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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 01:17
Charles-Nérée Beauchemin
 
est un écrivain et médecin québécois.

né le 20 février 1850 et mort à Yamachiche le 29 juin 1931


Le lac
En forêt
à M. W. Parker.

Au creux des humides savanes, 
Ceint des herbes et des lianes 
Qui foisonnent dans les roseaux,
Calme, à l'abri de la rafale, 
Le lac en plein soleil étale 
Le miroir de ses claires eaux.

Baignant dans les détours pleins d'ombre 
Leur manteau de velours vert sombre, 
Des bois au faîte ensoleillé, 
Dans ces profondeurs qui nous trompent, 
Si frais et si moelleux s'estompent, 
Que l'oeil en est émerveillé.

Vienne le crépuscule rouge, 
La mare noire, où rien ne bouge, 
Aux feux du ciel occidental 
Brasille ; et c'est une surprise 
De voir le frisson de la brise
Courir sur ce flambant cristal.

Deçà, delà, les demoiselles 
Du preste éclair bleu de leurs ailes 
Sillonnent le fouillis des joncs. 
La truite, entre deux eaux, frétille, 
Et, pour saisir l'aile qui brille, 
Fait mille sauts, mille plongeons.

Assis au fond de la pirogue, 
Le pêcheur, silencieux, vogue 
En pagayant à petit bruit, 
Tandis que l'appât nacré glisse 
Et roule, miroitante hélice, 
Dans le sillage d'or qui fuit.

Un cuivre au lointain sonne encore :
C'est le chasseur. L'écho sonore 
Redit trois fois, cinq fois : Taïaut !
À travers la bruine qui voile 
Monts et bois, la première étoile 
Scintille au ciel comme un joyau.

On n'entend qu'un doux bruit de feuille. 
La solitude se recueille. 
Bercé par un luth idéal, 
Sans cesse et sans cesse, en cadence, 
Autour du pôle étoilé danse 
Le météore boréal.

À peine un cri d'oiseau s'élève 
Et flotte, vague comme un rêve, 
Sur le clavier des flots déserts. 
Déployant son vol circulaire, 
La vaporeuse aube polaire 
Glisse en silence par les airs.

Bientôt tout bruissement tombe. 
Près des grands feux clairs de la combe 
Veillent chasseurs et forestiers. 
Seuls les élans roux, qui ruminent, 
Avec leurs compagnes cheminent 
Dans le clair-obscur des sentiers.

Derrière une blanche nuée 
Au moindre souffle remuée, 
Cachant son pâle front changeant, 
La lune dort : la chasseresse 
Sur l'eau qu'un vent léger caresse
A laissé choir son arc d'argent.

Diane sortant du bain de BOUCHER François (18e)
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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 01:54

Émile Adolphe Gustave Verhaeren,
 
né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916, 
est un poète belge flamand, d'expression française. Dans ses poèmes influencés par le symbolisme, où il pratique le vers libre, sa conscience sociale lui fait évoquer les grandes villes dont il parle avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité. Il a su traduire dans son œuvre la beauté de l'effort humain.


La barque

Il gèle et des arbres pâlis de givre clair 
Montent au loin, ainsi que des faisceaux de lune ; 
Au ciel purifié, aucun nuage ; aucune 
Tache sur l'infini silencieux de l'air.

Le fleuve où la lueur des astres se réfracte 
Semble dallé d'acier et maçonné d'argent ; 
Seule une barque est là, qui veille et qui attend, 
Les deux avirons pris dans la glace compacte.

Quel ange ou quel héros les empoignant soudain 
Dispersera ce vaste hiver à coups de rames 
Et conduira la barque en un pays de flammes 
Vers les océans d'or des paradis lointains ?

Ou bien doit-elle attendre à tout jamais son maître, 
Prisonnière du froid et du grand minuit blanc, 
Tandis que des oiseaux libres et flagellant 
Les vents, volent, là-haut, vers les printemps à naître ?

