13 avril 2026 1 13 /04 /avril /2026 23:46

 

Jean Marot (v. 1450-1526/1527) est un poète français de la fin du XVe et du début du XVIe siècle, que l'on place parmi les Grands Rhétoriqueurs.

Jean Marot semble avoir dédaigné son patronyme et signé « Jean des Marestz ».

A tout jamais, d'un amour immuable

 

 A tout Jamais, d'un amour immuable,


Il veut servir, comme le plus remarquable

Ceux qui sont vivants et le mieux entretenus.


La raison en est : parce que son cœur et son esprit

Ne font qu'un par une volonté semblable.


Elle, voyant mon mal être important,


Elle prononça ces mots que j'aime tant :

« Mon cœur est à vous ; et le votre garderai jamais. »

Je dois être bien misérable

Pour lui être infidèle ou changeant,

Considérez l'agréable entretien

Que m'a-t-elle fait ? Je servirai aussi

Ainsi, de mon côté, l'amour

A tout jamais

 

°°°-°°°-°°°
 

A tout jamais, d'un amour immuable

 

A tout jamais, d'un amour immuable,

 

La veuil servir, comme la plus notable

Qui soit vivant, et du plus beau maintien.

 

La raison est : car son coeur et le mien

Ne sont plus qu'un par un vouloir semblable.


Elle, voyant mon mal estre importable,

M'a dit ce mot qui tant m'est agréable :


"Mon coeur avez ; et le vostre retien

A tout jamais."

Serois je doncques bien miserable

D'estre vers luy traistre ni variable,


Considéré le plaisant entretien

Qu'elle m'a faict ? Je servirai si bien


Que de ma part l'amour sera durable

A tout jamais.

 Jean Marot (v. 1450-1526/1527) est un poète français - A tout Jamais, d'un amour immuable,
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13 avril 2026 1 13 /04 /avril /2026 22:53

Christine de Pizan ou de Pisan, (1364-1430) philosophe chroniqueuse et poétesse française de naissance vénitienne, célèbre pour ses écrits rédigés en français.

Christine de Pizan est considérée comme la première femme de lettres de langue française ayant vécu de sa plume. Son érudition la distingue des écrivains de son époque, femmes ou hommes. Veuve et démunie, elle dut gagner sa vie en écrivant.

Le Livre du Duc des Vrais amant, Dominique Demartini et Didier Lechat, Champion, 2013, p.421-423

 

 

Mais qu’importe ma complainte,

Mais qu’importe ma complainte,

Mes pleurs, ma face déteinte,

Plus jamais, sauf d’amours feintes,

Il ne m’aimera,

Pour moi, sa flamme est éteinte,

Il fuit hors de mon atteinte,

Je resterai de deuil ceinte.

Il nommera Dame une autre, il la priera,

À elle il s’attachera, Las !

Mon cœur en versera,

Ha ! Larmes maintes,

Jamais il ne s’en détachera,

Toujours il s’y attachera,

Seule Mort l’en détachera,

Qui m’a atteinte.

Christine de Pizan ou de Pisan, (1364-1430) philosophe chroniqueuse et poetesse française – Mais qu’importe ma complainte,
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13 avril 2026 1 13 /04 /avril /2026 20:43

 


 

 

Christine de Pizan ou de Pisan, (1364-1430) philosophe chroniqueuse et poétesse française de naissance vénitienne, célèbre pour ses écrits rédigés en français.

Christine de Pizan est considérée comme la première femme de lettres de langue française ayant vécu de sa plume. Son érudition la distingue des écrivains de son époque, femmes ou hommes. Veuve et démunie, elle dut gagner sa vie en écrivant.

Elle se retire dans un couvent à la fin de sa vie, où elle écrit un Ditié de Jeanne d'Arc. On lui doit, entre autres, Cent ballades d'amant et de dame et La Cité des dames.

