28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 00:13

 

Mythologie 


La rose
 

......

Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,

En sa belle jeunesse, en sa première fleur,

Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,

Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose ;

......

Pierre de Ronsard (1524 – 1585)
 

Mythologie des fleurs - La rose

 

La rose



C'est la fleur des rosiers, arbustes du genre Rosa et de la famille des Rosaceae. La rose des jardins se caractérise avant tout par la multiplication de ses pétales imbriqués qui lui donne sa forme caractéristique.


La rose est l’une des plantes les plus cultivées au monde et elle occupe la première place dans le marché des fleurs. Mais on oublie souvent que les rosiers sont aussi des plantes sauvages (le plus connu en Europe est l’églantier) aux fleurs simples à cinq pétales, qui sont devenus à la mode, pour leur aspect plus naturel, depuis quelques décennies sous le nom de "roses botaniques".


Les rosiers cultivés sont le résultat de plusieurs millénaires de transformations d’abord empiriques, puis dès la fin du XVIII° siècle, méthodiques, en particulier par l’hybridation. Les variétés sont innombrables, on estime à plus de 3 000 le nombre de cultivars disponibles actuellement dans le monde. 

 

Appréciée pour sa beauté et sa senteur, elle est célébrée depuis l’Antiquité par de nombreux poètes et écrivains ainsi que des peintres pour ses couleurs et pour son parfum. Ses couleurs vont du blanc pur au pourpre foncé en passant par le jaune et toutes les nuances intermédiaires. 


Elle est présente dans presque tous les jardins et dans de nombreux bouquets. Elle est devenue la "reine des fleurs" dans le monde occidental.


 

panier de roses - William Hammer

panier de roses - William Hammer

 

Roses sauvages


Fleur odoriférante qui croît sur un arbuste épineux et dont la sorte la plus courante est d'un rouge très pâle.


Les rosiers sauvages sont de plus en plus introduits dans les jardins pour leur beauté désuète, leur cynorhodons colorés et leur vigueur. Ces rosiers sont à l'origine de la plupart des cultivars crées dans le monde de la rose.


Cette plante buissonnante pousse à l'état naturel et spontané dans la nature. Il en existe un centaine d'espèces. Ces buissons vigoureux font tous partie du genre Rosa. Ce genre est découpé en 4 sous-genres : les Hulthemia, les Hesperos, les Platyrhodon, et les Eurosa. Ce dernier sous-genre comprend la majorité des rosiers sauvages que nous cultivons dans nos jardins.
Les fleurs de ces rosiers sauvages sont simples et ne présentent pour la plupart que 5 pétales étalés en corolle autour des étamines.
Les plus connus :


- Rosa gallica 

est cultivé depuis l'Antiquité, il fait partie des espèces protégées car il est devenu rare dans la nature. Il présente des fleurs rose vif au parfum enivrant et un feuillage vert intense. Il est l'ancêtre de toutes les roses anciennes et de celles ayant un vrai parfum de rose.
 

rosa gallica

rosa gallica

 

- Rosa canina - églantier

est l'espèce la plus répandue en Europe. Ce rosier vigoureux aux fleurs parfumées sont simples et blanches, elles entourent des étamines jaune d'or. Il est plus connu sous l'appellation "d'Eglantier". L' églantine est l'ancêtre de la rose. On l'appelle "le rosier des chiens " traduction de rosa canina (latin botanique) : un nom qui vient d'une recette contre la rage, à base de racines de ce rosier sauvage. il est utilisé depuis le 19ème siècle au moins, dans la multiplication par greffe.
 

rosa canina

rosa canina

 

- Rosa chinensis - roses du Bengale

vient de Chine comme son nom l'indique. Il porte des bouquets de fleurs simples ou doubles du printemps jusqu'aux premières gelées.


Cette espèce est largement cultivée en Chine comme plante ornementale ; de nombreux cultivars ont été sélectionnés pour leurs fleurs de couleurs variées, aux nombreux pétales (fleurs semi-doubles, doubles ou pleines).


L'espèce a joué également un rôle important dans la création de nombreuses roses de jardins modernes, dont les roses hybrides de thé et est à l'origine des variétés dites "remontantes", c'est-à-dire à floraison continue, ou refleurissant en été.


Les fleurs et les fruits sont employés dans la médecine traditionnelle chinoise 

 


 

 

 

 

rosa chinensis

rosa chinensis

 

- Rosa rugosa 

aussi originaire d'Orient. Très résistant, forme un arbuste épineux portant de grandes fleurs couvrant une palette allant du blanc au rouge.

 

 

- Rosa foetida 

a apporté la couleur jaune dans le royaume des hybrides actuels. Il est originaire d'Asie Occidentale. Ses tiges sont arquées et le feuillage vert pâle.



 

rosa faetida

rosa faetida


- Rosa moschata 

porte des bouquets de fleurs blanches qui dégagent un parfum musqué. Le feuillage est vert pourpré. Il peut atteindre la taille de 3 mètres en tous sens.

 

- Rosa multiflora 

est grimpant, il est à l'origine de nombreux rosiers polyanthas et de variétés modernes à fleurs groupées. Il porte de petites fleurs blanches au parfum fruité se teintant de rose en vieillissant.

 


- Rosa hugonis 

Originaire de Corée et de Chine est arbustif. Ses tiges vert rougeâtre portent des feuilles vert/gris et des fleurs jaunes.

 

 

- Rosa pimpinellifolia 

doit son nom à son feuillage qui rappelle celui de la pimprenelle. Il est épineux et drageonnant. Le feuillage est vert foncé et les fleurs blanc crème. Les fruits sont noirs pourprés, très ornementaux.

 


- Rosa wichuraiana

est un rosier vigoureux, grimpant au feuillage brillant vert foncé éclairé par une abondance de fleurs blanches en bouquets au parfum de clou de girofle. Il est à l'origine de nombreux rosiers sarmenteux.


 

rosa wichuraiana

rosa wichuraiana

 

Les roses des jardins


Rose double,

Rose panachée,

Rose blanche, également appelée Rose Alba, connue depuis de nombreux siècles. Fortement appréciée au temps des gréco-romains.

Rose jaune,

Rose mousseuse,

Rose pompon

Rose veloutée, Rose rouge

- Ce grand rosier arbuste, au port évasé, charme par le parfum capiteux de ses grosses fleurs d'un rose foncé ou rouge, sa floraison commence par de jolis boutons ronds se dévoilant de la mi printemps aux gelées.


- Les plus connues, les  magnifiques roses de Papa Meilland Meicesar (1963) qui se parent d’un riche coloris rouge pourpre cramoisi sombre et velouté, aux délicats reflets irisés noirs et bleutés. D’une élégance parfaite, et que dire du parfum profond aux notes citronnées et florales qui émane de ces roses ? Plongez votre nez dans la fleur et vous comprendrez…  Grâce à leur longue tige, ces roses sont idéales en bouquets.
 

rosier papa Meilland Meicesar

rosier papa Meilland Meicesar


Rose des quatre saisons

- Ce rosier offre de très grosses fleurs d’environ 100 pétales résistantes à la pluie, avec un feuillage très robuste. Ce rosier peut s'utiliser en massif, il fleurit de Juin à Octobre.  

 

 

Les roses de Damas

- Roses anciennes, réputées depuis l'antiquité pour leur parfum envoûtant et plébiscitées par les parfumeurs ; les rosiers de Damas ont de nombreuses qualités qui méritent d'être rappelées.

Le rosier de Damas est un rosier ancien, hybride naturel qui serait arrivé en France, par les Sarrasins ou rapporté des croisades de Damas. Toujours spontané en Syrie, il fut le sujet de multiples hybridations au début du XIX siècle. Malheureusement, les rosiers de Damas furent rapidement supplantés par les rosiers remontants et il n'en reste que peu de variétés aujourd'hui, utilisées pour la fabrication de l'essence et l'eau de rose, notamment dans le sud du Maroc : les rosiers de Damas sont en effet des rosiers très parfumés.


Au 17e siècle, la culture s’étend notamment en Bulgarie, dans la région de Kazanlik, alors sous domination de l’Empire Ottoman. Le pays devient le premier producteur de rose de damas. À la fin du 19e siècle, les plantes et techniques bulgares sont rapatriées en Anatolie dans les régions du Burdur et d’Isparta, faisant de la Turquie le deuxième producteur de parfum de rose de damas.

Les pratiques et l'artisanat associés à la rose damascène à Al-Mrah sont inscrits sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité depuis décembre 2019


 

Mythologie des fleurs - La rose

 

Rose thé

- Les "Rosiers Thé", ou Rosiers à odeur de thé, sont des hybrides de rosiers issus de croisements effectués par des rosiéristes.

Abbaye de Cluny, Abracadabra, Aphrodite, Arlequin, , André Le Nôtre, Arthur Rimbaud, Belle du Seigneur, Black Baccarat, Blue Moon, Brocéliande, Candlelight, Feeling, Intrigue, Kalinka, Perle, Claude Monet, Comtesse de Ségur, Froufroutante Jackie, King Arthur, Nostalgie, Novalis, Sissi, Thérèse de Lisieux, Victor Hugo ...etc.........
 

rose thé

rose thé

 

Roses les plus parfumées

 

Rose "Rosa Gallica Officinalis"
Au sein des Galliques, Rosa gallica 'officinalis', autrefois cultivée à Provins pour son parfum exceptionnel, a le pouvoir de garder une fragrance même séchée. Elle est la quintessence de cette note que certains qualifient aussi de senteur de pot-pourri. La beauté des coloris nuancés de leurs fleurs associée à leur parfum, véritable plaisir des sens et mémoire des souvenirs olfactifs reliés à l’enfance, les rendent incontournables en juin.

 

Rose "Quatre Saison Damas"
Chez les Damas qui sont les roses anciennes descendant des roses rapportées de Terre Sainte par les Croisés, la rose 'Quatre Saison Damas', aux fleurs doubles (plus de 10 pétales) de couleur rose tendre, exhale un parfum extraordinaire, qualifié de note florale. Elle fleurit en bouquet et nous offre le bonheur de refleurir tout au long de la saison.

 

Rose "Semi-plena"
Parmi les Albas, une très ancienne famille qui remonte à l’Antiquité, 'Semi-plena' est aussi précieuse pour son parfum que pour son élégante simplicité. Ses bouquets de fleurs presque simples de couleur blanche sont illuminés par des étamines d’or. Elle a le pouvoir de fleurir à la mi-ombre : elle est donc très utile dans un jardin, d’autant que ses cynorrhodons (les baies qui succèdent aux fleurs) flamboient à l’automne.

 

Rose "Rosa x centifolia"
'Rosa x centifolia' était utilisée pour la production d’huile essentielle et d’absolu. Elle est encore cultivée dans les champs de l’arrière-pays grassois. Cette rose chou de couleur rose doux aux mille pétales est une variété historique peinte dans de nombreuses nature-morte du XVIIIe siècle.

 


Rose "Roseraie de l'Hay"
Née au XIXe siècle, 'Roseraie de l'Hay' un hybride de Rugosa (Cochet 1912) se distingue par son parfum de miel et de girofle. Les fleurs semi doubles à la texture veloutée évoluent du carmin au fuchsia. Sa facilité de culture et sa résistance aux maladies la rendent très désirable.

 

Rose "Stanwell Perpetual"'
C'est un hybride de Spinossima de couleur rose chair, une des premières à fleurir dès le début mai. Elle nous offre le bonheur de changer de parfum à chaque heure du jour. C’est sans doute pour cela qu’elle était la préférée de la célèbre jardinière anglaise Gertrud Jekill, même si son port lâche et dégingandé la rend complexe à mettre en scène.

 

Rose "Château du Rivau"
La rose "Château du Rivau", créée par André Eve en 2003,  est une vigoureuse liane blanche au cœur d'étamines d'or, sent bon la pomme verte.

 

Rose "The Pilgrim"
Les roses anglaises obtenues par le grand rosiériste David Austin sont vraiment fascinantes, à la fois par leur perfection de formes, de couleur et leurs parfums d’autant qu’elles refleurissent sans discontinuer jusqu’à Noël au Château du Rivau ! Leurs notes sont tellement fruitées qu’elles peuvent sentir la salade de fruit, quelquefois aromatisées de citronnelle ou de notes musquées (les senteurs émises par le cerf musqué), très prisées de certains amateurs, ou encore de myrrhe qui se rapproche de l'anis.

 

Rose "Scepterd' Isle"
C'est une ravissante anglaise, double en forme de coupe et de couleur rose nacrée. Elle distille dans l’air ce fameux parfum de myrrhe tout en charmant par la perfection de sa fleur et sa résistance aux maladies.

 

Que de fragrances et que d'ivresse procurées par ces belles. La saison est trop courte pour les apprécier toutes. Mais le souvenir d'un parfum de roses est aussi intense que la beauté de leurs fleurs.
 

Rose "Scepterd' Isle"

Rose "Scepterd' Isle"

 

Rose héraldique


- La rose est l’un des "meubles" utilisés en héraldique et sans doute la fleur la plus représentée en ce domaine après la fleur de lys.


Le dessin stylisé est inspiré de l’églantine à cinq pétales régulièrement étalés arrondis, entre lesquels apparaissent les pointes des sépales, avec au centre un bouton, souvent de couleur différente, la tige est absente. Dans certains cas on représente une rose tigée et feuillée, plus réaliste, elle est dite "au naturel". La rose héraldique apparaît notamment sur le blason de nombreuses communes de France.

Rose au naturel, rose héraldique, Vatteville-la-Rue (Seine-Maritime), Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), Rosel (Calvados)

Mythologie des fleurs - La rose
Mythologie des fleurs - La rose
Mythologie des fleurs - La rose
Mythologie des fleurs - La rose
Mythologie des fleurs - La rose

 

La Rose blanche

 

- (en allemand Die Weiße Rose) est le nom d'un groupe de résistants allemands, fondé en juin 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, et composé de quelques étudiants et de leurs proches. Ce nom aurait été choisi par Hans Scholl en référence à la romance de Clemens Brentano (Les Romances du Rosaire, 1852), ou au roman de B. Traven La Rose blanche (1929). Ce groupe a été arrêté en février 1943 par la Gestapo et ses membres ont été exécutés.

 


La Rose blanche 

 

- L’ordre de la Rose blanche de Finlande est l’un des trois ordres honorifiques finlandais. Cette distinction récompense les mérites militaires et civils.
L’ordre est établi par Carl Gustaf Emil Mannerheim, alors qu’il est régent, le 28 janvier 1919. Le nom de "rose blanche" provient des neuf roses d’argent apparaissant sur les armoiries de la Finlande. La décoration originale est dessinée par Akseli Gallen-Kallela ; le collier est alors composé de neuf svatiskas et de neuf roses blanches1.

En 1963, le collier est modifié par Gustaf von Numers sur demande du président Urho Kekkonen, qui remplace les motifs de svatiskas par des croix fourchées.

 

 

La Rose rouge,

 

Adopté au congrès d’Épinay en 1971, dans une graphie stylisée, le logo "le poing et la rose" marque l’entrée des socialistes français dans l’ère de la communication politique, et enrichit leur univers symbolique d’une rose à pétales rouges, feuilles vert pâle, avec à sa droite les initiales PS en gras et rouge, et, formant une sorte de socle, l’expression "Social-Écologie". 

 

 

La Rose d'or 


est un ornement béni par le pape, destiné à honorer des souverains ou des sanctuaires catholiques. Comme son nom l'indique, il représente une rose, un bouquet de roses ou un petit rosier en or massif. Il était attribué à un souverain fidèle chaque année par le pape le quatrième dimanche de Carême.


La rose d'or apparaît dès le début du Moyen Âge. La première mention attestée est une bulle de 1049, dans laquelle Léon IX exempte le couvent de Sainte-Croix de Woffenheim (Alsace) à condition que l'abbesse envoie annuellement une rose d'or au Saint-Siège. La chronique de Saint-Martin de Tours mentionne le plus ancien don connu d'une rose d'or par le pape : don d'Urbain II au comte Foulque IV d'Anjou, en 1096. Dès le bas Moyen Âge, le don d'une rose d'or pour honorer un souverain supplante le don des clefs de Pierre, institué au VIII° siècle.n

Rose d'or de Minucchio da Siena (1330), Musée national du Moyen Âge

Rose d'or de Minucchio da Siena (1330), Musée national du Moyen Âge

 

La rose -  emblème national

 

- La rose est la fleur nationale de plusieurs pays : 
Angleterre (rose Tudor), Bulgarie, États-Unis, Finlande (rose blanche), Irak, Maldives, Roumanie.

 

 

La rose emblème officiel par plusieurs États des États-Unis : 

 

- Géorgie (Rosa laevigata), Iowa (Rosa arkansana), New York, Dakota du Nord (Rosa blanda ou arkansana), Oklahoma.

 

 

La rose à Venise  -  Italie

 

- Le 25 mars, jour de la saint Marc, la tradition veut qu'un boccolo (bouton) de rose soit offert aux dames.

 

 

La rose à Grasse - France


- Avec la rose de Damas, la rose Centifolia ou rose de mai, est l’une des rares roses utilisées en parfumerie. Elle serait originaire du Caucase oriental et aurait transité par la Perse avant d’arriver en Europe à la fin du XVIe siècle. La récolte a lieu en mai et début juin. La rose de mai possède une odeur riche et sucrée, profondément rosée et très tenace. La note rosée est l’une des notes les plus utilisées en parfumerie. 

 

La rose des sables

 

Issu du grec “selenitis” signifiant Pierre de Lune, car on y voir l’éclat de la lune
Groupe d’appartenance : Évaporite, Gypse blanc fibreux
Elle peut apporter un sommeil réparateur à quiconque la posera près de son lit. Cette pierre est réputée pour apporter la stabilité émotionnelle et ainsi renforcer la confiance et l’estime de soi.

 

 

La rose des vents


Une rose des vents est une figure indiquant les points cardinaux : nord, sud, est, ouest et les orientations intermédiaires, jusqu’à 32 directions. En fait, les roses initiales n’indiquaient pas quatre directions mais huit directions.
 

rose des vents figurant sur une carte marine de Jorge de Aguiar datée de 1492

 

 

 

La rose et son histoire

au fil du temps
 

 

........La première espèce de rose est probablement apparue après le Crétacé (145 Ma - 66 Ma). Les plus vieux fossiles ont été trouvés en 1936 en Alaska et sont datés de moins de 60 Ma. Il s’agit de folioles de quelques centimètres de long. Beaucoup d’autres fossiles de feuilles plus récents ont été trouvés en Amérique du Nord et en Europe. Les fossiles de fleurs sont plus rares. Il semble que la diversification des espèces de roses commence réellement à 30 Ma........


- Le parfum des roses - Publications de l’Université de Saint-Étienne - 2018 Jean-Claude Caissard et Sylvie Baudino -

 

 


L'an 2000 avant J.C.


La "Fresque à l’oiseau bleu" découverte en 1900 dans les vestiges du palais de Cnossos en Crète, construit vers l’an 2000 avant Jésus-Christ, représente des rosiers fleuris.

C’est la première représentation connue de roses peintes. On ne sait s’il s’agit de roses sauvages ou cultivées, ni à quelle espèce les attribuer, d’autant plus que la fresque a été restaurée et toutes les roses repeintes avec six pétales de couleur jaune. Une seule, à cinq pétales rose doré, au centre orange, semble être originale. Le botaniste C.C. Hurst l’avait identifiée à Rosa ×richardii, la rose sainte d’Abyssinie.

Fresque à l'oiseau bleu - Cnossos
 


 

 

1500 avant J.C. 

 

Le papyrus d'Ebers (ou papyrus de Thèbes)


Actuellement conservé à la bibliothèque de l’université de Leipzig, ce traité médical, datant de 1500 avant J.C. et réalisé sous le règne d’Amenhotep 1er, est un des plus longs de l’Antiquité égyptienne, avec plus de 20 mètres de longueur pour une largeur d’environ 30 centimètres et un total de 877 paragraphes. De nombreuses maladies y sont décrites et ce dans plusieurs branches de la médecine (ophtalmologie, gastro-entérologie, gynécologie…), ainsi que les remèdes correspondants.

 

plantes médicales de l'Egypte antique  ;
La révélation du papyrus Ebers donna une idée de la variété de la pharmacopée égyptienne ; ce papyrus indiquait à lui seul, la composition de 900 remèdes.


Certains collyres ayant laissé des traces dans les flacons, on a pu les analyser. La plupart sont à base de végétaux, dont la rose, le safran, etc.........

papyrus Ebers

 

Mythologie grecque


Aurore et les roses


Aurore est la fille de Titan et de la terre, ou selon Hésiode, de Théia et d'Hyspérion, soeur du soleil et de la Lune. Cette déesse ouvrait les porte du jour après avoir attelé les chevaux au char du soleil, elle le précédait sur le sien. De son union avec Astraeos, le Vent du crépuscule,  naquirent l’Étoile du matin (Eosphoros/Lucifer), les Vents du Nord, de l’Ouest et du Sud, et les Astres.


Un jour pourtant, elle a une coupable aventure avec Mars. Cela rend jalouse la belle Vénus ce qui déchaîne son courroux. Aurore se voit donc condamnée à aimer perpétuellement les mortels et à avoir de multiples enfants de ces fugitives liaisons…


Homère lui donne deux chevaux et la dépeint :
"avec un grand voile sombre jeté en arrière, ouvrant de ses doigts de rose la barrière du jour elle montait sur son char tiré par des chevaux ailés : Phaéton et Lampos puis elle accompagnait le soleil sous le nom d’Héméra jusqu’au soir pour ensuite prendre le nom d’Hespéra. Elle terminait sa course dans l’Océan occidental"

 

Apollon et Aurora - Gérard de Lairesse

Apollon et Aurora - Gérard de Lairesse

 

D'autres poètes la représente, sous les traits d'une jeune nymphe couronnée de fleurs, montée sur un char tiré le jour par Pégase ; de la main gauche elle tient un flambeau et elle lance des roses avec sa main droite.

 

 

La mythologie greco-romaine 


attribue la naissance de la rose à Chloris (Flore), nymphe  des îles Fortunées (aujourd'hui Canaries). Son nom est un dérivé de chlorophylle.


Aphrodite - Chloris -  Arès - (mythologie grecque)
Bacchus - Flore - Mars - (mythologie romaine)

 

Rose blanche

 

Zéphyr  l'aima, la ravit et en fit son épouse, la conservant dans l'éclat de la jeunesse et lui donnant l'empire des fleurs. Leur hymen se célébra au mois de mai et les poètes, en décrivant les saisons, n'oublient pas de donner une place à ces deux époux dans le cortège du Printemps. On prête au couple un fils, Carpos..

 

Zéphyr et Flore - Jacopo Amigoni  (1682-1752)

Zéphyr et Flore - Jacopo Amigoni (1682-1752)


Chloris (Flore) était particulièrement adorée chez les Sabins qui transportèrent ce culte à Rome, où elle était célébrée lors des Jeux floraux. qui la fit jaillir du corps sans vie d'une nymphe.

 

Les autres divinités se penchèrent alors sur son berceau. Ainsi, Aphrodite (Vénus), déesse de l'amour, lui donna la beauté, tandis que Dyonisos (Bacchus), dieu du vin, y déposa du nectar, d'où la fleur tire son parfum. Puis les trois Grâces lui ajoutèrent le charme, l'éclat et la joie. Enfin Apollon la couronna reine des fleurs.
 

 

Vénus, Bacchus et les Trois Grâces - Noël Nicolas Coypel (1690-1734)

Vénus, Bacchus et les Trois Grâces - Noël Nicolas Coypel (1690-1734)

 

Rose rouge 


Aphrodite (Vénus) était follement éprise d'Adonis. A tel point "qu'elle ne se montre plus au ciel. Au ciel elle préfère Adonis". Un jour, voulant porter secours à son amant blesser par Arès (Mars), dieu de la guerre, qui voulait se débarrasser de celui-ci, elle s'écorche sur les épines d'un rosier blanc. Ses gouttes de sang colorèrent les roses blanches en rouge.


Dans une autre version Adonis, attaqué par un sanglier au cours d’une partie de chasse, est blessé mortellement. En essayant de lui porter secours Vénus se fait piquer par les ronces d’un rosier. Son sang coule alors sur les roses. C’est ainsi que naquit la rose rouge. 

 

On retrouve dans l'opposition des deux couleurs, les deux aspects de l'amour qu'incarne Aphrodite (Vénus). Le blanc symbolise la pureté, l'innocence et la sagesse divine, tandis que le sang est lié l'énergie vitale de la fécondité et de la maternité, ainsi qu'au désir et au plaisir .

 

Pour les romains la rose aurait été blanche, mais rougie accidentellement quand Cupidon renversa son verre de vin sur elle.


Depuis lors, elle est devenue la fleur de l’amour, de la beauté et de la passion. 

 

Vénus et Adonis - Pietro Liberi (1605-1687) -  Vénus et Adonis - Annibale Carracci  (1560-1609)
Vénus et Adonis - Pietro Liberi (1605-1687) -  Vénus et Adonis - Annibale Carracci  (1560-1609)

Vénus et Adonis - Pietro Liberi (1605-1687) - Vénus et Adonis - Annibale Carracci (1560-1609)

 

Hésiode poète grec - (env. IXe siècle av. J.-C.) 


......"Lorsque Orion et Sirius seront parvenus jusqu'au milieu du ciel, et que l'Aurore aux doigts de rose comtemplera Arclure, O Perse : cueille tous les raisins et apporte-les dans ta demeure; ".....
 

Aurore - Jean-Honoré Fragonard  (1732–1806)

Aurore - Jean-Honoré Fragonard (1732–1806)

 

Archiloque, Archilochus, de Paros lyrique grec (742 av. J.-C.),


..."Elle marchait tenant un rameau de myrte et une belle rose, et sa chevelure ombrageait ses épaules et son dos."...... 

 

Louise E. Vigee Le Brun, Eudocia Ivanovna Galitzine as Flora 1799

 

Sapphô (V.620-591 av. J.C.) poètesse 

 

Odes et Fragments sur la rose 


...."Si Zeus voulait donner une reine aux fleurs, la rose régnerait sur toutes."


....."Va et adieu, et souviens-toi de moi, car tu sais de quels soins nous t’avons poursuivie. Mais moi, sinon, je veux te rappeler.... aussi les beaux jours du passé : les couronnes, souvent, de violettes et de roses ensemble, de crocus, dont tu ornais ton front, près de moi,et les guirlandes odorantes, leurs fleurs entrelacées, que tu jetais autour de ta gorge fragile.",


...."Ô mon Atthis, dans la lointaine Sardes est partie Anactoria, qui fut aimée de nous. Mais sa pensée souvent ici revient, Comme jadis quand nous vivions ensemble et qu’elle t’adorait ainsi qu’une déesse apparue ici-bas, et ton chant plus que tout la charmait. Maintenant parmi les femmes lydiennes elle resplendit comme, une fois le soleil couché, la lune aux doigts de rose éclipsant tous les astres. Sa lumière se verse sur la mer salée, sur les prés aussi aux maintes fleurs. La rosée alors en gouttes de beauté est éparse, s’épanouissent alors les roses et le délicat cerfeuil et le mélilot parfumé."....
 

 

 

Sapphô (V.620-591 av. J.C.) poètesse 

Cités par Athénée, XII, 554b,
Démétrios, 162 et Hermogène.


Vision


Jʼai vu, cueillant des fleurs 

Un être fort charmant,

Au visage rieur,

Chantant plus doucement

Quʼune harpe, le corps

Bien plus doré que lʼor…

Plus blanche que le lait

Et que lʼeau plus fluide,

Elle est plus inspirée

Que la lyre limpide ;

Elle est plus intrépide

Que les mâles chevaux,

Plus belle quʼune rose,

Plus douce quʼun manteau,

Plus rare que la chose

La plus précieuse, lʼor…
 

 Idylle de printemps - George Henry Boughton (1834-1905)

Idylle de printemps - George Henry Boughton (1834-1905)

 

Homère - poète (VI° av. J.-C.)

 

Iliade

.....Cependant les animaux voraces respectaient le corps de ce prince : la fille de Jupiter, Vénus, attentive jour et nuit à les en écarter, l'oignit d'une huile céleste, parfum de rose et d'ambroisie, pour qu'il ne reçu aucun dommage quand il serait traîné par le char du héros ; et Apollon fit descendre du ciel jusque dans la plaine un nuage azuré qui couvrait tout l'espace occupé par le cadavre ;...."

 

Odyssée - Livre I, 478- 482. Traduction par Eugène Lasserre

« Quand le soleil se coucha et que les ténèbres survinrent, les Achéens s’étendirent près des amarres du vaisseau ; et quand parut, fille de la brume, l’aurore aux doigts de rose, ils gagnèrent la haute mer pour rejoindre le vaste camp achéen. » .
 

Eos - Evelyn De Morgan  (1855–1919)

Eos - Evelyn De Morgan (1855–1919)


Anacréon de Téos (vers -550-v -464 av. J.C.), poète lyrique grec

 

Odes, V 

"Les roses sont la volupté des dieux mêmes."

 

Odes, LI

"La rose est le souffle pur des dieux, la rose est la joie des mortels, l'ornement des Grâces, la fleur chérie de Vénus dans la saison délicieuse des amours."

Les Trois Grâces - Rubens

 

 

IV° siècle avant Jésus-Christ .

 

Les pièces de monnaie en argent portant une rose gravée sont les plus anciennes trouvées à Rhodes et datent d'environ 316 et 305 avant Jésus-Christ . Le nom de cette île serait celui de la nymphe Rhodé, épouse d’Hélios,


Sur le revers, une Rose sur sa tige avec un bouton à droite; une lettre grecque (epsilon) entre le bouton et la rose. 

Tétradrachme d'argent de Rhodes

Tétradrachme d'argent de Rhodes


Mythologie grecque

 

Sub rosa (secret)


Il semble probable que la connotation de secret liée à la rose ait son origine dans la mythologie grecque.

Aphrodite donne une rose à son fils Éros, Dieu de l'amour, qui, à son tour, donne la fleur à Harpocrate, dieu du silence (forme grecque du dieu égyptien ‘Heru-pa-khered’) pour que les écarts extraconjugaux de sa mère (et des dieux en général) ne soient pas dévoilés. La représentation traditionnelle du dieu égyptien - un adolescent nu, portant un doigt sur les lèvres fermées - a conduit à en faire le dieu du silence. L’association des trois, Aphrodite (Vénus), la rose et le dieu du silence ont donné à la rose cette symbolique.

Harpocrate

 

Théophraste ( v 371 av. J.-C.- v 288 av.J.C) - philosophe, botaniste, naturaliste et alchimiste grec


La culture de la rose dans son ouvrage "Des odeurs et Histoire des plantes", 

Livre I, il parle du rosier comme d'un sous-arbrisseau.

Livre II, il écrit qu'elles se reproduisent par fragments de tige ; 

Livre IV, compare ses boutons à ceux des grenades ; 

Livre VI il le définit comme sous-arbrisseau et "plante buissonnante"  et lie le parfum des roses à leur terroir.
 

 

323 av. J.-C. -30 av. J.-C.


Comme à Délos, à Pompéi, et à Rome, cet atelier de parfumeur de Paestum, n'était pas isolé. Des sondages effectués dans les boutiques mitoyennes ont découvert des dépotoirs de flacons datés de l’époque hellénistique.


Il semble donc qu’un marché aux parfums existât dans l’angle nord-ouest de la place dès les origines de la colonie et probablement jusqu’au IVe siècle de notre ère. Parmi les diverses préparations possibles, celle du rhodinon (parfum à la rose) assurée car le territoire Paestum était à ce point couvert de roses au printemps que c’en était devenu un lieu commun poétique, une référence obligée dès qu’on évoquait la cité. L’agglomération était entourée de champs dont les rosiers étaient réputés fleurir deux fois l’an. 

 

Le vocabulaire employé (rosaria : champs de roses) et l’insistance sur la productivité de ces roses qu’on cueille deux fois l’an se réfèrent à des cultures de plein champ et non à des ornements de jardins. De telles roseraies ne s’expliquent que si leur production débouche sur un artisanat susceptible de générer des profits : la confection de guirlandes et surtout la fabrication des huiles à la rose, ce rhodinon (parfumà la rose) qui était une spécialité réputée de la Campanie romaine. Mais comme "les roseraies odorantes de Paestum, destinées à vivre, s’effondraient brûlées sous le souffle du Notus matinal" (Properce), la production des parfums s’est effondrée à la fin de l’Antiquité et les parfumeries de Paestum ont fermé leurs portes, certainement du fait d’une baisse notable de la demande causée par la dépopulation et l'appauvrissement du niveau de vie.
 

céramique Paestane

céramique Paestane

 

Ovide (43 av. J.-C.-v 17 ou 18 ap. J.-C.) poète latin


Les Métamorphoses, Gallimard, collection Folio, 1992, p. 76 et 429.


"Voici que du côté de l'Orient qui s'éclaire, la vigilante Aurore a ouvert sa porte empourprée et son atrium tout plein de la couleur des roses."


"Ayant perdu son fils Memnon, Aurore, cette bonne mère, verse des larmes et couvre toute la terre de rosée."


 

Les métamorphoses - VII, 706

 

dans le discours de Céphale 

"Durant le second mois après la célébration de notre union, tandis que je tendais mes filets pour capturer des cerfs encornés, un beau matin, du haut de l'Hymette toujours en fleurs, l'Aurore vermeille, après avoir chassé les ténèbres, m'aperçut et m'enleva, malgré moi. Laissez-moi dire la vérité sans offenser la déesse : qu'elle mérite d'attirer les regards, avec son visage de rose, qu'elle règne sur les confins du jour et de la nuit, qu'elle s'abreuve du nectar de la rosée, soit. Mais moi, j'aimais Procris"

 

 

les Métamorphoses III, 15, 708, Asclepios

 

......Puis il choisit de longer Rométhium, Caulon et Narycie,
triomphe du détroit sicule du Pélore, gagne les demeures
du royaume du fils d'Hippotès, les mines de Témèse,
puis Leucosia et la tiède Paestum aux belles roseraies.

 

 

les Pontiques II, 4, 28,

 

.......le parfum du souci l'emportera sur celui de la rose de Paestum, 
 

roses de Paestum

roses de Paestum

 

Mythologie celtique

 

La fée du rosier est gracieuse et fragile, auréolée d’une douce lumière.

Dans la mythologie celtique, le Petit Peuple des fées apprécie tout particulièrement les rosiers thé.

On dit qu'il danse, dans la mi-ombre, autour des soies et des velours épanouis. On dit aussi que les fées brodeuses se réunissent autour des rosiers thé, les nuits de pleine lune, et qu'elles confectionnent des talismans de dentelle, des petites aumônières, des mouchoirs parfumés qu'elles déposent sur les rebords de fenêtres pour offrir de la chance aux jeunes femmes récemment mariées.

les fées du rosier

les fées du rosier

 

Mythologie celtique

 

Cicely Mary Barker (1895-1973) illustratrice et poète britannique 

 

Toi, la plus raffinée, la plus belle des fleurs,

Toi dont l’aspect parfait n’a d’égal que l’odeur ;

Les mots insuffisants, rose chère à mon coeur,

Ne parviendront jamais à peindre ta beauté,

Tes délicieux boutons qui s’ouvrent en révélant

Des pétales soyeux du plus neigeux des blancs,

Ou du plus doux des roses, ou d’un rouge de sang,

Ton parfum envoûtant. Quelle félicité

D’être la fée des roses au plus chaud de l’été !

 

 

Cicely Mary Barker (1895-1973) illustratrice britannique 

extrait "The Flower Fairies".

...." Comme elle nous paraît jeune, la petite fée de la rose ! Elle a un mignon petit nez et des cheveux blonds. Ils sont courts et légèrement bouclés. Il est impossible de voir la couleur de ses yeux car elle ne nous regarde pas . Elle n'a d'yeux que pour sa fleur ! Elle a deux petites ailes rose pâle.
 La fée de la rose porte une courte robe rose clair, confectionnée avec des pétales de roses. C'est une robe sans manches. La jolie petite fée ne porte pas de chaussures. Elle marche toujours pieds nus.


 La fée de la rose est perchée sur une branche de son rosier. Elle tient amoureusement la tige d'une rose, comme si c'était un trésor. Elle penche tendrement son visage vers la fleur.

 La fée de la rose est la plus discrète des fées de l'été. Elle est d'une extrême gentillesse et très douce.

 Au coucher du soleil, elle adore danser sur la pointe des pieds autour de ses fleurs. Elle entretient des liens d'amitié avec les abeilles. Elle leur montre souvent le chemin vers les fleurs les plus succulentes. Elle reste près d'elles pour les protéger lorsqu'elles butinent...."

 

 

fée des roses - Cicely Mary Barker

fée des roses - Cicely Mary Barker

 

I° siècle av. J.-C.

 

La rose, entre dans la composition de nombreux parfums et son odeur s'élève vers le Ciel, dont peut-être celui de Marie-Madeleine lorsqu'elle oint Jésus d'un "nard précieux". Dans un ouvrage du XIX° siècle, on peut lire :


 ....."Cette céleste Rose a une propriété merveilleuse, c'est qu'elle est multiple et variée dans son odeur, comme l'était au goût de chaque Israélite la manne du désert : elle répand odeur du cinnamome et du baume, elle exhale les parfums de la myrrhe, elle remplit les lieux où elle fleurit des vapeurs du styrax, de l'onyx et de la goutte d'encens qui a coulé d'elle-même, et ses parfums sont un baume pur et sans mélange...."

(Ecclésiatique, XXIV).....

Le Tintoret (Jacopo Robusti, dit) 1538–1594- banquet chez Simon - Marie -Madeleine

Le Tintoret (Jacopo Robusti, dit) 1538–1594- banquet chez Simon - Marie -Madeleine

 

41 av. J.-C.


Rencontre de Marc Antoine et Cléopâtre


......Prévenu de son arrivée, Antoine l’attend dans le port, lequel, un peu en retrait à l’époque, est accessible par un petit fleuve côtier.

Bientôt une nef géante le remonte avec une majestueuse lenteur. Sa poupe d’or ensoleille les voiles pourpres qui emplissent le ciel, et ses rames d’argent caressent l’eau au rythme d’un orchestre de flûtes, de syrinx et de cithares.

Les plus belles servantes, telles des Néréides, colonisent les cordages et semblent exhaler les puissants parfums brûlés sur le navire. Enfin, au centre de cet écrin flottant, en évidence sur le pont, un dais brodé d’or abrite Cléopâtre vêtue en Aphrodite. Autour d’elle, de petits enfants, pareils à des amours, agitent des éventails. Quand la galère accoste, le triumvir fait prier à dîner l’enchanteresse.

Mais celle-ci a la seconde partie de son numéro à lui présenter, aussi lui suggère-t-elle de monter à bord pour y passer la soirée. La reine a préparé un festin somptueux, dans une ambiance "son et lumière " agrémentée de fragrances et propre à dérider les diplomates les plus sévères. C’est d’ailleurs la partie  "lumière" qui émerveille Antoine, car  – luxe rare dans l’Antiquité –  il y en a partout dans le palace des mers......

 
Après un bain au lait d'anesse et à la rose, la première nuit d'amour entre Cléopâtre et Marc Antoine se serait déroulée sur un lit de pétales de roses de quarante-cinq centimètres d’épaisseur .

 

La rencontre d'Antoine et Cléopâtre - Sir Lawrence Alma-Tadema - 1885

La rencontre d'Antoine et Cléopâtre - Sir Lawrence Alma-Tadema - 1885


 

Properce (Sextus Propertius) (47 av. J.-C. -v 16/15 av. J.-C.) poète latin 
dans ses Elégies IV, 4, 69, 


......"Les rosiers de Paestum, au souffle du Notus, sont, en un seul matin, de roses dépourvus"

 

 


Virgile (Publius Vergilius Maro) - (v. 70 av. J.-C.- 19 av. J.-C.) poète latin

Les Géorgiques IV, 


.........Moi-même, si je n’étais presque à la fin de ma course orageuse, et si, pliant ma voile, je n’avais hâte de tourner ma proue vers la terre, peut-être dirais-je ici l’art de cultiver et d’embellir les fertiles jardins ; (4, 120) je chanterais les rosiers de Pestum qui fleurissent deux fois l’an ; 

 

 

 

Pline l’Ancien (Gaius Plinius Secundus) - (23 apr. J.-C- 79), écrivain et naturaliste romain du ier siècle, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle (vers 77).

Livre  XXI  - Histoire  Naturelle,

 
écrit que  les  espèces  les plus  célèbres  en  son  temps  sont  la  rose de Préneste  (Est  de  Rome),  et  la  rose  de Campanie (Paestum -Sud de l'Italie). Viennent ensuite les roses de Milet, de Trachine, et  la  rose  du Mont-Pangée  (Grèce),  la  rose  d'Alabanda  (Turquie).  La  rose  de Cyrène (en actuelle Lybie) quant à elle est la plus odorante

roses de Paestum

roses de Paestum

 

Le parfum s'est installé à Rome après l'annexion de la grèce. Son utilisation frôle la démesure. Les philosophes tels que Sénèque ou Pline l’Ancien décrient cette déraison.

 

Lors des banquets, des milliers de pétales de roses sont déversés tout au long de la soirée par d’ingénieux dispositifs incorporés aux plafonds. Le prix des fleurs, épices et aromates dépasse parfois celui de l’or. L’invention des vases en verre soufflé a optimisé la conservation des parfums et facilité leur transport rendant leur commerce très lucratif.

 

Au quartier des parfumeurs, près de la Via Sacra (voie sacrée) se pressent les riches Romaines à l’affût des dernières nouvelles de l’Empire.: 

Mythologie des fleurs - La rose

 

Sub rosa (secret)

 

Des roses sur les plafonds et les murs de salles de banquet étaient fréquentes.

 

C’était un rappel que les choses dites sub vino (sous l'influence du vin) devaient rester sub rosa (secret - vient de la mythologie grecque - L’association d'Aphrodite (Vénus), la rose et le dieu du silence ont donné à la rose cette symbolique de secret.).

amour-menacant - Sevres

amour-menacant - Sevres

 

I° siècle

 

L'empereur Néron (37-68) 


On raconte qu'il fit ruisseler des roses des plafonds, lors de certaines de ses orgies.


Il s'invitait à souper chez ses amis. Il en coûta même à l'un d'eux quatre millions de sesterces, pour un festin avec diadèmes, et plus encore à un autre pour un banquet avec roses.
 

Les repas de Néron

Les repas de Néron

 

I - II° siècle

 

Val Martial (M. Valerius Martialis) poète latin (v. 40, - 103°s.)


Epigrammes - tome III - 31

Sur les jardins de Marcella, sa femme


..........Ces bois, ces fontaines, ces berceaux qu'ombrage une vigne élancée, ce ruisseau d'une eau vive et courante, ces prés, ces parterres de rosiers qui ne le cèdent point à la double récolte de Poestum.......

Jardin de rose - Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912)

Jardin de rose - Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912)


II-IIIe siècle


Achille Tatius dans Le roman de Leucippé et Clitophon
(Traduction par J-P Garnaud)  : 


"Si Zeus avait voulu donner aux fleurs une reine, c’est la rose qui règnerait sur les fleurs. Elle est la parure de la terre, la gloire des plantes ; elle est l’œil des fleurs, la rougeur de la prairie : c’est la beauté dans tout son éclat elle respire l’amour, elle est messagère d’Aphrodite ; elle est fière de ses pétales odorants, s’enorgueillit de ses feuilles frémissantes, sa feuille rit au Zéphyr."

 

 

III° siècle
 

Héliogabale ou Élagabal (Varius Avitus Bassianus) (v. 203- 222 ) empereur romain sous le nom de Marcus Aurelius Antoninus.


 Il parsemait de roses les salles à manger, les lits et les portiques, et se promenait sur les fleurs de toute sorte, lis, violettes, jacinthes et narcisses. Jamais il ne prit un bain sans y verser de parfums exquis ou du safran.........


Extrait de Vie d’Héliogabale - Traduction M. Laass d’Aguen (1847).

Heliogabale -Sir Lawrence Alma-tadema

 

IIIe siècle


A Rome, au début du IIIe siècle de notre ère, un Grec d'Egypte, Athénée de Naucratis, mettant en scène les conversations de banqueteurs savants, propose à toutes les élites de l'Empire romain, devenu "mondial", une synthèse ludique de huit siècles de culture gréco-romaine. 


- Livre XII
Sur le lit du soleil


......Mimnerme dit que le soleil traverse (au couchant) à l'orient, endormi dans un lit d'or, présent de Vulcain, qui l'a fait pour cet usage. Voici comment il s'exprime :


"Chaque jour, la fatigue est le partage du soleil : il n'est de repos ni pour lui ni pour ses coursiers, depuis l'instant où l'Aurore aux doigts de rose quitte l'Océan, pour monter au ciel..".....

Aurore - Pierre Amédée Brouillet

Aurore - Pierre Amédée Brouillet

 

IV° siècle

 

Sainte Dorothée (Don de Dieu) est une vierge martyre pendant la persécution de Dioclétien, le 6 février 311, à Césarée en Cappadoce. 


Dorothée fut arrêtée par ordre d’Apricius, gouverneur de cette province, parce qu’elle confessait le nom de Jésus-Christ, et on la livra à deux sœurs, nommées Crysta et Callista, qui avaient abandonné la foi, afin qu’elles la fissent changer de résolution.

Mais ce fut elle au contraire qui fit revenir les deux sœurs à leur ancienne foi ; c’est pourquoi elles furent jetées dans une chaudière, où elles périrent par le feu. Le gouverneur fit étendre Dorothée sur le chevalet ; mais il n’en obtint que ces paroles : « Jamais, dans toute ma vie, je n’ai goûté un bonheur pareil à celui que j’éprouve en ce moment. » Il ordonna donc de brûler des torches ardentes, les flancs de la vierge avec puis de la frapper longtemps au visage, enfin de lui trancher la tête.


Comme on la menait au supplice, elle dit ces paroles : "Recevez mes actions de grâces, ô ami des âmes, qui avez daigné m’appeler aux délices de votre Paradis." Un certain Théophile, officier du gouverneur, l’entendit, et se moquant de la vierge : Eh bien ! dit-il, épouse du Christ, envoie-moi du jardin de ton époux des pommes ou des roses. Et Dorothée lui répondit : "Je le ferai certainement". Avant de recevoir le coup de la mort, ayant obtenu la permission de prier quelques instants, un enfant de la plus grande beauté apparut tout à coup devant elle, portant dans un linge trois pommes et trois roses. La sainte lui dit : "Portez, je vous prie, ceci à Théophile." Elle eut ensuite la tête tranchée, et elle alla se réunir au Christ.


Au moment même où Théophile racontait, en se jouant, à ses compagnons la promesse que Dorothée lui avait faite, voici que l’enfant se présente devant lui portant dans le linge trois pommes des plus belles, et trois roses des plus vermeilles, et lui dit : "Selon ta demande, la très sainte vierge Dorothée t’envoie ceci du jardin de son époux." Comme on était au mois de février, et que la gelée sévissait sur toute la nature, Théophile fut saisi d’étonnement, et, en recevant ce qu’on lui présentait, il s’écria : "Le Christ est vraiment Dieu." Cette profession publique de la foi chrétienne l’exposait à un cruel martyre, et il le souffrit courageusement.
 

St. Dorothée - Edward Reginald-Frampton

St. Dorothée - Edward Reginald-Frampton

 

IV° siècle


Le poète Sédulius, écrivain distingué du IV° siècle, dans le 2° livre de son chant pascal  :


"Comme une tendre rose s'élève, au milieu des épines aiguës,

 n'ayant rien en elle-même qui blesse, et devient supérieure à sa mère ;

 ainsi sainte Marie en naissant de la souche d'Ève a expié, 

Vierge nouvelle, le crime de la Vierge antique".
 

 

 

VI° siècle 

 

La rose, le rosier et la couronne de roses sont des symboles du paradis chez les premiers chrétiens. Dans Les actes de sainte Perpétue, "les martyrs sont reçus dans le verger céleste sous un rosier... se nourrissant à satiété de parfums inénarrables".

L'évêque de Poitiers Venance Fortunat (Venantius Honorius Clementianus Fortunatus - 530- 609)  poète chrétien du VI° siècle écrit dans son poème Le Jardin de la reine Ultrogothe : 


"Ici l'éclatant printemps fait pousser un gazon verdoyant et répand les parfums des roses du paradis..."

