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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 23:40

Renée Vivien, 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris,

surnommée « Sapho 1900 », 

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.

Ton rire est clair, ta caresse est profonde


Ton rire est clair, ta caresse est profonde, 
Tes froids baisers aiment le mal qu’ils font ; 
Tes yeux sont bleus comme un lotus sur l’onde, 
Et les lys d’eau sont moins purs que ton front. 


Ta forme fuit, ta démarche est fluide, 
Et tes cheveux sont de légers roseaux ; 
Ta voix ruisselle ainsi qu’un flot perfide ; 
Tes souples bras sont pareils aux roseaux, 


Aux longs roseaux des fleuves, dont l’étreinte 
Enlace, étouffe, étrangle savamment, 
Au fond des flots, une agonie éteint 
Dans un nocturne évanouissement.


http://img1.picmix.com/output/pic/original/1/7/4/1/2301471_8ea0a.gif

Renée Vivien
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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 22:14
Renée VIVIEN,
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris,

Surnommée « Sapho 1900 », elle est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.


Ta royale jeunesse a la mélancolie

Ta royale jeunesse a la mélancolie 
Du Nord où le brouillard efface les couleurs, 
Tu mêles la discorde et le désir aux pleurs, 
Grave comme Hamlet, pâle comme Ophélie.

Tu passes, dans l'éclair d'une belle folie, 
Comme elle, prodiguant les chansons et les fleurs, 
Comme lui, sous l'orgueil dérobant tes douleurs,
Sans que la fixité de ton regard oublie.

Souris, amante blonde, ou rêve, sombre amant, 
Ton être double attire, ainsi qu'un double aimant, 
Et ta chair brûle avec l'ardeur froide d'un cierge.

Mon coeur déconcerté se trouble quand je vois 
Ton front pensif de prince et tes yeux bleus de vierge, 
Tantôt l'Un, tantôt l'Autre, et les Deux à la fois.

http://img1.picmix.com/output/pic/original/1/0/5/1/1901501_00b36.gif


Renée Vivien
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7 novembre 2013 4 07 /11 /novembre /2013 01:51

Marceline Desbordes-Valmore,

 

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

 

est une poétesse française.



Malheur à moi
Les pleurs

                  Ah ! ce n’est pas aimer que prendre sur soi-même
                  De pouvoir vivre ainsi loin de l’objet qu’on aime.
                                              ANDRÉ CHÉNIER.


Malheur à moi ! je ne sais plus lui plaire ;
Je ne suis plus le charme de ses yeux ;
Ma voix n’a plus l’accent qui vient des cieux,
Pour attendrir sa jalouse colère ;
Il ne vient plus, saisi d’un vague effroi,
Me demander des serments ou des larmes.
Il veille en paix, il s’endort sans alarmes :
                Malheur à moi !

Las de bonheur, sans trembler pour ma vie,
Insoucieux, il parle de sa mort !
De ma tristesse il n’a plus le remord,
Et je n’ai pas tous les biens qu’il envie !
Hier, sur mon sein, sans accuser ma foi,
Sans les frayeurs que j’ai tant pardonnées,
Il vit des fleurs qu’il n’avait pas données :
                Malheur à moi !

Distrait d’aimer, sans écouter mon père,
Il l’entendit me parler d’avenir ;
Je n’en ai plus, s’il n’y veut pas venir.
Par lui je crois, sans lui je désespère ;
Sans lui, mon Dieu ! comment vivrai-je en toi ?
Je n’ai qu’une âme, et c’est par lui qu’elle aime ;
Et lui, mon Dieu, si ce n’est pas toi-même,
                Malheur à moi !

Illustration mcp
Malheur à moi (I)
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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 00:59

Marceline Desbordes-Valmore,

 

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

 

est une poétesse française.





Les Lettres
Elégies

        Hélas ! que voulez-vous de moi,
    Lettres d’amour, plaintes mystérieuses ?
Vous dont j’ai repoussé longtemps avec effroi
        Les prières silencieuses,
Vous m’appelez ... je rêve, et je cherche, en tremblant,
Sur mon cœur, une clef qui jamais ne s’égare :
D’un éclair l’intervalle à présent nous sépare ;
        Mais cet intervalle est brûlant !

