11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 22:46

Le petit chaperon rouge en illustration

Le petit chaperon rouge en illustration

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 11:54

Maurice Genevoix raconte son expérience de soldat de la Première Guerre mondiale.

 


"La boue" (ceux de 14) - 1916

"C'est très long, quand on ne voit même pas la fumée de sa pipe, quand l'homme qui est tout près n'est plus qu'une masse d'ombre indistincte, quand la tranchée pleine d'hommes s'enfonce dans la nuit, et se tait. Sous les planches les gouttes d'eau tombent, régulières. Elles tombent, à petits claquements vifs, dans la mare qu'elles ont creusée. Une… deux… trois… quatre… cinq… Je les compte jusqu'à mille. Est-ce qu'elles tombent toutes les secondes ?… Plus vite : deux gouttes d'eau par seconde, à peu près ; mille gouttes d'eau en dix minutes… On ne peut pas en compter davantage.


On peut, remuant à peine les lèvres, réciter des vers qu'on n'a pas oubliés. Victor Hugo ; et puis Baudelaire ; et puis Verlaine ; et puis Samain… C'est une étrange chose, sous deux planches dégouttelantes, au tapotement éternel de toutes ces gouttes qui tombent… Où ai-je lu ceci ? Un homme couché, le front sous des gouttes d'eau qui tombent, des gouttes régulières qui tombent à la même place du front, le taraudent et l'ébranlent, et toujours tombent, une à une, jusqu'à la folie… Une… deux… trois… quatre… Il n'y a pourtant, sur les planches, qu'une mince couche de boue. Depuis des heures il ne pleut plus. D'où viennent toutes les gouttes qui tombent devant moi, et mêlées à la boue enveloppent ainsi mes jambes, montent vers mes genoux et me glacent jusqu'au ventre ?


Le bois était triste aussi,
Et du feuillage obscurci,
Goutte à goutte,
La tristesse de la nuit
Dans nos cœurs noyés d'ennui
Tombait toute…


Les gouttes tombent au rythme de ce qui fut la Chanson Violette, je ne sais quelle burlesque antienne qui s'est mise à danser sous mon crâne…

Une… deux… trois… quatre…
La planche était triste aussi
Et de son bois obscurci,

Goutte à goutte…


Je vais m'en aller. Il faut que je me lève, que je marche, que je parle à quelqu'un…"

dans les tranchées (source gallica)

dans les tranchées (source gallica)

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 11:48


Mobilisé dès le 2 août 1914, Maurice Genevoix sera au combat, sur le front, jusqu’à ce qu’il soit grièvement blessé le 25 avril 1915, dans les environs de la colline des Éparges. S’en suivront sept mois d’hospitalisation. À son retour à Paris, meurtri par ces heures sombres, le Normalien de 25 ans consigne ses souvenirs.

Sorti en 1949, "Ceux de 14" est un recueil des récits de guerre publiés entre 1916 et 1923 par Maurice Genevoix, en hommage aux femmes et aux hommes qui ont vécu l’horreur de la Première Guerre mondiale.

 

 

Samedi 12 septembre 1914


"J’ai retraversé le groupe des soldats, qui continuaient à se pousser pour lire. J’ai regardé, en passant auprès d’eux, ceux qui se trouvaient sur ma route : ils avaient tous des visages terreux, aux joues creuses envahies de barbe ; leurs capotes gardaient les traces de la poussière des routes, de la boue des champs, de l’eau du ciel ; le cuir de leurs chaussures et de leurs guêtres avait pris à la longue une couleur sombre et terne ; des reprises grossières marquaient leurs vêtements aux genoux et aux coudes ; et de leurs manches râpées sortaient leurs mains durcies et sales. La plupart semblaient las infiniment, et misérables.

Pourtant, c’étaient eux qui venaient de se battre avec une énergie plus qu’humaine, eux qui s’étaient montrés plus forts que les balles et les baïonnettes allemandes ; c’étaient eux les vainqueurs !

 

Et j’aurais voulu dire à chacun l’élan 
de chaude affection qui me poussait vers tous, 
soldats qui méritaient maintenant l’admiration 
et le respect du monde, pour s’être sacrifiés 
sans crier leur sacrifice, sans comprendre même 
la grandeur de leur héroïsme."

poilus au front

poilus au front

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 11:34

Lettre de Maurice Genevoix à Paul Dupuy,
directeur de l’Ecole normale supérieure,
23 février 1915

 


"Nous marchions sur une terre bouleversée, calcinée, puante, semée de débris de fils de fer, de piquets, de vêtements hachés et sanglants, de paquets de chair humaine.

A cinq heures le bombardement allemand commençait. Pendant le même temps, des mitrailleuses (…) combinaient leurs effets avec ceux de l’artillerie.

