de le mettre dans sa poche. Ils se remirent en route, muets et silencieux.


Au bout de quelque temps, ils rencontrèrent un forgeron qui allait dans la direction opposée. Jésus lia conversation avec lui au cours de la halte qu'ils firent tous ensemble, et au moment de se quitter, Jésus lui vendit le fer qu'il avait trouvé.


Ils poursuivirent leur chemin et tombèrent par hasard sur un marchand ambulant qui se rendait au village voisin pour vendre des fruits. Jésus l'arrêta et acheta avec les quatre écus de la vente du fer à cheval, une demi-livre de cerises. Pendant tout ce temps, Saint Pierre restait muré dans son silence et sa mauvaise humeur empirait.


La chaleur redoublait ; les gorges se desséchaient. Seul Saint Pierre souffrait de la soif, car Jésus mangeait les cerises et le jus des fruits rafraîchissait son palais. L'apôtre, qui marchait péniblement derrière lui, regardait le Sauveur avec envie ; mais comme les cerises avaient été achetées avec le gain de la vente du fer à cheval qu'il n'avait pas voulu ramasser, il n'osait pas demander à Jésus sa part du festin. Celui-ci, sans avoir l'air de rien, laissait tomber une cerise de temps en temps, et Saint Pierre se penchait avec avidité pour la ramasser et la porter à sa bouche assoiffée. Quand il n'y eut plus de cerises, Jésus se retourna vers son disciple et lui dit :

– Tu vois, Pierre, on ne doit rien dédaigner en ce monde, même ce qui nous paraît mesquin et dépourvu de valeur. Pour n'avoir pas voulu te baisser une fois et ramasser le fer à cheval, tu as dû t'incliner de nombreuses fois pour les cerises que je laissais tomber sur le sol. Ceci t'apprendra, Pierre, à ne dédaigner rien ni personne.


Saint Pierre ne trouva rien à répondre ; il baissa la tête et poursuivit humblement le trajet derrière son Seigneur.

 


 

 

 

XIX° siècle

 


Comptine populaire francophone.- cerises

Cette chanson d'enfants est déjà connue au XIX° siècle. Elle figure dans le folklore de la France, de la Belgique, de la Suisse romande, du Canada (Québec, Nouveau-Brunswick), de la Louisiane.;


Un deux trois

 

Un deux trois

J'irai dans les bois

Quatre cinq six

Cueillir des cerises

Sept huit neuf

Dans mon panier neuf

Dix onze douze

Elles seront toutes rouges.

 

Emile Munier - Jeune fille au panier de cerises

 

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français. Il est considéré comme l'un des plus importants écrivains de la langue française.

 

 

Quand les guignes furent mangées,

 

Quand les guignes furent mangées,

Elle s'écria tout à coup :

J'aimerais bien mieux des dragées.

Est-il ennuyeux, ton Saint-Cloud !

 

On a grand-soif ; au lieu de boire,

On mange des cerises ; vois,

C'est joli, j'ai la bouche noire

Et j'ai les doigts bleus ; laisse-moi. -

 

Elle disait cent autres choses,

Et sa douce main me battait.

Ô mois de juin ! rayons et roses !

L'azur chante et l'ombre se tait.

 

J'essuyai, sans trop lui déplaire,

Tout en la laissant m'accuser,

Avec des fleurs sa main colère,

Et sa bouche avec un baiser.

 

Emile Vernon - le temps des cerises


 


 

Théodore de Banville, (1823 -1891) poète, dramaturge et critique dramatique français.


 

La belle Véronique

 

..."Ce fut un beau souper, ruisselant de surprises.

Les rôtis, cuits à point, n'arrivèrent pas froids ;

Par ce beau soir d'hiver, on avait des cerises

Et du johannisberg, ainsi que chez les rois"...
 


 

 

Alphonse Daudet (1840-1897), écrivain et auteur dramatique français.

Les Amoureuses, 1858

 

 

Les Cerisiers


I


Vous souvient-il un peu de ce que vous disiez,

Mignonne, au temps des cerisiers ?

 

Ce qui tombait du bout de votre lèvre rose,

Ce que vous chantiez, ô mon doux bengali,

Vous l’avez oublié, c’était si peu de chose,

Et pourtant, c’était bien joli…

 

Mais moi je me souviens (et n’en soyez pas surprise),

Je me souviens pour vous de ce que vous disiez.

Vous disiez (à quoi bon rougir ?)…donc vous disiez…

Que vous aimiez fort la cerise,

La cerise et les cerisiers.

 


II


Vous souvient-il un peu de ce que vous faisiez,

Mignonne, au temps des cerisiers ?

 

Plus grands sont les amours, plus courte est la mémoire

Vous l’avez oublié, nous en sommes tous là ;

Le cœur le plus aimant n’est qu’une vaste armoire.

On fait deux tours, et puis voilà.

 

Mais moi je me souviens (et n’en soyez surprise),

Je me souviens pour vous de ce que vous faisiez…

Vous faisiez (à quoi bon rougir ?)…donc vous faisiez…

Des boucles d’oreille en cerise,

En cerise de cerisiers.

 


III


Vous souvient-il d’un soir où vous vous reposiez,

Mignonne, sous les cerisiers ?

 

Seule dans ton repos ! Seule, ô femme, ô nature !

De l’ombre, du silence, et toi…quel souvenir !

Vous l’avez oublié, maudite créature,

Moi je ne puis y parvenir.

 

Voyez, je me souviens (et n’en soyez surprise),

Je me souviens du soir où vous vous reposiez…

Vous reposiez (pourquoi rougir ?)…vous reposiez…

Je vous pris pour une cerise ;

C’était la faute aux cerisiers.

 

Emile Vernon - le temps des cerises

 


 

Le Follet  -  magazine de mode parisien 

Publié chaque semaine de novembre 1829 à 1892.

Il fut à un moment fusionné avec Le Courrier de la Mode . Il était richement illustré de gravures de mode .

Cueillette des Cerises Gravure-originale XIX°

 

 

 

Jean-Baptiste Clément (1837-1903) chansonnier montmartrois, journaliste, syndicaliste et communard français. 

Le Temps des cerises est une chanson dont les paroles sont écrites en 1866 par Jean Baptiste Clément et la musique composée par Antoine Renard en 1868.

 

 

Le temps des cerises

 

Quand nous en serons au temps des cerises,

Et gai rossignol et merle moqueur

Seront tous en fête.

Les belles auront la folie en tête

Et les amoureux du soleil au coeur.

Quand nous en serons au temps des cerises,

Sifflera bien mieux le merle moqueur.

 

Mais il est bien court, le temps des cerises,

Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant

Des pendants d'oreilles.

Cerises d'amour aux robes pareilles

Tombant sous la feuille en gouttes de sang.

Mais il est bien court le temps des cerises,

Pendants de corail qu'on cueille en rêvant.

 

Quand vous en serez au temps des cerises,

Si vous avez peur des chagrins d'amour

Evitez les belles.

Moi qui ne crains pas les peines cruelles,

Je ne vivrai pas sans souffrir un jour.

Quand vous en serez au temps des cerises,

Vous aurez aussi des chagrins d'amour.

 

J'aimerai toujours le temps des cerises :

C'est de ce temps-là que je garde au coeur

Une plaie ouverte,

Et dame Fortune, en m'étant offerte,

Ne saurait jamais calmer ma douleur.

J'aimerai toujours le temps des cerises

Et le souvenir que je garde au coeur.

 

Emile Munier - cueillette des cerises

 

 

 

Pierre Loti (1850-1923) écrivain et officier de marine français

Mon frère Yves -1883

..."Leur belle chambre blanche, avec ses rideaux de mousseline et ses meubles de cerisier verni"...

 

 

1883


Jules Verne (1828-1905) écrivain français dont l'œuvre est, pour la plus grande partie, constituée de romans d'aventures évoquant les progrès scientifiques du xixe siècle.


Kéraban-le-Têtu,  

roman humoristique et d'aventures de Jules Verne, paru en 1883.


..."Là, le seigneur Kéraban aurait pu aisément faire une ample provision de tuyaux de pipe en bois de cerisier, qui sont l’objet d’un important commerce. En effet, le cerisier abonde sur cette partie du pachalik, et Van Mitten crut devoir raconter à sa fiancée ce grand fait historique :

- c’est que ce fut précisément de Kérésoum que le proconsul Lucullus envoya les premiers cerisiers qui furent acclimatés en Europe."...


 


 

 

François Coppée (1842-1908) poète, dramaturge et romancier français.

 


La Cueillette des Cerises


Espiègle ! j'ai bien vu tout ce que vous faisiez,

Ce matin, dans le champ planté de cerisiers

Où seule vous étiez, nu-tête, en robe blanche.

Caché par le taillis, j'observais. Une branche,

Lourde sous les fruits mûrs, vous barrait le chemin

Et se trouvait à la hauteur de votre main.

Or, vous avez cueilli des cerises vermeilles,

Coquette ! et les avez mises à vos oreilles,

Tandis qu'un vent léger dans vos boucles jouait.

Alors, vous asseyant pour cueillir un bleuet

Dans l'herbe, et puis un autre, et puis un autre encore,

Vous les avez piqués dans vos cheveux d'aurore ;

Et, les bras recourbés sur votre front fleuri,

Assise dans le vert gazon, vous avez ri ;

Et vos joyeuses dents jetaient une étincelle.

Mais pendant ce temps-là, ma belle demoiselle,

Un seul témoin, qui vous gardera le secret,

Tout heureux de vous voir heureuse, comparait,

Sur votre frais visage animé par les brises,

Vos regards aux bleuets, vos lèvres aux cerises.

 

Louis Icart - eau forte

 

 

 

Francis Jammes (1868-1938), poète français, également romancier, dramaturge et critique. 

Recueil : "Vers"

 


Les Cerises

 

Le banc serait de lierre et de pierre effritée.

Auprès du vieux parterre où de tristes ricins

Ombrageraient la poule et ses petits poussins

Je vous dorloterais, ô mon enfant gâtée.

 

Les roses cerisiers à l’écorce argentée,

Dont les fruits sont pareils aux coraux abyssins,

Pleurant leurs larmes d’or au-dessus des fusains,

Nous diraient la chanson des moineaux enchantée.

 

Et je vous cueillerais sur ces frais cerisiers

Des cerises qu’un brin de bois lierait pareilles

Pour vous les mettre ainsi que des pendants d’oreilles :

 

Et, me baissant un peu pour que vous me baisiez

Au front, je vous rendrais dans vos cheveux en boucles

Vos baisers, en mordant vos rouges escarboucles.

 

 

 

Marcel Jouhandeau (1888-1979) écrivain français.

Monsieur Godeau intime

Première parution en 1926

Collection L'Imaginaire (n° 357), Gallimard

..."Un midi de printemps, avec joie, il aperçut, étendue au milieu d'une immense prairie, sous un cerisier en fleur, une vache qui rêvait :" ... 
 


 

Maurice Carême (1899-1978), poète et écrivain belge de langue française.

 


Le Cerisier

 

Un cerisier se mit à rire

Sans savoir pourquoi.

Les moineaux, tous à la fois,

Rirent de l’entendre rire.

 

Ce rire gagna les maisons

Et, par-dessus les bois,

Déferla jusqu’à l’horizon.

 

"Que se passe-t-il dans le monde ?"

Dit Dieu, surpris.

Il vint à la fenêtre ronde

Du Paradis.

 

Et comme, autour du cerisier,

Le monde riait aux éclats

Sans savoir pourquoi,

 

Dieu lui-même dut se cacher

Le visage entre les mains

Pour que les anges et les saints

Ne le voient pas rire pour rien.


 

 

 

Jacques Prévert (1900-1977),  poète français.


"La vie est une cerise

La mort est un noyau

L'amour un cerisier."

 

 

Pablo Neruda (1904-1973), poète, écrivain, diplomate, homme politique et penseur chilien.

"...Je veux faire de toi ce que fait le printemps avec les cerisiers."...
 

 

 

Eugène Guillevic (1907-1997) poète français. Il ne signa jamais ses nombreux recueils que de son seul nom, Guillevic.

 


Cerisier

 

Te voici devenu,

Comme ce fut rêvé,

 

Rien que cette blancheur

Effrayant l'horizon,

 

Rien que la fiancée

Préparée pour les noces. 

 

Qui te prendra ?

Qui doit venir ?

 



 

 

 

Jean chevalier et Alain Gheerbrant, 

Le Dictionnaire des symboles 

(1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982 

 

..."La cerise est le symbole de la vocation guerrière du Samouraï japonais et du destin auquel il doit se préparer : rompre la pulpe rouge de la cerise pour atteindre le dur noyau ou, en d'autres termes, faire le sacrifice du sang et de la chair, pour arriver à la pierre angulaire de la personne humaine. (Les Samouraïs) avaient pris pour emblème la fleur de cerisier tournée vers le soleil levant, symbole de la dévotion de leurs vies. La garde des sabres était ornée de cerises, un autre symbole de la recherche de l'Invisible par la voie intérieure, le Vitriol des initiations occidentales"...

Yoshitoshi  (1839-1892) samouraï et cerisier


 

 

 

Yves Paccalet (1945) écrivain, philosophe, journaliste et naturaliste français
L'Odeur du soleil dans l'herbe 
Éditions Robert Laffont S. A., 1992 
                                                                                                                                                                   

18  mars -  (Fontaine-la-Verte)

..."La foudre a brisé le grand arbre et carbonisé son cœur. Le cadavre du cerisier gît dans la prairie bleue. La souche, béante et noire, ressemble à la bouche des Enfers"...

 

 9 juin - (Fontaine-la-Verte)

..."Ce matin, je me contenterai de l'éclat des cerises dans l'arbre tordu. Les nuances de nacre, de minium et de pourpre qui courent sur la peau de ces drupes juteuses signent l'alliance de la chair, du sexe et du fruit rouge.
Les fruits vermeils nous semblent du côté du sang, du bonheur - de la vie -, tandis que les fruits violets ou noirs ont l'air d'appartenir au monde des maléfices et de la mort"...

 

 

 

 

Christian Bobin (1951) écrivain et poète français.


La Grande Vie (Éditions Gallimard, 2014) évoque très souvent la nature et sa beauté sacrée. Ici, les cerisiers :


    ..."Les fleurs du vieux cerisier jacassaient. Je rêvais de les emballer dans cette lettre et de vous les tendre en vous disant : tenez, voici un bouquet de l'éternel, des coups de sang dans le crâne en bois de Dieu, une incarnation de la lumière.


