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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 00:44

 

Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.



Le Soir
Romances


Seule avec toi dans ce bocage sombre ?
Qu'y ferions-nous ? à peine on peut s'y voir.
Nous sommes bien ! Peux-tu désirer l'ombre ?
Pour se perdre des yeux c'est bien assez du soir !
Auprès de toi j'adore la lumière,
Et quand tes doux regards ne brillent plus sur moi,
Dès que la nuit a voilé ta chaumière,
Je me retrouve, en fermant ma paupière,
             Seule avec toi.

Sûr d'être aimé, quel voeu te trouble encore ?
Si près du mien, que désire ton coeur ?
Sans me parler ta tristesse m'implore :
Ce qu'on voit dans tes yeux n'est donc pas le bonheur ?
Quel vague objet tourmente ton envie ?
N'as-tu pas mon serment dans ton sein renfermé ?
Qui te rendra ta douce paix ravie ?
Dis ! Quel bonheur peut manquer à ta vie,
             Sûr d'être aimé ?

Ne parle pas ! Je ne veux pas entendre :
Je crains tes yeux, ton silence, ta voix.
N'augmente pas une frayeur si tendre ;
Hélas ! Je ne sais plus m'enfuir comme autrefois,
Je sens mon âme à la tienne attachée,
J'entends battre ton cœur qui m'appelle tout bas :
Heureuse, triste, et sur ton sein penchée,
Ah ! Si tu veux m'y retenir cachée,
             Ne parle pas !

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Le soirhttp://img1.picmix.com/output/pic/original/4/1/8/7/2667814_25aae.jpg

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 02:26
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.


« Il fait nuit »
Elégie

Il fait nuit : le vent souffle et passe dans ma lyre ;
Ma lyre tristement s’éveille auprès de moi :
On dirait qu’elle pleure un tourment, un délire ;
On dirait qu’elle essaie à se plaindre de toi ;
De toi, qu’elle appelait pour m’aider à t’attendre,
Qui la rendis si vraie, et par malheur si tendre !
Car tu ne peux ravir à ses accords touchants
Ton nom, toujours ton nom, qui courait dans mes chants.
Elle ne le dit plus, ce nom doux et sonore,
Elle ne le dit plus, elle le pleure encore !
Combien elle a frémi, combien elle a chanté,
Sous les prompts battements de mon cœur agité,
Alors que, dans l’orgueil des amantes aimées,
Je confiais mon âme aux cordes animées !
Je croyais que les cieux ne donnaient tant d’amour
Que pour en pénétrer une autre âme à son tour !

Ah ! j’aurais dû mourir, doucement endormie
Dans cette erreur charmante où j’étais ton amie.
Devrait-on s’éveiller de ces rêves confus,
Pour y penser toujours, et pour n’y croire plus ?

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Ma lyre
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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 01:50
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.


À Délie
« Oui ! cette plainte échappe à ma douleur »
Elégies


    Oui ! cette plainte échappe à ma douleur :
        Je le sens, vous m’avez perdue.
Vous avez, malgré moi, disposé de mon cœur,
Et du vôtre jamais je ne fus entendue.

        Ah ! que vous me faites haïr
Cette feinte amitié qui coûte tant de larmes !
    Je n’étais point jalouse de vos charmes,
Cruelle ! de quoi donc vouliez-vous me punir ?
        Vos succès me rendaient heureuse ;
    Votre bonheur brillait dans mon chemin ;
Et quand je vous voyais attristée ou rêveuse,
Pour vous distraire encor j’oubliais mon chagrin.
Mais ce perfide amant dont j’évitais l’empire,
Que vous avez instruit dans l’art de me séduire,
Qui trompa ma raison par des accents si doux,
        Je le hais encor plus que vous.
Par quelle cruauté me l’avoir fait connaître ?
Par quel affreux orgueil voulut-il me charmer ?
        Ah ! si l’ingrat ne peut aimer,
        À quoi sert l’amour qu’il fait naître ?
        Je l’ai prévu, j’ai voulu fuir ;
    L’amour jamais n’eut de moi que des larmes :
        Vous avez ri de mes alarmes,
Et vous riez encor quand je me sens mourir !

Grâce à vous, j’ai perdu le repos de ma vie :
    Votre imprudence a causé mon malheur,
Et vous m’avez ravi jusques à la douceur
        De pleurer avec mon amie !
    Laissez-moi seule avec mon désespoir ;
    Vous ne pouvez me plaindre ni m’entendre ;
Vous causez la douleur sans même la comprendre :
À quoi me servirait de vous la laisser voir ?
Victime de mon cœur, par vous-même trahie,
J’abhorre l’Amitié, je la fuis sans retour,
        Et je vois, à sa perfidie,
        Que l’ingrate est sœur de l’Amour !

