Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 00:06

 

Le perce-neige (moly)

Mythologie
 

 

"…Là, dès que Février voit sourire un beau jour,

Sylphides et Follets au fortuné séjour

Reviennent empressés, et, sous leur tiède haleine,

Du milieu des frimas qui blanchissent la plaine,

Soudain la Perce-Neige offre à l'œil étonné

Son calice de miel et son front couronné…"


(Jean Baptiste Gindre de Mancy, 1797-1872.

Les Deux Bourgognes, 1836)
 

 

perce neige

perce neige

 

Perce-neige  est une plante de la famille des Amaryllidacées, à fleurs en clochettes blanches maculées de vert, qui poussent et fleurissent généralement en hiver ;  elles ont la capacité de percer une faible couche de neige.


Perce-neige fait référence à la floraison hivernale et au fait qu'il puisse se développer alors que la neige est encore présente. Perce-neige est un nom ancien, attesté dès 1641. 


Son nom latin est Galanthus Nivalis, il vient du grec "gala" qui signifie "lait", et "anthos" qui se traduit par "fleur". Le perce-neige serait donc la "fleur de lait". D’ailleurs, dans certaines régions, elle porte le joli nom de "goutte de lait", mais aussi Clochette d'hiver, Galantine, Galantine d'hiver ou Galanthe des neiges.

 

En anglais, le perce-neige est aussi appellé "Candlemas Bells", "Mary's Tapers" (cierge de Marie) ou encore "Church Flower".
 

Bernard Domange - perce-neige

Bernard Domange - perce-neige

 

Diverses espèces sont concernées, en premier lieu Galanthus nivalis et Leucojum vernum, dont les similarités morphologiques, d'habitat et d'époque de floraison ont provoqué de nombreuses confusions. 


Géographiquement, l'espèce Galanthus nivalis est cosmopolite bien que plus courante en climat océanique (moitié Ouest de la France) et l'espèce Leucojum vernum n'est présente qu'en climat continental (moitié Est de la France). Elles fleurissent également à la même période, aux alentours du mois de février. De ce fait, il est probable que leur confusion date de fort longtemps.

 

Les genres Galanthus et Leucojum se différencient par leurs fleurs ainsi que leur tige et leurs feuilles.

 

- les pièces florales de Galanthus sont composées de 6 divisions égales 3 à 3. Les 3 extérieures, plus longues, ovales et obtuses, et étalées, les 3 inférieures, plus courtes, se rapprochant et tachées de vert au sommet. 2 feuilles d'un vert bleuté profond émanent d'une tige ronde (1 voire 2 feuilles peuvent également provenir du bulbe).


Afin d'éviter toute ambiguïté, il est aujourd'hui recommandé d'utiliser le terme Perce-neige pour désigner Galanthus nivalis,  Mais aussi pour désigner des espèces du genre Galanthus comme c'est le cas pour Galanthus woronowii
 

Galanthus nivalis

Galanthus nivalis

Mais aussi pour désigner des espèces du genre Galanthus comme c'est le cas pour Galanthus woronowii
 

Galanthus woronowii

Galanthus woronowii

 

ou Galanthus elwesii le Perce-neige géant dont la présence sporadique a été repérée par exemple dans le Jura suisse en 2002,  


"Listes des plantes vasculaires du Jura suisse présentées par canton – Mise à jour 2002, dans Les Nouvelles Archives de la Flore jurassienne, 1 - Société Botanique de Franche-Comté. page 156."

Galanthus elwesii

Galanthus elwesii

 

L'espèce Leucojum vernum, est nommée Nivéole de printemps,  Claudinette et Grelot blanc, une dénomination qu’elle doit à la forme de sa fleur (en clochette) et à sa couleur.


- les pièces florales de Leucojum sont composées de 6 divisions égales entre-elles, ovales et arrondies aux extrémités dont le sommet se rétrécie brusquement en une pointe courte et aigüe tachée de vert, ou de jaune. 3 ou 4 feuilles d'un vert légèrement bleuté émanent d'une tige comprimée à 3 côtés.

 

Leucojum vernum

Leucojum vernum

 

Le genre Galanthus (créé en 1753 par le naturaliste suédois Carl von Linné 1707-1778), perce neige, regroupe une vingtaine d’espèces répandues dans la flore d’Europe, de l’Atlantique au Caucase.

 

Il y aurait plus de 2000 variétés qui sont parfois difficiles à identifier car ces plantes bulbeuses s’hybrident allègrement.

 

Absolument rustique et parfaitement naturalisée, la plante sauvage pousse partout et fleurit chaque année de fin janvier à fin mars. Si elle se plaît dans un endroit, elle se multiplie à foison pour former de larges tapis immaculés.

perce neige galanthus

perce neige galanthus

 

La dissémination du perce-neige est assurée par les fourmis, grâce à l'élaïosome, un appendice contenu dans le fruit.
 

Mythologie des fleurs - le perce-neige


 

Les fleurs du perce-neige produisent peu de nectar et de pollen. En fait, cette plante mellifère joue chaque printemps un rôle dans la reprise d’activité des rûchers, plus intéressante pour sa production abondante de pollen jaune-orangé que par celle de son nectar.
 

perce neige et abeille

perce neige et abeille

 

Le perce-neige est une plante de culture facile , à planter en septembre-octobre à mi-ombre pouvant réussir dans tous les jardins. C'est une plante rustique, qui donne de bons résultats dans toutes les régions et ne nécessite aucun entretien particulier. Attention à l’humidité stagnante, ainsi qu’à l’appétit des mulots.

Anne Cotterill (1933-2010) perce-neige

Anne Cotterill (1933-2010) perce-neige

 

43 av. J.C.

 

Cette plante est également citée par Ovide  ( 43 av. J.-C.- 17 ou 18 ap. J.-C. poète latin qui vécut durant la période qui vit la naissance de l'Empire romain), lorsqu'il reprend l'épisode dans ses Métamorphoses.


- Récits de Macarée relatifs à Ulysse : chez Éole et les Lestrygons – Circé et une double métamorphose (14, 223-307)


...La déesse reçoit les Grecs avec bienveillance et leur offre une boisson de sa fabrication. Sans méfiance, ils l’avalent avidement, tandis qu’elle effleure leurs têtes de sa baguette magique. Aussitôt, ils sont métamorphosés en pourceaux et enfermés dans une étable. Seul l’un d’eux, Euryloque, qui s’est abstenu de boire, échappe à ce triste sort et peut ainsi aller prévenir Ulysse, qui décide de venger ses compagnons. (14, 271-290)...


Muni d’une herbe magique et des recommandations de Mercure, le héros d’Ithaque entre chez Circé, bien résolu à se défendre : il refuse la potion qu’elle lui offre, l’effraie en la repoussant avec son épée, et finit par la séduire et obtenir qu’elle rende à ses compagnons leur forme humaine. Cette seconde métamorphose vaut à Ulysse la reconnaissance éperdue de ses hommes. (14, 291-307)...
 

Briton Rivière (1840-1920) Circé et les compagnons Ulysse

Briton Rivière (1840-1920) Circé et les compagnons Ulysse

 

 I° au V° siècle 


 

Les Matronalia sont célébrées le 1er mars (qui était le premier jour du printemps chez les Romains), et sont considérées aujourd'hui comme la "fête des mères latine" ; Il faut bien noter que seules les femmes mariées sont concernées par les Matronalia. 

 

Elles célébraient la naissance de Rome, le Printemps, les enfants et les mères, le jour où les femmes amadouaient le dieu de la guerre et de l’agriculture, Mars, sous l’égide de Junon, protectrice des jeunes épouses honorées avec des perce-neige. Elles recevaient des cadeaux et de l'argent de leurs maris puis elles se rendaient au temple de Junon, la tête couronnée de fleurs et en offraient à la déesse.
 

Matronalia

Matronalia

 

III° siècle av. J.C.

 


Le perce-neige est connu de Théophraste (371  av J.C.-288 av J.C.) philosophe de la Grèce antique dans son ouvrage Recherches sur les plantes (Livre VI) sous le nom de Leucoion bulbosum (en grec ancien littéralement violette blanche) sans faire de différences entre Galanthus Nivalis et Leucojum vernum. 
 

Theophraste - Théodor Galle (1571-1633)

Theophraste - Théodor Galle (1571-1633)

 

VIII°siècle

 

En Italie et autres pays d’Europe la statue de la Vierge Marie était enlevée de l’autel le jour de la fête de la présentation de Jésus au temple, et la purification de Marie. Des perce-neige symbole de pureté étaient répandus à son emplacement.

 

Les fleurs furent appelées "Cloches de la Chandeleur" et le 2 février devint connu comme jour de la Chandeleur. 
 

présentation de Jésus au temple, et la purification de Marie,

présentation de Jésus au temple, et la purification de Marie,

 

 XVI° siècle 

 

 

Dès le Moyen-Âge, la plante a été dédiée à la Vierge et souvent plantée dans les vergers et jardins des monastères. 

 

Bourdichon, Jean (v. 1457-1521). Enlumineur


Horae ad usum Romanum, dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne

Pavot et perce neige
 

Pavot et perce neige

Pavot et perce neige

 

Bourdichon, Jean (v. 1457-1521). Enlumineur

Horae ad usum Romanum, dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne

perce neige

perce neige

perce neige

 

Bourdichon, Jean (v. 1457-1521). Enlumineur

 

Livre d'Heures à l'usage de Rome (1500-1510)
 

perce neige

perce neige

 

XVII° siècle


Jean Franeau, né en 1577.
Jardin d'hyver ou Cabinet des fleurs, 1616.

 

..." Avec la tendre clef d'un bouton tendrelet,

Sortant de son étui un fleuron tout douillet,

Qui porte seulement pour tout son équipage

Deux feuilles de verdure, et jamais d'avantage.

Mais la fleur en a trois, plus blanches que le lait

Et son petit feuillage au milieu plus parfait

Taille trois petits cœurs en petites feuillettes :

Ainsi par deux fois trois se forment ces fleurettes."...
 

perce neige

perce neige

 

La première mention du terme date de 1641 dans le manuscrit poétique de la Guirlande de Julie.

 

"La Guirlande de Julie" est un célèbre manuscrit poétique français du XVII° siècle conservé à la Bibliothèque nationale de France.

Mythologie des fleurs - le perce-neige

 

Charles de Sainte-Maure, marquis de Montausier tomba amoureux de Julie d'Angennes, lorsqu'il la vit la première fois en 1631. Julie d'Angennes, dite "l’incomparable Julie" et aussi "la divine Julie" ou "Princesse Julie".

Pour charmer la jeune femme qui était l’objet de son admiration et de son culte, décida de lui offrir un ouvrage surpassant tout ce qui pouvait se voir alors de plus singulier et de plus délicat en galanterie à la louange , il eut l’idée de demander aux habitués du salon de Catherine de Vivonne, parmi lesquels les gens de lettres et quelques beaux-esprits de ses amis,  d’écrire des poésies où chaque fleur chanterait les louanges de Julie. Il en résulta un des manuscrits les plus extraordinaires du XVII° siècle et un des points culminants de la société des Précieuses.



Ce manuscrit ne fait pas de distinction entre les différentes espèces que le terme désigne aujourd'hui. 

 “Zephire à Iulie”(sic), miniature de La Guirlande de Julie, v.1641, parchemin, folio 4r ©Paris, BnF

“Zephire à Iulie”(sic), miniature de La Guirlande de Julie, v.1641, parchemin, folio 4r ©Paris, BnF

 

Henri Louis Habert de Montmor (1603-1679), est un érudit et homme de lettres français.

La Guirlande de Julie, 1641

 

 

La Perce-neige. 


 
"Fille du bel Astre du jour,

Je nays de sa seule lumière,

Alors que sans chaleur, à son nouveau retour,

Des mois il ouvre la Carrière.

Je vis pure, et dans la froideur ;

Et mon teint, qui la Neige efface

Conserve son éclat dans l’extrême rigueur

De l'hyver couronné de glace.

Fleurs peintes d'un riche dessein

Que le chaud du Soleil fait naistre,

Et qui, peu chastement, ouvrez votre beau sein

Au Père qui vous donna l'estre ;

Vous qui sans pudeur aux Zéphirs

Souffrez découvrir vos richesses,

Et vous laissant toucher à leurs foibles soupirs,

Ployez sous leurs molles caresses ;

Osez-vous, peu modestes Fleurs,

Prétendre Couronner cette beauté sévère ?

Et ne craignez-vous point les cruelles froideurs

Dont elle sait punir une âme téméraire ?

N'ayez plus cette vanité,

Puis que seule je dois obtenir l'avantage

D'orner de son beau chef l'auguste majesté,

Lors que de tous les cœurs elle reçoit l'hommage,

Au Throsne de la pureté."

perce neige

perce neige

 

Isaac de Benserade, 1612-1691, écrivain et dramaturge français.



Madrigal, La Guirlande de Julie

 


"Sous un voile d’argent, la terre ensevelie

Me produit, malgré sa fraîcheur,

La neige conserve ma vie,

Et, me donnant son nom, me donne sa blancheur,

Mais celle de ton sein, adorable Julie,

Me fait perdre aux yeux éblouis

La gloire désormais ternie

Que je ne cédais pas au lys."

 

 

 

La première mention du terme date de 1641 dans le manuscrit poétique de la Guirlande de Julie.


Ce manuscrit ne fait pas de distinction entre les différentes espèces que le terme désigne aujourd'hui. 

Elise Ferguson - perce-neige

Elise Ferguson - perce-neige

 

Mr. Brouhault, chanoine régulier de Caen,

1670.  - Recueil d’œuvres 

 

 

Perce neige


"Cette plante que je figure,

Malgré des vents pernicieux

Les efforts les plus furieux,

S'éclot, et paraît toute pure.

Quoi que l'Aquilon envieux

Tâche d'effacer sa peinture,

Il ne peut ravir à nos yeux

L'unique fleur dans la froidure."

Perce neige

Perce neige

 

 

XVIII° siècle

 


Le nom perce-neige est tout d'abord féminin (Guirlande de Julie, 1641) et mentionné par l'Académie française du début du XVIIIe siècle comme tel. 

 

Cependant, dès 1727, le dictionnaire de Furetière le donne masculin. Par la suite, de nombreuses publications attestent d'un usage régulier des deux genres grammaticaux. Ces deux genres sont actuellement autorisés. Quant au pluriel, deux possibilités existent depuis la réforme de l'orthographe de 1990 : des perce-neige ou perce-neiges.

 

Les francisations Leucoyon triphilon ou Leucoyon à trois feuilles (G. nivalis), Leucoyon exaphilon (L. vernum) sont utilisées aux XVIIe siècle, XVIIIe siècle et XIXe siècle. Les transcriptions littérales existent également comme Violier bulbeux, Violier d'hiver ou Treffeulle. Des termes comme Violette blanche ou Violette bulbeuse apparaissent également. Il existe aussi une Gyrophlee blanche, conséquence du partage de Leucoion avec la Giroflée. 

 

Au milieu du XVIIIe siècle, Linné classe les deux espèces en deux genres séparés et les nomme Leucojum et Galanthus, noms toujours en vigueur aujourd'hui. Leurs francisations sont créees respectivement en Leucoie et Galant, Galand, Galanthe, Galanthème ou Galanthine (Le nom "galantine" (sans "h") était déjà donné aux ancolies). Contemporain de Linné, Lamarck crée en 1782 dans l'Encyclopédie méthodique un autre nom tout aussi ambigu : Nivéole, du latin niveus, neige.
 

niveole de printemps

niveole de printemps

 

XVIII° -XIX° siècle

 

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris. 


Il correspondait à quelques jours près (selon l'année) à la période allant du 20 janvier au 18 février du calendrier grégorien. Il tirait son nom  "des pluies qui tombent généralement avec plus d'abondance de janvier en février", selon les termes du rapport présenté à la Convention nationale le 3 brumaire an II (24 octobre 1793) par Fabre d'Églantine, au nom de la "commission chargée de la confection du calendrier".


Dans le calendrier républicain,  "Perce-neige" était le nom attribué au 4e jour du mois de pluviôse.
 

Pluviôse 21-22 janvier au 18 février

Pluviôse 21-22 janvier au 18 février

 

XIX° siècle

 

Armand Gouffé (1775-1845)


 Encore un ballon, ou chansons et autres poésies nouvelles, 1807

 

 

La perce neige, la fleur d'hiver

 

 Rien de plus gai que le printemps,

Rien de plus joli que la rose ;

Mais on les chanta de tout temps;

Mes amis, parlons d'autre chose.

L'hiver, moins triste qu'on ne croit,

Voit quelques fleurs dans son cortège:

Dussé-je paraître un peu froid,

Je vais chanter la perce-neige. 

 

Nous pouvons comparer nos jours

Aux quatre saisons de l'année :

os moments heureux sont trop courts...

Chaque fleur, est trop tôt fanée.

Quand le temps vient d'un noir brouillard

Couvrir nos heures, qu'il abrège,

J'aime à voir sourire un vieillard

J'aime à cueillir la perce neige.

 

Sur la neige Vénus un jour

En tombant perdit sa ceinture :

Auprès de là veillait l'Amour;

Il voit...ô la bonne aventure !

Il voit un sein dont la blancheur

Provoque sa main sacrilège ;

Puis un bouton... d'une fraîcheur !...

 

Vénus se relève et s'enfuit :

Au dieu malin la fleur échappe,

Et la déesse,qu'il poursuit,

Lui répète en riant sous cape:

"Va, laisse, moi, petit trompeur ;

"Je connais trop bien ton manège ;

"Tu ne veux que percer un coeur

"En cueillant, une perce-neige.

 

Depuis ce temps l'Amour, jaloux

De revoir cette fleur chérie

La cherche, en tous lieux parmi nous,

Dans les bosquets, dans la prairie :

Et c'est en suivant ses leçons,

Jeunes beautés, vous le dirai-je ?

Que vous voyez tant de garçons

Courir après la perce-neige.

 

Belles, qui chérissez les fleurs:

Du dieu malin craignez l'adresse ;

Craignez les ruses des voleurs ;

Craignez surtout votre faiblesse :

N'accordez, rien au jeune amant

Qui vous lutine et vous assiège ;

Il prend, la rose lestement

Lorsqu'il a pris la perce-neige.

François Boucher - Vénus et Amour

François Boucher - Vénus et Amour

 

 

Madame Charlotte de Latour

 

Le langage des fleurs - 1825

 

Perce neige


"Une fleur délicate, apparaît tout à coup au milieu du voile de neige qui couvre nos champs ; elle montre à nos yeux surpris ses clochettes d'ivoire, qui porte dans leur sein un léger point de verdure, comme si elles avaient été marquées pare l'espérance. En s'épanouissant sur la neige, celle aimable fleur semble sourire aux rigueurs de l'hiver, et nous dire : Je viens calmer vos alarmes ; je viens vous consoler de l'absence des beaux jours."
 

perce neige

perce neige

 

Charles-Louis Mollevaut (1776-1844) - poète 

 

Cent fables, de quatre vers chacune, 1821

 


.."Qu'importe des hivers la longue tyrannie !

Disait un Perce-Neige, éclatant de blancheur ;

Je brave l'aquilon, les nuits et leur fraîcheur.

Qui peut arrêter le génie ?..."

perce neige

perce neige

 

Albert Montémont ( 1788-1961) - écrivain

 

 La Psyché, 1826
 

 

" Humble fleur qui perce la neige,

C'est toi que je chante en mes vers,

Du printemps ouvrant le cortège,

Tu viens condamner les hivers.

Avec toi tout semble renaître,

Tout s'anime aux bois d'alentour,

Et, joyeux de te reconnaître,

L'oiseau te célèbre à son tour. "
 

Ellaine Hush -  Rouge-gorge et perce-neige

Ellaine Hush - Rouge-gorge et perce-neige

 

Paul-Émile Debraux (1796-1831) - poète 


Le Momusien, 1828

 

" Que j'aime à voir le Perce-neige !

Il nous dit que dans peu d'instants

Des hivers, le triste cortège

Va se fondre aux feux du printemps

Cette fleur à la voix de flore

Est enfin prête à scintiller

Doux rossignols, chantez encore,

Le Perce-neige va briller ! "
 

perce neige - Mariapia

perce neige - Mariapia

 

 

Louis-Charles Maurice-Saint-Aguet (1809-1873) 

 

 

A mes Perce-Neige, 1835

 


Pauvres fleurs, qui germez au soleil des hivers,

Quand son pâle rayon vient féconder la neige,

Allez. J'ai fait de vous un timide cortège,

Pour m'annoncer au seuil du lyrique univers.


Et j'ai fait un bouquet de vos frêles calices,

Pour les jeter, chétif, dans un monde moqueur ;

Heureux ! s'il peut percer, comme des froids cilices,

La neige de la terre et la neige du cœur !


Heureux! si, dans le bal, par sa pitié séduite,

Une femme aux gants le relève éploré ;

Si quelque jeune fille, au front décoloré,

Sur le linceul des champs, par un chagrin conduite,

Le regarde en passant au jardin défloré !

 

Allez... Je serai fier, si votre éclat compense

Ce qu'apporte l'hiver de deuil et de silence

Dans les âmes et dans les cieux !

Oh oui ! car j'aurai fait ce qui récompense

Par des mots écrits dans les yeux !

 

San avenir, hélas ! vous courbez votre tige,

Tremblante et désolée, au-dessus du trépas,

Comme un enfant, la nuit, penché par un vertige

Sur un lac ténébreux qui ne réfléchit pas.

 

Oh tant mieux ! ...si la femme au coeur futile évite,

Plur son bouquet de bal, votre jeune pâleur !

Tant mieux ! - Si vous saviez comme on se flétrit vite,

Quand on a de leur sein respiré la chaleur ! ...

 

Mais si vous devinez la tristesse et la grâce

Dans celles qui viendront marquer un frais contour

Avec leurs petits pieds, et laisser une trace

Parmi les neiges d'alentour ;

 

Oh laissez-vous cueillir, si votre heure est éclose !

De leur âme d'enfant vous avez la couleur  ;

Heureuses ! ... restez-y long-temps ! ... c'est quelque chose

de s'y faire une place auprès d'une douleur !
 

Anne Cotterill (1933-2010) - perce neige

Anne Cotterill (1933-2010) - perce neige

 

Jean Baptiste Gindre de Mancy (1797-1872) - poète


Les Deux Bourgognes, 1836

 

poème dédié à Mme Marie Nodier Menessier

 

 

La Perce-neige

 

" …Là, dès que Février voit sourire un beau jour,

Sylphides et Follets au fortuné séjour

Reviennent empressés, et, sous leur tiède haleine,

Du milieu des frimas qui blanchissent la plaine,

Soudain la Perce-Neige offre à l'œil étonné

Son calice de miel et son front couronné… "
 

perce neige

perce neige

 

 

J.J. Grandville (1806-1843) - illustrateur

 

 

 

Primevère et Perce-neige

 

 

- Primevère ! Primevère ! réveille-toi !

- Qui m’appelle ?

- C’est Perce-Neige, ton ami, qui a froid et qui voudrait se réchauffer à ton haleine !

- Pourquoi ai-je dormi si longtemps ! Il fait si bon respirer la brise printanière,

voir l’herbe verte, sentir la tiède odeur des bourgeons, se mirer dans le clair ruisseau !

- Sans moi tu dormirais encore, c’est à moi que tu dois
les sourires de cette riante matinée d’avril.

Si tu savais comme tu es jolie dans ton petit corsage blanc,
comme tes joues sont fraîches,

comme tu t’inclines gracieusement sous la brise qui t’effleure !

Penche vers moi ta corolle, et laisse-moi te donner un baiser.

- Le printemps n’aime pas l’hiver ; la jeunesse n’aime pas la vieillesse.
Tu vas mourir et tu parles d’aimer !

- Mes forces se sont épuisées à percer les dures neiges de l’hiver ;
mais ton parfum me ranime, Primevère; l’amour me fera revivre.

- N’entends-tu pas dans l’air comme un battement d’ailes invisibles ?
Il arrive le jeune Zéphire ;

c’est lui que je veux aimer, c’est lui qui aura mon premier baiser.

- J’ai fleuri jusqu’à ce jour malgré la glace; je sens venir le printemps ;
me faudra-t-il mourir sans entendre le doux chant des oiseaux,
sans sentir la chaleur vivifiante du soleil et de l’amour!

- Les vieillards ne sont faits ni pour le soleil ni pour l’amour ;
l’air chaud du printemps et des passions brise leur poitrine débile.
Malheur à celui qui aime trop tard !

Pendant qu’elle parlait, Zéphire planait sur la Primevère ;
haleine et parfum, tout se confondit.

Le vent, ému de ce baiser, passa sur la tête du Perce-Neige ;
il mourut tué par la première brise.

Mythologie des fleurs - le perce-neige

 

Auteur anglais - 1864

 

"Perce-neige ! Oh ! Précoce enfant de la Nature,

Candide fleur, à l'âme aussi blanche que pure,

Lève ta tête, au sol penchée en abat-jour,

Et parles-nous du Dieu qui te donna le jour ! 

 

Grêle, pâle, abattue et timide et tremblante,

Bien rudement bercée, et mainte fois souffrante.

Par Dieu je fus choisie entre toutes les fleurs

Pour proclamer sa gloire, annoncer ses splendeurs. 
 

perce neige - Meta Goetz

perce neige - Meta Goetz

 

Jean Antoine Petit, dit John Petit-Senn (1792-1870) - Ecrivain suisse

 
Mes cheveux blancs, 1864 - ( Julien frères, Genève)

 

 

La perce neige


"Lorsque la terre aux flancs arides

Dans l'hiver étale ses rides

Et frissonne au souffle de mars,

Voici déjà la perce-neige

Qu'un rayon de soleil protège,

Du gel défiant les hasards !

Sous sa feuille elle éclot cachée,

Et là, modestement penchée,

Des mortels fuyant les dédains,

Cette pâle fleur printanière

Nous semble en s'ouvrant la première

L'hirondelle de nos jardins."

Mythologie des fleurs - le perce-neige

 

Antonio Spinelli (1822-18..) - poète

 

Recueil : Ce que disent les fleurs, sonnets,  1864 

 

 

" Sur mon front, que rien ne protège,

Toujours du givre, du verglas ;

Toujours des glaçons, des frimas ;

Encore et toujours de la neige !

Qu'importe ! Mes pétales blancs,

Qui s'épanouissent, tremblants,

Aux pâles aubes indécises,

Consolent les cœurs pleins d'amour ;

Car ils annoncent le retour

Du soleil et des tièdes brises. "


 

perce neige

perce neige

 

Hippolyte de Saint Anthoine Comte de Fleury (1806 -1891) - poète


Recueil :  Dernières Feuilles des bois, 1879

 

 

" À toi, salut, petite fleur !

J'aime ta robe virginale !

Tu viens, courrière matinale,

Nous porter des jours de bonheur.

Fille du froid et de la neige,

Ô caresse longtemps nos yeux,

Et que ton souffle radieux

De la souffrance nous allège ! "
 

perce neige

perce neige

 

Dante Gabriel Rossetti ( 1828-1882)

peintre, poète, traducteur et écrivain britannique.

Perce neige

Dante Gabriel Rossetti ( 1828-1882) perce neige

Dante Gabriel Rossetti ( 1828-1882) perce neige


Louis Legendre (1851-1908) - poète


Ce que disent les fleurs : poésies, Paris, 1891

 

 

Le perce neige

 

On n'avance qu'avec effort ;

Le ciel est noir, la terre est blanche ;

Pas un oiseau sur une branche ;

Partout l'hiver, partout la mort !

 

Mais un Perce-neige, qui sort

Du sol aride où l'on se penche,

Du printemps prédit la revanche :

On ne sent plus le vent du nord
 

 Firmin Bouisset (ill.), -  Louis Legendre (1851-1908) - ce que disent les fleurs

Firmin Bouisset (ill.), - Louis Legendre (1851-1908) - ce que disent les fleurs

 

Léon Barat. 

 

Recueil : En passant par la Lorraine, 1892 

 

 

La perce-neige, 

 

" Salut, fleur de la Vierge ! Aimable avant-courrière

Qui des champs endormis présages le réveil ;

La terre au loin tressaille et sort d'un long sommeil,

Comme autrefois Lazare échappé de la bière.

 

Ton apparition annonce la première

Le départ des hivers, le retour du soleil

Et le travail du sol hier encor pareil,

A quelque monotone et vaste cimetière.

 

… Salut, fleur de la Vierge, humble fleur, toi qui rends

L'espoir de jours meilleurs à nos esprits souffrants,

Et consoles les coeurs assombris et moroses.

 

Des vents plus tièdes vont succéder aux autans

Qui font trembler l'arbuste où fleuriront les roses.

A bientôt la chanson joyeuse du printemps.
 

 

Viola Sado - Perce-neige

Viola Sado - Perce-neige

 

Charles Rouvin 


La poésie des fleurs, 1894

 


" …Mais toi, fleur de l'hiver, modeste Perce-neige,

Qui, comme le sourire ébauché sous les pleurs,

Risque ta note gaie au milieu du cortège

Dont la saison de deuil s'entoure en ses rigueurs… "
 

Perce neige

Perce neige

 

Dans les arts décoratifs, le motif est également prisé des ornemanistes, en particulier au temps de l’Art nouveau.

