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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 23:33

Mythologie des fleurs 


Le pissenlit
Taraxacum 

 

 

....." Les pissenlits abondaient dans la plaine et dans nos jardins et c’était un amusement courant que de souffler très fort sur les boules vaporeuses formées par ces plantes quand la fleur est passée, d’en détacher, d’un coup, tous les petits fruits qui, soutenus par une aigrette rayonnante, se disséminaient au loin… — "


(Édouard Bled, "Mes écoles", Robert Laffont, 1977, page 68.)
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Le pissenlit est une plante à fleurs composées, qui croît dans les lieux herbeux et incultes, prairies, prés et pâturages, bords des sentiers, des ruisseaux et des rivières, talus et gravas, clairières et bois clairs. 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Le pissenlit apporte des vitamines (C et K), des éléments minéraux (calcium, potassium, fer, fibres, manganèse, béta-carotène), ainsi que de nombreux autres constituants qui en font une plante médicinale de premier ordre. Il stimule le foie et la vésicule biliaire. Il améliore le transit intestinal, nettoie le sang et combat le cholestérol. C’est aussi un excellent diurétique qui élimine les impuretés de l’organisme par les urines, d’où son nom.


Grâce à ses constituants amers, le pissenlit (Taraxacum officinale) fait également office de tonique général puisqu’il aide à combattre la fatigue du printemps.


Ses feuilles, ses boutons floraux, ses fleurs et même ses racines, tout est bon dans le pissenlit, crus ou cuits. Plante sauvage désormais cultivée. Il est temps de la redécouvrir !


Les feuilles, à peu près semblables à celles de la chicorée, se mangent en salade, quand elles sont jeunes et tendres..
Grillées, les racines fournissaient un substitut au café. Et avec les fleurs, on fabriquait un vin fortifiant.

 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

C'est une plante vivace, de plein soleil ou mi-ombre, à racine charnue pénétrant profondément dans le sol (plus de 50 centimètres), ce qui lui permet de résister au gel intense des régions froides.

Mythologie des fleurs - le pissenlit


On appelle "pissenlit" diverses plantes à tige généralement creuse et dont l'inflorescence est un capitule plat et jaune. 


Les pissenlits "véritables" sont des espèces du genre Taraxacum appartenant à la famille des Astéracées (autrefois Composées). La jolie fleur jaune vif est en réalité un capitule : un groupe de fleurs à cinq pétales soudés. Ce qui semble être un pétale est en réalité une fleur entière. Le pissenlit est un bouquet ! Les feuilles sont disposées en rosette, découpées en lobes triangulaires inégaux (comme des dents de lion!). Les fleurs sont regroupées en capitule (un seul par pied de pissenlit). La racine est enfoncée dans le sol. 


Les espèces du genre Taraxacum Officinalis sont des plantes dicotylédones anémochores. C'est le genre des pissenlits véritables, même s'il existe dans ce cas des "pissenlits blancs" (comme Taraxacum albidum), cultivés.
 

Pissenlit - Asteraceae - Taraxacum officinale

Pissenlit - Asteraceae - Taraxacum officinale

 

Des espèces d'autres genres de la famille des Asteraceae peuvent prendre néanmoins ce nom vernaculaire. 
 

Sonchus arvensis (le Laiteron des champs)

Sonchus arvensis (le Laiteron des champs)


Entouré de la neige blanche des pâquerettes, le jaune éclatant des pissenlits ensoleille les prés et prairies, c'est le printemps. Ils fleurissent de longs mois, abondants de mars à mai, mais on peut voir des fleurs de mars à novembre. 
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Si le ciel est découvert, tous les matins, la fleur s'ouvre, et tôt le soir, elle se ferme.


A la fin de la floraison, l'or jaune laisse place à des boules blanches duveteuses.

Les aigrettes légères s'envolent au moindre souffle ! ces petits parachutes élégants sont formés d'un fruit (akène), surmonté d'une aigrette, (le pappus) disséminant le fruit par le vent. 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Le pissenlit provoque de multiples sentiments. Bien que détesté par certains, avoir quelques pissenlits ici et là ajoute de la couleur, il attire les insectes utiles, coccinelles, papillons.

C'est une plante très mellifère. Ses fleurs sont riches en nectar et en pollen. Sa floraison au début du printemps en fait une source de nourriture très appréciable pour les colonies d'abeilles.
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit
Mythologie des fleurs - le pissenlit
Mythologie des fleurs - le pissenlit
Mythologie des fleurs - le pissenlit
Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Les graines aigrettées sont une nourriture importante pour les oiseaux qui en raffolent

bouvreuil et pissenlits

bouvreuil et pissenlits

 

Le pissenlit est une plante à latex, dont le lait ne brûle pas la bouche. Il est juste un peu amer. Le latex du pissenlit a pour effet de repousser les limaces et les escargots, qui se contentent de manger les feuilles fanées.

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Par contre, les lapins, les moutons, les vaches ou les chevaux en raffolent et le pissenlit s'en trouve plutôt bien, car plus il est brouté, mieux il repousse !

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

On lui donne une pleïade de noms assez variés.


- Baraban, Chopine, Cochet, Couronne-de-moine, Croupe (Drôme), Doudou, Fleur des beaux garçons, Florin d'or, Florion d'or, Groin de porc, Horloge du berger, Lait d'âne, Laitue de chien, Pichaulit, Pistelon, Tête de moineau, Tête de moine (parce qu'il est chauve quand il a perdu ses aigrettes), Salade de taupe et Pisse-en-lit, 


- Dent-de-lion (Du grec leon, lion, et odons, dent, par allusion aux feuilles profondément dentées. Ce mot à donné le mot dandelion en anglais, avec le même sens), 
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

- Cramaillot en Franche-comté.

 
Cramaillot, de cramail, forme ancienne du mot crémaillère. Le cramaillot est une "petite crémaillère", terme qui fait clairement allusion au bord dentelé si caractéristique des feuilles de la plante. 


Certains Francs-Comtois utilisaient d'ailleurs le mot de crémaillotte pour le pissenlit.


"crameillotte (ou  cramaillote), aussi appelée miel de pissenlit, est une recette de gelée, à base de fleurs de pissenlit, d'origine franc-comtoise."
La cramaillotte (miel de pissenlit) bénéficie depuis des siècles de la réputation de guérir les maux de gorge.

 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

L’origine du Pissenlit date de l’Antiquité. Selon la Mythologie grecque, c’est grâce au char d’Apollon que l’on doit la création du Pissenlit. 


Le déplacement d'Apollon sur son char amorçant sa course ascendante, générait une telle poussière, qu'après ses passages, celle-ci en retombant ce serait transformée en plante : le Pissenlit.


Delacroix - Apollon sur son char amorçant sa course ascendante
 

Apollon sur son char amorçant sa course ascendante - Delacroix -

Apollon sur son char amorçant sa course ascendante - Delacroix -

Dans la mythologie grecque, Hécate, la déesse de la Lune fit cadeau de pissenlits (laiterons maraichers) en cadeau à Thésée. Il les mangea ainsi pendant trente jours et devint puissant pour combattre le Minotaure, (le taureau de Minos)  ce monstre à corps d'homme et à tête de taureau.


Hécate fait partie de la Triade Lunaire, avec Séléné et Artémis : Hécate représente la nouvelle lune ou lune noire, qui symbolise la mort ; Séléné la pleine lune, qui symbolise la maturité dans le cycle de vie ; Artémis le croissant de lune, qui symbolise la naissance. 


Thésée est le fils d’Apollon, le dieu du soleil et d’Ethra. Une autre version fait de Thésée le fils d' Égée, roi d'Athènes
 

Thesee et le minotaure dans le labyrinthe Edward Burne-Jones

Thesee et le minotaure dans le labyrinthe Edward Burne-Jones

les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique,


Elles sont dotées de pouvoirs magiques


La fée pissenlit

Dandelion -Fairy par C.M.B.

Dandelion -Fairy par C.M.B.

 

Le pissenlit était utilisé dès l'antiquité par les médecins grecs.

 

En Chine, on emploie la variété "Taraxacum mongolicum" depuis très longtemps 
 

 

On suppose que ce sont les invasions barbares qui ont mis fin à l'empire romain (IV° et V°s.) et ont contribué à répandre aussi largement le pissenlit

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Sainte Brigid et son emblème le pissenlit


Brigid (Brigitte) d'Irlande (451-v.525), est une sainte des Églises catholique et orthodoxe. Les fidèles l’honorent le 1er février.


Il y a débat pour savoir si le culte de sainte Brigid n'est pas dérivé de celui de la déesse celte triple Brigit, qui, dans les textes mythologiques irlandais, était célébrée lors de la fête druidique de Imbolc, la purification du 1er février, censée protéger les troupeaux et favoriser la fécondité. La tradition de fabriquer des croix de Brigid la veille de Imbolc (le 1er février), période de lactation des brebis (par assimilation, le pissenlit est devenu sa plante tutélaire pour la sève laiteuse qui se dégage de sa tige) s'est perpétuée.


Elle est aussi, fêtée le premier jour de février. Ce culte a peut-être été christianisé après l'évangélisation de l’Irlande.

....
_Extrait du livre : « Dictionary of Plant Lore ». De D.C. Watts. Traduction par Lune._


......"Les plantes à la sève laiteuse comme le pissenlit étaient souvent associées à la déesse dans le folklore écossais (F. M. MacNeill. 1959). C’est une connexion logique, car l’un de ses aspects est celui de la vachère, elle est donc associée au bétail et ainsi aux fleurs comme le pissenlit produisant un jus laiteux qui, croyait-on, nourrissait les tout premiers agneaux au printemps (E. E. Evans)......"


......."Dans les Hautes-terres d’Écosse, on dit que la "plante de Bride", c’est-à-dire le pissenlit, "nourrit de son lait les premiers agneaux" (F. M. MacNeill. 1959). Sa fleur est l’un des trois emblèmes de Bride, les deux autres étant l’agneau et l’huîtrier. Ses noms gaéliques sont : « Bearnon Bride », la petite fleur dentelée de Bride, « la petite flamme de Dieu » et « le présage de Sainte Bride“. Sainte Bride des rivages la porte à sa poitrine et la lumière du soleil est censée suivre....."


-McNeill, Florence Marian. The silver bough. 4 Vols. Glasgow, Maclehose, 1957–1968.


-Evans, E Estyn. Irish heritage: the landscape, the people and their work. Dundalk. W Tempest, 1942. Irish folk ways. Routledge, 1957


- Affiche ci-dessous conçue pour être encadrée et accrochée à un mur, publiée par Cuala Press de Dublin dans les années 1920, reflète l'association de la sainte avec le début du printemps et la saison d'agnelage.
 


 

Brigid par Winifred Mabel Letts (1882-1992) -

Brigid par Winifred Mabel Letts (1882-1992) -

 

En raison de sa consommation dans des salades, certains auteurs considèrent que ce nom est une corruption arabe du mot grec "trogemon" signifiant comestible. À moins qu'il ne provienne plus directement de l'arabe"tharakhchakon" qui désignait une plante semblable au pissenlit commun. 


Le nom générique Taraxacum trouve en effet son origine dans les écrits médiévaux perses en pharmacie. 


Vers 900, le savant perse Al-Razi (Rhasès) (865-925) pluridisciplinaire iranien qui a fait d'importantes contributions à la médecine, à l'alchimie et à la philosophie écrit :


...." le tarashaquq est comme la chicorée ".... 
 

Al Razi par Louis Figuier (1819-1894)

Al Razi par Louis Figuier (1819-1894)

 

Vers l’an 1000, le savant persan Ibn Sīnā, dit Avicenne (980-1037)

écrit tout un chapitre de livre sur le Taraxacum. 


Les médecins arabes mentionnaient déjà les vertus médicinales du pissenlit dans leurs écrits
 

Avicenne  tenant une branche de basilic - Miniature de Madina Saïdova

Avicenne tenant une branche de basilic - Miniature de Madina Saïdova

 

L'Abbesse Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) écrit : 


.....Le pissenlit est chaud et sec ; il a beaucoup de vertus et il est pur dans la nature. Et si on en mange souvent, comme d’un autre aliment, il purge l’estomac et fait disparaître les troubles de la vue.......... 


Hildegarde de Bingen, Le livre des subtilités des créatures divines, Physique, Les plantes, les éléments, les pierres et les métaux, Traduit du latin par Pierre Monat, Editions Jérôme Million, Grenoble 2002, p.70.
 

 

L'écrivain Gérard de Crémone vers 1170 fait une traduction de l'arabe au latin : le terme tarashaquq est alors orthographié en "tarasacon"


(La bibliothèque de Besançon  conserve  le Recueil des traités de Médecine de Gerard de  Cremone  (1250–1260), célèbre traducteur médiéval  italien d’Hippocrate, d’Avicenne, d’Al- Razi entre autres.)

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Plusieurs tribus amérindiennes comme les Iroquois et les Ojibwés employaient le pissenlit pour se soigner. 

 

Albert le  Grand (1200-1280) Frère dominicain, philosophe, théologien, naturaliste, chimiste, Évêque

voyait  dans  le  Pissenlit  le  "Flos Campi" (fleurs des champs) de la Bible. 

 

On fait également mention de l’usage du pissenlit dans un herbier britannique datant du XIIIe siècle.


L’usage du pissenlit est reconnu dans de nombreuses pharmacopées officielles (Inde, Autriche, République tchèque, Grande-Bretagne, Allemagne) et il a déjà fait partie de la pharmacopée américaine.
 

 

Au moyen âge


Un jardin modeste ne comporte pas vraiment d'espaces de loisirs, sa surface est variable, selon la richesse du paysan. Mais surtout le jardin s'agrandit alors de la nature environnante où la cueillette des herbes sauvages est possible, cueillette indispensable pour compenser les aleas météorologiques : lorsqu'une salade ou une herbe à porée n'arrive pas à pousser dans le jardin, on trouve toujours en remplacement de l'ache, du plantain ou du pissenlit.


le pissenlit (dens de lion - Taraxacum officinalis) est une plante tinctoriale, 
Les racines et les fleurs servaient aussi de colorants rouges (textile, enluminures etc...).


Horae ad usum Romanum , dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne Bourdichon Jean
 

Horae ad usum Romanum , dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne Bourdichon Jean

Horae ad usum Romanum , dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne Bourdichon Jean

 

Cambridge, Trinity College MS O.2.48 - fin du XIVe siècle


Herba Conoriel  - Dandelion - 


....."Herba Conoriel ressemble plus à Dandelion qu'à Dabelion précédemment discuté . Le paragraphe est également intéressant car les noms latins de la plante sont fournis (Oculus Bovis et Lactuca Asinina)"......


 

dandelion - Trinity College MS O.2.48 - Conoriel

dandelion - Trinity College MS O.2.48 - Conoriel

 

A la Renaissance, (XIVe -fin du XVIe)

 

Le principal critère de beauté pour les femmes bourgeoises est le teint pâle. Elles utilisaient un mélange à parties égales de suc de pissenlit et de crème afin d’unifier leur teint et d’éliminer toutes les impuretés.


Le Pissenlit est aussi utilisé pour la peau. On dit qu’il permet en effet de la nettoyer en profondeur et de la raffermir. Le suc frais de Pissenlit est employé pour atténuer les tâches de rousseur
 

 

Titien  (1490–1576) - femme au miroir

Titien  (1490–1576) - femme au miroir

 

Au XVI°s. le pissenlit de certaines des espèces du genre Taraxacum, notamment de la section Ruderalia (ensemble d'espèces très proches les unes des autres "pissenlit commun" ou de "pissenlit officinal")

était appelé "herba urinaria" et utilisé dans la maladie des reins
 

 

En 1537, Jean Ruel,(V.1474-1537), médecin et botaniste français. écrit :

 "les enfants qui en mangent sont exposés à de fâcheux accidents nocturnes".
 


Le genre "Leontodon" (du grec leontodon, en latin "dens Leonis", littéralement "dent de lion", allusion aux dents aiguës de ses feuilles) tel que défini initialement par Linné comprenait le basionyme Leontodon taraxacum.

 

Mais c'est Jérôme Bock (1498-1554) ou Hieronymus Bock, pasteur luthérien et botaniste allemand qui décrivait cet effet diurétique en 1546. 


Au cours du même siècle, Jacobus Theodorus Tabernaemontanus ou Jakob Dietrich von Bergzabern (1522-1590) connu aussi sous le nom de Tabernaemontanus, botaniste et médecin allemand recommande cette plante "contre l'échauffement de l'estomac et du foie, elle dégage l'encombrement de ceux-ci et elle expulse puissamment l'urine"
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Olivier de Serres (1539-1619) est un agronome français, protestant actif et auteur d'un vaste traité, le Théâtre d’Agriculture et mesnage des champs, qui connut 19 rééditions de 1600 à 1675. Il étudia de manière scientifique les techniques agricoles et en rechercha l’amélioration par l'expérimentation. De ce point de vue, il est généralement considéré comme le père de l’agronomie française.


En 1600, Olivier Serre  le rebaptise  "pisse en lict" soulignant par là son coté de stimulant rénal.


La sagesse populaire a bien nommé le pissenlit, par une allusion évidente à ses vertus diurétiques : 
 

Olivier Serre

Olivier Serre

 

Symbolique des fleurs dans l'art des XVe XVIe et XVIIe siècles


Les fleurs, objets symboliques, possèdent de multiples sens qui dépendent du contexte et du sujet traité. Leur splendeur éphémère est un hommage à la richesse et à la beauté de la nature ; mais elle peut aussi exprimer la fragilité de l’existence humaine, la vanité des biens de ce monde lorsqu’elles sont flétries ou que leurs feuilles sont rongées par des insectes. Elles perdent progressivement toute signification symbolique et deviendront de simples objets de délectation.


 ......."Considérée comme une mauvaise herbe, le pissenlit est assimilé aux herbes amères que l’on devait consommer lors de la célébration de la Pâque (L’Exode, XII, 8). 


Son autre nom familier "dent-de-lion" l’associe également au Christ (Cf.Saint Jean, Apocalypse V:5). Dans l’iconographie chrétienne, symbole de l’éphémère et du temps passé, seule la rustique fleur de pissenlit enfonce ses racines au pied de la Croix et apporte sa couronne de lumière à la scène dramatique de la Passion. 


Le pissenlit devient ainsi l’emblème du Sauveur ressuscité et de la rédemption de l’humanité. Sa représentation accompagne donc également le deuil. 
 

 

Gérard David (1455-1523) le repos pendant la fuite en Egypte 1523

les pissenlits en bas à droite

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Ambrosius Benson (1495-1550) - Le repos pendant la fuite en Égypte

Les pissenlits en bas à droite

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Jean de Witte (1808-1889) - Triptyque

Pissenlits en bas à gauche

Triptyque de Jean de Witte - 1473

Triptyque de Jean de Witte - 1473

 

Au musée de l’Œuvre de Notre-Dame on peut voir sur une plaque tombale provenant de la Cathédrale, cette épitaphe en allemand avec un pied de pissenlit en bas relief :

"Ô, homme fragile, songe au destin des fleurs".........

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Nicolas de Lamare (1639-1723) conseiller commissaire du Roy au Châtelet de Paris


Tome quatrième


518 - Traité de la police, livre V. Titre XLI. Chap. VII. VIII. écrit :


Pissant-Lit :
...."est une espèce de chicorée sauvage, qui croît avec les autres herbes champêtres en tous lieux incultes ; l'on en met dans les salades au printemps, quand les feuilles commencent à croître, et qu'elles sont encore tendres : est détersive, apperitive, et propre à purifier le sang. On la nomme en latin Dens léonis, parce que ces feuilles par leurs découpures représentent assez bien la mâchoire d'un lion garnie de dents"......

 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Jaucourt - L’Encyclopédie, 1re éd. 1751 (Tome 15, p. 904). écrit :


".....Taraxacum

est issu du grec Taraxis, : déréglement, trouble, confusion. Hippocrate emploie souvent ce mot, pour signifier ce désordre ou déréglement du ventre & des intestins, qui est causé par un cathartique, ou telle autre cause que ce soit. L’adjectif tarachodes, s’applique aussi aux maladies, aux fièvres & au sommeil inquiet, qui sont accompagnés de rêveries.


Taraxis désigne encore dans les médecins grecs une chaleur & pleurs de l’œil, accompagnée d’une rougeur contre nature, laquelle procede de quelque cause externe, comme du soleil, de la fumée, de la poussiere, du vent, &c. Cette légere ophthalmie cesse d’elle-même par la cessation de la cause. (D. J.)........."
 

 

Benjamin Leogarant (1781-?), auteur cité dans le Littré écrit :


Taraxacum : latin des botanistes, de taraxis, trouble, et akeomai, guérir : plante calmante.


Nom latin du pissenlit (synanthérées), ayant une trentaine d'espèces, parmi lesquelles on distingue le taraxacum dent-de-lion, dit vulgairement liondent, pissenlit, couronne de moine et dent-de-lion ; quelques auteurs l'appellent taraxacum commun, et d'autres ont confondu les genres taraxacum et léontodon, parce que le pissenlit a été le leontodon taraxacon, 


supplément au dictionnaire
Ajoutez : M. Devic, Dict. étym., rejette absolument la dérivation par le grec, laquelle est en effet peu vraisemblable. Il cite le bas-lat. tarasacon, espèce de chicorée, provenant de l'arabe tarachaqoūn, pissenlit, chicorée sauvage.

 

 

La nomenclature du calendrier républicain fut promulguée par décret du 4 frimaire an II (24 novembre 1793).Il fut aboli le 1er janvier 1806 (11 nivôse an XIV) par Napoléon Ier.

Dans le calendrier républicain français, le 26e jour du mois de ventôse (19 février – 20 mars), Période des vents est officiellement dénommé

 

"jour du Pissenlit".

 

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris. Il entre en vigueur le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793), mais débute le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792), jour de proclamation de la République, déclaré premier jour de l' "ère des Français".


Le Soleil est au signe des Poissons La Nymphe du Rivage aux Poissons fait la guerre Dans ce Mois où les Vents déchaînés par les eaux Les font rentrer au Fleuve & rendent à la Terre La Prairie où les Fleurs ramènent les Oiseaux
 

ventôse (19 février – 20 mars), Période des vents

ventôse (19 février – 20 mars), Période des vents



Dans le petit livre du 


Docteur Saffray - Les remèdes des champs - herborisations pratiques
à l'usage des instituteurs, des écclésiastiques et de tous ceux qui donnent leurs soins aux malades -
première partie de octobre à mars
quatrième édition - Librairie hachette - 1880 - page 151


il écrit :


..." Voici une plante amie de l'homme, vulgaire et partant peu appréciée dans les villes, où l'on aime ce qui est rare, ce qui vient de loin et se paye cher........Vous la connaissez bien cette plante ; elle croît partout : dans les prairies, au bord des chemins, les chèvres, les moutons et les vaches la recherchent malgré son amertume, et vous vous êtes souvent amusés à disperser d'un souffle vigoureux ses fruits à longues aigrettes. C'est le pissenlit (Léontodon taraxacum), nommé aussi Florion d'or, Dent de Lion.


La racine, vous voyez, est grosse comme le doigt, d'un brun rougeâtre en dehors, blanche en dedans. Elle possède les mêmes propriétés que les feuilles, longues et profondément découpées, mais chez nous ce sont surtout celles-ci qu'on emploie. Leur amertume franche n'a rien de désagréable, aussi les mange-t-on en salade au printemps. Plus tard elles deviennent coriaces et contiennent plus de principe actif.


La décoction de  pissenlit, à la dose de 30 à 60 grammes de feuilles fraiches, leur suc à la dose de 50 à 150 grammes, agissent comme antiscorbutiques, toniques, diurétiques et dépuratifs. Leur emploi prolongé est utile dans les affections chroniques de la peau, la débilité des organes digestifs ; efficace dans les engorgements du foie et de la rate qui accompagnent si souvent les fièvres de marais, ainsi que dans les maladies bilieuses. Nous en userons largement en dépit de la mode, et soyez sûrs que nous en trouveront bien. Il est toujours facile de se procurer la plante fraiche, cependant on peut récolter la racine de l'été pour la faire sécher.


La fleur de Pissenlit mérite de fixer un instant votre attention. Elle est de la famille des Composées ou Synanthérées, l'une des plus nombreuses, remarquable par la disposition de ses fleurs réunies en capitule et insérées sur une sorte de plateau. Dans ces agglomérations, dont l'ensemble paraît former une fleur unique, les fleurons sont tantôt complets, comme dans le bleuet, tantôt comme dans le Pissenlit, la Chicorée, ils consistent seulement en une étroite languette, ou demi-fleuron. Leur fruit est d'ordinaire couronné par une aigrette plumeuse, parachute élégant qui permet au vent de les disséminer au loin.".......
 

Jean François Millet (1814-1875) Pissenlits, 1867-68

Jean François Millet (1814-1875) Pissenlits, 1867-68

 

Le pissenlit fait partie des plantes magiques des sorcières, la magie blanche qui a pour but d'influencer favorablement le cours des choses, le comportement d'une personne, de protéger, de faciliter les issues heureuses ou de prévenir certains maux.

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Les fleurs de pissenlits dans la coutume populaire


. Traditionnellement on souffle dessus pour les voir s'envoler, et il est courant de faire un vœu. 
 

Poen de Wijs (1948-2014) - pissenlit

Poen de Wijs (1948-2014) - pissenlit

 

. Pour les enfants, si les aigrettes ne s'envolent pas d'un seul coup, c'est qu'il n'est pas encore l'heure de rentrer, les parents ne les ont pas encore appelés.

Donald Zolan - pissenlits

Donald Zolan - pissenlits

 

. Pour connaitre le temps. 
Si les aigrettes s'envolent, c'est qu'il fera beau ; si elles tombent immédiatement, c'est qu'il va pleuvoir. (l'explication vient certainement de l'humidité de l'air).


 

Fernando Vicente Sánchez

Fernando Vicente Sánchez


En soufflant trois fois, le nombre de graines qu'il reste indique l'heure qu'il est (d'où le nom d'hologe du berger)

Mythologie des fleurs - le pissenlit


. Une coutume ancienne voulait que le pissenlit servit de présage aux jeunes filles à marier : les jeunes filles d'autrefois soufflaient sur la tête du pissenlit pour faire s'envoler toutes ses graines. Autant de fois elles soufflaient, autant d'années elles attendront un époux...


. On dit aussi que nous vivrons autant d'années qu'il restera de graines.
si le garçon, en soufflant, fait s'envoler toutes les aigrettes, c'est que la jeune fille qu'il courtise l'aime sincèrement ; autrement c'est que la fille se moque de lui.

Poen de Wijs (1948-2014) - pissenlit

Poen de Wijs (1948-2014) - pissenlit

 

. Mettre un bouquet de pissenlits, la nuit, sur le rebord de la fenêtre d'une personne, c'est une façon de l'avertir d'un adultère

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Dans le Manuel des pharmaciens et des droguistes de Kapeler et  Caventou - t.2, 1821, page 549, il est écrit :  


..."Plante de la famille des Composées, vivace, à feuilles longues dentelées disposées en rosette, à fleurs jaunes et à petits fruits secs surmontés d’une aigrette. Synonyme dent-de-lion (s.v. dent).Pissenlit officinal; feuille, fleur, graine, racine de pissenlit; salade de pissenlit; culture du pissenlit. Les feuilles radicales longues et couchées du pissenlit sont dentées, en lobes arqués et renversés, glabres et d’un beau vert. Fraîches, elles renferment, comme toute la plante, un suc laiteux doux, amer et salin....."
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Théophile Gautier (1811-1872) - poète


.......

Adieu les églantines

Et, moissons enfantines,

Les bluets dans les blés,

Les vertes sauterelles,

Et les pissenlits frêles

Sans cesse échevelés.
..............

 

Mythologie des fleurs - le pissenlit


Élie Reclus (1827-1904), est un journaliste, écrivain, ethnologue et militant anarchiste français de la fin du XIXe siècle.


........"Le pissenlit roi de la prairie, évoque l’idée de radiation : cette Composée est l’image d’état harmonique. Ses feuilles sont radiantes ; le pissenlit radie, il va du centre à la circonférence et revient de la circonférence au centre. 

