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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 00:03
François-René vicomte de Chateaubriand, 

né à Saint-Malo le 4 septembre 1768 et mort à Paris le 4 juillet 1848, 

est un écrivain romantique et homme politique français. Il est considéré comme l'un des précurseurs du romantisme français et un des grands noms de la littérature française.


Tableaux de la nature
La mer

Des vastes mers tableau philosophique,
Tu plais au coeur de chagrins agité :
Quand de ton sein par les vents tourmenté,
Quand des écueils et des grèves antiques
Sortent des bruits, des voix mélancoliques,
L’âme attendrie en ses rêves se perd,
Et, s’égarant de penser en penser,
Comme les flots de murmure en murmure,
Elle se mêle à toute la nature :
Avec les vents, dans le fond des déserts,
Elle gémit le long des bois sauvages,
Sur l’Océan vole avec les orages,
Gronde en la foudre, et tonne dans les mers.

Mais quand le jour sur les vagues tremblantes
S’en va mourir ; quand, souriant encor,
Le vieux soleil glace de pourpre et d’or
Le vert changeant des mers étincelantes,
Dans des lointains fuyants et veloutés,
En enfonçant ma pensée et ma vue,
J’aime à créer des mondes enchantés
Baignés des eaux d’une mer inconnue.
L’ardent désir, des obstacles vainqueur,
Trouve, embellit des rives bocagères,
Des lieux de paix, des îles de bonheur,
Où, transporté par les douces chimères,
Je m’abandonne aux songes de mon coeur.

Ferdinand du Puigaudeau (1864-1930)
Coucher de soleil sur la mer 
Ferdinand-du-PUIGAUDEAU-Coucher-de-soleil-sur-la-mer.JPG
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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 02:05
Charles-Nérée Beauchemin

né le 20 février 1850 à Yamachiche, au Québec et mort à Yamachiche le 29 juin 1931.

est un écrivain et médecin québécois.
Il est reconnu pour avoir eu des amitiés avec de grands poètes, tels Louis-Honoré Fréchette et Pamphile Lemay. Il publie son premier recueil, Les Floraisons matutinales, en 1897. Son confident, l'Abbé Albert Tessier, le persuade de publier ses poèmes inédits en un deuxième recueil. En 1928, Nérée Beauchemin publie Patrie intime.
Il accepte, le 13 septembre 1930, la médaille de l'Académie française.

Claire fontaine

Claire fontaine où rossignol
Un rossignol jamais lassé,
N’es-tu pas le charmant symbole
D’un cher passé ?

Source de fraîche mélodie,
Qui fait fleurir, sous nos frimas,
Ce rosier blanc de Normandie,
Qui ne meurt pas !

À ce bouton de rose blanche,
L’hiver ne fut jamais fatal,
Non plus qu’au chêne qui se penche
Sur ton cristal.

Oh ! c’est une peine immortelle
Qui s’épanche, en larmes d’amour,
Dans la naïve ritournelle
De l’ancien jour.

C’est un reflet des ciels de France,
Ô fontaine, que tu fais voir,
Dans la limpide transparence
De ton miroir.

Auguste Delierre (1829-1891)
L'Homme et son image
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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 02:05

Georges de Scudéry,
 
né le 11 avril 1601 au Havre et mort le 14 mai 1667 à Paris, 

est un romancier et dramaturge français.






Description de la fameuse fontaine de Vaucluse

 
Mille, et mille bouillons, l’un sur l’autre poussés,
Tombent en tournoyant au fond de la vallée ;
Et l’on ne peut trop voir la beauté signalée
Des torrents éternels, par les Nymphes versés.

 
Mille, et mille surgeons, et fiers, et courroucés
Font voir de la colère à leur beauté mêlée ;
Ils s’élancent en l’air, de leur source gelée,
Et retombent après, l’un sur l’autre entassés.

 
Ici l’eau paraît verte, ici grosse d’écume,
Elle imite la neige, ou le Cygne en sa plume ;
Ici comme le Ciel, elle est toute d’azur ;

 
Ici le vert, le blanc, et le bleu se confondent ;
Ici les bois sont peints dans un cristal si pur ;
Ici l’onde murmure, et les rochers répondent.

