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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 23:49
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.


À la Divinité Inconnue
Évocations,

 
Ma Fée et ma Princesse aux paupières divines
Habite les ruines.

Elle aime les lointains, les crépuscules gris
Et les chauves-souris.

Elle va, toujours lente et toujours solitaire,
Se voilant de mystère.

Elle a l’accablement des lys qui vont mourir,
Les yeux du souvenir.

Doucement, elle frappe aux somnolentes portes
Où s’attardent les Mortes.

Elle écoute, le soir, hululer les hiboux
Aux chants rares et doux.

Ma Fée et ma Princesse aux paupières divines
Habite les ruines.


Illustration mcp
Mystère
Mystere-2.jpg

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 01:03
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.

Ondine
Études et Préludes

Ton rire est clair, ta caresse est profonde,
Tes froids baisers aiment le mal qu’ils font ;
Tes yeux sont bleus comme un lotus sur l’onde
Et les lys d’eau sont moins purs que ton front.

Ta forme fuit, ta démarche est fluide,
Et tes cheveux sont de légers réseaux ;
Ta voix ruisselle ainsi qu’un flot perfide ;
Tes souples bras sont pareils aux roseaux,

Aux longs roseaux des fleuves, dont l’étreinte
Enlace, étouffe, étrangle savamment,
Au fond des flots, une agonie éteinte
Dans un cruel évanouissement.


Image mcp
Ondine
ondine---mcp-2.jpg
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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 00:31
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.

Mort maritime
Évocations

Τῷ γρίπει Πελάγωνι πατὴρ ἐπέθηϰε Μενισϰος
ϰύρτον ϰαὶ ϰώπαν, μνάμα ϰαϰιζοΐας ;
Ψαπφά

Mettez le filet et la rame et les voiles,
Pêcheurs, au-dessus de ce tombeau marin
Où dort Pélagôn, fils errant des étoiles
Et fils du destin.

Ce Mort a connu les hasards de l’orage,
Le tourment des flots, les monstres de la mer,
La faim qui menace et la soif qui ravage
Et le pain amer.

Mais le vent du large a gonflé sa poitrine
D’un souffle pareil à l’haleine des Dieux,
Et les pieds d’argent de Téthys la divine
Ont ravi ses yeux,

Il a bu l’odeur et la couleur des vagues,
Le baiser de sel qui ranime et qui mord,
Il a vu flotter, ondoyantes et vagues,
Les brumes du Nord.

Mettez le filet et la rame et les voiles,
Pêcheurs, au-dessus de ce tombeau marin
Où dort Pélagôn, fils errant des étoiles
Et fils du Destin.


Joseph Mallord William Turner (1775-1851) 
Le Naufrage
william-turner-naufrage.jpg

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 01:52
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.


Légende du saule
Brumes de fjords

Les premiers souffles du printemps s’attiédissaient.

Les forêts étaient lourdes de la vie intarissable des plantes et du rut des animaux.

Les Nymphes violées s’évanouissaient de leurs amoureuses blessures et les Hamadryades elles-mêmes, dans leurs temples d’écorce et de feuillages, n’étaient plus à l’abri de l’attaque des Faunes.

Lasse de l’universel accouplement, infiniment lasse de contempler la brutalité des étreintes, la plus jeune parmi les Hamadryades avait élu comme retraite un arbre aux feuilles presque blanches et mélancoliquement tombantes qui prolongeaient sur le fleuve leurs reflets d’argent.

Assoiffée de la limpidité, de l’innocence de l’eau, elle se pencha avidement vers la clarté mouvante et sonore des ondes. Et elle supplia les Divinités du Fleuve de lui accorder la fraîcheur du repos et l’oubli des caresses.

Comme elle s’inclinait, elle crut apercevoir une chevelure aux blondeurs pâles flottant à la surface de l’eau avec des fluidités d’algues.

Et, se rapprochant davantage de cet éclair humide, elle crut voir des yeux, d’un bleu subtil comme le bleu des flots, un regard mobile et fuyant comme le flux et le reflux de la rivière elle-même…
Divinement et terriblement éblouie, elle vit la Naïade lui sourire d’un sourire qui semblait attirer et promettre, et elle eut le pressentiment des mortelles amours…

Revenue à la conscience d’elle-même, elle chercha de nouveau, mais en vain, l’illusion mystérieuse de ce visage.

Le songe avait disparu.

Un frémissement de l’eau marquait seul la place où tremblait l’ondoyant sourire limpide.

Elle s’inclina davantage, toujours plus éprise de cette ombre de Naïade, de ce rêve de beauté fugitive et d’amour incertain.

Ses cheveux, d’un vert argenté, trempèrent dans le fleuve et se mêlèrent aux roseaux et aux iris blancs.

