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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 01:50
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.




L'heure verte
Le coffret de santal


Comme bercée en un hamac
La pensée oscille et tournoie,
A cette heure où tout estomac
Dans un flot d'absinthe se noie.

Et l'absinthe pénètre l'air,
Car cette heure est toute émeraude.
L'appétit aiguise le flair
De plus d'un nez rose qui rôde.

Promenant le regard savant
De ses grands yeux d'aigues-marines,
Circé cherche d'où vient le vent
Qui lui caresse les narines.

Et, vers des dîners inconnus,
Elle court à travers l'opale
De la brume du soir. Vénus
S'allume dans le ciel vert-pâle.


Albert Maignan (1845-1908)
La muse verte 
Albert-Maignan---La-muse-verte.jpg

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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 01:01
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.

Caresse
Le collier de griffes

Tu m'as pris jeune, simple et beau,
Joyeux de l'aurore nouvelle ;
Mais tu m'as montré le tombeau
Et tu m'as mangé la cervelle.

Tu fleurais les meilleurs jasmins,
Les roses jalousaient ta joue ;
Avec tes deux petites mains
Tu m'as tout inondé de boue.

Le soleil éclairait mon front,
La lune révélait ta forme ;
Et loin des gloires qui seront
Je tombe dans l'abîme énorme.

Enlace-moi bien de tes bras !
Que nul ne fasse ta statue
Plus près, charmante ! Tu mourras
Car je te tue - et je me tue.


Illustration mcp
Caresse

Caresse---mcp.jpg
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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 00:10
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.


La vie idéale
Le coffret de santal
à May 

Une salle avec du feu, des bougies, 
Des soupers toujours servis, des guitares, 
Des fleurets, des fleurs, tous les tabacs rares, 
Où l'on causerait pourtant sans orgies. 

Au printemps lilas, roses et muguets, 
En été jasmins, oeillets et tilleuls 
Rempliraient la nuit du grand parc où, seuls 
Parfois, les rêveurs fuiraient les bruits gais. 

Les hommes seraient tous de bonne race, 
Dompteurs familiers des Muses hautaines, 
Et les femmes, sans cancans et sans haines, 
Illumineraient les soirs de leur grâce. 

Et l'on songerait, parmi ces parfums 
De bras, d'éventails, de fleurs, de peignoirs, 
De fins cheveux blonds, de lourds cheveux noirs, 
Aux pays lointains, aux siècles défunts.


Illustration mcp
La vie idéale
La-vie-ideale.jpg
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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 00:26
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.


Phantasma
Le collier de griffes

J'ai rêvé l'archipel parfumé, montagneux,
Perdu dans une mer inconnue et profonde
Où le naufrage nous a jetés tous les deux
Oubliés loin des lois qui régissent le monde.

Sur le sable étendue en l'or de tes cheveux,
Des cheveux qui te font comme une tombe blonde,
Je te ranime au son nouveau de mes aveux
Que ne répéteront ni la plage ni l'onde.

C'est un rêve. Ton âme est un oiseau qui fuit
Vers les horizons clairs de rubis, d'émeraudes,
Et mon âme abattue est un oiseau de nuit.

Pour te soumettre, proie exquise, à mon ennui
Et pour te dompter, blanche, en mes étreintes chaudes,
Tous les pays sont trop habités aujourd'hui.

Illustration mcp
Phantasma
2900069_7e44422.jpg

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 00:46
Charles Cros,

né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
 
En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe. En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.


Romance
A Philippe Burty


Le bleu matin
Fait pâlir les étoiles.
Dans l'air lointain
La brume a mis ses voiles.
C'est l'heure où vont,
Au bruit clair des cascades,
Danser en rond,
Sur le pré, les Dryades.

Matin moqueur,
Au dehors tout est rose.
Mais dans mon coeur
Règne l'ennui morose.
Car j'ai parfois
A son bras, à cette heure,
Couru ce bois.
Seule à présent j'y pleure.

Le jour parait,
La brume est déchirée,
Et la forêt
Se voit pourpre et dorée.
Mais, pour railler
La peine qui m'oppresse,
J'entends piailler
Les oiseaux en liesse.