 

Eugène-Samuel Grasset, né à Lausanne le 25 mai 1845 et mort le 23 octobre 1917 à Sceaux, est un graveur, affichiste, décorateur et architecte français d'origine suisse, représentatif de l'Art nouveau.

- La Plante et ses applications ornementales, Paris, 1896
 

 Eugène-Samuel Grasset, La Plante et ses applications ornementales, Paris, 1896

Eugène-Samuel Grasset, La Plante et ses applications ornementales, Paris, 1896

- La Plante et ses applications ornementales, Paris, 1896
 

 Eugène-Samuel Grasset, La Plante et ses applications ornementales, Paris, 1896

Eugène-Samuel Grasset, La Plante et ses applications ornementales, Paris, 1896

 

Walter Crane (1845-1915) est un artiste majeur anglais.

 
Il fut également théoricien, écrivain, et socialiste convaincu. C'est l'un des principaux acteurs du mouvement artistique des Arts & Crafts. 


D'abord connu comme illustrateur, puis fervent promoteur des arts décoratifs, il a exercé son art dans de nombreux domaines : l'illustration, la peinture, la céramique, le papier peint, la tapisserie, etc.

 

Le perce-neige de la fête de la flore

 

perce neige  Walter Crane

perce neige Walter Crane

 

 

XX° siècle

 

 

Tout au long des siècles ultérieurs, son utilisation est tantôt mentionnée pour l'espèce Galanthus nivalis, tantôt pour Leucojum vernum. En atteste l'usage qu'en font les deux grands auteurs de la flore française du début du XXe siècle, Hippolyte Coste l'utilise pour Leucojum vernum alors que Gaston Bonnier pour Galanthus nivalis.
 

Leucojum vernum et galanthum vernum
Leucojum vernum et galanthum vernum

Leucojum vernum et galanthum vernum

 

Charles Cros (1842-1888) poète et inventeur français

Le collier de griffes, 1908 (publication posthume).

 


" Ma pensée est un perce-neige

Qui pousse et rit malgré le froid

Sans souci d'heure ni d'endroit

Ma pensée est un perce-neige.

Si son terrain est bien étroit

La feuille morte le protège,

Ma pensée est un perce-neige

Qui pousse et rit malgré le froid. "

Olga Darchuk Vyacheslavovna - perce-neige

Olga Darchuk Vyacheslavovna - perce-neige

 

Charles-Nérée Beauchemin (1850-1931) poète québécois.

Recueil : Patrie intime, 1928

 

 

La perce-neige des champs


 
C'est depuis toujours qu elle essuie 

Averses, gels et tourbillons, 

La perce-neige des sillons 

Qu'un fil de tige, à peine appuie, 

Contre le vent, contre la pluie. 

Dans le vaste espace de l'air, 

Une flamme ensoleille-t-elle 

Le nuage qui dégouttelle ?

La petite fleur d'azur clair 

Se dresse et reprend le même air. 

La verte tige printanière, 

Vers le soleil, vers le ciel bleu, 

Comme pour rendre hommage à Dieu, 

Ne veut pas être la dernière

À hausser son brin de bannière. 
 

perce neige

perce neige


Charles-Nérée Beauchemin (1850-1931) poète québécois. 


Recueil : Les floraisons matutinales

 

 

Perce-neige

 

Radieuses apothéoses

Du soleil d'or et du ciel bleu,

Fraîche gloire des printemps roses,

Pourquoi donc durez-vous si peu ?

 

Pourquoi donc êtes-vous si brèves,

Aubes de l'enfance ? Beaux jours,

Si pleins d'aromes et de sèves,

Pourquoi donc êtes-vous si courts ?

 

Jeunesse, où sont-elles allées

Les hirondelles de jadis ?

Où sont les ailes envolées

De tes merveilleux paradis ?

 

Et vous, poétiques chimères,

Que dore un rayon d'idéal,

Blondes idylles éphémères,

N'auriez-vous qu'un seul floréal ?

 

Ô fleurs, vous n'êtes pas finies !

Les plus tristes de nos saisons

Auront encor des harmonies

Et des regains de floraisons.

 

La mortelle saison du givre

N'a pas tué toutes nos fleurs :

Nous pourrons encore revivre

Le passé, dans des jours meilleurs.
 

Oksana Lupich - perce-neige

Oksana Lupich - perce-neige

 

Robert Desnos (1900-1945) poète


Chantefables et Chantefleurs, 1952.

 

 

Le Perce-Neige

 

Violette de la Chandeleur, 

Perce, perce, perce-neige, 

Annonces-tu la Chandeleur, 

Le soleil et son cortège 

De chansons, de fruits, de fleurs ? 

Perce, perce, perce-neige 

À la Chandeleur. 
 

perce neige -  Maria Spotl

perce neige - Maria Spotl

 

Annaïk Le Léard (1892-1972), poètesse


 

Quand la neige tombe...

 

Quand la neige tombe,

Est-ce une colombe

Qui secoue au vent 

Son plumage blanc ?

 

Ou tout un cortège

De blancs perce neige

Qui suit en dansant 

Le prince charmant  ?
 

perce neige

perce neige

 

Rene Cloke (1905-1995)  illustrateur anglais

Elfes perce neige
 

Rene Cloke (1905-1995)  illustrateur anglais

Rene Cloke (1905-1995)  illustrateur anglais

 

KathyHare Illustratrice suisse (1890-1975)
perce neige

 

KathyHare Illustratrice suisse (1890-1975) perce neige

KathyHare Illustratrice suisse (1890-1975) perce neige


La Fondation Perce-Neige 


Reprenant ce symbolisme, l’acteur Lino Ventura (1919-1987) fut le fondateur avec sa femme de l’association Perce-Neige, devenue la fondation Perce-Neige en 2013.

 


combat initié en 1966, ayant pour but à apporter son soutien aux familles touchées par le handicap et à favoriser la recherche scientifique et médicale. Elle met en œuvre des actions communes avec des personnes, physiques ou morales, poursuivant des buts similaires. 


Perce-Neige poursuit ainsi le combat dans le respect des valeurs de son fondateur.
 

Mythologie des fleurs - le perce-neige

 

1972


Perceneige est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.


La commune est issue en 1972 de la fusion des six communes de Courceaux, Grange-le-Bocage (et son hameau Courroy), Plessis-du-Mée, Sognes, Vertilly et Villiers-Bonneux.

La nouvelle commune a pris alors le nom de Perceneige en référence à la naissance de la première fleur au sortir de l'hiver.
 

 

Perce neige et galantamine


La galantamine est un médicament dérivé du perce-neige, qui ralentit la progression de l'Azheimer. Elle est utilisée sous le nom de Reminyl. Il a une action favorable sur le comportement, une meilleure insertion dans la vie quotidienne.


La galantamine est par ailleurs un antagoniste des curarisants, un myotonique utilisable dans les séquelles de poliomyélite
 

Perce-Neige,Etude de la plante / M. P. Verneuil

Perce-Neige,Etude de la plante / M. P. Verneuil

 

XXI° siècle

 

 

Patrick Mioulane - Calendrier du jardinier 2010

 

 

 

Le perce neige

 

 

"Délicate goutte de lait qui brave les frimas,

Tinte le blanc carillon hivernal du perce-neige.

C’est la première corolle à naître sous ce climat.

Fleurir avant le printemps, étrange sacrilège !

Surgi du Paradis dans un gracieux cortège,

Voulant consoler Ève, désolée par l’hiver,

Un ange a soufflé sur un flocon de neige,

Et une fleur est éclose en saluant l’univers.

D’un blanc immaculé ses pétales entrouverts,

Évoquent la pureté, la tendresse, l’innocence.

À la Sainte Vierge Marie, ils font la révérence,

Un message d’espérance ébruité à couvert.

Les mots grecs gala, lait et anthos, la fleur,

Ont formé Galanthus, appellation galante,

Pour ce délicat bulbe dont les tendres pleurs,

En larmes de porcelaine dans le froid se lamentent. "
 

perce neige - Mariapia

perce neige - Mariapia

 

 

Mythes et légendes

 

 

Les larmes d'Eve, ou le cadeau de l'ange


La genèse et le perce-neige :

"Adam et Eve, bannis du Jardin d’Eden, se retrouvent dans un paysage hivernal stérile. Ils errent sans fin dans la tempête de neige, frigorifiés, terrorisés et démoralisés. Eve pleure. 


Dieu prit pitié et envoya un ange pour les réconforter et les assurer de l’approche du printemps. Tandis qu’il parle avec Eve, l’ange attrape un flocon de neige dans sa main, souffle dessus et créé le premier perce-neige. La plante fleurit et l’espoir était né. *


L’ange ramasse une poignée de neige et la répand à terre. Partout où la neige tombée de sa main touche le sol des perce-neige jaillissent et fleurissent." 

 


le perce-neige est encore connu sous les noms de "Eve's tears" (larmes d'Eve) et de "white tear".
 

Mythologie des fleurs - le perce-neige

 

La création  du perce neige

 

"Quand Dieu fit toutes choses sur la terre, il demanda à la neige d'aller vers les fleurs et de se procurer un peu de couleur de leur part. Une par une les fleurs refusèrent.


Alors, très affligée, elle demanda au perce-neige de lui donner un peu de sa couleur et le perce-neige accepta.

 

En remerciement, la neige lui permet de fleurir le premier chaque fois que le printemps se montre."

perce neige - Ida Bohatta Morpugo

perce neige - Ida Bohatta Morpugo

 

Selon Pierre Dubois et René Hausman qui ont écrit et illustré L'Elféméride, Le grand légendaire des saisons - Automne-Hiver (2013), 


    "Les légendes à barbe de brume et nez froid racontent qu'à la fin du mois de janvier, la Vieille femme de l'hiver, Cailleach Bheur (gaélique), Perchta (anglais), Holda (germanique), se transforme en Belle fille de février, et sous la neige se couche pour attendre son amant...

C'est de son haleine fiévreuse que vont naître les perce-neige, les sourires, les soupirs et les rires du printemps."
 

Linda et Roger Garland - la déesse de la glace

Linda et Roger Garland - la déesse de la glace

    

Au Pays de Galles,

Le perce-neige est appelé "belle fille de février".

C'est parce qu'elle était jalouse des jolies fleurs de cristal de givre que la reine du Gel brodait sur les fenêtres et aux pointes des brindilles, que la Reine des Neiges eut l'idée de créer les perce-neige.

 

Dans la vieille Ecosse,

février est Faoilleach, "le mois du loup" :

"En pissant sur la neige, la louve y laisse des fleurs de gouttes de lait."

 

Mythologie celte, 


Il était une fois la fée du Printemps qui  était l'incarnation de la très puissante déesse Brigid.

Elle se piqua à un doigt en se battant avec l'Hiver bardé de houx qui ne voulait pas lui céder la place et désirait garder les ours, les loirs et les écureuils en hibernation. Des gouttes de sang tombèrent sur la neige : elles la firent fondre et un perce-neige y poussa.

Emu, l’Hiver laissa la place au Printemps
 

perce neige

perce neige

 

conte Roumain

Le prince et le perce neige 


Par une nuit d’orage, une vieille femme se rendit au palais pour demander asile. Le prince la vit et lui demanda de partir ou de travailler pour gagner le droit d’être abritée. C’est alors que la vieille femme se changea en princesse et lui dit :

- "Vous n’avez ni pitié, ni âme. Vous serez transformé en cheval et le sort ne sera rompu seulement si une jeune fille sincère vous donne un cadeau".

Bien des années passèrent. Le prince était malheureux et désolé de ce qu’il avait fait. Bien des princesses vinrent lui apporter un cadeau. Mais le sort s’acharnait contre lui.

Pourtant, un jour, une jeune bergère nommée Giralda qui était amoureuse du prince ramassa un perce-neige. Elle l’enveloppa dans un papier blanc et au dos du papier, elle écrivit en rouge "martisor". En fait, ce cadeau était un symbole de son amour et quand elle le donna au prince, il redevint aussitôt humain.

Ils se marièrent donc et vécurent heureux ensemble. Et le prince décida que, chaque année le 1er mars, en souvenir, les garçons donneraient aux filles en gage de reconnaissance et d’amour un "martisor".
 

Mythologie des fleurs - le perce-neige

 

Martisor

Il était une fois une vieille dame qui s’appelait Dochia. Elle avait une belle-fille qu’elle haïssait de toutes ses forces. Un jour d’hiver, Dochia lui donna un manteau très sale et lui dit d’aller le laver dans la rivière et de ne pas rentrer avant que le vêtement ne soit tout blanc. La pauvre jeune fille obéit, mais plus elle lavait le manteau, plus il devenait noir. Désespérée, elle se mit à pleurer.


Soudain, un homme nommé Martisor apparut et lui demanda pourquoi elle pleurait. La jeune fille lui raconta son malheur. Alors, Martisor lui dit qu’il possédait des pouvoirs magiques. Il lui offrit une fleur aux pétales rouges et blancs, lui conseilla de laver le vêtement encore une fois et de rentrer ensuite à la maison. Et le miracle eut lieu !


Lorsque la jeune fille regagna sa maison, le manteau était blanc comme neige ! La vieille Dochia ne pouvait pas y croire. Mais, du coup, elle vit un perce neige dans les cheveux de sa belle-fille. Toute confondue, Dochia pensa que le printemps était venu et décida d’emmener ses troupeaux sur la montagne. Le temps était beau et la vieille enleva ses touloupes (vestes de peau d'agneau ou de mouton retournée), l’une après l’autre. Mais plus tard, la bruine remplaça le soleil trompeur. Au sommet de la montagne, Dochia rencontra Martisor qui la réprimanda d’avoir obligé sa belle-fille à supporter le froid et l’humidité. Puis, l’homme disparut.


La vieille Dochia resta seule sur la montagne. Le gel la transforma en pierre.
 

 

Le perce neige,et la jonquille


Un jour, le perce-neige s’est fâché avec la jonquille car elle a fleuri avant lui. Les deux fleurs ont alors commencé à se battre. La jonquille a blessé le perce-neige et du sang s’écoula sur la neige.

À l’endroit où est tombé le sang, un autre perce-neige blanc a poussé, mais il avait des taches rouges. Une jeune fille a trouvé la fleur et l’a attachée à sa poitrine. 

perce neige et jonquille

perce neige et jonquille

Voilà pourquoi,  au début mars, les Roumains,les moldaves et les bulgares tressent des fils rouges et blancs et les portent comme amulettes pour célébrer la victoire du bien contre le mal et l’arrivée du printemps.

 

Le perce-neige est étroitement lié à Martisor, la fête du printemps qui se célèbre le 1er mars en Roumanie, Moldavie et Bulgarie (Marteniza). Martisor dérive de artie, mars. 

Le martisor est une fine ganse formée de deux fils tressés, l’un blanc et l’autre rouge, auxquels on peut attacher une petite figurine en bois ou en métal (un cœur, une lettre, une fleur, un fer à cheval ou un trèfle à quatre feuilles) qui joue le rôle de porte-bonheur.

 

Cette fête évoque également notre Saint-Valentin :  

Voilà pourquoi,  au début mars, les Roumains,les moldaves et les bulgares offrent aux femmes des martisors, porte-bonheur en forme de broche ou de pendentif comprenant notamment deux fils torsadés, rouge et blanc.

Martisor verrait ses origines remonter à de plus de 2000 ans.

 

perce neige Martisor

perce neige Martisor

 

La sorcière hiver et la fée du printemps



Autrefois dans une lutte sans merci avec la sorcière Hiver, qui ne voulait pas céder la place, la belle fée Printemps se coupa au doigt et quelques gouttes de sang tombèrent sur la neige qui fondit. Aussitôt à la place du, sang poussa un perce-neige, symbolisant  la victoire du printemps sur l'hiver...
 

perce neige Cécily Mary Barker

perce neige Cécily Mary Barker

 

Les joyeux contes d'Ingoldsby


de John Flanders (1788-1845)


Jadis, dans la vieille Angleterre d'Ingoldsby, les habitants de Tappington se précipitaient dans les bois, aux premiers jours de février, à la recherche d'un brin de "wonderful snowdrop".

Le chanceux qui le premier ramenait triomphalement son bouquet au village, devenait durant un mois une sorte d'ordonnateur du temps. "L'homme aux perce-neige" pouvait commander à la neige, à la pluie, aux éclaircies. Il suffisait de le payer d'un pork-pie ou d'un jambon pour en obtenir averses, redoux ou belle onglée. Si le sort avait préféré privilégier une célibataire, elle obtenait le droit d'épouser parmi tous les Tappingtonais le gaillard de son choix."
 

Perce neige Trevor Waugh

Perce neige Trevor Waugh

Dans les éditions Gründ, un volume est consacré exclusivement aux fleurs qui s'intitule en français  "Les plus belles légendes de fleurs" (1992 tant pour l'édition originale que pour l'édition française). Le texte original est de Vratislav St'ovicek  et l'adaptation française de Dagmar Doppia.


 Il est conçu comme une réunion de fleurs qui se racontent les unes après les autres leur histoire ; le Perce-Neige raconte la sienne dans un conte venu de Pologne et intitulé tout naturellement "Nivéole" :

 

  - Tu pleures ? demanda la reine en se penchant sur la petite Perce-Neige. 
   - Non, mais je suis au bord des larmes, répondit la jolie fillette. 
   - Et pourquoi es-tu au bord des larmes ? insista la Rose. 
   - Parce que je suis triste. 
   - Et, pourquoi es-tu triste ? 
   - Parce que j'ai des contrariétés, répondit Perce-Neige. La Rose soupira:
   - Sais-tu ? Raconte-nous plutôt un joli conte enneigé ?

 

" Perce-neige ne se fit pas prier.

 

    "Il était une fois une petite fille qu'on surnommait Nivéole, car elle portait toujours un tablier blanc et des sabots blancs. Ses cheveux aussi étaient tout blancs et doux comme des aigrettes de pissenlit. Les parents de Nivéole étant morts depuis longtemps, une fermière avare la recueillit chez elle. La femme cupide se frottait les mains, ravie de sa chance :

- J'aurai une fille de ferme bien dégourdie pour rien ! A quoi bon jeter l'argent par les fenêtres ? "

    Et en effet, elle ne la ménagea pas. La petite travaillait durement du matin au soir, tombant littéralement de fatigue. en plus, la fermière chicanait sur chaque bouchée de pain, tant et si bien que la fillette se couchait souvent l'estomac vide. Bien des fois elle pleura en secret, cachée sous son édredon, regrettant sa mère et son père.

    Un soir d'hiver, la fermière se prépara pour aller au bal. Comme elle était aussi coquette qu'avare, elle passa la journée à se pavaner devant le miroir, à se parer et à se vêtir. Cent fois, elle changea de jupe et de corselet, sans être vraiment satisfaite. Nivéole ne savait où donner de la tête. Quoi qu'elle fît, elle contrariait l'arrogante coquette. Défaillant de faim, elle ramassa un pauvre croûton qui traînait sous la table pour l'avaler en cachette. Bien mal lui en prit. La fermière surpris son geste dans le miroir et se mit à invectiver la pauvre petite.

- Je t'y prends, ingrate ! Tu voles le pain derrière mon dos ? C'est ainsi que tu récompenses ta bienfaitrice qui t'a recueillie sous son toit ? gronda-t-elle, hors d'elle. Ecoute-moi bien : si d'ici de soir tu ne m'apportes pas des fleurs des prés pour me tresser une couronne, je ne veux plus te revoir dans cette maison.

    Nivéole eut beau la supplier, la fermière resta inflexible.

- Où vais-je trouver des fleurs en plein hiver ?  se lamenta-t-elle. 
Mais, comme la méchante femme ne voulut pas entendre raison, bon gré mal gré, elle mit son pauvre tablier blanc, chaussa ses sabots blancs et s'en alla. Il gelait à pierre fendre et la petite fille s'enfonçait dans la neige jusqu'aux genoux en claquant des dents. Pendant qu'elle se frayait péniblement un passage, elle aperçut tout d'un coup une petite vieille, assise dans la neige. Elle était blanche, toute blanche, comme le givre, et tremblait comme une feuille.

- Bonjour, grand-mère, salua Nivéole. 

Et, comme elle avait bon cœur, elle défit son tablier pour en envelopper les épaules de la pauvre vieille et les réchauffer un peu. Elle-même était saisie de froid.

- Merci, chère petite, souffla la malheureuse. Que fais-tu dehors par ce temps ? Nivéole lui fit part de son tourment, tout en versant de chaudes larmes.

- Allons, cesse de pleurer, dit la petite vieille. Nous trouverons bien une solution.  Elle sortit de sa poche une minuscule veste en mousse.

- Mets cette veste et mon frère le gel ne te brûlera plus, dit-elle.

    Nivéole se dit en elle-même que la veste n'était pas assez grande pour cacher son poing. Et, pourtant, à peine eut-elle introduit son petit doigt dans la manche de mousse que la veste se mit à grandir jusqu'à l'envelopper tout entière comme si elle avait été taillée sur mesure. La grand-mère leva les bras au-dessus de sa tête et appela : 

- Tombez, tombez, mes petites étoiles de neige, dans le giron de votre grand-mère ! transformez-vous en fleurs !     Et aussitôt, on eût dit que l'édredon des anges s'était déchiré dans le ciel. Des flocons se mirent à tomber en dansant et en virevoltant, en tourbillonnant et en tournoyant. Tous se posaient sur la grand-mère pour s'y transformer aussitôt en fleurettes blanches.

- Prends ce qu'il te faut pour tresser une belle couronne pour la fermière avare, proposa la gentille vieille à Nivéole, avec un sourire bienveillant. Si elle insiste, donne-lui également la veste de mousse et dis-lui que c'est la mère Hiver qui la lui envoie. Tu ne me verras plus cette année, car le printemps n'est pas bien loin. Mais, je te laisserai en souvenir de moi toutes ce jolies fleurs.  

Disant cela, elle prit toutes les fleurettes qui restaient encore, et les répandit dans le pré. Elle disparut sans donner à Nivéole le temps de se ressaisir.

    Toute joyeuse, la petite se mit au travail. Elle tressa une belle couronne et rentra à la ferme. La méchante femme n'en crut pas ses yeux. Elle voulut savoir où Nivéole avait trouvé ces fleurs et sa jolie veste, mais la petite ne révéla pas son secret. Excédée, la fermière cria :

- C'est un gâchis de laisser une si belle veste à une malpropre comme toi. Donne la moi, et tout de suite ! " La veste de mousse, minuscule, était tout juste à la taille de Nivéole. Mais, quand la fermière voulut la mettre, elle se mit à grandir jusqu'à envelopper la femme comme si elle avait été faire pour elle. Satisfaite, la coquette posa la couronne de fleurs blanches sur ses tresses, et se campa devant le miroir pour s'admirer. Hélas ! Elle faillit tomber de frayeur ! A la place de son visage, une affreuses petite vieille décharnée aux yeux froids, au nez qui pendait comme un glaçon et aux cheveux de givre, grimaçait dans le miroir. La jolie veste de mousse se transforma en boule de neige. Soudain, la porte s'ouvrit en grand et un home enneigé aux griffes glacées apparut sur le pas de la porte. C'était le Vent du Nord.

- Viens donc danser avec moi, ma jolie fiancée ! " tonna-t-il en saisissant la fermière par la taille. Il la fit tournoyer, puis l'emporta devant les yeux épouvantés de Nivéole.

Depuis ce jour, celle-ci s'occupe elle-même de la ferme et vit heureuse. Parfois, pendant les longues soirées d'hiver elle a l'impression que quelqu'un gémit dans la cheminée. Certains prétendent que c'est le bruit du vent, mais ne les croyez pas. Depuis ce temps, la vilaine fiancée du Vent du Nord vient s'y lamenter. Aujourd'hui encore, vous trouverez, à la fin de l'hiver, des fleurettes blanches qui s'épanouissent sur le pré où Nivéole rencontra la grand-mère. Petites filles de l'hiver, elles ne craignent ni le froid ni la neige. Ces petites fleurs tendres s'appellent perce-neige, comme moi-même."

  

 "Je sais, Perce-Neige, pourquoi tu as envie de pleurer, dit la Rose en souriant, lorsque la petite acheva son conte. C'est parce que le premiers rayons du soleil t'ont fait sortir des taches de son sur le bout de nez.!

Perce-Neige rit et versa une larme qui n'était, après tout, qu'une larme de bonheur."

perce neige - Christl Vogl

perce neige - Christl Vogl

 

Le perce neige dans le Langage des fleurs

 

Dans Le langage des fleurs, publié sous le pseudonyme de Charlotte de La Tour, de 1819 à 1827 par Louis-Aimé Martin, puis par Louise Cortambert à partir de 1844 dans un Nouveau langage des fleurs,

- le perce-neige symbolise la consolation.

 

Mythologie des fleurs - le perce-neige

 

Dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée, Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on apprend que :
         
- Le perce-neige, cette petite fleur blanche et parfumée, très humble, qui regarde le sol et baisse la tête, qui fleurit à la fin de l'hiver, annonce le printemps.

En Occident, elle est devenue symbole de consolation et d'espérance.


Elle est un symbole du courage, de l'endurance, de la fidélité inébranlable, chez "les Indiens de la Prairie."

 

perce neige  - Ida Bohatta.

perce neige - Ida Bohatta.

 

Dans certaines régions d'Angleterre,  le perce-neige (Belle fille de février, fleur d’Ève, goutte de lait, fleur de Bride ou de sainte Brigid), symbolise la pureté, l'espoir, la consolation.

perce neige - William John Pitcher

perce neige - William John Pitcher

 

Dans Le petit livre du langage des fleurs, par Jat, il signifie l'espoir.

Selon la fédération française des artisans fleuristes, offrir le perce-neige est un souhait "d'endurance et félicité pour toujours".

 

Annonciateur du printemps, son bouquet, placé dans la maison, à la chandeleur, assainit l'atmosphère, chasse la mélancolie, les vampires psychiques, les mauvaises influences, et amène lumière et bonheur.
 

Mythologie des fleurs - le perce-neige

 

Dans Le petit livre du langage des fleurs, par Jat, il signifie l'espoir.

Selon la fédération française des artisans fleuristes, offrir le perce-neige est un souhait "d'endurance et félicité pour toujours".

Anne Cotterill (1933-2010) - perce neige

Anne Cotterill (1933-2010) - perce neige


Pour en savoir plus sur le perce neige : 
 

Mythologie des fleurs - le perce-neige
Partager cet article
Repost0
3 janvier 2021 7 03 /01 /janvier /2021 20:56
mimosa

mimosa

 

Le mimosa est un arbre appartenant à la grande famille des Fabacées. Il en existe plus de 1200 espèces à travers le monde, aux coloris et aux formes variés.

 

Le mimosa porte en fait le nom du genre Acacia. De la famille des Mimosaceae, la fleur compte de nombreuses variétés, comme le mimosa "Clair de lune" d’origine méditerranéenne, ou les Floribunda et longiflora originaires d’Australie, et utilisés pour lutter contre l’érosion. Toutes les variétés sont dotées de petites fleurs jaunes pelucheuses. Le mimosa est une plante ligneuse.

mimosa clair de lune

mimosa clair de lune

ou les Floribunda et longiflora originaires d’Australie, et utilisés pour lutter contre l’érosion. Toutes les variétés sont dotées de petites fleurs jaunes pelucheuses. Le mimosa est une plante ligneuse.

mimosa floribonda

mimosa floribonda

acacia longifolia

acacia longifolia

Souvent utilisés dans la confection de bouquets pour apporter leurs notes ensoleillées, les pompons dorés du mimosa apparaissent dès le mois de décembre. Très résistant lorsqu’il vit dans de bonnes conditions climatiques, le mimosa pousse vite (de 30 à 60 cm par an). 

 

Pour conserver le mimosa, il est conseillé d’écraser le bout des tiges au marteau après les avoir coupées et de les mettre dans de l’eau tiède un peu sucrée.

 

Mythologie des fleurs - Le mimosa

 

Le mimosa fût importé en France sur la côte méditerranéenne depuis l’Australie, au début du XIXème siècle, par le célèbre explorateur James Cook.

 

Le mimosa s’adapta à son nouvel environnement, appréciant le climat ensoleillé et les gelées peu fréquentes de la Côte d’Azur. 

 

Aujourd’hui, on trouve le mimosa dans le monde entier, de l’Australie à l’Afrique du Sud.

capitaine James Cook - Nathaniel Dance

capitaine James Cook - Nathaniel Dance

 
Mandelieu-La Napoule, Capitale du mimosa


Commune du littoral méditerranéen et des Alpes-Maritimes, Mandelieu-La Napoule est la capitale du mimosa. Le mimosa, véritable "soleil d'hiver", est célébré, tous les ans en février,  période durant laquelle ces petits soleils illuminent les collines et enivrent les sens par ses effluves...

Mythologie des fleurs - Le mimosa

 

La Côte Atlantique n’est pas en reste : la douceur climatique de l’île de Noirmoutier permet de faire fleurir abondamment le mimosa, à tel point qu’on surnomme le lieu l’"île aux mimosas" !

 

Le Dr Viaud Grand Marais, dans son Guide du voyageur à Noirmoutier de 1947, écrivait :

- "L’air pur, sous ces arbres pressés, est embaumé par l’odeur des pins et des bruyères… Les mimosas étaient en fleurs au chalet Saint-Jean quand on faisait sauter à la dynamite la banquise de Saumur."
 

