26 juin 2026
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17:55
Marie-Claude Palys (1947) auteur
Le rosier grimpant
En ce matin de mai, lorsque l'aube légère
Dépose sur les prés sa fraîcheur passagère,
Je suis sortie rêver dans le jardin fleuri,
Quand le jour naissant, dort encore à demi.
Dépose sur les prés sa fraîcheur passagère,
Je suis sortie rêver dans le jardin fleuri,
Quand le jour naissant, dort encore à demi.
Je cueillais en chemin des fraises des bois vermeilles,
Perles rouges offertes aux premières abeilles ;
Les groseilliers voisins, plus timides encor,
Gardaient dans leurs écrins leurs prometteurs décors.
Perles rouges offertes aux premières abeilles ;
Les groseilliers voisins, plus timides encor,
Gardaient dans leurs écrins leurs prometteurs décors.
Je m'arrêtai bientôt devant les pivoines,
Reines aux lourds jupons que le printemps couronne.
Rouges, roses ou blanches, elles avaient fleuri
Comme un bouquet de songes au cœur de l'après-midi.
Reines aux lourds jupons que le printemps couronne.
Rouges, roses ou blanches, elles avaient fleuri
Comme un bouquet de songes au cœur de l'après-midi.
Mais la chaleur récente avait semé sur terre
Leurs pétales froissés en tapis éphémères ;
Et leur parfum discret, rappelant celui des roses,
Flottait encore un peu sur les choses.
Leurs pétales froissés en tapis éphémères ;
Et leur parfum discret, rappelant celui des roses,
Flottait encore un peu sur les choses.
Au milieu des massifs où mille fleurs s'inclinent,
Le seringat dressait ses blanches étamines.
Ses grappes éclataient comme un neigeux flambeau,
Illuminant le vert d'un éclat tendre et beau.
Le seringat dressait ses blanches étamines.
Ses grappes éclataient comme un neigeux flambeau,
Illuminant le vert d'un éclat tendre et beau.
Son parfum généreux, doux présent du printemps,
Mêlait fleur d'oranger, jasmin et vent chantant ;
Le néroli léger s'y fondait par instants,
Enivrant le jardin d'arômes captivants.
Mêlait fleur d'oranger, jasmin et vent chantant ;
Le néroli léger s'y fondait par instants,
Enivrant le jardin d'arômes captivants.
Près du grand frêne ancien, gardien silencieux,
Deux longues plates-bandes s'étendaient sous les cieux.
Les fraises rougissaient au soleil matinal ;
J'en remplis mon panier d'un geste machinal.
Deux longues plates-bandes s'étendaient sous les cieux.
Les fraises rougissaient au soleil matinal ;
J'en remplis mon panier d'un geste machinal.
J'en goûtai quelques-unes : leur chair tendre et sucrée
Fondait comme un baiser sur ma langue charmée.
Pourtant les framboises, se faisaient désirer ;
Leurs fruits encore pâles hésitaient à mûrir.
Fondait comme un baiser sur ma langue charmée.
Pourtant les framboises, se faisaient désirer ;
Leurs fruits encore pâles hésitaient à mûrir.
J'en trouvai cependant quelques-unes, çà et là,
Que j'ajoutai joyeuse au trésor que j'avais là.
Que j'ajoutai joyeuse au trésor que j'avais là.
Puis je repris le chemin menant vers la maison,
Bercée par le doux chant d'une invisible chanson.
C'est alors qu'apparut, éclatant de splendeur,
Le rosier grimpant dans toute sa grandeur.
Bercée par le doux chant d'une invisible chanson.
C'est alors qu'apparut, éclatant de splendeur,
Le rosier grimpant dans toute sa grandeur.
Accroché contre le mur de la grande chambre,
Il flamboyait au soleil comme un brasier de braises tendres.
Ses longues branches arquées, couvertes de velours,
Déversaient des cascades de roses tout autour.
Il flamboyait au soleil comme un brasier de braises tendres.
Ses longues branches arquées, couvertes de velours,
Déversaient des cascades de roses tout autour.
Chaque fleur semblait née d'un rêve ou d'un poème,
Offrant son rouge ardent à la lumière suprême.
Leur parfum puissant montait dans l'air immobile,
Mystérieux, profond, délicatement subtil.
Offrant son rouge ardent à la lumière suprême.
Leur parfum puissant montait dans l'air immobile,
Mystérieux, profond, délicatement subtil.
Il enveloppait le jardin d'une douce romance,
Comme un souvenir d'amour revenu de l'enfance.
Et je demeurai là, le cœur rempli d'émoi,
À contempler la rose qui fleurissait pour moi.
Comme un souvenir d'amour revenu de l'enfance.
Et je demeurai là, le cœur rempli d'émoi,
À contempler la rose qui fleurissait pour moi.
Déjà le soleil doré gagnait tout l'horizon,
Promettant à la terre une chaude saison.
Le ciel était sans nuage et l'azur infini ;
L'été semblait venir avant même le midi.
Promettant à la terre une chaude saison.
Le ciel était sans nuage et l'azur infini ;
L'été semblait venir avant même le midi.
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