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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 03:04

Armand Silvestre, ou Paul-Armand Silvestre, 
est un écrivain français, romancier, poète, conteur, librettiste et critique d'art, 
 
né le 18 avril 1837 à Paris, mort le 19 février 1901 à Toulouse.
Son ami Guy de Maupassant lui dédie en 1883 la nouvelle La Toux.
 

A Thilda
Recueil : "Le Pays Des Roses"
 
Quand, penché sur le bord de la vie éternelle,
Gouffre que le néant emplit silencieux,
Tristement vers l’azur indifférent des cieux,
Pour la dernière fois se tendra ma prunelle,.
 
Comptant le peu de bien que la vie eut en elle
Et les obscurs déclins de mes jours radieux,
Je n’accuserai pas l’inclémence des cieux
Et ne maudirai pas cette heure solennelle.
 
Sans donner un regret aux choses d’ici-bas,
Je dirai : Le sommeil vaut mieux que les combats,
Et, mieux que dans un lit, dans la tombe on repose.
 
Me rappelant pourtant la fleur qu’en vos cheveux,
Madame, un soir d’été, je vis mourir, je veux
Qu’on jette sur mon corps une feuille de rose.


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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 00:21
Émile Nelligan

né le 24 décembre 1879 à Montréal et mort le 18 novembre 1941 à Montréal
est un poète canadien (québécois). Disciple du symbolisme, il a été profondément influencé par Octave Crémazie, Louis Fréchette, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Georges Rodenbach, Maurice Rollinat et Edgar Allan Poe. Parmi les thèmes récurrents de ses poèmes, on note l'enfance, la folie, la musique, l'amour et la mort.

Communion pascale

Douceur, douceur mystique ! ô la douceur qui pleut !
Est-ce que dans nos coeurs est tombé le ciel bleu ?

Tout le ciel, ce dimanche, à la messe de Pâques,
Dissipant le brouillard des tristesses opaques ;

Plein d'Archanges, porteurs triomphaux d'encensoirs,
Porteurs d'urnes de paix, porteurs d'urnes d'espoirs ;

Aux sons du récital de Cécile la sainte,
Que l'orgue répercute en la pieuse enceinte,

Serait-ce qu'un nouvel Eden s'opère en nous,
Pendant que le Sanctus nous prosterne à genoux ?

Et pendant que nos yeux, sous les lueurs rosées,
Deviennent des miroirs d'âmes séraphisées,
Sous le matin joyeux, parmi les vitraux peints
Dont la gloire s'allie au nimbe d'or des saints ?

Douceur, d'où nous viens-tu, religieux mystère,
Extase qui nous fais étrangers à la terre ?

O Foi ! N'est-ce pas l'heure adorable où le Christ
Etant ressuscité, selon qu'il est écrit,

Ressuscite pour Lui nos âmes amorties
Sous les petits soleils des pascales Hosties ?

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Emile Nelligan
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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 02:39


Sabine Sicaud,
 
née le 23 février 1913 et morte le 12 juillet 1928, est une poétesse française.

Elle est née et morte à Villeneuve-sur-Lot, dans la maison de ses parents, nommée La Solitude. Solitude est aussi le titre d'un de ses poèmes.
Ses Poèmes d'enfant, préfacés par Anna de Noailles, ont été publiés lorsqu'elle avait treize ans. Après les chants émerveillés de l'enfance et de l'éveil au monde, est venue la souffrance, insupportable. Atteinte d'ostéomyélite, appelée aussi la gangrène des os.


- Les cloches sont parties…

Les cloches sont parties
Les grosses cloches les premières.
Ou les petites, que sait-on? si diverties,
Si pimpantes de s’en aller toutes légères! –

Leur jupe bouffait autour d’elles;
Et le battant ne disait rien,
Comme un oiseau blotti dans une cage.
Elles volaient sans ailes,
Par des chemins à elles, très anciens,
Des chemins bleus au-dessus des nuages.

- Les gros bourdons, parfois devant, parfois derrière,
S’essoufflaient à vouloir montrer qu’ils allaient vite.
Et les petites cloches des couvents
Ou des églises de campagne, si petites
Qu’elles semblaient des gobelets d’enfants, si fières
D’aller quand même à Rome – étaient devant,
Derrière, et partout à la fois, toutes légères…

- Les enfants regardaient en l’air, criant : Bonjour!
Les gens d’âge levaient aussi la tête,
Mais ne les voyaient plus de leurs yeux clignotants.