    Planté dessous le cerisier aux bras maigres je contemplais le secret de sa joie. Certaines fleurs étaient serrées sur leur naissance.  Des petits parachutes blancs pliés. D'autres étaient déjà écloses. Toutes surgissaient du bois noir des branches comme des enfants qui se précipitent vers leur mère-lumière après une trop longue mort.


    Certains jours le printemps bégayait, il faisait froid. Je me posais ces questions qu'on se pose quand on vient d'abandonner quelqu'un sous la terre au cimetière : est-ce que la pluie les décourage ? Est-ce que le froid les empêche de dormir ? Je crois que tout souffre dans cette vie. Ne soyez pas trop effrayé par cette phrase, je pourrais aussi bien dire, et ce serait aussi vrai : tout se réjouit dans cette vie.


    Campé comme un idiot sous le vieux cerisier, regardant la pluie suspendue des fleurs en extase, admirant leurs têtes hilares de sacrifiées, je reçois une leçon de courage"...

 

 

 

1990


Philippe Jaccottet (1925-2021) écrivain, poète, critique littéraire et traducteur.

Cahier de verdure, Gallimard, 


"Le Cerisier" 

 

..."Cette fois, il s'agissait d'un cerisier ; non pas d'un cerisier en fleurs, qui nous parle un langage limpide ; mais d'un cerisier chargé de fruits, aperçu un soir de juin, de l'autre côté d'un grand champ de blé....


....Le sûr, c'est que ce même cerisier, extrait, abstrait de son lieu, ne m'aurait pas dit grand-chose, pas la même chose en tout cas. Non plus si Je l'avais surpris à un autre moment du jour. Peut-être aussi serait-il resté muet, si j'avais voulu le chercher, l'interroger. (...) 


...C'est alors, c'est là qu'était apparu, relativement loin, de l'autre côté, à la lisière du champ, parmi d'autres arbres de plus en plus sombres et qui seraient bientôt plus noirs que la nuit abritant leur sommeil de feuilles et d' oiseaux, ce grand cerisier chargé de cerises. Ses fruits étaient comme une longue grappe de rouge, une coulée de rouge, dans du vert sombre ; des fruits dans un berceau ou une corbeille de feuilles ; du rouge dans du vert, à l'heure du glissement des choses les unes dans les autres, à l'heure d'une lente et silencieuse apparence de métamorphose, à l'heure de l'apparition, presque, d'un autre monde. L'heure où quelque chose semble tourner comme une porte sur ses gonds. (...)

 


 

Michel Bussi (1965) écrivain et géographe français, 

Roman policier Nymphéas noirs 

(Éditions Presses de la Cité, 2010), 


..."Je me retourne, enfin. Dans la cour du moulin, le grand cerisier perd ses dernières fleurs. C'est un cerisier centenaire, à ce qu'il paraît. On dit qu'il aurait connu Monet ! Cela plaît beaucoup, à Giverny, les cerisiers. Le long du parking du musée d'Art américain, qui depuis un an est devenu le musée des Impressionnismes, ils en ont planté toute une série. Des cerisiers japonais, d'après ce que j'ai entendu. Ils sont plus petits, comme des arbres nains. Je trouve cela un peu bizarre, ces nouveaux arbres exotiques, comme s'il n'y en avait pas déjà assez dans le village. Mais que voulez-vous, c'est comme cela. Il paraît que les touristes américains adorent le rose des fleurs de cerisier au printemps. Si on me demandait mon avis, je dirais que la terre du parking et les voitures recouvertes de pétales roses, je trouve que cela fait, disons, un peu trop Barbie. Mais on ne me le demande pas, mon avis."...

Claude Monet - Printemps - cerisiers en fleurs

 


Evelyne Ayanidès - poèsie

 

Trois cerises rouges

 

..."Trois cerises rouges

Tout en haut d’un cerisier

Se balancent

Se balancent…

Je ne peux pas les attraper…"


 

 

 

Signification du cerisier


 

La fleur de cerisier symbolise :

. La bonne éducation

. Le renouveau, la pureté et la prospérité. 

 


 

Les cerises  sont : 

. Les fruits de la promesse, 

. De la pureté, 

. De la prévenance et de la bienveillance.


 

 

 

Mythes et légendes du cerisier

 


. Attacher une mèche de cheveux à une branche en fleurs, pour un amour infini, 


. Se rencontrer près d'un cerisier est très favorable pour une éventuelle histoire d'amour.


. En Asie, "La fleur", fragile et délicate comme la vie, annonce le printemps. 


. Au Japon, la floraison des cerisiers coïncidant avec l'équinoxe de printemps, est l'occasion de nombreuses cérémonies religieuses et réjouissances populaires


. Au Japon, on continue à offrir, lors d'un mariage, une infusion de fleurs de cerisier aux invités, gage de prospérité pour les nouveaux époux.  


 

 

 

Utilisation de la cerise

 

 

Alimentation

 

Les cerises se consomment :

 

- Nature, au sirop, 

Fruit frais, juteux, parfois acidulé ; les plus appréciés sont les bigarreaux, mais certaines variétés supportent mal le transport. 

 

 

- En confiture, en pâtisserie, et même en tisane.


- En pâtisserie : tarte, clafoutis, 


- Confitures 


- A l’eau de vie :
Ce sont les griottes qui conviennent le mieux à cet usage ;
Préparer de l’eau de vie sucrée, avec 350 grammes de sucre pour 1 litre d’eau de vie basique (60°), et la verser dans le bocal contenant les cerises, jusqu’à ce qu’elles soient bien recouvertes.
Laisser reposer les cerises à l’eau de vie, pendant au moins trois mois (à la cave), avant de les déguster, en accompagnement d’un dessert au chocolat et d’un café fort, 

 


- Boisson, par distillation ou macération,

kirsch en Alsace - guignolet en Anjou - marasquin ou maraschino en Dalmatie - Kriek en Belgique -  Ginjinha au Portugal.

 

 

Santé


La cerise crue fournit 68 kcal pour 100 g et contient de la vitamine C et de la provitamine A. Elles contiennent des sucres (15 g pour 100 g, dont le lévulose), de la pectine (utile pour les confitures), de la vitamine C et du nitrate de potassium. 

Le potassium qu’elle contient lui donne des propriétés diurétiques et ses fibres stimulent le fonctionnement intestinal.

Les cerises contiennent du β-carotène (0,4 mg pour 100 g), et sont très riches en vitamine A (vue), vitamine E (peau et vaisseaux sanguins), et sont légèrement laxatives. 

Le noyau de la cerise contient de l’amygdaline.

Les pédoncules, ou queues de cerises, se préparent en tisanes  utilisées notamment contre l’inflammation des voies urinaires, la cystite, la goutte et l’hydropisie.
 

 

 

Les cerises par les peintres

 

 

Émile Auguste Hublin (1830-1891)
Jeune fille à l'oiseau et cerises

 

 

Émile Auguste Hublin (1830-1891)
Jeune fille aux cerises

 

 

Jules Emile Santin (1829-1894) 
Fillette et cerises

 

 

Guillaume Seignac (1870-1924)
Jeune fille cerises et cerises aux oreilles

 

 

John Russell
La petite fille aux cerises

 

 

Maria Szanto
Fillette et cerises


 

 

 

Le Cerisier en estampes Japonaises

 

 

Kunisada - Utagawa Toyokuni III (1786-1865)

Eestampe originale 

La princesse Usuyuki présentant le dessin d'un sabre sous les cerisiers en fleurs

 

 

Kunisada - Utagawa Toyokuni III (1786-1865)

Estampe originale  1847-1848

Samouraï assis sous les cerisiers en fleur

avec sa pipe et son nécessaire à fumer


 

 

Kunisada - Utagawa Toyokuni III (1786-1865)

estampe originale  1847-1848

Couple sous les cerisiers

 

 


Kunisada - Utagawa Toyokuni III (1786-1865)

Estampe 1854 

Samourai,  Lanterne et ceriser 

 


 

Kunisada - Utagawa Toyokuni III (1786-1865)

Estampe

Samouraï devant une lanterne de pierre sous un cerisier en fleurs

 

 

Kunisada - Utagawa Toyokuni III (1786-1865)

Estampe 1849-1853

Scène nocturne : Jeune noble dans un jardin de cerisiers

Ichiyûsai Toyokuni ga ("dessiné par Ichiyûsai Toyokuni")

Editeur : Tsuta-ya Kichizô


 

 

Kunisada - Utagawa Toyokuni III (1786-1865)

1er mois de 1855

Estampe originale 

Défilé de geishas sous les cerisiers en fleurs

Signature : Toyokuni ga ("dessiné par Toyokuni") dans un cartouche rouge Toshidama

 

 

Kunisada - Utagawa Toyokuni III (1786-1865)

Estampe originale 

3ème mois de 1861

Promenade sous les cerisiers en fleurs d'une oiran au kimono décoré d'une silhouette de petite fille

Signature : Toyokuni ga ("dessiné par Toyokuni") dans un cartouche rouge Toshidama

Editeur : Mori-ya Jihei

 

 

Utagawa Kunisada II (1823-1880)

Estampe originale 11ème mois de 1867

Jeunes femmes au bord du rivage sous un cerisier
(dont une au kimono décoré de coquillages)

Signature : Kunisada hitsu (" du pinceau de Kunisada ")

 

 

 


Kunisato Utagawa (?-1858)

Estampe originale 1er mois de 1857 

Promenade de courtisanes et d'une maiko sous les cerisiers à coté du temple d'Asakusa à Tokyo

Signature : Kunisato ga ("dessiné par Kunisada")

​​​​​​​
 


 

 

Kikugawa Eizan (1790-1867)

Estampe vers 1830

Courtisane avec une ombrelle devant une branche de cerisier

Signature : Kikugawa Eizan hitsu ("du pinceau de Kikugawa Eizan")

 


 

Kiyochika Kobayashi (1847-1915)

Estampe originale vers 1885

Cerisiers en fleurs au temple Kiyomizu à Kyoto

Signature : Shinsei Kobayashi Kichochika


 

 

Yoshitoshi Tsukioka (1839 -1892)

Estampe originale 3ème mois de 1867

Samourais au combat

(scène nocturne sur fond de branches de cerisiers en fleurs)

Signature : Ikkaisai Yoshitoshi hitsu (du pinceau de Ikkaisai Yoshitoshi)


 

 

 

Cerisiers en fleurs

Festivals - Parcs et Jardins

 


- Dans la plupart des parcs et jardins japonais. Les premiers cerisiers à fleurir sont ceux d'Okinawa. La floraison y débute entre fin janvier et début février.


- Beaucoup de parcs de Tokyo offrent également ce spectacle, avec notamment Chidorigafuchi où les spectateurs peuvent louer des barques pour admirer les cerisiers. 


- Les cerisiers en fleurs sont admirés à Washington 


- Au Parc de Sceaux, à proximité de Paris,  qui comprend deux vergers de cerisiers à fleurs.

 

 

 

Festivals des cerisiers en fleurs au Japon
 

 

 

Festivals des cerisiers en fleurs en Corée

 

 

 

Festivals de fleurs de cerisier dans le monde

 

 

 

Pour en savoir plus

 


- Georges Ohsawa (Nyoiti Sakurazawa) 
Le Livre des Fleurs (Librairie philosophique J. Vrin, 1989), 

 

- Abbé Casimir Magnat 
Traité du langage symbolique, emblématique et religieux des Fleurs (Paris, 1855), 

 

- Jean-Marie Pelt, 
Des fruits (Librairie Arthème Fayard, 1994), 

 

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19 mars 2022 6 19 /03 /mars /2022 20:56

 

 

Mythologie des arbres


Le pêcher - Prunus persica 

 

 

Le Pêcher, parfois appelé Pêcher commun, (Prunus persica (L.) Batsch) est une espèce d'arbres fruitiers de la famille des Rosacées, haut de 2 à 7 mètres, à port étalé et à croissance rapide, cultivée pour son fruit comestible, la pêche.


Bien qu'originaire de Chine, le pêcher n'existe plus véritablement à l'état sauvage.


Toutefois, en Chine, on trouve des pieds échappés des cultures au moins au Gansu, Hebei et Shanxi. Sa floraison blanche ou rose, bien qu'éphémère, est du plus bel effet au printemps.


 

..."Sous les nuages chatoyants, 

la pluie rouge des fleurs de pêchers 

occulte les grandes portes : "...


Hăo Jīng (1223-1275) - Fleur tombée


 

 

 

Le pêcher est cultivé pour ses fruits ou pour l'ornement dans les régions tempérées ou subtropicales du globe. C'est dans le Sud que le pêcher se plaira le plus même s'il est possible de le cultiver au Nord en prenant la précaution de le protéger du vent et des gelées.


Synonymes :
Amygdalus persica L, Persica platycarpa Decne. (= Prunus persica forma compressa), Persica vulgaris Mill. (= Prunus persica var. persica)


Son écorce est lisse, ses feuilles caduques acuminées sont vert franc et dégagent une légère odeur d'amande. Elles sont longues avec un court pétiole. 


 

 

Ses fleurs roses apparaissent avant les feuilles à la fin de l'hiver ou début du printemps, voire en été pour les variétés plus tardives (pêche de Nancy). Elles sont hermaphrodites. 

 


 

 

Le fruit, comestible produit par le pêcher (Prunus persica) originaire de Chine, nommé "pêche", principalement consommé frais, est une drupe généralement sphérique.


Les pêches sont des fruits climactériques charnus, juteux et sucrés, avec une chair jaune, blanche, ou rouge (sanguine), une peau veloutée de couleur jaune ou orange plus ou moins lavée de rose-carmin à rose-saumon ou brune chez les sanguines, et un noyau dur, adhérent ou non.


 

 

 

On connaît des centaines de variétés de pêcher : 


peau veloutée ou lisse, noyau adhérent à la chair ou se détachant librement. Il existe aussi des pêchers à fruits aplatis.

 

Dans chaque groupe, il existe des fruits à chair blanche, à chair jaune ou sanguine.

 

 

Fruit à peau duveteuse


Les fruits de Prunus persica var. persica (L.) Batsch donne des pêches à peau duveteuse, à chair blanche ou jaune

- noyau libre : pêche proprement dite,

- noyau adhérent : pavie, pêcher de Pavie, de Pavie, commune du Gers.

 

 

 

Fruit à peau lisse


Les fruits de Prunus persica var. nucipersica (Suckow) C. Schneider présentent une peau lisse.

