13 avril 2026
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Comte de Foix, seigneur de Béarn, Gaston III est vicomte ou seigneur d'une dizaine de territoires situés entre la Gascogne et le Languedoc. Il profite de la guerre de Cent Ans pour asseoir sa domination sur le piémont nord pyrénéen, jouant sur les conflits entre monarchies française et anglaise. Il est l'auteur du Livre de chasse, célèbre manuscrit illustré sur la vénerie.
Chanson de Monseigneur Gaston, comte de Foix, qui lui fit gagner la joya de Toulouse.
Ores quand je vois du bois feuillir la rame,
Ores quand je vois du bois feuillir la rame,
Je sais que m’étreint, me prend et m’enlace
L’Amour qui antan enleva mon âme
Et me fait vouloir celle qui de vertu s’arme
Tant que mon corps et mon cœur il enflamme,
Et, sans ma dam’, ne me pare nulle arme
Du grand tourment qui de joie me désarme,
Plus grand que celui qui en enfer crame.
Et de cela, Mon Chaperon, ne tremble
Qui me laisse aimer, car ne doit sa flamme
Nul homme cacher, puisqu’aimer l’enchante.
Je l’aimerai jusqu’à ce que ma vie flanche,
Partirai tel le marinier qui rame
Par gros temps, vers un port où jeter l’ancre.
Je cherche, pour jouir de son charme,
Ma Dame, car le Mérite elle incarne. Las !
Que me vaut protection ou défense
Contre l’Amour, puisque tant il s’attache
A me blesser de sa flèche fatale.
À fuir ne faut-il que je me dépense ?
Tant me suis enfui que mon corps se lasse.
Alors je lui dirai ma soif étouffante
Je voudrais être près de ma dam’, blanche
Plus que la fleur dont il reste la pomme.
Doit bien chanter celui qui ses dons montre.
Car je pense que de Saint-Jacques à Rome
N’en trouverez plus franche ni moins sotte ;
Puisqu’Amour veut que mon cœur s’abandonne
De graves maux je subis grande somme,
Éperdu suis, tel dans la mer s’enfonce,
Je la verrai, si la mort ne me ronge
Car ne m’arrêtera vent ni pluie ni brume.
Mais pour cela ma volonté s’embrume
Pour le feu d’Amour qui brûle et m’enfume
Bien que des yeux il m’arrache eau suave
Qui coule nuit et jour sur mon visage,
Il dévoile que ma vie il consume ;
Mon Bon Espoir me secourt et me préserve,
Et quand verrai ma Dame, je serai encore
Mieux comblé que poisson dans la rivière.
Mon Chaperon, ma vie m’est bien amère,
Car je ne vous vois, de toutes m’êtes chère
Tant que mes sens à d’autres ne s’attardent
Published by Balades comtoises