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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 01:49
Léon Dierx
né à Saint-Denis de La Réunion le 31 mars 1838 et mort à Paris le 12 juin 1912,
est un poète parnassien et peintre français.
En 1864, il fait partie des poètes parnassiens qui se réunissent autour de Catulle Mendès, avec Sully Prudhomme, Villiers de L'Isle-Adam, José-Maria de Heredia, Albert Glatigny, quand Paul Verlaine, âgé de 20 ans, fait la connaissance de ce groupe. Il fait la connaissance de Guy de Maupassant lors de sa collaboration à La Revue fantaisiste, qui lui dédiera en 1883 sa nouvelle "Regret". Il est élu prince des poètes à la mort de Stéphane Mallarmé en 1898.


L'amour en fraude

J'ai vu passer, l'autre matin,
Un jeune Dieu dans la prairie ;
Sous un costume de féerie
Il sautillait comme un lutin.

Tout perlé d'or et d'émeraude,
Sans arc, sans flèche et sans carquois,
En chantonnant des vers narquois,
Il s'en allait comme en maraude.

Il redonnait, à chaque bond,
L'onde aux ruisseaux, des fleurs aux rives,
Des alouettes et des grives
Au saule creux et moribond.

Le fol Archer buveur de larmes,
Pour une fois pris en défaut,
À travers champs riait tout haut
De n'être plus qu'un fou sans armes !

Et singeant l'air d'un franc routier,
Fier de trahir son roi morose,
Il arborait un drapeau rose
Pour délivrer le monde entier !


François Janinet (1752-1814 - d'après Fragonard)
zz-Francois-Janinet--Folie7_700x900.jpg


François Janinet (1752-1814 - d'après Fragonard)
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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 02:45


Léon Dierx
né à Saint-Denis de La Réunion le 31 mars 1838 et mort à Paris le 12 juin 1912,
est un poète parnassien et peintre français.
En 1864, il fait partie des poètes parnassiens qui se réunissent autour de Catulle Mendès, avec Sully Prudhomme, Villiers de L'Isle-Adam, José-Maria de Heredia, Albert Glatigny, quand Paul Verlaine, âgé de 20 ans, fait la connaissance de ce groupe. Il fait la connaissance de Guy de Maupassant lors de sa collaboration à La Revue fantaisiste, qui lui dédiera en 1883 sa nouvelle "Regret". Il est élu prince des poètes à la mort de Stéphane Mallarmé en 1898.





Prologue
Les lèvres closes


J'ai détourné mes yeux de l'homme et de la vie,
Et mon âme a rôdé sous l'herbe des tombeaux.
J'ai détrompé mon coeur de toute humaine envie,
Et je l'ai dispersé dans les bois par lambeaux.

J'ai voulu vivre sourd aux voix des multitudes,
Comme un aïeul couvert de silence et de nuit,
Et pareil aux sentiers qui vont aux solitudes,
Avoir des songes frais que nul désir ne suit.

Mais le sépulcre en moi laissa filtrer ses rêves,
Et d'ici j'ai tenté d'impossibles efforts.
Les forêts ? Leur angoisse a traversé les grèves,
Et j'ai senti passer leurs souffles dans mon corps.

Le soupir qui s'amasse au bord des lèvres closes
A fait l'obsession du calme où j'aspirais ;
Comme un manoir hanté de visions moroses,
J'ai recélé l'effroi des rendez-vous secrets.

Et depuis, au milieu des douleurs et des fêtes,
Morts qui voulez parler, taciturnes vivants,
Bois solennels ! J'entends vos âmes inquiètes
Sans cesse autour de moi frissonner dans les vents.


