16 mars 2026 1 16 /03 /mars /2026 14:48

 

 

Catulle (en latin Caius Valerius Catullus) est un poète romain.

Selon Suétone, il serait né à Vérone, en Gaule cisalpine, ou peut-être à

Sirmio (aujourd'hui Sirmione), une ville située sur les rives du lac Benacus 

actuel lac de Garde), en 84 av. J.-C. Il meurt vers 54 av. J.-C. à Rome, où

il a passé la majeure partie de sa vie.

 

À LESBIE (V)  

 

Vivons pour nous aimer, ô ma Lesbie !  

Et rions des murmures vains de la vieillesse morose.  

Le jour peut s’éteindre et renaître ;  

Mais une fois la flamme éphémère de notre vie éteinte,  

Nous devrons tous dormir d’un sommeil éternel.  

Alors, donne-moi mille baisers, puis cent,  

Encore mille, et encore cent ;  

Puis mille autres, et encore cent.  

Et quand nous aurons échangé des milliers de baisers,  

Mêlons-en bien le compte,  

Afin qu’un si grand nombre reste inconnu des jaloux,  

Et même de nous-mêmes,  

Pour que leur envie ne puisse jamais nous atteindre.

 

 

À LESBIE (VII)  

 

Tu me demandes, Lesbie, combien de tes baisers  

Suffiraient à combler mon désir,  

À me faire dire : Assez ?  

Autant qu’il y a de grains de sable amoncelés en Libye,  

Dans les champs parfumés de Cyrène,  

Entre le temple brûlant de Jupiter  

Et la tombe sacrée de l’antique Battus ;  

Autant qu’il y a d’étoiles, par une nuit paisible,  

Éclairant les amours secrètes des mortels.  

Oui, autant il me faudrait de baisers de ta bouche  

Pour apaiser ma soif insatiable,  

Pour me contraindre à dire : Assez.  

Ah ! Que leur nombre demeure inconnu,  

Inaccessible au calcul des envieux  

Et à la langue maléfique des sorciers !

 

 

À LESBIE (LI)  

 

Il est l'égal d'un dieu, il est plus qu'un dieu, s'il est donné à un mortel de

surpasser les dieux, celui qui, assis près de toi, t'entend, te voit doucement

lui sourire. Hélas ! ce bonheur m'a ravi l'usage de tous mes sens.



Dès que je te vois, ô Lesbie, j'oublie tout, ma langue s'embarrasse, un feu

 subtil circule dans mes veines, un tintement confus bourdonne à mon oreille,

mes yeux se couvrent d'une nuit épaisse.



Catulle, l'oisiveté te sera funeste ; tu te plais dans l'inaction, elle a pour toi

trop d'attraits ; avant toi l'inaction a perdu et les rois et les empires les plus

florissants.


 

Lesbia et son moineau, d'Edward Poynter (1907).

Lesbia et son moineau, d'Edward Poynter (1907).

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