De minuit à 6 heures, bombardement moins intense. A l’aube nous avons reçu des grenades, des bombes, un tas d’engins infernaux qui affolent nos hommes. Je me suis lancé en avant, le revolver à la main. J’en ai tué 3 à bout portant. Deux caporaux m’avaient suivi : ils ont été tués tous les deux.

Nous avons perdu les tranchées conquises. Mais le soir, à 4 heures, nous y retournions et les occupions de nouveau. Nous y restions malgré les contre attaques. 

Nous y restions malgré le bombardement incessant et formidable (...) Cette guerre est ignoble. (..) Je suis écœuré, saoul d’horreurs."

dessin du Lieutenant Jean Droit

dessin du Lieutenant Jean Droit

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 23:27

Carte Bonne Fête Emilien - 12 Novembre

 

Carte Bonne Fête Emilien - 12 Novembre

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 23:26

Carte Bonne Fête Diego - 12 Novembre

 

Carte Bonne Fête Diego - 12 Novembre

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 23:24

Carte Bonne Fête Chris - 12 Novembre

 

Carte Bonne Fête Chris - 12 Novembre

Carte Bonne Fête Chris - 12 Novembre

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 23:23

Carte Bonne Fête Christian - 12 Novembre

 

Carte Bonne Fête Christian - 12 Novembre

Carte Bonne Fête Christian - 12 Novembre

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 22:19

Henri de Régnier, né le 28 décembre 1864 à Honfleur et mort le 23 mai 1936 à Paris, est un écrivain et poète français, proche du symbolisme.

 

 

Salut 

 

Salut, ô premiers morts de nos premiers combats,
Ô vous, tombés au seuil de la grande espérance
Dont palpite le cœur ébloui de la France,
Héros, je vous salue et ne vous pleure pas !

 

La Gloire vous a pris, pieuse, dans ses bras,
Et d’un baiser d’amour sacre votre vaillance,
Et la Victoire, avant que son vol ne s’élance,
Posera ses pieds nus où marchèrent vos pas.

 

Lorsque le Coq gaulois de son bec héroïque
Aura crevé les yeux de l’Aigle germanique,
Nous entendrons son chant vibrer au clair soleil :

 

Salut à vous, Héros, qui, d’une main hardie,
Cueillerez le laurier triomphal et vermeil
Pour l’offrir à l’autel sanglant de la Patrie !

 

Pour le jour des morts.

 

O vous qui, dans les plis déchirés du drapeau,
Dormez en un linceul aux couleurs de la France,
Vous qui, les yeux fermés, goûtez le grand silence
Et, face à l’ennemi, mourûtes, le front haut ;

 

Paix à vous que la guerre a frappée du fléau,
Héroïque moisson d’audace et de vaillance !
Ce jour de souvenir, de deuil et d’espérance
Est votre jour, inclinons nous. Ce jour est beau.

 

A vous, fils belliqueux de la Patrie en armes,
Nous n’apporterons pas de regrets et de larmes ;
Devant vous nos genoux ne doivent pas plier.

 

C’est debout qu’il convient de vous porter envie,
Car, lorsque l’on repose à l’ombre du laurier,
La Gloire fait la Mort plus belle que la vie.

Salut

Salut

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 22:16

Guillaume Albert Vladimir Alexandre Apollinaire de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire, est un poète et écrivain français, critique et théoricien d'art qui serait né sujet polonais de l'Empire russe, le 25 août 1880 à Rome. Il meurt à Paris le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole, mais est déclaré mort pour la France en raison de son engagement durant la guerre.

 

 

La France

 

La France
Poète honore-là
Souci de la Beauté non souci de la Gloire
Mais la Perfection n’est-ce pas la Victoire
Ô poètes des temps à venir ô chanteurs
Je chante la beauté de toutes nos douleurs
J’en ai saisi des traits mais vous saurez bien mieux
Donner un sens sublime aux gestes glorieux
Et fixer la grandeur de ces trépas pieux
L’un qui détend son corps en jetant des grenades
L’autre ardent à tirer nourrit les fusillades
L’autre les bras ballants porte des seaux de vin
Et le prêtre-soldat dit le secret divin

 

J’interprète pour tous la douceur des trois notes
Que lance un loriot canon quand tu sanglotes

 

Qui donc saura jamais que de fois j’ai pleuré
Ma génération sur ton trépas sacré

 

Prends mes vers ô ma France Avenir Multitude
Chantez ce que je chante un chant pur le prélude
Des chants sacrés que la beauté de notre temps
Saura vous inspirer plus purs plus éclatants
Que ceux que je m’efforce à moduler ce soir
En l’honneur de l’Honneur la beauté du Devoir

 

17 décembre 1915
 

La France- honore la

La France- honore la

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