- Et les enfants attendent leur retour,
Comme une grande fête.
Les gens d’âge attendent aussi, comme on attend
Quand on n’est plus bien sûr de croire aux œufs de Pâques…

- Cependant, il faut croire aux miracles, toujours.
Resonnez les Matines, frère Jacques!
Je vois les cloches reparaître, se hâtant…

- De leur jupe, sur les jardins, glisse autour d’elles
Tout le printemps de Rome, et chaque battant
S’échappent, aux Alleluias, deux hirondelles.

(Cahiers de France, 1926)
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Sabine Sicaud
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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 03:05

Aimé-Ambroise-Joseph Feutry,
 
né le 19 octobre 1720 à Lille où il est mort le 28 mars 1789,
 
est un inventeur de machines de guerre, homme de lettres, poète et traducteur français.
Poète, il se plut dans l'élégie funèbre, qu'il traita en un style pompeux et déclamatoire.


Les tombeaux
 
Au pied de ces coteaux, où, loin du bruit des cours, 
Sans crainte, sans désirs, je coule d'heureux jours, 
Où des vaines grandeurs je connais le mensonge, 
Où tout, jusqu'à la vie, à mes yeux est un songe, 
S'élève un édifice, asile de mortels 
Aux larmes dévoués, consacrés aux autels.
Une épaisse forêt, de la demeure sainte, 
Aux profanes regards cache l'austère enceinte ;
L'aspect de ce séjour, sombre, majestueux, 
Suspend des passions le choc impétueux, 
Et portant dans nos coeurs une atteinte profonde, 
Il y peint le néant des plaisirs de ce monde.
 
Leur temple, vaste, simple, et des temps respecté,
Inspire la terreur par son obscurité ;
Là, cent tombeaux, pareils aux livres des Prophètes,
Sont des lois de la mort les tristes interprètes :
Ces marbres éloquents, monuments de l'orgueil,
Ne renferment, ainsi que le plus vil cercueil,
Qu'une froide poussière, autrefois animée,
Et qu'enivrait sans cesse une vaine fumée.
De ces lieux sont bannis l'ambition, l'espoir,
La dure servitude, et l'odieux pouvoir ; 
Là, d'un repos égal, jouissent l'opulence, 
La pauvreté, le rang, le savoir, l'ignorance. 
Orgueilleux ! c'est ici que la mort vous attend ; 
Connaissez-vous... peut-être il n'est plus qu'un instant :
Coeurs faibles ! qui craignez son trait inévitable, 
Osez voir, sans frémir, ce séjour redoutable ; 
Parcourez ces tombeaux, venez, suivez mes pas, 
Et préparez vos yeux aux horreurs du trépas.
 
Quel est ce monument dont la blancheur extrême 
De la tendre innocence est sans doute l'emblème ? 
C'est celui d'un enfant qu'un destin fortuné
Enleva de ce monde aussitôt qu'il fut né.
Il goûta seulement la coupe de la vie ; 
Mais sentant sa liqueur d'amertume suivie, 
Il détourna la tête, et, regardant les cieux, 
À l'instant pour toujours il referma les yeux. 
Mère ! sèche tes pleurs, cet enfant dans la gloire
Jouira sans combats des fruits de la victoire.
 
Ici sont renfermés l'espoir et la douleur 
D'un père qui gémit sous le poids du malheur. 
Il demande son fils, l'appui de sa vieillesse, 
L'unique rejeton de sa haute noblesse ; 
Il le demande en vain : l'impitoyable mort 
Au midi de ses jours a terminé son sort. 
Sa couche nuptiale était déjà parée ; 
À marcher aux autels l'amante préparée 
Attendait son amant pour lui donner sa foi, 
Mais la fête se change en funèbre convoi. 
Calme-toi, jeune Elvire ! insensible à tes larmes, 
Dans les bras de la mort, Iphis brave tes charmes.
 