Paysage enneigé avec des barges de William Degouve de Nuncques (1867-1935)
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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 03:46

René-François SULLY PRUDHOMME 
René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme,

né à Paris le 16 mars 1839 et mort à Châtenay-Malabry le 6 septembre 1907, 

est un poète français, premier lauréat du Prix Nobel de littérature en 1901.

Les stalactites


J'aime les grottes où la torche
Ensanglante une épaisse nuit,
Où l'écho fait, de porche en porche,
Un grand soupir du moindre bruit.


Les stalactites à la voûte
Pendent en pleurs pétrifiés
Dont l'humidité, goutte à goutte,
Tombe lentement à mes pieds.


Il me semble qu'en ces ténèbres
Règne une douloureuse paix ;
Et devant ces longs pleurs funèbres
Suspendus sans sécher jamais,


Je pense aux âmes affligées
Où dorment d'anciennes amours :
Toutes les larmes sont figées,
Quelque chose y pleure toujours.


http://img1.picmix.com/output/pic/original/9/8/4/8/2098489_194d4.gif

René-François Sully Prudhomme
http://img.over-blog.com/131x158/5/05/88/06/divers-images-net/images--25-.jpg

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 02:02
Eudore Évanturel né à Québec le 22 septembre 1852 et mort à Boston le 16 mai 1919
est un poète québécois.
Encouragé par le romancier Joseph Marmette, son ami, il fit paraître en 1878 un volume de Premières poésies. Ce recueil, inspiré de Alfred de Musset mais avec des accents verlainiens, scandalisa le milieu littéraire conservateur du Québec de l’époque. 




Soulagement

Quand je n'ai pas le coeur prêt à faire autre chose,
Je sors et je m'en vais, l'âme triste et morose,
Avec le pas distrait et lent que vous savez,
Le front timidement penché vers les pavés,
Promener ma douleur et mon mal solitaire
Dans un endroit quelconque, au bord d'une rivière,
Où je puisse enfin voir un beau soleil couchant.

O les rêves alors que je fais en marchant,
Dans la tranquillité de cette solitude,
Quand le calme revient avec la lassitude !
Je me sens mieux.

Je vais où me mène mon coeur.
Et quelquefois aussi, je m'assieds tout rêveur,
Longtemps, sans le savoir, et seul, dans la nuit brune,
Je me surprends parfois à voir monter la lune.
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Eudore Evanturel
http://s1.e-monsite.com/2008/08/02/50009943mariage-jpg.jpg

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 02:45

Albert Samain,
 
né à Lille le 3 avril 1858, mort à Magny-les-Hameaux le 18 août 1900,
 
est un poète symboliste français.
De nombreux musiciens composent des mélodies sur ses textes, parmi lesquelles plusieurs chefs-d'œuvre, comme "Arpège" de Gabriel Fauré.
Du point de vue des formes poétiques, un de ses apports majeurs est l'invention d'un genre de sonnet à quinze vers.