Illustration mcp
Prologue
Prologue---mcp.jpg
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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 01:47
Léon Dierx,
né à Saint-Denis de La Réunion le 31 mars 1838 et mort à Paris le 12 juin 1912,
est un poète parnassien et peintre français.
En 1864, il fait partie des poètes parnassiens qui se réunissent autour de Catulle Mendès, avec Sully Prudhomme, Villiers de L'Isle-Adam, José-Maria de Heredia, Albert Glatigny, quand Paul Verlaine, âgé de 20 ans, fait la connaissance de ce groupe. Il fait la connaissance de Guy de Maupassant lors de sa collaboration à La Revue fantaisiste, qui lui dédiera en 1883 sa nouvelle "Regret". Il est élu prince des poètes à la mort de Stéphane Mallarmé en 1898.



Les nuages
Les amants


Couché sur le dos, dans le vert gazon,
Je me baigne d'ombre et de quiétude.
Mes yeux ont enfin perdu l'habitude
Du spectacle humain qui clôt la prison
Du vieil horizon.

Là-bas, sur mon front passent les nuages.
Qu'ils sont beaux, mon âme ! et qu'ils sont légers,
Ces lointains amis des calmes bergers !
S'en vont-ils portant de divins messages,
Ces blancs messagers ?

Comme ils glissent vite ! - Et je pense aux femmes
Dont la vague image en nous flotte et fuit.
Le vent amoureux qui de près les suit
Disperse ou confond leurs fluides trames ;
On dirait des âmes !

Rassemblant l'essor des désirs épars,
Ivre du céleste et dernier voyage,
À quelque âme errante unie au passage,
Mon âme ! là-haut, tu me fuis, tu pars
Comme un blanc nuage !


Illustration mcp
Les nuages

Les-nuages.jpg

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 01:57
Léon Dierx,
né à Saint-Denis de La Réunion le 31 mars 1838 et mort à Paris le 12 juin 1912,
est un poète parnassien et peintre français.
En 1864, il fait partie des poètes parnassiens qui se réunissent autour de Catulle Mendès, avec Sully Prudhomme, Villiers de L'Isle-Adam, José-Maria de Heredia, Albert Glatigny, quand Paul Verlaine, âgé de 20 ans, fait la connaissance de ce groupe. Il fait la connaissance de Guy de Maupassant lors de sa collaboration à La Revue fantaisiste, qui lui dédiera en 1883 sa nouvelle "Regret". Il est élu prince des poètes à la mort de Stéphane Mallarmé en 1898.




Ce soir
Les lèvres closes


Comme à travers un triple et magique bandeau,
- Ô nuit ! ô solitude ! ô silence ! - mon âme
A travers vous, ce soir, près du foyer sans flamme,
Regarde par delà les portes du tombeau.

Ce soir, plein de l'horreur d'un vaincu qu'on assaille,
Je sens les morts chéris surgir autour de moi.
Leurs yeux, comme pour lire au fond de mon effroi,
Luisent distinctement dans l'ombre qui tressaille.

Derrière moi, ce soir, quelqu'un est là, tout près.
Je sais qu'il me regarde, et je sens qu'il me frôle.
Quelle angoisse ! Il est là, derrière mon épaule.
Si je me retournais, à coup sûr je mourrais !

Du fond d'une autre vie, une voix très lointaine
Ce soir a dit mon nom, ô terreur ! Et ce bruit
Que j'écoute - ô silence ! ô solitude ! ô nuit ! -
Semble être né jadis, avec la race humaine !
Illustration mcp
Ce soir
Ce-soir---mcp.jpg
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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 01:43
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.


Insoumission
A Lionel Nunès.

Vivre tranquille en sa maison, 
Vertueux ayant bien raison, 
Vaut autant boire du poison.

Je ne veux pas de maladie, 
Ma fierté n'est pas refroidie, 
J'entends la jeune mélodie.

J'entends le bruit de l'eau qui court, 
J'entends gronder l'orage lourd, 
L'art est long et le temps est court.

Tant mieux, puisqu'il y a des pêches, 
Du vin frais et des filles fraîches, 
Et l'incendie et ses flammèches.

On naît filles, on naît garçons. 
On vit en chantant des chansons, 
On meurt en buvant des boissons.