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Amitié perdue
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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 00:55
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,
est une poétesse française.


Le regard.
Élégies

Cache-moi ton regard plein d'âme et de tristesse, 
Dont la langueur brûlante affaiblit ma raison ; 
De l'amour qu'il révèle il m'apprendrait l'ivresse ; 
Pour les infortunés son charme est un poison.

Lèves-tu sur mes yeux ta paupière tremblante, 
C'est le ciel qui s'entr'ouvre et sourit au malheur ; 
C'est un rayon divin, une étoile brillante, 
Qui perce la nuit sombre où gémissait mon cœur.

Oui, la douleur s'envole ; et mon âme ravie 
Suit la douce clarté qui ne peut m'éblouir. 
Éviter ton regard, c'est repousser la vie ; 
Attache-le sur moi, je ne puis plus le fuir.

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Regard
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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 00:37
Marceline Desbordes-Valmore,


née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.

La Reconnaissance
Romances


Hélas ! Que je dois à vos soins !
Vous m’apprenez qu’il est perfide,
Qu’il trompa mon amour timide :
C’est vous qui le jurez du moins...
Hélas ! Que je dois à vos soins !


Pressez votre main sur mon cœur
Et jouissez de votre ouvrage.
Le malheur me rend le courage ;
Mais pour juger de sa rigueur,
Pressez votre main sur mon cœur !


Adieu donc ma félicité !
Adieu sa présence et ma vie !
Oh ! Que vous m’avez bien servie
En me disant la vérité !
Adieu donc ma félicité !


Vous avez voulu me guérir,
Cruelle ! ... Ah ! Pardon ! Je m’égare.
Non, non, vous n’êtes point barbare ;
Je le crois, dussé-je mourir...
Vous avez voulu me guérir !


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Reconnaissance
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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 01:56
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.




Qu’en avez-vous fait ?
Pauvres fleurs

Vous aviez mon cœur,
Moi, j’avais le vôtre :
Un cœur pour un cœur ;
Bonheur pour bonheur !

Le vôtre est rendu,
Je n’en ai plus d’autre ;
Le vôtre est rendu,
Le mien est perdu !

La feuille et la fleur
Et le fruit lui-même,
La feuille et la fleur,
L’encens, la couleur :

Qu’en avez-vous fait,
Mon maître suprême ?
Qu’en avez-vous fait,
De ce doux bienfait ?

Comme un pauvre enfant
Quitté par sa mère,
Comme un pauvre enfant
Que rien ne défend,

Vous me laissez là,
Dans ma vie amère ;
Vous me laissez là,
Et Dieu voit cela !

Savez-vous qu’un jour
L’homme est seul au monde ?
Savez-vous qu’un jour
Il revoit l’amour ?

Vous appellerez,
Sans qu’on vous réponde,
Vous appellerez ;
Et vous songerez ! ...

Vous viendrez rêvant
Sonner à ma porte ;
Ami comme avant,
Vous viendrez rêvant .

Et l’on vous dira :
« Personne ! ... elle est morte. »
On vous le dira ;
Mais qui vous plaindra ?


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Qu'en avez-vous fait ?
http://img1.picmix.com/output/pic/original/6/8/8/1/2661886_480cd.jpg
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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 02:38
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.


« Dusses-tu me punir »
Elégies

Dusses-tu me punir de rompre la première
Le serment imprudent qui fit pleurer l’amour ;
Dusses-tu repousser l’invincible retour
Qui ramène vers toi mon âme tout entière ;
Cette raison cruelle, où se cache l’orgueil,
        M’a déjà coûté tant de larmes !
        Va ! la souffrance est un écueil
        Où viennent se briser ses armes.

Et toi, le tiendras-tu ce funeste serment ?
L’avons-nous prononcé ? . . . je m’en souviens à peine ;
Ce n’est pas nous ! Sais-tu qui fit notre tourment ?
C’est l’orgueil : il sépare, il ressemble à la haine.
Lequel aurait pu dire, adieu, sans quelques pleurs ?
Hélas ! lorsque, entraînés vers les mêmes rivages,
Deux ruisseaux sont unis, forcent-ils les orages
À diviser leurs flots parés des mêmes fleurs ?
Si quelque main, contraire à leur pente chérie,
Forçait l’un à couler vers un autre séjour,
La plus faible moitié serait bientôt tarie,
Et l’autre, en murmurant, sécherait à son tour.