Forêts

Vastes Forêts, Forêts magnifiques et fortes,
Quel infaillible instinct nous ramène toujours
Vers vos vieux troncs drapés de mousses de velours
Et vos étroits sentiers feutrés de feuilles mortes ?
Le murmure éternel de vos larges rameaux
Réveille encore en nous, comme une voix profonde,
L’émoi divin de l’homme aux premiers jours du monde,
Dans l’ivresse du ciel, de la terre, et des eaux.
Grands bois, vous nous rendez à la Sainte Nature.
Et notre coeur retrouve, à votre âme exalté,
Avec le jeune amour l’antique liberté,
Grands bois grisants et forts comme une chevelure !
Vos chênes orgueilleux sont plus durs que le fer ;
Dans vos halliers profonds nul soleil ne rayonne ;
L’horreur des lieux sacrés au loin vous environne,
Et vous vous lamentez aussi haut que la mer !
Quand le vent frais de l’aube aux feuillages circule,
Vous frémissez aux cris de mille oiseaux joyeux ;
Et rien n’est plus superbe et plus religieux
Que votre grand silence, au fond du crépuscule...
Autrefois vous étiez habités par les dieux ;
Vos étangs miroitaient de seins nus et d’épaules,
Et le Faune amoureux, qui guettait dans les saules,
Sous son front bestial sentait flamber ses yeux.
La Nymphe grasse et rousse ondoyait aux clairières
Où l’herbe était foulée aux pieds lourds des Silvains,
Et, dans le vent nocturne, au long des noirs ravins,
Le Centaure au galop faisait rouler des pierres.
Votre âme est pleine encor des songes anciens ;
Et la flûte de Pan, dans les campagnes veuves,
Les beaux soirs où la lune argente l’eau des fleuves,
Fait tressaillir encor vos grands chênes païens.
Les Muses, d’un doigt pur soulevant leurs longs voiles
À l’heure où le silence emplit le bois sacré,
Pensives, se tournaient vers le croissant doré,
Et regardaient la mer soupirer aux étoiles...

***

Nobles Forêts, Forêts d’automne aux feuilles d’or,
Avec ce soleil rouge au fond des avenues,
Et ce grand air d’adieu qui flotte aux branches nues
Vers l’étang solitaire, où meurt le son du cor.
Forêts d’avril : chansons des pinsons et des merles ;
Frissons d’ailes, frissons de feuilles, souffle pur ;
Lumière d’argent clair, d’émeraude et d’azur ;
Avril ! ... Pluie et soleil sur la forêt en perles ! ...
Ô vertes profondeurs, pleines d’enchantements,
Bancs de mousse, rochers, sources, bruyères roses,
Avec votre mystère, et vos retraites closes,
Comme vous répondez à l’âme des amants !
Dans le creux de sa main l’amante a mis des mûres ;
Sa robe est claire encore au sentier déjà noir ;
De légères vapeurs montent dans l’air du soir,
Et la forêt s’endort dans les derniers murmures.
La hutte au toit noirci se dresse par endroits ;
Un cerf, tendant son cou, brame au bord de la mare
Et le rêve éternel de notre coeur s’égare
Vers la maison d’amour cachée au fond des bois.
Ô calme ! ... Tremblement des étoiles lointaines ! ...
Sur la nappe s’écroule une coupe de fruits ;
Et l’amante tressaille au silence des nuits,
Sentant sur ses bras nus la fraîcheur des fontaines...

***

Forêts d’amour, Forêts de tristesse et de deuil,
Comme vous endormez nos secrètes blessures,
Comme vous éventez de vos lentes ramures
Nos coeurs toujours brûlants de souffrance ou d’orgueil.
Tous ceux qu’un signe au front marque pour être rois,
Pâles s’en vont errer sous vos sombres portiques,
Et, frissonnant au bruit des rameaux prophétiques,
Écoutent dans la nuit parler de grandes voix.
Tous ceux que visita la Douleur solennelle,
Et que n’émeuvent plus les soirs ni les matins,
Rêvent de s’enfoncer au coeur des vieux sapins,
Et de coucher leur vie à leur ombre éternelle.
Salut à vous, grands bois à la cime sonore,
Vous où, la nuit, s’atteste une divinité,
Vous qu’un frisson parcourt sous le ciel argenté,
En entendant hennir les chevaux de l’Aurore.
Salut à vous, grands bois profonds et gémissants,
Fils très bons et très doux et très beaux de la Terre,
Vous par qui le vieux coeur humain se régénère,
Ivre de croire encore à ses instincts puissants :
Hêtres, charmes, bouleaux, vieux troncs couverts d’écailles,
Piliers géants tordant des hydres à vos pieds,
Vous qui tentez la foudre avec vos fronts altiers,
Chênes de cinq cents ans tout labourés d’entailles,
Vivez toujours puissants et toujours rajeunis ;
Déployez vos rameaux, accroissez votre écorce
Et versez-nous la paix, la sagesse et la force,
Grands ancêtres par qui les hommes sont bénis.

