9 mai 2024 4 09 /05 /mai /2024 20:00

 

 

Eustorg (Hector) de Beaulieu (vers 1495-1552) poète, compositeur et pasteur français

 

Chanson en forme de dialogue


- Bon jour, bon an et bonne étrenne

Et dieu gard' de mal mes mignons.

D'où venez-vous ? qui vous amène ?

- Bon jour, bon an et bonne étrenne,

Nous venons de la verte plaine,

De dire motets et chansons.

- Bon jour, bon an et bonne étrenne

Et Dieu gard' de mal mes mignons.
 

Eustorg (Hector) de Beaulieu (vers 1495-1552) - poète, compositeur et pasteur français - Chanson en forme de dialogue
Partager cet article
Repost0
9 mai 2024 4 09 /05 /mai /2024 19:50

 

 

Mellin de Saint-Gelais (vers 1491-1558), poète français de la Renaissance, qui eut les faveurs de François Iᵉʳ et de Henri II.

 

 

D’un Luth

 

O Luth, plus estimé present

Que chose que j’aye à present,

Luth de l’honneste lieu venu

Où mon coeur est pris & tenu :

Luth qui respons à mes pensées

Si tost qu’elles sont commencées :

Luth que j’ay faićt assez de nuits

Juge & tesmoin de mes ennuis,

Ne pouvant voir au près de moy

Celle qui t’eust au près de soy.

Je te suppli’ fay moy entendre

Comme touchant à la main tendre

Ton bois s’est garenti du feu ,

Qui si bien esprendre ma seu :

Et s’il se pourroit bien esteindre

Par souvent chanter, & me plaindre:

Que pleust à dieu, Luth, que ta voix

Peust aller où de-coeur je vois,

Tant que mon torment bien oui

En peust rapporter un ouy :

Lors tu me serois plus de grace ,

Qu’onc n’en fist la harpe de Thraces

Qui faisoit les montaignes suyvre :

Car tu ferois un mort revivre.

 

Mellin de Saint-Gelais (vers 1491-1558)- poète français - d'un luth
Partager cet article
Repost0
9 mai 2024 4 09 /05 /mai /2024 18:42

 

 

Guillaume Le Rouillé (1494-1555) jurisconsulte et poète français.


 

Epître au nom des rossignols du parc d'Alençon

A la reine de Navarre, duchesse d'Alençon.

 

Par cette épître en style rude écrite,

Princesse illustre, ô reine Marguerite,

Puisque plus loin ne t'ont pu convoyer,

Humble salut te veulent envoyer,

Ceux qui pour toi ont dit mainte chanson,

Les rossignols de ton Parc d'Alençon.

Ô quelle joie ! ô quel plaisir nous vint

Quand jusqu'à nous la nouvelle survint

De ta venue en ton Parc, qui peut être

A peu nommé un Paradis terrestre.

Lors ciel et terre, oiseaux, arbres et bêtes,

Pour t'honorer menaient grand'joie et fêtes.

Le ciel fut doux et en température,

Sans offenser aucune créature.

Vesta d'hiver rudement mise nue

Fut revêtue à ta belle venue

D'un beau vert gai, semé épaissement

De toutes fleurs, odorant doucement.

Quant aux oiseaux, chacun se vint vanter

A son pouvoir de doucement chanter.

Nous les premiers, comme c'était raison,

Trop mieux chantants, et sans comparaison,

Avisâmes ensemble de pourvoir

A notre fait, pour mieux te recevoir.

Tout consulté fut avisé qu'aux champs

A peine orrois nos mélodieux chants

Pour le grand bruit que lors on démenait

De la grand'joie : et que mieux convenait

Ici t'attendre en accordant les sons

De nos motets et joyeuses chansons,

En dégoisant notre plaisant ramage.

D'une autre part, le bestial sauvage

Sautait, jouait, ayant moult grand désir

A son pouvoir, augmenter ton plaisir.

Quant aux arbres, un chacun se para

De feuille et fleur et bien se prépara :

Nouvelle vint tantôt de ta venue

De quoi la ville en joie fut émue.

