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27 novembre 2022 7 27 /11 /novembre /2022 19:34

 

 

Mythologie des arbres


Le Châtaignier commun - Castanea sativa
 

 

 

À la fois arbre forestier et arbre fruitier, le châtaignier commun (Castanea sativa Mill.), est un arbre majestueux, vigoureux, à cime large bien branchue et à croissance rapide, de la famille des "fagacées", qui produit des fruits largement consommés par l'homme : les châtaignes.


..."À nos pieds roulaient des châtaignes

Dont les bogues étaient

Comme le cœur blessé de la madone

Dont on doute si elle eut la peau

Couleur des châtaignes d’automne"...

Guillaume Apollinaire (1880-1918) -  1913 - Rhénane d’automne


 


 

Il a une grande longévité et peut dépasser le millénaire.

Il peut mesurer 25 à 35 m de haut et 4 mètres de diamètre. Les vieux châtaigniers peuvent atteindre des diamètres importants. Son ombrage est apaisant, son tronc est tordu et ses branches en fouillis.


Après des siècles à prendre la foudre, les tempêtes qui cassent leurs branches, les insectes qui vident leur tronc par l’intérieur, ils continuent à former des rejets qui poussent à vive allure. Le châtaignier fait partie de notre patrimoine végétal et culturel.


Lorsqu'il est en nombre sur un territoire délimité, il forme une châtaigneraie.


 

 

 

L’écorce du châtaignier, jeune est lisse et de couleur brun verdâtre, puis devient brun foncé se fissurant longitudinalement.

Avec l'âge, l'écorce a tendance à se vriller selon et le tronc a tendance à devenir creux.

 

 

 

Son bois est naturellement résistant aux moisissures, pourrissement et autres dépérissements, ce qui en fait un excellent bois pour les constructions en extérieur, et pour la fabrication de meubles depuis que l’ébénisterie existe, et quel dommage ! "comme bois de chauffage".


C'est aussi un bois riche en tanins qui a été largement exploité à cet effet de 1890 à 1960. Sa haute teneur en tanin fait que les araignées ne tissent jamais leur toile sur du bois de châtaignier.


 

 

 

Ses grandes feuilles caduques de couleur verte, luisantes dessus sont de forme oblongue-lancéolée aiguë, aux bords en dents de scie et pétiole court. Elles sont disposées en spirale, et sont riches en tanins.


 

 

 

La fleur permet aux abeilles de nous offrir un miel au goût marqué. Cet arbre monoïque à croissance sympodiale, fleurit de la mi-juin à la mi-juillet (les fleurs étant des chatons cylindriques jaune pâle).

 

Les fleurs blanches sont les chatons mâles dressés à la floraison et disposés à la base des rameaux, apparaissent les premiers et répandent alors une forte odeur,


 

 

Les boules vertes les fleurs femelles se réunissent par trois et sont disposés plus au sommet, elles sonneront les futures châtaignes après pollinisation par le pollen d'une autre variété de châtaignier puisque le châtaignier n'est pas autofertile.


 

 

 

 

La bogue (enveloppe verte piquante), entoure les fruits et dissuade certains prédateurs de s'attaquer aux châtaignes. Elle correspond à une transformation des bractées.

À l'intérieur de la bogue se trouvent les châtaignes, au nombre de 1 à 3, qui sont, au sens botanique, des fruits secs de type akènes enveloppés par une pellicule astringente et par un tégument.

Les fruits de châtaignier germent dès qu'ils tombent au sol à l'automne, les racines émergeant de la graine immédiatement et les feuilles et la tige le printemps suivant. Parce que les graines n'ont pas d'enrobage ou de nourriture interne, elles perdent leur viabilité peu de temps après la maturation et doivent être plantées immédiatement.


 

 

 

Les châtaignes, séchées, furent pendant longtemps la base de l'alimentation humaine dans certaines régions d'Europe, généralement dépourvues d'agriculture céréalière, ce qui lui valut d'être considéré comme un "arbre nourricier".

Dans d'autres régions, notamment autour de la mer Méditerranée, le châtaignier fut surnommé "arbre à pain" ou "pain des pauvres", car ses fruits y remplaçaient les céréales en période de disette.


On ramasse ou récolte les châtaignes à partir du mois d'octobre.


 

 

 

LE "MARRON COMESTIBLE" EST UNE CHÂTAIGNE

 

Mais attention, du fait de leur ressemblance morphologique, on confond parfois les châtaignes (alias les marrons) avec une famille bien distincte de fruits à bogue : les marrons d’Inde. Ces derniers, qui tombent du marronnier, sont toxiques. 

Le marronier d'Inde est un arbre de la famille des Sapindaceae, qui donne un fruit sec déhiscent.


1/ Le marron plus rond ne comporte qu'un seul fruit dans sa bogue (moins épineuse)


2/ La châtaigne a une forme aplatie, et contient trois ou quatre fruits, sa bogues ressemble à un hérisson.

                                            1                                                    2


 

 

 

L'origine du châtaignier semble être la Transcaucasie, l’Arménie, et la Perse d’où elle va gagner le monde grec. 


Son aire de distribution a été fortement étendue par l'Homme en Europe méridionale et surtout en Europe occidentale, vers le nord jusqu'en Écosse, et aussi localement en Afrique du Nord.


En France, le châtaignier est bien présent dans toutes les régions et fait partie des arbres feuillus importants des forêts françaises.


Aujourd’hui, les châtaigniers représentent plus d’un million d’hectares de forêt en France, troisième essence la plus représentée.

 


 

Dans le Limousin (dont il est un emblème, étant représenté sur le logotype du conseil régional), 


 


 



Les variétés sans étamine donc sans pollen (Bouche de Bétizac) sont des astaminées.

 

Il existe des variétés de châtaignier dont les fleurs mâles contiennent des étamines. 


Chez les staminées, la longueur du filet est un facteur clé de la faculté pollinisatrice de la variété. On répertorie ainsi des variétés :

 

- brachystaminées : 
Filet des étamines de 1 à 3 mm de long, anthères ne dépassant pas le périanthe, très peu de pollen (Marron de Lyon)


- mésostaminées : 
Filet des étamines de 3 à 5 mm de long, anthères dépassant un peu le périanthe, peu de pollen


- longistaminées : 
Filet des étamines de 5 à 7 mm de long, anthères dépassant largement le périanthe, beaucoup de pollen (variétés sativa pures : Belle épine, Marron de Goujounac, Marron de Chevanceaux, et les hybrides : Bournette, Précoce Migoule, Maraval et Marsol). Il est à noter que le pollen des variétés pures de sativa est de meilleure qualité que celui des hybrides, raison pour laquelle on privilégie les sativa comme pollinisateurs.


 

 

 

Le châtaignier est une espèce :

 

thermophile :

- Il aime la chaleur et l'eau .
Les anciens disaient : "au mois d'août, la châtaigne doit être dans un four, au mois de septembre dans un puits". 


héliophile  :

- Il aime la lumière ou de demi-ombre. Il tolère un léger ombrage dans le jeune âge. La croissance juvénile est rapide. 


Silicicole :

- Il aime les sols schisteux, granitiques et alluvionnaires ;
acidophile : il aime les sols acides, un fois établi, il supporte bien la sécheresse. Il ne peut pas pousser sur sols basiques riches en calcaire.

 

 

 

Une quinzaine de variétés de châtaigne sont cultivées dont huit portent l’appellation de marron :

 

 Variétés précoces :

Châtaignes : Ronde des Vans, Bouche de Bétiza

Marrons : Aguyane, Marigaule, Merle


 
Variétés de pleine saison :  

Châtaignes : Bourrue, Rousse, Rouge des Pyrénées

Marrons : Belle épine,  Pellegrine, Montagne, Sardonne

 

Variétés tardives :  

Châtaignes : Comballe

Marrons : Bouche rouge

Châtaignes Comballe


 

 

 

Quelques variétés de châtaigniers

 


Chataignier "Marigoule" - Castanea sativa "Marigoule"

Hybride naturel entre un châtaigner européen et japonais, arbre très vigoureux, il résiste à l'encre et l'anthracnose mais est sensible aux froids du printemps et à l'asphyxie.

C'est un arbre à grand développement, exigeant sur la qualité du sol, nécessitant la présence de pollinisateurs (1 rang sur trois de variété "Marron de Goujounac", "Marron de Chevanceaux" ou Précoce "Migoule").

Il produit de grosses châtaignes de couleur brun rouge brillant, se conservant bien,au goût sucré, qui se conservent bien. La mise à fruits intervient environ 5 ans après la plantation. 

Ce châtaignier ne produit des fruits que dans le sud de la France et en Bretagne.

Plante non parfumée, hauteur à maturité 30 m, largeur à maturité 15 m, couleur de floraison jaune, mois de floraison juin et juillet, couleur du feuillage vert moyen, type de feuillage caduc, port étalé.

 

 

Châtaignier "Marlhac" - Castanea sativa "Marlhac"   

Hybride d'origine INRA entre le "Marron de Laguépie" et un châtaignier japonais, produit des gros fruits se conservant bien, mise à fruit plutôt lente, c'est un arbre vigoureux à port étalé, résistant aux maladies, à maturité demi-précoce.

Plante non parfumée, hauteur à maturité 30 m, largeur à maturité 15 m, couleur de floraison jaune, mois de floraison juin et juillet, couleur du feuillage vert foncé, type de feuillage caduc.

 

 

Châtaignier "Maraval" - Castanea sativa "Marava"

Hybride de châtaignier européen et châtaigner japonais à gros fruits triangulaires. Sa mise à fruits est très rapide (3 à 4 ans), sa productivité moyenne.

Sa vigueur moyenne et ses faibles exigences permettent une densification au verger plus importante que d'autres hybrides. 

Plante non parfumée, hauteur à maturité 30 m, largeur à maturité 15 m, couleur de floraison jaune, mois de floraison juin et juillet, couleur du feuillage vert foncé, type de feuillage caduc, à port étalé.

 

 

Châtaignier "Marron de Lyon" - Castanea sativa "Marron de Lyon"

Fruit de couleur châtain tirant vers le rouge, aspect brillant, chair farineuse, sucrée, une bonne conservation et une bonne qualité gustative, utilisation en fruit de table, maturité première quinzaine d'octobre.

Castanea"'Marron de Lyon" est une variété de châtaignier très productive, à gros fruits, autofertile. Toutefois une fécondation croisée améliore la production. Cet arbre est greffé, soit de pied, soit de tête suivant la forme choisie.

Plante non parfumée, hauteur à maturité 30 m, largeur à maturité 15 m, couleur de floraison jaune, mois de floraison juin et juillet, couleur du feuillage vert moyen, type de feuillage caduc, à port étalé.

 

 

Chataignier "Marron de Redon" - Castanea sativa "Marron de Redon"

Arbre fruitier greffé pour la production de châtaignes de croissance rapide nécessitant un grand espace au verger ou en isolé au jardin.

Variété conseillée pour la culture dans l'ouest de la France.

Le Châtaignier "Marron de Redon" donne des fruits de bonne qualité, ses châtaignes sont grosses, à maturité début octobre.

 

 

Chataignier "Bouche de Bétizac" - Castanea "Bouche de Bétizac"

Hybride contrôlé entre Castanea sativa et Castanea crenata. 

Cette variété produit des châtaignes grosses voir très grosses, bonnes en marron grillé, très bonne saveur pour un hybride. Avec Marigoule, c'est la variété actuellement la plus cultivée dans les châtaigneraies françaises car elle est très productive .

Son fruit est brillant, de couleur châtain rouge clair virant rapidement au marron, brun foncé, mat.

"Bouche de Bétizac" garde ses feuilles longtemps au début de l'automne. Les fruits restent aussi longtemps accrochés à l'arbre et on utilise parfois des vibreurs pour les faire chuter.

"Bouche de Bétizac"  n'a pas de pollen et est pollinisé par de nombreuses variétés telles que "Belle épine", "Marron de Goujounac", "Marron de Chevanceaux"

Exigeant sur la qualité des sols et les besoins en eau.

Châtaignes "bouche de Bétzac"


 

 

 

Les principales régions productrices de châtaignes et de marron :

- L’Italie (76 000 t), 

- Le Portugal (25 000 t) 

- L’Espagne (20 000 t). 

- Avec 13 000 tonnes, la France est le IVème producteur d’Europe 

- Grèce (12 000 t)

 

En France, les trois principaux départements producteurs sont l'Ardèche, la Dordogne et le Var. L'Ardèche arrive en premier (4100 t) suivi du Var et de la Dordogne (1300-1700 t) puis viennent le Lot, la Lozère, la Corrèze, l’Aveyron, le Gard et... le Morbihan !

En Corse, une grosse partie de la production est consommée directement sous les châtaigniers par les porcs, dont on fait une charcuterie de haute qualité.

 

la châtaigne en Europe :

163.000 tonnes dont 104.000 tonnes pour l’Union Européenne


 


 

Parents proches du châtaignier commun

 


- Le châtaignier du Japon (Castanea crenata Siebold et Zucc.)

Espèce d'arbres à feuilles caduques originaire d'Extrême-Orient (Chine, Corée, Japon).
Les feuilles sont semblables à celles du châtaignier européen, mais généralement un peu plus petites.
Ses châtaignes sont comestibles.

 

 

- Le châtaignier de Chine (ou châtaignier de Ducloux) (Castanea mollissima Blume)

Est un arbre de 20 m à feuilles arrondies à la base et velues au revers, de 10 à 22 cm. Jeunes pousses et bourgeons également pubescents.
Fruits : Chatons mâles de 4 à 20 cm et chatons femelles sur le même arbre. Bogues contenant 2-3 châtaignes brunes, moins grosses et sucrées que chez Castanea dentata.

 

 

- Le châtaignier d'Henryi  (Castanea henryi (Skan) Rehder & E.H.Wilson 1916)

Le châtaignier d'Henryi  (Castanea henryi) est un arbre à croissance rapidede 20-25 m pouvant dépasser fréquemment 30 m. Les jeunes rameaux pubescents puis devenant rapidement glabres et rougeâtres avec des lenticelles blanches. En hiver les bourgeons sont rougeâtres ou brun-noir. Les feuilles sont ovales-lancéolées. La face supérieure vert foncé luisant mais plutôt mate en sol sec ; la face inférieure davantage vert-jaune. 

Les fleurs mâles sont groupées en châton .  Les Fleurs femelles solitaires ou groupées par deux, assez espacées et souvent à la base des châtons mâles. Cupules (bogues) solitaires ou par 2, de 3 cm de diamètre environ. 

La floraison est en mai-juin et les fruits sont mûrs en septembre-octobre. Ils sont comestibles et souvent consommés. 

Un seul fruit par cupule, ovoïde, plus petit, pointu au sommet ce qui le fait ressembler à une goutte d'eau. 

Cet arbre pousse sur les pentes des régions accidentées de presque toute la Chine, dans les forêts mixtes entre 100 et 1800 m (Anhui, Fujian, Guangdong, Guangxi, Guizhou, Henan, Hubei, Hunan, Jiangsu, Jiangxi, Shaanxi, Sichuan, Yunnan, Zhejiang.)

En culture, cette espèce peu commune, s'implante assez bien sous nos climats pourvu que le sol soit acide à neutre et  drainé surtout en hiver. 
Curieusement on la trouve peu exploitée en Europe pour son bois alors que les arbres de plus de 30 m sont fréquents et que les fûts sont droits.


 

 

- Le châtaignier d'Amérique (Castanea dentata Borkh.)

Est une espèce de châtaignier de la famille des Fagaceae. Elle était particulièrement répandue dans les forêts de l'Est des États-Unis et du Sud-Est du Canada avant d'être ravagée par une maladie en provenance d'Asie.

Ce châtaignier à feuilles caduques est une espèce à croissance rapide et à bois dur. Il atteint 30 à 45 mètres de haut pour un tronc de diamètre de 3 mètres. L'arbre ressemble fortement à d'autres châtaigniers comme le châtaignier d'Europe, le châtaignier chinois ou le châtaignier crénelé.

Les fruits tombent en automne lorsque les bogues s'ouvrent. Les fruits sont très importants pour la faune locale. Ceux-ci sont en effet appréciés par le cerf de Virginie, le dindon sauvage et l'ours noir qui font des réserves de graisses pour passer l'hiver en les mangeant.
 

 

- Le châtaignier chinkapin d'Allegheny (Castanea pumila Mich. et Mill.)

"Castanea pumila", communément appelé le "Allegheny chinquapin",  "Chinquapin américain" (du Powhatan) ou châtaignier nain, est une espèce de châtaignier originaire du sud-est des États-Unis.  L'habitat de la plante est constitué de hautes terres sableuses et rocheuses. Il pousse mieux sur des sols bien drainés en plein soleil ou à mi-ombre.

C'est un arbuste ou un petit arbre à port étalé, atteignant 2–8 m de hauteur à maturité.  Les feuilles sont simples,  jaune-vert sur le dessus et plus pâle et finement poilu sur le dessous à courtes dents pointues. 

Les fleurs sont monoïques et apparaissent au début de l'été. Les fleurs mâles sont petites et jaune pâle à blanches, les fleurs femelles sont situées à la base de certains chatons. Le fruit est de couleur dorée avec de nombreuses épines acérées, mûrissant à l'automne. Chaque cupule contient une châtaigne brun foncé brillante ovoïde qui est comestible.

Un hybride naturel de Castanea pumila et Castanea dentata a été nommé Castanea × négliger.

Le fruit du "chinquapin d'Allegheny" est plus petit (la moitié de la taille d'une châtaigne) et n'est pas aplati (les châtaignes sont aplaties d'un côté). Les feuilles du chinquapin d'Allegheny sont plus petites que celles du châtaignier d'Amérique et ont des dents moins distinctes. 

Chataignier "chinquapin d'Allegheny"

 

 

Certains arbres ayant dans leur dénomination courante le nom de châtaignier n'ont en réalité aucun rapport avec la famille des Fagacées : châtaignier du Brésil, châtaignier des Antilles, châtaignier de Guyane, châtaignier de Malabar, châtaignier de Tahiti, entre autres.

Les Européens leur ont donné ce nom par analogie de l'usage de leurs fruits féculents.
 

 

 

Culture du châtaignier

 


- La châtaigne germe très facilement mais les arbres de verger sont greffés pour assurer une bonne production de fruits.

- La castanéiculture est le nom donné par l'administration française à la production commerciale de châtaignes en verger.

- Le chancre de l'écorce est une redoutable maladie engendrée par un champignon.
 

 

 

Étymologie Châtaignier

 


Le nom du genre vient du latin castanea qui désigne aussi bien l'arbre que le fruit, il est issu de l'adjectif en grec ancien καστάνεια "kastáneia", lui-même dérivé de κάστανον / "kástanon" ("châtaigne"), probablement emprunté à une langue d'Asie Mineure (arménien kaskeni qui désigne l'arbre et kask le fruit). 

 

Cette racine étymologique se retrouve dans de nombreuses langues celtiques, romanes, germaniques et slaves : 

Chestnut en anglais, 

Kastanien en allemand, 

Kasztan en polonais, 

Castaño en espagnol, 

Castagno (la plante) et castagna (le fruit) en italien, 

Kistinen et kistin en breton. 

En arabe arabe : gastal, gastanat, kastanā

En arabe persan : kastâne (l'arbre) 

En arabe syrien : kastana 

ont pour origine le mot sanskrit : kāṣṭha qui désigne l'arbre en général ou tout ce qui est ligneux, ce qui laisse supposer que le châtaignier fut introduit de l'Est et que la châtaigne était le fruit par excellence dans les régions d'Asie mineure.

 

Dans l'Antiquité on a pensé que kástana pouvait provenir d'un nom de lieu comme celui du village de Kastana, en Magnésie dans la région de Thessalie, mais il est plus probable que ces noms de lieux viennent du nom de la châtaigne et de son arbre bien diffusé dans cette région.
 

Castanea était l'ancien nom des chênes avant de désigner le châtaignier. Au-delà il semblerait que l'origine soit le Moyen-Orient où le terme kasht désigne un arbre fruitier en général.

Sativus : signifie "cultivé" en latin. 

Châtaigniers en fleurs - (Linda De Volder / flickr.com)


 

 

 

Toponymie


De nombreux phytotoponymes rappellent l'existence d'un castaneus (châtaignier) ou d'une ancienne castanetum, c'est-à-dire d'une châtaigneraie.

 

 

Les noms de famille :

Castagnède, Castagnet, Castagné, Castagner, Castang, Castant, Castaing, Castagnier, Castanié, Castaner etc...mais aussi Chastang, Chastand, Chastain, Châtain, Chastagner, Chastanet, Chastenet, Châtaignier, Châtaigne, 

 

Les noms de communes, villages, lieux-dits formés à partir du nom dialectal du châtaignier sont fréquents :

Castaing ou Castagnac, Chastenay, Châtenet ou Châtenois, ou plus simplement la Châtaigneraie.



 


 

 

 

Mythologie greco-romaine

 

 texte de Laurentius Legatus de Crémone issu de la Renaissance italienne du 16° siècle.


Dans la mythologie gréco-romaine, le châtaignier est la dépouille de la nymphe Néa, compagne de Diane, qui préféra se tuer plutôt que de céder aux avances de Jupiter qui tentait de la violer.

 
Ivre de colère, le dieu la métamorphosa en un CastaNea (chaste Néa), châtaignier dont les fruits garnis de bogues piquants symbolisent cette aventure.

Ambroise Dubois, 1500/1600 (XVIe siècle) Jupiter lançant la foudre


 


 

 

 

Mythologie celtique

 


Selon le calendrier Celtique,

du 15 au 24 mai et du 12 au 21 novembre, 


Chez les Celtes les racines noueuses du châtaignier sont un symbole de virilité et son fruit a longtemps été considéré comme un aphrodisiaque.

Ses feuilles dentelées en forme de lance lui donnent l’image d’un guerrier incorruptible, symbole de l'inflexibilité des lois célestes et terrestres.

Le châtaignier tel un gardien de la porte de l’hiver, permet aux hommes et aux bêtes de survivre à une époque où la nature était morte.

Et de nos jours pendant toute la période entre Noël et nouvel An, les marrons se mêlent aux pommes pour farcir oie ou dinde de fête.

A la fois arbre fruitier et arbre forestier, le châtaignier est un arbre de tradition qui, au fil des ans, a su instaurer avec les hommes une affectueuse complicité.

Les natifs, tout comme l'arbre, ont une image paisible, aimable et tolérante. Ils sont le symbole d'une grande honnêteté et d'une franchise exemplaire, associé à des personnes  humbles, secourables, pleine d’humour et de bon sens.


 

 

 

Traditions chrétiennes

 


Ézéchiel - genese

XXXI, 7, 8.
 ..."Les cèdres du jardin de Dieu ne lui étaient rien de son lustre, les sapins n'étaient pas pareils à ses branches, et les Châtaigniers n'étaient pas semblables à ses rameaux"... 

 

Livre de Daniel 
13-58
..."Dis-moi donc sous quel arbre tu les as vus se donner l’un à l’autre ?
 Il répondit : "Sous un châtaignier"...

 

Dans le folklore hispanique, les châtaignes incarnent les âmes du purgatoire. 

 

 

Il y a 8 à 9 millions d'années (Miocène / âge Tertiaire).

 


Les châtaignes ont un faible pouvoir de dispersion, sauf lorsqu'elles sont transportées par l'homme ou d'autres animaux (zoochorie). C'est donc essentiellement l'homme qui a permis à l'espèce de reconquérir de vastes surfaces forestières en Europe durant les derniers millénaires. 


On a découvert des traces fossilisées, notamment en Ardèche grâce au géologue Bernard Riou qui a ainsi pu démontrer sa présence (avant une première extinction) 
 


 

2000 av. J.C.


Selon les analyses palynologiques, le châtaignier apparait en Dordogne à partir de l'âge du bronze vers 2000 av. J.-C., 
 

 

 

IV° siècle av. J.C.

 


Une armée grecque aurait survécu à leur retraite d'Asie Mineure en 401–399 avant J.C. grâce à leurs réserves de châtaignes. 


Source : Histoire de Châtaigne par Peggy Trowbridge Filippone. Pour les ressources de cuisine, histoire de l'alimentation, sur About.com.
 

 

Théophraste (v.371av. J.C.-288 av. J.C.) philosophe de la Grèce antique  ; botaniste et naturaliste, polygraphe ou encore alchimiste, élève d’Aristote, 
appelait communément la châtaigne le "gland de Zeus".

 

 

 

I° siècle av. J.C.

 


Virgile (70 av. J.-C.-19 av. J.-C.), poète latin contemporain de la fin de la République romaine et du début du règne de l'empereur Auguste.

Bucoliques III

Dans le dernier vers du dialogue avec Mélibée, 

Tityre dit : ..."Ici, du moins, tu aurais pu te reposer, avec moi cette nuit, sur des feuilles vertes ; nous avons des fruits mûrs, des châtaignes moelleuses et du fromage frais en abondance (...)".


Troisième Bucolique par John Dryden

 

 

 

I° siècle ap. J.C.

 


Tite-Live (Titus Livius 59 av.- 17 ap. JC), historien de la Rome antique, auteur de la monumentale œuvre de l'Histoire romaine (Ab Urbe condita libri : AUC).

..."Lors de la Guerre des Gaules, l'armée de Jules César fit abattre et incendier les forêts de châtaigniers pour affamer les populations locales"... 

 

 


les Romains faisaient bon usage de la châtaigne comme indiqué dans la recette de

"mijoté de lentilles aux châtaignes"

tirée de l'ouvrage "De re coquinaria" - qui reste à ce jour une des sources les plus complètes sur la cuisine romaine.

De re coquinaria ou L'Art culinaire est le nom donné à une compilation de recettes culinaires romaines en dix livres constituée à la fin du IV° rédigés dans un latin très dégradé (par rapport au latin classique de l’Empire romain), bien que placé sous l'autorité de Marcus Gavius Apicius  (25 av. J.C.-37 ap. J.C.) célèbre riche romain, cuisinier et gastronome, figure de la haute société romaine, dont l'existence est signalée sous les règnes des empereurs Auguste et Tibère. 

Apicius, De Opsoniis et Condimentis (Amsterdam : J. Waesbergios), 1709.



 

 

 

VI° - IX° siècle

 


Le "Capitulare de villis vel curtis imperii" souvent abrégé en "Capitulaire de Villis"  est un acte législatif édicté entre 770 et 813 par Charlemagne pour la bonne gestion des domaines impériaux. (Un seul manuscrit écrit en latin médiéval, montre comment les jardins de l'époque carolingienne est conservé à la Bibliothèque de Wolfenbüttel en Allemagne). 


..."viridarium ou verger

Il doit contenir plusieurs exemplaires des 16 arbres fruitiers suivants : noyer, noisetier, pommier, poirier, prunier, sorbier, néflier, châtaignier, pêcher, cognassier, amandier, mûrier, laurier, pin, figuier, cerisier"...


 

 

 

XI° siècle

 


Le Moyen Age utilise le châtaignier pour la confection de plessis (haies)
afin de  délimiter les cultures, et les jardins.


 

 

 

XIII° siècle

 


La culture de la châtaigne est importée en France au XIII° siècle par des moines d'Asie Mineure,  qui pratiquent sa plantation et son greffage. 


Elle est utilisée en purées, grillée sous la cendre ou dans des poêles trouées, mais aussi en farine, elle devient la base de l’alimentation dans de nombreuses régions qui en plantèrent  sauvant la population de la famine ce qui lui vaudra d’être surnommée "arbre à pain".

 

 

Saint Albert le Grand (1200-1280), connu aussi sous les noms d’Albert de Cologne et Albertus Magnus, frère dominicain, philosophe, théologien, naturaliste et chimiste allemand. 

recommandait :

"Castanea autem cum sale trita, et postea cum melle temperata, valere dicitur contra, morsum anguium et rabidi canis."

"la châtaigne mélangée à du sel et cuite ensuite avec du miel, contre les morsures de serpent et la rage".


 

 

 

XIV° siècle

 

 

Pietro de Crescenzi francisé en Pierre de Crescent ou Pierre de Crescens (1230-1320 ou 1321) magistrat et agronome italien du XIII° siècle, qui fut également un écrivain (de langue latine), auteur d’un traité,

Le Ruralium commodorum opus.

Plantation et le greffage des châtaigniers 

Musée de la châtaigneraie à Joyeuse.

 


1370-1400

La Récolte des châtaignes

Anonyme italien

Tacuinum sanitatis (Tableau de santé); folio 15 verso


 

1390-1400

Nouvelle acquisition latine 1673, 

fol. 11, Récolte des châtaignes. 

Tacuinum sanitatis, Milano or Pavie (Italy), .

 

 

Enluminure extraite du Tacuinum sanitatis (Tableau de santé)

Châtaignes. 

dans sa version latine illustrée du milieu du XVe siècle 

(manuscrit de la BnF, cote 9333)


 

 

 

XVI°  siècle

 


Germain-Colin Bucher (1475-1545) poète angevin de la Renaissance.


Épitaphe d'un ivrogne 

Et haïssait lait, cerises et pommes,

Figues, raisins, et tout autre fruitage,

Sinon les noix, châtaignes et fromages ;

 

 

1583, 


Jean Liébault (1534-1596)Auteur  et Charles Estienne (1504?-1564) Auteur

Éditeur  :  J. Du Puys (Paris)

L'Agriculture et maison rustique

..."une infinité de personnes ne vivent que de la châtaigne...". 
 


 

XVII° siècle

 

 

Elle a connu son apogée en France au XVII° siècle. 

 

 

Jean de La Fontaine (1621-1695) poète français 

Les Fables IX

 

Le Singe et le Chat


Bertrand avec Raton, l'un Singe et l'autre Chat,

Commensaux d'un logis, avaient un commun Maître.