(octobre 1896)

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Albert Samain
http://www.landrucimetieres.fr/spip/IMG/bmp/samain.bmp

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 00:00

Sabine Sicaud,
née le 23 février 1913 et morte le 12 juillet 1928, est une poétesse française.

Elle est née et morte à Villeneuve-sur-Lot, dans la maison de ses parents, nommée La Solitude. Solitude est aussi le titre d'un de ses poèmes.
Ses Poèmes d'enfant, d'une grande maturité pour son jeune âge, et préfacés par Anna de Noailles, ont été publiés lorsqu'elle avait treize ans. Après les chants émerveillés de l'enfance et de l'éveil au monde, est venue la souffrance, insupportable. Après une blessure au pied, celle-ci dégénère en ostéomyélite, appelée aussi la gangrène des os, elle meurt à l'âge de 15 ans.

Les bégonias

Ce sont les bégonias clairs
couleur de fruits, couleur de chair,
couleur de coquillages pâles.
Bégonias aux lourds pétales
couleur de perles et d’opales
"couleur des fleurs aussi qui moururent hier"
Ce sont les bégonias pâles.

Bégonias si grands ouverts
sentez-vous les doigts de l’hiver
menacer votre cœur ouvert?
Et vous dont la pourpre est si vive,
bégonias couleur de sang
couleur du soleil qui descend
vers la mer qu’une houle avive.

Bégonias éblouissants
qui parlez de gloire et de sang
au bout de tiges mutilées,
sentez-vous tout ce que l’on sent
quand le vent, le brouillard, la pluie ou la gelée
se glissent le long des allées?

Ciseaux du jardinier… que n’ont-ils fait déjà!
Tiges molles qu’on déchargea
d’une orgueilleuse fleur fanée…
C’est bien fini pour cette année.
Vos haillons de velours se dispersent déjà.

Sur vos têtes découronnées
un nom, barbare un peu, dira que vous étiez
de cette pâleur fine ou de ce rouge altier
que les soirs d’automne exagèrent.
Bégonias d’âme étrangère,
fleurs de luxe, fleurs qu’on aima
comme on aime d’autres climats
dans l’air un peu trouble des serres
Fleurs des jardins aux grilles d’or,
voici l’heure, l’heure où l’on dort
au fond des grands palais de verre.
C’est l’heure des graines qu’on serre,
des bulbes roses et velus
gardant, de fleurs qui ne sont plus,
le germe frêle sous la terre.

Fleurs trop doubles; fleurs sans parfum,
sans arôme léger, aucun,
mais d’une beauté de mystère,
feuillages verts, feuillages bruns,
rameaux de corail un à un,
couchés dans les massifs défunts,
c’est l’heure des prisons de verre.

Dormez. Le vent souffle dehors
et tant de beaux rêves sont morts
d’une mort sans réveil possible!
Cœurs tendres ou cœurs impassibles,
j’aime vous savoir endormis
dans le terreau fin des semis
cependant que le long des vitres impassibles
le vent qui souffre, le vent fou
emporte des haillons là-bas, je ne sais où…


http://img1.picmix.com/output/pic/original/4/7/7/1/2331774_9a1af.gif


Sabine Sicaud
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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 00:04

Joseph Auguste Maurice Rollinat, 
né à Châteauroux (Indre) le 29 décembre 1846 et mort à Ivry-sur-Seine le 26 octobre 1903, est un poète français et musicien français.
Ses textes :  du pastoral au macabre en passant par le fantastique.
Sa poésie : de la Nature à la condition humaine


La grande cascade

A cette heure, elle n'est sensible, 
La grande cascade du roc, 
Qui par son tonnerre d'un bloc, 
La nuit la rend toute invisible.