- noyau libre : nectarine, nectarinier

- noyau adhérent : brugnon, brugnonier

 

 

 

Pêche plate


La variété de pêche plate, Prunus persica (L.) Batsch forma compressa (Loudon) Rehder, a été sélectionnée en Chine. On l'appelle "pêche plate de Chine", "pantao" ou "peento" .


Son nom est associé aux pêchers légendaires, cultivés par la Reine-Mère de l'Occident, Xiwangmu. Comme la consommation de leurs fruits octroyait l'immortalité, on dénommait aussi ces pêches xiānguǒ "fruit des Immortels", ou shòutáo  "pêche d'immortalité".


La pêche plate est appelée Paraguayo en espagnol, et Saturn peach ou doughnut peach en anglais, en raison de sa ressemblance avec un beignet.


La pêche plate est une mutation de la pêche (P. persica Batsch.) qui s'est produite en Chine il y a environ 2000 ans. Le pêcher à pêches plates a tendance à fleurir plus tôt que les autres variétés de pêchers.


Il produit des fleurs voyantes avec un pistil plus court que les étamines. Le fruit est doux et peu acide. Les pêches peuvent être à peau duveteuse ou à peau lisse, à chair blanche ou jaune, à noyau adhérent ou non.


La pêche plate présente sur les étals de nos marchés aujourd'hui est le fruit du pêcher Ferjalou Jalousia. Il est issu d'un croisement entre variété Kiang-Si avec la variété Indépendance. Ces recherches ont été menées de 1975 à 1999 par René Monet, directeur de recherche à l'INRA de Bordeaux

 

 

 

Pêche de vigne


C'est un type de pêche plutôt qu'une variété précise.

La pêche sanguine tardive est souvent appelée pêche de vigne. Elle se présente avec une chair rouge foncé, une peau gris souris et une maturité très tardive. La caractéristique commune des pêches de vignes est une production de fruits à la même période que la vigne. 


Le pêcher étant sensible aux attaques d'oïdium de la vigne, des viticulteurs 
La couleur lie de vin de la variété française lui valut également le nom de pêche vineuse et pêche sanguine.


 

 

 

Etymologie

 


Du latin médiéval "persicarius" (VIII° siècle, Le Capitulare de Villis) 


Du latin malum persicum "pomme de Perse" ou "pomme persane", 

Du bas latin  donna pessica, 


Du latin médiéval pesca,  pesche (XII° s.),  pescher (fin XIV° s. Roques t.2, ) 
 

pêche (1740).

Italien pesca,

Français pêche

Anglais peach.


Pêche - prunus-persica - natural history - museum London - 1759

 


 

 

Mythologie Egyptienne

 


Harpocrate le dieu du silence, est  un dieu d’origine égyptienne, puisque son nom signifie  "Horus enfant".

 

D’après les nombreux auteurs anciens et modernes, Harpocrate est le fils d’Osiris et d’Isis. Souvent présent dans les temples, les Égyptiens lui offraient des lentilles. 

 

Surtout, il était représenté sous la forme d’un enfant qui met le doigt à sa bouche, geste interprété comme une invitation au silence. De ce fait, son attribut était le pêcher, car la feuille de cet arbre passait pour ressembler à une langue et le fruit à un cœur. 

 

Symboliquement, il évoquait le sage qui préfère le silence à la parole intempestive, ou bien le mystère qui entourait les cérémonies religieuses. 


 

 

 

Mythologie chinoise

 

 

Xi Wang Mu ou "Reine-mère de l'Ouest" est un personnage de la mythologie chinoise antique devenu sous la dynastie Han une divinité taoïste.


Chef des immortelles, toutes les femmes aspirant à obtenir le Dao sont considérées comme ses disciples.


Xi Wang Mu est  représentée sous les traits d'une belle femme vêtue d'habits royaux et voyageant parfois sur le dos d'une grue. 

 


Xi Wang Mu occupe un palais dans une caverne au nord, sur une montagne de Jade (Yu chan) située très loin à l'ouest.  

 

Elle régne sur le paradis occidental des immortels du mont Kunlun, dans lequel les hommes vivent dans l'aile droite et les femmes dans l'aile gauche. Elle est servie par les "filles de jade" et trois oiseaux bleus à trois pattes, lui fournissent sa nourriture.

 

Dans son jardin, lieu magique, poussent les herbes d’immortalité et les pêches de longue vie, qui libèrent de la mort tous ceux qui en mangent. Toutefois, l'arbre ne donne des fruits qu'une fois tous les 3 000 ans ou 9 000 ans. Lorsque les pêches sont mûres, Xi Wang Mu invite les immortels à un festin au cours duquel ils dégustent ces fruits merveilleux.


 

 

 

Légende japonaise


Epoque Edo,

 


Momotarō est un héros du folklore japonais. Sa légende est particulièrement bien connue au Japon et en Asie de l'Est. Ce nom signifie "garçon de pêche ", et Momo signifie pêche.

 


Alors qu’une dame assez âgée et sans enfant lavait son linge dans une rivière, elle vit venir vers elle, transportée par le courant, une pêche aux dimensions impressionnantes.

 

La ramenant chez elle, en essayant de l’ouvrir avec son mari, ils découvrent, niché dans la pêche, un petit garçon qu’ils adopteront et appelleront Momotaro, Momo signifie pêche en japonais, Tarō est un prénom de garçon japonais très populaire.

 

En grandissant, la force de l’enfant ne cesse de croître, et le voilà bientôt capable d’exécuter les tâches les plus difficiles sans grand effort. 

 

 

 

6000 - 7000 av. JC.

 


Plusieurs noyaux de pêches retrouvés sur des sites archéologiques attestent de la consommation de pêches depuis le Néolithique.

 

Sur les fouilles de Hemudu au Zhejiang des noyaux de pêches sauvages datant de 6000-7000 avant notre ère, ont été retrouvés.

 

 

 

1570 - 1045 av. J.C.

 


Un site datant de la dynastie Shang dans le Hebei a révélé deux noyaux de pêches semblables à ceux des pêches issues des cultivars de pêcher actuels. 
 


 

 

VIII° siècle av. J.C. - III° siècle av. J.C.

 


On trouve les premières mentions du pêcher  (tao 桃) dans le premier texte littéraire, le Classique des vers (shijing "livre des odes"), composé entre le VIII° et III° siècle av. J.C., pour trouver les premières mentions du pêcher.

 

Le pêcher fut ensuite importé en Inde et au Proche-Orient. 

 

C’est depuis l’Asie par la route de la soie en provenance de Chine, qu’elle a gagné l’Occident, au cours des siècles. 

 

Elle devait atteindre l'Inde et le proche Orient d’abord la Perse (d’où son appellation "Prunus persica"), puis l’Arabie, la Mésopotamie, et enfin l’Egypte (où la pêche était le fruit d’Harpocrate, dieu du silence).

 

Des restes de pêche ont été découverts dans l'île de Samos, au VII° siècle av J.C.

 

Alexandre le Grand (356 av. J.-C. - 323 av. J.-C. ) roi macédonien, suite à la conquête de la Perse, introduisit le pêcher en Europe sous le nom de pecta.

 

 

221 av. J.C.

 

Des noyaux de pêche ont été découverts dans les régions du sud de la Chine (Sichuan, Guizhou) dans la période pré-Qin 
 


 

 

I° siècle av. J.C.

 


En France, des noyaux de pêches ont été retrouvés parmi les vestiges archéologiques de l'époque gallo-romaine à Saintes (visibles au Musée archéologique). 

 

Les fouilles de Neuss, en Rhénanie (Novaesium) ont livré des noyaux datant du début du I° siècle de notre ère.

 

La pêche est arrivée chez les Romains vers le I° siècle après JC, lorsque grâce à Alexandre le Grand les pêches ont atteint les frontières romaines.

 

Celse (Aulus Cornelius Celsus v. 25 av. J.-C. -v. 50 ap. J.-C.)  romain de l'Antiquité,  personnage majeur dans l'étude de l'origine de la médecine antique, mentionne la pêche pour la première fois. 

 

 

Pline l’Ancien (23 apr. J.-C. -79), écrivain et naturaliste romain du ier siècle, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée


Histoire naturelle livre LXVII. 1 (vers 77) 

- connait plusieurs variétés de pêchers :

persicum Asiaticum, mûrissant après l'automne,

p. duracinum, à chair adhérente au noyau,

p. Gallicam, hâtive,

p. populare "pêche commune",

p. Supernas, de Sabine,

 

Pline dit la pêche sans odeur et juteux tout en provoquant la soif. 


..."Les pêches sont plus salutaires (-que les prunes-), de même que le suc de ce fruit seul, ou exprimé dans du vin ou du vinaigre. Il n’est pas de fruit de ce genre plus innocent, qui ait moins d’odeur et plus de suc, tout en excitant la soif. Les feuilles pilées, en topique, arrêtent les hémorragies. Les noyaux, avec de l’huile et du vinaigre, s’emploient en topique dans les douleurs de tête"...

 

À cette époque, les Romains cultivaient cinq variétés de pêchers qu'ils dénommaient malum persicum "pomme de Perse

 

 

 

V° siècle

 


Tao Yuanming (365-427) considéré comme un des plus grands poètes inspirés par le taoïsme. Il chante dans ses poèmes la retraite à la campagne et le vin.

 

préface des Mémoires de

"la source des fleurs de pêcher"

 

Elle raconte l'aventure d'un pêcheur laïque, qui entre par accident dans une vallée coupée du monde des vivants, aux pêchers en fleurs. Ses habitants vivent dans une forme de paradis. 

 

Après avoir découvert leur vie en les écoutant, et après avoir fait le serment de ne pas divulguer leur secret, il s'en retourne dans son pays. Mais il ne peut garder son secret. Le souverain fait effectuer des recherches dans tout le pays, mais en vain. Et le monde des pêchers en fleurs reste une histoire au succès constant à travers les siècles, dans le monde asiatique.

 

Le peintre coréen An Gyeon 
Illustration du poème sous la dynastie Qing, dans le jardin du Palais d'été de Pékin a su évoquer avec une grande force le mystère, dans ce qui reste la plus ancienne peinture de paysage coréenne conservée.


i


 

 

VIII° siècle  - début du IX° siècle.

 


Le capitulaire De Villis,

"Capitulare de Villis vel curtis imperii (ou imperialibus)"


ordonnance royale de Charlemagne

- fin du VIII° début du IX° siècle.


Le viridarium ou verger : "vergier" en vieux français, planté de vigne, de charmille et de buis, pouvant aussi évoluer en jardin d'agrément. Il doit contenir plusieurs exemplaires de chacun des 16 arbres fruitiers suivants : noyer, noisetier, pommier, poirier, prunier, sorbier, néflier, châtaignier, pêcher, cognassier, amandier, mûrier, laurier, pin, figuier, cerisier

 

 

 

IX° siècle

 


Bai Juyi (772-846), écrivain et poète chinois de la dynastie Tang 

Traduction de Guomei Chen

 


C'est une fleur sans que ce soit une fleur

 

C’est une fleur sans que ce soit une fleur,

C’est le brouillard sans que ce soit non plus le brouillard.

Arrivé après minuit, pour disparaître dès l’aube.

Venu tel un rêve de printemps, éphémère,

Il se dissipe comme les nuages du matin, sans laisser de trace.


 

 

 

XI° siècle

 


Yàn Jĭ Dào (1030-1106) poète chinois - 

"La saison des perdrix"


..." Tu chantas : jusqu'à ce que s'épuisât, sous l'éventail aux fleurs de pêchers, la bourrasque"...
 

 

 

XIII° siècle

 

 

Hăo Jīng (1223-1275) Poète et Politicien chinois - 

Dynastie officielle Yuan

 

 

Fleur tombée

 


Sous les nuages chatoyants, la pluie rouge des fleurs de pêchers occulte les grandes portes :

Jadéite des rameaux où seule demeure la marque verte des calices.

Pêchers et pruniers sous le vent d'est dans un rêve de papillon,

Défilé montagneux sous la  clarté lunaire dans l'âme du coucou.

 Cette balustrade de jade dans la brume froide, ces mille arbres et ce vide !   
Au jardin du Val d'Or parfum anéanti - j'irai faire déborder la coupe à libation.

Ce désordre qui jonche la cour, Seigneur, ne le balayez pas :

Laissez plutôt subsister la grâce d'un printemps jusqu'au crépuscule.  

            
 


 

 

Guàn Yún Shí (1286-1324) poète


La Roche aux fleurs de pêchers


..."Teinte de fleurs de pêchers, l'ondée franchit l'aire blanche consacrée,
En certitude, je sais : de ce monde de poussière les Immortels ont fui"...

 

 

 

XV° siècle

 


Nguyên Trai (1380-1442), sous le pseudonyme Uc Trai, lettré confucéen, poète et homme politique vietnamien sous les dynasties Hô et Lê.

Traduction de Lise Piquette

 


Le pêcher


 
De quel éclat resplendit la fleur de pêcher !

À l’approche du nouveau printemps, elle sourit.

Le vent de l’Est en est amoureux,

Convoite son parfum qui trouble les cœurs.


 


 

Táng Yín (1470-1523) peintre et poète chinois

 


Chanson de la chaumière aux fleurs de pêchers

 


Posée au milieu des fleurs de pêchers, la chaumière aux fleurs de pêchers, 

Dans la chaumière aux fleurs de pêchers, le génie des fleurs de pêchers. 

Le génie des fleurs de pêchers, le voici qui cultive les plants de pêchers, 

Et qui cueille les fleurs de pêchers, qu’il troque contre l’argent du vin. 

Que le vin le tienne lucide, il reste assis face aux fleurs, 

Que le vin lui donne l’ivresse, il revient somnoler parmi les fleurs. 

Les fleurs tombent, les fleurs s’ouvrent, année après année. 

Car je veux vieillir et mourir entre fleurs et vin, 

Dont, sans fleurs, sans vin, les restes travaillent aux champs ! 


 

 

 

Horae ad usum Romanum - XV° siècle

dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne 

Jean Bourdichon (1457-1521). Enlumineur


Fleurs de pêcher


 

 

 

XVII° siècle 

 

 

Le pêcher est cultivé depuis le Moyen Âge.

(Paris,1612)

L'apparition de l'espalier au XVII° siècle a contribué à l'extension de sa culture. 


