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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 01:19
 
René Armand François Prudhomme,
dit Sully Prudhomme, né à Paris le 16 mars 1839 et mort à Châtenay-Malabry le 6 septembre 1907, est un poète français, premier lauréat du Prix Nobel de littérature en 1901.
 
Son premier recueil, Stances et Poèmes (1865) est loué par Sainte-Beuve et lance sa carrière. Il renferme son poème le plus célèbre, Le Vase brisé, élégante métaphore du cœur brisé par un chagrin d'amour.
 
 
 
 
 
POESIE SUR LA TERRE
 
Enfant sur la terre on se traîne,
Les yeux et l'âme émerveillés,
Mais, plus tard, on regarde à peine
Cette terre qu'on foule aux pieds.
 
Je sens déjà que je l'oublie,
Et, parfois, songeur au front las,
Je m'en repens et me rallie
Aux enfants qui vivent plus bas.
 
Détachés du sein de la mère,
De leurs petits pieds incertains
Ils vont reconnaître la terre
Et pressent tout de leurs deux mains;
 
Ils ont de graves tête-à-tête
Avec le chien de la maison;
Ils voient courir la moindre bête
Dans les profondeurs du gazon;
 
Ils écoutent l'herbe qui pousse,
Eux seuls respirent son parfum;
Ils contemplent les brins de mousse
Et les grains de sable un par un;
 
Par tous les calices baisée,
Leur bouche est au niveau des fleurs,
Et c'est souvent de la rosée
Qu'on essuie en séchant leurs pleurs.
 
J'ai vu la terre aussi me tendre
Ses bras, ses lèvres, autrefois!
Depuis que je la veux comprendre,
Plus jamais je ne l'aperçois.
 
Elle a pour moi plus de mystère,
Désormais, que de nouveauté;
J'y sens mon cœur plus solitaire,
Quand j'y rencontre la beauté;
 
Et, quand je daigne par caprice
Avec les enfants me baisser,
J'importune cette nourrice
Qui ne veut plus me caresser.
 
 
René-François Sully Prudhomme
 
 
 
 
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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 21:55
 
Anatole FRANCE,
pour l'état civil François Anatole Thibault
 
né le 16 avril 1844 à Paris, mort le 12 octobre 1924 à Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire)
 
est un écrivain et poète français, considéré comme l’un des plus grands de l'époque de la Troisième République, dont il a également été un des plus importants critiques littéraires.
 
Il devient une des consciences les plus significatives de son temps en s’engageant en faveur de nombreuses causes sociales et politiques du début du xxe siècle.
Il reçoit le Prix Nobel de littérature en 1921.
 
 
 
A la lumière
 
Dans l'essaim nébuleux des constellations,
Ô toi qui naquis la première,
Ô nourrice des fleurs et des fruits, ô Lumière,
Blanche mère des visions,
 
Tu nous viens du soleil à travers les doux voiles 
Des vapeurs flottantes dans l'air :
La vie alors s'anime et, sous ton frisson clair,
Sourit, ô fille des étoiles !
 
Salut ! car avant toi les choses n'étaient pas.
Salut ! douce ; salut ! puissante.
Salut ! de mes regards conductrice innocente
Et conseillère de mes pas.
 
Par toi sont les couleurs et les formes divines,
Par toi, tout ce que nous aimons.
Tu fais briller la neige à la cime des monts,
Tu charmes le bord des ravines.
 
Tu fais sous le ciel bleu fleurir les colibris
Dans les parfums et la rosée ;
Et la grâce décente avec toi s'est posée
Sur les choses que tu chéris.
 
Le matin est joyeux de tes bonnes caresses ;
Tu donnes aux nuits la douceur,
Aux bois l'ombre mouvante et la molle épaisseur
Que cherchent les jeunes tendresses.
 
Par toi la mer profonde a de vivantes fleurs
Et de blonds nageurs que tu dores.
Au ciel humide encore et pur, tes météores
Prêtent l'éclat des sept couleurs.
 
Lumière, c'est par toi que les femmes sont belles
Sous ton vêtement glorieux ;
Et tes chères clartés, en passant par leurs yeux,
Versent des délices nouvelles.
 
Leurs oreilles te font un trône oriental
Où tu brilles dans une gemme,
Et partout où tu luis, tu restes, toi que j'aime,
Vierge comme en ton jour natal.
 
Sois ma force, ô Lumière ! et puissent mes pensées,
Belles et simples comme toi,
Dans la grâce et la paix, dérouler sous ta foi
Leurs formes toujours cadencées !
 
Donne à mes yeux heureux de voir longtemps encor,
En une volupté sereine,
La Beauté se dressant marcher comme une reine
Sous ta chaste couronne d'or.
 
Et, lorsque dans son sein la Nature des choses
Formera mes destins futurs,
Reviens baigner, reviens nourrir de tes flots purs
Mes nouvelles métamorphoses.
 
