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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 00:23
Max Elskamp, est né le 5 mai 1862 à Anvers où il est mort le 10 décembre 1931.

C' est un poète symboliste belge, qui  fut membre de l'Académie royale de langue et de littérature françaises.


A ma soeur Marie

Ma Soeur Marie, Ma Soeur Marie,
Et qui m'avez aussi quitté,

Comme souriait à la vie
Un dimanche d'après-dîné,

Alors qu'avril, lumière luie,
Telle d'un adventice été,

Et lilas branches refleuries
Chantaient dans l'air printemps qui naît,

Ma Soeur Marie, Ma Soeur Marie,
Et qui m'avez alors quitté.

Ma Soeur Marie, Ma Soeur Marie,
Qui souriiez triste à la vie,

Ma Soeur qui aviez trop rêvé
Aux grands ciels bleus du paradis

Et de ne l'avoir approché,
Gardiez en vous un coeur contrit,

Ma soeur parfois et qui riiez,
Mais plus souvent avez pleuré,

Ma soeur qui n'avez pas trouvé
Le bonheur que vous attendiez.

*

Ma soeur alors un peu déçue,
Qui avez su les jours de pluie,

Mais n'avez eu la part élue
Qui donne au coeur foi dans la vie,

Ma Soeur dont les yeux étaient gris,
C'était en eux votre âme luie,

Et comme un miroir sans secret,
Vous disant douce, sûre et vraie,

Dans une tendresse alanguie,
Où parlait tout bas le regret.

*

Ma Soeur souvent qui revenez
Dans les nuits qui nous font croyance,

Des rêves en soi que l'on fait,
Ma Soeur alors qui revenez,

Vous souvient-il de notre enfance
Là-bas dans la maison aimée,

Quand c'était vous en robe blanche
Et comme une vierge parée,

Qui les écoutiez, les dimanches,
À Saint-Paul, les heures sonner ?

Ma Soeur vous souvient-il encor
Des roses que tant vous aimiez,

Quand au printemps, le soleil d'or
Dans notre jardin descendait,

Faisant clarté sur toutes choses
Après les grands hivers moroses

De brume, de vent et de froid,
Dont le fleuve disait l'émoi,

Ma Soeur vous souvient-il encor
Des roses lors que vous cueilliez ?

*

Ma Soeur Marie, Ma Soeur Marie,
Après, ce fut vous dans la vie,

Où les jours viennent, les jours passent,
Faisant coeur lourd ou l'âme lasse,

Quand le bonheur qu'on a rêvé
N'a pas été, las ! approché,

Et vous n'avez pu l'oublier,
Ma Soeur Marie, Ma Soeur Marie,

Et d'avril une après-dîné,
Ma Soeur, vous nous avez quitté.

*

Ma Sceur à présent qui dormez,
Là-bas, à côté de mon père,

Au long des jours qu'ont les années
Dites de printemps ou d'hiver,

Ma Soeur là-bas qui m'attendez,
Dans la nuit noire de la terre,

Pour être un jour à vos côtés
Lorsque mon heure aura sonné,

Ma Soeur Marie, Ma Soeur aimée,
Vous aussi qui avez souffert,

Ce sera nous lors comme avant
Réunis, mais dans le sommeil,

Et dans la paix que l'on attend
Après sa vie sous le soleil.


John George Brown (1831-1913)
Petite fille à la rose 
Brown_Petite-fille-a-la-rose2.jpg
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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 01:01
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.



Fleur d’enfance
Pauvres fleurs

L’haleine d’une fleur sauvage,
En passant tout près de mon cœur,
Vient de m’emporter au rivage
Où naguère aussi j’étais fleur.
Comme au fond d’un prisme où tout change,
Où tout se relève à mes yeux,
Je vois un enfant aux yeux d’ange :
C’était mon petit amoureux !

Parfum de sa neuvième année,
Je respire encor ton pouvoir.
Fleur à mon enfance donnée,
Je t’aime comme son miroir.
Nos jours ont séparé leur trame,
Mais tu me rappelles ses yeux ;
J’y regardais flotter mon âme :
C’était mon petit amoureux !

De blonds cheveux en auréole,
Un regard tout voilé d’azur,
Une brève et tendre parole,
Voilà son portrait jeune et pur.
Au seuil de ma pauvre chaumière
Quand il se sauvait de ses jeux,
Que ma petite âme était fière !
C’était mon petit amoureux !

Cette ombre qui joue à ma rive
Et se rapproche au moindre bruit,
Me suit, comme un filet d’eau vive,
À travers mon sentier détruit :
Chaste, elle me laisse autour d’elle
Enlacer un chant douloureux ;
Hélas ! ma seule ombre fidèle,
C’est vous, mon petit amoureux !

Femme, à qui ses lèvres timides
Ont dit ce qu’il semblait penser,
Au temps où nos lèvres humides
Se rencontraient sans se presser ;
Vous qui fûtes son doux Messie,
L’avez-vous rendu bien heureux ?
Du cœur je vous en remercie :
C’était mon petit amoureux !

Illustration mcp
Fleur d'enfance
2690316 00557
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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 00:15
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.