En 1612, un manuel de jardinage (François Gentil, dit frère), Le jardinier solitaire, ou dialogues entre un curieux et un jardinier solitaire. conseille d'utiliser la technique du palissage sur mur afin d'obtenir des pêches en région Parisienne, bien qu'il s'agisse encore de palissage sur treillages.


 

 

 

XVIII° siècle

 

 

À Versailles, dans le Jardin fruitier du Roi Louis XIV (1638-1715), il existait déjà une quarantaine de variétés différentes dont les noms évoquaient parfois les charmes féminins :  "Téton de Vénus", "Belle de Chevreuse", "Grosse Mignonne". Le roi Soleil était un grand amateur de pêches.

 


C'est le responsable du Potager de Louis XIV à Versailles, Jean de la Quintinie, qui explique, à la deuxième moitié du XVIIe siècle, comment le plâtre facilite tant la construction des murs que le palissage des branches... et il fait entourer de murs plâtrés plusieurs de ses jardins carrés versaillais. Selon la tradition, c'est l'un de ses amis, le mousquetaire de la Reine Réné-Claude Girardot qui introduit la technique des murs à pêches dans le terroir de Montreuil... à partir de sa propriété de Bagnolet !


Sur les coteaux, les Montreuillois produisent du raisin et surtout des pêches : l'invention des murs à pêches permet d'augmenter la production en protégeant les arbres du froid. L'abbé janséniste Jean-Roger Schabol, soutient dès les années 1750 que sur 800 familles, 600 s'occupent de la culture du pêcher, et soutient que "l'invention" des murs à pêches est due à une tradition locale enfouie, et attribue un rôle clé à l'un des jardiniers de la Quintinie, le montreuillois Nicolas Pépin, cultivateur.


Les pêches de Montreuil sont devenues fameuses et ont approvisionné les tables des souverains de l'Europe jusqu'au début du XX° siècle.


 


 

Période Yongzheng, env. 1725,


Xi Wang Mu ("Marraine de l'Ouest"), divinité taoïste 

Décor sur une assiette en porcelaine de la dynastie Qing,

 

Style famille-rose, fleurs pêcher affiché dans les collections de porcelaine de Dresde Zwinger 

 

 

 

1793

Calendrier républicain


Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé pendant la Première République puis l'Empire jusqu'en 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris. Il commence le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792), lendemain de la proclamation de l'abolition de la monarchie et de la naissance de la République, déclaré premier jour de l'"ère des Français ".

 

La Pêche était le nom attribué au 22e jour du mois de vendémiaire, 

le 22 septembre :


 

A cette époque arrive :


L'EQUINOXE D'AUTOMNE & commence l'Année de l'Ere Nouvelle

Après avoir mûri les deux fruits de l'automne 

Au signe de Thémis pâlit l'Astre du Jour 

VERTUMNE plus épris des charmes de POMONE

Cent fois change de forme & suit son seul amour


 

 

 

1796


Prunus persica (L.) Batsch

Pfirsich, Prunus dubia persica

Figure 64 de Deutschlands Flora à Abbildungen 

Auteur    Johann Georg Sturm (Peintre : Jacob Sturm )



 


Vase chinois du XVIII°


Vase balustre en porcelaine décorée en bleu sous couverte et émaux polychromes dit doucai (couleurs contrastées) de rochers et de branches de neuf pêches dans leur feuillage, des chauve-souris en vol, le col orné d'une frise de ruyi.


Le symbole de longévité est renforcé lorsque les pêches sont représentées au nombre de neuf (jiu tao). En effet, neuf est le plus haut chiffre yang (principe mâle), et il est homophone d'éternité. La chauve-souris quant à elle est homophone de bonheur (fu). L'association des chauves-souris et des pêches est particulièrement favorable, elle est appelée "Image de grands bonheurs et longévité" (duofu duoshu tu).


 


 

 

XIX° siècle

 

 

1817


Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle - tome XVIII - appliqué aux arts

 

..."Malus Persica et Malum Persicum ou Persicus des Latins, melea persicè des Grecs. Ces noms sont ceux du Pêcher et de la pêche, encore appelés, en Italie, persico et persiche d'où dérivent les noms français et européens de cet arbre. Le pêcher est originaire de Perse ; c'est ce que ses noms apprennent, et principalement dans l'île de Rhodes, où il fleurissoit sans donner de bon fruit ; de la Grèce il vint en Italie, et de là dans la Gaule, et sa culture dans ces contrées lui fut très favorable, car dès le temps de Pline les pêches de France avoient du renom. Théophraste, Dioscoride et autres auteurs grecs nomment le pêcher, melea persicè, et le distinguent très bien du persea, espèce de laurier d'Egypte qui ne produisoit pas de fruit en-deça de ce pays, et que les Perses d'alors ne confondoient pas non plus avec la pêche, qui, comme à présent, passoit pour un poison. C'est à la culture prolongée qu'on doit nos pêches peu connues en Orient.

Sloane a nomé malus persica un sapotilier, et le fruit du mammea"...


 

 

 

vers 1850-51

Un nectarinier (Prunus persica var. nectarina) 

Tige fructifère et coupe de fruit. 

Zincographe en couleur de C. Rosenberg,  Connecticut.

 

 

 

1857


Prunus persica var. persica Batsch - Pêche tardive de Pavie

Ministère de l’Agriculture, du commerce, et des travaux publics, 

Enquête Agricole , Basses-Alpes, Var, Alpes-Maritimes, 

imprimerie impériale, Paris, 1857. 

 

 

 

1869


La peche plate fut introduite en Europe en 1820 par l'Anglais Joseph Kirke sous le nom de "pêche de Java" (le noyau provenant alors de l'île de Java). 


Son introduction aux États-Unis s'est faite vers 1828 par William Prince. Ces arbres périrent, et il fallut attendre une réintroduction de cette variété par P.J. Berkmans pour voir à nouveau des pêches plates sur le continent américain, vers 1869.


 

 

 

1870

 

Montreuil

Les espaliers étaient disposés sur des murs blanchis pour refléter la chaleur solaire et en restituer une partie la nuit, évitant ainsi les gelées.  A la fin du XIXe, les pêchers de Montreuil couvraient 600 kms de mur, à tel point qu’en 1870 les prussiens contournèrent ce labyrinthe communal !


 

 

 

Vers 1880

 

Guillaume Severeyns ( c. 1830- c. 1890)

Lithographe Belge

Pêche rouge de mai



 


 

 

Théophile Gautier (1811-1872) poète, romancier et critique d'art français.

 


La fleur qui fait le printemps


..."Pourtant le pêcher est tout rose,
Comme un désir de la pudeur,"...

 

 

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète, dramaturge et critique dramatique français.

Il est surnommé "le poète du bonheur"
 

 

Bien souvent je revois sous mes paupières closes


..."Le verger plein d'oiseaux, de chansons, de murmures,

Les pêchers de la vigne avec leurs pêches mûres"...

 

 


Charles Cros (1842-1888) poète et inventeur français.


 

Insoumission

A Lionel Nunès.


..."Tant mieux, puisqu'il y a des pêches,

Du vin frais et des filles fraîches,

Et l'incendie et ses flammèches"...

 

Stefano Novo (1862-1927) - le panier de pêches

 


 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français,

 

Les fleurs sont à Sèvre aussi fraîches

Que sur l'Hybla, cher au sylvain ;

Montreuil mérite avec ses pêches

La garde du dragon divin.

 

 

Dans un recueil de chansons publié en 1850 à Montbéliard figure un couplet dédié à la pêche, improvisé par Victor Hugo à la fin d'un repas, à chanter sur l'air de Souvent la nuit quand je sommeille.

La compositrice Pauline Viardot a également utilisé ce poème dans l'une de ses chansons intitulée "Les attraits" mais l'édition de sa partition n'attribuait pas le poème à Hugo et se contentait de la classer "Poésie du XVIII° siècle".

 

Ce que j'aime


Couplet fait à un dessert

 

D'attraits ravissants pourvue,

Seule elle réunit tout :

Ses appas charment la vue,

Et chacun vante son goût.

Sa peau, veloutée et fraîche,

Joint toujours la rose au lis ;

Ce pourrait être Phyllis

Si ce n'était une pêche.
 

 

 

Le comte Angelo De Gubernatis (1840-1913) écrivain, poète, linguiste, philologue et orientaliste italien.


Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 


C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882,


    PECHER. — D’après une superstition populaire sicilienne, celui  qui a le goître et qui, la nuit de la Saint-Jean ou de l’Ascension,  mange une pêche, en guérit sans faute, à condition que le pêcher à  l’instant même périsse ; on pense que le pêcher, en mourant, prend  le goître sur lui, et en délivre celui qui a le malheur d’en être affligé.  Dans la Lomelline (Haute-Italie), on cache soigneusement les feuilles du pêcher sous la terre, où elles pourrissent : elles aident à la  guérison des boutons qui se forment sur les mains, dits poireaux.

 

 

1885


Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé "

"Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz" 
 Gera, Allemagne 


Pêcher - Prunus persica ; Famille : Rosaceae

Source du livre original : Autorisation d'utilisation accordée sous GFDL par Kurt Stueber 
 

Mythologie des arbres - Le pêcher - "Prunus persica" 

 

 

1888


Vincent Van Gogh  (1853–1890) peintre néerlandais

Pêcher en fleurs

 

 

1888


Vincent Van Gogh  (1853–1890) peintre néerlandais

Pêcher en fleurs

Souvenir de Mauve

 

 


Vincent Van Gogh  (1853–1890) peintre néerlandais

Pêcher en fleurs


 

 

 

1894

Les pêches Melba ont été ainsi nommées par le cuisinier français Auguste Escoffier, aux commandes des cuisines de l'hôtel Savoy à Londres dès 1889. Lieu dans lequel résida pendant près de deux ans, une cantatrice australienne de renom, Helen Porter Mitchell (1861-1931), plus connue sous le pseudonyme de Dame Nellie Melba. C'est après l'avoir entendu et vu chanter qu'Escoffier lui rend hommage à travers ce dessert créé en 1894.

Photographie signée de Dame Nellie Melba dans le rôle d'Ophelia in Hamlet, vers 1889

 


 

 

XX° siècle

 

1918


Hermann Karl Hesse (1877-1962) romancier, poète, peintre et essayiste allemand puis suisse. 

Poèmes choisis, José Corti, 1994

 


Pêcher en fleur ("voll Blüten")


Le pêcher sous les fleurs explose,

Toutes ne viendront pas à fruit,

Lumineuse écume de roses

Sur l’azur où la nue s’enfuit.

 

Fleurs aussi montent mes pensées,

Cent par jour…Laisse-les fleurir,

Laisse, le fruit de ces journées,

C’est le secret de l’avenir.

 

Il faut des fleurs en abondance.

Innocence et jeux ont leur droit,

Sinon pour nous, ce monde étroit

Serait vide de jouissance.


 

 

 

Charles Le Goffic (1863-1932) poète, romancier et critique littéraire français dont l'œuvre célèbre la Bretagne.


Recueil : Le bois dormant (1900).

 


Printemps de Bretagne.

 

Une aube de douceur s'éveille sur la lande :

Le printemps de Bretagne a fleuri les talus.

Les cloches de Ker-Is l'ont dit jusqu'en Islande

Aux pâles "En-Allés" qui ne reviendront plus.

 

Nous aussi qui vivons et qui mourrons loin d'elle,

Loin de la douce fée aux cheveux de genêt,

Que notre cœur au moins lui demeure fidèle :

Renaissons avec elle à l'heure où tout renaît.

 

Ô printemps de Bretagne, enchantement du monde !

Sourire virginal de la terre et des eaux !

C'est comme un miel épars dans la lumière blonde :

Viviane éveillée a repris ses fuseaux.

 

File, file l'argent des aubes aprilines !

File pour les landiers ta quenouille d'or fin !

De tes rubis. Charmeuse, habille les collines ;

Ne fais qu'une émeraude avec la mer sans fin.

 

C'est assez qu'un reflet pris à tes doigts de flamme,

Une lueur ravie à ton ciel enchanté,

Descende jusqu'à nous pour rattacher notre âme

A l'âme du pays qu'a fleuri ta beauté !

 

 

 

1960 


Art Floral - Histoire naturelle

Hamburg, Germany

Illustration botanique vintage, décoration murale,

Pfirsich, - Prunus persica, - L. Batsch

Pêcher

 

 

 

1961

 

Roald Dahl (1916-1990) écrivain britannique et scénariste, auteur de romans et de nouvelles, qui s'adressent aussi bien aux enfants qu'aux adultes.

James et la Pêche Géante (James and the Giant Peach)

Roman pour enfants 

 

 

 

1973-1976 


À la suite de missions de terrain de l'Académie des Sciences chinoise, il semblerait que le Tibet et le Gansu où les pêchers Prunus mira et P. kansuensis Rehd. sont indigènes, doivent être considérés comme un des centres d'origine des pêchers.


 

 

 

2003


Jean Levi (1948) orientaliste français, spécialiste de la Chine et de la pensée chinoise.


Confucius - 


Editions Albin Michel


Le Han-Fel-tse, quoique postérieur de plusieurs siècles à Confucius rapporte une anecdote dans le droit-fil de la tradition confucéenne des manières de table et manifeste le soin jaloux avec lequel le Maître surveillait les aliments et donnait à chacun une valeur rituelle et morale.


Confucius se tenait assis aux côtés du duc Ngai de Lou. Le duc offrit une pêche avec du mil, en lui disant :


"Servez-vous, je vous prie".


Confucius mangea d'abord le mil puis ensuite la pêche. L'assistance neput s'empêcher de pouffer, la main devant la biouche. Le duc lui-même s'étonna : "le mil n'est pas servi pour être mangé, mais pour nettoyer la peau des pêches !
- Je sais, dit Confucius, mais le mil est la plus noble des cinq céréales. C'est aussi la plus noble des offrandes dans les sacrifices aux ancêtres royaux, tandis que des six fruits la pêche est le plus vil. Elle est proscrite du temple ancestral quand on sacrifie aux aïeux. J'ai entendu dire que le vil pouvait servir à nettoyer le noble, non l'inverse. Aussi à frotter le plus vil des fruits avec la plus noble des céréales, je me serais servi du noble pour nettoyer le vil. Ne voulant pas heurter les convenances, je me suis refusé à donner la préséance à la pêche sur la plus précieuse des offrandes du temple ancestral". 