Mythologie des fleurs - Le mimosa

 

Le mimosa ne se contente pas d’être l’arbuste décoratif du début de l’année, il est également exploité pour ses essences, et a contribué au même titre que la rose à l’essor de la ville de Grasse au XIXe siècle.

 

Le mimosa entre ainsi dans la composition de parfums renommés, comme Amarige de Givenchy ou Paris d’Yves-Saint-Laurent.

 

On trouve autour de Grasse de nombreuses plantations, et le célèbre arbuste a même marqué de son sceau le nom d’une ville de la région : Bormes-les-Mimosas. 

Bormes Les Mimosas

Bormes Les Mimosas

 

 

Le mimosa dans le langage des fleurs

 

Dans la symbolique des fleurs, jaune lumière, on le compare au soleil.

 

Il est l’emblème de la magnificence, l'élégance, la tendresse, la sécurité, de la certitude et de l’amitié.

 

Le mimosa aurait aussi le pouvoir de favoriser les rêves prophétiques. Il suffirait pour cela de placer dans son oreiller deux ou trois rameaux chargés de fleurs.

mimosa

mimosa

 

Quant à la magie, elle utilise la fleur dans les rituels de purification du corps et de l’esprit, mais seulement en usage externe car le mimosa est une plante toxique.

 

Il représente aussi l’énergie féminine, c’est pourquoi depuis 1946, il est l’emblème de la Journée de la femme le 8 mars.

Christian Jequel - mimosa

Christian Jequel - mimosa

 

L’espèce la plus connue chez nous est communément appelée "mimosa des fleuristes", ou acacia dealbata. 

Christian Jequel - mimosa

Christian Jequel - mimosa

 


La légende dit que le Mimosa fleurit en hiver parce qu'il a gardé la mémoire de sa date de floraison en Australie.

Marc Chagall (1887-1985) Grand bouquet de mimosas 1977

Marc Chagall (1887-1985) Grand bouquet de mimosas 1977

Hervé Turpin

Hervé Turpin

Serguei Toutounov

Serguei Toutounov

Partager cet article
Repost0
12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 23:38

 

Mythologie


Le chrysanthème

 

...." Elle trouvait à tous ses bibelots chinois des formes "amusantes", et aussi aux orchidées, aux catleyas surtout, qui étaient, avec les chrysanthèmes, ses fleurs préférées, parce qu'ils avaient le grand mérite de ne pas ressembler à des fleurs, mais d'être en soie, en satin. "....

Marcel Proust  - A la recherche du temps perdu |

Louis Letsch (Allemand, 1856-1940) - vase de chrysanthèmes

 

 

Le nom Chrysanthème provient du Grec  "chrys" signifiant "or" et de "anthemon" signifiant "fleur", à son origine, il n'existait que de la couleur "doré".

 

Après des années de culture, le  Chrysanthème se décrit sous d’innombrables couleurs  allant du blanc au violet au rouge, et  sous  différentes formes en "marguerite" , pompons ou encore étoiles... 


 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

Le genre le plus connu est celui des chrysanthèmes d‘automne ou "chrysanthèmes des fleuristes", vendu essentiellement à l’occasion de la Toussaint.

 

Trop longtemps réservés à l'ornement des tombes, les entrent de plus en plus dans les jardins, les balcons et jardinières, et les chysanthèmes entrent également pour une grosse part dans les bouquets de fleuriste sous les noms de bonnies, santinis, margot, tokyos, vésuvios etc... 

 


Le chrysanthème est une fleur extraordinaire qui décline une élégance raffinée et une palette de couleurs subtiles et délicates. Selon les variétés, leurs pétales peuvent être parées de couleurs marron glacé, chocolat ou lavés de rose, mordorées, rouges flammées d'or, beige rosé, champagne, vert anis et les formes de leurs fleurs (doubles, simples, fleurs de marguerites, pomponnettes, alvéolées, tokyos échevelés, spiders aux pétales fins évoquant l'araignée, fleurs de mimosas ajanias ... ou à très grosses têtes boules type shamrocks), permettent de réaliser de splendides bouquets et compositions florales, ou en association avec d’ autres fleurs.

 

Leurs couleurs flamboyantes illuminent l'automne de couleurs chaudes, jusqu'aux gelées.

 

le chrysanthème est connu également sous le nom de renonculier et fleur de sainte Catherine. 

 

La poésie japonaise qualifie le chrysanthème de : "mer du soleil levant", "petit plateau d'argent", "lumière de la lune" ou "l'or retiré de la rivière" 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

Nom latin : Chrysanthemum indicum ou Dendranthema indicum.


Famille botanique : Astéracées anciennement Composées.


Principaux types : Le genre Chrysanthemum comprend une multitude d’espèces d’origines différentes.


Annuelles : 


C. carinatum, ou chrysanthème à carène, 

Le chrysanthème à carène (Chrysanthemum carinatum appelé aujourd'hui Ismelia carinata) ou chrysanthème tricolore est une plante annuelle au port dressé, ramifié, à croissance rapide, dont l'origine est l'Afrique du Nord. Ses feuilles vert vif, mesurant jusqu'à une dizaine de centimètres de long, sont pennatiséquées.
 

C. carinatum, ou chrysanthème à carène

C. carinatum, ou chrysanthème à carène


C. coronarium, cultivé en annuelle en pleine terre mais vivace en serre.

Le Chrysanthème couronné, Chrysanthème des jardins, Chrysanthème Comestible ou Chrysanthème à couronnes (Glebionis coronaria) est une plante annuelle, d'origine méditerranéenne, comestible, très utilisée en Asie. Il appartient à la famille des Asteraceae et au genre Glebionis, proche du genre Chrysanthemum.
 

Le Chrysanthème couronné

Le Chrysanthème couronné

Vivaces en pleine terre.

Chrysanthemum arcticum, chrysanthème vivaces à fleurs 
 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

Tous les chrysanthèmes actuels sont issus d’hybridation entre les espèces types  : 


- Chrysanthème indicum, 

Chrysanthème indicum


 

- Chrysanthème morifolium

Chrysanthème  morifolium. À Lijiang de la province du Yunnan, en Chine
 


 

- Chrysanthème rubellum et Chrysanthème de Corée.

chrysanthemum rubellum


 

- chrysanthèmes spiders qui portent de grosses fleurs aux longs pétales incurvés, 

Dans les compositions florales, on assiste à un grand retour des chrysanthèmes "spider", ceux qui portent de grosses fleurs à pétales incurvés. Leurs nuances dorées, bronze, orange, cuivre donnent aux bouquets un festival de couleurs automnales.

Spider (Chrysanthemum X grandiflorum

 

 

- chrysanthèmes marguerites simples, doubles ou semi-doubles, chrysanthème d’automne, marguerite d’automne 
Chrysanthemum  hybridum, 

chrysanthemum hybridum - princesse Charlotte
 

 

En France, le chrysanthème fleurissait les tombes, pendant la guerre de 14-18,  ce qui lui a valu cette image triste, encore aujourd'hui à la Toussaint, il est largement utilisé pour fleurir les cimetières. C'est pourquoi, il n'est pas vraiment apprécié en bouquet à offrir.


Pourtant le Chrysanthème symbolise le bonheur, l'optimisme, la joie et l’amour dans le reste du monde, surtout en en Asie et aux États-Unis, 

 


Au Japon,  on considère le Chrysanthème comme un reflet de la perfection, de la royauté, de l’honneur et du bonheur. C'est la fleur du Mikado. C'est la fleur noble avant tout. Elle est représentée dans les plus grands chefs d'oeuvre de la peinture, elle figure sur les objets d'art laqués en bois précieux, les tissus, les broderies les plus aristocratiques.

Il y a même un "Festival du bonheur " qui célèbre chaque année cette fleur.

On dit qu'un seul pétale de cette fleur adorée placé au fond d'un verre de vin donnera une vie longue et saine.

Le chrysanthème symbolise toujours l'éternité au pays du soleil levant. On le retrouve sur les passeports japonais, sur le sceau de l'empereur et l'Ordre du Chrysanthème est l'équivalent nippon de notre Légion d'Honneur.

Elle figure également sur le drapeau national puisque le rond rouge sur fond blanc, est en fait une fleur de chysanthème stylisée...!

En automne, beaucoup d’expositions de chrysanthème ont lieue au Japon. On peut parfois y voir les Kiku ningyo, poupées de chrysanthèmes. 

Poupée de chrysanthème - Japon
 

 

En Chine, le chrysanthème est considéré comme une plante des plus distinguées. On l'utilise à des fins médicales et est censé apporter vie et vitalité. 

Un festival du chrysanthème a lieu chaque année à Tongxiang , près de Hangzhou , en Chine.


Une ancienne ville chinoise (ville de Xiaolan de la ville de Zhongshan) a été nommée Ju-Xian, ce qui signifie "ville du chrysanthème".


Dans la culture chinoise, le chrysanthème est un symbole de l'automne et la fleur de la neuvième lune. Les gens ont même bu du vin de chrysanthème le neuvième jour du neuvième mois lunaire pour prolonger leur vie sous la dynastie Han. C'est un symbole de longévité en raison de ses propriétés bénéfiques pour la santé. À cause de tout cela, la fleur était souvent portée sur les vêtements funéraires.
 

En extrême Orient, les chrysanthèmes blancs sont associés au chagrin et à la mort. 


 

 

La Corée a un certain nombre d'expositions de fleurs qui présentent le chrysanthème, comme le festival du chrysanthème Masan Gagopa .

 

Le Chrysanthème est aussi la fleur officielle de nombreuses villes, 

. Le chrysanthème a été reconnu comme la fleur officielle de la ville de Chicago par le maire Richard J.Daley en 1966.


. Le chrysanthème est la fleur officielle de la ville de Salinas, en Californie 


. Le chrysanthème est la fleur officielle de plusieurs fraternités et sororités dont Chi Phi , Phi Kappa Sigma , Phi Mu Alpha Sinfonia , Lambda Kappa Sigma et Sigma Alpha .

chrysanthèmes


En Iran, les chrysanthèmes sont associés à l'être spirituel zoroastrien Ashi Vanghuhi (lit. bonnes bénédictions, récompenses), une femme Yazad (ange) présidant les bénédictions.
 

 

Israël a nommé une nouvelle fleur de chrysanthème à croissance rapide en l'honneur de Narendra Modi , le Premier ministre de l'Inde , dans un geste spécial pour marquer la première visite d'un Premier ministre indien dans la nation juive.

 

Au Royaume-Uni La collection nationale britannique de chrysanthèmes rustiques se trouve à Hill Close Gardens près de Warwick .
 

 

Aux Pays-Bas, le chrysanthème s'invite dans les bouquets de mariage.

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

Au Mexique, le chrysanthème est offert pour une déclaration.

 

En Australie, en mai, le jour de la fête des mères, le chrysanthème est la fleur de saison, traditionnellement on porte un chrysanthème blanc ou une fleur blanche similaire pour honorer leurs mères. 


Les chrysanthèmes sont souvent offerts à la fête des mères.
 

vase de chrysanthèmes

vase de chrysanthèmes

 

Les chrysanthèmes sont maintenant de plus en plus colorés et bien adaptés à la plantation en jardins. Les variétés à petits pompons ou à fleurs de marguerites permettent de réaliser de superbes massifs d’ automne, des jardinières, des cascades..

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

Histoire du chrysanthème

 

500 avant JC :


Originaire de Corée où il poussait sur les talus, sous forme de petits buissons souples  le chrysanthème a, ensuite, pris le chemin de la Chine 


Confucius (551-479  av. J.-C.) est un philosophe chinois. 


Dans l’univers végétal chinois, les "quatre hommes de bien" sont quatre espèces qui symbolisent à la perfection les qualités requises pour atteindre l’idéal confucéen. Concrètement, ces quatre espèces sont : la fleur de prunus, l’orchidée, le bambou et le chrysanthème 


 Confucius décrit bien le chrysanthème
"...cette fleur qui éclot quand les feuilles jaunes tombent des arbres et quand les insectes se mettent à l’abri...".


Confucius suggérait qu’on fasse du chrysanthème un objet de méditation. 
 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

206 av. J.-C. à 220 apr. J.-C

 

C'est sous l'ère des Han que l'on fêtait le chruysanthème en buvant son alcool et en dansant.


III° siècle avant J.C.


Le chrysanthème a été pour la première fois mentionné sous le nom de fleur jaune.

 
La Chine est le pays d’origine de presque toutes les espèces types de chrysanthèmes, en particulier C. indicum que l’on trouve à l’état spontané dans les environs de Pékin. I
l représente là-bas la prospérité, la longévité, la douceur de vivre. Il devient dans l’Empire du Levant, la quatrième "plante noble" après le bambou, l’orchidée, et le prunier.
 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

IV° siècle


C'est au IV siècle après J.C. que les chrysanthèmes commencèrent à être cultivées en particulier grâce à l'extrême facilité de multiplication de cette plante et son aptitude à générer de multiples formes et variétés cultivées (cultivar). 
 

crysanthèmes

crysanthèmes

 

IV - V° siècle


le chrysanthème d’automne est apprécié pour sa beauté extravagante, pour ses couleurs magnifiques, pour sa générosité. 


Cependant, l’un des plus grand poètes de la littérature chinoise, Tao Yuan-ming (365-427), de la dynastie des Jin orientaux, le "maître des Cinq saules", poète philosophe amoureux du vin et des chrysanthèmes, à quarante-deux ans, après une brève carrière de mandarin, retourne définitivement à Tsai-sang, son village natal, pour cultiver la terre et suivre son aspiration de toujours : vivre retiré, libre. Il écrira à la fin de sa vie :

 

L'homme, la terre, le ciel


"Digne dans mon humble hutte, à mon aise j’ai bu du vin et composé des poèmes, accordé au cours des choses, conscient de mon sort, n’ayant plus ainsi aucune arrière-pensée."

 

cueillant des chrysanthèmes à la haie de l’est,

le cœur libre j’aperçois la montagne du sud

dans les lueurs du crépuscule la montagne a fière allure

les oiseaux qui volent ensemble y retournent

dans tout cela réside une signification profonde

sur le point de l’exprimer, j’ai déjà oublié les mots
 

Jiang Zhaohe (1904-1986) - Le poète Tao Yuanming , 1980

Jiang Zhaohe (1904-1986) - Le poète Tao Yuanming , 1980

 

VIII° siècle
Entre 710 et 794


Originaire de Chine cette plante a été importée au Japon durant la période de Nara,  pour tout d’abord servir à des fins médicinales. 


Le chrysanthème fut introduit au Japon vers le début de la période Heian/.

La plupart des variétés de chrysanthème de jardin proviennent d’hybridations entre le chrysanthème  rubellum, originaire de Chine, originaire de Chine,

 

 chrysanthème rubellum rosé
 

 

et le Chrysanthème de Corée 

chrysanthème de Corée

 

Au XII° siècle 


les Chinois cultivaient 25 variétés de chrysanthèmes.


Le chrysanthème est symbole de longévité en Chine, il y est consommé en infusion pour ses propriétés médicinales.

Parmi les variétés les plus réputées, la variété gongju des Monts Huang, poussant à l'état sauvage sur le territoire de la municipalité de Huangshan, dans la province de l'Anhui à partir de 1120 et pendant les dynasties Ming et Qing 
 

Récolte les fleurs de chrysanthème Gongju de Huangshan

 

XIII° siècle


Le Japon vénère cette fleur sacrée.

A partir du 13° siècle l'empereur Go-Toba décide d’utiliser une variété de chrysanthème possédant 16 pétales doubles comme emblème de la famille impériale. 


C'est l'emblème du Japon. Elle figure sur le sceau impérial. Le symbole du chrysanthème à seize pétales est appelé "kikumon".
 

Emblème du Japon

Emblème du Japon

 

XV° siècle
(1504−1549) 


Livre d'illustrations sur les chrysanthèmes


Description


Gakiku est le premier livre d'illustrations sur les chrysanthèmes publié au Japon. Ses illustrations raffinées et ses magnifiques poèmes de style chinois présentèrent aux lecteurs 100 variétés de fleurs.

Le texte et les lignes, à l'encre noire, furent imprimés au bloc de bois, et les illustrations furent peintes à la main, entre autres couleurs, en jaune, en blanc, en rouge et en violet. Le livre contient une préface écrite en 1519 par Eikin (1447−1537), prêtre de la secte zen Rinzai, dans laquelle il attribue les illustrations à Junpo (1504−1549), second fils d'un seigneur féodal de l'époque. La postface et le colophon à la fin de l'ouvrage indiquent qu'il fut publié en 1691, et que les poèmes et la postface furent ajoutés cette année-là.
 

Illustration chrysanthèmes - Unpo (1504-1549)

Illustration chrysanthèmes - Unpo (1504-1549)

 

XVII° siècle

Estampes de la série dite de Kaempfer Dynastie des Qing vers 1680-1690 Gusu - Chrysanthèmes et papillons 
 

XVII° siècle estampes de la série dite de Kaempfer Dynastie des Qing vers 1680-1690 Gusu Chrysanthèmes et papillons

XVII° siècle estampes de la série dite de Kaempfer Dynastie des Qing vers 1680-1690 Gusu Chrysanthèmes et papillons

 

XVIII° siècle


Le chrysanthème occupe la première place dans les potées fleuries d’automne. Le genre Chrysanthemum fait partie de la famille des Asteraceae créé par Linné en 1753. Les classifications données par les botanistes ont évolué au cours du temps, mais on considère que ce genre comprend les 
 

- Dendranthema, 
Dendranthema hortorum/Chrysanthème Japonaise


 

- Leucanthemum 
Chrysanthemum s.(leucanthemum) 


 

- Tanacetum. Tanaisie


 

 

XVIII° siècle


Avant son importation, grâce à un navigateur, le Capitaine Pierre Blancard, le nom de "chrysanthemum"est donné à toutes sortes de fleurs (soucis, marguerites de la famille des Asteracées). 


C'est ce navigateur marseillais qui, vers 1789, rapporta de Chine sur son bateau le Saint-Charles, quelques plants de chrysanthèmes. Des trois variétés emportées, la blanche, la violette et la pourpre, seule la pourpre survécut aux aléas du long voyage et arrive vivante à Marseille. 

Capitaine Pierre Blancard


Le premier chrysanthème pourpre est remit au jardinier du roi, André Thoüin. L'extraordinaire variabilité génétique de ces plantes qui ne tardèrent pas à donner naissance à des cultivars variétés obtenues par l'homme roses, chamois, jaune soufre, blanches et même tuyautées.


Une centaine de pieds de sa Camomille à grandes fleurs sera remis au Jardin des Plantes de Paris. Ce qu'on appellera plus tard le "chrysanthème des fleuristes" plait aux jardiniers et sa culture se maintient chez les professionnels.


Jean Melchior d'Abadie, dit Dabadie de Bernet (né à Castelnau-Magnoac le 6 janvier 1748 - mort à Paris le 8 mars 1820), officier du génie militaire, en retraite et le jardinier Pertuzes s'amusèrent à les reproduire par semis et obtinrent plusieurs centaines de chrysanthèmes différents.


Quelques boutures sont envoyées à un botaniste d'Aix-en-Provence, le chanoine Thomas d'Audibert de Ramatuelle. Et à l'automne 1790, l'abbé botaniste peut admirer la première floraison couleur lie de vin. Il en donne une description précise dans le Journal d'histoire naturelle 27 (tome II, 1792), sous le nom d'Anthemis grandiflora (ou Camomille à grandes fleurs) car le réceptacle est garni de paillettes (ou paleae) à la base des fleurons, à la différence des Chrysanthemum au réceptacle nu. 
 

 

Illustration du chrysanthème publié dans le Botanical Magazine en 1796. Il s'agit de la variété pourpre ramenée de Chine par le capitaine Blancard et décrite par Ramatuelle

chrysanthemum indicum

chrysanthemum indicum

 

XVIII° siècle

 

Tachibana Hokushi  (1665-1718) poète japonais - Haïku


Les pétales de chrysanthème

Se cambrent dans leur blancheur

Sous la lune.

 

 

 

Tachibana Hokushi  (1665-1718) poète japonais - Haïku

 

Jour des Chrysanthèmes -

En peignant mes cheveux mouillés

Une pluie de gouttes.

Kawarazaki Shodo (1889-1973)

 

 

Paul LaCroix (1827-1869)

Chrysanthemums

1864

 

 

XIX° siècle


Katsushika Hokusai (1760-1849) est un peintre, dessinateur et graveur spécialiste de l’ukiyo-e, ainsi qu'auteur d'écrits populaires japonais surtout connu sous le nom de Hokusai  ou de son surnom de "Vieux Fou de dessin". Sa vie est une quête émouvante de la perfection ; il est le type même de l'artiste ne vivant que pour son art,


Moineaux et chrysanthèmes de Hokusai Katsushika (1760-1849)

 

 Moineaux et chrysanthèmes de Hokusai Katsushika (1760-1849)

Moineaux et chrysanthèmes de Hokusai Katsushika (1760-1849)

 

Eventail aux chrysanthèmes - Katsushita Hokusai

Eventail aux chrysanthèmes - Katsushita Hokusai

Eventail aux chrysanthèmes - Katsushita Hokusai

 

XIX° siècle


Utagawa Kunisada (1786-1865), connu également sous le nom Utagawa Toyokuni III (est l'un des peintres d'ukiyo-e les plus populaires du XIX° siècle et aussi l'un des plus prolifique. 


Estampe de Kunisada Utagawa datant de 1847-1852
 


 

Estampe de Kunisada Utagawa datant de 1847-1852

Estampe de Kunisada Utagawa datant de 1847-1852

 

XIX° siècle 

1848 - 1852


Au début  de la deuxième république, certaines collections rassemblaient 500 cultivars. En moins de soixante ans, le chrysanthème avait révolutionné le monde horticole.


Dans la seconde partie du XIXe siècle, on rapporta du Japon les chrysanthèmes pompons à grandes fleurs, les chrysanthèmes duveteux.


Avec les romantiques le chrysanthème de vient à la mode.


Les roses disparaissent progressivement.

 

 

Auguste Renoir (1841-1919) - chrysanthèmes

 

 

Claude Monet (1840-1926)- chrysanthèmes 

 

 

Claude Monet (1840-1926)- chrysanthèmes 

 

 

Claude Monet (1840-1926)- chrysanthèmes 

 

 

Claude Monet (1840-1926)- chrysanthèmes 

 

 

Claude Monet (1840-1926)- parterre de chrysanthèmes

 

 

Edgar Degas (1834-1917) - femme aux chrysanthèmes 


 


Emil Carlsen (1853 -1932)- chrysanthèmes


 


XIX° siècle


Les 5 et 6 novembre 1883,

à Philadelphie, la Pennsylvania Horticultural Society, à la demande de la Florists and Growers Society, a tenu sa première exposition de chrysanthème à Horticultural Hall. Ce serait le premier de plusieurs événements Chrysanthemum présentés par PHS au public.


La fondation de l'industrie du chrysanthème remonte à 1884, lorsque les frères Enomoto de Redwood City, en Californie , ont cultivé les premiers chrysanthèmes cultivés en Amérique.
 

 

XVII° au XIX° siècle

Ere Edo (1600-1868) 


Réservée au début à l’aristocratie japonaise, le chrysanthème, kiku en japonais, est aujourd’hui l’une des fleurs les plus importantes dans l’histoire du Japon.


La plante se répandit sur le sol japonais, et plusieurs centaines de types de chrysanthèmes étaient cultivés dans le pays dès l'ère Edo (1600-1868). 

 

Paravent , chariot portant des fleurs, Japon période Edo

Paravent , chariot portant des fleurs, Japon période Edo

Paravent , chariot portant des fleurs, Japon période Edo


XIX° siècle 

 

Hiroshige Utagawa (1797-1858) Chrysanthèmes Paris, musée Guimet - musée national des Arts asiatiques
 

Hiroshige Utagawa (1797-1858) Chrysanthèmes Paris, musée Guimet - musée national des Arts asiatiques

Hiroshige Utagawa (1797-1858) Chrysanthèmes Paris, musée Guimet - musée national des Arts asiatiques


XIX° siècle


L’ordre suprême du Chrysanthème "Grand Ordre de la Décoration du Chrysanthème" est la plus haute distinction du Japon. Il est avant tout l'ordre dynastique de la maison impériale dont il reprend le kamon, la fleur de chrysanthème à seize pétales. Il a été créé en 1876 et remanié en 1888 par la création d'un grand collier. Il ne comporte qu'une seule classe.
 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthèmeMythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

XIX° siècle

Louis-Marie-Julien Viaud dit Pierre Loti (1850-1923) écrivain et officier de marine français, 

 


Madame Chrysanthème est un roman de Pierre Loti publié en 1888 qui connut un immense succès d'édition.

 


Le roman, inspiré de l'expérience de l'auteur, raconte le mariage d'un jeune officier de la Marine française avec une Japonaise à Nagasaki.

 


Loti a voyagé au Japon en 1885, il en rapporta l'inspiration de ce roman. Le 9 juillet 1885, dès son arrivée à Nagasaki, Loti épouse par contrat d'un mois renouvelable, une jeune Japonaise de 18 ans, Okané-San baptisée Kiku-San (Madame Chrysanthème). Le 12 août, âgé de 35 ans, il quitte Nagasaki. Ce mariage auquel les parents ont donné leur consentement a été arrangé par un agent et enregistré par la police locale. Il ne dure que le temps du séjour et la jeune fille pourra par la suite se marier avec un Japonais. Cette pratique est alors courante dans l'empire du Japon, même si elle s’avère coûteuse pour l'étranger.

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

XIX° siècle

Italie
Le compositeur italien Giacomo Puccini a écrit Crisantemi (1890), un mouvement pour quatuor à cordes, à la mémoire de son ami Amedeo di Savoia Duca d'Aosta .

 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

XIX° siècle


Armand Silvestre (1837 - 1901),

Le Pays de Roses, poésies nouvelles 1880-1882, 

 

 

C'est au temps de la chrysanthème

 

C'est au temps de la chrysanthème

Qui fleurit au seuil de l'hiver

Que l'amour profond dont je t'aime

Au fond de mon cœur s'est ouvert.

 

Il est né doux et solitaire,

A ces fleurs d'automne pareil

Qui, pour parer encor la terre,

N'ont pas eu besoin de soleil.

 

Sans redouter les jours moroses

Qui font mourir les autres fleurs,

Il durera plus que les roses

Aux douces, mais frêles couleurs.

 

Et si, quelque jour par caprice,

Ton pied le foule, méprisé,

En même temps que son calice,

Tu sentiras mon cœur brisé !

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

XIX° siècle


Nérée Beauchemin (1850-1931) est un poète français

Recueil : Les floraisons matutinales (1897)

 


Chrysanthèmes

 

Ils disent qu'au ciel on retrouve

Ces chers petits morts tant pleurés.

Ah ! savent-ils bien ce qu'éprouve

Le cœur des parents éplorés.

 

Ils sont étonnés qu'on se plaigne.

Savent-ils bien notre douleur ?

À nous dont le sein meurtri saigne,

On parle d'un monde meilleur !

 

J'y crois à cette autre demeure,

À cet immense azur béni ;

Oui, j'y crois ! et, pourtant, je pleure :

J'ai peur de ce vague infini.

 

Lui, là-haut, si loin de sa mère !

Je ne puis croire qu'il n'ait pas

Comme une nostalgie amère

De ceux qu'il aimait ici-bas.

 

Et, comme en un rêve, il me semble

Voir errer dans ce ciel si grand

Un bel ange qui lui ressemble,

Qui nous tend les bras en pleurant.

 

Il partit alors que les roses

S'ouvrent dans l'air étincelant :

De leurs premières fleurs écloses

On couvrit le suaire blanc.

 

Pour longtemps la chambre est fermée :

Dans sa froide atmosphère en deuil

Flotte encore l'âme embaumée

Des chrysanthèmes du cercueil.

 

En secret, la mère, hagarde,

Toute pâle, tournant la clé

De l'huis funèbre, se hasarde

À franchir le seuil endeuillé.

 

Dans la pièce où son œil pénètre

Elle cherche et voudrait bien voir

Les beaux yeux du cher petit être

Qui manque aux caresses du soir.

 

Une fièvre intense hallucine

Et son oreille et son regard ;

Ce nid plein d'ombre la fascine :

Son trésor est là, quelque part.

 

Ce demi-jour mélancolique

Que reflète le ténébreux

Cristal du grand miroir oblique.

C'est le reflet des jours heureux.

 

L'alcôve était claire et fleurie ;

C'est là que l'enfant fut bercé.

Ah ! l'alcôve est bien assombrie

Depuis que la mort a passé.

 

Où sont les fleurs, les fines gazes,

Les merveilles du blanc trousseau ?

Les fleurs ne sont plus dans les vases,

Et l'enfant n'est plus au berceau.

 

C'est pourquoi la mère affolée,

En proie aux regrets superflus,

Ne veut pas être consolée,

Parce que son amour n'est plus.

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

Fin du XIX° et du début du XX° siècle


L'Art nouveau est un mouvement artistique de la fin du XIX° et du début du XX° siècle qui s'appuie sur l'esthétique des lignes courbes.