La-Fontaine-du-Vaucluse--1841--Thomas-Cole-.jpg
 
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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 01:14

Charles-Pierre Baudelaire 

est un poète français, 

né à Paris le 9 avril 1821 et mort dans la même ville le 31 août 1867. Nourri de romantisme, tourné vers le classicisme, il occupe une place importante dans la poésie française du XIXe siècle.


Le voyage
A Maxime Du Camp.

I
Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :

Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.

Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
D'espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir, coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et, sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom !

II
Nous imitons, horreur ! la toupie et la boule
Dans leur valse et leurs bonds ; même dans nos sommeils
La Curiosité nous tourmente et nous roule,
Comme un Ange cruel qui fouette des soleils.

Singulière fortune où le but se déplace,
Et, n'étant nulle part, peut être n'importe où !
Où l'homme, dont jamais l'espérance n'est lasse,
Pour trouver le repos court toujours comme un fou !

Notre âme est un trois-mâts cherchant son Icarie ;
Une voix retentit sur le pont : " Ouvre l'oeil ! "
Une voix de la hune, ardente et folle, crie .
" Amour... gloire... bonheur ! " Enfer ! c'est un écueil !

Chaque îlot signalé par l'homme de vigie
Est un Eldorado promis par le Destin ;
L'Imagination qui dresse son orgie
Ne trouve qu'un récif aux clartés du matin.

Ô le Pauvre amoureux des pays chimériques ! 
Faut-il le mettre aux fers, le jeter à la mer,
Ce matelot ivrogne, inventeur d'Amériques 
Dont le mirage rend le gouffre plus amer ?

Tel le vieux vagabond, piétinant dans la boue,
Rêve, le nez en l'air, de brillants paradis ;
Son oeil ensorcelé découvre une Capoue
Partout où la chandelle illumine un taudis.

III
Etonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons.

Dites, qu'avez-vous vu ?

IV
" Nous avons vu des astres
Et des flots ; nous avons vu des sables aussi ;
Et, malgré bien des chocs et d'imprévus désastres,
Nous nous sommes souvent ennuyés, comme ici.

La gloire du soleil sur la mer violette, 
La gloire des cités dans le soleil couchant, 
Allumaient dans nos coeurs une ardeur inquiète 
De plonger dans un ciel au reflet alléchant.

Les plus riches cités, les plus grands paysages, 
Jamais ne contenaient l'attrait mystérieux 
De ceux que le hasard fait avec les nuages. 
Et toujours le désir nous rendait soucieux !

- La jouissance ajoute au désir de la force. 
Désir, vieil arbre à qui le plaisir sert d'engrais, 
Cependant que grossit et durcit ton écorce, 
Tes branches veulent voir le soleil de plus près !

Grandiras-tu toujours, grand arbre plus vivace 
Que le cyprès ? - Pourtant nous avons, avec soin, 
Cueilli quelques croquis pour votre album vorace, 
Frères qui trouvez beau tout ce qui vient de loin !

Nous avons salué des idoles à trompe ; 
Des trônes constellés de joyaux lumineux ; 
Des palais ouvragés dont la féerique pompe 
Serait pour vos banquiers un rêve ruineux ;

" Des costumes qui sont pour les yeux une ivresse ; 
Des femmes dont les dents et les ongles sont teints, 
Et des jongleurs savants que le serpent caresse. "

V
Et puis, et puis encore ?

VI
" Ô cerveaux enfantins ! 
Pour ne pas oublier la chose capitale,
Nous avons vu partout, et sans l'avoir cherché,
Du haut jusques en bas de l'échelle fatale,
Le spectacle ennuyeux de l'immortel péché

La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,
Sans rire s'adorant et s'aimant sans dégoût ;
L'homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,
Esclave de l'esclave et ruisseau dans l'égout ;

Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote ;
La fête qu'assaisonne et parfume le sang ;
Le poison du pouvoir énervant le despote,
Et le peuple amoureux du fouet abrutissant ;

Plusieurs religions semblables à la nôtre,
Toutes escaladant le ciel ; la Sainteté,
Comme en un lit de plume un délicat se vautre,
Dans les clous et le crin cherchant la volupté ;

L'Humanité bavarde, ivre de son génie,
Et, folle maintenant comme elle était jadis,
Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie :
" Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis ! "

Et les moins sots, hardis amants de la Démence,
Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,
Et se réfugiant dans l'opium immense !
- Tel est du globe entier l'éternel bulletin. "

VII
Amer savoir, celui qu'on tire du voyage !
Le monde, monotone et petit, aujourd'hui,
Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image
Une oasis d'horreur dans un désert d'ennui !

Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ;
Pars, s'il le faut. L'un court, et l'autre se tapit
Pour tromper l'ennemi vigilant et funeste,
Le Temps ! Il est, hélas ! des coureurs sans répit,

Comme le Juif errant et comme les apôtres,
A qui rien ne suffit, ni wagon ni vaisseau,
Pour fuir ce rétiaire infâme : il en est d'autres
Qui savent le tuer sans quitter leur berceau.

Lorsque enfin il mettra le pied sur notre échine,
Nous pourrons espérer et crier : En avant !
De même qu'autrefois nous partions pour la Chine,
Les yeux fixés au large et les cheveux au vent,

Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres
Avec le coeur joyeux d'un jeune passager.
Entendez-vous ces voix, charmantes et funèbres,
Qui chantent : " Par ici ! vous qui voulez manger

Le Lotus parfumé ! c'est ici qu'on vendange
Les fruits miraculeux dont votre coeur a faim ;
Venez vous enivrer de la douceur étrange
De cette après-midi qui n'a jamais de fin ? "

A l'accent familier nous devinons le spectre ;
Nos Pylades là-bas tendent leurs bras vers nous.
" Pour rafraîchir ton coeur nage vers ton Electre ! "
Dit celle dont jadis nous baisions les genoux.

VIII
Ô Mort, vieux capitaine, il est temps ! levons l'ancre !
Ce pays nous ennuie, ô Mort ! Appareillons !
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,
Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons !

Verse-nous ton poison pour qu'il nous réconforte !
Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau,
Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ?
Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau !

Joséphine Wall (1947)
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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 00:45
Guillaume Apollinaire,
né Wilhelm Albert Włodzimierz Apolinary de Wąż-Kostrowicki le 26 août 1880 à Rome et mort pour la France le 9 novembre 1918 à Paris,
est un poète et écrivain français, né polonais, sujet de l'Empire russe.

Il est considéré comme l'un des poètes français les plus importants du début du xxe siècle, auteur de poèmes tels que Zone, La Chanson du mal-aimé, ou encore, ayant fait l'objet de plusieurs adaptations en chanson au cours du siècle, Le Pont Mirabeau ; (un roman et de nombreux poèmes.

Il pratiqua dans les dernières années de sa vie le calligramme (terme de son invention désignant ses poèmes écrits en forme de dessins et non de forme classique en vers et strophes).

Il fut le chantre de nombreuses avant-gardes artistiques de son temps, dont principalement le cubisme, poète et théoricien de l'Esprit nouveau, et fut sans doute un précurseur majeur du surréalisme dont il a forgé le nom.

MAI
Alcools

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s'éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j'ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s'éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

Apollinaire, Alcools


Sur la rivière
Frederick Frieseke (1874-1939)
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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 23:59
Victor HUGO (Victor, Marie Hugo),

né le 26 février 1802 à Besançon et mort le 22 mai 1885 à Paris, est un poète, dramaturge et prosateur romantique considéré comme l'un des plus importants écrivains de langue française.
Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé qui a compté dans l'Histoire du XIX° siècle.