Honnêtement chacun se mit avant

Pour t'honorer et aller au-devant.

Lors oyait-on l'artillerie tonner,

Cloches partout à carillon sonner.

Feux sont de joie, et les maisons tendues,

Fleurs et odeurs par les rues épandues.

Dizains, quatrains, épigrammes, distiques,

A ta louange, on met ès voies publiques,

Noël de joie ont crié mille voix,

Dont Écho fit résonnance en ce bois.

Bien semble au peuple et pas n'en est déçu,

Qu'avecques toi un grand bien a reçu.

Droit à l'Église, ainsi qu'était raison,

Voulut aller faire à Dieu oraison.

Les prêtres, lors, Te Deum haut chantèrent,

Où les orgues doucement accordèrent.

 

A ton retour de l'Église on t'amène

Dedans ton Parc, en ton plaisant domaine.

Entrant tu vis arbres fleuris et verts

Te saluant par beaux carmes et vers.

Telle vertu oncques ne fut donnée

Au divin chêne étant en Dodonée,

Ou a l'ormeau qui fit parler apert

Tespesion, gymnosophiste expert,

Les Dryades, Hamadryades gentes,

Rire on voyait par rimules et fentes,

Des écorces des bois où sont cachées,

Et d'être vues de toi ne sont fâchées,

Muses aussi, et nymphes de Bruyante

Font résonner sa très claire eau courante.

L'air était doux, sans chaleur ou froidure,

Vesta montrait sa robe de verdure

Que le printemps lui a donnée sans feinte

D'herbe menue entrelacée et peinte

De toutes fleurs que l'on pourrait chercher,

Pour te servir de tapis à marcher.

Les biches font sauts, courses et brisées

Quand ont connu que les a avisées,

Les cerfs semblent faire tournois et joutes ;

Et les faonneaux gambades, virevoustes,

Petits connils, courants à la traverse,

Puis çà, puis là, l'un l'autre bouleverse.

Bref chacun fait du mieux dont il s'avise.

Quant aux oiseaux, chacun chante à sa guise,

Du mieux qu'il peut, mélodieusement ;

Mais nous, sur tous, harmonieusement,

Notre salette avions lors disposée

A jour et nuit chanter sans reposée,

Tantôt en bien et puis en mieux changer,

Sans avoir soin de dormir ou manger,

Faisant toujours nouveau ton de musique,

De quoi très bien nous savons la pratique

En plusieurs lieux épars, pour être ouïs :

Et que les tiens en fussent réjouis

Avecque toi, ainsi que de ta part,

Du tien leur fais très volontiers départ.

A ton réveil bien nous pouvais ouïr

Par tous moyens, pensant te réjouir,

Et si oiseaux et hôtes font devoir,

Si font les gens comme tu as pu voir.

Car tu as vu (ô dame d'excellence)

Par chacun jour jouer en ta présence

Grands et petits, chacun en son pouvoir,

Dont ta bonté contente est du vouloir.

Suppliant ce qu'ils ne peuvent parfaire

Et qu'envers toi ne pourraient satisfaire.

 

Écrit au Parc, pour ton esprit ébattre,

L'an quinze cent quarante avecques quatre,

Le jour saint Marc en avril gracieux,

Tes Rossignols, de te voir soucieux.
 

Jean Clouet - Portrait de Marguerite of Navarre

Jean Clouet - Portrait de Marguerite of Navarre

Partager cet article
Repost0
9 mai 2024 4 09 /05 /mai /2024 18:12

 

 

Wang Mian (1287-1359) peintre et poète chinois 

 


Fleurs de prunier


En mars le souffle du vent d'est a dispersé la neige

Les collines du sud du lac sont d'émeraude comme saupoudrées.

Survient le chant d'une flûte mongole mais on ne voit personne,

Innombrables, les fleurs de pruniers

Tombent sur le pont désert.
 