Cette fleur qui est un soleil, devient une voie lactée, un monde d’astres après la floraison. Elle passe de vert en jaune et en gris-bleu.
La fleur est simple ; chaque fleur est si tranquille, est tout à fait chez soi et veut sa part de lumière, de chaleur, du monde entier dans le minimum d’espace.

 La splendeur du pissenlit, son moment de beauté suprême, est avant son complet développement. Les pétales du pissenlit sont jaunes, mais les étamines sont oranges. Quand le rouge s’y met, on pense à la chaleur, à la passion. L’orange enthousiaste évoque l’admirable élan des idéalistes."......
 

Elie Reclus

Elie Reclus


Victor Hugo - Les Misérables - tome 1 - page 686 - 1862


Victor Hugo utilisa le premier l'expression dans les Misérables : 

"être mort, cela s’appelle manger des pissenlits par la racine (…)".


Cette plante a la particularité de pousser rapidement et naturellement notamment dans la terre fraichement labourée ou retournée. On trouvait donc souvent des pissenlits à l’endroit où la terre avait été creusée pour enterrer quelqu’un.


. L'éminent lexicologue Alain Rey rappelle toutefois que le terme "pisse" contenu dans pissenlit a autrefois eu un lien intime avec la mort dans la formule "pisser sur la fosse de quelqu'un" qui voulait dire "lui survivre". 
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

François Coppée (1842-1908) - poète

 

 

J'adore la banlieue avec ses champs en friche


J'adore la banlieue avec ses champs en friche

Et ses vieux murs lépreux, où quelque ancienne affiche

Me parle de quartiers dès longtemps démolis.

Ô vanité ! Le nom du marchand que j'y lis

Doit orner un tombeau dans le Père-Lachaise.

Je m'attarde. Il n'est rien ici qui ne me plaise,

Même les pissenlits frissonnant dans un coin.

Et puis, pour regagner les maisons déjà loin,

Dont le couchant vermeil fait flamboyer les vitres,

Je prends un chemin noir semé d'écailles d'huîtres.
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Encyclopédie Théologique - 1856 - publié par M. L'abbé Migne

Dictionnaire des superstitions, erreurs, préjugés et traditions populaires

 

Louis Pierre Francois Adolphe marquis de Chesnel de la Charbouclais


......"Lorsque le pissenlit est en graines, chacune de celles-ci est surmontée d'une aigrette qui la soutient dans l'air et la transporte quelquefois à de très grandes distances. A cet état de fructification, la fleur n'offre plus de pétales, mais une sorte de globe plumeux que le souffle suffit pour briser et en disperser les parties. 
Les jeunes filles ont encore fait de ce globe un objet de divination. Pour s'assurer d'une chose qui occupe leur pensée, elles soufflent une seule fois sur la boule en question : si toutes les graines se dispersent sous l'effort de cet innocent ouragan, la réussite du projet formé est immanquable ; mais s'il reste seulement une graine attachée au réceptacle, c'est qu'on ne doit avoir aucun espoir d'arriver à ses fins"........

 

Pissenlit - Marie Cardouat

Pissenlit - Marie Cardouat


Guy de Maupassant (1850-1893) écrivain et journaliste littéraire français écrit dans


une vie - 1883 - 


....."Etaient-ce la même campagne, la même herbe, les mêmes arbres qu'au mois de mai ? Qu'étaient donc devenues la gaieté ensoleillée des feuilles, et la poésie verte du gazon où flambaient les pissenlits, où saignaient les coquelicots, où rayonnaient les marguerites, où frétillaient, comme au bout de fils invisibles, les fantasques papillons jaunes ? Et cette griserie de l'air chargé de vie, d'arômes, d'atomes fécondants n'existait plus"......
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Guy de Maupassant (1850-1893) 


Contes et nouvelles - Histoire d’une fille de ferme, 

..."La cour de ferme, enfermée par les arbres, semblait dormir. L’herbe haute, où des pissenlits jaunes éclataient comme des lumières, était d’un vert puissant, d’un vert tout neuf de printemps. —"...
 

impression de champ de pissenlits - Igor Barkhatkov

impression de champ de pissenlits - Igor Barkhatkov

 

fin du XIXe et du début du XXe siècle 


Le pissenlit dans l'art nouveau


- la marque du dictionnaire Larousse, symbole de "la connaissance semée à tout vent "


Evolution du logo 


je sème à tout vent - Larousse 1876 -

Émile Reiber (1826-1893), architecte et décorateur français 

 

je sème à tout vent - Larousse 1876 -   Émile Reiber (1826-1893), architecte et décorateur français 

je sème à tout vent - Larousse 1876 - Émile Reiber (1826-1893), architecte et décorateur français 

 

L'image représentant une femme soufflant sur les aigrettes de pissenlits est due au peintre Eugène Grasset, 


Eugène Grasset (1845-1917)

ogotype de Larousse - 1890

Eugène Grasset (1845-1917) Logotype de Larousse - 1890

Eugène Grasset (1845-1917) Logotype de Larousse - 1890

 

Eugène Grasset (1845-1917) artiste

Petit-larousse - 1905

Petit-larousse - 1905

Petit-larousse - 1905

 

Jean Picart Le Doux (1902-1982) artiste peintre

Larousse 1970
 

Jean Picart Le Doux (1902-1982) Larousse 1970

Jean Picart Le Doux (1902-1982) Larousse 1970

 

Yan Pennor's (1957) designer graphiste

Logo de Larousse avec son allégorie de La semeuse stylisée

Larousse 1993 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Christian Delacroix - couturier

Larousse pour le millésime 2005 

Le nombre d’akènes change, mais le symbole demeure.
 

Christian Delacroix - Larousse 2005

Christian Delacroix - Larousse 2005

 

Maurice Pillard Verneuil (1869-1942)

art nouveau -

illustration dandelion, pissenlit, lowenzahn, 
 

Maurice Pillard Verneuil (1869-1942)  art nouveau - illustration pissenlit

Maurice Pillard Verneuil (1869-1942) art nouveau - illustration pissenlit

 

Juliette Milesi (1872-1959) 

art nouveau - illustration pissenlit
 

Juliette Milesi (1872-1959)   art nouveau - illustration pissenlit

Juliette Milesi (1872-1959)  art nouveau - illustration pissenlit

 

Daum


(ex Compagnie française du cristal Daum) est une cristallerie fondée en 1878 à Nancy, en Lorraine, en France par Jean Daum. Les ateliers Daum ont formé quelques-uns des grands noms de l'Art nouveau : Jacques Grüber, Henri Bergé, Almaric Walter, les frères Schneider y font leurs débuts…

- vases à décor de pissenlit

- 1890 comme la plume au vent

- 1900
 

vase Daum pissenlits 1890

vase Daum pissenlits 1890

vase Daum pissenlits 1900

vase Daum pissenlits 1900

 

Le fer forgé Art Déco d’Yvan Mercier


Spécialiste de la ferronnerie Art Déco, Yvan Mercier créé des lampes et du mobilier d'intérieur en s'inspirant des techniques des plus grands maîtres ferronniers d'art de cette époque (1910, 1920, 1930),
 

 

Depuis bien longtemps, la médecine populaire a reconnu à la racine de Pissenlit le pouvoir de stimuler les fonctions hépatiques. Cette propriété a été confirmée au 20e siècle, où elle fut employée avec succès contre les congestions du foie.

 

En 1927, le Dr Henri Leclerc, grand phytothérapeute écrivait


 ” Le pissenlit essore l’éponge hépatique et rince le filtre rénal “. 
 

 

Jean Rogissart, Mervale, Éditions Denoël, Paris, 1937, page 16)

 

....."Finis les feux de la veille et les longues parlottes des jours de neige et de frimas, des jours de prison et d’ennui : les pissenlits pointaient;" ......— 

pissenlits -  Mona Davis

pissenlits - Mona Davis

 

Jean-Paul Sartre (1905-1980) - La mort dans l'âme - Les Chemins de la liberté.


(Mort dans l'âme, 1949, page 134).

 "Il pense à tous les types qui essaieront de vous faire la cour pendant qu'il cassera les cailloux.
- Ou qu'il mangera des pissenlits par la racine, dit Pinette".

 

 

Alfred Jarry (1873-1907) poète, romancier, écrivain et dramaturge français.

 
Ubu roi (1888) 

..."Ainsi que le coquelicot et le pissenlit à la fleur de leur âge sont fauchés par l'impitoyable faux de l'impitoyable faucheur ... - ainsi le petit Rensky a fait le coquelicot."....
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Sidonie-Gabrielle Colette, (1873-1954) femme de lettres française,

 

Belles Saisons - 1945

...."Tout près de Paris, à vos pieds, promeneurs, cette rosace délicate, c'est le jeune pissenlit, et cette perle à son centre, c'est sa future fleur.'....
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Salvadore  Dali (1904-1989) - peintre


Battle Around a Dandelion (Bataille autour d’un pissenlit) - 1946
 

Salvadore  Dali (1904-1989) bataille autour d’un pissenlit - 1946

Salvadore  Dali (1904-1989) bataille autour d’un pissenlit - 1946

 

Jean de La Varende (1887-1959) est un écrivain français.


La Normandie en fleurs - 1950

...."Nous vîmes, un jour de vent d’orage, un hêtre se dépouiller d’un coup de toute sa feuillée, exactement comme une boule lumineuse de pissenlit "....− 
 

 

Jacques Prévert (1900-1977) - poète

 

......

Une hirondelle vole dans le ciel

vole vers son nid

son nid où il y a des petits

elle leur apporte une ombrelle

des vers de vase des pissenlits

un tas de choses pour amuser les enfants

dans la maison où il y a le nid

.......
 

 

Alain Hannacart (1955) - poète


Le pissenlit


Comme on met dans les livres les mots venus du cœur

Les graines sont réunies en une sphère délicate

Offert à tous les vents chaque trait devient une fleur

Comme un petit soleil sur le bord du chemin.
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Le pissenlit en musique et chansons

 

Le pissenlit d'Anne Sylvestre


J'ai cueilli, j'ai cueilli

Trois fleurs de pissenlits, trois fleurs de pissenlits

J'ai choisi, j'ai choisi,

Les plus épanouies, les plus épanouies

 

Mais les autres m'ont dit, tireli

C'est que des pissenlits, mon ami

C'est même pas joli

Mais les autres m'ont dit, tireli

C'est que des pissenlits, mon ami

C'est même pas joli

 

J'ai cueilli, j'ai cueilli

Trois autres pissenlits, trois autres pissenlits

J'ai choisi, j'ai choisi,

Les plus épanouis, les plus épanouis

 

Et la maîtresse a dit, tireli,

Qu'ils étaient très jolis, mes amis,

Et elle a dit merci

Et la maîtresse a dit, tireli,

Qu'ils étaient très jolis, mes amis,

Et elle a dit merci

 

J'aime bien les pissenlits, elle a dit,

J'aime bien les pissenlits, c'est joli,

Elle a dit :"Eh bien oui !"
 

 

Les pissenlits par Ricet Barrier 

 

 

mais aussi les Rollings Stones (Mick Jagger & Keith Richards)


Dandelion (Pissenlit/dent-de-lion)
 

 

M.C. Palys  (1990) 

..."Doux souvenir d'enfance, je vois encore mon père cueillir une fleur de pissenlit, lui couper la tige, avec son couteau suisse, sortit de sa poche, en fendre le bout et écraser l'extrémité pour l'aplatir, afin d'en faire un sifflet, pour une petite musique."....

 

L'usine nouvelle - 2014


.........Les premiers pneus tests fabriqués par le manufacturier allemand Continental à l’aide d’un mélange de gomme innovant appelé Taraxagum, issu du pissenlit, ont été présentés à la foire de Hanovre en septembre. Le caoutchouc naturel employé dans le mélange de gomme de la bande de roulement généralement issu de l’hévéa a été remplacé à 100 % par du Taraxagum...........


..........Pendant la Seconde Guerre mondiale, le pissenlit avait déjà été utilisé à cette fin, mais s'était avéré bien moins productif que l'hévéa. Et pour cause : le latex issu du pissenlit coagule - ou polymérise - spontanément et rapidement en caoutchouc, ce qui rend difficile sa récolte. Mais les chercheurs allemands sont parvenus à créer des pissenlits transgéniques dans lesquels l'enzyme à l'origine de la coagulation a été désactivée, pour un rendement de 4 à 5 fois supérieur. 
 

 

Le pissenlit dans le langage des fleurs


Symbolise la santé, l'intelligence, la chaleur, la résistance, l'abondance, la prévoyance et la liberté.


- Je répands la bonne semence. (le duvet fin et léger qui s'envole au moindre souffle)


- C'est aussi la fleur de l'enfance, de l'innocence et de la nostalgie, de l’insouciance, (lorsque l’on soufflait sur sa boule duveteuse pour faire un vœu.)
 

Françoise Méthot - cueillette des pissenlits

Françoise Méthot - cueillette des pissenlits

Mythologie des fleurs - le pissenlit
pissenlits - Tom Sierak

pissenlits - Tom Sierak

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 16:49

Mythologie des fleurs 


Monnaie du Pape
Lunaire

 

....."Ce genre présente aux curieux, une agréable jouissance, par ses fleurs assez grandes, nombreuses, purpurines, ou mélangées de blanc et d'incarnat, disposées en bouquets ou en panicules étalées, au sommet de la tige et des rameaux : il leur succède des silicules très grandes, minces planes, de forme ovale ou arrondie : les deux valves tombent ; leur cloison persiste, et offre un beau disque satiné d'un blanc argenté et brillant, qu'on a comparé à la lune dans son plein, d'où lui est venu le nom de Lunaire (lunaria, Linn.)".......


Histoire des plantes de l'Europe - par J.L.M Poiret - tome Vi - 1829
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

La Lunaire (latin Lunaria), nom dérivé de luna, "lune", 


doit son nom au disque, fine membrane séparant les deux valves des fruits, d’un blanc argenté très luisant, semblable à l'éclat de la lune.


C'est une plante dicotylédone de la famille des brassicacées, ou crucifères, appartenant au genre Lunaria.
(Les plantes dicotylédones constituent une classe de végétaux dont l'embryon possède deux cotylédons, soit deux feuilles primordiales).

 
Monnaie du Pape :

une allusion aux gousses translucides et argentées semblables à des pièces qui contiennent des graines.


Les oiseaux les adorent !
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

On en connaît deux principales espèces, 


- Lunaria rediviva, la lunaire vivace,


Elle préfère les climats tempérés à froids (elle est abondante en Grande-Bretagne), 


Cette vivace apprécie surtout les lieux humides, notamment les bois. Ses feuilles sont plus nettement dentées que celles de L. annua, et ses fleurs violettes à quatre pétales beaucoup plus odorantes, les fruits, silicules très plates, ovales. 


Elle nous offre sa jolie floraison à partir du mois de mai.
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

- Lunaria annua, (L. biennis) la lunaire annuelle ou bisanuelle plus connue sous le nom de monnaie du pape. 


On la rencontre fréquemment au bord des chemins ou dans les décombres, dans des lieux semi-ombragés. 


Ses petites fleurs roses violettes ont quatre pétales, et les fruits circulaires sont semblables à des pièces d'argent d'où son nom de "monnaie du pape", 


Elle peut atteindre 60 cm à 1 m de haut. La tige est légèrement velue. Les feuilles sont grossièrement dentées, en forme de cœur assez grandes. Les fleurs forment de fausses ombelles au sommet d'une longue tige dressée. 


Elles fleurissent au mois d'avril.


Les plantes se ressèment naturellement au gré du vent.


Les jeunes plants passent l'hiver à l'état de rosettes de feuilles.

Au printemps, dès les premières douceurs, une tige s'élève en haut de laquelle apparaissent des fleurs en forme de croix, violettes ou blanches, parfumées.


Dès que le soleil se couche et que la nuit commence, les calices s'ouvrent et dégagent un parfum intense. Cela attire les insectes pollinisateurs, principalement les papillons de nuit. Les plantes assurent ainsi leur pérennité.


 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Lunaria telekiana est une autre espèce de lunaire endémique, rare et mal connue connue, d' Albanie, du Monténégro et du Kosovo .

Il a été proposé de la protéger en vertu des traités internationaux sur les espèces menacées. 

Lunaria telekiana - timbre albanais

Lunaria telekiana - timbre albanais

 

Dictionnaire de Trévoux/6e édition, 1771


...."L’alysson de Dioscoride, est une espèce d’un autre genre de plante, qu’on appelle bulbonac, Lunaria. Sa racine est dure, blanche, & d’un goût brûlant. Ses feuilles sont au commencement presque rondes ; ensuite elles deviennent plus longues, & finissent en une pointe obtuse. Elles sont blanches, velues, & rudes. Ses fleurs sont en grand nombre, composées de quatre feuilles disposées en croix, & petites. Sa semence, qui est contenue dans des siliques, est de la figure d’un petit rein, élevée en lentille, & dont les bords sont déliés. ".......


Dioscodide (20 et 40 ap. J.-C) médecin grec
 

Dioscoride

Dioscoride

 

Autrefois, ses feuilles au goût âcre et amer étaient vantées en médecine pour leurs propriétés apéritives, diurétiques, antiscorbutiques et antiépileptiques et sa racine bulbeuse connue sous le nom de Bulbonac se mangeait en salade. 
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique,

 

Elles sont dotées de pouvoirs magiques


La fée Honesty (Honnêteté) (nom de la lunaire au Royaume Uni)
 

fée Honesty (honneteté - lunaire-monnaie du pape)

fée Honesty (honneteté - lunaire-monnaie du pape)

 

 

Outre monnaie du pape, on la surnomme Herbe aux écus, Herbes aux lunettes, Passe-satin, Bulbonac, Médaille de Judas,  Médaillon, Satin blanc…. 

Le nom commun Honesty (Outre Manche) "honnêteté" est apparu au 16ème siècle, et peut également se rapporter aux gousses translucides.

"Lorsque la plante pousse naturellement dans une maison, cela veut dire que les personnes qui l'habitent sont honnêtes."
 

 En Asie du Sud-Est, on l'appelle "l'usine d'argent" 


Aux États-Unis, la lunaire est communément appelée "dollars d'argent"  "Silver Dollar, "argent chinois" ou "pièces de monnaie chinoise" parce que ses gousses ont l'apparence de pièces en argent.


Les pèlerins l'ont  amenée aux colonies sur le Mayflower en 1620. 


Thomas Jefferson (1743-1826) l'a élevée dans les célèbres jardins de Monticello (sa maison et son domaine) près de Charlottesville, en Virginie, à l'est des États-Unis. et l'a mentionnée dans ses lettres.


En français, la lunaire est connue sous le nom de "monnaie du pape" ("Pope's money"). 


Au Danemark, elle est connue comme judaspenge, 
et dans les pays néerlandophones comme judaspenning les deux signifiant "pièces de Judas", une allusion à l'histoire de Judas Iscariot et aux trente pièces d'argent qu'il a été payé pour avoir trahi le Christ.
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Dans :

Bon jardinier - 1811, p. 357. (destiné à l'Impératrice Joséphine)


.... "Les fleurs sont assez semblables à celles de la giroflée rouge simple...


Aux fleurs fanées succèdent des silicules plates, larges, orbiculaires comme la lune, terminées au sommet par le bout restant du pistil, ce qui a fait nommer trivialement cette plante Clef-de-montre. La cloison du milieu débarrassée de chaque côté de sa valve reste brillante et d'un blanc argenté comme la nacre de perle : ce qui a fait donner encore à la plante les noms de Monnoie du Pape, de Médaille de Judas, de Satinet et de Satin-Blanc. On s'est amusé longtemps à parer les cheminées de ces sortes de bouquets.".........
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

Dans :

Jaucourt - L’Encyclopédie, 1re éd. - 1751 (Tome 9, p. 725).


....."Elle tire son nom de bulbonac de sa racine bulbeuse ; celui de médaille dérive de la rondeur de ses siliques & de leur bord argentin. Le nom de lunaire dépend de la même cause ou de la forme de ses graines ; les noms de satinée, de satin blanc ou de passe-satin viennent de ce que les cosses de cette plante, dans leur maturité, sont transparentes & ressemblent à du satin blanc. Cette transparence est produite par la cloison mitoyenne de ces siliques, laquelle cloison est d’un blanc argenté, très-luisant. Les Anglois connoissent aussi cette espece de lunaire sous le nom de white-satin, & ce sont eux qui m’ont appris l’origine du nom françois." ........
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Saint Albert le Grand (V.1200-1280) est un frère dominicain, philosophe, théologien, naturaliste, chimiste. Évêque. 


Albert le Grand fut-il magicien ? Il le dit : 


"Bien plus, nous sommes experts en magie.... Etiam nos ipsi sumus experti in magicis" (De anima...., I, 2, 6 ; éd. Stroick p. 32).


....."Une branche de monnaie du pape avec les silicules sèches permettait de protéger les personnes qui ouvrirait le livre de magie noire "Le grand Albert" (grimoire, célèbre livre de magie populaire, en latin, vers 1200-1280). Commencé peut-être vers 1245, il reçoit sa forme définitive vers 1580, et son édition française classique est de 1703"......


 Un tel livre avait la réputation de libérer tous les sorts pour lequel il avait été utilisé, lorsque ce n'était pas son propriétaire qui le consultait. 


La monnaie du pape permettait d'éviter la projection et l'utilisation des sorts en magie noire.


En magie, elle chassait les créatures censés sortir la nuit et les mauvais esprits qui envahissent la campagne.


Mise dans la maison, on pensait qu’elle apportait fortune et richesse.
 

Albertus Magnus, fresque de Tommaso da Modena (1332)

Albertus Magnus, fresque de Tommaso da Modena (1332)

 

On peut lire dans :


Plant Lore, Legends and Lyrics


..."Honesty  (honnêteté -Lunaria biennis - Lunaire et Moonwort, etc..). est mentionnée par C Geoffrey Chaucer (1340 -1400) poète anglais et auteur, comme l'une des plantes utilisées dans les incantations:


.....“And herbes coude I tell eke many on,
As Egremaine, Valerian, and Lunarie,
And other swiche, if that me list to tarie,
Our lampes brenning bothe night and day,
To bring about our craft if that we may,
Our fournies eke of calcination,
And of wateres albification.”......

 

Michael Drayton (1563-1631) un poète anglais 
fait également référence aux vertus de la plante: -

 

....."Enchanting Lunary here lies,
In sorceries excelling.”.....


Le poète nous dit également que cette Lunaire était considérée comme efficace dans la guérison de la folie.


.....“Then sprinkles she the juice of Rue
With nine drops of the midnight dew,
From Lunarie distilling.”.....


Il y a une superstition populaire selon laquelle partout où l'honnêteté (honesty) pourpre est florissante, les cultivateurs des jardins sont exceptionnellement honnêtes.
 

Plant Lore, Legends and Lyrics

Plant Lore, Legends and Lyrics

 

La lunaire a été mentionnée plusieurs fois à la Renaissance,

notamment par 
Jean Wier (1515-1588) médecin et opposant à la chasse aux sorcières.

 

dans
Histoires, disputes et discours des illusions et impostures des diables, des magiciens infâmes, sorcières et empoisonneurs. Chapitre XVIII, 1579.


...."L’herbe communément nommée Lunaire, que aucuns appellent l’estoile de terre, qui porte sa semence en une petite graine ronde, s’ouvre de nuict & reçoit tellement les rayons de la lune qu’il semble que ce soit une étoile luisante. Les habitants des lieux ou telle herbe se trouve, voyans cette clarté la fuyent, estimans que ce soit un fantome dangereux"....
 

Jean Wier - Gravure de Johann Weyer par Pieter Holsteyn II de 1660

Jean Wier - Gravure de Johann Weyer par Pieter Holsteyn II de 1660

 

Autrefois, on nommait la lunaire "oublie"

 

Dans Le langage des fleurs de Louise Cortambert, Louis-Aimé Martin - 1842 - page 256 elle dit :


...."L'oublie est la même plante que la grande lunaire, qu'on appelle aussi Monnaie du Pape, Médaille de Juda, la Nacrée, la Satinée. Cette plante doit ses noms variés, non à sa graine, comme on le pense communément, mais à la cloison qui partage ses siliques plates, larges, orbiculaires comme la lune. Cette cloison dégagée de ces valves, ressemble à des médailles ou à des oublies. 
René, duc de Bar et de Lorraine, ayant été fait prisonnier à la bataille de Thoulongeon, peignit de sa propre main une branche d'Oublies, et l'envoya  à ses gens, pour leur reprocher leur peu de diligence à le délivrer.".....

 

Louise Cortambert
Louise Cortambert

Louise Cortambert

 

Une oublie est une pâtisserie qui date du Moyen Âge.
Mince et de forme ronde, elle est préparée à partir de farine et d'eau, de lait ou de vin blanc, d'œuf, de sucre ou parfois de miel. Elle est cuite entre deux fers par l'"oublieur", comme une gaufre, puis souvent roulée en cylindre creux. 


En Algérie, dans les années 1950, les vendeurs ambulants proposaient, en criant "marchand d'oublies".


Altération de l'ancien français oblaye, obleie, oblee (au XII° siècle), "oublie" vient du bas latin ecclésiastique oblata (hostia) "offrande, pain offert à l'eucharistie" de oblatus "offert ", spécialement "offert à dieu, sacrifié", 


Selon d'autres lexicographes, le terme oublie pourrait remonter au mot grec obélias (qui a donné le terme obélie utilisé par Rabelais), désignant un pain, de forme allongée et étroite, cuit à la broche ou entre deux fers et vendu en obole pour être servi à la fin du repas et trempé dans du vin.


Le premier sens du mot fut celui de pain azyme utilisé pour la consécration de la messe. Au second sens, c'est la pâtisserie, d'abord préparée comme l'hostie.
 


Face interne d'une palette de fer à oublie, Musée de la Gourmandise, Hermalle-sous-Huy
 

Face interne d'une palette de fer à oublie

Face interne d'une palette de fer à oublie

 

Reconstitution graphique d'une oublie d'après la palette de fer

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Le motif  "monnaie du pape" a été très représenté dans le mouvement Art nouveau de l'École de Nancy.


(L'Art nouveau, Modern style ou style Nouille est un mouvement artistique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qui s'appuie sur l'esthétique des lignes courbes.)


L'école de Nancy, Alliance provinciale des industries d'art (en général appelée seulement école de Nancy) est le fer de lance de l'Art nouveau en France, dont l'inspiration essentielle est à chercher dans les formes végétales.
 

 

 

Louis-Jean-Sylvestre Majorelle, usuellement Louis Majorelle (1859-1926),

était un ébéniste et décorateur français du mouvement Art nouveau de l'École de Nancy, dont il fut également vice-président.


Villa Majorelle - Porte d'entrée décor Monnaie du Pape
 

Villa Majorelle - Porte d'entrée décor Monnaie du Pape

Villa Majorelle - Porte d'entrée décor Monnaie du Pape


 

Louis Majorelle (1859-1926), décorateur Monnaie du Pape rampe d'escalier -1904
 

 Louis Majorelle (1859-1926), décorateur Monnaie du Pape rampe d'escalier -1904

Louis Majorelle (1859-1926), décorateur Monnaie du Pape rampe d'escalier -1904

 

Emile Gallé, Vase Moonwort, 1894


Intitulé Moonwort, ce petit vase de forme tubulaire a été offert par Gallé à son ami Henri Hirsh. La boîte en marqueterie de bois qui l'accompagne lui servait d’écrin.


Sur la surface de ce vase se développe une plante de la famille des lunaria, communément appelée monnaie-du-pape. La branche de cette plante comporte des fleurs violettes et des fruits en forme de disques de couleur verte. Devenant beiges argentés une fois secs, ces disques ont la particularité de réfléchir la lumière, d’où le nom anglais de "moonwort".


Sur le flanc du vase on distingue l’inscription latine

 "Recondite vobis thesauros in coelos".


 La teneur de cette citation de l'évangile selon saint Matthieu est la suivante : 

"Ne vous amassez pas des trésors sur la terre" (…) Mais amassez-vous des trésors dans le ciel".


Cette création n’est donc pas dénuée d’humour. Gallé juxtapose la recommandation biblique à une plante baptisée monnaie-du-pape. 
 

