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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 03:10
Alfred Victor, comte de Vigny 

né le 27 mars 1797 à Loches (Indre-et-Loire), et mort le 17 septembre 1863 à Paris, 8e.

est un écrivain, romancier, dramaturge et poète français, figure du romantisme. 




Les destinées

Depuis le premier jour de la création,
Les pieds lourds et puissants de chaque Destinée
Pesaient sur chaque tête et sur toute action.

Chaque front se courbait et traçait sa journée,
Comme le front d'un boeuf creuse un sillon profond
Sans dépasser la pierre où sa ligne est bornée.

Ces froides déités liaient le joug de plomb
Sur le crâne et les yeux des Hommes leurs esclaves,
Tous errant, sans étoile, en un désert sans fond ;

Levant avec effort leurs pieds chargés d'entraves ;
Suivant le doigt d'airain dans le cercle fatal,
Le doigt des Volontés inflexibles et graves.

Tristes divinités du monde oriental,
Femmes au voile blanc, immuables statues,
Elles nous écrasaient de leur poids colossal.

Comme un vol de vautours sur le sol abattues,
Dans un ordre éternel, toujours en nombre égal
Aux têtes des mortels sur la terre épandues,

Elles avaient posé leur ongle sans pitié
Sur les cheveux dressés des races éperdues,
Traînant la femme en pleurs et l'homme humilié.

Un soir il arriva que l'antique planète
Secoua sa poussière. - Il se fit un grand cri :
" Le Sauveur est venu, voici le jeune athlète,

" Il a le front sanglant et le côté meurtri,
" Mais la Fatalité meurt au pied du Prophète,
" La Croix monte et s'étend sur nous comme un abri ! "

Avant l'heure où, jadis, ces choses arrivèrent,
Tout Homme allait courbé, le front pâle et flétri.
Quand ce cri fut jeté, tous ils se relevèrent.

Détachant les noeuds lourds du joug de plomb du Sort,
Toutes les Nations à la fois s'écrièrent :
" O Seigneur ! est-il vrai ? le Destin est-il mort ? "

Et l'on vit remonter vers le ciel, par volées,
Les filles du Destin, ouvrant avec effort
Leurs ongles qui pressaient nos races désolées ;

Sous leur robe aux longs plis voilant leurs pieds d'airain,
Leur main inexorable et leur face inflexible ;
Montant avec lenteur en innombrable essaim,

D'un vol inaperçu, sans ailes, insensible,
Comme apparaît au soir, vers l'horizon lointain,
D'un nuage orageux l'ascension paisible.

- Un soupir de bonheur sortit du coeur humain.
La terre frissonna dans son orbite immense,
Comme un cheval frémit délivré de son frein.

Tous les astres émus restèrent en silence,
Attendant avec l'Homme, en la même stupeur,
Le suprême décret de la Toute-Puissance,

Quand ces filles du Ciel, retournant au Seigneur,
Comme ayant retrouvé leurs régions natales,
Autour de Jéhovah se rangèrent en choeur,

D'un mouvement pareil levant leurs mains fatales,
Puis chantant d'une voix leur hymne de douleur
Et baissant à la fois leurs fronts calmes et pâles :

" Nous venons demander la Loi de l'avenir.
" Nous sommes, ô Seigneur, les froides Destinées
" Dont l'antique pouvoir ne devait point faillir.

" Nous roulions sous nos doigts les jours et les années ;
" Devons-nous vivre encore ou devons-nous finir,
" Des Puissances du ciel, nous, les fortes aînées ?

" Vous détruisez d'un coup le grand piège du Sort
" Où tombaient tour à tour les races consternées,
" Faut-il combler la fosse et briser le ressort ?

" Ne mènerons-nous plus ce troupeau faible et morne,
" Ces hommes d'un moment, ces condamnés à mort
" Jusqu'au bout du chemin dont nous posions la borne ?

" Le moule de la vie était creusé par nous.
" Toutes les passions y répandaient leur lave,
" Et les événements venaient s'y fondre tous.