Leurs limpides destins furent notre partage ;
J’y revois nos amours comme au fond d’un miroir :
Où sont tes yeux, ma vie ? . . . ah ! quand je peux les voir,
        Ils m’en disent bien davantage !

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Où sont tes yeux ?
http://img1.picmix.com/output/pic/original/4/6/9/7/2657964_17be9.jpg
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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 02:21
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.




Le Billet

Message inattendu, cache-toi sur mon cœur ;
      Cache-toi ! je n’ose te lire :
Tu m’apportes l’espoir ; ne fût-il qu’un délire,
Je te devrai du moins l’ombre de mon bonheur !
Prolonge dans mon sein ma tendre inquiétude ;
Je désire à la fois et crains la vérité :
      On souffre de l’incertitude,
      On meurt de la réalité !

Recevoir un billet du volage qu’on aime,
      C’est presque le revoir lui-même.
En te pressant, déjà j’ai cru presser sa main ;
En te baignant de pleurs, j’ai pleuré sur son sein ;
Et, si le repentir y parle en traits de flamme,
En lisant cet écrit je lirai dans son âme ;
J’entendrai le serment qu’il a fait tant de fois,
Et j’y reconnaîtrai jusqu’au son de sa voix.

      Sous cette enveloppe fragile
      L’amour a renfermé mon sort . . .
      Ah ! Le courage est difficile,
Quand on attend d’un mot ou la vie ou la mort.
Mystérieux cachet, qui m’offres sa devise,
      En te brisant rassure-moi :
Non, le détour cruel d’une affreuse surprise
      Ne peut être scellé par toi.
Au temps de nos amours je t’ai choisi moi-même ;
Tu servis les aveux d’une timide ardeur,
      Et sous le plus touchant emblême
            Je vais voir le bonheur.
Mais, si tu dois détruire un espoir que j’adore,
Amour, de ce billet détourne ton flambeau !
Par pitié ! Sur mes yeux attache ton bandeau,
Et laisse-moi douter quelques moments encore !

Création mcp
Le billet
http://img1.picmix.com/output/pic/original/2/6/0/7/2657062_97b71.jpg
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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 00:47

 

Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.

 



L’Attente (Olivier de j'attends)
Romances

Olivier, je t’attends ! déjà l’heure est sonnée ;
Je viens de tressaillir comme au bruit de tes pas :
Le soleil qui s’éteint va clore la journée ;
Ici j’attends l’amour, et l’amour ne vient pas.

Le berger lentement regagne sa demeure ;
Tout est triste au vallon ; Olivier n’est pas là !
De notre rendez-vous lui-même a fixé l’heure.
Je n’avais rien promis, et pourtant me voilà.

Adieu, mon Olivier ; je m’en vais au village ;
Pour toi je l’ai quitté ; j’y retourne sans toi.
Demain pour t’excuser tu viendras au bocage ;
J’y laisse mon bouquet, il parlera pour moi !

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L'attente II
http://img1.picmix.com/output/pic/original/5/5/1/6/2656155_ef135.jpg
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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 01:04

Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.




L’Adieu du soir
Idylles

Dieu! qu’il est tard! quelle surprise!
Le temps a fui comme un éclair;
Douze fois l’heure a frappé l’air.
Et près de toi je suis encore assise ;
Et, loin de pressentir le moment du sommeil.
Je croyais voir encore un rayon de soleil !

Se peut-il que déjà l’oiseau dorme au bocage?
Ah ! pour dormir il fait si beau !
Les étoiles en feu brillent dans le ruisseau,
Et le ciel n’a pas un nuage.
On dirait que c’est pour l’Amour
Qu’une si belle nuit a remplacé le jour !
Mais, il le faut, regagne ta chaumière ;
Garde-toi d’éveiller notre chien endormi ;
Il méconnaîtrait son ami,
Et de mon imprudence il instruirait ma mère.
Tu ne me réponds pas; tu détournes les yeux!
Hélas ! tu veux en vain me cacher ta tristesse !
Tout ce qui manque à ta tendresse
Ne manque-t-il pas à mes vœux ?
De te quitter donne-moi le courage;
Écoute la raison, va-t’en. Laisse ma main !
Il est minuit; tout repose au village.
Et nous voilà presqu’à demain !
Écoute! si le soir nous cause un mal extrême,
Bientôt le jour saura nous réunir,
Et le bonheur du souvenir
Va se confondre encore avec le bonheur même.

Mais, je le sens, j’ai beau compter sur ton retour.
En te disant adieu chaque soir je soupire;
Ah ! puissions-nous bientôt désapprendre à le dire!
Ce mot, ce triste mot n’est pas fait pour l’amour!

Max Ginsburg
Fleur de lune
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