 

Le Livre du Duc des Vrais amant,

Traduction de Dominique Demartini et Didier Lechat, Champion, 2013, p. 351-353.

« Dames d’honneur, veillez à votre renommée »

 

« Dames d’honneur, veillez à votre renommée »

Par pitié, fuyez ce qui est contraire

À Bon renom, de peur d’être blâmées.

Ne songez-pas à nouer des amitiés

Qui vous exposeraient aux commentaires,

Feraient juger frivoles vos manières,

Et croire que vous agissez à la légère.

De ces méchantes langues il faut vous méfier.

Car vous vaudrait de vous croire bien aimées

De plusieurs, pour récolter en salaire

Le déshonneur de paroles semées

En mille lieux : il y aurait dans votre affaire

De la légèreté.

Aussi est-il nécessaire

De vous souvenir, sans vous y précipiter,

Des erreurs que souvent folie fait faire.

De ces méchantes langues il faut vous méfier.

D’un esprit acéré soyez donc armées

Contre ceux qui s’efforcent de soustraire

Votre honneur, et par qui diffamées

Êtes souvent sans cause, qui pour vous plaire

Contrefont les courtois.

Je ne puis me taire

Car j’entends souvent vous blâmer

Ceux dont vous vous entourez.

Il faut vous en défaire,

De ces méchantes langues il faut vous méfier.

Dames d’honneur, sans vouloir vous déplaire,

Je vous conseille que de vous vous écartiez

Les imposteurs, croyez-moi, sans colère,

De ces méchantes langues il faut vous méfier.

Christine de Pizan ou de Pisan, (1364-1430) philosophe chroniqueuse et poetesse française - « Dames d’honneur, veillez à votre renommée »
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13 avril 2026 1 13 /04 /avril /2026 18:21

 

 


 

Christine de Pizan ou de Pisan, (1364-1430) philosophe chroniqueuse et poétesse française de naissance vénitienne, célèbre pour ses écrits rédigés en français.

Christine de Pizan est considérée comme la première femme de lettres de langue française ayant vécu de sa plume. Son érudition la distingue des écrivains de son époque, femmes ou hommes. Veuve et démunie, elle dut gagner sa vie en écrivant.

Elle se retire dans un couvent à la fin de sa vie, où elle écrit un Ditié de Jeanne d'Arc.

 

On lui doit, entre autres, Cent ballades d'amant et de dame et . Son travail majeur est accompli entre 1400 et 1418.

 

Les Cent ballades d’amant et de dame

 

« Et je promets de t’aimer d’amour sure »

Très cher ami, pour te rendre joyeux

Je te choisis et à nouveau te prends

Pour la Saint-Valentin, des amoureux

Le jour fatal ; je te donne en présent

Mon propre cœur, même si depuis longtemps

Il était tout à toi, je te le réassure

Et je promets de t’aimer d’amour sûre.

Pour mon ami, à toujours en tout lieu,

Je t’ai choisi, et notre attachement

Est infrangible, reprenons tous nos jeux

Pour accueillir la douceur du printemps

Qui revient cette nuit, très fermement

Je me déclare à toi, sans imposture

Et je promets de t’aimer d’amour sûre.

Il est bien juste que ton cœur soit heureux

Et que pour moi tout ton comportement

Soit enjoué, quand tout fait de son mieux

Pour être en joie, d’autant que je t’attends

À Bonplaisir, dont je garde les champs

Car Amour vrai m’a confié leur tenure

Et je promets de t’aimer d’amour sûre.

Je suis à toi, mon ami, sans mesure

Et je promets de t’aimer d’amour sûre.

 Christine de Pizan ou de Pisan, (1364-1430) philosophe chroniqueuse et poetesse française - Les Cent ballades d’amant et de dame
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13 avril 2026 1 13 /04 /avril /2026 17:52

 

 

Christine de Pizan ou de Pisan, (1364-1430) philosophe chroniqueuse et poétesse française de naissance vénitienne, célèbre pour ses écrits rédigés en français.