" Sur les tables d'airain où notre loi se grave,
" Vous effacez le nom de la FATALITE,
" Vous déliez les pieds de l'Homme notre esclave.

" Qui va porter le poids dont s'est épouvanté
" Tout ce qui fut créé ? ce poids sur la pensée,
" Dont le nom est en bas : RESPONSABILITE ? 

Il se fit un silence, et la Terre affaissée
S'arrêta comme fait la barque sans rameurs
Sur les flots orageux, dans la nuit balancée.

Une voix descendit, venant de ces hauteurs
Où s'engendrent sans fin les mondes dans l'espace ;
Cette voix, de la terre emplit les profondeurs :

" Retournez en mon nom, Reines, je suis la Grâce.
" L'Homme sera toujours un nageur incertain
" Dans les ondes du temps qui se mesure et passe.

" Vous toucherez son front, ô filles du Destin !
" Son bras ouvrira l'eau, qu'elle soit haute ou basse,
" Voulant trouver sa place et deviner sa fin.

" Il sera plus heureux, se croyant maître et libre
" Et luttant contre vous dans un combat mauvais
" Où moi seule d'en haut je tiendrai l'équilibre.

" De moi naîtra son souffle et sa force à jamais.
" Son mérite est le mien, sa loi perpétuelle :
" Faire ce que je veux pour venir OÙ JE SAIS. "

Et le choeur descendit vers sa proie éternelle
Afin d'y ressaisir sa domination
Sur la race timide, incomplète et rebelle.

On entendit venir la sombre Légion
Et retomber les pieds des femmes inflexibles,
Comme sur nos caveaux tombe un cercueil de plomb.

Chacune prit chaque homme en ses mains invisibles.
- Mais, plus forte à présent, dans ce sombre duel,
Notre âme en deuil combat ces Esprits impassibles.

Nous soulevons parfois leur doigt faux et cruel.
La Volonté transporte à des hauteurs sublimes
Notre front éclairé par un rayon du ciel.

Cependant sur nos caps, sur nos rocs, sur nos cimes,
Leur doigt rude et fatal se pose devant nous,
Et, d'un coup, nous renverse au fond des noirs abîmes.

Oh ! dans quel désespoir nous sommes encor tous !
Vous avez élargi le COLLIER qui nous lie,
Mais qui donc tient la chaîne ? - Ah ! Dieu juste, est-ce vous ?

Arbitre libre et fier des actes de sa vie,
Si notre coeur s'entr'ouvre au parfum des vertus,
S'il s'embrase à l'amour, s'il s'élève au génie,

Que l'ombre des Destins, Seigneur, n'oppose plus
A nos belles ardeurs une immuable entrave,
A nos efforts sans fin des coups inattendus !

O sujet d'épouvante à troubler le plus brave !
Questions sans réponse où vos Saints se sont tus !
O mystère ! ô tourment de l'âme forte et grave !

Notre mot éternel est-il : C'ÉTAIT ECRIT ?
- SUR LE LIVRE DE DIEU, dit l'Orient esclave ;
Et l'Occident répond : - SUR LE LIVRE DU CHRIST.



Illustration mcp
C'était écrit
c-etait-ecrit-copie-1.jpg
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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 01:40
Léon Dierx
né à Saint-Denis de La Réunion le 31 mars 1838 et mort à Paris le 12 juin 1912,
est un poète parnassien et peintre français.
En 1864, il fait partie des poètes parnassiens qui se réunissent autour de Catulle Mendès, avec Sully Prudhomme, Villiers de L'Isle-Adam, José-Maria de Heredia, Albert Glatigny, quand Paul Verlaine, âgé de 20 ans, fait la connaissance de ce groupe. Il fait la connaissance de Guy de Maupassant lors de sa collaboration à La Revue fantaisiste, qui lui dédiera en 1883 sa nouvelle "Regret". Il est élu prince des poètes à la mort de Stéphane Mallarmé en 1898.


Les rythmes
Les lèvres closes

Rythme des robes fascinantes,
Qui vont traînantes,
Balayant les parfums au vent,
Ou qu'au-dessus des jupes blanches
Un pas savant
Balance et gonfle autour des hanches !