D'animaux malfaisants c'était un très bon plat ;

Ils n'y craignaient tous deux aucun, quel qu'il pût être.

Trouvait-on quelque chose au logis de gâté,

L'on ne s'en prenait point aux gens du voisinage.

Bertrand dérobait tout ; Raton de son côté

Etait moins attentif aux souris qu'au fromage.

Un jour au coin du feu nos deux maîtres fripons

Regardaient rôtir des marrons.

Les escroquer était une très bonne affaire :

Nos galants y voyaient double profit à faire,

Leur bien premièrement, et puis le mal d'autrui.

Bertrand dit à Raton : Frère, il faut aujourd'hui

Que tu fasses un coup de maître.

Tire-moi ces marrons. Si Dieu m'avait fait naître

Propre à tirer marrons du feu,

Certes marrons verraient beau jeu.

Aussitôt fait que dit : Raton avec sa patte,

D'une manière délicate,

Ecarte un peu la cendre, et retire les doigts,

Puis les reporte à plusieurs fois ;

Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque.

Et cependant Bertrand les croque.

Une servante vient : adieu mes gens. Raton

N'était pas content, ce dit-on.

Aussi ne le sont pas la plupart de ces Princes

Qui, flattés d'un pareil emploi,

Vont s'échauder en des Provinces

Pour le profit de quelque Roi.
 

 

 

 

vers 1680

Jean-Baptiste Bonnart (1654-1726) peintre et graveur français

 

 

La Crieuse de châtaigne. 


Cette vendeuse de châtaigne

Fait un médiocre profit ;

Et si l'on en croit ce qu'on dit,

Elle boit bien ce qu'elle gaigne.

 

Gravure extraite du Recueil des modes de la cour de France


 

 

 

1698

Louis de Bernage (1663-1737) Intendant en Limousin en 1698, rédige sur la demande du roi Louis XIV, un Mémoire sur la Généralité de Limoges :

"...Tout le pays est couvert par quantité de bois de châtaignier dont le fruit fait la principale nourriture des habitants ...".


 

 

 

XVIII° siècle

 

 

Jean-Pierre Louis Laurent Houël (1735-1813) graveur, dessinateur et peintre français.

Le Châtaignier des cent chevaux sur les pentes de l'Etna

(entre 1776 et 1779), 

Paris, musée du Louvre.


 

 

 

Donatien Alphonse François de Sade, (Marquis de Sade, 1740-1814) homme de lettres, romancier, philosophe,

Historiettes, Contes et Fabliaux, 


La fleur de chataignier


On prétend, je ne l’assurerais pas, mais quelques savants nous persuadent

que la fleur de châtaignier a positivement la même odeur que cette semence

prolifique qu’il plut à la nature de placer dans les reins de l’homme pour la

reproduction de ses semblables.

Une jeune demoiselle d’environ quinze ans, qui n’était jamais sortie de la

maison paternelle, se promenait un jour avec sa mère et un abbé coquet dans

une allée de châtaigniers dont l’exhalaison de fleurs parfumait l’air dans le

sens suspect que nous venons de prendre la liberté d’énoncer.

— Oh mon Dieu, maman, la singulière odeur, dit la jeune personne à sa mère,

ne s’apercevant pas d’où elle venait… mais sentez-vous, maman… c’est une

odeur que je connais.

— Taisez-vous donc, mademoiselle, ne dites pas de ces choses-là, je vous en prie.

— Eh pourquoi donc, maman, je ne vois pas qu’il y ait de mal à vous dire que

cette odeur ne m’est point étrangère, et très assurément elle ne me l’est pas.

— Mais, mademoiselle…

— Mais, maman, je la connais, vous dis-je ; monsieur l’abbé, dites-moi donc,

je vous prie, quel mal je fais d’assurer maman que je connais cette odeur-là.

— Mademoiselle, dit l’abbé en pinçant son jabot et flûtant le son de sa voix,

il est bien certain que le mal en lui-même est peu de chose ; mais c’est que

nous sommes ici sous des châtaigniers, et que nous autres naturalistes, nous

admettons en botanique que la fleur de châtaignier…

— Eh bien, la fleur de châtaignier ?

— Eh bien, mademoiselle, c’est que ça sent le f…


 

 

 

1780

Antoine Augustin Parmentier (1737-1813) pharmacien militaire, agronome, nutritionniste et hygiéniste français.

En 1780, il publie à Paris et à Bastia un Traité de la châtaigne. Dans cet ouvrage, outre la description de l’arbre et du fruit, il expose ses différentes expériences scientifiques  destinées à déterminer le meilleur moyen de la conserver et de la consommer, après sa récolte en automne. 

 

Traité de la châtaigne, Paris, Bastia, 1780, Monory, in-8°, XXVIII-160 p
page 38

"...comment conserver la châtaigne ?

Je vais indiquer aux amateurs de la Châtaigne une recette pour la manger verte pendant toute l’année : elle consiste à faire bouillir ce fruit environ quinze à vingt minutes dans l’eau, et à l’exposer ensuite à la chaleur d’un four ordinaire, une heure après que le pain en a été tiré : par cette double opération, la Châtaigne acquiert un degré de cuisson, de dessication propre à la conserver très long-temps, pourvu qu’on la tienne dans un lieu extrêmement sec on peut s’en servir ensuite en la mettant réchauffer au bain-marie ou de vapeur, c’est ce que les Limousins nomment las fournflat : ceux qui préfèrent de la manger froide n’ont besoin que de la laisser renfler à l’humidité l’espace d’un jour ou deux.

Mais toutes ces méthodes de conservation ne sont applicables que pour une certaine quantité de Châtaignes ou de Marrons. Il faut avoir recours, pour conserver de grandes provisions, à un autre moyen, qui, dans l’espace de quelques jours, met ce fruit, quelque humide qu’on le suppose, en état de se garder des siècles sans appréhender qu’il subsiste d’avaries. On y parvient par le moyen du séchoir à fumée, que nous, décrirons bientôt. […]

 

pages 62-69

"les différentes préparations populaires autour de la châtaigne au XVIII° siècle...

Les habitans des montagnes du côté de Luques en Toscane font sécher les Châtaignes de la même manière que dans les Cévennes ; et , pour les conserver plus longtemps, ils les réduisent en farine, l’entassent dans des pots de terre bien bouchés, où elle se conserve plusieurs années, pour s’en servir comme nourriture ; ils en préparent des espèces de galettes qu’ils font cuire, ou, pour mieux dire, bêcher entre deux plaques de fer, semblables à-peu-près à celles sur lesquelles on fait les crepes de sarrasin. Ces galettes, quoiqu’elles aient la forme de celles que les Américains préparent avec la farine de Magnoc, sont infiniment meilleures que la cassave. 

Une autre préparation qui n’est pas moins en vogue en Italie et chez les Corses, c’est celle qui consiste à faire cuire la farine de Châtaigne avec de l’eau dans un chaudron sur le feu, à remuer fortement le mélange jusqu’à ce qu’il ai acquis une consistance ténace qui ne s’attache pas aux doigts. Cette préparation est connue sous le nom de polenta ; ailleurs on fait cette bouillie plus claire, et on se sert du lait à la place de l’eau : mais ces différentes manières d’accommoder la Châtaigne, ne sont imaginées que pour varier quelquefois l’usage où l’on est par-tout de la manger en nature...

 

pages 91-93

"Préparation usitée dans le Limousin pour cuire la Châtaigne".

On commence par peler les Châtaignes, en ôtant la peau extérieure : cette opération se fait dès la veille du jour où l’on se propose de faire cuire les Châtaignes. Les Domestiques , dans les maisons des Particuliers , et les Ouvriers , dans les métairies, s’occupent de ce soin pendant la veillée.

Ils détachent assez facilement et avec un couteau la peau extérieure par parties ; mais il n’en est pas de même de la pellicule intérieure qui est adhérente à la substance de la Châtaigne, et qui est comme collée par dessus, parce qu’elle s’insinue dans les sinus profonds de ce fruit, et en revêt les parois. Voici le procédé qu’on emploie pour dépouiller la Châtaigne de cette pellicule, qu’on appelle tan dans le Limousin.

On met pour cela de l’eau dans un pot de fonte de fer. (Il n’y a pas de ménage, dans cette province, qui n’ait ce meuble de cuisine si nécessaire.) On emplit ce pot à peu près à la moitié ; et , lorsque l’eau est bouillante , on y met avec une écumoire des Châtaignes pelées de la veille. […] On laisse le pot sur le feu, et on remue les Châtaignes avec une écumoire , jusqu’à ce que l’eau chaude ait pénétré la substance du tan, et ait produit un gonflement qui détruit son adhérence au corps de la Châtaigne. On s’assure de ce point précis , en tirant du pot quelques Châtaignes , et en les comprimant sous les doigts : lorsqu’elles s’échappent par la compression , en se dépouillant de tout leur tan sans aucun effort, on retire bien vîte le pot du feu, et l’on procède à l’opération du deboiradour. […]  enfin , les Châtaignes paroissent toutes blanchies : c’est le terme dont on se sert pour exprimer le résultat du dépouillement de la pellicule. […]

Ce mets est dessiné pour le déjeûner ; et c’est un spectacle fort agréable de voir les Ouvriers d’une métairie rassemblés autour du panier couvert de linge : le silence qui règne parmi eux , et l’attention avec laquelle chacun tire les Châtaignes de dessous le linge en choisissant toujours les plus rondes, parce qu’ils les regardent comme les meilleures, forment un tableau amusant.

 

page 105-106

..."la châtaigne, aliment vital pour le Limousin"

La Châtaigne présente de grands avantages aux Limousins ; leur sol froid et stérile ne pourroit fournir suffisamment de grains pour leur subsistance annuelle ; ce fruit y supplée. C’est un besoin pour eux, et les habitants des campagnes attendent avec impatience le moment où ils vont jouir de ce bienfait. Ils préfèrent cet aliment à tous les autres ; il est souvent le seul qu’ils peuvent se procurer pendant six mois de l’année ils le recueillent sans frais, sans peine ; et, moyennant quelques précautions simples, ils mettent leur petite provision à l’abri de tous les accidents.

La privation de la Châtaigne seroit donc un véritable fléau pour le Limousin ; dans les années où ce fruit manque, où il est même moins abondant, les paysans sont réduits à la plus déplorable misère, ils trempent de leurs larmes le peu de pain qu’ils peuvent se procurer avec peine; mais l’abondance de la Châtaigne ramène chez eux la joie, et cette volupté pure inconnue des riches oisifs et ennuyés des grandes villes , et qui dédommage en quelque forte cette partie précieuse de l’humanité, des travaux et des fatigues auxquels la nature semble l’avoir condamnée.

Si on prend une idée générale des attentions multipliées que le grain exige depuis l’instant que la nature l’a livré aux cultivateurs , jusqu’à celui où l’art s’en empare pour le nettoyer et le conserver, pour l’écraser sous des meules et le bluter, enfin, pour le soumettre à la fermentation et à la cuisson, on est presque tenté de donner la préférence à la Châtaigne, d’autant mieux que les parties de la fructification de son arbre, ne sont pas frappées des maladies formidables qui anéantissent en un moment le produit de nos moissons, que la culture exige peu de travail, et qu’il faut bien moins de temps et d’efforts pour en retirer le produit alimentaire"...


 

 

 

1786

Francisco de Goya (1746-1828) peintre et graveur espagnol. 

Enfants se battant pour les châtaignes 


 

 

 

XIX° siècle

 

 

Dans les années 1820, les industriels lyonnais découvrent que les tanins du châtaignier permettent de teindre la soie en noir. 

 

 

 

1820

Marchand de Marrons


Marchand d'estampes : Carle Vernet (1758-1836), peintre , dessinateur et caricaturiste, goguettier et lithographe français.

Illustrateur : Francois-Seraphin Delpech 

Marrons de Lyon - Marrons tout chauds


 

 

 

1834

Jean-Pierre Thénot (1803-1857) peintre français 

Source Gallica

Tronc de châtaignier

extrait de cours sur le paysage –


 

 

Source Gallica

Etude terminée de tronc de châtaignier.

 

 

 

1842  

Le colonel Dumas lance l’expression sur le chataignier, qui deviendra célèbre d’ "arbre à pain"
 

 

 

11 Janvier 1868

Théodore Rousseau (1812-1867) peintre et graveur français.

Illustration 1868

La grande allée de châtaignier 

Galerie Khalil-Bey Chérif Pacha 


 


 

1872

Anonyme, auteur du modèle

Marchand de marrons

Institution :Musée Carnavalet, Histoire de Paris


 


 

1878

Anselme Des Tilleuls (1850-19° siècle) auteur et adaptateur de livres pour la jeunesse 

Bernardin-Béchet, éditeur, 1878 (p. 7-8).

 

 

Les marrons grillés


Un habitant du Cantal venait chaque hiver s’installer

sous une porte cochère pour y vendre des marrons grillés.

Les petits garçons, en se rendant à l’école,

ne manquaient jamais, quand le froid était vif,

de s’arrêter devant le fourneau de l’Auvergnat

pour s’y chauffer le bout des doigts.

Ce brave homme, bien souvent, donnait un marron tout chaud

à celui des enfants qui lui semblait le plus gentil.

Victor, le fils d’un tailleur, ayant reçu un de ces marrons

et l’ayant trouvé de son goût, plongea la main dans le sac

et s’empara de plusieurs marrons

pendant que le marchand tournait le dos.

Arrivé à la maison, le petit garçon introduisit

ses marrons dans le foyer et les couvrit de cendres chaudes.

Craignant d’être surpris, il activa le feu en le soufflant avec sa bouche.

Tout à coup, les marrons, dont l’écorce n’avait point été fendue,

éclatèrent avec fracas en projetant des cendres brûlantes

dans les yeux du petit garçon.

Le père quitta sa planche et accourut aux cris de son enfant.

Dès qu’il en connut la cause, il s’écria :

— C’est le bon Dieu qui t’a puni, petit misérable !

je ne te plains pas : les voleurs sont indignes de pitié.

Victor faillit perdre la vue et souffrit beaucoup.

Lorsqu’il revint à l’école, ses camarades,

indignés de sa conduite, le chassèrent.

Victor, repentant et corrigé,

alla implorer sa grâce auprès de l’Auvergnat.


 

 

 

Joris-Karl Huysmans (1848-1907), auteur 1880.

 

Le marchand de marrons


..."Il est là, dans son échoppe, allumant la braise, attisant 

avec son soufflet les charbons du fourneau, écoutant

de toutes ses oreilles les papotages, les parlotes, les cancans

des laitières et des concierges. […] 

Et derrière le malheureux, au travers des vitres qui le séparent

de la piscine aux vins, s’alignent, vives, engageantes,

scintillant sur une planchette posée devant une glace,

des régiments de bouteilles, hautes en couleur et larges en ventre.

Quelle attirance, quelle fascination !

oh ! qui dira le charme des canons et du tafia ?

Ne les regarde point, pauvre hère, oublie froid, faim, bouteilles

et chante, nasillard, ta complainte obstinée :

eh ! chauds, chauds, les marrons !

Va, éreinte-toi, gèle, gèle, souffle sur les fumerons qui puent,

aspire à pleine bouche la vapeur des cuissons, emplis-toi

la gorge de cendre, trempe dans l’eau tes mains bouillies

et tes doigts grillés, égoutte les châtaignes, écale les marrons,

gonfle les sacs, vends ta marchandise aux enfants goulus,

aux femmes attardées ;

hue ! philosophe, hue ! entonne à tue-tête, jusqu’à la pleine nuit,

au clair du gaz, sous le froid, ton refrain de misère :

eh ! chauds, chauds, les marrons !..."
 

 

Jean-François Raffaëlli (1850-1924), 

illustrateur, Paris , H. Vaton, 1880.

Croquis parisiens

Le marchand de marrons

BnF, Réserve des livres rares, RES-8-LI3-751 (B)

Bibliothèque nationale de France

 

 

 

1881

 

Jean Jules Geoffroy (1853-1924) - Illustrateur

 

Le marchand de marrons, 

 

Le marchand de marrons,

A la grande joie de nos écoliers et écolières 

viennent faire cercle autour du chaudron brûlant. 

Le gamin a eu l'audace,

sans posséder un centime de commander.

Mais le vieux bonhomme a le nez fin

et ne veut lâcher le paquet

qu'en échange de sonnant. 

Les deux compagnons rient de la mésaventure 

de leur camarade et cela d'un de

ces rires malins et sournois.


 

 

 

1879

Robert Louis Stevenson (1850-1894) écrivain écossais 

 

Voyage avec un âne dans les Cévennes (1ère édition, 1879)

 

...Sur les versants inférieurs et au-delà de chaque gorge, des châtaigniers, par groupe de quatre, montaient jusqu'au ciel sous leur feuillage épandu. Certains étaient implantés chacun sur une terrasse individuelle pas plus large qu'un lit ; d'autres, confiants en leurs racines, trouvaient moyen de croître, de se développer, de rester debout et touffus sur les pentes ardues de la vallée. D'autres, sur les bords de la rivière, restaient rangés en bataille et puissants comme les cèdres du Liban. Pourtant là même où ils croissaient en masse serrée, ils ne faisaient point penser à un bois, mais à une troupe d'athlètes. Et le dôme de chacun de ces arbres s'étalait, isolé et vaste d'entre les dômes de ses compagnons, comme s'il avait été lui-même une petite éminence. Ils dégageaient un parfum d'une douceur légère qui errait dans l'air de l'après-midi. L'automne avait posé ses teintes d'or et de flétrissure sur leur verdure et le soleil, brillant au travers, atténuait leur rude feuillage, en sorte que chaque épaisseur prenait du relief contre son voisin, non dans l'ombre, mais dans la lumière. Un humble dessinateur d'esquisses lâchait, ici, désespéré, son crayon.


Je voudrais pouvoir donner une idée du développement de ces arbres majestueux, comme ils étalaient leur ramure ainsi que le chêne, traînaient leurs branchages jusqu'au sol ainsi que le saule ; comment ils dressaient des fûts de colonnes, pareils aux piliers d'une église ou comment,  ainsi que de l'olivier, du tronc le plus délabré, sortaient de jeunes et tendres pousses qui infusaient une vie nouvelle aux débris de la vie ancienne. Ainsi participaient-ils de la nature de plusieurs essences différentes. Et il n'était pas jusqu'à leur bouquet épineux du faîte dessiné de plus près sur le ciel qui ne leur conférât une certaine ressemblance avec le palmier, impressionnante pour l'imagination. Mais leur individualité, quoique formée d'éléments si divers, n'en était que plus riche et plus originale. Et baisser les yeux au niveau de ces masses abondantes de feuillages ou voir un clan de ces bouquets d'antiques châtaigniers indomptables, "pareils à des éléphants attroupés" sur l'éperon d'une montagne, c'est s'élever aux plus sublimes méditations sur les puissances cachées de la nature"....


Voyage avec un âne dans les Cévennes

Illustrateur Walter Grue  (1845-1915)

 


 

1885

La Cévenole est un hymne de Ruben Saillens (musique L. Roucaute). Il fut chanté pour la première fois lors d'une réunion commémorant la révocation de l'Édit de Nantes, à Saint-Roman-de-Tousque, le 23 août 1885.

On l'appelle même "la Marseillaise huguenote"


Refrain

..."Ô vétérans de nos vallées, 

Vieux châtaigniers aux bras tordus, 

Les cris des mères désolées, 

Vous seuls les avez entendus. 

Suspendus aux flancs des collines, 

Vous seuls savez que d’ossements 

Dorment là-bas dans les ravines, 

Jusqu’au grand jour des jugements"... 
 

 

 

1885

René Bressler dessinateur

Rougeron-Vignerot, graveur

Estampe, Arts graphiques

"Types parisiens - Le Marchand de marrons"

Deux enfants admirant un marchand surveillant la cuisson de ses marrons

Musée Carnavalet, Histoire de Paris


 

 

 

Maurice Rollinat (1846-1903) poète français

Recueil : "Paysages et paysans"

 


 La châtaigneraie

 

Gloire à cette rencontre, en ces fonds de la Marche,

Surgissant, après tant de tours et contremarches,

D’une châtaigneraie, immense, en vétusté,

Comblant tout un ravin de son énormité !

 

Vivent ces châtaigniers, monstres et patriarches,

Lugubres frères noirs en la difformité,

Horrifiant l’endroit par la solennité,

Le morne, et le croulant de leurs rameaux en arches !

 

Grave, tombe au sol frais leur grande ombre qui marche

Sur des cèpes suintant leur venin fermenté.

Vivent ces châtaigniers, monstres et patriarches,

Lugubres frères noirs en la difformité !

 

Leurs troncs où les renflés d’écorce font des marches,

Moussus, ont pour l’orfraie un escalier ouaté,

Et la sifflante bête, à la torse démarche,

Trouve, en leur gros pied cave, abri, sécurité.

Vivent ces châtaigniers, monstres et patriarches !


 

 

 

1890

A partir de 1890, cinq usines d’extraction du tanin s’ouvrent en Ardèche, et en 50 ans la châtaigneraie recule de 20 000 ha :

- Il devient plus rentable d’abattre les arbres pour extraire le tannin que les cultiver pour leur fruit.

 

 

fin 19° siècle

chaussures à châtaignes ou soles (Ardèche), pour écorcer les chataignes.

Celles-ci étaient foulées, après avoir été séchées dans une clède, afin d'être débarrassées de leurs deux peaux pour en faire de la farine.

La sole est composée d'une semelle de bois dans laquelle sont incrustés des pics en fer forgé, surmontée d'attaches de cuir.


 

Les tanins du châtaignier sont extraits en quatre phases : 

- réduction du bois en copeaux ; 

- macération des copeaux en cuves et extraction des tanins ; 

- concentration et cristallisation des tanins 

- broyage des cristaux en poudre.
 


A la fin du 19° siècle, l’encre apparaît, une maladie qui va ravager les châtaigneraies françaises. Des variétés asiatiques sont alors introduites pour lutter contre ses ravages. 


L'encre est une maladie grave du châtaignier, provoquée par un champignon parasite, Phytophtora cinnamomi ou Phytophtora cambivora, qui attaque le système racinaire et le collet de l'arbre provoquant inévitablement son dessèchement et sa mort, plus ou moins rapidement selon son âge.

 

 

 

 

 

XX° siècle

 


Ernest et Gustave Cord / Armand Viré auteurs

Extrait de La Lozère - 1900

"(...) Le Cévenol se nourrit mieux que les autres Lozériens et s'il a moins de laitage sur la table que les montagnards, c'est que la châtaigne qu'il mange été comme hiver, en tient lieu.

La châtaigne est le fond de sa nourriture
et la misère est grande lorsque la récolte de ce fruit est mauvaise"...

 


 

1900

Petits métiers

Marchand de crème glacé et marrons chauds


 

 

 

Guillaume Apollinaire  (1880-1918) poète et écrivain français,

Rhénanes, Alcools, 1913

Rhénane d’automne


..."À nos pieds roulaient des châtaignes

Dont les bogues étaient

Comme le cœur blessé de la madone

Dont on doute si elle eut la peau

Couleur des châtaignes d’automne"...


 

 

 

Jean François Victor Aicard (1848-1921) poète, romancier et dramaturge français.


 

Veillée d'hiver


Alors, qui met la joie à l'âme,

Quand l'aube est si proche du soir ?...

— C'est le bon feu, qui nous fait voir

De petits soleils dans la flamme.

 

Après le feu ? — La flamme encor ;

C'est le calèn d'huile d'olive

Qui porte au front la clarté vive

Comme un roi sa couronne d'or.

 

Puis ? — Le fiasque de vin, sans doute,

Qui, sous sa paille, simplement,

Tient caché tout le firmament,

Une étoile dans chaque goutte.

 

Et puis, après ? — C'est la chanson,

Les contes pour pleurer ou rire...

Oui, mais encor ? — La poêle à frire !.

— Oui, mais le fruit de la saison ?

 

Ingrats ! c'est la châtaigne brune

Qui, sous la cendre chaude, cuit,

Et nous dit, s'ouvrant avec bruit :

"La bouteille est vide. Encore une !"

 

La bonne compagne d'hiver,

Ne l'oublions pas, la châtaigne

Qui s'en vient dès que le froid règne,

Mourir vive près du feu clair.

 

La montagne aux villes l'envoie.

Nos petits montagnards, noircis,

Oiseaux d'hiver, moitié transis,

La vendent comme un pain de joie !

 

Et que d'écoliers en chemin,

Attardés et prêts aux reproches,

Sur les châtaignes, dans leurs poches,

Font chaud à leur petite main !


 

 

 

1920

Paul Chocarne-Moreau (1855-1855) peintre français.

Cliché Braun, Clément et Cie

"Chauds Les Marrons 1920"

Pour avoir trop prestement attaqué les fruits brûlants,
l'agresseur reçoit une punition...cuisante.


 

 

 

1926

Sabine Sicaud (1913-1928) poétesse française.

 

 

La châtaigne


Peut-être un hérisson qui vient de naître ?

Dans la mer, ce serait un oursin, pas bien gros…

Ici, la boule d’un chardon – peut-être

Ou le pompon sournois d’une bardane

Ou d’un cactus ? Mais non, dans le bois qui se fane,

Dans le bois sans piquants, moussu, discret et clos,

Cette chose a roulé subitement, d’en-haut,

Comme un défi… parmi les feuilles qui se fanent.

 

Allez, j’ai bien compris. C’est la saison.

Les geais, à coups de bec, ont travaillé dans l’arbre.

Même les parcs où veillent, tout pensifs, les dieux de marbre,

Ont de ces chutes-là sur leurs gazons.

 

Marron d’Inde là-bas, châtaigne ici. Châtaigne

Rude et sauvage, verte encore, détachée

Par force de la branche où les grands vents, déjà, l’atteignent

Le vent et les geais ricaneurs, et la nichée

Des écoliers armés de pierres et de gaules.

 

Comme il faut se défendre ! Sur l’épaule

De la douce prairie en pente, l’on pouvait

Glisser un jour, à son heure, qui sait ?

Et se blottir dans un coin tiède, pour l’hiver…

Ah! Pourquoi tant d’épines, tant d’aiguilles,

Tant de poignards dressés, pauvre peloton vert ?

Une fente… Voici qu’un peu de satin brille

Et le cœur neuf est là, dessous, et rien ne sert

D’être châtaigne obscure, âpre au goût, si menue !

Fendue, on est une châtaigne presque nue…

 

Et le coup de sabot sur la tête viendra,

Et le couteau pointu, l’eau bouillante, le pot

Qui sue avec de petits rires, des sanglots

Dans les tisons trop rouges ; tout sera

Comme il est dit en l’ordinaire histoire des châtaignes.

 

Et vous ne voudriez pas, quand me renseigne

Dans la ville brumeuse, un cri rauque : "Marrons tout chauds !"

Quand j’aperçois, joufflus, blêmes, sans peau,

Ou craquelés et durs avec des taches de panthère,

Les frères de ma sauvageonne, tous ses frères

Vous ne le voudriez pas, que j’évoque, là-bas,

Un vieil arbre perdant ses feuilles rousses,

Et me souvienne du choc sourd, lourd, lourd comme un glas,

De pauvres fruits tués qui tombent sur la mousse ?


 


 

1928 -1929

Le piseur que M. Monnier invente en 1928-1929, va bouleverser le décorticage des châtaignes sèches. Les châtaignes entrent dans la machine par le haut avec les peaux, sont décortiquées et ressortent pas le bas épluchées et triées.
 

Une fois séchées, les châtaignes doivent être encore épluchées : c’est l’opération de décorticage appelée pisage quand on enlève le première peau dure (le péricarpe), et repisage quand on enlève la seconde peau (le tan) fine et fripée. 


Pour "piser" les châtaignes tout un matériel spécialisé d’abord manuel puis mécanique a été mis au point au fil des siècles.  Tous les systèmes actuels dérivent directement de cette invention. 

Décortiqueur châtaignes M. Monnier - Musée de la châtaigne - Joyeuse - Ardèche


 

 

 

Jean Giono (1895-1970) écrivain français.

Que ma joie demeure

..."Quiconque a senti un jour de printemps sur les plateaux sauvages l’odeur amoureuse des fleurs de châtaignier comprendra combien ça compte de fleurir souvent"...  
 


 

1939

Jimmy Kennedy (1902-1984) parolier et compositeur irlandais, 
avec H. Kennedy ; T.Connor

Musique de Glenn Miller

 


Sous le châtaignier qui s'étend

 

Sous le châtaignier qui s'étend

je l'aimais et il m'aimait

Là j'avais l'habitude de m'asseoir sur ses genoux

Sous le châtaignier qui s'étend

Là sous les branches que nous avions l'habitude de rencontrer

Tous ses baisers étaient si doux

Tous les petits oiseaux faisaient "tweet-tweet"

J'ai dit "Je t'aime", et il n'y a pas de si ou de mais

Il a dit "Je t'aime", et le forgeron a crié "Chestnut!"

 

Sous le châtaignier qui s'étend

Là, il a dit qu'il m'épouserait

Maintenant tu devrais voir notre famille

Sous le châtaignier qui s'étend !

Là sous les branches que nous avions l'habitude de rencontrer

Tous ses baisers étaient si doux

Tous les petits oiseaux faisaient "tweet-tweet"

Sous le châtaignier qui s'étend

Là, il a dit qu'il m'épouserait

Maintenant tu devrais voir notre famille

Sous le châtaignier qui s'étend !


 

 

 

Dr Edward Bach (1886-1936) médecin et homéopathe britannique,

Les Douze "Guérisseurs" et autres remèdes (1ère édition 1941)

..."La fleur de châtaignier est préparée "Pour ces moments que certaines personnes vivent où l’angoisse est si grande qu’elle semble insupportable. Quand l’esprit ou le corps se sent comme s’il était arrivé à l’extrême limite de son endurance et qu’il doit maintenant se rendre. Quand il semble ne rien rester d’autre à envisager que la destruction et l’anéantissement."...
 