Et, pourtant, sa rumeur compacte 
Décèle son bavement fou, 
Sa chute à pic, en casse-cou, 
Son ruement lourd de cataracte.

Un instant, l'astre frais et pur 
Écarte son nuage obscur, 
Comme un oeil lève sa paupière ;

Et l'on croit voir, subitement, 
Crouler des murs de diamant 
Dans un abîme de lumière.


http://img1.picmix.com/output/pic/original/2/4/3/3/2333342_a1df2.gif


Maurice Rollinat
http://www.cm2dolomieu.fr/poesie-12/bv000002.jpg
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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 23:05

Louis Aragon , de son vrai nom Louis Andrieux,
 
est un poète, romancier et journaliste, né le 3 octobre 1897 à Neuilly-sur-Seine et mort le 24 décembre 1982 à Paris.
 
Il est également connu pour son engagement et son soutien au Parti communiste français de 1930 jusqu'à sa mort. Avec André Breton, Paul Éluard, Philippe Soupault, il fut l'un des animateurs du dadaïsme parisien et du surréalisme. 
À partir de la fin des années 1950, nombre de ses poèmes ont été mis en musique et chantés (Jean Ferrat, Léo Ferré, etc.), contribuant à faire connaître son œuvre poétique. La première chanson tirée d'une œuvre d'Aragon date de 1953 : elle est composée et chantée par Georges Brassens et a pour paroles le poème paru dans La Diane française en 1944, "Il n'y a pas d'amour heureux".



Les lilas et les roses
Le crève coeur - 1941

 
O mois des floraisons mois des métamorphoses
Mai qui fut sans nuage et Juin poignardé
Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses
Ni ceux que le printemps dans les plis a gardés

Je n'oublierai jamais l'illusion tragique
Le cortège les cris la foule et le soleil
Les chars chargés d'amour les dons de la Belgique
L'air qui tremble et la route à ce bourdon d'abeilles
Le triomphe imprudent qui prime la querelle
Le sang que préfigure en carmin le baiser
Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles
Entourés de lilas par un peuple grisé

Je n'oublierai jamais les jardins de la France
Semblables aux missels des siècles disparus
Ni le trouble des soirs l'énigme du silence
Les roses tout le long du chemin parcouru
Le démenti des fleurs au vent de la panique
Aux soldats qui passaient sur l'aile de la peur
Aux vélos délirants aux canons ironiques
Au pitoyable accoutrement des faux campeurs

Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d'images
Me ramène toujours au même point d'arrêt
A Sainte-Marthe Un général De noirs ramages
Une villa normande au bord de la forêt
Tout se tait L'ennemi dans l'ombre se repose
On nous a dit ce soir que Paris s'est rendu
Je n'oublierai jamais les lilas ni les roses
Et ni les deux amours que nous avons perdus

Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres
Douceur de l'ombre dont la mort farde les joues
Et vous bouquets de la retraite roses tendres
Couleur de l'incendie au loin roses d'Anjou


http://img1.picmix.com/output/pic/original/3/0/5/9/2329503_5001c.gif

Louis Aragon
http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_intervenants/Portraits/Grand/2/4/1842_aragon.gif
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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 01:35
Renée Vivien, 

née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris,
surnommée « Sapho 1900 », 

est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque.

Intérieur


Dans mon âme a fleuri le miracle des roses. 
Pour le mettre à l’abri, tenons les portes closes. 

Je défends mon bonheur, comme on fait des trésors, 
Contre les regards durs et les bruits du dehors. 

Les rideaux sont tirés sur l’odorant silence. 
Où l’heure au cours égal coule avec nonchalance. 

Aucun souffle ne fait trembler le mimosa 
Sur lequel, en chantant, un vol d’oiseaux pesa. 

Notre chambre paraît un jardin immobile 
Où des parfums errants viennent trouver asile. 