 


 

2016 


Nguyên Thanh Kim - Le courrier du Vietnam 

Traduction de Lê Van Nghia

 

 

La beauté printanière

 

Qui va de pair avec la fleur de pêcher

Dans le soir à Nhât Tân plein sous la brume et la rosée

Qui se vautre dans les fleurs de pêcher

Sur la digue se hâte de tourner

 

Qui est jeune avec les fleurs de pêcher

Dans le soir à Nhât Tân qui tourne au froid

Va finir peut-être l’année courante

Et la nature devient vermeille de printemps.

 

Qui contemple les alentours

Dans le soir à Nhât Tân passionnément

Du lais où brille chaque pétale de fleur

À la fin rit bruyamment.

 

Qui retourne à la racine de pêcher

Dans le soir à Nhât Tân pour rêver

Ce n’est pas facile d’y avoir

Plein de couleurs de fleurs dans nos yeux.


 

 

 

Utilisation des pêches

 

 

Alimentaire

 

 

Valeur nutritionnelle de la pêche

- Les pêches fraîches sont une source de fibres alimentaires, de vitamine A,  B3 - B 5, C, de potassium et de vitamine C, et de beta-carotène


- Les pêches se mangent crues, fraiches et dans les salades de fruits. Cuites, elles se préparent au sirop, en compote, en sorbet, en confiture, en pâtisseries diverses, en pêche Melba, en liqueur...



 

 


Recette vin de pêche
 

 

 

Expression avec le mot pêche (fruit)


 

- Avoir la pêche Tenir la pêche pêche  

"Être en pleine forme"

 

- Avoir une peau de pêche pêche

"Avoir une peau rose et veloutée"

 

- Donner une pêche à quelqu’un 

"Donner un coup de poing au visage de quelqu’un".

 

- Se fendre la pêche pêche

"Rire".
 


 

 

Mythes et légendes

 


- En Egypte, il est sacré, symbole de silence et d’enfance 

 


- Dans les pays occidentaux, symbole de renaissance et de reprise des activités végétatives après la période hivernale. 

 


- En Chine, le pêcher est le symbole de l’immortalité. 

. On utilise le bois de pêcher pour repousser les démons en plaçant des planches sur les portes des maisons. 

. Les fleurs de pêcher représentent la pureté et la féminité, elles sont associées à l’amour : le nombre de mariage est plus important au moment de la floraison des pêchers en Chine du Nord.

. Les jeunes femmes les placent dans leur maison comme un signe de bonne chance et de joie lorsqu'elles se fiancent

 


- Au Japon, la Fleur de Pêcher est liée au mariage et est un signe à la fois de virginité et de fidélité. 

 


- Au vietnam les fleurs de pêcher sont un gage de bonheur et de bonne santé. Elles symbolisent également l’endurance

. La fleur de pêcher de couleur rose foncé s’apparente à la beauté des jeunes filles.

. La légende raconte que la fleur de pêcher sert à chasser les mauvais esprits, éloignent les pensées négatives et la malchance.

. Les Vietnamiens décorent leur maison de branches de pêcher pour apporter joie et bonne humeur à tous. 

. Envoyer des fleurs de pêcher rouges aux gens du Sud, pendant la célébration du Nouvel An, est considéré comme un cadeau précieux.
 

 

 

 

Signification des fleurs du pêcher

 


- Elles expriment l'admiration, la gratitude, les sentiments d’amoureux,  les amours durables, intenses et immortelles. 

- Les bourgeons représentent les enfants

- Les fleurs fraîches, ouvertes et colorées représentent les adultes.

- Rêver de la fleur de pêcher est un signe de sérénité,  joie, bonheur, affection et amour.


 

 

 

Pêches et fleurs de pêcher

en peinture et illustration

 

 

Jean-Jacques Grandville (1803-1847) illustrateur 

Fleur de pêcher

 

 

Huang Huangwu (chinois, 1906-1985) 

fleurs de pêcher

 

 

Huo Chunyang (1946)

Fleurs de pêcher

 

 

Zhao Shao'ang  (1943)

Fleurs de pêcher 

China The Metropolitan Museum of Art

 

 


Pierre Bonnard (1867-1947)

nature morte - pêches

 

 

Paul Cezanne (1839-1906) 

Nature morte - plat de pêches

 


Paul Gauguin (1848-1903) 

Nature morte aux pêches c. 1889  - 

Fogg Art Museum, Cambridge, MA

 

 

Catherine Klein (1861-1929)

pêches

 


 

Robert Papp

nectarines

 

 


Raphaelle Peale (1774-1825)

nature morte à la pêche

 

 

Raphaelle Peale (1774-1825)

nature morte à la pêche  

 

 

Abbey Ryan (1979)

quatre pêches

 

 

 

Pour en savoir plus



- Jean-Marie Pelt, dans son ouvrage intitulé simplement Des fruits (Librairie Arthème Fayard, 1994),


- Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles, (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982), 


- Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Pêcher (Prunus persica) 
 

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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 20:23

 

 

Mythologie des arbres


L'érable

 

 

L'érable est un arbre du genre Acer, de la famille des Sapindacées selon la classification APG III. La plupart des érables peuvent atteindre entre 10 et 45 m de hauteur, ont des feuilles caduques, mais une minorité en Asie du Sud et dans le bassin méditerranéen sont sempervirentes.


L’érable est un arbre au port majestueux. Très répandu en France, il pousse dans les régions du Centre, du Nord et de l’Est. Il tolère de manque de luminosité, et plutôt tolérant quant à la nature du sol. En forêt, il côtoie Chênes, Hêtres, Ormes et Tilleuls. 

 

L'érable vit ! chante en son vol

Tout le choeur des forêts en fête :

L'érable, de la souche au faîte

Frémit au chant du rossignol.


Nérée Beauchemin (1850-1931) Poète  
Recueil : Patrie intime (1928).


 


 

 

Le faisceau des racines de l'érable est typiquement dense et fibreux. Quelques espèces, dont Acer cappadocicum, drageonnent régulièrement.


Leur feuillage toujours caduc ; presque toujours à lobes palmés,  se pare de belles couleurs éclatantes orange, rouge en automne. Parfois des stries blanches, grises ou rouge marquent son tronc. L'esthétisme est également mis en valeur l'hiver, avec son écorce qui se détache par plaques ou en lambeaux et qui s’enroulent sur eux-mêmes.


Leurs petites fleurs aux couleurs jaunes, orangées, rouges ou vertes attirent les abeilles qui les pollinisent. Elles s'épanouissent à la fin de l'hiver ou au cours du printemps, puis laissent la place aux fruits secs à deux ailes.


 

 

Les disamares (double samare), caractéristique que l'on observe chez tous les érables, formant une hélice prompte à s'envoler,  la graine peut ainsi, grâce au vent, être transportée sur des distances considérables. 
Les samares matures sont une source alimentaire, décortiquées et consommées par rongeurs et passereaux granivores.


 

 

Autres noms de l'érable : Agrelle ; Alezabre ; Argélabre ; Arroube ; Auzeraule ; Bois-biche ; Bois chaud ; Bois de bique ; Bois de coq ; Bois de merde ; Bois de poule ; Coquêne ; Orjol ; Orme jaune ; Ouzraoul.

 

Une acéraie, érablaie ou érablière est un peuplement forestier dominé par les érables.


 

 

La famille des érables est très vaste. :

 

- des montagnes d'Europe, dès le Tertiaire (63 M d'années) :

. Érable plane, Acer platanoïdes

. Érable sycomore ou Érable Faux Platane, Acer pseudoplatanus

. Érable champêtre, Acer campestre, assez fréquent à la campagne, mais souvent malade.

 

- du pourtour méditerranéen :

. Érable à feuilles d'obier ou Érable duret ou ayard, Acer opalus. 

. Érable de Montpellier, Acer monspessulanum, qui supporte néanmoins le froid.

 

- D'Amérique et du Canada :

. Erable rouge (Acer Rubrum)

. Erable à sucre (Acer saccharum) qui donne le sirop d’érable dont les feuilles virent au rouge vif, à l'automne,

. Erable à feuilles composées.

. Erable noir

. Erable argenté

. Erable à grandes feuilles

. Erable à épis

. Erable de Pennsylvanie

. Erable nain

. Erable circiné

 

- des espèces asiatiques, notamment japonaises, 
dont les feuilles ont plus de 5 lobes et qui sont moins hauts. 

 

Petite affiche présentant 12 variétés d'érable que l'on peut retrouver au Canada. 

La forme des feuilles et des samares permettent une identification facile du type d'érable. 


 

 

 

Il existe une centaine d’espèces à travers le monde, 

 

 

Érable de Crète -  Acer sempervirens

Acer creticum, Acer orientale 


C'est une espèce d'arbre, proche de l'Acer monspessulanum, Originaire du Liban, de Crète, de Grèce et de l’ouest de la Turquie, Acer sempervirens se distingue de tous ses congénères. Il est le seul érable à ne pas perdre ses feuilles en hiver.  Comme beaucoup de plantes persistantes, il supporte bien la sécheresse.


Cette caractéristique, étonnante chez un érable en fait un arbre rare et difficile à trouver en culture ou dans les ouvrages de plantes. Mais si c'est cette rareté qui en fait son intérêt principal, il n'en reste pas moins un très mignon petit arbre, à ramure dense de forme ovoïde, ne dépassant pas 7m de haut et aux feuilles très jolies, élégantes, vert sombre aux bords ondulés. 


L'écorce est grise ou légèrement brune. Les jeunes pousses sont cuivrées, très esthétiques. 


Les fleurs de l'érable de Crête, plutôt insignifiantes, jaune verdâtre, donneront naissance à des samares de la même tailles, aux ailes peu écartées. 


 

 

 

Parmi les espèces d'érables les plus ornementales :

 

Erable champêtre - Acer campestre 

L'acer campestre 

 


L'Acer campestre, plus connu sous le nom d'érable champêtre, pousse spontanément en Europe, excepté le nord, et au Magreb. Très rustique (-25° à -30°C), on peut le croiser jusqu'à 1 000 m d'altitude, dans les bois et en lisière de forêts. Suivant sa situation géographique, il deviendra un arbre ou gardera un port arbustif. 

 

De taille moyenne, doté d'un port arrondi et dense, le feuillage vert légèrement satiné de cet érable, caduc, est composé de feuilles de petite taille. On le remarque en automne, lorsque son feuillage prend des tons d'or, de cuivre et de bronze.  

 

Les érables champêtres poussent assez lentement et saccommodent de presque tous les sols et de toutes les situations. On retrouve souvent son port dense et arrondi dans les haies. Haut de 12 m, environ.Les sujets les plus âgés peuvent dépasser 25 mètres de hauteur. Avec le temps, cette essence qui peut vivre bien plus d'un siècle peut former plusieurs troncs enchevêtrés, portant chacun un houppier dense. 

 

On observe souvent une sève laiteuse suintant des feuilles chez cette espèce. Sa floraison très discrète a lieu au printemps, en même temps que naissent les feuilles. Les petites fleurs sont verdâtres groupées en corymbes. Se forment ensuite des fruits ailés souvent rougeâtres, les samares. Les ailes de ce fruit sont opposées, parfaitement alignées.

 

L'érable champêtre forme le bois le plus dur que l'on puisse trouver chez ce genre. Son écorce est de couleur gris pâle et fissurée. Les rameaux des jeunes sujets montrent souvent une écorce liégeuse côtelée.


 

 

 

L'Érable de Montpellier - Acer monspessulanum L. 

 


L'érable de Montpellier, appartient à la section Monspessulanum de la classification des érables, originaire des rivages . Il est parfois appelé Azerou ou Agast, Violonier (provençal).

 

C'est généralement un arbre à l'écorce foncée et à la ramure dense. Le houppier, très ramifié, est généralement dressé mais s'arrondit avec l'âge. De croissance lente à moyenne, il peut atteindre et parfois dépasser 15 m dans des conditions favorables et peut vivre jusqu'à 150 ans. Peu exigeant et rustique, il supporte très bien les sols calcaires et arides. 

 

Ses feuilles opposées, caduques, à 3 lobes entiers, vert foncé sont petites et possèdent un long pétiole. En automne, elles prennent des teintes rouges ou d'or brillant qui le rendent très spectaculaire. 

 

Il fleurit en avril ou mai, avant ou pendant la feuillaison. Les fleurs sont groupées en corymbes glabres, retombants et terminaux, de couleur jaune-verdâtre, soit mâles, soit femelles. Les fleurs femelles ont un pétiole plus court et généralement plus épais que celui des fleurs mâles.

 

Les fruits sont des disamares, pendantes, à ailes pratiquement parallèles, parfois partiellement chevauchantes.

 

A. monspessulanum (et le similaire A. campestre ) est apprécié par les amateurs de bonsaï. Les petites feuilles et la petite taille de l'érable répondent bien aux techniques visant à encourager la réduction et la ramification des feuilles. 


 


 

Erable à peau de serpent - Acer davidii  

 


Originaire de Chine, L'Acer Davidii ou Acer laxiflorum ningpoense, également appelé également appelé érable du Père David, encore Érable jaspé, fait partie des érables dits à peau de serpent, en raison de la beauté de leur écorce verte rayée de blanc, décorative lisse et jaspée, qui évoque la peau de ces reptiles par leurs coloris et leurs motifs. C'est un arbre de mi-ombre, de sols non calcaires et frais. 

 

Avec son écorce originale et bien visible en hiver, son port élégant, de 12 m de haut, sa couronne arrondie à étalée est soutenue par des branches minces et fragiles, légèrement retombantes. Le tronc, simple ou multiple, est court, ramifié près de la base.

 

Cette variété porte des grappes rouges pendantes décoratives, et des feuilles vert foncé à revers plus clair, au jaune orange flamboyant en automne. 

 

La variété "Sélection" offre une écorce vert-rouge marbrée de blanc.


 

 

 

Erable du Fleuve Amour - Acer ginnala 

 


L'érable du fleuve Amour est un petit arbre aux branches minces et arquées, au port étalé, une espèce à utiliser en haie ou en isolé dans les jardins de taille modeste. Il est très résistant, bien adapté au milieu urbain et supporte bien la taille.

 

Les disamares sont rose rouge et les fleurs blanc crème et parfumées sont disposées en grappes dressées, suivies de fruits ailés rose vif. 

 

Son feuillage vert prend une magnifique couleur jaune orangé puis rouge écarlate en l'automne. 

 

De croissance rapide, Acer ginnala est rustique (-15°),   de culture facile à condition d'être installé dans un sol frais, riche et bien drainé. Il apprécie les expositions ensoleillées, mi-ombre.