Le chrysanthème est alors sculpté dans la pierre et devient la fleur fétiche des artistes.
 

Gabriel Argy-Rousseau. Vase "Chrysanthèmes". Epoque Art Nouveau


 

Art nouveau - Chrysanthèmes - Journal L'illustration -


 

Alphonse Mucha - Chrysanthème


 

Établissements GALLÉ (1904-1936) - Chrysanthèmes du Japon - Vase en obus fuselé


 

Ancienne statue Buste de Femme Art Nouveau Chrysanthèmes 48 cm


 

Plaque cuivre patiné Art nouveau La vierge aux chrysanthèmes R. Elias Date d'édition : 1900


 

 

XIX° siècle


James Tissot (1836-1902) peintre et graveur français.


Les chrysanthèmes
 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

XIX° siècle


Dieudonné Royer (1835-1920) 


pots de chrysanthèmes
 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

XIX° siècle


Lily Giry est une peintre aquarelliste née au Havre (France) en 1868. Ses aquarelles ont été utilisées pour l'illustration de cartes postales.

les chrysanthèmes

 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

XIX° - XX° siècle


Le chrysanthème est au sommet de sa gloire à la Belle Epoque, avec la vogue du style japonisant

 

Marcel Proust, né le 10 juillet 1871 à Paris où il est mort le 18 novembre 1922, est un écrivain français, disait dans :


A la recherche du temps perdu |

 ..."Ils étaient précédés d'un étroit vestibule dont le mur quadrillé d'un treillage de jardin, mais doré, était bordé dans toute sa longueur d'une caisse rectangulaire où fleurissaient comme dans une serre une rangée de ces gros chrysanthèmes encore rares à cette époque, mais bien éloignés cependant de ceux que les horticulteurs réussirent plus tard à obtenir. Swann était agacé par la mode qui depuis l'année dernière se portait sur eux, mais il avait eu plaisir, cette fois, à voir la pénombre de la pièce zébrée de rose, d'orangé et de blanc par les rayons odorants de ces astres éphémères qui s'allument dans les jours gris.
.........
Elle trouvait à tous ses bibelots chinois des formes « amusantes », et aussi aux orchidées, aux catleyas surtout, qui étaient, avec les chrysanthèmes, ses fleurs préférées, parce qu'ils avaient le grand mérite de ne pas ressembler à des fleurs, mais d'être en soie, en satin. "......

Gustave Caillebotte - Quatre vases de chrysanthèmes


 

À l'ombre des jeunes filles en fleurs
"Comme des feux arrachés par un grand coloriste à l’instabilité de l’atmosphère et du soleil…

Ils m’invitaient, ces chrysanthèmes, et malgré toute ma tristesse, à goûter avidement pendant cette heure du thé ces plaisirs si courts de novembre dont ils faisaient flamber près de moi la splendeur intime et mystérieuse."


 

 

XIX° siècle

 

Berthe Marie Pauline Morisot (1841-1895) artiste peintre française, membre fondateur et doyenne du mouvement d'avant-garde que fut l'Impressionnisme, peint les chrysanthèmes sur les cheveux et le décolleté de sa Jeune Fille au bal. 

 


XX° siècle

Kajita Hanko (1870-1917) peintre - 


Reproduction par David Bull d'un Kuchi-e Bungei Kurabu Vol.11, No.13 1905

"L'odeur des chrysanthèmes"
 

 

Kajita Hanko (187-1917) peintre -  "L'odeur des chrysanthèmes"  Reproduction par David Bull d'un Kuchi-e Bungei Kurabu Vol.11, No.13 1905   "L'odeur des chrysanthèmes"

Kajita Hanko (187-1917) peintre -  "L'odeur des chrysanthèmes" Reproduction par David Bull d'un Kuchi-e Bungei Kurabu Vol.11, No.13 1905 "L'odeur des chrysanthèmes"

 

XX° siècle


L'entrée du chrysanthème au cimetière date du 11 novembre 1919. Georges Clemenceau sous la présidence de Raymond Poincaré, lors du premier anniversaire de l'armistice, de la guerre 14/18 aurait appelé les Français à fleurir les monuments aux morts et les tombes des soldats morts pour la France. 

 

On a choisi les chrysanthèmes d'automne car il fleurit tard dans l’année et peut résister à un gel modéré. 


le Chrysanthème détrône définitivement toutes les autres espèces de plantes dans le domaine des tombes, en France.


 

 

XX° siècle


Fernand Gregh, né le 14 octobre 1873 à Paris 9e et mort le 5 janvier 1960 dans le 16e arrondissement de la même ville, est un poète et critique littéraire français élu à l'Académie française en 1953.

 

(extrait du poème "Promenade d’automne")

 


 

Chrysanthème



J’ai regardé longtemps, assis sous les vieux charmes, chrysanthèmes

Près du pont, me sentant monter aux yeux les larmes

 

Que fait venir l’aspect de la beauté parfaite.

Parfois passait, dans l’or du bel automne en fête,

 

Odeur de la Toussaint funèbre, attristant l’heure

Du tendre souvenir lointain des morts qu’on pleure,

 

Un monotone et doux parfum de chrysanthèmes.

– Et soudain j’ai songé que je mourrais moi-même …

 

Et j’ai dit à l’automne, aux longs rayons obliques, chrysanthème

Au vent, au ciel, aux eaux, aux fleurs mélancoliques :

"Je ne vous verrai plus, un jour, beauté du monde !

Tu ne couleras plus en moi, douceur profonde".



 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

XX° siècle

 

Anna de Noailles (1876-1933) poètesse

Publiés en 1924, Poèmes de l'amour est une œuvre poétique.


Poème de l'Amour


 

Chapitre LXXXVI

 


...."Aucun jour je ne me suis dit

Que tu pouvais être mortel.

Tu ressembles au paradis,

À tout ce qu’on croit éternel !

— Mais, ce soir, j’ai senti, dans l’air

Humide d’un parc triste et blême,

La terreuse odeur des asters

Et du languissant chrysanthème…

 

Quoi ! tu peux mourir ! — et je t’aime !".....

 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

XX° siècle


Honoré Harmand (1883-1952) est un poète français qualifié de Lamartinien

 

 

Le chrysanthème

 

 "Ô fleur pâle ornement des images d’automne

sans parfum qui nous grise aussi sans voluptés,

quand je te vois fleurir la gaieté m’abandonne

et tu souris toujours sous les cieux attristés.

 

Tu pousses quand tout meurt dans la nature entière,

quand d’un feuillage d’or les arbres sont parés.

Tu fleuris quand la rose à son heure dernière

effeuille tristement ses pétales fanés

 

Tu souris à l’hiver malgré que la lumière

d’un soleil radieux méprise tes atours.

Tu te ris du soleil et moqueuse et légère,

tu balances ta tête, aux reflets de velours.

 

Dans les jardins en deuil ta frileuse parure

jette une note gaie et sur les tapis d’or

par l’Automne étendus, tes rameaux de verdure

font croire que l’Hiver est loin de nous encore.

 

Sur les tombeaux glacés tu remplaces les roses

quand chaque fleur se fane au baiser des brouillards.

Tu figures partout et dans les chambres roses

et dans les grands salons et sur les corbillards.

 

N’es-tu pas par ta grâce et par ta modestie

la fleur qui plaît aux yeux entre toutes les fleurs

puisqu’au sein de la Mort tu fais briller la Vie

comme un rayon d’espoir brille au sein des douleurs. "
 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème


XX° siècle


Auguste Angellier (1848-1911) est un poète et universitaire français, qui fut le premier professeur de langue et littérature anglaises de la Faculté des lettres de Lille et devient son doyen de 1897 à 1900.


Le Chemin des saisons, Librairie Hachette et Cie, 1903 (p. 191-194).


 

 

L’Habitude

 

Les chrysanthèmes
à Louis Ovion.

 

Le jardin n’a plus que des chrysanthèmes !

Les rosiers sont morts, et les diadèmes

        Des derniers soleils

Tombent, en pliant leurs tiges séchées,

Dans l’herbe où les fleurs sont déjà couchées

        Pour les longs sommeils ;

 

Les géraniums, les phlox, les colchiques,

Les lourds dahlias, et les véroniques,

        Et les verges d’or.

Gisent dans l’humus sous les feuilles mortes,

En proie au hideux peuple des cloportes,

        Ouvriers de mort.

 

Le jardin n’a plus que des chrysanthèmes !

Mais l’année a mis ses grâces suprêmes

        Dans ces pâles fleurs ;

Leur seule rosée est la fine pluie,

Parfois un rayon presque froid essuie

        Leur visage en pleurs ;

 

Leur blancheur de cire a des teintes mauves.

Les rideaux fanés des vieilles alcôves

        Ont leur incarnat,

Leur plus tendre rose est teint d’améthyste,

Et même leur or le plus clair est triste,

        Et n’a point d’éclat.

 

Le jardin n’a plus que des chrysanthèmes !

Quel chagrin pensif, en leurs roseurs blêmes,

        De leurs froids destins !

Quel délicat rêve en leur blancheur chaste !

Quels nobles et fiers ennuis dans le faste

        De leurs ors éteints !

 

Elles ont grandi sans pouvoir connaître

L’ivresse d’amour qui flotte et pénètre

        Leurs sœurs de l’été,

Quand vibre partout le vol des insectes,

Douloureuses fleurs, calmes et correctes

        Dans l’air déserté.

 

Le jardin n’a plus que des chrysanthèmes !

Allons en cueillir, puisque tu les aimes

        À l’égal des lis,

Des amaryllis de larmes trempées,

Et des sombres cœurs entourés d’épées

        De tes chers iris.

 

Nous rapporterons, en tremblantes gerbes,

Leurs troublantes fleurs, humbles ou superbes ;

        Nous en emplirons

Le verdâtre et vieux vase de la Chine,

Où s’enfuit sans cesse et se dissémine

        Un vol de hérons.

 

Le jardin n’a plus que des chrysanthèmes !

Nous devinerons les profonds poèmes

        D’obscure douleur,

Qui vivent au fond de ces douces âmes,

Dont l’effort d’aimer éclate en des flammes

        Qui sont sans chaleur.

 

Quand le soir hâtif emplira la chambre,

Nous regarderons ces fleurs de Novembre,

        Ces fleurs de souci,

Ces fleurs sans espoir, comme des emblèmes ;

Le jardin n’a plus que des chrysanthèmes,

        Et nos cœurs aussi !
 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

XX° siècle

 

Arthur de Bussières (1877- 1913) est un poète québécois.

 

Kita-No-TendjiI

 

C’est un temple de pierre aux structures énormes,

Granits, marbres en blocs, pylônes à foison,

Dont les contours pesants estompent l’horizon;

Flanqués d’ombres. Autour, des cèdres ou des ormes.

Au sein de l’éclatante et vaste floraison

Des chrysanthèmes d’or aux sépales difformes,

Triste, ainsi que des dieux aux immobiles formes,

Un vieux bonze accroupi murmure une oraison.

Kita-no-tendji dort. Ni les voix de l’enceinte,

Ni les bruits éternels de Kioto la sainte

Ne vont troubler la paix de son divin sommeil.

Mais les temps l’ont penché vers l’abrupte colline;

Il chancelle, pareil au vieillard qui décline

Sous les grands rayons roux de l’hivernal soleil…


 

 

XX° siècle


Art japonais 
Japanese art Tsuchiya Koitsu (1870-1949
)

Toitsu Tsuchiya - Chrysanthemum

Koitsu Tsuchiya - Chrysanthemum

 

XX° siècle


Olga Boznańska (1865-1940) est une peintre polonaise, liée au mouvement du modernisme. Elle fit l'essentiel de sa carrière en France


Jeune fille aux chrysanthèmes (1894), musée national de Cracovie.


 

 

XX° siècle

 

Hisajo Sugita (1890-1946), nom véritable Sugita Hisa est une poétesse japonaise de haiku des ères Meiji, Taishō- et Shōwa.


"Les pétales de chrysanthème se cambrent dans leur blancheur au-dessous de la lune". 


 

 

XX° siècle

 

art japonais

Kawarazaki Shodo (1889-1973) - "chrysant" - Japan - ca. 1955 


 

 

XX° siècle

 

Pan Yuliang (1895-1977) peintre, sculptrice et graveuse chinoise. Elle a grandi à Tongcheng (dans la province du Anhui).
auto portrait au vase de chrysanthèmes


 

 

 

XX° siècle

 

Georges Brassens (1921-1981) auteur, compositeur, interprète français.

 

Le Testament, 1956


"Je rêve d´encore une amourette

Je rêve d´encor m´enjuponner

Encore une fois dire : "Je t´aime"

Encore une fois perdre le nord

En effeuillant le chrysanthème

Qui est la marguerite des morts."


 

 

XX° siècle


Alain Borne (1915-1962) poète français. 


"Pâle avec une lenteur de songe, du ciel tombent les pétales des routes de minuit. Qui donc pose aux marguerites de l’hiver, la question de l’amour ?"

Marguerite d'automne orange - chrysanthème Lupo

 

XX° siècle


Robert Lassus (1930-2004) journaliste, écrivain et dessinateur français.


"Je suis dans la fleur d’un âge qui commence à sentir le chrysanthème

 

 

XX° siècle

 

Czesław Miłosz (1911-2004) est un poète, romancier, essayiste et traducteur polonais. Considéré comme un des poètes majeurs du XXe siècle, prix Nobel de littérature en 1980.


- Rien de plus
 "De la matière friable que peut-on retenir ? Rien, si ce n’est la beauté. Aussi doivent nous suffire les fleurs des cerisiers et les chrysanthèmes de la pleine lune".  

Chikanobu Toyohara (1838-1912)

 

XX° siècle


Scott Douglas Cunningham (né le 27 juin 1956 à Royal Oak (Michigan) et mort le 28 mars 1993) 

Scott Cunningham - L’ENCYCLOPEDIE DES HERBES MAGIQUES - Adapté de l'américain par Michel Echelberger.


Il est écrit : 

...."Les chrysanthèmes ont des vertus protectrices : "Ayez-en toujours plusieurs pieds dans votre jardin - et n'oubliez pas d'effectuer les pincements le 18 juin, au coucher du soleil, pour obtenir d'énormes fleurs en boule au mois d'octobre. Vous combattrez ainsi efficacement, et à peu de frais, les perturbations électro-magnétiques négatives de l'atmosphère"....


 

 

XX° siècle


Georges Ohsawa est un enseignant japonais (1893-1966), qui fonda le mouvement connu sous le nom de macrobiotique. Son véritable nom était Yukikazu Sakurazawa, mais il signait aussi Nyoiti Sakurazawa.


Dans le livre des fleurs - 1989
écrit :
........"Le chrysanthème sera nommé inkun'usi, sage caché, ou akinagusa, fleur qui ne connaît pas la tristesse de l'automne, ou enreikyaku hôte qui honore. L'école niponne des fleurs est uné présentation morale des fleurs, par suite elle doit connaître leur psychologie."............


 

 

Proverbe chinois


"Si vous souhaitez être heureux pour une vie, cultivez des Chrysanthèmes ".

 
 

 

XXI° siècle


Le mois de novembre annonce le début du grand festival du chrysanthème, appelé kiku matsuri en japonais, se déroulant  à tokyo au sanctuaire Yushima Tenman-gû. Durant le kiku matsuri pas moins de 2 000 fleurs issues de 30 variétés différentes y sont exposées. Chaque année 100 000 visiteurs viennent découvrir cet art floral aux couleurs flamboyantes des chrysanthèmes faisant briller les rues de Tokyo.
 

XXI° siècle

 

Christophe Bregaint (1970) poète et peintre

 2008

 

 

Chrysanthèmes

 

Sous la mitraille

Chemin tortueux

Dans la grisaille

Pas hasardeux.

 

Des cicatrices

Larmes de sang

Dans l’interstice

Un être absent.

 

La mort qui guette

Dans le ciel noir

En fine esthète

Le non-espoir.

 

Des cris déchirent

La nuit, la vie

La peau transpire

Tout se détruit.

 

Des chrysanthèmes

Rêves réels

Vie post-mortem

Formes sensuelles.
 

Mythologie des fleurs -  Le chrysanthème

 

La Fête du Double Neuf et le vin aux chrysanthèmes 

   
Le neuvième jour du neuvième mois lunaire est la Fête du Double Neuf, une fête traditionnelle chinoise. A l’occasion de cette fête, on fait de l’escalade, on admire les chrysanthèmes, on boit du vin aux chrysanthèmes, on fait des sachets aux cornacées et on mange des gâteaux.

 

 

Le chrysanthème dans le langage des fleurs


Différents mythes, de différentes origines, confèrent aux Chrysanthèmes de nombreux symboles. 


au XIXe siècle offrir un bouquet de chrysanthèmes signifiait l'amour absolu.


 


- Une pensée pour les êtres chers à  la Toussaint, 
  Il signifie  : tu restes dans mon souvenir. 
                       A la vie, à la mort, je me souviens."

 

 

- Le Chrysanthème s'offre également pour tous les messages. Lié à l'espoir, la joie, la loyauté et la longue vie, le chrysanthème est le messager parfait. 

 


Pour les celebrations telles que les mariages dans certains pays, le chrysanthème est le symbole de la joie et de l'amour



On les offre lors des 13e anniversaires de mariage.

 

 

 

La couleur de la fleur lui fait prendre des significations diverses mais toutes sont empreintes de joie.


- Le chrysanthème jaune symbolise un amour absolu et vrai,


 

- Le chrysanthème rose signifie un amour naissant ou le passage d’un nouvel amour à un amour plus profond,


 

- Le chrysanthème rouge est parfait pour un message d'amour intense et    passionné


 

- Le chrysanthème blanc signifie l’amour pur et fidèle.


 

- Le Chrysanthème orange et mordoré : sentiment d’amour délicat.


 

- Le chrysanthème violet signifie : La peur de perdre l'amour de  la personne aimée.

 

Indépendamment de sa couleur le chrysanthème peut prendre d'autre significations

Il peut symboliser des émotions

- l’amitié profonde,

- La bonne humeur, la gaieté,

- Le retour à une bonne santé et le rétablissement après une épreuve,

- Le renouveau ou la vie qui se poursuit

- La dévotion, la fidélité et la loyauté.

Marianne North (24 octobre 1830 - 30 août 1890)

 

 

Pour en savoir plus
 

 

- L’épopée du chrysanthème, dossier Jardins de France , cultures florales, R. Bossard, 1960.

 

 

- le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, 
 

....."La disposition régulière et rayonnante de ses pétales en fait un symbole essentiellement solaire, associé donc aux idées de longévité et même d'immortalité. C'est ce qui explique que cette fleur soit l'emblème de la maison japonaise."....


 

 

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, il est écrit :
 

...."Le chrysanthème, qui fleurit d'octobre à décembre, "est à la Toussaint ce que le buis est aux Rameaux". Cette fleur funéraire, dont on orne traditionnellement les tombes le jour des Morts, évoque la vie éternelle : "La disposition régulière et rayonnante de ses pétales en fait un symbole essentiellement solaire, associé donc aux idées de longévité et même d'immortalité. "....


...."Les chrysanthèmes ont des vertus protectrices : "Ayez-en toujours plusieurs pieds dans votre jardin - et n'oubliez pas d'effectuer les pincements le 18 juin, au coucher du soleil, pour obtenir d'énormes fleurs en boule au mois d'octobre. Vous combattrez ainsi efficacement, et à peu de frais, les perturbations électro-magnétiques négatives de l'atmosphère"....


...."Des infusions de feuilles et de boutons de chrysanthème aident à lutter contre l'alcoolisme, le tabac et les drogues douces (dont l'abus de médicaments). Prise pendant quinze jours (avec interruption d'un mois)., "cette infusion calmante, inductive d'états intérieurs parfois profonds, peut-être "un grand secours"."....

 

Nicole Parrot, auteure de Le Langage des fleurs, (Éditions Flammarion, 2000) : 


"Le chrysanthème a gardé au creux de ses pétales un peu du mystère de sa patrie d'origine, le Japon. Pourtant, ses messages sont clairs et sans détour. Il déclare apporter la joie dans l'adversité. Face à la fuite du temps, il favorise la constance dans les sentiments. Blanc, il prédit : "vous aimez le vrai, vous avez raison, vous y trouverez un succès durable".

Rose, il s'engage : "mes sentiments pour vous n'auront point de fin".

Jaune, il recommande l'optimisme et,

violet, il ordonne : "pensez constamment à moi".
 

 

Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le chrysanthème (Chrysanthemum morrifolium) : 


"Les fleurs de chrysanthème sont d'un jaune pâle et très petites à leur état naturel ; elles sont particulièrement prisées par le peuple chinois.


 

 

- La fleur d’or - Le chrysanthème, son histoire, sa culture, les principales variétés, Didier Bernard, Gunten, 2006


"....Baptisée "Fleur Jaune" à l'origine par les Chinois qui la cultivaient il y a déjà vingt-cinq siècles, elle fut appelée ensuite "Fleur d'Or" par les Japonais, mot qui s'est traduit plus tard..."

 

Natalia Kucherenko

Natalia Kucherenko

M Guyot - chrysanthèmes et marguerites

M Guyot - chrysanthèmes et marguerites

Ksenia Pogylai - Fillette aux chrysanthèmes

Ksenia Pogylai - Fillette aux chrysanthèmes

Nikolay Panov

Nikolay Panov

Lee Yong Su

Lee Yong Su

Chrysanthème morifolium

Chrysanthème morifolium

hrysanthemes spider japonais

hrysanthemes spider japonais

Chrysanthemum s.(leucanthemum)

Chrysanthemum s.(leucanthemum)

Chrysanthemes

Chrysanthemes

Chrysanthemes

Chrysanthemes

Chrysanthemes

Chrysanthemes

Chrysanthemes

Chrysanthemes

chrysanthèmes sauvages

chrysanthèmes sauvages

chrysanthèmes

chrysanthèmes

femme chrysanthème

femme chrysanthème

Partager cet article
Repost0
10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 00:55

 

Mythologie


Le lys
 

 

Rien n'est plus doux aussi que de s'en revenir  

Comme après de longs ans d'absence, 

 Que de s'en revenir, par le chemin du souvenir 

Fleuri de lys d'innocence, au jardin de l'Enfance.


Le jardin d'antan - Emile Nelligan
 

Pati Bannister (1929-2013) Enfant et lys d'innocence

Pati Bannister (1929-2013) Enfant et lys d'innocence

 

 

Le lys (lis) est une plante herbacée de la famille des Liliacées, appartenant au genre Lilium qui compte une centaine d’espèces différentes. 


On le trouve à l’état naturel aux quatre coins du monde : Europe, Asie, Inde, Japon ainsi qu’aux Etats-Unis et dans le sud du Canada. 


On le croise habituellement dans les milieux forestiers, souvent montagneux, ou plus rarement dans les prairies. Quelques espèces poussent dans les zones marécageuses. Une seule espèce vit en épiphyte (il se sert d'une autre plante comme support).


Il est présent dans les zones tempérées de l'hémisphère nord.
De nombreuses variétés hybrides sont cultivées et ornent les jardins du monde entier.

 

Ses grandes fleurs généreuses et imposantes, à six pétales (trois pétales et trois sépales identiques), souvent parfumées. L'incroyable variété de ses coloris, blanc (lys de la Madone), orange, rouge, jaune, rose, orangé, aux motifs tachetés, mouchetés ou panachés… fait le bonheur des fleuristes, jardiniers et amateurs. Majestueux et élégant, le lys fait partie des fleurs coupées les plus appréciées, pour les bouquet et les créations florales..  
Au jardin, le lys produit une floraison estivale et se met au repos en hiver. 
Cependant,  grâce aux techniques de culture, les fleuristes composent avec du lys tout au long de l’année. 

 

 

Le Lys blanc (Lilium candidum) :


Ce lys appelé lys de la Madone ou lys de la Saint-Jean,  produit de grandes et nombreuses fleurs très parfumées, blanches, à anthères jaunes en début d'été. Il supporte le calcaire sans problème.


La plupart des espèces de lys perdent leurs feuilles pendant la saison froide, mais Lilium candidum garde une rosette de petites feuilles à sa base pendant la plupart de l'année. Les bulbes sont des organes de réserve, ils n'ont pas de couche protectrice. Les fleurs apparaissent à l'extrémité d'une unique tige verticale.


Ce lys est connu depuis fort longtemps. il est un symbole de pureté et de chasteté. 


Son nom botanique (Lilium candidum) lui a été donné en 1753 par le naturaliste Carl von Linné à partir de candidum, en latin 'blanc brillant".


 

 

 

Le lys martagon (lilium martagon) :


est une espèce spontanée et protégée. Il produit des fleurs en grappes pendantes, rouge violacé et pointées de carmin à l'intérieur.


C'est l'une des plus belles plantes de nos prairies et montagnes françaises, une vivace du jardin très appréciée pour sa robustesse (elle peut vivre plus de 50 ans).

Sa pollinisation est impressionnante. Comme ses fleurs regardent vers le bas et n'offrent aucun espace aux insectes pour se poser, elle ne peut être pollinisée que par des insectes à longue trompe et capables de voler sur place. Les papillons,  les Sphinx par exemple, puisent le nectar au fond des corolles à l'aide de leur longue trompe. Ces papillons ne sont toutefois actifs qu'au crépuscule et la nuit. C'est ce qui explique que le lys martagon ne dégage pas de senteur attirante le jour. Quand les autres fleurs ferment leurs calices, le lys martagon s'ouvre et attire les papillons aux longues trompes par son parfum suave et capiteux.


Il est également surnommer Petit lys du calvaire, Lis de Sainte-Catherine, Racine d'Or, ou Chapeau de Turc pour les anglo-saxons. 


Les bulbes du lys martagon peuvent atteindre jusqu'à huit centimètres de diamètre et ils sont formés de nombreuses écailles jaune or. 


 

 

 

Le lys des Pyrénées (Lilium pyrenaicum)


est une espèce remarquable , protégée, et particulièrement attrayante des Pyrénées. Il s’épanouit dans des milieux variés, mais apprécie avant tout les ambiances fraiches, ouvertes, offertes par les couloirs d’avalanche.


Sa taille est élevée et peut dépasser 1 mètre. Les grandes fleurs jaune vif ponctuées de taches brunes  sont regroupées au sommet de la tige en une grappe courte. Le périanthe contient 6 tépales fortement courbés. Les anthères sont longues d'environ 10 mm, elles contiennent du pollen d'une couleur orange clair, les étamines sont d'une couleur verte. Les nectaires sont sombres.


L'espèce Lilium pyrenaicum a été décrite par le botaniste français Antoine Gouan en 1773

 

 

Le lys royal (lilium regale) :


Ce lys blanc pur à coeur jaune, rose à l’extérieur, élégant, d'un parfum puissant, presque enivrant,  peut atteindre 180 cm. Il est originaire de la province du Sichuan, en Chine.


Sa floraison est estivale. Ce lys est l'une des plus belles et des plus vigoureuses plantes bulbeuses.


Il se cultive en pleine terre ou en pot, ne nécessitant que peu de soins.


 

En Chine, le lys est très demandé pour les mariages parce que son nom sonne comme le commencement d’une phrase souhaitant au couple une heureuse union pour un siècle. 


Toujours en Chine, les amis et membres de la famille offrent également la fleur aux personnes ayant récemment perdu un proche car selon la croyance elle aiderait à soulager les maux de cœur. 


De nos jours encore, on utilise également le lys comme plante médicinale et comme denrée alimentaire, notamment en Asie. C'est le lys martagon (Lilium martagon) qui s'est le plus répandu. On le trouve aujourd'hui de la Chine à la Russie et jusque dans la péninsule ibérique. Ce n'est qu'au XX° siècle que les lys ont acquis une importance industrielle comme plantes cultivées et comme fleurs coupées.
 

 

 

Le lys à longue fleur (Lilium longiflorum) :


aussi appelé lys de Pâques ou lys Saint-Joseph, est une espèce ornementale aux grandes fleurs blanches, en forme de trompette, regroupées par deux ou trois au bout d’une tige. Il exhale un parfum céleste.


 

 

Le Lys du Japon (lilium spéciosum):


Il est originaire d' Asie orientale, du sud du Japon et du sud de la Chine , où il peut être trouvé à des altitudes de 600 à 900 mètres. On l'appelle parfois le lis japonais. 


Il est à l'origine de certains lys hybrides des fleuristes. Les fleurs sont de couleur blanche à rose et fortement parfumées. Il fleurit en fin d'été dans les régions tempérées du nord.  


 

 

Lys tigre (lilium tigrinum ou lilium lancifolium) :


est une espèce botanique présente en Chine, au Japon, et en Corée. Il est largement distribué en Asie parce qu’il est cultivé depuis des siècles pour la consommation de ses bulbes.

 

Ce lys a une tige d'un mètre portant jusqu'à 20 fleurs pendantes, rouge orangé taché de pourpre noir. Il fleurit en juillet et août.


Ce lys est sans doute l’espèce la plus courante cultivé dans les jardins. Vigoureux, gai, et florifère, il est aisé à cultiver.


 

 

Le Lys bulbifère (Lilium bulbiferum var. bulbiferum) : 


Ce lys à fleurs rouge feu et pourvu de bulbilles parmi les feuilles supérieures, est indigène des montagnes de l'Est de l'Allemagne et de République tchèque, des Alpes orientales, des Carpates occidentales et des Balkans.