Mon existence est comme un voyage accompli. 
C’est le calme, c’est le refuge, c’est l’oubli. 

Pour garder cette paix faite de lueurs roses, 
O ma Sérénité ! tenons les portes closes.
 
La lampe veille sur les livres endormis, 
Et le feu danse, et les meubles sont nos amis. 

Je ne sais plus l’aspect glacial de la rue 
Où chacun passe, avec une hâte recrue. 

Je ne sais plus si l’on médit de nous, ni si 
L’on parle encor… les mots ne font plus mal ici. 

Tes cheveux sont plus beaux qu’une forêt d’automne, 
Et ton art soucieux les tresse et les ordonne.

Oui, les chuchotements ont perdu leur venin, 
Et la haine d’autrui n’est plus qu’un mal bénin. 

Ta robe verte a des frissons d’herbes sauvages, 
Mon amie, et tes yeux sont pleins de paysages. 

Qui viendrait, nous troubler, nous qui sommes si loin 
Des hommes ? deux enfants oubliés dans un coin ? 

Loin des pavés houleux où se fanent les roses, 
Où s'éraillent les chants, tenons les portes closes….
http://img1.picmix.com/output/pic/original/9/9/4/9/2319499_b4542.gif


Renée Vivien
http://www.thehypertexts.com/images/Renee%20Vivien%20Men's%20Clothes.jpg
 
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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 00:52
Théophile Gautier,

né à Tarbes le 30 août 1811 et mort à Neuilly-sur-Seine le 23 octobre 1872,
 
est un poète, romancier et critique d'art français.

Il laisse l'image d'un témoin de la vie littéraire et artistique de son temps dont les conceptions artistiques ont compté et dont l'œuvre diverse est toujours reconnue.


La Tulipe


Moi, je suis la tulipe, une fleur de Hollande ;
Et telle est ma beauté, que l’avare Flamand
Paye un de mes oignons plus cher qu’un diamant,
Si mes fonds sont bien purs, si je suis droite et grande.


Mon air est féodal, et, comme une Yolande
Dans sa jupe à longs plis étoffée amplement,
Je porte des blasons peints sur mon vêtement,
Gueules fascé d’argent, or avec pourpre en bande.


Le jardinier divin a filé de ses doigts
Les rayons du soleil et la pourpre des rois
Pour me faire une robe à trame douce et fine.


Nulle fleur du jardin n’égale ma splendeur,
Mais la nature, hélas ! n’a pas versé d’odeur
Dans mon calice fait comme un vase de Chine.

Recueil : "Poésies nouvelles et inédites" (1839)


champs de tulipes en Hollande de claude Monet (1886)
monet-hollande-1.jpg


Théophile Gautier
http://www.emmanuellenuncq.com/all-blogs/public/blog-31700-theophile-gautier-010510170531-1327998795.jpg
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Citation "amour"

Recherche

 

LA BOUGIE DE L'AMITIE

Cette bougie a été allumée 

   Le 15 septembre 1998 

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Pour la lutte contre le cancer

http://img.over-blog.com/600x450/5/05/88/06/divers-internet-2/349e05ce--1-.jpg

 

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Citation gothique

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nymphes

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Les oiseaux - cygnes

Oiseaux - cygnes

Humour des années 1960

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Le gros chêne à Evans

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Morez - Andelot - Jura - Viaduc -

la ligne des hirondelles

Morez - Andelot - Jura - Viaduc - la ligne des hirondelles -

 

La Loue - 

Ornans - Doubs

La Loue - Ornans - Doubs

 

Fraisans - Jura - canal des forges

Fraisans - Jura - canal des Forges

 

Cascade du Dard - Jura

Cascade du Dard - à l'entrée des grottes - Baume les Messieurs - Jura

 

L'église Saint-Just d'Arbois - Jura

Eglise au bord de la Cuisance - Arbois - Jura

 

Les roses

Catégories

Mes chats

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Le billet d'amour

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chien et chat

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