 

Les couvents cultivent des roses, le roi Childebert Ier possède une roseraie (des roses de Paradis d’après l’évêque Fortunat) dans son domaine vers Saint-Germain-des-Prés. 

Mythologie des fleurs - La rose

 

XII° siècle

 

A la veille des croisades, Albert le Grand note comme rosiers cultivés :

Rosa rubiginosa, Rosa canina, Rosa arvensis et Rosa alba.

 

 

IX° siècle

 

Au Moyen-Âge, la culture de la rose est recommandée par Charlemagne (V742/747 ou 748-814)


C’est la rose d’origine méditerranéenne, Rosa gallica, qui se trouve sans doute derrière la plupart des indications rosa. Elle est aussi l’ancêtre des autres roses ornementales (Rosa Damascena, Rosa centifolia,…), dont certaines variétés auraient été rapportées d’Orient par les Croisés mais se répandirent tardivement en Europe. La rose est une plante très importante du jardin médiéval.
 

rosa gallica

rosa gallica

 

XIe siècle


La légende de Castille de Tolède


Casilda de Tolède ou Castille de Tolède ou Casilde de Tolède (1050-1075) a vécu en Espagne au XIe siècle. Elle est considérée comme une sainte par l'Église catholique.


Castille était une jeune musulmane, fille de Abu al-Hasan Yahya al-Ma'mun dit Al-Ménon II, l'émir de Tolède, alors capitale religieuse de l'Espagne islamique. L'enfant était connue par sa sollicitude envers les chrétiens emprisonnés qu'elle allait souvent visiter à l'insu de son père. Elle est la sœur de Hissem Hiaya Aldirbil qui succéda à Al-Ménon II en 1077.


La tradition raconte qu'un jour qu'elle allait leur apporter du pain, son père Al-Ménon II la surprit et la réprimanda, elle ouvrit alors son tablier qui ne contenait plus du pain, mais des roses blanches et vermeil : on parla du miracle de Sainte Castille.


Plus tard, Castille tomba malade, d'un mal que les médecins du temps ne parvenaient pas à guérir. Ses amis chrétiens la conduisirent à la fontaine San Vincenzo à Briviesca, où elle fut miraculeusement guérie, la tradition indique que Castille se convertit alors au christianisme, probablement vers 1075.


Elle vécut dès lors en ermite, près de la fontaine miraculeuse. Elle mourut centenaire, toujours dans son ermitage, où de nombreux miracles se produisaient.


Castille fut inhumée dans l'église de San Vincenzo, ses reliques ayant été transférées ultérieurement dans un nouveau sanctuaire.
 

Francisco de Zurbarán (1598–1664) Saint Casilda

Francisco de Zurbarán (1598–1664) Saint Casilda

 

XI° siècle


Rose mystique


Rose mystique (en latin : rosa mystica), est un des nombreux vocables sus lesquels la Vierge Marie est invoquée dans les Litanies de Lorette, une prière populaire dans l'Église catholique. Ce vocable a son origine dans les écrits des Pères de l'Église des premiers siècles du christianisme.


La rose, blanche, rose ou rouge, par sa couleur symbolise le Mystère de l'Incarnation ; Rosa sine spina, Rose sans épines, expression employée par saint Bernard puis par des poètes et des musiciens, comme Flos florum, fleur entre les fleurs, avait un sens théologique précis qui, après des siècles, aboutit au dogme catholique de l'Immaculée Conception.

 
Flos Florum, elle seule selon le dogme de l'Assomption est au Ciel avec son Corps mystique, ou glorieux, Fleur mystique parmi les fleurs du Paradis. Flos Carmeli, Fleur du Carmel évoque les liens de la Vierge Marie avec la Mystique : Rose de Saron, rose du Carmel, les fiançailles, les Noces de Dieu avec l'Église et la Vierge Marie.

 

l'usage courant de ce nom de Fleur (Flos) ou de Rose (Rosa) pour la vénérer est en réalité bien plus ancien et remonte au moins au XI° siècle, si ce n'est bien avant, puisque 


Bernard de Fontaine, abbé de Clairvaux, (1090-1153) Saint-Bernard moine bourguignon, réformateur de la vie religieuse catholique écrit : 


...."Il est dit de Marie, dans les saintes Écritures, qu'elle fut le jardin fermé de Dieu (hortus conclusus). C'est dans ce jardin, dit -il, que le Seigneur planta toutes les fleurs qui ornent l'Église, et entre autres, la violette de l'humilité, le lis de la pureté, et la rose de la charité. La rose est vermeille ; c'est pour cela que "Marie est appelée rose, à cause de l'ardente charité dont son cœur fut toujours enflammé envers Dieu et envers nous; car la couleur vermeille, ou de feu, indique l'amour ou la charité"..... 

 
"Fleur des fleurs, Rose mystique,

Rose de Saron, Rose sans épines,

Rose de Jéricho, Jardin clos"

 

"Peuples,  venez cueillir des roses dans ces mystères, pour tresser des guirlandes en l’honneur de la Mère du bel amour!" 

(Liturgie des Heures, Hymne)

 



Adam de Saint-Victor, poète et musicien (1146) compare la Vierge


"Myrte de tempérance,

une rose de patience,

le nard odorant"

 

 

Mythologie des fleurs - La rose

 

Saint Bernard a aussi fait de la rose l'image du Christ dans sa passion dans une de ses homélies:


....."Contemplez, cette divine rose, où la passion et l'amour se disputent pour lui donner son vif éclat et sa couleur pourprée. Celle-ci lui vient sans nul doute des plaies du Sauveur.......

Comme durant une nuit froide la rose demeure fermée et s'entr'ouvre le matin aux premiers rayons du soleil, ainsi cette délicieuse fleur qui est Jésus-Christ a paru se refermer comme par le froid de la nuit, depuis le péché du premier homme, et lorsqu'est venue la plénitude des temps, elle s'est épanouie soudain au soleil de l'amour.

Autant de plaies sur le corps du Sauveur, autant de roses ? Regardez ses pieds et ses mains, n'y voyez-vous pas des roses ? mais contemplez surtout la plaie de son coeur entr'ouvert ! Ici c'est plus encore la couleur de la rose, à cause de l'eau qui coule avec le sang, quand la lance a percé son côté !..."
 

Jesus sur la Croix

Jesus sur la Croix

 

XII° siècle

 

La rose est la fleur préférée des poètes persans. Elle suscite de nombreuses métaphores l'assimilant au vin, pour sa couleur et son parfum qui rappellent l'ivresse. La coupe de vin est comme une rose sans épines. D'autres vers la lient au rossignol; les amours de la fleur et de l'oiseau symbolisent la quête de l'union mystique impliquent le sacrifice de soi.

 


Omar Khayyam (1048-1131) mathématicien (il a écrit entre autres le traité sur les difficultés des définitions d'Euclide), astronome (il fut l'un des huit astronomes à travailler à la réforme du calendrier musulman de 1074) et poète persan. 


Ses quatrains aux images souvent difficiles à décrypter, mettent en jeu le vin, le jardin et les roses. 


Sa tombe à Nishapur est entourée de rosiers dont deux boutures ont été plantées sur la tombe du poète anglais Edward Fitzgerald qui l'a traduit en anglais, publié en 1859 et ainsi fait connaître en Europe.


.....

Je tombais de sommeil et la sagesse me dit :

Jamais dans le sommeil la rose du bonheur n'a fleuri pour personne...

La saison des roses et du vin et des compagnons ivres !

Sois heureux un instant, cet instant c'est ta vie

.....

 

.....

Vois, la brise a déchiré la robe de la rose,

De la rose dont le rossignol s'était enamouré ;

Faut-il pleurer sur elle, faut-il pleurer sur nous ?

La mort viendra nous effeuiller et d'autres roses refleuriront."

.....

Edmond Dulac

 

.....

Tu vis donc se fermer, plein d’adorables choses,

Ce livre, ta jeunesse, et se mourir les roses

Du jardin, d’où l’oiseau d’hier s’est envolé...

— Où, pourquoi, qui le sait? Où s’en est-il allé?

.....

 

.....

Sois jaloux en voyant la rose qui s’effeuille;

Elle sourit et dit à celui qui la cueille

Déchirant le cordon de ma ceinture, enfin,

Je répands mes trésors d’amour sur le jardin!

.....

 

.....

 Plus rouge, plus ardente et plus fière est la rose

Qui fleurit à la place où quelque Émir repose,

Ainsi que la jacinthe en la mousse des bois,

Pâle, sort d’une tête adorable autrefois,

.....

 

.....

Voici le printemps clair où les lys vont renaître,

Où, comme ravivé du souffle de Jésus,

Le rosier va fleurir, et le ciel au-dessus

Verser des pleurs d’amour, en pensant à son Maître

.....

 

 

XII° siècle


en 1187, lorsque Saladin (1138-1193) reprend Jérusalem aux Croisés, il fait purifier la mosquée d’Omar par de l’eau de rose amenée par une caravane de 500 chameaux !
 

Mosquée d'Omar - David Robert

Mosquée d'Omar - David Robert

 

XII° siècle

 

Les chrétiens effeuillent pour Marie "Le Rosaire", lui offrant la récitation des 150 Ave Maria comme autant de roses. 


Des auteurs, comme Huysmans et Myriam Harry apportent l'origine suivante :

le prince musulman Malek al-'Adel Seïfed-Dîn, frère de Saladin, qui devait épouser la soeur de Richard Coeur de Lion, "tombait en défaillance dès qu'il respirait une rose, et cela précisément dans le pays des roses et le royaume de l'immortelle essence des roses. Ayant vainement essayé, sans succès, tous les remèdes, il alla, lui aussi faire le pèlerinage à "Notre-Dame de Saïdnâya".

Elle le guérit miraculeusement, et, revenu à Damas, ce fanatique musulman lui fit hommage d'une "rose d'or" et d'escarboucles si merveilleusement travaillées par les maître-orfèvres damascènes, que la rose, par un mystérieux agencement, distillait des parfums d'une telle suavité que tout le désert de Syrie en fut parfumé". 

Icone syrienne Notre Dame de Saidnaya

Icone syrienne Notre Dame de Saidnaya

 

XIII° siècle


Au Moyen Âge


L’art du vitrail avec les rosaces, ouverture circulaire ornée de vitraux dans les églises, roses sublimées par la foi et l’habileté des maîtres verriers.
rose nord - rose sud

 

8f Notre Dame - vitraux - rose nord - Notre Dame - vitraux - rose sud
8f Notre Dame - vitraux - rose nord - Notre Dame - vitraux - rose sud

8f Notre Dame - vitraux - rose nord - Notre Dame - vitraux - rose sud

 

Coutumes du moyen âge

 

A Thann en alsace, c'était la coutume qu'au premier jour de mai une petite fille, la rose de mai, toute couverte de fleurs et de rubans, parcourût les rues azvec une amie chargée de recueillir dans une corbeille des dons, pour la fête du printemps, tandis que leurs compagnes chantaient :


Rose de mai, tourne-toi trois fois, fais toi voir et revoir ! Rose de mai, viens dans la verte forêt ! Réjouissons-nous, mais nous ramène au milieu des roses.
 

 

Chanson populaire sur la chasteté perdue

En revenant des noces
J'étais bien fatiguée !
Au bord d'une fontaine
Je m'y suis reposée.
Sur la plus haute branche
le rossignol chantait ;
chant" rossignol chante,
Toi qui as le coeur gai.

Car moi je ne l'ai guère,
Mon amant m'a quittée ;
Pour un bouton de rose
Que trop tôt j'ai donné.
Je voudrais que la rose
Soit encore au rosier
Et que mon ami Pierre

 


XIII° siècle

 

Saadi (Mucharrif al-Dïn Sadi), (v 1210-1291 ou 1292), poète et conteur persan

La rose représente le prophète de l'islam Mahomet dans la littérature musulmane.


Il est l'auteur du Golestan  "Jardin de roses" 

Ce livre est composé de contes moraux, sociaux et de maximes, dont certains, sont encore utilisés par de nombreuses confréries dans l'enseignement du soufisme. Il distribue ses biens aux pauvres et se retire dans un ermitage. Il contient des maximes de sagesse. Cela signifie que chez les musulmans la rose est un symbole de la sagesse, de mystique au sens poétique du terme.


Poète et soufi, il commence à rédiger le gulistan, joyau de la mystique soufi médiévale et somme philosophique écrite en vers et en prose poétique, en 1278. Saadi fut révéré comme un prédicateur de l'ordre mystique de la rose. Parmi toutes les allégories de ce recueil, destinées à dévoiler la nature profonde des êtres et des choses, et ainsi à amener à un éveil spirituel et percevoir la réalité de l'existence, une excellente illustration des enseignements portés par les métaphores de jardins et de roses se trouve dans ce passage :


"Un soufi était plongé dans une profonde méditation sur l'être divin ; au sortir de sa rêverie, ses compagnons lui demandèrent quels dons miraculeux il avait rapportés du jardin de la contemplation où il s'était transporté : j'avais l'intention de cueillir pour vous des roses plein ma robe, mais quand je me suis trouvé devant le rosier, le parfum des roses m'a enivré à tel point que je n'ai pu faire un geste."

Le jardin des roses - Paul Zenker

Le jardin des roses - Paul Zenker

 

XIII° siècle. 


Peire de Corbian (ou Corbiac) troubadour  écrit sur la Vierge :


"Rose sans épine,  sur toutes fleurs odorante"

"L'églantier que Moïse trouva verdoyant au milieu des flammes ardentes…"

 

 

 

Saint Bonaventure (1217/1218 ou 1221-1274 - Giovanni da Fidanza)

Théologien, archevêque, cardinal, Docteur de l'Église, a écrit :


...."Rose pure, rose d'innocence, rose nouvelle et sans épine, rose épanouie et féconde, rose devenue pour nous un bienfait de Dieu, vous avez été établie Reine des cieux ; il n'est personne qui puisse jamais vous être comparé; vous êtes le salut du coupable, vous êtes le soutien de toutes nos entreprises".

 

Stefan Lochner Vierge au Rosier, vers 1430.

Stefan Lochner Vierge au Rosier, vers 1430.

 

XIII° siècle


Au Moyen-Âge, lors des croisades, les chevaliers français se rendirent en Syrie et ramenèrent des roses

 


Rose gallica officinalis

 

La légende veut que vers 1240, de retour de croisade, Thibaut IV, comte de Champagne et roi de Navarre, aurait introduit en France en la rapportant dans son heaume,  une rose d'une excellente qualité dont il aurait fait d'importantes plantations aux environs immédiats de Provins. (ce qui a été contesté et est peu probable...., car cette rose était commune en Europe.) 


Les roseraies de Provins devinrent bientôt célèbres et l'utilisation de la rose fut extrêmement fréquente en médecine, dans les cérémonies religieuses et profanes.


Provins devint ensuite la capitale de la rose française et la ville fait fortune au 13e siècle, répandant la rose partout en France et en Occident. La rose emblématique de la ville est Rosa gallica officinalis, surnommée la "rose des apothicaires". À cette époque, la rose entrait déjà dans la préparation d’onguents et de remèdes pour la peau.

Rose de Provins - Rosa Gallica Gérard Van Spaendonck

 

Les chinois se mirent à confirent les boutons de rose
Le moyen Orient inventa les délicats rahat-Loukoums à la rose.

Sirop rosat, sucre rosat, miel rosat étaient très utilisés au Moyen Âge pour soigner les maux de tête et les lourdeurs d’estomac. 
Et l’eau de rose s’utilisait en onguent et en collyre. Jusqu’au XVIII° siècle on a  utilisé les collyres à l’eau de rose. Et aussi le sirop à la rose, les compresses de pétales de roses, les décoctions de roses rouges, le vinaigre de roses en cas de migraines, le miel de rose pour les maux de gorge et les aphtes.

 

 

 

on peut toutefois attribuer à Thibaut IV l'introduction de la rose de Damas.


La rose par excellence ; recherchée en Orient pour la finesse de son parfum ; c'est la rose cultivée par les Romains à Paestum et chantée par Virgile ; c'est le "Biferique rosaria Paesti"  des Georgiques (livre IV). C'est la rose qui, cultivée, à côté du rosier de Provins, a valu par ses mariages avec cette plante et d'autres espèces, beaucoup de ces belles variétés du genre Rosa, dont nous admirons aujourd'hui les superbes corolles.


Plus ancienne fleur connue de l’humanité, la rose viendrait de Perse. Les archéologues disent qu’elle s’est développée dans deux bassins : la Perse, où le médecin Avicenne aurait mis au point la première huile essentielle de rose, et la Chine.


La Perse étendant petit à petit son empire jusqu’à Damas, la culture de la rose s’y répand et y prospère.

 


 

rose de Damas

rose de Damas

 

XIII° siècle 

 

Le miracle des roses


Élisabeth de Hongrie (1207-1231) souveraine de Thuringe


Louis de Thuringe épouse Élisabeth, à laquelle il était lié aussi bien par une alliance diplomatique qu’un amour sincère. Ceux qui devinrent respectivement bienheureux et sainte s’élevèrent l’un l’autre dans la foi : la femme offrait à son mari un exemple de dévotion et de charité, le mari protégeait et soutenait sa femme dans ses œuvres de générosité. Car l’abnégation de la princesse avait de quoi surpendre et faisait jaser autour d’elle.


Comme elle donnait à boire et à manger aux pauvres, vendant ses parures et le blé du château pour subvenir à leurs besoins, les conseillers du roi l’alertèrent sur ces excessives prodigualités : "Tant qu’elle ne vend pas le château, j’en suis content !", répondit-il, en réalité admiratif de la générosité de sa femme. Il aurait même été témoin d’un miracle en présence d’Élisabeth : alors que celle-ci marchait sur la route avec son tablier rempli de pain pour les pauvres, le roi croisa sa route et lui demanda ce qu’elle portait. En ouvrant son tablier, les pains ne s’étaient non pas multipliés mais changés en de magnifiques roses, symbole de charité.


On trouve des récits similaires dans la vie de la petite-nièce de la landgravine, Élisabeth de Portugal, et en France chez Roseline de Villeneuve, etc....
 

Sainte Elizabeth de Hongrie

Sainte Elizabeth de Hongrie

 

XIII° siècle


La rose en littérature


Le Roman de la Rose est l'une des œuvres les plus célèbres du Moyen Âge. Écrit par Guillaume de Lorris (vers 1230), continué par Jean de Meung (entre 1275 et 1280), poème allégorique consacré à la rose symbole de perfection qui décrit la tentative d'un amoureux  (le poète) de s’emparer de la femme aimée, représentée par une rose.


...En se promenant dans cet jardin magique, où les fleurs ont une odeur exquise en toute saison, le héros rencontre des couples d'amants qui chantent et dansent. Il voit refléter dans la Fontaine de Narcisse un bouton de rose et en tombe amoureux. Dotée d'attraits humains, la rose constitue l'image sublimée de la femme, celle qu'il choisit parmi toutes les fleurs. Le héros est contrarié dans sa quête ardue de cueillir la rose.....
 

le roman de la rose

le roman de la rose

 

XIV° siècle

 

Les rosiers et les roses dans les enluminures du moyen âge

 

Le Codex Manesse, aussi appelé Manessische Handschrift (« manuscrit Manesse »), Große Heidelberger Liederhandschrift (" grand manuscrit de poésie lyrique de Heidelberg ") et parfois aussi Pariser Handschrift (" manuscrit de Paris ") est un manuscrit de poésie lyrique enluminé ayant la forme d'un codex. Il est le plus grand et somptueux des recueils du Minnesang allemand.
Le codex a été compilé et illustré vers 1310, avec des compléments jusqu'en 1340, probablement à la demande de la famille Manesse, patriciens de Zurich.

Le Codex Manesse - Altstetten - l'amant et l'aimée

 

 

XIII - XIV° siècle

 

Dante Alighieri (dit "Dante") (1265-1321) poète, écrivain, penseur et homme politique


le Poète fait allusion à Marie Rose Mystique, dans quelques vers du "Paradis" de la Divine Comédie :

 

"Pourquoi mon visage t'enamoure-t-il ainsi,

que tu ne te tournes pas vers le beau jardin

qui sous les rayons du Christ s'emplit de fleurs ?

Là est la Rose dans laquelle le Verbe divin se fit chair,

et là sont les lis dont le parfum indique le bon chemin" . 



 

Tancredi Scarpelli - (1866–1937) - Illustration pour Dante Divine Comedie

Tancredi Scarpelli - (1866–1937) - Illustration pour Dante Divine Comedie

 

XIV° siècle


Hâfez de Chiraz, Le Divân,  traduction du persan par Charles-Henri de Fouchécour, Verdier


Haafiz (Hafez, hafiz- V. 1325-1389 ou 1390) poète, philosophe et mystique persan


La rose, le rossignol et le poète au jardin (Ghazal 456)

 

De grand matin je m'en fus au jardin cueillir une rose.

Soudain me vint à l'oreille la voix d'un rossignol.

 

Le pauvre comme moi était pris d'amour pour une rose

et par son cri de détresse jetait le tumulte au parterre.

 

Je tournais en ce parterre et ce jardin ; d'instant en instant

je songeais à cette rose et à ce rossignol.

 

La rose était devenue compagne de la beauté, le rossignol l'intime de l'amour

en lui nulle altération, en l'autre nulle variation.

 

Quand la voix du rossignol eut mis sa trace en mon coeur,

je changeai au point que nulle patience ne me resta.

 

En ce jardin tant de rose s'apanouissent, mais

personne n'a cueilli une rose sans le fléau de l'épine.

 

Hâfez, du monde en sa rotation n'espère l'apaisement :

il a mille défauts et n'a pas une faveur !

 

 

XIV° siècle

Recherches sur la découverte de l'Essence de Rose
Par L. Langlès membre de l'institut National, conservateur des Manuscrits Orientaux etc.. - 1804


"Comme les rossignols , nous reposons sur les roses"


Haafiz (Hafez, hafiz) poète, philosophe et mystique persan (V 1325-1389 ou 1390)

.....Les amours du rossignol et de la rose ont enflammé la verve des poètes Arabes, Turcs, et persans. Le nom de celui qui les a plus harmonieusement chantées, doit se présenter à l'esprit ; et ses vers, dignes du Poète de Téos, viennent naturellement se placer sous la plume qui essaie de tracer une bien faible portion de l'intéressante histoire de la reine des fleurs.....


.....Eau de rose, simplement le produit des roses distillées avec de l'eau, d'après un procédé très connu des parfumeurs Orientaux et Européens : c'est la même préparation préliminaire et indispensable pour obtenir l'essence ; car après avoir distillé ainsi une certaine quantité de roses, telle que celle qu'indique mon savant ami feu le colonel de Polier, membre de la société de Calcutta, dans le tome Ier des Recherches asiatiques, n° XVI, on laisse cette eau de rose exposée à la fraîcheur de la nuit, et le lendemain on trouve une très petite quantité de a'ther (essence) congelée sur la surface de l'eau de rose. On conçoit aisément que la quantité d'essence dépend de la qualité des roses ; celles de Chyrâz, du Kermän et du Kachmyr, sont très renommées.....


 

Rose et rossignol sur la reliure - diwan d'Hafez (Iran, 1842).

Rose et rossignol sur la reliure - diwan d'Hafez (Iran, 1842).

 

XIV°siècle


Le rosaire


La dévotion du rosaire était déjà en usage chez les Cisterciens depuis le XII° siècle et s'est développée au XIII° siècle sous l'influence des dominicains. Il n'existe sous sa forme actuelle qu'à partir du XIV° siècle. C'est pourquoi de nombreux tableaux de la Vierge du Rosaire présentent celle-ci offrant une rose ou un chapelet à saint Dominique, le fondateur de l'ordre.

 
Le rosaire est un exercice de piété catholique qui consiste à dire quatre chapelets d'oraisons. Consacré à la Vierge Marie, Mère de Jésus-Christ, il tire son nom du latin ecclésiastique rosarium qui désigne la guirlande de roses dont les représentations de la Vierge sont couronnées.


Le "chapel" était la couronne de roses qui se plaçait sur la tête des statues de la Vierge dans le culte populaire. Les Dominicaines de Colmar sont ainsi comparées à des roses épanouies dans un jardin. Dans les Cantigas de Santa Maria un chevalier tresse des guirlandes de roses, et chaque rose qui lui manque est remplacée par un Ave Maria.

 

Manuscrit anglais sur le Rosaire, Getty Museum, Vita Christi

Manuscrit anglais sur le Rosaire, Getty Museum, Vita Christi

 

XIV° siècle

 

Le "chapel" était la couronne de roses qui se plaçait sur la tête des statues de la Vierge dans le culte populaire. Les Dominicaines de Colmar sont ainsi comparées à des roses épanouies dans un jardin. Dans les Cantigas de Santa Maria un chevalier tresse des guirlandes de roses, et chaque rose qui lui manque est remplacée par un Ave Maria.

 

Roses de La Vierge Marie 

La fleur devient symbole de pureté lorsqu'il s'agit de Marie, la  "rose sans épines". Le rosaire, ainsi que la rosace des cathédrales, sont aussi des éléments où les représentations de la fleur renvoient à Marie, comme d'ailleurs toute utilisation de la rose dans un contexte chrétien peut être considérée comme une référence indirecte à la Vierge.


Dans la prière du rosaire : 

C’est un ensemble de prières successives dédiées à Marie, interrompues à intervalles réguliers par une prière à Dieu le Père (Notre Père). Chaque série est consacré à la méditation d’un passage d’Evangile dans lequel Marie joue un rôle central. Cette prière répétitive est datée du XIIIe siècle 


 

Reine du Très Saint Rosaire

Reine du Très Saint Rosaire

 

XIV° siècle


La baillée des roses


(d’après un article paru en 1839)
Selon Pierre Jean-Baptiste Legrand d’Aussy, (1737-1800), historien français, cette coutume date du XIV° siècle


(Le titre de duc et pair est l'une des dignités les plus élevées dans la noblesse, juste après les princes du sang, qui sont eux des descendants directs du sang royal et qui sont considérés comme pairs nés de France),  


Présentation des roses (Cérémonie de) au parlement de Paris


Le duc d’Alençon, fils de Henri II, se soumit à cette coutume. En 1586, le roi de Navarre, depuis roi de France, rendit également cet hommage, mais il fut le dernier. Les troubles de la Ligue ayant interrompu les fonctions du parlement et obligé de le transférer à Tours, on ne songea plus à la cérémonie des roses et elle s’abolit.


Les ducs et pairs qui avaient leur pairie dans le ressort du parlement de Paris, devaient trois fois par an présenter, en grande cérémonie, une corbeille de roses aux membres de cette cour de justice.


Cette présentation, qu’on appelait le bail ou la baillée des roses, était d’une grande importance. Le droit de roses se rendait par les pairs, en avril, mai et juin.  Le pair qui devait à son tour présider cette solennité, faisait joncher d’herbes odoriférantes, de fleurs, et surtout de roses, toutes les chambres du parlement. Il réunissait avant l’audience à un déjeuner splendide les présidents, les conseillers et officiers de la Cour ; il se rendait ensuite dans chaque chambre, faisant porter devant lui, au son des harpes et des flageolets, un grand bassin d’argent, plein de bouquets de roses artificielles et de couronnes composées.


Cérémonie des roses


des mêmes fleurs et ornées d’armoiries. Le pair qui faisait la baillée des roses était reçu dans la grand’ chambre, assistait à la messe avec le parlement entier et ordonnait ensuite aux musiciens d’aller faire de la musique chez les présidents avant leur dîner.


Les registres manuscrits du parlement de Paris renferment le procès verbal d’une discussion de préséance entre les ducs de Vendôme, de Guise, de Nevers et de Montpensier, relativement à la présentation des roses du 9 juin 1553. Nous y remarquons le passage suivant :


"Boucherat pour le duc de Guise a dit, que vérité étoit que l’on n’avoit point entendu présenter aujourd’huy les roses dudit seigneur duc, pour faire entreprise sur le tour et ordre du duc de Vendôme ; mais étoit advenu qu’il y avoit assez long-temps que l’on avoit commandé à la rosière de dresser et accoustrer les chapeaux de roses et bouquets de roses que l’on entendoit présenter à la Cour de la part dudit sieur de Guise comme pair de France, ce qu’elle avoit faict ; et pensoit-on que ledit seigneur duc de Vendôme deust plustôt faire présenter les siennes, et pour l’avertissement qui a été fait par la rosière, que les roses qu’elle avoit préparées et accoustrées pour ledit seigneur duc de Guise se gastoient, on avoit advisé de les présenter cejourd’huy, ne devoit toutesfois cela être trouvé étrange ; car à ce qu’il a appris, il se trouvera que deux pairs en mesme jour et mesme heure ont fait présenter leurs roses au regard de l’ordre de la présentation. Quant aux autres pairs, hormis le seigneur duc de Vendôme, s’ils entendoient être preferez au seigneur duc de Guise pour la présentation de leurs roses, demandoit jour pour y venir répondre".


Le parlement avait un faiseur de roses, appelé le Rosier de la cour, et les pairs achetaient de lui celles dont ils faisaient leurs présents. On présentait au parlement de Paris des roses et des couronnes de roses, et à celui de Toulouse, des boutons de rose et des chapeaux de roses. 


On présentait au parlement de Paris des roses et des couronnes de roses, et à celui de Toulouse des bouquets de roses et des chapeaux de roses.


"Coutumes, Mythes et Traditions des Provinces de France"
 

tapisserie la baillée des roses

 

XV° siècle


La rose mystique


Martin Schongauer (1450-1491) peintre et graveur allemand 


Collégiale Saint-Martin de Colmar 
Dans le nimbe d’or de la Vierge, un texte fait parler une rose : 


"Me carpes genito tu quoque o Sanctissima Virgo" : 
"Tu iras, toi aussi, me cueillir (pour ton fils), ô très Sainte Vierge" - 
Antienne de la Fête du Saint-Rosaire 


"Les filles de Sion l'ont vue comme un rosier couvert de fleurs, et ils l'ont proclamée bienheureuse."


Schongauer place sa Vierge à l’Enfant sur un banc de jardin adossé à un treillage supportant un rosier grimpant. La rose est un symbole fréquemment utilisé dans les écrits chrétiens pour évoquer la Vierge. Toute une littérature s’est développée au cours de l’histoire sur ce thème, avec l’ambition d’illustrer le dogme de l’Immaculée Conception. Celui-ci postule que la Vierge n’est pas affectée par le péché originel qui pèse sur l’humanité du fait de la désobéissance d’Adam et Ève, qualifiée de Chute.

Ainsi saint Ambroise écrit :
"Avant que l'Homme ne chute, la Rose était née, sans l'Épine"
Schongauer peint avec une extrême minutie le rosier grimpant sur son treillage en bois : feuilles, fleurs rouges, boutons de rose et branches du rosier. Les roses rouges ne correspondent pas, par leur format, à la plupart des roses actuelles mais se rapprochent des rosa rugosa que nous connaissons aujourd’hui. Une seule rose blanche a été placée à gauche de la tête de la Vierge. Les couleurs peuvent sans doute être associées à une symbolique religieuse dans les esprits les plus raffinés du 15e siècle (rouge : souffrance future du Christ ; blanc : pureté, virginité).

 

La Vierge de la fête du rosaire ou Célébration du Rosaire est une peinture d'Albrecht Dürer, datant de 1506, aujourd'hui exposée à la Galerie nationale à Prague dont c'est l'un des chefs d'œuvre les plus précieux.

 

La Vierge au buisson de roses, copie (1473)

La Vierge au buisson de roses, copie (1473)

 

La Vierge au buisson de roses, copie (1473) - détail

La Vierge au buisson de roses, copie (1473) - détail

La Vierge au buisson de roses, copie (1473) - détail

 

XV° siècle


Vierge au jardinet
Souabe ou Rhin supérieur, fin XVe siècle -  Strasbourg, musée de l'Œuvre Notre-Dame

 

Vierge au jardinet - Souabe ou Rhin supérieur, fin XVe siècle. Strasbourg, musée de l'Œuvre Notre-Dame

Vierge au jardinet - Souabe ou Rhin supérieur, fin XVe siècle. Strasbourg, musée de l'Œuvre Notre-Dame

 

XV° siècle 

 

La guerre des deux roses


Henri VII avait pour père Edmond Tudor de la famille des Tudors de Penmynydd (en), et pour mère Margaret Beaufort de la Maison de Lancastre.

 

Lorsqu'il s'empara de la couronne d'Angleterre après avoir battu Richard III, il entraîna la fin de la guerre des Deux-Roses (1455 - 1485), entre la maison de Lancastre dont l'emblème était la rose rouge de Lancastre, et la maison d'York dont l'emblème était la rose blanche d'York.


Après son mariage avec Élisabeth d'York, Henri VII Tudor créa l'emblème de la rose Tudor rouge à cœur blanc et plus tard fut créé le rosier York et Lancaster panaché rose et blanc.
 

Enluminure rose - Tudor et York - Londres

Enluminure rose - Tudor et York - Londres

 

XVI° siècle

 

Enluminures de roses

Les grandes heures d'Anne de Bretagne - Jean Bourdichon
Roses blanches et rouges (c. 1503-1508)

Les grandes heures d'Anne de Bretagne - Jean Bourdichon  (c. 1503-1508)

 

 

XVI° siècle


Juan Diego Cuauhtlatoatzin  (Diego ou saint Juean Diego - 1474-1548) est le premier chrétien Amérindien déclaré saint par l'Église catholique.

 
Alors qu'il se rend à pied à Mexico, le 9 décembre 1531, une vision de la Vierge Marie lui serait apparue sur la colline de Tepeyac, et lui aurait parlé en langue nahuatl. La Vierge lui aurait alors demandé de faire construire une église en ce lieu, et pour cela, d'aller voir l'évêque de la ville.

 

Juan Diego va voir l'évêque espagnol, Juan de Zumárraga, pour lui transmettre la requête, mais celui-ci ne le croit pas, et lui demande un signe probant de la demande mariale.

 

Le 12 décembre, la Vierge Marie apparaît alors une nouvelle fois à Juan Diego et, pour répondre à la demande de l'évêque, elle invite l'Indien à aller cueillir des roses sur la colline (alors que l'on était en plein hiver). Juan Diego trouve les roses et les présente à l'évêque. Lorsque les fleurs tombent de la tunique, une icône de la Vierge reste imprimée sur le tissu. L'évêque est alors convaincu de l'authenticité de la démarche de l'Amérindien.

 


Une première chapelle est édifiée, au pied de cette colline pour accueillir la précieuse relique (l'image de Notre-Dame de Guadalupe restée imprimée sur la tilma de Juan Diego). Juan Diego s'installe sur place dans un ermitage et accueille les pèlerins indigènes, favorisant le mouvement de conversions religieuses au catholicisme, encouragé par les missionnaires espagnols.
 

 Juan Diego -  Vierge de Guadalupe

Juan Diego - Vierge de Guadalupe

 

XVI° siècle

 

La Vierge de la fête du rosaire ou Célébration du Rosaire est une peinture d'Albrecht Dürer, datant de 1506, aujourd'hui exposée à la Galerie nationale à Prague dont c'est l'un des chefs d'œuvre les plus précieux.

La Vierge de la fête du rosaire par Dürer (Galerie nationale de Prague)

La Vierge de la fête du rosaire par Dürer (Galerie nationale de Prague)

 

XVI° siècle


C’est à Hampton Court qu’Henri VIII donnera ses lettres de noblesses au parfum en rénovant la tour du Bain et, comble de l’extravagance, en y faisant installer des robinets d’où coulait une eau pure puisée à la source Rosamund mais c’est bien Elisabeth I (1533-1558) que l’on garde dans les mémoires comme l’instigatrice d’une cour parfumée. 


La Reine fit installer des parfumeurs vénitiens à sa cour qui se trouva vite remplie de la fragrance de parfums à la rose, des pommes d’ambres etc.
On découvre sur les portraits de la fin de son règne, sa robe couverte de roses, peut-être est-ce en référence à la rose des Tudor !

 

Élisabeth Ire, le portrait dit Phénix , vers 1575 - Nicolas Hillier

Élisabeth Ire, le portrait dit Phénix , vers 1575 - Nicolas Hillier

 

XVI° siècle


Dans "The Parlement of Roses to Julia" de Robert Herrick : 
"Réunis en parlement tous ces seigneurs proclamèrent la rose reine des fleurs".

 

 

XVI° siècle


Pierre de Ronsard (1524 – 1585) - poète
  Sur la mort de Marie, 1578

 

Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose

 

Comme on voit sur la branche au mois de mai la rose,

En sa belle jeunesse, en sa première fleur,

Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,

Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose ;

 

La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,

Embaumant les jardins et les arbres d’odeur ;

Mais, battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur,

Languissante elle meurt feuille à feuille déclose.

 

Ainsi en ta première et jeune nouveauté,

Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beauté,

La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.

 

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,

Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,

Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.
 

Marie de Clèves

Marie de Clèves

 

Pierre de Ronsard (1524 – 1585) - poète

Amours de Cassandre

 

Prends cette rose


Prends cette rose, aimable comme toi

Qui sers de rose aux roses les plus belles,

Qui sert de fleur aux fleurs les plus nouvelles,

Dont la senteur me ravit tout de moi.

 

Prends cette rose, et ensemble reçois

Dedans ton sein mon cœur qui n’a point d’ailes,

Il est constant, et cent plaies cruelles

N’ont empêché qu’il ne gardât sa foi.

 

La rose et moi différons d’une chose

Un soleil voit naître et mourir la rose,

Mille soleils ont vu naître m’amour.

 

Ah ! je voudrais que telle amour éclose

Dedans mon cœur qui jamais ne repose,

Comme une fleur, ne m’eût duré qu’un jour.

 

 

Pierre de Ronsard (1524 – 1585) - poète

A Cassandre

 

Mignonne, allons voir si la rose

 

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avoit desclose

Sa robe de pourpre au Soleil,

A point perdu ceste vesprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,

Mignonne, elle a dessus la place

Las ! las ses beautez laissé cheoir !

Ô vrayment marastre Nature,

Puis qu'une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que vostre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez vostre jeunesse :

Comme à ceste fleur la vieillesse

Fera ternir vostre beauté.


 

Cassandre Salviati -

Cassandre Salviati -

 

XVII° siècle

 

William Shakespeare (1564-1616) dramaturge, poète et acteur anglais 
Oeuvre complètes de Shakespeare - traduction de M. Guisot 


Poèmes et sonnets - LIV


......O combien la beauté semble plus belle sous les ornements précieux qu'y ajoute la fidélité ! La rose est charmante, mais nous la trouvons plus charmante encore à cause de ce doux parfum qui réside dans son sein.

Les églantines ont des nuances aussi vives que les pétales parfumées de roses, elles sont entourées des mêmes épines et elles se balancent aussi voluptueusement quant le souffle de l'été entr'ouvre leurs boutons, mais leur beauté est toute leur valeur, elles meurent sans qu'on les ait recherchées, elles se fanent sans avoir inspiré de tendresse, elles meurent pour elles-mêmes.

Il n'en est pas ainsi des roses parfumées ; leur suave mort engendre des parfums délicieux ; de même pour vous, aimable et beau jeune homme, quand tous les charmes se flétriront, on distillera votre fidélité dans les vers.......

 

 


William Shakespeare (1564-1616)


“What’s in a name?

That which we call a rose,

By any other name would smell as sweet.”

 

"Qu’y a-t-il dans un nom?

Ce que nous appelons rose,

Par n’importe quel autre nom sentirait aussi bon."
 

Rose - Romeo et Juliette

Rose - Romeo et Juliette

 

XVII° siècle


icône de Simon Ouchakov  (1626–1686) 
représentant Marie sur une rose rouge, croissant comme un rosier au-dessus de la ville de Moscou 

 

XVII° icône de Simon Ouchakov  (1626–1686)  Marie sur une rose rouge,

XVII° icône de Simon Ouchakov (1626–1686) Marie sur une rose rouge,

 

XVII° siècle


Jean de la Taille (1533-1611) - poète


Le blason de la rose

 

Aux uns plaît l'azur d'une fleur

Aux autres une autre couleur :

L'un du lis, de la violette,

L'autre blasonne de l'œillet

Les beautés ou d'autre fleurette

L'odeur ou le teint vermeillet :

A moi sur toute fleur déclose

Plaît l'odeur de la belle rose.

 

J'aime à chanter de cette fleur

Le teint vermeil et la valeur,

Dont Vénus se pare et l'aurore,

De cette fleur qui a le nom

D'une que j'aime et que j'honore,

Et dont l'honneur ne sent moins bon :

J'aime sur toute fleur déclose

A chanter l'honneur de la rose.

 

La rose est des fleurs tout l'honneur,

Qui en grâce et divine odeur

Toutes les belles fleurs surpasse,

Et qui ne doit au soir flétrir

Comme une autre fleur qui se passe,

Mais en honneur toujours fleurir :

J'aime sur toute fleur déclose

A chanter l'honneur de la rose.

 

Elle ne défend à aucun

Ni sa vue ni son parfum,

Mais si de façon indiscrète

On la voulait prendre ou toucher,

C'est lors que sa pointure aigrette

Montre qu'on n'en doit approcher :

J'aime sur toute fleur déclose

A chanter l'honneur de la rose.
 

Jules Frederic Ballavoine (1855-1901)

Jules Frederic Ballavoine (1855-1901)

 

XVII° siècle 

La Légende de
Claudine de Montjoie (1571 - 1612)


Au XVI ème siècle vivait dans le château de Montjoie (Doubs)  le seigneur Jean de Thuillières réputé pour son avarice et son absence de coeur, avait une fille Claudine qui était tout l'opposé de son père. 


Elle ne supportait pas de voir le peuple souffrir. Elle distribuait aux pauvres tout l'argent dont elle pouvait disposer. Elle distribuait également les restes de nourriture qu'elle trouvait dans les cuisines. Tout cela déplaisait à son père qui lui reprochait ses dépenses pour les pauvres gens.


Un jour, qu'elle emportait des morceaux de pain cachés dans son tablier, elle rencontra son père en quittant le chateau qui lui dit : "Claudine que caches-tu dans ton tablier ?  Elle ouvrit son tablier, ce ne fut pas du pain qui tomba mais une brassée de roses. Le seigneur ramassa une rose en disant : "Je garderai cette fleur toute ma vie, Claudine, à partir de ce jour, tu n'auras plus à craindre ma colère lorsque tu aideras les pauvres gens."

 

Le lendemain, il saisit la rose, cachée dans un vase, une rose superbe dont le parfum envoûta l’assistance, et il dit : .
 
"Cette rose a été prise par le seigneur avare dans le tablier de sa fille où il croyait trouver ce qu’elle destinait aux pauvres ! Dieu avait changé le pain en rose ! le père reconnut un miracle."

 

Le seigneur de Montjoie, transformé encouragea sa fille à poursuivre ses bonnes oeuvres. C'est ainsi que l'on parla du miracle des roses ou du miracle de Sainte-Claudine.

Le baron répandit depuis ce jour sa bonté et Montjoie fut bien dénommé.

 

Quand Claudine mourut, jeune hélas, elle fut portée dans la chapelle du château.
 

Soixante dix ans après la mort de Claudine, on découvrit dans le caveau familial, le corps de Claudine de Montjoie en parfait état de conservation. A Montjoie fut fondé en 1320 une chapelle. Elle fut détruite en 1635 en même temps que le château. Le comte de Montjoie-Vaufrey la fit rebâtir en 1736.

 

Dans la chapelle on peut voir le corps de Claudine de Montjoie placé dans une loge vitrée. Claudine de Montjoie fut vénérée durant sa vie et après sa mort. On venait de loin pour implorer sa bonté. Mais le culte rendu à Claudine de Montjoie ne fut jamais reconnu officiellement par l'église catholique.

 

 

Corps momifié, naturellement, de Claudine de Montjoie. Dans la chapelle de Montjoie-le-Château. Doubs

Corps momifié, naturellement, de Claudine de Montjoie. Dans la chapelle de Montjoie-le-Château. Doubs

 

XVII° siècle

 

En Orient
Une broderie de roses Persan Yellow du XVII° siècle a été retrouvée à Ispahan. Et les roses n’ont jamais cessé d’être un motif décoratif des tapisseries, broderies et tissages au Moyen-Orient comme en Europe.

 

Elle est également omniprésente comme motif décoratif dans les tapisseries et les porcelaines

 

On retrouve la rose dans les natures mortes des peintres flamands et hollandais du XVIIe siècle, avec de somptueuses compositions florales. 

 

Jan Philip Van Thielen (1618-1667) 
guirlande de fleurs encadrant un cartouche représentant la résurrection

 

Ambrosius Bosschaert l'Ancien (1573 -1621)
nature morte avec roses dans un vase - 1619

 

Jan van Kessel (1626-1679) 
Vanité (vers 1665-1670)

 

 

Jan Philip Van Thielen (1618-1667)  guirlande de fleurs encadrant un cartouche représentant la résurrection -Ambrosius Bosschaert l'Ancien (1573 -1621) nature morte avec roses dans un vase - 1619-  Jan van Kessel (1626-1679)  Vanité (vers 1665-1670)
Jan Philip Van Thielen (1618-1667)  guirlande de fleurs encadrant un cartouche représentant la résurrection -Ambrosius Bosschaert l'Ancien (1573 -1621) nature morte avec roses dans un vase - 1619-  Jan van Kessel (1626-1679)  Vanité (vers 1665-1670)
Jan Philip Van Thielen (1618-1667)  guirlande de fleurs encadrant un cartouche représentant la résurrection -Ambrosius Bosschaert l'Ancien (1573 -1621) nature morte avec roses dans un vase - 1619-  Jan van Kessel (1626-1679)  Vanité (vers 1665-1670)

Jan Philip Van Thielen (1618-1667)  guirlande de fleurs encadrant un cartouche représentant la résurrection -Ambrosius Bosschaert l'Ancien (1573 -1621) nature morte avec roses dans un vase - 1619- Jan van Kessel (1626-1679)  Vanité (vers 1665-1670)


Martial de Brives (1600-1653), capucin, 
Paraphrase des Litanies de la Vierge Marie, 

 

Rosa Mystica, Orá.


Fleur dont jamais l'éclat ne passe,

Deux miracle, aymable Thresor

Mystérieuse Rose d'or

L' Honneur du Printemps de la Grâce:

Rose qui semez d'ornement,

Au parterre du Firmament

Où toutes les fleurs sont diurnes;

Sainte Rose souvenez-vous

Que la Rose aymant les espinés,

Vous oblige à avoir de l'amitié pour nous.

rose mystique

rose mystique

 

Pierre Corneille (1606-1684) - poète
le passage rapide du temps 

 

A la Marquise

 

Marquise, si mon visage

A quelques traits un peu vieux,

Souvenez-vous qu'à mon âge

Vous ne vaudrez guère mieux.

 

Le temps aux plus belles choses

Se plaît à faire un affront,

Et saura faner vos roses

Comme il a ridé mon front.
 

François Boucher - Madame de Pompadour

François Boucher - Madame de Pompadour

 

XVII° siècle


François de Malherbe (1555-1628) - poète

Recueil : Poésies livre II.
Consolation à Monsieur du Périer 
stances sur la mort de sa fille,


.....

Je sais de quels appas son enfance était pleine,

Et n'ai pas entrepris,

Injurieux ami, de soulager ta peine

Avecque son mépris.

 

Mais elle était du monde, où les plus belles choses

Ont le pire destin ;

Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,

L'espace d'un matin.
.....
 

Mythologie des fleurs - La rose

 

XVII° siècle

 

1616

Les Rose-Croix, 


Au début du XVII° siècle paraissent en Allemagne les manifestes de la fraternité de la Rose-Croix. 


La Rose-Croix y est présentée comme un ordre secret qui aurait été fondé au xve siècle par un personnage mythique, Christian Rosenkreutz. Relevant de l'hermétisme chrétien, du néoplatonisme et de paracelsisme, ils en appellent aux savants et aux gouvernants de l'Europe, proposant de leur révéler leur mystérieuse sagesse.


Ils sont vraisemblablement l'œuvre d'un groupe de jeunes théologiens, médecins et philosophes de l'université luthérienne de Tübingen, autour de Johann Valentin Andreae (1586-1654). Ils eurent un retentissement considérable à l'époque, suscitant enthousiasmes et controverses dans toute l'Europe.


Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz 
L'action se situe en 1459. C'est un texte allégorique, poétique et satirique dans la tradition des grands textes alchimiques, qui narre à la première personne l'expérience de Christian Rosenkreutz, personnage fictif, durant sept journées.


