18 mai 2026 1 18 /05 /mai /2026 23:35
Marceline Desbordes-Valmore, (1786-1859) est une poétesse française.

 

Tu m'as connue au temps des roses,
Quand les colombes sont écloses ;
Tes yeux alors pleins de soleil
Ont brillé sur mon teint vermeil.
Souriant à ma destinée,
Par ta douce force entraînée,
Je ne t'aimai pas à demi,
Mon jeune ami, mon seul ami !


À l'étonnement de nos âmes
Tout jetait des fleurs et des flammes ;
Une feuille, un bruit de roseaux
Nous semblaient des hymnes d'oiseaux.
Quand ce beau temps sur notre tête
Sonnait à chaque heure une fête,
Nous n'étions mortels qu'à demi,
Mon jeune ami, mon seul ami !


Puis, tu t'en allas vers ta mère,
Et la vie eut une ombre amère ;
Autour de mon sort languissant
L'été même allait pâlissant.

 

Les roses me paraient encore ;
Mais déjà, pleurant l'autre aurore,
Je n'aimai plus rien qu'à demi,
Sans mon ami, mon seul ami !


Un jour, l'invincible espérance
Poussa ton vaisseau vers la France :
Tu me ranimas sur ton coeur...
Jeune, on ne meurt pas de bonheur !
Mais la guerre appelait tes armes...
Sous tant de baisers et de larmes
Je ne t'ai revu qu'à demi,
Mon jeune ami, mon seul ami !


Plus tard, un enfant du village
Accourut, tout pâle au visage,
Disant : ' Voulezvous le revoir ?
Demain, ce sera sans espoir.
Déjà les prières sont faites,
Venez vite, comme vous êtes... '
Et je revins morte à demi,
Mon pauvre ami, mon seul ami !
Marceline Desbordes-Valmore, (1786-1859) - poétesse française. -​​​​​​​ Simple histoire
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18 mai 2026 1 18 /05 /mai /2026 23:22
Marceline Desbordes-Valmore, (1786-1859) est une poétesse française.


Les roses de Saadi

 

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.
Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées. 
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;
La vague en a paru rouge et comme enflammée. 
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.
Marceline Desbordes-Valmore, (1786-1859) -poétesse française - Les roses de Saadi
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18 mai 2026 1 18 /05 /mai /2026 23:03
Pierre de Ronsard (1524-1585) est un  des poètes français les plus importants du XVIe siècle.

Recueil : Les Odes

 

 

versons ces roses près ce vin


Versons ces roses près ce vin,
De ce vin versons ces roses,
Et buvons l’un à l’autre, afin
Qu’au coeur nos tristesses encloses
Prennent en buvant quelque fin.
 
La belle Rose du Printemps
Aubert, admoneste les hommes
Passer joyeusement le temps,
Et pendant que jeunes nous sommes
Ebattre la fleur de nos ans.
 
Tout ainsi qu’elle défleurit
Fanée en une matinée,
Ainsi notre âge se flétrit,
Làs ! et en moins d’une journée
Le printemps d’un homme périt.
 
Ne vois-tu pas hier Brinon
Parlant, et faisant bonne chère,
Qui làs ! aujourd’hui n’est sinon
Qu’un peu de poudre en une bière,
Qui de lui n’a rien que le nom ?
Pierre de Ronsard (1524-1585) poète français - versons ces roses près ce vin
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18 mai 2026 1 18 /05 /mai /2026 22:49
Pierre de Ronsard (1524-1585) est un  des poètes français les plus importants du XVIe siècle.


Recueil : Premier livre des Amours

 

Prend cette rose aimable comme toi


Prend cette rose aimable comme toi,

Qui sert de rose aux roses les plus belles,

Qui sets de fleur aux fleurs les plus nouvelles,

Qui sert de Muse aux Muses et à moi.

 
Prend ceste rose, et ensemble reçoit
Dedans ton sein mon coeur qui n’a point d’ailes :
Il vit blessé de cent plaies cruelles,
Opiniatre à garder trop sa foi.
 
 
La rose et moi differont d’une chose :
Un Soleil voit naître et mourir la rose,
Mille Soleils ont vu naître m’amour
 
Qui ne se passe, et jamais ne repose.
Que plut à Dieu que mon amour éclose,
Comme une fleur, ne m’eut duré qu’un jour.