Il est fécondé par des papillons diurnes qui se posent sur l'un des pétales pour opérer. A la base de ces pétales se trouve ce qu'on appelle un nectaire. C'est là que le papillon introduit sa trompe pour parvenir jusqu'au nectar.


le lys rouge prévient des amours interdites. L'évangile rappelle qu'observer le lis des champs conduit à la grâce divine, il est droit sur sa tige et son parfum mêlé de miel et de poivre subsiste lorsqu'il est coupé.


 

 

Le lys orangé (Lilium bulbiferum var. croceum) 


à fleurs orangées, est indigène du massif du Jura, des Alpes occidentales, du versant espagnol des Pyrénées, des Apennins et de Corse.


On peut également lui donner les noms vernaculaires de lys safrané, lys orangé, lys faux safran, lys éclatant. 


Dans la vallée grisonne du Poschiavo, le lys est appelé «Flur da San Giuan» (fleur de la Saint-Jean) parce qu'elle est jetée dans les feux de la Saint-Jean le 24 juin pour se protéger des intempéries.


 

 

Le Lys de Pompone (Lilium pomponium) :


Le lys turban ou lys de Pompone, (Giglio a Fiocco en Italie) est une plante vivace à bulbes , de 25 et 70 cm. On le retrouve en France et en Italie, sur des sols calcaires, des pelouses sèches et rocailleuses.


L’espèce Lilium pomponium a été décrite par Carl von Linné en 1753.


 


 

De nombreuses variétés de lys asiatiques sont utilisées dans la nourriture, le plus souvent en récoltant les bulbes et en les utilisant à la place des pommes de terre ou des châtaignes d’eau.

 

D’autres lys sont récoltés pour un usage médical. La médecine chinoise traditionnelle utilise différentes variétés de lys qui produiraient un effet refroidissant et apaisant dans le corps.


 

 

Le lys des prairies (Lilium philadelphicum L. var. andinum) :


ou lys rouge orangé ou lys rouge de l'Ouest  est une espèce de lys originaire d'Amérique du Nord.


C'est l'emblème floral choisi en 1941 par la province de la Saskatchewan, au Canada (il figure d'ailleurs sur le drapeau de la province).


 

 

Le lys bosniaque (Lilium bosniacum) :
lys doré appartenant au genre Lilium endémique dans les montagnes des Balkans.


est l'emblème des habitants de Bosnie. Il figurait sur l'ancien drapeau national de Bosnie-Herzégovine de 1992 à 1998.
Issu des armes du roi bosniaque Stefan Tvrtko Ierde Bosnie (an 1353).

Bosnie Herzegovine(1992-1998)


En meuble héraldique la fleur de lys est l'emblème de Florence
 

Le lys de Florence (il Giglio en italien) est le blason depuis le XI° siècle, à base de fleur de lys de gueules (rouge en héraldique) sur écu à champ argent (blanc en héraldique), de la ville de Florence (Firenze en italien, Florentia, la Ville de la fleur en latin), chef-lieu de la Toscane en Italie. L'emblème n'est donc pas un lys mais en réalité un iris horticole. En effet, les iris étaient abondants le long de la rivière Lys, ces iris sont parfois appelés "fleur de Lys".


 

 

Il existe une centaine d'espèces de lys et d'innombrables variétés. Le lys comptent parmi les fleurs les plus anciennes, puisque leur origine remonte à près de 12 millions d'années. Les premières espèces seraient apparues dans l'Himalaya, mais d'autres espèces se sont peu à peu établies sur tous les continents de l'hémisphère nord.


Toutes les fleurs de lys émergent d’un bulbe, et c’est une des rares plantes à floraison flamboyante à pouvoir supporter la vie en intérieur aussi bien que la culture en extérieur. Les lys anciens produisent des graines, qui donnent des fleurs magnifiques.  
 

 

Lilum candidum était déjà cultivé par les Assyriens et les égyptiens. Une tablette sumérienne datant de 5000 ans mentionne déjà ce lis.

 

Le lys blanc ou lys de la Madone (Lilium candidum) est une fleur au parfum épicé, qui fait partie des plus anciennes plantes ornementales cultivées, puisqu'il est déjà apparu en culture au milieu du troisième millénaire avant J.-C. 


Mentionné pour la première fois dans des textes égyptiens datant de 2500 avant J.-C., 

 

Réunion des Deux-Terres
La pensée égyptienne accorde une grande place au concept de la dualité. Toute réalité s'exprime comme l'union de deux modalités contraires mais appairées. Dans le mythe osirien, Horus et Seth sont les "Deux Combattants" ou les "Deux Compagnons" . La monarchie pharaonique est elle aussi imaginée comme une institution duelle dans laquelle la Haute et Basse-Égypte sont unifiées. En tant que symbole politique de l'unité égyptienne, le pharaon est le "Maître des Deux-Terres" (neb-taouy) car il est avant tout le personnage dans lequel se manifeste l'union politique des deux parties du pays. 


Cette unité des Deux Terres est fréquemment évoquée par la scène dite du Séma-taouy ou "Réunion des Deux-terres". Ce motif décoratif figure fréquemment sur les deux flancs latéraux du trône royal. La plante du Sud, le lys blanc et celle du Nord, le papyrus, sont vigoureusement nouées ensemble par Horus et Seth ou par deux Hâpy (esprit de l'inondation) autour du hiéroglyphe de la trachée artère (séma), un idéogramme qui évoque les notions d'unité et de réunification. 

Par deux Hâpy. Trône de Ramsès II, XIXe dynastie, Louxor.

 

La civilisation minoenne est une civilisation antique qui s'est développée sur les îles de Crète, de Santorin et probablement sur une grande partie de la mer Égée, au sud de la Grèce de 2700 à 1200 av. J.-C.


C'est le plus important des palais minoens crétois depuis sa découverte en 1878. Associé à la légende du palais du roi Minos, le site, occupé depuis 7000 av. J.-C., fut la capitale de la Crète lors de la période minoenne.Les ruines de Cnossos ont été découvertes en 1878 par un antiquaire crétois, Minos Kalokairinos.

 

Le prince aux fleurs de lys
La fresque intitulée le Prince aux fleurs de lys a été découverte en 1901 par l’archéologue anglais Arthur Evans (1851-1941) dans l’aile sud-ouest du palais de Cnossos en Crête. Elle date de l’âge du bronze récent (1600-1050) et appartient à la civilisation minoenne. Cette peinture mesure un peu plus de 2m de haut. Elle est conservée aujourd’hui au musée d’Héraklion.

 

 

On trouve également des reproductions de lys sur des vases de Santorin (1500 avant J.-C.)

Sur le site d'Akrotiri - 1500 ans avant JC - (Musée Préhistoire de Thira Santorin) on a retrouvé des lys sur un fragment de fresque


 

 

Dans la Grèce antique, on couronnait les mariées de lys dans l'espoir qu'elles aient de nombreux enfants. 

                                                                    

Chez les Grecs, le lys est associé à la déesse Héra (Junon chez les romains), symbole de la maternité.

 
D’après la mythologie, Zeus,(Jupiter chez les romains) l’époux d’Héra, eut avec une mortelle un fils : Héraclès. (Hercule chez les romains). Pour que ce dernier devienne comme son père immortel,

Zeus le fit allaiter par Héra. En allaitant le petit Héraclès  un peu de lait divin gicla sur la voûte céleste, créant la Voie Lactée et quelques gouttes tombèrent sur la terre donnant naissance aux premiers lys blancs.

Aphrodite,(Vénus chez les romains) déesse de l’amour, fut si jalouse de la beauté et la pureté du lys qu’elle y ajouta un imposant pistil jaune à connotation sexuelle…

Héra allaitant Héraclès, le lait gicle et forme la voie lactée. Zeus à gauche, voit son plan se réaliser. - Pierre Paul Rubens

 

Le nom botanique Lilium martagon associe le lys à Mars, le dieu de la guerre, car on disait que les bulbes apportaient la victoire à celui qui les portait sur lui pendant le combat. 


Il fut planté dans beaucoup de jardins comme plante ornementale et fit naître de nombreuses superstitions.

 

Le lys pourpre ou martagon dont une capsule oblongue contient les graines, dont les alchimistes tentèrent d'utiliser les bulbes de sa racine qui croyait-on pouvait transformer le métal commun en oOr..........


On pensait autrefois que les bulbes du lys martagon "racines d'or" avaient des pouvoirs magiques : 
on le suspendait au cou des petits enfants qui font leurs dents. 
Quant à la fleur, elle pouvait ouvrir les serrures, dénouer les liens, et était
un charme d'amour, 


Les fleurs de ce lys étaient suspendues pour se prémunir contre les maladies, et chasser les démons. 


Sans oublier qu'on en donnait à manger aux vaches parce qu'on croyait que le beurre aurait ensuite une très belle couleur jaune.


Les pétales servaient à fabriquer une peinture de couleur rouge orangé, et on en produisait également un élixir de beauté réputé efficace contre les taches de rousseur.
 

 
On le nomme Lys turban, ses pétales recourbés font penser à cette forme de turban dont le sultan Mehmed Ier (1413-1421) lança la mode. 

ou petit lys du calvaire, ou lys de Sainte Catherine, ou racine d'or, ou encore couronne impériale, c'est un lys aux fleurs pourpres qui pousse à l'état sauvage dans les prairies et les bois de montagne.


 

 

 

Le lys apparaît très tôt dans la Bible comme évocation traditionnelle du peuple d'Israël. Ainsi, dans le Cantique des cantiques 2.1 : Je suis un narcisse de Saron, un lis des vallées, chochanat ha-'amaqim. Le terme désignant le lys, chochana, a donné le prénom Suzanne.

 

Ancien Testament


1 Rois, VII, 19 : "Les chapiteaux qui étaient sur le sommet des colonnes, dans le portique, figuraient des lys et avaient quatre coudées."


2 Chroniques, IV, 5 : "Son épaisseur était d'un palme ; et son bord, semblable au bord d'une coupe, était façonné en fleur de lys. Elle pouvait contenir trois mille baths."


Cantique des Cantiques, II, 1-2 : "Je suis un narcisse de Saron, un lys des vallées. Comme un lys au milieu des épines, telle est mon amie parmi les jeunes filles." Note 2


Cantique des Cantiques, IV, 5 : "Tes deux seins sont comme deux faons, comme les jumeaux d'une gazelle, qui paissent au milieu des lys."


Cantique des Cantiques, VI, 2-3 : "Mon bien-aimé est descendu à son jardin, au parterre d'aromates, pour faire paître son troupeau dans les jardins, et pour cueillir des lys. Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi ; il fait paître son troupeau parmi les lys."


Osée, XIV, 5 : "Je serai comme la rosée pour Israël, Il fleurira comme le lys, et il poussera des racines comme le Liban."

 


 

Nouveau Testament


Évangile selon Saint Matthieu, VI, 28-29 : "Et pourquoi vous inquiéter au sujet du vêtement ? Considérez comment croissent les lys des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux."


Évangile selon Saint Luc, XII, 27 : "Considérez comment croissent les lys : ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous dis que Salomon même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux."
 

 

 

 

I° siècle

 

Ovide, en latin Publius Ovidius Naso, ( 43 av. J.-C. -17 ou 18 ap. J.-C. poète latin qui vécut durant la période qui vit la naissance de l'Empire romain. Ses œuvres les plus connues sont L'Art d'aimer et les Métamorphoses.


"Si quelqu'un dans un jardin bien arrosé brise la violette, le pavot 

Et le lys hérissé de langues jaunes, 

Les fleurs fanées laissent soudain tomber leur tête flétrie, 

Ne se tiennent plus et regardent, de leur cime, la terre."


 

 

 

II° siècle avant J.C.


On trouve la trace de la fleur de lys sur la monnaie gauloise
Drachme au style languedocien à la fleur de lys


Revers

Croix bouletée au centre, cantonnée d'une fleur de lys stylisée surmontée d'un bâtonnet bouleté aux deux bouts au 1er canton ; lunule aux 2ème et 3ème cantons ; lunule surmontée d'un point au 4ème canton.


 

 

 

II° siècle


Les Romains, en grands amateurs de parfums, considèrent eux aussi le lys comme une fleur aussi noble que la rose, ils étaient séduits par son parfum suave, , c'est pourquoi ils remplissaient les coussins et les couvertures de pétales de lys. 

 

Sous l'Empire romain, la fleur de lys avec ses six pétales était gravée sur les tombeaux juifs des catacombes et sa stylisation a abouti à l'étoile à six branches.


Vers 132, les troupes romaines détruisirent les villages de Judée le dépeuplement de la Judée autour de la "Ville sainte". Cet événement contribue à la construction du mythe du Juif errant.

 

Les Juifs s’exilèrent hors de la Palestine, et c'est ainsi que le lys apparut en Europe.

 

Shoshanim (fleurs de lys)


Pour les Hébreux, le lys est l’emblème des tribus d’Israël,

Le mot "shoshanim" est souvent traduit par "rose" mais il signifie en fait "lys", aussi bien en hébreu ancien qu'en hébreu moderne. La rose, qui ne poussait pas en Israël à l'époque biblique, se dit "vered" en hébreu moderne. Le lys, originaire du Moyen-Orient, était la fleur préférée du roi Salomon.

 
(Cantique des Cantiques / Shir HaShirim 6:3)

"Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi, lui le berger parmi les fleurs de lys."


On retrouve des gravures de fleurs de lys sur de nombreux vestiges archéologiques (colonnes, tombeaux, etc.)


Le lys est d'ailleurs à l'origine du symbole de l'étoile de David. Vu de haut la fleur en a la forme.


Le mot Shoshanah  vient de shesh  (six) car cette fleur comporte 6 pétales et 6 étamines (Ben Ezra) 
 

Mythologie des fleurs - Le lys
Mythologie des fleurs - Le lys

 

 

III° siècle

 

Selon Origène père de l'exégèse biblique, théologien de la période patristique, (v. 185- v. 253), l'un des Pères de l'Église, le lis des vallées  (cantique des cantiques, II, 1) symbolisait l'arbre de vie planté dans le paradis

Bestiaire des alchimistes -Henri de la Croix-Haute

Arbre de vie aux oiseaux sculpté dans du poirier et polychrome, par le sculpteur sur bois Philippe Péneaud

 

 

VI° siècle

Sous Clovis (466-511), roi des Francs et premier roi de France, c’est la fleur de lis (ou d’iris)qui devient le symbole de la monarchie française en rapport avec la Vierge Marie, protectrice des Rois. 


Une polémique persiste toujours : la fameuse “fleur de lys”, insigne royal français, représenterait en réalité un iris ! 


Certains auteurs comme Charles Bruneau y voient plutôt une représentation stylisée de l'iris des marais.


La légende attribue ce choix à Clovis. 
Lors de la bataille de Vouillé en 507, les armées de Clovis sont repoussées dans les marécages de la Vienne par les Wisigoths d'Alaric II. Une biche au son de l'armée traverse alors la Vienne en crue au niveau d'un gué environné de grands iris jaunes dont les rhizomes contribuent à la stabilisation les berges et vasières des cours d'eau, indiquant ainsi que ce passage au sol stable pouvait être franchi par les armées franques qui vont pouvoir battre les Wisigoths. Cette fleur, symbole  de la victoire de Clovis, est dès lors adoptée par le roi des Francs, qui changea l’emblème de la grenouille en fleur de Lys (qui serait en réalité une fleur d'iris) 

Clovis recevant les fleurs de lys

 

VII° siècle



Bède, dit le Vénérable (673-735) moine et lettré anglo-saxon 


a comparé la Vierge Marie à un lis blanc, les pétales blancs symbolisant son corps virginal pur et les anthères dorées l'éclat de son âme.

Gustav Pope (1831–1910) Vierge et lys



 

 

IX° siècle


La fleur de lys est apparue pour la première fois sur le sceptre de Charles-le-Chauve (823-877), petit-fils de Charlemagne, roi de Francie occidentale (742-814) et empereur d’Occident (800). La Royauté française aurait donc choisi cet emblème sous forme d'aigrette trifide, l'un des plus anciens au monde. au même titre que d’autres familles régnantes européennes avaient choisi l’aigle, le lion ou le léopard.


Ce symbole fut utilisé par les souverains carolingiens puis par leurs successeurs, empereurs ottoniens et rois capétiens. 

Georges Rouget (1783-1869) - Charles III, dit le simple, roi de France en 896 (879-929)

 

 

XI° - XVI° siècle

 

Jusqu'au Moyen-Age, les chrétiens associèrent le lys au paganisme, mais furent ensuite subjugués par sa beauté. 


C’est lorsque les Croisés introduisent le lys en Europe que la fleur va prendre place dans le culte de la Vierge Marie. Un vers du Cantique des Cantiques , "tel est le lys entre les chardons, telle est ma bien-aimée entre les jeunes femmes " inspire alors l’Eglise catholique médiévale qui voit dans le lys un attribut de la Vierge Marie. De nombreux saints et autres patriarches furent soudain représentés avec des lys, comme signe de leur vertu.

 

L'annonciation

Le lys


Le lys préside en général à la scène d’Annonciation. Il est la plupart du temps placé dans un vase ou dans la main gauche de l’Archange Gabriel, dont il devient ainsi l’attribut. Il arrive qu’en hommage Gabriel l’offre à Marie. S’il n’est pas tenu par l’Ange, le lys (lilium candidum) est alors souvent placé dans un vase posé à terre, soit entre l’Archange et Marie, soit aux pieds de celle-ci, déporté sur le côté, ou situé dans un recoin ou quelque niche, soit installé sur un élément du mobilier.

Sa blancheur et ses fleurs insexuées, sans étamines (Réau, 1957, tome 2, p.183), en font le symbole de la pureté, de la virginité, de l’innocence. Il représente l’inviolabilité et la chasteté de Marie, appelée Inviolabile Castitatis Lilium par saint Bernard. Car Marie purissima, immaculée, tel un lys, a surgi "au milieu des champs d’épines " (lilium inter spinas, Cant 2,2). 
Dans les laudes des XIIIe et XIVe siècles, à la suite de saint Bernard, Marie est proclamée Lilium castitatis : dans le Laudario di Cortona (3, 35), l’Ange Gabriel parle ainsi à Marie : "Tu incignerai e più che giglio pura sirai…" ; les Laudes de Virgine Maria de Bonvesin da la Riva appellent Marie "blanchissimo lilio" ; Jacopo da Todi (Laude 17, 3-8) crie à la Vierge : "O fior de castetate, odorifero giglio !" (oh fleur de chasteté, lys odoriférant).

Lorsque la tige en est particulièrement dressée, raidie tel un sceptre, le lys peut être identifié à la verge fleurie de saint Joseph, signe par lequel l’élu, le futur époux de la Vierge, appelé à être le père nourricier de Jésus, fut désigné publiquement et miraculeusement. 
 

La fleur est également conviée aux communions et aux noces catholiques, en tant que symbole de l’amour chaste et de la pureté. Le lys devint la fleur de la Vierge ou fleur de la Madone, ce qui explique aussi son nom vernaculaire de "Lis de la Madone". 

Archange Gabriel

 

XII° siècle

 

Saint-Bernard (1090-1154) a décrit Notre-Dame comme "la violette de l'humilité, le lis de la chasteté, la rose de la pureté".

 

 

XII° - XIII°  siècle


C'est sous le règne de Louis VII, que l'expression "fleur de lis" apparut et que les fleurs de lis d'or sur champ d'azur devinrent les armes de France et l'emblème spécifique des rois de France. 


Ce motif floral devient le symbole de la souveraineté dès le XIIe siècle : à l’instar de la Vierge Marie, le Roi est lui aussi "l’élu" de Dieu. Les 3 pétales représentés sont l’évocation de la Sainte Trinité (le Père, le Fils et le Saint-Esprit).

 
La fleur de lys (lis) est une fleur mythique d'origine gauloise. Elle proviendrait en réalité pour certains de l'iris ( lis en néerlandais), pour d'autres du glaïeul et pour d'autres encore, ce symbole considéré comme une fleur (un meuble) héraldique n'a pas de réalité botanique. Cette marque d'origine gauloise s'est répandue dans le reste de l'Occident à partir du haut Moyen Âge, elle fut l'emblème de la royauté en France, d'abord 


avec le roi Louis VII  (dit "le Jeune" puis "le Pieux ", 1120-1180) roi des Francs de 1137 à 1180, sous l'influence de Bernard de Clairvaux : d'azur semé de fleurs de lys d'or

Louis VII et l'empereur Conrad III lors de la deuxième croisade. Enluminure du XIV° siècle, Bibliothèque nationale de France.
 

 

XIII° siècle


Pierre-Barthélemy Gheusi donne à la fleur de lys une origine plus guerrière que botanique : ce serait un embout de javelot gaulois ou l'Angon des Francs avec pointe et crochets

 

(voir l'analogie de forme avec ce sceptre fleurdelisé du blason de Trieste et qui serait la lance de Saint Serge selon Ottfried Neubecker, Le Grand Livre de l'héraldique.

 

Trieste : Blason français ancien : "De gueules à la hallebarde de saint Serge d'argent" ; timbré d'une couronne murale d'or. La première preuve de l'utilisation de la lance ou hallebarde de saint Serge dans les armoiries de Trieste remonte au XIIIe siècle. Elle est appelée ainsi en raison de saint Serge qui appartenait à la XVe Légion Appolinaris en tant qu' officier romain et qui fut cantonné à Trieste au IVe siècle. C' est ici qu' il se convertit au christianisme. Selon la tradition, lorsqu' il fut appelé à la Cour pour comparaître devant l' Empereur Maximin, les autres officiers et soldats chrétiens qui craignaient pour sa vie lui demandèrent un signe s' il venait à rejoindre "le Royaume des Cieux". Et c'est ainsi, toujours selon les récits anciens que, lorsqu' il fut décapité en Syrie en 303, une hallebarde apparut dans le ciel de Trieste au même moment. Ses compagnons comprirent alors qu' un nouveau "Témoin de la Foi" pouvait prier pour eux...


Depuis le Moyen-Age on vénère une lance, dite "lance de saint Serge", dans la cathédrale de Trieste.  L'arme d'acier est actuellement conservée dans le trésor de la cathédrale de San Giusto et est considérée comme imperméable à la rouille. Ce type d'arme est appelée plus précisément "épieu à la frioulane", une arme de hast typique utilisée dans la région au XIVe siècle. 

 

Sa forme particulière a fait qu'on l'a souvent confondue avec une fleur de lys, par ignorance de sa symbolique,  et d'ailleurs pendant la longue période où la ville était autrichienne on l'a dessinée comme une fleur de lys au bout d'un sceptre de couleur or, issant de la pointe de l'écu.  

 


source :  http://it.wikipedia.org/wiki/
 

 

 

XIII° siècle


Le double denier tournois à fleurs de lys, appelé communément double tournois, est une ancienne monnaie d'une valeur de deux deniers tournois émise par les rois de France à partir de la fin du XIII° siècle. Elle s'insérait dans le système tournois : six doubles tournois formaient un sou tournois. Vingt sous tournois formaient une livre tournois.


 

 

XVIII° siècle


Le lys figure sur le sceau de Philippe II dit Auguste (1165 -1223), squi iégeant, tient à la dextre un lis symbole de la royauté. Son manteau lors de la cérémonie du Sacre en était constellé (on dit semé quand il existe de nombreuses fleurs sur le champ de l'écu = de France ancien). Il réduit ce nombre illimité de lys au nombre symbolique de trois et se servit de cet étendard pendant la troisième croisade vers Jérusalem.

 

phillipvs dei gratia francorvm rex (" Philippe, par la grâce de Dieu roi des Francs").


Sceau de Philippe Auguste : on note la fleur de lys dans la main droite (moulage, 75 mm de diamètre, Paris, Archives nationales (France).


 

 

 

XIII° siècle


Saint Dominique de Guzman, Prêtre et Fondateur de l'Ordre des Frères Prêcheurs, les Dominicains (1170-1221)


Saint Dominique est souvent représenté muni d'une croix, d'un lys, d'un livre et d'un globe terrestre. Une étoile lui pare le front tandis qu'un chien noir et blanc portant une torche enflammée dans sa gueule l'accompagne.

Gaspar de Crayer - Saint Dominique de Guzman -  (1655)

 

Saint Dominique de Guzman

 

XIV° siècle


Un poème inédit de Guillaume de Digulleville : Le Roman de la Fleur de lis
Arthur Piaget Romania  - Année 1936  247  pp. 317-358

Guillaume de Digulleville ou Deguileville (Digulleville v. 1295-ap.1358) est un moine et poète français du Moyen Âge.


Le Roman de la Fleur de lys (1338) (titre alternatif : Dit de la fleur de lis)
Le roumant de la fleur de lis (ms. A, expl.); Le dist de la fleur de lys (ms. B, inc.); Le roman de la fleur de lis; Le dit de la fleur de lis (éd. Duval)
Date:    1338

 

vers octosyllabiques à rimes plates


.....


A rois et chevaliers et ros,

et aus estas menus et gros,

une vision vuel nuncier

qui, en dormant, m'avint l'autrier…

......

Et s'il y a rien messeant,

rien mal a point ou desplaisant,

cela soit reputé a songe,

car poy en sont ou n'ait menchonge.

Cy fine le Roumant de la Fleur de lis.

..........


 

 

 

 

XIV° siècle


Eysteinn Ásgrímsson (c. 1310 - 1360) était un poète islandais qui a écrit Lilja , la plus célèbre et selon la plupart des lecteurs la meilleure parmi la poésie religieuse en Islande au Moyen Âge.


Le lys : Poème marial islandais


Résumé :
Tempête au monastère ! Une dispute dégénère en rixe et l'un des moines rebelles roue de coups son supérieur... Scandale, jugement, mise aux fers des responsables. Un peu plus tard, l'un des coupables se repent et livre un magnifique poème de 800 vers à la gloire de la Vierge Marie... La scène se passe en Islande, pendant le Moyen Age. Si Le Lys, histoire de la chute et du salut, est resté très populaire, même sous le luthéranisme, c'est que, sous les braises ardentes de la foi d'Eystenn, souffle l'Esprit qui purifie les passions pour les fondre au creuset de l'amour divin. Un texte étonnamment proche de nous qui puise sa source dans l'universalité des douleurs et des rédemptions.


 

 

 

XIVe siècle.


moyen-âge 

 

Guillaume de Machaut (Machault) (1290–1377) poète 


Rondeau, 


Blanche comme Lys,


"Blanche com lys, plus que rose vermeille,

Resplendissant com rubis d’Oriant,

En remirant vo biauté non pareille,

Blanche com lys, plus que rose vermeille,

Suy si ravis que mes cuers toudis veille 

Afin que serve à loy de fin amant,

Blanche com lys, plus que rose vermeille,

Resplendissant com rubis d’Oriant."

Elisabeth Sonrel
 

 

 

XIV° siècle

 

Il est courant au moyen âge de trouver le lys dans les peintures et les enluminures de l'Annonciation. Entre l'ange Gabriel et la jeune Vierge en prière se trouve le vase avec le lys. Dans de nombreuses scènes de l'Annonciation peintes à la Renaissance, l'archange Gabriel tient un lys.

 

Les Très Belles Heures de Notre-Dame est un manuscrit que commande le duc Jean Ier de Berry en 1389 et dont la réalisation est sans doute interrompue vers 1409.

 

 

 

XIV° siècle


Catherine Benincasa, en religion Catherine de Sienne (1347-1380) 
tertiaire dominicaine mystique, qui a exercé une grande influence sur l'Église catholique. Elle est déclarée sainte et docteur de l'Église.
Les peintres représentent Catherine tenant un lys dans ses mains, symbole de sa virginité, ou des écrits


Catherine de Sienne 
Andrea Vanni, v. 1400 Basilique San Domenico

 

 

L'Extase de sainte Catherine de Sienne, 
Agostino Carracci, 1570, Galerie Borghèse, Rome.

 

 

Ste Catherine de Sienne protectrice de la confrérie Saint-Michel 
Sano di Pietro, xve siècle Brooklyn Museum


 

Sainte Catherine de Sienne protectrice de la confrérie Saint-Michel 

Sano di Pietro, XV° siècle

 

 

XV° siècle

 

En avril 1429, Sous une bannière blanche arborant la fleur de lys, Jeanne d’Arc partit pour sauver le trône de France. 

 

Armoiries de Jeanne d'Arc telles qu'elles figurent sur le vidimus de l'acte de concession dans un traité manuscrit sur les monnaies (vers 1550) - essai de mise en couleur sur le blason ci-dessous


 

 

 

XV° siècle

 

Les armes du roi Charles VI (1368-1422) , "d'azur à 3 fleurs de lys d'or".
Elle est aussi le symbole monarchique (sceptres) à la même époque dans l'espace occupé par des descendants des peuples germaniques du Saint-Empire romain germanique.

 


La fleur de lys ornera les blasons royaux, l’orfèvrerie ou encore les sculptures, devenant ainsi jusqu’à la Révolution l’emblème même de la France.

 


 

XV° siècle 

 

Miniature enluminée de Jean Fouquet. (grande chroniques de France Couronnement de Philippe Auguste dans un décor fleurdélysé en présence des regalia (couronne, main de justice, épée sceptre, vêtements du sacre).