 

 

1945

Fang wen pei : auteurs  

e mei zhi wu tu zhi - "Châtaigne d'Henryi" - Castanea Henryi

Institute of Botany, CAS


 

 

 

Années 1947

Raoul Thomen (1876-1950) illustrateur, dessinateur humoristique et auteur de bande dessinée belge.

Carte postale "petits métiers de la rue"

Marchand de marrons


 

 

 

1948

Suzanne Ballivet (1904-1985) peintre et illustratrice française.

Le vendeur de marrons


 


 

1949

Dans "1984" de George Orwell (1903-1950) écrivain, essayiste et journaliste britannique.

Anonyme

Troisième Partie - Chapitre VI

le châtaignier est utilisé dans des poèmes récités tout au long (modifiant "The Chestnut Tree" de Glen Miller - 1939 
..."Le café du Châtaignier était presque vide. 
...
Sous le châtaignier qui s’étale,
Je t’ai vendu, tu m’as vendue !..."

 

 

 

1970

Barbara (1930-1997) auteure-compositrice-interprète française, 

Paroles de la chanson 

Il automne

" …Il automne, il automne,

Il automne des pommes rouges

Sur des cahiers d’écoliers.

Il automne des châtaignes

Aux poches de leur tablier…"
 

 

 

1975

Guy Thomas (1934-2020) parolier et poète français d'origine belge ayant écrit plusieurs chansons à succès, notamment pour et en collaboration avec Jean Ferrat.

Chanson de Jean Ferrat

 

Le châtaignier 


J'entends les vieux planchers qui craquent

J'entends du bruit dans la baraque

J'entends j'entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier

 

Bien à l'abri dans ma soupente

Moi j'entends chanter la charpente

J'entends les poutres qui se plaignent

Ce n'est pas du bois vermoulu

De ne plus donner de châtaignes

En supportant mon toit pointu

 

J'entends les vieux planchers qui craquent

J'entends du bruit dans la baraque

J'entends j'entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier

 

Quand on devient poutre-maîtresse

C'est tout le toit qui vous oppresse

Il faut chanter tout doucement

La chanson de ses origines

Celle qu'il me chante en sourdine

En y mettant du sentiment

 

J'entends les vieux planchers qui craquent

J'entends du bruit dans la baraque

J'entends j'entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier

 

C'est surprenant mais c'est logique

Il chante la chanson magique

Qu'il a apprise au fond des bois

Il me chante une chanson tendre

Que je suis le seul à comprendre

Quand la nuit vient à petits pas

 

J'entends les vieux planchers qui craquent

J'entends du bruit dans la baraque

J'entends j'entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier

 

C'est vrai pourtant qu'il nous protège

Contre le froid contre la neige

Tout en berçant mes insomnies

Ce n'est pas une chanson triste

Mon châtaignier est un artiste

Qui continue d'aimer la vie

 

J'entends les vieux planchers qui craquent

J'entends du bruit dans la baraque

J'entends j'entends dans le grenier

Chanter chanter mon châtaignier


 

 

 

1977

Renaud Séchan, dit Renaud, (1952) auteur-compositeur-interprète français.

Paroles de la chanson :


Laisse béton

..."Y m’a filé une beigne

J’ai filé un marron

M’a filé une châtaigne

J’ai filé mon blouson … "
 

 

 

Jan dau Melhau (1948) écrivain, musicien, chanteur, conteur et éditeur français dont la langue de production est l’occitan du Limousin.

Le mythe du chataignier

Le long voyage du châtaignier, de l’Orient vers l’Occitanie en passant par la Corse, par un conteur limousin qui tresse le français et l'occitan d'une façon originale et poétique.


 

 

 

1995

Lawrence Sail (1942) poète et écrivain britannique contemporain.

Sweet Chestnuts, de Building into Air, 1995

Traduit de l'anglais par Émile Martel

 


Châtaigniers


 Le fait de ne pas nommer l'objet, mais de présenter

Les châtaigniers, peut éventuellement devenir

Un hommage aux quiddités simples des choses —

Par exemple, de quelle manière sur l'herbe trempée d'octobre

Ils reposent, ébrasés, leur tête de massue verte et piquante toute

Explosée pour laisser voir un intérieur velouté

Pas tout à fait jaune, pas tout à fait blanc ni gris :

Et, étrangement carrés, les immeubles de fruits bruns,

Les trois ou quatre qui se tiennent au milieu,

Plus ou moins emboîtés, faciles à déloger.

 

Il vient le sentiment que quelque chose de secret est montré,

Qu'on révèle un lieu tendre au toucher,

Une indication offerte de ce qui interdit

À l'objet sa solitude, son indépendance.

Par-dessus le fruit tombé, l'arbre qui enfle ;

En-dessous, le milieu tordu des racines.

À l'intérieur de l'objet, sans nom, le sujet caché,

Son absence qui nous revient aussi naturellement

Que le cœur bondit en entendant le nom de son amour.


 

 

Robert Bourdu (1924-2014) professeur à la faculté des sciences d'Orsay (Université Paris-Sud). Matière de recherche et d'enseignement : la physiologie végétale, spécialisation métabolisme.

Le Châtaignier

..."Il existe peu d’arbres qui imprègnent aussi fortement de leur caractère les coutumes et la vie d’un terroir que le fait le châtaignier. En cela l’olivier lui est, peut être, comparable. Le chêne le hêtre sont les seigneurs de la forêt, les saules et peupliers indiquent les voies d’eau, comme les frênes les itinéraires routiers, le châtaignier lui, est familier […] Son ample frondaison et son tronc massif font penser à un grand-père paisible et accueillant. Il est tout à la fois arbre fruitier et arbre forestier, sans que l’on puisse affirmer que sa forêt n’est pas un ancien verger abandonné ou que son verger n’est pas une forêt aménagée. Il occupe quatre pour cent du parc forestier, mais sans jamais former de belles futaies, seulement des taillis denses où l’exploitation ne satisfait que les fendeurs et les fabricants de feuillards ..."
 


 

XXI° siècle

 


2006

Emmanuel Rastouil - auteur


 

Le châtaignier.

 


Ivre de fraîches eaux, de soleil et de vent

Il se pose repu, rallongeant sa tenture,

Et ses bras écartés dévoilent, je l’assure,

Abondance de fruits, les bogues en avant.

 

Les courbes de son dos offrent un paravent

Digne d’un lit ouvert juste à notre mesure,

Il invite à la paix, la détente et rassure,

Rend le contemplatif amoureux et rêvant.

 

L’automne à l’œil marron fait sa métamorphose,

Il sera là, bientôt, embrumant toute chose,

Nonchalamment, mais sûr d’arriver à ses fins.

 

Aussi le châtaignier relâche son étreinte

Et laisse l'étranger en morosité feinte

Quand, lorsqu'il pleut, la terre exhale ses parfums.


 


 

2008

Hespérance - auteur

 

La châtaigne et le marron

 

Une jolie châtaigne en belle robe verte

Vivait aux bois jolis sur son châtaignier

Non loin de là était la demeure entrouverte

D'un marron qui poussait sur son beau marronnier.

 

Arriva la saison où marrons et châtaignes

Se retrouvent tout nus sur la mousse des bois

Le marron fait le beau, la belle le dédaigne

Moi je suis comestible et vous ne l'êtes pas.

 

On m'appelle marron losque je suis confite,

Mon nom à ce moment devient marron glacé

On crie chaud les marrons lorsque je suis bien cuite

En me sortant des flammes où je viens de griller.

 

Mais ce n'est pas monnom, je suis une châtaigne

Châtaignes et marrons ne sont que des cousins

Ne croyez surtout pas, marron que je vous craigne

Mais vous, vous finirez chez le pharmacien.

 

Elle avait bien raison, le fruit du marronnier

Finit en traitement pour soigner les humains

La châtaigne au contraire, là pour les régaler

Va réjouir leur palais et calmera leur faim.

 

Quand vous irez au bois ramasser des châtaignes

Vous tous enfants des villes, le marron est tout rond

Un méplat d'un côté et c'est une châtaigne

Attention de ne pas vous laisser faire...marrons...  


 

 

 

03/11/2018

Carole Radureau - auteur -



La poésie-châtaigne

 

La poésie est une châtaigne

Qui crie au plus profond de la nuit

Qu’elle aime vivre et sans elle

Que serait le pain

Que seraient les vers libres de la vie ?

 

Comme une robe

Glisse sur sa peau

Une soie lumineuse et joyeuse

Si douce et si généreuse :

Un déshabillé à respecter.

 

Si le manteau qui protège son cœur aimant

Hérissé de piquants

Barricades contre la faim et l’agonie

Ouvre sa porte

La belle poésie- châtaigne dans un bâillement

Surgit et c’est la joie et c’est la rime et c’est la muse

En cascade

Pure.

 

La poésie est un fruit rond marron

Couleur des yeux de la forêt

Qui songe avec ravissement

Au crissement des bogues

Sous les pas.

 

La poésie est la fille de l’arbre-père

De l’arbre de vie

Qui a laissé choir

Sans émoi

Ses enfants

Bien protégés.

 

Une grande famille de force vive

De vitamines, habillée

De grande valeur

De morale pure

Héritée sans se soucier

Des mots-piquants

Des mots-duvet

Des mots-soie

Fusant tels des rires

De la couchette accueillante du sous-bois.


 

 


2020

Frederic Cogno, poète autodidacte, rêveur et passionné, 


 

Les châtaignes

 

Quand l’automne ôte l’oripeau,

Quand frissonnent les louveteaux

Dans la ténébreuse forêt ;

Quand le givre aux orgelets blancs

Fige les mots des revenants

Sur quelques sentes émaciées ;

Quand le soleil en vieil archange

Bénit les fruits tombés des branches

Pour l’écureuil, le sanglier…

 

Les châtaignes, les châtaignes,

Les châtaignes dans la cheminée,

Les châtaignes, les châtaignes,

Les châtaignes vont nous régaler !

 

Ça sent bon la bûche de chêne,

Les petits chèvres des Cévennes,

Le fantôme du bourrelier ;

Je crois entendre les conteuses,

Les sabots de bois des faucheuses

Au cantou des cèpes séchés ;

La causerie au pied de l’âtre

Se réunit autour du pâtre

Qui dans la cendre a déposé...

 

Les châtaignes, les châtaignes,

Les châtaignes dans la cheminée,

Les châtaignes, les châtaignes,

Les châtaignes vont nous régaler !

 

Ces coings confits, ces bonnes mines,

Ces yeux trinquant la williamine

Ont attendu cette veillée ;

On cajole les figarettes

Qui crépitent sous les cagettes

Et dans la braise ensommeillée ;

Quel miracle cet arbre à pain,

Chacun a son cornet en main

Chauds les marrons pour la mémé…

 

Les châtaignes, les châtaignes,

Les châtaignes dans la cheminée,

Les châtaignes, les châtaignes,

Les châtaignes vont nous régaler !


 

 

 

Châtaigniers remarquables :


 

Le châtaignier des cent chevaux (italien : Castagno dei Cento Cavalli et sicilien : Castagnu dê Centu Cavaddi) est le plus grand et le plus ancien châtaignier connu en Europe. Il fait partie des 150 arbres déclarés "d’intérêt historique et monumental exceptionnel " en Italie.

Situé sur la route de Linguaglossa à Sant'Alfio, sur le versant oriental de l'Etna en Sicile.

Il est généralement considéré comme âgé de 2 000 à 4 000 ans.

Il s'agit d'un châtaignier commun (Castanea sativa). La circonférence de l'arbre faisait 57,9 mètres quand il a été mesuré en 1780.

L'arbre s'est depuis divisé en plusieurs gros troncs, mais ils partagent toujours les mêmes racines.

En 2006, le châtaignier des cent chevaux a été déclaré par l’UNESCO, "monument porteur d'une culture de paix"


 

 

Le châtaignier du château de Blaasveld Anvers en Belgique

 

Le châtaignier tri-centenaire de Momalle (6,30 m à 1,50 m du sol en 2008) en Belgique


 

 

Dictons et proverbes châtaignes

 


"Là où croissait le châtaignier, l’homme s’est installé. Là où l’homme partit s’installer, il apporta le châtaignier".

"Jusqu'à ce que les châtaigniers soient fleuris, ne sortez pas les couvertures des lits"

"Altéré comme une poêle à châtaigne"

"Chaque châtaigne, trois coups boire"

"De noix, de fille, de châtaigne, la robe cache les défauts"

"Femme et châtaigne, belle en dehors, en dedans la malice"

"La femme est comme la châtaigne belle au dehors et dedans le ver" 

"La femme est comme la châtaigne brillante en dehors mais en dedans le défaut"

"La femme est comme la châtaigne gâtée, belle au dehors amère au dedans" 

"Pluie de Notre-Dame, - Fait tout vin ou tout châtaigne".

 

proverbe créole : 

Fanm sé chatenn, nonm sé fouyapen - "Les femmes sont des châtaignes, les hommes sont des fruits à pain"

 

Proverbe Corse :

Esse cume a castagna, bèlla di fóra, ingrentu macagna. "être comme la châtaigne, belle à l'exterieur, gâtée dedans".

 

 

Citations châtaignes


Gustave Flaubert (1821-1880) écrivain français 

"Châtaigne : femelle du marron."

 

Hervé Bazin (1882-1944) écrivain

"Le fichu caractère de ma femme avait des causes physiologiques. Son opération l'a transformée.

Evidemment, elle sera toujours un peu châtaigne sous bogue, mais elle devient vivable".
 

 

 

Langage et symbole du châtaignier et des châtaignes


Surnommé "le pain du pauvre", le châtaignier est le symbole :

de force tranquille, de justice, de vérité, de générosité et de prévoyance.

On peut un Châtaignier arbre générosité lors d'un Hommage. 


 


 

 

Mythes et légendes

 


- La châtaigne servait de monnaie pour payer les redevances des paysans aux seigneurs. 

- Le tronc du châtaignier abritait les voyageurs.

- Les jeunes hommes offraient des châtaignes à leur promise en demandant sa main. Si elle les faisait cuire, ça voulait dire oui. Si elle les laissait dans le panier, ça voulait dire non. Il arrivait que pour se venger, il lui renvoie les pelures.

- Le tronc creux du châtaigner est le symbole du purgatoire, raison pour laquelle il arrive encore qu’on dépose une châtaigne dans les cercueils.

- La bogue de châtaigne qui s’ouvre, libérant son fruit est comparée au manteau de Saint Martin, dont il donna la moitié aux pauvres.


 

 

 

Utilisation du chataignier et des chataignes

 

Le bois

Le bois de châtaignier n'est pas un bois dur. Parmi ses principaux atouts, c'est un bois facile à travailler et à fendre, et son bois de cœur est très riche en tanins, ce qui en fait un bois durable. De plus il a une croissance rapide en taillis. Il est mis à contribution pour de multiples usages

dans :

- l'artisanat, la construction et l'agriculture depuis des siècles en Europe.

- le chauffage comme combustible ;

- l'agriculture comme échalas pour la vigne, piquet et plessage dans la construction de clôtures, etc ;

- la tonnellerie pour les douves (et autrefois aussi pour les cerclages)

- l'exploitation minière ;

- le bâtiment, notamment en charpente de toiture et comme élément de couverture (essente, bardeau, volige), 

- l'ébénisterie (mobilier, sculpture des petits objets );

- la menuiserie (lambris, moulures, huisserie, etc);

- pour la vannerie 

On trouve en France de nombreuses charpentes de toitures très anciennes en bois de châtaignier (La halle de Monpazie), souvent très peu altérées, attestant la durabilité de cette essence au long des siècles. On le retrouve fréquemment dans les maisons anciennes, y compris à l'étage montagnard, où les poutres de châtaignier sont souvent d'origine. Cependant, comme pour le chêne, s'il est exposé à l'humidité, les tanins solubles dans l'eau seront lessivés, ce qui diminue fortement la durabilité du bois.

Sa haute teneur en tanin fait que les araignées ne tissent pas leur toile sur ce bois, les charpentes en châtaignier restent donc durablement assez propres.

Il a été largement exploité de 1890 à 1960 pour sa richesse en tanins (6 % dans l'écorce, 13 % dans le bois et les bogues), en particulier dans la région lyonnaise, ce qui a conduit à la destruction de vieux peuplements entiers.

C'est un bois de chauffage moyen (mi-dur, projection d'escarbilles, fumée moyennement importante).

Halle de Montpazier


 

 

 

Utilisation alimentaire des châtaignes


Les châtaignes de plusieurs espèces sont consommées, en Europe, en Asie et Amérique du Nord. 

La châtaigne, mangée bouillie ou rôtie, constitue un aliment féculent très nutritif, fort employé dans les régions productrices et vendu dans les rues des villes sous le nom de marrons. 

Une fois ramassées, le séchoir à châtaignes permet de les sécher pour les conserver avant consommation, soit directement, soit après transformation par exemple sous forme de. À l'heure actuelle, en France, ces fruits servent surtout à la fabrication de marrons glacés, de crème de marrons et de marrons au naturel pour accompagner la dinde de Noël.

..."chaud les marrons, chaud"...

"La crème de marrons"

"la purée de marrons"

"marrons glacés"

"dinde aux marrons"

"farine de châtaignes" 

 

 

La châtaigne fait partie du régime alimentaire d'oiseaux (geais, corbeaux, pigeons) et de mammifères (sangliers, cerfs, écureuils).


 

- En France, mêmes les feuilles sont recherchées pour parfumer et emballer le fromage de chèvre comme le banon et le mothais sur feuille.

 


- Les abeilles tirent du châtaignier un miel foncé et de goût prononcé.
miel de châtaignier  à la couleur rouge ambrée et aux multiples vertus.

 Son goût fort et corsé, légèrement amer, est recherché des amateurs. Il est connu pour ses vertus  toniques.

Il serait aussi reminéralisant car riche en fer, faciliterait la circulation sanguine, serait bénéfique pour les rhumatisants et pourrait même stopper les maux de tête. On dit aussi qu'il serait bénéfique pour lutter contre l'ostéoporose.

 

 

 

Origine du marron glacé

Il existe plusieurs théories différentes :
Le premier marron glacé serait apparu à la cour du roi Louis XIV, grâce au sieur François Pierre de La Varenne, qui fit cuire une châtaigne avec du sucre (d'après son livre Le Parfaict Confiturier). 


Selon certains, la recette du marron glacé apparaîtrait pour la première fois au XVI° siècle, à Lyon.

 

D'autres affirment que le marron glacé est né à Coni, en Italie, toujours au XVI° siècle, en raison d'une grande disponibilité de châtaignes et d'une diffusion du sucre sans précédent.


En France, la première fabrique de marrons glacés a été créée en Ardèche par Clément Faugier, en 1882, afin d'utiliser une matière première importante dans la région


 

Propriétés médicinales du châtaignier :

L'écorce et le bois, grâce à leur teneur en tanin, constituent des astringents efficaces ; c'est la plante des hémorroïdes et des varices, pour ces actions anti-inflammatoires...

Les feuilles en infusion ont été employées contre la toux, la coqueluche et les catarrhes.

Les chatons désséchés sont utilisés avec succès contre la diarrhée.
 

 

 

Fêtes de la châtaigne

 


Des fêtes de la châtaigne sont organisées pendant les mois de récolte, en France et à travers le monde, dans les régions tempérées ou poussent les châtaigniers, pour célébrer ce fruit qui a nourri tant de personnes par le passé et qui fait partie intégrante du patrimoine gastronomique et culinaire.

 

En France

En France, nous avons plusieurs régions à forte vocation castanéicole : l’Ardèche, les Cévennes, le Périgord, la Corse, le Cantal  et le Massif des Maures, dans le Var, où ont lieu des fêtes de la châtaigne...

Les castagnades d’Ardèche se déroule en automne, entre les mois d’octobre et de novembre, pendant le temps de la récolte.

 

À Collobrières, capitale du Massif des Maures, les fêtes de la châtaigne se déroulent chaque année depuis plusieurs dizaines d'années, durant les trois derniers dimanches du mois d'octobre. 
Ces festivités attirent des milliers de personnes venues profiter du cadre, de l'ambiance et du plus grand marché de producteurs et d'artisans de la saison.

À Catenay, en Seine-Maritime, la fête de la châtaigne se déroule chaque année le dernier dimanche d'octobre avec environ 3000 visiteurs. 
Dans le village se tient un marché de l'artisanat et des saveurs d'automne avec des châtaignes fraîches, grillées et transformées (pain, farine, gâteau, galette, confiture, bière...). 
Une randonnée thématique a lieu le matin. Le midi, un repas à base de châtaigne est proposé.

À Villardonnel, dans la Montagne Noire, la fête des châtaignes a lieu chaque année entre octobre et novembre. 
Cette fête, traditionnellement appellée Las castanhas é lo vin novel, met en avant non seulement la culture castanéicole mais également le vin et les produits régionnaux. 
Les festivités durent deux jours avec en point d'orgue une grande foire3 avec des procteurs et artisans locaux. Sa première édition remonte à 1969.

A Mourjou, dans la châtaigneraie cantalienne, a lieu la Foire de la châtaigne et du châtaignier. 
Le programme s'articule autour d'un vaste marché autour des produits issus de la châtaigne et/ou du châtaignier. 
De nombreuses animations sont proposées: techniques, musique et chants, animations pour les enfants, repas, randonnée, gastronomie, etc. L'association du Pélou  organise cette grande fête depuis 1995, l'avant dernier week-end d'octobre. A noter que depuis 2018, la Châtaigneraie cantalienne bénéficie du label "Site Remarquable du Goût".

A Saint-Pons de Thomières dans l'Hérault a lieu la célèbre Fête de la Châtaigne qui vous donne rendez vous chaque dernier week-end d'Octobre,  avec un Grand marché toute la journée :  
Les rues du village sont occupées par les nombreux stands : producteurs locaux, artisanats, culinaires ...
Des Animations : Le cœur de la fête se tient Place du Foiralet (vers la Source et le long de l'Aguze) où les châtaignes sont grillées à l’aide de rouleaux aux feux de bois et proposées à chacun dans un cornet typique.
Un peu partout sur la fête vous croiserez des animations en mouvement, des fanfares les compagnons du devoir et bien d’autres ... 

En Italie, 
On cultive la châtaigne pratiquement partout. Les fêtes de la châtaigne ne possèdent pas de caractère sacré. Ce sont, avant tout, des traditions agricoles et paysannes, une occasion de se réunir dans les campagnes autour d’un repas à base de spécialités d’automne. 

En Espagne
La Castanyada en Catalogne, le Magosto en Galice, la Magosta en Cantabrie, ou le Magüestu aux Asturies sont une fête populaire que l'on célèbre le jour de la Toussaint, bien que ces derniers temps la célébration ait été déplacée la veille de ce jour, ou bien ou dans les jours proches. 
En effet, dans le folklore hispanique, les châtaignes incarnent les âmes du purgatoire. 
Il existe une dimension presque sacrée dans les célébrations autour de la châtaigne. 
 Pendant ces festivités, on mange des châtaignes rôties accompagnées de vin et de cidre. Les plus jeunes peuvent, dans certaines localités, célébrer les châtaignes à l’école ou même à l’université. 

Au Portugal, 
On retrouve une fête de la châtaigne assez similaire à celle d'Espagne. Mais les traditions castanéicoles s’inscrivent davantage dans le cadre de la religion chrétienne, notamment lors de fêtes comme la Toussaint et la Saint-Simon. 
Parmi ces traditions, un rituel répandu au Nord du Portugal consiste à installer des châtaignes sur une table pour les morts de la famille, un repas qu’aucun personne vivante n’est autorisée à toucher.

 

En Suisse
À Saint-Gingolph, petit village castanéicole entre la Suisse et la France, a lieu chaque deuxième week-end d'octobre depuis 1989 la plus vieille fête de la châtaigne du Valais. La brisolée royal ainsi que le sanglier à la broche y sont les principales spécialités.

 

 

À Catenay, en Seine-Maritime, la fête de la châtaigne se déroule chaque année le dernier dimanche d'octobre avec environ 3000 visiteurs. 
Dans le village se tient un marché de l'artisanat et des saveurs d'automne avec des châtaignes fraîches, grillées et transformées (pain, farine, gâteau, galette, confiture, bière...). 

Une randonnée thématique a lieu le matin. Le midi, un repas à base de châtaigne est proposé.

 

 

À Villardonnel, dans la Montagne Noire, la fête des châtaignes a lieu chaque année entre octobre et novembre. 
Cette fête, traditionnellement appellée Las castanhas é lo vin novel, met en avant non seulement la culture castanéicole mais également le vin et les produits régionnaux. 
Les festivités durent deux jours avec en point d'orgue une grande foire avec des procteurs et artisans locaux. Sa première édition remonte à 1969.

A Mourjou, dans la châtaigneraie cantalienne, a lieu la Foire de la châtaigne et du châtaignier. 
Le programme s'articule autour d'un vaste marché autour des produits issus de la châtaigne et/ou du châtaignier. 
De nombreuses animations sont proposées: techniques, musique et chants, animations pour les enfants, repas, randonnée, gastronomie, etc. L'association du Pélou  organise cette grande fête depuis 1995, l'avant dernier week-end d'octobre. A noter que depuis 2018, la Châtaigneraie cantalienne bénéficie du label "Site Remarquable du Goût".

A Saint-Pons de Thomières dans l'Hérault a lieu la célèbre Fête de la Châtaigne qui vous donne rendez vous chaque dernier week-end d'Octobre,  avec un Grand marché toute la journée :  
Les rues du village sont occupées par les nombreux stands : producteurs locaux, artisanats, culinaires ...
Des Animations : Le cœur de la fête se tient Place du Foiralet (vers la Source et le long de l'Aguze) où les châtaignes sont grillées à l’aide de rouleaux aux feux de bois et proposées à chacun dans un cornet typique.
Un peu partout sur la fête vous croiserez des animations en mouvement, des fanfares les compagnons du devoir et bien d’autres ... 

En Italie, 
On cultive la châtaigne pratiquement partout. Les fêtes de la châtaigne ne possèdent pas de caractère sacré. Ce sont, avant tout, des traditions agricoles et paysannes, une occasion de se réunir dans les campagnes autour d’un repas à base de spécialités d’automne. 

En Espagne
La Castanyada en Catalogne, le Magosto en Galice, la Magosta en Cantabrie, ou le Magüestu aux Asturies sont une fête populaire que l'on célèbre le jour de la Toussaint, bien que ces derniers temps la célébration ait été déplacée la veille de ce jour, ou bien ou dans les jours proches. 
En effet, dans le folklore hispanique, les châtaignes incarnent les âmes du purgatoire. 
Il existe une dimension presque sacrée dans les célébrations autour de la châtaigne. 
 Pendant ces festivités, on mange des châtaignes rôties accompagnées de vin et de cidre. Les plus jeunes peuvent, dans certaines localités, célébrer les châtaignes à l’école ou même à l’université. 

Au Portugal, 
On retrouve une fête de la châtaigne assez similaire à celle d'Espagne. Mais les traditions castanéicoles s’inscrivent davantage dans le cadre de la religion chrétienne, notamment lors de fêtes comme la Toussaint et la Saint-Simon. 
Parmi ces traditions, un rituel répandu au Nord du Portugal consiste à installer des châtaignes sur une table pour les morts de la famille, un repas qu’aucun personne vivante n’est autorisée à toucher.

 

En Suisse
À Saint-Gingolph, petit village castanéicole entre la Suisse et la France, a lieu chaque deuxième week-end d'octobre depuis 1989 la plus vieille fête de la châtaigne du Valais. La brisolée royal ainsi que le sanglier à la broche y sont les principales spécialités.

 

 

A Mourjou, dans la châtaigneraie cantalienne, a lieu la Foire de la châtaigne et du châtaignier. 

Le programme s'articule autour d'un vaste marché autour des produits issus de la châtaigne et/ou du châtaignier. 

De nombreuses animations sont proposées: techniques, musique et chants, animations pour les enfants, repas, randonnée, gastronomie, etc. L'association du Pélou  organise cette grande fête depuis 1995, l'avant dernier week-end d'octobre. A noter que depuis 2018, la Châtaigneraie cantalienne bénéficie du label "Site Remarquable du Goût".

 

A Saint-Pons de Thomières dans l'Hérault a lieu la célèbre Fête de la Châtaigne qui vous donne rendez vous chaque dernier week-end d'Octobre,  avec un Grand marché toute la journée :

Les rues du village sont occupées par les nombreux stands : producteurs locaux, artisanats, culinaires ...

Des Animations : Le cœur de la fête se tient Place du Foiralet (vers la Source et le long de l'Aguze) où les châtaignes sont grillées à l’aide de rouleaux aux feux de bois et proposées à chacun dans un cornet typique.
Un peu partout sur la fête vous croiserez des animations en mouvement, des fanfares les compagnons du devoir et bien d’autres ... 

 

En Italie, 

On cultive la châtaigne pratiquement partout. Les fêtes de la châtaigne ne possèdent pas de caractère sacré. Ce sont, avant tout, des traditions agricoles et paysannes, une occasion de se réunir dans les campagnes autour d’un repas à base de spécialités d’automne. 

 

En Espagne

La Castanyada en Catalogne, le Magosto en Galice, la Magosta en Cantabrie, ou le Magüestu aux Asturies sont une fête populaire que l'on célèbre le jour de la Toussaint, bien que ces derniers temps la célébration ait été déplacée la veille de ce jour, ou bien ou dans les jours proches. 

En effet, dans le folklore hispanique, les châtaignes incarnent les âmes du purgatoire. 

Il existe une dimension presque sacrée dans les célébrations autour de la châtaigne. 