Arbres bercés d'un souffle frais
Dans les forêts,
Où, ruisselant des palmes lisses,
Tombent des pleurs cristallisés
Dans les calices
Roses encor de longs baisers !

Soupir des mers impérissable,
Qui sur le sable,
Dans l'écume et dans les flots bleus
Pousses l'amas des coquillages ;
Flux onduleux
Des lourdes lames vers les plages !

Air plaintif d'instruments en choeur
Qui prends le coeur,
Et, traversant la symphonie,
Viens ou pars, sonore ou noyé
Dans l'harmonie,
Et renais sourd ou déployé !

Hivers, printemps, étés, automnes,
Jours monotones,
Souvenirs toujours rajeunis ;
Mêmes rêves à tire d'ailes,
Loin de leurs nids
Tourmentés de douleurs fidèles !

Vous m'emplissez de désirs fous,
Je bois en vous
La soif ardente des mirages,
Reflets d'un monde harmonieux !
Et vos images
Se mêlent toutes en mes yeux :

Rythme lent des robes flottantes,
Forêts chantantes,
Houles des mers, lointaines voix,
Airs obsédants des symphonies,
Jours d'autrefois,
Ô vous, extases infinies !
Illustration mcp
Rythme
rythme.jpg
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 01:49
Léon Dierx
né à Saint-Denis de La Réunion le 31 mars 1838 et mort à Paris le 12 juin 1912,
est un poète parnassien et peintre français.
En 1864, il fait partie des poètes parnassiens qui se réunissent autour de Catulle Mendès, avec Sully Prudhomme, Villiers de L'Isle-Adam, José-Maria de Heredia, Albert Glatigny, quand Paul Verlaine, âgé de 20 ans, fait la connaissance de ce groupe. Il fait la connaissance de Guy de Maupassant lors de sa collaboration à La Revue fantaisiste, qui lui dédiera en 1883 sa nouvelle "Regret". Il est élu prince des poètes à la mort de Stéphane Mallarmé en 1898.


L'amour en fraude

J'ai vu passer, l'autre matin,
Un jeune Dieu dans la prairie ;
Sous un costume de féerie
Il sautillait comme un lutin.

Tout perlé d'or et d'émeraude,
Sans arc, sans flèche et sans carquois,
En chantonnant des vers narquois,
Il s'en allait comme en maraude.

Il redonnait, à chaque bond,
L'onde aux ruisseaux, des fleurs aux rives,
Des alouettes et des grives
Au saule creux et moribond.

Le fol Archer buveur de larmes,
Pour une fois pris en défaut,
À travers champs riait tout haut
De n'être plus qu'un fou sans armes !

Et singeant l'air d'un franc routier,
Fier de trahir son roi morose,
Il arborait un drapeau rose
Pour délivrer le monde entier !


François Janinet (1752-1814 - d'après Fragonard)
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François Janinet (1752-1814 - d'après Fragonard)
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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 02:45


Léon Dierx
né à Saint-Denis de La Réunion le 31 mars 1838 et mort à Paris le 12 juin 1912,
est un poète parnassien et peintre français.
En 1864, il fait partie des poètes parnassiens qui se réunissent autour de Catulle Mendès, avec Sully Prudhomme, Villiers de L'Isle-Adam, José-Maria de Heredia, Albert Glatigny, quand Paul Verlaine, âgé de 20 ans, fait la connaissance de ce groupe. Il fait la connaissance de Guy de Maupassant lors de sa collaboration à La Revue fantaisiste, qui lui dédiera en 1883 sa nouvelle "Regret". Il est élu prince des poètes à la mort de Stéphane Mallarmé en 1898.





Prologue
Les lèvres closes


J'ai détourné mes yeux de l'homme et de la vie,
Et mon âme a rôdé sous l'herbe des tombeaux.
J'ai détrompé mon coeur de toute humaine envie,
Et je l'ai dispersé dans les bois par lambeaux.

J'ai voulu vivre sourd aux voix des multitudes,
Comme un aïeul couvert de silence et de nuit,
Et pareil aux sentiers qui vont aux solitudes,
Avoir des songes frais que nul désir ne suit.