Quels sont les attributs de cet autre tombeau ?
Dans un ruisseau de pleurs l'Amour plonge un flambeau ;
On voit à ses côtés les Grâces gémissantes
Baisser un triste front, et des mains languissantes :
La jeunesse éplorée, et les jeux éperdus, 
Semblent encor chercher la beauté qui n'est plus. 
Quelle main oserait en tracer la peinture ? 
Hortense fut, hélas ! l'orgueil de la nature. 
Mais de cette beauté, fière de ses attraits, 
Osons ouvrir la tombe et contempler les traits. 
Ô ciel !... de tant d'éclat... quel changement funeste !... 
Une masse putride est tout ce qu'il en reste ; 
Vous frémissez... ainsi nos corps, dans ce séjour, 
D'insectes dévorants seront couverts un jour. 
Hommes vains et distraits ! quelle trace sensible 
Laisse dans vos esprits ce spectacle terrible ? 
La même, hélas ! qu'empreint le dard qui fend les airs 
Ou le vaisseau léger qui sillonne les mers.
 
Des sépulcres des grands, voici la sombre entrée. 
De quelle horreur votre âme est-elle pénétrée ? 
Tout est tranquille ici ; suivons ces pâles feux ; 
Le silence et la mort règnent seuls en ces lieux. 
La terreur qui les suit, errante sous ces voûtes, 
Ne peut nous en cacher les ténébreuses routes. 
Descendons, parcourons ces tombeaux souterrains, 
Où, séparés encor du reste des humains, 
Ces grands, dont le vulgaire adorait l'existence,
Ont voulu conserver leur triste préséance. 
De l'humaine grandeur pitoyables débris ! 
Eh ! que sont devenus ces superbes lambris, 
Ces plaisirs, ces honneurs, ces immenses richesses, 
Ces hommages profonds... ou plutôt ces bassesses ?... 
Grands ! votre éclat, semblable à ces feux de la nuit, 
Brille un moment, nous trompe, et soudain se détruit.
 
À l'obscure clarté de ces lampes funèbres, 
Sur ces marbres inscrits voyons leurs noms célèbres ; 
Lisons : "Ci-gît le grand..." Brisez-vous, imposteurs ! 
Eh quoi ! des os en poudre ont encor des flatteurs !... 
Je l'ai vu de trop près : dédaigneux et bizarre, 
Il fut à la fois haut, rampant, prodigue, avare,
Sans vertus, sans talents, et, dévoré d'ennui, 
Il cherchait le plaisir qui fuyait loin de lui. 
De cet autre, ô regrets ! l'épitaphe est sincère ; 
Il fut des malheureux, le protecteur, le père ; 
Affable, juste, vrai, rempli d'humanité, 
Il prévint les soupirs de l'humble adversité :
La patrie anima son zèle, son courage, 
Soub... , il eut enfin tes vertus en partage. 
Des vrais grands, par ces traits, connaissons tout le prix, 
Mais leurs fantômes vains sont dignes de mépris.
 
Dans ces lieux, un moment, recueille-toi, mon âme !... 
Tombeaux ! votre éloquence, avec un trait de flamme,
A gravé dans mon coeur le néant des plaisirs ; 
Cessons donc ici-bas de fixer nos désirs, 
Tout n'est qu'illusion, d'illusions suivie, 
Et ce n'est qu'à la mort où commence la vie.

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 03:15

Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine

dit Alphonse de Lamartine, 
né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869,
est un poète, romancier, dramaturge et prosateur en même temps qu'un homme politique français, l'orateur d'exception qui dirigea la foule en colère lors de la révolution de février 1848 et proclama la Deuxième République. Il est l'une des plus grandes figures du romantisme en France.

 
Le temple

 
Qu'il est doux, quand du soir l'étoile solitaire,
Précédant de la nuit le char silencieux,
S'élève lentement dans la voûte des cieux,
Et que l'ombre et le jour se disputent la terre,
Qu'il est doux de porter ses pas religieux
Dans le fond du vallon, vers ce temple rustique
Dont la mousse a couvert le modeste portique,
Mais où le ciel encor parle à des coeurs pieux !