Christine de Pizan est considérée comme la première femme de lettres de langue française ayant vécu de sa plume. Son érudition la distingue des écrivains de son époque, femmes ou hommes. Veuve et démunie, elle dut gagner sa vie en écrivant.

Elle se retire dans un couvent à la fin de sa vie, où elle écrit un Ditié de Jeanne d'Arc. On lui doit, entre autres, Cent ballades d'amant et de dame et La Cité des dames. Son travail majeur est accompli entre 1400 et 1418.


 

Le Livre du Duc des Vrais Amants,

traduction de Dominique Demartini et Didier Lechat, Champion, 2013

 

Je suis née sous une bonne étoile

 

Je suis née sous une bonne étoile

Puisque Amour m’a conduite

Et donnée

Au meilleur qu’on pût choisir.

Je ne pourrais décrire

Ni totalement dire

Ses grandes qualités. Il n’a pas son pareil

Et veut en toute occasion

Ce que je veux.

Ah ! Quel plaisant destin

Joyeuse fortune m’a apporté

Cette année

Ainsi qu’Amour – Dieu le lui rende –

Puisque de mon amour j’ai fait seigneur,

Sans m’en dédire,

Celui qui me procure une grande joie

Et à qui plaît, sans conteste,

Ce que je veux. 

          J’ai décidé de l’aimer

Et jamais ne sera aboli

Ni fini

L’amour qui me suffit

Pleinement, car je me mire

Et admire

En sa beauté sans orgueil

Et il fait en tout

Ce que je veux.

Prince, je suis sur le seuil

De joie quand j’aperçois

          Ce que je veux.

Christine de Pizan ou de Pisan, (1364-1430) philosophe chroniqueuse et poetesse française - Je suis née sous une bonne étoile
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13 avril 2026 1 13 /04 /avril /2026 17:29

Comte de Foixseigneur de Béarn, Gaston III est vicomte ou seigneur d'une dizaine de territoires situés entre la Gascogne et le Languedoc. Il profite de la guerre de Cent Ans pour asseoir sa domination sur le piémont nord pyrénéen, jouant sur les conflits entre monarchies française et anglaise. Il est l'auteur du Livre de chasse, célèbre manuscrit illustré sur la vénerie.

Chanson de Monseigneur Gaston, comte de Foix, qui lui fit gagner la joya de Toulouse.


 

Ores quand je vois du bois feuillir la rame,

Ores quand je vois du bois feuillir la rame,

Je sais que m’étreint, me prend et m’enlace

L’Amour qui antan enleva mon âme

Et me fait vouloir celle qui de vertu s’arme

Tant que mon corps et mon cœur il enflamme,

Et, sans ma dam’, ne me pare nulle arme

Du grand tourment qui de joie me désarme,

Plus grand que celui qui en enfer crame.

Et de cela, Mon Chaperon, ne tremble

Qui me laisse aimer, car ne doit sa flamme

Nul homme cacher, puisqu’aimer l’enchante.

Je l’aimerai jusqu’à ce que ma vie flanche,

Partirai tel le marinier qui rame

Par gros temps, vers un port où jeter l’ancre.

Je cherche, pour jouir de son charme,

Ma Dame, car le Mérite elle incarne. Las !

Que me vaut protection ou défense

Contre l’Amour, puisque tant il s’attache

A me blesser de sa flèche fatale.

À fuir ne faut-il que je me dépense ?

Tant me suis enfui que mon corps se lasse.

Alors je lui dirai ma soif étouffante

Je voudrais être près de ma dam’, blanche

Plus que la fleur dont il reste la pomme.

Doit bien chanter celui qui ses dons montre.

Car je pense que de Saint-Jacques à Rome

N’en trouverez plus franche ni moins sotte ;

Puisqu’Amour veut que mon cœur s’abandonne

De graves maux je subis grande somme,

Éperdu suis, tel dans la mer s’enfonce,

Je la verrai, si la mort ne me ronge

Car ne m’arrêtera vent ni pluie ni brume.