Mais le sépulcre en moi laissa filtrer ses rêves,
Et d'ici j'ai tenté d'impossibles efforts.
Les forêts ? Leur angoisse a traversé les grèves,
Et j'ai senti passer leurs souffles dans mon corps.

Le soupir qui s'amasse au bord des lèvres closes
A fait l'obsession du calme où j'aspirais ;
Comme un manoir hanté de visions moroses,
J'ai recélé l'effroi des rendez-vous secrets.

Et depuis, au milieu des douleurs et des fêtes,
Morts qui voulez parler, taciturnes vivants,
Bois solennels ! J'entends vos âmes inquiètes
Sans cesse autour de moi frissonner dans les vents.


Illustration mcp
Prologue
Prologue---mcp.jpg
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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 01:47
Léon Dierx,
né à Saint-Denis de La Réunion le 31 mars 1838 et mort à Paris le 12 juin 1912,
est un poète parnassien et peintre français.
En 1864, il fait partie des poètes parnassiens qui se réunissent autour de Catulle Mendès, avec Sully Prudhomme, Villiers de L'Isle-Adam, José-Maria de Heredia, Albert Glatigny, quand Paul Verlaine, âgé de 20 ans, fait la connaissance de ce groupe. Il fait la connaissance de Guy de Maupassant lors de sa collaboration à La Revue fantaisiste, qui lui dédiera en 1883 sa nouvelle "Regret". Il est élu prince des poètes à la mort de Stéphane Mallarmé en 1898.



Les nuages
Les amants


Couché sur le dos, dans le vert gazon,
Je me baigne d'ombre et de quiétude.
Mes yeux ont enfin perdu l'habitude
Du spectacle humain qui clôt la prison
Du vieil horizon.

Là-bas, sur mon front passent les nuages.
Qu'ils sont beaux, mon âme ! et qu'ils sont légers,
Ces lointains amis des calmes bergers !
S'en vont-ils portant de divins messages,
Ces blancs messagers ?

Comme ils glissent vite ! - Et je pense aux femmes
Dont la vague image en nous flotte et fuit.
Le vent amoureux qui de près les suit
Disperse ou confond leurs fluides trames ;
On dirait des âmes !

Rassemblant l'essor des désirs épars,
Ivre du céleste et dernier voyage,
À quelque âme errante unie au passage,
Mon âme ! là-haut, tu me fuis, tu pars
Comme un blanc nuage !


Illustration mcp
Les nuages

Les-nuages.jpg

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 01:57
Léon Dierx,
né à Saint-Denis de La Réunion le 31 mars 1838 et mort à Paris le 12 juin 1912,
est un poète parnassien et peintre français.
En 1864, il fait partie des poètes parnassiens qui se réunissent autour de Catulle Mendès, avec Sully Prudhomme, Villiers de L'Isle-Adam, José-Maria de Heredia, Albert Glatigny, quand Paul Verlaine, âgé de 20 ans, fait la connaissance de ce groupe. Il fait la connaissance de Guy de Maupassant lors de sa collaboration à La Revue fantaisiste, qui lui dédiera en 1883 sa nouvelle "Regret". Il est élu prince des poètes à la mort de Stéphane Mallarmé en 1898.




Ce soir
Les lèvres closes


Comme à travers un triple et magique bandeau,
- Ô nuit ! ô solitude ! ô silence ! - mon âme
A travers vous, ce soir, près du foyer sans flamme,
Regarde par delà les portes du tombeau.

Ce soir, plein de l'horreur d'un vaincu qu'on assaille,
Je sens les morts chéris surgir autour de moi.
Leurs yeux, comme pour lire au fond de mon effroi,
Luisent distinctement dans l'ombre qui tressaille.

Derrière moi, ce soir, quelqu'un est là, tout près.
Je sais qu'il me regarde, et je sens qu'il me frôle.
Quelle angoisse ! Il est là, derrière mon épaule.
Si je me retournais, à coup sûr je mourrais !