..."Les arcanes s'avilissent quand ils sont révélés ; et, profanés, ils perdent leur grâce. Ne jette donc pas de marguerites aux pourceaux, et ne fais point à un âne une litière de roses"


indiquant qu'il s'agit d’une œuvre codée, ésotérique. D'une grande qualité littéraire, il se prête à de nombreuses interprétations.


On y relève particulièrement des aspects alchimiques, théologiques, allégoriques, psychologiques, spiritualistes, numérologiques, hermétistes qui révèlent des connaissances précises d'alchimie chrétienne, de magie, de mathématiques et un intérêt pour la mécanique et la pansophie.

 

 

À partir du XVIII° siècle, en marge et au sein de la franc-maçonnerie, puis dans les milieux occultistes du XIX° siècle jusqu'à aujourd'hui, de nombreux mouvements se sont réclamés de l'ordre de la Rose-Croix ou se sont référés à une "tradition rosicrucienne".

 

XVII° Siècle


La distillation et la popularité de l'eau de rose


Née à Kandahar,  Mihr un-Nisâ,(1577-1645) (Soleil parmi les femmes) a grandi dans l'empire moghol. Mariée à Ali Quli, qui s'est battu  et est mort pour le prince Salim (le futur Jahangir), il reçoit le titre de Sher Afghan pour sa bravoure. Après la mort de Sher Afghan, la jeune veuve et sa fille Ladli ont été amenées à Agra, préposée à Salima Sultana Begum, l'épouse d'Akbar et la belle-mère de Jahangir.


En 1605, après la mort d'Akbar, Jahângîr ou Djahanguir (possesseur du monde en persan), de son vrai nom Salîm, Nûr ud-Din Muhammad - (Fatehpur-Sikri, 1569-1627) devient le quatrième empereur moghol de l'Inde.


Dans le harem moghol, Mihr un-Nisâ façonnait des brocarts, des tissus et des soies aux couleurs vives pour les dames du harem. Ses créations étaient très recherchées et définissaient souvent les tendances de la mode. En 1611, Jahângîr  la rencontre à Meena Bazar - une foire du nouvel an et tombe amoureux d'elle. Ils se mariént la même année.


La princesse Mihr un-Nisâ devient Nour-Djihân (Nûr Jahân, Lumière du palais     titre qu'il lui donne)) inspira à Jahângîr une violente passion.....
Elle a également reçu le titre de Badshah Begum. Elle devient la femme la plus puissante de l'empire moghol. Elle composait parfois des poèmes persans sous le nom de plume de Makhfí , ou le caché, 


Noùr-Djihân Beygum avait un goût raffiné et ne négligea aucun moyen de captiver le monarque, elle fit beaucoup d'innovations,

-"l'essence d'eau de rose", qu'elle nomma d'abord essence de Djihânguyr, ainsi que quelques autres parfums d'un moindre prix dont elle procura la jouissance aux hommes peu favorisés de la fortune, sont de son invention et de celle de sa mère Asmat Begum, qui avait découvert l'a'thar ou l'essence de roses, mais le mérite de la distiller et de la populariser lui revient.


..........Ce fut dans une fête donnée par cette femme ambitieuse, adroite et magnifique, à son illustre époux, que l'essence de rose fut découverte. Les amusements et les jouissances de toute espèce furent prodigués à cette occasion. La princesse poussa le luxe et la recherche jusqu'à faire circuler dans les jardins un petit canal rempli d'eau de rose..


Tandis que l'empereur se promenait avec elle sur le bord de ce canal, ils aperçurent une espèce de mousse qui s'était formée sur l'eau, et qui nageait à la surface. On attendit, pour la retirer, qu'elle fut arrivée au bord, et l'on reconnut alors que c'était une substance des roses que le soleil avait recuite, et pour ainsi dire, rassemblée en masse. Tout le sérail s'accord à reconnaître cette substance huileuse pour le parfum le plus délicat que l'on connût dans l'Inde. Dans la suite, l'art tâcha d'imiter ce qui avait été d'abord le produit du hasard et de la nature"......


 (histoire générale du Moghol, tome Ier, pag. 326 et 327  - 2° édition
 

Nur Jahan de Kandahar

Nur Jahan de Kandahar

 

XVI° - XVII° - XVIII°  XIX°- siècle

 

La rose médicinale


Avec les roses de Provins, on faisait de nombreux produits utilisés comme remèdes. La recette est donnée par deux médecins, Charles Estienne et Jean Liebault en 1583. Elle consistait à distiller de l'eau de roses de Provins avec des roses blanches dans des récipients de verre et non de plomb afin de garder l'odeur et la saveur des fleurs.


L'infusion, aussi appelé sirop de roses, avait la réputation de guérir certains maux de ventre, et d'être utile aux fièvres tierces, à la jaunisse, à désopiler le foie et à la palpitation du cœur.


L'onglet des pétales, en décoction, était utilisé dans le but d'arrêter toutes sortes de flux. Les provinois en faisaient un médicament connu sous le nom de conserve liquide et une conserve sèche, plus fantaisiste que médicinale. On vendit longtemps roses sèches et conserves aux grandes foires de Champagne et de Brie d'où elles passaient dans tout le royaume de France, à l'étranger jusqu'en Orient.


Intérêt auprès de célébrités
On fabriquait également des sachets et des coussins de roses sèches qu'on offrait, dès 1310, aux personnes importantes qui passaient à Provins.

C'est ainsi que Charles VII, Jeanne d'Arc, François Ier, Henri II, Catherine de Médicis les reçurent comme présents.


Louis XIV, lors de ses quatre passages, eut droit aux roses et aux conserves de Provins et lors de sa dernière visite, en 1681, on lui remit 24 livres de conserves de roses.


En 1725, la princesse Marie Leszczyńska eut droit aux mêmes présent.


Napoléon Ier, selon une anecdote locale, reçut en plus des bonbons à la rose. La jeune fille qui les lui présenta, lui aurait dit : Toi que la fortune comble de tous ses dons Enfant gâté de la victoire, Amuse-toi, ici, de ces quelques bonbons Pour te délasser de la gloire.


Le 21 septembre 1828, Charles X, fut reçu par la ville de Provins, et douze jeunes filles lui remirent également des conserves de roses.


Dès la fin du XVIII° siècle, des roses rouges de toutes provenances usurpaient la rose de Provins en pharmacie et en parfumerie, ce qui finit par concurrencer et par ruiner le commerce de la vraie rose provinoise tombée en état de langueur peu avant la Révolution.


Les roses utilisées au début du XIX° siècle par les parfumeurs parisiens étaient des roses de Damas cultivées à Puteaux, plus proche de la capitale que Provins, pour l'approvisionnement en fleurs fraîches.

Mythologie des fleurs - La rose

 

XVIII°siècle


De Montpellier à la Cour de France


Jean-Louis Fargeon Aîné, célèbre au début du XVIIIème siècle, fondateur de la Maison Oriza fournisseur de Louis XV et de sa Cour Parfumée et illustre parfumeur de la Reine Marie-Antoinette connue et reconnue pour ses goûts raffinés et son addiction aux parfums naturels de fleurs : rose, jasmin, iris, violette, œillet..


la Reine aimait les fleurs à la folie, rose, jonquille, lilas, violette, lys…Fargeon confectionna une eau, une poudre et une pommade "A la Reine"…Marie-Antoinette préférait les eaux simples comme "les Eaux Spiritueuses de Roses et des pots pourris aux Mille Fleurs…Pour s’endormir, Fargeon lui composait L’Eau d’Ange…

 

 

XVIII° siècle

 

La nomenclature du calendrier républicain fut promulguée par décret du 4 frimaire an II (24 novembre 1793).Il fut aboli le 1er janvier 1806 (11 nivôse an XIV) par Napoléon Ier.


Dans le calendrier républicain français, 
le 1° jour (20 avril) du mois de Floréal (20 avril – 19 mai), est officiellement dénommé :

"jour de la rose".

 

Le Soleil entre au signe du Taureau 
Sitôt que Flore en sa magnificence, 
Promet dans ses présents des trésors aux humains 
On aime à voir la candeur l'innocence 
Que la Jeune Beauté couronne de ses mains

 

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris. Il entre en vigueur le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793), mais débute le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792), jour de proclamation de la République, déclaré premier jour de l' "ère des Français".

Floréal commence le 21 avril


 

XIX° siècle

 
conte court de l’écrivain danois Hans Christian Andersen, paru en 1841, traduit du danois par David Soldi (1819-1884).


Une rose de la tombe d'Homère 
Le récit


Dans tous les chants d'Orient on parle de l'amour du rossignol pour la rose. Dans les nuits silencieuses, le troubadour ailé chante sa sérénade à la fleur suave.


Non loin de Smyrne, sous les hauts platanes, là où le marchand pousse ses chameaux chargés de marchandises qui lèvent fièrement leurs longs cous et foulent maladroitement la terre sacrée, j'ai vu une haie de rosiers en fleurs. Des pigeons sauvages volaient entre les branches des hauts arbres et leurs ailes scintillaient dans les rayons de soleil comme si elles étaient nacrées.


Une rose de la haie vivante était la plus belle de toutes, et c'est à elle que le rossignol chanta sa douleur. Mais la rose se tut, pas une seule goutte de rosée en guise de larme de compassion ne glissa sur ses pétales, elle se pencha seulement sur quelques grandes pierres.


- Ci-gît le plus grand chanteur de ce monde, dit la rose. Au-dessus de sa tombe je veux répandre mon parfum, et sur sa tombe je veux étaler mes pétales quand la tempête me les arrachera. Le chanteur de l'Iliade est devenu poussière de cette terre où je suis née. Moi, rose de la tombe d'Homère, suis trop sacrée pour fleurir pour n'importe quel pauvre rossignol.
Et le rossignol chanta à en mourir.


Le chamelier arriva avec ses chameaux chargés et ses esclaves noirs. Son jeune fils trouva l'oiseau mort et enterra le petit chanteur dans la tombe du grand Homère ; et la rose frissonna dans le vent. Le soir, la rose s'épanouit comme jamais et elle rêva que c'était un beau jour ensoleillé. Puis un groupe de Francs, en pèlerinage à la tombe d'Homère, s'approcha. Il y avait parmi eux un chanteur du nord, du pays du brouillard et des aurores boréales. Il cueillit la rose, l'inséra dans son livre et l'emporta ainsi sur un autre continent, dans son pays lointain. La rose fana de chagrin et demeura aplatie dans le livre. Lorsque le chanteur revint chez lui, il ouvrit le livre et dit : Voici une rose de la tombe d'Homère.


Tel fut le rêve de la petite rose lorsqu'elle s'éveilla et tressaillit de froid. Des gouttes de rosée tombèrent de ses pétales et, lorsque le soleil se leva, elle s'épanouit comme jamais auparavant. Les journées torrides étaient là, puisqu'elle était dans son Asie natale. Soudain, des pas résonnèrent, les Francs étrangers qu'elle avait vus dans son rêve arrivaient, et parmi eux le poète du nord. Il cueillit la rose, l'embrassa et l'emporta avec lui dans son pays du brouillard et des aurores boréales.


Telle une momie la fleur morte repose désormais dans son Iliade et comme dans un rêve elle entend le poète dire lorsqu'il ouvre le livre : Voici une rose de la tombe d'Homère.


 

 

XIX° siècle
 

Oscar Wilde écrivain (1854-1900), romancier, dramaturge et poète irlandais 


Le Rossignol et la Rose


........Quand la lune brilla dans les cieux, le Rossignol vola jusqu'au Rosier et appliqua sa poitrine tout contre l'épine. Toute la nuit, il chanta, la poitrine contre l'épine, et la froide Lune de cristal se pencha pour l'écouter. Toute la nuit il chanta, l'épine s'enfonçait de plus en plus dans sa poitrine, et le sang qui lui donnait la vie s'échappait de son corps.


Il chanta, tout d'abord, la naissance de l'amour dans le coeur d'un garçon et d'une fillette. Et sur la plus haute branche du Rosier fleurit une rose magnifique, pétale après pétale, chanson après chanson. Elle eut d'abord la pâleur d'un brouillard s'élevant au-dessus du fleuve - celle des pieds du Matin, puis la couleur argentée des ailes de l'Aube. Ombre d'une rose en un miroir d'argent, ombre d'une rose en une nappe d'eau, telle était la rose qui fleurissait sur la plus haute branche de l'Arbrisseau.


Mais l'Arbrisseau cria au Rossignol d'appuyer plus fort contre l'épine. "Appuie plus fort, petit Rossignol, s'écriait l'Arbrisseau, ou le Jour paraîtra avant que la rose ne soit achevée."


Et le Rossignol appuya plus fort co

ntre l'épine, et son chant se fit plus sonore, car il chantait la naissance de la passion dans l'âme d'un homme et d'une jeune fille.


Une délicate nuance de rose gagna les pétales de la rose; on eût dit le visage rougissant de l'époux quand il baise les lèvres de l'épouse. Mais l'épine n'avait pas encore atteint son coeur, si bien que le coeur de la rose restait blanc car seul le sang d'un coeur de Rossignol peut rougir un coeur de rose.


Et le Rossignol appuya plus fort contre l'épine. L'épine lui toucha le coeur, et une douleur aiguë le traversa soudain. Amère, amère fut cette douleur, et son chant se fit plus insensé, car il chantait l'Amour qui trouve sa perfection dans la Mort, de l'Amour qui ne meurt pas dans la tombe.
La magnifique rose devint écarlate, autant que celle du ciel d'Orient. Écarlate était la ceinture de pétales, écarlate le coeur qui semblait un rubis.
Mais la voix du Rossignol s'affaiblissait, ses petites ailes commencèrent à battre et un voile lui couvrit les yeux. Son chant se fit de plus en plus faible et il sentit quelque chose l'étouffer.


C'est alors qu'il exhala une dernière bouffée de musique. La Lune blanche l'entendit, en oublia l'aube et s'attarda dans le ciel. La Rose rouge qui l'entendit trembla, tout entière en extase, et dans l'air frai du matin ouvrit ses pétales. Écho l'emporta jusque dans sa caverne pourprine, sur les collines, et elle réveilla de leurs rêves les pâtres endormis. Elle flotta parmi les roseaux du fleuve, et ils portèrent son message jusqu'à la mer.


"Regarde, regarde! s'écrira l'Arbrisseau, la rose est achevée ce matin" ; mais le Rossignol ne répondit rien car il gisait mort parmi les hautes herbes, le coeur percé d'une épine.


...
La fille du Professeur était assise sous le proche. Elle dévidait de la soie bleue. Son peti chien était allongé à ses pieds.


"Vous avez dit que vous danseriez avec moi si je vous apportais une rose rouge, s'écria l'Étudiant. Voici la rose la plus rouge qui existe au monde. Ce soir vous la porterez tout près de votre coeur, et pendant que nous danserons elle vous dira combien je vous aime."


Mais la jeune fille fronça les sourcils.


"Je crains qu'elle n'aille pas avec ma robe, répondit-elle; d'ailleurs, le neveu du Chambellan m'a envoyé de vrais bijoux, et tout le monde sait que les bijoux coûtent plus cher que les fleurs."


"Eh bien, par ma foi, vous êtes bien ingrate», dit l'étudiant en fureur. Et il jeta la rose dans la rue où elle tomba dans le caniveau. Une charrette lui roula dessus."


...
La présente nouvelle d'Oscar Wilde (1854-2000) a pour sujet l'ingratitude et l'indifférence des humains - ici une jeune fille et un jeune homme - à l'égard d'un amour qui va jusqu'à la mort. L'acte sacrificiel* pour le bien-être et le salut d'autrui semble ignoré et méconnu.....

 

Mythologie des fleurs - La rose

 

XIX° siècle 

 

Art nouveau

Vitraux Koening Lafitte Nancy à Décors De Rose Et D Une Vue D Un Village Vosgien
 

Vitraux Art Nouveau Koening Lafitte Nancy à Décors De Rose Et D Une Vue D Un Village Vosgie

Vitraux Art Nouveau Koening Lafitte Nancy à Décors De Rose Et D Une Vue D Un Village Vosgie


 

XIX° siècle 

 

Dans La Belle au bois dormant, conte de Charles Perrault repris plus tard par Jacob et Wilhelm Grimm, la princesse endormie, qui se nomme Dornröschen (Rose-épine) dans le conte allemand, est protégée par un mur d’églantiers.

 

 

 


Emile Zola (1840-1902) écrivain et journaliste  

Les Rougon-Macquart

........."Claude s’était pendu à la grande échelle, en face de son œuvre manquée. Il avait simplement pris une des cordes qui tenaient le châssis au mur, et il était monté sur la plate-forme en attacher le bout à la traverse de chêne, clouée par lui un jour, afin de consolider les montants. Puis, de là-haut, il avait sauté dans le vide. En chemise, les pieds nus, atroce avec sa langue noire et ses yeux sanglants sortis des orbites, il pendait là, grandi affreusement dans sa raideur immobile, la face tournée vers le tableau, tout près de la Femme au sexe fleuri d’une rose mystique, comme s’il lui eût soufflé son âme à son dernier râle, et qu’il l’eût regardée encore, de ses prunelles fixes.............


La faute de l'Abbé Mouret

.....Elle était la Rose mystique, une grande fleur éclose au paradis, faite des Anges entourant leur Reine, si pure, si odorante, qu’il la respirait du bas de son indignité avec un gonflement de joie dont ses côtes craquaient. Elle se changeait en Maison d’or, en Tour de David, en Tour d’ivoire, d’une richesse inappréciable, d’une pureté jalousée des cygnes, d’une taille haute, forte, ronde, à laquelle il aurait voulu faire de ses bras tendus une ceinture de soumission. Elle se tenait debout à l’horizon, elle était la Porte du ciel, qu’il entrevoyait derrière ses épaules, lorsqu’un souffle de vent écartait les plis de son voile......

 

XIX° siècle

François-Marie Robert-Dutertre (1815-1898) poète
Recueil : Les loisirs lyriques (1866).


Le vin.


Jeunes et vieux, si vous êtes moroses

J'ai le secret de rendre la gaité ;

Si vous voulez voir refleurir les roses

De votre teint, signe de la santé,

Mieux qu'un docteur aux savantes formules

Qui vous prescrit tisanes et pilules,

Par la vertu de ma rouge liqueur

Je rends la vie et réchauffe le cœur.

.........
 

 

 

 

XIX° siècle


Théophile Gautier (1811-1872) poète romancier
Émaux et Camées, publié en 1852


La rose thé

 

La plus délicate des roses

Est, à coup sûr, la rose-thé.

 

Son bouton aux feuilles mi-closes

De carmin à peine est teinté.

 

On dirait une rose blanche

Qu'aurait fait rougir de pudeur,

 

En la lutinant sur la branche,

Un papillon trop plein d'ardeur.

 

Son tissu rose et diaphane

De la chair a le velouté ;

 

Auprès, tout incarnat se fane

Ou prend de la vulgarité.

 

Comme un teint aristocratique

Noircit les fronts bruns de soleil,

De ses soeurs elle rend rustique

Le coloris chaud et vermeil.

 

Mais, si votre main qui s'en joue,

A quelque bal, pour son parfum,

La rapproche de votre joue,

Son frais éclat devient commun.

 

Il n'est pas de rose assez tendre

Sur la palette du printemps,

Madame, pour oser prétendre

Lutter contre vos dix-sept ans.

 

La peau vaut mieux que le pétale,

Et le sang pur d'un noble coeur

Qui sur la jeunesse s'étale,

De toutes les roses est vainqueur !
 

Konstantin Razumov

 

Victor Hugo (1802-1885) poète, dramaturge, écrivain, romancier et dessinateur romantique français, 

La Légende des siècles, Hetzel, 1859, première série (p. 113-123).

 

La rose de l’infante

 

Elle est toute petite ; une duègne la garde.

Elle tient à la main une rose et regarde.

Quoi ? que regarde-t-elle ? Elle ne sait pas. L’eau ;

Un bassin qu’assombrit le pin et le bouleau ;

Ce qu’elle a devant elle ; un cygne aux ailes blanches,

Le bercement des flots sous la chanson des branches,

........................

Cependant, sur le bord du bassin, en silence,

L’infante tient toujours sa rose gravement,

Et, doux ange aux yeux bleus, la baise par moment.

Soudain un souffle d’air, une de ces haleines

Que le soir frémissant jette à travers les plaines,

Tumultueux zéphyr effleurant l’horizon,

Trouble l’eau, fait frémir les joncs, met un frisson

Dans les lointains massifs de myrte et d’asphodèle,

Vient jusqu’au bel enfant tranquille, et, d’un coup d’aile,

Rapide, et secouant même l’arbre voisin,

Effeuille brusquement la fleur dans le bassin ;

Et l’infante n’a plus dans la main qu'une épine ;

Elle se penche, et voit sur l’eau cette ruine ;

Elle ne comprend pas ; qu’est-ce donc ? Elle a peur ;

Et la voilà qui cherche au ciel avec stupeur

Cette brise qui n’a pas craint de lui déplaire.

Que faire ? Le bassin semble plein de colère ;

Lui, si clair tout à l’heure, il est noir maintenant ;

Il a des vagues ; c’est une mer bouillonnant ;

Toute la pauvre rose est éparse sur l’onde ;

Ses cent feuilles, que noie et roule l’eau profonde,

Tournoyant, naufrageant, s’en vont de tous côtés

Sur mille petits flots par la brise irrités ;

On croit voir dans un gouffre une flotte qui sombre.

" — Madame, dit la duègne avec sa face d’ombre

À la petite fille étonnée et rêvant,

Tout sur terre appartient aux princes, hors le vent."
 

la rose de l'infante - Escholier, Claude (Paris, 02–12–1910), peintre

la rose de l'infante - Escholier, Claude (Paris, 02–12–1910), peintre

Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)
(Poésies inédites)


 Les Roses de Saadi


J'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;

Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes

Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir.

 

Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées

Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées. 

Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;

 

La vague en a paru rouge et comme enflammée. 

Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...

Respires-en sur moi l'odorant souvenir.


 

Mythologie des fleurs - La rose

 

XIX° siècle


Jules Renard (1864-1910)

"Imaginez l’émerveillement de l’Homme s’il voyait
aujourd’hui la première rose! Il ne saurait quel
nom extraordinaire lui donner. "

 

 

Charles Leconte de Lisle (1818-1894) poète 


Ah ! de sa tige d’or quand cette Fleur du ciel

Tomba pour embaumer les vallons d’Israël,

Que les vents étaient doux qui passaient dans les nues !

Tu vis naître, ô Saron, des roses inconnues !
 

 

 

Leconte de Lisle  (1818-1894) poète

(Poèmes tragiques)

 

Les roses d'Ispahan

 

Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse, 

Les jasmins de Mossoul, les fleurs de l'oranger 

Ont un parfum moins frais, ont une odeur moins douce, 

O blanche Leïlah ! que ton souffle léger.

 

Ta lèvre est de corail, et ton rire léger 

Sonne mieux que l'eau vive et d'une voix plus douce, 

Mieux que le vent joyeux qui berce l'oranger, 

Mieux que l'oiseau qui chante au bord du nid de mousse.

 

Mais la subtile odeur des roses dans leur mousse,

La brise qui se joue autour de l'oranger

Et l'eau vive qui flue avec sa plainte douce

Ont un charme plus sûr que ton amour léger !

 

O Leïlah ! depuis que de leur vol léger 

Tous les baisers ont fui de ta lèvre si douce,

 Il n'est plus de parfum dans le pâle oranger, 

Ni de céleste arome aux roses dans leur mousse.

 

L'oiseau, sur le duvet humide et sur la mousse, 

Ne chante plus parmi la rose et l'oranger ; 

L'eau vive des jardins n'a plus de chanson douce, 

L'aube ne dore plus le ciel pur et léger.

 

Oh ! que ton jeune amour, ce papillon léger,

Revienne vers mon coeur d'une aile prompte et douce,

Et qu'il parfume encor les fleurs de l'oranger,

Les roses d'Ispahan dans leur gaîne de mousse !

Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953) Les Roses d'Ispahan

Lucien Lévy-Dhurmer (1865-1953) Les Roses d'Ispahan

 

XIX° siècle


Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) romancier, dramaturge, poète,
"Heidenröslein"  - La petite rose a été écrit en tant que poème 


Il a été publié pour la première fois en 1799. Franz Schubert a mis le poème en musique en 1815.

 
Deux autres compositeurs allemands l'ont aussi mis en musique : Carl Friedrich Zelter et Heinrich Werner.


Heidenröslein (allemand)

Chanson traditionnelle
Sah ein Knab' ein Röslein stehn,
Röslein auf der Heiden,
War so jung und morgenschön,
Lief er schnell, es nah zu sehn,
Sah's mit vielen Freuden.
Röslein Röslein Röslein rot,
Röslein auf der Heiden.

Knabe sprach; Ich breche dich,
Röslein auf der Heiden!
Röslein sprach; Ich stece dich,
Dass du ewig denkst an mich,
Und ich will's nicht leiden.
Röslein Röslein Röslein rot,
Röslein auf der Heiden.

Und der wilde Knabe brach
's Röslein auf der Heiden;
Röslein wehrte sich und stach,
Half ihm doch kein Weh und Ach,
Musst es eben leiden.
Röslein Röslein Röslein rot,
Röslein auf der Heiden.

 

Petite rose de la lande

Un garçon vit une petite rose dressée,
Petite rose de la lande,
Elle était si jeune et belle comme le matin.
Il courut vite pour la voir de près,
Il la vit avec grand plaisir,
Petite rose, petite rose, petite rose rouge,
Petite rose de la lande.

Le garçon dit : "Je te cueillerai,
Petite rose de la lande."
La petite rose dit : "Je te piquerai,
Pour que tu penses toujours à moi,
Et je n'en souffrirai pas."
Petite rose, petite rose, petite rose rouge,
Petite rose de la lande.

Et le garçon indiscipliné cueillit
La petite rose de la lande ;
La petite rose se défendit et piqua,
Mais douleur et lamentation n'aidèrent en rien,
Il dut le supporter.
Petite rose, petite rose, petite rose rouge,
Petite rose de la lande.

 

Goethe Heidenröslein - Petite Rose

Goethe Heidenröslein - Petite Rose

François Coppée (1842-1908) - poète
Recueil : Les mois (1878).

 

Mois de septembre.

Après ces cinq longs mois que j'ai passés loin d'elle,

J'interroge mon cœur ; il est resté fidèle.

En Mai, dans la jeunesse exquise du printemps,

J'ai souffert en songeant à ses beaux dix-sept ans.

........

 

 

Recueil : Les Humbles (1872)


Petits bourgeois.


.......

Voyez : Le toit pointu porte une girouette,

Les roses sentent bon dans leurs carrés de buis

Et l'ornement de fer fait bien sur le vieux puits.

Près du seuil dont les trois degrés forment terrasse,

Un paisible chien noir, qui n'est guère de race,

Au soleil de midi, dort, couché sur le flanc.

.....

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète
Recueil : Odelettes (1856).


À Odette


......

Dites aux bosquets de rosiers :

Je veux que vous me le disiez

Comment vos fleurs s'épanouissent,

Et parmi de calmes amours

Je veux que ma vie et mes jours

Ainsi que vos roses fleurissent !


.....

Tous écouteront votre vœu !

Vous parliez encore au bon Dieu

Hier dans les célestes féeries,

Et vous devez encor savoir

En quels mots se parlent au soir

Un ange et des roses fleuries.

Emile Vernon le parfum des roses

 

 

Théodore de Banville (1823-1891) poète
Recueil : Odelettes (1856)

 

À Adolphe Gaïffe.


Jeune homme sans mélancolie,

Blond comme un soleil d'Italie,

Garde bien ta belle folie.

......

"Cherchez les effets et les causes,"

Nous disent les rêveurs moroses.

Des mots ! des mots ! cueillons les roses.
 

 

 

Henri Durand (1818-1842) poète
Recueil : Poésies complètes (1858).


Chant de printemps


......

Plus que l'haleine surprise

De la brise

Dans les longs plis du rideau,

J'aime entre les fleurs écloses

Et les roses,

Voir briller ton œil si beau :

 

XIX° siècle

Édouard Turquety (1807-1867)
Poésies religieuses, 1858 (p. 20-24).

 

 


Rosa Mystica

 

Ô jeune rose épanouie

Près du tabernacle immortel,

Vierge pure, tendre Marie,

Douce fleur des jardins du ciel ;

Ô toi qui sais parfumer l’âme

Mieux que la myrrhe et le cinname

Et l’encens même du saint lieu ;

Ô toi dont la grâce est l’empire,

Toi qui ramènes d’un sourire

Le pardon aux lèvres de Dieu :

 

 

1907-1926

Sainte- Thérèse de Lisieux 
Marie-Françoise Thérèse Martin, en religion sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, également connue sous les appellations sainte Thérèse de Lisieux, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus ou encore la petite Thérèse, est une religieuse carmélite française née à Alençon dans l'Orne en France le 2 janvier 1873 et morte à l'âge de 24 ans à Lisieux en France le 30 septembre 1897.


Une pluie de roses

La Pluie de Roses est une collection de récits de miracles unique en son genre. Publiée entre 1907 et 1926, en 10 volumes dont 7 chronologiques, 2 thématiques et un florilège, elle présente plus de 3200 témoignages de grâces et de guérisons obtenues par l'intercession de sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus, avant sa canonisation.


" Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre "
" Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses "

Sainte Thérèse de Lisieux

 

 

 

XX° siècle


Charles Le Goffic (1863-1932) poète
Recueil : Le bois dormant (1900).

 

Pour évoquer les jours défunts

Il m'a suffi de quelques roses :

J'ai respiré dans leurs parfums

Tes lèvres closes.

.......

Albert Tibule Furcy de Lavault (1847-1915)

 

 

XX° siècle


La rose en littérature


le roman d’Umberto Eco, le Nom de la rose (Il nome della rosa), enquête policière médiévale se déroulant en Italie.

 
Le roman a été adapté ensuite au cinéma (1986).Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud (1986) 

 

 

Les roses en chansons

 

- Les rose blanches - Berthe Silva

- Les roses de Picardie - Tino Rossi

- Mon amie la Rose - Françoise Hardy

- Roses rouges pour un ange blond

- Une rose pour Sandra - Jimmy Frey

- Roses blanches de Corfou - Nana Mouscouri

Quand les roses - Salavatore Adamo 1964

- L'important c'est la rose - Gilbert Bécaud

- La colline des roses - Indochine

- Les anges - les roses - la pluie - Claude François

- Le rosier de Thérèse de Lisieux

 

La rose dans les expressions et locutions françaises


- Voir la vie en rose : "quand il me prend dans ses bras,- optimisme

- Être frais comme une rose : avoir un joli teint, l’air reposé

- Être sur les roses  : être dans une situation fâcheuse

- Envoyer quelqu'un sur les roses : Repousser brutalement en paroles.

- Ne pas sentir la rose  : sentir mauvais

- Découvrir le pot aux roses : découvrir la vérité

- Cueillir la rose :  avait un sens galant désignant la perte de virginité               
- Pot aux roses  :  Secret, mystère, réalité bien cachée.

- Etre couché sur un lit de roses : Être heureux, être dans l’abondance.

- Un roman à l'eau de rose : connotation péjorative, histoire d'amour mièvre

- Il n'y a pas de rose sans épines / il n'est pas de rose sans épine / nulle rose sans épines :

Toute belle chose a des défauts, rien n’est parfait, il n’y a pas de plaisir sans peine, pas de joie sans quelque chagrin, aucun plaisir n'est absolu

- La rosière (jeune fille vierge et méritante 

- Le bouton de rose (anatomie)

- Messageries roses, téléphone rose (messagerie érotique)

 

 

La rose dans le langage des fleurs


- la rose rouge est la fleur des amoureux, elle symbolise l’amour, la passion 
- la rose bleue, évoque le mystère ou l'atteinte de l'impossible. On croit       qu'elle est capable d'apporter la jeunesse à celui qui la détient ou de         réaliser ses vœux.
- la rose blanche  est symbole de pureté, d’innocence, de virginité, mais        aussi de bonté, de générosité et de franchise, ou de paix
- la rose rose est le symbole suprême de l’amour, de la joie 
- La rose orange symbolise le désir 
- la rose jaune peut être le symbole de tristesse ou de nostalgie, mais peut     être joyeux pour une personne jeune !

Auguste Renoir - vase roses

 

En plus de sa couleur, la quantité exprime une symbolique. Pour un nombre de roses inférieur à 10, il est de coutume d’offrir des roses par nombre impair surtout à des fins esthétiques. Au-delà et suivant le nombre, le bouquet de roses peut porter un message particulier :

  1 rose permet de dévoiler son amour en toute simplicité ;
  2 roses permettent de se faire pardonner ;
 12 roses permettent de remercier sa bien-aimée, demande de mariage ;
 24 roses pour être galant ;
 36 roses pour déclarer son amour (bouquets de fiançailles)
101 roses peuvent s’offrir pour exprimer la passion et l’amour sans retenue.


Pour un bouquet de fiançailles, il est d’usage et raffiné de sélectionner des roses ayant les têtes légèrement courbées.
les noces de rose symbolisent les 17 ans de mariage dans le folklore français.

 

Anne Gillard - Nature morte aux roses 

Federico Andreotti

Federico Andreotti

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18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 23:39
 
Mythologie
 
L'iris
 

 

"Près des étangs où la libellule voltige,
Où, dans les soirs d'été, vient se baigner l'oiseau,
On aperçoit l'Iris, qui tremble sur sa tige
Et semble un papillon posé sur un roseau..."

 

Charles Rouvin (19°) -  poète - "La poésie des fleurs" 1890 - L’iris
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

L'iris, "petite plante vivace, à rhizomes ou à bulbes de la famille des Iridacées. à feuilles en lames de sabre que l'on cultive pour ses grandes fleurs ornementales et odorantes".

  
"Iris" du latin iris, iridis emprunté au grec Iris, Iridos, messagère des dieux, personnification de l'arc-en-ciel. Le terme a d'ailleurs longtemps été employé pour désigner l'arc-en-ciel. On le trouve associé à la fleur à partir du XIII° siècle, en raison de la coloration de ses pétales, aux reflets irisés.


En espagnol arc-en-ciel se dit arco, iris. 
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

En arc-en-ciel aux nuances infinies, ou blanc pur, en teintes douces ou flamboyantes, ces fleurs apportent vivacité et brillance aux jardins.


Les iris n'aiment pas avoir les pieds mouillés. Si vous le repérez dans un endroit au bord de l'eau, alors vous saurez que l'eau y est peu profonde.


La famille des iris regroupe 300 espèces botaniques. Généralement divisées en rhizomateuses et bulbeuses. 


On trouve souvent dans les jardins des Iris hybrides horticoles appelés à tort Iris germaniques.


- Le plus prestigieux des iris à rhizome est l'iris des jardins ou Iris germanica.
 Avec ses feuilles persistantes en forme de glaive, ses fleurs bleu-mauve, il est le plus répandu.

 
Grâce au travail des pépiniéristes, créateurs, on décline de nouvelles variétés par hybridation, en centaines de formes généreuses, et nuances délicates, de l'orange au rose pâle, du jaune au rouille, du pourpre au presque noir.

Ils font partie des plantes les plus anciennement cultivées, indissociables des jardins médiévaux et des jardins de curé.


- Rhizomateux également, une espèce naine (20 cm de hauteur), parfaite pour les bordures, 
 

Iris germanica

Iris germanica

 

- L'iris des marais (celui de Clovis), qui aime vivre les pieds dans l'eau. 

Iris des marais

Iris des marais

 

- Les iris bulbeux à petites fleurs, faciles à cultiver, sont surtout présentés en bouquets. 

Iris bulbeux de Hollande

Iris bulbeux de Hollande

 

- Les iris barbus, eux, déploient toute une gamme de fragrances. Elles varient d’une plante à l’autre, embaumant les jardins,  pour parfois sentir le chocolat, l’anis, la vanille, ou la poudre de riz, le fruit de la Passion ou encore la fleur d'oranger. 

iris barbu

iris barbu

 

 

La période de plantation se situe de juillet à octobre, pour une floraison d'avril à mai de l'année suivante. 


Les iris de jardin ne sont pas très gourmands et se contentent d'un sol sec et calcaire. Ils réclament peu d'eau, mais beaucoup de soleil. 
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

En revanche, les iris des marais aiment les terres humides, voire inondées. 

Mythologie des fleurs - L"iris


L'iris nigrican est la fleur nationale de la Jordanie et est une espèce en voie de disparition.


C'est une plante à fleurs de la famille des Iridacées. Les fleurs sont violet noirâtre avec des feuilles recourbées. Il a besoin d'un ensoleillement direct et d'un drainage intense.  
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Les iris sont connus et présents dans les jardins depuis l'Antiquité,  mais, jusqu'au XIX° siècle, on ne cultivait que des espèces botaniques naturelles.


La sélection horticole des iris de jardin ne s'est développée qu'à partir du début du XIX° siècle en France.

C'est Marie Guillaume de Bure (1781-1842), un amateur d'horticulture , qui créa vers 1820 les premiers cultivars, dont "Buriensis", qui fut la première variété d'iris de jardin vendue dans le commerce.

Les années suivantes, de Bure créa des centaines d'autres variétés rapidement suivi par Henri-Antoine Jacques, le jardinier en chef du roi Louis-Philippe Ier, qui lui-même entraîna Jean-Nicolas Lémon, un pépiniériste de Belleville, à se spécialiser dans la sélection des iris, qui pour le remercier, créera en 1840 le cultivar Jacquesiana en son honneur.
 

L'iris de jardin Mme Chereau (1844) création Jean-Nicolas Lémon

L'iris de jardin Mme Chereau (1844) création Jean-Nicolas Lémon


Au début du XX° siècle, Henry de Vilmorin et son fils Philippe de Vilmorin développèrent encore la création horticole d'iris en France grâce à l'utilisation de variétés d'iris asiatiques (iris mesopotamica et iris amas ramené de Amasra en Turquie par Sir Michael Foster en 1885). En 1904, Vilmorin crée ainsi les premiers iris de jardin triploïdes (Isoline) et tétraploïdes (Tamerlan et Oriflamme), plus grands et à plus grosses fleurs que les précédents qui étaient diploïdes.


À partir de 1920, après la mort d'Henry et Philippe de Vilmorin, c'est la famille Cayeux qui reprit le flambeau de la création d'iris en France.
 

L'iris de jardin Tamerlan création Vilmorin

L'iris de jardin Tamerlan création Vilmorin

 

Depuis des millénaires, on rencontre l'iris autour du bassin méditerranéen, terre de ses origines.

 

En 1950 av. Jésus-Christ, Thoutmosis, pharaon d'Égypte, de -1458 /- 1457 à - 1425  av. Jésus-Christ,  rapporte des plantes de la guerre en Syrie. Satisfait de ses découvertes botaniques, il fit représenter ces fleurs, dont un iris, sur les murs de l'un des temples de Karnak. 


 

Bas relief de karnak fleurs

Bas relief de karnak fleurs

 

Dans La Théogonie, œuvre du poète grec Hésiode (VIII° siècle av. J.-C.) écrite en hexamètres dactyliques, récit de l'origine des dieux, Iris est mentionnée trois frois, 

 

Dans la mythologie grecque, Iris, fille de Thaumas et de l'Océanide Électre, sœur des Harpies et d'Arcé, était la messagère des dieux, et principalement d'Héra (Junon).

 

Dans l’Iliade d'Homère, elle est la messagère de tous les dieux éternels. Elle est toujours assise auprès du trône d'Héra , prête à exécuter ses ordres.

 

Lorsque Héra revenait des Enfers dans l'Olympe, c'est Iris qui la purifiait avec des parfums. Héra avait pour elle une affection sans limites, parce qu'elle ne lui apportait jamais de mauvaises nouvelles.


On la représente sous la figure d'une gracieuse jeune fille, avec des ailes brillantes de toutes les couleurs réunies. Les poètes prétendaient que l'arc-en-ciel était la trace du pied d'Iris descendant rapidement de l'Olympe vers la terre pour porter un message ; on la représente le plus souvent avec un arc-en-ciel. C'est pourquoi les Grecs, qui croyaient que l'arc-en-ciel était l'écharpe de la déesse Iris, messagère entre les dieux et les hommes, ont donné à cette fleur le nom de la divinité.


Iris a un autre rôle très important. Au moment de leur mort, elle coupe le cheveu qui relie encore les humains à la vie. Elle conduit ainsi leur âme vers l'au-delà. C'est pourquoi elle figure la liaison entre le ciel et la terre, entre les Dieux et les hommes.
 

Iris - Arthur Rackham 1920

Iris - Arthur Rackham 1920


Dans l’Iliade (Le texte a probablement été composé entre -850 et -750 av J.C.), Homère utilise les épithètes homériques :


L'Iliade XV - trad. Leconte de Lisle (1866)


......Et  Héra frappa du fouet les chevaux rapides, et les portes de l'Ouranos s'ouvrirent d'elles-mêmes en criant, gardées par les Heures qui sont chargées d'ouvrir le Grand Ouranos  et l'Olympe, ou de les fermer avec un nuage épais. Et ce fut par là que les déesses poussèrent les chevaux obéissant à l'aiguillon. Et le père Zeus, les ayant vues de l'Ida, fut saisi d'une grande colère, et il envoya la messagère Iris aux ailes d'Or :


- va hâte-toi, légère Iris ! Fais-les reculer, et qu'elles ne se présentent point devant moi, car ceci serait dangereux pour elles. Je le dis, et ma parole s'accomplira :.....


.....Si tu as dit la vérité dans ton coeur, va dans l'assemblée des Dieux, appelle Iris et l'illustre archer Apollôn, afin que l'une aille, vers l'armée des Akhaiens cuirassés, dire au roi Poseidaôn qu'il se retire de la mêlée, et qu'il rentre dans ses demeures ; .....


.....- Va ! rapide Iris, parle au Roi Poseidaôn, et sois une messagère fidèle. Dis-lui qu'il se retire de la mêlée, et qu'il reste, soit dans l'assemblée des Dieux, soit dans la mer divine. Mais s'il n'obéissait pas à mes ordres et s'il les méprisait, qu'il délibère et réfléchisse dans son esprit. .....


.....Et la rapide Iris aux pieds aériens lui répondit : - Poseidaôn aux cheveux bleus, me faut-il rapporter à Zeus cette parole dure et hautaine ? Ne changeras-tu point ? L'esprit des sages n'est point inflexible, et tu sais que les Erinnyes suivent les aînés.


Et Poseidaôn qui ébranle la terre lui répondit :


- Déesse Iris, tu as bien parlé. Il est bon qu'un messager possède la prudence ; mais une amère douleur emplit mon esprit et mon coeur, quand Zeus veut, par des paroles violentes, réduire son égal en honneurs et en droits. Je céderai, quoique indigné ;.....


.....Ayant ainsi parlé, la noble déesse prit un voile bleu, le  plus sombre de tous et se hâta de partir. Et la rapide Iris aux pieds aériens allait devant..... 


.....Iris aux pieds légers descend vers les vaisseaux, 
Plus prompte que la neige, allors qu'en leurs assauts 
sur la cime des monts déchirant les nuages, 
les aquilons fougueux ont blanchi les rivages.....


...........Iris aux pieds rapides vient, à travers le dos de la vaste mer, porter un message, toutes les fois qu'une contestation, une querelle s'est élevée entre les Immortels. Alors, si l'un des habitants de l'Olympe trahit la vérité, Zeus envoie Iris, vers cette région lointaine, chercher, pour le grand serment des dieux, dans un vase d'or, la fameuse eau glacée qui tombe d'un rocher haut et escarpé. (Hésiode, Théogonie (v. 780-787)


.....Il parla ainsi, et la messagère Iris aux pieds tourbillonnants partit.....

Iris et Jupiter (Zeus) - Michel Corneille Le Jeune

Iris et Jupiter (Zeus) - Michel Corneille Le Jeune

 

Dans Les Oiseaux d'Aristophane, ouvrage, représenté aux Lénéennes en 414 av. J.-C., joyeuse utopie politico-religieuse ; elle parodie l'origine du monde selon la secte des orphiques. Iris est la messagère égarée des dieux à Coucou-Ville-les Nuées.

 

Le poète Alcée de Mytilène, poète grec de l'époque archaïque né vers l’an 630 av. J.-C.fait d'Iris, l'épouse du vent Zephyr et la mère d'Éros, le dieu de l'Amour.

Iris par Anthony Frederick Sandys

Iris par Anthony Frederick Sandys


Virgile -  L’Énéide (fin du I° siècle av. J.-C.) livre IV
Le roman D'Énée et de Didon - 4, 695
Bibliotheca Classica Selecta


.....Alors Junon la toute-puissante prend en pitié cette longue souffrance et cette mort pénible : depuis l'Olympe elle dépêche  la déesse Iris, pour qu'elle délivre de ses liens son âme en lutte et son corps enchaîné.


En effet, la mort de Didon n'était pas due au destin ni méritée ; la malheureuse partait avant le terme, sous l'effet d'une folie soudaine ; pour cette raison Proserpine n'avait pas encore arraché le cheveu de sa blonde chevelure, et n'avait pas voué sa tête à l'Orcus stygien.


Iris donc, avec ses ailes d'or, tout humides de rosée, trainant à travers le ciel,  mille couleurs variées face au soleil, s'envole, descend et s'arrête au chevet de Didon.

"Sur l'ordre de Dis je lui porte moi-même ce cheveu sacré et je te détache de ton corps". Ainsi dit-elle et de la main droite elle coupe le cheveu : en un instant la chaleur de  Didon s'est dissipée et sa vie s'en est allée dans le vent......

Thomas Blanchet - Iris coupe le cheveu fatal à Didon - 1655

Thomas Blanchet - Iris coupe le cheveu fatal à Didon - 1655

 

En Grande-Grèce, on plantait des Iris sur les tombeaux en hommage à Iris, qui était chargée, entre autres tâches, de couper les cheveux des femmes au moment de leur mort, puis de les guider jusqu'à leur séjour final.

Sir Lawrence Alma-Tadema Iris dans les ruines - 1904

Sir Lawrence Alma-Tadema Iris dans les ruines - 1904

 

Les rhizomes de l'iris  dégagent un principe odorant essentiel, connu depuis l'Antiquité, 


Dans : Transmettre les savoirs dans les mondes héllénistique et romain
Frédéric Le Blay (dir.)


Il est écrit :


Théophraste d’Erésos (372-288 av. J.-C.) le père de la botanique et l’auteur du livre "De Odoribus" (Des odeurs), nous fait connaitre un art particulier sur l'artisanat secret des parfumeurs.


.....Le parfum à l’iris est incontournable dans la parfumerie antique, et des exemples retenus par Théophraste. 


Les espèces utilisées par la parfumerie (Iris germanica L. var. florentina et Iris pallida Lam.) sont naturalisées dans toutes les régions méditerranéennes, mais vraisemblablement originaires des bords de la Mer Noire ou de Macédoine. D’après Théophraste, La meilleure qualité provient d’Illyrie et des régions bordant l’Adriatique.....


Si l’iris est très en faveur dans la parfumerie antique, il le doit à son rhizome. Frais, le rhizome ne sent rien, chacun ne s’en douterait pas...Pour en arriver là,  il faut attendre deux à trois ans pour que la drogue soit utilisable en parfumerie, après séchage.....


Théophraste recommandait l'iris pour calmer la colère et les humeurs violentes 


et Pline l’Ancien (23-79) préconisait l’usage de la poudre d’iris pour parfumer le vin.
 

Parfumeuse de la Rome antique. Rome, Villa Farnèse Ier s. avant J.C.

Parfumeuse de la Rome antique. Rome, Villa Farnèse Ier s. avant J.C.

 

Le jus extrait des tiges, des feuilles et des rhizomes broyés servait encore à purifier les autels sous Dioclétien empereur romain (244-312). 


L'Iris faisait partie des quelques fleurs que les vestales avaient le droit de cueillir. 
 

Antoine François Callet - Deux Vestales préparant un sacrifice

Antoine François Callet - Deux Vestales préparant un sacrifice

 

Les Romains utilisaient la racine de divers iris pour aromatiser le “defrutum” (jus de raisin concentré).