Emile Gallé, Vase Moonwort, 1894 - musée Ecole de Nancy

Emile Gallé, Vase Moonwort, 1894 - musée Ecole de Nancy

 

Vase Daum Freres & Cie., Nancy, (1894-1896) -glass Bröhan Museum, Berlin - Monnaie du pape sur lequel est inscrit :


"Monnaie fait poids, Beauté fait soie",
 

Monnaie du Pape -Daum Freres & Cie., Nancy, (1894-1896) glass Bröhan Museum, Berlin

Monnaie du Pape -Daum Freres & Cie., Nancy, (1894-1896) glass Bröhan Museum, Berlin

 

Vase Daum Freres & Cie., Nancy, 
Monnaie du pape - 1894 /1896 

Monnaie du Pape -Daum Freres & Cie., Nancy, (1894-1896)

Monnaie du Pape -Daum Freres & Cie., Nancy, (1894-1896)


René Lalique (1880 - 1945)


Vase Lalique Monnaie du Pape - 1914
 

 vase Lalique monnaie du pape - 1914

vase Lalique monnaie du pape - 1914


Broche Art  Nouveau scarabée et monnaie du Pape jugendstil 1900
 

 Broche Art  Nouveau scarabée et monnaie du Pape jugendstil 1900

Broche Art  Nouveau scarabée et monnaie du Pape jugendstil 1900

 

La monnaie du pape est très appréciée en bouquets secs lorsque les parois externes des silicules s'étant détachées, il ne subsiste plus que la membrane translucide qui sépare les deux moitiés du fruit.


Il suffit de faire sécher les fleurs la tête en bas.


A l’automne, laissez quelques écus en place pour que la plante se ressème spontanément.


outre les décorations en vase 


 nature morte au vase de chine, bouquet de monnaie du pape et livres
 

 nature morte au vase de chine, bouquet de monnaie du pape et livres

nature morte au vase de chine, bouquet de monnaie du pape et livres

 

Dans :
Précis de phytographie ou histoire naturelle des plantes - 1818- page 423 


on peut lire


..."La lunaire ou monnaie du pape, satin blanc (lunaria annua L.), originaire de Suisse, à grandes feuilles cordiformes sur une tige de près de trois pieds, terminée par une panicule lâche de fleurs lilas. La cloison des silicules persistantes et de couleur perle argentée peut être employer comme ornement dans la coiffure."....
 

peigne de cheveux monnaie du pape

peigne de cheveux monnaie du pape

 

Bouquet de mariée monnaie du pape

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Décoration de Pâques

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Couronne de Noël ou bougeoir

ouronne de Noel ou bougeoir monnaie du pape

ouronne de Noel ou bougeoir monnaie du pape

 

Dans le langage des fleurs 


- la monnaie du pape signifie "oubli"


- Un gros bouquet en mélangeant les variétés blanches et violettes peut signifier "la fascination.
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Anne Philipe (1917-1990) femme de lettres française 


Un été près de la mer, France Loisirs, p. 97)


...."Le dessin avait des couleurs éclatantes : la maison orange, l’arbre vert, la route bleue, et au premier plan le chien marron-roux avec des yeux immenses comme des monnaies-du-pape." —.....
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
3a Monnaie du pape et fruits , 1904, - Louis Valtat

3a Monnaie du pape et fruits , 1904, - Louis Valtat

Lunaria (Les monnaies du Pape). - Marc Chagall. 1

Lunaria (Les monnaies du Pape). - Marc Chagall. 1

La monnaie du pape, peinture de Jacques Roger Simon, signé et daté b. g. 1933

La monnaie du pape, peinture de Jacques Roger Simon, signé et daté b. g. 1933

Lunaria annua, Anselmus Boëtius de Boodt, 1596

Lunaria annua, Anselmus Boëtius de Boodt, 1596

honesty - Lynne Henderson

honesty - Lynne Henderson

lunaria biennis (annua)

lunaria biennis (annua)

lunaria maior - Viola

lunaria maior - Viola

lunaria rediviva - lunaire vivace - gravures botanique Rousseau

lunaria rediviva - lunaire vivace - gravures botanique Rousseau

Représentation de la Lunaria major. Manuscrit italien du XVe siècle. Ici les siliques de la plante ont l’aspect de petites lunes

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 16:11

 

Mythologie


Acanthe  
 

.....
"La Terre maternelle et douce aux anciens Dieux
Fait à chaque printemps, vainement éloquente,
Au chapiteau brisé, verdir une autre acanthe ;......

 

José-Maria de Heredia (1842-1905) - L'oubli
 

 

L'acanthe (Acanthus), est un genre de plantes vivaces, de la famille des Acanthacées comprenant une trentaine d'espèces originaires surtout d'Eurasie et d'Afrique.

 

On la trouve en Europe méridionale. La Grèce, la Dalmatie, l’Italie, le Portugal en possèdent plusieurs espèces. Ce sont de grandes herbes vivaces, à feuilles presque toutes radicales, dont les découpures latérales sont souvent terminées en épines, de là le nom du genre (du grec akanthos, épine).

 

L'acanthe séduit par sa grandeur et ses fleurs structurées.
 

Mythologie des fleurs - Acanthe


C'est une plante vivace majestueuse, aussi appelée patte-d'ours, pied d'ours, avec de grandes tiges à fleurs blanches et pourpres avec de grandes feuilles vertes. Elle  peut vite devenir envahissante si elle a trouvé l'emplacement idéal.

 

L’acanthe attire les abeilles et bourdons, seuls capables de polliniser ses fleurs. 
 

Mythologie des fleurs - Acanthe

Les deux espèces les plus répandues du genre sont  :


l’Acanthe molle (Acanthus mollis)


Elle affectionne les endroits arides. Ses nombreuses feuilles opposées sont grandes, divisées en plusieurs lobes dentés mais non épineux, d'un vert profond, luisantes, molles au toucher. Elle possède un long pétiole, l'ensemble pouvant atteindre près d'un mètre. 


Chaque fleur est entourée par trois bractées, la bractée centrale étant découpée et plus  grande que les deux autres. Le calice présente deux lèvres, dont la supérieure, assez longue et formant une sorte de "casque" au-dessus de la corolle, fréquemment teintée de violet sur le dessus. La corolle se réduit à une lèvre inférieure blanche, veinée de rose pourpre, à trois découpures ; Les quatre étamines sont soudées à la corolle.


Elle offre une floraison en épis spectaculaires de mai à août.
 

l’Acanthe molle (Acanthus mollis)

l’Acanthe molle (Acanthus mollis)

feuille acanthe molle

feuille acanthe molle

L’Acanthe épineuse (Acanthus spinosus)


possède des feuilles vert foncé luisant, moins larges que celles de l’espèce précédente, mais plus épineuses et plus profondément découpées. Sa tige est haute de plus d’un mètre. 


Ses fleurs lilas forment des épis moins allongés ; le calice présente quatre lobes dont deux plus grands, la corolle forme un tube fendu étalé en une seule lèvre à trois découpures. Il y a quatre étamines, dont deux plus petites. 


Elle offre une floraison estivale de juillet à août. 
 

’Acanthe épineuse (Acanthus spinosus)

’Acanthe épineuse (Acanthus spinosus)

feuille d'acanthe épineuse

feuille d'acanthe épineuse


Ces deux plantes, sont très employées dans les jardins paysagers. Leur ample et élégant feuillage forme des touffes d’une beauté remarquable. 
 

acanthes dans un massif paysager

acanthes dans un massif paysager

La feuille d’acanthe a été pendant longtemps l’élément le plus employé de la flore ornementale ; elle n’est caractéristique d’aucun style particulier car on la retrouve partout.

Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe

Histoire


Les bienfaits de l’acanthe à feuilles molles sont connus depuis l’Antiquité, en particulier son effet tonique et stimulant. 


Cette plante entrait dans la composition de boissons administrées aux guerriers pour reprendre des forces après le combat. 


De célèbres médecins grecs, notamment Pedanius Dioscoride (20-40/90 ap. J.-C) la recommandaient pour soigner les plaies et les coliques.
 

Dioscoride

Dioscoride


...."Les anciens ornoient de la figure de feuilles d'acanthe les habits précieux ; Virgile en parlant de la robe d'Hélène dit qu'elle étoit relevée de feuilles d'acanthe en broderie."....

(La botanique historique et littéraire - tome 2)

Hélène de Troie - Gaston Bussière

Hélène de Troie - Gaston Bussière

Les Danseuses de Delphes, également connues sous le nom de Colonne aux acanthes, sont trois figures en haut-relief surmontant une colonne d'acanthes trouvées près du sanctuaire d'Apollon pythien à Delphes.

Elles sont conservées au musée national archéologique de Delphes.

L'œuvre a inspiré à Claude Debussy le premier de ses Préludes.
 

Les Danseuses de Delphes, sur leur piédestal à feuilles d'acanthe

Les Danseuses de Delphes, sur leur piédestal à feuilles d'acanthe

 

Dans la mythologie grecque, Acanthe (Akantha) était une nymphe. 

Apollon (dieu des Arts,de la poésie...) voulut l'enlever et elle le griffa au visage.

Pour se venger, il la métamorphosa en une plante épineuse qui aime le soleil, et qui porte depuis son nom.
 

portrait de femme aux feuilles d'acanthe - Leonor Fini

portrait de femme aux feuilles d'acanthe - Leonor Fini


L'Acanthe molle (Acanthus mollis), est celle a inspiré les artistes grecs et romains ainsi que ceux la Renaissance et des Temps modernes par imitation de l'Antiquité. 


C'est surtout comme motif principal du chapiteau-corinthien que cette feuille a pris place dans l'histoire de l'architecture; elle a servi de base à des variations de détail véritablement très grandes qui ont pris pour point de départ une interprétation plus on moins libre de la nature; 
 

Acanthe Corinthian - image  provient des archives numériques NYPL

Acanthe Corinthian - image provient des archives numériques NYPL

On conte sans cesse l'anecdote devenue classique, qui suggéra la pensée de faire servir cette feuille aux besoins de l'architecture. 


C'est à Vitruve (1. IV, c. I,) que l'on doit de nous avoir transmis cette histoire :

 
  "Une jeune fille de Corinthe, arrivée à l'âge nubile, fut atteinte d'une maladie qui l'emporta ; après sa mort, de petits vases qu'elle avait aimés pendant sa vie, furent recueillis par sa nourrice, arrangés dans une corbeille, et déposés sur sa tombe, et pour qu'ils se conservassent plus longtemps au grand air, elle les recouvrit d'une tuile.

Cette corbeille avait été par hasard placée sur une racine d'acanthe. Pressée par le poids qui pesait en plein sur elle, cette racine d'acanthe poussa vers le printemps des tiges et des feuilles.

Ces tiges grandirent tout autour de la corbeille, puis rencontrant aux angles de la tuile une résistance qui les comprimait, elles furent forcées à leur extrémité de se recourber en forme de rouleau.

Le sculpteur Callimaque, que l'élégance et la délicatesse de son ciseau firent nommer chez les Grecs "Kat‹texnow" , passant auprès de ce tombeau, aperçut ce panier et les feuilles qui l'entouraient d'une manière si gracieuse.

Charmé de cette forme nouvelle, il l'adopta pour les colonnes qu'il éleva à Corinthe. Ce fut d'après ce modèle qu'il établit et régla les proportions de l'ordre corinthien."

 

Callimaque (Ve ou au VIe s. av. J.-C. ) Sculpteur et architecte de Corinthe
L'architecture de Vitruve. Tomes 1et 2/ trad. nouvelle par M. Ch.-L. Maufras,...C. L. F. Panckoucke, 1847. 

 

Callimaque invente le chapeau corinthien - Roland Fréart, Sieur de Chambray (ca 1606-1676)

Callimaque invente le chapeau corinthien - Roland Fréart, Sieur de Chambray (ca 1606-1676)

 

On trouve ce chapiteau corinthien :


En Grèce, le pilastre avec chapiteau corinthien des propylées du temple d'Eleusis, 


l'acanthe dans le grand fleuron qui surmonte la coupole du monument de Lysicrate à Athènes et les chapiteaux de cet édicule.

monument de Lysicrates - Grèce

monument de Lysicrates - Grèce

 

Diodore de Sicile (Diodorus Siculus) historien grec du ier siècle av. J.-C. cite

"de grandes acanthes d'or placées entre les colonnes sur le char qui portait le corps d'Alexandre le Grand."

Entrée d'Alexandre dans Babylone (1661-1665) Charles Le Brun,

Entrée d'Alexandre dans Babylone (1661-1665) Charles Le Brun,

 

Le temple d'Apollon à Bassae, et celui d'Artémis Laphria à Messène fournissent d'autres interprétations grecques de la grande feuille finement découpée, 

chapiteau temple d'Artémis

chapiteau temple d'Artémis

 

ainsi que les chapiteaux provenant du théâtre de Dionysos et de la Tour des Vents à Athènes, du temple d'Apollon à Phigalie. 


Durm, dans son travail sur l'architecture grecque, donne (p. 202) deux autres fragments d'acanthe conservés à Athènes, dont l'un se recommande par son élégance. 



 

 

Les monuments de Pompéi nous offrent des acanthes (d'inspiration grecque de la dernière époque); on en voit dans la maison de Plinius Rufus. 

 

L'époque romaine nous en a laissé un grand nombre; 


le chapiteau du temple de Mars vengeur à Rome possède de splendides feuilles d'acanthe, 
 

Chapiteau temple mars vengeur

Chapiteau temple mars vengeur

ainsi que le temple de Castor et Pollux à Cori, qui sont pourtant d'un caractère bien différent ;

il est indispensable de citer aussi les feuilles des temples d'Antonin et Faustine, du forum de Trajan, de l'Arc de Titus et autres temples de Rome, ainsi que celui de Vesta à Tivoli.

 

Le chapiteau du Panthéon à Rome

Le chapiteau du Panthéon à Rome

Le chapiteau du Panthéon à Rome

Le Bas-Empire continua cette tradition, qui s'affaiblit de plus en plus avec l'influence romaine; certaines feuilles d'acanthe, retrouvées dans les Gaules, sont grossières. 


A La Grande Mosquée de Kairouan - Tunisie
 

Chapiteau corinthien du portique qui précède la salle de prière de la Grande Mosquée de Kairouan.

Chapiteau corinthien du portique qui précède la salle de prière de la Grande Mosquée de Kairouan.

 

Ce décor peut être aussi observé entre autres à Saint-Remy, à Nîmes.

Chapiteau corinthien à Nîmes

Chapiteau corinthien à Nîmes

 

Plus tard au Moyen Âge, les sculpteurs de certaines églises romanes s’en servirent pour décorer les chapiteaux des arcatures, et Les enlumineurs de décorations.

 Annonciation encadrée de rinceaux dans Les Belles Heures du duc de Berry (1405-1409) - Pentecôte - Livre d'heures de Jean sans peur
 Annonciation encadrée de rinceaux dans Les Belles Heures du duc de Berry (1405-1409) - Pentecôte - Livre d'heures de Jean sans peur

Annonciation encadrée de rinceaux dans Les Belles Heures du duc de Berry (1405-1409) - Pentecôte - Livre d'heures de Jean sans peur

Mais il faut attendre la Renaissance italienne pour pour voir refleurir la feuille d'acanthe, et constater l’étendue de son emploi à l’ensemble des arts décoratifs ; 

Cartouche - III Ottomar Elliger (1727-1735) et Démarrage de feuilles d'acanthe sur un papier peint du XVIIIe siècle
Cartouche - III Ottomar Elliger (1727-1735) et Démarrage de feuilles d'acanthe sur un papier peint du XVIIIe siècle

Cartouche - III Ottomar Elliger (1727-1735) et Démarrage de feuilles d'acanthe sur un papier peint du XVIIIe siècle

et le XVIIIe siècle pour qu'elle s'épanouisse de manière contournée dans le mobilier.

Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe

Charles Nicolas Normand, architecte, historien de l'art, du patrimoine parisien, et archéologue français (1858-1934) dit :


"....Avec la Renaissance, cet ornement revient prendre la place qu'il mérite en raison de son élégance; les maîtres d'alors, ces architectes encore trop peu connus, se livrèrent à des études minutieuses sur les ruines antiques qu'ils reproduisirent ou dont ils s'inspirèrent; les variations sont alors extrêmement fantaisistes, cependant elles gardent encore quelquefois un grand caractère : on en peut juger par les exemples conservés dans le midi de la France à Vienne (Isère), à Poitiers, etc. Pourtant l'ensemble des feuilles d'acanthe produites à cette époque devient très défectueux; l'exécution comme l'idée sont lourdes et imparfaites, surtout en France et en Italie. Nous ne pouvons multiplier les exemples, comme nous l'avons fait pour l'époque grecque, qui nous en a laissé de si rares modèles qu'il est difficile de les reconnaître directement. Peu à peu cependant au génie souple de la Renaissance se substitua une formule enseignée dans les traités, qui limitait pour ainsi dire à peu près complètement la forme et la hauteur des feuilles; souvent, cependant, les artistes ne s'y soumirent plus......"

Marqueteries et bronzes dorés acanthes de style Louis XIV - André-Charles Boulle Commode

Marqueteries et bronzes dorés acanthes de style Louis XIV - André-Charles Boulle Commode

Pomona c.1885 by William Morris & Edward Burne-Jones

Pomona c.1885 by William Morris & Edward Burne-Jones

William Morris - Acanthus - papier 1874

William Morris - Acanthus - papier 1874

William Morris - Acanthus - papier 1875

William Morris - Acanthus - papier 1875


 

Dans le langage des fleurs, acanthe est le symbole de


- l'amour de l'art


- l'amour éternel


- Elle évoque la victoire sur les épreuves, symbolisées par les piquants de la plante.
 

acanthe

acanthe

 

 

René-François Sully-Prudhomme (1839-1907) -

 

Le cygne
.....
"Le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes,

Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil

A des neiges d'avril qui croulent au soleil ;

Mais, ferme et d'un blanc mat, vibrant sous le zéphire,

Sa grande aile l'entraîne ainsi qu'un lent navire.

Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,

Le plonge, le promène allongé sur les eaux,

Le courbe gracieux comme un profil d'acanthe,

Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante."....
 

Mythologie des fleurs - Acanthe

 

 

J.-H. Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 118-119.


..."Les acanthes, dont le vert est glauque, ont des affinités avec l’eau azurée des fleuves; les ormes stériles, avec les roches; les myrtes, arbrisseaux de Vénus, avec les rivages de la mer qui l’ont vue naître; les vignes serpentantes en arcades, avec les courbes des collines; et les ifs hérissés, avec les givres de l’aquilon.".....
 

Mythologie des fleurs - Acanthe

 

 

Émile Zola, La Faute de l’abbé Mouret, 1875


.......En bas, des acanthes bâtissaient un socle, d’où s’élançaient des benoîtes écarlates, des rhodantes dont les pétales secs avaient des cassures de papier peint. .....
 

Mythologie des fleurs - Acanthe

 

 

Théophile Gautier, Le Roi Candaule, 1844


...."L’acanthe de Corinthe, la volute d’Ionie fleurissaient et se contournaient au chapiteau des colonnes"..... 
 

Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe

 

 

Sidonie Colette, Claudine à Paris,1901, page 62


... "la garniture de cheminée, amas informe et compliqué d’amours, d’acanthes, de volutes de bronze doré, me remplit d’admiration."... 
 


 

Charles-Marie Leconte de Lisle (1818-1894) - Poèmes antiques,La Mort de Penthée, 1874, page 180.


.... "Agavé, dont la joue est rose, Antonoé

 Avec la belle Inô, ceintes de verts acanthes, 

Menaient trois chœurs dansants d’ascétiques bacchantes 

Sur l’âpre kythairôn aux mystères voué. 

Elles allaient, cueillant les bourgeons des vieux chênes, 

L’asphodèle, et le lierre aux ceps noirs enroulé," ....
 

Penthée est déchiré par les Bacchantes ou Penteo Lacerato dalle Baccanti, Livre III, illustration des Métamorphoses d'Ovide, Florence, 1832 Luigi Ademollo

Penthée est déchiré par les Bacchantes ou Penteo Lacerato dalle Baccanti, Livre III, illustration des Métamorphoses d'Ovide, Florence, 1832 Luigi Ademollo

 

Alfred de Vigny, Poèmes antiques et modernes,La Dryade, 1837, page 124.


Ménalque

.....
"Ida ! j’adore Ida, la légère bacchante :

Ses cheveux noirs, mêlés de grappes et d’acanthe,

Sur le tigre, attaché par une griffe d’or,

Roulent abandonnés ; sa bouche rit encor

En chantant Évoé ; sa démarche chancelle ;

Les pieds nus, ses genoux que la robe décèle,

S’élancent, et son œil, de feux étincelant,

Brille comme Phébus sous le signe brûlant"......
 

Bacchante par John Collier

Bacchante par John Collier

 

Anatole France (1844-1924) -

La Révolte des anges,1914, page 213.


...."À la porte du jardin (…) que fleurissaient le lis et l’acanthe toujours verte"....

Mythologie des fleurs - Acanthe

 

Victor Hugo, La Légende des siècles,t. 4, 1877, page 573.


...."Viens, dit-elle. Je vins. Sa jeune taille était plus souple que l’acanthe; Elle errait éblouie, idéale bacchante, Sous des pampres divins"....
 

 

Alphonse Daudet, Le Nabab,t. 1, 1877, page 201.


… "quelque vieille abbaye (…) sans un vestige de l’homme parmi ses pierres où le lierre ne grimpe même plus, ni l’acanthe, mais qu’embaument les lavandes sèches et les férigoules".... 
 

 

Victor Hugo, Odes et ballades,

Le Chant de l’arène, t. 1, 1826, page 298

....

Voici la fête d’Olympie !

Tressez l’acanthe et le laurier !

Que les dieux confondent l’impie !

Que l’antique audace assoupie

Se réveille au cœur du guerrier !

....
 

 divinités de l'Olympe - Le Caravage

divinités de l'Olympe - Le Caravage

 

Anatole France (1844-1924)


A Théophile Gautier


Sur sa nouvelle d' " Arria Marcella "

Le creux d'un sein charmant que la cendre moula

Fut la coupe où tu bus cette ivresse éloquente,

Qui, sous l'étroit portique aux volutes d'acanthe,

Fit surgir dans la pourpre Arria Marcella.
 

 

Charles-Marie Leconte de Lisle (1818-1894) - Le vase


....
"Tandis que l'enfant tresse, avec deux pailles frêles

Et des brins de jonc vert, un piège à sauterelles.

Enfin, autour du vase et du socle Dorien

Se déploie en tous sens l'acanthe Korinthien."

....

 

Charles-Marie Leconte De Lisle (1818-1894) -

Phyllis - (Études latines, V)


.....
"Depuis neuf ans et plus dans l'amphore scellée

Mon vin des coteaux d'Albe a lentement mûri ;

Il faut ceindre d'acanthe et de myrte fleuri,

Phyllis, ta tresse déroulée."

.......
 

Mythologie des fleurs - Acanthe

 

Charles-Marie Leconte de Lisle (1818-1894) -

 

la Vénus de Milo

.....

"Et tu n'es pas la Muse aux lèvres éloquentes,

La pudique Vénus, ni la molle Astarté

Qui, le front couronné de roses et d'acanthes,

Sur un lit de lotos se meurt de volupté"

.....
 

Astarté - Richard Hone, John Raphael Smith
Astarté - Richard Hone, John Raphael Smith

Astarté - Richard Hone, John Raphael Smith

 

Victor Hugo (1802-1885) -

 

Le poète bat aux champs

.....

"Je te fais molosse, ô mon dogue !

L'acanthe manque ? j'ai le thym.

Je nomme Vaugirard églogue ;

J'installe Amyntas à Pantin"....
 

 

Jean Richepin (1849-1926) -

 

Première gelée

.....

"Oh ! comme c'est joli, la première gelée !

La vitre, par le froid du dehors flagellée,

Étincelle, au dedans, de cristaux délicats,

Et papillotte sous la nacre des micas

Dont le dessin fleurit en volutes d'acanthe.

Les arbres sont vêtus d'une faille craquante"

.....
 

Annick MONNIER, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons"; Fleur de givre, à Lajoux, Jura, France

Annick MONNIER, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons"; Fleur de givre, à Lajoux, Jura, France

 

Théophile Gauthier (1811-1872) -

 

Bûchers et tombeaux

......

"Entre les fleurs et les acanthes,

Dans le marbre joyeusement,

Amours, aegipans et bacchantes

Dansaient autour du monument ;"

.....
 

William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) Bacchus et bacchantes (1884)

William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) Bacchus et bacchantes (1884)

 

Théodore de Banville (1823-1891) -

 

Les Cariatides


.....

"Hirondelles du ciel, sans peur d'être surprises

Vous pouvez faire un nid dans notre acanthe en fleur :

Vous n'y casserez pas votre aile, tièdes brises."

Mythologie des fleurs - Acanthe

 

André Chénier  (1762-1794) - poète

 

Voilà ce que chantait aux Naïades prochaines

 

Voilà ce que chantait aux Naïades prochaines

Ma Muse jeune et fraîche, amante des fontaines,

Assise au fond d'un antre aux nymphes consacré,

D'acanthe et d'aubépine et de lierre entouré.

L'Amour, qui l'écoutait caché dans le feuillage,

Sortit, la salua Sirène du bocage.

Ses blonds cheveux flottants par lui furent pressés

D'hyacinthe et de myrte en couronne tressés :

" Car ta voix, lui dit-il, est douce à mon oreille,

" Autant que le cytise à la mielleuse abeille. "
 

Hylas et les nymphes d'eau -Henrietta Rae

Hylas et les nymphes d'eau -Henrietta Rae

 

José-Maria de Heredia - (1842-1905) -

 

L'oubli

.....

"La Terre maternelle et douce aux anciens Dieux

Fait à chaque printemps, vainement éloquente,

Au chapiteau brisé verdir une autre acanthe ;

 

Mais l'Homme indifférent au rêve des aïeux

Ecoute sans frémir, du fond des nuits sereines,

La Mer qui se lamente en pleurant les sirènes.".

chapiteau corinthien et acanthes

chapiteau corinthien et acanthes

 

Théodore de Banville (1823-1891) - poète


Sculpteur, cherche avec soin ...


Sculpteur, cherche avec soin, en attendant l'extase,

Un marbre sans défaut pour en faire un beau vase ;

Cherche longtemps sa forme et n'y retrace pas

D'amours mystérieux ni de divins combats.

Pas d'Héraklès vainqueur du monstre de Némée,

Ni de Cypris naissant sur la mer embaumée ;

Pas de Titans vaincus dans leurs rébellions,

Ni de riant Bacchus attelant les lions

Avec un frein tressé de pampres et de vignes ;

Pas de Léda jouant dans la troupe des cygnes

Sous l'ombre des lauriers en fleurs, ni d'Artémis

Surprise au sein des eaux dans sa blancheur de lys.

Qu'autour du vase pur, trop beau pour la Bacchante,

La verveine mêlée à des feuilles d'acanthe

Fleurisse, et que plus bas des vierges lentement

S'avancent deux à deux, d'un pas sûr et charmant,

Les bras pendant le long de leurs tuniques droites

Et les cheveux tressés sur leurs têtes étroites.
 

Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Teresa dans le jardin de pensées et d'acanthes - Laura Alma-Tadema -

Teresa dans le jardin de pensées et d'acanthes - Laura Alma-Tadema -

paysage marocain (Acanthus) de Henri Matisse (1869-1954, France)

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Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 01:38
Mythologie
 
"La Clématite"

"Lorsque, vers le milieu de l'été, nous dirigeons nos pas le long des haies, vers  les vieux murs ; souvent une odeur douce et suave vient flatter agréablement notre odorat : elle est produite par les fleurs de la clématite, arbrisseau grimpant dont les tiges sarmenteuses s'entrelaçant avec les plantes qui les avoisinent, s'étendent en longs festons, retombent en guirlandes, ou forment des touffes épaisses de verdure et de fleurs."


( Flore médicale volume 3 - par Mme E. Panckouke et par P.J. Turpin - 1816) 
 

clématite vitalba

clématite vitalba

Les Clématites (Clematis) forment un genre de la famille des renonculacées.
Il comprend environ 300 espèces de vivaces herbacées à souche ligneuse et de plantes grimpantes, semi-ligneuses, persistantes ou caduques. On les trouve dans les deux hémisphères, notamment en Europe, dans l'Himalaya, en Chine, en Australie, en Amérique du Nord et Amérique centrale.