Le couronnement de Philippe Auguste eut lieu dans la cathédrale de Reims, le Ier novembre 1179 en présence du duc de Normandie, fils du roi Henri II d'Angleterre.

 

 

 

 

 

XV° siècle


Horae ad usum Romanum,

dites Très petites heures d’Anne de Bretagne
Source: gallica.bnf.fr


Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits. NAL 3120, fol. 54r.


 

 

 

XV° siècle


Enluminure

parchemin 108 feuillets - latin


"Benedicti Aretini de belo (sic) a christianis contra barbaros gesto pro Christi sepulchro ac Judea recuperandis liberé"


Source: gallica.bnf.fr


Bibliothèque nationale de France. Bibliothèque de l’Arsenal. Ms-670 réserve, fol. 1r.

 

 

 

XV° siècle


Enluminure


Philippe Le Bon


Moralités et opuscules ascétiques. Source: gallica.bnf.fr


Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 12441, fol. 44r.
 

 

 

XV° siècle


Les Belles Heures du duc de Berry sont un livre d'heures commandé par Jean de Berry actuellement conservé au Metropolitan Museum of Art de New York, au sein de la collection des Cloîtres, sous la cote Acc.no.54.1.1. Les enluminures ont été peintes par les Frères de Limbourg entre 1405 et 1408 ou 1409.


L'Annonciation, en tête de l'office des morts, f.30r
(contient les armes du duc de Berry)


 

 

XV° siècle


Lorenzo Monaco (1370-1424) moine, peintre et enlumineur italien de la fin du XIV° et du début du XV° siècle


L’Annonciation, vers 1420-1424,(détail)
Collection Alana, Newark, DE, États-Unis



 


 

 

XV° siècle


Fra Filippo Lippi, dit Fra Filippo del Carmine, (1406-1469) peintre florentin de la Première Renaissance.


L'annonciation, détrempe réalisée en 1435 - (National Gallery of Art - Washington, United States)

 

 

L'Annonciation avec deux donateurs agenouillés réalisée en 1440
Elle se trouve  à Rome - Italie. 
Il est conservé dans la Galerie nationale d'art ancien, au Palazzo Barberini, à Rome.

 

 

L'Annonciation, aussi connue sous le nom d'Annonciation Murate, est une peinture de la Renaissance italienne, réalisée autour de 1443-1450. 
Elle se trouve à l'Alte Pinakothek de Munich, en Allemagne.

 

 

L'Annonciation (ou Annonciation Doria) est réalisée et achevée vers 1445-1450. 
Elle se trouve Galerie Doria Pamphilj, à Rome.

 

 

L'annonciation réalisée en 1445. 
Elle se trouve à l'Eglise San Lorenzo, Florence 

 


Annonciation (version de Corsham Court), est réalisée en 1466
 Évangile de Luc I, 26-38 (Bible de Jérusalem, p. 1760)


 

 

XV° siècle


Martin Schongauer (1470-1475) 
peintre et graveur allemand de la fin du Moyen Âge. Graveur (sur bois et sur cuivre) le plus illustre de son temps, sa renommée s'étend jusqu'en Italie (Michel-Ange l'admirait) et aux Pays-Bas. Albrecht Dürer veut devenir son disciple,


Retable de Jean d'Orlier  Musée Unterlinden, Colmar


 

 

 

XV° siècle


Rogier de le Pasture dit Rogier van der Weyden (1399/1400-1464) 

peintre appartenant au mouvement des primitifs flamands

 

Le lys et l'épée - Le Jugement dernier 

-fleurs de lys, symbole de la Pureté d'ordre divine de la Vierge Marie
-l'épée, symbole de justice divine

 

est un retable sous la forme d'un polyptyque en quinze panneaux du appartenant au mouvement des Primitifs flamands, peint entre 1443 et 1452 pour l'Hôtel-Dieu de Beaune sur commande de son fondateur le chancelier de l'État bourguignon Nicolas Rolin. Représentation du thème chrétien du Jour du jugement, 


Retable ouvert avec le Christ,  juge suprême au sommet, l'archange saint Michel pèsant les âmes à ses pieds, entouré de quatre anges buccinateurs, et du tribunal céleste composé de la vierge Marie, de Jean le Baptiste et des saints et des douze Apôtres indifférentiers, de l'humanité en bas, le Paradis à gauche et l'Enfer à droite.


Le Christ sur le globe terrestre, et des inscriptions en latin.
À l'intérieur, la représentation du Jour du jugement, si elle fait appel à la tradition iconographique de ce thème chrétien populaire à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, laisse une grande place à l'imagination de son auteur, ce qui en fait l'originalité. Au centre, le Juge suprême, assis sur un arc-en-ciel, surveille saint Michel rendant son jugement (avec immédiatement de part et d'autre la Vierge et saint Jean le Baptiste). Saints et apôtres indifférenciés (sans leurs attributs respectifs), sont posés sur des nuages et forment une cour céleste. À terre, les morts se relèvent et saint Michel pèse leurs bonnes et mauvaises actions. Jésus bénit de sa main droite (près des fleurs de lys, symbole de la Pureté divine de la Vierge Marie) les justes et de sa main gauche (près de l'épée, symbole de justice divine) maudit les damnés. Les uns sont précipités dans le feu éternel (à droite), tandis que les autres sont accueillis par un ange à la porte des cieux (à gauche). L'absence de démons exerçant une contrainte physique sur les pécheurs, la force de la conscience se suffisant à elle-même, fait de cette œuvre un cas unique dans les représentations du Jugement dernier.

 

 

 

Rogier de le Pasture dit Rogier van der Weyden (1399/1400-1464) 

Le lys et l'épée - Le Jugement dernier - détail

 

 

 

XV° siècle

 

Hans Memling (1435-1494) 

peintre allemand de style primitif flamand


Le lys et l'épée - le jugement dernier


Le panneau central


Hans Memling a repris en partie, pour le panneau central du triptyque, la composition du Jugement dernier de Van der Weyden.


Le Christ est représenté en majesté, de face, ses pieds reposant sur un globe, transposition chrétienne de l’imagerie impériale romaine depuis Constantin. De sa bouche sortent une épée et un lys, qui symbolisent la justice et la miséricorde. Il trône sur un arc-en-ciel, symbole de réconciliation entre Dieu et l’humanité. Il est entouré des douze apôtres, et de Marie et saint Jean-Baptiste, qui intercèdent en faveur des humains. Au-dessus d’eux des anges portent les instruments de la passion.

 

En dessous, Saint Michel pèse les âmes des morts. Il a revêtu son armure. C’est le chef la milice céleste, à la tête de laquelle il a triomphé des anges rebelles. Sur un des plateaux de sa balance, un élu, sur l’autre un malheureux, qui, déjà, est tiré par les cheveux vers l’Enfer. À ses pieds des morts sortent de leur tombe, encore enveloppés de leur linceul.

 

 

Ecole allemande -

jugement dernier du 15ème siècle avec le lis et l'épée,


 

 

XV° siècle

 

Monnaie ancienne en Or 


Charles VIII (1483-1498)

 

"couronne Karolvs : Dei : Gra : Francorvm : Rex, Ecu de France"
 Ecu d'Or au soleil  - Ecu de France couronne, croix fleurdelisé


 

 

 

XVI° siècle


Le lys bulbifère (Lilium bulbiferum var. bulbiferum) 


En Suisse, on croyait que lorsque la fleur se trouvait dans la maison, elle attirait les éclairs lors d'un orage. On glissait les bulbilles croissant à l'aisselle des feuilles, pour les mettre sous les poules en train de couver afin de favoriser l'incubation. 


Si, d'autre part, on portait sur soi les bulbilles, on remportait du succès auprès du sexe opposé. Les bulbes du lys bulbifère donnaient un bon substitut au café.


 


 

XVI° siècle


Enluminure


Grandes Heures d'Anne de Bretagne, BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°27r


Lys blanc - Lilium (Lilium candidum L. = lys commun) // Roses roges - Rosa rubea (Rosa gallica L. = roses de Provins) 


 

 

XV° - XVI° siècle


Alessandro di Mariano di Vanni Filipepi, dit Sandro Botticelli (1445-1510), peintre italien  Il est l'un des peintres les plus importants de la Renaissance italienne et de l'histoire de l'art.

 

la vierge à la grenade

Botticelli - la Vierge à la grenade

 

Marie avec l'enfant et les anges chanteurs

Botticelli - Marie avec l'enfant et les anges chanteurs

 

Madone à la Grenade

Botticelli - Madone à la grenade

 


Madone à la Grenade détail

Botticelli - Madone à la grenade - détail

 

Annonciation 1481

Botticelli - Annonciation 1481

 

Annonciation 1485

Botticelli Annonciation 1485

 

Botticelli Annonciation 1489/ 90

Botticelli Annonciation 1489/ 90

 

 

L'Annonciation de l'église San Barnaba de Florence (en italien Annunciazione della chiesa fiorentina di San Barnaba) 
de 1490 et conservée à la Kelvingrove Art Gallery and Museum de Glasgow.

Botticelli  - Annonciation 1490

 

XVI° siècle


Hans Holbein l'Ancien  (1465–1524) peintre allemand des XV° et XVI° siècles,


Autel de Kaisheimer: Verkündigung Mariens - L'annonciation - v. 1502
Collections de peintures de l'État bavarois

 

 

 

XVI° siècle


Le collier du Saint-Esprit, institué en 1578 par le roi Henri III était formé de fleurs de lys et des monogrammes du roi et de la reine.

 
 

 

XVI° siècle


Le pape Paul III crée en 1546 l'Ordre du Lys.

.........."Les Etats romains ont eu et ont encore plusieurs ordres fondés par les papes. Tel fut l'ordre du Lys fondé en 1546 par le pape Paul III. Il n'y avait d'abord que quarante chevaliers chargés de défendre les Etats du Pape contre ses ennemis ; ils donnaient à leur souverain un cadeau de cinquante mille écus, mais chacun jouissait d'une rente de trois mille écus hypothéquée sur l'Etat.

Ils portaient sur la poitrine une médaille d'or à l'image de Notre-Dame-Du-Chesne d'un côté, et de l'autre ayant un lis bleu d'azur sur un fond d'or avec l'exergue : Pauli III, pontificis maximi munus. Paul IV confirma cet ordre et lui donna le premier rang parmi les autres, en 1556 ; il porta le nombre des chevaliers à 350. Ils soutiennent le dais sous lequel marche le Souverain- Pontife".............


Manuel de l'art héraldique - 1840 - page 111


 

 

XVI° siècle


enluminure
Fleurdelysé


Joannis Ferrault , in utroque jure Licentiati, Consiliarii Regis, fisci ac reipublicae Cenomanensis Procuratoris, de altis praecipuisque liliorum ac serenissimae coronae juribus libellus, Ludovico XII. nuncupatus


Source: gallica.bnf.fr

Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Latin 4777, fol. 2v.


 

 

XVI° siècle


Jean Gossart, ou Jan Gossaert, dit Mabuse (1478-1532) est un artiste romaniste de style maniériste de l'École d'Anvers. Il  est l'un des premiers artistes du Nord à voyager en Italie, en 1508 avec le duc de Bourgogne. Il introduit à son retour en Flandres l'esprit et les formes de la Renaissance italienne.


Vierge au voile - 16e siècle
Cette Vierge à l'enfant est marquée par l'alliance entre tradition flamande et tradition italienne. 

Douai, Musée de la Chartreuse


 

 

XVII° siècle


Bernardo Strozzi  (1581–1644) peintre baroque italien, de l'école génoise. 


- L'annonciation  - 1644
Musée des Beaux-Arts de Budapest

 

 

 

XVI° siècle


Guido Reni (1575-1642) peintre italien de l'époque baroque


Annonciation 1621  - 
Première version du tableau coservé à la pinacothèque de Fano (Italie)

 

 

Annonciation version 2 1629  - 

est un tableau exécuté en 1629 sur une commande de Marie de Médicis. Il est aujourd'hui conservé au Musée du Louvre.  

 

 

 

XVII° siècle


Claude François, plus connu sous son nom en religion de "Frère Luc" (1614-1685 frère franciscain récollet (en latin : Ordo Fratrum Minorum Recollectorum) ordre mendiant de droit pontifical issu d'une réforme de l'ordre franciscain.
et artiste peintre français.

 

Sainte Famille à la Huronne, vers 1670-1671,


 


 

XVII° siècle


Jacques Stella (1596-1657)
Peintre d'histoire, essentiellement de sujets religieux, et graveur à l'eau-forte, il est honoré d'un brevet de "peintre ordinaire du roi" en 1635

 

Sainte famille au lys et au berceau, 1637


 

 

XVII° siècle


 

Francisco Meneses Osorio (1630-1705) peintre espagnol

Saint Joseph et Jésus et lys -  1684 
Museo de Bellas Artes de Sevilla


 

 

XVII° siècle


Philippe de Champaigne (1602-1674)
peintre et graveur classique français d'origine brabançonne.

 

L’Annonciation  - Californie c.1644.

Ce tableau est l'une des nombreuses oeuvres de l'époque exécutés à Paris pour la petite chapelle privée de la reine Anne d'Autriche (1601-1666), l'épouse veuve de Louis XIII.


 

 

XVII° siècle


Josefa de Obidos (1630-1684)


peintre portugaise d'origine espagnole . Son nom de naissance était Josefa de Ayala Figueira , mais elle a signé son travail comme, "Josefa em Óbidos" ou "Josefa de Ayalla".

Annonciation - 1676
(Musée National de Arte Antiga, Lisbonne)
Josefa de Obidos (1630-1684)


 

Joseph et l'enfant - 1670



 

 

XVII° siècle


Pietro Berrettini, dit Pierre de Cortone (1597-1669)
peintre et un architecte italien du baroque commençant.

La Vierge et l'Enfant avec sainte Martine - Vers 1643 (?)
Musée du Louvre


Le sujet a été plusieurs fois peint par Pierre de Cortone qui vouait une dévotion particulière à sainte Martine : très impressionné par la découverte de son corps en 1634, il fut l'architecte de l'église des Saints-Luc-et-Martine de Rome et alla jusqu'à léguer ses biens à la sainte.


 

 

XVII° siècle


Giovanni Odazzi (1663-1731) graveur et peintre italien baroque du XVII° siècle et du début du XVIII° siècle qui a été actif principalement dans sa ville natale et dans le Latium.


- L'annonciation


 

 

 

XVII° siècle

 

Du Bestiaire des Alchimistes De Henri la Croix-Haute

 

Le lys


Symbole des trois principes alchimiques (action, résistance, mouvement)
Sa blancheur figurait dans l'obtention de la pierre au blanc (fig. XIV du Solidanius).

Il est présent sur la planche III du mutus Liber dans un vase que tient une jeune femme et en embout du sceptre du Jupiter chevant l'aigle et présidant aux opérations.


Le Mutus Liber, ou Livre muet est un ouvrage de philosophie hermétique paru à La Rochelle en 1677. Il figure parmi les recueils majeurs d’alchimie de son époque. Des travaux récents s’attachent à l’étudier dans sa réalité historique.


.........."Le Lys blanc, mercuriel, volatil est un mercure purifié par le feu. On le représente donc par un croissant de lune dont les pointes sont dirigées vers le haut conjoint à une croix en dessous (symbole du feu, de la cuisson)"...........
 
Le lys est couplé avec la rose rouge et issu du même tronc dans "Azoth" (1624) de Basile Valentin, il signifie l'oeuvre antérieure au blanc. 
La Philosophia Reformata de Johann Daniel Mylius (c. 1583-1642) présente (fig. VII) le soleil en Apollon portant une branche à trois roses et la lune en Diane arborant trois fleurs de lys.

 

Parmi les fresques du monastère de Cimiez l'une offre au regard trois lys fleurissant sur du fumier, symboles de l'oeuvre au blanc.


Le lys à cinq pétales correspond à la quintessence.

 

Les alchimistes considéraient le lys comme une plante lunaire avec des qualités féminines, 

 

La médecine médiévale en Europe utilisait les racines écrasées du lys blanc pour réduire les tumeurs, guérir les ulcères cutanés et apaiser les tendons douloureux. 

 

 

 

XVII° siècle


Carlo Dolci (1616-1686) peintre italien 
La Vierge au lys.

Date    1642


1825 : légué au Musée Fabre, Montpellier, par François-Xavier Fabre 


 


 

 

XVII° siècle

 

Tristan L'Hermite (1601-1655), est un gentilhomme et écrivain français.
La Comédie des fleurs, ou le Sujet de la Comédie des fleurs, est un poème publié dans le recueil des Vers héroïques, en 1648. Repris dans des anthologies depuis le XVII°  siècle,


La Comédie des fleurs est composée de onze stances en sizains :

 

Un Lys reconnu pour un Prince

Arrive dans une Province :

Mais, comme un prince de son sang,

Il est beau sur toute autre chose

Et vient vêtu de satin blanc

Pour faire l'amour à la Rose.

 

Pour dire quelle est sa noblesse

À cette charmante maîtresse

Qui s'habille de vermillon,

Le Lys, avec des présents d'ambre,

Délègue un jeune papillon,

Son gentilhomme de la chambre.

 

Ensuite, le Prince s'avance

Pour lui faire sa révérence ;

Ils se troublent à leur aspect,

Le sang leur descend et leur monte ;

L'un pâlit de trop de respect,

L'autre rougit d'honnête honte.


 

 

XVII° - XVIII° siècle


Pavillon royal, arboré en présence du roi (1638-1790)

 

 

Les pavillons de la marine


qui ont flotté au mât des bâtiments ont une longue histoire. Certains sont conservés à l’Ecole navale.

 

L’affirmation d’un pavillon de la marine royale

Le cardinal de Richelieu (1585-1642)  introduisit l’usage du pavillon blanc, emblème particulier de l’autorité supérieure et décida que dorénavant tous les vaisseaux de guerre porteraient ce pavillon. En 1643, le pavillon de la marine de guerre était blanc, orné de l’écu royal, de colliers de différents ordres, des fleurs de lys et de deux anges vêtus de bleu et de rouge. Arboré au grand mât, il devenait la marque de commandement et à la poupe il signifiait la nationalité du navire qui le portait.

 

 

L’exception des galères

Dans la flotte du Levant ou Méditerranée, la marque de commandement n’était plus blanche, mais rouge et tous les étendards, girouettes et flammes des galères devaient être rouges, ornés des armoiries royales et fleurdelisés.

 

 

Afin de distinguer la marine de guerre de la marine du commerce, Louis XIV initia une ordonnance le 9 octobre 1661. Elle attribua à la marine de commerce un pavillon de poupe bleu à "croix blanche transversante" avec l’écu de sa majesté sur le tout.
Mais la marine marchande visait à s’attribuer le pavillon blanc des vaisseaux de guerre, estimant en tirer plus de prestige. Louis XIV s’opposa fermement à cette prétention.


 

Mais ce dernier lui concéda en 1689, quand il rendit sa grande ordonnance, un pavillon bleu avec croix blanche plus large et les colliers des ordres autour de l’écu royal, privé de ses deux anges vêtus de bleu et de rouge, qui ne pouvaient figurer que sur le pavillon de la marine de guerre.

 

 

XVIII° siècle


François-Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778), est un écrivain et philosophe 


La pucelle d'Orléans. Chant I. - 


Vous m'ordonnez de célébrer des saints : Ma voix est faible, et même un peu profane. Il faut pourtant vous chanter cette Jeanne Qui fit, dit-on, des prodiges divins. Elle affermit, de ses pucelles mains, Des fleurs de lys la tige gallicane, Sauva son roi de la rage anglicane, Et le fit oindre au maître-autel de Reims.


 

 

XVIII° siècle


Clemente de Torres est le nom de scène de Clemente de Torvisco y Escobar (1662-1730), peintre baroque espagnol d' origine génoise.


St Joseph avec l'Enfant Christ


 

 

 

XVIII° siècle


Jean-François Bérangier (1711-1801) peintre
Saint Joseph au lys


 

 

XVIII° siècle


Alexis-Simon Belle (1674 -1734)  peintre français, spécialisé dans le portrait de cour.


Marie Leszczynska (1703-1768) est une aristocrate polonaise, fille du roi de Pologne, reine de France par son mariage avec Louis XV en 1725.


 

 

 

XIX° siècle


La décoration du Lys a été créée en 1814 en faveur de la garde nationale de Paris.

"Créé par Ordonnance de MONSIEUR, comte d'Artois, Lieutenant Général du Royaume, le 26 avril 1814, pour récompenser la Garde nationale de Paris des services qu'elle a rendus par son courage (défense de Paris) ainsi que le 30 mars dans la sécurité de la ville de Paris, et aussi pour son service auprès du roi et de la famille royale en leur servant de garde provisoire... La Garde Nationale, dans cette période troublée pendant laquelle les autorités ont disparu, a été la seule force de police utile et omniprésente. 

 

INSIGNE :  

 

Pour la Garde Nationale de Paris, voici les modèles officiels : 

. celui de l'Ordonnance du 26 avril 1814 consiste en une simple fleur de lys, en argent suspendue à un ruban blanc. 

 

. puis "la fleur de lys" surmontée d'une couronne royale, le tout en argent, est suspendue sur la poitrine par un ruban blanc moiré avec rosette du même ruban ; dit "l'ordre du jour du 9 mai 1814". 

 

 

XIX° siècle


Honoré de Balzac, (1799-1850) écrivain français. Romancier, dramaturge, critique littéraire, critique d'art, essayiste, journaliste et imprimeur


Le lys dans la vallée

 

XIX° siècle


Oscar Wilde  (1854-1900) écrivain, romancier, dramaturge et poète irlandais 


Le Portrait de Dorian Gray - Chapitre II - Oscar Wilde

....."Vous n’avez que peu d’années à vivre réellement, parfaitement, pleinement ; votre beauté s’évanouira avec votre jeunesse, et vous découvrirez tout à coup qu’il n’est plus de triomphes pour vous et qu’il vous faudra vivre désormais sur ces menus triomphes que la mémoire du passé rendra plus amers que des défaites. Chaque mois vécu vous approche de quelque chose de terrible. Le temps est jaloux de vous, et guerroie contre vos lys et vos roses."............
 

 

XIX° siècle


Paul Gauguin (1848-1903) peintre postimpressionniste.
parmi les lys - 1889

 

 

XIX° siècle


Benjamin Constant (1845-1902)  peintre et graveur français


Eglise Saint-Martin - Villers sur Mer


 

 
 
XIX° siècle

Henryk Hektor Siemiradzki (1843-1902) 
peintre polonais basé à Rome , surtout connu pour son art académique monumental

Jeanne d'Arc à genoux devant un Ange
 


 

XIX° siècle


William Bouguereau  (1825–1905) peintre français représentatif de la peinture académique


La Vierge au lys


 

 

XIX° siècle

 

Mary Louise Fairchild (1858 -1946) 
peintre américaine, portraitiste et paysagiste.


Roses et lys (1897)
Musée des beaux-arts de Rouen

 

 

 

XIX° siècle


Dante Gabriel Rossetti (1828-1882) 

L'annonciation


 


 

XIX° siècle

 

Arthur Hacker (1858-1919), peintre anglais

L'annonciation - 1892


 

 

XIX° siècle


Poète : Charles Guérin (1873-1907)

Recueil : Le cœur solitaire (1896).

 

Dans ton décor naïf tu m'apparais.


....

Ta mansarde fleurie ouvre sur l'Orient ;

Prompte à quitter ton lit de vierge, tu vois naître

L'aube qui te regarde à son tour en riant

Arroser, ô Jenny, les lys de ta fenêtre.

....

 


 

 

XIX° siècle

 

Charles Guérin (1873-1907) poète
Recueil : Le sang des crépuscules (1895).

 

Le vent est doux comme une main de femme

 

Le vent est doux comme une main de femme,

Le vent du soir qui coule dans mes doigts ;

L'oiseau bleu s'envole et voile sa voix,

Les lys royaux s'effeuillent dans mon âme ;

 

Au clavecin s'alanguissent les gammes,

Le soleil est triste et les cœurs sont froids ;

Le vent est doux comme une main de femme,

Le vent du soir qui coule dans mes doigts.

 

Je suis cet enfant que nul ne réclame,

Qu'une dame pâle aimait autrefois ;

Laissez le soleil mourir sur les toits,

Dormir la mer plus calme, lame à lame...

Le vent est doux comme une main de femme.

Les lys blancs George Hitchcock, entre 1880 et 1913
 

 

XIX° siècle

 

Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1869) poète
Recueil : Pensées d'août (1837).

À Madame Récamier.
(Sur un portrait de Gérard.)

 

Une jeune femme au bain

.....

Simple, et pour tout brillant, dans l'oubli d'elle-même,

À part ce blanc de lys et ces contours neigeux,

N'ayant de diamant, d'or et de diadème,

Que cette épingle en flèche attachant ses cheveux ;

.....
 

 

XIX° siècle

 

Stéphane Mallarmé (1842-1898) poète


Recueil : Poésies (1899)


Le Savetier

 

.....

Hors de la poix rien à faire,

Le lys naît blanc, comme odeur

Simplement je le préfère

À ce bon raccommodeur.

....

 

 

 

XIX° siècle

Victor Hugo (1802-1885) poète


Recueil : Les châtiments (1853)


 

Le manteau impérial


.....

Chastes buveuses de rosée,

Qui, pareilles à l'épousée,

Visitez le lys du coteau,

Ô sœurs des corolles vermeilles,

Filles de la lumière, abeilles,

Envolez-vous de ce manteau !

.....


 

 

XIX° siècle

 

Victor Hugo (1802-1885) poète


Recueil : Les quatre vents de l'esprit (1881)

Le 22 novembre 1854.


Littérature

 

......

Notre adoration, notre autel, notre Louvre,

C'est la vertu qui saigne ou le matin qui s'ouvre ;

Les grands levers auxquels nous ne manquons jamais,

C'est Vénus des monts noirs blanchissant les sommets ;

C'est le lys fleurissant, chaste, charmant, sévère ;

C'est Jésus se dressant, pâle, sur le calvaire.

......

Carl Heinrich Bloch résurrection

 

 

 

XIX° siècle

 

Victor Hugo (1802-1885) poète

Recueil : Les chansons des rues et des bois (1865).

 

L'église (I)

 

.....

Seul sous une pierre, un cloporte

Songeait, comme Jean à Pathmos ;

Un lys s'ouvrait près de la porte

Et tenait les fonts baptismaux.

.....


 

 

XIX° siècle

 

Victor Hugo (1802-1885) poète

Recueil : Les chansons des rues et des bois (1865).

 

La nature est pleine d'amour


.....

Ta grâce est un rayon charmant ;

Ta jeunesse, enfantine encore,

Éclaire le bleu firmament,

Et renvoie au ciel de l'aurore.

 

De sa ressemblance avec toi

Le lys pur sourit dans sa gloire ;

Ton âme est une urne de foi

Où la colombe voudrait boire.

......

Frederick William Burton - Innocence
 

 

XIX° siècle

 

Victor Hugo (1802-1885) poète

Recueil : Les chansons des rues et des bois (1865).

 

Les trop heureux


.......

Ce bonheur rend les fleurs jalouses

Et les grands chênes envieux,

Et fait qu'au milieu des pelouses

Le lys trouve le rosier vieux ;

......

Alisa Kazakova 
 

 


 

XIX° siècle

 

Victor Hugo (1802-1885)

Recueil : Les voix intérieures (1837)

 

Soirée en mer

 

......

Sur votre plus belle rose,

Sur votre lys le plus beau,

Savez-vous ce qui se pose ?

C'est l'oubli pour toute chose,

Pour tout homme le tombeau !

......

Jeanne Amen - Les lys de la mer

 

XIX° siècle

 

Victor Hugo (1802-1885) poète 

Recueil : Les contemplations (1856).

Juillet 1833.

 


Je lisais. Que lisais-je ?


......

Toute l'immensité, sombre, bleue, étoilée,

Traverse l'humble fleur, du penseur contemplée ;

On voit les champs, mais c'est de Dieu qu'on s'éblouit.

Le lys que tu comprends en toi s'épanouit ;

Les roses que tu lis s'ajoutent à ton âme.

Les fleurs chastes, d'où sort une invisible flamme,

Sont les conseils que Dieu sème sur le chemin ;

C'est l'âme qui les doit cueillir, et non la main.

.......

James Doyle Penrose - Beauté innocente
 

 

XIX° siècle


Victor Hugo (1802-1885) poète

Recueil : L'art d'être grand-père (1877).

 

Laetitia rerum

 

.......

Le bourdon, aux excès enclin,

Entre en chiffonnant sa chemise ;

Un oeillet est un verre plein,

Un lys est une nappe mise.

.......
 

 

 

XIX° siècle


François Coppée (1842-1908) poète

Recueil : Poèmes divers (1869).

 

Le Lys.


Hors du coffret de laque aux clous d'argent, parmi

Les fleurs du tapis jaune aux nuances calmées,

Le riche et lourd collier, qu'agrafent deux camées,

Ruisselle et se répand sur la table à demi.

 

Un oblique rayon l'atteint. L'or a frémi.

L'étincelle s'attache aux perles parsemées,

Et midi darde moins de flèches enflammées

Sur le dos somptueux d'un reptile endormi.