 
Salut, bois consacré ! Salut, champ funéraire,
Des tombeaux du village humble dépositaire ;
Je bénis en passant tes simples monuments.
Malheur à qui des morts profane la poussière !
J'ai fléchi le genou devant leur humble pierre,
Et la nef a reçu mes pas retentissants.
Quelle nuit ! quel silence ! au fond du sanctuaire
A peine on aperçoit la tremblante lumière
De la lampe qui brûle auprès des saints autels.
Seule elle luit encor, quand l'univers sommeille :
Emblème consolant de la bonté qui veille
Pour recueillir ici les soupirs des mortels.
Avançons. Aucun bruit n'a frappé mon oreille ;
Le parvis frémit seul sous mes pas mesurés ;
Du sanctuaire enfin j'ai franchi les degrés.
Murs sacrés, saints autels ! je suis seul, et mon âme
Peut verser devant vous ses douleurs et sa flamme,
Et confier au ciel des accents ignorés,
Que lui seul connaîtra, que vous seuls entendrez.
Mais quoi ! de ces autels j'ose approcher sans crainte !
J'ose apporter, grand Dieu, dans cette auguste enceinte
Un coeur encor brûlant de douleur et d'amour !
Et je ne tremble pas que ta majesté sainte
Ne venge le respect qu'on doit à son séjour !
Non : je ne rougis plus du feu qui me consume :
L'amour est innocent quand la vertu l'allume.
Aussi pur que l'objet à qui je l'ai juré,
Le mien brûle mon coeur, mais c'est d'un feu sacré ;
La constance l'honore et le malheur l'épure.
Je l'ai dit à la terre, à toute la nature ;
Devant tes saints autels je l'ai dit sans effroi :
J'oserais, Dieu puissant, la nommer devant toi.
Oui, malgré la terreur que ton temple m'inspire,
Ma bouche a murmuré tout bas le nom d'Elvire ;
Et ce nom répété de tombeaux en tombeaux,
Comme l'accent plaintif d'une ombre qui soupire,
De l'enceinte funèbre a troublé le repos.

 
Adieu, froids monuments ! adieu, saintes demeures !
Deux fois l'écho nocturne a répété les heures,
Depuis que devant vous mes larmes ont coulé :
Le ciel a vu ces pleurs, et je sors consolé.

 
Peut-être au même instant, sur un autre rivage,
Elvire veille ainsi, seule avec mon image,
Et dans un temple obscur, les yeux baignés de pleurs
Vient aux autels déserts confier ses douleurs.

 
Alphonse de Lamartine - Poète - "Le temple"
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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 04:22
José-Maria de Heredia,

né le 22 novembre 1842 et mort le 2 octobre 1905 est un homme de lettres d'origine cubaine : né sujet espagnol, il a été naturalisé français en 1893.

En tant que poète, c'est un des maîtres du mouvement parnassien, auteur d'un unique recueil, Les Trophées, publié en 1893, comprenant 118 sonnets qui retracent l'histoire du monde, comme Les Conquérants, ou qui dépeignent des moments privilégiés, comme Le Récif de corail.





Épiphanie
(les trophées)


Donc, Balthazar, Melchior et Gaspar, les Rois Mages, 
Chargés de nefs d'argent, de vermeil et d'émaux 
Et suivis d'un très long cortège de chameaux, 
S'avancent, tels qu'ils sont dans les vieilles images.


De l'Orient lointain, ils portent leurs hommages 
Aux pieds du fils de Dieu, né pour guérir les maux 
Que souffrent ici-bas l'homme et les animaux ; 
Un page noir soutient leurs robes à ramages.


Sur le seuil de l'étable où veille saint Joseph, 
Ils ôtent humblement la couronne du chef 
Pour saluer l'Enfant qui rit et les admire.


C'est ainsi qu'autrefois, sous Augustus Caesar, 
Sont venus, présentant l'or, l'encens et la myrrhe, 
Les Rois Mages Gaspar, Melchior et Balthazar.


http://img1.picmix.com/output/pic/original/2/1/1/2/2222112_e1599.gif


José-Maria de Hérédia
http://www.poetes.com/parnassiens/images/heredia.jpg
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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 00:27
Jean LAHOR
Henri Cazalis, 
 
né à Cormeilles-en-Parisis (Val-d'Oise) le 9 mars 1840 et mort à Genève (Suisse) le 1er juillet 1909,
 
est un médecin et poète symboliste français. Il se fit connaître sous le pseudonyme de Jean Caselli et, surtout, de Jean LAHOR
 
 
Le mystère
 
 
Ô nuit, ô belle nuit, pâle comme sa chair :
Je rêve au passé mort, je rêve au passé clair...
 