Un frisson d’épouvante et de désir fit tressaillir jusqu’aux racines de l’être son long corps flexible et frêle…

Elle attendit… — Par un clair de lune d’hiver, elle crut avoir retrouvé la chevelure pâle, lumineusement répandue, mais ce n’était qu’un étincellement de l’eau frissonnante d’étoiles… Alors, elle désespéra…

Les nénuphars, ces lys étranges des lacs et des rivières, jaillis du sommeil de l’onde, chastes et froids comme elle, les nénuphars semblaient les fronts noyés des vierges amoureuses qui, jadis, avaient cherché l’oubli dans la profondeur du lit fluvial.

Les iris blancs avaient la mélancolie des délaissés… Tout pleurait la tristesse et l’abandon… 

Dans un élan de passion et de prière, l’Hamadryade jeta un dernier appel vers les remous nocturnes…

« Ô Forme éclose du frémissement des ondes, ô Toi qui incarnes en ton corps ondoyant toutes les grâces du fleuve, ô Beauté qui glisses entre les bras, qui fuis les étreintes, qui échappes aux baisers, ne reviendras-tu jamais m’accabler et me ravir de ton charme à demi révélé ? »

Nul souffle ne frôla le sommeil des flots, et l’Hamadryade amie du Saule comprit que l’attente de l’amour est vaine comme le sourire de l’eau qui lui fit entrevoir l’image perfide d’une Naïade.

Mais, possédant la vie immortelle de toutes les Divinités de l’impérissable Hellas, elle ne put oublier sa douleur… Elle est l’Affligée, elle est l’Inconsolable et pleure éternellement dans les fleuves ses longues larmes vertes.

Joséphine Wall (1947)
Hamadryade
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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 23:01
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.


Les deux Amours
Brumes de fjords


I
Un pâtre errait sur la route qui côtoie les abîmes…
La brume estompait les montagnes et les solitudes buvaient le crépuscule,
Lorsqu’il vit s’avancer la Forme de son Rêve.
Son visage pâlissait à travers les voiles,
Elle avait le sourire des mortes amoureuses. 
Et l’Ombre lui dit : «  Me suivras-tu au royaume des Ombres ?
« Tu règneras à mon côté sur un peuple éternellement beau. »
La brume estompait les montagnes et les solitudes buvaient le crépuscule.
Au fond du soir, souriaient les visages lointains des Ombres.
Mais le pâtre répondit à la Forme de son Rêve :
« J’épouse demain ma fiancée.
« Ses yeux sont troubles comme les glaciers.
« Pour toi, je n’ai pu entrevoir la couleur de tes yeux.
« Ses lèvres ont la fraîcheur sauvage des roses dans les vallées.
« Je n’ai pu entrevoir le mystère de tes lèvres.
« Et sa chair virginale est pareille aux neiges attiédies du printemps.
« Je n’ai pu entrevoir l’inconnu de ta chair.
« J’épouse demain ma fiancée… »
La brume estompait les montagnes et les solitudes buvaient le crépuscule.

II
Il a repris le chemin qui côtoie les abîmes.
Il n’a pu oublier la Forme de son Rêve.
Les caresses de l’épouse lui laissaient une saveur grossière…
Il a repris le chemin qui côtoie les abîmes…
Et l’Ombre amoureuse l’attendait dans le soir ;
Elle lui dit : « Ô toi qui ne sais choisir,
« Ô toi qui hésites éternellement,
« Me suivras-tu sans crainte dans le royaume du songe ? »
Et le pâtre répondit à la Forme de son Rêve :
« Je n’ose abandonner à tout jamais la terre des vivants,
Je ne puis abandonner à tout jamais l’Épouse,
Mais, à l’heure du soir, je descendrai avec toi dans le royaume des Ombres,
Et, pendant une heure, je t’aimerai. »

III
Égaré dans la brume et trompé par le crépuscule, un vivant s’est épris d’un fantôme.
À l’heure du soir, le pâtre descendit avec l’Amoureuse mystique dans le royaume des Ombres,
Où les roses même ont d’étranges pâleurs, où les oi­seaux ne chantent plus, où les lèvres n’ont point de bai­sers,
Mais où les reflets, plus beaux que les couleurs, et les échos, plus doux que les sons, ne heurtent jamais la pa­resse du Rêve.
Égaré dans la brume et trompé par le crépuscule, un vivant s’est épris d’un fantôme.
Pendant une heure, il fut Roi dans le royaume des Ombres. 
Le trône de cristal incrusté d’émeraudes illuminait la salle du festin.
Sur le sol, autour des murs d’ivoire, parmi les coupes et les aiguières, des fleurs de neige étaient répandues.
Auprès de la Forme voilée, le pâtre songeait avec mé­lancolie que les vins du festin royal n’accordaient point l’ivresse,
Et que les lèvres des Ombres amoureuses ignoraient les baisers.
Il se souvenait des étreintes de l’épouse,
Étant de ceux qui ne savent point choisir, de ceux qui hésitent éternellement.
La brume estompait les montagnes et les solitudes buvaient le crépuscule


Pier Francesco Mola (1612-1666) 
Diane et le pâtre Endymion
jwn-6042-diane-2.jpg


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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 01:56
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.