 


 

 

Érable à feuilles de frêne - Acer negundo

 


L'Erable negundo est une espèce d’une dizaine de mètres de hauteur est originaire de l’est de l'Amérique du Nord. On l'appelle aussi Érable à giguère, peut-être par déformation du nom "érable argilière" qu'utilisaient les Français de l'Illinois, en 1814. Il est appelé parfois , Érable américain ou Érable à feuilles composées. Cette essence a été introduite sur d'autres continents en tant qu'arbre d'ornement pour les parcs et jardins. 

 

C'est un arbre très rustique (-15°), à croissance rapide, supporte l'exposition au soleil, à port étalé, à feuilles vertes caduques, avec des grappes de minuscules fleurs jaune verdâtre non parfumée à la fin du printemps. Il a la particularité de produire des bourgeons et des feuilles jusqu'aux premières gelées. Son bois est cassant, rendant les travaux d'élagage parfois dangereux.

 

L'Acer negundo "Flamingo" est un érable à port étalé et à croissance rapide. Très rustique. Ses feuilles sont marginées de crème et de rose à l'extrémité des pousses au printemps. Très ornemental, c'est un arbre d'environ 7 mètres de haut, aux feuilles panachées, vert brillant, marginées de blanc et de rose au printemps. Le plus : il supporte les terrains calcaires.


 

 

 

Érable cannelle - Acer griseum  

 


L'Acer griseum est un érable très original, originaire de Chine, pouvant atteindre 10 m de hauteur, appelé aussi "Erable à écorce de papier" ou "Erable cannelle", est rustique jusqu'à -30°C.

 

Il est reconnaissable à son étonnante écorce brun cannelle, qui s'exfolie en vieillissant. De plus il agrémente les jardins en automne grace à ses feuilles qui se teintent de jaune orangé. voire rouge écarlate, mais c'est en hiver qu'elle est la plus remarquée.  

                    
De culture facile, de croissance lente, il pousse dans tout sol frais, fertile, bien travaillé et bien drainé, en situation mi-ombragée. Son port est étalé, avec des branches minces et fragiles. Les feuilles caduques, opposées, sont vert clair puis orangé et rouge en automne. En juin, une floraison jaune en grappes pendantes sont suivies de samares velues d'avril à mai,  laisse place à des fruits ailés. 


 

 

 

L’érable sycomore  - Acer pseudoplatanus

 


L'érable sycomore est une espèce d'arbres de grande taille  fréquent en Europe. On l'appelle parfois faux platane, grand érable, ou érable de montagne, plus rarement érable blanc.

 

Il s'agit d'un arbre à croissance rapide les premières années, et qui rejette facilement de souche quand il est coupé. L'érable sycomore est un grand arbre à tige élancée, pouvant atteindre 35 à 40 m de haut et un diamètre de 3,5 m . Sa durée de vie peut atteindre les 500 ans.

 

L’écorce est d’abord lisse et gris jaunâtre, puis gris rougeâtre et de plus en plus foncée sur les arbres âgés où elle se détache en s’écaillant en larges plaques.

 

Les feuilles, opposées, caduques,  palmées, à long pétiole (légèrement cordiforme à la base), glabres et vert sombre à la face supérieure, vert glauque portant des poils sur les nervures à la face inférieure.

 

Il ne fleurit que vers 20 à 25 ans. Les fleurs de couleur vert jaune, groupées en panicules tombantes, apparaissent avec les feuilles, à la différence de celles de l'érable plane dont les fleurs groupées en corymbes dressés apparaissent avant les feuilles. Les fruits sont des disamares dont les ailes sont écartées.

 

L'Acer pseudoplatanus "'Brilliantissimum",  l'érable crevette, se distingue des autres érables sycomores par sa petite taille (3 à 5 m) et la couleur rose saumoné de ses feuilles au printemps. Il apprécie la mi-ombre.


 

 

 

L'Érable plane -Acer platanoides L.  

 


L'Érable plane est un arbre de grande taille, fréquent dans les régions collinéennes et montagneuses d'Europe. Il est parfois appelé Érable de Norvège, Iseron, Plane, Main-découpée, Plaine ou Faux Sycomore.

 

Son nom lui vient de la forte ressemblance des feuilles avec celles du platane.

 

C'est un grand arbre à tige élancée, de croissance très rapide pendant les premières années, rejette facilement. Il peut atteindre 20 m à 30 m de haut et une circonférence d'environ 8 à 9 m. Le diamètre de son tronc peut atteindre 1 m. Il peut vivre jusquà 200 ans. Il atteint ses plus belles proportions dans les forêts de feuillus où les chênes, tilleuls et ormes sont dominants.

 

L'écorce est brune, et présente de nombreuses crevasses peu marquées. Les fleurs vert jaune, groupées en corymbes dressés, apparaissent avant les feuilles.

 

En général, l'érable plane commence à fleurir à l'âge de 15-20 ans. Les feuilles, opposées, caduques, palmées , glabres, vertes et luisantes, à long pétiole. Elles prennent une très belle teinte jaune à l'automne.

 

Les fruits sont des disamares à ailes horizontales larges très écartées.

 

Cette espèce est répandue dans presque toute l'Europe, ainsi qu'en Asie dans la région du Caucase, en Iran et en Afghanistan. On le rencontre jusqu'à une altitude de 1 500 m en France. Il a été introduit entre autres en Amérique du Nord, où il est considéré comme invasif et nuisible. 

 

C'est une essence de demi-ombre. Il apprécie un climat assez humide, avec des tendances continentales ou montagnardes.  

 

Il est cultivé comme arbre d'ornement et beaucoup planté comme arbre d'alignement.

 

 

 

Erable du Japon  - Acer palmatum 

 


L'érable du Japon, est un petit arbre qui vient de l'Est de l'Asie. Sa cime étalée et arrondie, ample et gracieuse, ses branches parfois tortueuses, procure une ombre légère et laisse magnifiquement filtrer les rayons du soleil dans sa frondaison. 

 

C'est un très joli arbuste qui séduit par ses couleurs chatoyantes.  Au fil des saisons, il évoluera, du vert bronze ou tendre au pourpre sombre, à l'écarlate ou à l'orange vif. Une même branche peut porter des feuilles palmées ou ciselées en lanières et qui prennent d'extraordinaires et changeantes couleurs. 

 

Des fleurs rougeâtres sans grand intérêt apparaissent en avril avant des fruits rouges ailés, en septembre.

 

Le choix des variétés est vaste. Leur port peut être érigé ou retombant ce qui leur confère une multitude d'utilisations différentes. Beaucoup de variétés ont une couleur automnale remarquable, certains ont même une couleur de bois rouge corail pendant l'hiver, brun olive au printemps, vert en été et rouge brillant à l'automne.

 


 

 

L’Érable argenté - Acer saccharinum, 

 


L'érable argenté, érable de Virginie ou Plaine blanche (Canada),  dont l'espérance de vie est comprise entre 100 et 150 ans. Il peut atteindre de 20 à 30 m de haut. 

 

L'écorce est gris argenté et son bois est tendre. Le système de racines est peu profond et fibreux. Il s'étend en largeur beaucoup plus qu'en profondeur. La croissance est rapide. 

 

Le feuillage est caduc, avec des feuilles découpées, vertes au-dessus et argentées en dessous, jaunes ou orangées en automne, un pétiole vert ou rose. Les rameaux sont légèrement retombants. Les fleurs jaune verdâtre apparaissent à la fin de l'hiver ou au tout début du printemps.

 

Les fruits sont des disamares ailées mûres dès le mois de mai/juin.  Elles servent souvent de premières nourritures printanières aux animaux de la forêt. L'arbre commence à produire des fruits à partir de 10 ans.

 

L'érable argenté, tout comme l'érable à sucre et l'érable rouge, peut être entaillé pour produire du sirop d'érable, de teinte plus claire que celui des deux autres espèces, par contre, son eau est la moins sucrée.

 

L’arbre est originaire de l’Est de l'Amérique du Nord. Il est fréquent dans les parcs car il supporte bien la pollution atmosphérique des villes.

 

Il pousse à l'état sauvage dans les vallées humides et le long des cours d'eau. L'érable argenté apprécie un sol humide, plutôt argileux, et évite le calcaire. Il tolère les inondations temporaires, fréquentes dans son environnement naturel, en zone inondable près des grands cours d'eau de plaine. Il apprécie le soleil, ou la mi-ombre. Il est rustique, s'adapte très bien à presque toutes les conditions de sol et beaucoup mieux aux conditions urbaine que l'érable rouge et l'érable à sucre et résiste jusqu'à -35°. 

 

L’arbre a été introduit en Europe en 1725. Parmi les érables américains, il est l'un de ceux qu'on rencontre le plus fréquemment en Europe, avec l'érable negundo, pour l'ornement des espaces verts ou planté en alignements dans les rues des villes. La plupart des spécimens appartiennent à la forme laciniatum, au feuillage clair très découpé. La forme sauvage se rencontre souvent dans les parcs anciens mais est rarement planté de nos jours.


 

 

 

L’Érable à sucre - Acer saccharum

 


L'érable à sucre ou Érable franc  est une espèce d'arbres nord-américains de la famille des sapindacées, qui peut vivre jusqu'à 250 ans. L'arbre est reconnaissable par son feuillage jaune, orangé et rouge en automne et est très apprécié pour son eau qui coule au printemps et qui sert à faire le sirop d'érable.

 

L'érable à sucre est un arbre pouvant atteindre 35 m de hauteur, et exceptionnellement jusqu'à 45 mètres.

 

Les feuilles caduques  ont 5 lobes palmés, les lobes inférieurs sont relativement petits, tandis que les supérieurs sont plus grands et profondément entaillés. Les couleurs d'automne apparaissant lors de l'été indien sont souvent spectaculaires, allant du jaune vif à l'orange fluorescent et au rouge orangé. Les feuilles et les bourgeons sont pointus et bruns. L'eau d'érable est très bonne, mais le sirop d'érable qui est fait avec cette eau est encore meilleur.

 

Les fleurs sont en corymbes jaune-vert et sans pétales; la floraison a lieu au début du printemps. Le fruit est une samare dont les ailes portent deux graines globuleuses tombant de l'arbre en automne.

 

L'érable à sucre est facilement identifiable par sa sève claire dans le pétiole, ses bourgeons sont bruns. Sur les arbres âgés, l'écorce est exfoliée. Le revers de la feuille est mat,  les lobes de la feuille d'érable à sucre ont une forme rectangulaire.

 

On le retrouve principalement en Amérique du Nord et surtout au Québec vers la côte Est, et dans une vaste partie du nord-est des États-Unis. Dans sa région d'origine, l'espèce a une croissance rapide (10 mètres en 20 ans).

 

L'érable à sucre a besoin d'un sol riche, profond et assez frais. Il est très rustique et peut être planté jusqu'à 1 000 m d'altitude. C'est une essence d'ombre qui dépérit souvent à l'âge adulte si planté au plein soleil et qui supporte mal la pollution des villes.

 

La culture de l'érable dans le but d'en faire du sirop d'érable s'appelle de l'acériculture. Il a été introduit en Europe, mais pas en grand nombre, et les spécimens y sont généralement de moindre taille. En France, on le rencontre notamment dans la région du Limousin.

 

L'usage principal de cette espèce reste la production de sirop d'érable. Durant l'été, l'érable à sucre fabrique des sucres. Au début de l'automne, ces sucres sont transformés en amidon dans les racines pour y passer l'hiver. Durant l'hiver, l'eau gèle et la sève ne circule presque pas. Au printemps, l'amidon dans les racines est transformé en sucre . Cette transformation attire l'eau du sol. Les cycles quotidiens de gel et dégel pompent, dans le tronc, cette eau sucrée appelée "eau d'érable".

 

L'eau d'érable n'est pas de la sève. Celle-ci, nettement plus chargée en minéraux et molécules organiques complexes, ne remonte par les racines que lorsque le métabolisme de l'arbre est relancé. L'arrivée de la sève et de son goût amer marque la fin de la récolte d'eau d'érable. Donc, on ne récolte pas la sève mais l'eau d'érable. 

 

En été, l’arbre produit des feuilles qui transforment la sève brute en sève élaborée. Celle-ci fait croître les racines de l’arbre qui produisent encore plus de sève brute. Ce cycle permet à l’arbre de se développer. C’est pendant cette période que l’érable produit des fruits, appelés samares.

 

En automne, l’érable relâche les samares. Puis en octobre, l’absence de sève brute dans les feuilles de l’arbre les fait rougir puis tomber.

 

Afin de produire le sirop d'érable, les arbres ne sont mis en production qu'après environ 40 ans de croissance. C’est au printemps que l’on récolte l’eau d’érable par des trous forés dans le tronc. 


 

 

 

Pollinisation

 


La pollinisation des fleurs, un bouquet de micro-fleurs vertes, jaunes, orangées ou rouges selon les espèces, s'effectue par le vent, mais elle peut aussi être opérée par des insectes. 

 

Elles fournissent aux insectes du pollen et du nectar dès la sortie de l'hiver, avant l'arrivée des feuilles. Les bourgeons nourrissent également de nombreux oiseaux.

 



 

 

 

Étymologie 

 


Le nom érable apparaît au milieu du 13ème siècle. Il vient du vieux latin "acerarbot", où "acer" d'origine indo-européenne signifiant "pointu, dur". 

 

 

Erable s'est dit en latin classique Acer, aceris

Pour éviter tout confusion avec l'adjectif acer, acris, acri = aigu, âcre, vif, on a ajouté le nom arbor. 

On a en bas-latin "acer arbor" pour désigner l'érable.

Acer arbor est devenu "acerabulus" (acer et du gaulois abalo "pomme")

un peu plus tard acerabulus, qui, accentué sur le second a, devient "acerable", "Arblay", "Araule", "Azérable",  "arable", "esrable",  érable.

 

 

 

Mythologie grecque

 

 

Phobos, fils d'Arès et d'Aphrodite, frère de Déimos, dieu de la peur panique et de l’épouvante représente la crainte.

 

Il accompagne son frère et son père sur les champs de bataille. Il harcelait les troupes de guerriers antiques, où il inspirait la peur de mourir aux soldats du camp adverse. Ces derniers refusaient alors le combat. Ainsi, le mot phóbos (signifiant "peur" en grec ancien) a donné le mot "phobie" en français. 