 

Cette splendeur rayonne et fait pâlir des bagues

Éparses où l'onyx a mis ses reflets vagues

Et le froid diamant sa claire goutte d'eau ;

 

Et, comme dédaigneux du contraste et du groupe,

Plus loin, et sous la pourpre ombreuse du rideau,

Noble et pur, un grand lys se meurt dans une coupe.


 


 

XIX° siècle

 

François Coppée (1842-1908) poète

Recueil : L'exilée (1877).

 


Pitié des choses.

 

La douleur aiguise les sens,

— Hélas ! ma mignonne est partie ! —

Et dans la nature je sens

Une secrète sympathie.

 

Je sens que les nids querelleurs

Par égard pour moi se contraignent,

Que je fais de la peine aux fleurs

Et que les étoiles me plaignent.

 

La fauvette semble en effet

De son chant joyeux avoir honte,

Le lys sait le mal qu'il me fait

Et l'étoile aussi s'en rend compte.

 

En eux j'entends, respire et vois

La chère absente, et je regrette

Ses yeux, son haleine et sa voix

Qui sont astres, lys et fauvette.
 

 

 

XIX° siècle


Germain Nouveau (1851-1920) poète

Recueil : La doctrine de l'amour (1881).


Cantique à la Reine


......

Douce Vierge Marie, humble mère de Dieu

Que tout le ciel contemple,

Vous qui fûtes un lys debout dans l'encens bleu

Sur les marches du temple ;

......


 

 

XIX° siècle

 

Arthur Rimbaud (1854 - 1891)- poète

Poésies

 


Ce qu'on dit au poète à propos des fleurs

 

Ainsi, toujours, vers l'azur noir

Où tremble la mer des topazes,

Fonctionneront dans ton soir

Les Lys, ces clystères d'extases !

 

À notre époque de sagous,

Quand les Plantes sont travailleuses,

Le Lys boira les bleus dégoûts

Dans tes Proses religieuses !

 

- Le lys de monsieur de Kerdrel,

Le Sonnet de mil huit cent trente,

Le Lys qu'on donne au Ménestrel

Avec l'oeillet et l'amarante !

 

Des lys ! Des lys ! On n'en voit pas !

Et dans ton Vers, tel que les manches

Des Pécheresses aux doux pas,

Toujours frissonnent ces fleurs blanches !

.......

Harry George Theaker (1873-1954),

 

 

XIX° - XX° siècle

 

Renée Vivien (1877-1909) surnommée "Sapho 1900", est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque. 


Recueil : "La Vénus des aveugles"

 

La Madone aux Lys


J’ai bu, tel un poison, vos souffles éplorés,

Vos sanglots de parfums, lys fauves, lys tigrés !

 

Dédiez au matin votre rose sourire,

Lys du Japon, éclos aux pays de porphyre.

 

Ténèbres, répandez vos torpeurs d’opiums,

Vos sommeils de tombeaux sur les chastes arums.

 

Lys purs qui fleurissez les mystiques images,

Sanctifiez les pelouses et feuillages.

 

Lys de Jérusalem, lys noirs où la nuit dort,

Exhalez froidement vos souvenirs de mort.

 

Vastes lys des autels où l’orgue tonne et prie,

Brûlez dans la clarté des cierges de Marie.

 

Sollicitez l’avril, ses pipeaux et ses voix,

O muguets, lys de la vallée et des grands bois.

 

O lys d’eau, nymphéas des amantes maudites,

Anémones, lys roux des champs israélites,

 

Soyez la floraison des douleurs de jadis

Pour la vierge aux yeux faux que j’appelai mon Lys.

Alfons Mucha (1860-1939) La Madone aux Lys
 

 

XIX° siècle

 

John Frederick Lewis (1805 -1876) peintre orientaliste anglais.


- Dans les jardins du Bey - 1865
Collection Musée Harris  

 

- Lilium Auratum


 

 

XIX° siècle

 

André Lemoyne (1822-1907) poète

Recueil : Chansons des nids et des berceaux (1896).

À Madame Fernand Barthe.

 

Nocturne

 


LA CÉTOINE-EMERAUDE.

 

Quand la lune apparaît, silencieuse amie,

Dans le cœur embaumé d'une rose endormie

Je me blottis sans crainte et jusqu'au lendemain.

 

 

LE CRIOCÈRE.

 

Moi, c'est dans un grand lys à corolle d'ivoire

Que, le soir, je commence à perdre la mémoire

En repliant mes deux élytres de carmin.

Et toi, la coccinelle, où se trouve ton gîte ?

 

 

LA COCCINELLE.

 

Je tiens si peu de place !... une feuille m'abrite.

Sous ma chape à sept points, je m'endors n'importe où.

 

 

LE POÈTE.

 

Petits joyaux d'amour, que le ciel vous préserve

D'un sournois emplumé, vieil oiseau de Minerve,

Qui voit clair dans la nuit en sortant de son trou.

 

 


XIX° siècle

 

André Lemoyne (1822-1907) poète 

Recueil : Chansons des nids et des berceaux (1896).

À madame Ernest Courbet.

 

Propos aériens

 


LE PAPILLON.

 

Où t'endors-tu, le soir, pauvre petite abeille,

Butineuse des fleurs, qui t'en vas picorant

Dès la pointe du jour, quand l'aube se réveille,

Jusqu'au dernier rayon du soleil expirant ?

 

 

L'ABEILLE.

 

Sans trop hâter mon vol, c'est à moins d'un quart d'heure

Dans le creux d'un vieux chêne, à ma ruche des bois,

Juste au pied du grand arbre où, tous les ans, demeure

Un couple de ramiers dans son nid d'autrefois.

 

 

LE PAPILLON.

 

Pour tes gâteaux de miel rapidement tu voles...

Je te vois disparaître au bord des grands lys blancs,

Roulée à corps perdu dans le fond des corolles

Qui doivent t'enivrer de leurs parfums troublants ;

 

Mais j'admire toujours l'active travailleuse,

Dont le travail est pur, dont le travail est saint,

Faite pour accomplir sa tâche merveilleuse,

Dont s'honore à bon droit la reine de l'essaim.

 

 

L'ABEILLE.

 

Toi qui pars en zigzag comme un éclat de foudre,

Pourquoi donc ce caprice ?

 

 

LE PAPILLON.

 

Afin que dans son vol

Un bec d'oiseau jaseur ne puisse nous découdre.

Je ris d'un martinet passant au ras du sol.

Que faites- vous l'hiver ?

 

 

L'ABEILLE.

 

En grappes léthargiques,

Sans oreilles, sans yeux, sans entendre, sans voir,

Longuement nous rêvons de belles fleurs magiques

Dans la ruche bien close où dès lors tout est noir.

 

 

LE PAPILLON.

 

Nous, dans la saison froide et sombre de l'année,

Nous n'aimons pas à voir nos grands lys se flétrir ;

Notre vie est bien courte, hélas ! mais fortunée.

Quand sont mortes les fleurs, nous préférons mourir.


 

 

XIX° siècle

 

Anatole France (1844-1924) écrivain français, considéré comme l’un des plus grands de l'époque de la Troisième République, dont il a également été un des plus importants critiques littéraires.
 

Le Lys rouge
Calmann-Lévy, 1894 (p. 1-411).


................Sur la couverture de toile paille brillait ce titre en or : Yseult la Blonde, par Vivian Bell. C’était un recueil de vers français composés par une Anglaise et imprimés à Londres. Elle l’ouvrit et lut au hasard :

 

Quand la cloche, faisant comme qui chante et prie,
Dit dans le ciel ému : « Je vous salue, Marie, »
La vierge, en visitant les pommiers du verger,
Frissonne d’avoir vu venir le messager
Qui lui présente un lys rouge et tel qu’on désire
Mourir de son parfum sitôt qu’on le respire.

 

La vierge au jardin clos, dans la douceur du soir,
Sent l’âme lui monter aux lèvres, et croit voir
Couler sa vie ainsi qu’un ruisseau qui s’épanche
En limpide filet de sa poitrine blanche.

 

Elle lisait, indifférente, distraite, attendant ses visites et songeant moins à la poésie qu’à la poétesse,........................

 

 

XIX° siècle

 

Charles Cros (1842-1888) poète

Recueil : Le collier de griffes (posthume, 1908).

 

Rêve

 

Oh ! la fleur de lys !

La noble fleur blanche,

La fleur qui se penche

Sur nos fronts pâlis !

 

Son parfum suave

Plus doux que le miel

Raconte le ciel,

Console l'esclave.

 

Son luxe éclatant

Dans la saison douce

Pousse, pousse, pousse.

Qui nous orne autant ?

 

La rose est coquette ;

Le glaïeul sanglant

Mais le lys est blanc

Pour la grande fête.

 

Oh ! le temps des rois,

Des grands capitaines,

Des phrases hautaines

Aux étrangers froids !

 

Le printemps s'apprête ;

Les lys vont fleurir.

Oh ! ne pas mourir

Avant cette fête.


 

 

XIX° siècle

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète

Recueil : Les Cariatides (1842)

 

La nuit de printemps.

 

.....

Sur son trône, le bon Dieu,

Devant qui le lys foisonne,

Comme un seigneur de haut lieu

Que sa grandeur emprisonne,

.....
 

 

 

XIX° siècle

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète

Recueil : Les Cariatides (1842).

 

Nostalgie.


......

Près des saules courbés poursuivre Amaryllis

Au jeune sein d'albâtre,

Voir les nymphes emplir leurs corbeilles de lys

Pour Alexis le pâtre ;

......

 

 

 

XIX° siècle

 

Théodore de Banville (1823-1891)

Recueil : Les Cariatides (1842).

À Madame Élisabeth-Zélie de Banville.

 

À ma Mère.

 

Ô ma mère, ce sont nos mères

Dont les sourires triomphants

Bercent nos premières chimères

Dans nos premiers berceaux d'enfants.

 

Donc reçois, comme une promesse,

Ce livre où coulent de mes vers

Tous les espoirs de ma jeunesse,

Comme l'eau des lys entr'ouverts !

 

Reçois ce livre, qui peut-être

Sera muet pour l'avenir,

Mais où tu verras apparaître

Le vague et lointain souvenir

 

De mon enfance dépensée

Dans un rêve triste ou moqueur,

Fou, car il contient ma pensée,

Chaste, car il contient mon cœur.

Dora Hitz (1856-1924), L'Enfant du Soleil.
 

XIX° siècle

 

Théodore  de Banville (1823 -1891) poète, dramaturge et critique

Recueil : "Sonnailles et Clochettes"

7 juillet 1888.
 

Le Lys

 

Étouffons le chagrin cuisant

Et les peines qui nous meurtrissent:

Portons haut nos coeurs, à présent

Que les orgueilleux lys fleurissent!

 

Coupe sereine, ô chaste lys

Où le regard du soleil entre!

Corps délicieux de Cypris!

Blancheur superbe de son ventre!

 

Le beau lys, pour son coup d’essai,

Efface le cygne et l’ivoire;

Il est mieux vêtu que d’Orsay

Et que Salomon dans sa gloire.

 

Il règne, avec ses pistils d’or

Dans sa magnifique structure:

Pourtant, il ne s’est pas encor

Occupé d’une filature.

 

Splendide en son riche attirail,

Tu le sais, rayon qui le baises,

Il n’exécute aucun travail,

Pas même celui des trapèzes.

 

Noble épouvantail des méchants

Dont l’âme est toujours mercantile,

Le lys que ravissent les chants,

Ignore la prose inutile.

 

Pareil au marbre que Scyllis

Taillait d’un ciseau grandiose,

Il se contente d’être lys

Et ne sait pas faire autre chose.

Paul de La Boulaye (1849-1926)

 

XX° siècle

 

Harry George Theaker (1873-1954),

- la chanson d'amour

 

 

 

XX° siècle


Etienne Azambre (1859-1933) peintre français, 
"Le peintre des Anges"

Vierge au lys

 


Vierge et l'enfant aux lys


 

 

XX° siècle


Mary Bell Eastlake (1864-1951) peintre canadienne particulièrement connue pour ses portraits d'enfants, 


Bonheur 1892


 

 

 

XX° siècle

 

Art nouveau


Anna Elizabeth Klumpke (1856-1942) artiste peintre américaine.

Un jeune lys (1909), 
musée des beaux-arts de San Francisco.

 

 

 

XX° siècle


Art nouveau

Elisabeth Sonrel (1874-1953)- Artiste Peintre Française

Vierge au lys

 

 

 

XX° siècle


Art nouveau

Gottlieb Theodor von Kempf-Hartenkampf (1871 -1964) - peintre 

Les lys 

 

 

XX° siècle


Art nouveau

Marie Spartali Stillman.  (1844-1927) 
Les lys

 

 

XX° siècle

 

Art nouveau

Marie Spartali Stillman.  (1844-1927) 
Béatrice - roses et lys - 1898

 

 

XX° siècle

 

Art nouveau

Walter Krane -

Les lys

 


 

 

XX° siècle


Paul-Jean Toulet (1867 -1920) écrivain et poète français, célèbre pour ses Contrerimes, une forme poétique qu'il a créée.

 

Monsieur du Paur, homme public est son premier roman
Il est paru en 1898 chez H. Simonis Empis. Une version corrigée et augmentée parut en 1920 chez Émile-Paul.


....."C'est si agréable de comparer les femmes aux fleurs. Une d'elles qui se dévêt au crépuscule, sous les yeux de son ami, tandis qu'à travers les volets tinte l'Angélus d'un soir de province ; elle se hâte, et, de cogner aux meubles ses genoux, parfois s'écrie ; elle effeuille son linge de-ci de-là ; elle jonche le parquet de pétales. On dirait un lys dispersé"......
 

 

XX° siècle

 

René-Guy Cadou (1920-1951) - poète, 

L’intégrale de la poésie de René-Guy Cadou a été publiée par Seghers en 1978 sous le titre Poésie la vie entière,

Hélène ou le Règne végétal, Paris, Seghers, 1952
L’odeur des lys, la liberté des feuilles, le temps mesuré

 

L’odeur des lys

 

Pourquoi n’allez-vous pas à Paris ?

 

— Pourquoi n’allez-vous pas à Paris ?

— Mais l’odeur des lys ! Mais l’odeur des lys !

 

— Les rives de la Seine ont aussi leurs fleuristes

— Mais pas assez tristes oh ! pas assez tristes !

 

Je suis malade du vert des feuilles et des chevaux

Des servantes bousculées dans les remises du château

 

— Mais les rues de Paris ont aussi leurs servantes

— Que le diable tente ! que le diable tente !

 

Mais moi seul dans la grande nuit mouillée

L’odeur des lys et la campagne agenouillée

 

Cette amère montée du sol qui m’environne

Le désespoir et le bonheur de ne plaire à personne

 

— Tu périras d’oubli et dévoré d’orgueil

 — Oui mais l’odeur des lys la liberté des feuilles !


 

 

 

XX° siècle


Lucie Félix-Faure - femme de lettres française (1866-1913)

 

Les lis

 

En souvenir des champs où l’on bâtit Florence,

Champs parfumés de lis au souffle du printemps,

En souvenir du mai joyeux et des huit ans

De Béatrice aux yeux de céleste espérance.

 

En souvenir du lis de l’antique blason

Que, dans Florence, la discorde a fait vermeil,

Dante, j’incline enfin sur le profond sommeil

De ton poème ardent ces fleurs de la saison.

 

A l’ombre des grands lis dormira ton poème :

Des lis à pleines mains ! Ces mots par toi redits,

Hommage aux habitans du lointain Paradis,

Evoquent la Toscane et les accens que j’aime.

 

J’imprime à ces feuillets un long frémissement,

Egrenant tes beaux vers qu’au passage on peut lire,

Ici, là, dénoués en arpège de lyre ;

Et le silence est plein de leur enchantement.


 

 

 

XX° siècle

 

Nérée Beauchemin (1850-1931) poète


Les lys

 

La terre, qui les fait survivre, s’est fleurie

De ces grands lys de neige, au cœur tout rutilant,

Dont la fleur fait songer à la fleur d’armoirie,

Qui fleurdelisait d’or l’azur du drapeau blanc.

 

Les tiges en poussant semblent s’être tendues,

Comme en un même jet de sève et de fierté,

Et, vers le ciel, vers Dieu, montent à fleurs perdues,

Et nulle floraison n’égale leur beauté.

 

On les verra toujours monter en telle gloire,

Comme pour protester et redire à jamais,

Aux siècles du soleil, aux siècles de l’histoire,

Que le sol qui les porte est encore français.


 

 

XX° siècle

L'écrivain britannique John Beverley Nichols (1898-1983) poète, journaliste, 


était absolument enthousiasmé par le lys royal. Il était tellement fasciné par cette fleur qu'il acheta la maison de campagne délabrée devant laquelle elles poussaient.


Il dit :  
"Leur beauté est tout simplement enivrante. Dès l'instant où je les ai vues, j'ai signé en pensée le contrat pour acheter la maison. La taille du bâtiment, les frais de réparation, sans parler des frais d'entretien - tous ces détails ennuyeux me semblèrent sans importance. Il fallait que je possède ces lys."


 

 

XX° siècle

 

Ernest Henry Wilson dit "le Chinois" (1876-1930), généralement connu sous le simple nom de E. H. Wilson, est un botaniste britannique qui introduisit un très grand nombre d’espèces de plantes d’Asie en Occident.

 

Il a découvert le lys à l'état sauvage dans une région montagneuse inaccessible de la Chine occidentale. Revenu sur le site durant l'été 1910, il y fit déterrer plus de 6 000 bulbes par les membres de son expédition. 


Victime d'un éboulement et gravement blessé, il resta allongé au bord du ravin avec sa jambe écrasée, avant d'être secouru lui-même, il fit d'abord transporter en lieu sûr sa collecte botanique.


 

 

 

XX° siècle

 

La France fut faite à coups d'épée. La fleur de lys, symbole d'unité nationale, n'est que l'image d'un javelot à trois lances.
Charles de Gaulle (1890-1970), La France et son armée (1938)


 

 

XX° siècle


Émile Nelligan (1879-1941) poète québécois influencé par le mouvement symboliste ainsi que par les grands romantiques. 


Le jardin d'antan - 

....."Rien n'est plus doux aussi que de s'en revenir - Comme après de longs ans d'absence, - Que de s'en revenir - Par le chemin du souvenir - Fleuri de lys d'innocence - Au jardin de l'Enfance".......

 


 

La symbolique du lys 

 

Le lys avec sa force, sa beauté, son élégance , symbolise la royauté, la renaissance et la pureté. 

 

- la royauté et une allure majestueuse

- la maternité et la fertilité

- la pureté et la beauté de la jeunesse

- la passion et le dynamisme

- le renouveau et la renaissance


 

 

Le lys dans le langage des fleurs


Blanc : innocence et amour pur, noblesse des sentiments.

 


Rouge : passion

 
 

Rose : affection et tendresse

 


Jaune : amitié et enthousiasme 


 

Orange : désir. 


 

 

Le lys permet d’ajouter beaucoup d’élégance à chaque message qu’il transmet. Il est idéal pour faire plaisir, et prend naturellement place dans les compositions florales de cérémonie. 

Sandra Kuck  - La lettre

 

Le lys est réputé depuis toujours comme un excellent antiseptique, insecticide ou encore anti-rides. Ces propriétés sont dues à la présence d’acide borique dans les pétales et le bulbe.


Le lys a donné naissance à plusieurs prénoms : Liliane, Lilian, Lili… Leur fête a lieu le 27 juillet.

 


Le pollen présent sur les étamines du lys est très salissant, et particulièrement  sur les vêtements d’où il est difficile de le faire partir… Il faut donc retirer les étamines.


Il ne faut surtout pas mettre de l'eau sur les taches, mais tapoter avec un papier collant ou du scotch.

  Michael Garmarsh
 

Henri Fantin-Latour - lys 1866

Henri Fantin-Latour - lys 1866

John Singer Sargent

John Singer Sargent

Partager cet article
Repost0
22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 00:00

 

Mythologie

 

L'oeillet

 

.....

L’oeillet grenat et l’oeillet rose

À l’heure où le baiser se prend

Parfument la main que je pose

Sur mon amour dont l’oeil est grand.

.....


Louise de Vilmorin


 

 

L’oeillet est une plante à fleurs réparties en deux grandes familles :

L'oeillet aux pétales dentelés et ceux aux pétales arrondis. 


Du printemps à la fin de l'été, il offre une profusion de fleurs et un délicieux parfum.

 

L'oeillet a toujours fasciné par sa délicatesse, ses variétés, et ses couleurs. 

 

Ils se répartissent en deux grandes familles (les monoflores et les miniatures) et deux types de pétales (dentelés et ronds) qui se déclinent en une infinité de couleurs vraies ou obtenues par teinture (non par trempage mais par absorption d'une solution colorée par la tige) rose ou rouge, blanc, vert, pourpre, jaune fluo, couleur champagne, orange pâle ou saumon, bleu. 


 

 

 

La plupart des espèces ont une répartition européenne. Certaines peuvent avoir une origine moyen-orientale .

 

Le genre des œillets "véritables" est Dianthus, de la famille des Caryophyllaceae. Pourtant, une autre espèce, de la famille des Asteraceae est aussi réputée que ceux-ci : l'œillet d'Inde (Tagetes patula). Cette espèce a été nommée par analogie avec la forme des fleurs de certaines espèces du genre Dianthus.


Sont nommées oeillets également des espèces d'autres genres de Caryophyllaceae et d'autre familles. Enfin, une anémone de mer, Metridium senile est appelée œillet de mer", encore par analogie de forme. Son nom fait référence à l’œil situé au centre de la fleur.
 

 


Le Genre Dianthus


Espèces d'origine européenne : 


L'œillet des Alpes, Dianthus alpinus L.


L'œillet arméria, Dianthus armeria L.


L'œillet de Balbis, Dianthus balbisii Ser.


L'œillet de poète ou œillet barbu, Dianthus barbatus L.


L'œillet du Béarn, Dianthus benearnensis Loret


L'œillet des Chartreux, Dianthus carthusianorum L.


L'œillet commun ou œillet des fleuristes, Dianthus caryophyllus L


L'œillet à delta, Dianthus deltoides L.


L'œillet fourchu, Dianthus furcatus Balb.


L'œillet à fleurs jumelées, Dianthus geminiflorus Loisel.


L'œillet des glaciers, Dianthus glacialis Haenke


L'œillet du granite, Dianthus graniticus Jord.


L'œillet de Grenoble, Dianthus gratianopolitanus Vill.


L'œillet de Madame Gysperger, Dianthus gyspergerae Rouy


L'œillet de Montpellier, Dianthus hyssopifolius subsp. hyssopifolius L.


L'œillet de France ou œillet des dunes, Dianthus hyssopifolius subsp. gallicus (Pers.) M.Laínz & Muñoz Garm.


L'œillet négligé, Dianthus pavonius Tausch


L'œillet mignardise, Dianthus plumarius L.


L'œillet piquant, Dianthus pungens L.


L'œillet des Pyrénées, Dianthus pyrenaicus Pourr.


L'œillet rude, Dianthus scaber Chaix


L'œillet de Séguier, Dianthus seguieri Vill.


L'œillet à tiges courtes, Dianthus subacaulis Vill.


L'œillet superbe, Dianthus superbus L.


L'œillet des forêts, Dianthus sylvaticus Hoppe ex Willd.


L'œillet des rochers, Dianthus sylvestris Wulfen


L'œillet de Vigo, Dianthus vigoi Laínz


L'œillet de Knapp, Dianthus Knappii.
Un œillet botanique au petites fleurs jaune soufre. 
Plante de collection, rare. Il vit plus longtemps que les autres œillets.

 

 

Espèces d'origine asiatique

 

L'œillet de Chine, Dianthus chinensis L.

 

 

Genre Petrorhagia


L'œillet des rochers, Petrorhagia saxifraga (L.) Link


L'œillet saxifrage, Petrorhagia saxifraga (L.) Link


L'œillet douteux, Petrorhagia dubia (Raf.) G.López & Romo


L'œillet prolifère, Petrorhagia prolifera (L.) P.W.Ball & Heywood


L'œillet velouté, Petrorhagia dubia (Raf.) G.López & Romo

 

L'œillet de Nanteuil, Petrorhagia nanteuilii (Burnat) P.W.Ball & Heywood


L'œillet fasciculé, Petrorhagia fasciculata (Margot & Reut.) P.W. Ball & Heywood

 

Genre Silene


L'œillet de Dieu, Silene flos-jovis (L.) Greuter & Burdet


L'œillet des prés ou lychnis fleur de coucou, Silene flos-cuculi (L.) Clairv.


L'œillet des jansénistes, Silene viscaria (L.) Borkh.

 

Autres espèces de Caryophyllaceae appelées "œillet"


L'œillet des roches, oeillet de Dieu Gypsophila muralis L. 


L'œillet des champs ou nielle des blés, Agrostemma githago L.

 

 

L'œillet d'Inde



L'œillet d'Inde, Tagetes patula L.,

est une espèce de la famille des Asteraceae. Elle est très facilement cultivable et très utilisée en horticulture. Elle n'est pas toxique, ses fleurs étant même comestibles.

 

Roses d'Inde, Tagetes erecta

(parfois confondue avec l'œillet d'Inde) est une espèce de plantes herbacées de la famille des Asteraceae. Elle est originaire du Mexique.
Sa fleur de couleur jaune ou orange, le cempasúchil, est aussi appelée Flor de Muertos ( la fleur des morts ) au Mexique, car elle y est utilisée depuis l'époque précolombienne pour la célébration du Jour des morts. 

 

 

 

Espèces d'autres familles


L'œillet marin ou armérie maritime, Armeria maritima Willd., est une espèce de la famille des Plumbaginaceae.


L'œillet bleu de Montpellier ou aphyllanthe de Montpellier, Aphyllanthes monspeliensis L., est une espèce de la famille des Aphyllanthaceae.

 

Règne animal


L'œillet de mer ou anémone plumeuse, Metridium senile Linnaeus, est une espèce d'anémone de mer, que l’on trouve dans l’Atlantique Nord.


 

 

L'œillet est la fleur nationale de trois pays :


l'Espagne, 



la Slovénie. 

 

Monaco 

Mythologie des fleurs - l'oeillet
Mythologie des fleurs - l'oeillet
Mythologie des fleurs - l'oeillet

 

Il est aussi la fleur régionale des Îles Baléares.

 

Au Canada :

Acheter un œillet symbolise l’espoir 
Mai est le mois de la sensibilisation à la sclérose en plaques. 
Pour l’occasion, la Société de la sclérose en plaques désire parler de cette maladie afin que les gens puissent mieux comprendre les réalités qui l’entourent. Partout au Québec, à l’occasion de la fête des Mères, la population est invitée à acheter un œillet, offrir un bouquet ou faire un don. Acheter un œillet symbolise l’espoir pour près de 20 000 personnes atteintes de sclérose en plaques au Québec.

 

 

 

Aux États-Unis, l'œillet rouge est la fleur de l'état d'Ohio. 
Cette fleur a été choisie comme un symbole de l'état en 1901, après l'assassinat du Président William McKinley, parce qu'il portait un œillet rouge à sa boutonnière.

 

Aux États-Unis l'œillet blanc est devenu le symbole de la fête des mères après la décision prise en 1921 par l'association American War Mothers.

 

 

En Turquie, l’œillet rouge est une fleur qui symbolise les morts. 
 

 

Oeillet héraldique 

 

Witternesse - (Pas de Calais)
D'azur à deux oeillets d'argent rangés en pal, à la bordure du même chargée de huit oeillets d'azur.

 

Bourgfelden (Haut-Rhin).
d'or à un oeillet feuillé au naturel.


 

Valdurenque (Tarn) 
D'or au chevron d'azur, accompagné de trois œillets de gueules, tigés de sinople


 

 

La Fête de l'oeillet - Falicon - Alpes-Maritimes 


commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur


L'oeillet de Falicon, toute une histoire...


Permettre de raconter l’histoire de la fleur emblématique de la Côte d’Azur, le savoir-faire des horticulteurs, les particularités de son sol et de son environnement, c’est la vocation première de la Fête de l’Oeillet.
Afin de préserver cet héritage séculaire, ce festival est né il y a plus de trente ans, dans une région active et attractive de l’oeillet, dans un village régulièrement récompensé pour son fleurissement. Mais les organisateurs travaillent toujours avec l’idée de faire évoluer la manifestation, douce alchimie entre passé et présent.


La Fête de l’oeillet est un rendez-vous annuel orienté sur le thème de la promotion de l’oeillet. Les festivités sont organisées sur 2 jours.
Les décorations suivent et s’adaptent aux ruelles du village, permettant une double découverte des vieilles pierres et du design floral. Cette rencontre cherche à être conviviale, avec une collaboration humaine très forte avec les bénévoles, les écoles, les artistes, les jeunes...


 

 

Mythologie

 

Les grecs aimaient les auréoles colorées et odorantes. Lors des fêtes athéniennes, on décernait aux vainqueurs des couronnes de fleurs diverses, roses, oeillets, violettes, narcisses  etc...qui par leur mélange même, ajoutaient l'agrément du parfum, et relevaient l'éclat des couleurs.

