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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 00:51
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,
 
est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.


 Étonnement devant le jour

        Mes yeux sont éblouis du jour que je revois !
        L’ayant cru défier pour la dernière fois.

        Mes yeux sont étonnés de revoir cette aurore,
        Ainsi, moi qui souffris autant, je vis encore !

        Je vis encor, je souffre et peux encor souffrir…
        Sans exhaler mon cœur dans un dernier soupir !

        Mais comment puis-je ainsi voir la lumière en face,
        Moi dont le cœur est lourd et dont l’âme est si lasse ?

        Ô mon destin mauvais… Je suis devant l’amour
        Un adversaire nu… Voici venir le jour !…

        Moi dont l’être est plus las que le dernier automne
        Qui se meurt sur les lacs, je vis… Et je m’étonne !

Illustration mcp
Etonnement devant le jour
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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 00:29
Renée Vivien,
 
née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 »,
 
est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.



Les couleurs de la nuit

Contemple les couleurs des ténèbres. Tes yeux
Sauront, comme les miens, interpréter les cieux.

J’ai vu le violet des nuits graves et douces,
Le vert des nuits de paix, la flamme des nuits rousses.

J’ai vu s’épanouir, rose comme une fleur,
La lune qui sourit aux rêves sans douleur.

J’ai vu s’hypnotiser, à des milliers de lieues,
La méditation subtile des nuits bleues.

En écoutant pleurer les hiboux à l’essor
Mystérieux, j’ai vu ruisseler les nuits d’or.

Illustration mcp
Les couleurs de la nuit
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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 00:42

Marceline Desbordes-Valmore,

 

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

 

est une poétesse française.



La Journée perdue
Idylles

 

Me voici... je respire à peine !
Une feuille m’intimidait ;
Le bruit du ruisseau m’alarmait ;
Je te vois !... je n’ai plus d’haleine !
Attends... je croyais aujourd’hui
Ne pouvoir respirer auprès de ce que j’aime.
Je me sentais mourir, en ce tourment extrême,
De ta peine et de mon ennui.


Quoi! je cherche ta main, et tu n’oses sourire?
Ton regard me pénètre et semble m’accuser?
Je te pardonne, ingrat, tout ce qu’il semble dire ;
Mais laisse-moi du moins le temps de m’excuser.

J’ai vu mes moissonneurs réunis sous l’ombrage ;
Ils chantaient; mais pas un ne dit bien ta chanson.
Ma mère, lasse enfin de veiller la moisson,
Dormait. Je voyais tout, les yeux sur mon ouvrage.

Alors, en retenant le souffle de mon cœur,
Qui battait sous ma collerette,
Je fuyais dans les blés, ainsi qu’une fauvette,
Quand on l’appelle ou qu’elle a peur.


Je suivais, en courant, ton image chérie,
Qui m’attirait, souriait comme toi ;
Mais aux travaux de la prairie
Les malins moissonneurs m’enchaînaient malgré moi.
L’un m’appelait si haut, qu’il éveillait ma mère;
Je revenais confuse eu cueillant des pavots.
Et, caressant ses yeux de leur fraîcheur légère.
Je grondais le méchant qui troublait mon repos.
Hélas ! j’aurais voulu m’endormir auprès d’elle,
Mais je ne dors jamais le jour ;
La nuit même, la nuit me paraît éternelle,
Et j’aime mieux te voir que de rêver d’amour.
Que mon cœur est changé ! comme il était tranquille !
Je le sentais à peine respirer.
Ah! quand il ne fait plus que battre et soupirer,
L’heure qui nous sépare au temps est inutile.
Envoyant le soleil encor si loin du soir.
Je me disais : Mon Dieu ! que ma mère est heureuse !
Le repos la surprend dès qu’elle peut s’asseoir ;
Ma mère n’est pas amoureuse !
Et je fermais les yeux pour rêver le bonheur ,
Et mes yeux te voyaient couché dans ce bois sombre ;
Et, quand tu gémissais à l’ombre,
Le soleil me brûlait le cœur.