Loin du monde

Entrez, mes souvenirs, ouvrez ma solitude !
Le monde m'a troublée ; elle aussi me fait peur.
Que d'orages encore et que d'inquiétude
Avant que son silence assoupisse mon coeur !

Je suis comme l'enfant qui cherche après sa mère,
Qui crie, et qui s'arrête effrayé de sa voix.
J'ai de plus que l'enfant une mémoire amère :
Dans son premier chagrin, lui, n'a pas d'autrefois.

Entrez, mes souvenirs, quand vous seriez en larmes,
Car vous êtes mon père, et ma mère, et mes cieux !
Vos tristesses jamais ne reviennent sans charmes ;
Je vous souris toujours en essuyant mes yeux.

Revenez ! Vous aussi, rendez-moi vos sourires,
Vos longs soleils, votre ombre, et vos vertes fraîcheurs,
Où les anges riaient dans nos vierges délires,
Où nos fronts s'allumaient sous de chastes rougeurs.

Dans vos flots ramenés quand mon coeur se replonge,
Ô mes amours d'enfance ! ô mes jeunes amours !
Je vous revois couler comme l'eau dans un songe,
Ô vous, dont les miroirs se ressemblent toujours !


Donald Zolan (1937-2009)
Portrait d'enfant
donald-zolan.jpg
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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 00:33

 

Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.




Refuge

Il est du moins au-dessus de la terre
Un champ d'asile où monte la douleur ;
J'y vais puiser un peu d'eau salutaire
Qui du passé rafraîchit la couleur.
Là seulement ma mère encor vivante
Sans me gronder me console et m'endort ;
O douce nuit, je suis votre servante :
Dans votre empire on aime donc encor !

Non, tout n'est pas orage dans l'orage ;
Entre ses coups, pour desserrer le coeur,
Souffle une brise, invisible courage,
Parfum errant de l'éternelle fleur !
Puis c'est de l'âme une halte fervente,
Un chant qui passe, un enfant qui s'endort.
Orage, allez ! je suis votre servante :
Sous vos éclairs Dieu me regarde encor !

Béni soit Dieu ! puisqu'après la tourmente,
Réalisant nos rêves éperdus,
Vient des humains l'infatigable amante
Pour démêler les fuseaux confondus.
Fidèle mort ! si simple, si savante !
Si favorable au souffrant qui s'endort !
Me cherchez-vous ? je suis votre servante :
Dans vos bras nus l'âme est plus libre encor


Gustav Klimt (1862-1918)
La Mère à l'Enfantzzz-Klimt-mere-a-l--enfant.jpg
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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 02:09
 
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.


L'innocence

Beau fantôme de l'innocence,
Vêtu de fleurs,
Toi qui gardes sous ta puissance
Une âme en pleurs !

Ô toi qui devanças nos hontes
Et nos revers,
Es-tu si grand que tu surmontes
Tout l'univers !

Le reste, comme la poussière,
S'est envolé,
Devant le feu de ma paupière
Tout s'est voilé,

Tout s'est enfui, flamme et fumée,
Tout est au vent ;
Toi seul sur mon âme enfermée
Planes souvent.

Pour courir à ta voix qui crie :
" Éternité ! "
Pour monter à Dieu que je prie,
J'ai tout jeté.

La nuit, pour chasser un mensonge
Qui me fait peur,
Ta main, plus forte que le songe,
Étreint mon coeur.

Quelle absence est assez profonde
Pour te braver,
Quand ton regard perce le monde
Pour nous trouver ?

De mon âme ont jailli des âmes
Dignes de toi :
Au milieu de ces pures flammes,
Ressaisis-moi !

Beau fantôme de l'innocence
Vêtu de fleurs,
Oh ! Garde bien en ta puissance
Notre âme en pleurs.


Adolphe Jourdan (1825-1889)
L'innocence
Jourdan Adolphe Innocence---638x1024

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 01:43

 

Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.





L'impossible

Qui me rendra ces jours où la vie a des ailes
Et vole, vole ainsi que l'alouette aux cieux,
Lorsque tant de clarté passe devant ses yeux,
Qu'elle tombe éblouie au fond des fleurs, de celles
Qui parfument son nid, son âme, son sommeil,
Et lustrent son plumage ardé par le soleil !

Ciel ! un de ces fils d'or pour ourdir ma journée,
Un débris de ce prisme aux brillantes couleurs !
Au fond de ces beaux jours et de ces belles fleurs,
Un rêve ! où je sois libre, enfant, à peine née,

Quand l'amour de ma mère était mon avenir,
Quand on ne mourait pas encor dans ma famille,
Quand tout vivait pour moi, vaine petite fille !
Quand vivre était le ciel, ou s'en ressouvenir,

Quand j'aimais sans savoir ce que j'aimais, quand l'âme
Me palpitait heureuse, et de quoi ? Je ne sais ;
Quand toute la nature était parfum et flamme,
Quand mes deux bras s'ouvraient devant ces jours... passés.

Émile Munier (1840-1895)
Mère et enfantzzz-Munier.jpg
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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 00:32
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.




Pourquoi ?