Pendant ces festivités, on mange des châtaignes rôties accompagnées de vin et de cidre. Les plus jeunes peuvent, dans certaines localités, célébrer les châtaignes à l’école ou même à l’université. 

 

Au Portugal, 

On retrouve une fête de la châtaigne assez similaire à celle d'Espagne. Mais les traditions castanéicoles s’inscrivent davantage dans le cadre de la religion chrétienne, notamment lors de fêtes comme la Toussaint et la Saint-Simon. 

Parmi ces traditions, un rituel répandu au Nord du Portugal consiste à installer des châtaignes sur une table pour les morts de la famille, un repas qu’aucun personne vivante n’est autorisée à toucher.


 

En Suisse

À Saint-Gingolph, petit village castanéicole entre la Suisse et la France, a lieu chaque deuxième week-end d'octobre depuis 1989 la plus vieille fête de la châtaigne du Valais.

La brisolée royal ainsi que le sanglier à la broche y sont les principales spécialités.

 

 

Musées sur le chataignier et maisons à thème

 

Le musée de la châtaigneraie, situé à Joyeuse dans le département de l'Ardèche, permet la découverte de la culture de l'arbre le plus important économiquement du département. Il présente une collection d'outils anciens, d'objets usuels et de mobilier. En complément, il propose le sentier du châtaignier.


La maison du châtaignier, située à Châlus, dans la Châtaigneraie Limousine, est un espace muséographique interactif entièrement consacré au châtaignier, à ses possibilités ainsi que celles de la châtaigne, et qui présente l'activité et la production du métier de feuillardier.


La maison du châtaignier, à Saint-Pierreville, dans le nord de l'Ardèche, retrace également l'histoire locale de la castanéïculture, au travers d'objets, de pièces d'archives et de documents sonores.
 

 

 

Pour en savoir plus

 

- L’énergie des arbres – Plantes et Santé, hors série 2017

- Histoires d’Arbres, des sciences aux contes – Philippe Domont, Edith Montelle

- Calendrier Celtique – Michaël Vescoli

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9 novembre 2022 3 09 /11 /novembre /2022 23:12

 

 

Mythologie des arbres


Le noyer - Juglans regia 

 

 

Le noyer commun ou noyer est un arbre assez commun, cultivé pour son bois recherché en ébénisterie et ses fruits , les noix , riches en huile .

 

C'est le seul représentant en France de la famille des Juglandacées . Il est parfois appelé arbre de perse, calottier , écalonnier , gojeutier ou noyer royal. C'est un arbre robuste et résistant à la plupart des maladies, toutefois, il craint le gel printanier.

 

Le noyer est un arbre majestueux au tronc épais et aux grosses branches. Il atteint la taille de 20 à 25 m, s’il pousse en solitaire alors qu’il peut atteindre 30 m en peuplement. La croissance en hauteur se termine au bout de 60 à 80 ans. Il est originaire d'Orient, Asie centrale, régions montagneuses de l’ouest de l’Himalaya: Cachemire, Tadjikistan et Kirghizistan. On trouve encore dans ces pays des noyers sauvages dans des forêts plus ou moins dégradées.

 

Il peut donner des fruits, les noix en pleine production jusqu'à 70 ans, elle continue jusqu'à 200 ans, mais la production faiblit.

 

La durée de vie du noyer peut atteindre 600 ans.

 

Connais-tu le noyer, l'arbre au feuillage sombre,

Qui couvre au mois de juin tout un champ sous son ombre ?

Connais-tu le rugueux et robuste noyer,

Le voisin de la ferme et l'ami du foyer ?

Achille Millien (1838 1927) poète et un folkloriste français.


 

 

 

Son écorce est gris-clair, mince et lisse pour les jeunes, parcourue de profondes fissures avec les années.

 

 

 

Ses feuilles, caduques, alternes, assez grandes, sont composées, imparipennées et penninerves. Elles dégagent une odeur aromatique lorsqu’on les frotte.


 

 

 

Sa floraison, au début du printemps, colorera votre jardin grâce à ses jolies fleurs mâles groupées en chatons pendants, verdâtres, au sommet de rameaux de l’année précédente, insérés latéralement sur les rameaux et qui apparaissent avant les feuilles. Les chatons éclosent peu avant ou en même temps que le débourrement des feuilles entre avril et mai (ou juin suivant la région). 


 

 

Les fleurs femelles plus discrètes qui apparaissent plus tard sont généralement disposées par paires à l'extrémité des rameaux de l’année. Les fleurs ne comportent pas de pétale. Elles ne sont visibles que de près.

Pancrat - 28 janvier 2019 - fleurs femelles de noyer


 

 


La pollinisation se fait par le vent. Comme le décalage entre les périodes de floraison mâle et femelle diminue avec l’âge de l’arbre, la probabilité d’autopollinisation augmente avec le temps. La période de l’émission du pollen et la période de floraison femelle ne se chevauchent que très peu de temps. 
 

Les fruits, les noix, sont des drupes vertes, formées d’un brou charnu, contenant une coquille (noyau) à deux valves ligneuses, à l'intérieur de laquelle se trouve une amande réticulée, formée de deux cotylédons oléagineux. 


- le fruit entier tel que porté par l'arbre, 


 

- le fruit débarrassé de son écale verte


 

- les cerneaux comestibles. 


 

Les fruits sont mûrs à l'automne, en septembre-octobre. C'est le risque de gelée printanière qui fixe la limite nord de leur aire d'extension. Les noix sont souvent disséminées par les corneilles, écureuils et geais.

Les noyers poussant en forêt ne fructifient pratiquement pas.


 

 

L’intérieur du fruit du noyer comporte une coque dure qui renferme la noix, le fruit comestible sous forme de deux cerneaux séparés par le péricarpe.

Selon la théorie des signatures, l’analogie est grande entre les contours de la noix et la forme du cerveau. Ce qui laisse à penser que la noix serait bénéfique pour l’esprit. 
 

 

 

Espèces et variétés de noyer

 


La plupart des noyers couramment utilisés en France sont des variétés de Juglans regia. Elles diffèrent principalement par la taille et la qualité des noix, la période de récolte et le port de l'arbre. Certaines sont anciennes, d'autres plus récentes ou sont importées d'Amérique.


Le noyer est auto-fertile mais, pour la production en verger, il vaut mieux planter plusieurs variétés se fécondant entre elles car il existe un décalage dans le temps entre les floraisons mâles et femelles, chacune durant peu de temps.


Il ne produit pas de fruits avant une quinzaine d'années pour la plupart des variétés. Il existe toutefois quelques variétés plus rapide ou même très rapide : à partir de quatre à cinq ans après la plantation !


 

 

 

Variétés traditionnelles 

(variétés de Juglans regia) 

 


"Bijou" :

Arbre productif à port érigé.

Très grosses noix à coque dure, qui servait autrefois à faire des boîtes à bijoux.

Récolte : Maturité début octobre.

 

 

"Meylannaise' :

Arbre Très vigoureux. Rendement moyen. Port semi-érigé. Excellent pollinisateur.

Noix globuleuses de taille moyenne.

Floraison tardive en mai juin. Production octobre.

 


"Ronde de Montignac"

Arbre assez vigoureux. Port semi-érigé. Espèce pollinisatrice.

Coque claire, à pointe développée. Noix assez petites mais savoureuses.

Floraison en mai-juin. Récolte octobre-novembre.

 

 

"Parisienne" :

Arbre vigoureux. S'adaptant à des sols de richesse moyenne (Pollinisateurs : Franquette, Mayette).

Noix légèrement rectangulaire, s'ouvrant facilement. Goûteuses.

Floraison tardive, mai-juin - Récolte septembre - octobre.

 

 

"Marbot"

Arbre très vigoureux. Rendement moyen. Port érigé ou semi-étalé (Pollinisateur :  Franquette)

Qualité des noix et usage : Noix globuleuses, s'ouvrant facilement. Surtout pour la noix fraîche.

Floraison assez tardive, en mai - Récolte octobre

 


"Mayette" : 

Arbre vigoureux (pollinisateurs : Franquette, Corne du Périgord).

gros fruit à coque demi-dure, bonne qualité gustative. 

Récolte fin septembre 

 

 

"Franquette" : 

Arbre vigoureux et rustique. Mise à fruits rapide : à partir de 10 ans environ. 

Grosses noix à coque demi-dure d'un arôme délicat 

Récolte : Maturité  fin octobre (pollinisateurs : Parisienne, Mayette, Meylannaise et'Ronde de Montignac).

 

 

 

Variétés nouvelles

(variétés de Juglans regia)

 

 

"Ferjean"

Arbre à fructification très rapide, après 5 ans environ. Port semi-érigé, qui demande un sol riche et de l'eau. Résiste à la bactériose.

Noix savoureuse de taille moyenne à la coque fine.

Floraison assez précoce en avril. Récolte assez tardive en octobre.

 


"Pieral-Lara"

Arbre à Port semi-érigé à semi-étalé, d'une vigueur moyenne, à fructification très rapide (4 ou 5 ans). (Pollinisateurs : Franquette, Fernette et Ronde de Montignac')

Très grosse noix à coque mince. Bonne qualité, saveur douce.

Récolte fin septembre.
 


 

Variétés américaines


 

"Hartley"

Arbre vigoureux, fructification rapide : 10 ans. À planter dans des régions à climat chaud.

Grosse noix de bonne qualité.

Floraison précoce mi-mars-mi-avril. Récolte assez tardive.

 

 

"Chandler"

Arbre peu vigoureux à forme semi-étalée. (Pollinisateur : Fernette).

Grosse noix précoce de bonne qualité.

Floraison assez précoce fin avril.

 


 

 

Variétés à bois uniquement

 

"Noyer noir ou Noyer d'Amérique" (Juglans nigra) :

Grand arbre à développement rapide. Adapté aux sols lourds et humides.

Noix amères.

Cultivé pour l'ornement et son bois apprécié des ébénistes.

 

 

"Lozeronne" :

Arbre vigoureux. Excellente qualité de bois. (pollinisateur Noyer hybride - J. regia x J. nigra)

Très petits fruits.

récolte : Sans intérêt.

 

 

"Noyer hybride" ( J. regia x J. nigra ) :

Arbre à croissance très rapide. La circonférence augmente en moyenne de 5 cm par an.

Aucun fruit. 

récolte : Sans intérêt.


 


 

Etymologie


Du latin populaire "nucalis" (noix) devenu "nucarius" (noyer), dérivé du latin classique "nux" (noix.)
Nom commun (Vers 1150) 

- ancien français : noier, 

- Grec ancien :  karúa 

- Normand : nayer 

- Occitan : noguièr 

- Italien : noce

- Allemand : Walnussbaum 

- Anglais : walnut tree 

- Espagnol : nogal 

- Portugais : nogueira

 

Autre noms  :

le nom générique du noyer vient :

du latin "juglans" qui signifie noix, contraction de " Jovis glans", "Gland de Jupiter". 

regia : signifie royal.

Arbre dédié par les Romains au Père de tous les dieux. 

 

On l'appelle aussi :

Nouerdier ; Anouyé ; Gaillier ; Goghier ; Calotié ; Cassotyé ; Nouss ; Piyon ; Nolier ; Nouyar ; Nouey ; Neujaoli ; Calongnié.

 

La culture de noix est la NUCICULTURE

Un Producteur de noix s'appelle un NUCICULTEUR, 

Un verger de noyer s'appelle une NOYERAIE.


 

 

 

Mythologie grecque

 

 

Dans la mythologie grecque, le noyer était lié au dieu Dionysos. 


Dionysos, (Bacchus chez les romains), dieu de la vigne, du vin et de ses excès, de la folie et de la démesure, invité du roi Dion de Laconie, avait trois filles.

 

Dyonisos tomba amoureux de l'une d'elle, la princesse  Carya, et coucha avec elle en secret. 


Mais par jalousie, Lyco et Orphe, soupçonnant une histoire d'amour entre Dionysos et leur sœur, l'empêchèrent d'avoir des rapports avec le dieu, et dénoncèrent ses amours coupables à leur père. 


Furieux, et pour se venger, Dyonisos les a rendues folles, état dans lequel elles se sont enfuies vers le mont Taygète , où elles ont été transformées en rochers. 


Carya, qui cependant aimait ses soeurs, mourut de chagrin. Dionysos, toujours amoureux, métamorphosa le corps de Caria  en un noyer luxuriant, afin de produire des fruits fructueux, (Carya, en grec, se dit karwon, carya ou caryo, qui signifie "noix" mais aussi "noyau").


Les Laconi construisirent plus tard un temple en son honneur et, à son entrée, ils placèrent des statues sculptées en bois de noyer représentant les trois sœurs, appelées plus tard Caryatides. 


 

 

 

Mythologie greco romaine

 


Le noyer fut aussi considéré comme un arbre divinatoire voué tantôt à Artémis (grecque) Diane (romaine), la déesse chasseresse, tantôt à Perséphone (grecque) Proserpine (romaine), déesse des enfers (mais aussi déesse du printemps) la fille de Déméter  (grecque) Cérès (romaine) enlevée par Hadès (grec) Pluton (romain). 


 

 

Mythologie celte

 

Le noyer chez les celtes


Du 21 au 30 avril et du 24 octobre au 11 novembre


C’est un arbre important chez les celtes qui place ses natifs sous le signe de de l’intériorité (voire du secret) et de la passion.


Selon le calendrier celtique,


Les personnes nées sous le signe du noyer ont un caractère absolu. Ainsi, les natifs du noyer sont des épicuriens très jaloux passionnés et animés d’une grande joie de vivre !


Ils sont surprenants et plein de contrastes, et peut démontrer de l'agressivité, il est généreux, spontané, ambitieux, il est un partenaire difficile mais souvent admiré, stratège hors pair, il ne fait aucun compromis.


 

 
.


Le noyer et la religion

 

Cantique des Cantique 6 11

"Je suis descendue au jardin des noyers, Pour voir les jeunes pousses dans le vallon".

 

 

 

Rites  sous un noyer


Le noyer est l’un des lieux de rendez-vous des sorcières lors des sabbats nocturnes. 

Les sorciers organisaient des sabbats sous un certain noyer jusqu'à ce que, au début du XIIe siècle, le pape Pascal II fasse construire sur son emplacement l'église Santa Maria del Popolo. 


 

 

 


Il y a 115 000 ans, En Asie, le noyer commun survécut au "Dernier maximum glaciaire" dans des refuges isolés, situés entre la Chine et l’Asie centrale et le Caucase.


L’étude des dépôts de pollen fossile de Juglans regia ont montré que des populations de noyers poussaient au sud de l’Espagne, en Italie, France, Suisse, Bulgarie, Grèce, Albanie et Turquie durant le Pléistocène supérieur (période précédant l’Holocène, commençant il y a 126 000 ans et allant jusqu’à il y a 12 000 ans).


Les premières traces du noyer retrouvées datent de 17 000 ans, période où a vécu l’homme de Cro-Magnon. Elles se situent dans un gisement de Peyrat à proximité de Terrasson en Dordogne.


 

 

 

Il y a 7550 ans


Des fossiles de coquilles de noix ont été trouvés dans le nord-est de l'Italie datant de 7550 ans 

 

 

fin VII° siècle - début VI° siècle av. J. C.  


Ésope, (VII° - VI° s. av. J.C.) écrivain grec 

traduction par Émile Chambry,

..."Un noyer qui se trouvait au bord d’une route et que les passants frappaient à coups de pierres, se disait en soupirant : 

Malheureux que je suis de m’attirer tous les ans des insultes et des douleurs !"...
 

 

 

III° siècle av. J.C.


Originaire de l’Asie Mineure, de l'Himalaya et de la Chine, le noyer a été introduit de Perse en Grèce dès l'Antiquité, puis en Italie par les Romains. 


 

 

 

Le noyer commun commence à être cultivé en Gaule à partir de l’Âge de Fer II, c’est-à-dire entre 300 et 49 av.J.-C. et généralement les archéobotanistes s’accordent à dire que les régions d’Europe centrale et septentrionale cultivent le noyer commun dans le sillage des invasions romaines.

 

 

T. Maccius Plautus (Plaute 254 av. J-C-190). Venu très tôt à Rome, où il apprit le latin et le grec, et où il se mit au service d’une troupe de comédiens ; à la fin de sa vie, il était auteur, directeur de troupe et entrepreneur de spectacles.

Curculio (Le Charançon ou Le Parasite) pièce de théâtre comique en cinq actes - v. -193.

Au tout début    de la pièce (Acte I, scène 1)  

"Qui e nuce nuculem, esse uolt, fragit nucem"  

"Qui veut manger la noix commence par briser la coquille".


 


 

I° siècle av. J.C.

 

Tertentius Varron (116-27 av. J.C.) écrivain, savant et magistrat romain de condition équestre,

Rerum Rusticum Agricultura

Chapitre XVI du livre I

..." comme le chêne, les noyers grands et durs, dans leur voisinage rendent stérile le fon de la terre"... 


 

 

 

Catulle (84 av. J.C.-54 av. J.C.) poète romain

 


Epithalame de Julie et de Manlius

 

Mais ne tardez plus à vous faire entendre, 

chants fescennins ; et toi, naguère le favori de ton maître, 

aujourd'hui l'objet de ses dédains, 

esclave, ne refuse point aux enfants les noix qui leur sont dues.

 

Inutile mignon, jette des noix aux enfants. 

Et toi aussi, assez longtemps tu as joué avec des noix ; 

maintenant il te faut prêter ton ministère à Thalassius. 

Esclave, jette des noix aux enfants.

 

Hier, ce matin encore, 

tes joues s'ombrageaient d'un duvet naissant; 

maintenant le barbier va raser ton menton. 

Pauvre, pauvre mignon, jette des noix aux enfants....


 

 

 

I° siècle ap. J.C.

 


Il y a 2000 ans

Les grandes forêts "naturelles de noyers dans les portions reculées du Ferghana ou la plus grande forêt de noyers du monde" des monts Chatkal du Kirghizstan se sont révélées avoir environ 2 000 ans. 


 

 

Ovide ( 43 av. J.-C.-17 ou 18 ap. J.-C.) poète latin. Ses œuvres les plus connues sont L'Art d'aimer et les Métamorphoses.


Elégie du noyer


Noyer planté sur le bord de la route, je suis, malgré mon innocence,attaqué par les passants à coups de pierres. Telle est la peine ordinairement infligée aux coupables pris en flagrant délit, alors que l'heure de la justice arrive trop lentement au gré de la vengeance populaire. 


Mais moi je n'ai commis aucun crime, à moins que ce ne soit un crime de donner chaque année des fruits à mon maître. Autrefois, quand les temps étaient meilleurs, les arbres se disputaient à qui d'entre eux serait le plus fertile. Alors le maître reconnaissant avait coutume, à la venue des derniers fruits, de couronner de guirlandes les dieux du labourage ; ainsi, ô Bacchus, tu admiras souvent tes raisins ; souvent aussi Minerve admira ses olives. 


Les fruits eussent alors porté préjudice à l'arbre maternel, si une longue fourche n'eût étayé ses branches affaissées. Bien plus, à cette époque, les femmes imitaient notre fécondité : pas une alors qui ne fût mère ; mais depuis que le platane au stérile ombrage eut obtenu des honneurs exclusifs, nous autres, arbres fruitiers nous commençâmes à développer outre mesure notre spacieux feuillage ; aussi ne portons-nous plus de fruits chaque année ; et l'olive et le raisin n'arrivent au cellier que rabougris. 


Maintenant, pour conserver sa beauté, la femme ne craint pas de corrompre le germe de sa fécondité, et il en est peu dans notre siècle qui veuillent bien être mères. De même que Clytemnestre, je pourrais me plaindre, et dire : "Si j'eusse été stérile, je serais plus en sûreté." Que la vigne sache un jour le danger de sa fertilité, et elle étouffera ses raisins dans leur germe ; que l'arbre de Pallas vienne à l'apprendre, et il empêchera ses olives de croître ; que cela soit connu du pommier et du poirier, et bientôt l'un et l'autre n'auront plus de fruits ; que le cerisier aux produits de couleurs diverses en soit instruit, il ne sera bientôt plus qu'un tronc inutile. Je ne suis point jaloux ; mais pourquoi n'y a-t-il d'épargné que l'arbre orné d'un vain feuillage ? Regardez l'un après l'autre ces arbres dans toute l'intégrité de leur parure, c'est qu'ils n'ont rien qui les expose à recevoir des coups. 


Pour moi, au contraire, je vois mes branches mutilées, ou criblées de cruelles blessures ; et mon écorce entamée laisse à nu mon sein tout meurtri. Ce n'est pas la haine qui m'attire ce traitement, mais l'espoir du pillage. Que les autres comme moi portent des fruits, et ils se plaindront de même. Ainsi donc il a tort celui dont la défaite promet quelque profit au vainqueur ; le pauvre ne mérite pas qu'on cherche à lui nuire : ainsi craint les embûches le voyageur qui porte quelque argent ; il marche avec tranquillité s'il a sa bourse vide : ainsi je suis le seul attaqué, parce que moi seul je vaux la peine de l'être. 


Les autres gardent toujours intact leur vert feuillage ; s'il en est près de moi dont la rameaux brisés jonchent la terre de leurs débris, la faute en est à moi seul : mon voisinage leur a été fatal, et la pierre qui m'a frappé est retombée sur eux. Que je mente si les arbres éloignés de moi ne conservent pas dans tout son éclat leur beauté native ! Oh ! s'ils étaient doués de sentiment, et qu'ils parlassent, comme ils maudiraient ce funeste voisinage. Qu'il est affreux de voir la haine s'unir aux outrages que j'endure et d'être accusé par ses voisins d'être trop près d'eux ! Mais, dira-t-on, je suis pour mon maître un sujet de fatigue et de graves inquiétudes. Et que me donne-t-il, je vous prie, autre chose qu'un peu de terre ? Je pousse facilement et de moi-même dans un terrain sans culture, et la place que j'occupe est presque la voie publique. 


Pour m'empêcher de nuire aux moissons (car on m'accuse de leur nuire), on me relègue à l'extrémité des champs. Jamais la faux de Saturne n'émonde mes branches superflues, et jamais la bêche ne rafraîchit le sol qui durcit auprès de moi. Dussé-je périr de sécheresse ou être brûlé par le soleil, on ne me fera point l'aumône du moindre filet d'eau. Mais à peine mon fruit mûr a-t-il entr'ouvert son enveloppe, que la gaule impitoyable vient à son tour me prendre à partie. Elle fait pleuvoir dans toute mon étendue une grêle d'horribles coups, comme s'il ne me suffisait pas d'avoir à me plaindre des coups de pierre.


Alors tombent mes noix qui, elles aussi, trouvent place au dessert, et que tu recueilles, ô fermière économe, pour les conserver. Elles servent également aux jeux des enfants, soit que debout, et à l'aide d'une noix lancée sur les autres, ils rompent l'ordre dans lequel elles sont disposées ; soit que, baissés, ils atteignent en un ou deux coups le même but, en la poussant du doigt. Quatre noix suffisent pour ce jeu ; trois au-dessous et la quatrième au-dessus. D'autres fois on fait rouler la noix du haut d'un plan incliné, de manière à ce qu'elle rencontre une de celles qui sont à terre sur son passage. Avec elles aussi on joue à pair ou non, et le gagnant est celui qui a deviné juste. Ou bien on trace avec de la craie une figure pareille à la constellation du Delta, ou à la quatrième lettre des Grecs ; sur ce triangle, on tire des lignes, puis on y jette une baguette ; celui des joueurs dont la baguette reste dans le triangle gagne autant de noix qu'en indique l'intervalle où elle est restée. Souvent enfin on place à une certaine distance un vase dans lequel doit tomber la noix qu'y lance le joueur. 


Heureux l'arbre qui croît dans un champ éloigné de la route, et qui n'a de tribut à payer qu'à son maître ! il n'entend ni les vociférations bruyantes des passants, ni le grincement des roues, et n'est pas inondé par la poussière du grand chemin. Il peut offrir au laboureur tous les fruits qu'il a portés et lui en livrer exactement le compte. Quant à moi, il ne m'est même jamais permis de voir mûrir mes fruits : abattus avant le temps, et alors que leur enveloppe molle encore ne recouvre qu'un germe laiteux, ils ne sauraient même profiter à ceux qui m'en dépouillent. Quoi qu'il en soit, il se trouve encore des gens pour me lapider, et pour conquérir, par des attaques prématurées, un butin sans valeur : de sorte que si l'on établit le compte et de ce qu'on m'enlève et de ce qu'on me laisse, tu seras, toi, voyageur, mieux partagé que mon maître. Souvent, à l'aspect de ma cîme toute nue, on croit reconnaître les outrages et la fureur de Borée ; l'un accuse la chaleur, et l'autre incrimine le froid ; un troisième, la grêle ; mais ni la grêle, effroi du laboureur, ni le vent, ni le soleil, ni la gelée ne sont les auteurs de cette spoliation ; mon fruit seul en est la cause ; ce qui me perd, c'est ma fécondité, ce sont mes richesses.


Pour moi comme pour beaucoup d'autres, elles sont une source de maux. Elles l'ont été pourtoi, Polydore ; elles l'ont été pour Amphiaraüs, forcé par l'avarice de sa perfide épouse à affronter le sort des combats. Les jardins du roi flespérus eussent été hors d'atteinte ; mais un arbre, un seul, portait des trésors immenses. Les ronces et les épines, nées seulement pour faire du mal, et les arbustes qui leur ressemblent, trouvent leur sûreté dans les instruments naturels de leur vengeance ; moi qui suis inoffensif, et qui ne saurais me défendre avec mes branches dépourvues d'épines, je me vois assailli de pierres par d'avides fripons. Que serait-ce donc si, lorsque la terre se fend sous l'astre enflammé de Sirius, je n'offrais une ombre amie à qui fuit les ardeurs du soleil ? Que serait-ce si je n'étais au voyageur un abri contre les irruptions soudaines de la pluie ? Eh bien ! pour tant de bienfaits, pour tant de services rendus à tous avec un zèle infatigable, je suis lapidé. A tant d'insultes qu'il me faut souffrir, ajoutez les reproches de mon maître. Je suis cause, dit-il, que son champ est rempli de cailloux ; et comme il en purge le sol, qu'il les ramasse et les rejette sur le chemin, il donne ainsi sans cesse au passant des armes contre moi. 


Aussi le froid, si odieux aux autres arbres, n'est utile qu'à moi seul. L'hiver, tant qu'il dure, m'est une garantie contre tout danger. Il est vrai qu'alors je suis nu ; mais c'est là ce qui me sauve ; car mes ennemis n'ont rien à m'enlever. Mais aussitôt que mes branches se couvrent de nouveaux fruits, les pierres tombent sur moi comme la grêle. On dira peut-être : "Ce qui s'étend sur le domaine public appartient au public. Or cet aphorisme est applicable aux grands chemins." S'il en est ainsi, voyageur malfaisant, vole les olives, coupe les blés, arrache les légumes du champ voisin. Que ce même brigandage franchisse les portes de Rome et que ces murs, ô Romulus, en consacrent le droit. 


Que le premier venu prenne de l'argent sur l'étalage de telle boutique, des diamants dans telle autre, ici de l'or, là des pierreries ; qu'il s'approprie enfin toutes les richesses sur lesquelles il pourra mettre la main. Mais une telle licence n'existe pas ; et tant que César régira l'empire, tant qu'il veillera sur nos destinées, jamais homme ne volera impunément. Et ce n'est pas seulement dans l'enceinte de Rome que ce dieu a rétabli la paix ; il en a étendu les bienfaits sur le monde entier. Mais à quoi me sert tout cela, si, en plein jour et aux yeux du public, on m'accable de coups, et s'il ne m'est pas laissé au instant de repos ? 


Aussi ne voyez-vous jamais un nid suspendu à mes branches, un oiseau s'abriter sous mon feuillage : mais des pierres qui se tiennent attachées à mes rameaux fourchus, comme un vainqueur au fort qu'il a conquis ; c'est là tout ce qu'on y voit. Souvent, il est des crimes que le coupable peut nier ; souvent la nuit a déployé son voile sur bien des forfaits ; mais le suc de mon fruit me venge du ravisseur, qui se noircit les doigts en touchant son écorce. Ce suc est mon sang, et l'empreinte de ce sang est indélébile. 


Oh ! combien de fois, dégoûté de vivre si longtemps, n'ai-je pas désiré de mourir de sécheresse ! Combien de fois n'ai-je pas souhaité d'être renversé par l'ouragan en furie, ou violemment frappé de la foudre ! Et plût au ciel que la tempête enlevât mes fruits tout d'un coup ! ou que je pusse les faire tomber moi-même ! C'est ainsi, ô castor, habitant des fleuves du Pont, qu'en débarrassant ton corps de la partie qui t'expose au danger, tu assures la conservation du reste ; mais moi, que puis-je résoudre quand le passant prend ses armes, que son oeil fixe d'avance l'endroit où il doit me frapper ? Je ne puis me soustraire à ses atteintes en changeant de place ; mes racines, liens puissants et tenaces, m'enchaînent à la terre. 


Je suis donc livré à ses coups, comme un criminel aux flèches de la populace, laquelle a réclamé sa victime garrottée, ou comme la blanche génisse, lorsqu'elle voit lever sur sa tête la hache pesante, ou tirer le couteau prêt à l'égorger. Vous avez cru plus d'une fois que le vent seul faisait trembler mon feuillage, mais c'était aussi de frayeur que je tremblais ! Si je l'ai mérité, si je semble coupable, livrez-moi aux flammes ; alimentez vos foyers fumeux de mes débris. Si je l'ai mérité, si je semble coupable, coupez-moi, et que, dans mon malheur, je n'aie du moins à subir qu'un seul supplice ! Mais si vous n'avez pas de motifs de me brûler ni de m'abattre, épargnez-moi, et poursuivez votre chemin.