Wang Mian (1287-1359) - peintre et poète chinois - Fleurs de prunier
Partager cet article
Repost0
8 mai 2024 3 08 /05 /mai /2024 23:02

Carte Bonne Fête Pacôme - 9 mai

 

Bonne Fête Pacôme - 9 mai

Bonne Fête Pacôme - 9 mai

Partager cet article
Repost0
8 mai 2024 3 08 /05 /mai /2024 22:37

 

 

Jelalud-din en-Rumi (1207-1273) poète, théologien et mystique persan

 


Ecoute la flûte de roseau, écoute sa plainte

 

"Ecoute la flûte de roseau, écoute sa plainte

Des séparations elle dit la complainte

Depuis que de la roselière on m'a coupée

En écoutant mes cris, hommes et femmes ont pleuré

Pour dire la douleur du désir sans fin

Il me faut des poitrines lacérer le chagrin

Ceux qui restent éloignés de leur origine

Attendent ardemment d'être enfin réunis

Moi j'ai chanté ma plainte auprès de tous

Unis aux gens heureux, aux malheureux, à tous

Chacun à son idée a cru être mon ami

Mais personne n'a cherché le secret de mon âme

Mon secret pourtant n'est pas loin de ma plainte

Mais l'oeil ne voit pas et l'oreille est éteinte

Le corps n'est pas caché à l'âme ni l'âme au corps

Ce sont les yeux de l'âme seule qui pourraient le voir

Le chant de cette flûte, c'est du feu, non du vent

Quiconque n'a pas ce feu, qu'il devienne néant

C'est le feu de l'amour qui en elle est tombé

Et si le vin bouillonne, c'est d'amour qu'il le fait

La flûte est la compagne des esseulés d'amour

Et nos voiles par ces notes connaissent la déchirure".
 

.Joueuse de ney (peinture sur bois du Palais Hasht Behesht à Ispahan (Iran) 1669.

.Joueuse de ney (peinture sur bois du Palais Hasht Behesht à Ispahan (Iran) 1669.

Partager cet article
Repost0
8 mai 2024 3 08 /05 /mai /2024 22:32

 

 

Bernard de Ventadour (v. 1150-1200) écrivain français troubadour du XII° siècle 


Extrait poème (traduit)


 

Chanson


Ce n'est pas merveille si je chante

Mieux que nul autre chanteur,

Car je tourne davantage mon cœur à l'amour

E suis mieux fait à son commandement.

Corps et cœur, et savoir et esprit,

Et force et pouvoir j'y ai mis ;

Le frein me tire tellement vers l'amour

Que vers nulle autre part je me dirige.

Bien et mort qui d'amour se sent

Au cœur quelque douce saveur.

Et à quoi bon vivre sans amour

Sinon à être ennuyeux à tout le monde,

Que jamais Dieu ne me haïsse assez

         Pour que par la suite je vive un jour ou un mois                                                      
Après qu'on m'aura reproché de donner de l'ennui

Et que je n'aurai plus désir  d'amour.

En bonne foi et sans tromperie

J'aime la plus belle et la meilleure.

Du cœur je soupire et des yeux je pleure
 

Bernard de Ventadour (c. 1150-1200) - écrivain français troubadour du XIIe - Extrait Chanson
Partager cet article
Repost0
8 mai 2024 3 08 /05 /mai /2024 22:10

 

 

Li Bai (702-762), Li Po ou Li Bo, ou encore Li Taibai, son nom de plume, est un des plus grands poètes chinois de la dynastie Tang.


Jouer du luth et boire du vin

sont deux choses qui vont bien ensemble.

Une tasse de vin vaut, en son temps, mille onces d’or.

Bien que le ciel ne périsse point,

bien que la terre soit de longue durée,

Combien pourra durer pour nous

la possession de l’or et du jade ?

Cent ans au plus.

Voilà le terme de la plus longue espérance.

Vivre et mourir une fois,

voilà ce dont tout homme est assuré.

Ecoutez là-bas, sous les rayons de la lune,

écoutez le singe accroupi qui pleure,

tout seul, sur les tombeaux.

Et maintenant remplissez ma tasse ;

il est temps de la vider d’un seul trait.
 

