24 septembre 2023 7 24 /09 /septembre /2023 22:05

 

 

Rimatouvent

Poème posté le 25/07/19 

 

 

Aïe ! Aïe   ! Ail ! Et vent pire ! 


La baronne de Bellemiche

Au tournoi de la saint Glinglin

D’un seigneur aussitôt s’entiche

Car il était beau et câlin.

 

Il pourfend vite ses rivaux 

Et lui dit soyez mon épouse

Profitons des temps estivaux

Et aimons-nous sur la pelouse.

 

Ayant pécule limité 

Ils logèrent en la vieille tour

Voisine de la gratuité

Mais abritant un vieux vautour.

 

Il y avait aussi des caves 

Où selon de vieilles rumeurs

Ne descendaient que les plus braves

Ou parfois quelques embaumeurs.

 

Des sépulcres d’un autre temps

Sinistres cela va sans dire

Abritaient, dès soleil levant,

Un certain nombre de vampires

 

Où de nocturnes sarabandes

Et d’hémorragiques repas

Animaient les sinistres bandes

Des descendants de Dracula.

 

La valeur de la tour bien sur 

Fréquentée de sombre manière

Ne valait même pas les murs

Nul n’investit en cette pierre.

 


Or le baron et la baronne 

Réussirent à faire déserter 

L’horrible faune polissonne

Qui de la tour dut s’écarter.

 

Elle fut cernée d’un jardin

Où l’ail planté en abondance 

Éloigna les buveurs sanguins

Leurs goules et leur descendance.

 

La marquise aimant la cuisine 

Faisait aussi des escargots 

De l’aïoli et des terrines

Où l’ail avait le dernier mot.

 

La tour enfin vit s’en aller

Ses nocturnes hématophages

Ils n’eurent plus qu’à détaler.

Laissant cercueils et bagages.

 

Le lieu devenant acceptable

Sa valeur grimpa aussitôt

Et pour un prix fort confortable

On le revendit illico.

 

Le doux baron et sa baronne

Partirent vers la côte d’azur

Le tortil vaut une couronne

Quand l’argent devient démesure.

 

Mais hélas les escargots

Pris en trop grandes quantités

Affectèrent leurs deux jabots 

D’hépatiques calamités.

 

Une cure étant nécessaire

Ils allèrent au pays d’Armor

L’air y était plus salutaire

Et le poisson bon pour le corps.

 

Leur penchant reprenant surface  

Pêchant des moules de bouchot

Ils eurent la détestable audace

De les faire au beurre d’escargot.

 

Et partant en cure à Vichy

Pour soigner une stéatose

Ils consignèrent par écrit 

De l’ail la grande apothéose.

 

Et les vampires désertant 

Une  France gastronomique

Ne firent plus couler le sang

Qu’en leur logis transylvanique.

 

La vente de la vieille tour

Enrichit tant leur descendance

Qu’elle paresse de nos jours 

Entre Vichy et la Provence.

 

Et sur le blason de famille

Avec l’escargot on a  peint

De l’ail, un hanap où pétille

De l’eau de Vichy Célestin.

Rimatouvent (Les poètes net) - Aïe ! Aïe   ! Ail ! Et vent pire ! 
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