 

 

 

Titus Livius (59 av J.C.-10 ap. JC.)


Histoire romaine 


Livre XXIII, 

..."Les tonneaux partaient, arrivaient la nuit, et par là, échappaient à la vigilance des sentinelles ennemies. Mais ensuite, des pluies continuelles donnèrent au courant une rapidité extraordinaire, et les eaux, dans leurs tourbillons, détournèrent les tonneaux, et les portèrent sur la rive que gardaient les Carthaginois.....Annibal, qui à cet instant, prit des précautions si exactes, que plus rien ne pénétra plus dans la ville. Du camp romain, on jeta, dans le fleuve, des noix, qui portées jusqu'à la ville par le courant, étaient recueillies avec des claies"...  
 

 

 

Pline l’Ancien (23 apr. J.-C. -79 ap. J.C.) écrivain et naturaliste romain du 1° siècle, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).

 

Histoire Naturelle - XV, 91

...Jovis "Jupiter", glans "gland " on construit Juglans "gland de Jupiter" car en comparaison au gland du chêne, consommé par les paysans, la noix est d’une richesse nutritive incomparable...

..."Les noix ont été importées des Grecs dès le 7ème siècle avant JC. comme un cadeau royal, les Grecs l’ont surnommé "Karya Basilica", ou noix royal et l’ont considéré comme un arbre prophétique"... 

 

Histoire Naturelle - 28, XXIII, 147

..." Les Grecs ont nommé les noix en référence à la lourdeur de tête. En effet, l’odeur nocive de l’arbre lui-même et des feuilles pénètre jusque dans le cerveau. Les noix causent la même nuisance à un moindre degré, si elles sont prises en aliment"... 


 


 

Pedanius Dioscoride ( 20 et 40 ap. J.-C.-vers 90 ap. J.-C.) médecin, pharmacologue et botaniste grec. 


Il est l'auteur du traité "À propos de la matière médicale ", œuvre plus connue sous le nom latin de De materia medica.

 

Materia Medica 26, I, 125. 

...L’utilisation médicinale de la noix (karya basilika, καρυα βασιλικα)...

..."La noix, que certains nomment noix Perse, est difficile à digérer, produit de la bile, donne mal de tête…Mais consommée par quelqu’un qui jeûne, elle est utile pour faire vomir…Les noix fraîches sont meilleures pour l’estomac car plus douces, c’est pourquoi on les mélange avec de l’ail…"
 

 

 

Plutarque  (45-125) philosophe, biographe, moraliste et penseur majeur de la Rome antique. Grec d'origine, il est considéré comme un médio-platoniste.
dans le tome IX 

des Oeuvres morales évoque :

..."Les effluves lourds et enivrants" du noyer qui ont donné son nom grec à l’arbre"...
 

 

 

Lucius Iunius Moderatus Columella dit Columelle (1° siècle) agronome romain 

De l’agriculture, livre XII

présente des recettes de cuisine comprenant des noix. Elles peuvent servir à fabriquer du vinaigre à partir de vin éventé ou une sorte de sauce pesto épaisse.
 

 

 

Martial (40-104), poète latin d'origine espagnole, connu pour ses Épigrammes.

 
Entre 84 et  103, 

dans "Épigrammes" :

Il décrit le quotidien d’un propriétaire romain, Linus, vivant modestement à la campagne. Pour souligner le caractère humble et innocent de son existence, Martial rapporte que Linus ne s’adonnait  pas à de détestables jeux d’argent mais qu’il pariait uniquement des noix, à l’image des  enfants romains :

Traduction de H. J. Izaac : 

..."Jamais tu n’as préféré les tessères aux simples osselets si gentils et tu   n’as jamais aventuré au jeu qu’une poignée de noix"... 

 


 

II° siècle

 

 

Fin du I° - début du II° siècle


Le jeu de noix ou jeu avec des noix (en latin nucibus ludus) se pratiquait dans la Rome antique, semblable au jeu de billes d'époque moderne. 


Suétone (I°-II° siècle) haut fonctionnaire romain, membre de l'ordre équestre, auteur de nombreux ouvrages dont la Vie des douze Césars qui rassemble les biographies de Jules César à Domitien, rapporte que Auguste aimait se délasser en jouant avec des enfants "aux osselets et aux noix".

Enfants romains jouant au ludus castellorum, vers 270/300, musée Pio Clementino, Vatican.


 

 


Galien (Claudius Galenus 129-201) médecin grec de l'Antiquité 

Il est le premier à donner un moyen pour rendre sa fraîcheur aux noix sèches.

Sur les facultés des aliments, livre II, chap. 28 

..."pour celles qui sont déjà sèches, si on les trempe préalablement dans l’eau, comme certains le font, la faculté ressemble à celles des vertes..."
 

 

 

IV° siècle

 


Ambroise de Milan ou saint Ambroise (339-397) évêque de Milan de 374 à 397, Docteur de l'Église, il est l'un des quatre Pères de l'Église d'Occident, avec saint Augustin, saint Jérôme de Stridon et saint Grégoire le Grand. Il est connu en tant qu'écrivain et poète, quasi fondateur de l'hymnodie latine chrétienne et lecteur de Cicéron et des Pères grecs, dont il reprend les méthodes d'interprétation allégoriques.


..."D’après le texte hébreu, les fruits portés par le bâton d’Aaron étaient des amandes. Mais la Septante, suivie par les anciennes versions latines,  parle de "noix", et Ambroise considère toujours qu’il s’agissait d’une branche de noyer"...


..."L’yeuse toujours verte, et les noix, dont la coque est dure, mais le fruit tendre, — ce n’est pas sans raison que la verge sacerdotale d’Aaron était de noyer, et le bâton de Jérémie de même, —"...


 

 

 

V° siècle

 


Palladius Rutilius Taurus Aemilianus (V° siècle) agronome,  auteur d'un traité sur l'agriculture,

De Rustica 

Conservation des noix vertes en les couvrant de paille ou de sable ou en les enfermant dans une caisse en noyer.

Il avait évoqué une recette de "confiture de noix" visant à conserver les noix vertes : 

..." les noix vertes, simplement dépouillées de leur écale, et mises dans du miel, sont encore verte au bout d’un an"... Ce procédé plus tard élaboré, connaîtra un franc succès au Moyen Âge et à l’Époque moderne.

 

 

Jérôme de Stridon ou saint Jérôme (347-420)  moine, traducteur de la Bible, Docteur de l'Église et l'un des quatre Pères de l'Église latine,

Dans une de ses lettres  

..."qui veut manger le noyau, brise la noix"...

 

 

X° siècle

 


La noix dans la vallée de la Dordogne avait déjà une grande valeur. 

Les paysans acquittent leurs dettes en setiers (Anciennement "Mesure pour les grains") de noix. 
 

 

 

XI° siècle

 

L’école de médecine de Salerne (Schola Medica Salernitana),  fondée en Europe au Moyen Âge, vers le IX° siècle atteint son apogée au XI° siècle et XII° siècle.

Au XIe siècle, la ville de Salerne produit avec une relative abondance céréales, fruits et noix. Ce qui en fait l'une des villes les plus saines d'Italie.


Noix après le repas ...


Du bien et du mal que font les noix

Puisque beaucoup font tant de cas

De la noix après le repas,

Il en faut toucher quelque chose,

Et pour mieux suivre notre glose,

Je dis que par dessus les noix

Des communes on fait le choix,

Qu'à l'estomac elles sont bonnes,

Et ne nuisent point aux personnes,

Pourvu que selon notre aveu

En tout temps l'on en mange peu,

Et que d'une dent martiale

L'on mâche bien ce qu'on avale,

Ainsi les noix dans jeune, ou vieux

Font que la viande se cuit mieux,

Mais l'excès nous gêne la panse

Et la tête plus qu'on ne pense ;

Que si cet excès est plus grand

Je ne veux pas être garant,

Qu'un flux de sang quoi qu'il en gronde

N'envoie un homme en l'autre monde,

Je maintiens aussi que la noix

Gâte la parole et la voix, 

Et qu'elle nuit à la poitrine

Mais qu'elle sert de Médecine,

Et d'un antidote bénin

Contre la force du venin, 

Car son huile très onctueuse

De la qualité vénéneuse

Emousse si bien la vertu,

Que le venin devient vaincu,

Soit qu'elle relâche le ventre

Aussitôt qu'elle est dans son centre,

Ou bien par le vomissement

Qu'elle le chasse promptement


 

 

 

Bernard de Clairvaux (1090-1153) abbé de Clairvaux, moine bourguignon, réformateur de la vie religieuse catholique.

Sermon     

..."Ce n’est pas la coutume de la mère de donner la noix entière à son petit enfant sans premièrement la rompre mais elle la casse, et puis lui présente le noyau.  

Mes  très chers  frères, je devais  me comporter de cette façon en votre endroit, vous faisant ouverture s’il m’était possible, des mystères qui sont clos et cachés : mais pour autant je me sens moins capable de ce faire, prions ensemble vous et moi que la mère sagesse nous rompe ces noix, noix, dis-je, lesquelles cet arbrisseau et cette tendre plante de la vertu sacerdotale envoyée de Sion par le Seigneur, a produites"...
 

 

 

XII° siècle

 


Hildegarde de Bingen (1098-1179) abbesse, mystique, visionnaire, illustratrice, compositrice, poètesse, fondatrice et prédicatrice franconienne. Elle a aussi développé des compétences en phytothérapie et diététique.


Au Moyen-Âge, Hildegarde considère le noyer comme un arbre dont toutes les parties sont bénéfiques ; feuilles, écorces, brou et noix lui permettent de concocter des remèdes répondant à des affections aussi variées que la goutte, les maladies de peau, les vers intestinaux…

 

Elle rédige aussi une mention spéciale à propos de l’huile extraite de la noix en indiquant qu’elle "donne la joie à l’esprit" de celui qui en mange.

 

 

Au Moyen-Âge, c'est sous un énorme noyer proche de Benevento en Campanie que se déroulait le sabbat des sorcières, Elles pratiquaient une danse funèbre autour du noyer de la ville.


 

 

 

XIII° siècle

 

 

Roman de Renart, 

écrit par des clercs anonymes entre la fin du XII° et la fin du XIII° siècle. C’est un roman dont les animaux sont les héros. 

...Et l’autre se met à brailler, s’en faisant un plaisir.
"Dieu, dit Renart, comme votre voix devient claire et pure ! Si vous ne mangiez plus de noix, vous n’auriez pas votre pareil au monde. Chantez donc une troisième fois !"...

 

 

 

Guillaume de Lorris (v 1200-1238) poète français du Moyen Âge 

Le Roman de la rose 


"...Les noix du verger sont meilleures 
car elles ne sont amères ni fades"...

 

..."Cher Père, dit la demoiselle, il y a là l'annonce d'une mauvaise nouvelle ; 
votre orgueil ne vaut pas une coque de noix. Sachez que Fortune se moque de vous!"...

 

..."Donnez - leur des noix ou cerises , 
Cormes , prunes , fraiches merises,"...

 

..."Par vaux, par plaines et par montagnes
Pommes, poires, noix et chataignes"...


 

 

 


Au 13° siècle, dans le Périgord les contrats de location étaient payés en huile de noix à l'abbaye cistercienne du Dalon (commune de Sainte-Trie). Elle était considérée comme un bien aussi précieux que l'or.

 

 

 

Albert le Grand (1200-1280) frère dominicain, philosophe, théologien, naturaliste, chimiste. 

..."Un grand secret est renfermé dans les noix ; car si on les fait brûler, qu’on les pile et qu’on les mêle avec du vin et de l’huile, elles entretiennent les cheveux et les empêchent de tomber"...


 

 

 

Au Moyen Âge,  le médecin Henri de Mondeville (1260-v.1320), auteur d’une Chirurgie, s’écarte  légèrement de son sujet quand il explique  :

..."la taupe meurt si on ferme tous ses trous sauf un qui soit du côté du vent, dans lequel on brûle une noix vidée et remplie de Soufre ou de Cèdre, c’est-à-dire de Poix.


 

 

Pierre de Crescent (1230-1320 ou 1321) magistrat, écrivain et un agronome italien auteur d’un traité,

Le Ruralium commodorum opus.

(Le livre des prouffitz champestres et ruraulx.)


..."pour éliminer les vices des noix sèches, il faut les "mondifier" (nettoyer) et les tremper une nuit dans l’eau chaude pour "leur oste leur nuysement" (leur oter leur nuisance)...


 


 

 

Jean Froissart (1337-1405) important chroniqueur français de l'époque médiévale. Il mentionne à deux reprises des jeux nécessitant des noix. Il dresse la liste des jeux de son enfance.  

Entre autres, il utilisait les coquilles de noix comme hochet

(écrit entre 1362 et 1373)

 


 L’Epinette amoureuse  


Quand venait le temps du Carême,

j’avais sous une escabelle

une riche provision de coquilles,

que je n’aurais cédée pour aucun denier.

Un après-midi,

alors que je jouais à la coquille trouée

avec les  enfants de ma rue,

au moment d’agiter et de lancer la coquille,

je leur criais : "Hochez fort,

car le bandeau tient vraiment bon !"

...    

Nous creusions aussi des fossettes,

où nous faisions rouler des noix :

quelle tristesse c’était pour celui qui manquait son coup !


 

 

 

XV° siècle

 

 

Lazzaro Bastiani (1430-1512) peintre italien de l'école vénitienne de la haute Renaissance.

Saint Antoine de Padoue sur un noyer et deux saints

La noix est considérée comme l'attribut de St Antoine de Padoue car il est dit qu'il prêchait assis sur cet l'arbre.


 

 

1480  

Les Évangiles des quenouilles 

Fouquart de Cambray, Duval Antoine, Jean d'Arras

Recueil de contes médiévaux , publiés à Bruges chez Colart Mansion en 1480. 

Le récit raconte les propos de six femmes dites "sages doctoresses et inventeresses" qui se retrouvent à l'occasion de 6 veillées nocturnes. Elles abordent tour à tour divers sujets de discussion comme les maladies, les remèdes, les recettes, les dictons, les conseils et enfin les interdits de la vie quotidienne.

 

 


vers 1493

Le Ménagier de Paris 

Livre manuscrit d'économie domestique et culinaire (XIV° s), attribué à un bourgeois parisien, qui l'aurait écrit à l'intention de sa jeune épouse afin de lui faire connaitre la façon de tenir sa maison et de faire la cuisine.


..."La recette de confiture de noix fraîches consiste à prendre des fruits verts, tout juste formés tels qu’ils sont encore à la Saint-Jean (le 24 juin), les peler, les faire tremper 10 jours, leur ajouter des clous de girofle et du gingembre et de faire bouillir le tout avec du miel"... 


 

La culture du noyer  connait une forte expansion dans toute la France, mais le Périgord fait de la noix un vrai commerce. Elle contribue à la fortune de la région. 

 

 

Fra Bartolomeo (1472-1517) peintre italien qui devint religieux Dominicain.

La Vierge à la noix

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XVI° siècle

 

 

 

Hôtel Lallemant, Bourges (Cher)

Fin XV° - début    XVI° siècle.

Angelot jouant avec une toupie faite d’une noix.

Le caisson représente un angelot en train d’enrouler sa ficelle autour de l’axe en bois surmonté d’une croix. L’axe traverse la croix de   part en part et la ficelle s’enroule à l’intérieur de la noix. 


Détail du plafond à caisson.


 

 

Italie centrale Epoque :  XVI° siècle   

Coffre en bois de noyer sculpté, 

avec un blason noble. 

 


 

William Shakespeare (1564-1616) dramaturge, poète et acteur anglais 

Hamlet

..."Je tiendrai dans une coquille de noix ; je m'y croirais au large et le roi d'un empire sans limites... si je n'avais pas de mauvais rêves."...
 

 

 

La moitié des textes sur les confitures de noix étaient l’œuvre de médecins.
Le trempage dans l’eau demeure nécessaire à la consommation de noix sèches.

 

 

 

Antoine Mizauld de Molusson (1510-1578) astrologue et médecin français

La maison  champestre et agriculture, Paris,  Robert Foüet, 1607,

..."Si tu jettes en un seau d’eau les écorces vertes de Noix broyées, et arrose la terre de cette eau là, tu en verras sortir un grand nombre de vers. Ce que j'ai écrit pour l’amour des pêcheurs"...

 

 

 

 

XVII° siècle  

 

 

Claude La Colombière (1641-1682 ) prêtre jésuite français, directeur de conscience, conseiller personnel et écrivain spirituel, précepteur des enfants de Colbert et le prédicateur particulier de la Duchesse d’York,

..."aprés avoir employé les plus habiles cuisiniers pour les apprêter, et les avoir fait servir avec le plus de propreté et de magnificence qu'il est possible, la personne que vous auriez priée, ne daignait pas toucher à ce régal, qu'elle demandât de l'ail ou des noix pour manger à la vue de vos bisques et de vos ragoûts"...    
 

 

 

Hubert van Ravesteyn (1638-1691) peintre néerlandais 

nature morte noix et pipe, 

Art Gallery of Ontario

 

 

 

Hubert van Ravesteyn (1638-1691) peintre néerlandais

Nature morte noix et rose


 

 


On trouve en Italie, Allemagne, France et ailleurs en Europe, toujours à peu près les mêmes recettes visant à éliminer la nocivité naturelle de la noix et à lui faire gagner des vertus médicinales et diététiques.

 

 

Georg Flegel (1566-1638) peintre allemand réaliste.

Nature morte 

Collation modeste dans un bol en porcelaine de Chine  : des fruits secs, une noix entière et une demi noix ouverte et vide ; souris et scarabée, symbole de disparition très probable et très prochaine de la nourriture, 

 

 

Georg Flegel (1566-1638) peintre allemand réaliste.

Nature morte 

Noix, fruits secs et Brezel 


 

 

Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière (1622-1673) comédien et dramaturge français,

1668 

L’Avare acte II – scène 1 :

...Plus une grande table de bois de noyer, à douze colonnes aux piliers tournés, qui se tire par les deux bouts, et garnie par le dessous de six escabelles"...

 

 

 

Louis Liger (1658-1717) agronome français.

L’huile de noix a été utilisée en cuisine. C’est une huile peu raffinée, bonne aux paysans et aux domestiques et à "faire de la soupe" ou à "composer des ragoûts pour les domestiques" (Les régions du Périgord, Quercy, Limousin et Auvergne sont des productrices et exportatrices de noix et d’huile de noix).

On s’efforce toujours de garder leur fraîcheur en les conservant dans du sable, en les hydratant et les débarrassant de leur nocivité grâce à l’action du sucre. Cependant les confitures de noix font l’objet d’une production et d’un commerce important. Certaines deviennent renommées comme les confitures de noix liquides de Rouen. 


 

 

Charles Estienne (1504-1564) médecin, imprimeur et écrivain français, et Jean Liébault (vers 1535-1596)médecin français,

Encyclopédie agronomique Agriculture et maison rustique  (1564)

Sur la culture des noyers et sur l’emploi des noix et de l’huile de noix dans divers remèdes. 

Le chapitre XXXII de l’édition de 1658 est consacré au noyer. 

On y retrouve tous les clichés répétés depuis l’Antiquité, sur toutes les nuisances que peut provoquer son ombre à la végétation alentour ou à ceux qui s’endorment dessous. Puis très pragmatiquement, il indique que l’arbre "est utile et  profitable " et livre de précieux conseils de plantation, d’entretien et de récolte. "Les profits que le noyer rend à son maistre sont infinis" dit-il car il lui donne d’excellentes confitures (de noix vertes), du bois de chauffage pour la cuisine, et son fruit "pour sa table et pour la cuisine, et pour la lampe".


 

 

 

XVIII° siècle

 

 

1700

Blason de la ville de Noyers (Yonne)

 

 

 

Louis Lémery (1677-1743)    

1705, Traité des aliments :

..."La Noix est encore appelée Juglans, quasi Jovis  glans, parce que dans les premiers temps on se servait du gland parmi les aliments ; et comme dans la suite on trouva les Noix qui parurent plus agréable au goût que les Glands, on les honora du nom de Glands de Jupiter"...
 

 

Au siècle des Lumières (de 1715 à 1789), on trouve sept auteurs anglais utilisant des sauces aux noix. 


Hannah Glasse dans son livre de cuisine The Art of Cookery made Plain and Easy (publié en 1747) emploie des noix en saumure ou des liqueurs de noix pour confectionner les sauces aux poissons (sauce d’anchois, d’huîtres, sauce pour maquereau) ou de viande de bœuf.


 

 

 

Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794) dramaturge, romancier, poète et fabuliste français.


(Fables, livre IV, 12)

 


La guenon, le singe et la noix.

 

Une jeune guenon cueillit une noix dans sa coque verte.

Elle y porte la dent, fait la grimace :

- "Ah! certes, dit-elle, ma mère mentit

quand elle m’assura que les noix étaient bonnes". 


Puis, croyez aux discours de ces vieilles personnes

qui trompent la jeunesse !

- Au diable soit le fruit et elle jeta la noix.

Un singe la ramasse,

vite entre deux cailloux la casse,

l’épluche, la mange et lui dit : 

"Votre mère eut raison, ma mie.

Les noix ont fort bon goût.

Mais il faut les ouvrir.

Souvenez-vous que, dans la vie

sans un peu de travail,on n’a pas de plaisir".

 

Illlustration JJ Granville


 

 

 

Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794) dramaturge, romancier, poète et fabuliste français.

Fables (1792) 

..."Les noix ont fort bon goût, mais il faut les ouvrir. - Souvenez-vous que, dans la vie, - Sans un peu de travail on n'a point de plaisir"...
 

 

 

1793

14 fructidor (31 août)  Noyer - noix

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé pendant la Première République puis l'Empire jusqu'en 1806. Il commence le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792). 

(18/19 août – 16/17 septembre)


Le Soleil correspond au Signe de la Vierge

En voyant ces beaux fruits que donnoit l'âge d'or 

Unissons tous nos voeux pour le retour d'Astrée 
Cet âge si vanté chez nous revit encor

Quand THEMIS & la PAIX se séparent l'Année


 

 

 

XIX° siècle

 

 

En 1819, les frères Grimm publient Tom Pouce (Daumesdick) dans la 2e édition des Contes de l'enfance et du foyer.

Tom Pouce est un héros du folklore britannique.

Ce personnage, tellement petit que sa taille n'excédait pas celle du pouce de son père.

..."Son carrosse est très joli : une coquille de noix blonde, trois cigales ou cent fourmis, lez promènent autour du monde"...


 

 

Stendhal (1783-1842) écrivain français

1830 

Le Rouge et Le Noir : 

…"huit ou dix noyers magnifiques étaient au bout du verger; leur feuillage immense s’élevait peut-être à quatre-vingt pieds de hauteur"…

 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869) poète et romancier français

..."Il est deux vieux noyers aux portes de l’église,

Avec ses fondements en terre enracinés,

Qui penchent leur feuillage et leurs troncs inclinés

sur un creux vert de mousse…"

 

 

Joseph-François Burdallet (1781-1851), auteur

2e quart 19e s. -  1846 (19.06)

Esery, noyer

 

 

 

Maurice Rollinat (1846-1903) poète français 

Recueil : Paysages et paysans (1899).


 

Les trois noyers


Qui les planta là, dans ces flaques,

Au cœur même de ces cloaques ?

Aucun ne le sait, mais on croit

Au surnaturel de l'endroit.

 

Narguant les ans et les tonnerres,

Les trois grands arbres centenaires

Croissent au plus creux du pays,

Aussi redoutés que haïs.

 

À leur groupe un effroi s'attache.

Nul n'oserait brandir sa hache

Contre l'un de ces trois noyers

Qu'on appelle les trois sorciers.

 

Car, si le hasard les rassemble,

Il fait aussi qu'ils se ressemblent :

Ils sont d'aspect énorme et rond,

Jumeaux de la tête et du tronc.

 

Ils ont la même étrange mousse,

Et le même gui monstre y pousse.

Ils sont également tordus,

Bossués, ridés et fendus.

 

Et, de tous points, jusqu'au gris marbre

De leur écorce, les trois arbres

Pour les yeux forment en effet

Un trio sinistre parfait.

 

Par le glacé de leur ombrage

Ils rendent à ce marécage

L'humidité qu'y vont pompant

Leurs grandes racines-serpent.

 

Au-dessus du jonc et de l'aune

Leur feuillage verdâtre et jaune

Tour à tour fixe et clapotant

Est tout le portrait de l'étang.

 

On ne voit que le noir plumage

Du seul corbeau dans leur branchage ;

Et c'est le diable, en tapinois,

Qui, tous les ans, cueille leurs noix.

 

On dit qu'ils ont les facultés,

Les façons de l'humanité,

Qu'ils parlent entre eux, se déplacent,

Qu'ils se rapprochent, s'entrelacent.

 

On ajoute, même, tout bas,

Qu'on les a vus, du même pas,

Cheminer roides, côte à côte,

Dressant au loin leur taille haute.

 

Et l'on prétend que leurs crevasses,

Autant d'âpres gueules vivaces,

Ont fait plus d'un repas hideux

Des pâtres égarés près d'eux.

 

Enfin, tous trois ont leur chouette

Qui, le jour, n'étant pas muette,

Pousse des plaintes de damné

Dès que le ciel s'est charbonné.

 

Et chacune prédit un sort :

L'une clame la maladie,

Une autre annonce l'agonie,

La troisième chante la mort.

 

C'est pourquoi, funeste et sacrée,

L'horreur épaissit désormais

Leur solitude. Pour jamais

On se sauve de leur contrée !


 

 

 

Guillaume Apollinaire (1880-1918)

Recueil : Alcool -


Simultanéités

..." Belles noix du vivant noyer

La grand folie en vain vous gaule

Brunette écoute gazouiller

La mésange sur ton épaule"...
 

 

 

Louis Codet (1876-1914) écrivain français.

 

La noix 


J'ai pelé la petite noix

Dont j'ai cassé la coque blanche

Entre deux pierres,

La curieuse coque de bois.

J'ai pelé la petite noix;

On dirait un jouet d'ivoire,

Un curieux jouet chinois.

L'odeur fraîche et un peu amère

De ces grands bois

M'a parfumé la bouche entière !

J'ai croqué la petite noix,

Ce curieux jouet chinois.


 

 

 

Le vieux noyer

1878

Léon Gaucherel

Henri-Joseph Harpignies

L'Art - Imprimerie A. Salmon


 

 

 

XX° siècle

 

Certes anciennes - 1900

Les noix

 

Gaulage des noix - Auvergne


 

 

Gaulage et Récolte des noix - Auvergne


 

 

Dénoisillage - Echos du Quercy

 

 

 

Giovanni Giacometti (1868-1933) peintre suisse.

Sous le noyer

Peinture, 1908

 

 

 

Gibran Khalil Gibran (1883-1931) poète libanais d'expression arabe, anglaise et française, artiste peintre. 

..."Nous sommes comme les noix, Nous devons être brisés pour être découverts"...
 

 

 

1922

Noix et noyer

Planche Botanique grand format, 

provenant d'une encyclopédie Larousse 

éditée au début du XX° siècle. 


 

 

 

Edward Bach (1886-1936) médecin et homéopathe britannique,

Les Douze "Guérisseurs" et autres remèdes

 (1ère édition 1941, traduction française Centre Bach 2011) 

..."La fleur de noyer est préparée pour "Pour ceux qui ont des idéaux et ambitions bien définis dans la vie et les réalisent, mais qui en de rares occasions sont tentés de se laisser détourner de leurs propres idées, de leurs buts et de leur travail par l’enthousiasme, les convictions ou les fortes opinions des autres. Le remède donne constance et protection contre les influences extérieures."...
 

 

 

 

Tristan Derème, (de son vrai nom Philippe Huc, 1889-1941) poète français, 


Recueil : Les noix


 

La chouette


Dans un grand noyer habitait une chouette. 

C’est elle qui nous dénonçait à l’oncle Théodore 

quand nous avions mangé des noix. 

Vous ne me croyez pas ?

Je vous supplie d’entendre mon histoire.


On nous avait donc défendu de manger des noix, sinon au dessert ; 

et l’oncle Théodore nous avait dit gravement :

"Si vous désobéissez, je serai prévenu par la chouette, qui est vigilante. 

Elle habite le noyer. Vous ne la voyez pas mais elle vous voit, 

et si vous prenez une seule noix, dès que vous oserez arracher 

cette peau épaisse et verte qui enveloppe la coquille, elle vous lancera 

sur les doigts l’un de ses regards redoutables et je saurai tout."

Nous étions fort interdits.

 

Pendant plusieurs jours, 

nous n’osâmes toucher à ces fruits défendus. 

Mais il nous vint ensuite à l’idée que l’oncle, pour nous effrayer, 

avait sans doute exagéré beaucoup le pouvoir de la chouette.

Au demeurant, cet oiseau devait se soucier assez peu de faire punir

des enfants qu’elle ne connaissait que de vue. Bref, un soir affreux,

mon oncle, à table, considérant mon pouce et mon index :

"La chouette, dit-il, a regardé tes doigts ! 

Le feu de son œil les a noircis. Qu’as-tu fait ?" 

J’avouai en pleurant.


Ne me dites pas que c’est la peau des noix qui a fait de telles taches.

Je le sais maintenant. Je l’ignorais alors.

L’année suivante, sous l’arbre, et redoutant toujours le regard

dangereux, je mis les vieux gants de mon oncle et constatai le soir,

délicieusement, que les yeux de l’oiseau ne perçaient pas le cuir.


 

 

 

1948


Charles Trenet (1913-2001) auteur-compositeur-interprète français.