 
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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 02:35
Louise Lévêque de Vilmorin,
dite Louise de Vilmorin, est une écrivaine française née le 4 avril 1902 à Verrières-le-Buisson (Essonne) où elle est morte le 26 décembre 1969.
Née dans le château familial d'une célèbre famille de botanistes et grainetiers, elle se fiance en 1923 à Antoine de Saint-Exupéry mais épouse en 1925 un Américain, Henry Leigh Hunt (1886–1972) et s’installe à Las Vegas, au Nevada. Trois filles naissent de ce mariage : Jessie, Alexandra et Éléna. Divorcée, elle épouse en 1938 en secondes noces le comte Paul Pálffy ab Erdöd (1890–1968), dont elle divorce en 1943. Ces années sont pour Louise « les plus belles de [sa] vie.1» Elle devient ensuite la maîtresse de Paul Esterházy de Galántha (1901–1964), à partir de 1942, puis de Duff Cooper, ambassadeur de Grande-Bretagne. Elle termine sa vie avec un amour de jeunesse, André Malraux.
 
La solitude est verte
 
 
  Chasseresse ou dévote ou porteuse de dons
    La solitude est verte en des landes hantées,
    Comme chansons du vent aux provinces chantées
    Comme le souvenir lié à l'abandon.
 
   La solitude est verte.
 
    Verte comme verveine au parfum jardinier
    Comme mousse crépue au bord de la fontaine
    Et comme le poisson messager des sirènes,
    Verte comme la science au front de l'écolier.
 
   La solitude est verte.
 
    Verte comme la pomme en sa simplicité,
   Comme la grenouille, cœur glacé des vacances,
   Verte comme tes yeux de désobéissance,
    Verte comme l'exil où l'amour m'a jeté.
 
   La solitude est verte.
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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 00:00
 
Hans Christian Andersen (1805-1875)
est un poète et écrivain danois, qui, grâce à ses Contes pour enfants, incarne le génie populaire nordique.
 
Il est né à Odense le 2 avril 1805, et meurt à Copenhague le 4 août 1875. Ses histoires, traduites en plus de quatre-vingt langues, connaissent un succès durable et inspirent des écrivains, des metteurs en scène, des réalisateurs, des chorégraphes, des sculpteurs et des peintres.
Parmi ses contes,
les plus célèbres sont
«le Vilain Petit Canard»,
«la Reine des neiges»,
«les Habits neufs de l'empereur»,
«les Cygnes sauvages»
et «la Petite Sirène». 
 
La Petite Poucette
Il y avait une fois, une femme qui aurait bien voulu avoir un tout petit enfant, mais elle ne savait pas du tout comment elle pourrait se le procurer; elle alla donc trouver une vieille sorcière, et lui dit :
- J'aurais grande envie d'avoir un petit enfant, ne veux-tu pas me dire où je pourrais m'en procurer un ?
- Si, nous allons bien en venir à bout ! dit la sorcière. Tiens, voilà un grain d'orge, il n'est pas du tout de l'espèce qui pousse dans le champ du paysan, ou qu'on donne à manger aux poules, mets-le dans un pot, et tu verras !
- Merci, dit la femme.
Et elle donna douze shillings à la sorcière, rentra chez elle, planta le grain d'orge, et aussitôt poussa une grande fleur superbe qui ressemblait tout à fait à une tulipe, mais
les pétales se refermaient, serrés comme si elle était encore en bouton.
- C'est une belle fleur, dit la femme.
Et elle l'embrassa sur les beaux pétales rouges et jaunes, mais au moment même de ce baiser, la fleur s'ouvrit avec un grand bruit d'explosion. C'était vraiment une tulipe, ainsi qu'il apparut alors, mais au milieu d'elle, assise sur le siège vert, était une toute petite fille, mignonne et gentille, qui n'était pas plus haute qu'un pouce, et qui, pour cette raison, fut appelée Poucette.
Elle eut pour berceau une coque de noix laquée, des pétales bleus de violettes furent ses matelas, et des pétales de roses son édredon ; c'est là qu'elle dormait la nuit, et le jour elle jouait sur la table, où la femme avait posé une assiette entourée d'une couronne de fleurs dont les tiges trempaient dans l'eau ; un grand pétale de tulipe y flottait, où Poucette pouvait se tenir et naviguer d'un bord à l'autre de l'assiette ; elle avait pour ramer deux crins de cheval blanc. C'était charmant. Et elle savait aussi chanter, et son chant était doux et gentil, tel qu'on n'avait jamais entendu le pareil ici...................................................
 
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Voici un poème d'Andersen
 
La rose
 
Il advint que là où le père du Prince était enterré, 
Poussa un rosier, un très beau rosier 
Qui ne fleurissait qu'une fois tous les cinq ans, 
Et qui ne portait qu'une seule fleur; 
Mais cette fleur était une rose. 
Elle sentait si bon que tous les soucis et chagrins 
De celui qui humait son parfum étaient oubliés.
 