 

Phobos est souvent représenté dans l’art avec un visage effrayant aux yeux exorbités et à la bouche grande ouverte et grimaçante. Cette figure inquiétante, font naître la crainte chez celui qui la regarde comme si le dieu exerçait encore aujourd’hui son pouvoir.

 

L’érable était considéré comme la marque de Phobos, à cause de la couleur rouge sang de ses feuilles durant l’automne. 

Phobos (mosaïque du IV° siècle apr. J.-C., Halicarnasse). British Museum


 

 

 

Mythologie celtique

 

Calendrier celtique :

11 au 20 avril et 14 au 23 octobre - Érable

Périodes liées à la feuillaison et à la chute des feuilles.

 

Dans l'astrologie celtique, l'érable représente la résistance, et une personne débordant d'imagination et d'originalité, timide et réservé, ...

 

"Pour les druides, une bonne étoile veillait sur la destinée de leurs protégés car l'érable était le messager des dieux. Ceux-ci parlaient aux hommes dans le souffle du vent agitant les hautes branches de l'arbre. Ils utilisaient sa sève comme breuvage destiné à calmer les esprits impulsifs et violents. On assurait que cette potion, mélangée avec d'autres sucs végétaux, avait également la capacité d'apaiser les inflammations de toutes sortes. 

 

Dans la forêt de Brocéliande, c'est un érable immense qui dominait la fontaine de Barenton dans laquelle Merlin l'Enchanteur venait puiser des gobelets d'eau pure."


 

 

 

Légende du sirop d'érable

 


Les Micmacs 

(peuple autochtone de la côte nord-est d'Amérique). 

 

Une vieille femme Micmac alla un jour de printemps recueillir la sève d’érable. Comme elle trouvait qu'elle était meilleure chaude, elle se mit à la faire chauffer sur le feu, à l’intérieur de son tipi.

Après toute cette récolte, la vieille dame fatiguée s’endormit. C'est lorsqu'elle se réveilla beaucoup plus tard qu'elle trouva dans son pot un sirop clair et sucré.

 


Les Algonquins

(peuple autochtone ayant historiquement occupé certaines parties de l'ouest du Québec et de l'Ontario, avec pour centre la rivière des Outaouais et ses affluents).

Un Algonquin enleva son tomahawk d’un érable qu’il avait planté le jour d’avant. La sève se mit alors à couler. Sa femme, voyant cela, décida d’y goûter et trouva cela très bon.

Elle décida de s’en servir pour faire cuire la viande. Son homme apprécia vraiment le goût de celle-ci et décida d’appeler ce met "sinzibuckwud" qui signifie  "tiré des arbres".

 


La légende des Fendilles, ou légende iroquoise

 

Par un beau matin froid et piquant, il y a fort longtemps, un chef Iroquois du nom de Woksis sortit de sa hutte. Puisqu’il devait aller à la chasse, il retira son tomahawk (hache) de l’érable dans lequel il l’avait plantée la veille au soir. Le tomahawk avait fait une profonde fente dans l’arbre mais Woksis n’y fit pas attention. Il partit chasser. Un récipient en écorce de bouleau était posé au pied de l’érable. Goutte à goutte, la sève qui ressemblait à de l’eau s’écoula de l’entaille faite dans le tronc de l’érable et remplit le récipient.

Le lendemain, la femme de Woksis remarqua que le récipient était plein. Pensant que la sève incolore était de l’eau, elle s’en servit pour faire un ragoût de gibier. Le soir venu, au souper, Woksis sourit et dit à sa femme: "Ce ragoût est délicieux. Il a un goût sucré". N’y comprenant rien, la femme trempa son doigt dans le ragoût qui avait mijoté tout l’après-midi. Woksis avait raison: le ragoût était sucré. On venait de découvrir les fendilles sucrées qui nous donnent le bon sirop d’érable.

 

 

- 65 millions d'années /  - 2,58 millions d'années 

 


Des fossiles retrouvés en Asie ont été datés du Paléocène et en Amérique du Nord datés de l’Éocène d’ailleurs en 1976.

 

Le spécialiste des érables Piet de Jong a estimé l’origine des érables au début du Tertiaire au Sud-Est de la Chine ; la diversification des sections se serait généralement achevée vers la fin de l’Éocène. 

 

Au Japon, des érables fossiles vieux de 6 millions d'années ont été trouvés dans la ville de Yuzawa dans la préfecture d'Akita. 

 

En Europe, les érables des montagnes étaient présents sur terre avant les grandes glaciations.
 

Période du miocène -

Feuilles fossiles d'Acer trilobatum (Sapindaceae, Miocène)

gisement d'Öhningen, Allemagne, 

Muséum National d'Histoire Naturelle de Karlsruhe, en Allemagne.

Auteur    H. Zell


 


 

 

VII° siècle av. J.C.

 


Homère (VII° siècle av. J.C.) poète grec  


Iliade - Cheval de Troie


Après dix ans de siège Ulysse imagine alors une ruse pour investir la cité : faire entrer dans Troie un gigantesque cheval de bois d'érable champêtre (acer campestre),  dans lequel les Grecs en armes prennent discrètement place.  L'architecte charpentier Épéios se charge de la construction.


Les Troyens, voyant le champ de bataille déserté, croient avoir gagné la guerre. Pensant que le cheval est une offrande, ils le font entrer à l'intérieur de leurs murs. À la nuit tombée, les Grecs, jaillissant des flancs de bois du cheval et s'emparent définitivement de la cité...


Henri-Paul Motte - Le Cheval de Troie

 


 

 

I° siècle av. J.C.

 

 

Virgile (né vers 70 av. J.-C.-19 av. J.-C.) poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l'empereur Auguste.

Énéide - Livre III

Chute de Troie - Mission d'Enée

Cheval et Grecs dans Troie 

Récit d'Énée. 
2, 110

..."Souvent les Danaens ont voulu s'enfuir, abandonner Troie

et s'éloigner, épuisés qu'ils étaient par cette guerre sans fin.

Ah ! Que ne l'ont-ils fait ! Souvent l'âpre tempête marine

les a retenus, et l'Auster les a effrayés au moment du départ.

En particulier, quand déjà se dressait ce cheval en planches d'érable,

des nuages grondèrent dans toute l'immensité du ciel"....
 

 

 


Properce (Sextus Propertius) poète latin  (47 av. J.-C.-v.16/15 av. J.-C.)

Chapitre IV. L’élégie de Vertumne : l’œuvre trompeuse

..."Jusqu’à Numa, j’étais un simple tronc d’érable, rapidement taillé à coups de serpe, dieu pauvre dans une ville que j’aimais. Mais puisse la terre des Osques t’être légère et ne pas meurtrir tes mains d’artiste, Mamurius, toi qui cisela mes traits dans le bronze et sut si habilement couler ma statue pour lui faire remplir tant de rôles. Unique est l’œuvre, mais nombreux sont les hommages qu’elle reçoit. (59-64)"...

Vertumne et Pomone   Début du XVIe siècle – Francesco Melzi


 


 

I° siècle

 


Pline l’Ancien (23 apr. J.-C-79) écrivain et naturaliste romain du ier siècle, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).

Histoire naturelle 


Livre Seize

..."XXVI. (XV.)  L'érable (acer pseudoplatanus, L. ), a peu près de la même grosseur, vient immédiatement après le citre (XVIII, 29), pour l'élégance et le fini des ouvrages. On en distingue plusieurs espèces. Le blanc (acer pseudoplatanus, L. ), qui est d'une blancheur admirable, est appelé gaulois dans l'Italie transpadane, et il vient au delà des Alpes. L'autre espèce a des taches marbrées; dans toute sa beauté, il est dénomme d'après sa ressemblance avec la queue du paon; le meilleur est en Istrie et en Rhétie. L'érable de qualité inférieure se nomme crassi venium. Les Grecs les distinguent par l'habitat : l'érable de plaine étant blanc, ou marbré (ils le nomment glinus) (acer creticum), l'érable de montagne étant marbré, plus dur; et dans cette espèce même le mâle est plus marbré et s'emploie dans des ouvrages plus élégants. La trolsième espèce, d'après les Grecs, est le zygia (acer compestre, L. ), bois rougeâtre, facile à fendre, a écorce livide et raboteuse; d'autres auteurs aiment mieux en faire une espèce indé pendante de l'érable, et le nomment en latin carpinus (charme, carpinus netulus, L.)

 

XXVII. 

(XVI.) 1 

Ce qu'il y a de plus beau dans l'érable, c'est le bruscum, et surtout le molluscum. Ce sont deux tubérosités de cet arbre; le bruscum a des veines plus contournées; celles du molluscum sont repandues d'une manière plus simple : et si le molluscum était assez gros pour faire des tables, on le préférerait indubitablement au citre.

 

(XIII, 29) :

au lieu qu'à part les couvertures des tablettes et le plaqué des lits, on ne le voit que rarement employé. On fait aussi avec le bruscum des tables noirâtres. On trouve dans l'aune (talnus lutinosa, L) une tubérosité aussi inférieure aux précédentes que l'aune lui-même est inférieur à l'érable. L'érable mâle fleurit le premier. On préfère aussi les érables venus dans des lieux secs aux érables venus dans des lieux humides; il en est de même pour le frêne. Il y a encore au delà des Alpes un arbre dont le bois est très semblable a celui de l'érable blanc; on le nomme staphylodendron (staphylea ponnata, L. ); il porte des gousses, et dans ces gousses des noyaux, qui ont le goût de l'aveline"....


 


 

VIII° siècle

 


Vers 760


Au Japon, les mots "momiji" et "kaede" sont synonymes avec érables. 


Le mot kaede est dérivé du kaerude dans le "Manyoshu" (Recueil de dix mille feuilles) première anthologie de poèmes japonais datée des environs de 760.
Ce mot s’inspirerait de la similitude entre la forme de la feuille et la patte d’une grenouille. Le mot japonais pour grenouille est kaeru. Le momiji serait la forme dérivée du mot momizu..


Dans le Japon ancien momizu signifiait changer de couleur, c'est-à-dire, tourner au rouge ou au jaune. Ils auraient été appelés momiji parce qu'ils étaient représentatifs des arbres qui changent de couleur en automne.


 


 

Zhāng Jì, poète chinois du VIII° siècle.

 

 

Je m'ancre pour la nuit au Pont des Erables

 


Au moment où la lune se couche, les corbeaux crient et l'air se rafraîchit.

Eclairé par les lampes des pêcheurs, mélancolique, je somnole sous les érables.

Je suis subitement réveillé par la cloche du Temple de la Montagne Glacée,

Qui annonce à minuit l'arrivée d'un bateau de passagers.


 

 

 

XIV° siècle

 


En Europe durant le Moyen-âge, le bois était utilisé lors de rituels pour chasser le "mauvais esprit".

 

Première moitié du XIV° siècle

Décor de feuilles d'érable, vitrail église des franciscains de Colmar.


 

 

 

1557


Lors d’un de ses voyages au Canada, que Jacques Cartier coupe un arbre d’où, à son étonnement, s’écoule une sève au goût sucré. Les Premières Nations lui apprennent alors que cet arbre magique s’appelle "couton". Aujourd’hui, nous le connaissons sous un autre nom :


"érable à sucre"


Il est le premier Européen à avoir écrit sur l’érable à sucre et l’eau d’érable.

Arrivée de Jacques Cartier à Quebec, 1535

 

 

 

XVIII° siècle

 


1700

Depuis toujours ou presque, les Amérindiens avaient donc appris à recueillir la sève d’érable et à la transformer en sirop.


C’est seulement dans les années 1700 que les Québécois ont su tirer profit de cette grande découverte.


 

 

Acer L.

Ce nom fut donné en 1719 par Tournefort et reconnu par Carl von Linné en 1735 et confirmé en 1753.

 


 

Herbier du XVIII° siècle.

Acer tomentosus

Ancien herbier du grand séminaire

Originaire de Virginie, répandu dans les jardins, connu aussi sous les noms de : érable rouge, érable de Charles Wager. 

 


 

 

 

Kitagawa Utamaro (v. 1753-1806) peintre japonais


Courtisane au kimono décoré de feuilles d'érables avec recueil de poèmes à ses pieds


 

 

 

1793

 

Calendrier républicain


Le calendrier républicain  est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé pendant la Première République puis l'Empire jusqu'en 1806. Il commence le 1° vendémiaire an I (22 septembre 1792), déclaré premier jour de l'"ère des Français", mais n'entre en vigueur que le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793).


Dans le calendrier républicain, l'Érable était le nom attribué au 21° jour du mois de frimaire.


22 novembre : Le Soleil répond au Sagittaire

 

Pouvons nous de l'hiver sous nos climats heureux

Redouter les rigueurs lorsque la chasseresse 

Dans les bois effeuillés affrontant les frimas

Décoche sur un Daim ses traits avec adresse


 


 

Utagawa Hiroshige (1797-1858) dessinateur, graveur et peintre japonais


série Cent vues d'Edo, 

 

nº 091, partie 3: automne.

À l'intérieur du sanctuaire Akiba à Ukeji

La planche met en valeur les feuilles d’érable aux couleurs orange et ocre reflétées par l'eau. 

 

 

 

nº 094, partie 3: automne.

Les érables à Mama, le sanctuaire Tekona et le pont de Tsugihashi 

L’image est encadrée par les troncs de deux érables dont les branches s'entrelacent et dont la couleur automnale des feuilles présente une teinte à la fois rougeâtre et noirâtre 


 

 

 

Charles-Hubert Millevoie (1782-1816) écrivain français

 


La tendresse maternelle


..."Elle lui forme un lit de fleurs et de feuillage,

De l'érable docile agite le rameau...

Et ne s'aperçoit pas qu'elle berce un tombeau !


 

 

 

1848


Utagawa Kunisada (1786-1865), connu également sous le nom Utagawa Toyokuni III
peintre d'ukiyo-e les plus populaires du XIX° siècle


Jeune beauté sous les érables en automne

 

 


Art nouveau

19° siècle

Vase Montjoye - François Théodore Legras 

Vase verre à fond givré vert amande et travaillé à l'acide, avec des feuilles d'érable en relief.