Je n’ose respirer ! triste sans amertume,
Au passé, malgré moi, je me sens réunir :
Las d’oppresser mon sein, l’ennui qui me consume
        Va m’attendre dans l’avenir.
Je cède : prends sa place, ô délirante joie !
Laisse fuir la douleur, cache-moi l’horizon :
        Elle t’abandonne sa proie,
        Je t’abandonne ma raison !
Oui, du bonheur vers moi l’ombre se précipite :
De ce pupitre ouvert l’amour s’échappe encor.
        Où va mon âme ? ... elle me quitte ;
Plus prompte que ma vue, elle atteint son trésor !

Il est là ! ... toujours là, sous vos feuilles chéries,
    Frêles garants d’une éternelle ardeur ;
Unique enchantement des tristes rêveries
            Où m’égara mon cœur !
        De sa pensée échos fidèles,
        De ses vœux discrets monuments,
L’Amour, qui l’inspirait, a dépouillé ses ailes
        Pour tracer vos tendres serments.
Soulagement d’un cœur, et délices de l’autre,
Ingénieux langage et muet entretien !
L’empire de l’absence est détruit par le vôtre ;
Je vous lis, mon regard est fixé sur le sien !
Ne renfermez-vous pas la promesse adorée
Qu’il n’aimera que moi ... qu’il aimera toujours ?
        Cette fleur qu’il a respirée,
        Ce ruban qu’il porta deux jours ? ...
Comme la volupté, que j’ai connue à peine,
La fleur exhale encore un parfum languissant ;
        N’est-ce pas sa brûlante haleine ?
N’est-ce pas de son âme un souffle caressant ?
Du ruban qu’il m’offrit que la couleur est belle !
        Le ciel n’a pas un bleu plus pur ;
        Non, des cieux le voile d’azur
        Ne me charmerait pas comme elle !

Qu’ai-je lu ? ... Le voilà, son éternel adieu !
Je touchais au bonheur, il m’en a repoussée ;
En appelant l’espoir, ma langue s’est glacée ;
Et ma froide compagne est rentrée en ce lieu !
Ô constante douleur ! sombre comme la haine,
            Vous voilà de retour !
Prenez votre victime, et rendez-lui sa chaîne ;
Moi, je vous rends un cœur encor tremblant d’amour !


Illustration mcp
Les lettres
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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 00:29

Marceline Desbordes-Valmore,

 

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

 

est une poétesse française.



J’avais froid
Pauvres fleurs

Je l’ai rêvé ? c’eût été beau
De s’appeler ta bien-aimée ;
D’entrer sous ton aile enflammée,
Où l’on monte par le tombeau :
Il résume une vie entière,
Ce rêve lu dans un regard :
Je sais pourtant que ta paupière
En troubla mes jours par hasard.

Non, tu ne cherchais pas mes yeux
Quand tu leur appris la tendresse ;
Ton cœur s’essayait sans ivresse,
Il avait froid, sevré des cieux :
Seule aussi dans ma paix profonde,
Vois-tu ? j’avais froid comme toi,
Et ta vie, en s’ouvrant au monde,
Laissa tomber du feu sur moi.

Je t’aime comme un pauvre enfant
Soumis au ciel quand le ciel change ;
Je veux ce que tu veux, mon ange,
Je rends les fleurs qu’on me défend.
Couvre de larmes et de cendre,
Tout le ciel de mon avenir :
Tu m’élevas, fais-moi descendre ;
Dieu n’ôte pas le souvenir !

Illustration mcp
J'avais froid
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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 00:38

Marceline Desbordes-Valmore,

 

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

 

est une poétesse française.



L’Insomnie
Elégies

Je ne veux pas dormir. Ô ma chère insomnie !
        Quel sommeil aurait ta douceur ?
L’ivresse qu’il accorde est souvent une erreur,
Et la tienne est réelle, ineffable, infinie.
Quel calme ajouterait au calme que je sens ?
Quel repos plus profond guérirait ma blessure ?
Je n’ose pas dormir ; non, ma joie est trop pure ;
        Un rêve en distrairait mes sens.

Il me rappellerait peut-être cet orage
Dont tu sais enchanter jusques au souvenir ;
Il me rendrait l’effroi d’un douteux avenir,
Et je dois à ma veille une si douce image !
Un bienfait de l’Amour a changé mon destin :
Oh ! qu’il m’a révélé de touchantes nouvelles !
Son message est rempli ; je n’entends plus ses ailes :
        J’entends encor : demain, demain !