Dans L’encyclopédie des herbes magique de Scott Douglas Cunningham (1956-1993) - Adapté de l'américain par Michel Echelberger 

il est écrit : 


.....Pour les Romains, les "trois flèches" de la fleur d'iris symbolisaient la fidélité, la sagesse et la vaillance. Pendant la courte floraison de cette belle plante élancée, vers la mi-mai en climat méditerranéen, de grandes guirlandes d'iris bleus et blancs ornaient les temples de Junon ; lorsque les fleurs étaient fanées, les prêtresses les vendaient à prix d'or au nom de la déesse...... 
 

William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) Iris

William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) Iris

 

D'après les anciennes légendes celtiques, des trésors se lovent sous les rhizomes des iris des marais, les lieux marécageux étant associés aux mondes magiques et aux initiations druidiques.

Alfons Maria Mucha (1860-1939), Fée de l'Iris

Alfons Maria Mucha (1860-1939), Fée de l'Iris

les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique,
Elles sont dotées de pouvoirs magiques
La fée Iris


Guillaume Apollinaire (1880-1910) poète


Au jardin des cyprès je filais en rêvant,

Suivant longtemps des yeux les flocons que le vent

Prenait à ma quenouille, ou bien par les allées

Jusqu’au bassin mourant que pleurent les saulaies

Je marchais à pas lents, m’arrêtant aux jasmins,

Me grisant du parfum des lys, tendant les mains

Vers les iris fées gardés par les grenouilles.

Et pour moi les cyprès n’étaient que des quenouilles,

Et mon jardin, un monde où je vivais exprès

Pour y filer un jour les éternels cyprès.

Fée iris - CMB

Fée iris - CMB

 

Sous Clovis (466-511), roi des Francs et premier roi de France, c’est la fleur d’iris qui devient le symbole de la monarchie française en rapport avec la Vierge Marie, protectrice des Rois. 

La légende attribue ce choix à Clovis. 


Lors de la bataille de Vouillé en 507, les armées de Clovis sont repoussées dans les marécages de la Vienne par les Wisigoths d'Alaric II. Une biche au son de l'armée traverse alors la Vienne en crue au niveau d'un gué environné de grands iris jaunes dont les rhizomes contribuent à la stabilisation les berges et vasières des cours d'eau, indiquant ainsi que ce passage au sol stable pouvait être franchi par les armées franques qui vont pouvoir battre les Wisigoths. Cette fleur, symbole de la victoire de Clovis, est dès lors adoptée par le roi des Francs, qui changea l’emblème de la grenouille en fleur de Lys (qui serait une fleur d'iris) 


La fleur de lis serait apparue pour la première fois sur le sceptre de Charles-le-Chauve (823-877), petit-fils de Charlemagne, roi de Francie occidentale (742-814) et empereur d’Occident (800). La Royauté française aurait donc choisi cet emblème sous forme d'aigrette trifide, l'un des plus anciens au monde. au même titre que d’autres familles régnantes européennes avaient choisi l’aigle, le lion ou le léopard.
 

Clovis recevant la fleur de lys. XVe siècle

Clovis recevant la fleur de lys. XVe siècle

 

L'abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179) disait


"l'iris est sec et chaud, toute sa force vient de ses rhizomes et sa force verte monte dans ses feuilles"


L'eau d'iris a de puissantes vertus astringentes, préconisées, pour les troubles cutanés. 
 

iris nostra hortensis

iris nostra hortensis

 

L'iris pallida s'épanouit, entre Sienne et Florence, dans les merveilleux paysages de Toscane, gorgés d'or solaire et de parfums capiteux.


Emblème de Florence
Le lys de Florence  (en réalité un iris)


Florence, la cité de Flore, célébrait autrefois la fleur de lis, figure emblématique de la puissance de la ville et de sa dévotion à la déesse du Printemps. 


Le lys de Florence (il Giglio en italien) est le blason depuis le XI° siècle, à base de fleur de lis de gueules (rouge en héraldique) sur écu à champ argent (blanc en héraldique), de la ville de Florence (Firenze en italien, Florentia, la Ville de la fleur en latin), chef-lieu de la Toscane en Italie. L'emblème n'est donc pas un lys mais en réalité un iris horticole. 


En effet, les iris étant abondants le long de la Lys en Belgique, il est parfois appelé fleur de "Lys".


Dans : Cf le chant XVI de la Divine Comédie de Dante (1265-1321) :
....."Suite au conflit qui opposa les Guelfes aux Gibelins, (deux factions médiévales qui s'opposèrent militairement, politiquement et culturellement dans l'Italie des XII° et XIII° siècles).  les Guelfes victorieux choisirent d'adopter les armes de leurs ennemis mais en intervertissant les couleurs initiales. Le lis, autrefois blanc sur champ rouge, devint rouge sur champ blanc."..... 

 

emblème de Florence

emblème de Florence

 

Cosmétiques


On cultive industriellement l’iris de Florence depuis le XIIIe siècle. Il est utilisé dans la fabrication des cosmétiques. 


Le célèbre iris de Florence (Iris germanica florentina) a des fleurs blanches ou veinées de bleu pâle en avril-mai. Il est originaire des régions méditerranéennes orientales, notamment la Turquie. Il est présent en Italie, mais n’en est pas originaire. En France, on ne le trouve qu’en Corse, où c’est une plante protégée.


Son rhizome, qui contient 50% d’amidon, a un fort parfum de violette une fois séché ; il est très prisé en parfumerie.

 
On fabrique à la pharmacie de Santa Maria Novella (ouverte au public depuis 1612 et instaurée par le grand duc de Toscane, "L’Officina Profumo Farmaceutica di Santa Maria Novella"), une Eau d'Iris, (Aqua Flor). 

 

pharmacie de Santa Maria Novella ouverte au public depuis 1612

pharmacie de Santa Maria Novella ouverte au public depuis 1612

 

On raconte aussi que la fleur de lys serait un ancien symbole d'une tribu franque des Francs, originaire des Flandres, où l'iris jaune poussait en abondance sur les rives de la Lys. 


Le Seigneur d'Armentières en fit le motif de son blason. Lors de l'annexion de son fief par le Roi de France Louis VII (1120-1180) il décida à son tour de l'ajouter à son propre blason. Ainsi naquit la "fleur de Lys de France" (qui n'est pas un lys, mais probablement un iris)
 

armoirie Armentières Carte postale signée Robert Louis.

armoirie Armentières Carte postale signée Robert Louis.

 

Au XIIe siècle, l'iris désignait 


- une variété de quartz qui présente les couleurs de l'arc-en-ciel. 

- un insecte des régions chaudes, voisin des mantes religieuses 

- un minéral 

- la membrane arrondie située au centre de la partie antérieure de l'œil 
Regardez les pétales d'un iris à la lumière.  Leur texture est changeante, scintillante, "irisée".  Autre analogie avec l'arc-en-ciel, l'iris a désigné assez tôt la membrane colorée et brillante de l'oeil, et l'irisation, la faculté de disperser la lumière en rayons colorés.

- et même... une couleur. Un vert pâle, légèrement bleuté, 


L'iris fait son entrée en botanique au XIIIe siècle, 
 

Les Heures de Spinola enluminé en Flandre vers 1510-1520

Les Heures de Spinola enluminé en Flandre vers 1510-1520

 

l'iris représente la force du Printemps et la magie féconde de Flore et de Vénus.


Autrefois, on appelait "lis" toutes les plantes herbacées à grandes fleurs. De là, sans doute, la confusion entre ces deux plantes.


Symbole de la pureté et de l'innocence de la Vierge Marie (en compagnie du lis, autre cause de confusion), chez les chrétiens. 


Communément considéré comme une des fleurs associées à la Vierge Marie. Il symbolise la Trinité et remplace parfois le lys dans les représentations de l’Annonciation. La confusion viendrait peut-être aussi de son étymologie.

 

En allemand, iris se dit "schwertlilie", lys en épée (la forme de ses feuilles évoquant l’épée qui transperce le cœur de la Vierge Marie). 
 

Livre d'heures, utilisation de Rome (les «heures Sforza»)1490-1521

Livre d'heures, utilisation de Rome (les «heures Sforza»)1490-1521

 

En allemand, iris se dit "schwertlilie", lys en épée (la forme de ses feuilles évoquant l’épée qui transperce le cœur de la Vierge Marie). 

Dans les anciens ouvrages d’herboristerie, l’iris est appelé "gladiolus"

 enluminure vierge moyen âge - Vat. Lat. 3769, fol. 145v

enluminure vierge moyen âge - Vat. Lat. 3769, fol. 145v

 

On peut voir l'iris dans les enluminures du moyen âge (XV° siècle)


Les enlumineurs fabriquaient avec le suc des corolles de l’iris mélangé à de l’alun une sorte d'encre verte.


Dans les grandes heures d'Anne de Bretagne, on l'appelle Flambe, Iris pseudacorus, l'iris des marais, iris faux acore ou iris jaune ou encore flambe d'eau ou glaies en Saintonge - c'est une plante herbacée vivace, de marais ou bord de l'eau, de la famille des Iridacées.


Il ne faut pas la confondre avec le Lys. En effet, l'iris étant abondant le long de la Lys, il est parfois appelé fleur de Lys. En néerlandais, il s’appelle d’ailleurs "Gele lis", c'est-à-dire Lys jaune.


Dans le Berry, l'expression 'flambe de four" désigne l'iris à fleurs bleues, fréquemment planté sur le toit des anciens fours dans un but protecteur."
 

Flambe - Yris (Iris germanica L. = iris violet) -- Grandes Heures d'Anne de Bretagne, BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°25v

Flambe - Yris (Iris germanica L. = iris violet) -- Grandes Heures d'Anne de Bretagne, BNF, Ms Latin 9474, 1503-1508, f°25v

 

Au XVe siècle, les primitifs flamands, Hubert et Jan Van Eyck, Van der Weyden, Hugo Van der Goes... associent l'iris et le lis dans des bouquets stylisés et symboliques. 


Hugo Van der Goes (vers 1440-1482) - retable Montfort v1470


Marie assise, avec  l'Enfant sur ses genoux, sujet de l'adoration des trois rois mages Gaspard, Melchior et Balthazar. Joseph, à côté de Marie
en bas à gauche les iris.

 

Hugo Van der Goes (vers 1440-1482) - retable Montfort v1470

Hugo Van der Goes (vers 1440-1482) - retable Montfort v1470

Detail :

Derrière les plis en bas à gauche on aperçoit de magnifiques iris

iris détail retable Montfort-v-1470  Hugo Van der Goes

iris détail retable Montfort-v-1470 Hugo Van der Goes

 

La reine Catherine de Médicis (1519-1589) choisit son propre emblème : l'écharpe d'Iris (l'arc-en-ciel).


il semble que la mode de l'iris comme parfum ait été lancée par catherine de médicis, au XVII° siècle, on l'utilisait en poudre pour les cheveux

 
Obtenue à partir du rhizome pilé et tamisé, propriété due à l’irone (Principe odorant du rhizome de l’iris utilisé en parfumerie), cette poudre imprimait sur les cheveux, la peau et les vêtements une délicieuse odeur de violette. On l'emploie toujours comme fixateur de parfum.


La poudre d'iris parfumait le linge de maison mais aussi les gants de cuir, les ceintures, les aumônières, les bijoux et les habits précieux. 
 

Catherine de Médicis

Catherine de Médicis

 

Lorsque Catherine de Médicis vient en France épouser le futur roi Henri II, elle amène d’Italie son parfumeur René Le Florentin. Il installe une boutique sur le Pont au Change et devient célèbre pour ses parfums … et ses poisons. Il ouvre la voie à de nombreux parfumeurs italiens qui s’installent à Paris, notamment sous l’impulsion de Marie de Médicis.


La mode des produits parfumés se répand. Les peaux les plus fines de Sicile, de Sardaigne ou d’Espagne, sont tannées et parfumées, très en vogue au XVIe siècle.
 

Le pont au Change loti de maisons, en 1577

Le pont au Change loti de maisons, en 1577

 

Jean de La Fontaine (1621-1695) - poète
met à l’honneur l’écharpe d’Iris :


Phébus et Borée (Fables, VI, 3)


.....Il pleut, le soleil luit, et l’écharpe d’Iris

Rend ceux qui sortent avertis

Qu’en ces mois le manteau leur est fort nécessaire.....
 

Phébus et Borée - Iris

Phébus et Borée - Iris

 

Le Taj Mahal

est considéré comme un joyau de l'architecture moghole, un style qui combine des éléments architecturaux des architectures islamique, iranienne, ottomane et indienne.


L'iris a été gravé à plusieurs reprises en haut-relief sur le marbre du mausolée et sur le grés rouge de la mosquée. Point un peu original, c'est une plante qui est représentée dans sa totalité, pas sous la forme d'une simple fleur. De plus comme les panneaux qui l'ont sont à l'intérieur du mausolée, elles ont été protégé des intempéries et sont, encore de nos jours, parfaitement conservées.


Le Taj Mahal (la couronne du palais) est situé à Agra, au bord de la rivière Yamuna, dans l'État de l'Uttar Pradesh, en Inde. C'est un mausolée de marbre blanc construit par l'empereur moghol musulman Shâh Jahân en mémoire de son épouse Arjumand Bânu Begam, aussi connue sous le nom de Mumtaz Mahal, qui signifie en persan "la lumière du palais". Elle meurt le 17 juin 1631 en donnant naissance à leur quatorzième enfant alors qu'elle accompagnait son mari pendant une campagne militaire. La construction du mausolée commence en 1631 et est achevée dans sa plus grande partie en 1648. Son époux, mort le 31 janvier 1666, est inhumé auprès d'elle.

Décoration iris - Taj Mahal - Inde

Décoration iris - Taj Mahal - Inde

 

Pierre de Marbeuf (1596-1645) poète baroque français du XVIIe siècle.


Iris et les sept paons 

...... 

Elle va vers Éphèse afin que les Zéphyrs

Fassent voler ses Paons. Iris les appela,

Puis à son char pompeux elle les accoupla.
......

 

 Iris et les sept paons  Iris et les sept paons - XV° siècle - Bibliothèque du Vatican

Iris et les sept paons Iris et les sept paons - XV° siècle - Bibliothèque du Vatican

 

Pierre de Marbeuf (1596-1645) poète baroque 

 

L'Iris


 Les rayons du soleil se dardent sur l'enflure 

D'un nuage opposé qui, rosoyant d'humeur, 

Nous fera bientôt voir de l'Iris la voûture, 

Peignant notre horizon de sa cambre lueur.

 

 Ah ! la voici déjà, sa céleste présence 

En bigarrant le ciel enfante divers ronds

 Et découvre au soleil l'émail de sa naissance, 

Qu'il a formé dardant sur elle ses rayons.

 

 Elle fait d'un demi-rond seulement la ceinture 

Dérobant la moitié de ce cercle à nos yeux, 

Mélangeant ses couleurs de diverse peinture, 

D'azur, de pourpre et d'or elle émaille les cieux.

 

Tel est le col doré des chastes colombelles, 

Variant ses couleurs opposite au soleil ; 

Mais encor de l'Iris les couleurs sont plus belles 

Que l'émail colombin qui délecte notre oeil.

 

Allons donc à couvert, car cette messagère

De la reine des eaux vient pour nous annoncer 

Que tantôt la moiteur de son arc circulaire 

S'épurant de ses pleurs viendra nous arroser.


 
Le soleil à la nue oppose son visage 

De ce bel arc-en-ciel pour former le voutis,

Jésus est le soleil, le monde le nuage, 

La grâce le rayon, et la Vierge l'Iris.
 

Iris - Joséphine Wall

Iris - Joséphine Wall

 

Etymologies, XVII de Saint Isidore de Séville (560-636) évêque


"iris illyrica a reçu son nom de sa ressemblance avec l'iris du ciel. Pour cela même, les Latins le connaissent comme arcumen, nom dû à ce que sa fleur, par la variété de ses couleurs, imite l'arc-en-ciel."
 

Basilius (ou Basil) Besler (1561-1629)

Basilius (ou Basil) Besler (1561-1629)

 

Jean-Baptiste-Louis Gresset (1709-1777) poète 


Epitre à ma muse


... La louange au ton faible et timide

Vient chaque jour, sous le titre insipide

D'odes aux grands, de bouquets aux Iris
 

L. Horter - femme et iris

L. Horter - femme et iris

 

Évariste de Parny (1753-1814) - poète 

.....

Mais quand d'Iris l'écharpe colorée

S'arrondira sous la voûte des cieux

Quand vous verrez près de Flore éplorée

Le papillon recommencé ses jeux,

.....

 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Théodore de Banville (1823-1891) - poète
Recueil : Les Stalactites (1846).

 

L'Étang Mâlo.


.....

Son feuillage muet se tait malgré le vent ;

Le nymphaea, l'iris, le nénufar mouvant,

Le bleu myosotis et la pervenche sombre

Penchent étiolés, ou meurent sous cette ombre.

.....
 

 le pont japonais - Claude Monet - iris et nymphéa

le pont japonais - Claude Monet - iris et nymphéa


Théodore de Banville (1823-1891) - poète
Recueil : Les Cariatides (1842).

 

À Iris.

 

Quand vous venez, ô jeune beauté blonde

Par vos regards allumer tant de feux,

On pense voir Cypris, fille de l'Onde,

Épanouir et les Ris et les Jeux.

 

Chacun, épris d'un désir langoureux,

Souffre une amour à nulle autre seconde,

Et lentement voit s'entr'ouvrir les cieux

Quand vous venez, ô jeune beauté blonde !

 

S'il ne faut pas que votre chant réponde

Un mot d'amour à nos chants amoureux,

Pourquoi, Déesse à l'âme vagabonde,

Par vos regards allumer tant de feux ?

 

Laissez au vent flotter ces doux cheveux

Et découvrez cette gorge si ronde,

Si jusqu'au bout il vous plaît qu'en ces lieux

On pense voir Cypris, fille de l'Onde.

 

Car chacun boit à sa coupe féconde

Lorsqu'elle vient à l'Olympe neigeux

Sur les lits d'or que le plaisir inonde

Épanouir et les Ris et les Jeux.

 

Donc, allégez ma souffrance profonde.

C'est trop subir un destin rigoureux ;

Craignez, Iris, que mon cœur ne se fonde

À ces rayons qui partent de vos yeux

Quand vous venez !

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Ryōkan Taigu (1758-1831) est un moine et ermite, poète et calligraphe japonais. 


"Un iris

près de mon ermitage

m'a enivré."
 

Utagawa Hiroshige (1797-1858), Utagawa Kunisada (1786-1865) - La beauté dans un jardin d'iris Bleu Violet

Utagawa Hiroshige (1797-1858), Utagawa Kunisada (1786-1865) - La beauté dans un jardin d'iris Bleu Violet

L'iris au japon

fête de l'Iris,

Kodomo No Hi !
Cette fête, chinoise à l'origine, a été introduite à la cours impériale du Japon vers le VIe siècle. A cette époque-là, on avait pour coutume de célébrer la fleur d'iris, cette autre impératrice du printemps nippon. On en trouvait (et on en trouve encore) partout : le long des chemins, autour des temples et des sanctuaires, dans des jardins dédiés mais aussi sur les toits en chaume des maisons, leurs racines permettant de les consolider. Le 5 mai, des rameaux d’iris étaient suspendus à l’entrée des maisons. Riche de ses propriétés purificatrices, on accordait à cette fleur un rôle de protection contre les maladies et les mauvais esprits. Elle a donc été naturellement associée à la fête des enfants car tout comme la carpe, elle est un symbole de force et de bonne santé.


De nos jours et en souvenir de ces temps anciens où l'iris était célébrée, les sento (bains publics japonais) font revivre la tradition à leurs clients en leur proposant un bain au tiges d'iris pour le 5 mai. Nus comme des vers et parés d'une couronne d'iris, on ondoie dans ce bain revigorant tel une carpe !
 

 

De nombreux parcs, poèmes et pièces de théâtre sont consacrés à l'iris

Iris du parc Mizumoto - Japon -  Meiji Jingu Gyoen - Omura - Nagazaki
Iris du parc Mizumoto - Japon -  Meiji Jingu Gyoen - Omura - Nagazaki
Iris du parc Mizumoto - Japon -  Meiji Jingu Gyoen - Omura - Nagazaki

Iris du parc Mizumoto - Japon - Meiji Jingu Gyoen - Omura - Nagazaki

 

. Le grand nombre de peintures et de gravures japonaises représentant l'iris témoigne  de son importance dans la culture nipponne: fête de l'Iris, nombreux parcs, poèmes et pièces de théâtre lui sont consacrés.

Iris at Horikiri 1916 - Takahashi Hiroaki dit Shotei (1871-1945) ​​​​​​​

Iris at Horikiri 1916 - Takahashi Hiroaki dit Shotei (1871-1945)

Iris at Horikiri 1916 - Takahashi Hiroaki dit Shotei (1871-1945)

 

François-René  de Chateaubriand (1768-1848) écrivain


Mélanges littéraires


... "Elle est passée, la pluie de l'orage ; maintenant l'air est frais et parfumé. Dans l'orient obscur , déployant un arc immense, l'iris brille au soleil couchant".... 
 

Guy Head (1762-1800) Iris transporte l 'eau de la rivière Styx à Olympus

Guy Head (1762-1800) Iris transporte l 'eau de la rivière Styx à Olympus

 

François-René de Chateaubriand (1768-1848) - écrivain


"Ma vie, semblable à un iris solitaire poussé sur le bord du fleuve du temps, donne aujourd’hui sa fleur."
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Mes Origines Mémoires et récits (Traduction du provençal)
par Frédéric Mistral (1830-1914) 


Ch.  I. Au mas du juge


"Fleurs de glais" - "fleurs d'iris"


........
Le fossé du Puits à roue! Ce fut le premier livre où j'appris, en m'amusant, l'histoire naturelle. Il y avait là des poissons, épinoches ou carpillons, qui passaient par bandes et que j'essayais de pêcher dans un sachet de canevas, qui avait servi à mettre des clous et que je suspendais au bout d'un roseau. 


Il y avait des demoiselles vertes, bleues, noiraudes, que doucement, tout doucement, lorsqu'elles se posaient sur les typhas, je saisissais de mes petits doigts, quand elles ne s'échappaient pas, légères, silencieuses, en faisant frissonner le crêpe de leurs ailes; il y avait des "notonectes", espèces d'insectes bruns avec le ventre blanc, qui sautillent sur l'eau et puis remuent leurs pattes à la façon des cordonniers qui tirent le ligneul. 


Ensuite des grenouilles, qui sortaient de la mousse une échine glauque, chamarrée d'or, et qui, en me voyant, lestement faisaient leur plongeon; des tritons, sorte de salamandres d'eau, qui farfouillaient dans la vase; et de gros escarbots qui rôdaient dans les flaches et qu'on nommait des "mange-anguilles". Ajoutez à cela un fouillis de plantes aquatiques, telles que ces "massettes", cotonnées et allongées, qui sont les fleurs du typha; telles que le nénuphar qui étale, magnifique, sur la nappe de l'eau, ses larges feuilles rondes et son calice blanc; telles que le "butome" au trochet de fleurs roses, et le pâle narcisse qui se mire dans le ru, et la lentille d'eau aux feuilles minuscules, et la "langue de boeuf" qui fleurit comme un lustre, avec les "yeux de l'Enfant Jésus" qui est le myosotis.


Mais de tout ce monde-là, ce qui m'engageait le plus, c'était la fleur des "glais". C'est une grande plante qui croît au bord des eaux par grosses touffes, avec de longues feuilles cultriformes et de belles fleurs jaunes qui se dressent en l'air comme des hallebardes d'or. Il est à croire même que les fleurs de lis d'or, armes de France et de Provence, qui brillent sur le fond d'azur, n'étaient que des fleurs de glais: 


"fleur de lis" vient de "fleur d'iris", car le glais est un iris, et l'azur du blason représente bien l'eau où croît le glais.


Toujours est-il, qu'un jour d'été, quelque temps après la moisson, on foulait nos gerbes, et tous les gens du "mas" étaient dans l'aire à travailler. A l'entour des chevaux et des mulets qui piétinaient, ardents, autour de leurs gardiens, il y avait bien vingt hommes qui, les bras retroussés, en cheminant au pas, deux par deux, quatre par quatre, retournaient les épis ou enlevaient la paille avec des fourches de bois. Ce joli travail se faisait gaiement, en dansant au soleil, nu-pieds, sur le grain battu.


Au haut de l'aire, porté par les trois jambes d'une chèvre rustique, formée de trois perches, était suspendu le van. Deux ou trois filles ou femmes jetaient avec des corbeilles dans le cerceau du crible le blé mêlé aux balles; et le "maître", mon père, vigoureux et de haute taille, remuait le crible au vent, en ramenant ensemble les mauvaises graines au-dessus; et quand le vent faiblissait, ou que, par intervalles, il cessait de souffler, mon père, avec le crible immobile dans ses mains se retournait vers le vent, et, sérieux, l'oeil dans l'espace, comme s'il s'adressait à un dieu ami, il lui disait:
- Allons, souffle, souffle, mignon!
Et le mistral, ma foi, obéissant au patriarche, haletait de nouveau en emportant la oussière; et le beau blé béni tombait en blonde averse sur le monceau conique qui, à vue d'oeil, montait entres les jambes du vanneur.
Le soir venu, ensuite, lorsqu'on avait amoncelé le grain avec lapelle, que les hommes poussiéreux allaient se laver au puits ou tirer de l'eau pour les bêtes, mon père, à grandes enjambées, mesurait le tas de blé et y traçait une croix avec le manche de la pelle en disant: "Que Dieu te croisse!"
Par une belle après-midi de cette saison d'aires, - je portais encore les jupes : j'avais à peine quatre ou cinq ans - après m'être bien roulé, comme font les enfants, sur la paille nouvelle, je m'acheminai donc seul vers le fossé du Puits à roue. 


Depuis quelques jours, les belles fleurs de glais commençaient à s'épanouir et les mains me démangeaient d'aller cueillir quelques-uns de ces beaux bouquets d'or.


J'arrive au fossé; doucement, je descends au bord de l'eau; j'envoie la main pour attraper les fleurs... Mais, comme elles étaient trop éloignées, je me courbe, je m'allonge, et patatras dedans: je tombe dans l'eau jusqu'au cou. Je crie. Ma mère accourt; elle me tire de l'eau, me donne quelques claques, et, devant elle, trempé comme un caneton, me faisant filer vers le Mas :


- Que je t'y voie encore, vaurien, vers le fossé !

- J'allais cueillir des fleurs de glais.

- Oui, va, retournes-y, cueillir tes glais, et encore tes glais. Tu ne sais donc pas qu'il y a un serpent dans les herbes cachés, un gros serpent qui hume les oiseaux et les enfants, vaurien ?


Et elle me déshabilla, me quitta mes petits souliers, mes chaussettes, ma chemisette, et pour faire sécher ma robe trempée et ma chaussure, elle me chaussa mes sabots et me mit ma robe du dimanche, en me disant :


- Au moins, fais attention de ne pas te salir.


Et me voilà dans l'aire; je fais sur la paille fraîche quelques jolies cabrioles; j'aperçois un papillon blanc qui voltige dans un chaume. Je cours, je cours après, avec mes cheveux blonds flottant au vent hors de mon béguin... et paf! me voilà encore vers le fossé du Puits à roue...


Oh! mes belles fleurs jaunes! Elles étaient toujours là, fières au milieu de l'eau, me faisant montre d'elles, au point qu'il ne me fut plus possible d'y tenir. Je descends bien doucement, bien doucement sur le talus; je place mes petons biens ras, bien ras de l'eau ; j'envoie la main, je m'allonge', je m'étire tant que je puis... et patatras! je me fiche jusqu'au derrière dans la vase.


Aïe! aïe! aïe! Autour de moi, pendant que je regardais les bulles gargouiller et qu'à travers les herbes je croyais entrevoir le gros serpent, j'entendais crier dans l'aire :


- Maîtresse! courez vite, je crois que le petit est encore tombé à l'eau!
Ma mère accourt, elle me saisit, elle m'arrache tout noir de la boue puante, et la première chose, troussant ma petite robe, vlin! vlan! elle m'applique une fessée retentissante.


- Y retourneras-tu, entêté, aux fleurs de glais? Y retourneras-tu pour te noyer?... Une robe toute neuve que voilà perdue, fripe-tout, petit monstre! qui me feras mourir de transes!


Et, crotté et pleurant, je m'en revins donc au Mas la tête basse, et de nouveau on me dévêtit et on me mit, cette fois, ma robe des jours de fête... Oh! la galante robe! Je l'ai encore devant les yeux, avec ses raies de velours noir, pointillée d'or sur fond bleuâtre.


Mais bref, quand j'eus ma belle robe de velours :


- Et maintenant, dis-je à ma mère, que vais-je faire ?

- Va garder les gelines, me dit-elle; qu'elles n'aillent pas dans l'aire... Et toi, tiens-toi à l'ombre.


Plein de zèle, je vole vers les poules qui rôdaient par les chaumes, becquetant les épis que le râteau avait laissés. Tout en gardant, voici qu'une poulette huppée  - n'est-ce pas drôle? - se met à pourchasser, savez-vous quoi? une sauterelle, de celles qui ont les ailes rouges et bleues... Et toutes deux, avec moi après, qui voulais voir la sauterelle, de sauter à travers champs, si bien que nous arrivâmes au fossé du Puits à roue !


Et voilà encore les fleurs d'or qui se miraient dans le ruisseau et qui réveillaient mon envie, mais une envie passionnée, délirante, excessive, à me faire oublier mes deux plongeons dans le fossé :
"Oh! mais, cette fois, me dis-je, va, tu ne tomberas pas!"
Et, descendant le talus, j'entortille à ma main un jonc qui croissait là ; et me penchant sur l'eau avec prudence, j'essaie encore d'atteindre de l'autre main les fleurs de glais... Ah! malheur, le jonc se casse et va te faire teindre! Au milieu du fossé, je plonge la tête première.
Je me dresse comme je puis, je crie comme un perdu, tous les gens de l'aire accourent :
- C'est encore ce petit diable qui est tombé dans le fossé. Ta mère, cette fois, enragé polisson, va te fouailler d'importance!
Eh bien! non; dans le chemin, je la vis venir, pauvrette, tout en larmes et qui disait:
- Mon Dieu! je ne veux pas le frapper, car il aurait peut-être un "accident". Mais ce gars, sainte Vierge, n'est pas comme les autres :


il ne fait que courir pour ramasser des fleurs; il perd tous ses jouets en allant dans les blés chercher des bouquets sauvages...Maintenant, pour comble, il va se jeter trois fois, depuis peut-être une heure, dans le fossé du Puits à roue... Ah! tiens-toi, pauvre mère, morfonds-toi pour l'approprier. Qui lui en tiendrait, des robes? Et bienheureuse encore -  mon Dieu, je vous rends grâce - qu'il ne soit pas noyé!


Et ainsi, tous les deux, nous pleurions le long du fossé. Puis, une fois dans le Mas, m'ayant quitté mon vêtement, la sainte femme m'essuya, nu, de son tablier ; et, de peur d'un effroi, m'ayant fait boire une cuillerée de vermifuge elle me coucha dans ma berce, où, lassé de pleurer, au bout d'un peu je m'endormis.


Et savez-vous ce que je songeai: pardi! mes fleurs de glais... Dans un beau courant d'eau, qui serpentait autour du Mas, limpide, transparent, azuré comme les eaux de la Fontaine de Vaucluse, je voyais de belles touffes de grands et verts glaïeuls, qui étalaient dans l'air une féerie de fleurs d'or !
Des demoiselles d'eau venaient se poser sur elles avec leurs ailes de soie bleue, et moi je nageais nu dans l'eau riante ; et je cueillais à pleines mains, à jointées, à brassées, les fleurs de lis blondines.


Plus j'en cueillais, plus il en surgissait. 


Tout à coup, j'entends une voix qui me crie: "Frédéri!"


Je m'éveille et que vois-je! Une grosse poignée de fleurs de glais couleur d'or qui bondissaient sur ma couchette.


Lui-même, le patriarche, le Maître, mon seigneur père, était allé cueillir les fleurs qui me faisaient envie; et la Maîtresse, ma mère belle, les avait mises sur mon lit.
 

Belles lectures CM2-

Belles lectures CM2-

Mais il faudra attendre les impressionnistes,  pour voir l'iris sur toiles.
notamment 


Vincent Willem van Gogh (1853-1890)
Iris - 1889

 

Vincent Willem van Gogh (1853-1890) Iris - 1889

Vincent Willem van Gogh (1853-1890) Iris - 1889

 

Claude Monet (1840-1926)
les iris dans le jardin à Giverny - 1900

 

Claude Monet - les iris dans le jardin à Giverny

Claude Monet - les iris dans le jardin à Giverny


Claude Monet (1840-1926)
les iris 

 

Mythologie des fleurs - L"iris
 Claude Monet (1840-1926) les iris jaunes

Claude Monet (1840-1926) les iris jaunes

 

Paul Signac (1863-1935)
Iris 1894

Paul Signac (1863-1935) Iris 1894

Paul Signac (1863-1935) Iris 1894

 

Gustave Caillebotte (1848-1894)
Iris bleus, jardin du Petit Gennevilliers

Gustave Caillebotte (1848-1894) Iris bleus, jardin du Petit Gennevilliers

Gustave Caillebotte (1848-1894) Iris bleus, jardin du Petit Gennevilliers

 

L'iris est une fleur qui protège. On en plantait sur les toits des m    aisons. On en voit en Normandie et en Bretagne sur les toits de chaume. Sa présence disait-on chassait les mauvais esprits, et protégeait la maison de la foudre. 


Grace à son système de racines en rhizome, l'iris retient la terre des bords des rivières, des étangs et des mares. 
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Guy de Maupassant (1850-1893) - écrivain


"C'est une petite demeure de pêcheur, aux murs d'argile, au toit de chaume empanaché d'iris bleus. Un jardin large comme un mouchoir, où poussent des oignons, quelques choux, du persil, du cerfeuil, se carre devant la porte. Une haie le clôt le long du chemin

Mythologie des fleurs - L"iris

 

L'iris et l'art nouveau 

 

Champagne Théophile Roeder 1864 
vintage Art Nouveau

 

Champagne Théophile Roeder 1864 vintage Art Nouveau

Champagne Théophile Roeder 1864 vintage Art Nouveau

 

Louis-Théophile Hingre (1832-1911)

Pallas Athena

 Louis-Théophile Hingre (1832-1911) Pallas Athena

Louis-Théophile Hingre (1832-1911) Pallas Athena

 

Alphonse Mucha (1860–1939)

iris

Alphonse Mucha (1860–1939) iris

Alphonse Mucha (1860–1939) iris

 

Élisabeth Sonrel (1874-1953)

iris

Élisabeth Sonrel (1874-1953) - iris

Élisabeth Sonrel (1874-1953) - iris

 

Paul Berthon (1872-1934)

Sarah Bernardt - 1901

Paul Berthon (1872-1934) Sarah Bernardt - 1901

Paul Berthon (1872-1934) Sarah Bernardt - 1901

 

Louis Majorelle - art nouveau -  femme aux iris -

une paire de sconces murales conçues pour le restaurant Lucas Carton - vers 1902

Louis Majorelle - art nouveau -  femme aux iris - une paire de sconces murales conçues pour le restaurant Lucas Carton - vers 1902

Louis Majorelle - art nouveau - femme aux iris - une paire de sconces murales conçues pour le restaurant Lucas Carton - vers 1902

 

Émile GALLÉ (1846-1904)

Vase Iris

Émile GALLÉ (1846-1904) Vase Iris

Émile GALLÉ (1846-1904) Vase Iris

 

Faiencerie de Sarreguemines,

paire de vases en grès à décor d’Iris art nouveau - création attribué à Victor Kremer - 1900

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Louis Comfort Tiffany (1848-1933)

Fenêtre figurant des magnolias et des iris (1908)

Louis Comfort Tiffany (1848-1933) Fenêtre figurant des magnolias et des iris (1908)

Louis Comfort Tiffany (1848-1933) Fenêtre figurant des magnolias et des iris (1908)

 

Il est important, régulièrement, de donner un coup de jeune aux iris en divisant les souches (juillet est la période idéale pour cette opération). Comme ils ont tendance à s'étendre, on se retrouve avec un surplus de rhizomes, que l'on est parfois obligé de jeter. Et c'est bien dommage, car le rhizome de l'iris des jardins (Iris germanica) permet de confectionner la merveilleuse poudre d'iris aux si nombreux usages.


Utilisée en cosmétique, elle exhale un délicieux parfum de violette – on l'appelait jadis "racine de violette" –, qui se développe au cours du séchage. En parfumerie, elle fixe les parfums. Elle est aussi riche en amidon, en mucilages et en tanins, qui lui confèrent des propriétés adoucissantes, absorbantes et déodorantes.

 

On l’utilisait, en effet, en comme shampooing sec, dentifrice ou bien comme lotion pour le visage mélangé avec de l’eau de rose ; on en mettait aussi dans les pots-pourris, en emplissait des sachets pour parfumer les armoires. 

 

D’ailleurs cette mode revient comme en témoignent divers produits actuellement disponibles.

Poudre d'iris Giraud

Poudre d'iris Giraud

 

Cette racine d'iris a des propriétés expectorantes, diurétiques et légèrement purgatives. 


On donnait autrefois à mâcher aux bébés cette étonnante racine d'iris au goût de violette pour calmer les gencives, un usage qui connaît un regain d'intérêt. 
 

https://couchelavable.eu/boutique/fr/racine-d-iris/147-racine-d-iris-9006720640107.html

https://couchelavable.eu/boutique/fr/racine-d-iris/147-racine-d-iris-9006720640107.html

 

Autrefois, des rhizomes d'iris étaient disposés entre chaque couche de linge, pour le parfumer. Ils diffusaient une odeur marquée de violette.

Daniel Ridgway Knight - Les lavandières

Daniel Ridgway Knight - Les lavandières

 

Paul-Jean Toulet (1867-1920) - poète
Contrerimes

 

Le coucou chante

 

Le coucou chante au bois qui dort.

L’aurore est rouge encore,

Et le vieux paon qu’Iris décore

Jette au loin son cri d’or.

 

Les colombes de ma cousine

Pleurent comme une enfant.

Le dindon roue en s’esclaffant :

Il court à la cuisine.
 

Mythologie des fleurs - L"iris

Paul-Jean Toulet (1867-1920) - poète
Recueil : "Contrerimes"

 

Avril, dont l’odeur nous augure

 

Avril, dont l’odeur nous augure

Le renaissant plaisir,

Tu découvres de mon désir

La secrète figure.

 

Ah, verse le myrte à Myrtil,

L’iris à Desdémone :

Pour moi d’une rose anémone

S’ouvre le noir pistil.
 

Serguei Toutounov iris

Serguei Toutounov iris

 

Paul-Jean Toulet (1867-1920) - poète

 

Iris, à son brillant mouchoir

 

Iris, à son brillant mouchoir,

De sept feux illumine

La molle averse qui chemine,

Harmonieuse à choir.

 

Ah, sur les roses de l'été,

Sois la mouvante robe,

Molle averse, qui me dérobe

Leur aride beauté.

 

Et vous, dont le rire joyeux

M'a caché tant d'alarmes,

Puissé-je voir enfin des larmes

Monter jusqu'à vos yeux.
 

Mythologie des fleurs - L"iris

Pierre Louÿs (1870-1925) - poète


L'iris 

 

Je t'apporte un iris cueilli dans une eau sombre

Pour toi, nymphe des bois, par moi, nymphe de l'eau,

C'est l'iris des marais immobiles, roseau

Rigide, où triste, oscille une fleur lourde d'ombre.

 

J'ai brisé, qui semblait un bleu regard de l'air,

L'iris du silence et des fabuleux rivages;

J'ai pris la tige verte entre mes doigts sauvages

Et j'ai mordu la fleur comme une faible chair.

 

Les gestes et les fleurs, ô sereine ingénue,

Parleront pour ma bouche impatiente et nue,

Où brûlent mes désirs et l'espoir de tes mains:

 

Accueille ici mon âme étrangement fleurie

Et montre à mes pieds par quels obscurs chemins

Je mêlerai ta honte à ma vaste incurie.
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Iris et  les parfums


François Coty (1874-1934) industriel parfumeur français, à l’origine de la multinationale Coty Inc. II est considéré comme le père de la parfumerie moderne.


Il remporte de grands succès commerciaux dont iris en 1913, premier parfum soliflore,


Coty, qui dispose de deux magasins ouverts en 1905 décide de vendre ses parfums dans les grands magasins, se heurtant d’abord au scepticisme de ceux-ci. Comme l'indique Le Petit Journal, un jour prenant une caissette d’échantillons, il se rend dans l’un des plus grands magasins de Paris pour y proposer ses parfums. Dans l’un des salons du magasin, une cliente par mégarde le heurte : l’un des flacons tombe et se brise. Aussitôt se répand un parfum d’une délicatesse rare. Les personnes présentes s’émerveillent et les acheteurs prient François Coty de venir les trouver. Les commandes commencent à affluer, et peu à peu le succès s’affirme.
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

La fleur d’iris fut oubliée des parfumeurs, avant que Jacques Fath et Vincent Roubert, ne la ressuscitent pour une première fois en 1947. Seulement ils la ressuscitèrent sous une autre forme : celle du premier fleuri/fruité qui avait, comme nous le savons maintenant, de beaux lendemains. 


Iris Gris de Jacques Fath est reconnu comme étant l’un des plus grands parfums, si ce n’est le plus grand, jamais égalé. Le duo unique de deux grands accords, l’Iris et la Pêche, reflètent le savoir-faire exceptionnel du parfumeur Vincent Roubert.

Mettant l’Iris en vedette dans une concentration jamais égalée, ce fût l’un des parfums les plus chers au monde. Lancé en 1947,mais d'une production onéreuse, il disparaîtra la même année que Fath, en 1954. Souvent copié et certainement jamais égalé, il demeure unique et intemporel.
 

Mythologie des fleurs - L"iris

Robert Desnos (1900-1945)
Chantefleurs, 1944-1945


L’iris au bord du rivage

Se reflétait dans l’étang,

Bel iris sauvage

Qui rêves au beau temps.

Iris mes beaux yeux

Tu parfumes les draps blancs,

Iris merveilleux,

Iris au bord de l’étang.
 

iris dans le grand étang - Daniel Sannier

iris dans le grand étang - Daniel Sannier

 

Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale


Selon la légende, l'iris des marais poussait en abondance sur la rivière Lys, et autour des remparts de Bruxelles : sachant que cette plante ne pousse que dans les eaux peu profondes, les troupes  du duc de Brabant savaient où galoper à travers les zones inondées alors que l'ennemi s'enlisa en tentant de traverser le marais.


La région de Bruxelles-Capitale, consacrée le 18 juin 1989, a opté pour l'iris comme symbole le 5 mars 1991. Le design spécifique n'a été choisi qu'après un concours public où le dessin de Jacques Richez a été choisi.


En 2015, un nouveau drapeau, présentant l'iris typique stylisé a été adopté. 
 

Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale
Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale

Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale

 

René Char (1907-1988) poète et résistant


I. iris. 
l° Nom d'une divinité de la mythologie grecque, qui était la messagère des dieux. Déployant son écharpe, elle produisait l'arc-en-ciel.
2° Nom propre de femme, dont les poètes se servent pour désigner une femme aimée et même quelque dame lorsqu'on veut taire le nom.
3° Petite planète.

 

II. iris.
Nom spécifique d'un papillon, le numphale gris, dit le grand mars changeant.
Prévient du visiteur funèbre.

 

III. iris.
Les yeux bleus, les yeux noirs, les yeux verts, sont ceux dont l'iris est bleu, est noir, est vert.

 

IV. iris.
Plante.
Iris jaune des rivières.
...
Iris plural, iris d'Éros, iris de
Lettera amorosa.

 

Norman Prescott-Davies (1862-1915) - Iris

Norman Prescott-Davies (1862-1915) - Iris

René Char (1907-1988) poète et résistant


"Merci d'être, sans jamais te casser, iris, ma fleur de gravité.


Tu élèves au bord des eaux des affections miraculeuses, tu ne pèses pas sur les mourants que tu veilles, tu éteins des plaies sur lesquelles le temps n'a pas d'action, tu ne conduis pas à une maison consternante, tu ne permets pas que toutes les fenêtres reflétées ne fassent qu'un seul visage de passion, tu accompagnes le retour du jour sur les vertes avenues libres."


La destinataire de cette Lettre d’amour désignée par le mot "iris" et dont le poète ne révèle pas le nom est peut-être Marguerite Caetani, princesse Bassiano, "bonne et terrible, amie affectueuse et tigre cruel", aux dires de Paul Valéry.

Mythologie des fleurs - L"iris

La Louisiane des bayous, Le Monde, le 9 mars 2007


Sous les cyprès chauves, géants , la flore n'est pas en reste. 
"La plus belle saison est le début du printemps, quand tout est inondé et en fleurs"


Au milieu de la mousse espagnole et des lentilles d'eau s'épanouissent la jacinthe d'eau et l'iris bleu, emblème de la Louisiane. -"
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

L'iris dans le Langage des fleurs - 
Cœur tendre - messager de bonnes nouvelles - promesse de bonheur et de richesse


- Je vous aime tendrement
- A vous mon coeur
- Je vous fais confiance


 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Iris parme : cette fleur exprime le désir de séduire la personne aimée.
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Iris violet : désir effeuillé - affolement de la personne qui le reçoit.
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Iris blanc : Souvenir troublant - confiance dans l'amour que l'on porte et que l'on reçoit.
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Iris bleu : renforce le message d’une future bonne nouvelle.
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Iris jaune : bonheur que l'on a à aimer la personne qui le reçoit
 

Mythologie des fleurs - L"iris

 

Iris orangé : amour enflammé !

Mythologie des fleurs - L"iris
Mythologie des fleurs - L"iris
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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 00:57

Mythologie
 
Le lilas
syringa

 

"Je vois fleurir, assis à ma fenêtre,

L'humble lilas de mon petit jardin,

Et son subtil arôme qui pénètre

Vient jusqu'à moi dans le vent du matin."
....

François Coppée (1842-1908) - poète - Recueil : Le cahier rouge (1892) - À un lilas.
 

Lilas par Victor Charreton (1864-1936)

Lilas par Victor Charreton (1864-1936)

 

Le lilas doit bien son nom à sa couleur (même si l'inverse fut ensuite tout aussi vrai !). En effet, le nom lilas, d'abord écrit lilac, est un emprunt à l'arabe lîlak (qui s'explique par le fait que les consonnes finales n'étaient alors pas prononcées en français), lui-même issu du persan nîlak, qui signifie bleuté (dérivé de l'adjectif nil : bleu). (Rey p. 1906)

- emprunté au turc ottoman ليلاق - leylaq, lilas (Redhouse), turc actuel leylak ; en turc, l'indigo (Indigofera spp.) est çivit. C'est le turc qui semble avoir spécialisé le nom pour désigner le lilas.
- emprunté au persan līlaj, līlanj, līlang, indigo, couleur indigo (Steingass). En persan, lilas se dit yāsi firangī, le "jasmin des Francs".


Le nom botanique du lilas est Syringa, donné par Linné, le célèbre botaniste suédois. Ne pas confondre le lilas (Syringa) avec le seringat, dont le nom botanique est Philadelphus, autre magnifique arbuste de printemps à la floraison elle aussi très parfumée, mais blanche.


Le latin syringa, évoque la tige creuse des pousses de certains lilas.
Syringa  (latin) - Syrinx  (grec) - roseau (français)


Le Lilas commun ou lilas français (Syringa vulgaris)

 

est un arbuste ornemental de la famille des Oleaceae.


Les Lilas blancs, violets, bleus, magenta, doubles, simples sont parmi les premières fleurs à nous gratifier de beaux bouquets exhalant un parfum délicat. Ils embaument de leurs fragrances les jardins aux climats continentaux, particulièrement les jardins français.
 

Mythologie des fleurs - Le lilas ou syringa

 

Sa floraison est abondante, d'avril à juin. Ses fleurs sont composées de quatre pétales réunies en grappes retombantes appelées thyrses. Son feuillage caduc est très décoratif. L’amertume de ses inflorescences leur évite d’être broutées.

 

Le lilas commun produit un nectar très apprécié par les abeilles et les papillons.​​​​​​​

Mythologie des fleurs - Le lilas ou syringa

 

Le Syringa persica (lilas de perse)

 

à feuilles de persil (en raison de son feuillage découpé) se distingue aussi par sa floraison mauve-bleuté plus légère, plus précoce et plus longue.