Olivier, voudrais-tu?... Que ton sourire est tendre!
L’amitié n’est pas là ! je ne puis plus parler.

Dis-moi... Que disions-nous? Oh! comment rappeler
Tout ce qu’il me reste à t’apprendre?


Regarde : ce matin j’avais tressé ces fleurs;
Mais quoi ! tout a langui des feux de la journée ;
Et la couronne à l’amour destinée
N’a servi qu’à voiler mes pleurs.
Je pleurais : c’est que l’heure, à présent si légère,
Dormait comme ma mère.
Enfin le jour se cache et me prend en pitié ;
Enfin l’agneau bêlant quitte le pâturage ;
Ma mère, sans me voir, est rentrée au village:
Et déjà ma promesse est remplie à moitié.
Je te vois, je te parle, et je te donne encore
Ce bouquet dont l’éclat s’est perdu sur mon sein,
Demande-lui si je t’adore ;
Moi, j’accours seulement pour te dire : A demain !

 

 

Illustration mcp
Journée perdue

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 01:23
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.


L’arbrisseau

La tristesse est rêveuse, et je rêve souvent ;
La nature m’y porte, on la trompe avec peine :
    Je rêve au bruit de l’eau qui se promène,
Au murmure du saule agité par le vent.
J’écoute : un souvenir répond à ma tristesse ;
Un autre souvenir s’éveille dans mon cœur :
Chaque objet me pénètre, et répand sa couleur
        Sur le sentiment qui m’oppresse.
        Ainsi le nuage s’enfuit,
        Pressé par un autre nuage :
        Ainsi le flot fuit le rivage,
        Cédant au flot qui le poursuit.

    J’ai vu languir, au fond de la vallée,
    Un arbrisseau qu’oubliait le bonheur ;
L’aurore se levait sans éclairer sa fleur,
Et pour lui la nature était sombre et voilée.
Ses printemps ignorés s’écoulaient dans la nuit ;
    L’amour jamais d’une fraîche guirlande
    À ses rameaux n’avait laissé l’offrande :
        Il fait froid aux lieux qu’Amour fuit.
L’ombre humide éteignait sa force languissante ;
Son front pour s’élever faisait un vain effort ;
Un éternel hiver, une eau triste et dormante
Jusque dans sa racine allaient porter la mort.

« Hélas ! faut-il mourir sans connaître la vie !
Sans avoir vu des cieux briller les doux flambeaux !
Je n’atteindrai jamais de ces arbres si beaux
        La couronne verte et fleurie !
Ils dominent au loin sur les champs d’alentour :
On dit que le soleil dore leur beau feuillage ;
    Et moi, sous leur impénétrable ombrage,
        Je devine à peine le jour !
Vallon où je me meurs, votre triste influence
A préparé ma chute auprès de ma naissance.
    Bientôt, hélas ! je ne dois plus gémir !
    Déjà ma feuille a cessé de frémir . . .
    Je meurs, je meurs. » Ce douloureux murmure
    Toucha le dieu protecteur du vallon.
    C’était le temps où le noir Aquilon
    Laisse, en fuyant, respirer la nature.
    « Non, dit le dieu : qu’un souffle de chaleur
    Pénètre au sein de ta tige glacée.
    Ta vie heureuse est enfin commencée ;
    Relève-toi, j’ai ranimé ta fleur.
    Je te consacre aux nymphes des bocages ;
    À mes lauriers tes rameaux vont s’unir,
Et j’irai quelque jour sous leurs jeunes ombrages
        Chercher un souvenir. »

L’arbrisseau, faible encor, tressaillit d’espérance ;
Dans le pressentiment il goûta l’existence ;
Comme l’aveugle-né, saisi d’un doux transport,
Voit fuir sa longue nuit, image de la mort,
Quand une main divine entr’ouvre sa paupière,
Et conduit à son âme un rayon de lumière :
L’air qu’il respire alors est un bienfait nouveau ;
    Il est plus pur : il vient d’un ciel si beau !