Premier mai

Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses. 
Je ne suis pas en train de parler d'autres choses. 
Premier mai ! l'amour gai, triste, brûlant, jaloux, 
Fait soupirer les bois, les nids, les fleurs, les loups ; 
L'arbre où j'ai, l'autre automne, écrit une devise, 
La redit pour son compte et croit qu'il l'improvise ; 
Les vieux antres pensifs, dont rit le geai moqueur, 
Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en coeur ; 
L'atmosphère, embaumée et tendre, semble pleine 
Des déclarations qu'au Printemps fait la plaine,
Et que l'herbe amoureuse adresse au ciel charmant.
A chaque pas du jour dans le bleu firmament, 
La campagne éperdue, et toujours plus éprise,
Prodigue les senteurs, et dans la tiède brise 
Envoie au renouveau ses baisers odorants ; 
Tous ses bouquets, azurs, carmins, pourpres, safrans, 
Dont l'haleine s'envole en murmurant : Je t'aime ! 
Sur le ravin, l'étang, le pré, le sillon même, 
Font des taches partout de toutes les couleurs ; 
Et, donnant les parfums, elle a gardé les fleurs ;
Comme si ses soupirs et ses tendres missives
Au mois de mai, qui rit dans les branches lascives, 
Et tous les billets doux de son amour bavard, 
Avaient laissé leur trace aux pages du buvard !
Les oiseaux dans les bois, molles voix étouffées, 
Chantent des triolets et des rondeaux aux fées ; 
Tout semble confier à l'ombre un doux secret ; 
Tout aime, et tout l'avoue à voix basse ; on dirait 
Qu'au nord, au sud brûlant, au couchant, à l'aurore, 
La haie en fleur, le lierre et la source sonore, 
Les monts, les champs, les lacs et les chênes mouvants, 
Répètent un quatrain fait par les quatre vents.

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 00:23
Maurice CAREME 
né à Wavre le 12 mai 1899 et mort à  Anderlecht le 13 janvier 1978
est un écrivain et poète belge de langue française,

Le muguet

Cloches naïves du muguet,
Carillonnez ! car voici Mai !

Sous une averse de lumière,
Les arbres chantent au verger,
Et les graines du potager
Sortent en riant de la terre.

Carillonnez ! car voici Mai !
Cloches naïves du muguet !

Les yeux brillants, l'âme légère,
Les fillettes s'en vont au bois
Rejoindre les fées qui, déjà,
Dansent en rond sur la bruyère.

Carillonnez ! car voici Mai !
Cloches naïves du muguet !

http://img1.picmix.com/output/pic/original/7/2/7/3/1823727_075ee.gif
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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 00:05
Louis Des Masures, 
latinisé en Ludovicus Masurius,
 
est un poète français d'origine wallonne,
 
né à Tournai vers 1515 et mort à Eschery (Sainte-Marie-aux-Mines) le 17 juin 1574.





A la fontaine

Fontaine, dont l'eau cristalline, 
D'amont le rocher tombe aval, 
Murmurant parmi la colline, 
Puis tombe paisible en son val, 
Où d'une trace continue 
Torse en serpent, se traîne et pousse, 
Et, à travers l'herbe menue, 
Passe, arrosant l'épaisse mousse,
Mille et mille oiseaux qui te hantent, 
Le flateux bruit, le frais des eaux, 
Et les nymphes qui autour chantent 
Répondant au chant des oiseaux,


L'air doux, la lumière éthérée, 
Ce creux antre qui se recule, 
Où ne touche l'heure altérée 
De la brûlante canicule;
Les arbres touffus, la froide ombre, 
Les fleurs et le verdoyant pré 
Bref, tout ce pourpris, en grand nombre 
De belles couleurs diapré, 
Font que le dur ennui j'oublie 
Et que la lyre à gré je touche 
Attendant la tâche accomplie 
Du soleil qui trop tôt se couche.
Près de toi, Fontaine sacrée, 
L'envie et tort nous défions 
Grondant que ton bruit nous récrée, 
Unique plaisir d'Amphion 
Qui a délaissé la Dircée, 
L'aracynth, les thébaines roches, 
Pour ton eau sans cesse versée, 
Pour ce roc et tes antres proches.
A ta vive et fuyante course 
Ne vient le profane approcher, 
Tu m'es d'Aganippe la source 
Et mon Hélicon, ce rocher. 
A ton bruit ma lyre j'accorde 
Chantant l'heur de ma destinée 
Les amours je sonne à la corde, 
Au creux airain, le grand Enée.
Le chant qu'ainsi oisif sur l'herbe 
J'entonne, étendu à l'envers, 
Te rendra fameuse et superbe, 
Gardant la gloire de mes vers ; 
A toi, sous cette roche ombreuse, 
Callirhoé, Nymphe gentille, 
Je veux goûter à la main creuse 
L'honneur de ton eau qui sautille.
Elle est fraîche, nette, épurée, 
Et brille au soleil clair et beau ;
Mais puisque les vers n'ont durée 
Qui sont écrits de buveurs d'eau, 
Sus, Bacchus, noble capitaine, 
Que du vin soit pleine ma tasse 
Qui rafraîchit, en la fontaine, 
Une heure avant que je chantasse.
En chantant fais que je m'endorme 
Au bruit cette douce liqueur ; 
Si je sommeille sous cet orme
Garde moi, Nymphe au gentil coeur, 
Que mon repos ne tourne en peine 
Par la serpentine furie 
Ainsi de ta fertile veine
Jamais ne soit l'humeur tarie.