        Berce mon âme en son absence,
        Douce insomnie, et que l’Amour
        Demain me trouve, à son retour,
        Riante comme l’espérance.
Pour éclairer l’écrit qu’il laissa sur mon cœur,
        Sur ce cœur qui tressaille encore,
Ma lampe a ranimé sa propice lueur,
        Et ne s’éteindra qu’à l’aurore.

Laisse à mes yeux ravis briller la vérité ;
Écarte le sommeil, défends-moi de tout songe :
Il m’aime, il m’aime encore ! Ô Dieu ! pour quel mensonge
Voudrais-je me soustraire à la réalité ?
Illustration mcp
Insomnie
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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 02:32

Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.



« Quoi ! les flots sont calmés »
Elégies

Quoi ! les flots sont calmés, et les vents sans colère
Aplanissent la route où je vais m’égarer !
J’ai vu briller le phare, et l’onde qui s’éclaire
Double l’affreux signal qui doit nous séparer !
Que fait-il ? Ah ! s’il dort, il rêve son amie ;
Bercé dans mon image, il attend le réveil :
Comme l’onde paisible, il me croit endormie,
Et son rêve abusé sourit à mon sommeil.

Emmenez-moi, ma sœur. Dans votre sein cachée,
Comme une pâle fleur de sa tige arrachée,
Sauvez-moi de ces lieux. Dites : C’est sans retour !
Cet effort finira ma vie ou mon amour.
Emportez ma douleur loin de lui, loin du monde ;
Loin de moi, s’il se peut, ma sœur, emportez-moi.
Mais la nuit qui nous couvre est-elle assez profonde ?
Oh ! non ; les flots, le ciel tout me remplit d’effroi.
Est-il temps de mourir ? Et lui, lui que j’adore,
Ne puis-je, en le fuyant, vous le nommer encore ?
Ne puis-je de sa voix appeler la douceur ?
Ne puis-je le revoir ? ... Non, sauvez-moi, ma sœur.
Mon mal est dans sa vue ; et lorsque j’y succombe,
Mon mal doit vous toucher, ce n’est pas le remord.
Cachez-moi dans vos bras, dans la nuit, dans la tombe ;
Je demande à le fuir, je ne crains plus la mort.

Venez ! s’il descendait sur la plage déserte,
Un charme sur mes pas attirerait ses pas :
Prête à me confier à la vague entr’ouverte,
Je lui dirais adieu... je ne partirais pas.

Il sait tout. Ô ma sœur ! il demandait mon âme ;
Nos regards se parlaient malgré nous confondus :
Tout baignés de tristesse, et de pleurs et de flamme,
Dans ses regards si doux les miens se sont perdus.
Et je fuis ! et des cieux la pitié m’abandonne !
Je ne les verrai plus, ils étaient dans ses yeux.
Si tu voyais ses yeux ! Oh ! l’ange qui pardonne
Doit regarder ainsi quand il ouvre les cieux !

J’étais seule avec lui, j’écoutais son silence ;
L’heure, une fois pour nous, perdit sa vigilance.
Contre un penchant si vrai, si longtemps combattu,
Ma sœur, je n’avais plus d’appui que sa vertu.
Pour arracher mon cœur à sa peine chérie,
Et distraire du sien la sombre rêverie,
Je cherchais le secours de ces accords puissants,
Qui de plus d’un orage avaient calmé ses sens.
J’essayais, d’une main faible et mal assurée,
Cet art consolateur d’une âme déchirée ;
Je disputais son âme à ses vagues désirs ;
Je ramenais le temps de nos plus doux loisirs ;
Son sourire trompait ma crédule espérance,
Et j’unissais ainsi la ruse à l’innocence.
Dieu ! que je m’abusais à ce calme trompeur !
Pour la première fois son regard me fit peur ;
De ma gaîté timide il détruisit les charmes,
Et ma voix s’éteignit dans un torrent de larmes.
« Non ! dit-il, non, jamais tu n’as connu l’Amour ! »
J’ai voulu me sauver... il pleurait à son tour :
J’ai senti fuir mon âme effrayée et tremblante ;
Ma sœur, elle est encor sur sa bouche brûlante.