Création mcp
l'arbrisseau
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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 01:13
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.




La jeune fille et le ramier

Les rumeurs du jardin disent qu'il va pleuvoir ;
Tout tressaille, averti de la prochaine ondée :
Et toi qui ne lis plus, sur ton livre accoudée,
Plains-tu l'absent aimé qui ne pourra te voir ?

Là-bas, pliant son aile et mouillé sous l'ombrage,
Banni de l'horizon qu'il n'atteint que des yeux,
Appelant sa compagne et regardant les cieux,
Un ramier, comme toi, soupire de l'orage.

Laissez pleuvoir, ô coeurs solitaires et doux !
Sous l'orage qui passe il renaît tant de choses.
Le soleil sans la pluie ouvrirait-il les roses ?
Amants, vous attendez, de quoi vous plaignez-vous ?


http://img1.picmix.com/output/pic/original/8/6/7/8/2638768_61c62.jpg
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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 01:06
Marceline Desbordes-Valmore,

née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,

est une poétesse française.




L'entrevue au ruisseau

L'eau nous sépare, écoute bien :
Si tu fais un pas, tu n'as rien.

Voici ma plus belle ceinture,
Elle embaume encor de mes fleurs.
Prends les parfums et les couleurs,
Prends tout... je m'en vais sans parure.

L'eau nous sépare, écoute bien :
Si tu fais un pas, tu n'as rien.

Sais-tu pourquoi je viens moi-même
Jeter mon ruban sur ton sein ?
C'est que tu parlais d'un larcin,
Et l'on veut donner quand on aime.

L'eau nous sépare, écoute bien ;
Si tu fais un pas, tu n'as rien.

Adieu ! ta réponse est à craindre,
Je n'ai pas le temps d'écouter ; 
Mais quand je n'ose m'arrêter,
N'est-ce donc que toi qu'il faut plaindre ?

Ce que j'ai dit, retiens-le bien :
Pour aujourd'hui, je n'ai plus rien !

Jules Joseph Lefebvre (1836-1911)
OphélieLefebvre-Joseph.jpg

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 03:06

Marceline Desbordes-Valmore, 
née à Douai le 20 juin 1786 et morte à Paris le 23 juillet 1859,
est une poétesse française.


La lune des fleurs
Nocturne

Douce lune des fleurs, j'ai perdu ma couronne ! 
Je ne sais quel orage a passé sur ces bords. 
Des chants de l'espérance il éteint les accords,
Et dans la nuit qui m'environne, 
Douce lune des fleurs, j'ai perdu ma couronne.

Jette-moi tes présents, lune mystérieuse, 
De mon front qui pâlit ranime les couleurs ; 
J'ai perdu ma couronne et j'ai trouvé des pleurs ;
Loin de la foule curieuse, 
Jette-moi tes présents, lune mystérieuse.

Entrouvre d'un rayon les noires violettes, 
Douces comme les yeux du séduisant amour. 
Tes humides baisers hâteront leur retour.
Pour cacher mes larmes muettes, 
Entrouvre d'un rayon les noires violettes !


Sophie Anderson (1823-1903)
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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 02:58
José-Maria de Heredia, 

né le 22 novembre 1842 et mort le 2 octobre 1905 

est un homme de lettres d'origine cubaine : né sujet espagnol, il a été naturalisé français en 1893. En tant que poète, c'est un des maîtres du mouvement parnassien, auteur d'un unique recueil, Les Trophées, publié en 1893, comprenant 118 sonnets qui retracent l'histoire du monde, comme Les Conquérants, ou qui dépeignent des moments privilégiés, comme Le Récif de corail.


Mer montante

Le soleil semble un phare à feux fixes et blancs. 
Du Raz jusqu'à Penmarc'h la côte entière fume, 
Et seuls, contre le vent qui rebrousse leur plume, 
A travers la tempête errent les goëlands.