Bartolomé Esteban Murillo (1617-1682)
Jeune homme buvant
Bartolome-Murillo--Jeune-homme-buvant_thumb-1-.jpg
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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 01:53
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.

Testament
Le collier de griffes

Si mon âme claire s'éteint 
Comme une lampe sans pétrole, 
Si mon esprit, en haut, déteint 
Comme une guenille folle,

Si je moisis, diamantin, 
Entier, sans tache, sans vérole, 
Si le bégaiement bête atteint 
Ma persuasive parole,

Et si je meurs, soûl, dans un coin
C'est que ma patrie est bien loin
Loin de la France et de la terre.

Ne craignez rien, je ne maudis 
Personne. Car un paradis
Matinal, s'ouvre et me fait taire.


Illustration mcp
Testament
Testament
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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 02:28
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.


Moi, je vis la vie à côté
Le collier de griffes
Sonnet


Moi, je vis la vie à côté, 
Pleurant alors que c'est la fête. 
Les gens disent : "Comme il est bête !"
En somme, je suis mal coté.

J'allume du feu dans l'été, 
Dans l'usine je suis poète ; 
Pour les pitres je fais la quête,
Qu'importe ! J'aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes, 
Beauté des vers, beauté des flammes, 
Beauté du bien, beauté du mal.

J'ai trop étudié les choses ; 
Le temps marche d'un pas normal :
Des roses, des roses, des roses !

Illustration mcp
Le bien, le mal et les roses
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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 01:41
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.



Pluriel féminin 
Le collier de griffes


Je suis encombré des amours perdues,
Je suis effaré des amours offertes.
Vous voici pointer, jeunes feuilles vertes.
Il faut vous payer, noces qui sont dues.

La neige descend, plumes assidues.
Hiver en retard, tu me déconcertes.
Froideur des amis, tu m'étonnes, certes.
Et mes routes sont désertes, ardues.

Amours neuves, et vous amours passées,
Vous vous emmêlez trop dans mes pensées
En des discordances éoliennes.

Printemps, viens donc vite et de tes poussées
D'un balai d'églantines insensées
Chasse de mon coeur les amours anciennes !



Illustration mcp
Ballet d'églantines
Ballet-d-eglantines.jpg
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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 01:24
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.


Aux imbéciles
Le collier de griffes


Quant nous irisons
Tous nos horizons
D'émeraudes et de cuivre,
Les gens bien assis
Exempts de soucis
Ne doivent pas nous poursuivre.

On devient très fin,
Mais on meurt de faim,
A jouer de la guitare,
On n'est emporté,
L'hiver ni l'été,
Dans le train d'aucune gare.

Le chemin de fer
Est vraiment trop cher.
Le steamer fendeur de l'onde
Est plus cher encor ;
Il faut beaucoup d'or
Pour aller au bout du monde.

Donc, gens bien assis,
Exempts de soucis,
Méfiez-vous du poète,
Qui peut, ayant faim,
Vous mettre, à la fin,
Quelques balles dans la tête.


Illustration mcp
Méfiez-vous du poète
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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 01:11
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.




Un immense désespoir

Le collier de griffes


Un immense désespoir
Noir
M'atteint
Désormais, je ne pourrais
M'égayer au rose et frais
Matin.

Et je tombe dans un trou
Fou,
Pourquoi
Tout ce que j'ai fait d'efforts
Dans l'Idéal m'a mis hors
La Loi ?

Satan, lorsque tu tombas
Bas,
Au moins
Tu payais tes voeux cruels,
Ton crime avait d'immortels
Témoins.

Moi, je n'ai jamais troublé,
Blé,
L'espoir
Que tu donnes aux semeurs
Cependant, puni, je meurs
Ce soir.

J'ai fait à quelque animal
Mal
Avec
Une badine en chemin,
Il se vengera demain
Du bec.

Il me crèvera les yeux
Mieux
Que vous
Avec l'épingle à chapeau
Femmes, au contact de peau
Si doux.

Illustration mcp
Désespoir
Desespoir---mcp.jpg

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