Une noix

 

Une noix

Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une noix

Qu'est-ce qu'on y voit,

quand elle est fermée

On y voit la nuit en rond

et les plaines et les monts

Des rivières et des vallons,

on y voit toute une armée

Des soldats bardés de fer

qui joyeux partent pour la guerre

Et fuyant l'orage des bois,

on voit les chevaux du roi,

près d'la rivière


Une noix

Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une noix

Qu'est-ce qu'on y voit

Quand elle est fermée

On y voit mille soleils,

tous à tes yeux bleus pareils

On y voit briller la mer

et dans l'espace d'un éclair

Un voilier noir qui chavire

On y voit les écoliers

qui dévorent leurs tabliers,

des abbés à bicyclette,

le 14 Juillet en fête

Et ta robe au vent du soir

On y voit des reposoirs

qui s'apprêtent


Une noix

Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une noix

Qu'est-ce qu'on y voit

Quand elle est ouverte...

Quand elle est ouverte,

on n'a pas le temps d'y voir

On la croque et puis bonsoir

On n'a pas le temps d'y voir

On la croque et puis bonsoir

Les découvertes

Ha, une noix

 

 

 

Nâzım Hikmet Ran (1901-1963) poète turc, puis citoyen polonais, 

 

 

Le noyer


Je suis tout imprégné de mer et sur ma tête écument les nuées

Dans le jardin de Gulhané, voilà que je suis un noyer

Un vieux noyer tout émondé, le corps couvert de cicatrices

Nul ne le sait, ni toi, ni même la police.

 

Dans le jardin de Gulhané, voilà que je suis un noyer

Et tout mon feuillage frémit comme au fond de l'eau le poisson

Et comme des mouchoirs de soie, mes feuilles froissent leurs frissons

Arrache-les, ô mon amour, pour essuyer tes pleurs.

Or mes feuilles, ce sont mes mains, j'ai justement cent mille mains

De cent mille mains je te touche et je touche Istanbul

Mes feuilles ce sont mes yeux, et je regarde émerveillé

De cent mille yeux je te contemple et je contemple Istanbul

Et mes feuilles battent et battent comme cent mille coeurs

 

Dans le jardin de Gulhané, voilà que je suis un noyer

Nul ne le sait, ni toi, ni même la police.


 

 

 

Violette Leduc (1907-1972) romancière française

La Folie en tête (1970) 

..."Je te soigne, ma table, le papier de verre te purifie, le brou de noix te rend ta couleur"...
 

 

 

Jean Ferniot (1918-2012) journaliste et écrivain français d'origine franc-comtoise

Pierrot et Aline (1973) 

..."Mon oncle prenait les noix et il les cassait avec un petit marteau très souple. Il mettait les coquilles d'un côté, pour le feu, et dans un panier il jetait les cerneaux"...
 


 

 

Pierre Desproges (1939 -1988) humoriste français réputé pour son humour noir, son anticonformisme et son sens de l'absurde.

L’almanach

..."En ce qui concerne les problèmes sentimentaux, les hommes ont un cerveau de la taille d’une noix."....
 

 

 

1990

Paul-Marie Veyne (1930-2022) historien et universitaire français
dans :
René Char en ses poèmes, 

chapitre : "la pyramide des martyrs obsède la terre", Paris, Gallimard, 1990.


Le soldat à la noix

..."Un jour, pendant la guerre, on m’a demandé de trouver sur le plateau de Valensole un terrain nu où des avions alliés en difficulté pourraient se poser. Je trouve un grand champ convenable, mais un magnifique noyer vieux de trois siècles s’élevait au milieu.

Le propriétaire acceptait de louer le champ, mais refusait obstinément d’abattre le bel arbre. Je finis par lui dire pourquoi il nous fallait ce terrain ; il accepte alors.

On commence à dégager la base de l’arbre ; on suit la racine majeure, très longue et épaisse, sur une dizaine de mètres.

À l’extrémité de la racine, nous trouvons les ossements d’un guerrier du Moyen Age – (mieux vaut penser à une sépulture gauloise du troisième ou du deuxième siècle avant notre ère) – et il avait une noix dans la poche lorsqu’il a été tué, car l’extrémité de la racine maîtresse arrivait exactement à la hauteur de son fémur. La noix avait poussé dans la tombe"...


 

 

 

XXI° siècle

 

2000

Pierre Magnan (1922-2012) écrivain français

Le Parme convient à Laviolette 

Éditions Denoël, 2000 :

roman policier

    ..."La Varzelle était au flanc de Bardonnanche, le pays des noyers. Bordant les champs et bornant les biens, parfois surplombant les chemins vicinaux, il y en avait au moins soixante qui s'étalaient, avec des troncs bien droits et sans nœuds jusqu'à dix mètres de hauteur On n'a jamais entendu dire que le propriétaire de soixante noyers à tronc lisse fût mort pauvre en ces parages."...
 

 

 

Fred Vargas (1957) romancière française

Dans les Bois éternels 

Éditions Viviane Hamy, 2006, 

    ..."Il revissa son stylo, l'accrocha dans sa poche intérieure et ferma les yeux. Quinze ans jour pour jour qu'il s'était endormi sous l'ombre interdite du noyer. Quinze ans de dur travail que nul ne lui arracherait. Au réveil, il avait soigné son allergie à la sève de l'arbre"...
 

 

 

Catheau - Ex Libris - auteur 

24 mars 2010

 

Noyer noyé

 

Sous la robe orbée des paupières bombées de la nuit

Dans l’eau lente du regard et le scaphandre des souvenirs

Flotte l’ombre matinale d’un autrefois déjà lointain

 

Le grand noyer noyé par un après-midi froid de mars

Dans la stridence démente des scies méchantes

Dans le bourdonnement énervé des dures tronçonneuses

Dans la pâle ignorance de ceux qui ne savent plus

Que ses cheveux de racines caressaient le cœur de la terre

Se métamorphosaient mystérieusement en indolents lombrics

Faisaient fortes et noires les fourmis zélées et opiniâtres

Aspiraient l’obscure senteur de l’humus âcre et puissant

Le grand noyer noyé qui ignorait qu’il deviendrait sabots endurants

Qui avait résisté au feu au froid à la folie et à la foudre

Qui m’offrait ses chatons en chenilles sur son écorce grise

Qui pleuvait de bonnes bogues vives et vertes au soleil de septembre

Qui me récompensait d’un en-cas de cerneaux irritants sous la langue

Qui me promettait le râpeux vin de noix après la messe du dimanche

Et le gâteau crissant des colliers de noix beiges fracassées sous le fer

Et l’huile forte et douce des salades plantées au potager d’été

 

Le grand noyer noyé au houppier en épi aux feuillages épais

Qui vit tomber au vent sa frondaison céleste et solitaire

Saignant de son écorce ses fissures écorchées

Où soudain ont coulé les larmes alourdies de sève translucide

 

A sombré doucement dans mon rêve éveillé

 

 


 

Manuela Maria - poète

15/10/2006

 

Noyer

 

Me promenant dans les allées encore verdoyantes

Marchant sur un tapis de feuilles et brindrilles craquantes

Je ramassais les noix qui s'offraient appétissantes

Au pied d'un imposant noyer aux couleurs ravissantes

 

Les fleurs mâles en chatons, en avril naissant

Avec galanterie avant les vertes feuilles venant

Le groupe de femelles ils vont courtisant

Pour donner ce fruit que la pulpe va embrassant

 

Depuis l'antiquité le monde il va charmant

Implacable, de la foudre va nous protégeant

Des noix doucereuses toujours nous régalant

Donnant ce bois robuste des meubles d'antan


 

 

 

15 Juillet 2017 

Jean-Baptiste Evette (1964) écrivain français auteur de plusieurs romans chez Gallimard et chez Plon ainsi que d'œuvres pour la jeunesse. 

 


Noyer royal


Exposant à nouveau

ces frêles esquifs de mots

aux périls de la navigation

sur la page blanche

 

Je pense forcément

à la coque de noix

et mon ennemi

mon persécuteur intérieur

chuchote : "Poèmes à la noix"

 

Noix gaulées

ou tombées

d’une vieille branche

d’un haut noyer

 

Avant d’avoir franchi la page

risquons nous la  noyade

dans les lagunes du doute

embarqués sur une coque

trop légère

une coquille de noix ?

 

Noix

ouvertes au couteau

au risque de se couper

les doigts

 

Avec une goutte de cire

pour y fixer un mât

d’allumette

muni d’une voile triangulaire

en papier

 

Berceau d’un rêve

minuscule

confié à l’onde

périlleuse

 

Mais ne rêvassez pas

à l’ombre du noyer

dit-on encore en Dauphiné

ou dans le Périgord noir

sous peine d’attraper

froid au corps ou à l’âme

 

Pourtant tout n’est pas froid

dans le noyer

 

L’Évangile des quenouilles

spécifiait en quatorze cent quatre-vingt :

"Si une femme veut

"que son mari ou ami

"l’aime fort

"elle lui doit mettre

"une feuille de noyer

"cueillie la nuit de la Saint-Jean

"tandis qu’on sonne nonne

"en son soulier du pied senestre

"et sans faute il l’aimera

"moult merveilleusement

 

Et Pline l’Ancien

explique l’emploi des noix

lors des mariages

par leur double enveloppe :

fruit bien gardé

symbole de la noce sacrée

 

Taché de brou de noix

saoul de vin de noix

on doute si son ombre

est toxique ou pas

 

D’après les savants,

les racines des noyers diffusent

dans le sol une substance

la juglone qui ralentit la croissance

des autres plantes et parfois les tue

Ainsi la terre est souvent nue

sous le noyer

 

Ce qui me trouble aussi

c’est qu’à une lettre près

dans sa coque, le cerneau

ressemble beaucoup à un cerveau


 

 

 

Langage du noyer et des noix


- La fleur de noyer est "la fleur de la re-naissance" 

- Malgré qu'il soit considéré comme un arbre sinistre, hanté par les sorcières, le noyer est un arbre porte bonheur.

- Les Noix ont la réputation d'attirer la chance et de contribuer à la prospérité matérielle et sont traditionnellement considérés comme des fruits de connaissance et de sagesse.

- La noix est le plus souvent considérée comme propice, favorable aux mariages, à la génération, et symbole d'abondance. 

 

 

 

Traditions, mythes et légendes 

Noix et noyer


On retrouve le symbole de la noix dans de nombreuses civilisations.


- Selon une légende hébraïque, le fruit défendu était une noix.

- Selon une légende slave, les personnes vertueuses étaient sauvées du Déluge et repeuplaient le monde en se sauvant sur une coquille de noix.

- En Bulgarie le noyer est lié à l’au-delà. A la Pentecôte, les femmes ramassent les feuilles de l’arbre pour en tapisser les tombes de leurs chers disparus. Les feuilles vertes du noyer apporteraient l’apaisement, des vivants comme des morts. Des branches de noyer sont aussi apportées à l’église pour que les fidèles s’agenouillent dessus pendant l’office. Ainsi, ils ont des chances de renouer, ne serait-ce qu’un instant, avec leurs proches défunts.

- Les Picards du XIXe siècle plantaient un noyer l'année de leurs noces. 

- Les Anglais souffrant d'affection partageaient quant à eux une noix avec l'être convoité pour obtenir son amour. 

- Le noyer porte bonheur aux habitants qui ont placé à leur porte une ramille ou une croix de ses feuilles, avant l'aube de la Saint Jean.

- Les noix servaient autrefois aux jeux des enfants. A Rome, les jeunes époux, le jour de leur mariage, jetaient des noix au peuple pour annoncer que dès ce jour, ils devenaient sérieux et renonçaient aux jeux de l'enfance.

- En Italie, en Grèce, en Roumanie et en Lettonie,on jetait des noix sous les pas des mariés en Italie, 

- Vers le milieu du XIX° siècle, avait lieu à Gaillac, dans le Tarn, une pratique : lorsque les mariés étaient agenouillés au pied de l'autel, les assistants faisaient pleuvoir sur leur dos une grêle de noix. Le premier qui se retournerait vers les agresseurs serait le plui jaloux dans le ménage. 

- Au Pays basque espagnol, quand on plantait un Noyer destiné à marquer la limite d'une propriété, on empoignait les petits enfants qui assistaient à l'opération et on leur administrait une magistrale fessée pour qu'ils en gardent le souvenir. 

- En Cornouailles, si les Noyers ne rapportent pas, on les gaule violemment quand ils sont en sève en les agonisant d'injures. 

- Dans l'Aubrac, pour que les Noyers aient une abondante récolte, on les secouait le Jeudi saint, au moment où les cloches sont sur le point de partir pour Rome. 

- En Sicile, au contraire, on croit que celui qui plante un noyer devra périr dès  que le tronc de l’arbre deviendra aussi gros que sa tête.

- En Gascogne, lorsqu'un jeune homme demandait la main d'une jeune fille, il était invité à partager le repas familial : si, à la fin, on lui présentait des noix, cela signifiait que sa demande était rejetée. 

- La noix était utilisée comme talisman porte-bonheur, en particulier si c’est une noix à trois nœuds (ou noix de Saint-Jean). 

- Piocher une noix pleine parmi d’autres vides est le signe de l’arrivée prochaine d’un mari pour une jeune fille. 

- En Italie, au Piémont, l’huile de noix était considérée comme sacrée au XIXe siècle. Lors de la messe de minuit à Noël, on faisait brûler des lampes contenant de cette huile. A la fin de la messe, on les éteignait et on conservait l’huile restante comme remède oculaire !


 

 

 

Proverbes et dictons

noix et noyers

 


Français


"A la Madeleine,

Les noix sont pleines.

A la Saint-Laurent,

On fouille dedans".

 

"S'il y a des noix, 

l'hiver est froid".

 

"Quand, au printemps,

La lune est claire, 

Peu de noix espère, 

Si la lune est trouble,

La noix redouble".

 

"S'il pleut à la Sainte-Marguerite, 

Les noix seront rentrées bien vite".

 

"A la Sainte-Hélène, 

La noix est pleine, 

Et le cerneau 

Se met dans l'eau".

 

"A la Sainte-Croix, 

Cueille tes pommes 

et gaule tes noix".

 

"A la Saint-Gérard,

Les noix sont mûres 

pour toi et pour moi".

 

"A la mi-août, 

Les noix ont le ventre roux'.

 

"Il faut craindre trois choses dans ce monde : 

le devant d'une femme, 

le derrière d'une mule, 

et l'ombre du noyer". 

 

"Qui a des noix, en casse;

Qui n'en a pas, s'en passe".

 

"Lorsque l’orage gronde en février, 

il n’y a point de noix au noyer".

 

“S'il y a des noix 

L'hiver sera froid.”

 

“Il faut casser la noix

Pour en avoir la chair.”

 

"Lorsqu’il pleut le jour de la Saint Philippe,

point de noix au noyer". 

 

"Lorsqu'il pleut le 3 mai,

Point de noix au noyer".

 

 


Allemand


"A pain dur et noix dures,

dents dures".

 

"Qui a mangé les noix,

peut bien se charger des coquilles".

 

 

Anglais

 

"Un oeuf, une pomme, une noix,

Se mangent après qui que ce soit".

 

 

Portugais

 

"Dieu donne les noix,

mais il ne les casse pas".

 

 

Russe


"Un ami non éprouvé est comme une noix non cassée".

 

 

Persan


“Vouloir donner de l’éducation à un homme indigne,

c’est prétendre placer des noix sur une coupole.”

 

 

Géorgien 


"Quand tu donnes une noix à quelqu’un,

donne-lui aussi de quoi la casser.”

 

 

 

Utilisations

 noix et noyer

 


Le Noyer fait partie des arbres généreux sur tous les plans. 

 

Menuiserie :

- Le bois de noyer est un bois de qualité pour la menuiserie et l'ébénisterie (ronce de noyer). On utilise dans ce cas essentiellement le Juglans regia ; des plantations de noyer à bois d'espèce Juglans nigra (noyer noir d'Amérique) ou d'espèce hybride juglans-nigra au bois plus clair sont également utilisées.

- Les ébénistes apprécient son bois, surtout celui des vieux arbres pour la fabrication des meubles précieux, des manches d'instrument et des crosses de fusil. 

- Les luthiers en réalisent des violons et des guitares au son profond. 

 


Peinture et décoration : 

- la partie charnue autour de la coquille émet un jus qui tache, le brou de noix (jus de la partie charnue autour de la coquille) : 

Les peintres récoltent son brou, qui pigmente les peintures à l'huile et leur teinture pour bois. 

Pierre Soulages - 1949 - Peinture au brou de noix

 

 

Combustible :

Les coquilles de noix peuvent servir de combustible. 

 

 

Alimentation :


Très nutritive (600 calories aux 100 g), la noix est aussi laxative, draineuse cutanée, draineuse lymphatique, vermifuge, antilithiasique urinaire. Autrement dit, elle exerce une circulation en différents points de l’organisme.
 

- Les noix fraîches se conservent dans un endroit ventilé, frais et sec. 

- Les noix fraîches ou sèches peuvent se consommer directement comme fruits secs. On les casse à l'aide d'un casse-noix, d'un marteau, d'une pierre ou des mains.

- En cuisine, les cerneaux noix peuvent être utilisées dans de nombreux plats sucrés (patisserie) comme salés (salades).

- De la noix, on extrait aussi, par pression, de l'huile de noix. C'est une huile de qualité, aux propriétés nutritionnelles bénéfiques (oméga 3).

- On fait aussi du vin de noix avec les noix vertes cueilles sur l'arbre. 

- Les feuilles et les chatons (fleurs mâles) peuvent servir pour faire des alcools ou des décoctions. 

- Eau de noix (recette ancienne du Périgord) : râper en juin des noix encore grosses comme des noisettes, et les laisser macérer trois mois dans de l'eau de vie additionnée de la moitié de son volume de sirop et d'un morceau de cannelle. Filtrer...

 

 

Phytothérapie:

- Liqueur de brou de noix : comme le brou de noix est astringent, elle s'emploie contre la diarrhée et les douleurs d'estomac, . Il se prépare avec le brou seul, sans aromates, mais plus souvent avec la noix verte entière en cerneau, à la macération de laquelle on ajoute du sucre et des aromates.

- Les naturopathes connaissent les apports considérables de son fruit en diététique, 

- Les feuilles de noyer, avec la noix sont Tonifiantes, Stimulantes, Stomachiques, Astringentes, Hypoglycémiantes pour :

   . Les troubles circulatoires 

   .  Les troubles cutanés 

   . Les troubles gastro-intestinaux 

   . Les Soins capillaires

   . Les soins vétérinaires

 


Cosmétologie :

- Les fabricants de savons utilisent son huile pressurisée. 

 

 

 

Quelques noyers remarquables

 

 

Pour en savoir plus sur le noyer et la noix

 

Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur

(Éditions Plume de carotte, 2012) :

Avec le noyer "on nage dans le bonheur".

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29 septembre 2022 4 29 /09 /septembre /2022 23:47

 

 

 

 

Mythologie des arbres


Le poirier - Pyrus communis 

 

 

Le Poirier commun (Pyrus communis L.) est un arbre fruitier de la famille des Rosacées, cultivé pour son fruit, la poire.


Ses autre noms Pirus communis ; Chigigné ; Poirier de Sauge ; Saugier.

 
C'est un arbre originaire des régions tempérées d'Europe et d'Asie de l'Ouest, plusieurs milliers de cultivars distincts ont été recensés et sont cultivés dans tous les continents.


Arbre de taille moyenne, le poirier peut atteindre dix à quinze mètres de haut et vivre jusqu'à 200 ans. Les poiriers cultivés sont greffés sur des cognassiers pour obtenir des arbres plus petits.

 

Vieux poirier

On ne sait pas qui t’a semé

Le vent peut-être

Vieux poirier

On ne sait pas qui t’a planté

Devant ma fenêtre

Conte musical de Michèle Bernard et Jean-Claude Touzeil


 


Leur emplacement privilégié est le plein soleil, à l'abri des vents et des gelées tardives.


Les feuilles vertes, plus pâles en dessous, caduques et ovales, portées par un long pétiole à bord finement denté prennent généralement de belles couleurs automnales dès octobre. 


 

 

Les nombreuses petites fleurs blanches aux étamines rouges, réunies en grappes corymbiformes, s'épanouissent d'avril à mai. 


Les fleurs mellifères ont une odeur qui attire les abeilles sauvages assurant la pollinisation.  Le vent n'intervient que de manière négligeable. Si les abeilles domestiques dédaignent généralement le nectar du poirier, elles visitent les fleurs pour leur pollen lorsque la température dépassent 11 °C.

Comme la plupart des fruitiers de la famille des Rosacées, les poiriers sont auto-incompatibles, c’est-à-dire qu’il faut une pollinisation croisée de deux variétés pour assurer une production de fruits. Un verger de poiriers doit comporter associée à la variété cultivée principale, des variétés pollinisatrices dont la floraison concordera.

Les premières petites poires apparaissent dès le mois de mai et vont, petit à petit, grossir pour donner ces merveilleux fruits à la chair fondante et parfumée, qui seront récoltés en été ou en automne, selon les variétés.


 

 

 

Disponible toute l'année, la poire est différente selon les saisons :

 

La poire d'été :

avec la Guyot, gros fruit à peau jaune et à chair parfumée et juteuse et la Williams, fruit trapu, à épiderme lisse, de couleur jaune à vert clair ou rouge, à chair juteuse, fine et sucrée. Cette poire d'été est récoltée entre Juillet et Octobre dans le Sud-est


La poire d'automne :

Avec l'Alexandrine, jaune doré et peu juteuse, la Beurré Hardy à peau épaisse, vert olive, parsemée de rouge sombre, la Louise Bonne à peau verte, fine et à chair acidulée, la Comice et la Doyenné du Comice à chair fine et sucrée, juteuse et fondante, la Conférence, allongée, d'un brun pâle tacheté de roux, à chair juteuse fine et parfumée.


La poire d'hiver :

Avec la Passe-crassane, d'un jaune marbré, à chair juteuse et granuleuse. Ce gros fruit se reconnaît au bouchon de cire rouge à l'extrémité de son pédoncule. L'Angélys est une nouvelle variété de poire à l'épiderme épais, de couleur bronze, à chair fine, demi-fondante.
 

 

 

Si le nombre de fruits par grappe est important ,certaines variétés sont très prolifiques :

- Louise-Bonne d'Avranches 

 

 

- Duchesse d'Angoulême

 

 

 

Quelques variétés de poires  :

 

- Comtesse de Paris : 

poire de garde à la chair mi-fine très sucrée et juteuse ;

 

 

- Conférence : 

Poire d'automne à chair fondante. Peu sensible à la tavelure ;

 

 

- Précoce de Trévoux : 

Poire d'été fondante, juteuse et sucrée. Peu sensible à la tavelure ;

 

 

- Williams : 

Poire de fin d'été à chair fondante et parfumée. Variété assez sensible à la tavelure.

 

 

 

- Jules Guyot 

Variété de moyenne vigueur qui produit rapidement de grosses récoltes. Gros fruits allongés, jaunes, teintés de rose à maturité. Chair fine, juteuse, fondante, assez sucrée et parfumée. Récolte précoce. Le Poirier Jules Guyot n'est pas autofertile. Il est résistant à la tavelure. A cultiver dans les régions du Sud de la France.


 

 

 

Ancêtres sauvages

 


Il existe des poiriers sauvages dans toute l'Eurasie de climat tempéré. Le poirier Pyrus communis est probablement l'espèce originelle puisqu'on trouve les formes sauvages proches et interfertiles, classées comme Pyrus pyraster (L.) Burgstd. en Europe tempérée et Pyrus caucasica Fed. en Asie. 


La plupart de ces poiriers sauvages sont relativement épineux et donnent des petites poires pierreuses et astringentes. Récoltées dès la Préhistoire, elles se conservaient séchées. La sélection de formes améliorées en Asie centrale et dans l'est du bassin méditerranéen ont été largement diffusées par greffage.

 

les formes sauvages P. caucasica ou P. pyraster et les cultivars de P. communis se croisent spontanément pour donner des formes férales et des produits d'hybridations qui se plaisent au bord des vergers et dans les clairières des forêts adjacentes. L'Arménie et le Caucase sont extrêmement riches en formes sauvages de poirier.

 

 

Pyrus caucasica,  Poirier du Caucase

 

Le poirier du Caucase, est une espèce de poiriers de la famille des Rosaceae, endémique des montagnes du Caucas, la plus répandue parmi les 11 espèces de poiriers sauvages de Géorgie et considérée comme la principale espèce progénitrice des cultivars de poiriers locaux. Il s'observe à l'état sauvage aussi bien en Géorgie qu'en Arménie. 

 

Il est considéré comme un ancêtre sauvage du poirier cultivé européen Pyrus communis. antérieurs qui suggéraient une relation étroite entre les cultivars de poiriers de Géorgie locaux et Pyrus caucasica.

 

Son port généralement est pyramidal ou en couronne ovoïde élancée. Il mesure de 15 à 25 m de haut. L'écorce gris foncé, profondément cannelée, se fissure en écailles qui peuvent s'exfolier. En vieillissant, son tronc devient gris foncé, presque noir. Les jeunes rameaux sont verdâtres ou brun foncé avec quelques petites lenticelles. Le poirier du Caucase supporte le gel.

 

Les feuilles longuement pétiolées sont ovales, brillantes, vert foncé, pointe courte et pointue et la base est largement cunéiforme.

 

Les fleurs hermaphrodites, éclosent en avril, en grand nombre.

 

En automne, les fleurs donnent de petits fruits jaunes ou vert jaunâtre. La pulpe est blanche ou verdâtre, aigre-douce, astringente et amère, avec un grand nombre de graines, noircissant à maturité, comestibles.

 

 

 

Pyrus pyraster - Le poirier sauvage


Le Poirier sauvage européen est une espèce de poiriers de la famille des Rosaceae, présent dans les haies et les bois de toute l'Europe, excepté l'Europe du Nord. À la différence du poirier commun cultivé, ses rameaux peuvent porter une épine terminale et ses fruits sont petits et de saveur âpre.


Il est considéré comme un ancêtre sauvage du poirier cultivé européen Pyrus communis (avec Pyrus caucasica).


Il est présent partout en France, mais il est plus rare dans le Nord et la région méditerranéenne. En Espagne il est présent dans les régions montagneuses du tiers nord du pays, en particulier dans les forêts de feuillus. 


C'est une espèce de basse altitude, des collines et petites montagnes inférieures à 1 200 mètres d'altitude.


C'est un arbre de 11-15 mètres de hauteur, à cime pyramidale quand il est jeune. Son écorce et fissurée et écailleuse. Les Jeunes rameaux rigides, lisses, jaunâtres, luisants, sont parfois terminés par une épine.


Ses feuilles sont simples, ovales, longuement pétiolées, à bords finement denticulés et très luisantes sur le dessus.


Ses fleurs blanches sont hermaphrodites, très précoces. La floraison a lieu en avril-mai, mellifère pollinisée par les insectes.


Ses fruits sont petits, bien charnus, de forme variable. 

 


 

 

Mais la variation génétique des poiriers cultivés a aussi été enrichie, par hybridation et introgression, de beaucoup d'espèces de poiriers sauvages qui sont interfertiles et croissent dans la zone de culture traditionnelle du poirier commun. 


Parmi ces poiriers sauvages, : 

- P. spinosa Forssk., 

Poirier épineux, Poirier amandier, Poirier à feuilles d'amandier 

originaire de l'ouest de la Turquie, du bassin égéen et du sud des Balkans; 


 

- P. elaeagnifolia Pallas,

réparti en Turquie et dans l'est de la Bulgarie; 


 

- P. salicifolia Pallas, 

dans le Caucase et les zones adjacentes de la Turquie; 

 


- P. syriaca Boiss.

des climats plus arides du Croissant fertile,

Pyrus syriaca est un arbre à feuilles caduques de la famille des Rosacées. Il est désigné par le nom commun de poire syrienne . C'est la seule espèce de poire qui pousse à l'état sauvage au Liban, Turquie, Syrie et Israël .

 

 

- P. nivalis Jacq.

Le poirier des neiges du sud et sud-est de l'Europe et l'espèce proche P. korshinskyi Litw. en Asie centrale.


    
 

Étymologie Pyrus Communis

 


Le nom de genre Pyrus vient du latin pirus signifiant "poirier", et du latin communis "commun".

Dans la langue commune, poire est issu du bas latin pira, pĭrum. 

L'ancien français était peire, pere resté dans les dialectes de l'ouest de la France. 

En occitan : pera (pero) 

En italien : pera, 

En espagnol : pera 

En anglais : pear 

En néerlandais : peer, 

En allemand : Birne ( forme tardive et altérée du Sud de l'Allemagne).

Le mot celtique : breton per(enn), gallois peren, irlandais piorra. 

 

Le périer désigne un lieu planté de poiriers d'où les noms de famille les plus connus Périer 


 

 

 

Mythologie greco-romaine

 

 

Dans la mythologie grecque, le poirier était un arbre lunaire dédié à la déesse Héra, Fille de Cronos et Rhéa et épouse et sœur de Zeus.


Elle est la protectrice des femmes et la déesse du mariage. 


Les poires sont considérées comme un fruit sacré, le plus souvent lié à trois déesses dans la mythologie grecque et romaine: Héra, Aphrodite et Pomone. 
Les trois déesses sont réputées pour leur affinité avec les jardins et le temps des récoltes. 


Dans l'Héraion de Mycènes, l'un de ses plus anciens sanctuaires dédiés à Héra, certains temples dédiés à cette divinité étaient en partie fabriqués à base de bois de poirier, symbole de pureté et d’innocence.

Franck Devedjian - intérieur du temple d'Héra, Héraion d'Argos.

 

 

 

Mythologie chinoise 

 


le poirier symbolise la vie immortelle eet la prospérité en raison de la longévité de l'arbre.