Les clématites sont cultivées pour leur abondante floraison  très décorative, généreuse, souvent suivie de fruits plumeux, gris argenté.
Le genre a été nommé par Carl von Linné en 1753 à partir du nom κληματἰς / klématis, en grec ancien, qui signifie "sarment" ou "branche" (rameau grimpant de la vigne) 


Les plantes du genre Clematis sont la plupart du temps grimpantes, ligneuses, atteignant en général deux à cinq mètres de haut.


La clématite des haies (Clematis vitalba. L.)Vitalba est la fusion des mots latins "vitis" et "alba", (la vigne blanche), un nom inspiré de la couleur de ses fleurs et de ses fruits.


On l'appelle parfois aubavis, aubervigne, barbe de chèvre, berceau de la Vierge, bois à fumer, bois fumant, bois de pipe, cheveux de la bonne dame, chevelure de vieillard, clématite brûlante, clématite des haies, corde à lessive, cranquillier, cranvillier, herbe aux gueux, reine des lianes, sain bois, vigne blanche, vigne de Salomon ou viorne des pauvres. 


Dans les pays anglophones, cette fleur est surnommée "travellers joy" (joie des voyageurs) en raison de sa jolie floraison sauvage et de l’incroyable variété de teintes et de formes de ses fleurs, également connu sous le nom de barbe du vieil homme,
 

travellers joy (joie du voyageur)

travellers joy (joie du voyageur)

Feuilles


Les feuilles composées imparipennées affichent des folioles très polymorphes: généralement ovales, lancéolées, un peu en forme de cœur (cordées) à leur base, tantôt entières, crénelées ou dentées... Une grande palette de formes ! Les espèces grimpantes s'accrochent au support ou à la plante hôte par le biais des pétioles transformés en vrilles. 


Certaines espèces disposent de feuilles persistantes comme la Clematis armandii ou les clématites du genre Cirrhosa.
 

Illustration Clematis vitalba

Illustration Clematis vitalba

Fleurs


les fleurs de deux cm sont longuement pédonculées, à tépales blanchâtres, inodores et recouverts de poils fins, les étamines rigides et écartées à styles longs, plumeux et persistants sont groupées en panicules axillaires et disposées en cymes multiflores.


Certaines, comme Clematis recta, sont odorantes. 


Avec le lierre, le houblon et quelques autres, la clématite fait partie des rares lianes européennes.


La clématite étant une liane, une plante qui peut devenir aussi grande qu'un arbre, mais dont le tronc est si mince et flexible qu'elle ne peut pas tenir debout toute seule. Alors elle grimpe sur les autres arbres et s'en sert comme support pour se tenir droite ! 
 

Mythologie des fleurs - La clématite
Mythologie des fleurs - La clématite

Du fait de la diversité des espèces, l'aspect des clématites varie considérablement.


Principaux types:


• Clématites ligneuses à grandes fleurs (C. jackmanii). Ancienne variété pleinement rustique, florifère et peu exigeante, ce qui permet de l'adopter dans toutes nos régions.
 

Clematites Jackmanii

Clematites Jackmanii

• Clématites ligneuses ou semi-ligneuses à petites fleurs (C. montana).Grimpante très vigoureuse, à fleurs parfumées, rose pâle, à anthères jaunes. Les feuilles vertes sont teintées de pourpre, surtout au printemps.

clematites montana

clematites montana

• Clématites à tiges annuelles herbacées (C. integrifolia).La clématite-marguerite.Toutes les clématites ne grimpent pas. Celle-ci en clochettes étoile bleues, pousse comme une marguerite, en petite touffe bien droite et fournie. Dense mais plus haute que le genou.Elle jaillit au printemps, fleurit jusqu’en août et se pare d’aigrettes argentées en fin  d’été.Une plante sans problème et durable.

clematites integrifolia

clematites integrifolia


• Clématites à feuilles persistantes (C. armandii, C. cirrhosa et C. X indivisa ‘Early sensation')Originaire de Chine, La clématite d'Armand (Clematis armandii) doit son arrivée en Europe à Jean Pierre Armand David (1826-1900) missionnaire-naturaliste français qui lui a inspiré le nom, est une vigoureuse grimpante au feuillage persistant et à la floraison très précoce, qui plus est parfumée.
 

clématites armandii

clématites armandii

clématites armandii


clématites cirrhosa
 

clematites cirrhosa

clematites cirrhosa

clématites Early sensation

clematites early sensation

clematites early sensation

On trouve des clématites en fleurs toute l'année, mais surtout au printemps et en été. Dès avril, la clématite des Alpes ouvre ses grandes clochettes pendantes à laisser vagabonder sur une treille, un arbuste... En mai, la clématite montana déploie ses petites fleurs roses sur des tiges de plus de 5 m. La plupart des autres clématites possèdent une floraison remontante, en juin puis en fin d'été, voire tout l'été s'il n'est pas trop sec.

clématite des Alpes

clématite des Alpes

La clématite sauvage produit une masse de fleurs blanches parfumées à la fin de l'été et est pollinisée par les abeilles et les papillons. C'est aussi une plante alimentaire pour les espèces de papillons. 

abeille et clématite et Old Mans Beard Clematis -  Anton Seder (1850–1916)
abeille et clématite et Old Mans Beard Clematis -  Anton Seder (1850–1916)

abeille et clématite et Old Mans Beard Clematis - Anton Seder (1850–1916)

La floraison achevée, l’on voit apparaître des groupes de fruits (akènes), contenant une graine, Chaque fruit formant un plumet soyeux, au reflet argenté, persistant tout l’hiver, et qui permet la dispersion de la graine (Anémochorie) sous l'effet du vent au printemps.

On désigne communément cette aigrette sous les noms de barbe de vieil homme (Old man’s beard en anglais), cheveux de la Vierge, etc. 
 

akènes clématites

akènes clématites

Les têtes de graines de cette plante fournissent également une nourriture consommée par de nombreux oiseaux, tels que les chardonnerets et les verdiers.

chardonneret élegant - akènes

chardonneret élegant - akènes

Au mois de novembre avant que la chevelure des fruits ne soit trop abimée par les intempéries. Elles peuvent servir de décorations et couronnes pour Noël en y ajoutant de gros noeuds rouges. 

clematites early sensation

clematites early sensation

Le père des dieux, Jupiter (en latin Jovis), se retrouve dans plusieurs noms de plantes.


John Gerard (au chapitre 327 du livre II de son Histoire des plantes), mentionne la flammula jovis surrecta comme autre nom de ce qu’il appelle l’Upright Virgin’s Bower. Il s’agit d’une espèce de clématite. Aujourd’hui le nom de Flammula Jovis est attribué à Clematis recta (Clématite droite).
On appelait autrefois "flamme de Jupiter" la clématite droite à cause de sa tige qui rougit, ainsi que ses feuilles.


Pour les anglo-saxons la clématite  (joie du voyageur) faisait le travail du diable car elle tuerait d'autres plantes en les surpassant. C'est pourquoi elle est considérée comme une mauvaise herbe intrusive par de nombreuses personnes.
 

clématite recta purpurea

clématite recta purpurea

L’épisode de la Fuite en Egypte de Marie, Joseph et Jésus (évoquée dans Mathieu 2) sert de décor à de nombreuses légendes qui mettent en scène diverses plantes.


Certaines auraient abrité l’enfant et sa mère et caché des soldats. C’est le cas de la Clématite. Son feuillage, provoque d’importantes lésions cutanées, mais ses fruits duveteux auraient servi de berceau à l’enfant Jésus d’où le nom de "Berceau de la Vierge". 
 

La Fuite en Egypte de Marie, Joseph et Jésus - Philipp Otto Runge

La Fuite en Egypte de Marie, Joseph et Jésus - Philipp Otto Runge

La clématite est connue depuis l'Antiquité


Pline l’Ancien (Gaius Plinius Secundus) (23- 79ap. J.C.) écrivain et naturaliste romain du ier siècle, préconise, la clématite d'Egypte, l'anis, le lupin, et la jusquiame broyée dans du vin pour la morsure de l'Haje (serpent).


Pedanius Dioscoride (Pedanios Dioskoridês) (40-90 ap. J.-C.) médecin grec, pharmacologue et botaniste préconise  clematis (Aristolochia clematitis L.). La clématite serait efficace contre les poisons et les venins ainsi que les morsures de serpents.


Dioscoride, Pline et Galien (Claudius Galenus) (129-201) médecin grec considéré comme le dernier des grands médecins créateurs de l'Antiquité gréco-romaine, préconisaient la clématite des haies (C. vitalba) en huile macérée comme remède pour lutter contre certaines affections cutanées, la gale et la lèpre.


L'herboriste - André Chichkine 
 

L'herboriste - André Chichkine 

L'herboriste - André Chichkine 

Aux origines du monde - Contes et légendes d'Ukraine De Galina Kabakova

 

La clématite

"En tartarie, un chef cosaque vaincu, désespéré de voir ses soldats l'abandonner, se suicida avec sa lance. Cet acte de lâcheté ne tarda pas à être cruellement puni, car il survint bientôt un ouragan qui souleva les cosaques, les mit en pièces, dispersa leurs os. Il furent changés en clématites."
 

Cosaque zaporojien (Ukraine) par Konstantin Makovsky 1884

Cosaque zaporojien (Ukraine) par Konstantin Makovsky 1884

Saint Pantéléimon, les voyant toutes nues l'hiver, eut pitié d'elles et leur donna ce duvet, qui aujourd'hui, couvre leurs fruits. Cependant, elles étaient très tristes de demeurer en terre étrangère et ces âmes cosaques finirent par obtenir de Dieu d'être transportées en Ukraine pour que les jeunes filles en fassent des couronnes. 

Il les sema en Ukraine

Dans les forêts

Autour des meules

Pour que les filles puissent les cueillir,

En faire des couronnes,

En orner leurs tresses,

Pour que tout le monde sache

Le déshonneur des cosaques.


Voilà comment cela se passa ! on dit aussi que si les garçons mettaient tous simultanément une clématite à leur ceinture, tous les cosaques ressusciteraient."


(Pantaléon de Nicomédie (V.303 ou 305) médecin à la cour de l'empereur Maximien, ou saint Pantéleimon,anargyre et martyr à Nicomédie).

Mythologie des fleurs - La clématite
Mythologie des fleurs - La clématite
Mythologie des fleurs - La clématite

Les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique,

Elles sont dotées de pouvoirs magiques


La fée clématite 
 

Clematis - JannaFairyArt

Clematis - JannaFairyArt

Travellers joy (joie des voyageurs)

Mythologie des fleurs - La clématite

En France, on l’appelait au Moyen Âge "herbe aux gueux", "viorne des pauvres" car les mendiants, en utilisaient la feuille irritante, pour s'en frotter diverses parties du corps, ce qui provoquait des ulcérations, ceci dans le but d'inspirer la pitié. Ils guérissaient ensuite ces affections cutanées en les recouvrant de feuilles de bette.

Le jeune mendiant de Bartolomeo Esteban Murillo (1618-1682)

Le jeune mendiant de Bartolomeo Esteban Murillo (1618-1682)

Pierre André Matthioli (1501-1577) médecin grec et botaniste traducteur du "De Materia medica de Dioscoride", préconise  clematis (Aristolochia clematitis L.). La clématite serait efficace contre les poisons et les venins ainsi que les morsures de serpents.


François-Joseph Cazin (1788-1864) médecin français, considéré comme l’ancêtre de l’école française de phytothérapie, employait les feuilles sèches et les jeunes bourgeons pour son action sur le tube digestif
 

bourgeon clématite

bourgeon clématite

Henri Corneille Agrippa, philosophe et alchimiste (1486-1535) attribuait au Soleil la clématite d’Égypte, 


Anne Osmont (1872-1953), poète et romancière française, la classe parmi les plantes… lunaires. 
 

clématite

clématite

Les clématites sont originaires du Japon et de la Chine. En Extrême-Orient, elles sont considérées comme un symbole d'amour durable.

C'est pourquoi des clématites stylisées ornent souvent au Japon les kimonos de mariage.

clématite style japonais

clématite style japonais

Les vanniers campagnards utilisaient la liane pour attacher les fagots, et dans la confection de leurs ouvrages (panier, corbeille, corde à linge et....).

Dans les campagnes, les enfants s'en servaient comme cigarettes en fumant en cachette ses tiges séchées.

lianes clématite

lianes clématite

Georges Sand (1804-1876) - poète -


Dans Valentine, roman publié en 1832, George Sand décrit magnifiquement la campagne berrichonne où elle s'est souvent promenée


"Rien ne saurait exprimer la fraîcheur et la grâce de ces petites allées sinueuses qui s'en vont serpentant capricieusement sous leurs perpétuels berceaux de feuillage, découvrant, à chaque détour, une nouvelle profondeur toujours plus mystérieuse et plus verte. Quand le soleil de midi embrase, jusqu'à la tige, l'herbe profonde et serrée des prairies, quand les insectes bruissent avec force et que la caille glousse avec amour dans les sillons, la fraîcheur et le silence semblent se réfugier dans les traînes.


Vous y pouvez marcher une heure sans entendre d'autre bruit que le vol d'un merle effarouché à votre approche, ou le saut d'une petite grenouille verte et brillante comme une émeraude, qui dormait dans son hamac de joncs entrelacés. Ce fossé lui-même renferme tout un monde d'habitants, toute une forêt de végétations ; son eau limpide court sans bruit en s'épurant sur la glaise, et caresse mollement des bordures de cresson, de baume et d'hépatique ; les fontinales, les longues herbes appelées rubans d'eau, les mousses aquatiques pendantes et chevelues, tremblent incessamment dans ses petits remous silencieux ; la bergeronnette jaune y trotte sur le sable d'un air à la fois espiègle et peureux ; la clématite et le chèvrefeuille l'ombragent de berceaux où le rossignol cache son nid.


Au printemps, ce ne sont que fleurs et parfums ; à l'automne, les prunelles violettes couvrent ces rameaux qui qui, en avril, blanchiront en premier ; la cénelle rouge, dont les grives sont friandes, remplace la fleur d'aubépine, et les ronces, toutes chargées des flocons de laine qu'y ont laissés les brebis en passant, s'empourprent de petites mûres sauvages d'une agréable saveur...".
 

 paysage - Anca Bulgaru

paysage - Anca Bulgaru


Jean Lorrain (1855-1906) - poète - romancier

 

C’était une pensive et douce créature

Aux épaules frêles, froides, comme azurées,

Aux petites oreilles jamais effleurées

D’aveux d’amour.

Un parc à l’ondoyant murmure

La gardait dans son ombre invisible et murée.

Parmi la clématite et la pourpre des mûres

Elle errait, blanche et calme, écartant les ramures,

Et les lilas neigeaient sur sa tête dorée.

 

Son père, un vieux baron, guerroyait dans de vagues

Et très lointains pays pour un roi de Bohême,

Et l’enfant solitaire, assise entre les vagues

 

De verdure, épelait quelqu’antique poème

Ou suspendait distraite une à une ses bagues

Aux tiges des roseaux empanachés d’or blême
 

Mythologie des fleurs - La clématite

Emil Nolde (1867-1956) - peintre allemand


"Les couleurs des fleurs m’ont irrésistiblement attiré, et presque tout d’un coup j’étais en train de peindre… Les couleurs épanouies des fleurs, et la pureté de ces couleurs, je les aimais. J’ai adoré les fleurs dans leur destinée : emportées vers le ciel, en floraison, brillantes, étincelantes, exaltantes, se penchant, se flétrissant, jetées dans la fosse finalement."  
 

la clématite - Emil Nolde

la clématite - Emil Nolde

Valère Gille (1867-1950) poète belge.

 


Réveil


Mon cœur, que je croyais à jamais endormi,

Le voici, lentement, qui s’éveille parmi

Des pays inconnus de songe et de lumière.

L’air est tout embaumé d’une odeur printanière,

L’azur nacré du ciel s’enflamme, et le soleil

D’un baiser juvénile accueille mon réveil.

 

J’aime ! Les bois sont pleins d’oiseaux d’or et de roses,

Une immense bonté rayonne dans les choses ;

Dans les prés étoilés de fleurs et de rayons,

Sur chaque épi vermeil, vibrent des papillons,

Partout autour de moi le feuillage palpite ;

Sous les lilrfs neigeux et sous la clématite

Des colombes d’amour, deux par deux, tendrement,

Egrènent tour à tour leur long roucoulement.

 

J’aime ! j’aime ! Et voici qu’une terre nouvelle

Dans l’aurore à mes yeux ingénus se révèle.

Tout me parle et m’enchante, et mille et mille voix

Des bois et des vallons m’appellent à la fois.

Je comprends la chanson des oiseaux, les murmures

Qui babillent, confus, à travers les ramures.

Mon bonheur est partout : sous les bocages verts,

Dans les sources, les fleurs, le ciel ; et l’univers

Est un hymne d’amour qui monte dans la brise.

Il s’enfle et me soulève, et mon âme qu’il grise,

Emportée avec lui, s’épanche dans les cieux.

Des éclairs fulgurants éblouissent mes yeux ;

 

J’aime ! Je suis la vie et la force féconde,

Et mon cœur flamboyant illumine le monde. 
 

embroidered-panel - Helen A. Lamb

embroidered-panel - Helen A. Lamb

Alice-Lemieux-Lévesque (1906-1983) - poète

 


L’arbre du jour 

 

Les étoiles, ce soir,

Sont un rideau de clématites

Au treillis des nuages.

Mais le matin, d’un seul bonjour,

Viendra les cueillir toutes.

 

Chaque heure a son amour,

Chaque jour sa déroute,

Chaque soir sa clarté,

Chaque instant de beauté

Ses traits d’éternité.
 

Mythologie des fleurs - La clématite


En 1936, Edward Bach a développé une méthode unique et naturelle pour rétablir l’harmonie émotionnelle. La clématite, très fréquente dans la campagne anglaise, lui a inspiré l’un des élixirs floraux appartenant au groupe de l’indifférence, 


Il dit :


Clematis : "pour les rêveurs, les endormis, pour ceux qui ne sont jamais complètement éveillés, sans grand intérêt pour la vie. Des gens tranquilles qui ne sont pas vraiment heureux dans leur situation actuelle et vivent plutôt dans le futur que dans le présent. Ils vivent dans l’espoir de temps plus heureux où leur idéal pourra se réaliser" 
 

Mythologie des fleurs - La clématite

Michel Lis (1937-2015) Michel le jardinier ou moustaches vertes, est un journaliste écrivain


La Clématite et le Rossignol


 Á la lisière des bois la clématite étouffe sans remords

les arbustes les plus vigoureux. Cette diablesse qui se

cache en hiver sous le manteau d'hermine de ses

fructifications vaporeuses fut même la cause d'un vrai

drame. Comme tous les oiseaux, le Rossignol chantait

le jour, mais une nuit alors qu'il dormait, les vrilles de

la clématite vinrent lui ligoter les pattes. Le Rossignol

eut tellement peur qu'il faillit en mourir ! C'est depuis

ce temps-là que ce favori de l'Empereur de Chine

demeure éveillé et chante la nuit, de peur sans doute

qu'une autre ' Herbe aux Gueux' - tel est le surnom

que porte la Clématite des haies - vienne l'entraver

pour toujours. Ce serait bien dommage quand même !
 

clematite vigne blanche - hiver

clematite vigne blanche - hiver

Jacques Herman (1948) - artiste peintre, historien, poète et enseignant vaudois.

 

Clématite


Où que tu ailles je te suis

Si sur la table je vomis

Parfois des mots incompris

Plaise au ciel que tu ne m’en veuilles

 

Je rougis parfois de honte

Mais tes parfums roulent dans mes nuits

Rôdent

M’enlacent

Me redonnent goût à la vie

Qui s’entortille autour de moi

Comme une clématite

Et qui fleurit

Au plus petit émoi
 

clematite - Odile Bailloeul

clematite - Odile Bailloeul

la clématite dans le langage des fleurs est le symbole :

 

- de l'âge mur et de l'amour durable 

- d'un désir amoureux ardent (clématite blanche)

- de l'attachement profond

- d'un amour platonique qui ne désespère pas

- d'une rencontre qui ne s'oublie pas
 

Mythologie des fleurs - La clématite
Mythologie des fleurs - La clématite
Mythologie des fleurs - La clématite
Mythologie des fleurs - La clématite
Étude de Clématite - Henri Bergé

Étude de Clématite - Henri Bergé

Mythologie des fleurs - La clématite
clématites et oranges -Christophe Corbard

clématites et oranges -Christophe Corbard

clématite et oeillet - Edouard Manet

clématite et oeillet - Edouard Manet

clématites Henri Bergé-

clématites Henri Bergé-

clématite d'automne

clématite d'automne

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24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 15:51

Mythologie

 

L'ancolie

L'Ancolie, symbole de la renaissance, dit-on, rend courageux et hardi.


Selon Albert le Grand (XIIIe siècle), son nom scientifique latin aquilegia serait dérivé "d'aquila"  aigle et rappellerait que certains botanistes avaient vu les serres du rapace dans les éperons de ses cinq pétales.


Dans le latin des botanistes aquilegia,(aquilinia par Jules Charles de L'Écluse), d'où, par altération, ancolie, ancholie.


On dit que la plante a été nommée "aquilegia, 
- soit parce que ses nectaires offraient une forme recourbée comme le bec recourbé de l'aigle, 

- soit parce qu'on lui attribuait de rendre la vue perçante ou aux serres crochues comme celle de l'aigle,"aquila", 

- soit de la ville d'Aquilée (province Udine en Italie), dans le territoire de laquelle elle est abondante.


Quelques étymologistes traduisent aquilegia par réservoir d'eau c'est effectivement la signification littérale de ce mot , mais elle n'est point appliquable à l'ancolie. 


Source :
Charles Dufresne, sieur Du Cange (dictionnaire médiéval) on trouve aquilea, aquilée, plante supposée bonne pour les yeux. 
Flore médicale de François Pierre Chaumeton - 1920 
On suppose qu 'ancolie a subi l 'influence du mot mélancolie.

 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Cette plante à fleurs du genre Aquilegia, est une renonculacée vivace. 


Les fleurs, au sommet d'un bouquet de longues tiges, sont élégantes, comportant des sépales pétaloïdes et des pétales en forme de cornet avec un éperon recourbé à l'arrière, et des étamines un peu plus courtes que les pétales,  offrant une large palette de coloris blanc, bleu clair, jaune pâle, rose, brun, bordeaux et le bleu, avec des feuilles divisées en trois, duveteuses, de couleur vert parfois teinté de bleu turquoise.


Elle croît dans les bois clairs et le long des haies, en France en particulier sur le Massif Jurassien, et dans la plupart des autres régions de l'Europe. 
Les chèvres sont les seules à brouter l'ancolie, les autres bestiaux la négligent. Cette plante, appartient d'ailleurs à une famille où les poisons âcres abondent.


Cette vivace rustique, délicate et fine, recherchée par les jardiniers fleurit du printemps à l'été.
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

L'ancolie, nom de l'aquilégie vulgaire, dite aussi gant de Notre-Dame, gant de bergère, de cornette, aiglantine, colombine, fleur de parfait amour, manteau royal, herbe de lion, ancolie des jardins, ou encore tourette.


Plante cultivée dans les jardins à cause de la beauté de sa fleur.


Les anglais l'on nommée "columbine" comparant ces sortes d'ergots à ceux de l'innocente colombine. 
Les bergers l’appelaient "colombine"
Les nonnes "gants de fée" ou de "Marie"
Les brigands "la main de sorcière" 

 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

L'ancolie est une plante mellifère avec une pollinisation logiquement assurée par des insectes. Un nectar attractif est secrété par des nectaires qui tapissent l’intérieur de l’éperon. Vu l’étroitesse et la longueur de ce dernier, le nombre d’insectes pollinisateurs est limité. Il se restreint souvent à une espèce de Bourdon à longue trompe.


D’autres insectes, parmi lesquels les abeilles, percent l’éperon depuis l’extérieur de la fleur pour s’abreuver du nectar mielleux. Ce faisant, ils volent seulement leur nourriture sans assurer la pollinisation.


La dissémination des graines est particulièrement diffusée par les oiseaux.
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Dans la mythologie Scandinave, l’Ancolie symbolise comme d'autres fleurs "la Déesse Nordique de l’amour et de la fertilité nommée Freyja" ou Frigg.  


Freyja aimait les fées. Elle pouvait passer des heures à profiter de leurs jeux joyeux et de la danse gracieuse à la lumière de la lune. Pour ces petites créatures, la déesse a laissé un nectar doux et les fleurs les plus parfumées comme cadeau. De ses cheveux tombaient des fleurs printanières et elle déposait la rosée matinale et la lumière du Soleil derrière son passage.


En arrivant chez les Aesirs, sa réputation de Déesse puissante de la fertilité et de la nature l'avait précédé et elle dévoila le secret du Seior, la sorcellerie.
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Des grimoires anciens contiennent des recettes de philtres magiques où figure la fleur d'ancolie.

trois columbines violettes -  Sharon Freeman

trois columbines violettes - Sharon Freeman

trois columbines violettes -  Sharon Freeman

trois columbines violettes - Sharon Freeman

Les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique,
Elles sont dotées de pouvoirs magiques


La fée ancolie
 

fée ancolie - columbine

fée ancolie - columbine

Dans la Rome antique, Numa Pompilius, second des rois légendaires de Rome (715-672 av. J.-C.), fondateur du collège des Vestales, interdit à ses prêtresses du culte, qui devaient respecter le vœu de chasteté, l’usage de cette plante. 

Vestale - Jacques Louis David

Vestale - Jacques Louis David


Lorsqu’elle rencontrait sur son chemin une touffe fleurie d’Ancolie, la vestale devait se voiler la face dans un pan de son manteau et passer rapidement en détournant la tête.
 

Vestale, vierges antiques- Jean Raoux.

Vestale, vierges antiques- Jean Raoux.

L'ancolie, fleur d'alchimiste :


Dante (1265-1321) se servait aussi de l’ancolie comme symbole, plante mâle et femelle (hermaphrodite)représentant le parfait amour. Penché sur l'athanor, il recherchait la création de la perfection absolue.  


La Dame de Dante semble être tout autant la Femme que l’Ancolie.
 

Flore - Francesco Melzi (1491-

Flore - Francesco Melzi (1491-

Cette fleur légèrement toxique mais néanmoins très jolie était considérée au Moyen Age comme l'un des attributs du Diable. 


Le surnom de "Bonne Femme" lui a également été administré au Moyen-Âge 
 


 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Les graines de l’Ancolie entrèrent longtemps dans la composition des parfums car la plante était réputée aphrodisiaque, et rendait apparemment irrésistible. 


Pour cette même raison, les courtisanes en firent grand usage. Elles en mâchaient les graines, 
 

Livre d'heures de Simon de Varie (1455) - JeanFouquet

Livre d'heures de Simon de Varie (1455) - JeanFouquet

La fleur d'ancolie était souvent représentée dans les enluminures du moyen âge

Ici dans les Heures de Charles d'Angoulême - Testard, Robinet 

Heures de Charles d'Angoulême Testard, Robinet

Heures de Charles d'Angoulême Testard, Robinet

Sur la Miniature du XIIIe siecle representant la construction d'une église a Saint-Denis

Miniature du XIIIe siecle representant la construction d'une eglise a Saint-Denis

Miniature du XIIIe siecle representant la construction d'une eglise a Saint-Denis

Au Moyen-Âge, Les gens de la Maison de Guise portaient l’Ancolie d’azur tigée et feuillée de sinople. Avant d’entrer en lice, au cours d'un tournoi, ils criaient la devise : "Guise à l’Ancolie".


Pierre de Versoris (1528 -1588) avocat au Parlement de Paris à partir de 1552, chef du conseil d'affaires de la maison de Guise et garde de leurs sceaux et député du Tiers état aux États généraux de 1576-1577 -

(blason  D'argent, à la face de gueules, accompagné de 3 ancolies d'azur)
 

Blason Pierre de Versoris (1528 -1588) - maison de Guise

Blason Pierre de Versoris (1528 -1588) - maison de Guise

Simon de Varie à genoux en prière - Jean Fouquet (1415-1481)

Simon de Varie à genoux en prière - Jean Fouquet (1415-1481)

Elle est aussi le symbole de la mélancolie. 

On retrouve cette association avec la mélancolie dès le XVème siècle 
dans le poème "L'amant rendu cordelier à l'observance d'amour" attribué à Martial d'Auvergne.