C'est aussi une plante au parfum raffiné et résistant. 

syringa persica -  lilas de Perse

syringa persica - lilas de Perse


Syringa hyacinthiflora (lilas à fleurs de jacinthes)


a des grappes de fleurs simples,  rose moyen puis pâle,  très abondantes, au parfum moins fort que les autres variétés, plus précoces que tous les Lilas classiques.
 

Syringa hyacinthiflora

Syringa hyacinthiflora


Lilas oblata (lilas de Mandchourie)  


commence à fleurir début mars, c'est un grand arbuste de 3m de haut, plutôt étalé. Il est très florifère, en larges grappes, et très parfumé.
 

Mythologie des fleurs - Le lilas ou syringa


Syringa prestoniae (Lilas de preston)
 


est un hybride trés rustique aux fleurs simples de couleur rose. Il attire les papillons. Il porte de gros panicules de petites fleurs au léger parfum. Sa floraison survient environ 2 semaines après le lilas commun (vulgaris). Ses feuilles sont grandes et de forme allongée.
 

Syringa Prestoniae Miss Canada

Syringa Prestoniae Miss Canada

 

Syringa reflexa (Lilas penché)


est un grand arbuste de 3, 4 mètres de haut très florifère qui porte en juin de longues inflorescences roses pendantes très ornementales. Un des lilas les plus originaux, indispensable au jardin. 
 

Syringa reflexa

Syringa reflexa

 

Syringa villosa (lilas tardif)


est un grand lilas de 2, 3 m de haut environ avec de grandes feuilles vertes. En juin, l'arbuste se couvre de longues et larges grappes roses très décoratives et très parfumées. Facile et original.
 

Syringa villosa "James Macfarlane"

Syringa villosa "James Macfarlane"

 

Syringa reticulata (S.amurensis, S.japonica) (lilas japonais)


est un superbe et vigoureux arbuste, grand ou petit arbre non drageonnant. Sa particularité réside dans sa floraison tardive pour un lilas, fin juin à début juillet. Ses petites fleurs blanches sont groupées en énormes inflorescences, parfumées. Spectaculaire et décoratif ! Il peut atteindre 5 mètres de haut. Culture facile au soleil dans toute bonne terre de jardin. 
 

 Syringa reticulata "S. amurensis, S. japonica"

Syringa reticulata "S. amurensis, S. japonica"


Syringa reticulata (Subsp. pekinensis) (lilas de Pékin)

 

est originaire des zones boisées sur les pentes, les vallées et les ravins du nord de la Chine. Il est communément appelé lilas de Pékin ou lilas chinois. Il a des branches arquées et des feuilles ovales vert foncé. Les fleurs sont voyantes, parfumées, blanc jaunâtre et fleurissent en panicules fin juin, début juillet. Il peut atteindre 6 mètres de haut
 

Syringa reticulata (Subsp. pekinensis)

Syringa reticulata (Subsp. pekinensis)

 

Syringa x chinensis "Saugeana" : Le lilas de Rouen.

 
Trouvé par Varin. 1777. S. chinensis "Rubra" a été obtenu par Saugé en 1809. Ses fleurs violettes plus foncées, simples et volumineuses à la fois, parfumées, fleurissent au Printemps. on l'utilise en haie et massif, il atteint entre 1 et 3 m.

 

Syringa x chinensis Saugeana Le lilas de Rouen

Syringa x chinensis Saugeana Le lilas de Rouen

 

Syringa meyeri "Palibin"  (lilas de Chine)


est sans doute le plus célèbre représentant d'une espèce chinoise de petite taille et très résistante. Il est issu du Syringa meyeri, originaire du Nord et de l'Ouest de la Chine, quoiqu'il n'ait jamais été trouvé dans la nature. 

Souvent plantée dans les jardins, cette variété primée par la Société Royale Horticole anglaise est appréciée pour aussi pour sa généreuse floraison remarquablement parfumée. Ses petites grappes de fleurs simples d'un mauve-rose clair éclosent en abondance au printemps puis, par intermittence, en fonction de la fraîcheur du sol, jusqu'à l'automne. Parfait pour les petits jardins, il se cultive également dans une petite haie fleurie, en groupe ou isolé, en pot sur la terrasse ou le balcon. C'est une plante très rustique, peu exigeante, économe en eau et résistante.

Syringa meyeri Palibin

Syringa meyeri Palibin

 

 

Syringa patula "Miss Kim" (Lilas de chine Miss Kim)

 

Ce lilas de Chine est un petit arbuste idéal pour les petits jardins, en haie, en alignement, en massif d'arbustes, en Isolé. Il atteint 2 m. Il est en forme de dôme et se couvre de belles panicules de fleurs simples rose pâle et parfumées. Ses feuilles se colorent de pourpre en automne. Sa période de floraison est à mi-printemps. Il est nectifaire attirant les papillons et les insectes butineurs, et mellifère attirant les abeilles.
 

Syringa patula "Miss Kim" (Lilas de chine Miss Kim)

Syringa patula "Miss Kim" (Lilas de chine Miss Kim)

 

Dans la mythologie grecque les poètes donnent le nom de syrinx à la flûte du dieu Pan.


Ovide (Publius Ovidius Naso- 43 av. J.-C.-17 ou 18 ap. J.-C.) poète latin qui vécut durant la période qui vit la naissance de l'Empire romain, compose les Métamorphoses au tout début du 1er siècle, sous le règne de l'Empereur Auguste. 


Livre 1 des Métamorphoses (1.689 à 1.713)
Traduction  par A.-M. Boxus et J. Poucet


......"Alors le dieu dit : Au pied des montagnes glacées d’Arcadie, parmi les Hamadryades de Nonacris, la plus célèbre était une Naïade que les nymphes appelaient Syrinx".
Plus d’une fois, elle avait échappé aux satyres qui la poursuivaient et aux dieux qui hantent les forêts ombreuses et les grasses campagnes.
Elle honorait par ses activités la déesse d’Ortygie, et même lui avait voué sa virginité ; ceinte elle aussi à la manière de Diane, elle aurait pu faire illusion et passer pour la fille de Latone, si elle n’avait eu un arc de corne, au lieu de l’arc d’or de la déesse.
Même ainsi, on les confondait. Un jour qu’elle revenait du mont Lycée, Pan la voit et, portant sur la tête une couronne d’aiguilles de pin, il lui adresse ces paroles... »
Il restait au dieu à relater le discours de Pan, et le dédain de la nymphe pour ses prières et sa fuite à travers champs, jusqu’à ce qu’elle arrive au bord sablonneux du paisible Ladon ; là, les eaux arrêtant sa course, elle avait prié ses soeurs liquides de la métamorphoser.
Pan croyait déjà Syrinx à sa merci, mais dans ses mains il ne saisit que des roseaux du marais et non le corps de la nymphe.
Et tandis qu’il pousse des soupirs, l’air qu’il a déplacé à travers les roseaux produit un son léger, une sorte de plainte.
Séduit par cette nouveauté et la douceur de cette mélodie, Pan dit : « Pour moi, cela restera un moyen de converser avec toi ». Et ainsi grâce à des roseaux inégaux reliés entre eux par un joint de cire, il perpétua le nom de la jeune fille."......

 

Pan et Syrinx par Jean-François de Troy  (1679–1752)

Pan et Syrinx par Jean-François de Troy (1679–1752)

les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique,


Elles sont dotées de pouvoirs magiques


La fée lilas et son parfum transportant les humains dans le royaume céleste

 

The Lilac Fairy

 

Lilac flower fairies
White May is flowering,
Red May beside;
Laburnum is showering
Gold far and wide;
But I sing of Lilac,
The dearly-loved Lilac,
Lilac, in Maytime
A joy and a pride!

 

I love her so much
That I never can tell
If she’s sweeter to look at,
Or sweeter to smell.

 

Cécily Maker Barker

Lilas par Cécily Maker Barker

Lilas par Cécily Maker Barker

 

Originaire d’Asie Mineure, le Syringa vulgaris aurait été introduit par les Maures dès le 10e siècle dans la péninsule ibérique. C’est le lilas le plus anciennement connu des botanistes européens.
 

Lilac vulgaris par Pierre-Joseph Redouté  (1759–1840)

Lilac vulgaris par Pierre-Joseph Redouté (1759–1840)

 

Il fut remarqué en 1548 par le naturaliste français Pierre Belon (1517-1564 considéré comme l'un des plus grands scientifiques du XVI° siècle), dans les Jardins de Constantinople où il était certainement cultivé depuis l’Antiquité. Il portait le nom de lilac. Quant au nom latin Syringa, il fut attribué au 18e siècle par Linné.


Pierre Belon accompagne deux ambassadeurs de François Ier auprès de Soliman Ier le Magnifique. Il parcourt le Levant de 1546 à 1549. Ce voyage en Grèce où il visite le mont Athos, en Turquie, en Égypte, où il explore Alexandrie et Le Caire, en Judée, en Arabie et en Palestine par l'isthme de Suez, permet à Belon de rapporter un grand nombre d'observations sur l'histoire naturelle et sur les moeurs des habitants.

 

Il s'agit de l'un des premiers voyages naturalistes de l'histoire. Il s'arrête ainsi dans les Îles grecques, à la recherche des plantes décrites par Dioscoride. Il relate son voyage en 1553, dans "Voyage au Levant, les observations de Pierre Belon du Mans, de plusieurs singularités et choses mémorables, trouvées en Grèce, Turquie, Judée, Égypte, Arabie et autres pays estranges", édité en 1553. 
 

Les Observations de plusieurs singularitez..Belon Pierre 1553

Les Observations de plusieurs singularitez..Belon Pierre 1553

 

On dit que les moines du Mont Athos se servirent des graines de lilas de perse pour confectionner des chapelets appelés Pater-noster (un des noms de l'arbuste, il semble qu'il y ait confusion entre Melia azedarach qu'on surnomme aussi lilas de perse, et qui a des graines à 5 côtés, naturellement trouée en son centre et est utilisée pour faire des chapelets en Orient, et Syringa persica).

 

 Selon la légende, c’est dès le IV° siècle que des ermites chrétiens se seraient isolés sur la péninsule, mais on n’a de preuves certaines qu’à partir du VII° siècle, lorsque l’empereur Constantin IV donna le territoire du mont Athos aux moines qui s’y étaient fixés


Très vite, ces chapelets accompagnèrent les prières des pèlerins venus se recueillir en Terre sainte.




 

Melia azedarach (lilas de Perse)

Melia azedarach (lilas de Perse)

 

Dans les églises et les monastères des îles grecques, le lilas était offert au seigneur, et devenue ensuite une des fleurs emblématiques de la religion chrétienne et l’Eglise de France l’associa aux cérémonies de printemps, (Pâques et communions).


Symbole de protection, on lui attribue également des pouvoirs d’exorcisme.

Mythologie des fleurs - Le lilas ou syringa


Les bergers d'autrefois utilisaient les jeunes tiges du lilas pour en faire des flûtes.

Joueur de flûte - XVIII°

Joueur de flûte - XVIII°

 

Auprès de ma blonde est composée en 1704, sous Louis XIV, et attribuée, selon une tradition locale, à André Joubert du Collet, cette chanson est probablement l’une des plus représentatives des chants populaires français.

 

Cette marche militaire — dont le titre original, "Le Prisonnier de Hollande", devient rapidement très populaire à l'époque parmi les troupes. Ainsi, l’histoire rapporte que les soldats du duc de Villars, maréchal de France (1653-1734) la chantent en entrant au Quesnoy en 1712.

 

Devenue le chant de marche du régiment de Champagne, elle se popularise durant les XVIII° et XIX° siècles et entre dans le répertoire populaire.
Elle a été interprétée entre autres, par Bordas, Aristide Bruant, Reda Caire, Armand Mestral 

 


Dans les jardins de mon père,

Les lilas sont fleuris ;

Dans les jardins de mon père,

Les lilas sont fleuris ;

Tous les oiseaux du monde

Viennent y faire leurs nids ...

 

Auprès de ma blonde,

Qu'il fait bon, fait bon, fait bon.

Auprès de ma blonde,

Qu'il fait bon dormir !


...............
 

 

Dans les colonies américaines, les lilas ont été introduits au XVIII° siècle.(v. 1750)


The "Purple Lilac" (lilas pourpre) est la fleur officielle de l'état du New Hampshire depuis 1919, parce qu'il "symbolise bien le caractère robuste des hommes et des femmes de l'État de granit".


Ils ont été plantés dans les premiers jardins botaniques. George Washington et Thomas Jefferson ont cultivé des lilas dans leurs jardins. New York reconnaît le lilas comme la brousse officielle de l'État.
 

Mythologie des fleurs - Le lilas ou syringa

 

Évariste de Parny (1753-1814) - poète
Recueil : Poésies érotiques (1778)

 

Au gazon foulé par Éléonore

 

Trône de fleurs, lit de verdure,

Gazon planté par les amours,

Recevez l'onde fraîche et pure

Que ma main vous doit tous les jours.

Couronnez-vous d'herbes nouvelles ;

Croissez, gazon voluptueux.

Qu'à midi, Zéphyre amoureux

Vous porte le frais sur ses ailes.

Que ces lilas entrelacés

Dont la fleur s'arrondit en voûte,

Sur vous mollement renversés,

Laissent échapper goutte à goutte

Les pleurs que l'aurore a versés.

Sous les appas de ma maîtresse

Ployez toujours avec souplesse,

Mais sur le champ relevez-vous ;

De notre amoureux badinage

Ne gardez point le témoignage ;

Vous me feriez trop de jaloux.
 

 Lilas -1901 par Edmund Blair Leighton

Lilas -1901 par Edmund Blair Leighton

 

Vive la rose et le lilas est une chanson française traditionnelle du XVIII° siècle, sur le thème de l'amour volage. La chanson est connue sous d'autres titres comme Mon amant me délaisse ou La Méchante.


Mon amant me délaisse

O gai ! vive la rose !

Je ne sais pas pourquoi

Vive la rose et le lilas !

Je ne sais pas pourquoi

Vive la rose et le lilas

 

La nomenclature du calendrier républicain fut promulguée par décret du 4 frimaire an II (24 novembre 1793).Il fut aboli le 1er janvier 1806 (11 nivôse an XIV) par Napoléon Ier.


Dans le calendrier républicain français, 
le 26e jour (16 avril) du mois de germinal (21 mars - 19 avril), est officiellement dénommé

 

La nomenclature du calendrier républicain fut promulguée par décret du 4 frimaire an II (24 novembre 1793).Il fut aboli le 1er janvier 1806 (11 nivôse an XIV) par Napoléon Ier.
Dans le calendrier républicain français, 
le 26e jour (16 avril) du mois de germinal (21 mars - 19 avril), est officiellement dénommé


 


"jour du Lilas".


 Le Soleil entre au signe du Bélier.

C'est l'époque de l'Equinoxe du Printemps 

 

Tout végète et s'anime au retour du Zéphir 

La Nature à ses Lois ramène nos désirs 

Et l'Âge le plus pur apprend des Tourterelles 

Qu'il est doux de s'unir et de s'aimer comme elles

 

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris. Il entre en vigueur le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793), mais débute le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792), jour de proclamation de la République, déclaré premier jour de l' "ère des Français".
 

mois de germinal (21 mars - 19 avril)

mois de germinal (21 mars - 19 avril)

 

Dans l'Encyclopédie botanique Jean-Baptiste de Monet de Lamarck (1744-1829) - 1815 - tome 3 - 


il est écrit :

 

..."Le lilas, dit M. Desfontaines, est le plus bel ornement des jardins et des bosquets lorsqu'il est paré de fleurs au retour du printemps. Ce charmant arbrisseau vient dans presque tous les terrains , et n'est pas sensible au froid les plus rigoureux.

 

Vahl (Martin Vahl (1749-1804) botaniste norvégien) m'a assuré qu'il résistait au climat glacé de la Norwège, et qu'on l'y cultivait en pleine terre. Il parait qu'il est originaire d'Asie. Matthiole (Pietro Andrea Mattioli 1500-1577) en a parlé le premier dans l'édition des commentaires par Dioscoride, imprimée en 1565 ; il dit que Busbec (Ogier Ghiselin de Busbecq 1522-1592 diplomate et botaniste flamand) l'avait apporté de Constantinople sous le nom de lilac, et qu'il lui avait donné le dessin dont il a publié la gravure.

 

Dans une édition postérieure, Mathiole ajoute que Cordus (Valerius Cordus - 1515-1544 médecin, chimiste et botaniste allemand) lui en avait envoyé du Jardin de Padoue  une branche chargée de fleurs et de fruits, en lui écrivant que cette plante était venue d'Afrique, sous le nom de Seringa, et qu'il en cultivait plusieurs pieds dans son jardin. Lécluse  (Charles de L'Écluse 1526-1609 médecin et un botaniste flamand) dit que le lilas, qu'il nomme Syringa à fleurs bleues, était déjà cultivé de son temps dans la plupart des jardins d'Allemagne et autres pays. Il ne paraît pas qu'il ait été connu des anciens. ...........

 


"Lemonnier avait essayé de greffer des lilas sur des frênes ; mais il m'a assuré que ces greffes ne tenaient pas longtemps, et qu'elles poussaient quelquefois avec une telle vigueur, qu'en peu d'années, elles épuisaient le sujet et le faisaient périr. ............

 


Le lilas de Perse s'élève moins ; il est plus sensible au froid : on le cultive dans les parterres. Il paraît que c'est vers le commencement du 17° siècle qu'il a été introduit en Europe, du moins les auteurs qui existaient avant cette époque n'en font point mention. Cornuti (Jacques Philippe Cornuti - 1606-1651 ou Cornut médecin et botaniste français) est le premier qui en ait parlé ; il assure qu'il fût apporté de Perse.".........
 

Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829)

Jean-Baptiste Lamarck (1744-1829)

 

Antoine Fontaney (1803-1837) - poète
Recueil : Ballades, mélodies et poésies diverses (1829)


Tu m'aimes, je ne puis mourir


.........

Du nouveau jour qui m'environne

Que les rayons sont éclatants !

Mon front ranimé se couronne

De l'espoir d'un autre printemps.

Quels parfums promet le feuillage

De ces lilas qui vont fleurir !

J'aurai ma part de leur ombrage :

Tu m'aimes, je ne puis mourir.

..........

Mythologie des fleurs - Le lilas ou syringa

 

Alfred de Musset (1810-1857) - poète
Poésies nouvelles (1836-1852)


Sur les débuts de Mesdemoiselles Rachel et Pauline Garcia


......

Discourons sur les arts, faisons les connaisseurs;

Nous aurons beau changer d'erreurs

Comme un libertin de maîtresse,

Les lilas au printemps seront toujours en fleurs,

Et les arts immortels rajeuniront sans cesse.

......
 

printemps  et lilas - William Stephen Coleman

printemps et lilas - William Stephen Coleman

 

Dans le Dictionnaire universel de matière médicale et de thérapeutique - Volume 4 - De F.V. Mérat - 1837 - page 333, 


il est écrit :


"Syringa vulgaris, Lilas


......"Ce charmant arbrisseau est originaire de Perse où il se nomme Lilac, lilag, et de l'Afrique septentrionale, où il se nomme Serinx, appellations qui ont servi à le désigner en français et en latin ; il appartient à la famille des jasminées et à la Diandrie monogynie ; il avait été apporté en Europe par Busbeck, ambassadeur de Ferdinand 1er, roi des Romains, à la Porte, (Giambatista della Porta - 1540-1615), physicien en 1562, qui en communique un dessin à Matthiole (Pietro Andrea Mattioli (1500-1577) médecin et naturaliste dont le commentaire sur Dioscoride a été imprimé en 1565 ; plus tard celui-ci en reçut des rameaux fleuris de Cordus (Valerius Cordus (1515-1544 - médecin, chimiste et botaniste allemand) à qui on l'avait  envoyé d'Afrique, et qui le cultivait dans le jardin de Padoue (comment. sur Dioscoride, p. 451), aujourd'hui il est répandu dans toute l'Europe, et il se cultive ainsi que ses variétés en pleine terre jusqu'en Norwège, au rapport de Wahl. 


Ses fleurs s'épanouissent au mois de mai, et embaument alors les parterres, comme elles en font l'ornement par leur beauté et leur abondance. Rien n'égale l'éclat des jardins des Tuileries, du Luxembourg et du bois de Romainville à cette époque de l'année.

 

Le bois de lilas est aussi dur que celui du buis ; il est gris avec des veines lie de vin ; mais il sèche difficilement. Ses branches creuses et évidées servent de tuyaux de pipe aux Turcs................"
 

Mythologie des fleurs - Le lilas ou syringa


Les contes de La Comtesse de Ségur (Sofia Fiodorovna Rostoptchina) (1799-1874) femme de lettres française d’origine russe. 

 

II - La forêt des lilas


......
Quand Blondine fut entrée dans la forêt, elle se mit à cueillir de belles branches de lilas, se réjouissant d'en avoir autant et qui sentaient si bon. A mesure qu'elle en cueillait, elle en voyait de plus beaux ; alors elle vidait son tablier et son chapeau qui en étaient pleins, et elle les remplissait encore.


Il y avait plus d'une heure que Blondine était ainsi occupée ; elle avait chaud ; elle commençait à se sentir fatiguée ; les lilas étaient lourds à porter, et elle pensa qu'il était temps de retourner au palais. Elle se retourna et se vit entourée de lilas ; elle appela Gourmandinet : personne ne lui répondit.

 

"Il parait que j'ai été plus loin que je ne croyais, dit Blondine : je vais retourner sur mes pas, quoique je sois un peu fatiguée, et Gourmandinet m'entendra et viendra au-devant de moi."


Elle marcha pendant quelque temps, mais elle n'apercevait pas la fin de la forêt. Bien des fois elle appela Gourmandinet, personne ne lui répondait. Enfin elle commença à s'effrayer.


"Que vais-je devenir dans cette forêt toute seule ? Que va penser mon pauvre papa de ne pas me voir revenir ? et le pauvre Gourmandinet, comment osera-t-il rentrer au palais sans moi ? Il va être grondé, battu peut-être, et tout cela par ma faute, parce que j'ai voulu descendre et cueillir ces lilas ! Malheureuse que je suis ! je vais mourir de faim et de soif dans cette forêt, si encore les loups ne me mangent pas cette nuit."


Et Blondine tomba par terre au pied d'un gros arbre et se mit à pleurer amèrement. Elle pleura longtemps ; enfin la fatigue l'emporta sur le chagrin ; elle posa sa tête sur sa botte de lilas et s'endormit"..........
 

Mythologie des fleurs - Le lilas ou syringa

 

Stéphane Mallarmé (1842-1898) - poète
Renouveau


......

Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,

Et creusant de ma face une fosse à ce rêve,

Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

 

J’attends, en m’abîmant que mon ennui s’élève…

Cependant l’azur rit sur la haie et l’éveil

De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

......

Oiseaux et lilas - Rosemary Millette

Oiseaux et lilas - Rosemary Millette

 

Victor Hugo (1802-1885) - poète
Recueil : Les chansons des rues et des bois (1865)

 


Ordre du jour de floréal

.......

Victoire, ami ! je dépêche

En hâte et de grand matin

Une strophe toute fraîche

Pour crier le bulletin.

 

J'embouche sur la montagne

La trompette aux longs éclats ;

Sachez que le printemps gagne

La bataille des lilas.
......

 Lilas - Catherine Klein

Lilas - Catherine Klein


Victor Hugo (1802-1885) - poète
Recueil : Les chansons des rues et des bois (1865)


Meudon

......

Nous fîmes des canapés d'herbes ;

Nous nous grisâmes de lilas ;

Nous palpitions, joyeux, superbes,

Éblouis, innocents, hélas !

......

Les Amoureux aux lilas par Marc Chagall

Les Amoureux aux lilas par Marc Chagall

 

René-François Sully Prudhomme (1839-1907) - poète
Recueil : Stances et poèmes (1865)

 


Ici-bas

 

Ici-bas tous les lilas meurent

,Tous les chants des oiseaux sont courts ;

Je rêve aux étés qui demeurent

Toujours...

 

Ici-bas les lèvres effleurent

Sans rien laisser de leur velours ;

Je rêve aux baisers qui demeurent

Toujours...

 

Ici-bas tous les hommes pleurent

Leurs amitiés ou leurs amours ;

Je rêve aux couples qui demeurent

Toujours...
 

Lilas, temps gris de Claude Monet  (1872)

Lilas, temps gris de Claude Monet (1872)

 

Charles Cros (1842-1888) - poète
Recueil : Le coffret de santal (1873)


Avenir

Sonnet.


Les coquelicots noirs et les bleuets fanés

Dans le foin capiteux qui réjouit l'étable,

La lettre jaunie où mon aïeul respectable

À mon aïeule fit des serments surannés,

 

La tabatière où mon grand-oncle a mis le nez,

Le trictrac incrusté sur la petite table

Me ravissent. Ainsi dans un temps supputable

Mes vers vous raviront, vous qui n'êtes pas nés.

 

Or, je suis très vivant. Le vent qui vient m'envoie

Une odeur d'aubépine en fleur et de lilas,

Le bruit de mes baisers couvre le bruit des glas.

 

Ô lecteurs à venir, qui vivez dans la joie

Des seize ans, des lilas et des premiers baisers,

Vos amours font jouir mes os décomposés.
 

lilas - Nadia Strelkina

lilas - Nadia Strelkina

 

Charles Cros (1842-1888) - poète

 

Lilas

 

Ma maîtresse me fait des scènes.

Paradis fleuri de lilas

Je viens humer tes odeurs saines.

 

Les moribonds disent : Hélas !

Les vieux disent des mots obscènes

Pour couvrir le bruit de leurs glas.

 

Dans le bois de pins et de chênes

Les obus jettent leurs éclats.

Victoire ? Défaite ? Phalènes.

 


Pluie améthyste les lilas,

Sans souci d'ambitions vaines,

Offrent aux plus gueux leurs galas.

 

La mer, les montagnes, les plaines,

Tout est oublié. Je suis las,

Las de la bêtise et des haines.

 

Mais mon cœur renaît aux lilas.
 

Mythologie des fleurs - Le lilas ou syringa

 

Albert Mérat (1840-1909) - poète
Recueil : L'Adieu (1873)

 


Ce qui m'arrive est affreux

 

Ce qui m'arrive est affreux :

Elle est morte, je l'enterre.

L'adieu fut très douloureux ;

Mais je commence à me taire.

 

J'ai, comme on jette des fleurs

Sur les blancs cercueils des mortes,

Versé sur elle des pleurs

Et des fleurs de toutes sortes.

 

Je demeure seul, hélas !

Avec ma mélancolie.

— Voici venir les lilas

Dont le parfum dit : oublie.
 

Mythologie des fleurs - Le lilas ou syringa

George Auriol (1863-1938) - poète

 

quand les lilas refleuriront - 1890
 


Quand les lilas refleuriront,

Au vent les capuchons de laine,

Robes rouges nous remettrons.

Quand les lilas refleuriront,

Sur le tapis vert de la plaine

Nous reviendrons danser en rond...

Quand les lilas refleuriront,

Allez dire au printemps qu'il vienne.

 

Quand les lilas refleuriront,

Les filles, près de la fontaine,

De leurs amoureux jaseront.

Quand les lilas refleuriront,

Personne alors qui ne comprenne

Les doux mots qu'elles parleront...

Quand les lilas refleuriront,

Allez dire au printemps qu'il vienne.

 

Quand les lilas refleuriront,

Nous redescendrons dans la plaine,

Cloches, sonnez vos carillons.

Quand les lilas refleuriront,

Les papillons qui se promènent

Dans l'air avec des moucherons

Comme nous danserons en rond...

Allez dire au printemps qu'il vienne.

 

Quand les lilas refleuriront,

Parfumant l'air de leur haleine,

Combien d'amoureux mentiront.

Quand les lilas refleuriront,

Pour tous ces baisers qui s'égrènent

Que de blessures saigneront...

Allez dire au printemps qu'il vienne.
 

Panier de Lilas George Arthur Gaskell

Panier de Lilas George Arthur Gaskell

François Coppée (1842-1908) - poète
Recueil : Le cahier rouge (1892).

 


À un lilas.

 

Je vois fleurir, assis à ma fenêtre,

L'humble lilas de mon petit jardin,

Et son subtil arome qui pénètre

Vient jusqu'à moi dans le vent du matin.

 

Mais je suis plein d'une colère injuste,

Car ma maîtresse a cessé de m'aimer,

Et je reproche à l'innocent arbuste

D'épanouir ses fleurs et d'embaumer.

 

Tout enivré de soleil et de brise,

Ce favori radieux du printemps,

Pourquoi fait-il à mon cœur qui se brise

Monter ainsi ses parfums insultants ?

 

Ne sait-il pas que j'ai cueilli pour elle

Les seuls rameaux dont il soit éclairci ?

Est-ce pour lui chose si naturelle

Qu'en plein avril elle me laisse ainsi ?

Lilas - August Macke -Fielder 1903

Lilas - August Macke -Fielder 1903


Victor Lemoine, botaniste français de la fin du XIX° siècle, en créant plus de 64 cultivars de lilas (Syringa vulgaris), a fortement contribué à son essor à travers le monde. Car cet arbuste aux feuilles caduques à la floraison printanière est autrement plus connu à l'étranger sous le nom de "lilas français"


Entre 1876 et jusqu'à sa fermeture en 1968, le pépiniériste Victor Lemoine de Nancy a créé plus de 214 variétés de lilas communs, notamment des lilas aux fleurs doubles avec les étamines remplacées par des pétales supplémentaires dont beaucoup sont considérés comme des classiques et encore dans le commerce aujourd'hui. Leur nom de lilas français ou hybride français est donc dû au développement de sa culture en France. Lemoine a étendu la gamme de couleurs en créant des teintes plus profondes et plus saturées.
Certains cultivars ont gagné le prix du « Garden merit » de la Société royale d'horticulture 

 

Syringa meyeri Palibin - Garden merit

Syringa meyeri Palibin - Garden merit

 

Le Poème de l'amour et de la mer op. 19 est une composition pour voix et orchestre d'Ernest Chausson, écrite entre 1882 et 1892. Dédié à Henri Duparc, il constitue, avec la Chanson perpétuelle, l'œuvre pour voix et orchestre majeure du musicien.


Les textes sont tirés des Poèmes de l'amour et de la mer, recueil publié en 1876 par Maurice Bouchor, un ami du compositeur. La gestation du Poème de l'amour et de la mer, particulièrement longue (près de dix ans), s'achève le 13 juin 1892.

 

La Fleur des eaux


L'air est plein d'une odeur exquise de lilas,

Qui, fleurissant du haut des murs jusques en bas,

Embaument les cheveux des femmes.

La mer au grand soleil va toute s'embraser,

Et sur le sable fin qu'elles viennent baiser

Roulent d'éblouissantes lames.

 

Ô ciel qui de ses yeux dois porter la couleur,

Brise qui vas chanter dans les lilas en fleur

Pour en sortir tout embaumée,

Ruisseaux qui mouillerez sa robe,

Ô verts sentiers,

Vous qui tressaillerez sous ses chers petits pieds,

Faites-moi voir ma bien-aimée !

...............

 

 

La mort de l'amour

.......

Le temps des lilas et le temps des roses

Ne reviendra plus à ce printemps-ci ;

Le temps des lilas et le temps des roses

Est passé, le temps des œillets aussi.

 

Le vent a changé, les cieux sont moroses,

Et nous n'irons plus courir, et cueillir

Les lilas en fleur et les belles roses ;

Le printemps est triste et ne peut fleurir.

 

Oh ! joyeux et doux printemps de l'année,

Qui vins, l'an passé, nous ensoleiller,

Notre fleur d'amour est si bien fanée,

Las ! que ton baiser ne peut l'éveiller !

 

Et toi, que fais-tu ? pas de fleurs écloses,

Point de gai soleil ni d'ombrages frais ;

Le temps des lilas et le temps des roses

Avec notre amour est mort à jamais.
 

Femme au lilas Daniel Ridgway Knight

Femme au lilas Daniel Ridgway Knight

 

Les Lilas
Petite histoire de la commune des Lilas et de sa création en octobre 1867

 

Une ville jadis couverte de bois

 

Autrefois, le territoire de la ville des Lilas était couvert de champs, de vergers, de vignes et de bois, principalement de lilas et de bouleaux. Au 18e siècle, on n'y trouve encore aucune habitation. A cette époque, la carte des chasses ne fait mention que d'un seul lieu-dit: “les Brières” à Bagnolet.............

 

D’après "Les industries bizarres" paru en 1900 -  Bory Paul


Il est écrit : 


"...Grêles encore et à peine ouverts, les rameaux de lilas blanc ornent les vitrines des fleuristes à la mode au moment même où les hirondelles nous quittent pour aller sous des climats plus doux.


D'une blancheur immaculée, d'une grâce et d'une grâce et d'une légèreté sans égale, leurs thyrses élégants vont faire le charme des salons et le plaisir des yeux.


Plus que toute autre cette délicieuse fleurette ravit les jeunes fiancées pour qui elles sont l'hommage obligé, avec qui elles concordent si bien dans leur gracilité, dans leur épanouissement encore incomplet.

 

Cette image hâtive du printemps, ces ravissantes branches discrètement embaumées, qui trônent si bien dans les appartements somptueux, ne sont pourtant que les produits de l'ombre et du mystère, car c'est de caves obscures qu'il faut extraire ces joyaux recherchés.

Femme avec Lilas, 1892 de Louis Anquetin (1861-1932)

Femme avec Lilas, 1892 de Louis Anquetin (1861-1932)


Le lilas blanc, celui qui fait l'objet d'un si important commerce hivernal, est purement artificiel.


C'est en violentant la nature que nous remplissons nos corbeilles de ses délicieuses inflorescences ; nos confortables intérieurs reçoivent d'un pauvre famélique le relief de bon ton pour lequel les maîtresses de maison luttent de luxe et d'éclat.


Sa végétation est le prix d'efforts prolongés et multiples, car il ne faut pas moins de cinq à six ans pour produire ces branches parfumées qu'on se dispute à prix d'or à certains moments de l'année. La culture spéciale du lilas blanc est un des triomphes de l'industrie parisienne ; car c'est bien une industrie essentiellement parisienne que le forçage du lilas. Elle l'est par son centre d'opérations, elle l'est surtout par son origine.


On assure que le hasard seul a présidé à sa naissance, vers 1850. 


A cette époque, au lieu dit Vaugirard, couvert alors de jardins et de marais, vivait un brave horticulteur peu instruit, mais observateur perspicace. Modifiant un massif de lilas, il abandonna dans leur motte de terre quelques pieds arrachés ; mais comme le froid menaçait et que le temps lui manquait pour replanter ses arbustes, il les transporta, pour les mettre à l’abri, dans une sorte de souterrain, autrefois entrée d’une des carrières qui abondaient sous cette partie du sol parisien. 


Les lilas y avaient été complètement oubliés quand, aux premiers jours du printemps, pénétrant par hasard dans l’ancienne carrière, il aperçut ses arbustes couverts de ravissantes inflorescences blanches au lieu des thyrses d’une coloration intense qu’ils avaient donné jusqu’alors.


Ce spectacle plongea notre jardinier dans une profonde méditation d’où sortit le projet de réaliser industriellement ce que le hasard lui avait révélé. De là à l’exécution il n’y eut qu’un pas. L’hiver suivant, le souterrain, bien clos, bien disposé, fut rempli d’arbustes qui donnèrent au cœur de l’hiver des rameaux fleuris dont l’intelligent jardinier tira un prix énorme. Une telle aubaine ne manqua point d’éveiller l’attention des voisins, qui eurent bientôt surpris le secret du procédé. En peu de temps, toutes les anciennes carrières de la région devinrent des fabriques de lilas blanc. Voilà pourquoi, durant de longues années, cette culture fut centralisée à Vaugirard.


Mais Paris étouffait dans sa ceinture trop étroite ; il lui fallait de l’espace. Les constructions envahirent la zone suburbaine ; les terrains de Vaugirard furent des premiers absorbés, les carrières se vidèrent ; la gracieuse industrie dut émigrer et chercher ailleurs des installations favorables. 


En se déplaçant, les "forceurs" de lilas appelèrent la science à leur aide, la science qui avait péremptoirement démontré les effets de l’absence ou de l’abondance de la lumière sur la végétation. Ce fut à ce moment que se créèrent les établissements qui s’adonnaient en 1900 à la production industrielle du lilas blanc. 


Quand nous disons lilas blanc, c’est une façon de parler ; il conviendrait mieux de dire lilas non coloré, car – cela surprendrait plus d’un lecteur – le lilas le plus blanc, celui dont les inflorescences sont les plus délicates, est obtenu par le traitement des variétés précisément les plus vigoureuses et les plus riches en couleur. Ce sont les lilas dits "de Marly" et "de Charles X", dont nous admirons en pleine terre les éclatantes grappes, qui fournissent les éléments de cette gracieuse industrie."


..........
 

la marchande de fleurs, 1897 par Louis Marie de Schryver (1862-1942)

la marchande de fleurs, 1897 par Louis Marie de Schryver (1862-1942)

 

Anna de Noailles (1876-1933) - poète
Recueil : Le cœur innombrable (1901)


Les parfums


.....

 J'ai dans mon cœur un parc où s'égarent mes maux,

Des vases transparents où le lilas se fane,

Un scapulaire où dort le buis des saints rameaux,

Des flacons de poison et d'essence profane.

......

Lilas dans un vase par Edouard Manet

Lilas dans un vase par Edouard Manet

 

Sidonie-Gabrielle Colette (1873-1954) femme de lettres 

 


. La Maison de Claudine, 1922


..."Elle jetait sur ses épaules sa "visite" en cachemire noir brodée de jais, coiffait sa petite capote à grappes de lilas foncés, et s'en allait, de ce pas en effet, ce pas inimitable".....

 

 


La Vagabonde

 
........."Le soyeux bruissement des longs roseaux est entré, ce jour-là, par la glace baissée du wagon, en même temps qu'une odeur de miel, de sapin, de bourgeon vernis, de lilas en bouton, ce parfun amer du lilas avant la fleur, qui mêle la térébenthine et l'amande."...... 

 

Mythologie des fleurs - Le lilas ou syringa

 

Les lilas blanc - Théodore Botrel

.....

Elle naquit par un Dimanche,

Du plus joli des mois de Mai

Quand le printemps à chaque branche

Suspend un bouquet parfumé ;

Et l'admirant, toute petite,

Si blanche en son berceau tremblant,

Sa mère l'appela de suite :

"Lilas-Blanc",

Mon petit brin de lilas blanc !

......
 

 

Succès de 1929
Anny Flore - Quand refleuriront les lilas blancs

 

 

Louis Aragon (1897-1982) - poète
dont Jean Ferrat mit de nombreux poèmes en musique
Poésie où Aragon parle du début de la guerre 1939- 1945
ode tirée du recueil Le Crève-cœur publié en 1941

 

Les lilas et les roses


"Ô mois des floraisons mois des métamorphoses

Mai qui fut sans nuage et Juin poignardé

Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses

Ni ceux que le printemps dans les plis a gardés

 

Je n’oublierai jamais l’illusion tragique

Le cortège les cris la foule et le soleil

Les chars chargés d’amour les dons de la Belgique

L’air qui tremble et la route à ce bourdon d’abeilles

Le triomphe imprudent qui prime la querelle

Le sang que préfigure en carmin le baiser

Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles

Entourés de lilas par un peuple grisé

 

Je n’oublierai jamais les jardins de la France

Semblables aux missels des siècles disparus

Ni le trouble des soirs l’énigme du silence

Les roses tout le long du chemin parcouru

Le démenti des fleurs au vent de la panique

Aux soldats qui passaient sur l’aile de la peur

Aux vélos délirants aux canons ironiques

Au pitoyable accoutrement des faux campeurs

 

Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d’images

Me ramène toujours au même point d’arrêt

A Sainte-Marthe Un général De noirs ramages

Une villa normande au bord de la forêt

Tout se tait L’ennemi dans l’ombre se repose

On nous a dit ce soir que Paris s’est rendu

Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses

Et ni les deux amours que nous avons perdus

 

Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres

Douceur de l’ombre dont la mort farde les joues

Et vous bouquets de la retraite roses tendres

Couleur de l’incendie au loin roses d’Anjou"
 

 

Louis Aragon (1897-1982) - poète

 

Les lilas


Je rêve et je me réveille

Dans une odeur de lilas

De quel côté du sommeil

T'ai-je ici laissé ou là

Je dormais dans ta mémoire

Et tu m'oubliais tout bas

Ou c'était l'inverse histoire

Etais-je où tu n'étais pas

Je me rendors pour t'atteindre

Au pays que tu songeas

Rien n'y fait que fuir et feindre

Toi tu l'as quitté déjà

Dans la vie ou dans le songe

Tout a cet étrange éclat

Du parfum qui se prolonge

Et d'un chant qui s'envola

Cliquer pour agrandir

O claire nuit jour obscur

Mon absente entre mes bras

Et rien d'autre en moi ne dure

Que ce que tu murmuras

 

Elsa Triolet et Louis Aragon

Elsa Triolet et Louis Aragon

 

paroles et musique de Hugues Aufray
Des jonquilles aux derniers lilas (1968) 


......

J'ai connu Émilie aux premières jonquilles.

Elle était si jolie des jonquilles aux derniers lilas.

Dans la ferme endormie, chaque fois que j'allais la voir,

Son père avec un fusil m'attendait derrière l'abreuvoir.

Il me chassa aux premières jonquilles,

Me fusilla des jonquilles aux derniers lilas.

......
 

 

Lilac Wine interprétée par Jeff Buckley (album Grace), a

uteur James Shelton.

 

Lilac Wine (Vin Lilas)


.......

I lost myself on a cool damp night

I gave myself in that misty light

I was hypnotized by a strange delight

Under a lilac tree

.......


Je me suis perdu dans une nuit fraîche et humide

Je me suis dirigé vers cette lumière brumeuse

J'étais hypnotisé par une grande joie étrange

Sous un lilas

.......
 

Paroles de la chanson 
Le Temps Du Lilas par Barbara

.....

Il a foutu le camp, le temps du lilas,

Le temps de la rose offerte,

Le temps des serments d'amour,

Le temps des toujours, toujours.

Il m'a plantée là, sans me laisser d'adresse.

Il est parti, adieu Berthe.

Si tu le vois, ramène-le moi,

Le joli temps du lilas.

.....
 

Gérard Lenorman - Lilas (1978)


.....

J'ai dans le coeur des rues sans fin

Lilas, lilas

Une odeur de pluie sur la peau

D'une petite fille au sang chaud

.....
 

 

Sybille Rembard (1966)


Lilas


 
La pluie larmoyante caresse ton parfum

aime le déséquilibre éphémère

des gouttelettes assoiffées de sève.

À chaque pétale elle découvre ta beauté

symphonie d’unités réfractées.

 

Les fleurs minuscules bleutées par la lumière

avancent comme un cortège joyeux

 

dansent comme une valse d'amour.

Forsythias et pivoines couronnent cet instant

courtisent l’allégorie.

Sous le sublime chapiteau de la nature

un voile parfumé fleurit notre chimère.
 

Lilas par Frederick Childe Hassam, (1859-1935)

Lilas par Frederick Childe Hassam, (1859-1935)

 

Le passé a plus de parfum qu'un bosquet de lilas en fleurs.
proverbe chinois

 

lilas par Frederick Childe Hassam, (1859-1935)

lilas par Frederick Childe Hassam, (1859-1935)

 

Traditions et coutumes au fil du temps

 


. Un lilas planté dans un jardin, protège la maison des mauvais esprits 


. On plantait du lilas pour éloigner l'esprit malin et conjurer le mal 


 

Lilas  par William Affleck

Lilas par William Affleck

 

. Si on brûle de l'encens de lilas ou si l'on jette des branches par la fenêtre d'une maison hantée, on se débarrasse des mauvais esprits et des fantômes.

  
. En Perse, on offrait à une branche de lilas fleurie et odorante pour mettre fin en douceur à une relation.

 

. En Angleterre, le lilas est  signe de tritesse, on raconte du lilas blanc dans une maison porterait malheur. Peut-être est-ce le fait que cette fleur était utilisée dans les cérémonies funéraires…


. Aux États-Unis, offrir du lilas à une jeune fille est supposé la maintenir célibataire toute l’année durant !


. Le lilas est fréquemment associé au retour des beaux jours. Il est de tradition d’offrir des bouquets de lilas à l’occasion du printemps.

Lilas - Catherine Klein

Lilas - Catherine Klein

 

. En Angleterre, le lilas est  signe de tristesse, on raconte du lilas blanc dans une maison porterait malheur. Peut-être est-ce le fait que cette fleur était utilisée dans les cérémonies funéraires…

Mythologie des fleurs - Le lilas ou syringa

 

. Aux États-Unis, offrir du lilas à une jeune fille est supposé la maintenir célibataire toute l’année durant !


. Le lilas est fréquemment associé au retour des beaux jours. Il est de tradition d’offrir des bouquets de lilas à l’occasion du printemps.

Sarkis Diranian (Armenian, 1854-1918) le bouquet de lilas

Sarkis Diranian (Armenian, 1854-1918) le bouquet de lilas

Le lilas dans le langage des fleurs est symbole de protection.
il est parfait pour déclarer ses sentiments ! 

 

.  Un lilas aux fleurs d’un blanc profond signifie l’innocence, la pureté, la       jeunesse, un amour durable et fidèle ;

 
.  Un lilas d'une couleur crème peut traduire une relation menacée.


.  S’il est mauve, il signifie les premiers pas vers le chemin de la passion, 
   il signifie aussi la nostalgie ou la mélancolie…, 


.  Un lilas rose pour une jeune fille, c’est l’amour naissant.


.  Un lilas violet, bleu pour la réconciliation après une scène de ménage..... 
 

Mythologie des fleurs - Le lilas ou syringa
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7 avril 2020 2 07 /04 /avril /2020 23:33

Mythologie des fleurs 


Le pissenlit
Taraxacum 

 

 

....." Les pissenlits abondaient dans la plaine et dans nos jardins et c’était un amusement courant que de souffler très fort sur les boules vaporeuses formées par ces plantes quand la fleur est passée, d’en détacher, d’un coup, tous les petits fruits qui, soutenus par une aigrette rayonnante, se disséminaient au loin… — "


(Édouard Bled, "Mes écoles", Robert Laffont, 1977, page 68.)
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Le pissenlit est une plante à fleurs composées, qui croît dans les lieux herbeux et incultes, prairies, prés et pâturages, bords des sentiers, des ruisseaux et des rivières, talus et gravas, clairières et bois clairs. 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Le pissenlit apporte des vitamines (C et K), des éléments minéraux (calcium, potassium, fer, fibres, manganèse, béta-carotène), ainsi que de nombreux autres constituants qui en font une plante médicinale de premier ordre. Il stimule le foie et la vésicule biliaire. Il améliore le transit intestinal, nettoie le sang et combat le cholestérol. C’est aussi un excellent diurétique qui élimine les impuretés de l’organisme par les urines, d’où son nom.


Grâce à ses constituants amers, le pissenlit (Taraxacum officinale) fait également office de tonique général puisqu’il aide à combattre la fatigue du printemps.


Ses feuilles, ses boutons floraux, ses fleurs et même ses racines, tout est bon dans le pissenlit, crus ou cuits. Plante sauvage désormais cultivée. Il est temps de la redécouvrir !


Les feuilles, à peu près semblables à celles de la chicorée, se mangent en salade, quand elles sont jeunes et tendres..
Grillées, les racines fournissaient un substitut au café. Et avec les fleurs, on fabriquait un vin fortifiant.

 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

C'est une plante vivace, de plein soleil ou mi-ombre, à racine charnue pénétrant profondément dans le sol (plus de 50 centimètres), ce qui lui permet de résister au gel intense des régions froides.

Mythologie des fleurs - le pissenlit


On appelle "pissenlit" diverses plantes à tige généralement creuse et dont l'inflorescence est un capitule plat et jaune. 


Les pissenlits "véritables" sont des espèces du genre Taraxacum appartenant à la famille des Astéracées (autrefois Composées). La jolie fleur jaune vif est en réalité un capitule : un groupe de fleurs à cinq pétales soudés. Ce qui semble être un pétale est en réalité une fleur entière. Le pissenlit est un bouquet ! Les feuilles sont disposées en rosette, découpées en lobes triangulaires inégaux (comme des dents de lion!). Les fleurs sont regroupées en capitule (un seul par pied de pissenlit). La racine est enfoncée dans le sol. 