Mais pour cela ma volonté s’embrume

Pour le feu d’Amour qui brûle et m’enfume

Bien que des yeux il m’arrache eau suave

Qui coule nuit et jour sur mon visage,

Il dévoile que ma vie il consume ;

Mon Bon Espoir me secourt et me préserve,

Et quand verrai ma Dame, je serai encore

Mieux comblé que poisson dans la rivière.

Mon Chaperon, ma vie m’est bien amère,

Car je ne vous vois, de toutes m’êtes chère

Tant que mes sens à d’autres ne s’attardent

Gaston III de Foix-Béarn dit Fébus (1331-1391) prince pyrénéen, écrivain et poète - Ores quand je vois du bois feuillir la rame,
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13 avril 2026 1 13 /04 /avril /2026 16:03

 

Bernart de Panassac est un donzel ou damoiseau seigneur d'Arrouède, connu entre 1323 et 1336.

Il est un des sept troubadours du groupe qui s'est appelée La Sobregaya Companhia Dels VII Trobadors de Tolosa (la Compagnie très gaie des sept troubadours de Toulouse) dans leur lettre d'invitation des poètes à venir concourir à Toulouse le 1er mai 1324.

 


 

Amour, car je vois que vous ferez œuvre pie,

 

Amour, car je vois que vous ferez œuvre pie,

Et car je sais que ce sera droit et merci,

Car vous me faites aimer la plus belle créature

Qui jamais naquit, Dame sans-pareille-en-beauté,

Je vous crie merci, et vous ferez grande franchise,

Puisque vous me la faites vouloir et désirer,

En lui faisant mes prières écouter,

Je veux lui dire comme je l’aime d’amour courtois.

 

 

Ancien français
 

Amors, car say que faretz pietat,

E car conosc quez er drecg e merces

E car vai faitz amar la gençor res
 

Quez anch nasques, Na Ses-par-de-beutat,
 

Mercé vos clam, e faretz gran franqueza,
 

Pus tan lam faitz voler e dezirar,
 

Qu’a ley façatz los meus prechs escoutar,
 

Que dir li vuyl com l’am d’amor corteza.

Bernart de Panassac (XIV° siècle) damoiseau troubadour, seigneur - Amour, car je vois que vous ferez œuvre pie,
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13 avril 2026 1 13 /04 /avril /2026 16:01

Eustache Deschamps (vers 1340-vers 1404/ 1405), appelé parfois Eustache Morel (à cause de son teint basané ou parce qu'il avait été prisonnier des Maures), est un poète français qui a contribué à fixer les formes considérées comme typiquement médiévales par sa réflexion théorique dans « L’Art de dictier », premier art poétique écrit en langue d’oïl en 1392 .


 


 

Souhaits du jour de l'an -

Bon an, bon jour et bonne étrenne.

Ma dame, que soit aujourd’hui mon présent pour vous,

En ce début d’année,

A vous, mon amour souveraine

Et la plus belle qui soit née.

Bon an, bon jour et bonne étrenne,

Ma dame, que soit aujourd’hui mon présent pour vous.

De tout mon cœur et de tout mon être,

Je vous offre mon étrenne :

je vous donne tout en ce jour,

Et pour que vous soyez encore mieux honorée,

Bon an, bon jour et bonne étrenne,

Ma dame, que soit aujourd’hui mon présent pour vous

En ce commencement d’année.


 

langue d’oïl

Souhaits du jour de l'an -

Bon an, bon jour et bonne étrenne
 

Ma dame, vous soit hui donnée
 

Au commencement de l'année,
 

Comme à m'amour très souveraine
 

Et la plus belle qui soit née.

Bon an, bon jour et bonne étrenne,
 

Ma dame, vous soit hui donnée.

