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15 avril 2019 1 15 /04 /avril /2019 22:26

Gérard de Nerval, pseudonyme de Gérard Labrunie,
est un écrivain et un poète français, né le 22 mai 1808 à Paris, ville où il est mort le 26 janvier 1855.
Il est essentiellement connu pour ses poèmes et ses nouvelles, notamment son ouvrage "Les Filles du feu", recueil de nouvelles (la plus célèbre étant Sylvie) et de sonnets (Les Chimères) publié en 1854.

 

 

Notre-Dame de Paris

 

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu'elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un boeuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d'une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !

 

Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
- Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu'elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l'ombre d'un mort !

Gustave Madelain (1867-1944)

Gustave Madelain (1867-1944)

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12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 00:15

Charles-Nérée Beauchemin (1850-1931) est un écrivain et médecin québécois.
Patrie Intime

 

 

Le rameau bénit

 

Profonde poésie et symbole sublime
De ces rameaux sacrés dont le vert éternel
Évoque, en nos parvis, l’hosanna solennel,
Le triomphe royal des palmes de Solyme !

 

Palmes qui couronnez l’hiver de nos climats,
Et qui, par la verdeur et par l’efflorescence,
S’apparentent, sans doute, à l’immortelle essence
Des cèdres du Carmel et des pins de Damas ?

 

En mouvante forêt, en larges théories,
Pour marquer le respect, l’allégresse et l’amour,
Palmes, agitez-vous, et saluez le jour
Que ramène, après deux mille ans, Pâques fleuries !

 

Agitez-vous aux mains de ce peuple de Dieu,
Qui vous vénère encore, et croit, d’une âme franche,
Que, pourvu qu’on l’expose avec foi, l’humble branche
Détourne le tonnerre, et la grêle, et le feu.

 

Et vous, rameaux anciens dont la feuille se fane,
Au cercueil, que l’ami vous dépose à genoux ;
Entre les doigts des morts, que s’exhale pour nous
Le baume amer et doux, qui de la sève émane !

 

Que la tombe, selon la légende d’Armor,
Accomplisse un prodige, et que votre poussière,
Ô rameaux, se ranime, et, gardant tout entière
L’âme de vos parfums, se change en rameaux d’or !

Nérée Beauchemin (1850-1931) - poète - Le rameau bénit
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11 avril 2019 4 11 /04 /avril /2019 23:25

Charles Baudelaire est un poète français. Né à Paris le 9 avril 1821, il meurt dans la même ville le 31 août 1867.

 

 

Le reniement de Saint-Pierre

 

Qu'est-ce que Dieu fait donc de ce flot d'anathèmes
Qui monte tous les jours vers ses chers Séraphins ?
Comme un tyran gorgé de viande et de vins,
Il s'endort au doux bruit de nos affreux blasphèmes.

 

Les sanglots des martyrs et des suppliciés
Sont une symphonie enivrante sans doute,
Puisque, malgré le sang que leur volupté coûte,
Les cieux ne s'en sont point encore rassasiés !

 

Ah ! Jésus, souviens-toi du jardin des Olives !
Dans ta simplicité tu priais à genoux
Celui qui dans son ciel riait au bruit des clous
Que d'ignobles bourreaux plantaient dans tes chairs vives,

 

Lorsque tu vis cracher sur ta divinité
La crapule du corps de garde et des cuisines,
Et lorsque tu sentis s'enfoncer les épines
Dans ton crâne où vivait l'immense Humanité ;

 

Quand de ton corps brisé la pesanteur horrible
Allongeait tes deux bras distendus, que ton sang
Et ta sueur coulaient de ton front pâlissant,
Quand tu fus devant tous posé comme une cible,

 

Rêvais-tu de ces jours si brillants et si beaux
Où tu vins pour remplir l'éternelle promesse,
Où tu foulais, monté sur une douce ânesse,
Des chemins tout jonchés de fleurs et de rameaux,

 

Où, le coeur tout gonflé d'espoir et de vaillance,
Tu fouettais tous ces vils marchands à tour de bras,
Où tu fus maître enfin ? Le remords n'a-t-il pas
Pénétré dans ton flanc plus avant que la lance ?

 

- Certes, je sortirai, quant à moi, satisfait
D'un monde où l'action n'est pas la soeur du rêve ;
Puissé-je user du glaive et périr par le glaive !
Saint Pierre a renié Jésus... il a bien fait.

Charles Baudelaire (1821-1867) - poète - Le reniement de Saint-Pierre
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11 avril 2019 4 11 /04 /avril /2019 23:10

Marceline Desbordes-Valmore, née le 20 juin 1786 à Douai et morte le 23 juillet 1859 à Paris, est une poétesse française.