 

La poire est un symbole de confort, le mot poire en chinois signifie à la fois "poire" et "séparation". La tradition veut qu'une poire ne soit pas partagée entre  deux ou plusieurs personnes, pour éviter la séparation des amoureux, des amis et de la famille.  

 

Les fleurs de poirier sont symbole de deuil, parce qu’elles sont blanches et que le blanc est la couleur du deuil dans les cultures japonaises et chinoises, mais aussi symbole du caractère fragile, éphémère, de l’existence à cause de leur courte durée de vie.

 les poires "sacrées" en forme de bouddha, (fruits sont placés dans un moule)

 

 

 

Tradition chrétienne

 


Le poirier est un point de la chanson populaire des Fêtes,

"Les Douze Jours de Noël", 


The Twelve Days of Christmas (Les Douze Jours de Noël) est un chant de Noël très connu dans les pays anglophones.

Il s’agit d’une comptine à récapitulation où sont énumérés douze cadeaux qu’une personne dit avoir reçus de son amoureux/se durant les douze jours consécutifs du temps de Noël. Après l’annonce d’un nouveau cadeau, la liste des précédents est répétée à l’envers.

Le premier  cadeau est une perdrix dans un poirier.

D’après le refrain populaire de la chanson, on dit que la perdrix représente le Christ, tandis que le poirier symbolise le salut de l’humanité.


 


 

 

5800 et 2500  à 900 av. J.-C.,

néolithique et de l'âge du bronze


 

Poirier cultivé

Longtemps avant la domestication des poiriers, on cueillait les poires sauvages. Des restes carbonisés de ces petits fruits, parfois coupés en deux et probablement séchés, ont été trouvés sur plusieurs sites du néolithique et de l'âge du bronze en Suisse, dans le nord de l'Italie, dans l' ex-Yougoslavie et en Allemagne. On trouve des restes similaires pour le néolithique récent en Grèce, en Moldavie et Ukraine.

À défaut d'informations archéologiques plus précises, on est forcé de s'appuyer sur les textes de l'Antiquité gréco-latine pour avoir quelques indices sur la domestication. Par expérience, les arboriculteurs ont appris que la meilleure manière de multiplier un poirier intéressant, était d'en greffer un rameau, alors qu'en semant ses graines il pouvait retourner à l'état sauvage ou produire des fruits de piètre qualité.


reconstitution époque néolithique

 

 

 

1071 ans avant J.C.


La Bible est le premier ouvrage où le Poirier apparaisse. On l'y montre, au temps de David dans la vallée de Raphaïm, sous les murs de Jérusalem.
 

 

 

VIII° siècle av. J.-C., 

 


Homère (VIII° siècle av. J.-C.) a qualifié la poire de "cadeau des dieux".

écrit dans :

l'Odyssée


chant VII

Arrivée d'Ulysse chez Alcinoüs.

..."Hors de la cour se trouve un grand jardin de quatre arpents près des portes. Tout autour une clôture court des deux côtés. Ici poussent de grands arbres, vigoureux, poiriers, grenadiers et pommiers aux fruits splendides, figuiers domestiques et vigoureux oliviers. Jamais leurs fruits ne sont perdus ni ne manquent, ni hiver, ni été, chaque année. Mais toujours le Zéphyr qui souffle fait croître les uns, fait mûrir les autres. La poire mûrit après la poire, la grappe après la grappe, la figue après la figue. ..
Tels étaient les brillants présents des Dieux dans la maison d’Alcinoos. Le divin Ulysse qui a tant souffert, se tenant là, admirait..."

 


Chant XXIV

Laerte

"...L'ingénieux Ulysse lui dit alors:

- Vois d'abord la cicatrice que m'a faite la blanche défense d'un sanglier lorsque j'allai sur le Parnèse voir Autolycus, le père de ma mère chérie. De plus, je vais te nommer les arbres que tu me donnas jadis quand tout enfant, je te suivais au jardin. Tu me donnas d'abord treize poiriers, dix pommiers et quarante figuiers; puis tu me promis en outre, cinquante rangées de vignes entre lesquelles le blé mûrissait..."


 

 

 

IV° siècle - III° siècle av. J.C.

 


Théophraste (288 av. J.C.-322 av. J.C.)  philosophe de la Grèce antique ; botaniste et naturaliste, polygraphe ou encore alchimiste dans Recherches sur les plantes, avait connaissance des techniques d'arboriculture.

Il distingue les poiriers cultivés (apios) des poiriers sauvages (akhras) et utilise ónkhnê comme synonyme d'apios. Il indique les deux techniques de greffage en fente et en écusson pour multiplier les arbres fruitiers cultivés. 


 

 

 

II ème siècle avant J.-C., 

 

 

Caton l'Ancien, (234 av. J.C.-149 av. J.C.) homme politique, écrivain, agronome romain mentionne dans ses écrits "De agricultura" six variétés de poiriers

Économie Rurale

..."Chapitre 7

Les poires seront celles d'Anicius, (et des semailles excellentes confites dans du vin cuit),..." 


 

 

 

I° siècle

 


Pline l’Ancien (23 apr. J.-C.-79 ap. J.C.)écrivain et naturaliste romain auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).
Il décrit 35 variétés de poires

 

Histoire Naturelle - livre XV


XI. - 1

..."Quelques poires aussi, appelées poires de livre, montrent par leur nom quelle grosseur elles atteignent, (XII.)..."

 

XVI. (XV.) - 1

..."Une précocité semblable a valu tel surnom de superbe à une espèce de poire ; elle est très petite, mais très hâtive. Tout le monde préfère la crustumienne ; au second rang est la Falerne, ainsi nommée parce qu'elle donne à boire, tant elle est juteuse (ce jus porte le nom de lait) ; d'autres de la même espèce, de couleur noire, reçoivent le nom de syriennes. Les dénominations des autres varient suivant les localités. Parmi les poires dont les noms sont adoptés à Rome, la décimienne et la pseudodécimienne, qui en vient, ont rendu célèbre le nom de leurs auteurs, ainsi que les dolabelliennes, dont le pédicule est très long..."

 

XVI. - 2


..."la pomponieone, surnommée mammosa, la licérienne, la sévienne, et la turranienne, variété de la sévienne, et qui s'en distingue par la longueur de son pédicule ; la favonienne rouge, un peu plus grosse que la superbe; la latérienne, l'anicienne, qui vient après l'automne, agréable par son goût acidulé. On appelle libérienne une poire, la favorite de l'empereur Tibère : elle est plus colorée par le soleil et acquiert plus de volume : autrement elle serait absolument la même que la licérienne. Le lieu d'origine donne le nom à l'amérine, la plus tardive de toutes, à la picentine, à la numantine, à l'alexandrine, à la numldique, à la grecque, à la tarentine, variété de la grecque, à la signine, nommée par d'autres testacée à cause de sa couleur, comme l'onychine et la purpurine. Sont dénommées d'après l'odeur, la myrapie (poire-parfum), la laurée, la nardine ; d'après le temps de la récolte, l'hordéaire; d'après la forme du col, l'ampullacée; d'après la peau lanugineuse, la brute ; d'après la ressemblance avec la courge, la cucurbitine; d'après le goût, l'acidulé. On ignore le motif du nom de la poire barbarique, de la poire de Vénus, qui sont dites colorées; de la royale, qui a un pédicule très court, et qui est presque sessile ; de la patricienne, de la voconienne, verte et oblongue. En outre, Virgile (Géorg., II, 87) a nommé la volème, empruntée à Caton (De re rust., VII), lequel parle aussi de la sémentive et de la musté..."

 

 XVII. - 2

..."la forme des poires est conique. Les tardives restent sur l'arbre jusqu'aux gelées, qui les mûrissent; telles sont la grecque, l'ampullacée, la laurée, et, parmi les pommes, l'amérine et la scandienne. Les poires se gardent comme les raisins, et d'autant de façons différentes; c'est le seul fruit, avec les prunes, qu'on met dans des barils. Les pommes et les poires ont une propriété vineuse ; les médecins les défendent comme le vin dans les maladies (XXIII, 62). On les fait cuire dans du vin et de l'eau, et elles forment une marmelade ; préparation qu'on ne peut faire en outre qu'avec le coing et la variété appelée struthée..."

 

XVIII. - 3

..." Les poires se gardent dans des vases de terre poissés ..."

 


Livre 16


XXXI.  - 1

..." Tous les arbres qui sont communs aux montagnes et aux plaines deviennent plus grands et prennent une apparence plus belle dans les plaines ; mais ils ont le bois meilleur et plus veiné dans les montagnes, excepté les pommiers et les poiriers..."
 

 

Histoire naturelle 

 

XV, 58 
..."des précoces et des tardives, certaines de couleur noire venant de Syrie, ou "les variétés tardives (qu)] restent suspendues à l'arbre mère jusqu'aux froids hivernaux et mûrissent avec le gel..."

 

XXXIII,115


..."Il est interdit aux malades de manger toutes les sortes de poires -- indigestes même pour les gens en bonne santé --, de même que le vin leur est défendu. Mais cuites, ces mêmes poires sont remarquablement saines et agréables..." 

Histoire Naturelle- Pline l'Ancien manuscrit- XII° collection Abbaye de Saint Vincent-Le Mans 

 

 

 

Les Romains, en pratiquant de manière systématique le greffage et en développant une soixantaine de variétés, ont joué un rôle prépondérant dans la domestication du poirier en Europe.


L'introduction du poirier cultivé en France a été faite à l'époque de l'expansion de l'Empire romain. 


Herculanum (Pompei) ville romaine antique située dans la région italienne de Campanie, détruite par l'éruption du Vésuve en l'an 79 apr. J.-C.,


La maison de l'Auberge (Casa dell'Albergo), 

Les restes d'un arbre carbonisé ont été identifiés comme un poirier, ce jardin intérieur devait donc être un verger, qui est reconstitué de nos jours. 

photo d'Aldo Ardetti (14 août 2007) maison de l'auberge

 


 

 

IV° siècle - V° siècle

 


 

Saint-Germain d'Auxerre  (vers 380-448). Ses parents étaient les seigneurs du village. Il étudie à Auxerre et à Autun puis à Rome, où il devient un avocat célèbre et recherché. Il épouse Constance de Lyon, riche, belle et vertueuse.

 

Il est nommé gouverneur et administrateur de plusieurs provinces romaines : l’Aquitaine, le Lyonnais et la Semonoise. Il s’installe à Auxerre, mais doit faire de fréquents voyages surtout pour y exercer la haute.

 

Pour se détendre, Germain aime beaucoup la chasse et il a l’habitude d’exposer ses trophées (surtout les bois de cerf) près d’un poirier près d’Auxerre ; comme le faisaient tous les seigneurs du temps.

 

Cela ne plaisait pas à saint Amâtre, évêque d’Auxerre, qui voit dans ce rite une sorte d’idolâtrie. Profitant d’une absence de Germain, Amâtre fait couper le poirier… mais, devant la colère de Germain,il s’enfuit à Autun, chez son ami saint Simplice, sous la protection du préfet Julius.

 

Saint Amâtre a une révélation lui disant que Germain sera son successeur sur le trône épiscopal d’Auxerre.

 

Il revient à Auxerre, rencontre Germain, parvient à le convertir et l’ordonne diacre, puis prêtre (vers 410). Sentant sa fin venir, Amâtre désigne Germain comme son successeur, ce qui est approuvé par l’ensemble du clergé du diocèse. Germain refuse d’abord ce choix, puis y voit la volonté de Dieu et accepte finalement.

 

En 418, à la mort de saint Amâtre, Germain devient donc évêque d’Auxerre

 

 

 

Saint Augustin (354-430), philosophe et théologien chrétien romain d'origine Berbère ayant occupé le rôle d'évêque d'Hippone en Numidie

 

C II, V, 10

Le vol des poires

..."Il y avait un arbre, un poirier, dans le voisinage de notre vigne, qui était chargé de fruits attrayants ni par leur forme ni par leur saveur. Nous allâmes en jeunes vauriens le secouer et le dépouiller au beau milieu de la nuit (où, suivant une malsaine habitude, la fin d’un jeu sur les places publiques nous avait conduits) et nous en retirâmes de grandes brassées ; elles n’étaient pas pour nos agapes mais plutôt pour jeter aux porcs, et même si nous en mangeâmes quelque chose, ce qui comptait alors pour nous fut la délectation de l’illicite..." 

Eglise Saint Augustin de la Grande Motte, - carreaux de faïence Gabriel Mutte et Elvina Moret-Bailly Mutte,- Le vol des poires

 

 

 

A la fin de l'Empire romain, vers 476, une soixantaine de variétés au goût médiocre et proche du fruit sauvage sont recensées.

 

 

IX° - XII° siècle

 


Au Moyen-Âge, la poire est inscrite au Capitulaire de Villis comme espèce végétale indispensable, elle ne trouve que des usages relativement limités : elle est cuite au vin ou à l’hypocras.

 

Ecole de médecine de Salerne (IX° -XII° siècle)

Les aphorismes d'Hyppocrate


..."La poire ne vaut rien, 

sans vin.

Si vous la mangez en compote,

C'est un excellent antidote ;

Mais poire crue est un poison.

Vous pouvez là-dessus régler votre conduite.

Crue, elle charge trop l'estomac ; étant cuite,

Elle y porte la guérison.

Quand on a mangé de la poire,

Que le premier soin soit de boire"...

 

 

L’école de médecine de Salerne (IX° - XII°),  

 

Les fruits


En notre cour est un poirier,

Justement auprès d'un noyer.

Mais parlons de la poire,

Tu n'en mangerais point sans boire

Car poire mangée sans vin

Est quasi pire que venin.

Si poires du venin étoient,

Tous les poiriers maudits scroient :

Mais poire qui crue est poison

Cuite sert de contrepoison :

Poire crue l'estomach grève,

La même cuite le relève :

Après la poire, boire il faut,

Et après la pomme, va tôt.



 

 

 

 

XIIIe siècle

 

 

Le Roman de la poire (Li romanz de la poire) est un roman français du XIII° siècle d'un certain Tibaut.
 

Le Roman de la Poire est un poème allégorique construit autour d'une alternance entre modes d'expression oral et écrit, lyrique et narratif. Dans cet article, l'auteur considère la polarisation entre chant et écriture dans le cadre de la trajectoire narrative du roman, allant de la naissance de l'amour sous le poirier à l'achèvement du livre. Le titre est dérivé d'une scène centrale où la demoiselle partage avec l'amant une poire qu'elle a épluchée avec ses dents.


Le texte est conservé à la Bibliothèque nationale de France (Ms. fr. 2186). C'est un manuscrit enluminé datant des années 1250. 

 

Le roman de la poire

 

Ci endroit commence l'histoire

De la plus merveilleuse poire

Qui jamais soit, ni jamais ne fut

Dieu l'aima qui en planta le fût.

 

Amors qui par A se commence

A contre moi donné sentence (...)

 

À ce tournoi(ement), mais que je sois armé.

J'irai promptement, Dame, si vous m'aimez.

Et je disposai mon épée entre nous deux

 

Ici finit le roman de la poire

Qui des amants à dit l'histoire.
 

Mythologie des arbres - Le poirier, Pyrus communis 

 

 

1228

 

Jean Renart écrivain français de la fin du XII° siècle 

Extrait du Guillaume de Dole de Jean Renart :

 

menu typique de 1228,

avec la poire et le fromage 

 

Si (Ainsi) s'en vont en la sale arriere  

on li soupers ert attornez (était préparé)  

mout biaus de viandes assez : 

faons de let, porciax farsiz

dont li ostex ert bien garniz,

et bons convins (lapins), poulez lardez

                 (de ce estoit granz la plentez (l'abondance)                          
et poires et fromages viez (vieux)

 

Autrefois l’usage était, dans les repas, de manger la poire avant le fromage. Mais, depuis l’année 1393, cet usage fut interverti ; 


 

​​​​​​​

 

 

Wang Yinglin (1223-1296 ) érudit confucéen et éducateur réputé a probablement écrit XIII° siècle, à l'époque de la dynastie Song, le Classique des trois caractères ou San Zi Jing à l’intention des enfants de son clan. 


Tous les Chinois connaissent l’histoire de Kong Rong, un descendant de Confucius (son nom de famille était Kong ), qui a vécu vers la fin de la dynastie de Han de l’Est (25-220).


Kong Rong était le sixième de sept fils. Un jour, alors qu’il était enfant, sa mère déposa sept poires sur la table à l’intention de ses enfants. 


Kong Rong choisit la plus petite. Heureux, mais perplexe, son père lui demanda pourquoi il avait agi ainsi. L’enfant de 4 ans lui répondit :

"Je suis jeune et je dois laisser les plus grosses poires à mes frères aînés. Mais puisque j’ai également un frère cadet, je dois lui laisser une plus grosse poire." 

Kong Rong image Li Zhi vision


 


 

Etienne Boileau (1200 ou 1210-1270) un des premiers prévôts de Paris 

Le livre des métiers

1260 - perier "bois de poirier utilisé pour la confection des barils (de vin)"
 

 

 

 

XIV° siècle

 

 

1305


Iconographie des manuscrits du "Traité d'Agriculture" de Pierre de Crescent ou Pierre de Crescens (1230-1320 ou 1321) magistrat et un agronome italien qui fut également un écrivain (de langue latine), auteur d’un traité, le Ruralium commodorum opus.

Dans l'exemplaire du Traité d'Agriculture conservé à Prague, les poiriers situés en arrière-plan pourraient bien indiquer que c'est un poirier qui est greffé. 


Cette espèce se prête d’ailleurs particulièrement bien à la greffe, à preuve les cinq rubriques qui lui sont consacrées dans

..."La manière de henter soutillement"...

 

 

XV° siècle

 


Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500)

 

Myst. siège Orléans H., c.1480-1500, 274

Poire :   

Proverbe.

Le moisir font les poires molles. "Les poires blettes finissent par moisir" :

Vous usez de grosses parrolles Et autre chose n'y povoir. Face chacun bien son devoir ; Le musir font les poires molles.

(poires molles signifie "vaines promesses" ; dans le passage ci-dessus, le prov. vise un adversaire que l'on affecte de ne pas craindre, considérant ses grosses paroles comme des menaces en l'air.)

 

 

 

Corbechon édition  G. Sodigné-Costes, 1372. 

Poirier : 

"Perier est un arbre fruit portant, qui est ainsi appelé pour ce qui monte tousjours en soy estroicent tant aussi comme le feu qui en grec est appelé pir, si comme dit Ysidoire"

 

 


Hector de Chartres, Cout. R., 1398-1408.

Poirier de bois. "Poirier sauvage" : 

"Le prieur et couvent du Neuf Castel ont acoustumé prendre en ladicte forest le boiz sec en estant et en gesant et le vert tout en gesant quant ventes sont rendues aux diz prieur et freres, excepté chesne, hestre, et houx, les melliers, pommiers et periers de boiz"

 

 


Évrard de Conty (XIV° siècle) médecin et écrivain français

Le livre des échecs amoureux moralisés - 1400, 312.

Poirier d'angoisse : 

"Variété de poirier dont les fruits ont un goût très âpre"

 

 

 

Poirier de saint Riule. 

"Variété de poirier dont les fruits arrivent à maturation vers la fête de ce saint (3 septembre)"  

"Elle (la montagne de l'Ambition) est aussi paree et remplie d'arbres nobles et beaux et excellens et par especial d'arbres qui portent fruit, comme sont oliviers, loriers, pins, paumiers, cyprès, basmes, figuiers, peschiers, amandiers, coigns, dactiers, poiriers de saint Reule et d'angoisse, et d'autres moult divers".

 

 

Gaston Paris (1839-1903) médiéviste et philologue romaniste français.

Mélanges de littérature française du Moyen Âge 

littérature du quinzième siècle, 1910-1912.

le roman- Cliges 

"Au milieu de la pelouse s'élève un arbre (un poirier, comme on le voit plus tard), dont les branches artistement ployées retombent vers la terre et forment un vaste berceau. On y fait porter un lit, et c'est là que les amants passent leurs plus douces heures dans un complet abandon. Or, "un jour, un jeune chevalier de Thrace, appelé Bertran", voit l'épervier avec lequel il chassait s'essorer dans le verger sous la tour ; il veut le reprendre et escalade, sans grande peine, semble-t-il (de même qu'il le fera au retour), le mur du verger. 

...— Les amants dorment, nus, sur le lit placé sous l'arbre. Bertran les voit et les reconnaît, bien qu'il ait peine à en croire ses yeux. A ce moment, une poire tombe de l'arbre et réveille Fénice, qui voit Bertran. Elle éveille Cligès en lui criant : "Tuez- le ou nous sommes perdus !". 
 

 

 

XVI° siècle

 

1505


Matthiole (1501-1577) médecin et un botaniste italien


    ..."Puisque ainsi est que les hommes ne s'en peuvent abstenir, au moins qu'ils apprennent pour se garder d'en mourir, de n'en manger point s'ils ne sont cuits avec des poires sauvages."... 
 

 

 

Albrecht Dürer (1471-1528),

dessinateur, graveur et peintre allemand de la Renaissance, 

La vierge à la poire  1526

 

 

 

Joris Hoefnagel (1542-1601) enlumineur flamand.

Il est connu pour ses illustrations de sujets d'histoire naturelle, de vues topographiques, d'enluminures et d'œuvres mythologiques. 

manuscrit 1561-1562 

enluminure 1591-1596

mouche, papillon, poire et mille-pattes, 

 

 

 

La reine Margot (1553-1615)

La poire fut sa collation préférée 

"Deux cailles roulées dans une feuille de vigne et une poire cuite à point entre deux braises". 
 

 

 

XVIIe siècle 

 

 

Au 16° et 17° siècle, les variétés cultivées en France, telles que "Caillou rosat" ou la "Poire d'angoisse", étaient si peu savoureuses qu'elles n'étaient consommées qu'une fois cuites.

D'après le "Thresor de santé de 1607", 
..."les poires sont astringentes et nutritives, mais...elles sont fort venteuses, parquoi on les doit servir cuites en la braise avec anis, fenouil ou coriandre, beuvant incontinent après un bon verre de vin vieil. Les douces sont profitables à l'entrée du repas, les autres à la fin"...
 Une recette pour garder les poires consiste à les peler, les couper en quartiers, les faire cuire dans du vin doux, puis les faire sécher au soleil ou dans un four.

 

 

1610


Poirier de Bollwiller ou Sorbopyrus Tatarova arbre hybride issu du croisement intergénérique d'un poirier commun (Pyrus communis L.) et d'un alisier blanc (Sorbus aria).


Il apparaît pour la première fois dans la littérature en 1610, à Bollwiller, Alsace, et s'est propagé depuis par multiplication végétative.


Cet arbre est présent dans de nombreux jardins botaniques et arboretums à travers le monde mais n'a pas été beaucoup cultivé pour son bon fruit de la taille d'un gros abricot.


Cette variété produit des fleurs blanches et des fruits jaunes orangés, mielleux, juteux, excellents à manger, de couleurs vert pâle. 

 

1650

Gravure de Pirus polvvilleriana - J.Bauhin -1650

 

 

1652


Abbé Antoine LeGendre, curé Hénouville

La manière de cultiver les arbres fruitiers

..." Le poirier ne peut jamais réussir sur le pommier, ni le pommier sur le poirier. Les greffes d'arbres ne réussissent que sur des arbres ui sont de même espèce ou qui ont une sève conforme"...


..." Pour greffer des Poiriers bons à planter en espalier, contre-espalier, ou en buisson, le plant qui y réussit le mieux est celui du cognassier parce que les arbres sont nains de leur nature et se maintiennent bas fort heureusement. Les poiriers sauvageons n'y sont pas propres, car naturellement ils s'élèvent trop"...


 

 

 

Des variétés donnant des fruits de meilleure qualité apparaissent à la Renaissance. Sous le règne de Louis XIV, plus de 500 variétés de poiriers sont recensées.


Jean-Baptiste de La Quintinie (1626-1688), créateur du Potager du roi à Versailles, expert en arboriculture, écrit : 


..."en matière de fruits l'expérience nous apprend trois choses : pour les fruits d'été, ils doivent être cueillis à mesure qu'ils sont mûrs… Un poirier donne pendant dix ou douze jours et ne passe jamais guère cela"...


..."Les poires demandent qu’on les traite d’une manière douce, délicate et douillette comme si c’était, pour ainsi dire de belles jeunes demoiselles."...


..."J'aime en premier lieu celles qui ont la chair beurrée, tout au moins tendre et délicate, avec une eau douce, sucrée et de bon goût, et surtout quand il s'y rencontre un peu de parfum… en second lieu, à défaut de ces premières, j'aime celle qui ont la chair cassante avec une eau douce et sucrée et quelquefois un peu de parfum… en troisième lieu je fais véritablement cas de celles qui ont un assez grand parfum, mais dont la chair n'est pas extrêmement dure, pierreuse, et pleine de marc"…
 

Un poirier taillé en "vase de Médicis", une des formes décrite par Jean-Baptiste de la Quintinie dans ses écrits.

 

 

 

Pu Songling (1640-1715) écrivain chinois 

Le merveilleux poirier 

Nouvelle publiée pour la première fois dans Strange Tales from a Chinese Studio.


..."Dans un village chinois non spécifié, un prêtre taoïste échevelé supplie en vain un vendeur de poires pour une seule poire. Cependant, un passant altruiste propose d'acheter une poire au vieil homme, ce qu'il accepte volontiers. Le taoïste propose alors de rendre la pareille en donnant des poires gratuites à la foule; il enterre le pépin de la poire dans le sol et arrose le sol avec de l'eau bouillante, peu de temps après, un poirier mûr pousse. Après avoir distribué tous les fruits de l'arbre aux passants, le taoïste coupe l'arbre et s'en va. L'avare vendeur de poires, qui avait été rattrapé par le spectacle, se rend à peine compte que toutes ses poires ont disparu - et que sa charrette de fruits a été coupée en morceaux. Se rendant compte que le taoïste avait employé la sorcellerie contre lui, le marchand de fruits se précipite pour le confronter, mais il a disparu sans laisser de trace. Dans son post-scriptum, Pu Songling met en garde contre l'avarice, notant que "les individus (comme le vendeur de poires) sont trop nombreux pour être énumérés séparément, donc l'exemple d'un villageois aussi stupide est tout sauf une surprise."...

 

 

XVIII° siècle

 

 

Louis Racine (1692-1765) poète français



La religion (page 54 vers 11)

..." Toutes les espèces de poires viennent d'un premier poirier.

Les mêmes pépins produisent des poires différentes,

et la même graine d'une fleur

produit différentes espèces de cette fleur"...

 

 

Jean-François de Saint-Lambert (1716-1803) poète, philosophe et officier militaire français.


L'automne


..."Le poirier en buisson, courbé sous son trésor,

Sur le gazon jauni rouler les globes d'or,"...


 

1753

Pyrus communis L a été décrit par Carl Linné en 1753 dans "Species plantarum". 

L'espèce est présentée sous la forme d'une variété du poirier commun : Pyrus communis var. pyraster. 

 

 

En 1787 

un botaniste allemand Burgsdorff, remonte la variété au niveau de l'espèce pour créer : Pyrus pyraster (L.) 


 

 

 

1792

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé pendant la Première République puis l'Empire jusqu'en 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris. Il commence le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792),


Le mois de brumaire est le deuxième mois du calendrier républicain français.


 

Octobre 


Le Soleil entre au Signe du Scorpion

Avant la fin du Jour, la prudente Bergère

De crainte que la Brume égare son troupeau

Le presse de rentrer, portant le faible agneau

Et le bois ramassé pour une Bonne Mère


 

 

 

XIX° siècle

 


Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), peintre, graveur, éditeur et enseignant belge.

Traité des Arbres et Arbustes que l’on cultive en France en pleine terre (1801–1819) 

Original from the New York Public Library.

Pyrus Communis

 

 

 

1827


Nouveau dictionnaire des origines, inventions et découvertes dans les arts, les sciences. Tome 1 /

François Carpentier  (1756-1841). Auteur 

Poire : 

..."Le poirier nous vient du Mont ida ; les poires les plus délicates furent tirées d'Alexandrie, de la Numidie, et de différentes parties de la Grèce.
Il y a bien des espèces de poire, contenues sous différents noms. On prétend que la poire de Saint-Germain a été trouvée dans la forêt de Saint-Germain. La virgoulée a été ainsi nommée du village de Virgoulée, près de Limges, d'où elle nous est venue ; le martin-sec nous fut donné par un nommé Martin ; la poire de Colmar est née apparemment sur le territoire de la ville de ce nom : le bon-chrétien nous a été donné par Saint François de Paule, qu'on surnommait le bon chrétien.


L'humble François de Paule était, par excellence,

Chez nous nommé le bon chrétien ;

Et le fruit dont le saint fit part à notre France

De ce nom emprunta le sien"... 
 

 

 

Samuel Palmier  (1805–1881)  (1805-1881) peintre et graveur anglais 

Poirier dans un jardin clos, 

vers 1829

 

 

 

Curé d'Ars (1786-1859) prêtre catholique français vénéré par l'Église.disait à propos de la poire :

..."On devrait interdire ce fruit diabolique car il cause de certains débordements du corps et de l’âme et peut engendrer la débauche. Tout bon chrétien devrait la proscrire"...

 

 

La poire et les caricatures

 


La Poire est devenue un symbole symbole de la presse satirique.


Le succès de cet emblème s'est traduit par la prolifération du signe dans toute la France et a contribué au rétablissement, en 1835, d'une censure de la presse.


Disparu un temps, l'emblème de la Poire est réapparu lors de la révolution de 1848, puis à nouveau en 1871 et perdure,

 


Vers 1815

La Poire était mûre. Anonyme, c. 1815.

Le proverbe, retourné contre l'empereur dans une caricature de 1815 où son profil est découpé dans une feuille.