 

....."assez tost la messe chanter

Fist l'en ou il eut grant mistere

En laquelle devés noter

Que l'amant en ung oratoire

Estoit la tendu de soye noire

Ouvré aparans fleurs d'acolies

Puis sur luy avoit ung suaire

Tout couvert de merencolies"......
 

Columbine - Catherine G McElroy

Columbine - Catherine G McElroy

Jean Froissard (1337-1410)
Le temps des ancolies - Le Littré
dans la description du jardin d'Eden où s'effectue le songe,


......"Et li pluiseur aiment moult l'anquelie",....

......"Moult par estoit li lieu jolis ;

Anquelies, roses et lys

A l'environ d'illuec croissoient....."
 

jardin - Ginger Cook

jardin - Ginger Cook

Eustache Deschamps, dit Morel (v.1340-1404), d'après le manuscrit français


..."La violette donne aussi  Douce odeur ; 

si fait la soussie, La marguerite, l'angorie,"..... 
 

au XVIe s.
Pierre de Ronsard  (1524-1585) - poète 
dans le chant pastoral


....."Pour sacrifice à la nymphe Pomonne

Et l'ancolie en semence s'enflant

Et le Narcisse que le vent va soufflant."........
 

Vertumne et Pomone (1518/22) par Francesco Melzi - l'ancolie en bas au centre

Vertumne et Pomone (1518/22) par Francesco Melzi - l'ancolie en bas au centre

l'ancolie symbole religieux


- Les auteurs religieux voyaient celle d'une colombe, forme sous laquelle est traditionnellement représenté l'Esprit saint. Pour cette raison, au Moyen Âge, l'ancolie fut aussi appelée  columbina (columbine en anglais, colomba en latin, ce qui signifie colombe)

plusieurs tableaux de grands maîtres l'attestent.
 

 Sainte Famille - Joos van Cleve

Sainte Famille - Joos van Cleve

Le nom anglais "colombine" évoque la colombe du Saint-Esprit, dont elle symbolise les sept dons (intelligence, conseil, sagesse, connaissance, piété, force et crainte) cités par le prophète Isaïe. 

Ou encore les sept douleurs de la Vierge Marie (la prophétie de Siméon, la fuite en Egypte, la disparition de Jésus au Temple, la rencontre sur la via Dolorosa, la crucifixion, la déposition de la Croix, la mise au tombeau).


Source :
Les fleurs dans la peinture - Musées royaux des Beaux Arts de Belgique

Heure de Notre-Dame de Pitié Annonciation (1401-1500)

Heure de Notre-Dame de Pitié Annonciation (1401-1500)

- Ces cinq pétales sont aussi comparées à cinq colombes, ce qui fait de cette fleur un symbole de l’Esprit saint. Dans l’art, elle accompagnera notamment les scènes de l’Annonciation ou du Baptême du Christ.


- Ces cinq pétales, évoque au fidéle la main de la Sainte-Vierge d'où "Gants de Notre-Dame",  l'autre nom donné à cette fleur.
 

Jean Fouquet - Les heures de Simon de Varie  - Marie tenant l'enfant Christ

Jean Fouquet - Les heures de Simon de Varie - Marie tenant l'enfant Christ

On trouve l'ancolie comme symbole de l’Esprit-Saint au milieu des lys et des roses dans la couronne de la Vierge du Retable de l’Agneau Mystique de Jan Van Eyck. 
 

 l’Agneau Mystique de Jan Van Eyck

l’Agneau Mystique de Jan Van Eyck

- La consonance de l'ancolie avec "mélancolie" évoque aussi la douleur de la Vierge Marie.

 
- Signification funèbre à la Renaissance au nombre des symboles de la Passion du Christ.

Dans  le tableau La mort de la Vierge de Hans Multscher 1437, l'on aperçoit un vase d'ancolies  en bas à droite

 

La mort de la Vierge -  Hans Multscher 1437

La mort de la Vierge - Hans Multscher 1437

L'ancolie est  aussi souvent présente dans les peintures du 15e siècle et 16e siècle.


Dans le tableau de Léonard de Vinci - Bacchus ou Saint-Jean le Baptiste, en bas du tableau à gauche
 

Bacchus ou Saint-Jean Le Baptiste  Léonard de Vinci ou son atelier.

Bacchus ou Saint-Jean Le Baptiste Léonard de Vinci ou son atelier.

et Flore par Francesco Melzi,

Flore tient les ancolies dans ses mainsl

Flore - Francesco Melzi

Flore - Francesco Melzi

 

L'ancolie de Edwin P. James (1797-1861)


Au cours de l'expédition (1819-1820), Edwin P. James a accompli la première ascension de montagne en Amérique du Nord, et a été le premier à collecter de nombreuses espèces de plantes alpines, y compris ce qu'il a appelé "la montagne Columbine",  Aquilegia coerulea E.James , pour devenir en 1899 la fleur d'État du Colorado, maintenant avec le nom commun Colorado Blue Columbine.


"Il a été enterré à côté de sa femme dans le cimetière de Rock Spring ... Plusieurs années plus tard, la "Des Moines County Medical Society" a planté autour de sa tombe le Rocky Mountain Blue Columbine ( Aquilegia coerulea E. James) qu'il a découvert et nommé lors de la longue expédition" 

 

La chanson "Where the Columbines Grow" par AJ Fynn a été adopté comme première chanson officielle de l'État du Colorado en 1915
 

La chanson "Where the Columbines Grow" par AJ Fynn a été adopté comme première chanson officielle de l'État du Colorado en 1915


Vers des terres où brillent les étoiles tropiques;

Où le cri de l'aigle de montagne audacieux

Répond aux notes de la colombe

Est-ce que l'Ouest vêtu de pourpre, la terre qui est la meilleure,

La terre pionnière que nous aimons.
 
Refrain
 
C'est la terre où poussent les ancolines,

Surplombant les plaines bien en dessous,

Tandis que la brise fraîche d'été dans les arbres à feuilles persistantes

Chante doucement là où les ancolies poussent.


  
Le bison est parti des hautes terres,

Le cerf du canyon s'est enfui,

La maison du loup est déserte,

L'antilope gémit pour ses morts,

Le cri de guerre ne fait plus écho,

L'Indien n'est qu'un nom,

Et les nymphes du bosquet dans leur solitude,

Mais l'ancolie fleurit tout de même.


 
Que la violette illumine le ruisseau,

Au soleil du début du printemps,

Laissez le trèfle blond décorer le pré vert,

Aux jours où les orioles chantent,

Que la verge d'or annonce l'automne,

Mais, sous le ciel d'été,

Dans sa belle demeure occidentale, que la Columbine fleurisse

Jusqu'à ce que nos grands fleuves de montagne s'assèchent.
 

Rocky Mountain Blue Columbine (Aquilegia coerulea E. James)

Rocky Mountain Blue Columbine (Aquilegia coerulea E. James)

On préparait  un sirop d'une belle couleur bleue, qui décèle, mieux que celui de violette, les acides et les alcalis.

Le sirop de fleurs d'ancolie calmait la toux

Mythologie des fleurs - L'ancolie


Elle était utilisée en médecine contre la gale et la teigne


On se servait des semences pour favoriser la sécrétion urinaire


Les feuilles de l'ancolie servaient à soigner les plaies mais son utilisation médicinale est restreinte car, elle contient de l'acide cyanhydrique qui la rend toxique.


Aujourd'hui l'ancolie est utilisée en homéopathie.


L 'ancolie est liée a la tristesse , la solitude ou encore la folie.


On lui attribuait également le pouvoir de guérir l 'avarice 


Jadis on la plaçait sous les matelas pour éliminer l’infertilité.


Elle était censée protéger les jeunes couples contre la sorcellerie et le mauvais-œil.
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Dans le langage des fleurs


L'ancolie est symbole de tristesse, de solitude et de folie.


D'après Marthe Seguin-Fontes dans "le langage des fleurs" (éd. du Chêne), l'ancolie signifie "folie, caprice". Cette interprétation viendrait de l'analogie de sa forme avec celle des bonnets d'étoffe portés par les fous au Moyen-Âge...De fou du roi, plus précisément.


L'ancolie ressemble aussi à un sceptre surmonté d’un capuchon à grelots considéré comme le symbole de la folie que se servait comme attribut les bouffons de cour
 

Le fou - Psalterium Caroli VIII regis

Le fou - Psalterium Caroli VIII regis

 et aussi la mélancolie, les feuilles de l’ancolie dont les formes … recueillent, elles aussi les gouttes de rosée, la pluie,...... les larmes…

goutte d'eau sur feuilles d'ancolie

goutte d'eau sur feuilles d'ancolie

En bouquet comme en poésie, l'ancolie est mélancolique. Elle symbolise l'infidélité, l'amour trahi.


L'ancolie des champs prie l'être aimé d'oublier le passé et de croire au renouveau d'un sentiment toujours vivace.


L'ancolie est aussi un aveu de folie, certes, mais de folie d'amour...........


Un bouquet d'ancolies blanches expriment des sentiments de tristesse et de solitude, 


Un bouquet d'ancolies bleues expriment l'amour avec tristesse


Un bouquet d'ancolies roses expriment des sentiments de tristesse et de tendresse.


Un bouquet d'ancolies pourpres montrent que l'on se bat pour récupérer  un amour perdu.
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Guillaume Apollinaire  (1880-1918) - poète
Alcools, 1913

 

Clotilde

 

L’anémone et l’ancolie

Ont poussé dans le jardin

Où dort la mélancolie

Entre l’amour et le dédain

 

Il y vient aussi nos ombres

Que la nuit dissipera

Le soleil qui les rend sombres

Avec elles disparaîtra

 

Les déités des eaux vives

Laissent couler leurs cheveux

Passe il faut que tu poursuives

Cette belle ombre que tu veux
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Francis Jammes (1868-1938) - poète 
Recueil : "Clairières dans le ciel"

 

Deux ancolies se balançaient…

 

Deux ancolies se balançaient sur la colline.

Et l’ancolie disait à sa sœur l’ancolie :

Je tremble devant toi et demeure confuse.

Et l’autre répondait : si dans la roche qu’use

l’eau, goutte à goutte, si je me mire, je vois

que je tremble, et je suis confuse comme toi.

 

Le vent de plus en plus les berçait toutes deux,

les emplissait d’amour et mêlait leurs cœurs bleus.
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Christine De Pisan (1364 - 1430) - poète


Ancolie


Je vous rends la fleur d'ancolie.

Je suis en grand mélancolie,

Amies, que vous n'aiez changée;

Car vous m'avez trop estrangée.

Dites m'en le vrai, sans ruser,

Sans plus m'en faire en vain muser.

 

Traduction Barbara Botton


Ancolie


Je vous rends la fleur d’ancolie

Je suis en grande mélancolie,

Ami, c’est bien de votre gré

Car vous m’avez trop ignorée.

Dites-moi vrai sans décevoir,

Sans me faire de faux espoirs.

Maître du Boccace de Genève (15e siècle) dit Colin d'Amiens, enlumineur français

Maître du Boccace de Genève (15e siècle) dit Colin d'Amiens, enlumineur français

Jean-Loup Trassard (1933)
collection L'Imaginaire (n° 578), Gallimard


L'ancolie 


"Les récits présentés ici m'ont aidé à faire affleurer, avec son poids et sa durée, une épaisseur de terre où s'enracine l'arbre sur lequel n'a cessé de tirer une balançoire, où rôde encore le mythe des loups, où de vieux pièges se ferment sur une poignée de neige. La maison d'enfance y est centre d'un cercle qui va s'élargissant : les fermes demeurent tapies dans les écarts et les chemins s'effacent dont l'encre cherche à retrouver la pente. Au fond du sabot que façonnent les mots s'ouvrent des étangs peu éclairés, une immense forêt où des temps encore plus anciens se tiennent cachés. L'ancolie fleurissait toujours sous un même pommier, dans un seul petit pré. Chaque année nous rendions visite à ce point bleu de l'espace. L'un des ancrages où se tient le temps de maintenant est la verticalité de cette tige, aussi fine que tendue".

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Théodore Agrippa d' Aubigné (1552-1630)  

 

"Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueux

 

..........Vous y verrez mêlés mille beautés écloses,

Soucis, oeillets et lys, sans épines les roses,

Ancolie et pensée, et pourrez y choisir."

 

Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueux :

J'en serai laboureur, vous dame et gardienne.

Vous donnerez le champ, je fournirai de peine,

Afin que son honneur soit commun à nous deux.

 

Les fleurs dont ce parterre éjouira nos yeux

Seront vers florissants, leurs sujets sont la graine,

Mes yeux l'arroseront et seront sa fontaine

Il aura pour zéphyrs mes soupirs amoureux.

 

Fruits sucrés de durée, après des fleurs d'attente,

Et puis nous partirons à votre choix la rente :

A moi toute la peine, et à vous le plaisir.
 

jardin - Ann Hardy

jardin - Ann Hardy

 

Calligraphie (1590-1596) - enluminure par Joris Hoefnage (flamand)

Calligraphie (1590-1596) - enluminure par Joris Hoefnage (flamand)

Calligraphie (1590-1596) - enluminure par Joris Hoefnage (flamand)

Mythologie des fleurs - L'ancolie
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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 00:52

Mythologie 


La pervenche 
 

Au printemps, les pervenches forment d'épais tapis de verdure et offrent de délicates fleurs bleues, blanches ou violettes.

"Pâle fleur, timide pervenche, Je sais la place où tu fleuris, Le gazon où ton front se penche, Pour humecter tes yeux flétris ! - A. de Lamartine"

 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

La pervenche est une plante herbacée vivace appartenant à la famille des Apocynacées. Elle fleurit d’avril à juin, mais la plante peut fleurir sporadiquement plus tard. On la trouve dans toute la France et au-delà à travers l’Europe, et pour la grande pervenche en Europe du Sud, en Afrique du Nord et en Asie Mineure, où elle croît dans les forêts de feuillus, les sous-bois et éventuellement au bas des haies.


Le nom botanique du genre Vinca viendrait soit du latin vincere signifiant vaincre en raison de la vivacité de ces plantes ou de vincire pour lier, enlacer ou nouer grâce à ces longues tiges sarmenteuses et rampantes.
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

. Vinca major :  Grande pervenche, fleur bleue-violet-mauve, feuillage vert ou vert et beige.

On la nomme aussi Violette carrée, Bergère, 

Ses feuilles et ses fleurs sont plus grandes que celles de la petite pervenche. 
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

. Vinca  minor : Petite pervenche, fleur bleue, feuillage vert ou vert et beige.

Ses autres noms populaire : Pervenche, Violette de serpent, Violette des sorciers, Petit sorcier, Vanchée, Buis bâtard, Violette des morts, Bergère, Pucelage,

Dans le Massif du Jura ainsi qu’en Vallée de Joux, la Petite Pervenche peut monter, en altitude, jusqu’à 1 100m.
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

On peut dire que les fleurs bleues, ont inspiré bien des poètes.


Novalis (1772-1801) - poète et romancier - dans son roman "Henri d'Ofterdingen"


Situé dans un univers médiéval mythique, c'est dans cet ouvrage qu'apparaît l'expression devenue célèbre de "fleur bleue" (Die blaue Blume). Chez Novalis, cette fleur symbolise l'amour absolu qu'Henri porte à Mathilde mais aussi l'union du rêve et du monde réel, qui était un des grands objectifs du romantisme" 


extrait du roman :
"Ce qui l’attira d’un charme irrésistible, c’était, au bord même de la source, une Fleur svelte, d’un bleu éthéré, qui le frôlait de ses larges pétales éclatants. Tout autour d’elle, d’innombrables fleurs de toutes nuances, emplissaient l’air de leurs senteurs les plus suaves. Lui, cependant, ne voyait que la Fleur bleue, et il la contempla longuement avec une indicible tendresse. Il allait enfin s’en approcher quand elle se mit soudain à tressaillir et à changer d’aspect ; les feuilles devinrent plus brillantes et se serrèrent contre la tige qui s’allongeait ; la fleur s’inclina vers lui et les pétales formèrent en s’écartant une collerette bleue où flottait un visage délicat."


peut- être était-ce la pervenche ?
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Comme dans le poème de Philippe Jaccottet (1925)

Poésie/Gallimard n°71 - page(s) 444-445

(Pléïade : Airs, poèmes 1961-1964)

Extrait :


" Fleurs couleur bleue

bouches endormies

sommeil des profondeurs

 

Vous pervenches

en foule

parlant d’absence au passant"
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Il existe d’autres variétés au feuillage doré, au feuillage beige, au feuillage bi-color….

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Les fleurs sont pollinisées par les abeilles et les bourdons.  


Ce sont d'excellentes plantes couvre-sol au beau feuillage persistant.


La pervenche est une plante mellifère : Du fait de la floraison précoce au printemps, elle est importante notamment lors pour la reprise des ruches et leurs colonies d’abeilles comme source de nourriture d'appoint.


la couleur des fleurs de la pervenche est vibrante aux yeux des abeilles. Il a été démontré que la vision des abeilles était particulièrement sensible aux ondes correspondant à la teinte bleu-violacé des pétales de la pervenche. En outre, la rétine des abeilles,comme celle de la plupart des insectes, est sensible aux UV.L’observation d’une fleur de pervenche au travers d’un filtre UV révèle que le tube de la corolle absorbe très fortement les UV, tandis que la base des pétales les réfléchit au contraire assez fortement. Le contraste ainsi créé constitue un puissant signal visuel, qui guide les déplacements de l’abeille vers le tube corollaire, au fond duquel du nectar est secrété.  (Abeilles et Fleurs n° 768 - Février 2015)
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 
Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Autrefois, la pervenche était surtout utilisée pour assécher les tissus, cicatriser les plaies et traiter des maladies de la peau. Ses bienfaits pour l’activité cérébrale ont été découverts récemment.


Rodolphus Agricola (1444-1485) dans ses écrits parus en 1539, indiquait la pervenche comme remède de l'angine. 


Les anciens disaient " Elle étanche le sang de quelque part qu'il coule ". 
Ils la préconisaient contre les hémorragies. Une feuille fraîche écrasée entres les doigts et introduite dans la narine, arrête le saignement de nez.

 

grandes pervenches - grandes heures Anne de Bretagne - herbier

grandes pervenches - grandes heures Anne de Bretagne - herbier

Autrefois on en faisait des colliers autour du cou des vaches pour ne pas qu'elles attrapent de maladie.
 

vache au collier de pervenches - Gaston Vuillier

vache au collier de pervenches - Gaston Vuillier

La magie :


comme toutes fleurs et plantes lunaires, la pervenche est employée en magie pour inciter au mariage, protéger le foyer, les épouses et les enfants.


La pervenche entrait tout naturellement dans les philtres d’amour, pour redonner vigueur aux liaisons rompues et faire revenir les amants volages.
Elle permettait aussi de réconcilier les amis et la famille.


La pervenche était toujours présente dans les maisons des sorcières, car elle les protégeait des magies négatives et préservait l'harmonie environnante. La fleur séchée, mélangée à de l'encens et d'autres herbes, était employée en fumigation dans les maisons susceptibles d'être infestées par des esprits maléfiques. 


Si, après en avoir jeté des tiges dans le foyer, on prononçait certaines invocations ou formules propres à attirer les âmes des trépassées, les volutes de la fumée faisaient apparaître les figures des êtres chers.
Elle était aussi capable de ramener au monde visible ceux qui appartiennent au monde invisible. 

 

On pouvait l’utiliser pour jeter un sort ou pour en annuler un autre, prédire un mariage ou la mort.

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

 

Un dicton dit :


"la pervenche, contre tout mal, prend sa revanche", 

 

Suspectée de détenir un démon...de nombreux rituels de cueillette sont nés !


"O pervenche,

Laisse toi prendre avec tes nombreuses qualités,

viens à moi ornée de ta vertu,

Pourvois-moi de telle façon

Que je sois toujours prospère,

Protégé contre les poisons et autres maux"
 


 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Dans la mythologie celte


La Dame Blanche (Grande déesse) connue dans les pays celtiques comme Dryade de la Mort et identifiée avec Macha. Reine des Morts, c’est l’aspect harpie de la Déesse. Elle représente mort, ruine et destruction.


Dans les anciens folklores français, italien, britannique, cette fleur aux cinq pétales bleus, consacrée à la Grande Déesse, passe pour être la fleur de la Mort.


"Au moyen âge, on plaçait une guirlande de pervenches sur les têtes de ceux que l'on conduisait au lieu de leur exécution. La fleur à cinq pétales bleus est consacrée à la Déesse ;  ses solides lianes vertes auront été les liens dont elle se sera servie envers sa victime." (Le mythe celte - Robert Graves) 


La Pervenche pouvait aussi être  tressée autour des couronnes des mariées. 
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Georges Chaulet (1931-2012) écrivain .

nous a conté l'histoire du "prince charmant chez la fée Pervenche"
(Hachette-Jeunesse - bibliothèque rose)


"AH, Prince! C'est encore quelque diablerie! J'ai bien envie de me sauver! - Du courage, La Malice! Diablerie ou pas, nous devons franchir ces flammes..."

Et le prince Charmant se précipite hardiment à travers la muraille de feu.
Passé ce premier obstacle, combien il en restera encore à renverser avant que tous deux arrivent chez la fée Pervenche!

Heureusement, l'écuyer La Malice a plus d'un tour dans son sac... à malices!
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

 

les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique,

Elles sont dotées de pouvoirs magiques

 

La fée Pervenche et l'elfe

fée pervenche - Cicély Mary Barker

fée pervenche - Cicély Mary Barker

Elfe - Joséphine Elfe - Joséphine Wall

Elfe - Joséphine Elfe - Joséphine Wall

Elle est parfois associée au culte de la Vierge Marie

 

Contes et légendes d'Allemagne, de Suisse et d'Autriche

De Elena Balzamo, Reinhard Kaiser, Aux origines du monde,


Dans l'ancien testament la pervenche n'est pas mentionnée et voici pourquoi.

Lorsque la Sainte Vierge Marie eut l'âge de se marier, beaucoup de prétendants, hommes distingués, vinrent demander sa main, car elle était extraordinairement belle, si belle que le soleil refusait de se coucher quant il lui arrivait d'éclairer son visage.

Etant également très pieuse, elle avait décidé d'épouser le plus pieux des prétendants, quel que fussent sa naissance et son rang. Elle pria ardemment le Seigneur de lui envoyer un signe permettant de reconnaître son futur époux. Sa prière fut exaucée, et elle put annoncer aux prétendants :
Je donnerai ma main à celui dont la canne verdira.

Ces propos jetèrent un trouble.

Un soir, la jeune fille était assise avec ses parents devant la porte de leur maison, profitant de l'agréable fraîcheur. Un pauvre charpentier, qui se prénommait Joseph, arriva en tenant à la main un bâton recouvert de pousses vertes. La Vierge reconnut aussitôt le signe, et peu de temps après elle épousa le pieux charpentier.

Le jour de leurs noces, celui-ci ficha son bâton dans le sol, et aussitôt une multitude de vrilles jaillirent dans le sol, et les pousses vertes continuèrent à proliférer, de plus en plus nombreuses, de plus en plus denses. Elles restèrent vertes même à l'époque où toutes les autres plantes furent dépouillées de leurs feuilles.

Telle est l'origine de la pervenche.  
 

Vierge à la pervenche - Rubens

Vierge à la pervenche - Rubens

En Flandre, elle jonche le chemin que suit les futurs mariés pour se rendre à l’église, la fleur symbolise l'innocence de la fiancée, les feuilles la pérennité de sentiments amoureux.


"La pervenche porte bonheur à une fille lorsqu'elle est offerte par un tout jeune homme."
 

Demoiselle aux pervenches - Fanny Caille 1847-1893

Demoiselle aux pervenches - Fanny Caille 1847-1893

Dans le langage des  fleurs,  

 


Les tiges de la pervenche forment comme une corde, elle exprime donc 
-"la fidélité et l’amitié".

 

 Parce qu'elle conserve toute l'année ses petites feuilles ovales d'un vert foncé et luisant, elle est 

-"Symbole de l'éternité..",

 

Sa délicatesse, sa couleur bleue, en font un 

-"symbole de modestie, de douceur, du doux souvenir, de mélancolie et de la joie revenue".

"je me languis de vous"

"Tendre souvenir"

"Je ne rêve qu'à vous"

"Vous êtes mon premier amour"
 

Bouquet de pervenches - Anne Cotterill

Bouquet de pervenches - Anne Cotterill

Alphonse Karr n'oublia pas d'évoquer la symbolique de cette fleur "souvenir"

: "....La Pervenche avec ....ses fleurs d'un bleu si frais et si charmant, et que dans les campagnes on appelle violette des morts".


(Source : Plantes et arbres remarquables des rues, squares et jardins de Rouen ...de Bernard Boullard)
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

En Littérature


Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) décrit dans l''épisode de la pervenche, le bonheur, à travers le souvenir, que peut procurer la vue de cette simple petite fleur bleue.

En 1734, sur le chemin des Charmettes, il avait entrevu une pervenche. Trente années plus tard, en 1764, en herborisant avec son ami Du Peyrou, il rencontre pour la seconde fois de sa vie cette petite fleur bleue qui le transporte des années en arrière, au temps heureux.

 

" Ici commence le court bonheur de ma vie".

 "Le premier jour que nous allâmes coucher aux Charmettes, Maman était en chaise à porteurs et je la suivais à pied. Le chemin monte, elle était assez pesante, et craignant de trop fatiguer ses porteurs, elle voulut descendre à peu près à moitié chemin pour faire le reste à pied. En marchant elle vit quelque chose de bleu dans la haie et me dit : « voilà de la pervenche » je ne me baissai pas pour l’examiner car j’ai la vue trop courte pour distinguer à terre les plantes de ma hauteur.
Je jetai seulement en passant un coup d’œil sur celle-là, et près de trente ans se sont passés sans que j’aie revu de la pervenche ou que j’y aie fait attention.
 En 1764 étant à Cressier avec mon ami M. Du Peyrou, nous montions une petite montagne au sommet de laquelle il a un joli salon qu’il appelle avec raison Bellevue. Je commençais à herboriser un peu. En montant et regardant parmi les buissons je pousse un cri de joie : Ah voilà de la pervenche ; et c’en était en effet. Du Peyrou s’aperçut du transport, mais il en ignorait la cause ; il l’apprendra, je l’espère, lorsqu’un jour il lira ceci ".

 

Portrait de Rousseau à Ermenonville - Georges-Frédéric Meyer (1735-1779)

Portrait de Rousseau à Ermenonville - Georges-Frédéric Meyer (1735-1779)

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

 

André Lemoyne (1822-1907) - poète

Recueil : Les charmeuses (1864).

À André Theuriet.

 

Fleurs d'avril

 

Le bouvreuil a sifflé dans l'aubépine blanche ;

Les ramiers, deux à deux, ont au loin roucoulé,

Et les petits muguets, qui sous bois ont perlé,

Embaument les ravins où bleuit la pervenche.

 

Sous les vieux hêtres verts, dans un frais demi-jour,

Les heureux de vingt ans, les mains entrelacées,

Echangent, tout rêveurs, des trésors de pensées

Dans un mystérieux et long baiser d'amour.

 

Les beaux enfants naïfs, trop ingénus encore

Pour comprendre la vie et ses enchantements,

Sont émus en plein cœur de chauds pressentiments,

Comme aux rayons d'avril les fleurs avant d'éclore.

 

Et l'homme ancien qui songe aux printemps d'autrefois,

Oubliant pour un jour le nombre des années,

Ecoute la voix d'or des heures fortunées

Et va silencieux en pleurant sous les bois.
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Recueil : Méditations poétiques inédites (1849)

 


La Pervenche

 

Pâle fleur, timide pervenche,

Je sais la place où tu fleuris,

Le gazon où ton front se penche

Pour humecter tes yeux flétris !

 

C'est dans un sentier qui se cache

Sous ses deux bords de noisetiers,

Où pleut sur l'ombre qu'elle tache

La neige des fleurs d'églantiers.

 

L'ombre t'y voile, l'herbe égoutte

Les perles de nos nuits d'été,

Le rayon les boit goutte à goutte

Sur ton calice velouté.

 

Une source tout près palpite,

Où s'abreuve le merle noir;

Il y chante, et moi j'y médite

Souvent de l'aube jusqu'au soir.