 

 

Pierre de Ronsard (1524-1585) poète français - Prend cette rose aimable comme toi
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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 17:50
Marceline Desbordes-Valmore, (1786-1859) est une poétesse française.
Les roses

 

L'air était pur, la nuit régnait sans voiles ;
Elle riait du dépit de l'amour :
Il aime l'ombre, et le feu des étoiles,
En scintillant, formait un nouveau jour.


Tout s'y trompait. L'oiseau, dans le bocage,
Prenait minuit pour l'heure des concerts ;
Et les zéphyrs, surpris de ce ramage,
Plus mollement le portaient dans les airs.


Tandis qu'aux champs quelques jeunes abeilles
Volaient encore en tourbillons légers,
Le printemps en silence épanchait ses corbeilles
Et de ses doux présents embaumait nos vergers.


Ô ma mère ! On eût dit qu'une fête aux campagnes,
Dans cette belle nuit, se célébrait tout bas ;
On eût dit que de loin mes plus chères compagnes
Murmuraient des chansons pour attirer mes pas.


J'écoutais, j'entendais couler, parmi les roses,
Le ruisseau qui, baignant leurs couronnes écloses,
Oppose un voile humide aux brûlantes chaleurs ;
Et moi, cherchant le frais sur la mousse et les fleurs,


Je m'endormis. Ne grondez pas, ma mère !
Dans notre enclos qui pouvait pénétrer ?
Moutons et chiens, tout venait de rentrer.
Et j'avais vu Daphnis passer avec son père.


Au bruit de l'eau, je sentis le sommeil
Envelopper mon âme et mes yeux d'un nuage,
Et lentement s'évanouir l'image
Que je tremblais de revoir au réveil :


Je m'endormis. Mais l'image enhardie
Au bruit de l'eau se glissa dans mon coeur.
Le chant des bois, leur vague mélodie,
En la berçant, fait rêver la pudeur.


En vain pour m'éveiller mes compagnes chéries,
En me tendant leurs bras entrelacés,
Auraient fait de mon nom retentir les prairies ;
J'aurais dit : " Non ! Je dors, je veux dormir ! Dansez ! "


Calme, les yeux fermés, je me sentais sourire ;
Des songes prêts à fuir je retenais l'essor ;
Mais las de voltiger, (ma mère, j'en soupire,)
Ils disparurent tous ; un seul me trouble encor,


Un seul. Je vis Daphnis franchissant la clairière ;
Son ombre s'approcha de mon sein palpitant :
C'était une ombre, et j'avais peur pourtant,
Mais le sommeil enchaînait ma paupière.


Doucement, doucement, il m'appela deux fois ;
J'allais crier, j'étais tremblante ;
Je sentis sur ma bouche une rose brûlante,
Et la frayeur m'ôta la voix.


Depuis ce temps, ne grondez pas, ma mère,
Daphnis, qui chaque soir passait avec son père,
Daphnis me suit partout pensif et curieux :
Ô ma mère ! Il a vu mon rêve dans mes yeux !
Marceline Desbordes-Valmore, (1786-1859) - poétesse française. -  Les roses
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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 17:39
William Blake (1757-1827) est un peintre, graveur, et poète britanique.
Aubépine, ô joli mai,

 

Aubépine, ô joli mai,
ouvre tes jolis yeux, écoute :
la rose dort encore
nul n’ose l’éveiller, mais elle va s’ouvrir
et déployer en majesté
les plis de son manteau pourpres.
  William Blake (1757-1827) est un peintre, graveur, et poète britanique.  Aubépine, ô joli mai,
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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 17:18
Evariste de Parny (1753-1814)
Évariste Désiré de Forges, chevalier puis vicomte de Parny, poète français 

 

 

Aimer à treize ans, dites-vous,

Aimer à treize ans, dites-vous,
C’est trop tôt : eh, qu’importe l’âge ?
Avez-vous besoin d’être sage
Pour goûter le plaisir des fous ?
Ne prenez pas pour une affaire
Ce qui n’est qu’un amusement ;
Lorsque vient la saison de plaire,
Le cœur n’est pas longtemps enfant.


    Au bord d’une onde fugitive,
Reine des buissons d’alentour,
Une rose à demi-captive
S’ouvroit aux rayons d’un beau jour.