Du fond d'une autre vie, une voix très lointaine
Ce soir a dit mon nom, ô terreur ! Et ce bruit
Que j'écoute - ô silence ! ô solitude ! ô nuit ! -
Semble être né jadis, avec la race humaine !
Illustration mcp
Ce soir
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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 01:43
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.


Insoumission
A Lionel Nunès.

Vivre tranquille en sa maison, 
Vertueux ayant bien raison, 
Vaut autant boire du poison.

Je ne veux pas de maladie, 
Ma fierté n'est pas refroidie, 
J'entends la jeune mélodie.

J'entends le bruit de l'eau qui court, 
J'entends gronder l'orage lourd, 
L'art est long et le temps est court.

Tant mieux, puisqu'il y a des pêches, 
Du vin frais et des filles fraîches, 
Et l'incendie et ses flammèches.

On naît filles, on naît garçons. 
On vit en chantant des chansons, 
On meurt en buvant des boissons.


Bartolomé Esteban Murillo (1617-1682)
Jeune homme buvant
Bartolome-Murillo--Jeune-homme-buvant_thumb-1-.jpg
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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 01:53
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.

Testament
Le collier de griffes

Si mon âme claire s'éteint 
Comme une lampe sans pétrole, 
Si mon esprit, en haut, déteint 
Comme une guenille folle,

Si je moisis, diamantin, 
Entier, sans tache, sans vérole, 
Si le bégaiement bête atteint 
Ma persuasive parole,

Et si je meurs, soûl, dans un coin
C'est que ma patrie est bien loin
Loin de la France et de la terre.

Ne craignez rien, je ne maudis 
Personne. Car un paradis
Matinal, s'ouvre et me fait taire.


Illustration mcp
Testament
Testament
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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 02:28
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.


Moi, je vis la vie à côté
Le collier de griffes
Sonnet


Moi, je vis la vie à côté, 
Pleurant alors que c'est la fête. 
Les gens disent : "Comme il est bête !"
En somme, je suis mal coté.

J'allume du feu dans l'été, 
Dans l'usine je suis poète ; 
Pour les pitres je fais la quête,
Qu'importe ! J'aime la beauté.

Beauté des pays et des femmes, 
Beauté des vers, beauté des flammes, 
Beauté du bien, beauté du mal.

J'ai trop étudié les choses ; 
Le temps marche d'un pas normal :
Des roses, des roses, des roses !

Illustration mcp
Le bien, le mal et les roses
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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 01:41
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.



Pluriel féminin 
Le collier de griffes


Je suis encombré des amours perdues,
Je suis effaré des amours offertes.
Vous voici pointer, jeunes feuilles vertes.
Il faut vous payer, noces qui sont dues.

La neige descend, plumes assidues.
Hiver en retard, tu me déconcertes.
Froideur des amis, tu m'étonnes, certes.
Et mes routes sont désertes, ardues.

Amours neuves, et vous amours passées,
Vous vous emmêlez trop dans mes pensées
En des discordances éoliennes.

Printemps, viens donc vite et de tes poussées
D'un balai d'églantines insensées
Chasse de mon coeur les amours anciennes !



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Ballet d'églantines
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Citation "amour"

Recherche

 

LA BOUGIE DE L'AMITIE

Cette bougie a été allumée 

   Le 15 septembre 1998 

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Pour la lutte contre le cancer

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Citation gothique

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nymphes

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Les oiseaux - cygnes

Oiseaux - cygnes

Humour des années 1960

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Le gros chêne à Evans

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Morez - Andelot - Jura - Viaduc -

la ligne des hirondelles

Morez - Andelot - Jura - Viaduc - la ligne des hirondelles -

 

La Loue - 

Ornans - Doubs

La Loue - Ornans - Doubs

 

Fraisans - Jura - canal des forges

Fraisans - Jura - canal des Forges

 

Cascade du Dard - Jura

Cascade du Dard - à l'entrée des grottes - Baume les Messieurs - Jura

 

L'église Saint-Just d'Arbois - Jura

Eglise au bord de la Cuisance - Arbois - Jura

 

Les roses

Catégories

Mes chats

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Le billet d'amour

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chien et chat

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