 

Ô fleur, que tu dirais de choses

À mon amour, si tu retiens

Ce que je dis à lèvres closes

Quand tes yeux me peignent les siens !
 

Pervenches - aquarelle Martine Réau-Gensollen

Pervenches - aquarelle Martine Réau-Gensollen

Robert Desnos (1900-1945) - poète 

Recueil : "Chantefleurs"

 

La Pervenche et la primevère

 

Doña Dolorès Primevère,

Lady Roxelane Pervenche

Un beau dimanche,

Montent en haut du belvédère.

Rêveuse pervenche,

Douce primevère,

Radieuse atmosphère.
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Gérard Lemaire (1942-2016) -poète

 

Le bleu de la pervenche


Le bleu de la pervenche
Tranquillement plus bleu

La fleur s'élargit au-dessus
De l'herbe indiscrète

 La pervenche rayonne
Sa nature n'est qu'un chant

Ses larges pétales reines livrent
Le plus pur trésor

Son bleu au fond des yeux
Plus intense que tout autre

Il est bleu d'un monde
Celui qu'aucune main ne touche

Ce bleu fait parole
Sur les lèvres du muet

 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

 

La pervenche dans cette ballade enfantine traditionnelle, auteur anonyme (chanson populaire française).

 

Aux marches du palais. bis
Y a une tant belle fille, lon la,
Y a une tant belle fille............
......................
(....)La belle si tu voulais, (bis)
Nous dormirions ensemble, lon-la
Nous dormirions ensemble.

Dans un grand lit carré, (bis)
Couvert de toiles blanches, lon-la
Couvert de toiles blanches.

Aux quatre coins du lit, (bis)
Un bouquet de pervenches, lon-la
Un bouquet de pervenches.

(....) Et nous y dormirions (bis)
Jusqu'à la fin du monde, lon-la
Jusqu'à la fin du monde. »

 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Victor  Hugo (1802-1885) - poète 

Les chansons des rues et des bois

dans 

 

L'Église


(...)
C'était l'église en fleurs, bâtie

Sans pierre, au fond du bois mouvant,

Par l'aubépine et par l'ortie

Avec des feuilles et du vent.

 

Le porche était fait de deux branches,

D'une broussaille et d'un buisson;

La voussure, toute en pervenches,

Était signée: Avril, maçon.

 

Dans cette vive architecture,

Ravissante aux yeux attendris,

On sentait l'art de la nature;

On comprenait que la perdrix,

 

Que l'alouette et que la grive

Avaient donné de bons avis

Sur la courbure de l'ogive,

Et que Dieu les avait suivis.
(...)

 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Paul Bulliard (1911-1943) - Instituteur et  Poète français

St-Jean d'Aulph, 21 avril 1939.

poème extrait de "La Chanson simple"

 

 

Pervenches

 

Ce matin j'ai cueilli, dans la douce rosée

La pervenche d'azur en un coin d'ombre frais :

J'ai cru que ton regard, quand ma main s'est posée

- Regard limpide en l'herbe humide - m'appelait. 

 

 Et je suis revenu portant dans ce bouquet

Tes yeux adolescents, cette fleur de toi-même

Qui reflète un troublant infini, et que j'aime...

Ô les cieux, le printemps, des yeux dans un bouquet ! 

 

J'ai placé dans un vase, auprès de ton portrait

La pervenche d'azur qui te donnait sa vie,

Et le bleu de la fleur, à la photographie

Passa : ton regard cher lentement s'éclairait...

 

Aujourd'hui je t'attends: et j'ai le tendre espoir

Que tu viendras enfin et que je pourrai voir

Plus profond, plus subtil, plus beau que la pervenche,

Ton regard doux et bleu, où ton âme se penche. 
 

Bouquet de pervenches - Rita Le Bagousse

Bouquet de pervenches - Rita Le Bagousse

Jean François Victor Aicard (1848-1921) est un poète, romancier et dramaturge français.

Recueil : Les jeunes croyances (1867)


 

Le parfum des pervenches

 
Bonne Vierge, écoutez ma voix, je vous en prie ! 

Hier, parmi les bouquets vivants de la prairie, 

Je cueillis, en tressant ma guirlande, une fleur 

Dont le calice bleu n'exhalait nulle odeur.

 

« La pervenche, pour nous, dit ma mère chérie, 

Est toujours sans parfums célestes, car Marie 

Par les anges en fait dérober la senteur,

 Et leurs tremblantes mains la portent à son cœur.

 

« Mais quand l'hiver flétrit les plantes qui frissonnent, 

Pour embaumer les cieux les chérubins moissonnent 

Les âmes des petits innocents comme toi. »

 

Vierge, ayant écouté, tout joyeux, ces paroles, 

J'ai des fleurs du jardin ravagé les corolles, 

Pour que tes messagers n'y trouvent plus que moi !
 

Pervenches - François Barraud

Pervenches - François Barraud

Marcel Proust (1871-1922)

Du côté de chez Swann


"Ses yeux bleuissaient comme une pervenche impossible à cueillir et que pourtant elle m'eut dédiée."
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Et chanté par Bourvil le voleur de pervenches

 

Le voleur de pervenches

Il est encore en prison

Il a volé deux pervenches

Pour en faire deux chansons

Il a fait la première

Pour les beaux yeux de Sylvie

La deuxième pour sa mère

Les deux femmes de sa vie

Bienheureux le voleur

Quand il vole des fleurs

Pour l'amour et le coeur

La, la, la, la . . . .

 

Le voleur de pervenches

A le coeur en liberté

Les prisons sans dimanche

N'empêchent pas d'aimer

Et pour sa récompense

Un miracle est arrivé

Car il pleut des pervenches

La prison s'est écrasée

Bienheureux prisonnier

Ton amour t'a payé

D'un printemps tout entier

La, la, la, la . . . .

 

Le voleur de pervenches

S'est enfuit de sa prison

Il a des fleurs dans les manches

Et l'printemps aux talons

Toutes ces fleurs pour sa mère

Pour Sylvie et ses beaux yeux

Il a fleurit toute la terre

Les printemps sont toujours bleus

La, la, la, la . . 
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 
Mythologie des fleurs -  La pervenche 
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19 mars 2020 4 19 /03 /mars /2020 22:29

 

Mythologie


La primevère
 

 

Elle est annonciatrice du printemps (Primo vere) et en Angleterre, une fleur porte-bonheur.

La forme caractéristique de sa corolle lui vaut le surnom de "clef des fleurs". 

Mythologie des fleurs - la primevère

 

Ce sont les Anglais qui, dès le XVIIe siècle, donnent aux primevères leurs lettres de noblesse, en en créant d’innombrables variétés.

Mythologie des fleurs - la primevère

 

Les Primevères forment un genre (Primula) de plantes herbacées de la famille des Primulacées.

Mythologie des fleurs - la primevère


Ce genre auquel on rattache maintenant Cortusa, Dionysia et Dodecatheon comprend un grand nombre d'espèces, originaires pour l'essentiel des zones tempérées de l'hémisphère nord.


La primevère commune des jardins est une des premières fleurs du printemps (primo vere) signifie au début du printemps en latin). C'est une plante vivace, souvent cultivée en annuelle. Elle fleurit de février à mai, est rustique et possède un feuillage semi-persistant.
 

Mythologie des fleurs - la primevère

 

Les primevères sauvages, Primula elatior et Primula veris, dont les fleurs retombantes se présentent en ombelle au sommet d'une longue tige, sont également connues sous le nom de coucous.

Mythologie des fleurs - la primevère

 

Selon les régions, elle est parfois appelée  coucou, brérelle, primerolle, coqueluchon, herbe à la paralysie, herbe de saint Paul, clés de Saint-Pierre, primevère de printemps, champion, printanière et primevère vraie.


En allemand on appelle le coucou "himmelschüsselchen" "himmel" ciel "shüssel" clé "chen" petit (ce qui signifie petite clé du ciel),


Ce sont des plantes de pleine lumière des prés, des talus et des bois clairs.
 

Mythologie des fleurs - la primevère

 

Les oiseaux apprécient tout particulièrement les fleurs de primevères pour leur sève particulièrement sucrée.

Primevères et nid d'oiseau - Oliver Clare (1853-1927)

Primevères et nid d'oiseau - Oliver Clare (1853-1927)

 

La primevère est un emblème du règne végétal de Vénus et le symbole de l'amour. 


Vénus est dans la mythologie romaine, la déesse de l'amour, de la beauté et de la séduction, elle est la déesse la plus désirée de tous les dieux ; elle est équivalente à Aphrodite dans la mythologie grecque

 

Vénus et Adonis - Rubens

Vénus et Adonis - Rubens

Mythologie des fleurs - la primevère

 

Au Moyen Âge, la primevère symbolise les clefs de Notre-Dame

Notre-Dame des Clefs, église Notre-Dame la Grande de Poitiers

Notre-Dame des Clefs, église Notre-Dame la Grande de Poitiers

 

Cette Petite Fleur du Paradis devint l'une des favorites des jardins médiévaux.

Mythologie des fleurs - la primevère

 

Dans la mythologie scandinave, la primevère est associée à freyja, 


Sœur jumelle de Freyr , Freyja était la déesse Vanes de la Terre et de la Fertilité. La mystique aux yeux bleus et à la chevelure dorée, était la déesse de l'Amour et de la Beauté.


Elle captivait les enfants avec cette touffe de fleurs ressemblant à un trousseau de clés, qui lui servait à ouvrir les portes de son palais aux richesses féériques. Il est dit qu’elle en ouvre la porte, d’où son surnom "La Clé de la Dame"
 

Freyja et primevères

Freyja et primevères

Howard Butterworth - primevère

Howard Butterworth - primevère

 

La légende raconte que St Pierre ayant entendu une rumeur comme quoi les hommes projetaient de rentrer au paradis par la porte de derriere au lieu des portes dont il avait les clés, se trouvait dans un état de contrariété face à ce manque de respect, qu'il en perdit son trousseau de clés qui du ciel tomba sur terre, où il prit racine, et fut transformé en massifs de primevères pour que les âmes condamnées à l'errance ne puissent pas s'en servir.

Saint- Pierre - Rubens

Saint- Pierre - Rubens

Mythologie des fleurs - la primevère

Dans la tradition chrétienne, cette fleur donnait accès au royaume des cieux.  


Les chrétiens vont aussi l'associer à la jeune fille Vierge.
 

 jeune fille et couronne de primevères - Sir Frank Bernard Dicksee (1853-1928)

jeune fille et couronne de primevères - Sir Frank Bernard Dicksee (1853-1928)

 

Dans le "discours des fleurs" de Georges Brassens, 
il dit :

 

"Entre toutes les belles que voici

Je devines celle que tu preferes :

C'est pas le coquelicot Dieu merci !

Ni le coucou mais la primevère."

 

- Le coquelicot est un symbole de virilite (rapport au coq).
  "ardeur fragile, aimons-nous au plus tôt "

- L'oiseau coucou est symbole d'infidélite.

- Le coucou, c'est la lychnis fleur de coucou, dite amourette des prés"

- La primevère est le symbole de la jeunesse et du renouveau, d'un amour    naissant, d'un éveil nouveau, des premiers désirs., symbole de "la jeune    fille Vierge"
 

Bouquet de primevères (détail)1893 - Alfred Guillou

Bouquet de primevères (détail)1893 - Alfred Guillou

Dans le langage des fleurs 


La primevère est liée à l’amour. Symbole de jeunesse, offerte à un premier amour.


couleur blanche

- pureté
- mon amour est pur

 

couleur jaune -

- Reçois mes tendres pensées

 

couleur rouge - rose

- Ta présence me fait renaître

 

couleur bleue 
- Ma tendresse accompagne mes sentiments envers toi 

 

Mythologie des fleurs - la primevère
Mythologie des fleurs - la primevère


On dit que la primevère préserve la jeunesse et la beauté, et repousse les étrangers lorsqu'elle est placée à l’extérieur de la maison, près de la porte d’entrée.
 

Primevères - Pieter Wagemans

Primevères - Pieter Wagemans

La primevère fait partie des herbes sacrées des druides. 

l'oracle druidique des plantes

l'oracle druidique des plantes

La primevère fait partie des herbes sacrées des druides. 


Dans la mythologie Galloise, c'est, dit-on, à base de fleurs et entre autres de primevères, que fut conçue la femme-fleur Blodeuwedd, la déesse du printemps, de la terre en floraison, des fleurs, de la sagesse et des initiations.
 

Blodeuwedd - d'après un dessin de Margaret Ellis

Blodeuwedd - d'après un dessin de Margaret Ellis

Pour les celtes c'etait une fleur sacrée, associée au Fées, toucher une pierre des fées avec un bouquet de primevères vous ouvrait la porte sur le monde des fées et ses trésors a condition d'avoir cueilli le bon nombre de fleurs sinon c'était la malédiction assurée.


Une autre légende dit que lorsqu'un être humain a la chance de cueillir la première primevère du printemps, celle-ci lui confie une clé d'or qui lui permettra de se glisser au cœur d'une colline enchantée dans laquelle se trouvent les plus beaux trésors que la terre ait jamais portés. L'élu de la primevère pourra emporter tout ce qu'il désire, à condition de ne pas oublier la clé magique en partant. Car, sans ce sésame, jamais il ne pourra retrouver son chemin et demeurera prisonnier de la colline d'or.
 

Alan Lee

Alan Lee

 

Un conte d'après un livre d'Edouard Brasey, Démons et Merveilles


.........Trois frères menaient une existence pauvre et indigente. Ils partageaient une cabane dans la montagne, et gagnaient péniblement leur vie en exerçant le métier épuisant et ingrat de bûcheron. Endurcis par la misère et les privations, les deux frères aînés étaient jaloux et avides des biens qu’ils n’avaient pas. Seul le troisième, le plus jeune, gardait encore un cœur pur. Mais cela ne le rendait pas plus riche pour autant.


Un jour, au fort de l’hiver, le frère ainé rentrait seul de la forêt, sa cognée sous le bras, lorsqu’il aperçut une magnifique fleur jaune qui avait poussé au milieu de la neige. C’était la première primevère de l’année. Séduit par sa beauté, le frère ainé la cueillit et la planta dans son chapeau. Puis il reprit son chemin. Mais, au bout de quelques pas, il remarqua que son chapeau pesait de plus en plus lourd sur sa tête. Lorsqu’il l’ôta, il eut la surprise de découvrir une fée, toute jaune, à la place de la primevère, qui lui tendait une clé d’or. Elle lui dit alors : – « Voici la clé qui te permettra d’ouvrir la colline d’or. Mais fais bien attention ! Choisis avec discernement et n’emporte que ce qu’elle contient de plus précieux… 


Elle glissa la clé dans la main du premier frère et se volatilisa dans l’air froid. L’homme venait à peine de se remettre de sa surprise, qu’il aperçut alors à quelques pas de lui, la colline d’or. Sans réfléchir davantage, il introduisit la clé dans la serrure de l’adorable petite porte qu’on apercevait creusée dans la colline, et pénétra alors à l’intérieur. La colline recelait en effet les plus beaux bijoux et trésors que la terre eut jamais portés… Devant lui se trouvait des piles de pièces d’or et de pierres précieuses, des rivières de perles les plus pures, de délicats et étonnants objets. N’écoutant que son envie et sa cupidité, il remplit ses poches, autant qu’il le pouvait. Puis il sortit de la colline, sans plus penser au conseil de la fée de la primevère.

Aussitôt, la porte claqua bruyamment. Il s’écria alors : « Zut ! J’ai oublié la clé d’or dans la colline ! Tant pis, avec tout ce que j’ai emporté, je ne manquerai assurément de rien avant longtemps ». Et au lieu de rentrer partager le trésor avec ses frères qui l’attendaient, il se dirigea vers la ville pour dilapider son trésor.
Pendant ce temps, les deux autres frères, ne voyant pas leur aîné rentrer et l’ayant cherché, en vain, dans la forêt, en conclurent qu’il était mort. Ils continuèrent donc leur travail, plus pauvrement et misérablement encore qu’avant. Un jour, vers la fin de l’hiver le frère puîné, alors qu’il marchait dans la forêt, remarqua une belle primevère au bord du chemin. « Elle est tellement belle, se dit-il, je vais la planter sur mon chapeau ». Au bout de quelques pas, il sentit son chapeau aussi lourd que s’il l’avait rempli de pierres. Il le retira alors et découvrit, comme son frère aîné, la fée, qui lui tendait une clé d’argent. Celle-ci réitéra son avertissement : « Grâce à cette clé, tu pourras pénétrer dans la colline d’argent. Mais prends garde à n’emporter que ce qu’elle contient de plus précieux … »


Il saisit la clé, tandis que la fée se volatilisait. En face de lui, se trouvait une colline d’argent, au pied de laquelle se trouvait une porte. Il se dépêcha de l’ouvrir, curieux et étonné. A l’intérieur, ce n’était qu’argenterie et coffres débordant d’objets d’argent massif. Il prit tout ce qu’il pouvait et sortit, en oubliant la clé : « Zut ! J’ai oublié la clé d’argent dans la colline ! Tant pis, avec tout ce que j’ai emporté, je ne manquerai assurément de rien pendant longtemps ». Et sur ce, il se précipita vers la ville, où il dilapida tout son argent avec son frère, qu’il avait alors rapidement retrouvé.


Le benjamin, inquiet de ne pas voir son aîné rentrer, le chercha dans la forêt, pendant des jours et des jours, en vain. La neige fondit, et le printemps arriva, recouvrant les champs de ses belles nuances colorées. Un jour, il remarqua une grande et belle fleur jaune, qui avait poussé sur un parterre d’herbe tendre, au bord du chemin : « Que cette fleur est belle, je vais la porter sur mon cœur ». Il l’accrocha aussitôt sur le revers de sa chemise. Plus il marchait, plus il se sentait léger. Au bout de quelques pas, il se retrouva nez à nez avec la fée de la primevère, qui lui tendait une clé de cristal : « Voici la clé qui te permettra d’ouvrir la colline de cristal. Mais fais bien attention : n’emmène que ce qui te paraîtra le plus précieux … »


Et elle s’évapora. A sa place se trouvait la colline de cristal, entièrement transparente, à la base de laquelle se trouvait une petite porte, qu’il ouvrit. A l’intérieur se trouvaient de beaux vases de cristal, des objets précieux et des figurines finement ouvragées. Parmi elles se tenait une poupée de cristal dont les traits étaient si beaux, et si vivants, que le frère en tomba instantanément amoureux. « Qu’elle est belle, se dit-il. Pour moi, il s’agit du plus précieux des biens se trouvant ici. Le reste, je m’en moque … » Le jeune homme ressortit alors de la colline avec pour seul bagage la clé de cristal et la poupée. Il rentra chez lui et installa la poupée à coté de lui, sur une chaise, pour mieux la contempler avant de s’endormir.


Cette nuit-là, pour la première fois depuis des mois, il dormit parfaitement, et fit des rêves délicieux. A son réveil, il se tourna immédiatement vers la poupée de cristal … Mais ce qui était la veille une poupée, était maintenant une magnifique jeune femme en chair et en os qui lui souriait : « En me choisissant, tu as su écouter ton cœur et tu en es à présent récompensé. Car les trésors et bijoux s’épuisent vite, alors qu’un amour véritable peut durer toute la vie.


Le jeune homme épousa sans plus tarder la jeune femme. Ils furent très heureux, eurent beaucoup d’enfants, et comme il avait eu soin de garder la clé de la colline, ils ne manquèrent jamais de rien. Les deux autres frères, en revanche, après avoir dépensé leurs dernières richesses, se retrouvèrent encore plus pauvres qu’au début. Ils furent expulsés à l’étranger et on n’entendit plus jamais parler d’eux. Mais par leur faute, la clé d’or et d’argent de la fée de la primevère sont à jamais perdues. Seule la clé de cristal existe encore. C’est celle, qui dans ton cœur, il te faut chercher …
 

fée primevère - Cicely Mary Barker

fée primevère - Cicely Mary Barker

Certaines fleurs sont dotées de merveilleux pouvoirs féeriques.

Ainsi les primevères permettent de découvrir les trésors gardés par les fées.

fée primevère - Cicely Mary Barker

fée primevère - Cicely Mary Barker

Dans l’Antiquité, elle était déjà connue pour soigner la paralysie. Sous louis XV, on la nommait " "Herbe à la paralysie" et guérissait surtout la paralysie de la langue et le bégaiement. 

Mythologie des fleurs - la primevère

 

Son usage officinal apparait avec la nonne allemande Hildegarde de Bingen (1098-1179) dans son "Jardin de santé". Dans ce manuscrit célébre, elle surnomme la primevère "clé des portes du paradis"   et la préconisait  pour lutter contre la mélancolie et l’apoplexie, sortes de  "paralysie de l’âme". 
 

Mythologie des fleurs - la primevère

Au XVIIIème siècle, le botaniste suédois Carl von Linné (1707-1778) vante ses propriétés sédatives, particulièrement dans la lutte contre l'insomnie. 


Sébastian Kneipp (1821-1897) prêtre est à l'origine de cures naturelles. Il la préconisait contre l’arthrite.
 

Mythologie des fleurs - la primevère

L'odeur que les fleurs de cette plante exhalent semble annoncer une action sur le système nerveux, comme calmantes et antispasmodiques, analogue à celle des fleurs de tilleul, de moscatelline et de caille-lait jaune.


D'après Mattbiole, Ray, Bartholin, Chomel, Lieutaud, etc., la primevère serait douée de grandes vertus. Ces auteurs l'ont vantée contre la paralysie (ainsi que l'indique son nom d’herbe de la paralysie), l'apoplexie, les affections hystériques, les vertiges, les maux de tête nerveux, la gastralgie, l'insomnie, etc.
 

Mythologie des fleurs - la primevère


On raconte qu'en Angleterre, Benjamin Disraeli (1804-1881) Premier Ministre Conservateur, grand séducteur, appréciait particulièrement les primevères. Lorsqu’il fit de la reine Victoria l’impératrice des Indes (1877), la souveraine le remercia en lui offrant un bouquet de primevères et le titre de premier comte de Beaconsfield. 


Lors des funérailles de Disraeli, la Reine Victoria (1819-1901) fit personnellement envoyer une couronne de primevères avec un mot écrit de sa main. 


En son souvenir, le 19 avril est devenu le jour de la primevère
1883, il fut fondé en son honneur la "Ligue de la primevère" (Primrose League), notamment par Randolph Churchill (1849-1895), le père de Winston.

 
On ne vit alors que primevères partout, aux boutonnières des hommes, sur les chapeaux et les robes des femmes


Ses membres déposaient chaque 19 avril (jour du décès de Disraeli) des bouquets de coucous sur sa tombe et des couronnes sur ses statues. L
La Ligue de la primevère (Primrose league) fut active jusque dans les années 1860.

 

insigne Primrose League

insigne Primrose League

primevères - Serguei Toutounov

primevères - Serguei Toutounov


Katherine Mansfield (1888-1923)

écrivaine et poète écrit dans son journal :

 

 "Une jeune fille est passée sous ma fenêtre, elle vendait des primevères. J'en ai acheté de grosses bottes, je les ai délivrées de leurs liens si serrés, je les ai laissées s'étirer, se détendre, les pauvres petites, dans une coupe bleu ciel où l'on met des primevères chaque année. En me penchant sur elles, j'ai vu leurs visages pâles et las me regarder de cet air perplexe et inquiet qu'ont parfois les très petits enfants. On eut dit que le printemps était entré dans ma chambre, chantant très bas, tout bas"
 

Primevères -  Henry James Johnstone

Primevères - Henry James Johnstone

 

et dans Le Voyage indiscret 

 

Le soleil dardait à travers la verrière de la gare de longs rayons bleu et or ; un petit garçon allait et venait le long de la rame avec un panier de primevères. Il y avait quelque chose chez les gens - chez les femmes surtout - quelque chose de paresseux et pourtant d'ardent. Le jour le plus émouvant de l'année, le premier vrai jour de printemps avait découvert sa délicieuse beauté tiède, même aux yeux de Londres. 
 

Primevère - Alfred Mucha

Primevère - Alfred Mucha

Robert Desnos (1900-1945) - poète

Recueil : "Chantefleurs"

 

La Pervenche et la primevère

Doña Dolorès Primevère,

Lady Roxelane Pervenche

Un beau dimanche,

Montent en haut du belvédère.

Rêveuse pervenche,

Douce primevère,

Radieuse atmosphère.
 

Mythologie des fleurs - la primevère

Robert Desnos (1900-1945) - poète

Recueil : "Chantefleurs"


Le Coucou

 

Coucous des bois et des jardins,

J’ai le cœur joyeux, j’ai le cœur tranquille.

Coucou fleuri, coucou malin,

Je viendrai te cueillir demain.

J’ai le cœur joyeux, j’ai le cœur tranquille,

De bon matin.
 

Mythologie des fleurs - la primevère

 

Sybille Rembard, Beauté Fractionnée, 2002

 

Primevère de printemps


Veillés par une primevère solitaire

nous nous sommes retrouvés à la lisière du monde.

Les pétales nous regardaient surpris

la terre encore blanche de neige

les rayons du soleil embrumés.

L’hiver est parti, tu l’as senti.

Nous avons osé le désir éphémère

ensemble

nous nous sommes laissés éblouir.

La chaleur de tes mains m’a caressée sans me toucher

pétale primitif

Ton regard m’a modelée

neige de printemps

Ton souffle a enluminé mon âme

rayon de certitudes

Tes mots ont su, pour un instant, orner notre futur

Eternellement embrumé.
 

Mythologie des fleurs - la primevère

 Athanase Vantchev de Thracy (1940) - poète


Les chastes primevères brillent 


De toute la splendeur de leurs fleurs d’or

Dans la blancheur immaculée de la neige.

Toi, Ange à la transparente élégance,

Tu erres dans l’empire des rêves, 

Tendrement appuyée au rebord 

Fleuri de la fenêtre.

Je regarde les fleurs joviales des primevères

Et cueille, discrètement, les sourires

De tes lèvres.

Toi, mon livre blanc,

Ombre lumineuse jaillie d’une vie antérieure.

Toi, qui connais le sublime bonheur d’être triste !

Reste, reste ainsi, calme, songeuse, immobile,

Ô lumière dans la lumière du matin,

Ma primevère couleur de soleil, 

Ma dernière lettre d’amour de la vie ! 
 

Mythologie des fleurs - la primevère

Serge Reggiani nous a chanté :

 


Primevère


C'est un bourgeon, c'est un bouton,

C'est pas plus haut qu'un quart de taon,

Qu'un frisson sur ma peau,

Mais ça renferme en miniature

Toute l'ambition de la nature,

De la graine au copeau...

Ça pousse calme, prend son temps,

Pour exploser dès le printemps

Dans un immense cri,

Dans l'écho libre, dans mon sang,

Qui fait de moi un renaissant avril

Et je fleuris...

 

Primevère, après le grand sommeil,

Le soleil grand ouvert,

Primevère, la vie sur une tige

Fait la pige a l'hiver,

Dans le repli d'une corolle,

Dans la cambrure d'un pétale,

Ces musiques et paroles

Du grand absent des cathédrales,

Primevère, je sais bien que tu meurs,

Ma rumeur éphémère,

Primevère, je sais bien que tu manges

Joliment la lumière,

Mais les nuits de janvier

Enneigent les calendriers,

L'univers fait l'amour

Prépare l'éternel retour...

 

 

Je suis muguet, je suis lilas,

La vie me tue, la vie est là,

Qui nargue mon destin,

Ma prisonnière, mon infidèle,

Je désespère et l'hirondelle

Arrive ce matin...

Mon moindre soupir est un chant,

J'ai l'âme en friche dans un champs

Si riche de moissons,

Que tout un univers de blé

N'y pourra jamais ressembler

L'espoir est ma chanson...

 

Primevère, après le grand sommeil,

Le soleil grand ouvert,

Primevère, la vie sur une tige

Fait la pige a l'hiver,

Dans le repli d'une corolle,

Dans la cambrure d'un pétale,

Ces musiques et paroles

Du grand absent des cathédrales,

Primevère, je sais bien que tu meurs,

Ma rumeur éphémère,

Primevère, je sais bien que tu manges

Joliment la lumière,

Mais les nuits de janvier

Enneigent les calendriers,

L'univers fait l'amour,

Prépare l'éternel retour...