 

Égaré par un goût volage,
Dans ces lieux passe le zéphir
Il l’aperçoit, et du plaisir
Lui propose l’apprentissage ;
Mais en vain : son air ingénu
Ne touche point la fleur cruelle.
De grâce, laissez-moi, dit-elle ;
À peine vous ai-je entrevu.
Je ne fais encor que de naître ;
Revenez ce soir, et peut-être
Serez-vous un peu mieux reçu.
Zéphir s’envole à tire-d’ailes,
Et va se consoler ailleurs ;
Ailleurs, car il en est des fleurs
À-peu-près comme de nos Belles.
Tandis qu’il fuit, s’élève un vent
Un peu plus fort que d’ordinaire,
Qui de la Rose, en se jouant,

 

Détache une feuille légère ;
La feuille tombe, et du courant
Elle suit la pente rapide ;
Une autre feuille en fait autant,
Puis trois, puis quatre ; en un moment,
L’effort de l’aquilon perfide
Eut moissonné tous ces appats
Faits pour des Dieux plus délicats,
Si la Rose eut été plus fine.
Le zéphir revint, mais hélas !
Il ne restait plus que l’épine.

 

Evariste de Parny (1753-1814) poète français  - Aimer à treize ans, dites-vous,
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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 17:15

 

 

Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) romancier, dramaturge, poète,
"Heidenröslein"  - La petite rose a été écrit en tant que poème 


Il a été publié pour la première fois en 1799. Franz Schubert a mis le poème en musique en 1815.
 
Deux autres compositeurs allemands l'ont aussi mis en musique : Carl Friedrich Zelter et Heinrich Werner.

Heidenröslein (allemand)
Chanson traditionnelle
Sah ein Knab' ein Röslein stehn,
Röslein auf der Heiden,
War so jung und morgenschön,
Lief er schnell, es nah zu sehn,
Sah's mit vielen Freuden.
Röslein Röslein Röslein rot,
Röslein auf der Heiden.
Knabe sprach; Ich breche dich,
Röslein auf der Heiden!
Röslein sprach; Ich stece dich,
Dass du ewig denkst an mich,
Und ich will's nicht leiden.
Röslein Röslein Röslein rot,
Röslein auf der Heiden.
Und der wilde Knabe brach
's Röslein auf der Heiden;
Röslein wehrte sich und stach,
Half ihm doch kein Weh und Ach,
Musst es eben leiden.
Röslein Röslein Röslein rot,
Röslein auf der Heiden.
Petite rose de la lande

 

Un garçon vit une petite rose dressée,
Petite rose de la lande,
Elle était si jeune et belle comme le matin.
Il courut vite pour la voir de près,
Il la vit avec grand plaisir,
Petite rose, petite rose, petite rose rouge,
Petite rose de la lande.

 

Le garçon dit : "Je te cueillerai,
Petite rose de la lande."
La petite rose dit : "Je te piquerai,
Pour que tu penses toujours à moi,
Et je n'en souffrirai pas."
Petite rose, petite rose, petite rose rouge,
Petite rose de la lande.

 

Et le garçon indiscipliné cueillit
La petite rose de la lande ;
La petite rose se défendit et piqua,
Mais douleur et lamentation n'aidèrent en rien,
Il dut le supporter.
Petite rose, petite rose, petite rose rouge,
Petite rose de la lande.
Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) romancier, dramaturge, poète, - Petite rose de la lande
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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 17:06
M. Habert, abbé de Cérisy.
La Guirlande de Julie est un célèbre manuscrit poétique français du XVIIe siècle conservé à la Bibliothèque nationale de France.

roses guirlande de Julie
La rose-Madrigal

 

Alors que je me vois si belle et si brillante
Dans ce teint dont l’éclat fait naître tant de vœux
L’excès de ma beauté moi-même me tourmente
Je languis pour moi-même et brûle de mes feux
Et je crains qu’aujourd’hui la rose ne finisse
Par ce qui fit jadis commencer le narcisse
M. Habert, abbé de Cérisy. - La Guirlande de Julie
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17 mai 2026 7 17 /05 /mai /2026 16:53

 

 

Pierre Corneille (1606-1684) poète français

 

 

Le passage rapide du temps  

A la Marquise
Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu'à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.
Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront,
Et saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.

 

Pierre Corneille (1606-1684) – poète français - le passage rapide du temps - A la Marquise   
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