L'une après l'autre, avec de furieux élans, 
Les lames glauques sous leur crinière d'écume, 
Dans un tonnerre sourd s'éparpillant en brume, 
Empanachent au loin les récifs ruisselants.

Et j'ai laissé courir le flot de ma pensée, 
Rêves, espoirs, regrets de force dépensée, 
Sans qu'il en reste rien qu'un souvenir amer.

L'Océan m'a parlé d'une voix fraternelle, 
Car la même clameur que pousse encor la mer 
Monte de l'homme aux Dieux, vainement éternelle.


Bernard Buffet (1928-1999)
Tempête en Bretagne
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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 01:24
Albert Lozeau 

né le 23 juin 1878 et mort le 24 mars 1924

est un poète québécois.
Ses thèmes préférés étaient l'amour, la solitude et la nature.
Émotif, solitaire et nostalgique, il a écrit des vers mélancoliques sur la nature.


La messagère.

La fleur, exquise messagère,
En son petit cœur rose ou bleu
Qu’embaume une senteur légère,
Enferme l’infini d’un vœu.

Frissonnante dans sa corolle,
La fleur, ce vivant billet doux,
Exhale en parfum la parole
Dite, en tremblant, du fond de nous...

Parfois, sous le poids chaud d’une âme,
Meurtrie, elle se penche et meurt…
Il faut être poète ou femme
Pour ne pas accabler la fleur.

Seule, une phrase délicate
Brûle en elle comme un encens;
Mais son âme fragile éclate
Sous le fardeau des mots pesants.

Pour épargner sa grâce fine,
Confions-lui le rêve aimé
Dont l’émoi subtil se devine,
En un soupir, sans l’exprimer...

Tamara de Lempicka (1898-1980)
Bouquet d'été
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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 23:59
Étienne Jean Baptiste Claude Théodore Faullain de Banville, 
dit Théodore de Banville, 

né le 14 mars 1823 à Moulins (Allier) et mort le 13 mars 1891 à Paris 6e arrondissement,

est un poète, dramaturge et critique dramatique français.
Célèbre pour les Odes funambulesques et les Exilés, il est surnommé "le poète du bonheur".




Viens. Sur tes cheveux noirs...

Viens. Sur tes cheveux noirs jette un chapeau de paille.
Avant l'heure du bruit, l'heure où chacun travaille,
Allons voir le matin se lever sur les monts
Et cueillir par les prés les fleurs que nous aimons.
Sur les bords de la source aux moires assouplies,
Les nénufars dorés penchent des fleurs pâlies,
Il reste dans les champs et dans les grands vergers
Comme un écho lointain des chansons des bergers,
Et, secouant pour nous leurs ailes odorantes,
Les brises du matin, comme des soeurs errantes,
Jettent déjà vers toi, tandis que tu souris,

Fritz Zuber-Buhler (1822-1896)
Jeune fille au bouquet de fleurs des champs
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Citation "amour"

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LA BOUGIE DE L'AMITIE

Cette bougie a été allumée 

   Le 15 septembre 1998 

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Pour la lutte contre le cancer

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Citation gothique

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nymphes

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Les oiseaux - cygnes

Oiseaux - cygnes

Humour des années 1960

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Le gros chêne à Evans

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Morez - Andelot - Jura - Viaduc -

la ligne des hirondelles

Morez - Andelot - Jura - Viaduc - la ligne des hirondelles -

 

La Loue - 

Ornans - Doubs

La Loue - Ornans - Doubs

 

Fraisans - Jura - canal des forges

Fraisans - Jura - canal des Forges

 

Cascade du Dard - Jura

Cascade du Dard - à l'entrée des grottes - Baume les Messieurs - Jura

 

L'église Saint-Just d'Arbois - Jura

Eglise au bord de la Cuisance - Arbois - Jura

 

Les roses

Catégories

Mes chats

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Le billet d'amour

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chien et chat

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