Hans Christian Andersen
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(1805-1875)
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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 01:16
Charles CROS
né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, originaire d'une famille de Lagrasse (Aude) et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français.
Passionné de littérature et de sciences, il fut un temps, de 1860 à 1863, professeur de chimie à l'Institut parisien des sourds-muets, avant de se consacrer à la recherche scientifique :
- En 1867, il présente à l'Exposition de 1867 un prototype de télégraphe automatique suite à ses travaux portant sur l'amélioration de la technologie du télégraphe.
- En 1869, il présente à la Société française de photographie un procédé de photographie en couleurs qui est à l'origine du procédé actuel de trichromie.
- En 1877, il adresse à l'Académie des Sciences un mémoire décrivant le principe du « paléophone » (prototype du phonographe)
 
Bien que Charles Cros ne soit pas à l'origine du disque ou du gramophone, son nom a été retenu pour désigner en 1947 l'Académie Charles-Cros, fondée par des critiques et des spécialistes du disque et attribuant chaque année des distinctions très remarquées (Prix du Disque de l'Académie Charles-Cros).
 
 
 
Plusieurs de ses poèmes ont été mis en musique dont :
 
Sidonie (Triolets fantaisistes), interprété par Brigitte Bardot,
mis en musique par Jean-Max Rivière et Yani Spanos pour le film Vie privée de Louis Malle en 1962,
 
 
Les femmes sont fleurs. 
 
Sonnet.
(Charles Cros)
 
Il y a des moments où les femmes sont fleurs ; 
On n'a pas de respect pour ces fraîches corolles... 
Je suis un papillon qui fuit des choses folles, 
Et c'est dans un baiser suprême que je meurs.
 
Mais il y a parfois de mauvaises rumeurs ; 
Je t'ai baisé le bec, oiseau bleu qui t'envoles, 
J'ai bouché mon oreille aux funèbres paroles ; 
Mais, Muse, j'ai fléchi sous tes regards charmeurs.
 
Je paie avec mon sang véritable, je paie 
Et ne recevrai pas, je le sais, de monnaie, 
Et l'on me laissera mourir au pied du mur.
 
Ayant traversé tout, inondation, flamme, 
Je ne me plaindrai pas, délicieuse femme, 
Ni du passé, ni du présent, ni du futur !
Charles CROS - poète - "les femmes sont fleurs"
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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 03:51
Boris VIAN,
né le 10 mars 1920 à Ville-d'Avray (Seine-et-Oise, aujourd'hui Hauts-de-Seine) et mort le 23 juin 1959 à Paris,
est un écrivain français, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste). Ingénieur de l'École centrale (Promotion 42B), il est aussi scénariste, traducteur (anglo-américain), conférencier, acteur et peintre.
Sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, il a publié de nombreux romans dans le style américain. Il a souvent utilisé d'autres pseudonymes, parfois sous la forme d'une anagramme, pour signer une multitude d'écrits.
 
 
Ils cassent le monde 
En petits morceaux 
Ils cassent le monde 
A coups de marteau 
Mais ça m'est égal 
Ca m'est bien égal 
Il en reste assez pour moi 
Il en reste assez 
Il suffit que j'aime 
Une plume bleue 
Un chemin de sable 
Un oiseau peureux 
Il suffit que j'aime 
Un brin d'herbe mince 
Une goutte de rosée 
Un grillon de bois 
Ils peuvent casser le monde 
En petits morceaux 
Il en reste assez pour moi 
Il en reste assez 
J'aurais toujours un peu d'air 
Un petit filet de vie 
Dans l'oeil un peu de lumière 
Et le vent dans les orties 
Et même, et même 
S'ils me mettent en prison 
Il en reste assez pour moi 
Il en reste assez 
Il suffit que j'aime 
Cette pierre corrodée 
Ces crochets de fer 
Où s'attarde un peu de sang 
Je l'aime, je l'aime 
La planche usée de mon lit 
La paillasse et le châlit 
La poussière de soleil 
J'aime le judas qui s'ouvre 
Les hommes qui sont entrés 
Qui s'avancent, qui m'emmènent 
Retrouver la vie du monde 
Et retrouver la couleur 
J'aime ces deux longs montants 
Ce couteau triangulaire 
Ces messieurs vêtus de noir 
C'est ma fête et je suis fier 
Je l'aime, je l'aime 
Ce panier rempli de son 
Où je vais poser ma tête 
Oh, je l'aime pour de bon 
Il suffit que j'aime 
Un petit brin d'herbe bleue 
Une goutte de rosée 
Un amour d'oiseau peureux 
Ils cassent le monde 
Avec leurs marteaux pesants 
Il en reste assez pour moi 
Il en reste assez, mon cœur
Boris VIAN - poète -   Ils cassent le monde 
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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 01:38
 
UN HOMMAGE A PIERRE DE RONSARD - 1524 - 28 DECEMBRE 1585
Pierre de Ronsard né en septembre 1524 au manoir de la Possonnière, près du village de Couture-sur-Loir en Vendômois meurt le 28 décembre 1585 au Prieuré de Saint-Cosme en Touraine, il est un des poètes français les plus importants du XVI° siècle.
Voici un des plus connus (en français ancien)
 
A Cassandre
 
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.
 
Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
 
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
 
Pierre de Ronsard

 

   
Pierre de Ronsard - 28 décembre 1585
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