Illustration mcp
Romance - dryade
Romance---dryade.jpg
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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 00:07
Alphonse Beauregard, poète est né à Compton au Canada. en 1881, et mort en 1924.
Il commence en 1906 à publier des poèmes dans divers journaux et autres revues (souvent sous le pseudonyme de A. Chasseur).
Ses œuvres sont assez nombreuses, on citera "Les forces" en 1912 et "Les Alternances", recueil de poèmes en 1921. 

L'or
Les alternances

Je suis l'or, simulacre étrange de la vie,
Mode ultime de l'énergie
Que l'homme, prolongeant l'élan primordial,
Conçut pour insuffler une âme subalterne
À la matière qu'il gouverne, 
À ses créations de fibre et de métal.

Je circule parmi les rêves
Et ceux que je touche se lèvent
Matérialisés en fantasques moissons
D'oeuvres d'art, de maisons,
De vin clair qui chatoie,
D'instruments et de pain, de bijoux et de soie.

Je suis un rayon de soleil 
Qui paraît et métamorphose,
Autour de l'homme, toutes choses : 
Un amas de charbon en un boudoir vermeil, 
Une source chantante en écheveaux de laine, 
Une plaque de bronze en essaim de phalènes.

Je suis une vibration 
Qui répercute au loin l'effort de la matière.
Une machine impose au fer des torsions,
La masse tombe et fend la pierre,
Et par moi, quelque part, s'allongeront des bras, 
Des outils couperont, la vapeur luttera.

Je suis une idée en voyage 
Qui se transforme en acte et de lui se dégage.
Après m'être incarné dans le cuir ou le plomb 
J'en sors pour quelque randonnée. 
Je suis un mouvement né d'un autre, fécond 
Dans le rythme éternel des forces alternées.

J'accours où voltige l'espoir,
Où les dieux ont juré de capter l'eau dansante
Et d'enchaîner la flamme au fond des antres noirs.
Je brille et des cités s'étalent, débordantes ;
Il rôde dans les champs de grands trains annelés,
Les grains percent le sol, des rocs sont descellés.

Subitement les murs fléchissent, les fenêtres
Semblent des orbites de morts.
On se demande avec angoisse : Où donc est l'or ?
Je suis caché dans l'ombre, inutile à mes maîtres. 
Leur foi seule était mon soutien, 
Ils ont tremblé, je ne suis rien.



Illustration mcp
L'or
L-or.gif
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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 23:54
Alphonse Beauregard, poète est né à Compton au Canada. en 1881, et mort en 1924.
Il commence en 1906 à publier des poèmes dans divers journaux et autres revues (souvent sous le pseudonyme de A. Chasseur).
Ses œuvres sont assez nombreuses, on citera "Les forces" en 1912 et "Les Alternances", recueil de poèmes en 1921. 


Nocturne
Les alternances

Que chantent les grillons et s'allument les phares ! 
Un esprit est venu sur le fleuve houleux 
Réapprendre à nos coeurs des mots miraculeux. 
N'incite plus, ô vent, les feuilles aux bagarres. 
Dans l'air est apparu l'ancien rêve d'amour, 
L'impérissable rêve au chaste et blanc contour. 
Grillons, chantez encore et que brillent les phares !

Voici notre passé de désirs haletants. 
Terre, jette un tapis de mousse et de pétales 
Devant ces jours, chargés d'erreurs sentimentales. 
Qui clament la valeur grandissante du temps, 
Du temps si précieux pour nos âmes avides. 
Effeuillez-vous, ô fleurs, onde, calme tes rides, 
Voici notre passé de désirs haletants.

De lourds oiseaux de nuit s'en vont battant des ailes. 
Partout l'effort de vivre en l'ombre est suspendu. 
Plus nous voulons reconquérir le temps perdu 
Et plus nous retenons les paroles formelles. 
Nous hésitons, de peur de nous tromper encor. 
L'espérance d'amour, triste, prend son essor 
Avec les grands oiseaux qui fuient battant des ailes.