 

De mon cœur et corps vous étrenne,
 

Tout vous doing à cette journée
 

Et pour être mieux étrennée

Bon an, bon jour et bonne étrenne,
 

Ma dame, vous soit hui donnée
 

Au commencement de l'année.

Eustache Deschamps (vers 1340-vers 1404/ 1405) poète français - Souhaits du jour de l'an -
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13 avril 2026 1 13 /04 /avril /2026 15:07

Eustache Deschamps (vers 1340-vers 1404/ 1405), appelé parfois Eustache Morel (à cause de son teint basané ou parce qu'il avait été prisonnier des Maures), est un poète français qui a contribué à fixer les formes considérées comme typiquement médiévales par sa réflexion théorique dans « L’Art de dictier », premier art poétique écrit en langue d’oïl en 1392 .

Ballade amoureuse

Le jour de la Pentecôte,

En ce gracieux mois de mai,

Celui où je place toute mon espérance,

En un joli verger, je l'ai trouvé

Cueillant des roses, puis l'ai prié :

Baisez-moi. Sitôt dit : Volontiers.

A l’aise ; je l’ai alors ai embrassée

Par amour, entre les rosiers.

 

Ayant donc ni peur ni doute,

Mais de son amour fut conforté ;

L'espoir fut dès lors sur ma route,

J'ai trouvé le plus beau jardin.

De là vient le bien que j'ai,

La grâce et le doux désir

Ressentis, lors que je l'accueillais,

Par amour, entre les rosiers.

 

Ce doux baiser, ôte et refroidi

Plus de griefs que vous ne le pensez

Pour moi; ma douleur adoucie

Je vivrai dans la joie.

Le jour et l'heure je bénirai

Lorsque viendra le très doux baiser,

Quand ma dame alors rencontrerai

Par amour, entre les rosiers.

 

Prince, j'ai trouvé ma dame en ce point.

Ce jour-là, où je travaillais :

De bonne heure la saluai

Par amour, entre les rosiers.

 

ancien français

Ballade amoureuse -

Le droit jour d’une Pentecôte,

En ce gracieux mois de Mai,

Celle où j’ai m’espérance toute

En un joli verger trouvai

Cueillant roses, puis lui priai :

Baisez-moi. Si dit : Volontiers.

Aise fus ; adonc la baisai

Par amours, entre les rosiers.

Adonc n’eut ni paour ni doute,

Mais de s’amour me confortai ;

Espoir fut dès lors de ma route,

Ains meilleur jardin ne trouvai.

De là me vient le bien que j’ai,

L’octroi et le doux désirier

Que j’ois, comme je l’accolai,

Par amours, entre les rosiers.


Ce doux baiser ôte et rebute

Plus de griefs que dire ne sais

De moi ; adoucie est très toute

Ma douleur ; en joie vivrais.

 

Le jour et l’heure bénirais

Dont me vint le très-doux baiser,

Quand ma dame lors encontrais

Par amours, entre les rosiers.

Prince, ma dame à point trouvai

Ce jour, et bien m’étais métier :

De bonne heure la saluai,

Par amours, entre les rosiers.

 

Eustache Deschamps (vers 1340-vers 1404/ 1405) poète français - Ballade amoureuse
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13 avril 2026 1 13 /04 /avril /2026 13:48

 

 

 

Jean Froissart (1337-1410) est l'un des plus importants chroniqueurs de l’époque médiévale d'Europe de l'Ouest.

Ses Chroniques couvrent la première moitié de la guerre de cent Ans, à partir de la déposition d'Edouard II en 1326 jusqu'à 1400. Elles constituent une source essentielle pour la connaissance du XIVe siècle et de la culture chevaleresque de l'époque en Angleterre et en France.


 

 

Rondeau

 

On doit le temps ainsi prendre qu’il vient :

 

La fortune ne dure pas toujours ;

Un temps s'en va, puis l’autre revient :

Il faut prendre le temps comme il vient.