 
Je revois ta chair pâle, et rêve aux heures mortes,
Où notre joie, où notre extase étaient si fortes !
 
 
Le rossignol des nuits d'alors ne chante plus :
Je songe à tes grands yeux qui m'étaient apparus.
 
 
Et je songe à ta voix angéliquement tendre,
Que jamais, oh ! jamais je ne dois plus entendre,
 
 
Aux baisers de ta voix si mortellement doux,
Aux délices des soirs passés à tes genoux !...
 
 
Et je pense à la mort, et je pense à la tombe,
Qui fut scellée un jour sur ma pâle colombe ;
 
 
Et je cherche où s'en vont ceux qui s'en sont allés,
Ces regards, ces soupirs, ces parfums envolés.
 
Je réclame ton âme invisible à l'espace :
Ton âme est-elle errante en ce souffle qui passe ?
 
 
Et je porte à ma bouche et je baise une fleur,
Où je sens ton haleine et revois ta pâleur.
 
Ton âme revit-elle en ce frisson d'étoile ?...
Morts, pourquoi le mystère horrible qui vous voile ?
 
 
Ô nos morts bien aimés, où disparaissez-vous ?
Serions-nous vos tombeaux ? N'êtes-vous plus qu'en nous ?
 
 
Serais-tu tout entière, hélas ! ensevelie
Dans ce coeur d'un amant qui, vieillissant, t'oublie ?
 
 
- Nuit chaude, ô nuit aimante, et pleine de soupirs,
Je songe à ce néant de tous nos grands désirs !
 
 
Jean LAHOR - poète - "Le mystère"
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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 02:20
Flaminio de BIRAGUE
« gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi » en 1581, puis colonel d'un régiment d'infanterie.
 
est un poète Français du XVI° siècle
 
Il est le fils de Charles de BIRAGUE, qui appartenait au conseil privé de Charles IX et le neveu de René de Birague, Garde ses sceaux de Charles IX. Son frère cadet, Lodovico, devint comte de Visque par héritage maternel.
 
 
 
 
 
 
 
Hôte mélancolique
 
 
Hôte mélancolique 
Des tombeaux et des croix, 
J'errerai fantastique 
Aux effroyables bois, 
Compagnon des forêts 
Et des démons secrets.
 
 
Les rochers solitaires, 
Oreillés à mes sons, 
Les Faunes et les Laires, 
Rediront mes chansons, 
Chansons tristes témoins 
De mes funèbres soins.
 
 
Les Ombres éternelles 
Des Mânes blêmissants 
Sont beaucoup plus fidèles 
A mes sens languissants 
Que l'astre radieux 
Qui redore les Cieux.
 
 
Hélas ce n'est moi-même 
Qui forme ces accents ! 
Je suis jà ombre blême, 
Orphelin de mes sens, 
Errant, idole affreux, 
Dans l'Orque ténébreux.
 
 
Vous donc Ombres sacrées 
Des antres recélées, 
Vous grottes emmurées, 
De silence voilées, 
Vous chenues forêts, 
Assistez mes regrets.
 
 
Dans votre dure écorce,
Sous l'ombre de vos bras,
Gravez à toute force
Mon langoureux trépas,
Qui bornera mes voeux
Aux myrtes ombrageux...
 
 
Flaminio de BIRAGUE (XVI° siècle) - poète - "Hôte mélancolique"
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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 02:27
 
Émile Adolphe Gustave Verhaeren,
 né à Saint-Amand dans la province d'Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916,
est un poète belge flamand, d'expression française. Dans ses poèmes influencés par le symbolisme, où il pratique le vers libre, sa conscience sociale lui fait évoquer les grandes villes dont il parle avec lyrisme sur un ton d'une grande musicalité. Il a su traduire dans son œuvre la beauté de l'effort humain.
 
 Beaucoup d'artistes, de poètes et d'écrivains comme Georges Seurat, Paul Signac, Auguste Rodin, Edgar Degas, August Vermeylen, Henry van de Velde, Maurice Maeterlinck, Stéphane Mallarmé, André Gide, Rainer Maria Rilke, Gostan Zarian et Stefan Zweig l'admiraient, correspondaient avec lui, cherchaient à le fréquenter et le traduisaient.
 