Sauvez-moi ! sauvez-moi ! De lointaines clameurs
Appellent au rivage une barque tardive.
De l’écho du rocher que la voix est plaintive !
Répondez-lui pour moi, je vous suivrai... je meurs.


Illustration mcp
Les flots se sont calmés
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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 01:01
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.

Le Ruban
Elégies

    Cette couleur, autrefois adorée,
        Ne doit plus être ma couleur ;
Elle blesse mes yeux, elle attriste mon cœur,
En retraçant l’espoir qui m’avait égarée.
    Pour un objet plus frivole que moi,
Reprenez ce lien qui n’a rien de durable;
Celui qui m’enchaîna longtemps sous votre loi
        Ne me parut que trop aimable !
Il est brisé par vous, et brisé sans retour :
Faut-il en rappeler le souvenir pénible ?
        Oubliez que je fus sensible,
        Je l’oublîrai peut-être un jour.

        Je pardonne à votre inconstance
        Les maux qu’elle m’a fait souffrir ;
        Leur excès m’en a su guérir :
C’est à votre abandon que je dois l’existence.
J’ai repris le serment d’être à vous pour toujours ;
Mais mon âme un instant fut unie à la vôtre,
        Et, je le sens, jamais un autre
N’aura mes vœux, ne fera mes beaux jours.
        Ces jours consacrés à vous plaire,
        Ces vœux, si tendres et si doux,
        Et toujours inspirés par vous,
        Désormais qu’en pourrai-je faire ?
        Aime-t-on dès qu’on veut aimer ?
Si je trouve un amant plus fidèle et plus tendre,
        Mieux que vous il saura m’entendre;
    Mais comme vous saura-t-il me charmer ?
        Pourquoi feignez-vous de le croire ?
Vous offensez l’amour, en accusant mon cœur :
        Ah ! cet amour eût fait ma gloire,
        S’il avait fait votre bonheur !
Votre bonheur, hélas ! sera d’être volage ;
Vous séduirez encor dès qu’on vous entendra ;
Vous ferez le tourment de qui vous aimera ;
Et de vous, en fuyant, j’ai gardé cette image :

 
    « Aussi léger que prompt à s’enflammer,
    De l’amour en riant il inspire l’ivresse ;
        Mais pourquoi, quand son amour cesse,
        Ne cesse-t-on pas de l’aimer ? »


Illustration mcp
Le ruban
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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 00:30
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.



Les séparés

N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre.
Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau.
J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre,
Et frapper à mon cœur, c’est frapper au tombeau.
                N’écris pas !

N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu’à Dieu… qu’à toi, si je t’aimais !
Au fond de ton absence écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.
                N’écris pas !

N’écris pas. Je te crains ; j’ai peur de ma mémoire :
Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent.
Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
                N’écris pas !

N’écris pas ces doux mots que je n’ose plus lire :
Il semble que ta voix les répand sur mon cœur ;
Que je les vois brûler à travers ton sourire ;
Il semble qu’un baiser les empreint sur mon cœur.
                N’écris pas !

Illustration mcp
Les séparés
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Julien Clerc Les séparés -
paroles Marceline Desbordes Valmore 
(Pour lire couper la musique du blog en haut à gauche)

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 03:01
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.

Les mots tristes
L'attente

Quoi ! je mourrai ! quoi ! le temps à sa suite
Amènera l’irrévocable jour,
Le jour muet et sombre, où sans retour
S’arrêtera ce cœur qui bat si vite !
Madame Amable Tastu.

Souvent toute plongée au fond de ma tendresse,
Expiant, Dieu le veut ! le nom de ta maîtresse,
Je pense que je souffre (aimer tant, c’est souffrir),
Qu’un jour je t’ai vu pâle, et que l’on peut mourir
Jeune, entends-tu ! Je meurs pour mourir la première,
Pour braver avant toi la nuit ou la lumière.
J’entends des mots affreux tinter autour de moi,
Ces mots que dans l’enfance on apprend sans les croire,
Roulant, sans la troubler, au fond de la mémoire,
Inécoutés longtemps, longtemps vides d’effroi,
Tout à coup pleins d’accents, pleins de deuil, pleins de larmes,
Bondissant sur le cœur comme un tocsin d’alarmes !
C’est la cloche effrayée au cri sinistre et prompt,
Dont le pouls bat rapide et fiévreux dans l’espace,
Redoublant son frisson avec la mort qui passe :
De pâleur et de crainte elle cerne mon front.
Sous mes cheveux levés une eau froide circule.
Ah ! ne t’étonne pas. J’aime ! je suis crédule ;
Ou plutôt, j’ai des yeux qui plongent sous les fleurs,
Au fond de nos baisers je sens rouler des pleurs !