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Louis Desmasures 
gravé par Pierre Woeiriot (1560)
Desmasures.jpg
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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 01:21

Clovis Hesteau de Nuysement né entre 1550-1560 à Blois,  et mort entre 1623-1624.
 
est un poète français de la Renaissance, de plusieurs ouvrages de poèmes alchimiques, dont le Traité du Vrai sel. 


De la cime des monts les fiers torrents se roulent

De la cime des monts les fiers torrents se roulent 
Quand les neiges font place aux trésors du printemps, 
Des fontainières eaux s'engorgent les étangs 
Et leurs calmes ruisseaux par les plaines découlent.

Les troupeaux amoureux les fleurs à bonds refoulent, 
Les pasteurs font leur bal heureusement contents, 
Les glacés Aquilons s'enserrent pour un temps, 
Et de l'humeur d'en bas les Pléiades se saoulent.

De mes yeux languissants découlent deux torrents, 
Ma plaie fait de sang un étang par dedans 
Qui regorgeant se crève et s'épand dans mes veines,

Les Amours animés foulent mes jeunes ans, 
Mes soupirs cessent bien, mais ces astres ardents 
Sans fin tirent mon âme et influent mes peines.


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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 02:02

Théophile Gautier, 

né à Tarbes le 30 août 18111 et mort à Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1872, 

est un poète, romancier et critique d'art français.
Il laisse l'image d'un témoin de la vie littéraire et artistique de son temps dont les conceptions artistiques ont compté et dont l'œuvre diverse est toujours reconnue.


Pendant la tempête

La barque est petite et la mer immense ; 
La vague nous jette au ciel en courroux, 
Le ciel nous renvoie au flot en démence :
Près du mât rompu prions à genoux !

De nous à la tombe, il n'est qu'une planche. 
Peut-être ce soir, dans un lit amer, 
Sous un froid linceul fait d'écume blanche, 
Irons-nous dormir, veillés par l'éclair !

Fleur du paradis, sainte Notre-Dame, 
Si bonne aux marins en péril de mort, 
Apaise le vent, fais taire la lame, 
Et pousse du doigt notre esquif au port.

Nous te donnerons, si tu nous délivres, 
Une belle robe en papier d'argent, 
Un cierge à festons pesant quatre livres, 
Et, pour ton Jésus, un petit saint Jean.

Voiliers dans la tempête de GUDIN Jean Antoine Théodore (19e)
voilier tempete m068904 000104 p


Théophile Gautier
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Citation "amour"

Recherche

 

LA BOUGIE DE L'AMITIE

Cette bougie a été allumée 

   Le 15 septembre 1998 

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Pour la lutte contre le cancer

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Citation gothique

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nymphes

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Les oiseaux - cygnes

Oiseaux - cygnes

Humour des années 1960

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Le gros chêne à Evans

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Morez - Andelot - Jura - Viaduc -

la ligne des hirondelles

Morez - Andelot - Jura - Viaduc - la ligne des hirondelles -

 

La Loue - 

Ornans - Doubs

La Loue - Ornans - Doubs

 

Fraisans - Jura - canal des forges

Fraisans - Jura - canal des Forges

 

Cascade du Dard - Jura

Cascade du Dard - à l'entrée des grottes - Baume les Messieurs - Jura

 

L'église Saint-Just d'Arbois - Jura

Eglise au bord de la Cuisance - Arbois - Jura

 

Les roses

Catégories

Mes chats

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http://images.empreintesduweb.com/originale/1373362006.gif

Le billet d'amour

http://img1.picmix.com/output/pic/original/2/6/0/7/2657062_97b71.jpg

chien et chat

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