 

Primevère, primevère...
 

Paul Jones (1921-1997) - primevères

Paul Jones (1921-1997) - primevères

J.J. Grandville (1806-1843) - illustrateur

 

Primevère et Perce-neige

 

—Primevère! Primevère! réveille-toi!

—Qui m’appelle?

—C’est Perce-Neige, ton ami, qui a froid et qui voudrait se réchauffer à ton haleine!

—Pourquoi ai-je dormi si longtemps! Il fait si bon respirer la brise printanière,

voir l’herbe verte, sentir la tiède odeur des bourgeons,se mirer dans le clair ruisseau!

—Sans moi tu dormirais encore, c’est à moi que tu dois
les sourires de cette riante matinée d’avril.

Si tu savais comme tu es jolie dans ton petit corsage blanc,
comme tes joues sont fraîches,

comme tu t’inclines gracieusement sous la brise qui t’effleure!

Penche vers moi ta corolle, et laisse-moi te donner un baiser.

—Le printemps n’aime pas l’hiver; la jeunesse n’aime pas la vieillesse.
Tu vas mourir et tu parles d’aimer!

—Mes forces se sont épuisées à percer les dures neiges de l’hiver;
mais ton parfum me ranime, Primevère; l’amour me fera revivre.

—N’entends-tu pas dans l’air comme un battement d’ailes invisibles?
Il arrive le jeune Zéphire;

c’est lui que je veux aimer, c’est lui qui aura mon premier baiser.

—J’ai fleuri jusqu’à ce jour malgré la glace; je sens venir le printemps;
me faudra-t-il mourir sans entendre le doux chant des oiseaux,
sans sentir la chaleur vivifiante du soleil et de l’amour!

—Les vieillards ne sont faits ni pour le soleil ni pour l’amour;
l’air chaud du printemps et des passions brise leur poitrine débile.
Malheur à celui qui aime trop tard!

Pendant qu’elle parlait, Zéphire planait sur la Primevère;
haleine et parfum, tout se confondit.

Le vent, ému de ce baiser, passa sur la tête du Perce-Neige;
il mourut tué par la première brise.

 

JJ Granville Primevère et perce-neige

JJ Granville Primevère et perce-neige

 (Revue des Deux-Mondes, 1er février 1877)

Citation :


"La galanthine (perce-neige) et la primevère parent nos bois, et les violettes se baignent dans l'humidité du matin" 
 

La primevère et la violette

La primevère et la violette

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18 mars 2020 3 18 /03 /mars /2020 01:14

Mythologie

"La violette"

 

 

 

 

.....Douce violette, Vierge humble et discrète, Fille de nos bois.....ton parfum délicieux réveille les légendes.........


La Violette est connue depuis la plus haute antiquité dans le Bassin méditerranéen. L’Ionie est sa résidence divine et la légende se mêle à l’histoire et aux racines grecques.


De nos jours, elle est surtout cultivée dans le sud-est de la France et la région de Toulouse. 


"...............La violette clignant ses yeux bleus entre deux brins d'herbe, se hausse sur sa tige pour aspirer un rayon de soleil. Le printemps est arrivé ............."
 (légendes et souvenirs d'Alsace - (Prosper Baur)

 

Mythologie des fleurs - la violette

 


Parfois appelée "herbe de la Trinité, la violette est un genre de plantes herbacées vivaces de la famille des Violaceae.

Ces plantes ont un usage principalement ornemental. La violette odorante est utilisée en parfumerie. On ne distille toutefois pas les fleurs mais les feuilles.
 

Mythologie des fleurs - la violette

 

La violette odorante (Viola odorata) a une longue histoire d'utilisation en herboristerie. On lui a attribué, sans aucune preuve, des vertus contre l'épilepsie, l'asthme, les maladies de peau et l'eczéma. Ce serait également un laxatif doux, un dépuratif, un diurétique, un émollient, un relaxant.


Un ancien proverbe normand vantait la violette des haies : "La première violette que tu trouveras au printemps, mange-la, et l’an devant, tu n’auras jamais la fièvre".
 

Mythologie des fleurs - la violette

 

La violette odorante forme de jolies colonies dans les bois frais et les haies de toutes nos régions. Elle se distingue facilement de la plupart des autres violettes grâce à l'odeur subtil et pénétrante de ses fleurs.


La violette odorante n’est pas la seule à être parfumée en France, on trouve aussi la violette blanche (Viola alba), la violette des collines (Viola collina), la violette admirable (Viola mirabilis) et la violette suave (Viola suavis).


"Violette" est le diminutif francisé de Viola, lui-même un dérivé du grec "ion", "iou" violet, (les Latins ayant ajouté un v selon leur usage) qui désignait en latin différentes plantes dont les violettes, même si ces dernières ne sont pas toutes de cette couleur, certaines étant roses, bleu indigo foncé ou même blanches, et il existe même une variété très rare de couleur rouge sang.


les violettes ont deux pétales vers le haut et trois vers le bas, cœur blanc de la corolle. Elles sont représentées en Europe, principalement par la section Viola (anciennement Nomimium)
La violette fleurit au printemps pour la plupart des espèces

 

Mythologie des fleurs - la violette

 

Le prénom "Violette" vient de Viola, la version latine du mot français violette. Ce prénom a déjà existé dans l’Antiquité, mais il a connu une période d’éclipse au Moyen-âge. Il est réapparu au début du XIXème siècle et s’est répandu dans toute l’Europe occidentale. 


Le prénom Violette caractérise une femme dont la bonté fait la beauté. 
Ce prénom est fêté le 5 octobre, à la Sainte Fleur, comme les autres prénoms floraux

 

Mythologie des fleurs - la violette

 

On dit  qu' il est appréciable de s’asseoir parmi les violettes pour se régaler de ses senteurs au printemps, autant en automne, il faut passer son chemin, car les violettes de fin d’année représentent les mondes obscurs et n’apportent pas le bonheur.

Mythologie des fleurs - la violette


William Shakespeare dans son sonnet 99 sur la violette -  

traduit par Victor Hugo


- J’ai grondé ainsi la violette précoce :

« Suave friponne, où as-tu volé le parfum que tu exhales, si ce n’est au souffle de mon amour ? Cet éclat empourpré, qui fait le teint de ta joue si douce, tu l’as pris trop grossièrement à ses veines. »

J’ai condamné le lis au nom de ta main, et le bourgeon de la marjolaine comme plagiaire de tes cheveux. Deux roses effarées se dressaient sur leurs épines, l’une, rouge de honte, l’autre, blanche de désespoir :
Une troisième, ni rouge ni blanche, les avait volées toutes deux, et à cette dépouille avait ajouté ton parfum ; mais, pour punition, dans tout l’éclat de son épanouissement, elle est dévorée à mort par un ver vengeur.
J’ai remarqué d’autres fleurs encore, mais je n’en ai vu aucune qui ne t’ait volé son parfum ou sa couleur.

 

Mythologie des fleurs - la violette

 

Et dans Hamlet
Entre Laertes et Ophélia, sa sœur


Laertes

- Mes nécessités sont embarquées. Adieu.
Et, sœur, comme les vents en profitent
Et transmettre est assistant, ne dors pas,
Mais laissez-moi vous entendre.


Ophélia

- En doutez-vous?
Laertes
Pour Hamlet et le faible de sa faveur,
Tenez-le une mode et un jouet dans le sang,
Une violette dans la jeunesse de la nature primitive,
En avant, non permanent, doux, non durable,
Le parfum et la souplesse d'une minute.
Pas plus.

 

Ophélia (détail) - John Everett Millais

Ophélia (détail) - John Everett Millais

les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique 

La fée violette
 

La fée violette - CMB

La fée violette - CMB

 

Les  Athéniens l'avaient pris comme symbole de la cité car  "Ion" le fondateur d' Athènes avait reçu des violettes de la part des nymphes de l'eau comme présage de leur bon voeux


Les Athéniennes achetaient des bouquets de violettes au coin des rues, dès l'an 400 avant Jésus-Christ et les utilisaient en pommades ou tisanes pour leurs vertus médicinales. 


Les Athéniens réalisaient des couronnes de violettes en l'honneur de Dyonisos. 
 

Danseuse ionienne portant une couronne de violettes, 1902 - John William Godward (1861-1922),

Danseuse ionienne portant une couronne de violettes, 1902 - John William Godward (1861-1922),


Dans la mythologie grecque, 


Vénus avait épousé l'affreux Vulcain, dieu du feu, et ne pouvait se résoudre à s'unir à un homme aussi repoussant. Celui-ci se couronna alors de violettes afin de lui plaire. Ensorcelée par leurs parfums, la déesse ne put lui résister.
 

Les Forges de Vulcain(1757) - François Boucher

Les Forges de Vulcain(1757) - François Boucher


Une des légendes rapporte que Zeus était amoureux d'une nymphe nommée Io.

Pour écarter les soupçons de sa femme, Héra, il l'a transforma en génisse blanche.

Comme Io se lamentait du goût et de la texture de l'herbe, il transforma ses larmes en de délicates violettes parfumées pour la nourrir.
 

Io reconnue par son père - Victor Janssens

Io reconnue par son père - Victor Janssens

Dans un conte populaire de Darmstadt (Allemagne), trois anges qui emportent au ciel une jeune fille pieuse la couronnent de violettes. 


.....- En grec la violette s'appelle "Ion", et on racontait que les nymphes ioniennes, qui demeuraient sur le bords du fleuve Cythérus, avaient offert des violettes à Ion, qui avait guidé une colonie ionienne dans l'Attique (Athènes).........
(à quoi se rapportent les vers de Nicandre de Colophon II° siècle av.  J.C.)- ( La mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal de Angelo De Gubernatis)

 

Mythologie des fleurs - la violette
Mythologie des fleurs - la violette

 

On dit aussi que la violette naquit du sang du dieu phrygien Attis dont la déesse aux lions, Cybèle, était passionnément amoureuse.

Quand Attis souhaita se marier à la nymphe Sangaride, Cybèle, qui l’aimait et en était jalouse, le rendit fou si bien qu’il se castra lui-même et se tua.

De son sang jaillit un tapis de violettes parfumées. Quand Atta l'eut retrouvé, elle mit fin à ses jours et leurs sangs mélangés engendrèrent d'autres violettes.

Cybele éveillant-le Sommeil -Toussaint Dubreuil

Cybele éveillant-le Sommeil -Toussaint Dubreuil

Mythologie des fleurs - la violette

 

Un autre récit mythique fait de la violette une fleur funéraire de l'Antiquité car Proserpine en cueillait quand elle fut envoyée aux enfers.

 

Jean Moréas (1856-1910) - poète


Proserpine cueillant des violettes


Dans ce riant vallon, cependant que tu cueilles 
La douce violette aux délicates feuilles, 
Ô fille de Cérès, hélas ! tu ne sais pas 
Que le sombre Pluton poursuit partout tes pas. 
Il ne supporte plus d’être nommé stérile. 
Car Vénus l’a blessé soudain des mêmes traits 
Dont elle abuse, au fond des antiques forêts, 
La race des oiseaux et le beau cerf agile. 
Entends les cris du dieu ! sous son bras redouté 
Se cabrent les chevaux qui craignent la clarté, 
Rompant sous leurs sabots le roseau qui s’incline 
Aux marais paresseux que nourrit Camarine. 
Dans ses grottes gémit Henna, mère des fleurs, 
Et Cyane ses eaux fait croître de ses pleurs. 
Parmi les pâles morts bientôt tu seras reine, 
Ô fille de Cérès, et Junon souterraine. 
Ainsi, toujours la vie et ses tristes travaux 
Troubleront le Néant dans la paix des tombeaux, 
Et désormais en vain les Ombres malheureuses 
Puiseront du Léthé les ondes oublieuses. 

 

Pluton et Proserpine 1914 - Bryson Burroughs

Pluton et Proserpine 1914 - Bryson Burroughs


Les Romains portaient des coiffures agrémentées de violettes, croyant qu'elles pouvaient prévenir les maux de tête liés à l’ébriété. Ils réalisaient avec ces fleurs une sorte de vin censé agir comme un remède homéopathique, et permettre d'apporter l'euphorie de l'ivresse sans avoir sans avoir à en subir les désagréments


" Flore, la déesse des fleurs, fit naitre la violette, du corps d'un papillon"
 

Mythologie des fleurs - la violette


Au Moyen-Âge, elle est utilisée dans de nombreux remèdes 

Les XVIIe et XVIIIe siècles Henri IV, Louis XIII et leurs descendants se parfumaient et se poudralent à la violette pour couvrir les odeurs du corps. Les violettes se retrouvèrent tout naturellement dans le Potager du Roy à Versailles, en bordure des carrés de légumes et, de là, sur les tables du palais. La Quintinye nous a rapporté comment il en élevait certaines variétés de couleur rose, blanche ou bleue sous forme d’arbres pour la gloire du grand Roi, Louis XIV.
 

Mythologie des fleurs - la violette


On dit que Joséphine de Beauharnais offrit à Napoléon Bonaparte un bouquet de violettes lors de leur première rencontre au cours de l'année 1795. En souvenir, Napoléon lui offrait des violettes à chaque anniversaire de mariage. 


C'était la fleur préférée de Napoléon 1er et Joséphine. Elle portait des violettes pour son mariage et à chaque anniversaire il lui en offrait un bouquet.

 


......- Trois jours avant son départ pour l’île d’Elbe, Buonaparte, accompagné du duc de Bassano et du général Bertrand, se promenait dans le jardin de Fontainebleau : le prince était encore incertain s’il devait paisiblement se rendre dans son exil. Le duc de Bassano lui prouvait qu’il n’était plus temps de reculer. Vivement affecté des objections de son secrétaire, Napoléon marchait toujours, et ne sonnait mot. Il n’avait rien à répondre. Il cherchait au contraire quelque distraction à l’embarras qu’il éprouvait.

Il avait à côté de lui un joli enfant de trois à quatre ans qui cueillait des violettes dont il avait déjà fait un bouquet.

— Mon ami, lui dit le prince, veux-tu me donner ton bouquet ?

— Sire, je veux bien, répondit le jeune garçon, en le lui présentant avec une grâce infinie.

Buonaparte reçut le bouquet, embrassa l’enfant qu’il reconnut pour être celui d’un des employés du château et continua sa promenade. Après quelques minutes de silence : 

— Eh bien ! messieurs, dit-il à ses courtisans, que pensez-vous de cet enfant ? Le hasard de cette rencontre est selon moi un avis secret d’imiter cette fleur de modeste apparence. Oui, messieurs, désormais des violettes seront l’emblème de mes désirs.

— Sire, lui répondit Bertrand, j’aime à croire pour la gloire de Votre Majesté que ce sentiment ne durera pas plus que la fleur qui l’a fait naître.
Le prince n’ajouta rien et rentra chez lui. Le lendemain on le vit se promener dans le jardin avec un petit bouquet de violettes à la bouche, quelquefois à la main. Arrivé près d’une plate-bande, il se mit à cueillir de ces fleurs. elles étaient assez rares en cet endroit. Le nommé Choudieu, grenadier de sa garde, alors en sentinelle, lui dit :

— Sire, dans un an vous en cueillerez plus à votre aise, elles seront plus touffues.

Buonaparte, extrêmement étonné, le regarde :

— Tu crois donc que dans un an je serai ici ?

— Peut-être plus tôt. Au moins nous l’espérons.

— Soldat, tu ne sais donc pas que je pars après-demain pour l’ile d’Elbe ?

— Votre Majesté va laisser passer l’orage.

— Tes camarades pensent-ils comme toi ?

— Presque tous !

— Qu’ils le pensent et ne le disent pas. Après ta faction, va trouver Bertrand, il te remettra vingt napoléons, mais garde le secret.

Choudieu, rentré au corps de garde, fit observer à ses camarades que depuis deux jours l’empereur se promenait avec un bouquet de violettes à la main :

— Eh bien ! maintenant, il faudra le nommer entre nous "le père la violette" 

En effet, depuis ce jour, toutes les troupes, dans l’intimité des chambrées, ne désignèrent plus Napoléon que sous le nom du père la violette. Ce secret perça insensiblement dans le public et, dans la saison des violettes, les partisans de l’ex-monarque portèrent tous cette fleur qui à la boutonnière, qui à la bouche. Ce fut à cette marque qu’ils se reconnurent...........

« Hier, aujourd’hui, demain. Gazette historique. »  Paris, 1923. .....................


Cette fleur fut ensuite le signe de ralliement des bonapartistes durant les Cent-Jours. Des cartes montrant un bouquet de violettes d'apparence candide inondèrent bientôt toute la France.

Lorsqu'on le scrutait attentivement, le bouquet de violettes, on peut voir les profils  du couple impérial (Napoléon et Marie-Louise) et de l'Aiglon (leur fils de tois ans roi de Rome) dissimulés dans cette illustration.


Le profil de Marie-Louise se trouve en haut à gauche, celui de l'Empereur en haut à droite, une feuille fait office de son bicorne, quand au Roi de Rome, il se se situe au centre du bouquet, entre deux tiges de violettes.....

 
Le gouvernement français combattit, par décret et autrement, jusqu'en 1874 toute reproduction de la violette parce que cette fleur était le symbole des Bonapartistes.

 

Mythologie des fleurs - la violette

La violette est visitée par les abeilles en début de saison. 


En l'honneur de Napoléon voici un poème de Anaïs Ségalas
(Extrait du Conseiller des Dames et des Demoiselles) Numéro de Février 1853.

 

Les violettes et les abeilles.

 

Vous voilà de retour, petites violettes !
Épanouissez-vous, levez vos humbles têtes ;
L’aurore impériale à nos cieux vient briller.
Souvenirs embaumés, qu’on aime et qu’on respire,
Vous parfumiez jadis les jardins de l’Empire,
Fleurissant pour César, à côté du laurier.


                                     
Vous qui preniez le monde au bout des baïonnettes,
Vieux soldats, vous portiez ces douces violettes
Auprès du ruban rouge, un rubis de vos camps,
Un don de l’Empereur, et l’on aurait pu croire
Qu’il vous sortait du cœur, pour ce dieu de la gloire,
Une goutte de sang avec un grain d’encens.
                                     


L’abeille aussi revient et suit sa fleur chérie.
Abeilles des beaux-arts, de l’active industrie,
Artistes, ouvriers, plus d’émeute, de fiel :
Ne souillez pas la France, ornez-la de merveilles ;
Ne soyez pas serpents, vous que Dieu fit abeilles,
Dédaignez le venin, vous qui faites le miel.

 

Oui, le Napoléon qui trône dans l’histoire,
Fut grand ; au pas de charge il marcha vers la gloire ;
Ses canons voyageurs à l’éclatante voix,
Criaient partout son nom ; empressés et dociles,
Ils ouvraient devant lui les portes de cent villes,
Et semblaient des valets qui l’annonçaient aux rois.


                                    
Notre Napoléon, sans canons et sans flammes,
Livre aussi des combats ; il détrône des âmes
La révolte, la haine, il lutte, il est vainqueur.
Leur histoire à tous deux sera grande et féconde :
Pour vaincre, l’un pâlit sur la carte du monde,
L’autre n’étudia que la carte du cœur.


                                    
Tous deux eurent la foi : l’un, prenant la bannière,
Vint abriter la France, et chrétienne, et guerrière,
Sous les plis des drapeaux et l’aile du Seigneur.
À l’ardente lueur des villes enflammées,
Il ne voulut prier que le Dieu des armées,
L’autre invoque aujourd’hui le Dieu du moissonneur.


                                    
Voyez comme il combat l’impie au vil blasphème !
Il veut que notre France ait la splendeur suprême,
Mais que joignant les mains, brûlant d’un divin feu,
Elle demande à Dieu sa force et sa lumière ;
Soit à la fois superbe et fervente, humble et fière,
Souveraine du monde et vassale de Dieu !
                                    


Puis à la poésie, encore en pleurs naguères,
Il rend son frais royaume au pays des chimères,
Son long manteau de pourpre et son voile argenté,
Qui restaient accrochés à quelque barricade ;
Il remet la couronne à son beau front malade,
Qu’un pavé de l’émeute avait ensanglanté !

 

Vainqueur du communisme, il le frappe et le chasse,
Protège le foyer, saint autel qu’on menace,
Où la mère indulgente, aux pardons assurés,
Est la divinité qu’on prie et qu’on adore ;
Les enfants sont les fleurs dont l’autel se décore,
Et les douces vertus en sont les feux sacrés.
                                     


Prince, votre nom luit jusqu’au désert aride
Qu’habitent seuls l’Arabe et le soleil splendide ;
Et ce nom lumineux, brillant comme un rayon,
Fait resplendir les fronts sous la tente africaine ;
Car du fils des déserts, tout meurtri de sa chaîne,
Vous brisez les fers ; l’aigle a compris le lion.


                                    
Tout vous bénit, vous suit avec des yeux avides,
Et notre jeune armée, et nos vieux invalides ;
S’ils ont perdu leurs bras, ils ont gardé leurs cœurs !
Toutes les mains dans l’urne ont mis ce nom qu’on aime,
La main rude ou gantée, et la femme elle-même
Vous jette son bouquet, et vote avec des fleurs.


                                     
Pour former ces bouquets, pressez-vous, violettes.
Abeilles de Paris, ô peintres ! ô poètes !
Reprenez votre essor, vif essaim travailleur.
Le prince vous appelle, encourage vos veilles :
Symboles du travail, les actives abeilles
Seules étoileront son manteau d’empereur.

photo welt der bienen

photo welt der bienen

 

Napoléon III et l'Impératrice Eugénie adoptérent la violette comme symbole du régime.

Elle portait des violettes pour toutes les occasions. Suite à  cet engouement  la France fut au XIX° siècle,  un des principaux producteurs de violettes
 

Impératrice Eugénie et sa couronne de violettes

Impératrice Eugénie et sa couronne de violettes

 

L'image de la violette impériale réapparaît en France sous le Second Empire lorsque les Palmes académiques adoptent cette couleur en 1866.

Ordre des Palmes académiques

Ordre des Palmes académiques

Mythologie des fleurs - la violette

 

Père-la-Violette  surnom donné à Georges Clemenceau (1841-1929).


Clemenceau, c’était le Tigre, le Père-la-Victoire, mais il avait comme Napoléon un autre surnom moins connu : le Père-la-Violette.


Il visitait souvent les poilus en première ligne et un jour, ils lui offrirent un bouquet de violettes cueillies près des tranchées. Pourtant dur comme un roc, attendri, il les remercia et ajouta :


"Je garderai ces violettes quand elles seront fanées et je demanderai qu’on les mette dans mon cercueil." (Édouard Bled)
 

Mythologie des fleurs - la violette
Violette du front - mélodie - Delantes Alfred

Violette du front - mélodie - Delantes Alfred

Mythologie des fleurs - la violette

 

Violettes impériales est le titre d'une opérette interprétée par Luis Mariano, d'abord sur la scène du théâtre Mogador puis à l'écran dans un film de Richard Pottier en 1952, et dont l'action se situe sous le Second Empire.


C’est l’histoire romancée de Violetta, une petite marchande de violettes bien sûr, qui s’éprend du comte Juan d’Ascaniz et devient fleuriste à la cour de l’impératrice Eugénie de Montijo, l’épouse de Napoléon III.
les airs célèbres de la partition de Vincent Scotto, notamment Qui veut mon bouquet de Violettes.


Les paroles de la chanson "Qui veut mon bouquet de violettes ?" :


{Refrain:}
Qui veut mon bouquet de violettes?
Mesdames, c’est un porte-bonheur
Messieurs, allons, qui me l’achète?
À tous, je l’offre avec mon cœur

Toutes mes violettes sont à vendre
Mais mon cœur, lui, ne se vend pas
Et celui qui voudrait me le prendre
Tôt ou tard s’en repentira
......

 

Mythologie des fleurs - la violette
Mythologie des fleurs - la violette

Plusieurs villes ont  la violette comme symbole.


La violette de Toulouse fait partie du groupe des violettes de Parme (parmensis).


Selon la légende toulousaine, la violette serait arrivée à Toulouse en 1850 grâce à un soldat  de Napoléon III qui aurait ramené de Parme la célèbre fleur qu'il aurait offerte à son amoureuse habitant à Saint-Jory.


Il existe une Confrérie de la violette à Toulouse. Cette ville est aussi appelée la Cité des violettes, car la production de cette fleur y était très importante. La Violette est l'une des récompenses décernées par l'Académie des Jeux floraux de Toulouse.


Claude Nougaro a chanté sa ville............
"… Ô mon pays, ô Toulouse
Un torrent de cailloux roule dans ton accent
Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes ... "

 

Mythologie des fleurs - la violette
Mythologie des fleurs - la violette

La Violette de Toulouse en confiserie


Les violettes de Toulouse sont des friandises élaborées à partir de fleurs fraîches de violettes, de la variété violette odorante, cristallisées dans le sucre, spécialité de Toulouse.


La fabrication de la "violette de Toulouse", est très délicate, essentiellement manuelle, élaborée à partir de fleurs fraîches cueillies à maturité, qui consiste à les enrober de sucre puis à le faire cristalliser. 
 

Mythologie des fleurs - la violette

En Italie, la violette est l'emblème de la ville de Parme. 

Robert DESNOS
Recueil : "Chantefleurs"


La Violette

À Parme, à Parme on fait du bon jambon,
À Parme, à Parme où pousse la violette.
À Parme nous irons
Manger du bon jambon,
Respirer la violette,
À Parme, ohé ! la violette sent bon.

 

Mythologie des fleurs - la violette


Au Canada, la violette cucullée est l'emblème floral de la province du Nouveau-Brunswick.


La violette cucullée (viola palmata ou cucullata) est officiellement adoptée en 1936. Ce choix est attribuable aux Women's Institutes, au lieutenant-gouverneur de l'époque et aux écoliers.


Des sirops et des confitures étaient produits avec ses fleurs, qui sont censées posséder la propriété d'apaiser le système digestif et de stopper la toux.
 

Mythologie des fleurs - la violette


En France, elle est le symbole historique du PUC (Paris université club)
 

Mythologie des fleurs - la violette

 

Sheila Pickles dans le langage des fleurs a écrit :


 "la violette est également dédiée à la Vierge, en tant que symbole de modestie et d’humilité: « C’est un symbole de modestie, car elle prend soin de cacher pudiquement sa fragile beauté sous les fleurs, et s’épanouit discrètement"


Dans la Prière de St. Bernard de Clairvaux

"ô Marie, ......Vous êtes ce beau jardin où Dieu a mis toutes les fleurs qui ornent son Eglise, entre autres, la violette de votre Humilité et la rose de votre Charité."
 

La Vierge à la violette - Stephan Lochner (1400-1451)

La Vierge à la violette - Stephan Lochner (1400-1451)

Mythologie des fleurs - la violette

 

Dans le langage des fleurs, la violette représente l'innocence, la modestie et la pudeur, par allusion à la petite corolle qui semble hésiter à sortir de son écrin de feuilles. 

Leon Jean Basile Perrault (1832-1908)

Leon Jean Basile Perrault (1832-1908)

Bleue, elle témoigne de la fidélité ; 


blanche, elle évoque le bonheur champêtre


en bouquet, entouré de feuilles, elles symbolisent l'amour secret.
 

Mythologie des fleurs - la violette

Dans "La Sonnambula de Vincenzo Bellini, le bouquet de violettes est le symbole de l’amour partagé entre Elvino et Amina.

Suite à sa répudiation, la jeune fille lors de sa deuxième crise de somnambulisme retrouve dans son corsage son bouquet de violettes fanées.
 

Sonnanbula Amina - Jenny Lind

Sonnanbula Amina - Jenny Lind


Sentimentalement,  lorsqu’un homme offre un bouquet de violettes à une femme, c’est qu’il était pendant longtemps dans le silence par sa timidité, mais qu’enfin il arrive à dévoiler son amour.


la violette peut aussi exprimer un amour caché, dans le sens où deux amants amoureux ne veulent pas que leur relation se sache. La violette symbolise alors la discrétion.


Offrir deux violettes signifie que celui qui l’offre souhaite partager quelque chose avec la personne qui les reçoit, que cela soit son amitié, sa passion ou son amour .
 

Mythologie des fleurs - la violette
Mythologie des fleurs - la violette

Henri-Frédéric Amiel (1821-1881) - poète
Recueil : Grains de mil (1854)

 

La violette.