L’avenir sonne ; arrête ! Oh ! que nous marchons vite !
Qu’une heure a peu de poids sur un cœur qui palpite!


I
Ne peut-on lentement respirer le bonheur,
Vivre sans éveiller le temps et le malheur ?
Embrasse-moi : plus près de ta moitié qui tremble,
Laisse passer la vie ; elle nous aime ensemble !
Quand tu m’as dit adieu, je me donne à rêver,
Et les mots qui font peur reviennent me trouver,
Ils disent que l’on meurt en sortant d’une fête,
Et je t’y vois courir, et je cache ma tête,
Et leurs sons plus aigus sifflent entre mes doigts :
« On meurt ! on meurt ! on meurt ! on se quitte une fois ! »
Puis ton nom !… Ah ! ce nom m’éveille ; il me rassure.
Ton baiser presse encor mes lèvres, j’en suis sûre !
Et je m’appelle folle en me sentant frémir.
Vois ! qu’un portrait de toi serait doux sous mes larmes ;
Et je n’ai que ton nom, ton nom ; pas d’autres armes.
Si je chantais, ma voix sortirait pour gémir ;
A mon âme qui pense elle reste attachée ;
Dans mes pâles tourments je demeure cachée :
Alors je rêve un monde où dureront toujours
Les caresses du cœur et les libres amours !
Prends mes ailes, viens ! viens, où jamais la pensée
N’est un poignard armé contre une âme oppressée.
Songes-y ! plus d’absence, et personne entre nous.
Là, nos trames d’amour n’ont plus de nœuds jaloux ;
Là, jamais un fil noir ne traverse la joie
Des fuseaux toujours pleins d’or et de pure soie !

Avant de t’avoir vu, devines-tu comment
J’entrevoyais du ciel le vague enchantement ?
Je regardais toujours, comme à travers un voile
On s’amuse à chercher la forme d’une étoile.
Sous l’immense rideau je ne pouvais saisir


II
L’Attente
Que des objets sans traits pour mes yeux sans désir,
Trop faible à m’élancer au delà de mon être,
Je rentrais dans ma vie, en te cherchant peut-être ;
Car, toujours comme toi brûlante avec langueur,
Sans t’avoir vu des yeux, je te cherchais du cœur !

Et je disais le soir aux vives étincelles
Qui dans l’ombre éclairaient mes doutes à genoux :
« Dieu jette-t-il aux nuits de si douces parcelles,
Pour écrire son nom entre le ciel et nous ! »

Et je rêvais le bruit de feuilles immortelles
Qui ne s’envolent plus sous l’haleine de l’air,
Sans nuit, sans froid, sans peur d’expier par l’hiver
De longs jours transparents comme les cœurs fidèles !
Et puis, en frissonnant, j’osais rêver encor
Je ne sais quel appui qui manquait à mon sort !

Là, du moins, je voyais les pauvres sans alarmes,
Sortis de leurs lambeaux, que Dieu n’a pas perdus,
Rassasiés d’un pain qui ne s’épuise plus,
À l’immense festin payé de tant de larmes ;

Un roi, de l’homme nu devinant les douleurs,
Sans sceptre, sans couronne, à la pitié sensible,
Agenouillé devant sa victime paisible,
Pesant ses fers tombés et les mouillant de pleurs ;

Du riche repentant l’âme enfin éclairée,
Versant un doux breuvage à quelque âme altérée :
C’était beau ! c’était tout. Quand ta voix me parla,
Le rideau s’entr’ouvrit, l’éternité brûla !
Le ciel illuminé s’emplit de ta présence ;
Dieu te mit devant moi, je compris sa puissance.
En passant par tes yeux mon âme a tout prévu :
Dieu, c’est toi pour mon cœur. J’ai vu Dieu : je t’ai vu !