 

 

Vers 1827

Jean-Baptiste Isabey (1767- 1855) peintre, miniaturiste, aquarelliste, dessinateur, lithographe, décorateur d'opéra et costumier français.

Caricature d'Alexandre Du Sommerard.  c. 1827.

 

 

 

1832

Auguste Bouquet (1810-1846) peintre, lithographe, graveur et caricaturiste français.

"Voulez vous aller faire vos ordures ailleurs polissons"


 

 

1832

Charles-Joseph Traviès de Villers, dit Traviès (1804-1859) peintre et caricaturiste suisse, naturalisé français.

"Je suis le poiricide Mayeux, tonnerre de D...! vends moi ton éventaire que je le f.... !!!"


 

 

1832

Charles-Joseph Traviès de Villers, dit Traviès (1804-1859) peintre et caricaturiste suisse, naturalisé français.

Mauvaise charge. 

publié en 1832,

Dans le titre le mot "charge" signifie le fardeau que porte le peuple. 


 

 

1832

J.J. Grandville (1803-1847) caricaturiste, illustrateur et lithographe français.

Réception par les deux poirivores. Grandville, 1832.

Lithographie de Grandville et Forest publiée en novembre 1832, 

Dans La Caricature dont le commentaire dit : 

"Cette réception, c'est un rêve, un cauchemar poiréiforme  (...) Figurez-vous la poire suprême recevant toutes les variétés de l'espèce. À sa droite, je vois (...) la poire à gober se dandiner gauchement à côté du gros martin sec. À la gauche du fruit principal, je vois (...) la poire de Naples. Autrefois je voyais la poire d'amour, elle n'y est plus".


 

 

1832

Charles Philipon (1800-1862) dessinateur, lithographe et journaliste français, fondateur de la maison d’édition Aubert, directeur de La Caricature et du Charivari.

Projet d’un monument Expia-poire. Philipon, 1832

décrit par Philipon comme celui d'une "statue au Juste-Milieu"  : 

à élever sur la place de la révolution, précisément à la place où fut guillotiné Louis XVI


 

 

1832

Charles-Joseph Traviès de Villers, dit Traviès (1804-1859) peintre et caricaturiste suisse, naturalisé français.

"Ah ! scélérate de poire pourquoi n’es tu pas une vérité !." 

Lithographie originale

Mayeux, tient une poire et s’apprête à la couper. Il s’agit d’une allusion parodique aux propos tenus par Louis-Philippe en août 1830 : "La Charte sera désormais une vérité". Mayeux s’insurge contre les atteintes à la liberté de la presse, et se venge sur une poire.

 

 

1832

Honoré Victorin Daumier (1808-1879) graveur, caricaturiste, peintre et sculpteur français, dont les œuvres commentaient la vie sociale et politique en France au XIXᵉ siècle

Le Cauchemar de Lafayette

publié dans La Caricature no. 69, 23 février 1832


 

 

1832

Honoré Victorin Daumier (1808-1879) graveur, caricaturiste, peintre et sculpteur français, dont les œuvres commentaient la vie sociale et politique en France au XIXᵉ siècle

Mr Montaugibet en pâtissier gâte-sauce montre le ministre Camille de Montalivet en mauvais cuisinier, au visage piriforme, portant un bonnet piriforme et une chemise ornée de poires, qui sert une poire sur laquelle est écrit "état de siège" par référence aux émeutes de juin 1832, garnie d'une sauce aux pruneaux (par référence à Victor Prunelle, maire de Lyon) et au persil (par référence à Jean-Charles Persil, procureur général). 


 

 

1833

J.J. Grandville (1803-1847) caricaturiste, illustrateur et lithographe français et Deesperret

Élévation de la poire.

Lithographie 

Légende : 

"Adoremus in aeternum sanctissimum philipoirum."
Paris Musées


 

1833

Charles-Joseph Traviès de Villers, dit Traviès (1804-1859) peintre et caricaturiste suisse, naturalisé français.

"Le Diable emporte les fruits !!"  

Mayeux fait allusion sur le mode ironique à cette interprétation en proclamant, à propos du soutien apporté en juillet 1830 par La Fayette à Louis-Philippe :

"Adam nous a perdu par la pomme et La Fayette par la poire".


 

 

1833

Charles-Joseph Traviès de Villers, dit Traviès (1804-1859) peintre et caricaturiste suisse, naturalisé français.

"La poire est devenue populaire",  

Le voyou employé aux trognons de pommes dans les théâtres des boulevards, la croque sur les murailles pendant ses nombreux loisirs c'est ainsi que Paris s'embellit tous les jours. 

 

 

 

1833

Auguste Bouquet (1810-1846) peintre, lithographe, graveur et caricaturiste français.

"Les Favoris de la poire" .

Les Favoris de la poire joue sur le double sens du mot "favoris" qui désigne aussi bien les côtelettes royales que deux de ses ministres, d'Argout et Barthe, dont la posture peut indiquer qu'ils cajolent le roi ou qu'ils recherchent sa protection.

 

 

 

1833

Auguste Bouquet (1810-1846) peintre, lithographe, graveur et caricaturiste français.

"La Poire et ses pépins"

La Poire et ses pépins de Bouquet en 1833 montre le corps royal tout entier, pris dans sa dimension symbolique, pour représenter un système dont profitent les pépins.


 


1834

Auteur anonyme

Le Bœuf Gras, février 1834.


 

 

1834

La Poire commence à mûrir. Anonyme, 1834.

Caricature publiée en 1834 par Le Charivari où la houppe, les favoris, les yeux et la bouche de Louis-Philippe sont figurés par des insectes.


 

 

1834

Honoré Victorin Daumier (1808-1879) graveur, caricaturiste, peintre et sculpteur français, dont les œuvres commentaient la vie sociale et politique en France au XIXᵉ siècle.

"Machine législatifère de la monarchie représentative, ornée de ses trois pièces principales et de tous ses menus accessoires",

qui reprend sous la signature de Daumier la représentation du roi en tant que poire dans le bois gravé Les Poires, le clystère est également associé à la figure de la Poire pour symboliser le régime tout entier.


 

 

 

1834

Honoré Victorin Daumier (1808-1879) graveur, caricaturiste, peintre et sculpteur français, dont les œuvres commentaient la vie sociale et politique en France au XIXᵉ siècle.

"Pot de vin, arrestations arbitraires, mitraillades, transnoninades, elle couvre tout de son manteau" 


 

 

1834


Honoré Victorin Daumier (1808-1879) graveur, caricaturiste, peintre et sculpteur français, dont les œuvres commentaient la vie sociale et politique en France au XIXᵉ siècle.

Du pain! Garçon ! Une poire pour 221. , 1834.

Se réfère au ministre Charles Dupin et aux 221 députés de la Chambre, assis à l'arrière-plan, auprès desquels le roi se tient debout.


 


Honoré Victorin Daumier (1808-1879) graveur, caricaturiste, peintre et sculpteur français, dont les œuvres commentaient la vie sociale et politique en France au XIX° siècle.

Caricature

La poire  


 

 

 

 

 

1831 - 1834

Supplément du numéro suivant de La Caricature,

Charles Philipon (1800-1862) dessinateur, lithographe et journaliste français, fondateur de la maison d’édition Aubert, directeur de La Caricature et du Charivari.

le numéro 56 du 24 novembre 1831, étaient reproduits "les quatre dessins figurant la ressemblance progressive du roi Louis-Philippe, que Philipon a soumis à la Cour d’Assises pour empêcher ses juges de confondre dans une même proscription les différents genres des règnes légal, animal, minéral et végétal" : 

Les Poires de Philipon parurent ainsi d’abord en une feuille autographiée (texte et dessins) signée Ch. Philipon, et sous le titre de : Croquades faites à l’audience du 14 novembre.



 

17 janvier 1834

Les moeurs et la caricature par John Grand-Carteret d'après la page publiée par le Charivari 

Les poires de Philipon


 

 

 

1834


La revue Le Charivari publie le 27 février 1834 sur sa couverture le texte du jugement d'un procès contre elle sous la forme d'une poire.


 

 

1835

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français, 

La poire

Caricature à la plume.


 

 

1835

Henri Beyle, plus connu sous le nom de plume de Stendhal (1783-1842) écrivain français, 

La poire

Dessin sur le manuscrit du Chasseur vert 

 

 

1836

Gustave Flaubert (1821-1880) écrivain français 

Caricature manuscrite. Bibliographie , folio 18v.

La poire


 

 

1848

Anonyme

Lithographie

"Simple résumé de l'histoire de dix sept ans", 1848.

La légende de la première caricature précise : 

"Le soleil de Juillet qui l'avait trop mûrie et dorée, en avait fait une Poire grasse, l'orage de Février la fit Poire molle, ce qui prouve qu'elle n'était pas de conserve."


 

 

1848

Anonyme

"La poire tapée"

Référence humoristique à une expression désignant une technique de conservation des poires par séchage) qui fuit une foule en colère tandis que des pièces d'or s'échappent de son sac.


 

 

1871

Alfred Le Petit, (Alfred Le Grand, Caporal ou Zut 1841-1909) peintre, caricaturiste et photographe français.

Fleurs fruits et légumes du jour. Zut, 1871.

Caricature publiée dans le contexte des élections de 1871 et rappelle le rôle joué par Adolphe Thiers durant la monarchie de Juillet dont elles exploitent l'emblème. Thiers propose au spectateur la Poire tandis que les héritiers de Louis-Philippe, représentés par cinq autres poires, sont présentes à l'arrière-plan.


 

 

 

 

Charles V. Bond (1825-1864) peintre américain

(1856)

Nature morte fruit, oiseau et poirier nain


 

 

 

19° siècle

Édouard Manet (1832-1883) peintre et graveur français 

Jeune garçon épluchant une poire

Le garçon qui épluche la poire est Léon Koëlla Leenhoff, le fils de Suzanne Leenhoff, la femme de Manet.


 

 
 
 
1872

Camille Pissarro (1830-1903) peintre impressionniste puis néo-impressionniste franco-danois.

collection privée

Pommes et poires dans un panier rond 1872 


 

 

 

1860

Alfred A. Hoffy (1796–1872) était un lithographe et illustrateur botanique américain du milieu du XIXe siècle qui a fondé le premier périodique américain consacré uniquement à la culture.

Hoffy's North American Pomologist, 1860.

Lithographie des fruits. 

poire 


 


 

Charles Deulin (1827-1877) romancier, journaliste et critique dramatique français.

Le poirier de misère

 

 

Claude Monet (1840-1926) peintre français 


 

 

 

1876

Paul Gauguin (1848-1903) peintre postimpressionniste français.

Poires et raisins


 


 

1878

Paul Cézanne (1839-1906) peintre français

trois poires

Three Pears (c. 1878-79)   National Gallery, Washington DC 
(Collection of Mr. & Mrs. Paul Mellon)


 

 

 

19° siècle

Vincent van Gogh (1853-1890)  peintre et dessinateur néerlandais.

Nature morte aux poires 

Collections nationales de Dresde


 

 

 

1882


Angelo de Gubernatis (1840-1913), écrivain, poète, linguiste, philologue et orientaliste italien. 


La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 
(C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


..."POIRIER. — Cet arbre a souvent pris un aspect sinistre devant l’imagination populaire, probablement à cause de son bois qui pourrit facilement et qui craque, ou peut-être des vers qui rongent la poire. Le Chasseur bossu, personnage démoniaque d’une légende suisse que l’on raconte entre Wildegg et Lupfig, joue de mauvais tours  sur un poirier sauvage ; il s’y pendit lui-même, et il y pendit les siens. L’évêque Amator, dit Girard de Rialle, fit arracher et brûler un poirier d’Auxerre, auquel tous les chasseurs des environs apportaient les têtes des bêtes qu’ils tuaient"...

 

Dans le département de l’Orne, pour chasser les mauvais esprits qui attaquent les pommes et les poires, on brûle la mousse du tronc et des branches, et on chante :


Taupes et mulots, sortez de mon enclos, 

Ou je vous brûlerai la barbe et les os. 

Bonjour, les rois, jusqu’à douze mois. 

Douze mois passés, rois, revenez. 

Charge, pommier ; charge, poirier ! 

A chaque petite branchette, 

Tout plein ma grande souchette.

 

A Valenciennes, les enfants courent les rues avec des flambeaux, en criant :

Bour, peumes, poires, 

Des cerises noires, etc.

 

D’après une légende de la Thuringe, citée par Mannhardt, (Baumkultus der Germanen, I, 146), une vache enflammée se changea d’abord en poirier, et ensuite en vieille femme.

Cette légende figure trois saisons de l’année : l’été enflammé devient poirier en automne, et vieille femme, c’est-à-dire stérile, dans la saison d’hiver. (Pylus, croyant échapper à Héraclès, se transforme inutilement en un poirier.)

Dans l’Argovie, en Suisse, lorsqu’un garçon est né, on plante  un pommier ; et pour une fille, un poirier. Le poirier est donc  considéré comme inférieur au pommier, peut-être parce que son  bois et son fruit se corrompent plus facilement, à cause de la carie  qui les ronge.

C’est pourquoi, en Allemagne, le peuple tourmenté par le mal de dents, s’en prend au poirier :

Birnblaum, ich klage dir ; 

Drei Würmer die stechen mir, 

Der eine ist grau, 

Der andere ist blau, 

Der dritte ist rot, 

Ich wollte wünschen sie wären alle drei todt.

 

Dans les proverbes populaires, l’ours paraît comme l’ami des  poires ; il s’en approprie la plus grande quantité, de manière que  toute société faite avec l’ours pour le partage des poires devient  trompeuse.

Dans l’ancienne "Rappresentazioae del Figliuol Prodigo", un  compagnon de l’enfant prodigue, dit déjà :

Già, disse l’orso, e’ fia di molte pere : 

El tempo pur lo fece poi mentire.


Le proverbe toscan de nos jours dit :

"Chi divide le pere con l’orso, n’ha sempre men che parte."

 

Le proverbe des paysans espagnols a remplacé l’ours par le maître, et recommande de ne jamais partager avec lui des poires ni sérieusement, ni par jeu. Les contes populaires piémontais, lorsqu’ils finissent par des noces, concluent par cette plaisanterie traditionnelle :

"A l’an fait tante nosse e tanti spatüss, mi i jera daré de l’üss e a l’an gnanca dame na fetta d’prüss."

(Ils ont fait maintes noces et maintes réjouissances ; je me  trouvais derrière la porte, et je n’ai pas même reçu une tranche de poire." 

 

La poire était souvent un symbole érotique chez les anciens ; si on taillait des statues de Hera en bois de poirier, la poire était spécialement consacrée à Aphrodite. Columelle connaissait une espèce de poire que l’on appelait pira venerea (la poire d’amour française ?). Un conte breton de Luzel fait mention d’un poirier aux poires d’or. Mais, en général, le poirier n’occupa pas beaucoup l’imagination populaire, qui l’a craint quelquefois, mais rarement en fit l’objet d’un culte. Un paysan sicilien, voyant qu’avec le bois d’un poirier stérile on allait façonner un crucifix, lui lança ce vers comique :

Pira ’un facisti e mraculi vôi fari ? 

(Tu n’as pas fait des poires et tu veux faire des miracle ?)


 

 

 

1888

Vincent Van Gogh  (1853-1890) peintre et dessinateur néerlandais. 


 

 

 

Arthur Rimbaud (1854-1891) poète français, 

Album Zutique

 

Jeune goinfre

 

Casquette,

De moire,

Quéquette

D’ivoire,

 

Toilette

Très noire,

Paul guette

L’armoire,

 

Projette

Languette

Sur poire,

 

S’apprête,

Baguette,

Et foire.


 

 

 

1885

Livre original : 

Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Allemagne

Illustration Pyrus communis


 

 

 

Camille Jacob Pissarro  (1830-1903) 

Peintre impressionniste puis néo-impressionniste franco-danois.

Poiriers et fleurs à Eragny, matin, 1886

 

 

 

Amédée Masclef  (1858-1916) abbé et botaniste français,  connu pour son ouvrage Atlas des plantes de France utiles, nuisibles et ornementales publié en 1891 à Paris, en trois volumes de 400 planches, et réédité en 1893. 

Atlas des plantes de France. 1891

Pyrus communis L.


 

 

Émile Zola (1840-1902) écrivain et journaliste français, 


La Fortune des Rougon ne laissent personne indifférent : 


..."Une des curiosités de ce champ était alors des poiriers aux bras tordus, aux nœuds monstrueux, dont pas une ménagère de Plassans n’aurait voulu cueillir les fruits énormes. Dans la ville, on parlait de ces fruits avec des grimaces de dégoût ; mais les gamins du faubourg n’avaient pas de ces délicatesses, et ils escaladaient la muraille, par bandes, le soir, au crépuscule, pour aller voler les poires, avant même qu’elles fussent mûres.


    La vie ardente des herbes et des arbres eut bientôt dévoré toute la mort de l’ancien cimetière Saint-Mittre ; la pourriture humaine fut mangée avidement par les fleurs et les fruits, et il arriva qu’on ne sentit plus, en passant le long de ce cloaque, que les senteurs pénétrantes des giroflées sauvages. Ce fut l’affaire de quelques étés.


    Vers ce temps, la ville songea à tirer parti de ce bien communal, qui dormait inutile. On abattit les murs longeant la route et l’impasse, on arracha les herbes et les poiriers. Puis on déménagea le cimetière. Le sol fut fouillé à plusieurs mètres, et l’on amoncela, dans un coin, les ossements que la terre voulut bien rendre. Pendant près d’un mois, les gamins, qui pleuraient les poiriers, jouèrent aux boules avec des crânes ; de mauvais plaisants pendirent, une nuit, des fémurs et des tibias à tous les cordons de sonnette de la ville. Ce scandale, dont Plassans garde encore le souvenir, ne cessa que le jour où l’on se décida à aller jeter le tas d’os au fond d’un trou creusé dans le nouveau cimetière."...

 

 

Publicités du savon Pears (des poires)

 

 


Le savon transparent Pears a été produit et vendu pour la première fois en 1807 par Andrew Pears dans une usine juste à côté d'Oxford Street à Londres, en Angleterre.

C'était le premier savon translucide grand public au monde. Sous la direction de Thomas J. Barratt, qui a épousé Mary Pears, la fille aînée de Francis Pears en 1865, petit-fils d'Andrew Pears, A. & F. Pears ont lancé un certain nombre d'innovations dans les ventes et le marketing.


 

1885

Publicité Savon des poires

Actrice Mary Anderson

 

 

1886

Pears soap

Savon des Poires -

Publicité de 1886


 

 

1887

Pears soap

Savon des Poires

Publicité  Lillie Langtry 


 

 

1888

L'exposition du centenaire de Melbourne du 27 octobre 1888 savon poires
"Pears soap"

The Sydney Mail and New South Wales Advertiser  (NSW : 1871 - 1912),

 

 

1888

Exposition du centenaire de Melbourne de 1888 pour le savon Pears :

savon Pears a utilisé la statue la plus célèbre de Giovanni Focardi nommée You dirty boy !


 

 

1890

Savon des poires

Publicité  

Australian Town and Country Journal  (Sydney, NSW : 1870-1907)

 

 


1890

Savon des poires

Des moines se rasent avec le savon à raser de Pears tel qu'approuvé par Sir Erasmus Wilson. 

Lithographie d'après H. Stacy Marks. (1829-1898)


 

 

1895

Suspense  de Charles Burton Barber - 

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1893

Visite de la Reine Charlotte en chaise à porteur pour l'achat de savon des poires pour son teint. (1893, 8 avril ). 

Australian Town and Country Journal  (Sydney, NSW : 1870-1907),


 

 

19°siècle 

Pears soap 

Le bain - savon des poires

peinture originale

 

 

 

19° siècle

Vintage Pears Soap peinture originale

Poster Métal Art Mural Retro Savon poire

Pears soap from original painting

 

 

 

D. H. Lawrence (1885-1930) est un écrivain et poète britannique

 


Fleurs de poirier


Les fleurs de poirier forment une fontaine d'écume

Au bout de ta chaumière, don retombent

Les embruns et les jets d'écume

 

Les fleurs contre ta vitre

Font les "marionnettes". Pointe en peignant

Ta chevelure, pointe ton nez dans l'allée !

 

Cette année-là, à l'éclosion des poires, mon délice

Quand tu t'es glissée nue sur moi,

Tes petits seins pendant comme des touffes blanches

 

De fleurs de poirier  ! Et ce petit genou

Bien planté dans ma poitrine quand tu t'es étirée

Vers la fenêtre et le poirier blanc !

 

Et, nue, tu t'es reglissée  sur moi,

Etendu sur le lit, tu t'es assise, les fleurs sur les cuisses.

Et tu m'as regardé

 

Et, comme, allongé, je te regardais dan les yeux,

Tu as pleuré, et fait frémir le lit sous moi.

J'en défaillais de surprise -

 

Elle me terrifie la fleur de poirier

Ronde et blanche comme un sein menu

Avec une aréole rouge en son milieu.

 

Mon Dieu, dire que cela est à jamais révolu,

Que tu as disparu pour toujours,

Te penser morte me terrifie.


 

 

 

XIX° siècle

 

La plupart des variétés actuellement cultivées sont issues de sélections réalisées au 19° siècle.

 

 

 

François Fabié (1846-1928) - Poète régionaliste, romancier et dramaturge

 

Berger d'abeilles

 

Berger d'abeilles, je le fus,

A huit ans, la-bas, chez mon père,

Lorsque son vieux rucher prospère

Chantait sous ses poiriers touffus.


 

 

 

Anna Ancher  (1859-1935) peintre danoise 

Poirier dans la cour avant

 

 

 

1886


"Cultiver des poires"  également traduit par "planter un poirier", "semer des poires" et "le merveilleux poirier ", est une courte histoire de Pu Songling , d'abord publiée dans Strange Tales from a Chinese Studio . Situé dans la Chine ancienne, l'histoire tourne autour d'un vendeur de poires avare et d'un prêtre taoïste .


Illustration d'une scène de la nouvelle "Growing Pears" (fais pousser tes poires) (Zhongli) 


 

 

 

Marcel Proust (1871-1922) écrivain français, 


 A la recherche du temps perdu, 


..." Les maisons étaient sordides. Mais à côté des plus misérables, de celles qui avaient un air d’avoir été brulées par une pluie de salpêtre, un mystérieux voyageur, arrêté pour un jour dans la cité maudite, un ange resplendissant de tenait debout, étendant largement, sur elle l’éblouissante protection de ses ailes d’innocence : c’était un poirier en fleurs"... 
 

 

 

XX° siècle

 

1903

Gustav Klimt (1862-1918) peintre symboliste autrichien

Le poirier  

musées d'art de Harvard


 

 

 

 

Émile Guillaumin (1873-1951), écrivain paysan français.


..."en pleine campagne, des poiriers non greffés, 

ou sauvageons, donnent aussi leurs fruits, plus petits, 

plus coriaces, de saveur agréable pourtant à maturité 

et qui font les délices des écoliers en vacances"...


 

 

 

1907

Maurice Barrès (1862-1923) écrivain et homme politique français

Mes cahiers

tome 6, 1907, p.95

..."Dans des fourrés inextricables d'orties et d'arbustes à baies blanches il y a, je le crois plus que je ne l'ai vu, trois dalles, trois tombes des Mahis. Un poirier penché dessus y égrène ses poires"...
 

 

 

Nathan Katz (1892-1981) poète et dramaturge alsacien 


Les petites poires sur la claie


Septembre est déjà passé

Et la Nativité de Marie.

Les petites poires reposent toutes

Dans la paille sur la claie

 

Comme il fait chaud dans la cave

Et comme on se sent dans l'intimité.

 

Un peu de lumière du jour

Tombe à travers les évents.

Comme les petites poires se réjouissent

D'être dans la cave.

 

Par le soupirail de la cave

Elles voient le poirier qui est debout. 

 

 


Saint-Pol-Roux (1861-1940) poète symboliste français.

 

La poire
                                         
À Georges Courteline.

 

Panse ronde, elle pend, unique en mon verger, comme une étoile du

berger, elle pend sur le monde à la façon des lustres, cette poire

illustre à cent lieues à la ronde.

Parents, amis, disciples, marchands, traiteurs, maîtresses,

bonnes gens à foison, le cœur en pâmoison, les voici

tous autour du tronc, faisant mûrir ce centre qui serait

un ventre aux rayons convergents de leurs vœux, et vers sa gloire

Louis-Philippe volutent l’encens de leur pipe, les roucoulades

de leur flûte et l’ophidienne tresse de leurs blonds cheveux. 

Sous son masque où brille un œil à forme de nombril,

le fruit de marbre assiste parmi l’arbre aux mille bruits

de la foule en louanges, tel un ange bouffi suspendu par un fil 

à un nuage vert au-dessus d’une goule qui regarde en l’air. 

Elle pressent, la garce, tant d’essaims de dents là-bas

dans la ruche des bouches que, dispose à la farce, de plus en plus

elle enfle sa baudruche et s’arrondit comme une femme 

avant ses couches, et l’on te voit bientôt, ô poire des espoirs,

grosse en raison de l’appétit des grands et des petits,

tandis que se dilatent tes pépins, tes pépins identiques

aux rognons d’un lapin. Et de croître en croître elle s’enfle

et se gonfle à ce point qu’elle semble à la Nature mettre

un furoncle à moins que ce ne soit un goitre, cette poire

blette, énorme à croire que vraiment elle va pondre,

et mûre tellement qu’un rien de plus elle va fondre.

Mais un jour l’heure sonne où, cédant à son poids

pour ne pas dire à son dessein, la poire entre les poires,

notre Poire enfin, rompt son fil à la patte, choit à travers

 l’espace, dégringole, éclate et pétarade ainsi qu’un derrière

chargé de ricin, s’épate veule dans les gueules béantes

au-dessous des nez, — et toutes les personnes sont empoisonnées !


Panse ronde, elle pend, unique en mon verger,

comme une étoile du berger,

elle pend sur le monde à la façon des lustres,

cette poire illustre à cent lieues à la ronde.


 

 

 

Raymond Radiguet (1903-1923) écrivain et poète français 


L'Ange 

 

..."Croyez-vous que ce soit pour rien,

Qu'au poirier le pépiniériste

Laisse blettir ses belles poires ?

C'est qu'on reconnaît le voleur,

À la molle empreinte du doigt"...

 

 

 

1916

 

Hilda Doolittle(1886-1961). - auteur américaine

traduction Pierre Vinclair d’un poème issu du premier recueil "Sea garden", 1916.

 


Le poirier

 

Poussière d’argent,

Levée depuis la terre,

Plus haut que n’atteignent mes bras,

Tu es montée.

O argent,

Plus haut que n’atteignent mes bras,

Tu nous fais face, en grosses masses ;

 

Jamais fleur n’ouvrit

Feuille blanche si dévouée

Jamais fleur ne divisa l’argent

D’un argent si rare ;

 

O poire blanche,

Tes touffes de fleurs,

Épaisses sur la branche,

Offrant les fruits mûrs de l’été

Dans leur coeurs pourpres.


 

 

 

1922

Colette(1873-1954) femme de lettres, actrice et journaliste française. 

La Maison de Claudine

..."La chambre des jeunes mariés... Une armoire de poirier noir, énorme, opprime cette chambre basse aux murs blancs, écrase entre elle et le lit une chaise de paille"...
 


 

Vette de Fonclare (1937) écrivaine et poétesse française.

 

La poire

 

Sa bedaine renflée est parfois un peu molle :

Ne la tâtez pas trop, vous allez la taler !

Est-elle jaune-beige ? Est-elle beige-jaune

Comme les rayons blonds de la fin de l’été ?

 

Bonne bouille dorée aux bajoues éboulées,

Elle a la forme outrée d’une caricature,

Telle un Louis-Philippe aux gros traits effacés ;

Et c’est encor bien pis quand elle est un peu mûre.

 

Sa peau jaune est épaisse et il faut la peler !

Mais quand c’est fait : miracle ! Une crème fondante

Se répand sur la langue en un doux velouté

Sucré comme il le faut. La poire est succulente,

 

Juteuse et délicate, et sa chair toute blanche

A une texture tendre et douce sous les dents.

La grosse piroïde a bien pris sa revanche

Car ce n’est pas un fruit, c’est un enchantement !

 

 

 

1940

Cicely Mary Barker (1895-1973) illustratrice britannique 

 

La fée des fleurs de poirier


Chantez, chantez, chantez, merles !

Chante, belle grive !

C'est le printemps, le printemps, le printemps ;

alors chante, chante, chante,

De l'aube jusqu'à ce que les étoiles disent "chut".

 

Regarde, vois, vois la fleur

Sur le poirier qui brille d'un blanc éclatant !

Il tombera comme neige, mais les poires pousseront

Pour le plaisir des hommes et des oiseaux.

 

Construisez, construisez, construisez, vous pinson ;

Construisez, merles et troglodytes,

Un nid chaud et sûr où vos œufs pourront reposer ;

Alors assieds-toi, assieds-toi, petite poule !


 


 

Charles Trenet (1913-2001) auteur-compositeur-interprète français.


 
 Le Nid de Pies 

 

Y'a un nid d'pies dans l'poirier

J'entends les petits qui chantent

Y'a un nid d'pies dans l'poirier

J'entends les petits chanter


Y'a une bombe qui a explosé

Au-dessus d'la mer immense

Y'a une bombe qui a explosé

J'entends les petits pleurer

 

Moi j'entends mille bruits je crois

Mille bruits de joie

De tristesse

Moi j'entends la vie de chacun

Que ce soit l'tocsin

L'allégresse


Y'a un village qui vient d'mourir

J'entends son clocher sous l'onde

Y'a un village qui vient d'mourir

J'entends ses enfants partir


Y'a une table en bois épais

Où l'on parle de la guerre

Y'a une table en bois épais

Où l'on parle de la paix


On y discute depuis vingt ans