Douce violette,
Vierge humble et discrète,
Fille de nos bois,
Dis-moi dans quels songes
Ainsi tu te plonges
Sans joie et sans voix ?

 

— Sans voix, non sans joie,
Car Dieu m'en envoie :
J'écoute un oiseau ;
Son chant me fait fête,
Et moi, fleur muette,
Je me dis : c'est beau !

 

Mythologie des fleurs - la violette
Mythologie des fleurs - la violette

René de Buxeuil (1881- 1959) compositeur chansonnier


 Les Violettes 


{Refrain:}
Les violettes sont des fleurs
Qui dans leurs fragiles corolles
Abritent bien souvent des cœurs
Des cœurs d'amants qui se désolent
Elles ont quelquefois des pleurs
On nous dit que c'est la rosée
Mais ce sont des âmes brisées
Qui pleurent tout bas dans les fleurs

 

A la saison des violettes
Suzon venait d'avoir seize ans
Et ses deux grands yeux innocents
Ressemblaient aux douces fleurettes
Elle dit à son amoureux
Qui partait sur les mers lointaines
Pour les violettes prochaines
Nous nous marierons tous les deux
Mais plusieurs printemps se passèrent
Sans que son fiancé revint
Et plusieurs fois dans le jardin
Les violettes se fanèrent
{Au Refrain}

 

A la saison des violettes
Pierre n'était pas de retour
Et Suzette folle d'amour
Mourut de chagrin la pauvrette
Elle repose maintenant
Là-bas tout au bout du village
Où viennent en pèlerinage
Les amoureux pieusement
Et sur la tombe de Suzette
Quand revient la belle saison
Pousse une ardente floraison
D'humbles et douces violettes
{Au Refrain}

 

Mythologie des fleurs - la violette

poème de Johann Wolfgang von Goethe

 

" La Violette "

 

Une violette dans un pré,
Anonyme, la tête penchée :
Mignonne était la violette.
S'approche alors une jeune bergère,
Humeur joyeuse, démarche légère,
Chantonnant par les prés.

 

Que ne suis-je, se dit la violette,
La plus belle des fleurs !
Serait-ce un tout petit peu,
Le temps que la belle me cueille
Et m'écrase contre son coeur,
Ne serait-ce qu'un petit quart d'heure !

 

Lorsque la jeune fille arriva,
N'eut cure de la violette,
Simplement la piétina.
Fauchée, mourante, la violette
Se réjouit encore : certes, je meurs,
Mais c'est par elle, à ses pieds.
Pauvre violette ! Mignonne était la violette.           

 

Henry James Johnstone

Henry James Johnstone

 

Charles-Julien Lioult de Chênedollé (1769-1833) - poète

 


La violette

 

"Pourquoi faut-il qu’à tous les yeux
Le destin m’ait cachée au sein touffu de l’herbe,
Et qu’il m’ait refusé, de ma gloire envieux,
La majesté du lis superbe ?

 

Ou que n’ai-je l’éclat vermeil
Que donne le printemps à la rose naissante,
Quand, dans un frais matin, les rayons du soleil
Ouvrent sa robe éblouissante ?

 

Peut-être pourrais-je en ces lieux
Captiver les regards de la jeune bergère
Qui traverse ces bois, et, d’un pied gracieux,
Foule la mousse bocagère.

 

Avant qu’on m’eût vu me flétrir,
Je me serais offerte à ses beaux doigts d’albâtre ;
Elle m’eût respirée, et j’eusse été mourir
Près de ce sein que j’idolâtre. 

 

Vain espoir ! on ne te voit pas ;
On te dédaigne, obscure et pâle violette !
Ton parfum même est vil ; et ta fleur sans appas
Mourra dans ton humble retraite. 

 

Ainsi, dans son amour constant,
Soupirait cette fleur, amante désolée ;
Quand la bergère accourt, vole, et passe en chantant ;
La fleur sous ses pas est foulée.

 

Son disque, à sa tige arraché,
Se brise et se flétrit sous le pied qui l’outrage ;
Il perd ses doux parfums, et languit desséché
Sur la pelouse du bocage.

 

Mais il ne fut pas sans attrait
Ce trépas apporté par la jeune bergère,
Et l’on dit que la fleur s’applaudit en secret
D’une mort si douce et si chère. "


 

Mythologie des fleurs - la violette

Emile Blémont (1839-1927) - poète

 


La violette

 

Sur sa fine tige en houlette
La violette
Tremble dans l'herbe du bois vert
Le coeur ouvert.

 

Elle a pour âme une odeur douce,
Comme la mousse
D'où son rêve silencieux
S'élève aux cieux.

 

Ton secret, rêveuse divine,
Je le devine :
C'est que le soleil et l'amour 
Sont de retour.

Mythologie des fleurs - la violette

 

Albert Mérat (1840-1909) - poète

Recueil : Les souvenirs (1872).


Les violettes

 

Une habitude longue et douce lui faisait
Aimer pendant l'hiver les violettes blanches ;
A l'agrafe du châle un peu court sur les hanches
Son doigt fin, sentant bon comme elles, les posait.

 

Un jour que le soleil piquant et clair grisait
Les moineaux francs criant par terre et dans les branches,
Elle me proposa d'aller tous les dimanches
Cueillir avec l'amour la fleur qui lui plaisait.

 

A présent, ce bouquet est tout ce que j'ai d'elle ;
Mais j'y trouve toujours, pénétrant et fidèle,
Un vivace parfum émané de mon cœur.

 

Tel le verre vidé qu'un souvenir colore :
Le regret du buveur pensif l'embaume encore
Et la lèvre y croit boire un reste de liqueur.

 

Mythologie des fleurs - la violette
Elizabeth Whitehead (1877-1927), violettes

Elizabeth Whitehead (1877-1927), violettes

Renée Vivien - poète (1877-1909)


Prière aux violettes

 

Dans un coin de violettes,
Sous la protection humble des violettes
Je remets les soupirs et les douleurs muettes
Qui viennent m’assiéger ce soir… Ce trop beau soir !…

 

Dans cet effondrement du final désespoir
Leur parfum est semblable aux prières des Saintes…
Ô fleur entre les fleurs ! Ô violettes saintes !

 

Lorsqu’enfin, en un temps, s’arrêtera mon cœur
Las de larmes, et tout enivré de rancœur,
Qu’une pieuse main les pose sur mon cœur !

 

Vous me ferez alors oublier, Violettes !
Le long mal qui sévit dans le cœur des poètes…
Je dormirai dans la douceur des violettes !


 

le bouquet de violettes William Worcester Churchill (1858 – 1926)

le bouquet de violettes William Worcester Churchill (1858 – 1926)

Mythologie des fleurs - la violette
La cueillette des violettes à Grasse

La cueillette des violettes à Grasse

voeux 1905

voeux 1905

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 00:13
 
Mythologie
 
"l'hellebore"
 
 
 
L’Hellébore, Ellébore  ou Rose de Noël (Helleborus) est une plante acaulescente de la famille des Renonculacées.
 
 
 
Dans le calendrier républicain, l'hellébore était le nom attribué au onzième jour du mois de pluviôse
 
 
D’une manière classique, il signifie :
 
"ôtez-moi mon angoisse, ne me laissez pas dans l’anxiété".
 
Mythologie des fleurs - l'Hellebore
 
 
On l'appelle également
herbe aux fous, pied de griffon, pied de lion, patte d’ours, rose de serpent ou pain de couleuvre, rose d'hiver, hellébore nacré, herbe de feu  ou hellébore à fleurs rose: la reine de l’hiver a plusieurs noms.
 
 
Hellebore vient du Grec "heleïn" faire mourir et "bora" nourriture, c'est-à-dire plante vénéneuse ; 
ou de "elleboros"  ellébore, plante utilisée contre la démence.
 
 
Dans la mythologie grecque, l'hellébore était associé à Chronos, le roi des Titans et père de Zeus. ​​​​​​​


 
Grâce aux effluves de cette herbe, Héraclès (Hercule) fut également libéré de la démence meurtrière dans laquelle Héra la jalouse, l ‘avait plongé.
 
 
Hercule à la croisée des chemins - Pompeo Batoni

Hercule à la croisée des chemins - Pompeo Batoni

Les anciens avaient appris à atténuer les effets toxiques de la vénéneuse hellébore et l ‘utilisaient pour guérir les personnes atteintes de démences.
Aujourd’hui, on l ‘utilise  en homéopathie dans le traitement des psychoses

 


Dans la la mythologie grecque,


Comme le rappelle A. Foucaud, Dioscoride attribue à Mélampe  la découverte des vertus étranges de l’hellébore (mélampode noir) : « Ayant remarqué que le lait de ses chèvres devenaient purgatif quand elles avaient brouté de l’hellébore, 


Trois filles de Proetus, roi d’Argos : Lysipe, Iphinoë et Iphianassa devenues folles par suite de la colère de Bacchus. Ces Proetides qui, nous conte Virgile dans la sixième Bucolique, se croyaient changées en génisses . Elles couraient à travers champs en poussant des beuglements, parcourant dans cet état toute l'Argolide, l'Arcadie et le Péloponnèse, effrayant les populations de leur délire. Mélampe promit de les guérir, si Prœtus lui donnait le tiers de son royaume. Le monarque ayant refusé, la folie de ses filles augmenta, et gagna le reste des femmes, qui toutes abandonnaient leurs maisons, faisaient périr leurs enfants, et se retiraient dans les lieux déserts. Prœtus consentit enfin à la demande de Mélampe, qui exigea un second tiers du royaume pour son frère Bias, et se mit à la poursuite des Argiennes avec un cortège de jeunes gens, qui poussaient des cris bizarres en exécutant une sorte de danse sacrée.

 

Les Prœtides quittèrent les montagnes, et entrèrent dans le pays de Sicyone. Iphînoé, l'aînée, mourut dans cette poursuite. Ses deux sœurs guérirent de leur folie et épousèrent Mélampe et Bias. 
 

 

Mythologie des fleurs - l'Hellebore

 

L'ellébore porte le nom d'anticyricón , notamment chez Dioscoride. 


Dans la Rome antique, le proverbe "Mettre le cap sur Anticyre" signifiait montrer des signes de folie ; on retrouve le proverbe chez Horace, Plaute et dans les Adages d’Érasme. 

Mythologie des fleurs - l'Hellebore

 

Selon une légende, une jeune bergère prénommée Madelon était très déçue de n’avoir aucun cadeau à remettre à l’enfant Jésus, alors que les rois mages en offraient de si beaux !

 

Elle se mit à pleurer. Un ange, la voyant si triste, transforma les larmes, qui tombaient sur la neige, en de jolies fleurs qu’elle put cueillir et offrir à l’enfant

Mythologie des fleurs - l'Hellebore

 

L'hellebore a différentes significations selon sa couleur:

 

blanc c'est une demande en mariage;

Mythologie des fleurs - l'Hellebore

 

L'hellebore noir symbolise la renaissance et annonce le retour de Flore.


il signifie : je vous supplie de mettre fin à mes tourments
 

Mythologie des fleurs - l'Hellebore

L'hellebore aux fleurs teintées de vert et ourlées de liserés rouge sombre, contrairement à son nom, répand un parfum envoûtant dont se servent les Nymphes engourdies par le froid pour attirer vers elles les jeunes gens et s'en réchauffer.

 

il interroge l'ami ou l'amie sur ses sentiments.

 

M'aimez-vous ?

Mythologie des fleurs - l'Hellebore

 

Eduard Mörike semble aussi être tombé amoureux de l’hellébore.

Son poème, décrit sa beauté, il commence ainsi "tu es la plus belle, enfant de la lune et pas du soleil."

Mythologie des fleurs - l'Hellebore
Walter Crane-Illustration fée Christmas Rose

Walter Crane-Illustration fée Christmas Rose

 

En littérature

 

Jean-François Regnard (1655-1709)

 

"Souvent notre bonheur malgré nous s’évapore
Et nous aurions besoin, tous, d’un grain d’ellébore"

 

Mythologie des fleurs - l'Hellebore
Jean de La Fontaine ( 1621-1695)
 
Le Lièvre et la Tortue
 
Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but. - Sitôt ? Etes-vous sage ?
Repartit l'animal léger.

Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d'ellébore.
- Sage ou non, je parie encore.
Ainsi fut fait : et de tous deux
On mit près du but les enjeux :
Savoir quoi, ce n'est pas l'affaire,
Ni de quel juge l'on convint.

Notre Lièvre n'avait que quatre pas à faire ;
J'entends de ceux qu'il fait lorsque prêt d'être atteint
Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux Calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter
D'où vient le vent, il laisse la Tortue
Aller son train de Sénateur.
Elle part, elle s'évertue ;
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire,
Tient la gageure à peu de gloire,
Croit qu'il y va de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s'amuse à toute autre chose
Qu'à la gageure. A la fin quand il vit
Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première.
Eh bien ! lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi, l'emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?

 
Mythologie des fleurs - l'Hellebore

 Sidonie Gabrielle Colette dite Colette -  Femme de Lettres, romancière

 


"Promises, inattendues, précieuses, prosternées mais bien vivantes, les éllébores hivernent. Tant que la neige les charge, elles restent fermées, ovoïdes, et sur l’extérieur de chaque pétale bombé, une trace vaguement rosée, semble seule indiquer qu’elles respirent. Le robuste feuillage en étoile, la raideur des tiges, autant de caractères par lesquels la plante proclame sa persistance émouvante" ….  "

 

Notre nuit du 24 était quand même une nuit de célébration, à notre silencieuse manière. Il était bien rare que Sido, n’eût pas trouvé dans le jardin, vivaces, épanouies sous la neige, les fleurs de l’éllébore que nous appelions rose de Noël. En bouquet, au centre de la table, leurs boutons clos, ovales, violentés par la chaleur du beau feu, s’ouvraient avec une saccade mécanique qui étonnait les chats et que je guettais comme eux … " 
 

Hellebores - Anne Cotteril

Hellebores - Anne Cotteril

Mythologie des fleurs - l'Hellebore
Mythologie des fleurs - l'Hellebore
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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 17:16

Mythologie


le myosotis

 

 

Le nom de Myosotis vient du grec "muosôtis" qui veut dire oreille de souris.


Le myosotis est une plante vivace possédant une souche rampante d’ou naissent des tiges anguleuses embrassées par des feuilles molles et poilues. Durant les beaux jours , il se pare de délicates fleurs bleues au cœur jaune, 


Parmi les noms communs, on trouve : grémillet, scorpione, herbe d'amour, oreille-de-souris. Ce dernier nom est d'ailleurs le sens du mot myosotis en grec, et correspond donc à l'origine étymologique du nom.

 

Dans l'antiquité, le myosotis soignait les maladies des yeux.
 

 


 

Mythologie des fleurs - le myosotis


Cette jolie plante herbacée aux fleurs discrètes s’est faite porteuse de puissants messages de liens d’amour qui résistent au temps et à la mort, la fleur du paradis et le salut de l’âme qui entre au royaume des Cieux.


Dans le symbolisme populaire, le myosotis est attaché au souvenir, 
- Aimez-moi, souvenez-vous-de-moi 
- Plus je vous vois, plus je vous aime, 
- Pensez à moi 
- Ne m'oubliez pas

 

Mythologie des fleurs - le myosotis
Mythologie des fleurs - le myosotis
Mythologie des fleurs - le myosotis
Mythologie des fleurs - le myosotis

Selon une légende germanique

 

au Moyen Âge… Un chevalier revenait de croisade, et retrouva sa Belle. La veille de leur mariage, les amoureux se promenaient le long de la rivière ; en souvenir de cette journée la Belle lui demande quelques une des charmantes petites fleurs bleues qui poussent au bord de l'eau.

 

Heureux de lui faire plaisir, le chevalier s'approcha de l'eau, se pencha, mais perdit l'équilibre à cause de son armure. Il glissa, tomba à l'eau et fut entrainé par le courant. Alors qu'il se noyait, il réussit à lancer la fleur vers sa dame en criant

 

"Vergiss mich nicht…" (Ne m’oubliez pas) 
 

Mythologie des fleurs - le myosotis

 

 

Cette symbolique est aussi utilisée dans le poème de la cantate Vergißmeinnicht.


Vergißmeinnicht (Ne m'oubliez pas), est une cantate composée par Anton Bruckner en 
1845.

 

Ne m'oubliez pas


Dans la prairie fleurissaient joliment
De nombreuses fleurs, rouges et bleues,
Blanches et jaunes, et parmi elles
L'herbe ondulait en un vert attrayant.

Le garçon était assis sur les genoux de sa mère
Et lui demanda : « Chère maman ! Je suis déjà grand,
Laisse-moi aller sauter parmi les petites fleurs,
J'aimerais leur chanter ma chansonnette ! ».

« Allez, va sauter, – répondit la mère, –
Petit impatient, tu n'arrêteras pas de le demander,
Mais reviens vite, mon petit garçon !
Vas-y, saute et chante ta chansonnette ! »

Elle embrassa tendrement le garçon, qui sauta
Gaiement vers le bas de la petite colline,
Et chanta sa chansonnette dans la vallée ombreuse,
Jubilant ; «Maintenant, j'ai tout ce que je veux ! »

Il courut de bas en haut, et de haut en bas,
La mère appela : « Apporte des fleurs,
N'oublie pas les petites fleurs bleu clair,
Tu en trouveras le long du ruisseau ! »

La mère jouissait de la course joyeuse
De son petit ange parmi les fleurs,
Elle pria avec profonde reconnaissance,
Que le garçon était un don du ciel.

Les fleurs embrassaient la bouche du garçon,
Elle se penchaient vers lui en une ronde gracieuse,
Il se coucha fatigué parmi elles,
Et chuchota : « Je vais faire un petit somme. »

Caché sous le couvert des fleurs,
Le petit s'endormit bientôt doucement en silence ; –
La mère appela plusieurs fois, mais en vain,
« Où est mon petit enfant, Seigneur de ma vie ? »

Elle se précipita en se lamentant vers la vallée,
Appelant toute tremblante cent fois son petit amour,
Cria déchirée, – en torturante insistance –
Elle vit là – un serpent chatoyant !

Il se pelotonnait dans l'herbe et s'en allait froissant,
Respirant difficilement la mère scruta l’endroit,
– Un cri d'horreur sortit de sa poitrine, –
Et elle s'écroula, inconsciente.

Comme une petite fleur fanée à l'aube,
Ainsi son petit amour était couché, mort !
Avec un sourire douloureux dans sa pâle figure,
Il tenait fermement dans sa petite main – des " Ne m'oubliez pas".

 

Mythologie des fleurs - le myosotis

Sous la plume Jean-Michel Maulpoix, poète et critique littéraire français,
le bleu se métamorphose métaphoriquement en ondines (les ondes, les nymphes ou génies des eaux, dont leurs larmes sont dit-on, à l'origine des eaux des puits), 

 

puis en une naïade : nom de la fleur ''Myosotis'' dans la mythologie celtique.
 

J.J. Grandville - myosotis

J.J. Grandville - myosotis

Mythologie des fleurs - le myosotis

Selon une autre légende Dieu avait assemblé toutes les fleurs pour leur donner à chacune un nom, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une toute petite fleur bleue à peine visible, qui s'écria

"Ne m’oubliez pas!" "Ainsi sera ton nom", décida-t-il alors.

Mythologie des fleurs - le myosotis
Mythologie des fleurs - le myosotis

 

Et aussi les contes de fées

 

La fée du myosotis donne le pouvoir de découvrir les trésors cachés. Mais il faut se garder de faire un bouquet comportant moins de treize myosotis, à moins d'en compléter le nombre avec des violettes, sinon le bouquet portera malheur.
 

Mythologie des fleurs - le myosotis
La fée myosotis

La fée myosotis

La fée myosotis

La fée myosotis

En Littérature
Recueil : L'Arc-en-ciel

 

Cécile Joséphine Julie Lavergne (1823-1886)

 

Deux fleurs

 

.......Une fois pourtant je vis une belle fleur, et je ne la cueillis pas. Nous jouions à cache-cache dans une allée du bois. Ce jour-là mon grand-père avait emporté la Gazette. Il s’était assis au soleil, dans une clairière, et nous laissait jouer. Aussi courions-nous de tous côtés, selon l’habitude des enfants, qui sont toujours las quand leurs parents ou leurs bonnes veulent marcher, et courent comme des lièvres dès que les gens raisonnables se décident à s’asseoir et les engagent à se reposer.

 

Je m’écartai, heureuse de me sentir pour la première fois de ma vie seule, libre, et cela dans un bois que je savais fort bien ne renfermer aucune bête féroce, et dont mon grand-papa avait la clef dans sa poche. N’étant pas cependant sans quelque inquiétude à l’endroit des couleuvres, dont j’ai toujours eu la plus grande frayeur du monde, je m’étais munie d’une baguette de coudrier, et je battais les buissons à grand bruit. Je quittai le sentier, j’entrai dans les taillis et j’arrivai bientôt au bord du fossé.

 

L’épais feuillage des arbres qui l’ombrageaient arrêtait si bien les rayons du soleil de midi, que l’eau dormante semblait un miroir noir où se réfléchissaient les chênes et les roseaux, et, à travers les à-jour des ramées, l’azur et les nuages légers errant au ciel. Je regardai l’eau, et je vis droite, et non loin de la rive où j’étais, une belle tige de cette plante que les savants appellent myosotis, et les bonnes gens, ne m’oubliez pas.

 

Ses fleurs, d’un bleu charmant, ressortaient sur l’eau morne et la sombre verdure comme des turquoises l’eussent fait sur un velours noir. Il m’eût été facile de l’atteindre. Avec ma baguette j’aurais pu attirer à moi sa tige frêle et cueillir cette jolie fleur. Mais je pensai que si je la laissais où le bon Dieu l’avait mise, la plante aux fleurs azurées se reproduirait l’année suivante et charmerait encore d’autres yeux que les miens, si toutefois je ne revenais plus. Et, jetant un dernier regard sur la fleur solitaire, je m’éloignai.

 

Bien souvent, dans les jours de bonheur comme dans les jours de larmes et d’effroi, je me suis rappelé le gracieux tableau que j’avais admiré, et cette fleurette me semblait l’image de ces sourires, de ces caresses maternelles qui furent les premières et les plus grandes joies de notre enfance, et dont le souvenir nous accompagne jusqu’au tombeau.

 

La très douce et maternelle Providence, en prenant soin de nous, en nous donnant la vie, le pain et la lumière, nous donne encore, pour charmer notre exil, les fleurs, gracieux vestiges du paradis que nous avons perdu ; les fleurs, prémices des campagnes célestes, notre future patrie.

 

Mon Dieu ! soyez béni d’avoir créé les fleurs..........

Mythologie des fleurs - le myosotis

Théophile Gautier (1811-1872)

 

La source

 

Tout près du lac filtre une source,
Entre deux pierres, dans un coin ;
Allègrement l'eau prend sa course
Comme pour s'en aller bien loin.

 

Elle murmure : Oh ! quelle joie !
Sous la terre il faisait si noir !
Maintenant ma rive verdoie,
Le ciel se mire à mon miroir.

 

Les myosotis aux fleurs bleues
Me disent : Ne m'oubliez pas !
Les libellules de leurs queues
M'égratignent dans leurs ébats ;

 

A ma coupe l'oiseau s'abreuve ;
Qui sait ? - Après quelques détours
Peut-être deviendrai-je un fleuve
Baignant vallons, rochers et tours.

 

Je broderai de mon écume
Ponts de pierre, quais de granit,
Emportant le steamer qui fume
A l'Océan où tout finit.

 

Ainsi la jeune source jase,
Formant cent projets d'avenir ;
Comme l'eau qui bout dans un vase,
Son flot ne peut se contenir ;

 

Mais le berceau touche à la tombe ;
Le géant futur meurt petit ;
Née à peine, la source tombe
Dans le grand lac qui l'engloutit !

Mythologie des fleurs - le myosotis

 

Rosemonde Gérard Rostand (1866-1953)
Recueil : "L'Arc-en-ciel"

 

 

Le myosotis

 

« Plus je vous vois, plus je soupire »
Dit une fleur qui sait parler…
Et je t’offre, avec mon sourire,
Des yeux qui t’ont toujours aimé.

 

« N’oubliez jamais votre amour »
Dit encore la fleur qui s’alarme…
Et je te donne, avec mes larmes,
Des yeux qui t’aimeront toujours !

 

Mythologie des fleurs - le myosotis

 

de Georges Brassens


Le myosotis
 (pour Sacha Distel) 

 

Quand tu partis, quand
Tu levas le camp
Pour suivre les pas
De ton vieux nabab,
De peur qu' je n' sois triste,
Tu allas chez l' fleuriste
Quérir un' fleur bleue,
Un petit bouquet d'adieu,
Bouquet d'artifice ;
Un myosotis,
En disant tout bas
Ne m'oubliez pas.

 

Afin d'avoir l'heur'
De parler de toi,
J'appris à la fleur
Le langag' françois.
Sitôt qu'elles causent
Paraît que les roses
Murmurent toujours
Trois ou quatre mots d'amour.
Les myosotis
Eux autres vous dis'nt,
Vous disent tout bas :
Ne m'oubliez pas.

 

Les temps ont passé.
D'autres fiancées,
Parole d'honneur,
M'offrir'nt le bonheur.
Dès qu'une bergère
Me devenait chère,
Sortant de son pot
Se dressant sur ses ergots
Le myosotis
Braillait comme dix
Pour dire "Hé là-bas,
Ne m'oubliez pas."

 

Un jour Dieu sait quand,
Je lèv'rai le camp,
Je m'envol'rai vers
Le ciel ou l'enfer.
Que mes légataires,
Mes testamentaires,
Aient l'extrême bonté,
Sur mon ventre de planter
Ce sera justic'
Le myosotis
Qui dira tout bas :
Ne m'oubliez pas.

 

Si tu vis encor',
Petite pécor',
Un d' ces quat' jeudis,
Viens si l'coeur t'en dit
Au dernier asile
De cet imbécile
Qui a gâché son coeur,
Au nom d'une simple fleur.
Y a neuf chanc's sur dix
Qu' le myosotis
Te dise tout bas :
Ne m'oubliez pas.

 

Mythologie des fleurs - le myosotis

 

Emblèmes et symboles

 


En 1948, le myosotis fut adopté comme emblème maçonnique à la première conférence annuelle des Grandes Loges unies d'Allemagne, des Maçons anciens francs & acceptés. La fleur, souvent représentée comme pictogramme, rappelle le souvenir de tous ceux qui ont souffert au nom de la franc-maçonnerie, spécialement durant la période nazie.

Mythologie des fleurs - le myosotis
Mythologie des fleurs - le myosotis

 

Le myosotis est aussi devenu le symbole de la Société Alzheimer.

 

Il symbolise la perte de mémoire, l'un des symptômes de la maladie d'Alzheimer, et nous invite à ne pas oublier les personnes atteintes de cette maladie et leurs aidants.

Mythologie des fleurs - le myosotis
Mythologie des fleurs - le myosotis

 

Dans l’Ain, une croyance veut que l’on perde la mémoire lorsqu’on le piétine.

 

Robert Desnos, Chantefleurs


Le Myosotis


Ayant perdu toute mémoire
Un myosotis s’ennuyait
Voulait-il conter une histoire ?
Dès le début, il l’oubliait.
Pas de passé, pas d’avenir,
Myosotis sans souvenir.

Mythologie des fleurs - le myosotis
Mythologie des fleurs - le myosotis

 

Il est aussi le symbole de la Journée internationale des enfants disparus, fixée au 25 mai (proclamée en 1983 par le président des États-Unis d'Amérique).

 

Depuis 2002, Child Focus, fondation belge pour enfants disparus et sexuellement exploités, relaye et organise, chaque année, cette journée. À cette occasion, en Belgique, des myosotis sous forme de broches ou d'autocollants, et des sachets de graines de cette petite fleur bleue sont distribués gratuitement à la population, grâce aux volontaires qui les déposent dans une multitude de petits commerces. 
 

Mythologie des fleurs - le myosotis
Mythologie des fleurs - le myosotis

 

En 2015, les fleurs de myosotis ont été choisies pour célébrer le centenaire du génocide arménien parce qu'elles expriment la notion "du souvenir éternel"

Mythologie des fleurs - le myosotis
Mythologie des fleurs - le myosotis
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