Li Bai (702-762) - poète chinois de la dynastie Tang - Jouer du luth et boire du vin
Partager cet article
Repost0
8 mai 2024 3 08 /05 /mai /2024 21:21

 

 

Wang Wei, nom de cour et de plume (701-761) poète, peintre et musicien chinois de la période Tang

 


La Gloriette-aux-Bambous

 

Seul assis au milieu des bambous

Je joue du luth et siffle à mesure

Ignoré de tous au coeur du bois

La lune s’est approchée : clarté
 

Wang Wei, nom de cour et de plume (701-761) - poète, peintre et musicien chinois - La Gloriette-aux-Bambous
Partager cet article
Repost0
8 mai 2024 3 08 /05 /mai /2024 20:52

 

 

Ovide (43 av. J.-C.-7 ou 18 ap. J.-C.),  poète latin qui vécut durant la période de la naissance de l'Empire romain. 

 


Les Métamorphoses.

 

Mort d'Orphée - Châtiment des Ménades (11, 1-84)


Orphée, dont les chants captivent toutes les créatures, est pris à partie par les Ménades de Thrace qui, ne lui pardonnant pas son mépris à l'égard des femmes, se déchaînent contre lui. Massacrant d'abord les animaux envoûtés par le chant du poète, elles font arme de tout ce qu'elles trouvent pour lui donner le coup de grâce. (11, 1-43)

 

La nature entière pleure le poète, dont les restes mutilés et la lyre sont emportés par l'Hèbre jusqu'à la mer et finissent par échouer à Lesbos. Apollon métamorphose en rocher un serpent qui s'en prenait à la tête de son poète, tandis que l'ombre d'Orphée se retrouve définitivement réunie avec Eurydice dans les Enfers. (11, 44-66)

 

Bacchus ne laisse pas impuni le meurtre d'Orphée et, pour châtier les Ménades qui avaient participé ou assisté au meurtre, il les métamorphose en arbres enracinés sur place. (11, 67-84)

 

Tandis que le chantre de Thrace avec ce genre de récits


entraîne à sa suite forêts, bêtes sauvages et rochers,


voilà que les femmes des Cicones, en proie au délire,

la poitrine couverte de peaux de bêtes,

aperçoivent du haut d'un tertre

Orphée accompagnant ses chants des accords de sa lyre.

L'une d'elles secoue sa chevelure dans l'air léger :

"Le voilà, le voilà, celui qui nous méprise !", dit-elle

et, visant la bouche harmonieuse du poète d'Apollon,

elle lance son thyrse orné de feuilles,

qui le marque sans le blesser.

Une deuxième s'arme d'une pierre, qu'elle jette en l'air,

mais le projectile, dominé par l'accord de la voix et de la lyre,

vint tomber aux pieds du poète,

comme pour implorer son pardon après tant de folle audace.

ependant les attaques se font plus osées,

toute retenue a disparu et la démente Érinye règne en maître.

Le chant d'Orphée aurait pu émousser tous les traits ;

mais une clameur immense, la flûte du Bérécynthe au bout

recourbé, les tambourins, les battements et les hurlements

bacchiques couvrirent le son de la cithare ;

et finalement les rochers, n'entendant plus le poète,

devinrent rouges de sang.

En premier lieu, comme la voix du chanteur

tenait toujours envoûtés des oiseaux sans nombre,

des serpents, une troupe de bêtes sauvages,

les Ménades se saisirent d'eux,

qui attestaient le triomphe d' Orphée.

Ensuite, mains ensanglantées, elles se tournent vers Orphée,

et se rassemblent comme les oiseaux,

qui parfois aperçoivent un oiseau de nuit errant en plein jour ;

et comme dans un amphithéâtre des chiens s'acharnent sur un

cerf condamné à périr le matin dans l'arène,

elles fondent sur le poète et jettent sur lui

leurs thyrses ornés de verts feuillages,

des thyrses non destinés à cet usage.

Les unes lancent des mottes de terre, d'autres

des branches d'arbres arrachées,d'autres des pierres.

Et comme pour fournir des armes à leur fureur,

le hasard voulut que des boeufs tirant

une charrue remuent la terre et que, non loin de là,

de robustes paysans tout en sueur préparent les récoltes,

en creusant péniblement leurs champs.