Illustration mcp
Nocturne

Nocturne.gif
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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 01:06
Émile Verhaeren,
né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916,
est un poète belge flamand, d'expression française, influencé par le symbolisme, il pratique le vers libre avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité.


Comme à d'autres, l'heure et l'humeur
Les heures d'après-midi

Comme à d'autres, l'heure et l'humeur : 
L'heure morose ou l'humeur malévole
Nous ont, de leurs sceaux noirs, marqué le coeur,
Mais, néanmoins, jamais,
Même les soirs des jours mauvais
Nos coeurs ne se sont dit les fatales paroles.

La sincérité claire, ardente, illuminée,
Nous fut joie et conseil,
Si bien que notre âme passionnée
Toujours s'y retrempa, comme en un flux vermeil.

Et nous nous sommes dit nos plus pauvres misères,
Les égrenant comme un âpre rosaire,
L'un devant l'autre, en sanglotant d'amour ;
Et doucement et tour à tour
Sur nos lèvres qui les disaient d'une voix haute
Nos deux bouches, à chaque aveu, baisaient nos fautes.

Ainsi,
Très simplement, sans lâcheté ni sans blasphème,
Nous nous sommes sauvés du monde et de nous-mêmes,
Nous épargnant des deuils et les rongeants soucis,
Et regardant notre âme renaître,
Comme renaît après la pluie,
Quand le soleil la chauffe et doucement l'essuie, 
La pureté de verre et d'or d'une fenêtre.

Illustration mcp
La pureté de verre d'une fenêtre
La-purete-de-verre-d-une-fenetre.jpg
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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 00:28
Émile Verhaeren,
né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916,
est un poète belge flamand, d'expression française, influencé par le symbolisme, il pratique le vers libre avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité. 

Un soir

Avec les doigts de ma torture 
Gratteurs de mauvaise écriture, 
Maniaque inspecteur de maux, 
J'écris encor des mots, des mots...

Quant à mon âme, elle est partie.

Morosement et pour extraire 
L'arrière-faix de ma colère, 
Aigu d'orgueil, crispé d'effort, 
Je râcle en vain mon cerveau mort.

Quant à mon âme, elle est partie.

Je voudrais me cracher moi-même, 
La lèvre en sang, la face blême :
L'ivrogne de son propre moi 
S'éructerait en un renvoi.

Quant à mon âme, elle est partie.

Homme las de rage, qui rage 
D'être lassé de son orage, 
La vie en lui ne se prouvait 
Que par l'horreur qu'il en avait.

Quant à mon âme, elle est partie.

Mes poings ont tordu dans le livre 
L'intordable fièvre de vivre ; 
Ils ne l'ont point tordue assez 
Bien que mes poings en soient cassés.

Quant à mon âme, elle est partie.

Le han du soir suprême, écoute ! 
S'entend là-bas sur la grand'route ; 
Clos tes volets - c'est bien fini 
Le mors-aux-dents vers l'infini.


Illustration mcp
J'écris encore des mots, des mots...
j-ecris-encore-des-mots.jpg

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 00:00
Émile Verhaeren,
né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916,
est un poète belge flamand, d'expression française, influencé par le symbolisme, il pratique le vers libre avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité. 

Fleur fatale

L'absurdité grandit comme une fleur fatale 
Dans le terreau des sens, des coeurs et des cerveaux ; 
En vain tonnent, là-bas, les prodiges nouveaux ; 
Nous, nous restons croupir dans la raison natale.

Je veux marcher vers la folie et ses soleils, 
Ses blancs soleils de lune au grand midi, bizarres, 
Et ses échos lointains, mordus de tintamarres 
Et d'aboiements et pleins de chiens vermeils.

Iles en fleurs, sur un lac de neige ; nuage 
Où nichent des oiseaux sous les plumes du vent ; 
Grottes de soir, avec un crapaud d'or devant, 
Et qui ne bouge et mange un coin du paysage.

Becs de hérons, énormément ouverts pour rien, 
Mouche, dans un rayon, qui s'agite, immobile 
L'insconscience douce et le tic-tac débile 
De la tranquille mort des fous, je l'entends bien !

Illustration mcp
Fleur fatale
2860593_5aea8.jpg

 

 

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