 

 

 

Sir Charles Wager (1666-1743), officier de marine britannique est une figure marquante et son nom a été donné à un arbre et à des lieux géographiques :

 

- l'arbre est un érable (Acer tomentosum), qui figure sous le nom de "Sir Charles Wager's maple" (car "c'est cet amiral qui l'a fait venir en Angleterre"), ou d'"Érable à fleurs" dans les livres de botanique de l'époque. Selon le "Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle appliquée aux Arts…," (société de naturalistes et d'agriculteurs, imprimerie de Crapelet, Paris 1803 — Histoire des arbres forestiers par F.A. Michaux, 1810), il ne s'agit pas d'une sous-variété, et cet arbre s'individualise par le duvet cotonneux qui recouvre l'extrémité de ses rameaux, ses ovaires glabres, ses capsules globuleuses, et surtout par ses grandes grappes de fleurs écarlates "dont les plus jeunes branches sont si bien garnies, qu'à une petite distance l'arbre en parait tout couvert".

 

Les chimistes de l'époque  se sont intéressés à l'érable de Wager : il figure (avec l'olivier de Bohème, le cornouiller mâle, le sumac de Virginie, le marronnier d'Inde) dans les compositions de produits astringents utilisés pour le tannage des peaux. 

 

 

Pierre Petitclair (1813 - 1860) écrivain québécois. Il a écrit plusieurs pièces de théâtre.

Anthologie de la poésie québécoise

du XIX° siècle (1790-1890)

par John Hare - Cahiers du Québec / Hurtubise HMH, 1979

 

 

L'érable


 

Parti du nord, l'hiver, en frissonnant,

Déroule aux champs son froid manteau de neige !

L'arbuste meurt, et le hêtre se fend.

Seul au désert, comme un roi sur son siège,

Un arbre encore ose lever son front.

Par les frimas couronné d'un glaçon ;

Cristal immense, où brillent scintillantes

D'or et de feux mille aigrettes flottantes,

Flambeau de glace, étincelant la nuit,

Pour diriger le chasseur qui le suit :

Du Canada c'est l'érable chérie,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

Mais quand zéphyr amollit les sillons,

Que le printemps reparaît dans la plaine,

Le charme cesse ; ils tombent ces glaçons,

Comme des bals la parure mondaine

Dont la beauté s'orne tous les hivers.

L'arbre grisâtre échauffé par les airs,

Verse des pleurs de sa souche entr'ouverte,

Comme un rocher suinte une écume verte ;

Mais douces pleurs, nectar délicieux,

C'est un breuvage, un mets digne des dieux ;

Du Canada, c'est l'érable chérie,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

L'été s'avance avec ses verts tapis ;

Et libre enfin du bourgeon qui la couvre,

En festins verts sur chaque rameau gris,

Comme un trident une feuille s'entr'ouvre ;

L'arbre s'ombrage, épaissit ses rameaux,

Fait pour l'amour des voûtes, des berceaux.

Sur le chasseur, l'émigré qui voyage,

Le paysan, il étend son feuillage,

Dôme serré qui brave tour à tour

Les vents d'orage et les rayons du jour :

Du Canada, c'est l'érable chérie,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

L'automne enfin sur l'aile d'Aquilon,

Comme un nuage emporte la feuillée,

Et verse à flots sur l'humide vallon,

Brume, torrent, froid, brouillard et gelée.

L'érable aussi dépouille son orgueil,

Et des forêts sait partager le deuil ;

Mais en mourant, sa feuille, belle encore,

Des feux d'Iris et du fard de l'aurore,

Tombe et frémit, en quittant son rameau,

Comme le vent siffle aux mâts d'un vaisseau :

Du Canada, c'est l'érable chéri,

L'arbre sacré, l'arbre de la patrie.

 

 

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français

 


À Vianden


..."Il songe. Il s'est assis rêveur sous un érable.

Entend-il murmurer la forêt vénérable ?"...
 

 

 

1839


Alexandre Dumas Père (1802-1870),  écrivain français 


Othon l’archer, 

..."Othon sortit aussitôt de l’église, (…), acheta un arc du meilleur bois d’érable qu’il put trouver, choisit une trousse garnie de ses douze flèches"...

 

 

1867


Acer Palmatum v.14 (1867) 


- L'Illustration horticole - Biodiversity Heritage Library


 

 

 

William Chapman (1850-1917) journaliste, poète et traducteur canadien.


..."Le véritable poète ne peut rien produire (…) sans que ses écrits portent un vague reflet de souffrance ; tel l’érable de la forêt canadienne, qui ne peut donner sa sève délicieuse sans une blessure au flanc"...
 

 

 

1882

 

Le comte Angelo De Gubernatis (1840-1913) écrivain, poète, linguiste, philologue et orientaliste italien. 


Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 
(C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


"Érable" (acer) —

Cet arbre est l’objet d’un culte spécial en Allemagne. Autrefois, en Alsace, on attribuait à la chauve-souris la propriété de faire avorter les œufs de cigogne ; dès qu’elle les avait touchés, ils étaient frappés de stérilité. Pour s’en préserver, la cigogne plaçait dans son nid quelques rameaux d’érable, et la seule puissance de cet arbre redouté en interdisait l’entrée au vespertilio. On plaçait aussi des branches d’érable au-dessus de l’entrée des maisons que l’on voulait soustraire aux visites de la chauve-souris"...
 

 

 

1889


Les Japonais ont fait évoluer leurs propres cartes vers une thématique plus culturelle : les fleurs. Le plus connu des cartiers de hanafuda est Nintendo. La célèbre marque (qui est plus connue maintenant pour ses jeux vidéo) a en effet été créée en 1889 afin de commercialiser les cartes de hanafuda 


Le Hanafuda

- 花札, traduit comme le "Jeu des fleurs" - est un jeu de cartes traditionnelles japonais. Il se compose de 48 cartes réparties en 12 mois du calendrier japonais. Chaque mois comporte un thème floral et des symboles que propose la nature japonaise à travers les saisons d'une année.


 

 

 

XX° siècle

 

 

Albert Lozeau (1878-1924) poète canadien-français.

 

 

Érable rouge

 


Dans le vent qui les tord les érables se plaignent,

Et j'en sais un, là-bas, dont tous les rameaux saignent !

 

Il est dans la montagne, auprès d'un chêne vieux,

Sur le bord d'un chemin sombre et silencieux.

 

L'écarlate s'épand et le rubis s'écoule

De sa large ramure au bruit frais d'eau qui coule.

 

Il n'est qu'une blessure où, magnifiquement,

Le rayon qui pénètre allume un flamboiement !

 

Le bel arbre ! On dirait que sa cime qui bouge

A trempé dans les feux mourants du soleil rouge !

 

Sur le feuillage d'or au sol brun s'amassant,

Par instant, il échappe une feuille de sang.

 

Et quand le soir éteint l'éclat de chaque chose,

L'ombre qui l'enveloppe en devient toute rose !

 

La lune bleue et blanche au lointain émergeant,

Dans la nuit vaste et pure y verse une eau d'argent.

 

Et c'est une splendeur claire que rien n'égale,

Sous le soleil penchant ou la nuit automnale !


 

 

 

Tokuriki Tomikichirō (1902-2000) artiste et peintre japonais, 

gravure sur bois

Rochers et érables rouges devant le temple situé dans la forêt.

 


 

 

Lionel Groulx (1878-1967) Historien, prêtre-éducateur et intellectuel 

Les Rapaillages, Montréal, éditions Le Devoir, 1916, p. 9-11.  

 


 

La leçon des érables

 


   Hier que dans les bois et les bruyères roses,

   Me promenant rêveur et mâchonnant des vers, 

   J'écoutais le réveil et la chanson des choses,

   Voici ce que m'ont dit les grands érables verts : 

 

   "Si notre front là-haut si fièrement s'étale ;

   "Si la sève robuste a fait nos bras si forts,

   "C'est que buvant le suc de la terre natale,

   "Nous plongeons dans l'humus des grands érables morts. 

 

   "Si nos rameaux font voir de hautaines verdures,

   "C'est pour perpétuer, au siècle où tout s'éteint,

   "La gloire des géants aux fières chevelures

  "Qui verdirent pour nous depuis l'âge lointain.

 

   "Dans nos feuilles, parfois, une brise commence,

   "Dolente, le refrain des vieux airs disparus.

   "Écoutez : elle chante et l'âme et la romance

   "Des aïeux survivants en nos feuillages drus. 

 

   "Tantôt, l'air solennel des graves mélopées  

   "Incline, avec le vent, notre haut parasol ;

   "Un orgue ébranle en nous le son des épopées ;

   "Nous respirons vers Dieu la prière du sol ! 

 

   "Prier, chanter avec la brise aérienne

   "Et l'âme du terroir et l'âme des aïeux ; 

   "Et puis, se souvenir afin qu'on se souvienne,

  "Voilà par quels devoirs l'on grandit jusqu'aux cieux !"

 

                 ***        

       

   Ainsi, dans la forêt, près des bruyères roses,

   M'ont parlé l'autre jour les grands érables verts.

   Et, songeur, j'ai connu le prix des nobles choses

   Qui font les peuples grands, plus grands que leurs revers. 

 

   Ils gardent l'avenir ceux qui gardent l'histoire,

   Ceux dont la souvenance est sans mauvais remords,

   Et qui, près des tombeaux où sommeille la gloire,

   À l'âme des vivants, mêlent l'âme des morts. 

 

   Ils le gardent surtout ceux dont les lèvres fières

   Ont gardé les refrains du parler maternel : 

   Épopée ou romance où l'âme de nos pères

   Vient prier et vibrer d'un accent éternel. 

 

   Gardons toujours les mots qui font aimer et croire,

   Dont la syllabe pleine a plus qu'une rumeur.

   Tout noble mot de France est fait d'un peu d'histoire,

   Et chaque mot qui part est une âme qui meurt !

 

   En parlant bien sa langue on garde bien son âme.

   Et nous te parlerons, ô verbe des aïeux,

   Aussi longtemps qu'au pôle une immortelle flamme

   Allumera le soir ses immuables feux ; 

 

   Que montera des blés la mâle villanelle,

   Que mugira le bronze en nos clochers ouverts,

   Et que se dressera dans la brise éternelle

   Le panache hautain des grands érables verts ! 


 


 

 

Nérée Beauchemin (1850-1931) Poète, écrivain et médecin québécois.

Recueil : Patrie intime (1928).

 


L'érable

 


L'érable au torse dur et fort,

Ébrèche le fer qui l'assaille,

Et, malgré mainte et mainte entaille,

Résiste aux plus grands coups du Nord.

 

L'hiver, dont le cours s'éternise,

De givre et de neige a tissé

Le linceul de l'arbre glacé.

L'érable est mort ! hurle la bise.

 

L'érable est mort ! clame au soleil

Le chêne orgueilleux qui s'élance.

L'érable prépare en silence

Le triomphe de son réveil.

 

Sous le velours âpre des mousses

La blessure ancienne a guéri,

Et la sève d'un tronc meurtri

Éclate en glorieuses pousses.

 

Des profondeurs d'un riche fond,

L'arbre pousse ; il semble qu'il veuille

Magnifier, de feuille en feuille,

Le miracle d'un coeur fécond.

 

Il n'a fallu qu'une heure chaude

Pour que soudain, l'on vît fleurir,

Sur les bourgeons, lents à s'ouvrir,

La pourpre, l'or et l'émeraude.

 

L'érable vit ! chante en son vol

Tout le choeur des forêts en fête :

L'érable, de la souche au faîte

Frémit au chant du rossignol.

 

Contre la bise et l'avalanche,

Le roi majestueux des bois

A pris, et reprendra cent fois,

Sa victorieuse revanche.

 

L'érable symbolise bien

La surnaturelle endurance

De cette âpre race de France

Qui pousse en plein sol canadien :

 

Robuste et féconde nourrice

Dont le flanc, tant de fois blessé,

Des rudes coups d'un fier passé

Porte l'illustre cicatrice.
 

Mythologie des arbres - L'érable


 

 

1929


Alain Gerbault,(1893-1941) navigateur et écrivain français


À la poursuite du soleil; tome 1 : 

De New-York à Tahiti, 

..."J’écris ces lignes dans la cabine du Firecrest. Le teck et le bois d’érable brillent"... 
 

 

1931

Lucien Rainier (Joseph Melançon - 1877-1956) poète québécois, membre de l'École littéraire de Montréal.


Montréal, Éditions du Devoir, 1931.

Avec ma vie,

Juin 1908.


Sur la mort de Louis Fréchette


                                    I

 

Un érable est tombé... Dans le clair paysage

de la patrie, il dessinait un grand contour ;

son ombre enveloppait la terre avec amour ;

des oiseaux merveilleux chantaient dans son feuillage.

 

Et, vers l’appel divin du soleil, chaque jour,

montait plus haut sa fière cime, quand l’orage,

d’un formidable choc, a soudain clos son âge...

Ceux-là qui l’ont perdu le pleurent sans retour.

 

Un érable est tombé... La débordante sève

n’alimentera plus, au prochain avenir,

sa verte frondaison de pensée ou de rêve...

 

Mais tu lui resteras fidèle, ô Souvenir !

Écoutez : sur le monde, un vent de gloire emporte

l’écho mélodieux de sa ramure morte !...


                                    II


Poète ! si ton corps dans l’ombre disparaît,

ton poème à jamais resplendit sur l’histoire !

Cette patrie en deuil, qu’illumine ta gloire,

pare ton souvenir d’un immortel regret.

 

Tu chantas sa beauté : fleuve, plaine ou forêt ;

son passé de défaite auguste ou de victoire ;

et ta voix, dont résonne encor notre mémoire,

puisait dans un cœur franc l’éclat d’un verbe vrai.

 

Sois béni, pour ton œuvre abondante et vivace !...

Quand ils diront ton nom, les hommes de ma race

seront de gratitude et d’orgueil envahis ;

 

et les enfants liront tes vers, dans les écoles,

pour apprendre, aux leçons de tes nobles paroles,

à vénérer leur Dieu, leur langue et leur pays !...



André Masson (1896-1987) L'Erable sous l'orage - 1943/1944

 


 

1945, 


Gabrielle Roy (1909-1983) romancière franco-manitobaine. 


Bonheur d'occasion,

 ... "Les érables, saignant à plaies ouvertes, c'était le son de mille gouttes jointes une à une qui tombaient. Rose-Anna (...) voyait la sève blonde dans les bassins, (...) le goût du sirop était sur ses lèvres, la senteur sucrée dans ses narines et toute la rumeur de la forêt dans son souvenir"... 
 

 

 

1940


La Flore Illustrée "Flore illustrée du Japon" de Tomitarō Makino (1862-1957) botaniste japonais.

(ou Makino shin Nihon shokubutsu zukan),

décrit 26 espèces d’érables dont une seule est import&e