Les espèces du genre Taraxacum Officinalis sont des plantes dicotylédones anémochores. C'est le genre des pissenlits véritables, même s'il existe dans ce cas des "pissenlits blancs" (comme Taraxacum albidum), cultivés.
 

Pissenlit - Asteraceae - Taraxacum officinale

Pissenlit - Asteraceae - Taraxacum officinale

 

Des espèces d'autres genres de la famille des Asteraceae peuvent prendre néanmoins ce nom vernaculaire. 
 

Sonchus arvensis (le Laiteron des champs)

Sonchus arvensis (le Laiteron des champs)


Entouré de la neige blanche des pâquerettes, le jaune éclatant des pissenlits ensoleille les prés et prairies, c'est le printemps. Ils fleurissent de longs mois, abondants de mars à mai, mais on peut voir des fleurs de mars à novembre. 
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Si le ciel est découvert, tous les matins, la fleur s'ouvre, et tôt le soir, elle se ferme.


A la fin de la floraison, l'or jaune laisse place à des boules blanches duveteuses.

Les aigrettes légères s'envolent au moindre souffle ! ces petits parachutes élégants sont formés d'un fruit (akène), surmonté d'une aigrette, (le pappus) disséminant le fruit par le vent. 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Le pissenlit provoque de multiples sentiments. Bien que détesté par certains, avoir quelques pissenlits ici et là ajoute de la couleur, il attire les insectes utiles, coccinelles, papillons.

C'est une plante très mellifère. Ses fleurs sont riches en nectar et en pollen. Sa floraison au début du printemps en fait une source de nourriture très appréciable pour les colonies d'abeilles.
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit
Mythologie des fleurs - le pissenlit
Mythologie des fleurs - le pissenlit
Mythologie des fleurs - le pissenlit
Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Les graines aigrettées sont une nourriture importante pour les oiseaux qui en raffolent

bouvreuil et pissenlits

bouvreuil et pissenlits

 

Le pissenlit est une plante à latex, dont le lait ne brûle pas la bouche. Il est juste un peu amer. Le latex du pissenlit a pour effet de repousser les limaces et les escargots, qui se contentent de manger les feuilles fanées.

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Par contre, les lapins, les moutons, les vaches ou les chevaux en raffolent et le pissenlit s'en trouve plutôt bien, car plus il est brouté, mieux il repousse !

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

On lui donne une pleïade de noms assez variés.


- Baraban, Chopine, Cochet, Couronne-de-moine, Croupe (Drôme), Doudou, Fleur des beaux garçons, Florin d'or, Florion d'or, Groin de porc, Horloge du berger, Lait d'âne, Laitue de chien, Pichaulit, Pistelon, Tête de moineau, Tête de moine (parce qu'il est chauve quand il a perdu ses aigrettes), Salade de taupe et Pisse-en-lit, 


- Dent-de-lion (Du grec leon, lion, et odons, dent, par allusion aux feuilles profondément dentées. Ce mot à donné le mot dandelion en anglais, avec le même sens), 
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

- Cramaillot en Franche-comté.

 
Cramaillot, de cramail, forme ancienne du mot crémaillère. Le cramaillot est une "petite crémaillère", terme qui fait clairement allusion au bord dentelé si caractéristique des feuilles de la plante. 


Certains Francs-Comtois utilisaient d'ailleurs le mot de crémaillotte pour le pissenlit.


"crameillotte (ou  cramaillote), aussi appelée miel de pissenlit, est une recette de gelée, à base de fleurs de pissenlit, d'origine franc-comtoise."
La cramaillotte (miel de pissenlit) bénéficie depuis des siècles de la réputation de guérir les maux de gorge.

 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

L’origine du Pissenlit date de l’Antiquité. Selon la Mythologie grecque, c’est grâce au char d’Apollon que l’on doit la création du Pissenlit. 


Le déplacement d'Apollon sur son char amorçant sa course ascendante, générait une telle poussière, qu'après ses passages, celle-ci en retombant ce serait transformée en plante : le Pissenlit.


Delacroix - Apollon sur son char amorçant sa course ascendante
 

Apollon sur son char amorçant sa course ascendante - Delacroix -

Apollon sur son char amorçant sa course ascendante - Delacroix -

Dans la mythologie grecque, Hécate, la déesse de la Lune fit cadeau de pissenlits (laiterons maraichers) en cadeau à Thésée. Il les mangea ainsi pendant trente jours et devint puissant pour combattre le Minotaure, (le taureau de Minos)  ce monstre à corps d'homme et à tête de taureau.


Hécate fait partie de la Triade Lunaire, avec Séléné et Artémis : Hécate représente la nouvelle lune ou lune noire, qui symbolise la mort ; Séléné la pleine lune, qui symbolise la maturité dans le cycle de vie ; Artémis le croissant de lune, qui symbolise la naissance. 


Thésée est le fils d’Apollon, le dieu du soleil et d’Ethra. Une autre version fait de Thésée le fils d' Égée, roi d'Athènes
 

Thesee et le minotaure dans le labyrinthe Edward Burne-Jones

Thesee et le minotaure dans le labyrinthe Edward Burne-Jones

les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique,


Elles sont dotées de pouvoirs magiques


La fée pissenlit

Dandelion -Fairy par C.M.B.

Dandelion -Fairy par C.M.B.

 

Le pissenlit était utilisé dès l'antiquité par les médecins grecs.

 

En Chine, on emploie la variété "Taraxacum mongolicum" depuis très longtemps 
 

 

On suppose que ce sont les invasions barbares qui ont mis fin à l'empire romain (IV° et V°s.) et ont contribué à répandre aussi largement le pissenlit

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Sainte Brigid et son emblème le pissenlit


Brigid (Brigitte) d'Irlande (451-v.525), est une sainte des Églises catholique et orthodoxe. Les fidèles l’honorent le 1er février.


Il y a débat pour savoir si le culte de sainte Brigid n'est pas dérivé de celui de la déesse celte triple Brigit, qui, dans les textes mythologiques irlandais, était célébrée lors de la fête druidique de Imbolc, la purification du 1er février, censée protéger les troupeaux et favoriser la fécondité. La tradition de fabriquer des croix de Brigid la veille de Imbolc (le 1er février), période de lactation des brebis (par assimilation, le pissenlit est devenu sa plante tutélaire pour la sève laiteuse qui se dégage de sa tige) s'est perpétuée.


Elle est aussi, fêtée le premier jour de février. Ce culte a peut-être été christianisé après l'évangélisation de l’Irlande.

....
_Extrait du livre : « Dictionary of Plant Lore ». De D.C. Watts. Traduction par Lune._


......"Les plantes à la sève laiteuse comme le pissenlit étaient souvent associées à la déesse dans le folklore écossais (F. M. MacNeill. 1959). C’est une connexion logique, car l’un de ses aspects est celui de la vachère, elle est donc associée au bétail et ainsi aux fleurs comme le pissenlit produisant un jus laiteux qui, croyait-on, nourrissait les tout premiers agneaux au printemps (E. E. Evans)......"


......."Dans les Hautes-terres d’Écosse, on dit que la "plante de Bride", c’est-à-dire le pissenlit, "nourrit de son lait les premiers agneaux" (F. M. MacNeill. 1959). Sa fleur est l’un des trois emblèmes de Bride, les deux autres étant l’agneau et l’huîtrier. Ses noms gaéliques sont : « Bearnon Bride », la petite fleur dentelée de Bride, « la petite flamme de Dieu » et « le présage de Sainte Bride“. Sainte Bride des rivages la porte à sa poitrine et la lumière du soleil est censée suivre....."


-McNeill, Florence Marian. The silver bough. 4 Vols. Glasgow, Maclehose, 1957–1968.


-Evans, E Estyn. Irish heritage: the landscape, the people and their work. Dundalk. W Tempest, 1942. Irish folk ways. Routledge, 1957


- Affiche ci-dessous conçue pour être encadrée et accrochée à un mur, publiée par Cuala Press de Dublin dans les années 1920, reflète l'association de la sainte avec le début du printemps et la saison d'agnelage.
 


 

Brigid par Winifred Mabel Letts (1882-1992) -

Brigid par Winifred Mabel Letts (1882-1992) -

 

En raison de sa consommation dans des salades, certains auteurs considèrent que ce nom est une corruption arabe du mot grec "trogemon" signifiant comestible. À moins qu'il ne provienne plus directement de l'arabe"tharakhchakon" qui désignait une plante semblable au pissenlit commun. 


Le nom générique Taraxacum trouve en effet son origine dans les écrits médiévaux perses en pharmacie. 


Vers 900, le savant perse Al-Razi (Rhasès) (865-925) pluridisciplinaire iranien qui a fait d'importantes contributions à la médecine, à l'alchimie et à la philosophie écrit :


...." le tarashaquq est comme la chicorée ".... 
 

Al Razi par Louis Figuier (1819-1894)

Al Razi par Louis Figuier (1819-1894)

 

Vers l’an 1000, le savant persan Ibn Sīnā, dit Avicenne (980-1037)

écrit tout un chapitre de livre sur le Taraxacum. 


Les médecins arabes mentionnaient déjà les vertus médicinales du pissenlit dans leurs écrits
 

Avicenne  tenant une branche de basilic - Miniature de Madina Saïdova

Avicenne tenant une branche de basilic - Miniature de Madina Saïdova

 

L'Abbesse Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) écrit : 


.....Le pissenlit est chaud et sec ; il a beaucoup de vertus et il est pur dans la nature. Et si on en mange souvent, comme d’un autre aliment, il purge l’estomac et fait disparaître les troubles de la vue.......... 


Hildegarde de Bingen, Le livre des subtilités des créatures divines, Physique, Les plantes, les éléments, les pierres et les métaux, Traduit du latin par Pierre Monat, Editions Jérôme Million, Grenoble 2002, p.70.
 

 

L'écrivain Gérard de Crémone vers 1170 fait une traduction de l'arabe au latin : le terme tarashaquq est alors orthographié en "tarasacon"


(La bibliothèque de Besançon  conserve  le Recueil des traités de Médecine de Gerard de  Cremone  (1250–1260), célèbre traducteur médiéval  italien d’Hippocrate, d’Avicenne, d’Al- Razi entre autres.)

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Plusieurs tribus amérindiennes comme les Iroquois et les Ojibwés employaient le pissenlit pour se soigner. 

 

Albert le  Grand (1200-1280) Frère dominicain, philosophe, théologien, naturaliste, chimiste, Évêque

voyait  dans  le  Pissenlit  le  "Flos Campi" (fleurs des champs) de la Bible. 

 

On fait également mention de l’usage du pissenlit dans un herbier britannique datant du XIIIe siècle.


L’usage du pissenlit est reconnu dans de nombreuses pharmacopées officielles (Inde, Autriche, République tchèque, Grande-Bretagne, Allemagne) et il a déjà fait partie de la pharmacopée américaine.
 

 

Au moyen âge


Un jardin modeste ne comporte pas vraiment d'espaces de loisirs, sa surface est variable, selon la richesse du paysan. Mais surtout le jardin s'agrandit alors de la nature environnante où la cueillette des herbes sauvages est possible, cueillette indispensable pour compenser les aleas météorologiques : lorsqu'une salade ou une herbe à porée n'arrive pas à pousser dans le jardin, on trouve toujours en remplacement de l'ache, du plantain ou du pissenlit.


le pissenlit (dens de lion - Taraxacum officinalis) est une plante tinctoriale, 
Les racines et les fleurs servaient aussi de colorants rouges (textile, enluminures etc...).


Horae ad usum Romanum , dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne Bourdichon Jean
 

Horae ad usum Romanum , dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne Bourdichon Jean

Horae ad usum Romanum , dites Grandes Heures d'Anne de Bretagne Bourdichon Jean

 

Cambridge, Trinity College MS O.2.48 - fin du XIVe siècle


Herba Conoriel  - Dandelion - 


....."Herba Conoriel ressemble plus à Dandelion qu'à Dabelion précédemment discuté . Le paragraphe est également intéressant car les noms latins de la plante sont fournis (Oculus Bovis et Lactuca Asinina)"......


 

dandelion - Trinity College MS O.2.48 - Conoriel

dandelion - Trinity College MS O.2.48 - Conoriel

 

A la Renaissance, (XIVe -fin du XVIe)

 

Le principal critère de beauté pour les femmes bourgeoises est le teint pâle. Elles utilisaient un mélange à parties égales de suc de pissenlit et de crème afin d’unifier leur teint et d’éliminer toutes les impuretés.


Le Pissenlit est aussi utilisé pour la peau. On dit qu’il permet en effet de la nettoyer en profondeur et de la raffermir. Le suc frais de Pissenlit est employé pour atténuer les tâches de rousseur
 

 

Titien  (1490–1576) - femme au miroir

Titien  (1490–1576) - femme au miroir

 

Au XVI°s. le pissenlit de certaines des espèces du genre Taraxacum, notamment de la section Ruderalia (ensemble d'espèces très proches les unes des autres "pissenlit commun" ou de "pissenlit officinal")

était appelé "herba urinaria" et utilisé dans la maladie des reins
 

 

En 1537, Jean Ruel,(V.1474-1537), médecin et botaniste français. écrit :

 "les enfants qui en mangent sont exposés à de fâcheux accidents nocturnes".
 


Le genre "Leontodon" (du grec leontodon, en latin "dens Leonis", littéralement "dent de lion", allusion aux dents aiguës de ses feuilles) tel que défini initialement par Linné comprenait le basionyme Leontodon taraxacum.

 

Mais c'est Jérôme Bock (1498-1554) ou Hieronymus Bock, pasteur luthérien et botaniste allemand qui décrivait cet effet diurétique en 1546. 


Au cours du même siècle, Jacobus Theodorus Tabernaemontanus ou Jakob Dietrich von Bergzabern (1522-1590) connu aussi sous le nom de Tabernaemontanus, botaniste et médecin allemand recommande cette plante "contre l'échauffement de l'estomac et du foie, elle dégage l'encombrement de ceux-ci et elle expulse puissamment l'urine"
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Olivier de Serres (1539-1619) est un agronome français, protestant actif et auteur d'un vaste traité, le Théâtre d’Agriculture et mesnage des champs, qui connut 19 rééditions de 1600 à 1675. Il étudia de manière scientifique les techniques agricoles et en rechercha l’amélioration par l'expérimentation. De ce point de vue, il est généralement considéré comme le père de l’agronomie française.


En 1600, Olivier Serre  le rebaptise  "pisse en lict" soulignant par là son coté de stimulant rénal.


La sagesse populaire a bien nommé le pissenlit, par une allusion évidente à ses vertus diurétiques : 
 

Olivier Serre

Olivier Serre

 

Symbolique des fleurs dans l'art des XVe XVIe et XVIIe siècles


Les fleurs, objets symboliques, possèdent de multiples sens qui dépendent du contexte et du sujet traité. Leur splendeur éphémère est un hommage à la richesse et à la beauté de la nature ; mais elle peut aussi exprimer la fragilité de l’existence humaine, la vanité des biens de ce monde lorsqu’elles sont flétries ou que leurs feuilles sont rongées par des insectes. Elles perdent progressivement toute signification symbolique et deviendront de simples objets de délectation.


 ......."Considérée comme une mauvaise herbe, le pissenlit est assimilé aux herbes amères que l’on devait consommer lors de la célébration de la Pâque (L’Exode, XII, 8). 


Son autre nom familier "dent-de-lion" l’associe également au Christ (Cf.Saint Jean, Apocalypse V:5). Dans l’iconographie chrétienne, symbole de l’éphémère et du temps passé, seule la rustique fleur de pissenlit enfonce ses racines au pied de la Croix et apporte sa couronne de lumière à la scène dramatique de la Passion. 


Le pissenlit devient ainsi l’emblème du Sauveur ressuscité et de la rédemption de l’humanité. Sa représentation accompagne donc également le deuil. 
 

 

Gérard David (1455-1523) le repos pendant la fuite en Egypte 1523

les pissenlits en bas à droite

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Ambrosius Benson (1495-1550) - Le repos pendant la fuite en Égypte

Les pissenlits en bas à droite

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Jean de Witte (1808-1889) - Triptyque

Pissenlits en bas à gauche

Triptyque de Jean de Witte - 1473

Triptyque de Jean de Witte - 1473

 

Au musée de l’Œuvre de Notre-Dame on peut voir sur une plaque tombale provenant de la Cathédrale, cette épitaphe en allemand avec un pied de pissenlit en bas relief :

"Ô, homme fragile, songe au destin des fleurs".........

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Nicolas de Lamare (1639-1723) conseiller commissaire du Roy au Châtelet de Paris


Tome quatrième


518 - Traité de la police, livre V. Titre XLI. Chap. VII. VIII. écrit :


Pissant-Lit :
...."est une espèce de chicorée sauvage, qui croît avec les autres herbes champêtres en tous lieux incultes ; l'on en met dans les salades au printemps, quand les feuilles commencent à croître, et qu'elles sont encore tendres : est détersive, apperitive, et propre à purifier le sang. On la nomme en latin Dens léonis, parce que ces feuilles par leurs découpures représentent assez bien la mâchoire d'un lion garnie de dents"......

 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Jaucourt - L’Encyclopédie, 1re éd. 1751 (Tome 15, p. 904). écrit :


".....Taraxacum

est issu du grec Taraxis, : déréglement, trouble, confusion. Hippocrate emploie souvent ce mot, pour signifier ce désordre ou déréglement du ventre & des intestins, qui est causé par un cathartique, ou telle autre cause que ce soit. L’adjectif tarachodes, s’applique aussi aux maladies, aux fièvres & au sommeil inquiet, qui sont accompagnés de rêveries.


Taraxis désigne encore dans les médecins grecs une chaleur & pleurs de l’œil, accompagnée d’une rougeur contre nature, laquelle procede de quelque cause externe, comme du soleil, de la fumée, de la poussiere, du vent, &c. Cette légere ophthalmie cesse d’elle-même par la cessation de la cause. (D. J.)........."
 

 

Benjamin Leogarant (1781-?), auteur cité dans le Littré écrit :


Taraxacum : latin des botanistes, de taraxis, trouble, et akeomai, guérir : plante calmante.


Nom latin du pissenlit (synanthérées), ayant une trentaine d'espèces, parmi lesquelles on distingue le taraxacum dent-de-lion, dit vulgairement liondent, pissenlit, couronne de moine et dent-de-lion ; quelques auteurs l'appellent taraxacum commun, et d'autres ont confondu les genres taraxacum et léontodon, parce que le pissenlit a été le leontodon taraxacon, 


supplément au dictionnaire
Ajoutez : M. Devic, Dict. étym., rejette absolument la dérivation par le grec, laquelle est en effet peu vraisemblable. Il cite le bas-lat. tarasacon, espèce de chicorée, provenant de l'arabe tarachaqoūn, pissenlit, chicorée sauvage.

 

 

La nomenclature du calendrier républicain fut promulguée par décret du 4 frimaire an II (24 novembre 1793).Il fut aboli le 1er janvier 1806 (11 nivôse an XIV) par Napoléon Ier.

Dans le calendrier républicain français, le 26e jour du mois de ventôse (19 février – 20 mars), Période des vents est officiellement dénommé

 

"jour du Pissenlit".

 

Le calendrier républicain, ou calendrier révolutionnaire français, est un calendrier créé pendant la Révolution française et utilisé de 1792 à 1806, ainsi que brièvement durant la Commune de Paris. Il entre en vigueur le 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793), mais débute le 1er vendémiaire an I (22 septembre 1792), jour de proclamation de la République, déclaré premier jour de l' "ère des Français".


Le Soleil est au signe des Poissons La Nymphe du Rivage aux Poissons fait la guerre Dans ce Mois où les Vents déchaînés par les eaux Les font rentrer au Fleuve & rendent à la Terre La Prairie où les Fleurs ramènent les Oiseaux
 

ventôse (19 février – 20 mars), Période des vents

ventôse (19 février – 20 mars), Période des vents



Dans le petit livre du 


Docteur Saffray - Les remèdes des champs - herborisations pratiques
à l'usage des instituteurs, des écclésiastiques et de tous ceux qui donnent leurs soins aux malades -
première partie de octobre à mars
quatrième édition - Librairie hachette - 1880 - page 151


il écrit :


..." Voici une plante amie de l'homme, vulgaire et partant peu appréciée dans les villes, où l'on aime ce qui est rare, ce qui vient de loin et se paye cher........Vous la connaissez bien cette plante ; elle croît partout : dans les prairies, au bord des chemins, les chèvres, les moutons et les vaches la recherchent malgré son amertume, et vous vous êtes souvent amusés à disperser d'un souffle vigoureux ses fruits à longues aigrettes. C'est le pissenlit (Léontodon taraxacum), nommé aussi Florion d'or, Dent de Lion.


La racine, vous voyez, est grosse comme le doigt, d'un brun rougeâtre en dehors, blanche en dedans. Elle possède les mêmes propriétés que les feuilles, longues et profondément découpées, mais chez nous ce sont surtout celles-ci qu'on emploie. Leur amertume franche n'a rien de désagréable, aussi les mange-t-on en salade au printemps. Plus tard elles deviennent coriaces et contiennent plus de principe actif.


La décoction de  pissenlit, à la dose de 30 à 60 grammes de feuilles fraiches, leur suc à la dose de 50 à 150 grammes, agissent comme antiscorbutiques, toniques, diurétiques et dépuratifs. Leur emploi prolongé est utile dans les affections chroniques de la peau, la débilité des organes digestifs ; efficace dans les engorgements du foie et de la rate qui accompagnent si souvent les fièvres de marais, ainsi que dans les maladies bilieuses. Nous en userons largement en dépit de la mode, et soyez sûrs que nous en trouveront bien. Il est toujours facile de se procurer la plante fraiche, cependant on peut récolter la racine de l'été pour la faire sécher.


La fleur de Pissenlit mérite de fixer un instant votre attention. Elle est de la famille des Composées ou Synanthérées, l'une des plus nombreuses, remarquable par la disposition de ses fleurs réunies en capitule et insérées sur une sorte de plateau. Dans ces agglomérations, dont l'ensemble paraît former une fleur unique, les fleurons sont tantôt complets, comme dans le bleuet, tantôt comme dans le Pissenlit, la Chicorée, ils consistent seulement en une étroite languette, ou demi-fleuron. Leur fruit est d'ordinaire couronné par une aigrette plumeuse, parachute élégant qui permet au vent de les disséminer au loin.".......
 

Jean François Millet (1814-1875) Pissenlits, 1867-68

Jean François Millet (1814-1875) Pissenlits, 1867-68

 

Le pissenlit fait partie des plantes magiques des sorcières, la magie blanche qui a pour but d'influencer favorablement le cours des choses, le comportement d'une personne, de protéger, de faciliter les issues heureuses ou de prévenir certains maux.

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Les fleurs de pissenlits dans la coutume populaire


. Traditionnellement on souffle dessus pour les voir s'envoler, et il est courant de faire un vœu. 
 

Poen de Wijs (1948-2014) - pissenlit

Poen de Wijs (1948-2014) - pissenlit

 

. Pour les enfants, si les aigrettes ne s'envolent pas d'un seul coup, c'est qu'il n'est pas encore l'heure de rentrer, les parents ne les ont pas encore appelés.

Donald Zolan - pissenlits

Donald Zolan - pissenlits

 

. Pour connaitre le temps. 
Si les aigrettes s'envolent, c'est qu'il fera beau ; si elles tombent immédiatement, c'est qu'il va pleuvoir. (l'explication vient certainement de l'humidité de l'air).


 

Fernando Vicente Sánchez

Fernando Vicente Sánchez


En soufflant trois fois, le nombre de graines qu'il reste indique l'heure qu'il est (d'où le nom d'hologe du berger)

Mythologie des fleurs - le pissenlit


. Une coutume ancienne voulait que le pissenlit servit de présage aux jeunes filles à marier : les jeunes filles d'autrefois soufflaient sur la tête du pissenlit pour faire s'envoler toutes ses graines. Autant de fois elles soufflaient, autant d'années elles attendront un époux...


. On dit aussi que nous vivrons autant d'années qu'il restera de graines.
si le garçon, en soufflant, fait s'envoler toutes les aigrettes, c'est que la jeune fille qu'il courtise l'aime sincèrement ; autrement c'est que la fille se moque de lui.

Poen de Wijs (1948-2014) - pissenlit

Poen de Wijs (1948-2014) - pissenlit

 

. Mettre un bouquet de pissenlits, la nuit, sur le rebord de la fenêtre d'une personne, c'est une façon de l'avertir d'un adultère

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Dans le Manuel des pharmaciens et des droguistes de Kapeler et  Caventou - t.2, 1821, page 549, il est écrit :  


..."Plante de la famille des Composées, vivace, à feuilles longues dentelées disposées en rosette, à fleurs jaunes et à petits fruits secs surmontés d’une aigrette. Synonyme dent-de-lion (s.v. dent).Pissenlit officinal; feuille, fleur, graine, racine de pissenlit; salade de pissenlit; culture du pissenlit. Les feuilles radicales longues et couchées du pissenlit sont dentées, en lobes arqués et renversés, glabres et d’un beau vert. Fraîches, elles renferment, comme toute la plante, un suc laiteux doux, amer et salin....."
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Théophile Gautier (1811-1872) - poète


.......

Adieu les églantines

Et, moissons enfantines,

Les bluets dans les blés,

Les vertes sauterelles,

Et les pissenlits frêles

Sans cesse échevelés.
..............

 

Mythologie des fleurs - le pissenlit


Élie Reclus (1827-1904), est un journaliste, écrivain, ethnologue et militant anarchiste français de la fin du XIXe siècle.


........"Le pissenlit roi de la prairie, évoque l’idée de radiation : cette Composée est l’image d’état harmonique. Ses feuilles sont radiantes ; le pissenlit radie, il va du centre à la circonférence et revient de la circonférence au centre. 

Cette fleur qui est un soleil, devient une voie lactée, un monde d’astres après la floraison. Elle passe de vert en jaune et en gris-bleu.
La fleur est simple ; chaque fleur est si tranquille, est tout à fait chez soi et veut sa part de lumière, de chaleur, du monde entier dans le minimum d’espace.

 La splendeur du pissenlit, son moment de beauté suprême, est avant son complet développement. Les pétales du pissenlit sont jaunes, mais les étamines sont oranges. Quand le rouge s’y met, on pense à la chaleur, à la passion. L’orange enthousiaste évoque l’admirable élan des idéalistes."......
 

Elie Reclus

Elie Reclus


Victor Hugo - Les Misérables - tome 1 - page 686 - 1862


Victor Hugo utilisa le premier l'expression dans les Misérables : 

"être mort, cela s’appelle manger des pissenlits par la racine (…)".


Cette plante a la particularité de pousser rapidement et naturellement notamment dans la terre fraichement labourée ou retournée. On trouvait donc souvent des pissenlits à l’endroit où la terre avait été creusée pour enterrer quelqu’un.


. L'éminent lexicologue Alain Rey rappelle toutefois que le terme "pisse" contenu dans pissenlit a autrefois eu un lien intime avec la mort dans la formule "pisser sur la fosse de quelqu'un" qui voulait dire "lui survivre". 
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

François Coppée (1842-1908) - poète

 

 

J'adore la banlieue avec ses champs en friche


J'adore la banlieue avec ses champs en friche

Et ses vieux murs lépreux, où quelque ancienne affiche

Me parle de quartiers dès longtemps démolis.

Ô vanité ! Le nom du marchand que j'y lis

Doit orner un tombeau dans le Père-Lachaise.

Je m'attarde. Il n'est rien ici qui ne me plaise,

Même les pissenlits frissonnant dans un coin.

Et puis, pour regagner les maisons déjà loin,

Dont le couchant vermeil fait flamboyer les vitres,

Je prends un chemin noir semé d'écailles d'huîtres.
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Encyclopédie Théologique - 1856 - publié par M. L'abbé Migne

Dictionnaire des superstitions, erreurs, préjugés et traditions populaires

 

Louis Pierre Francois Adolphe marquis de Chesnel de la Charbouclais


......"Lorsque le pissenlit est en graines, chacune de celles-ci est surmontée d'une aigrette qui la soutient dans l'air et la transporte quelquefois à de très grandes distances. A cet état de fructification, la fleur n'offre plus de pétales, mais une sorte de globe plumeux que le souffle suffit pour briser et en disperser les parties. 
Les jeunes filles ont encore fait de ce globe un objet de divination. Pour s'assurer d'une chose qui occupe leur pensée, elles soufflent une seule fois sur la boule en question : si toutes les graines se dispersent sous l'effort de cet innocent ouragan, la réussite du projet formé est immanquable ; mais s'il reste seulement une graine attachée au réceptacle, c'est qu'on ne doit avoir aucun espoir d'arriver à ses fins"........

 

Pissenlit - Marie Cardouat

Pissenlit - Marie Cardouat


Guy de Maupassant (1850-1893) écrivain et journaliste littéraire français écrit dans


une vie - 1883 - 


....."Etaient-ce la même campagne, la même herbe, les mêmes arbres qu'au mois de mai ? Qu'étaient donc devenues la gaieté ensoleillée des feuilles, et la poésie verte du gazon où flambaient les pissenlits, où saignaient les coquelicots, où rayonnaient les marguerites, où frétillaient, comme au bout de fils invisibles, les fantasques papillons jaunes ? Et cette griserie de l'air chargé de vie, d'arômes, d'atomes fécondants n'existait plus"......
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Guy de Maupassant (1850-1893) 


Contes et nouvelles - Histoire d’une fille de ferme, 

..."La cour de ferme, enfermée par les arbres, semblait dormir. L’herbe haute, où des pissenlits jaunes éclataient comme des lumières, était d’un vert puissant, d’un vert tout neuf de printemps. —"...
 

impression de champ de pissenlits - Igor Barkhatkov

impression de champ de pissenlits - Igor Barkhatkov

 

fin du XIXe et du début du XXe siècle 


Le pissenlit dans l'art nouveau


- la marque du dictionnaire Larousse, symbole de "la connaissance semée à tout vent "


Evolution du logo 


je sème à tout vent - Larousse 1876 -

Émile Reiber (1826-1893), architecte et décorateur français 

 

je sème à tout vent - Larousse 1876 -   Émile Reiber (1826-1893), architecte et décorateur français 

je sème à tout vent - Larousse 1876 - Émile Reiber (1826-1893), architecte et décorateur français 

 

L'image représentant une femme soufflant sur les aigrettes de pissenlits est due au peintre Eugène Grasset, 


Eugène Grasset (1845-1917)

ogotype de Larousse - 1890

Eugène Grasset (1845-1917) Logotype de Larousse - 1890

Eugène Grasset (1845-1917) Logotype de Larousse - 1890

 

Eugène Grasset (1845-1917) artiste

Petit-larousse - 1905

Petit-larousse - 1905

Petit-larousse - 1905

 

Jean Picart Le Doux (1902-1982) artiste peintre

Larousse 1970
 

Jean Picart Le Doux (1902-1982) Larousse 1970

Jean Picart Le Doux (1902-1982) Larousse 1970

 

Yan Pennor's (1957) designer graphiste

Logo de Larousse avec son allégorie de La semeuse stylisée

Larousse 1993 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Christian Delacroix - couturier

Larousse pour le millésime 2005 

Le nombre d’akènes change, mais le symbole demeure.
 

Christian Delacroix - Larousse 2005

Christian Delacroix - Larousse 2005

 

Maurice Pillard Verneuil (1869-1942)

art nouveau -

illustration dandelion, pissenlit, lowenzahn, 
 

Maurice Pillard Verneuil (1869-1942)  art nouveau - illustration pissenlit

Maurice Pillard Verneuil (1869-1942) art nouveau - illustration pissenlit

 

Juliette Milesi (1872-1959) 

art nouveau - illustration pissenlit
 

Juliette Milesi (1872-1959)   art nouveau - illustration pissenlit

Juliette Milesi (1872-1959)  art nouveau - illustration pissenlit

 

Daum


(ex Compagnie française du cristal Daum) est une cristallerie fondée en 1878 à Nancy, en Lorraine, en France par Jean Daum. Les ateliers Daum ont formé quelques-uns des grands noms de l'Art nouveau : Jacques Grüber, Henri Bergé, Almaric Walter, les frères Schneider y font leurs débuts…

- vases à décor de pissenlit

- 1890 comme la plume au vent

- 1900
 

vase Daum pissenlits 1890

vase Daum pissenlits 1890

vase Daum pissenlits 1900

vase Daum pissenlits 1900

 

Le fer forgé Art Déco d’Yvan Mercier


Spécialiste de la ferronnerie Art Déco, Yvan Mercier créé des lampes et du mobilier d'intérieur en s'inspirant des techniques des plus grands maîtres ferronniers d'art de cette époque (1910, 1920, 1930),
 

 

Depuis bien longtemps, la médecine populaire a reconnu à la racine de Pissenlit le pouvoir de stimuler les fonctions hépatiques. Cette propriété a été confirmée au 20e siècle, où elle fut employée avec succès contre les congestions du foie.

 

En 1927, le Dr Henri Leclerc, grand phytothérapeute écrivait


 ” Le pissenlit essore l’éponge hépatique et rince le filtre rénal “. 
 

 

Jean Rogissart, Mervale, Éditions Denoël, Paris, 1937, page 16)

 

....."Finis les feux de la veille et les longues parlottes des jours de neige et de frimas, des jours de prison et d’ennui : les pissenlits pointaient;" ......— 

pissenlits -  Mona Davis

pissenlits - Mona Davis

 

Jean-Paul Sartre (1905-1980) - La mort dans l'âme - Les Chemins de la liberté.


(Mort dans l'âme, 1949, page 134).

 "Il pense à tous les types qui essaieront de vous faire la cour pendant qu'il cassera les cailloux.
- Ou qu'il mangera des pissenlits par la racine, dit Pinette".

 

 

Alfred Jarry (1873-1907) poète, romancier, écrivain et dramaturge français.

 
Ubu roi (1888) 

..."Ainsi que le coquelicot et le pissenlit à la fleur de leur âge sont fauchés par l'impitoyable faux de l'impitoyable faucheur ... - ainsi le petit Rensky a fait le coquelicot."....
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Sidonie-Gabrielle Colette, (1873-1954) femme de lettres française,

 

Belles Saisons - 1945

...."Tout près de Paris, à vos pieds, promeneurs, cette rosace délicate, c'est le jeune pissenlit, et cette perle à son centre, c'est sa future fleur.'....
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Salvadore  Dali (1904-1989) - peintre


Battle Around a Dandelion (Bataille autour d’un pissenlit) - 1946
 

Salvadore  Dali (1904-1989) bataille autour d’un pissenlit - 1946

Salvadore  Dali (1904-1989) bataille autour d’un pissenlit - 1946

 

Jean de La Varende (1887-1959) est un écrivain français.


La Normandie en fleurs - 1950

...."Nous vîmes, un jour de vent d’orage, un hêtre se dépouiller d’un coup de toute sa feuillée, exactement comme une boule lumineuse de pissenlit "....− 
 

 

Jacques Prévert (1900-1977) - poète

 

......

Une hirondelle vole dans le ciel

vole vers son nid

son nid où il y a des petits

elle leur apporte une ombrelle

des vers de vase des pissenlits

un tas de choses pour amuser les enfants

dans la maison où il y a le nid

.......
 

 

Alain Hannacart (1955) - poète


Le pissenlit


Comme on met dans les livres les mots venus du cœur

Les graines sont réunies en une sphère délicate

Offert à tous les vents chaque trait devient une fleur

Comme un petit soleil sur le bord du chemin.
 

Mythologie des fleurs - le pissenlit

 

Le pissenlit en musique et chansons

 

Le pissenlit d'Anne Sylvestre


J'ai cueilli, j'ai cueilli

Trois fleurs de pissenlits, trois fleurs de pissenlits

J'ai choisi, j'ai choisi,

Les plus épanouies, les plus épanouies

 

Mais les autres m'ont dit, tireli

C'est que des pissenlits, mon ami

C'est même pas joli

Mais les autres m'ont dit, tireli

C'est que des pissenlits, mon ami

C'est même pas joli

 

J'ai cueilli, j'ai cueilli

Trois autres pissenlits, trois autres pissenlits

J'ai choisi, j'ai choisi,

Les plus épanouis, les plus épanouis

 

Et la maîtresse a dit, tireli,

Qu'ils étaient très jolis, mes amis,

Et elle a dit merci

Et la maîtresse a dit, tireli,

Qu'ils étaient très jolis, mes amis,

Et elle a dit merci

 

J'aime bien les pissenlits, elle a dit,

J'aime bien les pissenlits, c'est joli,

Elle a dit :"Eh bien oui !"
 

 

Les pissenlits par Ricet Barrier 

 

 

mais aussi les Rollings Stones (Mick Jagger & Keith Richards)


Dandelion (Pissenlit/dent-de-lion)
 

 

M.C. Palys  (1990) 

..."Doux souvenir d'enfance, je vois encore mon père cueillir une fleur de pissenlit, lui couper la tige, avec son couteau suisse, sortit de sa poche, en fendre le bout et écraser l'extrémité pour l'aplatir, afin d'en faire un sifflet, pour une petite musique."....

 

L'usine nouvelle - 2014


.........Les premiers pneus tests fabriqués par le manufacturier allemand Continental à l’aide d’un mélange de gomme innovant appelé Taraxagum, issu du pissenlit, ont été présentés à la foire de Hanovre en septembre. Le caoutchouc naturel employé dans le mélange de gomme de la bande de roulement généralement issu de l’hévéa a été remplacé à 100 % par du Taraxagum...........


..........Pendant la Seconde Guerre mondiale, le pissenlit avait déjà été utilisé à cette fin, mais s'était avéré bien moins productif que l'hévéa. Et pour cause : le latex issu du pissenlit coagule - ou polymérise - spontanément et rapidement en caoutchouc, ce qui rend difficile sa récolte. Mais les chercheurs allemands sont parvenus à créer des pissenlits transgéniques dans lesquels l'enzyme à l'origine de la coagulation a été désactivée, pour un rendement de 4 à 5 fois supérieur. 
 

 

Le pissenlit dans le langage des fleurs


Symbolise la santé, l'intelligence, la chaleur, la résistance, l'abondance, la prévoyance et la liberté.


- Je répands la bonne semence. (le duvet fin et léger qui s'envole au moindre souffle)


- C'est aussi la fleur de l'enfance, de l'innocence et de la nostalgie, de l’insouciance, (lorsque l’on soufflait sur sa boule duveteuse pour faire un vœu.)
 

Françoise Méthot - cueillette des pissenlits

Françoise Méthot - cueillette des pissenlits

Mythologie des fleurs - le pissenlit
pissenlits - Tom Sierak

pissenlits - Tom Sierak

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 16:49

Mythologie des fleurs 


Monnaie du Pape
Lunaire

 

....."Ce genre présente aux curieux, une agréable jouissance, par ses fleurs assez grandes, nombreuses, purpurines, ou mélangées de blanc et d'incarnat, disposées en bouquets ou en panicules étalées, au sommet de la tige et des rameaux : il leur succède des silicules très grandes, minces planes, de forme ovale ou arrondie : les deux valves tombent ; leur cloison persiste, et offre un beau disque satiné d'un blanc argenté et brillant, qu'on a comparé à la lune dans son plein, d'où lui est venu le nom de Lunaire (lunaria, Linn.)".......


Histoire des plantes de l'Europe - par J.L.M Poiret - tome Vi - 1829
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

La Lunaire (latin Lunaria), nom dérivé de luna, "lune", 


doit son nom au disque, fine membrane séparant les deux valves des fruits, d’un blanc argenté très luisant, semblable à l'éclat de la lune.


C'est une plante dicotylédone de la famille des brassicacées, ou crucifères, appartenant au genre Lunaria.
(Les plantes dicotylédones constituent une classe de végétaux dont l'embryon possède deux cotylédons, soit deux feuilles primordiales).

 
Monnaie du Pape :

une allusion aux gousses translucides et argentées semblables à des pièces qui contiennent des graines.


Les oiseaux les adorent !
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

On en connaît deux principales espèces, 


- Lunaria rediviva, la lunaire vivace,


Elle préfère les climats tempérés à froids (elle est abondante en Grande-Bretagne), 


Cette vivace apprécie surtout les lieux humides, notamment les bois. Ses feuilles sont plus nettement dentées que celles de L. annua, et ses fleurs violettes à quatre pétales beaucoup plus odorantes, les fruits, silicules très plates, ovales. 


Elle nous offre sa jolie floraison à partir du mois de mai.
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

- Lunaria annua, (L. biennis) la lunaire annuelle ou bisanuelle plus connue sous le nom de monnaie du pape. 


On la rencontre fréquemment au bord des chemins ou dans les décombres, dans des lieux semi-ombragés. 


Ses petites fleurs roses violettes ont quatre pétales, et les fruits circulaires sont semblables à des pièces d'argent d'où son nom de "monnaie du pape", 


Elle peut atteindre 60 cm à 1 m de haut. La tige est légèrement velue. Les feuilles sont grossièrement dentées, en forme de cœur assez grandes. Les fleurs forment de fausses ombelles au sommet d'une longue tige dressée. 


Elles fleurissent au mois d'avril.


Les plantes se ressèment naturellement au gré du vent.


Les jeunes plants passent l'hiver à l'état de rosettes de feuilles.

Au printemps, dès les premières douceurs, une tige s'élève en haut de laquelle apparaissent des fleurs en forme de croix, violettes ou blanches, parfumées.


Dès que le soleil se couche et que la nuit commence, les calices s'ouvrent et dégagent un parfum intense. Cela attire les insectes pollinisateurs, principalement les papillons de nuit. Les plantes assurent ainsi leur pérennité.


 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Lunaria telekiana est une autre espèce de lunaire endémique, rare et mal connue connue, d' Albanie, du Monténégro et du Kosovo .

Il a été proposé de la protéger en vertu des traités internationaux sur les espèces menacées. 

Lunaria telekiana - timbre albanais

Lunaria telekiana - timbre albanais

 

Dictionnaire de Trévoux/6e édition, 1771


...."L’alysson de Dioscoride, est une espèce d’un autre genre de plante, qu’on appelle bulbonac, Lunaria. Sa racine est dure, blanche, & d’un goût brûlant. Ses feuilles sont au commencement presque rondes ; ensuite elles deviennent plus longues, & finissent en une pointe obtuse. Elles sont blanches, velues, & rudes. Ses fleurs sont en grand nombre, composées de quatre feuilles disposées en croix, & petites. Sa semence, qui est contenue dans des siliques, est de la figure d’un petit rein, élevée en lentille, & dont les bords sont déliés. ".......


Dioscodide (20 et 40 ap. J.-C) médecin grec
 

Dioscoride

Dioscoride

 

Autrefois, ses feuilles au goût âcre et amer étaient vantées en médecine pour leurs propriétés apéritives, diurétiques, antiscorbutiques et antiépileptiques et sa racine bulbeuse connue sous le nom de Bulbonac se mangeait en salade. 
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique,

 

Elles sont dotées de pouvoirs magiques


La fée Honesty (Honnêteté) (nom de la lunaire au Royaume Uni)
 

fée Honesty (honneteté - lunaire-monnaie du pape)

fée Honesty (honneteté - lunaire-monnaie du pape)

 

 

Outre monnaie du pape, on la surnomme Herbe aux écus, Herbes aux lunettes, Passe-satin, Bulbonac, Médaille de Judas,  Médaillon, Satin blanc…. 

Le nom commun Honesty (Outre Manche) "honnêteté" est apparu au 16ème siècle, et peut également se rapporter aux gousses translucides.

"Lorsque la plante pousse naturellement dans une maison, cela veut dire que les personnes qui l'habitent sont honnêtes."
 

 En Asie du Sud-Est, on l'appelle "l'usine d'argent" 


Aux États-Unis, la lunaire est communément appelée "dollars d'argent"  "Silver Dollar, "argent chinois" ou "pièces de monnaie chinoise" parce que ses gousses ont l'apparence de pièces en argent.


Les pèlerins l'ont  amenée aux colonies sur le Mayflower en 1620. 


Thomas Jefferson (1743-1826) l'a élevée dans les célèbres jardins de Monticello (sa maison et son domaine) près de Charlottesville, en Virginie, à l'est des États-Unis. et l'a mentionnée dans ses lettres.


En français, la lunaire est connue sous le nom de "monnaie du pape" ("Pope's money"). 


Au Danemark, elle est connue comme judaspenge, 
et dans les pays néerlandophones comme judaspenning les deux signifiant "pièces de Judas", une allusion à l'histoire de Judas Iscariot et aux trente pièces d'argent qu'il a été payé pour avoir trahi le Christ.
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Dans :

Bon jardinier - 1811, p. 357. (destiné à l'Impératrice Joséphine)


.... "Les fleurs sont assez semblables à celles de la giroflée rouge simple...


Aux fleurs fanées succèdent des silicules plates, larges, orbiculaires comme la lune, terminées au sommet par le bout restant du pistil, ce qui a fait nommer trivialement cette plante Clef-de-montre. La cloison du milieu débarrassée de chaque côté de sa valve reste brillante et d'un blanc argenté comme la nacre de perle : ce qui a fait donner encore à la plante les noms de Monnoie du Pape, de Médaille de Judas, de Satinet et de Satin-Blanc. On s'est amusé longtemps à parer les cheminées de ces sortes de bouquets.".........
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

Dans :

Jaucourt - L’Encyclopédie, 1re éd. - 1751 (Tome 9, p. 725).


....."Elle tire son nom de bulbonac de sa racine bulbeuse ; celui de médaille dérive de la rondeur de ses siliques & de leur bord argentin. Le nom de lunaire dépend de la même cause ou de la forme de ses graines ; les noms de satinée, de satin blanc ou de passe-satin viennent de ce que les cosses de cette plante, dans leur maturité, sont transparentes & ressemblent à du satin blanc. Cette transparence est produite par la cloison mitoyenne de ces siliques, laquelle cloison est d’un blanc argenté, très-luisant. Les Anglois connoissent aussi cette espece de lunaire sous le nom de white-satin, & ce sont eux qui m’ont appris l’origine du nom françois." ........
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Saint Albert le Grand (V.1200-1280) est un frère dominicain, philosophe, théologien, naturaliste, chimiste. Évêque. 


Albert le Grand fut-il magicien ? Il le dit : 


"Bien plus, nous sommes experts en magie.... Etiam nos ipsi sumus experti in magicis" (De anima...., I, 2, 6 ; éd. Stroick p. 32).


....."Une branche de monnaie du pape avec les silicules sèches permettait de protéger les personnes qui ouvrirait le livre de magie noire "Le grand Albert" (grimoire, célèbre livre de magie populaire, en latin, vers 1200-1280). Commencé peut-être vers 1245, il reçoit sa forme définitive vers 1580, et son édition française classique est de 1703"......


 Un tel livre avait la réputation de libérer tous les sorts pour lequel il avait été utilisé, lorsque ce n'était pas son propriétaire qui le consultait. 


La monnaie du pape permettait d'éviter la projection et l'utilisation des sorts en magie noire.


En magie, elle chassait les créatures censés sortir la nuit et les mauvais esprits qui envahissent la campagne.


Mise dans la maison, on pensait qu’elle apportait fortune et richesse.
 

Albertus Magnus, fresque de Tommaso da Modena (1332)

Albertus Magnus, fresque de Tommaso da Modena (1332)

 

On peut lire dans :


Plant Lore, Legends and Lyrics


..."Honesty  (honnêteté -Lunaria biennis - Lunaire et Moonwort, etc..). est mentionnée par C Geoffrey Chaucer (1340 -1400) poète anglais et auteur, comme l'une des plantes utilisées dans les incantations:


.....“And herbes coude I tell eke many on,
As Egremaine, Valerian, and Lunarie,
And other swiche, if that me list to tarie,
Our lampes brenning bothe night and day,
To bring about our craft if that we may,
Our fournies eke of calcination,
And of wateres albification.”......

 

Michael Drayton (1563-1631) un poète anglais 
fait également référence aux vertus de la plante: -

 

....."Enchanting Lunary here lies,
In sorceries excelling.”.....


Le poète nous dit également que cette Lunaire était considérée comme efficace dans la guérison de la folie.


.....“Then sprinkles she the juice of Rue
With nine drops of the midnight dew,
From Lunarie distilling.”.....


Il y a une superstition populaire selon laquelle partout où l'honnêteté (honesty) pourpre est florissante, les cultivateurs des jardins sont exceptionnellement honnêtes.
 