Mais, pour te retrouver dans cette joie immense,
Il faut franchir l’espace, et la mort le commence.
Horreur ! il faut passer par un étroit cercueil,
Quitter ta main qui brûle, et ta voix toujours tendre.
Ah ! dans le désespoir d’être un jour sans l’entendre,
Tout mon ciel se referme… En tremblant, sur le seuil
Où la cloche qui pleure est toujours entendue.
Pour nous éteindre à deux, je suis redescendue ;
Où ces signaux de mort, envoyés devant moi,
S’allument, et longtemps tremblent comme des lampes,
Qu’on voit glisser au loin sur les gothiques rampes
D’une église, où je vais le soir prier pour toi.
Dis : cette ombre qui passe auprès de la chapelle,
Est-ce ton âme en peine, en quête de mon sort,
Sous une aile tremblante et paresseuse encor,
Dont le doux bruit de plume et m’effleure et m’appelle ?
« Heureux qui s’abandonne, » oh ! tu l’as dit souvent,
« Et qui s’envole à Dieu comme la plume au vent ! »

Mais, tiens : pour remonter, intrépide hirondelle,
Le chemin lumineux qui ramène au soleil,
Pour partir en aveugle, en joie, à tire-d’aile.
Et ne voir devant soi que l’horizon vermeil,
Il faut mourir enfant ! Il faut, doux somnambule,
S’élançant par la tombe aux jardins sans hivers,
Ne pas se réveiller à la voix des pervers,
Et du sein maternel s’en retourner crédule,
Comme un doux rossignol sort du fond d’une fleur,
Sans avoir répandu sa voix sur la vallée,
Et va frapper aux cieux pour son hymne exilée
Qui ne veut pas apprendre à chanter la douleur.
Beaux enfants ! tout pétris de baisers, de prières,
Faibles cygnes tombés des célestes bruyères,
Au duvet encor chaud de la main du Seigneur,
Et qui ne voulez pas ramper vers le malheur,
Vous faites bien ! Restez à l’alphabet d’un ange,
Dont chaque lettre sainte est un signe d’amour ;
Solfège harmonieux où nul accord ne change,
Va dont la clef sonore ouvre un autre séjour !
Mais, quand Dieu nous reprend vos ailes et vos charmes,
Que dit-il de les voir humides de nos larmes ?…

Et toi ! viens-tu ? Viens donc ! car au bruit de tes pas
Ma peur s’envolerait : je ne les entends pas !
J’étends mes mains au jour, et je le trouve sombre.
Je cherche à m’appuyer comme un enfant dans l’ombre.
Je lis, ou je crois lire ; et les lugubres mots,
En oracles rangés décrivent deux tombeaux
Qui, retenant sur eux ma frayeur arrêtée,
Sortent en traits de plomb de la page irritée.
Il faut fermer le livre et tomber à genoux ;
Il faut dire : Mon Dieu ! pitié pour lui… pour nous !

Et me voilà ! voilà comme tu m’as rendue !
À deux pas de tes pas, je suis seule, perdue ;
Je dépends d’un nuage ou du vol d’un oiseau,
Et j’ai semé ma joie au sommet d’un roseau !


Illustration mcp
Les mots tristes
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Citation "amour"

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LA BOUGIE DE L'AMITIE

Cette bougie a été allumée 

   Le 15 septembre 1998 

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Pour la lutte contre le cancer

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Citation gothique

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nymphes

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Les oiseaux - cygnes

Oiseaux - cygnes

Humour des années 1960

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Le gros chêne à Evans

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Morez - Andelot - Jura - Viaduc -

la ligne des hirondelles

Morez - Andelot - Jura - Viaduc - la ligne des hirondelles -

 

La Loue - 

Ornans - Doubs

La Loue - Ornans - Doubs

 

Fraisans - Jura - canal des forges

Fraisans - Jura - canal des Forges

 

Cascade du Dard - Jura

Cascade du Dard - à l'entrée des grottes - Baume les Messieurs - Jura

 

L'église Saint-Just d'Arbois - Jura

Eglise au bord de la Cuisance - Arbois - Jura

 

Les roses

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Mes chats

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Le billet d'amour

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chien et chat

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