Recueil : Romances (1830)

 

 

L'ange et le rameau

 

Que ce rameau béni protège ta demeure ! 
L'ange du souvenir me l'a donné pour toi : 
Toi qui n'aimes pas que l'on pleure, 
Sois heureux, plus heureux que moi !

 

Écoute : À ce rameau j'attache une espérance : 
L'ange qui me conduit sait mon cœur comme toi ; 
S'il a bien compris ma souffrance, 
Sois heureux, plus heureux que moi !

 

J'ai respiré l'encens de ce vieux sanctuaire, 
Et je m'y suis assise, et j'ai prié pour toi ; 
Je n'ai dit que cette prière : 
Sois heureux, plus heureux que moi !

 

Pour passer près de toi j'ai fait un long voyage ; 
Mais l'ange me rappelle et veut m'ôter à toi. 
Adieu... Donne-moi du courage : 
Sois heureux, plus heureux que moi !

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) - Poète - L'ange et le rameau
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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 22:19

Paul Verlaine est un écrivain et poète français du XIXe siècle, né à Metz (Moselle) le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896 (à 51 ans).

 

 

Pâques

 

De Rome, hier matin, les cloches revenues 
Exhalent un concert glorieux dans les nues.
L'écho puissant qui flue et tombe de la tour 
Vient magnifier l'air et la terre à leur tour,

 

L'oiseau, sanctifié par l'or des salves saintes.
Lui-même entonne un hymne aimable et, las de plaintes,
Clame l'alleluia sur un air de chanson.
Dans l'arbre, au ras des prés, et parmi le buisson.

 

L'alouette, un motet au bec, s'est envolée ; 
Le rossignol a salué l'aube emperlée
D'accents énamourés d'un amour plus brûlant, 
Et comme lumineux d'un bonheur calme et lent.

 

Le printemps, né d'hier, allègrement frissonne ; 
La nature frémit d'aise, et voici que sonne
Partout dans la campagne, au cœur des vieux beffrois 
De l'allier campanile et du palais des rois.

 

Et de tous les fracas religieux des villes
Des Paris aux Moscous, des Londres aux Sévilles.
Le frais appel pour l'aime célébration 
De l'almissime jour de résurrection ...

 

La colombe vole au sillon et l'agneau broute. 
Dis-nous, Marie, qui tu rencontras en route ?
Le fleuve est d'or sous le soleil renouvelé...
"C'est le seigneur : en Galilée il est allé !"

 


— 
Ah ! que le cœur n'est-il lavé dans l'or du fleuve ! 
Sanctifié dans l'or des cloches, l'âme veuve !
Et que l'esprit n'est-il humble comme l'agneau. 
Blanc comme la colombe en ce clair renouveau,
Et que l'homme, jadis conscience introublée. 
N'est-il en route encore pour la Galilée !

 Paul Verlaine (1844-( 1896) - poète - Lundi de Pâques
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1 avril 2019 1 01 /04 /avril /2019 19:36

Marceline Desbordes-Valmore, née le 20 juin 1786 à Douai et morte le 23 juillet 1859 à Paris, est une poétesse française.

 

 

Les cloches et les larmes


Les cloches et les larmes
Sur la terre où sonne l'heure,
Tout pleure, ah ! mon Dieu ! tout pleure.
L'orgue sous le sombre arceau,
Le pauvre offrant sa neuvaine,
Le prisonnier dans sa chaîne
Et l'enfant dans son berceau ;
Sur la terre où sonne l'heure,
Tout pleure, ah ! mon Dieu ! tout pleure.
La cloche pleure le jour
Qui va mourir sur l'église,
Et cette pleureuse assise
Qu'a-t-elle à pleurer ?... L'amour.
Sur la terre où sonne l'heure,
Tout pleure, ah ! mon Dieu ! tout pleure.
Priant les anges cachés
D'assoupir ses nuits funestes,
Voyez, aux sphères célestes,
Ses longs regards attachés,
Sur la terre où sonne l'heure,
Tout pleure, ah ! mon Dieu ! tout pleure.
Et le ciel a répondu :
"Terre, ô terre, attendez l'heure !
J'ai dit à tout ce qui pleure,
Que tout lui sera rendu."
Sonnez, cloches ruisselantes !

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859) - poète - Les cloches et les larmes
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2 janvier 2019 3 02 /01 /janvier /2019 01:06

Paul Claudel (1955-1955)

est un dramaturge, poète, essayiste et diplomate français.
Membre de l'Académie française, il est le frère de la sculptrice Camille Claudel.