Plant Lore, Legends and Lyrics

Plant Lore, Legends and Lyrics

 

La lunaire a été mentionnée plusieurs fois à la Renaissance,

notamment par 
Jean Wier (1515-1588) médecin et opposant à la chasse aux sorcières.

 

dans
Histoires, disputes et discours des illusions et impostures des diables, des magiciens infâmes, sorcières et empoisonneurs. Chapitre XVIII, 1579.


...."L’herbe communément nommée Lunaire, que aucuns appellent l’estoile de terre, qui porte sa semence en une petite graine ronde, s’ouvre de nuict & reçoit tellement les rayons de la lune qu’il semble que ce soit une étoile luisante. Les habitants des lieux ou telle herbe se trouve, voyans cette clarté la fuyent, estimans que ce soit un fantome dangereux"....
 

Jean Wier - Gravure de Johann Weyer par Pieter Holsteyn II de 1660

Jean Wier - Gravure de Johann Weyer par Pieter Holsteyn II de 1660

 

Autrefois, on nommait la lunaire "oublie"

 

Dans Le langage des fleurs de Louise Cortambert, Louis-Aimé Martin - 1842 - page 256 elle dit :


...."L'oublie est la même plante que la grande lunaire, qu'on appelle aussi Monnaie du Pape, Médaille de Juda, la Nacrée, la Satinée. Cette plante doit ses noms variés, non à sa graine, comme on le pense communément, mais à la cloison qui partage ses siliques plates, larges, orbiculaires comme la lune. Cette cloison dégagée de ces valves, ressemble à des médailles ou à des oublies. 
René, duc de Bar et de Lorraine, ayant été fait prisonnier à la bataille de Thoulongeon, peignit de sa propre main une branche d'Oublies, et l'envoya  à ses gens, pour leur reprocher leur peu de diligence à le délivrer.".....

 

Louise Cortambert
Louise Cortambert

Louise Cortambert

 

Une oublie est une pâtisserie qui date du Moyen Âge.
Mince et de forme ronde, elle est préparée à partir de farine et d'eau, de lait ou de vin blanc, d'œuf, de sucre ou parfois de miel. Elle est cuite entre deux fers par l'"oublieur", comme une gaufre, puis souvent roulée en cylindre creux. 


En Algérie, dans les années 1950, les vendeurs ambulants proposaient, en criant "marchand d'oublies".


Altération de l'ancien français oblaye, obleie, oblee (au XII° siècle), "oublie" vient du bas latin ecclésiastique oblata (hostia) "offrande, pain offert à l'eucharistie" de oblatus "offert ", spécialement "offert à dieu, sacrifié", 


Selon d'autres lexicographes, le terme oublie pourrait remonter au mot grec obélias (qui a donné le terme obélie utilisé par Rabelais), désignant un pain, de forme allongée et étroite, cuit à la broche ou entre deux fers et vendu en obole pour être servi à la fin du repas et trempé dans du vin.


Le premier sens du mot fut celui de pain azyme utilisé pour la consécration de la messe. Au second sens, c'est la pâtisserie, d'abord préparée comme l'hostie.
 


Face interne d'une palette de fer à oublie, Musée de la Gourmandise, Hermalle-sous-Huy
 

Face interne d'une palette de fer à oublie

Face interne d'une palette de fer à oublie

 

Reconstitution graphique d'une oublie d'après la palette de fer

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Le motif  "monnaie du pape" a été très représenté dans le mouvement Art nouveau de l'École de Nancy.


(L'Art nouveau, Modern style ou style Nouille est un mouvement artistique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qui s'appuie sur l'esthétique des lignes courbes.)


L'école de Nancy, Alliance provinciale des industries d'art (en général appelée seulement école de Nancy) est le fer de lance de l'Art nouveau en France, dont l'inspiration essentielle est à chercher dans les formes végétales.
 

 

 

Louis-Jean-Sylvestre Majorelle, usuellement Louis Majorelle (1859-1926),

était un ébéniste et décorateur français du mouvement Art nouveau de l'École de Nancy, dont il fut également vice-président.


Villa Majorelle - Porte d'entrée décor Monnaie du Pape
 

Villa Majorelle - Porte d'entrée décor Monnaie du Pape

Villa Majorelle - Porte d'entrée décor Monnaie du Pape


 

Louis Majorelle (1859-1926), décorateur Monnaie du Pape rampe d'escalier -1904
 

 Louis Majorelle (1859-1926), décorateur Monnaie du Pape rampe d'escalier -1904

Louis Majorelle (1859-1926), décorateur Monnaie du Pape rampe d'escalier -1904

 

Emile Gallé, Vase Moonwort, 1894


Intitulé Moonwort, ce petit vase de forme tubulaire a été offert par Gallé à son ami Henri Hirsh. La boîte en marqueterie de bois qui l'accompagne lui servait d’écrin.


Sur la surface de ce vase se développe une plante de la famille des lunaria, communément appelée monnaie-du-pape. La branche de cette plante comporte des fleurs violettes et des fruits en forme de disques de couleur verte. Devenant beiges argentés une fois secs, ces disques ont la particularité de réfléchir la lumière, d’où le nom anglais de "moonwort".


Sur le flanc du vase on distingue l’inscription latine

 "Recondite vobis thesauros in coelos".


 La teneur de cette citation de l'évangile selon saint Matthieu est la suivante : 

"Ne vous amassez pas des trésors sur la terre" (…) Mais amassez-vous des trésors dans le ciel".


Cette création n’est donc pas dénuée d’humour. Gallé juxtapose la recommandation biblique à une plante baptisée monnaie-du-pape. 
 

Emile Gallé, Vase Moonwort, 1894 - musée Ecole de Nancy

Emile Gallé, Vase Moonwort, 1894 - musée Ecole de Nancy

 

Vase Daum Freres & Cie., Nancy, (1894-1896) -glass Bröhan Museum, Berlin - Monnaie du pape sur lequel est inscrit :


"Monnaie fait poids, Beauté fait soie",
 

Monnaie du Pape -Daum Freres & Cie., Nancy, (1894-1896) glass Bröhan Museum, Berlin

Monnaie du Pape -Daum Freres & Cie., Nancy, (1894-1896) glass Bröhan Museum, Berlin

 

Vase Daum Freres & Cie., Nancy, 
Monnaie du pape - 1894 /1896 

Monnaie du Pape -Daum Freres & Cie., Nancy, (1894-1896)

Monnaie du Pape -Daum Freres & Cie., Nancy, (1894-1896)


René Lalique (1880 - 1945)


Vase Lalique Monnaie du Pape - 1914
 

 vase Lalique monnaie du pape - 1914

vase Lalique monnaie du pape - 1914


Broche Art  Nouveau scarabée et monnaie du Pape jugendstil 1900
 

 Broche Art  Nouveau scarabée et monnaie du Pape jugendstil 1900

Broche Art  Nouveau scarabée et monnaie du Pape jugendstil 1900

 

La monnaie du pape est très appréciée en bouquets secs lorsque les parois externes des silicules s'étant détachées, il ne subsiste plus que la membrane translucide qui sépare les deux moitiés du fruit.


Il suffit de faire sécher les fleurs la tête en bas.


A l’automne, laissez quelques écus en place pour que la plante se ressème spontanément.


outre les décorations en vase 


 nature morte au vase de chine, bouquet de monnaie du pape et livres
 

 nature morte au vase de chine, bouquet de monnaie du pape et livres

nature morte au vase de chine, bouquet de monnaie du pape et livres

 

Dans :
Précis de phytographie ou histoire naturelle des plantes - 1818- page 423 


on peut lire


..."La lunaire ou monnaie du pape, satin blanc (lunaria annua L.), originaire de Suisse, à grandes feuilles cordiformes sur une tige de près de trois pieds, terminée par une panicule lâche de fleurs lilas. La cloison des silicules persistantes et de couleur perle argentée peut être employer comme ornement dans la coiffure."....
 

peigne de cheveux monnaie du pape

peigne de cheveux monnaie du pape

 

Bouquet de mariée monnaie du pape

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Décoration de Pâques

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Couronne de Noël ou bougeoir

ouronne de Noel ou bougeoir monnaie du pape

ouronne de Noel ou bougeoir monnaie du pape

 

Dans le langage des fleurs 


- la monnaie du pape signifie "oubli"


- Un gros bouquet en mélangeant les variétés blanches et violettes peut signifier "la fascination.
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)

 

Anne Philipe (1917-1990) femme de lettres française 


Un été près de la mer, France Loisirs, p. 97)


...."Le dessin avait des couleurs éclatantes : la maison orange, l’arbre vert, la route bleue, et au premier plan le chien marron-roux avec des yeux immenses comme des monnaies-du-pape." —.....
 

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
3a Monnaie du pape et fruits , 1904, - Louis Valtat

3a Monnaie du pape et fruits , 1904, - Louis Valtat

Lunaria (Les monnaies du Pape). - Marc Chagall. 1

Lunaria (Les monnaies du Pape). - Marc Chagall. 1

La monnaie du pape, peinture de Jacques Roger Simon, signé et daté b. g. 1933

La monnaie du pape, peinture de Jacques Roger Simon, signé et daté b. g. 1933

Lunaria annua, Anselmus Boëtius de Boodt, 1596

Lunaria annua, Anselmus Boëtius de Boodt, 1596

honesty - Lynne Henderson

honesty - Lynne Henderson

lunaria biennis (annua)

lunaria biennis (annua)

lunaria maior - Viola

lunaria maior - Viola

lunaria rediviva - lunaire vivace - gravures botanique Rousseau

lunaria rediviva - lunaire vivace - gravures botanique Rousseau

Représentation de la Lunaria major. Manuscrit italien du XVe siècle. Ici les siliques de la plante ont l’aspect de petites lunes

Mythologie des fleurs - Monnaie du Pape (Lunaire)
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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 16:11

 

Mythologie


Acanthe  
 

.....
"La Terre maternelle et douce aux anciens Dieux
Fait à chaque printemps, vainement éloquente,
Au chapiteau brisé, verdir une autre acanthe ;......

 

José-Maria de Heredia (1842-1905) - L'oubli
 

 

L'acanthe (Acanthus), est un genre de plantes vivaces, de la famille des Acanthacées comprenant une trentaine d'espèces originaires surtout d'Eurasie et d'Afrique.

 

On la trouve en Europe méridionale. La Grèce, la Dalmatie, l’Italie, le Portugal en possèdent plusieurs espèces. Ce sont de grandes herbes vivaces, à feuilles presque toutes radicales, dont les découpures latérales sont souvent terminées en épines, de là le nom du genre (du grec akanthos, épine).

 

L'acanthe séduit par sa grandeur et ses fleurs structurées.
 

Mythologie des fleurs - Acanthe


C'est une plante vivace majestueuse, aussi appelée patte-d'ours, pied d'ours, avec de grandes tiges à fleurs blanches et pourpres avec de grandes feuilles vertes. Elle  peut vite devenir envahissante si elle a trouvé l'emplacement idéal.

 

L’acanthe attire les abeilles et bourdons, seuls capables de polliniser ses fleurs. 
 

Mythologie des fleurs - Acanthe

Les deux espèces les plus répandues du genre sont  :


l’Acanthe molle (Acanthus mollis)


Elle affectionne les endroits arides. Ses nombreuses feuilles opposées sont grandes, divisées en plusieurs lobes dentés mais non épineux, d'un vert profond, luisantes, molles au toucher. Elle possède un long pétiole, l'ensemble pouvant atteindre près d'un mètre. 


Chaque fleur est entourée par trois bractées, la bractée centrale étant découpée et plus  grande que les deux autres. Le calice présente deux lèvres, dont la supérieure, assez longue et formant une sorte de "casque" au-dessus de la corolle, fréquemment teintée de violet sur le dessus. La corolle se réduit à une lèvre inférieure blanche, veinée de rose pourpre, à trois découpures ; Les quatre étamines sont soudées à la corolle.


Elle offre une floraison en épis spectaculaires de mai à août.
 

l’Acanthe molle (Acanthus mollis)

l’Acanthe molle (Acanthus mollis)

feuille acanthe molle

feuille acanthe molle

L’Acanthe épineuse (Acanthus spinosus)


possède des feuilles vert foncé luisant, moins larges que celles de l’espèce précédente, mais plus épineuses et plus profondément découpées. Sa tige est haute de plus d’un mètre. 


Ses fleurs lilas forment des épis moins allongés ; le calice présente quatre lobes dont deux plus grands, la corolle forme un tube fendu étalé en une seule lèvre à trois découpures. Il y a quatre étamines, dont deux plus petites. 


Elle offre une floraison estivale de juillet à août. 
 

’Acanthe épineuse (Acanthus spinosus)

’Acanthe épineuse (Acanthus spinosus)

feuille d'acanthe épineuse

feuille d'acanthe épineuse


Ces deux plantes, sont très employées dans les jardins paysagers. Leur ample et élégant feuillage forme des touffes d’une beauté remarquable. 
 

acanthes dans un massif paysager

acanthes dans un massif paysager

La feuille d’acanthe a été pendant longtemps l’élément le plus employé de la flore ornementale ; elle n’est caractéristique d’aucun style particulier car on la retrouve partout.

Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe

Histoire


Les bienfaits de l’acanthe à feuilles molles sont connus depuis l’Antiquité, en particulier son effet tonique et stimulant. 


Cette plante entrait dans la composition de boissons administrées aux guerriers pour reprendre des forces après le combat. 


De célèbres médecins grecs, notamment Pedanius Dioscoride (20-40/90 ap. J.-C) la recommandaient pour soigner les plaies et les coliques.
 

Dioscoride

Dioscoride


...."Les anciens ornoient de la figure de feuilles d'acanthe les habits précieux ; Virgile en parlant de la robe d'Hélène dit qu'elle étoit relevée de feuilles d'acanthe en broderie."....

(La botanique historique et littéraire - tome 2)

Hélène de Troie - Gaston Bussière

Hélène de Troie - Gaston Bussière

Les Danseuses de Delphes, également connues sous le nom de Colonne aux acanthes, sont trois figures en haut-relief surmontant une colonne d'acanthes trouvées près du sanctuaire d'Apollon pythien à Delphes.

Elles sont conservées au musée national archéologique de Delphes.

L'œuvre a inspiré à Claude Debussy le premier de ses Préludes.
 

Les Danseuses de Delphes, sur leur piédestal à feuilles d'acanthe

Les Danseuses de Delphes, sur leur piédestal à feuilles d'acanthe

 

Dans la mythologie grecque, Acanthe (Akantha) était une nymphe. 

Apollon (dieu des Arts,de la poésie...) voulut l'enlever et elle le griffa au visage.

Pour se venger, il la métamorphosa en une plante épineuse qui aime le soleil, et qui porte depuis son nom.
 

portrait de femme aux feuilles d'acanthe - Leonor Fini

portrait de femme aux feuilles d'acanthe - Leonor Fini


L'Acanthe molle (Acanthus mollis), est celle a inspiré les artistes grecs et romains ainsi que ceux la Renaissance et des Temps modernes par imitation de l'Antiquité. 


C'est surtout comme motif principal du chapiteau-corinthien que cette feuille a pris place dans l'histoire de l'architecture; elle a servi de base à des variations de détail véritablement très grandes qui ont pris pour point de départ une interprétation plus on moins libre de la nature; 
 

Acanthe Corinthian - image  provient des archives numériques NYPL

Acanthe Corinthian - image provient des archives numériques NYPL

On conte sans cesse l'anecdote devenue classique, qui suggéra la pensée de faire servir cette feuille aux besoins de l'architecture. 


C'est à Vitruve (1. IV, c. I,) que l'on doit de nous avoir transmis cette histoire :

 
  "Une jeune fille de Corinthe, arrivée à l'âge nubile, fut atteinte d'une maladie qui l'emporta ; après sa mort, de petits vases qu'elle avait aimés pendant sa vie, furent recueillis par sa nourrice, arrangés dans une corbeille, et déposés sur sa tombe, et pour qu'ils se conservassent plus longtemps au grand air, elle les recouvrit d'une tuile.

Cette corbeille avait été par hasard placée sur une racine d'acanthe. Pressée par le poids qui pesait en plein sur elle, cette racine d'acanthe poussa vers le printemps des tiges et des feuilles.

Ces tiges grandirent tout autour de la corbeille, puis rencontrant aux angles de la tuile une résistance qui les comprimait, elles furent forcées à leur extrémité de se recourber en forme de rouleau.

Le sculpteur Callimaque, que l'élégance et la délicatesse de son ciseau firent nommer chez les Grecs "Kat‹texnow" , passant auprès de ce tombeau, aperçut ce panier et les feuilles qui l'entouraient d'une manière si gracieuse.

Charmé de cette forme nouvelle, il l'adopta pour les colonnes qu'il éleva à Corinthe. Ce fut d'après ce modèle qu'il établit et régla les proportions de l'ordre corinthien."

 

Callimaque (Ve ou au VIe s. av. J.-C. ) Sculpteur et architecte de Corinthe
L'architecture de Vitruve. Tomes 1et 2/ trad. nouvelle par M. Ch.-L. Maufras,...C. L. F. Panckoucke, 1847. 

 

Callimaque invente le chapeau corinthien - Roland Fréart, Sieur de Chambray (ca 1606-1676)

Callimaque invente le chapeau corinthien - Roland Fréart, Sieur de Chambray (ca 1606-1676)

 

On trouve ce chapiteau corinthien :


En Grèce, le pilastre avec chapiteau corinthien des propylées du temple d'Eleusis, 


l'acanthe dans le grand fleuron qui surmonte la coupole du monument de Lysicrate à Athènes et les chapiteaux de cet édicule.

monument de Lysicrates - Grèce

monument de Lysicrates - Grèce

 

Diodore de Sicile (Diodorus Siculus) historien grec du ier siècle av. J.-C. cite

"de grandes acanthes d'or placées entre les colonnes sur le char qui portait le corps d'Alexandre le Grand."

Entrée d'Alexandre dans Babylone (1661-1665) Charles Le Brun,

Entrée d'Alexandre dans Babylone (1661-1665) Charles Le Brun,

 

Le temple d'Apollon à Bassae, et celui d'Artémis Laphria à Messène fournissent d'autres interprétations grecques de la grande feuille finement découpée, 

chapiteau temple d'Artémis

chapiteau temple d'Artémis

 

ainsi que les chapiteaux provenant du théâtre de Dionysos et de la Tour des Vents à Athènes, du temple d'Apollon à Phigalie. 


Durm, dans son travail sur l'architecture grecque, donne (p. 202) deux autres fragments d'acanthe conservés à Athènes, dont l'un se recommande par son élégance. 



 

 

Les monuments de Pompéi nous offrent des acanthes (d'inspiration grecque de la dernière époque); on en voit dans la maison de Plinius Rufus. 

 

L'époque romaine nous en a laissé un grand nombre; 


le chapiteau du temple de Mars vengeur à Rome possède de splendides feuilles d'acanthe, 
 

Chapiteau temple mars vengeur

Chapiteau temple mars vengeur

ainsi que le temple de Castor et Pollux à Cori, qui sont pourtant d'un caractère bien différent ;

il est indispensable de citer aussi les feuilles des temples d'Antonin et Faustine, du forum de Trajan, de l'Arc de Titus et autres temples de Rome, ainsi que celui de Vesta à Tivoli.

 

Le chapiteau du Panthéon à Rome

Le chapiteau du Panthéon à Rome

Le chapiteau du Panthéon à Rome

Le Bas-Empire continua cette tradition, qui s'affaiblit de plus en plus avec l'influence romaine; certaines feuilles d'acanthe, retrouvées dans les Gaules, sont grossières. 


A La Grande Mosquée de Kairouan - Tunisie
 

Chapiteau corinthien du portique qui précède la salle de prière de la Grande Mosquée de Kairouan.

Chapiteau corinthien du portique qui précède la salle de prière de la Grande Mosquée de Kairouan.

 

Ce décor peut être aussi observé entre autres à Saint-Remy, à Nîmes.

Chapiteau corinthien à Nîmes

Chapiteau corinthien à Nîmes

 

Plus tard au Moyen Âge, les sculpteurs de certaines églises romanes s’en servirent pour décorer les chapiteaux des arcatures, et Les enlumineurs de décorations.

 Annonciation encadrée de rinceaux dans Les Belles Heures du duc de Berry (1405-1409) - Pentecôte - Livre d'heures de Jean sans peur
 Annonciation encadrée de rinceaux dans Les Belles Heures du duc de Berry (1405-1409) - Pentecôte - Livre d'heures de Jean sans peur

Annonciation encadrée de rinceaux dans Les Belles Heures du duc de Berry (1405-1409) - Pentecôte - Livre d'heures de Jean sans peur

Mais il faut attendre la Renaissance italienne pour pour voir refleurir la feuille d'acanthe, et constater l’étendue de son emploi à l’ensemble des arts décoratifs ; 

Cartouche - III Ottomar Elliger (1727-1735) et Démarrage de feuilles d'acanthe sur un papier peint du XVIIIe siècle
Cartouche - III Ottomar Elliger (1727-1735) et Démarrage de feuilles d'acanthe sur un papier peint du XVIIIe siècle

Cartouche - III Ottomar Elliger (1727-1735) et Démarrage de feuilles d'acanthe sur un papier peint du XVIIIe siècle

et le XVIIIe siècle pour qu'elle s'épanouisse de manière contournée dans le mobilier.

Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe

Charles Nicolas Normand, architecte, historien de l'art, du patrimoine parisien, et archéologue français (1858-1934) dit :


"....Avec la Renaissance, cet ornement revient prendre la place qu'il mérite en raison de son élégance; les maîtres d'alors, ces architectes encore trop peu connus, se livrèrent à des études minutieuses sur les ruines antiques qu'ils reproduisirent ou dont ils s'inspirèrent; les variations sont alors extrêmement fantaisistes, cependant elles gardent encore quelquefois un grand caractère : on en peut juger par les exemples conservés dans le midi de la France à Vienne (Isère), à Poitiers, etc. Pourtant l'ensemble des feuilles d'acanthe produites à cette époque devient très défectueux; l'exécution comme l'idée sont lourdes et imparfaites, surtout en France et en Italie. Nous ne pouvons multiplier les exemples, comme nous l'avons fait pour l'époque grecque, qui nous en a laissé de si rares modèles qu'il est difficile de les reconnaître directement. Peu à peu cependant au génie souple de la Renaissance se substitua une formule enseignée dans les traités, qui limitait pour ainsi dire à peu près complètement la forme et la hauteur des feuilles; souvent, cependant, les artistes ne s'y soumirent plus......"

Marqueteries et bronzes dorés acanthes de style Louis XIV - André-Charles Boulle Commode

Marqueteries et bronzes dorés acanthes de style Louis XIV - André-Charles Boulle Commode

Pomona c.1885 by William Morris & Edward Burne-Jones

Pomona c.1885 by William Morris & Edward Burne-Jones

William Morris - Acanthus - papier 1874

William Morris - Acanthus - papier 1874

William Morris - Acanthus - papier 1875

William Morris - Acanthus - papier 1875


 

Dans le langage des fleurs, acanthe est le symbole de


- l'amour de l'art


- l'amour éternel


- Elle évoque la victoire sur les épreuves, symbolisées par les piquants de la plante.
 

acanthe

acanthe

 

 

René-François Sully-Prudhomme (1839-1907) -

 

Le cygne
.....
"Le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes,

Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil

A des neiges d'avril qui croulent au soleil ;

Mais, ferme et d'un blanc mat, vibrant sous le zéphire,

Sa grande aile l'entraîne ainsi qu'un lent navire.

Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,

Le plonge, le promène allongé sur les eaux,

Le courbe gracieux comme un profil d'acanthe,

Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante."....
 

Mythologie des fleurs - Acanthe

 

 

J.-H. Bernardin de Saint-Pierre, Harmonies de la nature,1814, p. 118-119.


..."Les acanthes, dont le vert est glauque, ont des affinités avec l’eau azurée des fleuves; les ormes stériles, avec les roches; les myrtes, arbrisseaux de Vénus, avec les rivages de la mer qui l’ont vue naître; les vignes serpentantes en arcades, avec les courbes des collines; et les ifs hérissés, avec les givres de l’aquilon.".....
 

Mythologie des fleurs - Acanthe

 

 

Émile Zola, La Faute de l’abbé Mouret, 1875


.......En bas, des acanthes bâtissaient un socle, d’où s’élançaient des benoîtes écarlates, des rhodantes dont les pétales secs avaient des cassures de papier peint. .....
 

Mythologie des fleurs - Acanthe

 

 

Théophile Gautier, Le Roi Candaule, 1844


...."L’acanthe de Corinthe, la volute d’Ionie fleurissaient et se contournaient au chapiteau des colonnes"..... 
 

Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe

 

 

Sidonie Colette, Claudine à Paris,1901, page 62


... "la garniture de cheminée, amas informe et compliqué d’amours, d’acanthes, de volutes de bronze doré, me remplit d’admiration."... 
 


 

Charles-Marie Leconte de Lisle (1818-1894) - Poèmes antiques,La Mort de Penthée, 1874, page 180.


.... "Agavé, dont la joue est rose, Antonoé

 Avec la belle Inô, ceintes de verts acanthes, 

Menaient trois chœurs dansants d’ascétiques bacchantes 

Sur l’âpre kythairôn aux mystères voué. 

Elles allaient, cueillant les bourgeons des vieux chênes, 

L’asphodèle, et le lierre aux ceps noirs enroulé," ....
 

Penthée est déchiré par les Bacchantes ou Penteo Lacerato dalle Baccanti, Livre III, illustration des Métamorphoses d'Ovide, Florence, 1832 Luigi Ademollo

Penthée est déchiré par les Bacchantes ou Penteo Lacerato dalle Baccanti, Livre III, illustration des Métamorphoses d'Ovide, Florence, 1832 Luigi Ademollo

 

Alfred de Vigny, Poèmes antiques et modernes,La Dryade, 1837, page 124.


Ménalque

.....
"Ida ! j’adore Ida, la légère bacchante :

Ses cheveux noirs, mêlés de grappes et d’acanthe,

Sur le tigre, attaché par une griffe d’or,

Roulent abandonnés ; sa bouche rit encor

En chantant Évoé ; sa démarche chancelle ;

Les pieds nus, ses genoux que la robe décèle,

S’élancent, et son œil, de feux étincelant,

Brille comme Phébus sous le signe brûlant"......
 

Bacchante par John Collier

Bacchante par John Collier

 

Anatole France (1844-1924) -

La Révolte des anges,1914, page 213.


...."À la porte du jardin (…) que fleurissaient le lis et l’acanthe toujours verte"....

Mythologie des fleurs - Acanthe

 

Victor Hugo, La Légende des siècles,t. 4, 1877, page 573.


...."Viens, dit-elle. Je vins. Sa jeune taille était plus souple que l’acanthe; Elle errait éblouie, idéale bacchante, Sous des pampres divins"....
 

 

Alphonse Daudet, Le Nabab,t. 1, 1877, page 201.


… "quelque vieille abbaye (…) sans un vestige de l’homme parmi ses pierres où le lierre ne grimpe même plus, ni l’acanthe, mais qu’embaument les lavandes sèches et les férigoules".... 
 

 

Victor Hugo, Odes et ballades,

Le Chant de l’arène, t. 1, 1826, page 298

....

Voici la fête d’Olympie !

Tressez l’acanthe et le laurier !

Que les dieux confondent l’impie !

Que l’antique audace assoupie

Se réveille au cœur du guerrier !

....
 

 divinités de l'Olympe - Le Caravage

divinités de l'Olympe - Le Caravage

 

Anatole France (1844-1924)


A Théophile Gautier


Sur sa nouvelle d' " Arria Marcella "

Le creux d'un sein charmant que la cendre moula

Fut la coupe où tu bus cette ivresse éloquente,

Qui, sous l'étroit portique aux volutes d'acanthe,

Fit surgir dans la pourpre Arria Marcella.
 

 

Charles-Marie Leconte de Lisle (1818-1894) - Le vase


....
"Tandis que l'enfant tresse, avec deux pailles frêles

Et des brins de jonc vert, un piège à sauterelles.

Enfin, autour du vase et du socle Dorien

Se déploie en tous sens l'acanthe Korinthien."

....

 

Charles-Marie Leconte De Lisle (1818-1894) -

Phyllis - (Études latines, V)


.....
"Depuis neuf ans et plus dans l'amphore scellée

Mon vin des coteaux d'Albe a lentement mûri ;

Il faut ceindre d'acanthe et de myrte fleuri,

Phyllis, ta tresse déroulée."

.......
 

Mythologie des fleurs - Acanthe

 

Charles-Marie Leconte de Lisle (1818-1894) -

 

la Vénus de Milo

.....

"Et tu n'es pas la Muse aux lèvres éloquentes,

La pudique Vénus, ni la molle Astarté

Qui, le front couronné de roses et d'acanthes,

Sur un lit de lotos se meurt de volupté"

.....
 

Astarté - Richard Hone, John Raphael Smith
Astarté - Richard Hone, John Raphael Smith

Astarté - Richard Hone, John Raphael Smith

 

Victor Hugo (1802-1885) -

 

Le poète bat aux champs

.....

"Je te fais molosse, ô mon dogue !

L'acanthe manque ? j'ai le thym.

Je nomme Vaugirard églogue ;

J'installe Amyntas à Pantin"....
 

 

Jean Richepin (1849-1926) -

 

Première gelée

.....

"Oh ! comme c'est joli, la première gelée !

La vitre, par le froid du dehors flagellée,

Étincelle, au dedans, de cristaux délicats,

Et papillotte sous la nacre des micas

Dont le dessin fleurit en volutes d'acanthe.

Les arbres sont vêtus d'une faille craquante"

.....
 

Annick MONNIER, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons"; Fleur de givre, à Lajoux, Jura, France

Annick MONNIER, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons"; Fleur de givre, à Lajoux, Jura, France

 

Théophile Gauthier (1811-1872) -

 

Bûchers et tombeaux

......

"Entre les fleurs et les acanthes,

Dans le marbre joyeusement,

Amours, aegipans et bacchantes

Dansaient autour du monument ;"

.....
 

William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) Bacchus et bacchantes (1884)

William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) Bacchus et bacchantes (1884)

 

Théodore de Banville (1823-1891) -

 

Les Cariatides


.....

"Hirondelles du ciel, sans peur d'être surprises

Vous pouvez faire un nid dans notre acanthe en fleur :

Vous n'y casserez pas votre aile, tièdes brises."

Mythologie des fleurs - Acanthe

 

André Chénier  (1762-1794) - poète

 

Voilà ce que chantait aux Naïades prochaines

 

Voilà ce que chantait aux Naïades prochaines

Ma Muse jeune et fraîche, amante des fontaines,

Assise au fond d'un antre aux nymphes consacré,

D'acanthe et d'aubépine et de lierre entouré.

L'Amour, qui l'écoutait caché dans le feuillage,

Sortit, la salua Sirène du bocage.

Ses blonds cheveux flottants par lui furent pressés

D'hyacinthe et de myrte en couronne tressés :

" Car ta voix, lui dit-il, est douce à mon oreille,

" Autant que le cytise à la mielleuse abeille. "
 

Hylas et les nymphes d'eau -Henrietta Rae

Hylas et les nymphes d'eau -Henrietta Rae

 

José-Maria de Heredia - (1842-1905) -

 

L'oubli

.....

"La Terre maternelle et douce aux anciens Dieux

Fait à chaque printemps, vainement éloquente,

Au chapiteau brisé verdir une autre acanthe ;

 

Mais l'Homme indifférent au rêve des aïeux

Ecoute sans frémir, du fond des nuits sereines,

La Mer qui se lamente en pleurant les sirènes.".

chapiteau corinthien et acanthes

chapiteau corinthien et acanthes

 

Théodore de Banville (1823-1891) - poète


Sculpteur, cherche avec soin ...


Sculpteur, cherche avec soin, en attendant l'extase,

Un marbre sans défaut pour en faire un beau vase ;

Cherche longtemps sa forme et n'y retrace pas

D'amours mystérieux ni de divins combats.

Pas d'Héraklès vainqueur du monstre de Némée,

Ni de Cypris naissant sur la mer embaumée ;

Pas de Titans vaincus dans leurs rébellions,

Ni de riant Bacchus attelant les lions

Avec un frein tressé de pampres et de vignes ;

Pas de Léda jouant dans la troupe des cygnes

Sous l'ombre des lauriers en fleurs, ni d'Artémis

Surprise au sein des eaux dans sa blancheur de lys.

Qu'autour du vase pur, trop beau pour la Bacchante,

La verveine mêlée à des feuilles d'acanthe

Fleurisse, et que plus bas des vierges lentement

S'avancent deux à deux, d'un pas sûr et charmant,

Les bras pendant le long de leurs tuniques droites

Et les cheveux tressés sur leurs têtes étroites.
 

Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Teresa dans le jardin de pensées et d'acanthes - Laura Alma-Tadema -

Teresa dans le jardin de pensées et d'acanthes - Laura Alma-Tadema -

paysage marocain (Acanthus) de Henri Matisse (1869-1954, France)

paysage marocain (Acanthus) de Henri Matisse (1869-1954, France)

Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
Mythologie des fleurs - Acanthe
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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 01:38
Mythologie
 
"La Clématite"

"Lorsque, vers le milieu de l'été, nous dirigeons nos pas le long des haies, vers  les vieux murs ; souvent une odeur douce et suave vient flatter agréablement notre odorat : elle est produite par les fleurs de la clématite, arbrisseau grimpant dont les tiges sarmenteuses s'entrelaçant avec les plantes qui les avoisinent, s'étendent en longs festons, retombent en guirlandes, ou forment des touffes épaisses de verdure et de fleurs."


( Flore médicale volume 3 - par Mme E. Panckouke et par P.J. Turpin - 1816) 
 

clématite vitalba

clématite vitalba

Les Clématites (Clematis) forment un genre de la famille des renonculacées.
Il comprend environ 300 espèces de vivaces herbacées à souche ligneuse et de plantes grimpantes, semi-ligneuses, persistantes ou caduques. On les trouve dans les deux hémisphères, notamment en Europe, dans l'Himalaya, en Chine, en Australie, en Amérique du Nord et Amérique centrale.


Les clématites sont cultivées pour leur abondante floraison  très décorative, généreuse, souvent suivie de fruits plumeux, gris argenté.
Le genre a été nommé par Carl von Linné en 1753 à partir du nom κληματἰς / klématis, en grec ancien, qui signifie "sarment" ou "branche" (rameau grimpant de la vigne) 


Les plantes du genre Clematis sont la plupart du temps grimpantes, ligneuses, atteignant en général deux à cinq mètres de haut.


La clématite des haies (Clematis vitalba. L.)Vitalba est la fusion des mots latins "vitis" et "alba", (la vigne blanche), un nom inspiré de la couleur de ses fleurs et de ses fruits.


On l'appelle parfois aubavis, aubervigne, barbe de chèvre, berceau de la Vierge, bois à fumer, bois fumant, bois de pipe, cheveux de la bonne dame, chevelure de vieillard, clématite brûlante, clématite des haies, corde à lessive, cranquillier, cranvillier, herbe aux gueux, reine des lianes, sain bois, vigne blanche, vigne de Salomon ou viorne des pauvres. 


Dans les pays anglophones, cette fleur est surnommée "travellers joy" (joie des voyageurs) en raison de sa jolie floraison sauvage et de l’incroyable variété de teintes et de formes de ses fleurs, également connu sous le nom de barbe du vieil homme,
 

travellers joy (joie du voyageur)

travellers joy (joie du voyageur)

Feuilles


Les feuilles composées imparipennées affichent des folioles très polymorphes: généralement ovales, lancéolées, un peu en forme de cœur (cordées) à leur base, tantôt entières, crénelées ou dentées... Une grande palette de formes ! Les espèces grimpantes s'accrochent au support ou à la plante hôte par le biais des pétioles transformés en vrilles. 


Certaines espèces disposent de feuilles persistantes comme la Clematis armandii ou les clématites du genre Cirrhosa.
 

Illustration Clematis vitalba

Illustration Clematis vitalba

Fleurs


les fleurs de deux cm sont longuement pédonculées, à tépales blanchâtres, inodores et recouverts de poils fins, les étamines rigides et écartées à styles longs, plumeux et persistants sont groupées en panicules axillaires et disposées en cymes multiflores.


Certaines, comme Clematis recta, sont odorantes. 


Avec le lierre, le houblon et quelques autres, la clématite fait partie des rares lianes européennes.


La clématite étant une liane, une plante qui peut devenir aussi grande qu'un arbre, mais dont le tronc est si mince et flexible qu'elle ne peut pas tenir debout toute seule. Alors elle grimpe sur les autres arbres et s'en sert comme support pour se tenir droite ! 
 

Mythologie des fleurs - La clématite
Mythologie des fleurs - La clématite

Du fait de la diversité des espèces, l'aspect des clématites varie considérablement.


Principaux types:


• Clématites ligneuses à grandes fleurs (C. jackmanii). Ancienne variété pleinement rustique, florifère et peu exigeante, ce qui permet de l'adopter dans toutes nos régions.
 

Clematites Jackmanii

Clematites Jackmanii

• Clématites ligneuses ou semi-ligneuses à petites fleurs (C. montana).Grimpante très vigoureuse, à fleurs parfumées, rose pâle, à anthères jaunes. Les feuilles vertes sont teintées de pourpre, surtout au printemps.

clematites montana

clematites montana

• Clématites à tiges annuelles herbacées (C. integrifolia).La clématite-marguerite.Toutes les clématites ne grimpent pas. Celle-ci en clochettes étoile bleues, pousse comme une marguerite, en petite touffe bien droite et fournie. Dense mais plus haute que le genou.Elle jaillit au printemps, fleurit jusqu’en août et se pare d’aigrettes argentées en fin  d’été.Une plante sans problème et durable.

clematites integrifolia

clematites integrifolia


• Clématites à feuilles persistantes (C. armandii, C. cirrhosa et C. X indivisa ‘Early sensation')Originaire de Chine, La clématite d'Armand (Clematis armandii) doit son arrivée en Europe à Jean Pierre Armand David (1826-1900) missionnaire-naturaliste français qui lui a inspiré le nom, est une vigoureuse grimpante au feuillage persistant et à la floraison très précoce, qui plus est parfumée.
 

clématites armandii

clématites armandii

clématites armandii


clématites cirrhosa
 

clematites cirrhosa

clematites cirrhosa

clématites Early sensation

clematites early sensation

clematites early sensation

On trouve des clématites en fleurs toute l'année, mais surtout au printemps et en été. Dès avril, la clématite des Alpes ouvre ses grandes clochettes pendantes à laisser vagabonder sur une treille, un arbuste... En mai, la clématite montana déploie ses petites fleurs roses sur des tiges de plus de 5 m. La plupart des autres clématites possèdent une floraison remontante, en juin puis en fin d'été, voire tout l'été s'il n'est pas trop sec.

clématite des Alpes

clématite des Alpes

La clématite sauvage produit une masse de fleurs blanches parfumées à la fin de l'été et est pollinisée par les abeilles et les papillons. C'est aussi une plante alimentaire pour les espèces de papillons. 

abeille et clématite et Old Mans Beard Clematis -  Anton Seder (1850–1916)
abeille et clématite et Old Mans Beard Clematis -  Anton Seder (1850–1916)

abeille et clématite et Old Mans Beard Clematis - Anton Seder (1850–1916)

La floraison achevée, l’on voit apparaître des groupes de fruits (akènes), contenant une graine, Chaque fruit formant un plumet soyeux, au reflet argenté, persistant tout l’hiver, et qui permet la dispersion de la graine (Anémochorie) sous l'effet du vent au printemps.

On désigne communément cette aigrette sous les noms de barbe de vieil homme (Old man’s beard en anglais), cheveux de la Vierge, etc. 
 

akènes clématites

akènes clématites

Les têtes de graines de cette plante fournissent également une nourriture consommée par de nombreux oiseaux, tels que les chardonnerets et les verdiers.

chardonneret élegant - akènes

chardonneret élegant - akènes

Au mois de novembre avant que la chevelure des fruits ne soit trop abimée par les intempéries. Elles peuvent servir de décorations et couronnes pour Noël en y ajoutant de gros noeuds rouges. 

clematites early sensation

clematites early sensation

Le père des dieux, Jupiter (en latin Jovis), se retrouve dans plusieurs noms de plantes.


John Gerard (au chapitre 327 du livre II de son Histoire des plantes), mentionne la flammula jovis surrecta comme autre nom de ce qu’il appelle l’Upright Virgin’s Bower. Il s’agit d’une espèce de clématite. Aujourd’hui le nom de Flammula Jovis est attribué à Clematis recta (Clématite droite).
On appelait autrefois "flamme de Jupiter" la clématite droite à cause de sa tige qui rougit, ainsi que ses feuilles.


Pour les anglo-saxons la clématite  (joie du voyageur) faisait le travail du diable car elle tuerait d'autres plantes en les surpassant. C'est pourquoi elle est considérée comme une mauvaise herbe intrusive par de nombreuses personnes.
 

clématite recta purpurea

clématite recta purpurea

L’épisode de la Fuite en Egypte de Marie, Joseph et Jésus (évoquée dans Mathieu 2) sert de décor à de nombreuses légendes qui mettent en scène diverses plantes.


Certaines auraient abrité l’enfant et sa mère et caché des soldats. C’est le cas de la Clématite. Son feuillage, provoque d’importantes lésions cutanées, mais ses fruits duveteux auraient servi de berceau à l’enfant Jésus d’où le nom de "Berceau de la Vierge". 
 

La Fuite en Egypte de Marie, Joseph et Jésus - Philipp Otto Runge

La Fuite en Egypte de Marie, Joseph et Jésus - Philipp Otto Runge

La clématite est connue depuis l'Antiquité


Pline l’Ancien (Gaius Plinius Secundus) (23- 79ap. J.C.) écrivain et naturaliste romain du ier siècle, préconise, la clématite d'Egypte, l'anis, le lupin, et la jusquiame broyée dans du vin pour la morsure de l'Haje (serpent).


Pedanius Dioscoride (Pedanios Dioskoridês) (40-90 ap. J.-C.) médecin grec, pharmacologue et botaniste préconise  clematis (Aristolochia clematitis L.). La clématite serait efficace contre les poisons et les venins ainsi que les morsures de serpents.


Dioscoride, Pline et Galien (Claudius Galenus) (129-201) médecin grec considéré comme le dernier des grands médecins créateurs de l'Antiquité gréco-romaine, préconisaient la clématite des haies (C. vitalba) en huile macérée comme remède pour lutter contre certaines affections cutanées, la gale et la lèpre.


L'herboriste - André Chichkine 
 

L'herboriste - André Chichkine 

L'herboriste - André Chichkine 

Aux origines du monde - Contes et légendes d'Ukraine De Galina Kabakova

 

La clématite

"En tartarie, un chef cosaque vaincu, désespéré de voir ses soldats l'abandonner, se suicida avec sa lance. Cet acte de lâcheté ne tarda pas à être cruellement puni, car il survint bientôt un ouragan qui souleva les cosaques, les mit en pièces, dispersa leurs os. Il furent changés en clématites."
 

Cosaque zaporojien (Ukraine) par Konstantin Makovsky 1884

Cosaque zaporojien (Ukraine) par Konstantin Makovsky 1884

Saint Pantéléimon, les voyant toutes nues l'hiver, eut pitié d'elles et leur donna ce duvet, qui aujourd'hui, couvre leurs fruits. Cependant, elles étaient très tristes de demeurer en terre étrangère et ces âmes cosaques finirent par obtenir de Dieu d'être transportées en Ukraine pour que les jeunes filles en fassent des couronnes. 

Il les sema en Ukraine

Dans les forêts

Autour des meules

Pour que les filles puissent les cueillir,

En faire des couronnes,

En orner leurs tresses,

Pour que tout le monde sache

Le déshonneur des cosaques.


Voilà comment cela se passa ! on dit aussi que si les garçons mettaient tous simultanément une clématite à leur ceinture, tous les cosaques ressusciteraient."


(Pantaléon de Nicomédie (V.303 ou 305) médecin à la cour de l'empereur Maximien, ou saint Pantéleimon,anargyre et martyr à Nicomédie).

Mythologie des fleurs - La clématite
Mythologie des fleurs - La clématite
Mythologie des fleurs - La clématite

Les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique,

Elles sont dotées de pouvoirs magiques


La fée clématite 
 

Clematis - JannaFairyArt

Clematis - JannaFairyArt

Travellers joy (joie des voyageurs)

Mythologie des fleurs - La clématite

En France, on l’appelait au Moyen Âge "herbe aux gueux", "viorne des pauvres" car les mendiants, en utilisaient la feuille irritante, pour s'en frotter diverses parties du corps, ce qui provoquait des ulcérations, ceci dans le but d'inspirer la pitié. Ils guérissaient ensuite ces affections cutanées en les recouvrant de feuilles de bette.

Le jeune mendiant de Bartolomeo Esteban Murillo (1618-1682)

Le jeune mendiant de Bartolomeo Esteban Murillo (1618-1682)

Pierre André Matthioli (1501-1577) médecin grec et botaniste traducteur du "De Materia medica de Dioscoride", préconise  clematis (Aristolochia clematitis L.). La clématite serait efficace contre les poisons et les venins ainsi que les morsures de serpents.


François-Joseph Cazin (1788-1864) médecin français, considéré comme l’ancêtre de l’école française de phytothérapie, employait les feuilles sèches et les jeunes bourgeons pour son action sur le tube digestif
 

bourgeon clématite

bourgeon clématite

Henri Corneille Agrippa, philosophe et alchimiste (1486-1535) attribuait au Soleil la clématite d’Égypte, 


Anne Osmont (1872-1953), poète et romancière française, la classe parmi les plantes… lunaires. 
 

clématite

clématite

Les clématites sont originaires du Japon et de la Chine. En Extrême-Orient, elles sont considérées comme un symbole d'amour durable.

C'est pourquoi des clématites stylisées ornent souvent au Japon les kimonos de mariage.

clématite style japonais

clématite style japonais

Les vanniers campagnards utilisaient la liane pour attacher les fagots, et dans la confection de leurs ouvrages (panier, corbeille, corde à linge et....).

Dans les campagnes, les enfants s'en servaient comme cigarettes en fumant en cachette ses tiges séchées.

lianes clématite

lianes clématite

Georges Sand (1804-1876) - poète -


Dans Valentine, roman publié en 1832, George Sand décrit magnifiquement la campagne berrichonne où elle s'est souvent promenée


"Rien ne saurait exprimer la fraîcheur et la grâce de ces petites allées sinueuses qui s'en vont serpentant capricieusement sous leurs perpétuels berceaux de feuillage, découvrant, à chaque détour, une nouvelle profondeur toujours plus mystérieuse et plus verte. Quand le soleil de midi embrase, jusqu'à la tige, l'herbe profonde et serrée des prairies, quand les insectes bruissent avec force et que la caille glousse avec amour dans les sillons, la fraîcheur et le silence semblent se réfugier dans les traînes.


Vous y pouvez marcher une heure sans entendre d'autre bruit que le vol d'un merle effarouché à votre approche, ou le saut d'une petite grenouille verte et brillante comme une émeraude, qui dormait dans son hamac de joncs entrelacés. Ce fossé lui-même renferme tout un monde d'habitants, toute une forêt de végétations ; son eau limpide court sans bruit en s'épurant sur la glaise, et caresse mollement des bordures de cresson, de baume et d'hépatique ; les fontinales, les longues herbes appelées rubans d'eau, les mousses aquatiques pendantes et chevelues, tremblent incessamment dans ses petits remous silencieux ; la bergeronnette jaune y trotte sur le sable d'un air à la fois espiègle et peureux ; la clématite et le chèvrefeuille l'ombragent de berceaux où le rossignol cache son nid.


Au printemps, ce ne sont que fleurs et parfums ; à l'automne, les prunelles violettes couvrent ces rameaux qui qui, en avril, blanchiront en premier ; la cénelle rouge, dont les grives sont friandes, remplace la fleur d'aubépine, et les ronces, toutes chargées des flocons de laine qu'y ont laissés les brebis en passant, s'empourprent de petites mûres sauvages d'une agréable saveur...".
 

 paysage - Anca Bulgaru

paysage - Anca Bulgaru


Jean Lorrain (1855-1906) - poète - romancier

 

C’était une pensive et douce créature

Aux épaules frêles, froides, comme azurées,

Aux petites oreilles jamais effleurées

D’aveux d’amour.