 

Je me conforte avec ce dont je me souvient

Que chaque mois, il y a nouvelle lune ;

On doit prendre le temps comme il vient.

 

Ce n'est ni plaisir, ni divertissement, ni joie

Qui touche le cœur, sinon par l'amour ;

Je veux le dire, partout où que je sois

Ce n'est ni plaisir, ni divertissement, ni joie ;

Les ignorants, je voudrais volontiers

Etre amoureux, pour honorer cet état.

Ce n'est ni plaisir, ni amusement, ni joie

Qui touche le cœur, sinon par amour.

 

Lequel des deux fait de l'Amour un meilleur remède ?

Où de la Dame ou l’Ami fidèle 

Quand chacun d'eux, par amour véritable, procure ?

Lequel des deux fait de l'Amour un meilleur remède ?

Je veux me taire, l'affaire est obscure,

Et je laisserai juger un autre que moi.

Lequel des deux fait de l'Amour un meilleur remède ?

Vous, la dame ou l'ami fidèle ?

 

Si je me plains, ma dame, j'ai de quoi,

Car vos regards sont un peu trop fiers de moi :

Adoucissez-les quand vous les jetez sur moi.

Si je me plains, ma dame, j'ai de quoi.

Ils ne font que me rendre triste et ennuyé

Et ce n'est pas ce dont j'ai besoin.

Si je me plains, ma dame, j'ai de quoi,

Car vos regards sont un peu trop fiers de moi.

 

On écrit bien une telle lettre à la ,chandelle

Qui est très agréable quand on la lit au jour.

Amour, je suis dans cette affaire pareil;

Nous écrivons une telle lettre à la chandelle

J'ai écrit dans mon cœur le nonpareil

Qui est nommée fleur de marguerite

Nous écrivons une telle lettre à la bougie

Qui est très agréable quand on la lit au jour.

 

-°°°°-°°°°-

ancien français

 

Toujours ne peut durer une fortune ;

Un temps s’en va, et puis l’autre revient :

On doit le temps ainsi prendre qu’il vient.

 

Je me conforte à ce qu’il me souvient

Que tous les mois avons nouvelle lune ;

On doit le temps ainsi prendre qu’il vient.

 

Il n’est plaisir, divertissement, ni joie

Qui vienne au cœur, si ce n’est par aimer ;

Je veux le dire, partout ou que je sois:

Il n’est plaisir, divertissement, ni joie;

Les ignorants, je voudrais volontiers

Etre amoureux, pour honorer cet état.

Il n’est plaisir , divertissements, ni joie

Qui vienne au cœur, si ce n’est par aimer.

 

Duquel des deux fait Amour plus grande cure ?

Ou de la Dame ou du Loyal ami

Quand chacun d’eux en bonne amour procure ?

Duquel des deux fait Amour plus grande cure ?

Je veux me taire, la matière est obscure,

Et je laisserai juger un autre que moi.

Duquel des deux fait Amour plus grande cure ?

Ou de la dame ou du loyal ami?

 

Si je me plains, ma dame j’ai bien de quoi,

Car vos regards me sont un peu trop fiers:

Adoucissez-les quand les jetez sur moi.

Si je me plains, ma dame, j’ai bien de quoi.

Ils ne me font que tristesse et anoi

Et ce n’est pas ce dont j’ai besoin.

Si je me plains, ma dame, j’ai bien de quoi,

Car vos regards me sont un peu trop fiers.

 

On écrit bien telle lettre à la chandelle,

Qui plait moult bien quand on la lit au jour.

Amour, je suis dans cette affaire pareil;

– On écrit bien telle lettre à la chandelle –

J’ai en mon cœur écrit la nonpareille

Qui est nommée fleur de marguerite.

On écrit bien telle lettre à la chandelle

Qui plait moult bien quand on la lit au jour.

 Jean Froissart (1337-1410) chroniqueur, poète français - Rondeau
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