 

Chant de l'Epiphanie

 

En ce petit matin de l’An tout neuf,
Quand le givre sous les pieds est criant comme du cristal
Et que la terre en brillant, future, apparaît dans son vêtement baptismal,


Jésus, fruit de l’ancien Désir, maintenant que Décembre est fini,
A chacun se manifeste, qui est né, dans le rayonnement de l’Épiphanie.
Et l’attente pourtant fut longue, mais les deux autres avec Balthazar
A travers l’Asie et le démon cependant se sont mis en marche trop tard
Pour arriver avant la fin de ce temps qui précède Noël,
Et ce qui les entoure, c’est déjà le Six de l’Année nouvelle !
Voici l’étoile qui s’arrête, et Marie avec son Dieu entre les bras qui célèbre !


Il est trop tard maintenant pour savoir ce que c’est que les ténèbres !
Il n’y a plus qu’à ouvrir les yeux et à regarder,
Car le Fils de Dieu avec nous, voici déjà le douzième jour qu’Il est né !
Gaspard, Melchior et le troisième par terre posent les présents qu’ils ont apportés.


Et nous, regardons avec eux Jésus-Christ, en ce jour, qui est triplement manifesté.

 

Paul Claudel 

Paul Claudel - poète - "Chant de l'Epiphanie'
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2 janvier 2019 3 02 /01 /janvier /2019 00:23

Edmond Rostand (1868-1918)

est un écrivain, dramaturge, poète et essayiste français.

 

Les rois mages


Ils perdirent l’Étoile, un soir ; pourquoi perd-on
L’Étoile? Pour l’avoir parfois trop regardée
Les deux rois blancs, étant des savants de Chaldée
Tracèrent sur le sol des cercles au bâton

Ils firent des calculs, grattèrent leur menton
Mais l’étoile avait fui, comme fuit une idée
Et ces hommes dont l’âme eut soif d’être guidée
Pleurèrent, en dressant des tentes de coton

Mais le pauvre Roi noir, méprisé des deux autres
Se dit « pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres,
Il faut donner quand même à boire aux animaux »

Et, tandis qu’il tenait son seau d’eau par son anse
Dans l’humble rond de ciel ou buvaient les chameaux
Il vit l’Étoile d’or, qui dansait en silence.

 

Edmond Rostand

Edmond Rostand - poète - "Les rois mages"
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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 18:08

Francis Jammes (1868-1938) est un poète, romancier, dramaturge et critique français. Il passa la majeure partie de son existence dans le Béarn et le Pays basque, principales sources de son inspiration.

 

Dimanche des Rameaux…
À Paul Lafond.

 

Dimanche
des Rameaux…


Les blancs hameaux,
les ormeaux,
les sureaux,
les roseaux,
les fuseaux,
les bestiaux
s’endorment
comme
des oiseaux.

 

À l’ombre des feuilles,
les eaux lentes
se recueillent
dimanchement.

 

Ô Rousseau !
Où sont
les sons
des chalumeaux ?

 

Les moutons
sur les prairies
fleuries
sont monotones.

 

J’ai accompagné
le long des haies
matinales
le facteur rural…

 

Les cloches sonnaient larges
et toutes,
comme des gouttes
d’orage.

 

Mon cœur fleurissait
et je prosternais
mon âme
inquiète et calme

 

vers les noires
éminences
des coteaux sur
qui est l’azur.

 

Les nuages blancs,
malgré le beau temps,
semblaient lourds
d’eau d’ouragan.

 

Nous sommes allés
dans les allées
creusées par les
ondées.

 

Les murs des chaumières
avaient des éviers
de pierre,
de fougères et de lierre.

 

Maintenant je prie,
ô mon Dieu, mon Dieu,
devant le ciel bleu
où un moineau crie.

 

Francis Jammes

Francis Jammes - poète -Dimanche des Rameaux…
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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 01:08
Charles VAN LERBERGHE
né à Gand le 21 octobre 1861 et mort à Bruxelles le 26 octobre 1907,
est un poète et écrivain symboliste belge francophone.
 
C'est le premier matin du monde

 
C'est le premier matin du monde.
Comme une fleur confuse exhalée de la nuit,
Au souffle nouveau qui se lève des ondes,
Un jardin bleu s'épanouit.
 
Tout s'y confond encore et tout s'y mêle,
Frissons de feuilles, chants d'oiseaux, 
Glissements d'ailes,
Sources qui sourdent, voix des airs, voix des eaux, 
Murmure immense,
Et qui pourtant est du silence.
 
Ouvrant à la clarté ses doux et vagues yeux, 
La jeune et divine Ève 
S'est éveillée de Dieu.
Et le monde à ses pieds s'étend comme un beau rêve.
 
Or Dieu lui dit : Va, fille humaine,
 Et donne à tous les êtres
Que j'ai créés, une parole de tes lèvres,
Un son pour les connaître.

 
Illustration mcp - Jardin d'Eden

Illustration mcp - Jardin d'Eden

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