Un parc à l’ondoyant murmure

La gardait dans son ombre invisible et murée.

Parmi la clématite et la pourpre des mûres

Elle errait, blanche et calme, écartant les ramures,

Et les lilas neigeaient sur sa tête dorée.

 

Son père, un vieux baron, guerroyait dans de vagues

Et très lointains pays pour un roi de Bohême,

Et l’enfant solitaire, assise entre les vagues

 

De verdure, épelait quelqu’antique poème

Ou suspendait distraite une à une ses bagues

Aux tiges des roseaux empanachés d’or blême
 

Mythologie des fleurs - La clématite

Emil Nolde (1867-1956) - peintre allemand


"Les couleurs des fleurs m’ont irrésistiblement attiré, et presque tout d’un coup j’étais en train de peindre… Les couleurs épanouies des fleurs, et la pureté de ces couleurs, je les aimais. J’ai adoré les fleurs dans leur destinée : emportées vers le ciel, en floraison, brillantes, étincelantes, exaltantes, se penchant, se flétrissant, jetées dans la fosse finalement."  
 

la clématite - Emil Nolde

la clématite - Emil Nolde

Valère Gille (1867-1950) poète belge.

 


Réveil


Mon cœur, que je croyais à jamais endormi,

Le voici, lentement, qui s’éveille parmi

Des pays inconnus de songe et de lumière.

L’air est tout embaumé d’une odeur printanière,

L’azur nacré du ciel s’enflamme, et le soleil

D’un baiser juvénile accueille mon réveil.

 

J’aime ! Les bois sont pleins d’oiseaux d’or et de roses,

Une immense bonté rayonne dans les choses ;

Dans les prés étoilés de fleurs et de rayons,

Sur chaque épi vermeil, vibrent des papillons,

Partout autour de moi le feuillage palpite ;

Sous les lilrfs neigeux et sous la clématite

Des colombes d’amour, deux par deux, tendrement,

Egrènent tour à tour leur long roucoulement.

 

J’aime ! j’aime ! Et voici qu’une terre nouvelle

Dans l’aurore à mes yeux ingénus se révèle.

Tout me parle et m’enchante, et mille et mille voix

Des bois et des vallons m’appellent à la fois.

Je comprends la chanson des oiseaux, les murmures

Qui babillent, confus, à travers les ramures.

Mon bonheur est partout : sous les bocages verts,

Dans les sources, les fleurs, le ciel ; et l’univers

Est un hymne d’amour qui monte dans la brise.

Il s’enfle et me soulève, et mon âme qu’il grise,

Emportée avec lui, s’épanche dans les cieux.

Des éclairs fulgurants éblouissent mes yeux ;

 

J’aime ! Je suis la vie et la force féconde,

Et mon cœur flamboyant illumine le monde. 
 

embroidered-panel - Helen A. Lamb

embroidered-panel - Helen A. Lamb

Alice-Lemieux-Lévesque (1906-1983) - poète

 


L’arbre du jour 

 

Les étoiles, ce soir,

Sont un rideau de clématites

Au treillis des nuages.

Mais le matin, d’un seul bonjour,

Viendra les cueillir toutes.

 

Chaque heure a son amour,

Chaque jour sa déroute,

Chaque soir sa clarté,

Chaque instant de beauté

Ses traits d’éternité.
 

Mythologie des fleurs - La clématite


En 1936, Edward Bach a développé une méthode unique et naturelle pour rétablir l’harmonie émotionnelle. La clématite, très fréquente dans la campagne anglaise, lui a inspiré l’un des élixirs floraux appartenant au groupe de l’indifférence, 


Il dit :


Clematis : "pour les rêveurs, les endormis, pour ceux qui ne sont jamais complètement éveillés, sans grand intérêt pour la vie. Des gens tranquilles qui ne sont pas vraiment heureux dans leur situation actuelle et vivent plutôt dans le futur que dans le présent. Ils vivent dans l’espoir de temps plus heureux où leur idéal pourra se réaliser" 
 

Mythologie des fleurs - La clématite

Michel Lis (1937-2015) Michel le jardinier ou moustaches vertes, est un journaliste écrivain


La Clématite et le Rossignol


 Á la lisière des bois la clématite étouffe sans remords

les arbustes les plus vigoureux. Cette diablesse qui se

cache en hiver sous le manteau d'hermine de ses

fructifications vaporeuses fut même la cause d'un vrai

drame. Comme tous les oiseaux, le Rossignol chantait

le jour, mais une nuit alors qu'il dormait, les vrilles de

la clématite vinrent lui ligoter les pattes. Le Rossignol

eut tellement peur qu'il faillit en mourir ! C'est depuis

ce temps-là que ce favori de l'Empereur de Chine

demeure éveillé et chante la nuit, de peur sans doute

qu'une autre ' Herbe aux Gueux' - tel est le surnom

que porte la Clématite des haies - vienne l'entraver

pour toujours. Ce serait bien dommage quand même !
 

clematite vigne blanche - hiver

clematite vigne blanche - hiver

Jacques Herman (1948) - artiste peintre, historien, poète et enseignant vaudois.

 

Clématite


Où que tu ailles je te suis

Si sur la table je vomis

Parfois des mots incompris

Plaise au ciel que tu ne m’en veuilles

 

Je rougis parfois de honte

Mais tes parfums roulent dans mes nuits

Rôdent

M’enlacent

Me redonnent goût à la vie

Qui s’entortille autour de moi

Comme une clématite

Et qui fleurit

Au plus petit émoi
 

clematite - Odile Bailloeul

clematite - Odile Bailloeul

la clématite dans le langage des fleurs est le symbole :

 

- de l'âge mur et de l'amour durable 

- d'un désir amoureux ardent (clématite blanche)

- de l'attachement profond

- d'un amour platonique qui ne désespère pas

- d'une rencontre qui ne s'oublie pas
 

Mythologie des fleurs - La clématite
Mythologie des fleurs - La clématite
Mythologie des fleurs - La clématite
Mythologie des fleurs - La clématite
Étude de Clématite - Henri Bergé

Étude de Clématite - Henri Bergé

Mythologie des fleurs - La clématite
clématites et oranges -Christophe Corbard

clématites et oranges -Christophe Corbard

clématite et oeillet - Edouard Manet

clématite et oeillet - Edouard Manet

clématites Henri Bergé-

clématites Henri Bergé-

clématite d'automne

clématite d'automne

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24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 15:51

Mythologie

 

L'ancolie

L'Ancolie, symbole de la renaissance, dit-on, rend courageux et hardi.


Selon Albert le Grand (XIIIe siècle), son nom scientifique latin aquilegia serait dérivé "d'aquila"  aigle et rappellerait que certains botanistes avaient vu les serres du rapace dans les éperons de ses cinq pétales.


Dans le latin des botanistes aquilegia,(aquilinia par Jules Charles de L'Écluse), d'où, par altération, ancolie, ancholie.


On dit que la plante a été nommée "aquilegia, 
- soit parce que ses nectaires offraient une forme recourbée comme le bec recourbé de l'aigle, 

- soit parce qu'on lui attribuait de rendre la vue perçante ou aux serres crochues comme celle de l'aigle,"aquila", 

- soit de la ville d'Aquilée (province Udine en Italie), dans le territoire de laquelle elle est abondante.


Quelques étymologistes traduisent aquilegia par réservoir d'eau c'est effectivement la signification littérale de ce mot , mais elle n'est point appliquable à l'ancolie. 


Source :
Charles Dufresne, sieur Du Cange (dictionnaire médiéval) on trouve aquilea, aquilée, plante supposée bonne pour les yeux. 
Flore médicale de François Pierre Chaumeton - 1920 
On suppose qu 'ancolie a subi l 'influence du mot mélancolie.

 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Cette plante à fleurs du genre Aquilegia, est une renonculacée vivace. 


Les fleurs, au sommet d'un bouquet de longues tiges, sont élégantes, comportant des sépales pétaloïdes et des pétales en forme de cornet avec un éperon recourbé à l'arrière, et des étamines un peu plus courtes que les pétales,  offrant une large palette de coloris blanc, bleu clair, jaune pâle, rose, brun, bordeaux et le bleu, avec des feuilles divisées en trois, duveteuses, de couleur vert parfois teinté de bleu turquoise.


Elle croît dans les bois clairs et le long des haies, en France en particulier sur le Massif Jurassien, et dans la plupart des autres régions de l'Europe. 
Les chèvres sont les seules à brouter l'ancolie, les autres bestiaux la négligent. Cette plante, appartient d'ailleurs à une famille où les poisons âcres abondent.


Cette vivace rustique, délicate et fine, recherchée par les jardiniers fleurit du printemps à l'été.
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

L'ancolie, nom de l'aquilégie vulgaire, dite aussi gant de Notre-Dame, gant de bergère, de cornette, aiglantine, colombine, fleur de parfait amour, manteau royal, herbe de lion, ancolie des jardins, ou encore tourette.


Plante cultivée dans les jardins à cause de la beauté de sa fleur.


Les anglais l'on nommée "columbine" comparant ces sortes d'ergots à ceux de l'innocente colombine. 
Les bergers l’appelaient "colombine"
Les nonnes "gants de fée" ou de "Marie"
Les brigands "la main de sorcière" 

 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

L'ancolie est une plante mellifère avec une pollinisation logiquement assurée par des insectes. Un nectar attractif est secrété par des nectaires qui tapissent l’intérieur de l’éperon. Vu l’étroitesse et la longueur de ce dernier, le nombre d’insectes pollinisateurs est limité. Il se restreint souvent à une espèce de Bourdon à longue trompe.


D’autres insectes, parmi lesquels les abeilles, percent l’éperon depuis l’extérieur de la fleur pour s’abreuver du nectar mielleux. Ce faisant, ils volent seulement leur nourriture sans assurer la pollinisation.


La dissémination des graines est particulièrement diffusée par les oiseaux.
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Dans la mythologie Scandinave, l’Ancolie symbolise comme d'autres fleurs "la Déesse Nordique de l’amour et de la fertilité nommée Freyja" ou Frigg.  


Freyja aimait les fées. Elle pouvait passer des heures à profiter de leurs jeux joyeux et de la danse gracieuse à la lumière de la lune. Pour ces petites créatures, la déesse a laissé un nectar doux et les fleurs les plus parfumées comme cadeau. De ses cheveux tombaient des fleurs printanières et elle déposait la rosée matinale et la lumière du Soleil derrière son passage.


En arrivant chez les Aesirs, sa réputation de Déesse puissante de la fertilité et de la nature l'avait précédé et elle dévoila le secret du Seior, la sorcellerie.
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Des grimoires anciens contiennent des recettes de philtres magiques où figure la fleur d'ancolie.

trois columbines violettes -  Sharon Freeman

trois columbines violettes - Sharon Freeman

trois columbines violettes -  Sharon Freeman

trois columbines violettes - Sharon Freeman

Les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique,
Elles sont dotées de pouvoirs magiques


La fée ancolie
 

fée ancolie - columbine

fée ancolie - columbine

Dans la Rome antique, Numa Pompilius, second des rois légendaires de Rome (715-672 av. J.-C.), fondateur du collège des Vestales, interdit à ses prêtresses du culte, qui devaient respecter le vœu de chasteté, l’usage de cette plante. 

Vestale - Jacques Louis David

Vestale - Jacques Louis David


Lorsqu’elle rencontrait sur son chemin une touffe fleurie d’Ancolie, la vestale devait se voiler la face dans un pan de son manteau et passer rapidement en détournant la tête.
 

Vestale, vierges antiques- Jean Raoux.

Vestale, vierges antiques- Jean Raoux.

L'ancolie, fleur d'alchimiste :


Dante (1265-1321) se servait aussi de l’ancolie comme symbole, plante mâle et femelle (hermaphrodite)représentant le parfait amour. Penché sur l'athanor, il recherchait la création de la perfection absolue.  


La Dame de Dante semble être tout autant la Femme que l’Ancolie.
 

Flore - Francesco Melzi (1491-

Flore - Francesco Melzi (1491-

Cette fleur légèrement toxique mais néanmoins très jolie était considérée au Moyen Age comme l'un des attributs du Diable. 


Le surnom de "Bonne Femme" lui a également été administré au Moyen-Âge 
 


 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Les graines de l’Ancolie entrèrent longtemps dans la composition des parfums car la plante était réputée aphrodisiaque, et rendait apparemment irrésistible. 


Pour cette même raison, les courtisanes en firent grand usage. Elles en mâchaient les graines, 
 

Livre d'heures de Simon de Varie (1455) - JeanFouquet

Livre d'heures de Simon de Varie (1455) - JeanFouquet

La fleur d'ancolie était souvent représentée dans les enluminures du moyen âge

Ici dans les Heures de Charles d'Angoulême - Testard, Robinet 

Heures de Charles d'Angoulême Testard, Robinet

Heures de Charles d'Angoulême Testard, Robinet

Sur la Miniature du XIIIe siecle representant la construction d'une église a Saint-Denis

Miniature du XIIIe siecle representant la construction d'une eglise a Saint-Denis

Miniature du XIIIe siecle representant la construction d'une eglise a Saint-Denis

Au Moyen-Âge, Les gens de la Maison de Guise portaient l’Ancolie d’azur tigée et feuillée de sinople. Avant d’entrer en lice, au cours d'un tournoi, ils criaient la devise : "Guise à l’Ancolie".


Pierre de Versoris (1528 -1588) avocat au Parlement de Paris à partir de 1552, chef du conseil d'affaires de la maison de Guise et garde de leurs sceaux et député du Tiers état aux États généraux de 1576-1577 -

(blason  D'argent, à la face de gueules, accompagné de 3 ancolies d'azur)
 

Blason Pierre de Versoris (1528 -1588) - maison de Guise

Blason Pierre de Versoris (1528 -1588) - maison de Guise

Simon de Varie à genoux en prière - Jean Fouquet (1415-1481)

Simon de Varie à genoux en prière - Jean Fouquet (1415-1481)

Elle est aussi le symbole de la mélancolie. 

On retrouve cette association avec la mélancolie dès le XVème siècle 
dans le poème "L'amant rendu cordelier à l'observance d'amour" attribué à Martial d'Auvergne.

 

....."assez tost la messe chanter

Fist l'en ou il eut grant mistere

En laquelle devés noter

Que l'amant en ung oratoire

Estoit la tendu de soye noire

Ouvré aparans fleurs d'acolies

Puis sur luy avoit ung suaire

Tout couvert de merencolies"......
 

Columbine - Catherine G McElroy

Columbine - Catherine G McElroy

Jean Froissard (1337-1410)
Le temps des ancolies - Le Littré
dans la description du jardin d'Eden où s'effectue le songe,


......"Et li pluiseur aiment moult l'anquelie",....

......"Moult par estoit li lieu jolis ;

Anquelies, roses et lys

A l'environ d'illuec croissoient....."
 

jardin - Ginger Cook

jardin - Ginger Cook

Eustache Deschamps, dit Morel (v.1340-1404), d'après le manuscrit français


..."La violette donne aussi  Douce odeur ; 

si fait la soussie, La marguerite, l'angorie,"..... 
 

au XVIe s.
Pierre de Ronsard  (1524-1585) - poète 
dans le chant pastoral


....."Pour sacrifice à la nymphe Pomonne

Et l'ancolie en semence s'enflant

Et le Narcisse que le vent va soufflant."........
 

Vertumne et Pomone (1518/22) par Francesco Melzi - l'ancolie en bas au centre

Vertumne et Pomone (1518/22) par Francesco Melzi - l'ancolie en bas au centre

l'ancolie symbole religieux


- Les auteurs religieux voyaient celle d'une colombe, forme sous laquelle est traditionnellement représenté l'Esprit saint. Pour cette raison, au Moyen Âge, l'ancolie fut aussi appelée  columbina (columbine en anglais, colomba en latin, ce qui signifie colombe)

plusieurs tableaux de grands maîtres l'attestent.
 

 Sainte Famille - Joos van Cleve

Sainte Famille - Joos van Cleve

Le nom anglais "colombine" évoque la colombe du Saint-Esprit, dont elle symbolise les sept dons (intelligence, conseil, sagesse, connaissance, piété, force et crainte) cités par le prophète Isaïe. 

Ou encore les sept douleurs de la Vierge Marie (la prophétie de Siméon, la fuite en Egypte, la disparition de Jésus au Temple, la rencontre sur la via Dolorosa, la crucifixion, la déposition de la Croix, la mise au tombeau).


Source :
Les fleurs dans la peinture - Musées royaux des Beaux Arts de Belgique

Heure de Notre-Dame de Pitié Annonciation (1401-1500)

Heure de Notre-Dame de Pitié Annonciation (1401-1500)

- Ces cinq pétales sont aussi comparées à cinq colombes, ce qui fait de cette fleur un symbole de l’Esprit saint. Dans l’art, elle accompagnera notamment les scènes de l’Annonciation ou du Baptême du Christ.


- Ces cinq pétales, évoque au fidéle la main de la Sainte-Vierge d'où "Gants de Notre-Dame",  l'autre nom donné à cette fleur.
 

Jean Fouquet - Les heures de Simon de Varie  - Marie tenant l'enfant Christ

Jean Fouquet - Les heures de Simon de Varie - Marie tenant l'enfant Christ

On trouve l'ancolie comme symbole de l’Esprit-Saint au milieu des lys et des roses dans la couronne de la Vierge du Retable de l’Agneau Mystique de Jan Van Eyck. 
 

 l’Agneau Mystique de Jan Van Eyck

l’Agneau Mystique de Jan Van Eyck

- La consonance de l'ancolie avec "mélancolie" évoque aussi la douleur de la Vierge Marie.

 
- Signification funèbre à la Renaissance au nombre des symboles de la Passion du Christ.

Dans  le tableau La mort de la Vierge de Hans Multscher 1437, l'on aperçoit un vase d'ancolies  en bas à droite

 

La mort de la Vierge -  Hans Multscher 1437

La mort de la Vierge - Hans Multscher 1437

L'ancolie est  aussi souvent présente dans les peintures du 15e siècle et 16e siècle.


Dans le tableau de Léonard de Vinci - Bacchus ou Saint-Jean le Baptiste, en bas du tableau à gauche
 

Bacchus ou Saint-Jean Le Baptiste  Léonard de Vinci ou son atelier.

Bacchus ou Saint-Jean Le Baptiste Léonard de Vinci ou son atelier.

et Flore par Francesco Melzi,

Flore tient les ancolies dans ses mainsl

Flore - Francesco Melzi

Flore - Francesco Melzi

 

L'ancolie de Edwin P. James (1797-1861)


Au cours de l'expédition (1819-1820), Edwin P. James a accompli la première ascension de montagne en Amérique du Nord, et a été le premier à collecter de nombreuses espèces de plantes alpines, y compris ce qu'il a appelé "la montagne Columbine",  Aquilegia coerulea E.James , pour devenir en 1899 la fleur d'État du Colorado, maintenant avec le nom commun Colorado Blue Columbine.


"Il a été enterré à côté de sa femme dans le cimetière de Rock Spring ... Plusieurs années plus tard, la "Des Moines County Medical Society" a planté autour de sa tombe le Rocky Mountain Blue Columbine ( Aquilegia coerulea E. James) qu'il a découvert et nommé lors de la longue expédition" 

 

La chanson "Where the Columbines Grow" par AJ Fynn a été adopté comme première chanson officielle de l'État du Colorado en 1915
 

La chanson "Where the Columbines Grow" par AJ Fynn a été adopté comme première chanson officielle de l'État du Colorado en 1915


Vers des terres où brillent les étoiles tropiques;

Où le cri de l'aigle de montagne audacieux

Répond aux notes de la colombe

Est-ce que l'Ouest vêtu de pourpre, la terre qui est la meilleure,

La terre pionnière que nous aimons.
 
Refrain
 
C'est la terre où poussent les ancolines,

Surplombant les plaines bien en dessous,

Tandis que la brise fraîche d'été dans les arbres à feuilles persistantes

Chante doucement là où les ancolies poussent.


  
Le bison est parti des hautes terres,

Le cerf du canyon s'est enfui,

La maison du loup est déserte,

L'antilope gémit pour ses morts,

Le cri de guerre ne fait plus écho,

L'Indien n'est qu'un nom,

Et les nymphes du bosquet dans leur solitude,

Mais l'ancolie fleurit tout de même.


 
Que la violette illumine le ruisseau,

Au soleil du début du printemps,

Laissez le trèfle blond décorer le pré vert,

Aux jours où les orioles chantent,

Que la verge d'or annonce l'automne,

Mais, sous le ciel d'été,

Dans sa belle demeure occidentale, que la Columbine fleurisse

Jusqu'à ce que nos grands fleuves de montagne s'assèchent.
 

Rocky Mountain Blue Columbine (Aquilegia coerulea E. James)

Rocky Mountain Blue Columbine (Aquilegia coerulea E. James)

On préparait  un sirop d'une belle couleur bleue, qui décèle, mieux que celui de violette, les acides et les alcalis.

Le sirop de fleurs d'ancolie calmait la toux

Mythologie des fleurs - L'ancolie


Elle était utilisée en médecine contre la gale et la teigne


On se servait des semences pour favoriser la sécrétion urinaire


Les feuilles de l'ancolie servaient à soigner les plaies mais son utilisation médicinale est restreinte car, elle contient de l'acide cyanhydrique qui la rend toxique.


Aujourd'hui l'ancolie est utilisée en homéopathie.


L 'ancolie est liée a la tristesse , la solitude ou encore la folie.


On lui attribuait également le pouvoir de guérir l 'avarice 


Jadis on la plaçait sous les matelas pour éliminer l’infertilité.


Elle était censée protéger les jeunes couples contre la sorcellerie et le mauvais-œil.
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Dans le langage des fleurs


L'ancolie est symbole de tristesse, de solitude et de folie.


D'après Marthe Seguin-Fontes dans "le langage des fleurs" (éd. du Chêne), l'ancolie signifie "folie, caprice". Cette interprétation viendrait de l'analogie de sa forme avec celle des bonnets d'étoffe portés par les fous au Moyen-Âge...De fou du roi, plus précisément.


L'ancolie ressemble aussi à un sceptre surmonté d’un capuchon à grelots considéré comme le symbole de la folie que se servait comme attribut les bouffons de cour
 

Le fou - Psalterium Caroli VIII regis

Le fou - Psalterium Caroli VIII regis

 et aussi la mélancolie, les feuilles de l’ancolie dont les formes … recueillent, elles aussi les gouttes de rosée, la pluie,...... les larmes…

goutte d'eau sur feuilles d'ancolie

goutte d'eau sur feuilles d'ancolie

En bouquet comme en poésie, l'ancolie est mélancolique. Elle symbolise l'infidélité, l'amour trahi.


L'ancolie des champs prie l'être aimé d'oublier le passé et de croire au renouveau d'un sentiment toujours vivace.


L'ancolie est aussi un aveu de folie, certes, mais de folie d'amour...........


Un bouquet d'ancolies blanches expriment des sentiments de tristesse et de solitude, 


Un bouquet d'ancolies bleues expriment l'amour avec tristesse


Un bouquet d'ancolies roses expriment des sentiments de tristesse et de tendresse.


Un bouquet d'ancolies pourpres montrent que l'on se bat pour récupérer  un amour perdu.
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Guillaume Apollinaire  (1880-1918) - poète
Alcools, 1913

 

Clotilde

 

L’anémone et l’ancolie

Ont poussé dans le jardin

Où dort la mélancolie

Entre l’amour et le dédain

 

Il y vient aussi nos ombres

Que la nuit dissipera

Le soleil qui les rend sombres

Avec elles disparaîtra

 

Les déités des eaux vives

Laissent couler leurs cheveux

Passe il faut que tu poursuives

Cette belle ombre que tu veux
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Francis Jammes (1868-1938) - poète 
Recueil : "Clairières dans le ciel"

 

Deux ancolies se balançaient…

 

Deux ancolies se balançaient sur la colline.

Et l’ancolie disait à sa sœur l’ancolie :

Je tremble devant toi et demeure confuse.

Et l’autre répondait : si dans la roche qu’use

l’eau, goutte à goutte, si je me mire, je vois

que je tremble, et je suis confuse comme toi.

 

Le vent de plus en plus les berçait toutes deux,

les emplissait d’amour et mêlait leurs cœurs bleus.
 

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Christine De Pisan (1364 - 1430) - poète


Ancolie


Je vous rends la fleur d'ancolie.

Je suis en grand mélancolie,

Amies, que vous n'aiez changée;

Car vous m'avez trop estrangée.

Dites m'en le vrai, sans ruser,

Sans plus m'en faire en vain muser.

 

Traduction Barbara Botton


Ancolie


Je vous rends la fleur d’ancolie

Je suis en grande mélancolie,

Ami, c’est bien de votre gré

Car vous m’avez trop ignorée.

Dites-moi vrai sans décevoir,

Sans me faire de faux espoirs.

Maître du Boccace de Genève (15e siècle) dit Colin d'Amiens, enlumineur français

Maître du Boccace de Genève (15e siècle) dit Colin d'Amiens, enlumineur français

Jean-Loup Trassard (1933)
collection L'Imaginaire (n° 578), Gallimard


L'ancolie 


"Les récits présentés ici m'ont aidé à faire affleurer, avec son poids et sa durée, une épaisseur de terre où s'enracine l'arbre sur lequel n'a cessé de tirer une balançoire, où rôde encore le mythe des loups, où de vieux pièges se ferment sur une poignée de neige. La maison d'enfance y est centre d'un cercle qui va s'élargissant : les fermes demeurent tapies dans les écarts et les chemins s'effacent dont l'encre cherche à retrouver la pente. Au fond du sabot que façonnent les mots s'ouvrent des étangs peu éclairés, une immense forêt où des temps encore plus anciens se tiennent cachés. L'ancolie fleurissait toujours sous un même pommier, dans un seul petit pré. Chaque année nous rendions visite à ce point bleu de l'espace. L'un des ancrages où se tient le temps de maintenant est la verticalité de cette tige, aussi fine que tendue".

Mythologie des fleurs - L'ancolie

Théodore Agrippa d' Aubigné (1552-1630)  

 

"Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueux

 

..........Vous y verrez mêlés mille beautés écloses,

Soucis, oeillets et lys, sans épines les roses,

Ancolie et pensée, et pourrez y choisir."

 

Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueux :

J'en serai laboureur, vous dame et gardienne.

Vous donnerez le champ, je fournirai de peine,

Afin que son honneur soit commun à nous deux.

 

Les fleurs dont ce parterre éjouira nos yeux

Seront vers florissants, leurs sujets sont la graine,

Mes yeux l'arroseront et seront sa fontaine

Il aura pour zéphyrs mes soupirs amoureux.

 

Fruits sucrés de durée, après des fleurs d'attente,

Et puis nous partirons à votre choix la rente :

A moi toute la peine, et à vous le plaisir.
 

jardin - Ann Hardy

jardin - Ann Hardy

 

Calligraphie (1590-1596) - enluminure par Joris Hoefnage (flamand)

Calligraphie (1590-1596) - enluminure par Joris Hoefnage (flamand)

Calligraphie (1590-1596) - enluminure par Joris Hoefnage (flamand)

Mythologie des fleurs - L'ancolie
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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 00:52

Mythologie 


La pervenche 
 

Au printemps, les pervenches forment d'épais tapis de verdure et offrent de délicates fleurs bleues, blanches ou violettes.

"Pâle fleur, timide pervenche, Je sais la place où tu fleuris, Le gazon où ton front se penche, Pour humecter tes yeux flétris ! - A. de Lamartine"

 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

La pervenche est une plante herbacée vivace appartenant à la famille des Apocynacées. Elle fleurit d’avril à juin, mais la plante peut fleurir sporadiquement plus tard. On la trouve dans toute la France et au-delà à travers l’Europe, et pour la grande pervenche en Europe du Sud, en Afrique du Nord et en Asie Mineure, où elle croît dans les forêts de feuillus, les sous-bois et éventuellement au bas des haies.


Le nom botanique du genre Vinca viendrait soit du latin vincere signifiant vaincre en raison de la vivacité de ces plantes ou de vincire pour lier, enlacer ou nouer grâce à ces longues tiges sarmenteuses et rampantes.
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

. Vinca major :  Grande pervenche, fleur bleue-violet-mauve, feuillage vert ou vert et beige.

On la nomme aussi Violette carrée, Bergère, 

Ses feuilles et ses fleurs sont plus grandes que celles de la petite pervenche. 
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

. Vinca  minor : Petite pervenche, fleur bleue, feuillage vert ou vert et beige.

Ses autres noms populaire : Pervenche, Violette de serpent, Violette des sorciers, Petit sorcier, Vanchée, Buis bâtard, Violette des morts, Bergère, Pucelage,

Dans le Massif du Jura ainsi qu’en Vallée de Joux, la Petite Pervenche peut monter, en altitude, jusqu’à 1 100m.
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

On peut dire que les fleurs bleues, ont inspiré bien des poètes.


Novalis (1772-1801) - poète et romancier - dans son roman "Henri d'Ofterdingen"


Situé dans un univers médiéval mythique, c'est dans cet ouvrage qu'apparaît l'expression devenue célèbre de "fleur bleue" (Die blaue Blume). Chez Novalis, cette fleur symbolise l'amour absolu qu'Henri porte à Mathilde mais aussi l'union du rêve et du monde réel, qui était un des grands objectifs du romantisme" 


extrait du roman :
"Ce qui l’attira d’un charme irrésistible, c’était, au bord même de la source, une Fleur svelte, d’un bleu éthéré, qui le frôlait de ses larges pétales éclatants. Tout autour d’elle, d’innombrables fleurs de toutes nuances, emplissaient l’air de leurs senteurs les plus suaves. Lui, cependant, ne voyait que la Fleur bleue, et il la contempla longuement avec une indicible tendresse. Il allait enfin s’en approcher quand elle se mit soudain à tressaillir et à changer d’aspect ; les feuilles devinrent plus brillantes et se serrèrent contre la tige qui s’allongeait ; la fleur s’inclina vers lui et les pétales formèrent en s’écartant une collerette bleue où flottait un visage délicat."


peut- être était-ce la pervenche ?
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Comme dans le poème de Philippe Jaccottet (1925)

Poésie/Gallimard n°71 - page(s) 444-445

(Pléïade : Airs, poèmes 1961-1964)

Extrait :


" Fleurs couleur bleue

bouches endormies

sommeil des profondeurs

 

Vous pervenches

en foule

parlant d’absence au passant"
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Il existe d’autres variétés au feuillage doré, au feuillage beige, au feuillage bi-color….

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Les fleurs sont pollinisées par les abeilles et les bourdons.  


Ce sont d'excellentes plantes couvre-sol au beau feuillage persistant.


La pervenche est une plante mellifère : Du fait de la floraison précoce au printemps, elle est importante notamment lors pour la reprise des ruches et leurs colonies d’abeilles comme source de nourriture d'appoint.


la couleur des fleurs de la pervenche est vibrante aux yeux des abeilles. Il a été démontré que la vision des abeilles était particulièrement sensible aux ondes correspondant à la teinte bleu-violacé des pétales de la pervenche. En outre, la rétine des abeilles,comme celle de la plupart des insectes, est sensible aux UV.L’observation d’une fleur de pervenche au travers d’un filtre UV révèle que le tube de la corolle absorbe très fortement les UV, tandis que la base des pétales les réfléchit au contraire assez fortement. Le contraste ainsi créé constitue un puissant signal visuel, qui guide les déplacements de l’abeille vers le tube corollaire, au fond duquel du nectar est secrété.  (Abeilles et Fleurs n° 768 - Février 2015)
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 
Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Autrefois, la pervenche était surtout utilisée pour assécher les tissus, cicatriser les plaies et traiter des maladies de la peau. Ses bienfaits pour l’activité cérébrale ont été découverts récemment.


Rodolphus Agricola (1444-1485) dans ses écrits parus en 1539, indiquait la pervenche comme remède de l'angine. 


Les anciens disaient " Elle étanche le sang de quelque part qu'il coule ". 
Ils la préconisaient contre les hémorragies. Une feuille fraîche écrasée entres les doigts et introduite dans la narine, arrête le saignement de nez.

 

grandes pervenches - grandes heures Anne de Bretagne - herbier

grandes pervenches - grandes heures Anne de Bretagne - herbier

Autrefois on en faisait des colliers autour du cou des vaches pour ne pas qu'elles attrapent de maladie.
 

vache au collier de pervenches - Gaston Vuillier

vache au collier de pervenches - Gaston Vuillier

La magie :


comme toutes fleurs et plantes lunaires, la pervenche est employée en magie pour inciter au mariage, protéger le foyer, les épouses et les enfants.


La pervenche entrait tout naturellement dans les philtres d’amour, pour redonner vigueur aux liaisons rompues et faire revenir les amants volages.
Elle permettait aussi de réconcilier les amis et la famille.


La pervenche était toujours présente dans les maisons des sorcières, car elle les protégeait des magies négatives et préservait l'harmonie environnante. La fleur séchée, mélangée à de l'encens et d'autres herbes, était employée en fumigation dans les maisons susceptibles d'être infestées par des esprits maléfiques. 


Si, après en avoir jeté des tiges dans le foyer, on prononçait certaines invocations ou formules propres à attirer les âmes des trépassées, les volutes de la fumée faisaient apparaître les figures des êtres chers.
Elle était aussi capable de ramener au monde visible ceux qui appartiennent au monde invisible. 

 

On pouvait l’utiliser pour jeter un sort ou pour en annuler un autre, prédire un mariage ou la mort.

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

 

Un dicton dit :


"la pervenche, contre tout mal, prend sa revanche", 

 

Suspectée de détenir un démon...de nombreux rituels de cueillette sont nés !


"O pervenche,

Laisse toi prendre avec tes nombreuses qualités,

viens à moi ornée de ta vertu,

Pourvois-moi de telle façon

Que je sois toujours prospère,

Protégé contre les poisons et autres maux"
 


 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Dans la mythologie celte


La Dame Blanche (Grande déesse) connue dans les pays celtiques comme Dryade de la Mort et identifiée avec Macha. Reine des Morts, c’est l’aspect harpie de la Déesse. Elle représente mort, ruine et destruction.


Dans les anciens folklores français, italien, britannique, cette fleur aux cinq pétales bleus, consacrée à la Grande Déesse, passe pour être la fleur de la Mort.


"Au moyen âge, on plaçait une guirlande de pervenches sur les têtes de ceux que l'on conduisait au lieu de leur exécution. La fleur à cinq pétales bleus est consacrée à la Déesse ;  ses solides lianes vertes auront été les liens dont elle se sera servie envers sa victime." (Le mythe celte - Robert Graves) 


La Pervenche pouvait aussi être  tressée autour des couronnes des mariées. 
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Georges Chaulet (1931-2012) écrivain .

nous a conté l'histoire du "prince charmant chez la fée Pervenche"
(Hachette-Jeunesse - bibliothèque rose)


"AH, Prince! C'est encore quelque diablerie! J'ai bien envie de me sauver! - Du courage, La Malice! Diablerie ou pas, nous devons franchir ces flammes..."

Et le prince Charmant se précipite hardiment à travers la muraille de feu.
Passé ce premier obstacle, combien il en restera encore à renverser avant que tous deux arrivent chez la fée Pervenche!

Heureusement, l'écuyer La Malice a plus d'un tour dans son sac... à malices!
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

 

les fairies (fées) concerne le petit peuple issu de la mythologie celtique,

Elles sont dotées de pouvoirs magiques

 

La fée Pervenche et l'elfe

fée pervenche - Cicély Mary Barker

fée pervenche - Cicély Mary Barker

Elfe - Joséphine Elfe - Joséphine Wall

Elfe - Joséphine Elfe - Joséphine Wall

Elle est parfois associée au culte de la Vierge Marie

 

Contes et légendes d'Allemagne, de Suisse et d'Autriche

De Elena Balzamo, Reinhard Kaiser, Aux origines du monde,


Dans l'ancien testament la pervenche n'est pas mentionnée et voici pourquoi.

Lorsque la Sainte Vierge Marie eut l'âge de se marier, beaucoup de prétendants, hommes distingués, vinrent demander sa main, car elle était extraordinairement belle, si belle que le soleil refusait de se coucher quant il lui arrivait d'éclairer son visage.

Etant également très pieuse, elle avait décidé d'épouser le plus pieux des prétendants, quel que fussent sa naissance et son rang. Elle pria ardemment le Seigneur de lui envoyer un signe permettant de reconnaître son futur époux. Sa prière fut exaucée, et elle put annoncer aux prétendants :
Je donnerai ma main à celui dont la canne verdira.

Ces propos jetèrent un trouble.

Un soir, la jeune fille était assise avec ses parents devant la porte de leur maison, profitant de l'agréable fraîcheur. Un pauvre charpentier, qui se prénommait Joseph, arriva en tenant à la main un bâton recouvert de pousses vertes. La Vierge reconnut aussitôt le signe, et peu de temps après elle épousa le pieux charpentier.

Le jour de leurs noces, celui-ci ficha son bâton dans le sol, et aussitôt une multitude de vrilles jaillirent dans le sol, et les pousses vertes continuèrent à proliférer, de plus en plus nombreuses, de plus en plus denses. Elles restèrent vertes même à l'époque où toutes les autres plantes furent dépouillées de leurs feuilles.

Telle est l'origine de la pervenche.  
 

Vierge à la pervenche - Rubens

Vierge à la pervenche - Rubens

En Flandre, elle jonche le chemin que suit les futurs mariés pour se rendre à l’église, la fleur symbolise l'innocence de la fiancée, les feuilles la pérennité de sentiments amoureux.


"La pervenche porte bonheur à une fille lorsqu'elle est offerte par un tout jeune homme."
 

Demoiselle aux pervenches - Fanny Caille 1847-1893

Demoiselle aux pervenches - Fanny Caille 1847-1893

Dans le langage des  fleurs,  

 


Les tiges de la pervenche forment comme une corde, elle exprime donc 
-"la fidélité et l’amitié".

 

 Parce qu'elle conserve toute l'année ses petites feuilles ovales d'un vert foncé et luisant, elle est 

-"Symbole de l'éternité..",

 

Sa délicatesse, sa couleur bleue, en font un 

-"symbole de modestie, de douceur, du doux souvenir, de mélancolie et de la joie revenue".

"je me languis de vous"

"Tendre souvenir"

"Je ne rêve qu'à vous"

"Vous êtes mon premier amour"
 

Bouquet de pervenches - Anne Cotterill

Bouquet de pervenches - Anne Cotterill

Alphonse Karr n'oublia pas d'évoquer la symbolique de cette fleur "souvenir"

: "....La Pervenche avec ....ses fleurs d'un bleu si frais et si charmant, et que dans les campagnes on appelle violette des morts".


(Source : Plantes et arbres remarquables des rues, squares et jardins de Rouen ...de Bernard Boullard)
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

En Littérature


Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) décrit dans l''épisode de la pervenche, le bonheur, à travers le souvenir, que peut procurer la vue de cette simple petite fleur bleue.

En 1734, sur le chemin des Charmettes, il avait entrevu une pervenche. Trente années plus tard, en 1764, en herborisant avec son ami Du Peyrou, il rencontre pour la seconde fois de sa vie cette petite fleur bleue qui le transporte des années en arrière, au temps heureux.

 

" Ici commence le court bonheur de ma vie".

 "Le premier jour que nous allâmes coucher aux Charmettes, Maman était en chaise à porteurs et je la suivais à pied. Le chemin monte, elle était assez pesante, et craignant de trop fatiguer ses porteurs, elle voulut descendre à peu près à moitié chemin pour faire le reste à pied. En marchant elle vit quelque chose de bleu dans la haie et me dit : « voilà de la pervenche » je ne me baissai pas pour l’examiner car j’ai la vue trop courte pour distinguer à terre les plantes de ma hauteur.
Je jetai seulement en passant un coup d’œil sur celle-là, et près de trente ans se sont passés sans que j’aie revu de la pervenche ou que j’y aie fait attention.
 En 1764 étant à Cressier avec mon ami M. Du Peyrou, nous montions une petite montagne au sommet de laquelle il a un joli salon qu’il appelle avec raison Bellevue. Je commençais à herboriser un peu. En montant et regardant parmi les buissons je pousse un cri de joie : Ah voilà de la pervenche ; et c’en était en effet. Du Peyrou s’aperçut du transport, mais il en ignorait la cause ; il l’apprendra, je l’espère, lorsqu’un jour il lira ceci ".

 

Portrait de Rousseau à Ermenonville - Georges-Frédéric Meyer (1735-1779)

Portrait de Rousseau à Ermenonville - Georges-Frédéric Meyer (1735-1779)

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

 

André Lemoyne (1822-1907) - poète

Recueil : Les charmeuses (1864).

À André Theuriet.

 

Fleurs d'avril

 

Le bouvreuil a sifflé dans l'aubépine blanche ;

Les ramiers, deux à deux, ont au loin roucoulé,

Et les petits muguets, qui sous bois ont perlé,

Embaument les ravins où bleuit la pervenche.

 

Sous les vieux hêtres verts, dans un frais demi-jour,

Les heureux de vingt ans, les mains entrelacées,

Echangent, tout rêveurs, des trésors de pensées

Dans un mystérieux et long baiser d'amour.

 

Les beaux enfants naïfs, trop ingénus encore

Pour comprendre la vie et ses enchantements,

Sont émus en plein cœur de chauds pressentiments,

Comme aux rayons d'avril les fleurs avant d'éclore.

 

Et l'homme ancien qui songe aux printemps d'autrefois,

Oubliant pour un jour le nombre des années,

Ecoute la voix d'or des heures fortunées

Et va silencieux en pleurant sous les bois.
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Alphonse de Lamartine (1790-1869)

Recueil : Méditations poétiques inédites (1849)

 


La Pervenche

 

Pâle fleur, timide pervenche,

Je sais la place où tu fleuris,

Le gazon où ton front se penche

Pour humecter tes yeux flétris !

 

C'est dans un sentier qui se cache

Sous ses deux bords de noisetiers,

Où pleut sur l'ombre qu'elle tache

La neige des fleurs d'églantiers.

 

L'ombre t'y voile, l'herbe égoutte

Les perles de nos nuits d'été,

Le rayon les boit goutte à goutte

Sur ton calice velouté.

 

Une source tout près palpite,

Où s'abreuve le merle noir;

Il y chante, et moi j'y médite

Souvent de l'aube jusqu'au soir.

 

Ô fleur, que tu dirais de choses

À mon amour, si tu retiens

Ce que je dis à lèvres closes

Quand tes yeux me peignent les siens !
 

Pervenches - aquarelle Martine Réau-Gensollen

Pervenches - aquarelle Martine Réau-Gensollen

Robert Desnos (1900-1945) - poète 

Recueil : "Chantefleurs"

 

La Pervenche et la primevère

 

Doña Dolorès Primevère,

Lady Roxelane Pervenche

Un beau dimanche,

Montent en haut du belvédère.

Rêveuse pervenche,

Douce primevère,

Radieuse atmosphère.
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Gérard Lemaire (1942-2016) -poète

 

Le bleu de la pervenche


Le bleu de la pervenche
Tranquillement plus bleu

La fleur s'élargit au-dessus
De l'herbe indiscrète

 La pervenche rayonne
Sa nature n'est qu'un chant

Ses larges pétales reines livrent
Le plus pur trésor

Son bleu au fond des yeux
Plus intense que tout autre

Il est bleu d'un monde
Celui qu'aucune main ne touche

Ce bleu fait parole
Sur les lèvres du muet

 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

 

La pervenche dans cette ballade enfantine traditionnelle, auteur anonyme (chanson populaire française).

 

Aux marches du palais. bis
Y a une tant belle fille, lon la,
Y a une tant belle fille............
......................
(....)La belle si tu voulais, (bis)
Nous dormirions ensemble, lon-la
Nous dormirions ensemble.

Dans un grand lit carré, (bis)
Couvert de toiles blanches, lon-la
Couvert de toiles blanches.

Aux quatre coins du lit, (bis)
Un bouquet de pervenches, lon-la
Un bouquet de pervenches.

(....) Et nous y dormirions (bis)
Jusqu'à la fin du monde, lon-la
Jusqu'à la fin du monde. »

 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Victor  Hugo (1802-1885) - poète 

Les chansons des rues et des bois

dans 

 

L'Église


(...)
C'était l'église en fleurs, bâtie

Sans pierre, au fond du bois mouvant,

Par l'aubépine et par l'ortie

Avec des feuilles et du vent.

 

Le porche était fait de deux branches,

D'une broussaille et d'un buisson;

La voussure, toute en pervenches,

Était signée: Avril, maçon.

 

Dans cette vive architecture,

Ravissante aux yeux attendris,

On sentait l'art de la nature;

On comprenait que la perdrix,

 

Que l'alouette et que la grive

Avaient donné de bons avis

Sur la courbure de l'ogive,

Et que Dieu les avait suivis.
(...)

 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Paul Bulliard (1911-1943) - Instituteur et  Poète français

St-Jean d'Aulph, 21 avril 1939.

poème extrait de "La Chanson simple"

 

 

Pervenches

 

Ce matin j'ai cueilli, dans la douce rosée

La pervenche d'azur en un coin d'ombre frais :

J'ai cru que ton regard, quand ma main s'est posée

- Regard limpide en l'herbe humide - m'appelait. 

 

 Et je suis revenu portant dans ce bouquet

Tes yeux adolescents, cette fleur de toi-même

Qui reflète un troublant infini, et que j'aime...

Ô les cieux, le printemps, des yeux dans un bouquet ! 

 

J'ai placé dans un vase, auprès de ton portrait

La pervenche d'azur qui te donnait sa vie,

Et le bleu de la fleur, à la photographie

Passa : ton regard cher lentement s'éclairait...

 

Aujourd'hui je t'attends: et j'ai le tendre espoir

Que tu viendras enfin et que je pourrai voir

Plus profond, plus subtil, plus beau que la pervenche,

Ton regard doux et bleu, où ton âme se penche. 
 

Bouquet de pervenches - Rita Le Bagousse

Bouquet de pervenches - Rita Le Bagousse

Jean François Victor Aicard (1848-1921) est un poète, romancier et dramaturge français.

Recueil : Les jeunes croyances (1867)


 

Le parfum des pervenches

 
Bonne Vierge, écoutez ma voix, je vous en prie ! 

Hier, parmi les bouquets vivants de la prairie, 

Je cueillis, en tressant ma guirlande, une fleur 

Dont le calice bleu n'exhalait nulle odeur.

 

« La pervenche, pour nous, dit ma mère chérie, 

Est toujours sans parfums célestes, car Marie 

Par les anges en fait dérober la senteur,

 Et leurs tremblantes mains la portent à son cœur.

 

« Mais quand l'hiver flétrit les plantes qui frissonnent, 

Pour embaumer les cieux les chérubins moissonnent 

Les âmes des petits innocents comme toi. »

 

Vierge, ayant écouté, tout joyeux, ces paroles, 

J'ai des fleurs du jardin ravagé les corolles, 

Pour que tes messagers n'y trouvent plus que moi !
 

Pervenches - François Barraud

Pervenches - François Barraud

Marcel Proust (1871-1922)

Du côté de chez Swann


"Ses yeux bleuissaient comme une pervenche impossible à cueillir et que pourtant elle m'eut dédiée."
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 

Et chanté par Bourvil le voleur de pervenches

 

Le voleur de pervenches

Il est encore en prison

Il a volé deux pervenches

Pour en faire deux chansons

Il a fait la première

Pour les beaux yeux de Sylvie

La deuxième pour sa mère

Les deux femmes de sa vie

Bienheureux le voleur

Quand il vole des fleurs

Pour l'amour et le coeur

La, la, la, la . . . .

 

Le voleur de pervenches

A le coeur en liberté

Les prisons sans dimanche

N'empêchent pas d'aimer

Et pour sa récompense

Un miracle est arrivé

Car il pleut des pervenches

La prison s'est écrasée

Bienheureux prisonnier

Ton amour t'a payé

D'un printemps tout entier

La, la, la, la . . . .

 

Le voleur de pervenches

S'est enfuit de sa prison

Il a des fleurs dans les manches

Et l'printemps aux talons

Toutes ces fleurs pour sa mère

Pour Sylvie et ses beaux yeux

Il a fleurit toute la terre

Les printemps sont toujours bleus

La, la, la, la . . 
 

Mythologie des fleurs -  La pervenche 
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20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 00:07

Les fleurs par les grands peintres -

 

Blanche Odin - Violettes

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