Quand vous suiviez ma trace,
J'allais avoir quinze ans,
Puis la fleur, puis la grâce,
Puis le feu du printemps.

J'étais blonde et pliante
Comme l'épi mouvant,
Et surtout moins savante
Que le plus jeune enfant.

J'avais ma douce mère,
Me guidant au chemin,
Attentive et sévère
Quand vous cherchiez ma main.

C'est beau la jeune fille
Qui laisse aller son coeur
Dans son regard qui brille
Et se lève au bonheur !

Vous me vouliez pour femme,
Je le jurais tout bas.
Vous mentiez à votre âme,
Moi, je ne mentais pas.

Si la fleur virginale
D'un brûlant avenir,
Si sa plus fraîche annale
N'ont pu vous retenir,

Pourquoi chercher ma trace
Quand je n'ai plus quinze ans,
Ni la fleur, ni la grâce,
Ni le feu du printemps ?

Sophie Anderson (1823-1903)
Vers le ciel 
z-anderson.jpg
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1 août 2013 4 01 /08 /août /2013 01:48
Marceline Desbordes-Valmore, 

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.


Jeune fille
À Mademoiselle Zoé Dessaix.

Pour que tu sois de Dieu l'aimée, 
La plante toujours parfumée, 
Et colombe au vol triomphant 
Nommée, 
Garde la foi qui te défend, 
Enfant !

Fleur entre le ciel et la terre, 
Que ton doux règne solitaire 
Ne soit troublé d'aucun tourment 
Austère ! 
Que tes beaux jours soient un moment 
Charmant !

Que ton sourire écoute l'heure ! 
N'apprends jamais celle où l'on pleure ! 
Et quand l'astre apaisé du soir 
T'effleure, 
Que ton Dieu t'y laisse entrevoir 
L' espoir !

Jean-Baptiste Greuze (1725-1805)
Jeune fille à la colombe
zzgreuze-jeune-fille-a-la-colombe.JPG
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31 juillet 2013 3 31 /07 /juillet /2013 00:08
Marceline DESBORDES-VALMORE

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859

est une poétesse française.
Elle fut surnommée « Notre-Dame-Des-Pleurs » en référence aux nombreux drames qui jalonnèrent sa vie


 
L'oreiller d'un enfant


Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête, 
Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi ! 
Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête, 
Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !


Beaucoup, beaucoup d'enfants, pauvres et nus, sans mère,
Sans maison, n'ont jamais d'oreiller pour dormir ;
Ils ont toujours sommeil, ô destinée amère !
Maman ! douce maman ! cela me fait gémir ...


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Marceline Desbordes-Valmore
http://img.over-blog.com/232x300/5/05/88/06/divers-internet/marceline_desbordes-valmore.jpg

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 01:08
François Édouard Joachim Coppée, 

né le 26 janvier 1842 à Paris où il est mort le 23 mai 1908, 
est un poète, dramaturge et romancier français.

Coppée fut le poète populaire et sentimental de Paris et de ses faubourgs.



Le Cahier Rouge
Aux bains de mer

Sur la plage élégante au sable de velours
Que frappent, réguliers et calmes, les flots lourds,
Tels que des vers pompeux aux nobles hémistiches,
Les enfants des baigneurs oisifs, les enfants riches,
Qui viennent des hôtels voisins et des chalets,
La jaquette troussée au-dessus des mollets,
Courent, les pieds dans l’eau, jouant avec la lame.
Le rire dans les yeux et le bonheur dans l’âme,
Sains et superbes sous leurs habits étoffés
Et d’un mignon chapeau de matelot coiffés,
Ces beaux enfants gâtés, ainsi qu’on les appelle,
Creusent gaîment, avec une petite pelle,
Dans le fin sable d’or des canaux et des trous;
Et ce même Océan, qui peut dans son courroux
Broyer sur les récifs les grands steamers de cuivre,
Laisse, indulgent aïeul, son flot docile suivre
Le chemin que lui trace un caprice d’enfant.
Ils sont là, l’oeil ravi, les cheveux blonds au vent,


Non loin d’une maman brodant sous son ombrelle,
Et trouvent, à coup sûr, chose bien naturelle,
Que la mer soit si bonne et les amuse ainsi.
- Soudain, d’autres enfants, pieds nus comme ceux-ci,
Et laissant monter l’eau sur leurs jambes bien faites,
Des moussaillons du port, des pêcheurs de crevettes,
Passent, le cou tendu sous le poids des paniers.
Ce sont les fils des gens du peuple, les derniers
Des pauvres, et le sort leur fit rude la vie.
Mais ils vont, sérieux, sans un regard d’envie
Pour ces jolis babys et les plaisirs qu’ils ont.
Comme de courageux petits marins qu’ils sont,
Ils aiment leur métier pénible et salutaire
Et ne jalousent point les heureux de la terre;
Car ils savent combien maternelle est la mer
Et que pour eux aussi souffle le vent amer
Qui rend robuste et belle, en lui baisant la joue,
L’enfance qui travaille et l’enfance qui joue.

Charles Courtney Curran (1861-1942)
Enfants au bord de la mer
small_children-by-the-seashore.jpg

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