Quand en 1914 la Première Guerre mondiale éclata et que, malgré sa neutralité, la Belgique fut occupée par les troupes allemandes, Verhaeren se trouvait en Allemagne et était au sommet de sa gloire. Réfugié en Angleterre, il écrivit des poèmes pacifistes et lutta contre la folie de la guerre dans les anthologies lyriques : La Belgique sanglante, Parmi les Cendres et Les Ailes rouges de la Guerre. Sa foi en un avenir meilleur se teinta pendant le conflit d'une résignation croissante. Il n'en publia pas moins dans des revues de propagande anti-allemandes et tenta dans ses conférences de renforcer l'amitié entre la France, la Belgique et le Royaume-Uni. 
 
 
 
A Pâques
 
Frère Jacques, frère Jacques, 
Réveille-toi de ton sommeil d'hiver 
Les fins taillis sont déjà verts 
Et nous voici au temps de Pâques, 
Frère Jacques.
 
Au coin du bois morne et blêmi 
Où ton grand corps s'est endormi 
Depuis l'automne, 
L'aveugle et vacillant brouillard, 
Sur les grand-routes du hasard, 
S'est promené, longtemps, par les champs monotones ; 
Et les chênes aux rameaux noirs 
Tordus de vent farouche 
Ont laissé choir, 
De soir en soir, 
Leur feuillage d'or mort sur les bords de ta couche.
 
Frère Jacques, 
Il a neigé durant des mois 
Et sur tes mains, et sur tes doigts 
Pleins de gerçures ; 
Il a neigé, il a givré, 
Sur ton chef pâle et tonsuré 
Et dans les plis décolorés 
De ta robe de bure.
 
La torpide saison est comme entrée en toi 
Avec son deuil et son effroi, 
Et sa bise sournoise et son gel volontaire ; 
Et telle est la lourdeur de ton vieux front lassé 
Et l'immobilité de tes deux bras croisés, 
Qu'on les dirait d'un mort qui repose sous terre.
 
Frère Jacques, 
Hier au matin, malgré le froid, 
Deux jonquilles, trois anémones 
Ont soulevé leurs pétales roses ou jaunes 
Vers toi, 
Et la mésange à tête blanche, 
Fragile et preste, a sautillé 
Sur la branche de cornouiller 
Qui vers ton large lit de feuillages mouillés 
Se penche.
 
Et tu dors, et tu dors toujours, 
Au coin du bois profond et sourd, 
Bien que s'en viennent les abeilles 
Bourdonner jusqu'au soir à tes closes oreilles 
Et que l'on voie en tourbillons 
Rôder sur ta barbe rigide 
Un couple clair et rapide 
De papillons.
 
Pourtant, voici qu'à travers ton somme 
Tu as surpris, dès l'aube, s'en aller 
Le cortège bariolé 
Des cent cloches qui vont à Rome ; 
Et, leurs clochers restant 
Muets et hésitants 
Durant ces trois longs jours et d'angoisse et d'absence, 
Tu t'éveilles en écoutant 
Régner de l'un à l'autre bout des champs 
Le silence.
 
Et secouant alors 
De ton pesant manteau que les ronces festonnent 
Les glaçons de l'hiver et les brumes d'automne, 
Frère Jacques, tu sonnes 
D'un bras si rude et fort 
Que tout se hâte aux prés et s'enfièvre aux collines 
A l'appel clair de tes matines.
 
Et du bout d'un verger le coucou te répond ; 
Et l'insecte reluit de broussaille en broussaille ; 
Et les sèves sous terre immensément tressaillent ;
Et les frondaisons d'or se propagent et font
Que leur ombre s'incline aux vieux murs des chaumières ; 
Et le travail surgit innombrable et puissant ; 
Et le vent semble fait de mouvante lumière 
Pour frôler le bouton d'une rose trémière 
Et le front hérissé d'un pâle épi naissant.
 
Frère Jacques, frère Jacques 
Combien la vie entière à confiance en toi ; 
Et comme l'oiseau chante au faîte de mon toit ; 
Frère Jacques, frère Jacques, 
Rude et vaillant carillonneur de Pâques.
 
https://img1.picmix.com/output/pic/original/3/2/7/4/1784723_744f7.gif
 
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