À la vue de la troupe des femmes, ils fuient,

laissant sur place leurs instruments de travail.

Dans les champs désertés gisent épars des sarcloirs,

de lourds râteaux et de longues houes.

Ces sauvages s'emparent des outils, mettent en pièces

les boeufs aux cornes menaçantes,

puis viennent s'en prendre à la vie du poète.

Il tendait les mains et alors pour la première fois,

ses paroles restaient sans effet

et sa voix ne touchait plus rien ni personne.

Les femmes sacrilèges l'achèvent et, ô Jupiter,

par cette bouche écoutée par les rochers

et comprise par les bêtes sauvages,

son âme s'est exhalée et s'est éloignée dans le vent.

les durs rochers, les forêts qui souvent ont suivi ton chant,

tous t'ont pleuré. L'arbre, dépouillé de son feuillage, cheveux

rasés, a pris ton deuil ; les fleuves mêmes racontent

qu'ils se sont gonflés de leurs propres larmes ;

les Naïades et les Dryades couvrirent leurs voiles de couleur

sombre et laissèrent flotter leurs cheveux.

Les membres d'Orphée sont dispersés en divers lieux ;

toi, l'Hèbre, tu as recueilli sa tête et sa lyre,

et – miracle ! –, sa lyre, glissant au milieu du fleuve,

émet une sorte de sanglot plaintif ;

sa langue sans vie murmure, plaintive, et,

plaintives, les rives répondent.

Maintenant parvenus à la mer ces restes

quittent le fleuve familier et prennent possession

du rivage de la Méthymne de Lesbos.

Là un affreux serpent veut s'en prendre à cette tête

abandonnée sur ce rivage étranger,

à ces cheveux d'où l'eau dégouline.

Finalement Phébus survient et écarte le serpent

prêt à mordre et il transforme en pierre sa gueule béante,

et ses mâchoires figées se durcissent,

telles qu'elles étaient, largement écartées.

L'ombre d'Orphée se glisse sous terre

et il reconnaît tous les lieux qu'il avait vus avant ;

puis, la cherchant dans les champs réservés

aux êtres pieux, il découvre Eurydice

et la serre dans ses bras avides.

Tantôt tous deux, accordant leurs pas,

se promènent en ce lieu  ; tantôt, il la suit et elle le précède ;

tantôt il marche le premier, et sans crainte désormais,

Orphée se retourne et regarde son Eurydice. 

Cependant Lyaeus ne permet pas que ce crime reste impuni.

Pleurant la perte du chantre de ses mystères sacrés,

il fixe aussitôt dans la forêt, à l'aide de racines sinueuses,

toutes les femmes édoniennes, qui avaient vu le crime impie :

à l'endroit même où chacune d'elles avait poursuivi le poète,

il avait allongé leurs orteils,

et enfoncé leurs extrémités dans le sol ferme.

Ainsi, lorsque un oiseau, qui a mis sa patte dans les filets

tendus par un oiseleur habile, a compris qu'il est captif,

il bat des ailes, s'agite

et ses mouvements resserrent ses liens.

De même, toutes les Ménades, une fois solidement fixées

au sol, tentaient éperdument de fuir.

Mais en vain : une souple racine

les retient prisonnières et entrave leurs bonds.

 Et quand elles cherchent où sont leurs doigts,

leurs pieds  et leurs ongles, elles voient du bois

gagnant leurs mollets galbés;

et, quand, de chagrin, elles tentent de frapper leurs cuisses,

leur main percute du bois.

Leur poitrine devient ligneuse,

ligneuses leurs épaules ; leurs bras tendus,

on les prendrait pour de vraies branches,

et l'on ne se tromperait pas en le croyant.

Émile Bin (1825-1897) La mort d'Orphée

Émile Bin (1825-1897) La mort d'Orphée

Partager cet article
Repost0

 

Recherche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Catégories

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chateau - Evans / Jura

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gros chêne Evans - Jura

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mes Blogs Amis À Visiter