Lassitude
Cendres et Poussières, 1902

Je dormirai ce soir d’un large et doux sommeil…
Fermez bien les rideaux, tenez les portes closes.
Surtout, ne laissez pas pénétrer le soleil.
Mettez autour de moi le soir trempé de roses.

Posez, sur la blancheur d’un oreiller profond,
De ces fleurs sans éclat et dont l’odeur obsède.
Posez-les dans mes mains, sur mon cœur, sur mon front,
Les fleurs pâles au souffle amoureusement tiède.

Et je dirai très bas : « Rien de moi n’est resté…
Mon âme enfin repose… ayez donc pitié d’elle.
Qu’elle puisse dormir toute une éternité. »
Je dormirai, ce soir, de la mort la plus belle.

Que s’effeuillent les fleurs, tubéreuses et lys,
Et que meure et s’éteigne, au seuil des portes closes,
L’écho triste et lointain des sanglots de jadis.
Ah ! le soir infini ! le soir trempé de roses !


Illustration mcp
Lassitude
2803946_ecd262.jpg

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 00:35
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.


La Flûte qui s’est tue
Flambeaux éteints

 
Je m’écoute, avec des frissons ardents,
Moi, le petit faune au regard farouche.
L’âme des forêts vit entre mes dents
Et le dieu du rythme habite ma bouche.

Dans ce bois, loin des aegipans rôdeurs,
Mon cœur est plus doux qu’une rose ouverte ;
Les rayons, chargés d’heureuses odeurs,
Dansent au son frais de la flûte verte.

Mêlez vos cheveux et joignez vos bras
Tandis qu’à vos pieds le bélier s’ébroue,
Nymphes des halliers ! Ne m’approchez pas !
Allez rire ailleurs pendant que je joue !

Car j’ai la pudeur de mon art sacré,
Et, pour honorer la Muse hautaine,
Je chercherai l’ombre et je cacherai
Mes pipeaux vibrants dans le creux d’un chêne.

Je jouerai, parmi l’ombre et les parfums,
Tout le long du jour, en attendant l’heure
Des chœurs turbulents et des jeux communs
Et des seins offerts que la brise effleure…

Mais je tais mon chant pieux et loyal
Lorsque le festin d’exalte et flamboie.
Seul le vent du soir apprendra mon mal,
Et les arbres seuls connaîtront ma joie.

Je défends ainsi mes instants meilleurs.
Vous qui m’épiez de vos yeux de chèvres,
O mes compagnons ! allez rire ailleurs
Pendant que le chant fleurit sur mes lèvres !

Sinon, je suis faune après tout, si beau
Que soit mon hymne, et bouc qui se rebiffe,
Je me vengerai d’un coup de sabot
Et d’un coup de corne et d’un coup de griffe !


Pan dans les roseaux - Illustration
Pan-dans-les-roseaux.jpg


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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 01:31
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.





A Mon Ombre,

L'ombre suit, à pas de louve,
mes pas que l'aube désapprouve.
L'ombre marche, à pas de louve
Droite et longue comme un cyprès.

Elle me suit, comme un reproche
Malaise des mauvais matins,
Qui se courbe sous les destins
Se ressouvient et se rapproche
À travers les mauvais matins,
L'ombre me suit, comme un reproche

Mon ombre suit, comme un remord
La trace de mes pas d'ermite,
Des pas dont la crainte hésite,
Vers l'allée où gîtent les morts
Mon ombre suit mes pas d'ermite,
Implacable comme un remords.


Illustration mcp
L'ombre
2796257_afb512.jpg
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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 23:40
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.


Sanctuaire d’Asie
Dans un coin de violettes

        J’abriterai dans mon sanctuaire d’Asie
        Mon éternel besoin d’ombre et de poésie.

        Là-bas, guettant les mille et trois Dieux aux pieds d’or,
        Des prêtres, jour et nuit, veillent sur leur trésor.

        Oui, désespérément, je fixe mon exode
        Vers ce refuge énorme et sombre de pagode,

        Où, dressant vers le ciel les lotus léthéens,
        Les étangs dorment leurs sommeils paludéens.
Illustration mcp
Refuge d'Asie
2794170_4c2de2.jpg

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 00:51
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.

Les Yeux gris
Études et Préludes


Le charme de tes yeux sans couleur ni lumière
Me prend étrangement : il se fait triste et tard,
Et, perdu sous le pli de ta pâle paupière,
Dans l’ombre de tes cils sommeille ton regard.

J’interroge longtemps tes stagnantes prunelles.
Elles ont le néant du soir et de l’hiver
Et des tombeaux : j’y vois les limbes éternelles,
L’infini lamentable et terne de la mer.

Rien ne survit en toi, pas même un rêve tendre.
Tout s’éteint dans tes yeux sans âme et sans reflet,
Comme un foyer rempli de silence et de cendre.
Le jour râle là-bas dans le ciel violet.

Dans cet accablement du morne paysage,
Ton froid mépris me prend des vivants et des forts.
J’ai trouvé dans tes yeux la paix sinistre et sage,
Et la mort qu’on respire à rêver près des morts.


Illustration mcp
L'oeil froid
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