 

 

Mythologie greco-romaine

 

"Dianthus" (oeillet) est formé à partir des mots grecs "Dios" (Zeus, Jupiter) et " Anthos" (fleur) ce qui signifie " fleur des Dieux", hommage rendu à la beauté de ces fleurs. Il doit son nom latinisé à Théophraste


Dianthus: Fleur de Dieu et de l’Amour


Vénus est la déesse de l'amour et de la beauté.Elle est équivalente à la grecque Aphrodite.


Vénus a beaucoup d'attributs  dans le règne végétal : la rose, le myrte, la pomme, le pavot et l'œillet ; 

 

 

Aura - déesse

Compagne de la déesse Artémis, Aura est une chasseresse très fière de sa virginité. A la demande d'Artémis, offensée, l'orgueilleuse nymphe Aura, Némésis la châtie. Devenue folle, après cette punition, un jour de grande colère elle aurait arraché les yeux d'un berger qui l'avait contrariée. Prise de remords et ne sachant que faire de ces yeux, elle les jeta au hasard dans la terre, ils germèrent et devinrent des oeillets... Aura se jette alors à la mer mais Zeus la transforme en brise.


L'oeil désigne le bourgeon, s'il doit donner des branches ou des feuilles ; bouton, s'il doit donner des fleurs et des fruits.

Némésis (1853) par Gheorghe Tattarescu


 

Tagès, petit-fils de Jupiter 

œillet d’Inde  - roses d'inde (Tagetes) 
oeil : oculus en latin

Tagetes doit son nom à Tagès,(Dieu étrusque) petit-fils de Jupiter (né du labour de la terre, il enseigna aux hommes l'art de la divination), certainement en raison de la facilité qu'ont les plantes de cette espèce à ressortir chaque année de terre, soit grâce aux graines produites l'année précédente, soit grâce aux tiges qui rejettent de la souche déjà en place.
Les romains utilisaient cette plante lors de rites divinatoires.

 

 

Les fleurs sont l'attribut de Flore et parfois de l'Aurore, ainsi que les figures allégoriques du Printemps, de la Logique, de l'Espérance et de l'odorat. La Logique, un des sept arts libéraux, porte parfois un bouquet de fleurs. L'Espérance détient aussi cet attribut car la fleur annonce la future naissance du fruit.

Au niveau mythique, Zéphyr, le vent du printemps, s'étant épris de Flore, l'enlève et s'unit à elle en mariage : en gage de son amour, il lui offre de régner sur les champs et jardins cultivés.


Depuis l'antiquité, l'image de la fleur est associée à l'idée de la brièveté de la vie, de la beauté et des Vertus.


Flore est souvent associée à l’œillet, 


Nicolas Poussin (1594-1665) a peint en 1631 "L'empire de Flore" 


s'inspirant de l'ouvrage d'Ovide : Les Fastes  
Flore une jeune déesse splendide, est accompagnée de tous les êtres, qui sont devenus des fleurs.

Ajax (à gauche) se prépare à se jeter sur son épée : de son sang tombe déjà un oeillet.

Derrière Narcisse, Clythie tient de sa main droite un panier de tournesols et se tourne vers le char solaire de son amant Apollon, en se couvrant les yeux de la main pour ne pas être trop éblouie.

Crocus et Smilax (Au premier plan à droite), sont enlacés comme le liseron.
Adonis (Au-dessus d'eux), se retourne pour observer la blessure de sa cuisse, qui va provoquer sa mort et le métamorphoser en anémone. 

 

 

Détail :

Ajax se prépare à se jeter sur son épée : de son sang tombe déjà un oeillet.

 

 

Flore - Le printemps 


de Sandro Botticelli (1445-1510) peintre italien 


Flore est représentée devant Zéphyr. Elle porte une robe ornée de fleurs. L’œillet rouge fait partie de ces fleurs décorant la robe. 

Sandro Botticelli. Primavera. 1480.

 

Détail Flore de la robe de Flore

Détail Flore

 

 

Jan Matsys (ou Massys, Metsys, or Matsijs) (v. 1510,-1575) peintre flamand.


Flore déesse de la nature et des fleurs tenant trois oeillets

Jan Matsys (ou Massys, Metsys, or Matsijs) (v. 1510,-1575)

 

 

 

L’œillet fut apporté en Europe par les invasions romaines. Son excellente conservation une fois coupée était alors très appréciée et cette fleur servait à faire des couronnes et des guirlandes parfumées. 


Les Romains l'utilisaient en cuisine ou pour honorer leurs dieux.
 

 

 

XIII° siècle

 

Histoire et légendes des plantes utiles et curieuses, 
par Jean Rambosson (1827-1886)

 

il est écrit :

.......
En traversant les siècles, l'oeillet a pris divers noms, qui rendent son histoire des plus obscures. En remontant aux époques les plus reculées, nous voyons les Africains cultiver l'oeillet pour aromatiser une liqueur tonique. Il se nomme alors "giroflée", et ce nom si ancien lui est encore conservé de nos jours par les Allemands, probablement à cause de l'analogie de son parfum avec celui de la giroflée.


..."En 1270, les malheureux soldats Louis IX expirant sous les exhalaisons fétides de la brûlante Tunis ; trouvent dans cette liqueur un adoucissant à leurs souffrances?

"Il nous vint dit Joinville, une grande persécution, en l'est qui estoit telle que la chair des jambes nous dessechoit jusqu'à l'os et nous pourrissoit la chair d'entre les gencives. On n'entendoit par tous lieux que les cris des malades à qui l'on arrachait cette chair morte afin qu'ils pussent avaler. Il ressembloit de pauvres femmes qui travaillent de leurs enfants quand ils viennent sur terre, et l'on ne sauroit dire la pitié que c'étoit."....


Chacun emporta ensuite précieusement en France la plante à laquelle il devait peut-être de revoir la patrie, plante que les savants appelèrent aussitôt "Tunica" pour graver à tou jamais dans la mémoire et son origine et les tristes souvenirs qu'elle évoque.
On cultiva d'abord l'oeillet pour ses vertus médicinales ; on trouvait en lui un tonique énergique, un sudorifique puissant et qui donna lieu à ces vers :
..." Si Galien et l'art me condamnent à mort,
Oeillet, par tes vertus,fais que je vive encor."....
.........

 

 

 

"L'oeillet est arrivé en Europe avec les croisés de Saint-Louis, revenant de leur guerre sainte..........Ces croisés furent frappés par la peste aux portes de Tunis et ils limitèrent les dégâts en buvant une liqueur à base d'oeillet.........."

Arbres et plantes médicinales du jardin (Français) Broché – 4 novembre 2002
 

 

l'œillet est investi d'une importante signification religieuse ; il symbolise l'œil de Dieu qui voit tout. Il incarne aussi la Passion et la Crucifixion du Christ. 
 

L’œillet célèbre l’amour chaste et sincère. Mais il se rapporte aussi directement au Christ. Son nom grec (Dianthus), évoque littéralement l’image d’une plante à "double fleur’" ou "dont la floraison s’accompagne de diverses nuances". 


Le terme “Dianthus” fut concocté par le botaniste Grec, Théophraste d’Erèse, à partir de Dios pour Dieu, et anthos pour fleur. Le Dianthus est la Fleur de Dieu, en l’occurence de Jupiter.


C'est donc dans la religion une fleur pieuse, une fleur de la piété.
Cette distinction lui conféra un statut équivalent dans le florilège chrétien : la fleur incarnat pouvait alors servir de métaphore à l’expression d’un dieu incarné.


Les œillets rouges seraient nés des gouttes de sang de Jésus crucifié.


les œillets sont une évocation de la Passion, car leur forme rappelle celle des clous de la croix, d’où son nom allemand Negelblum ou Nailflower en anglais.


Le vocabulaire courant en a gardé quelque trace en prêtant à certains, le nom d’ oeillet-Dieu ou d’ oeillet-Christ.ou petit clou  

 

 

Au Moyen-Age, cette fleur était utilisée avec les viandes et les confitures. L’oeillet alpin servait à parfumer les vins et à masquer le goût désagréable de certaines préparations médicinales.

 

 

 

XV° siècle


"La valeur symbolique de l’oeillet dans la peinture du Moyen-Age" 

 

Fernand Mercier (ancien conservateur du musée de Besançon) déclarait dans l’introduction de son article "La valeur symbolique de l’oeillet dans la peinture du Moyen-Age" :


"On est frappé, en étudiant les admirables portraits que nous a légué le XVe siècle surtout, de voir assez souvent les seigneurs représentés avec un oeillet à la main, et l’on peut se demander pourquoi cette fleur avait la préférence, parce qu’on ne rencontre d’autres fleurs, comme la passiflore, que dans les tableaux purement religieux, avec le sens très précis de la souffrance et du sacrifice ". 

La symbolique de l’œillet,  s’explique d’abord par ses qualités thérapeutiques. D’après des codes anciens italiens, cette plante nommée Oculus-Christi était utilisée pour soigner des yeux abcédés ; comprises au sens figuré, ses valeurs apaisantes et curatives se transposent de manière métaphorique dans la spiritualité médiévale (1328).  D’autre part, l’œillet (du lat. carnatio) renvoie au Christ et à son Incarnation par la Vierge. Dans ce contexte, la notion carnation – incarnation se réfère directement à la vie du Christ, et donc à la doctrine du Salut. Par sa forme qui fait penser à un clou, cette fleur (surtout rouge) a été, en outre, comparée aux clous de la Passion. Ainsi, l’œillet (du grec Dios anthos, latinisé comme Dianthus, fleur de Dieu) est devenu l’un des symboles christiques (1329).

 

Or, un texte qui fait partie du sermon pour la Nativité, écrit par saint Antoine de Padoue (1195-1231), peut en quelque sorte expliquer la présence des fleurs dans une représentation de la Vierge à l’Enfant. Dans le In Nativitate Domini [III, 8-9], le prédicateur compare la sensibilité d’un enfant avec celle du Christ ; car, en le paraphrasant, même ayant subi le mal, l’enfant se laisse facilement consoler quand on lui montre une fleur (une rose, ou bien une autre fleur), quand on la lui donne, il oublie tout le mal, ne se fâche plus et se précipite pour donner l’accolade. Il en va de même, d’après Antoine, pour un fidèle qui a blessé le Christ, ayant péché mortellement ; quand il lui aura offert une fleur de repentance (une rose de confession pleine de larmes – car les larmes sont comme le sang de l’âme), il (le Christ) oubliera les blessures et viendra afin de le prendre dans les bras et de l’embrasser (1330).

 

1328.
BEHLING, op. cit., p. 66, 76, 149.


1329
Voir F. MERCIER, La valeur symbolique de l’œillet dans la peinture du Moyen Âge, „Revue de l’art ancien et moderne”, 71 : 1937, p. 233-236 ; L. BEHLING, Zur Morphologie und Sinndeutung kunstgeschichtlicher Phänomene : Beiträge zur Kunstwissenschaft, Köln-Wien 1975, p. 96 ; H. SCHMIDT, M. SCHMIDT,Die vergessene Bildersprache christlicher Kunst : ein Führer zum Verständnis der Tier-, Engel- und Mariensymbolik, München 1981, p. 248 ; B. TOLKEMITT, R. WOHL-
FEIL, Historische Bildkunde : Probleme, Wege, Beispiele, Berlin 1991, p. 231 ; J. SANDER, « Die Entdeckung der Kunst » : Niederländische Kunst des 15. und 16. Jahrhunderts in Frankfurt, Mainz 1995, p. 76 ; V. RITTERS, Lucas Cranach d.A¨.- Einweihungsbilder. Die Verborgene Geometrie erlaubt die Zuschreibung des « Externstein-Reliefs » an Lucas Cranach d.A¨.,Kaufbeuren 2003, p. 167 ; Ch. DE VOOGD, La civilisation du « Siècle d’or » aux Pays-Bas, 2003, disponible [en ligne] ; Enzyklopädie des Märchens : Handwörterbuch zur historischen und vergleichenden Erzählforschung, (éd.) K. Ranke, H. Bausinger, R.-W. Brednich, L. Baumann, Berlin 2004, t. 11, col. 834-835 ;S. BRUN, Les fleurs dans l’iconographie chrétienne : Images de la beauté et du paradis,„Religions et Histoire”, 14 : 2007, p. 74-81.

1330
Voir GUMIŃSKA, HERMANOWICZ-HAJTO 1993, p. 37, note n° 63.

 

Mythologie des fleurs - l'oeillet

 

Les peintures du Moyen Age et de la Renaissance

 

Elles témoignent de l'usage d'offrir un œillet symbolique à l'être aimé lors des fiançailles et des mariages, en promesse d'amour durable et de fidélité. 


Au Moyen Age, l'Oeillet était offert à l'être aimé en signe de fidélité.
Selon une tradition nordique, l'œillet est promesse de mariage ; le jour des noces, la mariée doit porter sur elle un œillet, que le marié doit trouver sur elle. 


Dans les portraits flamands, la femme ou de l'homme représenté tient un œillet dans la main comme symbole de mariage.
Cette coutume a fait de l’œillet,  le symbole du mariage ou de la promesse d’amour et c’est pour cela qu’on le retrouve sur de nombreux portraits flamands.

 

 

 

XV° siècle


Rogier de le Pasture, dit en flamand Rogier van der Weyden, (V.1399/1400-1464)


peintre appartenant au mouvement des primitifs flamands


La Vierge à l'œillet

Rogier van der Weyden - La Vierge à l'œillet
 

 

 

XV°siècle


Jan van Eyck (1390-1441) peintre flamand


Portrait de Jean de Bavire - homme à l'oeillet - 1435

Portrait de Jean de Bavire - homme à l'oeillet - 1435

 

Jan Van Eyck  L'homme à l'œillet (détail), 1435

 

XV° siècle


Pisanello, de son vrai nom Antonio di Puccio Pisano, (1395-1455), est un peintre, médailleur et enlumineur de la Renaissance italienne et du Quattrocento, dernier représentant du style gothique international.


Portrait de femme (famille d’Este?) représenté sur un fond d’oeillets et d’ancolies.

 


XV° siècle


Le Maître de la Légende de sainte Ursule est un peintre anonyme actif à Bruges à la fin du xve siècle.


Le Maître de la Légende de sainte Ursule doit son nom aux volets d’un retable conservés au Groeningemuseum de Bruges représentant différents épisodes de la vie de sainte Ursule. 


Portrait de la dame à l’oeillet blanc Museum Mayer van der Bergh  Antwerp

Maître de la Légende de sainte Ursule, Portrait de dame à l’œillet.

 

 

 

XV° siècle


Hans Memling ou Hans Memlinc (1435/1440-1494) peintre allemand de style primitif flamand, devenu citoyen de Bruges en 1465.


Diptyque - femme à l'oeillet - allégorie de l'Amour - musée Boijmans à Rotterdam


Sur la deuxième toile, les animaux font écho symboliquement à l’oeillet, fleur de l’attachement amoureux.


 

 


 

XV° siècle


Charles d'Orléans, comte d'Angoulême. 


Dessin d'un portrait original (Gaignières 762).

 
Portrait à l'oeillet
 "Charles d'Orleans, comte d'Engoulesme (Père de François Ier), mort en 1496"

Charles d'Orléans, comte d'Angoulême

 

 

XV° siècle


Peintre Anonyme 


Portrait de femme flamande tenant à la main deux oeillets rouges, deux oeillets blancs et un rosaire  - 1470


Muséo Thyssen-Bornemesza

Portrait de femme flamande tenant à la main deux oeillets rouges, deux oeillets blancs et un rosaire  - 1470

 

 

XV° siècle


Peintre Anonyme 


Portrait de femme à l'oeillet blanc
femme appartenant à l'ordre du cygne - 1490


Muséo Thyssen-Bornemesza

Anonyme Portrait de femme à l'oeillet appartenant à l'ordre du cygne

 

 

XV° siècle


Andrea Solario (1460-1524) peintre italien 


Homme avec un œillet rose  - 1495 


Ce premier portrait a été exécuté pendant le séjour de l'artiste à Venise, le gardien, qui tient un œillet dans la main droite indiquant un portrait de fiançailles, était probablement un sénateur vénitien.


env. 1495, National Gallery , Londres


 

 

 

XV° siècle

 

Peintre Anonyme


Double portrait macabre de Hieronymus Tschekkenbürlin à l'oeillet - 1487
Bâle, Kunstmuseum.

Hieronymus-Tschekkenbürlin-mit-dem-Tod.-1487

 

 

XV° siècle


Albrecht Dürer (1471-1528) dessinateur, graveur et peintre allemand également connu comme théoricien de la géométrie et de la perspective linéaire. 


femme à l'oeillet


 

 

 

XV° siècle 


Hugo Van der Goes (vers 1440-1482) 


l’Adoration des bergers 


Trois œillets rouges se trouvent dans le même vase que les ancolies et à proximité des iris blancs et noirs.

 

Trois oeillets, le chiffre de la Trinité et  les trois clous crucifiant Jésus sur la croix.


Hugo Van der Goes. (panneau central du triptyque Portinari) – adoration des bergers


Détail

Detail Hugo Van der Goes. (panneau central du triptyque Portinari) – éadoration des bergers


 

 

 

XV° siècle


livre d'heures de Marie de Bourgogne - 1477 - Folio-14V1


Maître viennois de Marie de Bourgogne Liévin van Lathem - Simon Marmion


Enluminures sur vélin

Le livre d'heures de Marie de Bourgogne est un manuscrit enluminé exécuté en 1477 pour la princesse Marie de Bourgogne.

Il est actuellement conservé à la Bibliothèque nationale autrichienne sous la cote Codex vindobonensis 1857 (= livre relié viennois 1857). Il contient 20 miniatures à pleine page (dont deux sont célèbres pour leur vue à travers une fenêtre et la nature morte de leur premier plan) 


Une femme lit un livre d'heures, assise devant une fenêtre ouverte sur l'intérieur d'une église où un couple adore la Vierge Marie et l'Enfant-Jésus - Folio 14 v°.

 

détail - Une femme lit un livre d'heures, assise devant une fenêtre ouverte - sur le rebord de fenêtre , les deux oeillets

Maitre-viennois-de-Marie-de-Bourgogne-Heures-ONL-Codex-vindobonensis-1857-Folio-14V- détail

 

XV° siècle

Maugis et Orlande dans le jardin

Illustration dans “Roman de Renaud de Montauban”.

David Aubert (v.1435) (miniaturiste)  


Ms. Arsenal 5072 fol. 71 v, Paris, Bibliothèque de l’Arsenal.


enlumineur Loyset Liedet (1454- 1483)

 


Maugis et Orlande dans le jardin avec un pot aux oeilles
- enlumineur Loyset Liedet (1454- 1483)

Maugis et Orlande dans le jardin avec un pot aux oeilles -  enlumineur Loyset Liedet (1454- 1483)

 

(Détail du pot aux oeillets  - Maugis et Orlande dans le jardin - de Loyset Liedet - enlumineur 1454- 1483)


On sait par les ordonnances judiciaires que des œillets étaient plantés dans les pots de fleurs. Leur nom latin ancien carnatio renvoie au Christ et à son incarnation dans la Vierge. Les œillets évoquaient le jardin monastique médiéval, 

(Détail du pot aux oeillets  - Maugis et Orlande dans le jardin - de Loyset Liedet - enlumineur 1454- 1483)

XV° siècle


Horae ad usum romanum,

 
Heures de Marguerite d'Orléans, vers 1429-1430, BNF, Latin 1156B

 

Horae ad usum romanum - Heures de Marguerite d'Orléans
Détail femme,poules, coqs et oeillets

 

Horae ad usum romanum - Heures de Marguerite d'Orléans
Détail personnages et oeillets

 

 

 

 

XV° siècle


Livre d'heures - manuscrit


enluminures oeillets

 

 

 

XV° siècle


1838
Dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle - 

René Ier d'Anjou (1409 - 1480) -

 

Le "bon roi René" duc René Ier d'Anjou, roi sans royaume, symbole attachant d'une France médiévale moribonde mais prospère et pleine de ressources.


On attribue les premier procédés de culture convenables à l'oeillet, à René d'Anjou, ex-roi de Naples, qui vint au commencement du XVI° siècle en Provence, se consoler, par la culture des fleurs, de la perte de son trône. Ce prince paraît être le premier qui l'ait cultivé avec succès.

 


1841
Bourdigné, in Histoires agrégatives des annales et chroniques d’Anjou, Edition de Quatrebarbes, Angers, 1841, il est écrit :


"D’estranges pays, le roi René fit apporter en France ( … ) fleurs et œillets de Provence, roses de Provins et muscadets.. esquels les sens humains se peuvent réjouir" 


Le goût de René d’Anjou pour l’aménagement des jardins et l’introduction de plantes nouvelles va de pair avec son esprit ouvert et voyageur, collectionneur et cosmopolite, artiste et érudit. De cette grande curiosité, l’horticulture angevine a fait son mythe fondateur. 

Vassal rendant hommage au roi René (Aveu à René, vers 1469), Archives nationales.
 

 

 

fin XV°-déb. XVI° siècle.


Maîtres à l'oeillet 


On désigne sous le nom de Maîtres à l'œillet un certain nombre de peintres suisses de la fin du XVe et des premières années du XVIe siècle, dont les œuvres portent soit un œillet blanc et un œillet rouge, soit un œillet croisé avec un brin de lavande, soit un œillet seul. Plusieurs explications ont été proposées concernant la signification (marque d'atelier, de confrérie) et les raisons du choix de cette marque (valeur symbolique de la fleur, couleurs de la Confédération), mais aucune ne s'appuie sur des arguments solides. 


On établit en général une distinction, parmi les œuvres signées ainsi, entre la production de peintres de l'Oberland bernois et celle de peintres zurichois. L'œuvre la plus importante du premier groupe est le retable qui orne le maître-autel de l'église des Cordeliers à Fribourg, peint en 1479-1480, et auquel plusieurs peintres ont collaboré sans que les documents nous permettent de définir avec certitude la part prise par chacun dans l'exécution de l'œuvre. Le style reflète l'influence, prédominante alors en Suisse comme en Allemagne et dans toute l'Europe centrale, de la peinture flamande. Les panneaux dispersés d'un Retable de saint Jean-Baptiste, jadis dans l'église des dominicains de Berne (musées de Berne, Budapest, Zurich), sont d'un art plus grossier. 


Un Maître à l'œillet de Zurich a été identifié avec Hans Leu l'Ancien. Le Retable de la Sainte Parenté de Karlsruhe (Kunsthalle) est attribué tantôt à ce dernier maître, tantôt à un membre de la famille Zeiner, famille de peintres qui travaillèrent à Zurich autour de 1500. Quel que soit le mérite, d'ailleurs inégal, des différents Maîtres à l'œillet, leurs œuvres ne dépassent pas en qualité la moyenne de la production picturale dans les pays germaniques à cette époque.
 

 

XVI° siècle


Pieter Aertsen dit Lange Pier (Pierre le Long), (1508-1575) peintre hollandais


Le Christ chez Marthe et Marie - 1552


Cette nature morte  avec une image religieuse, est mystérieuse.


L'oeillet planté au sein d'un pain est une originalité.


Kunsthistorisches Museum. Vienne. 1552. Huile sur bois

 

 

XVI° siècle


De : Castellano Castellani (italien, vers 1461–1520)

"Rappresentazione della Conversione di Santa Maria Maddalena,"


Dans ce drame populaire italien, lorsque Lazare est près de mourir, maître Dino conseille de lui appliquer un emplâtre avec des œillets et de la menthe sauvage :


......

Or togliete garofani e mentastro,

E al cuore gli farete un po’ d’empiastro.

......


En Italie, on a donné à l’œillet, à cause de son parfum, le même nom qu’au giroflier

Marie Madeleine - Bernardino Luini
 

 

 

XVI° siècle 

 

1535

 

L'Empereur Charles-Quint, lors de son expédition en Afrique en 1535, trouva l'oeillet d'Inde dans les environs de Tunis et fut attiré par la brillance de ses couleurs, quoique peu agréable par son odeur. Il fut nommé "Fleur de Tunis" et désigné aussi sous le nom d’Africaine.


Le nom "œillet d'Inde" vient de sa ressemblance avec l'œillet commun (Dianthus caryophyllus), et du fait que la plante a été initialement importée des Antilles, à l'époque où elles faisaient partie de ce qu'on appelait les "Indes occidentales". On l'appelle aussi "maregold " ou  "bonanza".


En anglais, l'œillet d'Inde est appelé "French marigold ", car les horticulteurs français en ont créé un très grand nombre de variétés depuis son introduction en France, au XVI° siècle. Il existe ainsi des variétés naines, à fleurs simples ou à fleurs de scabieuse. En espagnol d'Espagne, on nomme cette fleur "Calendura".


 

 

 

XVI° siècle


Jules Charles de L'Écluse ou de L'Escluse, latinisé en Carolus Clusius, né en 1526 à Arras et mort en 1609 à Leyde, est un médecin et un botaniste flamand de langue française, l'un des plus célèbres du xvie siècle.


Le botaniste français Charles de l’Ecluse nous dit :


"Ces fleurs croissent en Aphrique et de là ont esté apportées en ce païs, depuis que le très puissant et invincible empereur Charles cinquiesme eut gaigne la ville et païs de Thunes. On les plante en ce païs et jardins".


C’est pour cela que l’on a appelé un temps l’oeillet d’Inde, Flos Africanus mais aussi par la suite Flos indianus.

Tanacetum - Flos-africanus 
 

 

XVI° siècle


Andrea Mantegna (1431-1506) graveur et peintre italien de la Première Renaissance 

Madone à la victoire. 


Autour d'une Vierge trônant, l'Enfant Jésus debout sur ses genoux tient dans sa main gauche des œillets rouges, 


On retrouve le rouge, teinte récurrente des tableaux de Mantegna, couleur symbolique de l'amour divin et de la Passion du Christ dans la liturgie catholique, dans les œillets tenus par Jésus.

Madone à la Victoire  - Mantegna

 

détail - l'Enfant Jésus debout sur les genoux de la Vierge, tient dans sa main gauche des œillets rouges, 

Madone à la Victoire  - Mantegna - détail

 

 

XVI° siècle


Léonard de Vinci (1452-1519) peintre florentin et un homme d'esprit universel,


La Madone à l'œillet - peinte en 1473 environ.

Elle est exposée à l'Alte Pinakothek de Munich, Allemagne.

Leonard de Vinci La Madone à l'oeillet
 

 

 

XVI° siècle


Albrecht Dürer (1471-1528) dessinateur, graveur et peintre allemand également connu comme théoricien de la géométrie et de la perspective linéaire. 


La Madone à l'œillet est une peinture à l'huile sur parchemin 


signée et datée de 1516, et conservée à l'Alte Pinakothek de Munich.

Albrecht Dürer la Madone àl'oeillet

.
 

XVI° siècle


Raphaël, (Raffaello Sanzio 1483-1520) peintre et architecte italien de la Renaissance 


La Vierge aux œillets, ou La Madone aux œillets, est l'une des premières peintures religieuses de Raphaël, probablement peinte à la fin de son séjour à Florence.


Le sujet et les dimensions de la toile, guère plus grande qu'un livre d'heures, suggèrent qu'elle a été destinée à servir d'aide pour la prière. 

Raphael Madone aux oeillets

 

 

XVI° siècle


Lucas Maler, dit Lucas Cranach l’Ancien (1472-1553) peintre et graveur de la Renaissance allemande.


musée Oskar Reinhart "Am Römerholz "


Portrait de Dr. Johannes Cuspinian et Anna Cuspinian-Putsch à l'oeillet blanc (1502-1503)

et

le portrait d’Anna Cuspinian tenant un œillet blanc.

 

L’œillet dans ce tableau (qui fait partie d’une paire avec le tableau de son mari Johannes Cuspinian) Le perroquet perché sur la branche de l’arbre est un attribut de la Vierge Marie, et donc une invitation à la chasteté


la candeur de l’œillet s’oppose à l’incendie en arrière plan ainsi qu’au combat entre le cygne et l’aigle dans le ciel, emblème de la force et du courage.

Lucas Cranach Portrait de Dr. Johannes Cuspinian and Anna Cuspinian-Putsch à l'oeillet blanc

 

 

XVI°

 

Lucas Cranach l’Ancien (1472-1553) peintre et graveur de la Renaissance allemande.


portrait de  Jean le Constant de Saxe (1468-1532) . Ce défenseur de Martin Luther, porte une couronne d’œillets rouges.

 
Peut-être pour rappeler que l’on faisait des couronnes d’œillets lors des manifestations festives. 

Lucas Cranach - portrait de Jean Constant de Saxe

 

 

XVI° siècle

 

Christoph Amberger, (1505-1562) peintre allemand


1538 - Portrait à l'oeillet de Patrizier Ulrich Sulczer (1463-1555)

Christoph Amberger - Portrait à l'oeillet de Patrizier Ulrich Sulczer (1463-1555)

 

XVI° siècle

 

Christoph Amberger, (1505-1562) peintre allemand

 

Portrait de Jörg Zörer à l'oeillet rouge et son épouse à l'oeillet blanc - 1531

 

 

 

XVI° siècle


Juan Pantoja de La Cruz (1553-1608) peintre espagnol


portrait de jeune garçon à l'oeillet


 

 

XVI° siècle


Maarten van Heemskerck  (1498-1574) portraitiste et peintre d'histoire maj